Concours Centrale-Supélec 2020 filière PC
Mathématiques 1
Présentation du sujet
Le sujet de cette épreuve propose une étude des matrices symplectiques (réelles) associées à la matrice
0 𝐼𝑛
antisymétrique 𝐽𝑛 = ( 𝑛 ), de taille 2𝑛. Le problème définit la notion de matrice symplectique
−𝐼𝑛 0𝑛
comme toute matrice 𝑀 ∈ 𝑀2𝑛 (ℝ) vérifiant 𝑀 ⊤ 𝐽𝑛 𝑀 = 𝐽𝑛 .
La partie I est consacrée au cas de la dimension 2, proposant une caractérisation générale des matrices
symplectiques de taille 2 par leur déterminant. Cette partie propose également une caractérisation des
matrices symplectiques orthogonales (Q3 et Q4), symétriques (Q5) et antisymétriques (Q6).
La partie II propose d’étendre le résultat trouvé en Q3-Q4, à propos des matrices symplectiques et
orthogonales, aux matrices de taille quelconque. La partie III, très courte, permet de découvrir la structure
de groupe (sans la nommer) que possède l’ensemble des matrices symplectiques.
Plus difficile, la partie IV permet d’aboutir à la réduction des matrices symétriques et symplectiques de
taille quelconque et la partie V, celle des matrices antisymétriques et symplectiques. Ces parties sont
chacune assorties d’une application numérique (Q25-Q26 pour les matrices symétriques, Q35-Q36 pour
les matrices antisymétriques).
Analyse globale des résultats
Sur les 3517 copies corrigées, la moyenne constatée, en pourcentage du barème, est de 21,8 % pour
un écart-type de 12,7 %. Le sujet peut donc être considéré comme long, mais il a permis une bonne
discrimination parmi les candidats. Comme nous le verrons plus loin, la sélection des meilleurs candidats
s’est essentiellement faite sur le soin apporté aux réponses, bien plus que sur le volume traité. La meilleure
copie a obtenu 81 % des points du barème total.
Les parties I et II ont été abordées par la quasi-totalité des candidats (plus de 99 % d’entre eux). Il en
est presque de même pour les parties III et IV (entamées par plus de 90 % des copies) et la partie V a
été légèrement plus délaissée (76 % des copies). Les parties IV et V proposent des questions d’application
numérique (Q25 et Q35) pouvant être traitées indépendamment du reste du sujet, ce qui explique ces
chiffres.
La notion de matrice symplectique, certainement nouvelle pour la grande majorité des candidats, a été
plutôt bien prise en charge par ceux-ci, malgré certaines généralisations hâtives du cas de la dimension 2
(partie I) au cas général (partie II et suivantes). À l’inverse, on note quelques malentendus surprenants
sur les notions de matrice symétrique ou antisymétrique, pourtant certainement étudiées en classe et
rappelées en début de sujet.
La différence entre les copies se fait essentiellement sur les trois points suivants, indicatifs du niveau de
soin et de discipline pratiqué par les candidats dans leurs raisonnements :
− la rigueur logique, en particulier le maniement soigneux des implications et des équivalences, ainsi
que des quantificateurs — on note trop de confusions dans ce domaine, ce qui porte préjudice dès le
début du sujet (questions Q2 et Q3) ;
− des vérifications de non nullité — avant de diviser par une quantité, il importe de vérifier (voire
justifier) qu’elle est bien non nulle (cf. remarques détaillées, plus loin) ; par ailleurs, la notion de
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vecteur propre comporte une exigence de non nullité. De nombreuses questions de ce sujet appellent
ce genre de vérification ;
− la connaissance précise de notions de base du programme — matrice symétrique, antisymétrique,
application linéaire (question Q7), transposition / inversion d’un produit matriciel (𝐴𝐵)⊤ = 𝐵⊤ 𝐴⊤
et non 𝐴⊤ 𝐵⊤ ), condition nécessaire et suffisante sur les colonnes d’une matrice pour qu’elle soit
orthogonale (question Q4 et analogues), notions de famille libre / génératrice / base (question Q20
notamment : la concaténation de deux bases d’un espace non nul ne peut former une base de cet
espace).
Le jury reste surpris que les trois points ci-dessus constituent les principaux facteurs de discrimination
parmi les candidats, à ce niveau d’études scientifiques. Il est donc important que les futurs candidats en
prennent bonne note en vue des prochaines éditions.
Commentaires sur les réponses apportées et conseils aux futurs candidats
Le jury a relevé un certain nombre de points généraux, dans la correction des copies et en tire les
recommandations suivantes.
− Attention aux divisions par zéro. Aux questions Q3, Q16, Q19, le candidat était souvent amené
à simplifier par des quantités abstraites. Le jury regrette que la plupart d’entre eux aient procédé
à ces simplifications sans même s’inquiéter de la non-nullité de la quantité simplifiée. Par exemple,
à la question Q16, l’écriture det(𝑀 ) det(𝐽𝑛 ) det(𝑀 ) = det(𝐽𝑛 ) donnait, dans beaucoup de copies,
det(𝑀 )2 = 1 à l’étape suivante, sans la moindre discussion quant à la non-nullité de det(𝐽𝑛 ) qui,
pourtant, réclamait une justification. De même, à la question Q19, l’écriture 𝜆𝑀 𝐽𝑛 𝑋 = 𝐽𝑛 𝑋 deve-
1
nait 𝑀 𝐽𝑛 𝑋 = 𝐽𝑛 𝑋 sans la moindre attention à la non-nullité de 𝜆 qui, ici encore, méritait une
𝜆
justification, liée à l’inversibilité de la matrice symplectique 𝑀.
− Les variables utilisées par les candidats sont loin d’être systématiquement déclarées. Il
n’est pas rare de voir apparaitre des 𝑋, 𝑌, 𝑎, 𝑏, 𝛼, 𝛽 au milieu d’un raisonnement sans en avoir vu la
déclaration au préalable, laissant au lecteur le soin de comprendre dans quel ensemble ces variables
se trouvent, ou ce qu’elles désignent. De telles pratiques nuisent à la clarté du discours et affaiblissent
considérablement le raisonnement, le rendant confus. Le jury attend davantage de rigueur de la part
des candidats sur ce plan.
− La calculatrice étant autorisée, il est tout à fait pertinent d’y recourir pour les questions numé-
riques (Q25, Q26, Q35, Q36), or une large proportion de candidats n’y pense pas. Parmi ceux qui
semblent l’utiliser, très peu sont ceux qui s’en servent pour déterminer des valeurs propres et des vec-
teurs propres, comme demandé aux questions Q26 et Q36. Pourtant, nombreuses sont les calculatrices
qui le permettent et il pourrait être profitable aux futurs candidats de se familiariser avec de telles
fonctionnalités.
− Inclusion / appartenance. On voit beaucoup le symbole d’inclusion à la place du symbole d’ap-
partenance (et vice versa).
− Vecteurs propres. La notion de vecteur propre comporte une exigence de non-nullité, qui est éton-
namment peu vérifiée par les candidats (questions Q19, Q27, Q29).
− La manipulation des équivalences doit se faire avec le plus grand soin. Primo, l’écriture du symbole
« ⇔ » ne se fait que si les implications ⇒ et ⇐ sont vérifiées : moins de la moitié des candidats s’en
préoccupent avec soin. Secundo, lorsque des questions comme Q2 et Q3 demandent la démonstration
d’une équivalence, il faut bien veiller à ce que la réponse s’en occupe. Par exemple, conclure Q2 sur
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le fait que « 𝑀 est symplectique si det(𝑀 ) = 1 », conclusion trouvée dans nombre de copies, ne peut
constituer une réponse satisfaisante.
− En guise de contre-exemples, les candidats préfèrent laisser des réponses impliquant des para-
mètres qui, s’ils sont bien choisis, ne constituent plus un contre-exemple à l’affirmation étudiée. Cette
remarque concerne principalement la Q18, dans laquelle, pour démontrer l’absence de structure d’es-
pace vectoriel, certains candidats ont choisi 𝑎, 𝑏 ∈ ℝ, 𝑀 , 𝑁 symplectiques, ont développé le produit
(𝑎𝑀 + 𝑏𝑁 )⊤ 𝐽𝑛 (𝑎𝑀 + 𝑏𝑁 ), concluant très vite qu’il était différent de 𝐽𝑛 , sans condition sur 𝑎, 𝑏,
simplement parce que la forme trouvée semblait différente de 𝐽𝑛 . Une telle réponse n’est pas exacte :
en particularisant les valeurs de 𝑎, 𝑏 (en particulier si 𝑎 = 0 et 𝑏 = 1), on trouve bien 𝐽𝑛 . Le jury
recommande aux candidats la plus grande rigueur dans ce genre de raisonnement, en particularisant
des valeurs de 𝑎, 𝑏, voire de 𝑀 , 𝑁, pour aboutir à la conclusion voulue.
− Le jury recommande aux candidats de rédiger avec honnêteté et humilité et notamment de
bannir de leur vocabulaire des mots comme « clairement », « trivialement », « évidemment ». Ceux-ci
n’apportent rien au contenu mathématique de la copie et ne peuvent jouer qu’en défaveur du candidat,
surtout lorsqu’ils sont suivis d’erreurs manifestes ou lorsqu’ils servent à passer rapidement sur des
points essentiels à la résolution de la question. Écrire, par exemple, à la question Q1, que « 𝐽𝑛 est
trivialement antisymétrique », ou, à la Q13, que « les colonnes de 𝑃 sont trivialement orthogonales »
montre surtout que le candidat a décidé de prendre de haut un aspect de la question. À nouveau, cela
n’apporte rien et l’impression laissée au lecteur n’est alors pas favorable.
Le jury rappelle également que les fautes de français, malheureusement nombreuses dans cette épreuve,
même si elles ne sont pas comptabilisées dans le barème, nuisent à la copie et laissent au lecteur une
impression négative qui peut se répercuter, consciemment ou non, sur la note finale. On rappelle ainsi
que le nom « théorème » est masculin, ce qui rend incorrecte l’écriture « théorème spectrale », pourtant
vue dans plus de deux tiers des copies.
Voici maintenant les remarques du jury, question par question.
− Q1 : question plutôt bien réussie dans l’ensemble. Pour l’aspect antisymétrique, il était attendu au
moins une justification sur la structure de la matrice, ou sur le fait que 𝐽𝑛⊤ = −𝐽𝑛 .
− Q2 : on note de grosses difficultés sur le maniement des équivalences et beaucoup d’erreurs de rai-
sonnement du type « det(𝑀 )2 = 1 ⟹ det(𝑀 ) = 1 ». Les candidats qui donnent des notations
aux coefficients de 𝑀 et qui se lancent dans le calcul de 𝑀 ⊤ 𝐽1 𝑀 parviennent en général à répondre
correctement.
Rappelons, car il est visiblement besoin de le faire au vu du nombre inquiétant de copies contenant
l’erreur, que det(𝑀 ⊤ 𝐽𝑛 𝑀 ) = det(𝐽𝑛 ) n’implique pas que 𝑀 ⊤ 𝐽𝑛 𝑀 = 𝐽𝑛 .
− Q3 : ici encore, on note d’importantes difficultés dans le maniement des équivalences. Le sens « 𝑀
symplectique implique 𝑀2 = −𝐽1 𝑀1 » est celui qui a posé le plus de problèmes, le sens réciproque
ayant trouvé plus de succès. La quasi-totalité des réponses satisfaisantes à la question sont obtenues
en écrivant que, pour 𝑀 orthogonale, 𝑀 symplectique équivaut à 𝑀 𝐽1 = 𝐽1 𝑀.
− Q4 : beaucoup de candidats pensent qu’il suffit que les colonnes d’une matrice de taille 2 × 2 soient
orthogonales pour que la matrice le soit. Or, il s’agit aussi de vérifier que les colonnes sont de norme
égale à 1. On regrette également qu’un grand nombre de copies ait fait figurer l’utilisation du résultat
de Q3 avant même la vérification du caractère orthogonal de la matrice étudiée (cela a été systémati-
quement pénalisé). Il parait pourtant fondamental de s’assurer que toutes les hypothèses d’un énoncé
sont vérifiées avant d’en invoquer la conclusion.
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− Q5 : le théorème spectral n’est pas systématiquement cité avec tous ses aspects ; certains se contentent
de dire qu’une matrice symétrique réelle est diagonalisable (alors que l’existence d’une base orthonor-
mée de diagonalisation fait partie des attentes de la question). De manière plus regrettable, on en lit
parfois des versions erronées : ce n’est pas parce qu’on peut trouver une base orthonormée permettant
de diagonaliser une matrice symétrique que toute matrice de passage diagonalisante est une matrice
orthogonale (confusion fréquente).
Dans la même veine, la dernière partie de la question, difficile, a été globalement mal comprise : il
s’agit de montrer qu’on peut trouver une matrice de passage diagonalisante symplectique, et non que
toute matrice de passage orthogonale diagonalisante est nécessairement symplectique. On aura tout
de même trouvé quelques (rares) propositions satisfaisantes sur cet aspect de la question, notamment
en jouant sur l’orientation d’une base orthonormée de diagonalisation.
À noter qu’une proportion inquiétante de candidats confond « inverse » et « opposé ».
− Q6 : trop de candidats ignorent que les coefficients diagonaux d’une matrice antisymétrique sont né-
cessairement nuls. Par ailleurs, la phase de synthèse dans la détermination de 𝒜2 (ℝ) ∩ 𝑆𝑝2 (ℝ) est
souvent omise. Les candidats se contentent de montrer que toute matrice antisymétrique et symplec-
tique de taille 2 × 2 est nécessairement 𝐽1 ou −𝐽1 , sans se préoccuper de la réciproque (pourtant
demandée par la question).
− Q7 : question très accessible, globalement bien traitée. Les quelques erreurs relevées viennent d’une
méconnaissance profonde de la notion d’application linéaire : il ne suffit pas de démontrer que ∀𝑥 ∈ 𝐸,
∀𝜆 ∈ 𝕂, 𝑢(𝜆𝑥) = 𝜆𝑢(𝑥) pour en déduire que 𝑢 est linéaire. Rappelons par ailleurs qu’il est inutile de
montrer que 𝜑(𝑋, 0) = 0 et 𝜑(0, 𝑌 ) = 0 pour tous 𝑋, 𝑌 ∈ ℝ𝑛 pour parvenir à ses fins.
− Q8 : une grande proportion de candidats oublie que 𝜑(𝑋, 𝑋) est un réel, rendant stérile leur calcul,
pourtant correct, de 𝜑(𝑋, 𝑋)⊤ . Ceux qui, à l’inverse, l’ont bien noté, parviennent généralement à
conclure correctement.
− Q9 : question globalement bien traitée. On a noté quelques fourvoiements dans le calcul de 𝑋 ⊤ 𝐽𝑛 ,
mais plutôt en faible proportion parmi les candidats.
− Q10 : peu de candidats ont vu l’intérêt de suivre l’indication donnée, pensant élaborer un raisonnement
générique pour 𝑖, 𝑗 ∈ ⟦1, 2𝑛⟧. Or, dans la grande majorité de ces cas, le raisonnement proposé ne
fonctionnait en réalité que pour 𝑖, 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, sans que le candidat ne s’en aperçoive. L’incorrection
du raisonnement étant subtile, le jury a tout de même tenu à valoriser (partiellement) les réponses
proposées dans ce style.
− Q11 : beaucoup ont malheureusement confondu 𝜑(𝐽𝑛 𝑋, 𝑋) et ⟨𝐽𝑛 𝑋, 𝑋⟩. Parmi ceux qui n’ont pas
commis cette erreur, on note une grande majorité de réponses satisfaisantes.
− Q12 : question traitée avec une fortune variable d’une copie à l’autre, principalement à cause de la
mauvaise gestion de l’égalité ensembliste. Une seule inclusion ne peut suffire. Quant à l’utilisation
d’une éventuelle égalité de dimensions, elle n’est pas pertinente dans cette question.
− Q13 : les candidats se sont surtout intéressés au caractère orthonormé de la famille des colonnes de
𝑃 (deux premières conclusions demandées). Le jury a vu très peu de propositions satisfaisantes pour
la troisième conclusion attendue (question difficile).
− Q14 et Q15 : rarement traitées.
− Q16 : comme souligné précédemment, face à l’égalité det(𝑀 ⊤ ) det(𝐽𝑛 ) det(𝑀 ) = det(𝐽𝑛 ), une pro-
portion importante de candidats simplifie par det(𝐽𝑛 ) sans se préoccuper de la non-nullité de cette
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quantité. Pour ceux qui s’y intéressent, on note beaucoup d’affirmations non justifiées quant à la va-
leur de det(𝐽𝑛 ) ou l’inversibilité de cette matrice. Ce point n’a pourtant pas été étudié plus tôt dans
le sujet.
Le jury a aussi noté de nombreux calculs farfelus de det(𝐽𝑛 ). Entre autres : calcul « par blocs » — qui
ne se pratique pas, en général — inversions erronées de lignes ou de colonnes, voire développements
hasardeux par rapport à une ligne ou une colonne. Ainsi cette question a suscité assez peu de bonnes
réponses prenant en compte à la fois la non-nullité de det(𝐽𝑛 ) et un argument valable pour justifier
celle-ci.
− Q17 : question souvent traitée, plutôt avec succès. Le jury note toutefois beaucoup de copies préten-
dant (à tort, bien sûr) que « (𝑀 ⊤ 𝐽𝑛 𝑀 )−1 = (𝑀 ⊤ )−1 𝐽𝑛−1 𝑀 −1 ».
− Q18 : pour la partie concernant la structure de sous-espace vectoriel, beaucoup pensent, à raison, à
invoquer l’absence de la matrice nulle. Une proportion non négligeable de réponses, insatisfaisantes,
proposent des contre-exemples de combinaisons linéaires non symplectiques insuffisamment précis.
− Q19 : le calcul de 𝑀 ⊤ 𝐽𝑛 𝑀 𝑋, où 𝑋 est un vecteur propre associé à la valeur propre 𝜆, est une bonne
idée qui a été trouvée en proportion importante dans les copies. Toutefois, très peu pensent à vérifier
1
la non-nullité de 𝜆 au moment d’écrire que 𝑀 𝐽𝑛 𝑋 = 𝐽𝑛 𝑋, et encore moins à vérifier (en le justifiant
𝜆
correctement) que 𝐽𝑛 𝑋 ≠ 0 au moment de conclure qu’il s’agit d’un vecteur propre associé à la valeur
propre 𝜆. Pourtant, un vecteur propre doit être non nul pour être considéré comme tel.
− Q20 : question plutôt difficile, qui a été très peu réussie. Une erreur, vraiment regrettable, est malheu-
reusement répandue : « puisque 𝐽𝑛 (𝑎1 𝑋1 +⋯+𝑎𝑝 𝑋𝑝 ) = 0, alors 𝑎1 𝑋1 +⋯+𝑎𝑝 𝑋𝑝 = 0 𝑐𝑎𝑟 𝐽𝑛 𝑒𝑠𝑡 𝑛𝑜𝑛 𝑛𝑢𝑙𝑙𝑒 »
là où on attendait évidemment un argument d’inversibilité. Beaucoup prétendent, sur une bonne intui-
tion, que « 𝐽𝑛 est bijective de 𝐸𝜆 sur 𝐸1/𝜆 », ce qui n’a pas vraiment de sens et qui aurait gagné à être
remplacé par « l’application 𝑋 ↦ 𝐽𝑛 𝑋 induit une bijection de 𝐸𝜆 sur 𝐸1/𝜆 ». Ce genre d’affirmation
appelle par ailleurs une justification qui n’a pas toujours été apportée.
Le jury a également noté beaucoup de raisonnements formulés ainsi, « 𝐽𝑛 est inversible donc envoie
une base sur une base », sans aucune précision des espaces concernés, alors que là est toute la substance
de la question.
− Q21 : il semble que beaucoup de candidats n’ont pas remarqué le « 𝑌 » figurant au milieu de l’écriture
« (Vect(𝑌1 , …, 𝑌𝑝 , 𝑌 , 𝐽𝑛 𝑌1 , ))⊥ » et n’ont traité que la question de l’orthogonalité aux 𝑌𝑖 et aux 𝐽𝑛 𝑌𝑖 .
Beaucoup de tentatives plutôt heureuses sur cette question.
− Q22 : question difficile, très peu réussie et peu comprise. L’erreur selon laquelle en concaténant deux
familles libres de 𝐸1 on obtient une base de 𝐸1 apparait de manière répétée.
− Q24 : question difficile, peu comprise, et réussie uniquement par les tout meilleurs candidats.
− Q25 et Q26 ces questions peuvent être traitées à l’aide de la calculatrice (cf. remarque générale, plus
haut). Beaucoup de tentatives pour la Q25, avec parfois des propositions surprenantes pour le résultat
de la multiplication 8 × 8, plus rares pour la Q26 (pour quelques bonnes réponses, parmi les meilleures
copies).
− Q27 : question beaucoup tentée, peu réussie. Les bonnes propositions s’appuyent sur un raisonnement
par l’absurde construit sur le calcul de ⟨𝑋, 𝑀 𝑋⟩ ou de 𝑋
¯ ⊤ 𝑀 𝑋.
− Q28 : la référence au résultat de la partie précédente est apparue à presque tous, mais peu ont pensé
à vérifier la totalité des conditions de son application. Comme en Q4, il ne faut pas négliger la moitié
des hypothèses lorsqu’on invoque un résultat précédemment établi dans le sujet.
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− Q29 : question très peu traitée intégralement, la plupart des candidats se contentant d’étudier 𝑀 𝑋.
Même parmi les réponses se rapprochant d’une réponse correcte, le jury n’a vu qu’extrêmement
rarement une vérification de la non-nullité des vecteurs proposés et pourtant, à nouveau, un vecteur
propre se doit d’être non nul.
− Q30 : pour un bon nombre de tentatives, peu de candidats se sont consacrés sérieusement à l’appar-
tenance de 𝑀 𝐽𝑛 𝑋 à 𝐹.
− Q31 à Q34 : questions très peu traitées. La Q34 était difficile, mais le jury a tout de même trouvé
quelques réponses correctes (moins de 10).
− Q35 et Q36 : ici encore, la calculatrice est utilisable. Les commentaires sont les mêmes que pour les
questions Q25 et Q26.
Conclusion
Il est absolument primordial de veiller à la rigueur du raisonnement, en particulier sur ce qui semble
être considéré par de nombreux candidats, à tort, comme des détails : déclaration des variables, utilisa-
tion pertinente des liens logiques (implications, équivalences) et des mots de liaison, justification de la
non-nullité d’une quantité avant simplification. Il importe également que le candidat vérifie la totalité
des hypothèses nécessaires avant utilisation d’un résultat précédemment établi, cela est très loin d’être
systématique parmi les copies. Le correcteur, contrairement à l’examinateur à l’oral), ne peut interroger
le candidat afin de lui demander d’étayer ses affirmations ou de les compléter ; il faut donc que tout soit
exprimé sur la copie. Ce manque de rigueur explique que de nombreux candidats risquent de se retrouver
décus par leur note, ayant eu l’impression de traiter de nombreuses questions du sujet, alors que la plupart
des réponses auront été incomplètes ou insuffisamment précises.
Le jury tient également à rappeler la plus-value importante qu’apportent une rédaction soignée et une
copie bien présentée. Et ce, à double titre :
− sur le fond, un certain manque de soin ou une rédaction précipitée fait manquer des points importants
de la question ou certaines étapes cruciales d’un raisonnement ;
− sur la forme, l’impression laissée au correcteur par une copie négligée est forcément négative. Pour
éviter tout désagrément, le jury recommande aux candidats de soigner leur écriture, de limiter les
ratures, d’éviter de multiplier les inserts plus ou moins lisibles ou les renvois vers une autre page et
d’écrire dans un francais correct.
Même si le jury n’a retenu aucun item de barème portant explicitement sur ces derniers points de forme,
l’impression globale s’en ressent et ce facteur finit par avoir une influence, consciente ou non, sur la note
attribuée.
Enfin, comme souvent, il n’est pas nécessaire de se précipiter et de traiter un nombre impressionnant
de questions pour obtenir un très bon total : il suffit de procéder avec soin, dans un esprit scientifique
empreint de rigueur et de précision. Les bonnes et très bonnes copies auront, presque sans exception, été
de cette espèce.
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