Revue Des Sciences de L'eau Journal of Water Science: V. Laglaine, D. Berod, D. Devred Et A. Musy
Thèmes abordés
Revue Des Sciences de L'eau Journal of Water Science: V. Laglaine, D. Berod, D. Devred Et A. Musy
Thèmes abordés
2023 14:06
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Modélisation déterministe
de la crue extrême d'un bassin versant
de montagne avec application de la description
géomorphologique du réseau hydrographique
SUMMARY
Designfloodsfor large dams are computed either with statistical or deterministic
methods (Probable maximum précipitation, PMP/probable maximum flood,
PMF). The latter présents an interesting alternative to statistical methods, whose
drawbacks may be significant, especially when hydrometeorological data are
déficient.
PMP/PMF methods are based on assumption of the existence of an upper limit of
the hydrometeorological processes. The prévalent method for PMP estimation is
the maxûnizatjon - transposition technique. Simpler methods, such as the statisti-
cally based technique, also exîst However, the most accurate method may well
be the use of a meteorological model, but this aspect is still in the research
domain.
PMF is derived from a PMP using a simplified loss function and a transfer
function for which parameters are maxùnized. The prévalent transfer function is
the unit hydrograph modeL
Application of traditîonal PMP/PMF method on alpine catchments showed
important weaknesses due to the transfer function. Alpine catchments are charac-
terized by steep slopes, thin soil cover, poor végétation, and large floods are due
to heavy, short thunderstorms during suramer. Consequently, hydrological
response is very sensitive to the topography of the catchment Nonlinearity must
be taken into account in many cases. However, expérience showed that a model
cannot take into account a detailed description of the catchment
In order to take into account the characteristics of alpine catchments while staying
as simple as possible, we hâve used the géomorphologie description of the
catchment as a modeling basis. This représentation is based on the Strahler
1. Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Institut d'Aménagment des Terres et des Eaux, Hydrologie et Amé -
nagements GR-Ecublens, 1015 Lausanne, Suisse.
* Auteur correspondant.
** Les commentaires seront reçus jusqu'au 31 mars 1995.
286 REVUE DES SCIENCES DE L'EAU, 7(3), 1994 V. Lagtaine et al.
ordering scheme, and demies ail possible path types that a surface runoff droplet
may follow to reach the outlet This description has been used since 1979 in the
géomorphologie unit hydrograph (GUH) formulation.
We developed a géomorphologie nonlinear cascade (GNC) in order to take into
account nonlinear processes. The GNC model uses the géomorphologie descrip-
tion of the catchment to define the réservoirs of hydrologjcal cascades. A cascade
represents a path type; the first réservoir of a cascade is an overiand élément, and
subséquent réservoirs are channels with încreasing Strahler's order. Outflow
from a réservoir is the inflow of the downstream réservoir. Outflows from ail
cascades are combined to produce the global catchment response. The two équa-
tions used in the GNC model are a global continuity équation: 1-0 = dV/dt, and
a nonlinear outflow équation: O s= k Vx, where / is an input terni, that is
précipitation for the first réservoir, and outflow from the upstream élément for
channel réservoirs, V is the volume of water stored in a réservoir at time (,kisa
constant, and x an exponent. The parameter k varies with each réservoir as a
function of surface area (for overiand éléments) or length (for channel éléments).
The exponent x should be between 1 and 2.
The two models, GUH and GNC, hâve been calibrated with an automatic
optimization procédure, and tested on the Vogelbach catchment This catchment is
located in the Swiss Alps (Alptal, canton of Schwytz); it is a third order
catchment, and its area is 1.55 km2. Both models gave good results, although the
GUH model had a tendency to smooth the discharge.
In order to improve the physical meaning of the model parameters, we are testing
a third model linking the géomorphologie description with the kinematic wave
équations. Results are promising, but are not shown in this paper.
The hydrologie modeling based on the géomorphologie description of the
catchment seems to be a good compromise between lumped models and detailed
distributed models, which are difficult to apply.
Key-words : extrême flood, mountainous catchment, PMP/PMF, deterministic model,
géomorphologie description of chatchment.
RÉSUMÉ
Les méthodes de calcul des crues de projet pour des grands barrages sont de type
statistique ou de type déterministe (PMP/PMF). Ce dernier type de méthodes est
principalement utilisé dans le monde anglo-saxon (Etats-Unis, Australie), mais
peut offrir une alternative intéressante aux méthodes statistiques, qui présentent
des lacunes pouvant être importantes.
Une application des méthodes PMP/PMF sur des bassins suisses a mis en
évidence l'intérêt de ces méthodes, mais aussi leurs faiblesses. Une adaptation
des outils déterministes est nécessaire pour prendre en compte les particularités
des bassins de montagne. Il s'agit principalement de mieux tenir compte des pro -
priétés physiques des bassins versants et des phénomènes de non linéarité.
Dans ce but, un concept de modélisation utilisant la description géomorphologique
du bassin versant a été utilisé et amélioré.
Le premier modèle utilisé est l'hydrogramme unitaire géomorphologique, qui
existe depuis 1979. Le deuxième modèle utilise le concept de cascade de réser-
voirs hydrologiques à vidange non linéaire, dont les éléments sont issus de la
description géomorphologique du bassin. C'est là une modélisation nouvelle, qui
est particulièrement adaptée au contexte des crues extrêmes dans les Alpes. Un
travail de calibration et validation du modèle a montré que ce modèle a un bon
Modélisation déterministe de la crue extrême 287
1 - INTRODUCTION
On lui a donc préféré une méthode plus simple, très répandue dans te
monde, la méthode dite de maximisation-transposition. Elle nécessite toutefois
des connaissances météorologiques faisant défaut à l'ingénieur hydrologue.
C'est pourquoi cette étape implique la concertation des météorologues qui,
par leurs compétences et leurs expériences en matière de modélisation
météorologique, peuvent fournir une valeur de PMP vraisemblable et raison-
nable, utilisée en entrée des modèles hydrologiques. La première étape de la
technique se résume généralement en une maximisation de l'humidité seule,
qui consiste à déterminer la quantité d'eau précipitable mise en jeu lors des
événements majeurs observés sur le site, et à calculer la quantité maximale
290 REVUE DES SCIENCES DE L ' E A U , 7(3), 1994 V. Laglaine et al.
qui aurait pu précipiter dans les conditions météorologiques les plus défavo-
rables. L'application de la maximisation nécessite alors des mesures du point
de rosée et des observations de précipitations extrêmes apparaissant au
cours d'une même saison. La transposition associée à la maximisation est très
difficile à réaliser en milieu montagneux où l'orographie complique singulière-
ment la détermination des limites de transposition définissant une zone
météorologiquement homogène (BEROD étal., 1992).
Les résultats des PMP obtenues à l'aide des diverses méthodes mention-
nées, pour des durées variables, sur les deux bassins d'étude, sont récapitu-
lés dans le tableau 1. Pour simple comparaison des écarts numériques, les
valeurs de précipitations de temps de retour 10 000 ans, issues de la statis-
tique des extrêmes par la construction des courbes Intensité-Durée-Fréquence
aux stations pluviométriques des bassins, ont été inscrites.
BV Carassina BV Dischma
Précipitations Imm]
3 h (te*) 6h 12 h 24 h 6h 12 h (te*) 24 h
PMP
• méthode météorologique 370 160 200
• méthode de Hershfield 150 200 300 430 140 210 250
• méthode empirique 280 360 250 290
Analyse statistique,
70 110 190 280 90 120 140
T = 10 000 ans
* Ces durées correspondent aux temps de concentration te respectifs des bassins versants.
Modélisation déterministe de la crue extrême 291
La PMP retenue pour ta suite de l'étude a été celle obtenue par la méthode
de Hershfieid, pour une durée correspondant au temps de concentration
respectif des bassins versants-(3 heures pour la Carassina et 12 heures pour
la Dischma). La méthode de Hershfieid, bien que non déterministe, a été
préférée aux autres méthodes, de par sa simplicité de mise en oeuvre et son
utilisation possible par des non-météorologues. En outre, seule cette méthode
permet d'estimer des PMP pour toutes les durées inférieures à 24 heures ; ce
qui est intéressant pour nos bassins versants dont les temps de concentration
ne sont que de quelques heures. Il est important de relever que les résultats
de PMP statistique (Hershfieid) trouvés sont du même ordre de grandeur que
la PMP météorologique. En outre, le fait de ne disposer que de valeurs
ponctuelles de PMP ne constitue pas un handicap majeur. Au vu de la taille
réduite de nos bassins versants d'étude, la variabilité spatiale des précipita-
tions peut être négligée.
• La structuration temporelle de la PMP a été assurée par différentes
méthodes basées sur des hyétogrammes synthétiques construits à partir de
courbes intensité-durée (Structure Chicago (KE1FER et CHU, 1957)) ou sur des
structures de précipitations observées (structure selon CORDERY et al. (1984)
ou structures paramétrisées (STANCULESCU étal, 1991). La méthode Chicago,
moins réaliste, est à déconseiller. Basée sur les courbes IDF, la méthode
Chicago suppose en effet la concomitance - peu probable - des intensités
critiques sur tous les pas de temps.
"" <
Chicago
. AU
' HU
iMljiljljpipurpp^^
eu
cordery
' PU
—MMmjMijjjpmjimuHiiiiiwi
' OU
pcramttrisé«
' eu
I m
• Chicago
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Z70JX)
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15000 fl(' ^L \
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saoo
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30.00
OJX
O00
J/
100 WX) SJOO
—i
12J30
1
1S£0
1
laflO 2100 24.00 27.00 30.00 3JDÛ 36.00
TEMPS (HEURES)
12 14 16 18
pluie nette
50
P M F avec Nash
• 150 5
• 200
250
6 8 10 12 14 16 18
TEMPS (HEURES)
Les résultats obtenus par les méthodes PMP/PMF sont dans tous les cas
supérieurs à ceux des méthodes statistiques et empiriques. Cette constatation
apparaît cependant réaliste. En effet, l'extrapolation statistique se base sur des
séries de données qui ne contiennent pas forcément une information sur le
comportement des valeurs extrêmes. Ce phénomène est quelque peu atténué
dans le cas du gradex, car le paramètre d'échelle est estimé à partir d'un
échantillon important de pluies (échantillon de pluies journalières depuis 1900
à la station de Davos, pour le bassin de la Dischma}. Dans la pratique
courante, la crue décamillénale est souvent comparée à la PMF. Une telle
confrontation n'a pas de fondement scientifique, puisqu'elle revient à
comparer deux notions d'essence différente. Les lois statistiques utilisées en
hydrologie des extrêmes sont en général non bornées, alors que la PMF est
censée exprimer la limite physique des phénomènes hydrométéorologiques.
Les résultats obtenus ne font que conforter cette divergence.
Toutes ces remarques nous ont conduit à rechercher des alternatives aux
méthodes simples, pour la détermination de la PMF dans les zones monta-
gneuses.
D'autre part, les bassins versants de montagne, bien que de petite taille,
présentent de grandes hétérogénéités spatiales, au niveau des pentes, de la
géologie, de l'occupation du sol influant sur les valeurs de perméabilité et les
temps de transfert de l'eau sur le bassin. Aucune possibilité de lissage des
différentes réponses dues aux hétérogénéités n'est possible pour des temps
de concentration de quelques heures. Pour tenir compte de cette hétérogé-
néité de façon simple, une description adéquate de la géomorphologie du
bassin versant peut être envisagée.
RI RI
Cl Cl R2
C2 C2 R3
C3 C3 C3 C3
si s2 s3 s4
^033 11 4
p(s1)=Ar1-Pc1c2-Pc2c3 = l^g-^'4 =0,4887
1,033 4
p(s2)=Ar1 -Pc1c3 = 0,1776
1,55 15
0,304 4
P(s3)=Af2 -PC2c3 = 0,1962
1,55 4
0,213
P(s4)=Ar3 = 0,1375
1,55
t
Q(t)=\h(t-x)i(x)ck (4)
O
avec Q (t) le débit à l'instant / et /' (t) la pluie nette. La détermination de Q (t)
revient à connaître h (t), et donc fB (t).
La description géomorphologique apporte des informations pertinentes sur
l'écoulement de surface, KIRKBY (1976) s'est assuré de l'importance de la
topologie du réseau hydrographique en générant des réseaux équiprobables,
mais topologiquement digérants. Son étude conclut que la topologie
permettait d'expliquer de manière significative la crue, et que des réseaux
hydrographiques différents engendraient des crues différentes.
La théorie de l'hydrogramme unitaire géomorphologique est une impor-
tante amélioration de la technique de l'hydrogramme unitaire, puisque la
structure du bassin est prise en compte par sa représentation géomorpholo-
gique. Certains défauts persistent cependant, telles que les hypothèses de
linéarité, pas forcément vérifiées sur les petits bassins versants alpins. En
outre, le paramètre inconnu b, calé à partir des observations, n'est rattaché à
aucune valeur physique.
Afin d'éliminer ces inconvénients tout en conservant l'avantage de la
description géomorphologique, il convient d'utiliser un modèle non linéaire,
dont les paramètres peuvent être déterminés par les caractéristiques phy-
siques du bassin versant. Cet autre modèle a été développé par l'institut
d'aménagement des terres et des eaux.
précipitation
V]
Ql
^
V2
Q2
Vn
Qn
sont caractérisés par une surface, et les éléments désignant les cours d'eau
par une longueur moyenne. L'entrée d'un réservoir « région » est la pluie, et
l'entrée d'un réservoir « cours d'eau » est l'écoulement provenant du réser-
voir précédent. Les débits issus de chaque cascade sont ensuite combinés, en
tenant compte de la probabilité du chemin p(s), pour donner le débit simulé à
l'exutoire du bassin versant (fig. 5).
Les deux paramètres ketxdu modèle GNC ne peuvent pas être détermi-
nés directement par la géomorphologie. Ils doivent être calibrés à l'aide des
observations.
Dans l'autre cas, k est exprimé comme une fonction des caractéristiques
des éléments.
RI - f c i H~~5~~l
R2 C2
(b)
(a)
^ R2
/t
Œ: _C2_
ï
Qcxutoirc
(c)
Cette dernière description est plus exacte et sera retenue par la suite. Le
calage est réalisé par une procédure basée sur la méthode de Rosenbrock
Palmer, discutée dans ROSENBROCK (1960) et PALMER (1969). La procédure
nécessite des valeurs initiales, minimales et maximales de chaque paramètre,
et une fonction objective. Les valeurs initiales permettent une première simula-
tion qui conduit à une première valeur de !a fonction objective. Les paramètres
sont ensuite altérés alternativement dans un sens et dans l'autre, jusqu'à ce
qu'un minimum de la fonction objective soit atteint. La fonction objective
retenue est :
M M
F =p
lL [Qpo(i)-QpcU)] +0-P)î, [tpo(i)-tpc(JJ\ (7)
y=1 y=1
où Qpo(j) est le débit de pointe du jème événement observé, QpC(j) est le débit
de pointe calculé, tpo(j) le temps de pointe du yème événement observé, îpc(j)
le temps de pointe calculé, P un poids compris entre 0 et 1, et M est le nombre
d'événements observés. Cette fonction objective conduit au calage simultané
de plusieurs événements, ce qui permet d'aboutir à une optimisation globale
des paramètres.
302 REVUE PES SCIENCES DE L'EAU, 7(3), 1994 V. Laglaine et al.
Ordre du bassin 3
I C d'ordre 1 15
X C d'ordre 2 4
S chemins 4
XC1 dans chemin 1 11
XC1 danschemin2 4
XC2danschemin2 4
Surlace de R1 2.9 à 18 ha
Surface de R2 3à15ha
Surface de R3 21 ha
Longueur de Cl 150 à 1000 m
Longueur de C2 300 à 650 m
Longueur de C3 1100 m
Figure 6 Carte du bassin versant du Vogelbach {1,55 km2), définition des ordres
de Strahler (certains petits cours d'eau ont été négligés) et principales
caractéristiques géomorphologiques du bassin dérivées de la carte topo-
graphique. La description géomorphologique du Vogelbach avec la re-
présentation des chemins possibles est montrée sur la figure 3.
Map of the Vogelbach catchment (1,55 km2), définition of Strahler orders
(minor channels are neglected), and main géomorphologie features as
derived from the map. Géomorphologie description of the Vogelbach
catchment and the possible paths are shown on figure 3.
Les deux modèles ont été calibrés pour le bassin versant de Vogelbach. Ils
utilisent en entrée une pluie nette, déterminée à partir d'une pluie brute obser-
vée ou simulée diminuée des pertes par infiltration, elles-mêmes calculées par
la fonction de Philip ou la méthode du SCS-CN. Les hydrogrammes de
ruissellement direct ont été obtenus par une technique de séparation des
écoulements.
Le modèle GNC s'est avéré facile d'utilisation, une fois les paramètres géo-
morphologiques déterminés. La principale difficulté réside dans l'estimation et
la signification des paramètres du modèle. De manière générale, le modèle
304 REVUE DES SCIENCES DE L'EAU, 7(3), 1994 V. Laglaine et al.
S « E « 5 « S K
— — r-l e* r. I-. 1 -i
Temps [min]
temps [min)
temps [niin]
Figure 7 Application des modèles WAHS et GNC non uniforme, sur le Vogel-
bach ; (a) exemple de calibration ; (b) exemple de test.
Application of the WAHS and GNC models on the Vogelbach caîch-
ment ; (a) example of calibration run ; (b) example of validation run.
250 !
Figure 8 Résultats des tests des deux modèles : représentation des débits de
pointe des hydrogrammes de crue observés en fonction des débits de
pointe des hydrogrammes simulés, même graphe pour les temps de
pointe observés et simulés. Le dessin de la ligne de parfaite correspon-
dance (perfect agreement line) facilite la comparaison.
Resutts of the validation of the two models. Graphics show observed vs.
simulated peak flow, and observed vs. simulated time to peak for
validation runs. Perfect agreement line is also represented.
Sachant que les processus en jeu lors d'événements extrêmes sur nos
bassins sont non linéaires, le modèle GNC paraît de ce fait mieux adapté. De
plus, les paramètres qu'il utilise ont une meilleure représentation physique
que le paramètre b du modèle WAHS.
306 REVUE DES SCIENCES DE L'EAU, 7(3), 1994 V. Laglaine et al.
5 - PERSPECTIVES ET CONCLUSIONS
REMERCIEMENTS
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PMP methodologies in flood estimation are limited by their dependence on assumptions regarding maximum possible precipitation and their potential inability to accommodate spatial and temporal variability typically observed in alpine environments. The methods may not fully account for the unique meteorological and topographical interactions in these areas, often resulting in less robust predictions. Additionally, they provide only an upper bound estimate, which could lead to overestimations without considering catchment-specific conditions .
The geomorphological nonlinear cascade (GNC) model extends traditional models like the GUH by incorporating nonlinearity into the representation of catchment processes. It achieves this by using geomorphological descriptions to define the reservoirs of hydrological cascades, with each cascade representing a path type that accounts for different flow processes. This allows for more accurate simulations of flow dynamics, particularly in complex terrain, by capturing the variability in flow paths and nonlinear hydrological responses .
The geomorphological unit hydrograph (GUH) model accounts for the unique characteristics of alpine catchments by utilizing the geomorphological description of the catchment. This representation relies on the Strahler ordering scheme to define the possible paths that a surface runoff droplet may follow to the outlet. The model is adapted to deal with the steep slopes and complex hydrological responses typical of alpine catchments, where the hydrological response is highly sensitive to topography .
The development of geomorphologically-based flood models has evolved by incorporating increasing levels of detail about catchment characteristics and flow dynamics. The progression from the GUH to models like the GNC involves accounting for nonlinearity and the specific pathways of flow across varying topographies. Moreover, the integration with hydrologically rich models like the kinematic wave equations further refines predictive capabilities by simulating the interaction between geomorphological structure and hydrological processes, thus addressing the complexities inherent in alpine catchments .
Statistical methods often fall short in predicting extreme floods in mountainous regions because they rely heavily on historical data that may not adequately capture extreme events or the inherent variability in topographical influence. Deterministic models, such as PMP/PMF, aim to address this by assuming a physical limit to hydrometeorological processes, thereby providing a more reliable upper bound for flood predictions. Nonetheless, deterministic models require careful integration of geomorphological factors to enhance their effectiveness in such regions .
The integration of geomorphological and hydrological modeling in flood estimation aims to create a detailed representation of the catchment processes, which accounts for both the physical characteristics of the landscape and the dynamics of water movement. This approach seeks to enhance model accuracy by linking spatial variability in topography with flow mechanics, thereby producing more reliable and context-specific flood predictions, especially in complex terrains like mountainous catchments .
Using deterministic methods for flood prediction in mountainous regions implies a more precise approach, accounting for the specific physical and topographical characteristics of the catchment. These methods can potentially overcome the limitations of statistical models, particularly when data is sparse. However, they also require careful calibration and validation due to the complexity and nonlinearity of hydrological processes in these environments .
The main challenges in determining the PMF for small alpine catchments include adapting the deterministic models to account for the physical characteristics and nonlinearity of mountainous watersheds. Additionally, the sparse hydrometeorological data available for these regions presents a significant obstacle. The strong topographical influence makes it necessary to incorporate geomorphological descriptions into the modeling process to improve accuracy .
The kinematic wave equation enhances geomorphological flood models by providing a means to incorporate flow dynamics that are sensitive to catchment topography. By linking geomorphological descriptions with the kinematic wave equations, the improved model can better simulate the nonlinear behavior of flow, thus refining the predictive accuracy of flood events in steep alpine catchments. This integration represents an evolution from the traditional GUH model and holds promise for more detailed flood forecasting .
The application of different hydrological models to the Dischma and Carassina catchments reveals the variability in flood estimates due to geographical and topographical differences between the basins. Statistical methods tend to provide lower estimates compared to PMP/PMF methods, which incorporate upper limits to hydrometeorological processes. The disparities highlight the importance of model selection and the need for adaptive approaches that can account for different catchment characteristics and data availability .