Devoir MPSI 2015/2016 : Mathématiques
Devoir MPSI 2015/2016 : Mathématiques
Ce devoir est constitué d'un exercice et de deux problèmes (de concours).L'ordre des exercices ne correspond
à aucun critère de diculté ou de longueur : vous pouvez les traiter dans l'ordre que vous voulez. Veillez
à soigner la copie tant pour l'écriture, la propreté que pour la rédaction, la rigueur et l'argumentation.
Vous numéroterez vos copies et ferez apparaître clairement sur la première page le nombre de copies.
La calculatrice n'est pas autorisée.
Pour rappel, on donne certains DL qui pourront être utiles : il s'agit pour des raisons pratiques à chaque
fois de DL à l'ordre 4 en 0.
x x2 x3 x4 4 x 2 x3 x4
+ ◦ x4
exp(x) = 1 + + + + +◦ x , ln(1 + x) = x − + −
1! 2! 3! 4! 2 3 4
1 2 3 4 4
=1−x+x −x +x +◦ x
1+x
PROBLEME I :
On considère les fonctions f et g R∗+ par
dénies sur :
1 f (t)
f (t) = exp − et g(t) =
t t
PARTIE A : Généralités
1. Prouver que f et g sont de classe C ∞ sur R∗+ et que, pour tout t ∈ R∗+ , g(t) = tf 0 (t) .
2. Montrer que g est prolongeable par continuité en 0 et que le prolongement (encore noté g ) est dérivable
en 0.
3. Dresser le tableau de variations de g sur R+ , puis en tracer un graphe (on donne e−1 = 0.36 à 10−2 près).
∗ 1
4. Soit H la primitive sur R+ s'annulant en 1 de la fonction t 7→ g
t
(a) Calculer H
(b) Former un développement limité de H à l'ordre 3 au voisinage de 1.
t
5. Soit n>3 un entier naturel. On introduit l'équation (En ) : f (t) = d'inconnue t ∈ R∗+
n
(a) En utilisant la question 3, montrer que (En ) a une unique solution αn dans ]0, 1[.
Montrer de même que (En ) a une unique solution dans ]1, +∞[, que l'on notera βn .
(b) Montrer que les suites (αn )n>3 et (βn )n>3 sont monotones.
(c) Est-il possible que l'une de ces deux suites converge vers une limite ` > 0 ? En déduire leurs
limites.
1
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f et g sont
Ces intégrales existent car les fonctions
continues sur R+
1
(a) Montrer que F (x) = x exp − − G(x)
x
Z 1
(b) Montrer que pour tout x > 1, 0 6 G(x) 6 ln(x) + C où C= g(t) dt
0
(c) En déduire que G(x) est négligeable devant x au voisinage de +∞.
(d) Déterminer un équivalent simple de F (x) au voisinage de +∞.
∗
8. Résoudre sur R+ l'équation diérentielle (E) : x2 y 0 + y = x2 . L'expression générale de la solution
fera apparaitre la fonction F
(a) On suppose ici n > 3. Prouver à l'aide de la formule de Leibniz que, pour tout x ∈ R+ :
PROBLEME II :
PARTIE I :
ln (1 + x)
On considère la fonction f dénie par la relation f (x) =
x
1. Déterminer l'ensemble de dénition D de f.
2. Montrer que f admet en 0 un prolongement par continuité. On précisera par quelle valeur f est
alors prolongée et on continuera à appeler f le prolongement ainsi obtenu. On appellera D0 le
nouvel ensemble de dénition de f .
0
3. fest-elle dérivable en 0 ? Si oui, préciser f (0).
0
Calculer f (x) sur D puis prouver que f est de classe C1 sur D0 .
4. Etudier les variations de f. On dressera son tableau de variations.
2
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PARTIE II :
Z 1
Dans la suite, on s'intéressera à l'intégrale suivante f (t) dt.
0
On notera L la valeur de cette intégrale mais on ne cherchera pas à calculer cette valeur.
10. Déterminer un entier naturel N tel que QN (1) donne une valeur approchée de L à 10−4 près.
PARTIE III :
On s'intéresse à présent aux dérivées successives de f que l'on note f (n) , n ∈ N∗
11. Montrer que f est indéniment dérivable ]0, +∞[
00
12. Calculer , f (x) sur ]0, +∞[ .
13. Montrer que pour tout entier naturel n non nul il existe un polynôme Tn à coecients réels et un
réel an tels que :
Tn (x) ln (1 + x)
∀x ∈ R∗+ , f (n) (x) = n n + an
(1 + x) x xn+1
14. Montrer que tous les coecients de Tn sont des entiers.
3
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PROBLEME I :
1 f (t)
Soit f (t) = exp − et g(t) =
t t
PARTIE A : Généralités
1
1. f est la composée de deux fonctions de classe C ∞ : t 7→ − sur R∗+ et exp sur R.
t
Donc f est de classe C ∞ sur R∗+ .
g est le quotient de deux fonctions de classe C ∞ sur R∗+ dont le dénominateur ne s'annule pas sur
R∗+ donc g est de classe C ∞ sur R∗+ .
∗ 0 1 1 f (t)
On dérive f : ∀t ∈ R+ , f (t) =
2
exp − = 2 . Donc ∀t ∈ R∗+ , g(t) = tf 0 (t) .
t t t
exp − 1t
2. Par croissance comparée lim = 0.
t→0+ t
Donc g est prolongeable par continuité en 0 en posant g(0) = 0 . De plus, toujours par
exp − 1t
g(t) − g(0)
croissance comparée, = −→ 0. Ainsi g est dérivable en 0 et g 0 (0) = 0
t−0 t2 t→0+
.
4
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axe y
x 0 1 +∞
0.4
1
g 0 (x) 0 + 0 − g(x) =
exp − x
x
−1
e 0.2
g(x)
axe x
0 0 0
0 1 2 3 4
(1 − t)f (t)
3. On a pour t > 0 : g 0 (t) = ce qui est du signe de 1 − t. On en déduit le tableau de
0
t3
variation : (la limite en 0 de g (t) s'obtient par comparaison des puissances et des exponentielles ainsi que
celle en +∞ de g)
∗ 1
4. Soit H la primitive sur R+ s'annulant en 1 de la fonction t 7→ g
t
Z x
(a) Soit x∈ R∗+ . On a : H(x) = t e−t dt. Donc en intégrant par parties, on obtient :
1
H(x) = 2e−1 − (x + 1)e−x
u 1
− u3 + ◦ u3
(b) En utilisant le résultat sur le produit et la somme de DL, on a : H(1 + u) ==+
u→0 e 6e
.
t
5. Soit n>3 un entier naturel. On introduit l'équation (En ) : f (t) = d'inconnue t ∈ R∗+
n
1
(a) On remarque qu'en divisant par t l'équation (En ) devient : g(t) = . Or à la question 3, on a
n
montré :
1 1
(b) Soit n > 3. On a g (αn+1 ) = < = g (αn ). Comme αn et αn+1 sont dans ]0, 1[ intervalle
n+1 n
sur lequel g est croissante, on en déduit : αn+1 < αn . Ainsi (αn )n>3 est décroissante . De
même (βn )n>3 est croissante .
Supposons par l'absurde que (un )n>3 converge vers ` > 0. En passant à la limite dans la re-
1 ∗
lation g (un ) = , on a par continuité de g en `, g(`) = 0 ce qui contredit ∀t ∈ R+ , g(t) > 0.
n
il est impossible que l'une de ces deux suites converge vers une limite ` > 0
La suite (αn )n>3 est décroissante et minorée par 0. Donc elle converge vers une limite
` > 0. Or cette limite ne peut pas être strictement positive dans le point précédent, donc
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Ainsi par théorème de classe C1 par prolongement, f est de classe C 1 sur R+ et f 0 (0) = 0 .
G(x) C ln(x)
(c) On en déduit que : ∀x > 1, 0 6 6 + . Ainsi par le théorème des gendarmes,
x x x
G(x)
−→ 0. Ainsi G(x) == ◦ (x) .
x x→+∞ x→+∞
F (x) 1 G(x)
(d) Soit x > 1. On a : = exp − − −→ 1. Ainsi F (x) ∼ x au voisinage de +∞
x x x x→+∞
.
en évaluant en 0, on trouve u2 = 2
6
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11. Par l'absurde Supposons que y de la forme : x 7→ αx2 + βx + γ . D'après la question précédente,
2
on aurait alors γ = 0 = β et α = 1 donc y serait nécessairement la fonction x 7→ x . Or on vérie
aisément que cette fonction n'est pas solution de (E).
∀x ∈ R+ :x2 y (n+1) (x) + (1 + 2nx) y (n) (x) + n(n − 1)y (n−1) (x) = 0 .
(−1)n (n!)2
qui est possible car les uk sont non nuls à partir de k = 2), on trouve : ∀n > 2, un =
n
.
PROBLEME II :
PARTIE I :
ln (1 + x)
On considère la fonction f dénie par la relation f (x) =
x
1. f est dénie sur D = ]−1, 0[ ∪ ]0, +∞[ .
x2
+ ◦ x2 .
2. On a ln (1 + x) == x −
x→0 2
x
Ainsi, pour x 6= 0, on a f (x) == 1 − + ◦ (x). Donc
x→0 2
f admet en 0 un prolongement par continuité en posant f (0) = 1 . f ainsi prolongée est
0
continue sur D = ]−1, +∞[ .
x
− ln(1 + x)
nule pas sur D, et on a :
0
,
∀x ∈ ]−1, 0[ ∪ ]0, +∞[ f (x) = 1+x
.
x2
x x2 1
− ln(1 + x) == − + ◦ x2 . Ainsi f 0 (x) −→ − = f 0 (0).
Par un calcul de DL, on trouve
1+x x→0 2 x→0 2
f0 Comme f est de classe C sur D = ]−1, 0[ ∪ ]0, +∞[, on en déduit que
1
Ainsi est continue en 0.
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x −1 0 +∞
f 0 (x) −
+∞
f (x) 1
uniquement en 0. On en déduit que f est décroissante sur D0 0
PARTIE II :
Z 1
Soit L= f (t) dt.
0
On notera L la valeur de cette intégrale mais on ne cherchera pas à calculer cette valeur.
(−t)n
Z x
Dans toute la suite on notera : ∀n ∈ N, ∀x ∈ [0, 1] , Rn (x) = dt.
0 1+t
(−t)n
Z x Z x
xn+1
7. Soit n ∈ N et ∀x ∈ [0, 1]. On a : |Rn (x)| 6 dt 6 (t)n dt = . Ainsi
0 1+t 0 n+1
xn+1
∀n ∈ N, ∀x ∈ [0, 1] , |Rn (x)| 6
n+1
Pn (x)
8. On trouve aisément ∀x ∈ ]0, 1] : Q0n (x) = .
x
Pn (x) ln (1 + x)
9. On note gn l'application dénie pour tout x ∈ ]0, 1] par g (x) = − et gn (0) = 0.
x x
Pn (x)
D'après ce qui précéde, on a : ∀x ∈ [0, 1] , gn (x) = Q0n (x) − f (x) (valable aussi en 0 car et
x
Rn (x)
f (x) tendent vers 1 lorsque x tend vers 0). Par ailleurs, pour x > 0, gn (x) = − . Aussi :
x
1 1 1
xn
Z Z Z
1
|Qn (1) − L| = gn (t)dt 6 |gn (x)| dx 6 dx = . Ainsi lim Qn (1) = L
0 0 0 n+1 (n + 1)2 n→+∞
1 1
10. Pour n > 99 , on a |Qn (1) − L| 6 2
6 4
(n + 1) 10
PARTIE III :
On s'intéresse à présent aux dérivées successives de f que l'on note f (n) , n ∈ N∗
11. f est le quotient de fonctions de classe C ∞ sur ]0, +∞[ dont le dénominateur ne s'annule pas sur
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1 ln(1 + x) −2 − 3x 2 ln(1 + x)
12. On trouve : ∀x ∈ ]0, +∞[ , f 0 (x) = − et f 00 (x) = +
x(1 + x) x2 2
x (1 + x) 2 x3
Tn (x) ln(1 + x)
13. Soit Pn la proposition : ∃ (Tn , an ) ∈ R[X] × R |∀x ∈ R∗+ , f (n) (x) = n n
+ an
(1 + x) x xn+1
1 ln(1 + x)
P1 est-elle vraie ? On a : ∀x ∈ R∗+ , f 0 (x) = − . Donc si on pose T1 le
(1 + x)x x2
∗ 0 T1 (x) ln(1 + x)
polynôme constant égal à 1 et a1 = −1, on a bien ∀x ∈ R+ , f (x) = + a1 .
(1 + x)x x2
Donc P1 est vraie
On suppose que Pn est vraie pour un certain entier n > 1. Pn+1 est-elle vraie ?. On a l'existence d'un
Tn (x) ln(1 + x)
polynôme Tn et d'un réel an tels que : ∀x ∈ R∗+ , f (n) (x) = n n
+ an . Donc, en
(1 + x) x xn+1
dérivant cette expression, on obtient :
x(1 + x)Tn0 (x) −
(2nx + n)Tn (x) + an (1 + x)n ln(1 + x)
∀x ∈ R∗+ , f (n+1) (x) = n+1 n+1
−an (n+1) . Ainsi
(1 + x) x xn+2
0 n
en posant Tn+1 le polynôme déni par : Tn+1 (x) = x(1 + x)Tn (x) − (2nx + n)Tn (x) + an (1 + x)
Ainsi, par le théorème de récurrence, on en déduit que pour tout n ∈ N∗ Pn , est vraie
Tn (x) ln(1 + x)
i.e. ∀n ∈ N∗ , ∃ (Tn , an ) ∈ R[X] × R |∀x ∈ R∗+ , f (n) (x) = n n
+ an
(1 + x) x xn+1
14. Soit Pn la proposition : Tn est à coecients entiers et an est un entier
an+1 = −(n + 1)an ce qui est aussi entier. On en déduit que Pn+1 est vraie
Ainsi, on a montré que P1 est vraie et, pour tout entier n > 1, Pn vraie entraine Pn+1 vraie.
Ainsi, par le théorème de récurrence, on en déduit que pour tout n ∈ N∗ Pn , est vraie
i.e. ∀n ∈ N∗ , Tn est à coecients entiers et an est un entier
1
15. On pose ϕ : x 7→ ln(1 + x) et h : x 7→ . ϕ et h sont de classe C∞ sur R∗+ et on a :
x
(k − 1)! p!
Si k > 1, ϕ(k) (x) = (−1)k−1 et pour p > 0, h(p) (x) = (−1)p . Aussi en appliquant la
(1 + x)k xp+1
n
(n)
X n
formule de Leibniz, on a : f (x) = ϕ(k) (x)h(n−k) (x) + ϕ(x)h(n) (x) i.e.
k
k=1
n
(n)
X n k−1 (k − 1)! n−k (n − k)! (−1)n n! ln(1 + x)
f (x) = (−1) (−1) + .
k (1 + x)k xn−k+1 xn+1
k=1
n
n−1
X (1 + x)n−k xk−1
Ainsi Tn (x) = (−1) n!
k=1
k
2
2−1
X (1 + x)2−k xk−1
Pour n = 2, on a (−1) 2! = −2 (1 + x) − x = −2 − 3x = T2 (x)
k=1
k