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Introduction à l'économie

cours intro à l'économie

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Université Ibn Zohr

Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales,


Ait Melloul

Support de cours
Module : Introduction à l’économie
Semestre 1

Professeur O. AKHSAS année universitaire : 2022/2023

1
Plan du cours

Chapitre 1 : La science économique.

Section 1 : Définition de la science économique.

Section 2 : Les notions de besoins et de biens.

Section 3 : les niveaux d’analyse économique.

Section 4 : La méthode scientifique.

Chapitre 2 : L’activité économique.

Section 1 : Les agents économiques.

Section 2 : Les fonctions économiques

Section 3 : Les marchés économiques.

Section 4 : le circuit économique.

Chapitre 3 : Les courants de pensée économique.

Section 1 :Le courant libéral (les classiques et néoclassiques)

Section 2 : Le courant Marxiste.

Section 3 : Le courant Keynésien.

2
Introduction
On peut lier la naissance de la science économique à l’apparition de la
vie organisée en société.
Aujourd’hui,comme avant, tout problème auquel sont confrontés les
individus organisés en famille ou en société, comporte toujours une
dimension économique, souvent combinée avec d’autres aspects de la
vie, tels que le politique, le social, l’environnemental, le culturel…
A titre d’exemple, lorsqu’on considère les deux guerres mondiales
qu’a connues le 20 ème siècle, on trouve que ces dernières avaient
parmi ses origines des crises économiques qui ont poussé les grandes
puissances de l’époque à déclencher la guerre et de coloniser un grand
nombre de pays.
L’économique ne provoque pas toujours des problèmes, mais il est là
en priorité pour les résoudre. L’économie est censée aider à trouver
des solutions adéquates à des situations délicates.
L’objectif de ce cours d’introduction à l’économie est d’initier les
nouveaux étudiants et les nouvelles étudiantes à cette science en
exposant les notions de base devant les aider à bien débuter leur
cursus en économie.

3
Chapitre 1 : La science économique.

Section 1 : Définition de la science économique.


Du point de vue étymologique, le terme « économie » provient du terme grec
« oikosnomos » qui composé de deux mots : aikos qui signifie maison et
nomosqui veut dire règle ou loi. L’économie signifie ainsi la gestion des affaires
de la maison. En effet, dans l’antiquité, toute l’organisation des activités
humaines était autour de la famille. Cette dernière constituait l’unité de bas de la
société.

Au 17eme siècle, on a ajouté le mot « politique », l’économie devient ainsi


économie politique, c’est-à-dire la gestion des affaires de la ville.

Dans nos jours, on parle de la science économique, les sciences économiques,


l’économie politique, l’économie et l’analyse économique. Cette termes
signifient la même chose.

Il existe plusieurs définitions de l’économie. Nous nous limiterons ici à en


préciser quatre définitions.

Ainsi l’économie est définie comme « la science de l’administration des


ressources rares » (R.barre).

Cette définition met en évidence l’un des problèmes de l’Homme à savoir la


rareté des ressources dont il dispose pour satisfaire ses besoins. En effet
l’individu éprouve de nombreux besoins tels que la nourriture, le logement, le
confort, le voyage etc, qui cherche à satisfaire à partir d’un nombre limité de
biens et services.

Une autre définition est présentée par L. Robbins dans les termes « l’économie
et la science qui étudie le comportement humains en tant que relation entre fins
et moyens rares à usage alternatif ».

Cette définition met l’accent sur la notion de choix. Pour satisfaire ses besoins,
l’Homme est invité à faire des choix. Un consommateur disposant d’un budget
limité peut l’utiliser pour acheter un bien X ou un d’un bien Y. De même pour
produire, une entreprise peut utiliser plusieurs combinaisons de facteur de
production. L’agent économique, quel soit consommateur ou producteur est

4
souvent donc appelé à faire des choix à chaque fois qu’il est confronté à une
situation comportant plusieurs possibilités : c’est ce qu’on appelle l’arbitrage.

Les choix sont de deux types : les choix individuels (exemple : voyager en train
ou en voiture) et les choix collectifs (construire une route ou une école).

Une troisième définition met en évidence la dimension sociale de la science


économique dans les termes « l’économie est l’étude des rapports sociaux qui
s’établissent entre les hommes ou entre les sociétés elle-même à l’occasion de la
lutte pour la production des moyens de subsistance qui est au centre de la vie
économique » ( A.Trachen. 1993).

Trachen propose aussi dans son ouvrage une quatrième définition dans les mots
suivants : « l’économie politique est l’étude des mécanismes de production,
d’échange, de consommation dans structure sociale donnée… »

Cette définition met en évidence les trois faces de l’activité économique à savoir
la formation des biens (production) leur circulation (échange) et leur disparition
(consommation).

Section 2 : la notion de besoin et bien.


L’économie a pour objectif d’étudier comment les besoins illimités, sont
satisfaits à partir des biens limités.

I- La notion de besoin.

Un besoin est un sentiment de manque qui doit être satisfait au moyen d’effort.
Les besoins peuvent être :

- Physiologiques : ce sont les besoins qui sont relatifs au corps humain tels
que par exemple : manger, boire, s’habiller etc.
- Sociaux : manger dans un restaurant réputé, avoir des relations d’amitié
etc.

Les besoins ne restent pas figés mais évoluent dans le temps et dans l’espace.

L’évolution des besoins dans le temps est en fonction de :

- Les mentalités.
- L’innovation technologique.
- Les phénomènes de mode.

5
L’évolution des besoins dans l’espace est fonction de :

- Les croyances.
- Les catégories socioprofessionnelles.
- Le lieu d’habitation.

Les besoins peuvent être ressentis par un individu. Dans ce cas on parle d’un
besoin individuels (exemple : se nourrir). Par contre les besoins ressentis par un
groupe sont appelés besoins collectifs (exemple : les infrastructures).

Les besoins économiques présentent les caractéristiques suivantes :

- La satiété : l’intensité d’un besoin diminue au fur et à mesure qu’il est


satisfait : au-delà d’une certaine satisfaction, le besoin est saturé
complétement.
- La comparabilité : tout individu est capable d’établir une hiérarchie dans
l’intensité de ses besoins et d’établir des priorités. Ainsi un consommateur
peut dire se loger c’est prioritaire que voyager.

II- La notion de bien.


Un bien est tout produit permettant de satisfaire un besoin. Ainsi pour écrire, on
a besoin d’un stylo. Ce dernier est un bien.

Un bien est dit économique lorsqu’il répond aux caractéristiques suivantes :

- L’utilité : c’est la capacité du bien à satisfaire un besoin. Cette


caractéristique est relative, elle dépond du temps et de l’espace. Par
exemple, le pétrole n’était pas un bien économique avant l’invention du
moteur à explosion.
- La disponibilité : c’est la possibilité de se procurer de ce bien en tout
temps.
- La rareté : c’est le caractère rare des ressources dont dispose l’Homme
pour satisfaire ses besoins. Un bien qui n’est pas rare, n’est pas qualifié
de bien économique. C’est l’exemple de l’air qui abondant : c’est un bien
libre.

6
Les biens économiques utilisés pour satisfaire les besoins de l’Homme
peuvent être différenciés de plusieurs manières :

1) biens de consommation et biens de production.

Les biens de consommation, comme les aliments, les vêtements sont des biens
utilisés directement pour satisfaire un besoin. Ils sont alors détruits par l’usage.

Les biens de production ou d’investissement sont des biens utilisés pour


produire d’autres biens. Certains de ces biens sont détruits par le processus de
production (exemple : les matières premières, l’énergie…). D’autres nesont pas
immédiatement détruits et participent à plusieurs cycle de production (exemple :
les machines, les bâtiments…).

Certains biens peuvent échanger de nature selon l’usage qu’on en fait. Ainsi une
voiture achetée par un fonctionnaire est considérée comme un bien de
consommation. Cependant s’elle est achetée par chauffeur de taxi est considérée
comme un bien d’investissement.

2) biens complémentaires et biens substituables :

Deux bien X et Y sont qualifiés biens complémentaires lorsque on doit les


utiliser conjointement pour satisfaire un besoin (exemple : le thé et le sucre, la
voiture et le carburant).

Deux biens sont dits substituables lorsque on peut utiliser l’un des deux à la
place de l’autre (exemple : le poisson et la viande, le bus et le taxi).

3) biens privés et biens collectifs.

Un bien privé c’est un bien utilisé à titre individuel pour satisfaire un besoin
privé.

Un bien collectif est un bien utilisé collectivement par un groupe. C’est le cas
des hôpitaux, de la route, de l’université … . Un bien collectif permet donc de
satisfaire un besoin collectif.

4) biens matériels et biens immatériels :

Les biens matériels sont des produits tangibles (exemple : nourriture, vêtement )

Alors que les biens immatériels sont de produits intangibles : c’est ce qu’on
appelle aussi les services.

7
5) biens durables et bien non durables :

Les biens durables sont des biens dont l’utilisation peut s’étaler dans le temps
(exemple : les machines, l’immobilier, les appareils électroménagers…).

Les biens non durables sont des biens détruits dès leur première utilisation
(exemple : bien alimentaires).

Section 3 : les niveaux d’analyse économique.


On distingue entre l’analyse microéconomique et l’analyse macroéconomique :

- La microéconomie est la branche de l'économie qui « analyse les


comportements des individus ou des entreprises et leurs choix en matière
de la production, de la consommation, de la fixation des prix et des
revenus.La microéconomie est donc l’outil d’analyse des décisions
individuelle des agents économique (producteurs ou consommateurs).

- La macroéconomie est l'approche théorique qui étudie l'économie à


travers les relations existantes entre les grands agrégats économiques,
le revenu, l’investissement, la consommation, le taux de chômage,
l'inflation etc.La macroéconomie constitue donc l'outil essentiel d'analyse
des politiques économiques des États ou des organisations internationales.
Il s'agit d'expliquer les mécanismes par lesquels sont produites les
richesses à travers le cycle de la production, de la consommation, et de la
répartition des revenus au niveau national.

Section 4 : la méthode scientifique en sciences économiques.

8
Comment les économistes raisonnent ? Comment produisent-ils les
connaissances. Quelles sont les approches utilisées à cette fin ? Cette section
essaie de donner des réponses à ces questions.

I- Les étapes de la méthode scientifique.

Pour produire les connaissances, les sciences suivent une démarche qui consiste
à décrire, expliquer et prévoir les faits afin d’orienter l’action humaine .En
économie cette démarche passe par les étapes suivantes :

La phase d’observation : elle consiste à récolter les données concernant un


fait (phénomène économique) à partir des statistiques.

Elaborations des hypothèses : en utilisant un processus d’induction.

Élaboration des théories ou des lois: en utilisant un processus de déduction

La phase de vérification de la théorie : Il s’agit de confronter la théorie avec la


réalité pour tester sa pertinence. La vérification peut être réalisée par l’utilisation
des séries statistiques et des modèles mathématiques et /ou économétriques. Si la
théorie est vérifiée par les faits, elle est validée. Par contre si elle n’est pas
vérifiée, elle est rejetée. Dans ce cas on doit modifier la théorie notamment par
en reformulant les hypothèses.

Pour résumer les étapes de la démarche scientifique peuvent être


schématisées dans le schéma da la page suivante :

La démarche scientifique

9
Observation

------- induction

Modification de la
Hypothèses théorie

-------- déduction

Théorie ou loi Théorie rejetée

Vérification de la
théorie Théorie
validée

Politique
économique

10
Pour compléter, on donne un exemple concret.

Exemple : Le rôle du budget de l’Etat dans la croissance économique du


Maroc.

Pour traiter ce sujet, la démarche scientifique sera faite en respectant les étapes
suivantes :

-On commence par la collecte des statistiques sur le budget (recettes et


dépenses) et sur l’évolution de la croissance économique au Maroc.

- Après un effort d’abstraction, on constate qu’il existe des liens possibles entre
la croissance d’une part et les recettes et les dépenses de l’autre part.

-Pour comprendre ces liens, on avance une hypothèse : les dépenses publiques
encouragent la consommation privée.

- De cette hypothèse, On déduit une loi : L’augmentation des dépenses de l’Etat


permet de réaliser la croissance. De cette loi, on parvient à élaborer une théorie
de « l’Etat providence » selon laquelle toute intervention de l’Etat est bénéfique
pour l’économie.

- Après, on procède à la vérification de cette théorie sur le plan empirique. Ceci


à travers la construction d’un modèle économétrique de croissance qui relie
l’évolution de la croissance à l’évolution des variables qui expliquent la
croissance (investissement, inflation, ouverture économique, dépense publique,
capital humain…). Les tests statistiques nous permettent de mesurer la
contribution de chaque facteur à la croissance. Si ces tests montrent que les
dépenses publiques contribuent positivement à la croissance, on admet que la
théorie est valide puisqu’elle permet de comprendre le rôle de l’Etat dans la
croissance économique du Maroc. Si non les tests montrent le contraire, on refait
toute la démarche avec d’autres hypothèses, lois et théories.

II- Les éléments de la démarche scientifique en sciences économiques.

Chaque théorie économique comporte les éléments suivants :

-Un ensemble de variables.

-Une ou plusieurs hypothèses.

-Un ensemble de théories ou lois que l’on veut vérifier à l’aide d’un modèle

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1) Les variables.

Une variable est une grandeur pouvant prendre différentes valeurs possibles
(exemple : le prix, le taux de croissance, inflation …).Il existe deux types
variables :

-Les variables exogènes : Ce sont des variables qui proviennent de


l’extérieur du modèle. Généralement une variable exogène est considérée
comme une donnée, qui est relative à des périodes antérieures, qui résulte de la
décision des pouvoirs publics ou de l’environnement international (prix du
pétrole).

-Les variables endogènes : Ce sont des variables expliquées dans le cadre du


modèle. Elles sont donc produites par le modèle lui-même.

Exemple: dans le cadre d’un modèle de croissance, le taux de croissance


économique est une variable endogène.

2) Les hypothèses :

Une hypothèse est un énoncé qui cherche à expliquer comment deux variables
sont liées entre elles.

Exemple : dans un modèle de croissance, la relation positive entre


l’investissement et la croissance est une hypothèse.

3) Les modèles :

Un modèle économique est une représentation schématique de l’économie ou


d’une partie de celle-ci. Un modèle est donc un énoncé explicite de définitions,
d’hypothèses et de suppositions que l’on utilise. Le modèle est construit pour
vérifier une théorie.

III- La distinction entre économie positive et économie normative.

La science économique comporte deux volets ou approches. La première


approche consiste à l’analyse, l’observation et la mesure des phénomènes
économique : c’est ce qu’on appelle l’économie positive.

La deuxième approche est relative aux mesures à prendre, à la politique à


suivre pour réaliser le meilleur résultat et à satisfaire au mieux les besoins de
l’homme : c’est ce qu’on appelle l’économie normative.

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A titre d’illustration les questions du genre : quels sont les facteurs qui
expliquent l’augmentation du chômage ? Pourquoi l’inflation persiste ? Sont
des questions qui relèvent de l’économie positive.Alors que des questions du
genre : quelles sont les politiques à mettre en œuvre pour réduire le chômage,
comment peut-on maitriser l’inflation, sont des questions de l’approche
normative de l’économie.

Chapitre2: l'activité économique.

13
L'activité économique représente l'ensemble des actions que doit accomplir
l’Homme afin de satisfaire ses besoins grâce à la production et à la
consommation de biens et de services. L’analyse de l’activité économique se fait
à travers l’étude des agents économiques, les opérations économiques, les
marchés et le circuit économique.

Section1: les agents économiques.

I- Définition de l’agent économique

Un agent économique (appelé aussi unité institutionnelle ou acteur économique)


est une entité économique dotée de la capacité autonome de posséder des actifs,
de souscrire des engagements, d’exercer des activités économiques et de réaliser
des opérations avec d’autres entités.
L’agent économique est la cellule la plus élémentaire du secteur institutionnel.
Ce dernier englobe, par voie de conséquence, l’ensemble des agents
économiques ayant la même fonction principale.
L’agent économique est dit résident lorsque son centre d'intérêt économique se
trouve sur le territoire économique du pays.

II– la notion du territoire économique.

Le territoire économique du pays est la zone géographique administrée par les


pouvoirs publics (administration centrale) et à l’intérieur de laquelle, les
personnes, les biens et les capitaux circulent librement.
Le territoire économique d’un pays est constitué par:
- le territoire géographique du pays;
- l’espace aérien national et les eaux territoriales;
- les enclaves territoriales, c’est-à-dire les territoires géographiques situés
dans le reste du monde et utilisés, en vertu de traités internationaux ou d’accords
entre Etats, par les administrations publiques du pays. Par exemple les
ambassades, consulats à l’étranger.

III - Classification des agents économiques.

Les agents économiques se répartissent en cinq secteurs institutionnels :

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- Les agents résidents qui sont :
* Les ménages.
* les sociétés non financières (SNF);
* les sociétés financières (SF);
* Les administrations publiques (APU);
- Un agent non résident qui est :
* L’extérieur.

1) les ménages.

1-1 - Définition
Un ménage est une cellule sociale homogène composée d’un ou de plusieurs
individus qui vivent sous le même toit et qui mettent en commun leur revenu en
vue de la consommation.
1-2 - Activités des ménages
Les ménages participent à l’activité économique en fournissant le travail et / ou
le capital. En contrepartie, ils reçoivent un revenu sous forme de salaire,
d’intérêt ou de profit. Les revenus des ménages sont utilisés à des fins de
consommation. Le reste est épargné sous forme de dépôt ou de thésaurisation.
1-3- Classification.
Les ménages sont généralement classés par rapport aux professions qu'ils
exercent. Or puisque chaque profession détermine la classe sociale à laquelle on
appartient, on préfère utilisés le terme catégories socioprofessionnelles.

Remarque : les entrepreneurs individuels et les institutions sans but lucratif au


service des ménages (ISBLM) sont regroupés, pour des raisons
informationnelles, avec les ménages.

2) les sociétés non financières.

2-1- définition

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L’entreprise (ou société non financière) est une unité économique qui combine
des facteurs de production en vue de produire des biens et des services pour les
vendre sur le marché afin de réaliser un bénéfice.

2-2- activités
Les entreprises utilisent des facteurs de production pour produire des biens et
des services destinés à la vente.Le chiffre d'affaires réalisé sera réparti à tous
ceux qui ont participé au processus de production. Ainsi, l'entreprise rémunère
les salariés, paye les dettes des fournisseurs, les intérêts bancaires, les impôts de
l’Etat etc.
La différence entre le chiffre d'affaires et l'ensemble des charges constitue un
bénéfice. Ce dernier sera soit distribué sous forme de dividendes aux
actionnaires, ou réinvestit. Dans ce dernier cas on parle d'autofinancement.
2-3 - Catégories
Plusieurs classifications peuvent être effectuées. Nous allons-nous limiter à la
classification juridique qui se base sur la propriété du capital.
-les entreprises privées : ce sont des entreprises qui appartiennent à des
particuliers.
- les entreprises publiques : ce sont des entreprises qui appartiennent à l’Etat.
-les entreprises semi-publiques : c'est une association entre le capital privé et le
capital étatique. On les appelle aussi société d'économie mixte.

3 ) Les institutions financières.

3-1- Définition.
Les institutions financières sont des entreprises de type particulier, dans la
mesure où elles ne jouent que sur le flux financier. La fonction principale des
institutions financières et le financement de l'économie.
3-2 – Activités.
Les opérations auxquelles se livrent ces unités se résument en:
- la réception de fonds, la gestion des moyens financiers et l'octroi de crédits
(activités de type bancaire);
- la collecte des primes et versements des prestations ou de capitaux (assurances
dommages et assurances vie);
- la collecte des cotisations et le paiement de retraite et de rente (organismes de
retraite).

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3-3- Catégorie.
On peut distinguer entre cinq catégories :

1 – la banque centrale ( au Maroc c’est Bank AL MAGHRIB) : c'est


l'institut d'émission ou la banque des banques. Sa fonction principale réside dans
la création de la monnaie et le contrôle du système bancaire marocain.
2 - Les banques commerciales ou établissements de crédit et assimilés :elles
collectent l’épargne octroient le crédit et mettent à la disposition de leurs
clientèle les moyens de paiement. On distingue aussi entre :
2-1 : Les banques : Les banques sont des établissements à vocation
universelle, étant donné la gamme des opérations qu’elles peuvent effectuer.
Ainsi, elles sont seules habilitées à collecter des dépôts à vue ou à terme.
2-2 :sociétés de financement : A la différence des banques, les sociétés de
financement ne peuvent pas recevoir du public des fonds à vue ou à terme. De
même, elles financent leurs opérations de crédit en recourant, pour l'essentiel, à
des ressources internes (marché interbancaire).
2-3 : établissements de crédit et assimilés : Sont regroupés dans cet
ensemble les établissements publics suivants: la Caisse de Dépôts et de Gestion
(CDG).
3. Autres intermédiaires financiers:
Ce secteur regroupe les compagnies financières, les OPCVM et les sociétés de
bourse.
4. Les auxiliaires financiers :
Société gestionnaire de la Bourse des Valeurs, Groupements professionnels,
agents et courtiers d’assurances, le CDVM
5. Sociétés d'assurance et organismes de retraite :
Sociétés d’assurance : Organismes chargés de la couverture des risques.
Elles reçoivent des primes d’assurances et payent des indemnités.
Organismes de retraite : Elles sont instituées dans le but d’assurer des
prestations de retraite ou d’invalidité à des groupes déterminés de salariés et
non-salariés.

4) l’administration publique.

4-1- Définition.
L’administration publique est un organisme qui accomplit des tâches d’intérêt
général sans but lucratif.

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4-2- Activités.
Le secteur des administrations publiques comprend toutes les unités
institutionnelles dont la fonction principale consiste à produire des biens et
services non marchands destinés à la consommation individuelle et collective
et/ou à effectuer des opérations de redistribution de revenu et de la richesse
nationale.
Les ressources des administrations publiques proviennent essentiellement de la
fiscalité (impôts directs et indirects). Ces ressources sont utilisées pour couvrir
les dépenses de fonctionnement (traitements des fonctionnaires, fournitures etc.)
et éventuellement les dépenses d'équipement (construction de barrage,
construction de routes, école etc.).

4-2- Catégories.
Le secteur des administrations publiques regroupe ainsi toutes les entités
administratives situées sur le territoire économique pouvant appartenir soit aux
services des pouvoirs publics centraux (législatif, judiciaire ou exécutif), soit
aux pouvoirs publics locaux, soit à des organes chargés des régimes de sécurité
sociale.
L’administration publique est composée de :
1. Administration centrale : les ministères
2. Administrations locales : collectivités locales, commissariat de police, école
publique, palais de justice etc.
3. Administrations de sécurité sociale : unités dont l’activitéprincipale est de
fournir des prestations de retraites. Ex Caisse Nationale de Sécurité Sociale,
Caisse Marocaine de Retraite, organismes Mutualistes (Les sociétés mutualistes
sont des groupements à but non lucratif dont l'objet principal est de mener des
actions de prévoyance sociale et de solidarité).

5) L’extérieur.
L’extérieur ou le reste du monde (RDM) est un agent économique particulier
dans la mesure où il regroupe l'ensemble des agents économiques non-résidents.
Les agents économiques nationaux entretiennent plusieurs relations avec
l'extérieur comme les exportations, les exportations, les prêts, les
investissements, les transferts des économies sur salaires, les rapatriements des
revenus du capital.

Le tableau suivant résume l’activité de chaque agent économique.

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Agent économique Activité principale
Ménage Consommation de biens et services
Entreprise Production de biens et services
Institution financières Financement de l’économie
Administration publique Production de services non marchands
Extérieur Echange de biens et services avec l’économie
nationale.

Section2: les opérations économiques.

Les agents économiques participent à l'activité économique en réalisant


certaines opérations économiques. On distingue généralement trois grandes
catégories d'opérationséconomiques :
-les opérations sur les biens et services.
-les opérations de répartition.
-les opérations financières.

I-les opérations sur biens et services


Elles concernent l'ensemble des opérations qui ont pour objectif la création et
l'utilisation des biens et services. Parmi ces opérations, on distingue:

1) la production:
La production est définie comme une activité socialement organisée des unités
résidentes pour créer des biens et services, échangés sur le marché, à partir des
facteurs de production. La science économique distingue entre deux types de
production:
- la production marchande: il s'agit de la production que l'on échange sur un
marché à un prix au moins égale au coût de production.
- la production non marchande: elle correspond aux services fournis par les
administrations publiques gratuitement ou quasi gratuitement.

2) la consommation:

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La consommation correspond à l'opération d'utilisation des biens et services
dans l'objectif de satisfaire aux besoins de l'Homme. La consommation
comporte la consommation intermédiaire et la consommation finale.
a) la consommation intermédiaire: elle correspond à la valeur des biens et
services marchands consommés ou détruits au cours d'un processus de
production. On parle aussi de consommation productive. Il faut noter que la
consommation du capital fixe ne fait pas partie de la consommation
intermédiaire.
b) la consommation finale :ellereprésente la valeur des biens et services
utilisés pour la satisfaction des besoins humains individuels et collectifs. La
consommation finale est le fait des ménages.
3)l'investissement.
L'investissement peut prendre deux formes : La formation brute du capital fixe
( FBCF) et la variation des stocks.

a)la FBCF : la FBCF est la valeur des biens durables acquis par les unités de
production pour être utilisés au moins pendant une année dans le processus de
production.
b)les stocks :ils concernent tous les biens autre que les équipementsdétenus par
les unités de production à un moment donnée pour être utilisés au vendus
ultérieurement.
4) Les opérations avec l'extérieur.

Ce sont les exportations et les importations de biens et services. Les exportations


sont des opérations par lesquelles les résidents fournissent des biens et services à
des non-résidents. Les importations: sont des opérations par lesquelles des non-
résidents fournissent des biens et services à des résidents.

I- les opérations de répartition.

Elles correspondent à la répartition de la valeur ajoutée crée entre les agents


qui ont participé à sa création. Les opérations de répartition comprennent :
-la rémunération des salariés.
-les revenus de propriétés (intérêts,rentes et dividendes).
-les impôtsliés à la production et à l’importation.

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- les subventions d’exploitation qui présentent des transferts effectués par
l'administration publique aux entreprises pour les encourager à produire.
- les opérations d'assurance : Elles comprennent les primes versées par les
assurés et les indemnités payées par les entreprises d'assurance aux assurés.

II- les opérations financières.


Ces opérations sont relatives à la création,la collecte et la mise en œuvre des
moyens de financement nécessaires à l'économie. Elles constituent la
contrepartie de la plupart des opérations sur les biens et services et des
opérations de répartitions. Ces opérations de répartition couvrent:
-les instruments de paiement (pièces,billets)
-les instruments de placement (compte d'épargne, dépôtsà terme)
-Les instruments de financement (crédits)
-les réserves techniques d'assurance: ce sont des réserves constituées par les
entreprises d'assurance pour faire force au versement des indemnités.

Section 3 : les marchés économiques


Les agents économiques sont reliés entre eux par des transactions qu’ils
effectuent sur les marchés.

Le marché est un système d’échange où se rencontrent l’offre (les vendeurs) et


la demande (les acheteurs).

Il existe quatre types de marché économiques.

I- le marché de biens et services

Le marché de biens services est le lieu théorique ou se confrontent l’offre et la


demande de biens et services et où se fixent les prix des produits en fonction des
quantités échangées.

Le marché de biens et services est donc le marché sur lequel s’échangent les
biens et services marchands, c’est-à-dire qu’il représente l’ensemble de l’offre et
demande de biens et services à un moment donné.

21
La confrontation entre l’offre et la demande permet de fixer un prix d’équilibre
et une quantité d’équilibre.

Concrètement le marché des biens et services représente un ensemble de


marchés distincts. Il englobe par exemple le marché desvoitures, le marché des
chaussures, le marché du thé etc.

II- le marché du travail.

Le marché du travail est le lieu théorique de rencontre de l’offre et de la


demande du travail.

L’offre du travail est faite par les ménages.La demande du travail provient des
entreprises.

La comparaison entre l’offre et la demande du travail permet de distinguer trois


situations :

- Offre du travail > demande du travail : dans ce cas on parle du sous-emploi


du facteur de travail ou chômage.
- Offre = demande : plein-emploi du facteur travail.
- Offre < demande : sur-emploi du facteur du travail.

III- les marchés des capitaux.

Le marché des capitaux est le marché où l’offre de fonds est allouée aux agents
qui désirent emprunter. C’est la raison pour laquelle ce marché est également
appelé « marché des fonds prêtables ».

Sur ce marché se rencontrent les agents à capacité de financement (souvent les


ménages) avec les agents à besoins de financement (les entreprises et Etat) pour
échanger les capitaux entre eux.

Section 4 : le circuit économique.


Le circuit économique est une représentation simplifiée de l’activité économique
qui permet de décrire, au moyen des flux, les relations essentielles entre les
différents agents économiques. Les flux représentent les mouvements de biens et
services et les mouvements de monnaie entre les différents agentséconomiques.

22
Dans une économie capitaliste, la plupart des relations qui se nouent entre les
agents transitent par des marchés. On porte alors d’économie du marché.

Ainsi, les ménages adressent leur demande de consommation finale sur le


marché de biens et services.

Pour répondre à cette demande de consommation finale émanant desménages, il


faut qui il ait une offre de biens et services sur les marchés. C’est le rôle des
entreprises qui réalisent laproduction destinée à être vendue sur ces marchée.

Pour produire, ces entreprises doivent acheter des machines (investissement) et


consommer des biens et services qui disparaissent dans le processus de
production (consommation intermédiaire). Elles se procurent de ces biens et
services sur les marchés des biens et services. Les entreprises sont donc à la fois
offreuses et demandeuses sur ces marchée.

Les entreprises ne peuvent produire sans mobiliser un autre élément


indispensable : le travail. Elles s’adressent alors au marché dutravail.
Leurdemande est satisfaite par l’offre du travail qui provient des ménages.

L’activité des ménages et des entreprises génère des revenus qui sont en partie
prélevés par les administrationspubliques.Les prélèvements obligatoires
effectués par les administrations publiques servent à financer la distribution de
revenus de transfert aux ménages (salaires des fonctionnaires, pension de retraite
...) et laproduction de biens service non marchands à tous les agents
économique.

Les ménages et les entreprises peuvent augmenter leurs dépenses en recourant


aux services des sociétés financières qui accordent des crédits à leurs clients.
Ces crédits devront être remboursés selon un échéancier prévu à l’avance et
moyennant le paiement d’intérêt sur le capital.

Les ménages qui ne dépensent pas l’intégralité de leurs revenus ont la possibilité
de placer leur épargne auprès des sociétés financières ou sur les marchés
financiers(achat d’action,obligation).

Les ménages ne sont pas les seuls à exploiter les possibilités fournies par les
marchés financiers. Les entreprises utilisent aussi ce marché pour financer leurs
investissements et pour faire des placements.L’Etat utilise aussi le marché
financier pour financer son déficit budgétaire.

23
En fin, l’économie est souvent largement ouverte sur l’extérieur : le reste du
monde. A ce titre, de nombreux biens et services transitent par les marchés
mondiaux.

Ce circuit économique est évidement loin d’être complet. Biensd’autres relations


existent entre les agents économiques. Toutefois, celles qui figurent ici sont les
plus importantes.

Chapitre 3 : les courants de pensée économique.

La réalité économique a suscité l’intérêt des penseurs depuis très longtemps. En


effet, déjà dans l’antiquité on recense des économistes comme Platon (427- 347
av. j.c), Aristote (384-322 av.j.c). Beaucoup plus tard, au moyen âge, les

24
penseurs arabo- musulmans ont produit des réflexions économiques sur certains
phénomènes économiques (Al farabi, Ibn sina, Ibn khaldoun…).

Cependant la science économique ne s’est construite qu’à partir du 16 éme


siècle avec la doctrine mercantiliste.

Dans ce cours, nous allons présenter une brève synthèse des courants de pensée
économique libérales et Marxistes.

Section1 : le courant libéral (les classiques et les néoclassique


Le courant libéral pose comme fondement légitime de toute société le respect de
la liberté individuelle. Selon ce courant, dans une société libre, oùles échanges
se réalisent selon le libre jeu de l’offre et de la demande, le bien-être collectif
est à son maximum. Le courant libéral est formé par la pensée classique et
néoclassique.

I- La pensée classique.

1) Les auteurs de l’école classique.

L’école classique regroupe un grand nombre d’auteurs dont les principauxsont


Adam Smith (1723-1790), DavidRicardo (1772-1823), Jean Baptiste Say (1767-
1832) Thomas Robert Malthus (1766-1834).

Ces auteurs avaient des centres d’intérêt communs comme la théorie de la valeur
et des prix, la théoriede la répartition, la théorie des crises et l’évolution à long
terme du système capitaliste.

2) Contexte du développement de l’école classique.

Les travaux de l’école classique ont vu le jour dans un contexte caractérisé par
beaucoup de mutations, notamment en Angleterre :

- Au niveau démographique : doublement de la population britannique entre


1750 et 1800.
- Au niveau agricole : l’emploi de nouvelles techniques et de cultures
intensives et dans l’élevage.
- Au niveau industriel : mise en service de la machine à vapeur.
- Au niveau de transport : Mise en service du chemin de fer à partir de 1830.
- Au niveau des banques : Expansion du crédit qui finance le chemin de fer

25
3) les principaux domaines de la pensée classique

L’école classique traite plusieurs aspects de l’économie. Parmi ceux-ci, on


trouve la théorie de la valeur, la théorie de la répartition, la théorie des crises et
l’évolution du système capitaliste. A ces trois axes qui sont communs entre
certains auteurs classiques, on peut ajouter d’autres tels la loi de la population et
la loi des débouchés.

3-1 : La théorie de la valeur.

La théorie de la valeur est l’ensemble des idées relatives à la valeur économique


d’un bien.

La valeur est l’une des notions auteur desquelles se sont opposées les
économistes.

Alors qu’est-ce que la valeur ?

Dans son ouvrage « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des
nations » publié en 1776. A .Smith distingué entre deux types de valeurs :

- la valeur d'usage d'une marchandise : chaque marchandise est un objet utile,


elle a donc une valeur d'usage.
- la valeur d'échange : une marchandise peut être échangée ce qui permet
d'obtenir d'autresmarchandises. De ce faite la marchandise a une valeur
d'échange. Selon Smith, la valeur d'échange d'une marchandise correspond à
la quantité du travail que cette marchandise peut acheter ou commander.
C’est-à-dire à la quantité de travail commandé.
Pour Ricardo,auteurdu « principe de l'économie politique et de l'impôt » publié
en 1817 distingue aussi entre la valeur d'usage et la valeur d'échange:
- La valeur d'usage: c'est l'utilité que représente le bien pour l'individu.
- Pour la valeur d'échange, Ricardo repose sa théorie sur deux fondements : la
rareté et la quantité du travail nécessaire à la production du bien en question.
Pour les biens non reproductibles (terre, œuvre d’art) leur valeur est déterminé
par leur rareté.
Pour les biens reproductibles(c'est à dire produits à partir d'un processus de
production utilisant le travail) la valeur est déterminée par la quantité du travail

26
nécessaire à la production de ces biens. C'est à dire à la valeur du travail
incorporé.
3-2 : La théorie de la répartition
La théorie de la répartition distingue trois grandes catégories de revenu:
- la rente
- le salaire
- le profit.
a) la rente
Elle représente la partie du produit de la terre que l'on paie au propriétaire pour
avoir le droit d'exploiter sa terre.Comment évolue la rente le produit global ?
Dans tout pays la terre est limitée en quantité et en qualité. Avec l'accroissement
de la population, le pays est obligé de cultiver plus de sols et donc d'exploiter
des terres de moins en moins fertiles. Ceci dit que les producteurs agricoles
doivent payer davantage de rentes pour les propriétaires : la part de la rente dans
le produit augmente.
b) le salaire
Le salaire est le prix du travail, c'est donc la rémunération du facteur travail.
Selon Ricardo, le travail à un double prix: un prix naturel et un prix courant.
- le prix naturel du travail est celui qui fournit aux ouvriers les moyens de
subsistance pour vivre. Ce prix naturel varie dans le temps et dans l'espace.
- le prix courant ou le prix du marché est celui que reçoit le travailleur et qui
déterminé par la situation de l'offre et de la demande. Ricardo estime que le
prix courant aura tendance à se rapprocher du prix naturel du travail. De plus
lorsque la population se double, il aura une forte demande sur les denrées
alimentaires qui fait augmenter le prix naturel du travail.
c) le profit
Le profit est la fraction du produit qui rémunère le capital. C'est donc la
partie de la richesse captée par les capitalistes. Le profit est un revenu
résiduel: c'est ce qui reste du produit de la terre une fois payé les salaires et
les rentes.

3-3l'évolution du système capitaliste.


La prise en compte des trois types de revenus a permis à Ricardo
d'expliquer l'évolution à long terme de l'économie et de la société de son temps.
Selon Ricardo le système capitaliste converge vers un état stationnaire: en effet
la part de la rente s'accroit avec l'accroissement de la population. De même les
salaires augmentent à cause de la hausse des prix des produits de subsistance. Il

27
en résulte que le profit, qui constitue un revenu résiduel, baisse. Cette
diminution du profit limite la capacité d'expansion du système.
A la limite, le taux de profit s'annule et la totalité du produit est transformé en
rente et salaire. Les capitalistes ne sont plus motivés à investir et on débouche
alors sur un état stationnaire.
La baisse du taux de profit (conduisant à l'état stationnaire) est
autrement le résultat de la loi des rendements décroissants. Cette loi stipule que
lorsqu’on applique un nombre croissant de travailleurs à une surface de terre
donnée sans changer la méthode de culture, la production totale obtenue
augmente moins vite que le nombre de travailleurs. Lorsque les rendements sont
décroissants, le coût de production sont croissants ce qui réduit les profits.
Les classiques recommandent l’utilisation du progrès technique et le
commerce internationale pour combattre la baisse du taux de profit échapper à
l’état stationnaire.
Le progrès technique permet d’éviter les rendements décroissants alors
que le commerce international permet d’importer de l’extérieur les produis
alimentaires devenus chères localement.

3-4 La loi de la population

La loi de la population est due à Thomas Robert Malthus (1766-1834).


Ce dernier a passé une grande partie de sa vie pendant la période de la guerre
notamment lors des violences en Irlande. Sa fonction de pasteur lui a faisait
découvrir les rêves cachés de la misère et de la pauvreté. Cet économiste
classique est célèbre par son « principe de la population »
Malthus pense que la population s’accroit en progression géométrique,
alors que la production des ressources alimentaires s’accroit en progression
arithmétique. A défaut de tout frein de la population, la production des
ressources, qui se heurte à la loi des rendements décroissants, se révèle
incapable de suivre l’évolution de la population.
Face à ce déséquilibre, Malthus a proposé des mesures radicales en vue
d’assurer l’équilibre naturel : tout excès de la population doit se résoudre par des
mesurescatastrophiques et inhumaines (les guerres ; famines; épidémies;) et
préventives (le retard du mariage et la chasteté …).
Dans nos jours, on trouve encore des prolongements de la théorie
malthusienne dans certains politiques économiques.Toute politique visant à
freiner de manière volontaire la croissance de la population est appelée

28
« malthusienne ». La politique Chinoise de l’enfant unique est l’exemple le plus
connu.
En conclusion, Malthus a enrichit la connaissance économique en
intégrant les faits sociaux (la population) dans l’analyse économique.

3-5 La loi des débouchés

La loi des débouchés est due à J.B Say ( 1767-1832) qui est considéré
comme l’économiste classique le plus optimiste. Elle constitue le fondement du
modèle macroéconomique classique.
Cette loi postule que la production permet de réaliser l’équilibre sur le
marché des biens et services puisque la production (offre globale crée sa propre
demande). Ceci parce que :
- l’offre globale (production) permet de générer une distribution des
revenus qui sont soit consommés ou épargnés.
- L’épargne se transformant en investissement, elle constitue aussi une demande
donc il y a forcément égalité entre l’offre et la demande.
Ainsi toute production supplémentaire générera un flux de revenu de
même valeur qui reviendra aux producteurs sous forme de demande. Selon la loi
de Say, les crises de surproduction sont impossibles.
La loi de Say est illustrée ainsi :

29
II - La pensé néoclassique

L’école néoclassique (ou néolibérale) naît de la révolution marginaliste


dans les années 1870. Elle devient la principale école de pensée jusqu’à la crise
de 1929 et l’avènement du Keynésianisme. Elle redevient dominante après la
crise des années 1970.

30
Bien qu’elle soit un prolongement de la pensée classique (défenseurs du
libéralisme économique), l’école néoclassique marque une rupture dans
l’évolution de la théorie économique : la science économique devient la science
de la rareté et de l’allocation des ressources.

1) Les écoles marginalistes :


Principalement, trois écoles ont contribué à l’émergence et au
développement de la pensée néoclassique :

- L’école de Vienne :
Les principaux auteurs de cette école sont : Karl Menger (1840-1921),
Böhm Bawerk (1881-1914) et Von Wieser (1851-1926).
Menger, chef file de cette école, s’est intéressé à la théorie de la
marchandise et à la théorie de la valeur. La marchandise doit son existence au
besoin formulé à son égard. Quant à la valeur, elle est déterminée par
l’importance qu’accorde le consommateur à la marchandise.

- L’école de Lausanne :
Elle est représentée par Léon Walras (1834-1910) et Vilfredo Pareto
(1848-1923).
Walras s’est intéressé à la théorie de la valeur et l’équilibre économique
général. La valeur est déterminée par deux éléments : la rareté et l’utilité. Cette
dernière est procurée par la consommation de la dernière unité (l’utilité
marginale).
Quant à l’équilibre général, Walras estime que les équilibres partiels
(sur des marchés distincts) aboutissement à l’équilibre général.

- L’école de Cambridge :
Stanley Jevons (1835-1882) et Alfred Marshall (1842-1924) constituent
les principaux représentants de cette école. Jevons a critiqué la théorie de la
valeur des classiques et de Marx qui veulent que la valeur est déterminée par la
quantité de travail incorporée dans la marchandise. Pour cela, il donne l’exemple
d’un pêcheur qui au lieu de sortir un poisson de l’eau sort une perle. Peut-on
considérer que la valeur de cette perle est le temps consacré à la pêche d’un
poisson ?

31
Marshall a étudié les situations d’équilibre partiel qui selon lui plus
commode que l’équilibre général. Il s’agit d’étudier l’équilibre d’un agent
économique individuel (consommateur ou producteur) ou d’un marché isolé.

2) Les principaux apports des néoclassiques :


Plusieurs nouveautés ont été découvertes par les néoclassiques. Il s’agit
principalement de :
2-1 La valeur travail
Les néoclassiques sont en rupture avec la théorie de la valeur –travail (la
théorie objective de la valeur) défendue par les classiques. Ainsi, pour eux, la
valeur d’un bien est fonction de son utilité (la théorie subjective de la valeur : ce
sont les mécanismes psychologiques qui déterminent le comportement du
consommateur en fonction de l’utilité qu’il attribue à la marchandise), ou plus
exactement de son utilité marginale. En d’autres termes, la valeur d’un bien
augmente avec sa rareté.

2-2 Le calcul à la marge


Il s’agit de déterminer la quantité de l’utilité que procure au
consommateur (au producteur) la dernière unité du bien qu’il consomme ou la
productivité due à l’utilisation de la dernière unité de facteur de production par
le producteur. Ce raisonnement de calcul a permis de dégager des lois telles la
loi de l’utilité marginale décroissante, la loi de l’égalisation des utilités
marginales pondérées par leurs prix, la loi des rendements marginaux
décroissants et la loi de l

’égalisation des productivités marginales pondérées par leurs prix.

2-3 Le modèle du marché : la notion d’équilibre et le marché de CPP


Ainsi, l’analyse néoclassique est basée sur un modèle de référence du
système des marchés : il s’agit du marché de concurrence pure et parfaite (CPP).
Dans ce marché, ce sont les mécanismes de prix qui assurent l’équilibre sur tous
les marchés (biens et services et facteurs de production). Les cinq critères qui
définissent ce marché de CPP sont :
- L’atomicité de l’offre et de la demande (aucun agent ne peut agir sur le
marché) ;
- L’homogénéité des produits (des produits standards) ;
- La libre entrée et sortie (absence de barrières à l’entrée (la sortie)) ;

32
- La parfaite transparence de l’information (l’information est disponible à
tous) ;
- La parfaite mobilité des facteurs de production.

2-4 L’affirmation d’une vision individualiste et rationaliste du problème


économique.
Le marginalisme fonde une théorie « néo »-classique au travers de
l’affirmation d’une vision relevant de ce que l’on qualifie d’individualisme
méthodologique (l’analyse porte sur le comportement d’un seul individu soit le
consommateur ou le producteur): rien ne dépasse les individus et il n’y a pas
d’acteurs collectifs. Il n’y a pas de référence, en particulier, aux classes sociales.
Il n’y a que des individus, tous identiques et marchands. Ces individus sont
confrontés à une rareté fondamentale à laquelle ils font face de manière
rationnelle : ils se définissent donc par leur capacité à percevoir les opportunités
et à choisir, de manière à maximiser l’objectif qu’ils se fixent. Ce sont donc des
calculateurs rationnels.
Au total cette « nouvelle microéconomie » fournit un fondement alternatif à la
macroéconomie classique.

Section 2 : le courant marxiste

Le marxisme est une analyse du système capitaliste et de ses


contradictions. Fondée par Karl Marx (1818-1883) dont l’œuvre principale est
« le capital » publiée en 1867. Il a Concentré ses analyses sur la critique du
capitalisme et des thèses libérales. Marx considère que le capitalisme est
profondément un système injuste et inégalitaire, à cause d’une répartition
inégale de la richesse entre les différentes classes et l’exploitation de la classe
des travailleurs par celle des capitalistes.

1) La valeur travail et la notion de plus-value :

S’inspirant de la pensée Ricardienne qui ramène la valeur économique à la


valeur travail (quantité du travail incorporée dans la production du bien), Marx

33
pense que le capitaliste exploite le travailleur en lui arrachant une plus-value
(c’est le sur travail non payé).Ainsi, on note :

- c :le capital constant (les machines, les bâtiments…) ;


- v : le capital variable (c’est la valeur de la force du travail, ou du travail
nécessaire, ou du travail payé) ;
- K : le capital qui est la sommation du capital constant et variable (c+v) ;
- Pl : la plus-value ou le surtravail ou le travail non payé ;
- c/v : la composition organique du capital ;
- Pl/(c+v) : le taux de profit.

D’où pour Marx : la valeur économique = c + v + Pl

Par conséquent, Marx considère la plus-value, qui traduit l’exploitation


des capitalistes aux ouvriers, résulte de la différence entre la valeur d’usage de la
force de travail (v + Pl : le travail total fourni par l’ouvrier) et sa valeur
d’échange (v : le salaire).

Pour Marx, la logique du système capitaliste est la recherche du profit pour


l’accumulation du capital, et l’essence du mode de production capitaliste (MPC)
est l’exploitation de la force de travail par le capital. Ce MPC est basé sur le
cycle : Argent (A) – Marchandise (M) – Argent’ (A’) avec A’>A.

Par ailleurs, Marx considère que la force du travail (définie par l’ensemble
des facultés physiques et intellectuelles d’un individu) elle-même est devenue
une marchandise, qui a une valeur comme toute autre marchandise. Ainsi,
l’exploitation s’explique par le fait que la force de travail crée plus de valeur que
celle pour quoi elle est payée.

2) La dynamique du capitalisme :

Le mode de production capitaliste (MPC) est caractérisé, selon Marx, par


des contradictions qui conduisent à terme, à sa disparition : le chômage et la

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paupérisation ouvrière, la baisse tendancielle du taux de profit et les crises du
capitalisme.

2-1 le chômage et l’appauvrissement ouvrière :

A long terme, le rapport c/v (la composition organique du capital)


augmente (car c augmente plus rapidement que v) et engendre une offre
excédentaire chronique de la force de travail (armée industrielle de réserve) et
exerce une pression à la baisse sur les salaires conduisant, ainsi, à un
appauvrissement de la classe ouvrière.

2-2 - la baisse tendancielle du taux de profit :

A long terme, pour Marx, le profit tend vers zéro. En effet :

Le taux de profit = la plus-value (Pl) / le capital (K)

= Pl / (c + v) = (Pl/v) / ((c+v)/v)

= (Pl/v) / ((c/v) +1)

Pour Marx, le rapport c/v augmente plus vite que le taux de plus-value (Pl/v), ce
qui résulte une tendance à la baisse du taux de profit.

3 )les crises du capitalisme :

Les crises résultent d’un double mécanisme : en premier lieu, le blocage


de l’accumulation qui découle de la baisse du taux de profit et en deuxième lieu,
le problème des débouchés qui résulte de la paupérisation et qui conduit à la
surproduction.

Dynamique du capitalisme selon les marxistes : Dynamique de crise

35
Surproduction (offre > Baisse des
Baisse Baisse des
demande) Problème des investissements
des prix profits
débouchés (blocage de
l’accumulation)

Baisse de la
Chômage
production
appauvrissement
des ouvrires

Licenciement et
chômage

La loi générale de Fermeture


l’accumulation d’entreprises
capitaliste

Finalement, contrairementaux prévisions de Marx, le système capitaliste a pu


dépasser toutes les crises auxquelles il a été confronté. Toutefois, la résistance
du système repose sur :

- L’apparition des monopoles pour réduire la baisse des profits ;


- L’intervention de l’Etat au secours du système ;
- L’exploitation des pays non capitalistes du tiers monde.

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