Expression des besoins des animaux et des apports de la ration
I. 4.1 Les systèmes utilisés pour exprimer les besoins des animaux et les apports de
la ration
Expression des besoins et des apports en matière
sèche
La capacité d’ingestion. La capacité d’ingestion d’une vache correspond à la
quantité d’aliments distribués à volonté qu’elle ingère volontairement. Elle est influencée
par plusieurs facteurs : le poids, la production laitière, l’état corporel, la période de
lactation, la période de gestation et l’âge de la vache.
Le niveau d’ingestion réel. Il représente les quantités d’aliments réellement ingérés par
la vache. Ces quantités dépendent de la capacité d’ingestion de l’animal, mais aussi
d’autres facteurs, comme par exemple la stratégie de distribution de la ration
(distribution restreinte ou à volonté, facilité d’accès des vaches à la ration). L’ingestion
réelle s’exprime toujours en kg de MS/jour.
Expression des besoins et des apports en
énergie
En Belgique, pour le secteur des productions laitières, on utilise le système hollandais
d’unité énergétique : le VEM (pour Voeder Eenheid voor Melk). 1 VEM correspond à la
quantité d’énergie nette contenue dans 1 g d’orge.
Notons que certains éleveurs utilisent le système allemand d’expression de l’énergie, basé
sur les NEL. On peut grossièrement passer d’un système d’expression à l’autre en
utilisant la
formule suivante : 1 NEL = 140,7 VEM. Par ailleurs, en France, on utilise un
système
d’expression de l’énergie basé sur les UFL (Unites Fourragères Lait), 1 UFL
correspondant approximativement à 1000 VEM.
Lors du calcul de la ration, les apports énergétiques des différents aliments présents dans
la ration seront additionnés et la valeur énergétique totale sera comparée aux
besoins énergétiques de la vache.
Expression des besoins et des apports en matières
azotées
Le système utilisé en Région wallonne pour exprimer les apports et les besoins en
matières azotées des ruminants est celui utilisé en Hollande et appelé système
DVE/OEB (DVE : DarmVerteerbaar Eiwit ; OEB : Onbestendige Eiwit Balans).
DVE. Les DVE désignent les protéines digestibles dans
l’intestin.
DVE = protéines alimentaires non dégradées dans les préestomacs + protéines
microbiennes – protéines endogènes des matières fécales1
Rappelons que ce système d’unité prend en compte les protéines microbiennes qui
peuvent être théoriquement formées par les microorganismes sur base de l’énergie
disponible. La valeur DVE suppose donc qu’il y ait suffisamment d’azote, une situation qui
n’est évidemment pas toujours rencontrée dans le rumen de la vache. Par conséquent,
il peut arriver que la valeur DVE ne soit pas celle attendue, s’il existe dans le rumen un
excès d’énergie par rapport à l’azote présent.
OEB. L’OEB constitue quant à lui le bilan des protéines dégradables dans le
rumen.
OEB = protéines microbiennes permises par l’azote – protéines microbiennes permises
par l’énergie
Comme pour l’énergie, lors du calcul de la ration, les apports en DVE et ceux en OEB
des différents aliments présents dans la ration sont additionnés. L’apport total en DVE de
la ration est alors comparé aux besoins en DVE de la vache. Dans une ration
correctement formulée, les apports en DVE correspondent aux besoins en DVE de la
vache. Une fois cet équilibre atteint, trois cas de figure sont possibles :
1. OEB de la ration = 0. Il y a alors autant d’énergie que d’azote dans le rumen. Le
DVE est réel, les besoins de la vache sont donc couverts par la ration.
2. OEB de la ration > 0. Dans ce cas, il existe un excès d’azote dans le rumen. Le
DVE exprime alors une protéine vraie et les besoins de la vache en DVE
sont donc réellement couverts par la ration. L’excès d’azote, qui se présente
sous la forme d’ammoniac, est éliminé par les urines, après transformation en
urée. Un excès important d’azote aura des impacts non négligeables sur la santé
de la vache, mais aussi sur le plan économique et environnemental. On considère
en général que chez la vache laitière, il est souhaitable de ne pas dépasser un
OEB de +200 (voire +300) dans une ration.
1
Cette dernière fraction correspond aux protéines nécessaires pour la fabrication des enzymes assurant
la
digestion et des cellules de la paroi intestinale, qui sont perdues avec l’excrétion fécale.
. OEB de la ration < 0. Dans ce cas, il existe un excès d’énergie dans le rumen. Le
DVE calculé théoriquement pour la ration n’est alors pas obtenu en pratique. Ce
faisant, les besoins de la vache en DVE ne sont pas totalement couverts. Une telle
situation doit toujours être évitée chez la vache laitière.
Expression des besoins et des apports en minéraux et en
vitamines
Les apports en minéraux des aliments sont exprimés en g/kg de MS d’aliment pour les
macro- éléments (calcium, phosphore, potassium, sodium, chlore, soufre et magnésium)
et en mg/kg de MS d’aliment ou en ppm pour les oligo-éléments (fer, sélénium, zinc,
cuivre, iode, cobalt, manganèse). Les apports en vitamines sont quant à eux exprimés en
mg/kg de MS d’aliment ou en Unité Internationale (UI)/kg de MS d’aliment.
Les modalités d’expression des besoins en minéraux et en vitamines sont différentes
selon que l’on s’intéresse
Aux macro-éléments et aux vitamines : les besoins sont exprimés en termes de
besoins
absolus, c’est-à-dire en g/jour (ou parfois en UI pour les vitamines).
Aux oligo-éléments : les besoins sont exprimés en termes de besoins relatifs et
font l’objet de recommandations à suivre quant à la teneur en oligo-éléments à
atteindre dans la MS de la ration de l’animal, avec fixation d’un seuil de carence et
d’un seuil de toxicité. Les besoins en oligo-éléments sont donc exprimés en ppm ou
en mg/kg de MS ingérée.
Expression des besoins et des apports en
eau
En moyenne, une vache laitière boit environ 70 litres d’eau par jour, ou de l’ordre de 3
litres d’eau/litre de lait collecté. Ces quantités peuvent cependant varier grandement, en
fonction du type d’alimentation, et plus précisément, du contenu en eau des aliments
ingérés par l’animal ; de la température extérieure ; du gabarit de l’animal et de son statut
physiologique (génisse, vache en lactation, vache tarie gestante).
Les besoins des animaux
Besoins d’entretien et besoins de production
Tout animal effectue des dépenses pour son entretien et ses productions. On parle donc
de besoins d’entretien et de besoins de production. Lors du calcul de la ration, il
convient de prendre en compte ces différents besoins. Ils sont calculés en utilisant des
formules de calcul. Chez la vache laitière, schématiquement, on distingue 2 cas de figure
possibles : soit la vache est en lactation, soit elle est tarie et gestante.
Vache en lactation : ce premier cas de figure correspond aux vaches en lactation
non gestantes et aux vaches en lactation gestantes (tableau 1).
Vache tarie et gestante : ce cas de figure correspond aux vaches qui sont taries
et gestantes (tableau 1). D’un point de vue pratique, il s’agit donc des vaches
taries qui sont au 8ème ou 9ème mois de gestation.
Des besoins aux apports alimentaires
Le calcul de ration consiste à couvrir les besoins de l’animal besoins énergétiques,
azotés, minéraux et vitaminiques en maximisant la fraction fourragère.
D’un point de vue pratique, il convient d’ajuster au mieux les apports alimentaires aux
besoins, tout en prenant une certaine marge de sécurité (maximum 10-15 %). Ces
« apports alimentaires recommandés » sont donc supérieurs aux besoins.
Le calcul de la ration est, la plupart du temps, calculé pour un lot d’animaux ou un
troupeau,
au sein duquel il existe une certaine hétérogénéité des performances. Il s’agit donc
d’une
« Ration de base », calculée pour une production moyenne du troupeau. Les vaches
laitières ayant une production supérieure à la moyenne reçoivent donc un
supplément, appelé concentré de production.