M52/M53 DM : Ressources en eau entre conflits et usages _ A rendre pour le 09 octobre 2024
Consignes : rédiger une analyse des documents mettant en évidence la problématique de la
ressource en eau en lien avec ces différents usages dans le monde. A l'aide des différents documents
et de vos connaissances personnelles identifier les principaux usages de l'eau et les mettre en
parallèle avec le développement du pays.
Identifier les problèmes liés aux principales consommations d'eau notamment les conséquences sur
les sols et la ressource en eau. Faite le lien avec les techniques d'irrigation existantes actuelles et
passées. Avec l'exemple du conflit du Colorado mettre en évidence la nécessité d'un accord entre les
différentes parties prenantes.
Document n°1 : Des consommations extrêmement différentes dans le monde
« Actuellement, les quantités d’eau dont disposent les êtres humains sont très variables selon les
régions du monde. En effet, dans certains pays en développement – et même dans leur capitale –, de
nombreux foyers ne sont pas raccordés en eau potable et sont contraints de se rendre
quotidiennement à la borne-fontaine de leur quartier. Soulignons que plus de deux milliards de
personnes, soit près du tiers de la population mondiale, survivent avec moins de 10 litres d’eau par
jour. En revanche, dans certains pays développés, comme aux États-Unis, la plupart des habitants
consomment chaque jour plus de 400 litres d’eau. Entre ces extrêmes, la moyenne mondiale est
proche de 170 litres par jour et par personne […]. Les Français, quant à eux, utilisent
quotidiennement près de 150 litres chacun. […] Bien qu’il soit difficile de déterminer avec
précision le volume d’eau dédié à chaque usage, eu égard à la diversité des pratiques individuelles,
des conditions et des modes de vie, des lieux d’habitation (appartement, ville, campagne), la
consommation des foyers français se décompose en moyenne de la manière suivante : 39 % sont
utilisés pour la toilette et 20 % pour les sanitaires, 12 % sont consacrés au lavage du linge et 10 % à
celui de la vaisselle, 7 % sont destinés à l’alimentation – dont un 1 % à la boisson –, tandis que 6 %
servent aux activités extérieures et 6 % aux besoins domestiques divers. » Agathe Euzen, "L’eau au
quotidien", TDC. L’eau, enjeu vital, n° 1050, février 2013
Document n°2 : La salinisation des sols en Australie, un problème de taille pour l’agriculture.
« Le bassin de Murray-Darling […] comporte des sols naturellement très chargés en sel. Cette
teneur relativement élevée est due à la sédimentation sur les couches de ce qui était alors le fond
d’une mer. La région n’a émergé que voici 10 millions d’années. C’est la destruction du couvert
forestier, l’élimination des plantes indigènes et leur remplacement par des plantes importées, d’une
part, et l’introduction de techniques agricoles européennes […] qui ont perturbé la dynamique
hydrologique : les quantités d’eau qui s’infiltrent dans les sols et qui reviennent chargées de sel ont
considérablement augmenté du fait des modifications du couvert végétal. […] Cette salinité ne
cesse d’augmenter. […] En 1987, on estimait que 96 000 hectares étaient affectés par un excès de
sel. […] Selon certaines estimations, en 2040, 1,3 million d’hectares irrigués pourraient être
salinisés. Or si certaines cultures résistent bien à des sols salins, comme l’orge et le coton, la salinité
de l’eau des sols affecte rapidement bon nombre de plantes. » D’après F. Lassère, L. Descroix, Eaux
et territoires : tension, coopérations et géopolitiques de l’eau, Presses de l’université du Québec,
2005.
Document n°3 : L’irrigation moderne
« Avec la méthode traditionnelle d’inondation par gravité d’un champ, une grande partie de l’eau est
perdue par évaporation ou infiltration. Deux types de techniques permettent de réduire ces pertes :
la première est l’aspersion, qui reproduit artificiellement la pluie. La parcelle, qui a souvent la
forme d’un disque, est irriguée par un bras mobile en rotation, relié à des canalisations d’eau sous
pression. Depuis les années 1970, une autre technique se répand rapidement : la micro-irrigation ou
goutte-à-goutte. Il s’agit d’apporter l’eau au pied de la plante, grâce à des tuyaux en plastique.
Lorsque ces procédés sont accompagnés d’actions en amont comme le bétonnage des canaux
d’adduction pour éviter les pertes par infiltration, et d’actions en aval, comme l’amélioration du
système de drainage pour empêcher la salinisation des terres, elles permettent une augmentation des
rendements. » David Blanchon, "L’irrigation moderne : quels enjeux ?", L’eau, une ressource
menacée ?, Documentation photographique, dossier n° 8078, novembre-décembre 2010
Document n°4 : Le goutte-à-goutte fait des adeptes et des miracles au Maroc
« Dans sa ferme de la province de Taounate, à 60 kilomètres au nord-ouest de Fès, Mohammed
Ouali Alami a planté 2 hectares de tomates le même jour que son frère, en mars. Ses plantes sont
arrosées au goutte-à-goutte, via des tuyaux en plastique qui courent le long des sillons. Pas celles de
son frère, qui utilise la méthode traditionnelle d’irrigation par submersion de la parcelle. Le goutte-
à-goutte, qui amène directement l’eau au pied des plantes, est la technologie vedette en matière
d’économie d’eau dans l’agriculture. Il permet de réduire de 50 % environ les quantités utilisées,
donc de faire baisser la facture. Mais pas seulement. Dans le champ de Mohammed, les mauvaises
herbes, privées d’eau, n’ont pas poussé. Les doses d’engrais, transportées par les tuyaux, ont baissé.
"Là où il fallait dix ouvriers pour irriguer, traiter et désherber, un suffit", ajoute l’agriculteur, qui
s’attend aussi à voir ses rendements augmenter. […] Le gouvernement marocain veut développer
fortement le goutte-à-goutte, présent sur 10 % seulement des surfaces irriguées du pays. Un plan
d’économie en eau, lancé en 2007, vise à y convertir 550 000 hectares en quinze ans, soit la moitié
de la surface irriguée marocaine. L’équipement est pris en charge à 60 %. Mais les petits
agriculteurs, largement majoritaires, n’ont, pour la plupart, pas les moyens d’apporter le
complément. » Gaëlle DUPONT, "Près de Fès, le miracle du goutte-à-goutte", www.lemonde.fr, 23
mai 2009
Document n°5 : Ressource en eau potable dans le monde
Document n°6 : Population n'ayant pas accès à des services sanitaires convenables dans le monde
Document n°7 : Consommation de l'eau dans le monde
Document n°8 : Le fleuve Colorado, source de conflits entre les Etats-Unis et le Mexique
Le Colorado est un fleuve capital pour le sud-ouest des États-Unis et le Mexique. Il est ainsi devenu
l'un des plus régulés et des plus aménagés, mais le partage des eaux est source de conflits entre les
États-Unis et le Mexique.
La courbe du fer à cheval du fleuve Colorado. © Luca Galuzzi
Le Colorado prend sa source dans les montagnes Rocheuses de l'État du Colorado et parcourt près
de 2.300 kilomètres avant de se jeter dans le golfe de Californie, au Mexique. À l'origine, c'était un
fleuve tourbillonnant et indompté. À une époque, il était même sorti de son lit en Californie, où il
avait formé ce qui est maintenant le lac Salton.
Le Colorado, le barrage Hoover et le barrage de Glen Canyon
Pour maîtriser le fleuve, le gouvernement américain a construit le barrage Hoover, dans les années
1930. C'est la construction de ce barrage, puis celle du barrage de Glen Canyon, qui ont rendu
possibles les miracles modernes du désert urbain.
Du fait de l'importance capitale que revêt le Colorado pour le sud-ouest des États-Unis et le
Mexique, ce fleuve est devenu l'un des plus régulés et des plus aménagés des États-Unis. Sept États
américains (Arizona, Californie, Nevada, Colorado, Utah, Nouveau-Mexique et Wyoming) ainsi
que le Mexique tirent de ce puissant fleuve l'eau nécessaire à la vie.
Schéma des barrages sur le Colorado et débits. © DR
Chaque année, plus de 9 milliards de m3 d'eau sont attribués à l'Arizona, au Nevada et à la
Californie, les États du bassin inférieur. La part réservée à chacun des États du bassin inférieur
alimente en eau plus de 17 millions de personnes et quelque 500.000 ha de terres cultivées. Les
usines hydroélectriques du fleuve fournissent en moyenne 12 milliards de kWh d'électricité par an.
Malgré l'ampleur du réseau du Colorado, le risque de pénurie est réel.
Le barrage Hoover. © DR
Restaurer l'écosystème du Colorado
Des stratégies (projet binational de sensibilisation à la conservation de la partie inférieure du bassin
du fleuve Colorado) visent à accroître l'écoulement naturel de l'eau sur tout le cours du fleuve
Colorado et dans le golfe de Californie afin de protéger et de restaurer les écosystèmes qui se
trouvent dans la partie inférieure du bassin de ce fleuve. La partie concernée comprend la section
inférieure du fleuve, le complexe frontalier de terres humides qui se trouve dans le delta et qui
alimente la mer de Cortez (golfe de Californie), ainsi que l'écosystème plus étendu du désert de
Sonora. Cette activité de sensibilisation vise à renforcer les capacités d'un large groupe local
binational composé d'environnementalistes, d'universitaires et d'autochtones qui participeront aux
décisions qui touchent à ce bassin.
L'embouchure du fleuve dans la mer de Cortez. © DR
Partage des eaux et conflits entre les États-Unis et le Mexique
Le Mexique, en vertu d'un accord de 1944, doit alimenter le sud des États-Unis de 450 milliards de
litres d'eau par an. Ce traité prévoyait un partage des eaux entre le Mexique et les États-Unis, le
Mexique fournissant des eaux du Trio Grande et les États-Unis laissant un débit minimum au
Colorado. Mais, depuis cet accord, le Rio Grande est à sec et les États-Unis cherchent à récupérer
les quelques 200 millions de m3 d'eau du Colorado qui s'infiltrent dans le sol mexicain en projetant
de cimenter le Canal All American situé à la frontière. Cette partie du bassin comprend la section
inférieure du fleuve, le complexe frontalier de terres humides qui se trouve dans le delta et qui
alimente la mer de Cortez (golfe de Californie), ainsi que l'écosystème plus étendu du désert de
Sonora. Cette eau alimente donc ces zones humides et en matière d'environnement le Mexique n'a
rien à dire ! Or, la récupération de cette eau assécherait définitivement l'embouchure du fleuve... Or,
malgré la sécheresse qui a sévi, et une rencontre entre les présidents Zedillo et Clinton, en juin
2000, les États-Unis ont rappelé le Mexique à ses engagements contractuels sans concéder
d'arrangements pour tenir compte de la gravité de la situation.
L'embouchure du Colorado. © DR