0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
38 vues19 pages

Transition énergétique en Afrique : enjeux et défis

Transféré par

jfsongoku24
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
38 vues19 pages

Transition énergétique en Afrique : enjeux et défis

Transféré par

jfsongoku24
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

L’Afrique dans l’agenda international de réduction des

émissions de gaz à effet de serre : quelle transition


énergétique pour quel développement ? L’exemple de
Madagascar
Angéline Chartier, Moïse Tsayem Demaze
Dans Mondes en développement 2020/4 (n° 192), pages 71 à 88
Éditions De Boeck Supérieur
ISSN 0302-3052
ISBN 9782807393745
DOI 10.3917/med.192.0071
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

Article disponible en ligne à l’adresse


https://www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2020-4-page-71.htm

Découvrir le sommaire de ce numéro, suivre la revue par email, s’abonner...


Flashez ce QR Code pour accéder à la page de ce numéro sur Cairn.info.

Distribution électronique Cairn.info pour De Boeck Supérieur.


La reproduction ou représentation de cet article, notamment par photocopie, n'est autorisée que dans les limites des conditions générales d'utilisation du site ou, le
cas échéant, des conditions générales de la licence souscrite par votre établissement. Toute autre reproduction ou représentation, en tout ou partie, sous quelque
forme et de quelque manière que ce soit, est interdite sauf accord préalable et écrit de l'éditeur, en dehors des cas prévus par la législation en vigueur en France. Il est
précisé que son stockage dans une base de données est également interdit.
DOI : 10.3917/med.192.0071

L’Afrique dans l’agenda international de réduction


des émissions de gaz à effet de serre : quelle
transition énergétique pour quel développement ?
L’exemple de Madagascar
Angéline CHARTIER1 et Moïse TSAYEM DEMAZE2
L’inventaire des programmes énergétiques multilatéraux impliquant l’Afrique
montre qu’ils s’inscrivent dans la logique des transferts Nord-Sud, esquissant une
transition énergétique non ancrée dans les réalités africaines. Au lieu de faciliter
un autre développement, sobre en carbone, cette transition énergétique est une
opportunité pour une croissance dite verte, qui ne remet pas en cause la
conception mainstream du développement. Le cas de Madagascar illustre le
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


foisonnement de projets énergétiques éloignés de la frugalité des modes de vie
de la majeure partie de la population.
Mots-clés : transition énergétique, développement, Afrique, Madagascar
Classification JEL : Q42, Q43, Q48, N77

Africa in the international agenda for reducing greenhouse gas


emissions: Which energy transition for which kind of development?
The case of Madagascar
The list of multilateral energy programs involving Africa shows that they are part
of the logic of North–South transfers, sketching out a generic energy transition that
is not rooted in African realities. Instead of bringing out another conception of
development, i.e., low-carbon development, this energy transition appears as an
opportunity for so-called green growth, which does not fundamentally change the
mainstream conception of development. The case of Madagascar illustrates the
proliferation of energy projects that do not take into account the frugality that
characterizes the way of life of most of the population.
Keywords: Energy transition, development, Africa, Madagascar

1 Docteure en géographie humaine, post-doctorante, Le Mans Université, Laboratoire Espaces


et Sociétés (ESO, UMR CNRS 6590). [email protected]
2
Professeur en géographie, Le Mans Université, Laboratoire Espaces et Sociétés (ESO, UMR
CNRS 6590). [email protected]

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192 71


72 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

L a nécessité d’atténuer le changement climatique a conduit à l’émergence


d’un agenda international de réduction des émissions de gaz à effet de serre
(EGES), d’abord dans le cadre du protocole de Kyoto, adopté en 1997, puis dans
le cadre des accords post-Kyoto, en particulier l’accord de Paris adopté en 2015.
La gouvernance climatique mise en œuvre a progressivement été focalisée sur la
transition énergétique (Aykut, Dahan, 2015). Celle-ci se traduit essentiellement
par un déploiement des énergies renouvelables devant se substituer aux énergies
fossiles pour réduire les EGES. Cette approche a été recommandée par le
Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) dès 20113,
s’accordant avec le paradigme de l’économie verte. Celle-ci est entérinée lors de
la conférence de RIO+20 en 2012, qui la présente comme une clé permettant de
résoudre à la fois les problèmes climatiques et de pauvreté, par le déploiement de
partenariats publics-privés (PPP).
Si seuls les pays développés4 avaient des engagements de réduction des EGES en
application du Protocole de Kyoto, tous les pays ont pris des engagements avec
l’Accord de Paris, à travers les contributions nationales déterminées (CND)5.
Ainsi, malgré la quantité marginale de ses EGES6, l’Afrique est enrôlée dans
l’agenda international de réduction des EGES. Presque tous les États du
continent ont rédigé leurs CND, même s’il est souvent précisé que les
engagements seront réalisés à condition de recevoir l’aide financière des pays
développés (Tsayem Demaze, 2018 ; Grégoire, Daubrey, 2015). L’Afrique est
alors impliquée dans de nombreux programmes et projets multilatéraux et
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


bilatéraux (Tsayem Demaze, 2015). Ils semblent cependant s’inscrire dans la
continuité de la logique de transfert au Sud de modèles conçus au Nord (Chartier,
2016), d’où la question de savoir quelle transition énergétique pour quel
développement de l’Afrique ? L’implication de ce continent dans l’agenda
international de réduction des EGES débouche-t-elle sur une autre approche du
développement, différente de la conception occidentale dominante7 ? Comment
un développement bas-carbone est-il envisagé pour (et en) Afrique alors que de
nombreux États de ce continent sont dans une situation de précarité énergétique
et de pauvreté ?
Pour répondre à ces questions, nous avons identifié et analysé les principaux
programmes et fonds internationaux déployés en Afrique en vue d’y réduire les
EGES (partie 1). Nous montrons comment la transition énergétique est pensée
pour ce continent par rapport à la conception mainstream du développement8.
Dans un second temps, en abordant les réalités locales face à l’enjeu énergétique,

3 Rapport PNUE, Toward a green economy, St-Martin-Bellevue, 2011.


4 En raison de leur « responsabilité historique » dans l’augmentation de la concentration des
GES dans l’atmosphère suite à la révolution industrielle (Lavallée, 2010).
5 Bourban, 2017 ; Lavallée, Maljean-Dubois, 2016.
6 4% des EGES de la planète en 2014 (Diop, 2014).
7 Rist, 2013.
8 Par conception mainstream, nous entendons la conception classique dominante (Rist, 2013),

qui se préoccupe essentiellement de la croissance du produit intérieur brut et considère


l’environnement comme une externalité.

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


Afrique : quelle transition énergétique pour quel développement ? 73

ainsi que les approches fondées sur les partenariats publics-privés (PPP), nous
expliquons en quoi la transition énergétique peut constituer, ou non, un modèle
alternatif de développement pour l’Afrique (partie 2). La troisième partie de
l’article est consacrée au cas de Madagascar, qui illustre la manière dont des
acteurs internationaux et nationaux pensent et mettent en œuvre la transition
énergétique avec une approche essentiellement technique. Si les projets et les
discours sont focalisés sur la transition énergétique, sa matérialisation demeure
ambiguë, tout comme sa signification en termes de redéfinition du
développement.

1. PROGRAMMES ET PROJETS DE TRANSITION


ÉNERGÉTIQUE EN AFRIQUE : OPPORTUNITÉ
POUR UN AUTRE DÉVELOPPEMENT ?

La transition énergétique fait l’objet de débats et de réflexions qui réinterrogent


le développement et les transformations nécessaires pour que celui-ci soit
soutenable (Quenault, 2020, 45-70 dans le dossier de ce numéro). Pour l’Afrique,
la transition énergétique peut être une opportunité d’un développement différent
de celui des pays industrialisés, historiquement responsable du changement
climatique. Elle pourrait véhiculer un nouveau paradigme alliant enjeux
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


énergétiques et socio-économiques pour l’amélioration des conditions de vie sans
que les EGES augmentent. C’était l’objectif du mécanisme pour un
développement propre (MDP) institué par les accords de Marrakech en 20019,
en application du Protocole de Kyoto (Lacour, Simon, 2013). Mais sa portée en
termes de reconceptualisation du développement demeure très faible, avec une
approche vague du développement durable (Tsayem Demaze, 2013). La
transition énergétique suggère un mix énergétique où les énergies fossiles ne sont
plus majoritaires. Pour l’Afrique, qui concentre une grande proportion de
personnes pauvres10, le défi est gigantesque : près d’un milliard de personnes n’
auraient pas accès à l’électricité (Avadikyan, Mainguy, 2016) et les infrastructures
et gouvernances locales font, par endroits, grandement défaut. Pour satisfaire les
besoins énergétiques de l’Afrique subsaharienne, il faudrait entre 40 et 53
milliards de dollars d’investissements par an (Ibid., 2016). Plusieurs institutions et
bailleurs internationaux ont créé des fonds d’investissements dans le secteur
énergétique (tableau 1). Leur analyse montre que la transition énergétique dans
les pays en développement, en particulier en Afrique, comporte trois grandes
composantes : le déploiement de projets de construction d’infrastructures,

9 Accords signés lors de la 7ème Conférence des Parties à la Convention cadre des nations unies
sur les changements climatiques. Ils précisent les modalités de mises en œuvre des
mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto.
10 En 2015, 41% de la population de l’Afrique subsaharienne vivait en dessous du seuil de

pauvreté fixé à 1,90 $US par personne par jour ; plus de la moitié des pauvres du monde
vivait en Afrique subsaharienne (Banque mondiale, 2018).

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


74 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

l’appui institutionnel, et l’appui à l’accès aux marchés, aux crédits et aux


investissements étrangers.

Tableau 1 : Principaux acteurs et projets de réduction des EGES et de transition


énergétique impliquant l’Afrique
Infrastructures Appui
énergies accès au
Acteurs Fonds renouvelables Appui marché
Moyenne Grande gouvernance et aux
échelle échelle PPP
- Fonds pour les technologies propres X X
Banque (FTP)
mondiale - Scaling up Renewabke Energy Program X X
in low income country (SREP)
- International Finance Corporation (IFC) X X
CCNUCC Fonds vert climat (FVC) X X X
Nations-
Sustainable Energy for all (SE4All) X X
Unies
AFD - Fonds vert climat X X
- Fonds Energy Access Ventures (EAV) X X
USAID Fonds Afrique 50 X
Commission Global Energy Efficiency Renewable
X X
européenne Energy Fund (GEEREF)
- Initiative africaine pour les énergies X
BAD renouvelables (AREI)
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


- Sustainable energy fund for africa X
(SEFA/FAER)
* CCNUCC : Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques,
AFD : Agence française de développement, USAID : US Agency for International
Development, BAD : Banque africaine de développement.
Source : Chartier, à la suite d’un inventaire effectué en 2019 sur internet (non exhaustif).

À travers ses programmes (Scaling Up Renewable Energy in Low Income Country11,


Fonds pour les Technologies Propres12, International Finance Corporation - IFC)13,
la Banque mondiale, s’inscrivant dans l’économie verte, en lien avec le secteur
privé, envisage la transition énergétique en Afrique avec une approche très
technique reposant sur des projets de déploiement d’énergies renouvelables
et/ou de technologies à haut rendement énergétique, dans les secteurs du
bâtiment, de l’industrie, des transports et de l’agriculture. Elle finance, par
exemple, un grand parc éolien au Maroc, ainsi que la géothermie au Kenya. Les
Nations Unies ont lancé en 2016 le Sustainable Energy for All14, un programme
consacré à l’appui à la sécurisation des investissements privés et à la gouvernance
(SE4All, 2016). Le Fonds vert pour le climat (FVC), créé en application de la

11https://climatefundsupdate.org/the-funds/scaling-up-renewable-energy-program-for-low-

income-countries/
12 https://fiftrustee.worldbank.org/en/about/unit/dfi/fiftrustee/fund-detail/ctf
13
https://www.ifc.org/wps/wcm/connect/corp_ext_content/ifc_external_corporate_site/home
14 https://www.seforall.org/

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


Afrique : quelle transition énergétique pour quel développement ? 75

Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC)15,


finance des projets d’adaptation et d’atténuation orientés sur l’aménagement
(urbain surtout) et la construction d’infrastructures dans les domaines du
transport, des bâtiments, de l’agriculture, de l’industrie, de la production et de
l’accès aux énergies renouvelables. Il finance, par exemple, un programme de
301,6 millions US$ pour l’électrification des zones rurales au Bénin, au Kenya, en
Namibie, au Nigéria et en Tanzanie, avec des énergies vertes16. L’objectif du FVC
est de fédérer les autres investissements pour la réduction des EGES dans les
pays en développement. L’International Finance Corporation prévoit un
investissement de 200 milliards US$ sur la période 2021/2025 dans le Fonds vert
(Banque mondiale, 2018). L’Agence française de développement (AFD) y a
investi 280 millions US$ pour un programme d’appui aux pays en développement
(AFD, 2019). L’institution co-finance des projets d’infrastructures en Afrique,
comme un parc éolien au Kenya ou une centrale hydraulique au Cameroun (AFD,
2017). Elle contribue au fonds d’investissement pour les petites et moyennes
entreprises africaines, l’Energy Access Ventures (fonds EAV), ciblant l’accès à
l’énergie pour les populations rurales et périurbaines (2,5 milliards € depuis 2006
pour 100 projets et engagement de 2 milliards € pour 2020)17. L’AFD, tout
comme les Nations Unies, a appuyé des pays africains dans l’élaboration de leurs
CND. La Commission européenne, avec le Global Energy Efficiency and Renewable
Energy Fund (GEEREF)18, alimente différents fonds d’investissements régionaux,
majoritairement en Afrique, pour des PPP liés à des projets d’énergies vertes.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


Des institutions africaines se sont tout autant emparées de la transition
énergétique avec une approche technique19, en appuyant des projets
d’infrastructures : des grands barrages hydroélectriques au déploiement de
circuits hors réseau de type mini panneaux solaires en zones rurales. La Banque
africaine de développement (BAD) joue un rôle central dans le domaine. Elle
contribue à l’Initiative africaine pour les énergies renouvelables (Africa Renewable
Energy Initiative, AREI), rassemblant l’Union africaine (UA), l’Agence du nouveau
partenariat pour le développement de l’Afrique (New Partnership for Africa's
Development, NEPAD), le PNUE et l’Agence internationale de l’énergie
renouvelable (International Renewable Energy Agency, IRENA20). Le programme
souhaite atteindre, respectivement en 2020 et en 2030, 10 puis 300 GW de
capacité nouvelle de production énergétique de sources renouvelables21. L’AREI

15 https://unfccc.int/climatefinance/gcf/gcf_data
16 https://www.greenclimate.fund/home
17 https://www.ffem.fr/fr/lancement-denergy-access-ventures-fund-pour-le-developpement-de-

lacces-lenergie-en-afrique
18 https://geeref.com/
19 Cette approche, privilégiant des projets d’infrastructures, occulte les enjeux sociaux (comme

la pauvreté et les coûts non abordables pour la majorité de la population incapable d’accéder
à l’énergie), les inégalités écologiques et environnementales.
20
https://www.irena.org/
21 http://www.arei.org/fr

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


76 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

soutient ainsi des projets comme la réhabilitation du réseau électrique de la


Zambie, ou l’interconnexion entre le Ghana et la Côte d’Ivoire.
La BAD pilote en outre avec l’USAID (l’agence de développement des États-
Unis) le Fonds Afrique 5022, qui soutient des projets d’infrastructures, notamment
énergétiques, comme la construction d’un barrage hydroélectrique au Cameroun
ou un projet de parc éolien en Ouganda (Africa 50, 2017). L’USAID est tout
autant investie avec la BAD dans le programme « Power Africa », lancé par Barack
Obama en 2013, qui ambitionne de créer 30 000 MW d’énergie verte dans toute
l’Afrique (BAD, 2013). Par ailleurs, la BAD a lancé en 2014, en partenariat avec
la Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables (SABER), le
Sustainable Energy Fund Africa (SEFA), alimenté, entre autres, par le Danemark, les
États-Unis et la Norvège, et de nombreux investisseurs privés, pour la réalisation
de petits et moyens projets d’énergies renouvelables (SEFA, 2018). Le fonds est
géré par Berkeley Energy, une entreprise spécialisée dans le business d’énergies
renouvelables dans les pays en développement. Par cette initiative, la SABER se
présente comme le reflet de « la vision africaine du développement durable »
(SABER, 2014). Cependant, l’objectif est de « libérer le potentiel du secteur
privé pour promouvoir l’accès à l’énergie au service d’une croissance verte et
inclusive » (BAD, 2017, 1). Citons encore le Centre des technologies climatiques
en Afrique, créé en 2011 par les Nations Unies et piloté par la BAD, le PNUD
et l’UA, dont les objectifs sont de développer d’ici 2030 un accès universel à des
services énergétiques modernes, d’améliorer l’efficacité énergétique et de
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


multiplier par deux la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique
africain. Quarante-quatre pays bénéficient de son appui institutionnel et
technique (Ventura et al., 2016). Enfin, en 2019, le Centre des énergies
renouvelables et de l’efficacité énergétique de la Communauté économique des
États de l’Afrique de l’Ouest (ECREEE/CEDEAO) a annoncé le financement
de 240 millions US$ sur 5 ans, « pour un marché énergétique viable »23 en Afrique
subsaharienne, via l’électrification hors réseau pour les petites et moyennes
entreprises et les ménages.
Malgré tous ces programmes, les approches de la transition énergétique pour
l’Afrique apparaissent génériques, techniques et dans une logique de business. Elles
sont chiffrées avec indication des objectifs à atteindre en termes de quantité de
GES à éviter ou à réduire, ou de quantité d’énergie à générer à partir de sources
renouvelables. L’approche est caractérisée par une inclusion forte du secteur
privé via des PPP identifiés comme clé de la lutte contre le changement
climatique, ce qui contribue à la reconfiguration de l’aide publique au
développement. Les évènements annuels du One Planet Summit, lancés en 2017
par le Président de la France (E. Macron), ayant pour but l’accélération des
engagements pris dans l’Accord de Paris grâce au secteur privé, symbolisent ces

22 https://www.africa50.com/fr/accueil/
23
https://www.agenceecofin.com/electricite/2103-64838-afrique-subsaharienne-un-
programme-de-240-millions-pour-un-marche-energetique-regional-viable

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


Afrique : quelle transition énergétique pour quel développement ? 77

tendances24. Invoquant l’urgence climatique, des chefs de gouvernements, des


acteurs du monde de la finance, des entreprises et des investisseurs privés et
philanthropiques25 sont réunis afin de s’engager financièrement pour la réduction
des EGES. Dans ce contexte, les pays sont mis en concurrence, et la course aux
investissements verts ne s’accompagne pas d’une réflexion spécifique sur le
développement de l’Afrique. Avadikyan et Mainguy (2016) ont souligné la
mauvaise répartition des fonds pour la transition énergétique, qui vont d’abord
aux économies en plein essor comme l’Afrique du Sud, déconnectant finalement
l’enjeu de réduction des EGES de l’enjeu de lutte contre la pauvreté. Les
programmes pour une transition énergétique en Afrique participent alors plus à
une marchandisation du secteur de l’énergie pour une croissance dite verte, qu’à
une politique renouvelée d’aide au bien-être des populations pauvres. Les
spécificités géographiques des pays sont très peu prises en compte, de même que
les questions d’inégalités environnementales ou économiques entre les élites
locales et le reste de la population (Chartier, Rivière, 2018). Les initiatives
frugales26 et les modes de vie sobres en énergie demeurent marginalisés au lieu
d’être soutenus et diffusés pour être répliqués en vue d’un développement
endogène.

2. RÉCEPTION DE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE


EN AFRIQUE : L’AMBIVALENCE DE LA VOLONTÉ
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


POLITIQUE

Si la transition énergétique peut être envisagée comme un levier pour un


développement de l’Afrique qui ne soit pas la reproduction du modèle occidental
(Rist, 2013), on relève qu’elle n’apparaît pas comme un enjeu majeur dans les
programmes et les discours politiques africains27. Cela peut indiquer que la
transition énergétique telle qu’elle est envisagée (tableau 1) n’est pas ancrée dans
les réalités géographiques, socio-culturelles et économiques de l’Afrique. De plus,
cette hypothèse interroge la volonté des responsables politiques africains de se
tourner vers une transition énergétique et vers un autre développement. Leurs
priorités semblent ailleurs, exprimées de manière générique en reprenant les
thèmes classiques (pauvreté, éducation, santé, sécurité, …) traités sans succès

24 https://www.oneplanetsummit.fr/
25 Lors du One Planet Summit de 2018, a été lancé le Climate Finance Partnership, un outil
financier pour stimuler les investissements dans les infrastructures climatiques sur les
marchés émergents. Il regroupe des gouvernements et des investisseurs privés et
philanthropes, comme la Fondation américaine William et Flora Hewlett (UNFCC, 2018).
26 Récupération et recyclage des déchets ménagers, énergie solaire domestique et hors réseau

(Jolly et al., 2012).


27 Comme le suggère le centre tricontinental (CETRI, 2020), l’urgence de la transition

énergétique est vue différemment selon que l’on soit au Nord ou au Sud. Étant occidentalo-
centré, le récit de cette urgence reflète, pour le Nord, le « privilège de penser climat »
(Amougou, 2020).

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


78 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

notoire depuis plusieurs décennies (Rivière, 2017 ; Chartier, 2016). Par exemple,
l’Agenda 2063 de la Commission de l’UA, intitulé « l’Afrique que nous voulons », ne
fait aucune mention directe des énergies renouvelables et l’expression « transition
énergétique » n’y apparaît pas. Pourtant le rapport a été rédigé en 2015, lorsque
la transition énergétique était au cœur des négociations internationales avec la
COP 21 de Paris. Cet Agenda 2063 indique que la « première aspiration » du
continent est « une Afrique prospère, fondée sur la croissance inclusive et le
développement durable » (Commission de l’UA, 2015, 9). Le texte évoque la
nécessité d’avoir recours à des ressources que l’Afrique peut gérer de manière
durable pour piloter son développement et répondre aux besoins en
infrastructures pour un accès à l’énergie, sans en préciser le type. Cet agenda
présente l’envie de faire émerger en Afrique une « économie bleue » (et non
verte), en développant l’industrie et l’exploitation de ressources sous-marines
(pétrole offshore ?). Le réchauffement climatique est évoqué seulement pour
rappeler que l’Afrique n’est responsable que de 5 % des EGES du monde mais
qu’elle en est la première victime. Les besoins de soutiens financiers et de
transferts de technologies pour des projets d’adaptation (et non d’atténuation)
sont présentés comme prioritaires et il est envisagé « d’exploiter toutes les
ressources énergétiques de l’Afrique » (sans indication de priorité pour les
énergies renouvelables) et d’appuyer les projets énergétiques du PIDA, le
Programme For Infrastructure Development in Africa28. Celui-ci porte 51 projets et
programmes d’infrastructures dans quatre secteurs clés : l’énergie, les transports,
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


l’eau et les technologies de l’information et de la communication. Le PIDA veut
« illuminer l’Afrique d’ici 2040 »29 pour que 70% de la population ait accès à
l’électricité via toutes sortes de projets énergétiques (PIDA, non daté) : lignes
électriques transfrontalières, centrales hydroélectriques et infrastructures de
transport de gaz et/ou de pétrole (pipelines, gazoduc).
L’Afrique traite par ailleurs avec des partenaires de pays émergents constituant
pour les pays développés de véritables concurrents commerciaux sur le secteur
de l’énergie. Les États africains acceptent à la fois des projets d’énergies
renouvelables et des projets d’exploitation des énergies fossiles, continuant de
miser sur ces dernières pour réaliser le développement. L’Arabie Saoudite a ainsi
investi, en 2018, 9 milliards € dans le secteur de l’électricité en Afrique, finançant
autant la construction du plus grand parc solaire au Maroc, que celle d’une
raffinerie de pétrole et d’une usine pétrochimique en Éthiopie (Pilling, 2018).
Devenue le premier partenaire commercial de l’Afrique, la Chine, quant à elle,
finance l’essentiel des nouvelles capacités de production d’électricité en Afrique
subsaharienne (5 milliards de US$ par an entre 2014 et 2017, d’après Le Belzic,
2019). En 2017, a été créée l’Alliance d’innovation et de coopération sur les

28 Initiative continentale rassemblant tous les pays d’Afrique et de nombreux partenaires : l’UA,
l’Agence de planification et de coordination du NEPAD, la BAD, la Gesellschaft für
Internationale Zusammenarbeit (GIZ) (coopération allemande), l’USAID, ou encore la
Banque islamique de développement.
29 http://www.au-pida.org/fr/

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


Afrique : quelle transition énergétique pour quel développement ? 79

énergies Chine-Afrique (AICERCA), dont l’objectif est de développer des


systèmes d’approvisionnement et de transformation de l’électricité en Afrique.
En janvier 2019, la Chine et les Émirats arabes unis ont déclaré vouloir
promouvoir conjointement le développement durable dans le monde par le
financement des énergies renouvelables dans les pays en développement, et
notamment en Afrique (Cai et Li, 2019). Cependant, si la Chine exporte ses
technologies vertes, actuellement elle finance en Afrique principalement des
énergies polluantes (Le Belzic, 2019). Elle investit dans des programmes d’énergie
nucléaire en Namibie, en Ouganda ou au Kenya, concurrençant la France ou la
Russie30. Les États-Unis et l’Europe s’inquiètent de l’hégémonisme de la Chine
en Afrique et répondent par des investissements dans les énergies vertes
(S’thembiso, 2018).
L’inclusion du secteur privé dans l’aide, et spécifiquement sur les énergies,
transforme les règles du jeu du développement en permettant de nouvelles
sources de financements pour l’Afrique et une mise en concurrence des
partenaires potentiels (Europe, États-Unis, Chine, Inde, Russie, États du Golfe,
etc.). L’Afrique se retrouve dans une situation inédite dans laquelle elle pourrait
avoir le choix de ses partenaires : « une occasion en or d’une nouvelle phase de
développement en rompant avec des liens paternalistes. Tous les dirigeants
africains sont ravis de cette ère ‘postpostcoloniale’ » qui leur donne plus de liberté
de manœuvre (Pilling, 2018). Toutefois, le décalage entre les discours dans les
arènes internationales et la mise en œuvre au niveau national et local peut
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


suggérer que l’impératif de transition énergétique n’est pas complètement partagé
par les États africains. Ainsi, la transition énergétique, au lieu d’être une nouvelle
voie de développement, sobre en carbone, semble être utilisée comme outil
d’autonomisation et de développement mainstream. L’Afrique semble y voir en
effet un moyen d’industrialisation (pas spécifiquement verte ou bas-carbone)
pour stimuler la croissance économique et nouer de nouveaux partenariats

3. LE CAS DE MADAGASCAR : UN FAUX-SEMBLANT


DE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE SOUS-TENDUE
PAR LA COOPÉRATION INTERNATIONALE

La question énergétique à Madagascar est cruciale : 55% de la population urbaine


et seulement 5% de la population rurale ont accès à l’électricité (MEH/ADER,
2015). La Grande Île dispose de 1% d’énergies renouvelables, malgré des
potentialités de développement des énergies solaires et hydrauliques. Le
gouvernement s’efforce pourtant de s’engager pour le climat depuis l’adoption
en 2011 d’une politique nationale de lutte contre le réchauffement climatique. Le
pays met ainsi en œuvre des projets de mécanismes pour un développement
propre (MDP) et de réduction des EGES issues de la déforestation et de la

30
https://afrique.latribune.fr/entreprises/industrie/energie-environnement/2018-09-17/energie-
l-afrique-planche-de-salut-de-l-industrie-nucleaire-mondiale-790731.html

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


80 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

dégradation des forêts (Tsayem Demaze, 2014). Le pays a élaboré sa CND et son
Plan national d’adaptation (PNA), avec l’aide de l’AFD, de l’Union européenne
(UE), ou encore de la coopération allemande (MESRS, 2015). Il veut faciliter
l’accès à l’énergie, réhabiliter le réseau existant, développer des énergies
renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique, promouvoir l’électrification
rurale et la diffusion de foyers améliorés. Le Plan national de développement
(PND), élaboré en 2016 avec l’aide de l’UE, intègre une Nouvelle politique
énergétique (NPE), appuyée par la Banque mondiale, définissant une stratégie
nationale d’accès à l’électricité pour la période 2018-2030 (MEH, 2016). La lettre
de la NPE a été approuvée en 2017. Elle priorise un mix énergétique contenant
85 % d’énergies renouvelables (75% d’hydroélectricité, 5% d’éolien, 5% de
solaire) d’ici 2030, permettant l’accès à l’électricité à 70% des malgaches
(République de Madagascar, 2017). Elle prévoit des projets d’efficacité
énergétique et des microprojets hydroélectriques ou solaires, avec des co-
bénéfices en termes de développement pour les populations (MEH, 2015).
Cependant, ni les projets, ni ces co-bénéfices, ne sont précisés.
Manquant de financements, l’État fait appel aux investisseurs pour des PPP. Avec
le soutien de la Banque mondiale, via l’International Finance Corporation (IFC), le
gouvernement a lancé en 2016 l’Initiative Scalin Solar, diffusant un appel d’offres
pour la construction d’une centrale solaire à raccorder au réseau d’Antananarivo
(Rafitoson, 2017). Un Fonds national pour les énergies durables (FNED) a été
créé en 2015 avec l’appui de la GIZ. La Banque africaine de développement a
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


financé en 2016 un Programme d’appui à la réforme du secteur de l’énergie
(BAD, 2016), pour améliorer la gouvernance et la gestion financière de la
compagnie nationale d’eau et d’électricité (JIRAMA). La coopération allemande
(GIZ) appuie le Programme de révision du cadre juridique du secteur électricité
(PRC-ELEC), qui a conduit en 2017 à la modification du code de l’électricité et
inscrit la transition énergétique et les énergies renouvelables comme enjeux et
priorités nationales (Ibid.). Cet appui de la GIZ permet une incitation fiscale pour
attirer des investisseurs privés pour subventionner le développement des énergies
renouvelables dans le pays. La transition énergétique, telle qu’elle est esquissée,
s’accompagne alors d’une communication insistant sur le business relatif aux
énergies renouvelables (figure 1).
De plus, Madagascar a inauguré en 2018 la plus grande centrale de panneaux
solaires de l’océan Indien pouvant couvrir les besoins annuels d’environ 50 000
ménages de la région d’Antanarivo. Le projet bénéficie du soutien de l’entreprise
Yellow Green, filiale du groupe Casino (Rahaga, 2018). Il s’intègre dans la politique
de transition énergétique du pays. En parallèle, le projet génère des crédits
carbone revendus sur le marché de la compensation carbone par le groupe
financier AERA31.

31 https://aera-group.fr/fr/who-we-are/ Le groupe propose des projets d’énergies renouvelables


de grande envergure dans 19 pays africains. Il est présidé par le vice-Président du
Mouvement des entreprise de France (MEDEF).

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


Afrique : quelle transition énergétique pour quel développement ? 81

Plusieurs acteurs et institutions internationales aident Madagascar à penser et à


mettre en œuvre sa politique de transition énergétique axée sur des projets
d’infrastructures et des PPP (tableau 2).

Figure 1 : Extrait d’une brochure du gouvernement malgache, élaborée avec


l’appui de la coopération allemande pour attirer des investissements dans les
énergies renouvelables
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


Source : Economic Development Board Madagascar, Antanarivo, 2018.
https://edbm.mg/wp-content/uploads/2018/01/Brochure-Energie-FR-1.pdf

Le secteur hydroélectrique attire de nombreuses sociétés étrangères (africaines,


européennes) pour la construction de barrages. Le groupe d’affaire malgache
Axian s’est associé à d’autres entreprises étrangères. Il est appuyé par le Fonds
Africa 50, pour la construction du barrage de Volobe (Est du pays), mais aussi
pour électrifier les villages en zones rurales32. Autre exemple, le projet du barrage
de Sahofika, financé par un consortium d’entreprises franco-africaines, nommé
Ného, regroupant Eiffage, Thémis et Eranove, associé au gouvernement
malgache, à la BAD et à la Banque mondiale (budget total 900 millions d’euros).
Toutefois, les démarches étant longues, le projet ne devrait démarrer qu’en 2024
(Ramanoelina, 2020).

32 https://www.axian-group.com/entreprise/welight/

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


82 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

Tableau 2 : Principaux acteurs internationaux et projets énergétiques à


Madagascar
Acteurs Projets/programmes
- Étude « Solar Home Systems »-Lighting Africa
- Accelerating On Grid Access Team (AGAT) : Étude faisabilité
électrification rurale via mini/micro réseaux autonomes
- Scaling up Renewable Energy Program (SREP) étude déterminant les
projets d’énergie renouvelables prioritaires et appui à la réalisation
Banque mondiale
des projets par le secteur privé
- Projet Amélioration de la gouvernance et des opérations du
secteur électrique (PAGOSE) (65M€)
- IFC-Scaling Solar : installation d’une capacité de 25MW de solaire
et raccordement réseau local
- Électrification rurale (10 M€) en négociation
Union
- Cofinancement de la ligne de transport Antananarivo-Tamatave
européenne
- Réhabilitation de la centrale hydro-électrique d’Andekaleka
Programme d’appui à la réforme du secteur de l’énergie (PARSE)
BAD
(19 M€)
Commission de - Projet COI-Énergie : Financement de 9 projets d’électrification
L’océan Indien rurale (4.5MUS$).
- Programme PERER : Promotion électrification rurale par énergies
renouvelables (appui opérationnalisation du FNED, appui
électrification rurale)
GIZ (coopération
- Appui Programme de révision du cadre juridique du secteur
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


allemande)
électricité (PRC-ELEC)
- Appui Programme PAGE-ECO : distribution de foyers de cuisson
ONUDI - Développement de la petite hydroélectricité dans les milieux
(Organisation des ruraux (2.8 MUS$)
Nations unies - Élaboration d’un système MRV (Mesurable, Rapportable,
pour le Vérifiable) des énergies renouvelables pour mise en place d’un
développement registre carbone à Madagascar
industriel)
JICA - Projet élaboration du schéma directeur pour le développement de
(coopération l’axe économique Antananarivo-Tamatave, volet électrification (3,5
japonaise) MUS$)
Appui mise en œuvre de la contribution prévue déterminée au
AFD
niveau national
Source : extrait de Rafitoson, 2017, 37.

Malgré ces nombreux projets, la mise en œuvre de la transition énergétique à


Madagascar est lente (Ramanoelina, 2020 ; Rafitoson, 2017), avec un décalage
entre les discours et les faits, qui interroge la volonté d’une transition énergétique,
ainsi que son caractère prioritaire par rapport aux enjeux de développement
classique de la Grande Île. Lors de la 4ème Assemblée des Nations Unies pour
l’environnement, en 2019 au Kenya, le Président Rajoelina a annoncé : « Nous
voulons faire de la biodiversité un moteur de croissance et ainsi répondre à la
complexe question de l’industrialisation verte et du développement durable. La
volonté politique est plus que jamais présente et l’optimisme est là : Madagascar

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


Afrique : quelle transition énergétique pour quel développement ? 83

est prête à s’engager dans le virage de la croissance verte » (Présidence de la


République, 2019a). Le lendemain, dans un discours adressé à la diaspora
malgache au Kenya, le Président ne considère pas la transition énergétique ou la
croissance verte comme une priorité nationale de développement. Il évoque les
projets de reboisement et le recours à l’éthanol comme source d’énergie, mais
surtout les enjeux d’insécurité, d’éducation, d’emploi pour les jeunes, ou encore
les mesures incitatives pour attirer des investisseurs étrangers pour le
développement d’usines, pour « une industrialisation à outrance, qui favorisera
par le même temps la création d’emplois » (Présidence de la République, 2019b).
Il y a une disjonction des enjeux énergétiques et de ceux de la pauvreté et la
question climatique ne semble pas prendre le pas sur les enjeux de
développement économique classique. Ces décalages des priorités de
développement ont été relevés en 2015 par une étude du Ministère de
l’Environnement de Madagascar, portant sur la mise en œuvre du PNA. Elle
souligne le manque d’intérêt du public et des leaders politiques eux-mêmes pour
la question climatique/énergétique, et le fait que les priorités nationales soient
focalisées sur d’autres secteurs comme la pauvreté et l’instabilité politique. Elle
recommande la sensibilisation de la population et la communication sur les
enjeux du changement climatique, soulignant le « niveau de compréhension du
changement climatique faible » (MEF, 2015). D’après Rafitoson (2017), les
populations ne sont pas informées et se sentent alors non concernées par la
transition énergétique, d’autant qu’elle est instrumentalisée lors des campagnes
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


politiques, avec des promesses inatteignables. Par exemple, élu en 2018, le
Président Rajoelina a lancé l’Initiative Émergence Madagascar33, pour « un
développement endogène » via des « travaux à grande vitesse » : « Nous allons
réaliser en cinq ans tout ce que l’on n’a pas pu réussir à mettre en place pendant
les 50 dernières années » (David, 2018). L’Initiative veut attirer des investisseurs
privés et des projets. Elle comporte un volet énergies renouvelables. Toutefois,
aucun projet spécifique n’est indiqué sur le site, seulement des ambitions :
« Partout où il y a du soleil, du vent, des cours d’eau,…seront installés des plaques
solaires, des éoliennes et des barrages »34. La crédibilité de ces ambitions peut être
interrogée, d’autant qu’au-delà des contraintes contextuelles de pauvreté et/ou
de faiblesse institutionnelle, les enjeux autour des énergies fossiles (notamment
concernant le pétrole offshore35) demeurent forts et les opérateurs nationaux et
internationaux de ces énergies sont favorisés (Rafitoson, 2017 ; Georgelin, 2016).
K. Rafitoson précise que les combustibles fossiles sont toujours subventionnés à
Madagascar. Selon l’auteur toujours, la loi sur l’énergie de 2017 stipule la
possibilité de passer le marché le plus approprié en cas d’urgence et que l’urgence
est trop souvent invoquée pour justifier le recours aux ressources fossiles. Ainsi,
malgré les avancées institutionnelles et les programmes internationaux, depuis la

33 http://iem-madagascar.com/
34 http://iem-madagascar.com/energie-2/
35
https://www.planete-energies.com/fr/medias/decryptages/madagascar-transition-
energetique-complexe

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


84 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

loi NPE de 2015, « plus de 100 MW de centrales thermiques ont été installées
(…), contre quelques kW d’énergies renouvelables installés » (Rafitoson, 2017).

CONCLUSION

Les programmes et projets pour la transition énergétique en Afrique ne sont pas


en train de bouleverser la conception classique du développement, car bien
qu’affichant la perspective d’une « croissance verte » ou d’un « développement
durable », ils privilégient une croissance économique énergivore et non une
sobriété énergétique (Latouche, 2010). Les approches, techniques et généralistes,
n’incorporent pas les spécificités africaines du problème de l’énergie ou du
réchauffement climatique. Le décalage entre les discours et les faits, ainsi que la
non-prise en compte des besoins locaux, amènent à interroger les volontés et les
réalités des préconisations faites à l’Afrique ou faites par l’Afrique elle-même. La
transition énergétique est-elle alors un bon outil de lutte contre la pauvreté ? Si la
transition énergétique amène croissance et emplois, et dans le même temps des
bénéfices pour les acteurs privés, contribuera-t-elle à la réduction des inégalités
entre les riches et les pauvres en permettant la baisse de la facture et de la fracture
énergétique ? Engendrera-t-elle un développement caractérisé par une faible
empreinte carbone ou de faibles quantités de GES ?
S’adaptant à l’agenda international de réduction des EGES, l’Afrique joue le jeu
des relations Nord-Sud. Elle entretient des ambiguïtés énergétiques, les priorités
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


oscillant entre énergies fossiles et énergies renouvelables. Des États africains, à
l’instar de Madagascar, essaient de saisir les opportunités financières et
commerciales liées à la transition énergétique qui est en train de transformer
profondément l’aide au développement. L’Afrique a besoin d’infrastructures et
les solutions proposées via la transition énergétique semblent intéressantes. Mais
comment concevoir et mettre en œuvre une transition énergétique endogène,
ancrée dans les réalités africaines, dans la perspective d’un développement
alternatif au modèle occidental dominant ? Le continent pourrait sans doute être
moteur d’un changement qui s’accorderait sur ses spécificités, ses ressources et
ses besoins, la valorisation de la frugalité et de la sobriété de ses pratiques. Il
pourrait puiser des solutions auprès de sa population, de ses aspirations et de ses
compétences. Il serait intéressant de pouvoir comprendre les approches de la
problématique de l’énergie des populations qui en ont à priori le plus besoin, leurs
rapports à l’énergie, la manière dont elles contournent ce problème et arrivent,
ou non, à y répondre. C’est dans cette optique que Kofi Anan (ancien Secrétaire
Général des Nations Unies) a invité à investir sur les innovations émergeant des
pays du Sud pour un développement down-top et non transféré du Nord vers le
Sud (Annan, 2017). Étudier les initiatives locales serait la manière de capitaliser
sur les « richesses de la pauvreté » (Anglade, 1983) qui, jointes aux compétences
extérieures ou internationales, pourraient mener à des formes hybrides d’accès à
l’énergie, adaptées aux contextes et aux besoins locaux.

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


Afrique : quelle transition énergétique pour quel développement ? 85

BIBLIOGRAPHIE

AFD (Agence française de développement) (2019) L’AFD en partenariat avec le fonds


vert pour le climat lance le plus important programme de son histoire pour accroitre
les financements climats des institutions financières locales de 17 pays, Communiqué
de presse 6-06.
AFD (2017) Accélérer la transition énergétique en Afrique, Agence française de développement,
8 p.AFRICA 50 (2017) Investir dans les infrastructures pour la croissance de l’Afrique, Rapport
annuel, Africa 50, 88 p.
AMOUGOU T. (2020) L’urgence écologique, un récit occidentalo-centré, Alternatives
Sud, vol. 27, 2020/3, 137-143.
ANGLADE G. (1983) Éloge de la pauvreté, Montréal, Éditions Études et Recherches
Critiques d’Espace, 63 p.
ANNAN K. (2017) Nous devons accélérer la transition énergétique de l’Afrique !, Le
Monde, 13/03.
AVADIKYAN A., MAINGUY C. (2016) Accès à l’énergie et lutte contre le changement
climatique : opportunités et défis en Afrique subsaharienne, Mondes en développement,
n° 176, 7-24.
AYKUT S., DAHAN A. (2015) Gouverner le climat ? Vingt ans de négociations internationales,
Paris, Les Presses de SciencesPo, 750 p.
BAD (Banque africaine de développement) (2017) Libérer le potentiel du secteur privé pour
promouvoir l’accès à l’énergie au service d’une croissance verte et inclusive, Sustainable Energy
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


Funds for Africa, Banque africaine de développement, 8 p.
BAD (2016) Madagascar, Programme d’Appui à la Réforme du Secteur de l’Énergie (PARSE),
rapport d’évaluation, Fonds africain de développement, Banque africaine de
développement, novembre, 36 p.
BAD (2013) Power Africa Initiative, Banque africaine de développement/USA, 4
p.BANQUE MONDIALE (2018) Le groupe de la Banque mondiale va mobiliser 200
milliards de dollars pour le climat au cours des cinq prochaines années, Communiqué
de presse, 3 décembre.
BOURBAN M. (2017) Justice climatique et négociations internationales, Négociations, vol.
27, n° 1, 7-22.
CAI S., LI Y. (2019) La Chine aide l’Afrique à exploiter les énergies renouvelables pour
un développement durable, Xinhaunews, 15-01.
CHARTIER A. (2016) Transferts et appropriations de modèles de développement dans les pays du
Sud : pour une analyse du (dys)fonctionnement de l'aide. L'exemple de la décentralisation en Haïti
et à Madagascar, Thèse de doctorat de géographie, Université Bordeaux Montaigne,
536 p.
CHARTIER A., RIVIÈRE M. (2018) Les effets secondaires de l’aide au développement :
comment l’aide stimule les jeux de pouvoir à Madagascar, Revue internationale des études
du développement, 234(2), 123-150.
CENTRE TRICONTINENTAL (2020) L’urgence écologique vue du Sud, Paris, éditions
Syllepse, 174 p.
COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE (2015) Agenda 2063, L’Afrique que nous
voulons. Le plan décennal de mise en œuvre 2013-2023, African Union Commision, 176 p.

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


86 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

DAVID R. (2018) IEM : « travaux à grande vitesse », dixit Andry Rajoelina, Midi
Madagascar, 06-06.
DIOP M. (2014) Listen more closely to Africa’s voice on climate change, Modern Ghana,
22-09-2014.
GEORGELIN A. (sous la direction de H. COLARIS) (2016) Le secteur de l’énergie à
Madagascar. Enjeux et opportunités d’affaires, Ambassade de France à Madagascar-service
économique, 33 p.
GRÉGOIRE L.-J., DAUBREY M. (2015) La position africaine en faveur de l’adaptation
au changement climatique et l’analyse comparée des INDC, in R. Allah-Kouadio, B.
Cissé, L.-J. Grégoire (dir.) Développement durable et émergence de l’Afrique, Brinon-sur-
Sauldre, Éditions Grandvaux, 745-765.
JOLLY S., RAVEN R., ROMIJN H. (2012) Upscaling of business model experiments in
off-grid PV solar energy in India, Sustainability Science, vol. 7, n° 2, 199-212.
LACOUR P., SIMON J.-C. (2013) Les avancées du mécanisme de développement
propre : une étape décisive vers un développement « décarboné » au Sud ?, Mondes en
Développement, n° 162, 67-86.
LATOUCHE S. (2010) Le pari de la décroissance, Paris, Fayard/Pluriel, 320 p.
LAVALÉE S. (2010) Le principe des responsabilités communes mais différenciées à Rio,
Kyoto et Copenhague. Essai sur la responsabilité de protéger le climat, Études
Internationales, vol. 41, n° 1, 51-78.
LAVALLÉE S., MALJEAN-DUBOIS S. (2016) L’Accord de Paris : fin de la crise du
multilatéralisme climatique ou évolution en clair-obscur ?, Revue juridique de
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


l’environnement, 41, n° 1, 19-36.
LE BELZIC S. (2019) En Afrique, la Chine investit surtout dans les énergies fossiles et
polluantes, Le Monde Afrique, 04-02.
MEF (Ministère de l’Environnement et des Forêts) (2015) Article 6 et le programme
d’action national d’adaptation (PANA) à Madagascar, Ministère de l’Environnement
et des Forêts de Madagascar, 14 p.
MEH (Ministère de l’Environnement et des Hydrocarbures) (2016) Projet d’Amélioration
de la Gouvernance et des opérations dans le secteur de l’électricité, PAGOSE, Cadre de gestion
environnementale et sociale, Ministère de l’Environnement et des Hydrocarbures de
Madagascar/Banque mondiale, 342 p.
MEH (2015) Lettre de politique de l’énergie de Madagascar 2015-2030, Ministère de
l’Environnement et des Hydrocarbures de Madagascar, 32 p.MEH/ADER (Agence
de développement de l’électrification rurale) (2015) Projet d’électrification rurale à
Madagascar (solaire, éolien, hydroélectricité, biomasse). Régions : Anosy, Androy, Atsimo
Andrefana, Ministère de l’Environnement et des Hydrocarbures de Madagascar, 8 p.
MESRS (Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique) (2015)
Plan directeur de la recherche sur l’environnement liée au changement climatique, Ministère de
l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de Madagascar, 68 p.
PIDA (non daté) The PIDA energy vision, The program for infrastructure Development in
Africa: transforming Africa through modern infrastructure, 8 p.
PILLING D. (2018) The scramble for business in Africa, Financial Times, 24-09-2018,
publié par Courrier International 22-11-2018, n°1464.
https://www.courrierinternational.com/article/chine-turquie-inde-bresil-ils-vont-
tous-en-afrique

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


Afrique : quelle transition énergétique pour quel développement ? 87

PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE DE MADAGASCAR (2019a) 4ème Assemblée


des Nations Unies pour l’environnement et 3ème édition du One Planet Summit : « la
révolution verte est en train de s’opérer à Madagascar », Communiqué de presse 14-
03.
PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE (2019b) Andry Rajoelina : rencontre avec la
diaspora malagasy au Kenya, Communiqué de presse 15-03.
QUENAULT B. (2020) Transition énergétique, résilience et soutenabilité des trajectoires
de développement : vers une transformation de rupture ou un simple ajustement à la
marge ?, Mondes en Développement, n° 192, 45-70.
RAFITOSON K. (2017) La lente marche vers la transition énergétique à Madagascar : états des
lieux et perspectives, Berlin, Friedrich Ebert Stiftung, 44 p.
RAHAGA Ny A. (2018) Madagascar se dote de la plus grande centrale solaire de l’Océan
Indien, Madagascar tribune, 25-06.
RAMONELINA T. (2020) Transition énergétique : Madagascar avance lentement (mais
sûrement), NewsMada, 24/07.
RÉPUBLIQUE DE MADAGASCAR (2017) Loi n 2017-021 portant réforme du Fonds
National de l’Électricité, 6 p.
RIST G. (2013) Le développement. Histoire d'une croyance occidentale, Paris, Les Presses de
Sciences Po, 4ème édition, 511 p.
RIVIÈRE M. (2017) Les (dé)connexions du développement : ethno-géographie systémique de l’aide au
développement et à la conservation forestière à Amindrabe, Madagascar, Thèse de doctorat de
géographie, Université Bordeaux-Montaigne.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)


SABER (Société africaine des biocarburants et des énergies renouvelables) (2014)
Lancement du Fonds Africains des Energies Renouvelables (FAER) avec un capital de
50 milliards de Francs CFA, Société africaine des biocarburants et des énergies
renouvelables, 13-03.
SE4All (2016) Global Tracking Framework, Sustainable Energy For All, 289 p.
SEFA (2018) Sustainable Energy Funds For Africa 2.0, Concept Note for the Programme
Committee Meeting 5 December, 36 p.
S’THEMBISO M. (2018) Face aux occidentaux et aux émergents, les africains « doivent
se méfier de tout le monde », Sowetan, Johannesburg, publié par Courrier International,
22-11-2018, n°1, 464. https://www.courrierinternational.com/article/face-aux-
occidentaux-et-aux-emergents-les-africains-doivent-se-mefier-de-tout-le-monde
TSAYEM DEMAZE M. (2018) Les contributions africaines à l’Accord de Paris sur le
climat : au-delà des engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Communication présentée aux journées de géographie tropicale (L’anthropocène sous les
tropiques), colloque de la commission de géographie des espaces tropicaux et de leur
développement, Paris, mai.
TSAYEM DEMAZE M. (2015) Du développement propre à la déforestation évitée. Les relations
Nord Sud pour atténuer le changement climatique, Paris, Éditions L’Harmattan, 404 p.
TSAYEM DEMAZE M. (2014) L’enrôlement de Madagascar dans la REDD+ :
domestiquer une opportunité internationale, Vertigo, revue électronique en sciences de
l’environnement, vol. 14, n° 1.
TSAYEM DEMAZE M. (2013) Les retombées du « Mécanisme pour un Développement
Propre » pour les pays en développement : une faible réception de technologie et un
développement durable vague, Les Cahiers d’Outre-Mer, n° 262, 247-276.

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192


88 Angéline CHARTIER et Moïse TSAYEM DEMAZE

UNFCC (United Nation Climate Change) (2018) Le One Planet Summit 2018 a donné
lieu à de nombreuses nouvelles initiatives, Communiqué de presse, 27-09.
VENTURA F. (2016) Le centre des technologies climatiques en Afrique, CTCN, Forum
régional Afrique francophone, Casablanca, 12 octobre 2016, Global Environnement
Facility, Hub SE4All, Banque Africaine de Développement, 14 p.
© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

© De Boeck Supérieur | Téléchargé le 14/04/2024 sur www.cairn.info (IP: 197.149.19.119)

Mondes en Développement Vol.48-2020/4-n°192

Vous aimerez peut-être aussi