Politique Monétaire et Libéralisation Financière
Politique Monétaire et Libéralisation Financière
Dans ce chapitre on pose la question des liens entre la sphère financière et la sphère
réelle de l’économie, généralement les taux d’intérêts réels élèves rendent le capital financier
plus attractif que le capital productif1. Les entreprises sont incitées à se désendetter ou à faire
des investissements financiers. Il en résulte un ralentissement de la croissance et l’apparition
de chômage.
En plus l’étude des relations entre la sphère financière et la sphère réelle de l’économie
mérite d’être approfondie d’une part sur le raccourcissement et l’horizon et d’autre part ; les
modalités de financement d’une croissance où le progrès technologique et l’innovation
constituent un moteur essentiel, pour cela j’ai focalisé dans ce chapitre sur les axes suivants :
- libéralisation financière.
- effet des entrées de capitaux sur les indicateurs Macroéconomiques.
1
- la comptabilité nationale définit le capital productif comme l’ensemble de stock, de matériel et de
construction, utilisé pour produire des biens et des services.
Section 1 : La libéralisation financière
1.1 Définition
Selon R.Mc Kinnon, la libéralisation est la solution idéale pour sortir du régime de
répression financière, et un moyen efficace pour augmenter le rythme de la croissance
économique dans les pays émergents. 1
Selon Murat Ucer la libéralisation c’est une politique qui comporte un ensemble de
procédures qui s’applique à la suppression des restrictions imposées sur le secteur financier et
bancaire des pays en vois de développement ( la libéralisation des taux d’intérêt bancaire, la
suppression des restrictions imposées aux opérations liées au compte de capital), sachant que
l’objectif de ce processus est de réformer le secteur interne et externe d’un pays. 2
1
- Fattoum Asma, « Politique Monétaire et gestion Macro-économique des entrées de capitaux », thèse de
doctorat en sciences économiques, université Louis Lumière- Lyon2, 2005, P22.
2
- ZENASNI Soumia, BENHABIB Abderrezak, « les effets de la libéralisation financière sur la croissance
économique : analyse empiriques sur le cas algérien, deuxième colloque international sur la bonne performance
financière et les défit de la performance environnementale, Université de OUARGLA, le 22 et 23 novembre
2011, PP 02,03.
concurrence internationale
Système - Annulation du contrôle de change
Financier - Ouverture du compte capital
Etranger - liberté d’installation des institutions
financières
Source : NDONG Benjamin, Marché Boursiers émergents et problématique de l’efficience
thèse Doctorat en sciences économiques, université de Franche-Comté, 2007, P111-117.
Selon Mc Kinnon, les réserves obligatoires élevées permettent aux banques centrales de
prêter davantage à l’état pour assurer ses besoins de financement, et ca va criée une
inefficacité de la fonction d’allocation du système financier.
Selon Stieglitz l’état peut être plus efficace que le système financier en termes d’allocation
des crédits.
2.1 Libéralisation interne : c’est la dérégulation des taux d’intérêt (débiteur-créditeur) des
crédits et l’abandon des réserves obligatoires et applique des mesures pour le renforcement de
la concurrence bancaire, et la suppression des politiques d’encadrement de crédits bancaire
préférentiels à certains secteurs économiques jugés prioritaires, et surtout l’allégement de la
fiscalité sur les activités financières.
Enfin la libéralisation des conditions d’exercice pour les institutions financières afin de
stimuler la concurrence et le libre accès au marché et aux institutions bancaires et non
bancaire et la suppression des restrictions sur les titres pour les résidents et les étrangers. 1
2.2 Libéralisation externe : elle signifie la suppression des restrictions des activités
financières ayant une relation avec l’extérieur, et qui est peut être résumé par les points
suivants :2
- la suppression des contraintes imposées sur les transactions du compte de capital et sur les
comptes financiers de la balance des paiements ;
1
- BEN GAMRA.S et Clévenot. Mickael « libéralisation financière et crises bancaires dans les pays émergents :
la prégnance du rôle des institutions », CEPN working paper, université de paris, Vol 13, N 08, 2006, P10.
2
- Ibid., P14.
- la libéralisation des marchés financiers ;
- l’ouverture du compte de capital, elle représente l’abandon du contrôle sur les emprunts
étrangers, et les flux de capitaux étrangère, et l’assouplissement de la réglementation des
changes ;
Apres avoir étudié les objectifs et les formes de la libéralisation, nous allons présenter les
étapes qu’il faut suivre :
3.1 Le Secteur réel : la libéralisation de secteur réel se fait généralement étape par étape,
commencerons par la libéralisation des prix des biens et services, donc le prix d’un bien est
déterminer par l’offre et la demande sur le marché, ensuite c’est la privatisation qui permet
l’évolution de la concurrence et la réduction du monopole et l’élimination des taxes et des
subventions, par conséquent l’état ne doit pas intervenir sur le marché ( la mise en ouvre des
barrières restrictives à l’entrée des biens et services).
Dans ce tableau nous remarquons deux types de réformes internes qui comporte le coté
réel et financier, et d’autre réformes externe qui ont globalement les opérations courantes et le
marché des capitaux, et dans ce cadre nous pouvons dire que la réussite de la politique de la
libéralisation financière exige que l’ouverture externe du compte capital ne précède pas la
libéralisation du secteur financier domestique.
Cette méthode se base sur une application simultanée de toutes les étapes de LF sans
tenir compte de la nécessité d’application progressive. Les pays qui ont appliqué ce type de
libéralisation ont souvent été exposés à des crises bancaires et financière.1
1
- CH.y « ineficiencies from financial libéralization in the absence of well-functionning equity
markets »,journal of money, Crédit and Banking, Vol 18, N 02, 1987, P 199.
Tableau N : les caractéristiques de la libéralisation totale
Il est important de cité que lorsque la réforme est graduelle, la libéralisation risque de
perdre son impulsion avec le temps, en revanche plus les mesures de reformes sont rapides,
1
- M.D. Chinn, H.ito « what matters for financial development? Capital controls, institutions and interactions,
NBER, working paper N 11370, Cambridge, 2005,MA.
plus les profits potentiels sont imports, mais plus que la transition est remarquée d’être
coûteuse.1
Enfin, un système financier est considéré comme totalement libéralisé si les trois secteurs
sont parfaitement libéralisés. En plus l’expérience montre qu’une libéralisation extérieure
réalisée rapidement, peut conduire à la disparation du secteur industriel existant, cette
expérience conduit à la mise place d’une libéralisation interne comme première phase et puis
la libéralisation externe en second lieu2.
1
- AMAIRA Bouzidi « les conditions préalables à la réussite des réformes financières au sein des pays
émergents
2
- LAHIMER Mahjouba zaiter « l’impact des entrées de capitaux privées sur la croissance économique dans les
pays en développement », thèse doctorat en sciences économiques, université de Paris DAUPHINE, 2011,P 60.
5 L’innovation financière
L’innovation financière a fait l’objet de recherche plus tardif et moins approfondi que
l’innovation industrielle. Mais avec l’effet de l’accélération du phénomène et de la profusion
de l’innovation depuis le milieu les années 1970 1, Dans un ouvrage ultérieur, Schumpeter a
également défini l’innovation comme « la mise en place d’une nouvelle fonction de
production », C’est donc l’offre qui est à l’origine de l’apparition des innovations pour
Schumpeter, l’offre de nouveaux produits ou procédés créant de nouveaux besoins, sachant
que si l’innovation industrielle est intrinsèquement liée aux découvertes techniques et
scientifiques, au rôle de l’inventeur et aux spécificités du comportement de l’entrepreneur ;
l’innovation financière est en revanche, dans ses formes les plus primitives pour le moins, liée
à des changements contingents des conditions macro-économiques provoquant une
adaptation des méthodes de financement des organisations productives 2, c’est à dire
l’existence d’un lien étroit entre progrès technique et innovation financière dès lors que les
technologies de l’information et de la communication , jouent un rôle important dans
l’émergence de nouveaux produits financiers. Ainsi la Banque des Règlements
Internationaux (BRI) a conduit un effort de recherche concluant à la nécessité d’aboutir à une
classification fonctionnelle de l'innovation financière, qui représente le schéma le plus
pertinent selon l’institution. La principale difficulté consiste alors à identifier les différentes
fonctions potentielles de l’innovation financière. Selon cette méthodologie, la BRI (1986) a
mis en évidence cinq fonctions de l’innovation financière :
- Le transfert du risque de marché et de change ;
- Le transfert du risque de crédit ;
- L’amélioration de la liquidité ;
- L’augmentation de l’offre de crédit ;
- L’augmentation de l’offre de fonds propres ;
Cette innovation financière peut expliquer par l’évolution des cadres réglementaires et
l’accélération des progrès technologiques et l’impact positif de la concurrence. Dans la
pratique deux catégories réglementaires qui représente les principaux facteurs qui expliquent
l’innovation financière3 :
1
- De Boissieu, C,. Mutations et fragilité des systèmes financiers, Revue française d'économie.
Volume 2 N°1, 1987. pp. 74-110.
2
Aglietta, M., 1987. A theory of capitalist regulation: the US experience. London, Verso
3
- FREDRIC Mishkin et Al, op.cit, p393.
A- les Réserves obligatoire : les réserves obligatoires imposent un cout à la banque égale au
taux d’intérêt ( i) qu’elle pourrait gagner si les réserves étaient prêtées, multiplié par la part
des dépôts constituant les réserves, par la suit il est de tradition d’éviter l’impôt quand on le
peut, donc les banques essaient d’augmenter leur profits en exploitant les lacunes et les
innovations financières.
B- Plafonds d’intérêt créditeurs : quand les taux d’intérêts créditeurs sont réglementés, si
les taux d’intérêt du marché augmentent au-dessus des taux maximum que les banques sont
autorisées à verser sur les dépôts à terme, les déposants retirent leurs fonds des banques pour
les investir dans des titres à plus haut rendement. cette perte de dépôts par le système bancaire
restreint le montant de fond que la banque peut prêter et limite ainsi les profits bancaires. les
banques ont avantage à tourner ce plafonnement des taux des dépôts, car elles peuvent ainsi
collecter plus de fonds pour accorder des prêts et faire des profits plus élevés.
Mais la difficulté la plus importante pour les banques centrales vient des innovations
financières qui se traduisent par l’émergence de nouveaux produits qui sont de proches
substituts de la monnaie et qu’il est difficile de classer comme de la monnaie, notamment
parce que leur valeur fluctue sur les marchés. Ces nouveaux produits soulèvent plusieurs
problèmes : faut –il leur appliquer des réserves obligatoires ? Où les classer dans les
statistiques monétaires ? Certains de ces instruments ont été introduits dans les agrégats
monétaires larges. La difficulté est de savoir où tracer la frontière entre les placements à
caractère monétaire et ceux à caractère financier.
5.1 Les produits de l’innovation financière
5.1.1 La quasi-monnaie
1
- pour plus d’informations sur la monnaie voir Stephen M. Goldfeld , Daniel E. Sichet « the demand for
mony », Handbook of monetary Economics, Volume 1 (Amesterdam: North –Holland, 1990.
cette substitution peuvent être minimes, sans exprimer des variations de la demande. La
vitesse de la circulation de la monnaie est donc devenue instable et la quantité de monnaie
peut donner des signaux erronés sur la demande agrégée.1
L’une des solutions à ce type de problème est le recours à une définition large de la
monnaie, incluant la quasi-monnaie, et par conséquent l’adoption d’une définition large de la
monnaie réduit la capacité de la banque centrale à contrôler l’offre de monnaie, car de
multiples formes de quasi-monnaie ne sont soumises à aucune réserve obligatoire.2
Les produits dérivés permettent une réduction des risques parce qu’ils présentent aux
institutions financières la possibilité pour faire une opération de type financière réduisant
totalement ou partiellement un risque. En revanche l’existence d’un processus d’innovation
financière a permis de faire apparaitre les nouveaux instruments financiers nécessaires à une
meilleure gestion du risque par les institutions financières. Ces instruments appelés produits
dérivés, ces produits ont de bénéfice et de perte qui dépendent de la variation de
caractéristiques d’autres actifs financiers existants, dits actifs sous-jacents 3.
1
- Gregory N. Mankiw, Macroéconomie, traduit par jihad C. El Naboulsi, De Boeck, 5eme Edition, 2010, P699
2
- Ibid.
3
- FREDRIC Mishkin et Al, op.cit, p197.
4
- Ibid, p358.
5
Bulletin de la banque de France – N° 14 – Février 1995
négociation, de couverture et de placement sur les marchés de capitaux. Ainsi, d’une façon
générale, les produits dérivés accroissent la liquidité des marchés de capitaux.
– Étant donné qu’ils peuvent faire apparaître le prix de risques qui, auparavant, ne
faisaient pas l’objet d’une évaluation distincte et parce qu’ils facilitent le processus de
«découverte » du prix, ils améliorent l’efficacité de la détermination des prix. Comme il est
généralement moins coûteux d’effectuer des transactions sur les marchés dérivés que sur le
marché physique, les produits dérivés contribuent à faire baisser le coût de l’intégration de
nouvelles informations dans les prix.
– Ils facilitent les stratégies de placement et d’arbitrage qui chevauchent plusieurs
compartiments du marché et sont donc de nature à renforcer la substituabilité des actifs, au
niveau tant national qu’international
La question se pose de savoir si les produits dérivés ne présentent pas un risque important
pour la conduite de la politique monétaire pour deux séries de raisons : 1
- d’une part, ces instruments peuvent contribuer à amplifier les crises financières car ils sont
utilisés par les spéculateurs pour prendre position sur les monnaies.
- D’autre part, les produits dérivés peuvent porter atteinte à l’efficacité de la politique
monétaire dans la mesure où ils permettent aux agents économique de s’immuniser contre les
variations de taux d’intérêt et de change qui constituent des canaux importants de
transmission de la politique monétaire. Des travaux menés par les autorités monétaires
(Banque de France 1994) apportent des conclusions rassurantes sur ces interrogations. Selon
certain analyste, grâce aux informations contenues dans les prix des produits dérivés, ces
instruments seraient même un instrument utile pour renseigner les autorités monétaires sur
l’état des anticipations sur les marchés.
Dans cette section, nous allons présenter les interactions entre les flux de capitaux et
différents indicateurs macroéconomiques, puisque l’augmentation des flux de capitaux entre
pays renforce l’impact du système financier sur les économies nationales.
1
-Myriem Alaoui, Ismaili M.Amine El Ayoubi, objectifs et instruments de la politique monétaire, séminaire :
théories monétaires, faculte des sciences juridiques économiques et sociales, universite mohammed v, RABAT,
2006 , p 43-44.
1. Libéralisation financière et son impact sur les indicateurs macroéconomique.
Les résultats publies sur le sujet, n’ont pas offrir des résultats claires. Quelque études
constatent un impact positif de la libéralisation sur la croissance économique (Quinn ;
1997, Harvey et Lundblad ; 2003). D’autres chercheurs ont conclus à des résultats selon
lesquels, la libéralisation financière peut parfois freiner la croissance économique (Johns
et Daniel ; 2007, Edwards ; 2001, Wei Rogoff ; Prasad et Kose ; 2006)1 ont examiné 20
articles entre (1994- 2005) traitants empiriquement l’impact de la libéralisation sur la
croissance. Le résultat est que 80% de ces études n’ont dégagé aucun impact significatif
(ou a la limite des effets mixtes)2.
Tableau N° : synthèse des études empiriques portent sur l’impact de libéralisation
financière sur la croissance économique.
1
- BEN SALAH Ousama, ALOUI Chaker, BOUAZIZ Tarek, libéralisation financière, crises bancaires et
croissance économique : Cas des pays du sud Méditerranée, Colloque international « ouverture et
émergence en Méditerranée », UNECA, 17 et 18 octobre 2008, Maroc, P 08.
2
- Ibid.
échantillon de 100 revenu réel
pays) pour la
période (1975-1989)
Hisarciklilar et al L’impact des flux de Tests de racine A long terme, aucun
(2006) capitaux sur la unitaire et rapport significatif
croissance (Pays de coïntégration entre entre les deux
la rive sud du les IDE et PIB variables IDE-PIB
Méditerranée)
Laureti et L’impact des flux de L’estimation en Les IDE, n’ont
Postiglione (2006) capitaux sur la données de panel exercé aucun effet
croissance dynamique (pays positif ou significatif
MED) pour la sur la croissance
période (1990-2000)
Source : BEN SALAH Ousama, ALOUI Chaker, BOUAZIZ Tarek, libéralisation financière, crises
bancaires et croissance économique : Cas des pays du sud Méditerranée, Colloque international
« ouverture et émergence en Méditerranée », UNECA, 17 et 18 octobre 2008, Maroc, P 09,10.
À la lumière de ces études, nous pouvons constater que le nombre des travaux
empiriques ayant trait à tester le lien est très important. Ainsi, les résultats étaient très
controversés et parfois contradictoire. Cependant un nombre croissant de travaux suggère
que la libéralisation financière a un effet positif sur la croissance1.
1.2 Libéralisation financière et la couple (investissement- épargne).
En générale, la libéralisation financière doit tout d’abord favoriser l’épargne, en
élargissant l’offre d’outils d’épargne et en augmentant le taux d’intérêt réel. Sachant que,
le taux d’intérêt qui maximise la croissance est le taux d’intérêt d’équilibre (marché
concurrentiel). Ce taux optimal est atteint par la libéralisation du taux d’intérêt (créditeurs)
et diminuant les réserves obligatoires ou en les supprimant (McKinnon; 1973 et Shaw;
1973).Ce taux d’intérêt optimal va permettre d’augmenter les ressources dont peut
disposer le secteur financier.
Les partisans de la libéralisation financière montrent que ce volet a également un
impact sur l’efficience de l’investissement, (Shaw ; 1971) montre que les taux plafonds
augmentent l’aversion pour le risque et la préférence pour la liquidité « Pour McKinnon,
1
- EUNICE N.Egbuna, ONWIODUOKIT .A Emmanuel, MANSARAY Kemoh et al, libéralisation du compte en
capital dans la ZIMAO, analyse d’écarts, rapport N°06, institut monétaire de l’Afrique de l’ouest (IMAO),
Ghana 2013, P13.
dans une économie financièrement réprimée, le financement des investissements qui
rapportent un bénéfice à peine supérieur au plafond du taux de crédit a une tendance très
forte »1. Donc ces approches reposent sur le mécanisme suivant « la libéralisation
financière assure un optimal mobilisation et allocation des ressources financiers, par
conséquent une meilleure adéquation entre l’investissement et l’épargne.
Par contre, selon Bandiera et al (1999), une évaluation de l’impact de libéralisation
financière sur l’épargne et l’investissement, nécessite une analyse des différents canaux de
transmission de la libéralisation financière et faire la différence entre les effets de court et
de long terme.
Tableaux N° : synthèse des travaux empiriques par ordre chronologique portent sur le
lien (libéralisation- épargne).
1
- GARIP TURUNÇ, développement du secteur financier et croissance : le cas des pays émergents méditerranés,
Revue Région et développement, N°10, 1999, France, P 105.
Bandiera et 1999 08 pays en Le lien est positif et significatif
al développement pour deux pays et
(négatif /significative) pour deux
autres, et enfin (non
significative/négative) pour les
quatre autres restants
Loayza et 2000 Inde Aucun impact de la réforme
Shankar financière sur le taux d’épargne
Source : BOUMGHAR Mohamed yazid, libéralisation et épargne des ménages : quel(s) lien(s), Cahier du
CREAD N°81-82, 2007, p 176.
La littérature théorique et empirique distingue entre quatre canaux de transmission
(taux d’intérêt, le crédit, les innovations financières, institutions de collecte de l’épargne),
selon ces littératures il existe un effet négatif sur l’épargne à court terme et un effet positif
à long terme1.
Selon des études menées dans des pays en développement, les IDE n’exercent aucun
influence sur l’emploi, ni sur le marché du travail. Pendant la crise qui a frappé l’Asie en
1997-1998, ces pays touchés par la crise ont enregistré une chute des salaires (41% dans le
cas de l’Indonésie. Pendant les deux crises financières en argentine, le chômage est passé
du taux modéré de 6.7% (1992) à 20 % en 20022.
Ainsi, les données provenant des cinq pays les plus touchés par la crise (R. de Corée ;
Indonésie ; Thaïlande ; Philippines ; Malaisie) indiquent que 50% des entreprises ont
réduit leurs effectifs en 1998. Même lorsque le PIB par habitant rapproche à son niveau
avant le déclanchement de la crise, les conséquences continuent de se refléter dans
indicateurs de l’emploi.
La lenteur de la stabilité sur le marché du travail fait que la main-d’œuvre paie un très
lourd prix aux crises financières. Des études récentes indiquent que ces dernières crises
affectent durablement la part des salaires dans les PIB, Ainsi il y a une étude qui a utilisé
comme indicateur, la part des salaires dans le PIB, cette étude montre que chaque crise
1
- BOUMGHAR Mohamed yazid, libéralisation et épargne des ménages : quel(s) lien(s), Cahier du CREAD
N°81-82, 2007, p 173.
2
- CARLUCCIO Juan, TALLADA- Julio Ramos: L’Argentine après Le défaut : conditions D’accès aux
marchés internationaux De Capitaux et choix de politiques économiques « Non conventionnelles», REVUE
D’ÉCONOMIE FINANCIÈRE, 2016/4 n° 124, 157.
s’accompagne d’une baisse remarquable des salaires par 5% à la moyenne d’avant la
crise.1
1.4 Libéralisation financière et son impact sur l’inflation et la balance des paiements.
Nombreux études de FMI, ont apporté des résultats intéressants sur la relation
existante entre la libéralisation financière et les indicateurs macroéconomiques. Ainsi
(Kaminski et Reinhart ; 1996) trouvent que cinquante six pourcent des crises bancaires ont
été accompagnés par des crises de balance des paiements 2. Selon ces deux économistes, la
libéralisation financière stimule les entrées de capitaux, ce qui a deux genres de résultats :
En revanche, les faits stylisés présentés par William white résultent en grand partie de
ces évolutions3 :
Un certain nombre de pays ont enregistré durant les années 1980 des périodes
d’inflation élevée, pendant lesquelles les taux de croissance monétaire également très
forts, s’apparentent aussi à des événements exogènes (flux de capitaux). Depuis l’an
deux mille, ces pays ont toutefois connu une réduction considérable de leurs taux
d’inflation4.
1
- DIWAN .D , Debt as sweat : labour, financial crisis, and the globalization of capital , World Bank, Jully 2001.
2
- MOITTI Luis, PLIHON Dominique, Libéralisation financière spéculation et crises bancaires, Revue du centre
d’études prospectives et d’informations internationales, N°85, 2001/1, p06.
3
- R.WHITE William, la globalisation et les déterminants de l’inflation interne, colloque international :
Globalisation, inflation et politique monétaire, Banque de France, Mars 2008, p 57-60.
4
FREDERIC Mishkin et al, op cit.
En général, certain études concluent que l’ouverture du compte de capital a un
effet positif sur la production et l’inflation (Angkinand ; Sawangoenyuang et
Wilhlborg 2010) et (Campus ; Karanasos et Tan ; 2012)1
Plusieurs études indiquent qu’il existe une tendance générale des pays à lever
l’opération de contrôle des mouvements des capitaux, mais que la plupart des pays conservé
une variété de contrôle avec des outils spécifiques sur les banques et les institutions
d’investissement.
L’influence des entrées de capitaux sur le taux de change effectif réel se révèle plus
élevée dans les pays à faible taux de revenu par tête (selon les calculs économétriques
effectués, une augmentation de 1% des entrées de capitaux augmenterait le taux de change
effectif réel en moyen de 0,5 %) 4. Ainsi, l’entrée de capitaux est susceptible d’exercer
un impact sur le taux de change réel dans la mesure où elle suscite généralement des
dépenses allouées aux produits non échangeables. Ce qui a tendance à créer une pression
sur l’indice de prix de ces produits et d’engendrer, ainsi, une diminution du taux de
change et une appréciation de la monnaie (il existe une relation négative entre les flux de
capitaux et le taux de change réel)5.
1
- HELDER Ferreira, De.Mendonça, NATALIA Cunha Nascimento , Monetary policy efficiency and
macroeconomic stability: do financial openness and economics globalization matter, North American journal of
economics and finance, May 2018, P02.
2
- FREDERIC Mishkin et al,op cit
3
- A. Viau et J.M Albertini, l’inflation, édition OUVRIERES et SEUIL, Paris 1975, P205-209.
4
- Jean-louis COMBES, Haidara AMINATA, Tidiane KINDA et al, les flux de capitaux internationaux
affectent-ils la croissance économique des pays en développement, FERD, rapport N°151, 2003, P05.
5
- évolution du taux de change du dinar (1961-2000) : une approche par le taux d’équilibre, publie dans les
cahiers de L’IEQ (l’institut d’économie quantitative, Ministère du développement tunisien, P90.
Selon (Zouheir ABIDA et Ilmen MOHAMED SGHAIRE, 2011), l’un des effets
néfastes associé à l’afflux massif de capitaux dans les économies émergentes est la
volatilité et la dispersion des indicateurs macroéconomiques suite à une appréciation
importante de taux de change réel 1. Sachant que, les flux de capitaux dans les pays sud
méditerranéens sont basés essentiellement sur les IDE. Par contre, les flux
d’investissement en portefeuille (IPF) sont négligeables et très faibles, comme le montre
le tableau suivant.
Tableau N° : évolution des flux de capitaux vers les pays du Maghreb (2004-2008)
(million$)
Dans les travaux de (McKinnon et Shaw ; 1973), il existe une relation positive entre
la libéralisation des taux d’intérêt et les ressources des banques. Ainsi, la libéralisation
financière avait comme objectif de libérer les taux d’intérêt et de développer les marchés
des capitaux pour plus d’efficience dans la distribution des crédits par une meilleure
rémunération des dépôts bancaires2.
1
- ABIDA Zouhier, MOHAMED SGHAIER Imen, afflux de capitaux, taux de change réel et développement
financier : évidence empirique pour les pays du Maghreb, Global journal of Management and business research,
Volume 11, Novembre 2011, P01.
2
- GARIP Turunç, Op-cit, P 113.
Dans les travaux de R.Mundell, les flux de capitaux à court terme peuvent être
expliqués par les variations entre les taux d’intérêt locales et étrangers (le pays ayant le
taux d’intérêt le plus élevé, reçoit un flux de capitaux élevé). Ainsi, plus la différence
entre les taux est grande plus les flux de capitaux sont importants. Bien que l’appel
successive aux capitaux étrangers fasse montrer rapidement le coût de capital, et augmente
le poids de la dette jusqu’à le rendre insupportable 1. (Ahmed et Moyama ; 2010), ont
mené une étude porte sur l’impact des IDE au Nigéria, pour la période (1970-2009) 2.
L’étude à utilisé la méthode notée (VECM), Ainsi que les techniques de causalité de
Granger. Cette étude à trouvé que les variables macroéconomiques telles que (taux
d’intérêt réel ; l’inflation ; taux de change) sont les principaux facteurs qui déterminent les
mouvements de capitaux.
En revanche (Chingarande ; 2012) à réalisé une recherche sur l’impact des taux
d’intérêt réel sur les investissements directs étrangers pour la période de février 2009 au
juin 2011 sur le cas de l’économie zimbabwéenne. L’étude a montré que le taux d’intérêt
réel n’a aucun impact sur les entrées des IDE au Zimbabwe 3. Par contre (Luther ; 2014) a
fait une étude sur la causalité qui peut être existé entre les trois variables suivantes (IDE ;
TCR ; TIR)4. Cette étude a montré que la volatilité des taux d’intérêt affectait fortement le
taux de change et l’attractivité du marché, ce qui affectait à son tour les IDE à long terme.
Ainsi, cette étude à prouvé l’existence d’une relation de causalité bidirectionnelle entre le
taux de change réel et les IDE.
1
- ANTIER Daniel, mouvements internationaux de capitaux à court terme, revue statistique et études financières
N°12, 1973, P27.
2
- NDANU Musyoka, KENNEDY N.Ocharo, real interest rate; inflation; exchange rate; competitiveness and
foreign direct investment in Kenya, American Journal of economics, Vol 3, N°1, 2018, P08.
3
- NDANU Musyoka, KENNEDY N.Ocharo, Op-cit, P08.
4
- Ibid.
5
- HELDER Ferreira, De.Mendonça, NATALIA Cunha Nascimento, Op-cit, P02.
Les travaux de KENNETH et ROGOFF ont prouvé que la libéralisation a pu
renforcer la crédibilité de la politique monétaire à travers son impact sur la courbe de
Phillips. Ensuit, plusieurs économiste comme RICHARD Fisher et MARTIN Redrado ont
déclaré que (la mobilité accrue des flux de capitaux a pu inciter les autorités à mener des
politique économiques saines)1. Selon KENNETH et ROGOFF, les banques centrales ont
pu bénéficier de la libéralisation (certaines faiblesses du cadre, de la politique monétaire
peut être masquée par la productivité).
Artus et Cartapanis (2008) illustrent leurs arguments à travers des cas concrets. ils
prennent l’exemple du brésil et de l’inde qui sont des pays émergents, dont la politique
monétaire vise à lutter contre l’inflation en maintenant les taux d’intérêt à des niveaux
élevés, ce qui provoque un afflux massif de capitaux qui causera à son tour en une
appréciation du taux de change nominal et une abondance de liquidité qui provoque
des tensions inflationniste4.
1
- Colloque international : globalisation, inflation et politique monétaire, Banque de France, Mars 2008, P21.
2
- Ibid., P25.
3
- Bulletin de la banque de France, N°14, février 1995, P91.
4
- LAJILI Oualid, Libéralisation financière ; ouverture politique et croissance économique dans les pays en voie
de développement, Thèse doctorat en sciences économiques, Université de Toulon et Université de Sousse, Mai
2015, P57.
Selon McKinnon (1973), un environnement macroéconomique stable et une
politique monétaire saine sont les premières conditions d’une politique de
libéralisation réussie1. Selon cet économiste, cela passe tout d’abord par l’adoption
d’un régime de change flexible et d’éviter à tout prix le système d’ancrage. Ainsi, le
pays doit appliquer une politique monétaire saine afin de lutter contre l’inflation et
doit éviter toute volatilité des flux de capitaux2.
Dans ce cadre, les contrôles sur les sorties (outflows) des flux de capitaux ont
comme but d’éviter une dépréciation de la monnaie locale (en diminuant les coûts lies
à une augmentation des taux d’intérêt). En revanche, les contrôles sur les entrées de
capitaux (inflows)4 ont comme objectif à diminué l’appréciation de la monnaie locale
et de contrôler la masse monétaire.
- un système basé sur la taxation sur les opérations de change (taxe de Tobin). Ce taux
de taxation dépend de plusieurs facteurs 6:
taux d’intérêt étranger ;
le montant qui doit être bloqué ;
la durée de placement.
- un système de rémunération nulle sur les dépôts obligatoires qui sont ploqués pendant
un an appliqué sur une partie du capital investi.
1
- Ibid, P63.
2
- Ibid.
3
- YVES Jégourel, TEILETCHE Jérôme, Globalisation financière et autonomie de la politique monétaire : le
rôle des contrôles de capitaux, Revue économique Vol 52, N°2, Mars 2001, P 401.
4
- Ibid.
5
- Ibid, P402.
6
- Ibid, P403.
Selon (Eichengreen (1996)), Deux Arguments sont généralement avancés en
faveur de ce type de contrôle :1
Tableau N° : les mesures de contrôle sur les flux de capitaux dans les pays
émergents.
1
- Ibid, P400.
Pérou 2010 - Une taxe sur des gaines en - Assurer la stabilité
capitaux (les non résidents) sur le du taux de change
marché boursier (30% si courtier et minimiser sa
local et 50% si courtier étranger) volatilité.
- Une taxe de 30% appliquée sur les
Pérou 2010 transactions des produits dérivés - lutter contre la
(réalisées par (les banques offshore). vulnérabilité
financière
Durée minimale Indonésie 2010 - l’achat des certificats du marché Lutter contre les
d’investissement monétaire pour mois un an minimum flux de capitaux à
court terme
Limites Chine 2010 - contrainte à accéder au yuan sur le Lutter contre les
quantitatives marché des changes chinois opérations
d’offshore
Indonésie 2010 30 % du capital des emprunts Lutter contre la
extérieurs à court terme vulnérabilité
financière
Corée du sud - limitation sur les marchés de Freiner les
2010 dérivés de devises emprunts bancaires
extérieurs à court
terme
Réserves non Turquie 2010 - augmentation des exigences pour Freiner les flux de
rémunérées les maturités < à un an capitaux (inflows) à
court terme
Brésil 2011 Taux de réserve 60% sur les Freiner les entrées
positions en devises de capitaux à court
terme
Source : Jean Pierre Allégret, les mouvements de capitaux à destination des pays
émergents après les crises financières liée aux Subprimes, développements récents en
économie et finances internationales, Paris, P16, 17.
Chen et al. (2015) ils sont déclarés que (les mesures non conventionnelle mise en
œuvre entre 2007 et 2013 par la FED, auraient influencé directement les pays
émergents, conduisant à une chauffe au brésil et en chine en 2010)1.
3.3 Obstacles de gestion Macro économique des entrées de capitaux dans les pays
émergents.
Les Entrées massif de capitaux dans les pays émergents pendant les années 90
ont posé des problèmes au niveau macroéconomique. Selon Edwards (1998) ; sept
pays émergents d’Amérique latine sur huit, il n’est pas possible de rejeter l’hypothèse
selon laquelle les flux de capitaux cause l’appréciation de taux de change au sens de
Granger. En se sens, les pays émergents font face à un conflit d’objectif « d’un coté il
faut garder des taux directeurs élevés pour lutter l’inflation et d’un autre coté, il faut
contrôler l’appréciation du taux de change réel (pour objectif de compétitivité) »2.
Conclusion
Les flux de capitaux ne constituent qu’une manifestation du processus de
l’libéralisation financière qui s’est accélérés ces dernières années. Il n’est donc pas
surprenant que ce phénomène exerce un impact croissant sur le fonctionnement de la
politique monétaire (instruments ; objectifs ; canaux de transmission) et même son
efficacité.
Donc, la présence des flux de capitaux va rendre difficile l’exercice du rôle (Prêteur
en dernier ressort). En plus, la santé financière d’un pays, dépendent les anticipations
de crise de change des investisseurs internationaux.
Enfin, les Banques centrales ont donc toujours comme objectifs finals l’attraction
des flux de capitaux externe, et la stabilité de taux du change comme objectif
intermédiaire. Sachant que, ces deux objectifs étant fondamentalement incompatibles
(le premier implique une hausse de l’inflation et l’autre nécessite une inflation faible).