Résumé DOC YASSER
Résumé DOC YASSER
Droit
Des Obligations et
Des Contrats
Réalisé par :
Yasser ABOUFATIMA
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
l’autre est par là même dégagée des siennes. Créances et dettes sont en effet indissociables,
(Voir Art. 338 D.O.C.).
PARAGRAPHE II : CONTRATS A TITRE ONEREUX ET CONTRATS A TITRE
GRATUIT
I. Contenu de la distinction
1. Par contrat à titre gratuit, on entend l’accord par lequel l’une des parties entend procurer un
avantage à l’autre sans rien recevoir en échange. Ceci suppose chez les parties la conscience
que l’une d’elles procure un avantage sans contrepartie ( ex le contrat de donation).
2 Par contrat à titre onéreux, on entend l’accord par lequel chacune des parties reçoit ou
recevra de l’autre un avantage considéré comme équivalent à la prestation qu’elle fournit à
son partenaire.
II. Portée de la distinction
La considération de la personne du co-contractant, généralement indifférente dans le contrat à
titre onéreux, est essentielle dans le contrat à titre gratuit peu importe à qui l’on vend, on ne
donne pas à n’importe qui, d’où une admission plus large dans le second cas de la nullité pour
erreur sur la personne.
La responsabilité de celui qui a conclu un contrat à titre onéreux est appréciée plus
sévèrement que s’il a fourni une prestation sans contrepartie. Ainsi, alors que le donateur ne
doit pas de garantie pour les vices cachés qui pourraient affecter le bien donné, le vendeur est
tenu d’en répondre à l’égard de l’acquéreur.
PARAGRAPHE III : CONTRATS COMMUTATIFS ET CONTRATS ALEATOIRES.
I. Contenu de la distinction
1. Par contrat commutatif, on entend l’accord par lequel les prestations mises à la charge des
parties peuvent être exactement mesurées dès le moment de sa conclusion.
2. Un contrat est dit aléatoire, lorsque la prestation à laquelle l’une des parties est obligée,
dépend dans son existence ou son étendue d’un événement incertain (ex contrat d’assurance).
Exemple Le contrat d’ingénierie1 par lequel “l’ingénieur” est chargé de la construction d’une
unité industrielle, rassemble des éléments du contrat d’entreprise, de la vente, du mandat, du
louage …
II. Portée de la distinction
Alors que l’interprétation d’un contrat nommé ne suscite pas de difficultés insurmontables, il
n’en va pas toujours de même en matière de contrats innommés.
A supposer que les parties à un contrat nommé, une vente par exemple, n’aient point défini
avec précision leurs obligations réciproques, il suffira, en cas de litige, de recourir, aux
dispositions réciproque du droit civil relatives à ce contrat, (Art.478 et s. du D.O.C.).
Cette solution se révèle impossible en présence d’un contrat innommé, faute de
réglementation légale correspondante. Plusieurs voies s’offrent alors au juge :
- Privilégier certaines des pièces de l’accord empruntées à un tel type de contrat nommé, les
qualifier de principales et rattacher l’intégralité de la convention, par application de la règle
“l’accessoire suit le principal”, au régime du contrat ainsi désigné
- Faire éclater le contrat innommé, refuser une qualification unitaire et considérer qu’entre les
parties sont intervenues trois ou quatre conventions distinctes (vente, louages, mandat ...), qui
doivent être soumises chacune à leur régime propre
- Considérer ce contrat comme une construction unitaire soumise à un régime original qu’il
s’efforcera de bâtir avec le permanent souci de ne pas trahir l’intention profonde des parties.
Cette dernière solution constitue la seule attitude conforme à la volonté des contractants, les
précédents la mutilent.
PARAGRAPHE V : CONTRATS CONSENSUELS, REELS ET SOLENNELS
1. Par contrats consensuels, on entend les contrats qui se forment par le seul accord des
volontés.
Ils constituent la catégorie de principe. Peu importe la forme dans laquelle les parties ont
manifesté leur accord, peu importe qu’il y ait eu ou non remise du bien sur lequel porte la
convention.
Il est toutefois certaines hypothèses dans lesquelles le code civil exige exceptionnellement le
respect des formalités,
2. Par contrats solennels, on entend les contrats dont la validité requiert, outre l’accord des
parties, le respect des formalités.
Exemple:
- La vente ayant pour objet des immeubles (Art. 489 D.O.C.);
30 Le contrat de sociétés ayant pour objet des immeubles (Art.987);
- Le contrat de mariage (Art.... du C.S.O. & 2)
3. Par contrats réels, on entend les contrats dont la validité
requiert, outre l’accord des parties, la remise du bien qui en est
l’objet.
Exemple :
- Le prêt à usage (Art. 833 D.O.C.):
- Le gage (Art. 1188 D.O.C.).
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Article 2
Les éléments nécessaires pour la validité des obligations qui dérivent d'une déclaration de
volonté sont :
1. La capacité de s'obliger ;
2. Une déclaration valable de volonté portant sur les éléments essentiels de l'obligation ;
3. Un objet certain pouvant former objet d'obligation ;
4. Une cause liste de s'obliger.
Section I – La capacité
La capacité est l’aptitude à être titulaire de droits et à les exercer par soi-même. Elle constitue
la première condition de validité des actes juridiques exigée par l’article 2.
Aux termes de l’article 3 Al 2 toute personne est capable d’obliger et de s’obliger, si elle n’en
est déclarée incapable par la loi. Ainsi l’aptitude est la règle alors que l’incapacité est
l’exception.
1. Parce que le D.O.C contient une dizaine d’article qui traitent de la capacité et qui
risquent donc de faire double emploi avec les dispositions de la loi régissant le statut
personnel.
2. Parce que la question de la capacité de contracter n’est évidemment pas sans
incidences sur la validité du contrat.
La capacité est un attribut de la personne, elle relève du droit des personnes, c’est pourquoi
l’article 3 du D.O.C déclare que la capacité civile de l’individu est réglée par la loi qui régit
son statut personnel. Dès lors, pour se prononcer sur la capacité ou l’incapacité d’un
contractant, il faut se référer à la loi qui régit son statut personnel.
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Mais le D.O.C ne se borne pas à renvoyer à la loi qui régit le statut personnel car les articles 4
à 13 édictent une série de règles relatives au sort des actes accomplis par un incapable, tout
comme la possibilité pour le tuteur de valider les actes de l’incapable, les actes qui peuvent
être valablement accomplis par un mineur autorisé à exercer le commerce.
Ces dispositions constituent donc une réglementation parallèle qui risque de faire double
emploi avec la loi du statut personnel ouvrant ainsi la voie à des conflits de lois inextricables.
Deux exemples pour illustrer prévu par l’Article 4 :
Ø « Le mineur et l'incapable qui ont contracté sans l'autorisation de leur père, tuteur ou
curateur, ne sont pas obligés à raison des engagements pris par eux, et peuvent en
demander la rescision dans les conditions établies par le présent dahir ».
Ø « Cependant, ces obligations peuvent être validées par l'approbation donnée par le
père, tuteur ou curateur, à l'acte accompli par le mineur ou l'incapable. Cette
approbation doit être donnée en la forme requise par la loi ».
L’incapacité peut revêtir de 2 degrés, ne pas avoir l’aptitude à être titulaire de droits
(incapacité de jouissance) et ne pas avoir l’aptitude à exercer ses droit (incapacité de
d’exercice).
Ø L’incapacité de jouissance
La personne frappée d’incapacité de jouissance est privée de l’aptitude à être sujet de droit
et à en jouir. L’incapacité de jouissance est générale, celui qui en est frappé perd sa
personnalité juridique et se trouve privé de toute vie juridique (ex : cas l’esclavage),
l’incapacité de jouissance est spéciale, la personne qui en est frappé conserve une
personnalité juridique amputée (il ne peut être titulaire de tel ou tel droit).
Aujourd’hui au Maroc il y’a que des incapacités de jouissance spéciales, certaines sont de
nature pénale et sont édictées à titre de sanction, ainsi l’article 87 du CP autorise le juge à
interdire à certains condamnés l’exercice d’une activité ou d’une profession, les autres
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incapacités de jouissance frappent des étrangers en raison de leur condition, les étrangers
ne peuvent exercer certaines fonctions réservées au nationaux.
Ø L’incapacité d’exercice
Elle désigne l’inaptitude à exercer par soi-même un droit, dont on est titulaire. L’incapable
conserve sa personnalité juridique, il possède un patrimoine mais il ne peut accéder à la
vie juridique que par des personnes interposées.
Article 224 : Les actes passés par l'incapable sont nuls et de nul effet.
Article 225 : Les actes du mineur, doué́ de discernement, sont soumis aux dispositions
suivantes :
3)s'ils revêtent un caractère à la fois profitable et préjudiciable, leur validité est subordonnée à
l'approbation de son représentant légal, accordée en tenant compte de l'intérêt prépondérant de
l'interdit et dans les limites des compétences conférées à chaque représentant légal.
Article 226 : Le mineur, doué de discernement, peut prendre possession d'une partie de ses
biens pour en assurer la gestion, à titre d'essai.
Une autorisation est accordée, à cet effet, par le tuteur légal ou par décision du juge chargé
des tutelles, sur demande du tuteur testamentaire ou datif ou du mineur intéressé́ .
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Le juge chargé des tutelles peut annuler l'autorisation de remise des biens, sur demande du
tuteur testamentaire ou datif, du ministère public ou d'office, en cas de mauvaise gestion,
dûment établie, des biens autorisés.
L'interdit, autorisé à gérer une partie de ses biens, est considéré́ comme ayant pleine capacité́
pour agir dans la limite de l'autorisation qu'il a reçue et pour ester en justice.
Article 227 : Le tuteur légal peut retirer l'autorisation qu'il a accordée au mineur doué de
discernement, s'il existe des motifs qui justifient ce retrait.
Article 228 : Les actes du prodigue et du faible d'esprit sont soumis aux dispositions de
l'Article 225 ci-dessus.
Article 4 : Le mineur et l'incapable qui ont contracté sans l'autorisation de leur père, tuteur ou
curateur, ne sont pas obligés à raison des engagements pris par eux, et peuvent en demander la
rescision dans les conditions établies par le présent dahir.
Cependant, ces obligations peuvent être validées par l'approbation donnée par le père, tuteur
ou curateur, à l'acte accompli par le mineur ou l'incapable. Cette approbation doit être donnée
en la forme requise par la loi.
Article 5 : Le mineur et l'incapable peuvent améliorer leur situation, même sans l'assistance
de leur père, tuteur ou curateur, en ce sens qu'ils peuvent accepter une donation ou tout autre
acte gratuit qui les enrichit ou qui les libère d'une obligation, sans entraîner pour eux aucune
charge.
Article 6 : L'obligation peut être attaquée par le tuteur ou par le mineur après sa majorité,
alors même qu'il aurait employé des manœuvres frauduleuses pour induire l'autre partie à
croire à sa majorité, à l'autorisation de son tuteur, ou à sa qualité de commerçant.
Le mineur demeure obligé, toutefois, à concurrence du profit qu'il a retiré de l'obligation, dans
les conditions déterminées au présent dahir.
Article 8 : L'autorisation d'exercer le commerce peut être révoquée à tout moment pour
motifs graves, avec l'autorisation du tribunal le mineur entendu. La révocation n'a point
d’effet à l'égard des affaires qui étaient engagées au moment de la révocation.
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Section II – Le consentement
Article 19 : La convention n'est parfaite que par l'accord des parties sur les éléments
essentiels de l'obligation, ainsi que sur toutes les autres clauses licites que les parties
considèrent comme essentielles.
Les modifications que les parties apportent d'un commun accord à la convention, aussitôt
après sa conclusion, ne constituent pas un nouveau contrat, mais sont censées faire partie de la
convention primitive, si le contraire n'est exprimé.
Les contrats de « tous les jours », la réalisation de l’accord des volontés soulève rarement des
difficultés parce qu’il s’agit le plus souvent de contrat instantanés qui se forme entre
personnes présentes. Mais dans des contrats plus importants, la réalisation de l’accord peut
soulever de nombreux problèmes du fait de l’étalement de la période de formation de contrat.
L’accord est alors précédé d’une phase préalable de durée variable, faite de négociation, de
pourparlers, d’accord de principe, de promesses de contrat, qui précède le contrat définitif.
De mêmes, lorsque le contrat est conclu par correspondance, la distance qui sépare les
partenaires et les délais d’acheminement du courrier pose la question de la détermination du
lieu et du moment de la réalisation de l’accord et donc la conclusion du contrat.
Pour pouvoir examiner les différentes faces que peut comporter la période contractuelle (B) il
convient de commencer par décomposer l’accord des volontés (A) on abordera ensuite le
problème plus particulier des contrats par correspondance (C).
L’accord des volontés se décompose en deux éléments : l’offre et l’acceptation. Une partie
prend l’initiative du contrat, elle exprime sa volonté de contracter par une déclaration, cette
dernière est appelé l’offre le destinataire de l’offre va exprimer son accord soit sur le champ
soit après une période de réflexion cette déclaration c’est l’acception.
1 / L’offre
On peut définir l’offre comme l’acte unilatéral par lequel une personne fait connaître à autrui
son attention de contracter. Mais toute proposition de contracter n’est pas une offre au sens
technique du terme, il faut donc, au sein des différentes propositions possibles, opérer des
distinctions en fonction de leur degré de précision. On distingue alors l’invitation à entrer en
pourparlers, l’offre avec réserve et l’offre simple.
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Il arrive qu’une offre soit expressément assortie de réserves générales relatives à des
éléments essentiels du contrat, par exemple, l’auteur de l’offre se réserve la faculté de
modifier sa proposition en précisant, par exemple que le prix est donné à titre provisoire
ou simplement indicatif.
Une réserve ne peut affecter l’offre destinataire de l’offre puisse en prendre connaissance
et en déterminer la portée. C’est pourquoi l’Article 2 du D.O.C énonce que les réserves ou
restrictions qui ne sont pas portées à la connaissance de l’autre partie ne peuvent ni
infirmer ni restreindre les effets de la déclaration de volonté, telle qu’elle résulte de son
expression apparente.
• L’offre simple
Une proposition constitue une offre lorsqu’elle contient tous les éléments qui peuvent
permettre une acceptation pure et simple, il suffit alors d’un oui pour que le contrat soit
conclu.
Ainsi l’offre de vente devra indiquer clairement la chose mise en vente et le prix : l’offre
de bail devra préciser la chose donnée à bail, le montant du loyer et la date d’entrée en
jouissance
En somme, pour qu’il y ait offre au sens étroit, il faut que la proposition exprime un
véritable engagement, que l’auteur soit animé par la volonté de s’engager, de se lier, ce
qui suppose que l’offre est claire, précise et ferme.
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L’offre peut être adressée à une ou plusieurs personnes déterminées comme elle peut
s’adresser au public c’est à dire à toute personne intéressée. L’offre faite au public lie son
auteur dans les mêmes conditions que l’offre à personne déterminée mais elle présente
néanmoins certaines particularités.
La première réserve tient à l’intuitu personae, l’offre étant destinée au public, on considère
que dans le cas où la prise en considération de la personne du contractant a son importance,
l’auteur de l’offre se réserve la possibilité d’agréer ou de ne pas agréer les candidats. Il en est
ainsi d’une offre publique de contrat de travail, l’auteur de l’offre se réserve le droit d’agréer
ou non le candidat à l’acceptation en fonction de sa compétence, de son profil de sa moralité
de son âge, c’est le cas aussi du contrat de prêt l’auteur de l’offre se réserve le droit d’agréer
ou ne pas agréer l’acceptant potentiel en fonction de sa solvabilité, de ses revenus, de sa
réputation professionnelle, de son honorabilité.
La deuxième réserve implicite est d’ordre quantitatif, toute offre publique vise à atteindre un
nombre élevé d’acceptants éventuels mais les produits offerts sont nécessairement en nombre
limité. Ainsi à l’occasion « des soldes », l’offre publique de vente se fait avec cette réserve
implicite, l’offre est valable jusqu’à l’épuisement des stocks.
L’offre n’étant soumise à aucun formalise particulier elle peut se réaliser de différentes
manières. L’offre peut être faite par écrit ou présentée verbalement, mais elle peut aussi de
déduire d’une attitude ou d’un comportement comme le fait qu’un conducteur de taxi attend
dans une station réservée.
Lorsque l’offre est acceptée, le contrat est formé et l’offrant ne peut plus se rétracter sans
encourir les sanctions de l’inexécution du contrat.
Le problème de la nature juridique de l’offre ne se pose donc que tant que l’offre n’est pas
acceptée, il faut faire de précisions :
• Lorsque l’offre est faite à une personne présente, sans qu’un délai soit accordé au
destinataire, elle peut être librement rétractée, si elle n’est pas acceptée sur le champ,
la règle est posée par l’Article 23 du D.O.C qui l’étend aux contrats conclus par
téléphone, s’il n y’a pas de réponse immédiate l’offre faite n’a pas de valeur juridique.
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• Entre absents, tant que l’offre n’est pas parvenue à la connaissance de son destinataire,
elle peut être librement rétractée, la règle paraît dictée par le simple bon sens.
Le problème de la valeur juridique de l’offre ne se pose donc qu’en dehors des hypothèses qui
viennent d’être examinées, c’est à dire, entre présents, lorsque, l’offre est assortie d’un délai
et entre absents après que l’offre soit parvenue à la connaissance de son destinataire. L’offre a
alors une valeur juridique propre qu’il faut à présent déterminer.
En droit Marocain, la loi énonce clairement que l’offre assortie d’un délai oblige son auteur
jusqu’à expiration du délai fixé (Article 29 D.O.C)
De même dans les contrats par correspondance, l’offre s’accompagne d’un délai implicite qui
correspond au délai raisonnable nécessaire au destinataire pour accepter. L’offrant se trouvera
engagé jusqu’au moment où une réponse expédiée sans un délai raisonnable devrait lui
parvenir régulièrement (Article 30 D.O.C)
Cependant le D.O.C contient une disposition qui remet en cause toute la construction, il s’agit
de l’article 26 qui nie à l’offre toute valeur juridique « La proposition est révocable tant que le
contrat n’est point parfait par l’acceptation ou le commencement d’exécution entrepris par
l’autre partie ». La contradiction est manifeste entre les article 29,30 et 31 qui consacrent
l’effet obligatoire de l’offre et l’article 26 qui consacre la libre révocation de l’offre tant que
le contrat n’est pas formé. L’anomalie s’explique peut-être par la diversité des sources
d’inspiration du D.O.C
2 / L’acceptation
L’acceptation c’est la réponse positive du destinataire de l’offre qui exprime son accord par
une déclaration en ce sens. La rencontre de l’offre et de l’acceptation constitue l’accord des
volontés qui forme le contrat. Mais l’acceptation ne forme le contrat que si elle conforme à
l’offre. Il faut une concordance entre l’offre et l’acceptation, il n’y a pas concordance lorsqu’il
y a désaccord sur la nature de l’acte, par exemple une partie fait une offre de vente et l’autre
accepte de recevoir en donation.
Il n’y a pas de concordance non plus, lorsque l’acceptation est assortie de conditions de
réserves, dans ce cas il y a refus de l’offre initiale accompagné d’une proposition nouvelle, la
règle est clairement énoncée par l’article 27 du D.O.C « une réponse conditionnelle ou
restrictive équivaut au refus de la proposition, accompagné d’une proposition nouvelle. ».
Ainsi chaque fois qu’une proposition donne lieu à une contre-proposition, il se produit une
inversion des rôles.
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Il n’y a pas concordance, non plus, lorsqu’il y a accord sur des points secondaires (modalités
de paiement, date de livraison, ...) mais désaccord sur des points essentiels (prix, objet du
contrat, étendu de la garantie ...). Elle trouve son fondement dans l’article 19 D.O.C « La
convention n’est parfaite que par l’accord des parties sur les éléments essentiels de
l’obligation, ainsi que sur toutes les autres clauses licites que les parties considèrent comme
essentielles ».
Il n’y a pas concordance encore s’il y a accord sur des points essentiels mais désaccord sur
des points accessoires (exemple : accord sur l’objet et sur le prix mais désaccord sur la
question de savoir qui du vendeur ou de l’acheteur doit supporter les frais de transport) car la
concordance doit, en principe, être rigoureuse et totale.
Enfin, lorsque les parties décident expressément de réserver certaines clauses comme devant
faire l’objet d’un accord ultérieur, l’accord sur les clauses qui n’ont pas été réservées ne forme
pas le contrat mais constitue un simple accord préliminaire (Article 20 D.O.C).
Comme pour l’offre, aucun formalisme n’est exigé pour l’acceptation. L’acceptation peut
donc être expresse : acceptation qui est formellement exprimée oralement ou par écrit. Être
tacite : acceptation qui résulte du comportement de l’acceptation (l’acceptant entreprend
l’exécution du contrat). La règle est clairement formulée par l’article 25 D.O.C. « Lorsqu'une
réponse d'acceptation n'est pas exigée par le proposant ou par l'usage du commerce, le contrat
est parfait, dès que l'autre partie en a entrepris l’exécution ».
Le problème qui se pose ici consiste à savoir si le silence peut avoir acceptation. En droit
marocain la réponse de principe est négative. En règle générale, on ne peut rien déduire du
silence. Le silence n’est pas une manifestation de volonté mais plutôt l’absence de toute
manifestation de volonté. En droit marocain l’article 25 D.O.C. « l’absence de réponse vaut
aussi consentement, lorsque la proposition se rapporte à des relations d'affaires déjà entamées
entre les parties ».
De son côté, l’article 340 D.O.C, indique de la remise de dette a effet tant qu’elle n’a pas été
expressément refusée par le débiteur. Le silence du débiteur vaut acceptation. La règle est
d’ailleurs confirmée par l’article 343 du D.O.C selon lequel « la remise n’a aucun effet
lorsque le débiteur refuse expressément de l’accepter ».
B/ La phase précontractuelle
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1. Les pourparlers
En premier lieu, une invitation à entrer en pourparlers faite par caprice, par jeu ou par malice
peut, si elle se révèle préjudiciable au destinataire, engager la responsabilité civile délictuelle
de son auteur.
Enfin, une rupture brutale et injustifiée des pourparlers pourrait également donner lieu à
responsabilité délictuelle. Certes, chacune des parties conserve le droit de rompre des
pourparlers puisqu’elle n’a pris aucun engagement. Mais l’exercice abusif du droit de rupture
peut être source de responsabilité par application de la théorie de l’abus de droit (article 94
D.O.C)
En somme, si en matière de pourparlers, la liberté reste le principe, c’est à la condition que les
pourparlers soient engagés et conduits avec sérieux et bonne foi et qu’ils ne soient pas rompus
abusivement.
L’accord de principe est un accord préalable qui fait naitre des engagements contractuels et
qui est destiné à préparer le contrat définitif. Les parties d’engagent à poursuivre une
négociation déjà entamée et plus ou moins avancée afin d’aboutir à la conclusion d’un contrat
dont les éléments ne sont pas encore fixés. L’accord de principe fait naître une obligation
contractuelle de négocier dont la violation sera sanctionnée par une condamnation à des
dommages-intérêts.
La promesse de contrat désigne le contrat par lequel l’une des parties (ou les deux parties)
s’engage à conclure un autre contrat (contrat définitif) dont les conditions sont déjà arrêtées.
Ce contrat, qui a pour objet la conclusion d’un autre contrat, peut-être unilatérale ou
synallagmatique.
Pour le contrat soit valablement formé, le consentement doit présenter certaines qualités, il
doit émaner d’une volonté libre et éclairée. Il nous faut donc commencer par examiner la
théorie des vices du consentement telle qu’elle a été consacrée par le D.O.C pour rechercher
ensuite si ce dispositif de protection du consentement répond aux besoins de la vie
contractuelle.
L’article 39 du D.O.C déclare « Est annulable le consentement donné par erreur, surpris par
dol, ou extorqué par violence ». De son côté, l’article 54 précise que « Les motifs de rescision
fondés sur l'état de maladie, et autres cas analogues, sont abandonnés à l'appréciation des
juges ».
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Il résulte de ces deux textes que le D.O.C prévoit quatre vices du consentement : l’erreur, le
dol, la violence, l’état de maladie et les cas analogues.
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Ainsi, le contrat d’assurance est nul si l’assuré n’a pas déclaré toute circonstance de nature à
augmenter le risque du sinistre
Ø Le dol doit émaner de l’une des parties :
Le dol d’un tiers est par conséquent sans influence sur la validité du contrat à moins de
prouver sa complicité avec le cocontractant, (Art. 52 in fine).
Ø Les manœuvres doivent avoir été déterminantes :
Il doit être évident que sans les manœuvres, le mensonge ou la réticence de l’une des parties,
l’autre n’aurait pas contracté.
Du dol principal, qui a provoqué la conclusion du contrat, on distingue habituellement le dol
incident sans lequel le contrat aurait quand-même été conclu, mais à des conditions
différentes, notamment à des conditions pécuniaires avantageuses. Une certaine doctrine
considère que le dol incident ne motive pas l’annulation du contrat, et qu’il permet seulement
au contractant trompé d’obtenir des dommages et intérêts lesquels se traduiront en fait et
suivant les cas par une majoration ou une diminution du prix convenu. Cette thèse doit être
écartée : la victime du dol incident doit pouvoir demander, s’il le désire, l’annulation du
contrat. Celui-ci, en effet, n’aurait pas été conclu dans les termes où il l’a été en l’absence de
manœuvres frauduleuses.
2. Les effets du dol, vice de consentement :
En tant que le dol vicie le consentement de la victime, la sanction normale est la nullité
relative du contrat. L’action est reconnue à la victime des manœuvres frauduleuses et à elle
seule.
Mais le dol est aussi une faute qui peut être sanctionnée par des dommages et intérêts. La
victime du dol, dès lors qu’elle a subi un préjudice, peut demander réparation à l’auteur des
manœuvres et ses éventuels complices. Cette action en dommages-intérêts n’est pas
obligatoirement liée à l’action en annulation : la victime du dol pourrait se borner à réclamer
une indemnité.
Dans certains cas, on peut envisager comme sanction du dol le refus de nullité (exemple :
l’incapable qui a dissimulé son état par des manœuvres dolosives ne pourra obtenir la nullité
du contrat pour incapacité).
c. La violence
La violence évoque l’idée de contrainte exercée sur la volonté d’une personne afin de
l’amener à conclure un contrat (Art. 47 à 51 du D.O. C).
Le véritable vice n’est donc pas la violence même, mais la crainte qu’elle suscite.
Il importe peu que la violence émane du co-contractant ou d’un tiers (Art.49) pourvu qu’elle
réunisse les conditions requises :
1. La violence doit être déterminante. (Art. 47 al. 1.)
La violence doit présenter une certaine intensité.
Aux termes de l’article 47 du D.O.C, il y a violence lorsqu’elle est de nature à produire chez
celui qui en est l’objet, soit une souffrance physique soit un trouble moral profond (art. 47 al.
20), et le texte d’ajouter qu’on devra avoir égard « à l’âge, au sexe, à la condition des
personnes et à leur degré d’impressionnabilité
Yasser ABOUFATIMA 19
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Par ailleurs, la violence est retenue de la même manière, qu’elle ait été exercée sur le
contractant lui-même ou sur une personne avec laquelle celui-ci est étroitement lié par le sang,
(Art. 50 du D.O.C).
2. La violence doit être illégitime
N’est point considéré comme illégitime «la seule crainte révérencielle », (Art. 51).
N’est pas non plus considéré comme illégitime la menace d’exercer un droit.
Ainsi, un créancier qui menace son débiteur de saisie ou de règlement judiciaire pour obtenir
paiement, agit légitimement à moins qu’il n’y ait de sa part abus de droit.
La preuve de la violence ainsi décrite permettra à la victime de demander la nullité du contrat.
d. La lésion
La lésion peut être définie comme un déséquilibre entre les prestations des parties.
Des articles 55 et 56 du D.O.C, il ressort que la lésion ne vicie le contrat que lorsqu’elle est la
résultante directe du dol ou lorsque la partie lésée est un mineur ou un incapable, alors même
qu’il aurait contracté avec l’assistance de son tuteur ou conseil judiciaire dans les formes
déterminées par la loi. Et l’article 56 du D.O.C d’ajouter « qu’est réputée lésion toute
différence au-delà du tiers entre le prix porté au contrat et la valeur effective de la chose ».
Dans les conditions des articles 55 et 56, la lésion entraîne la nullité relative qu’on appelle
alors rescision du contrat, toutefois, le co-contractant peut proposer de maintenir le contrat en
offrant un rééquilibrage des prestations.
Section III : L’OBJET.
Tout contrat entraîne la création d’une ou plusieurs obligations lesquelles ont chacune un
objet. Quand on parle de l’objet du contrat, c’est une ellipse pour désigner l’objet des
obligations qui découlent du contrat. Pour simplifier, nous parlerons de l’objet du contrat
(ART. 57 à 61 DU D.O.C).
A. La détermination de l’objet
Aux termes de l’article 58 « la chose objet de l’obligation doit être déterminée au moins quant
à son espèce ».
La quantité de la chose peut être incertaine pourvu qu’elle puisse être déterminée par la suite
».
Il en ressort que la chose doit être d’espèce déterminée dès la conclusion du contrat, la
quantité peut n’être que déterminable.
a. La détermination de l’espèce
Le contrat doit porter sur un bien déterminé. S’agissant d’un corps certain, il sera non
seulement déterminé mais individualisé dès la formation du consentement. Cette
individualisation explique que le droit de propriété ainsi que la charge des risques soient, en
principe, immédiatement transférés du patrimoine du vendeur à celui de l’acquéreur, que la
livraison de la chose ait été ou non réalisée.
S’agissant d’une chose de genre ; elle sera déterminée mais non individualisée.
L’individualisation sera effectuée postérieurement à la conclusion du contrat et c’est à ce
moment que la propriété et les risques seront transférés à l’acheteur.
Yasser ABOUFATIMA 20
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
b. La détermination de la quotité
La quotité, c’est à dire la quantité, est souvent déterminée dès la conclusion du contrat. Le
vendeur ne serait pas hé s’il promettait simplement de livrer « du blé» sans autre précision,
car il pourrait se libérer par une prestation dérisoire. Mais il n’est pas nécessaire que la
quantité soit chiffrée dans le contrat. Il suffit qu’elle soit déterminable à l’époque de
l’exécution.
Ainsi, on peut s’engager à fournir le fuel nécessaire au fonctionnement d’une usine pendant
une certaine durée.
Il se peut que le prix, objet de l’obligation de l’acheteur, soit lui même non point déterminé
mais déterminable. Ainsi, le prix peut être fixé par simple référence au cours du Jour.
B. La possibilité de l’objet
« A l’impossible, nul n’est tenu ». En pratique, la question de savoir si l’obligation souscrite
était possible ou non, se pose au moment de l’exécution du contrat, lorsque le débiteur ne peut
pas remplir son obligation. Alors pour échapper à son obligation, il sera tenté d’invoquer
l’impossibilité de l’objet.
Par impossibilité, il faut entendre impossibilité objective, c’est à dire absolue et non
l’impossibilité personnelle au contractant. Cette impossibilité absolue est rare.
Exemple : Livraison d’une marchandise étrangère soumise à une interdiction d’importation.
Si l’impossibilité absolue existait au moment de la conclusion du contrat, il y a nullité au titre
de l’objet Si elle n’est apparue que par la suite, elle constitue un cas, non de nullité, mais de
force majeure justifiable d’une résolution sans dommages et intérêts.
Cette exigence d’un objet possible n’interdit pas de conclure des contrats relatifs à des choses
futures (Art. 61 du D.O.C).
Exemple :
-L’industriel qui vend des produits non encore fabriqués.
- L’auteur qui cède ses droits sur une oeuvre qu’il se propose d’écrire.
« Néanmoins, on ne peut, à peine de nullité absolue renoncer à une succession non encore
ouverte, ni faire aucune stipulation sur une pareille succession ou sur l’un des objets qui y
sont compris, même avec le consentement de celui de la succession duquel il s’agit », (Art. 61
al. 1 du D.O.C).
C. La licéité de l’objet
L’objet est illicite soit parce qu’il s’agit de chose hors du commerce.
Exemple : la personne humaine, les biens du domaine public, les monopoles d’Etat.
Soit encore parce qu’il porte atteinte à la santé et à la sécurité publiques.
Exemple : l’industriel qui mettrait sur le marché des produits non conformes aux exigences de
santé et de sécurité.
Section IV : LA CAUSE
L’article 62 du D.O.C. dispose que l’obligation sans cause ou fondée sur une cause illicite est
non avenue”.
La notion de cause doit être distinguée de celle de l’objet. Alors que l’objet est ce qui a été
voulu, la cause est la raison pour laquelle le résultat précédent a été voulu.
Nous préciserons la notion de cause (A) avant d’en analyser les conditions (B).
Yasser ABOUFATIMA 21
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
A. La notion de cause
La cause des obligations nées du contrat est le motif déterminant du débiteur. Elle a un double
aspect. Tantôt le mot cause désigne la contre-prestation que, dans les contrats, chacune des
parties entend recevoir, tantôt il désigne le motif déterminant qui a décidé la partie à
s’engager. Dans le premier cas, on parle de cause de l’obligation (a), dans le second, de cause
du contrat (b).
a. La cause de l’obligation
C’est le but immédiat qu’on se propose d’atteindre en s’obligeant (théorie classique). Dans les
contrats bilatéraux, la cause de l’obligation de chaque partie est l’exécution de l’obligation de
l’autre. Ainsi, dans la vente, l’obligation du vendeur a pour cause l’obligation corrélative de
l’acheteur, dans tout contrat de société, l’associé s’oblige à un apport car il espère un profit.
b. La cause du contrat
Il s’agit des motifs personnels qui poussent à contracter. Ce sont des considérations
subjectives. La doctrine parle de cause impulsive et déterminante du contrat.
La cause du contrat sert à moraliser les conventions (théorie moderne). Le juge sonde les
mobiles qui ont poussé les parties à contracter. L’illicéité du motif déterminant justifierait
l’annulation du contrat.
B. Les conditions de la cause
La cause doit remplir deux conditions exister (a) et être licite (b).
a. L’existence de la cause
La cause de l’obligation doit exister “l’absence de cause entraîne la nullité absolue du contrat
quel qu’il soit.
La cause varie suivant les divers types de contrats.
1. Dans les contrats unilatéraux
La plupart de ces contrats (exemple : prêt, dépôt) font naître une obligation de restitution ou
de remboursement qui ne se justifie que parce que le débiteur a reçu une chose.
La cause de ces contrats, qui fonde l’engagement de restitution, est la remise matérielle de la
chose.
Exemple : Dans le prêt, la cause de l’obligation de l’emprunteur (restituer) se trouve dans la
remise préalable de la chose faite par le prêteur.
La cause n’est pas nécessairement indiquée expressément dans l’acte.
Ainsi, la promesse de donner telle somme d’argent à une personne peut résulter d’un prêt, d’une
donation, ou d’une vente. Si la cause qui fonde l’obligation n’est pas indiquée dans l’écrit qui la
constate, on dit que le billet est “non causé’. Il n’en est pas moins valable (Art. 63 du D.O.C.).
2. Dans les contrats à titre gratuit
La cause est ici constituée par l’intention libérale, le désir qu’a le donateur d’enrichir
gratuitement le donataire.
3. Dans les contrats synallagmatiques
Dans ces contrats, la cause de l’obligation de chaque contractant est l’obligation assumée par
l’autre : il y a interdépendance des obligations réciproques.
La notion de cause a, dans ces contrats, une triple utilité :
- Le contractant qui veut obtenir l’exécution de l’obligation du contrat et qui poursuit à
cette fin en justice son co-contractant récalcitrant ; à défaut le défendeur invoquera
l’exception de non-exécution
Yasser ABOUFATIMA 22
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
- Si l’une des parties n’exécute pas son obligation par sa faute, l’autre partie peut demander
la résolution du contrat (Art. 259 du D.O.C.);
- Enfin, quand un cas fortuit empêche l’une des parties d’exécuter son obligation, le contrat
tombe.
b. La licéité de la cause
En plus d’exister, la cause doit être licite. Or, la cause est illicite quand elle est prohibée par la
loi ou quand elle est contraire aux bonnes mœurs ou à l’ordre public
Yasser ABOUFATIMA 23
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
De nos jours, les exigences de forme, quand elles existent, ne se substituent plus à la volonté
qui reste indispensable à la formation du contrat, mais se superposent à elle comme une
exigence supplémentaire.
Le formalisme actuel peut revêtir deux degrés : il peut s’agir soit d’un formalisme qui
conditionne le formalisme du contrat soit d’un formalisme dont dépendent certains effets du
contrat. Dans la perspective de ce chapitre, on devrait logiquement s’en tenir au formalisme
de validité qui seul intéresse la formation du contrat et ses éléments constitutifs.
C’est pourquoi, on traitera ici du formalisme au sens large, c’est-à-dire des exigences de
forme auxquelles les parties peuvent se trouver assujetties en vue de la formation, valable du
contrat mais aussi en vue d’assurer au contrat sa pleine efficacité. On étudiera donc le
formalisme dont dépend la formation du contrat (formalisme de validité Section I), mais aussi
le formalisme dont dépend l’efficacité du contrat (formalisme d’efficacité Section II).
Le D.O.C, fidèle à la théorie classique du contrat se conforme à cette vision. Son article 2 qui
énumère les éléments constitutifs du contrat ne fait état d’aucune exigence de forme. Par son
silence, le C.O.D opte ainsi pour le consensualisme.
Le D.O.C connait les deux principaux types de formalisme de validité : celui qui fait dépendre
la formation du contrat de la rédaction d’un écrit (contrats solennels à et celui qui fait
(dépendre la formation du contrat de la remise de la chose ‘contrats réels).
1. Contrats solennels
Si l’on excepte le cas très particulier des obligations contractés par des personnes illettrées et
dont la validité parait subordonnée par l’article 427 D.O.C, à la rédaction d’un acte notarié ou
adulaire (mais s’agit-il vraiment d’un formalisme de validité), le D.O.C ne subordonne jamais
la validité d’un contrat à la rédaction d’un acte authentique.
aussi bien revêtir la forme moins solennelle d’un acte sous-seing privé, tels les contrats
portant sur un immeuble.
Ainsi, si la vente se suffit en principe de l’accord des parties (article 488 D.O.C), il vente qui
porte sur des immeubles, des droits immobiliers ou autres choses susceptibles d’hypothèque st
soumise à une exigence de forme supplémentaire et doit être faite par écriture (article 489
D.O.C). L’écrit exigé ici par la loi (acte notarié, acte adulaire ou simplement acte sous-seing
privé) joue le rôle d’un élément constitutif du contrat.
On peut en dire autant du contrat de société civile qui constitue un contrat consensuel (article
987 D.O.C) mais qui se transforme en un contrat formaliste lorsque la société a pour objet des
immeubles ou autres biens susceptibles d’hypothèque et qu’elle doit durer plus de trois ans
(article 987 D.O.C). Là encore la validité de la société se trouve subornée non seulement à
l’accord des associés mais aussi à la rédaction d’un écrit (notarié, adulaire ou sous-seing
privé.
La même règle joue encore pour la transaction qui cesse d’être consensuelle pour devenir
formaliste lorsqu’elle porte sur la constitution, le transfert ou la modification des droits sur les
immeubles ou autres objets susceptibles d’hypothèque (article 1104 D.O.C). Dans ce cas, la
validité de la transaction se trouve encore subordonnée à la rédaction d’un écrit.
En revanche, c’est une règle différente que l’on rencontre à propos des baux portant sur des
immeubles. Certes, l’article 629 D.O.C dérogeant au consensualisme de l’article 28 D.O.C
déclare que les baux d’immeuble t de droits immobiliers doivent être constatés par écrit, s’ils
sont faits pour plus d’une année. Mais on ne peut voir là un formalisme de validité du fait que
le même article 629 précise qu’à défaut d’acte écrit, le bail est censé fait pour un temps
indéterminée. En conséquence, la validité du bail n’est pas subordonnée à l’écrit (le bail existe
alors qu’il n’y a pas l’écrit) et l’absence d’écrit affecte non pas l’existence du contrat mais sa
durée.
Le D.O.C connaît les trois exemples classiques de contrais cas, la remise matérielle de la
chose apparaît comme un élément constitutif du contrat.
Yasser ABOUFATIMA 25
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
En effet, aux termes de l’article 787 D.O.C de dépôt est parfait par le consentement des
parties et par la tradition de la chose. Il est donc clair que l’accord des volontés ne suffit pas à
former le contrat de dépôt, et qu’il faut en plus qu’il y ait remise de la chose objet du dépôt.
De même encore, s’agissant du prêt à usage ou commodat, l’article 833 D.O.C énonce
clairement que le prêt à usage est parfait par le consentement et par la tradition de la chose à
l’emprunteur. Ici, encore la remise de la chose apparait comme une formalité constitutive du
contrat.
De manière encore plus explicite, l’article 1188 D.O.C fait du nantissement mobilier ou gage
un contrat réel dont la formation est expressément subordonnée à la remise de la chose objet
du gage : le gage est parfait :
Ø En matière commercial, le formalisme occupe une place importante. Sans même parler
du formalisme inhérent aux effets de commerce (chèques, lettres de change, billet à
ordre), on relèvera que la formation de certaines sociétés commerciales se trouve
subordonnée à la rédaction d’un écrit. Tel est le cas des sociétés anonymes (S.A),
(Dahir du 11 Aout 1992) mais aussi des sociétés à responsabilité limitée (S.A.R.L)
(Dahir du 1er septembre 1926).
Le cas des sociétés en nom collectif et en commandite simple est différent. Selon
l’article 30 du code de commerce « l’acte qui constitue les sociétés et nom collectif ou
en commandite doit être fait par écrit » et doit en outre contenir des énonciations
précises. Il ne s’agit cependant par là d’un formalisme de validité car, aux termes de
l’article 41du code de commerce, le défaut d’acte écrit n’empêche pas le contrat de
société de produire tous ses effets entre les associés. Entre les associés, le contrat de
société est donc valablement formé en l’absence de tout acte écrit mais le défaut
d’écrit rend la société fragile du fait que chacun des associés peut, dans ce cas,
demander la dissolution de la société.
Yasser ABOUFATIMA 26
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Ø Par ailleurs, même si le droit de la famille demeure fidèle à une vieille tradition
consensualiste, on peut y relever quelques traces de formalisme dont il n’est pas
toujours facile de mesurer la portée juridique exacte.
On pourrait d’abord citer le mariage dont la validité est subordonnée par le code de de
famille (article 5) à la présence de deux témoins (ou adouls) au moment de l’échange
des consentements : mais encore faudrait-il s’assurer de la sanction de l’inobservation
de cette exigence de forme et ne pas perdre de vue le flou qui caractérise la pratique du
droit dans ce domaine.
On pourrait encore citer le cas du testament (acte juridique unilatéral) dont la validité
est subordonnée par l’article acte adulaire ou à la rédaction d’un écrit signé du
testateur. Mais là encore, la situation reste incertaine tant du fait que la loi reconnait la
validité du testament fait verbalement ou même par signes lorsque le testateur est dans
l’impuissance d’écrire ou de parler (article 295 CODE DE FAMILLE) que du fait de
l’article 192 C.F, qui reconnait la validité du testament oral accompli dans certaines
conditions.
Yasser ABOUFATIMA 27
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
du formalisme d’opposabilité. Tel n’est cependant pas le cas des formes probatoires qui
produisent des conséquences, non quant à l’existence du contrat, mais quant à sa preuve.
o Formes de publicité
Ce sont des formes qui se réalisent selon diverses modalités mais qui sont toujours destinées à
assurer la publicité des contrats qui s’y trouvent assujettis. Ces formes ne relèvent pas, en
principe du moins du formalisme de validité car le contrat qui ne fait pas l’objet de la
publicité requise reste valablement formé et produit ses effets, ou pour le moins certains de
ses effets, entre les parties. Mais le contrat non publié ne produit pas d’effet à l’égard des tiers
car son opposabilité est précisément subordonnée à l’accomplissement de la publicité imposée
par la loi. Ces formes de publicité jouent un rôle considérable dans divers domaines. On
retiendra ici quelques exemples en matière foncière et en matière commerciale :
Ce qui signifie que dans la vente d’un immeuble immatriculé par exemple le transfert de
propriété ne s’opère ni au moment de l’échange des consentements comme le voudraient les
articles 488 et 491 du D.O.C, ni lors de la rédaction d’un acte écrit comme le voudrait l’article
489 du D.O.C, mais seulement au moment de l’inscription de la vente sur les titres fonciers.
La portée juridique de l’inscription du contrat sur le titre foncier serait telle qu’on pourrait y
voir un formalisme de validité. En fait, il ne s’agit que d’un formalisme d’opposabilité car, le
même article 67 ajoute sans préjudice des droits et actions réciproques des parties pour
l’inexécution de leur convention. Le contrat conclu entre les parties existe donc bien et
produit certains effets (il confère un droit de créance à l’acheteur contre le vendeur) même si
son principal effet reste subordonné à l’inscription.
Yasser ABOUFATIMA 28
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
La constitution d’une société à responsabilité limitée (S.A.R.L) est subordonnée par la loi au
dépôt, auprès du tribunal du siège de la société, des pièces constitutives et à la publication, au
bulletin officiel, et dans un journal d’annonces légales de certains extraits. La loi précise, à ce
sujet, que ces formalités doivent être accomplies, à peine de nullité du contrat entre les
associés, mais les associés ne peuvent invoquer le non accomplissement des formes requises à
l’encontre des tiers.
Les mêmes règles de publicité comprenant le dépôt et la publication des actes interviennent
dans les ventes de fonds de commerce.
En premier lieu, la formalité de l’enregistrement confère à l’acte date certaine à l’égard des
tiers (l’article 425 D.O.C). De plus et surtout, il arrive que l’opposabilité du contrat aux tiers
soit subordonnée à la formalité de l’enregistrement notamment en matière de transaction
immobilières.
Ainsi, le vente qui a pour objet des immeubles, des droits immobiliers et autres biens
susceptibles d’hypothèque n’a d’effet au regard des tiers que si elle est enregistrée en la forme
déterminée par la loi (article 488 D.O.C). La même règle s’applique à l’échange (article 620
D.O.C), aux baux d’immeubles excédant une année (article 629 D.O.C), aux transactions
portant sur des droits immobiliers (article 1104) etc.
La question de la preuve fait l’objet d’une réglementation très fouillée (article 399 à 460
D.O.C). Pour s’en tenir au formalisme probatoire, la règle générale se trouve énoncée par
l’article 401 selon lequel aucune forme spéciale n’est requise pour la preuve des obligations si
ce n’est dans le cas où la loi prescrit une forme déterminée. Mais l’article 443 D.O.C, réduit
considérablement la portée de la règle en exigeant la preuve écrite pour toute convention qui
Yasser ABOUFATIMA 29
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
excède la somme de 10.000DH. Il en résulte donc que, du point de vue probatoire, il n’est pas
permis de prouver autrement qu’au moyen d’un écrit lorsque la somme en jeux excède
10.000DH.
En premier lieu, il faut rappeler que l’aveu, qui dans la hiérarchie des preuves occupe la
première place devant la preuve littérale (article 404 D.O.C), dispense de la preuve par écrit et
s’y substitue quel que soit l’intérêt en jeu. Mais peut-on fonder de grandis espoirs sur l’aveu
qui renvoie en définitive à la loyauté du contractant ?
Par ailleurs, il existe des hypothèses où la preuve testimoniale est admise par dérogation à la
règle générale énoncée par l’article 443 D.O.C. il en est ainsi lorsque l’écrit a été perdu à la
suite d’un vol ou d’un événement de force majeure (article 448, alinéa 1). Il en est de même
lorsqu’il n’a pas été possible au créancier de procurer un acte écrit sont en raison d’une
impossibilité matérielle, soit en raison d’une impossibilité morale (article 488, alinéa 2).
Il faut ajouter ici que l’appréciation des cas où il n’a pas été possible au créancier de se
procurer une preuve écrite est remise à l’appréciation du juge (article 488 dernier alinéa) et
que la jurisprudence se montre libérale sur ce point… Il en est encore de même lorsque le
créancier dispose d’un commencement de preuve par écrit c’est-à-dire d’un écrit qui rend
vraisemblable le fait allégué et qui émane de celui auquel on l’oppose. Enfin, l’article 448
D.O.C déroge encore à l’exigence d’une preuve écrite et permet le recours à la preuve
testimoniale quand le litige oppose des commerçants dans des affaires où il n’est pas d’usage
d’exiger un écrit.
Mais en dehors de ces exceptions dont la portée est considérable, l’exigence de la preuve par
écrit retrouve son empire. Le contrat sera donc valablement formé mais, s’il faut en rapporter
la preuve, seule la preuve par écrit sera recevable.
Yasser ABOUFATIMA 30
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
1
Parce que ces situations s’apparentent. bien que’ d’asse: loin, à des situations contractuelles, on u conservé l’habitude
du droit, romain lequel disait que l’obligation naît “quai ex contracter”, comme s’il y avait un contrat d’où le terme de
quasi-contrat aujourd’hui fort ambigu.
Yasser ABOUFATIMA 31
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
En effet, la gestion ne lui est opposable que si elle a été utile ce qui lui assure une protection
suffisante.
2. La volonté
- Le géré ne doit pas avoir voulu l’opération de gestion avant qu’elle n’ait été entreprise. Si tel
avait été le cas, il y aurait mandat et non gestion d’affaires.
- Le géré ne doit pas s’être opposé à l’opération de gestion dont il avait eu connaissance.
S’immiscer dans les affaires d’autrui contre sa volonté constituerait une faute engageant la
responsabilité délictuelle de son auteur (article 947 du D.O.C.).
- Le géré doit avoir ignoré l’opération de gestion réalisée pour son compte.
b) Le gérant
2. La capacité
Il importe peu que le gérant soit pleinement capable ou atteint d’une incapacité. Mais le
contrat personnellement conclu par le gérant incapable avec un tiers est entaché de nullité. Le
gérant serait en droit de s’en prévaloir pour refuser d’exercer les obligations mises à sa charge
par la convention intervenue.
Cependant, dès lors que des travaux ont été effectués au profit du géré, le tiers pourrait exiger
directement paiement de celui-ci, sur le fondement des règles de l’enrichissement sans cause.
2. La volonté
Le gérant doit avoir agi volontairement (article 943 du D.O.C.) dans l’intérêt et pour le
compte d’autrui et non dans son intérêt personnel.
Néanmoins, le gérant peut avoir à la fois un intérêt personnel dans l’affaire et agir pour un
tiers.
Exemple : un copropriétaire accomplit, de sa seule initiative, des travaux dans l’intérêt
commun.
Yasser ABOUFATIMA 32
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
951 du D.O.C.): « Ce droit de rétention n’appartient pas à celui qui s’est immiscé dans les
affaires d’autrui contrairement à la volonté du maître» (article 51 in fine du D.O.C.).
- Toutefois, le géré n’est tenu de l’obligation de remboursement que dans la mesure où la
gestion a été utile (article 949 du D.O.C.). Il n’en va autrement que dans l’hypothèse où le
géré a ratifié la gestion. Ce qui aura pour effet de transformer rétroactivement la gestion
d’affaire en mandat. Dès lors, le maître de l’affaire est, en qualité de mandataire obligé par les
actes de gestion sans qu’il soit nécessaire d’en considérer l’utilité (article 958 du D.O.C.).
B. Effets à l’égard des tiers
a) Les obligations du gérant
La situation du gérant à l’égard des tiers avec lesquels il est entré en relation est différente
selon qu’il a traité au nom du géré ou pour son propre compte.
Dans la première hypothèse, le gérant est personnellement engagé à l’égard des tiers avec
lesquels il a contracté.
Dans la deuxième hypothèse, le gérant n’est pas personnellement tenu envers le tiers. Le géré
est seul engagé vis- à-vis de ce dernier pour autant que l’opération de gestion a été ou non
ratifiée.
b) Les obligations du géré
De ce qui précède, il ressort que le géré est personnellement tenu à l’égard des tiers dès lors
que le gérant a décliné agir pour le compte du maître d’affaire, obligation subordonnée Soit à
l’utilité de la gestion Soit à une ratification.
SECTION II : LE PAIEMENT DE L’INDU
« Celui qui, se croyant débiteur, par une erreur de droit ou de fait, a payé ce qu’il ne devait
pas, a le droit de répétition contre celui auquel il a payé» (article 698 du D.O.C.).
Payer l’indû, c’est donc exécuter une prestation dont on n’est pas tenu, sans une libéralité .
Celui qui a payé (le solvant) est en droit de réclamer restitution ou « répétition» à celui qui a
reçu le paiement (l’accepteur), il dispose d’une action en répétition ou en réclamation de
l’indû.
Encore faut-il qu’il y ait eu paiement de l’indû dont nous apprécierons les conditions et les
effets.
Yasser ABOUFATIMA 33
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Exemple : un co-héritier paie la totalité d’une dette héréditaire alors qu’il n’était tenu que
d’une fraction, la dette étant divisée entre les co-héritiers.
b) Absence dérivée
L’absence de dette dérive, parfois, de l’annulation du contrat qui l’avait engendrée. En effet,
la rétroactivité qui s’attache à l’annulation d’une convention impose la restitution des
prestations déjà effectuées.
Cette solution souffre quelques exceptions:
- L’incapable n’est tenu de restituer que dans la mesure de son enrichissement.
- La personne qui a conclu un contrat illicite ou immoral, donc nul, et qui a exécuté sa
prestation ne peut en réclamer la restitution.
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Résumé Droit des Obligations et des Contrats
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Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Yasser ABOUFATIMA 36
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
C. La preuve de la faute
a) la preuve du non accomplissement d’un acte fautif
Le défendeur à l’action en responsabilité civile peut, pour l’écarter, s’attacher à prouver qu’il
n’a point commis l’acte dommageable que le demandeur lui reproche. Pour cela, il utilisera
Yasser ABOUFATIMA 37
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
tous les moyens de preuve. Par exemple, que le préjudice supporté par la victime trouve son
origine dans un événement de force majeure.
b) la preuve du caractère non fautif de l’acte accompli
Le caractère fautif d’un acte peut être effacé par certaines
circonstances qui en justifient ou qui en excusent la commission, ce sont :
1. La légitime défense (Article 95 du D. O.C).
Il n'y a pas lieu à responsabilité civile dans le cas de légitime défense, ou lorsque le dommage
a été produit par une cause purement fortuite ou de force majeure, qui n'a été ni précédée, ni
accompagnée, d'un fait imputable au défendeur.
Article 264 : Les dommages sont la perte effective que le créancier a éprouvée et le gain dont
il a été privé, et qui sont la conséquence directe de l'inexécution de l'obligation. L'appréciation
des circonstances spéciales de chaque espèce est remise à la prudence du tribunal : il doit
évaluer différemment la mesure des dommages-intérêts, selon qu'il s'agit de la faute du
débiteur ou de son dol.
Nous verrons successivement les caractères (A) puis les différentes sortes de dommages (B).
A. les caractères du dommage
Pour être réparable, le dommage doit être certain et direct. A ces caractères, il faut ajouter
l’exigence d’un intérêt légitime.
a) Le dommage doit être certain
Un dommage est certain dès qu’il est réalisé. C’est le cas notamment lorsque la victime a
éprouvé une perte ou a manqué un gain. Mais, ce principe n’exclut pas la réparation du
préjudice futur s’il apparaît comme la prolongation certaine et directe d’un état de chose
actuel. Ainsi, en matière d’accident corporel entraînant une incapacité de travail, les
dommages-intérêts répareront le préjudice occasionné par le manque à gagner.
Yasser ABOUFATIMA 38
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
3. Le fait de la victime
Le fait de la victime peut être une cause d’exonération au même titre que le fait d’un tiers
(voir Article 89 et 88 du D.O.C).
En effet, si le fait de la victime a été imprévisible et irrésistible et il est la cause exclusive du
dommage, la responsabilité de l’auteur est dégagée, et le préjudice restera à la charge de la
victime.
Si la victime n’est que pour partie la cause de son propre dommage, il y aura en principe partage
de responsabilité au prorata de l’importance des fautes ou de leur rôle causal.
La responsabilité délictuelle sans faute prouvée peut être tantôt du fait d’autrui tantôt du fait
des choses.
L’article 85 dispose que le père et la mère après le décès du père sont responsables du
dommage causé par leurs enfants mineurs habitants avec eux.
L’article 85 dispose que le père, la mère, les autres parents, ou conjoints, répondent des
dommages causés par les insensés et autres infirmes d’esprit, même majeurs habitants avec
eux.
Ce texte prévoit essentiellement que les parents seront responsables des dommages causés par
les enfants aliénés mentaux, même lorsqu’ils sont majeurs à condition qu’ils habitent avec
eux ; il s’agit de la responsabilité de l’ensemble de la cellule familiale, car ils sont tous
responsables et en même temps la responsabilité est présumée. Les personnes responsables
peuvent s’exonérer en prouvant qu’ils ont exercés sur ces personnes toute la surveillance
nécessaire.
Article 85 bis
Les instituteurs et les fonctionnaires du service de la jeunesse et des sports sont responsables
du dommage causé par les enfants et jeunes gens pendant le temps qu'ils sont sous leur
surveillance.
Yasser ABOUFATIMA 41
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Les fautes, imprudences ou négligences invoquées contre eux, comme ayant causé le fait
dommageable, devront être prouvées conformément au droit commun par le demandeur à
l'instance.
a. Les conditions
Pour qu’il y ait responsabilité, il faut une chose, un fait de cette chose, un gardien de cette
chose.
1. Une chose
Hors celles qui sont soumises à un régime particulier de responsabilité, toutes les choses sont
concernées. Seules sont exclues :
- Les choses soumises à un régime spécial : animaux régis par l’article 86 du D.O.C, les
bâtiments régis par l’article 89 du D.O.C et les véhicules à moteur (loi du 2/10/1984);
- Le corps humain non considéré comme une chose.
2. Le fait de cette chose
Pour qu’il y ait responsabilité, il faut que la chose ait joué un rôle actif dans la production du
dommage. II faut donc établir le lien de causalité entre l’intervention de la chose et le
dommage
Exemple : Le conducteur d’une voiture qui déboîte brusquement de sa place de stationnement
obligeant ainsi un autre véhicule à se déporter sur la gauche et occasionnant de ce fait un
accident est responsable de ce dommage.
La chose doit jouer un rôle causal, c’est l’intervention de cette chose qui doit avoir vraiment
produit le dommage.
3. Un gardien de la chose
Le gardien de la chose est celui qui, selon la jurisprudence, à l’usage, la direction et le
contrôle de la chose. Elle n’a donc pas forcément la propriété mais ne saurait être non plus la
simple détention matérielle.
Exemples : Le salarié n’est pas en principe gardien des choses que lui a confiées son
employeur.
b. Les effets
Lorsque les conditions d’application de l’article 88 du D.O.C sont réunies, la victime
bénéficie d’une situation privilégiée : une présomption de responsabilité à l’encontre du
gardien de la chose qui est à l’origine du dommage.
La jurisprudence ne permet pas au gardien, pour se dégager, de se contenter d’établir qu’il n’a
commis aucune faute ou que la cause de l’accident est connue.
Il ne peut pour s’exonérer démontrer simplement qu’il a pris toutes les précautions nécessaires
ou qu’il s’est conduit en individu prudent et diligent.
En effet, selon une jurisprudence constante, la présomption de responsabilité établir par
l’article 88 ne peut être détruite que par la preuve de l’existence d’un cas fortuit ou de force
majeure ou d’une cause étrangère qui ne lui soit imputable.
1. La force majeure
Pour être exonéré, le gardien doit être en mesure de rattacher le préjudice du demandeur à un
évènement présentant les caractères suivants :
1. Le caractère d’extériorité
2. Le caractère d’imprévisibilité
3. Le caractère d’irrésistibilité
Yasser ABOUFATIMA 43
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Yasser ABOUFATIMA 44
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
SECTION I : LE TERME
PARAGRAPHE I : La notion :
usant de ce pouvoir avec une grande réserve, accorder des délais modérés pour le
paiement, et surseoir à l’exécution des poursuites, toutes choses demeurant en état ».
la règle est énoncée par l’article 243 du D.O.C tel qu’il a été complété par le Dahir du
18 mars 1917. On peut donc considérer que l’article 128 du D.O.C a été implicitement
abrogé par l’article 243 alinéa 2.
Ø Il peut être intéressant de rechercher en faveur de qui le terme a été prévu car il peut
jouer soit en faveur du créancier, soit en faveur des deux.
Normalement, c’est en faveur du débiteur que le terme joue puisqu’il consiste
précisément à retarder le moment où la date sera exigible. C’est l’hypothèse la plus
fréquente que le D.O.C érige en présomption : « Le terme est censé stipulé en faveur
du débiteur » article 135 du D.O.C.
Il en résulte que le bénéficiaire du terme peut, en principe, y renoncer unilatéralement
en exécutant sa prestation par anticipation. La renonciation à un droit étant toujours
possible, le débiteur peut accomplir sa prestation avant l’arrivée du terme (article 135
D.O.C.).
S’agissant du paiement d’une somme d’argent, la règle jour à moins que, à titre
exceptionnel, le créancier n’ait un inconvénient à encaisser avant l’arrivée du terme
(article 135). Mais, s’agissant d’autres prestations, les inconvénients pour le créancier
pourraient être plus sérieux (le fournisseur qui livre avant l’échéance peut causer des
problèmes et des fraies de gardiennage, d’emmagasinage …). C’est pourquoi la loi
décide que « si l’obligation n’a pas pour objet du numéraire, le créancier n’est tenu de
recevoir le paiement avant l’échéance que s’il y consent » (article 135).
Il arrive beaucoup plus rarement, que le terme soit stipulé dans l’intérêt du créancier.
Ainsi, dans le contrat de dépôt les parties peuvent convenir que la chose restera
déposée pendant un délai déterminé. Dans ce cas, le terme est stipulé dans l’intérêt du
déposant qui est créancier de l’obligation de restitution de la chose déposée, tel encore,
le bénéficiaire du terme pourra y renoncer et réclamera restitution avant l’arrivée du
terme convenu. Le dépositaire est en effet tenu de « restituer le dépôt au déposant
aussitôt que celui-ci le réclame, lors même que le contrat aurait fixé une date
déterminée pour la restitution » mais le dépositaire « ne peut obliger le déposant à
reprendre la chose avant le terme convenu, à moins de motifs graves » (article 704
D.O.C).
Enfin, le terme peut être établi dans l’intérêt commun des deux contractants et dans ce
cas, aucun des deux ne peut y renoncer unilatéralement. Il en est ainsi du prêt à intérêt,
Yasser ABOUFATIMA 46
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
SECTION II : La condition
La condition est un événement futur dont la réalisation est incertaine. Il s’agit d’une modalité
qui permet de lier l’existence ou l’extinction d’un contrat à un « événement futur incertain »
(article 107 D.O.C) qui se réalisera ou ne se réalisera pas.
Yasser ABOUFATIMA 47
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
1. Conditions de validité
L’événement dont dépend la réalisation ou l’extinction du contrat doit présenter certains
caractères :
La condition doit dépendre d’un événement futur et incertain. Il doit s’agit d’un
événement futur qui ne s’est pas encore réalisé « l’événement passé ou présent, mais
encore inconnu des parties, ne constitue pas condition ». (Article 107 D.O.C.).
Il doit s’agir aussi d’un événement incertain, c'est-à-dire d’un événement qui peut se
réaliser mais qui peut tout aussi bien ne pas se réaliser. « Ce qui caractérise
l’obligation conditionnelle, c’est l’incertitude, la doute qui planent sur son existence et
par- delà, sur l’existence du contrat ». Cette incertitude quant à la réalisation même de
l’événement est de l’essence de la condition et distingue la condition du terme.
La condition doit être possible. Toute condition d’une chose impossible…3 est nulle et
rend nulle l’obligation qui en dépend » (l’article 108 D.O.C) Cette exigence rejoint
celle de l’événement choisi est impossible et irréalisable, il n’y a plus d’incertitude
quant à la réalisation de la condition. La règle joue même si la condition, irréalisable
au moment où elle a été prévue, devenait possible ultérieurement (article 108) parce
que l’impossibilité s’apprécie au jour de l’accord.
La condition doit être licite : »Toute condition d’une chose … contraire aux bonnes
mœurs ou à la loi est nulle et rend nulle obligation qui en dépend » (article 106
D.O.C). Il nuement illicite ou contraire à l’ordre public. Il en est ainsi des conditions
qui ont pour effet de « restreindre ou d’interdire l’exercice des droits et facultés
appartenant à toute personne humaine, telles que celles de se marier, d’exercer ses
droits civils » (article 111 D.O.C).
La condition doit être utile : « Est nulle et non avenue la condition qui ne présente
aucune utilité appréciable, soit pour son auteur ou pour toute autre personne, soit
relativement à la matière de l’obligation » (article111 D.O.C).
Yasser ABOUFATIMA 48
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2. Les effets
Du point de vue des effets, il convient de distinguer suivant qu’il s’agit d’une condition
suspensive ou d’une condition résolutoire.
1. Condition suspensive
Pour déterminer les effets de la condition suspensive, il convent de se placer successivement à
deux moments :
Pendant la période d’incertitude et tant que la condition est pendante, les obligations qui
trouvent leur source dans le contrat n’existent pas encore à proprement parler. C’est pourquoi
le créancier ne peut exiger le parlement et, si le débiteur sous condition s’acquitte de sa dette.
On considérera qu’il a payé ce qu’il ne devait pas, alors que la aussi, si la chose vient à périr
entièrement, alors que la condition est toujours pendante et sans la faute du débiteur, les
risques sont pour ce dernier (article 120 D.O.C).
Dans ces conditions ; peut-on dire que le contrat est formé ou qu’il n’est pas formé.
Ainsi, lorsque l’obligation est contractée sous la condition qu’un événement arrivera dans un
temps fixé, la condition est censée défaille lorsque le délai expire sans que l’événement se
réalise (article 117 D.O.C). Mais si aucun terme n’a été fixé, la condition peut toujours se
Yasser ABOUFATIMA 49
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
réaliser et n’est censée défaillir que lorsqu’il est établi que l’événement ne se réalisera pas
(article 117 D.O.C).
De même, lorsqu’une obligation est contractée sous la condition qu’un événement n’arrivera
pas dans un temps fixé, cette condition est censée accomplie lorsque le délai expire sans que
l’événement ne soit réalisé. La condition est également accomplie si, avant l’expiration du
délai. Il est certain que l’événement n’arrivera pas. Mais, si aucun délai n’a été prévu, la
condition n’est accomplie que lorsqu’il est certain que l’événement n’arrivera pas (article 118
D.O.C).
Si la condition ne se réalise pas ‘le prêt n’a pas été obtenu, l’autorisation a été refusée…), tout
se passe comme si l’obligation conditionnelle n’avait jamais existé. Le contrat ayant été
suspendu à la réalisation d’un événement incertain qui ne se réalise pas, tout se passe comme
s’il n’y avait rien eu. Il y a donc effacement rétroactif des rapports ayant existé entre les
parties et du contrat projeté.
2. Condition résolutoire
Le contrat sous condition résolutoire produit normalement effet comme s’il n’était affecté
d’aucune modalité particulière car la condition résolutoire affecte non pas la mise en œuvre
du contrat, mais son extinction. Tant que la condition est pendante, le contrat affecté une
condition résolutoire va produire ses effets comme un contrat ordinaire (article 121 D.O.C).
L’acheteur sous condition résolutoire devient ainsi propriétaire dès la formation du contrat
même si son droit de propriété reste menacé d’anéantissement.
S’il est établi que la condition ne se réalisera pas, le contrat se trouve à l’abri de la menace
d’anéantissement et les effets qu’il va pu produire se trouvent confirmées et consolidés.
Par contre, si la condition résolutoire se réalise, le contrat cesse de produire effet et ses effets
antérieurs sont rétroactivement effacés. Par des restitutions réciproques, les parties devront
donc remettre les choses en l’état où elles se trouvaient avant le contrat.
Article 141
En cas d'obligation alternative, chacune des parties peut se réserver le choix dans un délai
déterminé. L'obligation est nulle, lorsqu'elle n'exprime pas la partie à laquelle le choix a été
réservé.
Article 142
Le choix est opéré par la simple déclaration faite à l'autre partie ; dès que le choix est fait,
l'obligation est censée n'avoir eu pour objet, dès le principe, que la prestation choisie.
Yasser ABOUFATIMA 50
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
B – Le transfert du choix
Article 144
Si le créancier est en demeure de faire son choix, l'autre partie peut demander au tribunal de
loi imparti un délai raisonnable pour se décider ; si ce délai expire sans que le créancier ait
choisi, le choix appartient au débiteur.
Article 145
Si la partie qui avait la faculté de choisir meurt avant d'avoir choisi, le droit d'option se
transmet à ses héritiers pour le temps qui restait à leur auteur. Si elle tombe en état
d'insolvabilité déclarée, le choix appartient à la masse des créanciers.
Article 146
Le débiteur se libère en accomplissant l'une des prestations promises ; mais il ne peut pas
forcer le créancier à recevoir une partie de l'une et une partie de l'autre.
Le créancier n'a droit qu'à l'accomplissement intégral de l'une des prestations, mais il ne peut
pas contraindre le débiteur à exécuter une partie de l'une et une partie de l'autre.
Article 147
Lorsque l'un des modes d'exécution de l'obligation devient impossible ou illicite, ou l'était
déjà dès l'origine de l'obligation, le créancier peut faire son choix parmi les autres modes
d'exécution, ou demander la résolution du contrat.
Article 148
L'obligation alternative est éteinte, si les deux prestations qui en font l'objet deviennent
impossibles en même temps, sans la faute du débiteur, et avant qu'il soit en demeure.
Article 149
Si les deux prestations comprises dans l'obligation deviennent impossibles en même temps par
la faute du débiteur, ou après sa mise en demeure, il doit payer la valeur de l'une ou de l'autre,
au choix du créancier.
Article 151
Si l'une des prestations comprises dans l'obligation devient impossible par la faute du
créancier, il doit être considéré comme ayant choisi cet objet, et ne peut plus demander celui
qui reste.
Yasser ABOUFATIMA 51
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 152
Si les deux prestations deviennent impossibles par la faute du créancier, il est tenu
d'indemniser le débiteur de celle qui est devenue impossible la dernière ou, si elles sont
devenues impossibles en même temps, de la moitié de la valeur de chacune d'elles.
Article 153
La solidarité entre les créanciers ne se présume pas ; elle doit résulter de l'acte constitutif ou
de la loi, ou être la conséquence nécessaire de la nature de l'affaire.
Cependant, lorsque plusieurs personnes stipulent une seule prestation conjointement et par le
même acte, elles sont censées avoir stipulé solidairement, si le contraire n'est exprimé ou ne
résulte de la nature de l'affaire.
Article 154
L'obligation est solidaire entre les créanciers, lorsque chacun d'eux a le droit de toucher le
total de la créance, et le débiteur n'est tenu de payer qu'une seule fois à l'un d'eux. L'obligation
peut être solidaire entre les créanciers, encore que la créance de l'un soit différente de celle de
l'autre, en ce qu'elle est conditionnelle ou à terme, tandis que la créance de l'autre est pure et
simple. Article 155
L'obligation solidaire s'éteint à l'égard de tous les créanciers par le payement, ou la dation en
payement, la consignation de la chose due, la compensation, la novation, opérés à l'égard de
l'un des créanciers.
Le débiteur qui paye au créancier solidaire la part de celui-ci est libéré, jusqu'à concurrence de
cette part, vis-à-vis des autres.
Article 156
La remise de la dette, consentie par l'un des créanciers solidaires, ne peut être opposée aux
autres ; elle ne libère le débiteur que pour la part de ce créancier.
La confusion qui s'opère dans la personne de l'un des créanciers solidaires et du débiteur
n'éteint l'obligation qu'à l'égard de ce créancier.
Yasser ABOUFATIMA 52
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 157
Article 158
La prescription accomplie contre un créancier solidaire ne peut être opposée aux autres.
Article 160
La transaction intervenue entre l'un des créanciers et le débiteur profile aux autres, lorsqu'elle
contient la reconnaissance du droit ou de la créance ; elle ne peut leur être opposée lorsqu'elle
contient la remise de la dette ou lorsqu'elle aggrave 1a position des autres créanciers, à moins
qu'ils n'y aient accédé.
Article 164
La solidarité entre les débiteurs ne se présume point ; elle doit résulter expressément du titre
constitutif de l'obligation, de la loi, ou être la conséquence nécessaire de la nature de l'affaire.
Article 165
La solidarité est de droit dans les obligations contractées entre commerçants, pour affaires de
commerce, si le contraire n'est exprimé par le titre constitutif de l'obligation ou par la loi.
Article 166
Il y a solidarité entre les débiteurs, lorsque chacun d'eux est personnellement tenu de la
totalité de la dette, et le créancier peut contraindre chacun des débiteurs à l'accomplir en
totalité ou en partie, mais n'a droit à cet accomplissement qu'une seule fois.
Article 167
L'obligation peut être solidaire, encore que l'un des débiteurs soit obligé d'une manière
différente des autres, par exemple, si l'un n'est obligé que conditionnellement ou à terme,
tandis que l'obligation de l'autre est pure et simple. L'incapacité de l'un des débiteurs ne vicie
point l'engagement contracté par les autres.
Article 169
Le payement, la dation en payement, la consignation de la chose due, la compensation opérée
entre l'un des débiteurs et le créancier libèrent tous les autres coobligés.
Article 170
La demeure du créancier à l'égard de l’un des coobligés produit ses effets en faveur des
autres.
Yasser ABOUFATIMA 53
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 171
La novation opérée entre le créancier et l'un des coobligés libère les autres, à moins que ceux-
ci n'aient consenti à accéder à la nouvelle obligation.
Article 172
La remise de la dette faite à l'un des débiteurs solidaires profile à tous les autres, à moins que
le créancier n'ait expressément déclaré ne vouloir faire remise qu'au débiteur et pour sa part :
dans ce cas, les autres codébiteurs n'ont de recours contre celui à qui la remise a été faite que
pour sa contribution à la part des insolvables.
Article 174
La transaction faite entre le créancier et l'un des coobligés profite aux autres, lorsqu'elle
contient la remise de la dette ou un autre mode de libération. Elle ne peut les obliger ou
aggraver leur condition, s'ils ne consentent à y accéder.
Article 175
La confusion qui s'opère dans la personne du créancier et de l'un des codébiteurs n'éteint
l'obligation que pour la part de ce débiteur.
Article 176
Les poursuites exercées par le créancier contre l'un des débiteurs solidaires ne s'étendent pas
aux autres débiteurs, et n'empêchent pas le créancier d'en exercer de pareilles contre eux.
La prescription de la dette accomplie par l'un des débiteurs ne profite pas aux autres.
Article 177
La faute ou la demeure de l'un des débiteurs solidaires ne nuit pas aux autres, la déchéance du
terme encourue par l'un des débiteurs dans les cas prévus en l'article 139 ne produit ses effets
que contre lui ; la chose jugée ne produit ses effets qu'en faveur du débiteur qui a été partie au
procès et contre lui : le tout, si le contraire ne résulte du titre constitutif de l'obligation ou de la
nature de l'affaire.
Article 178
Les rapports entre codébiteurs solidaires sont régis par les règles du mandat et du
cautionnement.
Article 179
L’obligation contractée solidairement envers le créancier se divise de plein droit entre les
débiteurs.
Le codébiteur d'une dette solidaire, qui l'a payée ou compensée en entier, ne peut répéter
contre les autres que les parts et portions de chacun d'eux.
Si l'un d'eux se trouve insolvable ou absent, sa part se répartit par contribution entre tous les
autres débiteurs présents et solvables, sauf leur recours contre celui pour qui ils ont payé : le
tout, à moins de stipulation contraire.
Article 180
Si l'affaire pour laquelle l'obligation solidaire a été contractée ne concerne que l'un des
coobligés solidaires, celui-ci est tenu de toute la dette vis-à-vis des autres codébiteurs ; ces
derniers ne sont considérés, par rapport à lui, que comme ses cautions.
Yasser ABOUFATIMA 54
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 181
1- Par la nature de la prestation qui en fait l'objet, lorsqu'elle consiste en une chose ou un fait
qui n'est pas susceptible de division, soit matérielle, soit intellectuelle ;
Article 182
Lorsque plusieurs personnes doivent une obligation indivisible, chacune d'elles est tenue pour
le total de la dette.
Article 185
L'interruption de la prescription, opérée par l'un des créanciers d'une obligation indivisible,
profite aux autres ; l'interruption opérée contre l'un des débiteurs produit ses effets contre les
autres.
Article 186
L'obligation qui est susceptible de division doit être exécutée, entre le créancier et le débiteur,
comme si elle était indivisible.
On n'a égard à la divisibilité que par rapport à plusieurs coobligés, qui ne peuvent demander
une dette divisible et ne sont tenus de la payer que pour leur part.
La même règle s'applique aux héritiers. Ceux-ci ne peuvent demander et ne sont tenus de
payer que leur part de la dette héréditaire.
Article 187
La divisibilité entre les codébiteurs d'une dette divisible n'a pas lieu :
Lorsque la dette a pour objet la délivrance d'une chose déterminée par son individualité, qui se
trouve entre les mains de l'un des débiteurs ;
Lorsque l'un des débiteurs est chargé seul, par le titre constitutif ou par un titre postérieur, de
Yasser ABOUFATIMA 55
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
l'exécution de l'obligation ;
Dans les deux cas, le débiteur qui possède la chose déterminée ou qui est chargé de
l'exécution peut être poursuivi pour le tout, sauf son recours contre ses codébiteurs, dans le
cas où le recours peut avoir lieu.
Article 188
Dans les cas énumérés en l'article précédent, l'interruption de la prescription, opérée contre le
débiteur qui peut être poursuivi pour la totalité de la dette, produit ses effets contre les autres
coobligés.
Yasser ABOUFATIMA 56
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Il s’agit d’une opération fréquente qui consiste à faire passer l’obligation d’un titulaire à un
autre qu’il s’agisse du créancier ou du débiteur. L’étendue (Section I) et les modes de la
transmission des droits (Section II) sont très variés.
2 Sont ayants cause à titre particulier les personnes qui reçoivent de leur auteur un ou plusieurs droits déterminés
*
On dénomme ayant couse à titre universel, ceux qui reçoivent une quotité du patrimoine de leur auteur toute en ayant
vocation à en percevoir la totalité, par exemple, deux enfants héritant de leur père.
Yasser ABOUFATIMA 57
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Seule, ici nous intéresse la substitution juridique d’une personne à une autre dans un rapport
d’obligation dont il nous faut préciser les sources (a) et les effets (b).
Exemple : (A) doit une somme d’argent à (B), (C) paye (B) à la place de (A), (A) doit
remboursement à (C) qui prend la place de(B).
Par cet exemple, et à moins qu’il n’ait agi dans une intention libérale (c) dispose d’un recours
contre(A). Il est en premier lieu titulaire d’une action qui lui est propre, née du mandat de
payer que lui avait peut-être donné le débiteur ou de la gestion d’affaire si les conditions de
celle-ci sont réunies ou encore de l’enrichissement sans cause, le payement de (C) à (B) ayant
profité à (A). Mais, ces actions peuvent s’avérer dépourvues d’efficacité si le débiteur est
insolvable. Dans ce cas, (C) peut avoir intérêt à être subrogé dans les droits du créancier ce
qui lui permettrait de bénéficier des sûretés dont la créance était peut-être assortie (privilège,
hypothèque, cautionnement) et d’exercer contre le débiteur l’action même du créancier.
2. La subrogation légale.
L’article 214du D.O.C. prévoit de manière limitative les hypothèses dans lesquelles la
subrogation se produit de manière automatique. Deux séries de situations méritent d’être
distinguées selon que celui qui paye le créancier était lui-même tenu ou non de la dette.
2.1. Le solvens était tenu de la dette
On peut ranger dans cette catégorie les cas visés par les articles suivants :
- L’article 214, al.2 dispose que la subrogation a lieu de plein droit au profit de l’acquéreur
Yasser ABOUFATIMA 58
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
d’un immeuble jusqu’à concurrence du prix de son acquisition lorsque ce prix a servi à payer
des créanciers auxquels cet immeuble était hypothéqué
Exemple : une personne achète un immeuble grevé d’une hypothèque. Afin d’éviter la saisie
de l’immeuble, l’acquéreur versera au créancier hypothécaire le montant du prix de son
acquisition en vue de le désintéresser. Il sera alors automatiquement subrogé dans les droits de
ce créancier. En d’autres termes, il aura une hypothèque sur son propre immeuble ce qui
revient à la neutraliser.
L’acte 214, al.3 : la subrogation a lieu de plein droit également « au profit de celui qui a payé
une dette dont il était tenu avec le débiteur ou pour lui comme le débiteur solidaire, caution,
cofidéjusseur commissionnaire ».
- Si la personne engagée avec le débiteur ou pour lui a payé le créancier, elle est
automatiquement subrogée dans les droits de celui-ci. Ainsi pourrait-elle notamment utiliser
les sûretés dont la créance était assortie lorsqu’elle se retournera contre les coobligés en
proportion de la fraction de la dette qu’ils supportent, (article 179), ou contre le débiteur
principal.
2.2. Le solvens n’était pas tenu de la dette
L’article 214, aI, 1 : la subrogation a lieu de plein droit « au profit du créancier soit
hypothécaire ou gagiste soit chirographaire remboursant un autre créancier même postérieur
en date qui lui est préférable à raison de ses privilèges, de ses hypothèques ou de son gage’’
Est envisagée par ce texte l’hypothèse où, parmi les divers créanciers d’un même débiteur,
l’un, faute d’hypothèque ou de privilège d’un rang satisfaisant désintéresse l’autre ou les
autres mieux placés que lui. Le solvens est alors subrogé dans les droits du ou des co-
créanciers désintéressés.
L’article 214, al. 4 : la subrogation a lieu de plein droit « au profit de celui qui, sans être tenu
personnellement de la dette, avait intérêt à son extinction et, par exemple, en faveur de celui
qui a fourni le gage ou l’hypothèque ».
b) Les effets de la subrogation
Ils sont identiques quelle que soit la source de la subrogation et se traduisent par la
substitution du subrogé au créancier.
Ø Le principe de la substitution du subrogé au créancier.
Le subrogé est mis à la place du créancier payé. Il en reçoit la créance avec tous ses
accessoires : caution, gage, hypothèque ainsi que toutes les actions qui l’assortissent
(action en résolution, titre exécutoire).
En passant au subrogé, la créance ne perd pas sa nature originaire (caractère civil ou
commercial). Inversement, le subrogé pourra se voir opposer par le débiteur les
moyens de défense que celui-ci aurait pu opposer au créancier initial,
Ø La portée de la substitution du subrogé au créancier.
A la subrogation du subrogé au créancier payé, il existe certaines limites :
a. Le subrogé n’a d’action contre le débiteur qu’en proportion de ce qu’il a
effectivement payé au créancier.
b. En vue du paiement partiel, le créancier qui a été payé en partie et le tiers qui
l’a payé, concourent ensemble dans l’exercice de leurs droits contre le débiteur
à proportion de ce qui est dû à chacun (article 215).
Yasser ABOUFATIMA 59
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
B. La cession de créance.
La cession de créance est le contrat par lequel une
personne, le cédant, transmet le bénéfice d’une créance à une autre personne, le cessionnaire
(article 185 et s. du D.O.C.).
La cession de créance constitue une opération d’une grande utilité pratique. Elle permet au
titulaire d’une créance, à terme d’obtenir immédiatement des disponibilités d’un tiers à qui il
la cède.
a) Conditions de la cession de créance
L’accord du cédant et du cessionnaire doit être complété par une formalité destinée à informer
les tiers.
Ø Les conditions de validité de la convention entre cédant et cessionnaire
La cession de créance est un contrat consensuel auquel s’appliquent les règles
habituelles de formation du contrat (article 194 du D.O.C.).
La cession est réalisée dès l’accord des volontés. Aucune condition de forme n’est
requise.
La cession peut, en principe porter sur n’importe quelle créance y compris à terme ou
conditionnelle. II existe cependant des créances déclarées incessibles par la loi :
créance alimentaire, fraction insaisissable du salaire et des créances intuitu personne
(pension d’invalidité).
Yasser ABOUFATIMA 60
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Yasser ABOUFATIMA 61
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Peu importe que le délégué paye ou non le délégataire à l’échéance de la dette, le délégataire
ne dispose point d’un recours contre le déléguant. Celui-ci est définitivement libéré, il ne
répond pas de l’insolvabilité du délégué.
b) Exceptions
Aux termes de l’article 224 du D.O.C., la délégation ne libère point le déléguant et le
délégataire a recours pour le montant de sa créance et ses accessoires :
- Lorsque l’obligation du délégué est déclarée inexistante ou est résolue pour l’une des causes
de nullité ou de résolution établies par la loi.
- Lorsque le débiteur oppose au nouveau créancier des exceptions relatives à la capacité de
la personne, à condition que les exceptions soient fondées au moment où il a accepté la
délégation et qu’il les ignore à ce moment (art. 354 du D.O.C.).
- Lorsque le débiteur délégué démontre qu’il s’est déjà libéré avant d’avoir eu
connaissance de la délégation.
Yasser ABOUFATIMA 62
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
L’article 230 du DOC précise que : « les obligations contractuelles valablement formées
tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites... ».
Ce texte établit un rapprochement suggestif (qui donne l’impression) entre la loi et le contrat,
et fonde le principe de la force obligatoire du contrat qui signifie que le contrat s’impose aux
parties et au juge avec la même force que la loi.
L’article 228 du DOC dispose : « les obligations n’engagent que ceux qui ont été partis à
l’acte... ».
La qualité de partie s’applique aux personnes qui échangent leur consentement pour produire
les effets de droit qu’elles définissent par leur convention.
La qualification de partie s’applique donc à tous ceux qui, en personne, donnent leur
consentement au contrat, ceux qui matériellement signent l’acte établi pour constater la
convention.
L’ayant cause à titre universel (l’héritier) est celui qui se voit transférer l’ensemble du
patrimoine ou une cote part du patrimoine.
L’ATU est assimilé au défunt, c'est-à-dire que lorsque le défunt était lié par le contrat ou était
créancier à raison d’un contrat, l’héritier sera lié ou deviendra créancier dans les mêmes
conditions.
C’est ce qu’affirme l’article 229 du DOC qui dit:«les obligations ont effet non seulement
entre les parties mais aussi entre les héritiers... ».
Mais ce principe de la substitution appelle des exceptions et des correctifs prévus par le même
article qui ajoute : « ...à moins que le contraire ne résulte de la nature de l’obligation... ». Il
s’agit du contrat intuitu personae.
L’article 229 du DOC précise aussi que : « ...la transmission à lieu à moins que le contraire ne
résulte de la loi... ». Exemple : les articles 745 et 929 du DOC.
L’article 229 du DOC ajoute que : « ...la règle ne joue à moins que le contraire ne soit
Yasser ABOUFATIMA 63
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
exprimé... ».
L’article 229 du DOC précise que : « ...en cas de transmission des obligations, les héritiers ne
sont tenus que jusqu’à concurrence des forces héréditaires, et proportionnellement à
l’émolument de chacun d’eux... (les héritiers ne payent que jusqu’à concurrence de ce qu’ils
ont reçu) ».
L’article 230 du DOC précise que « les obligations ... faites », cela veut dire que dans les
rapports des parties, le contrat s’impose avec la même force que la loi.
Cette force obligatoire signifie qu’il y sera éventuellement contraint par l’autorité publique
(juge) qui veille au respect du contrat comme l’observation de la loi.
L’article 230 du DOC stipule que : « les obligations ... ne peuvent être révoquées que de leur
consentement mutuel... », cela veut dire que le contractant ne peut rompre unilatéralement le
contrat car il est lié.
Tel est le principe de cette irrévocabilité qui apparait comme un corollaire de la force
obligatoire car ce qui a été créé par la volonté des parties ne peut être détruit que par leur
commune volonté.
La question de la révocation par consentement mutuel est traitée par le DOC sous le titre de la
résiliation volontaire dans les articles 393 à 398 du DOC.
Ainsi, dans les contrats conclus pour une durée illimitée, la faculté de résiliation unilatérale
s’impose en vertu du respect de la liberté individuelle ou encore dans les contrats qui
supposent entre les parties un rapport mutuel de confiance.
L’article 231 du DOC précise que : « tout engagement doit être exécuté de bonne foi et oblige
non seulement à ce qui est exprimé mais encore à toutes les suites que la loi, l’usage ou
l’équité donnent à l’obligation d’après sa nature ».
Yasser ABOUFATIMA 64
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Interpréter le contrat c’est en déterminer le sens, plus précisément déterminer les obligations
qui l’ont fait naitre. A supposer que les parties soient en désaccord sur ce point, c’est
évidement aux tribunaux qu’ils appartiennent d’en décider, encore faut-il savoir selon quelle
règle ceci doit procéder à cette interprétation ? Quels sont les pouvoirs du juge de fond et la
cour suprême ?
Pour interpréter le contrat, le juge se trouve en présence de deux méthodes antagonistes et qui
sont :
1- La méthode subjective.
2- La méthode objective.
ère
La 1 est directement inspirée par la théorie de l’autonome de la volonté, elle fait du juge le
serviteur de la volonté des parties dans la mesure où il doit rechercher qu’elle a été la
commune intention des parties. Il convient donc de dépasser la lettre du contrat pour
découvrir leurs volontés réelles.
Le droit positif marocain, ne retient pas l’une ou l’autre des ces méthodes à titre exclusif. Il
les combines et de ce fait elles sont complémentaires.
Cependant, à la lecture des articles 2, 21, et 461 du DOC, on constate que notre code s’inspire
davantage de la méthode objective.
Toutefois, le recours à la méthode subjective n’a pas pour autant été écartée. Pour s’en rendre
compte, il suffit de lire l’article 462 qui dit que : « lorsque la rédaction du contrat se trouve
entachée d’obscurité, d’ambigüité ou de contradiction, le juge doit dans ce cas « rechercher
qu’elle a été la volonté des parties sans s’arrêter au sens littéral des termes ou à la construction
des phrases ».
On peut dire que lorsque le contrat est clair et précis, il s’impose au juge dans les termes où il
a été rédigé, et lorsque la rédaction est obscure et ambigüe ou contradictoire, il y a lieu à
interprétation et le juge devra rechercher la volonté réelle des parties.
Yasser ABOUFATIMA 65
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Afin d’y arriver, sans pour autant dénaturer le contrat, le législateur prévoit certaines
dispositions contenues dans les articles 463, 464 et 465 du DOC. Ces dispositions stipulent
que le juge doit combler les lacunes du contrat par référence aux usages du lieu ou de la
profession et par tout élément qui résulte de la nature de l’acte.
Le principe est que l’interprétation du contrat est une question de fait qui relève de
l’appréciation souveraine des juges de fond.
Cette mission s’explique par le fait qu’il s’agit d’une recherche de la volonté qui est toujours
particulière à tel ou tel espèce alors que l’un des caractères fondamentaux de la règle de droit
est la généralité.
Cette interprétation souveraine par les juges de fond connait certaines limites.
- Dans un premier lieu, la cour suprême se reconnait le pouvoir de censurer la décision des
juges de fond lorsque ceux-ci ont dénaturé une clause claire et précise qui n’en est pas
réellement à interprétation.
Tout contrat dont l’exécution s’échelonne (dure) dans le temps expose les parties à un aléa
(risque) car les obligations ont été fixé en considération des circonstances économiques
contemporaines de l’échange des consentements et que celles-ci se transforment
profondément et les prestations réciproques originairement égales vont se trouver
déséquilibrées.
La prestation pécuniaire devient alors dérisoire (sans importance) par rapport à celle dont elle
forme la contrepartie. C’est le problème de l’imprévision qui divise depuis longtemps la
doctrine en deux courants opposés : un courant favorable à la révision et un autre courant
hostile (défavorable) à la révision pour cause d’imprévision.
er
- En ce qui concerne le 1 courant, ses défenseurs trouvent injuste et immoral de maintenir
un débiteur dans les liens d’un contrat dont l’exécution est devenue trop onéreuse. Il s’appuie
sur un principe d’équité de justice contractuelle.
ème
- Pour le 2 courant, lequel est hostile à la théorie de la révision, ses défenseurs estiment
Yasser ABOUFATIMA 66
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
qu’il n‘appartient pas au juge modifier ou de réviser la loi contractuelle et les engagements
contractuels devront donc être exécutés en dépit du changement des circonstances
économiques d’autant plus qu’on ne peut fonder la révision ni sur la lésion ni sur la force
majeure.
Le droit marocain opte pour l’interdiction de la révision du contrat par le juge pour cause
d’imprévision.
Cependant, les parties peuvent inclure dans le contrat des clauses de révision tout en
déterminant les conditions et les modalités de leurs choix qui consistent par exemple : en cas
de réalisation de l’événement de négocier un nouvel accord ou de recourir à un tiers et en
dernier lieu recourir au juge. Ce dernier sera tenu de respecter les termes de la clause de
révision et devra réajuster le contrat conformément aux critères retenus par les parties. Les
parties peuvent également prévoir dans le contrat une clause d’indexation qui permet une
adaptation automatique des obligations aux fluctuations économiques.
Il faut préciser également que le législateur intervient dans certains cas précis, afin
d’organiser la possibilité d’un recours au juge en vue d’adapter le contrat à l’évolution des
conditions économiques.
La simulation est le fait de créer une fausse apparence dans la conclusion d’un contrat. Les
parties rédigent souvent un contrat simulé destiné à créer l’apparence de convention
différente, autrement dit, la situation apparente ne correspond pas à la situation réelle.
- Des simulations sur la nature du contrat, notamment pour échapper aux règles spéciales de
donation, on distingue une donation d’un bien sous l’apparence mensongère d’une vente en
lui supposant un prix fictif.
- Des simulations sur le montant d’une créance contractuelle, elles sont généralement dirigées
contre le fisc, exemple : pour la vente d’un immeuble, on diminue les droits de mutation en
supposant mensongèrement dans l’acte qu’on a fait enregistrer un prix inférieur à la vérité (au
prix réel). Cette simulation reste souvent occulte (cachée, secrète) et si elle apparait le fisc
réagit sévèrement.
- La simulation peut porter sur l’existence même du contrat, dans l’acte apparent, il s’agirait
même d’une vente qui est en fait fictive quand cela est stipulé dans la contre-lettre.
En principe, les rapports des parties obéissent à leur véritable contrat même si elles le cachent
Yasser ABOUFATIMA 67
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
aux tiers.
A l’acte mensonger rédigé pour créer l’apparence du contrat simulé, les parties joignent
généralement à cet effet un écrit secret indiquant leur véritable convention et appelé contre-
lettre. Grâce à lui, elles peuvent démasquer le mensonge et chacune est en droit de corriger
entre elles l’acte simulé.
On appelle donc contre lettre une convention secrète entre les parties contractantes afin de
rétablir la situation véritable qu’elles ont volontairement indiqué de façon inexacte dans un
acte ostensible (apparent, visible).
La contre-lettre suppose deux conventions contradictoires conclues entre les mêmes parties,
l’une étant entachée de simulation, l’autre rétablissant la vérité. La première était destinée à
être connu des tiers, la seconde devait être tenue secrète.
Cela revient à dire qu’il y a une certaine concertation et un accord des deux parties au niveau
du mensonge et non pas le mensonge de la part d’une seule partie, lequel nous conduirait vers
le dol.
D’un autre côté, la contre-lettre doit être distinguée de la modification conventionnelle d’un
contrat antérieurement conclu.
Dans l’intention des parties, la convention apparente n’a jamais été prise au sérieux, seule la
contre-lettre doit compter. Autrement dit, l’acte secret doit être contemporain de l’acte
apparent, et enfin l’acte apparent ne doit en aucun cas révéler l’accord secret.
En principe, la simulation n’est pas en soi une cause de nullité des contrats.
Les parties sont en principe liées par leur convention, laquelle comprend et l’acte apparent et
la contre-lettre (l’acte secret).
Cependant, il y a des cas où la nullité frappe soit l’acte secret soit la convention toute entière
(acte secret + acte apparent).
En effet, l’acte secret est nul quand il concerne le prix dans les ventes, et cette nullité de la
convention peut entacher la validité de la simulation.
On applique le droit commun des contrats et particulièrement l’article 22 du DOC qui dit : «
les contre-lettres ou autres déclarations écrites n’ont d’effets contre les parties contractantes et
leurs héritiers... ».
En conséquence, c’est la contre-lettre seule qui règle les rapports des parties entre elles
puisque la contre-lettre seule contient l’expression de l’accord de leur volonté.
Yasser ABOUFATIMA 68
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Il convient de citer l’article 22 du DOC et qui précise à ce propos que : « ...les contre- lettres
ne peuvent être opposées aux tiers s’ils n’ont n’en eu connaissance, les ayants cause et les
successeurs à titre particulier sont considérés comme tiers... ».
1- Les créanciers et les ayants cause des parties ont le droit d’invoquer la contre- lettre lorsque
tel est leur intérêt.
Ils écartent alors l’effet de l’acte apparent en traitant leur opposé en démontrant la simulation.
2- Les créanciers ou ayants cause à titre particulier peuvent aussi, lorsque tel est leur
intérêt, méconnaitre et ignorer la contre-lettre, ainsi les créanciers ou les ayants cause
à titre particulier de l’acheteur apparent invoqueront l’acte ostensible (apparent) pour
considérer leur débiteur ou leur auteur comme étant devenu propriétaire, grâce à quoi
les premiers (créanciers) pourront saisir l’immeuble et les seconds verront valider les
droits qui leur ont été transmis sur ce bien.
Yasser ABOUFATIMA 69
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Le contrat ne peut nuire ni profiter aux tiers, tel est le principe de la relativité du contrat.
Ce principe de relativité du contrat appelle une définition précise qui en marque les limites. Il
n’y ait dérogé que de façon exceptionnelle.
Le principe de l’effet relatif des contrats signifie qu’un contrat ne peut créer le droit et
d’obligation qu’au profit et à l’encontre de ceux qui y sont partis pour avoir leur
consentement.
Le contrat crée une sphère d’activité juridique qui ne saurait être étendue aux tiers pour les
rendre créanciers ou débiteurs.
Cependant, pour énoncer le principe de l’effet, la loi oppose expressément les parties et les
tiers.
Les parties sont donc toutes les personnes dont la volonté a été déterminante en vue de la
conclusion du contrat alors que les tiers sont tous les autres.
Les tiers absolus sont des personnes complètement étrangères au contrat et aux contractants.
Il est certes vrai que selon le principe de l’effet relatif du contrat, le contrat ne profite point
aux tiers et ne leur nuit, mais le texte qui prévoit ce principe ne peut pour autant autoriser les
tiers à méconnaitre ou à ignorer l’existence du contrat.
Cela tient à ce que le contrat est un fait social dont chacun doit tenir compte, c’est ce qui
explique que le principe de l’effet relatif se trouve ainsi complété par un autre principe
général d’opposabilité du contrat aux tiers.
1- Le contrat est opposé par une partie à un tiers. 2- C’est un tiers qui se prévaut du contrat
envers une partie.
Les tiers doivent respecter le contrat conclu entre les parties. Cela ne veut pas dire que le tiers
Yasser ABOUFATIMA 70
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
doit exécuter le contrat mais ne doit rien faire qui puisse nuire à l’exécution de celui-ci. Le
tiers ne doit intervenir dans le contrat et surtout, ne doit pas être complice dans la violation
d’une obligation contractuelle.
Exemple 1 : Dans un contrat de travail, lorsqu’un salarié est lié à son employeur par un
contrat de travail, les autres employeurs (tiers) doivent respecter ce contrat et ne pas
embaucher ce salarié pendant la durée de son contrat.
S’il propose au salarié de l’embaucher malgré le contrat, il ferait en sorte que le salarié
n’exécute pas son contrat, ce deuxième employeur est complice de cette violation.
Ces divers exemples font nettement apparaître l’opposabilité du contrat aux tiers, ceux-ci se
voient interdire sous peine d’engager leur responsabilité, l’établissement d’un lien de droit
concurrent avec l’une des parties au contrat.
L’opposabilité du contrat aux tiers n’est en principe subordonnée qu’à une condition que le
tiers est en connaissance du contrat générateur de l’obligation violée. Cette connaissance
suffit pour constituer le tiers en faute et engager sa responsabilité selon les principes de la
responsabilité délictuelle, quant à la sanction de cette responsabilité consiste en une
condamnation à des dommages et intérêts au bénéfice du créancier dont le droit a été
méconnu.
Le tiers peut fonder une augmentation sur l’existence d’un contrat auquel il n’a pas été parti.
- Situation 1 : Lorsque le tiers invoque le fait qu’un contrat a transmis un droit, exemple : une
personne achète un objet, or celui qui avait vendu à son vendeur cet objet, estime qu’il en est
toujours propriétaire et invoque donc la nullité de l’achat pour la raison que nul ne peut
transmettre plus de droits qui en a.
- Situation 2 : Le tiers invoque un contrat auquel il ne fait pas partie. Lorsque les héritiers
d’une personne qui a eu un accident au cours d’un contrat de transport, auquel leurs parents
étaient partis pour prouver que le transporteur n’a pas rempli son obligation de sécurité, les
héritiers engagent alors la responsabilité du transporteur à leur égard en invoquant
l’inexécution d’un contrat auquel ils n’ont pas été partis.
Il se définit comme celui qui a reçu un droit ou un bien de l’un des contractants, c’est celui à
qui l’un des contractants a transmis un élément précis de son patrimoine, l’acheteur est l’ayant
cause à titre particulier du vendeur, le donataire c’est l’ayant du donateur.
La question est de savoir si l’ayant cause à titre particulier est tenu des contrats passés à son
auteur, peut-il profiter ou s’offrir des contrats que son auteur a pu conclure auparavant ?
Yasser ABOUFATIMA 71
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Ce problème de la transmission des droits et des obligations d’un contrat aux ayants cause à
titre particulier d’un contractant ne se pose que lorsque le contrat à un rapport avec le bien ou
le droit cédé.
Exemple 1 : la transmission des baux conclus par le vendeur à l’acheteur de l’immeuble. Ici, il
apparaît que la volonté de l’auteur (vendeur) et de son ayant cause (acheteur) à titre particulier
est précisément de déplacer du premier vers le second les effets du contrat ou bien lorsqu’il
s’agit d’un bien sur lequel était constitué un droit réel.
Exemple 2 : la servitude de passage, car le droit réel concerne la manière d’être de la chose.
Le droit réel portant sur la chose s’incorpore à elle.
A ce propos, l’ayant cause à titre particulier bénéficie des droits et charges de son auteur. Cela
signifie que les droits réels ainsi constitués sont transmis activement et passivement aux
acquéreurs successifs du bien auquel ce droit est attaché.
C’est ainsi que la jurisprudence admet dans certains cas que les créances et les dettes se
transmettent aux ayants cause à titre particulier. Cette transmission est admise plus largement
pour les créances que pour les dettes.
- Lorsque le droit est indissociable de la propriété de la chose, il est transmis avec elle.
Exemple : le contrat d’assurance se poursuit même si on vend la voiture.
Pour les dettes, cette transmission est admise moins facilement pour la jurisprudence.
Exemple : la transmission de l’obligation de non concurrence.
Cependant, dans certains cas, la loi impose à l’ayant cause à titre particulier le respect des
contrats passés par son auteur.
Exemple 1 : en matière de louage des choses, l’acquéreur d’un immeuble loué doit respecter
les baux en cours qui ont acquis date certaine antérieure à l’acquisition.
Les créanciers chirographaires sont ceux qui ne bénéficient pas d’une sureté réelle, n’ayant
pas d’autres droits que celui qui résulte de leur créance elle-même.
Yasser ABOUFATIMA 72
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Les créanciers chirographaires ne peuvent saisir que les biens qui figurent effectivement dans
le patrimoine de leurs débiteurs, le jour où il pratique une saisie.
Ils subissent donc l’effet des contrats de leurs débiteurs dans la mesure où son patrimoine s’en
trouve enrichi ou appauvri. Dans cette mesure, les dits contrats leurs profitent ou leurs
nuisent.
A ce niveau, on constate que le principe de la relativité du contrat fait défaut puisque selon ce
principe le contrat ne peut nuire ni profiter aux tiers. Or, dans ce cas, le créancier
chirographaire ne peut être considéré comme un tiers puisqu’il subit les fluctuations
(changements) du patrimoine de son débiteur.
L’article 36 du DOC prévoit la possibilité de stipuler pour un tiers sous réserve de ratification,
la promesse de porte-fort se définit comme un contrat par lequel une personne s’engage à
obtenir d’une autre personne un engagement quelconque.
Exemple 1 : un agent immobilier se porte-fort auprès d’un acheteur éventuel que le vendeur
(ou propriétaire) vendra la maison pour tel prix.
Les effets de la promesse diffèrent suivant que le tiers ratifie ou non ce qu’a fait le porte-fort.
Le refus de ratification suppose d’un côté le contrat principal est privé de toute efficacité, et
en cas d’exécution antérieure à la ratification, les prestations accomplies donnent lieu à
répétition = restituer ce qu’on a donné.
D’un autre côté, le porte-fort doit indemniser son cocontractant du préjudice résultant pour
celui-ci de la non ratification.
Cette ratification produit un effet rétroactif et tout se passe comme si c’était le tiers ratifiant
qui avait initialement contracté.
Yasser ABOUFATIMA 73
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
L’article 33 du DOC dispose que : « nul ne peut engager autrui, ni stipuler pour lui... ». Cet
article consacre le principe de la relativité du contrat auquel l’article 34 apporte une exception
en prévoyant que : « néanmoins, on peut stipuler au profit d’un tiers, même indéterminé,
lorsque telle est la cause d’une convention à titre onéreux que l’on fait soi-même ou d’une
libéralité que l’on fait au promettant ».
La stipulation pour autrui est une convention conclue en vue de faire naître une créance au
profit d’un tiers.
Il s’agit d’un contrat par lequel le stipulant obtient du promettant que ce dernier exécute une
prestation au profit d’un tiers.
La stipulation pour autrui est prévue par les articles 34 et 35 et suivants du DOC.
Exemple : l’assurance vie ou sur les marchandises. L’assuré obtient d’une compagnie
d’assurance qu’à son décès, celle-ci versera une somme déterminée au bénéficiaire qui l’aurait
désigné.
A) Les conditions
La stipulation pour autrui doit, pour être valable, réunir les conditions générales de validité du
contrat, et il faut que le tiers appelé à recueillir le bénéfice soit déterminé ou au moins
déterminable le jour où la stipulation produira effet, qu’il soit né ou au moins conçu au jour de
la stipulation.
B) Les effets
La stipulation pour autrui crée des rapports juridiques entre 3 personnes : le stipulant, le
promettant et le tiers bénéficiaire.
Entre eux, il y’a un contrat. Chaque partie est liée et doit exécuter ses obligations
conformément au droit commun. Le stipulant a le droit d’agir soit en résolution soit en
exécution.
Entre eux, il n’y a aucun contrat. Cependant, le tiers a contre le promettant un droit direct
Yasser ABOUFATIMA 74
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
conditionné par le contrat qui en est la source. Il a acquis ce droit dès le jour de la stipulation
et indépendamment de toute acceptation de sa part.
En conséquence, s’il s’agit d’une assurance sur la vie, le capital que lui payera la compagnie
d’assurance au décès du stipulant n’aura jamais fait partie du patrimoine du stipulant, et les
créanciers du stipulant n’ont aucun droit à prétendre sur ce capital.
Autrement dit, le tiers bénéficiaire puise de son droit direct le moyen d’agir en exécution
contre le promettant si celui-ci ne lui verse pas de son plein gré la prestation promise.
De même que le promettant poursuivi en exécution par le tiers bénéficiaire échappera à toute
condamnation en établissant soit la nullité du contrat soit l’inexécution de ce contrat par le
stipulant.
D’un côté, le stipulant a la faculté de révoquer (destituer) la stipulation tant qu’elle n’a pas été
acceptée par le bénéficiaire.
D’un autre côté, l’acceptation des tiers bénéficiaires rend l’acceptation irrévocable et opère
rétroactivement.
Yasser ABOUFATIMA 75
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
4
Le dommage peut être matériel on moral. Le premier s analyse tantôt en perte éprouvée tantôt en gain manqué par suite de
l’inexécution de ses obligations par le co-contraclant (Art. 264 du D. O. C.) au dommage matériel, j? est permis de rapprocher le
dommage corporel subi par le créancier d’une obligation de sécurité niai ou non exécutée.
Yasser ABOUFATIMA 76
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Yasser ABOUFATIMA 77
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
- En cas de faute dolosive ou de faute lourde ; Dans certaines hypothèses prévues par la loi
tel que c’est le cas pour les constructeurs d’un ouvrage et les fabriquants de matériaux (voir
Art.772 du D.O.C.).
On comprendra donc que ces causes d’exonération ne puissent jouer qu’à titre exceptionnel et
que le débiteur ne soit libéré que s’il justifie que l’inexécution provient d’une cause qui ne
peut lui être imputée telle que la force majeure, le cas fortuit ou la demeure du créancier 5Art
268 DOC).
Article 268
Il n'y a lieu à aucuns dommages-intérêts, lorsque le débiteur justifie que l'exécution ou le
retard proviennent d'une cause qui ne peut lui être imputée, telle que la force majeure, le cas
fortuit ou la demeure du créancier.
Article 269
La force majeure est tout fait que l'homme ne peut prévenir, tel que les phénomènes naturels
(inondations, sécheresses, orages, incendies, sauterelles), l'invasion ennemie, le fait du prince,
et qui rend impossible l'exécution de l'obligation.
N'est point considérée comme force majeure la cause qu'il était possible d'éviter, si le débiteur
ne justifie qu'il a déployé toute diligence pour s'en prémunir.
Yasser ABOUFATIMA 78
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
N’est pas également considérée comme force majeure la cause qui a été occasionnée par une
faute précédente du débiteur.
La force majeure désigne donc l’événement imprévisible et irrésistible et extérieur à l’activité
du débiteur.
Pour échapper à la responsabilité le débiteur, qui invoque la force majeure, devra donc
prouver que l’inexécution est imputable à un événement imprévisible et insurmontable qui lui
est extérieur.
2- La demeure du créancier
L’Art 268 considère comme cause d’exonération non seulement la force majeure et le cas
fortuit mais aussi la demeure du créancier il s’agit selon l’Art 270 du cas très rare en pratique,
ou le créancier est en demeure, lorsqu'il refuse, sans juste cause, de recevoir la prestation que
le débiteur, ou un tiers agissant en son nom, offre d'accomplir de la manière déterminée par le
titre constitutif ou par la nature de l'obligation. C’est donc le créancier qui fait ici obstacle à
l’exécution du contrat et cela suffit à dégager le débiteur de toute responsabilité. Si
ultérieurement, le créancier agit en responsabilité contre le débiteur pour inexécution du
contrat, celui-ci pourra se libérer en prouvant que c’est le créancier qui s’est opposé à
l’exécution du contrat ou qui, par son refus en a rendu l’exécution impossible. La demeure du
créancier joue ainsi comme une cause d’exonération du débiteur.
Yasser ABOUFATIMA 79
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 288
Les arrhes sont ce que l'un des contractants donne à l'autre afin d'assurer l'exécution de son
engagement.
Article 289
En cas d'exécution du contrat, le montant des arrhes est porté en déduction de ce qui est dû
par la partie qui les donne ; par exemple, du prix de vente ou du loyer, lorsque celui qui a
donné les arrhes est l'acheteur ou le preneur ; elles sont restituées après l'exécution du contrat,
lorsque celui qui a donné les arrhes est le vendeur ou le locateur. Elles sont également
restituées, lorsque le contrat est résilié de commun accord.
Article 290
Lorsque l'obligation ne peut être exécutée ou est résolue par la faute de la partie qui a donné
les arrhes, celui qui les a reçues a le droit de les retenir et ne doit les restituer qu'après la
prestation des dommages alloués par le tribunal, si le cas y échet.
Article 291
Article 292
Pour les dépenses qui ont amélioré la chose, pourvu qu'elles soient antérieures à la demande,
en revendication, jusqu'à concurrence de la plus-value acquise par le fonds ou par la chose ;
après la demande en revendication, il n'est tenu compte que des dépenses strictement
nécessaires. — Ce droit ne peut être exercé pour les dépenses simplement voluptuaires ;
Yasser ABOUFATIMA 80
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 293
Article 294
Le droit de rétention peut avoir pour objet les choses tant mobilières qu'immobilières, ainsi
que les titres nominatifs, à l'ordre ou au porteur.
Article 295
Ø Sur les choses qui n'appartiennent pas au débiteur, telles que les choses perdues ou
volées, revendiquées par leur possesseur légitime ;
Ø Sur les choses à l'égard desquelles le créancier savait ou devait savoir, à raison des
circonstances ou de l'accomplissement des publications prescrites par la loi, qu'elles
n'appartenaient pas au débiteur ;
Ø Sur les choses soustraites à l'exécution mobilière.
Article 296
Article 297
Lorsque les objets retenus par le créancier ont été déplacés clandestinement ou malgré son
opposition, il a le droit de les revendiquer afin de les rétablir au lieu où ils se trouvaient dans
les trente jours à partir du moment où il a eu connaissance du déplacement.
Yasser ABOUFATIMA 81
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 298
Le droit de rétention peut être exercé, même à raison de créances non échues :
Article 302
Lorsque la chose retenue par le créancier est sujette dépérissement ou court risque de se
détériorer, le créancier peut se faire autoriser à la vendre dans les formes prescrites pour la
vente du gage; le droit de rétention s'exerce sur le produit de la vente.
Article 303
Le tribunal peut, d'après les circonstances, ordonner a restitution des choses retenues par le
créancier, si le débiteur offre de déposer entre les mains de ce dernier une chose ou valeur
équivalente, ou de consigner la somme réclamée jusqu'à la solution du litige. Il peut aussi
ordonner la restitution partielle de ces choses, dans les cas où elle peut se faire, lorsque le
débiteur offre d'en déposer l'équivalent; l'offre d'une caution ne suffirait pas à libérer le gage.
Article 304
A défaut de payement de ce qui lui est dû, le créancier peut, après une simple sommation faite
au débiteur, se faire autoriser par le tribunal à vendre les choses dont il est nanti, et à
appliquer le produit de la vente au payement de sa créance par privilège sur tous autres
créanciers. Il est soumis, en ce qui concerne cette liquidation et ses suites, à toutes les
obligations du créancier gagiste.
Article 305
Le droit de rétention peut être opposé aux créanciers et ayants cause du débiteur, dans les
mêmes cas où il pourrait être opposé au débiteur lui- même.
Yasser ABOUFATIMA 82
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Yasser ABOUFATIMA 83
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s’opposant aux contrats dits à exécution instantanée). Le rétablissement du “statu quo ante” se
révèle impossible. Par exemple, en cas d’annulation d’un contrat de bail ou de travail, le
propriétaire et le salarié peuvent, théoriquement du moins, restituer les sommes reçues mais le
locataire et l’employeur ne peuvent rendre ni le fait d’avoir habité tel local ni le travail dont il
a bénéficié. La nullité ne vaut donc que pour l’avenir.
- Pour les incapables, qui ne doivent restituer que “leur enrichissement”. Ainsi, l’incapable
qui fait annuler son engagement n’est tenu à restitution que dans la mesure du profit qu’il a
retiré de l’obligation (Art. 6 du D.O.C). Si par exemple, un mineur a vendu un bien pour 8000
Dirhams et s’il obtient plus tard l’annulation du contrat après avoir dissipé la moitié du prix,
on le tiendra quitte s’il restitue 4000 dirhams.
- L’article 9 du D.O.C. considère qu’il y a profit lorsque l’incapable a employé ce qu’il a
reçu en dépenses nécessaires ou utiles, ou lorsque la chose existe encore dans son patrimoine.
- Lorsque le contrat annulé transférait la propriété d’une chose qui a été ensuite transmise
au sous-acquéreur, ce dernier se trouve en principe dispensé de la restitution sur la base de
l’article 456 du D.O.C. qui consacre la règle en vertu de laquelle en fait de meubles, la
possession (de bonne foi) vaut titre de propriété.
- Lorsque l’immoralité des parties est la même, celle qui a exécuté sa prestation ne peut en
obtenir la restitution malgré le prononcé de l’annulation. Par exemple, l’annulation d’une
donation ayant une cause immorale comme un “pot de vin”. Cette règle est la consécration de
l’adage “Nul ne peut être entendu en alléguant sa propre turpitude”.
2. A l’égard des tiers
En principe, la nullité réfléchit sur les tiers si une vente est nulle, la revente par l’acquéreur
avant le prononcé de la nullité devrait l’être également. En effet, faute d’avoir acquis la
propriété de la chose (rétroactivité de la nullité), l’acquéreur n’a pu la transmettre à une autre
personne.
Cependant, la rétroactivité de l’annulation comporte certaines exceptions :
- Le créancier qui, de bonne foi, reçoit à titre de gage une chose mobilière de celui qui n’en
est pas le propriétaire acquiert le droit de gage sur cette chose (Art. 1187 du D.O.C.).
- De même, le tiers de bonne foi qui bénéficie d’une hypothèque sur un bien immeuble
conserve ses droits ;
- Les tiers peuvent également être protégés par la prescription acquisitive en matière mobilière
et immobilière.
- Les droits des tiers seront également protégés chaque fois que l’on peut faire application de
la théorie selon laquelle l’erreur commune fait le droit, à condition toutefois que l’erreur
commune ait été vraiment invincible et inévitable.
Yasser ABOUFATIMA 85
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Dans le langage juridique, payer consiste à exécuter une obligation quelle que soit son objet.
Peu importe que le paiement ait pour objet une somme d’argent ou l’exécution d’une
prestation en nature.
Dans la pratique, l’exécution de l’obligation peut être effectuée par l’accomplissement de la
prestation promise (I); le paiement est pure et simple, soit par compensation pour les dettes de
sommes d’argent (II).
b) Le débiteur
Le paiement doit être accompli naturellement par le débiteur de la dette ou son représentant.
Ce peut être également une personne intéressée à éteindre l’obligation (co-débiteur ou
caution) u un tiers quelconque (gérant d’affaires, auteur d’une libéralité).
Le créancier ne peut refuser le paiement effectué par un tiers sauf dans les cas suivants :
- Lorsqu’il est expressément stipulé que l’obligation sera accomplie par lui
personnellement;
- Lorsque cette réserve résulte tacitement de la nature de l’obligation ou des circonstances
par exemple, lorsque l’obligé un habilité personnel qui a été l’un des motifs déterminants du
contrat (article 236 du D.O.C).
Yasser ABOUFATIMA 86
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
a) L’objet du paiement
Il est de principe que le débiteur est tenu de fournir au créancier la prestation normalement
due. La fourniture de prestation de substitution n’est point cependant catégoriquement exclue.
Article 320
L'obligation est éteinte, lorsque la prestation qui en est l'objet est faite au créancier dans les
conditions déterminées par la convention ou par la loi.
Article 321
Article 322
Le débiteur qui donne en payement à son créancier une chose, une créance ou un droit
incorporel, est tenu de la même garantie que le vendeur à raison, soit des vices cachés de la
chose, soit de l'insuffisance du titre.
Cette disposition ne s'applique pas aux libéralités et autres actes à titre gratuit.
Article 323
Les payements s'imputent sur la dette que le débiteur désigne lorsqu'il paye; s'il n'a rien dit, il
conserve le droit de déclarer la dette qu'il a eu l'intention de payer; en cas de doute,
l'imputation se fait sur la dette qu'il a, pour lors, le plus d'intérêt à acquitter, et de préférence
sur celle qui est échue; entre plusieurs dettes échues, sur celle qui offre le moins de garanties
pour le créancier ; entre plusieurs dettes également garanties, sur celle qui est la plus onéreuse
pour le débiteur; entre plusieurs dettes également onéreuses, sur la plus ancienne en date.
Yasser ABOUFATIMA 87
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 324
Lorsque le débiteur de diverses dettes a accepté une quittance par laquelle le créancier a
imputé ce qu'il a reçu sur l'une de ses dettes spécialement, le débiteur ne peut plus demander
l'imputation sur une dette différente, si l'imputation a été faite d'une manière conforme à ses
intérêts.
Yasser ABOUFATIMA 88
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c) Conditions subjectives
La compensation n’est pas possible si le créancier n’a pas ou n’a plus
Le droit d’exiger le paiement de sa créance. Tel est le cas lorsqu’une créance est frappée de
saisie-arrêt entre les mains du débiteur. Etant désormais bloquée, elle ne peut servir de
support à une opération de compensation.
La compensation n’est pas davantage possible dès lors que l’un des partenaires aux créances
et dettes réciproques est mis en règlement ou liquidation judiciaires.
B. LES EFFETS DE LA COMPENSATION
La compensation se traduit par un double paiement qui présente la particularité d’être
automatique.
a) Le paiement
La compensation a pour conséquence que les obligations réciproques sont considérées comme
payées à concurrence de la plus faible (Article 367 du D.O.C.). En même temps que les
obligations sont éteintes, les sûretés qui les assortissaient le sont également. Ainsi, les
cautions se trouvent désormais libérées.
b) L’automaticité du paiement.
1. Principe
La compensation provoque l’extinction des obligations dès que les conditions sont réunies
sans que l’intervention des parties ni du juge ne soit nécessaire.
A supposer que la compensation soit invoquée en justice, le tribunal ne la prononce pas, il se
contente de la constater. Il ne rend qu’un jugement délibératif.
La compensation opère un paiement forcé dont la volonté est exclue.
2. limites
2.1. L’invocation de la compensation
Le débiteur judiciairement poursuivi en paiement de sa dette, doit, s’il entend en obtenir le
bénéfice, invoquer la compensation. Le tribunal ne peut pas invoquer d’office le moyen tiré
de ce mécanisme (Article 358 du D.O.C.).
2.2. La renonciation à la compensation
Les parties peuvent renoncer à la compensation non seulement avant que les conditions n’en
aient été remplies mais aussi après cette date. C’est admettre que la compensation ne se
produit pas par la seule réunion des conditions.
Yasser ABOUFATIMA 89
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
La prescription libératoire constitue un mode légal d’extinction des obligations qui opère de
manière automatique sans intervention ni des personnes intéressées ni d’une juridiction.
Le mécanisme de la prescription trouve son fondement dans des exigences d’ordre public et
de paix sociale. On ne saurait admettre, en effet, qu’un créancier, après une très longue
période d’inaction, puisse exiger l’exécution d’une obligation. Pareille solution revient à lui
infliger une perte qui vient sanctionner sa négligence.
Il convient d’analyser les conditions de la prescription (A) et ses effets (B).
Selon l’Art 388 : Se prescrit par cinq ans : l'action des marchands, fournisseurs, fabricants, à
raison des fournitures par eux faites, pour les besoins de leur profession, à d'autres marchands,
fournisseurs, ou fabricants.
Se prescrivent par deux ans : Celle des pharmaciens pour les médicaments par eux fournis, à
partir de la date de la fourniture
Se prescrivent par une année de trois cent soixante-cinq jours : Celle des locateurs de meubles
et choses mobilières, à raison du prix du louage de ces choses.
Article 373
Article 375
Les parties ne peuvent, par des conventions particulières, proroger le délai de la prescription
au-delà des quinze ans fixés par la loi.
Yasser ABOUFATIMA 90
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Aux termes de l’article 380 du D.O.C., la prescription ne commence à courir contre les droits
que du jour où ils sont acquis. II en résulte qu’elle n’a pas lieu
- En ce qui concerne les droits conditionnels, jusqu’à ce que la condition arrive.
- A l’égard d’une action en garantie, jusqu’à l’éviction accomplie ou la réalisation du fait
donnant lieu à garantie.
- A l’égard de toute action dont l’exercice dépend d’un terme, avant que le terme ne soit
échu.
- Contre les absents, jusqu’à la déclaration d’absence et la nomination du curateur.
- Lorsque le créancier s’est trouvé en fait dans l’impossibilité d’agir, dans le délai établi pour
la prescription.
2.1.2. L’interruption
A la différence de la suspension, l’interruption a pour effet d’effacer rétroactivement le temps
déjà accompli. Après l’interruption, la prescription recommencera à courir à compter de zéro.
Cette nouvelle prescription sera, en principe, de même nature que celle précédemment mise à
néant. En application des principes généraux du droit, ce principe est écarté en ce qui
concerne les brèves prescriptions de deux ans ou moins (voir les articles 388,al 2 et 389 du
D.O.C.)
Yasser ABOUFATIMA 91
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Après l’interruption, ce n’est plus une prescription de deux ans ou d’un an ou de six mois qui
court mais la prescription de droit commun par quinze ans. Cette règle particulière s’explique
par le fait que ces brèves prescriptions sont fondées sur une présomption de paiement. Dès
lors que celle-ci est détruite par un acte interruptif, il est logique de rentrer dans le droit
commun de la prescription longue.
La question se pose de savoir dans quels cas la prescription extinctive doit-elle être considérée
comme interrompue.
Aux termes de l’article 381 du D.O.C., la prescription est interrompue.
- Par toute demande judiciaire ou extra-judiciaire ayant date certaine qui constitue le
débiteur en demeure d’exécuter son obligation, même lorsqu’elle est faite devant un juge
incompétent ou que l’acte est déclaré nul pour vice de forme ;
- Par demande d’admission de la créance, à la faillite du débiteur ;
- Par un acte conservatoire ou d’exécution entrepris sur les biens du débiteur ou pour toute
requête afin d’être autorisé à procéder à un acte de ce genre.
La prescription est également interrompue par la reconnaissance de dette du débiteur (Article
382 du D.O.C.).
Exemple : Le débiteur paie les intérêts de sa dette.
a) L’invocation de la prescription
La prescription acquise ne peut pas être invoquée d’office par le juge (Article 372, al.2). ce
moyen doit être soulevé par le débiteur lui-même.
A supposer que le débiteur néglige de l’invoquer, ses créanciers pourraient l’opposer alors
même que le débiteur principal y a renoncé (Article 347 du D.O.C.).
b) L’extinction de l’action
La prescription enlève au créancier l’action qui lui permettait de poursuivre le débiteur
(Article 371 du D.O.C.). A l’action civile, est substituée une action naturelle.
Le débiteur, qui paierait une obligation prescrite, ferait un paiement valable. II ne saurait, par
conséquent, agir en répétition de l’indu. Cette règle joue même s’il avait payé en ignorant à ce
moment que sa dette est prescrite.
PARAGRAPHE II : LA CONFUSION
Par confusion, on entend la conjonction, sur la tête d’une même personne, des qualités de
créancier et de débiteur d’une même obligation (Article 369 du D.O.C.).
Yasser ABOUFATIMA 92
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Exemple une personne hérite d’une autre dont elle est débitrice, l’héritier ne peut pas intenter
une action contre lui- même pour exécuter son obligation.
Aux termes de l’article 369 du D.O.C., si la confusion, vient à disparaître, la créance revit
avec ses accessoires, à l’égard de toutes personnes, et la confusion est réputée n’avoir jamais
eu lieu, (Article 370 du D.O.C.).
2. L’obligation nouvelle
La novation suppose que l’obligation créée soit nouvelle et valable.
2.1. La nouveauté
Pour qu’il y ait novation, il faut que l’obligation qui remplace la précédente en diffère par
quelque élément. Elle peut s’opérer de trois manières :
Yasser ABOUFATIMA 93
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Yasser ABOUFATIMA 94
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Le créancier qui n’obtient pas la prestation promise peut demander au juge de le libérer de ses
propres engagements. L’action en résolution vient alors sanctionner le débiteur défaillant en le
privant du bénéfice du contrat. Il permet en outre de dégager le créancier d’une situation qui
n’a plus, pour lui, aucune raison d’être. Elle se fonde sur l’Art 259 Du D.O.C qui précise bien
que la résolution n’opère pas de plein droit et elle doit être prononcée par le juge.
Article 259
Lorsque l'exécution n'est plus possible qu'en partie, le créancier peut demander, soit
l'exécution du contrat pour la partie qui est encore possible, soit la résolution du contrat, avec
dommages- intérêts dans les deux cas.
On suit, au demeurant, les règles établies dans les titres relatifs aux contrats particuliers.
La résolution du contrat n'a pas lieu de plein droit, mais doit être prononcée en justice.
Yasser ABOUFATIMA 95
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Mais il n’est pas toujours possible de mettre les parties dans la situation ou elles se
trouvaient avant la conclusion du contrat. Dans ces cas, la résolution n’aura pas d’effets
rétroactif et le contrat prendra fin pour l’avenir seulement ( en toute rigueur il s’agirait
alors d’une résiliation judicaire et non d’une résolution) .
Dans ces cas, le juge se bornera à appliquer la clause résolutoire telle qu’elle a été prévu par le
contrat et à constater la résolution sans exercer aucun pouvoir d’appréciation.
Elle suppose qu’une des parties se trouve empêchée d’exécuter sa prestation par la force
majeure, elle est de ce fait dégagée de son obligation. Mais l’autre partie devra-t-elle ou non,
exécuter sa propre prestation bien qu’elle ne puisse rien obtenir en retour ?
C’est la question des risques de la force majeure qui se pose à propos des contrats
synallagmatique ; supposons qu’une vente a été conclue, puis la chose vendue a été détruite
Yasser ABOUFATIMA 96
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
par la force majeure avant que le vendeur en est fait délivrance à l’acheteur qui va supporter
les risques :
-Si on considère que le risque est pour l’acheteur, il devra quand même payer le prix.
- si au contraire le risque est pour le vendeur, l’acheteur sera alors admis à agir en résolution,
et sera donc dégagé de payer le prix. Le D.O.C tranche différemment la question suivant que
le contrat est ou non translatif de propriété.
S’agissant des contrats translatifs de propriété, le principe est que les risques sont pour la
propriétaire, qu’en matière de vente d’un corps certain les risques sont pour l’acheteur ;
puisque dès la conclusion du contrat avant la délivrance, il est devenu propriétaire de la chose
vendue, donc il doit payer le prix même si la chose a été détruite par cas de force majeure
avant qui n’en est pris possession. La règle s’applique à tous les contrats qui opèrent par le
seul fait de leur conclusion, le transfert de propriété de chose. Pour ce qui est des choses de
genre ; si la force majeure survient avant l’individualisation de la chose sera pour le vendeur
et non pas pour l’acheteur.
-S’agissant des contrats non translatifs de propriété, la règle est énoncée par l’article 338 du
D.O.C qui nous dit : « lorsque l’inexécution de l’obligation provient d’une cause
indépendante des deux contractants…le débiteur est libéré, mais il n’a plus le droit de
demander la prestation qui serait dû par l’autre partie. »
Si la force majeure éteint l’obligation du débiteur, elle éteint aussi et du même coup
l’obligation du créancier. On dira que les risques sont pour les débiteurs, pour signifier que le
créancier n’aura pas à subir les conséquences de la force majeure, et si le créancier s’est
acquitté de sa propre obligation avant la force majeure il aura le droit d’agir en restitution.
Yasser ABOUFATIMA 97
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 399
La preuve de l'obligation doit être faite par celui qui s'en prévaut.
Article 400
Lorsque le demandeur a prouvé l'existence de l'obligation, celui qui affirme qu'elle est éteinte
ou qu'elle ne lui est pas opposable doit le prouver.
Article 401
Aucune forme spéciale n'est requise pour la preuve des obligations, si ce n'est dans les cas où
la loi prescrit une forme déterminée.
Lorsque la loi prescrit une forme déterminée, la preuve de l'obligation ou de l'acte ne peut être
faite d'aucune autre manière, sauf dans les cas spécialement exceptés par la loi.
Lorsque la loi prescrit la forme écrite pour un contrat, la même forme est censée requise pour
toutes les modifications de ce même contrat.
Article 402
Lorsque, dans un contrat non soumis à une forme particulière, les parties sont expressément
convenues de ne tenir la convention comme définitive que lorsqu'elle aura été passée en une
forme déterminée, l'obligation n'existe que si elle a revêtu la forme établie par les parties.
Article 403
Ø Lorsqu'elle tendrait à établir l'existence d'une obligation illicite ou pour laquelle la loi
n'accorde aucune action ;
Ø Lorsqu'elle tendrait à établir des faits non concluants.
Article 404
Ø L'aveu de la partie ;
Ø La preuve littérale du écrite ;
Ø La preuve testimoniale ;
Ø La présomption ;
Ø Le serment et le refus de le prêter.
Yasser ABOUFATIMA 98
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 405
L'aveu est judiciaire ou extrajudiciaire. L'aveu judiciaire est la déclaration que fait en justice
la partie ou son représentant, à ce spécialement autorisé. L'aveu fait devant un juge
incompétent, ou émis au cours d'une autre instance, a les effets de l'aveu judiciaire.
Article 406
L'aveu judiciaire peut résulter du silence de la partie, lorsque, formellement invitée par le juge
à s'expliquer sur la demande qui lui est opposée, elle persiste à ne pas répondre, et ne
demande pas de délai pour ce faire.
Article 407
L'aveu extrajudiciaire est celui que la partie ne fait pas devant le juge. Il peut résulter de tout
fait qui est incompatible avec le droit que l'on réclame.
La simple demande de transaction sur une réclamation ne constitue pas aveu quant au fond du
droit; mais celui qui accepte une libération ou remise sur le fonds du droit est présumé avouer.
Article 408
L'aveu doit être fait en faveur d'une personne capable de posséder, soit qu'il s'agisse d'un
individu, d'une classe déterminée ou d'une personne morale; l'objet doit en être déterminé ou
susceptible de détermination.
Article 409
L'aveu doit être libre et éclairé ; les causes qui vicient le consentement vicient l'aveu.
Article 410
L'aveu judiciaire fait pleine foi contre son auteur et contre ses héritiers et ayants cause; il n'a
d'effet contre les tiers que dans les cas exprimés par la loi.
Article 411
L'aveu d'un héritier ne fait pas foi contre les autres cohéritiers; il n'oblige l'héritier que pour sa
part et jusqu'il concurrence de sa part contributive.
Article 412
Le mandat, donné par la partie à son représentant, d'avouer une obligation fait pleine foi
contre son auteur, même avant la déclaration du mandataire.
Yasser ABOUFATIMA 99
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 413
L'aveu extrajudiciaire ne peut être prouvé par témoins, toutes les fois qu'il s'agit d'une
obligation pour laquelle la loi exige prévue par écrit.
Article 414
L'aveu ne peut être divisé contre celui qui l'a fait, lorsqu'il constitue la seule preuve contre lui.
Il peut être divisé :
L'aveu ne peut être révoqué, à moins qu'on ne justifie qu'il a été déterminé par une erreur
matérielle.
L'erreur de droit ne suffit point pour autoriser la révocation d'un aveu, à moins qu'elle ne soit
excusable, ou causée par le dol de l'autre partie.
L'aveu ne peut être révoqué, alors même que la partie adverse n'en aurait pas pris acte.
Article 415
Ø Lorsqu'il énonce un fait physiquement impossible, ou dont le contraire est démontré par des
preuves irrécusables ;
Ø Lorsqu'il tend à établir une obligation ou un fait contraire à la loi ou aux bonnes mœurs, ou
pour lequel la loi n'accorde aucune action, ou à éluder une disposition positive de la
loi;
Ø Lorsqu'une chose jugée est intervenue établissant le contraire de ce qui résulte de l'aveu.
Article 416
L'aveu de la partie peut résulter de preuves écrites appelées aussi preuves littérales.
Article 417
La preuve littérale résulte d'un acte authentique ou d'une écriture sous seing privé. Elle peut
résulter également de la correspondance, des télégrammes, et des livres des parties, des
bordereaux des courtiers dûment signés par les parties, des factures acceptées, des notes et
documents privés, ou de tous autres signes ou symboles dotés d'une signification intelligible,
quels que soient leur support et leurs modalités de transmission.
Lorsque la loi n'a pas fixé d'autres règles et, à défaut de convention valable entre les parties, la
juridiction statue sur les conflits de preuve littérale par tous moyens, quel que soit le support
utilisé.
Article 417-1
L'écrit sur support électronique a la même force probante que l'écrit sur support papier. L'écrit
sous forme électronique est admis en preuve au même titre que l'écrit sur support papier, sous
réserve que puisse être dûment identifiée la personne dont il émane et qu'il soit établi et
conservé dans des conditions de nature à en garantir l'intégrité.
Article 417-2
La signature nécessaire à la perfection d'un acte juridique identifie celui qui l'appose et
exprime son consentement aux obligations qui découlent de cet acte. Lorsque la signature est
apposée par devant un officier public habilité a certifier, elle confère l'authenticité à l'acte.
Lorsqu'elle est électronique, il convient d'utiliser un procédé fiable d'identification
garantissant son lien avec l'acte auquel elle s'attache.
Article 417-3
La fiabilité d'un procédé de signature électronique est présumée, jusqu'à preuve contraire,
lorsque ce procédé met en œuvre une signature électronique sécurisée.
Une signature électronique est considérée comme sécurisée68 lorsqu'elle est créée, l'identité
du signataire assurée et l'intégrité de l'acte juridique garantie, conformément à la législation et
la réglementation en vigueur en la matière. Tout acte sur lequel est apposée une signature
électronique sécurisée et qui est horodaté à la même force probante que l'acte dont la
signature est légalisée et de date certaine.
Article 418
L’acte authentique est celui qui a été reçu avec les solennités requises par des officiers publics
ayant le droit d'instrumenter dans le lieu où l'acte a été rédigé.
2. Les jugements rendus par les tribunaux marocains et étrangers, en ce sens que ces derniers
peuvent faire foi des faits qu'ils constatent, même avant d'avoir été rendus exécutoires.
Article 419
L'acte authentique fait pleine foi, même à l'égard des tiers et jusqu'à inscription de faux, des
faits et des conventions attestés pur l'officier public qui l'a rédigé, comme passés en sa
présence.
Cependant, lorsque l'acte est attaqué pour cause de violence, de fraude, de dol et de simulation
ou d'erreur matérielle, la preuve peut en être faite par témoins, et même à l'aide de
présomptions graves, précises et concordantes, sans recourir à l'inscription de faux.
Cette preuve peut être faite, tant par les parties que par les tiers ayant un intérêt légitime.
Article 420
L'acte authentique fait foi des conventions et des clauses intervenues entre les parties, des
causes qui ont été énoncées et des autres faits ayant un rapport direct à la substance de l'acte,
ainsi que des constatations faites par l'officier public, lorsqu'il énonce comment il est parvenu
à connaître ces faits. Toutes autres énonciations n'ont aucun effet.
Article 421
En cas de plainte en faux principal, l'exécution de l'acte argué de faux est suspendue par la
mise en accusation ; tant que la mise en accusation n'a pas été prononcée, ou en cas
d'inscription de faux faite incidemment, le tribunal peut, suivant les circonstances, suspendre
provisoirement l'exécution de l'acte.
Article 422
L'acte authentique, portant l'attestation dite « témoignage de surprise », est nul de plein droit
et ne constitue même pas un commencement de preuve.
Est également nul et non avenu l'acte authentique portant une réserve ou protestation secrète.
Article 423
L'acte qui ne peut valoir comme authentique par suite de l'incompétence ou de l'incapacité de
l'officier, ou d'un défaut de forme, vaut comme écriture privée, s’il a été signé des parties dont
le consentement est nécessaire pour la validité de l'acte.
Article 424
L'acte sous seing privé, reconnu par celui auquel on l'oppose, ou légalement tenu pour
reconnu, fait la même foi que l'acte, authentique, envers toutes personnes, des dispositions et
énonciations qu'il renferme, dans les conditions énoncées aux articles 419 et 420 ci-dessus,
sauf en ce qui concerne la date, ainsi qu'il sera dit ci-après.
Article 425
Les actes sous seing privé font foi de leur date, entre les parties, leurs héritiers et leurs ayants
cause à titre particulier, agissant au nom de leur débiteur.
Les ayants cause et successeurs à titre particulier sont considérés comme tiers, aux effets du
présent article, lorsqu'ils n'agissent pas au nom de leur débiteur.
Article 426
L'acte sous seing privé peut être d'une autre main que celle de la partie, pourvu qu'il soit signé
par elle.
La signature doit être apposée de la propre main de la partie au bas de l'acte; un timbre ou
cachet ne peuvent y suppléer et sont considérés comme non apposés.
Lorsqu'il s'agit d'une signature électronique sécurisée, il convient de l'introduire dans l'acte,
dans les conditions prévues par la législation et la réglementation applicables en la matière.
Article 427
Les écritures portant l'obligation de personnes illettrées ne valent que si elles ont été reçues
par notaires ou par officiers publics à ce autorisés.
Article 428
Le télégramme fait preuve comme écriture privée, lorsque l'original porte la signature de la
personne qui l'a expédié, ou s'il est prouvé que l'original a été remis au bureau du télégraphe
par cette personne, bien qu'elle ne l'ait pas signé elle-même
La date des télégrammes fait foi, jusqu'à preuve contraire, du jour et de l'heure auxquels ils
ont été remis ou expédiés au bureau du télégraphe.
Article 429
Le télégramme a date certaine, lorsque l'expéditeur a eu soin de s'en faire délivrer copie
certifiée par le bureau de départ, indiquant le jour et l'heure du dépôt.
Article 430
En cas d'erreur, d'altération ou de retard dans la transcription d'un télégramme, on applique les
principes généraux relatifs à la faute; l'expéditeur d'un télégramme est présumé exempt de
faute, s'il a eu soin de faire collationner ou recommander le télégramme selon les règlements
télégraphiques.
Article 431
Celui auquel on oppose un acte sous seing privé est obligé de désavouer formellement son
écriture ou sa signature, s'il ne veut la reconnaître; faute de désaveu, l'écrit est tenu pour
reconnu.
Les héritiers ou ayants cause peuvent se borner à déclarer qu'ils ne connaissent point l'écriture
ou la signature de leur auteur.
Article 432
La partie qui a avoué son écriture ou sa signature ne perd point le droit d'opposer à l'acte tous
les autres moyens de fond et de forme qui peuvent lui appartenir.
Article 433
Lorsque les livres des marchands portent l'annotation ou la reconnaissance écrite de l'autre
partie, ou correspondent à un double qui se trouve entre les mains de cette dernière, ils
constituent pleine preuve contre elle et en sa faveur.
Article 434
Les inscriptions faites sur les livres de commerce par le commis qui tient les écritures, ou qui
est chargé de la comptabilité, ont la même foi que si elles étaient écrites par le commettant
lui-même.
Yasser ABOUFATIMA 104
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 435
La communication à l'autre partie des livres et inventaire des commerçants et des livres
domestiques ne peut être ordonnée en justice que dans les affaires dérivant d'un rapport de
succession, communauté, société, et dans les autres cas où les livres sont communs aux deux
parties, et en cas de faillite. Elle peut être ordonnée, soit d'office, soit à la requête de l'une des
parties, au cours d'un litige et même avant toute contestation, lorsqu'il est justifié d'une
nécessité suffisante et seulement dans la mesure où nette nécessité l'exige.
Article 436
La communication a lieu delà manière établie entre les parties, et, si elles ne peuvent
s'accorder, moyennant le dépôt au secrétariat de la juridiction saisie.
Article 437
Les livres des médiateurs relatifs aux affaires conclues par leur entremise et ceux des tiers non
intéressés au litige ont la valeur d'un témoignage non suspect, s'ils sont bien et régulièrement
tenus.
Article 438
Les registres et papiers domestiques, tels que les lettres, notes et papiers volants, écrits de la
main de la partie qui les invoque ou signés par elle, ne font pas foi en faveur de celui qui les a
écrits.
1. Dans tous les cas où ils énoncent formellement un payement reçu par le créancier ou un
autre mode de libération ;
2. Lorsqu'ils contiennent la mention expresse que la note a été faite pour suppléer le défaut de
titre en faveur de celui qui y est dénommé.
Article 439
La mention de la libération apposée sur le titre par le créancier, bien que non signée ni datée,
fait foi contre lui, sauf la preuve contraire.
Article 440
Les copies faites sur les originaux des titres authentiques ou des écritures privées ont la même
valeur que les originaux, lorsqu'elles sont certifiées par officiers publics à ce autorisés dans
les pays où les copies ont été faites. La même règle s'applique aux photographies de pièces
faites sur les originaux.
Les copies d'un acte juridique établi sous forme électronique sont admises en preuve dès lors
que l'acte répond aux conditions visées aux articles 417-1 et 417-2 et que le procédé de
conservation de l'acte permet à chaque partie de disposer d'un exemplaire ou d'y avoir accès.
Article 441
Les copies des actes privés ou publics existant dans les archives publiques, faites
conformément aux règlements par l'archiviste qui les a en dépôt, font la même foi que les
originaux. La même règle s'applique aux copies des actes transcrits sur les registres des Cadis,
lorsqu'elles sont certifiées conformes par ces derniers.
Article 442
Dans les cas prévus aux articles précédents, les parties ne peuvent exiger la représentation au
tribunal de l'acte original déposé aux archives, mais elles ont toujours le droit de demander la
collation de la copie sur l'original, et, à défaut, sur la copie déposée aux archives. Elles
peuvent aussi en demander à leurs frais une reproduction photographique.
A défaut de l'original et d'une copie déposée dans les archives publiques, les copies
authentiques faites en conformité des articles 440 et 441 font foi, si elles ne présentent ni
ratures, ni altérations, ni aucune autre circonstance suspecte.
Article 443
Les conventions et autres faits juridiques ayant pour but de créer, de transférer, de modifier ou
d'éteindre des obligations ou des droits, et excédant la somme ou la valeur de dix mille
dirhams ne peuvent être prouvés par témoins. Il doit en être passé acte authentique ou sous
seing privé, éventuellement établi sous forme électronique ou transmis par voie électronique.
Article 444
Il n'est reçu entre les parties aucune preuve par témoins contre et outre le contenu aux actes, et
encore qu'il s'agisse d'une somme ou valeur inférieure au quantum prévu à l'article 443.
Cette règle reçoit exception au cas où il s'agit de prouver des faits de nature à établir le sens
des clauses obscures ou ambiguës d'un acte, à en déterminer la portée ou à en constater
l'exécution.
Article 445
Celui qui a formé une demande excédant la somme ou le quantum prévu à l'article 443 ne
peut plus être admis à la preuve testimoniale, même en restreignant sa demande primitive, s'il
ne justifie que cette demande a été majorée par erreur.
Article 446
La preuve testimoniale sur la demande d'une somme dont le quantum est inférieur à celui
prévu à l'article 443 ne peut être admise, lorsque cette somme est déclarée faire partie d'une
créance plus forte qui n'est point prouvée par écrit.
Article 447
Les règles ci-dessus reçoivent exception, lorsqu'il existe un commencement de preuve par
écrit.
On appelle ainsi tout écrit qui rend vraisemblable le fait allégué, et qui est émané de celui
auquel on l'oppose, de son auteur, ou de celui qui le représente.
Est réputé émané de la partie tout acte dressé à sa requête par un officier public compétent,
dans la forme voulue pour faire foi, ainsi que les dires des parties consignés dans un acte ou
décision judiciaire réguliers en la forme.
Article 448
1. Toutes les fois que la partie a perdu le titre qui constituait la preuve libérale de l'obligation
ou de la libération en conséquence d'un cas forfuit, d'une force majeure, d'une
soustraction frauduleuse : le cas des billets de banques et des titres au porteur est
soumis à des règles spéciales ;
2. Lorsqu'il n'a pas été possible au créancier de se procurer une preuve littérale de l'obligation
; tel est le cas des obligations provenant des quasi-contrats et des délits ou quasi-délits
et celui où il s'agit d'établir une erreur matérielle commise dans la rédaction de l'acte,
ou des faits de violence, simulation, fraude on vol dont l’acte est entaché, ou bien,
entre commerçants, dans les affaires où il n'est pas d'usage d'exiger des preuves
écrites.
L'appréciation des ras où il n'a pas été possible au créancier de se procurer une preuve écrite
est remise à la prudence du juge.
Article 449
Les présomptions sont des indices au moyen desquels la loi ou le juge établit l'existence de
certains faits inconnus.
Article 450
La présomption légale est celle qui est attachée par la loi à certains actes ou à certains faits.
Tels sont :
1. Les actes que la loi déclare nuls d'après leurs seules qualités comme présumées faits en
fraude de ses dispositions ;
2. Les cas dans lesquels la loi déclare que l'obligation ou la libération résulte de certaines
circonstances déterminées, telles que la prescription ;
Article 451
L'autorité de la chose jugée ne s'attache qu'au dispositif de jugement et n'a lieu qu'à l'égard de
ce qui en fait l'objet ou de ce qui en est une conséquence nécessaire et directe. Il faut :
Sont considérés comme parties les héritiers et ayants cause des parties qui ont figuré à
l'instance, lorsqu'ils exercent les droits de leurs auteurs, sauf le cas de dol et de collusion.
Article 452
L'exception de la chose jugée doit être opposée par la partie qui a intérêt à l’invoquer : elle ne
peut être suppléée d'office par le juge.
Article 453
La présomption légale dispense de toute preuve celui au profit duquel elle existe.
Article 454
Les présomptions qui ne sont pas établies par la loi sont remises à la prudence du juge : il ne
soit admettre que des présomptions graves et précises ou bien nombreuses et concordantes; la
preuve contraire est de droit, et elle peut être faite par tous moyens.
Article 455
Les présomptions même graves, précises et concordantes, ne sont admises que si elles sont
confirmées par serment de la partie qui les invoque, si le juge le croit nécessaire.
Article 456
Celui qui possède de bonne foi une chose mobilière ou un ensemble de meubles est présumé
avoir acquis cette chose régulièrement et d'une manière valable, sauf à celui qui allègue le
contraire à le prouver.
N'est pas présumé de bonne foi celui qui savait ou devait savoir, au moment où il a reçu la
chose, que celui dont il l'a reçue n'avait pas le droit d'en disposer.
Article 456bis
Celui qui a perdu ou auquel il a été volé une chose, peut la revendiquer pendant trois ans, à
compter du jour de la perte ou du vol, contre celui dans les mains duquel elle se trouve, sauf à
celui-ci son recours contre celui duquel il la tient.
Article 457
Entre deux parties qui sont également de bonne foi, celle qui est en possession doit être
préférée, si elle était de bonne foi au moment où elle a acquis la possession, et encore que son
titre soit postérieur en date.
Article 458
A défaut de possession et à égalité de titres, celui dont le titre a une date antérieure doit être
préféré.
Lorsque le titre de l'une des parties n'a pas une date certaine, on préfère celle dont le titre a
une date certaine.
Article 459
Lorsque les choses sont représentées par des certificats de dépôt, des lettres de voiture ou
autres litres analogues, celui qui a la possession des choses est préféré à celui qui est nanti du
titre, si les deux parties étaient également de bonne foi au moment où elles ont acquis la
possession.
SECTION VI : DU SERMENT
Article 460
Les règles relatives au serment sont établies par notre dahir sur la procédure civile devant les
juridictions françaises établies dans le Protectorat français du Maroc.
Aux termes de l’article 478 du D.O.C. “la vente est un contrat par lequel l’une des parties
transmet la propriété d’une chose ou d’un droit à l’autre contractant, contre un prix que ce
dernier s’oblige à lui payer”.
De cette définition il ressort ce qui suit :
5
Il s’agit des biens qui se trouvent précisément identifiés au moment de la vente (exemple: meuble, bijou ...).
6
L’article 488 n’énonçant qu’une règle supplétive, il est toujours possible d’en disposer autrement par convention et de n
‘envisager le transfert qu’à compter du paiement du prix.
7 Il s’agit des biens qui ne se trouvent pas, de par leur nature, nécessairement identifiés au moment de la vente (ex: blé,
charbon ...).
A. L’accord
Comme dans tout contrat, l’accord des volontés résulte de la concordance des volontés du
vendeur et de l’acheteur, c’est- à-dire d’une offre et d’une acceptation. Les règles générales de
formation des contrats, notamment pour la capacité, le consentement, l’objet ou la cause
trouvent naturellement leur application.
a) La promesse de vente
On distingue deux types de promesses :
1. La promesse unilatérale ou option
Il y a promesse unilatérale de vente lorsque le propriétaire d’un bien s’oblige à en transférer la
propriété à un prix déterminé, à une autre personne.
La promesse unilatérale de vente demeure distincte du contrat de vente, ce qui permet de dire
qu’elle est un avant- contrat. Elle lie son auteur qui consent au bénéficiaire la faculté
d’acheter un bien à un certain prix et dans un certain délai. La vente ne devient parfaite qu’à
la levée d’option par le bénéficiaire.
Dans la promesse unilatérale d’achat le futur acheteur s’engage à acheter si, dans un certain
délai, le propriétaire se décide à vendre, seul l’acheteur-promettant est alors tenu. La vente se
réalise au moment de l’acceptation.
2. La promesse synallagmatique
Il’ y a promesse de vente lorsqu’il y a engagement réciproque de vendre et d’acheter une
chose déterminée à un prix déterminé.
Il s’agit d’une véritable vente et les parties sont engagées dès la promesse.
b) L’offre du vendeur
L’offre de vente est une proposition de contracter. C’est une déclaration unilatérale de volonté
qui ne reçoit pas de réponse immédiate, ce qui, théoriquement, laisse au pollicitant la liberté
de la retirer.
Au contraire de l’offre, la promesse de vente est un contrat qui implique l’acceptation du
bénéficiaire, ce qui lie le promettant.
c) L’acceptation
L’acceptation peut être expresse ou tacite. Elle peut résulter d’une attitude non équivoque ou
d’un simple geste (ventes aux enchères ou en bourse).
Le silence peut valoir acceptation, notamment lorsqu’il prolonge ou complète d’autres
accords:
- D’une part lorsque vendeur et acheteur entretiennent des relations d’affaires.
Exemple : Le fournisseur qui reçoit une commande d’un client habituel est censé l’avoir
acceptée s’il a gardé le silence.
- D’autre part, les clauses accessoires qui figurent sur les documents commerciaux (bons de
commande, conditions générales de vente ou factures ...). Notamment les clauses attributives
de juridiction, sont présumées acceptées dès l’instant qu’elles ont été connues et n’ont pas fait
l’objet de réserves.
En principe l’acceptation de l’acheteur forme le contrat.
B. La marchandise
a) Nature et détermination de la chose
La chose vendue peut être une chose corporelle objet d’un droit de propriété mais aussi tout
autre droit patrimonial comme un usufruit ou un droit de créance. La vente peut porter sur une
chose de genre aussi bien que sur un corps certain.
Au cas de vente, l’intérêt de la distinction réside dans la détermination de la date du transfert
de propriété et par voie de conséquence, dans la charge des risques en cas de perte entre la
vente et la livraison, Il est admis que, pour les choses de genre, le transfert de propriété et le
transfert des risques ne peuvent avoir lieu qu’après individualisation des choses vendues.
Les choses de genre s’opposent aux corps certains par le fait quelles ne sont déterminées que
par leur qualité et leur quantité. On dit qu’elles sont fongible parce qu’elles Sont
interchangeables (Exemple : céréales, huile, pétrole ...)
8
L’article 61 du DOC. dispose que ‘l’obligation peut avoir pour objet une chose future et incertaine, sauf les exceptions
établies par la loi
1. Si le maître la ratifie ;
Dans le cas où le maître refuse de ratifier, l'acquéreur peut demander la résolution de la vente;
le vendeur est tenu, en outre, des dommages-intérêts, lorsque l'acquéreur ignorait, au moment
de la vente, que la chose était à autrui.
La nullité du contrat ne peut jamais être opposée par le vendeur, à raison de ce que la chose
était à autrui.
A. L’obligation de délivrance
La délivrance est la mise de la chose à la disposition de l’acheteur (Art 499 du D.O.C.).
Selon les biens concernés, elle prend des formes différentes
- Pour les immeubles par le délaissement ou la remise des dés (Art. 500 al. 1 du D.O.C.).
- Pour les choses mobilières par la tradition réelle ou par la remise des clés du bâtiment ou
du coffre qui les contient ou par tout autre moyen reconnu par l’usage (Art. 500 al. 2 du
D.O.C.).
a) Conditions de délivrance
1. L’obligation de délivrance porte sur la chose même prévue au contrat, ainsi que ses
accessoires : emballage, documents administratifs (Art. 516 du D.O.C).
2. En principe, le lieu de la délivrance est celui où la chose se trouvait lors de la conclusion du
contrat, c’est à-dire le plus souvent soit par l’enlèvement des marchandises au domicile
professionnel du vendeur, soit par le transport des dites marchandises.
3. Sauf stipulations conventionnelles différentes, la délivrance doit se faire aussitôt après la
conclusion du contrat (Art. 504 du D.O.C.), et dans tous les cas dans un délai raisonnable qui
fera l’objet d’une application à posteriori par les juges en cas de conflit entre le vendeur et
l’acheteur.
b) Date de transfert de la propriété et des risques.
En principe le transfert de la propriété, et par conséquent des risques ont lieu dès qu’il y a
échange des consentements (Art. 488 du D.O.C.).
Toutefois les parties sont entièrement libres du choix de cette date. En pratique, c’est souvent
à l’occasion des ventes suivies d’un transport des locaux du vendeur à ceux de l’acquéreur, et
plus spécialement d’un transport maritime ou aérien, que les parties usent de cette faculté
B. L’obligation de garantie
Le vendeur doit garantir l’acheteur contre l’éviction et contre les vices cachés.
a) La garantie d’éviction
Il s’agit de protéger l’acquéreur soit contre le fait d’un tiers, soit contre le fait du vendeur lui-
même.
1. La garantie contre l’éviction des tiers
Le vendeur doit garantir l’acquéreur contre les risques d’éviction du fait des tiers.
Il résulte de l’article 538 du D.O.C. qu’en cas d’une éviction totale, l’acquéreur est en droit de
demander :
- Le remboursement des frais qu’il avait assumés lors de la conclusion du contrat ;
- Le remboursement de ceux qu’il a supportés à l’occasion du procès mené par le tiers et de
la demande en garantie qu’il a formulée ;
A. L’obligation de retirement
A l’obligation de délivrance qui incombe au vendeur répond, à la charge de l’acheteur,
l’obligation de prendre livraison de la chose vendue. Le vendeur l’a mise à la disposition de
son partenaire, à ce dernier d’en acquérir la détention en procédant à l’enlèvement des biens
cédés lorsqu’il s’agit des meubles. De cette obligation, il convient d’évoquer le contenu et la
sanction.
B. L’obligation de paiement
La principale obligation de l’acheteur est de payer le prix (Art. 577 du D.O.C). Le défaut de
paiement du prix est sanctionné.
a) Modalités de paiement
376. Le prix doit être payé au jour et au lieu convenus. Sauf convention contraire, la vente
est censée faite au comptant, et l’acheteur doit payer au moment même de la livraison (Art
577 D.O.C.).
1. L ‘exécution forcée
Le vendeur impayé dispose d’une action en paiement contre l’acheteur, que garantissent :
- Le droit de rétention qui autorise le vendeur à refuser la livraison de la chose tant que le
prix n’en a pas été payé (Voir Art. 508 et 509 du D.O.C.).
- Le droit de revendication qui est reconnu au vendeur, en matière mobilière dès lors
qu’ayant livré le bien il ne reçoit pas paiement (Art. 582 du D.O.C.).
Ce droit de revendication peut être exercé dans les quinze jours qui suivent la livraison,
sous réserve que le bien soit encore en la possession de l’acheteur.
2. L ‘action en résolution
La résolution peut être prononcée pour un défaut de paiement du prix, aussi minime que soit
la portion du prix restant encore du. Elle a pour effet de provoquer la destruction rétroactive
du contrat tant à l’égard des parties qu’à l’égard des tiers.
Article 619
L'échange est un contrat par lequel chacune des parties remet à l'autre, à titre de propriété, une
chose mobilière ou immobilière, ou un droit incorporel, contre une chose ou un autre droit de
même nature ou de nature différente.
Article 620
Toutefois, lorsque l'échange a pour objet des immeubles ou autres objets susceptibles
d'hypothèque, on applique les dispositions de l'article 489.
Article 621
Lorsque les objets échangés sont de valeur différente, il est permis aux parties de compenser
la différence au moyen de soultes en numéraire ou en autres objets, au comptant ou à terme.
Cette disposition n'a pas lieu entre musulmans, lorsque les objets de l'échange sont des
denrées.
Article 622
Les dépens et loyaux coûts du contrat se partagent de droit entre les copermutants, sauf les
stipulations des parties.
Article 623
Chacun des copermutants doit à l'autre la même garantie que le vendeur à raison, soit de
l'insuffisance du titre, soit des vices rédhibitoires de la chose qu'il a donnée.
Article 624
Lorsque l'échange a pour objet des immeubles ou des droits immobiliers, la demande en
résolution doit être annotée en marge de l'inscription de l'acte d'échange.
Article 625
Les deux principaux éléments du contrat de louage sont la jouissance de la chose « obligation
du loueur » et la contrepartie de cette jouissance C.a.d le prix « obligation du preneur ».
C’est l’article 635 DOC qui précise que le locateur doit délivrer matériellement au preneur la
chose louée est ses accessoires en état de servir à leur destination, selon la nature de la chose
louée, sauf les stipulations des parties. En pratique la remise des clefs ou documents
nécessaire à l’utilisation de la chose suffit à considérer que le locateur a rempli son obligation
de délivrance.
Dans le cas de location d’immeubles, les menues réparations sont à la charge du preneur, le
locateur n’est pas tenu de faire les aménagements luxueux, sauf si les parties l’ont stipulé dans
le contrat.
Les frais de délivrance sont à la charge du locateur, quant aux frais d’enlèvement et de
réception de la chose louée sont à la charge du preneur, le tout sauf usage ou stipulation
contraire (art.637 DOC).
Le locateur est tenu de payer les impôts et charges afférentes à la chose louée, sauf
stipulations ou usage contraire (art.642 DOC).
Article 638
Si le locateur est en demeure d'accomplir les réparations dont il est chargé, le preneur peut l'y
contraindre judiciairement : à défaut par le locateur de les accomplir, il peut se faire autoriser
par justice à les faire exécuter lui-même et à les retenir sur le prix.
L’article 643 DOC stipule que « la garantie que le locateur doit au preneur à deux objets : 1-la
jouissance et la possession paisible de la chose louée + 2- l’éviction et les défauts de la
chose. »
Cette garantie est de plein droit, quand même elle n’aurait pas été stipulée. La bonne foi du
locateur n’empêche pas cette obligation.
L’article 644 DOC stipule à ce propos « l’obligation de garantie emporte pour le locateur,
celle de s’abstenir de tout ce qui tendait à troubler la possession du preneur ou à le priver des
avantages sur lesquels il avait droit de compter, d’après la destination de la chose louée et
l’état dans lequel elle se trouvait au moment du contrat. Il répond, à ce point de vue, non
seulement de son fait et de celui de ses préposés mais aussi des faits de jouissance des autres
locataires, ou des autres ayants droits. ».
L’article 649 DOC distingue entre les troubles de fait et les troubles de droit.
* les troubles de fait : le preneur est inquiété dans sa jouissance, sans que l’auteur du
trouble (simple voie de fait) ne prétendre aucun droit sur la chose louée. Le preneur dans ce
cas intente une action contre les auteurs du trouble. Le locateur est par contre responsable du
fait commis par ses préposés.(exemple : le concierge..).
*les troubles de droit : il y’a trouble de droit lorsqu’un tiers prétend avoir un droit sur
la chose louée, que cette prétention soit accompagnée de trouble de fait ou non. Dans ce cas,
le preneur doit le dénoncer au locateur et appeler celui-ci en garantie (voir art 646 et 647
DOC).
Lorsqu’il y’a lieu à garantie, le preneur peut poursuivre la résolution du contrat ou demander
une diminution du prix (art. 655 DOC).
a- Les troubles provenant d’un co-locataire : le locateur est garant de troubles de droit et ne
l’est pas des troubles de fait.
b- Les troubles provenant d’actes d’ordre public : lorsque la chose louée est soustraite au
preneur par le fait du prince ou pour cause d’utilité publique (faits de l’administration
publique légalement accomplis et qui diminuent la jouissance comme :l’expropriation), le
preneur peut poursuivre la résolution du bail et n’est tenu de payer le prix qu’à proportion de
sa jouissance (réduction proportionnelle du prix).
L’article 654 DOC stipule que « le locateur est tenu envers le preneur pour tous les vices et
défauts de la chose louée qui en diminuent sensiblement (et pas de manière insignifiante) la
jouissance, ou le rendant impropre à l’usage auquel elle était destinée d’après sa nature ou
d’après le contrat. »
L’article 655 DOC dispose « lorsqu’il y’a lieu à garanties, le preneur peut poursuivre la
résolution du contrat ou demander une diminution du prix. Il a droit aux dommages et intérêts
dans les cas prévus en l’article 556 DOC »
L’article 656 DOC dispose que « le locateur n’est tenu des vices de la chose louée qu’on
pouvait facilement constater…il n’est également tenu d’aucune garantie : lorsque le preneur
connaissait au moment du contrat, les vices de la chose louée ou l’absence des qualités
requises + lorsque les vices ont été déclarés + lorsque le locateur a stipulé qu’il ne serait tenu
d’aucune garantie. »
La garantie du par le locateur à raison des vices et défauts de la chose permet au preneur de
demander la résiliation du louage. Mais il appartient au juge de fond d’apprécier si ces
inconvénients résultant des vices justifient suffisamment la résiliation.
L’article 663 DOC stipule que « le preneur est tenu de deux obligations principales : 1-de
payer le prix de louage + 2 de conserver la chose louée et d’en user sans excès ou abus,
suivant sa destination naturelle ou celle qui lui a été donnée par le contrat ». Une 3ème
obligation est édictée par le DOC qui est celle de la restitution de la chose louée.
Le preneur doit payer le prix au terme fixé par le contrat ou, à défaut par l’usage local, à
défaut d’usage le prix doit être payé à la fin de la jouissance. Il est permis de stipuler que le
bail sera payé d’avance. Les frais du paiement sont à la charge du preneur (art. 664 DOC).
-Tout acte portant libération ou quittance de loyers non échus (n’est pas arrivé à échéance)
pour une période excédant une année, ne peut être opposé aux tiers, n’il n’a date certaine.
-Le prix de location doit être payé pour les immeubles au lieu où se trouve la chose louée,
pour les meubles au lieu où le contrat à été conclu. Le tout sauf stipulation contraire.
-Le prix doit être déterminé quant à sa qualité et quantité (numéraire, denrée, chose
mobilière.)
-le bailleur a le droit de rétention pour les loyers échus et pour ceux de l’année en cours, sur
les meubles et autres choses mobilières qui se trouvent dans les lieux loués et appartenant, soit
Yasser ABOUFATIMA 121
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
au locataire soit au sous locataire, soit même à des tiers. Il a le droit de s’opposer au
déplacement de ces objets en recourant à l’autorité compétente et peut les revendiquer,
lorsqu’ils ont été déplacés à son insu ou malgré son opposition. Toutefois, le bailleur ne peut
exercer ce droit de rétention ou de revendication qu’a concurrence de la valeur nécessaire
pour le garantir.
-le droit de revendication ne peut être exercé après 15 jours à partir de celui où le bailleur a eu
connaissance du déplacement. Le droit de rétention ou de revendication ne peut s’exercer : 1-
sur les choses qui ne peuvent faire l’objet d’une exécution mobilière + 2-sur les choses volées
ou perdue + 3-sur les choses appartenant à des tiers.
Article 639
Dans les baux d'immeubles, le preneur n'est tenu des réparations locatives ou de menu
entretien que s'il en est chargé par le contrat ou par l'usage. Ce sont les réparations à faire :
Article 663 AL 2
De conserver la chose louée et d'en user sans excès ni abus, suivant sa destination naturelle ou
celle qui lui a été donnée par le contrat.
Article 692
La résolution a lieu en faveur du locateur, sans préjudice des dommages, si le cas y échéant :
Ø Si le preneur emploie la chose louée à un autre usage que celui auquel elle est destinée
par sa nature ou par la convention ;
Ø S'il la néglige de manière à causer à la chose un dommage notable ;
Suivant l’Art 675 DOC : Le preneur doit restituer la chose à l’expiration du terme fixé, s’il la
retient au-delà, il doit le prix de location à dire d’experts pour le surplus de rétention et répond
de tous les dommages qui y sont survenus même par cas fortuit.
S’il a été fait un état des lieux de la chose entre les deux parties, le preneur doit rendre la
chose telle qu’il l’a reçue. A défaut d’état des lieux, le preneur est présumé avoir reçu la chose
en bon état.
La restitution de la chose louée doit être faite dans le lieu du contrat ; les frais de restitution
sont à la charge du preneur, s’il n’y a convention ou usage contraire.
En droit marocain le bail cesse pour des causes qui relèvent soit du Dahir du 25/12/1980
modifié par la loi 67-12 soit du droit commun (DOC).
Le bail ne peut pas être perpétuel, il implique naturellement la restitution de la chose au terme
du délai imparti pour la jouissance. Diverses causes peuvent déclencher cette obligation de
restituer :
Article 687
« Le louage de choses cesse de plein droit à l'expiration du terme établi par les parties, sans
qu'il soit nécessaire de donner congé, s'il n'y a convention contraire ou sauf les dispositions
spéciales aux baux à ferme ».
Article 688
Si aucun terme n'a été établi, le louage est censé fait à l'année, au semestre, au mois, à la
semaine ou au jour, selon que le prix a été fixé à tant par an, par semestre, par mois, etc., et le
contrat cesse à l'expiration de chacun de ces termes, sans qu'il soit nécessaire de donner
congé, à moins d'usage contraire.
Article 689
Au cas où, à l'expiration du contrat, le preneur en possession, il est renouvelé dans les mêmes
conditions, et pour la même période, s'il a été fait pour une période déterminée ; s'il est fait
sans détermination d'époque, chacune des parties peut résilier le bail; le preneur a cependant
droit au délai fixé par l'usage local pour vider les lieux.
Article 690
Article 260
Si les parties sont convenues que le contrat sera résolu dans le cas où l'une d'elles
n'accomplirait pas ses engagements, la résolution du contrat s'opère de plein droit par le seul
fait de l'inexécution.
La résolution a lieu en faveur du locateur, sans préjudice des dommages, si le cas y échet :
1. Si le preneur emploie la chose louée à un autre usage que celui auquel elle est destinée
par sa nature ou par la convention ;
2. S'il la néglige de manière à causer à la chose un dommage notable ;
3. S'il ne paye pas le prix échu du bail ou de la location.
Il s’agit de l’application au contrat de bail de la théorie des risques. (si la chose est détruite en
totalité sans la faute d’aucun des contractants, le bail est résilié de plein droit. En cas de
destruction de la chose par la faute de l’une des partie, la rupture du contrat n’exclut pas des
dommages et intérêts.
-Perte totale : L’article 659 DOC stipule « si la chose louée est détruite en totalité, sans la
faute d’aucun des contractants, le bail est résilié de plein droit ».
-Perte partielle : Elle ouvre au preneur une option entre la diminution du loyer ou la résiliation
du bail.
Lorsque le bail prend fin, le preneur est obligé de rendre la chose et d’abandonner la
jouissance qui résultait du contrat. La fin du bail est l’occasion de faire les comptes entre
parties en fonction de l’état de la chose louée.
L’article 676 DOC stipule « Quand il a été établi un état des lieux, le preneur doit rendre la
chose telle qu’il l’a reçue, suivant cet état ». L’article 677 DOC stipule « En l’absence d’états
des lieux, le preneur est présumé avoir reçu l’immeuble en bon état de réparations locatives ».
Il s’agit d’une présomption ; la charge de preuve contraire pèse sur le preneur.
Article 8 de la loi 67-12 relative aux baux à usage d’habitation et usage professionnel
L’état des lieux doit être dressé par écrit à date certaine et comprendre une description
détaillée et précise des locaux, en évitant d’utiliser des formules telles que « en excellent état
» « état moyen ».
A défaut d’état des lieux, le locataire, par la simple signature du contrat de bail, est censé́
avoir reçu les locaux en bon état d’usage.
du preneur. Mais le bailleur peut également conserver le résultat des travaux dont i devient
propriétaire. Dans ce cas il est tenu de rembourser le preneur.
Il y’a une tendance à la perpétuation du droit de jouissance. C’est une des raisons pour
lesquelles on avait été tenté de classer les droits du preneur dans les catégories réelles. Si
finalement, la qualification finale est bien celle d’un droit de créance du preneur sur le
bailleur.
Paragraphe 1 : Le décès
L’article 698 précise « le contrat de louage n’est point résolu par la mort du bailleur, ni par
celle du preneur. Le droit au bail passe aux héritiers de ceux-ci. (pour le preneur : héritiers et
légataires).
Le bail fait par le bénéficiaire d’un bien « Habous » est résolu par la mort du bénéficiaire. Le
bail fait par celui qui détient la chose à titre précaire est résolu par la mort du détenteur.
La valeur vénale d’un logement peut être différente selon qu’il est vendu libre ou occupé par
un locataire. La vente ne met pas fin au bail, dès lors qu’il est fait sans fraude ou qu’il a
acquis date certaine avant l’aliénation. L’acquéreur est subrogé au lieu et place de l’ancien
bailleur puisqu’il tenu dans les mêmes termes que ce dernier.
Le vendeur doit signaler à l’acquéreur l’existence d’un locataire dans les lieux.
La possibilité de reprise par le bailleur est écartée, sauf stipulations contraires. L’article
693 DOC « le bailleur ne peut résoudre la location, encore qu’il déclare vouloir occuper par
lui-même la maison louée ».
Article 781
Le dépôt est un contrat par lequel une personne remet une chose mobilière à une autre
personne, qui se charge de garder la chose déposée et de la restituer dans son individualité.
Article 782
Lorsqu'on remet à quelqu'un des choses fongibles des titres au porteur ou des actions
industrielles à titre de dépôt, mais en autorisant le dépositaire à en faire usage, à charge de
restituer une quantité égale de choses de mêmes espèce et qualité, le contrat qui se forme est
régi par les règles relatives au prêt de consommation.
Article 783
Lorsqu'on remet à quelqu'un, sans les renferment et somme dépôt ouvert, une somme en
numéraire, des billets de banque ou autres titres faisant office de monnaie, le dépositaire est
présumé autorisé, sauf la preuve contraire, à faire usage du dépôt, et il en supporte les risques
en cas de perte.
Article 784
Néanmoins, si une personne capable de s'obliger accepte le dépôt fait par un incapable, elle
est tenue de toutes les obligations résultant du dépôt.
Article 785
Si le dépôt a été fait par une personne capable à une personne qui ne l'est pas, le majeur qui a
fait le dépôt n'a que l'action en revendication de la chose déposée, si elle existe dans la main
du dépositaire ; à défaut, le déposant n'a qu'une action en restitution à concurrence de ce qui a
tourné au profit de l'incapable, et sauf ce qui est établi pour les cas des délits et quasi-délits
des incapables.
Article 786
Il n'est pas nécessaire, pour la validité du dépôt entre les parties, que le déposant soit
propriétaire de la chose déposée, ni qu'il la possède à titre légitime.
Article 787
Le dépôt est parfait par le consentement des parties et par la tradition de la chose.
La tradition s'opère par le seul consentement, si la chose se trouvait déjà, à un autre titre, entre
les mains du dépositaire.
Article 788
Article 789
Le dépôt doit être constaté par écrit, lorsqu'il a une valeur excédant 200 dirhams, cette règle
ne s'applique pas au dépôt nécessaire ; le dépôt nécessaire est celui qui a été forcé par quelque
accident, tel qu'un incendie, un naufrage ou autre événement imprévu ou de force majeure ; la
preuve peut en être faite par tous moyens, quelle que soit la valeur de l'objet du dépôt.
Article 790
Le dépôt est essentiellement gratuit. Toutefois, le dépositaire a droit à un salaire, s'il l'a
expressément stipulé, ou s'il était implicitement entendu, d'après les circonstances et
l'usage198, qu’un salaire lui serait alloué ; cette présomption est de droit lorsque le dépositaire
reçoit habituellement des dépôts à payement.
CHAPITRE XX : LE SEQUESTRE
Article 818
Le dépôt d'une chose litigieuse entre les mains d'un tiers s'appelle séquestre ; il peut avoir
pour objet des meubles ou des immeubles ; il est régi par les règles du dépôt volontaire et par
les dispositions du présent chapitre.
Article 819
Il peut être fait, du consentement des parties intéressées, à une personne dont elles sont
convenues entre elles, ou ordonné par le juge, dans les cas déterminés par la loi de procédure.
Article 820
Article 821
Le tiers dépositaire a la garde et l'administration de la chose; il est tenu de lui faire rendre tout
ce qu'elle est capable de produire.
Article 822
Il ne peut faire aucun acte d'aliénation ni de disposition, sauf ceux qui sont nécessaires dans
l'intérêt des choses séquestrées.
Article 823
Lorsque le séquestre a pour objet des choses sujettes à détérioration, la vente de ces choses
peut être autorisée par le juge, avec les formalités requises pour la vente du gage; le séquestre
porte sur le produit de la vente.
Article 824
Le tiers dépositaire est tenu de restituer la chose sans délai à celui qui lui est indiqué par les
parties ou par justice. Il est tenu, quant à cette restitution, des mêmes obligations que le
dépositaire salarié.
Article 825
Il répond de la force majeure et du cas fortuit, s'il est en demeure de restituer la chose, si, étant
partie au procès, il a accepté d'être constitué gardien provisoire, ou si la force majeure a été
occasionnée par son fait, sa faute, ou par le fait ou la faute des personnes dont il doit répondre.
Article 826
Il doit présenter un compte exact de tout ce qu'il a reçu et dépensé, en produire les
Yasser ABOUFATIMA 129
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Article 827
S'il y a plusieurs séquestres, la solidarité entre eux est de droit, d'après les règles établies pour
le mandat.
Article 828
La partie à laquelle la chose est restituée doit faire raison au tiers dépositaire des dépenses
nécessaires et utiles, faites de bonne foi et sans excès, ainsi que des honoraires convenus ou
fixés par le juge. Lorsque le dépôt est volontaire, le tiers dépositaire a action contre tous les
déposants, pour le remboursement des dépenses et honoraires, proportionnellement à leur
intérêt dans l'affaire.
Article 830
Le prêt à usage, ou commodat, est un contrat par lequel l'une des parties remet une chose à
l'autre partie pour s'en servir pendant un temps, ou pour un usage déterminé, à charge par
l'emprunteur de restituer la chose même. Dans le commodat, le prêteur conserve la propriété
et la possession juridique des choses prêtées ; l'emprunteur n'en a que l'usage.
Article 831
Pour donner une chose à commodat, il faut avoir la capacité d'en disposer à titre gratuit.
Les tuteurs, curateurs et administrateurs de la chose d'autrui ne peuvent prêter à usage les
choses qu'ils sont chargés d'administrer.
Article 832
Le prêt à usage peut avoir pour objet des choses mobilières ou immobilières.
Article 833
Le prêt à usage est parfait par le consentement des parties et par la tradition de la chose à
l'emprunteur.
Article 834
Cependant la promesse de prêt faite pour une cause connue du promettant constitue une
obligation qui peut se résoudre en dommages- intérêts, en cas d'inexécution de la part du
prêteur, si ce dernier ne prouve qu'un besoin imprévu l'a empêché d'exécuter son obligation,
ou que les conditions financières de l'emprunteur ont notablement empiré depuis que
l'engagement a été pris.
Article 835
Article 836
L'emprunteur est tenu de veiller avec diligence à la conservation de la chose prêtée. Il ne peut
en confier la garde à une autre personne, à moins de nécessité urgente; il répond, en cas de
contravention, du cas fortuit et de la force majeure.
Article 840
Article 841
Si le prêt a été fait sans détermination d'époque, l'emprunteur ne doit restituer la chose
qu'après s'en être servi suivant la destination convenue ou suivant l'usage.
Lorsque le prêt a été fait sans détermination de but, le prêteur peut réclamer la restitution de la
chose à tout moment, s'il n'y a usage contraire.
Article 842
Néanmoins, le prêteur peut obliger l'emprunteur à restituer la chose, même avant le temps ou
l'usage convenu :
2. Si l'emprunteur en abuse, ou s'en sert pour un usage différent de celui prévu par le contrat ;
Article 845
Article 848
Lorsque le commodat n'est point prouvé par acte authentique ou sous seings privés,
l'affirmation de l'emprunteur fait foi, à charge de serment, quant à la restitution de la chose
prêtée. Il peut se dispenser du serment en faisant la preuve de la restitution. Si le commodat
est prouvé par écriture sous seings privés ou par acte authentique, l'emprunteur n'est libéré
que par une preuve écrite.
Article 851
Toute stipulation qui chargerait l'emprunteur des cas fortuits est nulle.
Est nulle également la stipulation par laquelle l'emprunteur stipulerait d'avance qu'il ne
répondra pas de son fait ou de sa faute.
Article 852
1. Lorsque la chose a été évincée par un tiers pendant qu'il s'en servait ;
2. Lorsque la chose prêtée avait des défauts tels qu'il en est résulté un préjudice pour celui qui
s'en sert.
Article 853
4. Lorsque les vices ou les risques étaient tellement apparents que l'emprunteur eût pu
facilement les connaître ;
Article 854
Le prêt à usage se résout par la mort de l'emprunteur, mais les obligations qui en résultent se
transmettent à sa succession. Ses héritiers répondent personnellement des obligations qui
résultent de leur fait et relatives à la chose prêtée.
Article 855
Les actions du prêteur contre l'emprunteur, et de ce dernier contre le prêteur, à raison des
articles 836, 837, 839, 841, 846 et 852 se prescrivent par six mois. Ce délai commence, pour
le prêteur, à partir du moment où la chose lui est restituée, et, pour l'emprunteur, du moment
où le contrat a pris fin.
Article 856
Le prêt de consommation est un contrat par lequel l'une des parties remet à une autre des
choses qui se consomment par l'usage, ou d'autres choses mobilières, pour s'en servir, à
charge par l'emprunteur de lui en restituer autant de mêmes espèce et qualité, à l'expiration du
délai convenu.
Article 857
Le prêt de consommation se contracte aussi, lorsque celui qui est créancier d'une somme en
numéraire, ou d'une quantité de choses fongibles, à raison d'un dépôt ou à d'autres titres,
autorise le débiteur à retenir, à titre de prêt, la somme ou quantité qu'il doit. Dans ce cas, le
contrat est parfait, dès que les parties sont convenues des clauses essentielles du prêt.
Article 858
Pour prêter, il faut avoir la capacité d'aliéner les choses qui font l'objet du prêt
Article 859
a- Des choses mobilières, telles que des animaux, des étoffes, des meubles meublants;
b- Des choses qui se consomment par l'usage, telles que des denrées, du numéraire.
Article 861
Article 862
L'emprunteur a les risques de la chose prêtée, à partir du moment où le contrat est parfait, et
avant même qu'elle lui soit livrée, à moins de stipulation contraire.
Article 866
L'emprunteur ne peut être contraint à restituer ce qu'il doit, avant le terme établi par le contrat
ou par l'usage ; il peut le restituer avant l'échéance, à moins que la restitution avant le terme
ne soit contraire à l'intérêt du créancier.
Article 870
Entre musulmans, la stipulation d'intérêts est nulle, et rend nul le contrat, soit qu'elle soit
expresse, soit qu'elle prenne la forme d'un présent ou autre avantage fait au prêteur ou à toute
autre personne interposée.
Article 871
Dans les autres cas, les intérêts ne sont dus que s'ils ont été stipules par écrit.
Cette stipulation est présumée, lorsque l'une des parties est un commerçant.
Article 872
Les intérêts des sommes portées en compte courant sont dus de plein droit par celle des
parties au débit de laquelle elles figurent, à partir du jour des avances constatées.
Article 873
Les intérêts ne peuvent être calculés que sur la taxe d'une année entière.
En matière commerciale, les intérêts peuvent être calculés au mois, mais ne peuvent dire
capitalisés, même en matière de compte courant, si ce n'est à la fin de chaque semestre.
Article 874
Est nulle, entre toutes parties, la stipulation que les intérêts non payés seront, à la fin de
chaque année, capitalisés avec la somme principale, et seront productifs eux-mêmes d'intérêts.
Article 875
En matière civile et commerciale, le taux légal des intérêts et le maximum des intérêts
conventionnels sont fixés par un dahir spécial.
-Le mandat est un Contrat par lequel une personne charge une autre d’accomplir un acte licite
pour Le compte du commettant. Le mandat peut être donné aussi dans l’intérêt du mandant et
du mandataire ou dans celui du mandant et d’un tiers et même exclusivement dans l’intérêt
d’un tiers. (Art 879)
-Pour donner un mandat, Il faut être capable de faire par soi-même, l’acte qui en est l’objet.
La même capacité n’est pas requise chez le mandataire ; il suffit que celui-ci soit doué de
discernement et de ses facultés mentales. (Art 880)
-Le mandat est nul : si l’objet est impossible ou trop indéterminé, si l’acte est contraire a
l’ordre public. (Art 881)
-Le mandat est non avenu : s’il a pour objet un acte que nul ne peut accomplir par procureur
tel que celui de prêter serment. (Art 882)
-Le mandat est parfait par le consentement des parties. L’acceptation du mandataire peut être
tacite et résulter du fait de l’exécution. (Art 883)
-Lorsque le mandat est donné par lettre par message ou par télégramme le contrat est censé
conclu dans le lieu où réside le mandataire lorsque celui-ci accepte purement et simplement.
-Le mandat spécial est celui qui est donné pour une ou plusieurs affaires déterminées ou qui
ne confère que des pouvoirs spéciaux.
-Le mandat général est celui qui donne au mandataire le pouvoir de gérer tous les intérêts du
mandant sans limiter ses pouvoirs. (Art 893 Al 1 + Art 894)
-Le mandataire est tenu d’exécuter exactement la commission qui lui a été donnée.
-Lorsque plusieurs mandataires sont nommés par le même acte et pour la même affaire, ils ne
peuvent agir séparément, s’ils n’y sont expressément autorisés. (Art 899)
-Le mandataire est tenu d’apporter à la gestion dont il est chargé la diligence d’un homme
attentif et scrupuleux, et il répond du dommage causé au mandant par le défaut de cette
diligence. (Art 904)
-Dès que le mandat a pris fin, le mandataire doit restituer au mandant, ou déposer en justice
l’acte qui lui confère ses pouvoirs. (Art 911 Al 2)
-Le mandataire est tenu d’informer le mandant de toutes les circonstances qui pourraient
déterminer ce dernier à révoquer ou à modifier le mandat.
-Dès que sa mission est accomplie, le mandataire est tenu d’en informer immédiatement le
mandant.
-Tout mandataire doit rendre compte au mandant de sa gestion, lui présenter le compte
détaillé de ses dépenses et de ses recouvrements.
-Le mandant est tenu de fournir au mandataire les fonds et autres moyens nécessaire pour
l’exécution du mandat, sauf stipulation contraire. (Art 913)
-L’article 915 Al3 et Al 4dispose que le mandataire n’a pas droit à la rétribution
(rémunération) convenue :
*S’il a été empêché, par un cas de force majeure d’entreprendre l’exécution de son
mandat ;
*Si l’affaire ou l’opération dont il a été chargé a pris fin avant qu’il ait pu
l’entreprendre ;
*Si l’affaire ou l’opération en vue de laquelle le mandat avait été donné n’a pas été
réalisée.
-Le mandant qui a cédé l’affaire à d’autres, demeure responsable envers le mandataire de
toutes les suites du mandat.
-Si le mandant a été donné par plusieurs personnes, pour une affaire commune, chacune
d’elles est tenue envers le mandataire en proportion de son intérêt dans l’affaire, s’il n’en a été
autrement convenu.
-Le mandataire a le droit de retenir les effets mobiliers ou marchandises du mandat à lui
expédiés ou remis, pour se rembourser de ce que lui est dû par le mandat d’après l’article 914.
Yasser ABOUFATIMA 137
Résumé Droit des Obligations et des Contrats
Le mandant :
Article 926
Le mandant est tenu directement d'exécuter les engagements contractés pour son compte par
le mandataire, dans la limite des pouvoirs conférés à ce dernier.
Les réserves et les traités secrets passés entre le mandant et le mandataire, et qui ne résultent
pas du mandat lui-même, ne peuvent être opposés aux tiers, si on ne prouve que ceux-ci en
ont eu connaissance au moment du contrat.
-Le mandant n’est pas tenu de ce que le mandataire aurait fait en dehors ou au-delà de ses
pouvoirs sauf dans les cas suivants :
*Lorsqu’il en a profité ;
*Lorsque le mandataire a contracté dans des conditions plus favorables que celles
portées dans les instructions.
Le mandataire
Article 920
Lorsque le mandataire agit en son nom personnel, il acquiert les droits résultant du contrat et
demeura directement obligé envers ceux avec lesquels il a contracté, comme si l'affaire lui
appartenait, alors même que les tiers auraient connu sa qualité de prête-nom ou de
commissionnaire
-le mandataire qui a traité en cette qualité et dans les limites de ses pouvoirs n’assume aucune
obligation personnelle envers les tiers. Ceux-ci peuvent s’adresser qu’au mandant.
-Les tiers n’ont aucune action contre le mandataire, en cette qualité, pour le contraindre à
exécuter son mandat, à moins que le mandat n’ait été donné aussi dans leur intérêt ou lorsque
cette exécution rentre nécessairement dans le mandat dont il est chargé.
Article 924
Celui qui traite avec le mandataire, en cette qualité, a toujours le droit de demander
l'exhibition du mandant et, au besoin, une copie authentique à ses frais.
Article 925
Les actes valablement accomplis par le mandataire, au nom du mandant et dans la limite de
ses pouvoirs, produisent leur effet en faveur du mandant et contre lui, comme s'ils avaient été
accomplis par le mandant lui-même.
Article 928
Le mandataire qui a agi sans mandat ou au delà de son mandat est tenu des dommages envers
les tiers avec lesquels il a contracté, si le contrat ne peut être exécuté.
Article 929
Le mandat finit :
Article 930
Le mandat donné par une personne morale ou une société cesse avec la fin de la personne
morale ou de la société.
Article 931
Le mandant peut, quand bon lui semble, révoquer sa procuration ; toute clause contraire est
sans effet entre les parties et vis-à-vis des tiers. La stipulation d'un salaire n'empêche pas le
mandant de faire usage de ce droit.
Cependant :
1. Lorsque le mandat a été donné dans l'intérêt du mandataire, ou dans celui d'un tiers,
le mandant ne peut le révoquer sans l'assentiment de la partie dans l'intérêt de
laquelle le mandat a été donné ;
2. Le mandataire ad litem ne peut être révoqué, lorsque la cause est en état.
Article 934
La révocation totale ou partielle du mandat ne peut être opposée aux tiers de bonne foi qui ont
contracté avec le mandataire, avant de connaître la révocation, sauf au mandant son recours
contre le mandataire.
Lorsque la loi prescrit une forme déterminée pour la constitution du mandat, la même forme
est requise pour la révocation
Article 935
Article 936
Le mandataire ne peut pas renoncer, lorsque le mandat lui a été donné dans l'intérêt d'un tiers,
sauf le cas de maladie ou autre empêchement légitime ; dans ce cas, il est tenu de donner avis
à celui dans l'intérêt duquel le mandat a été conféré, et de lui accorder un délai raisonnable
afin de pourvoir à ce que les circonstances exigent.
Article 937
-Le cautionnement est un contrat par lequel une personne s‘oblige envers le créancier à
satisfaire à l'obligation du débiteur, si celui-ci n'y satisfait pas lui-même.
-S'il n'a pas été fixé de limite, la caution ne répond que jusqu'à concurrence de ce qui est
raisonnable, selon la personne à qui le crédit est ouvert.
-Ce mandat est révocable et ne peut être prouvé que par écrit.
-Nul ne peut se porter caution s'il n‘a la capacité d'aliéner à titre gratuit. Le mineur ne peut se
porter caution, même avec l'autorisation de son père ou tuteur, s‘il n'a aucun intérêt dans
l'affaire qu'il garantit.
-Le cautionnement ne peut exister que sur une obligation valable. Il peut avoir pour objet une
obligation éventuelle (telle que la garantie pour cause d'éviction).
-On ne peut cautionner une obligation que le fidéjusseur (caution) ne pourrait acquitter au lieu
du débiteur principal, telle qu'une peine corporelle.
-L'engagement de la caution doit être exprès et ne se présume point.
-Le cautionnement n'a pas besoin d'être accepté formellement par le créancier, Mais il ne peut
être donné contre sa volonté.
-On peut cautionner une obligation à l'insu du débiteur principal, et même contre sa volonté ;
mais le cautionnement donné contre la défense expresse du débiteur ne crée aucun lien de
droit entre ce dernier et la caution, qui est seulement obligée envers le créancier.
-Le cautionnement est essentiellement gratuit. Toute stipulation de rétribution (rémunération)
est nulle et rend nul le cautionnement comme tel. Cette règle reçoit exception entre
commerçants pour affaire de commerce, s’il y a coutume en ce sens.
-Toutes les causes qui produisent la nullité ou l'extinction de l‘obligation principale éteignent
le cautionnement.
-L‘obligation qui résulte du cautionnement, s'éteint par les mêmes causes que les autres
obligations, même indépendamment de l'obligation principale.
-Le paiement fait par la caution libère à la fois la caution et le débiteur principal.
-La remise de la dette accordée au débiteur libère la caution, celle accordée à la caution ne
libère pas le débiteur, celle accordée à l'une des cautions, sans le consentement des autres,
libère celle-ci pour la part de la caution à qui la remise a été
accordée.
Article 1241
Les biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers, et le prix s'en distribue entre
eux par contribution, à moins qu'il n'y ait entre les créanciers des causes légitimes de
préférence.
Article 1242
Les causes légitimes de préférence sont les privilèges, les nantissements et le droit de
rétention.
Article 1243
Le privilège est un droit de préférence que la loi accorde sur les biens du débiteur à raison de
la cause de la créance.
Article 1244
Entre les créanciers privilégiés, la préférence se règle par les différentes qualités des
privilèges.
Article 1245
Les créanciers privilégiés qui sont dans le même rang sont payés par concurrence.
Les ayants cause des créanciers privilégiés exercent les mêmes droits que leurs auteurs, en
leur lieu et place.
Article 1246
Si le prix des meubles et immeubles, soumis à un privilège spécial, ne suffit pas à payer les
créanciers privilégiés, ceux-ci viennent à contribution pour le surplus, avec les créanciers
chirographaires.
Article 1247
Les premiers comprennent tous les biens meubles du débiteur; les seconds ne s'appliquent
qu'à certains meubles.
Article 1248
Les créances privilégiées sur la généralité des meubles sont celles ci- après exprimées, et
s'exercent dans l'ordre suivant :
2. Les créances des médecins, pharmaciens, gardes-malades, pour leurs soins et fournitures
dans les six mois antérieurs au décès ou à l'ouverture de la contribution;
2 . bis Les créances résultant de la dot (Sadaq) de l'épouse et du don de consolation (Mout'a),
évalué compte tenu du préjudice éventuel subi par l'épouse du fait d'une répudiation qui n'est
pas justifiée, ainsi que celles résultant de la pension alimentaire due à l'épouse, aux enfants et
aux parents.
3. Les frais de justice, tels que les frais de scellés, d’inventaire, de vente, et autres
indispensables à la conservation et à la réalisation du gage commun ;
4. Les salaires les indemnités de congé payé, les indemnités dues pour inobservation du délai-
congé ou en raison soit de la résiliation abusive du contrat de louage de services, soit de la
rupture anticipée d'un contrat à durée déterminée, dus
5. La créance de la victime d'un accident du travail ou de ses ayants droit relative aux frais
médicaux chirurgicaux, pharmaceutiques et funéraires, ainsi qu'aux indemnités allouées à la
suite de l'incapacité temporaire de travail ;
6. Les allocations versées aux ouvriers et employés soit par la caisse d'aide sociale ou par
toute autre institution assurant le service des allocations familiales à l'égard de leurs affiliés,
soit par les employés assurant directement le service desdites allocations à leur personnel ;
7. Les créances de la caisse d'aide sociale et autres institutions assurant le service des
allocations familiales à l'égard de leurs affiliés, pour les cotisations ou contributions que ceux-
ci sont tenus de verser à ces organismes, ainsi que pour les majorations dont sont passibles ces
cotisations et contributions.
SOMMAIRE
CHAPITRE XX : LE SEQUESTRE
Bibliographie :