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Code de Procedure Civile

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ASSEMBLEE NATIONALE REPUBLIQUE TOGOLAISE

SIXIEME LEGISLATURE Travail-Liberté-Patrie

SECRETARIAT GENERAL

Dire~;~~-~-~-~~-~~rvicesLégiSlatifs;f

Division des Séances et Huissiers W


Section des Séances ~

Année 2021
Séance plénière du 20/04/2021

LOI N°
----------------------
PORTANT C DE DE PROCEDURE CIVILE
TITRE PRELIMINAIRE : DES DISPOSITIONS GENERALES

Article premier : Les dispositions du présent code s'appliquent devant toutes


les juridictions statuant en matières civile, sociale, commerciale et
administrative, sans préjudice des règles spéciales à chacune d'elles.

TITRE I
DE L'ACTION ET DES MOYENS DE DEFENSE

CHAPITRE Ier : DE L'ACTION

Article 2 : L'action est le droit, pour l'auteur d'une prétention, d'être entendu
sur le fond de celle-ci afin que le juge la dise bien ou mal fondée.

Pour l'adversaire, l'action est le droit de discuter le bien-fondé de cette


prétention.

Article 3 : L’action est ouverte à tous ceux qui ont un intérêt légitime au
succès ou au rejet d'une prétention, sous réserve des cas dans lesquels la loi
attribue le droit d'agir aux seules personnes qu'elle qualifie pour élever ou
combattre une prétention, ou pour défendre un intérêt déterminé.

Article 4 : Est irrecevable toute prétention émise par ou contre une personne
dépourvue du droit d'agir.

1
CHAPITRE II : DES MOYENS DE DEFENSE

Section 1ère : Les défenses au fond

Article 5 : Constitue une défense au fond tout moyen qui tend à faire rejeter
comme non justifiée, après examen au fond du droit, la prétention de
l'adversaire.

Article 6 : Les défenses au fond peuvent être proposées en tout état de


cause.

Section 2 : Des exceptions de procédure

Article 7 : Constitue une exception de procédure tout moyen qui tend à


faire déclarer la procédure irrégulière ou à en suspendre le cours.

Les exceptions sont :

- Les exceptions d'incompétence ;


- Les exceptions de litispendance et de connexité ;
- Les exceptions dilatoires ;
- Les exceptions de nullité.

Article 8 : Les exceptions doivent, à peine d'irrecevabilité, être soulevées


simultanément et avant toute défense au fond ou fin de non recevoir.

Il en est ainsi alors même que les règles invoquées au soutien de l'exception
seraient d'ordre public.

La demande de communication de pièces ne constitue pas une cause


d'irrecevabilité des exceptions.

Les dispositions de l'alinéa premier ne font pas non plus obstacle à l'application
des articles 12, 17, 18 et 23 du présent code.

Article 9 : S'il est prétendu que la juridiction saisie est incompétente, la


partie qui soulève cette exception doit, à peine d'irrecevabilité, la motiver et
faire connaître dans tous les cas devant quelle juridiction elle demande que
l'affaire soit portée.

Article 10 : Le juge peut, dans un même jugement, mais par des dispositions
distinctes, se déclarer compétent et statuer sur le fond du litige, sauf à mettre

2
préalablement les parties, en mesure de présenter leurs observations ou
conclusions sur le fond.

Article 11 : Lorsqu'il ne se prononce pas sur le fond du litige, mais que la


détermination de la compétence dépend d'une question de fond, le juge doit,
dans le dispositif du jugement, statuer sur cette question de fond sur la
compétence par des dispositions distinctes.

Article 12 : L'exception de connexité peut être proposée en tout état de


cause, sauf à être écartée, si elle a été soulevée tardivement dans une intention
dilatoire.

Article 13 : S'il s'élève sur la connexité des difficultés entre diverses formations
d’une même juridiction, elles sont réglées par le président, sans formalité.

Article 14 : Le juge doit suspendre l’instance lorsque la partie qui le demande


jouit, soit d’un délai pour faire inventaire ou délibérer, soit d'un bénéfice de
discussion ou de division, soit de quelque autre délai d'attente en vertu de la
loi.

Article 15 : Le juge peut accorder un délai au défendeur pour appeler un


garant.

L'instance reprend son cours à l'exception du délai dont dispose le garant pour
comparaître, sauf à ce qu'il soit statué séparément sur la demande en garantie
si la citation n’a pas été faite dans le délai ou si le garant n'a pas comparu.

Article 16 : Le juge peut également suspendre l’instance lorsque l'une des


parties invoque une décision frappée de tierce opposition ou de requête civile.

Article 17 : Le bénéficiaire d'un délai pour faire inventaire et délibérer peut ne


proposer ses autres exceptions qu'après l'expiration de ce délai.

Article 18 : La nullité des actes de procédure peut être invoquée au fur et à


mesure de leur accomplissement ; mais elle est couverte si celui qui
l'invoque a, postérieurement à l'acte critiqué, fait valoir des défenses au fond
ou soulevé une fin de non recevoir.

Article 19 : Tous les moyens de nullité contre les actes de procédure déjà
faits doivent être invoqués simultanément à peine d'irrecevabilité de ceux
qui ne l'auraient pas été.

Article 20 : Aucun acte de procédure ne peut être déclaré nul pour vice de
forme si la nullité n'en est pas expressément prévue par la loi, sauf en cas
d'inobservation d'une formalité substantielle ou d'ordre public.
3
La nullité ne peut être prononcée qu'à charge pour l'adversaire qui l'invoque de
prouver le grief que lui cause l'irrégularité, même lorsqu'il s'agit d'une formalité
substantielle ou d'ordre public.

Article 21 : La nullité est couverte par la régularisation ultérieure de l'acte


si aucune forclusion n'est intervenue et si la régularisation ne laisse
subsister aucun grief.

Article 22 : Constituent des irrégularités de fond affectant la validité de


l'acte :

- le défaut de capacité d'ester en justice ;


- le défaut de pouvoir d'une partie ou d’une personne figurant au procès
comme représentant soit d’une personne morale, soit d'une personne
atteinte d’une incapacité d'exercice ;
- le défaut de capacité ou de pouvoir d'une personne assurant la
représentation d'une partie en justice sous réserve des règles spéciales
au désaveu.

Article 23 : Les exceptions de nullité fondées sur l'inobservation des règles


de fond relatives aux actes de procédure peuvent être proposées en tout état
de cause sauf la possibilité pour le juge de condamner à des dommages-
intérêts ceux qui se seraient abstenus dans une intention dilatoire, de les
soulever plus tôt.

Article 24 : Les exceptions de nullité fondées sur l'inobservation des règles


de fond relatives aux actes de procédure doivent être accueillies sans que
celui qui les invoque ait à justifier, d'un grief et alors même que la nullité ne
résulterait d'aucune disposition expresse.

Article 25 : Les exceptions de nullité fondées sur l'inobservation des règles


de fond relatives aux actes de procédure doivent être relevées d’office
lorsqu’elles ont un caractère d'ordre public.

Le juge peut relever d'office la nullité pour défaut de capacité d'ester en justice.

Article 26 : Dans les cas où elle est susceptible d'être couverte, la nullité
n’est pas prononcée si sa cause a disparu au moment où le juge statue.

Article 27 : Les jugements statuant sur les exceptions sont susceptibles d'appel.

Si le juge se déclarant compétent a statué au fond, la juridiction d’appel


peut évoquer le fond, même si l’appel a été formé seulement sur le rejet de
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l’exception .

Article 28 : L'appel des jugements rejetant une exception entraîne la suspension


de l’instance jusqu'à règlement définitif de l'incident.

Section 3 : Des fins de non recevoir

Article 29 : Constitue une fin de non recevoir tout moyen qui tend à faire
déclarer l’adversaire irrecevable en sa demande, sans examen au fond, pour
défaut de droit d’agir, tel le défaut de qualité, le défaut d’intérêt, la prescription,
le délai préfix, la chose jugée.

Article 30 : Les fins de non recevoir peuvent être proposées en tout état de
cause, sauf la possibilité pour le juge de condamner à des dommages-intérêts
ceux qui se seraient abstenus, dans une intention dilatoire, de les soulever
plus tôt.

Article 31 : Les fins de non recevoir doivent être accueillies sans que celui
qui les invoque ait à justifier d'un grief et alors même que l’irrecevabilité ne
résulterait d'aucune disposition expresse.

Article 32 : Les fins de non recevoir doivent être relevées d'office


lorsqu'elles ont un caractère d'ordre public, notamment lorsqu'elles résultent
de l'inobservation des délais dans lesquels doivent être exercées les voies
de recours.
Le juge peut recevoir d'office la fin de non recevoir tirée du défaut d'intérêt.

Article 33 : Dans le cas où la situation donnant lieu à une fin de non


recevoir est susceptible d'être régularisée, l'irrecevabilité est écartée si sa cause
a disparu au moment où le juge statue.

TITRE Il
DES PRINCIPES FONDAMENTAUX

CHAPITRE Ier : DE L’INSTANCE

Article 34 : Seules les parties introduisent l'instance, hors le cas où la loi en


dispose autrement. Elles ont la liberté d'y mettre fin avant qu'elle ne s’éteigne
par l'effet du jugement ou en vertu de la loi.

Article 35 : En toute matière, y compris en matière de petits litiges, les


parties peuvent se faire assister ou représenter par un avocat ou un
mandataire dans les cas où la loi l’autorise.

5
On entend par petits litiges, toutes actions que le tribunal connait en
premier et dernier ressort jusqu’à la valeur de cinq cent mille (500 000)
francs CFA en capital ou cinquante mille (50 000) francs CFA en revenus
annuels, calculés soit par rente, soit par prix de bail.

Article 36 : Les parties conduisent l'instance sous les charges qui leur
incombent. Il leur appartient d'accomplir les actes de la procédure dans les
formes et délais requis.

Article 37 : Le juge veille au bon déroulement de l'instance ; il a le pouvoir


d'impartir les délais et d'ordonner les mesures nécessaires.

CHAPITRE I I : D E L'OBJET DU LITIGE

Article 38 : L'objet du litige est déterminé par les prétentions· respectives


des parties.
Ces prétentions sont fixées par l'acte introductif d'instance et par les
observations ou conclusions en défense.
Toutefois, l'objet du litige peut être modifié par des demandes incidentes
lorsque celles-ci se rattachent aux prétentions originaires par un lien suffisant.

Article 39 : Le juge doit se prononcer sur tout ce qui est demandé et


seulement sur ce qui est demandé.

CHAPITRE III : DES FAITS

Article 40 : A l'appui de leurs prétentions, les parties ont la charge


d'alléguer les faits propres à les fonder.

Article 41 : Il est défendu au juge de fonder sa décision sur des faits qui ne
sont pas dans le débat.

Parmi les éléments du débat, le juge peut prendre en considération même les
faits que les parties n’auraient pas spécialement invoqués au soutien de leurs
prétentions.

Article 42 : Le juge peut inviter les parties à fournir les explications de fait
qu'il estime nécessaire à la solution du litige.

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CHAPITRE IV : DE LA PREUVE

Article 43 : Il incombe à chaque partie de prouver conformément à la loi


les faits nécessaires au soutien de sa prétention.

Article 44 : Le juge a le pouvoir d'ordonner d'office toutes les mesures


d'instruction légalement admissibles.

Article 45 : Les parties sont tenues d'apporter leur concours aux mesures
d'instruction sauf au juge à tirer toute conséquence d'une abstention ou
d'un refus.
Si une partie détient un élément de preuve, le juge peut, à la requête de l'autre
partie, lui enjoindre de le produire, à peine d'astreinte. Il peut à la requête de
l'une des parties, demander, sous la même peine, la production de tous
documents détenus par un tiers s’il n'existe pas d'empêchement légitime.

CHAPITRE V : DU DROIT

Article 46 : Le juge est tenu de trancher le litige conformément aux règles


de droit qui lui sont applicables. Il doit donner ou restituer leur exacte
qualification aux faits et aux actes litigieux, nonobstant la dénomination
que les parties en auraient proposée et peut relever d'office les moyens de
pur droit.

Toutefois, les parties peuvent pour les droits dont elles ont la libre disposition
et en vertu d'un accord exprès, lier le juge par les qualifications et points de
droit auxquels elles entendent limiter le débat.

Le litige né, elles peuvent aussi, dans les mêmes matières et sous la même
condition, donner pouvoir au juge de statuer comme amiable compositeur, sous
réserve d'appel si elles n’y ont pas spécialement renoncé.

Article 47 : Le juge peut inciter les parties à fournir les explications de droit
qu'il estime nécessaires à la solution du litige.

CHAPITRE VI : DE LA CONTRADICTION

Article 48 : Nulle partie ne peut être jugée sans avoir été entendue ou appelée.

Article 49 : Les parties doivent se faire connaître mutuellement en temps utile


les moyens de fait sur lesquels elles fondent leurs prétentions, les éléments de
preuve qu'elles produisent et les moyens de droit qu'elles invoquent, afin que
chacune soit à même d'organiser sa défense.

7
Article 50 : Le juge doit, en toutes circonstances faire observer et observer
lui-même le principe de la contradiction.
Il ne peut fonder sa décision sur les moyens de droit, qu'il a relevés d'office ou
sur les explications complémentaires qu'il a demandées, sans avoir au préalable
invité les parties à présenter leurs observations.

Article 51 : Lorsque la loi permet ou la nécessité commande qu'une mesure


soit ordonnée à l'insu d'une partie, celle-ci dispose d'un recours approprié contre
la décision qui lui fait grief.

TITRE Ill
DES ACTES ET DELAIS DE PROCEDURE

CHAPITRE Ier : DES ACTES

Article 52 : Les actes judiciaires sont portés à la connaissance des


intéressés par la notification qui leur en est faite.
Cette notification peut s’opérer soit par le greffier, soit par exploit
d'huissier de justice.
Lorsque l’acte est notifié par le greffier cette notification s'opère par
l’envoi d'une copie sous pli fermé, mais à découvert, recommandé à la
poste avec accusé de réception ou remise par un messager ordinaire
contre récépissé, daté et signé par la personne ayant reçu la copie, avec
indication éventuelle de ses rapports de parenté d’alliance, de sujétion ou
de voisinage avec le destinataire, si celui-ci n'est pas personnellement
touché.

Article 53 : Tout acte judiciaire doit mentionner :

a) la date et le lieu de son accomplissement ;


b) l’identité de la partie à la requête de laquelle il est a c c o m p l i ;
c) son objet avec l’énoncé des éléments de fait et de droit le justifiant
;
d) l’identité de la partie destinataire avec mention du domicile de la
résidence ou lieu où la notification lui a été faite ;
e) si le destinataire n'a pas été personnellement touché, l'identité de la
personne ayant reçu pour lui la notification avec· mention du lien
de fait ou de droit l'unissant au destinataire;
f) l'identité et la qualité de l'agent de l'ordre judiciaire ayant instrumenté
;
g) le délai dans lequel le destinataire doit comparaître ou peut
exercer une voie de recours ou doit présenter ses prétentions,

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ainsi que les modalités d'exercice de ses moyens de défense.

Article 54 : La notification doit être faite à la personne du destinataire. Elle


est valable quel que soit le lieu où l'acte est délivré, y compris le lieu de
travail ou de rencontre.

La signification faite à une personne morale, n’est à personne lorsque l’acte


est délivré à son représentant légal, à un fondé de pouvoir de ce dernier ou à
toute autre personne habilitée à cet effet.

Article 55 : Si la notification à personne s'avère impossible, l’acte peut


être délivré soit à domicile soit à défaut de domicile connu, à résidence.

La copie peut être remise à toute personne présente, à défaut au gardien


de l’immeuble, en dernier lieu à tout voisin.

La copie ne peut être laissée qu'à condition que la personne présente


l’accepte, décline son identité et son domicile et donne récépissé.

L'agent instrumentant doit laisser dans tous les cas au domicile ou à la


résidence du destinataire, un avis de passage daté, l'avertissant de la remise
de la copie, mentionnant la nature de l'acte, le nom du requérant ainsi que
les indications relatives à la personne à laquelle la copie a été remise.

Article 56 : Si personne ne peut ou ne veut recevoir la copie de l'acte et


s'il résulte des vérifications faites par l'agent instrumentant et dont il est
fait mention dans l'acte de notification que le destinataire demeure bien à
l'adresse indiquée, la notification est faite à domicile ou à résidence.
Dans ce cas l'agent instrumentant est tenu de remettre copie de l'acte au
chef de quartier ou au chef de village du lieu, le jour même ou au plus
tard le premier jour ouvrable, contre récépissé. L'agent instrumentant
laisse au domicile ou à la résidence du destinataire un avis de passage
conformément à ce qui est prévu à l'article précédent, l'invitant à venir
chercher la copie chez le chef de quartier ou le chef de village dans les
meilleurs délais.

Article 57 : Lorsque l'acte n'est pas délivré à personne, l'agent instrumentant


mentionne sur la copie ce qui est prescrit par l'article 53 du présent code. ·

La copie est remise à la personne qui la reçoit pour compte du destinataire


sous enveloppe fermée portant seulement le nom et l'adresse du destinataire
et le cachet de l'agent instrumentant.

9
Article 58 : Lorsque la partie destinataire n'a domicile ni résidence
connus, la notification s'opère par affichage à la porte principale de
l'auditoire du tribunal compétent et par insertion dans un journal ou
périodique de diffusion nationale ou locale désigné par le juge.

Article 59 : Aucune notification ne peut être faite avant six (06) heures et
après vingt (20) heures, non plus que les dimanches, les jours fériés ou
chômés, si ce n'est en vertu de la permission du juge en cas de nécessité.

Article 60 : Les notifications sont adressées :

1) à l'Etat, au bureau du ministre chargé de la justice ;


2) au Trésor public, en la personne ou au bureau du Trésorier-payeur ;
3) aux collectivités locales ou établissements publics, dans leurs bureaux en
la personne de leurs chefs de service, représentants légaux ou fondés
de pouvoir ;
4) aux faillites en la personne ou au bureau du syndic ;
5) à ceux qui n'ayant pas de résidence ou de domicile connus au Togo, mais ont
une résidence connue à l'étranger, à cette résidence par lettre recommandée.
A cette fin, l'agent instrumentant affiche la notification au tribunal où la
demande est portée, et en fait parvenir un double, sous enveloppe, par la poste,
à la résidence de la partie, avec accusé de réception.
6) aux Etats étrangers et aux agents diplomatiques résidant au Togo par
l'intermédiaire du ministre de la justice et voie diplomatique.

CHAPITRE II : DES DELAIS

Article 61 : Lorsqu'un acte ou une formalité doit être accompli avant l'expiration
d'un délai, celui-ci a pour origine la date de l'acte, de l’événement, de la décision
ou de la notification, qui le fait courir.

Article 62 : Lorsqu'un délai est exprimé en jours, celui de l'acte, de l'événement, de


la décision ou de la notification qui le fait courir ne compte pas. ·
Lorsqu'un délai est exprimé en mois ou en années, ce délai expire le jour du dernier
mois ou de la dernière année qui porte le même quantième que le jour de l'acte, de
l'événement, de la décision ou de la notification qui fait courir le délai. A défaut d'un
quantième identique, le délai expire le dernier jour du mois.
Lorsqu'un délai est exprimé en mois et en jours, les mois sont d'abord décomptés
puis les jours.

Article 63 : Tout délai expire le dernier jour à vingt quatre (24) heures.

Le délai qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou


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chômé, est prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant.

Article 64 : Les délais ordinaires de comparution, d'opposition, d'appel, de pourvoi


en cassation, de requête civile sont augmentés de :

1) une (01) semaine pour les personnes qui demeurent dans une préfecture
immédiatement voisine de celle du siège de la juridiction saisie ;

2) deux (02) semaines pour les personnes qui demeurent dans une préfecture non
immédiatement voisine de celle du siège de la juridiction saisie;

3) un (01) mois pour les personnes qui demeurent hors du Togo, dans un Etat
desservi par une ligne aérienne régulière comportant une escale au Togo ;
4) deux (02) mois pour les personnes qui demeurent hors du Togo, dans un Etat ne
bénéficiant pas d'une liaison aérienne directe avec le Togo.

Article 65 : Les dispositions qui précèdent ne font pas obstacle au pouvoir des
juges, en cas d’urgence, d'abréger les délais de comparution.

Article 66 : Lorsqu'un acte destiné à une partie domiciliée en un lieu où elle


bénéficierait d'une prorogation de délai est notifié à sa personne en un lieu où ceux
qui y demeurent n’en bénéficieraient point, cette notification n'emporte que les
délais accordés à ces derniers.

TITRE IV
DE LA PROCEDURE DEVANT LES TRIBUNAUX D’INSTANCE

CHAPITRE I : DE L’INTRODUCTION DE L’INSTANCE


CONTENTIEUSE

Article 67 : Pour introduire son action la partie demanderesse remet au greffier du


tribunal une requête mentionnant son identité complète, la qualité en laquelle elle
agit, l'identité, la demeure et la profession de la ou des parties adverses, un exposé
sommaire de la demande et des moyens invoqués.

Cette requête peut être présentée oralement. Dans ce cas, le greffier la rédige et la
fait signer par le demandeur.

L’instance est introduite :

- en matière personnelle, devant le tribunal du domicile du défendeur ; s’il n’a


pas de domicile, devant le tribunal de sa résidence ;
- en matière réelle, devant le tribunal de la situation de l’objet litigieux ;
- en matière mixte, devant le tribunal de la situation ou devant le tribunal du

11
domicile de la résidence du défendeur ;
- en matière de société, tant qu’elle existe, devant le tribunal du lieu où elle est
établie ;
- en cas d’élection de domicile pour l’exécution d’un acte, devant le tribunal
du domicile élu ou devant le tribunal du domicile réel du défendeur
conformément aux dispositions du code des personnes et de la famille.

Article 68 : Le greffier invite le demandeur à consigner la provision nécessaire pour


le paiement des frais de justice et lui délivre un reçu portant le numéro de mise au
rôle.

Article 69 : L’assignation libellée par le greffier est notifiée aux défendeurs


comme il est prescrit au titre III du présent code. Le délai ordinaire des
ajournements pour ceux qui résident dans la préfecture où siège la
juridiction saisie est de huitaine.

Article 70 : Les parties peuvent se présenter conjointement pour saisir le juge de


leur litige. Dans ce cas, elles peuvent user de la faculté ouverte par les dispositions
des deuxièmes et troisièmes alinéas de l'article 46 du présent code.

Article 71 : Le juge saisi par la requête conjointe fixe les jour et heure auxquels
l'affaire est appelée, et la notification de cette fixation vaut assignation.

CHAPITRE II : DE LA MISE A L’AUDIENCE ET MESURES


D’INSTRUCTION

Article 72 : Au jour fixé par l'assignation, ou par le juge en cas de requête conjointe,
les parties ne comparaissent en personne ou par mandataire.

Article 73 : Les personnes, non avocats, autorisées par des dispositions particulières
à assister ou représenter les parties doivent justifier d'un pouvoir spécial, qui peut
être donné au bas de l'assignation et doivent se présenter au président d'audience.

Article 74 : Si la cause ne nécessite pas de mesure d'instruction, elle est retenue


pour l'audience. Toutefois, avec l'accord du demandeur, l'affaire peut être renvoyée
à une prochaine audience.

Le tribunal peut en tout état de cause tenter de concilier les parties. Cette tentative
est obligatoire devant le tribunal de travail et en matière de conflits familiaux.

Article 75 : Si la preuve des faits de la cause nécessite des mesures d'instruction


celles-ci sont ordonnées par le tribunal, à la demande conjointe des parties, ou même
d'office.

12
Après exécution des mesures d’instruction dans les délais fixés par le président du
tribunal ou son délégué, le greffier notifie les procès-verbaux ou rapports de ces
mesures à chacune des parties et les convoque pour l'audience de jugement selon la
date fixée par le président du tribunal.

Section 1ère : Des enquêtes

Article 76 : Les parties font connaître au greffier les noms et demeures des témoins
à entendre. Cette liste peut être complétée à la demande du ministère public ou
d'office par le juge.

La date de l'enquête est fixée par le président qui désigne un juge pour procéder à
l'enquête s'il n'y procède pas lui-même. L'enquête est diligentée soit en cabinet, soit
à l'audience, soit sur les lieux litigieux.

Article 77 : Au jour indiqué, les témoins après avoir décliné leur identité prêtent
serment de dire la vérité et déclarent s'ils sont parents ou alliés des parties, et à quel
degré, et s’ils sont à leur service ou elles au leur.

Article 78 : Ils sont entendus séparément en présence des parties si elles


comparaissent. Le juge peut les confronter entre eux et avec les parties.

Article 79 : Le greffier dresse procès-verbal de l'audition des témoins. Lecture


en est faite à chaque témoin pour la partie qui le concerne, avant qu’il soit invité à
signer sa déposition. Mention est faite des impossibilités ou refus de signer.
Le procès-verbal est contresigné par le juge et le greffier.

Article 80 : Les témoins défaillants encourent une amende qui ne peut excéder trois
mille (3000) francs CFA prononcée par le juge enquêteur. Ils sont reconvoqués à
leurs frais.

Si les témoins reconvoqués sont encore défaillants, le juge peut les condamner à une
nouvelle amende n'excédant pas quinze mille (15000) francs CFA et il peut décerner
contre eux mandat d'amener dans les formes prévues au code de procédure pénale.

Article 81 : Si le témoin justifie qu'il n'a pu se présenter au jour indiqué, le juge


peut lui accorder un délai ou se transporter pour recevoir sa déclaration. Dans ce
cas, il est déchargé de l’amende et des frais de reconvocation.

Article 82 : Les témoins peuvent demander taxation pour leurs frais de déplacement
et de séjour selon les modalités fixées à l'article 301 du présent code.

13
Section 2 : Des commissions rogatoires

Article 83 : Si le témoin est domicilié en dehors du ressort du tribunal et ne peut


sans difficulté se déplacer pour comparaître, le juge donne commission rogatoire au
président du tribunal du domicile du témoin pour procéder à son audition. Ce
magistrat peut déléguer un juge pour assurer l’exécution de la commission.

Article 84 : Le juge mandant joint à sa commission toutes pièces ou copies des


pièces utiles à la compréhension de l'affaire et à la direction de l'enquête.

Article 85 : Les commissions rogatoires destinées aux juridictions étrangères sont


adressées au ministre chargé de la justice qui en assure la transmission
conformément aux accords d'entraide judiciaire, et, à défaut selon les usages
diplomatiques.

Article 86 : Les commissions rogatoires des juridictions étrangères sont, à défaut


de convention particulière, transmises au ministre chargé de la justice.

Elles ne peuvent être exécutées qu'avec son autorisation.

Section 3 : Des visites de lieux et des expertises

Article 87 : Quand il y a lieu de constater l’état des lieux ou d'apprécier sur place la
valeur des indemnités et dédommagements demandés, le juge ordonne son transport
sur les lieux en présence des parties, et au besoin, de tous témoins ou sachants.

Article 88 : Les parties peuvent être entendues personnellement sur les lieux ainsi
que les témoins ou les experts.

Article 89 : Avec l'aide du greffier, le juge établit un procès-verbal des opérations


qui est signé du juge et du greffier.

Article 90 : Si le point litigieux nécessite des connaissances techniques qui sont


étrangères au juge, celui-ci peut commettre un ou plusieurs experts, soit sur la
proposition des parties, soit d'office.

La mission de l’expert doit être précisée, mais limitée aux questions de son art sans
qu’il puisse s'immiscer dans une appréciation juridique. La commission d’expertise
impartit un délai à l'expert pour procéder à ses opérations et déposer rapport.

Article 91 : La décision le commettant est notifiée par le greffier à l'expert, qui,


dans l'accusé de réception, fait part de l'acceptation de la mission.

L'expert peut décliner sa mission pour justes motifs.

14
Le juge désigne alors un nouvel expert.

A la demande de l'expert, le juge peut désigner des experts complémentaires.

Article 92 : L'expert commis prête serment de bien et fidèlement remplir sa mission,


soit par écrit en tête de son rapport, soit oralement devant le juge.

Il doit aviser les parties de l'heure, du jour et du lieu de ses opérations afin qu'elles
puissent y assister ou y être représentées et formuler leurs dires. Le juge est avisé
de cette date afin de pouvoir assister aux opérations s’il échoit. Il en est de même
du ministère public.

L'expert a accès à toutes les pièces de la procédure et est tenu au secret


professionnel.

Article 93 : Ses opérations terminées, l'expert dépose au greffe son rapport en autant
d'exemplaires qu'il y a de parties en cause, plus un (01). Ses honoraires sont taxés
et payés conformément à la loi.

Section 4 : Du faux incident civil

Article 94 : Celui qui prétend qu'une pièce signifiée, communiquée ou produite


dans le cours de la procédure, est fausse ou falsifiée, peut, s'il y échoit, être reçu à
s'inscrire en faux, encore que ladite pièce ait été vérifiée, soit avec le demandeur,
soit avec le défendeur en faux, à d’autres fins que celles d'une poursuite de faux
principal ou incident, et qu'en conséquence il soit intervenu un jugement sur le
fondement de ladite pièce comme véritable.

Article 95 : Celui qui veut s'inscrire en faux est tenu préalablement de sommer
l'autre partie de déclarer si elle veut se servir ou non de la pièce, avec déclaration
que, dans le cas où elle s'en servirait, il s'inscrit en faux.

Article 96 : Si le défendeur en faux déclare qu'il veut se servir de la pièce, il doit


la remettre au greffe pour communication au ministère public et vérification.

Article 97 : Si le demandeur en faux maintient sa plainte en faux, la procédure civile


est suspendue jusqu'à décision de la juridiction pénale compétente, qui est saisie par
le ministère public et doit statuer dans les meilleurs délais.

Article 98 : Si la pièce est reconnue fausse par le juge pénal, elle est rejetée des
débats civils avec toutes conséquences que le juge peut tirer de la cause.

Si le prévenu de faux a été relaxé au seul bénéfice du doute, le juge civil apprécie
au vu des éléments de la cause la valeur de la pièce litigieuse.

15
Section 5 : Des comparutions personnelles

Article 99 : Le juge peut en tout état de cause ordonner la comparution personnelle


des parties.

Il peut tirer toute conséquence du refus de comparaître ou du refus de répondre des


parties mandées.

Article 100 : Si les parties déclarent se concilier, il est dressé procès-verbal de


l'accord intervenu. Ce procès-verbal signé des parties, du juge et du greffier est
revêtu de la formule exécutoire et acquiert l'autorité de la chose jugée.

Section 6 : De la mise en cause des garants et de la tierce intervention

Article 101 : Si au jour de la première comparution, le défendeur demande à mettre


le garant en cause, le juge lui accorde un délai suffisant. La citation donnée au garant
est libellée sans qu'il soit besoin de lui notifier le jugement ordonnant sa mise en
cause.

Si la mise en cause n'a pas été demandée à la première comparution, ou si la citation


n’a pas été faite dans le délai fixé, il est procédé sans délai au jugement sur l'action
principale, sauf à statuer séparément sur la demande en garantie.

Article 102 : Si un tiers intéressé intervient à l'instance avant la clôture des débats
par une demande incidente ou connexe, l'affaire peut être renvoyée à une prochaine
audience et les mesures d'instruction prorogées.

Si cette intervention apparait purement dilatoire le juge peut passer outre et retenir
l'affaire.

CHAPITRE lll : DES PlECES

Section 1ère : De la communication des pièces entre les parties

Article 103 : La partie qui fait état d'une pièce s'oblige à la communiquer à toute
autre partie à l'instance.

La communication des pièces doit être spontanée.

A l’initiative d’une partie, le juge peut ordonner la communication de tous


documents susceptibles de contenir la preuve d’un fait pertinent, sans même que
leur nature soit indiquée avec précision, dès lors que ces derniers présentent un lien
avec l’objet de la demande.

En cause d'appel, une nouvelle communication des pièces déjà versées aux débats
16
de premier ressort n'est pas exigée. Toute partie peut néanmoins la demander.

Article 104 : Si la communication des pièces n'est pas faite il peut être demandé au
juge, sans forme, d'enjoindre cette communication.

Article 105 : Le juge fixe, le cas échéant à peine d'astreinte, le délai et, s'il y a lieu,
les modalités de la communication.

Article 106 : Le juge peut écarter du débat les pièces qui n'ont pas été
communiquées en temps utile.

Article 107 : La partie qui ne restitue pas les pièces communiquées peut y être
contrainte, éventuellement sous astreinte.

Article 108 : L'astreinte peut être liquidée par Ie juge qui l'a prononcée.

Section 2 : De l'obtention des pièces détenues par un tiers

Article 109 : Si dans le cours d’une instance, une partie entend faire état d’un acte
auquel elle n’aurait pas été partie ou d'une pièce détenue par un tiers, elle peut
demander au juge saisi de l'affaire, d’ordonner la délivrance de l'expédition ou la
production de la pièce.

A cette occasion, elle peut, après avoir invité le tiers à l’instance, lui ordonner la
communication de toutes catégories de documents et d’informations qu’il détient,
lorsque celles-ci, au vu de l’objet de la demande, sont pertinentes et présentent un
intérêt pour la résolution du litige.

Article 110 : La demande est faite sans forme.

Le juge, s’il estime cette demande fondée, ordonne la délivrance ou la production


de l'acte ou de la pièce, en original, en copie ou en extrait, selon le cas, dans les
conditions et sous les garanties qu'il fixe.

Article 111 : La décision du juge est exécutoire par provision sur minute s'il y a
lieu.

Article 112 : En cas de difficultés, ou s'il est invoqué quelque empêchement


légitime, il en est référé au juge qui a ordonné la délivrance ou la production.

Section 3 : De la production des pièces détenues par une partie.

Article 113 : Les demandes de production des éléments de preuve détenus par les
parties sont faites, et leur production a lieu, conformément aux dispositions des
articles 109 et 110 du présent code, le cas échéant, sous peine d'astreinte.
17
Ces demandes peuvent notamment viser la communication de toutes catégories de
documents ou d’informations qu’il détient, lorsque celles-ci, au vu de l’objet de la
demande, sont pertinentes et présentent un intérêt pour la résolution du litige.

CHAPITRE IV : DE L’AUDIENCE

Article 114 : La composition de la juridiction à l’audience est déterminée par le


code de l'organisation judiciaire.

Les contestations afférentes à sa régularité doivent être présentées, à peine


d'irrecevabilité, dès l'ouverture des débats ou dès la révélation de l'irrégularité si
celle-ci survient postérieurement, faute de quoi aucune nullité ne peut être
ultérieurement prononcée de ce chef, même d'office.

Article 115 : Le ministère public n'est tenu d'assister à l'audience que dans le cas où
il est partie principale, dans ceux où il représente autrui ou lorsque sa présence est
rendue obligatoire par la loi.

Dans tous les autres cas, il peut venir à l'audience pour prendre la parole ou déposer
des conclusions écrites.

Article 116 : Les débats ont lieu au jour et, dans la mesure où le déroulement de
l'audience le permet, à l'heure préalablement fixés selon les modalités propres à
chaque juridiction. Ils peuvent se poursuivre au cours d'une audience ultérieure.

Article 117 : Les débats sont publics à moins qu'il ne résulte de quelque disposition
qu’ils doivent avoir lieu à huis clos. Le tribunal peut toutefois, décider que les
débats ont lieu ou se poursuivent à huis clos s’il doit résulter de leur publicité une
atteinte à l’intimité de la vie privée, à la demande d'une des parties ou s’il survient
des désordres de nature à troubler la sérénité de la justice, ou encore si toutes les
parties le demandent.

Article 118 : S'il apparait ou s'il est prétendu, soit que les débats doivent avoir lieu
à huis clos alors qu’ils se déroulent à l'audience publique, soit l'inverse, le tribunal
se prononce sur le champ et il est passé outre à l'incident.

Si l'audience est poursuivie sous sa forme régulière, aucune nullité fondée sur son
déroulement antérieur ne peut être ultérieurement prononcée, même d'office.

Article 119 : Le président veille à l'ordre de l'audience. Tout ce qu'il ordonne pour
l'assurer doit être immédiatement exécuté. Il peut requérir si besoin est l'assistance
de la force publique.

Les juges disposent des mêmes pouvoirs sur les lieux où ils exercent les fonctions
de leur état.
18
Article 120: Les personnes qui assistent à l'audience doivent observer une attitude
digne et garder le respect dû à la justice. Il leur est interdit de parler sans y avoir été
invitées, de donner des signes d'approbation ou de désapprobation, ou de causer du
désordre de quelque nature que ce soit.

Le président peut faire expulser toute personne qui n'obtempère pas à ses
injonctions, sans préjudice des poursuites pénales ou disciplinaires qui pourraient
être exercées contre elle.

Article 121 : Le président dirige les débats.

Le demandeur, puis le défendeur, sont ensuite invités à exposer leurs prétentions.


Cet exposé peut résulter du dépôt de conclusions écrites régulièrement
communiquées en copie aux autres parties.

Après les interrogatoires et auditions du tribunal, les parties ont le droit de


s’interroger directement et mutuellement, et le cas échéant, interroger les témoins.
Les questions doivent être pertinentes et en lien avec l’objet des débats, et doivent
être posées de manière modérée.

Lorsque la juridiction s'estime éclairée, le président fait cesser les débats et les
plaidoiries ou les observations présentées par les parties pour leur défense.

Article 122 : Le ministère public, partie jointe, prend la parole le dernier. S’il estime
ne pas pouvoir prendre la parole sur le champ, il peut demander le renvoi à une
prochaine audience.

Article 123 : Le président peut ordonner la réouverture des débats. Il doit le faire
chaque fois que les parties n'ont pas été à même de s’expliquer sur les moyens que
la juridiction se propose de relever d'office.

CHAPITRE V : DU JUGEMENT

Section 1ère : De la forme du jugement

Article 124 : Le jugement est prononcé sur le champ. Le prononcé peut aussi être
renvoyé pour plus ample délibéré à une date que le président indique.

Article 125 : Les jugements sont prononcés en audience publique même si la cause
a été débattue à huis clos.

Article 126 : Le prononcé du jugement peut se limiter au dispositif. Il y est


valablement procédé alors même que le ministère public ne serait pas présent.

Les décisions rendues sur requête ou en matière gracieuse peuvent être l'objet d'une
19
simple communication aux parties.

Article 127 : Le jugement doit contenir l’indication :

- de la juridiction dont il émane ;


- de la date à laquelle il est rendu ;
- des noms des juges et assesseurs ayant siégé, du greffier et du représentant
du ministère public, s'il y a lieu ;
- de l'identité des parties avec leur domicile ou siège social ;
- le cas échéant du nom des avocats ou de toute personne ayant représenté ou
assisté les parties.

Article 128 : Le jugement doit exposer succinctement les prétentions respectives


des parties et leurs moyens ; il doit être motivé.

Le jugement annonce la décision sous forme de dispositif.

Article 129 : Les minutes de tout jugement sont signées par le juge et par le greffier
ainsi que les notes d'audience.

Section 2 : Des nullités de forme

Article 130 : Ce qui est prescrit par les articles 125, 127 du présent code en ce qui
concerne la mention du nom au juge, 128 alinéa 1 et 129 du même code doit être
observé à peine de nullité.

Toutefois, aucune nullité ne peut être ultérieurement soulevée ou relevée d'office


pour inobservation des formes prescrites à l’article 125 du présent code si elle n’a
pas été invoquée au moment du prononcé du jugement par simples observations
dont il est fait mention au plumitif d'audience.

Article 131 : L'omission ou l'inexactitude d'une mention destinée à établir la


régularité du jugement ne peut entraîner la nullité de celui-ci s’il est établi par des
pièces de la procédure, par le plumitif d'audience ou par tout autre moyen que les
prescriptions légales ont été, en fait, observées.

Article 132 : La nullité d'un jugement ne peut être demandée que par les voies de
recours prévues par la loi.

Section 3 - Des jugements préparatoires et interlocutoires

Article 133 : Le jugement qui statue sur tout ou partie du principal, sur une
exception de procédure, une fin de non recevoir ou tout autre incident, a l'autorité

20
de la chose jugée relativement à la contestation qu'il tranche.

Article 134 : Le jugement qui se borne à ordonner une mesure d'instruction ou une
mesure provisoire n'a pas, au principal, l'autorité de la chose jugée.

Article 135 : S'il n'est avant-dire-droit, le jugement dessaisit le juge qui l'a rendu.

Toutefois, il appartient à tout juge de rétracter sa décision dans les cas déterminés
par la loi, de l'interpréter à moins qu'elle ne soit frappée d’appel ou de la rectifier
sous les distinctions qui suivent.

Section 4 : Des erreurs et omissions

Article 136 : Les erreurs ou omissions matérielles qui affectent un jugement, même
passé en force de chose jugée, peuvent toujours être réparées par la juridiction qui
l’a rendu ou par celle à laquelle il est déféré, selon ce que le dossier révèle ou, à
défaut, ce que la raison commande.

Le juge est saisi par simple requête de l'une des parties ou par requête commune ; il
peut aussi se saisir d'office.
Le juge statue après avoir entendu les parties ou celles-ci appelées.

La décision rectificative est mentionnée sur la minute et sur les expéditions du


jugement. Elle est notifiée comme le jugement.

Si la décision rectifiée est passée en force de chose jugée, la décision rectificative


ne peut être attaquée que par la voie du recours en cassation.

Article 137 : La juridiction qui a omis de statuer sur un chef de demande peut
également compléter son jugement sans porter atteinte à la chose jugée quant aux
autres chefs, sauf à rétablir, s'il y a lieu, le véritable exposé des prétentions
respectives des parties et de leurs moyens.

La demande doit être présentée avant l’expiration des délais d'appel ou de pourvoi
en cassation et sous réserve qu'un recours ne soit pas déjà exercé.

Le juge est saisi par simple requête de l'une des parties, ou par requête commune. Il
statue après avoir entendu les parties ou celles-ci appelées.

La décision est mentionnée sur la minute et sur les expéditions du jugement. Elle
est notifiée comme le jugement et donne ouverture aux mêmes voies de recours que
celui-ci.

21
Article 138 : Les dispositions de l'article précédent sont applicables s’il a été
prononcé sur des choses non demandées ou s'il a été adjugé plus qu’iI n’a été
demandé.

Section 5 : De l'exécution des jugements

Article 139 : Chacune des parties a la faculté de se faire délivrer une expédition
comportant la formule exécutoire.

Une seconde expédition, revêtue de cette formule, ne peut être délivrée à la même
partie qu’en vertu d’une ordonnance du président de la juridiction qui a rendu le
jugement.

Article 140 : L'exécution provisoire sans caution est ordonnée, même d'office, s'il
y a titre authentique, promesse reconnue ou condamnation précédente par jugement
dont il n’y ait pas d'appel.

Dans tous les autres cas, l'exécution provisoire peut être ordonnée avec ou sans
caution si elle est demandée et seulement pour le cas d’urgence ou de péril en la
demeure.

L'exécution provisoire peut être ordonnée pour partie seulement de la


condamnation.

Article 141 : Sauf les cas où il s'agit d'une dette de caractère alimentaire ou de
réparation d'un dommage causé à la personne, la partie condamnée peut éviter que
l'exécution provisoire soit poursuivie en obtenant du juge l'autorisation de consigner
les espèces ou les valeurs suffisantes pour garantir, en principal, intérêts et frais, le
montant de la condamnation.

Dès l'instant où ladite consignation aura été effectuée, les garanties constituées par
la partie au profit de laquelle l'exécution provisoire avait été prononcée, étant
devenues sans objet, sont libérées.

Article 142 : Le dépôt ou la consignation visés aux articles précédents sont


effectués au greffe ou à un compte spécial dans une institution financière suivant les
modalités arrêtées par le juge.

Article 143 : Le jugement doit être notifié à la requête de la partie la plus diligente,
selon les modalités fixées au titre III du présent code.

CHAPITRE VI : DES JUGEMENTS PAR DEFAUT

Article 144 : Le défendeur qui ne comparait pas peut, à l'initiative du demandeur


ou sur décision prise d’office par le juge, être à nouveau invité à comparaître si
22
l'assignation n'a pas été délivrée à personne.

L’assignation est sauf application des règles particulières à certaines juridictions,


réitérées selon les formes de la première assignation. Cette réassignation doit
mentionner, selon le cas, les dispositions de l'article 146 ou celles de l'article 147
alinéa 2 du présent code.

Le juge peut en outre informer l'intéressé, par simple lettre, des conséquences de
son abstention.

Article 145 : Si sans motif légitime, le demandeur ne comparaît pas, le défendeur


peut requérir un jugement sur le fond, qui sera contradictoire.

Faute par le défendeur d'user de cette faculté, le juge peut déclarer l'assignation
caduque et l'instance périmée.

Article 146 : Si le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond.

Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière,


recevable et bien fondée.

Le jugement est rendu par défaut si la décision est en dernier ressort et si


l'assignation n’a pas été délivrée à personne.

Il est réputé contradictoire lorsque la décision est susceptible d'appel ou lorsque la


citation a été délivrée à la personne du défendeur.

Article 147 : En cas de pluralité de défendeurs, cités pour le même objet, si l’un au
moins d’entre eux ne comparait pas, le jugement est réputé contradictoire à l'égard
de tous lorsque la décision est susceptible d'appel ou lorsque ceux qui ne
comparaissant pas ont été cités à personne.

Si la décision requise n'est pas susceptible d'appel, les défendeurs qui n'ont pas été
cités à personne et ne comparaissent pas doivent être cités à nouveau. Le jugement
rendu après nouvelles citations est réputé contradictoire à l'égard de tous, dès lors
que l'un des défenseurs comparaît ou a été cité à personne sur première ou seconde
citation ; dans le cas contraire le jugement est rendu par défaut.

Article 148 : Si, après avoir comparu, l'une des parties s'abstient d'accomplir les
actes de la procédure dans les délais à lui impartis, le juge statue par jugement
contradictoire au vu des éléments dont il dispose.

Le défendeur peut cependant demander au juge de déclarer la citation caduque et


l'instance périmée lorsque le demandeur ajourne l’instance sans motif valable
pendant deux (02) ans ou lorsque l’affaire a été renvoyée au rôle général depuis trois
23
(03) ans.

Article 149 : Si aucune des parties n’accomplit les actes de la procédure dans les
délais requis, le juge peut, d'office, radier l’affaire par décision non susceptible de
recours après un dernier avis adressé aux parties elles-mêmes et à leur mandataire
si elles en ont un.

Article 150 : Le jugement par défaut ou réputé contradictoire rendu contre une
partie demeurant à l'étranger doit constater expressément les diligences faites en
vue de donner connaissance de l'acte introductif d'instance au défendeur.

Article 151 : Les jugements par défaut peuvent être frappés d'opposition, sauf dans
le cas où cette voie de recours est écartée par une disposition expresse.

Article 152 : Les jugements réputés contradictoires ne peuvent être frappés de


recours que par les voies ouvertes contre les jugements contradictoires.

CHAPITRE VII : DE LA PROCEDURE EN MATIERE GRACIEUSE

Article 153 : Lorsque, en l’absence de contestation, le demandeur est tenu, en raison


de sa qualité ou de la nature de l'affaire, d'obtenir une décision du tribunal, la
demande est formée par simple requête.

Article 154 : La requête est remise au greffier, qui la transmet au juge.

Article 155 : Si l'affaire ne nécessite pas l'audition des parties et peut être jugée sur
pièces, la décision est rendue dans le cabinet du juge et notifiée en expédition aux
parties à la diligence du greffier.

Article 156 : Si l'affaire requiert des auditions de parties ou de témoins, et des


observations des parties ou du ministère public, elle est jugée en la forme ordinaire
à la date notifiée aux parties par le greffier.

CHAITRE VIII : DES REFERES

Article 157 : Dans tous les cas d'urgence, le président du tribunal peut ordonner, en
référé, toutes les mesures qui ne se heurtent à aucune contestation sérieuse ou que
justifie l'existence d'un différend. Ce pouvoir s'étend à toutes les matières où il
n'existe pas de procédure spéciale de référé.

Il peut également en être référé au président pour statuer sur les difficultés
d'exécution d'un jugement ou d'un autre titre exécutoire conformément aux articles
286 à 288 du présent code.

24
Article 158 : La demande est portée à une audience tenue à cet effet par le président
du tribunal aux jour et heure habituels des référés.

Si néanmoins le cas requiert célérité, le président peut permettre d'assigner même


les jours fériés ou chômés, soit à l'audience, soit à son domicile, à heure indiquée.

Article 159 : Le président s’assure qu’il s'est écoulé un temps suffisant entre
l'assignation et l'audience pour que la partie assignée ait pu préparer sa défense.

Article 160 : Les ordonnances de référé sont toujours provisoires ; elles n'ont pas
autorité de chose jugée au principal ; elles ne peuvent être modifiées ou rapportées
en référé qu'en cas de circonstances nouvelles.

Le juge des référés peut prononcer des condamnations à des astreintes et aux dépens.
Il est habilité à liquider à titre provisoire les astreintes qu'il a ordonnées.

Article 161 : Les ordonnances de référé sont exécutoires par provision sans caution
à moins que le président n'ait ordonné qu'il en serait fourni une. En cas de nécessité,
le président peut ordonner l'exécution de son ordonnance sur minute.

Article 162 : Les ordonnances de référé ne sont pas susceptibles d'opposition. Elles
peuvent être frappées d'appel dans le délai de quinze (15) jours.

CHAPITRE IX : DES ORDONNANCES SUR REQUETE

Article 163 : Le président du tribunal est saisi par requête dans les cas spécifiés par
la loi.

Il peut également ordonner sur requête toutes mesures urgentes lorsque les
circonstances exigent qu’elles ne soient pas prises contradictoirement.

Article 164 : L’ordonnance sur requête est motivée. Elle est exécutoire sur minute.
Un double en est conservé au greffe.

Article 165 : S'il n’est pas fait droit à la requête, appel peut être interjeté dans les
quinze (15) jours de la décision ; s’il y est fait droit, tout intéressé peut en référer au
juge qui a la faculté de modifier ou de rétracter son ordonnance.

TITRE V - DES VOIES DE RECOURS

CHAPITRE Ier : DES DISPOSITIONS COMMUNES

Article 166 : Les délais de recours partent de la notification prescrite à l’article 143
du présent code.
25
Le délai court même à l'encontre de celui qui notifie.

Article 167 : En cas de condamnation solidaire ou indivisible de plusieurs parties,


la notification faite à l'une d'elles ne fait courir le délai qu'à son égard.

Dans le cas où le jugement profite solidairement ou individuellement à plusieurs


parties, chacune peut se prévaloir de la notification faite par l'une d'elles.

Article 168 : Le délai ne court contre le mineur non émancipé ou le majeur


incapable que du jour où le jugement est notifié à son tuteur ou curateur.

Article 169 : S'il se produit, au cours du délai d'opposition ou d'appel, un


changement dans la capacité d'une partie à laquelle le jugement avait été notifié, le
délai est interrompu.

Le délai court en vertu d’une notification faite à celui qui a désormais qualité pour
la recevoir.
Article 170 : Le délai d'opposition ou d'appel est interrompu par le décès de la partie
à laquelle le jugement avait été notifié.

Le délai court en vertu d'une notification faite aux héritiers qui peuvent désigner un
représentant commun ad hoc.

Article 171 : Le délai pour faire opposition ou relever appel est suspensif
d’exécution.

L'opposition ou l'appel suspendent pareillement l'exécution.

Le délai de pourvoi en cassation ainsi que le pourvoi ne sont suspensifs que dans
les cas spécifiés par la loi.

Article 172 : Les dispositions de l’article précédent ne font pas obstacle à


l'exécution des jugements lorsque l'exécution provisoire est de droit ou a été
ordonnée.

Article 173 : La notification d'un recours est valablement faite au domicile


personnel de la partie mentionnée dans la notification du jugement.

Article 174 : Dans le cas où la partie qui a notifié le jugement est décédée, le recours
peut être notifié à ses héritiers, collectivement et sans désignation s'ils n'ont pas
désigné un représentant commun ad'hoc.

Article 175 : En cas de cessation de fonctions d'un représentant légal d’une partie,
celui-ci peut exercer le recours en son nom s'il y a un intérêt personnel. Le recours
peut pareillement être exercé contre lui.
26
CHAPITRE II : L’OPPOSITION

Article 176 : L'opposition, recours ordinaire, tend à faire rétracter les jugements par
défaut.

Elle n'est ouverte qu'au défaillant.

Article 177 : L'opposition remet en question, devant le même juge, les points jugés
par défaut pour qu'il soit à nouveau statué en fait et en droit.

Le jugement frappé d'opposition n'est anéanti que par le jugement qui le rétracte.

Article 178 : Le délai d'opposition est de quinze (15) jours.

Toutefois, si la notification du jugement n'a pas été faite à personne, le défaillant


peut faire opposition jusqu'à l'exécution consommée du jugement.

Si le juge sait par lui-même ou par les représentations qui lui seraient faites par les
proches, voisins ou amis du défendeur que celui-ci n'a pu être instruit de la
procédure, il peut en adjugeant le défaut, fixer pour le délai de l'opposition le temps
qui lui paraît convenable. Dans le cas où la prorogation n'aurait été ni accordée
d’office, ni demandée, le défaillant peut être relevé de la rigueur du délai et admis
à opposition en justifiant qu'en raison d'absence ou de maladie grave, il n'a pu être
instruit de la procédure.

Article 179 : L'opposition doit contenir sommairement les moyens de la partie et


assignation au prochain jour d'audience ordinaire, compte tenu des délais fixés par
l'article 64 du présent code.

Toutefois, l'opposition peut être formée soit par acte extrajudiciaire, soit par
déclaration sur les commandements, procès-verbaux de saisie ou tout autre acte
d'exécution, à charge par l'opposant, de la réitérer dans les dix jours, outre les délais
de distance, suivant les formes ordinaires, passé lequel temps elle n’est plus
recevable et l’exécution est continuée sans qu'il soit besoin de la faire ordonner.

Article 180 : L'affaire est instruite et jugée selon les règles applicables devant la
juridiction qui a rendu la décision frappée d'opposition.

Article 181 : Celui qui se laisserait juger une seconde fois par défaut n'est plus
admis à former une nouvelle opposition.

CHAPITRE III : DE L’APPEL

Article 182 : L'appel, recours ordinaire, contre les jugements des juridictions du
premier degré, tend à faire réformer et annuler par le juge d'appel, la décision du
27
premier juge.

Section 1ère : Du droit d'appel

Article 183 : La voie de l’appel est ouverte en toutes matières, même gracieuses,
contre les jugements de première instance, s'il n'en est autrement disposé.

Les actes d'administration judiciaire ne sont pas susceptibles d'appel.

Article 184 : Les jugements qui tranchent dans leur dispositif une partie du principal
et ordonnent une mesure d’instruction ou une mesure provisoire, peuvent être
immédiatement frappés d’appel comme les jugements qui tranchent tout le
principal.

Il en est de même des jugements qui, sans juger le fond, mettent fin à l'instance.

Article 185 : Le droit d'appel appartient à toute partie qui a y intérêt, si elle n’y a
pas renoncé.

Article 186 : En matière contentieuse, l’appel ne peut être dirigé que contre ceux
qui ont été parties en première instance. Tous ceux qui ont été parties peuvent être
intimés.

En matière gracieuse, l'appel est recevable nonobstant l'absence d'autres parties.

Article 187 : L'appel peut être incidemment relevé par l’intimé tant contre
l’appelant que contre les autres intimés.

Article 188 : L'appel incident peut également émaner, sur l'appel principal ou
incident qui le provoque, de toute personne, même non intimée, ayant été partie en
première instance.

Article 189 : L'appel incident ou l'appel provoqué peut être formé en tout état de
cause alors même que celui qui l’interjetterait serait forclos pour agir à titre
principal.

Dans ce dernier cas, il n’est toutefois pas reçu si l'appel principal n'est pas lui-même
recevable.

La juridiction d'appel peut condamner à des dommages et intérêts ceux qui se


seraient abstenus, dans une intention dilatoire, de former suffisamment tôt leur appel
incident ou provoqué.

Article 190 : En cas de solidarité ou d’indivisibilité entre plusieurs parties, l’appel


formé par l'une conserve le droit d'appel des autres, sauf à ces dernières à se joindre
28
à l'instance.

Dans les mêmes cas, l'appel dirigé contre l'une des parties, réserve à l'appelant la
faculté d'appeler les autres à l'instance.

La mise en cause de tous les intéressés peut être ordonnée d'office.

Article 191 : En cas d'indivisibilité entre plusieurs parties, l'appel de l'une produit
effet à l'égard des autres même si celles-ci ne sont pas jointes à l'instance ; l’appel
formé contre l'une n'est recevable que si toutes sont appelées à l'instance.

Article 192 : Peuvent intervenir en cause d'appel dès lors qu’elles y ont intérêt, les
personnes qui n’ont été ni parties, ni représentées en première instance ou qui y ont
figuré en une autre qualité.

Ces mêmes personnes peuvent être appelées devant la juridiction d'appel, même aux
fins de condamnation, quand l'évolution du litige implique leur mise en cause.

Article 193 : Les personnes capables de compromettre, peuvent renoncer à l'appel.


Elles ne le peuvent que pour les droits dont elles ont la libre disposition.

Article 194 : La renonciation à l'appel ne peut être antérieure à la naissance du litige.

Article 195 : Le délai d'appel est d'un mois, s'il n'en est autrement disposé. Il ne
court pour les jugements par défaut qu'à compter du jour où l’opposition n’est plus
recevable.

Section 2 : Des effets de l’appel

Article 196 : L'appel remet la chose jugée en question devant la juridiction d'appel
pour qu'il soit à nouveau statué en fait et en droit.

Article 197 : L'appel ne défère à la juridiction d'appel que la connaissance des chefs
de jugement qu'il critique expressément ou implicitement et de ceux qui en
dépendent.

La dévolution s'opère pour le tout lorsque l'appel n’est pas limité à certains chefs,
lorsqu'il tend à l'annulation du jugement ou si l'objet du litige est indivisible.

Article 198 : Pour justifier en appel les prétentions qu'elles avaient soumises aux
premiers juges, les parties peuvent invoquer par des moyens nouveaux, produire de
nouvelles pièces ou de nouvelles preuves.

Article 199 : Les parties ne peuvent soumettre à la juridiction d'appel de nouvelles


prétentions si ce n’est pour opposer compensation, faire écarter les prétentions
29
adverses ou faire juger les questions nées de l’intervention d’un tiers ou de la
révélation d'un fait.

Article 200 : La prétention n'est pas nouvelle dès lors qu’elle tend aux mêmes fins
que la demande originaire, même si son fondement juridique est différent de celui
des prétentions initiales.

Article 201 : Les parties peuvent aussi expliciter les prétentions qui étaient
virtuellement comprises dans la demande originaire, ajouter à celles-ci les dimandes
qui n'en sont que l’accessoire, la conséquence ou le complément.

Article 202 : Lorsque la juridiction d'appel saisie d'un jugement qui a ordonné une
mesure d'instruction, ou d'un jugement qui, statuant sur une exception de procédure,
a mis fin à l'instance, elle peut évoquer les points non jugés si elle estime de bonne
justice de donner à l'affaire une solution définitive après avoir ordonné elle-même,
le cas échéant, une mesure d'instruction.

L'évocation ne fait pas obstacle à l'application des articles 192 et 198 à 201 du
présent code.

Article 203 : la suspension de l’exécution des jugements improprement qualifiés en


dernier ressort peut être ordonnée par le juge d'appel à tout moment de l'instance.

Article 204 : Le juge d'appel peut suspendre pareillement l'exécution du jugement


si celle-ci a été ordonnée à titre provisoire hors les cas et conditions prévus par la
loi.

Article 205 : En cas d'appel principal dilatoire ou abusif, l’appelant peut par une
disposition spécialement motivée, être condamné à une amende civile de deux mille
(2.000) à cinquante mille (50.000) francs CFA.

Section 3 : De la procédure en matière contentieuse

Article 206 : L'acte d'appel est notifié aux intimés selon les prescriptions du titre III
du présent code. Il comporte assignation devant le juge d'appel qui doit être
expressément désigné.

L'appel peut aussi résulter d'une requête conjointe remise au greffe de la juridiction
d'appel dans le délai fixé par l’article 195 du présent code.

Article 207 : L’appelant doit remettre au greffe de la juridiction d'appel une


expédition du jugement attaqué.

Article 208 : L'appel incident ou provoqué est formé par déclaration à l'audience ou
dépôt de conclusions écrites régulièrement communiquées en copie aux autres
30
parties.

Article 209 : La juridiction d’appel est soumise aux mêmes prescriptions que les
juridictions de premier degré pour tout ce qui concerne les assignations, l'instruction
de la cause, les débats, le prononcé des jugements et leur exécution.

Les délibérations de la cour sont secrètes, la décision est prise à la majorité des voix.

Section 4 : De la procédure en matière gracieuse

Article 210 : L’appel des décisions rendues en matière gracieuse est formé par
simple requête.

Article 211 : La juridiction d’appel est saisie par la remise au greffe, dans le délai
d'appel, de la requête signée par l'appelant ou son mandataire.

L'appel est instruit et jugé selon les applicables en première instance.

Article 212 : Dans le cas où l'appel est dirigé contre une partie à l'instance devant
les premiers juges, il est formé, instruit et jugé conformément aux dispositions de la
section 3 du présent chapitre.

Section 5 : Des référés

Article 213 : Dans tous les cas d'urgence, le président de la juridiction d'appel peut
ordonner en référé, au cours de l’instance d'appel toutes les mesures qui ne se
heurtent à aucune contestation sérieuse ou que justifie l'existence d'un différend.

Dans les cas prévus aux articles 203 et 204 du présent code ou si les premiers juges
ont omis de se prononcer sur l'exécution provisoire ou encore si celle-ci s'avère
nécessaire bien qu'elle n'ait pas été antérieurement demandée, le président de la
juridiction d'appel peut également ordonner en référé, au cours de l'instance d'appel,
toutes les mesures utiles.

Article 214 : Les dispositions des articles 158 à 161 du présent code sont
applicables aux référés du président de la juridiction d'appel. Ses ordonnances de
référé ne sont pas susceptibles d'opposition.

Section 6 : Des ordonnances sur requête

Article 215 : Le président de la juridiction d'appel peut, au cours de l'instance


d'appel, ordonner sur requête toutes mesures urgentes relatives à la sauvegarde de
droits d'une partie ou d'un tiers lorsque les circonstances exigent qu'elles ne soient
pas prises contradictoirement.
31
Article 216 : L'ordonnance sur requête est motivée. Elle est exécutoire sur minute.
Un double est conservé au greffe.

Article 217 : En cas de difficulté, tout intéressé peut en référer au président de la


juridiction d'appel.

Article 218 : Le président de la juridiction d'appel a toujours la faculté de modifier


ou de rétracter son ordonnance à la demande du requérant.

CHAPITRE IV : DU POURVOI EN CASSATION

Section 1ère: Des Dispositions générales

Article 219 : Le pourvoi en cassation est une voie de recours tendant à mettre à
néant un jugement rendu en dernier ressort qui lèse le requérant par suite d'une
méconnaissance ou d'une interprétation erronée de la loi ou par suite d’une violation
des règles de procédure prescrites à peine de nullité.
La cour suprême est tenue par les points de fait jugés par la juridiction de dernier
ressort.

Article 220 : Lorsque le pourvoi n'est pas rejeté, la cour prononce la cassation du
jugement attaqué et renvoie Ia cause devant une juridiction de même rang que celle
ayant rendu le jugement cassé, s'il y a lieu à renvoi.

Si cette juridiction de renvoi est unique, elle est à nouveau saisie mais son siège doit
être composé exclusivement de magistrats n'ayant pas connu de la procédure cassée.

Article 221 : La juridiction de renvoi est tenue par le point le droit défini par l'arrêt
de cassation.

Article 222 : Le pourvoi peut être formé par toute partie au jugement attaqué dans
le délai de deux mois à compter du point de départ déterminé par l'article 166 du
présent code.

Il court dans les mêmes conditions que le délai d'appel. Le ministère public peut se
pourvoir sans condition de délai dans l'intérêt de la loi.

Article 223 : Le pourvoi n’est pas suspensif de l'exécution du jugement attaqué sauf
en matière d'état des personnes et ou en matière d'immatriculation foncière.

Toutefois, le requérant au pourvoi peut solliciter du président de la cour suprême un


sursis à exécution, lorsque celle-ci est de nature à créer une situation irréversible.

La décision de sursis peut être subordonnée à la constitution d’une garantie dont les
modalités sont arrêtées par le président de la cour suprême.
32
Section 2 : De la procédure de cassation

Article 224 : Le pourvoi est formé par la remise au greffe de la cour suprême d’une
enquête motivée précisant les moyens invoqués, signée par l'avocat du requérant.

Cette requête peut être adressée par lettre recommandée, ou par messager,
lorsqu'elle n'est pas remise personnellement par l'avocat du requérant.

Dans les cas le greffier en accuse réception et la notifie ensuite aux autres parties en
cause, conformément aux prescriptions du titre III du présent code.

Article 225 : Si l’arrêt ou le jugement attaqué renferme plusieurs dispositions, la


requête précise l'indication des chefs contre lesquels le pourvoi est dirigé. Les
dispositions non attaquées ne peuvent faire l'objet d'un pourvoi ultérieur.

Article 226 : Au moment de la remise du pourvoi, le greffier inscrit le rôle général,


qui est tenu public.

Article 227 : Le requérant peut joindre à son pourvoi ou produire dans les quinze
(15) jours du dépôt de celui-ci, un mémoire ampliatif développant ses moyens de
cassation. Ce mémoire est notifié par les soins du greffier à la partie adverse qui est
invitée à répliquer, dans le délai fixé par le conseiIler rapporteur, par un mémoire
écrit, notifié au requérant dans les mêmes conditions.

Article 228 : Le pourvoi du ministère public, soit du chef d'excès de pouvoir, soit
dans l’intérêt de la loi, est introduit sous la forme d'un réquisitoire déposé au greffe.

Le pourvoi du chef d'excès de pouvoir est signifié aux parties intéressées qui
peuvent intervenir, dans les deux (02) mois de cette notification.

Article 229 : Le président de la cour désigne pour chaque affaire un conseiller


rapporteur qui, après avoir recueilli tous renseignements résume les éléments de la
cause dans un rapport écrit qui est communiqué avec le dossier au ministère public.

Article 230 : Le ministère public dépose ses conclusions et renvoie le dossier au


président de la cour qui fixe alors la date de l'audience.

Article 231 : Les parties et leurs conseils sont avisés de la date d'audience par lettre
recommandée avec accusé de réception ou tout autre moyen offrant une égale
garantie de réception par le destinataire.

Il doit s'écouler entre la réception de cet avis et la date d'audience un délai d'une
semaine au moins.

Article 232 : Les avocats des parties présentent leurs observations. Le ministère
33
public prend la parole le dernier, après quoi les débats sont clos et la cour délibère.

Article 233 : Les dispositions des articles 124 à 127 du présent code sont
applicables aux arrêts de la cour suprême. Celles des articIes 144 et 145 du présent
code sont applicables en cas de défaut injustifié des parties.

Article 234 : Si le pourvoi est jugé irrecevable comme tardif ou nul en la forme, la
cour n’a pas à statuer sur les moyens invoqués à l'appui du pourvoi.

Si la cour retient l'un des moyens invoqués, elle n'a pas à statuer sur les autres
moyens dès lors que le moyen retenu entraîne cassation.

Article 235 : Le demandeur en cassation qui succombe dans son pourvoi est
condamné au paiement d’une amende civile de cinq mille (5.000) à cent mille
(100.000) francs CFA si la cour estime le pouvoir abusif.

La cour peut accorder des dommages-intérêts à la partie qui a souffert de


l'inexécution de la décision frappée d'un pourvoi injustifié.

Article 236 : Les arrêts par défaut ne sont pas susceptibles d'opposition.

Article 237 : L'arrêt rendu est notifié à chaque partie à la diligence du greffier
conformément aux prescriptions du titre III du présent code.

Article 238 : S'il y a lieu à renvoi, le greffier adresse le dossier de la procédure,


accompagné d'une expédition de l'arrêt de cassation à la juridiction de renvoi après
avoir procédé à toutes diligences pour le recouvrement des frais et amendes. La
cause est alors reprise devant la juridiction de renvoi conformément à la procédure
applicable devant celle-ci. Les parties sont assignées pour la date fixée par le
président de cette juridiction au plus tard dans le délai d'un mois à compter de la
réception du dossier outre les délais de distance.

CHAPITRE V : DE LA TIERCE OPPOSITION

Article 239 : Une partie peut former tierce opposition à un jugement qui préjudicie
à ses droits, et lors duquel, ni elle, ni ceux qu’elle représente, n’ont été appelés.

Article 240 : La tierce opposition formée par action principale est portée au tribunal
qui a rendu le jugement attaque.

La tierce opposition incidente à une contestation dont un tribunal est saisi est
formée par requête à ce tribunal.

Article 241 : Le tribunal devant lequel le jugement attaqué a été produit peut,
suivant les circonstances, passer outre ou surseoir.
34
Article 242 : Les jugements passés en force de chose jugée, portant condamnation
à délaisser la possession d'un héritage, sont exécutés contre les parties condamnées
nonobstant la tierce opposition et sans y préjudicier.

Dans les autres cas, les juges peuvent, suivant les circonstances, suspendre
l'exécution du jugement.

Article 243 : La partie dont la tierce opposition est rejetée est condamnée à une
amende civile de deux mille (2.000) à vingt mille (20.000) francs CFA sans
préjudice des dommages et intérêts s'il y a lieu.

CHAPITRE VI : DE LA REQUETE CIVILE

Article 244 : Les jugements contradictoires rendus en dernier ressort et qui ne sont
plus susceptibles d'une voie de recours ordinaire, peuvent être rétractés sur la
requête de ceux qui y ont été parties ou dûment appelés pour les causes ci-après:

1) s'il y a eu dol personnel ;


2) s'il a été prononcé sur des choses non demandées ;
3) s'il a été adjugé plus qu'il n'a été demandé ;
4) s'il a été omis de prononcer sur l'un des chefs de demande ;
5) s'il y a contrariété de jugements en dernier ressort entre les mêmes parties et
sur les mêmes moyens dans les mêmes juridictions ;
6) si dans un même jugement il y a des dispositions contraires ;
7) si l'on a jugé sur pièces reconnues fausses depuis le jugement ;
8) si, depuis le jugement, il a été recouvré des pièces décisives et qui avaient été
retenues par le fait de la partie.

Article 245 : L'Etat, les collectivités locales, les établissements publics et les
mineurs sont encore reçus à se pourvoir s'ils n'ont été défendus, ou s'ils ne l'ont été
valablement.

Article 246 : S'il n'y a ouverture que contre un chef de jugement, il peut seul être
rétracté à moins que les autres n'en soient dépendants.

Article 247 : Le délai de la requête civile est de deux mois, il court dans les mêmes
conditions que le délai d'appel.

Article 248 : Le délai de deux mois ne court contre les mineurs que du jour de la
notification du jugement, faite depuis leur majorité, à personne ou à domicile.

Article 249 : Lorsque les ouvertures de requête civile sont le faux, le dol ou la

35
découverte de pièces nouvelles, le délai ne court que du jour où, soit le faux, soit le
dol ont été reconnus ou les pièces découvertes, pourvu que, dans ces deux derniers
cas, il y ait preuve par écrit du jour, et non autrement.

Article 250 : S'il y a contrariété de jugement, le délai court du jour de la notification


du dernier jugement.

Article 251 : La requête civile est portée au même tribunal où le jugement attaqué
a été rendu. Il peut y être statué par les mêmes juges.

Article 252 : Si une partie veut attaquer par la requête civile un jugement produit
dans une cause pendante devant un tribunal autre que celui qui l'a rendu, elle doit se
pourvoir devant le tribunal qui a rendu le jugement attaqué ; le tribunal saisi de la
cause dans laquelle il est produit peut, suivant les circonstances, passer outre ou
surseoir.

Article 253 : La requête civile est introduite selon les dispositions de l'article 67 du
présent code et notifiée à la partie qui a obtenu le jugement attaqué, selon les
prescriptions du titre Ill du présent code.

Article 254 : Si la requête civile est formée incidemment devant un tribunal


compétent pour en connaître, elle l’est par requête écrite ou encore par requête orale
consignée à la feuille d'audience, qui est signée du requérant et visée par le président
d'audience et le greffier.

Article 255 : La requête civile ne peut être reçue avant la consignation au greffe
d’une provision sur frais de cinq mille (5.000) francs CFA.

Cette consignation est réduite de moitié si le jugement attaqué est par défaut ou s'il
a été rendu par un tribunal du travail.

Article 256 : La requête civile peut, sur instruction du ministre chargé de la justice,
être formée par le ministère public sans condition de délai et sans consignation.

La requête du ministère public est notifiée par le greffier aux parties intéressées qui
reçoivent assignation pour l'audience selon les prescriptions du titre III du présent
code.

Article 257 : La requête civile n'a pas d'effet suspensif. Les dispositions de l'article
223 du présent code lui sont applicables.

Article 258 : Toute requête civile est communiquée au ministère public qui dépose
des conclusions.

Article 259 : Si la requête civile est rejetée, le demandeur est condamné à l'amende
36
et aux dommages-intérêts dans les conditions prévues à l'article 235 du présent code.

Article 260 : Si la requête civile est admise, le jugement est rétracté et les parties
sont remises en l’état où elles étaient avant ce jugement.
Les sommes consignées doivent être rendues, et les objets des condamnations ayant
été perçus en vertu du jugement rétracté doivent être restitués.

Lorsque la requête civile est entérinée pour raison de contrariété de jugement, la


décision d'entérinement ordonne l'exécution du premier jugement selon ses forme
et teneur.

Article 261 : Le fond de la contestation sur laquelle le jugement rétracté a été rendu
est porté au même tribunal qui a statué sur la requête civile.

Article 262 : Aucune partie ne peut se pourvoir en requête civile soit contre le
jugement déjà attaqué par cette voie, soit contre le jugement qui l’a rejetée, soit
contre celui rendu sur le rescisoire, à peine de nullité et de dommages-intérêts.

Article 263 : La contrariété de jugements rendus en dernier ressort entre les mêmes
parties et sur les mêmes moyens en différentes juridictions donne ouverture à
cassation. L'instance est formée et jugée selon la procédure ordinaire de cassation.

CHAPITRE VII : DE LA PRISE A PARTIE

Article 264 : Les juges peuvent être pris à partie dans les cas suivants :

1°) s'il y a dol, fraude, concussion ou faute lourde professionnelle qu'on prétendrait
avoir été commis, soit dans le cours de l'instruction, soit lors des jugements ;

2°) s'il y a déni de justice.

L'Etat est civilement responsable des condamnations en dommages-intérêts


prononcés en raison de ces faits contre les magistrats, sauf son reours contre ces
derniers.

Article 265 : Il y a déni de justice lorsque les juges refusent de répondre aux
requêtes, ou négligent de juger les affaires en état et en tour d'être jugées.

Article 266 : Le déni de justice est constaté par deux (02) réquisitions faites par
huissier, adressées au magistrat, à huit (08) jours au moins de distance.

Article 267 : La prise à partie contre les magistrats des tribunaux d’instance est
portée devant la cour d'appel.

La prise à partie contre les magistrats de la cour d'appel est portée devant la lour
37
suprême.

Article 268 : Aucun magistrat ne peut être pris à partie sans une autorisation
préalable du président de la cour d’appel, en ce qui concerne les juridictions de
premier degré, ou du président de la cour suprême en ce qui concerne les magistrats
de cour d'appel.

Cette autorisation est précédée d'un avis du procureur général.

En cas de refus d'autorisation, qui est motivé, la partie plaignante peut saisir la cour
suprême. Si elle succombe, elle est condamnée au payement de l'amende prévue à
l'article 235 du présent code.

Article 269 : Il est présenté à cet effet, une requête signée de la partie ou de son
avocat, exposant les faits et accompagnées des pièces justificatives, à peine de
nullité.

Article 270 : Il ne peut être employé aucun terme injurieux contre les juges à peine,
contre la partie, de telle amende d’un maximum de dix mille (10.000) francs CFA,
sans préjudice des peines prévues par le code pénal, réprimant l'outrage à magistrat.

Article 271 : La cour rejette ou admet la requête. Dans ce dernier cas, elle est
notifiée au magistrat pris à partie, qui est tenu de fournir ses défenses dans la
quinzaine augmentée des délais de distance.

Article 272 : La prise à partie est portée à l’audience au jour fixé par le président
de la cour et notifiée aux parties par lettre recommandée par les soins du greffier.

Article 273 : Le magistrat qui a reçu notification de la demande de prise à partie


doit, jusqu'à l'arrêt définitif sur celle-ci, s'abstenir de toute participation dans la
cause et même dans toutes les causes que la partie ou ses parents en ligne directe ou
son conjoint peuvent avoir devant sa juridiction, à peine de nullité des jugements.

Article 274 : Si le demandeur est débouté, il est condamné à des dommages-intérêts


envers les parties, s'il y a lieu.

TITRE VI - DE L'ARBITRAGE

Article 275 : Les procédures relatives à l’arbitrage sont réglées par l’acte uniforme
de l’OHADA relatif au droit de l’arbitrage.

38
TITRE VII - DE L'EXECUTION DES JUGEMENTS ET ACTES
JUDICIAIRES

CHAPITRE Ier : DES DISPOSITIONS GENERALES

Article 276 : Nul jugement, nul acte, ne peut être mis à exécution s'il n'est revêtu
de la formule exécutoire.

Article 277 : La remise du jugement ou de l'acte à l'huissier de justice vaut pouvoir


pour toute exécution pour laquelle il n'est pas exigé de pouvoir spécial.

Article 278 : Aucune exécution ne peut être faite avant six (06) heures et après vingt
(20) heures, non plus que les jours fériés ou chômés si ce n’est en vertu de la
permission du juge en cas de nécessité.

Article 279 : Les jugements ne sont exécutoires qu'à partir du moment où n'étant
plus susceptibles de recours suspensif, ils passent en force de chose jugée, à moins
que l'exécution provisoire ne soit de droit ou n'ait été ordonnée.

Article 280 : Les jugements ordonnant des mesures provisoires ou conservatoires


sont toujours exécutoires par provision.

Article 281 : Les jugements ne peuvent être exécutés contre ceux auxquels ils sont
opposés qu'après leur avoir été notifiés, à moins que l'exécution n'en soit volontaire.

Article 282 : L'exécution sans réserve d'un jugement non exécutoire vaut
acquiescement, hors les cas où celui-ci n'est pas permis.

Article 283 : La preuve du caractère exécutoire à l'égard des tiers ressorts, soit
du jugement lui-même lorsque l'exécution provisoire est de droit ou a été ordonnée,
soit de la justification de ce qu'il est passé en force de chose jugée.

Cette justification résulte:

- soit de l'acquiescement de la partie contre laquelle l'exécution est poursuivie


;
- soit de la notification de la décision et d'un certificat attestant l'absence
d'opposition, d'appel ou de pourvoi en cassation lorsque le pourvoi est
suspensif.

Article 284 : Toute partie peut se faire délivrer, par le greffier de la juridiction
devant laquelle le recours pouvait être formé, un certificat attestant l'absence
d'opposition, d'appel ou de pourvoi en cassation.

39
Article 285 : Les mainlevées, radiations de sûretés, mentions, transcriptions ou
publications qui doivent être faites en vertu d'un jugement sont valablement faites
au vu de la production, par tout intéressé, d'une expédition ou d'une copie certifiée
conforme du jugement et, s'il n'est pas exécutoire par provision, de la justification
de son caractère exécutoire. Cette justification peut résulter d'un certificat établi par
l'avocat constitué.

CHAPITRE II : DU JUGE DE L’EXECUTION

Article 286 : Dans chaque juridiction civile, les incidents d'exécution des jugements
ou arrêts qu'elle a rendus sont soumis au président de cette juridiction ou à un
magistrat qu'il délègue en qualité de juge de l'exécution.

Article 287 : Le juge de l'exécution est saisi sur requête, accompagnée des pièces
justificatives.

Il peut, le cas échéant, appeler et entendre les autres parties et renvoyer l'incident
devant la formation collégiale de la juridiction.

Article 288 : Le juge de l'exécution peut accorder dans les conditions de l'article
1244 du code civil applicable au Togo, un délai de grâce, avec toutes conditions et
modalités qu'il fixe en équité, et en vue de la bonne exécution finale de la
condamnation.
CHAPITRE III : DES ASTREINTES

Article 289 : Les tribunaux peuvent, même d'office, ordonner une astreinte pour
assurer l'exécution de leurs décisions notamment lorsqu'elles édictent une obligation
de faire ou de démolir.

L'astreinte peut être ordonnée postérieurement à la décision au fond par le juge de


l'exécution, notamment dans le cas du refus manifeste de la partie condamnée de
satisfaire à la décision exécutoire.

Article 290: L'astreinte est indépendante des dommages-intérêts. Elle est provisoire
ou définitive.

L’astreinte doit être considérée comme provisoire à moins que le juge n'ait précisé
son caractère définitif.

Article 291 : Au cas d'inexécution totale ou partielle ou de retard dans l'exécution,


le juge qui a ordonné l'astreinte doit procéder à sa liquidation.

Article 292 : Le juge peut modérer ou même supprimer pour cause d'équité
l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée.

40
CHAPITRE IV : DES SAISIES

Article 293 : Les procédures relatives aux voies d’exécution sont réglées par l’acte
uniforme de l’OHADA relatif aux voies d’exécution.

TITRE VIII - DES FRAIS DE JUSTICE

Article 294 : Avant l'inscription de la cause au rôle, le demandeur doit consigner


entre les mains du greffier la somme présumée nécessaire au paiement des frais.

Cette consignation est de neuf mille (9.000) francs CFA au premier degré et de
vingt-cinq mille (25.000) francs CFA au second degré.

Article 295 : La cause ne peut être inscrite au rôle tant que la consignation prescrite
n'est pas opérée. L'inscription est rayée si le complément de consignation exigé
ultérieurement pour les incidents de procédure n'est pas opéré.

Article 296 : Toute partie qui succombe est condamnée aux dépens.

Toutefois, lorsque le demandeur est un actionnaire minoritaire d’une société, la


totalité des dépens est laissée à la charge de la société, sauf s’il est prouvé que
l’action a été initiée dans une intention de nuire.

Le tribunal peut, dans les autres cas, laisser la totalité ou une fraction des dépens à
la charge d’une autre partie suivant motivation spéciale.

Article 297 : Les avocats et huissiers ayant excédé les bornes de leur ministère, les
tuteurs, curateurs, ou autres administrateurs ayant compromis les intérêts dont ils
étaient chargés, peuvent être condamnés aux dépens en leur nom et sans répétition,
même aux dommages-intérêts s'il y a lieu, sans préjudice des poursuites
disciplinaires suivant la gravité des circonstances.

Article 298 : L'état des frais est dressé par le greffier conformément à l'article 301
du présent code. Cet état est vérifié et visé par le président du tribunal pour les frais
faits à ce degré par le président de la cour d'appel pour les frais faits en degré
d’appel, par un conseiller de la cour suprême désigné par le président, pour les frais
faits en degré de cassation.

Article 299 : Le greffier retient les frais sur les sommes consignées, sauf à la partie
ayant consigné à poursuivre le recouvrement contre la partie condamnée aux frais.

Article 300 : Les indigents sont dispensés de la consignation des frais.

L'indigence est constatée par le président de la juridiction devant laquelle l'action


est introduite au vu des justifications présentées.
41
L'ordonnance de dispense est visée par le greffier et mentionnée au dossier de
procédure.

Article 301 : Les frais sont tarifés comme suit:

- mise au rôle, cinq cent (500) francs CFA (compris dans les frais
d’enrôlement)
- acte d'assignation, notification ou commandement, deux mille (2000) francs
CFA (compris dans les frais d’enrôlement) ;
- procès-verbal par ministère de greffier ou d'huissier, de constat, enquête,
audition, visite des lieux ou de toute autre mesure d'instruction ou de
conservation :
pour le premier rôle, cinq cent (500) francs CFA,
pour chaque rôle suivant, trois cent (300) francs CFA ;
- ordonnance à pied de requête, deux mille (2000) francs CFA ;
- actes de réception, restitution de cautionnement de consignation, d'objet saisi
par acte, mille (1000) francs CFA ;
- grosse, expédition, cinq cent (500) francs CFA (compris dans les frais
d’enrôlement) ;
- extrait de jugement, cinq cent (500) francs CFA ;
- copie de tout autre document conservé au greffe pour premier rôle, deux mille
(2000) francs CFA;
- dépôt de requête civile, neuf mille (9000) francs CFA ;
- acte de réquisition de la force publique, deux mille (2000) francs CFA ;
- dépôt d'un pourvoi en cassation, quarante mille (40000) francs CFA pour les
procédures civiles, vingt mille (20000) francs CFA pour les procédures
sociales et administratives ;
- mesures prises pour faire insérer dans les journaux les actes judiciaires ou
extrajudiciaires non compris les frais de la publication taxés par le juge, mille
(1000) francs CFA ;
- lettres, convocations, avis (non compris les timbres poste), deux cent (200)
francs CFA ;
- homologation de tout acte, cinq (500) francs CFA par page ;
- procès-verbal de conciliation deux mille (2000) francs CFA ;
- jugement supplétif ou rectificatif deux mille (2000) francs CFA ;
- enrôlement des dossiers de divorce seize mille (16.000) francs CFA.

Les frais de transport et de séjour des magistrats et agents de l'ordre judiciaire sont
taxés par le juge conformément au barème applicable aux déplacements des
fonctionnaires de l'Etat.
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Les témoins sont taxés en raison de mille (1000) francs CFA par journée de voyage
ou de séjour, et de vingt (20) francs CFA par kilomètre pour leur déplacement à
intérieur du Togo.

Les témoins venus de l'étranger sont taxés par le juge au vu des justifications
produites et des circonstances.

Les experts sont taxés par le juge selon les circonstances de la cause lorsqu'il n'y a
pas de tarif réglementaire applicable à la matière.

Les frais d'intervention des avocats et huissiers relatifs à la procédure, taxés selon
le barème établi par leur réglementation professionnelle sont pris en compte dans
des dépens.

Article 302 : Lors de la mise au rôle, le président de la juridiction saisie ou son


délégué, si le demandeur, sans être indigent, est d'une condition économique
modeste, peut lui accorder le bénéfice d’une réduction de moitié du tarif fixé par les
articles 294 et 301 du présent code.

Article 303 : Le tarif fixé à l'article 301 du présent code est réduit de moitié lorsque
la valeur en litige ne dépasse pas cinquante mille (50.000) francs CFA ainsi qu'en
matière sociale ou de pension alimentaire ou d'action relative à des mineurs.

Article 304 : Pour l’instance d’appel ou de cassation, le tarif est le double de celui
en usage devant les juridictions de premier degré.

Article 305 : Chaque rôle comprend deux (02) pages de vingt cinq (25) lignes
chacune et de quinze (15) syllabes à la ligne en moyenne.

Tout premier rôle commencé est dû en entier.

Tout rôle supplémentaire n'est dû que s'il comporte au moins quinze (15) lignes.

Article 306 : Pour le jugement définitif, de condamnation y compris les sentences


arbitrales et les jugements étrangers rendus exécutoires, il est dû en outre un droit
d'enregistrement, selon les modalités déterminées par le code général des impôts.

Ce droit est dû sur la minute du jugement. Il ne donne pas lieu à une consignation
complémentaire de celle prescrite par l'article 294 du présent code.

Il est supporté et, en ordre principal, acquitté par la partie condamnée. Il est payé au
greffe dans le mois qui suit la date où la condamnation est passée en force de chose
jugée, qui en donne quittance pour le compte du Trésor.

Article 307 : Le droit d’enregistrement et les amendes civiles sont recouvrées en


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vertu d'un exécutoire dressé par le greffier et visé par le président de la juridiction
ayant statué.

Les amendes civiles sont privilégiées au titre des frais de justice sur la généralité
des meubles du débiteur.

Article 308 : Les taxations arrêtées par un juge sont susceptibles d’opposition
devant le président de la juridiction dont fait partie ce juge taxateur.

Les parties sont convoquées par le greffier à l'audience fixée par le président, par
simple lettre avec accusé de réception.

Article 309 : Le président entend contradictoirement les parties en son cabinet.

Il procède à toutes mesures d'instruction et statue par ordonnance tant sur la taxe
que sur les demandes en restitution et en paiement et sur les autres incidents.
Article 310 : Les ordonnances de taxe rendues par le président du tribunal sont
susceptibles d'appel devant la cour d'appel.

TITRE IX - DES PROCEDURES PARTICULIERES

CHAPITRE Ier : DES INSTANCES EN MODIFICATION DES MESURES


ACCESSOIRES AU DIVORCE OU A LA SEPARATION DE CORPS

Article 311 : Les procédures relatives aux instances en modification des mesures
accessoires au divorce ou à la séparation de corps sont renvoyées au code des
personnes et de la famille révisée.

CHAPITRE II : DES OFFRES DE PAYEMENT ET CONSIGNATION

Article 312 : Tout procès-verbal d'offres désigne précisément l'objet offert et, si ce
sont des espèces, il en contient l'énumération et la qualité.

Article 313 : Le procès-verbal mentionnera la réponse, le refus ou l'acceptation du


créancier et s'il a signé, refusé ou déclaré ne pouvoir signer.

Article 314 : Si le créancier refuse les offres, le débiteur peut, pour se libérer,
consigner la somme ou la chose offerte, en observant les formalités prescrites par
l'article 1259 du code civil applicable au Togo.

Article 315 : La demande en validité ou en nullité des offres ou de la consignation


est formée selon les règles établies pour les demandes principales, à moins qu'elle
ne soit incidente et formée par simples conclusions.

Article 316 : Le jugement qui déclare les offres valables ordonne dans le cas où la
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consignation n’aurait pas encore eu lieu, que, faute par le créancier d’avoir reçu la
somme ou la chose offerte, elle est consignée ; il prononce la cessation des intérêts
du jour de la réalisation.

Article 317 : La consignation est toujours à la charge des oppositions s'il en existe,
en les dénonçant au créancier.

Article 318 : Les valeurs ou sommes offertes peuvent être consignées soit au Trésor,
soit dans une institution financière agréée au Togo, soit chez un notaire.

Le dépositaire en délivre récépissé.

Article 319 : L’institution financière dépositaire n’est tenue d’opérer le


recouvrement des effets de commerce consignés qu’autant qu'ils ont été
régulièrement endossés à son nom ou acceptés par qui de droit, à moins qu'ils ne
soient payables au porteur. A défaut de payement à l’échéance, elle se borne à faire
protêt et à le dénoncer aux endosseurs, souscripteurs ou autres, dans les délais
légaux et elle en avise aussitôt le déposant.

CHAPITRE III : DES SCELLES ET INVENTAIRES

Article 320 : Lorsqu'il y a lieu à l'apposition de scellés pour maintenir les choses en
l'état avant constat, inventaire ou ouverture, elle est faite soit par le juge commis,
soit par l'officier public, huissier greffier ou notaire instrumentant.

Article 321 : Les scellés sont marqués du sceau particulier du juge ou de l'officier
public.

Article 322 : Le procès-verbal d'apposition doit contenir :

- la date et l'heure ;
- les motifs de l'apposition ;
- l'identité du requérant et du juge ou de l'officier public instrumentant ;
- l’ordonnance qui permet le scellé, s'il en a été rendu ;
- les comparutions et dires des parties ;
- la désignation des lieux, meubles, coffres sur les ouvertures desquels le scellé
a été apposé ;
- le serment, lors de la clôture de l'apposition, par ceux qui demeurent dans le
lieu, qu'ils n'ont rien détourné, vu ni su qu'il ait été rien détourné ;
- l'établissement du gardien présenté, s'il a les qualités requises, sauf à en
établir un d'office.

Article 323 : Les clefs des serrures sur lesquelles le scellé a été apposé resteront
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jusqu'à sa levée entre les mains du juge ou de l'officier public instrumentant qui ne
peuvent revenir sur les lieux avant cette levée qu'en vertu d'une ordonnance motivée.

Article 324 : Si lors de l'apposition des scellés, il est trouvé des papiers ou paquets
cachetés, le juge ou l'officier instrumentant en constate la forme extérieure, le sceau
et la souscription, s'il y en a et il paraphe l’enveloppe avec les personnes présentes.

S'il s'agit d'un testament, le juge ou l’officier instrumentant en ordonne le dépôt à


un notaire pour qu'il soit procédé selon les dispositions pertinentes du code des
personnes et de la famille.

S'il s'agit des papiers concernant la succession qui vient de s’ouvrir ou intéressant
les parties en cause, ils sont déposés soit au greffe du tribunal soit entre les mains
du notaire chargé de la liquidation.

Article 325 : Si les papiers ou paquets paraissent appartenir à des tiers, le juge ou
l'officier instrumentant les dépose au greffe où ils sont présentés et au besoin ouverts
en présence de ces tiers qui sont convoqués pour reconnaissance et remise.

Article 326 : Si l'officier public instrumentant rencontre des portes fermées, des
obstacles ou des difficultés, il s’en réfère immédiatement au juge du lieu.

Article 327 : Aucun scellé ne peut être apposé après clôture de l'inventaire, sauf
ordonnance du juge.

Article 328 : L'officier instrumentant peut laisser à la disposition des habitants les
effets mobiliers nécessaires à leur usage, restant dans la maison après avoir décrit
ces objets dans le procès-verbal.

Article 329 : Les oppositions aux scellés sont faites soit par déclaration mentionnée
au procès-verbal de scellés, soit par requête déposée au greffe du tribunal.

Elles doivent être motivées et comporter élection de domicile dans le ressort du


tribunal.

Article 330 : Tous ceux qui ont droit de faire apposer les scellés peuvent en requérir
la levée.

Article 331 : La levée des scellés est faite par le juge ou l'officier public les ayant
apposés et à défaut par un officier public commis par le président du tribunal.

Les personnes ayant assisté à l'apposition et les opposants aux scellés sont invités à
assister à leur levée eux-mêmes ou par mandataires.

Article 332 : Le conjoint survivant, les héritiers, l'exécuteur testamentaire et les


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légataires universels peuvent convenir du choix de commissaires priseurs, notaires
ou experts si non il en est nommé d'office par le tribunal.

Article 333 : Le procès-verbal de levée doit contenir :

- la date et l'heure ;
- l'identité du requérant ;
- l'énonciation de l’ordonnance délivrée pour la levée ;
- les comparutions et dires des parties ;
- la nomination des notaires, commissaires priseurs ou experts chargés
d'opérer ;
- la reconnaissance des scellés ;
- les réquisitions à fin de perquisition et toutes autres demandes sur lesquelles
il y a lieu de statuer.

Article 334: Les scellés sont levés successivement et réapposés en fin de vacation
si l'inventaire ne peut être achevé en une seule vacation.

Article 335 : Si la cause de l'apposition des scellés cesse avant qu'ils soient levés
ou pendant le cours de leur levée, ils sont levés sans description.

Article 336 : L'inventaire doit être fait en présence des parties intéressées à la
liquidation où elles sont dûment appelées.

Les absents sont représentés par un notaire, un avocat, ou un greffier désigné par le
président du tribunal.

Article 337 : L'inventaire doit contenir:

- l'identité des parties présentes et représentées, des notaires, commissaires


priseurs ou experts, des mandataires des absents ;
- l'indication des lieux où l'inventaire est fait et sa date ;
- la désignation et estimation des meubles et effets mobiliers ;
- le montant des espèces en numéraire ;
- les registres et papiers qui seront côtés par première et dernière page et
paraphés ;
- la déclaration des titres actifs et passifs ;
- la remise des effets et papiers s’il y a lieu entre les mains de la personne
dont on convient ou qui, à défaut, est nommée par le président du tribunal
pour les recevoir.

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CHAPITRE IV : DES VENTES PUBLIQUES DE MEUBLES

Article 338 : Lorsque la vente des meubles dépendants d'une succession a lieu en
exécution des dispositions pertinentes du code des personnes et de la famille, elle
est faite dans les formes prescrites par les ventes sur saisies mobilières.

Il y est procédé sur réquisition de l'une des parties intéressées en vertu de


l'ordonnance du président du tribunal et par un officier public.

Les parties ayant droit d'assister à l'inventaire sont appelées. Elles sont tenues de
demeurer ou d’élire domicile dans le ressort du tribunal.

Article 339 : La vente se fait dans le lieu où sont les effets, s'il n'en est autrement
ordonné.

CHAPITRE V : DE LA FORMATION DES LOTS

Article 340 : A défaut de partage amiable et dans le cas où l'un ou plusieurs des
copartageants sont incapables ou absents, les lots sont formés à dire d'expert nommé
par le président du tribunal à la requête de toute partie intéressée ou sur rapport de
difficultés établi par le notaire chargé du partage.

Article 341 : L'expert après avoir estimé les biens, établit un projet de composition
des lots qu'il présente aux copartageants.

Il examine les objections soulevées par ceux-ci et tente de les concilier.

Article 342 : A défaut de conciliation et dans le cas où il y a des incapables ou


absents, le projet de composition des lots est déposé par l'expert au greffe du tribunal
accompagné des observations présentées par les parties et le notaire liquidateur.

Article 343 : Le tribunal après audition des parties en chambre du conseil, arrête la
composition des lots et renvoie les parties devant le notaire pour le tirage au sort
dans les conditions fixées par les dispositions pertinentes du code des personnes et
de la famille.

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TITRE X: DES DISPOSITIONS FINALES

Article 344 : Sont abrogées toutes dispositions contraires à la présente loi.

Article 345 : La présente loi sera exécutée comme loi de l'Etat.

Délibéré et adopté le 20 avril 2021

La Présidente de l'Assemblée nationale

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