© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville
Nombres réels
1 Approximations d’un réel
1.1 Ensembles de nombres
Notation 1.1
• On note ℝ l’ensemble des nombres réels.
𝑝
• On note ℚ l’ensemble des nombres rationnels i.e. l’ensemble des nombres de la forme avec (𝑝, 𝑞) ∈ ℤ × ℕ∗ .
𝑞
Un nombre réel non rationnel est dit irrationnel.
𝑎
• On note 𝔻 l’ensemble des nombres décimaux i.e. l’ensemble des nombres de la forme avec (𝑎, 𝑛) ∈ ℤ × ℕ.
10𝑛
• On note ℤ l’ensemble des entiers relatifs.
• On note ℕ l’ensemble des entiers naturels.
Remarque. On a ℕ ⊂ ℤ ⊂ 𝔻 ⊂ ℚ ⊂ ℝ.
Exemple 1.1
√2 est irrationnel.
1.2 Partie entière
Le théorème suivant découle de la construction des entiers.
Théorème 1.1 Propriété fondamentale des entiers
Toute partie non vide et majorée (resp. minorée) de ℤ admet un plus grand élément (resp. un plus petit élément).
Ce théorème légitime la définition suivante.
Définition 1.1 Partie entière d’un réel
Soit 𝑥 ∈ ℝ. On appelle partie entière de 𝑥, notée ⌊𝑥⌋, le plus grand entier relatif inférieur ou égal à 𝑥.
Proposition 1.1 Caractérisation de la partie entière
Soit (𝑥, 𝑘) ∈ ℝ × ℤ.
𝑘 = ⌊𝑥⌋ ⟺ 𝑥 − 1 < 𝑘 ≤ 𝑥 ⟺ 𝑘 ≤ 𝑥 < 𝑘 + 1
Remarque. Il pourra être utile dans les exercices de remarquer que si 𝑛 et 𝑝 sont des entiers
𝑛<𝑝 ⟺ 𝑛≤𝑝−1 ⟺ 𝑛+1≤𝑝
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Remarque. On appelle partie fractionnaire de 𝑥 le réel noté {𝑥} = 𝑥 − ⌊𝑥⌋. On a donc {𝑥} ∈ [0, 1[.
Proposition 1.2 Propriétés de la partie entière
(i) La partie entière est une application croissante.
(ii) ∀𝑥 ∈ ℝ, 𝑥 = ⌊𝑥⌋ ⟺ 𝑥 ∈ ℤ.
(iii) ∀(𝑥, 𝑛) ∈ ℝ × ℤ, ⌊𝑥 + 𝑛⌋ = ⌊𝑥⌋ + 𝑛.
Attention ! En général, ⌊𝑥 + 𝑦⌋ ≠ ⌊𝑥⌋ + ⌊𝑦⌋ et ⌊𝑛𝑥⌋ ≠ 𝑛⌊𝑥⌋ même si 𝑛 est entier.
Attention ! La partie entière est croissante i.e.
∀(𝑥, 𝑦) ∈ ℝ2 , 𝑥 ≤ 𝑦 ⟹ ⌊𝑥⌋ ≤ ⌊𝑦⌋
1 1
Mais la partie entière n’est pas strictement croissante. Par exemple, 0 < mais ⌊0⌋ = ⌊ ⌋.
2 2
Graphe de la partie entière
2
• La partie entière est croissante.
1 • La partie entière est constante par morceaux.
• La partie entière présente des discontinuité en les
entiers relatifs.
−3 −2 −1 1 2 3
• La partie entière est continue en tout réel non entier.
−1
• La partie entière est continue à gauche et non à
droite en tout entier.
−2
−3
Remarque. Pour 𝑥 ∈ ℝ, le plus petit entier relatif supérieur ou égal à 𝑥 se note ⌈𝑥⌉. Si 𝑘 ∈ ℤ, alors
𝑘 = ⌈𝑥⌉ ⟺ 𝑥 ≤ 𝑘 < 𝑥 + 1 ⟺ 𝑘 − 1 < 𝑥 ≤ 𝑘
On a en fait ⌈𝑥⌉ = −⌊−𝑥⌋.
1.3 Approximations décimales
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Définition 1.2
𝑎
Soient 𝑥 ∈ ℝ et 𝑛 ∈ ℕ. On pose 𝔻𝑛 = { , 𝑎 ∈ ℤ}.
10𝑛
• On appelle valeur décimale approchée de 𝑥 à 10−𝑛 près par défaut l’unique décimal α𝑛 ∈ 𝔻𝑛 tel que α ≤ 𝑥 <
α + 10−𝑛 .
• On appelle valeur décimale approchée de 𝑥 à 10−𝑛 près par excès l’unique décimal β𝑛 ∈ 𝔻𝑛 tel que β − 10−𝑛 <
𝑥 ≤ β.
Exemple 1.2
3, 1415 est une valeur décimale approchée de π à 10−4 près par défaut.
3, 1416 est une valeur décimale approchée de π à 10−4 près par excès.
Remarque. On peut exprimer α𝑛 et β𝑛 . En fait,
⌊10𝑛 𝑥⌋ ⌈10𝑛 𝑥⌉
α𝑛 = β𝑛 =
10𝑛 10𝑛
Si 𝑥 ∈ 𝔻, alors α𝑛 = β𝑛 = 𝑥.
Sinon, β𝑛 = α𝑛 + 10−𝑛 .
Remarque. α est le nombre décimal dont les décimales (chiffres après la virgule) sont les 𝑛 premières décimales de 𝑥.
1.4 Densité dans ℝ
Définition 1.3 Densité
Soit 𝒜 une partie de ℝ. On dit que 𝒜 est dense dans ℝ si tout intervalle ouvert non vide de ℝ contient au moins un élément
de 𝒜.
Proposition 1.3 Caractérisation « epsilonesque » de la densité
Soit 𝒜 une partie de ℝ. 𝒜 est dense dans ℝ si et seulement si
∀𝑥 ∈ ℝ, ∀ε > 0, ]𝑥 − ε, 𝑥 + ε[∩𝒜 ≠ ∅
Proposition 1.4 Caractérisation séquentielle de la densité
Soit 𝒜 une partie de ℝ. 𝒜 est dense dans ℝ si et seulement si pour tout 𝑥 ∈ ℝ, il existe une suite (𝑥𝑛 ) d’éléments de 𝒜
de limite 𝑥.
Proposition 1.5 Densité de 𝔻, ℚ et ℝ ⧵ ℚ dans ℝ
𝔻, ℚ et ℝ ⧵ ℚ sont denses dans ℝ.
2 Relation d’ordre sur ℝ
2.1 Majoration et minoration
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Définition 2.1 Parties majorées, minorées, bornées
Soit 𝒜 une partie de ℝ.
• On dit que 𝒜 est majorée s’il existe M ∈ ℝ tel que 𝑥 ≤ M pour tout 𝑥 ∈ 𝒜. Dans ce cas, on dit que M est un
majorant de 𝒜.
• On dit que 𝒜 est minorée s’il existe 𝑚 ∈ ℝ tel que 𝑥 ≥ 𝑚 pour tout 𝑥 ∈ 𝒜. Dans ce cas, on dit que 𝑚 est un
minorant de 𝒜.
• On dit que 𝒜 est bornée si elle est majorée et minorée.
Proposition 2.1
Soit 𝒜 une partie de ℝ. 𝒜 est bornée si et seulement si il existe K ∈ ℝ tel que |𝑥| ≤ K pour tout 𝑥 ∈ 𝒜.
2.2 Maxima et minima
Définition 2.2 Maximum et minimum
Soit 𝒜 une partie de ℝ.
• On dit que M est le maximum ou le plus grand élément de 𝒜 si M ∈ 𝒜 et M est un majorant de 𝒜. On note alors
𝑚 = min 𝒜.
• On dit que 𝑚 est le minimum ou le plus petit élément de 𝒜 si 𝑚 ∈ 𝒜 et 𝑚 est un minorant de 𝒜. On note alors
M = max 𝒜.
Exemple 2.1
−1 et 1 sont respectivement le minimum et le maximum de l’intervalle [−1, 1].
Attention ! Une partie de ℝ n’admet pas forcément de maximum ou de minimum. Par exemple, ] − 1, 1[ n’admet ni mi-
nimum ni maximum. En particulier, −1 et 1 ne sont pas le minimum et le maximum de ] − 1, 1[ puisqu’ils n’appartiennent
pas à cet intervalle.
2.3 Bornes inférieures et supérieures
Définition 2.3 Borne inférieure et supérieure
Soit 𝒜 une partie de ℝ.
• On appelle borne supérieure de 𝒜 le minimum de l’ensemble des majorants de 𝒜, s’il existe. Dans ce cas, on le
note sup 𝒜.
• On appelle borne inférieure de 𝒜 le maximum de l’ensemble des minorants de 𝒜, s’il existe. Dans ce cas, on le
note inf 𝒜.
Rien ne garantit a priori l’existence d’une borne inférieure ou supérieure. On a néanmoins le théorème suivant.
Théorème 2.1 Propriété de la borne supérieure
Toute partie non vide et majorée (resp. minorée) de ℝ possède une borne supérieure (resp. inférieure).
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Remarque. Ce théorème est admis car il découle directement de la construction de ℝ qui est hors programme. Pour votre
culture, le corps des réels ℝ est construit à partir des corps des rationnels ℚ de façon à ce qu’il possède justement cette propriété
de la borne supérieure.
Proposition 2.2
Soit 𝒜 une partie de ℝ.
• Si M = max 𝒜, alors M = sup 𝒜.
• Si 𝑚 = min 𝒜, alors 𝑚 = inf 𝒜.
Attention ! Les réciproques sont fausses ! Une partie de ℝ peut posséder une borne supérieure (resp. inférieure) sans
posséder de maximum (resp. minimum).
Exemple 2.2
Les bornes inférieures et supérieures de [−2, 1[ sont −2 et 1. De plus, −2 est le plus petit élément de 𝒜 mais [−2, 1[ ne
possède pas de plus grand élément.
Les propositions suivantes permettent de déterminer des bornes supérieures et inférieures en pratique.
Proposition 2.3 Caractérisation « epsilonesque » des bornes inférieures et supérieures
Soient 𝒜 une partie de ℝ et 𝑐 ∈ ℝ.
• 𝑐 = inf 𝒜 si et seulement si 𝑐 est un minorant de 𝒜 et si pour tout ε > 0, il existe 𝑎 ∈ 𝒜 tel que 𝑐 + ε > 𝑎.
• 𝑐 = sup 𝒜 si et seulement si 𝑐 est un majorant de 𝒜 et si pour tout ε > 0, il existe 𝑎 ∈ 𝒜 tel que 𝑐 − ε < 𝑎
Proposition 2.4 Caractérisation séquentielle des bornes inférieures ou supérieures
Soient 𝒜 une partie de ℝ et 𝑐 ∈ ℝ.
• 𝑐 = inf 𝒜 si et seulement si 𝑐 est un minorant de 𝒜 et s’il existe une suite (𝑎𝑛 ) d’éléments de 𝒜 de limite 𝑐.
• 𝑐 = sup 𝒜 si et seulement si 𝑐 est un majorant de 𝒜 et s’il existe une suite (𝑎𝑛 ) d’éléments de 𝒜 de limite 𝑐.
Exercice 2.1
3 1
Déterminer les bornes supérieure et inférieure de { − , (𝑝, 𝑞) ∈ ℕ2 }.
2𝑝 3𝑞
Méthode Passage à la borne supérieure/inférieure
• Si ∀𝑥 ∈ 𝒜, 𝑥 ≤ M, alors sup 𝒜 ≤ M.
• Si ∀𝑥 ∈ 𝒜, 𝑥 ≥ M, alors inf 𝒜 ≥ M.
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Attention ! Le passage à la borne supérieure/inférieure ne conserve que les inégalités larges, exactement comme le
passage à la limite.
Exercice 2.2
Soient 𝒜 et ℬ deux parties non vides de ℝ. On définit 𝒜 + ℬ = {𝑥 + 𝑦 | (𝑥, 𝑦) ∈ 𝒜 × ℬ}.
1. On suppose 𝒜 et ℬ majorées. Montrer que sup 𝒜 + ℬ = sup 𝒜 + sup ℬ.
2. On suppose 𝒜 et ℬ minorées. Montrer que inf 𝒜 + ℬ = inf 𝒜 + inf ℬ.
2.4 La droite réelle achevée ℝ
Définition 2.4 Droite achevée ℝ
On appelle droite achevée ℝ l’ensemble ℝ ∪ {−∞, +∞} où les éléments −∞ et +∞ sont définis par les propriétés
suivantes :
Prolongement de l’ordre ∀𝑥 ∈ ℝ, −∞ ≤ 𝑥 ≤ +∞.
Prolongement de l’addition
𝑥 + (+∞) = +∞ + 𝑥 = +∞ +∞ + (+∞) = +∞
∀𝑥 ∈ ℝ, { et {
𝑥 + (−∞) = −∞ + 𝑥 = −∞ −∞ + (−∞) = −∞
Prolongement de la multiplication
∀𝑥 > 0, 𝑥 × (+∞) = +∞, 𝑥 × (−∞) = −∞
∀𝑥 < 0, 𝑥 × (+∞) = −∞, 𝑥 × (−∞) = +∞
𝑥 𝑥
∀𝑥 ∈ ℝ, = 0, =0
+∞ −∞
(+∞) × (+∞) = +∞, (+∞) × (−∞) = −∞, (−∞) × (−∞) = +∞
Attention ! Formes indéterminées Cette définition ne donne aucun sens aux expressions suivantes ∞ − ∞, 0 × ∞ et
∞
.
∞
Corollaire 2.1
Toute partie non vide de ℝ possède une borne supérieure et inférieure dans ℝ.
Proposition 2.5
Soit 𝒜 une partie non vide de ℝ.
• inf 𝒜 = −∞ si et seulement si pour tout 𝑚 ∈ ℝ, il existe 𝑥 ∈ 𝒜 tel que 𝑥 ≤ 𝑚 (i.e. 𝒜 est non minorée).
• sup 𝒜 = +∞ si et seulement si pour tout M ∈ ℝ, il existe 𝑥 ∈ 𝒜 tel que 𝑥 ≥ M (i.e. 𝒜 est non majorée).
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Proposition 2.6 Caractérisation séquentielle
Soit 𝒜 une partie de ℝ.
• inf 𝒜 = −∞ si et seulement si il existe une suite (𝑎𝑛 ) d’éléments de 𝒜 de limite −∞.
• sup 𝒜 = +∞ si et seulement si il existe une suite (𝑎𝑛 ) d’éléments de 𝒜 de limite +∞.
2.5 Extension aux applications
Définition 2.5 Fonction majorée/minorée
Soient E un ensemble et 𝑓 ∶ E → ℝ une application.
• On dit que 𝑓 est majorée sur E si 𝑓(E) est majorée. Un majorant de 𝑓(E) est appelé un majorant de 𝑓 sur E.
• On dit que 𝑓 est minorée) sur E si 𝑓(E) est minorée. Un minorant de 𝑓(E) est appelé un minorant de 𝑓 sur E.
• On dit que 𝑓 est bornée sur E si 𝑓 est minorée et majorée sur E.
Remarque. On retrouve en fait la définition classique.
• 𝑓 est majorée sur E s’il existe M ∈ ℝ tel que ∀𝑥 ∈ E, 𝑓(𝑥) ≤ M.
• 𝑓 est minorée sur E s’il existe 𝑚 ∈ ℝ tel que ∀𝑥 ∈ E, 𝑓(𝑥) ≥ 𝑚.
Dans ce cas, M et 𝑚 sont respectivement un majorant et un minorant de 𝑓 sur E.
Proposition 2.7
Soit 𝑓 ∶ E → ℝ une application. 𝑓 est bornée sur E si et seulement si |𝑓| est majorée sur E.
Définition 2.6 Maximum/minimum
Soient E un ensemble et 𝑓 ∶ E → ℝ une application.
• On appelle maximum de 𝑓 sur E le réel max 𝑓(E), s’il existe. On le note max 𝑓 ou max 𝑓(𝑥).
E 𝑥∈E
• On appelle minimum de 𝑓 sur E le réel min 𝑓(E), s’il existe. On le note min 𝑓 ou min 𝑓(𝑥).
E 𝑥∈E
Remarque. Un maximum (resp. minimum) de 𝑓 sur E est un majorant (resp. minorant) de 𝑓 sur E atteint par la fonction 𝑓.
Autrement dit,
• M est un maximum de 𝑓 sur E si ∀𝑥 ∈ E, 𝑓(𝑥) ≤ M et s’il existe 𝑐 ∈ E tel que 𝑓(𝑐) = M,
• 𝑚 est un minimum de 𝑓 sur E si ∀𝑥 ∈ E, 𝑓(𝑥) ≥ 𝑚 et s’il existe 𝑐 ∈ E tel que 𝑓(𝑐) = 𝑚.
Attention ! Il ne faut pas confondre l’extremum d’une fonction et le point en lequel il est atteint. Notamment, l’extremum
est unique mais peut être atteint plusieurs fois. Par exemple, −1 et 1 sont respectivement le minimum et le maximum de
sin sur ℝ, mais ils sont atteints une infinité de fois sur ℝ.
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Définition 2.7 Borne supérieure/inférieure
Soient E un ensemble et 𝑓 ∶ E → ℝ une application.
• On appelle borne supérieure de 𝑓 sur E le réel sup 𝑓(E), s’il existe. On le note sup 𝑓 ou sup 𝑓(𝑥).
E 𝑥∈E
• On appelle borne inférieure de 𝑓 sur E le réel inf 𝑓(E), s’il existe. On le note inf 𝑓 ou inf 𝑓(𝑥).
E 𝑥∈E
Remarque. Pour que 𝑓 possède une borne supérieure (resp. inférieure) sur E, il est nécessaire et suffisant que E soit non vide
et que 𝑓 soit majorée (resp. minorée) sur E, en vertu de la propriété de la borne supérieure.
Si E est non vide, 𝑓 admet toujours une borne supérieure et une borne inférieure sur E dans ℝ.
Exemple 2.3
Soit E un ensemble. Soient 𝑓 ∶ E → ℝ et 𝑔 ∶ E → ℝ deux fonctions bornées sur E. Alors 𝑓 + 𝑔 est bornée sur E et
sup |𝑓 + 𝑔| ≤ sup |𝑓| + sup |𝑔|
E E E
Méthode Déterminer la borne inférieure/supérieure d’une fonction
Il suffit d’établir le tableau de variations de la fonction.
Exemple 2.4
Considérons la fonction 𝑓 ∶ 𝑥 ↦ 𝑒−𝑥 . On obtient facilement son tableau de variation.
2
𝑥 −∞ 0 +∞
𝑓’(𝑥) − 0 +
1
𝑓(𝑥)
0 0
Le théorème de la bijection montre que 𝑓(ℝ+ ) = 𝑓(ℝ− ) =]0, 1] et donc que 𝑓(ℝ) =]0, 1]. On en déduit que max 𝑓 = 1
ℝ
et donc que sup 𝑓 = 1. De plus, inf 𝑓 = 0 mais 𝑓 n’admet pas de minimum sur ℝ. Si elle en admettait un, ce serait 0 mais
ℝ ℝ
0 n’appartient pas à 𝑓(ℝ).
3 Intervalles de ℝ
La définition suivante permet de décrire tous les intervalles de ℝ (fermés, ouverts, majorés, minorés, …).
Définition 3.1 Intervalle de ℝ
On appelle intervalle de ℝ toute partie I de ℝ vérifiant la propriété suivante :
∀(𝑥, 𝑦) ∈ I2 , ∀𝑡 ∈ ℝ, 𝑥 ≤ 𝑡 ≤ 𝑦 ⟹ 𝑡 ∈ I
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Proposition 3.1
Une intersection d’intervalles est un intervalle.
Proposition 3.2
Les intervalles de ℝ sont les ensembles du type [𝑎, 𝑏], [𝑎, 𝑏[, ]𝑎, 𝑏] ou ]𝑎, 𝑏[ avec 𝑎, 𝑏 ∈ ℝ tels que 𝑎 ≤ 𝑏 et éventuellement
𝑎 = −∞ ou 𝑏 = +∞ en position de «borne ouverte».
Remarque. On retrouve donc bien tous les intervalles au sens précédent de l’acception.
L’ensemble vide est un intervalle ouvert de ℝ puisqu’il est du type ]𝑎, 𝑎[ avec 𝑎 ∈ ℝ.
Notation 3.1
Si I est un intervalle, on note I l’intervalle composé de la réunion de I et des bornes finies de I et on note I ̊ l’intervalle I
privé de ses bornes.
Remarque. I est le plus petit intervalle fermé contenant I.
I ̊ est le plus grand intervalle ouvert contenu dans I.
Exemple 3.1
• Si I =] − 1, 2], alors I ̄ = [−1, 2] et I ̊ =] − 1, 2[.
• Si I =]3, +∞[, alors I ̄ = [3, +∞[ et I ̊ =]3, +∞[.
• Si I =] − ∞, 4], alors I ̄ =] − ∞, 4] et I ̊ =] − ∞, 4[.
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