22/09/2021
Ebbinghaus a dit : « La psychologie a un long passé mais une histoire courte. »
Pendant l’Antiquité, il y avait trois disciplines qui traitaient des contenus qui sont
maintenant de la psychologie :
-la médecine
-la philosophie
-la théologie
Des philosophes tels que Platon et Aristote s’intéressaient déjà à l’étude de la
pensée mais il s’agissait de philosophie.
Hippocrate (Vème siècle av J-C) était médecin et s’intéressait à la nosographie
(nosos = maladie). Il s’agit de la description des maladies. On trouve les maladies
suivantes dont le vocabulaire vient de la psychopathologie (psyche = l’âme /
pathos = souffrance / logos = le discours) :
-mélancolie → melas = noire / chole = bile → la maladie de la bile noire et
de l’humeur sécrétée par la rate. Maladie causée par les passions tristes et par
la crainte.
-manie → mania = folie, démence, fureur → affection chronique, délire
sans fièvre avec une forte agitation. Cette étape peut apparaitre seule ou
combinée avec des manifestations d’une autre maladie.
-frénésie → phrenetis = délire furieux → folie aigue avec fièvre intense et
continue, par exemple la folie puerpérale.
-épilepsie → epilepsia = interception → arrêt soudain, agitation, violente,
convulsions, évanouissements. Maladie considérée sacrée pendant l’Antiquité
car les personnes en étant atteintes étaient considérée comme divine du au fait
qu’elles ressuscitent.
-hystérie → hystérie = utérus → affection de l’utérus qui cause une forte
agitation et excitation souvent spectaculaire qui parait éxagérée.
-hypocondrie → hypo = sous / khondros = cartilage des côtes → état
morose, humeur chagrine, causées par l’idée d’un mauvais fonctionnement de
ses organes. Plaintes et préoccupations excessives et angoisses concernant son
état de santé.
Le Moyen-Âge :
Apparaît au Moyen-Âge, la superstition, la sorcellerie... Toutes ces choses-là qui
étaient très courantes le sont toujours aujourd’hui. Il y avait un besoin de
croyance à cette époque et aujourd’hui encore c’est toujours d’actualité. La
superstition surtout est toujours d’actualité aujourd’hui. En psychologie on peut
la retrouver car un patient peut transmettre ses passions dans des superstitions
ou des croyances (exemple : un enfant qui vient de perdre sa grand-mère mais
dont les parents ne parlent pas et qui subit de plus le divorce de ses parents à un
jeune âge, divorce que l’on peut apparenter métaphoriquement à « la mort de
la famille », avait placé son angoisse dans la Dame Blanche, mythe datant du
Moyen-Âge et qui est étroitement lié à la mort. Lorsque tout a été mis au clair
avec ses parents, l’enfant a laissé tomber cette angoisse et ne voyait plus la
Dame Blanche). Ces superstitions qui existent depuis le Moyen-Âge ont
beaucoup intéressé Freud dans la psychanalyse, qu’il analysait aussi comme une
retombée de l’inconscient ayant besoin de croire à des superstitions, croyances.
Donc depuis le Moyen-Âge, on retient qu’il y a ce besoin en chacun, des
croyances.
Le XVIIe siècle :
Jusqu’au XVIIe siècle, on n’avait pas les moyens de réfléchir individuellement,
on était sujet d’un roi, d’un Dieu et de croyances. Au XVIIe siècle commence la
subjectivité. La subjectivité c’est se permettre de sortir de cet état de sujet de
quelque chose et de réfléchir seul avec ses moyens. On retrouvera ce moyen de
réfléchir seul dans la philosophie.
René Descartes, grand philosophe du XVIIe siècle, publie en 1637, l’ouvrage «
Discours de la méthode » et en 1649 un autre ouvrage qui s’intitule « Traité des
passions de l’âme ». C’est la première fois qu’un philosophe aborde le sujet : «
Comment le sujet peut se réfléchir dans sa subjectivité ? ». C’est tout l’enjeu du
« Discours de la méthode ».
La psychologie, qui va devenir plus tard la discipline de la subjectivité où pour
réfléchir il faut avoir ses méthodologies, il fallait d’abord correctement intégrer
cette étape de la philosophie pour pouvoir asseoir sa discipline.
Le XVIIIe siècle :
Au XVIIIe siècle apparaît la biologie. Cette discipline va énormément aider car
elle va proposer une classification en botanique et en zoologie très avancé tandis
que la nosographie n’était pas très avancée. En voyant les tableaux de
classification des plantes et des animaux, cela a beaucoup influencé et inspiré la
nosographie sur sa façon de classifier les maladies.
Au XVIIIe siècle également, on va rencontrer un des premiers psychiatres : Pinel.
La médecine existait déjà avant la psychologie, donc on pouvait déjà s’inspirer
d’une discipline, de cette façon, la psychiatrie a commencé à apparaître même
s’il faudra attendre réellement la moitié du 19 e siècle pour voir cette discipline
émerger. Pinel va donc être dans un service hospitalier avec des malades que
l’on appelait à l’époque des aliénés. Ces aliénés pouvaient aussi être des
personnes qui dérangeaient même si elles n’étaient pas malades, c’était en
quelque sorte un moyen pour la société de se débarrasser de certaines
personnes. Pinel avait d’une part une activité clinique donc hospitalière, et
d’autre part, il écrivait, il cherchait à faire une observation, une classification de
ce qu’il voyait. Ainsi, en 1798, il publiera : « Nosographie philosophique ».
Recommandations bibliographiques :
« La psychopathologie et ses méthodes », Mareike Wolf.
« Amour, identité et changement », Mareike Wolf