CB1506FR
CB1506FR
Ouédraogo, S.A., Bockel, L., Arouna, A., Fatognon, I. et Gopal, P. 2021. Analyse de la chaine de valeur riz en Côte d'Ivoire:
Optimiser l'impact socio-économique et environnemental d'un scénario d'autosuffisance à l'horizon 2030. Accra,
FAO. https://doi.org/10.4060/cb1506fr
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ISBN 978-92-5-133460-7
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iii
8.1 Subvention des intrants ................................................................................................................ 29
8.2 Couts des investissements publics dans les aménagements rizicoles .......................................... 30
8.3 Investissement privé dans la filière............................................................................................... 30
8.4 Analyse de la rentabilité des investissements .............................................................................. 31
9. Conclusion ...................................................................................................................... 32
Références ............................................................................................................................ 33
Annexes ................................................................................................................................ 34
Tableaux
Tableau 1: Production nationale par système de production en 2018 ............................................. 2
Tableau 2 : Equipements d’usinage du riz et leur capacité en 2018 ................................................. 4
Tableau 3: Changement d'usage des terres .................................................................................... 14
Tableau 4: Consommation moyenne d’intrants dans la production du riz ..................................... 15
Tableau 5: Quantité moyenne de la main d’œuvre utilisée par hectare dans la riziculture ........... 16
Tableau 6: Rendement et production actuelle et projetée du riz de plateau................................. 18
Tableau 7: Résultats de l'impact économique sur la riziculture de plateau .................................... 19
Tableau 8: Résultats de l'impact sur la mitigation climatique du riz de plateau ............................. 19
Tableau 9: Rendement et production actuelle et projetée du riz de bas-fond............................... 20
Tableau 10: Résultats de l'impact économique sur la riziculture de bas-fond ............................... 20
Tableau 11: Résultats de l'impact sur la mitigation climatique du riz de bas-fond ......................... 21
Tableau 12: Rendement et production actuelle et projetée du riz irrigué ..................................... 22
Tableau 13: Résultats de l'impact économique sur la riziculture irriguée ...................................... 22
Tableau 14: Résultats de l'impact sur la mitigation climatique du riz irrigué ................................. 23
Tableau 15: Rendement et production actuelle et projetée du riz en Côte d’Ivoire ...................... 23
Tableau 16: Résultats de l'impact économique global sur la riziculture ......................................... 24
Tableau 17: Résultats de l'impact économique global sur les transformateurs ............................. 24
Tableau 18: Résultats de l'impact économique sur les distributeurs ............................................. 26
Tableau 19: Résultats socio-économiques Agrégées ...................................................................... 26
Tableau 20: Résultats de l'empreinte sociale ................................................................................. 27
Tableau 21: Résultats de l'impact global sur la mitigation climatique ............................................ 28
Tableau 22: Résultats de l'empreinte carbone ............................................................................... 28
Tableau 23: Résultats de l'impact sur la résilience ......................................................................... 29
Tableau 24: Subventions en intrants sur 10 ans ............................................................................. 29
Tableau 25: Couts des investissements publics sur 10 ans ............................................................. 30
Tableau 26: Couts des investissements Privés ................................................................................ 30
Tableau 27: Investissements publics et privés annuels et rentabilité (en millions de dollars US) .. 31
Tableau 28: Recettes et dépenses publiques dans la filière riz entre 2020 et 2030 ....................... 31
Tableau 29: Bilan carbone de la production et de la transformation ............................................. 34
Tableau 30: Niveau des pertes entre la situation actuelle et la situation projetée ......................... 34
Tableau 31: Dimension de la résilience ........................................................................................... 36
Tableau 32 : Quantité d'intrants utilisés par système de production ............................................. 37
Tableau 33 : Quantité de main d'œuvre utilisée par système de production ................................. 37
Tableau 34: Analyse Economique des unités de transformation .................................................... 38
Tableau 35: Analyse Economique des grossistes ............................................................................ 38
Tableau 36: Analyse économique des détaillants ........................................................................... 38
Figures
Figure 1 : Structuration de la chaîne de valeur riz en Côte d’Ivoire .................................................. 4
Figure 2: Evolution de la production et de la consommation du riz en Côte d'Ivoire entre 2010 and
2017 .......................................................................................................................................... 7
Figure 3 : Des pratiques et technologies intelligentes face au climat pour les systèmes de
production................................................................................................................................. 8
Figure 4: Le cadre de la chaîne de valeur alimentaire durable ....................................................... 10
Figure 5: Le concept de la valeur ajoutée ....................................................................................... 11
Figure 6: Produit de l’outil EX-ACT VC ............................................................................................. 13
v
Sigles et abréviations
BM Banque Mondiale
CIPRISSA Continental Investment Plan for accelerating Rice Self-sufficiency in Africa/ Plan
d'investissement continental pour accélérer l'autosuffisance en riz en Afrique
VA Valeur Ajoutée
Résumé exécutif
Les importations du riz en Côte d’Ivoire ont connu une forte croissance ces dernières années en dépit du
potentiel d’accroissement de la production locale. Afin de réaliser une autosuffisance en riz à l’horizon 2030,
le gouvernement ivoirien s’est donné pour ambition d’accroitre la production et les capacités de
transformation locale. Ainsi, cette étude est une analyse prospective de la filière riz en Côte d’Ivoire sur la
période 2020-2030. L’objectif est d’évaluer l’impact économique et environnemental de la situation actuelle
de la filière comparé à celui d’un Scénario futur d’amélioration (Scénario de réalisation de l’auto-suffisance
alimentaire). De façon spécifique, l’étude mène une analyse microéconomique (par acteurs) et
macroéconomique pour le scénario de base (situation actuelle) et le scénario futur sur trois aspects que
sont:
Le scénario devrait permet d’accroitre la production de 2,05 millions de tonnes à 4.28 millions de tonnes
entre 2020 et 2030. L’utilisation de l’outil EX-ACT VC a permis d’estimer la valeur ajoutée totale du secteur
qui est actuellement évaluée à 436 millions de USD. Dans le cadre du scénario de croissance, cette valeur
ajoutée devrait passer à 1.04 milliards de USD, soit une croissance annuelle de neuf pour cent. Cela devrait
se traduire par une amélioration du revenu des acteurs. Au niveau de la production, le revenu moyen
pourrait passer de 379 à 839 USD entre 2020 et 2030 avec des disparités selon le système de production.
Les revenus des petites et des grandes unités de transformation sont de 10 092 et 122 822 USD
respectivement et devraient atteindre 15 332 et 344 842 USD d’ici 2030. L’analyse indique également que
le scénario d’autosuffisance devrait entrainer la création de 234 000 emplois supplémentaires dans la filière
au cours de dix prochaines années, principalement dans la production et dans la transformation.
Finalement, l’adoption de Bonnes Pratiques Agricoles, l’arrêt des brulis et l’utilisation efficiente des intrants
permettront de limiter la contribution de la filière riz, notamment la riziculture aux émissions des Gas à effet
de Serre (GES). En effet, dans la situation actuelle, le secteur émet trois millions de tCO2-e. Dans le scénario
de croissance, la filière pourra réduire ses émissions de 1,28 millions de tCO 2-e. En considérant la valeur
économique d’une tonne de tCO2-e séquestrée à 30 USD, cette performance environnementale est évaluée
à 38 millions de USD par an. En se basant sur cette performance, le paiement d’un service environnemental
pourrait être proposé aux agriculteurs qui adoptent de bonnes pratiques agricoles. Il pourrait aller jusqu’à
42 USD par ha et par an. D’une manière spécifique, ce service environnemental peut être évalué à 18 USD
pour les producteurs du riz de bas-fond, 36 USD pour ceux du riz de plateau et de 135 USD pour les
producteurs du riz irrigué.
vii
1. Introduction
Le riz est l'une des cultures vivrières les plus importantes d'Afrique, où les activités économiques
liées à la production, la transformation, la distribution et la consommation sont largement
considérées comme une clé du développement économique, de la sécurité alimentaire et de la
réduction de la pauvreté. Dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne (ASS), le riz est l'aliment
de base le plus demandé et le produit alimentaire commercialisé en plus grande quantité. Ce qui a
conduit la plupart des pays d'Afrique de l'Ouest à élaborer une stratégie nationale de
développement du riz parallèlement à leur politique sectorielle agricole. La sous-région ouest-
africaine est considérée comme le plus grand marché du riz en Afrique Sub-Saharienne,
représentant les deux tiers de la demande de riz de la région avec 50 pour cent d'importations ; ce
qui représente environ 20 pour cent du volume total de riz commercialisé dans le monde.
Au cours des 15 dernières années, le riz est devenu le produit alimentaire qui enregistre la plus
forte croissance en Afrique subsaharienne, avec un taux de croissance annuel dépassant 6 pour
cent. Au cours des 5 à 10 prochaines années, une croissance régulière devrait se poursuivre,
notamment au Mali, au Ghana, au Bénin et en Côte d'Ivoire
Le présent travail conduit une évaluation de la situation actuelle et futur de la chaîne de valeur du
riz de Côte d’Ivoire (2019/2020) et propose des scénarios de croissance pour l’horizon (2020-2030).
Cette analyse porte sur les domaines sociaux, économiques et environnementaux comme
l’atténuation du changement climatique, l’impact sur la résilience. Complété par des travaux
similaires pour les filières riz au Mali et au Ghana, ce travail sera utilisé dans une série d'ateliers
nationaux d'analyse de la politique rizicole et (iii) dans un examen régional des politiques rizicoles
et des programmes d'investissement pour évaluer les performances en ligne avec Malabo, des
politiques de promotion de l'autosuffisance en riz en Afrique de l’Ouest (CIPRiSSA).
1
2. Description de la filière riz en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire occupe, le troisième rang de producteur de paddy dans l’espace CEDEAO après le
Nigéria et le Mali. Au niveau national, le riz occupe aussi le 3ème rang des productions alimentaires
après l’igname et le manioc et représente six à huit pour cent des productions vivrières. La culture
du riz qui représente 57 pour cent des superficies emblavées en céréale, fournit 26 pour cent de la
production vivrière totale du pays et contribue à environ 17 pour cent du total des emplois
agricoles. La production du riz en 2018 est estimée à 1,3 millions de tonnes. On distingue trois types
de systèmes de production rizicole en Côte d’Ivoire : la riziculture pluviale de plateau, la riziculture
pluviale de bas-fond et la riziculture irriguée. La riziculture de plateau et celle de bas-fond sont
assurées uniquement par les eaux de pluies avec une productivité moyenne de 1,2 t/ha pour le
plateau et de 2,5 à 3t/ha pour le bas-fond (ADERIZ, 2020). Dans le système pluvial, le travail est
généralement manuel sur de petites surfaces, avec une utilisation moindre d’engrais. La superficie
moyenne par producteur est d’environ 1 ha pour le riz pluvial et la riziculture irrigué et de 0,8ha
pour le riz de bas-fond (Arouna and Aboudou, 2020). La productivité du riz irrigué est d’environ
5,5t/ha (ADERIZ, 2020). Les deux types de riziculture pluviale représentent environ 85 pour cent
des superficies du riz (Doumbia and Depieu, 2014) et contribue à environ 70 à 80 pour cent de la
production (ADERIZ, 2020).
Les techniques culturales souvent utilisées dans la riziculture de bas-fond en Côte d’Ivoire sont le
désherbage chimique et à un degré moindre l’utilisation des engrais minéraux (NPK et Urée). La
riziculture irriguée représente environ 13 à 15 pour cent des superficies (ADERIZ, 2020 ; FIRCA,
2019). Ce système se localise au Centre, à l’Ouest, au Centre-Ouest et au Nord du pays. Le riz irrigué
est cultivé dans les bas-fonds aménagés ou les barrages.
Les collecteurs
Les collecteurs sont les intermédiaires entre les producteurs et les transformateurs qui ont
l’avantage de se trouver généralement à proximité des champs de riz et disposent de moyens
financiers. Dans certains cas, ils soutiennent financièrement et/ou techniquement les petits
producteurs. Les collecteurs peuvent acheter le paddy directement auprès des producteurs qu’ils
feront ensuite passer eux-mêmes par le circuit de la transformation ou entreposer.
Les transformateurs
Au niveau de la transformation, les acteurs impliqués sont les unités de transformation. Ces unités
de transformation sont de plusieurs types. Ce sont les unités artisanales ou encore monoblocs, les
mini-rizeries et les unités industrielles. Par ailleurs, le recensement de 2018 effectué par l’Agence
pour le Développement de la filière Riz (ADERIZ) a permis d’identifier 2 635 unités d’une capacité
de transformation d’au-moins une tonne par heure, 252 unités d’un à deux tonnes par heure et 8
unités de deux à cinq tonnes par heure de décorticage du riz. La Stratégie Nationale pour le
Développement de la Riziculture (SNDR) a permis la mise en place d’unités de transformation
moderne d’une capacité de cinq tonnes à l’heure. Ces usines de transformations devraient assurer
une meilleure qualité du riz transformé localement et donc améliorer la compétitivité de la chaîne.
Les transformateurs dépendent de l’approvisionnement en paddy de la part des producteurs et des
collecteurs. La plupart ont un réseau de producteurs et de collecteurs avec lesquels elle travaille. Il
existe généralement deux cas de figure pour la transformation, soit ils achètent directement le
paddy des producteurs et collecteurs ; soit ils ne font que transformer le paddy que les producteurs
et collecteurs leur envoie. Dans le cas où ils achètent le paddy, ils le revendent aux différents
distributeurs, souvent sous leur propre marque. La majeure partie des moulins implantés en Côte
d’Ivoire pratiquent la prestation de service et décortiquent du riz « tout venant » pour des
3
commerçants qui n’ont pas d’exigence sur la qualité du riz paddy. Près de 80 pour cent du riz paddy
est transformé dans les villages, par de petits moulins qui opèrent en grande partie en tant que
prestataires de service pour le compte des riziculteurs et de commerçants. Le riz blanc issu de ce
processus de transformation est souvent de moindre qualité.
Les distributeurs
La première mise en marché est assurée par des commerçants collecteurs de paddy qui le font
usiner dans des unités artisanales de décorticage. Dans certains cas, les producteurs affiliés à une
coopérative propriétaire d’une décortiqueuse laissent le riz après usinage à la coopérative en dépôt
vente car celle-ci n’a pas, en général, la trésorerie nécessaire pour préfinancer les achats.
Interviennent également à ce niveau les commerçantes en produits vivriers qui achètent du riz
décortiqué pour le revendre sur les marchés de gros ou de détail. Il existe plusieurs catégories de
distributeurs du riz : les grossistes, les demi-gros et les détaillants. Les distributeurs du riz local
s’approvisionnent directement chez les transformateurs et les producteurs qui transforment leur
production auprès des meuniers.
Le riz est devenu l'un des aliments de base dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne (ASS).
Il représente la source d'énergie alimentaire la plus importante en Afrique de l'Ouest et la troisième
plus importante pour l'Afrique subsaharienne. En outre, la demande augmente plus rapidement
que pour tout autre aliment de base, en raison des changements dans les préférences des
consommateurs, de l'urbanisation rapide et de la croissance démographique.
La Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA), à Maputo en 2003, a
créé le Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA) afin
d'améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle et d'augmenter les revenus dans les économies
africaines essentiellement basées sur l'agriculture (FAO, 2006). Après 12 ans de mise en œuvre du
PDDAA, l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine (UA) en 2014 s'est
engagée à accélérer la croissance et la transformation agricoles pour une prospérité partagée et de
meilleures conditions de vie, sur la base des principaux problèmes auxquels l'agriculture africaine
sera confrontée au cours de la prochaine décennie. Ces problèmes incluent les défis de répondre
aux besoins alimentaires et nutritionnels des populations africaines et de réduire les inégalités
économiques et la pauvreté. Elle a été baptisée « Déclaration de Malabo sur l'accélération de la
croissance et de la transformation agricoles pour une prospérité partagée et de meilleures
conditions de vie ».
Pour concrétiser cet engagement, les chefs d'État et de gouvernement africains ont convenu de
donner la priorité à des produits spécifiques, y compris le riz, parmi la liste des produits déjà
convenus comme produits stratégiques lors du Sommet sur la sécurité alimentaire d'Abuja tenu en
2006 à Abuja, au Nigéria. Ces produits stratégiques prioritaires figurent également parmi les
produits clés identifiés dans le programme de la Banque Africaine de Développement pour la
transformation agricole en Afrique (ATA) et dans le cadre de sa stratégie Feed Africa (African
Development Bank, 2016).
5
3.2 Les politiques régionales de relance de la filière riz en Afrique
L’Agence pour le Développement de la filière Riz en Côte d’Ivoire (ADERIZ), est la nouvelle structure
de l’Etat en charge du secteur riz. Elle a été créée par le Gouvernement lors du Conseil des Ministres
du 10 janvier 2018. L’ADERIZ a pour mission de mettre en œuvre les orientations gouvernementales
en matière de développement de la filière riz en Côte d’Ivoire ».
L’objectif du Gouvernement est de rendre plus dynamique les deux axes stratégiques de la Stratégie
Nationale de Développement de la Filière Riz (production et valorisation) pour booster la
production rizicole dans un cadre règlementaire cohérent. Annoncée pour 2016, puis pour 2020,
c’est finalement en 2030 que la Côte d’Ivoire vise d’atteindre l’autosuffisance en riz. Cet objectif
nécessitera que la production actuelle double d’ici 2030 par rapport à la situation actuelle passant
de près de 2millions de tonnes de paddy à près de 4 millions de tonnes.
La consommation augmente chaque année d’au moins 3 pour cent, et se situe désormais autour
de 1,8 million de tonnes de riz par an. L’accroissement de la population, l’évolution des régimes
alimentaires et l’urbanisation font augmenter les besoins. Présentement, le pays importe près de
50 pour cent de ces besoins de consommation de riz.
Figure 2: Evolution de la production et de la consommation du riz en Côte d'Ivoire entre 2010 and 2017
2000000
1500000
1000000
TITRE DE L'AXE
500000
0
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
-500000
-1000000
Production du Riz blanchi (en tonne) Consommation du Riz blanchi (tonne)
-1500000
Deficit (P-C) Linéaire (Deficit (P-C))
YEAR
Source : Construit à partir des données de l’Office National pour le Développement du Riz (ONDR).
7
3.4.2 Une offre affectée par un manque de soutien aux producteurs
La filière, qui compte quelque 600 à 800 000 riziculteurs, est confrontée à de nombreux défis. Au
premier plan, celui d’une pénurie de financement qui décourage les producteurs d’investir dans
l’adoption des semences, les engrais ou les pesticides.
Bien que les pratiques d’agriculture intelligente vis-à-vis du Climat (AIC) existent en Côte d’Ivoire,
la plupart de ces pratiques ne sont pas largement adoptées en riziculture. Les pratiques et
technologies de l'AIC documentées comprennent l'ensemencement direct du riz pluvial sur les
cultures de végétation permanente, (ii) l'utilisation de fumier organique, le compostage, (iii) les
diguettes en pierre (corde) et pour le riz irrigué (i) le système d'intensification du riz (SRI) et (ii) la
lutte contre -des structures d'érosion.
Figure 3 : Des pratiques et technologies intelligentes face au climat pour les systèmes de production
Source : Auteurs.
Une chaîne de valeur alimentaire durable est la gamme complète des exploitations, des micro-
agents, des sociétés et de leurs activités valorisantes coordonnées et successives qui produisent et
transforment les matières agricoles brutes en produits alimentaires qui sont vendus aux
consommateurs finaux et éliminés après usage – le tout d’une manière profitable d'un bout à
l’autre de la chaîne qui produit des avantages à grande échelle pour la société et n’épuise pas de
façon permanente les ressources naturelles.
9
Le concept de l’agriculture intelligente face
Figure 4: Le cadre de la chaîne de valeur alimentaire durable
au climat (AIC) lancé par la FAO en 2010,
implique que l’agriculture doit viser des
objectifs de sécurité alimentaire et de
développement au moyen de pratiques
durables (Bockel et al., 2017b). L’AIC
poursuit trois objectifs principaux : (i)
accroître la sécurité alimentaire tout en
relançant la productivité et la création de
revenus ; (ii) améliorer la résilience des
systèmes agricoles et des populations
rurales face au changement climatique ; et
(iii) réduire les émissions de gaz à effet de
serre (GES) dans l’agriculture
(atténuation). Ainsi, l’AIC n’est pas un
nouveau modèle agricole ou un nouvel Source: Neven, 2014.
ensemble de pratiques, mais plutôt un cadre pour le développement de chaînes de valeur
alimentaires plus productives et plus durables. Ce cadre implique (i) les options d’atténuation des
changements climatiques et d’adaptation à leurs effets à travers la gestion de l’écosystème afin de
(ii) préserver les stocks de carbone existants et de réduire les sources d’émission de carbone
existantes, et (iii) d’améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants afin de réduire leur
vulnérabilité face aux changements climatiques.
Le cadre de chaîne de valeur alimentaire durable sert de guide pour structurer l’analyse de la
performance de la chaîne alimentaire. Ce cadre couvre les acteurs de la chaîne de valeur, c’est-à-
dire ceux qui produisent un bien ou un service, qui ajoutent de la valeur au produit, le vend, le
transfert au niveau suivant ou l’exporte. Dans ce cadre illustré à la Figure 4, quatre fonctions de
base de la chaîne de valeur ont été identifiées : (i) la production (agriculture, élevage et pêche), (ii)
l’agrégation, (iii) la transformation et (iv) la distribution (gros et détail) au niveau local, national et
international (FAO, 2014).
Ce cadre permet d’identifier les critères pouvant servir de moteurs de croissance afin d’évaluer le
potentiel d’une activité en matière de réduction de la pauvreté, et de faciliter l’adoption des
stratégies agricoles avec les mesures politiques appropriées.
4.2 Analyse de la chaîne de valeur (ACV)
L’un des concepts les plus critiques de l’analyse de la chaîne de valeur (ACV) est la «valeur ajoutée»
dans le processus intégral de production. La «valeur ajoutée» (VA) mesure l’accumulation de
richesses et la contribution du processus de production à la croissance économique, et est l’un des
concepts clés identifiés par Porter (Porter, 1985) et la FAO (FAO, 2014). Elle est définie comme
étant la différence entre la valeur de la production brute (incorporant la valeur de tous les facteurs
contribuant à la production) et la richesse consommée durant le processus de production (Bockel
& Tallec, 2005). En d’autres termes, la VA est la valeur que chaque agent, à chaque étape de la
chaîne de valeur, ajoute à la valeur des intrants durant la période du processus de production
alimentaire. La VA générée durant le processus de production, des producteurs aux distributeurs,
joue un rôle majeur dans la performance de la chaîne de valeur alimentaire dans la mesure où elle
affecte directement la pauvreté et la faim.
La VA peut être calculée pour chaque produit agro-alimentaire intermédiaire et à chaque étape de
la chaîne de valeur (c’est-à-dire le stockage, le conditionnement, le transport, la transformation,
etc.). Elle peut également Figure 5: Le concept de la valeur ajoutée
Tableentre
La VA est calculée comme étant la différence : Details
lesonintrants
shea tree coverage in Westutilisés
intermédiaires African(II)
countriesFigure
et la valeur:
Output of EX-ACT VC toolFigure : The concept of value added
du produit dans la phase de post-production (Y). La VA a cinq composantes principales : (i) les
salaires des travailleurs, (ii) les recettes fiscales (taxes)ofversées
Figure : Output EX-ACT VCautoolFigure
gouvernement, (iii)ofles
: The concept revenus
value added
des opérateurs (bénéfices), (iv) les revenus du capital (intérêts bancaires versés aux banques), (v)
un meilleur approvisionnement alimentaire pour Figure
les : consommateurs
Output of EX-ACT VC tool
(le surplus des
consommateurs) et (vi) l’impact environnemental (FAO, 2014). Ainsi, la redistribution est mesurée
Table : Details on shea tree coverage in West African countriesFigure :
entre divers agents économiques : les ménages (salaires),
Outputles institutions
of EX-ACT VC tool financières (frais
d’intérêt), le gouvernement (impôts) et les entreprises non-financières (revenu brut).
Table : Details on shea tree coverage in West African countries
L’impact de l’actualisation de la chaîne de valeur peut être analysé au niveau socio-économique en
évaluant l’augmentation ou la réductionTable
de la: Data
VA àused
chaque niveau
on forest land du
useprocessus deshea
change in the production.
value chainUne
under
different scenariosTable : Details on shea tree coverage in West African
augmentation de la VA implique une augmentationcountriesFigure
de la capacité de ses composantes à mieux
: Output of EX-ACT VC tool
cibler la réduction de la pauvreté et la sécurité alimentaire.
Table : Details on shea tree coverage in West African countriesFigure :
Output of EX-ACT VC toolFigure : The concept of value added
11
4.3 Analyse du cycle de vie (ACV)
L’analyse du cycle de vie (ACV) est une approche reconnue à l’échelle internationale qui évalue les
impacts environnementaux potentiels des produits et services tout au long de leur cycle de vie, à
partir de l’extraction de la matière première en passant par tous les aspects que sont le transport,
la production, l’utilisation et le traitement en fin de vie. L’ACV est une technique quantitative
d’évaluation des aspects environnementaux potentiels et des aspects possibles associés à un
produit (ou à un service) en : (i) compilant un inventaire des intrants et produits pertinents, (ii)
évaluant les impacts environnementaux potentiels associés à ces intrants et produits, et (iii)
interprétant les résultats des phases d’inventaire et d’impact en rapport avec les objectifs de
l’étude ISO (2006a). L’ACV est utilisée pour identifier les opportunités d’amélioration de la
performance environnementale des produits, pour éclairer la prise de décision, et pour soutenir les
efforts de commercialisation, de communication et de sensibilisation.
L’empreinte carbone (EC) basée sur l’ACV d’un produit est la quantité de gaz à effet de serre (GES)
exprimée en équivalent dioxyde de carbone (CO2e) émis à travers la chaîne d’approvisionnement
pour une seule unité de ce produit. Chaque étape de la chaîne de valeur est prise en compte comme
illustré à la Figure 4 – de la production des matières premières, leur transport et transformation, à
l’utilisation finale et l’élimination des déchets produits. L’empreinte carbone est l’une des séries
d’indicateurs de l’impact environnemental inclus dans l’ACV (Lescot, 2012). L’empreinte carbone
du produit (ECP) est généralement utilisée pour calculer les émissions de GES émises par les chaînes
d’approvisionnement alimentaire à l’instar de l’outil EX-ACT de la chaîne de valeur.
Une analyse sociale et socio-économique du cycle de vie (ACV-S) est une technique d’évaluation de
l’impact social (et de l’impact potentiel) visant à évaluer les aspects sociaux et socio-économiques
des produits et de leurs impacts positifs et négatifs potentiels durant leur production,
transformation, transport, distribution, utilisation, recyclage et/ou élimination finale (UNEP, 2009).
L’outil EX-ACT filière (EX-ACT VC), mis au point en 2016, couvre les chaînes de valeur pour les
cultures, l’élevage, la pêche et l’aquaculture. La méthodologie d’EX-ACT VC fournit une évaluation
socio-économique quantifiée (tant au niveau micro qu’au niveau méso (c’est-à-dire par agent, par
étape et par secteur)), ainsi qu’une évaluation environnementale du bilan carbone (atténuation des
changements climatiques, adaptation à leurs effets et résilience face au climat) (Bockel et al.,
2017a).
Conçu pour l’évaluation multi-impact, l’outil fournit des évaluations de rendement pour les chaînes
Figure 6: Produit de l’outil EX-ACT VC
de valeur dans les domaines suivants :
(i) l’atténuation climatique (émissions
Table : Details on shea tree coverage in West African countriesFigure :
de GES, empreinte carbone, rendement Output of EX-ACT VC tool
économique de l’atténuation climatique),
(ii) la résilience face au climat, (iii) les Table : Details on shea tree coverage in West African countries
performances socio-économiques (valeur
Table : Data used on forest land use change in the shea value chain
ajoutée, revenus et emplois créés), under
et different scenariosTable : Details on shea tree coverage in West
African countriesFigure : Output of EX-ACT VC tool
autres facteurs environnementaux (tels que
l’utilisation de l’eau et de l’énergie). Ces Source: Bockel et al. 2017a.
Table : Details on shea tree coverage in West African countriesFigure :
domaines peuvent s’appliquer soit pour le scénario actuel Output
de la filière, ouVCpour
of EX-ACT tool l’évaluation d’un
scénario d’amélioration. Pour expliquer, au sein de l’outil EX-ACT VC :
Table : Details on shea tree coverage in West African countries
o Les impacts en termes d’atténuation des changements climatiques sont évalués au moyen
d’indicateurs quantitatifs pour mesurer le scénario actuel et le scénario de croissance en
Table : Data used on forest land use change in the shea value chain
termes de tonnes d’équivalent COunder different
2 (tCO scenariosTable
2-e). Sur la base de:l’ACV,
Details l’empreinte
on shea tree coverage
carbone in West
est
African countries
calculée pour la chaîne de valeur entière et chacune des diverses étapes analytiques. Cette
démarche évalue de manière détaillée la performance environnementale de la chaîne. Le
Table : Data used on forest land use change in the shea value chain
under different
rendement économique équivalent est également déterminé dansscenarios
la mesure où il pourrait
être important dans l’accès aux services environnementaux.
Table : Perennial systems with tier 2 data based on Cardinael et al.
o La performance socio-économique 2018Table
de la chaîne
: Datade valeur
used est évaluée
on forest en termes
land use change in the de
sheavaleur
value
chain under different scenariosTable : Details on shea tree coverage in
ajoutée, de revenus et d’emplois créés dans l’ensemble de la filière.
West African countries
o La résilience de la chaîne de valeur est évaluée à l’aide d’indicateurs quantitatifs et
qualitatifs, mesurant la réductionTable
de :laData
vulnérabilité
used on forestdes
landpopulations, desshea
use change in the moyens de
value chain
under different scenariosTable : Details on shea tree coverage in West
subsistance, des écosystèmes et des chaînes de valeur aux
African countriesFigure changements
: Output of EX-ACT VCclimatiques
tool
(Speranza, 2010).
Table : Details on shea tree coverage in West African countriesFigure :
4.5 Données utilisées dans l’analyse Output of EX-ACT VC tool
Les données utilisées ont été collectées par AfricaRice. Une revue des documents de politiques a
Table : Details on shea tree coverage in West African countries
permis d’obtenir des données sur la situation actuelle et la vision du pays en matière de production
du riz à l’horizon 2030. Cette vision qui s’articule autour de l’atteinte de l’autosuffisance en riz a
Table : Data used on forest land use change in the shea value chain
servi de référence pour cette analyse under different
prospective. scenariosTable
Cette : Details
autosuffisance on shease
devrait tree coverage
réaliser in West
grâce à
African countriesFigure : Output of EX-ACT VC tool
une amélioration des rendements, une augmentation des capacités et de la qualité de
transformation, un gain de compétitivité Table
et une meilleure
: Details organisation
on shea tree coveragede la filière.
in West African countriesFigure :
Output of EX-ACT VC tool
La production du riz paddy est actuellement estimée à près de deux millions de tonnes par an.
Cependant, cette production couvre à peine 70 pour cent de la consommation domestique. Avec
un taux de croissance annuelle de la demande domestique de 3 pour cent, la réalisation de
l’autosuffisance en riz nécessite au moins un doublement de la production d’ici 2030 soit un niveau
de production de 4 millions de tonnes de paddy par an. La réalisation de cet objectif nécessitera
non seulement une hausse des rendements grâce aux pratiques agricoles durables et de l’utilisation
des intrants, mais aussi un accroissement des superficies allouées à la riziculture. L’objectif de cette
analyse prospective est donc d’évaluer les ressources nécessaires pour atteindre cette
autosuffisance à l’horizon 2030 ainsi que l’impact économique et environnemental.
Doubler la production du riz d’ici 2030 nécessitera une croissance des superficies cultivés et des
rendements dans les différents systèmes de riziculture. Ainsi, dans les périmètres irrigués, on
estime une croissance moyenne de deux pour cent par an des superficies pendant 10 ans, soit
36 457 ha de plus d’ici 2030 (Tableau 3). Ce qui correspond à la construction et réhabilitation de
3 645 hectares par an en moyenne pendant 10 ans. Dans la riziculture de bas-fond et du plateau,
les superficies devraient augmenter annuellement de deux pour cent par rapport à la situation
actuelle. Ce qui entrainera une hausse des superficies de 89 296 ha dans les bas-fonds (soit 9 000
ha par an environ) et de 103 142 ha dans les plateaux (soit 10 000 ha par an). En outre, afin de
réduire l’impact climatique dû aux mauvaises pratiques agricoles (utilisation excessive d’intrants,
brulis, etc.) et à l’extension des superficies, un certain nombre de bonnes pratiques devrait être
vulgarisées à savoir l’utilisation efficiente des intrants, l’arrêt des brûlis et l’utilisation du compost.
Ainsi au moins 20 pour cent des nouvelles superficies irriguées adopteront de bonnes pratiques
agricoles.
Surface add de riz de bas-fond Culture annuelle Riz inondé NON 0 89 296
Surface add de riz de plateau Jachère Culture annuelle NON 0 103 142
NPK 15% 15% 15% 59,08 823 410 153,65 1 052 305
Consommation de pesticides :
Quantité utilisée et superficie
Actuel Projeté
15
5.3 Évolution de la main d’œuvre employé dans la riziculture
La main d’œuvre familiale utilisées dans la riziculture est évaluée à près de 80 pour cent de la main
d’œuvre totale en 2019/2020 (Tableau 5). Durant les dix prochaines années, on anticipe une baisse
de la proportion de la main d’œuvre familiale dans les exploitations rizicoles, en moyenne. La main
d’œuvre familiale ne représentera donc que 73 pour cent de la main d’œuvre totale. La quantité
d’hommes-jours nécessaire pour la riziculture passera de 142 à 153 en moyenne.
Concernant la main d’œuvre, on estime qu’elle devrait passer de 92 à 108 homme-jours par hectare
de riz de plateau. En outre, on suppose que la proportion de la main d’œuvre familiale qui est
actuellement de 95 pour cent devrait se réduire à 90 pour cent de la main d’œuvre utilisée. La main
d’œuvre utilisée dans la riziculture de bas-fond est évaluée à 143 hommes-jours actuellement. Dans
le scénario de croissance, elle sera de 146 hommes-jours avec une diminution de la proportion du
travail familiale qui passe de 80 à 70 pour cent de la main d’œuvre utilisée. La proportion du travail
familial dans les périmètres de riziculture irriguée diminuera de 66 pour cent à 60 pour cent de la
main d’œuvre utilisée. Dans la situation actuelle, l’exploitation d’un hectare de riz irrigué nécessite
192 hommes-jours. Dans le scénario futur, on estime que la main d’œuvre nécessaire sera de 206
hommes-jours. Les informations sur la main d’œuvre par système sont détaillées en annexe.
Tableau 5: Quantité moyenne de la main d’œuvre utilisée par hectare dans la riziculture
159 278
Coût total par hectare
942,5 045,1
Source : Résultats de l’analyse EX-ACT VC.
5.4 Reduction des pertes
Actuellement, les pertes de production post-récolte sont estimées à quatre pour cent du paddy
récolté. Dans le scénario de croissance une amélioration des capacités de stockage devrait
permettre de ramener le niveau de pertes post-récoltes à un pour cent. Dans le domaine de la
transformation, l’acquisition de technologies modernes permettra d’améliorer la qualité du riz
blanchi et réduire également le taux de perte de 3 à 1 pour cent d’ici 2030.
Le niveau de mécanisation agricole reste relativement faible dans la production du riz. Cette
situation exige une forte quantité de main d’œuvre se traduisant par la faiblesse de la productivité
du travail : en effet, le nombre d’hommes-jours nécessaire pour exploiter un hectare est
actuellement estimé à 138. L’accès au service de mécanisation permettra d’améliorer la production
agricole et libérer une importante main d’œuvre à d’autres activités lucratives.
La transformation du riz paddy est assurée par deux catégories d’unités selon leur taille. On a d’une
part les petites unités avec une transformation moyenne de 312 tonnes par an et d’autre part les
grandes unités de transformation qui transforment en moyennes 874 tonnes par an. Les petites
unités transforment 70 pour cent du paddy commercialisé par les producteurs tandis que les 30
pour cent restants sont transformés par les grandes unités de transformation. Dans le scénario
futur, les petites et les grandes unités devront accroitre les quantités du paddy transformées pour
atteindre 400 et 900 tonnes respectivement par an. Cependant, toute la production n’entre pas
dans le circuit de commercialisation. On estime que 5 pour cent de la production du paddy est auto-
consommée. Le taux d’autoconsommation est supposé constant sur la période.
La chaîne de commercialisation est assurée par les grossistes qui s’approvisionnent auprès des
petites et grandes unités de transformation. La production commercialisée par les grossistes est
évaluée dans la situation courante a 100 tonnes par an. Cette capacite devrait augmenter à 125
tonnes d’ici 2030. Dans le même maillon de la chaîne de commercialisation se trouve des détaillants
qui assurent l’approvisionnement des ménages pour la consommation finale. La capacité de
commercialisation des détaillants passera de 50 tonnes à 75 tonnes par an entre la situation
actuelle et la situation de référence en 2030.
17
6. Résultats de l’Impact économique et environnemental par système de
production
La production du riz pluvial de plateau génère actuellement une valeur ajoutée totale de près de
52,4 millions d’USD soit 114 USD par tonne de paddy (Tableau 7). Dans le scénario de croissance,
ce système de production devrait connaitre une augmentation de la valeur ajoutée totale à 197,4
millions de dollars. Ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne de la valeur ajoutée
totale de 14,2 pour cent. Cependant, la production de plateau est un système extensif et peut
productif comparée aux autres systèmes de riziculture. En conséquence, le revenu net généré dans
ce système est évalué actuellement à 177 USD par ménage. Dans le scénario futur, une utilisation
plus efficiente des ressources est envisagée. Ce qui devrait se traduire par une croissance
substantielle du revenu par ménage qui passera à 667 USD par an, soit une croissance de 14 pour
cent par an pendant 10 ans.
Tableau 7: Résultats de l'impact économique sur la riziculture de plateau
Impact sur les GES (tCO2-e par an) 284 576,8 - 223 507,3
Impact sur les GES (tCO2-e par an et par hectare) – niveau Production
uniquement 0,5 - 0,7 - 1,20
Empreinte Carbone de la production (tCO2-e par tonne de production) 0,8 -0,4 -1,22
Ainsi, durant les dix prochaines années, l’amélioration des pratiques agricole dans le système pluvial
permettra de séquestrer 508 084 tCO2-e. cette performance environnementale est estimée en
unité monétaire à près de 15 millions de dollars, soit 36 USD/ha. L’empreinte carbone estimée en
tCO2-e émis par tonne de paddy produit est de 0,8 dans le riz de plateau dans la situation courante.
Cette empreinte pourrait passer à -0,4 tCO2-e, soit une réduction de 1,22 tCO2-e par tonne de riz
produit. Ainsi, les émissions de GES passeront de 0,5 à -0,7 tCO2-e par hectare entre 2020 et 2030,
soit 1,2 tCO2-e séquestrés par hectare.
19
6.2 Analyse de l’impact socio-économique et environnemental de la riziculture de bas-fond
La production rizicole du bas-fond génère actuellement 1,32 millions de tonnes de CO2 équivalent
(tCO2-e). Dans la situation projetée, l’adoption des pratiques climato-intelligentes et l’utilisation
rationnelles des intrants devraient permettre de réduire les émissions à 1,16 millions de tCO2-e,
soit une séquestration de 162 871 tCO2-e d’ici 2030 (Tableau 11). L’évaluation monétaire du
carbone séquestré est estimée à 4,8 millions de dollars, soit 17,77 USD/ha de riz de bas-fond.
L’empreinte carbone représente la quantité de CO2-e émis ou séquestré dans la production d’une
tonne de riz. Dans la production du riz de bas-fond, l’empreinte carbone est évaluée à 2,1 tCO2-e
et devrait être réduite à 0,8 tCO2-e par tonne de production, soit une réduction de 1,3 tCO2-e
(Tableau 11). Ainsi, le scénario d’amélioration représente une bonne stratégie permettant de
freiner la contribution de la culture du riz de bas-fond à la dégradation de l’environnement.
Impact sur les GES (tCO2-e par an) 1 329 893,7 1 167 022,3
Impact sur les GES (tCO2-e par an et par hectare) – niveau Production
uniquement 2,9 2,4 -0,59
Empreinte Carbone de la production (tCO2-e par tonne de production) 2,1 0,8 -1,30
21
Tableau 12: Rendement et production actuelle et projetée du riz irrigué
Les producteurs du riz irrigué génèrent actuellement une valeur ajoutée totale de USD 112,8
millions (Tableau 13). Cette valeur ajoutée devrait enregistrer une croissance moyenne de 5,1 pour
cent par an pour atteindre 186,5 millions d’ici 2030. Les producteurs du riz paddy dans les
périmètres irrigués reçoivent actuellement un revenu annuelle moyen de 3 672 USD par ménage.
L’amélioration de la productivité entrainera une croissance annuelle moyen du revenu de deux
pour cent. Ce qui permettra à chaque exploitant d’obtenir un revenu annuel d’environ 4 495 USD
d’ici 2030.
La riziculture irriguée est celle qui produit le plus de gaz à effet de serre. En effet, la production
actuelle dans les périmètres irrigués génère 1,5 millions tCO2-e. Cependant, on estime qu’avec la
vulgarisation des bonnes pratiques agricoles, les émissions annuelles de GES pourraient être
ramenées à 907 384 tCO2-e d’ici 2030. Ce qui correspondra à 612 035 tCO2-e séquestrés d’ici 2030
(Tableau 14). En termes monétaire, cette performance environnementale est évaluée à 18 millions
de dollars US. Ce qui correspond en moyenne à 135 USD par hectare et par an. L’empreinte carbone
passe de 4,2 à 1,3 tCO2-e soit une réduction de 1,3 tCO2-e par tonne de riz produit.
Tableau 14: Résultats de l'impact sur la mitigation climatique du riz irrigué
Impact sur les GES (tCO2-e par an) 1 519 420,3 907 384,4
Impact sur les GES (tCO2-e par an et par hectare) – niveau Production
uniquement 10,3 5,8 -4,51
Empreinte Carbone de la production (tCO2-e par tonne de production) 4,2 1,3 -2,82
La riziculture en Côte d’Ivoire génère actuellement une valeur ajoutée brute de 305.9 millions de
dollars (Tableau 16). La valeur ajoutée devrait atteindre 712 millions d’USD d’ici 2030 (pour une
production totale de 4,4 millions de tonnes), soit une croissance annuelle de 8,8 pour cent. Ainsi,
La valeur ajoutée par tonne augmente de 155 à 161 USD. Le revenu généré par producteur variera
de 379 à 839 USD en moyenne, soit une croissance annuelle de 8,3 pour cent.
23
Tableau 16: Résultats de l'impact économique global sur la riziculture
Les petites unités de transformation transforment en moyenne 600 tonnes de paddy par an. Le
taux de transformation est de 63 pour cent. Dans la situation projetée, leur niveau de
transformation moyenne devrait passer à 800 tonnes par an. La valeur ajoutée totale de ces unités
de transformation augmentera donc de 84,8 à 208 millions de dollars US entre 2020 et 2030, soit
une croissance moyenne de 9.4 pour cent par an. La valeur ajoutée par tonne passera de 43 à 47
USD (Tableau 17). Ainsi, le revenu de chaque opérateur qui est actuellement de 10 092 USD par an
devrait connaitre une croissance annuelle de 4,3 pour cent pour atteindre 15 332 d’ici 2030 (soit
une hausse de 5 240 USD en 10 ans). Le secteur de la transformation par les petites unités emploie
actuellement 102 601 travailleurs. Ce volume d’emplois devrait connaitre une augmentation de
145 225 d’ici 2030.
En termes de contribution à l’emplois, les grandes unités offrent actuellement 21 410 emplois
équivalents. Dans le scénario de croissance, la hausse du nombre d’unité de transformation et de
leur niveau d’activité devraient entrainer la création de 31 948 emplois supplémentaires.
Les détaillants commercialisent environ 100 tonnes de riz blanc par an. Dans le scénario de
croissance leur capacité devrait augmenter également pour atteindre 150 tonnes de riz
commercialisé par opérateur et par an. La valeur ajoutée passera donc de 66,5 millions à 159
millions, soit une croissance annuelle de neuf pour cent entre le scénario de référence et la
situation projetée. Cette situation permettra aux détaillants de réaliser un revenu de 5 436 USD en
2020. Ce revenu passera à 8 316 USD d’ici 2030. Quant au nombre d’emplois créée dans la vente
au détail, il devrait passer de 9 181 à 21 568, soit une création de 12 386 emplois supplémentaires
(Tableau 18).
25
Tableau 18: Résultats de l'impact économique sur les distributeurs
DETAILLANTS
Nb d’opérateurs-eq 11 477 17 973
Nb d’emplois-eq 9 181 21 568 12 386 Emplois
Valeur brute de la production 100 147 235 251 135 105 000 USD
Valeur ajoutée (VA) 66 597 159 187 92 589 000 USD
Revenu Brut (GI) 62 391 149 463 87 072 000 USD
VA / tonne de production 58 59 1 USD
Revenu brut/ opérateurs 5 436 8 316 2 880 USD
Source : Résultats de l’analyse EX-ACT VC.
De façon globale, la filière riz en Côte d’Ivoire génère actuellement une valeur ajoutée totale
estimée à 435,9 millions de dollars US. Grace à l’amélioration des systèmes de production et de
transformation, la valeur ajoutée totale devrait enregistrée une croissance annuelle moyenne de
9,1 pour cent par rapport à la situation de référence pour atteindre 1,04 milliards de dollars USD
d’ici 2030.
La filière crée actuellement près de 436 000 emplois. Dans le scénario futur, la performance du
secteur devrait se traduire par une hausse de la demande de main d’œuvre et la création de
603 000 emplois supplémentaires équivalents.
VALEUR AJOUTEE 435 941 1 039 096 603 155 000 USD
VALEUR BRUTE DE LA PRODUCTION 763 211 1 749 629 986 419 000 USD
TOTAL EMPLOIS GENERES 508 567 742 609 234 041 Emplois crées
Source : Résultats de l’analyse EX-ACT VC.
7.1.5 Contribution de la filière à la réduction de la pauvreté
7.2.1 Contribution de la production du riz aux émissions des Gas à effet de serre (GES)
Les émissions totales de GES dans la culture du riz sont actuellement de 3,1 millions de tCO2-e par
an. Dans le scénario de croissance, elles seront de 1,8 millions de tCO2-e soit 1 283 290 tCO2-e
séquestrés (Tableau 21). Nous considérons qu’une tonne de carbone séquestré correspond à une
valeur monétaire de 30 USD. Cette valeur est prise en référence aux normes internationales
proposées par la Banque Mondiale. Ainsi, les émissions de GES dans la production du riz en Côte
d’Ivoire peuvent connaitre une réduction de 1 312 041 tCO2-e durant les dix prochaines années
correspondant à un gain environnemental d’une valeur monétaire de USD 38 millions, soit 42 USD
par hectare et an.
27
Tableau 21: Résultats de l'impact global sur la mitigation climatique
Impact sur les GES (tCO2-e par an) 3 132 147,3 1 848 856,9
Impact sur les GES (tCO2-e par an et par hectare) – niveau Production
uniquement 2,8 1,4 -1,41
Empreinte Carbone de la production (tCO2-e par tonne de production) 5,2 1,1 -4,12
Afin d’encourager l’adoption des pratiques agricoles durables, il peut être envisageable d’accorder
des payements des services environnementaux aux producteurs de riz qui adoptent ces bonnes
pratiques en raison de 42 USD /ha. De façon spécifique, ces payements peuvent être de 18 et 36
USD par hectare pour les producteurs de bas-fond et de plateau respectivement et de USD 135/ha
pour les exploitants des périmètres irrigués.
Les résultats indiquent que la production d’une tonne de riz génère présentement 5,62 tCO2-e en
moyenne. L’amélioration des systèmes de production devrait entrainer une réduction des
émissions de 4,17 tCO2-e. Ainsi, d’ici 2030, les émissions liées à la production d’une tonne de riz
paddy peut potentiellement passer de 5,2 à 1,09 tCO2-e (Tableau 22). Ce qui correspond à un
passage de 2,8 à 1,4 tCO2-e par hectare entre 2020 et 2030, soit une réduction de 1,41 tCO2-e par
hectare d’exploitation rizicole (Tableau 21).
La résilience des agriculteurs face au changement climatique est évaluée à partir des indicateurs
qualitatifs. Le niveau de résilience généré par le scénario de croissance est plutôt moyen. Près de
790 115 ha seront gérés selon des pratiques agricoles résilientes. En outre, on note que 716 549 ha
connaitront une augmentation de stock de carbone. Finalement, 652 206 ménages deviendront
plus résilients au changement climatique (Tableau 23). Les détails sur l’indice de résilience sont
présentés en annexe.
L’évaluation des besoins d’investissement discuté dans cette section distingue les subventions pour
l’acquisition des intrants, les investissements publics et les investissements privé.
En considérant que l’Etat subventionne à hauteur de 50 pour cent l’accès aux semences certifiés,
soit 26 USD/ha, les dépenses totales au bout de 10 ans seront de USD 134 millions (Tableau 24). Ce
qui correspond à 13 millions de dollars par an.
29
8.2 Couts des investissements publics dans les aménagements rizicoles
Les investissements privés comprennent l’achat de tracteurs pour la riziculture et des équipements
pour la transformation. L’achat de tracteurs tricycles est estimé à 353 millions de dollars. Les
équipements pour les petites et grandes unités de transformation coûteront 53 et 0.62 millions de
dollars respectivement.
Le développement de la filière permettra également à l’Etat de prélever une taxe sur les acteurs.
Ainsi, le montant des taxes est estimé à 762 000 USD sur les transformateurs et de 300 000 USD
sur les distributeurs dans la situation présente. Dans le scénario de croissance, les transformateurs
payeront une taxe de 1,6 millions d’US et les taxes prélevées sur les grossistes et détaillants
passeront à 448 000 USD. Au vu de la forte baisse des taxes sur le riz importe entre 2020 et 2030,
le bilan des recettes et dépenses publiques pour l’Etat dans la filière riz passera en solde négatif de
–21 millions d’USD annuels en moyenne (base sure un volume résiduel de riz import taxe entre
2021 et 2025 avant d’arriver à l’autosuffisance).
Tableau 27: Investissements publics et privés annuels et rentabilité (en millions de dollars US)
ANNÉE 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Investissements publics 41 41 41 41 41
Subventions aux intrants 13 13 13 13 13 13 13 13 13 13
Investissements prives 81 81 81 81 81
Valeur ajoutée incrémentielle 41 61 121 162 203 264 324 365 406
Invest-va -136 -14 6 67 108 190 251 311 352 393
VAN USD
663
TRI 48%
Source : Auteurs.
Tableau 28: Recettes et dépenses publiques dans la filière riz entre 2020 et 2030
31
9. Conclusion
La filière riz en côte d’Ivoire regorge d’énormes potentialités pour satisfaire les besoins
domestiques tout en contribuant à la sécurité alimentaire régionale. Cependant, elle reste
confrontée à de nombreuses difficultés telles que les problèmes de structuration de la filière, le
déficit en infrastructure de production et de transformation et le faible niveau de compétitivité. Un
renouveau dans les stratégies de relance est donc nécessaire pour permettre au secteur de devenir
un véritable pourvoyeur d’emplois et un catalyseur du développement.
C’est dans ce contexte que nous avons entrepris de réaliser une étude prospective sur la période
2020-2030 en vue de quantifier l’impact socio-économique et environnemental de la croissance de
la filière et d’identifier des stratégies pour une croissance durable et pro-pauvre. En collaboration
avec AfricaRice, nous avons obtenus des données sur la filière et utiliser l’outil EX-ACT VC de la FAO
pour conduire l’analyse.
Les résultats indiquent qu’une croissance des rendements et des superficies rizicoles est nécessaire
pour réaliser l’autosuffisance d’ici 2030. En outre, afin de réaliser une croissance durable, il est
impératif que les riziculteurs adoptent des bonnes pratiques agricoles, tels que l’arrêt des brulis,
l’utilisation efficiente des engrais, l’utilisation des composts, etc. Finalement, il ressort de l’analyse
un besoin d’investissement public supplémentaire de 41 millions de dollars US par an pendant 5
ans (subvention aux intrants exclue) pour réaliser l’objectif d’autosuffisance à l’horizon 2020.
Références
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base de donnees l'etude.
African Development Bank. 2016. Feed Africa: Strategy for agricultural transformation in Africa
2016–2025. African Development Bank Group, Abidjan, Côte d’Ivoire.
Arouna, A., Aboudou, R. 2020. Dataset of the survey on e-registration and geo-referenced of rice
value chain actors for the diffusion of technologies: Case of Benin and Côte d’Ivoire. Data in
Brief. 30: 105642.
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33
Annexes
Tableau 29: Bilan carbone de la production et de la transformation
CARBON FOOTPRINT
-4.2
Current Upgraded
-
-0.05
-4.2
tCO2-e per t product
Transport 0.04 0.04
Production
-4.12
Processing
Transport
Tableau 30: Niveau des pertes entre la situation actuelle et la situation projetée
0.0
Current Upgraded Change
-8,263.1
Production 82370.8 t 44789.7 t -45.6%
Production -68.9%
Processing
Efficiency improvement on transformation
Wholesalers
Current Upgraded Change
Retailers
Sub-Result 26 Low 34
Sub-Result 29 Medium 22
Sub-Result 57 Medium 40
Sub-Result 32 Medium 32
To what extent does upgrading the value chain improve farmer knowledge of threats and opportunities to
agricultural production (e.g. climate specific awareness programmes)? 3 1
To what extent does upgrading the value chain improve access to extension services? 3 2
To what extent does upgrading the value chain improve farmer/pastoralist experimentation (e.g. through
farmer/pastoralists field schools, climate field schools, exchange visits)? 0 0
To what extent does upgrading the value chain improve access to climate information (e.g. seasonal
forecasts adapted for agriculture, workshops)? 2 2
To what extent does upgrading the value chain improve access to market information? 2 2
To what extent does upgrading the value chain improve access to communication networks (e.g. mobile
networking, radio programmes)? 1 1
Sub-Result 18 Medium 16
35
Tableau 31: Dimension de la résilience
SYSTEM RESILIENCE ##
Low
Buffer capacity of
watershed and Summary
landscape and
project area
Upgraded value chain
Medium
Medium
Buffer capacity of
Self-organisation of households in
households relation to food
security
- 1 1 2 2 3 3 4 4
Nettoyage 15 13 15 14
Labour-Pulvérisation 30 0 43 24
Semis-repiquage 5 13 30 16
Désherbage 8 13 8 9
Gardiennage 15 15 15 15
Battage-vannage 20 10 25 18
Séchage 3 2 5 3
8
Transport à l'usine 10 5 10
5
Autres taches 5 5 5
Nettoyage 15 13 15 14
Labour-Pulvérisation 30 0 43 24
Semis-repiquage 5 13 30 16
Désherbage 8 13 8 10
Gardiennage 15 15 15 15
Récolte 25 18 30 24
Battage-vannage 20 17 25 21
Séchage 3 2 5 3
11
Transport à l'usine 10 7 15
5
Autres taches 5 5 5
37
Tableau 34: Analyse Economique des unités de transformation
ECONOMIC ANALYSIS - BIG PROCESSORS
CURRENT SITUATION UPGRADED VALUE CHAIN
INPUT OUTPUT BUDGET FOR BIG PROCESSORS INPUT OUTPUT BUDGET FOR BIG PROCESSORS
Intermediate processing consumption / tonne of production Intermediate processing consumption / tonne of production
Production cost Production cost
Quantity Unit Price per unit in XOF XOF/tonne/year Quantity Unit Price per unit in XOF XOF/tonne/year
Other costs at processing level (per tonne per year) XOF/tonne/year XOF/tonne/year Other costs at processing level (per tonne per year) XOF/tonne/year XOF/tonne/year
Local taxes 1,000 1,000.00 Local taxes 1,000 1,000.00
Other, please describe 0 - Other, please describe 0 -
Other annual cost per unit of processing XOF/year XOF/year Other annual cost per unit of processing XOF/year XOF/year
Maintenance of processing equipement 1,000,000 1,000,000 Maintenance of processing equipement 2,000,000 2,000,000
Maintenance and reparation of truck 500,000 500,000 Maintenance and reparation of truck 300,000 300,000
Renewed equipement (inlcuding bags, boxes…) 500,000 500,000 Renewed equipement (inlcuding bags, boxes…) 500,000 500,000
Building renting 12,000,000 12,000,000 Building renting 12,000,000 12,000,000
Stocking chemicals 0 - Stocking chemicals 0 -
Capiltal amortization per year 3,000,000 3,000,000 Capiltal amortization per year 4,000,000 4,000,000
Credit costs 1,000,000 1,000,000 Credit costs 1,500,000 1,500,000
Annual costs per wholesaler XOF /wholesaler XOF /wholesaler Annual costs per wholesaler XOF /wholesaler XOF /wholesaler
Electricity 125,000 125,000 Electricity 150,000 150,000
Building renting 600,000 600,000 Building renting 600,000 600,000
Stocking chemicals 0 - Stocking chemicals 0 -
Renewed equipement 30,000 30,000 Renewed equipement 30,000 30,000
Capiltal amortization per year 50,000 50,000 Capiltal amortization per year 50,000 50,000
Credit costs 50,000 50,000 Credit costs 60,000 60,000
Taxes 50,000 50,000 Taxes 40,000 40,000
Other than taxes and labor, pls specify: 0 - Other than taxes and labor, pls specify: 0 -
Labor cost per wholesaler XOF/tonne XOF/tonne Labor cost per wholesaler XOF/tonne XOF/tonne
Nb of workers in MD per tonne 2 2,000 4,000 Nb of workers in MD per tonne 2 2,000 4,000
Transportation cost per tonne 25,000.00 Transportation cost per tonne 25,000.00
Annual retailing cost per retailers XOF /retailers XOF /retailers Retailing cost per retailers XOF /retailers XOF /retailers
Electricity 25,000 25,000 Electricity 25,000 25,000
Building renting 150,000 150,000 Building renting 150,000 150,000
Stocking chemicals 0 - Stocking chemicals 0 -
Renewed equipement 0 - Renewed equipement 0 -
Capiltal amortization per year 0 - Capiltal amortization per year 0 -
Credit costs 0 - Credit costs 0 -
Taxes 10,000 10,000 Taxes 10,000 10,000
Other than taxes and labor, pls specify: 0 - Other than taxes and labor, pls specify: 0 -
Labor cost per retailers XOF/tonne XOF/tonne Labor cost per retailers XOF/tonne XOF/tonne
Nb of workers in MD per tonne 2 1,000 2,000 Nb of workers in MD per tonne 2 1,000 2,000
Transportation cost per tonne 15,000 Transportation cost per tonne 15,000
EX-ANTE CARBON-BALANCE TOOL FOR VALUE CHAIN [EX -ACT VC]
L'outil de EX-Ante Carbon-Balance des chaînes de valeur (EX-ACT) est un système d'évaluation
développé par la FAO qui fournit des estimations de l'impact économique et environnemental des
projets, programmes et politiques de développement agricole. L'outil aide à estimer et à hiérarchiser
les activités des projets ayant des avantages élevés en termes économique et de mitigation
climatique. Il aide ainsi les décideurs à choisir les meilleures options pour atténuer les effets des
changements climatiques dans l'agriculture tout en promouvant la croissance du secteur.
Ce document fait partie d’une série d’études initiées par le Bureau régional pour l’Afrique de la FAO
sur les chaînes de valeur riz en Afrique de l’Ouest. A partir de l’outil EXT-ACT VC, les différentes
études évaluent l’impact économique et environnementale du développement de la filière riz et
identifient des stratégies permettant de réaliser une croissance inclusive et durable.
Cont act pour p lus d’info rmat ion sur l’outil E X -ACT VC
www.fao.org/tc/exact
Louis Bockel – [email protected]