Université des Comores
Faculté des lettres et des Sciences Humaine
Département des Langues Etrangères Appliquées
Niveau : L1 LEA, LMF et Geo
Cours de M. Hamdani Bakar
Module : histoire générale des Comores
II. La période coloniale de 1912 à 1975: Suite
D. De la succession de Said Mohamed Cheikh en 1970 à l’élection d’Ahmed
Abdallah en 1972
Après la mort du President Said Mohamed Cheikh, fondateur du «parti Vert» , la
chambre des député se réunit le 27 mars 1970 pour fixer les modalités d’ élection
d’un nouveau président du Conseil de Gouvernement. Le 2 Avril 1970, le leader du
«parti Blanc» le prince Said Ibrahim accède au pouvoir et devient le nouveau
président du Conseil de Gouvernement. Ahmed Abdallah, qui dirige désormais le
parti Vert est élu Président de la Chambre des députés.
Le 11 mars 1971, le Conseil des Ministres à Paris decide la dissolution de la chambre
des députés. Des élections législatives ont eu lieu et c’est le duel entre le parti blanc
et le parti vert. Une coalition est faite entre les deux grandes formations politiques
du pays pour la formation d’un nouveau gouvernement .
Présidé par Said Ibrahim, le gouvernement est formé de 8 ministres. Il s’agit de
Mikidachi Abdou Rahim , ministre du Plan, d’ Ahmed Abdou chargé de la fonction
publique, d’ Omar Tamou chargé des affaires économiques, d’Ali Mroudjae devenu
ministre de l’enseignement , de Martial Henry qui occupe le ministère de la santé,
d’Ali Soilihi qui devient ministre de l’équipement , de Mohamed Hassanaly qui
occupe le portefeuille du développement rural et d’Abdérémane Sidi nommé aux
affaires culturelles.
Dans un élan d’unité nationale autour d’une future indépendance, un congrès est
tenu à Moroni le 10 septembre 1972 par les grandes formations politiques du pays.
Lors du Congrès, deux députés de Mayotte dont Abdallah Houmady et Zoubeir
Adinani y ont assisté. Il sont désavoués par les maorais pour être du coté de la prise
de l’indépendance.
Au sein de la chambre des députés, c’est la mésentente entre les partisans du parti
vert et du parti Blanc. Le 9 juin 1972, une motion de censure contre Said Ibrahim est
déposé par ses adversaires. Sur 31 voix, la motion recueille 24 voix pour, 6 voix
contre et une abstention.
1
Le 12 juin 1972, Said Ibrahim est destitué et remplacé par Said Mohamed Djanfar.
Ce dernier forme un nouveau gouvernement qui écarte les partisans de Said Ibrahim
notamment Ali soilihi.
Le 10 septembre 1972, l’UDC et le RRPC fusionnent pour donner naissance au parti
«UDZIMA « . Les partisans de Said Ibrahim et Ali Solilihi crée le parti «Umma».
À Moheli, Mohamed Hassanaly et Mohamed Fazul forment le parti « Ujamaa»
N’ayant de parti politique pour le soutenir, Said Mohamed Djaafar est contraint de
démissionner le 17 octobre 1972.
Des élections législatives ont eu lieu le 3 décembre 1972 et c’est le parti «Udzima qui
raffle la majorité des députés. Le 25 décembre 1972, Ahmed Abdallah est élu 4 ème
président du Conseil de Gouvernement.
E. La marche vers l’indépendance de 1973 à 1975
Dans une visite à Georges Pompidou, président de la République française en janvier
1973, Ahmed Abdallah, nouveau président du Conseil de gouvernement, négocia,
sur cinq ans, l'accession à l'Indépendance. À partir du 18 mai 1973, s’ouvrent des
pourparlers entre la France et l’Archipel des Comores entérinés par une
déclaration commune le 15 juin 1973 en vue de définir les modalités de
l’indépendance.
Il était prévu une consultation des populations, mais la position française était
incertaine : les députés RPR, comme Michel Debré ou Pierre Messmer, désiraient un
vote par île, alors que le texte soulignait « l'unité de l'Archipel », solution du ministre
des DOM-TOM Stasi et du président Georges Pompidou.
Depuis le mois de décembre 1972, Abdallah disposait d’une bonne majorité à la
Chambre et avait réduit l'audience du Mouvement Populaire Maorais . Habile
négociateur, il espérait s'installer au pouvoir pour de longues années.
À Mayotte, des incidents ont eu lieu entre partisans» serrez la-main» et adversaires
de l’indépendance «soroda».
La mort du président Pompidou le 2 avril 1974, voyait le départ d'un grand homme
politique favorable à l'unité de l'Archipel. Par malchance, Moroni choisit de soutenir
Jacques Chaban-Delmas comme candidat aux élections présidentielles en mai 1974,
alors que Mayotte, par opposition, supporta Valéry Giscard d'Estaing.
Ce fut seulement en 1974, lorsque le processus d'indépendance de l'île fut défini par
la France, que l'ONU exclut le délégué français de la Conférence de la FAO à Port-
Louis (Maurice) et, en septembre 1974, elle adopta une résolution demandant à la
France de faciliter la venue des membres du MOLINACO dans l'Archipel. Son leader,
2
Abou Bakar Boina, fut accueilli à Moroni, le 26 octobre 1974, par deux mille militants
enthousiastes.
Le nouveau président français, reçoit le president du Conseil de Gouvernement de
l’Archipel des Comores et lui annonce le dépôt d’un projet de loi portant
organisation d’un référendum.
Le 22 décembre 1974 la population comorienne est consulté par voie référendaire .
Elle se prononce favorable à l’ indépendance à hauteur de 94,56% contre 5,44%.
Tableau de résultat du referendum du 22 décembre 1974.
Îles Inscrits Suffrage oui % Non %
exprimé
Grande 89 215 84 144 84123 99,98 21 0,02
Comore
Anjouan 61 406 58 987 58937 99,92 44 0,08
Mayotte 17 946 13 893 13893 36,18 8783 63,82
Moheli 6350 6059 6059 99,98 5 0,02
Comores 174 918 163 037 154 184 94,56 8853 5,44
Le mois de Mars 1975, une mission parlementaire française composée de 10 députés
et 6 sénateurs se rend à Moroni pour un examen de situation. Le 26 juin 1975,
l’Assemblée Nationale française commence à examiner le projet de loi relatif à
l’indépendance des Comores.
Le Dimanche 6 Juillet 1975, le President du Conseil de Gouvernement de l’Archipel
des Comores , Ahmed Abdallah, declare l’Indépendance des Comores par allocution
ci-dessous.
« Je declare l’Indépendance immédiate et unilatérale de l’Archipel des Comores
dans ses frontières coloniales c’est à dire, Mayotte, Mohéli, Anjouan et la Grande
Comore»