La double contrainte
La double contrainte place la personne dans une situation d’impuissance à choisir entre deux options
négatives.
Définition de la double contrainte
Issue des travaux de Grégory Bateson (1956) -qui posera les fondements des thérapies familiales et
systémiques- la double contrainte désigne 2 messages ou 2 ordres contradictoires. On ne peut satisfaire l’un
sans contrevenir au second. Ainsi, quelle que soit la réaction de celui qui les reçoit, il est forcément perdant.
Pour l’illustrer, on cite souvent l’histoire de cette mère qui offre à son fils 2 cravates, l’une bleue, l’autre rouge.
Pour recevoir sa mère quelque temps plus tard, le fils va mettre la cravate rouge ce qui lui vaudra d’entendre «
Tu n’aimes pas la cravate bleue ! ». Le week-end suivant, pour lui faire plaisir, il met la cravate bleue et sa mère
lui dit « Tu n’aimes donc pas la cravate rouge ! ». Il est donc toujours « perdant »
Particularités
1. La double contrainte est opérante lorsque la relation est importante pour nous. Son intensité varie
selon le lien affectif qui nous lie. Exemple : la maman dit à son enfant qui est tombé : « mais non tu
n’as rien, tu n’as pas mal (car moi qui t’aime je sais ce que tu ressens) ». Il y a 2 messages
contradictoires : le ressenti et le discours de la maman.
2. Par ailleurs, on veut répondre de façon « adaptée » aux messages.
3. On reçoit 2 messages contradictoires.
4. On ne peut commenter les messages reçus.
Effets sur l’individu
La double contrainte empêche toute prise de décision adaptée.
Elle génère des sentiments diffus de malaise, d’impuissance, de confusion des idées ou des affects. Elle
donne le sentiment d’être en faute ou incompétent, d’être de trop ou spectateur de ce que l’on fait.
Elle entraîne la perte de confiance dans son ressenti.
Elle provoque des impasses relationnelles, un vécu de castration et des situations non gagnantes.
Elle peut rendre a-réactionnel (sans réaction).
Elle rend la situation « a priori » insoluble, inextricable.
Elle pourrait même bloquer l’énergie de vie.
Comment s’en sortir ?
Selon G. Bateson, la conséquence positive de la double contrainte est d’obliger l’individu à développer une
« double perspective créative ».
En clair, pour s’en sortir, l’individu est invité à :
1. Repérer la double contrainte, en prendre conscience.
2. Méta communiquer et recadrer, autrement dit, communiquer sur la communication en dévoilant les
non-dits, en relisant la situation à un niveau différent. Par exemple, communiquer sur l’absurdité d’une
demande peut être une façon de la dépasser.
3. Adopter un comportement différent : oser l’humour, la métaphore, la créativité, la spontanéité,
s’impliquer, oser se révéler, oser être qui l’on est, faire différemment plutôt que davantage, etc… C’est
une véritable prise de risque identitaire qui encourage à être créatif plutôt que réactif.