Introduction
Les muscles respiratoires jouent un rôle essentiel dans le processus de
respiration, fournissant l'énergie nécessaire à l'inspiration et à
l'expiration. Ces muscles travaillent en coordination pour maintenir un
flux d'air constant, permettant ainsi l'échange de gaz essentiel à la vie.
Dans cet exposé, nous explorerons l'anatomie, la fonction, et les
implications cliniques des muscles respiratoires.
I.DEFINITION
La respiration chez l'homme est le processus physiologique par lequel
le corps prend de l'oxygène de l'air et élimine le dioxyde de carbone. Ce
processus est essentiel pour la survie des cellules du corps, car
l'oxygène est nécessaire à la production d'énergie par les cellules lors
du processus de respiration cellulaire.
La respiration humaine se déroule en deux phases principales :
l'inspiration et l'expiration.
1.Inspiration: Pendant l'inspiration, l'air riche en oxygène est aspiré dans
les poumons. Cela se produit grâce à la contraction des muscles
intercostaux (entre les côtes) et du diaphragme, un muscle en forme de
dôme situé sous les poumons. L'expansion de la cage thoracique
augmente l'espace dans les poumons, créant une pression négative qui
attire l'air extérieur vers les poumons.
2.Expiration: Pendant l'expiration, l'air riche en dioxyde de carbone est
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expulsé des poumons. Cela se produit lorsque les muscles intercostaux
se relâchent et que le diaphragme remonte, diminuant l'espace dans
les poumons. La pression positive résultante expulse l'air vicié.
Le processus de respiration est régulé automatiquement par le système
nerveux autonome, avec des centres de contrôle dans le cerveau qui
ajustent la fréquence et la profondeur de la respiration en fonction des
besoins du corps. La respiration permet à l'organisme de maintenir un
équilibre entre l'apport en oxygène nécessaire aux cellules et
l'élimination du dioxyde de carbone produit par le métabolisme
cellulaire.
I. Situation des muscles respiratoires
La respiration chez l'homme implique plusieurs muscles, principalement
les muscles respiratoires accessoires et le diaphragme. Voici une
description de la situation, de l'origine et de la terminaison de ces
muscles :
Diaphragme :
- Situation:Le diaphragme est un muscle en forme de dôme situé sous
les poumons, séparant la cavité thoracique de la cavité abdominale.
-Origine: Il prend son origine à partir des vertèbres lombaires, des arcs
costaux et du sternum.
- Terminaison :Le diaphragme se fixe sur le centre du thorax, formant la
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coupole qui sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale.
Muscles intercostaux :
-Situation: Les muscles intercostaux sont situés entre les côtes.
-Origine et terminaison: Ils s'étendent entre les côtes adjacentes,
s'insérant sur les bords supérieurs et inférieurs des côtes.
Muscles accessoires de la respiration :
Muscles scalènes :
-Situation: Les scalènes sont situés sur les côtés du cou.
-Origine et terminaison: Ils s'étendent des vertèbres cervicales aux
premières et deuxièmes côtes.
Muscles grand et petit pectoral :
-Situation Situés dans la région thoracique.
-Origine et terminaison: Ils s'attachent à la clavicule, aux côtes et au
sternum.
Muscles trapèzes :
-Situation: Situés dans le dos, ils s'étendent du cou à la colonne
vertébrale.
-Origine et terminaison :Ils s'attachent à la base du crâne, à la colonne
vertébrale et à la ceinture scapulaire.
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Ces muscles travaillent ensemble pour créer les mouvements
nécessaires à l'inspiration et à l'expiration. Pendant l'inspiration, le
diaphragme se contracte et s'abaisse, les muscles intercostaux se
contractent pour élargir la cage thoracique, et les muscles accessoires
peuvent également participer. Pendant l'expiration, ces muscles se
relâchent, et l'élasticité des poumons et des tissus thoraciques permet
l'évacuation de l'air.
II. COMPOITION DU DIAPHRAGME
Le diaphragme est un muscle strié squelettique qui sépare la cavité
thoracique de la cavité abdominale. Il joue un rôle crucial dans le
processus respiratoire en aidant à l'inspiration en se contractant et en
s'abaissant lors de l'inspiration et en se relaxant et en remontant lors
de l'expiration. La composition du diaphragme comprend différentes
parties musculaires et fibreuses, ainsi que des hiatus permettant le
passage de structures importantes.
Composition musculaire :
1-COMPOSITION MUSCULAIRE:
- Le diaphragme est principalement composé d'un muscle en forme de
dôme qui sépare la cavité thoracique de la cavité abdominale.
- Il est sous le contrôle volontaire (muscle strié squelettique) et est
innervé par le nerf phrénique, provenant des vertèbres cervicales.
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2-Centrale tendon (Centre tendineux) :
- Au centre du diaphragme, on trouve une zone dépourvue de fibres
musculaires appelée le tendon central ou le centre tendineux.
- C'est à cet endroit que convergent les fibres musculaires provenant
des bords musculaires du diaphragme.
Composition fibreuse :
1-Ligaments et fascias :
- Le diaphragme est entouré et renforcé par divers ligaments et fascias
qui connectent ses parties aux structures environnantes.
- Le ligament arqué médian est un exemple de ligament qui renforce la
partie antérieure du diaphragme.
2. Tissu conjonctif :
- Le tissu conjonctif, comprenant le collagène et l'élastine, forme la
structure fibreuse du diaphragme.
- Il intervient dans le maintien de l'intégrité structurelle et de la
résistance du muscle.
Hiatus diaphragmatique :
Le diaphragme présente plusieurs ouvertures appelées hiatus,
permettant le passage de structures à travers ses différentes parties :
1. Hiatus aortique :
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- C'est une ouverture située au niveau de la vertèbre thoracique T12.
- Il permet le passage de l'aorte thoracique, qui transporte le sang
oxygéné du cœur vers le reste du corps.
2. Hiatus œsophagien :
- Situé à travers le diaphragme au niveau de la vertèbre thoracique
T10.
- Permet le passage de l'œsophage, le conduit musculaire qui
transporte les aliments de la bouche à l'estomac.
3. Hiatus de la veine cave inférieure :
- Situé à travers le diaphragme au niveau de la vertèbre thoracique T8.
- Il permet le passage de la veine cave inférieure, qui transporte le
sang désoxygéné du bas du corps vers l'atrium droit du cœur.
En résumé, le diaphragme est une structure complexe composée de
muscles, de tendons, de ligaments, de fascias et de tissu conjonctif. Ses
hiatus facilitent le passage des structures anatomiques entre la cavité
thoracique et la cavité abdominale, contribuant ainsi à des fonctions
vitales telles que la respiration et la circulation sanguine.
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Vue inferieur du diaphragme
III. STRUCTURE DU DIAPHRAGME
La structure du diaphragme est complexe et implique différentes
couches de tissus, notamment des muscles, des tendons, et du tissu
conjonctif. Voici une description plus détaillée de la structure
histologique du diaphragme :
**1. Tissu musculaire :**
- Le diaphragme est principalement composé de muscle strié
squelettique. Ces fibres musculaires sont multinucléées et présentent
des striations caractéristiques sous un microscope.
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- Les fibres musculaires du diaphragme sont disposées de manière à
former une coupole musculaire, avec leurs noyaux situés en périphérie
de la cellule.
**2. Myofibrilles et sarcomères :**
- À l'intérieur de chaque fibre musculaire, on trouve des myofibrilles
qui contiennent des unités contractiles appelées sarcomères.
- Les sarcomères sont les unités fondamentales de contraction
musculaire et présentent des bandes claires (bandes I) et des bandes
sombres (bandes A) qui donnent au muscle strié son aspect strié
caractéristique.
**3. Tissu conjonctif :**
- Autour de chaque fibre musculaire, on trouve une fine couche de
tissu conjonctif appelée endomysium. Cela permet un soutien structurel
individuel pour chaque fibre musculaire.
- Des faisceaux de fibres musculaires sont regroupés en faisceaux
plus grands entourés par une couche plus épaisse de tissu conjonctif,
appelée périmysium.
**4. Tendons et centre tendineux :**
- Au centre du diaphragme se trouve le tendon central ou centre
tendineux. Cette zone est dépourvue de fibres musculaires et est
composée principalement de collagène.
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- Les fibres musculaires convergent vers le centre tendineux, formant
une disposition en éventail, ce qui contribue à la puissance de
contraction et à la coordination du diaphragme.
**5. Vascularisation et innervation :**
- Le diaphragme est bien vascularisé pour assurer un
approvisionnement en sang adéquat aux fibres musculaires. Des
vaisseaux sanguins, tels que les artères et les veines, accompagnent
les nerfs qui innervent le diaphragme.
- L'innervation du diaphragme est principalement assurée par le nerf
phrénique, qui émerge des vertèbres cervicales et innerve les fibres
musculaires, permettant le contrôle volontaire de la respiration.
En résumé, l'histologie du diaphragme met en évidence la disposition
complexe de ses fibres musculaires, des tendons, du tissu conjonctif et
des structures vasculaires et nerveuses. Ces caractéristiques
structurelles et fonctionnelles sont cruciales pour la respiration et le
maintien de l'intégrité de la cavité thoracique et abdominale.
IV. Vascularisation et innervation
La vascularisation et l'innervation du diaphragme sont assurées par un
réseau complexe de vaisseaux sanguins et de nerfs. Les vaisseaux
sanguins principaux impliqués comprennent l'aorte thoracique, la veine
cave supérieure, et les artères et veines phréniques.
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**1. Aorte thoracique :**
- L'aorte thoracique est une artère majeure qui émerge du cœur et
transporte le sang oxygéné vers les différentes parties du thorax.
- Elle donne naissance à des branches appelées artères phréniques
inférieures, qui vascularisent le diaphragme au niveau de sa partie
inférieure.
**2. Veine cave supérieure :**
- La veine cave supérieure est une veine majeure qui transporte le
sang désoxygéné depuis la partie supérieure du corps vers l'atrium
droit du cœur.
- Elle traverse le diaphragme à travers une ouverture appelée hiatus
de la veine cave supérieure.
**3. Artères phréniques :**
- Les artères phréniques sont des branches de l'aorte thoracique qui
vascularisent le diaphragme.
- Elles accompagnent le nerf phrénique et fournissent une
vascularisation riche à différentes parties du diaphragme.
**4. Veines phréniques :**
- Les veines phréniques drainent le sang désoxygéné du diaphragme
et l'acheminent vers la veine cave inférieure.
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- Elles suivent un trajet similaire à celui des artères phréniques.
**5. Nerf phrénique :**
- Le nerf phrénique est le principal nerf responsable de l'innervation
du diaphragme.
- Il est formé par des fibres nerveuses qui proviennent des racines
cervicales C3 à C5 et traverse le cou, la poitrine, et le diaphragme.
- Le nerf phrénique innerve les fibres musculaires du diaphragme,
permettant ainsi le contrôle volontaire de la respiration.
**Vascularisation et Innervation spécifiques au centre
tendineux :**
- Le centre tendineux du diaphragme, dépourvu de fibres musculaires,
est principalement vascularisé par des branches des artères phréniques
inférieures.
- L'innervation de cette région est assurée par des branches du nerf
phrénique.
En résumé, la vascularisation du diaphragme provient principalement
de l'aorte thoracique et des artères phréniques, tandis que la veine
cave supérieure et les veines phréniques drainent le sang désoxygéné.
L'innervation est principalement assurée par le nerf phrénique, qui
innerve les fibres musculaires du diaphragme et contrôle le processus
respiratoire.
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V. TOPOGRAPHIE DU DIAPHRAGME
La topographie du diaphragme est importante pour comprendre ses
relations anatomiques avec les organes thoraciques adjacents. Le
diaphragme est une structure en forme de dôme qui sépare la cavité
thoracique de la cavité abdominale. Voici une description détaillée de la
topographie du diaphragme en relation avec les organes thoraciques :
**1. Face supérieure (dorsale) :**
- La face supérieure du diaphragme est en contact avec les organes
situés dans la cavité thoracique.
- Elle est en rapport avec les bases des poumons et le médiastin, la
région médiane du thorax qui abrite le cœur, les gros vaisseaux, la
trachée, et l'œsophage.
**2. Face inférieure (ventrale) :**
- La face inférieure du diaphragme est en contact avec les organes de
la cavité abdominale.
- Elle est en rapport avec le foie du côté droit, le lobe gauche du foie,
l'estomac, la rate, et d'autres organes abdominaux.
**3. Rapports antérieurs :**
- À l'avant, le diaphragme est en rapport avec la face inférieure des
côtes et le cartilage costal.
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- Antérieurement, il est également en relation avec les muscles
abdominaux tels que les muscles droits de l'abdomen.
**4. Rapports postérieurs (dorsaux) :**
- Postérieurement, le diaphragme est en rapport avec les vertèbres
lombaires, spécifiquement les disques intervertébraux et les processus
transverses des vertèbres.
- Il est également en relation avec les muscles du dos, tels que les
muscles érecteurs du rachis.
**5. Rapports latéraux :**
- Latéralement, le diaphragme est en rapport avec les muscles
intercostaux et les espaces intercostaux entre les côtes.
- Il est également en relation avec les parties latérales du médiastin,
où se trouvent les poumons et les gros vaisseaux.
**6. Hiatus :**
- Le diaphragme présente plusieurs hiatus (ouvertures) à travers
lesquels passent des structures importantes.
- L'hiatus aortique permet le passage de l'aorte thoracique.
- L'hiatus œsophagien permet le passage de l'œsophage.
- L'hiatus de la veine cave inférieure permet le passage de cette
veine.
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En résumé, la topographie du diaphragme est complexe et reflète son
rôle de séparation entre la cavité thoracique et la cavité abdominale.
Ses rapports avec les organes thoraciques environnants sont cruciaux
pour comprendre son impact sur la respiration et son rôle dans la
régulation des pressions thoraciques et abdominales.
VI. IMPLICATION CLINIQUE DES MUSCLES RESPIRATOIRE
Les muscles respiratoires jouent un rôle crucial dans divers domaines
médicaux, y compris les soins palliatifs, la néphrologie et l'anesthésie-
réanimation. Voici certaines des implications cliniques de ces muscles
dans ces domaines spécifiques :
1. Soins Palliatifs :
-Insuffisance respiratoire: Les patients en soins palliatifs peuvent
présenter une insuffisance respiratoire liée à des maladies graves telles
que le cancer, la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) ou
des maladies neurologiques. Les muscles respiratoires peuvent être
affaiblis, compromettant la fonction respiratoire.
-Gestion de la dyspnée : Le contrôle de la dyspnée (essoufflement)
est une préoccupation majeure en soins palliatifs. Les interventions
peuvent inclure des stratégies de renforcement musculaire, des
techniques de respiration et, dans certains cas, l'utilisation de
dispositifs d'assistance respiratoire.
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2. Néphrologie :
- Insuffisance rénale chronique (IRC) : Les patients atteints d'IRC
peuvent développer une acidose métabolique, ce qui peut affecter la
fonction musculaire, y compris celle des muscles respiratoires.
L'affaiblissement des muscles respiratoires peut contribuer à la
dyspnée et aux complications respiratoires.
-Équilibre acido-basique : Les déséquilibres acido-basiques associés à
l'IRC peuvent affecter la contraction musculaire, y compris celle des
muscles respiratoires. La gestion de l'équilibre acido-basique peut
influencer la fonction musculaire.
3. Anesthésie-Réanimation :
-Effets des agents anesthésiques: Certains agents anesthésiques
peuvent affecter la fonction des muscles respiratoires en diminuant leur
activité, ce qui peut entraîner des complications respiratoires
postopératoires. Le monitoring continu de la fonction respiratoire est
essentiel pendant et après l'anesthésie.
-Ventilation mécanique: En réanimation, les patients peuvent
nécessiter une ventilation mécanique en cas de défaillance respiratoire.
Les muscles respiratoires peuvent être sollicités de manière excessive
en cas de travail respiratoire accru, nécessitant une assistance
ventilatoire.
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Dans tous ces domaines, la gestion des muscles respiratoires est
cruciale pour optimiser la fonction respiratoire, prévenir les
complications pulmonaires et améliorer la qualité de vie des patients.
Des approches multidisciplinaires, y compris la rééducation respiratoire,
la ventilation assistée, et la gestion des facteurs contributifs, sont
souvent nécessaires pour optimiser la fonction respiratoire dans ces
contextes cliniques spécifiques.
CONCLUSION
En conclusion, les muscles respiratoires, avec le diaphragme en tête,
sont des acteurs clés du processus respiratoire. Leur anatomie
complexe et leur fonctionnement précis sont essentiels à la survie. Les
implications cliniques dans divers domaines de la médecine mettent en
évidence l'importance de comprendre ces muscles pour assurer des
soins optimaux aux patients.
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