SemiCond Chap1 Chap5
SemiCond Chap1 Chap5
1. Semi-conducteurs intrinsèques
Un semi-conducteur est dit intrinsèque lorsque il est parfaitement pure (ne contenant aucun élément
étranger).
Pour les semi-conducteurs intrinsèques usuels tels que le silicium ou le germanium, les structures cristallines
sont identiques et chaque atome est entouré tétraédriquement par quatre autres atomes avec lesquelles il assure
des liaisons covalentes.
Pour des températures assez élevées (de l'ordre de l'ambiante), certains électrons assurant les liaisons
covalentes sont arrachés du fait de l'agitation thermique devenant ainsi libres de se mouvoir sous l'action d'un
champ électrique comme
dans métal. (a) (b)
1.1 Notion de trou Si Si Si Si Si Si Si Si
Lorsqu'une liaison
covalente entre deux atomes
se rompt sous l'effet de Si Si Si Si Si Si Si Si
l'agitation thermique,
l'électron libéré laisse à sa
Si Si Si Si Si Si Si Si
place un vide appelé trou qui
correspond à la charge
positive du noyau non Si Si
Si Si Si Si Si Si
compensée (figure 1-a).
Ainsi une paire électron-trou
est crée.
Un électron d'une Si Si Si Si Si
Si Si Si
liaison voisine peut venir
combler ce trou (figure 1-
b); il laisse à son tours un Si Si Si Si Si Si Si Si
trou derrière lui qui peut (d)
aussi être comblé (figure Si Si
Si Si Si Si Si Si
1-c) etc…On assiste alors
à un déplacement des
électrons de valence de Si Si Si Si Si Si Si Si
trou en trou (figure 1-d).
: Mouvement de l'électron libre
( c)
: Mouvement du trou libre équivalent
Figure 1
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 2 Généralités semi-conducteurs
On peut assimiler les déplacements de ces électrons à un déplacement de trous de charges positives +e en
sens inverse (figure 1-d).
Ces électrons et ces trous sont appelés porteurs libres.
On désigne par :
• ni la concentration en porteurs négatifs (les électrons),
• pi la concentration en porteurs positifs (les trous).
Pour les semi-conducteurs intrinsèques, on a bien ni= pi
Lorsqu'on applique un champ électrique à l'intérieur du semi-conducteur, les porteurs libres prennent un
mouvement d'ensemble:
• les trous dans le sens du champ
• les électrons en sens opposé du champ.
Ce double déplacement constitue le courant électrique.
2. Semi-conducteurs extrinsèques
L'introduction en quantité très faible de certaines impuretés (appelées aussi dopants) dans un semi-
conducteur intrinsèque peut augmenter considérablement le nombre de porteurs libres (électrons ou trous)
réduisant ainsi la résistivité du matériau du départ. Le cristal ainsi dopé est dit semi-conducteur extrinsèque. Les
impuretés utilisées sont de valence trois ou cinq et conduisent à deux types de semi-conducteurs:
- semi-conducteurs de type N (impuretés de la cinquième colonne),
- semi-conducteurs de type P (impuretés de la troisième colonne).
Semi-conducteur type N
Figure 3 ⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •
⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •⊕ • ⊕ : Ion positif fixe dans le réseau
• : électron libre majoritaire
⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •
On dit que l'on a introduit dans le silicium des centres donneurs et que le semi-conducteur est de type N.
La conduction est dite de type N car elle se fait grâce à un déplacement de charges négatives.
Exemple:
Pour le silicium on a 5 1022 atomes/cm3. On le dope en introduisant 1015 atomes d'arsenic par cm3.
La densité intrinsèque est de l'ordre de ni=1,5 1010 électron/cm3.
Le nombre d'électrons libres ne est égal au nombre d'atome d'arsenic noté ND plus (+) la densité
intrinsèque ni:
ne=ni+ND ≈ ND=1015cm-3
On obtient les résultats suivants:
Silicium intrinsèque Silicium extrinsèque dopé à l'arsenic
σ i = 4,4 10 −6 (Ω cm) −1 σ n = ene µ n ≈ eN D µ n = 0,22 (Ω cm) −1
ρ i = 2,3 10 5 Ω cm ρ n = 4,6 Ω cm
On notera que σ n (du Si extrinsèque) est plus de 105 fois supérieure à la conductivité σ i du Si pure
(intrinsèque).
La concentration des électrons libres provenant des atomes donneurs est très importante devant celle des
porteurs intrinsèques (dans ce cas les trous).
On dit que les électrons sont porteurs majoritaires, les trous porteurs minoritaires.
Si Si Si Si Si Si
Si Si
Figure 4
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 4 Généralités semi-conducteurs
et n'assurent que trois liaisons covalentes avec les atomes du silicium voisins. On obtient ainsi dans l'ensemble du
cristal un trou (déficit en charge négative) par impureté. Une faible énergie sera suffisante ( de l'ordre de 10 meV)
pour qu'un électron d'une liaison voisine puisse compenser ce trou avec apparition d'un nouveau trou etc
…(figure 4)
Pour des températures avoisinant l'ambiante, l'agitation thermique (à T=300K, Eagit.therm.=3/2 kT=40 meV)
permettra la libération d'un trou par atome d'impureté, d'où une augmentation notable de la concentration en
porteurs positifs libres par rapport au semi-conducteur intrinsèque.
De ce fait, les impuretés introduites sont appelées atomes accepteurs pour avoir capter un électron. Ils
deviennent des ions négatifs qui restent fixes dans le réseau cristallin.
Les trous sont dit porteurs majoritaires et les électrons porteurs minoritaires.
Le semi-conducteur dopé ainsi que la conduction sont dits de type P car la conduction se fait grâce au
déplacement de charges positives.
° ° ° °
Figure 5 : Ions négatifs fixes dans le réseau
° ° ° ° ° : trou libre majoritaire
° ° ° °
Désignons par NA la concentration en atomes accepteurs. Le nombre de trous libres pe est égal au nombre
d'atomes accepteurs NA plus (+) la densité intrinsèque ni (=pi):
Pe=NA+ni ≈ NA car NA>>ni .
1 1
La résistivité du semi-conducteur de type P est ρ p = = .
σp eµ p N A
Il faut noter comme remarque que les semi-conducteurs de type N et de type P sont globalement neutres.
Chapitre2
Contact entre semi-conducteurs
Jonction P-N (Diode)
On sait réaliser expérimentalement, dans un même monocristal d'un semi-conducteur deux régions de
type P et N en contact à l'échelle atomique. La surface de séparation entre ces deux régions s'appelle la jonction
P-N.
On rappelle les caractéristiques des deux régions:
Zone P:
• Les trous sont porteurs majoritaires,
• Les électrons sont porteurs minoritaires,
• Les atomes accepteurs forment un réseau d'ions négatifs fixes.
Zone N:
• Le électrons sont porteurs majoritaires
• Les trous sont porteurs minoritaires,
• Les atomes donneurs forment un réseau d'ions positifs fixes.
Avant diffusion
° ° ° ° ⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •
Zone P
° ° ° ° ⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •⊕ • Zone N
° ° ° ° ⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •⊕ •
Figure 1
Ei
° ° ° ⊕ ⊕ ⊕ •⊕ •⊕ •
Zone P ° ° ° ⊕ ⊕ ⊕ •⊕ •⊕ • Zone N
° ° ° ⊕ ⊕ ⊕ •⊕ •⊕ •
A J K
Après diffusion
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 6 Jonction PN
Région N:
Les trous minoritaires (très peu nombreux), dont une partie encore plus faible arrivant en K par effet
ρ
d'agitation thermique, sont accélérés par Ei et de ce fait sont propulsés dans la région P.
Région P:
Les électrons minoritaires qui arrivent en A, sous l'effet de l'agitation thermique, sont propulsés par le champ
ρ
interne Ei dans la région N.
Il existe donc au niveau de la jonction P-N un courant appelé courant de saturation noté Is (opposé au sens
du courant de diffusion) et qui est:
• lié au déplacement des porteurs de charges minoritaires,
• dirigé de la région N vers la région P.
Remarque:
1) La jonction P-N se trouve en circuit ouvert, le courant global dans la jonction est nul: I=Id + Is=0 et Id=Is.
2) Is dépend uniquement de la température. Id dépend de la température et de Vd. Si l'on modifie Vd au moyen
d'une d.d.p. extérieure, on pourrait faire varier fortement Id sans modifier Is.
V
Figure 2
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 7 Jonction PN
ρ ρ ρ ρ
Le champ résultant E r = Ei + E a est inférieur en module à Ei Ceci revient à diminuer la d.d.p. entre les
zones P et N donc entre les points A et K. Il en résulte qu'il faut moins d'énergie aux porteurs majoritaires pour
traverser la zone de transition. Le courant de diffusion Id augmente considérablement.
ρ
Le passage des porteurs minoritaires est favorisé par E r et le courant de saturation Is reste inchangé et peut
même être négligé devant le courant de diffusion Id.
Le courant résultant, appelé courant direct de la jonction est pratiquement égal à Id (Id = Id+ Is ≈ Id )
Exemple:
Pour une jonction de silicium, Is est inférieur à 10-9 ampère lorsque la température de la jonction n'excède
pas 25°C. On dit que la jonction est bloquée.
Remarque:
Par analogie avec les propriétés de la diode à vide, une application directe des propriétés de la jonction P-N
est la diode à semi-conducteur.
• En polarisation directe V>0, le courant augmente exponentiellement avec V. Le terme constant Is devient
très vite négligeable. Le courant direct résulte essentiellement du courant de diffusion (dû aux porteurs
eV
majoritaires): I = I d = I s exp
kT
• En polarisation inverse V<0, le courant inverse tend vers le courant de saturation Is (dû aux porteurs
minoritaires): I = Is.
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 8 Jonction PN
Anode Cathode
(région P) (région N)
(a) (b)
Figure 6: (a) représentation symbolique de la diode. (b) représentation réelle du boîtier de la diode (le trait
est du coté de la cathode)
Figure 7
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 9 Jonction PN
Ce seuil généralement déterminé à partir de l'intersection Vd de l'axe des tensions avec la partie rectiligne de
la caractéristique (figure 7).
Vd correspond au fait à la tension en dessous de laquelle la diode ne conduit pas bien (I ≈ 0).
Vd est de l'ordre de :
• 0,7 volt pour une diode au silicium (Si);
• 0,4 à 0,5 volt pour une diode au germanium (Ge)
b. Résistance statique d'une diode Figure 8
C'est le rapport V/I en un point donné de la I R 1 =V 1 /I1
∆V 1 M
rd = =
∆I g V
∆V
avec g = pente de la tangente au point M.
∆I I
c. Résistance inverse
Sous polarisation inverse, une diode laisse passer un Vi V
courant inverse très faible. La diode peut être assimiler à un Ii
résistance inverse Ri très grande. Elle est définie par:
Ri= Vi/ Ii où Ii est le courant inverse et Vi est la tension
inverse.
Figure 9
e. Capacité d'une diode
Comme chaque composant muni de connexion, une diode a une capacité parasite. Elle peut affecter son
utilisation aux fréquences élevées. Cette capacité externe est habituellement inférieure ou égale à 1pF. La
capacité interne due à la jonction d'une diode est nettement plus importante. On l'appelle capacité de transition de
jonction de barrière où de zone de déplétion. On sait que plus la tension inverse est élevées, plus la zone de
déplétion est étendue. La zone de déplétion n'ayant pratiquement pas de charge libres se comporte comme un
isolant.
Les régions P et N sont bons conducteurs. On peut les assimiler aux armatures d'un condensateur dont le
diélectrique est constitué par la zone de déplétion.
En définitive, une diode sous polarisation inverse est équivalente à une résistance en parallèle avec une
capacité.
Pour les diodes courantes, cette capacité est de l'ordre de 1 à 5 PF. Elle est donc faible et n'intervient
qu'an hautes fréquences (ordre de 100 Mhz).
• En polarisation inverse, la diode se comporte comme un isolant parfait. La diode est bloquée : pour
V<0, i=0 et Ri est infinie.
I
Diode idéale
Figure 10
Interrupteur fermé
A K
⇔
i
V Polarisation directe
A K
Application 1:
Déterminer la tension de sortie VR du circuit suivant en
utilisant la première approximation de la diode (diode idéale). Ve(t ) = Vm sin ω t VR
R
b. Deuxième approximation
Le schéma équivalent de la diode est donné par la figure
suivante. Figure 11
• En polarisation directe, il
I
faut environ Vd = 0,7 volt pour
qu'une diode au silicium ( 0,4 volt A K Vd
pour une diode au germanium) ⇔
i i
conduise le courant: pour V>Vd ,i>0
et rd =0 (pente de la tangente V
infinie).
Polarisation directe
Vd
Figure 12
Application 2:
Représenter la tension de
sortie VR du circuit de la figure 11 en utilisant la deuxième approximation.
c. Troisième approximation
Le schéma équivalent
de la diode est donné par la I
figure suivante.
• En polarisation A K Vd rd
directe et pour V>Vd, la diode ⇔
est passante et conduit le i i
courant. Elle est équivalente à V
un récepteur de f.c.e.m. Vd et
Polarisation directe et V>Vd
résistance interne rd qui Vd
s'oppose au générateur qui Figure 13
alimente la
diode. V AK = rd i + Vd I
• Pour V<Vd , la diode est bloquée et i=0. Elle est VZ V
équivalente à une résistance de très grande valeur
souvent assimilée à une résistance infinie (Ri= ∞ ).
Application 3:
Représenter la tension de sortie VR du circuit de
la figure 11 en utilisant la troisième approximation.
VZ rZ
- i
+
⇔
V<0 V<VZ
Figure 14
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 11 Jonction PN
Remarque:
La caractéristique courant-tension d'une diode Zener est identique à celle d'une diode de redressement.
• Après claquage ( V<VZ en polarisation inverse), la tension aux bornes de la diode est pratiquement
constante.
La diode Zener est équivalente à un récepteur de f.c.e.m. VZ et de résistance interne rZ (inverse de la pente
de la droite).
La diode Zener peut être utiliser en polarisation directe, mais elle est souvent utilisée en polarisation
inverse comme stabilisateur de tension.
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 12 Circuits à diodes
Chapitre 3
Utilisation des diodes dans les circuits
Applications des diodes
1. Introduction
Pour un bon fonctionnement de tout composant actif, en particulier la diode à jonction, il ne faut pas dépasser
la température que peut supporter la jonction ( de l'ordre de 150°C à 225°C pour le silicium et de 60°C à 100°C
pour le germanium). D'autre part, on ne doit pas dépasser une valeur limite de la puissance dissipée au sein de la
diode qui est en générale indiquée par le constructeur pour chaque type de diode.
De ce fait, le constructeur indique:
• le courant maximum Imax direct à ne pas dépasser;
• la température maximale de la jonction.
Nous citons ici quelques domaines d'utilisation de la diode:
• redressement, filtrage de courants (ou tensions) alternatifs;
• les multiplicateurs de tension;
• les détecteurs de crêtes;
• les circuits logiques (opérations de Boole);
• stabilisation des tensions par diodes Zener.
2. Redressement monoalternance-Filtrage
2.1. Redressement monoalternance
L'une des applications principales des diodes est le redressement. Cette fonction permet d'obtenir une tension
de signe constant à partir d'une tension alternative dont le signe varie périodiquement avec le temps.
⎧V AK = Ve ,
⎨
⎩V R = R i = 0 ( car i = 0)
On obtient à la sortie un signal VR (t) périodique (période T) de signe constant mais qui n'est pas
1 T 1 T/2 V
alternatif. Sa valeur moyenne U0 est non nulle: U 0 = ∫
T 0
V R ( t )dt = ∫
T 0
V m sin ωtdt = m
π
Exercice: Etudier le même circuit en utilisant la diode dans l'approximation suivante: Vd ≈ 0, rd ≠ 0 et Ri ≈ ∞
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 13 Circuits à diodes
2.2. Filtrage
Le filtrage consiste à réaliser une tension sensiblement continue à partir d'une tension variable mais de
polarité constante obtenue par redressement.
Parmis les filtres les plus simples, nous citerons K
A
:résistance-self, résistance-capacité.
Nous utiliserons dans la suite le filtre constitué d'un
condensateur C placé entre les bornes de sortie du redresseur Ve(t ) = Vm sin ω t R C
(c-à-d en parallèle avec la résistance R).
La tension aux bornes de l'ensemble R, C a la forme
donnée sur la figure 3
Figure 2
Ve(t)
VS ∆U
+ + + + t
t
- - - - t1 t2 t3
Figure 3
La diode joue le rôle d'un interrupteur qui est:
a) fermé quand Ve ≥ Vs ( 0 <t < t1, t2 < t < t3 …).
On a Vs = Ve dans ces intervalles.
b) ouvert quand Ve < Vs ( t1 < t < t2 …).
Pour ces intervalles, le condensateur se décharge dans la résistance R suivant la loi exponentielle
⎛ t − t1 ⎞
Vs( t ) = V m exp⎜ − ⎟
⎝ RC ⎠
L'efficacité du filtrage est mesurée à l'aide du taux d'ondulation défini comme le rapport ∆U à la valeur
∆U
moyenne de la tension redressée U0 : β = .
U0
Pour que le filtrage soit efficace, il faut que le taux d'ondulation soit le plus faible possible. Il faut donc
diminuer ∆U . Pour cela, la constante du temps du filtre RC doit vérifier la condition: τ = RC >> T .
Ve(t) VR(t)
+ + + + t
- t
- - -
Exercice: Donner la période de VR et calculer sa valeur moyenne, sa valeur efficace et le facteur de forme.
D1 D2
R
Ve
D3 D4
Figure 6
Pendant l'alternance positive, les diodes D2 et D3 conduisent (D1 et D4 sont bloquées).Le courant
parcourt la diode D2, la résistance R, la diode D3 et revient à l'enroulement du transformateur (figure 7-a).
Pendant l'alternance négative, les diodes D1 et D4 conduisent (D2 et D3 sont bloquées). Le courant
parcourt D4, R, D1 et revient à l'enroulement (figure 7-b).
D3 D4 D3 D4
- +
i
Ve(t) VR(t)
+ + + + t
- t
- - -
Figure 7
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 15 Circuits à diodes
Analyse du circuit:
Figure 10
• Si V < VZ (ou E < VZ), la diode est bloquée.
Le circuit ne présente aucun intérêt.
⎧ V − VZ
⎪V = rZ i + VZ ⇒ i =
⎨ rZ
• Si V > VZ (zone de claquage de DZ) on a : ⎪
⎩E = R i + V
r E + R VZ
On en déduit la valeur de la d.d.p. V en fonction de E: V = Z .
rZ + R
Si on suppose que E subit des variations lentes mais assez importantes ∆E , qu'en est-il pour V ?
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 16 Circuits à diodes
rZ
La variation correspondante de V est :∆V = ∆E .
R + rZ
∆E R + rZ
On défini le facteur de stabilisation amont par: F = = .
∆V rZ
Plus F est grand ( rZ faible : pente raide de la caractéristique au niveau de VZ) plus la stabilisation est
meilleure.
Illustration numérique :
On donne : • paramètres du circuit: E = 20 volt , R = 0,5 kΩ ;
• caractéristique de DZ: V Z = 10 volt , rZ = 10 Ω .
Un calcul simple donne: V=10,19 volt , i = 19 mA (courant qui circule dans le circuit).
Chapitre 4
Le transistor bipolaire
En associant judicieusement deux jonctions, il est possible de commander les caractéristiques électriques
d'une jonction (courant-tension) en agissant sur le courant de l'autre jonction. Cette découverte due à Bardeen,
Brattain et Shockley en 1951 a ouvert à l'électronique un champ d'application immense dans tous les secteurs.
1. Définition
Le transistor bipolaire (communément appelé "transistor à jonction") est construit avec des couches de
semiconducteurs de type P ou N assemblées de façon à former deux jonctions P-N dos-à-dos.
Il existe deux types de transistor biplaire:
Le transistor NPN Le transistor PNP
E C E C
N P N P N P
B B
Symbole Symbole
C
C B
B
E
E
NPN PNP
De point de vue physique, le fonctionnement des deux transistors est rigoureusement le même. Nous
étudierons par la suite le transistor NPN. Le raisonnement est identique pour le transistor PNP: il suffit de
permuter le rôle des électrons et des trous.
Les trois bornes s'appellent respectivement:
♦ L'émetteur (E), région de type N, qui est fortement dopé. Son rôle est d'émettre les électrons
(majoritaires dans l'émetteur). Sa dimension est inférieure à celle du collecteur.
♦ La base (B), région de type P, faiblement dopée et qui a une faible épaisseur ( ≈ 1µm ) devant la
longueur de diffusion des porteurs minoritaires (électrons) dans cette région. Elle transmet au collecteur
la plus part des électrons venant de l'émetteur.
♦ Le collecteur (C), région de type N moyennement dopée. Le collecteur recueille les électrons qui lui
viennent de la base d'où son nom. C'est la plus grande des trois régions dopées.
♦ Mode de fonctionnement bloqué : les jonctions E-B et B-C sont polarisées en inverse. Le transistor est
équivalent à un circuit ouvert.
♦ Mode de fonctionnement saturé : les jonctions E-B et B-C sont polarisées en direct. Le transistor est
équivalent à un circuit fermé.
♦ Mode de fonctionnement inverse : la jonction E-B est polarisée en inverse et la jonction B-C en direct.
Ce mode est très peu utilisé.
IE IC
Courant de
E (N) B (P) C (N)
recombinaison
Faible courant de porteurs Courant de porteurs
majoritaires de la base IB minoritaires (courant inverse
de saturation) ICBO
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 19 Transistor bipolaire
Remarque:
Il faut noter qu'au courant précédent se superpose un courant inverse de saturation dû aux porteurs
minoritaires de la base et du collecteur ICBO, mais l'intensité correspondante reste très faible.
Remarque: la nomination "transistor bipolaire" provient du fait que les porteurs de charge intervenant dans son
fonctionnement sont les électrons (majoritaires du l'émetteur et du collecteur) et les trous (minoritaires dans la
base). Le transistor bipolaire fait intervenir deux types de porteurs de charges.
Dans la pratique, le courant ICEO est faible et IC est proportionnel à IB pour VCE = constante:
I
Le coefficient β = C est appelé "gain en courant en émetteur commun".
IB
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 20 Transistor bipolaire
Déterminer l'état de fonctionnement d'un transistor bipolaire nécessite la connaissance de six variables:
♦ Trois courants: IB, IE, IC; IC
♦ Trois tensions: VCE, VBE, VCB. C
Pour le tracer des caractéristiques, le montage le
plus utilisé dans la pratique est le montage à IB B RC
"émetteur commun".-figure 5-
Remarque: Lorsque la tension VCE devient supérieure à la tension d'avalanche de la jonction C-B, le courant IC
augmente très rapidement. Le transistor se chauffe et risque d'être endommagé.
Pr. A.SDAQ : Faculté sciences ibn Zohr (Agadir_Maroc) 21 Transistor bipolaire
Chapitre 5
Transistor bipolaire en régime continu (ou statique)
Soit le montage à transistor monté en émetteur commun:
IC
C
IB B RC
Figure 1 RB E
VCC
IE
VBB
Dès que la tension d'entrée VBE (ou VBB) est inférieure VCC
à la tension seuil Vd de la jonction E-B, cette dernière est RC
bloquée. Le courant IB est quasiment nul et le point de repos
est Q (figure 5) de coordonnées IC ≈ 0 et VCE ≈ VCC.
Remarque : Q
Pour bloquer un transistor, il suffit de polariser en
IB=0
inverse les deux jonctions E-B et C-B. VCC VCE
Figure 5
2.3 Régime saturé IC
Lorsqu'on augmente la tension d'entrée, le courant IB VCC S0
augmente et le point de repos est déplacé jusqu'à sa position
RC
limite S0 figure 6). Les courants IC et IB étant limités
uniquement par RB et RC. Le transistor est saturé et on a IC ≈
VCC/RC et VCE ≈ 0.
Remarque : IB=0
On dit que le transistor fonctionne en commutation (ou VCC VCE
Figure 6
en tout ou rien) s’il prend les seuls états :
• bloqué : Ic=0 et IB=0, VCE=VCC.
• Saturé : IC=IC sat=VCC/RC et VCE=0.
IC IC
RC RC
R1
C C
RB VCC
VCC
IB B IB B
E R2 E
IE IE