100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
379 vues19 pages

Cour IECpromotion de La Snté IDE1

Transféré par

Donald Tchikoua
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
379 vues19 pages

Cour IECpromotion de La Snté IDE1

Transféré par

Donald Tchikoua
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

UE: IEC/PROMOTION DE LA SANTE

MODULE : INTERVENIR EN SANTE PUBLIQUE


CIBLE : IDE 1 VHC : 30H
Objectif du cour
A la fin de cette unité d’enseignement l’apprenant IDE 1 doit être capable de mener une
séance d’IEC/promotion de la santé chez les patients et/ou client en fonction de leurs besoins
et en utilisant les connaissances acquises en vue d’améliorer leur santé.
I- Généralité sur l’IEC
A- Généralité sur la communication
1. Définition
La communication se définit comme un processus dynamique par lequel un individu
établit une relation avec une ou plusieurs personnes pour échanger, pour transmettre des idées,
des connaissances.
Elle consiste à envoyer et à recevoir des messages au moyen des symboles (langage
parlé ou écrit) et des manifestations physiques (mimiques, gestes).
Elle peut donc être verbale ou non verbale.
La communication est un processus qui permet à un individu ou un groupe
d’individus d’acquérir le savoir : le savoir-être et le savoir-faire dans un domaine donné en
vue d’un changement de comportement.
C’est le processus par lequel un individu entre en relation avec un autre individu
afin d’échanger.
2. Les caractéristiques essentielles de la communication
2.1. Les éléments constitutifs de la communication
Cinq choses sont importantes dans la communication. Ce sont :
- L'émetteur: c'est celui qui émet le message, c'est la source
- Le récepteur: c'est celui qui reçoit le message
- Le message: le contenu de la communication. Il peut prendre plusieurs formes dans le
- Le canal: c'est le moyen de transmission (support physique)
- Le feed-back ou rétroaction: c’est la réaction du récepteur du message vers l’émetteur ou
le retour de l’information à l’émetteur.

La communication est un processus dynamique qu’on peut diviser en 7 étapes


L’idée naît dans l’esprit de l’émetteur qui veut la transmettre à l’auditeur (récepteur).
L’encodage est la transformation de la pensée brute en symboles signes, éléments d’un
langage commun. Le processus de codage et de décodage du message impose la nécessité
d’un code commun c'est-à-dire un langage commun.
L’émetteur choisit et combine les mots (ainsi que les gestes, expressions ou humeurs,
images, etc.) qu’il a encodés.
La transmission du message peut être favorisée par de bonnes conditions ou au contraire
perturbée par divers dérangements, appelés globalement bruits.
La réception du message par l’auditeur : si la transmission n’a pas été trop perturbée, « les
oreilles de l’auditeur capteront le message complet associé à la réception visuelle des images,
expressions de l’émetteur ».
Le décodage se fait dans le cerveau du récepteur. Celui-ci fait la décomposition, l’analyse et
l’interprétation du message pour l’assimiler et le comprendre. Il reconvertit le message (mots,
gestes, etc.) qu’il a reçu pour découvrir l’idée de départ de l’émetteur.

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


Le feedback ou rétroaction est la réponse que le récepteur donne à l’émetteur. C’est l’étape
capitale dans la communication interpersonnelle et celle qui favorise l’adoption du
comportement souhaité.
2.2. Facteurs qui perturbent la communication
Lorsque les individus communiquent entre eux, certains facteurs peuvent détériorer
voire détruire tout ce qu’ils se disent. Ces facteurs varient en fonction des différents éléments
de la communication. Il existe aussi des facteurs qui agissent sur l’ensemble des éléments de
la communication, tels que les facteurs environnementaux
- Facteurs en fonction des éléments de la communication
Émetteur : Le message que l’émetteur veut faire passer à son récepteur peut être détruit ou
modifié si ce dernier :
• Utilise un langage non adapté
• Ne maîtrise pas le sujet dont il parle
• A des attitudes physiques non appropriées
• Est impatient ou indisponible
Récepteur : Le récepteur qui est censé recevoir un message peut ne pas comprendre ce que
l’émetteur dit s’il :
• Est indisponible
• Manque d’intérêt
• Est distrait
• Est impatient
• Ne maîtrise pas le code utilisé par l’émetteur
Message : Information que l’émetteur essaie de transmettre à son récepteur. L’information
peut être détériorée par des bruits ou des mots difficiles.
Ce message n’est pas bien perçu s’il :
• N’est ni concis, ni précis
• Est trop long ou trop court
• Contient trop d’informations
Feed-back : Au cours d’une conversation, le feedback, pour être correctement perçu par
l’émetteur, doit être approprié, pertinent, immédiat, et spécifique. L’absence de feedback est
parfois perçue comme un signe indiquant que le message n’est pas passé.
Canal : Le canal étant le processus utilisé pour envoyer un message, il faudra qu’il soit
approprié, en bon état et surtout accessible pour le récepteur.
Effet ou impact : Les éléments qui peuvent empêcher l’émetteur d’obtenir ce qu’il recherche
en établissant une communication avec son récepteur sont souvent la perception, les valeurs et
l’image de soi de ce dernier.
2.3. Facteurs communs à tous les éléments
Les facteurs communs à tous les éléments du schéma de la communication sont d’ordre
culturel et environnemental.
- Facteurs culturels
• Us et coutumes
• Tabous
• Valeurs
• Perceptions de la société
• Préjugés.

- Facteurs environnementaux
• Lieu de la communication
• Situation socio-économique d’un émetteur ou d’un récepteur.

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


3. Rôles de la communication dans un programme de santé
Quel que soit le programme de santé dans lequel on travaille, la communication est
primordiale. Elle permet de :
• Identifier les besoins de la communauté
• Motiver la communauté à prendre part aux activités
• Combattre les rumeurs
• Faire un choix informé
• Utiliser correctement les méthodes et pratiques recommandées
• Assurer la continuité
• Permettre la réadaptation du programme durant son déroulement
• Renforcer les acquis
4. Conséquences d’une mauvaise communication sur un programme de lutte contre une
maladie.
Si un programme de communication prévu pour soutenir un programme de santé est mal
conçu ou mal exécuté, il entraîne les situations suivantes :
• Mauvaise utilisation ou non-utilisation des moyens de prévention
• Non-adhésion au programme par la communauté
• Naissance/persistance des rumeurs
• Non-respect des rendez-vous
• Abandon des centres, des méthodes
• Perte de confiance envers les agents communautaires
• Anxiété, panique
• Démotivation
• Perte de temps, d’énergie et d’argent

5. Types de communication
5.1. Communication intra personnelle
5.2. Communication interpersonnelle
La communication interpersonnelle est l’échange entre les gens et leur environnement et entre
les personnes qui les entourent.
Dans le cadre de la communication interpersonnelle, celui qui apporte l’information
(l’émetteur) peut discuter avec le récepteur en tête à-tête ou encore face-à-face (counseling
et visite à domicile).
Le feed-back est immédiat
Exemples :
• Les entretiens entre un soignant et un client
• L’entretien entre un conseiller et son client dans un centre de dépistage
5.3. Communication de groupe : C’est un échange d’information au sein d’un groupe de
personnes limité. La communication de groupe vise une cible restreinte et est localisée dans
l’espace. Le groupe se trouve généralement dans une même salle ou un même endroit.
5.4. Communication de masse : La communication de masse est à sens unique et vise à
influencer un public, à lui transmettre des messages à travers les médias de masse avec
l’espoir que ces messages soient reçus, compris et assimilés.
Il n’y a pas de feedback immédiat possible
Exemples : messages transmis par la radio, la télévision, les journaux, les crieurs publics, etc

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


B- LE PROCESSUS DE CHANGEMENT DE COMPORTEMENT
1. Définitions
- Le changement est le passage d’un état A à un état B.
- Le comportement : C’est l'ensemble des manières de faire ou de pratiques propres à un
individu ou à un groupe d'individus.
C’est aussi la manière d’être, l’habitude, l’attitude. Le comportement est propre à un
individu en fonction de son environnement. Il existe des comportements indispensables et
obligatoires et des comportements non indispensables.
Exemples de comportements : Porter un préservatif, s’abstenir d’avoir des rapports
sexuels, s’abstenir de fumer, de boire de l’alcool, l’excision, le refus d’adopter une méthode
contraceptive, l’alcoolisme.
- Le changement de comportement
C'est la modification des manières de faire d'un individu ou d'un groupe d'individus.
Le changement de comportement passe par un long cheminement qui s'effectue plus ou moins
rapidement compte tenu des facteurs susceptibles d'influencer l'adoption d'un nouveau
comportement.
2. Les facteurs de changement de comportement
La décision d’un individu de modifier ou non son comportement est fonction de
différents facteurs. Ces facteurs peuvent favoriser ou constituer un frein au changement
souhaité. Ces facteurs sont :
2.1. Les facteurs externes
Ce sont les facteurs qui relèvent de l’environnement dans lequel vit l’individu.
- La culture : C’est l’ensemble des normes, rites valeurs, convictions et habitudes d’une
société. Toute société a sa propre culture, ses valeurs, ses croyances, ses habitudes, sa manière
de voir les choses et dont nous devons tenir compte dans la vie courante.
- Le milieu social : Toute société met en place un système de stratification sociale des
différentes classes sociales qui sont représentées par des groupes homogènes dont les
membres partagent le même système de valeurs, de mode de vie, d’intérêts et de
comportements (les jeunes, les femmes, les personnes âgées…).
Dans la vie quotidienne, l’individu est influencé par de nombreux groupes de référence
auxquels il appartient (voisins, amis, collègues, associations…). Ces groupes favorisent les
relations interpersonnelles et jouent un rôle très important dans la construction du
comportement de l’individu. Ils exercent une pression qui tend à rendre l’individu conforme
aux modes de comportement entre autres en lui proposant des modèles de comportement et de
vie.
Le comportement de l’individu est influencé également par les membres de la famille.
Celle-ci apprend à l’individu ç acquérir certaines attitudes et conduites dans sa vie et continue
à exercer son influence même dans certaines décisions.
2.2. Les facteurs internes
Ce sont des facteurs qui sont liés aux caractéristiques personnelles et psychologiques
de l’individu et qui conditionnent son comportement. Ils influencent directement les décisions
de l’individu. Ce sont les caractéristiques personnes (l’âge, le sexe, le niveau d’instruction,
l’état matrimonial, l’occupation professionnelle…).
- Les connaissances : Ensemble d’informations dont dispose l’individu à propos d’un sujet
quelconque. C’est un préalable à tout changement de comportement individuel. C’est l’étape
première de la prise de conscience d’un phénomène.
- La perception : Processus par lequel un individu choisit, organise et interprète des éléments
d’informations externes pour construire une image cohérente du monde qui l’entoure.
- Les croyances : Correspondent à un élément de connaissance descriptive qu’un individu
entretien à l’égard d’un objet.

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


- Les attitudes : Résument les évolutions positives ou négatives, les réactions émotionnelles
et les prédispositions à agir. C’est une orientation que l’on se donne vis-à-vis d’un objet ou
d’une idée.

2.3. Les étapes d’un processus de changement de comportement


La modification du comportement humain suit généralement un processus progressif
dont il faut tenir compte dans toute intervention de communication qui vise au changement de
comportement. Dans ce processus, les étapes à suivre sont interdépendantes; il est donc
indispensable de connaître pour chaque public-cible, à quelle étape du changement de
comportement il se trouve pour envisager une stratégie d'action efficace.
Dans le processus de changement, les différentes étapes suivantes peuvent être
observées :

C- I E C /CCC

L’IEC est l‘ensemble d’interventions qui utilisent ou combinent les techniques et


les démarches de l’IEC pour obtenir un changement ou une consolidation de comportement
au niveau d’un individu. L’IEC est un outil de développement qui vise à l’amélioration de
la qualité de vie.
I = Information

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


Il s’agit d’apporter à un individu des connaissances, idées et faits ignorés auparavant
ou dont il n’avait pas conscience.
E = Éducation
Processus par lequel un groupe ou un individu est exposé à un apprentissage
progressif, visant à lui faire acquérir des compétences ou des valeurs jugées désirables.
C = Communication
Processus d’échanges de messages entre un émetteur et un récepteur, les rôles étant à
tout moment inversés. En IEC, la communication consiste à motiver, convaincre un individu à
agir à partir de ses besoins, de ses préoccupations, de ses perceptions, de sa culture et de son
expérience.
 Buts, Objectifs et priorités
a) Buts
Le but de l’IEC est d’aider les individus à acquérir une meilleure santé par leur propre
comportement et leur effort personnel. Autrement, elle vise le changement de
comportement, l’adoption ou le renforcement des comportements. Des stratégies
différentes seront donc utilisées. Pour changer un comportement, il faut chercher un
accès dans l’individu pour ne pas entraîner de changement radical. Quelle est la durée
d’intervention de l’IEC ? Courte durée ou toute une vie.

De ce but ressort deux notions :


- L’intérêt que les individus doivent manifester pour l’amélioration de leur condition
d’existence.
- La responsabilité de chacun dans la promotion de sa santé et de celle de la
communauté. D’où les étapes du processus de changement de comportement.
b) Objectif.
L’IEC a pour objectif de :
- Faire comprendre à la population que la santé est une grande valeur, source de
richesse, de bien-être et de progrès.
- Apprendre aux gens comment se maintenir en bonne santé pour cela, il est
indispensable de leur expliquer :
 D’où vient la maladie ?
 Quels sont les signes de la maladie ?
 Ce qu’on doit faire lorsqu’on est malade
 Comment se protéger contre la maladie en spécifiant ce qu’il faut faire ;
pourquoi le faire; comment le faire ? et quand le faire ?

c) Priorités d’IEC.
En général, les priorités d’IEC sont choisies parmi les principaux problèmes de santé
publique qui s’impose dans un pays. Au Cameroun, 4 grands domaines représentent les
priorités d’IEC.
- L’hygiène et assainissement du milieu : aménagement des latrines, eaux usés,
prévention des infections nosocomiale,
- La nutrition et la lutte contre les maladies diarrhéiques,
- La santé de reproduction (santé maternelle, infantile, de l’adolescent, personnes
âgées et y compris la PF),
- La lutte contre les maladies transmissibles.
(SIDA, TBC, lèpre, bilharziose, paludisme, onchocercose…
- Campagne de dépistage, éducation des populations.

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


 Principes de bases d’IEC.
a) Définition.
Par définition, un principe est un début, une origine, une première cause, une raison.
Nous pouvons dire par exemple que, le travail est le principe de toutes richesses.
A partir de cette définition, nous pouvons considérer les principes de base en IEC
comme étant des règles essentielles qui régissent cette discipline. C’est elle qui définissent en
quoi consiste l’IEC pour la santé. La connaissance de cette matière passe par la maitrise de
ces principes d’où la nécessité de les assimiler.
L’IEC pour la santé compte 7 principes de base :
- Principe n°1 : L’IEC pour la santé est souvent non verbale. L’IEC pour la santé ne
doit se limiter à la transmission des messages verbaux car il y’a un risque d’échec.
L’éducateur communautaire doit lui-même affiché un comportement conforme à
ce qu’il prêche. Il doit y avoir une relation entre ce qu’il dit, ce qu’il est et ce qu’il
fait. Par ailleurs l’environnement physique et psychosocial doit être préparé.
Exemple : pour que les élèves d’une école appliquent et suivent le principe de
lutte contre le péril fécal. Il faut que les éducateurs eux-mêmes appliquent les
mesures (existe des latrines, de l’eau…)
- Principe n°2 :l’IEC pour la santé répond aux besoins d’une population dans les
conditions spécifiques :
Implication : cette discipline nécessite une recherche et une adaptation constante
des messages en fonction des conditions dans lesquelles se trouve le destinataire
du message.
Exemple : un problème de santé peut exister dans deux communautés différentes
mais les populations de ces deux communautés ne le ressentent pas de la même
façon. Les solutions à y apporter doivent varier. Sinon il y aura rejet.
Principe n°3 : l’IEC pour la santé doit rechercher l’adhésion et la participation de
la population cible.
Implication : l’IEC pour la santé ne doit pas se limiter à demander une mise en
pratique des solutions. Les solutions doivent émaner des populations. L’éducateur
doit pouvoir : motiver, sensibiliser ou induire une action voulue.
Exemple : le problème de malnutrition : pas seulement la distribution des
plumpynuts mais plutôt causé avec la population pour identifier la source du
problème.
Principe n°4 : l’IEC pour la santé doit couvrir le savoir, savoir-faire et savoir
être. Faire l’enquête CAP de la population.
Implication : elle doit s’adresser à la personne entière pour agir non seulement sur
son comportement (visible) mais aussi sur ces attitudes (invisibles) qui sont à la
base des comportements.
Principe n°5 : l’IEC pour la santé peut amener une modification d’une attitude ou
d’une pratique si elles sont considérée comme néfastes pour la santé, peut
renforcer une attitude ou une pratique jugée positive.
Implication : l’IEC pour la santé ne s’impose pas. Elle nécessite une analyse
rigoureuse des problèmes sanitaires en vue de la sélection des attitudes et pratiques
sur lesquels il faut agir.
Principe n°6 : l’IEC pour la santé ne doit pas toucher les attitudes ou les pratiques
qui ne concerne pas la santé ou qui ne sont pas bien déterminées.
Implication : cette discipline nécessite de la part de l’éducateur un esprit ouvert et
critique dans l’analyse des conséquences de certaines attitudes et pratiques.

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


Exemple : essayer de convaincre les mères de la culture interdite comme le fait de
l’œuf aux enfants ou de dire aux femmes de ne pas manger le poulet… ces
aliments sont pas les seuls sources d’énergies (lait, viande, poisson…). Il vaut
mieux ne pas insister les attitudes qui relèvent des valeurs soient difficile à
changer.
Principe n°7 : l’approche purement médicale ne suffit plus pour éduquer la
population.
Implication : l’éducation pour la santé n’est pas un domaine réservé au
professionnel de la santé. Elle doit revêtir un caractère multi disciplinaire
(information, communication, relation publique, sociologie, science politique,
psychologie sociale…) ainsi les activités éducatives peuvent être entreprise pour
divers membres d’une collectivité (enseignant, agent de développement agricole,
responsables d’associations, affaire sociale ; condition féminine).
Exemple : PF, hygiène du milieu.

 Nouvelle approches et participation communautaire.


L’approche participative a été définie par la charte d’OTTAWA qui implique un
rééquilibrage des responsabilités entre les professionnels et les citoyens (communautaire), afin
de faciliter la participation de la population à l’information et l’éducation. Ce qui permet aux
communautés d’exercer un plus grand contrôle sur leur santé. En effet, selon la charte
d’ATTAWA, « la promotion de la santé procède de la participation effective et concrète de la
communauté à la fixation des priorités, à la prise de décision et à l’élaboration des stratégies
de planification pour atteindre un meilleur état de santé (COSA, COGE…).
Une démarche éducative s’inscrit donc dans un processus dynamique qui sollicite
l’adhésion et la participation du public que l’on veut cibler. D’où la nécessité de l’enquête
communautaire par exemple qui se déroule en sept étapes.
1- L’analyse situationnel
2- Identification du problème de la communauté
3- Choix des priorités
4- Planification de l’action
5- Mise en œuvre de l’action
6- Suivie
7- Evaluation de l’impact
 Principale stratégies et canaux.
a) Fondements de l’élaboration des stratégies d’IEC.
La stratégie d’IEC en matière de population, occupe une place importante pour le
soutien de l’exécution des politiques et programmes nationaux de population visant la
création d’un environnement favorable au changement des attitudes et des comportements à
l’égard des questions de population et de développement chez un auditoire bien déterminé.
Les études théoriques réalisées dans le domaine d’IEC, ont montré l’existence d’au
moins trois (03) niveaux en matière de stratégies d’IEC pour l’élaboration des programmes de
population.

 Les stratégies en IUEC


- La stratégie sectorielle : la planification, l’exécution et le suivi de cette stratégie
se fait u niveau d’un seul secteur (département ministériel: santé, éducation de
base, enseignement supérieur, développement sociale, promotion de la femme,
emploi et formation professionnel…) pour soutenir le programme national de

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


population. En effet série des thèmes relative à l’IEC peuvent être abordés par l’un
des secteurs cités : éducation de la jeune fille, grossesses indésirées, hygiène et
assainissement du milieu… sachant que tous ces thèmes sont d’une grande
complexité et nécessitent dans leur analyse l’adoption des stratégies axées sur des
approche multicanaux (radio, télévision, panneaux publicitaires…).
- La stratégie intersectorielle : réalisée par les différents intervenants parmi les
représentants des ministères et d’autres secteurs gouvernementaux (DRSP,+ santé
de reproduction de la FD.)
- La stratégie intégré et multisectorielle : cette stratégie constitue une plate-forme
fondamentale pour l’élaboration d’un programme national intégré et multisectoriel
(ministère, ONG, secteur privé et la société civile).

b) Démarche théorique pour la planification d’une stratégie d’IEC


Pour mettre en œuvre une bonne stratégie d’IEC, le processus comporte cinq étapes qui
sont :
1- Analyse de l’auditoire : pour analyser l’auditoire, il faut se poser la
question suivante : quel est le problème de communication ? quelles
ressources…, segmentation de la population en fonction du choix.
2- Définition de l’objectif et du message : définir clairement ces objectifs :
toute campagne doit observer des règles. Un objectif doit être précis,
réaliste, mesurable, inscrit dans un délai et réalisable.
3- Le message et matériel : conception du rapport, (affiches,
duplication…)
4- Mise en œuvre et suivi de la gestion.
5- Evaluation de l’impact.
c) Les canaux.
- Les panneaux publicitaires.
- Les média de masse (radio, télévision…)
- Les réseaux / associations
- Les leaders
- La communauté…
 niveaux d’intervention en IEC.
Informer et éduquer les populations est la délicate mission de promotion de la santé
que confère aux professionnels de la santé la déclaration d’Alma-ata pour une santé par tous
et pour tous.
Aujourd’hui que certains dirigeants pauvre et professionnel de la santé sont unanime
sur le rôle combien indispensable que doit l’IEC pour la santé. Ainsi la conférence d’Alma-ata
a défini trois niveaux d’intervention pour les activités éducatives. Ces niveaux sont par ordre
logique et stratégique :
1- La famille
2- La communauté
3- Le service de santé
1- Niveaux I : La famille.
Nous savons tous que, la famille est la cellule de base de la société et à ce titre, elle est
le foyer principal de toutes activités de développement. Tout ce qui s’adresse à la société
devrait tenir compte de la structure et du fonctionnement de la famille sinon il y aura échec. Il
faut connaitre une famille pour pouvoir l’amener à promouvoir sa santé. C’est dans cet ordre
d’idée que VILLOD D du centre international de l’enfance reconnait à la famille cinq
fonctions essentielles que tout agent de santé devra apprendre à connaitre :

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


- La fonction biologique : c’est au sein de la famille que se fait la reproduction de
l’espèce, l’alimentation et la protection de la santé de tous les membres
- La fonction psychologique : la famille assure la sécurité affective parmi ces
membres.
- La fonction socio-culturelle : c’est dans la famille que se fait la transmission des
valeurs qui influencent nos comportements.
- La fonction économique : c’est dans le cadre familial que se fait l’acquisition et la
distribution des ressources, des biens divers. Le soutien économique des membres
est la première règle.
- La fonction éducative : les attitudes et connaissance de base s’acquièrent dans le
milieu familial. L’éducation d’un individu commence en famille pour se
poursuivre à l’école et dans la société.
Ces fonctions, constituent des forces pouvant permettre à la famille de faire face à
d’éventuels problèmes qui se posent à elle. Toute perturbation au niveau d’une fonction
quelconque engendre des problèmes, des faiblesses ou nuisances dans la famille et dans la
société.
Le rôle du professionnel de la santé est de se rapprocher de cette cellule sociale pour
identifier avec elle ses forces et ses faiblesses et rechercher avec elle des solutions spécifiques
et adéquates, ceci dans le but de promouvoir leur autonomie. L’agent de santé a un rôle d’aide
et d’assistance.
2- Niveau II : La communauté.
Par définition, la communauté est un ensemble d’êtres humains qui habitent une aire
géographique donnée, partage le même mode de vie, travaille ensemble et ont les mêmes
inspirations. La communauté est un ensemble de famille et nous savons que chaque famille
est une entité avec ses problèmes spécifiques. C’est ainsi que la santé d’une famille aura une
influence sur les autres.
L’action éducative doit donc après le niveau familial ou elle s’est préoccupe des
problèmes spécifiques, porté sur un groupe de famille pour une prise de conscience collective
de leurs problèmes communs et la recherche concertée des voies et moyens pour résoudre
ensemble. L’éducation en milieu communautaire doit donner aux populations une idée claire
sur les services de santé qui leur sont disponible.
3- Niveau III : service de santé
Le service de santé signifie le premier établissement de santé qui est en quelque sorte
le premier échelon de recours, cela peut être un centre de santé, un dispensaire ou un hôpital.
L’action éducative dans ce service est la première étape d’un processus et non une fin en soi.
Elle ne saurait suffire à modifier les comportements sans l’effet des deux premiers niveaux.
Le rôle des agents de santé est d’encourager, de faciliter l’auto responsabilité des familles à
fin qu’elle participe à la planification, à la mise sur pied et au bon fonctionnement du système
de soins. « Comment pourrons nous fonctionner, si nous n’allons pas vers les familles pour les
connaitre avec leur milieu de vie »

 Méthodes : classifications, critères de choix


1- Définition
On entend par méthode éducative, les modalités d’exécution d’un programme pour
mettre en œuvre les activités éducatives. C’est le comment de l’IEC pour la santé. Ces
méthodes utilisent essentiellement des techniques de communication qui sont largement
exploitées par d’autres secteurs. Elles ne sont pas spécifiques à l’IEC pour la santé.
Toute éducation a pour but, le changement de comportement chez un individu ou un
groupe d’individu dans un sens positif. Ceci suppose qu’on doit communiquer avec ses
derniers, on doit échanger avec eux. La manière ou la procédure que l’éducateur utilisera

10

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


pratiquement pour atteindre son but est une méthode ou une technique de communication
servant à éduquer.

2- Classification des méthodes éducatives


On peut distinguer 2 types de classification : certain auteurs classent les méthodes
selon l’ampleur de la population à laquelle elle s’applique c’est-à-dire le nombre de personne
auxquelles s’adressent l’émetteur.
Ainsi on aura la classification suivante :
- Méthode individuelle correspond à l’éducation individuelle
- Méthode de groupe (éducation de groupe)
- Méthode de masse (éducation de masse)
Il est à signaler que, notre comportement est à la fois le reflet de notre personnalité et
de la société dans laquelle nous nous trouvons. Ainsi, le comportement varie selon qu’il est
pris isolément ou en groupe. C’est cela qui justifie cette classification.
D’autres classent les méthodes selon le degré des échanges :
 Méthode unilatérale : méthode à sens unique (l’éduquer reçoit le message sans
intervenir ou n’intervient que peu) exemple : les conférences, les exposés, les
réunions, cour magistral…
Avantages : permet, un apport direct d’information, un apport systématique des
connaissances nouvelles, une information fiable, une prise de conscience rapide, un
gain de temps…
Les limites : feed-back réduit, une hypothèse de départ que le récepteur est ignorant
du sujet, qu’il faut tout leur apporter.
 Méthode bilatérale ou multilatérale : ce sont des méthodes qui privilégient
l’échange d’information entre l’éducateur et la population. Elles font appel aux
techniques de communication multidirectionnelle. Exemple : le débat, le dialogue,
l’entretien, le meeting, la réunion de prise de décision, les démonstrations…
Avantages : ces méthodes permettent :
- Un échange entre émetteur et récepteur
- Un apprentissage provenant de plusieurs sources
- Une adaptation de l’information échangée en fonction des réactions suscitées
- Un feed-back permanant par consensus
- Une possibilité accrus de découvrir les ressources ignorées
- Une meilleure exploitation des ressources disponible dans la population.
- Elle part du principe, que la population a aussi des connaissances.
Les limites : ces techniques nécessitent un temps important dans la préparation. Elles
nécessitent un temps plus important que le déroulement des activités, elles engendrent des
discussions inutiles si l’éducateur ne maitrise pas les bonne technique d’animation.
3- Critères de choix d’une méthode éducative
Le choix d’une technique dans le cadre d’un projet en IEC ne doit pas se faire au
hasard. Il doit se faire sur la base des critères suivants :
- L’applicabilité (le coût, le matériel, les représentations sociale de la
communauté…)
- La possibilité de la participation communautaire (est ce que la méthode permet une
participation active et effective de l’auditoire ?)

11

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


- L’efficacité de la technique (la technique utilisée permet-elle d’atteindre toute la
population visée et concernée ? ou alors la majorité ? est ce qu’elle suscite
l’intérêt ?)
- Les limites de la technique (est ce que cette technique ne risque pas de produire
des effets secondaires ?)

 Les outils d’animation en éducation pour la santé


1- L’affiche : Exemples d’affiches s’adressant à la population générale
2- Le dépliant
3- La brochure
4- Le magazine
5- Le message radio
6- L’exposé
7- La projection (diaporama)
8- La vidéo
9- Le classeur-imagier
10- L’exposition
11- Le bloc-notes géant
12- Le tableau de feutre
13- Le proverbe
14- La comparaison
15- Le brainstorming
16- Le brainwriting
17- Le conte
18- La fable
19- L’histoire à plusieurs
20- Le jeu de cartes
21- Le counseling
22- La représentation théâtrale
23- Les marionnettes
24- La démonstration
25- L’étude de cas
26- jeu de rôle
27- La mallette pédagogique

 Evaluation des CAP (Connaissances, Attitudes et Pratiques (aptitude)) des


populations en matière de santé.
L’IEC est une discipline centrée sur l’individu, elle se propose d’informer et de former
l’individu, la communauté en matière de santé.

12

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


L’IEC en tant que œuvre de formation apporte des connaissances, donne des aptitudes
et induit des comportements positifs en matière de santé.
L’IEC en tant que discipline de formation, part du principe que tout individu, toute
communauté à :
- Une savoir : ensemble des connaissances de base qu’il faut identifier avant tout
apport nouveau.
- Un savoir-faire : des aptitudes, des pratiques sanitaire qu’il faut identifier pour en
connaitre les aspects positifs à encourager et les aspects négatifs à modifier.
- Un savoir-être : des attitudes qui influencent le comportement sanitaire qu’il faut
identifier au préalable avant d’entreprendre de modification de celles qui sont
néfastes.
Toutes interventions éducatives, doit-être précédées d’une étude préalable des
connaissances, des aptitudes et pratiques sanitaires des populations. Cette étude peut
intégrer dans le cadre des études d’une communauté ou alors constituée une enquête
spécifique lorsqu’il s’agit d’un programme précis centré sur un problème de santé
donné. Il s’agira d’une enquête visant à identifier ce que savent, pensent et font les
gens face à un problème de santé donné.
 Eléments de différenciation entre IEC et CCC
L’IEC vise le changement de comportement, l’adoption ou le renforcement des
comportements. Des stratégies différentes seront donc utilisées. Pour changer un
comportement, il faut chercher un accès dans l’individu pour ne pas entraîner de
changement radical. Quelle est la durée d’intervention de l’IEC ? Courte durée ou toute une
vie.
L’IEC est l‘ensemble d’interventions qui utilisent ou combinent les techniques et
les démarches de l’IEC pour obtenir un changement ou une consolidation de comportement
au niveau d’un individu. L’IEC est un outil de développement qui vise à l’amélioration de
la qualité de vie.
La communication pour le changement de comportement est « un processus
interactif et participatif, à double voie, permettant d'échanger des informations, des
idées, des connaissances, des opinions et des décisions, en vue de favoriser dans une
communauté donnée ou chez certains individus, des changements durables de
comportement ou l'adoption de comportements nouveaux concourant à l'amélioration des
conditions de vie de cette communauté ou de ces individus. »
Si la CCC et l’IEC sont toutes deux des approches de communication mise en œuvre
dans l’intérêt de l’individu, elles ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients et elles
n’utilisent pas les mêmes méthodes pour atteindre leur objectif.
De nos jours, seule la CCC est considérée comme prometteuse.
Les éléments qui différencient l’IEC de la CCC sont récapitulés dans le tableau ci-
dessous.
Passage de l’IEC à la CCC
Dans le cadre de l’IEC, l’accent a été longtemps mis sur l’information et la
sensibilisation des populations. A la suite de ces activités, on a pu constater que le niveau
de connaissance était élevé (80%) alors que le degré de changement de comportement était
bas (10 à 12%).
La CCC ne veut pas se contenter de produire des supports et d’identifier des canaux de
communication, elle vise le changement de comportement, elle peut même se polariser
directement sur le changement de comportement pour déclencher le passage à l’acte.
Avec la communication pour le changement de comportement, Il s’agit désormais de :
• Faire une bonne analyse de la situation pour identifier avec les populations les facteurs qui
favorisent un changement de comportement.

13

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


• Pousser et inciter les populations cibles à l’acquisition de nouveaux comportements.
• Impliquer les populations dans tout le processus de changement de comportement.
Si la CCC et l’IEC sont toutes deux des approches de communication mise en œuvre
dans l’intérêt de l’individu, elles ont chacune leurs avantages et leurs inconvénients et elles
n’utilisent pas les mêmes méthodes pour atteindre leur objectif.
De nos jours, seule la CCC est considérée comme prometteuse.
Les éléments qui différencient l’IEC de la CCC sont récapitulés dans le tableau ci-
dessous.

 Différenciation entre IEC et CCC au niveau des différentes composantes


d

14

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


 Forces de la CCC
Au niveau des individus ou des couples, la CCC permet de :
• Susciter l’implication personnelle
• Accroître ou améliorer les connaissances sur les solutions aux problèmes à résoudre
• Obtenir une attitude favorable face à une pratique, une idée
• Combattre les rumeurs
• Changer/renforcer les pratiques et les comportements conformes aux solutions identifiées
• Maintenir le bon comportement
• Rendre maître de ses décisions
• Encourager à informer, à persuader et à motiver d’autres individus ou couples
Au niveau de la communauté ou du groupe, la CCC permet de :
• Impliquer la communauté dans le processus d’adoption des comportements désirables
• Obtenir son soutien en faveur de ceux qui adoptent les comportements désirables
• Obtenir un changement collectif
• Rendre la communauté ou le groupe maître de son propre développement

 Les techniques de la CCC (les techniques de la ccc)


 La Mobilisation communautaire
 La Mobilisation sociale
 Le Marketing social
 Le Counseling / Conseil
 L’approche participative
 Le Plaidoyer
 Causerie éducative

II- l’approche promotionnelle


1- généralité
Selon le petit Robert, promouvoir, c’est pousser en avant, faire avancer, c’est élever à un
grade supérieur, à une dignité.
La charte d’OTTAWA a défini la promotion de la santé comme étant « un processus qui
confère aux population les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé et
d’améliorer celle-ci ».
La restauration de la santé suppose qu’il a eu une agression avec des dommages subis par
l’organisme ; prévenir ces dommages signifie les devancer, agir avant qu’ils ne surviennent.
Dans les deux cas, le spectre de la maladie est présent ou alors il hante les esprits. Que faire
pour parvenir à éloigner le plus loin possible ou banaliser ce spectre afin de vaquer en toute
quiétude à ses occupations ?
- En menant des actions qui permettent à l’individu sain de rester toujours sain
- En cherchant tous les jours à améliorer sa santé, bref il s’agit de s’atteler à élever le
niveau de santé des populations à un degré supérieur.
La promotion de la santé apparait donc comme une quête permanente dont les actes
portent sur le vécu quotidien.
Promouvoir la santé nécessite l’effort de tous et de chacun. C’est un démarquage de la
médecine vers tous, par tous et pour tous.
Promouvoir la santé suppose aussi que les professionnels de la santé recherchent la
participation consciente des populations aux actions de santé.

15

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


Promouvoir la santé sous-entend que les professionnels de la santé cessent de considérer
leur discipline comme une chasse gardée, un mythe inaccessible aux profanes ; ils doivent
solliciter l’intervention des autres secteurs d’activités en les formants, en les informant sur la
santé. Ils doivent accepter de transférer ce qu’ils savent aux autres afin de les préparer à l’auto
prise en charge.
Promouvoir la santé, c’est en définitive rendre les populations responsables de leur propre
santé.
Cette nouvelle conception confère aux agents de santé un rôle de formateur, d’informateur
et surtout d’éducateur des individus et des communautés pour les rendre capables de se
maintenir en bonne santé par l’adoption de comportements positifs.
Des actions simples de promotion de la santé telles que l’hygiène individuelle, l’hygiène
de l’eau, l’hygiène de l’habitat, l’hygiène alimentaire, l’hygiène vestimentaire, l’hygiène du
milieu sont de nature à éloigner de l’homme le spectre de plusieurs maladies ; mais toutes ces
actions ne peuvent être réalisées avec succès que par les populations elles-mêmes ou tout au
moins avec leur participation active ; il suffira de les informer, de les former, en un mot de
leur donner des compétences nécessaires et de les responsabiliser.
La promotion de la santé commence dans les familles, les villages, les quartiers, dans les
écoles, les congrégations religieuses, en un mot dans la communauté ; la population doit être
informée et formée à ce sujet ; elle doit être organisée dans des structures communautaires lui
permettant de se prendre en charge sur le plan sanitaire et du développement tout court.
Les formations sanitaires deviennent, dans ce cas, des points de référence du système de
santé appelés à :
- Prendre en charge les cas pathologiques qu’elles dépistent dans la communauté ou qui
viennent spontanément à elles ;
- Assurer les soins préventifs par la vaccination et l’éducation à visée préventive et
promotionnelle ;
- Informer et former les individus sains et malades à se prendre en charge, à
s’autodéterminer sur le plan sanitaire et ne recourir à elles qu’en cas de nécessité
Il s’agit de réduire la dépendance des populations vis-à-vis des formations sanitaires pour
des problèmes dont l’essence de la solution est à leur niveau.
Les formations sanitaires doivent cesser d’être simplement et uniquement des cliniques de
restauration de la santé pour devenir de véritables structures de santé publique qui vivent en
symbiose avec leurs communautés avoisinantes, pratiquent à la fois de la prévention primaire,
secondaire et tertiaire en même temps qu’elles dispensent des soins continus, globaux et
définis à une population spécifique.
Ainsi, la santé publique apportera une contribution plus que déterminante au processus de
développement de nos jeunes pays.

2. Les principes en promotion de la santé

Les sept principes ci-après ont été définis par l’Association canadienne de santé publique
et retenus par l’OMS dans la Charte d’OTTAWA :
- La promotion de la santé aborde les problèmes dans leur contexte spécifique : la
communauté étant le centre de gravité de toutes les actions en promotion de la santé,
16

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


toute la planification doit passer par une analyse et une explication de l’interaction des
différents facteurs qui influencent la santé.
- La promotion de la santé est axée sur une approche holistique ou globale : ceci
signifie que toute intervention en promotion doit tenir compte des aspects physiques,
psychosociaux, écologiques, culturels et spirituels de la santé
- La promotion de la santé exige une perspective à long terme : elle n’est pas une
action ponctuelle ; ses actions doivent se pérenniser.
- La promotion de la santé prône un équilibre entre la prise de décision centralisée
et décentralisée : les décisions prises au niveau central doivent découler des
problèmes et des besoins ressentis et/ou exprimés par la base. Les communautés
doivent prendre une part active dans l’analyse de leurs situations sanitaires. Elles
doivent être habilitées et responsabilisées pour pouvoir prendre des décisions au
niveau local.
- La promotion de la santé est multisectorielle : c’est-à-dire qu’elle n’est pas
l’apanage des seuls professionnels de la santé ; elle doit associer les secteurs connexes
en fonctions des problèmes.
- La promotion de la santé mise sur les connaissances provenant de deux sources :
 Les connaissances en sciences sociales, économiques, politiques, médicales et
environnementales
 Les connaissances expérientielles des populations
- La promotion de la santé met l’accent sur l’imputabilité à l’égard des populations
bénéficiaires : ceci signifie que tous les acteurs en promotion de la santé doivent
rendre compte de leurs activités ; c’est un engagement.

3. Processus de planification en promotion de la santé/IEC


L’OMS a défini un modèle d’actions pour les environnements favorables constitué de huit
étapes ci-après :
 Repérer les besoins et les problèmes de la communauté : il s’agit d’une évaluation
diagnostique qui consiste à identifier, analyser et interpréter les besoins et problèmes
d’une communauté sur les plans épidémiologique, comportemental, éducative,
organisationnel et environnemental. L’on doit pouvoir déterminer avec la population,
sa perception des besoins sanitaires, son appréciation de la qualité de la vie ainsi que
ses aspirations pour un mieux-être.
 Constituer des alliances : il s’agit d’identifier et de contacter les partenaires
éventuels pour des progr ammes conjoints, se répartir les rôles et les tâches, établir
les accords mutuels et les réseaux. C’est une action de plaidoyer et de mobilisation
sociale en promotion de la santé.
 Fixer les cibles, élaborer des stratégies, planifier et évaluer : il s’agit d’associer
tous les partenaires à l’élaboration d’un plan d’action, à la mise sur pied d’un projet
pilote de promotion de la santé, à l’établissement d’un plan de suivi et d’évaluation ; la
participation, la motivation et la valorisation sont de règle dans cette étape.
 Concevoir la mise en œuvre et mobiliser les ressources : il s’agit de procéder de
manière concertée à la programmation des activités et à la recherche/allocation de
ressources diverses pour la mise en œuvre du plan d’action ou du projet pilote.
17

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


 Mettre en œuvre les activités : la mise en œuvre des activités doit solliciter
l’implication consciente de tous les acteurs, partenaires et bénéficiaires.
 Créer des structures d’entretien : la pérennité des actions de promotion de la santé
suppose l’implication effective des bénéficiaires et l’appropriation des projets locaux
par les intéressés à travers des structures communautaires avant la fin d’un appui
extérieur éventuel. A cet effet, il faut responsabiliser et fidéliser les partenaires
intersectoriels, sociaux et communautaires.
 Surveiller et évaluer : assurer un suivi continu, mesurer les progrès réalisés et
apprécier leur impact sur la santé des populations, il faut identifier les forces, les
faiblesses, les contraintes et prendre des décisions.
 Renouveler, renforcer ou recentrer : il s’agit des décisions à prendre pour la santé
dans le cadre d’un partenariat communautaire.
4. Approches et stratégies de promotion de la santé
a) Les approches
Deux approches sont préconisées en promotion de la santé :
- L’approche individuelle : elle consiste à conscientiser, sensibiliser et motiver les
individus pris isolément sur les problèmes de santé, il peut s’agir de la modification
d’un comportement ou de l’adoption d’un comportement sanitaire nouveau (exemple
de l’éducation nutritionnelle). Cette approche pourra s’appliquer dans les familles, les
milieux scolaires, professionnels et des services de santé.
- L’approche communautaire : elle consiste en des actions et mesures sociales,
économiques, culturelles dont les efforts devraient bénéficier à l’ensemble de la
communauté ou du groupe cible (exemple : décision des secteurs économique,
politique, commercial ayant un impact sur l’alimentation ou encore des décisions
politiques ou organisationnelles visant à améliorer les conditions de travail).
b) Stratégies
Les stratégies suivantes conditionnent le succès des programmes de promotion de la
santé
- La communication/Education pour la santé/IEC
- Le marketing social de la santé
- Le développement communautaire
- L’action politique en santé : il s’agit de l’élaboration des décisions politiques, des lois,
des textes réglementaires et de défense des droits.
- Les changements organisationnels.
5. Différence entre prévention de la maladie et promotion de la santé
Il s’agit de deux approches très distinctes
- La prévention : vise essentiellement la réduction des problèmes de santé dans le sens
minimal. Ces problèmes sont classés selon les critères de fréquence, de gravité, de
potentiel et de faisabilité d’intervention. Ici, on parle de problèmes de santé, de
facteurs de risque qui appellent des interventions ; il faut s’attaquer aux facteurs de
risque des maladies (comportements, agents agresseurs…)
- La promotion de la santé : quant à elle vise l’amélioration de la santé dans le sens
d’état optimal. L’objectif ultime n’est pas de réduire la maladie mais plutôt de
permettre le développement de comportements et de conditions favorables à la santé.
18

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO


En résumé, promotion de la santé et prévention de la maladie sont distinct mais
complémentaires. Les deux constituent un continuum et sont une approche mixte en
santé communautaire.
6. La santé communautaire
a) Définition
La santé communautaire est un concept né de la santé publique ; il a connu un
développement important au québec où il a donné lieu à un grand mouvement idéologique
dans les années 70.
La santé communautaire vise une meilleure maitrise des déterminants de la santé par
des actions concertées de façon à permettre à chacun de ses membres de mener une vie
harmonieuse et équilibrée.
C’est une discipline orientée vers l’habilitation et l’autonomisation des communautés
sur le plan sanitaire. Elle suppose une réelle implication de la communauté à la définition de
ses besoins, de ses priorités sanitaires et à la réalisation des actions visant son bien-être.
Elle traite des prestations de soins de santé complets (promotion, prévention,
restauration) à une collectivité définie avec sa pleine participation.
La démarche en santé communautaire correspond aux fonctions suivantes :
- Identifier les problèmes et besoins de santé d’une population et établir un ordre de
priorité avec sa participation (l’analyse situationnelle)
- Concevoir et mettre en œuvre des programmes de santé pour répondre à ces problèmes
et besoins
- Evaluer les résultats des programmes et leur impact sur la santé de cette population
avec sa participation.
b) La participation communautaire
La participation communautaire est un processus dans lequel les individus et les
familles d’une part prennent en charge leur propre santé et leur propre bien-être comme celui
de la communauté, d’autre part développent leur capacité de concourir à leur propre
développement comme à celui de la communauté.

19

Cour préparé par Mme TCHIFAM Berthe Epse DJALLO

Vous aimerez peut-être aussi