PARTIE II - ETUDES TECHNIQUES
CHAPITRE I : Prédimensionnement des éléments porteurs
Introduction
À un projet de construction correspond un ensemble d’activités interdépendantes.
L’étude technique d’un projet de construction est une expertise en conception et une
étude d’avant-projet afin de mener à bien la réalisation des travaux de construction
répondant aux attentes du maître de l’ouvrage.
1. Généralités
Pour la conception du système porteur d’un bâtiment, la fonctionnalité et
l’architecture interviennent de manière décisive.
Le prédimensionnement consiste à évaluer les dimensions des éléments de la structure
suivant des règles pratiques préétablies de la construction, pour qu’ils puissent résister
efficacement aux sollicitations auxquelles ils sont soumis. Ces dimensions sont indispensables
pour la suite afin d’effectuer la descente des charges et les divers calculs des ouvrages en
béton armé.
Ces propositions peuvent être maintenues ou modifiées après calculs et vérifications
des contraintes, mais toutefois il y a des cas où certains aspects architecturaux nous
obligent à imposer à priori certaines dimensions à ces éléments.
En outre, il est préférable de donner à type d’élément porteur les mêmes dimensions
pour réduire le coût de la mise en œuvre.
2. Définition
Avant de se lancer à tous calculs de justification de stabilité structurale, il faut que
les dimensions de tous les éléments soient totalement définies. Pour avoir un ordre de
grandeur des dimensions de chaque élément constituant l’ossature de la construction, on
se donne des valeurs. D’où alors l’appellation prédimensionnement qui veut dire aussi
dimensionnement préliminaire.
3. Prédimensionnement des Planchers
Dans ce projet, notre plancher sera une dalle pleine en béton armé. Une dalle pleine
est une pièce généralement rectangulaire reposant sur des appuis (dans notre cas la dalle
repose sur des poutres). Les planchers étant considéré comme infiniment rigide dans le plan
horizontal du point de vue de contreventement.
Figure 1 : Modélisation de la dalle
Ainsi, pour pré dimensionner un plancher, il faut suivre les conditions d’équilibre
suivantes :
Soit : 𝑙𝑥 le petit côté de la dalle (largeur du plancher)
𝑙𝑦 le grand côté de la dalle (longueur du plancher)
On considère que si : α = (𝑙𝑥/𝑙𝑦) où 𝑙𝑥 ≤ 𝑙𝑦
Et que si 𝛼 ≤ 0,4 : alors la dalle est portante dans (01) un seul sens.
0,4 < 𝛼 ≤ 1 : alors la dalle est portante dans les (02) deux sens.
L’épaisseur de la dalle « ℎ » est obtenue par la relation suivante où 𝑙 = √(𝑙𝑥 )(𝑙𝑦 ) :
𝑙 𝑙
≤h≤
40 30 ; Si la dalle se porte sur une seule direction,
𝑙 𝑙
≤h≤ ; Si la dalle se porte sur deux directions.
50 40
Application sur le projet :
Pour le projet en question, prenons le plancher qui a la plus grande surface c’est-à-dire
entre Axes 3/4 et Files D/E : 𝑙𝑥 = 6,36 m et 𝑙y = 7,60 m.
α = (6,36/7,60) = 0,84 cette dalle est portante dans les (02) deux sens
𝑙 = √(6,36)(7,60) = 6,95
d’où l/40 = (6,95/40) = 0,17 m et l/30 = (6,95/50) = 0,14 m ;
Nous avons : 0,14 m ≤ h ≤ 0,17 m
On peut fixer l’épaisseur de la dalle pour h = 0,16 m mais dans le respect de l’environnement
architecturale exigé d’un bâtiment à usage spécifique et dans le but d’avoir un confort
isophonique et acoustique, nous allons prendre pour notre prochain calcul h = 0,18 m soit
18 cm.
4. Prédimensionnement des Poutres
Les poutres sont des éléments porteurs horizontales dont le rôle principal est
l’acheminement des charges et surcharges vers les éléments porteurs verticaux (poteaux).
De ce fait, elle est soumise à des sollicitations de moment de flexion et d’effort
tranchant.
Sa longueur entre appuis « L » est appelée également portée.
Figure 2 : Modélisation de la poutre
La hauteur « h » d’une poutre quelconque est déterminée par la condition de rigidité ou de
non-déformabilité :
𝐿 𝐿
Pour une poutre isostatique : ≤h≤
15 10
𝐿 𝐿
Pour une poutre continue : ≤h≤
20 16
La largeur de la poutre « b » doit vérifier la règle de la bonne construction suivante :
0,3.h ≤ b ≤ 0,5.h
1. Cas d’une poutre isostatique :
Dans notre cas la poutre la plus sollicitée se situe au 2ème étage entre les Files D
et E : L = 7,60 m (cas le plus défavorable)
7,60 7,60 0,51 m ≤ h ≤ 0,76 m prenons h = 60 cm
≤h≤
15 10 Nous en déduisons : 18 cm ≤ b ≤ 30 cm
2. Cas d’une poutre continue :
On a la même poutre que celle de la poutre isostatique qui se situe au 2ème étage
entre les Files D et E : L = 7,60 m (cas le plus défavorable)
7,60 7,60 0,38 m ≤ h ≤ 0,48 m prenons h = 45 cm
≤h≤
20 16 Nous en déduisons : 13,50 cm ≤ b ≤ 22,50 cm
Afin de faciliter la mise en œuvre, de garder la conformité de l’ouvrage et de préserver
l’aspect dicté par l’architecture du projet, nous fixons la base de toutes les poutres
(transversales et longitudinales) à b = 20 cm.
La section des poutres est résumée dans le tableau ci-après :
Tableau 1 : section des poutres selon le cas
Poutres Section en cm²
Cas des poutres isostatiques 20 x 60
Cas des poutres continues 20 x 45
5. Prédimensionnement des Poteaux
Un poteau est un élément vertical de la structure, rarement incliné, soumis en
compression, il assure la descente des charges venant des poutres.
Les poteaux sont des éléments verticaux de la structure du bâtiment qui ont pour
fonction principal de reprendre et de transmettre les charges verticales jusqu’au sol de
fondation. A la différence des poutres et planchers, pour pré dimensionner des poteaux,
nous avons besoin de connaitre à l’avance les charges qu’ils vont transmettre. Pour cela, il
nous faut donc effectuer une descente de charge sommaire sur le poteau considéré.
Comme son nom l’indique, la descente des charges sommaire est une descente des
charges simplifiée effectuée en utilisant une valeur forfaitaire de la charge assurée par un
étage du bâtiment. Dans le calcul on considère que la totalité des charges du plancher
est égal à une valeur forfaitaire. Pour les bâtiments courants, elle est généralement prise
entre 10 à 15 KN/m² selon le cas des planchers, qu’elles soient légèrement ou fortement
chargés.
Figure 3 : Modélisation du poteau
Pour le prédimensionnement, le poteau est considéré comme isolé et on suppose
qu’il est soumis à une compression centrée, c’est-à-dire que le béton ne subit que l’effort
normal venant de descentes des charges verticales.
De ce fait, on pose les hypothèses nécessaires suivantes :
a) Le poteau travaille en compression centrée,
b) Les efforts verticaux sont équilibrés par la section réduite du béton,
c) La durée d’application de la combinaison d’action ≥ 24h : θ = 1,
d) Les caractéristiques du béton sont les suivantes : béton dosé à 350kg/m3 de ciment
CEMI 42,5 avec fc28 = 25MPa.
La section « B » du poteau est déterminée par la relation suivante :
𝑁
B=𝑎xb≥
0,9.σbc
0,85
avec σbc = fc28 - contrainte de compression admissible du béton
Ѳ.𝛾bc
𝛾bc = 1,5 – coefficient de sécurité partiel pour les combinaisons fondamentales
On obtiendra donc σbc = 14,17 MPa
𝑙𝑓
En outre, les poteaux doivent remplir la condition de non-flambement ≤ 14,40 pour une
𝑎
section rectangulaire avec 𝑙𝑓 : longueur de flambement du poteau.
Pour un poteau assemblé par des poutres et planchers, nous avons 𝑙𝑓 = 0,7. 𝑙0 car le poteau
est encastré par ses extrémités (𝑙0 = 3,40 m : la longueur libre du poteau).
L’effort normal de compression N = n.q.S avec :
n : nombre de niveaux supportés par le poteau,
q : surcharge supportée par le plancher, sa valeur est de 10 KN/m² ≤ q ≤ 15 KN/m²,
Prenons q = 15 KN/m²
S : la plus grande surface d’influence sur le poteau.
Dicté par les aspects architecturaux du projet et que nous avons fixé la base de toutes les
poutres égale à 20 cm, prenons donc la plus petite dimension du poteau 𝑎 = 20 cm.
Calculons la longueur de flambement du poteau, sachant que 𝑙0 = 3,40 m sur tous les
niveaux du bâtiment : 𝑙𝑓 = 0,7. 𝑙0 ; 𝑙𝑓 = 0,7 x 3,40 = 2,38 m
𝑙𝑓 2,38
Donc, = = 11,90 ≤ 14,40 → la condition de non flambement est vérifié.
𝑎 0,20
Tableau 2 : Résumé des dimensions des poteaux intérieurs
Niveau n S [m²] N [KN] B [m²] 𝒂 [m] b [m] Dimension [cm]
RDC 4 22,72 1 363,20 0,107 0,20 0,55 20 x 60
R+1 3 22,72 1 022,40 0,080 0,20 0,40 20 x 40
R+2 2 22,72 681,60 0,053 0,20 0,27 20 x 40
R+3 1 22,72 340,80 0,027 0,20 0,14 20 x 40
Pour des raisons architecturales et pour faciliter la mise en œuvre, nous pouvons
rationaliser les dimensions des poteaux intérieurs à 20 x 60 cm, et comme le béton travaille
surtout en effort de compression, il est préférable de surdimensionner un peu l’ouvrage pour
assurer la condition de non fragilité du béton.
Le tableau ci-après nous donne les dimensions théoriques pour les poteaux de rive
Tableau 3 : Résumé des dimensions des poteaux de rives
Niveau n S [m²] N [KN] B [m²] 𝒂 [m] b [m] Dimension [cm]
RDC 4 21,60 1 296,00 0,102 0,20 0,51 20 x 60
R+1 3 21,60 972,00 0,076 0,20 0,38 20 x 40
R+2 2 21,60 648,00 0,051 0,20 0,26 20 x 40
R+3 1 21,60 324,00 0,025 0,20 0,13 20 x 40
On adoptera une dimension égale à 20 x 60 cm pour le poteau se trouvant au RDC,
20 x 40 cm pour les autres niveaux supérieurs.
Conclusion
Le prédimensionnement des éléments de l’ossature du bâtiment nous permettra
d’avoir les données nécessaires pour la suite de l’étude technique.
Il nous permettra donc de déterminer à partir des dimensions requises les charges et
les actions agissant sur l’ossature du bâtiment.
CHAPITRE II : Descente de charges
1. Généralité
Comme son nom l’indique, la descente de charges consiste à descendre les
charges de la toiture jusqu’au sol de fondation. Elle a pour but l’évaluation des charges
reprise par chaque élément porteur à partir de la toiture jusqu’aux fondations. Pour notre
cas le calcul concerne les charges verticales (permanentes et surcharges d’exploitations).
Nous allons tenir compte aussi des actions dû à l’effet du vent dites horizontales, ces
actions sont à considérer pendant le calcul des sollicitations de l’ossature du bâtiment.
Le résultat va nous permettre de dimensionner les porteurs verticaux ainsi que les
fondations.
1.1. Les charges permanentes
Ce terme désigne le poids propre de tous les éléments permanents constituant
l’ouvrage terminé. Il s’agit donc non seulement du poids de l’ossature mais aussi de tous les
éléments du bâtiment. La norme NF P06-004 donne des valeurs indicatives des poids à
considérer différents matériaux.
Tableau 4 : Poids unitaire de quelques matériaux de constructions
Matériaux Poids Unité
Béton Armé 25 kN/m3
Maçonnerie de parpaings creux de 20 13,5 kN/m3
Maçonnerie de parpaings creux de 10 7 kN/m3
Enduit de ciment 18 kN/m3
Complexe d’étanchéité en asphalte 1,32 kN/m2
Chape de mortier par cm d’épaisseur 0,2 kN/m2
Carrelage ou dallage collés 0,7 kN/m2
1.2. Les surcharges d’exploitations
S’appliquant en principe aux planchers, elles résultent de l’usage des locaux et
correspondent aux mobiliers, aux matières en dépôt et personnes pour un mode normal
d’occupation.
La valeur de ces charges change selon la nature des locaux (condition d’utilisation).
Pour un bâtiment à usage de bureaux, le tableau suivant nous résume ces surcharges selon
la nature des locaux.
Tableau 5 : Surcharges d’exploitations selon la nature des locaux
Nature des locaux Surcharges [KN/m2]
Bureaux proprement dits 2,5
Bureaux pour laboratoire 4,0
Escaliers 2,5
Circulations et escalier 2,5
Salle de projection et de conférence 4,0
Espace vétérinaire 4,0
Salles de réunion avec tables 2,5
Salle d’attente 2,5
Salles d’ordinateur et de reprographie 2,5
Figure 4 : Schéma de principe de descente de charges
Figure 5 : Schéma de principe de répartition de charges au niveau toiture
1.3. Surcharges climatiques - Effet du vent
Le vent fait partie des surcharges climatiques dans une construction dont les effets
peuvent être dévastateur pour cette dernière. L’action du vent est calculée suivant la règle
NV65 révisée.
Par convention, pour le calcul de la construction la direction moyenne du vent sera
supposée horizontale.
Figure 6 : Modélisation du bâtiment pour l’étude d’effet du vent
1.3.1. Références
• DTU P 06-002, février 2009 : Règles NV65 – Règles définissant les effets de la
neige et du vent sur les constructions,
• Règles et Fascicule pour les constructions para-cycloniques à Madagascar
1.3.2. Domaine d’application
Position de la construction dans l’espace :
Bâtiment situé entre 0 et 1 000 m d’altitude,
Sol environnant la construction, supposé sensiblement horizontal,
Bâtiment reposant sur le sol
Forme d’ensemble de la construction :
Bâtiment constitué d’un bloc unique à toiture unique,
Bâtiment prismatique à base rectangulaire de longueur a, de largeur b et
de hauteur h (cf. Figure 5),
Hauteur du bâtiment n’excédant pas 60 m,
Hauteur du bâtiment inférieure ou égale à trois fois la largeur du
bâtiment :
ℎ
≤3
𝑏
1.3.3. Sollicitations du vent selon les règles NV65
Sollicitation de calcul :
La sollicitation de calcul à l’action du vent en dépression Sd (en N/m² ou Pa) est
donnée par la relation :
𝑆𝑑 = 𝛾𝐹 . 𝑊𝑛
𝑊𝑛 Sollicitation due à un vent normal, déterminée selon les règles NV65,
𝛾𝐹 Coefficient partiel de sécurité sur la sollicitation du vent égal à 1,75.
Sollicitation caractéristique :
La sollicitation caractéristique, appelée aussi la pression statique du calcul du
vent est égale à la sollicitation due à l’action du vent normal 𝑤𝑛 (en N/m² ou
Pa), et est donnée par la relation :
𝑃 = 𝑊𝑛 = 𝑞ℎ . 𝐶𝑠 . 𝐶𝑚 . 𝛿. 𝐶𝑟
𝑞ℎ : Pression dynamique agissant à la hauteur ℎ en (Pa),
𝐶𝑚 : Coefficient d’effet de masque,
𝐶𝑠 : Coefficient d’effet de site,
𝛿 : Coefficient d’effet de réduction,
𝐶𝑟 : Coefficient de pression résultant 𝐶𝑟 = (𝐶𝑒 − 𝐶𝑖 ) ,
𝐶𝑒 : Coefficient de pression extérieure,
𝐶𝑖 : Coefficient de pression intérieure,
Dans les expressions ci-dessus Ce et Ci sont des coefficients dite coefficients de
pressions qui dépendent de la géométrie du bâtiment et de la pression dynamique
corrigée.
Ils dépendent aussi d’un autre coefficient 𝛾0 lu sur l’abaque R-III-5 de la règle NV 65
ℎ ℎ
qui a son tour est fonction des rapports : « 𝜆𝑎 = » et « 𝜆𝑏 = »
𝑎 𝑏
Sur notre cas on a :
𝑎 = 20,00 𝑚 ; 𝑏 = 19,80 𝑚 ; ℎ = 14,85 𝑚 ; ℎ𝑝 = 0,65 𝑚
𝜆𝑎 : Vent normale à la petite face de la construction 𝜆𝑎 = 0,75
𝜆𝑏 : Vent normale à la grande face de la construction 𝜆𝑏 = 0,74
1.3.4. Pression dynamique de base
La pression dynamique de base est la pression qu’exerce le vent sur une surface
plane à une hauteur de h = 10m au-dessus du sol pour un site normal, sans effet de masque.
La pression dynamique de base est donnée en fonction de la vitesse 𝑣 (en m/s) du
vent par la formule de BERNOULLI suivante :
𝑣2
𝑞10 =
16,3
Etant donné que le site d’implantation de la construction est la ville de TOAMASINA
I (Région Antsinanana : ZONE 1) et que selon la carte des vents à MADAGASCAR (cf. Règles
et Fascicule pour les constructions para-cycloniques à Madagascar), la vitesse du vent 𝒗
et les pressions dynamiques de base 𝑞𝑏 à considérer dans notre calcul sont figurées dans le
tableau suivant :
Tableau 6 : Vent normal et vent extrême
Vitesse du vent 𝒗 Pression dynamique de
(km/h) base 𝑞10 (daN/m²)
Vent Vent Vent Vent
normal extrême normal extrême
Zone 1 Zone 1 Zone 1 Zone 1
266 350 336 588
Source : Norme nationale de construction de bâtiment résistant aux aléas naturels à
Madagascar
1.3.5. Pression dynamique de base corrigée
La pression dynamique de base corrigée est donnée par la formule suivante :
𝑞d = 𝑞10 × 𝐶𝑆 × 𝐶𝑚 × 𝐶ℎ × 𝛿
𝑞10 : pression dynamique de base
𝐶𝑆 : coefficient qui tient compte de l’effet de site
𝐶𝑚 : coefficient relatif à l’effet de masque
𝐶ℎ : coefficient relatif à l’effet de la hauteur
𝛿 : coefficient relatif à l’effet de dimension
→ Coefficient effet de site :
Selon l’exposition du site d’implantation de la construction, le coefficient correcteur
à appliquer à la pression dynamique de base sont les suivants :
Site abrité : 0,8
Site normal : 1,00
Site exposé : 1,2
Pour notre cas, nous allons prendre une valeur relative à un site exposé : 𝐶𝑆 = 1,2
→ Coefficient effet de masque :
On considère que la construction est non masquée, alors nous prenons 𝐶𝑚 = 1,00.
→ Coefficient effet de la hauteur :
La variation de la vitesse du vent avec la hauteur H dépend de plusieurs facteurs : le
site, la vitesse maximale du vent et le freinage dû au sol. D’où pour en tenir compte,
il faut multiplier la pression dynamique de base par un autre coefficient correcteur.
Soit 𝑞𝐻 la pression dynamique agissant à la hauteur H au-dessus du sol exprimé en
m, 𝑞10 la pression dynamique de base à 10m de hauteur.
Pour H compris entre 0 et 500 m le rapport entre 𝑞𝐻 et 𝑞10 est défini par la formule
suivante :
𝑞𝐻 𝐻 + 18
𝐶ℎ = = 2,5
𝑞10 𝐻 + 60
En faisant une application numérique pour une hauteur 𝐻 = 14,85 𝑚, 𝐶ℎ = 1,10
→ Coefficient effet de dimension :
L’action du vent s’exerçant sur une paroi n’étant uniforme du fait des tourbillons
locaux, on tient compte de ce phénomène par l’utilisation du coefficient de relatif
à l’effet de dimension𝛿. Pour notre cas, on :
Hauteur du bâtiment : 14,85 𝑚 < 30 𝑚
D’après l’abaque R-III-2 de la règle NV 65, on a : 𝛿 = 0,80
Finalement, nous avons les pressions dynamiques corrigées suivantes :
Vent normal : 𝑞𝑑 = 355 daN/m²
Vent extrême : 𝑞𝑑 = 621 daN/m²
1.3.6. Descente de charges due au vent
Outre les moments de flexion et les efforts tranchants, le vent apporte dans le portique du
bâtiment des efforts normaux. Nous considérons les poteaux comme étant une console
encastrée dans le sol au niveau de la fondation et soumise à ces charges horizontales.
𝑀
L’effort de compression sur le poteau i est donné par la relation suivante : 𝑊𝑖 = 𝑑𝑖 ⋅ 𝑆𝑖
𝐼
𝑆𝑖 : Section du poteau au niveau i
𝐼 = 𝛴𝑆𝑖 𝑑𝑖2 : Moment d’inertie par rapport au centre de l’ensemble des poteaux
𝑑𝑖 : Distance de la section du poteau par rapport au centre G de l’ensemble
M : Moment fléchissant à équilibrer dans le poteau dû au vent
→ Position du centre de gravité :
Le calcul de la position du centre de gravité suit la règle du barycentre :
∑(𝑆𝑖 ⋅ 𝑥𝑖 )
𝑥𝐺 =
∑𝑆𝑖
𝑥𝑖 : Abscisse de chaque poteau par rapport à un repère orthonormé
Prenons comme origine le poteau P1, on obtient de ce fait :
X1 = 0,00 m ; X2 = X1 + 7,60 = 7,60 m ; X3 = X2 + 2,00 = 9,60 m ;
X4 = X3 + 2,40 = 12,00 m ; X5 = X4 + 5,70 = 17,70 m
X6 = X5 + 2,30 = 20,00 m.
Figure 7 : Schéma de l’abscisse de chaque poteau au RDC
Figure 8 : Schéma de l’abscisse de chaque poteau à l’étage
Tableau 7 : Section des poteaux (cm²)
Poteaux P1 P2 P3 P4 P5 P6
RDC 1200 1 200 1 200 1 200 1 200 1 200
1er Etage 800 800 800 800 800 -
2ème Etage 800 800 800 800 800 -
3ème Etage 800 800 800 800 800 -
Tableau 8 : Position du centre de gravité G
Poteaux ∑𝑆𝑖 (𝑐𝑚2 ) ∑(𝑆𝑖 ⋅ 𝑥𝑖 ) (𝑐𝑚2 ) 𝑥𝐺 (𝑚)
RDC 7 200 80 280 11,15
1er Etage 4 000 37 520 9,38
2ème Etage 4 000 37 520 9,38
3ème Etage 4 000 37 520 9,38
Figure 9 : Distance de chaque poteau du RDC par rapport au centre de gravité
Figure 10 : Distance de chaque poteau des étages par rapport au centre de gravité
→ Calcul du moment d’inertie des sections des poteaux :
Soit 𝐼𝐺 le moment d’inertie simplifié des sections des poteaux à chaque niveau par
rapport au centre de gravité G :
𝑛
𝐼𝐺 = ∑𝑖=1(𝑆𝑖 ⋅ 𝑑𝑖2 )
Tableau 9 : Moment d’inertie des sections des poteaux
Section des poteaux
0,120 0,120 0,120 0,120 0,120 0,120
0,080 0,080 0,080 0,080 0,080 0,080 Ig (m4)
Distance des poteaux par rapport au centre de gravité G
Niveau d1 (P1) d2 (P2) d3 (P3) d4 (P4) d5 (P5) d6 (P6)
RDC 11,15 3,55 1,55 0,85 5,05 8,85 29,27
R+1 9,38 1,78 0,22 2,62 6,83 0,00 11,58
R+2 9,38 1,78 0,22 2,62 6,83 0,00 11,58
R+3 9,38 1,78 0,22 2,62 6,83 0,00 11,58
→ Calcul de sollicitations normaux agissants sur les poteaux :
Pour un poteau « i » donné, l’évaluation des efforts Wi dus aux actions du vent au
niveau de chaque étage est exprimée par la relation :
𝑀
𝑊𝑖 = 𝑑𝑆
𝑰𝑮 𝑖 𝑖
𝑀 : Moment de renversement fléchissant à équilibrer dans les poteaux,
exercé au-dessus de l’étage considéré 𝑀 = 𝑞𝑤 . 𝐻. 𝑧
𝑞𝑤 : Charge linéaire exercée par le vent extrême sur la construction
𝐿 : Largeur de la surface d’impact du vent sur le poteau 𝐿 = 𝟓, 𝟔𝟖 𝒎
𝑞𝑤 = 𝐿. 𝑞𝑑 = 5,68 x 621 = 3 527,28 daN/m = 35,27 KN/m
𝐻 : Hauteur d’application du vent au-dessus du niveau considéré
𝑞𝑑 : Pression dynamique de base corrigée 𝑞𝑑 = 621 daN/m²
𝐻
𝑧 : Bras de levier 𝑧 =
2
𝑆𝑖 : Section de chaque poteau
𝑰𝑮 : Moment d’inertie des sections des poteaux
𝑑𝑖 : Distance des poteaux par rapport au centre de gravité
→ Calcul du moment fléchissant à équilibrer les poteaux :
Tableau 10 : Valeur des moments M à équilibrer pour les poteaux de chaque niveau
Niveau qw (daN/m) H (m) z (m) M (daN.m)
N1 3 527,28 0,65 0,325 745,14
N3 3 527,28 4,20 2,100 31 110,61
N5 3 527,28 7,75 3,875 105 928,63
N7 3 527,28 11,30 5,650 225 199,19
N9 3 527,28 14,85 7,425 388 922,30
Tableau 11 : Valeur des efforts normaux 𝑊𝑖 sur chaque niveau (daN)
Niveau P1 P2 P3 P4 P5 P6
N1 48,29 9,16 1,13 13,49 35,16 0,00
N2=N3 2 016,01 382,57 47,28 563,11 1 467,95 0,00
N4=N5 6 864,32 1 302,61 161,00 1 917,33 4 998,22 0,00
N6=N7 14 593,22 2 769,29 342,27 4 076,14 10 625,98 0,00
N8=N9 17 778,55 5 660,43 2 471,46 1 355,32 8 052,17 14 111,22
RECAPITULATION DE TOUTES LES CHARGES APPLIQUEES A CHAQUE NIVEAU
Le calcul de ces charges est nécessaire pour le dimensionnement de certains éléments de
structure. Pour ce faire, on va négliger les effets du séisme par rapport aux autres actions.
Alors, on va tenir compte des combinaisons d’action suivantes :
• A l’ELU ou Etat Limite Ultime : 1.35 G + 1.5 Q + W
• A l’ELS ou Etat Limite de Service : G + Q + 0,77W
G : charge permanente [daN]
Q : surcharge d’exploitation [daN]
W : charge due au vent [daN]
Le calcul de la descente de charges totale sur les poteaux de l’axe 3 sont résumés dans les
tableaux suivants :
Tableau 12 : Valeur des efforts normaux 𝑊𝑖 par poteau sur chaque niveau (KN)
Combinaison
Poteau P1 Poteau de rive
d'actions
Charge Surcharge Surcharge TOTAL
Niveau ELU ELS 0,9 ELU 0,9 ELS
G (KN) Q (KN) W (KN) (KN)
N1 200,07 75,54 0,48 276,09 383,88 275,98 345,49 248,38
N3 379,89 161,88 20,16 561,93 775,83 557,29 698,25 501,56
N5 559,31 227,20 68,64 855,15 1 164,51 839,36 1 048,06 755,42
N7 738,73 281,16 145,93 1 165,82 1 564,96 1 132,26 1 408,46 1 019,03
N9 801,40 335,12 177,79 1 314,31 1 762,36 1 273,42 1 586,12 1 146,08
Combinaison
Poteau P2 Poteau intermédiaire
d'actions
Charge Surcharge Surcharge TOTAL
Niveau ELU ELS 1,15 ELU 1,15 ELS
G (KN) Q (KN) W (KN) (KN)
N1 262,60 119,28 0,09 381,97 533,52 381,95 613,55 439,24
N3 447,25 173,24 3,83 624,32 867,48 623,44 997,60 716,96
N5 643,12 227,20 13,03 883,35 1 222,04 880,35 1 405,35 1 012,40
N7 863,48 281,16 27,69 1 172,33 1 615,13 1 165,96 1 857,40 1 340,85
N9 913,25 335,12 56,60 1 304,97 1 792,17 1 291,95 2 061,00 1 485,74
Combinaison
Poteau P3 Poteau intermédiaire
d'actions
Charge Surcharge Surcharge TOTAL
Niveau ELU ELS 1,15 ELU 1,15 ELS
G (KN) Q (KN) W (KN) (KN)
N1 0,00 0,00 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01 0,01
N3 80,94 12,90 0,47 94,31 129,09 94,20 148,45 108,33
N5 169,18 25,80 1,61 196,59 268,70 196,22 309,01 225,65
N7 256,91 38,70 3,42 299,03 408,30 298,24 469,55 342,98
N9 293,16 51,60 24,71 369,47 497,88 363,79 572,56 418,36
Combinaison
Poteau P4 Poteau intermédiaire
d'actions
Charge Surcharge Surcharge TOTAL
Niveau ELU ELS 1,15 ELU 1,15 ELS
G (KN) Q (KN) W (KN) (KN)
N1 140,98 60,95 0,13 202,06 281,88 202,03 324,16 232,33
N3 264,03 104,49 5,63 374,15 518,81 372,86 596,63 428,79
N5 387,08 148,03 19,17 554,28 763,77 549,87 878,34 632,35
N7 510,13 191,57 40,76 742,46 1 016,79 733,09 1 169,31 843,05
N9 556,70 235,10 13,55 805,35 1 117,75 802,23 1 285,41 922,56
Combinaison
Poteau P5 Poteau intermédiaire
d'actions
Charge Surcharge Surcharge TOTAL
Niveau ELU ELS 1,15 ELU 1,15 ELS
G (KN) Q (KN) W (KN) (KN)
N1 185,61 77,51 0,35 263,47 367,19 263,39 422,27 302,90
N3 359,03 132,87 14,68 506,58 698,68 503,20 803,48 578,68
N5 532,46 188,23 49,98 770,67 1 051,15 759,17 1 208,82 873,05
N7 918,83 243,60 106,26 1 268,69 1 712,08 1 244,25 1 968,89 1 430,89
N9 985,65 332,18 80,52 1 398,35 1 909,42 1 379,83 2 195,83 1 586,80
Combinaison
Poteau P6 Poteau de rive
d'actions
Charge Surcharge Surcharge TOTAL
Niveau ELU ELS 0,9 ELU 0,9 ELS
G (KN) Q (KN) W (KN) (KN)
N1 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
N3 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
N5 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
N7 185,23 26,13 0,00 211,36 289,26 211,36 260,33 190,22
N9 232,40 52,26 52,26 336,92 444,39 324,90 399,95 292,41
On constate que le calcul de la descente de charges nous a mis en évidence les
poteaux les plus sollicités, à savoir les poteaux P2 et P5 au niveau N7 et qui ont les valeurs
respectives en ELU : 1 857,40 KN et 1 968,89 KN, en ELS : 1 340,85 KN et 1 430,89 KN.
En outre, compte tenu de la valeur des sollicitations et dans le but d’optimiser le
travail du béton en compression mais toujours dans le souci de respecter l’aspect
architectural du bâtiment, on a adopté pour les dimensions de ces deux poteaux à 40x40
cm.
Par conséquent, ces valeurs seront portées dans le Chapitre IV suivant pour le calcul
de dimensionnement des poteaux en BA.