Dimension finie
E est un K-espace vectoriel. — La base canonique de Rn [X ] est B = (1, X , X 2 , . . . , X n ). Attention,
il y a n + 1 vecteurs !
1. Famille libre Théorème (Théorème d’existence d’une base). Tout espace vectoriel admet-
tant une famille finie génératrice admet une base.
Une famille {v1 , v2 , . . . , vp } de E est une famille libre ou linéairement in-
dépendante si toute combinaison linéaire nulle Théorème (Théorème de la base incomplète). Soit E un K-espace vectoriel
admettant une famille génératrice finie.
λ1 v1 + λ2 v2 + · · · + λ p vp = 0
1. Toute famille libre L peut être complétée en une base. C’est-à-dire
est telle que tous ses coefficients sont nuls, c’est-à-dire qu’il existe une famille F telle que L ∪ F soit une famille libre et
génératrice de E.
λ1 = 0, λ2 = 0, ... λ p = 0.
2. De toute famille génératrice G on peut extraire une base de E. C’est-
Dans le cas contraire, c’est-à-dire s’il existe une combinaison linéaire nulle à-dire qu’il existe une famille B ⊂ G telle que B soit une famille libre
à coefficients non tous nuls, on dit que la famille est liée ou linéairement et génératrice de E.
dépendante.
Théorème. Soit E un K-espace vectoriel. Une famille F = {v1 , v2 , . . . , vp } de 4. Dimension d’un espace vectoriel
p ⩾ 2 vecteurs de E est une famille liée si et seulement si au moins un des
vecteurs de F est combinaison linéaire des autres vecteurs de F . Un K-espace vectoriel E admettant une base ayant un nombre fini d’élé-
ments est dit de dimension finie.
Exemples : Par le théorème d’existence d’une base, c’est équivalent à l’existence d’une
— Dans R2 ou R3 , deux vecteurs sont linéairement dépendants si et famille finie génératrice.
seulement s’ils sont colinéaires.
— Dans R3 , trois vecteurs sont linéairement dépendants si et seule- Théorème (Théorème de la dimension). Toutes les bases d’un espace vecto-
ment s’ils sont coplanaires. riel E de dimension finie ont le même nombre d’éléments dim E.
Proposition. Soit F = {v1 , v2 , . . . , vp } une famille de vecteurs de Rn . Si F Exemples :
contient plus de n éléments (c’est-à-dire p > n), alors F est une famille liée. — Plus généralement, Kn est de dimension n, car par exemple sa base
canonique (e1 , e2 , . . . , en ) contient n éléments.
— dim Rn [X ] = n + 1 car une base de Rn [X ] est (1, X , X 2 , . . . , X n ), qui
2. Famille génératrice contient n + 1 éléments.
Une famille {v1 , . . . , vp } de vecteurs de E est une famille génératrice de Les espaces vectoriels suivants ne sont pas de dimension finie :
l’espace vectoriel E si tout vecteur de E est une combinaison linéaire des — R[X ] : l’espace vectoriel de tous les polynômes,
vecteurs v1 , . . . , vp . Ce qui peut s’écrire aussi : — F (R, R) : l’espace vectoriel des fonctions de R dans R.
Théorème. Soient E un K-espace vectoriel de dimension n, et F =
∀v ∈ E ∃λ1 , . . . , λ p ∈ K v = λ1 v1 + · · · + λ p vp
(v1 , . . . , vn ) une famille de n vecteurs de E. Il y a équivalence entre :
On dit aussi que la famille {v1 , . . . , vp } engendre l’espace vectoriel E. (i) F est une base de E,
Les vecteurs {v1 , . . . , vp } forment une famille génératrice de E si et seule- (ii) F est une famille libre de E,
ment si E = Vect(v1 , . . . , vp ). (iii) F est une famille génératrice de E.
Proposition. Soit F = v1 , v2 , . . . , vp une famille génératrice de E. Alors
5. Dimension des sous-espaces vectoriels
¦ ©
F ′ = v1′ , v2′ , . . . , vq′ est aussi une famille génératrice de E si et seulement si
′
tout vecteur de F est une combinaison linéaire de vecteurs de F . Théorème. Soit E un K-espace vectoriel de dimension finie.
1. Alors tout sous-espace vectoriel F de E est de dimension finie et dim F ⩽
3. Base dim E.
Une famille B = (v1 , v2 , . . . , vn ) de vecteurs de E est une base de E si B 2. F = E ⇐⇒ dim F = dim E.
est une famille libre et génératrice. Vocabulaire.
Théorème. Si B = (v1 , v2 , . . . , vn ) est une base de E, alors tout vecteur v ∈ E — un sous-espace vectoriel de dimension 1 est appelé droite vecto-
s’exprime de façon unique comme combinaison linéaire d’éléments de B. Au- rielle,
trement dit, il existe des scalaires λ1 , . . . , λn ∈ K uniques tels que : — un sous-espace vectoriel de dimension 2 est appelé plan vectoriel,
— un sous-espace vectoriel dimension n − 1 dans un espace vectoriel
v = λ1 v1 + λ2 v2 + · · · + λn vn . de dimension n est appelé hyperplan.
v = λ1 v1 + λ2 v2 Corollaire. Soit E un K-espace vectoriel. Soient F et G deux sous-espaces vec-
toriels de E. On suppose que F est de dimension finie et que G ⊂ F . Alors :
F = G ⇐⇒ dim F = dim G
λ2 v2
Autrement dit, sachant qu’un sous-espace est inclus dans un autre, alors
v2 pour montrer qu’ils sont égaux il suffit de montrer l’égalité des dimensions.
λ1 v1
Théorème (Théorème des quatre dimensions). Soient E un espace vectoriel
v1 de dimension finie et F, G des sous-espaces vectoriels de E. Alors :
Exemples : dim(F + G) = dim F + dim G − dim(F ∩ G)
1 0 0
0 1
. Corollaire. Si E = F ⊕ G, alors dim E = dim F + dim G.
— Les vecteurs de Kn : e1 = .. e2 = .. ... en = ..
. . 0
Corollaire. Tout sous-espace vectoriel F d’un espace vectoriel E de dimension
0 0 1
forment une base de Kn , appelée la base canonique de Kn . finie admet un supplémentaire.