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DISSERTATION OLYMPE DE GOUGES


Dissertation – Baccalauréat, épreuve blanche du 23 février 2022

En 1791, Olympe de Gouges publie, en récrivant la fameuse Déclaration des droits de l’homme et du citoyen,
la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne ( DDFC ), dans laquelle elle s’exprime notamment au sujet des
injustices commises par l’homme, à comprendre comme être humain masculin.
Nous nous proposons ici de nous demander si l’autrice ne fait que dénoncer les agissements de ce dernier, par
conséquent si son œuvre poursuit l’unique but de rapporter des faits accusateurs postérieurs à1789, ou si au contraire
l’autrice lui a assigné une vocation supplémentaire.

L
Pour répondre à ce questionnement, nous verrons dans un premier temps en quoi Olympe de Gouges souhaite
une évolution de la condition féminine. Nous expliquerons ensuite que la dénonciation des injustices commises par
l’homme demeure un des principaux aspects de l’œuvre.

Tout d’abord, Olympe de Gouges envisage des solutions aux inégalités existant entre hommes et femmes dans
la société française. Elle se montre ainsi favorable à de réels changements, légaux et [Link] d’atteindre cet
objectif, Olympe de Gouges fait des propositions concrètes de lois et rédige les dix-sept articles de la Déclaration des


Droits de la Femme et de la Citoyenne . L’article premier est des plus fondamentaux, dans la mesure où il jette les
bases solides de la société égalitaire selon l’autrice : « La femme naît libre et demeure égale à l’homme endroits ».
Olympe de Gouges, à travers les autres articles, enrichit ses propositions, telles que le souhait d’un même accès à
l’emploi pour les hommes et les femmes (article VI ; on se souvient, dans Le Mariage de Figaro, d’une semblable
requête énoncée par Marceline et Figaro), ou encore la possibilité pour une femme d’être jugée comme un citoyen
devant un tribunal (article VII : « les femmes obéissent comme les hommes... »). L’autrice prône également la liberté
d’expression, réclamant le droit de participer à la vie politique du pays. Olympe de Gouges imagine aussi, à la suite de
la Déclaration, la Forme du contrat social de l’homme et de la femme, reprenant ainsi le concept du philosophe Jean-

a
Jacques Rousseau. Elle y propose une répartition des biens entre mari et femme, la possibilité de léguer un héritage
convenable à ses enfants, et le droit de demander à son conjoint la reconnaissance de l’enfant conçu.
En outre, l’autrice s’adresse à la reine Marie-Antoinette pour que celle-ci s’implique en 1791 dans la lutte pour
le droit des femmes. Elle souhaite que la reine lui apporte son soutien, ce qui permettrait de diffuser ses idées novatrices
parmi les Français et de faire approuver la validité de sa Déclaration par l’Assemblée Nationale. Dans cette épître
dédicatoire, Olympe de Gouges fait preuve d’une certaine hardiesse, n’établissant pas de distinction entre la reine et une
femme de pouvoir ordinaire. En effet, elle utilise l’adresse « Madame » plutôt que « Majesté » : au lieu de présenter ses
respects à la dédicataire,l’autrice développe un argument politique à son intention. Dès le début, l’épître se présente

r
ainsi comme un hommage dépourvu du respect requis. De plus, les premiers mots, « Peu faite pour [ce] langage
»,donnent à voir l’épistolière comme douée d’un esprit trop libre pour se soumettre aux conventions et se plaçant en
dehors du monde de la cour. Aussi affirme-t-elle son intention de parler « franchement »,opposant la parole sincère au
langage courtois. Aux yeux d’Olympe de Gouges, fière de son langage direct et vrai -qu’elle opposait elle-même au
discours politique dominant- la figure de la reine persécutée appartient au passé ; au moment où elle lui écrit, c’est la
réaction de Marie-Antoinette qui constitue l’enjeu. L’épistolière formule donc avec force ses attentes à l’égard de sa
partenaire : comme toute mère et épouse, Marie-Antoinette a le devoir de ramener au sein de la famille les membres qui

t
s’en sont éloignés et risquent de se tourner contre elle. En définitive deux buts s’inscrivent dans cette lettre : amener la
reine à faire revenir les princes émigrés fomentant une mutinerie contre la France révolutionnaire, et l’inciter à soutenir
la cause des femmes, plus précisément à apporter son soutien à l’entreprise que constitue le lancement d’une nouvelle
Déclaration.
Enfin la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne n’est pas qu’un réquisitoire ; c’est aussi un
discours incitatif qui provoque celles qu’Olympe de Gouges rêve en citoyennes : « Ô femmes ! Femmes, quand
cesserez-vous d'être aveugles ? » En effet, Olympe de Gouges a pour objectif de faire lutter les femmes pour leurs droits

i
et leur liberté. Elle les appelle à prendre conscience de leur situation et par conséquent à se révolter. Les femmes sont
incitées à faire valoir leurs droits dans le Postambule, qui débute par ces mots : « Femme, réveille-toi ;le tocsin de la
raison se fait entendre dans tout l'univers ; reconnais tes droits ». L’autrice exhorte les femmes à ne plus se montrer
impassibles, et à sortir de leur coupable inaction. Que chacune s’implique dans le combat pour l’égalité des sexes («
réunissez-vous sous les étendards de la philosophie ; déployez toute l'énergie de votre caractère, et vous verrez bientôt
ces orgueilleux, non serviles adorateurs rampant à vos pieds, mais fiers de partager avec vous les trésors de l'Être
suprême »). Dans l’esprit d’un Nicolas de Condorcet un an plus tôt, l’autrice sait qu’améliorer la condition féminine ne
se fera pas qu’en le demandant aux dépositaires d’un pouvoir masculin, mais en impliquant la responsabilité de

c
chacune.

Cependant Olympe de Gouges n’omet pas d’exprimer les raisons qui engagent logiquement toute femme à
lutter, à savoir la source du problème, les injustices commises par les hommes.
Premièrement Olympe de Gouges choisit de dénoncer les agissements de l’homme en s’adressant directement
à lui, afin de les lui reprocher. Elle le questionne, l’interroge, dans le but que celui-ci prenne conscience des injustices
qu’il peut commettre envers son égale. Cette adresse accusatrice est concentrée dans l’Exhortation aux hommes : «
Homme, es-tu capable d'être juste ? C'est une femme qui t'en fait la question ; tu ne lui ôteras pas moins ce droit ». La
question rhétorique, le présent d’énonciation et le futur de certitude permettent d’engager un dialogue franc et direct, à
l’issue duquel la parole féminine devra être entendue. L’autrice reproche d’emblée le traitement injuste que la
Révolution a réservé aux citoyennes,laissant entendre que le terme « égalité » est demeuré à l’état d’un idéal sans
réalisation concrète (« il prétend jouir de la Révolution, et réclamer ses droits à l'égalité, pour ne rien dire de plus »).
Dans cette exhortation surtout Olympe de Gouges invite l’homme à se contempler au sein de la nature, dans laquelle les
espèces vivantes, mâles et femelles, vivent en harmonie. Que l’homme constate qu’il est la seule espèce à faire
exception à cette égalité naturelle, que le siècle de l’ Encyclopédie a pourtant mis en lumière !
De plus, la femme de lettres démontre la forte injustice que subissent les femmes dans la loi. Elle reproche
ainsi aux hommes de loi la discrimination qu’ils appliquent envers la gent féminine et critique le fonctionnement du
système judiciaire français. Estimant que les lois leur sont défavorables, l’autrice évoque le fait qu’au cœur d’un
différend impliquant une femme, celle-ci est nécessairement reconnue comme coupable. Ce propos est illustré dans la
Forme du contrat social de l’homme et de la femme, où elle raconte une anecdote personnelle, basculant par-là même
dans le genre de l’essai : un cocher avait voulu abuser de sa générosité (« pour ne pas avoir de dispute avec lui »), si
bien que devant l’officier de police, puis devant le magistrat, elle a dû lutter fermement pour prouver sa bonne foi et son
innocence(« Le grave magistrat, en redingote poudreuse et dégoûtante comme sa conversation, m’a dit
plaisamment :cette affaire ira sans doute à l’Assemblée Nationale ? »)… Face à l’injustice, Olympe de Gouges
s’indigne et retranscrit tous les faits en brossant au passage un portrait caricatural de ces hommes, ce qui les discrédite
et confère à la publication de 1791 un aspect satirique assez plaisant.
Enfin, l’autrice dénonce les agissements des hommes en mettant en relief la contradiction entre des
comportements jugés surannés et rétrogrades et les temps révolutionnaires porteurs d’un message progressiste. En effet,
Olympe de Gouges estime que les révolutionnaires ont trahi la confiance des femmes ainsi que leurs propres idéaux en
faisant des femmes des citoyennes de second plan. Il lui paraît inacceptable que la femme ne figure pas nommément
dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et considère cette omission comme un véritable affront.
Olympe de Gouges ajoute que la Révolution n’a fait en réalité qu’empirer la situation de la femme, paradoxe
particulièrement perceptible dans le Postambule (« Quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la
révolution ? Un mépris plus marqué, un dédain plus signalé » ; « ambassade, commandement, ministère, présidence,
pontificat,cardinalat, enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité
et à l'ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé »). Ce que
l’autrice cherche à obtenir, ce n’est plus un respect de papier, mais une reconnaissance du rôle de la femme, dans les
sphères privée et publique, de l’individu seul à la représentante du peuple. La femme doit devenir, aux yeux d’Olympe
de Gouges, une citoyenne à part entière : justiciable et contribuable (article XV) comme l’homme, elle participe de
plein droit à la vie de la Cité.

En conclusion, à travers cette œuvre, Olympe de Gouges dévoile nombre de ses convictions,exposant sans
trembler les diverses injustices commises par les hommes. Mais son argumentation personnelle n’omet pas de
s’adresser aux femmes, se détachant ainsi du caractère solennel de la première Déclaration.
Olympe de Gouges peut être considérée comme une référence du combat littéraire féministe, dans une
catégorie vulgarisatrice. Plus près de nous (2014), un court essai,We should all be feminist , de l’autrice nigériane
Chimamanda Ngozi Adichie, mêle aussi l’argumentaire aux anecdotes personnelles, à ceci près que le discours
féministe s’y enrichit d’une mise en cause de la construction des genres par certains types d’éducation.

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