Cours
Le chômage est un concept simple mais une réalité complexe. Il est définit comme la situation d’un
individu ou d’une partie de la main-d’œuvre d’un pays sans emploi et à la recherche d’un emploi.
Sur le marché du travail, le chômage apparaît lorsque la demande d’emplois des travailleurs (offre
de travail) est supérieure aux offres d’emplois des entreprises (demande de travail). Un chômeur
est une personne sans emploi à la recherche d’un emploi.
Si les chiffres du chômage font parfois l’objet de débat, c’est en partie parce qu’il existe deux
mesures du phénomène, qui en réalité se complètent plus qu’elles ne s’excluent ne poursuivant pas
les mêmes objectifs. En effet, Pôle Emploi dont la mission est de prendre en charge le service de
l’emploi et d’indemnisation comptabilise les demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM). Il s’agit
d’une mesure administrative du chômage qui obéit à une logique de gestion de personnes et de
réglementation du service public dédié aux chômeurs plutôt qu’une mesure statistique du
chômage. C’est pourquoi, comme la plupart des organismes statistiques des pays, l’INSEE se réfère
aux critères établis pour le Bureau international du travail (BIT) pour mesurer le chômage. Ainsi,
pour être considéré comme chômeur au sens du BIT, une personne doit remplir simultanément
trois conditions : être sans emploi au cours de la semaine de référence de l’enquête, avoir effectué
une démarche active de recherche d’emploi et être disponible pour travailler immédiatement.
Contrairement à Pôle Emploi, la logique du BIT est avant tout économique : il s’agit de déterminer
les ressources en main-d’œuvre immédiatement disponibles pour contribuer à l’emploi et par là à
la richesse. De ce fait, le nombre de chômeurs peut être différent suivant la méthode employée, car
la définition du chômage au sens du BIT est complètement indépendante du fait que les personnes
soient ou non inscrites à Pôle emploi. Néanmoins, dans l’ensemble, l’analyse de l’évolution du
chômage sur longue période à partir de ces deux mesures donne des résultats relativement
proches.
La définition officielle du chômage (« au sens du BIT ») délimite en même temps les deux
catégories complémentaires des chômeurs : d’une part, celle des actifs occupés (« en emploi »), qui
recouvre l’ensemble des personnes qui ont un emploi salarié ou non ; d’autre part, celle des
inactifs, composée par les personnes qui ne recherchent pas d’emploi ou qui ne sont pas
disponibles pour en occuper un. L’ensemble formé des chômeurs et des actifs occupés constitue la
population active. La réalité de la situation des personnes est toutefois plus complexe que ne
suggère la séparation nette entre « chômeurs », « actifs occupés » et « inactifs ». Dans les années
1980, la notion de « halo du chômage » est apparue pour décrire des situations de personnes qui
semblaient assez proches du chômage sans pour autant être comptabilisées parmi les chômeurs au
sens du BIT. Ces personnes ont des situations qui se trouvent à la frontière entre chômage, emploi
et inactivité. Dans le « halo du chômage », on trouve notamment les situations de sous-emplois qui
concernent les personnes considérées comme actives occupées au sens du BIT mais occupant une
activité réduite involontaire. C’est le cas des travailleurs qui subissent un emploi à temps partiels
ou encore de ceux qui sont en chômage partiel. L’analyse des statistiques du chômage et du sous-
emploi montre ainsi qu’une partie non négligeable de la population française n’a pas accès à
l’emploi alors qu’elle le désirerait. Au troisième trimestre 2019, 5,4 % des personnes en emploi sont
en situation de sous-emploi. Il s’agit principalement de personnes à temps partiel souhaitant
travailler davantage. Le taux de chômage au sens du BIT est de 8,6 % de la population active en
France (hors Mayotte), et s'établit à 8,3 % en France métropolitaine.
L’analyse statistique du chômage montre qu’il s’agit d’un phénomène massif, durable et sélectif. Si
le taux de chômage de la France est particulièrement élevé sur la dernière décennie, il l’est
également relativement à d’autres pays dont le dynamisme du marché du travail est souvent mis
en exergue, c’est notamment le cas de l’Allemagne, le Royaume Uni et les Etats-Unis. L’analyse de
longue période du chômage révèle son caractère durable et massif depuis la fin des Trente
Glorieuses. Ce phénomène n’est évidemment pas propre à la France, bien que son taux semble
beaucoup moins refluer lorsque l’activité repart comparativement à ce qu’il se passe outre-
Atlantique ou outre-Rhin.
Le chômage est aussi un phénomène inégalitaire car il touche deux fois plus les jeunes actifs et les
moins diplômés. On note également que le retour à l’emploi est plus difficile pour les jeunes dont
le taux de chômage de longue durée est nettement plus élevé que la moyenne.
Introduction
Introduction Q1
Facile
Question 1 : DEFINITION ET MESURE DU CHOMAGE
De nombreux travaux sociologiques ont montré le traumatisme social et psychologique de
l’épreuve du chômage. Au-delà des personnes qu’il frappe, le chômage entraîne un coût important
pour la société. Un coût direct qui correspond à la perte de richesse qui aurait pu être produite par
les personnes inemployées, auquel s’ajoute le montant de l’indemnisation de cette situation de
non-emploi. Un coût économique et social ensuite plus difficilement mesurable, mais pas pour
autant négligeable, qui résultent des effets induits sur la santé, le lien social mais aussi en termes
de délinquance, notamment chez les jeunes.
Ces méfaits sont bien connus, pourtant, on peut se demander pourquoi des économies dont le PIB
continuent de progresser, comme la France, se caractérisent par un chômage de masse durable
depuis maintenant plus de trente ans.
Pour répondre à cette question, on doit se tourner vers les travaux des économistes. Quels sont les
contours et la nature du chômage ? Pourquoi certains pays plus touchés que d’autres ? Comment
peut-on expliquer le chômage ? Quelles solutions peuvent être mises en œuvre pour l’endiguer ?
Ce chapitre est l’occasion de répondre à toutes ces questions. Plus globalement, il s’agira de se
demander comment pouvons-nous lutter efficacement contre le chômage.
Pour ce faire, un petit détour par la définition et la mesure du chômage s’impose (dossier n°1).
Ainsi, après avoir délimité les contours du phénomène, nous en examinerons les facteurs explicatifs
mis en évidence par les économistes (dossier n°2). Forts de ces grilles de lectures théoriques, nous
pourrons analyser la double nature du chômage afin de mettre en exergue des solutions au
chômage (dossier n°3).
Les « chiffres du chômage » reviennent de façon récurrente au cœur du débat public et sont parfois
discutés. Leur publication est toujours médiatisée et leur évolution signale l’échec ou la réussite des
politiques mises en œuvre par les gouvernements. Comment mesure-t-on le chômage ? Quelles
sont les limites de sa mesure ? Que nous montre l’analyse des statistiques du chômage ?
Documents
Document 1 : Evolution du nombre de demandeurs d’emploi (en catégorie A1), en France
métropolitaine
Facile
Questions :
1. A quelle catégorie de la population active appartiennent les demandeurs d’emploi ?
2. Mesurer l’évolution du nombre de demandeurs d’emploi en France métropolitaine depuis le
2017.
3. Formulez des hypothèses explicatives de cette évolution.
Voir la correction
Document 2 : Chômage et Pôle Emploi
Facile
(…)La fusion des Assedic (associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce) et de l’Anpe
(Agence nationale pour l’emploi) a donné naissance au Pôle Emploi qui, désormais, se charge (…) à
la fois du service de recherche d’emploi et de l’indemnisation des demandeurs d’emploi. (…)
[L’]indemnisation du chômage est un système assurantiel : chaque travailleur salarié s’assure en
payant, avec son employeur, des cotisations, et, si le sinistre survient, à savoir la perte de son
emploi, il sera indemnisé par l’assurance-chômage. Exactement, comme pour l’assurance auto ou
habitation : on paye des cotisations pour obtenir une indemnisation en cas de sinistre.(…) Reste
que pour toucher l’allocation d’aide au retour à l’emploi (Are), le nom officiel des allocations de
chômage, il faut réunir les conditions suivantes, d'ailleurs à peu près les mêmes qu’à l’époque des
Assedic.
-. S'inscrire auprès du Pôle Emploi (…)
- Avoir perdu son emploi de façon involontaire (licenciement, fin de CDD subi par exemple).
Toutefois, quelques cas de démissions dites légitimes ouvrent droit aux allocations de chômage.
- Avoir cotisé pendant une période minimale fixée actuellement à 122 jours.
- Etre apte au travail, une aptitude au travail qui s’entend médicalement parlant.
- Rechercher activement un emploi et être capable de justifier de ces recherches en cas de contrôle.
- Avoir moins de soixante ans, sauf si, entre 60 et 65 ans, les conditions pour bénéficier d’une
pension de retraite à taux plein ne sont pas remplies.
Source : [Link], Léa Boluze, « Les allocations chômage du Pôle Emploi, ex Assedic », Publié LE
16/12/2015 À 9H09 Mis à jour LE 11/10/2018 À 16H39, Michèle Auteuil
Note 1 : Demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi.
Questions :
1. Qu’est ce que Pôle emploi ? Quelles sont ses missions ?
2. A quelle catégorie de personnes s’adresse Pôle Emploi ?
Voir la correction
Document 3 : Une partition de la population active en trois catégories : Emploi, chômage, inactivité
Facile
La définition officielle (au sens du Bureau internationale du travail) du chômage (…) délimite en
même temps les deux autres catégories complémentaires à celle des chômeurs : d’une part, celle
des actifs occupés (ou « en emploi »), qui recouvre l’ensemble des personnes qui ont un emploi
salarié ou non ; d’autre part, celle des inactifs, composée par les personnes qui ne recherchent pas
d’emploi ou qui ne sont pas disponibles pour en occuper un. L’ensemble formé des chômeurs et des
actifs occupés constitue la population active – un chômeur étant donc considéré (…) comme
« actif » - et donne une mesure de l’ « offre » sur le marché du travail (c’est-à-dire le nombre de
personnes « offrant » leur travail). Au total, l’ensemble de la population se répartit entre ces trois
catégories : une personne est soit au chômage, soit en emploi, soit en inactivité.
Peuvent alors être définis les taux de chômage, d’emploi, et d’activité, qui, sauf mention contraire,
sont généralement calculés pour la population dite « en âge de travailler », la tranche des 15-64
ans étant le plus souvent retenue dans les comparaisons internationales :
- le taux de chômage est défini comme le ratio [nombre de chômeurs/ nombre d’actifs]
- le taux d’emploi est défini comme le ratio : [nombre d’actifs occupés / population en âge de
travailler]
- le taux d’activité est défini comme le ratio : [nombre d’actifs / population en âge de travailler].
Source Jérôme Gautié, Le chômage, Coll. Repères, Ed. La découverte, 2015