Poly Guides
Poly Guides
23 janvier 2020
2
Table des matières
3
4 TABLE DES MATIÈRES
4 Résultats d’unicité 51
4.1 Lien entre la question d’unicité et l’existence de modes piégés . . . . . . . 51
4.2 Un résultat d’unicité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
4.3 Le résultat général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
4.4 Résultats d’existence de modes piégés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.4.1 Le cas de la condition de Dirichlet . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
4.4.2 Le cas de la condition de Neumann . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
8 Extensions et applications 93
8.1 Méthode multimodale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
8.1.1 Guide à section variable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
8.1.2 Principe de la méthode multimodale . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
8.1.3 Approximation multimodale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
8.1.4 Méthode hybride EF/Modal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
8.2 Quelques applications des méthodes multimodales . . . . . . . . . . . . . 98
8.2.1 Acoustique en écoulement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
8.2.2 Optimisation de forme d’un guide d’onde . . . . . . . . . . . . . . 99
8.2.3 Imagerie dans un guide d’onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
6 TABLE DES MATIÈRES
Introduction
où ω > 0 désigne la pulsation et où le champ inconnu f qui dépend des variables d’espace
prend des valeurs complexes.
Dans le premier chapitre, nous nous intéressons à un guide parfait (sans défaut) : nous mon-
trons alors que la propagation peut être décrite à l’aide de solutions particulières, à variables
séparées, appelés modes. Dans les chapitres suivants, nous montrons comment étudier ou
simuler l’effet d’un défaut ou d’une perturbation du guide sur un tel mode. On présentera en
particulier des méthodes permettant de calculer par éléments finis le champ diffracté par le
défaut : la difficulté concerne l’écriture de conditions aux limites non réfléchissantes sur les
frontières artificielles du domaine de calcul.
L’intérêt de la thématique de ce cours est double :
. D’une part, les guides d’ondes sont présents dans de nombreux domaines d’appli-
cations. Ils peuvent être naturels (la mer est un guide acoustique) ou fabriqués par
l’homme (ligne co-axiale, plaque élastique etc...). La présence du défaut peut à son
tour être accidentelle (fissure dans une plaque élastique) ou voulue (chambre d’ex-
pansion jouant le rôle de filtre dans un silencieux d’automobile). Pour un défaut non
7
8 TABLE DES MATIÈRES
Les équations
La perturbation de pression acoustique p est solution de l’équation des ondes dans le fluide
et la rigidité des parois se traduit par l’annulation de sa dérivée normale : en effet, d’après la
conservation de la quantité de mouvement, l’accélération des particules est proportionnelle
9
10 CHAPITRE 1. GUIDES D’ONDES FERMÉS ET SOLUTIONS MODALES
Les modes
Un mode est une solution de (1.2) à variables séparées :
p(x, y) = f (x)g(y).
En injectant cette forme dans l’équation de Helmholtz, on trouve :
d2 f d2 g
2
(x)g(y) + f (x) 2
(y) + k 2 f (x)g(y) = 0.
dx dy
Si p ne s’annule pas, ceci s’écrit aussi :
d2 f d2 g
dx2
(x) dy 2
(y)
+ + k2 = 0
f (x) g(y)
d’où l’on déduit que nécessairement, il existe deux constantes ζ et λ telles que :
d2 f
− (x) = ζ f (x) ∀x ∈ R,
dx2
d2 g
− 2 (y) = λ g(y) ∀y ∈]0, h[,
dy
ζ + λ − k 2 = 0,
et ceci reste vrai si p s’annule. On est alors conduit à résoudre le problème aux valeurs
propres suivant :
d2 g
− 2 (y) = λ g(y) ∀y ∈]0, h[,
dy
g 0 (0) = g 0 (h) = 0
1.1. L’EXEMPLE DU GUIDE ACOUSTIQUE 11
p± ± −iωt
n (x, y, t) = <e An pn (x, y)e
Pour n = 0, c’est une onde plane qui se propage à la vitesse c : on parle de mode plan.
Pour n 6= 0, c’est une onde dispersive (la vitesse de phase dépend de la fréquence) et
il est intéressant de calculer sa vitesse de groupe
dω
VG = .
dβ
12 CHAPITRE 1. GUIDES D’ONDES FERMÉS ET SOLUTIONS MODALES
n2 π 2
q
2 2
2. Si 2 > k 2 , on pose βn = iγn avec γn = nhπ2 − k 2 . Dans ce cas βn est imagi-
h
naire pur et le mode est dit évanescent. La solution correspondante de l’équation des
ondes s’écrit cette fois :
nπy
p± e−γn x <e An e−iωt .
n (x, y, t) = cos
h
Il s’agit donc d’une onde qui décroit exponentiellement vers les x positifs (pour p+ n)
−
ou négatifs (pour pn ). Il existe à fréquence fixée une infinité de modes évanescents.
n2 π 2
3. Si 2 = k 2 , on a βn = 0. On dit dans ce cas que la pulsation ω correspond à la
h
fréquence de coupure du n-ième mode. En dessous de cette fréquence, le mode est
évanescent et au dessus, il est propagatif. Des phénomènes délicats surviennent aux
fréquences de coupure. On exclura donc ce cas dans la suite.
1.1. L’EXEMPLE DU GUIDE ACOUSTIQUE 13
Clairement dans ce cas, la plus petite valeur propre est égale à 0. Elle est associée à la
fonction propre constante. Il pourra alors être commode de numéroter les valeurs propres à
partir de n = 0, d’où
λ0 = 0.
On peut facilement vérifier que cette valeur propre est simple et que donc λ1 > 0.
Remarque 1.2 Si l’on remplace la condition de Neumann par une condition de Dirichlet
homogène, le théorème reste valable. La seule différence est que la plus petite valeur propre
est cette fois strictement positive.
(1.8)
p− (x, y, z) = ϕ (x, y)e−iβn z
n n
où
p
pk 2 − λn si λn < k,
βn = 2
i λn − k si λn > k,
0 si λn = k.
On retrouve alors exactement les mêmes propriétés que dans le cas bidimensionnel. Il existe
à fréquence fixée un nombre fini de modes propagatifs (dont un mode plan pour n = 0) et
une infinité de modes évanescents. Les fréquences de coupure sont données par la relation :
p
ω= λn c.
Les allures des vitesses de groupe et de phase sont identiques au cas 2D et l’on a encore :
VPn VGn = c2 .
Supposons que S = {(x, y)/0 < x < a et 0 < y < b} . On résout le problème de valeurs
propres (1.6) par séparation des variables x et y. On est alors naturellement amenés à utiliser
un double indiçage pour les éléments propres et on obtient :
n2 m2
2
λm,n = π +
a2 b2 (m, n) ∈ N2 (1.9)
nπx mπy
ϕm,n (x, y) = cos cos
a b
1.2. L’EXEMPLE DU GUIDE ÉLECTROMAGNÉTIQUE 15
La condition de conducteur parfait pour la géométrie que nous considérons s’écrit donc fina-
lement :
Ez = 0 et Ex νy − Ey νx = 0 sur ∂Ω. (1.15)
En utilisant les deux premières équations de (1.11), on vérifie aussi que :
1 ∂ ∂Ez ∂Ez
Hx νx + Hy νy = (Ex νy − Ey νx ) − νy − νx = 0 sur ∂Ω.
iωµ ∂z ∂x ∂y
En prenant la 3ème composante du produit vectoriel de rot H par ν et en utilisant (1.11), on
obtient alors :
∂Hz ∂
− (Hx νx + Hy νy ) = 0 sur ∂Ω.
∂ν ∂z
En résumé, le champ magnétique vérifie finalement les conditions aux limites suivantes :
∂Hz
= 0 et Hx νx + Hy νy = 0 sur ∂Ω. (1.16)
∂ν
et 2
ω 2
∆hz +
− β hz = 0 dans S,
c2 (1.19)
∂hz = 0
sur ∂S.
∂ν
Si on note (λN N
n , ϕn ), n ≥ 0 les éléments propres du Laplacien dans Ω pour la condition de
Neumann (vus plus haut) et (λD D
n , ϕn ), n > 0 les éléments propres du Laplacien dans Ω pour
la condition de Dirichlet (que l’on indexe à partir de n = 1 par commodité, en lien avec la
remarque 1.2), on peut affirmer que les solutions de (1.18) et (1.19) sont telles que :
ω2
ez 6= 0 ⇒ ∃n > 0 tel que − β 2 = λD D
n et ez = ϕn .
c2
De même :
ω2
hz 6= 0 ⇒ ∃n ≥ 0 tel que − β 2 = λN N
n et hz = ϕn .
c2
18 CHAPITRE 1. GUIDES D’ONDES FERMÉS ET SOLUTIONS MODALES
Les modes Transverses Magnétiques (ou TM) Ces modes sont tels que Hz = 0 et Ez 6=
0. D’après (1.18), on a vu que nécessairement :
ω2
∃n > 0 tel que − β 2 = λD D
n et ez = ϕn .
c2
ω 2
Comme toutes les valeurs propres λD 2
n sont strictement positives, c2 − β 6= 0 et on peut
donc déterminer ex , ey , hx et hy par les formules (1.21) et (1.22). Tout comme dans le
cas acoustique, on peut affirmer qu’il n’existe qu’un nombre fini de modes TM propaga-
tifs (éventuellement aucun) et une infinité de modes TM évanescents.
1.2. L’EXEMPLE DU GUIDE ÉLECTROMAGNÉTIQUE 19
On pourra noter βnT M les constantes de propagation de ces modes qui sont solution de la
relation de dispersion suivante :
2 ω2
βnT M + λD
n = , n ≥ 1. (1.23)
c2
Les modes Transverses Electriques (ou TE) Ces modes sont tels que Ez = 0 et Hz 6= 0.
D’après (1.19), on a vu que nécessairement :
ω2
∃n ≥ 0 tel que 2
− β 2 = λN N
n et hz = ϕn .
c
Cette fois, il existe une valeur propre nulle, c’est λN
0 qui est associée à une fonction propre
N
ϕ0 constante sur S. Nous allons montrer que cette situation est en réalité interdite. En effet,
on déduit de (1.20) que
Z Z Z
∂ey ∂ex
iωµ hz = − =− (ex νy − ey νx ) = 0.
S S ∂x ∂y ∂S
Les modes Transverses Electromagnétiques (ou TEM) Ces modes sont tels que Ez = 0
et Hz = 0. D’après (1.22) et (1.21), on a nécessairement dans ce cas
ω2
− β2 = 0
c2
sinon tout le champ électromagnétique serait nul. Par ailleurs, en utilisant la dernière équation
du premier système de (1.20), l’équation (1.12) ainsi que la condition aux limites de conduc-
teur parfait
ex νy − ey νx = 0,
20 CHAPITRE 1. GUIDES D’ONDES FERMÉS ET SOLUTIONS MODALES
et
∆ϕ = 0 dans S,
∂ϕ (1.25)
= 0 sur ∂S,
∂τ
où ∂/∂τ désigne la dérivée tangentielle.
∂ϕ
Si ∂S n’a qu’une composante connexe, = 0 implique que ϕ est constant sur ∂S, et donc
∂τ
sur S. On en déduit que le champ électromagnétique associé est identiquement nul et il n’y a
donc pas dans ce cas de modes TEM. En revanche, si ∂S a deux composantes connexes ∂S 1
et ∂S 2 , comme dans le cas d’un guide coaxial, on peut imposer une différence de potentiel
en posant par exemple :
ϕ = j − 1 sur ∂S j , j = 1, 2,
qui conduit à un potentiel ϕ non nul, et à un mode TEM associé non trivial.
1.3. BILAN ÉNERGÉTIQUE 21
où l’on a repris les notations (1.8). Les coefficients A± n sont des nombres complexes qui
représentent les amplitudes modales. On veut calculer le flux d’énergie moyen (sur une
période) transporté par ce champ à travers une section droite du guide.
On peut montrer, en revenant aux expressions temporelles, que le flux d’énergie moyen trans-
porté par le champ p à travers une surface Σ est donné par :
Z
ωρ ∂p
JΣ = =m p dσ
2 Σ ∂ν
ω2 2
Z Z
∂p 2
p dΣ = |∇u| − 2 |u| ,
∂O ∂ν O c
d’où Z
∂p
=m p dσ = 0.
∂O ∂ν
Autrement dit le flux d’énergie moyen transporté par tout champ p, solution de l’équation de
Helmholtz, à travers une surface fermée est nul.
Considérons le cas particulier où O est une portion droite du guide Ω :
O = S×]za , zb [.
Alors on vérifie, en utilisant la condition de Neumann homogène sur la paroi du guide, que :
Z Z
∂p ∂p
=m p dx dy = =m p dx dy .
z=za ∂z z=zb ∂z
22 CHAPITRE 1. GUIDES D’ONDES FERMÉS ET SOLUTIONS MODALES
Ici on a aussi utilité le fait que la dérivée normale à une section transverse est la dérivée en z
(au signe près). Autrement dit, le flux moyen d’énergie moyen (sur une période) transporté
par le champ p à travers une section transverse du guide est indépendant de la position de
cette section (il est indépendant de z). Finalement, en exploitant la décomposition modale de
p, on obtient la
est indépendante de z0 et on a
X X
− 2
J= βn (|A+
n |2
− |A n | ) + 2 =m(βn )=m(A− +
n An )
βn ∈R βn ∈iR
soit encore
!
X
− 2 − +
J = =m iβn (A+ 2
n | − |An | ) + 2βn =m(An An ) .
0≤n≤Nmax
Le résultat en découle.
D’après ce calcul, on trouve que les modes propagatifs transportent de l’énergie, vers les
z > 0 pour les modes + et vers les z < 0 pour les modes −. En revanche, les modes
évanescents ne transportent de l’énergie que s’il y a croisement du mode n + et du mode n
− (c’est ce qui produit par exemple l’effet tunnel). En particulier, on a le corollaire suivant :
Ce chapitre a été rédigé à partir des notes prises et tapées par deux élèves de l’ENSTA qui ont
suivi ce cours en 2011-2012, Jonathan Viquerat et Emmanuel Cieren, que nous remercions
pour cela.
Dans le chapitre précédent, nous avons considéré un guide parfait, uniforme et infini dans la
direction axiale. Nous nous intéressons maintenant à l’effet produit par la présence dans le
guide d’un défaut. Il peut s’agir d’un obstacle ou d’une hétérogénéité contenus dans le guide
ou d’une déformation de la paroi du guide. Pour fixer les idées, nous traitons le cas d’un
guide acoustique tridimensionnel, tel que celui du paragraphe 1.1.2.
Dans ce chapitre, nous allons établir une formulation approchée du problème valable à basse
fréquence. L’idée est de tirer parti du fait qu’à basse fréquence, seul le mode plan peut se
propager dans le guide.
1. Première valeur propre non nulle du laplacien avec condition de Neumann dans S
23
24 CHAPITRE 2. DIFFRACTION PAR UN DÉFAUT À BASSE FRÉQUENCE
réflexion et une modification de la transmission. On dit que le mode plan ϕ0 eikz ou ϕ0 e−ikz
est le mode incident, ou plus généralement l’onde incidente.
Pour fixer les idées, on suppose que l’onde incidente vient de la gauche, et on pose donc :
Les équations du problème sont identiques à celles vues par exemple en (1.2), auxquelles
vont venir s’ajouter des conditions à l’infini :
2
∆p + k p = 0
dans Ω
∂p
=0 sur ∂Ω (2.1)
∂ν
Conditions à l’infini z → ±∞
On remarque que les deux premières équations sont homogènes. La donnée va intervenir
dans la condition vérifiée par la pression à l’infini.
Supposons que les défauts sont compris entre deux position z = z − et z = z + avec z − < z + .
Alors les guides semi-infinis z > z + et z < z − sont non perturbés (ils ne contiennent aucun
défaut). Les conditions à l’infini doivent assurer que :
— Pour z > z + , p décrit une onde qui se propage vers les z positifs ;
— Pour z < z − , p est la superposition de l’onde incidente pinc = ϕ0 eikz et d’une onde
se propageant vers les z négatifs. On notera pdif = p − pinc l’onde diffractée.
La situation est résumée sur la figure 2.1.
pinc
p
pdif
z
z− z+
d2 an ∂ 2p
Z
(z) = ϕn (x, y) 2 (x, y, z)dx dy (2.4)
dz 2 S ∂z
∂ 2p
Or = −∆x,y p − k 2 p. La formule de Green permet alors d’écrire :
∂z 2
Z Z Z
∂p ∂ϕn
(−∆x,y p) ϕn = p (−∆x,y ϕn ) − ϕn −p = λn an (z) (2.5)
S S | {z } ∂S ∂ν ∂ν
=λn ϕn | {z }
= 0 grâce aux conditions aux limites
Remarque 2.1 On peut être tenté de retrouver ce résultat plus simplement en appliquant
l’opérateur ∆ + k 2 à la série (2.3). Mais cela n’est pas rigoureux car on n’a pas le droit de
dériver deux fois sous le signe somme. D’ailleurs, on remarque que cette méthode ne ferait
jamais intervenir les conditions aux limites vérifiées par p et par les ϕn , alors qu’elles sont
très importantes.
∞
X
p(x, y, z) = A+
ne
iβn z
ϕn (x, y)
n=0
∞
eiβn (z−z ) ϕn (x, y)
+
X
p(z + ), ϕn
= L2 (S)
n=0
√
que l’on peut encore écrire, en notant γn =λn − k 2 pour n > 0 :
p(z + ), ϕ0 L2 (S) eik(z−z ) ϕ0 (x, y)
+
p(x, y, z) =
+
X
p(z + ), ϕ
e−γn (z−z ) ϕ (x, y)
+ (2.7)
n L2 (S) n
n>0
+
On remarque que pour z−z suffisamment grand, les termes évanescents deviennent négligeables,
de sorte que la pression devient proportionnelle à une onde plane.
Dans le guide d’entrée, on peut procéder de la même façon à condition de considérer le
champ diffracté pdif = p − pinc . Pour z < z − , on a :
−
pdif (z − ), ϕ0 L2 (S) e−ik(z−z ) ϕ0 (x, y)
pdif (x, y, z) =
−
(2.8)
X
pdif (z − ), ϕn L2 (S) eγn (z−z ) ϕn (x, y)
+
n>0
−
Là encore, si z − z est suffisamment grand, les modes évanescents deviennent négligeables
et la pression est la superposition des deux ondes planes se propageant dans des sens opposés.
On notera dans la suite :
I = pinc (z − ), ϕ0 L2 (S) , R = pdif (z − ), ϕ0 L2 (S) et T = p(z + ), ϕ0 L2 (S)
(2.9)
−
Le nombre I = eikz de module 1 détermine la phase de l’onde incidente, et R et T sont les
coefficients de réflexion et de transmission. En résumé, on a donc :
(
ik(z−z − ) −ik(z−z − )
Ie + Re ϕ0 + des termes évanescents, si z < z −
p(x, y, z) = +
T eik(z−z ) ϕ0 + des termes évanescents, si z > z +
(2.10)
2.2. DÉCOMPOSITION SUR LES MODES 27
on obtient : Z
∂p
Im p =0
∂Ωb ∂ν
ce qui revient à dire que le flux d’énergie qui traverse ∂Ωb pendant une période est nulle. Or,
∂p
sur le bord du cylindre, = 0, d’où :
∂ν
Z
∂p
= 0, avec Σ± = (x, y, z) ∈ Ω, z = z ±
Im p (2.12)
Σ+ ∪Σ− ∂ν
En procédant comme dans le paragraphe 1.3, on vérifie alors la relation fondamentale sui-
vante :
|R|2 + |T |2 = 1 (2.13)
Notons que cette relation est exacte, si k 2 < λ1 , contrairement à ce que nous allons faire
dans la suite qui reposera sur une approximation.
Remarque 2.2 Tout ce que nous venons de dire reste vrai en l’adaptant si la section du guide
de sortie est différente de celle du guide d’entrée. Plus précisément, notons S1 la section du
guide d’entrée et S2 celle du guide de sortie. On note alors ϕi0 la constante normalisée,
première fonction propre du Laplacien avec condition de Neumann, dans S i de sorte que :
1
ϕi0 = p
|Si |
La solution p du problème de diffraction est alors de la forme :
( − −
I1 eik(z−z ) + R1 e−ik(z−z ) ϕ10 + des termes évanescents, si z < z −
p(x, y, z) = +
T2 eik(z−z ) ϕ20 + des termes évanescents, si z > z +
(2.14)
Cette fois, les coefficients de réflexion et de transmission, définis comme le rapport de l’am-
plitude de l’onde plane réfléchie ou transmise sur l’amplitude de l’onde plane incidente, sont
donnés par :
R1 ϕ10 T2 ϕ20
R= et T =
I1 ϕ10 I1 ϕ10
de sorte que (en notant |Si | la surface de la section Si ) :
|S1 |
|R| = |R1 | et |T | = |T2 | .
|S2 |
28 CHAPITRE 2. DIFFRACTION PAR UN DÉFAUT À BASSE FRÉQUENCE
|R1 |2 + |T2 |2 = 1
soit
|S2 |
|R|2 + m |T |2 = 1 où m = . (2.15)
|S1 |
∂p
= 0 sur ∂Ω
∂ν
Au premier abord, on ne voit pas comment tenir compte de la donnée, c’est à dire de l’onde
incidente qui intervient dans l’expression de p dans le guide d’entrée.
Il est donc tentant de considérer comme inconnue le champ diffracté. On vérifie facilement
qu’il satisfait aux équations suivantes :
∆pdif + k 2 pdif = 0
dans Ω
∂pdif ∂pinc (2.16)
= − sur ∂Ω
∂ν ∂ν
Cette fois l’onde incidente apparait au second membre de la condition de Neumann, comme
une donnée classique. On peut remarquer que ce second membre est nul partout sauf sur le
défaut, puisque la dérivée normale de l’onde incidente est nulle sur la frontière du guide non
perturbé.
Pourtant, nous allons voir qu’il est possible, et même préférable, de travailler en champ total.
Z Z
2
∂p
∇p · ∇q − k p q − q = 0.
Ωb Σ+ ∪Σ− ∂ν
La difficulté est que l’on ne connait ni p, ni sa dérivée normale sur les frontières artificielles
Σ+ et Σ− . On ne peut donc pas imposer de condition de Dirichlet ou de Neumann. Que
faire ?
L’idée est que justement, comme Σ+ et Σ− sont des frontières artificielles, on peut les pla-
cer suffisamment loin du défaut, afin qu’il ne reste plus en z − et z + que les ondes planes
progressives. Or eikz vérifie la relation suivante :
d ikz
e = ikeikz .
dz
Ceci nous conduit naturellement à considérer les conditions aux limites approchées sui-
vantes :
∂p
' ikp
∂ν Σ+ (2.17)
∂p ∂pinc
' ikp + − ikpinc
∂ν Σ− ∂ν
Ces conditions sont approchées puisque nous avons négligé les modes évanescents.
∆p + k 2 p = 0 dans Ωb
∂p
∂ν = 0 sur ∂Ωb ∩ ∂Ω
∂p (2.18)
= ikp sur Σ+
∂ν
∂p = ikp + g sur Σ−
∂ν
où l’on a noté g la donnée qui s’exprime en fonction de l’onde incidente :
∂pinc
g= − ikpinc = −2ikpinc .
∂ν
Cette formulation du problème n’est valable qu’en régime monomode. Dès que plusieurs
modes peuvent se propager dans le guide, il faut procéder d’une façon plus subtile comme
on le verra au chapitre suivant.
30 CHAPITRE 2. DIFFRACTION PAR UN DÉFAUT À BASSE FRÉQUENCE
2.3.3 Théorèmes
Commençons par rappeler quelques théorèmes et définitions, qui nous permettront de mon-
trer l’existence et l’unicité de la solution pour le problème (2.18).
En substance, le théorème 2.4 indique que lorsque l’on cherche à résoudre u + Ku = f avec
K compact, on a l’alternative suivante :
— Soit ∀f on a une solution unique ;
— Soit l’équation homogène admet n solutions indépendantes, et l’on ne peut résoudre
l’équation complète qu’avec n conditions d’orthogonalité sur f .
Pour écrire le problème sous la forme abstraite (I + K)u = f , nous aurons recours au
théorème de représentation de Riesz :
Théorème 2.5 Soit f une forme linéaire continue sur un espace de Hilbert H. Alors, ∃!y ∈
H tel que ∀x ∈ H, f (x) = (x, y)H .
Par le théorème de Riesz, on définit l’opérateur K, continu de H 1 (Ωb ) dans lui-même, par :
2. Si (Un ) est une suite bornée de H, alors (KUn ) admet une sous-suite convergente dans H.
3. Remarquons que ce résultat n’est plus vrai sur un domaine non borné.
2.3. FORMULATION VARIATIONNELLE ET ANALYSE MATHÉMATIQUE 31
Z Z
2
(Kp, q)H 1 (Ωb ) = k + 1 pq − ik pq
Ωb Σ+ ∪Σ−
L’égalité précédente se ramène alors à (p + Kp, q)H 1 (Ωb ) = (f, q)H 1 (Ωb ) , vraie pour tout q,
soit encore (I + K)p = f . Reste à montrer la compacité de K.
kKpk2H 1 (Ωb ) 6 k 2 + 1 kpkL2 (Ωb ) kKpkL2 (Ωb ) + k kpkL2 (Σ+ ∪Σ− ) kKpkL2 (Σ+ ∪Σ− ) . (2.21)
Unicité Avoir I + K injectif équivaut à avoir l’unicité, qui équivaut aussi à avoir l’asser-
tion : p solution pour g = 0 =⇒ p = 0. Prenons alors g = 0 et q = p dans (2.19) : il
vient
Z Z
2 2 2 2
=m |∇p| − k |p| − ik |p| = 0 (2.24)
Ωb Σ+ ∪Σ−
qui implique
Z
2
=m |p| = 0. (2.25)
Σ+ ∪Σ−
∂p
On en déduit alors que p est nul sur Σ+ ∪ Σ− , et donc ∂ν = 0 d’après les conditions aux
limites du problème (2.18). Il reste alors à invoquer le théorème de Holmgren :
32 CHAPITRE 2. DIFFRACTION PAR UN DÉFAUT À BASSE FRÉQUENCE
∂u
Théorème 2.7 (Holmgren) Soit u telle que ∆u + k 2 u = 0 sur un ouvert Θ et u = ∂ν
=0
sur une partie Γ ⊂ ∂Θ telle que |Γ| =
6 0. Alors, u ≡ 0 sur Θ.
|S2 |
m= ,
|S1 |
il vient alors :
2 1−m
T = et R = (2.26)
1+m 1+m
On peut remarquer que ces coefficients satisfont la relation de conservation de l’énergie
(2.15) que vérifie la solution exacte. En particulier, mT 2 est toujours inférieur à 1. Ceci
conduit à considérer comme mesure de l’atténuation la quantité classiquement utilisée en
acoustique suivante :
1
A(k) = log (2.27)
m |T |2
qui est toujours positive, et qui est d’autant plus grande que la transmission est faible.
On trouve ici :
1 1
A(k) = log +m+2 (2.28)
4 m
C’est sur ce dispositif que repose en partie le fonctionnement d’un pot d’échappement.
34 CHAPITRE 2. DIFFRACTION PAR UN DÉFAUT À BASSE FRÉQUENCE
De même que dans la section 2.4.1, écrivons la continuité de p et du flux aux interfaces :
1 + R = p2 + q2
p2 eikL + q2 e−ikL = T eikL
(2.29)
ikS1 (1 − R) = ikS2 (p2 − q2 )
ikS2 p2 eikL − q2 e−ikL = ikS1 T eikL
0.2
A(k)
0.1
0
0 π 2π 3π
kL
F IGURE 2.4 – Fonction d’atténuation associée à la chambre d’expansion de la figure 2.3,
pour m = 0.5.
Chapitre 3
Dans le chapitre précédent, nous avons obtenu et étudié une formulation approchée pour
modéliser la diffraction d’un mode propagatif par un défaut dans un guide d’onde. Cette
méthode n’était valable qu’en régime monomode, et donc à basse fréquence. Nous nous
intéressons maintenant au cas général, lorsque plusieurs modes peuvent se propager dans
le guide. Tout comme dans le chapitre précédent, le problème de diffraction est posé dans
un domaine non-borné, et nous allons en écrire une formulation posée dans un domaine
borné. L’objectif est alors de définir et de justifier une condition transparente exacte, dite de
Dirichlet-to-Neumann (ou DtN), sur les frontières artificielles de ce domaine. L’un des outils
que nous introduirons pour cela est le principe d’absorption limite, qui consiste à définir
la solution du problème comme la limite des solutions de problèmes dissipatifs bien posés,
lorsque la dissipation tend vers 0. Nous verrons au chapitre suivant que la formulation avec
DtN permet de résoudre le problème de diffraction par une méthode d’éléments finis.
35
36CHAPITRE 3. LES OPÉRATEURS DTN ET LE PRINCIPE D’ABSORPTION LIMITE
plus, au lieu de considérer la diffraction produite par une onde incidente, nous considérons
le rayonnement produit par une source agissant sur la frontière gauche du domaine. Mais
comme on l’a vu dans le paragraphe 2.3.1, on peut aisément transformer un problème de
diffraction en un problème de rayonnement et ce n’est donc aucunement une restriction.
Nous nous intéressons donc à l’étude du problème suivant :
∆p + k 2 p = 0 dans Ω,
∂p
=0 sur ∂Ω\Γ, (3.1)
∂ν
∂p = g
sur Γ,
∂ν
où g est une fonction donnée de L2 (Γ).
La difficulté est que tel quel, ce problème est mal posé. On s’en convainc aisément en
considérant le cas particulier d’un demi-guide droit de la forme Ω = S × R+ avec Γ =
S × 0. En effet, dans ce cas, comme on l’a vu dans le paragraphe 2.2.1, une solution p est
nécessairement de la forme :
∞
X
A+ iβn z
+ A− −iβn z
p(x, y, z) = ne ne ϕn (x, y)
n=0
où l’on rappelle que (ϕn )n≥0 est une base Hilbertienne de L2 (S) formée des fonctions
propres de l’opérateur Laplacien avec condition de Neumann homogène au bord, les valeurs
propres associées λn étant rangées par ordre croissant :
−∆ϕn = λn ϕn dans S,
(
∂ϕn (3.2)
=0 sur ∂S,
∂ν
p
pk 2 − λn si λn < k,
βn = 2 (3.3)
i λn − k si λn > k,
0 si λn = k.
En admettant que l’on peut dériver la série, on en déduit que :
∞
∂p ∂p X
−
iβn A+
(x, y, 0) = − (x, y, 0) = − n − An ϕn (x, y)
∂ν ∂x n=0
1. Si l’un des βn est nul, on voit que le problème ne peut avoir de solution que si
(g, ϕn )L2 (Γ) = 0. Autrement dit, si ω est une fréquence de coupure, il n’existe pas de
solution pour toute donnée g. C’est pourquoi dans la suite nous supposerons que ω
n’est pas une fréquence de coupure.
2. Par ailleurs, il est clair que pour chaque entier n, nous n’avons qu’une équation pour
−
deux inconnues A+ n et An . Il existe donc une infinité de solutions. Ceci vient du fait
que nous n’avons rien imposé à la solution à l’infini.
On pourrait espérer rétablir l’unicité de la solution en imposant à la solution p d’appartenir
à un espace fonctionnel bien choisi, par exemple H 1 (Ω). Malheureusement, cela n’est pas la
−
bonne démarche pour notre problème. En effet, une telle condition imposerait A+ n = An = 0
pour tout les modes propagatifs (λn < k), ce qui n’est possible que si pour ces indices n,
(g, ϕn )L2 (Γ) = 0. A nouveau, on perdrait l’existence de la solution pour certaines données.
En fait, la solution du problème qui est pertinente du point de vue physique est celle pour
laquelle A− n = 0, ∀n ∈ N, et qui s’écrit donc :
∞
X
p(x, y, z) = A+
ne
iβn z
ϕn (x, y) (3.4)
n=0
avec
1
A+
n = − (g, ϕn )L2 (Γ) .
iβn
En effet, on a vu à la fin du chapitre 1 que les modes + transportent de l’énergie vers les z > 0
contrairement aux modes -. Pour le problème que nous considérons, l’énergie est produite
par le terme source g et ne peut que se propager vers l’infini, c’est à dire vers la droite.
Le fait d’imposer à la solution d’être de la forme (3.4) dans la zone non perturbée du guide est
ce qu’on appelle une condition de rayonnement. Une solution de cette forme est dite sortante.
On espère donc pour voir montrer le caractère bien posé du problème (3.1) à condition
— que ω ne soit pas une fréquence de coupure,
— que l’on impose à la solution d’être sortante.
On va partiellement attendre cet objectif dans la suite de ce chapitre.
où
1
C = min ,1
|kε |2
qui conduit au résultat.
Ce résultat montre, en vertu du théorème de Lax-Milgram, que le problème (3.7) est bien
posé.
Théorème 3.3 Si ε > 0, alors le problème (3.6) admet une unique solution pε ∈ H 1 (Ω).
limite p que l’on considère comme étant la solution physique pertinente du problème non
dissipatif. On peut ensuite vérifier que cette solution est bien caractérisée par une condition
d’ondes sortante appropriée.
Comme p n’est pas dans L2 (Ω), on ne peut pas travailler avec des égalités variationnelles
écrites sur tout Ω. L’idée est donc d’écrire une formulation du problème dissipatif en domaine
borné, pour pouvoir ensuite passer à la limite en ε. C’est l’objet de la section suivante.
∆p + kε2 p = 0 dans S × R,
(
∂p (3.8)
=0 sur ∂S × R.
∂ν
Comme on l’a vu dans le premier chapitre, les modes sont les solutions de la forme :
∆ϕ + kε2 − β 2 ϕ = 0 dans S,
(
∂ϕ
=0 sur ∂S,
∂ν
En utilisant le spectre du Laplacien dans S avec condition de Neumann (cf. 5.2), on trouve
donc deux familles de modes définies comme suit :
p+n,ε (x, y, z) = ϕn (x, y)e
iβn,ε z
(3.9)
p− (x, y, z) = ϕ (x, y)e−iβn,ε z
n,ε n
où p
βn,ε = i λn − kε2
√
avec comme détermination de la racine celle qui assure <e ( z) ≥ 0 pour tout z. Cette
racine admet une coupure sur R− (c’est-à-dire une discontinuité) qui jouera un
p rôle important
2
dans la suite. Avec ce choix, comme =m(λn − kε ) = −2ikε, on a =m( λn − kε2 ) < 0
3.3. OPÉRATEUR DTN POUR LE PROBLÈME DISSIPATIF 41
p
et <e( λn − kε2 ) > 0 de sorte que tous les modes ont un comportement exponentiel et
oscillant en ±∞.
Plus précisément, =m (βn,ε ) > 0 de sorte que p+
n,ε est exponentiellement décroissant en +∞
−
alors que pn,ε est exponentiellement croissant en +∞.
On retient en particulier que contrairement au cas non dissipatif, il n’existe pas de mode
purement propagatif dans une guide dissipatif. Tous les modes sont évanescents. Ceci est
cohérent avec le fait que la solution du problème dissipatif est d’énergie finie. Elle va donc
pouvoir être représentée comme une superposition de modes évanescents.
Lemme 3.4 Si ε > 0, alors la solution pε du problème (3.6) est donnée pour z ≥ L par :
X
pε (x, y, z) = (pε , ϕn )L2 (ΣL ) eiβn,ε (z−L) ϕn (x, y)
n≥0
n=N
X
pN
ε (x, y) = αn eiβn,ε (z−L) ϕn (x, y).
n=0
On a en vertu de l’orthonormalité de la base (ϕn )n≥0 dans L2 (S) et de l’expression des βn,ε :
m=N
X n=N Z
2
X
pM
ε − pN
ε L2 (Ω)
= αn αm eiβn,ε (z−L) e−iβm,ε (z−L) ϕm (y)ϕn (y)dΩ
m=M n=M Ω̌L
m=N
X n=N Z h Z +∞
ei(βn,ε −βm,ε )(z−L) dx
X
= gn gm ϕm (y)ϕn (y)dy
m=M n=M 0 L
n=N Z +∞ n=N Z +∞
i(βn,ε −βn,ε )(z−L)
X X
= |αn |2 e dx = 2
|αn | e−2=m(βn,ε )(z−L) dx
n=M L n=M L
n=N 2
X |αn |
=
n=M
2=m (βn,ε )
n=N
2
X |αn |2
|βn,ε |2 + λn
∇pM
ε − ∇pN
ε L2 (Ω)
=
n=M
2=m (βn,ε )
n=N
X√ √
≤C λn |αn |2 (car =m (βn,ε ) ∼ λn ).
n=M
1
La dernière série est convergente car pε ∈ H 2 (Σ0 ).
iβn,ε (z−L)
P
Enfin, il est clair que n≥0 αn e ϕn (y), comme combinaison de modes, est solution
des équations sur Ω̌L .
La question de l’existence d’une limite à la suite (pε ) , solution éventuelle du problème non
dissipatif, n’est pas si facile. En effet, d’une part, il faut, trouver l’espace dans lequel on veut
faire le passage à la limite et, d’autre part, on ne dispose pas de formulation variationnelle
lorsque ε = 0. Comme la limite n’appartient pas H 1 (Ω) à cause du comportement non
décroissant de la limite à l’infini, nous allons démontrer une convergence locale en espace,
1
c’est-à-dire dans Hloc (Ω). Pour atteindre cet objectif, nous allons tout d’abord établir que
le problème (Pε ) est équivalent à un problème posé en domaine borné faisant intervenir un
opérateur de couplage spectral prenant en compte le comportement à l’infini des solutions.
Ensuite, nous ferons tendre ε vers 0 afin d’obtenir un problème limite dont la solution sera
la limite des solutions pε .
∂pε
On voit que cette condition relie les données de Dirichlet pε et de Neumann de la solution
∂z
sur la frontière ΣL . C’est pourquoi on parle de condition Dirichlet-to-Neumann, ou DtN.
Remarque 3.5 C’est une condition inhabituelle puisqu’elle n’est pas locale : en effet, elle
ne relie pas ces données en un même point de la frontière. Elle relie la donnée de Neumann
en un point aux valeurs de la donnée de Dirichlet en tous les points de la frontière. Nous
verrons que ce caractère non-local aura un coût sur le plan numérique.
où
|k 2 − λn − ε2 + 2ikε|
C = sup .
n∈N 1 + λn
∂pε
Comme pε vérifie sur ΣL la relation = Tε pε , il parait naturel d’introduire le problème
∂ν
suivant posé sur le domaine borné ΩL :
∆p + kε2 p = 0 dans ΩL ,
∂p
=0 sur ∂ΩL \(Γ ∪ ΣL ),
∂ν
∂p (3.11)
=g sur Γ,
∂ν
∂p = Tε p
sur ΣL .
∂ν
Il reste à démontrer que ce problème admet une unique solution qui est bien la restriction à
ΩL de la solution pε du problème dissipatif. On énonce le
Théorème 3.7 Pour tout ε > 0, le problème (3.11) admet une unique solution qui est égale
à pε|ΩL , où pε l’unique solution du problème (3.6). Par ailleurs, si pLε est solution de (3.11),
alors la fonction
L
pε
sur ΩL
pε = (3.12)
X
pLε , ϕn L2 (Σ ) eiβn,ε (z−L) ϕn (x, y) sur Ω̌L
L
n≥0
44CHAPITRE 3. LES OPÉRATEURS DTN ET LE PRINCIPE D’ABSORPTION LIMITE
qui conduit à :
Z Z
1 ε 2 2
X iβn,ε 2
=m aε (v, v) = − |∇v| dΩ − ε |v| − =m (v, ϕ )
n L (ΣL ) .
2
kε |kε |2 ΩL ΩL n≥0
kε
Comme
iβn,ε iβn,ε k̄ε k<e (βn,ε ) + ε=m (βn,ε )
=m = =m =
kε |kε |2 |kε |2
on en déduit la coercivité de a(., .) car <e (βn,ε ) > 0 et =m (βn,ε ) > 0.
Maintenant, si pLε est bien solution de (3.11), alors pε définie par (3.12) est solution de (3.6).
En particulier, pε se raccorde en valeur et en dérivée normale sur ΣL .
On a établi une formulation en domaine borné équivalente à celle en domaine non borné
pour le problème dissipatif. Nous allons maintenant passer à la limite dans cette formulation
lorsque ε tend vers 0.
dans le paragraphe 3.3.1. Il n’y a donc aucune ambiguité sur la définition de sa racine
carrée et l’on obtient : p
lim βn,ε = i λn − k 2
ε→0
et donc que p
lim βn,ε = k 2 − λn .
ε→0
lim βn,ε = βn
ε→0
où les βn sont les modes du guide non dissipatif (cf. 3.3). Par conséquent, on a
lim p± ±
n,ε = pn .
ε→0
Autrement dit, les modes qui se propagent vers la droite (resp. gauche) dans le guide non
dissipatif sont la limite quand ε tend vers 0 des modes qui décroissent en +∞ (resp. −∞)
dans le guide dissipatif. L’intérêt de ce résultat est qu’il est plus facile de manipuler des
modes évanescents que des modes propagatifs, dont le sens de propagation n’est pas toujours
facile à déterminer.
1 1
qui définit toujours un opérateur linéaire continu de H 2 (ΣL ) dans H − 2 (ΣL ) (voir la propo-
sition 2.2). Ceci conduit à définir le problème limite suivant :
46CHAPITRE 3. LES OPÉRATEURS DTN ET LE PRINCIPE D’ABSORPTION LIMITE
1 1
p ∈ H (ΩL ), ∀q ∈ H (ΩL ),
(3.13)
Z Z Z
2
∇p · ∇q̄ − k u v̄ − hT u, v̄ iΣL = g q̄ dγ,
ΩL ΩL Γ
∆p + k 2 p = 0 dans ΩL ,
∂p
=0 sur ∂ΩL \(Γ ∪ ΣL ),
∂ν
∂p (3.14)
=g sur Γ,
∂ν
∂p = T p
sur ΣL .
∂ν
La dernière condition apparaissant dans le système d’équation (3.14) est une condition de
rayonnement à l’infini. Elle exprime le fait que la décomposition modale de la solution à
l’infini est constituée des modes exponentiellement décroissants à l’infini et des modes pro-
pagatifs sortants.
Remarque 3.8 Dans le cas basse fréquence où 0 < k < λ1 , la condition de rayonnement
prend la forme suivante :
∂p X
= ik (p, ϕ0 )L2 (ΣL ) + iβn (p, ϕn )L2 (ΣL ) ϕn
∂ν n≥1
où ϕ0 est une fonction constante sur la section. On peut noter qu’elle diffère de la condition
approchée
∂p
= ikp
∂ν
adoptée au chapitre 2. Cependant, on pourra déduire des résultats du chapitre suivant que
cette seconde condition est bien une approximation de la condition exacte lorsque L tend vers
l’infini. En effet, dans ce cas, la contributions des modes évanescents devient négligeable,
d’où la disparition de la série, et p devient constant, d’où le remplacement de (p, ϕ0 ) par p.
Contrairement au cas dissipatif, elle n’est plus coercive sur H 1 (ΩL ). Le bon cadre pour
étudier le problème (3.14) est celui de l’alternative de Fredholm, que nous avons déjà utilisée
au chapitre 2 pour l’étude du problème (2.19).
On s’appuie sur la propriété immédiate suivante :
3.6. PREUVE DU THÉORÈME D’ABSORPTION LIMITE 47
Posons maintenant
Z
ã(u, v) = (∇u · ∇v̄ + u v̄) − hT u, v̄ iΣL
ΩL
Il est clair d’après le lemme précédent que ã(u, v) est coercive sur H 1 (ΩL ). On définit alors
l’opérateur K comme suit : Z
(Kp, q)H 1 (ΩL ) = p q̄
ΩL
et on montre, exactement comme dans le paragraphe 2.3.4, que K est un opérateur compact
de H 1 (ΩL ). On en déduit finalement le
Pour conclure que (3.14) est bien posé, il nous faudrait un résultat d’unicité. Or ceci n’est
plus aussi simple que pour le modèle approché du chapitre 2, qui était toujours bien posé.
Concernant le problème (3.14), le résultat que nous admettons ici est le suivant :
∆p + k 2 p = 0 sur Ω
∂p
sur ∂ΩL \Γ
∂ν = 0
∂p (3.15)
=g sur Γ
∂ν
∂u = T u
sur Σz , ∀z ≥ L.
∂ν
Théorème 3.12 On suppose que le problème (3.14) admet une unique solution pL . Alors on
a
pLε −→ pL dans H 1 (ΩL ).
ε→0
Par ailleurs, on a :
Tε pLε , q̄ = T wL , q̄ L L L
ΣL ΣL
+ (Tε − T )p ε , q̄ ΣL
+ T p ε − w , q̄ Σ .
L
Il est clair (continuité de T ) que T pLε − wL , q̄ Σ → 0. On récrit l’autre terme comme
L
suit :
n=M
X
L
(Tε − T )pε , q̄ Σ = i (βn,ε − βn ) pLε , ϕn L2 (Σ ) (q̄, ϕn )L2 (ΣL )
L L
Xn=0
+ i (βn,ε − βn ) pLε , ϕn L2 (Σ ) (q̄, ϕn )L2 (ΣL )
L
n>M
Pour M fixé, la première somme tend vers 0 car βn,ε → βn lorsque ε → 0. Pour l’autre série,
en remarquant que pour λn > k 2 , on a l’estimation :
ε(2k + ε)
|βn,ε − βn | ≤ √ ,
λn − k 2
on déduit que si λM > k 2 :
X ε(2k + ε)
i (βn,ε − βn,ε ) pLε , ϕn pLε
L2 (ΣL )
(q̄, ϕn )L2 (ΣL ) ≤ √ L2 (ΣL )
kqkL2 (ΣL ) .
n>M
λM − k 2
Ceci montre que cette série tend également vers 0 avec ε. Par conséquent, on a montré que
wL est une solution du problème limite (3.13).
Nous allons montrer maintenant que pLε converge fortement dans H 1 (ΩL ) vers wL . On
pose eε = pLε − wL ∈ H 1 (ΩL ). Par différence des problèmes dont pLε et wL sont solutions,
on a pour tout v ∈ H 1 (ΩL ) :
Z Z Z
2 2 2
∇eε .∇v̄ − k eε v̄ − (kε − k ) uLε v̄
ΩL ΩL ΩL .
− hTε eε , v̄ iΣL − h(Tε − T ) wL , v̄ iΣL = 0
Mais comme <e hTε v, v̄ iΣL ≤ 0 (lemme 2.1), on en déduit que ΩL |∇eε |2 → 0.
R
Il ne reste plus qu’à montrer que la suite pLε est bien bornée dans H 1 (ΩL ). Si ce n’est pas
le cas, on a :
pLε H 1 (Ω ) → +∞.
L ε→0
avec p̃L solution du problème limite (3.14) avec pour donnée lim gε = 0. Par conséquent, si
ε→0
k n’est pas une valeur singulière, p̃ = 0 ce qui contredit le fait que p̃Lε
L
H 1 (ΩL )
= 1!
Ce résultat achève la démarche de l’absorption limite que l’on résume par ce schéma :
Résultats d’unicité
Nous avons montré dans le chapitre précédent que le problème de diffraction dans un guide
d’ondes relève de l’alternative de Fredholm (cf. théorème 3.10). Pour savoir si le problème
est bien posé, il suffit alors d’en étudier l’unicité. C’est l’objet de ce chapitre. Si nous consa-
crons un chapitre entier à cette question, c’est qu’elle a un intérêt particulier dans le cas des
guides d’ondes. En effet, contrairement au cas de la diffraction dans l’espace libre pour le-
quel il y a toujours unicité, il est facile de trouver des guides d’ondes perturbés pour lesquels
il n’y a pas unicité à certaines fréquences.
∆p + k 2 p = 0 sur Ω
∂p
∂ν = 0 sur ∂Ω\Γ
∂p (4.1)
=0 sur Γ
∂ν
∂p = T p
sur Σz , ∀z ≥ L.
∂ν
On a également vu que la restriction de p au domaine borné ΩL (que nous noterons encore
p) est solution du problème variationnel suivant :
p ∈ H 1 (ΩL ), p 6= 0, ∀q ∈ H 1 (ΩL ),
Z Z
2
X (4.2)
∇p · ∇q̄ − k p q̄ − iβn (p, ϕn )L2 (ΣL ) (q̄, ϕn )L2 (ΣL ) = 0,
ΩL ΩL n≥0
51
52 CHAPITRE 4. RÉSULTATS D’UNICITÉ
Lemme 4.1 Soit p ∈ H 1 (ΩL ) une solution du problème homogène (4.2). Alors pour tout
n ∈ N tel que λn < k 2 , on a (p, ϕn )L2 (ΣL ) = 0.
D ÉMONSTRATION . Il suffit de prendre q = p puis de prendre la partie imaginaire de l’iden-
tité variationnelle.
On en déduit le
Corollaire 4.2 Soit p ∈ H 1 (ΩL ) une solution du problème homogène (4.2). Alors p se pro-
longe en une fonction p̃ définie par :
p dans ΩL ,
p̃ =
X
(p, ϕn )L2 (ΣL ) e−|βn |z ϕn (x, y) pour z > L
2
λn ≥k
qui vérifie :
p̃ ∈ H 1 (Ω)
∆p̃ + k 2 p̃ = 0 sur Ω
(4.3)
∂ p̃
=0 sur ∂Ω
∂ν
Réciproquement, si p̃ est solution de (4.3), alors sa restriction à ΩL est solution de (4.2).
Ceci nous conduit à introduire la définition suivante :
Définition 4.3 Une solution p̃ de (4.3) est appelée un mode piégé.
On parle de mode piégé car l’onde associée ne se propage pas dans le guide. Elle est piégée
au voisinage de la perturbation et ne produit que des ondes évanescentes à l’infini.
Remarque 4.4 Tout se passe avec les modes piégés comme avec les modes propres d’un
système borné. En particulier, si on excite un tel mode, il va continuer à vibrer éternellement
(notre modèle ne contenant aucun mécanisme de dissipation). Et si on utilise une source
acoustique pulsant à la fréquence du mode propre, on va pourvoir générer un phénomène
résonant.
D’après ce que nous venons de voir, étudier l’unicité de la solution du problème (3.14) revient
à étudier l’existence de modes piégés à la fréquence k. C’est ce que nous allons faire dans la
suite de ce chapitre.
Théorème 4.5 Soit Ω un guide bidimensionnel perturbé de frontière régulière, qui coincide
avec R×]0, h[ en dehors d’un domaine borné. On suppose que la normale ν extérieure à ∂Ω
vérifie la condition :
xνx ≤ 0 ∀x ∈ R. (4.4)
Alors il n’existe aucune solution p 6= 0 au problème suivant :
d’où Z Z Z
∂p 1 2 1
xp =− p + xνx p2
Ω ∂x 2 Ω 2 ∂Ω
En combinant, ce qui précède, on a donc établi l’identité suivante :
Z 2 2 ! Z Z
1 ∂p ∂p 2 1 2 1 2
− + I(∂Ω) = k − p + xνx p (4.5)
2 Ω ∂x ∂y 2 Ω 2 ∂Ω
où Z
x ∂p ∂p
I(∂Ω) = |∇p|2 νx − x .
∂Ω 2 ∂x ∂ν
Comme on sait aussi que Z Z
2 2
|∇p| = k p2 ,
Ω Ω
54 CHAPITRE 4. RÉSULTATS D’UNICITÉ
(4.5) devient
2
k2
Z Z
∂p
+ I(∂Ω) = xνx p2 (4.6)
Ω ∂x 2 ∂Ω
On remarque que grâce à la condition de Dirichlet, le terme de droite de (4.6) est nul. On va
conclure que p est nécessairement nul en montrant, grâce à la condition de Dirichlet et à la
condition géométrique, que I(∂Ω) ≥ 0. En effet, comme p = 0 sur ∂Ω, il en est de même de
∇p ∧ ν, d’où
∂p ∂p
νy = νx .
∂x ∂y
Il en résulte que : Z
1
I(∂Ω) = − xνx |∇p|2
2 ∂Ω
Lemme 4.6 Soit p ∈ H 1 (ΩL ) une solution du problème homogène (4.2). Alors p est également
solution du problème suivant :
p ∈ H 1 (ΩL ), ∀q ∈ H 1 (ΩL ),
Z Z
2
X p (4.7)
∇p · ∇q̄ − k p q̄ + λn − k 2 (p, ϕn )L2 (ΣL ) (q̄, ϕn )L2 (ΣL ) = 0,
ΩL ΩL λn >k2
Remarque 4.7 La réciproque est fausse car une solution de (4.7) ne vérifie généralement
pas (p, ϕn )L2 (ΣL ) = 0 pour λn < k 2 .
L’intérêt de la formulation (4.7) est son caractère autoadjoint, qui va nous permettre d’établir
le
Théorème 4.8 Les valeurs de k > 0 pour lesquelles il existe une solution p non nulle au
problème (4.7) forment une suite qui tend vers +∞.
4.3. LE RÉSULTAT GÉNÉRAL 55
F IGURE 4.1 – La condition géométrique (4.4) est vérifiée pour les deux premiers guides mais
pas pour les deux derniers.
La théorie classique (qui s’appuie sur la théorie spectrale pour les opérateurs autoadjoints
compacts) nous dit que ce problème admet une suite de valeurs propres réelles positives (que
l’on note µn (k), pour n = 0, 1, 2, · · · , car elles dépendent de k via le terme de série modale) :
et qui tendent vers l’infini avec n. La théorie permet également de montrer facilement, à
l’aide des formules de min-max, que les fonctions k 7−→ µn (k) sont continues et décroissantes
56 CHAPITRE 4. RÉSULTATS D’UNICITÉ
Donc la fonction k 7−→ µ0 (k) est le minimum d’une famille de fonctions décroissantes de k,
et donc une fonction décroissante (au sens large) de k. En fait, ce résultat était facile à voir
puisque µ0 (k) = 0 pour tout k ! Mais la même idée s’applique à tous les µn (k).
Pour conclure, il suffit de remarquer que les valeurs de k telles qu’il existe une solution p
non nulle au problème (4.7) sont exactement les solutions des équations de point fixe :
µn (k) = k 2
pour n = 1, 2, · · · Et il est clair que chacune de ces équations a une et une seule solution kn >
0, comme intersection d’une fonction décroissante et d’une fonction croissante bijective sur
R+ . Il est également facile de voir que la suite kn tend vers l’infini.
Corollaire 4.9 Les valeurs de k > 0 pour lesquelles il existe un mode piégé, et donc pour
lesquelles le problème de diffraction est mal posé, forment au plus une suite dénombrable et
ne peuvent s’accumuler qu’en +∞.
4.4. RÉSULTATS D’EXISTENCE DE MODES PIÉGÉS 57
±
nπy n2 π 2
pn (x, y) = sin eiβn x avec βn2 + 2 = k 2 , n > 0. (4.8)
h h
On voit que contrairement au cas de la condition de Neumann, il n’existe aucun mode pro-
pagatif pour k < π/h. C’est pourquoi à ces fréquences là, il est assez facile de piéger une
onde au voisinage d’une perturbation bien choisie, puisqu’elle ne peut pas s’échapper en se
propageant dans le guide. En s’appuyant sur la théorie spectrale des opérateurs autoadjoints
non compacts, on montre alors le résultat suivant, que nous admettrons :
Théorème 4.10 Soit Ω un guide bidimensionnel perturbé, qui coincide avec R×]0, h[ en
dehors d’un domaine borné. Si il existe une fonction p ∈ H01 (Ω) non nulle telle que
Z
|∇p|2
π2
ZΩ < 2 (4.9)
2 h
|p|
Ω
alors on peut affirmer qu’il existe un mode piégé pour une fréquence k < π/h dans le guide
mundi de la condition de Dirichlet, c’est-à-dire une fonction p ∈ H01 (Ω) non nulle telle que
∆p + k 2 p = 0 dans Ω.
Corollaire 4.11 Soit Ω un guide bidimensionnel perturbé, qui coincide avec R×]0, h[ en
dehors d’un domaine borné. Supposons que Ω contienne un rectangle de côtés a et b avec
1 1 1
2
+ 2 < 2,
a b h
alors il existe un mode piégé pour une fréquence k < π/h.
dans le rectangle, où le système de coordonnées (X, Y ) est choisi tel que le rectangle soit
défini par 0 < X < a et 0 < Y < b.
58 CHAPITRE 4. RÉSULTATS D’UNICITÉ
Remarque 4.12 On peut raisonner de la même façon si la condition de Dirichlet n’est im-
posée que sur l’une des parois du guide, disons y = 0. Dans ce cas on montre qu’il n’existe
aucun mode propagatif pour k < π/(2h). Il suffit donc de remplacer partout h par 2h.
Ω; y > 0} solution de
∆p + k 2 p = 0 sur Ω+
∂p
=0 sur ∂Ω ∩ ∂Ω+
∂ν
p=0 en y = 0.
On a ainsi fait apparaitre une condition de Dirichlet et on peut appliquer les résultats du
paragraphe précédent.
61
62CHAPITRE 5. ESTIMATION DE L’ERREUR DE TRONCATURE POUR LA MÉTHODE DTN
∆p + k 2 p = 0 dans Ω,
∂p
=0 sur ∂Ω\Γ, (5.1)
∂ν
∂p = g
sur Γ,
∂ν
où g est une fonction donnée de L2 (Γ). On désignera dans la suite par ΩL le domaine borné
défini par
ΩL = Ω ∪ {z < L},
de sorte que
ΩL = Ω0 ∪ BL .
Nous avons vu qu’il est possible d’écrire une formulation équivalente du problème (5.1)
dans le domaine borné ΩL . On introduit pour cela la base Hilbertienne (ϕn )n≥0 de L2 (S)
constituée des fonctions propres de l’opérateur Laplacien avec condition de Neumann ho-
mogène au bord :
−∆ϕn = λn ϕn dans S,
(
∂ϕn (5.2)
=0 sur ∂S,
∂ν
et on suppose que k ne correspond pas à une fréquence de coupure, c’est-à-dire qu’il n’existe
pas d’entier n tel que λn = k 2 . On pose alors
( p
2
pk − λn si λn < k 2 ,
βn =
i λn − k 2 si λn > k 2 .
On notera dans la suite Nprop le nombre de modes propagatifs, c’est à dire le cardinal de
{n ∈ N; λn < k 2 }. Attention, comme la numérotation commence à 0, cela signifie que le
mode d’indice n est propagatif si et seulement si n < Nprop .
On peut alors définir l’opérateur de Dirichlet-to-Neumann suivant :
−1/2
1/2
H (ΣL ) → H
(ΣL )
T : X (5.3)
ψ 7−→ T ψ =
iβn (ψ, ϕn )L2 (ΣL ) ϕn
n≥0
5.1. POSITION DU PROBLÈME 63
∆p + k 2 p = 0 dans ΩL ,
∂p
sur ∂ΩL \Γ,
∂ν = 0
∂p (5.4)
=g sur Γ,
∂ν
∂p = T p
sur ΣL .
∂ν
Ce problème admet la formulation variationnelle suivante :
p ∈ H 1 (ΩL ), ∀q ∈ H 1 (ΩL ),
Z Z
2
X (5.5)
∇p · ∇q − k p q − iβn (p, ϕn )L2 (ΣL ) (q, ϕn )L2 (ΣL ) = g q dγ.
ΩL n≥0 Γ
On sait que ce problème relève de l’alternative de Fredholm et qu’il est bien posé, sauf pour
au plus une suite de valeurs de k ne pouvant s’accumuler qu’à l’infini. On suppose dans la
suite que k est effectivement bien choisi de façon à avoir l’existence et l’unicité de p.
En pratique, on ne peut pas conserver une infinité de termes dans la série qui définit l’opérateur
T et l’on va la tronquer au rang N , N ∈ N, définissant ainsi un nouvel opérateur TN :
On va alors chercher à calculer la solution pN ∈ H 1 (ΩL ) (si elle existe) du problème suivant :
∆pN + k 2 pN = 0 dans ΩL ,
∂pN
sur ∂ΩL \Γ,
∂ν = 0
∂pN (5.7)
=g sur Γ,
∂ν
∂pN = T p
N N sur ΣL .
∂ν
La formulation variationnelle de ce problème se déduit directement de (5.5) en remplaçant la
série infinie par une série tronquée au rang N , et l’on en déduit à nouveau que ce problème
relève de l’alternative de Fredholm.
L’objectif de ce chapitre est de montrer que ce problème est bien posé, pour N assez grand,
et d’établir une estimation de l’erreur (p − pN ).
64CHAPITRE 5. ESTIMATION DE L’ERREUR DE TRONCATURE POUR LA MÉTHODE DTN
A+
(
n = (pN , ϕn )L2 (Σ0 ) ,
où pour n ≤ N :
A− = 0
n
1
A+
n = (pN , ϕn )L2 (Σ0 ) ,
et pour n > N : 1 + e2iβn L
A− = 1
(pN , ϕn )L2 (Σ0 ) .
n
1 + e−2iβn L
Remarque 5.2 On voit que pour les premiers modes tels que n ≤ N , la troncature n’a
produit aucune réflexion parasite. En revanche, à partir de n = N + 1, la condition aux
limites sur ΣL n’étant plus exacte, elle n’est pas transparente et génère une réflexion qui
−
√ An 6= 0. Cependant, 2iβ
se traduit par un coefficient on peut déjà remarquer que si le mode
n est évanescent, βn = i λn − k de sorte que e n L tend exponentiellement vite vers 0
2
−
quand L tend vers l’infini. Les formules ci-dessus montrent qu’alors, A+ n → 1 et An → 0
exponentiellement. On comprend en particulier pourquoi il faut conserver tous les modes
propagatifs dans la série, et donc choisir N + 1 ≥ Nprop .
D ÉMONSTRATION .
Comme on l’a vu dans la section 2.2.1, pN étant solution des équations homogènes dans BL ,
on peut affirmer que pour tout z ∈ [0, L] :
+∞
X
pN (x, y, z) = An (z)ϕn (x, y),
n=0
5.2. UNE NOUVELLE FORMULATION DU PROBLÈME AVEC DTN TRONQUÉ 65
où Z
An (z) = pN (x, y, z)ϕn (x, y)dx dy = A+
ne
iβn z
+ A−
ne
−iβn z
.
S
En particulier :
−
An (0) = (pN , ϕn )L2 (Σ0 ) = A+
n + An . (5.10)
−
Nous allons obtenir une seconde équation sur A+ n et An en exploitant la condition aux limites
vérifiée par pN sur ΣL . De
∂pN
= TN pN ,
∂ν
on déduit
Z Z
∂pN
(x, y, L)ϕn (x, y)dx dy = TN pN (x, y, L)ϕn (x, y)dx dy.
ΣL ∂ν ΣL
Par définition de TN :
Z
TN pN (x, y, L)ϕn (x, y)dx dy = iβN An (L) = iβn A+ iβn L
+ A− −iβn L
ne ne si 0 ≤ n ≤ N
ΣL
− A− −iβn L
+ A− −iβn L
( + iβn L
An e ne = A+
ne
iβn L
ne si 0 ≤ n ≤ N,
A+
ne
iβn L
− A−
ne
−iβn L
=0 si n > N,
A−
(
n = 0 si 0 ≤ n ≤ N,
(5.11)
A+
ne
iβn L
− A−
ne
−iβn L
=0 si n > N.
Corollaire 5.3 Soit pN ∈ H 1 (ΩL ) une solution de (5.7). Alors pN vérifie sur Σ0 la condition
aux limites suivante :
∂pN
= T pN + RN pN (5.12)
∂z
66CHAPITRE 5. ESTIMATION DE L’ERREUR DE TRONCATURE POUR LA MÉTHODE DTN
où T est l’opérateur de Dirichlet-to-Neumann défini par (5.3) et RN est défini comme suit :
H (Σ0 ) → H −1/2 (Σ0 )
1/2
RN : +∞
X (5.13)
ψ −
7 → R N ψ = iβ α
n n (L)(ψ, ϕ ) 2 ϕ
n L (Σ0 ) n
n=N +1
avec
−2
αn (L) = .
1 + e−2iβn L
On a donc atteint l’objectif visé, à savoir écrire un problème satisfait par pN dans Ω0 :
∆pN + k 2 pN = 0
dans Ω0 ,
∂pN
sur ∂Ω0 \(Γ ∪ Σ0 ),
∂ν = 0
∂pN (5.14)
=g sur Γ,
∂ν
∂p
N
= T pN + RN pN sur Σ0 .
∂ν
En comparant (5.8) et (5.14), nous somme maintenant en mesure d’étudier l’erreur p − pN .
Lemme 5.4 Il existe une constante C0 ne dépendant que du domaine Ω0 telle que :
√ 2
kAN − AkL(H 1 (Ω0 )) ≤ C0 e−2 λN +1 −k L
Remarque 5.5 Ceci montre que AN − A tend exponentiellement vite vers 0 avec N et avec
L.
Par conséquent :
k(AN − A)pk2H 1 (Ω0 ) = − hRN p, (AN − A)piΣ0
d’où
k(AN − A)pk2H 1 (Ω0 ) ≤ kRN pkH −1/2 (Σ0 ) k(AN − A)pkH 1/2 (Σ0 ) .
Par continuité de l’application trace, il en résulte alors que pour une constante C ne dépendant
que de Ω0 :
k(AN − A)pkH 1 (Ω0 ) ≤ CkRN pkH −1/2 (Σ0 ) .
Par ailleurs, d’après (5.13) :
+∞
X
kRN pk2H −1/2 (Σ0 ) = (1 + λn )−1/2 |βn αn (L)|2 |(p, ϕn )2L2 (Σ0 )
n=N +1
+∞
λn − k 2
X
2
≤ sup sup |αn (L)| (1 + λn )1/2 |(p, ϕn )2L2 (Σ0 )
n≥N +1 1 + λn n≥N +1
n=N +1
Or :
kA−1 (AN − A) kL(H 1 (Ω0 )) ≤ kA−1 kL(H 1 (Ω0 )) k (AN − A) kL(H 1 (Ω0 ))
et d’après le lemme 5.4, il existe N0 tel que si N ≥ N0 :
1
kA−1 kL(H 1 (Ω0 )) kAN − AkL(H 1 (Ω0 )) < .
2
Il en résulte que pour N ≥ N0 , AN est inversible et
kA−1 −1
N kL(H 1 (Ω0 )) ≤ 2kA kL(H 1 (Ω0 )) .
Vh = V ect (wj )
i=1,Nh
K−k 2 M − T P = G
5.5. UNE ALTERNATIVE : LA CONDITION DE DIRICHLET-TO-ROBIN 69
Seule la matrice T n’est pas une matrice éléments finis standard. On notera, en particulier,
que cette matrice a une structure particulière. Ainsi dans le cadre des éléments finis de La-
grange, si on suppose que les Q noeuds situés sur le bord ΣL sont numérotés en premier, la
matrice T a la structure suivante :
A 0
T=
0 0
où A est une matrice pleine d’ordre Q. En effet, il est clair, compte-tenu de l’expression de
ϕn , que le terme Aij n’a aucune raison d’être nul, contrairement à Kij et Mij qui sont nuls
dès que les noeuds i et j ne sont pas dans le même élément.
∂p
= Tp
∂ν
sous la forme équivalente suivante
∂p
− ikp = T R p
∂ν
où l’on a posé :
X X
T Rψ = iβn (ψ, ϕn )L2 (ΣL ) ϕn − ikψ = i(βn − k)(ψ, ϕn )L2 (ΣL ) ϕn .
n≥0 n≥0
On peut remarquer ici que le premier terme de la série de droite est nul, puisque β0 = k. A
ce niveau, cette approche rigoureusement équivalente à l’approche DtN, mais cela n’est plus
vrai après troncature de la série modale. Autrement dit, la condition approchée :
∂p
− ikp = TNR p
∂ν
où
N
X
TNR ψ = i(βn − k)(ψ, ϕn )L2 (ΣL ) ϕn ,
n=0
70CHAPITRE 5. ESTIMATION DE L’ERREUR DE TRONCATURE POUR LA MÉTHODE DTN
n’est pas équivalente à la condition où l’on a tronqué la série DtN, comme dans (5.7). Cepen-
dant, on peut étudier l’erreur produite par la troncature de la condition Dirichlet-to-Robin, de
la même façon que l’on a étudié l’erreur produite par la troncature de la condition Dirichlet-
to-Neumann. Et le résultat sera de même nature.
L’intérêt du résultat est que cela nous fournit en particulier une estimation de l’erreur produite
en régime monomode lorsque qu’on impose la condition
∂p
− ikp = 0
∂ν
sur ΣL , comme on l’a proposé au chapitre 2. En effet, cette condition correspond à une
troncature au rang N = 0 de la condition Dirichlet-to-Robin : on ne garde que le terme
n = 0 qui se trouve être nul ici !
Chapitre 6
La méthode que nous avons étudiée précédemment fait intervenir dans la condition transpa-
rente l’opérateur de Dirichlet-to-Neumann qui est un opérateur non local en espace. Après
discrétisation par éléments finis, ce caractère non local a pour conséquence de générer une
matrice moins creuse que les matrices éléments finis usuelles. En effet, la matrice du système
à inverser couple tous les degrés de liberté situés sur la frontière transparente, qu’ils appar-
tiennent ou non à un même élément. Ceci peut avoir des conséquences fâcheuses sur le
conditionnement de la matrice à inverser. De plus, le stockage d’une telle matrice n’étant
pas prévu dans les codes usuels d’élément finis, la mise en oeuvre de la méthode avec DTN
requiert une programmation spécifique.
Dans ce chapitre, nous allons présenter une méthode alternative qui présente le grand intérêt
de préserver le caractère creux de la matrice. Nous donnerons à nouveau une estimation de
l’erreur en fonction des paramètres de la méthode.
Cette méthode, dite de couches absorbantes parfaitement adaptées, ou Perfectly Matched
Layers en anglais, a été inventée par Bérenger [1994] dans un contexte assez différent, puis-
qu’il s’agissait de résoudre un problème d’électromagnétisme dans l’espace libre en régime
transitoire. Depuis, la méthode a connu un essor spectaculaire, aussi bien pour le régime tran-
sitoire que pour le régime périodique établi. La démarche que nous allons présenter s’inspire
beaucoup d’une étude réalisée pour un problème d’acoustique en présence d’écoulement,
dans un guide d’ondes en régime harmonique [2004].
6.1 Introduction
Reprenons le problème (5.1) introduit au chapitre précédent. Notre objectif est toujours
d’écrire un problème posé dans le domaine borné ΩL qui puisse être résolu par éléments finis
et dont la solution soit proche de la solution exacte, au moins sur le domaine Ω0 . Une idée
naturelle et ancienne consiste à modifier les équations dans la couche BL afin de modéliser
un phénomène d’absorption. Si L est assez grand, on espère alors que le champ rayonné
71
72 CHAPITRE 6. UNE ALTERNATIVE À LA MÉTHODE DTN : LES PML
aura été suffisamment atténué dans la couche pour qu’il soit licite de le considérer nul, ou à
dérivée normale nulle, sur la frontière artificielle ΣL . Le problème est que cette modification
des paramètres du modèle dans BL va générer des réflexions parasites à la traversée de la
frontière Σ0 . Pour minimiser ces réflexions qui sont source d’erreur, l’ingénieur qui utilise
une telle méthode sera conduit à choisir L assez grand et à introduire l’absorption progressi-
vement avec z. Ceci est en général assez pénalisant, surtout en 3 dimensions, car il faut alors
mailler un domaine de grande taille.
Nous allons voir maintenant que la méthode des PML permet de s’affranchir de cette dif-
ficulté, le modèle d’absorption étant “parfaitement adapté” au sens où la frontière Σ0 reste
parfaitement transparente. En fait, il s’agit d’un modèle d’absorption qui ne vient pas de la
physique mais qui est construit par un procédé purement mathématique.
L’idée est assez simple. Supposons que l’on modifie le problème dans la couche BL en
dilatant les équations dans la direction z. Ceci n’aurait évidemment aucune influence sur
la solution dans Ω0 qui se trouverait inchangée (cela n’aurait par ailleurs aucun intérêt). La
méthode des PML s’appuie sur une idée en apparence aussi simple (en apparence seulement).
Il s’agit de faire une dilatation en z d’un facteur complexe (non réel). On parle de “dilatation
analytique” car la méthode s’appuie sur des propriétés d’analyticité de la solution.
Nous allons tout d’abord montrer que le problème (6.1) relève de l’alternative de Fredholm.
En divisant l’équation aux dérivées partielles par α̃ et en remarquant que α̃ ne dépend que de
z, on vérifie aisément que le problème (6.1) est équivalent au problème variationnel suivant :
1 1
pL ∈ H (ΩL ), ∀q ∈ H (ΩL ),
Z
1 ∂pL ∂q 1 ∂pL ∂q ∂pL ∂q k 2
Z (6.2)
+ + α̃ − p q = g q dγ.
ΩL α̃ ∂x ∂x α̃ ∂y ∂y ∂z ∂z α̃
Γ
On a alors le
k2
Z
− 1+ pq
ΩL α̃
∆ϕ + k 2 − α2 βα2 ϕ = 0 dans S,
(
∂ϕ
=0 sur ∂S,
∂ν
En utilisant à nouveau le spectre du Laplacien dans S avec condition de Neumann :
−∆ϕn = λn ϕn dans S,
(
∂ϕn (6.4)
=0 sur ∂S,
∂ν
on trouve donc la famille de modes (ϕn , βn,α )n∈N où l’on a posé :
βn
βn,α = .
α
On remarque que seule la constante de propagation du mode a été modifiée par la présence
du paramètre α, le profil du mode reste lui inchangé. La transformation des β a une in-
terprétation géométrique simple : il s’agit d’une rotation d’angle opposé à l’argument de α
suivi d’une dilatation de rapport 1/|α|. Les β avant et après transformation sont représentés
ci-dessous dans le cas où
<e(α) > 0 et =m(α) < 0. (6.5)
Les βn sont en rouge et leurs opposés −βn en bleu.
=m (βn,α ) > 0 ∀n ∈ N.
Ainsi, tous les modes qui se propagent vers la droite (βn réel positif) sont devenus évanescents
vers la droite. Les modes qui étaient déjà évanescents le sont restés. Il n’y a donc plus aucun
6.4. ESTIMATION D’ERREUR 75
modes propagatifs. Ce caractère évanescent de tous les modes fait penser au problème dis-
sipatif où l’on avait ajouté une partie imaginaire à la fréquence. On voit pourquoi le modèle
PML est assimilé à un milieu absorbant.
Remarque 6.2 Comme on l’a dit en introduction, la méthode des PML a été initialement
introduite pour les problèmes transitoires. On peut l’analyser en appliquant une tranforma-
tion de Fourier en temps, pour se ramener à un problème à fréquence fixée. Le choix des
paramètres pour le problème en temps conduit alors à un choix particulier du paramètre α
en fonction de la fréquence ω sous la forme suivante :
−iω
α=
−iω + σ
où σ est un paramètre réel positif qui mesure le caractère absorbant du milieu PML. Pour
ce choix particulier, on a :
βn σβn
βn,α = = βn + i .
α ω
La conséquence importante est que :
— pour le modes propagatifs : <e(βn ) = <e (βn,α ).
— pour le modes évanescents : =m(βn ) = =m (βn,α ).
Autrement dit, les modes propagatifs gardent la même longueur d’onde dans la PML, et les
modes évanescents gardent le même taux de décroissance.
∆pL + k 2 pL = 0
dans Ω0 ,
∂pL
sur ∂Ω0 \(Γ ∪ Σ0 ),
∂ν = 0
(6.6)
∂pL = g
sur Γ,
∂ν
∂p
L
= T pL + SL pL sur Σ0 ,
∂ν
où l’opérateur SL est défini par :
avec
−2
σn (α, L) = .
1 + e−2iβn,α L
On en déduit alors comme au chapitre précédent le
Théorème 6.4 Supposons que α vérifie la condition (6.5). Alors pour L assez grand, le
problème (6.1) avec une couche PML de longueur L est bien posé et sa solution tend vers la
solution p du problème initial (5.4) dans H 1 (Ω0 ). Plus précisément, l’erreur pL − p satisfait
l’estimation suivante :
kpL − pkH 1 (Ω0 ) ≤ C0 kA−1 kL(H 1 (Ω0 )) sup |σn (α, L)|kpkH 1 (Ω0 )
n∈N
L’analyse précédente montre que les PMLs vont alors se “tromper” : elles ne vont pas
sélectionner le mode sortant, car celui-ci est exponentiellement croissant dans le milieu
PML. Une méthode permettant de corriger a posteriori les résultats faux fournis par la
méthode PML a été proposée dans [2014]. Mais cela n’est pas pleinement satisfaisant car
6.5. QUELQUES COMMENTAIRES 77
cette méthode nécessite la connaissance a priori des modes rétrogrades, alors que l’intérêt
majeur des PMLs est sa simplicité d’implémentation, et le fait que la formulation ne fait pas
intervenir les modes du guide.
Sur la plus grande partie des courbes, comme la théorie le prévoit, l’erreur diminue lorsque
78 CHAPITRE 6. UNE ALTERNATIVE À LA MÉTHODE DTN : LES PML
le module de α diminue. En effet, le milieu PML devient alors plus absorbant et la réflexion
en bout de couche est alors négligeable. Si |α| est choisi trop grand comme sur la figure
ci-dessous, le milieu PML n’est pas assez absorbant et la réflexion due à la troncature de la
couche détériore totalement le résultat.
Mais que se passe-t-il lorsque le module de α est choisi trop petit ? On voit qu’alors l’er-
reur explose. Ceci est du au maillage (fixé) qui n’est plus capable de représenter la forte
décroissance de la solution dans la couche PML :
Chapitre 7
Dans les chapitres 3 et 5, nous avons expliqué comment construire une condition transpa-
rente pour résoudre un problème de diffraction ou de rayonnement dans un guide d’ondes.
En reprenant les notations habituelles (voir figure 7.1), cette condition avait été obtenue en
imposant le raccord en valeur et en dérivée normale de la pression sur une section transverse
ΣL , la pression étant exprimée à droite de ΣL sous la forme d’une série modale et approchée
à gauche de ΣL à l’aide d’éléments finis. L’idée dans ce chapitre est de généraliser cette
79
80CHAPITRE 7. FORMULATIONS AVEC RECOUVREMENT ET RÉSOLUTION ITÉRATIVE
L’idée est alors simplement d’imposer sur la frontière ΣL du domaine de calcul la condition
suivante, obtenue en dérivant l’expression précédente :
+∞
∂p X
= iβn (p, ϕn )L2 (Σ0 ) ϕn (x, y)eiβn L .
∂ν n=0
Attention, les coefficients modaux sont donc calculés à partir de la trace de p en z = 0 alors
que la dérivée normale est calculée en z = L, d’où la présence des coefficients eiβn L . Ceci
nous conduit à définir l’opérateur de Dirichlet-to-Neumann avec recouvrement suivant :
−1/2
1/2
H (ΣL ) → H
(ΣL )
L
T : L
X (7.3)
ψ 7−→ T ψ =
iβn (ψ, ϕn )L2 (Σ0 ) eiβn L ϕn
n≥0
p ∈ H 1 (ΩL ), ∀q ∈ H 1 (ΩL ),
Z Z
2
X iβn L (7.5)
∇p · ∇q − k p q − iβn e (p, ϕn )L2 (Σ0 ) (q, ϕn )L2 (ΣL ) = g q dγ.
ΩL n≥0 Γ
On peut remarquer que le terme de bord va conduire à un couplage entre les degrés de liberté
situés sur Σ0 et les degrés de liberté situés sur ΣL .
On a clairement :
pL = p∞ sur Σ0 . (7.6)
Par ailleurs, la condition aux limites satisfaite par pL sur ΣL s’écrit aussi :
∂pL ∂p∞
= sur ΣL . (7.7)
∂ν ∂ν
La difficulté vient du fait que l’on ne raccorde pas pL et p∞ en valeur et en dérivée nor-
male sur la même frontière. On ne peut donc pas directement fabriquer une solution p du
problème initial (7.1) en prolongeant pL par p∞ . Ou plutôt, on ne peut le faire que si on
vérifie au préalable que pL et p∞ coincident dans la zone de recouvrement BL . Ceci conduit
au théorème suivant :
Théorème 7.1 Les problèmes (7.1) et (7.4) sont équivalents (au sens où toute solution de
(7.4) est la restriction à ΩL d’une solution de (7.1), et réciproquement) si et seulement si le
problème homogène suivant n’admet aucune solution non nulle :
∆v + k 2 v = 0 dans BL ,
∂v (7.8)
=0 sur ∂BL \Σ0 ,
∂ν
v=0 sur Σ0 .
D ÉMONSTRATION . Montrons que si le problème (7.8) n’admet aucune solution non nulle,
alors les problèmes (7.1) et (7.4) sont équivalents. La réciproque est vraie mais plus délicate
et nous l’admettrons.
82CHAPITRE 7. FORMULATIONS AVEC RECOUVREMENT ET RÉSOLUTION ITÉRATIVE
Il suffit de remarquer que si pL est solution de (7.4), pL − p∞ est solution de (7.8). Donc
si (7.8) n’admet aucune solution non nulle, on a pL = p∞ dans BL et l’on peut définir une
solution p de (7.1) comme suit :
p = pL dans ΩL et p = p∞ dans Ω ∩ {z > L}.
Il nous faut donc étudier le problème (7.8). On peut le voir comme un problème de valeurs
propres, k 2 jouant le rôle de la valeur propre. C’est un problème qui relève de la théorie
spectrale des opérateurs autoadjoints à résolvante compacte, d’où le lemme suivant :
Lemme 7.2 Les valeurs de k 2 telles que le problème (7.8) admet une solution non nulle
forment une suite (kn2 ) tendant vers +∞. Plus précisément, le problème (7.8) admet des
solutions non nulles si et seulement si
1 π 2
∃n ∈ N et m ∈ N tels que k 2 = λn + 2 + mπ
L 2
où la suite λn est définie par (5.2).
D ÉMONSTRATION . Par séparation de variables, on vérifie que les solutions non nulles de
(7.8) sont des combinaisons linéaires de fonctions de la forme
π
v(x, y, z) = ϕn (x, y) sin(βn z) avec βn L = mod π.
2
Le résultat s’en déduit.
On déduit finalement du théorème 7.1 et du lemme 7.2 le
Corollaire 7.3 Les problèmes (7.1) et (7.4) sont équivalents si et seulement si
2 1 π 2
k ∈/ λn + 2 + mπ ; n ∈ N, m ∈ N .
L 2
On peut remarquer que l’on peut toujours, à k fixé, choisir la longueur L telle que l’équivalence
soit assurée.
n’ont pas une partie réelle de signe donné lorsque q = p comme c’était le cas pour la formu-
lation sans recouvrement. On a donc perdu une propriété intéressante, mais heureusement,
cela est compensé par un autre avantage. C’est cette fois la présence des termes eiβn L , qui
tendent vers 0 avec n, qui va nous aider. Plus précisément, on a le résultat suivant :
7.1. FORMULATION DTN AVEC RECOUVREMENT 83
Lemme 7.4 Soit K l’opérateur linéaire continu sur H 1 (ΩL ) défini par :
X
(Kp, q)H 1 (ΩL ) = iβn eiβn L (p, ϕn )L2 (Σ0 ) (q, ϕn )L2 (ΣL ) .
n≥0
Il est facile de voir que KN est compact puisqu’il est de rang fini. Il suffit alors de montrer
que K tend vers KN en norme d’opérateurs (en effet, toute limite de suite d’opérateurs de
rang fini est compacte). Or on a :
On en déduit que :
On déduit du lemme précédent le
Mais cette fois, l’étude de l’erreur produite par la troncature se fait beaucoup plus simplement
que dans le cas sans recouvrement. En effet, on n’a pas besoin de se ramener à un problème
posé dans le sous-domaine fixe Ω0 pour faire apparaitre les termes exponentiels, puisqu’ils
sont déjà présents dans la formulation.
Notons p la solution de (7.5) et pN la solution de (7.10). En utilisant l’estimation (7.9) et en
procédant comme dans le paragraphe 5.3, on établit le
Théorème 7.6 Il existe N0 ≥ Nprop − 1 tel que si N ≥ N0 , alors le problème (7.10) tronqué
au rang N est bien posé et sa solution tend vers la solution p du problème initial (7.4) dans
H 1 (ΩL ). Plus précisément, l’erreur (pN − p) satisfait l’estimation suivante :
√ 2
kpN − pkH 1 (ΩL ) ≤ C e− λN +1 −k L
pour une constante C qui ne dépend que de la géométrie et de la source g.
On peut remarquer en comparant au théorème 5.6 deux différences : d’une part l’erreur
porte maintenant√sur tout le domaine ΩL et non plus √ seulement sur le domaine Ω0 , d’autre
−2 λN +1 −k2 L − λN +1 −k2 L
part le terme e √ a été remplacé par e . Ces deux points sont
√ liés. En
− λN +1 −k2 L − λN +1 −k2 L
effet, l’erreur qui est en e au bord ΣL est elle même multipliée
√ par e
−2 λN +1 −k2 L
lorsqu’elle se “propage” jusqu’à Σ0 , où elle n’est plus que en e .
∂p
La difficulté est qu’il faut donner un sens à ∂z , ϕn L2 (Σ0 ) pour une fonction p dans H 1 (ΩL ).
Pour cela, on introduit une fonction de troncature χ qui vérifie :
Contrairement au terme de gauche, le terme de droite a bien un sens dès que p appartient à
H 1 (ΩL ). Finalement, la formulation du problème avec condition NtN sera donc la suivante :
∆p + k 2 p = 0 dans ΩL ,
∂p
sur ∂ΩL \Γ,
∂ν = 0
∂p (7.13)
=g sur Γ,
∂ν
∂p = T N tN p sur Σ ,
L
∂ν
où l’on a posé :
H 1 (ΩL ) → H −1/2 (ΣL )
X Z
(7.14)
N tN
k ψχϕn − ∇ψ · ∇(χϕn ) ϕn (x, y)eiβn L
2
ψ 7−→ T ψ=
n≥0 B L
Cette fois, le terme de bord va conduire à un couplage entre les degrés de liberté situés dans
un voisinage de Σ0 (éventuellement une seule couche d’éléments finis) et les degrés de liberté
situés sur ΣL .
On pourra en guise d’exercices étudier cette formulation, comme on l’a fait plus haut pour
la condition DtN avec recouvrement. On pourra aussi décrire d’autres conditions telles que
Dirichlet to Dirichlet, ou Neumann to Dirichlet.
∆p + k 2 p = 0
dans ΩL ,
∂p
sur ∂ΩL \Γ,
∂ν = 0
∂p (7.16)
=g sur Γ,
∂ν
∂p + iαp = T DtR p sur Σ ,
L
∂ν
−1/2
1/2
H (Σ0 ) → H
(ΣL )
DtR
X (7.17)
ψ 7−→ T
ψ= i(βn + α)(ψ, ϕn )L2 (Σ0 ) eiβn L ϕn .
n≥0
Théorème 7.7 Si le réel α est non nul, le problème (7.16) est toujours équivalent au problème
initial (7.1).
7.3. MÉTHODES ITÉRATIVES DE RÉSOLUTION 87
+∞
X
p∞ (x, y, z) = (pL , ϕn )L2 (Σ0 ) ϕn (x, y)eiβn z .
n=0
∆v + k 2 v = 0 dans BL ,
∂v
=0 sur ∂BL \(Σ0 ∪ ΣL ),
∂ν (7.19)
v=0 sur Σ0 ,
∂v + iαv = 0 sur Σ .
L
∂ν
∂v
v= =0
∂ν
Le principal intérêt des formulations avec recouvrement que nous venons de présenter est
qu’elles sont bien adaptées à une résolution itérative, où l’on inverse, à chaque itération, une
matrice creuse. Nous nous contenterons de présenter les idées sur le cas de la méthode DtN
avec recouvrement.
88CHAPITRE 7. FORMULATIONS AVEC RECOUVREMENT ET RÉSOLUTION ITÉRATIVE
K − k 2 M P (m+1) = G + TP (m) .
La matrice à inverser (K − k 2 M) est creuse et peut être factorisée une fois pour toutes. La
matrice T contenant le bloc plein n’intervient qu’au second membre. Il faut juste être en
mesure de calculer le produit matrice-vecteur TP (m) , ce qui peut se faire de façon efficace
sans même assembler la matrice T.
ΩL = S×] − a, L[
pour un certain a > 0. On note p la solution du problème exact (7.4) et p(m) la solution de
(7.20) à l’itération m. Enfin, on note e(m) = p − p(m) l’erreur à l’itération m. Par linéarité,
e(m) vérifie :
∆e(m+1) + k 2 e(m+1) = 0 dans ΩL ,
∂e (m+1)
=0 sur ∂ΩL \(Γ ∪ ΣL ),
∂ν
(7.22)
∂e (m+1)
= 0 sur Γ,
∂ν
∂e (m+1)
= T L e(m)
sur ΣL .
∂ν
De plus, comme ΩL est un tronçon de guide non perturbé, on sait que e(m) admet dans tout
ΩL une décomposition sur les modes aller et retour :
X
e(m) (x, y, z) = (A(m)
n e
iβn z
+ Bn(m) e−iβn z )ϕn (x, y).
n≥0
Corollaire 7.9 L’algorithme itératif (7.20) converge pour toute donnée g si et seulement si
|ζn | < 1 pour tout n ∈ N.
A(m)
n = (ζn )m A(0)
n
Extensions et applications
Jusqu’à présent, nous avons considéré un problème de guide fermé perturbé par un obstacle.
On peut envisager un autre type de perturbation : des variations localisées de la section . On
parle de guide à section variable. Dans ce cas, on va voir qu’il est possible de tirer parti de
la structure modale de la solution et obtenir une méthode d’approximation hybride éléments
finis/modale qui peut se révéler plus efficace dans certaines configurations, par exemple des
guides longs à section faiblement variable.
h(x) si 0 ≤ x ≤ L
h(x) = .
h∞ si x ≥ L
93
94 CHAPITRE 8. EXTENSIONS ET APPLICATIONS
4u + k 2 u = 0 sur Ω
∂u
=0 sur Γ ∪ Γ0
∂ν
(P ) ∂u (8.1)
=g sur Σ0
∂ν
∂u
= Tu sur ΣL
∂ν
trouver
Z u ∈ H 1 (Ω) Ztel que ∀v ∈ H 1 (Ω) Z
2 (8.2)
∇u.∇v̄ dΩ − k u v̄ dΩ − hT u, v̄ iΣL = g v̄ dΣ
Ω Ω Σ0
Ce problème est de type Fredholm et donc, sauf pour au plus un ensemble dénombrable de
fréquences k, il admet une unique solution. Notre objectif est d’exposer une méthode hybride
multimodale/éléments finis permettant de résoudre efficacement ce problème.
d 2
où (ϕxn )n est la base orthonormale des fonctions propres de l’opérateur − dx 2 muni des condi-
où cette fois, les fonctions ϕn (y) = an cos nπY sont indépendantes de X !
Dans la pratique, on va tronquer à un certain rang N , la série précédente. Ce qui revient à
dire que l’on va chercher une solution approchée U N dans l’espace :
( )
X
VN = H 1 (A) ⊗ V ect {ϕn } = v(X, Y ) = vn (X)ϕn (Y ), ∀n vn ∈ H 1 (A)
0≤n≤N
0≤n≤N
96 CHAPITRE 8. EXTENSIONS ET APPLICATIONS
= h(0)v(0) Gϕm
B
En fait, la série précédente ne converge que dans H 1 , ce qui est insuffisant pour prendre la
trace de la dérivée normale ! Le problème se perçoit plus précisément dans la démonstration
dont nous donnons ici les grandes lignes.
D MS . Le problème est du type coercif +compact et on a donc l’estimation de type Cea
suivante :
kU − UN kV ≤ C inf kU − V kV .
V ∈VN
d2
On note A l’opérateur non borné − dx2 muni des conditions aux limites de Neumann sur B
et ΠN le projecteur orthogonal de V sur VN . On considère V ∈ H 1 (A) ⊗ D(Ar ). Comme
Ar V (X, .) ∈ L2 (B), V vérifie :
Z !
X X 0 2
2
λ2r
n |Vn (X)| + λ2r
n Vn (X) < ∞.
A n>N n>N
8.1. MÉTHODE MULTIMODALE 97
Les résultats de régularité standard montre que U ∈ H 1 (X)⊗D(Ar ) avec r < 43 et pas mieux
∂
car U ne vérifie pas la condition aux limites ∂Y U = 0. Ce qui donne le résultat annoncé.
On montre que ce problème est alors équivalent à la résolution d’un système linéaire de la
forme :
AZ = B
où Z est le vecteur de dimension q = P × (N + 1) des inconnues Uni , B un vecteur second
membre et A une matrice d’ordre q ayant une structure tridiagonale (en éléments finis P1) de
blocs pleins.
la figure ci-dessous nous présentons la partie réelle et la partie imaginaire du potentiel obte-
nue, lorsque l’on injecte√le deuxième mode dans le guide pour une fréquence k = 0.9 et un
nombre de Mach M = 3/2 ' 0.866. On observe d’une part, le phénomène Doppler bien
connu (décalage fréquenciel du à l’écoulement) ainsi que le phénomène de sillage.
avec u solution de (8.2). En choisissant une classe de forme particulière, par exemple les
fonctions splines cubiques sur les abcisses (xk )k=0,K+1 avec x0 = 0 et xK+1 = L et en utili-
sant une approximation hybride éléments finis/modal, on aboutit un problème d’optimisation
en dimension finie :
2
max (UdI )
H∈RK
h aux points (xk )k=1,K . Ce problème d’optimisation est assez délicat à résoudre car la fonc-
tion à maximiser est fortement non concave et possède une multitude de maxima locaux et
est donc difficile à maximiser par les algorithmes d’optimisation usuels. Il est nécessaire de
mettre en oeuvre des techniques de sur-itération permettant de trouver une solution satisfai-
sante (quasi-optimale).
Nous présentons ci-après l’exemple d’un convertisseur 0-2 ”quasi-optimal” obtenu et la
représentation de la partie réelle de la pression correspondante ainsi que l’évolution de l’am-
plitude des modes propagatifs le long de l’axe de propagation.
On observe que la forme obtenue n’est pas du tout triviale et difficile à intuiter. En particulier,
la conversion du mode 0 et mode 2 n’est pas directe puisqu’au cours de la transition les autres
modes (le mode 1 en particulier) sont excités de façon importante. Le rendement obtenu est
de l’ordre de 94% ce qui compte-tenu de la faible longueur du guide est un bon résultat.
d’imagerie des défauts est la Linear Sampling Method dont la philosophie consiste à évaluer
une fonction permettant de caractériser le fait qu’un point du guide se trouve ou non dans le
défaut. Nous allons décrire briévement le principe de cette méthode et la forme qu’elle prend
dans un contexte modal [2008, 2011].
Supposons qu’un défaut D soit situé dans un guide de section h entre les abcisses −x0 et
x0 > 0 et supposons que l’on sache mesurer des champs diffractés sur les sections Σ±s avec
s > x0 . Plus précisément, on suppose que l’on a accès au champ un± diffracté par l’obstacle
lorsqu’il est soumis au mode propagatif du guide (sans obstacle) g± n
(x, y) = ϕn (y)e±iβn x où
+ (resp. −) correspond à un mode se propageant suivant les x positif (resp. négatif).
L’idée est la suivante : par construction F h n’est jamais singulier en un point P appartenant
à l’ouvert ]−s, s[ × ]0, h[ et approche toute solution régulière dans le guide. Par conséquent,
si Q n’est pas un point situé dans l’obstacle D, le problème précédent ne peut pas avoir de
solution. On peut énoncer des résultats mathématiques plus précis qui sortent du cadre de ce
cours. En pratique, on ne résoud pas le problème précédent mais un problème dit régularisé
faisant intervenir un paramètre de régularisation ε :
Ce problème est toujours bien posé. Le paramètre de régularisation peut être calé en fonction
du niveau de bruit des mesures à l’aide du principe de Morosov que nous n’exposons pas
ici. On s’attend à ce que la norme de la solution hε devienne grande lorsque le point Q
n’appartient pas à D. Concrètement, on choisit des points Qij sur une grille du domaine
d’intérêt ]−s, s[ × ]0, h[ , on résoud le problème régularisé pour chacun des points Qij et on
représente la norme L2 (Σs ) × L2 (Σ−s ) (ou une fonction de cette norme) des solutions hε,ij
ce qui fournit une ”image” du défaut.
Dans le cas des guides d’ondes on peut tirer partir de la structure modale. En effet, l’opérateur
F nécessite en théorie la connaissance des fonctions de Green diffractés Gd (M, .) pour tout
point M ∈ Σs ∪ Σ−s . En fait, ce n’est pas utile en pratique car ces fonctions admettent la
décomposition modale suivante en dehors de l’obstacle :
( P
eiβn |xM | n
n∈N 2iβn ϕn (yM )u− (P ) si xM = s > x0
∀P ∈ G \ D, Gd (P, M ) = P eiβn |xM | n
n∈N 2iβn ϕn (yM )u+ (P ) si xM = −s < −x0 .
évanescents) deviennent négligeables. Ils tendent d’ailleurs vers 0 avec n rendant le système
de moins en moins inversible ! Cette remarque rejoint le fait qu’à longue distance les modes
évanescents ne sont plus significatifs et ne véhiculent donc aucune information pertinente
dès qu’il y a du bruit dans le système. Dans la pratique on se restreint donc aux modes
propagatifs et on utilise le système précédent tronqué (m, n ≤ N ). Il est à noter que le
procédé est extrèmement rapide puisqu’il s’agit de résoudre un système linéaire d’ordre N ,
N étant assez faible en pratique.
Les figures suivantes montrent les images reconstruites avec respectivement 0%, 10% et
20% de bruit sur les données (réponses modales) pour la fréquence k = 30 (10 modes
propagatifs).
On note que le processus de reconstruction est d’assez bonne qualité (on utilise ici 10 modes)
et qu’il est robuste au bruit.
On peut également appliquer cette technique à des situations plus intéressantes telles que le
cas de fissure ou encore celui d’obstacles pénétrables :
Enfin, cette technique a été généralisée au cas de de la propagation des ondes dans un milieu
élastique (ultrasons) [2011]. La théorie est un peu plus complexe, en particulier la construc-
tion d’un opérateur de type DtN et, compte-tenu de l’aspect vectoriel du problème, il y a plu-
sieurs équations LSM suivant les composantes du champ de déplacement ou de contraintes
que l’on considère. En mixant différentes équations LSM, il est même possible dans le cas
des fissures, d’améliorer de façon très significative l’image produite.
104 CHAPITRE 8. EXTENSIONS ET APPLICATIONS
105