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Module : Marché Financier

Article :

La gestion des risques des banques participatives


marocaines
Mohammed EL KHATTABI (Doctorant chercheur), Mohamed SABRI (enseignant-chercheur)

Abdelkahar ZAHID, enseignant-chercheur)

Réalisé par :
 WIJDANE MISSOR MMF20/23

Encadré par :
 M. EL OUAZZANI AHMED

Année Universitaire 2023 – 2024

1
SOMMAIRE :

Introduction :........................................................................................................................................... 3
1 Revue de littérature : ....................................................................................................................... 4
1.1 Définition de la banque participative : .................................................................................... 4
1.2 Développement historique de la banque participative au Maroc : .......................................... 6
1.3 Principes du système bancaire participatif. : ........................................................................... 7
1.3.1 Les interdictions : ............................................................................................................ 7
1.3.2 Les obligations : .............................................................................................................. 8
1.4 Principaux instruments d’une banque participative et modalités de fonctionnement de ces
comptes : ............................................................................................................................................. 8
1.4.1 Les produits participatifs : ............................................................................................... 8
1.4.2 Les produits non participatifs : ........................................................................................ 9
1.5 Fonctionnement de ces comptes : .......................................................................................... 10
2 Conception du risque bancaire participative et de sa gestion : ...................................................... 11
2.1 Le risque dans la littérature financière et bancaire ................................................................ 11
2.2 Les sources du risque bancaire : ............................................................................................ 12
2.3 Gestion du risque bancaire .................................................................................................... 12
3 Méthodologie de recherche. .......................................................................................................... 13
3.1 Hypothèses : .......................................................................................................................... 13
3.2 Résultats et Discussions des Résultats : ................................................................................ 14
Conclusion ............................................................................................................................................. 16

2
Introduction :

Au sein de l'industrie bancaire, la gestion des risques occupe une place centrale dans le
management, comme en témoigne l'attention croissante qu'elle suscite de la part des acteurs du
marché. Cela se traduit par des dialogues et des débats sur les meilleures pratiques pour assurer
une gestion efficace, notamment à travers l'identification et la mesure des risques. Cette
attention ne cesse de croître, soulignant l'importance accrue d'une gestion rationnelle des
risques.

La crise financière mondiale de 2008 a révélé les lacunes dans les pratiques de gestion des
risques des banques classiques touchées par cette crise. En revanche, elle a mis en évidence la
résilience des banques participatives face à ces défis, attirant ainsi l'attention et l'intérêt des
observateurs. Ces banques ont démontré leur capacité à fonctionner avec succès malgré les
turbulences financières et économiques mondiales.

Cette étude explore les aspects complexes de l'identification, de la mesure et de la gestion des
risques dans les banques participatives marocaines. Elle vise à fournir un éclairage éclairé aux
professionnels et praticiens du secteur à travers une analyse exploratoire. En fin de compte, elle
cherche à répondre à la question suivante : Quels sont les outils actuellement utilisés par les
banques participatives marocaines pour gérer leurs risques ?

3
1 Revue de littérature :
La revue de littérature aborde le cadre théorique de la banque participative, mettant l'accent sur
sa définition, son développement historique, ainsi que les principes et les instruments clés
caractérisant ce système financier, ainsi que le fonctionnement de ces comptes.

1.1 Définition de la banque participative :


Une banque participative est définie comme une institution financière dont toutes les activités
sont conformes à la Charia.

Contrairement aux banques conventionnelles, une banque participative ne distribue pas de prêts
ni ne s'endette elle-même. La loi bancaire marocaine définit les banques participatives comme
des entités autorisées à effectuer les opérations suivantes de manière professionnelle :

-Recevoir des dépôts d'investissement dont la rémunération est liée aux investissements
convenus avec la clientèle.

-Financer la clientèle à travers divers produits tels que Mourabaha, Ijara, Moucharaka,
Moudaraba, Salam et Istisna'a.

Les banques participatives sont agréées selon les mêmes conditions que les banques
conventionnelles et doivent se conformer aux mêmes exigences réglementaires.

Elles doivent également adhérer à une association professionnelle. De plus, elles peuvent
proposer des services bancaires classiques ainsi que des opérations commerciales, financières
et d'investissement participatives, tant qu'elles ne génèrent ni ne versent d'intérêts.

1.1.1 La différence entre les banques participatives et les banques conventionnelles :


La différence entre une banque conventionnelle et une banque participative réside
principalement dans leurs principes de fonctionnement et leurs bases légales.

Une banque conventionnelle fonctionne selon des principes conçus par l'homme et n'a pas de
restrictions religieuses spécifiques. Elle opère en proposant des services financiers traditionnels
tels que des prêts avec intérêts fixes ou variables, où l'investisseur est assuré d'un taux d'intérêt
prédéterminé. Les risques sont généralement supportés par l'emprunteur seul, et en cas de défaut
de paiement, des pénalités et intérêts supplémentaires peuvent être imposés.

Dans ces Banque conventionnelle Les emprunts sont généralement plus faciles à obtenir sur le
marché monétaire conventionnel, L'accent est principalement mis sur la solvabilité des
clients,on trouve que La relation de créancier / débiteur et elle doit garantir tous ces dépôts

4
D'un autre côté, une banque participative, également connue sous le nom de banque islamique,
fonctionne conformément aux principes de la Shari'a, la loi islamique. Les services financiers
offerts par ces banques sont conçus pour être compatibles avec les principes islamiques, ce qui
signifie qu'ils évitent les intérêts (riba) et les transactions basées sur l'incertitude (gharar) ou le
jeu (maysir).

Dans une banque participative, les transactions reposent sur des partenariats et des
arrangements profit-partage où les risques et les bénéfices sont partagés entre la banque et ses
clients. Par exemple, au lieu de prêter de l'argent avec intérêt, la banque peut fournir des
financements sous forme de partenariats ou de financements participatifs, où elle investit
directement dans le projet ou l'entreprise de l'emprunteur. Les bénéfices sont ensuite partagés
selon des arrangements préalablement convenus.

De plus, en cas de défaut de paiement, une banque participative peut imposer des pénalités mais
peut également prélever une petite somme à titre d'indemnisation, destinée à des œuvres
caritatives (vers des œuvres de bienfaisance ou des activités philanthropiques. Cela s'aligne
avec les principes de la Shari'a, qui encouragent la redistribution des richesses pour soutenir les
personnes dans le besoin et promouvoir le bien-être social. Ces œuvres caritatives peuvent
inclure des initiatives telles que l'assistance aux pauvres, la construction d'écoles, l'aide aux
personnes sans abri, etc.) conformément aux principes de la Shari'a. De plus, la banque peut
accorder des remises pour règlement anticipé à sa discrétion. Ainsi queLes emprunts doivent
être basés sur des transactions sous-jacentes (font référence aux transactions réelles ou aux
actifs réels sur lesquels est basé un produit ou un service financier spécifique.) approuvées par
la Shari'a, ce qui peut entraîner une disponibilité limitée de produits financiers. Pour ces
banques Une plus grande importance est accordée à la viabilité des projets qui inclut la fiabilité
des [Link] on trouve les relations entre :

-Déposant / conservateur : Cette relation se produit lorsqu'un individu ou une entreprise dépose
des fonds dans une banque. La banque agit en tant que conservateur des fonds déposés, qui
doivent être disponibles pour le déposant à tout moment.

-Investisseur / entrepreneur : Dans le contexte bancaire, cela peut se référer à une relation où
un investisseur fournit des fonds à un entrepreneur ou une entreprise pour financer des projets
ou des activités commerciales. Les investisseurs attendent un rendement sur leur
investissement, tandis que les entrepreneurs utilisent les fonds pour développer leur entreprise.

5
-Acheteur / vendeur : Cette relation se produit lorsqu'une personne ou une entité achète des
biens ou des services à un vendeur. Dans le contexte bancaire, cela peut se référer à des
transactions telles que l'achat de produits financiers ou d'actifs par des clients à partir de la
banque.

-Bailleur / locataire : Cette relation se produit lorsqu'une personne ou une entreprise loue un
bien à un locataire en échange d'un loyer. Dans le contexte bancaire, cela peut se référer à des
transactions de leasing ou de location financière où la banque détient la propriété d'un actif et
la loue à un client.

-Principal / agent : Cette relation se réfère à une situation où une partie (l'agent) agit au nom
d'une autre partie (le principal) dans des transactions ou des affaires. Dans le contexte bancaire,
cela peut se référer à des relations où la banque agit en tant qu'agent pour ses clients dans
diverses transactions financières ou d'investissement.

Ainsi que banque participative ne peut garantir que les dépôts basés sur le principe d'AlWadi’a,
qui implique la revente de marchandises avec une remise sur le prix initial. Dans ce cas, la
banque ne garantit que les dépôts basés sur ce principe spécifique, où les fonds sont déposés
dans le cadre de transactions conformes à la loi islamique.

1.2 Développement historique de la banque participative au Maroc :

Année Événement

Avant Pratique informelle de financement conforme à la Shari'a dans certaines villes marocaines telles que
1980 Fès et Marrakech, notamment à travers des transactions de type Moudaraba.

Deux demandes distinctes de création de banques participatives adressées à la Bank Al-Maghrib


1985 (BAM) par des groupes saoudiens ("Dar Al Mal Al Islami" et "Dar Al Baraka") sont rejetées.

Première tentative d'introduction de transactions bancaires participatives par Wafabank, à travers des
1989 fenêtres dédiées à cette mission, avec le soutien du Premier ministre de l'époque.

Wafabank crée avec succès le premier fonds d'investissement (FCP actions) conforme à la Shari'a,
nommé "Cap Al Moucharaka", suivi de la création d'un comité Shariatique pour le suivi de ses
activités. Ouverture d'une succursale de "Dar Al Mal Al Islami" à Casablanca, sous la dénomination
1996 de "Faisal Finance"., se retirant du marché après 3 ans

Les autorités marocaines, par le biais de BAM, émettent une recommandation permettant aux banques
2007 de présenter au public des produits participatifs tels que la Mourabaha, l'Ijara et la Moucharaka. Cette

6
Année Événement

recommandation n'oblige pas la création de banques participatives spécialisées, laissant aux banques
la liberté de commercialiser ces produits via leur propre réseau de distribution ou des filiales dédiées.

1.3 Principes du système bancaire participatif. :


Le système bancaire participatif se distingue des banques conventionnelles par ses principes
fondamentaux, qui ne se limitent pas à la recherche de rentabilité financière. Alors que les
banques classiques se concentrent souvent sur le couple risque-rentabilité, les banques
participatives s'inscrivent dans un cadre plus large, en accord avec les préceptes de la Shari'a.
Ces principes se résument en trois interdictions et deux obligations :

1.3.1 Les interdictions :

Interdiction du Gharar et Interdiction de financement


Interdiction du Riba Maysir d’activités illicites

Les banques islamiques ne doivent


Le Gharar, basé sur l'incertitude, financer que des activités tolérables et
Tout intérêt ou paiement est prohibé. Les transactions compatibles avec la Shari’a,
prédéterminé au-delà du entachées de Gharar sont interdisant des activités telles que la
montant réel est prohibé par la considérées comme nuisibles à consommation d'alcool, l'élevage de
banque participative. la société. porcs ou la fabrication d'armes.

L'Islam ne permet pas de tirer un Les contrats doivent être bien


gain de l'activité financière sans définis et sans ambiguïté pour Les opérations doivent se baser sur des
soumettre le bénéficiaire au éviter l'exploitation des activités Halal, conformes aux
risque de perte potentielle. emprunteurs les plus faibles. principes islamiques.

L'accumulation de la richesse Les parties contractantes dans


par l'intérêt ou l'usure est une transaction d’échanges Un conseil spécial de la Shari'a veille
considérée comme nocive selon doivent avoir une connaissance au respect de la conformité des
l'Islam. parfaite des valeurs échangées. transactions.

7
1.3.2 Les obligations :

Principes Description

- Partage des Profits et des Pertes (PPP) ou (PLS) en anglais « Profit and Loss Sharing
».

- Prévu au moyen d'un accord passé entre un minimum de deux parties investissant
dans un projet.
Partage des profits et des
- Partage des profits ou des pertes sur la base de leurs parts respectives dans le capital
pertes
investi et leurs efforts.

- Aucun taux de rendement garanti.

- Permet de satisfaire les besoins financiers des clients tout en respectant les
prescriptions islamiques.

- Toute transaction doit être adossée à un actif tangible (bien corporel, immeuble,
Adossement à des actifs etc).
tangibles - Empêche les pratiques telles que les prêts hypothécaires à risque ou l'ouverture
d'une ligne de crédit simple.

1.4 Principaux instruments d’une banque participative et modalités de fonctionnement de ces


comptes :
1.4.1 Les produits participatifs :
C’est-à-dire ceux utilisés avec prises de participation et partage des profits et qui sont
essentiellement composés des contrats de Moucharaka et Moudaraba;

a) Moucharaka :

•Définition : La Moucharaka est un contrat de partenariat où une banque participative et un


client s'associent pour réaliser un projet avec l'objectif de réaliser un profit. Les pertes et les
profits sont partagés selon un pourcentage préétabli.

•Formes :

-Moucharaka Tabita (Constante) : Dans cette forme, chaque associé contribue avec une mise
initiale en capital et bénéficie d'un droit de regard sur le projet. Les pertes et les profits sont
partagés en fonction de leur participation.

-Moucharaka Moutanakissa (Dégressive) : Dans cette forme, la banque participe au


financement du projet avec l'intention de se retirer progressivement. Le client verse

8
régulièrement une partie des bénéfices à la banque pour rembourser son capital, après quoi la
banque se retire définitivement.

b) Moudaraba:

•Définition : La Moudaraba est un contrat entre une ou plusieurs banques participatives (Rab el
Mal) qui fournissent le capital et un ou plusieurs entrepreneurs (Moudarib) qui fournissent leur
travail pour réaliser un projet. La responsabilité de la gestion du projet incombe entièrement
aux entrepreneurs.

•Formes :

-Moudaraba Moutlaqa (Non-restrictive) : Dans cette forme, le Rab Al Mal (banque) autorise le
Moudarib (entrepreneur) à gérer le capital sans restrictions spécifiques.

-Moudaraba avec restrictions : Dans cette forme, le Rab Al Mal impose des restrictions
spécifiques au Moudarib, telles que la localisation, la période d'investissement, le type de projet,
etc.

La principale différence entre la Moucharaka et la Moudaraba réside dans leur structure de


gestion et de retrait. Dans la Moucharaka, la banque et le client sont partenaires égaux dans la
gestion et le retrait du projet, tandis que dans la Moudaraba, la banque fournit le capital et
l'entrepreneur gère le projet avec des directives établies par la banque.

1.4.2 Les produits non participatifs :


Les produits non participatifs sont des instruments financiers utilisés dans la finance islamique
qui ne nécessitent pas de prise de participation dans un projet. Au lieu de cela, ces produits sont
principalement régis par des contrats spécifiques tels que la Mourabaha, l'Ijara, l'Assalem et
l'Istisna. Voici une explication de chacun de ces contrats :

a)Mourabaha :

•Il s'agit d'un contrat par lequel une banque participative vend à son client un bien spécifique,
meuble ou immeuble, dont elle est propriétaire, à un prix égal à son coût d'acquisition majoré
d'une marge bénéficiaire convenue à l'avance.

•Avant de procéder à l'achat du bien destiné à la vente au client, la banque et le client doivent
convenir des modalités de l'opération, y compris des obligations et des droits de chaque partie,
ainsi que des conditions générales régissant leur relation. Le paiement par le client est effectué
selon les modalités convenues.

9
b) Ijara :

•Il s'agit d'un contrat par lequel une banque participative met à la disposition de son client, pour
un usage autorisé par la loi, un bien spécifique, meuble ou immeuble, dont elle est propriétaire,
moyennant le paiement d'un loyer.

•L'Ijara peut prendre deux formes :

-Ijara Tachghilia (Opérationnelle) : Il s'agit d'une simple location où le bien reste au bilan de la
banque. À la fin du contrat, la banque a la possibilité de reprendre possession du bien, de le
louer à un autre client, de renouveler le contrat ou de le vendre.

-Ijara Mountahia Bi Tamlik (avec option d’achat) : Il s'agit d'une location avec une option
d'achat. À la fin du contrat, le bien peut être transféré au locataire moyennant un don, une
cession à un prix convenu, une vente ou une vente de l'actif pour un montant égal aux échéances
restantes.

c)Assalem :

•C'est un contrat qui concerne l'acquittement immédiat d'un achat à terme. Contrairement à la
vente à terme, où le paiement est différé, dans le cas de l'Assalem, le paiement est effectué
immédiatement pour un bien absent, contre son prix comptant.

d)Istisna :

•Il s'agit d'un contrat d'acquisition de biens nécessitant une fabrication ou une transformation.
Dans ce contrat, une des parties s'engage à livrer un bien fabriqué ou transformé, avec des
caractéristiques définies, en échange d'un prix fixe convenu à l'avance. Le paiement est effectué
par l'autre partie selon les modalités convenues.

1.5 Fonctionnement de ces comptes :


Le fonctionnement des comptes dans une banque participative se distingue de celui des banques
conventionnelles par plusieurs caractéristiques clés :

a) Comptes courants :

•Ces comptes ne sont pas rémunérés et représentent une faible part du passif du bilan.

•Les déposants peuvent effectuer des ordres à travers la banque dans la limite du solde inscrit.

•Aucune rémunération n'est prélevée par la banque pour la gestion de ces comptes.

10
•La banque peut investir une partie des fonds, mais les bénéfices reviennent aux déposants.

b) Comptes d'épargne :

•Ils sont alimentés par une partie des revenus que les déposants décident de mettre de côté.

•Aucune rémunération n'est versée aux déposants, mais certains avantages peuvent être
accordés, comme la priorité dans l'octroi du Qard Hassan.

•Le remboursement du capital est garanti, mais la Zakat est déduite.

c) Comptes d'investissement participatifs :

•Ces comptes impliquent un contrat entre le déposant et la banque, où le déposant fournit des
fonds et la banque agit en tant que gestionnaire.

•Les profits et les pertes sont partagés selon un prorata prédéterminé.

•La banque utilise ces fonds pour financer divers projets, mais il n'y a aucune garantie de
récupération du capital ou de rendement prédéterminé pour les déposants.

2 Conception du risque bancaire participative et de sa gestion :


Dans cette section, le risque bancaire est examiné à travers trois aspects : le risque dans la
littérature financière et bancaire, l'approche islamique du risque, et les principales sources du
risque bancaire.

2.1 Le risque dans la littérature financière et bancaire


Dans la littérature financière, le risque est décrit comme une situation où il y a une incertitude
quant aux résultats souhaités, avec une probabilité que la conséquence attendue soit
défavorable. Deux auteurs, Vaughan et Vaughan, et Megginson, ont donné des définitions du
risque, le décrivant respectivement comme la probabilité de déviation du chemin menant au
résultat attendu, et comme la probabilité de perte. Ces définitions soulignent la distinction entre
le risque et l'incertitude, où le risque est la probabilité d'un événement dont l'occurrence est
incertaine. Qu'il s'agisse d'une banque islamique ou conventionnelle, les risques sont considérés
comme des événements futurs incertains pouvant influencer la réalisation des objectifs de ces
institutions, que ce soit sur le plan stratégique, opérationnel, financier ou de conformité.

11
2.2 Les sources du risque bancaire :
La gestion des risques dans une banque est fortement influencée par l'origine de ces risques.
Les stratégies de gestion des risques peuvent varier en fonction que ces risques proviennent de
l'intérieur ou de l'extérieur de l'institution bancaire.

a) Les sources externes sont ceux qui proviennent de :

-Environnement économique : Les fluctuations économiques peuvent impacter l'activité


bancaire et la solvabilité des emprunteurs, ainsi que la qualité des services fournis par les
fournisseurs de la banque.

-Actions des régulateurs bancaires : Les régulateurs nationaux et internationaux prennent des
mesures pour préserver la stabilité du système financier, telles que l'élaboration de
réglementations supplémentaires en réponse à des crises financières.

b) Sources internes

Les risques internes sont liés à l'organisation et au personnel de la banque. Au niveau


organisationnel, deux dysfonctionnements sont souvent observés :

-Asymétrie d'information : Dans les transactions bancaires, une partie est souvent mieux
informée que l'autre, créant un déséquilibre. Les emprunteurs sont généralement moins
informés que les prêteurs, exposant ainsi la banque à des risques.

-Absence d'une culture du risque : Une culture du risque est essentielle pour une gestion efficace
des risques. Sans elle, la banque est vulnérable aux événements redoutés. Il est crucial pour les
banques de documenter leurs politiques et procédures de gestion des risques, même si elles ne
sont pas toujours mises en œuvre correctement.

La qualité du personnel de la banque constitue également une source interne de risque. Les
erreurs humaines, la mauvaise répartition du personnel et la qualité des ressources humaines
peuvent compromettre les objectifs de développement de la banque.

2.3 Gestion du risque bancaire


Cette revue de littérature met en évidence l'évolution des principaux modèles et théories de
gestion du risque bancaire depuis la seconde moitié du 20ème siècle, mettant en lumière les
contributions significatives de Markowitz, Sharpe, Lintner et Ross dans la compréhension et la
modélisation des risques financiers.

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Modèle / Théorie Auteur(s) Année(s) Principes et Contributions

- Introduction de la notion de diversification pour réduire le


Théorie du risque. - Formalisation de la relation entre risque et rendement à
portefeuille de Harry travers la variance. - Distinction entre risque systématique et non
Markowitz Markowitz 1952 systématique.

Modèle - Intégration du risque systématique dans l'évaluation des actifs


d'Équilibre des William financiers. - Détermination de la valeur attendue d'un actif en
Actifs Financiers Sharpe, John 1964- fonction du risque systématique et du rendement du marché. -
(MEDAF) Lintner 1965 Introduction du concept d'équilibre du marché financier.

- Alternative au MEDAF, le MEA suppose que les prix des titres


peuvent être erronés temporairement. - Les investisseurs
Modèle utilisent les écarts par rapport à la juste valeur pour réaliser des
d'Évaluation par profits, mais cela comporte des risques. - Le modèle remet en
Arbitrage (MEA) Stephen Ross 1976 question l'efficience parfaite des marchés financiers.

3 Méthodologie de recherche.
Pour cette étude, une approche qualitative a été privilégiée afin d'explorer en profondeur les
perspectives des acteurs du domaine de la finance participative. Des entretiens semi-directifs
ont été menés, guidés par une structure prédéfinie, pour recueillir des données primaires. Ces
données ont ensuite été analysées en utilisant la méthode de l'Analyse de Données Textuelles
(ADT), mettant l'accent sur les réponses des participants relatives à la gestion des risques
bancaires dans le contexte de la finance participative.

L'échantillon de cette étude était composé de 14 participants, dont 3 femmes, représentant ainsi
la proportion observée dans le secteur de la finance participative au Maroc. Parmi ces
participants, plus de la moitié occupaient des postes de directeurs au sein d'agences bancaires
participatives, tandis que les autres étaient des consultants, des formateurs ou des responsables
dans des institutions de ce domaine.

3.1 Hypothèses :
Les hypothèses de recherche sont les suivantes :

H1 : Les banques participatives disposent actuellement d'outils propres suffisamment solides


pour gérer leurs risques.

13
H2 : En l'absence d'autosuffisance en outils propres efficaces, les banques participatives ne
disposent actuellement que d'outils majoritairement classiques pour la gestion de leurs risques.

3.2 Résultats et Discussions:


Après avoir analysé l'ensemble des intervenants, les chercheurs constatent qu'il existe certaines
étapes permettant une bonne gestion des risques.

a) Identification des Risques

L'identification des risques constitue la première étape cruciale dans la gestion des risques
bancaires. Elle implique la cartographie des processus, des risques et des contrôles,
régulièrement révisée et enrichie pour s'adapter au développement de l'activité et à l'intégration
de nouveaux produits. Différentes approches, comme l'analyse de scénarios, peuvent être
utilisées pour identifier les risques. Chaque type de risque (crédit, financier, opérationnel,
liquidité, marché) nécessite une procédure spécifique pour son identification.

b). Évaluation des Risques

L'évaluation des risques est effectuée par les responsables d'entités, basée sur leur expérience
plutôt que sur des statistiques. Elle permet à la banque de mieux comprendre son profil de risque
et d'allouer les ressources nécessaires à sa gestion. L'évaluation repose sur la mesure de la
probabilité et de la gravité des événements indésirables associés à chaque risque.

c). Atténuation des Risques

La troisième étape implique l'élaboration de stratégies pour atténuer les risques, classées en
stratégies actives et passives en fonction de leur impact sur la probabilité d'occurrence et les
conséquences des risques. Les stratégies d'atténuation comprennent des politiques de gestion,
des actions de formation, des dotations pour couvrir les risques avérés et un système de contrôle
à trois niveaux.

d). Examen des Risques

La dernière étape consiste en la surveillance et le reporting des risques bancaires. La


surveillance vise à assurer que les pratiques de gestion des risques demeurent adéquates et peut
être continue, quotidienne ou périodique. Le reporting synthétise les éléments clés pour
informer toutes les parties concernées de l'état des risques de la banque et inciter les
responsables à être plus vigilants dans la gestion des risques. Les pratiques de surveillance et
de reporting s'inspirent souvent de celles des banques conventionnelles.

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Les résultats de l'étude sur la gestion des risques des banques participatives au Maroc sont
discutés à la lumière des hypothèses de recherche énoncées. Voici une synthèse des résultats en
lien avec chaque hypothèse :

Hypothèse 1 : Les banques participatives disposeraient, à présent, d’outils propres


suffisamment solides pour gérer leurs risques.

Les résultats de l'étude semblent nuancer cette hypothèse. Bien que les banques participatives
aient mis en place des processus d'identification, d'évaluation, d'atténuation et d'examen des
risques, il est souligné qu'elles rencontrent des défis en termes de techniques et d'outils
adéquats. Les stratégies d'atténuation des risques semblent être plutôt classiques et l'adaptation
des pratiques de gestion des risques des banques participatives à leur spécificité reste un défi.

Hypothèse 2 : Faute d’autosuffisance en outils propres efficaces, ces banques ne disposeraient,


actuellement, que d’outils majoritairement classiques pour la gestion de leurs risques.

Les résultats de l'étude tendent à confirmer cette hypothèse. En effet, les banques participatives
semblent souvent recourir à des techniques et des pratiques empruntées au secteur bancaire
conventionnel, faute d'outils spécifiques adaptés à leur modèle. Les stratégies d'atténuation des
risques et les pratiques de surveillance semblent être largement inspirées de celles des banques
conventionnelles.

15
Conclusion :

Cet article offre une perspective éclairante sur la gestion des risques dans les banques
participatives marocaines. En mettant en avant les éléments clés de ce domaine, il permet de
mieux comprendre les défis et les opportunités spécifiques rencontrés par ces institutions. Les
résultats et les discussions présentés offrent des insights précieux non seulement pour les
chercheurs cherchant à approfondir leur compréhension de la finance participative, mais aussi
pour les praticiens et les décideurs confrontés aux enjeux de la gestion des risques dans un
contexte islamique. En offrant une analyse approfondie et des recommandations pertinentes,
cet article contribue à enrichir le débat sur la gestion des risques dans le secteur bancaire
participatif et à orienter les actions futures dans ce domaine.

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