fertilité des sols est une notion importante dans les domaines de l'agriculture et de
l'agronomie, désignant l'aptitude du sol à produire dans les conditions actuelles de cultures.
Elle est une des composantes de la qualité des sols dans lequel s'étendu un bastion d'étude
et de recherche depuis des temps. La fertilité du sol est l'une des domaines de l'agriculture
où de nombreuses et variées études et de recherche ont été effectuées. Dans les pays
développés, les travaux de recherche sur la fertilité du sol ont commencé bien avant le
19ème siècle. Dans les pays en développement ces études n'ont pris de l'ampleur que
tardivement (Pieri, 1989).
2.2.3. Les composantes et les caractéristiques de la fertilité du sol
[Link]. Les composantes
La fertilité du sol est souvent décrite suivant ces trois composantes : physiques, chimiques
et biologique. La fertilité biologique correspond à la capacité des organismes vivant dans le
sol (plantes, bactéries, champignons, animaux, protistes) à contribuer à la nutrition végétale.
La fertilité physique correspond à la profondeur du sol, à sa texture et à sa structure, qui
conditionnent la capacité de pénétration des racines et les mouvements de l'eau et de l'air
au sein du sol. Parmi les phénomènes qui peuvent limiter la fertilité physique, on peut citer la
compaction, la dispersion des argiles, la croute de battance ou la semelle de labour. La
fertilité chimique correspond à l'abondance en proportions suffisantes des nutriments
indispensables. Il évoque donc une notion de présences et de quantité des éléments
assimilable face au besoin de la culture. Elle sous-entend aussi l'absence d'élément toxique
capable de limiter ou de supprimer la productivité du sol (Halidou, 1997).
2.2.4. Les déterminants de la fertilité d'un sol
Les principaux paramètres qui régissent la fertilité d'un sol sont : le taux de MO, la richesse
minérale du sol puis sa structure et sa texture. Les propriétés acido-basiques du sol (pH), la
conductivité électrique et sa Capacité d'Echange Cationique (CEC) dépendent fortement
des trois précédents paramètres et sont des indicateurs aussi pertinents à considérer dans
l'appréciation de la fertilité d'un sol. Enfin, le rendement des cultures traduit à la fois le
niveau de fertilité du sol, l'expression du climat puis dépend des techniques culturales et de
la potentialité de la plante concernée à tolérer les conditions du sol et du milieu
ambiant(Kintche, 2011).
[Link]. La matière organique (MO)
La MO est perçu comme le principal déterminant de la fertilité du sol par ces multiples
fonctions sur les propriétés physiques, chimiques et biologique des sols (Pichot et al. E
1980). Au niveau des propriétés physiques du sol, la MO influence positivement la structure
du sol par la réduction des phénomènes de battance et par la résistance au tassement. Elles
permettent également une meilleure porosité, perméabilité et aération des sols et une
meilleure rétention en eau, améliore les propriétés acido-basiques du sol par ces effets
positifs sur le pH. Concernant les propriétés chimiques, la MO assure une meilleure
régulation du stockage et de la fourniture des éléments nutritifs. Elles permettent au plan
biologique, une stimulation de la microfaune et de la microflore du sol (Coulibaly, 2012). La
matière organique (MO) qui joue un rôle agroécologique fondamental dans le sol, sont des
paramètres de long terme de la fertilité des sols (Nacro, 1997& Hien, 2002). Ainsi, Andrevil
Wisly (2011) a conclu dans son étude que l'utilisation de la matière organique de façon
convenable contribuerait considérablement à l'augmentation de la fertilité des sols.
[Link]. Les éléments nutritifs
Parmi les éléments nutritifs certains sont plus essentiels par rapport à d'autre, bien que tous
les éléments aient un rôle a joué pour obtenir un rendement optimal. On compte seize (16)
éléments nutritifs qui se sont considérés essentiels pour la plante. Ils peuvent être répartis
en deux groupe ; les éléments nutritifs non minéraux (C, H, O) et les éléments nutritifs
minéraux qui sont au nombre de 13 et proviennent en grande partie du sol (Abail, 2013).
Parmi ces 13 éléments, l'azote (N), le phosphore (P) et le potassium (K) sont consommés
en quantités élevées et déterminent le niveau des rendements. Les minéraux tels que le
magnésium (Mg) et le calcium (Ca) sont consommés en quantités faibles, mais leur carence
peut entraver la production en raison de leurs effets qui sont positifs sur les propriétés acido-
basiques du sol et de leur interaction positive avec les minéraux majeurs, K notamment
(Duchaufour & Souchier, 1979). Voici la description de trois (3) éléments majeur (NPK) pour
les plantes cultivées.
[Link].1. Azote
L'azote (N) est prélevé en plus grandes quantités que les autres éléments, il est l'élément
nutritif le plus limitant pour les cultures. Son rôle est divers comme : nécessaire pour la
production des protéines des cellules, composant principal de la chlorophylle, donne une
couleur verte foncée et améliore la qualité du feuillage et la croissance, il a des impacts sur
la quantité (grains, racines) et sur la qualité (protéine, teneur en sucre) de la récolte (Abail,
2013). L'azote est absorbé par les plantes sous forme NH4+ et NO3-, les nitrates sont plus
dominants et atteignent les racines facilement par leurs mobilité. En termes d'échange, les
ions sont attirés par la surface du sol qui varie en fonction du niveau pH. L'azote se
minéralise en fonction de la teneur de la MO, donc 20 à 30 kg N/ha pour1% de matière
organique (Inckel et al, 2005).
[Link].2. Potassium
Le potassium existe dans le sol sous forme, d'ion K+, dissous (K de la solution du sol), K
échangeable, K non échangeable, K minéral. Les plantes exigent le potassium (K) pour: la
photosynthèse, la production de l'ATP; la translocation des sucres; la production de l'amidon
dans les grains; la fixation de l'azote par les légumineuses; la synthèse de protéines ; dans
la plante, K renforce les tiges et donc aide à protéger contre des maladies et contre la verse.
Les plantes absorbent K sous forme d'ions K+. Par rapport aux autres éléments nutritifs,
l'absorption de K vient, généralement, après celle de l'azote seulement (Abail, 2013).
[Link].3. Phosphore
Le phosphore peut exister dans le sol sous différents états : phosphate en solution (HPO42-
ou H2PO4-), de P adsorbé, P organique et P dans les minéraux du sol. Il est présent dans
les plantes et dans le sol en quantités plus faibles que celles de l'azote ou du potassium.
Les sols des zones arides sont caractérisés par des teneurs faibles en P assimilable. Le
phosphore joue un rôle physiologique à plusieurs niveaux: il favorise la croissance de la
plante, son action étant conjuguée à celle de l'azote, le développement des racines, la
précocité, et la qualité des produits, la rigidité des tissus, la reproduction, la qualité des
produits végétaux (Abail, 2013). Les plantes peuvent prélever des quantités substantielles
de phosphore à la désorption et à la dissolution de phosphore. La désorption consiste à la
libération du phosphore adsorbé dans la solution du sol (Inckel et al, 2005).
2.2.5. Gestion de la fertilité du sol par apport de la MO
Pour la reconstitution de la réserve de matière organique et la restauration de certaines
propriétés physico-chimiques du sol, la jachère était traditionnellement pratiquée. Mais, en
raison de la demande alimentaire croissante, la pratique de la jachère de longue durée à
tendance à disparaître (Floret et al. 1993). De nos jours, diverses technologies innovantes
sont proposées par la recherche pour restaurer la capacité de production des sols comme
utilisation du fumier, du compost, de la litière, des légumineuses fixatrices d'azote (Berger,
1996).
Il existe également des apports minéraux pour l'augmentation du rendement des plantes.
Cependant Cretenet et al. (1994), cité par Coulibaly (2012) indiquent si la fertilisation
minérale peut permettre d'augmenter les rendements, elle est moins conservatrice des
aptitudes de production du milieu en comparaison avec les fertilisants (engrais) organiques
et les fertilisantsorgano-minérale. Ainsi la présente étude met évidence sur l'utilisation des
engrais organiques (compost, fumier et engrais vert) pour étudier ces effets sur la fertilité du
sol dans la zone de Haut-Limbé suivant la quantité de matière organique et des éléments
nutritifs apporté par ces fertilisants organiques.