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Sources et Mesure de la Croissance Économique

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Daniel Lang
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Sources et Mesure de la Croissance Économique

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Chapitre 1 : Quelles sont les sources de la croissance économique ?

Introduction : La croissance économique commence au début du 19ème siècle dans les pays
européens avec la Révolution industrielle (on parle de décollage économique). La production
économique augmente alors significativement et durablement.

Qu’est-ce que c’est précisément ? Comment la mesurer ? Et quelles sont ces sources ?

I – Qu’est-ce que la croissance économique et comment la mesurer ?

A – La croissance économique
1) Définition et mesure
PIB : Produit Intérieur Brut, c’est la croissance des richesses produites en une année dans un
pays, il s’exprime en milliards d’euros.
La croissance est l’accroissement sur une longue période de la production économique
réalisée dans un pays. C’est donc la hausse durable des quantités de biens et services
produits dans un pays. Elle se mesure par l’évolution annuelle du PIB en volume (en %). La
croissance est une hausse significative de la production globale, c’est un phénomène de
longue période.
La croissance économique est la clé de l’amélioration du bien-être matériel dans un pays car
elle permet la hausse du niveau de vie moyen.
Niveau de vie moyen : On le calcule en faisant PIB (du pays concerné) /Population (du pays
concerné). Il est exprimé en dollars par habitants

ATTENTION : Tous les habitants n’ont pas ce niveau de vie


Unité du PIB : Milliards d’euros (ou dollars)
PIB / habitant : Dollar par habitant
Croissance économique : En %

Comment mesure-t-on le PIB ? (PIB Marchand / Non-marchand)


Comment calcule-t-on les VA (Valeur Ajoutée) ?
PIB Marchand : Il mesure sur l’année et sur un territoire en particulier les productions
réalisées par les entreprises
PIB non marchand : Il mesure la production de services fournie par les administrations
publiques. Il est fourni à la population gratuitement afin que tout le monde ait accès à ce
service.
Valeur ajoutée : CA des entreprises – Consommations intermédiaires (Electricité, farine pour
un boulanger, pneus)
On calcule le PIB marchand en effectuant la somme des VA de toutes les entreprises
implantées sur le territoire
Evolution du PIB en valeur (euros nominal) = Variation des prix (Inflation) + Evolution du PIB
en volume (croissance) (s’exprime aussi en euros constants ou réels)
Evolution du PIB en volume = Evolution du PIB en valeur – Variation des prix

Comment repérer une donnée en volume :


PIB 2018 en France, environ 2200 milliards d’euros constants (2282 milliards d’euros
courants)
PIB 2018 + 1,7 % puis + 2,3 % en 2017

En France, le PIB par habitant vaut environ 30 000 euros. Les pays les plus riches ont un PIB
par habitant supérieur à 50 000 euros par habitant (dont le Luxembourg et le Qatar). Les
pays les plus pauvres ont un PIB par habitant inférieur à 100 euros par habitant.

Remarques :

- Pour faire des comparaisons internationales, il est nécessaire de calculer des PIB en
dollars PPA. Le PIB/hab en dollar PPA est préférable car les comparaisons sont plus
fiables car il corrige les inégalités de pouvoir d’achat entrer les pays.

- On peut distinguer PIB/PNB

2. La croissance : Un phénomène récent et inégal


Les rythmes de la croissance sont différents dans le temps et dans l’espace

Exercice :

1. Non, le PIB a augmenté de 0,1 % en 2012 par rapport à l’année dernière ou il avait
augmenté de 2 %, la croissance est donc plus faible.
2. Nous pouvons voir qu’en grande partie, la croissance du PIB augmente chaque année. On
peut voir par exemple qu’en 1950, le PIB a augmenté de plus de 8 %. En 1972, le PIB a
augmenté de plus de 4 % par rapport à l’année précédente. Néanmoins, le PIB connait
quelques baisses, comme en 1976 ou il diminue de 1 %. Il connaît une plus forte baisse en
2009 ou il diminue de 2 % à la suite de la crise économique de 2008.

3. On peut remarquer plusieurs périodes, notamment lors des 30 Glorieuses, de 1950 à 1973
que la croissance économique est forte, le PIB augmente chaque année d’environ 5 %. Après
1973, la croissance est faible. Par exemple, en 2016, le PIB augmente de seulement 1 %.

A RETENIR
Pour la croissance en Europe : Elle commence au 19ème siècle avec la Révolution industrielle,
mais la croissance économique est perturbée par les 2 guerres mondiales et la crise des
années 30.
- Les 30 Glorieuses : Forte croissance économique régulière
- Depuis 1975, la croissance économique est faible

La révolution industrielle (18 et 19ème siècle) ne concerne que l’Europe et les Etats-Unis, à
partir de cette date les écarts de richesse se creusent dans le monde.
Mais certaines économies émergent à partir des années 1980 comme l’Asie ou encore
l’Amérique latine : Il y’a un rattrapage. L’Afrique reste en retard pour la croissance et le
développement.
Les écarts de richesse restent très importants dans le monde.

B – Le PIB : Un indicateur contestable / imparfait

1) Les limites du PIB

1. Le PIB ne mesure pas toutes les richesses créées dans une économie
2. Certaines mesures d’activités incluses dans le PIB sont contestables :
- La production non marchand (éducation, soins) est incluse dans le PIB, mais c’est une
estimation contestable : Elle est mesurée par les coûts de production mais une baisse des
dépenses par exemple dans l’enseignement va apparaître comme une baisse de la
production de services non marchands.
- Le PIB ne prend pas en compte les externalités positives ou négatives générées par les
activités productrices : Effets positifs ou négatifs sur les autres d’une activité économique.
Exemples : Activité polluante (externalités négatives qu’on ne sait pas mesurer), organisation
d’un évènement sportif ou innovation ont des externalités positives qu’on ne sait pas
mesurer.
Les activités polluantes induisent des activités comme les soins, la dépollution font
paradoxalement augmenter le PIB
3. Le PIB mesure mal le bien-être
Le PIB ne renseigne pas sur les inégalités / la pauvreté. Sont ignorés dans le PIB (et le PIB /
habitant), les inégalités mais aussi l’état de santé de la population, son instruction, ses
libertés…
2) D’autres indicateurs

IDH : Indicateur de développement humain, c’est un indicateur alternatif au PIB construit par
le PNUD depuis 1990.

Présentation de l’IDH (p24 doc.2) c’est un chiffre entre 0 et 1 qui prend en compte 3
dimensions :
1. On peut voir qu’en Norvège, l’IDH est beaucoup plus élevé qu’au Niger du fait d’un indice
de santé, d’éducation et de niveau de vie supérieur en Norvège par rapport au Niger. En
effet, nous pouvons constater qu’en Norvège, l’espérance de vie à la naissance est de 81,6
années en moyenne, ils vivent jusqu’à 82 ans alors qu’à l’inverse, au Niger, celle-ci est de
61,4. Il y’a ainsi un écart de 20 points (années) entre ces 2 pays. De même pour la durée
attendue de scolarisation, celle-ci est supérieur en Norvège par rapport au Niger avec 17,5
ans contre 5,4. Pour la durée moyenne de scolarisation, celle-ci est de 12,6 ans en Norvège
contre 1,5 ans seulement au Niger, il y’a là aussi un grand écart de plus de 10 années.
Concernant l’indice de niveau de vie, la différence est ici très flagrante puisqu’en Norvège,
pour le RNB / habitant, celui-ci est de 64 992 $ PPA 2011 alors qu’au Niger, il est de
seulement 908 $ PPA 2011, soit une différence de plus de 64 000 $ PPA 2011 entre les 2
pays. A travers toutes ces données, nous pouvons donc constater que l’IDH est de 0,944 en
Norvège contre 0,348. Cela fait donc un écart de plus de 0,500 pts et cela prouve donc que la
Norvège a un développement humain beaucoup plus fort qu’au Niger.

2. Concernant la Centrafrique et le Niger, nous pouvons remarquer que ces 2 pays font
partie de la même catégorie de développement. Ce sont 2 pays à faible développement
humain et leur IDH sont quasi égaux. Le développement humain au Niger est moins bon car
il est défaillant.

BILAN :

Eléments pris en Dans le PIB : Dans l’IDH : Ni dans le PIB, ni


compte : dans l’IDH
- La - La santé
production - L’éducation - Production
des - Le niveau de bénévole et
entreprises vie moyen domestique
privées (PIB / - Economie
marchandes habitant) souterraine
- La - Externalité
production positive
non - Externalité
marchande négative
(productions - Les inégalités
de services - Les libertés
non - Le bonheur…
marchands)

L’IDH permet de prendre en compte des dimensions non prises en compte dans le PIB
(aspects sociaux et humains), il est multidimensionnel et mesure le développement humain,
mais l’IDH n’est pas parfait… (voir dernière colonne du tableau)
Il existe d’autres indicateurs qui ajoutent une dimension sociale, environnementale,
humaine pour compléter ces 2 indicateurs :

- Indicateurs d’inégalités (chap 6) ex : L’indice de GINI, rapport interdécile

Ou indicateur d’inégalité entre genre (entre homme et femme)


- L’indicateur <<vivre mieux>> DE l’OCDE qui veut mesurer le bien-être et le progrès en
enquêtant auprès des populations

II - Comment expliquer la croissance éco ?

A - Quel est le rôle des facteurs de production pour la croissance

Pour produire des richesses (de la VA), il faut combiner les 2 facteurs de pn : le (facteur) W
(travail) : La main d’œuvre et le (facteur) K (Capital) : Bâtiments, matériel, équipements
La production globale (Le PIB) augmente grâce à l’accumulation de ces 2 facteurs
en augmentant la Q de W effectuée : Plus d’heures de travail et / ou plus d’emplois et en
investissant c’est l’augmentation du( fact) K : Achat de matériel, de biens durables, agrandir
les bâtiments mais ,cela ne suffit pas :la croissance eco est susceptible de ralentir : c’est la loi
des rendements décroissants ,c'est-à-dire qu’une hausse continue de la Quantité de travail
par ex avec capital en quantité inchangée provoque bien une hausse du PIB mais de plus en
plus faible
Ainsi la croissance serait susceptible d’être de + en +faible, ce sont les gains de productivité
qui permettent la poursuite de la croissance
Rappel : productivité du travail :VA/ nb d’heures, c’est la valeur ajoutée en euros créée en 1
h, elle mesure l’efficacité d’une heure de travail.

Gains de productivité : C’est la hausse de la productivité, ils sont chiffrés en %

Les gains de productivité sont issus du progrès technique


Le progrès technique permet les gains de productivité, ces gains de productivité sont à
l’origine d’une croissance de longue durée.

B - Comment le Progrès technique permet il la croissance ?

Le progrès technique prend des formes très diverses : C’est l’ensemble des innovations de
produits :
- Téléphones mobiles, enceintes, nouvelles voitures
- Les nouvelles organisations du travail plus efficaces : Robotisation, travail à la chaine
- Du matériel plus performant : Ordinateur (nouvelles fonctions), transports plus
rapides, matériel agricole

Le progrès technique permet des gains de productivité : Il permet de produire plus avec la
même quantité de K et de W (voire moins) ; il permet une hausse de la productivité globale
des facteurs (PGF)

Croissance
démographique

Accumulation du
capital (matériel)

Progrès technique

Il y’a donc 3 éléments qui contribuent à la croissance : Le capital, le travail et le progrès


technique car il permet une hausse de la PGF (Productivité Globale des Facteurs), une
hausse de l’efficacité / productivité
Le progrès technique mesuré par la hausse de la productivité (la PGF) contribue de manière
importante à la croissance, la RI ou les 30 glorieuses sont des périodes avec bcp
d’innovations ,des gains de productivité élevés qui permettent une forte croissance
Dans les années 50, R SOLOW (éco usa) met en évidence le rôle du P techn dans les données
statistiques de la croissance, il montre qu’une partie de la croissance s’expl bien par la
hausse de la quantité de w , et aussi la hausse de la quantité de capital mais qu’une partie
importante de la croissance s’expl par le «résidu» : les gains de pivite issus du progrès
techn, Une partie importante de la croissance s’expl par une hausse de la productivité
globale des facteurs
En France, entre 1985 et 2010, le PIB a augmenté en moyenne de 1,8 %.

La croissance française sur cette période s’explique pour une part sur une hausse du capital
(investissement). La hausse du capital explique 0,7 pts sur les 1,8 % de croissance sur la
période (1985-2010). C’est d’avantage que le travail, l’augmentation du travail contribue peu
à la croissance, en effet, il représente 1 pts sur les 1,8 % de croissance annuelle. C’est le
progrès technique qui permet en grande partie la croissance, en effet, il représente 1 pts sur
les 1,8 % de croissance.

A l’inverse, en Irlande, nous pouvons voir que les 2 facteurs (travail + capital) sont très
importants dans la croissance du PIB. En effet, le facteur capital et le facteur travail
représentent 0,9 pts sur les 4,4 % de la croissance. On peut voir également que le PGF est
beaucoup plus important qu’en France, celui-ci représente 2,7 pts sur les 4,4 % du PIB.
L’Irlande a ainsi un meilleur PIB par rapport à la France, car ce pays a plus de main d’œuvre
et plus de matériel (plus de capital et de travail) contrairement à la France. Plus les facteurs
sont importants, plus le PIB augmente, les facteurs contribuent ainsi à la hausse de la
croissance économique.
Croissance extensive : la croissance est due essentiellement à l’augmentation du travail et du
capital (la croissance italienne)
Croissance intensive : La croissance est due essentiellement au progrès technique et aux
gains de productivité (la croissance coréenne et française)
Mais comment le progrès technique (et les gains de productivité qu’il permet) stimule-t-il la
croissance ? Les gains de productivité ont plusieurs effets qui ensemble vont être bénéfiques
pour la croissance

Dans une entreprise, celle-ci fait des gains de productivité car elle réduit ses coûts. Elle
réussira à exporter car elle est plus compétitive. Les gains de productivité permettent de
mieux rémunérer les salariés car ils sont plus efficaces. La hausse des salaires stimule la
consommation.
Enfin, les gains de productivité permettent une hausse du profit de l’entreprise, puisque ces
volumes de ventes ont augmenté suite à la baisse des prix et elle est donc plus efficace.
Grâce au profit, les entreprises peuvent plus investir.
La hausse des exportations, des consommations et des investissements contribue à stimuler
la demande globale, ce qui favorise la croissance.

Demande globale = Investissement des entreprises + consommation des ménages +


exportations

C – La croissance endogène
C’est une théorie des années 80 : Des économistes américains (P. Romer, R. Barro)
proposent une nouvelle manière d’analyser le progrès technique. Jusque-là, l’origine du
progrès technique est perçue comme exogène, il vient de la recherche scientifique, son
origine est extérieure à la sphère économique.

Dans la théorie de la croissance endogène, le progrès technique a des causes économiques :


Le progrès technique s’obtient en favorisant les investissements (dépenses) dans 4 grands
domaines : Il y’a 4 sources de croissance (doc 3 p.33)

Capital fixe (physique) : Ensemble des biens de production durables (matériel, machines,
bâtiments)
Capital humain : Niveau d’éducation et de santé de la population
Capital technologique : Ensemble des connaissances relatives à la production (organisation
du travail, recherche d’innovations, matériel, qualité des productions…)
Capital public : Ensemble des infrastructures financées par l’Etat comme les routes, ports,
réseaux écoles, hôpitaux, etc…
La hausse du capital fixe s’obtient par l’investissement de matériel dans les entreprises, et
on a des + sur la croissance car il y’a une hausse du nombre de biens productifs, ils
permettent de produire plus et plus efficacement (ils permettent des gains de productivité)
et donc une hausse de la PGF, cela permet donc à la croissance d’augmenter.
La hausse du capital humain s’obtient par l’investissement d’humains (augmentation du
niveau de santé et d’éducation), et on a des + sur la croissance car il y’a une hausse du
nombre d’emplois dans la PGF, la population est plus efficace au travail, moins absente, plus
polyvalents, plus capables d’innover, d’autre part ces dépenses ont des externalités
positives, il y’a donc une hausse de la PGF, cela permet donc à la croissance d’augmenter.
La hausse du capital technologique s’obtient par l’investissement dans la recherche et le
développement (Etat et entreprises), et on a des + sur la croissance car les entreprises
deviennent plus efficaces, plus compétitives, plus innovantes, il y’a du progrès technique et
gains de productivité, donc une hausse de la PGF. Ces dépenses ont aussi des externalités
positives : Les innovations se diffusent à l’ensemble de l’économie.
La hausse du capital public s’obtient par l’investissement public (financement fait par l’Etat
dans les infrastructures, transports en commun), et on a des + sur la croissance car cela
permet d’être plus rapide, plus efficace dans la communication, les déplacements, il y’a donc
une hausse de la PGF, cela permet donc à la croissance d’augmenter.

BILAN :
L’accumulation de ces capital (fixe, humain, technologique et public) permettent le progrès
technique, une hausse de la productivité (PGF) et des externalités positives donc la
croissance.
Or c’est la croissance de l’activité économique qui permet l’accumulation de ces capitaux :
Pour investir dans ces 4 domaines, il faut de l’argent
La croissance devient donc endogène et autoentretenue, la croissance génère la croissance
Plus un pays croit, il accumule les 4 capitaux et plus il a de chances de continuer à croître : La
croissance engendre la croissance. Et le progrès technique dans cette optique est à la fois
une cause et une conséquence de la croissance :
Croissance du PIB engendre le progrès technique, le progrès technique est donc une
conséquence de la croissance.
Les 4 sources de la croissance sont interdépendantes. La croissance est donc un phénomène
cumulatif : Les différentes formes de capitaux cumulent leurs effets positifs sur la PGF et la
croissance (doc 3 p.33)

D – Le rôle des institutions pour la croissance


La théorie de la croissance endogène met en avant le rôle clé de l’Etat pour la croissance
économique, plus largement le contexte institutionnel joue un rôle important pour la
croissance : Les institutions favorisent la confiance
Institutions : Ensemble des organisations et règles formelles et informelles qui encadrent
l’activité économique et sociale
Règles formelles (lois) : Code du travail (payer le salarié, les charges, respecter les 35 heures,
le salaire minimum, la parité, les quotas de travailleurs handicapés)
Délai de rétractation pour signer un emprunt à la banque, travail le dimanche
Règles informelles (pratiques) : Payer ce que j’achète, respect des contrats,
Organisations : Inspection du travail, répression des fraudes, commission européenne,
conseil de la concurrence surveille les pratiques anticoncurrentielles (ententes) et
sanctionnent
La croissance nécessite un cadre institutionnel approprié :
- La stabilité des institutions est essentielle pour la hausse de l’activité économique
- Un cadre juridique reconnaissant et autorisant les droits de propriété est essentiel :
C’est un cadre incitatif. Rappel : C’est la reconnaissance de la propriété matérielle et
immatériel : Le propriétaire utilise son bien, le vend, tire un revenu à sa guise
(Entreprise, maison, terrain, mais aussi innovations, marques). Le brevet protège
l’entreprise innovante : Elle a le monopole de son innovation.
- Un Etat de droit : Un système politique et juridique limitant la corruption, c’est
important pour la croissance
- Un système politique et social garantissant une certaine égalité des chances et une
certaine redistribution des richesses
- Des sociologues ont également montré le rôle de certaines valeurs dans la
croissance : Libertés et surtout une volonté de s’enrichir, de dépenser

De trop fortes inégalités génèrent des tensions, des trafics. Trop de pauvreté réduit la
consommation.
A l’inverse des institutions de ‘’mauvaise qualité’’ sont un frein à la croissance économique.
La croissance a donc de multiples sources interdépendantes

Chapitre 2 : Comment expliquer l’instabilité de la croissance économique ?

Introduction : La croissance n’est pas régulière, elle est instable. Cette instabilité se repère
dans les statistiques économiques. Les économies subissent des crises : Elles sont
récurrentes mais ont des caractéristiques différentes. Cette instabilité de la croissance a
plusieurs explications du côté de l’offre ou de la demande ou des crédits.
I – La croissance est instable
A – Définitions
On appelle fluctuations économiques l’ensemble des mouvements de ralentissement ou
d’accélération du rythme de la croissance économique.
La notion de cycles économiques renvoie à l’idée que les fluctuations sont assez régulières,
c’est-à-dire qu’il y’a alternance régulière de ces mouvements ascendants et descendants
Production

Crise Récession

Dépression

Expansion Reprise

Temps

Quelles sont les phases d’un cycle économique ? Comment distinguer récession et
dépression ?
Phase descendante du cycle pour les 2
Récession : Le rythme de croissance diminue : La production augmente plus lentement
Dépression : La production globale diminue et les prix aussi (déflation)
Expansion : Phase ascendante du cycle, le rythme de croissance augmente

Qu’est-ce qu’une crise au sens large ?


C’est la récession.
Au sens strict (SES) ? C’est le point de retournement du cycle : La croissance s’essouffle, on
entre en dépression ou récession.
La crise est un moment assez court : Quelques mois ou années

B – Une croissance économique variable sur le long terme :


1) Les fluctuations de la croissance en France depuis 1950
Nous pouvons distinguer deux périodes dans l’évolution du PIB : La première entre 1950 et
1975 ou la croissance économique était en moyenne de 5 à 6 % par an, culminant même à 8
% en 1951 et 1960. Cette période correspond aux 30 Glorieuses. L’année 1975 marque la fin
de la phase d’expansion avec une chute de la croissance économique à 1 %
Depuis 1975, on remarque que le PIB augmente en moyenne de 1 à 3 % par année. On peut
remarquer qu’en 1993 et 2009, le PIB a connu une baisse de 1 et 3 %. C’est une période de
récession.
De 1950 à 1974 (30 glorieuses), on remarque que l’inflation est très instable et assez élevée,
ex : En 1951, l’inflation était de 9 % (et en 1953 elle était de -2 %)
De 1974 à 1984, l’inflation est très forte. Ex : En 1974, les prix augmentent de 7 %
On parle alors de stagflation (puisque sur cette période, il y’a à la fois stagnation de l’activité
économique et inflation)
Depuis 1984, on remarque une faible inflation qui est d’en moyenne 1 à 2 %. Ex : En 1995,
l’inflation en France est d’environ 1 %. Il y’a eu désinflation il y’a même un risque de baisse
des prix (risque de déflation)
2) Des crises récurrentes mais différentes
L’analyse économique s’intéresse particulièrement aux points de retournement de l’activité
économique : Les crises
La crise des années 30 est une dépression car on peut voir que dans la plupart des pays, il y’a
une baisse de la production industrielle (la production baisse de 26 % en Allemagne en 4 ans,
de 1929 à 1933). Il y’a également une forte baisse des prix, comme aux Etats-Unis ou le prix
diminue de 25 % durant cette période. L’aspect négatif de cette période est la hausse du
chômage, comme aux Etats-Unis ou il passe de 3 à 25 % en 1933.
Pendant cette crise, il y’a une déflation, forte baisse des prix associée à une baisse de
l’activité économique et une baisse de la demande.
Dans le phénomène cumulatif, il y’a une baisse des prix, il y’a donc une baisse des recettes
de l’Entreprise. Elles baissent donc leur production, elles licencient, il y’a alors une baisse de
la demande.
La crise de 1973 (choc pétrolier) : Il n’y a pas de krach boursier, c’est une hausse du baril de
pétrole qui provoque la crise. L’économie entre en récession, la croissance devient faible, il
n’y a pas de baisse durable du PIB. Cependant, l’inflation est très forte, il y’a une montée du
chômage mais moins importante qu’en 1929, car il est indemnisé, des dispositifs ont été mis
en place.

La crise de 2008 (subprimes) : Un prêt subprime est un prêt immobilier accordé par les
banques à des ménages précaires, ils se sont multipliés dans les années 2000 : Les ménages
emprunteurs hypothèquent leur maison. De plus en plus de ménages américains sont en
défaut de paiement (insolvables), trop de maisons hypothéquées sont mise en vente en
même temps, les cours de l’immobilier s’effondrent et les banques sont en difficulté,
certaines sont en faillite (Lehman Brother)
Ces faillites bancaires provoquent une panique boursière, les cours boursiers chutent, les
agents économiques ont des difficultés à se financer auprès des banques, il y’a des
licenciements qui engendrent une baisse de la consommation, l’économie réelle entre en
crise y compris en Europe et en Asie. Il y’a des phénomènes cumulatifs
Bulle spéculative : A l’origine de la crise de 2008, il y’a la création d’une bulle spéculative
dans l’immobilier. C’est la hausse excessive des valeurs des prix des maisons. Cependant, au
bout d’un moment, la bulle éclate : Les coûts chutent fortement et brutalement.
II – Comment expliquer l’instabilité de la croissance ?
3 types d’explications : Chocs d’offres, chocs de demandes et cycle du crédit
A – Chocs d’offre et de demande
1) Chocs de demande
C’est un évènement modifiant la demande globale dans l’économie et qui va impacter la
croissance, c’est-à-dire être à l’origine d’une expansion ou d’une récession.
Demande globale : Consommation + investissement (FBCF) + Exportations
Un choc de demande peut être positif ou négatif (la courbe de demande se déplace)

Les chocs de demande négatifs peuvent conduire à une récession : La demande globale
diminue, les entreprises ajustent leur production de biens et services à la baisse. L’activité
économique augmente plus faiblement, certaines entreprises font faillite faute de demande,
certaines vont licencier, l’économie entre en récession, les prix ont une tendance à la baisse
(déflation).
Exemples de chocs de demande négatifs :
- Crise financière (krach boursier), en effet, il provoque un appauvrissement des
investisseurs (les entreprises, banque, ménages), ils réduisent leurs achats
(investissement et consommation en baisse)
- Forte hausse des impôts ou des taux d’intérêt (politique de rigueur et d’austérité) :
Moins de consommations, moins d’investissement, moins de revenu disponible,
moins d’emprunt possible
- Récession dans les pays ou l’économie exporte : En 2008, une récession en Europe
suite à la crise, ça été un choc de demande négatif pour l’économie chinoise : Les
exportations chinoise sont en baisse, la croissance chinoise ralentit.

Les chocs de demande positifs peuvent conduire à une expansion : La demande globale
augmente, les entreprises ajustent leur production de biens et services à la hausse. L’activité
économique augmente plus fortement. Un choc de demande positif impulse une dynamique
de la croissance et une hausse des prix (inflation).

Exemples de chocs de demande positifs :

- Politique de relance : Hausse des dépenses publiques, baisse des impôts, hausse des
revenus sociaux, diminution des taux d’intérêts.

Questions p.56
1. Elle se déplace vers la droite car le pouvoir d’achat des consommateurs est en hausse,
donc les agents économiques vont plus consommer, il y’a une hausse de la consommation et
donc une hausse de la quantité. Il y’aura également une hausse des prix (inflation)
2. Choc de demande négatif : La production diminue et les quantités aussi
Choc de demande positif : La production augmente et les quantités aussi

3. Choc positif de demande : Politique monétaire de baisse des taux d’intérêts, reprise dans
les pays extérieurs
Choc négatif de demande : Politique d’austérité, baisse des revenus sociaux, krach boursier
En 2009, le PIB a baissé de 2,9 % car les exportations et l’investissement ont contribué à une
baisse de celui-ci : En effet, nous pouvons voir que l’investissement contribue à une baisse
de 2,1 pts sur les -2,9 % de la croissance en 2009. De même que pour les exportations :
Celles-ci contribuent à une diminution de 3,1 % sur les -2,9 %.

2) Les chocs d’offre


L’Offre désigne tous les biens et services mis sur le marché (mis en vente). Les chocs d’offres
sont des évènements affectant les coûts de production des entreprises : Ils concernent les
salaires, les prix des matières premières, la productivité… et ils vont impacter la croissance,
la courbe d’offre se déplace.
Doc 1 p.54 graphiques

Choc d’offre négatif : Les prix sont en hausse, les quantités diminuent
Un évènement fait augmenter les coûts de production : Les entreprises sont moins
compétitives, moins productives, il y’a un risque de récession car les entreprises sont en
difficulté : Elles ont des difficultés à vendre (prix + élevés que la concurrence) ou elles
réduisent leurs marges : Certaines font faillite, licencient. Il y’a un risque de récession ; les
prix ont tendance à augmenter car l’offre peut devenir insuffisante.
Exemples : Le choc pétrolier de 1973 qui se traduit par une forte hausse des prix du pétrole,
une hausse des coûts pour les entreprises, les marges des entreprises sont réduites, plus de
difficultés à investir. Les salaires augmentent pour compenser l’inflation, cela aggrave les
difficultés des entreprises. Certaines entreprises licencient car elles ont des difficultés à
vendre moins cher que les concurrents. Au final, l’activité économique diminue, l’économie
entre en récession.
Toute période pendant laquelle les prix du pétrole sont en hausse constitue un choc d’offre
négatif.
Ou cas extrême : Le tsunami en mars 2011 au Japon, les Bahamas (ouragan en 2019), les
entreprises ne peuvent plus produire et échanger : l’offre diminue.
Choc d’offre positif : Les prix sont en baisse, la quantité est en hausse.
D’après J.A Schumpeter, des grappes d’innovations et technologies nouvelles sont à l’origine
des phases d’expansion car elles permettent des gains de productivité importants (ceux
permettent aux entreprises de produire moins cher, elles peuvent augmenter les salaires ou
vendre moins cher ou faire plus de bénéfice et investir) l’innovation est source de croissance,
elle stimule la demande globale.
Exemples : L’exploitation du gaz, pétrole de schiste actuellement aux USA car le pétrole est
devenu bon marché pour les américains. Le fordisme pendant les 30 glorieuses car les
nouvelles organisations du travail permettent de produire plus et de faire des gains de
productivité. Les TIC aux USA dans les années 90, des nouveaux secteurs se développent, il
y’a du progrès technique et des gains de productivité : La consommation a été stimulée
(équipement des ménages, l’investissement des entreprises aussi).
Faire le point p.55

Productivité

Demande
Prix Droite

2. Sur la production, les conséquences d’un choc d’offre positif font que celle-ci produisent
plus et qu’elles gagnent des gains de productivité. Sur les prix, les conséquences font que les
prix diminuent, il y’a déflation.

Les conséquences d’un choc négatif sur la production font que celle-ci produisent moins
efficacement. Sur les prix, cela génère l’inflation.

3. Choc positif : Gains de productivité, baisse des cotisations sociales


Choc négatif : Hausse des impôts sur les entreprises, hausse des prix des matières premières
3) Des chocs cumulatifs
Les chocs sur l’offre induisent des modifications sur la demande : Les effets négatifs se
cumulent. Ex : Les chocs pétroliers (comme en 1973) ont créé des phénomènes cumulatifs.
Au départ, c’est un choc d’offre mais quand les prix du pétrole (1986) baissent, l’économie
française ne repart pas. Pourquoi ?
La consommation des ménages diminue (il y’a inflation, perte du pouvoir d’achat),
l’investissement des entreprises diminue également (moins de bénéfice, manque de moyens
pour investir)
Le cercle vicieux de la déflation : Un choc économique violent comme en 2008 (éclatement
d’une bulle immobilière) ou krach boursier comme en 1929 peut créer des phénomènes
cumulatifs : Une spirale déflationniste.
Quand la baisse des prix est durable, les entreprises vendent à perte, elles déstockent
d’autant que les ménages reportent leurs achats, l’activité des entreprises diminue, elles
licencient, elles investissent moins, elles n’augmentent pas les salaires… Les acteurs
économiques endettés ont des difficultés à rembourser leur dette, l’Etat a moins de recettes.
Les difficultés à sortir de la crise nécessitent une politique économique adaptée : Il faut
relancer la demande globale, c’est le rôle de l’Etat mais cela crée un endettement ou c’est le
rôle des banques centrales.

B – Le rôle des crédits dans la fluctuation

Les chocs d’offre et de demande sont des explications exogènes aux crises : Un évènement
survient et explique le retournement du cycle.
En revanche, les variations du crédit donnent une explication endogène aux fluctuations
économiques. L’octroi des crédits connaît, comme l’activité économique, des cycles, ce qui
permet de comprendre les cycles économiques.
1. Quelles fluctuations économiques peut-on expliquer par le biais du crédit ?
Expansion, crise et récession
[Link] les banques prêtent-elles en grande quantité aux agents économiques en
période d’expansion ?
Les banques sont confiantes, elles prêtent facilement.
3. Pourquoi l’octroi de crédits en grande quantité favorise-t-il la croissance économique ?
Les ménages et les entreprises dépensent (consommations et investissements), cela favorise
la croissance, il se crée une bulle spéculative dans l’immobilier ou sur les marchés financiers
4. Pourquoi la phase d’expansion peut-elle se retourner et déboucher sur une phase de
récession ?
Problèmes d’insolvabilités des ménages, des entreprises, priorité au désendettement et
réduction des dépenses ce qui freine la croissance, il y’a éclatement de la bulle spéculative
(chute des cours immobiliers et des cours boursiers)
C’est le désendettement des agents économiques, les entreprises et les administrations ne
vont plus investir, et les ménages vont moins consommer et s’endetter
5. Comment les banques restreignent-elles leur offre de crédits ?
Les banques deviennent très prudentes, elles prêtent moins et plus chers, elles se protègent.
6. Pourquoi la restriction du crédit renforce-t-elle la phase de récession, voire de dépression
économique ?
Il y’a moins d’argent disponible dans l’économie, moins de consommations et
d’investissements, cela freine la croissance.

Investir, s’endetter, surinvestissement, crise, spéculative, hausse, faillites, surproduction


Bulle spéculative : Hausse excessive des prix de l’immobilier et/ou des cours boursiers.
Facilité par des crédits peu couteux et qui finit par provoquer une baisse brutale des prix
(éclatement de la bulle)
Comment le cycle du crédit affecte-t-il la croissance ?

Le crédit amplifie l’expansion, il est la cause d’excès (bulle spéculative) qui provoquent la
crise. Enfin, il amplifie la récession (puisque les banques réduisent leurs crédits pendant la
récession). Le crédit un joué un rôle majeur dans la crise de 2008 (également en 1929).
La régulation du crédit est indispensable : Trop de crédits génère un surendettement et la
création d’une bulle spéculative. Trop peu de crédit rend difficile l’investissement et la
consommation, cela pénalise l’activité économique.

Conclusion :
Les causes des crises sont multiples : Choc de demande, choc d’offre et le cycle du crédit.
Ainsi, la crise actuelle s’explique à la fois par un choc de demande et une crise du crédit,
mais certains estiment que le problème fondamental repose sur l’offre (les entreprises
françaises manqueraient de compétitivité)

Chapitre 3 : La croissance économique est-elle compatible avec la préservation de


l’environnement ?

Introduction : La croissance (hausse durable de la production) a des externalités négatives :


Conséquences négatives de l’activité économique qui ne sont pas prises en compte par le
marché, c’est-à-dire qu’elles ne coûtent rien à l’auteur. Ce sont les conséquences
écologiques de la croissance, elles constituent des limites à la poursuite de la croissance.
Est-il possible de rendre la croissance soutenable ? (Ou le développement
soutenable/durable)
Une des principales externalités négatives des activités humaines est le réchauffement
climatique : Les pouvoirs publics ont mis en place des politiques climatiques pour le limiter

I – Peut-on concevoir une croissance soutenable ?


A – Limites écologiques de la croissance
Jusqu’où poursuivre sans danger pour l’environnement. En épuisant l’environnement, la
croissance va connaître des limites.
Qu’est-ce que l’empreinte écologique ?
Empreinte écologique : Mesure de la pression qu’exerce l’Homme sur l’environnement (sols,
eau, climat…) c’est la pression qu’entraîne nos activités économiques sur l’environnement
naturel, on la mesure en ha. Il s’agit de la surface dont un individu a besoin pour produire les
ressources qu’il consomme et absorber les déchets qu’il génère.
Il existe une corrélation entre le niveau de vie et l’empreinte écologique (exprimée en
hectare globaux par habitant) : Plus le niveau de vie est élevé, plus l’empreinte écologique
est grande.
La croissance du niveau de vie de la population favorise la hausse de son empreinte
écologique car le mode de vie des populations change quand elle s’enrichisse : Utilisation de
voitures, plus d’industries, on consomme plus de viande (l’élevage est polluant), plus
d’appareils électroniques, on déforeste pour construire des bâtiments, des routes, pollution
d’internet, gaspillage alimentaire…
On peut donc se demander si la croissance économique peut se poursuivre indéfiniment sur
le même modèle sachant qu’actuellement les habitants de la Terre ont une empreinte
écologique supérieure à la surface de la Terre (autrement dit, nous avons dépassé la
capacité biologique de la Terre à produire nos ressources et absorber nos déchets)
Autre indicateur de la pression qu’exerce les activités humaines sur l’environnement : Le
jour du dépassement ou ‘’Earth Overshoot day’’ : Pour 2018, c’était le 1er août, cela signifie
qu’à compter de ce jour, la population mondiale aura épuisé toutes les ressources que la
planète est en mesure de renouveler en 1 année.
Quels sont les dangers de la croissance actuelle pour l’environnement ?
Ce sont les externalités négatives de l’activité économique (production, consommation,
transport)
Il existe 3 dangers dans la croissance : Formes de pollution, Utilisation d’énergies fossiles non
renouvelables, diminution de la biodiversité (utilisation excessive des ressources
renouvelables)
Il existe 3 grands lieux de pollutions : Eau, air, sols. Tous les produits agricoles causent la
non-potabilité de l’eau. Pollution de l’eau : Déchets qui sont jetés dans l’eau (plastiques). Les
sols sont pollués par les engrais, ce qui provoque de mauvais rendements pour l’agriculteur
du fait qu’il possède un sol insalubre. Pollution de l’air : Gaz à effet de serre, chauffage, rejet
de CO2 par les transports et les industries, fumées d’échappement. Tout cela provoque le
réchauffement climatique. Il y’a également les réfugiés climatiques. La canicule et les orages
sont de plus en plus violents, les phénomènes climatiques sont plus intenses.
La déforestation est principal danger de la croissance économique pour l’environnement. On
parle de déforestation lorsque des surfaces de forêts sont abattues et définitivement
perdues sur le long terme au profit d’autres usages comme l’agriculture (urbanisation,
activités minières. Les causes de la déforestation dans le monde sont la perde de surface
forestière. Les facteurs de la déforestation sont : Les activités humaines. D’après le rapport
sur l’Etat mondial des forêts publiées par la FAO en 2016, plus de 80 % sont consacrés à
l’agriculture, les 20 % restants sont pour l’urbanisation. La déforestation a de nombreuses
conséquences sur les écosystèmes naturels et cela cause de sérieux problèmes de
biodiversité.
A l’échelle mondiale, les 3 grandes zones de déforestation sont l’Asie du Sud-Est, l’Indonésie,
l’Amazonie et l’Afrique. L’élevage serait responsable d’environ 70 à 80 % de la déforestation
en Amazonie, et avec la nourriture pour le bétail (Ex : Le Soja)
L’eau est devenue une ressource importante. La première cause est l’expansion
démographique : Nous sommes 7,5 milliards sur Terre aujourd’hui, en 2050, nous serons 10
milliards. La terre est composée de 75 % d’eau, presque le totalité de l’eau est non potable.
En 2050, si nous ne changeons pas notre consommation, 67 % de la population mondiale ne
devrait pas avoir accès à l’eau potable.
Plusieurs solutions pour protéger cette ressource : Meilleure gestion de l’agriculture,
agriculture plus durable, supprimer l’élevage intensif et baisse de notre consommation de
viande. Aujourd’hui, l’agriculture représente 70 % de l’eau douce. Consommation des
ménages moins abusif dans les pays des Nords (pays en développement) et moins de
gaspillage. Le danger lié à l’eau est la surpêche.

Capital naturel : Ensemble des ressources naturelles (renouvelables ou non) utiles à


l’Homme et exploitable techniquement et économiquement.
Ressources non-renouvelables : Ressource naturelle qualifiée de non renouvelable/épuisable
quand l’offre ne se renouvelle pas rapidement ou quand l’offre est fixe (Ex : Hydrocarbures,
minéraux)
D’après les estimations, au rythme d’exploitation naturel, les stocks de pétrole seront
épuisés en 2070, stocks de charbons en 2125, diamants en 2022 et le stock de zinc, cuivre,
étain, or, nickel sera épuisé en 2032.
Les conséquences de la montée des eaux sont des villes qui seront inondées comme New
York ou Miami et la disparition d’îles (Archipel du Pacifique comme les îles Marshall)
La cause de cette montée des eaux est la fonte des glaces.
Le réchauffement climatique cause aussi un dérèglement climatique avec des épisodes de
canicules de plus en plus fréquent, des épisodes de froid polaire en Europe. Il y’a également
une augmentation de la température de l’océan affectant la Grande Barrière de Corail. Les
évènements météorologiques augmentent également en intensité et en fréquence.

Le réchauffement climatique a également des conséquences sur la santé et l’agriculture :


Des maladies transportés par les moustiques comme le Zika, personnes qui meurent liés aux
températures, la pollution de l’air. Pour l’agriculture, cela entraîne la surexploitation et
l’utilisation de pesticides. La terre non cultivable, une baisse de la biodiversité et la pollution
des sols sont également en jeu.
Tout cela a des conséquences sur l’économie, des secteurs comme le tourisme et la
sylviculture sont impactés. Cela provoque des pertes économiques élevées face aux
différentes catastrophes.

Faire le point p.145


La croissance économique engendre une accélération des émissions de gaz à effet de serre
ainsi qu’une surexploitation des ressources communes. Ces 2 phénomènes suscitent
notamment une perte de biodiversité et un réchauffement climatique qui contribue à
diminuer le bien-être humain.
Conclusion :
La croissance sur laquelle a reposé le développement des pays développés ne peut donc
durer éternellement et ne peut-être généralisée à l’ensemble de la planète, car elle peut
mettre en péril la satisfaction des besoins des générations futures, en épuisant les
ressources nécessaires à la croissance. Il y’a eu une transition : Cette prise de conscience
s’est accompagnée de l’émergence du concept du développement durable et de la
soutenabilité.
B – Les conditions de la croissance soutenable (= Développement durable)
1) Notion et mesure du développement durable
Schéma 1p.144
Le développement durable est défini par Brundtland comme un type de développement qui
permet de satisfaire les besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les
générations futures de satisfaire les leurs.
Il y’a une prise de conscience des sociétés sur la négativité de leur production industrielle sur
l’environnement. La crise économique (crise des années 30, chocs pétroliers) a conduit à
cette notion de développement durable. Il y’a également les crises sociales comme le
mouvement de mai 1968 ou encore les crises écologiques comme la catastrophe nucléaire
de Tchernobyl, les marées noires et la catastrophe de Seveso.
Les 3 dimensions du développement durable sont : Une dimension sociale, économique et
écologique.
La dimension sociale garantit à chacun les besoins d’éducation, de santé, d’emploi et
d’habitat.
La dimension économique désire créer des richesses et améliorer les conditions matérielles
de vie
La dimension écologique consiste à préserver la diversité des espèces et préserver les
ressources naturelles et énergétiques.
Les 4 capitaux du DD :
4 capitaux sont nécessaires à la croissance : Le capital physique c’est l’ensemble des moyens
de production fabriqué par l’homme comme par exemple des machines, usines et
ordinateurs.
Capital naturel : ensemble des ressources naturelles utiles à l’homme et exploitables
techniquement et économiquement. Exemple : Energies fossiles, ressources humaines
Capital humain : Ensemble des aptitudes, talents, qualifications et expérience accumulés par
un individu au cours de sa vie et qui déterminent en partie sa capacité à travailler ou à
produire pour lui-même ou pour les autres. Il s’agit du taux d’alphabétisation, du niveau de
diplôme supérieur, du physique (pour travailler soir dans le sport, soit dans des métier
demandes une assez bonne condition physique comme Pompier, militaire ou encore agent
de sécurité) etc…
Capital institutionnel : Ensemble des disposition politiques, juridique et institutionnel en
vigueur dans un pays qui permet d'augmenter la production et le bien-être des habitants.
Comme la police qui permet aux habitants de se sentir en sécurité, le système de sante
veillant sur le bien-être de la population, chose qui permet de limiter les absences au travail,
les diverses disposition prise vit à vie de l’écologie comme la gestion de déchet, les contrôles
techniques obligatoire ou encore les primes à la conversion pour le domaine automobile.
La croissance durable résulte de l’interaction de ces 4 capitaux. Ex : Si le capital physique
augmente, cela va de pair avec l’augmentation du capital humain. Si un des 4 disparaît : Le
capital naturel par exemple, il devient difficile de produire plus : La production nécessite des
minerais, des énergies fossiles, de l’eau, de la terre.
ATTENTION : Ne pas confondre avec les capitaux de la croissance endogène.

2 – Soutenabilité forte et faible (ou durabilité) : 2 points de vue concernant la soutenabilité


de la croissance
Soutenabilité faible :
La soutenabilité faible émet une hypothèse selon laquelle les capitaux sont substituables :
Avec la soutenabilité faible, toutes formes différentes de capitaux sont substituables. Ce sont
tous des facteurs de production que l’on peut remplacer l’un par l’autre.
Cela a pour conséquence, la destruction ou la dégradation d’un type de capital peut être
compensée par l’investissement dans une autre forme de capital.
Ainsi, le développement sera durable ou soutenable dès lors que la génération présentée est
capable de transmettre aux générations suivantes un stock global de capital au moins égal
au niveau présent.
Quelques exemples :
Exemple 1 : L’activité économique conduit à une dégradation des sources d’eau douce mais
l’amélioration des techniques permet le développement de méthode de désalinisation de
l’eau de mer, ce qui vient compenser la perte d’eau douce.
Exemple 2 : La croissance économique peut permettre des changements technologiques qui
conduisent à une augmentation de la productivité du capital physique ou du travail, ce qui
sous-entend la capacité de produite autant avec une moins grande quantité des facteurs et
vient contrebalancer la dégradation du stock de capital naturel.

Conclusion :
Avec la soutenabilité faible, il peut donc y’avoir compatibilité entre la croissance
économique et le développement durable à condition que les effets néfastes de l’activité
économique sur certains capitaux notamment le capital naturel soient compensés par
l’investissement dans d’autres capitaux.
La soutenabilité faible est ainsi une approche libérale de la théorie de la Main invisible
(Adam Smith) qui explique qu’il faut laisser faire les marchés, ils sont sans surveillance et on
retrouve le principe de l’économie libérale.
Soutenabilité forte :
La soutenabilité forte considère qu’il faut préserver constamment le stock de capital naturel.
Par conséquent, il faut reconsidérer notre modèle de croissance.
Cela implique 3 facteurs : D’une part, il ne faut pas utiliser les ressources renouvelables à un
rythme supérieur à leur capacité de renouvèlement. D’autre part, il ne faut pas émettre
davantage de déchets ni de polluants que la Terre ne peut en absorber, il faut donc
respecter les capacités d’absorption.
La soutenabilité forte nous apprend qu’il ne faut pas consommer les ressources naturelles
plus vite qu’elles ne se renouvèlent.
Ex : La pêche. Nous pouvons pêcher des poissons mais il ne faut pas pratiquer la surpêche
puisque la surpêche c’est une pêche qui se fait à un rythme supérieur aux capacités de
renouvèlement des bancs de poissons. Ils vont donc arriver à leur épuisement.
La soutenabilité forte nous apprend qu’il ne faut pas émettre davantage de déchets,
pesticides et polluants que la Terre ne peut pas en absorber. Ex : Les pesticides, lorsque les
agriculteurs utilisent des pesticides, ils polluent la Terre, car ils vont s’infiltrer dans la terre et
la polluer ; Donc ils polluent la planète, ce qui peut engendrer de graves dégâts naturels. Il
faut interdire certains produits : C’est le principe de précaution
La soutenabilité forte nous apprend également qu’il faut, à mesure que l’on utilise des
ressources non renouvelables, les substituer par des ressources qui seront renouvelables.
Ex : L’énergie nucléaire, charbon, les énergies fossiles seront remplacées par l’énergie
éolienne, solaire ou hydraulique.
Conclusion :
La soutenabilité forte est plus problématique que la soutenabilité faible, puisqu’il faut
employer des moyens économiques pour que les 3 facteurs puissent avoir un effet positif :
- A petite échelle : Challenges sur les réseaux sociaux de ramassage et nettoyage des
plages, effort des foyers, des ménages pour réduire leur consommation (électricité,
eau…)
- A grande échelle : Les lois votées par le gouvernement pour la protection de
l’environnement, réglementations, taxations, marché de quota d’émission de CO2
Il faut donc préserver le capital naturel car il n’est pas substituable et sa destruction est
irréversible.

CONSEQUENCES
Le capital L'épuisement : Il faut
physique et/ou des ressources maintenir
humain n'est pas naturelles est constant le stock
substituable au problématique de capital
capital naturel en soi naturel, c'est la
soutenabilité
forte

La dégradation du capital naturel peut être compensée par l’amélioration du capital humain
et physique : Soutenabilité faible
Le capital naturel est complémentaire des autres capitaux : Soutenabilité forte
Le progrès technique n’est pas toujours une solution satisfaisante pour préserver
l’environnement : Soutenabilité forte
Le principe de précaution est un obstacle au bien-être humain parce qu’il limite l’innovation :
Soutenabilité faible
La préservation de l’environnement passe par la décroissance : Soutenabilité forte
II - une polit climatique est-elle nécessaire ?
A - l’impuissance du marché
Les ressources naturelles (eau, foret, ressources halieutiques, air...) Sont des ressources
communes,(on parle aussi de biens communs) c’est à dire sans propriétaire privé dc
difficilement excluable (difficile d’exclure quelqu’un qui ne paye pas pour utiliser la
ressource, ressource gratuite) L’environnement est un bien commun international.
Chaque agent économique cherche à maximiser son avantage individuel et se comporte en
passager clandestin mais le résultat est la disparition de la ressource .
Ex la surpêche et l’atteinte à la biodiversité. On parle de «tragédie des biens communs»
De même toutes les formes de pollution y compris les émissions de GES sont des externalités
négatives, la aussi le marché est défaillant : L’agent éco fait un raisonnement individuel :
Pour décider (produire, se déplacer, jeter…) il prend en compte uniquement le cout
individuel sans tenir cpte de ceux qu’il fait subir à la société.
Cela justifie l’intervention de l’Etat car si on laisse fonctionner les marchés (principe du
laissez faire) bcp de pollution, épuisement des ressources communes, perte de biodiversité,
réchauffement climatique et donc dégradation du bien être pour les générations futures....
Politique climatique : moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics pour faire face au
changement climatique. L'objectif principal de la politique climatique est donc de réduire les
émissions de GES : 3 moyens d’agir

Notions de biens communs et externalités


La puissance publique intervient car le marché est défaillant. La main invisible ne fonctionne
pas.

Les biens communs Les externalités négatives


Définition Non excluables = Les Effets négatifs des acteurs
ressources sont gratuites, économiques non pris en
difficile d’obliger quelqu’un compte par le marché (sans
à payer coûts pour l’agent
économique)
Rivaux = Quand quelqu’un
utilise la ressource, les
autres en ont moins
Exemples L’air pur, eau, forêt… Toutes les pollutions = GES :
Les transports, l’élevage, les
industries, le chauffage gaz
+ fuel ont des externalités
négatives
Problème posé par le Tragédie des biens Raisonnement individuel,
marché communs : Epuisement de l’agent économique pollue
la ressource, perte de car cela ne lui coûte rien
biodiversité, passager
clandestin
B – Plusieurs instruments pour mener des points climatiques
Politique climatique : moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics pour faire face au
changement climatique. L'objectif principal de la politique climatique est donc de réduire
les émissions de GES : 3 moyens d’agir :
L’objectif général de la COP 21 à Paris reprend celui annoncé lors de la Conférence de
Copenhague : Limiter à 2°C le réchauffement planétaire par rapport à 1850 : Il va même un
peu plus loin en ajoutant que les efforts des Etats doivent s’intensifier pour espérer limiter
l’augmentation généralisée des températures à 1,5°C.
Réglementation, taxation, marché des droits à polluer
1. La taxation
Le taux de la taxe représente la valeur que la société accorde à la protection de ces
ressources. Ce dispositif est mis en place par les pouvoirs publics. La taxe consiste à prélever
une redevance qui va augmenter le prix de quelque chose. Elle prend la forme d’une
mesure fiscale visant à alourdir les prix des produits polluants afin de protéger
l’environnement : On parle alors d’écotaxe.
Cet instrument de la taxation permet ainsi d’inciter les agents économiques à modifier leurs
comportements. La taxe va rendre la pollution couteuse : Le principe du pollueur-payeur.
Exemples : La taxe carbone qui consister à taxer les émissions du carbone. Il y’a aussi le
système de bonus-malus écologique qui consiste à récompenser par une prime les individus
qui ont des comportements vertueux mais aussi à taxer les agents qui polluent. Ex : La prime
de conversion sur les nouvelles voitures moins polluantes. Il y’é également la taxe sur
l’essence qui consiste à faire augmenter le prix de l’essence pour diminuer les déplacements
en voiture.
L’avantage des taxes est que le coût pour les agents économiques (entreprises, ménages)
dépend de leur comportement :
- S’ils ont des comportements vertueux, cela ne leur coûte rien, ils peuvent même
gagner de l’argent

- S’ils ont des comportements polluants, ils payent. Enfin, comme toute mesure, cela
incite à l’innovation car les agents économiques vont chercher à baisser leur cout et
auront recours pour cela à des techniques moins polluantes.

Les recettes de la taxe reviennent à l’Etat, cet argent peut servir à des aménagements
écologiques (dépenses favorables à l’environnement). Ex : Mettre en place des
infrastructures tels que le tram.
Parmi les inconvénients de cette taxe, on peut dire qu’une partie de la population a tout de
même du mal au niveau de l’acceptation de la taxe : La fiscalité écologique apparaît comme
des taxes en plus : Le ras le bol fiscal. Le taux optimal est difficile à obtenir. Il y’a un gros
risque de dumping (concurrence entre les états en matière fiscale) Ex : Les USA n’ont pas de
fiscalité écologique, les entreprises perdent de la compétitivité. Elle a également des effets
anti redistributifs : La taxe carbone va frapper d’avantage les populations les plus
défavorisées, ex : Populations moins développées qui ont plus de véhicules diesel (les plus
polluantes) car elles n’ont pas forcément le choix : Sentiment d’injustice.
La taxation risque donc de peser sur les agents économiques du fait des inégalités
économiques déjà existantes entre eux.
Conclusion :
La taxation peut donc être un outil efficace pour préserver l’environnement. Toutefois,
une telle taxe soulève certains problèmes : Perte de compétitivité, de pouvoir d’achat des
agents économiques, difficulté à instaurer au niveau mondial une telle taxe. De fait, cet
outil doit donc être compensé par deux autres instruments à la disposition des pouvoirs
publics : Les mesures réglementaires et les marchés de quotas d’émission.

2. La réglementation
La réglementation regroupe l’ensemble des normes juridiques fixées par les pouvoirs
publics.
Norme nationale : Les normes sont élaborées par un organisme national de normalisation
(ONN) ou un membre de cet organisme. Il identifie tout d’abord le besoin du marché pour
l’établissement d’une norme.
Les instruments réglementaires reposent sur la contrainte. Il s’agit ici d’interdire ou
d’autoriser certains comportements au moyen de règles et des normes. Ces instruments ne
laissent aucun choix aux agents à qui ils sont imposés. En cas de non-respect, ces derniers
subissent des sanctions administratives ou judiciaires. Parmi ces normes, on retrouve :

- Les normes d’émissions ou de rejet qui définissent des seuils à ne pas dépasser ou à
respecter sous peine de sanction. Il y’a ici une obligation de résultat.
- Les normes de procédés imposent l’utilisation de technologies spécifiques pour
empêcher la pollution ou dépolluer. Ce sont des obligations de moyens. Ex : Pot
catalytique, recyclage des déchets, etc…
- Les normes de produits qui imposent des caractéristiques et des exigences
particulières pour un produit. Ex : Phosphates dans les lessives, teneur en souffre des
combustibles, interdiction des gaz CFC dans les bombes aérosols.
- Les normes de qualité qui précisent les caractéristiques souhaitables du milieu
récepteur des pollutions (niveau de bruit maximum, concentration maximale de
nitrates par litre d’eau, etc…)
Les intérêts de ces normes : Elles sont relativement simples à mettre en œuvre. Elles
peuvent atteindre rapidement un objectif précis de dépollution. Enfin, la norme peut-être et
inciter ainsi à l’innovation.
En Europe : Paquet énergie-climat, il faut réguler les émissions de CO2 des véhicules
routiers : Ne pas émettre plus de 130g de CO2 par km.
Au Canada : Loi sur la protection de l’environnement en Antarctique, il s’agit de contrôler les
circulations antarctiques. Il est obligatoire de demander le permis pour l’exploitation de la
zone pour les navires canadiens.
Au Japon : Standard de qualités environnementales pour la production du sol, il s’agit de
contrôler la composition des sols et de protéger la santé humaine en vérifiant par exemple la
présence de Chrome ou d’Arsenic.
Les limites de la réglementation :
Les 3 principaux instruments sont : Les mesures réglementaires, les taxes et marchés de
quotas d’émissions.
Les mesures réglementaires : Il est difficile d’évaluer le moment ou on doit interdire ou non.
Les sources de pollution sont nombreuses et les coûts de contrôle peuvent être élevés.
Il y’a l’existence de normes uniformes et de normes pas incitatives : Elles sont plus difficiles
à respecter pour certains que pour d’autres.
3. Le marché des quotas d’émissions de CO2 (marché incitatif et efficace si le plafond de
quotas attribués est assez bas)
Principe du marché carbone : En 2005, l’UE met en place le système des marchés de quotas
d’émissions de CO2 dans le but de réguler et de diminuer les rejets de carbone. Il y’a un
système de titres appelé ‘’quotas’’ qui est partagé aux industries par l’Etat dans le but de
pousser les entreprises à passer à des modes de production durable et des techniques (-
sombres en carbone. La valeur d’un quota doit être importante afin d’encourager les
entreprises à avoir des moyens moins polluants tout en restant correct afin de ne pas
ralentir leur croissance.
L’Union Européenne donne un nombre de quotas par entreprises. Si l’entreprise dépasse le
nombre de quotas lors du bilan annuel, elle a 4 mois pour racheter le nombre de quotas
pour englober le surplus de G.E.S rejetés car sinon elle fera face à une lourde amende. A
l’inverse, si l’entreprise a rejeté moins de G.E.S par rapport à son nombre de quotas
possédé, celle-ci va pouvoir soit revendre ses quotas restants à des entreprises en besoin,
soit les conserver pour compenser leurs besoins lors du prochain bilan.
Celles qui ont trop pollué ont un coût supplémentaire et celles qui ont peu pollué peuvent
gagner de l’argent.
Les limites du marché du quotas d’émission : Il y’a premièrement la difficulté à fixer les
quotas. De plus, si le quota est trop élevé, cela bloquera le marché de la production car il
devient inutile, il n’y a pas d’incitation à la réduction de production. Il y’a un risque de
spéculation puisque comme sur tout marché, le prix dépend de l’offre et de la demande.
Ainsi, si y’a peu de tonnes vendues, il peut y’avoir spéculation afin de faire monter les prix.

Bilan :

Normes d’émissions Taxes Marchés de quotas


(réglementation) d’émission
Instrument Norme d’émission
réglementaire
Instrument Taxes
économique
Contrainte Normes d’émission
Incitation Marché de quotas
Action par les Réglementation Marché de quotas
quantités
Action par les prix Taxes

C – Complémentarité des différents instruments


On peut mobiliser différents moyens pour les politiques climatiques : Ces trois instruments
sont complémentaires, on n’utilisera pas le même type d’instrument selon la pollution qu’on
cherche à diminuer.
On utilise chacun d’entre eux là où il présente le plus d’avantages et le moins
d’inconvénients pour atteindre l’objectif visé.
Bilan :

Avantages Inconvénients (limites)


Réglementation - Utilisé si produit - Coûts pour contrôler
dangereux l’application de la
réglementation
- Uniforme, or, elle est
plus difficile à
respecter pour
certains que pour
d’autres
- Pas d’incitation à
faire mieux que la
norme
Taxation - Recette fiscales - Faible acceptabilité
(peuvent être utilisés (ras le bol fiscal)
à des projets - Affecte la
écologiques compétitivité des
- Incitation pour payer entreprises
moins, on pollue - Affecte le pouvoir
moins d’achat chez les
- Elle est efficace si la ménages
taxe est dissuasive -

Marché des quotas - Bien adapté aux gros - Difficulté à fixer les
d’émission pollueurs quotas : Pas trop
- Bonne acceptabilité élevé sinon trop
- Incitation à moins contraignant, pas
polluer et à trop bas sinon pas
l’innovation incitatif
- Affecte la
compétitivité des
entreprises

Chapitre 4 : Comment analyser la structure sociale ?


Introduction : La structure sociale est la répartition des individus d’une même société dans
différents groupes ou catégories.
Ces groupes sont inégaux : Comment définir et mesurer les inégalités ? Comment les
sociologues ont-ils analysé la structure sociale ? Dans la société actuelle, sur quels critères se
baser pour classer les individus ?
I – Comment caractériser les inégalités ?
A – Les différents visages des inégalités
1. Qu’est-ce qu’une inégalité sociale ?
Les inégalités sociales sont des différences entre individus et groupes sociaux qui se
traduisent en termes d’avantages et de désavantages.
Toutes les différences ne constituent pas des inégalités : Cheveux blonds / bruns : Différence
Homme / femme : Inégalité
De nombreux critères sont à l’origine d’inégalités sociales : Le genre, la couleur de peau, la
corpulence, le handicap, l’origine sociale, l’orientation sexuelle, la religion, lieu d’habitation,
diplômes, etc…
Elles touchent des domaines variés

Exemples de critères à l’origine de Exemples de domaines concernés par


l’inégalité : l’inégalité :

- Entre hommes et femmes (le genre) Salaire, emplois avec moins de


- Entre personnes d’origine française responsabilités, tâches domestiques
et africaine (origine ethnique)
- Entre urbains et ruraux, ou quartiers Origines ethniques : Diplômes, embauches,
défavorisés / favorisés (lieu de revenus
résidence)
- Entre cadres et ouvriers Urbains : Accès plus difficiles aux nouvelles
- Entre jeunes et vieilles générations technologies, aux soins, transports en
communs, études

Cadres et ouvriers : Revenu, prestige,


vacances, alimentations, espérance de vie

Entre générations : Plus d’études pour les


jeunes générations, mais accès plus difficile
à l’emploi stable. Accès à la santé facile dès
la naissance pour les jeunes générations.
Maîtrise des nouvelles technologies facile
pour les jeunes générations
On constate que les inégalités existent dans de multiples domaines : Les inégalités
économiques sont les plus évidentes, mais les inégalités concernent bien d’autres
domaines : Emploi, vacances, culture, participation politique, consommation, logement,
espérance de vie, réussite scolaire des enfants, sociabilité, etc… On dit qu’elles sont
multidimensionnelles. Elles sont aussi cumulatives voir bénéfiques.
2 – Les inégalités économiques
Elles traduisent un partage inégal des richesses : Les inégalités économiques correspondent
aux inégalités de revenu et de patrimoine entre individus ou entre groupes sociaux. Mesurer
les inégalités économiques suppose donc de mesurer les inégalités de revenu et de
patrimoine.
Rappel voca lié aux revenus :
Revenu : c’est un flux d’argent, une rentrée d’argent, les revenus primaires rémunèrent une
participation à la production : Ils sont composés de revenu du W (salaire) ou du K (rev du
patrimoine) ou mixte (rev des travailleurs indépendants). Ex de revenus : Salaire, revenus de
transfert (aides), revenu du travail indépendant, revenu du capital.
Le salaire est un revenu : il rémunère le travail fourni à un employeur il ya d’autres revenus
que le salaire ! Salaire et revenu ne sont donc pas synonymes
Les revenus primaires sont les revenus avant redistribution.
Les revenus de transferts sont issus de la redistribution, ce sont des allocations ou
prestations sociales ex les pensions de retraite, les allocations chômage
Niveau de vie : c’est le revenu disponible divisé par le nb d’unités de cn ds le ménage : c’est
un revenu qui prend en compte la taille du ménage
Patrimoine : c’est l’ensemble des possessions du ménage : l’ensemble de ses avoirs, il s’agit
du patrimoine financier (placement a la banque ou en bourse) du patrimoine immobilier
(maisons terrains) et pour les indépendants du patrimoine professionnel le patrimoine peut
procurer des revenus
Exemples :
Les cadres lisent plus de livres que les ouvriers : Ce n’est pas une inégalité économique
Les cadres ont une espérance de vie supérieure à celle des ouvriers : Inégalité sociale
Les cadres possèdent davantage de patrimoine que les professions intermédiaires : Inégalité
économique
1. En 2011, le niveau de vie médian concernant la catégorie des employés est de 18710
euros par an ce qui signifie que la moitié des employés ont un niveau de vie inférieur à
18 710 euros et l’autre moitié a un niveau de vie supérieur.
2. Le chiffre de la dernière ligne représente le rapport entre les cadres et professions
intellectuelles supérieures et les ouvriers non qualifiés, les cadres ont un niveau de vie deux
fois plus élevé que les employés non qualifiés.
3. Les ACCE perçoivent des revenus mixtes car étant indépendant, ils ne reçoivent pas de
salaire, ce sont des revenus irréguliers.
4. Le patrimoine médian est de 296 700 euros pour la catégorie des cadres en 2010, ce qui
signifie que la moitié des cadres possèdent un patrimoine + élevé
5. Les agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprises et professionnels libéraux
sont des professionnels indépendants. Ils possèdent donc leur propre patrimoine
professionnel lié à leur activité : Ils sont propriétaires de bâtiments, machines, fonds de
commerce, ce qui explique le niveau élevé de leur patrimoine moyen.
6. Le patrimoine des cadres est presque 35 fois plus élevé que celui des ouvriers.
7. Les inégalités de niveau de vie sont beaucoup moins fortes que les inégalités de
patrimoine
8. Le montant du patrimoine est cumulatif car il comprend l’héritage, il va augmenter au
cours du temps (des générations)
Le patrimoine génère des revenus, ces revenus du capital peuvent être ensuite réinvestis.
B – Le cumul des inégalités
Les sociologues montrent que les inégalités s’additionnent entre elles (elles se cumulent
pour former un système)

1 : Les inégalités de revenus et de patrimoine se renforcent mutuellement. Les catégories à


faible revenu (ouvriers) ont des difficultés à se constituer un patrimoine par conséquent ils
ont peu de revenus liés à ce patrimoine.
2 : Les inégalités sociales se renforcent entre elles : Les inégalités de réussite scolaire se
répercutent sur la participation politique : Ceux qui s’abstiennent le plus sont les moins
diplômés. Les inégalités de diplômes créent des inégalités dans la sociabilité, les cadres sont
moins touchés par le célibat que les agriculteurs. Pour les vacances, les cadres sont
avantagés.
4 : Les personnes peu diplômés (études courtes) ont un revenu plus bas (les inégalités
scolaires se répercutent sur les inégalités de richesse)
3 : Les personnes ayant peu de revenu ont des difficultés à consommer, à partir en vacances.
Elles ont un logement de moins bonne qualité.

Conclusion : Ainsi les inégalités interagissent entre elles : Certaines catégories cumulent les
avantages et d’autres les handicaps (Il y’a aussi un cumule d’inégalité selon le genre)
C – La mesure des inégalités
Plusieurs outils : Les quantiles, la courbe de Lorenz (+ le taux de pauvreté)
- Déciles et quartiles, quintiles, centiles
Il mesure la dispersion, c’est-à-dire les inégalités dans un groupe
Un décile désigne généralement le revenu ou patrimoine ou niveau de vie (en euros) qui
sépare du décile suivant.

D1 = 10500 euros pour le niveau de vie, cela signifie que 10 % des ménages gagnent moins
que 10 500 euros.
D9 = 37500 euros, cela signifie que 10 % des ménages (les plus riches) ont un niveau de vie
plus élevé que 37 500 euros.
D5 désigne la médiane : 50 % des ménages gagnent plus que D5
Le rapport inter décile d9 / d1 (37500 / 10500) est 3,5. Attention pas d’unité : Le décile le
plus riche est 3 fois plus élevé que le D1.
Doc 2 p.176
En 2002, les 10 % de la population les plus modestes ont un niveau de vie inférieur à 10 330
euros de 2011. Entre 2002 et 2012, le premier décile a augmenté de 0,87 %. Le niveau de vie
médian atteint en 2012 : 19 520 euros de 2011. La moitié de la population française a un
niveau de vie inférieur.
En 2012, les 10 % de la population les plus riches disposent d’un niveau de vie annuel
minimum de 37 090 euros de 2011 soit une hausse de 5,8 % entre 2002 et 2012.
Le rapport inter décile est de 3,40 en 2002 : Le niveau de vie des 10 % les plus aisés est 3,4
fois plus élevé que le niveau de vie maximal des 10 % les plus modestes.
Entre 2004 et 2012, le rapport D9/D1 augmente car D9 augmente plus vite que D1 : Les
revenus des plus riches ont augmenté plus vite.
Retenir : Les inégalités s’aggravent sur les années 2000 (par le haut), c’est le cas depuis
environ 15-20 ans.
Cela constitue une inversion de tendance historique : Depuis les années 50, les inégalités
se réduisaient car les plus modestes ‘’s’enrichissaient’’.
ATTENTION : Dans certains docs, il y’a 10 déciles (D1 jusqu’à D10) dans ce cas, la lecture
diffère : D1 désigne non plus le seuil de revenu qui sépare de D2 mais le revenu moyen des
10 % des plus pauvres et D9 est le revenu moyen des 10 % les plus riches.
Courbe de Lorenz :
La courbe de Lorenz se fait dans un graphique : En abscisse, la population classée en déciles
des plus pauvres vers les plus riches. En ordonnée, on place les ressources cumulées en %
(Patrimoine). La droite représente la répartition égalitaire des richesses. Plus la courbe est
éloignée de la droite, plus la répartition des richesses est inégalitaire.
Il y’a une répartition inégalitaire des richesses et une concentration.
Questions :
8. En 2010, selon l’INSEE, les 20 % des ménages les plus riches détenaient 100 –70 = 30 %
des revenus disponibles et possédaient 100 – 34,9 = 65,1 % du patrimoine total.
9. On voit que la distribution du patrimoine est plus inégalitaire que celle des niveaux de vie
car la courbe est plus creusée que celle des niveaux de vie.
10. Etant donné que les plus riches peuvent épargner plus, et viennent souvent d’un milieu
riche, alors les revenus de l’épargne et les héritage sont plus importants que ceux des plus
pauvres alors que les plus riches cumulent les richesses.

Indice de Gini :
C’est un indicateur synthétique des inégalités de richesses. Il varie entre 0 et 1. 0 est la
situation d’égalité parfaite, et 1 est la situation d’inégalité.
13. On peut voir qu’en France, on est dans la moyenne par rapport à la moyenne
européenne avec un indice de Gini égale à 0,305. En Allemagne, l’indice de Gini est égale à
0,283 cela signifie que l’Allemagne a moins d’inégalités de revenu par rapport à la France par
exemple. La Lettonie possède le plus grand indice de Gini qui est égale à 0,357.

Taux de pauvreté :
C’est le pourcentage d’une population qui vit en dessous du seuil de pauvreté, sachant qu’il
y’a plusieurs façons de calculer le seuil de pauvreté. Plus couramment : Seuil de pauvreté =
60 % du revenu médian.

Le document qui nous est proposé est un tableau représentant en France le niveau de vie
médian (exprimé en euros 2011), le taux de pauvreté (en %) et la répartition du taux de
pauvreté (en %) selon le statut d’activité pour les 18-29 ans, 30-49 ans, 50 ans et plus et pour
l’ensemble de la population en 2011. Nous allons maintenant comparer le taux de pauvreté
des 18-29 ans par rapport aux autres tranches d’âge.

Nous pouvons voir que chez les 18-29 ans, le taux de pauvreté est beaucoup plus élevé que
dans les autres tranches d’âges. En effet, on peut voir qu’en France, en 2011, 19,4 % des
jeunes sont en dessous du seuil de 60 % de revenu médian. A l’inverse, chez les 50 ans et
plus, on peut voir que le taux de pauvreté est plus faible dans cette catégorie : Seulement
environ 10 % des personnes sont en dessous du seuil de pauvreté, il y’a un écart de plus de 9
pts.

Un décile découpe la population en tranches de 10 % de la population. En dessous du


premier décile de revenu, on a les 10 % les moins aisés de la population. Au-dessus du
dernier décile, les revenus sont les plus inégaux car ils peuvent être extrêmement élevés.
Plus la courbe de Lorenz est éloignée de la diagonale ou bissectrice, plus le niveau d’inégalité
observé est important. Plus l’indice de Gini est proche de 1, plus le niveau d’inégalités est
élevé.

II – Classes et stratification sociale


Rappel : La société est composée d’un grand nombre de sous-ensembles : Les groupes
sociaux.
Ces différents groupes sociaux sont différenciés et hiérarchisés, comment ?
Et quels rapports entretiennent-ils ? Comment peuvent-ils entrer en conflit ?
A – Les analyses théoriques des classes sociales
Le débat qui va nous intéresser oppose deux auteurs allemands, Karl Marx à Max Weber
1 – La conception des classes sociales de Karl Marx (1818-1883)
Docs p.178
Contexte : Revenu industriel, début du syndicalisme, misère ouvrière
Il y’a 2 classes d’après Marx : La bourgeoisie (capitalistes) et les prolétaires (ouvriers)
Ces classes sont en conflit, il y’a une lutte des classes. Il y’a un rapport de domination et
d’exploitation.
D’après Marx, la classe est la place dans le processus de production (être propriétaire des
moyens de production ou non). Il y’a un sentiment d’appartenance.
Pour K Marx la société capitaliste est structurée en classes, le capitalisme aboutirait à une
société simplifiée, organisée autour de 2 classes : La bourgeoisie (les capitalistes) et le
prolétariat
Une classe se caractérise par un critère objectif : La propriété des moyens de production
Et un critère subjectif : La conscience de classe (sentiment d’appartenance, conscience
d’avoir des intérêts communs et défense collective de ces intérêts)
La société capitaliste est caractérisée par des rapports de domination et d’exploitation entre
ces 2 classes elles sont en conflit, en lutte : Elles sont antagonistes : Elles ont des intérêts
contradictoires.
Ces 2 classes sont clairement séparées : Barrières sociales, hérédité sociale
2 - La structure sociale selon Max WEBER (1864-1920)
Docs p 179 questions
L’analyse de Weber est multidimensionnelle : Il y’a 3 dimensions (économique, social et
politique), ce sont 3 types de hiérarchies dans la société.
D’après Weber, une classe correspond à l’ordre économique, elle regroupe des personnes
ayant un même niveau de richesse (patrimoine, revenu, niveau de consommation)
Un groupe de statut correspond à l’ordre sociale. Un groupe de statut ayant un même
niveau de prestige (éducation, profession, naissance)
Max Weber considère qu’il existe des classes sociales ds la société du 20°siècle, c’est l’ordre
économique ; il y a une distribution inégale des richesses
Une classe regroupe des individus qui sont dans des situations éco semblables même type
de patrimoine, même niveau de rev mais sans qu’ils en aient forcement conscience (pas de
conscience de classe)
Il existe également ds la société un ordre social : il existe des groupes de statut : Ils
regroupent des individus bénéficiant du même prestige (lié à leur naissance, leur éducation,
leur style de vie...)
Un groupe de statut est toujours « une communauté même si elles st plus ou moins
amorphes » il ya un sentiment d’appartenance
Enfin il existe un ordre politique reflétant une distribution inégale pouvoir politique, la
société est aussi composée de partis qui st en compétition pour accéder au pouvoir.
Bilan :
Points communs entre les 2 structures sociales :

- Chez les 2 structures, il y’a des classes dans la société


- Elles se situent dans la sphère économique (origine éco)

Différences :
- Marx a une vision réaliste (les individus ont conscience d’être une classe) alors que
Weber a une vision nominaliste (le sociologue qui construit les classes sociales en
regroupant des individus de même niveau économique)
- Pour Weber, il y’a 3 dimensions dans la société (économique, social et politique)
alors que chez Marx, il y’en a qu’une (éco). Marx a une vision unidimensionnelle lors
que Weber a une vision tridimensionnelle.
- La définition d’une classe chez Marx est plus simple (Un seul critère est utilisé :
Posséder ou non les moyens de production) alors que Weber utilise plusieurs critères
économiques (Le revenu, le patrimoine, la consommation, le métier
B – Existe il encore des classes sociales ?

Peut-on encore parler de classes sociales aujourd’hui en France ? Débat entre sociologues
Que signifie avoir une vision de la structure sociale en termes de classes sociales ?
Aujourd’hui, il y’a une vision inégalitaire de notre société : Fortes inégalités de richesse,
d’accès à l’emploi… Groupe dominés / privilégiés. Il y’a l’existence de groupes qui se
mélangent peu, il y’a peu de mobilité sociale. Il y’a des groupes qui défendent leurs intérêts.
1. Théorie de la moyennisation de [Link] (1927-2003)
Les 30 Glorieuses ont bouleversé la structure sociale, et depuis selon Mendras on ne peut
plus parler de classes sociales dans la société contemporaine.
Théorie de la moyennisation : Idée selon laquelle on assiste dans les années 1960 à 1980 ou
il y’a une atténuation des clivages sociaux (frontières entre groupes qui sont de moins en
moins nettes) accompagnée d’un accroissement des catégories intermédiaires ou
‘’moyennes’’, les professions intermédiaires et les employés, cadres, alors que le nombre
d’ouvriers et de paysans traditionnels diminue : ‘’La société prend du ventre’’, elle a une
forme de toupie.

1. D’après Mendras, il y’a une moyennisation de la société française entre 1965 et 1984 car
de nombreuses évolutions économiques et sociales ont eu lieu : La classe ouvrière en forte
décroissance, la disparition des inégalités de salaire ainsi qu’une progression de l’emploi
féminin ont permis d’après l’auteur à l’existence d’une classe moyenne dans la société
française
2. Au cours de cette période, les inégalités économiques ont diminué.

Il y’a une homogénéisation des modes de vie et des pratiques sociales : Habillement moins
marqué socialement, école pour tous, vacances pour tous, médias pour tous, propriétaires
du logement, équipements du logement, travail de femmes concerne toutes les catégories
sociales
Pour Mendras, il est préférable de parler de strates, il y’a un ‘’brouillage’’, plus de groupes
homogènes clairement séparés.
2. Vers un retour des classes sociales ?
Louis Chauvel, sociologue français a relancé le débat sur l’existence des classes sociales. La
fin des Trente Glorieuses, donc le ralentissement de la croissance, s’est accompagné d’un
renforcement des inégalités (hausse du chômage et des emplois précaires). Il y’a également
un malaise des classes moyennes (frustrées, exposées au déclassement). Cela lui permet de
parler d’un retour des classes sociales et donc remet en cause la moyennisation.
Attention : Pour certains sociologues l’effacement des frontières entre les groupes sociaux
reste d’actualité : Même si les inégalités augmentent depuis les années 80, la société reste
moyennisée, homogénéisée (la moyennisation fait débat)
Pour montrer la pertinence du concept de classe dans la société actuelle, on peut
s’intéresser à 2 groupes sociaux.
Le nouveau prolétariat
Pour Louis Chauvel, on peut parler d’une nouvelle forme de prolétariat (doc 4 p.181)
9. Une main d’œuvre à disposition des employeurs, soumis aux employeurs notamment
pour les horaires, ils sont payés au minimum, horaires très contraignants
10. Ils n’ont pas de considération de la part des autres, ils sont comme invisibles (esclaves)
11. Il n’y a aucun syndicat pour les défendre car il n’y a pas de conscience de classe, ils n’ont
pas conscience d’avoir des intérêts communs, ils sont isolés.

La grande bourgeoisie, l’aristocratie

Les ghettos du Gotha (Michel Pinçon et Monique Pinçon – Charlot) Vidéo Pearltrees
Pourquoi constitue-t-elle une classe réelle : Pour soi ?
Il y’a un sentiment d’appartenance, de propriété. Ils défendent leur patrimoine et leurs
privilèges. Entre soi dîners, fêtes. Il y’a l’homogamie (mariage entre aristocrates). Il y’a une
lutte des classes à l’envers
Mode de vie spécifique : Vêtements, langage, façon d’être, sujet de conversation
Niveau de vie très élevé (patrimoine)
Le nouveau prolétariat regroupe les individus dominés : Certains ouvriers, les travailleurs
précaires des services, les chômeurs, les bénéficiaires du RSA, tous ceux qui ont le sentiment
d’être en bas de l’échelle...ils st domines économiquement et culturellement. Mais ce n’est
pas une classe pour soi . La classe ouvrière pendant les 30 Glorieuses avait un sentiment
d’appartenance, de fierté, de puissance.(conscience de classe) Aujourd’hui il n’y a plus de
classe ouvrière, plus de classe réelle,au sens marxiste en bas de l’échelle. Il n’y a pas de
mobilisation« en bas. «comme le prouve la dispersion du vote ouvrier, le déclin des
syndicats ouvriers
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot montrent que la grande bourgeoisie/aristocratie
présente toujours des caractéristiques conformes à la définition marxiste de la classe sociale.
elle se caractérise par l’importance de ses avoirs économiques, notamment en termes de
patrimoine ,(richesse) et une forte conscience d'elle-même,un « entre soi », , une forte
homogamie. , une légitimité elle défend ses privilèges , ...la bourgeoisie/aristocratie serait
aujourd'hui la seule classe réellement mobilisée. Elle parvient à maintenir sa position
dominante

Exercices: existe til encore des classes sociales?

Exercice 1 : A quel phénomène ces illustrations renvoient-elles ? Associez chacune des


illustrations suivantes à la disparition des classes sociales (A) ou au maintien des classes
sociales (B)
1. La bourgeoisie met en oeuvre des stratégies matrimoniales à travers l’organisation de
rallyes
2. Pendant les Trente Glorieuses, les inégalités de revenus ont fortement reculé
3. Une grande partie des ouvriers et des employés sont marqués par la précarité et de faibles
rémunérations
4. Le développement des médias de masse a favorisé la diffusion d’une culture de masse,
partagée par tous les groupes sociaux.
5. Le déclin numérique des ouvriers a favorisé l’essor des professions intermédiaires et des
cadres.
6. D’un point de vue statistique, un enfant d’ouvrier a deux fois moins de chances d’avoir le
baccalauréat qu’un enfant de cadre.

1. B
2. A
3. B
4. A
5. A
6. B

Exercice 2 : L’évolution des inégalités de revenu disponible

1. Rappelez ce qu’est un rapport interdécile.


Le rapport interdécile est la division entre D9 et D1
2. Comment le rapport interdécile des revenus disponibles évolue-t-il de 1970 à 2013 ?
Jusqu’aux années 80, les inégalités diminuent puisqu’en 1970, les inégalités diminuent, le
revenu des 10 % les plus riches est 4,6 fois plus élevé que le revenu des 10 % les plus
pauvres, alors qu’en 1980 le rapport interdécile est seulement de 3,3.
A partir des années 80, il stagne : Les inégalités ne se réduisent plus. En 2013, les 10 % les
plus riches ont un niveau de vie 3,5 fois plus élevé que le revenu des 10 % les plus pauvres.
3. Qu’est-ce que cela permet de montrer ?
Les 30 Glorieuses correspondent plutôt à une moyennisation, ensuite après les années 80 on
peut parler d’un maintien des classes. Les inégalités aujourd’hui sont plus faibles qu’avant.
Exercice 3 : L’évolution récente des inégalités de revenu disponible
1. Comparez l’évolution du niveau de vie annuel moyen des 10% les plus pauvres avec celle
du niveau de vie annuel moyen des 10% les plus riches.
Sur la période de 2008 à 2012, le niveau de vie des 10 % les plus pauvres a diminué de 500
euros alors que celui des 10 % les plus riches a augmenté de 480 euros.

2. Pourquoi ces informations renforcent-elles la thèse d’un « retour » des classes sociales ?
Les riches s’enrichissent, il y’a aggravation des inégalités.

Ce document illustre la fin des classes sociales : Une moyennisation. Il y’a un déclin
numérique des ouvriers : Moins de 6 millions d’ouvriers en 2008. Presque la moitié des
ouvriers ont un sentiment d’appartenance à la classe moyenne, il y’a donc un déclin de la
conscience de classe ouvrière, de la solidarité. Les ouvriers subissent les changements, leur
taux de chômage. Les ouvriers subissent les changements : Le taux de chômage est élevé,
c’est un groupe défavorisé dans la société. Il y’a un ‘’embourgeoisement’’ des ouvriers : Ils
ont les moyens de s’équiper comme tout le monde, il y’a une homogénéisation des modes
de vie, ex : 88 % des ouvriers ont une voiture.
L’équipement des ouvriers, leurs vacances diffèrent des autres au-delàs des statistiques.
C – Comment analyser la structure sociale actuelle ?
1. De multiples critères de différenciation
Il existe de nombreux critères qui génèrent des appartenances et des inégalités : L’âge, le
genre, l’origine ethnique, le lieu de résidence ou encore la génération.
L’âge (la génération) est un critère de différenciation sociale, on observe des clivages
importants entre les générations : Louis Chauvel parle de ‘’lutte des âges’’ :
- Il y’a une fracture numérique entre les jeunes et les plus âgés
- Etudes plus longues pour les jeunes générations
- Accès plus difficile à l’emploi stable pour les jeunes générations malgré les études
- Les anciennes générations ont bénéficié d’un Etat-providence généreux
La lutte des âges désigne la ‘’rivalité’’ entre les générations pour les postes les plus valorisés
ou ils sont en concurrence (politiques et économiques)
Même chose selon le genre : Les salaires sont inégaux à travail égal, les postes à
responsabilité sont plus difficiles à atteindre pour les femmes (le plafond de verre)
Les taches ménagères restent inégalement réparties. Certains métiers restent masculins par
rapport à d’autres féminins (ségrégation sexuelle des métiers)
Pour étudier la structure sociale, il ne suffit pas d’étudier aujourd’hui les inégalités entre les
catégories sociales (caractérisées par la profession, le revenu, la richesse), on peut observer
des groupes et des inégalités selon l’âge, le genre, l’origine, le lieu d’habitation…
Cette multiplicité des critères de différenciation sociale a tendance à brouiller les frontières
de classe. En effet, si on regroupe les individus selon leur génération, leur genre, et même
certains se ‘’battent’’ pour faire reconnaître leurs différences religieuses, régionales,
ethniques ou d’orientation sexuelle.
Est-ce que cela a encore du sens de les regrouper par classe sociale ? C’est un clivage qui
peut aujourd’hui paraître secondaire…
2. L’analyse contemporaine de Pierre Bourdieu
Pierre Bourdieu (1930-2002) est un sociologue français qui considère qu’il existe des classes
dans la société française actuelle
Pour Bourdieu, la place d’un individu dans la société dépend de la possession de 4 types de
capitaux (doc 1 p.180)
Capital économique : Niveau de richesse (patrimoine et revenu)
Capital culturel : C’est le niveau culturel, c’est l’ensemble des ressources culturelles :
Diplômes, biens culturels, niveau d’expression, de langage (l’éducation)
Capital social : Les réseaux sociaux, les relations de l’individu
Capital symbolique : Reconnaissance, considération, prestige dont bénéficie l’individu
On trouve ici un point commun avec Max Weber : Le prestige est utilisé pour ‘’classer les
individus’’. Il a une analyse multidimensionnelle pas seulement basée sur la richesse :
- La place d’un individu dans la hiérarchie sociale dépend d’un volume de capital global
(axe vertical du schéma) mais aussi de sa composition (axe horizontal) doc 2 p.180
Ex : Les professeurs + les patrons sont tous 2 dans les catégories qui ont un capital important
mais les professeurs ont un capital culturel plus élevé (les patrons se caractérisent par leur
capital éco élevé)
- Les pratiques sociales d’un groupe reflètent ce qu’il possède comme capitaux : Par
exemple, le foot ou vin rouge pour les catégories populaires, équitation et campagne
pour les catégories dominantes.

Comment Bourdieu décrit-il les relations entre les classes ?


C’est un point commun avec Karl Marx : Il y’a une classe dominante et des classes dominées
sur le plan économique mais aussi culturel.
Les classes dominantes cherchent à imposer leur modèle culturel : Elles ont une légitimité
culturelle qu’elles veulent garder, elles ont une stratégie consciente de reproduction sociale.
Dans les classes aisées, le capital culturel est plus important, il est transmis par la
socialisation familiale. L’école a une proximité culturelle avec les classes aisées, ce qui facilite
la réussite scolaire des enfants de milieux aisés et donc la reproduction sociale : L’école
permet aux classes dominantes d’affirmer leur légitimité culturelle et maintenir leur position
dominante
Pourquoi peut-on dire que les travaux de Pierre Bourdieu sont une synthèse de l’approche
de Marx et de Weber ?
Pour Bourdieu, comme pour Marx :
La société se caractérise par des rapports dominants et dominés et il distingue des classes
dominantes et des classes populaires (ainsi qu’une classe moyenne), mais elles ne sont
nécessairement mobilisées.
Mais pour Bourdieu, comme Weber :
La dimension économique n’est qu’une dimension de la position sociale : Ces classes sociales
regroupent des individus selon plusieurs critères : Selon la possession du capital
économique, culturel, social et même symbolique.
3. Comment les individus sont-ils classés par l’INSEE ?
L’INSEE classe les individus en fonction de leur profession (ou ancienne profession pour les
chômeurs) dans une grille ou nomenclature : La grille des PCS. C’est un moyen de décrire la
structure de la société française, son évolution aussi.
TD + Corrigé (voir bureau)
ATTENTION : Le revenu n’est en aucun cas utilisé par l’INSEE pour la grille des PCS
Intérêt de cette classification : L’INSEE construit ainsi des catégories relativement
homogènes qui vont servir de base à des études statistiques.
Limites : Il est difficile de faire des comparaisons européennes avec cet outil mais surtout le
principal problème est l’hétérogénéité des groupes
Limites + intérêts voir Pearltrees
Quelle différence entre CPS et classes ?
Les CPS sont établis par l’INSEE pour faire des statistiques, c’est un outil statistique alors que
les classes représentent une vision sociologique : Il y’a un sentiment d’appartenance à une
classe sociale pour étudier les inégalités. Il y’a des phénomènes de domination.

Chapitre 5 : Comment rendre compte de la mobilité sociale ?


Introduction : Les démocraties reposent avant tout sur un idéal méritocratique : La position
sociale de chacun doit refléter son mérite, ne pas dépendre de son origine
Les démocraties se caractérisent donc par une certaine mobilité sociale : Qu’en est-il de la
France ? Comment expliquer la persistance d’une certaine reproduction sociale ?

I – Qu’est ce que la mobilité sociale, comment la mesurer ?


A – Définitions
Doc 1 p.200
La mobilité sociale : définitions
1. La mobilité sociale intragénérationnelle (ou mobilité professionnelle) désigne la mobilité
au cours d’une vie pour les individus d’une génération donnée. Ex : Un ouvrier qui termine sa
carrière cadre
2. La mobilité sociale intergénérationnelle désigne le changement de statut social des
individus de la génération des enfants par rapport aux individus de la génération des
parents. Ex : Un fils d’ouvrier est devenu ingénieur
3. La mobilité géographique (ou spatiale) désigne tout mouvement des individus dans
l’espace, aussi bien au niveau national (changement de villes, de régions…) qu’au niveau
international (immigration et émigration).
4. La mobilité sociale verticale s’accompagne d’une modification de la position sociale d’un
individu dans la hiérarchie sociale. Ex : Un fils de petit agriculteur devient cadre
5. La mobilité sociale horizontale c’est lorsque la position sociale d’un individu dans la
hiérarchie sociale reste identique mais avec un changement de profession ou d’activité. (Ces
deux types de mobilité peuvent être intra ou intergénérationnelles). Ex : Un fils d’agriculteur
devient ouvrier
6. La mobilité sociale ascendante (promotion sociale) indique le passage d’une catégorie
sociale à une autre considérée comme supérieure.
7. La mobilité sociale descendante implique une régression sociale
Il y’a donc différentes formes de mobilité intergénérationnelle :
- La position sociale et l’origine sociale sont identiques (l’individu reste dans la même
PCS que ses parents) : Immobilité sociale, hérédité sociale, reproduction sociale

- La position sociale est supérieure à l’origine sociale : Mobilité ascendante, promotion


sociale

- Inférieure : Mobilité descendante ou démotion ou déclassement

- Comparable (PCS différente de celles des parents mais statut social comparable) :
Mobilité horizontale. Ex : Fils d’ouvrier devenu employé
Exercice :
1. Si un agriculteur devient cadre, de quel type de mobilité s'agit-il ? Mobilité sociale
verticale ascendante
2. Si un fils d'agriculteur devient cadre, de quel type de mobilité s'agit-il ? Mobilité
intergénérationnelle verticale ascendante
3. Si un fils d'agriculteur devient ouvrier, de quel type de mobilité s'agit-il ? Mobilité sociale
intergénérationnelle horizontale
[Link] type de la mobilité sociale est étudiée par l’INSEE à partir des PCS ? Mobilité
intergénérationnelle

Faire le point p.201 :


Pierrick : Pas de mobilité sociale
Lorène : Mobilité sociale ascendante
Ricardo : Mobilité horizontale ?
Fatou : Mobilité sociale descendante

B – Les tables de mobilité


L’INSEE établit des tables de mobilité à partir de l’enquête emploi FQP en croisant la CSP des
fils et celle de leur père. La PCS est utilisée comme indicateur de position sociale.
Fils : Hommes actifs de plus de 35 voire 40 ans
Ces tables donnent une vision synthétique des phénomènes de mobilité et de reproduction
sociale entre les générations.
Il existe 2 types de table de mobilité : Table de destinée / Table de recrutement

Les tables de destinée :


Champ : Hommes âgés de 30 à 59 ans ayant déjà exercé une activité professionnelle

Ici : Lecture en colonne car le ‘’100’’ est au bout de la colonne.


Que sont devenus 100 fils issus d’une CSP donnée ?
Ex de lecture : 24,4 % des fils de CPIS sont devenu PI. 47,2 % des fils d’ouvriers sont restés
ouvriers
La diagonale montre les immobiles : Les fils qui sont restés dans le même CPS que leur père
Lecture colonne ensemble : Répartition par GSP de la génération des fils (Homme de plus de
30 ans)
Les tables de recrutement :

Tables de mobilité réalisées à partir de l’enquête emploi 2017 INSEE


Champ : Hommes âgés de 30 à 59 ans ayant déjà exercé une activité professionnelle : Fils
Lecture par ligne : 20 % des hommes cadres en 2017 avaient un père PI.
Lecture ensemble : Répartition par GSP de la génération des pères
En mettant les 2 ‘’ensemble’’ en relation, on va observer l’évolution de la composition
sociale entre ces 2 générations d’hommes : Ceux qui sont plus nombreux et moins
nombreux.
Ex : Les ouvriers étaient 38,3 % dans la génération des pères, ils sont 31 % dans la génération
des fils.
La diagonale montre l’autorecrutement (fils n’a pas changé de CSP)
Table de destinée : (p.203)
24,6 : 24,6 % des fils agriculteurs sont devenus agriculteurs
0,4 28,1 32,2 19,2

7,3 12,7

11.

12. Les fils d’agriculteurs deviennent majoritairement des ouvriers (33,5 % d’entre eux) ou
agriculteurs (24,5 % d’entre eux)
Sur l’ensemble des fils, 2,5 % seulement sont devenus agriculteurs (colonne ensemble) alors
que ¼ des fils d’agriculteurs sont devenus agriculteurs donc ils ont plus de chances que la
moyenne de devenir agriculteur
Tables de recrutement :
79,4 : 79,4 % des agriculteurs soit des hommes de + de 30 ans avaient un père agriculteur
16. 21,1 % des fils de PI avaient un père de PI ou 34,6 % avaient un père ouvrier.
17. Les personnes en reproduction sociale sont surreprésentées dans toutes les CPS

C – Les limites des tables de mobilité


Ces tables donnent une vision synthétique de phénomènes de mobilité et de reproduction
sociale entre les générations MAIS elles ont des limites.
l-le nombre réduit de pcs:les mouvements à l’intérieur des pcs n’apparaissent pas. Ex ds la
PCS CPIS fils de prof des écoles devenu ingénieur ou célèbre présentateur TV, ou dans la
pcs ACCE fils d’artisan devenu chef d'une grde E
Les tables avec 6 pcs montrent plus de mobilité que les tables avec 3 catégories : un fil
d'ouvrier devenue caissier
2 Les tables font abstraction des femmes : Le statut des fils est déterminé uniquement par la
pcs du père, ignorant l’influence des mères
3. La hiérarchie sociale des métiers n’est pas stable dans le temps;ex le metier d’instituteur :
Il a perdu du prestige
4. On ne peut pas faire de comparaisons internationales : La grille des PCS est spécifique à la
France
II – La société française est-elle mobile ?
A – La mobilité sociale augmente elle ?
On peut évaluer la mobilité de plusieurs manières : Mobilité observée / Fluidité sociale
Mobilité observée (Elle se mesure à partir des tables de mobilité) : On calcule un taux de
mobilité (%), c’est la part des individus qui a été mobile entre les 2 générations (c’est-à-dire
les fils n’ont pas la même PCS que leur père)

Lecture : En 2017, 63,4 % des hommes de plus de 30 ans ont été mobiles par rapport à leur
père
En 2017, 1/4 des hommes âgés de plus de 30 ans mobiles ont eu une mobilité structurelle

Doc 1 p.206

1. En 2012, 64 % des hommes âgés de plus de 30 ans ont été mobiles par rapport à leur père
tandis que 36 % ont été immobiles.
4. Le taux de mobilité a augmenté de 16 pts de 1953 à 1993. Mais depuis, il stagne.
Cependant sur les années récentes, la mobilité a diminué.

MAIS une société plus mobile n’est pas forcément une société ou l’égalité des chances
progresse, d’où la notion de fluidité sociale
Fluidité sociale : C’est l’étude des flux de mobilité indépendamment de la taille des groupes,
une société fluide c’est une société dans laquelle les individus on la même probabilité
d’accéder à une position sociale donnée, indépendamment de leur origine sociale et en
neutralisant l’effet de l’évolution de la taille des groupes, c’est une société ou il y’a égalité
des chances
Ex : Pour les fils d’agriculteurs, la mobilité observée est forte. En effet, la plupart des fils
d’agriculteurs sont dans une PCS autre qu’agriculteurs (puisque ce groupe décline)
MAIS la plupart des agriculteurs d’aujourd’hui (peu nombreux) sont fils d’agriculteurs (table
de recrutement). La probabilité de devenir agriculteur quand on est fils d’agriculteur est
donc plus forte que pour les autres fils : Tous n’ont pas la même chance d’accéder à cette
catégorie : Au regard de cette catégorie : La fluidité sociale est faible
Idem dans une moindre mesure pour la catégorie ouvrière, ce sont 2 catégories en déclin
La fluidité sociale est mesurée avec l’odds ratio : Rapport des chances relatives
Plus le rapport des chances est grand, plus l’inégalité des chances est forte, et la fluidité
sociale faible
Doc 1 et 2 p.208 questions
1. Non, la structure ne reste pas identique, elle est modifiée
2. La fluidité sociale exprime la force du lien entre l’origine sociale et la position sociale,
abstraction faite de la structure sociale
3. a) Si le rapport des chances relatives vaut 1, la position sociale n’est pas liée à l’origine sociale

b) Un fils de cadre a 10 fois plus de chances de devenir cadre qu’un fils d’ouvrier

c) Les fils de cadre deviennent cadres 4 fois plus souvent que les fils d’ouvrier

4. En 1977, un fils de cadre avait 20 fois plus de chances de devenir cadre qu’un fils d’ouvrier

En 2012, un fils de cadre avait 10 fois plus de chances de devenir cadre qu’un fils d’ouvrier

5. La fluidité sociale a augmenté sauf sur la période la plus récente (années 2000)

Notion sociologique Méthode statistique correspondante


Mobilité observée Taux de mobilité
Fluidité sociale Rapport des chances relatives odds ratio
B – Ascension sociale et déclassement
Dans les flux de mobilité observée, on peut distinguer la mobilité ascendante (promotion
sociale) et descendante (démotion sociale)
Les 30 Glorieuses ont assuré une promotion sociale massive. Cette promotion existe
toujours, mais à un niveau plus modeste, la part de mobiles descendants augmente même si
les trajectoires ascendantes restent importantes. L’espoir d’une ascension sociale a laissé la
place à la peur du déclassement
Une partie des couches moyennes, issues de milieux modestes (enfants d’ouvriers et
agriculteurs notamment) voient leurs descendants peiner à rééditer les mêmes parcours
alors qu’ils sont plus diplômés qu’eux.
Le déclassement désigne plusieurs choses :
Déclassement entre générations (par rapport à ses parents) : Un enfant issu de parents
cadres devient PI
Déclassement des diplômés : Bac +5 et avoir un emploi de caissier
Déclassement au cours du cycle de vie : Un chef d’entreprise qui devient employé
Déclassement : C’est un processus qui conduit une personne à un statut social inférieur
Le paradoxe d’Anderson montre que l’acquisition d’un diplôme scolaire supérieur ne permet
jamais à un individu de grimper dans l’échelle sociale (promotion ou démotion sociale). Le
système scolaire s’est démocratisé (beaucoup de jeunes de tous les milieux font des études
supérieurs) : Il y’a inflation de diplômes, ce qui les a dévalorisés.
Cela entraîne donc un débat sur l’utilité des diplômes : Les diplômes sont-ils encore utiles ?
Le diplôme reste une protection contre le chômage, il reste un atout pour accéder à
l’emploi. En 2010, les sans diplômes ont 3 fois plus de risque que les plus formés (bac +2)
d’être sans emploi.
Conclusion :
Depuis les années 50, la mobilité observée a augmentée : En 2012, 65 % des individus ont
été mobiles mais cette mobilité ne progresse plus. Depuis 1993, les trajectoires
descendantes ont augmenté et la fluidité sociale progresse peu voire diminue sur la période
récente : Le poids de l’origine sociale reste important.

III – Quels sont les déterminants de la mobilité sociale ? (Quels sont les facteurs de la
mobilité sociale ? Qu’est ce qui favorise et freine la mobilité sociale ?)
Il y’a 3 déterminants principaux à la mobilité sociale : La structure sociale, la famille, l’école
A – Le rôle de la structure sociale
La structure de la population active des pères et celle des fils sont différentes. Rappel : Les
agriculteurs et les ouvriers perdent des effectifs (ACCE), les autres augmentent. Les besoins
de l’économie évoluent, la mécanisation réduit les besoins en main d’œuvre agricole ou
ouvrière.
Une partie de la mobilité sociale est engendrée par ces modifications de la structure des
emplois entre deux générations, c'est la mobilité structurelle.

Contexte Mutation des Mobilité


économique emplois structurelle

Ainsi, les effectifs d'agriculteurs diminuent à chaque génération : tous les fils d’agriculteurs
ne peuvent pas devenir agriculteurs, une majeure partie doit changer de PCS. Idem pour les
ouvriers dont les effectifs déclinent depuis 1975.
Inversement les groupes en expansion doivent nécessairement recruter parmi les enfants
des autres groupes : Les PI recrutent des fils d’ouvriers
Cela permet de comprendre la mobilité observée pour les hommes de plus de 35 ans en
2013, elle est essentiellement ascendante : beaucoup de fils d'agriculteurs et d'ouvriers sont
dans une PCS « supérieure », dont les effectifs augmentent.(cpis ou PI)C'est une mobilité «
forcée » par les évolutions de la structure sociale, qui n'implique pas une égalité des
chances.
Conclusion : Les évolutions de la structure sociale impliquent donc des flux de mobilité qui,
en France , sont essentiellement ascendants MAIS les créations d’emplois de CPIS, PI,
employés sont moins importantes, donc la mobilité structurelle ascendante est moins
importante.
Retenir p211
B – Le rôle de l’école dans la mobilité sociale ?
Doc 1p.212
1. Orienter / préparer à la vie professionnelle : L’école favorise la mobilité sociale
2. Mais à l’école, l’inégalité des chances persiste : L’école freine la mobilité
L’école permet la reproduction sociale : On peut voir que l’école freine la mobilité sociale car
57 % des élèves SEGPA ont des parents employés ou ouvriers, cela va donc les emmener vers
des études courtes et professionnelles donc vers le même type d’emplois que leurs parents.
L’école permet la réussite de tous, donne sa chance à tous : Mais l’école favorise aussi la
mobilité sociale car sur 100 enfants d’agriculteurs en 6ème en 2007-2008, 55 % sont en 1ère
générale en 2012-2013, cela va donc les emmener vers des études longues et donc pas
comme leur père et deviendront alors CPIS, PI, etc… et auront donc une mobilité
ascendante.
Doc 3 p.213 Dans quelle partie l’utiliser ? Quels chiffres ? Comment utiliser la notion de
capital social
Dans le deuxième document, reproduction sociale
Pour les enfants de milieu modeste, leur origine sociale pèse encore sur leur recherche
d’emploi, on peut voir qu’en 2009, 50 % des fils ayant un père ouvrier vont être cadres 5 à 8
ans après alors qu’ils sortent de l’enseignement supérieur long tandis que 70 % des fils ayant
un père cadre supérieur vont devenir cadre 5 à 8 ans après alors qu’ils sortent d’un
enseignement supérieur long, ils vont utiliser leur capital social pour trouver un emploi. Les
enfants de milieux aisés valorisent mieux leur diplôme sur le marché du travail : l’école ne
parvient pas à corriger l’inégalité des chances.
Peut-on utiliser les notions de capital économique et culturel ? Comment ? Et le paradoxe
d’Anderson ?
Oui, on peut utiliser le capital culturel car ils peuvent favoriser la réussite scolaire dans les
milieux aisés. On peut aussi utiliser le capital économique car dans la poursuite après le bac,
les poursuites d’études seront difficiles pour ceux qui n’ont pas assez de capital éco.
Doc.2 : Comment l’utiliser pour quel point de vue ?
Il faut utiliser le doc.2 dans le premier paragraphe qui est en faveur du rôle de l’école dans la
mobilité sociale. D’après Nassim, l’école est comme un ‘’passeport’’, l’école a un rôle dans la
mobilité sociale et c’est grâce à l’école que les jeunes réussissent ensuite dans la vie
professionnelle, c’est grâce à l’école que les jeunes peuvent avoir une mobilité sociale
ascendante !
Parcours scolaire Diplôme

Emploi

Capital social

Synthèse :
1. L’école peut favoriser la mobilité sociale
C’est le principe démocratique et méritocratique : L’école doit rétablir une certaine égalité
des chances, une certaine fluidité sociale. Elle peut jouer le rôle d’ascenseur social pour les
enfants des milieux modestes s’ils réussissent bien à l’école (le diplôme est un passeport
pour réussir). Pour cette raison, il y’a eu en France à partir des années 50 une scolarisation
de masse (ou massification scolaire) d’abord au lycée puis à partir des années 80 dans
l’enseignement supérieur. Les enfants de tous les milieux sociaux vont au lycée et font des
études : Le but est de donner sa chance à chacun quelque soit son origine sociale (c’est pour
cela que l’école est gratuite). L’école a ainsi permis la mobilité ascendante des enfants
d’ouvriers, d’agriculteurs ou d’employés (qui ont plus + 40 ans aujourd’hui).
2. L’école ne favorise pas toujours la mobilité sociale
Mais l’école ne favorise pas toujours la mobilité sociale : C’est la vision de Pierre
Bourdieu qui montre que l’école favorise une certaine reproduction sociale car la réussite
scolaire dépend fortement de l’origine sociale. Les enfants des milieux aisés arrivent à l’école
avec un capital culturel élevé : Ils ont un héritage culturel et des connaissances et aptitudes
acquises dans leur famille. Il y’a une proximité entre la culture de l’école et celle de la
famille. Pour cette raison, ils ont tendance à bien réussir à l’école , font des études longues
et valorisées et donc atteindront des positions sociales élevées. A l’inverse, les enfants de
milieux modestes suivent plus souvent un cursus scolaire court et reproduisent souvent la
situation de leurs parents : Le paradoxe d’Anderson va aussi dans ce sens : Avoir un diplôme
plus élevé que ses parents ne garantit pas forcement une promotion sociale (car le nombre
de diplômés est supérieur au nombre d’emplois) l’école joue moins son rôle d’ascenseur
social. Il y’a aussi le rôle du capital social. Les familles les mieux dotées en K social mobilisent
leur réseau pour faciliter l’accès à l’emploi. Ainsi pour un même diplôme obtenu les jeunes
issus de familles aisées sont favorises par rapport à ceux qui viennent de milieu plus
modeste (moins de réseaux). Pour toutes ces raisons l’école a du mal à améliorer la fluidité
sociale.
C – Le rôle de la famille dans la mobilité sociale
La famille favorise la reproduction sociale : Elle freine la fluidité.
La famille peut aussi influencer l’ambition des enfant (ambition + modeste pour les enfants
d’ouvriers et + grande pour des enfants de CPIS)
Mais certaines familles modestes ont une socialisation anticipatrice : Ils veulent transmettre
une ambition mais cela dépend de la motivation de l’élève.
1. La famille peut freiner la mobilité sociale
On retrouve ici les principaux arguments : L’école ne parvient pas à assurer l’égalité des
chances. L’origine familiale pèse sur la réussite scolaire et même sur la réussite
professionnelle par la transmission du capital culturel, par la mobilisation du capital social et
par la facilité (ou pas) à financer des études avec le capital économique. Raymond Boudon
montre que les familles modestes sont beaucoup moins ambitieuses dans leurs vœux
d’orientation : Il suffit qu’il y ait un mieux par rapport à leur propre diplôme, la poursuite
d’études apparait plus risquée par rapport aux familles aisées (calcul cout/avantage) alors
que les familles aisées ont une stratégie de reproduction sociale : Les enfants doivent faire
des études.
2. La famille peut favoriser la mobilité sociale
Mais certaines familles facilitent la mobilité sociale : Certaines familles modestes ont une
stratégie d’ascension sociale avec une socialisation anticipatrice : Gout des études ambition,
implication, sacrifices financiers. Les parents peuvent se mobiliser pour la réussite scolaire.
Bernard Lahire a montré que les configurations familiales influencent le rapport à l’école ou
à la culture dans les familles populaires : Présence d’une grande sœur étudiante, d’un grand
père ayant un capital scolaire qui voit souvent ses petits enfants (à l’inverse le peu de temps
passé avec les enfants peut faire qu’il n’y a pas de transmission de capital culturel dans les
familles aisées.

Chapitre 6 : Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice sociale ?


Introduction : Les pouvoirs publics contribuent à la justice sociale en luttant contre les
inégalités. Mais quelles inégalités faut-il réduire ? Celles qui sont injustes, mais l’injustice est
un ressenti, donc la réponse diffère selon la culture, les valeurs, les principes moraux de
chacun. Comment les réduire ? Par quels moyens ? Enfin l’efficacité de leur action est
limitée.
I – Quelles conceptions de l’égalité dans les sociétés démocratiques ?
Alexis de Tocqueville (1805-1859) considère que l’égalité est la caractéristique essentielle
des démocraties : Les hommes ont en démocratie une ‘’passion pour l’égalité’’. Ils aspirent à
rendre la société plus égalitaire mais de quelle égalité parle-t-on ?
A – L’égalité de quoi ?
Les différentes dimensions de l’égalité :

Formes d’égalité Définition Exemples


Egalité des droits Elle a été établie en 1789 : Suffrage universel (droit de
Suppression des privilèges vote pour tous)
qui ramènerait la société à Libertés pour tous
un état égalitaire (Abolition (expression, droit de
des 3 ordres : Clergé, propriété, d’information,
Noblesse, Tiers-Etat) d’association, de religion)
Droit à une justice équitable
Egalité des chances Elle veut contribuer à Ecole gratuite ouverte à
réduire l’inégalité des tous et obligatoire
résultats et à ce que toute la
population ait la même Les bourses pour les
égalité de chance pour étudiants les plus modestes
réussir. L’origine sociale ne
doit pas avoir d’impact sur
notre devenir : ‘’Toutes les
positions, tous les honneurs
sont ouverts à tous’’
(Méritocratie)
Egalité des situations (des Ecarts de revenus et de Garantir à tous un revenu
résultats) situation faibles décent, un accès aux soins,
au logement

Faire le point p.287


B – Egalité et justice sociale
Quelles sont les inégalités acceptables dans une société ? Quelles sont les inégalités qui
peuvent être considérées comme justes et lesquelles sont injustes ? La justice sociale est un
principe qui consiste à supprimer les inégalités considérées comme injustes
Cela dépend des valeurs, des principes de la société : Il n’y a pas une conception unique de la
justice sociale. Chaque société selon ses valeurs se caractérise par une conception
dominante et cela correspond à des politiques publiques différentes. Il existe 3 conceptions
de la justice sociale.
Les différentes conceptions de justice sociale

Justice Justice Justice (correctrice)


(universaliste) (différentialiste) égalitariste
libertarienne méritocratique
Principe général Conception ‘’Une société juste ‘’Une société juste
ultralibérale ‘’Une est une société est une société
société juste est une méritocratique qui d’égaux’’
société libre’’ maximise le bien-
être des plus
défavorisés sans
mettre en cause les
droits et les chances
des plus favorisés’’
Egalité qui doit être Egalité des droits Egalité des chances Egalité des
assurée dans la et des droits et mise situations, des droits
société en place de et des chances
politiques de
discriminations
positives
Inégalités tolérées Inégalités des Inégalités des Aucune inégalité
chances et des situations tolérée
situations même
très élevées, l’Etat
intervient peu

En France, l’Etat assure l’égalité des droits, des chances et réduit l’inégalité de situations
(Aides financières pour les plus démunis, impôts élevés pour les plus riches)
Discrimination positive : Inégalités de traitement pour une égalité des chances. Ex : La loi sur
la parité en politique, quotas de travailleurs handicapés, quotas ethniques dans les
universités aux USA
Il y’a aussi les REP en France (écoles ayant plus de moyens car élèves en difficulté)
Conclusion : Les politiques publiques vont plus ou moins loin selon la culture de l’histoire du
pays, il n’y a pas de conception unique de la justice sociale.
Conception française : Les politiques publiques s’attaquent aussi aux inégalités de situations
(revenus, accès aux soins)

Faire le point p.289


Egalité des droits

Egalité des chances

Egalité des situations

II – Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à une plus grande justice sociale ?

Quels sont les moyens d’action de l’Etat pour plus de justice sociale ?

Pour avoir une plus grande égalité et une plus grande justice sociale dans la société, l’Etat
effectue une redistribution des revenus.
Les revenus primaires sont modifiés : Ils font l’objet de PO (Impôts, taxes, cotisations) puis
ces PO sont redistribués sous forme de revenus de transferts (allocations) et de services
collectifs.

Revenus primaires Services collectifs


Revenus de
transferts
Revenu du travail (Salaire), revenu mixte, revenu du
patrimoine

Prélèvements obligatoires Redistribution


La redistribution a 2 objectifs : Réduire les inégalités de revenu (Verticale), ou couvrir les
risques sociaux (Horizontale)
Risques : Chômage, accident du travail, maladie, vieillesse, maternité, famille
Elle s’effectue notamment grâce à la protection sociale
A – Les dépenses de la protection sociale : Allocations et services collectifs
Les dépenses de la protection sociale augmentent tout au long du 20ème siècle : Ce sont des
mesures redistributives (la protection sociale permet une redistribution).
La protection sociale est un moyen essentiel pour assurer plus de justice sociale : C’est
l’ensemble des organismes qui permettent aux individus d’être pris en charges
Certaines prestations (allocations) de protection sociale suivent une logique d’assurance,
d’autres une logique d’assistance.

Logique assurance Logique assistance


Quelles conditions pour Logique de Bismarck : Les Logique non contributive :
obtenir les prestations personnes en travaillant, Pas de condition de
(allocations) ? cotisent et se constituent cotisations
des droits. C’est une logique
contributive Elles sont soumises à des
conditions de ressources
Logique contributive : Les (être en dessous d’un
personnes contribuent au minimum)
financement et reçoivent un
revenu de remplacement
Comment sont financées les Cotisations des salariés et Impôts, taxes
prestations (allocations) ? des employeurs
Qui finance ? Assurances sociales Etat et les départements
(maladie, vieillesse,
chômage)
Exemples Congé maladie (arrêt du RSA, CMU, minimum
travail), retraite, congé vieillesse
maternité, allocations
chômages)

Réduire les inégalités face


Objectifs aux risques sociaux (droit à Lutter contre la pauvreté :
la prise en charge) Redistribution Verticale

Etre solidaire envers les Assurer à tous des droits


personnes qui subissent un élémentaires : Un revenu
risque social (Redistribution décent, accès aux soins
horizontale)

Comment les pouvoirs publics peuvent-ils rendre la société plus juste ? (Moyens d’action)
Texte 3 p.291
12. Le versement de prestations sociales sans contrepartie se justifie par le fait que les
individus n’ont pas forcément les ressources nécessaires pour contribuer à l’échange de ce
service. Il y’a une volonté d’être solidaire envers les plus démunis et de réduire la pauvreté.
Il y’a aussi la volonté d’accorder à tous l’accès aux soins et le droit de vivre dignement.
13. C’est l’assistance sociale, car elle permet de porter secours aux personnes les plus
démunis. En aidant ces personnes, l’assistance sociale réduit les inégalités sociales et
économiques de la population.
Doc 2 p.292
Les services collectifs regroupent des services non marchands mis à disposition des
ménages. Ils sont produits par l'État mais aussi par d'autres organisations comme des
associations (Ex : Transports publics, éclairage public, éducation, soins, médiathèque) Ils
permettent de réduire les inégalités dans la population. Ex : Restos du cœur, La croix rouge.
Ce sont une forme de redistribution car ces services sont fournis à la population qui en a
besoin par l’Etat, c’est l’Etat-Providence. Chacun peut bénéficier de ces services
gratuitement.
Doc 3 p.293
6. Le niveau du taux de redistribution pour le premier décile de revenus est relativement
élevé car les 10 % de la population les plus modestes ont un revenu primaire bas, donc ils ne
payent pas de prélèvements obligatoires et perçoivent des prestations sociales. Ils sont donc
gagnants à la redistribution.
7. Le système socio-fiscal opère une redistribution verticale car les 10 % les plus aisés ont un
taux de redistribution de -21,5 %, c’est-à-dire qu’ils payent des PO (comme les cotisations
sociales et impôts directs) et ne perçoivent pas de prestations sociales. Ils sont perdants à la
redistribution. Leurs prélèvements obligatoires vont aux 10 % les plus modestes et eux
pourront ne pas payer de PO. Globalement, la redistribution réduit les inégalités de richesse.
Conclusion :
La redistribution en France réduit les inégalités de situation grâce aux PO, aux allocations et
aux services collectifs :
- Les prestations d’assistance (CMU, RSA, minimum vieillesse…) permettent à chaque
individu de couvrir des besoins fondamentaux (minimum de revenu, accès à la santé)
Elles assurent donc en plus une égalité des droits.
- Les services collectifs avec par exemple la gratuité de l’école ou des soins cherchent à
assurer en plus une certaine égalité des chances.
B – La fiscalité, un outil en faveur de la justice sociale
Fiscalité : Ensemble des impôts, taxes et cotisations (charges sur les salaires payés par les
employeurs et les salariés)
Quelles différences entre impôts et cotisations ?
Les cotisations permettent de se constituer des droits par les impôts. La fiscalité est un outil
en faveur de la justice sociale : Elle fait partie de la redistribution des revenus primaires.
Il y’a 3 types d’impôts :

Forfaitaire Proportionnel Progressif


Fonctionnement Même montant Proportionnel aux Plus le revenu
prélevé pour tout le revenus ou à la augmente, plus le
monde consommation taux de prélèvement
s’accroit
Exemples Redevance TV TVA IRPP
Effet sur les Augmente les Effet neutre sur les Réduit les inégalités
inégalités de inégalités inégalités
revenus

Il y’a l’existence de niches fiscales pour l’impôt sur le revenu en France : Dons aux
associations, travaux d’isolation thermique, garde d’enfants, cotisations à un syndicat,
salarié à domicile…
Au final, l’impôt sur le revenu en France n’est pas très progressif : Il est aussi très concentré
car plus de la moitié des français ne payent pas cet impôt
10 % des ménages les plus riches (Décile 9) paient à eux seuls 70 % de l’impôt.
Conclusion :
La fiscalité française est peu redistributive : Les PO corrigent faiblement les inégalités de
richesse car elle est constituée essentiellement d’impôts proportionnels, or ceux-ci sont
neutres. L’impôt sur le revenu pourrait réduire les inégalités mais il y’a trop de niches
fiscales qui réduisent sa progressivité (optimisation fiscale).
La redistribution réduit les inégalités de revenus (de situations) grâce aux allocations
d’assistance (certains PO, services collectifs)
Cependant, la redistribution effectuée est essentiellement horizontale (vers les plus âgés, les
chômeurs, les femmes enceintes, les familles, les malades, les invalides)
C – Les mesures pour lutter contre les discriminations
Il ne s’agit plus de redistribution, la redistribution ne suffit pas, elle ne peut pas assurer
l’égalité des droits.
L’Etat adopte depuis une vingtaine d’années des mesures anti-discriminations : On dit que la
lutte contre les discriminations est mise à l’agenda politique.
Discrimination : Inégalités de traitement d’un individu ou d’un groupe social en raison de ses
caractéristiques physique ou sociale. Ex : Discrimination à l’embauche (Ne pas embaucher
une personne trop âgée), discrimination envers l’orientation sexuelle (homosexuels)
Lutte contre les discriminations envers les femmes :
Exemples de la lutte envers les discriminations envers les femmes : Il y’a des lois
antidiscriminatoires comme le droit du travail : Il est interdit toute distinction entre les
salariés en raison de leur religion, couleur de peau, genre, handicap… pour l’embauche,
l’avancement, le salaire.
Loi sur la parité en politique pour garantir l’égal accès des hommes / femmes aux postes
politiques (forme de discrimination positive)
Il y’a aussi la loi sur l’accessibilité des bâtiments publics et la loi pour le mariage pour tous.
Autres exemples de moyens :
Campagnes de préventions dans les écoles, campagne de pub (violences faites aux femmes y
compris sur les réseaux sociaux) + numéros d’appels, créer des ministères ou secrétariat
chargé de lutter contre les discriminations.
Il y’a également des mesures pour faciliter la garde des enfants et donc permettre aux
femmes de concilier vie professionnelle et familiale.
Congé paternité ou maternité avec obligation pour l’employeur de la reprendre au même
poste.
Lutte contre les discriminations envers les homosexuels :
Plusieurs lois sont mises en place par l’Etat : Protection contre les discriminations en raison
de l’orientation sexuelle introduit dans la loi en 1985, insultes homophobes pénalisées
depuis 2004, loi sur la légalisation du mariage homosexuel (mariage pour tous) en 2013.
L’Etat agit là encore par d’autres moyens comme les manifestations contre la discrimination
envers les homosexuels. Créations d’associations comme SOS Homophobie.
Au lycée, les professeurs en parlent en cours et il y’a des campagnes de prévention et de
sensibilisation.
Journée du 17 mai contre l’homophobie, la transphobie.
Conclusion : Pour plus de justice sociale, les pouvoirs publics redistribuent les revenus
primaires dans le cadre de la protection sociale : Ils effectuent des PO qui financent des
prestations assurance / assistance et des services collectifs.
Mais aussi dans le cadre de la lutte contre les discriminations : Ils utilisent d’autres moyens,
le principal étant le droit (la règlementation). On le retrouve ainsi d’ailleurs pour réduire
d’autres types d’inégalités : Le SMIC, l’école obligatoire et mixte.

III – Les limites des politiques de lutte contre les inégalités


A – Des interventions sous contraintes
Le contexte actuel rend plus difficile les actions de l’Etat Providence en faveur d’une plus
grande justice sociale (le contexte d’après-guerre : Les 30 Glorieuses était beaucoup plus
favorable)
Il y’a d’abord une contrainte financière :
Doc 3p.301 questions :
7. La dette publique est l’ensemble des emprunts réalisés par les administrations publiques
(Etat). La dette publique a augmenté de 74 pts depuis 1980, elle représente en 2015 plus de
95 % du PIB.
L’Etat français n’a plus les moyens de dépenser beaucoup pour réduire les inégalités : Il ne
faut pas (ou peu) de déficit.
Aujourd’hui, les dépenses sociales sont très élevées pour des raisons économiques (ex :
Chômage) et démographiques (Ex : Vieillissement démographique, retraites, maladies) par
rapport aux ressources (PO) : Il y’a des déficits sociaux et budgétaires et un endettement
public.
Dans ce contexte financier difficile, il est impensable de dépenser plus (pour mieux
indemniser les chômeurs, les malades, les retraités)
On ne peut pas non plus augmenter beaucoup les PO car il y’a une perte de pouvoir d’achat,
perte de compétitivité pour les entreprises, tout cela est néfaste à la croissance.
Les riches quitteraient la France et l’économie serait moins attractive pour les entreprises
étrangères.

B – L’efficacité des politiques de lutte contre les injustices en débat


C’est l’efficacité et la légitimité de la lutte contre l’inégalité et les injustices qui font débat :
Crise de légitimité et d’efficacité.
Crise de légitimité : Doute sur ces politiques, elles sont remises en cause, elles sont
critiquées.
Il y’a de possibles effets pervers (effets non souhaités) :

Politique égalitaire Effets pervers possibles


Massification scolaire Reproduction voire hausse des inégalités
scolaires
Méritocratie ?
Il y’a inflation des diplômes : Déclassement
Mesure d’assistance (ou de discriminations Stigmatisation des bénéficiaires
positives)
Désincitation au travail, trappe à inactivité

L’Etat-Providence peut être vu comme liberticide et déresponsabilisant. La protection sociale


est obligatoire, imposée et uniforme : Elle n’est pas choisie, l’Etat prend en charge les
individus pour tous les risques de la vie. C’est ici un point de vue libéral. En plus, ce système
génère des dettes publiques (fardeau pour les générations futures)
Conclusion : L’Etat-Providence à la recherche d’un plus grande justice sociale subit
aujourd’hui une crise financière, une crise d’efficacité et de légitimité. D’où des réformes
successives (de l’impôt, de l’école, les retraites…) pour dépenser moins tout en étant plus
juste.
Chapitre 7 : Quels sont les fondements du commerce international et de
l’internationalisation de la production ?
Introduction : La mondialisation économique est un processus d’interdépendance des
économies à l’échelle mondiale. Le phénomène est ancien (colonisation) mais s’intensifie
après 1945 et plus encore dans les années 80. La mondialisation économique présente
plusieurs dimensions :
- Mondialisation des échanges : Elle fait débat, certains mettent en avant ses
avantages économiques (théorie dominante) d’autres ses aspects négatifs.
- Mondialisation des firmes
- Mondialisation financière

I – Comment analyser le développement du commerce international ?

Commerce international : Echanges de biens et services entre pays (à l’échelle mondiale)

A – Les grandes évolutions depuis 1950

1. Forte croissance du commerce Les exportations mondiales de


international marchandises sont devenues le moteur de
la croissance mondiale (hausse des
EC2 (Pearltrees) exportations plus forte que celle du PIB)
2. Ouverture croissante des économies Le taux d’ouverture est en hausse.
Cependant, certains pays sont moins
p.79 doc 4 q10 et 11 ouverts compte tenu de leur taille

La forte croissance du CI et l’ouverture des


économies sont donc liés : La hausse des
taux d’ouverture s’explique par une
augmentation des exportations plus forte
que celle du PIB
3. Transformation de la nature des produits Les produits échangés aujourd’hui sont
échangés essentiellement des produits industriels
(plus de la moitié)
Doc 1 p.80 q2 et 3 + lire 4 p.81, définition
d’échanges intrabranche + exercices + faire A l’inverse, les produits agricoles et les
le point p.81 matières premières ont vu leur part
diminuer (moins de 10 %) sauf pétrole et
gaz

La part des services reste stable avec


environ 20 % du commerce international.

Le CI est dominé aujourd’hui par des


échanges intrabranches
4. Transformation de la répartition des 3 régions réalisent l’essentiel du CI, c’est la
échanges par zones géographiques Triade. L’Asie de l’Est est devenue une
puissance commerciale spécialisée dans les
produits manufacturés

Le commerce régional (ou intrazone) est


très développé particulièrement en
Europe : 71 % des exportations
européennes sont à destination de l’Europe

EC2 Pearltrees :

Le document qui nous est proposé est un tableau montrant la croissance (exprimée en %) du
volume des exportations de marchandises et du PIB de 2005 à 2012. Il date de 2013 et
provient d’une œuvre de l’OMC ‘’Statistiques du commerce mondial’’.
Nous pouvons voir que de 2005 à 2007, les exportations sont en hausse. Par exemple, en
2006, nous pouvons constater que les exportations mondiales de marchandises ont
augmenté de 8,5 % par rapport à l’année 2005 ou elles avaient augmenté de 6,5 %. Nous
pouvons voir que l’augmentation des exportations se répercute sur le PIB mondial. En effet,
on peut constater que la hausse des exportations induit une hausse du PIB mondial : On peut
voir qu’en 2006 comme la hausse des exportations est plus forte qu’en 2005, le PIB mondial
a lui aussi augmenté plus fortement : Il a augmenté de 3,5 % par rapport à l’année 2005 ou il
avait augmenté de 3 %. En 2010, le total des exportations annuelles de marchandises atteint
un record : En effet, il a augmenté de 14 % par rapport à l’année 2009 ou il avait diminué de
12 %. Là encore, le PIB a lui aussi augmenté en 2010 de 4 % par rapport à l’année 2009 ou il
avait diminué de 2,5 %. Avec la crise économique de 2009, les exportations et le PIB ont
fortement chuté, il y’a eu une baisse de la demande globale qui a conduit à une récession
économique.
Cependant, nous pouvons voir aussi

Les exportations favorisent la croissance du PIB, elles sont le moteur de la croissance. En


moyenne de 2005 à 2012, le total des exportations mondiales de marchandises a augmenté
de 3,5 % en moyenne par an alors que le PIB mondial augmente seulement de 2 % par an en
moyenne. De même quand les exportations mondiales diminuent en 2009 de 12 %, le PIB
mondial est impacté, il baisse de 2,5 %.
Parmi les exportations de marchandises, nous pouvons constater que les exportations de
produits manufacturés augmentent beaucoup plus rapidement que le PIB. Ainsi, en 2006, les
exportations de produits manufacturés ont augmenté de 10 % alors que le PIB mondial a
augmenté de 3,5 % seulement.

Doc 4 p.79
10. En 2012, le taux moyen de la France est de 30,5 %, ce qui signifie qu’il représente 30,5 %
du PIB, il y’a 30,5 % d’importations et d’exportations par rapport au PIB. Calcul du taux
d’ouverture : EX/PIB X 100 ou IM/PIB X 100
11. Nous pouvons voir que le taux d’ouverture mondial passe de 20 % environ en 1980 à 31
% en 2012, soit une évolution d’environ 11 pts en 32 ans. Cela montre donc que le taux
d’ouverture mondial a progressé d’environ 11 pts en 32 ans. Cela montre que le commerce
international a progressé.
12. Nous pouvons voir que les pays les plus ouverts sont : L’Irlande, les Pays-Bas et les pays
d’Asie du Sud-Est. Les pays les moins ouverts sont : La France, la Chine et les USA. Les
économies les moins ouvertes sont les plus riches, plus puissantes et elles sont plus
autonomes. Le montant de leurs échanges (Exportations + Importations) est faible par
rapport à la puissance de leur PIB (Chine + USA)

Doc 1 p.80 :

2. En 2012, l’exportation des produits manufacturés représentent plus de la moitié des


exportations mondiales, ils représentent 55 % des exportations mondiales.
3. Nous pouvons voir qu’en 1913, c’étaient les produits agricoles qui étaient le plus exporté.
En effet, ils représentent 40 % des exportations mondiales. Ensuite, la tendance s’inverse et
nous pouvons voir qu’à partir des années 1960, c’est l’exportation de produits manufacturés
qui est plus importante dans le commerce mondial. En 2000 par exemple, ils représentent 60
% des exportations mondiales alors que les produits agricoles représentent désormais
environ 10 % du commerce mondial, il y’a eu une baisse de 30 pts en l’espace de presque un
siècle. Concernant l’exportation de combustibles/minerais et de services commerciaux, ils
n’évoluent guère : En 1913, on peut voir que les services commerciaux représentent environ
10 % du commerce mondial alors qu’en 2012, ils représentent 20 %. De même pour les
combustibles et minerais qui connaît la même évolution.

Doc 4 p.81

Echanges intrabranches : Transaction concernant un échange de produits similaires c’est-à-


dire du secteur d’activité. Ex : L’automobile on parle aussi d’échanges croisés de produits
similaires. Les allemands achètent des voitures aux français et inversement. Il s’agit aussi des
échanges induits par la décomposition de la production industrielle (Composants de la
voiture qui circulent entre les pays).
Interbranche : Commerce qui concerne des produits ou services de catégories différents. Ex :
Avec les pays d’Afrique, la France vend des produits manufacturés et importe des matières
premières (produits agricoles). Ils sont désormais devenus minoritaires dans le CI.
Faire le point p.81

1. Echange intrabranche
2. Echange interbranche
3. Echange interbranche
4. Echange intrabranche

B – Quels sont les déterminants du Commerce International ?


1. Les déterminants techniques et institutionnels du CI
Il y’a une amélioration continue des conditions dans lesquelles s’effectuent les échanges :
Tout est fait pour les faciliter :
- Le progrès technique : Les transports plus efficaces, plus rapides, moins couteux que
les télécoms (+ efficace et pas cher)

- Les pays ont volontairement libéralisé les échanges par des accords internationaux :
Depuis 1947 de plus en plus de pays du monde négocient une réduction des barrières à
l’échange : Dans le cadre de l’OMC mais aussi dans le cadre d’accords régionaux (UE, ASEAN,
ALENA + MERCOSUR). Il y’a une libéralisation des échanges, elle se concrétise notamment
par une baisse des droits de douanes et des autres restrictions aux échanges.

- Enfin si les échanges internationaux se sont autant développés, c’est parce que les
pays se sont spécialisés.
2. La spécialisation en fonction des avantages comparatifs
L’essor du commerce international s’explique aussi par la spécialisation des économies et
des territoires.
Spécialisation : Elle se concentre sur certaines activités et certaines activités sont
abandonnées, les productions sont alors importées.
Ex : En France, l’industrie du charbon, le textile ont été ‘’abandonnées’’, ces productions sont
importées et l’économie française s’est spécialisé dans l’industrie automobile,
agroalimentaire, le luxe, le tourisme…
Il s’établit alors une DIT (Division Internationale du Travail) : La spécialisation rend l’échange
nécessaire, chaque pays est spécialisé dans une ou deux activités et échange avec les autres.
Ex : Le Brésil est spécialisé dans l’agriculture et l’agroalimentaire, la Chine était spécialisée
dans l’industrie, le Bangladesh dans l’industrie du vêtement.
Mais pourquoi cette spécialisation ? Plusieurs économistes ont démontré l’intérêt de
l’échange et de la spécialisation : Adam Smith (18ème siècle) et Ricardo (19ème siècle), ce sont
des économistes libéraux.
- L’échange est expliqué par l’avantage comparatif :
Il s’agit d’expliquer l’essor du commerce international en faisant référence à plusieurs
théories qui montrent qu’il y’a des gains à l’échange pour les pays qui se spécialisent

Coût de production (en Angleterre Portugal


travail)
Drap (une unité) 100 90
Vin (une unité) 120 80

Pour Smith, la spécialisation d’une économie est fondée sur l’avantage absolu (ici le Portugal
est plus productif dans les deux domaines, il produit vin et drap moins cher). Cependant,
avec ce point de vue, l’échange est impossible.
Avantage absolu : Un pays dispose d’un avantage absolu dans une production s’il produit
moins cher.
Il suffit donc de comparer les coûts de production pour chaque produit.
Avantage comparatif : Chaque pays dispose d’un avantage comparatif, il faut comparer les
couts relatifs en interne (ici le cout relatif du vin en drap)
En Angleterre, il faut renoncer à la production de 1,2 unité de drap pour produire 1 unité de
vin (120/100). Au Portugal, il faut renoncer à produite 80/90 soit 0,88 unité de vin pour
produire 1 unité de drap. Ainsi, le coût relatif du vin est plus faible au Portugal qu’en
Angleterre. Le Portugal a un avantage comparatif dans le vin et l’Angleterre a un avantage
comparatif dans le drap car le coût relatif du drap est plus faible en Angleterre.

Coût relatif du drap en Angleterre : 100/120 = 0,83


Coût relatif du drap au Portugal : 90/80 = 1,125
Il faut renoncer à 0,83 unité de vin pour 1 unité de drap.
Conclusion : La spécialisation et le commerce international enrichissent les économies, cela
crée de la croissance. Sur la croissance mondiale, l’échange est bénéfique, on ne gaspille plus
de temps, d’argent et de main d’œuvre dans des productions qui sont réalisées plus
efficacement ailleurs.

- D’où viennent les avantages comparatifs ?


Ils viennent de la dotation factorielle (théorème HOS)
Les avantages comparatifs sont liés à la dotation de facteurs (facteur travail, facteur capital,
progrès technique, ressources naturelles)
La spécialisation d’un pays doit être fondée sur les facteurs qu’elles possèdent en abondance
et ils importeront les productions qui utilisent les facteurs dont ils sont dépourvus.
Le Bangladesh ne peut pas fournir beaucoup de capitaux, donc ne peuvent pas produire de
voitures car leurs productions demandent trop de capitaux, il se spécialise donc dans les t-
shirts qui demandent beaucoup de travailleurs pour leur production (le Bangladesh a une
main d’œuvre abondante)
La spécialisation initiale de la Chine dans les années 1960 (Industrie à faible VA) reflète le fait
que la Chine dispose d’une main d’œuvre abondante, peu qualifiée et une faible avance
technologique. Aujourd’hui, la Chine fait des portables, ordis, panneaux solaires, TGV, etc…
car l’économie chinoise est plus qualifiée, elle a réussi à développer de la technologie, il y’a
plus de matériel, ils ont investi dans les 4 capitaux
Au début du XXème siècle, des économistes néoclassiques (libéraux) reformulent la théorie
des avantages comparatifs de Ricardo : C’est la théorie HOS
Ils expliquent l'échange international par la dotation factorielle : l'abondance (ou la rareté)
relative des divers facteurs de production dont sont dotés les pays. En effet, produire un
bien qui nécessite une grande quantité d'un facteur de production, coûte moins cher pour
un pays qui dispose en abondance de ce facteur de production. Un pays a un avantage
comparatif dans les productions nécessitant beaucoup du facteur relativement abondant
dans ce pays et aura donc intérêt à se spécialiser dans cette production et à l'exporter. Ex :
Le pétrole, le Brésil (céréales), le Bangladesh (produits manufacturés à faible VA)
Inversement, il y’aura un désavantage comparatif dans le bien qui nécessite une utilisation
intensive du facteur relativement rare et aura donc intérêt à l'importer. Ex : Le Bangladesh
importe des voitures (nécessitant du progrès technique, de la main d’œuvre qualifiée). A
partir de la dotation factorielle de la Chine, on peut expliquer sa spécialisation initiale.
Quand la Chine s'ouvre au commerce international (à partir de 1979), elle possède en
abondance de la main d’œuvre non qualifiée, elle se spécialise dans les exportations de
marchandises nécessitant une main d’œuvre non qualifiée (vêtements, jouets...)Néanmoins,
la spécialisation de la Chine évolue : elle exporte de plus en plus de produits nécessitant du
capital (du progrès technique)et une main d’œuvre qualifiée, comme du matériel
informatique, des télévisions, des voitures, des panneaux solaires, des tgv. Cela montre que
les dotations factorielles peuvent se transformer au cours du temps. Les avantages
comparatifs eux-mêmes peuvent évoluer au cours du temps, notamment lorsqu’un pays fait
des efforts de recherche, innovation, formation. Des politiques volontaristes de l’Etat
(formation, soutien à la R et D) peuvent donc contribuer à modifier les avantages
comparatifs d'un pays.
Conclusion : les avantages comparatifs reflètent la dotation factorielle du pays mais ne sont
pas figés

C – Avantages et inconvénients du Commerce international


C’est le débat échange/protectionnisme
Le libre échange consiste à organiser la libre circulation des biens et services entre les pays
en supprimant les obstacles au CI : Dans cette optique, l’ouverture d’une économie et le CI
ont essentiellement des avantages.
Le protectionnisme consiste à prendre des mesures publiques pour protéger l’économie
nationale de la concurrence étrangère : Dans cette optique, l’ouverture et le commerce
international ont essentiellement des inconvénients.
1) Avantages, inconvénients de l’ouverture
1.1 Avantages de l’ouverture : Les avantages du libre échange

Pour les entreprises


Pour les entreprises, ce sont les gains des producteurs à l’échange :
- Un marché plus vaste : Elles bénéficient de la demande intérieure mais aussi
extérieure : Le chiffre d’affaires est en hausse
- Réduction de leur coût de production : Elles trouvent des matières premières, de la
main d’œuvre moins chère à l’extérieur
- Elles font des économies d’échelle : Leur coût de production baisse car elles
produisent à plus grande échelle, le coût unitaire diminue (grand marché)
- Transfert de technologie : Les entreprises peuvent bénéficier du progrès technique
des autres pays. Ex : La Chine a bénéficié de transferts de technologies (français et
allemand) pour les TGV

Pour les consommateurs


Il y’a des gains de consommateurs à l’échange :
- Possibilité d’avoir des prix plus bas : Vêtements, matériel électroménager, fruits et
légumes
- Plus de choix : Grande diversité de produits (voitures)
- Les entreprises sont soumises à une concurrence plus forte (avec l’ouverture), elles
sont obligées de faire des efforts sur les prix sur l’innovation

Avantages de l’ouverture pour l’économie


Doc 2p.84
Les exportations, le PIB et l’IDH des BRICS s’améliorent notamment grâce à l’ouverture. En
Chine, nous pouvons voir que le taux d’exportation a augmenté de 14 pts pour atteindre
39,5 % du PIB : Les exportations représentent presque 40 % du PIB Chinois (taux
d’ouverture). Entre 2000 et 2013, le PIB Chinois a augmenté chaque année en moyenne de
presque 10 %, cela se répercute sur les conditions de vie : l’IDH s’améliore, il passe de 0,590
à 0,719. On constate les mêmes évolutions pour la Russie, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud.

1.2 Inconvénients de l’ouverture, du commerce international


Inconvénients de l’ouverture pour les pays avancés
Il y’a certains secteurs d’activité qui sont soumis à la concurrence des pays à faible salaire et
faible protection sociale, cela a donc des conséquences négatives :
- Il y’a des pertes d’emplois dans ces secteurs (délocalisations + importations) pour la
sidérurgie et le textile
- Il y’a aussi la tendance à ne pas augmenter les salaires dans ces secteurs d’activités ils
sont soumis à la concurrence de pays à bas salaires. L’ouverture profite à certains
secteurs : Elle crée donc des inégalités entre les salariés (automobiles, tourisme,
aéronautique, industrie du luxe…)
Inconvénients de l’ouverture pour les économies en développement
Les PMA ou pays du Sud spécialisés dans des produits ou la demande est fluctuante : Les
pays cantonnés dans l’exportation de produits agricoles ou produits industriels à faible
valeur ajoutée. (Exemples : Le cacao pour la côte d’ivoire, la banane pour les Antilles)
Il y’a une dégradation des termes de l’échange : Doc 3 p.85

Importations d’Haïti : Produits manufacturés à forte Valeur ajoutée (Voitures, pétrole,


produits alimentaires) : Les prix ont augmenté
Exportations d’Haïti : Café, produits manufacturés à faible VA (textile, produits
d’assemblage) : Les prix sont à la baisse (prix tirés vers le bas par la concurrence)
Dégradation des termes à l’échange : Le pouvoir d’achat de leur exportation se dégrade, il
faut exporter de plus grandes quantités de plus en plus pour acheter la même quantité
d’importation. Il faut exporter de plus en plus de café pour acheter la même quantité de
moteur.
Indice des termes à l’échange : Indice du prix des EX / Indice des prix des IM X 100
L’indice des termes de l’échange à Haïti entre 2000 et 2014 a diminué de 50 % : Les termes
de l’échange se dégradent : Le prix des importations augmente plus vite que le prix des
exportations (qui ont peut-être baissé)
L’Afrique reste très dépendante des matières premières et des produits primaires (peu
industriels) : La chute des prix des produits primaires quand elle se produit freine la
croissance africaine et appauvrit la population.
Ces pays ne profitent donc pas de la mondialisation, pour eux l’ouverture et le
développement du commerce international a créé une dépendance et un appauvrissement.
2. Modalités, fondements, risques du protectionnisme
Protectionnisme : Ensemble des mesures mises en place par les pouvoirs publics pour
protéger les entreprises nationales de la concurrence du reste du monde
Il peut être tarifaire (mesures agissant sur les prix) ou non tarifaire (agissant sur les
quantités)
Schéma à retenir :

2. a) Protectionnisme tarifaire, subventions publiques (permet aux éleveurs de vendre moins


cher), l’agriculture européenne est très subventionnée (PAC). Il en est de même pour
l’aéronautique (Airbus, Boeing)
b) Protectionnisme tarifaire, baisse du taux de change
c) Protectionnisme tarifaire, droits de douane
d) Protectionnisme non tarifaire, normes sanitaires. Il existe aussi des normes techniques ou
de sécurité
e) Protectionnisme non tarifaire, quotas d’importations
f) Protectionnisme non tarifaire, règle du contenu local (transfert de technologies)
Le protectionnisme ne se limite donc pas aux droits de douane. Ceux-ci ont baissé dans le
monde (dans le cadre des négociations de l’OMC). Les autres formes de protectionnisme
restent d’actualité mais dans un contexte favorable au libre-échange.
Fondements du protectionnisme : Pourquoi le mettre en place (3 arguments)
- Le protectionnisme éducateur (Frédéric List, 19ème siècle) pour les industries
naissantes
Le protectionnisme se justifie par le manque de compétitivité des « industries dans
l’enfance » dans certains pays. Exemple: Tarif douanier de l'Empire allemand de 1879
pour protéger l’industrie allemande face à l’industrie anglaise car l’industrie allemande
est moins moderne , la main d’œuvre n’est pas instruite, pas qualifiée sans protection,
les industries dans l’enfance ne se développent pas car les consommateurs et entreprises
nationales achètent les productions étrangers (moins chers, plus de qualité) ce n’est pas
un protectionnisme total : Il ne s’agit de protéger toute l’économie seulement les
activités en retard par rapport à la concurrence et limité dans le temps.
Aujourd’hui cet argument s’applique aux pays émergents ou aux PMA ils peuvent mettre
en place un protectionnisme pour certains secteurs d’activités : Leurs industries sont
trop en retard / concurrence internationale, sans protection, elles ne se développent.

- Le protectionnisme : Une arme contre le dumping social contre la concurrence


déloyale. Protectionnisme défensif pour les industries vieillissantes
Le coût du travail est élevé en France par rapport aux autres pays : 3 fois plus qu’au Maroc,
cela s’explique par des salaires plus élevés (salariés + qualifiés) et cotisations (charges).
Les droits de douane (taxes douanières) compensent les écarts de prix résultant de
conditions de travail très divergentes : Ainsi les industries des pays avancés pourraient
résister à la concurrence des pays à bas salaires.

- Protectionnisme stratégique : Il s’agit de protéger des secteurs stratégiques, ils sont


vitaux pour l’indépendance nationale comme l’agriculture, aéronautique et le
numérique.
Il faut protéger certains secteurs pour qu’ils continuent à exister et éviter qu’ils ne passent
sous contrôle étranger. On justifie ainsi la PAC (subventions aux agriculteurs) pour éviter la
dépendance alimentaire.
Il y’a aussi les subventions à Airbus (secteur aéronautique) pour éviter une dépendance
(importer toute l’aviation).
Enfin il y’a des décrets récents comme le décret Montebourg :
Ce décret de 2014, qui prévoit qu‘un groupe étranger désireux de prendre le contrôle d‘une
entreprise française dans les secteurs de l’énergie, des transports, des télécoms, de l‘eau ou
de la santé doit au préalable obtenir l‘autorisation de l‘Etat.
Ces secteurs sont indispensables pour garder une indépendance, une autonomie.

Risques (Limites) du protectionnisme


Face aux dégâts du libre-échange (pertes d’emplois) il y’a de plus en plus de voix qui
réclament des mesures protectionnistes, pourtant il est risqué :
- Il a un coût pour les entreprises et les ménages :
Le protectionnisme tarifaire implique des coûts pour les entreprises et les ménages. En tant
que consommateurs, les ménages subissent une hausse des prix des produits importés (car
taxés), ce qui dégrade leur pouvoir d’achat. En tant que contribuables, ils subissent la hausse
des impôts résultant de l’octroi de subventions à l’exportation accordées aux entreprises
protégées. Ces deux effets négatifs sur le pouvoir d’achat peuvent donc dégrader la
demande et nuire à la croissance.
Il en est de même pour les entreprises : Les produits qu’elles importent sont plus chers
(taxes), c’est un coût supplémentaire pour elles. Il peut même se créer des pénuries :
Certains produits viennent à manquer à cause des restrictions aux importations.
- Il risque d’être contre-productif (à cause de l’absence de concurrence) : Il y’a une
baisse de compétitivité de l’économie : Les entreprises nationales sont protégées, le
marché national leur est ‘’réservé’’ : Elles ne font plus d’effort sur les prix, qualités,
innovations, productivité…
- Il risque d’entraîner des représailles : Crise de 1929, l’économie est en difficulté, elles
se protègent de la concurrence, chaque pays fait de même. Finalement, le
protectionnisme massif a aggravé la crise.

Plus récemment guerre commerciale USA / Chine ou USA / Europe.


Schéma récapitulatif :
Conclusion : Le libre échange s’impose aujourd’hui avec un espoir de croissance pour tous
(encouragé par les institutions internationales). Pourtant, il n’est pas sans danger aussi bien
pour les pays riches que pour les pays pauvres. Le protectionnisme n’est pas non plus la
solution : Il est possible que l’Etat encadre davantage l’ouverture des économies (décrets
récents de la France ou l’Allemagne). Il faudrait surtout que l’Etat accompagne les
‘’perdants’’ du libre-échange (régions, salariés).

II – Comment analyser l’internationalisation de la production ?


C’est le fait que les firmes organisent la production au niveau mondial (et non plus dans le
cadre national)
A – Les FTN
FTN : C’est une firme qui a au moins une filiale dans un autre pays
Quelques exemples : Macdonald, Amazon, Apple, Renault, Nissan, Volkswagen, BNP Paribas,
Toyota, Shell, etc…
On peut utiliser différents critères pour mesurer leur taille : Chiffre d’affaires, effectifs
salariés, bénéfice, capitalisation boursière. Elles sont principalement originaires des USA,
Chine, Corée du Sud, Japon et Europe.
Elles deviennent des FTN en réalisant des IDE : Investissements Directs à l’Etranger
- Soit elle achète une entreprise existante
- Soit elle crée une entreprise sur place
- Soit elle sous traite une partie de sa production (pas de lien de propriété, la société
sous-traitante ne fait pas partie du groupe). Ex : Mcdo

Flux entrants : Montants des IDE qui arrivent dans le pays d’accueil
Flux sortants : Montants des IDE qui ont pour origine des firmes du pays

10. Pour le pays A, c’est un IDE sortant. Pour le pays B, c’est un IDE entrant
11. En 1970, les IDE entrants ont coûté 13343,69 millions de dollars, tandis qu’en 2013, ils
ont coûté plus de 1451965 millions de dollars. Entre 1970 et 2013, le montant des IDE
entrants ont augmenté très fortement entre les 2 années.
12. La part des IDE entrant dans les pays autres que développés sont de 60 % en 2013 contre
30 % en 1970, les pays émergents accueillent donc de plus en plus d’IDE.
13. Les firmes originaires des pays développés font le plus d’IDE dans les années 1970.
Toutefois en 2013, les pays qui font des IDE sont pour une grande majorité les économies
développés d’environ 60 % mais aussi les économies en développement qui représentent
environ 30 % des IDE sortants. Les firmes chinoises et des économies en transition
commencent à investir aussi dans le monde.
Conclusion : Les principales destinations des IDE aujourd’hui sont les économies émergentes
mais aussi les économies développées (IDE entrants)
Ils sont effectués majoritairement par des FTN originaires des pays développés mais de plus
en plus de Chine et des autres économies émergentes… (IDE sortants)
Nous pouvons voir que le poids économique des FTN est beaucoup plus important en 2013
qu’en 1990. En effet, entre 1990 et 2013, le chiffre d’affaires des FTN a augmenté de
presque 30 000 milliards de dollars. Il en est de même pour les emplois des FTN qui sont de
plus en plus nombreux. En 2013, il y’a 70 726 milliers d’emplois contre 20 625 milliers en
1990. En 1990, elles créent 4 % du PIB mondial et en 2013, 10 %.
Commerce intra firme : Ce sont des échanges qui transitent dans les FTN, entre filiales.
DIPP : Décomposition Internationale des Processus Productifs (DIPP). Répartition de la
production des composants d’un produit final dans différentes filiales spécialisées à travers
le monde. Ex : Les composants des téléphones, les voitures, les ordinateurs, produits
électroménagers
Le commerce intra firme et la DIPP ont un lien : Plus il y’a une décomposition de la chaîne de
production, plus les échanges intra-firmes vont être importants.
Les FTN réalisent donc une part importante du commerce international, notamment parce
qu’elles réalisent une DIPP, ce qui génère un important commerce intra-firme.
B – Les stratégies de compétitivité prix des FTN
Quels sont les déterminants de l’internationalisation de la production ? Pourquoi les
firmes s’internationalisent elles ?
Les FTN en s’implantant à l’étranger cherchent à améliorer leur compétitivité
Compétitivité : Capacité à faire face à la concurrence
La compétitivité a de multiples facettes : Compétitivité prix / hors prix
Pour améliorer sa compétitivité prix (capacité à proposer des prix inférieurs aux concurrents)
La FTN cherche à produire moins cher (réduire ses coûts) pour réduire le coût lié au travail :
Elles s’implantent dans les pays ou les salaires et les charges sont bas, pour réaliser la
production ou une étape de la production.
Ex : La Bulgarie (atelier de l’Europe pour les vêtements), la Tunisie, le Bangladesh, l’Inde, les
Philippines, les Maquiladoras (firmes américaines qui s’implantent à la frontière mexicaine).
Pour cela il peut y’avoir délocalisation (transfert d’activité).
ATTENTION : Tous les IDE ne sont pas des délocalisations
Cependant, ce n’est pas le seul moyen d’augmenter la compétitivité prix (donc de réduire les
coûts) :
Les FTN prennent aussi en compte la productivité du travail pour choisir leur lieu
d’implantation

9. Le salaire minimum est élevé, les salariés français sont chers, donc les filiales risquent de
devoir vendre plus cher et donc de prendre des marchés : Elles risquent d’être moins
compétitives sur leurs prix.
10. En termes de coût horaire, c’est la Bulgarie qui est la plus attractive : En termes de
travail, une heure de travail coûte 3,7 euros. En termes de coût salarial unitaire, c’est la
Norvège. En Norvège, le coût d’unité est bas : Une unité coûte 0,7 [Link] y’a une forte
productivité en Norvège. A l’inverse en Bulgarie, la productivité est basse.
12. Un coût salarial élevé peut-être un inconvénient si la main d’œuvre n’est pas productive.
Mais si la productivité horaire est élevée, cela peut compenser le salaire élevé.
S’implanter dans un pays à salaire élevé ne signifie pas forcément produire plus cher.
Les FTN prennent aussi en compte la fiscalité pour choisir leur implantation (il ne s’agit plus
de coût de production au sens strict), c’est l’optimisation fiscale (réduction d’impôts).
Les FTN sont implantés partout en Europe mais déclarent leur bénéfice dans les pays ou la
fiscalité sur les bénéfices est faible (Irlande).
C – Autres stratégies des FTN et attractivité des territoires
Chercher à améliorer la compétitivité prix n’est pas la seule motivation des FTN : Il y’a
d’autres déterminants à l’internationalisation des firmes, les FTN ont des stratégies
hybrides :
Elles s’implantent aussi dans les pays où elles veulent vendre cela leur permet d’améliorer
leur compétitivité hors prix (ainsi elles s’adaptent mieux aux goûts des consommateurs, elles
sont plus réactives, elles ont une image de producteur local et en plus elles limitent le
transport et évitent le protectionnisme. Elles réduisent aussi les délais de livraison : Toyota à
Valenciennes ou la stratégie de l’Oréal dans les pays émergents (différenciation) Kwid de
Renault en Inde et Louis Vuitton au Texas.
L’innovation est aussi un déterminant des IDE. La FTN peut s’implanter dans les pays riches
pour effectuer les DRD près des pôles de recherche comme la Silicon Valley pour les TIC ou la
Cosmetic Valley en France(technopole). Pour bénéficier de la qualité de l’enseignement
supérieur, de la maitrise technologique et ainsi améliorer sa compétitivité hors prix.
Enfin il y a d’autres déterminants dans les choix de localisation des FTN (Cf schéma
doc4p99) : Stabilité politique, santé, éducation, infrastructures performantes, climat social
L’attractivité d’un territoire (sa capacité à attirer les FTN) ne dépend donc pas seulement du
montant des salaires. Dans ce pays, il est important d’être attractif pour les emplois que
créent les FTN.
Conclusion : Les stratégies de localisation des FTN ne se réduisent donc pas à la recherche de
coût du travail bas.
III – Le taux de change : Une variable économique importante
A – Taux de change et marché des changes
Taux de change : Prix ou cours d’une devise par rapport à une autre
Ex : Janvier 2015 : 1 euro = 1,14 USD, janvier 2017 : 1 euro = 1,07 USD
30 janvier 2020 : 1 euro = 1,11 USD
Entre janvier 2015 et 2017, l’euro perd de la valeur : Son prix en dollar diminue, l’euro se
déprécie, le dollar s’apprécie (il prend de la valeur).
Entre janvier 2017 et fin janvier 2020, l’euro a pris de la valeur par rapport au dollar, il
s’apprécie.
Le prix de la devise (appelé taux de change) se détermine sur un marché fictif ou s’échangent
les devises (appelé marché des changes). Les taux de change varient librement sur le marché
des changes : On parle de changes flottants. Il dépend de l’offre et la demande de cette
devise, il varie instantanément.

Offre : Vente de monnaie nationale contre une devise étrangère : Vente d’euros / Achat de dollars

Demande : Achat de monnaie nationale contre une devise étrangère : Achat d’euros et vente de
USD

Confrontation sur le marché des changes

Formation du taux de change (prix)

Les acteurs :
Les entreprises qui importent ou exportent, touristes, investisseurs en IDE et surtout sur les
marchés boursiers. Il y’a aussi les banques et banques centrales.
3. De l’époque 1 à l’époque 2, l’Euro a pris de la valeur par rapport au dollar, il s’apprécie
4. L’Euro a pris de la valeur car la demande d’euros a augmenté à l’époque 2 par rapport à
l’époque 1
5. Les européens achètent moins de produits US, pour se procurer des produits US, il faut
offrir des euros (vente d’euros pour les convertir en dollar), l’offre d’euros diminue, la
courbe d’offre se déplace vers la gauche : Le prix augmente, l’euro prend de la valeur.
Depuis sa création, comment l’euro a-t-il évolué par rapport au dollar ?
De 1999 (année de naissance de l’Euro) à 2002 : L’Euro perd de la valeur par rapport au
dollar : En 2001, 1 euro = 0,85 dollars puis de 2002 à 2008, le prix de l’euro augmente pour
atteindre 1 euro = 1,6 dollars (c’est son cours le plus haut). Depuis 2009, l’Euro a une
tendance à la baisse avec des irrégularités mais sans retrouver ses valeurs d’avant 2002.
Aujourd’hui, 1 euro = 1,11 dollar.
Les banques centrales peuvent influencer le taux de change (pas la BCE) : Elles interviennent
sur le marché des changes, elles peuvent modifier l’offre ou la demande de l’euro (pour la
BCE).
Quand une banque centrale veut soutenir sa monnaie : Faire augmenter son prix
(appréciation de la devise) : Elle achète sa monnaie sur le marché (Plus de demande) en
vendant des autres devises
C’est la politique de change fort
Quand elle veut faire baisser le taux de change (dépréciation de la devise) : Elle vend sa
monnaie sur le marché (Plus d’offres) en achetant d’autres
C’est la politique de change faible
Remarque : La BCE laisse faire le marché des changes pour fixer le cours de l’euro.
B – Quels sont les conséquences des variations du taux de change sur l’économie ? Quels
sont les déterminants de l’offre et de la demande de devise ?
Ces variations des taux de change ont des effets sur les échanges extérieurs et plus
largement sur l’économie du pays :

Effets d’une monnaie faible ou en baisse Effets d’une monnaie forte ou en hausse
(dépréciation) (appréciation)

Nuit à la compétitivité prix des entreprises


Si le taux de change baisse, cela peut
provoquer l’inflation. Les produits importés Prix des exportations plus élevé et donc
sont plus chers comme le pétrole : Les prix moins compétitifs SAUF si les produits ont
ont tendance à augmenter : Risque une compétitivité hors prix (qualité,
d’inflation innovation, marque) (les produits exportés
à partir de la zone euro auront un prix plus
Hausse de la compétitivité des exportations élevé en USD et seront moins compétitifs
du point de vue prix (prix des produits aux USA par rapport aux produits locaux)
exportés baisse)
Importations moins chères donc hausse des
Hausse du prix des importations IM, le déficit commercial risque
d’augmenter
Pouvoir d’achat en hausse
Les produits importés sont moins chers :
Les taux d’intérêt augmentent : L’économie Pas de risque d’inflation
ou la monnaie baisse durablement n’inspire
plus confiance aux investisseurs sur les La zone attire les capitaux : Elle inspire
marchés, les capitaux ne viennent plus dans confiance car la monnaie prend
la zone, il faut les attirer avec une régulièrement de la valeur, les taux
rémunération élevée d’intérêt peuvent être bas, les emprunts se
font à bas coût (y compris pour l’Etat)
L’endettement se fera à un coût élevé (y
compris celui de l’Etat)
Baisse du prix des exportations, Hausse des importations, forte hausse des quantités
exportées, baisse des quantités importées, effet positif sur le solde commercial et effet de
relance sur la croissance économique

Conclusion : La guerre des monnaies


Les banques centrales peuvent intervenir sur les marchés pour influencer le cours de leur
devise : La Chine, les USA ou encore l’Angleterre ont parfois utilisé la baisse de leur devise
pour redevenir compétitif (au niveau des prix) et donc relancer l’activité économique grâce
aux exportations.
Ce n’est pas le cas de la BCE qui opte pour le cercle vertueux d’une monnaie forte. Mais
cette guerre des monnaies crée des tensions commerciales.
Chapitre 8 : Quelle est la place de l’UE dans l’économie globale ?
Introduction : La construction euro a commencé dans les années 1950 à 6 pays, l’UE
comprend aujourd’hui 27 pays depuis le Brexit dont 19 partagent la même monnaie (l’Euro).
L’UE est une puissance économique : 22 % du PIB Mondial (USA 25 %). Avec son marché
unique de 27 pays, l’Union Européenne est l’une des principales puissances commerciales
mondiales.
Plus de 64 % du volume total des échanges commerciaux des pays de l’UE sont réalisés avec
d’autres Etats membres.
L’UE ne compte que 6,9 % de la population mondiale, mais ses échanges commerciaux avec
le reste du monde représentent quelque 15,6 % du volume total des importations et des
exportations mondiales.
Avec les USA et la Chine, l’UE est l’un des trois plus grands acteurs du commerce
international.

I – L’UE : Un projet original


A – Les objectifs de la construction européenne
Les objectifs de la construction européenne sont politiques, économiques et sociaux. Le but
est d’éviter le renouvellement des ‘’guerres fratricides’’ en Europe et pour cela de construire
des solidarités fortes entre les Etats et les peuples.
En novembre 1954, Jean Monnet disait que l’unité des peuples européens, réunis dans les
Etats-Unis d’Europe, est le moyen de relever leur niveau de vie et de maintenir la paix. Pour
Robert Schuman ‘’L’Europe ne se fera pas d’un coup’’.
La devise de l’UE reflète ces ambitions ‘’Unis dans la diversité’’
La construction européenne ne concernera pas tous les pays ni tous les domaines d’emblée :
La CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier créée en 1952) est la première
étape : Mise en commun des productions d’acier et de charbon par les 6 pays fondateurs.
Ce sont les solidarités économiques qui sont privilégiées pour débuter la construction :
L’objectif est de favoriser la paix par des solidarités économiques.
Il y’a aussi des valeurs partagées notamment la démocratie, les droits de l’homme, des droits
reconnus à l’ensemble des citoyens européens.
Conclusion : Débutée dans les années 1950 pour garantir la paix en Europe, la construction
européenne n’est pas conçue comme la simple réalisation d’un projet ‘’libéral’’ de libre
circulation des marchandises et des capitaux. Cette dimension est effectivement présente,
mais elle n’est pas la composante unique du processus. En 2012, l’UE a reçu le prix Nobel de
la paix.
B – La dynamique de l’intégration
L’UE est une intégration régionale : C’est un processus par lequel plusieurs pays proches
géographiquement s’entendent pour développer les échanges entre eux, pour unifier leurs
marchés et ainsi créer une interdépendance croissante pour en tirer des avantages mutuels :
L’intégration peut être commerciale, financière, économique, monétaire et même politique :
Elle peut-être plus ou moins poussée.
1) Les différentes étapes de l’intégration économique
A partir des travaux de Bela Balassa, on distingue traditionnellement cinq degrés
d’intégration économique :

Schéma ‘’en poupées russes’’


Zone de libre-échange : Les pays suppriment les restrictions aux échanges de biens, ALENA
est une zone de libre-échange entre USA, Canada et Mexique.
Union douanière : ZLE + Taxes douanières communes (TEC)
Marché commun : Union douanière + libre circulation des personnes, des capitaux, des
services
Union économique : Marché commun + Certaines politiques économiques sont mises en
commun
Union économique et monétaire (UEM) : Union économique + Monnaie commune (politique
monétaire commune)
A partir des travaux de Bela Balassa, on distingue traditionnellement cinq degrés
d’intégration économique

- La zone de libre-échange : suppression des barrières douanières entre les pays ; ds


une Zone de libre-échange, les échanges commerciaux ne sont pas soumis à des
barrières protectionnistes (abolition des droits de douanes et des barrières non
tarifaires). Exemple : Alena (Association de libre-échange nord-américain : Etats-Unis,
Canada, Mexique ; signature 1992, entrée en vigueur 1994), ASEAN (Association des
nations de l'Asie du Sud-Est)

- Une Union Douanière est une zone de libre-échange à laquelle on ajoute un critère
supplémentaire. Dans une ZLE chaque pays reste souverain pour ses échanges
commerciaux avec les pays tiers / dans une UD, les pays membres harmonisent leurs
législations douanières avec le reste du monde : Il y’a mise en place d’un tarif
extérieur commun par rapport au reste du monde. Exemple : Mercosur en Amérique
du Sud

- Le marché commun ajoute à l'union douanière la libre circulation des facteurs de


production : le travail et le capital peuvent se déplacer librement à l'intérieur du
marché commun.

- L'Union économique est marquée par l'harmonisation progressive des politiques


économiques dans la zone.

- Elle devient une Union économique et monétaire (UEM) quand les pays membres, se
dotent d’une monnaie unique, cela nécessite d’harmoniser leurs politiques
économiques. En 1999, la mise en service de l'euro (même si les pièces et billets
n'entrent en circulation qu'en 2002) marque la transformation de l'Europe en Union
Economique et Monétaire avec une BCE qui fixe des taux directeurs pour toute la
zone euro
2) En quoi la construction européenne est-elle originale ?
Voici les étapes de l’intégration européenne :

Il y’a eu une intégration par le marché (par les échanges) puis une intégration monétaire.
L’UE est aujourd’hui une union économique et les 19 pays de la zone euro forment une
Union économique monétaire.
Les pays membres ont renoncé à certaines de leurs compétences pour les transférer à l’UE
(transfert de souveraineté) : Politique agricole + aéronautique commune (Aides aux
agriculteurs + Airbus), mises en place de normes communes, protectionnisme commun, la
BCE décide des taux d’intérêts directeurs pour toute la zone.
En quoi est-elle originale ?
Il y’a des institutions communes : Parlement européen + Commission européenne, conseil
européen des ministres
C’est un marché commun : Il y’a des politiques communes pour toute l’UE : Politique de
cohésion et rattrapage (aides pour les pays les + en retard) ou la PAC.
Mais l’UE ne fonctionne pas comme un Etat fédéral : Il y’a pas d’armée commune, pas de
représentation extérieure (pas de diplomatie commune).
C’est l’ensemble régional le plus abouti : Mais tous les pays n’en sont pas au même stade
dans cette union régionale, c’est une intégration à géométrie variable
Conclusion :

C – Les avantages économiques attendus de l’intégration européenne


1) Les avantages liés au marché unique (achevé en 1993)

Marché unique : C’est la libre circulation des biens, des services, des capitaux et du travail.
Pour les entreprises
- Elles peuvent investir librement d’autres pays de la zone
- Elles ont accès facilement à des composants moins chers, de la main d’œuvre
- Elles font des économies d’échelle, elles réduisent leurs couts de production

Pour les ménages


- Elles ont un large choix de produit
- Augmentation de la demande
Finalement les échanges, la croissance sont stimulés, les économies s’enrichissent. Le
marché unique a permis de développer les échanges (intrazone) entre les pays membres :
Les avantages attendus sont les avantages décrits par Ricardo : Plus de croissance et un
enrichissement des économies (hausse du niveau de vie). On retrouve ici le projet fondateur.
2) Les avantages attendus de la monnaie unique
D’un point de vue social, cela rapproche les citoyens, ça renforce le sentiment
d’appartenance de l’Europe, l’identité européenne, l’euro donne un langage commun.
Les pays de la zone Euro (19 pays aujourd’hui) ont renoncé à l’autonomie de leur politique
monétaire en contrepartie, ils attendent des avantages de l’euro :

Il y’a une suppression des coûts et risque de change : Il n’y a plus à convertir les monnaies
européennes, il n’y a plus d’incertitude sur leur valeur et plus de frais pour changer de
monnaie : Les échanges sont plus simples.
Il y’a une confiance dans l’euro sur le marché des changes alors qu’avant les monnaies
nationales se dépréciaient régulièrement sur le marché des changes : Franc, Peseta, Lire
Italienne… Le Deutschemark prenait de la valeur.
Il y’a une comparaison des prix plus facile : L’euro intensifie la concurrence, mais il la rend
aussi plus saine, les pays ne peuvent plus utiliser la faiblesse de leur monnaie pour être plus
compétitif. Avec les monnaies nationales, certains pays étaient avantagés pour leur
compétitivité, les pays qui avaient une monnaie faible avec l’euro : Compétition à armes
égales.
Finalement, la monnaie unique apporte plus de concurrence, plus d’échanges, plus de
confiance donc ça stimule la croissance et l’enrichissement, c’est une optique libérale. La
monnaie unique complète le marché unique.

II – La difficile coordination des politiques économiques de l’UE


Politique conjoncturelle : Ensemble des moyens utilisés par les pouvoirs publics pour
améliorer la situation économique c’est-à-dire lutter contre les déséquilibres de
l’économie : Croissance éco, chômage, déficit, inflation
Politique monétaire : Elle est commune à tous les pays de la zone euro menée par la BCE :
Les pays de la zone euro ont renoncé à l’autonomie de leur politique monétaire (pour
pouvoir bénéficier des avantages attendus de l’euro). Elle agit sur les taux directeurs pour
agir sur les taux d’intérêts pour contrôler la création monétaire : Trop de création
monétaire génère l’inflation, elle augmente les taux directeurs. Mais quand il n’y a pas
assez de croissance, elle baisse les taux directeurs pour faciliter les emprunts.
Politique budgétaire : Elle est menée par chaque Etat, elle consiste à agir sur les PO et les
dépenses de l’Etat, soit pour relancer l’économie (New Deal, inspiration keynésienne)
l’Etat dépense, investit, embauche et les PO sont diminuées.
Ou la priorité est donné à la réduction des déficits, c’est une politique d’austérité, de
rigueur : L’Etat cherche à faire des économies, à réduire ses dépenses et il y’a une hausse
des PO. C’est le choix européen.
Déficit budgétaire : Le déficit budgétaire s’est hissé à près de 93 milliards d’euros, contre
76 milliards un an plus tôt. Le faute à une forte hausse des dépenses en 2019
Dette publique : 99 % du PIB en 2019.
Ne pas confondre Dette et Déficit :
Déficit : Solde négatif du budget annuel de l’Etat en milliards d’euros
Dette : Sommes dues par les administrations publiques
L’endettement des Etats se fait par émissions d’obligations : L’Etat s’endette sur les marchés
boursiers.
Une dette excessive impacte les taux d’intérêt : L’Etat emprunte à des taux élevés car les
investisseurs s’en méfient (risque de crédit).
Mais en ce moment les taux sont dits très bas.
A – Le passage à l’Euro et la recherche de convergence
L’UEM (l’Euro) renforce les interdépendances entre les économies. Il est nécessaire de
chercher la convergence des économies avec la monnaie unique : Economie ‘’unique’’.
Il faut aussi éviter les politiques non coopératives (le chacun pour soi)
Il faut éviter que les déséquilibres d’une économie (inflation ou déficits) fragilisent
l’ensemble de la zone.
Texte Pearltrees (Critères de Maastricht)
Les objectifs du traité de Maastricht sont ‘’une logique de convergence nominale qui portait
sur les taux d'inflation, le taux d'intérêt, la dette publique et le déficit public’’. Ils doivent
tous être faibles : Economie saine et sans inflation. Pour les respecter, les Etats ont dû
mettre en place les politiques de rigueur. Objectif : Un euro stable et aussi la convergence.
Les objectifs du PSC sont d’éviter l'existence de déficits excessifs qui impliqueraient une
création monétaire, une inflation et des taux d'intérêt à la hausse, affectant l'ensemble de la
zone. Il faut obliger les économies qui ont l’Euro à continuer à maîtriser l’inflation, la dette et
le déficit (inférieur à 3 %), la dette (inférieur à 60 % du PIB).
Le PSC a été aménagé afin d’autoriser les « dépassements limités et temporaires » de la
limite des 3 % du PIB pour le déficit public, mais il maintient l'objectif d'équilibre budgétaire
à moyen terme et il insiste sur la limitation de la dette publique à 60 % du PIB. Il est très
difficile pour les Etats de respecter ces objectifs sans renoncer à la volonté de réduire dette
et déficit.
Bilan : Les politiques conjoncturelles dans la zone Euro

Politique monétaire Politique Budgétaire


Niveau de décision BCE pour tous les pays de la Chaque Etat gère son
zone Euro budget
Justification Monnaie unique Laisser une certaine
autonomie, liberté à chaque
Etat
Instruments Taux directeurs Les PO et dépenses
publiques
Objectif principal dans la Permettre une stabilité des Politique de rigueur :
zone euro prix Finances publiques saines,
pas trop de déficit, pas trop
de dette publique
Risques évités Si inflation, affaiblissement Affaiblissement de la
de l’euro car la zone inspire confiance dans la zone euro
moins confiance et dépréciation de la zone
euro
Si inflation, il y’a une perte
de pouvoir d’achat, moins Quand les déficits sont trop
de demande et moins de importants, l’Etat ne peut
croissance plus investir, dépenser
Contraintes Les pays ont renoncé à leur PO à la hausse
souveraineté, la BCE fixe les (impopulaire), l’Etat renonce
mêmes taux pour toutes les à être très présent dans
économies l’économie, l’Etat renonce à
la relance keynésienne :
Les pays ne maitrisent plus Optique libérale
la valeur de leur monnaie :
Elles ne peuvent plus utiliser
la faiblesse de leur monnaie
sur leurs prix

Conclusion : La monnaie unique a amené les Etats membres à coordonner leur politique
budgétaire : Les objectifs de stabilité des prix de l’Euro nécessitent des finances publiques
saines (sans trop de déficit)
Mais la coordination des politiques budgétaires et la convergence des situations
économiques sont difficiles. Les règles strictes du PSC privent les Etats de souplesse et de
possibilité de relance keynésienne ambitieuse.
Mais le dispositif est critiqué : La crise de 2008 a montré les limites de la zone Euro.
B – Une gouvernance défaillante dans la zone euro
Gouvernance : Pilotage de la Zone Euro
C’est la BCE qui gouverne mais aussi les institutions européennes (commission, parlement), il
y’a aussi chaque Etat.
1) La zone Euro : Une zone de stabilité et de croissance ?
Rappel : Les Etats membres de l’UE ont signé un PSC (objectifs du pacte sont la stabilité des
prix, de l’euro et de la croissance économique).
La croissance économique dans l’UE présente de gros écarts : Mais dans l’ensemble, aucun
pays n’est en récession. Par exemple, la France est dans une croissance faible (en dessous de
2 % du PIB). Les prévisions de croissance sont mauvaises, en 2020, le PIB stagne dans la zone
Euro.
Concernant le chômage, il est de 7,4 % des actifs contre 6,2 % dans l’UE. Le chômage risque
d’augmenter dans la zone Euro avec les mauvaises prévisions du devenir de la croissance
économique.
Pour l’inflation, dans la zone Euro, on peut voir que les prix ont augmenté en moyenne de
1,57 % par rapport à l’année dernière. Globalement, l’inflation dans l’UE reste faible dans les
pays de la zone Euro.
La situation de l’UE à propos du déficit public est diverse : On peut voir que le déficit public
Pour la dette publique, la dette dépasse 60 % du PIB. Elle représente en Grèce ou en Italie
181 et 134 % du PIB.

Conclusion :
La zone Euro est une zone sans inflation. Les dettes sont en baisse mais restent élevés dans
certains pays : La croissance était revenue mais les prévisions pour 2020 sont à la baisse, le
chômage baisse mais il y’a des performances et l’économie est moins bonne par rapport aux
USA. Il y’a un risque de déflation dans la zone Euro.
La Zone euro est hétérogène : Les pays de la zone Euro ont des résultats économiques
différents : Les déséquilibres se sont creusés entre les économies (les économies ne sont pas
convergentes).
De plus, les pays de l’UE ont aussi des modèles sociaux différents : Ce qui génère une
concurrence à armes inégales. Il y’a un coût horaire de la main d’œuvre très différente et des
régimes sociaux très différents dont les FTN profitent.
Enfin il y’a une fiscalité très différente : En 2015 pour l’impôt sur les bénéfices les taux
s’échelonnent de 10 % (Bulgarie) ou en Irlande. Elle est à 38 % en France, on peut parler de
concurrence fiscale.
La faible solidarité entre les pays européens ne favorise pas leur convergence. Les aides sont
insuffisantes (financées sur le budget européen) pour résorber les écarts (politique de
rattrapage et de cohésion).

Bilan économique de la zone euro :

Les réussites Les insuffisances


- L’inflation est maitrisée dans la zone - Il y’a encore beaucoup de dette, de
euro déficit et les objectifs du PSC ne sont
- Les échanges intrazones sont pas atteints : La situation est
importants hétérogène
- L’Euro est une monnaie stable qui
rivalise avec le dollar - Croissance assez faible dans la zone :
Le chômage est trop élevé, la
situation est hétérogène

- Il n’y a pas de convergence des


économies
2) La crise de 2008 : Révélateur des incohérences dans la zone Euro
Les pouvoirs publics ont répondu à la crise des subprimes en mettant en place une politique
de relance : Hausse des investissements publics, des aides sociales, aides aux entreprises. Il
y’a eu aussi une baisse des PO. En Europe, le plan de relance est moins ambitieux qu’en
Europe et est plus tardif.
Il y’a eu une forte hausse des déficits et des dettes publiques. En 2010, les Etats ont mis en
place une politique de rigueur avec comme objectif la réduction des déficits, c’est-à-dire de
l’augmentation des PO et la recherche d’économies publiques et plus d’investissements
publiques.
Pour sauver les banques de la crise, il y’a eu un plan de sauvetage : Les Etats ont aidé
financièrement les banques pour leur éviter la faillite
Mais en 2010, il y’a eu une crise des dettes souveraines : Les Etats s’endettent sur les
marchés en mettant en vente des obligations. La Grèce et le Portugal ne trouvent plus de
prêteurs, les taux d’intérêts sont très élevés, il y’a un risque de faillite de l’Etat. A l’opposé,
l’Etat allemand emprunte à des taux bas.
Solution : Prêt du FMI et de la commission européenne à l’Etat grec en contrepartie de
mesures d’austérité très sévères.
Par contre, l’Euro en 2010 n’a pas subi de spéculation, pas de forte baisse. La BCE a eu un
rôle décisif dans la gestion de la crise : Elle a eu un rôle plus pragmatique en baissant
fortement les taux directeurs (avec un retard par rapport à la FED), les taux
d’investissements sont bas dans la zone.
En dernier ressort il y’a eu des prêteurs : Elle fournit des liquidités au marché interbancaire.

Conclusion :
La crise de 2008 a obligé l'Union européenne à innover et à reformer :
- Mise en place d’un mécanisme de surveillance de BK européennes appelé union
bancaire (elles ont une responsabilité ds la crise de 2008) sous la direction de la BCE
+création d’un fonds commun alimenté par les BK utilisé en cas de liquidation

- Les Etats-membres devront dorénavant soumettre leur budget à la validation de la


commission européenne. (Surveillance des budgets nationaux renforcée) on parle
aussi de pacte budgétaire européen

- Avec le MES, (mécanisme europ de stabilité) il s’agit d’essayer de remédier a


l’incapacité des pays de la zone euro à venir en aide aux Etats en difficulté, en
instaurant une forme de solidarité entre les Etats membres. C’est un système d’aide
multilatérale mais en contrepartie de sévères mesures d’austérité, c’est le FMI
européen
L’efficacité de ces outils est remise en cause : Pour certains, seule l’union politique et un
budget fédéral permettra de sauver l’euro. Mais ce n’est pas une ambition commune.
- Le Brexit met encore plus à mal la construction européenne

- La crise des réfugiés est aussi un défi pour l’Europe plusieurs pays ont rétabli les
contrôles aux frontières

- 2019 : plus de 60 ans après le traité de Rome, le processus d’intégration européenne


est en difficulté

1. Faux
2. Vrai
3. Vrai
4. Faux
Chapitre 9 : Comment s’articulent le marché du travail et les organisations dans la gestion
de l’emploi ?
Introduction : L’emploi est défini comme un travail rémunéré, il peut être salarié ou
indépendant. Les organisations sont un ensemble d’individus regroupés dans une structure
commune, hiérarchisée avec des objectifs : Entreprises, associations, lobbys et partis,
syndicats. Nous allons nous concentrer ici sur les entreprises.
Le travail a une dimension marchande (approche économique) : Le nombre d’emplois et le
salaire se décident sur le marché du travail.
Mais cette approche est insuffisante, il faut aussi une approche sociologique : Les relations
du travail sont encadrées par des normes et des institutions, il y’a des règles d’origine
étatique. Ex : Salaire min (SMIC), obligation de payer des congés (5 semaines), code du
travail, loi sur les 35 h, lois anti-discriminations, et aussi des règles issues des négociations
entre partenaires sociaux (syndicats et employeurs).
L’emploi et les salaires dépendent donc d’une part du marché du travail (offre et de la
demande du travail), d’autre part des négociations et de l’Etat.
I – L’emploi : Une relation marchande
A – Fonctionnement du marché du travail dans l’analyse néoclassique
Les économistes néoclassiques sont des économistes libéraux du 20ème siècle. Ils décrivent le
fonctionnement d’un marché du travail parfaitement concurrentiel. Dans cette optique, le
travail est une marchandise comme les autres, elle s’échange sur un marché concurrentiel
respectant des hypothèses de CPP et son prix se fixe sur le marché.
Offre de travail : Ce sont les actifs, ceux qui proposent leur travail
Demande de travail : Elle vient des entreprises, des employeurs qui recrutent.
Dans cette optique, le prix du travail (le salaire) est déterminé par le marché, il résulte de la
confrontation de l’offre et de la demande. Aucune entreprise, aucun salarié ne maîtrise le
prix : C’est une donnée extérieure. L’employeur ne fixe pas le salaire : Il dépend du marché.
L’employeur est price taker : il s’aligne sur les salaires pratiqués par les concurrents (sinon il
aura des difficultés à recruter, beaucoup de concurrence).
On appelle salaire réel le salaire corrigé de l’inflation (c’est le pouvoir d’achat du salaire) et le
taux de salaire réel c’est le salaire réel par travailleur ou par heure (pour une unité de
travail).
L’analyse néoclassique du marché du travail repose sur une approche microéconomique à
partir de calculs coût/avantage réalisés par les demandeurs et les offreurs de travail
individuellement (arbitrage). Il y’a aussi un raisonnement à la marge (marginaliste), on
s’intéresse à la dernière unité.
1) La demande de travail
Elle vient des entreprises. Qu’est ce qui détermine la demande de travail (Quels sont les
déterminants, qu’est ce qui influence la demande de travail ?)
La demande de travail dépend de l’arbitrage (le calcul coût/avantage) effectuée par
l’entreprise.
C’est un arbitrage entre ce que coûte un travailleur supplémentaire (taux de salaire réel en
euros) et ce que lui rapporte ce salarié supplémentaire (la productivité marginale).
Tant que le supplément de production apporté par le dernier travailleur embauché (sa
productivité marginale) est supérieur à ce qu’il coûte (le taux de salaire réel), alors
l’entreprise embauche
Sinon, l’entreprise va plutôt investir, c’est-à-dire qu’il y’a une hausse du capital au détriment
du travail : L’entreprise effectue donc aussi un arbitrage capital/travail, elle peut aussi se
délocaliser.
Les déterminants de la demande de travail sont donc : Le coût du travail (taux de salaire
réel) et la productivité marginale.

La demande de travail est donc une fonction décroissante du salaire réel :

Si le marché fixe le salaire à S1, alors Q1 est le nombre d’embauches par les employeurs. Si le
salaire passe à S2 (s’il baisse), alors Q2 (le nombre d’emplois demandés) augmente.
2) L’offre de travail
Quels sont les déterminants de l’offre de travail ? Elle résulte d’un arbitrage entre le travail
et les loisirs : Le ménage travaille davantage tant que l’heure de travail lui rapporte plus
(c’est le taux de salaire réel) qu’elle ne coûte
Ce que coûte le travail est appelé la désutilité du travail, c’est-à-dire les désagréments et les
dépenses liés au travail : Sacrifice du temps libre, fatigue, problème de santé, déplacement,
garde des enfants.
Quel impact a la présence de revenu de remplacement sur l’arbitrage entre travail et loisirs ?
Si on propose à la personne un salaire proche de son allocation, elle ne propose pas son
travail donc ces allocations désincitent aux travail (optique libérale), cela favorise l’inactivité
(trappe à inactivité).

L’offre de travail est une fonction croissante du taux de salaire réel :

Si le salaire se fixe à S1 sur le marché, alors la quantité de travail proposée par les offreurs
est Q1.
Si le salaire augmente (S2), la quantité de travail proposée passe à Q2, donc la quantité
augmente.
Donc, si le salaire augmente, il y’a plus d’offres et si le salaire diminue, il y’a moins d’offres.
Cela varie donc dans le même sens.
3) L’équilibre sur le marché du travail
Si le salaire est parfaitement flexible et le marché parfaitement concurrentiel, alors le
marché du travail s’autorégule : Il parvient toujours à l’équilibre.
Salaire d’équilibre : C’est le salaire qui permet l’égalité entre l’offre et la demande, tous ceux
qui veulent travailler sont embauchés (pas de chômage).

Salaire
d’équilibre

Niveau d’emploi
d’équilibre

Un déséquilibre comme le chômage n’est pas durable : Il y’a retour à l’équilibre, le salaire va
diminuer, avec ce nouveau salaire, il y’a moins d’offres (travailleurs intéressés) et plus de
demande (embauches), le chômage se réduit.
Si le salaire baisse trop (en dessous de l’équilibre), il n’y a pas assez d’offreurs par rapport
aux besoins des entreprises, le salaire va finir par augmenter et ainsi il y’aura plus d’offreurs.
La pénurie de main d’œuvre comme le chômage ne peut pas être durable quand le marché
est parfaitement concurrentiel.
Que provoque une baisse de l’offre de travail (choc d’offre négatif) ?
Il y’a moins de main d’œuvre dans l’économie : Explications démographiques (vieillissement
de la population ou études plus longues ou une guerre) alors le salaire réel augmente car les
travailleurs deviennent plus rares.
Que provoque une hausse de la demande de travail ? Les entreprises ont un besoin accru de
main d’œuvre lié à une hausse de l’activité économique, les salaires ont tendance à
augmenter car il faut inciter les personnes à travailler.

Demande 2

Offre

Alors dans cette optique libérale, comment expliquer le chômage ?


Dans ces conditions, le seul chômage qui existe est un chômage volontaire : Refus de
travailler pour un salaire jugé trop bas
Mais aussi dans cette optique libérale, tout ce qui empêche le marché du travail de
s’autoréguler est cause de chômage. Les solutions pour lutter contre le chômage consistent
donc à restaurer les mécanismes autorégulateurs : Il faut plus de flexibilité (souplesse),
moins d’interventions de l’Etat, il faut supprimer des rigidités structurelles du marché du
travail :
Concernant les allocations (chômage + RSA), les charges sur les salaires, les embauches, les
licenciements, le salaire minimum, les syndicats : Ils empêchent les employeurs de trop
baisser les salaires, les emplois
Offre de travail
Désutilité
du travail

Taux de
salaire réel

Demande de travail

Productivité
marginale

1. Supérieure
2. Diminue
3. Droite
4. Volontaire

Conclusion :
Pour les économistes néoclassiques, le travail est une marchandise comme une autre et le
marché du travail fonctionne selon les mêmes mécanismes que le marché des biens et
services c’est-à-dire selon les conditions de la concurrence parfaite à savoir : Homogénéité,
atomicité, transparence de l’information, mobilité parfaite
L'analyse néoclassique de base du marché du travail repose sur une approche
microéconomique à partir de calculs coûts/avantages réalisés par les offreurs et les
demandeurs de travail. Les offreurs de travail sont les ménages. Ils opèrent un arbitrage
entre le travail et le loisir en fonction du salaire réel. Le salaire réel représente le pouvoir
d’achat du salaire nominal, c’est-à-dire la quantité de biens et de services qui peut être
achetée avec un salaire nominal donné alors que le taux de salaire réel est le prix unitaire du
travail (il s'obtient en divisant le taux de salaire nominal par l'indice des prix) et le coût
d'opportunité du loisir. Ils seraient davantage désireux de travailler (c'est-à-dire renoncer au
loisir) à mesure que le salaire augmente. Cela se traduit graphiquement par une courbe
d’offre de travail croissante en fonction du salaire réel.
Les demandeurs de travail (entreprises) effectuent un calcul en comparant le coût que
représente l’utilisation d’une unité supplémentaire de travail (qui correspond au ...taux de
salaire réel...) et ce que leur rapporte l’utilisation de cette unité supplémentaire du travail (la
productivité marginale du travail). Tant que le supplément de production apporté par le
dernier travailleur embauché est supérieur à ce qu’il coûte, l’entreprise continue
d’embaucher. Comme la productivité marginale du travail est décroissante (loi des
rendements décroissants), la courbe de demande de travail est également décroissante en
fonction du salaire réel. A l’équilibre, la demande de travail est égale à l’offre de travail, ce
qui détermine conjointement un salaire et un niveau d’emploi d’équilibre.
Pour un taux de salaire supérieur à celui d’équilibre, l’offre de travail est supérieure à la
demande, ce qui correspond au chômage. Pour retrouver l’équilibre, le taux de salaire réel
doit baisser. Comme sur n’importe quel marché, c’est la flexibilité du prix (ici du travail) qui
permet de résoudre les déséquilibres entre offre et demande. Le marché s’autorégule s’il
fonctionne en respectant les conditions de la concurrence parfaite.
Selon ce modèle néoclassique, si le chômage persiste c’est qu’il est volontaire, une partie de
la main d’œuvre refuse de travailler au taux de salaire réel d’équilibre du marché. Le
chômage peut également être causé par des rigidités structurelles dues à l’intervention de
l’Etat qui empêche le taux de salaire de diminuer en instaurant, par exemple, un salaire
minimum. Le niveau de ce dernier crée un déséquilibre entre offre et demande de travail qui
ne peut être résorbé car les entreprises n'ont pas le droit de proposer des taux de salaires
inférieurs. Pour résoudre le chômage, les économistes néoclassiques préconisent donc une
plus grande flexibilité des salaires passant par une suppression des différentes rigidités
institutionnelles susceptibles de l’entraver.
Exercice : A partir de la vidéo sur le site de l’académie de Versailles cours inverses

1. Qu’est-ce que le marché du travail ?


Le marché du travail est un lieu de rencontre entre l’offre et la demande de travail.
2. Rappelez les cinq conditions de la concurrence parfaite
Les 5 conditions de la concurrence parfaite sont : Atomicité, Homogénéité, Transparence de
l’information, fluidité et la mobilité.
3. Pourquoi l’approche néoclassique est-elle microéconomique ?
C’est une approche microéconomique car elle est fondée sur l’analyse des comportements
des agents économiques. L’agent économique est rationnel, il compare les coûts et les
avantages de ces actions.
4. Quels sont les déterminants de l’offre de travail des ménages ?
Les déterminants sont le travail et le loisir.
5. Qu’est-ce que le salaire réel ? Le taux de salaire réel ?
Le salaire réel est le pouvoir d’achat du salaire (quantités de biens et de services qu’il permet
d’obtenir). Le taux de salaire réel est le pouvoir d’achat d’une heure de travail.
6. Comment évolue l’offre de travail en fonction du taux de salaire réel ?
L’offre de travail est une fonction croissante par rapport au taux de salaire réel.
7. Quels sont les déterminants de la demande de travail des entreprises ?
La productivité marginale du travail et le coût marginal.
8. Comment évolue la demande de travail en fonction du taux de salaire réel ?
C’est une fonction décroissance par rapport au salaire réel
9. Comment est déterminé le niveau d’emploi ?
Il est déterminé par une situation d’égalité entre l’offre et la demande de travail : Le taux de
salaire d’équilibre permet un niveau d’emploi d’équilibre.
10. Pourquoi y-a-t-il du chômage ? Quelle est sa nature ?
Il y’a du chômage car il y’a un déséquilibre entre l’offre et la demande de travail. Le chômage
est volontaire : Une partie de la main d’œuvre refuse de voir le salaire diminué. Il peut être
aussi involontaire : L’Etat instaure le SMIC en France, mais celui-ci crée un déséquilibre entre
offre et demande. Il est aussi dû à des rigidités structurelles causées par les salariés ou l’Etat
et qui empêchent le taux de salaire réel de diminuer.
11. Quelles sont les solutions néoclassiques au problème du chômage ?
Il faut que les salaires soient flexibles et qu’il y’est une diminution de l’indemnisation du
chômage. Enfin d’après les économistes néoclassiques, il faut déréglementer le marché du
travail, c’est-à-dire faciliter l’offre et la demande.

B – La spécificité de la relation salariale


La démonstration des néoclassiques correspond à un marché du travail qui s’autorégule
dans les conditions de la cpp (concurrence pure et parfaite). La cpp est un modèle de
concurrence avec des hypothèses très strictes, voici les principales :
- Transparence : Info parfaite pour les entreprises et les ménages

- Atomicité : Un très grand nombre d’offreurs, demandeurs, isolés : Aucun ne peut


influencer le salaire, aucun n’a le pouvoir de négocier le salaire, ils sont price taker
(preneur de prix)

- Homogénéité du travail : Mêmes caractéristiques pour les travailleurs. Ils sont


substituables, la concurrence entre eux pour être embauché est donc très forte, il y a
unicité du marché

- Parfaite mobilité des facteurs de production ici du travail (et capital) : Fluidité

Pour vérifier la bonne compréhension de ces hypothèses : Faire les questions sur doc1p318

1. Non, ils ne disposent pas de ce pouvoir : Le salaire est fixé suite à la confrontation entre
les offreurs et les demandeurs mais il ne peut être modifié. Comme ils ne peuvent pas
modifier le salaire, les agents économiques sont price taker (s’ils pouvaient le modifier, ils
seraient alors price maker)
2. Dans l’analyse néoclassique, il y’a unicité du travail car tous les travailleurs sont identiques
et peuvent être substituables (ce qui est faux dans la réalité, car chaque travailleur est
différent : Certains produisent plus et sont plus diplômés que d’autres, ils ont un meilleur
taux d’alphabétisation).
3. Pour les néoclassiques, il y’a une transparence de l’information : L’information est parfaite
et elle est sue par les offreurs et les demandeurs. L’information n’est pas absente, elle est
présente.

En réalité la relation salariale est spécifique, cela signifie que le salaire n’est pas un prix
comme les autres : Il ne dépend pas seulement du marché du travail : Il ne dépend pas
uniquement de la confrontation entre O et D de travail. Les néoclassiques montrent que les
hypothèses posées qui aboutissent à une autorégulation du marché ne correspondent pas à
la réalité.
1) Asymétrie d’information et salaire d’efficience
Qu’en est-il de la transparence (info parfaite des salariés et des employeurs) ?
En réalité, la relation salariale présente des asymétries d’information au détriment de
l’employeur : L’employeur manque d’infos sur le salarié avant de l’embaucher : Sera-t-il
efficace ? Motivé ? A-t-il vraiment les compétences nécessaires ? Quel sera son niveau de
productivité ? Le futur salarié, lui, a ses infos sur lui-même d’où le terme asymétrie.
Les employeurs peuvent certes mettre en place des procédures de contrôle et surveillance,
mais elles sont coûteuses et pas toujours efficaces (elles peuvent brider l’autonomie et
l’initiative des salariés). Ils cherchent d’autres moyens pour réduire l’asymétrie
d’information : C’est la théorie du salaire d’efficience

Lire doc1+2 p322 sur doc1 il n’est pas nécessaire de comprendre le texte en détail mais de
savoir répondre aux questions ci-dessous :
1. Montrer que le diplôme est un moyen de réduire l’asymétrie d’information pour
l’employeur
Le diplôme permet à l’employeur de mieux connaître l’individu qu’il va embaucher ou non, il
permet de savoir des informations concernant le profil de l’offreur de travail comme par
exemple son niveau de qualification et les études qu’il a mené avant d’entrer dans la vie
active. Le diplôme permet donc de réduire l’asymétrie d’information car grâce à lui,
l’employeur sait à quel type d’individu il a affaire (individu motivé et rigoureux ou à l’inverse
fainéant et peu productif). Un individu ayant le bac par exemple sera embauché plus
facilement qu’un autre n’ayant aucun diplôme.
2. Pourquoi les employeurs peuvent-ils avoir intérêt à verser un salaire d’efficience c’est-à-
dire un salaire supérieur au salaire d’équilibre ?
Ils peuvent proposer de verser un salaire d’efficience car cela permet là aussi aux
employeurs de mieux connaître le profil de l’individu qu’ils ont embauchés : En versant un
salaire d’efficience, cela permet au travailleur de faire ses preuves et de montrer sa capacité
à produire efficacement. Si le salarié ne réalise pas le niveau d’effort attendu, l’employeur
peut alors décider de le virer et de le remplacer par un autre travailleur plus expérimenté et
efficace.
8. Nous pouvons voir que l’instauration du 5$ a day a permis à partir de 1914 aux USA de
réduire le taux de rotation : En 1914, pour un effectif moyen de 100 salariés, 54 salariés ont
été recrutés ou ont quitté volontairement l’entreprise. Un an plus tard, il n’y a plus que 16
salariés qui ont été recrutés ou qui ont quitté volontairement l’entreprise. Le ‘’5$ a day’’ a
permis pour Ford durant le fordisme de garder les salariés efficaces mais aussi de réaliser
des gains de productivité pour l’entreprise : Les gains de productivité ont permis une hausse
de la consommation et une augmentation de la demande globale.

Conclusion :
Le diplôme certifie certaines compétences du salarié. Les employeurs peuvent utiliser le
salaire comme instrument de motivation.... C’est la logique du salaire d’efficience (salaire
fixé plus haut que le salaire du marché) afin de stimuler la productivité.
Le salaire ne dépend donc pas uniquement du marché du travail, les employeurs ont parfois
intérêt à fixer un salaire supérieur au salaire d’équilibre du marché, ils ne sont pas price
taker dans cette optique. Ils ne pratiquent pas le même salaire que les autres.

2) La théorie de la segmentation du marché du travail


Elle remet en cause l’homogénéité et l’unicité du marché. Contrairement aux hypothèses
néoclassiques il n’y a pas unicité du marché du travail. En effet, le facteur travail n’est pas
homogène en raison de différences de capital humain et de multiples critères de
différenciation entre les offreurs. De même, les employeurs qui demandent du travail sont
divers, par exemple par la nature des emplois proposés. Cette hétérogénéité conduit à une
segmentation du marché du travail : Il n’y a pas unicité du marché du travail, il est segmenté,
il existe plusieurs marchés du travail et non pas un seul : Cette segmentation prend la forme
d’un dualisme (il existe 2 marchés du travail).
Exercices :

Tout d’abord, les critères de différenciation des travailleurs sont basés sur des critères
comme l’âge, d’après le document 4, 29,6 % des moins de 25 ans sont rémunérés au SMIC
alors 4,8 % des 30-39 ans sont rémunérés au SMIC, ou par rapport au genre, 13,9 % des
salariés femmes sont rémunérés au SMIC contre 8 % des salariés hommes, mais aussi par
rapport au type de contrat, 9,6 % des salariés en CDI sont rémunérés au SMIC contre 23,1 %
en CDD. Les études et le capital humain génèrent des différences de salaires, plus nous
avons un capital humain élevé, plus notre salaire est élevé d’après le document 3. Alors que
les critères des entreprises sont la taille, 28 % des salariés qui travaillent dans une TPE sont
rémunérés au SMIC contre 5 % des salariés qui travaillent dans une grande entreprise, puis
le secteur d’activité, 39,3 % des salariés dans l’hôtellerie, restauration sont rémunérés au
SMIC contre 3,1 % des salariés dans les banques et assurances.
p.320 :

1. La segmentation du marché du travail signifie que le marché n’est pas unifié et qu’il y’a
plusieurs marchés du travail : Il y’a des différences faites entre les joueurs, il y’en a 2 types, il
y’a les offreurs avec de très bonne qualification et ceux-ci sont très rare, ne sont pas
substituables et sont privilégiés, très recherchés puis il y’a les offreurs avec des qualifications
moyennes, ceux-ci sont plus nombreux, il y a donc plus de concurrence et eux sont
substituables.
2. Le dualisme signifie qu’il y’a l’existence de 2 marchés du travail : Comme il l’est dit il y a
deux catégories de joueurs, ceux très forts, rares, principalement recherchés avec des
salaires négociés élevés puis ceux avec un niveau moyen, ils sont comme banal, il y a donc
une forte concurrence et eux leur salaire est donc beaucoup plus bas.
Doc.2 :
5. Les employeurs ont besoin d’un personnel stable (CDI) mais aussi d’un personnel recruté
pour une durée plus courte (pour faire face aux fluctuations de l’activité ou pour des
remplacements)
6. Le marché secondaire fonctionne comme le décrive les néoclassiques, les travailleurs sont
substituables et le salaire dépend du marché, c’est la logique marchande. Les salariés du
marché primaire échappent à cette logique, leur salaire augmente avec l’ancienneté et leur
emploi est stable
7. En 1982, il y avait 93,6% de salariés en CDI, les CDI dominent dans l’emploi total
8. Entre 1982 et 2012, nous pouvons voir que parmi l’emploi salarié total, il y’a moins de
CDI : En 2012, il y’a 86,5 % des emplois qui sont des CDI contre 93,6 % en 1982. De plus, le
pourcentage pour les autres emplois augmente : Parmi l’emploi salarié total, en 2012, il y’a
9,6 % des emplois qui sont des CDD et contrats saisonniers contre 4,9 % en 1982 et 2,2 % qui
sont des emplois intérims en 2012 contre 0,5 % en 1982. On peut donc dire qu’entre 1982 et
2012, en France, le marché du travail tend à se segmenter

Conclusion :
La segmentation du marché du travail prend la forme d’un dualisme : Il existe 2 marchés du
travail (2 mondes du travail), ce marché n’est pas unifié.
On peut considérer que le marché primaire est le marché de la carrière alors que le marché
secondaire est le marché de la ‘’galère’’. Le marché secondaire se rapproche le plus de
l’analyse néoclassique, il y’a une forte concurrence entre les salariés pour avoir un emploi, ils
sont relativement substituables, il y’a du chômage (Offre > Demande) donc les salaires sont
faibles.

3) La remise en cause de l’atomicité sur le marché du travail


Dans le modèle néoclassique, l'atomicité du marché du W signifie que ni les travailleurs, ni
les employeurs ne sont en mesure de se coaliser, ils négocient individuellement.
Conséquence : Aucune action individuelle ne peut avoir d’influence notable sur le prix.
Chaque agent économique est ‘’preneur de prix’’ : Personne ne peut influencer le prix, qui
est déterminé par le marché selon le mécanisme de la loi de l'offre et de la demande.
Pourquoi n'y-a-il pas atomicité sur le marché du travail ? Les négociations salariales sont
souvent collectives se passent entre organisations, et non pas entre agents individuels
(atomisés). Regroupés (coalisés), les travailleurs (ou les employeurs) sont alors faiseurs de
prix, c’est à dire augmentent leur pouvoir de négociation pour influencer la fixation des
salaires. Le rapport de force est modifié : Les salariés regroupés ne subissent plus la fixation
des salaires, ceux-ci résultent de compromis, de négociations collectives.
Conclusion :
Ainsi le marché du travail est imparfait, le travail n’est pas une marchandise comme les
autres. Le prix et la quantité demandée et offerte se fixent selon des principes différents des
autres ‘’produits’’, l’employeur peut fixer un prix plus élevé (salaire d’efficience) les salariés
diffèrent selon plusieurs critères et les négociations ne sont pas individuelles mais
collectives. En plus la relation employeurs/salariés (appelée relation salariale) est encadrée
par l’Etat et des normes construites collectivement.

II - Rôle des négociations collectives et de l‘intervention de l’Etat dans la relation salariale


A - L’institutionnalisation de la relation salariale entre conflits et coopération
Au début du 19ème siècle, il n’existe pas de droit du travail : Il n’y a aucune loi, aucune règle
qui encadre la relation salarié /employeur, l’employeur fixe librement les modalités du
travail et se contente d’acheter le travail dont il a besoin, au meilleur prix. Le salarié était
donc soumis au bon vouloir de son employeur et ne pouvait pas défendre ses intérêts à
travers des syndicats (interdits jusqu’en 1884). Au cours du temps, la relation salariale
s’institutionnalise, il y’a une institutionnalisation de la relation salariale : C’est un processus
d’émergence de règles, de normes, qui encadrent la relation entre le salarié et son
employeur. L'institutionnalisation de la relation salariale a consisté notamment à la mise en
place de contrats de travail, qui ont permis de sécuriser la relation employeur / salarié.
Contrat de travail : Accord par lequel un salarié met son activité à la disposition d'un
employeur, qui lui verse un salaire et a autorité sur lui. Il existe deux types principaux de
contrats de travail : les Contrats à Durée Indéterminée (CDI) et les Contrats à Durée
Déterminée (CDD)
Au cours du 19ème siècle, les ouvriers se sont organisés à travers des syndicats pour défendre
leurs intérêts. De nombreux conflits (en France, les plus généralisés sont ceux de 1936 et de
1968) ont permis de faire évoluer le droit du travail en faveur des salariés, on peut citer : Les
congés payés (2 semaines en 1936) la limitation de la durée hebdomadaire du travail, les
jours de repos (historiquement le dimanche), le salaire minimum et la sécurité sociale.
L’existence d’un salaire minimum illustre bien le rôle de l’Etat dans la relation salariale :
L’Etat intervient dans la fixation des salaires. En France, il n'est pas possible de payer un
salarié en dessous du SMIC horaire.
Salaire minimum : Taux horaire de salaire minimal, en dessous duquel aucun salarié ne peut
être payé. Le salaire minimum est destiné à assurer à tous les salariés un revenu décent. En
France il s'agit du SMIC : Salaire minimum interprofessionnel (valable quel que soit le métier,
la branche...) de croissance (il augmente forcément)
Remarque : Dans l'UE, 21 des 27 pays ont un salaire minimum, cela peut être un salaire
minimum horaire (comme en France), hebdomadaire ou mensuel. Le SMIC est revalorisé
automatiquement (en juillet), la revalorisation du SMIC sert généralement de base de
négociation pour l'augmentation des autres salaires.

Evolution du SMIC depuis 10 ans : Il s’agit du SMIC brut (avant les cotisations)
Nous l’avons dit beaucoup de ces avancées sociales sont obtenues suite à des conflits, des
luttes ouvrières. Les conflits du travail n'ont pas disparu, mais ils se sont aussi
institutionnalisés et il y a plus de place pour la coopération / négociation.
Négociation collective : discussion organisée entre employeurs et représentants des salariés
dans la perspective d'un accord. Cet accord peut prendre la forme d'une convention
collective.
Conventions collectives : accord qui résulte de la négociation entre employeurs et syndicats,
portant sur les conditions de travail (rémunération, durée de travail...).
Ainsi, les négociations doivent permettre d'aboutir à des accords plus favorables au droit des
salariés que la loi en vigueur : La convention collective peut-être signée au niveau
interprofessionnel (concerne tous les salariés), de la branche d'activité (concerne les salariés
de la branche, ex : Automobile), ou de l'entreprise (ne concerne que les salariés de
l'entreprise où l'accord est signé). Les représentants des salariés et des employeurs ont des
intérêts antagoniques et ils peuvent rentrer en conflit.
Cependant, avec l'institutionnalisation des conflits et le développement de la négociation,
les acteurs du conflit se reconnaissent mutuellement comme légitimes et coopèrent pour
trouver une solution ‘’raisonnable’’, qui puisse satisfaire à la fois les syndicats et les
employeurs. Les représentants des employeurs et des salariés sont ainsi appelés des
partenaires sociaux (avec ce terme partenaires, on a l’idée de coopération)

Faire le point p.325

Syndicats de salariés

Partenaires sociaux

Collectives
7. Nous pouvons voir qu’entre 1983 et 2012, les accords de négociations collectives en
France interprofessionnel au niveau national ont diminué de 18 pts, passant de 47 accords à
29. Le nombre d’accords a quant à lui augmenté durant la même période au niveau des
branches, passant de 901 à 1236 accords en 2012, soit une hausse de 335 pts. Pour les
accords d’entreprises, on peut voir qu’ils ont augmenté, passant de 1955 accords en 1983 à
38 799 en 2012, ils ont été multipliés par 20 !
8. On peut parler d’une décentralisation de la négociation collective car celles-ci varient :
Elles ont différents thèmes et elles ne sont pas qu’au niveau interprofessionnel, elles sont
aussi au niveau des branches.
9. En 1990, 3 % des accords de négociations collectives portent sur l’emploi. En 2012, 9 %
des accords de négociations collectives portent sur l’emploi, ils ont augmenté.
10. Les accords ont diminué pour la plupart des thèmes, hormis pour l’emploi : 3 % des
accords portaient sur l’emploi en 1990 contre 9 % en 2012, il y’a une hausse de 6 pts.
11. Le SMIG est le salaire interprofessionnel minimum garanti, il fut créé en 1950. Il est
devenu le SMIC en 1970 (Salaire minimum interprofessionnel de croissance) afin que les plus
bas salaires puissent participer au prix de la croissance et afin que le pouvoir d’achat des
ménages augmente, le pouvoir d’achat du SMIG stagnant et étant plus faible par rapport au
salaire moyen.
12. Il augmente en 1981 de 10 %, il a augmenté afin qu’il y’ait plus d’emploi et moins de
chômeurs.
13.

Transition : L’institutionnalisation de la relation salariale s’est également traduite par


l’instauration de normes d’emploi.

B - De l'instauration des normes d'emploi à leur remise en cause : L’avènement de la


société salariale et son ‘’effritement’’

Les années 1945-1975 (les 30 Glorieuses) correspondent à ce que de nombreux auteurs ont
désigné comme un type de société « salariale » (Robert Castel, 1995). Après la Seconde
Guerre mondiale jusque dans les années 1970, on pouvait parler en France de société
salariale, elle est à son apogée au moment du choc pétrolier (1973) et elle se caractérise par
une population active salariée en immense majorité et une “condition salariale solide”, c’est-
à-dire norme de l'emploi salarié à temps plein et en contrat à durée indéterminée,
correctement rémunéré. On parle d'emploi typique car après la deuxième guerre mondiale,
c’est la norme d’emploi qui est dominante, la forme d'emploi "normal’’. Non seulement
(quasiment) tout le monde a un emploi salarié stable, mais à cet emploi est associé une série
de droits. Autrement dit, le statut de salarié donne des droits : Droit du travail, protection
sociale (sécurité sociale), etc…

A partir de 1975, on peut parler avec Robert Castel d'effritement (remise en cause) de la
société salariale, qui se caractérise par plusieurs évolutions parallèles :
- Développement des emplois atypiques (= remise en cause la norme d'emploi
typique) : Le marché du travail devient de plus en plus dualiste

- Diminution de la protection de l'emploi : montée du chômage (cf chapitre suivant)

- Licenciement plus facile et plus fréquent

- Réduction de l'étendue des droits associés à l'emploi salarié : remise en cause de la


protection sociale (voir retraite).

Ces différents éléments se combinent et renforcent le sentiment de précarité, de


vulnérabilité.

Conclusion :
Malgré l'effritement de la société salariale depuis les années 1980, la relation salariale reste
socialement encadrée, elle est institutionnalisée, le salariat est ainsi devenu un statut
associé à des droits et à une protection sociale. Les négociations entre partenaires sociaux
(précédées ou pas de conflits) peuvent déboucher sur la signature d’accords qui eux aussi
encadrent la relation salariale et portent sur de nombreux aspects de la relation salariale (le
salaire mais aussi le temps de travail, les emplois, l’égalité professionnelle...).
L’emploi, le temps de travail, le niveau de rémunération, relèvent d’une logique économique
d’efficacité, mais pas seulement : Ils relèvent aussi d’une intervention de l’Etat et d’une
logique de coopération (négociation) et de conflit entre les partenaires sociaux.
Chapitre 10 : Quelles politiques pour l’emploi ?

Introduction : Dans la plupart des pays européens, le chômage touche de nombreuses


personnes. Ce chômage de masse a des conséquences économiques mais aussi sociales, la
lutte contre le chômage est toujours au cœur des préoccupations gouvernementales.
Les pouvoirs publics cherchent à réduire ce déséquilibre avec des politiques pour l’emploi :
Ce sont des politiques publiques spécifiques dont l'objectif est de réduire le chômage
(sauvegarde des emplois existants et création de nouveaux emplois, plus largement les
politiques monétaires et budgétaires ont une influence sur la croissance donc sur l'emploi et
le chômage donc peuvent être considérés comme des politiques pour l’emploi).

I - Définitions et statistiques
Population active : C’est une partie de la population qui est impliqué dans une activité : 29.6
millions de personnes sont actives, dont 26.6 millions ont un emploi.
Chômage selon l’INSEE (ou BIT) : Le chômage est la situation d’une personne qui souhaite
travailler et ayant la capacité de le faire, se trouve sans emploi, malgré ses recherches. C’est
un actif sans emploi : Au quatrième trimestre de 2018, il y’avait 2,5 millions de personnes
qui étaient au chômage en France.
Taux de chômage : c’est le rapport entre le nombre de chômeurs par rapport à la population
active (y compris les chômeurs) : Au quatrième trimestre de 2018, 8,8% de la population
active était au chômage en France.
Taux d’activité : Il correspond au nombre d’actifs rapporté à l’ensemble de la population en
âge de travailler (les personnes âgées de 15 à 64 ans). Cet indicateur est exprimé en
pourcentage pour chaque tranche d’âge : Le taux d’activité des personnes de 15 à 64 ans
s’établit à 71.4% en 2016 en France : 71% des personnes en âge de travailler sont actives
(donc sur le marché du travail)
Taux d’emploi : Le taux d’emploi est le rapport entre la population active occupée et la
population en âge de travailler (toutes les personnes âgées de 15 à 64 ans). Le taux d’emploi
est de 65.9% en 2018. 65.9% des personnes en âge de travailler ont un emploi.
Evolution du taux de chômage depuis 1975 en France : Depuis 1980 le taux de chômage avait
fortement augmenté jusqu’en 2014, en 1980 le taux de chômage est de 5.1% des actifs et en
2014 il était de 9.9% des actifs, aujourd’hui en janvier 2019 le taux de chômage est de 8.8%
des actifs. Il a baissé sur les dernières années.
On peut calculer un taux de chômage par catégorie : Celui des jeunes, des femmes. Idem
pour les taux d’activité ou taux d’emploi.
Le chômage longue durée est un chômeur est considéré de ‘’longue durée’’ dès lors qu’il est
sans emploi depuis plus d’un an. Le taux de chômage de longue durée est de 44% des
chômeurs en 2017 selon l’OCDE, ce qui signifie que 44% des chômeurs n’ont pas d’emplois
depuis au moins un an.
Halo du chômage : Ensemble de personnes en situation intermédiaire entre l’emploi, le
chômage et l’inactivité comme les chômeurs découragés (inactif ou chômeur ?), les
travailleurs effectuant peu d’heure et souhaitant travailler plus (en emploi ou au chômage ?)
chômeurs en formation (chômeurs ou inactif ?).
Exercices :
Chapitre 11 : Quels liens sociaux dans les sociétés où s’affirme le primat de l’individu ?

Introduction : Les liens sociaux sont toutes les relations nouées entre une personne et les
groupes sociaux auxquels elle appartient. Les liens sociaux se créent dans la famille, groupe
religieux, au travail, à l’école, dans des associations, etc…
Ces liens créent un sentiment d’appartenance au groupe, ils permettent de développer des
valeurs, normes communes : Ils permettent l’intégration. Pour être intégrer, il faut des liens
avec les autres.
Le primat de l’individu est la montée de l’individualisme. Les choix de la personne (l’intérêt
particulier) priment sur les valeurs, les normes du groupe. Les libertés individuelles
progressent, le principe d’égalité aussi et les individus acceptent de moins en moins que
leurs choix soient dictés par des institutions sociales contraignantes : La famille, la religion, le
syndicat ou le parti par exemple. Ils veulent décider par eux-mêmes : Par exemple, libre de
choisir le conjoint qu’on veut, se marier ou pas, se séparer, libre choix du métier que l’on
veut exercer, etc….
Problématique : Nos sociétés sont marquées par une montée de l’individualisme (le primat
de l’individu s’affirme). Quelles conséquences pour les liens sociaux, pour la cohésion
sociale, pour l’intégration sociale ?
Cohésion sociale : Elle correspond à la situation d'un groupe fortement solidaire et intégré.
En découlent l'existence de buts communs, l’attraction des individus les uns par rapport aux
autres et enfin l'attachement des individus au groupe : C’est le ciment de la société
Liens sociaux : Ensemble des relations qu’entretiennent les membres d’une communauté et
qui les amènent (ou non) à développer un sentiment d’appartenance à un même groupe.
Intégration sociale : C’est le processus qui permet à une personne ou à un groupe de
personnes de se rapprocher et de devenir membre d'un autre groupe plus vaste par
l'adoption de ses valeurs et des normes de son système social.
Quels sont les liens et les nuances entre ces notions ? Pour être intégré, l’individu doit avoir
des liens avec les autres : La notion d’intégration concerne l’individu ou un groupe (l’individu
est plus ou bien intégré dans la société) alors que la notion de cohésion sociale, c’est l’état
d’une société (il existe une faible ou forte cohésion dans cette société.

I - Comment évoluent les liens sociaux sur le long terme ?


A - Primat de l’individu et domination de la solidarité organique (Emile Durkheim)

Emile Durkheim : Sociologue français (1858-1917)


Contexte de la fin du 19ème siècle : Industrialisation, croissance démographique, exode rural
L’ordre social traditionnel est bouleversé : Les conditions socioéconomiques, politiques
changent : Sécularisation et laïcisation, baisse de l’influence de la famille sur les destinées :
Egalisation des chances et idéal méritocratique, premiers divorces.
Dans ce contexte l’individualisme progresse, c’est le primat de l’individu.
Attention pour Durkheim : Solidarité ne signifie pas entraide mais liens sociaux ! Et la division
du travail concerne la société, c’est-à-dire que les individus ont chacun un rôle, une fonction
dans la société du fait de leur métier.
Conscience individuelle : Personnalité de chacun
Conscience collective : Les croyances, valeurs communes.
Solidarité mécanique Solidarité organique
Quelle est la société Société traditionnelle (avant Société moderne (déjà à
concernée ? La division du Durkheim) : Société l’époque de Durkheim)
travail y’est-elle étendue ? organisée en 3 ordres,
société rurale, société La division du travail est
féodale. étendue.

La division du travail est peu Individu différencié dans


étendue, les activités sont leur activité, dans leur tâche
peu diverses, peu
spécialisées. Société complexe

‘’Les individus se Activités multiples


ressemblent’’, il y’a des
similitudes entre les
individus
Sur quoi la cohésion sociale Normes et valeurs La spécialisation des
est-elle fondée ? communes, traditions individus crée une
communes, croyances fortes complémentarité, une
et partagées. Beaucoup de interdépendance.
rites pour rassembler les
gens. D’où le terme ‘’solidarité
organique’’ comme les
Ils aiment leur patrie organes du corps humain.

Ils ont un mode de vie Ex : Chef d’entreprise a


semblable besoin de secrétaire, de
comptable, ouvrier, client,
Ils ont un sentiment fournisseur. Ces fonctions se
d’appartenance assez fort à complètent pour que
leur groupe (famille, village, l’entreprise fonctionne
leur patrie et leur religion) correctement
Quelle est la place de la La conscience collective est La conscience collective
conscience individuelle et dominante. ‘’L’individu est s’affaiblie. L’individualisme
de la conscience collective ? en quelque sorte absorbé se développe, le primat de
par le groupe’’. L’individu se l’individu aussi.
conforme aux règles
facilement : Société très Il y’a plus de liberté mais la
répressive et très encadrée société reste encadrée il y a
des lois, règles, normes
Conclusion La société prime/l’emporte L’individu l’emporte/prime
sur l’individu sur la société
Restreinte Etendue

Faiblement différenciées Fortement différenciées

Forte Affaiblie

Similitude des individus Complémentarité des


individus

a) Faux
b) Vrai
c) Vrai
d) Faux
e) Vrai
1. a)
2. c)
B - Maintien de la solidarité mécanique dans les sociétés modernes
Il s’agit ici de montrer que la solidarité mécanique perdure dans une société où s’affirme le
primat de l’individu :
Le primat de l’individu est la montée de l’individualisme, c’est-à-dire que les choix de la
personne priment sur les valeurs, les normes du groupe et que les libertés individuelles
progressent. La solidarité mécanique selon Durkheim se caractérise par la similitude entre
les individus, on est passé de la solidarité mécanique à la solidarité organique où il y a une
forte division du travail, où chacun à un rôle dans la société, ce qui augmente la
différenciation entre les individus et donc la montée de l’individualisme.
Néanmoins, la solidarité mécanique perdure dans tous les groupes qui rassemblent des
individus qui partagent des croyances, des causes communes ou des groupes qui partagent
des liens forts (une famille). Il y’a dans ces groupes une similitude de passion, d’objectifs ou
de vie (ce sont souvent des liens électifs, choisis). Par exemple, dans un groupe d’ados amis,
les individus se ressemblent (même âge, même vie (le lycée), même centre d’intérêt et les
liens sociaux sont toujours présent. La famille correspond aussi à une solidarité mécanique :
Même quotidien, liens forts, souvent même valeurs et même opinions politiques.
On observe dans les sociétés actuelles que beaucoup de liens sociaux contemporains
entretenus par des groupes, des mouvements relèvent de la solidarité mécanique. Par ex :
Les groupes de supporters : Ils partagent une même passion, ils disent faire partie de la
même famille, ils se réunissent régulièrement, ils affichent leur passion. Autres exemples :
Les bandes des cités, les groupes régionaux (corses), les membres d’une association. Il s’agit
de groupes qui rassemblent des individus qui partagent des croyances, des causes
communes à tel point que le groupe l’emporte sur l’individu. Enfin les liens familiaux
relèvent aussi d’une solidarité mécanique : Ce sont des liens forts, il y’a une proximité, une
ressemblance entre les membres d’une famille (même quotidien souvent même valeurs),
une solidarité aussi.

II - L’évolution des instances d’intégration


Il existe 3 instances d’intégration essentielles : Emploi, famille, école. Mais sont-elles encore
efficaces pour intégrer les individus ? Pour être lié aux autres (être intégré), il faut compter
pour les autres (avoir de la reconnaissance, de l’importance pour les autres et aussi pour
compter sur les autres (pouvoir compter sur leur solidarité).
A - Le rôle intégrateur de l’emploi s’est-il affaibli ?
Comment le travail rattache-t-il l’individu aux autres ? Comment ces liens sociaux liés au
travail ont-ils évolué : Ils sont impactés par le chômage et le développement des FPE ou
emplois atypiques. Avec quelles conséquences pour l’intégration des individus ?
Emplois atypiques ou formes particulières d’emplois : C’est un emploi qui n’est pas en CDI ou
pas à temps complet ou les deux.
Travailleurs pauvres : Ce sont des travailleurs au SMIC mais ne faisant pas assez d’heures
pour vivre au-dessus du seuil de pauvreté. Ex : Une femme de ménage avec 7h par semaine
Remarque : Un temps plein au SMIC est largement au-dessus du seuil de pauvreté.

Le travail ‘’grand intégrateur’’ Le travail en crise

- Donne un statut social, une utilité, Le chômage peut amener à l’isolement,


estime de soi, donne un sens à marginalisation. L’absence de travail est
l’existence une ‘’mort sociale’’. Il n’y a plus de liens,
plus d’utilité, repli sur soi
- Pour Durkheim, le travail (le
métier) apporte une - Les emplois précaires sécurisent
complémentarité avec les autres, moins, difficulté à se trouver une
c’est la solidarité organique utilité, à créer des liens, à être
autonome financièrement
- Lieu de socialisation secondaire, de
sociabilité - Phénomène des travailleurs
pauvres ‘’working poor’’, nouvelle
- Donne un revenu, permet de pauvreté. Ils travaillent mais ne
consommer comme les autres peuvent pas vivre comme les autres
(normes), donne l’indépendance donc ils se sentent marginalisés.
financière
- Le marché du travail est devenu
- Travailler donne droit à la sécurité dualiste : 2 mondes coexistent, les
sociale (logique d’assurance : En emplois typiques et les FPE
travaillant, en cotisant, on se crée
des droits, on a l’assurance d’être - Souffrances au travail, pression
pris en charge) sociale, problèmes musculaires,
stress dégradent les conditions de
travail, l’estime de soi
Ainsi, le travail est source de
reconnaissance (matérielle et symbolique)
et de protection (protection sociale qui
découle de l’emploi)
B - Le rôle intégrateur de la famille s’est-il affaibli ?

Les liens familiaux sont essentiels pour Le rôle intégrateur de la famille est fragilisé
l’intégration sociale car : car :

- Il y’a une montée de l’individualisme


- Ils sont un facteur de cohésion et les liens sociaux deviennent
sociale électifs
- Ils permettent l’existence d’une
solidarité mécanique

Conclusion : La famille est essentielle pour l’intégration mais elle a des difficultés à faire face
à la montée de l’individualisme

C - L’évolution du rôle intégrateur de l’école

une culture une instance L’intégration l’inégalité des chances


commune d’intégration pro professionnelle

un lieu de sociabilité très


important
Rôle intégrateur de l’école : Remise en question du rôle intégrateur de
l’école :
- L’école permet aux enfants
l’intégration professionnelle - Mais l’école a des difficultés dans les
zones de pauvreté : Elle a du mal à
- L’école est un lieu de sociabilité jouer son rôle et ne permet pas
permettant de renforcer les liens l’intégration professionnelle
sociaux, c’est un lieu de socialisation
primaire - L’école ne parvient pas toujours à
limiter l’inégalité des chances et
- L’école est un facteur de cohésion l’échec scolaire
sociale

- Elle réduit l’inégalité des chances et


permet aux enfants d’avoir une
culture commune et des bases
solides

- Pour les enfants, l’école peut jouer


le rôle d’ascenseur social

III - Le lien social à l’épreuve


A - Pauvreté et désaffiliation
1) Pauvreté / Exclusion
Pauvreté : Etat d’une personne qui manque de moyens matériels, d’argent, ainsi qu’une
insuffisance des ressources et qui a un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie
médian.
Exclusion : C’est un processus de rupture progressive des liens sociaux (Ex : Liens amicaux,
liens familiaux, liens professionnels...) mise à l’écart des échanges sociaux.
La pauvreté et l’exclusion sont liés : La pauvreté peut entraîner l’exclusion car une personne
pauvre aura plus de mal à consommer comme les autres, et pour les personnes qui n’ont
pas de travail, on peut assister à une perte de sociabilité. Il y’a aussi un sentiment de
déclassement (sentiment d’être inutile dans la société).
La pauvreté peut aussi amener à rompre certains liens : Liens amicaux, associatifs, et même
rupture familiale.
Mais la pauvreté n’est pas toujours synonyme d’exclusion :
Une personne en situation de pauvreté peut toutefois avoir des liens, par exemple avec sa
famille ou ses proches. Les retraités dans les villages vosgiens qui n’ont pas beaucoup
d’argent, ont toujours leurs voisins qui les connaissent bien, ils peuvent discuter ensemble,
ils sont connus dans leur village. La pauvreté qui ne dure pas dans le temps n’amène pas à
l’exclusion.
2) Désaffiliation et disqualification sociale
La désaffiliation sociale (R Castel)
Désaffiliation : Situation ou l’individu est dans l’inemployabilité (éloignement quasi définitif
du monde du travail) et l’isolement social (ou relationnel). C’est une double perte : Perte des
protections liés à l’emploi et perte des autres liens (familiaux, amicaux...). Il y’a un cumul de
difficultés
La disqualification sociale (S Paugam)
La disqualification sociale insiste sur la stigmatisation liée au statut d’assisté (dépendance vis
à vis des aides sociales) et la perte d’utilité sociale.
L’histoire de Laetitia illustre :
- Le rôle intégrateur du travail : Son travail au cimetière lui donne un revenu, une
fierté, un contact avec les autres.

- Le rôle intégrateur de l’école : Sortie trop tôt de l’école, elle a des difficultés à avoir
un emploi stable

- Laetitia et sa fille forment une famille monoparentale exposée à la pauvreté (leurs


revenus sociaux ne leur permettent pas de suivre les normes de consommation, de
vivre comme les autres)

Laetitia est désaffiliée : Elle s’est progressivement éloignée du monde du travail et des autres
et elle est disqualifiée (‘’sur la touche’’) car devenue dépendante des aides sociales avec
un ressenti de culpabilité.
On comprend aussi avec cette histoire que le processus d’exclusion est cumulatif et
progressif : Laetitia cumule des difficultés familiales, scolaires, de santé…
Chapitre 12 : La conflictualité sociale : Pathologie, facteur de cohésion ou moteur du
changement social ?

Introduction : Le conflit social est un conflit entre groupes sociaux aux objectifs (intérêts)
divergents. Les individus d’un groupe s’estiment victime d’injustice, ou s’opposent à un
projet et s’organisent ensemble : Ils mènent des actions collectives, ils se mobilisent pour
faire avancer leurs revendications. Les modalités d’actions collectives sont diverses :
Manifestations, blocage, grève, pétition, opération escargot, créer un parti, une association,
actions choc.
Exemples de conflit social : Mai 36 (le front populaire), Mai 68, les gilets jaunes, les
manifestations contre le 80km/h, mobilisation des jeunes pour le climat, contre la réforme
des retraites ; manif contre le mariage pour tous.
4. Cet individu s’estime victime d’une administration judiciaire qui attribue dans la très
grande majorité des cas la garde de l’enfant à la mère et non au père en cas de divorce. Il a
de plus été privé du droit de visite.
5. Ce moyen d’action est spectaculaire, il a pour avantage de retenir très rapidement
l’attention des médias, qui peuvent ainsi faire de belles images (un homme seul, en haut
d’une grande rue, affichant une grande banderole) pour raconter une histoire qui peut
émouvoir. Les médias diffusent ainsi son message et ses revendications à très large échelle.
6. Cet individu n’est pas seul dans son action, Il est soutenu par une association de 16 000
adhérents qui organise son ravitaillement et répond aux questions des journalistes.
7. Ce conflit est social, car il met en jeu deux groupes sociaux aux intérêts divergents, entre
un groupe social regroupant des pères privés de la garde de leurs enfants et organisés en
une association, SOS Papa, et les autorités publiques qui donnent une forte préférence à la
mère pour la garde de l’enfant en cas de divorce pour des couples avec enfants.
I - Les différentes interprétations sociologiques des conflits sociaux
Il y’a 3 interprétations : Les conflits (plutôt la surconflictualité) sont une pathologie sociale
(un problème, un dysfonctionnement), ou le conflit est une forme normale des relations
sociales sans danger pour les sociétés.
A - La conflictualité : Une pathologie sociale
C’est le point de vue d’Emile Durkheim
Doc 1p262 faire une courte présentation d’[Link] +répondre aux q à coté
Emile Durkheim est un sociologue français né en 1858 et mort en 1917. Il est notamment
connu pour quelques œuvres comme ‘’De la division du travail social’’. Il a également
distingué dans les conflits sociaux le normal et le pathologique : Le normal assure la cohésion
de la société et sa reproduction dans le temps alors que le pathologique remet en cause la
cohésion et la reproduction de la société.

1. Durkheim étudie ici les conflits entre les maîtres et leurs ouvriers à partir du XVIIIème
siècle, que l’on appelle le mouvement ouvrier
2. La division du travail social désigne une répartition et une spécialisation des tâches
économiques, et sociales nécessaires à la production de biens et de services entre les
individus ou les groupes dans une société donnée.
3. Les conflits ouvriers apparaissent à partir du moment ou les maîtres et patrons
s’accaparent exclusivement les moyens de production, la spécialisation.
4. Un certain niveau régulier de conflits entre patrons et ouvriers peut paraître normal,
notamment sur la gestion de l’entreprise au quotidien ou sur la répartition des profits. Mais
quand la séparation se fait nette entre les ouvriers et les patrons en faveur de ces derniers,
les conflits deviennent bien plus nombreux et peuvent se transformer en ‘’guerre’’ pour
obliger le patron à partager un peu plus les profits amassés par l’entreprise. C’est le signe
d’une absence de ‘’solidarité’’ entre les 2 groupes, c’est le signe d’un fossé, d’une hostilité.
Pour Durkheim, une société marquée par un excès de conflits est ‘’malade’’ (il compare la
société à un corps humain), ces conflits sont le signe de dysfonctionnement grave dans la
société. Par exemple, Mai 36 et mai 68 illustrent ce point de vue en raison de l’ampleur des
conflits (surconflictualité), idem pour le conflit des gilets jaunes.
Ces conflits peuvent illustrer le point de vue de Durkheim car ils sont révélateurs de fortes
inégalités dans la société, le groupe mobilisé se sent victime d’injustices, réclament des
changements pour corriger les injustices, les groupes mobilisés se sentent « oubliés »
pas entendus par la société, ils se sentent mal intégrés, en marge.
B – Le conflit : Facteur de cohésion sociale
C’est un autre point de vue sur les conflits. Selon Georg Simmel, un des fondateurs de la
sociologie allemande, le conflit permet de construire des relations sociales entre ceux qui
sont en conflit : Il ne conduit pas à la ‘’destruction’’ de l’adversaire, il permet la mise en
œuvre de solutions négociées entre ces adversaires. C’est le premier pas vers le compromis.
Participer à des conflits sociaux est un facteur d’intégration sociale, dans la mesure où
militer ensemble renforce le sentiment d’appartenance à un groupe car on rencontre des
individus partageant les mêmes convictions, il se crée des relations sociales dans le groupe.
Exemples : Le mouvement ouvrier illustre ce point de vue. Aux Etats Unis dans les années
1960 : Mouvement des noirs pour les droits civiques (MLK).
Ces conflits ont obligé leurs ‘’adversaires’’ à prendre en compte leur revendications et à
négocier, ils obtiennent une certaine reconnaissance sociale et ces conflits ont créé un
sentiment d’appartenance, une cohésion, un sentiment de force, le groupe s’affirme et ne
subit plus. Il se sent plus légitime la mobilisation et crée une cohésion, une unité autour
d’une cause, des liens, le groupe en se mobilisant retrouve une fierté, obtient une certaine
reconnaissance sociale.
C – La conflictualité sociale : Moteur du changement social
On parle de changement social pour désigner une transformation durable de l'organisation
sociale et de la culture (normes et valeurs notamment) d'une société. Ex : Montée de
l’individualisme, urbanisation, industrialisation, féminisation de la population active,
‘’libération’’ des mœurs, recul de la religion.
Les conflits : Moteur du changement social
C’est l’optique de Karl Marx :
Rappels : Marx décrit la lutte des classes entre les prolétaires et les bourgeois (les
capitalistes) qui devait selon lui mener à une révolution prolétarienne et à la disparition de la
propriété privée et du capitalisme.
Le conflit décrit par Marx : Les luttes ouvrières n’ont pas conduit à une révolution mais ont
amené des changements importants. Exemples : Les congés payés en 1936, la réduction du
temps de travail, salaire minimum, et surtout la création de la sécurité sociale (1946). Le
mouvement de Mai 68 (p265 doc3) apporte des changements majeurs : Changements dans
les écoles, dans les universités, dans le travail (Hausse des salaires). Dans le droit des
femmes (Simone Veil avec l’IVG). Changements politiques : Démission de De Gaulle.
C’est un conflit majeur : Les oppositions et les affrontements entre groupes sont à l’origine
de nombreux changements économiques et sociaux : Les conflits visent à établir des règles
plus justes pour la catégorie sociale mobilisée, le conflit est un moyen de se faire entendre,
de faire changer les choses, on peut citer le mouvement féministe surtout les années 1960
et 1970. Il y’a aussi le mouvement homosexuel à partir des années 1980.
Ces groupes se mobilisent, manifestent pour de nouveaux droits, une reconnaissance et
obtiennent des changements (lois, mentalités)
Durkheim

Simmel

Marx

Pathologie

Changement

Socialisation

Régulation
1. Simmel
2. Durkheim
3. Marx

Document : Quand le conflit transforme les individus


« Un aspect est ainsi particulièrement marquant dans les grèves de la faim de sans-papiers :
l’affirmation de soi comme sujet politique, la reconquête d’une identité publique, d’abord
aux yeux des militants français présents sur les lieux de grève, et par extension aux yeux de
la population française. [...] Si peu de discours sont produits par les anciens grévistes de la
faim sur l’aspect douloureux des grèves, les remarques des anciens grévistes abondent à
l’inverse sur le statut qu’ils estimaient avoir reconquis du fait de la grève. Il faut se souvenir
en effet de ce que suppose l’état de clandestin, privé d’existence publique, légale et
reconnue, voire de nom (on pense, par exemple, aux demandeurs d’asile ayant effectué des
demandes multiples de statut de réfugié sous des noms différents), pour comprendre
comment cet aspect marque certaines phases des grèves de la faim : <<Pendant tout ce
temps-là, ils avaient une identité. Du jour où ils ont attaqué la grève de la faim, ils avaient
plus peur, ils avaient leur nom, ça je l’ai super ressenti après 17 ans en clandestinité avec les
faux papiers. Tu arrêtes de te cacher, tu dis je suis là, je m’appelle comme ça. [...] La fin a été
la plus dure. Arrêter la grève, ça a été beaucoup plus dur que de faire la grève. C’était un
truc hyper fort » (Entretien avec un gréviste de la faim de la double peine, 1992). [...] Les
grèves de la faim semblent ainsi avoir fonctionné comme des lieux de socialisation des
protestataires. [...] Beaucoup de sans-papiers ont réalisé leur apprentissage politique sur des
lieux de la grève de la faim et ont continué ensuite à militer, soit au sein de l’ASTI
(Association de soutien aux travailleurs immigrés), soit au sein d’organisations «
communautaires ». Les grèves de la faim sont ainsi, pour beaucoup de grévistes, le lieu
d’une modification de leur image et de leur identité. Lors de la grève de la faim contre la
double peine, des grévistes se sont retrouvés auréolés d’une autorité morale qui constituait
le symétrique parfait de leur statut antérieur de délinquants, vendeurs de drogues, «
braqueurs », voire proxénètes. Beaucoup de grèves liées à la double peine ont consisté en
une redéfinition de l’image publique de ces expulsables, passant du statut de suspects à
celui de victimes, montrant leur capacité à user d’un répertoire non violent, alors mêmes
qu’ils étaient accusés de violences, ou considérés comme susceptibles d’y avoir recours.»
Johanna Siméant, La cause des sans-papiers, 1998

1) Quel est le mode d’action utilisé dans ce texte pour protester ? Le mode d’action utilisé
est la grève (grève de la faim).
2) Quel est ici le rôle du conflit social pour les individus ? A quelle interprétation sociologique
peut-on rattacher ce texte ? Le rôle est de ‘’ reconquérir une identité publique aux yeux de la
population’’ et de ne pas avoir une ‘’mauvaise image des SDF par rapport à leur statut
antérieur’’ : Les SDF doivent affirmer leurs droits et ils combattent l’injustice. D’après le
texte, les grèves de la faim semblent ainsi avoir fonctionné comme des lieux de socialisation
des protestataires’’. On peut rattacher ce texte à l’idée sociologique de Simmel.

II - Les mutations contemporaines des conflits sociaux


Les conflits sociaux ont évolué au cours du temps : Ils se sont diversifiés et on constate une
intensification des conflits de résistance.
A - La diversification des conflits
Tout au long du 19ème siècle et jusqu’aux années 1960, les conflits sociaux étaient
essentiellement des conflits du travail : C’est le mouvement ouvrier
Conflits du travail : Conflits sociaux qui opposent les salariés et les employeurs qui portent
sur les conditions de travail, les salaires.
Ils sont généralement animés par des syndicats : Ce sont des associations qui représentent
les salariés, défendent leurs intérêts, et encadre les conflits : CGT, FO, CGC, FEN (pour les
enseignants), MEDEF (les chefs d’entreprises), FNSEA (les agriculteurs).
Les conflits liés au travail sont en déclin depuis les années 80 ainsi que le syndicalisme en
France
Indicateurs à connaître : Taux de syndicalisation et les JINT (Journées Individuelles Non
Travaillées)
Mais comment expliquer le déclin des conflits du travail et du syndicalisme ?
- Il y’a eu de nombreuses avancées sociales : L’essentiel est acquis (salaire minimum,
les congés payés, la sécurité sociale…)

- La désindustrialisation : Il y’a de moins en moins d’ouvriers (traditionnellement les


plus syndiqués) et il y’a eu une féminisation.

- L’institutionnalisation progressive des relations du travail permet de les réguler :


Processus d’émergence de règles, de normes, qui encadrent la relation entre les
salariés et leurs employeurs (obligation de verser un salaire minimum, de respecter
la législation sur le temps de travail, les congés , de protéger les salariés dans
l’exercice de leur travail...) et les syndicats sont reconnus comme des interlocuteurs
privilégiés par les employeurs et les pouvoirs publics, cela permet de limiter le
recours au conflit (mais ils n’ont pas disparu). Les relations du travail sont plus
encadrées et il y’a régulièrement des négociations (prévues par la loi) qui
désamorcent les conflits.
- Le chômage, la précarité : Ces travailleurs sont mis à l’écart, exclus donc ils
n’adhèrent pas aux syndicats, ne participent pas aux grèves. Les syndicats français
ont une mauvaise image, trop politises, peu enclins au compromis.

On observe aussi des modalités plus diversifiées des conflits du travail : La grève n’est pas la
seule forme d’action collective dans le monde du travail. Il y’a aussi les manifestations, le
débrayage, la pétition, grève courte…
De plus, l’évolution de la société, des valeurs ont fait évoluer les conflits sociaux : Il y’a de
nouveaux enjeux, nouveaux acteurs, nouvelles formes. A partir des années 60 de nouvelles
revendications, de nouveaux enjeux apparaissent (donc de nombreux conflits sociaux
apparaissent en dehors de la sphère du travail).
Il y’a de nouveaux enjeux, acteurs : Mai 68 avec les étudiants (Volonté de plus de liberté,
plus de reconnaissance), mouvement féministe : Pour des droits comme l’IVG au départ
contre les violences faites aux femmes. Aujourd’hui, il y’a une mobilisation des jeunes pour
l’environnement (Greta Thunberg), mobilisation des gilets jaunes (trop d’impôts, volonté
d’avoir plus de pouvoir d’achat, sentiment d’être oublié, plus de reconnaissance...)
Il y’a aussi la mobilisation des homosexuels (égalité des droits, reconnaissance, droit au
mariage) et il y’a de nouveaux moyens d’actions moins conventionnels : Les réseaux sociaux,
pétition, flash mob, banderole dans des lieux normalement interdits, occuper une place
publique, installer des tentes... Il faut médiatiser l’action.
Attention ces mouvements sociétaux n’ont pas remplacé les conflits du travail, d’ailleurs
beaucoup de conflits sociaux sont à la fois des conflits du travail et des conflits sociétaux. Ex :
Le conflit des agriculteurs (contre l’agriculture trop intensive, trop polluante mais aussi
mieux gagner leur vie).

Conclusion :
Graph 5 p.276 :

1. Nous pouvons voir que le taux de syndicalisation en 1969 était d’environ 22 % : Il y’avait
en 1969 22 % des salariés qui étaient syndiqués en France.
2. En 2013, nous pouvons voir qu’environ 8 % des salariés (soit une différence de 14 pts par
rapport à 1969) étaient syndiqués.
3. Il a été divisé par 2,5 entre 1969 et 2013
4. Taux de variation : Valeur d’arrivée – Valeur départ / Valeur départ X 100
= 8 – 22 / 22 X 100

≃ -63,63 %
Il y’a eu une baisse de 63 % du taux de syndicalisation entre 1969 et 2013. On remarque
donc que le nombre de salariés syndiqués a fortement diminué durant cette période, on
assiste à une désyndicalisation des salariés (déclin du syndicalisme, il y’a moins d’ouvriers et
de personnes syndicalisées).
Graph 6 :

Mots texte à trous (dans l’ordre) : Syndicalisation, 26,3 % , taille, pondérée, Etats-Unis,
faible, écart type, moyenne, pays, 13,67 points

Nous pouvons voir qu’en 2010, en France, 7,9 % des salariés français sont syndiqués. On
peut observer des similitudes dans certains pays comme en Estonie et en Turquie ou le taux
de syndicalisation est assez proche par rapport à celui de la France : En Estonie, on peut
constater que 8,1 % des salariés sont syndiqués et en Turquie il y’a 5,9 % de salariés
syndiqués. On assiste dans ces pays à une désyndicalisation, il y’a une baisse du nombre
d’ouvriers et de moins en moins de salariés sont syndiqués.
A l’inverse, on peut voir que dans beaucoup de pays, le taux de syndicalisation est plus fort
comme en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Norvège et en Suède : Pour la Belgique
par exemple, on peut voir que 50,6 % des salariés sont syndiqués. Au Danemark 67,6 % et en
Finlande 70 %. La Finlande est le pays ou il y’a le plus de salariés syndiqués.
Il y’a des chiffres très variés selon les pays car il n’y a pas la même taille de population. En
effet, on peut constater que les pays faiblement peuplés sont des pays fortement
syndicalisés (Finlande, Danemark, Suède). A l’inverse, des pays fortement peuplés ont des
taux de syndicalisation bas (France, Allemagne, Turquie, Estonie).
Le document est un graphique en courbes datant de novembre 2007 de la DGAFP. Il provient
des Bulletins mensuels des statistiques du travail et représente le nombre de journées
individuelles non travaillées pour 1000 salariés dans le secteur privé, les transports et la
fonction publique d’Etat
Lire p.268-269
B - L’intensification des conflits de résistance
Il y’a de plus en plus de conflits sociaux qui sont des conflits de résistance : Ce sont des
conflits défensifs : Il s’agit de s’opposer à un changement à venir juger défavorable voire
inacceptable par un groupe. Ici c’est le changement qui provoque le conflit. Il s’agit souvent
d’une résistance à la ‘’modernisation’’ voulue par l’Etat ou les entreprises.
Exemples de conflits de résistance : Les altermondialistes s’opposent à la société de
consommation, à la mondialisation actuelle, un de leur slogan est ‘’Un autre monde est
possible’’. Il y’a aussi la mobilisation contre les fermetures de maternité, d’hôpitaux.
Mobilisation contre une délocalisation ou une fermeture d’usine.
Autre exemple : Les mouvements NIMBY doc 3p271 ‘’not in my back yard’’. Il y’a aussi des
mobilisations contre un projet éolien, contre une salle de shoot, déviation ou extension
d’autoroute (projets générateurs de nuisance pour les riverains), ces conflits de résistance
sont le révélateur de conceptions du monde différentes voire d’intérêts divergents.
Exercice :

Vidéo (Il était une fois le salariat)


1) Comment caractériser le droit du travail au début du 19° siècle ?
Le patron et l’ouvrier sont dans une situation inégale au début. Avec le droit du travail, cela
permet de tendre au rétablissement progressif entre les parties et de permettre une
certaine égalité.
2) Quelles sont les premières victoires ouvrières (les premières avancées sociales) ?
Réduction du temps de travail (8h de travail sur 5 jours), reconnaissance du droit pour le
salarié de vivre en dehors du travail.
3) 1919 : Une première loi instaure les conventions collectives : En quoi cette loi modifie-t-
elle les rapports salariés/employeurs ?
Le travailleur était au début dans un rapport individuel avec le patron, le travailleur avait une
situation plutôt misérable et les relations patron/salarié étaient plutôt mauvaises. Les
conventions collectives permettent au salarié de s’appuyer sur des lois et permet de
d’encadrer les relations patron/salarié.
4) 8 juin 1936 : Les accords de Matignon : Qui les signent ? Que mettent-ils en place ?
Le 8 juin, le front populaire (Léon Blum) signe les accords de Matignon avec la CGT, il y’a des
négociations entre partenaires sociaux : Patronats et syndicats acceptent la généralisation
des conventions collectives, majoration du salaire de 12 % en moyenne, instauration de la
semaine de travail à 40 h / semaine.
5) 1945 : Création de la sécurité sociale et des allocations familiales : C'est sans doute la plus
grande victoire ouvrière en quoi ?
La sécurité sociale permet de garantir des moyens d’existence à tous les salariés qui sont
privés de ressources grâce à des allocations de protection sociale : Allocations d’assurance et
d’assistance, ce sont des ‘’instruments’’ de solidarité, ils permettent de couvrir les risques
sociaux (Chômage, accident du travail, maternité, etc…) mais aussi de réduire les inégalités
de richesses dans la société. C’est une grande avancée sociale pour la classe ouvrière qui
jusqu’ici était responsable de tous risques sociaux. Désormais, l’Etat encadre la société avec
la protection sociale et les salariés sont assuré.
6) Pendant les 30 glorieuses, le rôle des syndicats change en quoi ?
Il y’a l’apparition de la logique keynésienne et le poids des syndicats est renforcé. Les
syndicaux encadrent les conflits du travail.
7) Mai 68 : Les salariés sont aussi en grève : Quelles sont leurs principales revendications ?
Ils veulent une augmentation des salaires et du SMIC mais aussi une reconnaissance des
syndicats dans les entreprises.
8) En 1973-75 : Le salariat est à son apogée, en quoi ?
Il y’a l’apparition d’une nouvelle loi en 1973 : Le patron doit justifier le licenciement d’un
salarié. En 1975, les licenciements économiques sont soumis à l’autorisation des inspecteurs
du travail. Il y’a l’apparition du CDI (Contrat à durée indéterminée) ce qui provoque l’apogée
du salariat, il y’a de plus en plus de travailleurs et cela permet une baisse du chômage.

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