Partie 1 : La géodynamique externe de la terre
La terre à 4,6 milliards d’années. Au cours de ce temps, la terre a changé de surface et les paysages ont
évolué, sous l’action de plusieurs éléments naturels (l’eau, le vent …), malgré cela les roches
sédimentaires conservent certaines figures et plusieurs informations qui peuvent nous référer sur leurs
conditions de formations, leurs milieux de sédimentation et leurs histoires géologiques.
La géodynamique externe regroupe l’ensemble des phénomènes qui se déroulent dans la partie la plus
1
externe de la terre (la croûte terrestre), directement accessible à l’observation (l’altération, l’érosion, le
transport, la sédimentation et la diagenèse)
Comment les études des roches sédimentaires ont-elles permis aux géologues de reconstituer
les paysages géologiques anciens et leur évolution dans le temps ?
Chapitre 1 : Réalisation de la carte paléogéographique d’une région
Actuellement au Maroc, les roches phosphatées, à titre d’exemple, affleurent dans des régions
continentales sous forme de couches sédimentaires. Des études paléogéographiques et stratigraphiques
ont montré qu’à une époque géologique ancienne, ces régions étaient un milieu marin.
Les roches sédimentaires sont donc des archives des paysages anciens. En admettant que les
événements passées se sont déroulés en suivant les mêmes lois que les événements actuels (principe
d’actualisme), on peut donc reconstituer certains éléments des paysages anciens.
Comment peut-on reconstituer les paysages géologiques anciens à partir des études des milieux
sédimentaires actuels ?
Comment peut-on réaliser une carte de la géographie ancienne (Paléogéographie) d’une région
donnée ?
Activité 1 : Classification des roches sédimentaires
2
Q1- Sur quel critère se base-t-on pour classer les roches sédimentaires ?
Q2- Qu’est-ce qu’un sédiment ?
Q3- Comment se transforme un sédiment en une roche sédimentaire ?
R1- On peut classer les roches sédimentaires selon trois critères :
Fig a : selon l’origine de leurs constituants.
Fig b : selon la taille de leur constituants (uniquement dans le cas des roches détritiques).
Fig c : selon la nature chimique de leurs constituants.
R2- Un sédiment est un dépôt meuble laissé par les eaux, le vent …. On peut en distinguer trois types
selon l’origine de ses constituants :
- Les sédiments détritiques : composés de particules de différentes tailles provenant de l’érosion
de roches antérieures, tels que le sable, le limon …
- Les sédiments biogéniques : se forment à partir de restes organiques d’organismes marins,
comme les coquillages, les tests de plancton …
- Les sédiments chimiques : résultant de précipitations chimiques dans l’eau, peuvent inclure
des minéraux tels que la calcite, le gypse …
R3- Après un long processus (diagenèse), le sédiment se transforme en une roche solide.
Q : Quel problème va surgir à la suite de cette situation ?
R : Comment peut-on donc reconstituer le milieu de sédimentation ancien en se basant sur l’étude du
sédiment que l’on peut trouver dans milieux différents. Pour surmonter ce problème, les chercheurs ont mis au
point plusieurs techniques permettant d’exploiter les sédiments pour déterminer la paléogéographie.
Activité 2 : Etude granulométrique
Le but de cette étude est de déterminer quantitativement la répartition des particules dans un sédiment
en fonction de leur taille, c’est ce qu’on appelle l’analyse granulométrique du sédiment. Pour ce faire on
recourt au tamisage du sédiment à travers une colonne de tamis de mailles décroissantes.
Doc 2 : Exemple d’application
1- Compléter le tableau des résultats.
R1-
Diamètres des particules [1,6;2[ [1,25;1,6[ [1;1,25[ [0,8;1[ [0,63;0,8[ [0,5;0,63[ [0,4;0,5[ [0,31;0,4[
Poids des refus (en g) 2,4 6,7 14,5 31,4 23,4 14,3 4,7 2,2
Pourcentage du refus 2,41 6,73 14,56 31,53 23,49 14,36 4,72 2,21
Poids cumulé (en g) 2,40 9,10 23,60 55,00 78,40 92,70 97,40 99,60
Pourcentage cumulé 2,41 9,14 23,69 55,22 78,71 93,07 97,79 100,00
Doc 3 : Représentation graphique des résultats
5
Suite de l’exercice d’application
2- Tracer la courbe de fréquence et déduire le degré d’homogénéité du sédiment analysé.
3- Tracer la courbe cumulative et comparer avec les courbes de référence, puis émettre une hypothèse
sur la nature du milieu de dépôt du sable étudié.
4- Calculer S0 et déterminer le degré de classement du sédiment et puis déduire l’origine du sable
étudié.
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Réponses :
R2-
D’après l’histogramme réalisé, on obtient une courbe unimodale donc notre sable est homogène
R3-
En comparant notre courbe cumulative obtenue avec les courbes cumulatives de référence, on trouve
qu’elle ressemble à la courbe B, donc on peut supposer que notre sédiment vient d’une plage ou bien
d’une embouchure d’une rivière.
R4-
Q3 1
Calcule de Q1 : 7
log10 Q1 10 1,8cm
1,8
log10 Q1
10
1,8
Q1 10 10
0, 66
D’après le tableau, on remarque que la valeur S0 obtenue est comprise entre 1,23 et 1,41 donc notre
sable est bien classé, cela renforce notre hypothèse à propos de l’origine du sable étudié.
Activité 3 : étude morphoscopique
Doc 1 : Etude morphoscopique des grains de quartz d’un sable
Q: Complétez le tableau en décrivant l’aspect et la forme de chaque catégorie de grains et en
déterminant l’agent et la durée de leur transport et leur milieu de sédimentation.
NU EL RM
- Grains non usés, à
- Grains émoussés, à - Grains ronds,
Aspect forme anguleuse,
forme sub-arrondie, - A surface mate
morphologique - Transparents ou
- A surface polie (brillante) (dépolie)
colorés
- la glace
Agent de transport - L’eau - Le vent
- l’eau
Durée de transport - Très courte - Longue - Très longue
- la plage
Milieu de - la zone glaciaire - Les dunes littorales
- l’embouchure des
sédimentation - en amont des rivières ou désertiques
fleuves
Doc 2 : Exemple d’application 8
1- Représenter les résultats de chaque échantillon de sable sous forme d’un diagramme circulaire.
2- Déterminer le mode et la durée de transport subis par les trois échantillons ainsi leur milieu de dépôt.
R1-
R2-
Sable A : Dominance des grains NU donc le transport qu’il a subit est court ou absent, il s’agit d’un
sable des zones glaciaires ou de l’amont des rivières selon l’agent de transport.
Sable B : Dominance des grains RM donc le transport qu’il a subit est très long par le vent, il s’agit d’un
sable des dunes désertiques ou littorales.
Sable C : Dominance des grains EL donc le transport qu’il a subit est long par l’eau, il s’agit d’un sable
d’une plage ou d’une embouchure d’une rivière (en aval).
Doc 3 : Etude morphoscopique des galets
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Q : En exploitant les photos du document 3, établir pour chaque type de galets, le lien entre leur aspect
morphologique et le mode de leur transport.
R:
- les galets côtiers sont plus ou moins arrondis et aplatis avec une surface marquée par les chocs et
porte des pores dues à la salinité, donc le transport se fait par les vagues.
- les galets fluviatiles ont une forme aplatie, bien arrondie, leur surface est lisse et polie (brillante)
reflétant un long transport par l’eau.
- les galets glaciaires sont émoussés, présentant des stries qui résultent du glissement du glacier, ce
qui entraine le frottement des galets avec le substratum, donc le transport se fait par la glace.
- les galets éoliens ont plusieurs facettes à surface mate, et dépolie avec des bords tranchants,
reflétant un transport éolien dans les déserts.
Bilan : L’étude morphoscopique des particules nous permet donc de déduire leur dynamique de
transport et la nature de leur milieu de dépôt.
Activité 4 : Les figures sédimentaires
Doc 1 : Exemples de figures sédimentaires en relation avec les agents de transport
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Q- Décrire les figures sédimentaires présentées ci-dessus et établir le lien entre leurs aspects, leurs
milieux de formation et le sens et la vitesse du courant.
R- Les rides et les dunes sont des figures sédimentaires observées dans les dépôts détritiques
principalement les sables.
a- pour les rides, on distingue 2 types:
- Les rides de vagues : elles sont toujours à flancs symétriques, reflétant la dynamique d’un courant
bidirectionnel (La houle).
- Les rides de courant : elles sont toujours à flancs asymétriques reflétant la dynamique d’un courant
unidirectionnel (cours d’eau au niveau d’une rivière).
b- pour les dunes, Il existe 5 types de dunes:
A – Barkhanes : dunes en croissant, convexes du côté de l’arrivée du vent, cornes du croissant
orientées dans le sens du vent.
B – Dunes linéaires : en forme longitudinales, orientées parallèlement à la direction du vent
C – Dunes transversales : elles sont orientées perpendiculairement par rapport à la direction du vent
D – Dunes paraboliques : concaves du côté de l’arrivée du vent, cornes des paraboles orientées contre
le sens du vent
E– Dunes en étoiles : Formes pyramidales ou en étoiles, résultant d’un courant de vent à plusieurs
directions.
NB : Il faut noter donc que la forme des rides et des dunes est conditionnée par la dynamique du
courant qui a été à l’origine de leur formation (vent ou eau) : force, vitesse, sens et direction.
- Stratification entrecroisée : les strates concernées par cette figure montre à l’intérieur d’elles de
fines couches obliques par rapport aux joints de stratification. Cette figure apparaît dans des zones ou
les conditions dynamiques de transport varient, comme les rivières et les milieux marins littoraux, elle
est due donc aux changements du sens du courant.
Doc 2 : Exemples de figures sédimentaires en relation avec les facteurs climatiques et biologiques
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Q : Dégager les renseignements qu’indique la présence des fentes de dessiccation et des empreintes
liées à l’activité des êtres vivants.
- La présence des fentes de dessiccation à la surface d’une couche sédimentaire, prouve que le milieu
de dépôt était terrestre et boueux. La boue se rétracte et se fond à cause de l’asséchement du sol
sous l’effet de fortes températures. Ces figures indiquent que le milieu était un lac ou étang …
- La bioturbation est l’ensemble des phénomènes de perturbation des sédiments par l’activité des
organismes. Ainsi on distingue :
Les traces de racines ;
Les traces de déplacement (empreintes de pattes) ;
Les traces de logement …
Et selon l’organisme on peut deviner quelle était la nature du milieu.
Activité 5 : Dynamique de transport des éléments sédimentaires
Doc 1 : Dynamique d’un cours d’eau
Q : Décrire les résultats de cette expérience et proposer une explication tenant compte de la force du
courant et de la taille des matériaux transportés.
D’après les résultats observés dans le tableau, on constate que :
- Plus la hauteur du support de la gouttière augmente, plus la quantité et la taille des sédiments
transportés augmente.
- On explique ses observations par le fait que l’augmentation de la hauteur du support (et par
12
conséquent de la pente) conduit à une forte augmentation de la vitesse du courant d’eau, ce qui
induit le transport d’une quantité plus importante des sédiments et même le transport des éléments
solides de plus grande taille.
Doc 2 : Comportement des particules détritiques en fonction de leurs tailles et la vitesse du courant.
1- Analyser le diagramme et déterminer les facteurs influençant le comportement des particules
sédimentaires.
2- Avec une vitesse de 10 Cm/s, à partir de quelle taille les particules détritiques subissent une
sédimentation.
3- Déterminer la vitesse minimale permettant l’érosion d’une particule de 0,01 mm de diamètre.
1- D’après le diagramme de Julstrôme, on remarque qu’un élément sédimentaire sur la surface de la
terre peut adopter 3 types de comportements différents. Il est soit arraché ou érodé (érosion), soit
transporté, soit sédimenté. Les facteurs qui conditionnent ce comportement sont :
→ La force du courant de transport (eau ou vent), (F)
→ Le poids (taille) des particules, (P)
De ce fait, on peut assister à :
- Une sédimentation si P > F
- Un transport si P < F
- Une érosion plus transport si P est négligeable devant F
2–
0,5
D 10 1,1
2,81mm
13
Donc à partir de la taille 2,81 mm toutes les particules vont subir une sédimentation dans un courant
de 10 cm/s
3–
1,8
V 10 1,1
43cm / s
Donc la vitesse minimale permettant l’érosion d’une particule de 0,01 mm de diamètre est de l’ordre
de 43 cm/s
Doc 3 : Modes de transport des particules détritiques par un courant hydrique.
Q : Etablir la relation entre la vitesse du courant, la taille des particules et leur mode de transport.
Le transport d’une particule solide peut se faire de 3 modes différents, selon le poids (la taille) de la
particule et la vitesse du courant :
- Un glissement : si la taille de la particule est importante, le courant ne peut vaincre son poids
- Un saltation : si la taille de la particule est moyenne, tantôt soulevée par le courant, et tantôt
déposée.
- Une suspension : si la taille de la particule est minimale, donc le courant ne la laisse jamais se
déposer sur terre.
Activité 6 : les caractéristiques des différents milieux de dépôt
I- Les milieux de dépôt continentaux
Doc 1 : Les caractéristiques de la sédimentation glacière.
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Milieu Conditions de sédimentation Caractéristiques des sédiments
Moraines hétérogènes et mal
Les pentes trop raides facilitent classés, formés d’éléments
l’arrachement des matériaux du détritiques à différentes tailles,
Milieu glacier substrat rocheux par la glace,
Grains de quartz NU,
transport court voire absent.
Blocs et galets striés.
Doc 2 : Les caractéristiques de la sédimentation désertique.
Milieu Conditions de sédimentation Caractéristiques des sédiments
Dépôts éoliens de sable, sous Sable bien classé,
forme de dunes à formes et
Milieu désertique Grains de quartz Ronds mats,
tailles différentes selon la
dynamique du courant éolien. Galets à plusieurs facettes.
Doc 3 : Les caractéristiques de la sédimentation lacustre.
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Milieu Conditions de sédimentation Caractéristiques des sédiments
L’action des vagues,
Galets le long des rives
La profondeur du lac,
Sable dans la périphérie
L’apport des rivières,
Milieu lacustre Vases dans le centre
Le climat qui change selon les
saisons, Turbidités dans les profondeurs du
lac.
L’activité biologique.
Doc 4 : Les caractéristiques de la sédimentation fluviatile.
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1- Dégager les caractéristiques du milieu fluviatile.
2- Expliquer comment les méandres permettent l’élargissement d’une vallée.
3- Comparer et expliquer la différence entre les terrasses emboîtées et celles étagées.
1- les sédiments fluviaux sont classés de l'amont vers l'aval par ordre décroissant de diamètre.
On peut expliquer cette répartition par la dynamique de l’agent de transport (Courant d’eau).
En amont où la pente est raide, la vitesse du courant est forte, ce qui ne laisse déposer que les
éléments les plus grossiers. En s’approchant de l’aval, la vitesse du courant s’affaiblit à cause de la
diminution de la pente provoquant ainsi la sédimentation même des éléments fins.
Les caractéristiques du milieu de dépôt fluviatile
Milieu Conditions de sédimentation Caractéristiques des sédiments
La vitesse du courant d’eau qui
Grano classement décroissant de
change selon la topographie,
l’amont vers l’aval,
L’alternance des périodes
Galets aplatis et polies, 17
milieu d’érosion et de sédimentation
fluviatile selon les saisons (pendant Sable mal à bien classé,
l’hiver la forte pluviométrie
donne une forte vitesse de Grain de quartz NU ou EL,
courant, d’où une érosion. Et
Argile souvent abondant.
le contraire pendant l’été).
2- Si la pente du terrain sur lequel coule la rivière est faible, les méandres ne se forment pas et si cette
pente est très élevée ils ne se forment pas non plus. Les méandres se forment lorsque la pente
dépasse un certain degré.
La formation du méandre fluviatile reflète donc la dynamique du courant hydrique dans cette zone,
car l’arrivée de l’eau à forte vitesse sur une rive cause son érosion, et on obtient une rive concave à
pente raide (rive d’érosion) et en face de cette dernière, on a une rive convexe à pente douce à cause
de la forte sédimentation due à la faible vitesse du courant d’eau. La poursuite de cette dynamique
entraînera, à terme, l'élargissement du lit de la rivière.
3- Dans un fleuve âgé, on peut trouver des dépôts d’alluvions (sédiments fluviatiles) sous forme de
terrasses, soit étagées, soit emboitées.
Les terrasses emboitées s’étreignent (s’embrassent) et ne laissent jamais apparaître le substratum.
Les terrasses étagées s’échelonnent les unes au-dessus des autres et laissent apparaître des
affleurements intermédiaires du substratum.
Les terrasses étagées résultent d’une érosion qui domine la sédimentation, dans les zones à forte
pluviométrie,
Les terrasses emboitées résultent d’une sédimentation qui domine l’érosion, dans les zones à faible
pluviométrie.
II- Les milieux de dépôt intermédiaires ?
Doc 1 : Les caractéristiques de la sédimentation lagunaire
Doc 2 : Les caractéristiques de la sédimentation côtière
Doc 3 : Les caractéristiques de la sédimentation à l’embouchure
1- Dégager les caractéristiques des différents milieux de dépôt intermédiaires.
2- Dégager les facteurs déterminants le type de l’embouchure.
1-
Milieu Conditions de sédimentation Caractéristiques des sédiments
Milieu Les facteurs climatiques Les évaporites, le sel et les dépôts carbonatés,
lagunaire gouvernent une forte Eléments détritiques
18
évaporation, ce qui fait
augmenter la densité,
L’apport de l’eau de mer
Milieu littoral Les sources des sédiments Sable bien trié
Le niveau d’énergie des Galets avec des pores
vagues Sédiments grossiers (coquilles cassées)
La pente générale de la
plage
Le courant éolien
La salinité de l’eau
L’embouchure La charge du courant Dans un delta : dépôt de sédiments
fluviatile détritiques, sous forme d’éventail (sable,
La dynamique marine : si elle argile, limon)
domine, il se forme un Dans un estuaire l’apport de peu de matériaux
estuaire grossiers, des suspensions fines et des
La dynamique du fleuve : si matières en solution, les argiles s’agglomèrent
elle domine, il se forme un sous forme d’un bouchon vaseux
delta
2- Les facteurs qui déterminer la dynamique et le type de l’embouchure sont :
- La disponibilité des sédiments,
- La force de la dynamique marine,
- La force de la dynamique du fleuve.
II- Les milieux de dépôt marins
Doc 1 : Les différentes zones marines
Doc 2 : Les caractéristiques de la sédimentation au niveau de la zone littorale et du plateau
continental
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Expliquer la richesse en carbonates au niveau des sédiments du plateau continental.
La richesse en carbonate au niveau des sédiments du plateau continental, s’explique par la richesse de
la vie benthique qui consiste à des récifs coralliens et des vastes zones d’accumulation de débris et
squelettes calcaires d’organismes pélagiques.
Doc 3 : Les caractéristiques de la sédimentation au niveau du talus continental
Doc 4 : Les caractéristiques de la sédimentation au niveau de la plaine abyssale
20
1- Classer les sédiments marins selon leurs origines.
2- Expliquer pourquoi les sédiments calcaires sont absents dans les grandes profondeurs.
3- Dégager les facteurs qui influencent la sédimentation dans le milieu marin.
4- Dégager les caractéristiques des différentes zones de dépôt marin.
1- On peut classer les sédiments marins selon leur origine en 3 groupes :
- Les sédiments terrigènes : les
particules des roches et des
sols, transportées par le vent, la
glace et les rivières vers l’océan,
- Les sédiments biogènes : les
restes d’organismes marins,
- Les sédiments authigènes : les 21
précipités chimiques de l’eau de
mer.
2- La dissolution du calcaire augmente avec la profondeur, ce phénomène est dû à la teneur en CO 2
qui est grande à basse température et sous pression. Au-delà d’une certaine profondeur, tous les
débris carbonatés sont dissous et le sédiment ne contient pas de carbonates ; cette limite est la
profondeur de compensation des carbonates ou CCD. Les boues calcaires se déposent sur les fonds au-
dessus de la CCD.
La dissolution des tests siliceux est grande dans les eaux superficielles. Elle diminue en profondeur
sous l’effet de la pression et de la basse température. Les boues siliceuses se déposent sur les fonds
au-dessous de la CCD.
3- Divers facteurs influencent la sédimentation dans le milieu marin :
- Les apports détritiques,
- Les apports biologiques,
- La température des eaux,
- La profondeur.
4-
Les caractéristiques de la sédimentation au niveau de la plaine abyssale
Milieu Conditions de sédimentation Caractéristiques des sédiments
Plateau La dynamique des vagues, Une sédimentation terrigène (dans un ordre
continental La profondeur, décroissant de la côte vers le large),
L’éloignement du littoral Sédimentation carbonatée (récif corallien,
Le degré d’érosion des continents, débris et squelettes calcaires d’organismes
L’activité biologique plancton)
Talus Les avalanches, le glissement de Les sédiments plus grossiers, sables et
continental masse, graviers sont chenalisés dans les canyons
Les courants de turbidité ou la sous-marins,
simple reptation (un glissement Cônes de sédimentation énormes dans le
très lent de la masse sédimentaire) glacis continental avec un granoclassement
parfait.
Plaine Le courant océanique, Particules terrigènes argileuses d’origine
abyssale Le vent, continentale en suspension,
Le CCD, Poussières apportées par le vent,
La température Sédiments carbonatés (squelettes
d’organismes vivants et plancton) au-dessus
de la CCD et sédiments siliceux au-dessous
de la CCD.
22
Activité 9 : Conditions de sédimentation dans un milieu ancien : Le bassin du phosphate au Maroc
Les phosphates sont des roches sédimentaires caractérisées par leur richesse exceptionnelle en minerai
(P2O5) à fort intérêt économique. Ces roches se forment dans des milieux sédimentaires caractérisés par
des conditions bioclimatiques et géomorphologiques particulières.
Quelles sont les caractéristiques des roches phosphatées?
Quelles sont les conditions qui ont favorisé la formation des roches phosphatées ?
Pour répondre à ces questions on vous propose l'exploitation des documents suivants :
Doc 1 : Répartition des gisements de phosphate au Maroc
Doc 2 : Composition minéralogique et fossilifère des roches phosphatées
23
Doc 3: Colonnes stratigraphiques
réalisées dans trois régions contenant
le phosphate.
24
En se basant sur le document ci-dessus dégager les caractéristiques sédimentlogiques de la série
phosphatée du Maroc.
Le dépôt des phosphates au Maroc s’est opéré durant la période géologique s'étendant sur environ 20
à 30 Millions d’années, de la fin du Maastrichtien (Crétacé terminal) à la fin du Lutétien (Eocène
moyen). On peut donc qualifier cette série phosphatée comme condensée, car elle représente des
dépôts qui se sont accumulés sur une longue période, avec une épaisseur qui se réduit d’ouest en Est
(de 180m à Youssoufia à 45 m à Khouribga).
Les roches phosphatées s’alternent de façon rythmique avec d’autres roches stériles (niveaux de
marne et marne siliceuse avec souvent des niveaux marno-calcaires et marno-argileuses …), ce qui
indique que les conditions de sédimentation du phosphate ont changé avec la progression du temps
géologique.
Doc 4 : les conditions de vie de quelques espèces animales actuelles analogues des fossiles trouvées
dans les phosphates marocains.
Dégager les informations renfermées dans les fossiles trouvées dans les phosphates marocains
On constate que ces êtres vivants préfèrent des profondeurs relativement faibles à moyennes et des
températures moyennes (climat tropical à équatoriale).
Donc les roches phosphatées sont formées en milieux marins de profondeur relativement faible
(plateau continentale) agité et en climat tropical à équatorial.
Doc 5 : Paléoenvironnement des bassins phosphatés du Maroc
25
Déterminer les conditions de sédimentation du phosphate et expliquer l’importance des courants
upwelling
La sédimentation du phosphate ou la phosphatogenèse au Maroc nécessite des conditions
écologiques et géographiques bien précises :
- La présence d’une liaison directe entre les bassins continentaux et le milieu océanique, avec
faiblesse des apports détritiques issus du domaine continental, ce qui favorise la concentration en
phosphore dans les sédiments.
- Une forte productivité biologique, ce qui permet d’atteindre la concentration de phosphate
suffisante pour que le phosphate précipite sous forme de minéraux comme l’apatite.
- La présence de courants marins ascendants upwelling, ce qui favorise une forte productivité
biologique en apportant des nutriments, dont du phosphore.
- Une eau peu profonde tempérée à chaude favorise une forte productivité biologique et diminue la
solubilité du phosphate en favorisant sa précipitation sous forme de minéraux.
Doc 6 : Reconstitution de la paléogéographie des bassins de phosphate marocains
Suite à l'érosion importante des terrains phosphatés, la délimitation de la mer des phosphates s'avère
difficile. Deux explications sont proposées :
26
- Trappe (1989-1994), Herbig (1986) : Le centre et l'Ouest marocain étaient submergés par une mer
épicontinentale en liaison avec l'Océan Atlantique. Les sédiments phosphatés se sont déposés sur des
fonds de profondeur appropriée alors que les autres zones ne connaissaient aucune sédimentation
phosphatée.
- Salvin (1960), Boujo (1976) : La mer des phosphates était sous forme de golfs de faible profondeur en
liaison avec l'océan Atlantique et séparés par des terrains émergeants.