Caractérisation géophysique des carrières ivoiriennes
Caractérisation géophysique des carrières ivoiriennes
N° d'ordre : 2782/2024
Laboratoire de Géologie, Ressources
Minérales et Energétiques
THÈSE
Pour obtenir le titre de
DOCTEUR DE L’UNIVERSITE FELIX HOUPHOUËT-BOIGNY
EN SCIENCES DE LA TERRE
i
REMERCIEMENTS
Ce travail de recherche a été initié dès le début de notre stage au département de génie civil du
Laboratoire du Bâtiment et des Travaux publics (LBTP). Le contrat de travail à durée
indéterminé que nous avons obtenu par la suite et nos responsabilités de géophysicien ne nous
ont pas permis de finaliser nos travaux dans un délai raisonnable. Mais nous n’avons pas pour
autant abandonné notre projet de recherche. Cette thèse constitue donc l’aboutissement d’un
long parcours souvent ponctué de difficultés de tous ordres. Ces moments constituent des
expériences professionnelles enrichissantes et passionnantes qui sont les résultats d’un cursus
universitaire adéquat au sein de l’Unité formation et de Recherche des Sciences de la Terre et
des Ressources Minières (UFR-STRM). Très vite, nous nous sommes aperçus de la complexité
de cette Filière des Sciences de la Terre. Il nous fallait donc, pour mieux l’appréhender, faire
des études approfondies.
Dès nos premières années universitaires, nous avons bénéficié d’un encadrement adéquat de
l’ensemble des enseignants. C’est le lieu de remercier sincèrement tous nos maîtres qui n’ont
ménagé aucun effort pour notre formation.
Nos gratitudes vont à l’endroit de tous les Directeurs qui se sont succédés à la tête de l’UFR-
STRM, pendant notre cursus, il s’agit entre autres de :
- Professeur AKA Kouamé ;
- Professeur BIEMI Jean ;
- Professeur AFFIAN Kouadio ;
- Professeur BOFFOUE Moro Olivier ;
- Professeur SORO Nagnin ;
- Professeur COULIBALY Yacouba
Les années de formation passées au Laboratoire de Géophysique Appliquée de l’UFR STRM
ont été très enrichissantes. Ces années d’apprentissage des rudiments de notre spécialité ont été
possible grâce à notre Maître. Nous saisissons donc cette opportunité pour exprimer nos infinies
gratitudes au Professeur SOMBO Boko Célestin, auparavant Directeur de l’ex Laboratoire de
Géophysique Appliquée, et par ailleurs, Directeur de cette thèse, qui a permis notre admission
dans la Filière Géophysique Appliquée. Ses encouragements et critiques avisés tout au long de
ces travaux nous ont permis d’améliorer ce mémoire. Qu’il soit rassuré de notre reconnaissance
et de notre respect.
ii
Nous voudrons exprimer notre reconnaissance au Professeur COULIBALY Yacouba, Directeur
de l’UFR STRM, pour ses encouragements et sa contribution à l'amélioration de ce document.
Nous remercions Dr KOUAME Loukou Nicolas, Maître de Conférences, Responsable de la
Filière Géophysique, pour ses orientations, ses conseils, ses motivations et son encadrement
durant ce travail. Il nous a toujours encouragé à persévérer dans la recherche et à ne jamais
abandonner. Notre reconnaissance va également à l’endroit du Pr NAKOLENDOUSSE Samuel
et du Dr OUATTARA Souleymane pour leurs orientations en vue d’améliorer la qualité du
mémoire.
Nous tenons également à remercier le Professeur DIGBEHI Zéli Bruno, anciennement
Responsable scientifique du troisième cycle des Sciences de la Terre pour sa disponibilité.
Nos remerciements vont aussi au Dr GAHE Emile et au Dr DJROH Simon, pour leurs
formations et tous les efforts consentis pour l’amélioration de cette thèse.
Nous tenons à exprimer notre reconnaissance à l’endroit du Dr SOMBO Abé Parfait et du Dr
AKA Ehui.
Nous exprimons également notre gratitude à tous les Docteurs et doctorants de la Filière
Géophysique Appliquée.
Nous rendons un hommage particulier à la mémoire des regrettés Professeurs : KOFFI Kabran
Pothin, ASSA Ayemou, LASM Théophile, DJRO Cherubin et YACE Ignace. Enfin, nous ne
saurions terminer notre propos sans avoir une pensée pour toutes les personnes qui nous sont
chères.
Par ailleurs, nous avons bénéficié de l’aide et des conseils avisés des Responsables du
Laboratoire du Bâtiment et des Travaux Publics (LBTP) :
- Dr. KOUAKOU AMEDE, Ministre de l’entretien routier et de l’équipement, alors Directeur
Général du LBTP;
- M. KOUASSI JEAN-CLAUDE, actuel Directeur Général du LBTP;
- M. YAPI EDI, Directeur des Opérations Techniques du LBTP ;
- Dr KOUASSI PAULIN, Conseiller Technique du Directeur Général du LBTP;
- M. PANGNE CYRILLE, Directeur du Département Génie Civil du LBTP;
- M. DAGUI ERIC, Chef de Division Routes et Ouvrages d’Art du LBTP;
- M. FOTTO N’GOLE HUGUES, Chef de Division Sols et Fondations du LBTP ;
- tout le personnel administratif et technique pour sa disponibilité et son sens d’ouverture malgré
les nombreuses tâches ;
- tous nos collègues ingénieurs et techniciens.
iii
- tous les sondeurs.
Nous remercions vivement toutes ces personnes, ainsi que tous ceux qui nous ont aidé, d’une
manière ou d’une autre, de près ou de loin, à réaliser cette thèse.
iv
TABLE DES MATIÈRES
v
I-2-3-1-Cadre Géographique du site de Gbamakro........................................................... 19
vi
II-1-1-7-1-Loi d’Ohm ....................................................................................................... 32
II-1-2-1-Principe ............................................................................................................... 33
II-1-2-2-2-1-Interprétation par des courbes de sondages électriques par les abaques ...... 35
II-1-2-3-1-Quadripôles ...................................................................................................... 40
II-1-2-3-2-Schlumberger ................................................................................................... 40
II-1-2-3-3-Wenner ............................................................................................................. 40
II-1-2-3-4-Dipôle-dipôle ................................................................................................... 41
II-1-2-3-6-Carré ................................................................................................................ 42
vii
DEUXIÈME PARTIE: MATÉRIEL ET MÉTHODES
IV-3-SONDAGE ÉLECTRIQUE......................................................................................... 65
viii
IV-4-2-2-Détermination des paramètres d’inversion ........................................................ 72
VI-1-2-4-Site de Kobadjan................................................................................................ 85
ix
VI-2-1-3-Site de Gbamakro .............................................................................................. 93
VI-2-1-4-Site de Kobadjan................................................................................................ 95
VI-2-1-5-Site de Linguésso............................................................................................... 98
VI-2-2- Caractérisation par les pentes des dernières remontées des courbes de sondages
......................................................................................................................................... 100
x
VI-3-3-4- Panneau électrique LB .................................................................................... 113
xi
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
ACF : Action Contre la Faim
h : Epaisseur
PC : Personal Computer
LA : Los Angeles
MDE : Micro-Deval
N : Numéro de couche
O : Ouest
ρa : Résistivité apparente
1D : Une dimension
2D : Deux dimensions
xii
3D : Trois dimensions
SE : Sondage Electrique
N : Nord
S : Sud
W : Ouest
E : Est
xiii
LISTE DES FIGURES
xiv
Figure 33: Diagramme montrant un exemple d'interprétation de profils de résistivité parallèle
.................................................................................................................................................. 64
Figure 34: Exemple de détermination de l'orientation d'une anomalie géologique (lorsque la
direction des traînés est différente du Nord) ............................................................................ 64
Figure 35: Etapes de traitement d'une carte d'anomalie à l'aide de Geosoft ............................ 66
Figure 36 : Dispositif du Sondage électrique selon la configuration Schlumberger ................ 67
Figure 37: Illustration de l'embrayage au cours du sondage électrique (a) ; Embrayage sur la
courbe de sondage (b) ............................................................................................................. 67
Figure 38: Types de courbes de sondages 3 terrains ................................................................ 69
Figure 39: Méthode de mesure de l'angle de remontée d’une courbe de sondage ................... 70
Figure 40: Dispositif de mesure pôle-dipôle ............................................................................ 71
Figure 41: Configuration pôle-dipôle pour la mise en œuvre du panneau électrique .............. 71
Figure 42: Valeurs de résistivités pour des roches ................................................................... 73
Figure 43: Profils de résistivités électriques et discontinuités géoélectriques mis en évidence
sur le site de Grobiassoumé ...................................................................................................... 78
Figure 44: Profils de résistivités électriques et discontinuités géoélectriques mis en évidence
sur le site de Gnipi 2 ................................................................................................................. 79
Figure 45: Profils de résistivités électriques et discontinuités géoélectriques mis en évidence
sur le site de Gbamakro ............................................................................................................ 79
Figure 46: Profils de résistivités électriques et discontinuités géoélectriques mis en évidence
sur le site de Kobadjan ............................................................................................................. 80
Figure 47: Profils de résistivités électriques et discontinuités géoélectriques mis en évidence
sur le site de Linguésso ............................................................................................................ 80
Figure 48: Zone de contact entre massif granitique et méta-sédiments (site Gnipi 2) ............. 81
Figure 49: Carte des résistivités apparentes du site de Grobiassoumé ..................................... 83
Figure 50: Carte des résistivités apparentes du site de Gnipi 2 ................................................ 84
Figure 51: Carte des résistivités apparentes du site de Gbamakro ........................................... 85
Figure 52: Carte des résistivités apparentes du site de Kobadjan ............................................ 86
Figure 53: Cartes des résistivités apparentes du site de Linguésso .......................................... 87
Figure 54: Courbes de sondages électriques en « fond de bateau» sur le site de Grobiassoumé
.................................................................................................................................................. 89
Figure 55: Courbe de sondage électrique SE4 en « escalier sur la branche montante » sur le
site de Grobiassoumé ............................................................................................................... 90
xv
Figure 56 : Courbe de sondage électrique SE1 en « cloche puis en fond de bateau » sur le site
de Gnipi 2 ................................................................................................................................. 91
Figure 57: Courbe de sondage électrique SE2 en « escalier sur la branche montante» sur le
site de Gnipi 2 .......................................................................................................................... 92
Figure 58: Courbe de sondage électrique SE3 en « fond de bateau » sur le site de Gnipi 2 .... 92
Figure 59: Courbe de sondage électrique SE5 à « une seule branche montante » sur le site de
Gbamakro ................................................................................................................................. 94
Figure 60: Courbe de sondage électrique SE2 en « fond de bateau » sur le site de Gbamakro
.................................................................................................................................................. 95
Figure 61: Courbes de sondages électriques en « escalier sur la branche montante » sur le site
de Kobadjan.............................................................................................................................. 96
Figure 62: Courbe de sondage électrique SE4 à « une seule branche montante» sur le site de
Kobadjan .................................................................................................................................. 97
Figure 63: Exemple de courbes de sondages électriques à « une seule branche montante» du
site de Linguésso ...................................................................................................................... 99
Figure 64: Courbes de sondages électriques en « fond de bateau» du site de Linguésso ...... 100
Figure 65: Plan des profils tomographiques du site de Grobiassoumé .................................. 102
Figure 66: Coupe géoélectrique du panneau électrique L50SE du site de Grobiassoumé ..... 103
Figure 67: Coupe géoélectrique du panneau électrique L0 du site de Grobiassoumé ........... 104
Figure 68: Coupe géoélectrique du panneau électrique L50NW du site de Grobiassoumé ... 104
Figure 69: Coupe géoélectrique du panneau électrique LB du site de Grobiassoumé ........... 105
Figure 70: Coupe géoélectrique du panneau électrique L50NE du site de Grobiassoumé .... 106
Figure 71: Plan des profils tomographiques du site de Gnipi 2 ............................................. 107
Figure 72: Coupe géoélectrique du panneau électrique L50NE du site de Gnipi 2 ............... 108
Figure 73: Coupe géoélectrique du panneau électrique L0 du site de Gnipi 2 ...................... 108
Figure 74: Coupe géoélectrique du panneau électrique L50SW du site Gnipi 2 ................... 109
Figure 75: Coupe géoélectrique du panneau électrique LB du site de Gnipi 2 ...................... 110
Figure 76: Plan des profils tomographiques du site de Gbamakro......................................... 111
Figure 77: Coupe géoélectrique du panneau électrique L100E du site de Gbamakro ........... 112
Figure 78: Coupe géoélectrique du panneau électrique L0 du site de Gbamakro .................. 112
Figure 79: Coupe géoélectrique du panneau électrique L100W du site de Gbamakro .......... 113
Figure 80: Coupe géoélectrique du panneau électrique LB du site de Gbamakro ................. 113
Figure 81 : Coupe géoélectrique du panneau électrique L50N du site de Gbamakro ............ 114
xvi
Figure 82: Plan des profils tomographiques du site de Kobadjan .......................................... 115
Figure 83: Coupe géoélectrique du panneau électrique L100W du site de Kobadjan ........... 116
Figure 84: Coupe géoélectrique du panneau électrique L0 du site de Kobadjan ................... 116
Figure 85: Coupe géoélectrique du panneau électrique L100E du site de Kobadjan ............ 117
Figure 86: Coupe géoélectrique du panneau électrique LB du site de Kobadjan .................. 118
Figure 87: Coupe géoélectrique du panneau électrique L50N du site de Kobadjan .............. 118
Figure 88: Pan des profils tomographiques du site de Linguésso .......................................... 119
Figure 89: Coupe géoélectrique du panneau électrique L100SW du site de Linguésso ........ 120
Figure 90: Coupe géoélectrique du panneau électrique L0 du site de Linguésso .................. 121
Figure 91: Coupe géoélectrique du panneau électrique L150NE du site de Linguésso ......... 121
Figure 92: Coupe géoélectrique du panneau électrique LB du site de Linguésso ................. 122
Figure 93: Coupe géoélectrique du panneau électrique L70NW du site de Linguésso ......... 123
Figure 94: Echelle de résistivité de roches dans le Birimien ivoirien .................................... 124
Figure 95: Disposition des panneaux électriques du site de Grobiassoumé .......................... 125
Figure 96: Disposition des panneaux électriques du site de Gnipi 2 ..................................... 125
Figure 97: Disposition des panneaux électriques du site de Gbamakro ................................. 126
Figure 98: Disposition des panneaux électriques du site de Kobadjan .................................. 126
Figure 99: Disposition des panneaux électriques du site de Linguésso ................................. 127
Figure 100: Modèle 3D de distribution des résistivités du site de Grobiassoumé ................ 128
Figure 101: Modèle 3D volumique du gisement rocheux du site de Grobiassoumé ............ 128
Figure 102: Modèle 3D de distribution de la résistivité du site de Gnipi 2 ........................... 130
Figure 103: Modèle volumique 3D du gisement rocheux du site de Gnipi 2 ........................ 130
Figure 104: Modèle 3D de distribution de la résistivité du site de Gbamakro ....................... 132
Figure 105: Modèle volumique 3D du gisement rocheux du site de Gbamakro .................... 132
Figure 106: Modèle 3D de la distribution de la résistivité du site de Kobadjan ................... 134
Figure 107: Modèle volumique 3D du gisement rocheux du site de Kobadjan ..................... 134
Figure 108: Modèle 3D de distribution de la résistivité du site de Linguésso ....................... 136
Figure 109: Modèle 3D du volume rocheux du site de Linguésso ......................................... 136
Figure 110: Coefficient de résistance mécanique selon les sites dans le Birimien ivoirien ... 140
xvii
LISTE DES TABLEAUX
Tableau I: Résistivité de quelques roches ............................................................................... 29
Tableau II: Nombre de rotation et de boulets correspondant à chaque classe ......................... 47
Tableau III: Nombre de rotation et charge abrasive correspondant à chaque classe ............... 49
Tableau IV: Matériel d'étude .................................................................................................... 55
Tableau V: Paramètres de mesures de résistivité ..................................................................... 56
Tableau VI: Matériel d'étude .................................................................................................... 57
Tableau VII: Présentation des logiciels utilisés ....................................................................... 59
Tableau VIII: Nombre de traîné électrique sur chaque site...................................................... 62
Tableau IX: Nombre de sondage électrique sur chaque site .................................................... 67
Tableau X: Nombre de panneaux électrique sur chaque site ................................................... 71
Tableau XI: Valeurs repères des coefficients .......................................................................... 76
Tableau XII: Valeurs repères des coefficients ........................................................................ 76
Tableau XIII: Nombre de discontinuités et orientations des traînés électriques ...................... 81
Tableau XIV: Discontinuités interprétées sur les cartes des résistivités apparentes des sites . 87
Tableau XV: Moyenne des angles de remontées des courbes de sondages électriques ......... 101
Tableau XVI: Paramètres de la modélisation volumique du site de Grobiassoumé .............. 129
Tableau XVII: Paramètres de la modélisation volumique du site de Gnipi 2 ........................ 131
Tableau XVIII: Paramètres de la modélisation volumique du site de Gbamakro .................. 133
Tableau XIX: Paramètres de la modélisation volumique du site de Kobadjan ...................... 135
Tableau XX: Paramètres de la modélisation volumique du site de Linguésso ...................... 137
Tableau XXI: Résultats des essais de résistances mécaniques............................................... 138
Tableau XXII: Corrélation des résultats ................................................................................. 141
Tableau XXIII: Composition chimique de granites calco-alcalins, granodiorites et migmatites
de Côte d’Ivoire ...................................................................................................................... 146
xviii
RÉSUMÉ
Une prospection et une évaluation de sites potentiels de carrières de roches granitiques par des
méthodes de résistivités électriques et essais géotechniques ont été menées dans le Birimien
ivoirien sur cinq sites potentiels de carrières de granites : Grobiassoumé (Sud), Gnipi 2 (Sud-
Ouest), Gbamakro (Centre), Kobadjan (Nord) et Linguésso (Nord-Ouest).
L’objectif de ces campagnes était de déterminer les caractéristiques géophysiques et
géotechniques des sites potentiels de carrières du Birimien ivoirien en vue d’estimer leurs
tonnages et leurs qualités.
La combinaison des techniques de traîné, de sondage et de tomographie électriques, avec les
paramètres géotechniques de résistance mécanique tels que le Los Angeles et le Micro-Deval
ont permis de déterminer les caractéristiques géophysiques et géotechniques desdits sites
potentiels de carrières. La technique de traîné électrique a identifié l’extension du socle qui
oscille entre N 45 et N135° et des discontinuités orientées entre N10° et N170°. Les sondages
électriques ont mis en évidence quatre allures de courbes de sondages du Birimien : fond de
bateau, cloche puis fond de bateau, branche montante et escalier sur la branche montante. Les
pentes de dernières remontées de ces courbes de sondages électriques s’échelonnent entre 34,8°
et 45°. En outre, le toit rocheux déterminé par ces sondages se situe entre 0 et 20 m de
profondeur.
La technique de la tomographie électrique a révélé que le profil d’altération varie entre 0 et 30
m de profondeur, avec plusieurs fractures superficielles et profondes de pendages subverticaux
à verticaux. Les signatures électriques des structures résistantes sont comprises entre 5 100
Ohm.m et 86 316,23 Ohm.m. Les modèles volumiques (3D) des roches massives ont mis en
évidence des formations de formes allongées et régulières dans les directions comprises entre
N0° et N105°. Ces formations semblent être, par endroits, à cheval entre les directions
birimiennes (NNE-SSO) et libériennes (NNO-SSE). Les tonnages de granulats estimés à partir
des modèles 3D sont compris entre 373 800 tonnes et 11 201 184 tonnes. Cette quantité
appréciable correspondrait à environ 2 à 21 années d’exploitation, en considérant 1500 tonnes
de produits par jour.
Par ailleurs, ces roches du Birimien ivoirien ont des paramètres géotechniques de Los Angeles
et Micro-Deval respectivement compris entre 21 % et 38 % et entre 6 % et 11 %. Les
coefficients Los Angeles (24-38%) et Micro-Deval (7-11%) des granites sont plus élevés que
ceux des gneiss migmatitiques (Los Angeles 21% et Micro-Deval 6%).
Mots-clés : Prospection électrique, modèle 3D, géotechnique, carrière de granite, Côte d’Ivoire.
xix
ABSTRACT
Five potential granitoid quarry sites in the ivorian basement were prospected and evaluated
using geophysical methods of electrical resistivity and geotechnical testing: Grobiassoumé
(south), Gnipi 2 (South-west), Gbamakro (Centre), Kobadjan (North) and Linguésso (North-
West).
The aim of these campaigns was to determine the geophysical and geotechnical characteristics
of quarry sites in the ivorian birimian in order to estimate their tonnages and qualities.
The combination of electrical profiling, sounding and tomography techniques with the
geotechnical parameters of mechanical resistance such as Los Angeles and Micro-Deval
allowed to determine the geophysical and geotechnical characteristics of the said quarry sites.
The electric profiling technical identified the extension of the bedrock oriented between N45°
and N135° and discontinuities oriented between N10° and N170°. The electric soundings
showed four kinds of curves of soundings of the birimian: bottom of the boat, bell then bottom
of the boat, rising branch and trailing ascent. The final ascents of these electrical sounding
curves range from 34.8° to 45°. In addition, the rock roof determined by these sounding is
between 0 and 20 m deep.
The electrical tomography technical revealed that the alteration profile is between 0 and 30 m
deep. The electrical signatures of the resistant structures are between 5,100 Ω.m and 86,316.23
Ω.m. Volumetric models (3D) of massive rocks have highlighted formations of elongated and
regular shapes in directions between N0° and N105° with subverticals to verticals dips. In
places, these formations appear to straddle the birimian (NNE-SSW) and Liberian (NNW-SSE)
directions. The aggregate tonnages estimated from the 3D models range from 373,800 tonnes
to 11,201,184 tonnes. This considerable quantity would correspond to approximately 2 to 21
years of operation, assuming 1,500 tonnes of product per day.
Moreover, these rocks of the ivorian birimian have geotechnical parameters of Los Angeles and
Micro-Deval respectively between 21% and 38% and between 6% and 11%. The Los Angeles
(24-38%) and Micro-Deval (7-11%) coefficients of the granites are higher than the migmatitic
gneisses coefficients (Los Angeles 21% and Micro-Deval 6%).
xx
INTRODUCTION GÉNÉRALE
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Les granulats concassés de roche granitique sont utilisés depuis plusieurs décennies dans la
construction des infrastructures économiques (routes, barrages, bâtiments, chemins de fer,
aéroports, etc.), en béton hydraulique et en cimenterie. L’on assiste à une progression de la
production de granulats concassés à partir de roches massives au détriment de ceux des
matériaux d’origine alluvionnaire (Aghui, 1980). Cela est directement lié à l’épuisement des
ressources alluvionnaires exploitables (Aghui, 1980) et à leur utilisation dans plusieurs secteurs
d’infrastructures économiques. Le granite a toujours été exploité et les éléments chimiques (Si,
Al, K, Fe, Mg, Mn etc.) présents dans le granite constituent aussi une ressource économique
(Boulvais, 2019). Une part du lithium utile à nos batteries électriques provient du granite ;
l’uranium, qu’on utilise encore et toujours dans les centrales nucléaires, est exploité dans des
gisements associés à des granites. L’étain, métal d’usage quotidien, est exploité dans le granite
depuis des millénaires. Dans le passé comme dans le futur, les ressources associées au granite
ont été et seront exploitées par l’homme (Boulvais, 2019). En Afrique de l’Ouest, les granites
sont les formations du socle les plus importantes par la superficie qu’ils occupent (Aghui, 1980).
Les granitoïdes représentent environ 70% des formations géologiques de la dorsale de Léo en
Afrique de l’Ouest (Milési et al., 1992). En Côte d’Ivoire, plusieurs familles de granitoïdes
(granite alcalin, granodiorite, granite à biotite, granite migmatitique etc.) ont été inventoriées
dans le paléoprotérozoïque (Koffi et al., 2013). L’abondance des roches massives invite, par
conséquent, à l’utilisation généralisée des granulats concassés. Certains granites sont
actuellement exploités en concassés de granulats par le génie civil (Koffi et al., 2014). Ces
granulats concassés sont utilisés dans la construction des infrastructures routières. En 1972, ils
furent utilisés, pour la construction de la route Toumodi-Dimbokro (60 km), comme matériaux
pour la constitution des structures de chaussée, en couche de base (LBTP, 1977). Du fait de leur
développement considérable, l’étude de ces matériaux sous un angle géomécanique n’est
certainement pas dénuée d’intérêt dans la perspective d’un usage rationnel des ressources
disponibles (Aghui,1980) mais également pour un développement durable. En Côte d’Ivoire,
les infrastructures routières et les ouvrages d’arts subissent, de plus en plus, une dégradation
accélérée. Plusieurs hypothèses dont la quantité et la qualité des matériaux sont émises pour
expliquer l’état défectueux de ces infrastructures. En effet, leurs constructions nécessitent une
grande proportion de granulats de qualité qui permettent d’assurer la solidité des infrastructures
économiques. Ces granulats concassés contribuent au développement du réseau routier ivoirien
1
qui a connu une véritable progression. En effet, en 1960, la Côte d’Ivoire disposait de 25 700
km, dont 15 000 km de routes en terre et pistes, 10 000 km de routes secondaires en terre, 700
km de routes principales bitumées (Settié, 1977). A ce jour, sur 82 000 km du réseau routier
ivoirien, 8100 km de routes sont bitumés, dont 400 km d'autoroute (AGEROUTE, 2023). Les
concassés granitiques sont aussi utilisés dans la construction de bâtiments et d’autres
infrastructures économiques. Ils sont actuellement très sollicités à cause du développement
généralisé des industries, de l’habitat et des grands travaux (chemin de fer, barrage). Ainsi,
l’exploration des carrières de granitoïdes constitue le contexte de cette étude. Par ailleurs, l’état
ivoirien a entreprit, depuis quelques années d’importants travaux pour le développement des
infrastructures économiques telles que les routes, les ponts et les barrages hydroélectriques. Ces
différents projets ont suscité de nombreuses prospections de sites de carrières de roches
massives. Entre 2012 et 2023, par exemple, plus de 78 sites de carrières de granitoïdes ont fait
l’objet de prospections pour des études d’avant-projet de construction d’infrastructures
économiques (routes, ponts, barrages hydroélectriques) (LBTP, 2023). Face à cette situation, il
serait intéressant de s’interroger sur la disponibilité et les caractéristiques des ressources
rocheuses, en vue de répondre quantitativement et qualitativement à cette sollicitation. Il
importe donc de voir comment les ressources géologiques de la Côte d’Ivoire peuvent supporter
toutes ces réalisations. Ces infrastructures nécessitent, non seulement, la recherche de sites de
carrières de granites qui soient à proximité mais également l’évaluation de certaines
caractéristiques de la carrière et du matériau telles que : l’extension, le profil d’altération, la
fracturation, la résistance mécanique, le tonnage. Tous ces critères pourraient être résolus par
l’usage combiné des méthodes électriques (traîné, sondage et tomographie électrique) et des
méthodes géotechniques.
En Afrique de l'Ouest, et particulièrement en Côte d'Ivoire, plusieurs études ont été menées sur
les granitoïdes du Paléoprotérozoïque (Junner, 1940 ; Bodin, 1951 ; Arnould, 1961 ; Touré,
1985 ; Koffi et al., 2013 ; Ouattara et al., 2014 ; Doumbia, 2020 ; Siagné et al., 2021 ; Brou et
al., 2021, Koffi et al., 2022 ; Ouattara et al., 2023, etc.) selon les critères pétrographiques,
géochimiques, géochronologiques, géotectoniques et géotechnique. Par contre, il existe très peu
de travaux de recherches sur l’évaluation des signatures électriques des granitoïdes en Côte
d’Ivoire. Ces caractérisations n’ont pas permis de répondre à certaines interrogations.
L’évaluation de l’extension des granitoïdes en profondeur, des allures et angles de remontées
des courbes de sondages électriques (1D) ne sont pas élucidées dans ces études. De plus, il reste
un mystère concernant l'évaluation des profils d’altération (2D), des échelles de résistivité (2D)
2
et des tonnages (modèles 3D). A notre connaissance, les seuls travaux sur l’évaluation du
potentiel granitique par la tomographie électrique (2D et 3D) sont ceux de Kouakou et al.
(2017), Doumbia (2020) et Djroh et al. (2022).
En dehors de ces travaux, il n’existe pratiquement pas de recherche, dans la bibliographie, se
rapportant à une combinaison des méthodes électriques et géotechniques pour la caractérisation
et l’évaluation des granitoïdes dans le Birimien ivoirien. Selon leur situation géographique et
géologique, les signatures électriques variables de ces roches sont peu connues, de même que
les résistances mécaniques de ces dernières. En effet, dans le Birimien ivoirien, il existe
plusieurs sites potentiels de carrières de roches parce que le territoire est constitué de 97,5% de
socle et seulement 2,5 % de sédimentaire. Les caractéristiques telles que les résistivités des
roches, la profondeur du toit rocheux et le tonnage de ces sites ne sont pas bien connues. Les
signatures électriques, les angles de remontées des courbes de sondages électriques et les
résistances mécaniques des roches granitiques (Los Angeles et Micro-Deval) peuvent
également varier d’un site à l’autre. En définitive, l’évaluation des signatures électriques
demeure insuffisante. Par conséquent, l’étude géophysique par la résistivité pourrait contribuer
à mieux connaître et caractériser chaque site potentiel de carrière du Birimien, en vue d’une
probable utilisation des granulats concassés pour la construction d’infrastructures. Cet intérêt
justifie le thème de « Caractérisation géophysique et géotechnique de sites potentiels de
carrières de roches granitiques dans le Birimien ivoirien, essai de modélisation 3D ».
L’objectif général est de caractériser des sites de granitoïdes par l’étude combinée de méthodes
électriques et de paramètres mécaniques. Cela passe nécessairement par l’atteinte de certains
objectifs spécifiques sur chaque site qui sont :
- identifier l’extension horizontale et verticale de la zone rocheuse et les angles de dernières
remontées des courbes de sondages électriques (modèles 1D) ;
- établir les profils d’altérations, une échelle de résistivité (modèles 2D) et tonnages (modèles
3D) des granitoïdes identifiés ;
- déterminer les paramètres Los Angeles et Micro-Deval des granitoïdes identifiés ;
Dans l’élaboration de cette thèse, trois parties vont se dégager. D’abord, la première présentera
les contextes géographiques et géologiques de la zone d’étude ainsi que les généralités sur la
méthode électrique et la géotechnique. Ensuite, la seconde partie exposera le matériel et les
méthodes utilisées pour cette étude. Enfin, la dernière partie, mettra en évidence les résultats
qui seront analysés et discutés. Le travail s’achèvera, bien évidemment, par une conclusion
générale et des perspectives de recherche.
3
PREMIÈRE PARTIE :
GÉNÉRALITÉS
La Côte d’Ivoire est un pays francophone de l’Afrique occidentale, d’une superficie de 322 462 km2.
Elle est située dans l’hémisphère Nord entre le tropique du cancer et l’équateur. Elle est limitée au
Nord par le Mali et le Burkina Faso, à l’Est par le Ghana, à l’Ouest par le Libéria et la Guinée, et au
Sud par 550 Km de côte le long du golfe de Guinée (Figure 1). La Côte d’Ivoire compte quatre
principaux fleuves : la Comoé, le Bandama, le Sassandra, le Cavally et plusieurs affluents
([Link] consulté le 18 janvier 2024).
Elle est reconnue aussi par son patrimoine forestier qui s’étend sur toute la partie Sud du pays.
Le relief de la Côte d’Ivoire est constitué de hauts plateaux surplombés par de petites chaînes.
Quelques reliefs atteignent ou dépassent 1000 m dans la région de Man à l’Ouest du pays.
A l’Ouest de Fresco (Sud-Ouest du pays) les côtes sont des plateaux rocheux ; à l’Est, les côtes sont
basses sableuses, à cordons littoraux isolant des lagunes saumâtres ([Link]
cotedivoirebref/105, consulté le 18 janvier 2024).
La Côte d’Ivoire est la zone de transition entre le climat équatorial humide et le climat tropical sec.
Ainsi, on distingue deux zones climatiques distinctes : la zone Sud bénéficiant d'un climat côtier
subéquatorial qui allie des températures chaudes (18 à 35°C) à un important taux d'humidité et la
zone Nord, plus sèche, bénéficiant, quant à elle, d'un climat tropical avec des écarts de température
plus importants (10 à 42°C).
On distingue deux saisons pluvieuses dans la zone subéquatoriale (avril-août et septembre-
novembre) ([Link] consulté le 18 janvier 2024).
La zone tropicale est marquée par une saison sèche (novembre-mai) et une saison humide (juin -
octobre).
La Côte d’Ivoire dispose d’un important potentiel minier. En effet, plus de deux tiers (2/3) du
territoire ivoirien est couvert par des formations géologiques réputées riches en minéralisations
aurifères. La Côte d’Ivoire possède environ 35% des ceintures de roches vertes de l’Afrique de
l’ouest réputées riches en minéralisations diverses (or, fer, manganèse, diamant, bauxite, etc.).
4
Figure 1 : Situation géographique de la Côte d’Ivoire
Le potentiel minier est diversifié avec l’or, le diamant, le manganèse, le nickel, la bauxite, le fer, le
colombo tantalite, le phosphate, le lithium, le cuivre- nickel-cobalt, le chrome, l’ilménite, etc. Afin
de mettre en valeur ce potentiel, un nouveau Code minier plus attractif et plus compétitif a été adopté
en mars 2014 (Loi n°2014-138 du 24 mars 2014 portant code minier). Il a permis d’accélérer la
recherche et l’exploitation minières. L’objectif est de passer d’une contribution des mines (hors
5
pétrole et gaz) au PIB d’environ 3% en 2018 à 6% d’ici 2025 ([Link]
[Link]/activites-sectorielles/vue-densemble-du-secteur-mine, consulté le 16 juillet 2024).
La Côte d’Ivoire appartient au craton Ouest africain (Figure 2). En Afrique, le socle est représenté
approximativement à 57 % par des formations précambriennes (Yacé, 1977). La cratonisation du
continent africain se déroule au paléoarchéen et mésoarchéen (Yacé, 1977).
La configuration actuelle du précambrien en Afrique est marquée par trois cratons :
- le craton Ouest africain ;
- le craton du Congo ;
- le craton de Kalahari.
Dorsale de Man-Léo
6
Le bouclier africain achève sa formation par des cycles orogéniques plus jeunes qui se développent
sur ses bordures (chaînes de rajeunissements). Cet ensemble constitue la chaîne panafricaine. Les
formations du craton Ouest africain affleurent selon Berger et al. (2013) dans trois dorsales (Figure
2):
- la dorsale Reguibat au Nord ;
- la dorsale de Leo au Sud ;
- les fenêtres de Kayes et de Kenieba qui apparaissent au Sud-Ouest du bassin sédimentaire de
Taoudéni.
La dorsale de Man comprend la Sierra Léonne, le Libéria, la Guinée, le Ghana, le Burkina Faso, le
Mali, le Niger et la Côte d’Ivoire. La présente étude s’est déroulée dans la dorsale de Man.
La Côte d’Ivoire est caractérisée par un socle d’âge précambrien et une couverture sédimentaire plus
récente (crétacé inférieur-actuel) couvrant respectivement 97,5% et 2,5% du territoire national
(Yacé, 2002).
L’évolution crustale n’a connu que les trois premières orogénies du précambrien:
- l’orogenèse léonienne (3500-2900 Ma) : cycle le plus ancien mais le plus tardivement mis en
évidence ; les roches léoniennes ne sont surtout connues que par leurs âges radiométriques qui
permettent toutefois de les situer à l’intérieur du libérien ;
- l’orogenèse libérienne (2900-2400 Ma) ;
- l’orogenèse éburnéenne (2400-1600 Ma) : en Côte d’Ivoire, ce cycle termine l’évolution crustale
en même temps que la cratonisation. C’est le cycle qui répond le plus à l’appellation de mégacycle :
au moins 800 Ma, sinon 1000 Ma de durée (Yacé, 2002).
Le socle ainsi formé, âgé de plus de 3 milliards d’années, occupe l’essentiel du territoire à part
l’extrême Sud, qui est fait de bassin côtier. Les formations se composent de roches libériennes,
birimiennes et du quaternaire.
Les roches libériennes sont représentées à l’Ouest et au Sud-Ouest du pays par un ensemble de
roches métamorphiques (gneiss, amphibolo-pyroxénites, itabirites, charnockites et migmatites) et
un ensemble de roches plutoniques (granites et granodiorites gneissifiés) (Camil, 1984 ; Kouamelan,
1996 et Soro, 2002). Elles sont séparées du reste du pays par la faille du Sassandra. Cette faille
divise la Côte d’Ivoire en deux grands domaines géologiques (domaine archéen et domaine
protérozoïque).
Les roches birimiennes couvrent les deux tiers de la Côte d’Ivoire et sont matérialisées par
l’alternance de sillons volcanosédimentaires généralement orientés NNE et bordés ou renfermant
des granitoïdes qui sont syntectoniques (orientés) ou post-tectoniques (équants) (Chermette, 1935 ;
Yacé, 1982).
7
Les formations libériennes et birimiennes représentent la majeure partie du territoire ivoirien. Elles
couvrent environ 97,5% de la superficie de la Côte d’Ivoire. Les formations du quaternaire
s’étendent le long de la façade atlantique de Fresco, à l’Est de Sassandra, à Axim au Ghana. Elles
couvrent une superficie de 8000 km2 soit 2,5% du territoire ivoirien. La plus grande partie du bassin
sédimentaire ivoirien se trouve en mer (Tastet, 1979). Le bassin sédimentaire est traversé d’Est en
Ouest par la faille des lagunes qui a un rejet d’environ 5000 m. Les formations quaternaires
comprennent des sables grossiers formant des cordons littoraux anciens ou récents, des sables
vaseux et fluviatiles.
D’après Tagini (1971), Bard (1974), Fabre et Morel (1993), Vidal et al. (1996), le socle cristallin,
précambrien se subdivise en deux domaines qui sont situés de part et d’autre de la faille de Sassandra
d’orientation N-S (Figure 3) :
- le domaine archéen couvrant toute la partie du territoire à l’Ouest de l’accident (faille) du
Sassandra;
- le domaine protérozoïque correspondant à la plus grande partie du territoire ivoirien situé à l'Est
de cet accident.
Le domaine archéen de la région montagneuse de Man est constitué de matériaux très fortement
métamorphisés. Ce domaine est caractérisé par des formations libériennes. Ces dernières sont
observées en Côte d’Ivoire dans le Sud-Ouest et à l’Ouest de la faille du Sassandra (Figure 3). Elles
englobent, d’une part, la série charnockitique représentée par les gneiss, migmatites et leptynites, et
d’autre part, par les gneiss et migmatites associés (Camil, 1972). Il faut également ajouter les
amphibolo-pyroxénites, les micaschistes, les quartzites ferrugineux et les granites (Yacé, 2002).
Dans l’ensemble, on distingue dans ce domaine :
- des gneiss (situés au Nord du domaine). Ce sont d’anciens sédiments gréseux et argileux ou
d’anciennes roches volcaniques acides, ayant subi le métamorphisme ;
- des migmatites (situées dans la partie Sud du domaine). C’est un ensemble de roches de type
granite et gneiss, situé à la limite des roches magmatiques et des roches de métamorphisme général.
Leur foliation est souvent peu marquée et confuse ;
- des quartzites ferrugineux (Sud-Ouest du domaine). Les quartzites à magnétite du mont Nimba
forment des barres en relief sur l’horizon ;
- des charnockites ou granites à hypersthène pour certains auteurs (Nord-Ouest du domaine).
8
Les trois premiers types de roche : gneiss, migmatites, quartzites sont affectées par des
déformations tectoniques importantes attribuées à l’orogenèse libérienne. Ce cycle orogénique,
compris entre 2900 Ma et 2400 Ma, s’accompagne d’un métamorphisme granulitique.
Faille
I-1-2-1-2-Domaine protérozoïque
I-1-2-2-Couverture sédimentaire
La couverture sédimentaire de la Côte d’Ivoire est limitée à un étroit bassin côtier qui recouvre,
moins de 3% du pays, bien visible sur la carte géologique.
Elle est formée de sédiments argileux et sableux d’âges secondaire, tertiaire et quaternaire en
bordure de la côte.
La définition de la plate-forme africaine trouve sa confirmation en Côte d’Ivoire dans le vestige de
bassin sédimentaire qui subsiste en position subhorizontale et en discordance sur la bordure Sud du
craton Ouest africain ou mieux de la dorsale de Man. L’épaisseur relativement faible de cette
couverture allant du crétacé au quaternaire permet d’évaluer une lacune de près de 1400 à 1700 Ma
entre la couverture et le socle.
Au cours de nos investigations, cinq (05) sites potentiels de carrières de roches massives ont été
étudiés par des prospections électriques en courant continu et des essais géotechniques.
Ces sites se situent en différentes zones géographiques de la Côte d’Ivoire (Figure 4):
- Sud: Grobiassoumé (Divo) ;
- Sud-Ouest : Gnipi 2 (Soubré) ;
10
- Centre : Gbamakro (Satama-Sokoro) ;
- Nord: Kobadjan (Tafiré) ;
- Nord-Ouest : Linguésso (Odienné).
I-2-1-SITE DE GROBIASSOUME
La région est couverte par une forêt humide qui se dégrade avec l’activité humaine le long des grands
axes routiers. Cette forêt fait place aux cultures industrielles (palmier à huiles, cocotier) dans le Sud
et aux plantations villageoises (café, cacao) très éparses.
Le relief de la région du Lôh-Djiboua est constitué d’un plateau incliné en direction du Sud avec
cependant quelques nuances marquées par l’existence de collines dans la région de Hiré. Le point
culminant se situe à 501 m d’altitude. Dans cette plaine, on notera toutefois les collines du Sud-
Ouest de Braheri, avec un point culminant à 283 m ([Link]
.com/documents/PEMEDCI_GOH-DJIBOUA_2.pdf, consulté le 18 janvier 2024).
Trois rivières principales coulent du Nord au Sud. Ce sont les rivières Go dans l’Est de la feuille et
les rivières Boubo et Niouniourou dans le centre. L’Ouest est drainé par un coude de la rivière Davo
et le Sud-Ouest par les rivières Bolo et Dagbé, lesquelles prennent leur source dans le Centre-Ouest
12
de la feuille. L’ensemble du réseau est généralement dentritique. Cependant, certains collecteurs
sont rectilignes. De la latitude 5°4 à la mer, les principaux collecteurs sont méandriques.
Toutes ces rivières se jettent dans les lagunes Tagba, Makey, Tadio, Nyouzomou, N’Yi et Katibo,
de l’Ouest à l’Est. Les lagunes de la moitié Sud-Est sont plus larges et grossièrement parallèles à la
côte.
Le climat est de type sub-équatorial de transition avec de très fortes précipitations annuelles (1470
mm/an), régies par deux saisons des pluies. Le premier maximum de pluviosité se situe, selon les
années, en juin/juillet et le second en août/septembre. La saison sèche intervient de décembre à fin
avril. La pluviosité s’accroît du Nord au Sud.
Dans toute la région étudiée, la température et le degré hygrométrique ont des valeurs très constantes
(27° à 32° C pour la température, 80% pour le degré hygrométrique). Les vents sont faibles en
général et soufflent N-S ou S-N suivant la saison.
La région du Lôh-Djiboua est également une région qui renferme d’importantes ressources
minérales en exploitation, à savoir l'or, la bauxite, le manganèse, les matériaux de construction, etc.
Alors que la région possède des ressources minières variées et abondantes, l’exploitation n’a été
entamée que récemment avec la mise en exploitation de la mine d’Or de Bonikro en 2008 (réserves
probables de 1 M d’onces d’or) et l’inauguration en 2014 de la mine d’or d’Agbaou
([Link] consulté le 16 juillet
2024).
13
Sabot (1950), dans sa note sur la tournée dans la région Lakota-Gagnoa-Sassandra, décrit les
formations latéritiques affleurant sur les collines au Nord-Est de Lakota et sur les plateaux du Sud-
Ouest de Lakota.
Il conclut l’existence, dans cette région, d’une carapace latéritique continue d’une grande épaisseur,
avec des zones bauxitiques pouvant avoir un intérêt économique.
La publication de la carte géologique à 1/500 000 "Abidjan Ouest", par le Service de Mines de
l’AOF, constitue le premier document de synthèse (Archambault et al., 1951).
Elaborée d’après les travaux de Bolgarsky (1950) et Archambault et al. (1951), cette carte trace pour
la première fois, une limite entre un bassin sédimentaire Méso-Cénosoïque méridional et des
formations métamorphiques septentrionales. Ces dernières sont rattachées au Birimien, selon la
terminologie introduite au Ghana par Kitson (1928).
Reprenant le modèle "ghanéen" de Junner (1940), Archambault et al. (1951) définissent une série
birimienne inférieure paradérivée, et une série birimienne supérieure plutono-volcanique.
Au cours des décennies suivantes, les publications concernant le degré carré de Grand-Lahou vont
progressivement se spécialiser dans l’étude des formations cristallophylliennes (protérozoïque) ou
sédimentaires (Méso-Cénozoïque), permettant ainsi de discuter les potentialités du sous-sol dans un
cadre géodynamique plus ciblé.
La figure 6 présente les formations géologiques rencontrées dans la zone d’étude.
14
I-2-2-SITE DE GNIPI 2
Le site du village de Gnipi 2 est à environ 13 km de la ville de Soubré (Figure 7), chef-lieu de région.
Les coordonnés du site sont : N5°41 ; W6°39.
Au plan administratif, la zone d’étude appartient à la région de la Nawa située au Sud-Ouest de la
Côte d’Ivoire à environ 480 km d’Abidjan et limitée par les méridiens 6° et 7° Ouest et les parallèles
5° et 6°N. Elle a une superficie de 9 193 km2 (INS, 2021).
Elle est limitée par les régions de :
- Guemon et Haut-Sassandra au Nord ;
- San-pédro et Gboklé au Sud ;
- Cavally à l’Ouest ;
- Goh et Loh-Djiboua à l’Est.
La région de la Nawa regroupe les chefs-lieux de départements suivants :
- Soubré, chef -lieu de région ;
- Buyo ;
- Méagui et Guéyo.
La région est une pénéplaine très érodée à altitude moyenne comprise entre 140 m et 170 m. Une
série de petites collines aux pentes très abruptes, alignées en direction Nord-Est, émerge au centre
de la feuille Soubré 3a. L’une de ces collines culmine à 263 m (Letalenet, 1965).
La végétation de la Nawa, initialement marquée par la forêt sempervirente intermédiaire, dense et
humide, s’est réduite au profit d’immenses plantations de cultures pérennes.
Le réseau hydrographique est tributaire de trois bassins d’inégale importance (Letalenet, 1965) :
- le bassin du Sassandra qui draine toute la feuille de Soubré 3b (Delor et al., 1992) et l’Est de la
feuille 3a par les rivières Nanie et Louo (rive droite) et Bo (rive gauche) ;
- le bassin du Cavally qui draine les ¾ Ouest de la feuille 3a par la rivière Hana ;
- le bassin du San-Pédro : cette rivière prend sa source à l’extrémité Sud-Est de Soubré 3a par
l’intermédiaire de son affluent le Goh.
Les rivières ont tendance à couler de l’Ouest à l’Est, sauf le Bo et la Hana qui coulent du NNE au
SSO. La limite entre le bassin du Sassandra et celui du Cavally est matérialisée au Nord-Est de
Soubré 3a par une crête. Les crues des cours d’eau sont très rapides. Les cours d’eau, même
lorsqu’ils sont petits, ont de l’eau toute l’année. Le fleuve Sassandra est en crue de juin à novembre.
Les basses-eaux se situent de décembre à avril (Letalenet, 1965).
Le climat de la Nawa est de type subéquatorial. Les températures moyennes oscillent entre 26° et
28°C et peuvent atteindre 30°C pendant la saison sèche. La pluviométrie moyenne est comprise
entre 1 300 et 1 600 mm/an pour 115 jours de pluie. Il est caractérisé par une saison sèche
(décembre-mars) et deux saisons pluvieuses (avril-juin et septembre-novembre).
Traditionnellement, l’exploitation de l’or se faisait dans certaines localités de la Sous-Préfecture de
Grand-Zattry. Des demandes ont été adressées par des privés au Ministère chargé des Mines en vue
d’obtenir des permis d’exploitation semi industrielle de ce métal précieux. La société Sud-africaine
AMERCOSA a démarré en 1996 des travaux de recherche de gisements d’or sur l’ensemble du
territoire de ladite Sous-Préfecture ([Link] consulté le
16 juillet 2024).
Quelques écrits pertinents se rapportant à la région étudiée en ce qui concerne la géologie de la zone
(Figure 8) ont été répertoriés. Nous avons consulté les cartes topographiques et géologiques
suivantes :
- cartes topographiques aux 1/200 000 et 1/50 000 de la Côte d’Ivoire éditées par IGCI en 1981 ;
16
- carte géologique et notice explicative de la feuille Soubré 3b au 1/200 000 éditées par la SODEMI
(Letalenet, 1965).
Bolgarsky (1950) a réalisé une étude géologique et une description pétrographique du Sud-Ouest de
la Côte d’Ivoire avec une carte de Tabou Est au 1/500 000. Les itinéraires de ce géologue portent
sur le Sassandra, les rivières Nanie et Louo et un itinéraire en forêt inhabitée de Nigbi 1 à Nigré.
Les rapports de tournée dans le Bas-Sassandra de Carrive (1955) donnent le compte-rendu de levés
sur le Sassandra et la piste des crêtes en vue de la révision de la carte géologique.
Les feuilles Soubré 3a et 3b ont fait l’objet de plusieurs travaux. En même temps que le levé
géologique, Bolgarsky (1950) a effectué une prospection générale.
17
De même, la région a fait l’objet d’une étude par Bolgarsky (1933) et par Carrive (1954).
Bolgarsky (1933) distinguait, pour cette région :
- un massif de dolérite inclus dans le socle ancien, considéré comme Birimien supérieur (Roche
basique ancienne) ;
- une bande constituée de schistes divers (souvent séricite) : Birimien inférieur. Il s’agit d’un faciès
peu métamorphique ;
- des micaschistes bordent la bande des schistes divers. Ils sont feldspathiques, à biotite seule ou à
deux micas. Il s’agit d’un faciès très métamorphique qui fait partie du Birimien inférieur ;
- des roches éruptives calco-alcalines : granites à biotite et amphibole qui contiennent souvent des
mylonites, rangées dans la série granito-gneissique et considérées comme postérieures au
Birimien. Carrive (1954), porte une suite d’affleurements sur les itinéraires qu’il a suivi (piste des
crêtes et fleuve Sassandra), mais ne donne pas une carte d’interprétation géologique (Letalenet,
1965). Il distinguait :
des micaschistes de la zone inférieure, des gneiss à biotite ou biotite et muscovite et des
amphibolites ;
des embréchites, des anatexites, des granites migmatitiques.
Il faut signaler que Carrive (1954) ne mentionne pas de granites de type baoulés sur la région qui
nous intéresse (Letalenet, 1965). Ce géologue donne pour les ectinites et les migmatites, deux âges
possibles : Birimien ou dahomeyen sans trancher le problème (Letalenet, 1965).
D’après les travaux de ces deux géologues, nous voyons apparaître deux difficultés importantes
(Letalenet, 1965) :
- distinguer et décrire les formations englobées sous les termes "fourre-tout" de granito-gneiss pour
Bolgarsky (1943) et granites migmatitiques pour Carrive (1954) ;
- essayer de donner un âge à chacune de ces formations.
Cette difficulté a été résolue par Letalenet (1965) lors de la mission de levé des coupures de Soubré
3a et 3b dans le cadre du programme SASCA de la Société pour le Développement Minier de la
Côte d’Ivoire (SODEMI). Selon ses résultats, les différentes formations géologiques observées sur
les feuilles Soubré 3a et 3b sont :
- les schistes épimétamorphiques de la Hana à séricite et à chlorite qui deviennent quartzeux vers
l’Est ;
- les ectinites méso-métamorphiques variées (micashistes, gneiss, amphibolites, leptynites,
quartzites) à cheval sur les deux feuilles et en lambeaux sur la feuille 3b;
18
- les migmatites qui semblent provenir des mêmes roches que les ectinites précédentes et dont la
complexité est due à des différences de nature des roches d’origine et des différences d’intensité de
la migmatisation : migmatites hétérogènes, embréchites, anatexites, leptynites. Le terme ultime de
la migmatisation fournit un granite d’anatexie ;
- les granites syncinématiques en gisement dans les ectinites.
I-2-3-SITE DE GBAMAKRO
Le site est situé à environ 2 km du village de Gbamakro (Figure 9). Localité distante de 6 km de la
ville de Satama-Sokoro (environ 56 km, au Sud de Dabakala). Les coordonnées du centre du site
sont : N7°51 ; W4°38.
La ville de Satama-Sokoro appartient à la feuille géologique de M’Bahiakro. Sur le plan
administratif, elle est une localité du centre de la Côte d’Ivoire et appartient au département de
Dabakala dans la région de la vallée du Hambol. La localité de Satama-Sokoro est un chef-lieu de
commune.
SATAMA SOKORO
Le site d’étude de Gbamakro est situé à proximité de la ville de Satama-sokoro qui appartient à la
feuille géologique de M’Bahiakro. Cette région fait partie du sillon de Fetêkro faisant partie de
l’ensemble Oumé-Toumodi Fetêkro.
Les documents géologiques consultés concernent essentiellement :
- carte géologique de la Côte d’Ivoire, de la feuille de M’bahiakro à 1/200 000 (YAO et al., 1990) ;
- carte géologique du sillon Oumé-Toumodi-Fetêkro (Sem exploration, 2017).
20
Plusieurs travaux ont été effectués sur la lithologie et les structures géologiques de la zone d’étude
et sur le sillon Oumé-Toumodi-Fetêkro. Des formations géologiques ont été cartographiées par Yao
(1998) qui décrit les formations suivantes :
- granitoïdes variés (granite à deux micas, granites à biotite, granodiorites, gabbros, diorites,
gneiss) ;
- métavolcanites (surtout des pyroclastites acides ou basiques) ;
- métasédiements (micashistes, schistes grauwackes et quartzites).
Au plan structural, quelques structures régionales ont été cartographiées (Daï Bi et al., 2018) : Faille
subméridienne de N’Zi-Brobo, faille NE-SO de Dimbokro, NO-SE et E-O.
Les différentes formations géologiques de la zone d’étude sont présentées à la figure 10.
I-2-4-SITE DE KOBADJAN
2-4-1-2-Ressources naturelles
Depuis l’adoption d’un nouveau Code minier plus attractif en 2014, les activités minières
connaissent un dynamisme sans précédent sur l’ensemble du terroir ivoirien. La région du Tchologo
n’est pas en reste de ce regain des activités dans le secteur minier. Ainsi, au niveau de la recherche,
sept (07) permis de recherche minière (PR) ont été accordés, dont quatre (4) dans le Département
de Ouangolo et trois (3) dans le Département de Ferké. On note que l’or est la seule substance
recherchée à ce jour ([Link] consulté le 25 juin 2024).
Au niveau de l’exploitation, les activités sont dominées par l’exploitation industrielle d’une mine
d’or par la société Tongon SA. Cette activité a été autorisée par le Décret N° 2010-193 du 01 juillet
2010, renouvelé par l’arrêté N°136/MMPE/DGMG du 12 juillet 2021 pour une durée
supplémentaire de dix (10) ans. Il faut également noter que sept (07) mines artisanales d’or ont été
autorisées dans le Département de Kong (Nafana, Bilimono et Sikolo). Aussi, des demandes sont-
22
elles en cours en vue de l’exploitation à petite échelle du minerai de manganèse dans la zone de
Bilimono (Kong). En ce qui concerne les matériaux de construction (sable, graveleux et gravier),
leur exploitation se fait à ce jour de manière rudimentaire et informelle. Cependant, dans la
perspective de répondre aux besoins en matériaux de construction du projet de réalisation du port
sec de Ferké, des demandes ont été introduites pour l’ouverture prochaine de carrières industrielles
desdits matériaux ([Link] consulté le 25 juin 2024).
La feuille de Katiola est mieux indiquée pour cerner l’environnement géologique auquel appartient
le site d’étude. Plusieurs travaux ont pu être réalisés sur cette feuille géologique. Les documents
suivants ont servi de base à la compréhension de la géologie de la zone d’étude :
- carte géologique de la feuille de Katiola au 1/200 000 ;
- carte géologique du département de Katiola (Figure 12).
Les formations géologiques du département de Katiola appartiennent au Birimien ou encore
paléoprotérozoïque (Daï Bi et al., 2018). En partant de la frontière Est du département jusqu'à
Katiola en passant par Marabadiassa et la rive droite du Bandama, s'étend une large bande de flyschs
Birimiens bordés au Nord de Katiola, dans la partie Sud-Est, par les roches du complexe volcano-
sédimentaire, elles-mêmes entourant un grand massif intrusif.
L'orientation générale de ces structures est NNE-SSO (Figure 12). L'extrême Sud-Est est occupé par
des granites éburnéens (Geomines, 1982).
Symétriquement à cette structure et presque suivant une diagonale, on retrouve une série de flyschs,
après une bande homogène de granites éburnéens concordants.
Cette série est de moindre importance que la précédente et est traversée en son milieu par une bande
de granites et de migmatites. Plus à l'Ouest, on retrouve un nouveau massif granitique intrusif à
l'Ouest de Tortiya, puis une bande de migmatites antébirimiennes (Coulibaly, 2009).
Les formations géologiques de la zone d’étude sont présentées à la figure 12.
23
Figure 12: Carte des formations géologiques de la zone d'étude de Kobadjan
I-2-5-SITE DE LINGUESSO
Le site d’étude est à environ 2 km du village de Linguésso (Figure 13). Ce dernier est situé à 30 km
de la ville d’Odienné, chef-lieu de région du Kabadougou (867 km d’Abidjan). Les coordonnées du
centre du site sont : N9° 13 ; W7°38.
I-2-5-1-2-Ressources naturelles
Le relief est dominé par les plateaux avec la présence de massifs montagneux dont le mont Denguélé
culminant à 806 m d’altitude. Le climat est de type tropical avec un régime Soudano- Guinéen à
deux saisons :
- une saison pluvieuse qui s’étend de juin à novembre ;
- une saison sèche qui s’étend de décembre à mai, assortie d’harmattan.
La pluviométrie a atteint des points de 1600 mm de précipitations annuelles, régulièrement réparties.
Les températures annuelles varient de 21°C à 35°C avec des amplitudes thermiques moyennes de
26.5°C en 2021 ([Link] consulté le 18 janvier 2024).
24
Odienné
La région du Kabadougou est l’une des régions les plus pourvues en ressources hydrauliques. Trois
bassins versants d’envergure y sont présents. Il s’agit du bassin du cours d’eau Baoulé important
affluent du fleuve Niger, du bassin du fleuve Sassandra qui prend sa source dans le Kabadougou et
du bassin versant du fleuve Bandama.
La région du Kabadougou a été l’objet d’intenses travaux de prospections minières et de
cartographies géologiques depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire. La SODEMI, par exemple, a
réalisé plusieurs missions de sondages sur des zones de manganèses actuellement en exploitation et
de cuivre dans le village de Siola, les potentialités diamantifères de Tora et sur les sites aurifères du
village de Zévasso. D’autres compagnies de renommée internationale y ont également effectué des
travaux de recherches minières.
Selon l’étude stratigraphique de Tagini (1971), les formations de la région d’Odienné appartiennent
à l’archéen (âge supérieur à 2.300 millions d’années) et au protérozoïque moyen et inférieur (1 500-
25
2 300 millions d’années) ; seules les dolérites sont moins anciennes (âge protérozoïque moyen à
permien).
Ces formations sont les suivantes :
- archéen : les gneiss, les migmatites, les quartzites à magnétite sont attribués au mégacycle libérien ;
- protérozoïque moyen et inférieur : les granitoïdes hétérogènes, les granites à deux micas, les roches
des complexes volcano-sédimentaires sont attribués au mégacycle éburnéen.
Dans l’étude pétrographique de la région d’Odienné, Eschenbrenner et al. (1978) a présenté les
formations suivantes :
- les granites : la plus grande partie de la zone est granitique ; les faciès sont très variés, tant par leur
texture, leur structure que par leur composition minéralogique. Les faciès les plus fréquents ont un
aspect orienté, avec des alternances à limites diffuses de zones leucocrates à grain moyen et de zones
mésocrates, en général à grain plus fin, à biotite ou biotite et amphibole ; il existe, cependant, des
faciès granitiques équants, homogènes, souvent leucocrates ou hololeucocrates, à grain moyen ou
grossier (partie Sud-Ouest du Dyengélé, Foulakourou ..., ou à deux micas) ;
- les gneiss : les gneiss sont fréquemment granitisés et présentent des faciès migmatitiques allant
des embréchites (gneiss oeillé à biotite cloisonnée) aux migmatites hétérogènes (épibolites,
quelquefois agmatites). Leur composition minéralogique est voisine de celle des granites : quartz,
feldspaths, biotite, amphibole, parfois sillimanite ;
- les amphibolites : elles constituent, associées à des schistes verts à amphibole chlorite et épidote,
l'armature d'une série de collines, orientées NO-SE, de Losogo à Kimbirila ;
- le complexe volcano-sédimentaire du Bagadian : reconnu et cartographié par Mathez (1972), il est
constitué par une association de roches volcaniques métamorphisées (dacites, rhyolite, rhyodacites),
d'amphibolites, de phtanites et de quartzites jaspoïdes ;
- la région de Karala-Ziemougoula : pétrographiquement très complexe, on y rencontre des
amphibolites, des schistes amphiboliques, des gondites (indice de manganèse de Ziémougoula), des
quartzites à magnétite, des micaschistes, des ultrabasites (indice de nickel de Syola) ;
- les dolérites : présentes au Sud-Ouest de la carte (Gbande-Kourou, Niéfi), elles constituent la
terminaison orientale de la province doléritique de Guinée. Une vue des ensembles géologique est
présentée à la figure 14.
26
Figure 14: Carte des formations géologiques de la zone d'étude de Linguésso
27
CHAPITRE II: GÉNÉRALITÉS SUR LES MÉTHODES GÉOPHYSIQUES ET
GÉOTECHNIQUES UTILISÉES
Dans cette thèse, les méthodes électriques de la géophysique et la géotechnique ont été utilisées
avec diverses techniques. Celles-ci proviennent de principes et notions fondamentales qui
permettent de comprendre leurs applications et les résultats qu’elles produisent. Ce chapitre que
nous allons aborder va mettre en évidence les bases théoriques de ces deux spécialités afin de
mieux les cerner.
II-1-Méthodes géophysiques
La géophysique est l’étude du sous-sol par la mesure des paramètres physiques. Les méthodes
géophysiques sont fonctions des objectifs recherchés. Chaque méthode géophysique a son domaine
d’application préférentiel, en dehors duquel son emploi est incertain. Au cours de nos investigations,
les méthodes électriques utilisant les techniques de traînés, sondages et tomographies électrique ont
été utilisées sur les sites.
II-1-1-Notions importantes
II-1-1-1-Résistivité (ρ)
Dans un conducteur, le courant électrique peut s’écouler selon trois modes distincts :
- conductibilité liquide ou électrolytique ;
- conductibilité solide ou électronique ;
- conductibilité diélectrique.
28
II-1-1-3-Conductibilité liquide ou électrolytique
Pour la plupart des roches, la conductibilité est presque uniquement de type électrolytique. Cela
signifie que ce sont les ions qui transportent des charges sous l’effet du champ électrique et que les
roches conduisent le courant électrique grâce à l’eau qu’elles contiennent.
29
- le degré de salinité ;
La conductibilité d’un électrolyte dépend, en fait, de la teneur en ions et de la mobilité des différents
ions en solution et du degré de dissociation.
Une eau avec la même concentration en poids de sels dissous aura une résistivité différente selon
les ions en présence. Elle est, par conséquent, liée à la résistivité ρw de l’eau d’imbibition.
La résistivité de l’eau d’imbibition est donnée par la formule suivante :
Avec :
c1 : concentration en ion 1
v1 : mobilité de l’ion 1
ρw : résistivité de l’eau d’imbibition
- la présence ou absence d’argile ;
Quand l’argile est sèche, elle est très résistante. Mais, quand elle est humide, elle devient
conductrice.
- texture ou degré de compaction ;
L’influence de la texture conduit à l’anisotropie de la roche. La résistivité transversale diffère de la
résistivité longitudinale.
- phénomène de diffusion
La diffusion se produit au contact de deux solutions de concentrations différentes. Il y a migration
d’ions mais aussi de molécules non dissociées vers la moins riche de façon à rétablir l’équilibre
chimique.
II-1-1-6-Loi d’Archie
Dans le cas d'une roche saturée, « ARCHIE » a établi une relation expérimentale liant la résistivité
de la roche à la porosité et à la résistivité de l'eau d'imbibition (Chapellier, 2001) :
ρr = ρw a Ø –m (2)
Avec :
ρw: résistivité de l’eau d’imbibition ;
ρr: résistivité de la roche désaturée en eau ;
30
Ø: porosité ;
a: facteur qui dépend de la lithologie et qui varie entre 0,6 et 2 (a < 1 pour les roches à porosité
intergranulaires et a > 1 pour les roches à porosité de fracture) ;
m: facteur de cimentation (Il dépend de la forme des pores, de la compaction et varie entre 1,3 pour
les sables non consolidés à 2,2 pour les calcaires cimentés).
On a l'habitude de regrouper sous le terme de facteur de formation :
F = a Ø–m (3)
Dans la pratique, on admet pour les formations meubles, sables et grès, la formule de « HUMBLE
»: F = 0,62. Ø-2,15 (4)
ρr = F ρw (6)
La résistivité dépend aussi de la température à laquelle la roche est soumise, on a la relation suivante
(Chapellier, 2001):
ρ18
ρt = (7)
1 + 0.025 (t-18)
Avec :
31
- l'ionisation de certains minéraux argileux ;
- la conductibilité superficielle
II-1-1-6-3- Saturation
La loi d'Archie a été établie pour des roches saturées en eau. Il faut maintenant tenir compte d'un
nouveau paramètre: la saturation (Chapellier, 2001).
n F ρw
On peut aussi écrire: Sw = ρr (10)
Avec :
F.ρw : résistivité de la roche saturée en eau ;
ρr : résistivité de la roche désaturée en eau ;
n ≈ 2.
L’exposant (n) varie très peu avec les formations. Sa valeur est environ de 2 pour la plupart des
formations de porosité normale dont la teneur en eau est comprise en 20 et 100 %. Parfois, l'air peut
être remplacé par de l'huile ou du gaz, ce qui a le même effet sur les résistivités, ces trois fluides
étant infiniment résistants. Le paramètre saturation est très important en pétrole, c'est de lui que
dépend la mise en production. D'une manière générale, la désaturation augmente la résistivité. Dans
certains cas très particuliers, l'effet de la désaturation peut être inverse. En effet, l'évaporation charge
en sels la zone déshydratée, qui devient plus conductrice que la zone saturée de par sa grande
concentration en sels, c'est le cas de certaines régions d’Egypte (Chapellier, 2001).
II-1-1-7-1-Loi d’Ohm
La caractéristique d’un dipôle ohmique est donnée par la relation appelée loi d’Ohm :
V= RI (11)
32
I : intensité qui traverse le dipôle en Ampère (A)
R=ρ L (12)
S
II-1-1-7-2-Potentiel électrique
La chute de potentiel engendrée par le passage du courant dans le tronc de cône délimité par deux
demi-sphère de rayon r+dr est donnée par :
ρI
V= (14)
2𝛑 r
Le potentiel par rapport à un quadripôle ABMN (Figure 15) est donné par la formule :
∆V = VM -VN = 𝟐𝛑
𝛒𝐈 𝟏
(𝐀𝐌 𝟏
− 𝐁𝐌
𝟏
- 𝐀𝐍 𝟏
+𝐁𝐍 ) (15)
II-1-2-1-Principe
Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour les mesures de résistivité (Bottraud et al., 1984). La
plus courante est encore celle employant un quadripôle et l’injection de courants électriques dans le
sol (Bottraud et al., 1984). C’est aussi une des plus simples et des plus anciennes. La mesure est
effectuée de la façon suivante : quatre électrodes AMNB (piquets métalliques) sont enfoncées dans
le terrain à étudier. Elles sont, le plus souvent, alignées et disposées de façon symétrique (Bottraud
33
et al., 1984) (Figure 15). Les deux électrodes externes, A et B, servent à envoyer un courant
d’intensité connue dans le sol. Les électrodes M et N servent à mesurer la différence de potentiel
ainsi créée entre ces deux points (par une méthode d’opposition).
L’application de la loi d’Ohm permet alors de montrer que dans le cas où l’on se trouve sur un
matériau homogène, sa résistivité est donnée par la formule :
𝚫𝐕 𝟐𝛑 𝚫𝐕
ρ= = k (16)
𝐈 (𝟏 −𝟏−𝟏+𝟏) 𝐈
𝐀𝐌 𝐁𝐌 𝐀𝐍 𝐁𝐍
Avec k appelé facteur géométrique qui est fonction de la disposition des électrodes, on en déduit
que :
𝟐𝛑
K= 𝟏 𝟏 𝟏 𝟏 (17)
( − − + )
𝐀𝐌 𝐁𝐌 𝐀𝐍 𝐁𝐍
Cette mesure est attribuée au centre du dispositif (Figure 15), bien qu’elle concerne un volume de
sol dépendant de la distance entre les électrodes et de leur géométrie d’implantation.
Dans le cadre de cette étude, les méthodes de résistivité électrique ont été utilisées avec plusieurs
techniques et dispositifs permettant de mettre en évidence les anomalies résistantes.
Figure 15: Principe de prospection par courant continu ( cas d’un dispositif Schlumberger)
34
II-1-2-2-Méhodes d’exploration électrique
Les méthodes sont fonction de l’objectif recherché. Les plus utilisées sont celles des résistivités :
- exploration horizontale du sol : traîné électrique ;
- exploration verticale du sol : sondage électrique ;
- exploration verticale et horizontale : imagerie de résistivité électrique.
II-1-2-2-1-Traîné électrique
Cette méthode consiste à réaliser un certain nombre de mesures sur des points alignés, avec une
longueur de ligne AB constant.
Il s’agit, simplement, de déplacer un quadripôle AMNB de dimension fixe sur le site à explorer
(Figure 16). A chaque station, on fait une mesure de I et de ∆V qui permet de calculer ρa qu’on
affecte au centre du dispositif.
II-1-2-2-2-Sondage électrique
Le sondage électrique consiste à pratiquer une série de mesures de résistivité apparente en
conservant fixe le centre O du quadripôle AMNB et en éloignant progressivement les électrodes A
et B (Figure 17). Dès que la distance AB devient trop grande devant MN, il faut changer également
la position des électrodes M et N.
Ceci ne change rien au principe de mesure. On peut alors tracer la courbe représentative ρa = ρ
(AB/2) (Figure 17). L’interprétation des courbes de sondages électriques est faite soit avec des
abaques soit avec des programmes informatiques (logiciels) tels que WINSEV 4, IPI2WIN et IX1D.
35
série de courbes types calculées pour divers contrastes de résistivités et d’épaisseurs pour différentes
couches du sol (Chouteau et Giroux, 2006).
36
Figure 19: Types de courbes de sondage électrique pour des terrains à trois couches
(in Sombo, 2012)
Les valeurs de résistivités apparentes sont reportées sur une échelle bilogarithmique en fonction des
distances AB/2. L’interprétation par ce logiciel utilise des algorithmes d’inversion. Elle consiste à
comparer les résultats du terrain avec des courbes pré-calculées pour divers modèles (épaisseur et
résistivité variable) (Figure 20). Les résistivités apparentes mesurées sont représentées sur le graphe
(Figure 20A). Le but de l’opération est de créer un modèle du sous-sol constitué d’une succession
de couches horizontales ayant chacune une certaine résistivité et une certaine épaisseur (Figure 20B)
puis de calculer la réponse de ce modèle (Figure 20C) (Chapellier, 2000). Cette opération utilise la
méthode du gradient qui minimise la somme des écarts relatifs quadratiques entre les deux courbes.
C’est une technique de calcul itératif qui permet la recherche des minimums ou maximums d’une
fonction (Chouteau et Giroux, 2006). L'interprétation n'est bonne que lorsque la courbe calculée
pour le modèle coïncide avec les mesures de terrain. Dans ce cas, le modèle est une approximation
possible de la réalité du sous-sol, car il génère des données similaires à celles mesurées (Chouteau
et Giroux, 2006). L’interprétation à l’aide de ce logiciel donne des résultats plus détaillés sur la
moindre variation de résistivité que celle utilisant les abaques. Elle donne une grande liberté dans le
choix et le test de plusieurs modèles (Chouteau et Giroux, 2006). Cependant, pour éviter tout risque
de divergence du processus de calcul itératif, il faut, au préalable, contraindre l’inversion en termes
de résistivités et épaisseurs par rapport aux données mesurées sur les affleurements et les forages
(Marescot, 2009). On tient donc compte a priori du milieu géologique. Sans contrainte, l'algorithme
d'inversion ne cherche qu’à converger vers une erreur minimale entre les résistivités apparentes
mesurées et calculées sur son modèle, parfois au mépris de la pertinence géologique. L’interprétation
des courbes de sondages électriques tient compte des principes dits d’équivalence et de suppression
(Chapellier, 2000 ; Chouteau et Giroux 2006). Ces deux principes s’appliquent pour les sondages à
37
4 couches et plus. Des terrains de distribution de résistivités et d’épaisseurs différentes peuvent
donner des courbes de sondages quasi-identiques (principe d’équivalence). Le principe de
suppression est relatif à des couches de terrain dont la résistivité est intermédiaire entre celle des
couches encaissantes. De telles couches, tant qu’elles n’ont pas une épaisseur assez grande ne
modifient pas ou peu le diagramme de sondage électrique.
Au cours de ce travail, le tracé et l’interprétation des courbes de sondages électriques ont été
effectués à l’aide d’un programme informatique (Winsev 6).
Figure 20: Interprétation d'un sondage électrique par ordinateur (Hacini, 2006 ;
Marescot, 2009)
38
Le système se compose d’un câble multiconducteur reliant une série d’électrodes disposées à la
surface du sol au résistivimètre. Des niveaux d’acquisitions de plus en plus profonds sont obtenus
en augmentant progressivement la distance entre les électrodes (Hacini, 2006).
Chaque point de mesure de résistivité apparente est disposé horizontalement au centre du quadripôle
qui a servi à le mesurer (Edwards, 1977). La profondeur médiane d’investigation est située
verticalement à la moitié de la distance de séparation des électrodes de courant. Cette profondeur
d’investigation dépend principalement de la distance maximale de séparation des électrodes
d’injection de courant (Astier, 1971). En réalité, la profondeur d’investigation ne dépend pas
seulement de la distance de séparation des électrodes de courant mais aussi d’autres facteurs comme
le rapport signal/bruit, les hétérogénéités de surface et les variations latérales (Ward, 1990).
Pour aboutir à une image interprétable du sous-sol, le profil de résistivité doit être inversé. Les
tomographies non inversées sont habituellement représentées sous forme de pseudosections (coupes
électriques du sous-sol en résistivités apparentes).
II-1-2-3-Dispositifs de mesure
39
II-1-2-3-1-Quadripôles
Dans la plupart des quadripôles utilisés, les quatre prises sont disposées sur un même alignement.
Les deux électrodes de mesure M et N sont le plus souvent, à l’intérieur de l’intervalle AB et, en
général, symétriques par rapport au milieu O de cet intervalle (Figure 22). Parfois, il peut être
intéressant d’utiliser un dispositif dissymétrique, car M et N étant beaucoup plus près de l’un des
pôles d’envoi, l’influence du second pôle est alors très faible.
II-1-2-3-2-Schlumberger
Les quatre électrodes sont alignées selon un dispositif symétrique par rapport à O, avec MN très
petite par rapport à AB, en général MN <AB/5 (Figure 22e). La formule de la résistivité est la
suivante :
∆V
ρa = K (18)
I
a2−b2
Avec : K = ; OA = OB= a ; OM = ON =b
2b
Ce dispositif est adapté aux structures verticales et horizontales mais a une résolution en
subsurface moyenne.
II-1-2-3-3-Wenner
Les quatre électrodes sont alignées et distantes d’un écart a (Figure 22d). La formule de la résistivité
est la suivante :
∆V
ρa = K (19)
I
40
Electrode 4 Electrode 3
Electrode 1 Electrode 2
II-1-2-3-4-Dipôle-dipôle
Les électrodes d’injection et de mesure sont séparées d’un multiple de leur propre écart a.
MN est à l’extérieur de AB (Figure 22c). La formule de la résistivité est la suivante :
∆V
ρa = K (20)
I
Avec K= π a n (n + 1) (n + 2)
Ce dispositif a une bonne résolution horizontale et est très sensible aux structures verticales.
Cependant, sa profondeur d’investigation reste faible par rapport à celle du Wenner.
41
II-1-2-3-5-Gradient rectangulaire
Pour ce dispositif, MN reste sur l’alignement de AB généralement dans le 1/3 central à une distance
inférieure à AB/4 (Figure 22f).
Ce dispositif a une bonne résolution horizontale. L’inconvénient est qu’il faut calculer K, le facteur
géométrique, pour chaque position de MN et que la profondeur d’investigation n’est pas constante.
On peut effectuer des corrections pour corriger cet effet qui fait qu’il est souvent difficile de
raccorder entre eux des rectangles voisins.
La formule de la résistivité est la suivante :
2.π .ΔVP
ρa = (21)
I . 1/AM - 1/BM – 1/AN +1/BN
II-1-2-3-6-Carré
Ce dispositif particulier est destiné à mettre en évidence des phénomènes d’anisotropie (Chapellier,
2000). Les électrodes sont arrangées selon un carré (Figure 22g). Il est caractérisé par une certaine
profondeur d’investigation et un certain pouvoir de résolution.
La formule de la résistivité est la suivante :
∆V
ρa = K (22)
I
Avec K =10,72 a
II-1-2-3-7-Dipôles ou pôle-pôle
Les électrodes B et N sont placées à l’infini, on ne s’occupe que de A et M (Figure 22a). Ce dispositif
est théoriquement simple puisque le potentiel mesuré en M est dû à A seul.
La formule de la résistivité est :
∆V
ρa = K (23)
I
avec K = 2 π a
Dans la pratique, cependant, ce dispositif est encombrant à cause de la longueur des câbles
nécessaires pour rendre négligeable l’effet des électrodes placées à l’infini. Il est très sensible au
42
bruit électromagnétique environnemental et a la plus basse résolution spatiale. Néanmoins, il a une
profondeur d’investigation importante.
II-1-2-3-8-Tripôles ou pôle-dipôle
Pour ce dispositif, on va placer une des électrodes d’injection à l’infini. On obtient un tripôle AMN
(si B est à l’infini) ou ABM (si N est à l’infini).
En vertu du principe de réciprocité, on peut théoriquement utiliser AMN ou ABM. En fait, le
dispositif avec MN très écarté est peu commode car l’influence des telluriques devient
prépondérante.
Le tripôle le plus courant est celui où les trois électrodes sont disposées sur une ligne droite, A étant
à l’extérieur de MN (AMN). De plus, généralement, soit ces trois électrodes sont équidistantes
(Figure 22b), soit la distance MN est petite par rapport à AN.
On peut également, au lieu de rejeter B assez loin pour que son influence soit négligeable, le placer
de manière qu’il crée le même potentiel en M et N. En milieu homogène, il suffit de le placer sur la
médiatrice de MN. Ainsi, l’effet de B s’élimine des ∆V mesurés.
En pratique, il faut éloigner B suffisamment pour que les dissymétries introduites par la non
homogénéité du sous-sol puissent être négligées.
Les tripôles présentent l’intérêt de n’exiger que le déplacement de trois prises et moins de câble. Ce
qui peut présenter parfois un certain avantage mais leur caractère dissymétrique leur fait en général
préférer les quadripôles complets (Chapellier, 2000).
La formule de la résistivité est :
∆V
ρa = K (24)
I
a+m a : AM
Avec : K= 2πa
m m : MN
Ce dispositif a une sensibilité moyenne au bruit électromagnétique environnemental et est adapté
aux structures verticales. Sa profondeur d’investigation est supérieure à Wenner mais est assez
difficile à mettre en œuvre à cause de la grande distance entre les électrodes.
Dans la pratique, sur les différents sites, les dispositifs gradient rectangle, Schlumberger et pôle-
dipôle ont été utilisés respectivement pour les techniques de traîné, de sondage et de tomographie
électriques.
43
II-2-Méthodes géotechniques
Lorsqu’un granulat est soumis à des sollicitations mécaniques, il peut se fragmenter en éléments de
toutes dimensions avec des productions de fines. Pour suivre cette évolution, divers essais ont été
mis au point, dont le premier par Page aux Etats-Unis en 1893 (Touré, 1985). Cet essai consistait à
la fragmentation des granulats sous l’action d’un mouton (Touré, 1985). Ensuite, l’essai Los Angeles
est inventé en 1913, et enfin l’essai de fragmentation dynamique.
La fragmentation d’un granulat peut être suivie par :
- L’essai Los Angeles ;
- L’essai de fragmentation dynamique.
Il existe divers types d’essai de fragmentation dynamique et chaque essai peut avoir plusieurs
variantes d’un pays à l’autre (Tourenq et al., 1982).
En France, l’essai de fragmentation dynamique a été conçu pour se substituer à l’essai Los Angeles
plus lourd à mettre en œuvre et donc plus couteux (Touré, 1985).
L’évolution liée à l’usure du granulat est suivie par des essais dont le premier est mis au point en
1878 par Deval (Touré, 1985). Jusqu’en 1950, l’essai se faisait à sec. C’est à cette date que Deval
en présence d’eau a été introduit. L’essai Deval, trop lourd à mettre en œuvre et onéreux, a été
remplacé par l’essai Micro-Deval.
Dans cette thèse, nous allons effectuer les essais Los Angeles et Micro-Deval selon les normes NF
EN 1097-2 et NF EN 1097-1. Ces essais sont effectués sur des échantillons de roches issues de
sondages mécaniques par carottage (Figure 23).
a b
44
II-2-1-Essai Los Angeles
II-2-2-1-But et principe
Cet essai permet de connaitre la dureté d'un matériau en calculant un coefficient de Los Angeles.
Il a pour but de mesurer de la résistance à la fragmentation par chocs des éléments d’un
échantillon de granulats grâce à une charge de boulets (Lamrani et El Moueden, 2016). Il consiste
à mesurer la quantité d'éléments inférieurs à 1,6 mm produite en soumettant le
matériau aux chocs de boulets et aux frottements réciproques de la machine Los Angeles (Figure
24). L'essai est mis en route en exécutant à la machine 500 rotations à une vitesse comprise entre
30 et 35 tr/min pour toutes les classes de 4-6,3 mm à 16-31,5 mm sauf la classe 25-50 mm où le
nombre de rotation est de 1000 (Figure 24).
La masse de l’échantillon envoyé au laboratoire est au moins 15Kg. Les étapes de déroulement de
l’essai (Figure 25) selon la norme NF EN 1097-2 sont les suivantes :
- choisir la classe granulaire qui va être soumise à l’essai, cette classe est choisie parmi les six
classes 4-6,3 mm ; 6,3-10 mm ; 10-14 mm ; 16-31,5 mm et 25-50 mm ;
La classe 10-25 mm doit contenir 60% de 10-16 mm, la classe 16-31,5 mm 60% de 16- 25 mm
et la classe 25-50 mm 60% de 25-40 mm.
- tamiser l’échantillon à sec sur chacun des tamis de la classe granulaire choisie en commençant
par le tamis le plus grand ;
- laver le matériau tamisé et le sécher à l’étuve à 105°C, jusqu’à masse constante (c’est à dire
jusqu’à ce que deux pesées successives de l’échantillon, séparées de 1h ne diffèrent pas de plus
45
de 0,1%, la masse de l’échantillon pour essai sera de 5000 g) ;
- introduire la charge (nombre de boulets) correspondant à la classe granulaire choisie puis
l’échantillon pour essai. La charge est fixée conformément au tableau II ;
- faire effectuer à la machine le nombre de tours correspondant à la fraction granulaire choisie ;
- une fois le nombre de tours terminé, recueillir les granulats dans un bac placé sous l’appareil
en ayant soin d’amener l’ouverture juste au-dessus de ce bac pour éviter les pertes de matériaux ;
- tamiser le matériau recueilli sur le tamis 1,6 mm, le matériau doit être pris plusieurs fois pour
faciliter l’opération de tamisage ;
- laver le refus au tamis de 1,6 mm, égoutter ce refus et le sécher à 105°C jusqu’à masse
constante ;
- peser ce refus séché (M1) (Lamrani et El Moueden, 2016).
Le coefficient Los Angeles LA est donné par l’équation 26 :
LA = 100 x (5000-M1) / 5000 (25)
46
Tableau II: Nombre de rotation et de boulets correspondant à chaque classe
II-2-2-Essai Micro-Deval
II-2-2-1-But et principe
L’essai a pour objet de mesurer la résistance à l’usure d’un échantillon de granulats, et la
détermination de la dureté d'un matériau en se basant sur le calcul d'un coefficient de
Micro- Deval (MDE) (Lamrani et El Moueden, 2016).
L’essai s’effectue sur les gravillons entre 4 et 14 mm et entre 25 et 50 mm. Il consiste à
mesurer la quantité d’éléments inférieurs à 1,6 mm produite par frottements réciproques,
dans un cylindre en rotation, en présence des charges abrasives et de l’eau (Figure 26).
La résistance à l’usure est mesurée par la quantité, appelé coefficient Micro-Deval en
présence de l’eau (MDE) (Lamrani et El Moueden, 2016).
47
II-2-2-2-Exécution de l’essai Micro-Deval
- choisir la classe granulaire qui va être soumise à l'essai parmi les quatre classes suivantes : 4-
6,3 mm, 6,3-10 mm, 10-14 mm et 25-50 mm. La classe 25-50 mm doit contenir 60% de 25-40
mm ;
- prendre un échantillon de masse égale au moins à 500 g si la classe choisie est comprise entre
4 et 14 mm, et 10 Kg si la classe choisie est 25-50 mm ;
- laver l'échantillon et le sécher à l'étuve à 105°C. Tamiser à sec sur les tamis de la classe
granulaire choisie. La masse M de l'échantillon pour essai (500g ± 2g pour les classes entre 4
et 14 mm, et 10000g ± 20g pour la classe 25-50 mm) ;
- introduire dans le cylindre d’essai la charge abrasive, puis la quantité du matériau préparé et
de l’eau. Ensuite, mettre en rotation l’ensemble à une vitesse de 100 tr/mn pendant 2h20 mn,
ceci conformément aux indications du tableau III ;
- laver le matériau une fois que le nombre de rotations est terminé, après avoir recueilli la charge
abrasive, sur le tamis 1,6 mm ;
Pour chaque classe 2,5 l d’eau sont ajoutés sauf pour la classe 25-50 où 2l d’eau sont utilisés.
- sécher le refus sur ce tamis à 105°C. Ensuite, le peser pour déterminer la masse m’et
calculer la masse m des éléments inférieurs à 1,6 mm produits au cours de l’essai par
l’équation (Lamrani et El Moueden, 2016) :
m = M – m’ (26)
Où : M = 500 g ou 10 000 g
48
Tableau III: Nombre de rotation et charge abrasive correspondant à chaque classe
25-50 0 14000
Plusieurs méthodes géophysiques sont utilisées en génie civil selon l’objectif recherché. Les
méthodes géophysiques permettent d’avoir une idée approximative de la profondeur des
différentes couches et d’un horizon aquifère (Depatement of the Environment Transport and
Road Research Laboratory engineers ,1952).
Pour une meilleure investigation, plusieurs méthodes accompagnées de reconnaissances par
moyens mécaniques sont recommandées. Si des incertitudes subsistent, on pourra répéter les
mesures à partir des galeries et sondages.
Pour la reconnaissance des sites de barrages, on utilise les mêmes méthodes que pour la
recherche de carrière mais également la sismique réflexion entre galerie, tirs en éventail de
l’extérieur vers les galeries ou forages, entre galeries ou entre forage.
Ces méthodes sont basées sur les vitesses de propagation des ondes de compression et de
cisaillement. Ce qui permet de calculer un module dynamique dont la signification est
contestée.
Schneider (1967) a eu l’idée de mesurer aussi l’amortissement des ondes transmises, leur
fréquence (ou leur longueur d’onde) ainsi que la dispersion de toutes ces grandeurs, et de
regrouper tous ces paramètres en une image globale (sorte de portrait-robot) pour différencier
les sites de barrage les plus divers. Chaque nouveau site peut être ainsi globalement comparé à
ceux qui ont été déjà testés. Cela ne dispense pas évidemment d’une étude plus détaillée.
Pour la détection des cavités souterraines, la gravimétrie et la méthode électrique semblent les
mieux indiquées. Mais, il faut utiliser simultanément plusieurs méthodes dont les résultats se
recoupent.
49
La géophysique peut intervenir également dans l’auscultation dans le temps. Les méthodes
sismiques sont utilisées par les ingénieurs dans la résolution de deux types de problèmes :
- le contrôle des injections de consolidation ;
- l’étude de la progression de la décompression autour des galeries ;
- l’étude des versants.
Les méthodes sismiques ont été utilisées avec succès pour suivre :
- les variations des contraintes dans la fondation rocheuse des barrages pendant les phases
successives de remplissage et de vidanges ;
- les variations de contraintes autour d’une cavité souterraine lors de son exécution par phase
successives.
L’analyse fine de trajets sismiques suffisamment nombreux paraît susceptible de fournir
d’importantes indications sur le comportement des fondations d’ouvrages. Cependant,
l’utilisation des méthodes électriques en auscultation dans le temps n’a donnée lieu qu’à de
rares tentatives.
La sismique réfraction peut apporter des renseignements sur les propriétés élastiques des
matériaux. Les ondes sismiques se propagent dans les différentes couches selon le degré de
cohésion de celles-ci. Elle est utilisée pour des profondeurs d’investigation plus importantes
alors que la résistivité est employée pour des niveaux peu profond. Dans tous les cas, ces deux
méthodes permettent de connaître approximativement la profondeur du substratum rocheux.
Pour plus de précisions et détails, ces méthodes doivent être accompagnées de quelques
sondages mécaniques. En effet, des erreurs sont possibles dans la reconnaissance d’un bed-rock
de forme simple sous un recouvrement meuble par la sismique réfraction (Garnier et Comes,
1970). D’où la nécessité de compléter par des sondages mécaniques ou d’autres méthodes
géophysiques (électrique par exemple) toute recherche de structure même simple réalisée par
sismique réfraction (Garnier et Comes,1970). En outre, les résultats de toute campagne
géophysique doivent faire l'objet d'un examen critique et la précision escomptée de la méthode
doit être prise en compte (Garnier et Comes,1970). Abordant les difficultés rencontrées par la
géophysique dans la détermination de l’épaisseur d’altération d’une carrière de roche, les
auteurs ont expliqué que la sismique réfraction et les méthodes électriques ne peuvent
déterminer avec précision les limites du volume sain. Des vérifications par sondages et des
galeries sont nécessaires tout en tolérant une certaine imprécision.
Yaba (1981) a interprété une série de mesure sismique dans le cadre d’une recherche de carrière
à Lamoli (Tanda). Le dépouillement des mesures du profil a mis en évidence trois horizons :
50
Argile bariolée, aréne granitique, roche saine (granite). Les sondages mécaniques confirment
les résultats obtenus par la sismique. Les travaux ont porté sur l’étude de tracés routiers par
sismique et recherche de carrière. En outre, la détection d’éventuels effondrements et de
chenaux profonds remplis de sable dans le lit du Niger a été possible grâce aux profils sismiques
réalisés sur le site du deuxième pont de Bamako. Cette étude sismique a montré, un rocher de
grès sain au profil certes chaotique, mais souvent affleurant et rarement recouvert de plus de 2
m de sable et de végétation (LBTP et Berger, 1987). Cette étude a permis de conclure que ce
rocher ne présente aucun accident majeur et cela dissipe toutes formes de craintes (large faille,
profond chenaux remplis de sable) : L’implantation des piles du pont ne doit donc pas poser
problème.
La sismique réfraction est utilisée dans les grands travaux de génie civil, c’est-à-dire ceux qui
nécessitent une bonne connaissance du sous-sol sur de grandes surfaces ou de grandes distances.
Elle renseigne sur :
- la géométrie du toit du rocher ;
- l’aptitude au défonçage (rippabilité) connaissant la lithologie ;
- la vitesse du massif ;
- la vitesse sur échantillon si possible.
Cependant, la sismique ne donne pas de bons résultats lorsqu’on cherche à déterminer
l’épaisseur des cuirasses ou des carapaces latéritiques, celles-ci reposant toujours sur des
altérites à plus faible vitesse (LBTP, 1989).
La reconnaissance par sismique réfraction du pont de Kayes (République du Mali), a également
permis de préciser la présence de niveaux fracturés. Cela grâce à l’examen des vitesses
sismiques rencontrées à différentes profondeurs (LABOGEC-LBTP-GEOMEGA, 1996).
La sismique réfraction est couramment utilisée dans le génie civil (Prevot, 1986). Mais, il existe
également les méthodes Radar qui sont de plus en plus fréquentes pour l'investigation des dix à
vingt premiers mètres du sous-sol. Pour les fréquences couramment utilisées : il est possible de
repérer certains changements de nature lithologique d'une formation géologique, les
fracturations dans un massif, des objets enterrés, des canalisations, grâce à l'analyse de la
réflexion des ondes électromagnétiques.
Les méthodes de résistivités peuvent être utilisées à chaque fois que l’on veut connaître avec
précision la cote des surfaces de séparation et la résistivité des couches (sondage électrique).
Les trainés électriques permettent d’établir une coupe géotechnique le long d’un tracé. La
campagne de prospection électrique de la CGG (1956) avait pour objectif la reconnaissance
51
hydrogéologique et structurale. Ce qui devrait déboucher sur l’établissement d’une échelle de
résistivité pour certaines formations du bassin sédimentaire (Toguyeni, 1986).
A Nianing, des sondages électriques ont été effectués dans le but d’établir une comparaison
avec les résultats antérieurs réalisés par Albouy et al. (1970) et de situer avec plus de précision
l’accroissement considérable de la minéralisation des eaux des nappes de cette zone littorale.
La prospection électrique constitue une opération préliminaire à des études plus détaillées
(Toguyeni, 1986) dans le but de rechercher soit des reliques d’anciennes transgressions marines,
soit de préciser les effets actuels de l’invasion marine sur des aquifères exploités (cas de Ferlo,
Tanna, Nianing au Sénégal). Ces travaux s’inscrivaient dans la perspective du projet de
construction du canal de Cayor reliant le Ferlo à la presqu’île du Cap-Vert. Le site de Tanna a
été choisi pour mieux identifier les problèmes de méthodologie que ne cesse de poser les fortes
variations de la minéralisation élevée des nappes et de la salure des sols.
La détermination d’une carrière pour usages routiers peut également se faire par une
prospection de surface. Les roches granitiques ainsi déterminées seront caractérisées par des
essais géotechniques en vue d’une utilisation en géotechnique routière. C’est la raison pour
laquelle Aghui (1980) a réalisé des travaux de prospection de surface des roches granitiques
pour usages routiers. Il a pu réaliser, à partir de granulats obtenus après concassage, des essais
mécaniques. Le but de ces essais est d’évaluer la qualité des granulats utilisables en
géotechnique routière.
Ces essais mécaniques ont été également réalisés par Touré (1985) sur des granulats de
différentes carrières de la Côte d’Ivoire. Les résultats ont ainsi permis de nous renseigner sur la
qualité des granulats issus de certaines carrières de roches massives de Côte d’Ivoire (granite
d’Akebefiat, d’Ayame et d’Adzopé, norite, charnockites, granulites et gneiss migmatitiques de
Man, amphibolite d’Ayamé).
Notre contribution sera d'utiliser la prospection électrique et la résistance mécanique pour
rechercher et caractériser les sites de carrières du Birimien ivoirien afin d'évaluer leurs volumes
et leurs qualités.
CONCLUSION PARTIELLE
Dans cette première partie de notre travail, nous avons succinctement présenté le cadre
géographique et géologique des zones d’études. Ensuite, les généralités sur les méthodes
d’études géophysiques que nous allons utiliser au cours des investigations, ont été exposées.
Dans la seconde partie, nous allons préciser le matériel et les méthodes effectivement utilisés
pendant nos investigations
52
DEUXIÈME PARTIE:
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Dans les paragraphes qui suivent, nous allons d’abord présenter le matériel ayant servi à
l’application des méthodes géophysiques et géotechniques. Ensuite, les outils de traitement des
données seront exposés.
Plusieurs documents géologiques et des visites de reconnaissance sur les sites ont permis de
mieux cerner leurs contextes, de prévoir le matériel et les méthodes adéquats à l’acquisition des
données.
En plus des cartes géologiques, un rapport de reconnaissance des sites nous a permis de collecter
diverses informations relatives à l’éloignement du site des villages, à la végétation, aux cours
d’eau, à la nature et l’orientation des affleurements sur chaque site. Il était nécessaire de faire
une reconnaissance à l’échelle des affleurements. Cette reconnaissance a été effectuée à l’aide
de matériels de prospection et de reconnaissance (Figure 27). Ce sont :
- une boussole iris 50 ;
- un GPS garmin 72 H ;
- des talkies ou émetteurs-récepteurs ;
- des machettes.
53
a b
L’ensemble du matériel utilisé pour l’application des techniques géophysiques est listé dans le
tableau IV et présenté sur la Figure 28. L’unité centrale de l’équipement géophysique est un
résistivimètre syscal pro standard (Figure 28).
Le Syscal Pro est un résistivimètre conçu pour réaliser des mesures de manière intensive.
Cet appareil (contenant émetteur – récepteur et convertisseur) s’avère être un outil très pratique
sur le terrain.
Un convertisseur externe de courant continu peut être ajouté pour en augmenter la puissance.
Ce résistivimètre permet de mesurer la tension de réception primaire ainsi que les valeurs de la
courbe de décharge de cette tension, donnant ainsi une mesure de résistivité et de chargeabilité
(PP).
54
Tableau IV: Matériel d'étude
a b
c d
55
Les principales caractéristiques de cet appareil sont les suivantes (Iris instrument, 2011) :
- 10 dipôles de réception disponibles pour réaliser des mesures avec une grande productivité ;
- 20 fenêtres de chargeabilité (définies de manière automatique ou par l’utilisateur) permettant
de rendre compte du phénomène de décharge avec une grande précision ;
- une résolution de 1 µV sur la tension primaire permettant d’obtenir des mesures très précises ;
- un grand écran LCD graphique permettant de visualiser en temps réel les mesures,
numériquement ou graphiquement.
Le Syscal Pro peut être utilisé en mode de commutation automatique (grâce à des cartes de
commutation d’électrodes ou à des boîtiers externes de type Switch Pro) pour réaliser des
mesures intensives en 2D / 3D et forages (Iris instrument, 2011).
Il est constitué de modules d’émission et de réception en technique pulsée. L’émetteur et le
récepteur sont en mode compact.
L’émetteur a pour caractéristiques :
- voltage constant max = 800 V;
- courant max = 2,5 A;
- temps d’impulsion = 250 ms à 8 s.
Les électrodes d’acier inoxydable et le papier d’aluminium ont été utilisés pour transmettre le
courant dans la terre. Le courant transmis était une onde carrée bipolaire on-off (de coefficient
d’utilisation de 50%).
Les mesures de résistivité ont été prises pendant les temps morts du cycle de courant de 2 s.
L’erreur sur la résistivité apparente est essentiellement celle de l’espacement nominal entre les
électrodes de réception, approximativement 5 % en tout. Le Syscal Pro fournit à l’utilisateur
une mesure d’erreur type et un contrôle les données mesurées. Le tableau V présente les
statistiques des paramètres mesurés.
56
III-2-2- Matériel d’étude géotechnique
Le matériel utilisé pour les sondages carottés et les essais au laboratoire sur les échantillons de
roches massives est listé dans le tableau VI et présenté sur les Figures 29 et 30.
57
a b
c d
Tamis 14 mm
Tamis 12 mm
Tamis 10 mm
58
III-3-MATÉRIEL DE TRAITEMENT
Dans le paragraphe suivant, nous présenterons les outils informatiques et logiciels qui ont
permis de traiter les données brutes.
III-3-1-Matériel informatique
L’outil informatique principal pour le traitement des données est un ordinateur portable avec
plusieurs périphéries d’entrée, de sortie et de stockage (clé usb). Pour les prises d’image sur les
sites, l’appareil photo d’un smartphone a été utile.
Plusieurs logiciels ont été utiles dans le traitement des données pour une meilleure
interprétation. Les différents logiciels et leurs rôles sont listés dans le tableau ci-dessous.
59
CHAPITRE IV : MÉTHODES D’ÉTUDE GÉOPHYSIQUE
IV-1-GRILLE DE PROSPECTION
Avant l’acquisition des données géophysiques, un réseau de profils ou layons a été ouvert
(Figure 31) et numéroté à l’aide d’une boussole et d’un GPS. Cette technique permet de se
repérer pour éviter une acquisition anarchique (ACF, 2010). Des profils parallèles et
perpendiculaires ont été tracés pour une meilleure appréciation des signatures électriques dans
diverses directions (profils croisés). Une maille de 10 x 50 mètres a été définie pour tous les
profils de mesure. Les profils longs de 200 m sont séparés de 50 m avec des pas de mesure ou
station à chaque 10 m. Le profil et la station de mesure sont marquées sur un ruban attaché à un
piquet. Sur chaque site prospecté, 4 à 7 profils ont été ouverts, soit un total de 6 400 m de ligne.
Ces profils tiennent comptent des contraintes liées à l’occupation de l’espace par les
affleurements, les plantations, les forêts sacrées, les villages, les cours d’eau, les gros arbres et
les lignes de hautes tensions.
Figure 31: Photographie d’un layon matérialisé par des rubans en zone non-dégagée
60
L’acquisition des données avec le résistivimètre syscal pro a été effectuée par trois techniques
et dispositifs électriques. D’abord, le traîné électrique avec un dispositif gradient rectangle,
ensuite le sondage électrique avec un dispositif Schlumberger et enfin la tomographie électrique
en mode pôle-dipôle.
Pour ces prises de mesures, nous avons mobilisé sept personnes dont un géophysicien et un
assistant. Les autres membres de l’équipe sont constitués par les ouvriers qualifiés.
IV-2-TRAINÉ ÉLECTRIQUE
Le traîné électrique est conçu pour porter l’investigation sur une épaisseur plus ou moins
constante de terrain et fournir des informations qualitatives sur les variations latérales des
propriétés électriques du sous-sol. Il met en évidence des contrastes de résistivités latérales des
faciès (zones faillées, contact lithologique et d’autres accidents tectoniques), selon une
épaisseur d’investigation constante. Le dispositif utilisé pendant l’acquisition des données de
traîné est un gradient rectangle (Figure 32). C’est un dispositif ayant une bonne résolution
horizontale. Toutes les lignes de traînés électriques ont été effectuées suivant des lignes
parallèles de sorte à recouper les directions des structures observées en affleurement.
Avec le dispositif gradient rectangle que nous avons utilisé, la ligne AB est maintenue fixe
tandis que la ligne MN est déplacée suivant l’alignement des électrodes A et B (Figure 32a). La
ligne MN reste parallèle à AB dans le 1/3 central. Les mesures sont réalisées après vérification
automatique des résistances de contact entre les électrodes et le sol. Ces résistances sont
améliorées par l’arrosage du sol avec des pots d’eaux salées.
Les traînés parallèles sont réalisés en effectuant à partir de la même ligne d’émission AB
d’autres profils parallèles au profil central (Figure 32b). Le décalage maximum par rapport à la
ligne AB est de AB/4. Sur le terrain, la distance maximum entre les électrodes A et B a été fixée
à 900 m et le pas de mesure MN à 10 m.
61
A, B : Fixes
M, N : Mobiles
Dans la pratique, vingt-six (26) traînés électriques soit 6 400 m de ligne ont été effectués sur
les cinq (5) sites prospectés (Tableau VIII).
Pour mieux percevoir les variations latérales des résistivités apparentes, les résultats
obtenus à partir des mesures de traînés électriques sont représentés sous forme de profils et de
cartes d’isovaleurs de résistivités apparentes.
62
qualité) de chaque valeur de résistivité. Toutes les valeurs enregistrées dans la mémoire interne
du syscal sont celles ayant une déviation q comprise entre 1 % et 2%. Une fois ces valeurs
visualisées, elles sont enregistrées dans la mémoire du résistivimètre par un numéro
d’enregistrement qui sera demandé lors du téléchargement à l’ordinateur via le logiciel prosys
II. Sur ce dernier, une seconde phase de traitement est effectuée par suppression des valeurs
erronées enregistrées.
Enfin, les résultats de traînés électriques sont représentés sous forme de profils sur une échelle
semi-logarithmique. On porte, en abscisse, les positions des différentes stations de mesures, à
une échelle arithmétique et les résistivités apparentes a en ordonnées à une échelle
logarithmique. On utilise en général du papier semi-logarithmique.
Au cours de cette étude, les profils de résistivité parallèles ont été représentés automatiquement
à l’aide de Microsoft (MS) Excel.
Les profils électriques parallèles effectués permettent de mettre en évidence l’extension et
l’orientation des anomalies conductrices dans un environnement résistant (socle). Pour cela, les
profils parallèles sont représentés sur le même graphique.
Les différents profils de résistivités représentés mettent en évidence des anomalies
conductrices ou anomalies géologiques (Figure 33). Ils mettent également en évidence des
structures résistantes (socle) (Figure 33). Les anomalies conductrices peuvent correspondre à
des fractures, à des contacts lithologiques. Le prolongement de ces anomalies au niveau des
profils parallèles permet de déterminer leur extension. Le prolongement est effectué en reliant
les structures mises en évidences entre les profils parallèles, par des segments (Figure 33).
La détermination de l’orientation des structures anormales a consisté principalement à la mesure
de l’angle formé entre la direction Nord et les lignes des anomalies identifiées sur les profils
parallèles. Les mesures d’angles ont été faites à l’aide d’un rapporteur. Les feuilles millimétrées
ont été utilisées comme support papier afin de minimiser les erreurs de mesure. En effet,
l’utilisation du papier millimétré permet de conserver la distance entre les différents points de
mesure des traînés et la distance entre les traînés parallèles (Sombo, 2012).
Dans la pratique, une échelle de 1/ 1000 a été utilisée. Si les lignes de traînés épousent la
direction du Nord, l’orientation des anomalies mises en évidence est déterminée en mesurant,
dans le sens des aiguilles d’une montre, l’angle formé par les lignes de traînés et celles des
anomalies (Sombo, 2012) (Figure 34). Par contre, si les lignes de traînés n’épousent pas la
direction Nord, nous recherchons dans une première étape le Nord à partir de l’orientation des
lignes de traînés. Il s’agit de déterminer la direction NS. L'angle caractérisant l'orientation des
63
lignes de traînés est mesuré en sens inverse des aiguilles d'une montre. Dans une deuxième
étape, on détermine à partir de la direction Nord ainsi identifiée, l’orientation des anomalies.
On mesure pour cela l’angle formé entre le Nord et celui des anomalies conductrices. Cette
dernière mesure se fait dans le sens de l’aiguille d’une montre (Figure 34).
100000
N 120°
10000
L00
L50NE
Anomalie conductrice
1000
-100 -90 -80 -70 -60 -50 -40 -30 -20 -10 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Station de mesure (m)
Les cartes des résistivités apparentes sont des cartes d’isovaleurs de résistivités. Ces
cartes sont établies à partir de plusieurs profils de résistivités apparentes. Elles correspondent à
une distribution de résistivités apparentes dans une tranche de terrain de profondeur constante
(Chapellier, 2000). Elles rendent compte de la variation latérale des résistivités. Ces cartes
présentent l’avantage de permettre une exploitation continue des sites d’étude (Michot et al.,
1997), au niveau local. Elles sont très utiles dans les études de reconnaissance ayant pour but
de mettre en évidence des zones anomales (Sombo, 2012).
Dans le cadre de notre étude, les cartes ont été établies grâce au logiciel Geosoft selon les étapes
de traitement présentées à la figure 35. A chaque coordonnée géographique des stations de
mesure, on affecte la valeur de résistivité apparente correspondante.
Ceci permet d’obtenir une carte d’isovaleurs de résistivités d’une zone donnée (Sombo, 2012).
Les cartes de résistivités permettent de faire, avant même l’interprétation des sondages,
quelques hypothèses sur la distribution des couches meubles et sur la surface du socle rocheux.
IV-3-SONDAGE ÉLECTRIQUE
65
Rangement des données en XYZ
X= EST ; Y=NORD ; Z= Mesures
66
Figure 36 : Dispositif du Sondage électrique selon la configuration Schlumberger
( in Sombo, 2012)
Nombre de sondage
Département Site
électrique
Divo Grobiassoumé 5
Soubré Gnipi 2 3
Dabakala Gbamakro 5
Niakara Kobadjan 5
Odienné Linguésso 10
Figure 37: Illustration de l'embrayage au cours du sondage électrique (a) ; Embrayage sur la
courbe de sondage (b) (in Sombo, 2012)
67
Le phénomène d’à-coups de prise se produit lorsqu’une électrode d’injection se trouve
en contact avec une petite masse très conductrice dans le sol. Le courant est alors canalisé par
ce conducteur et on observe une brusque augmentation de la résistivité apparente (a) ; ce qui
a une incidence sur les profils et sur les sondages (Chouteau et Giroux, 2006).
Les données de sondages électriques permettent de réaliser des courbes. Les résultats de
résistivités apparentes sont représentés sous forme de diagramme en échelle bi-logarithmique.
On porte en abscisse (en échelle logarithmique) les longueurs AB/2 et en ordonnée (en échelle
logarithmique) les valeurs des résistivités apparentes.
L’allure des courbes de sondages électriques est caractéristique des formations géologiques en
milieu du socle (Sombo et al., 2019). En déterminant le type de courbes de sondages électriques
selon le contexte géologique de la zone, nous pouvons, dans le cadre de notre étude, faire
ressortir des caractères communs qui singularisent la structure d’ensemble des formations
superficielles recouvrant le socle sain (Koussoubé et al., 2003).
Dans le cadre de cette étude, nous avons déterminé les types de courbes de sondages électriques
qui caractérisent la zone. Cette particularité peut nous permettre de distinguer chaque contexte
géologique.
Si le sous-sol est composé de trois couches de résistivité ρ1, ρ2, ρ3 et d’épaisseur h1, h2, il y a
alors quatre combinaisons possibles (Figure 38) (Chapellier, 2000) :
- conducteur compris entre deux résistants, courbe de sondage de type H ;
- résistant compris entre deux conducteurs, courbe de sondage de type K ;
68
- résistivité qui augmente par palier, courbe de sondage de type A ;
- résistivité qui diminue par palier, courbe de sondage de type Q
Dans le cadre de notre étude dans le socle, les typologies suivantes ont été utilisées :
- courbe de sondage en " fond de bateau" pour le types H ;
- sondage en "cloche" pour le type K ;
- sondage en "une branche montante ou remontée traînante" pour le type A.
Ces typologies ont été associées à celles inspirées des travaux de Biemi (1992) dans la région
de la Haute Marahoué (Côte d’ivoire), Koussoubé (1996) dans le bassin de Bidi (Burkina Faso)
et Savané (1997) dans la région d’Odienné (Côte d’Ivoire).
Les courbes de sondages électriques sont interprétés par rapport au nombre de branche dont ils
sont constitués. L’allure de la pente à 45° de la remontée est une bonne indication sur la
présence du socle sain. En effet, les variations brusques de la pente de la courbe à la remontée
marquent la présence de zones de fractures. L’on peut passer d’une pente forte (supérieure ou
égale à 45°) à une pente faible ou négative (inférieure à 45°) (Sombo et al., 2019). La pente de
la branche montante correspondante au socle peut donc nous aider à la caractériser et évaluer
la qualité de celui-ci.
69
Dans le cadre de notre étude, la pente de la branche correspondante au socle a été déterminée
pour chaque courbe de sondage électrique. L’allure de cette pente peut varier d’un site à l’autre
en fonction des signatures électriques liées au contexte géologique de la zone.
Pour déterminer l’angle de cette pente, nous avons mesuré avec un rapporteur sa valeur entre
l’horizontal et la branche ascendante du socle (Figure 39).
[ohm·m]
10000
1000
Angle de la remontée
100
10
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
évidence par les cartes de résistivités apparentes de chaque site. Les mesures ont donc été
effectuées sur des profils parallèles et perpendiculaires (profil de base). Les sections de
tomographie permettent de mettre en évidence les variations horizontales et verticales des
résistivités suivant une configuration d’électrodes. Elles traduisent les modèles géoélectriques
du sous-sol. Sur le terrain, le dispositif pôle-dipôle a été utilisé en plaçant une des électrodes
d’injection de courant B à l’infini à environ 5 fois la longueur du profil (Figure 40). Cette
disposition permet d’avoir une erreur inférieure à 5% (Marescot, 2000). La mesure étant
effectuée avec un syscal pro, une électrode supplémentaire est ajoutée au multiconnecteur à
chaque pas de mesure. Une fois le nombre total d’électrode atteint (11 pour le syscal pro),
70
l’ensemble est déplacé à pas de 10 m jusqu’à la fin du profil. Ceci permet d’atteindre 10 niveaux
d’acquisition (Figure 41).
Au total, 24 panneaux de 200 à 300 m chacun ont été effectués dans les 5 localités (Tableau X).
Ces panneaux ont été exécutés sur les anomalies résistantes mises en évidence par les cartes de
résistivités apparentes des sites.
n1
n2
n3
Points n4
d’échantillonnage n5
n6
Nombre de
Orientation
Département Site panneaux Linéaire (m)
panneaux électriques
électriques
Divo Grobiassoumé 5 N150° N60° 1000
Soubré Gnipi 2 4 N40° N130° 800
Dabakala Gbamakro 5 N90° N180° 1220
Niakara Kobadjan 5 N90° N180° 1000
Odienné Linguésso 5 N45° N135° 1500
71
IV-4-2-Traitement des données de tomographie
IV-4-2-1-Méthodologie d’inversion
Le principe de l’inversion en géophysique est de retrouver les propriétés du sous-sol grâce aux
différents signaux mesurés (la résistivité dans notre cas), affectés par les caractéristiques de
celui-ci (Baltassat et al., 2016). Pour ce faire, il est nécessaire de trouver le modèle,
schématisant le sous-sol, qui minimise la différence entre les données mesurées et celles
prédites par la théorie. Celui-ci est obtenu par itération de modélisations et comparaisons à la
donnée mesurée. Les modèles pris en considération à cette étape permettent d’imager les
contrastes de résistivité dans le sous-sol.
Dans le cadre de cette étude, le logiciel TomoLab a été utilisé pour l’inversion des données
recueillies. Le logiciel procède par une méthode itérative. En premier lieu, il découpe le profil
en plusieurs blocs dont la taille augmente avec la profondeur. Cette augmentation est due à la
perte de résolution des méthodes électriques avec la profondeur et dépend du nombre de points
de mesure et de niveaux d’acquisition. Pour cette opération d’inversion, les premières valeurs
introduites dans les blocs du modèle sont les valeurs de la résistivité apparente. A partir de ce
premier modèle, le logiciel injecte un courant fictif (problème direct) et recalcule les valeurs
apparentes, valeurs qu’il compare avec celles mesurées sur le terrain (estimation de l’erreur par
moindres carrés). Cette comparaison lui permet d’ajuster son modèle et ainsi de réduire la
différence entre les valeurs apparentes calculées et les valeurs mesurées sur le terrain en répétant
le processus (par itérations successives).
IV-4-2-3-Insertion de la topographie
Dans cette étude, nous avons inséré la topographie dans les inversions 2D. En effet, l’influence
de la topographie est non négligeable en géophysique. La méthode de l’imagerie électrique est
sensible à ce paramètre. Le programme va donc inverser les données en corrigeant l’effet de la
topographie (Loke, 2000). Le modèle de bloc peut être arrangé suivant la topographie sur
TomoLAB.
72
IV-4-2-4-Modélisation 2D des données de tomographie
A l’issue de l’étape d’inversion, nous obtenons, à l’emplacement de chaque mesure, un modèle
2D constitué de n couches et défini par n épaisseurs et résistivités, censé rendre compte des
contrastes de résistivité existants en subsurface. Le modèle présente en abscisse les positions
des différentes électrodes et en ordonnée les profondeurs ou altitudes (avec topographie). Une
barre de couleurs allant des plus froides au plus chaudes (socle) indique les différentes valeurs
de résistivités.
Le modèle tridimensionnel des signatures électriques a été réalisé par le logiciel ERTLab. Un
premier modèle 3D constitué de l’ensemble des signatures électriques est créé dans un
diagramme XYZ. A partir de ce modèle, les valeurs de résistivité inférieures au seuil de 5000
Ohm.m, attribué au granite, vont être éliminées. Ce seuil tient compte du tableau des valeurs de
résistivités pour des roches éruptives ou magmatiques (in Jenny et al., 2008) (Figure 42). Le
modèle définitif obtenu représente celui de la roche massive au sein de l’ensemble des couches
du site. Le volume de granite exploitable est calculé avec le module Voxel de Geosoft. Ce
logiciel procède d’abord à la sommation de toutes les sections images 2D et soustrait les valeurs
de résistivités inférieures associées aux déblais et procède au calcul volumique de celui-ci
(Djroh et al., 2022). Le potentiel granitique exploitable est estimé avec l’équation suivante :
Qg = V x d (28)
Où, Qg : quantité du granite en tonne (t) ; V: volume (m3) ; d: densité moyenne du granite =
2,67 t/m3.
Résistivité (Ohm.m)
Figure 42: Valeurs de résistivités pour des roches (in Jenny et al., 2008)
73
CHAPITRE V : MÉTHODES D’ÉTUDE GÉOTECHNIQUE
V-1-CAROTTAGE DE ROCHE
L’exécution des sondages carottés s’est faite à l’aide d’une sondeuse. On positionne, d’abord,
le carottier de la sondeuse au droit du point de carottage. Ensuite, on actionne la sondeuse à
l’aide d’un bouton. Un réservoir envoie l’eau dans la roche afin de faciliter le carottage. Au fur
et à mesure que le carottier descend, il se remplit d’échantillon de matériau à prélever. Il est
remonté pour extraction de la carotte et son conditionnement. Le carottier, est par la suite,
redescendu dans le forage à la côte précédemment atteinte et le cycle d’essai reprend jusqu’à la
profondeur de carottage souhaitée.
Sur chaque site, suivant les contraintes liées à l’accessibilité du site, au déplacement de la
sondeuse et aux pannes techniques, un ou deux sondages carottés ont été réalisés à une
profondeur variant entre 0 et 10 m. Les essais Los Angeles et Micro-Deval ont été effectués sur
les carottes entre 0 et 5 m puis entre 5 et 10 m. Pour les carottages de 5 m de profondeur,
seulement les essais entre 0 et 5 m ont été réalisés. Cependant, pour harmoniser les données,
nous avons considéré un prélèvement par site, avec des échantillons entre 0 et 5 m de
profondeur.
L’essai Los Angeles a été exécuté sur la classe granulaire 10/14 recomposée (60% passants sur
un tamis 12,5 mm), selon la norme NF EN 1097-2. La classe granulaire 10/14 est constituée de
granulats dont les dimensions extrêmes sont respectivement 10 mm pour les plus petits et 14
mm pour les plus gros. L’échantillon sec a été, d’abord, tamisé dans chacun des tamis (14 mm,
12 mm et 10 mm) de cette classe granulaire en commençant par le plus grand. Ensuite, nous
avons suivi le protocole ci-dessous :
- lavage du matériau tamisé et séchage à l’étuve sous 105°C, jusqu’à masse constante (c’est à
dire jusqu’à ce que deux pesées successives de l’échantillon, séparées de 1h ne diffèrent pas de
plus de 0,1%) ;
74
- l’échantillon 10/14 est recomposé de la façon suivante : 3000 g de 10-12,5 mm et 2000 g de
12,5-14 mm pour avoir 5000 g d’échantillon 10/14 recomposé ;
- introduction de onze (11) boulets correspondant à la classe granulaire 10/14 choisie et de
l’échantillon 10/14 recomposé dans la machine Los Angeles ;
- réalisation de 500 tours à la machine correspondant à la fraction granulaire 10/14 choisie ;
- recueille des granulats dans un bac placé sous l’appareil en prenant soin d’amener l’ouverture
juste au-dessus de ce bac pour éviter les pertes de matériaux ;
- tamisage du matériau recueilli avec le tamis 1,6 mm. Le matériau est pris plusieurs fois pour
faciliter l’opération de tamisage ;
- le refus est lavé au tamis de 1,6 mm, égoutté puis séché à l’étuve à 105°C jusqu’à masse
constante ;
- ce refus séché est pesé pour donner une masse M1
Le coefficient Los Angeles (LA) est donné par l’équation 30 :
LA = 100 x (5000 – M1) / 5000 (29)
V-3-ESSAI MICRO-DEVAL
Pour l’exécution de l’essai Micro-Deval, nous avons choisi la même classe granulaire 10/14
recomposée (60 % de 10-12,5 mm et 40 % de 12,5-14 mm). Pour la suite de l’essai, nous avons
suivi le protocole, selon la norme NF EN 1097-1, suivant:
- lavage et séchage de l’échantillon à l’étuve sous 105°C puis tamisage à sec avec les tamis de
la classe granulaire 10/14 ;
- l’échantillon 10/14 est recomposé de la façon suivante : 300 g de 10-12,5 mm et 200 g de 12,5-
14 mm pour avoir 500 g d’échantillon 10/14 recomposé ;
- introduction dans le cylindre d’essai d’une charge abrasive de 5000 g et 500 g de matériau
recomposé en y ajoutant 2,5 l d’eau ;
- mise en rotation de l’ensemble à une vitesse de 100 tr/mn pendant 2 h ( soit 12 000 tours) ;
- lavage du matériau une fois que la rotation est terminée, avec le tamis 1,6 mm, après avoir
recueilli la charge abrasive avec un aimant ;
- séchage du refus sous 105°C ;
- pesage du refus pour déterminer la masse m’ ;
- calcul de la masse m des éléments inférieurs à 1,6 mm produits au cours de l’essai par :
m = 500- m’ (30)
- calcul du coefficient Micro-Deval (MDE) par :
MDE = 100 x (500-m’) / 500 (31)
75
V-4-ÉVALUATION DE LA QUALITÉ DE LA ROCHE
Les résultats obtenus, à l’issue des essais Los Angeles et Micro-Deval, seront comparés à
certaines normes (LBTP et AFNOR) (Tableaux XI et XII) pour évaluer la qualité de la roche
massive attribuée à chaque site. Cette évaluation va nous permettre de caractériser la résistance
mécanique de chaque type de roche selon sa situation géographie et géologique. Sur les sites
prospectés, un ou deux sondages carottés ont été réalisés entre 5 et 10 m de profondeur selon
les contraintes budgétaires du projet.
Micro-Deval ≤ 10
CONCLUSION PARTIELLE
Dans ce chapitre, nous avons, d’abord, exposé l’ensemble du matériel d’étude géophysique et
géotechnique utilisé au cours de nos investigations. Il s’agit du résistivimètre Syscal Pro, avec
ses accessoires de prospection et des appareils Los Angeles et Mico-Deval. Ensuite, nous avons
présenté la méthodologie concernant : le gradient rectangle pour les traînés électriques, le
dispositif Schlumberger pour les sondages électriques et le pôle-dipôle pour les tomographies
76
de résistivités électriques 2D. Enfin, celle de la modélisation volumique 3D, de l’essai Los
Angeles et Micro-Deval a été expliquée.
Tout le matériel présenté et les méthodologies développées dans ce chapitre vont être appliqués
sur les cinq (05) sites situés dans le socle ivoirien.
Quels résultats, interprétations et discussion pourrions-nous dégager de ces divers contextes
géologiques ivoiriens ? La troisième partie de notre thèse nous permettra de répondre à ces
préoccupations.
77
TROISIÈME PARTIE :
RÉSULTATS ET DISCUSSION
La troisième partie de notre réflexion s’attellera à présenter les résultats des investigations
géophysiques et géotechniques qui seront discutés après leurs interprétations. Ces différents
résultats vont permettre d’évaluer la qualité et le tonnage par les méthodes électriques couplées
avec la géotechnique.
Les profils de résistivités présentent les variations horizontales des valeurs de résistivité sur
chaque profil. Sur les différents profils de résistivités, nous observons des pics de résistivités
qui sont relatifs au socle sain. Ils montrent également des valeurs basses de résistivités qui
correspondent à des anomalies conductrices. L’alignement des zones de faibles résistivités sur
les profils parallèles constituent des discontinuités géologiques qui sont généralement des
fractures ou des failles (Figures 43 à 47). Ces fractures peuvent constituées des points
hydrogéologiques qui peuvent limiter l’exploitation et la qualité de la roche saine.
N60°
78
N130°
80
Au total, 37 lignes de discontinuités géologiques ont été mis en évidence à partir des profils
parallèles de résistivités électriques (Tableau XIII).
Nous observons des compartiments de faibles résistivités et des compartiments de fortes valeurs
de résistivités. Ces zones sont caractéristiques du contact entre roches intrusives résistant et
encaissant conducteur. Les profils de résistivités mettent en évidence la présence de zone de
contact entre les formations conductrices et résistantes (Figure 48).
Direction
des traînés Nombre de Orientation des
Site
électriques discontinuités discontinuités
parallèles
N163° (2), N165°, N167°,
Grobiassoumé N60° 7
N141°, N158°, N170°
N30°, N38°, N40°, N48°,
Gnipi 2 N130° 5
N70°
N70°, N75°, N107° (4),
Gbamakro N-S 9
N110°, N120°
N75°, N81°, N83°, N90°
Kobadjan N-S 8
(3), N 95°, N112°
N14°, N45° (3), N49°,
Linguésso N135° 8
N56°, N58°, N66°, N72°
Total 37
N130°
Figure 48: Zone de contact entre massif granitique et méta-sédiments (site Gnipi 2)
81
VI-1-2-Cartes de résistivités
VI-1-2-1-Site de Grobiassoumé
La carte de résistivité du site de Grobiassoumé (Figure 49) met en évidence des structures
géoélectriques dont les résistivités sont comprises entre 274,29 Ohm.m et 7 991,13 Ohm.m.
La carte de résistivité du site met en évidence trois zones géoélectriquement distinctes :
- une zone conductrice correspondant aux faibles résistivités apparentes inférieures à 1100
Ohm.m (couleur bleue) ;
- une zone à résistivités intermédiaires (couleur jaune et verte) dont les résistivités varient entre
1100 et 2200 Ohm.m, qui traduit des phases d’altération du massif granitique intrusif ;
- une zone résistante avec des résistivités supérieures à 2200 Ohm.m (couleur rouge-orangé) et
allongée dans la direction NO-SE. Des distorsions sont observées au niveau des contours de
la structure résistante. Celles-ci seraient des discontinuités au niveau du massif granitique.
Elles sont orientées entre N20° et N152°.
82
ρa (Ohm.m)
Faille supposée
VI-1-2-2-Site de Gnipi 2
Trois entités géoélectriques peuvent être dégagées de la carte des résistivités apparentes (Figure
50) du site de Gnipi 2 :
- une zone conductrice correspondant aux faibles résistivités apparentes inférieures à 4500
Ohm.m (couleur bleue) ;
- une zone avec des résistivités apparentes entre 4500 Ohm.m et 7500 Ohm.m (couleur verte,
jaune) ;
- une zone résistante avec des valeurs de résistivités supérieures à 7500 (couleur rouge-orangé,
magenta).
La zone résistante est allongée dans la direction NE-SO avec une ramification au SE. Nous
observons au niveau des formations résistantes des distorsions des contours traduisant des plans
de discontinuités (N10° à N135°) du massif granitique (formation résistante) en intrusion dans
des formations volcano-sédimentaire.
83
ρa (Ohm.m)
Faille supposée
VI-1-2-3-Site de Gbamakro
La carte de résistivité du site met en évidence trois zones géoélectriquement distinctes (Figure
51) :
- une zone conductrice correspondant aux faibles résistivités apparentes inférieures à 4400
Ohm.m (couleur bleue) ;
- une zone avec des résistivités apparentes qui oscillent entre 4400 Ohm.m et 8500 Ohm.m
(couleur verte, jaune) ;
- une zone résistante avec des valeurs de résistivités supérieures à 8500 (couleur rouge-orangé,
magenta).
Cette zone résistante est orientée E-O et se localise au Sud. Dans celle-ci, les roches granitiques
(forte résistivité) présentent moins d’altération et de discontinuités (fractures orientées N22° à
N163°). Ce qui justifie les fortes valeurs de résistivité dans cette partie du site, comme le
montrent également les profils de résistivités. Les faibles et moyennes résistivités se situent au
Nord de la carte.
84
ρa (Ohm.m)
Faille supposée
VI-1-2-4-Site de Kobadjan
L’analyse de la carte de résistivité du site de Kobadjan (Figure 52) fait apparaître trois
ensembles géoélectriques :
- une zone conductrice correspondant aux faibles résistivités apparentes inférieures à 4200
Ohm.m (couleur bleue) ;
- une zone avec des résistivités apparentes qui oscillent entre 4200 Ohm.m et 6500 Ohm.m
(couleur verte, jaune) ;
- une zone résistante avec des valeurs de résistivités supérieures à 6500 (couleur rouge-orangé,
magenta).
La distorsion des contours de la formation résistante (massif granitique) traduirait des
discontinuités qui pourraient être des fractures orientées entre N105° et N155°.
85
ρa (Ohm.m)
Faille supposée
VI-1-2-5-Site de Linguésso
Nous avons sur la carte de résistivité de ce site (Figure 53) trois signatures géoélectriques liées
aux formations géologiques :
- une zone conductrice avec de faibles résistivités apparentes inférieures à 1602 Ohm.m
(couleur bleue) ;
- une zone à résistivités apparentes intermédiaires dont les valeurs varient entre 1 602 Ohm.m
et 4 316,5 Ohm.m (couleur verte, jaune) ;
- une couche résistante avec des résistivités apparentes élevées supérieures à 4 316,5 Ohm.m
(couleur rouge-orangé, magenta).
Les formations géoélectriques résistantes seraient affectées par des fractures dont les
orientations varient entre N90° et N135°. La zone résistante au centre de la carte et orientée
pratiquement N-S serait due au massif granitique intrusif dans des formations volcano-
sédimentaire.
86
ρa (Ohm.m)
Faille supposée
Tableau XIV: Discontinuités interprétées sur les cartes des résistivités apparentes des sites
Direction des
traînés Nombre de Orientation des
Site
électriques discontinuités discontinuités
parallèles
N20°, N32°, N45° (2) ,
Grobiassoumé N60° 05
N152°
N10°, N20°, N28°, N85°,
Gnipi 2 N130° 07
N105°, N120°, N135°
Gbamakro N 0° 04 N22°, N64°, N127°, N163°
87
VI-2-RÉSULTATS DES SONDAGES ÉLECTRIQUES
L’analyse et l’interprétation des courbes de sondages électriques ont permis de déterminer non
seulement les épaisseurs, les valeurs des résistivités vraies des différentes couches de terrain
traversées et les profondeurs du toit de socle mais également leurs typologies et les angles de la
remontée des dernières branches. Ces courbes permettront de caractériser chaque site à travers
l’évaluation des différentes formes et la valeur de l’angle de la remontée.
VI-2-1-1-Site de Grobiassoumé
Sur ce site, deux familles de courbes ont pu être dégagées : 3 courbes de sondages électriques
en « fond de bateau » et une courbe de sondage électrique en « escalier sur la branche
montante ».
Les courbes de sondages électriques SE1, SE2 et SE3 sont les mêmes types de courbes. Ces
courbes caractérisent les régions à cuirasse latéritique. Trois couches géoélectriques distinctes
peuvent être interprétées sur ces courbes électriques (Figure 54) :
- le recouvrement superficiel dont la résistivité est comprise entre 524 et 2707 Ohm.m et une
épaisseur entre 0,81 et 1,7 m : couvert végétale en sable argileux ;
- le niveau conducteur sur la courbe correspond au « fond de bateau » : altération argilo-
sableuse dont l’épaisseur varie entre 4,29 et 6,9 m et la résistivité s’échelonne entre 158 et 264
Ohm.m;
- le socle granitique sain correspond à la remontée de la courbe de sondage. La résistivité est
comprise entre 16383 et 29224 Ohm.m.
L’angle de la dernière remontée de ces courbes est très régulier avec une pente mesurée égale
à 45° traduisant la présence en profondeur d’une roche saine très résistante (Figure 54).
88
Sondage électrique Schlumberger - SE1.ws3
Sondage électrique 1 Débrayages lissés
100000 ρ h
N Nature
[ohm·m]
(Ohm.m) (m)
Couvert
10000
1 524 1,7
végétal
1000
Altérites
argilo-
100
2 164 6,9
sableuses
10
Granite
3 29224
sain
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
ρ h
0
N Nature
W-GeoSoft / WinSev 6.4
(Ohm.m) (m)
Couvert
1 1373 0,81 végétal
Altérites
argilo-
2 158 4,19
sableuses
Granite
3 23912
sain
[ohm·m]
ρ h
10000 N Nature
(Ohm.m) (m)
Granite
1000 1 16383 4 sain
100
Granite
2 2 273 60 altéré
10 Granite
3
55414 sain
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
c : Courbe de sondage électrique SE3
Situation du SE X = 225887 Y = 647146 Z = 173 Azim = 60°
Modèle
Résistivité
Figure 54: CourbesEpaisseur
[ohm·m]
Profondeur
de[m]sondages Altitude
[m] électriques
[m] en « fond de bateau» sur le site de Grobiassoumé
16383 4 173
13642 16 4 169
2273
155414
64 20
84
153
89
89
c:
ρ
Courbe (Ohm.m) h (m) Nature
W-GeoSoft / WinSev 6.4
N
1 16383 4 Granite sain
VI-2-1-1-2-Courbe de sondage électrique en « escalier sur la branche montante »
La courbe de sondage électrique SE4 (Figure 55) présente au moins quatre branches.
L’interprétation géoélectrique de cette courbe montre 5 couches :
- une première couche de 1,5 m d’épaisseur et une résistivité égale à 1786 Ohm.m ;
- une seconde couche de 3,4 m d’épaisseur et 2326 Ohm.m de résistivité ;
- une troisième couche de 80 m d’épaisseur et de résistivité égale à 7232 Ohm.m ;
- et enfin, une dernière couche résistante dont la résistivité est égale à 62022 Ohm.m.
La mesure de la pente de l’angle de la dernière remontée au niveau de la branche 1 et 3 est égale
à 44°. Ces deux branches sont pratiquement parallèles. L’interprétation géologique qui pourrait
se dégager est que les couches 2 et 4 sont, sans doute, de même nature granitique.
L’application du principe de suppression sur cette courbe de sondage de type A, au niveau de
la couche conductrice 3, ne modifierait pas le diagramme de sondage électrique. Une
interprétation à deux couches serait dans ce cas possible.
Sondage électrique Schlumberger - SE4.ws3
Sondage électrique 4
100000
ρ h
[ohm·m] N Nature
(Ohm.m) (m)
10000
Altérite
argilo-
1 1786 1,5
sableuse
1000
Granite
2 2326 3,4 sain
100
Granite
10
3 7232 80 sain
Granite
4
1 62002 sain
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
0
VI-2-1-2-Site de Gnipi 2
W-GeoSoft / WinSev 6.4
Le site de Gnipi 2 peut être caractérisé par trois familles de courbes: une courbe de sondage
électrique en « cloche puis en fond de bateau », une courbe de sondage électrique en « escalier
sur la branche montante » et une courbe de sondage en « fond de bateau ».
90
VI-2-1-2-1- Courbe de sondage électrique en « cloche puis en fond de bateau »
Le sondage SE1 a été effectué sur un affleurement. Après analyse de la courbe de sondage
électrique (Figure 56), quatre couches géoélectriques peuvent être distinguées :
- la première couche superficielle constituée par la roche altérée a une épaisseur de 1,5 m et une
résistivité de 2 689 Ohm.m ;
- un niveau résistant, de 16 391 Ohm.m et 1 m d’épaisseur ;
- un niveau conducteur, le fond de bateau dont la résistivité est de 1 218 Ohm.m ;
- le socle sain correspondant à la remontée de la courbe de sondage à 12 m de profondeur.
La mesure de la pente de la dernière remontée de la courbe nous donne un angle de 45°.
[ohm·m]
10000 ρ h
N Nature
(Ohm.m) (m)
Granite
1000 1 2689 1,5
altéré
Granite
2 16391 1
100
sain
Granite
3 1 218 9,5
altéré
10 Granite
4
36058 sain
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
La courbe de sondage SE2 (Figure 57) présente trois terrains géoélectriques distincts :
W-GeoSoft / WinSev 6.4
91
Sondage électrique Schlumberger - SE2.WS3
Sondage Electrique 2 Débrayages lissés
100000
[ohm·m]
10000
ρ h
N Nature
(Ohm.m) (m)
1000
Granite
1 384 0,9
altéré
100 Granite
2 1495 9,1
sain
Granite
3
10 33992 sain
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
La courbe de sondage électrique SE3 (Figure 58) présente trois horizons géoélectriques :
W-GeoSoft / WinSev 6.4
[ohm·m]
ρ h
10000
N Nature
(Ohm.m) (m)
Couche
1000
1 488 0,69
superficielle
Altérites
100
2 92 1,6 argilo-
sableuses
10
92
0
Cinq (05) points de sondages électriques en mode Schlumberger ont été effectués sur le site de
Gbamakro. L’analyse et l’interprétation de ces cinq courbes de sondages électriques ont permis
de déterminer leurs typologies afin de caractériser le site de carrière.
Deux familles de courbes peuvent se dégager : quatre courbes de sondage à « une seule branche
montante » (SE1, SE3, SE4 et SE5) et une courbe de sondage en « fond de bateau » (SE2).
Les courbes obtenues (SE1, SE3, SE4 et SE5) indiquent généralement deux horizons
géoélectriques (Figure 59). Une première couche argilo-sableuse ou de roche altérée de
résistivité comprise entre 388 Ohm.m et 3 817 Ohm.m avec une épaisseur allant de 2,6 m à 6,8
m. Ensuite, la seconde couche constituée par le socle sain subaffleurant de résistivité entre 9
627 Ohm.m et 86 274 Ohm.m. La pente de la dernière remontée des courbes est comprise entre
35° (SE1) et 45° (SE4 et SE5).
Ce sont des courbes de sondages électriques (Figure 60) traduisant trois horizons géologiques.
Elles caractérisent les régions à cuirasse latéritique superficielle.
Dans le cas du sondage électrique SE2 (Figure 60) site de Gbamakro, trois terrains
électriquement distincts peuvent être dégagés :
- un recouvrement superficiel de cuirasse latéritique de résistivité égale à 6 552 Ohm.m et une
épaisseur de 0,8 m ;
- un horizon conducteur, produit d’altération rocheuse (argilo-sableux) d’une épaisseur de 14
m représenté par le fond de bateau. La résistivité de cette couche est de 2 465 Ohm.m ;
- le socle résistant sain peu fissuré correspondant à la branche montante à 45° de la courbe de
sondage électrique SE2.
93
Sondage électrique Schlumberger - SE1.ws3
Sondage électrique 1
100000
[ohm·m]
10000
ρ h
N Nature
(Ohm.m) (m)
1000 Granite
1 3817 6,8
altéré
Granite
100 2 86274
sain
10
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
[ohm·m]
10000
ρ h
N Nature
W-GeoSoft / WinSev 6.4
(Ohm.m) (m)
1000
Couche
1 388 2,6
superficielle
100
2 52667 Granite sain
10
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
[ohm·m]
10000
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
Figure 59: Courbe de sondage électrique SE5 à « une seule branche montante » sur le site de
Gbamakro
W-GeoSoft / WinSev 6.4
94
Sondage électrique Schlumberger - SE2.ws3
Sondage électrique 2
100000
[ohm·m]
ρ
10000
h
N Nature
(Ohm.m) (m)
1000 Cuirasse
1 6552 0,8
latéritique
Altérites
100
2 2465 14 argilo-
sableuses
Granite
10 3 54 012
sain
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
VI-2-1-4-Site de Kobadjan
W-GeoSoft / WinSev 6.4
L’analyse et l’interprétation des cinq courbes de sondages électriques ont permis de déterminer
leurs typologies. Deux familles de courbes peuvent se dégager : Deux courbes sondages
électriques (SE1 et SE3) en « escalier sur la branche montante » et deux courbes de sondage
électriques (SE2 et SE4) à « une seule branche montante ».
Les sondages présentent trois ou quatre couches géoélectriques sur les deux courbes de sondage
électrique (SE1 et SE3) (Figure 61) :
- une couche superficielle de sable argileux avec une signature électrique égale à 2 059 Ohm.m ;
- un niveau résistant granitique, de résistivité comprise entre 2 858 Ohm.m et 11 991 Ohm.m,
avec des épaisseurs entre 4 m et 18 m ;
- un niveau granitique altéré, de résistivité entre 2 395 Ohm.m et 8 000 Ohm ;
- enfin un socle sain entre 9 500 Ohm.m et 24 000 Ohm.m.
95
Sondage électrique Schlumberger - SE1.ws3
Sondage électrique 1
100000
[ohm·m]
10000
ρ h
N Nature
(Ohm.m) (m)
Sable
1000 1 2059 2
argileux
Granite
2 2858 38
100
fracturé
Granite
3
9500 sain
10
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
10000
0
ρ h
W-GeoSoft / WinSev 6.4 N Nature
1000
(Ohm.m) (m)
Granite
1 14 360 4
altéré
Granite
100
2 9000 8
fracturé
granite
3 24 000
10 sain
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
de Kobadjan
96
La courbe de sondage SE1 présente une inflexion à environ 20 m de profondeur avant qu’elle
ne reprenne son allure. Cette inflexion serait interprétée comme une fracturation ou altération
du granite à ce niveau ou une fracture à confirmer par d’autre technique. La couche conductrice
3 de ce sondage est intermédiaire entre les résistivités des couches encaissantes granitiques.
Le principe de suppression pourrait alors s’appliquer sur ce sondage électrique qui devrait
conduire à une interprétation de trois couches.
Les courbes de sondages électriques à « remontée traînante » du site de Kobadjan présentent
une pente de dernière remontée comprise entre 27° (SE1) et 40° (SE3).
Ce type de courbes de sondages électriques (Figure 62) que nous observons sur l’exemple de la
courbe SE4 (Figure 62) avec des pentes de remontées comprises entre 30° et 35° traduisant la
présence du socle fracturé. Il présente deux à quatre couches géoélectriques sur les deux
courbes de sondage:
- une couche argilo-sableuse de signature électrique entre 1154 Ohm.m, avec une épaisseur
entre 1 et 1,5 m ;
- un socle sain fracturé de résistivité électrique égale à 9624 Ohm.m.
Sondage électrique Schlumberger - SE4.ws3
Sondage électrique SE4
100000
[ohm·m]
10000
ρ h
N Nature
1000 (Ohm.m) (m)
Agilo-
1 1154 1,5
sableux
100 granite
2 9624 sain
fracturé
10
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
97
W-GeoSoft / WinSev 6.4
VI-2-1-5-Site de Linguésso
L’analyse et l’interprétation des dix courbes de sondages électriques ont permis de déterminer
leurs typologies pour la caractérisation électrique. Deux familles de courbes ont pu être
dégagées : Huit courbes de sondages électriques à « une seule branche montante », deux
courbes de sondage électrique en « fond de bateau ».
Les courbes de sondages électriques SE2, SE3, SE5, SE6, SE7, SE8, SE9 et SE10 représentent
les mêmes types de courbes (Figure 63). Ce sont des courbes de sondages électriques présentant
un ou deux types de formations superficielles. Un premier terrain de couverture formé de sable
argileux dont la résistivité s’échelonne entre 218 Ohm.m et 7402 Ohm.m ; les épaisseurs varient
entre 1,3 et 9,7 m. Le second terrain correspond au socle sain des granites dont les valeurs de
résistivités sont comprises entre 977 et 48 685 Ohm.m. L’angle de remontée de la courbe varie
entre 30° et 42° selon la courbe de sondage électrique considérée.
Ces courbes caractérisent les régions à cuirasse latéritique (Koussoubé, 2003). Trois terrains
électriquement distincts ont été interprétés sur les courbes de sondages électriques SE1 et SE4
(Figure 64) :
- le recouvrement superficiel avec une résistivité comprise entre 539 Ohm.m et 1 356 Ohm.m ;
de 0,5 m à 2,5 m d’épaisseur ;
- le niveau conducteur sur la courbe correspond au « fond de bateau » : altération argilo-
sableuse dont l’épaisseur est comprise entre 8,4 m et 16 m ; la résistivité est de 295 Ohm.m;
- le socle correspond à la remontée de la courbe dont l’angle mesuré est compris entre 42° et
45°. La résistivité oscille entre 29 226 Ohm.m et 56 166 Ohm.m.
98
ρ h
N Nature
(Ohm.m) (m)
sable
1 835 5
argileux
granite
2 5390
sain
ρ h
N Nature
(Ohm.m) (m)
sable
1 218 9,7
argileux
granite
2 977
sain
ρ h
N Nature
(Ohm.m) (m)
1 7 402 1,4 sable
granite
2 48685
sain
99
Sondage électrique Schlumberger - SE1_L-150PK-40.ws3
Sondage électrique 1
100000
[ohm·m]
10000
ρ h
N Nature
1000 (Ohm.m) (m)
Couche
1 539 2,5
superficielle
100 Altérites
2 293 17,5 argilo-
sableuses
10 3 56 166 granite sain
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
[ohm·m]
10000 ρ h
N Nature
W-GeoSoft / WinSev 6.4 (Ohm.m) (m)
Couche
1000 1 1 356 0,5
superficielle
Altérites
100 2 295 8,4 argilo-
sableuses
3 29 226 granite sain
10
1
.1 1 10 100 1000 AB/2 [m]
10000
VI-2-2- Caractérisation par les pentes des dernières remontées des courbes de sondages
W-GeoSoft / WinSev 6.4
Dans cette partie de notre travail, nous allons utiliser les différentes signatures de la roche
massive issues des mesures de résistivités électriques pour évaluer la qualité de la roche. Cette
évaluation sera basée sur la pente de la remontée de la courbe de sondage électrique et la valeur
de la résistivité issue de la tomographie électrique. Les pentes des dernières remontées
permettent de déterminer les qualités et les formations rocheuses rencontrées dans le sous-sol.
100
L’allure des courbes de sondages électriques et leurs remontées avec une pente supérieure ou
égale à 45° traduisent la présence en profondeur d’une roche résistante et saine.
Par conséquent, nous pouvons utiliser l’angle de la remontée pour distinguer le type de
formations géologiques, la nature et la qualité de la roche massive. Une remontée avec un angle
supérieur ou égal à 45° traduit un socle sain et résistant. Par contre, un angle inférieur à 45°
traduirait la présence d’une zone altérée ou broyée au toit du socle cristallin ou métamorphique.
Sur chaque site, nous avons mesuré l’angle de la remontée des courbes de sondages électriques
et calculé la moyenne (Tableau XV).
Tableau XV: Moyenne des angles de remontées des courbes de sondages électriques
101
VI-3-1-Tomographie électrique 2D du site de Grobiassoumé
La position des cinq (05) profils de tomographie réalisés sur le site de Grobiassoumé sont
représentés sur la carte de la résistivité apparente du site (Figure 65).
Pour une meilleure clarté des analyses et interprétations des tomographies électriques, nous
avons utilisé une échelle de couleurs et de résistivités communes aux cinq profils. L’échelle de
résistivité considérée sur le site de Grobiassoumé est comprise entre 42 et 25 490,69 Ohm.m.
Nous avons donc une gamme de résistivité relativement élevée sur ce site. Nous avons
interprété, pour les cinq profils, trois entités géoélectriques :
- couche à résistivité intermédiaires (couleur verte), avec des résistivités entre 545 et 5100
Ohm.m, représente le granite altéré ou fracturé ;
- couche conductrice (bleu), dont les résistivités sont inférieures à 545 Ohm.m ;
- couche résistante (couleur rouge). Elle est caractérisée par une valeur de résistivité comprise
5 100 et 25 490,69 Ohm.m. Il s’agit de granite sain ou faiblement fissuré.
ρa (Ohm.m)
Profil de tomographie
Faille supposée
Sondage électrique
102
VI-3-1-1- Panneau électrique L50SE
Le profil L50SE orienté NE-SW (Figure 66) fait apparaître des formations conductrices en
surface d’environ 15 m d’épaisseur sur tout le long de la section. La deuxième formation est
formée de granite probablement altéré dont les résistivités s’échelonnent entre 545 et 5100
Ohm.m. Il couvre presque la totalité du profil et se situe entre 4,19 m et 30 m de profondeur.
La troisième formation est constituée de roche résistante localisée à environ 30 m de
profondeur. Elle est formée de granite sain faiblement fissuré caractérisé par une valeur de
résistivité comprise entre 5100 et 25 490,69 Ohm.m. A la station 85, une séparation du socle
sain pouvant être interprétée comme une faille normale est observée. Le pendage de cette
fracture est proche de 45° vers le NE.
SW Fracture SE2
Niveau résistant
Le sondage SE2 a été positionné à la station X= 145 m du profil pour apprécier ponctuellement
la structure géoélectrique et le type de courbe de sondage électrique sur les formations
résistantes en profondeur.
VI-3-1-2-Panneau électrique L0
Le profil L0 (Figure 67) est orienté NE-SW et passe par l’affleurement rocheux observé sur le
site entre les stations (x= 110 m) et (x= 170 m). La coupe met en évidence deux formations
résistantes constituées de roches saines et altérées, séparées par une lentille de formation
conductrice. Le granite sain est situé à environ 20 m de profondeur, au SO du profil, entre les
positions (x=30 m) et (x= 50 m). Au NE, le granite affleure sur au moins 80 m.
103
SE3 Fracture
Le profil de tomographie électrique L50NW (Figure 68) situe le granite sain entre 0 et 15 m de
profondeur (entre x=80 m et x= 130 m). Des fractures du granite ont été interprétées sur la
coupe géoélectrique du panneau et pendent essentiellement vers le SW. La coupe est dominée
par le granite en phase d’altération. A la station 150, nous observons un abaissement du bloc
résistant sur le plan de faille par rapport au bloc en dessous. Il s’agit, donc, d’une faille normale.
Une seconde faille interprétée comme verticale a été interprétée à la station 110.
Fracture supposée
Fracture SE4
Fracture SE3
Le profil L50NE (Figure 70) est à 50 m du profil LB vers le Nord-Est et passe par un
affleurement. La formation résistante en boule (couleur jaune et rouge), centrée sur le profil,
représente le reste de l’altération du granite (couleur verte) qui couvre la totalité de la coupe.
Comme sur les autres coupes, les formations conductrices (bleu) sont à l’extrémité SE et NW.
105
SE4
Niveau résistant
Quatre profils tomographiques ont été réalisés sur le site de Gnipi 2. Trois profils parallèles
orientés N130° et un profil N 40° (Figure 71).
L’échelle de résistivité considérée pour chaque coupe géoélectrique sur le site de Gnipi 2 est
comprise entre 346 et 21 521,01 Ohm.m. Nous avons mis en évidence pour les quatre profils
les formations géoélectriques suivantes :
- couche conductrice, résistivité entre 346 et 1 370,89 Ohm.m : attribuée aux couches meubles
des sables argileux ;
- couche à résistivité intermédiaires, résistivité entre 1 370,89 et 7 663 Ohm.m : socle altéré et
produit d’altération rocheuse ;
- couche résistante, résistivité entre 7 663 et 21 521,01 Ohm.m : socle sain.
106
ρa (Ohm.m)
Profil de tomographie
Faille supposée
Sondage électrique
La section tomographique L50NE (Figure 72) a été implanté sur trois affleurements. Elle révèle
une formation résistante (couleur orange), en profondeur, attribuée à la roche massive fissurée.
Le toit de cette formation résistante est situé entre 16 et 22 m de profondeur. La partie altérée
de la formation rocheuse (couleur verte) est observée aux stations 40, 90 et 160, confirmant
ainsi les affleurements recoupés par le profil. Des poches conductrices (couleur bleue) sont
également observées sur tout le long du profil. Les failles interprétées montrent une séparation
horizontale des formations conductrices en surface et de la formation résistante en profondeur.
Il s’agit, par conséquent, de failles verticales.
107
Fracture SE2
VI-3-2-2-Panneau électrique L0
Le profil a été réalisé dans le sens de l’orientation de l’affleurement dans le but de mettre en
évidence sa continuité dans la direction N 40°. La coupe obtenue (Figure 73) a mis en évidence
trois formations géoélectriques :
- une formation résistante (couleur rouge) située à 15 m de profondeur. Elle est constituée par
la roche massive ;
- une formation à résistivité intermédiaire (couleur verte) issue de l’altération de la roche
massive, représentée par l’affleurement en surface au point x = 90 m ;
- les formations conductrices, en bleue, sont superficielles.
Des failles verticales (stations 10, 45 et 150) et inverses (station 180) ont été interprétées au
niveau des formations conductrices. Le granite semble être également affecté par une faille
verticale à la station 100.
SE1
Ce panneau est semblable aux panneaux précédents. La section géoélectrique inverse L50NW
(Figure 74) met en évidence le socle sain (couleur rouge) à environ 20 m de profondeur. Des
boules de roches altérées au SE et au NW sont situées de part et d’autre de la roche saine
principale. L’affleurement observé est issu de l’altération de la roche, en couleur verte, à la
station x= 150 m. Les formations conductrices superficielles sont affectées par une série de
failles verticales (stations 90 et 210). Par contre, à la station 45, une légère remontée du bloc
résistant situé sur le plan de faille par rapport au bloc en dessous permet de conclure à une faille
inverse. Une seconde faille verticale est mis en évidence à la station 155.
Fracture
VI-3-2-4-Panneau électrique LB
Ce profil a été effectué suivant l’orientation principale de l’affleurement observé sur le site pour
suivre son extension dans la direction N40°. Sur la coupe (Figure 75), l’affleurement est révélé
entre les stations (x = 60 m) et (x = 150 m). Elle est majoritairement constituée de roche altérée
(couleur verte) dont une partie affleure et d’intrusions conductrices superficielles. Le toit de la
roche massive (couleur rouge) se situe à environ 20 m de profondeur au NE. Au niveau des
formations conductrices, des failles verticales ont été interprétées au SW et NE. Au centre du
profil, à la station 155, la remontée du bloc conducteur sur le plan de fracture induit une faille
inverse.
109
Fracture supposée
SE1
Fracture
Cinq (05) profils ont été levés pour des tomographies électriques en mode pôle-dipôle (Figure
76). L’échelle de couleurs et de résistivités communes aux cinq profils est comprise entre 563
Ohm.m et 41 685 Ohm.m. Les différentes formations géoélectriques sont les suivantes :
- une formation résistante, caractérisée par des valeurs de résistivité comprise entre 12 185
Ohm.m et 41 685 Ohm.m ;
- une formation à résistivité intermédiaire comprise entre 1 926 Ohm.m et 12 185 Ohm.m ;
- une formation conductrice dont les résistivités varient entre 553 Ohm.m et 1926 Ohm.m.
110
-
ρaρ(Ohm.m)
a (Ohm.m)
Profil de tomographie
Faille supposée
Sondage électrique
Le profil L100 E (Figure 77) a été levé du Sud vers le Nord. La formation résistante (orange)
attribuée au granite sain se situe entre 5 m (station 30) et 10 m (station 300) de profondeur sur
ce profil. Elle présente souvent des fractures matérialisées sur la coupe géoélectrique.
Au centre du profil, la formation rocheuse se présente en boule après une phase d’altération.
Tout le long du profil, l’altération du granite (couleur verte) est observée. Une poche
conductrice (couleur bleue) est visible à l’extrême Nord.
Deux système de failles ont été identifiés. Au sud, nous avons une faille normale (station 105)
et une faille verticale (station 160). Dans la partie Nord, nous observons une remontée du bloc
résistant au-dessus de la faille. Il s’agit, dans ce cas, d’une faille inverse.
111
SE1
Fracture
Niveau résistant
Figure 77: Coupe géoélectrique du panneau électrique L100E du site de Gbamakro
Le profil L0 (Figure 78) montre dans sa constitution des formations identiques au profil L100E :
Le profil est constitué par les formations résistantes (couleur orange) fissurées et séparées par
des formations altérées. Les formations conductrices (couleur bleue) sont situées dans la partie
Nord du profil. La roche granitique attribuée aux formations résistantes se situe 5 m (station
240) et 10 m (station 100) de profondeur. La section est affectée par des failles verticales
(stations 125 et 310) et une faille normale (station 210).
SE3 SE5
Fracture
Le profil L100W (Figure 79) est constitué, au Sud, de boules résistantes fissurées provenant de
l’altération du granite qui laissent entrevoir une remontée de blocs du socle dans une matrice
112
altérée (couleur verte). Le toit de la roche se trouve à environ 10 m de profondeur, au Nord du
profil. Au centre et au Nord du profil, nous observons la présence d’une formation conductrice
(couleur bleue). La formation résistante est affectée par une faille inverse (station 100) et une
faille verticale (station 170).
Fracture supposée
Le profil LB (Figure 80) est orienté E-W et perpendiculaire aux profils L100W et L0. Le profil
met en évidence une formation résistante à l’Ouest du profil à une profondeur de 10 m. Il s’agit
de la roche massive granitique. Le profil est majoritairement constitué de l’Ouest vers l’Est
d’intrusion conductrice et d’altération rocheuse.
SE4
113
VI-3-3-5- Panneau électrique L50N
Le profil L50N (Figure 81) recoupe perpendiculairement les autres profils transversaux (L100E,
L0 et L100W). Les formations conductrices ont une épaisseur d’environ 10 m ensuite vient le
granite altéré puis le socle granitique sain à 20 m de profondeur environ. Les failles interprétées
sont verticales et affectent essentiellement la formation conductrice superficielle.
SE5
Les cinq (05) profils de tomographie réalisés sur le site de Kobadjan sont représentés sur la
carte de la résistivité apparente du site (Figure 82). L’échelle de résistivité considérée sur le
site de Kobadjan est comprise entre 549 Ohm.m et 20 466 Ohm.m :
- une couche conductrice (bleu) de résistivité comprise entre 549 Ohm.m et 1 543 Ohm.m ;
- une couche à résistivité intermédiaire (vert, jaune) comprise entre 1 543 Ohm.m et 8 284
Ohm.m ;
- une couche résistante avec des résistivités entre 8 282 Ohm.m et 20 466 Ohm.m (rouge,
orange).
114
ρa (Ohm.m)
Profil de tomographie
Faille supposée
Sondage électrique
Le profil L100W (Figure 83) a été levé du Sud vers le Nord. En parcourant la section, nous
observons trois entités électriquement différentes de la surface en profondeur :
Les poches conductrices (bleu) superficielles se situent au Sud et au Nord de la coupe. Elles
sont dues aux formations constituées par les métasédiments. Le toit de la roche résistante
granitique se situe au centre du profil où elle affleure au point x=70 m, avant de plonger à 15
m de profondeur environ sur au moins 60 m de long.
L’ensemble de la roche principale et les deux boules situées au Sud et au Nord, respectivement
à 25 m et 10 m de profondeur, issues de l’altération du granite sont dans une matrice de roche
altérée (vert, jaune). Des failles verticales (stations 50 et 190) ont été interprétées.
115
SE4 SE2 Fracture
Niveau résistant
VI-3-4-2-Panneau électrique L0
Sur l’ensemble du profil (Figure 84), le socle fissuré (orange) se situe à 2 m de profondeur dans
la partie centrale et au Sud du profil (station 70). Dans la partie Nord, une partie issue de sa
fracturation se situe à 20 m de profondeur. Les formations conductrices (bleu) se situent au
Sud et au Nord du profil. Une faille verticale (station 90) et une faille inverse (station 155) ont
été interprétées au sein de la formation résistante.
SE3 Fracture
116
- une formation résistante fissurée (rouge, jaune) à environ 15 m de profondeur, formée par les
boules de granite qui représentent des produits d’altération de la roche. La formation résistante
ne présente pas d’enracinement en profondeur, dans la limite d’investigation. Au sud, la
formation conductrice superficielle est affectée par une série de faille verticales. A la station
110, la formation résistante subit une faille verticale. Dans la partie Nord, les couches
conductrices sont affectées par des failles inverses (station 150 et 170).
SE1 Fracture
VI-3-4-4-Panneau électrique LB
Ce profil a été levé de l’Ouest à l’Est. Nous avons les mêmes couches sur la section LB (Figure
86) que dans les précédents profils :
- une couche conductrice (bleu) correspondant aux altérites
- une couche à résistivité intermédiaire (vert) correspondant au granite altéré ;
- une couche résistante (rouge) qui est formé par le granite fissuré qui présente un enracinement
important sur ce profil. La profondeur du toit de la roche se situerait entre 0 et 10 m. le socle
est affecté par une faille verticale (station 140) et par une faille inverse (station 210).
117
SE3 Fracture
Le profil L50N (Figure 87), orienté W-E, présente trois entités géoélectrique :
- une couche conductrice (bleu) avec des résistivités faibles (inférieures à 1543 Ohm.m);
- une couche à résistivité intermédiaire (vert, jaune) (1543 à 8284 Ohm.m) ;
- une couche résistante (rouge, rouge) (résistivité supérieures à 8284 Ohm.m).
La formation intéressante du point de vue roche massive est repartie dans trois secteurs. A
l’Ouest et à l’Est, nous avons des boules altérées respectivement à environ 2 m et 7 m de
profondeur. La remontée des blocs de roches à la station 40 et 180 proviendrait des failles. Les
failles interprétées sont verticales (stations 70, 80, 110), normale (station 145) et inverse (station
200).
SE2 Fracture
re
118
VI-3-5-Tomographie électrique 2D du site de Linguésso
Nous avons utilisé une échelle de couleurs et de résistivités communes aux cinq profils (Figure
88). Pour le site de Linguésso, l’échelle de résistivité considérée est comprise entre 61 Ohm.m
et 86 316,23 Ohm.m. Les formations sur les profils de tomographie électrique peuvent être
réparties en trois ensembles de couches :
- les formations conductrices de résistivités comprises entre 61 et 684,83 Ohm.m ;
- les formations à résistivités intermédiaires comprises entre 684,83 et 7 688 Ohm.m ;
- les formations résistantes dont les résistivités sont entre 7 688 et 86 316,23 Ohm.m.
ρa (Ohm.m)
Profil de tomographie
Faille supposée
Sondage électrique
La coupe géoélectrique du profil L100SW (Figure 89) est orientée NO-SE. Elle a rencontré
essentiellement deux formations importantes. La première formation conductrice (bleu)
superficielle a une épaisseur de 10 m environ. La seconde formation, moyennement résistante,
est le résultat de l’altération de la roche massive granitique formée par une boule résistante au
119
SE du profil, à environ 20 m de profondeur. Le toit rocheux altéré se situe entre 0 et 10 m de
profondeur.
La section inverse de résistivité présente trois failles :
- une première faille inverse à la station 90 ;
- une seconde faille normale à la station 160 ;
- une troisième faille verticale à la station 295.
Niveau résistant
Le profil L0 (Figure 90) traverse, entre les stations 40 et 190, un affleurement observé sur le
site de Linguésso. Nous observons bien cet affleurement sur la section entre les stations x = 30
m et x = 225 m, qui est en réalité la relique de la formation résistante fissurée (orange) en phase
d’altération. Entre les stations x = 225 m et x = 320 m, on observe le toit du socle entre 10 m et
15 m de profondeur. La majorité du profil est constituée de roche altérée (vert) et de petites
poches conductrices situées au SE et NW. Sur la section inverse L0, plusieurs systèmes de
failles séparent les entités résistantes. Les failles verticales sont situées aux stations 60, 90, 110
et 160. Les failles inverses interprétées se trouvent aux stations 220 et 255.
120
SE7 Fracture
Le toit du socle granitique (couleur orange) est mis évidence sur le profil L150NE (Figure 91)
à environ 15 m de profondeur de la station x = 80 à la station x = 160 m. Au NO du profil, à la
même profondeur, la formation rocheuse est une boule séparée de la racine rocheuse par une
fracture. La formation à résistivité intermédiaire (couleur verte) représente la roche massive en
phase d’altération. La partie située au NO est dominée par les formations résistantes et celle du
SE par les intrusions conductrices (couleur bleue). Nous constatons sur cette section L150NE
un décrochement de la formation résistante aux stations 60 et 230. Cette séparation horizontale
est due aux failles verticales mises en évidence à ces endroits.
SE10
Fracture
121
VI-3-5-4- Panneau électrique LB
La partie Nord-Est de ce profil LB (Figure 92) est dominée par les formations résistantes
(orange) sur 230 m. La profondeur de ces formations attribuées au granite sain varie entre 2 m
et 20 m. L’altération rocheuse (vert) qui affleure par endroit est recouverte au SO par une
importante formation conductrice (bleu). Les séparations des formations conductrices et
résistances mises en évidences sur la section inverse sont des failles verticales (stations 40, 140,
240, 260, 280, 290 et 300).
122
SE4 Fracture
A l’issu des interprétations des section 2D inverses de résistivités, nous avons défini une échelle
des signatures électriques (Figure 94) attribuées aux roches massives rencontrées sur les
différents sites prospectés dans le Birimien. Cette échelle tient compte des valeurs de résistivités
que nous avons obtenues lors des études géophysiques sur les sites.
Le classement par ordre de grandeur de résistivité de la roche massive selon les panneaux
électriques est le suivant : Linguésso (7 688-86 316,23 Ohm.m), Gbamakro (12 185-41 685
Ohm.m), Grobiassoumé (5 100-25 490,69 Ohm.m), Gnipi 2 (7 663-21 521,01 Ohm.m) et
Kobadjan (7277-20466 Ohm.m). Le granite de Linguésso présente des signatures plus élevées
selon les tomographies électriques. Cette variation des signatures électriques pourrait être liée
aux paramètres physico-chimiques des granitoïdes rencontrés. Les teneurs des éléments
chimiques tels que le fer, l’aluminium, le calcium, le potassium, et le magnésium dans les
minéraux ferromagnésiens comme le pyroxène, l’amphibole et la biotite peuvent influencer la
résistivité. En effet, une roche massive qui est riche en métaux conducteurs, a une résistivité
plus faible. Les signatures électriques des granitoïdes seraient, par conséquent, fonction de
leurs natures géochimiques.
123
Linguésso (Nord-Ouest)
Gbamakro (Centre)
Grobiassoumé (Sud)
Gnipi 2 (Sud-Ouest)
Kobadjan (Nord)
Résistivité (Ohm.m)
La combinaison des panneaux électriques réalisés sur chaque site (Figures 95 à 99) a permis,
d’abord, de créer un modèle 3D de la distribution des résistivités vraies de chaque site. Ce
modèle primaire présente la répartition dans l’espace des entités géoélectriques (formations
conductrices et résistantes) sur l’ensemble du site. Ensuite, en considérant pour le granite un
seuil de résistivité minimale à partir des tomographies électriques et sondages électriques, nous
avons éliminé toutes les couches conductrices ayant une résistivité inférieure à cette valeur.
Cette approche nous a permis de proposer un modèle 3D volumique du gisement rocheux de
chaque site.
124
Figure 95: Disposition des panneaux électriques du site de Grobiassoumé
125
Figure 97: Disposition des panneaux électriques du site de Gbamakro
126
N 45°
Le modèle 3D de distribution des résistivités du site de Grobiassoumé (Figure 100) montre que
le site est constitué de couches résistantes (rouge) de la surface en profondeur et faiblement
résistante (vert). Nous observons, cependant, dans l’extrémité Nord, Sud-Est et Est du
diagramme de petites poches conductrices peu profondes (bleu). Les valeurs des signatures
électriques du modèle 3D de distribution des résistivités varient entre 42 et 25 490,69 Ohm.m.
Ensuite, en considérant pour le granite un seuil de résistivité minimale de 5000 Ohm.m à partir
des tomographies électriques et sondages électriques, nous avons éliminé toutes les couches
conductrices et altérées ayant une résistivité inférieure à cette valeur.
Cette approche a permis de proposer un modèle 3D volumique du gisement rocheux (Figure
101). Les valeurs de résistivités de ce bloc volumique varient entre 5 100 et 25 490,69 Ohm.m.
Les paramètres et valeurs utilisés pour la modélisation sont présentés dans le tableau XVI. Ce
dernier présente les valeurs numériques des paramètres utilisés pour la réalisation du modèle
volumique du gisement rocheux. Les données validées (1455) représentent les valeurs de
résistivités qui sont supérieures à 5000 Ohm.m et celles inférieures sont les données rejetées
(3045). Les valeurs de résistivité minimale et maximale sont respectivement de 5 100 Ohm.m
127
et 25 490,69 Ohm.m. Ces paramètres ont permis d’estimer le volume rocheux à
environ 140 000 m3.
128
Tableau XVI: Paramètres de la modélisation volumique du site de Grobiassoumé
La densité moyenne du granite que nous avons considérée étant de 2,67 t/m3, nous obtenons un
tonnage de : 373 000 t.
129
Y
130
Tableau XVII: Paramètres de la modélisation volumique du site de Gnipi 2
131
Y
133
Figure 106: Modèle 3D de la distribution de la résistivité du site de Kobadjan
134
Tableau XIX: Paramètres de la modélisation volumique du site de Kobadjan
135
Résistivité
136
Tableau XX: Paramètres de la modélisation volumique du site de Linguésso
137
CHAPITRE VII : RÉSULTATS DES ESSAIS DE RÉSISTANCES MÉCANIQUES
Dans ce chapitre, nous exposerons les résultats des essais Los Angeles et Micro-Deval en
présence d’eau réalisés sur les échantillons de roches issus des carottages. Ces résultats nous
permettrons de connaitre les résistances des différentes roches afin d’évaluer le degré
d’altération.
Le Tableau XXI présente les résultats des essais Los Angeles et Micro-Deval obtenus sur les
différents sites. Les échantillons de roches de Grobiassoumé (Sud) prélevés par sondage carotté
entre 0 et 10 m de profondeur ont été soumis uniquement aux essais Los Angeles à cause d’une
quantité insuffisante de nos échantillons. Selon les résultats (Tableau XXI), les granitoïdes
prospectés sur les différents sites ont des valeurs Los Angeles qui varient entre 21 et 38 %, de
0 à 5 m de profondeur. Nous constatons que le Los Angeles diminue entre 5 et 10 m de
profondeur et se situe dans l’intervalle 31 à 37%. De toute évidence, il conviendrait de dire que
le coefficient Los Angeles diminue en profondeur.
Le coefficient Micro-Deval, quant à lui, se situe entre 6 et 14 %, de 0 à 5 m de profondeur.
Dans l’intervalle de profondeur comprise de 5 à 10 m, le Micro-Deval s’échelonne entre 7 et
10 %. Les deux coefficients Los Angeles et Micro-Deval diminuent avec la profondeur sur
l’ensemble des sites prospectés. En définitive, pour ces sites du Birimien, le Los Angeles et le
Micro-Deval varient respectivement, de 21 à 38 % et de 6 à14 %.
138
VII-2-Interprétation des résultats des essais de résistances mécaniques
Les résultats des essais de résistances (Los Angeles et Micro-Deval) montrent une diminution
des coefficients, en profondeur, qui proviendrait du faible degré d’altération de la roche. Les
résultats du site de Grobiassoumé (Sud) mettent en évidence des valeurs élevées du Los
Angeles. Ces concassés issus de ce site sont de qualité moyenne selon les recommandations du
LBTP (1977) (LA< 40%) et AFNOR P18-557 de 1990.
Les échantillons prélevés sur le site de Gnipi 2 (Sud-Ouest) ont une bonne résistance aux chocs
et une très bonne résistance à l’usure. Ils sont de bonnes qualités selon les valeurs limites de
AFNOR P18-557 de 1990 (15% < LA < 25%) et de la recommandation du LBTP (LA < 35%
et MDE < 10%).
Dans le Centre de la Côte d’Ivoire, les granulats du site de Gbamakro peuvent convenir à une
utilisation dans des travaux d’infrastructures. Par contre, la qualité de ces granulats serait
moyenne selon les normes Française AFNOR P 18-557 de 1990 (26% < LA < 40% et MDE <
10%) et celle du LBTP (1977) (LA < 35% et MDE < 10%). Ils résisteraient, donc,
moyennement aux chocs et une bonne résistance à l’usure.
Sur le site de Kobadjan, au Nord-Est, les granulats peuvent être classés dans la catégorie de
qualité moyenne bien qu’ils puissent être utilisés dans des constructions d’infrastructures moins
exigentes. Il faut, cependant, noter qu’ils ont des résistances moyennes à l’abrasion mécanique
(26% < LA < 40%) et une bonne résistance à l’usure (10% < MDE < 20%).
Dans la zone d’Odienné (Nord-Ouest), le site prospecté de Linguésso montre que les granulats
de granitoïde issus des deux sondages carottés, séparés de 50 m, sont de qualité différente. Un
Los Angeles égale à 24%, pour l’échantillon 1 et 37%, pour l’échantillon 2. Les coefficients
Micro-Deval sont respectivement de 7% et 14%. En considérant la norme Française AFNOR P
18-557 de 1990, les granulats obtenus, pour l’échantillon 1, ont une bonne résistance aux chocs
et une très bonne résistance à l’usure. Par contre, pour l’échantillon 2, la résistance due aux
chocs et à l’usure est respectivement moyenne et bonne. Cette variation de la qualité des
échantillons proviendrait d’une altération de la roche au niveau du sondage 2 entre 0 et 5 m de
profondeur. Les paramètres de résistances devraient s’améliorer en profondeur suivant la baisse
du degré d’altération. Les sites de Gnipi 2 (Sud-Ouest), Gbamakro (Centre), Kobadjan (Nord-
Est) et à un degré moindre, celui de Linguésso présentent des paramètres mécaniques assez
satisfaisants (Figure 110). Cette qualité pourrait être liée à leurs constitutions physico-
chimiques et leurs faibles degrés d’altération ou de fracturation en profondeur.
139
40
35
30
25
20
(%)
15
10
0
Grobiassoumé Gnipi 2 Gbamakro Kobadjan Linguésso
LA MDE
Figure 110: Coefficients de résistance mécanique selon les sites dans le Birimien ivoirien
En effet, si les observations visuelles des affleurements identifiés sur les sites de Grobiassoumé,
Gbamakro et Linguésso ont révélé les mêmes granites à biotite, alors la variation des paramètres
de résistances (LA et MDE) est probablement due à leurs degrés d’altérations. Ainsi, le granite
à biotite de Grobiassoumé serait plus altéré que celui de Gbamakro et Linguésso. Autre constat,
sur les sites de Gnipi 2 et Kobadjan, on observe respectivement des gneiss migmatitiques et
granite à deux micas avec des paramètres de résistances différents. En définitive, la variabilité
des paramètres LA et MDE proviendrait de la nature des granitoïdes rencontrés et/ou de leurs
degrés d’altérations. Le constat principal issu de ces résultats est que les gneiss migmatitiques
du site de Gnipi 2 ont des coefficients plus faibles que ceux des granites. A l’analyse des
résultats des essais de résistance aux chocs (LA) et à l’usure (MDE) des différents sites, nous
constatons que ces granulats du Birimien ont des coefficients de résistance (LA et MDE)
moyennes à bonnes.
Le tableau XXIII présente la corrélation entre les paramètres électriques tels que les échelles de
résistivités vraies des granitoïdes sur chaque site, les angles de remontées des courbes de
sondages électriques et les paramètres LA et MDE. Ce qui a permis de faire des constats et
interprétations. D’abord, lorsque les résistivités vraies augmentent, les angles de remontées
peuvent être inférieur à 45°. En effet, les sites de Grobiassoumé, Gbamakro et Linguésso
constitués de granites à biotite (affleurements) ont des angles compris entre 34,8° et 43,6°.
140
Tandis que le site de Gnipi 2 à gneiss migmatitique atteint 45° et le granite à deux micas de
Kobadjan est à 36°.
Tableau XXII: Corrélation des résultats
Par conséquent, les angles de remontées seraient probablement liés aux natures géologiques des
roches et/ou de leurs degrés d’altérations ou même de fracturations. Les gneiss migmatiques
ont des angles plus élevés que ceux des granitoïdes. Autre constat, pour une même nature
géologique, l’augmentation des valeurs de résistivités vraies issues des sections 2D améliore la
qualité des roches à travers les coefficients LA et MDE. Dans ce cas, la qualité géotechnique
du matériau serait liée à sa résistivité électrique vraie déterminée à partir des sections 2D. En
définitive, il existerait une relation entre ces paramètres électriques et géotechniques autour de
la nature géologique.
Dans le chapitre suivant, nous allons comparer nos résultats à ceux de certains auteurs en Côte
d’Ivoire et dans le monde.
141
CHAPITRE VIII : DISCUSSION
L’étude de l’évaluation de sites potentiels de carrières, dans le Birimien ivoirien, a été effectuée
par les méthodes électriques de la géophysique et des essais de résistances mécaniques. Cette
étude des sites de roches massives a pour objectif la caractérisation, par les signatures
électriques et résistances mécaniques, des granitoïdes afin de dégager leur tonnage et leur
qualité.
Les profils de résistivités effectués sur chaque site ont permis de mettre en évidence des valeurs
élevées de résistivités qui traduisent la présence de la roche massive en profondeur. Ces valeurs
varient d’un site à l’autre. Les signatures électriques apparentes les plus élevées sont observées
sur les sites de Gnipi 2 avec des résistivités variant entre 7 500 Ωm et 36 716,14 Ωm, Gbamakro
(8 500 Ohm.m à 29 016 Ωm), Kobadjan (6 587,7 Ωm à 34 021,95 Ωm) et Linguésso (4 316,5
Ωm à 14 786,7 Ωm). Le site de Grobiassoumé a les plus faibles résistivités apparentes (entre 2
200 Ωm et 7 991,13 Ωm). Les profils de résistivités mettent en évidence l’extension et
l’orientation des fractures matérialisées par les anomalies conductrices qui affectent la roche
mère (Sombo et al., 2019). Elles peuvent être des points hydrogéologiques qui peuvent ainsi
limiter l’exploitation. Plusieurs discontinuités ont été mises en évidence sur les sites prospectés
grâces aux profils de résistivités. Les orientations de ces discontinuités sont variées selon le site
considéré. Nous avons à Grobiassoumé des fractures comprises entre N20° et N170°. A Gnipi
2, les fractures sont plutôt orientées entre N10° et N135°. Mais à Gbamakro, nous avons des
orientations qui s’échelonnent entre N22° et N163°. Sur le Site de Kobadjan, ce sont souvent
des fractures orientées dans l’intervalle N75° et N155°. Alors que les fracturations de Linguésso
ont une orientation préférentielle entre le N14° et N135°. Les discontinuités des granitoïdes
étudiés, dans le Birimien ivoirien, sont donc comprises entre N10° et N170°. Ces directions
corroborent sensiblement celles déterminées par l’étude de Sombo (2012) sur la caractérisation
des aquifères dans le socle en Côte d’Ivoire. Elle a montré que la direction préférentielle des
alignements structuraux est N0-10°. Par contre, les discontinuités géologiques liées aux
directions N10- 20°, N30-40°, N150-160° et N160-170° sont secondaires. En outre, dans la
zone de contact entre le socle précambrien et le bassin sédimentaire ivoirien, les travaux de
Djroh et al.(2022) ont révélé plutôt des directions préférentielles de fractures majeures orientées
NW-SE (N135°), NE-SW (N 45°) et E-W (N90°).
Par ailleurs, ces discontinuités constituent des zones de faibles signatures électriques dans les
couches géoélectriques résistantes. Les signatures électriques élevées observées sur les profils
142
de résistivités électriques représentent des massifs granitiques en intrusion dans un encaissant
conducteur. Dans un autre cadre géologique, Maoussaid et al. (2018) ont plutôt mis en évidence
sur les profils de résistivités effectués sur le site d’Achmmache (Maroc) des structures
minéralisées de tourmalines stannifères dans un encaissant conducteur.
143
présente mais son épaisseur est négligeable. Les angles mesurés sur les courbes de sondages
électriques de chaque site ont montré une moyenne de 45° pour le site de Gnipi 2. Une remontée
supérieure ou égale à 45° traduit la présence d’un socle sain très résistant. Par contre, une roche
fracturée sera matérialisée par une remontée traînante de la courbe de sondage. Le gneiss
migmatitique du site de Gnipi 2 est une roche saine au regard des pentes de remontées des
courbes de sondages électriques (45°), comparativement aux sites de Grobiassoumé (43,6°),
Gbamakro (39,4°), Kobadjan (36°) et Linguésso (34,8°). Ces angles des dernières remontées
des formations granitiques sont compris entre 34,8° et 43° tandis que ceux du gneiss
migmatitique ont une moyenne de 45°. Ces pentes de dernières remontées des courbes de
sondages corroborent sensiblement celles déterminées sur les formations granitiques par
Doumbia (2020) dans la région du N’Zi-Comoé. En effet, ces travaux ont mis en exergue des
angles qui varient entre 35°et 58° pour les sondages électriques effectués sur des formations
granitiques.
Sur le plan quantitatif, les sondages électriques réalisés sur les sites ont permis de déterminer
les valeurs de résistivités et les profondeurs d’enracinement correspondant ponctuellement aux
roches massives prospectées. Les profondeurs du toit rocheux et les résistivités varient d’un site
à l’autre. Sur le site de Grobiassoumé, cinq sondages électriques ont été effectués. Les valeurs
de résistivités attribuées à la roche granitique par ces sondages sont comprises entre 2 236 Ωm
et 29 224 Ωm. La profondeur d’enracinement de la roche se situe entre 1,5 m et 10 m. Par
contre, sur le site de Gnipi 2, entre 2,29 m et 12 m, la résistivité de la roche migmatitique est
très élevée et oscille entre 33 992 Ωm et 36 058 Ωm. Sur le site de Gbamakro, la roche se trouve
entre 2,6 m et 6,8 m de profondeur avec des résistivités qui s’échelonnent entre 4 096 Ωm et 86
274 Ωm. Dans le cas des sondages électriques de Kobadjan, le toit de la roche est compris entre
2,2 m et 20 m de profondeur et les signatures électriques de la roche sont situées dans
l’intervalle 3 251 Ωm à 18 909 Ωm. Quant à Linguésso, dans une marge de résistivité de 5 390
Ωm à 48 685 Ωm, la profondeur de la roche est entre 1,3 m à 18,5 m. En tenant compte des
sondages électriques ponctuels et isolés, les sites de Grobiassoumé, Gnipi 2 et Gbamakro
présentent une marge de profondeur d’enracinement rocheux moins important sous les altérites.
Cependant, les signatures électriques ponctuelles, les plus élevées, sont observées sur le site de
Gnipi 2, Gbamakro et Linguésso. Ces signatures électriques issues des sondages électriques
permettent de décider de l’ouverture d’une carrière de granulats rocheux sur les divers sites
explorés. Cette approche a été utilisée sur le site de Saint-Nabor (30 Km de Strasbourg, France)
par Frey (1979) sur la carrière de Pyroclastiques. Des valeurs de résistivité de 15 000 Ωm et
144
une autre de 3 000 Ωm ont été obtenues à partir de 5 m de profondeur. Ces valeurs élevées
révélaient ainsi des granulats de très haute qualité qui pouvaient être utilisés dans les domaines
éprouvants comme les couches de roulement des chaussées à fort trafic (Frey, 1979). Par contre,
les roches volcaniques de la carrière de Fouday (France) montrent des caractéristiques
géotechniques très bonnes, mais les sondages électriques donnent de faibles résistivités (300
Ωm à 1800 Ωm) pour les terrains en profondeur. Ce qui indiquerait des roches fracturées ou
altérées (Frey, 1979). Le site de Fouday ne semble donc pas intéressant au vu de ces premiers
résultats de sondages électriques pour l’établissement d’une carrière de granulats (Frey, 1979).
Concernant le profil d’altération en continue et la profondeur d’enracinement de la roche
massive, la tomographie ou panneau électrique a donné une meilleure précision sur les sites
étudiés. Les profils ont été orientés dans des directions perpendiculaires pour une meilleure
précision, contrairement aux sondages électriques ponctuels qui donnent des profondeurs
isolées. Ils servent également à délimiter le secteur propice à l’exploitation (Ada, 2008).
Les panneaux sur le site de Grobiassoumé ont montré sur tous les profils des profondeurs du
toit rocheux situés entre 0 m et 30 m. Ces profondeurs se rapprochent de celles déterminées sur
le site de Gnipi 2 qui sont comprises entre 0 m et 22 m. Sur les sites de Linguésso et Kobadjan,
le toit du socle est atteint respectivement entre 0 m et 25 m puis entre 0 m et 20 m. A Gbamakro,
le toit rocheux se trouverait sur tous les profils réalisés dans la couverture entre 0 m et 20 m de
profondeur après les altérites. Ces sites dans le socle ivoirien ont un profil d’altération compris
entre 0 m et 25 m de profondeur avec des fractures superficielles et profondes. Ce qui corrobore,
sensiblement, aux profondeur déterminées par Kouakou et al. (2017) qui situe le toit du granite
entre 0 et 26 m de profondeur. Contrairement au Sud-Est, dans le sédimentaire, où il serait entre
0,2 m et 60 m de profondeur avec présence de discontinuités orientées NW-SE à environ 20 m
de profondeur (Djroh et al., 2022).
Nous remarquons dans le cas des panneaux électriques, une prise en compte d’un intervalle de
profondeur assez large qui tient compte de toute la zone couverte par les investigations
contrairement aux sondages électriques qui sont ponctuels et isolés. Ils ont également permis
de définir les signatures électriques des formations rencontrées sur ces sites situés dans le
Birimien ivoirien et d’en dégager l’échelle des résistivités des roches massives. Ainsi, avons-
nous définit une échelle des signatures électriques attribuée aux granitoïdes rencontrées sur les
différents sites du Birimien. Le classement des sites par ordre de grandeur de résistivité de la
roche massive selon les panneaux électriques est le suivant : Linguésso (Odienné) (7 688-
86 316,23 Ohm.m), Gbamakro (Bouaké) (12 185-41 685 Ohm.m), Grobiassoumé (Divo)
145
(5100-25 490,69 Ohm.m), Gnipi 2 (Soubré) (4 124,28-21 521,01 Ohm.m) et Kobadjan (Nord)
(7 277-20 466 Ohm.m). Les granitoïdes (Linguésso, Gbamakro, Grobiassoumé et Kobadjan)
ont des signatures électriques (5 100-86 316 Ohm.m) plus élevées que celles des gneiss
migmatitiques (4 124,28-21 521,01 Ohm.m) (Gnipi 2). Le granite de Linguésso présente des
signatures plus élevées selon les panneaux électriques. L’échelle de résistivité des granitoïdes
du Birimien varie entre 4 124 et 86 316,23 Ohm.m. Cette marge s’avère différente de celle des
granites du Boukani (Nord-Est de la Côte d’Ivoire. En effet, Kouamé et al. (2023) ont annoncé
un intervalle entre 1600 et 20 533 Ohm.m, dans cette partie de la Côte d’Ivoire. Cette variation
des signatures électriques sur les divers sites de granitoïdes seraient liées à la présence de
minéraux ferromagnésiennes dans les formations granitiques. Cette explication des variations
des résistivités sur les granitoïdes est également corroborée par les travaux de Bolgarsky (1950)
et Bodin (1951) sur les granites de Bouaké, Divo, Odienné et les migmatites de Kragui-Neya
(Soubré). La composition chimique des granites et migmatites (tableau XXII) (Leneuf, 1959)
montre bien une proportion d’oxyde d’aluminium (Al2O3), d’oxyde de fer (Fe2O3) et d’oxyde
de magnésieum (MgO) qui varie selon le type de granite et migmatite observé dans une zone
donnée. Selon les teneurs en Al, Fe, et Mg (Leneuf, 1959), nous avons par ordre de grandeur :
- Migmatite de Kragui-Neya (Soubré) : 18,31 % (Al2O3+ Fe2O3+MgO);
- Granite de Divo : 16,20 % (Al2O3+ Fe2O3++MgO) ;
- Granite de Bouaké : 16,02% (Al2O3+ Fe2O3 +MgO) ;
- Granite d’Odienné : 15,85% (Al2O3+ Fe2O3++MgO).
Des modèles 3D de la roche massive des sites ont été élaborés grâce aux panneaux électriques.
Les modèles 3D des sites ont une forme régulière avec des directions comprises entre le N0° et
N 105°. Ce qui semble différent du modèle 3D exposé par les études de Djroh et al. (2022) dans
la zone de contact entre le socle et le bassin sédimentaire. En effet, selon cette étude réalisée
sur un site de carrière à Brofodoumé (Sud-est de la Côte d’Ivoire), le gisement est un massif
souterrain de forme irrégulière sans orientation précise.
147
Les tonnages issus des modèles géoélectriques volumiques des sites de Gbamakro, Kobadjan
et Linguésso sont respectivement de 11 201 184 t, 3 070 500 t et de 6 559 313,75 t. Ils ont un
tonnage plus important que les sites de Grobiassoumé (373 800 t) et Gnipi 2 (648 161,19 t).
Ces quantités de granulats appréciables pourraient être exploitées durant une période comprise
entre 2 (Grobiassoumé) à 21 années (Gbamakro) en considérant 1500 tonnes de production par
jour. L’estimation du tonnage dans nos travaux a été possible grâce aux panneaux électriques
croisés. Pour ce même type de gisement granitique, Djroh et al. (2022) ont estimé avec la même
technique de tomographie électrique, sur un site à Brofodoumé (Sud-est de la Côte d’Ivoire) un
potentiel de 7 millions de tonnes qui correspondrait à environ 15 années d’exploitation.
Cependant, Ada et al. (2008) ont obtenu, sur le site d’Andalambay (Madagascar), un volume
rocheux gneissique de 37 500 m3 (soit 971 250 t) par l’établissement de cartes de résistivités à
plusieurs profondeurs. Ce qui a permis de connaitre la surface de la roche saine et sa profondeur
d’enracinement.
Les essais de résistances mécaniques sur les échantillons issus de forages mécaniques peuvent
permettre de vérifier la qualité de la roche pour une utilisation en géotechnique routière (Aghui,
1980). Les paramètres tels que le Los Angeles et le Micro-Deval renseignent sur la qualité
géotechnique des granulats issus de certaines carrières de roches massives en Côte d’Ivoire
(Touré, 1985). Les roches granitiques des sites de Grobiassoumé, Gnipi 2, Gbamakro, Kobadjan
et Linguésso, situées dans le Birimien ivoirien, peuvent donc être classées en deux catégories
selon les paramètres LA ou MDE. En considérant le paramètre LA, nous avons :
- les roches de qualités moyennes (résistance moyenne aux chocs), Los Angeles entre 32 et
38% ;
- les roches de bonnes qualités (bonne résistance aux chocs), Los Angeles entre 21 et 24%.
Pour le paramètre MDE, nous avons :
- les roches de bonnes qualités (bonne résistance à l’usure), Micro-Deval entre 10 et 14% ;
- les roches de très bonnes qualités (très bonne résistance à l’usure), Micro-Deval entre 6 et 7%.
Une autre classification basée sur la fragmentation dynamique a été réalisée par Touré (1985)
dans le Birimien ivoirien.
Ces travaux réalisés dans le socle ivoirien se sont plutôt basés sur les essais de résistance par
fragmentation dynamique pour apprécier la qualité des ressources rocheuses disponibles en
Côte d’Ivoire en vue de leur utilisation en géotechnique routière. En se basant sur la norme P18-
321, il a classé les roches massives en trois catégories (Touré, 1985) :
148
- les roches convenables, catégorie B et C, fragmentation dynamique entre 15 et 25% ;
- les roche excellentes, catégorie A, fragmentation dynamique inférieure ou égale à 15% ;
- les roches médiocres, catégorie D, fragmentation dynamique entre 25 et 30%
Partant de ce classement, l’amphibolite d’Ayamé, le granite et la charnockite de Man sont de
catégorie A (roches excellentes). Le granite d’Ayamé et celui d’Akébéfia, le granite d’Adzopé,
et la migmatite de Douélé sont plutôt de la catégorie B et C (roches convenables). Pendant que
les charnockites de Krikouma et Magouin à Man sont de la catégorie D (roches médiocres).
En France, sur le site de la carrière de pyroclastiques de Saint-Nabor (30 km de Strasbourg),
des valeurs Los Angeles entre 9 à 15% et Micro-Deval de 3 à 11% ont permis à Frey (1979) de
conclure de la très haute qualité géotechnique des granulats. Ces derniers pouvaient donc être
utilisés dans le domaine les plus éprouvants, en particulier pour les enduits superficiels et les
couches de roulement des chaussées à fort trafic. Il a également obtenu des valeurs de Los
Angeles de 8 à 12% sur le site de roches basaltique de Vosges. Ces écarts observés entre les
valeurs de Los Angeles en France et les valeurs obtenues en Côte d’Ivoire sur nos sites, se
justifieraient par les contextes climatique et géologique différents.
Les granitoïdes du Birimien ivoirien étudiés sont essentiellement des granites à biotite, granite
à deux micas et des gneiss migmatitique. Les essais Los Angeles indiquent, pour les granites,
des valeurs comprises entre 24%-38% et pour le gneiss migmatitique un coefficient égale à
21%. En ce qui concerne le Micro-Deval, nous avons des valeurs plus élevées pour les granites
7 et 11% que pour les gneiss migmatitique 6%. Les résultats des essais Los Angeles des
granitoïdes ivoiriens corroborent ceux des granitoïdes Birimien de Lossa (Niger). En effet,
ceux-ci révèlent un Los Angeles et un Micro-Deval respectivement de 32 % et 11% (Mayaki,
2017). Par ailleurs, les travaux de Glodji (2019) sur les gneiss migmatitiques de la commune
de Djidja (Bénin) ont montré que les déformations plastiques qui se traduisissent par une
structure foliée agit sur les paramètres mécaniques de ces formations. Ainsi, il a déterminé pour
les gneiss migmatitiques (gneiss granitisé) un LA entre 23-25% et un MDE de 8,4%.
Concernant les granites, le LA est compris entre 19,5-20,5% et le MDE est égale à 6,2%. Ces
résultats semblent s’opposer à ceux que nous avons obtenus sur les granites et les gneiss
migmatitiques. En effet, les paramètres mécaniques des gneiss migmatitiques (LA 21% et MDE
6%) obtenus sont moins élevés que ceux des granites (LA 24-38%, MDE 7-11%). Cette
situation serait probablement liée au degré d’altération des granitoïdes par rapport aux gneiss
migmatitiques. Dans le cadre de cette étude, les variations des paramètres mécaniques qui
seraient liées aux déformations plastiques n’ont pas été établies.
149
Toutes ces études géophysiques et géotechniques des sites visent à mieux évaluer afin de
minimiser les pertes lors de leurs exploitations. Les méthodologies utilisées peuvent présenter
des limites ou des convergences. En effet, Les méthodes de reconnaissance géophysique et
d’évaluation des sites de carrières sont non destructives. Elles ne touchent pas à l’objet
recherché physiquement et doivent par conséquent y être confrontées. L’interprétation de nos
données peut présenter des marges d’erreurs notamment sur les limites géologiques franches
des différentes couches. La limite entre socle fissuré ou altéré et socle sain doit être confirmée.
Dans cette évaluation, des sondages mécaniques de calages bien définis devraient permettre de
vérifier et corriger certaines informations comme les limites du toit de la roche saine
déterminées par les tomographies et sondages électriques. Le décalage possible entre les limites
des couches dans l’interprétation des tomographies électriques serait dû, dans notre cas à une
seule raison : La géométrie du dispositif d’acquisition et résolution verticale (Hacini, 2006). En
effet, les acquisitions ont été effectuées avec un dispositif pôle-dipôle avec une distance inter
électrode de 10 m. Avec un tel dispositif, il y a donc peu de points de mesure qui se situent dans
la limite entre les altérites, le socle altéré et le socle sain. Cet écart entre les échantillonnages
pourrait expliquer l’origine de l’imprécision entre les profondeurs déterminées par les
tomographies électriques. Une réduction de la distance inter-électrode permettra une meilleure
résolution en surface et une force de pénétration suffisante (Hacini, 2006). Les travaux de
Hacini (2006), sur les deux sites de Kappelen et Grenchen de l’aquifère poreux complexe du
Seedland, ont donnés une autre raison du décalage de la profondeur des couches de Kappelen
sur les tomographies. Il a montré que ce décalage est dû aux structures géoélectriques du site et
contraintes d’inversion. Sur ce site, il a constaté qu’une diminution progressive de la résistivité
électrique combinée aux contraintes de l’inversion fait que la profondeur des interfaces se
retrouve décalée vers le bas. En effet, la méthode d’inversion admet que la résistivité électrique
d’une cellule dans le modèle ne doit pas trop varier par rapport à celle des cellules voisines
(Loke et Barker, 1996). De ce fait, on ne pourra pas directement passer verticalement d’une
cellule de 2000 Ohm.m à une cellule de 300 Ohm.m. Cette transition se fera sur plusieurs
cellules, ce qui engendre un décalage en profondeur (Hacini, 2006). Cette raison ne corrobore
pas avec les structures géologiques de nos sites. En effet, sur tous les sites prospectés dans nos
travaux, nous avons une succession de couches de plus en plus résistantes en profondeur et la
résistivité d’une cellule du modèle varie peu par rapport aux cellules voisines. Cette raison ne
peut justifier le décalage qui pourrait exister entre les profondeurs déterminées par les
tomographies de résistivités électriques, les sondages électriques et les potentiels forages de
150
vérification. Ces imprécisions pourraient être résolues, en partie, par la combinaison d’autres
méthodes comme la sismique réfraction. Elle a été utilisée, avec les sondages électriques, par
Sombo (1978) dans l’étude d’un gîte d’ophite en France. La sismique réfraction a été réalisée
avec des essais d’obtention d’onde S. Par ailleurs, la sismique réfraction a été, également,
réalisée par Yaba (1980), dans le cadre d’une recherche de carrière à Lamoli (Tanda) dans le
socle ivoirien. Le dépouillement des mesures du profil a mis en évidence trois horizons : Argile
bariolée, aréne granitique, roche saine (granite). Ces horizons ont été confirmées par des
sondages mécaniques
Dans le contexte ivoirien, les méthodes géophysiques et géotechniques ont permis d’obtenir des
résultats dont la corrélation est souvent confrontée à des limites.
Les signatures électriques issues des profils 2D, sur chaque site, ont mis en évidence différentes
valeurs élevées de résistivités. Dans l’ensemble des sites prospectés, à l’exception de celui de
Kobadjan, les angles de remontée des courbes de sondages électriques augmentent lorsque la
résistivité attribuée à la roche diminue. C’est le cas, pour le granite du site de Linguésso (7668-
86 316 Ohm.m) où la moyenne de l’angle de remontée des courbes de sondages (10 sondages
électrique) est de 34,8°. En revanche, le granite de Gbamakro (12 185-41 685 Ohm.m) a une
moyenne de remontée des courbes de 39°et celui de Gnipi 2 (7 663-21 521 Ohm.m) donne en
moyenne un angle de remontée de 45°. La raison qui pourrait expliquer cette situation est que
les valeurs de résistivités de ces granitoïdes sont issues des profils 2D (tomographie électrique)
réalisés avec un dispositif pôle-dipôle. Par contre, les angles de dernières remontées des courbes
proviennent des sondages électriques effectués avec un dispositif schlumberger. C’est le cas,
par exemple, du granite de Grobiassoumé qui apparaît plus résistant sur les profils de
tomographie 2D (5100-25 490 Ohm.m) par rapport aux résistivités apparentes (2200-7 991
Ohm.m). Cette explication est corroborée par Giao et al. (2003). En effet, il explique que les
images de tomographies électriques se combinent rarement avec les mesures de résistivités in
situ (sondages électrique et traîné électrique) en raison des procédés d’investigations différents.
Cette limite des techniques de mesures a, également, été exposée par Paugam (2002) dans
l'étude de la texture des manteaux d'altération nickélifères de roches ultrabasiques de Tiébaghi
(Nouvelle Calédonie). En effet, en traîné électrique, la saprolite grossière apparaît très peu
résistante (30 Ohm.m) par rapport au profil 2D (100-300 Ohm.m).
Les essais mécaniques (LA et MDE) issus des carottages ponctuels de roche semblent
s’améliorer en fonction de l’augmentation des signatures électriques. En effet, sur les sites
151
prospectés, les paramètres mécaniques tels que le LA et le MDE sont bas lorsque la signature
électrique du granite (profil 2D) est élevée. C’est l’exemple du site de Grobiassoumé, où la
résistivité du granite (profil 2D) s’échélonne entre 5100 et 25 490 Ohm.m et le Los Angeles est
de 38%. Par contre, pour le granite de Gbamakro (12 185-41 685 Ohm.m), nous avons un LA
(34 %) et MDE (10 %). Autre constat, le granite du site de Linguésso (7 688-86 316 Ohm.m)
résiste plus aux chocs et à l’usure au vu du LA (24 %) et MDE (7%). Cependant, ces résistivités
issues des images des tomographies électriques devront, également, être vérifiées par des
forages. Les travaux de l’IRD, au Burkina Faso, sur les sites expérimentaux de Kombissiri et
Sanon, nous interpellent. En effet, des forages de petits diamètres ont été réalisés, afin de
vérifier les images de toutes les tomographies de résistivités électriques du sous-sol et les
sondages électriques par reconnaissance des formations géologiques, l’analyse des échantillons
et par des diagraphies électriques (Toe, 2004). Cette vérification a permis la reconnaissance des
aquifères du socle. Les tomographies et sondages électriques réalisés lors des travaux de Soro
(2017) à Sanon au Burkina Faso ont également été vérifiés par des forages et permis de corriger
l’évaluation des épaisseurs des formations géologiques.
Les forages de vérification doivent permettre également de faire des carottages de la roche et
de réaliser des essais en laboratoire. Ces essais seront utiles pour sous-évaluer ou surévaluer le
seuil de la valeur de résistivité attribué à la roche saine pour la modélisation 3D volumique. Ces
incertitudes sur notre approche méthodologique sont en partie levées par la combinaison de ces
trois techniques géophysiques : Traîné électrique, tomographie de résistivité électrique et
sondage électrique. Ada et al. (2008) ont combinée des données géophysiques (Traîné
électrique, tomographie de résistivité électrique) et topographiques pour aboutir au modèle à
trois dimensions (3D) de la carrière d’Andalamby à Madagascar.
L’association pluridisciplinaire (topographie, géologie, géophysique et géotechnique)
permettra d’améliorer les résultats d’évaluation des sites d’étude.
152
Après les présentations de nos résultats, interprétation et discussions, Que devrons-nous retenir
de cette étude? La conclusion générale et les perspectives qui se dégagent vont certainement
nous permettre de répondre à cette préoccupation.
153
CONCLUSION GÉNÉRALE
CONCLUSION GÉNÉRALE
Les sondages électriques ont mis en relief quatre allures principales de courbes de sondages :
Fond de bateau, cloche puis fond de bateau, branche montante et escalier sur la branche
montante. Ces courbes déclinent en générale deux à quatre couches géoélectriques dont les
interprétations ont favorisé l’évaluation des épaisseurs des déblais et des natures géologiques
suivantes : une couche superficielle en cuirasse ou sableuse, une couche argilo-sableuse puis le
socle fissuré ou sain. Les profondeurs du toit granitique, déterminées par les sondages
électriques, se situeraient entre 1,3 et 20 m. Les signatures électriques ponctuelles quant à elles
s’échelonnent entre 977 Ohm.m et 86 274 Ohm.m. Ces formations résistantes sont caractérisées
par des angles de dernières remontées des courbes de sondages électriques compris entre 34,8°
et 45°. Les granites ont un angle compris entre 34,8 et 43° tandis que les gneiss migmatitiques
ont une moyenne de 45°. Ces pentes proches ou égale à 45° seraient de bons indicateurs de la
qualité de certains gisements rocheux étudiés.
L’étude par tomographie électrique a précisé le profil d’altération en continu dans les deux
directions. Certains profils orientés selon la direction de la ligne de base et d’autres suivant
celles des lignes transversales. Les panneaux électriques ont fourni la profondeur du toit du
socle dans le Birimien entre 0 et 30 m avec la présence de fractures superficielles et profondes.
Les signatures électriques considérées pour les structures géoélectriques résistantes rocheuses
sont entre 5 100 Ohm.m et 86 316,23 Ohm.m. Ces profils tomographiques ont permis de
générer des modèles 3D géoélectriques qui exposent des massifs souterrains de formes
154
régulières. Les modèles présentent des pendages subverticaux et sont orientés dans des
directions allant de N0 à N105°. Les tonnages des sites en potentiel rocheux ont été évalués
entre 373 800 tonnes et 11 201 184 tonnes, pour une exploitation comprise entre 2 à 21 années.
L’utilisation de ce potentiel rocheux en géotechnique routière, par exemple, obéit à des critères
géotechniques, notamment les paramètres de résistance tels que le Los Angeles et le Micro-
Deval. Les essais de résistance effectués sur des carottes de roches issues des sites prospectés
ont données des valeurs Los Angeles qui varient de 21 à 38% et des valeurs Micro-Deval entre
6% et 11%. Les roches des sites de Gnipi 2 (Ouest de la Côte d’Ivoire) et Linguésso (Nord-
Ouest de la Côte d’Ivoire) sont plus résistantes que celles des autres sites (Gbamakro, Kobadjan
et Grobiassoumé). Ces roches du Birimien ivoirien sont résistantes aux chocs et à l’usure.
Perspectives
155
résistance Los Angeles (LA), Micro-Deval (MDE) ou fragmentation dynamique sur des
échantillons issus de sondages carottés. Parallèlement à cette campagne, une étude physico-
chimique et géotectonique pourrait être associée afin d’établir une corrélation entre les
compositions chimiques des granites, la minéralogie, les déformations tectoniques, les
paramètres mécaniques et les résistivités observées. Nous pourrons ainsi, en utilisant des
programmes informatiques qui incluent les paramètres électriques, physico-chimiques,
géotectoniques et mécaniques, réaliser une modélisation 4D et une réévaluation des tonnages.
En outre, nous préconisons l’évaluation des déformations par le calcul des coefficients de
poisson, en mesurant sur chaque site la vitesse des ondes P et S dans les gisements rocheux.
Cette étude pourrait se poursuivre sur l’ensemble des sites potentiels de carrière de roches par
une cartographie. Ce qui contribuera à créer une base de données (géoportail) pour l’accès à
toutes les informations sur les carrières granitiques en Côte d’Ivoire dans le cadre de projets
d’infrastructures (routes, ponts etc.).
156
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[Link]
ISSN Online: 2327-4344
ISSN Print: 2327-4336
Yapo Assi Martial*, Kouame Loukou Nicolas, Aka Ehui Beh Jean Constantin,
Sombo Boko Celestin
Laboratory of Geology, Mineral and Energy Resources, UFR-STRM, University Félix Houphouët-Boigny, Abidjan, Ivory Coast
1. Introduction
The use of crushed granite in carrying out economic infrastructure works such
as roads, bridges and buildings has been known for several decades. The con-
struction of road infrastructures therefore requires the use of a large proportion
of aggregates, which make it possible to ensure the solidity of the work in prepa-
ration. In Western Europe and particularly in France, for example, there is an
increase in the production of crushed aggregates from massive rocks to the de-
triment of alluvial materials (Aghui, 1980). This is directly linked to the deple-
tion of exploitable alluvial resources (Aghui, 1980). In West Africa, granites are
DOI: 10.4236/gep.2023.113010 Mar. 29, 2023 138 Journal of Geoscience and Environment Protection
Y. A. Martial et al.
the most important basement formations in terms of surface area (Aghui, 1980).
In Côte d’Ivoire, the territory is 97.5% occupied by the Precambrian basement
(Yacé, 2002). The study of these materials is certainly not devoid of interest from
the perspective of a rational use of available resources (Aghui, 1980) but also for
sustainable development. It is therefore a significant rock potential that needs to
be assessed for use in the construction of pavement structures and the making of
hydraulic concrete. This abundance of massive rocks therefore calls for a genera-
lized use of crushed aggregates (Touré, 1985). It is for this reason that knowing
the quantity and quality of recoverable aggregates in a granite rock deposit lo-
cated near a road construction project becomes a real challenge for the economic
and technical planning of the works. The combination of trailing, drilling and
electrical tomography methods in this work has been very useful to know the
geoelectric characteristics, fracture systems related to this rock deposit of Lin-
guésso in particular, and the North-West of Ivory Coast in general. This part of
the Ivorian basement has been the subject of several geological and hydrogeo-
logical studies (Roche and Chaperon, 1966; Couture, 1968; Mathez, 1972; Tagini,
1972; Camil, 1984; Kouamélan, 1996) but rarely of geophysical studies aiming at
highlighting the structuring of the rock deposit at depth. It is therefore the be-
ginning of a vast campaign of prospecting by electrical methods of massive rock
sites in the Ivorian Birimian. The objective of this work is thus to carry out the
modeling of the granite quarry of Linguésso in order to determine its geoelectric
characteristics and the quantity of exploitable crushed stone.
For the execution of the surveys on the Linguésso site, nine (09) lines of 300 to
320 m were opened (Figure 3) for dragging and electric tomography. Ten (10)
electrical soundings in Schlumberger mode were also carried out. A total of 2735
m of line covered the Linguésso site. The lines are oriented N113˚ (7 transverse
lines) and N23˚ (base lines), with measurement steps (station) spaced 10 m
apart.
The acquisition methods used are based on the injection of a direct electric
current of intensity I by electrodes A and B and the measurement of the poten-
tial difference ΔV from the reception electrodes M and N (Figure 4, Equation
(1)). The electric drag method was carried out with a gradient device whose in-
jection electrodes A and B are 900 m apart and remain in a fixed position. The
potential measuring electrodes M and N are 10 m apart. The MN dipole is
moved 10 m along the profiles (Figure 5). Electrical resistivity tomography was
performed on five (05) profiles with the pole-dipole device (Figure 6). A pole is
a single transmitting electrode, and a dipole is a pair of oppositely charged elec-
trodes that are so close together that the electric field seems to be a single elec-
trode field instead of fields from two different electric poles. The profiles frame
the resistive zone highlighted by the electrical resistivity map. The inter-elec-
trode spacing is 10 m and infinity is located at 1088 m, perpendicular to the
measurement line. The electrical soundings were carried out using the Schlum-
berger device (Figure 7). The basic principle of the Schlumberger sounding me-
thod is to inject a current into the ground through current electrodes AB at the
surface. This current creates a potential field in the ground. The subsurface re-
sistivity can be inferred by measuring the resulting potential difference ∆VMN
(Equation (1)) and resistivity (Equation (2)). In the Schlumberger array, two po-
tential electrodes and two current electrodes are positioned symmetrically along
a straight line (Figure 7). The potential electrodes are placed at M and N. The
distance between the potential electrodes MN, is kept much smaller than the
distance between the current electrodes AB (at least five times smaller).
2ρIb
V VM − VN =
∆= (1)
π a 2 − b2 ( )
∆V a 2 − b 2
ρ=π (2)
I 2b
where
∆V: Difference potential (V);
ρ: Resistivity (Ohm∙m);
I: Current strength (A)
π: Constante 3.14
a: Half the current electrode spacing (AB/2) (m)
b: Half the potential electrode spacing (MN/2) (m).
4. Data Processing
The processing of the electrical drag data was done with the Oasis Montaj soft-
ware for the establishment of the map of the apparent resistivity of the site. The
TomoLab and ERTLAB software were used to produce the inverted electrical
tomography profiles and the 3D model. As for the electrical soundings, the use
of the Winsev 6 software was useful for their 1D inversions.
For a better clarity of the analysis and the interpretation of the different to-
mographic profiles, we used a common chromatic and resistivity scale for all the
profiles.
These profiles will make it possible to create a primary 3D model of the resis-
tivity distribution on the site. From the interpretations of the tomographic pro-
files and the electrical soundings, we considered as granite basement a resistivity
value of 4500 Ωm. By eliminating the resistivity values below this threshold, we
obtained the 3D model of the granite deposit.
The volume of the deposit is determined from the 3D model and the tonnage
(T) is obtained using the Equation (3):
=T Granite density 2700 kg m3 × Granite volume ( ) (3)
5. Results
5.1. Analysis and Interpretation of Resistivity Profiles
The seven (07) curves (Figure 8) show the lateral variations of the electrical re-
sistivity values on each profile. These values are between 800 and 14786.70 Ωm.
High values reflect electrical signatures of resistant rocks attributed to granite.
However, the low resistivities on each profile indicate fracture zones oriented
between N14 and N72˚ (Figure 8). These fractures could constitute groundwater
circulation corridors.
Analysis of the electrical resistivity map (Figure 9) makes it possible to dis-
tinguish three geoelectric formations:
A conductive domain (blue) with a low electrical resistivity value which is
between 800 and 1602 Ωm;
A moderately resistant assembly with intermediate resistivity values (green,
yellow) between 1602 and 4316 Ωm;
A resistant formation indicated by resistivities ranging from 4316 to 14,786
Ωm (red, pink).
The resistant zone (Figure 10) could be interpreted as an interesting granite
unit for the exploitation of a quarry. The formations with intermediate and low
resistivities (Figure 10) correspond respectively to a transition formation and a
set of volcano-sediments. Several fractures could be identified with directions
varying between N45˚ and N160˚ (Figure 10).
Figure 12. SE4 electric sounding curve “at the bottom of the boat”.
Figure 14. Position map Tomographic profiles and electrical sounding points.
6. Discussion
Electrical tracing of the Linguésso site in the northwestern part of the Ivorian
basement has revealed a north-trending resistant geoelectric domain with an
electrical signature ranging from 4316 to 14,786 Ωm. This resistant zone attri-
buted to the basement has fractures oriented between N14˚ and N135˚. Howev-
er, some sites in the Ivorian basement have shown other preferential fracture
orientations. This is the case of the departments of Sikensi and Tiassalé, in the
south of Côte d’Ivoire, where the work of Sombo (2013) showed that the prefe-
rential direction of structural alignments is N0˚ - 10˚ (North-South). These dif-
fer from those we obtained in northwest Côte d’Ivoire. Geological discontinui-
ties related to the N10˚ - 20˚, N30˚ - 40˚, N150˚ - 160˚ and N160˚ - 170˚ direc-
tions are secondary in this southern part of Côte d’Ivoire. Similarly, in the Niéllé
area in northern Côte d’Ivoire, the work of Kouakou et al. (2017) revealed dis-
continuities oriented between N6˚ and N175˚ in this part of the basement. In
this area, the preferential direction is E-W and NW-SE. These different direc-
tions are substantially close to those interpreted at Linguésso by our study. Fur-
thermore, the study by Loukou et al. (2008) in the Bondoukou area of eastern
Côte d’Ivoire highlighted fractures oriented generally around directions N43˚,
N55˚, N162˚ and N171˚. All these fractures interpreted in different parts of the
country are not strictly identical. Fracture systems interpreted at Linguésso in
northwestern Côte d’Ivoire thus provide new data on the diversity of disconti-
nuities in the Ivorian basement.
The electrical soundings of this work also revealed three (03) families of
curves at the Linguésso site (North-West of Ivory Coast):
Electrical sounding curve in “a single ascending branch”;
Electrical sounding curve in “boat bottom;
Electrical sounding curve with a “dragging rise”.
Contrary to the zone of the South, Center of Côte d’Ivoire and several locali-
ties of the Burkinabe base, which are characterized by seven (07) categories of
drilling curves according to the work of Biémi (1992), Sombo (2013), and Kous-
soubé et al. (2003); They have respectively counted in the Ivorian and Burkinabe
bases seven (07) families of drilling curves:
Electrical sounding curves in “boat bottom”;
Curves of electric soundings in “bell in the bottom of the boat”;
Curves of electric soundings in “bell and bottom of the boat”;
Electrical sounding curves with “one ascending branch”;
Electrical sounding curves with “stairs on the ascending branch”;
Electric sounding curves with “trailing rise”;
Electrical sounding curves with “clutch jumps”.
The slope of the last ascent of the three types of drilling curve determined on
the Linguésso site in northwestern Côte d’Ivoire is between 30˚ and 42˚. The
massive rock at the Linguésso site is therefore highly fractured. Indeed, a final
rise of less than 45˚ reflects the presence of an intensely fissured or altered zone
above the sound rock (Sombo, 2013; Doumbia, 2020).
The 3D modeling and volume estimation was possible thanks to the combina-
tion of electrical panels. It highlighted the rock roof between 0 and 45 m depth,
an orientation N90˚ and a volume of 2,936,250 m3. This modelling technique
using the combination of tomography cross-sections provides precision on the
orientation and estimation of the rock deposit. This is in contrast to the study
and estimation using the resistivity map technique at different depths used by
Ada et al. (2008) on the Andalamby site (Madagascar). This study has certainly
allowed to estimate at about 37,500 m3 the rock volume without however hig-
hlighting the morphology and the orientation of the rock volume.
7. Conclusion
The use of electrical resistivity tomography for the three-dimensional evaluation
of the Linguésso granite quarry was possible thanks to the combination of sever-
al 2D profiles produced on the site. Electrical soundings were positioned on
these profiles to determine the rooting depth of the sound rock. These two tech-
niques were preceded by an electric drag which showed a sound basement with
deep fractures oriented between N45˚ and N160˚. These fractures can constitute
obstacles for the exploitation of the quarry, because they generally correspond to
water inlets.
The 3D model of the deposit made it possible to estimate the quantity of ex-
ploitable rock at 7,927,875 tonnes for the Linguésso deposit. The Linguésso gra-
nitoid is a rock that is deep in places and fractured with a preferential orienta-
tion in the N90˚ direction. These multiple fractures should limit the exploitation
of this quarry.
Acknowledgements
Our thanks go to the Entreprise Eburnéenne des Travaux d’Odienné (EETO)
which enabled us to carry out this study on the Linguésso quarry site.
Conflicts of Interest
The authors declare no conflicts of interest regarding the publication of this pa-
per.
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Abstract: The research of massive rock extraction site (granite) to Gbamakro (Central Côte d'Ivoire) requires
a good knowledge of the subsoil. This requires the implementation of geophysical methods of resistivity
(profiling, sounding and electrical tomography). The aim is to determine the lithological and structural
characteristics of the study area subsoil. The results show a resistant granite massif with fractures oriented N70
to N120. At north of the site, the fractures are associated with an altered massif. The roof of the massif is
located under an altered horizon less than 5 m thick. Except north of the site, where it is at a greater depth (16
m).
Keywords: electrical profiling, electrical sounding, electrical tomography, geophysical.
------------------------------------------------------------------------------------------------------------- --------------------------
Date of Submission: 26-08-2019 Date of Acceptance: 11-09-2019
--------------------------------------------------------------------------------------------- ------------------------------------------
I. Introduction
The granite is an earth's crust material, much used, as granulate in the construction of civil engineering
works. In nature, granite does not always appear as a healthy massif that is outcropping. It can be weathered or
localized under weathered horizons of varying thicknesses. The research for healthy granite extraction site
requires the determination of the lithostructural characteristics of the subsoil. Geophysical methods of resistivity
(profiling, sounding and electricals tomography) are used for that. These techniques are used for the
lithostructural mapping of a granite deposit to Gbamakro in the department of Bouaké (Central Côte d'Ivoire). In
practice, the electricals profiling allow to identify the lateral variation of the resistivity of the subsoil and the
electricals soundings, the vertical variation. Electrical tomography allows 2D imaging of the deposit. The aim of
this study is to determine the lithostructural characteristics of granite deposit to Gbamakro
The electrical tomography are executed, according to the asymmetrical pole-dipole configuration. This
asymmetry can influence the model obtained after results inversion. A symmetrical geological structure will
appear in the form of asymmetric apparent resistivity anomaly on the pseudo section. To remove this effect, the
measurements are made in "forward" and "reverse" pole-dipole devices (Fig. 3). In practice, the electric current
injection electrode B is placed at 600 m (5 times AM distance) perpendicular to the profile. This allows better
intersect the geological structures. All this makes it possible to reach 10 levels of acquisition. Five (05) electrical
tomography are made, three (03) on the profiles L0, L100E and L100W of the electric profiling and two others
(LB and LB +10N) perpendicular to the previous ones (Fig. 4). Figure 4 shows the measures points of the
profiling, sounding and tomography electrical made in this study.
Res2Dinv software [6] is used for the interpretation of electrical tomography results. It allows
iteratively to calculate a model corresponding to geoelectric data. In practice, the measured data is inserted into
a program. This program establishes a model of apparent resistivity "A" (Fig. 5). The software, from "A" creates
a "C" model. From "C", the software recalculates the apparent resistivity values corresponding to a model "B".
It compares the apparent resistivity values recalculated with those obtained (comparison between A and B). If
the difference is too large, the program modifies the model "C" as many times so that the difference between
"A" and "B" is as small as possible.
IV. Results
4.1 Analysis and interpretation electric profiling results
The figure 6 presents the results of the apparent resistivity profiles obtained on the granite deposit of
Gbamakro. The resistivity values vary between 975 and 29000 Ohm.m. They are relatively very high and
correspond to those of a resistant basement. These profiles show a significant variation in apparent resistivity
north of the studied site. In this part of the site, we observe geoelectric anomalies characterized by resistivity
drops. These conductive anomalies correspond to fractures in the granitic basement. The analysis of the
alignments of these anomalies shows that these fractures follow orientations between N70 and N120. In the
south, the profiles show a granitic substratum less affected by fractures. The conductive anomalies are faintly
pronounced and oriented N70 and N107.
The figure 7 shows the resistivity map established, from the results of electric profiling. On this map,
two distinct geoelectric zones are identified. In the far north, there is an area lows resistivity. In Central and
South, we find areas highs resistivity. The fractures that affect the North of the deposit are the cause of lows
resistivity. As on the resistivity profiles, these geological accidents have an orientation between N70 and N120.
This part of basement is potentially weathered. Eventually, fractures in the north are associated with chemical
alteration of the granite. The Central and South of the site have not weathered, because weakly fractured. The
fractures identified in these areas are oriented N50, N110 and N120, as identified on the electric profiling. In the
Central and South, fracture's resistivity values are high compared to those mapped in the North. These values
are between 3000 and 8000 ohm.m. The accidents in the Central and South of the study site are not associated to
chemical alteration of granite.
From the apparent resistivity map, zone of extraction of the healthy granite is delimited. This is the area
from the central to the south of the deposit. The high resistivity values and the almost absence of fractures in this
area justify this choice. Indeed, it is inappropriate to use weathered granite for the construction in civil
engineering works. This makes it possible to avoid an early deterioration of the structures.
an altered horizon (granite arena or clay sand) of small thickness (less than 3.3 m) and resistivity included
between 290 and 3568 ohm.m. The granitic basement is materialized by the ascending branch part of the
sounding curves, which is to 45°. The weathered layer corresponds to the part of the curves before the ascending
branch. The short thickness of the weathered horizon is an advantage for the extraction of the underlying
granite. Indeed, to reach the healthy granite, will be done at low cost.
4.3.1. Pseudo-section L0
The 2D model of resistivity of the electrical tomography L0, shows a resistant basement, except the
northern part of the profile (Fig. 10). It is the weathered granite massif, in north. Throughout of pseudo-section
DOI: 10.9790/0990-0705011018 [Link] 15 | Page
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L0, the thickness of the weathering is low. It is less than 2 m. The L0 electric tomography present also a
resistant granitic substratum. Except north, where it has a 15 m depth, on the granitic basement weathered.
Healthy granite is at short depths. The outcrops observed around the studied site confirm this. The granite massif
is fractured and the fractures plunge in opposite directions. One plunges to the south, the other to the north.
These are deep fractures because they pass through all pseudo-section. Around of fractures, there are areas of
very high resistivity.
4.3.4. Pseudo-section LB
The result of the pseudo-section of the electrical tomography LB shows no fracture into the resistant
granitic basement (Fig. 13). The roof of the granitic massif is located at significant depths (12 m), to West of the
LB profile. It is located at less depths (less than 5 m) on the rest of the profile.
V. Discussion
Prospecting by geophysical methods of resistivity (profiling, sounding and electrical tomography)
makes it possible to identify the extraction zones of a granite massif. The electric profiling allows to identify
resistant anomalies corresponding with healthy granite formations and conductive anomalies, synonymous with
fractures or weathered basement. For [8], this geophysical technique is useful in the mapping of massive rock
deposits. In particular, it is used in Ferkéssedougou, Bouaké and Ayamé, respectively in the North, Central and
South-East of Côte d'Ivoire. They present the geometry of the basement, from the resistivity maps obtained, by
electrical profiling. The electrical profiling also makes it possible to identify the orientations of the geological
accidents, which affect the granite massif. Many works are made in Côte d'Ivoire, by electric profiling, to
identify the geometrical characteristics of the geological accidents in basement zone. For example, [9] and [4]
have determined the fractures orientations, from the electrical profiling measures, which affect, respectively, the
basement in Sikensi-Tiassalé localities (South of Côte d'Ivoire) and the district of "vallée du Bandama" (north of
Côte d'Ivoire).
The sounding curves show an ascending part, with a incline greater than 45 °. These curves are
characteristic of a crystalline basement, surmounted by a small thickness of weathered horizon. They have
similar characteristics to those obtained by [10].
Technique 2D of electrical tomography assesses the depth of the basement and give an imagery of the
subsoil (altered areas, fractured, etc.) of the Gbamakro granite deposit. According to, [11], [12], [13] and [14],
the 2D inversions allow to characterize the anomalies observed on the pseudo-sections. These inversions present
a geological model, with the depths and extensions of geological discontinuities. The 2D profiles expose a
heterogeneity of the basement, related to the variations of resistivity of the subsoil. The 2D tomography is made,
according to the pole-dipole configuration. For [14], this configuration presents resistivity resistant anomalies
near the surface. However, electrical tomography, in this study, show, in depth geological accidents in the
resistant granite massif.
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VI. Conclusion
The application of geophysical methods of resistivity (profiling, sounding and electrical tomography)
shows their advantages in the determination of the lithological and structural characteristics of the geological
formations. These methods have been, particularly useful in the research for massive rock deposits at Gbamakro
(Central of Côte d'Ivoire). They showed that the roof of the granitic massif is located under a weathered little
thickness horizon (0 to 5 m), except, the North part of the deposit, where the alteration is thickness locally 16 m.
They also show that the massif is fractured and the fractures are oriented N70 to N120. These fractures do not
deteriorate the quality of the granite. Those identified to the north of the deposit are associated with granite
chemical alteration. This makes it possible to affirm that the area from the central to the south of the deposit is
exploitable, because of the little thickness of alteration and the almost absence of weathered rock in this zone. In
perspective, it would be important to made mechanical soundings, with a view to confirming or invalidating
these results.
Acknowledgements
The Authors would like to thank the Laboratory of Buildings and Public Works (LBTP) of Côte
d'Ivoire, which allowed the realization of this study. They also thank all the anonymous instructors for their
comments and criticisms to improve this document
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