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Politique Monétaire et Libéralisation Financière

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CHAPITRE 3

La politique monétaire face à la libéralisation financière


Les économistes savent bien que la politique monétaire est un facteur important dans la
détermination du prix des actions, et même pour les mouvements international des capitaux.
Pour cela ; les mouvements de capitaux sont devenus un élément central de l’activité
économique internationale, et l’évolution de la composition des flux de capitaux à long terme
est également significative. Ce marché mondial des capitaux il comporte des compartiments
varies comme (marché des actions, marchés des obligations, marché de cash, marches des
produits dérivés)

Dans ce chapitre on pose la question des liens entre la sphère financière et la sphère
réelle de l’économie, généralement les taux d’intérêts réels élèves rendent le capital financier
plus attractif que le capital productif1. Les entreprises sont incitées à se désendetter ou à faire
des investissements financiers. Il en résulte un ralentissement de la croissance et l’apparition
de chômage.

En plus l’étude des relations entre la sphère financière et la sphère réelle de l’économie
mérite d’être approfondie d’une part sur le raccourcissement et l’horizon et d’autre part ; les
modalités de financement d’une croissance où le progrès technologique et l’innovation
constituent un moteur essentiel, pour cela j’ai focalisé dans ce chapitre sur les axes suivants :

- libéralisation financière.
- effet des entrées de capitaux sur les indicateurs Macroéconomiques.

1
- la comptabilité nationale définit le capital productif comme l’ensemble de stock, de matériel et de
construction, utilisé pour produire des biens et des services.
Section 1 : La libéralisation financière

La libéralisation est un phénomène complexe, pour lequel n’existe aucune définition


univoque. Dans le contexte actuel, la mondialisation est définie comme une accélération de
l’intégration économique internationale, qui se manifeste par une intensification marquée des
échanges internationaux de biens et services et par une mobilité croissante des capitaux.

1- Aspects fondamentaux et théoriques.

1.1 Définition

De façon générale, la libéralisation est l’ensemble de mesures tendent à faciliter le


développement des échanges internationaux en supprimant les obstacles douanières ou
d’autres natures.

Selon R.Mc Kinnon, la libéralisation est la solution idéale pour sortir du régime de
répression financière, et un moyen efficace pour augmenter le rythme de la croissance
économique dans les pays émergents. 1

Selon Murat Ucer la libéralisation c’est une politique qui comporte un ensemble de
procédures qui s’applique à la suppression des restrictions imposées sur le secteur financier et
bancaire des pays en vois de développement ( la libéralisation des taux d’intérêt bancaire, la
suppression des restrictions imposées aux opérations liées au compte de capital), sachant que
l’objectif de ce processus est de réformer le secteur interne et externe d’un pays. 2

1.2 les caractéristiques d’une économie financièrement libéralisée.


la libéralisation financière consiste en la dérégulation à trois niveaux (secteur financier, le
compte de capital et le marché financier).
A - secteur financier complètement libéralisé est caractérisé par :3
- la libéralisation des taux d’intérêt, dans ce cas c'est-à-dire l’absence de contrôle des
taux débiteurs et créditeurs.
- abandonner la politique sélective de crédit (l’absence de contrôle des crédits).
- les dépôts en devises sont également permis.
b- le compte de capital est totalement libéralisé lorsque :
1
- R.Mc Kinnon , « Money and Capital in economic development » Brooking institution, wachington, 1973.
2
- Murat Ucer, « notes on financial liberalization », proceeding of the séminar «Macro-économic management:
new méthodes and current policy issues », turky, 2000, P 01.
3
- G Kaminsky et S.L Schmukler « short- run pain, long –run gain, financial libéralisation and market cycles »
review of finance, N12, 2008, P281.
- les banques et les entreprises peuvent emprunter librement à l’étranger.
- Assurer une liberté d’entrée et sortie des capitaux avec la suppression de toutes les
contraintes, mais cela ne veut pas dire, pour autant l’absence Totale de l’état dans
l’économie.
A- un marché boursier entièrement libéralisé est pour but de motiver les investissements
étrangers d’acquérir des titres domestiques sans restriction, en plus le capital et les
dividendes peuvent être rapatriés librement, et l’état doit garantir une forte structure
judiciaire.

Par conséquent les trois principes permettent, de déterminer le degré de libéralisation,


selon Kaminsky et schmukler, la libéralisation est total si ; au moins deux des trois secteurs
sont totalement libéralisés et le troisième partiellement libéralisé. Ainsi un pays est
partiellement libéralisé si, au moins, deux des trois secteurs sont partiellement libéralisés,
d’autre cas le pays est considéré comme fermé.1

1.3 Les objectifs de la libéralisation : on peut citée quelque objectifs de la libéralisation


dans les points suivants :2

- la possibilité d’atteindre le taux d’intérêt d’équilibre.


- pour une bonne relation entre le marché financier locale et les marchés étrangers et
pour attirer les fonds nécessaire au financement de l’investissement.
- pour une bonne allocation de l’épargne.

Tableau N : les objectifs de la libéralisation financière

Labelles Les mesures Les objectifs


Système - annulation du contrôle des taux - plus grande efficience de l’allocation
Financier d’intérêt. des fonds
Domestique - Abandon de l’encadrement de crédit - mobilisation et utilisation plus efficace
- développement de nouveaux de l’épargne.
produits de financement - Encouragement des innovations
- suppression des réserves obligatoires -l’adaptation de système domestique à la

1
- Fattoum Asma, « Politique Monétaire et gestion Macro-économique des entrées de capitaux », thèse de
doctorat en sciences économiques, université Louis Lumière- Lyon2, 2005, P22.
2
- ZENASNI Soumia, BENHABIB Abderrezak, « les effets de la libéralisation financière sur la croissance
économique : analyse empiriques sur le cas algérien, deuxième colloque international sur la bonne performance
financière et les défit de la performance environnementale, Université de OUARGLA, le 22 et 23 novembre
2011, PP 02,03.
concurrence internationale
Système - Annulation du contrôle de change
Financier - Ouverture du compte capital
Etranger - liberté d’installation des institutions
financières
Source : NDONG Benjamin, Marché Boursiers émergents et problématique de l’efficience
thèse Doctorat en sciences économiques, université de Franche-Comté, 2007, P111-117.

Selon Mc Kinnon, les réserves obligatoires élevées permettent aux banques centrales de
prêter davantage à l’état pour assurer ses besoins de financement, et ca va criée une
inefficacité de la fonction d’allocation du système financier.

Selon Stieglitz l’état peut être plus efficace que le système financier en termes d’allocation
des crédits.

2 Les Formes de la Libéralisation

En pratique il existe deux formes importantes de la libéralisation financière :

2.1 Libéralisation interne : c’est la dérégulation des taux d’intérêt (débiteur-créditeur) des
crédits et l’abandon des réserves obligatoires et applique des mesures pour le renforcement de
la concurrence bancaire, et la suppression des politiques d’encadrement de crédits bancaire
préférentiels à certains secteurs économiques jugés prioritaires, et surtout l’allégement de la
fiscalité sur les activités financières.

Enfin la libéralisation des conditions d’exercice pour les institutions financières afin de
stimuler la concurrence et le libre accès au marché et aux institutions bancaires et non
bancaire et la suppression des restrictions sur les titres pour les résidents et les étrangers. 1

2.2 Libéralisation externe : elle signifie la suppression des restrictions des activités
financières ayant une relation avec l’extérieur, et qui est peut être résumé par les points
suivants :2

- la suppression des contraintes imposées sur les transactions du compte de capital et sur les
comptes financiers de la balance des paiements ;

1
- BEN GAMRA.S et Clévenot. Mickael « libéralisation financière et crises bancaires dans les pays émergents :
la prégnance du rôle des institutions », CEPN working paper, université de paris, Vol 13, N 08, 2006, P10.
2
- Ibid., P14.
- la libéralisation des marchés financiers ;

- l’ouverture du compte de capital, elle représente l’abandon du contrôle sur les emprunts
étrangers, et les flux de capitaux étrangère, et l’assouplissement de la réglementation des
changes ;

- l’élimination des contraintes imposées sur l’investissement direct ;

3 Etapes de la libéralisation financière

Apres avoir étudié les objectifs et les formes de la libéralisation, nous allons présenter les
étapes qu’il faut suivre :

3.1 Le Secteur réel : la libéralisation de secteur réel se fait généralement étape par étape,
commencerons par la libéralisation des prix des biens et services, donc le prix d’un bien est
déterminer par l’offre et la demande sur le marché, ensuite c’est la privatisation qui permet
l’évolution de la concurrence et la réduction du monopole et l’élimination des taxes et des
subventions, par conséquent l’état ne doit pas intervenir sur le marché ( la mise en ouvre des
barrières restrictives à l’entrée des biens et services).

3.2 Le secteur financier : la libéralisation de secteur financier se fait par :

- la déréglementation des taux d’intérêt ;


- la privatisation du secteur bancaire ;
- la réactivation du marché monétaire ;
- la libéralisation des opérations courantes (la levée des barrières commerciales, et la
création des zones de libre échange) ;
- la création des marchés de change ;
- la convertibilité externe de la monnaie ;
- la libéralisation des mouvements de capitaux (une mobilité parfaite des capitaux) ;

Tableau : les étapes de la libéralisation économique et financière

Secteur Interne Externe


Réel ETAPE I ETAPE III
- stabilisation - libéralisation des opérations
- libéralisation des prix courantes (suppression des
- la suppression des taxes barrières commerciales)
- la suppression des subventions - la convertibilité externe de la
- privatisation monnaie
- la création de zone libre
échange
Financie ETAPE II ETAPE IIII
r - la privatisation du system bancaire - libre circulation des
domestique mouvements de capitaux
- la création de marché monétaire

La Source : PATABENDIGE. S, SAMARATH. S « financial libéralization à fourth génération


thougth, global journal of business researche, N 9, 2015, P79.

Dans ce tableau nous remarquons deux types de réformes internes qui comporte le coté
réel et financier, et d’autre réformes externe qui ont globalement les opérations courantes et le
marché des capitaux, et dans ce cadre nous pouvons dire que la réussite de la politique de la
libéralisation financière exige que l’ouverture externe du compte capital ne précède pas la
libéralisation du secteur financier domestique.

4 les formes de la libéralisation financière

D’après les expériences internationales, il existe deux formes de libéralisation


financières.

4.1 libéralisation Totale.

Cette méthode se base sur une application simultanée de toutes les étapes de LF sans
tenir compte de la nécessité d’application progressive. Les pays qui ont appliqué ce type de
libéralisation ont souvent été exposés à des crises bancaires et financière.1

1
- CH.y « ineficiencies from financial libéralization in the absence of well-functionning equity
markets »,journal of money, Crédit and Banking, Vol 18, N 02, 1987, P 199.
Tableau N : les caractéristiques de la libéralisation totale

Système financier domestique Marché boursier Compte capital


• les taux d’intérêt •les investisseurs étrangers • les banques et les sociétés
(il n’ya pas de contrôle sur les taux peuvent détenir des capitaux peuvent recourir librement au
d’intérêt créditeurs et débiteurs, ni de domestiques sans financement extérieur
plafonnement) restrictions • aucun restriction imposée
• le capital, les dividendes et sur les transactions du compte
• élimination de l’encadrement de les intérêts peuvent être courant ou de compte capital et
crédit rapatriés librement dans un même envers les sorties de
• les dépôts de devise sont autorisés délai de deux ans capitaux.
• un système de réserve obligatoire • la maturité minimum
peut être mis en place, mais à un exigée pour les emprunts
taux inférieur à 10%. contractés par les banques et
les entreprises locales à
l’étranger ne dépasse pas
2ans
• il n’existe pas de taux de
change spéciaux pour les
transactions courantes ni
pour les transactions en
compte capital
La source : KAMINSKY.G, SCHMUKLER.S, op-cit, P 281.

Cette libéralisation a en des impacts positifs sur l’investissement et de la performance


macro-économique au court terme, et le cout de capital serait ainsi réduit et plus disponible
pour les investisseurs1, par contre au longe terme elle a été marqué par des crises financières.

4.2 Libéralisation Partielle.

Il est important de cité que lorsque la réforme est graduelle, la libéralisation risque de
perdre son impulsion avec le temps, en revanche plus les mesures de reformes sont rapides,

1
- M.D. Chinn, H.ito « what matters for financial development? Capital controls, institutions and interactions,
NBER, working paper N 11370, Cambridge, 2005,MA.
plus les profits potentiels sont imports, mais plus que la transition est remarquée d’être
coûteuse.1

Tableau N : les caractéristiques de la libéralisation Partielle

Système financier Marché boursier Compte capital


domestique
• contrôle partiel des taux • les investisseurs étrangers • les banques et les sociétés
d’intérêt créditeurs et peuvent détenir un taux ont la permission de
débiteurs déterminé des capitaux s’endetter à l’étranger, mais
• contrôle sur la distribution propres sous certaines conditions
des crédits et les dépôts en • quelques contraintes sont •l’existence de taux de
devise peut-être refusés imposées pour des secteurs change multiple
• les réserves obligatoires spécifiques • pour les transactions en
sont entre 10% et 50% • des investissements capital, il peut y avoir
• la maturité minimum indirects sur le marché quelques restrictions au
exigée pour des emprunts est boursier sont autorisés mouvement de sorties de
de 2 ans à 4ans • le capital, les dividendes et capitaux
l’intérêt peuvent être
rapatriés à partir de la
deuxième année et ne doivent
pas dépasser la cinquième
année

La Source : KAMINSKY.G, SCHMUKLER.S, op-cit, P 281.

Enfin, un système financier est considéré comme totalement libéralisé si les trois secteurs
sont parfaitement libéralisés. En plus l’expérience montre qu’une libéralisation extérieure
réalisée rapidement, peut conduire à la disparation du secteur industriel existant, cette
expérience conduit à la mise place d’une libéralisation interne comme première phase et puis
la libéralisation externe en second lieu2.

1
- AMAIRA Bouzidi « les conditions préalables à la réussite des réformes financières au sein des pays
émergents
2
- LAHIMER Mahjouba zaiter « l’impact des entrées de capitaux privées sur la croissance économique dans les
pays en développement », thèse doctorat en sciences économiques, université de Paris DAUPHINE, 2011,P 60.
5 L’innovation financière

L’innovation financière a fait l’objet de recherche plus tardif et moins approfondi que
l’innovation industrielle. Mais avec l’effet de l’accélération du phénomène et de la profusion
de l’innovation depuis le milieu les années 1970 1, Dans un ouvrage ultérieur, Schumpeter a
également défini l’innovation comme « la mise en place d’une nouvelle fonction de
production », C’est donc l’offre qui est à l’origine de l’apparition des innovations pour
Schumpeter, l’offre de nouveaux produits ou procédés créant de nouveaux besoins, sachant
que si l’innovation industrielle est intrinsèquement liée aux découvertes techniques et
scientifiques, au rôle de l’inventeur et aux spécificités du comportement de l’entrepreneur ;
l’innovation financière est en revanche, dans ses formes les plus primitives pour le moins, liée
à des changements contingents des conditions macro-économiques provoquant une
adaptation des méthodes de financement des organisations productives 2, c’est à dire
l’existence d’un lien étroit entre progrès technique et innovation financière dès lors que les
technologies de l’information et de la communication , jouent un rôle important dans
l’émergence de nouveaux produits financiers. Ainsi la Banque des Règlements
Internationaux (BRI) a conduit un effort de recherche concluant à la nécessité d’aboutir à une
classification fonctionnelle de l'innovation financière, qui représente le schéma le plus
pertinent selon l’institution. La principale difficulté consiste alors à identifier les différentes
fonctions potentielles de l’innovation financière. Selon cette méthodologie, la BRI (1986) a
mis en évidence cinq fonctions de l’innovation financière :
- Le transfert du risque de marché et de change ;
- Le transfert du risque de crédit ;
- L’amélioration de la liquidité ;
- L’augmentation de l’offre de crédit ;
- L’augmentation de l’offre de fonds propres ;

Cette innovation financière peut expliquer par l’évolution des cadres réglementaires et
l’accélération des progrès technologiques et l’impact positif de la concurrence. Dans la
pratique deux catégories réglementaires qui représente les principaux facteurs qui expliquent
l’innovation financière3 :

1
- De Boissieu, C,. Mutations et fragilité des systèmes financiers, Revue française d'économie.
Volume 2 N°1, 1987. pp. 74-110.
2
Aglietta, M., 1987. A theory of capitalist regulation: the US experience. London, Verso
3
- FREDRIC Mishkin et Al, op.cit, p393.
A- les Réserves obligatoire : les réserves obligatoires imposent un cout à la banque égale au
taux d’intérêt ( i) qu’elle pourrait gagner si les réserves étaient prêtées, multiplié par la part
des dépôts constituant les réserves, par la suit il est de tradition d’éviter l’impôt quand on le
peut, donc les banques essaient d’augmenter leur profits en exploitant les lacunes et les
innovations financières.
B- Plafonds d’intérêt créditeurs : quand les taux d’intérêts créditeurs sont réglementés, si
les taux d’intérêt du marché augmentent au-dessus des taux maximum que les banques sont
autorisées à verser sur les dépôts à terme, les déposants retirent leurs fonds des banques pour
les investir dans des titres à plus haut rendement. cette perte de dépôts par le système bancaire
restreint le montant de fond que la banque peut prêter et limite ainsi les profits bancaires. les
banques ont avantage à tourner ce plafonnement des taux des dépôts, car elles peuvent ainsi
collecter plus de fonds pour accorder des prêts et faire des profits plus élevés.

Mais la difficulté la plus importante pour les banques centrales vient des innovations
financières qui se traduisent par l’émergence de nouveaux produits qui sont de proches
substituts de la monnaie et qu’il est difficile de classer comme de la monnaie, notamment
parce que leur valeur fluctue sur les marchés. Ces nouveaux produits soulèvent plusieurs
problèmes : faut –il leur appliquer des réserves obligatoires ? Où les classer dans les
statistiques monétaires ? Certains de ces instruments ont été introduits dans les agrégats
monétaires larges. La difficulté est de savoir où tracer la frontière entre les placements à
caractère monétaire et ceux à caractère financier.
5.1 Les produits de l’innovation financière
5.1.1 La quasi-monnaie

L’analyse macro-économique conventionnelle distingue deux catégories d’actifs, le


premier type ceux qui sont utilisés pour les fonctions d’échanges et réserve de valeur (espèce,
comptes à vue), et le deuxième type, ceux qui ne sont utilisés qu’au titre de réserve de valeur
(action, obligation, compte d’épargne). Seuls les actifs du premier type sont appelés
« monnaie »1. On appelle le deuxième type la Quasi-monnaie.

Cette apparition de la quasi-monnaie complique singulièrement la politique monétaire en


déstabilisant la demande de monnaie. Monnaie et quasi-monnaie étant de proches substituts, il
est facile de faire passer ses avoirs de l’une à l’autre. Cette facilité explique que les raisons de

1
- pour plus d’informations sur la monnaie voir Stephen M. Goldfeld , Daniel E. Sichet « the demand for
mony », Handbook of monetary Economics, Volume 1 (Amesterdam: North –Holland, 1990.
cette substitution peuvent être minimes, sans exprimer des variations de la demande. La
vitesse de la circulation de la monnaie est donc devenue instable et la quantité de monnaie
peut donner des signaux erronés sur la demande agrégée.1

L’une des solutions à ce type de problème est le recours à une définition large de la
monnaie, incluant la quasi-monnaie, et par conséquent l’adoption d’une définition large de la
monnaie réduit la capacité de la banque centrale à contrôler l’offre de monnaie, car de
multiples formes de quasi-monnaie ne sont soumises à aucune réserve obligatoire.2

5.1.2 Les produits dérivés

Les produits dérivés permettent une réduction des risques parce qu’ils présentent aux
institutions financières la possibilité pour faire une opération de type financière réduisant
totalement ou partiellement un risque. En revanche l’existence d’un processus d’innovation
financière a permis de faire apparaitre les nouveaux instruments financiers nécessaires à une
meilleure gestion du risque par les institutions financières. Ces instruments appelés produits
dérivés, ces produits ont de bénéfice et de perte qui dépendent de la variation de
caractéristiques d’autres actifs financiers existants, dits actifs sous-jacents 3.

Précisément, les innovations financières ont produits de nouveau instruments financiers,


qui ont augmenté le spectre des possibilités de prise de risque par les banques et ont aggravé
le risque moral. Le développement de l’utilisation des produits dérivés a des implications pour
l’efficience des marchés de capitaux sur le long terme et, éventuellement, pour l’évolution à
court terme des prix des actifs 4, Les produits dérivés peuvent affecter l’efficience à long terme
des marchés de capitaux de quatre manières :5
– Ils sont, essentiellement, un moyen, très efficace, d’aménager l’exposition au risque,
que ce soit aux fins de couverture ou à des fins spéculatives ; ils permettent de gérer
séparément les différents types de risques de prix incorporés aux actifs sous-jacents. Cela
facilite le transfert des risques sur les agents que l’on peut supposer les mieux à même de les
assumer et de les gérer.
– Ils permettent de créer des profils de rendement à meilleur compte qu’avec une
combinaison d’actifs sous-jacents, renforçant ainsi sensiblement les possibilités de

1
- Gregory N. Mankiw, Macroéconomie, traduit par jihad C. El Naboulsi, De Boeck, 5eme Edition, 2010, P699
2
- Ibid.
3
- FREDRIC Mishkin et Al, op.cit, p197.
4
- Ibid, p358.
5
Bulletin de la banque de France – N° 14 – Février 1995
négociation, de couverture et de placement sur les marchés de capitaux. Ainsi, d’une façon
générale, les produits dérivés accroissent la liquidité des marchés de capitaux.
– Étant donné qu’ils peuvent faire apparaître le prix de risques qui, auparavant, ne
faisaient pas l’objet d’une évaluation distincte et parce qu’ils facilitent le processus de
«découverte » du prix, ils améliorent l’efficacité de la détermination des prix. Comme il est
généralement moins coûteux d’effectuer des transactions sur les marchés dérivés que sur le
marché physique, les produits dérivés contribuent à faire baisser le coût de l’intégration de
nouvelles informations dans les prix.
– Ils facilitent les stratégies de placement et d’arbitrage qui chevauchent plusieurs
compartiments du marché et sont donc de nature à renforcer la substituabilité des actifs, au
niveau tant national qu’international

La question se pose de savoir si les produits dérivés ne présentent pas un risque important
pour la conduite de la politique monétaire pour deux séries de raisons : 1
- d’une part, ces instruments peuvent contribuer à amplifier les crises financières car ils sont
utilisés par les spéculateurs pour prendre position sur les monnaies.
- D’autre part, les produits dérivés peuvent porter atteinte à l’efficacité de la politique
monétaire dans la mesure où ils permettent aux agents économique de s’immuniser contre les
variations de taux d’intérêt et de change qui constituent des canaux importants de
transmission de la politique monétaire. Des travaux menés par les autorités monétaires
(Banque de France 1994) apportent des conclusions rassurantes sur ces interrogations. Selon
certain analyste, grâce aux informations contenues dans les prix des produits dérivés, ces
instruments seraient même un instrument utile pour renseigner les autorités monétaires sur
l’état des anticipations sur les marchés.

Section 2 : l’impact de la libéralisation financière et les flux de capitaux sur les


indicateurs Macro-économiques.

Dans cette section, nous allons présenter les interactions entre les flux de capitaux et
différents indicateurs macroéconomiques, puisque l’augmentation des flux de capitaux entre
pays renforce l’impact du système financier sur les économies nationales.

1
-Myriem Alaoui, Ismaili M.Amine El Ayoubi, objectifs et instruments de la politique monétaire, séminaire :
théories monétaires, faculte des sciences juridiques économiques et sociales, universite mohammed v, RABAT,
2006 , p 43-44.
1. Libéralisation financière et son impact sur les indicateurs macroéconomique.

1.1 Libéralisation financière et croissance.

Les résultats publies sur le sujet, n’ont pas offrir des résultats claires. Quelque études
constatent un impact positif de la libéralisation sur la croissance économique (Quinn ;
1997, Harvey et Lundblad ; 2003). D’autres chercheurs ont conclus à des résultats selon
lesquels, la libéralisation financière peut parfois freiner la croissance économique (Johns
et Daniel ; 2007, Edwards ; 2001, Wei Rogoff ; Prasad et Kose ; 2006)1 ont examiné 20
articles entre (1994- 2005) traitants empiriquement l’impact de la libéralisation sur la
croissance. Le résultat est que 80% de ces études n’ont dégagé aucun impact significatif
(ou a la limite des effets mixtes)2.
Tableau N° : synthèse des études empiriques portent sur l’impact de libéralisation
financière sur la croissance économique.

Etudes Objectifs Méthodes Résultats


Gritlli et Milesi Estimer un modèle Méthode de Share Les résultats ne
Ferretti (1995) de régression des Echantillon de 61 confirment pas le
taux de croissance pays entre 1966- lien positif entre le
1989 compte de capital et
le taux de croissance
Quinn (1997) L’étude porte sur le L’indicateur Quinn L’étude à dégager
lien entre la libre (l’ouverture du un lien positif entre
circulation des flux compte de capital) les flux de capitaux
de capitaux et la et la croissance
croissance
Rodrik (1998) L’impact de la Test d’effet Aucun effet
libéralisation sur le significatif entre la
revenu réel (un libéralisation et le

1
- BEN SALAH Ousama, ALOUI Chaker, BOUAZIZ Tarek, libéralisation financière, crises bancaires et
croissance économique : Cas des pays du sud Méditerranée, Colloque international « ouverture et
émergence en Méditerranée », UNECA, 17 et 18 octobre 2008, Maroc, P 08.

2
- Ibid.
échantillon de 100 revenu réel
pays) pour la
période (1975-1989)
Hisarciklilar et al L’impact des flux de Tests de racine A long terme, aucun
(2006) capitaux sur la unitaire et rapport significatif
croissance (Pays de coïntégration entre entre les deux
la rive sud du les IDE et PIB variables IDE-PIB
Méditerranée)
Laureti et L’impact des flux de L’estimation en Les IDE, n’ont
Postiglione (2006) capitaux sur la données de panel exercé aucun effet
croissance dynamique (pays positif ou significatif
MED) pour la sur la croissance
période (1990-2000)

Source : BEN SALAH Ousama, ALOUI Chaker, BOUAZIZ Tarek, libéralisation financière, crises
bancaires et croissance économique : Cas des pays du sud Méditerranée, Colloque international
« ouverture et émergence en Méditerranée », UNECA, 17 et 18 octobre 2008, Maroc, P 09,10.
À la lumière de ces études, nous pouvons constater que le nombre des travaux
empiriques ayant trait à tester le lien est très important. Ainsi, les résultats étaient très
controversés et parfois contradictoire. Cependant un nombre croissant de travaux suggère
que la libéralisation financière a un effet positif sur la croissance1.
1.2 Libéralisation financière et la couple (investissement- épargne).
En générale, la libéralisation financière doit tout d’abord favoriser l’épargne, en
élargissant l’offre d’outils d’épargne et en augmentant le taux d’intérêt réel. Sachant que,
le taux d’intérêt qui maximise la croissance est le taux d’intérêt d’équilibre (marché
concurrentiel). Ce taux optimal est atteint par la libéralisation du taux d’intérêt (créditeurs)
et diminuant les réserves obligatoires ou en les supprimant (McKinnon; 1973 et Shaw;
1973).Ce taux d’intérêt optimal va permettre d’augmenter les ressources dont peut
disposer le secteur financier.
Les partisans de la libéralisation financière montrent que ce volet a également un
impact sur l’efficience de l’investissement, (Shaw ; 1971) montre que les taux plafonds
augmentent l’aversion pour le risque et la préférence pour la liquidité « Pour McKinnon,

1
- EUNICE N.Egbuna, ONWIODUOKIT .A Emmanuel, MANSARAY Kemoh et al, libéralisation du compte en
capital dans la ZIMAO, analyse d’écarts, rapport N°06, institut monétaire de l’Afrique de l’ouest (IMAO),
Ghana 2013, P13.
dans une économie financièrement réprimée, le financement des investissements qui
rapportent un bénéfice à peine supérieur au plafond du taux de crédit a une tendance très
forte »1. Donc ces approches reposent sur le mécanisme suivant « la libéralisation
financière assure un optimal mobilisation et allocation des ressources financiers, par
conséquent une meilleure adéquation entre l’investissement et l’épargne.
Par contre, selon Bandiera et al (1999), une évaluation de l’impact de libéralisation
financière sur l’épargne et l’investissement, nécessite une analyse des différents canaux de
transmission de la libéralisation financière et faire la différence entre les effets de court et
de long terme.

Tableaux N° : synthèse des travaux empiriques par ordre chronologique portent sur le
lien (libéralisation- épargne).

Auteurs Année Aire géographique résultats


Fry 1979 07 pays asiatiques Relation positive et significative
entre l’épargne et le taux d’intérêt
créditeur réel
Giovannini 1983 12 pays asiatiques A repris les travaux de Fry, le
résultat, une relation négative et
non significative entre les mêmes
variables
Diery et 1993 09 pays d’afrique Relation est positive et
Yasim significative entre le taux d’intérêt
réel et l’épargne nationale
Ostry et 1995 France Une relation négative entre le
Levy développement financier et le taux
d’épargne.
Chai et 1998 Chine Aucune relation significative
Laurenceson

1
- GARIP TURUNÇ, développement du secteur financier et croissance : le cas des pays émergents méditerranés,
Revue Région et développement, N°10, 1999, France, P 105.
Bandiera et 1999 08 pays en Le lien est positif et significatif
al développement pour deux pays et
(négatif /significative) pour deux
autres, et enfin (non
significative/négative) pour les
quatre autres restants
Loayza et 2000 Inde Aucun impact de la réforme
Shankar financière sur le taux d’épargne
Source : BOUMGHAR Mohamed yazid, libéralisation et épargne des ménages : quel(s) lien(s), Cahier du
CREAD N°81-82, 2007, p 176.
La littérature théorique et empirique distingue entre quatre canaux de transmission
(taux d’intérêt, le crédit, les innovations financières, institutions de collecte de l’épargne),
selon ces littératures il existe un effet négatif sur l’épargne à court terme et un effet positif
à long terme1.

1.3 Libéralisation financière et le chômage

Selon des études menées dans des pays en développement, les IDE n’exercent aucun
influence sur l’emploi, ni sur le marché du travail. Pendant la crise qui a frappé l’Asie en
1997-1998, ces pays touchés par la crise ont enregistré une chute des salaires (41% dans le
cas de l’Indonésie. Pendant les deux crises financières en argentine, le chômage est passé
du taux modéré de 6.7% (1992) à 20 % en 20022.

Ainsi, les données provenant des cinq pays les plus touchés par la crise (R. de Corée ;
Indonésie ; Thaïlande ; Philippines ; Malaisie) indiquent que 50% des entreprises ont
réduit leurs effectifs en 1998. Même lorsque le PIB par habitant rapproche à son niveau
avant le déclanchement de la crise, les conséquences continuent de se refléter dans
indicateurs de l’emploi.

La lenteur de la stabilité sur le marché du travail fait que la main-d’œuvre paie un très
lourd prix aux crises financières. Des études récentes indiquent que ces dernières crises
affectent durablement la part des salaires dans les PIB, Ainsi il y a une étude qui a utilisé
comme indicateur, la part des salaires dans le PIB, cette étude montre que chaque crise
1
- BOUMGHAR Mohamed yazid, libéralisation et épargne des ménages : quel(s) lien(s), Cahier du CREAD
N°81-82, 2007, p 173.
2
- CARLUCCIO Juan, TALLADA- Julio Ramos: L’Argentine après Le défaut : conditions D’accès aux
marchés internationaux De Capitaux et choix de politiques économiques « Non conventionnelles», REVUE
D’ÉCONOMIE FINANCIÈRE, 2016/4 n° 124, 157.
s’accompagne d’une baisse remarquable des salaires par 5% à la moyenne d’avant la
crise.1

1.4 Libéralisation financière et son impact sur l’inflation et la balance des paiements.

Nombreux études de FMI, ont apporté des résultats intéressants sur la relation
existante entre la libéralisation financière et les indicateurs macroéconomiques. Ainsi
(Kaminski et Reinhart ; 1996) trouvent que cinquante six pourcent des crises bancaires ont
été accompagnés par des crises de balance des paiements 2. Selon ces deux économistes, la
libéralisation financière stimule les entrées de capitaux, ce qui a deux genres de résultats :

- Une augmentation rapide de la masse monétaire et crédits favorisant l’inflation et la


constitution de bulles spéculatives.
- Une surévaluation de la monnaie locale, qui limite les exportations et ralentit le taux
de croissance, provoquant une augmentation de taux de chômage.

En revanche, les faits stylisés présentés par William white résultent en grand partie de
ces évolutions3 :

- l’inflation est devenue moins fréquente.


- la transmission entre le prix de consommation et les variations des taux de change a
diminués.
- les anticipations concernant le taux d’inflation se sont stabilisées à un niveau bas.

Un certain nombre de pays ont enregistré durant les années 1980 des périodes
d’inflation élevée, pendant lesquelles les taux de croissance monétaire également très
forts, s’apparentent aussi à des événements exogènes (flux de capitaux). Depuis l’an
deux mille, ces pays ont toutefois connu une réduction considérable de leurs taux
d’inflation4.

1
- DIWAN .D , Debt as sweat : labour, financial crisis, and the globalization of capital , World Bank, Jully 2001.
2
- MOITTI Luis, PLIHON Dominique, Libéralisation financière spéculation et crises bancaires, Revue du centre
d’études prospectives et d’informations internationales, N°85, 2001/1, p06.
3
- R.WHITE William, la globalisation et les déterminants de l’inflation interne, colloque international :
Globalisation, inflation et politique monétaire, Banque de France, Mars 2008, p 57-60.
4
FREDERIC Mishkin et al, op cit.
En général, certain études concluent que l’ouverture du compte de capital a un
effet positif sur la production et l’inflation (Angkinand ; Sawangoenyuang et
Wilhlborg 2010) et (Campus ; Karanasos et Tan ; 2012)1

Ainsi, une inflation rapide est systématiquement associée à une croissance de la


masse monétaire, pouvant être qualifiée d’exogène, comme le cas de (l’argentine ;
Brésil ; Pérou)2, et dans ces conditions, on se trouve aujourd’hui, devant une masse de
capitaux flottants qui peuvent jouer un rôle négative dans n’importe quelle politique
monétaire anti-inflationniste3.

2 Flux de capitaux et son impact sur les variables intermédiaires de la politique


monétaire.

2.1 Flux de capitaux et taux de change réel.

Plusieurs études indiquent qu’il existe une tendance générale des pays à lever
l’opération de contrôle des mouvements des capitaux, mais que la plupart des pays conservé
une variété de contrôle avec des outils spécifiques sur les banques et les institutions
d’investissement.

L’influence des entrées de capitaux sur le taux de change effectif réel se révèle plus
élevée dans les pays à faible taux de revenu par tête (selon les calculs économétriques
effectués, une augmentation de 1% des entrées de capitaux augmenterait le taux de change
effectif réel en moyen de 0,5 %) 4. Ainsi, l’entrée de capitaux est susceptible d’exercer
un impact sur le taux de change réel dans la mesure où elle suscite généralement des
dépenses allouées aux produits non échangeables. Ce qui a tendance à créer une pression
sur l’indice de prix de ces produits et d’engendrer, ainsi, une diminution du taux de
change et une appréciation de la monnaie (il existe une relation négative entre les flux de
capitaux et le taux de change réel)5.

1
- HELDER Ferreira, De.Mendonça, NATALIA Cunha Nascimento , Monetary policy efficiency and
macroeconomic stability: do financial openness and economics globalization matter, North American journal of
economics and finance, May 2018, P02.
2
- FREDERIC Mishkin et al,op cit
3
- A. Viau et J.M Albertini, l’inflation, édition OUVRIERES et SEUIL, Paris 1975, P205-209.
4
- Jean-louis COMBES, Haidara AMINATA, Tidiane KINDA et al, les flux de capitaux internationaux
affectent-ils la croissance économique des pays en développement, FERD, rapport N°151, 2003, P05.
5
- évolution du taux de change du dinar (1961-2000) : une approche par le taux d’équilibre, publie dans les
cahiers de L’IEQ (l’institut d’économie quantitative, Ministère du développement tunisien, P90.
Selon (Zouheir ABIDA et Ilmen MOHAMED SGHAIRE, 2011), l’un des effets
néfastes associé à l’afflux massif de capitaux dans les économies émergentes est la
volatilité et la dispersion des indicateurs macroéconomiques suite à une appréciation
importante de taux de change réel 1. Sachant que, les flux de capitaux dans les pays sud
méditerranéens sont basés essentiellement sur les IDE. Par contre, les flux
d’investissement en portefeuille (IPF) sont négligeables et très faibles, comme le montre
le tableau suivant.

Tableau N° : évolution des flux de capitaux vers les pays du Maghreb (2004-2008)
(million$)

Algérie Tunisie Maroc


IDE IPF IDE IPF IDE IPF
2004 882 nd 639 12,84 895 0,2
2005 1081 nd 782 3,85 1635 0,01
2006 1795 nd 3312 2,4 2450 0,01
2007 1662 nd 1662 4,21 2803 0,22
2008 2646 nd 2646 5,9 2487 11,8
Source : CNUCED, FMI – IFS.

Certains économiste, comme (Calvo ; Leiderman et Reinhart ; 1993, Bandara ; 1995,


Edwards ; 1995, Larty ; 2008) concluent que la perte de compétitivité causée par un taux
de change réel apprécie est l’un des principaux inconvénients liées aux flux de capitaux.

2.2 Flux de capitaux et taux d’intérêt

Dans les travaux de (McKinnon et Shaw ; 1973), il existe une relation positive entre
la libéralisation des taux d’intérêt et les ressources des banques. Ainsi, la libéralisation
financière avait comme objectif de libérer les taux d’intérêt et de développer les marchés
des capitaux pour plus d’efficience dans la distribution des crédits par une meilleure
rémunération des dépôts bancaires2.

1
- ABIDA Zouhier, MOHAMED SGHAIER Imen, afflux de capitaux, taux de change réel et développement
financier : évidence empirique pour les pays du Maghreb, Global journal of Management and business research,
Volume 11, Novembre 2011, P01.
2
- GARIP Turunç, Op-cit, P 113.
Dans les travaux de R.Mundell, les flux de capitaux à court terme peuvent être
expliqués par les variations entre les taux d’intérêt locales et étrangers (le pays ayant le
taux d’intérêt le plus élevé, reçoit un flux de capitaux élevé). Ainsi, plus la différence
entre les taux est grande plus les flux de capitaux sont importants. Bien que l’appel
successive aux capitaux étrangers fasse montrer rapidement le coût de capital, et augmente
le poids de la dette jusqu’à le rendre insupportable 1. (Ahmed et Moyama ; 2010), ont
mené une étude porte sur l’impact des IDE au Nigéria, pour la période (1970-2009) 2.
L’étude à utilisé la méthode notée (VECM), Ainsi que les techniques de causalité de
Granger. Cette étude à trouvé que les variables macroéconomiques telles que (taux
d’intérêt réel ; l’inflation ; taux de change) sont les principaux facteurs qui déterminent les
mouvements de capitaux.

En revanche (Chingarande ; 2012) à réalisé une recherche sur l’impact des taux
d’intérêt réel sur les investissements directs étrangers pour la période de février 2009 au
juin 2011 sur le cas de l’économie zimbabwéenne. L’étude a montré que le taux d’intérêt
réel n’a aucun impact sur les entrées des IDE au Zimbabwe 3. Par contre (Luther ; 2014) a
fait une étude sur la causalité qui peut être existé entre les trois variables suivantes (IDE ;
TCR ; TIR)4. Cette étude a montré que la volatilité des taux d’intérêt affectait fortement le
taux de change et l’attractivité du marché, ce qui affectait à son tour les IDE à long terme.
Ainsi, cette étude à prouvé l’existence d’une relation de causalité bidirectionnelle entre le
taux de change réel et les IDE.

3 Libéralisation financière et son impact sur la politique monétaire.

3.1 L’impact de la libéralisation sur les canaux de transmissions traditionnels.

La libéralisation financière a crée un nouveau climat pour les agents économiques


comme pour les états. Les gouvernements ont diminué leur intervalle de manœuvre en
matière politique monétaire et politique de change. Ainsi, les flux de capitaux échangés
chaque jour sur le marché financier, sont désormais largement supérieurs aux capacités
d’intervention des états5.

1
- ANTIER Daniel, mouvements internationaux de capitaux à court terme, revue statistique et études financières
N°12, 1973, P27.
2
- NDANU Musyoka, KENNEDY N.Ocharo, real interest rate; inflation; exchange rate; competitiveness and
foreign direct investment in Kenya, American Journal of economics, Vol 3, N°1, 2018, P08.
3
- NDANU Musyoka, KENNEDY N.Ocharo, Op-cit, P08.
4
- Ibid.
5
- HELDER Ferreira, De.Mendonça, NATALIA Cunha Nascimento, Op-cit, P02.
Les travaux de KENNETH et ROGOFF ont prouvé que la libéralisation a pu
renforcer la crédibilité de la politique monétaire à travers son impact sur la courbe de
Phillips. Ensuit, plusieurs économiste comme RICHARD Fisher et MARTIN Redrado ont
déclaré que (la mobilité accrue des flux de capitaux a pu inciter les autorités à mener des
politique économiques saines)1. Selon KENNETH et ROGOFF, les banques centrales ont
pu bénéficier de la libéralisation (certaines faiblesses du cadre, de la politique monétaire
peut être masquée par la productivité).

Pour certains économistes, l’élaboration de la politique monétaire est devenue plus


complexe avec la libéralisation financière, et cela, pour quatre principales raisons 2:

- la libéralisation financière a rendu plus difficile l’interprétation de certains faits


stylisée (taux de change, masse monétaire…).
- la libéralisation financière a rendu les pays sensibles aux chocs externes.
- la libéralisation financière a affecté structurellement les économies, et cela a influencé
les mécanismes de transmission des chocs.
- la libéralisation financière a affecté les mécanismes de transmission de la politique
monétaire (rendu plus incertains), notamment l’impact des marchés financiers
mondiaux suer l’indice de prix des actifs locaux. Dans ce cadre on cite quelques
incidences sur les indicateurs traditionnels de la politique monétaire3 :
 l’utilisation croissante des produits dérivés peuvent affecter le volume des
encaisses de système bancaire ;
 l’innovation et libéralisation offrent des outils peu couteux de se protéger
contre le risque de marché des actifs négociés.

Artus et Cartapanis (2008) illustrent leurs arguments à travers des cas concrets. ils
prennent l’exemple du brésil et de l’inde qui sont des pays émergents, dont la politique
monétaire vise à lutter contre l’inflation en maintenant les taux d’intérêt à des niveaux
élevés, ce qui provoque un afflux massif de capitaux qui causera à son tour en une
appréciation du taux de change nominal et une abondance de liquidité qui provoque
des tensions inflationniste4.

1
- Colloque international : globalisation, inflation et politique monétaire, Banque de France, Mars 2008, P21.
2
- Ibid., P25.
3
- Bulletin de la banque de France, N°14, février 1995, P91.
4
- LAJILI Oualid, Libéralisation financière ; ouverture politique et croissance économique dans les pays en voie
de développement, Thèse doctorat en sciences économiques, Université de Toulon et Université de Sousse, Mai
2015, P57.
Selon McKinnon (1973), un environnement macroéconomique stable et une
politique monétaire saine sont les premières conditions d’une politique de
libéralisation réussie1. Selon cet économiste, cela passe tout d’abord par l’adoption
d’un régime de change flexible et d’éviter à tout prix le système d’ancrage. Ainsi, le
pays doit appliquer une politique monétaire saine afin de lutter contre l’inflation et
doit éviter toute volatilité des flux de capitaux2.

3.2 Contrôler les mouvements de capitaux est-il une solution optimale ?

Théoriquement, la littérature économique est pour le recours à des contrôles des


flux de capitaux, pour diminuer les effets de défaillance des marchés. Selon Cohen, la
sensibilité actuelle en faveur des contrôles des flux de capitaux est le résultat de
l’instabilité des flux financiers dans les économies émergentes qui a causé des crises
financières3.

Dans ce cadre, les contrôles sur les sorties (outflows) des flux de capitaux ont
comme but d’éviter une dépréciation de la monnaie locale (en diminuant les coûts lies
à une augmentation des taux d’intérêt). En revanche, les contrôles sur les entrées de
capitaux (inflows)4 ont comme objectif à diminué l’appréciation de la monnaie locale
et de contrôler la masse monétaire.

Généralement, pour une politique monétaire autonome, deux types de restrictions


sont prises par les autorités monétaires5 :

- un système basé sur la taxation sur les opérations de change (taxe de Tobin). Ce taux
de taxation dépend de plusieurs facteurs 6:
 taux d’intérêt étranger ;
 le montant qui doit être bloqué ;
 la durée de placement.
- un système de rémunération nulle sur les dépôts obligatoires qui sont ploqués pendant
un an appliqué sur une partie du capital investi.

1
- Ibid, P63.
2
- Ibid.
3
- YVES Jégourel, TEILETCHE Jérôme, Globalisation financière et autonomie de la politique monétaire : le
rôle des contrôles de capitaux, Revue économique Vol 52, N°2, Mars 2001, P 401.
4
- Ibid.
5
- Ibid, P402.
6
- Ibid, P403.
Selon (Eichengreen (1996)), Deux Arguments sont généralement avancés en
faveur de ce type de contrôle :1

- la réduction de l’instabilité des taux de changes (minimisant l’impact de la spéculation


déstabilisante.
- L’augmentation de l’autonomie des politiques monétaire.

Tableau N° : les mesures de contrôle sur les flux de capitaux dans les pays
émergents.

Type Pays Procédures Objectifs


concernés et
date
d’opération
Taxation Brésil 2010 - augmentation de la taxe sur les - Bloquer les
investissements de portefeuille de entrées (inflows) à
4% à 6% court terme.
- augmentation de la taxe sur les
transactions des étrangers de 0.38% à
6%
Brésil 2011 - augmentation de taxe sur la dette de - Freiner les
court terme de 5.38 à 6%. flux de
capitaux à
court terme

1
- Ibid, P400.
Pérou 2010 - Une taxe sur des gaines en - Assurer la stabilité
capitaux (les non résidents) sur le du taux de change
marché boursier (30% si courtier et minimiser sa
local et 50% si courtier étranger) volatilité.
- Une taxe de 30% appliquée sur les
Pérou 2010 transactions des produits dérivés - lutter contre la
(réalisées par (les banques offshore). vulnérabilité
financière

Thaïlande - Taxe de 15% applicable sur Lutter contre les


2010 les revenus d’intérêt flux de capitaux à
court terme

Durée minimale Indonésie 2010 - l’achat des certificats du marché Lutter contre les
d’investissement monétaire pour mois un an minimum flux de capitaux à
court terme
Limites Chine 2010 - contrainte à accéder au yuan sur le Lutter contre les
quantitatives marché des changes chinois opérations
d’offshore
Indonésie 2010 30 % du capital des emprunts Lutter contre la
extérieurs à court terme vulnérabilité
financière
Corée du sud - limitation sur les marchés de Freiner les
2010 dérivés de devises emprunts bancaires
extérieurs à court
terme
Réserves non Turquie 2010 - augmentation des exigences pour Freiner les flux de
rémunérées les maturités < à un an capitaux (inflows) à
court terme
Brésil 2011 Taux de réserve 60% sur les Freiner les entrées
positions en devises de capitaux à court
terme
Source : Jean Pierre Allégret, les mouvements de capitaux à destination des pays
émergents après les crises financières liée aux Subprimes, développements récents en
économie et finances internationales, Paris, P16, 17.

La crise de 2008 à provoquée une modification dans les concepts de la politique


monétaire en Europe (l’apparition de la politique monétaire non conventionnelle).
Sachant que, l’adoption de la politique monétaire non conventionnelle implique un
changement au niveau des objectifs de la banque centrale et même dans les
instruments utilisés.

Chen et al. (2015) ils sont déclarés que (les mesures non conventionnelle mise en
œuvre entre 2007 et 2013 par la FED, auraient influencé directement les pays
émergents, conduisant à une chauffe au brésil et en chine en 2010)1.

3.3 Obstacles de gestion Macro économique des entrées de capitaux dans les pays
émergents.

Les Entrées massif de capitaux dans les pays émergents pendant les années 90
ont posé des problèmes au niveau macroéconomique. Selon Edwards (1998) ; sept
pays émergents d’Amérique latine sur huit, il n’est pas possible de rejeter l’hypothèse
selon laquelle les flux de capitaux cause l’appréciation de taux de change au sens de
Granger. En se sens, les pays émergents font face à un conflit d’objectif « d’un coté il
faut garder des taux directeurs élevés pour lutter l’inflation et d’un autre coté, il faut
contrôler l’appréciation du taux de change réel (pour objectif de compétitivité) »2.

Ainsi que, L’instrument le plus traditionnellement utilisé par autorités monétaires


est la stérilisation des entrées de capitaux par « achats d’open merket ». Cette stratégie
elle repose sur le mécanisme suivant (la réduction de la base monétaire afin de
compenser l’augmentation de la composante externe).

Selon (Eichengreen, 1996). Deux arguments sont généralement avancés en faveur


de ce type de contrôle des capitaux :3

- la réduction de l’instabilité des taux de change (minimisant l’impact de la spéculation


déstabilisante).
1
- Françoise Drumetz, Christian Pfister, Jean-Guillaume Sahuc, Politique monétaire, Op-cit, P171.
2
- Jean Pierre allegret, Quel role pour les contrôles des mouvements internationaux de capitaux, Revue du
CEPII, N 81, 1er trimestre 2000, P 82-84.
3
- YVES Jégourel, TEILETCHE Jérôme, Op-cit, P400.
- L’augmentation de l’autonomie de la politique monétaire.

L’inconvénient majeur de la stérilisation est son coût fiscal, par exemple la


charge budgétaire des opérations de stérilisation de la Colombie en 1991 à été évaluée
à 0,5% du PIB. Un autre inconvénient possible à la fin de ses interventions (la Banque
centrale possède des actifs à faible rendement).

Conclusion
Les flux de capitaux ne constituent qu’une manifestation du processus de
l’libéralisation financière qui s’est accélérés ces dernières années. Il n’est donc pas
surprenant que ce phénomène exerce un impact croissant sur le fonctionnement de la
politique monétaire (instruments ; objectifs ; canaux de transmission) et même son
efficacité.

En situation de répression financière, la Banque centrale jouit d’un contrôle total


de la masse monétaire. En revanche, en situation de libéralisation financière l’autorité
monétaire se trouve alors face à un paradoxe (attirer les capitaux externes et maitriser
l’inflation). Elles mettent Donc en utilisation deux politiques (politique d’attraction
des flux de capitaux et politique de stérilisation de capitaux).

Donc, la présence des flux de capitaux va rendre difficile l’exercice du rôle (Prêteur
en dernier ressort). En plus, la santé financière d’un pays, dépendent les anticipations
de crise de change des investisseurs internationaux.

Enfin, les Banques centrales ont donc toujours comme objectifs finals l’attraction
des flux de capitaux externe, et la stabilité de taux du change comme objectif
intermédiaire. Sachant que, ces deux objectifs étant fondamentalement incompatibles
(le premier implique une hausse de l’inflation et l’autre nécessite une inflation faible).

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