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Notes de cours sur la pétrologie métamorphique

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[1]

UNIVERSITE DE KINSHASA

FACULTE DES SCIENCES


DEPARTEMENT DES GEOSCIENCES
Géologie-Géomatique
B.P :190 Kinshasa XI

NOTES DU COURS DE
PETROLOGIE METAMORPHIQUE
A L’intention des étudiants de
Premier Licence Génie-Géologie

Par
Thomas KANIKA MAYENA
Professeur Ordinaire

Année Académique 2016-2017


[1]

CONTENU DU COURS

Chap. I : Généralités
I.1. Définitions
I.2. Notions d’état initial d’état final et terminologie génétique
I.3. Facteur du métamorphisme

Chap. II. Les grandes divisions du métamorphisme


II.1. Notions de faciès métamorphique et d’isograde réactionnel
II.2. Grandes divisions du métamorphisme
II.3. Métamorphismes prograde et rétrograde

Chap. III : Les différents types de métamorphisme


III.1. Métamorphisme circonscrit
III.1.1. Métamorphisme de contact
III.1.2. Métamorphisme d’impact (U.H.P.M)
III.1.3. Métamorphisme cataclasique
III.1.4. Pyramétamorphisme
III.5. Métamorphisme hydrothermal

III.2. Métamorphisme régional


III.2.1. Métamorphisme régional associé { l’orogenèse
III.2.1.1. Notions de climats métamorphisme
III.2.1.2. Notions d’intensité de métamorphisme
III.2.1.3. Etude de différents climats métamorphiques
A. Métamorphisme BP-HT (Type Abukuma)
B. Métamorphisme MP-MT (Type Barrow)
C. Métamorphisme HP-BT (Type Sambagawa)
III.2.2. Métamorphisme régional lié { l’enfouissement

Chap. IV : Etude de principaux groupes de roches métamorphiques (Terminologie


descriptive)
IV.1. Les migmatites et les anatexites
IV.2. Les granulites
IV.3. Les éclogites
IV.4. Les phyllades
IV.5. Les schistes
IV.6. Les amphibolites
IV.7. Les marbres
IV.8. Les quartzites
IV.9. Les prasinites
IV.10. Les glaucophanites et les schistes bleus
IV.11. Les gneiss
[2]

IV.12. Les porphyroïdes


IV.13. Les leptinites
IV.14. Les caleschistes

Chap. V. Adaptation minéralogiques


V.1. Généralités
V.2. Evolutions minéralogiques au cours du métamorphisme dans les séquences
pélitiques
V.2.1. La pyrophyllite
V.2.2. La jadéite
V.2.3. La lawsonite
V.2.4. La chlorite
V.2.5. La muscovite
V.2.6. Le chloritoïde
VV.2.7. La biotite
V.2.8. Les plagioclases
V.2.9. Les grenats pyralspites
V.2.10. La staurotide
V.2.11. L’andalousite-Disthène-Sillimanite
V.2.12. La cordiérite
V.2.13. Les orthopyroxènes
V.2.14. Les matières organiques

V.3. Evolutions minéralogiques au cours du métamorphisme des séquences basiques


3.1. La glaucophane
3.2. L’épidote
3.3. La biotite-muscovite
3.4. Le grenat almandin
3.5. Les amphiboles calciques
3.6. Les amphiboles sub-calciques
3.7. Les amphiboles de la famille de Cummingtonite, anthophyllite, gehdrite
3.8. Les clinopyroxènes calciques

Chap. VI. La tectonique des plaques et le métamorphisme


VI.1. Généralités
VI.2. Métamorphisme et subduction-collision
VI.3. Métamorphisme et obduction
VI.4. Métamorphisme, failles transformantes et amincissement crustal
VI.5. Métamorphisme de plancher océanique
VI.6. Décrochement et métamorphisme HT.
[3]

CHAPITRE I. GENERALITES

I.1. Définitions

On entend par métamorphisme, l’adaptation minéralogique, texturale, locale ou


régionale des roches demeurant { l’état solide à des conditions différentes de celles de
leur milieu d’origine, il s’agit plus concrètement d’un changement minéralogique et
souvent textural se produisant { l’état solide, en réponse à des modifications des
conditions physico-chimiques, comparées aux premières conditions dans lesquelles la
roches initiale s’était formée.

Ce phénomène peut apparaître :

 Autour d’intrusions magmatiques chaudes ou { la semelle des coulées des laves


(métamorphisme local) ;
 Sur des vastes étendues { l’échelle des chaînes plissées (métamorphisme
régionale) ;
 Dans le cas particulier, s’apparentant aux deux premiers de la transformation de
planchers océaniques et de manière générale des transformations liées aux zones
distensives et donc d’ouverture (pré-ouverture) océanique.

Le métamorphisme de contact sensa stricto à une cause bien connue directement


visible sur le terrain : l’intrusion magmatique adjacente, recoupant ou se moulant sur les
terrains encaissants. Le métamorphisme régional exige des causes géodynamiques du
type subduction accrétion de plancher océanique ou collision continentale, terme ultime
des phénomènes de convergence des plaques.

Dans tous les cas, les matériaux océaniques ou continentaux impliqués dans ces
processus géodynamiques sont soumis à des conditions (de P° et T°) différentes de
celles de leur milieu d’origine et en conséquence s’adaptent aux nouvelles conditions
leur imposées le long des aires de vaste extension sur le globe.

Les roches sédimentaires et magmatiques on le sait, prennent naissance dans un


domaine thermodynamique bien défini. Les premières se forment à basse T° et sous des
P° habituellement basses, les secondes quant à elles, prennent naissance à des T° élevées
(650-800°C pour les roches acides, 1200-1300°C pour les roches basiques), et à des
pressions variables (basses-de l’ordre de l’atmosphère pour les roches volcaniques et
élevées de l’ordre de plusieurs Kbars, pour les roches plutoniques). Les minéraux qui
composent ces roches n’étant stables que dans des domaines bien définis de T° et de P°,
il suffit de varier l’un et/ou l’autre de ces deux paramètres, ceux-ci deviennent instables
en réagissant les uns avec les autres pour générer d’autres phases minérales plus
adaptées à ces nouvelles conditions.

Les zones de convergence des plaques, au même titre que les zones d’ouverture
volcanique sont le siège des phénomènes de fusion partielle (anatexie) crustale ou
mantellique d’où s’échappent des diapirs magmatiques.
[4]

I.2. Notions d’état initial, d’état final et terminologie génétique

Si l’on considère le cas de la subduction du type Pacifique c'est-à-dire ou une


plaque océanique plonge sous une plaque continentale, les formations géologiques qui
vont être impliquées dans cet enfouissement susceptible d’atteindre de grandes
profondeurs seront :

 La pellicule superficielle de sédiment siliciceux et carbonatés du plancher


océaniques (= couche sismique 1 des géophysiciens)
 Des basaltes en coussins (pillow lava) et des dolérites (couches sismiques 2) ;
 Des gabbros (couche sismique 3) et
 Des péridotites du manteau supérieur (sous la discontinuité de Mohovic).

Tout cet ensemble subducté est très lentement soumis à des conditions de P° et T°
de plus en plus éloigné de celles de leur mise en place superficielle dans le plancher
océanique : il s’y adapte, il va ainsi naître :

 Des roches métamorphiques issues de sédiments superficiels : métasédiments ;


 Des roches métamorphiques issues de roches magmatiques basiques :
métabasites ;
 Des roches métamorphiques dérivées de roches magmatiques ultrabasiques :
méta-ultrabasites

Il ya donc des roches métamorphiques paradérivées et orthodérivées. Dans le cas


de la collision des marges continentales, on aura comme roches impliquées dans les
transformations métamorphiques qui en résultent :

Les sédiments terrigènes de type flych (pélites argilo-quartzeuses plus ou moins


riches en décharges conglomératiques) ;
Eventuellement une partie de la plate-forme carbonatée ;
Des lames de croûte continentale de nature variable (tels que les morceaux de
socle métamorphique ancien recoupés par des intrusions granitiques des lames
ophiolitiques…).

Cet ensemble va donner de vastes étendues de roches métamorphiques para-


dérivées (métaflych, marbres…), des roches métamorphiques ortho-dérivées acides
(continentale), des roches métamorphiques ortho-dérivées basiques à ultrabasiques
(océaniques), et un troisième type de roches métamorphiques issues des ensembles
métamorphiques anciens remobilisés que l’on dénomme roches polymétamorphiques.
Ce groupe comprend donc des roches qui étaient déjà métamorphiques bien avant la
collision, et qui le sont à nouveau dans un tout autre contexte de P° et T° Exemple : les
roches de la chaîne alpine. En définitive pour ce qui est de la terminologie génétique, les
préfixes « ortho-para-et poly » impliquent que l’on est soit sûr de la nature des roches
dont dérivent les matériaux analysés finalement. A l’intérieur de chaque grande famille
ainsi définie, il est plus commode d’utiliser le préfixe « méta » qui est plus précis que le
précédant. Ainsi on parlera plus couramment de :

- Métagranite, métabasaltes, métagabbros, métarhyolites……comme variétés


spécifiques d’orthométamorphites. Dans ces différents cas, l’origine granitique,
basaltique, gabbroïque etc…, ne fait aucun doute
[5]

- Métaflych, métaconglomerats, métapélites, métarkoses, etc…. comme varietés


spécifiques de paramétamorphites. Mais, on ne parle jamais de métacarbonates, il
s’agit plutôt de marbre.

Pour comprendre ce qui se passe réellement pendant le métamorphisme considérons


deux cas concrets :

1. Soit un gabbro qui se métamorphise, on aura :

- Perte des px et cpx magmatiques et apparition des pyroxènes métamorphiques


avec l’élévation de la T°
- Disparition des plagioclases magmatiques (caractérisés par des teneurs en
anorthite élevées ;
- Apparition des amphiboles au dépend des pyroxènes, et apparition du grenat
éventuellement.

La roche métamorphique ainsi formée sera donc une ortho-amphibolite ou une


amphiboloschiste pouvant évoluer vers un granulite si les conditions de T° augmentent.

2. Soit une argilite qui subit un métamorphisme on aura :

- Perte progressive de la stratification (So) ;


- Apparition des minéraux de métamorphisme dans la succession suivante :
chlorite, muscovite, biotite, disthène, chloritoïde, staurotide (andalousite),
cordiérite, sillimanite, feldspaths potassiques + calco-sodiques.
- Apparition de la schistosité (S1) et de la foliation. La roche métamorphique
obtenue sera un micaschiste. Il est important de signaler ici la notion combien
indispensable, de Paragenèse minéralogique qui, dans le contexte du
métamorphisme, désigne un ensemble de minéraux ayant évolué dans le même
climat métamorphique (mêmes conditions de P° et T°)

I.3. Les facteurs du métamorphisme

De toute évidence, deux paramètres essentiels gouvernent l’évolution d’une roche


métamorphique de son état initial vers son état final, il s’agit de la T° et P°.

I.3. La pression

De prime à bord, il faut retenir que le rôle de la pression au cours du


métamorphisme se manifeste au niveau de la structure des roches métamorphiques.
Ainsi :

 Au cours du métamorphisme de contact ou le rôle de la P° est minime, les


minéraux vont se développer dans toutes les directions et conduire à la
structure isotrope caractérisant les cornéennes, suite { l’absence des contraintes
orientées
[6]

 Dans le cas du métamorphisme régional où la P° joue un rôle prépondérant, les


croissances cristallines vont se faire suivant des directions privilégiées (suite aux
contraintes orientées) ; ce qui aboutit à la structure feuilletée, la schistosité et la
foliation qui caractérisent les roches cristallophylliennes tels que les micashistes,
les gneiss…

Rappelons que la schistosité est le fait que la roche se débite en feuillets qui ont tous la
même composition minéralogique. Ce feuilletage ou schistosité est une manifestation de
la déformation plastique (gluage). Elle ne se fait pas au hasard, mais plutôt
parallèlement { l’allongement, donc parallèlement { l’axe des plis éventuels. Tandis que
la foliation est le fait qu’il ya présence des ségrégations minérales et les espèces
néoformées se concentrent le long des néoformées se concentrent le long des plans
privilégiés. Contrairement à la schistosité, la foliation montre des feuillets à composition
minéralogique variable de plus la cristallinité des minéraux augmente. Mais d’où vient
cette pression ?

La pression dont il est question ici est la résultante de trois composantes que voici :

- La pression lithostatique : celle due au poids du matériel se trouvant au dessus


des roches qui subissent le métamorphisme : (Roche sédimentaire)
- La pression orientée : celle contrôlée par des contraintes par une compression ;
- La pression partielle des fluides (P1) présent dans les roches concernées :
H2O2CO2 (Roche carbonatées)

L’eau est généralement l’élément essentiel dans la croûte : aussi la PH2O doit-elles
absolument prise en compte.

Dans les séries carbonates, le CO2 intervient puisque dans certaines conditions physico-
chimiques, certaines roches carbonatées dégagent le CO2, il ya donc la Pco2 dont il faut
tenir compte.

Ainsi :

La schistosité et la foliation sont donc le résultat de la pression orientée qui s’exerce sur
les roches au cours du métamorphisme.

3.2. La température

Elle joue un grand rôle dans l’évolution minéralogique de la roche. Cette T°(en °C)
est contrôlé par le gradient géothermique laquelle varie d’une région { une autre. Les
valeurs faibles de ce gradient se rencontrent dans les zones de subduction, tandis que les
zones en distension, caractérisées par d’importants phénomènes de magmatisme ont un
gradient géothermique élevé. Au gradient géothermique local s’ajoute la température
résultant de la radioactivité des roches profondes.
[7]

Pour rendre compte du rôle joué par la T° au cours du métamorphisme, nous


allons partir de deux expériences :

1. Soit un mélange de SiO2 + Al2O3 + FeO + MgO + K2O + H2O qu’on maintient { une P°
de 1 Kb ;

- A T° il va se former de la muscovite ; cela, même si la quantité de Mg


et de Fe est largement suffisante pour former de la biotite
- A T° , même si le Mg et le Fe sont en quantité telle qu’il ne peut se
former que de la biotite seule, il se formera de la biotite et de la muscovite.

2. Soit une série argileuse riche en Al, Fe et Mg :

- A T° , il se formera de la chloritoïde ;
- A T° , il se formera de la staurotide ;
- A T° on aura apparition d’une biotite ferrifère ou magnésienne en fonction
de la teneur en Fer et Mg.

Le deux paramètres ci-haut cités (T° et P°) sont à la base de la géothermométrie de la


géobaromètrie , tectoniques fines de la pétrologie moderne qui permettent de déduire la
T° et la P° qui prévalaient au moment ou la roche métamorphique s’est formée. En effet,
soit une région métamorphique donnée qui a été cartographiée en deux points distincts
et ayant livré les échantillons 1 et 2. On aura deux groupes de paragenèses minérales
déterminant respectivement P1, T1 et P2, T2 en supposant que P1 P2 et T1 T2. On peut
donc déterminer la variation de P° ( et de T° ( dont le rapport donne le gradient
géothermique en fonction de l’unité de P° au moment où la roche métamorphique s’est
formée.

Il est à noter que ceci n’est possible si les deux échantillons prélevés et étudiés en lames
minces sont liés { une même chaîne. Cela implique qu’il faut faire à la fois une étude
structurale et pétrologique (c'est-à-dire tectono-métamorphique) afin de déterminer la
phase métamorphique et la schistosité. L’analyse des associations minérales de la roche
métamorphique renseignera sur les conditions de P° et T° de concentration des fluides,
tandis que l’analyse des structures et des textures (schistosité, foliation…) témoignera
de la déformation ou du régime statique dont la roche a été objet. La synthèse des
résultats ainsi obtenus permet éventuellement de relier dans une même histoire
géodynamique, métamorphique et déformation.
Ainsi, la géobarométrie et géothermométrie ne sont utilisables en pétrologie
métamorphique que si les paragenèses minérales traduisent des variations de P° et de
T°. a titre purement indicatif, vous trouverez ci-dessous quelques exemples de
géothermomètres utilisables en pétrologie métamorphique :
[8]

 Géothermomètre biotite/grenat (de Ferry et Spear, 1978) voir détails dans cours
grabbro mineralogy and petrology, vol 66, PP113-117 ? 1978
 Géothermomètre plagioclase/hornblende (de Physumma, 1982) Détails dans la
même revue vol.80, pp140-146, 1982.
 Géothermomètre grénat/Silicates d’alumine et de quartz (de Ghent, 1976) dans A
mérican mineralogists, vol.61, pp.710-774 ? 1976
 Géothermomètre plagioclase/grénat/biotite/muscovite (de Ghent et Stoat, 1981),
dans la revue CMP, vol 76, pp 92-97, 1981.
 Géothermomètre calcite/dolomite (de Goldschimit et Newton ?) dans American
Journal of sciences, vol. 267A, pp160-190
 Géothermomètre grenat/clinopyroxène (de Rabin et Green, 1974) dans CMP vol
48, pp 178-203, 1974.
 Géothermomètre grenat/orthopyroxène/clinopyroxène (de Wood et Banno,
1973), dans CMP, vol, 42, pp 109-124, 1973.
 Géothermomètre prenant en compte la teneur en alumine et en titane (Al/Ti) des
hornblendes.
NB : l’utilisation des géothermomètres et des géobaromètres supposent que les
minéraux aient été analysés à la microsonde électrosonde électronique pour avoir les
compositions chimiques des phases minérales échantillons étudiés.

3.3. Le temps
Le temps (durée) joue un rôle non négligeable au cours du métamorphisme : cela est
perceptible à partir des exemples ci-dessous :
1. Soumise à une P° de 5 Kb pendant une courte durée, la craie ne subit pas de
changement ; mais soumise à la même P) de 5 Kb pendant une durée de 17 ans,
cette même craie devient un calcaire
Ainsi, une P° brutale et de courte durée conduit à un écrasement des roches : c’est
la mylonitisation, phénomène qui conduit à la formation des roches dites
mylonites dont les détails sont données plus loin
2. Une lave qui coule à 1200°C ne produit pas de métamorphisme, mais plutôt une
petite cuisson superficielle du matériel sur lequel elle s’épanche ; en raison du
refroidissement rapide et à l’air libre du magma. Pourtant, le même magma, mis
en place en profondeur, à la même T° va conduire à des transformations
minéralogiques importantes de l’encaissant (métamorphisme de contact) ; en
raison du refroidissement très lent du magma en profondeur. (la vitesse est le
facteur très important du métamorphisme).
Remarque important :
- A côté de ces facteurs principaux du métamorphisme, il ya lieu de noter que la
composition chimique de la roche joue également un rôle pendant le
métamorphisme. Deux situations sont envisager :
 La composition chimique du matériel de départ (avant le métamorphisme)
est en gros identique à celle de la roche finale. On dit dans ce cas que le
métamorphisme s’est effectué sans apport extérieur ni départ d’éléments
[9]

chimiques, ou encore qu’il s’est effectué en système clos ; c’est le


métamorphisme topochimique
 Lorsqu’il y a échange avec le milieu extérieur (système ouvert), le
métamorphisme est dit allochimique.
[10]

Chapitre II : LES GRANDES DIVISIONS DU METAMORPHISME

II.1. Notions de faciès métamorphique et d’isograde réactionnel

1.1. Faciès métamorphiques

Etant donnée la diversité des roches métamorphiques, la classification


morphologique et minéralogique exhaustive s’est averée pratiquement difficile, voire
impossible raison pour laquelle Eskola (1915-1939) a jugé utile d’introduire la notion de
faciès métamorphique. Ce dernier regroupe toutes les roches quelles que soient leurs
natures d’origine qui se sont formées dans des conditions de T° et P° voisines. En
d’autres termes, un faciès métamorphique correspond { un domaine de P° et T°. A titre
d’exemple un basalte porté sous 6 Kb à la température de 550°C devient une
amphibolite, ce qui donne le nom au faciès dit amphibolite-faciès. Mais un gneiss à deux
micas, plagioclases, quartz, feldspath potassique appartient aussi à ce même faciès bien
que cette dernière roche ne contienne pas d’amphiboles. Ainsi donc, dans un même
faciès, on peut rencontre une amphibolite, un micaschiste, un gneiss, un marbre, etc.
Les principaux faciès métamorphiques sont les suivants :

I.1.1. Greenschist-facies (GSF)

C’est le faciès des schistes verts : lequel a pour minéral caractéristique la chlorite qui
confère d’ailleurs { ces roches leur couleur verte.

I.1.2. Epidote-amphibolite-faciès (EAF)

Il s’agit d’un faciès dont les minéraux caractéristiques sont l’épidote + l’amphibole
verte. Notons que pour les métabasites, la discrimination entre le greenschist faciès et
l’épidote-amphibolite faciès se base sur le type d’amphibole. En effet dans le greenschist
faciès, l’amphibole sera l’actinote, alors que dans l’amphibole faciès, l’amphibole sera la
hornblende verte. A propos de ce dernier minéral, notons que dans le domaine de T°
relativement faible, il est de couleur verte ; et cette couleur évolue vers le bleu-vert avec
l’accroissement de la T° très élevée.

I.1.3. Amphibolite faciès (AF)

Il comprend deux sous-faciès :

- Sous-faciès à disthène ou andalousite (ou c’est l’un ou c’est l’autre ; car l’un – le
disthène est caractéristique de P° relativement élevée alors que l’andalousite est
caractéristique des T° relativement élevées).
- Sous-faciès à silimanite. Dans ce faciès, l’amphibole est une hornblende verte.
[11]

I.1.4. Faciès granulite

Il est caractérisé par des T° relativement élevées et par une pauvreté en eau (ce
métamorphisme se passe donc dans des conditions anhydres). De ce fait, c’est le
pyroxène (opx et cpx) qui apparait au dépens de l’amphibole en plus du grenat de type
almandin-pyrope.

I.1.5. Faciès schistes bleus (FSB)

Il s’agit des schistes { glaucophane (amphibole sodique bleue) ; mais il arrive qu’en lieu
et place de la glaucophane, il apparaisse de la riébecckite. Les autres phases minérales
caractéristiques de ce faciès sont le couple jadéite + quartz. Ce faciès est la signature du
métamorphisme de haute P° et basse T° (HP-BT) qui, dans l’état actuel des
connaissances, est caractéristique des zones de recyclage de la lithosphère où la valeur
du gradient géothermique est faible (10°C/Km).

I.1.6. Faciès éclogitique (FE)

Les éclogites, roches rencontrées à la base de la croûte, sont un faciès


métamorphique de HP-BT et donc associés aux zones de recyclage de la lithosphère au
même titre que le faciès schistes bleus. On les considère d’ailleurs comme des schistes
bleus déshydratés. Les faciès des éclogites couvrent tout le domaine de haute P° et est
caractérisé, dans les roches de composition basaltique (gabbros, basaltes), par une
association très spectaculaire du grenat ferromagnésien et d’omphacite (cpx à la fois
calcique, sodique, ferrique et alumineux). Le tout se passe donc comme s’il se produisait
une réaction au niveau de laquelle l’association plagioclase-olivine-pyroxène des
basaltes ou des gabbros aboutit { l’assemblage grenat-omphacite des éclogites se
trouvent à la base de la croûte terrestre. Signalons enfin que les éclogites sont
fréquemment trouvée sous forme de xénolites enclaves) dans les roches magmatiques
telles que les kimberlites, il s’agit l{ des fragments de roches de la base de la croûte que
le magma remarque au cours de son ascension vers les zones superficielles du globe.

1.2. Isogrades (réactionnels)

La difficulté d’intégrer de nouvelles observations pétrographiques dans ce schéma a


conduit la pétrologie expérimentale { la prise en compte d’un nouveau concept dit
d’isograde réactionnel qui correspond à une association minéralogique impliquée
dans une réaction bien déterminée. En effet, l’isograde est une ligne sur une carte de
métamorphisme, reliant les différents points d’apparition ou de disparition d’un minéral
index donné », en d’autres termes, c’est le lieu où commence à se produire les réactions
chimiques entre 2 ou plusieurs phases minérales pour former 1 ou plusieurs phases
minérales nouvelles en équilibre dans les nouvelles conditions de P° et T°, c’est
l’isograde positif. Mais il existe aussi un isograde négatif : c’est lorsqu’un ensemble de
minéraux disparaissent complètement pour donner de nouveaux minéraux en équilibre
dans ces nouvelles conditions de P° et T° (fig. 1).
[12]

Dans la réalité, ces isogrades correspondent { des lignes d’égale intensité de


transformation et représentent la limite extérieure de la zone définie par le minéral
repère (idex), ces isogrades s’établissent dans le sens d’une intensité croissante de
transformation, en indiquant les appariritions de minéraux par le signe + (isograde
positif), et les disparitions par signe – (isograde négatif). Il est important de noter que
dans le cas des roches issues du métamorphisme régional, les isogrades sont souvent
obliques sur les structures (schistosité, foliation…).

Figure 3

Fig. 1 : Exemple de carte métamorphique avec isogrades

Sur cette figure, en évoluant des chloriteoschistes vers les micaschistes, il apparait des
zones à biotite + qui gardent encore des chlorites puis des zones où il n’existe plus de
chlorite (chlorite -). Ensuite on progresse vers des zones à grenat + straurotide +
disthène + et sillimanite +. Notons que la muscovite apparait généralement après la
schlorite et disparait au niveau à sillimanite ; en raison du fait qu’avec l’accroissement
de la T°, la muscovite se transforme en sillimanite + orthose (FR). En bref, l’isograde
positif est la trace d’apparition d’un minéral index (indicateur de P° ou de T°, alors que
l’isograde négatif constitue la trace de disparition d’un minéral index.
L’établissement d’une carte avec isograde aux impératifs suivants :
- Effectuer un échantillonnage abondant
- Bien définir l’orientation structurale (ex N40°E/60NW 60)
- Bien orienter les échantillons sur le terrain ;
- Préciser les différentes directions de schistosité et établir leur chronologie ;
- Déterminer les différents minéraux liés à chaque métamorphisme (et le type de
métamorphisme) ;
- Etablir une carte géologique ;
- Utiliser les paragenèses d’une même schistosité (ex S1) lorsqu’on établit les
paragenèses.
[13]

II.2. Les grandes divisions du métamorphisme

La littérature géologique ancienne subdivisait le métamorphisme en trois zones


distinctes, lesquelles sont dues à Grubenman (1906) ; Epizone, Mésozone et la Catazone
(ultrazone).

 L’épizone : correspond à la partie superficielle de la croûte, les roches


métamorphiques dans ces conditions sont riches en minéraux hydroxylés (micas
blancs, chlorite, talc, épidote, actinote,…). Cette zone se termine avec la disparition
de la chlorite ;
 La mésozone : correspond à une zone moyenne où les T° et les P° sont
relativement plus élevées. Les roches à biotite et muscovite, staurotide et
disthène, grenat amphibole et épidote se sont formées dans ces conditions. Cette
zone se termine avec la disparition de la muscovite ;
 La catazone : correspond à une zone où les T° sont très élevées et les P° souvent
fortes, lesquelles sont responsables de l’apparition ou du maintien de la biotite
des feldspaths potassiques de la sillimanite ou de l’andalousite, des pyroxènes,
grenats, et des plagioclases souvent calciques
Mais en 1974, Winker distinguera lui 4 degrés différents dans le métamorphisme :
1. Métamorphisme de bas degré comprenant deux faciès :
- Faciès zéolites
- Faciès prehnite-pumpellyte..
2. Métamorphisme de degré intermédiaire : la première apparition de la cordiérite
(BBT) ou de la stauraotide (MT) dans les roches pélitiques définit le
métamorphisme de degré moyen où l’on note généralement la disparition de
l’association muscovite + chlorite pour donner la staurotide.
3. Métamorphisme de degré élevé : le passage du degré moyen à celui-ci se marque
par :
- La réaction : muscovite + quartz feldspath potasse + silicate d’Al (sillimanite)
- L’apparition des migmatites
4. Métamorphisme de degré très élevé : correspond { l’utrazone et se caractérise par :
- La présence de l’opx
- La disparition de la biotite
- La disparition du grenat (pyrope)
- La présence du cpx.
Bref : ce degré marqué par le faciès granulite
[14]

II.3. Métamorphismes rétrograde et prograde (ex : Gneiss-phyllade)

3.1. Métamorphisme rétrograde

On entend par métamorphisme rétrograde, un métamorphisme au cours duquel on


part d’une roche métamorphique mises en place dans des conditions de P° et T° plus
élevées que celles de la roche métamorphique finale. On parle également de la
rétromorphose. Au cours de ce processus de retromorphose, les réactions rétrogrades
nécessitent la présence d’eau. Ainsi, des évolutions rétrogrades se produisent seulement
dans les zones broyées, fissurées ou schistosées permettant la circulation de l’eau et son
contact avec les minéraux. Un exemple de la rétromorphose est celui du métamorphisme
au cours duquel on partirait d’un gneiss (métamorphisme élevé) pour aboutir à un
phyllade (métamorphisme peu élevé).

3.2. Métamorphisme prograde (ex : Micaschiste-gneiss)

Un métamorphisme est dit prograde lorsqu’il affecte une roche métamorphique de


degré faible pour donner une roche métamorphique de degré élevé. Contrairement aux
réactions rétrogrades ; les réactions progrades s’accompagnent d’une évacuation
progressive d’eau. A titre d’exemple, un métamorphisme qui affecterait un micaschiste
pour donner un gneiss est un métamorphisme prograde. Ainsi donc, rétrograde et
prograde sont des notions qui s’appliquent uniquement { des roches qui étaient déj{
métamorphiques et qui subissent une nouvelle phase de métamorphisme. Projetées
dans un diagramme rectangulaire prennant en compte la P° et la T°, ces deux situations
donnent lieu à deux types de courbes dont l’une celle réactions progrades évolue dans le
sens horaire (sens des aiguilles d’une montre), et l’autre celle des réactions rétrogrades,
évolue dans le sens anti-horaire (fig.2).

P P
Prograde

Rétrograde

T
T
Une courbe horaire signifie qu’au cours de l’évolution du métamorphisme au début
on enregistre une élévation presque rapide de P° et T°, tandis que la fin ces deux
paramètres baissent. De telles situations sont celles qui prévalent au cours de l’évolution
d’une orogenèse et caractérisent donc des régimes compressifs. Les courbes anti-
horaires traduisent une augmentation lente ou faible de la P° et T° au début de
l’évolution du métamorphisme, et à un moment donné la P° augmente rapidement. De
[15]

telles courbes caractérisent souvent des régimes distensifs. Il subsiste cependant une
difficulté : celle de savoir qu’on est parti d’une roche déj{ métamorphique pour aboutir à
une autre roche métamorphique. Cela n’est possible que si l’on fait une étude fine des
paragenèses minérales au microscope ; laquelle va révéler l’existence de deux
paragenèses P1 et P2 caractérisant respectivement la roche métamorphique de départ
et celle d’arrivée. Généralement, on observera des inclusions de minéraux de P1 dans
ceux de P2. L’on peut aussi tabler sur les minéraux reliques. En effet, lorsque au cours du
métamorphisme certains minéraux se déstabilisent pour donner d’autres types de
minéraux, il peut subsister la relique (reste) du minéral initial au centre avec une
bordure du minéral nouveau. Ainsi par exemple, si un gneiss à sillimanite (T° élevée et
P° basse) subit un métamorphisme pour donner un micaschiste à disthène (P° élevée, T°
basse), la sillimanite va se déstabiliser pour donner le disthène, et on observera des
reliques de sillimanite bordées de disthène (fig. 3) :

Sillimanite ( HT-BP)

Disthène ( TP-BT)

Fig.3.

Ainsi donc, on peut reconstituer l’histoire de la formation des minéraux et même


l’histoire structurale de la région { partir des observations microscopiques en étudiants
les relations mutuelles des minéraux. Un autre exemple : une chlorite qu’on observerait
dans un gneiss à sillimanite. La chlorite est souvent présente dans les phyllades, et elle
se détruit { l’arrivée des micaschistes ; car la chlorite et la sillimanite ne se forment pas
dans les mêmes conditions de P° et T°. si jamais les deux minéraux coexistent dans un
échantillon, ce qu’on est en présence d’un poly métamorphisme.
[16]

Chapitre III. LES DIFFERENTS TYPES DE METAMORPHISME

III.1. Le métamorphisme circonscrit (localisé) méta local

III.1.1. Le métamorphisme de contact

1.1.1. Généralités

Ce type de métamorphisme se développe dans les zones superficielles de la croûte


terrestre et il est dû { l’intrusion locale d’un corps magmatique dans l’encaissant. Si le
contraste de T° entre l’encaissant et l’intrusion est grand, il crée dans l’encaissant une
auréole de métamorphisme de contact, c'est-à-dire une zone où la roche encaissant est
transformée en des roches dites « cornéennes » qui sont des roches à textures dense, à
grains fins et minéraux non orientés (fig.4). Ces roches n’étant pas orientées, il faut en
déduire que le paramètre P° ne joue pas un grand rôle au cours de ce type de
métamorphisme. Il s’agit donc d’une recristallisation isotrope, et les transformations
minéralogiques sont beaucoup plus poussées au contact de l’intrusion et diminuent
quand on s’en éloigne, cela, en raison de la diminution du flux de chaleur depuis
l’intrusion vers l’encaissant.

Fig. 4

1.1.2. Faciès thermométriques

En fonction des paragenèses minérales, on distingue trois faciès dont les


caractéristiques sont résumées dans le tableau ci-dessous.

1.1.3. Les paramètres contrôlant le métamorphisme de contact

On distingue 5 principaux paramètres :

a. Température : il s’agit de la température apportée par le magma { laquelle il faut


ajouter le gradient géothermique local.
[17]

Faciès Faciès des cornéennes F. des cornéennes à F. des cornéennes à


métamorphique à alb et épidote (I) hornblende (II) Pyroxènes (III)
Domaine de 400-530 530-610°C

Types de roches
Séquences Musc., biot., Biot., musc., Ca- Orth., biot.,
pélitiques séric., chlor., alb., Plag microcl. andal.,+
riches en K. épid., Sillim., cord. Plag.
Sequences Pyrophyl., musc. Anal. cord. Andal., sillim.,
pélitiques riches Chlor. + épid. + Plag. + musc. Cord.,
en Al Alb. F.K.(orth.)
Marnes Epid + Trémol + Ca-plag. + hornbl. + Ca-plag. + diops. +
Chlor ou calcite Diops. Hyperst., F.K.
Alb. biot. (orth.)
musc.
Roches gabbroïques Actn. + épid. + Hornbl. + Ca- Hyperst. + Ca plag. +
Alb. + chlor. + biot. Plag. biot.
+ anthophyllite ou
Diops. + biot.
Tableau 1 : faciès thermométriques du métamorphisme de contact

b. Temps : le temps pendant lequel agit le métamorphisme est un facteur important ;

c. Dimension du corps intrusif : largeur, et volume du corps intrusif ;

d. Composition chimique de l’encaissant : intervient au niveau des minéraux qui vont


se former ;

e. Conductivité thermique de l’encaissant si ce dernier est un quartzite ou un grès pur


(qui sont des mauvais conducteurs de chaleur), il n’yaura pas développement des
paragenèse de métamorphisme ;

f. Nature chimique du corps intrusif : le magma basique est plus chaud ‘(1200-1300°C)
qu’un magma acide (700-800°C).

A. Influence de la largeur et du volume de l’intrusion

Soit D le diamètre de l’intrusion, la durée de la recristallisation au niveau des épontes


sera donné par la formule :

T (en années) = 0,01.D2 avec D exprimé en mètre (m)

Ex. une intrusion de 1m de diamètre

T = 10-2 (1)2 = 10-2 années = 3,65 jours


[18]

B. Nature chimique du magma

Rappelons qu’un magma acide est généralement moins chaud qu’un magma basique
cette nature du magma a une influence sur la recristallisation de l’encaissant. Par
expérience, on a constaté que :

- Au contact de l’intrusion, la T° de l’encaissant n’est plus que de 60% de celle du corps


intrusif ;
- A une distance équivalant au 1/10, 1/(1D) du diamètre de l’intrusion (D/10, T° =
50% de la T° du magma ;
- A une distance équivalant au 2/10 D ( )
- A une distance équivalant à 1/2D ( ) de la chaleur du corps intrusif.

NB : a cette température apportée par le corps magmatique, il faut évidement ajouter le


gradient géothermique local. Dans ce cas, la température au niveau de l’encaissant va se
calculer par la formule suivante :

TE = TL x C + TGG

 avec TE = T° de l’encaissant
 C = coefficient qui est fonction de D
 TL = T° du corps intrusif
 TGG = T° liée au gradient géothermique local

Ex. Soit une intrusion granitique qui se met en place à 2 km de profondeur avec une
chaleur de 800°C. Déterminez les différents faciès thermométriques qui vont se
développer au niveau de l’encaissant, en sachant que le gradient géothermique local est
de 40°C/Km.

Solution : - au contact, la température sera de

T=

- Il va donc se développer à cette température le faciès des cornéennes à hornblende


- A une distance équivalant au 1/10 du diamètre de l’intrusion, la température sera
de :

T=

Cette température développera le faciès des cornéennes à albite + épidote ;

- A une distance équivalant à 2D/10, T sera égal à :

Il va se développer le faciès des cornéennes à albite +épidote ;


[19]

- A une distance de D/2, la température sera de :

Il ne va se développer un faciès métamorphique..

NB : parmis les cornéennes, on peut citer :

- Les schistes tachetés


- Les glaucophane.

III.1.2. Le métamorphisme d’impact

Aussi appelé « ultra high pressure métamorphisme » (U.H.P.M), ce métamorphisme est


lié à un impact des météorites dont les points de chute sont appelé »s « astroblèmes). Ce
type de métamorphisme, découvert pour la première fois dans les éclogites, est
caractérisé par :

- La présence de silice de très haut pression : coésite (qui se forme à une P


et stishovite (P 100 Kbars) ;
- Ces hautes pressions sont susceptibles de conduire à la formation des diamants
microscopiques tels ceux découverts en 1987 dans les éclogites du Kazakhstan ;
- Présence d’une phase vitreuse témoignant des phénomènes de fusion ;
- Présence des minéraux déformés par le choc dans la zone externe de l’astroblème :
clivages dans le quartz, structures en « arêtes de poisons » dans les micas.

Il existe deux célèbres astroblèmes au monde : celui de Sudbury (Ontario, Canada) :


1.700-2.000 Ma ; et le Meteor Crater en Arizona (USA) : 30.000 ans. Lorsqu’une
météorite tombe sur la surface terrestre,, son énergie cinétique se transforme en énergie
mécanique et thermique. En fait, elle se dissipe sous trois formes :

 Chaleur
 Onde de choc
 Excavation d’un astroblème (trou que crée le premier météorite en tombant)

La chaleur provoque la fusion des roches avoisinant immédiatement le point d’impact.


Les roches formées dans ces contextes renferment :

 Du verre
 Des minéraux de très haute pression (MT, HP) ex du stochorite et schovite

Ces roches métamorphiques sont appelées « Impactites ». L’onde de choc génère des
dommages permanents dans les roches de la région cible, entre outres, des « fractures
coniques » appelées « shattercones ».
[20]

III.1.3. Métamorphisme cataclastique

Celui-ci est limité aux domaines des failles et des chevauchements et conduit à la
formation des roches dites mylonites. Il se caractérise par une déformation mécanique
des roches affectées, sans qu’il y ait recristallisation ni réaction chimique. Il ne s’agit
donc pas { proprement parler d’un métamorphisme, mais plutôt d’un broyage sans
transformation minéralogique. Rappelons que aux zones des failles sont associées deux
grands groupes de roches : des roches cataclastiques et des roches mylonitiques dont les
principales caractéristiques sont respectivement résumées dans le tableau 3.

III.1.4. Pyramétamorphisme

C’est le métamorphisme qui affecte les enclaves xénolithiques (morceaux de


l’encaissant arrachés par le magma en cours de l’ascension et emprisonnés par celui-ci)
et dont les minéraux caractéristiques sont ; la sanidine, (feldspaths potassiques de HT°),
la Tridymite ou cristobalite (quartz de HT°), l’orthose et parfois plagioclase de HT°.

III.1.5. Métamorphisme hydrothermal

Ce type de métamorphisme est dû à la circulation des fluides et se traduit par une


transformation allochimique des roches par échange des matières apportées par
certains fluides provenant des plutons en voie de cristallisation.

Fabric Texture Nom Dimension de % de la


grains de la matrice
matrice
Facies avec métamorphiqu Gneiss mylonitique 50
linéation e Série des Protomylonites
Grains joint mylonites Mylonites 50-
90%
Ultramylonites

Tableau 2 : Nomenclature des roches mylonitiques (roches ayant subie un métamorphisme


cataclassique) (roche broyées)

Fabric Texture Nom Clastes % de la


matrice
Pas Cataclastique Série Mégabrèche
d’orientation fragments brèchique Brèche
préférentielle anguleux (ici il Microbrèche
n’ya pas eu Gouge
transport) Cataclasite Généralement

Pseudotachylite Verre ou
grain de
dimension

Tableau 3 : Nomenclature des roches cataclastiques (des zones faillées).


[21]

III.2. Métamorphisme régional (c’est à dire sur des vastes étendues)

Contrairement au métamorphisme de contact dont le développement est lié à la


mise en place d’un corps intrusif et pour lequel les isothermes sont toujours développés
en anneaux autour de l’intrusion, le métamorphisme régional ou général est, lui,
caractérisé par une grande extension géographique et les isograde de métamorphisme
n’ont aucun lien avec un corps intrusif d’extension locale. Les principales circonstances
conduisant à un métamorphisme régional sont :

(i) L’enfouissement ; elle est capable de conduire à un métamorphisme


(ii) L’orogenèse ;
(iii) L’accumulation des laves basiques avec circulation d’eau chaude dans la
zone d’accrétion des rides médio-océaniques.

Comme pour le métamorphisme de contact, le métamorphisme régional se


développe également par rapport de l’énergie thermique mais sur des zones très
étendues. De plus, l’observation des modifications minéralogiques progressives dans ses
terrains permet des conclure à un apport supplémentaire de chaleur par rapport au
gradient géothermique. La source de cette chaleur supplémentaire est à rechercher dans
les zones profondes, probablement au niveau du manteau, et à la radioactivité des
minéraux des zones profondes. Au cours du métamorphisme régional, tous les facteurs
de métamorphisme sont conjugués. Il s’agit de :

a. La pression : comprenant la P° lithostatique (le poids très important de matériels


impliqués), la P° des fluides qui joue un rôle très important dans la formation des
paragenèse minérales liées essentiellement { l’élévation de la P°, ainsi que les pressions
orientées qui sont liées à la déformation tectonique en relation avec les orogenèse et qui
confèrent aux roches cristallophylliennes leurs différentes structure (foliation,
schistosité…). Par exemple, dans les roches métamorphiques foliées, les minéraux sont
disposées dans les plans, les foliations et selon les lignes (linéations minérales). De
telles structures traduisent l’orientation des minéraux, soit avant lorsque la roche
acquiert une schistosité servant de guide au développement de ceux-ci.

Néanmoins, s’il est vrai que dans de telles formations, les associations minérales
indiquent de sensibles variations de P°, un fort gradient de P° ne signifie pas que la P°
était forte partout. L’existence des plans préférentiels de développement des minéraux
ne signifie pas que la P° était élevé. Les roches à glaucophane ou à pyroxènes jadéitiques,
témoignant de haute P°, relèvent du métamorphisme régional et pourtant elles ne
possèdent pas toujours une foliation marquée.

Ceci implique que l’étude des paragenèses de métamorphisme régional est


associée à celle de la déformation et des structures, ainsi donc il faut caler l’étude des
paragenèses minérales sur l’étude structure.
[22]

b. La température : vue sous l’angle du gradient géothermique auquel s’ajoute, comme


dit plus haut, une chaleur supplémentaire d’origine profonde n’opérant pas de façon
identique dans les différents contextes géotectoniques.

c. Le temps : les paragenèse minérales associées à ce métamorphisme se développent


pendant un temps relativement long pour permettre aux minéraux de réagir les une
avec les autres. Si ce n’était pas le cas, on aboutirait { des associations minérales sans
équilibre entre elles. En définitive, le métamorphisme régional est surtout régi par des
variations de T° et de P° ses différences principales avec le métamorphisme de contact
sont résumées dans le tableau ci-dessous :

Métamorphisme de contact Métamorphisme régional


- Circonscrit - Très étendu (sur des vastes régions)
- Donne des roches dites « cornéenne » - Donne des roches « cristallophylliennes »
- a lieu dans la croûte superficielle (1-Km de - la fourchette de P° en profondeur est très
profondeur correspondant à une P° de 2 à 3 importante (des P° basses à des hautes P°)
Kbars

2.1. Métamorphisme régional associé à l’orogenèse

2.1.1. Notions de climats métamorphiques

Toutes ces considérations amènent à parler des « climats métamorphiques »,


notions qui ont eu un apport capital pour la compréhension du métamorphisme et qui
sont dues à Miashiro (vers les années 1960) à partir de l’étude des ceintures
métamorphiques de l’arc japonais. Les variations relatives de la P° et de la T° permettent
de définir les « climats métamorphiques » qui correspondent à des domaines de P° et T°
au sein desquels peuvent évoluer les roches métamorphiques, lesquels ne sont pas du
tout à confondre avec les intensités de métamorphisme, car au sein de chaque climat
métamorphique, on peut rencontrer tous degrés de métamorphisme. Les différents
climats métamorphiques sont les suivants :

- Climat BP-HT (basse pression-haute température) : le gradient géothermique est


fort, la T° monte très vite même pour une faible profondeur. Ce gradient
géothermique élevé (30-70°C/Km voire 150°C/Km) est dû à la mise en place de
nombreux corps intrusifs ; laquelle conduit à un réchauffement régional. De telles
conditions sont celles qui caractérisent par exemple les zones distensives. Les roches
métamorphiques de la série de type Abukuma (Japon) (ou série à andalousite-
sillimanite) ont évolué dans ce climat métamorphique qui conduit souvent à
l’anatexie.
- Climat HP-BT (haute préssion-basse température) : la pression croît sans élévation
notable de la température. Ces conditions sont celles qu’on rencontre par exemple
dans les zones de subduction où le gradient géothermique a une valeur normalement
[23]

faible { cause de l’injection d’eau qui refroidit ainsi le système. Les roches de la série
de type Sambagawa (JJapon), les schistes bleus (à Lawsonite et glaucophane) se
forment dans ce climat qui n’aboutit jamais { l’anatexie.

2.1.2. Notions d’intensité de métamorphisme

La dénomination des roches métamorphiques ne suffit pas pour estimer le degré et


l’intensité du métamorphisme. Pour ce faire, on est obligé de recourir aux associations
minérales ou paragenèses des minéraux métamorphiques. La minéralogie
expérimentale a montré qu’{ chimisme global constant, la composition minéralogique
changeait en fonction des conditions de température et pression. En outre, elle a permis
de définir des domaines de stabilité des minéraux. A titre d’exemple :

L’andalousite (SiAl2O5) se transforme en sillimanite (même formule) lors d’une


élévation de température est réciproquement lors de la baisse de température
(Fig…),
L’albite (Si3AlO8Na) donne la jadéite (SI2AlO6Na) + quartz (SiO2) lorsque la
pression augmente et réciproquement ;
La muscovite (Si3Al3O12H2K) + quartz se transforme en orthose (Si3AlO8K) +
sillimanite (SiAl2O5) + eau (H2O).

Ce type d’études pour divers minéraux a aboutit { des outils appelés minéraux repères
ou minéraux index qui permettent d’évaluer l’intensité du métamorphisme. Mais
attention, la signification de la présence ou de l’absence d’un minéral est cependant
complexe puisqu’il peut s’agir :

- D’un minéral dont la synthèse est typique du métamorphisme : sa présence montre que
son domaine de stabilité a été atteint (par ex. la présence de jadéite = forte P°). Par
contre son absence est plus ambiguë puisqu’elle peut indiquer soit :
 Que le domaine de stabilité n’a pas été atteint
 Que le chimisme de la roche n’a pas permis sa synthèse (par ex. la jadéite
ne pourra cristalliser quelle que soit la P° dans une roche sans sodium).
- D’un minéral incompatible avec les conditions du métamorphisme : sa présence
indique alors que le domaine d’instabilité de ce minéral n’a pas été atteint (la
présence de muscovite indique par exemple que la T° n’a pas dépassé 650°C). ici
aussi, l’absence du minéral est plus complexe ; elle peut montrer soit :
 Que le domaine d’instabilité a été atteint ;
 Que le minéral n’était pas présent dans la roche originelle.
- D’un minéral mixte : on peut citer les feldspaths, minéraux présents dans les roches
magmatiques et sédimentaires et qui ne sont pas (ou pas) détruits par le
métamorphisme. De néogénèses de feldspaths de métamorphisme peuvent, par
contre, se produire par diverses réactions. Ex. muscovite + quartz qui donne
l’orthose + sillimanite.
[24]

Ainsi donc, la présence ou l’absence d’un seul minéral ne donne que des
informations très fragmentaires sur la P° et T° atteintes par la roche. Il faut donc étudier
le plus de minéraux (ou de couples) possibles.

2.1.3. Etude des différents climats métamorphiques

A. Métamorphiques BP-HT (Type Abukuma)

Les différentes zones de ce métamorphisme se présentent de la manière suivante


(tableau 4)

a. Dans les métapélites


- Zones I : zone à chlorite-biotite (chlorite abondante, biotite brune) présentant deux
paragenèses :
Paragenèse formée de quartz, Ca-plag, musc., chlo., sphène, ilm., graphite.,
Paragenèse formée de quartz, albite. Na-plagioclase., chlor., muscovite.,
biotite., sphène, ilménite.
- Zone II : à biotite-andalousite : caractérisée par la disparition de la chlor., par
l’abondance de la biotite et par l’apparition, dans la partie la plus chaude de cette
zone, de l’andalousite. La teneur en An. Des plagioclases varie entre 14 et 20%, la
muscovite représente jusqu’{ 25% de la composition modale. La roche est un
micaschiste.
Cette zone comprend trois pargenèses :
Pargenèse formée de quartz, Na-plag., musc., biot
Quartz, oligoclase, feldspaths potassiques, musc.., biot
Quartz, oligoe., F.K., musc, Biot., andalousite
- Zone III : zone à sillimanite, elle est caractérisée par l’apparition de la sillimanite et
du grenat du type almandin, puis disparition progressive de l’andalousite et de la
muscovite, les plagioclases Ont une teneur en An. Située entre 20 et 30%, la
muscovite représente 8% du volume total de la roche. Dans cette zone, la cordiérite
peut également se former par suite de la réaction :

Sillim. + Biot + Qz Cord. +F.K. +H2O

Winkler fait correspondre ces trois zones à des faciès métamorphiques. Ainsi

- La zone I correspond au greenschist faciès ;


- La zone II équivaut { l’épidote-amphibolite faciès ;
- Et la zone III correspond { l’amphibolite faciès.

b. Dans les métabasites

L’étude de ce type de roches dans la chaîne d’Abukuma a conduit à la mise en évidence


de 3 zones évolutives ;
[25]

- Zone 1, le greenschist faciès, caractérisée par les paragenèse chlorite, épidote,


actinote, biotite ;
- Zone 2, l’épidote-amphibolite faciès, caractérisée par l’apparition de l’amphibole
bleu-vert, Na-plagio., actin biot
- Zone 3, l’amphibolite faciès, caractérisée par la hornblende verte, clinopyroxène,
plagioclase (oligoclase, andésine ou labrador).

Il faut noter que la couleur de l’amphibole évolue avec l’augmentation de la température.

B. Métamorphisme MP-MT (type de Barrow)

Les métapélites font apparaitre 3 zones dont la minéralogie évolue avec la température :

- Zone à chlorite : caractérisée par la paragenèse quartz, chlorite, muscovite et albite.


L’albite se présente parfois en porphyroblaste ; la muscovite est de composition
phengitique, mais la paragonite (Na-muscovite peut apparaître sporadiquement. La
stilpnomémane est rare. La roche est généralement un phyllade.
- Zone à biotite : caractérisée par la paragenèse quartz, chlorite, muscovite, albite.
(parfois en petite quantité). Dans les roches à grande teneur en Al2O3 et FeO, il va
également apparaître le choritoïde. La roche est un micaschiste.
- Zone à grenat (almandin) : le grenat persiste également dans tous les autres faciès.
Le reste de la paragenèse comprend quartz, muscovite et biotite. Le chloritoïde
apparaît dans certaines roches, et c’est le minéral indicateur du métamorphisme de
type Barrow.

C. Métamorphisme HP-BT (type Sambagawa ou francisquin)

Il est connu grâce à deux coupes réalisées dans la chaîne de Sambagawa.

a. Coupe dans le Bessi-Ino

On y a décrit les différents faciès ci après :

- Faciès de schistes à glaucophane (schiste bleus)


 Dans les métapélites, on a : qaurtz, chlorite, muscovite, calcite, épidote, albite
 Dans les métabasites, on a : glaucophane, quartz, muscovite
- Faciès de schistes verts : chlorite, muscovite, calcite, épidote, albite, grenat, biotite
- Epidote-amphibolite faciès : disparition de la chlorite, la biotite devient abondante
- Faciès prehnite-pumpellyite : caractérisé par la paragenèse prehnite, pumpellyite,
épidote, albite, actinote quartz.
[26]

b. Une coupe dans une deuxième région

Elle a donné 6 zones (tableau 6)

- Zone 1
- Zone 2 Chlorite, muscovite, stilpnomélane, albite et quartz
- Zone 3

- Zone 4 : à lawsonite, jadéite


- Zone 5 : disparition de la lawsonite et de la jadéite
- Zone 6 : disparition de tous les minéraux des schistes bleus (HP)

En résumé, les minéraux qui permettent de caractériser le métamorphisme de HP-BT


sont la glaucophane, la pumpellyite, la jadéite et la lawsonite. Les deux premiers

Tableau 4 : faciès et paragenèse métamorphiques dans les terrains BP° HT°

Tableau 5 : faciès et paragenèses métamorphiques dans les terrains MP°-MT°


[27]

Tableau 6 : faciès et paragenèses métamorphiques dans les terrains HP°-BT°

minéraux apparaissent assez vite lorsque la température augmente, mais ils se


cantonnent généralement au niveau des roches basiques. Pour les roches acides, la
jadéite et la lawsonite sont les principaux marqueurs qui sont stables dans un domaine
très étroit.

2.2. Métamorphisme régional lié à l’enfouissement

Ce type de métamorphisme apparaît dans les zones à T° les plus basses du


métamorphisme régional associé { l’orogenèse. Toutefois, tous les terrains de
métamorphisme régional associés { l’orogenèse ne montrent pas nécessairement ce
type de métamorphisme dont le climat est celui de BP-BT. Il faut cependant que cette
basse température puisse atteindre la limite de recristallisation.

A. Dans les métabasites

Les minéraux caractéristiques sont la beulandite, la laumonite et pumpellyite surtout,


l’analcime et la prehnite. Deux faciès ont été définis dans ce type de métamorphisme
(tableau 5)

o Faciès { l’aumonite-quartz (aussi appelé faciès à zéolites) ;


o Faciès à prehnite-pumpellyite.

Le premier se caractérise par l’apparition de la laumonite (seul zéolite) et la disparition


de la heulandite et de l’association analcime + quartz.
[28]

B. Dans les métapélites

Lorsque les métapélites sont affectées par ce type de métamorphisme, on parle


plutôty de l’anchimétomorphisme qui correspond en fait { une zone de transition entre
la diagenèse et l’épizone (c'est-à-dire du début du greenschist faciès) qui se termine avec
la disparition de la chlorite. Le tableau repris ci-dessous donne la synthèse des faciès
métamorphiques associés au métamorphisme régional.

Type de Minéraux Minéraux communs Faciès


métamorphisme caractéristiques métamorphiques
BP-HT (Abukuma) Andalousite Cordiérite (staurotide) GSF EAF AF
Bio., sillim.,
HP-MT (Barrow) Disthène + absence de Choritoïde, biot., grenat GSF EAF AF GF
glaucophane, jadéite et almandin, stauroïde
de la lawsonite sillimanite
HP-BT (Sambagawa) Lawsonite, jadeite + Almandine, Laws. GSF
Qz (glaucophane) stipnomélane LGF GSF
PPF m
Enfouissement Laumontite Prehnite, pumpellyite Laum. F PPF
Chlorite GSF
Laum. F PPF
LGF (zéolite faciès)
Enfouissement Illite Anchizone GSF
AF.
GSF : greenschist faciès ; LGF : Lawsonite-glaucophane faciès; PPF: Prehnite-
Pumpellyite faciès, GF: Granbulite faciès, EAF: Epidote-amphibolite faciès, AF :
Amphibolite faciès.
[29]

Fig. 5 synthés des faciès métamorphiques


[30]
[31]
[32]
[33]

Chapitre IV : ETUDE DE PRINCIPAUX GROUPES DE ROCHES


METAMORPHIQUES (TERMINOLOGIE DESCRIPTIVE)

En pétrologie métamorphique, les roches les plus couramment rencontrées sont


celles qui vont être décrites dans les lignes, qui suivent :

1.1. Migmatites

Les migmatites sont des roches mixtes formées d’une partie granitique appelée
leucosome ou mobilisat et d’une partie métamorphique gneissique dite métamosome
ou restite. Le leucosome montre un passage graduel au gneiss encaissant et contient des
plis ptygmatitiques (plis en désordre) et un mobilisat dont la direction est parallèle à la
foliation générale des métasédiments. Le métanosome est riche en minéraux
ferromagnésiens et représente la partie n’ayant pas subit la fusion (raison pour laquelle
ont l’appelle restite). Les granites qui présentent les caractères structuraux décrits ci
haut sont appelés granites migmatiques ; lesquels constituent avec les métamorphites
(métasédiments encaissantes ce qu’on appelle « complexe migmatite » (fig.8). un
exemple de ces complexes est le complexe migmatitique de DDibaya au Kasaï-Occidental
en République Démocratique du Congo.. les parties non fondues (restites) restent
gneissiques et s’expliquent par un manque d’eau lors de l’anatexie.

1.2. Les anatexites

Les leucosomes des migmatites représentent le premier liquide qui se forme à


partir de la fusion partielle (anatexie) des gneiss dans des conditions de T° et P°
adéquate. Ce processus d’anatexie, lorsqu’il se prolonge aboutit { la formation d’un
granite d’anatexie (aussi appelé granite « S »). Il s’agit d’un phénomène bien connu sur
le plan expérimental ; car on a réussi à obtenir des liquides granitiques à partir des
roches sédimentaires. La composition du premier liquide obtenu est fonction de la
composition de la roche originelle et des conditions thermodynamiques de fusion.

IV. 2 Les granulites

2.1. Cractères

Ce sont des roches métamorphiques dont le degré de métamorphisme est plus


élevé que celui de l’amphibolite faciès. Elles se caractérisent par la présence de
l’orthopyroxène et clinopyroxène en lieu et place de l’amphibole, du disthène +
sillimanite + grenat en lieu et place des micas muscovite et biotite) ; le quartz y est
lamellaire. L’altérnance des bancs clairs (acides) et sombres (basiques) est typique de
ces roches mais non essentielle. La caractéristique principale de ces roches demeure la
présence de l’association des hypersthènes et des diopsides dans ces roches contenant
du pyrope-almandin et des feldspaths potassiques.
[34]
[35]

En fonction de la nature originelle de la roche, on distingue :

Des granulites claires qui sont généralement issues des gneiss où les micas se sont
résorbés. Si ces gneiss ne se sont pas transformés en granite, c’est que la quantité d’eau
( ) était insuffisante, comme l’arteste également la présence dans ces roches des
feldspaths potassiques perthiques qui sont indicateurs des conditions de fables
mais de température élevée. On a donc la paragenèse minérale suivante : disthène,
sillimanite, magnétite (ou hercynite), plagioclase (An 17-58), grenat (à faible teneur en
Mn), rutile, hyperst. (ou bronzite) ;
Des granulites sombres qui sont issues des roches basiques et contiennent la
paragenèse mùinérale suivante : Ca-plagio, opx, grenat (pauvre en Mn), cpx, scapolite,
hercynite, quartz, magnétite. Ce groupe comprend deux sous-faciès :
- Sous-faciès de granulite à hornblende contenant : hornblende brune et/ou biotite,
grenat, orthopyroxène et clinopyroxène ;
- Sous faciès de granulite { pyroxène caractérisé par l’absence des minéraux hydratés,
(amphibole, biotite) à la suite des réactions :
hyperst anorthite
Biot qz grenat hyperst FK

Remarques:

- Au sens strict, les granulites sont des roches toujours basiques et caractérisées par la
disparition sous haute T°, desphases amphibolitiques hydratées. Ce sont des roches
pyroxèniques à plagioclase, de sorte que leur faciès minéralogique est identique à
celui des gabbros (océaniques), sous basse P°, et à P° croissante le grenat y fait son
apparition
- A coté de ces granulite sensu stricto, il existe des granulites « acides » caractérisées
elles aussi par la disparition des phases hydratées (les micas) et l’apparition d’une
phase ferromagnésienne anhydre en lieu et place de la biotite : l’hypersthène.
L’association qz + hyperst + orthose est caractéristique des granulites « acides ».
- Certainnes granulites claires d’aspect granitique contiennent du quartz, feldspaths,
hypersthène, grenat et du rutile et sont appelées charnockites. Leur quartz a la
différence de celui des autres granulites, n’est pas lamellaire, mais plutôt
équigranulaire, exemple de charnockite en République Démocratique du Congo : le
complèxe charnockitique et enderbetitique du degré carré de Luiza au Kasaï-
Occidental.

2.2. Interprétations

Les granulites sont des roches métamorphiques formés à de très grandes


profondeurs c'est-à-dire à des P° très élevées, en absence d’eau et { des T° très fortes
attestées par la présence de la sillimanite, de la cordiérite avec disparition de la
muscovite et de la biotite dans les granulites claires, disparition progressive de la
hornblende dans les granulites sombre par suite des réactions mentionnés plus haut.
[36]

IV. Les éclogites

3.1. Caractères

A composition chimique de roches basaltiques ou gabbroïques, les éclogites sont des


roches exceptionnelles à la fois par leur composition minéralogique et leur mode de
gisement. Elles sont caractérisées par deux phases minérales essentielles : un Na-cpx
apparenté à l’omphacite + un grenat de composition variable à partir du pôle almandin.
A ces minéraux peuvent s’ajouter, selon les cas, du quartz, disthène, opx, olivine, rutile
et parfois du corindon et du diamant. Le plagio est toujours notoirement absent (car on
est hors des limites de stabilité de ce minéral).

Les conditions de gisement sont tout aussi particulières. En effet, contrairement aux
autres roches vue ci-haut, les éclogites n’ont jamais fait l’objet d’une cartographie
cohérente, elles constituent toujours des affleurements discontinus : des lits, lentilles,
voire des blocs (xénolithes) mêlés { d’autres types de roches. Ce qui dans un premier
temps, fait penser à leur mise en place tectonique, mais il n’en est rien.

Du fait de leur extrême diversité pétrographique, il existe un éventail très large des
températures « écologiquement ». On rencontre en effet des lits ou lentilles d’éclogites
associées soit à des schistes bleus. Soit à des amphibolites, soit encore à des granulites et
enfin sous forme de xénolites dans des basaltes ou kimberlites (origine mantellique).
C’est dans ce dernier contexte que l’on trouve du diamant.

Des analyses plus fines portant sur les variations de composition chimique des grenats
provenant de différents domaines d’affleurement des éclogites laissent penser à un
éventail de température de formation sous des pression toujours élevées et permet de
classer les éclogites en trois groupes : A.B.C.

- Les éclogites du type A sont d’origine mantellique : celle qui peuvent contenir du
diamant
- Le type B provient de la base de la croûte continentale ;
- Le type C provient des zones à gradient géothermique anormalement faible dans le
même contexte HP-BT que les éclogites de type A à celles de type C, la teneur en Mg
des grenats (pyrope) va sans cesse décroissante.

3.2. Interprétations

Les données expérimentales ont montrées qu’on peut obtenir des éclogites { partir des
basaltes :

- Pour une P° de 16 KKbars, il faut 800°C ;


- Pour une P° de 17 Kbars, il faut 1000°C.

Ces données expérimentales confortent les données de tzerrain qui ont montré les
possibilités de passer des faciès amphibolites aux faciès éclogitiques en passant par des
[37]

faciès intermédiaires dits faciès amphibolite-éclogites. Toutes ces données suggèrent


que les éclogites peuvent provenir de la transformation des basaltes (gabbros) ; mais ces
basaltes (gabbros) sont passés par un stade amphibolitique, puis en raison de
l’augmentation de T° et P° ils ont été transformés en éclogites. Ces conditions
thermodynamiques sont réalisables dans les zones de subduction.

IV. 4. Les phyllades

Ces sont des roches très finement grenues et à schistosité très fine constituées
essentiellement de séricite. Elles sont généralement, du point de vue de la
granulométrie, plus phyllosilicates (minéraux sillicatés en feuillets : séricite, chlorite)
est très variable :

- Si les phyllosilicates sont , la roche s’appellera « Phyllade »


- Si la quantité des phyllosilicates est à la quantité du qaurtz, la roche sera dite
« quartzophyllade ».

En plus de minéraux cités, la roche contient biotite et albite. Dans ce type de roches,
on a l’habitude de mettre en exergue certains minéraux pour signaler leur présence.
Ainsi, l’on parlera des phyllades { chloritoïde, { phlogopite, etc…

IV.5. Les schistes

Ce sont des roches moyennement à grossièrement grenues ou granoblastiques et qui,


sur le plan textural, sont caractérisées par un parallélisme excellent au niveau des
éléments planaires ou linéaires ; lesquels définissant la schistosité. Ainsi donc est
qualifiée de « schiste », toute roche présentant une schistosité, et ce terme est en plus
réservé à des roches qui, contrairement aux phyllades, permettent l’identification { l’œil
nu, des minéraux. Dans ces roches :

- Si les micas représentent plus de 50% du volume total de la roche, on parle alors de
« micaschiste »;
- Si le talc représente plus de 50% du volume total de la roche, est dite taleschiste ;
- Si la chlorite représente plus de 50% du volume total de la roche, on parle de
chloritoschiste ;
- Si l’amphibole représente plus de 50% du volume total de la roche, celle-ci est dite
amphiboloschiste ;
- Si l’on a plusieurs minéraux : micas (biotite, muscovite), chlorite, amphibole, on
considère celui qui prédomine, et on le cite avant. Exemple : micaschiste ;
- Si la proportion du quartz est à celle des minéraux phylliteux, on ajoute le préfixe
« quartz ». exemple quartzomicaschiste.

Il est important de noter que généralement, on considère qu’une roche est un


micaschiste, lorsque la proportion des feldspaths est 20%. Si cette proportion est
, la roche est dite gneiss. Néamoins, cette coupure n’est plus d’usage, on recourt
[38]

plutôt au type de cassure et à la granulométrie pour discriminer les gneiss des


micaschistes. Ainsi :

- La roche sera appelée gneiss : si la cassure ne suit pas un plan de débit et est
irrégulière, la granulométrie plus accentuée, présence de la foliation ;
- Tandis qu’elle sera dite micaschiste : si la cassure suit un plan de débit (à cause de la
présence de la schistosité).

Les gneiss présente une granulométrie moyenne à grossière, et une fabrique ou


texture gneissique caractérisée par des plans de foliation contrôlés par les samphiboles
et/ou micas, et souvent elles se cassent en blocs anguleux au coup de marteau et
exceptionnellement sous forme des plaques d’épaisseur importante. Ces roches sont
marquées par une altérnance de lits de minéraux blancs (qz, feldspaths,..) avec des lits
de minéraux colorés (amphibole, biotite,..). Elles sont moins tendres et plus denses que
les micaschistes.

Les micaschistes sont classiquement paradérivés, le matériel sédimentaire de


départ étant une pélite argilo-quartzeuse ferrifère. Avec les fluctuations de ces
paramètres chimiques internes et celles des conditions de P° et T° extérieures lui
appliquées lors de sa transformation, d’autres phases que les micas et le quartz peuvent
compléter la minéralogie des chloritoschistes et des micaschistes. Il s’agit souvent du
chloritoïde, grenat (riche en almandin), les silicates d’alumine purs (andalousite,
disthène, sillimanite), la cordièrite, la staurotide et, dans certaines conditions de P° et T°
particulières, la carpholite (équivalent de basse T° et haute P) du chloritoïde).

IV.6. Amphibolites

Ce sont des roches métamorphiques à plagioclase calco-sodique dont la


minéralogie est dominée par une amphibole verte alumineuse, la hornblende. Le plagio
peut être en quantité subordonnée, voire absent. L’association hornblende plagio est
caractéristique de ces roches pouvant également contenir des pyroxènes et sous des P°
suffisantes, du grenat. Ces roches proviennent généralement de la transformation par
métamorphisme des roches basiques d’origine magmatique (basaltes, gabbros,..) et
d’origine sédimentaire (ex marne).

IV.7. Marbres

Ce sont des roches métamorphisques carbonatées, à granulométrie fine à moyenne


ou grossière, et qui proviennent de la recristallisation de la calcite et/ou dolomite. Bref,
ce sont des roches métamorphiques dérivant des sédiments à dominance carbonée.
Ainsi :

- Les anciens calcaires purs donnent des marbres blancs faits de calcite ;
- Les anciens calcaires magnésiens donnent des marbres dolomitiques (calcite +
dolomite) ;
[39]

- Les anciens calcaires silicieux, à quartz détritique donnent des marbres dits « à
minéraux » c'est-à-dire, silicates calciques et/ou magnésiens : zoïsite, grossulaire,
wallostonite, diopside, forstérite, talc, trémolite, hornblende ;
- Les anciens calcaires argileux donnent des marbres avec minéraux alumineux tels
que le spinelle et la phlogopite.

Les marbres silicatés sont très beaux du point de vue minéralogique et structural.
En effet, très aptes au fluage plastique lors du métamorphisme de haute T°, ils
acquièrent des structures plissées très contournées : ce sont les cipolins.

IV.8. Quartzites

Ce sont des roches composées de plus de 80% de quartz. Les cristaux de quartz
sont généralement bien recristallisés. Il est { noter qu’il existe des quartzites
sédimentaires qu’il ne faut pas confondre avec les quartzites métamorphiques. Sur le
terrain, les quartzites sédimentaires seront évidemment toujours associés à d’autres
roches sédimentaires, et les quartzites métamorphiques { d’autres roches
métamorphiques.

Au microscope, les lames mince des quartzites métamorphiques présentent du


quartz bien limpide, et les interstices (espaces entre les différents cristaux de quartz)
sont comblés par du quartz de recristallisation ; de sorte que les grains sont bien jointifs.
Les quartzites métamorphiques sont le résultat de la transformation métamorphique
de :

- Grès relativement purs : dans ce cas, on aboutit à des bancs de quartzites souvent
boudinés ;
- Sédiments à radiolarites : dans ce cas, on obtient des quartzites finement rubanés
souvent associés aux marbres.

IV.9. Prasinites

Ce sont des roches métamorphiques à aspect de schistes verts constellés de petits


cristaux d’albite. Ces roches présentent en association l’albite, La chlorite, l’actinote et
l’épidote ; ces trois dernières phases minérales conférant à ces roches leur couleur verte.
Les prasinites correspondent donc à des schistes verts basiques.

IV.10. Glaucophanites

Au sens strict, les glaucophanites sont des métabasalte minéralogiquement reconstruits


sur base de 2 phases minérales essentielles : une amphibole-le glaucophane, et un
silicate d’alumine calcique hydraté, la lawsonite, mais l’albite n’y est pas rare. Le
glaucophane est une amphibole sodique de couleur bleue. Cette teinte, très prononcée
en lame mince pour les glaucophane sensu stricto, est au contraire très visible sur les
affleurements naturels si le métabasalte est schisteux (ce qui n’est pas nécessairement le
[40]

cas) la roche est alors dite schiste bleu. La lawsonite est simplement le produit de
l’hydratation, sous basse T°, de la molécule d’anorthite des plagio, magmatiques
primaires (anorthite + H2O lawsonite).

Par extension, il est courant sur le terrain tout au moins de parler de glaucophanite en
lieu et place des schistes bleus, car en réalité, l’ampgibole sodique des glaucophanites
diffère souvent du pôle glaucophane au sens strict (Na2 Mg3Al2 par des
substitutions du Mg2 par du Fe2 et/ou de Al3 par du Fe3 . on a alors affaire à des
+ + + +

crossites dont la teinte bleu en lames minces est d’autant plus violente que la teneur en
Fe augmente. Correspondent au faciès à lawsonite-glaucophane de Winker (1967).
Mais on préfère aujourd’hui parler des schistes bleus à lawsonite.

IV.11. Gneiss

Ce sont des roches métamorphiques dont la minéralogie est dominée par le quartz
et feldspaths, éventuellement accompagnée, comme pour les micashistes, d’autres
phases minérales dépendant du chimisme initial et des conditions de P° et T° lors des
transformations. Les micas sont courants, mais en proportions plus faibles que dans
lesmicaschiste. En plus, les gneiss sont plus leucocrates que les micaschistes. La teneur
importante en feldspaths (plagio et /ou orthose) peut être soit héritée de la roche
initiale, soit acquise au cours du métamorphisme.

Ainsi, un granite banal peut, au cours du métamorphisme, donner d’emblée


naissance à un orthogneiss dont tous les feldspaths seront hérités du granite. Tandis
qu’un sédiment arkosique issu du démantèlement rapide du même granite donnera un
paragneiss métarkosique (pour les mêmes raisons) et il ne sera pas facile de
discriminer un paragneiss métarkosique de l’orthogneiss granitique. Par contre, à des T°
suffisamment élevées, les micas (potassiques) des micaschistes se déstabilisent. Leur
disparition à T° croissante donnera naissance à des phases anhydres dont l’orthose. Ces
paragneiss-là, riches en orthose (au regard du plagio), représenteront des termes plus
métamorphiques que les micaschistes initiaux. Parmi les variétés d’orthogneiss. Les
gneiss oeillés sont les plus spectaculaires. Il s’agit d’anciennes roches granitiques
porphyroïdes dans lesquelles après étirement synmétamorphique, les phénocristaux
d’orthose fracturé dessinent des amygdales en forme d’œil. Ces yeux peuvent être de
dimension centimétrique à pluri-centimétrique.

IV.12. Porphyroïdes

Ce sont des roches gneissiques de par leur minéralogie pouvant être tenues pour des
gneiss microoeillés issus de la transformation minéralogique et structurale des
rhyolites porphyriques. Dans un fond finement recristallisé et étiré baignent de petits
yeux de quartz et feldspaths idiomorphes, héritages magmatiques.
[41]

IV.13. Leptynites

Ce sont des gneiss leucocrates à grain fin, très pauvres en minéraux


ferromagnésiens hydratés (biotite, amphibole), dans lesquelles le grenat n’est pas rare.
Certaines leptynites sont manifestement d’anciennes roches volcaniques acides (des
reliques de texture volcanique peuvent être conservées) ; elles se rattachent dans ce cas
à la famille des porphyroïdes.

IV.14. Calcshistes

Ce sont des roches métamorphiques dérivant des pélites carbonatées. En plus des
minéraux spécifiques des chloritoschistes et des micaschistes s’ajoutent la calcite en
quantité notable, dans les roches à foliation généralement bien exprimée.

Nb : les différentes roches métamorphiques de la série argileuses sont : argile, phyllade,


schiste sériciteux, séricitoschiste et chloritoschiste, Micaschiste à 2 micas, gneiss à
2 micas, gneiss à biotite, leptynite à cordiérite ou à grenat.

Roches sédimentaires Roches ignées


Série argileuse Série Série Série calcaro- Série Série Gabbro-
ou pélitique silicieuse ou carbonatée pélitique granitique dioritique
arénacée
Argile Grès Calcaires et Marnes Granites Gabbros
dolomies
Phyllades Quartzites et Marbres et Protogine
quartzites cipolins
micacés
Schistes Leptynites Serpentinites Micaschistes Orthogneiss et Formation de
sériciteux (pour les (en présence calcifères ortholeptynites zeïsite,
arkoses) de Mg) épidote,
albite,
amiante,
ouralite
(prasinites)
Séritoschistes Prasinites
et
chloritoshistes

Micaschistes à Amphibolites
2 micas Pyroxénites
(ortho)
Gneiss à 2 Amphibolites
micas et
Geneiss à pyroxénites Eclogites
biotite (para)

Leptynites à
cordiérite ou à
grenat
Tableau 4 : nature des roches métamorphiques dans les diverses séries en fonction de l’intensité du
métamorphisme.
[42]

Chapitre V : ADAPTATION MINERALOGIQUE

V.1. Généralités

Toute roche, ont le sait, est un mélange hétérogène de phases (ensembles des
objets homogènes qui, dans la roche, présentent les même proprietés physiques,
notamment optiques) ; d’où la notion de phase cristalline. Dans une roche
métamorphisme, les phases sont cristallines ; les phases amorphes (comme le verre
volcanique par exemple) du stade initial ayant recristallisé. La phase fluide libre du
stade initial n’est préservée que sous la forme d’inclusions fluides dans les cristaux.
Ainsi, au cours du métamorphisme prograde, pour partir d’une paragenèse stable { une
autre, les modifications constatées peuvent être de plusieurs natures :

(i) Le remplacement d’une phase par une autre de même composition chimique

Dans ce cas, on parle de transition polymorphisque (même composition chimique


mais forme cristalline différente).

Exemples :

- CaCO3 (calcite rhomboédrique) aragonite (orthorhombique) ;


- SiO2 (quartz) coesite (silice de HP)
- Al2SiO5 (andalousite) disthène

(ii) Le remplacement d’une phase par 2 ou plusieurs phases à chimisme global


équivalent

Exemples : - albite jadéite + quartz

NaAlSi3O8 NaAlSi2O6 + SiO2

(BP) (HP)

- Hornblende orthopyr + plagio + eau


Ca2Mg4Al2Si7O11 3MgSiO3 + CaMgSi2O6 + CaAl2Si2O8 + H2O
(BT) (HT)
(amphibolite faciès) (granulite faciès)

Ce type de transformation minéralogique peut impliquer la phase fluide, notamment


H2O :

Plagio + eau lawsonite + albite

xNaAlSi3O8 – yCaAl2Si2O8) + 2y H2O y CaAl3Si2O7 (OH)2. H2O + xNaAlSi3O8

mais la phase fluide peut aussi être mixte ! H2O + CO2 par exemple :

Diopside + H2O + CO2 trémolite + calcite + quartz


[43]

5CaMgSi2O6 + H2O + 3 CO2 Ca2Mg5Si8O22(OH)2 + 3CaCO3 + 2SiO2

(iii) Deux ou plusieurs phases peuvent devenir mutuellement incompatibles

Elles entrent alors en réaction et les produits réactionnels constituent un assemblage


minéral exclusif du précédent.

Exemples : - A T° croissante, la muscovite devient instable en présence de quartz et


disparaît des assemblages au profit de la paire orthose + sillimanite.

Muscovit + quartz orthose + sillimanite + eau

KAl3Si3O10(OH)2 + SiO2 KAlSi3O8 + Al2SIO5 + H2O

-A T° encore plus élevé, c’est la biotite qui devient instable en p^résence de quartz au
profit de la paire orthose + sthène :

Biotite + quartz orthose + orthopyr (hypersthenes) + eau

K (Fe, Mg)3AlSi3O10(OH)2 + 3SiO2 KAlSi2O8 + 3(Fe, Mg)SiO3 + H2O

(iv) Les assemblages minéraux en équilibre peuvent demeurer inchangés, mais la


composition chimique des phases en présence peut se modifier au gré du glissement
des conditions extérieures de P° et T°

En d’autres termes, cela veut dire qu’en lames minces, on va trouver les mêmes phases
en équilibre d’un point de vue descriptif, il s’agit toujours de la même paragenèse, mais
les analyses himiques de ces phases revèlent que leur composition « glisse ».

Exemples : - Distribution du Fe et Mg entre les phases ferromagnésiennes

Soit un micaschiste à muscovite + biotite + grenat sur le terrain, cette


association demeure stable sur de grandes épaisseurs de séries
métamorphiques. Mais avec les variations continues de T°, le grenat et la
biotite échangent Fe et Mg par interdiffusion :

Fe-Grenat + Mg-Biotite Mg-Grenat + Fe-Biotite

Ce qui veut dire que progressivement, le grenat devient de plus en plus


magnésien et la biotite de plus en plus ferrifère.

- la partage du calcium entre grenat et plagioclase. On sait que les grenats


comprennent une suite isomorphe alumineuse (pyralspites : almandin, pyrope,
sperssatine) et une suite isomorphe calcique (ourgandites : grossulaire, andradite,
ouvarovite). Les plagioclase coexistant avec des pyralspites sont calciques par leur
molécule d’anorthite (CaAl2Si2O8). Ainsi, l’équilibre des potentiels chimiques du
Ca2+ entre le grenat et le plagio, entraîne un partage du calcium entre les plagio et
les grenats.. il s’avère que le coefficient de partage du calcium est surtout fonction de
P° (il sert donc de géobaromètre, lorsque l’on sait estimer la T° : par exemple le
[44]

couple grenat/biotite). Tout se passe comme si au grès des fluctuations des


conditions de P° et T°, l’anorthite du plagio se déstabilisait :

Anorthite grossulaire + silicate d’alumine + quartz


3CaAl2Si2O8 CCa3Al2SiO12 + 2AlSiO5 + SiO2
(sillimanite ou disthène)

La molécule de grossulaire ainsi produite entre en solution solide avec le grenat


almandin présent dans la roche. Dans un sens évolutif inter verse, les choses se passent
comme si la molécule de grossulaire en solution solide partielle dans le grenat entrait en
réaction avec le silicate d’alumine (sillimanite ou disthène) et le quartz présents dans le
gneiss pour restituer de l’anorthite au plagioclase avoisinant.

V.2. Evolution minéralogique au cours du métamorphisme dans la série


pélitique

2.1. La pyrophylite

Au cours du métamorphisme, la première réaction est celle de la disparition des


minéraux argileux des faibles T° du métamorphisme régional. On peut notamment
signaler l’apparition de la pyrophyllite au dépens de la kaolinite :

Kaolinite + 2 quartz pyrophyllite + eau

(Al2Si4O10) (H2O)

2.2. La jadéite

La jadéite (NaAlSiO2O6) est clinopyroxène indicateur du climat métamorphique HP-BT. Il


se forme suivant les réactions :

-Albite jadéite + quartz

-analcine jadéite + H2O (réaction de très haute P°)

2.3. La lawsonite : (Ca Al2

C’est un mineral confirné dans le lawsonite-glaucophane faciès de HP-BT et constitue le


mineral caractéristique de ce faciès. Il se forme soit à partir de plagio, soit à partir de la
heulandite sous des P° élevées, soit encore à partir de la calcite en présence de la
kaolinite..

Pagio + eau lawsonite + albite

Heulandite lawsonite + quartz + 4H2O

Calcite + kaolinite lawsonite + CO2


[45]

2.4. La chlorite : (Mg, Fe2+)4-5 Al3Si2-5O10(OH)8

Ce minéral a deux pôles :

- le pôle magnésien appelé antigorite : Mg6Si4O10(OH)8


- le pôle alumineux dit amésite : Mg4Al4SiO10(OH)8

généralement, le rapport Fe2+/(Mg + Fe2+) des chlorites décroît avec l’augmentation de


la T°. dans les métapélites, ce rapport varie entre 0,2 et 0,8. La chlorite est stable jusqu’{
la température de 650°C et se déstabilise suivant les réactions ci après :

- chlorite + quartz Cordiérite + talc (métamorphisme BP-HT ; et métam. De


contact)
- chlorite + quartz disthène + talc (métam. MP-MT, et à la limite HP-BT)

2.5. La muscovite (s.s) : KAl3Si3O10(OH)2

La muscovite est une solution solide entre un pôle magnésien et ferrifère dit céladonite
(ou phengite) et un pôle alumineux dit muscovite sensus stricto. L’évolution de ces
minéraux phylliteux se fait de la manière suivante, à température croissante :

Illite séricite muscovite biotite

La muscovite est présente depuis le zéolite faciès jusque dans l’amphibolite faciès, mais
elle est représentée par la séricite dans les zones métamorphique moins chaudes. Dans
le GSF et EAF, la muscovite est de type phengite, tandisque dans l’AF et même dans le
faciès à glaucophane, la muscovite est de type muscovite s.s. ainsi donc, la phengite est
typique de métamorphisme de bas degrè avec l’accroissement de la T°, elle se déstabilise
pour donner la muscovite s.s + la biotite + feldspaths potassiques + quartz :

Phengite muscovite. S.s + biotite + FK + quartz

Généralement, au-del{ de l’AF, la muscovite s.s, en présence du quartz disparaît en


faveur des feldspaths potassiques et de la sillimanite suivant la réaction ci-après :

Muscovite s.s + quartz F.K + sillilmanite

2.6. Le chloritoïde : (Fe2+, Mg. Mn)Al2SiO5(OH)2

Ce minéral apparaî dans le pélites hyper alumineuses depuis la zone { chlorite jusqu’{ la
partie inférieure de la zone à staurotide du métamorphisme BP-HT(Abukuma). Il se
forme par les réactions :

- 5 kaolinite + chlorite 7 chloritoïde + 7 quartz + 2H2O


- 5 pyrophyllite + chlorite 7 chloritoïde + 7 quartz + 2H2O
[46]

Avec l’acroissement de la T°, le chloritoïde se déstabilise pour former la staurotides


(dans le cas de métamorphisme de contact ou métamorphisme MP-MT ou encore dans le
cas de métamorphisme HP-BT) ou la cordièrite (dans le cas du métamorphisme BP-HT).

2.7. La biotite : K(Fe, Mg)3AlSi3O10(OH)2

La biotite correspond à une muscovite enrichie en alumine. Dans :les terrains de BP,
l’isograde de la biotite au niveau des métapélites apparaît avec le début du GSF, alors
que dans les terrains barroviens, il apparaît un peu plus tard après l’isograde de chlorite
et avant l’isogrande de grenat. Avec l’accroissement de la T°, il se produit une diminution
de la valeur du rapport Fe2+/(Mg + Fe2+) et un accroissement de la teneur en Ti de la
biotite depuis le brun verdâtre dans le GSF jusqu’au brun rouge dans l’AF, en raison de
l’entrée de plus en plus abondante du Ti dans le site de la biotite. Au cours du
métamorphisme, ce minéral, ce minéral peut se former par les réactions suivantes :

- Phengite + chlorite muscovite s.s + biotite + quartz + H2O


- Microcline + chlorite biotite + muscovite s.s + quartz + H2O
- 6 muscovites. s.s. + Mg-Chlorite 6 biotite + 3 Al-Chlorite + 14 quartz + 8H2O

2.8. Les plagioclases

Il est établi que la teneur en anorthite des plagio croît avec la température. Ainsi donc,
au niveau des roches métamorphiques, si la T¨décroît, on aura de l’albite, et si la T° croît,
on a accroissement de la teneur en anorthite des plagioclases. Dans le PPF et GSF, on
aura des plagio de type albite, et cela, indépendamment de la teneur en H2O de la roche.
Dans l’AF, le plagio est stable et sa teneur en anorthite va varier de l’albite jusqu’{ des
Ca-plagioclases en fonction de la teneur en CaO de la roche. La plagioclase peut
apparaître suivant la réaction ci-après :

Alb. + calcite + qz + musc Ca-Plagio + biotite + CO2 + H2O

2.9. Les grenats pyralspites

Rappelons que les deux grands groupes de grenats sont :

Le grenats pyralspites :
- Pyrope : Mg3Al2Si3O12
- Almandin : Fe3Al2SiO12
- Sperssatine : Mn3Al2Si3O12
Les grenats ourgandites :
- Grossulaire : Ca3Al2Si3O12
- Andradite : CaFe2Si3O12
- Ouvarovite : CaCr2Si3O12
[47]

Le grenat de type pyrope est fréquent dans les métapélites de climat métamorphique
HP-BT et très rare dans celui de type Abukuma et dans le métamorphisme de contact. Le
pyrope est stable dans le Granulite faciès et le faciès éclogite. Dans un grenat, les teneurs
de Fe et MgO croissant, tandis que celles de MnO et CaO décroissent avec l’augmentation
de la température. Dans le GSF, le grenat se forme suivant la réaction :

2chlorites + qz 3grenats + 8H2O

Dans l’AF, il se forme suivant les réactions :

- Musc. + biot. + 3qz almandin + FK + 2H2O


- Chlorite + musc. + qz almandin + biot. + Al2SiO5 + H2O.

2.10. La staurotide

C’est un mineral assez courant dans les métapélites. Elle apparapît dans lesterrains de
HP ou même de BP voire dans le métamorphisme de contact. L’isograde de la staurotide
se situe entre 500 et 700°C, au-delà de 700°C, elle réagit avec le quartz. Sa formation au
cours du métamorphisme est régie par les les réactions suivantes :

- 3l chloritoIde + 5 musc. + qz 8 staurotide + 5biot. + 27H2O


- 31 chloritoïde + 5 musc. 26 staurotides + 55 biot. + 20 qz + 173 H2O

2.11. L’andalousite-Disthène-Sillimanite (Al2SiO5)

Ces trois minéraux ont des formules chimiques identiques, et ils sont tous trois des
silicates d’alumine. Seuls les paramètres P° et T° les différencient. En effet :

- Si la T° est élevée, on a apparition de la sillimanite


- Si la P° est élevée, on a formation du disthène
- Si la T° est relativement élevé et la P° relativement basse, on a formation de
l’andalousite. (HT-BP) andalousite

Ils sont de très bons indicateurs de T° et de P° . Leur point triple se situe aux alentours
de 600 50°C et 6 Kbars (Cfr. Fig……..).
P° (Kbars)
Disthène

6 sillimanite

Andalousite


600°C
[48]

Ils se forment par déstablisation de la pyrophyllite avec l’accroissement de la T°

Pyrophyllite Al2SiO4 + 3qz + H2O

(disth. Ou andal).

La sillimanite se forme parfois au dépens de l’andalousite ou du disthène ; mais elle peut


auusi se former par la déstabilisation de la muscovite avec l’accroissement de la T°. la
sillimanite marque donc le climat de HT° (exemple l’amphibolite faciès).

2.12. La cordiérite : (Mg, Fe)2 Al4Si5O12

Ce minéral est relativement abondant dans le climat BP-HT où il sert d’ailleurs de


minéral index, et dans le métamorphisme de contact. La cordiérite se forme par les
réactions :

- ( chlorite + musc. + qz cordiérite + biot. + H2O


- Cordiérite + biot1. almandin + biot.2 + Al2SiO5 +qz

Dans les métapélites, l’association cordiérite + andalousite + sillimanite est fréquente.

2 .13. Les orthopyroxènes

Ce sont des minéraux spécifiques au granulite faciès (HT). Ils se forment par la réaction
ci-après :

Biot. + qz opx + FK + grenat pyralspite + H2O

2.14. Les métiers organiques

Dans les métapélites, la matière organique est en réalité une matière charboneuse et la
structure du graphite n’apparaît qu’{ partir de l’épidote-amphibolite faciès (rarement)
mais très souvent seulement dans l’amphibolite faciès.

V.3. Evolution minéralogique au cours du métamorphisme des séquences


basiques

3.1. La glaucophane : Na2Mg3AlSi8O22(OH)2

C’est un mineral qui se forme exclusivement à HP-BT : il coexiste généralement avec la


barroïsite très rarement avec l’actinote et avec la hornblende. Elle peut se former {
partir de l’albite en présence de l’antigorite suivant la réaction :

4alb. + antigorite 2 glaucophane + 2H2O


[49]

3.2. L’épidote : HCa2(Al, Fe3+)3SiO13

Rappelons que les principales épidotes sont la zoïsite, la piedmontite, clinozoïsite et la


pistachite. Les épidotes sont très répandues dans les terrains de BT, mais ils
apparaissent également dans les autres métamorphismes. Elle ses forment par les
réactions ci-après :

- 24 lawsonite + 5 chlorite 1 12 clinozoïsite + 6 chlorite 2 + 14 qz + 38 H2O


- 2 piedmonite + 3 grossulaire 2 clinozoïsite + 3 andradite.

3.3. Biotite + muscovite

Dans le climat métamorphique HP-BT, la muscovite est stable dans la lawsonite-


glaucophane faciès, GSF et EAF. Dans les climats MP-MT et BP-HT, la muscovite apparaît
dans le GSF et disparaît dans l’EAF suivant la réaction :

Musc + Ca-amphib biot. + Anorth + qz + H2O

La muscovite montre une évolution de composition depuis le pôle phengite dans le


climat BT et s’enrichit en AL2O3, TiO2 et Na2O avec l’élévation de la T° pour sa part, la
biotite est stable depuis la partie inférieure du GSF jusqu’au début du granulite faciès.
Elle montre une évolution de couleur depuis le brun vert (dans le GSF), brun ou brun
rougeâtre ou rouge vif à la fin de AF et GF.

3.4. Grenat almandin

Il apparaît dans les métabasites de métamorphisme de type Barrow et Sambagawa, et il


est ici plus calcique que le grenat des métapélites. Les études pétrologiques ont montré
que les métabasites à grenat sont caractérisées par des valeurs relativement plus
élevéses de MnO et du rapport FeO/MgO, mais des valeurs faibles en CaO que celles qui
n’en contiennent pas.

3.5. Les amphiboles calciques

Rappelons que ces mineraux sont repartis en deux groupes :

- Groupe d’actinote : actinote ferroactinote trémolite et ferrotrémolite ;


- Groupe de la hornblende : regroupant toutes les autres amphiboles calciques.

L’actinote est une amphibole de BT mais n’apparaît que rarement dans le faciès {
zéolites elle est stable dans le GSF et dans le faciès des schistes bleus. Elles se forment
par la réaction.

5 Mg-chr. + 6 calcite + 24 qz actinote + 6 CO2 + 7H2O.

Dans le début de l’EAF, l’actinote est remplacée par la hornblende dont la couleur va
évoluer avec la T° :
[50]

- T° faible : couleur bleu vert


- T° relativement élevée : couleur verte ;
- T° très élevée : couleur brune.

Cette évolution de la couleur de la hornblende est liée à celle de la composition


chimique. En effet, la couleur bleu-vert indique que la hornblende est riche en H2O et
que la valeur du rapport Fe3+ /Fe2+ tout comme celle du TiO2 sont relativement élevées.
Cette hornblende bleu-vert évolue vers une hornblende brune avec inversion de la
valeur des différents éléments mentionnées ci-haut.

3.6. Les amphiboles sub-calciques

Il s’agit fréquemment de la barroïsite (même composition chimique que la hornblende,


mais elle est relativement moins calcique et plus sodique que celle-ci). La barroïsite
ressemble à la glaucophane et parfois à la riébeckite et est stable dans le climat
métamorphique HP-BT (faciès schiste bleu et éclogite). Il existe généralement une
transformation continue depuis l’actinote { la hornblende en passant par la barroïsite
mais l’actinote et la barraïsite ne coexistent jamais.

3.7. Les amphiboles de la famille des Cummingtonite, anthophyllite et


Gehdrite : (Mg, Fe, Al)7(Si, Al)8O22(OH)2

Ces minéraux ont la formule générale donnée ci haut et différent les uns des autres par
les faits suivants :

- Cummingtonite : Al2O3 bas et mgv (mgv = Mg/Mg + Fe) = 0,3 à 1,0


- Anthrophyllite : Al2O3 bas et mgv = 0-0,5
- Gehdrite : Al2O3 bas et mgv = 0,4-1,0.

3.8. Le clinopyroxène calcique

Dans les métabasites, le diopside ou les salites commencent à apparaître au milieu ou à


la partie supérieure de l’AF. Cette apparition dépendra du chimisme de la roche. En effet
dans les métasédiments calciques, le diopside apparaît au début de l’AF selon la
formule :
Trémolite + calcite + qz diopside
Dans les métasédiments de l’AF, le cpx est généralement le salite alors que dans le GF,
on peut avoir de l’augite. Ainsi, la teneur en CaO du cpx tend à décroître lorsque la T°
augmente. En ce qui concerne, les orthopyroxènes il faut dire qu’ils se forment
généralement à des T° { celles de la formation des cpx. L’isograde des opx + cpx
marque le début du GF. Et cet opx ss forme par les réactions :
- Hornblende + qz opx + Anorth. + H2O
- Hornblende + 3qz opx + cpx + plagio. + H2O

- Remarque : la coexistence du couple opx + cpx au niveau des roches métamorphiques est
généralement indicatrice du granulite faciès.
[51]

Chapitre VI. LA TECTONIQUE DES PLAQUES ET LE METAMORPHISME

VI.1. Généralités

Le métamorphisme est un recyclage de roches, quelles qu’elles soient. Lorsque après


controverse, cette notion s’est imposée, l’autre point de supputations est demeuré les
sites de réalisation du métamorphique, excepté le métamorphique de contact. Il
n’existait pas en effet un modèle cohérent de la dynamique du globe terrestre. Dès les
années 60 avec le « modèle de la tectonique des plaques », est née une vision cohérente
sur l’origine et les sites des terrains métamorphiques : les frontières de mobilité
interplaques ou interplaques. Pour rappel ces zones de mobilité sont :

(i) les zones de convergence des plaques, associées à une subductioon de matériel
océanique. On y voit le contexte de réalisation des métamorphiques de type HP-BT. Au
dessus de la zone de subduction des phénomènes magmatiques matérialisés par un arc
volcanique (volcanisme des arcs insulaires) furent tenus pour contemporains des
métamorphismes HT-BP. (Abukuma). Subdduction et magmatisme étant spatialement
associés ? Miyashiro supposa que les ceintures métamorphiques HP-BT et les ceintures
HT-BP étaient associées par paires : d’où la notion dite « des ceintures
métamorphiques doubles ».

(ii) les zones de divergence et de création des plaques, au droit des rifts intra-
océaniques. Les forages et dragages de roches de ces contextes conduiront à la notion de
métamorphisme de plancher océanique.

(iii) les failles transformantes de différents types dans leurs tronçons actifs. Un grand
accident crustal du type faille nord-pyrenéen est responsable du métamorphisme
nord-pyrénéen qui jalonne ce grand accident tectonique.

(iv) les grands décrochements continentaux du type de ceux qui déchirent le continent
asiatique { l’avant de la collision indo-tibétaine, le long du gigantesque décrochement du
fleuve Rouge, un métamorphisme de HT s’est installé.

(v) les zones d’obduction de croûte océanique sur une plate-forme continentale (cas de
la nappe d’Oman) où l’on signale un métamorphisme d’abord de HT, et ensuite de type
HP-BT ayant affecté ayant affectés la plate-forme arabique.

Dans les lignes qui suivent, nous allons examiner quelques cas concrets de
métamorphismes énumérés ci-haut.

VI.2. Métamorphisme et subduction-collision : exemple des alpes

La chaîne des Alpes résulte de l’ouverture d’un petit espace océanique tethysien au
début du Mésozoïque et de sa fermeture { partir du Crétacé. Le long d’un contact
tectonique majeur dit « chevauchement pennique frontal (CPF) », des unités
métamorphiques dites « internes » chevauchement des unités « externes » non
[52]

métamorphiques (fig.9). On note des « saut » de métamorphisme parfois importants


d’une unité { une autre immédiatement adjacent ; ce qui rend impossible la
reconstitution d’un gradient de métamorphisme continu { travers toute la chaîne. On
distingue des unités éclogitisées, une unité à coesite (THP) coincée entre des unités
éclogitiques (HP) au toit et une unité de schistes bleus (HP) au mur (fig…). Dans la
chaîne interne, l’association jadéite + qz prédomine et conduit { un gradient
géothermique estimé à 10°C/Km, voire moins.

Un autre exemple de chaîne métamorphique liée à la subduction/collision est la


ceinture métamrphique double de Sambagawa et Ryoke au Japon (fig.9). ce qui
caractérise ce type de ceinture métamorphique, c’est l’existence d’une zone appelée
« Median Tectonic Line » (MTL) ou « schear zone » qui sépare une chaîne
métamorphique HP-BT d’une autre chaîne métamorphique mais qui est de BP-HT. Cette
MTL correspond généralement à une large faill. Mais des fois, au lieu que les deux
chaînes soient séparées par une MTL, elles sont plutôt séparées par une zone
sédimentaire non ou très peu métamorphique d’environ 150 Km appelée « Arc Trend
Gap » (ATG). Les chaînes métamorphiques doubles aident à retrouver la position du
paléo-océan dont la croûte a subducté : le paléo-océan devait se trouver du côté de la
chaîne métamorphique HP-BT (fig.9).

Fig.9. Exemple de ceinture métamorphique double.

Par ailleurs, il est important de signaler que toute zone de subduction n’est pas
nécessairement accompagnée d’un métamorphisme HP. En effet, { l’échelle du
Phanérozoïque, il existe des schistes bleus dans les chaînes alpines (d’âge tertiaire), dans
les chaînes récentes du Japon et dans les chaînes du Pacifique dans la région de
Californie. En revanche, dans les chaînes associées aux mouvements de l’Atlantique, il
n’ya pas de schistes bleus, alors qu’elles sont de même âge que les précédentes. Il semble
actuellement établi que c’est la vitesse de subduction (de plongement) qui serait à
[53]

l’origine de cette différence. En effet, le métamorphisme HP ne se développe que lorsque


la vitesse de subduction est 8cm/an. Si elle est inférieure à cette valeur, il ne se
développe pas un métamorphisme HP.

VI.3. Métamorphisme et obduction : cas de la nappe ophiolitique d’Oman

La nappe d’Oman consiste en un chapel d’ophiolites jalonnant la suture téthysienne


depuis les Alpes occidentales jusqu’{ la chaîne de l’Himalaya (Fig…..). tout au long de
cette suture téthysienne, les structure associées { l’obduction ont été reprises par des
suture s de collision . au niveau de Semail où la collision n’a pas encore
[54]
[55]

fonctionné, les structures d’obduction et les phénomènes de métamorphisme leur


associés sont intégralement préservés et présentent un intérêt scientifique certain. Sur
environ 5 à 6 Km, la suture est composée d’ultrabasites mantelliques (harzburgites) et,
au-dessus d’un Moho exhumé, des roches basiques crustales (gabbros, pillow lavas, des
dykes) : bref, un segment entier de la croûte océanique (Fig.10). On note dans cette
région une dualité évidente des événements métamorphiques liés { l’obduction : au
stade préoce de l’obduction, il y a eu mise en place d’un métamorphisme HT-BP, alors
qu’aux stades ultimes, c’est un métamorphisme HP-BT qui s’installe, et ce dernier est
responsable d’une éclogitisation des parties les plus profondes de l’édifice. L’obduction
de l’Oman démarre au niveau de la ride téthysienne, la moitié NE de l’océan téthysien
ayant entrepris de chevaucher la moitié SW : il en résulte un effet de « fer à repasser » de
la partie chevauchante chaude sur le sommet de la partie chévauchée. A la semelle de la
nappe ophiolitique. On trouve une ceinture des métamorphites (métaradiolarites et
métabasites de l’amphibolite faciès) ayant évolué dans le climat métamorphique HT-BP.

VI.4. Métamorphisme, failles transformantes et amincissement crustal :


exemple de la zone métamorphique nord-Pyrénéenne

Sur plus de 400 Km, la chaîne pyrénéenne s’allonge entre le golfe de Gascogne (côté
Atlantique) et le golfe de Lyon (côté méditerranéen). Sur cette étendue, on distingue
trois groupes principaux de roches métamorphiques : un groupe de roches carbonatées,
un groupe de grès calcaro-pélitiques, enfin un groupe de roches pélitiques.

La chaîne Pyrénéenne comprend 2 domaines principaux : zone nord-pyrénéenne et la


zone sud pyrénéenne : les deux étant séparées par un accident crustal majeur la faille
nord-pyrénéenne qui est une faille transformante liée { l’ouverture du golfe de
Gascogne au Crétacé et à un important coulissage senestre de la péninsule Ibérique
par rapport à l’Europe. Sur une zone large de 0 à 5 Km et longue de plus de 200 Km, un
métamorphisme particulier affecte les terrains Mésozoïques qui bordent la faille nord-
pyrénéenne (Fig.11). Cette bande constitue la zone dite « métamorphique nor-
pyrénéenne » et concerne sélectivement une épaisse série de marbres calcitiques et
dolomitiques, des roches marneuses et pélitiques coiffées d’une supérieure composée de
marbres dolomitiques blancs et de marbres calcitiques. Les conditions
thermodynamiques (P°, T°) de ce métamorphisme établies à l’aide de conditions de
stabilité des assemblages minéraux des métapélites indiquent des T° de l’ordre de 500-
600°C et des P° de l’ordre de 3 Kbars. En particulier, la déstabilisation prograde de la
muscovite en présence du qz :

Musc. + qz FK + andal. + eau qui est une réaction de BP-HT le souligne bien.
[56]

VI.5. Métamorphisme de p,ancher océanique : exemple du banc de Gorringe

Le banc de Gorringe au large du Portugal est un exemple typique de


métamorphisme de plancher océanique dans les fonds Atlantiques. Ce métamorphisme
affecte les gabbros de la couche sismique 3.
[57]
[58]

Le banc de Gorringe est donc constitué pour l’essentiel des gabbros largement
recristallisés dans des conditions hydratantes (en présence d’eau) statiques ou
dynamiques. Les recristallisations statiques ont donné des métagabbros isotropes,
tandis que les transformations dynamiques ont généré des métagabbros foliés.
L’influence de l’eau de mer au cours de cette recristallisation se remarque à trois
niveaux :

- L’hydratation des phases ferromagnésiennes primaires : les cpx sont remplacés par
des amphiboles (actinote + hornblende) ;
- Au voisinage des veines hydrothermales, le plagio des gabbros devient plus albitique
(par échange de Na+ entre gabbros et eau de mer) ;
- Présence très remarquable d’ions et dans les assemblages métamorphiques
néoformés.

VI.6. Décrochement et métamorphisme de HT : exemple de la Faille du


Fleuve Rouge (Chine)

La zone de fractures du Fleuve Rouge en Chine est une gigantesque déchirure intra-
continentale longue de 1000 Km s’étendant depuis le Tibet au NW jusqu’{ la mer de
Chine du sud au SE. Il s’agit d’un décrochement senestre tertiaire, constituant une
réponse à la collision du bloc du Sundaland au sud.

De deux côtés de la faille, on rencontre des sédiments non métamorphiques. La faille est
jalonnée par plusieurs massifs gneissiques étrois dont le plus important (celui de Ailao
Shan) mesure 400 Km de long et 20 Km de large, lequel comprend deux unités
distinctes :

- Des gneiss de haut grade au NE ;


- Des schistes de faible grade contenant des ultramafites au SW

Une faille importante, la faille de Ailalo Shan, sépare ces deux unités contrastées. L’unité
de haut grade, la bande gneissique NE comprend des paragneiss mylonitiques
finement lités, des boudins d’amphibolites, des boudins de pyroxénites à grenat des
zones pegmatitiques et d’apais boudins (100m) de marbre blanc à grenat. La bande
gneissique centrale est riche en lames granitiques parallèles à la schistosité régionale
NW-SE. La partie SW comprend des orthogneiss parfois oeillés, parfois riche en
porphyroïdes. Les paragneiss ont 2 paragenèses :

- P1 : qz + plagio + FK + biot Grenat sillimanite (HP-BT) prograde


- P2 : chlor. + ùusc. biot.
- La P2 est retrograde (BP-HT)

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