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Mythe Atrides

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AVANT DE LIRE LES EUMENIDES D’ESCHYLE, TRAGEDIE ANTIQUE

L’Orestie, c'est-à-dire la trilogie qui comprend Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides a été représentée en
458 avant J.C, à Athènes, dans un théâtre situé sur le flanc de l’Acropole, tout près du lieu où siégeait le tribunal de
l’Aréopage. Il s’agit de tragédies antiques écrites par Eschyle et qui raconte le mythe des Atrides. Afin de bien
comprendre la pièce Les Euménides (celle que vous avez à lire), je vous invite à lire la présentation de ce mythe ci-
dessous (texte écrit par Pierre Judet de La Combe).

Le Mythe des Atrides


Le nom les "Atrides" nomme les deux fils d'Atrée, Agamemnon et Ménélas, les rois grecs qui, nous dit le mythe, ont
pris la ville de Troie, en Asie mineure, avec l'aide d'une armée venue de toute la Grèce. Ce nom, "Atrides", a une
résonance à la fois prestigieuse et lugubre. Il note la famille royale la plus noble, qui régnait sur Mycènes : Homère
(Iliade II, vers 100 et suivants) nous raconte qu'elle détenait un sceptre forgé par le dieu Héphaïstos ; Zeus, le dieu
souverain, remit ce sceptre, par l'intermédiaire d'Hermès, au roi Pélops, "qui dompte les chevaux". Celui-ci le transmit à
son fils Atrée, "berger des peuples".

Le festin de Thyeste

À partir de là, l'histoire devient plus confuse et varie selon les poètes. Atrée avait un frère, Thyeste, qui lui contestait son
pouvoir et séduisit sa femme, Aéropé ; Atrée le chassa, puis fit semblant de se réconcilier avec lui en l'invitant à un
banquet, où il lui offrit, en fait, la chair de ses enfants (douze, selon Eschyle), dont il avait haché les membres. Quand
Thyeste identifia ce qu'il mangeait, il maudit toute la famille. Cette malédiction est à l'origine des malheurs qui
s'imposèrent à la lignée sur plusieurs générations, et qui ont fourni leur matière à de nombreuses tragédies (Eschyle,
Orestie, Sophocle, Électre, Euripide, Électre, Iphigénie en Tauride, Hélène, Oreste, Iphigénie à Aulis).

Les mariages d'Agamemnon et de Ménélas : Clytemnestre et Hélène

Après Atrée, régna Agamemnon (avec, peut-être des étapes intermédiaires, cela varie d'un poète à l'autre : règne de
Thyeste, ou règne d'un dénommé Plisthène, roi travesti et boiteux ?). Agamemnon (dont le nom veut dire "à la très
grande puissance") et son frère Ménélas ("puissance sur le peuple") épousèrent deux sœurs, ou plutôt deux demi-sœurs,
deux filles de Léda : Clytemnestre ("la célèbre courtisée") et Hélène de Sparte ("celle qui prend"), la première était fille
d'un mortel, Tyndare, l'autre fille de Zeus (qui avait séduit Léda sous la forme d'un cygne). Ces mariages sont des
preuves de la qualité héroïques des deux Atrides ; leurs femmes avaient été courtisées par toute la Grèce. La cour faite
par les princes grecs à Hélène est l'objet de nombreux récits : contre toute attente, elle choisit Ménélas, qui ne passait
pas pour le plus valeureux des guerriers. Mais comme le montre la protection qu'il reçut des dieux par la suite, il
incarnait une puissance aussi vitale que la force guerrière, celle du droit, de la force des engagements : les princes
avaient juré que, quel que soit le choix d'Hélène, ils prendraient les armes pour défendre l'élu, si son mariage était mis
en question.

Le jugement de Pâris et la fuite d'Hélène

Les amours adultères d'Hélène sont ainsi à l'origine de toute l'histoire de la guerre de Troie, histoire qui, par ses
massacres immenses, signale la fin d'un âge de l'humanité, celui des héros (nous vivons sous un autre âge, celui,
malheureux, du fer). Alors que les dieux célébraient les noces extraordinaires d'une déesse, Thétis, et d'un mortel, Pélée
(les futurs parents d'Achille), une querelle s'éleva entre trois déesses, Héra, l'épouse de Zeus, Aphrodite, la déesse de
l'amour, et Athéna, la fille de Zeus, issue casquée et armée, hors naissance normale, de la tête de son père : les trois
déesses se disputaient sur leur beauté. Pour les départager, il fut décidé que le plus beau des mortels désignerait la plus
belle. C'est l'épisode du jugement de Pâris. Les déesses se rendirent en Troade (le pays de Troie), dans les forêts du
mont Ida, où Pâris, fils du roi Priam, gardait ses troupeaux : comme sa naissance avait été accompagnée d'un mauvais
présage, le roi Priam avait décidé de l'écarter de la ville. Pâris désigna Aphrodite comme la plus belle (ce qui était
attendu : les deux autres déesses avaient pris le risque de rivaliser sur son propre terrain avec celle qui représentait la
grâce et l'amour). Aphrodite lui donna Hélène, la plus belle des femmes, comme récompense. Pâris, pour prendre
possession de son prix, se rendit chez Ménélas, séduisit Hélène et s'embarqua vers Troie avec elle et de nombreux
trésors qu'il avait volés.

Le sacrifice d'Iphigénie, fille d'Agamemnon, à Aulis


Cela déclencha le conflit mondial entre les Grecs et les Troyens, que racontent l'Iliade et plusieurs poèmes épiques
malheureusement perdus (les poèmes de "Cycle épique"). La guerre commença par un acte monstrueux : les Grecs, qui
avaient juré fidélité à Ménélas, s'étaient rangés sous le commandement de son frère guerrier, Agamemnon. Ils avaient
rassemblé leur flotte sur la côte d'Aulis. Mais ils ne purent s'embarquer, les vents étant contraires, ou, selon une autre
version, absents. En effet, la déesse qui protégeait le lieu, Artémis, la vierge chasseresse, était en colère contre
Agamemnon. Là encore les poètes divergent pour expliquer cette colère.

Selon la version la plus courante, Agamemnon s'était rendu coupable envers elle : il était entré dans un bois interdit qui
était consacré à la déesse, ou s'était vanté d'être meilleur chasseur qu'elle. Eschyle, le poète tragique, propose dans son
Orestie, une version plus intellectuelle : Artémis, en protectrice de la vie, des petits animaux, s'indignait par avance du
massacre qui aura lieu à Troie. Elle exigea que le roi lui offre, en compensation de sa faute ou des vies qu'il allait
prendre, ce qu'il avait de plus cher, à savoir la vie de sa fille Iphigénie, encore vierge. Il se résigna à la sacrifier. Selon
certains, comme Eschyle, elle mourut sur l'autel ; selon d'autres (Euripide), Artémis la sauva en lui substituant au
dernier moment une biche, qui fut tuée à sa place. Iphigénie fut enlevée par la déesse vers l'un de ses sanctuaires
lointains, en Tauride.

La guerre de Troie et l'impiété des Grecs

Le conflit dura dix ans, et s'acheva par la prise de Troie, grâce à une ruse d'Ulysse, avec l'entrée dans la ville d'un cheval
de bois contenant les guerriers grecs. La ville tomba de nuit, le massacre fut général, les Grecs ne respectèrent pas les
temples des dieux ; ils y furent pilleurs, massacreurs et violeurs. Athéna, bafouée par Pâris, avait avec Héra juré la perte
de Troie. Mais, devant l'impiété des Grecs, elle se retourna contre eux, et fit du retour en Grèce un désastre où ils
périrent presque tous. Elle sauva Ulysse, qui erra pendant dix ans. Ménélas et Hélène passèrent par l'Arabie, l'Égypte,
avant de rentrer en Grèce.

Le retour d'Agamemnon et sa mort

Agamemnon put revenir sauf après la tempête qui dispersa la flotte grecque, mais fut tué par sa femme Clytemnestre,
qui tua par la même occasion Cassandre, la prophétesse qui était fille de Priam : les Grecs l'avaient donnée à
Agamemnon comme esclave concubine pour l'honorer après la victoire. Les raisons de cet acte de Clytemnestre sont
discutées par les poètes : les mythes offraient, en effet, matière à des débats contradictoires et argumentés. Ou bien
Clytemnestre devint criminelle en tuant son mari parce qu'elle avait été séduite par Égisthe, le dernier enfant de
Thyeste, le treizième, qui avait survécu au massacre de ses frères (c'est l'explication donnée par Homère - qui ne
mentionne pas le sacrifice d'Iphigénie - et par Pindare), ou bien elle vengeait sa fille tuée à Aulis (selon l'interprétation
d'Eschyle - mais, sur ce point les interprètes modernes d'Eschyle ne sont pas tous d'accord ; Euripide laisse la question
ouverte).

Le matricide : la mise à mort de Clytemnestre par son fils Oreste

Agamemnon et Clytemnestre avaient eu quatre enfants : trois filles (Iphigénie, Chrysothèmis, Électre) et un fils
(Oreste). Les deux sœurs survivantes, Chrysothémis (qui, chez les Tragiques, n'apparaît que dans l'Électre de Sophocle)
et Électre, eurent à subir la dictature d'Égisthe et de Clytemnestre. Oreste était en exil, chez le roi Strophios, en Phocide
(près de Delphes), où il se lia à Pylade. Sur ordre du dieu Apollon, dont il était allé consulter l'oracle à Delphes, il rentra
chez lui pour venger son père, et tua Égisthe et sa mère. Immédiatement après son acte, il fut persécuté par les déesses
de la vengeance, les Érinyes, qui réclamaient justice au nom de la mère tuée. Oreste se réfugia d'abord à Delphes, chez
le dieu qui l'avait contraint à devenir matricide. Celui-ci l'envoya chez la déesse Athéna, à Athènes, où un tribunal,
l'Aréopage, jugea son acte. Il fut disculpé, et put rentrer chez lui, pour y régner.

Les tragédies composant le spectacle Les Atrides

Les Atrides rassemblaient quatre tragédies : Iphigénie à Aulis d'Euripide (traduction par Jean et Mayotte Bollack), et les
trois drames qui composent la trilogie d'Eschyle L'Orestie : Agamemnon, Les Choéphores, c'est-à-dire Les porteuses de
libations (deux pièces traduites par Ariane Mnouchkine), et Les Euménides, ou Les Bienveillantes, à savoir Les Érinyes
(traduction par Hélène Cixous). Cet ordre suit celui de l'histoire : sacrifice d'Iphigénie, retour et mort d'Agamemnon, sa
vengeance par Oreste, jugement d'Oreste. La pièce d'Euripide est de loin postérieure à l'Orestie. C'est la dernière pièce
écrite par Euripide (avec Les Bacchantes), elle fut jouée en 405 avant J.-C., juste après la mort du poète ; l'Orestie date
de 458 avant J.-C. Les œuvres d'Eschyle et d'Euripide montrent des points de vue très différents sur le mythe, sur ce
qu'est une tragédie, mais, dans cet ordre, l'histoire des Atrides devient plus claire.

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