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Comprendre le sang : fonctions et composition

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Qu’est-ce que

le sang et que sont


ses fonctions
et ses usages ?
1 Qu’est-ce que le sang ?

Aussi curieux que cela puisse paraître, le sang est un tissu, mais c’est un tissu
fluide, dans lequel les cellules bougent ; le sang est composé de cellules
qui sont les globules, classiquement dits « éléments figurés » ; ces cellules
interagissent et sont nourries par l’élément liquide du sang, le plasma (le
sérum n’est pas une unité vitale, c’est du plasma rendu incoagulable par un
procédé chimique pour un usage de laboratoire). Le sang — environ 4 à
5 litres chez l’adulte — circule continuellement à l’état fluide (liquide) dans
les vaisseaux sanguins, qui — du plus gros (quelques cm de diamètre) au
plus fin (quelques micromètres de diamètre) représentent une arborescence
de près de 100 000 km ! Grâce à cela, le sang diffuse dans tous les
organes et tissus. Lors d’une lésion vasculaire (coupure, blessure ou maladie
de la circulation), le sang se solidifie et coagule, soit normalement pour
Qu’est-ce que le sang et que sont ses fonctions et ses usages ?

boucher l’effraction, soit pathologiquement dans les veines ou les artères.


Selon son degré d’oxygénation, le sang est rouge clair ou foncé : les
anciens reconnaissaient d’ailleurs deux types de sang qui avaient deux
noms différents, sanguis (en latin) pour le sang clair et vif, typiquement
celui des champs de bataille, et cruor, foncé, stagnant et impur, le sang
de la suffocation et des règles ; cela met en exergue l’un des nombreux
symboles associés au sang. Il y a aussi des paradoxes associés à ce tissu,
dont le plus évident est lié au sang qu’on perd (à cause d’une blessure
par exemple) et qui conduit à la mort alors que le sang qu’on reçoit par
transfusion grâce à un don revivifie !

On voit sur cette image des cellules sanguines en suspension : on reconnaît


principalement des globules rouges en forme de disques lisses et des
globules blancs en forme de sphères rugueuses.

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De quoi est composé le sang ? 2
Le sang est composé de cellules (éléments figurés ou globules) qui sont les
globules rouges, les globules blancs et les plaquettes ; ensemble, ils forment
45 % du sang et leur sédimentation indique l’hématocrite. Les 55 % restants
sont liquides : c’est le plasma. Ce liquide est riche en protéines de différentes
natures, qui assurent principalement : 1) le maintien de l’état liquide du
sang ou — en cas de nécessité — son aptitude à coaguler ; 2) son pouvoir
détoxifiant ; 3) une grande partie de l’immunité ; 4) les principales fonctions
physiologiques. Le plasma est aussi riche en glucides, éléments nutritifs et
source d’énergie pour les cellules, et en lipides, essentiels au bon fonction-
nement des membranes cellulaires. Beaucoup de molécules sont essentielles
et servent en tant qu’outils de communication de cellules à cellules ou de
cellules à tissus et organes (hormones, neuromédiateurs). Parmi les compo-

Qu’est-ce que le sang et que sont ses fonctions et ses usages ?


sants plasmatiques, il y a également des enzymes et des transporteurs,
sans oublier les déchets de l’organisme qui transitent par le sang.
Le sang est stérile ou plus précisément aseptique et les microbes n’y circulent
pas normalement (ou alors sous forme dégradée par l’immunité ou encore
de « cadavres »). Pendant la grossesse, du matériel (cellules, ADN) d’origine
fœtale peut se retrouver dans le sang maternel. En cas de maladie, d’autres
cellules que les globules peuvent circuler dans le sang (cellules tumorales).
Tous ces éléments, solides ou solubles, sont mesurables en laboratoire, de
même que les produits liés aux
protéines, aux lipides ou à l’eau
du plasma ; cela reflète l’état
de santé d’un individu (analyses
médicales) ou de la société
(épidémiologie).
Ce schéma montre une des
fonctions du sang, celle de
permettre la circulation et la
diffusion de molécules actives
à distance, d’un organe ou d’un
tissu à un autre, une fonction
essentielle à l’équilibre physio-
logique de l’organisme.

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3 D’où vient le sang ?

Les cellules sanguines proviennent toutes de la moelle osseuse où elles sont


présentes sous la forme de progéniteurs, lesquels subissent des transformations
sous l’influence de médiateurs solubles, appelés facteurs de croissance ou
de régulation, qui contrôlent la survie et la mort cellulaire. Ces progéniteurs
répondent aux besoins de renouvellement des cellules détruites dans la
moelle avant d’avoir été adultes, et des cellules adultes mais vieillies et
éliminées de la circulation. Les globules blancs sont sans doute les cellules
les moins transformées entre l’état médullaire de leurs progéniteurs et les
cellules passant dans la circulation ; les globules rouges subissent une trans-
formation importante chez les mammifères car leurs progéniteurs immédiats
perdent leur noyau par extrusion (ce n’est pas le cas chez les oiseaux par
exemple, dont les globules rouges sont nucléés) ; les plaquettes, quant à
Qu’est-ce que le sang et que sont ses fonctions et ses usages ?

elles, n’existent pas dans la moelle : elles proviennent de la fragmentation


d’une très grande cellule médullaire appelée mégacaryocyte. Le plasma
emprunte sa phase hydrique (eau et ions) à l’équilibre qui se fait entre les
apports digestifs (nourriture et boissons), la capture par les tissus et organes
selon leurs besoins, et les rejets (selles, urines, évaporation par transpi-
ration). Il emprunte ses composants lipidiques, protéiques et glucidiques à
l’absorption des nutriments transformés, à partir de la nourriture, par le tube
digestif. Une grande partie des protéines est fabriquée dans le foie, alors
que d’autres protéines, liées aux glucides sous forme de glycoprotéines,
proviennent de la sécrétion des glandes, tissus et organes connectés par
la circulation. Ces protéines sanguines sont des hormones, des facteurs
de coagulation, des facteurs de l’immunité, des facteurs d’absorption, des
agents de couplage etc. ; ils sont tous essentiels à la physiologie. Finalement,
une quantité importante de composants sanguins (peptides, glycoprotéines,
lipides, glucides…) provient du métabolisme ou du catabolisme (destruction)
des cellules sanguines elles-mêmes, qui — en vieillissant — émettent des
microparticules, libèrent des parties de leurs membranes et du matériel
génétique provenant des noyaux ou des mitochondries (organelles de la
respiration), ou des protéines du réticulum endoplasmique (petites usines à
assemblages de protéines), ou encore de résidus des appareils de Golgi

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(petites usines à couplage de sucres sur les protéines)… Une autre partie
encore provient du contenu vésiculaire ou granulaire des cellules sanguines,
par sécrétion ou excrétion : résidus de dégradation, par des globules blancs,
ou sécrétion de produits de régulation et de communication et produits de
l’immunité ou de la coagulation, par les globules blancs et les plaquettes.

Qu’est-ce que le sang et que sont ses fonctions et ses usages ?

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4 Qu’est-ce que la moelle osseuse ?

La moelle osseuse (« bone marrow » en anglais ; moelle du pot-au-feu)


— à ne surtout pas confondre avec la moelle épinière (« spine cord ») qui
est du tissu nerveux — est un tissu fluide qu’on trouve dans les grands os et
les os plats chez l’adulte (et dans tous les os chez le tout jeune enfant). En
grandissant et en vieillissant, de la graisse vient occuper de plus en plus de
place dans ces os, et en fin de vie, on trouve aussi plus de tissu fibreux ou
cicatriciel. Chez l’adulte, la moelle représente 4 % de la masse corporelle
(2 à 3 kg) ; on n’y trouve plus les cellules dites totipotentes de l’embryon,
mais celles du stade d’après dans la hiérarchie des cellules souches, à
savoir des cellules dites pluripotentes. Celles-là vont pouvoir s’auto-renouveler
pour conserver leurs propriétés presque indéfiniment, ou entreprendre une
spécialisation ou une différenciation ; cette seconde propriété se déroule
Qu’est-ce que le sang et que sont ses fonctions et ses usages ?

en cascade dans la moelle, puisque des cellules vont répéter ce processus


de capacité à l’auto-renouvellement (pour assurer la pérennité du stock) et
se spécialiser, jusqu’à produire, au bout de la différenciation, les cellules
juste en amont des cellules qui elles, ne sont plus capables d’auto-renouvel-
lement : ces dernières perdent ainsi le statut de cellules souches. Il y a deux
types de cellules souches dans la moelle, 1) une catégorie extrêmement
rare appelée cellules souches mésenchymateuses, qui vont à terme donner
naissance au tissu osseux et cartilagineux ainsi qu’au tissu graisseux (et peut
être d’autres tissus, ce qui ouvre de grandes perspectives en clinique), et
2) les cellules souches hématopoïétiques de plus en plus spécialisées qui
vont donner les cellules sanguines (près de 500 milliards chaque jour).
Toutes ces cellules ont absolument besoin, pour survivre et se différencier,
de l’environnement osseux mais aussi de cellules « nurse » ou nourricières qui
leur confèrent des propriétés fondamentales, ainsi que de la vascularisation
de la moelle, qui apporte tous les facteurs de croissance, de prolifération
à tous leurs différents stades de différentiation. Si la moelle se désertifie
de façon pathologique, on peut tenter de mobiliser ces cellules souches
(CD34+) par des médicaments bien spécifiques ; en cas de cancer, on
peut prélever de la moelle avant la chimio- ou la radiothérapie qui va la
détruire, et la réinjecter ; dans d’autres cas on peut greffer ou transplanter
des cellules souches d’un donneur familial (frère ou sœur) ou à partir d’un
donneur anonyme sous certaines conditions.

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À quoi sert le sang ? 5
Le sang n’existe comme tel que chez les vertébrés, mais il existe un équivalent,
l’hémolymphe, chez certains invertébrés comme les arthropodes (insectes
etc.) Chez l’homme, le sang (7 à 8 % de la masse corporelle) a de multiples
fonctions, toutes essentielles. La plus évidente est l’oxygénation des tissus :
l’hémoglobine, par l’atome de fer qui en compose le centre, capte dans les
poumons l’oxygène indispensable au fonctionnement des tissus ; dans les
artères il est chargé en oxygène et, dans les veines, après avoir libéré cet
oxygène dans les tissus, il se charge en gaz carbonique. Ces échanges
permettent au sang de se maintenir au bon niveau d’acidité (pH) c’est-à-dire
sans être trop chargé d’hydrogène libre ou de bicarbonates. Le sang doit
circuler du cœur qui le pompe vers les tissus, puis vers les poumons. Il est
sous pression, ce qui se mesure très simplement : c’est la tension artérielle.

Qu’est-ce que le sang et que sont ses fonctions et ses usages ?


De plus, le sang, riche en protéines, permet de maintenir la pression
oncotique, mécanisme important pour éviter la fuite des liquides hors des
vaisseaux. Par ailleurs, le sang assure le réchauffement de l’organisme en
le maintenant à une température régulée ne variant que très peu (un degré
Celsius au maximum) malgré des conditions extérieures très variables. Le
sang maintient en effet l’homéostasie, ce que Claude Bernard avait décrit
de façon géniale dans là 2de partie du XIXe siècle : c’est l’équilibre des
milieux intérieurs, allant du transport de toutes les molécules essentielles au
fonctionnement de tous les systèmes et organes, du digestif au neurologique,
de l’immunitaire à l’urinaire, et du cardio-pulmonaire à l’hormonal… ; il
redistribue ainsi les nutriments dégradés dans le tube digestif et absorbés
par les muqueuses. Grâce entre autres à l’albumine, le sang détoxifie les
impuretés que déversent les cellules et les organes en fonctionnant. Le
sang assure enfin une grande partie de l’immunité contre les envahisseurs,
notamment les agents infectieux. Enfin, le sang est le garant de l’étanchéité
des milieux intérieurs et du système vasculaire : en cas de brèche, il coagule
et prévient le saignement. Le sang est un tissu vraiment central au service
de tous les organes et les systèmes de l’organisme.

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6 Quelle est la relation entre le fer
et les globules rouges ?

L’organisme contient de 3 à 5 g de fer : ce métal joue un rôle clef dans


la fixation de l’oxygène au sein de la poche de l’hémoglobine, qui est la
protéine principale du globule rouge. La quantité totale de fer fixée à l’hémo-
globine est considérable (2 g). La myoglobine (protéine musculaire) contient
200 mg de fer au total. 25 mg de fer sont nécessaires pour reconstituer
quotidiennement 1/120 de la masse érythrocytaire qui comprend environ
200 milliards d’érythrocytes ; un globule rouge ne vivant que 120 jours,
environ 1/120 de cette masse est détruite chaque jour. Ces 25 mg de fer
proviennent du recyclage du fer qui se déroule dans la rate, le foie ou la
moelle osseuse : ces organes contiennent une réserve de fer d’environ 1 g.
Les hémorragies et les menstruations occasionnent une perte de fer : les
Qu’est-ce que le sang et que sont ses fonctions et ses usages ?

femmes en période d’activité génitale ont un besoin accru en fer. Un don


de sang de 450 ml occasionne une perte de 250 mg. De plus, chaque
jour, 1-2 mg de fer est éliminé avec la desquamation des cellules de la
peau et des muqueuses.
Afin de garantir l’équilibre de ce métabolisme du fer, la perte quotidienne
doit être compensée par l’absorption du fer contenu dans l’alimentation
(2 à 4 mg/j). L’absorption du fer, au niveau digestif, est finement régulée,
et plusieurs protéines sont impliquées au niveau digestif par des cellules
adaptées. La ferroportine joue un rôle de serrure dont la clef est l’hepcidine,
une petite molécule formée dans le foie. L’hepcidine est l’hormone centrale
de régulation du fer qui inhibe la libération de celui-là dans la circulation
par la liaison à la ferroportine : la ferroportine est alors dégradée. De ce
fait, la porte cellulaire reste fermée conduisant à un blocage de l’absorption
de fer à partir de l’alimentation via les cellules épithéliales de l’intestin.
Inversement, lorsque l’organisme manque de fer, la synthèse de l’hepcidine
baisse, la ferroportine joue son rôle et le fer entre dans l’organisme. Il est
alors pris en charge par plusieurs transporteurs, notamment la transferrine,
qui transporte le fer entre les différents compartiments de stockage. Plusieurs
types cellulaires ont des récepteurs pour cette transferrine, ce qui permet au
fer de rentrer dans ces cellules. La ferritine quant à elle reflète les réserves de
fer intracellulaires (on peut la doser pour apprécier ce paramètre essentiel) ;
le fer est stocké dans les cellules par la ferritine et l’hémosidérine.

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