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Les réserves aux traités 21
des réserves aux traités dans le contexte de la succession Groupe de travail sur les réserves aux traités, ainsi que
d’États25, et a adopté à titre provisoire 199 projets de des recommandations du Groupe de travail relatives: a)
directive accompagnés de commentaires. à des conclusions et une recommandation sur le dialogue
réservataire destinées à figurer dans une annexe au Guide
55. À la soixante-deuxième session (2010), la Com- de la pratique sur les réserves aux traités (A/CN.4/L.793);
mission, ayant achevé l’adoption provisoire du Guide de et b) à un projet de recommandation de la Commission à
la pratique sur les réserves aux traités, a indiqué qu’elle l’Assemblée générale sur les mécanismes d’assistance en
entendait adopter la version finale du Guide de la pratique matière de réserves aux traités (A/CN.4/L.795).
à sa soixante-troisième session (2011) et que, ce faisant,
elle prendrait en considération les observations des États 61. À sa 3118e séance et de sa 3120e à sa 3125e séance,
et des organisations internationales ainsi que des organes tenues du 5 au 11 août 2011, la Commission a procédé
avec lesquels elle coopère, présentées depuis le début de à l’adoption des directives et des commentaires consti-
l’examen du sujet, ainsi que celles qui parviendraient au tuant le Guide de la pratique sur les réserves aux traités,
secrétariat de la Commission avant le 31 janvier 201126. y compris une introduction au Guide de la pratique et une
annexe énonçant des conclusions et une recommandation
B. Examen du sujet à la présente session de la Commission sur le dialogue réservataire.
56. À la présente session, la Commission était sai- 62. Le texte des directives constituant le Guide de la
sie du dix-septième rapport du Rapporteur spécial (A/ pratique sur les réserves aux traités suivi d’une annexe sur
CN.4/647 et Add.1), qu’elle a examiné à ses 3099e, 3104e le dialogue réservataire est reproduit dans la section F.1
et 3106e séances, les 6, 13 et 15 juillet 2011, ainsi que des ci-après, tandis que le texte du Guide comprenant égale-
commentaires et observations reçus des gouvernements ment une introduction, les commentaires, l’annexe sur le
sur le Guide de la pratique tel qu’adopté provisoirement dialogue réservataire ainsi qu’une bibliographie est repro-
par la Commission à sa soixante-deuxième session27 (A/ duit dans la suite de la section F.2 qui figure dans l’additif
CN.4/639 et Add.1). au présent rapport (A/66/10/Add.129).
57. À sa 3080e séance, le 26 avril 2011, la Commission 63. Conformément à son statut, la Commission sou-
a décidé de constituer un Groupe de travail sur les réser- met le Guide de la pratique sur les réserves aux traités
ves aux traités, présidé par M. Marcelo Vázquez-Bermú- à l’Assemblée générale, assorti de la recommandation
dez, en vue de parachever le Guide de la pratique selon ce énoncée dans la section C ci-après.
qui avait été envisagé par la Commission à sa soixante-
deuxième session (2010)28. Ce groupe de travail a procédé 64. La Commission soumet également à l’Assemblée
à la révision de la version du Guide de la pratique provi- générale la recommandation sur les mécanismes
soirement adoptée en 2010, sur la base des propositions d’assistance en matière de réserves aux traités, énoncée
de modifications établies par le Rapporteur spécial au vu dans la section D ci-après.
des observations orales et écrites présentées par les États
sur le sujet depuis 1995. Examen du dix-septième rapport du Rapporteur spécial
normal des objections et des acceptations permet sou- lorsque cela est possible et selon les formes qu’ils esti-
vent d’amorcer un dialogue sur les réserves, la pratique ment appropriées. Le Rapporteur spécial jugeait préfé-
révèle l’existence de réactions sui generis aux réserves rable d’aborder la question du dialogue réservataire, non
qui ne constituent ni des acceptations ni des objections, pas dans le corps du Guide de la pratique, mais dans une
mais qui sont susceptibles d’être prises en compte par annexe au Guide qui pourrait prendre la forme de recom-
l’auteur de la réserve − lequel pourrait, le cas échéant, mandations ou conclusions.
être amené à retirer sa réserve ou à en limiter la portée −,
voire par des instances de règlement des différends ou 67. Le Rapporteur spécial a fait observer que le dia-
par des organes de contrôle de l’application de traités. logue réservataire n’aboutit pas toujours à un résultat et
Une forme particulière de dialogue réservataire se pro- laisse parfois subsister des divergences de vues pouvant
duit d’ailleurs sous les auspices des organes de contrôle, avoir des conséquences pratiques. Cela étant, il n’était
spécialement ceux chargés de surveiller l’application guère approprié que la Commission propose un vérita-
des traités relatifs aux droits de l’homme. Le Rapporteur ble mécanisme de règlement des différends en matière
spécial a souligné le caractère bénéfique du dialogue de réserves, compte tenu également de la nature souple
réservataire, notamment en ce qu’il vise à éviter que les du Guide de la pratique. Selon le Rapporteur spécial, il
positions ne se figent, à permettre à l’auteur de la réserve serait préférable que la Commission suggère un méca-
de s’expliquer et à faciliter une meilleure compréhen- nisme souple d’assistance en matière de réserves, qui
sion entre les parties intéressées. Le Rapporteur spécial pourrait avoir des fonctions à la fois de conseil technique
estimait donc que la Commission devrait non seulement et d’assistance à la solution de divergences de vues sur
prendre en compte, mais aussi encourager cette pratique, des réserves. Les grands traits que pourrait revêtir un tel
tout en évitant de lui faire perdre sa spontanéité et son mécanisme sont esquissés dans le projet de recommanda-
efficacité par un formalisme juridique qui risquerait de tion sur l’assistance technique et l’assistance au règlement
la figer. Tel est l’objet du projet de recommandation ou des différends en matière de réserves aux traités, figurant
de conclusions sur le dialogue réservataire proposé dans dans l’additif au dix-septième rapport32.
le dix-septième rapport31, qui vise à encourager les États
et les organisations internationales à engager ce dialogue «5. Encourage les États, les organisations internationales et les
organes de contrôle à expliquer à l’auteur de la réserve les raisons qui
31
Ce projet de recommandation ou de conclusions, figurant au para- justifient leurs préoccupations concernant la réserve et, le cas échéant,
graphe 68 du dix-septième rapport (A/CN.4/647), était ainsi conçu: à demander les éclaircissements leur paraissant utiles;
«Projet de recommandation ou de conclusions de la Commission du «6. Recommande aux États et aux organisations internationales,
droit international sur le dialogue réservataire ainsi qu’aux organes de contrôle, de préconiser, selon qu’il apparaît
«La Commission du droit international, utile, le retrait complet des réserves, le réexamen de la nécessité d’une
«Rappelant les dispositions relatives aux réserves aux traités figu- réserve et la réduction progressive de la portée d’une réserve par des
rant dans la Convention de Vienne sur le droit des traités et dans la retraits partiels et d’encourager les États et les organisations internatio-
Convention de Vienne sur le droit des traités entre États et organisations nales auteurs de réserves à y procéder;
internationales ou entre organisations internationales, «7. Encourage les États et les organisations internationales à
«Ayant présente à l’esprit la nécessité de préserver l’intégrité des accueillir positivement les préoccupations et les réactions d’autres
traités multilatéraux tout en assurant l’universalité de ceux d’entre eux États, d’autres organisations internationales et des organes de contrôle,
y ayant vocation, à y répondre et à les prendre dûment en considération dans toute la
mesure possible en vue du réexamen, de la modification ou du retrait
«Reconnaissant l’utilité des réserves aux traités formulées dans les éventuel d’une réserve;
limites imposées par le droit des traités et notamment par l’article 19
des Conventions de Vienne, tout en étant préoccupée par le grand nom- «8. Appelle tous les États et les organisations internationales, ainsi
bre de réserves qui semblent incompatibles avec ces exigences, que les organes de contrôle, à coopérer aussi étroitement que possible
afin d’échanger leurs points de vue sur des réserves problématiques et
«Consciente des difficultés que rencontrent les États et les organi- de coordonner les mesures à prendre;
sations internationales lors de l’appréciation de la validité des réserves,
«9. Souhaite que les États et les organisations internationales,
«Convaincue de l’utilité d’un dialogue pragmatique avec l’auteur ainsi que les organes de contrôle, engagent et mènent ce dialogue d’une
d’une réserve et de la coopération entre tous les intéressés en matière façon pragmatique et transparente.»
de réserves, 32
Ce projet de recommandation ou de conclusions, figurant au para-
«Se félicitant des efforts accomplis ces dernières années, notamment graphe 101 de l’additif (A/CN.4/647/Add.1), était ainsi conçu:
dans le cadre des organes créés en vertu d’instruments internationaux
«Projet de recommandation de la Commission du droit international
relatifs aux droits de l’homme et de certaines organisations régionales,
sur l’assistance technique et l’assistance au règlement des différends en
«1. Engage les États et les organisations internationales qui matière de réserves
souhaitent formuler des réserves à veiller à ce qu’elles ne soient pas
«La Commission du droit international,
incompatibles avec l’objet et le but du traité sur lequel elles portent, à
envisager d’en limiter la portée, à les formuler de façon aussi précise «Ayant achevé l’élaboration du Guide de la pratique sur les réserves
et circonscrite que possible et à les revoir périodiquement en vue de les aux traités,
retirer le cas échéant; «Consciente des difficultés que rencontrent les États et les organisa-
«2. Recommande aux États et aux organisations internationales tions internationales à l’occasion de l’interprétation, de l’appréciation
d’indiquer dans la mesure du possible, lorsqu’ils formulent une réserve, de la validité et de la mise en œuvre des réserves et des objections aux
la nature et la portée de la réserve, les raisons pour lesquelles cette réserves,
réserve est jugée nécessaire, les effets de cette réserve sur la mise en «Particulièrement attachée au principe selon lequel les États règlent
œuvre, par l’auteur de la réserve, de ses obligations conventionnelles leurs différends internationaux par des moyens pacifiques,
découlant de l’instrument considéré et s’il est prévu de limiter les effets «Convaincue que l’adoption du Guide de la pratique devrait être
de cette réserve, de la modifier ou de la retirer selon un calendrier et des complétée par la création d’un mécanisme souple d’assistance aux États
modalités précises; et aux organisations internationales qui rencontrent des problèmes dans
«3. Recommande également aux États et aux organisations inter- l’application des règles juridiques applicables aux réserves,
nationales de motiver toute modification et tout retrait d’une réserve; «1. Rappelle que les États et les organisations internationales en
«4. Rappelle que les États, les organisations internationales ou les désaccord sur l’interprétation, la validité ou les effets d’une réserve ou
organes de contrôle peuvent exprimer leurs préoccupations concernant d’une objection à une réserve ont l’obligation de rechercher la solution
une réserve et insiste sur l’utilité de ces réactions pour l’appréciation de d’un tel litige, comme de tout différend international, avant tout par voie
la validité d’une réserve par tous les protagonistes; de négociation, d’enquête, de médiation, de conciliation, d’arbitrage, de
Les réserves aux traités 23
68. Le projet d’introduction au Guide de la pratique, qui D. Recommandation de la Commission sur les
figure également dans l’additif au dix-septième rapport mécanismes d’assistance en matière de réserves
(A/CN.4/647/Add.1, par. 105), vise à fournir des préci- aux traités
sions sur la consistance, les objectifs et la structure du
Guide, ainsi que sur la nature juridique des normes énon- 73. À sa 3125e séance, tenue le 11 août 2011, la Com-
cées dans les directives qui le constituent. mission a décidé d’adresser à l’Assemblée générale la
recommandation suivante:
b) Suite donnée au dix-septième rapport
«La Commission du droit international,
69. L’idée d’un projet de recommandation ou de con-
clusions sur le dialogue réservataire ayant été accueillie «Ayant achevé l’élaboration du Guide de la pratique sur les réserves
favorablement par les membres de la Commission, celle- aux traités,
ci a chargé le Groupe de travail sur les réserves aux traités «Consciente des difficultés que rencontrent les États à l’occasion de
d’en finaliser le texte33. Elle a ensuite décidé de joindre au la formulation, de l’interprétation, de l’appréciation de la validité et de
Guide de la pratique une annexe énonçant des conclusions la mise en œuvre des réserves et des objections aux réserves,
et une recommandation sur le dialogue réservataire34.
«Particulièrement attachée au principe selon lequel les États règlent
70. Bien que certains membres aient exprimé des réticences leurs différends internationaux par des moyens pacifiques,
à l’idée de proposer un mécanisme spécifique d’assistance «Considérant que l’adoption du Guide de la pratique pourrait être
en matière de réserves aux traités, la Commission a confié complétée par la mise en place de mécanismes souples afin d’aider les
au Groupe de travail sur les réserves aux traités l’examen États dans la mise en œuvre des règles juridiques applicables aux réserves,
du projet de recommandation proposé à ce sujet par le Rap-
«Suggère que l’Assemblée générale:
porteur spécial35. La Commission a ensuite adopté la recom-
mandation énoncée dans la section D ci-après. «1. Envisage la mise en place d’un mécanisme d’assistance en
matière de réserves, qui pourrait présenter les caractères esquissés dans
71. La Commission a accueilli favorablement la pro- l’annexe à la présente recommandation;
position du Rapporteur spécial visant à faire précéder le
Guide de la pratique d’une introduction36. «2. Envisage la mise en place au sein de la Sixième Commission
d’un “observatoire” en matière de réserves aux traités et recommande
C. Recommandation de la Commission concernant également aux États de considérer la mise en place de tels “observatoi-
res” au niveau régional et sous-régional37.
le Guide de la pratique sur les réserves aux traités
«Annexe
72. À sa 3125e séance, tenue le 11 août 2011, la Commis-
sion a décidé, conformément à l’article 23 de son statut, de «1. Le mécanisme d’assistance en matière de réserves et d’objections
recommander à l’Assemblée générale de prendre note du aux réserves pourrait être composé d’un nombre restreint d’experts
Guide de la pratique et d’en assurer la plus large diffusion. choisis en raison de leurs compétences techniques et de leur expérience
pratique en matière de droit international public et plus particulièrement
de droit des traités.
règlement judiciaire, de recours aux organismes ou accords régionaux
ou par d’autres moyens pacifiques de leur choix; «2. Le mécanisme se réunirait en tant que de besoin pour examiner les
«2. Recommande la mise en place d’un mécanisme d’assistance problèmes liés aux réserves, ou aux objections aux réserves ou à leur
en matière de réserves et d’objections aux réserves; et acceptation, qui lui seraient soumis.
«3. Suggère que ce mécanisme pourrait présenter les caractères
esquissés dans l’annexe à la présente recommandation. «3. Le mécanisme pourrait adresser des propositions aux États qui le
«Annexe saisiraient en vue de régler leurs divergences concernant des réserves.
«1. Il est créé un mécanisme d’assistance en matière de réserves et Des États ayant de telles divergences pourraient s’engager à accepter
d’objections aux réserves. comme obligatoires les propositions faites en vue de leur règlement.
«2. Le mécanisme est composé de 10 experts gouvernementaux «4. Le mécanisme pourrait également apporter à un État une assistance
choisis à raison de leurs compétences techniques et de leur expérience technique pour la formulation de réserves à un traité ou d’objections à
pratique en matière de droit international public et plus particulièrement
des réserves formulées par d’autres États38.
de droit des traités.
«3. Le mécanisme se réunit selon que de besoin pour examiner les «5. Pour établir ses propositions, le mécanisme tiendrait compte des
problèmes liés à l’interprétation, à la validité ou aux effets des réserves, dispositions relatives aux réserves contenues dans les Conventions de
des objections aux réserves ou de leur acceptation que les États ou les Vienne sur le droit des traités de 1969, 1978 et 1986, ainsi que des
organisations internationales intéressées lui soumettent. À cette fin, il directives contenues dans le Guide de la pratique.»
peut suggérer aux États qui le saisissent des solutions pour régler leurs
divergences. Des États ou organisations internationales parties à un
différend concernant les réserves peuvent s’engager à accepter comme E. Hommage au Rapporteur spécial
obligatoires les propositions du mécanisme en vue de son règlement.
«4. Le mécanisme peut également apporter à un État ou à une 74. À sa 3125e séance, tenue le 11 août 2011, la Com-
organisation internationale une assistance technique pour la formula- mission, après avoir adopté l’ensemble du Guide de la
tion de réserves à un traité ou d’objections à des réserves formulées par pratique sur les réserves aux traités, a adopté la résolution
d’autres États ou organisations internationales.
«5. Pour établir ses propositions, le mécanisme tient compte des
ci-après par acclamation:
dispositions relatives aux réserves contenues dans les Conventions de 37
Vienne sur le droit des traités de 1969, de 1978 et de 1986 ainsi que des De tels «observatoires» pourraient s’inspirer de celui existant
directives contenues dans le Guide de la pratique.» dans le cadre du CAHDI. Pour plus d’informations, consulter le site
33 Web du Conseil de l’Europe ([Link]).
Voir supra les paragraphes 59 et 60. 38
34 Les experts appelés à assister les États dans le règlement de diver-
Voir supra le paragraphe 61.
gences conformément au paragraphe 3 devraient être différents de ceux
qui auraient apporté une assistance à l’une des parties conformément
35
Voir supra les paragraphes 59 et 60.
36
Voir supra le paragraphe 61. au paragraphe 4.
24 Rapport de la Commission du droit international sur les travaux de sa soixante-troisième session
«La Commission du droit international, Une déclaration unilatérale par laquelle un État, lorsqu’il étend
l’application du traité à un territoire, vise à exclure ou à modifier
«Ayant adopté le Guide de la pratique sur les réserves aux traités, l’effet juridique de certaines dispositions du traité à l’égard de ce
territoire constitue une réserve.
«Exprime à M. Alain Pellet, Rapporteur spécial, sa profonde gra-
titude et ses chaleureuses félicitations pour la contribution exception- 1.1.5 Réserves formulées conjointement
nelle qu’il a apportée à l’élaboration du Guide de la pratique sur les
réserves aux traités par son dévouement et ses efforts inlassables, et ne La formulation conjointe d’une réserve par plusieurs États ou
doute pas que le Guide de la pratique constituera un outil précieux dans organisations internationales n’affecte pas le caractère unilatéral
la solution des nombreux problèmes posés par les réserves aux traités et de cette réserve.
les déclarations interprétatives.»
1.1.6 Réserves formulées en vertu de clauses autorisant expressé-
F. Texte du Guide de la pratique sur les réserves aux ment l’exclusion ou la modification de certaines dispositions d’un
traité
traités, adopté par la Commission à sa soixante-
troisième session Une déclaration unilatérale faite par un État ou une organisa-
tion internationale, au moment où cet État ou cette organisation
1. Texte des directives constituant le Guide de exprime son consentement à être lié par un traité, en conformité
avec une clause autorisant expressément les parties ou certaines
la pratique, suivi d’une annexe sur le dialogue d’entre elles à exclure ou à modifier l’effet juridique de certaines
réservataire dispositions du traité à l’égard de la partie ayant fait la déclaration,
constitue une réserve expressément autorisée par le traité.
75. Le texte des directives constituant le Guide de
1.2 Définition des déclarations interprétatives
la pratique sur les réserves aux traités, adoptées par la
Commission à sa soixante-troisième session, suivi d’une L’expression «déclaration interprétative» s’entend d’une décla-
annexe sur le dialogue réservataire, est reproduit ci-après. ration unilatérale, quel que soit son libellé ou sa désignation, faite
par un État ou par une organisation internationale, par laquelle cet
GUIDE DE LA PRATIQUE SUR LES État ou cette organisation vise à préciser ou à clarifier le sens ou la
RÉSERVES AUX TRAITÉS portée d’un traité ou de certaines de ses dispositions.
2. Les déclarations interprétatives conditionnelles sont soumi- b) la conclusion d’un accord par lequel deux ou plusieurs
ses aux règles applicables aux réserves. États ou organisations internationales visent, en vertu d’une dispo-
sition expresse d’un traité, à exclure ou à modifier l’effet juridique
1.5 Déclarations unilatérales autres que les réserves et les déclara- de certaines dispositions du traité dans leurs relations mutuelles.
tions interprétatives
1.7.2 Alternatives aux déclarations interprétatives
Les déclarations unilatérales formulées en relation avec un
traité qui ne sont ni des réserves ni des déclarations interprétati- Afin de préciser ou de clarifier le sens ou la portée d’un traité
ves (y compris des déclarations interprétatives conditionnelles) ou de certaines de ses dispositions, les États ou les organisations
n’entrent pas dans le champ d’application du présent Guide de la internationales peuvent également recourir à des procédés autres
pratique. que les déclarations interprétatives, tels que:
2. Une restriction ou condition figurant dans une déclaration 1. Sous réserve des pratiques habituellement suivies au sein
par laquelle un État ou une organisation internationale accepte, en des organisations internationales dépositaires de traités, une per-
vertu d’une clause du traité, une obligation qui n’est pas imposée sonne est considérée comme représentant un État ou une organisa-
par d’autres dispositions du traité ne constitue pas une réserve. tion internationale pour formuler une réserve:
1.6 Déclarations unilatérales relatives aux traités bilatéraux a) si cette personne produit des pleins pouvoirs appropriés
aux fins de l’adoption ou de l’authentification du texte du traité à
1.6.1 «Réserves» aux traités bilatéraux l’égard duquel la réserve est formulée ou de l’expression du con-
sentement de l’État ou de l’organisation à être lié par ce traité; ou
Une déclaration unilatérale, quel que soit son libellé ou sa dési-
gnation, formulée par un État ou une organisation internationale b) s’il ressort de la pratique ou d’autres circonstances qu’il
après le paraphe ou la signature mais avant l’entrée en vigueur était de l’intention des États et des organisations internationales
d’un traité bilatéral, par laquelle cet État ou cette organisation concernés de considérer cette personne comme représentant l’État
vise à obtenir de l’autre partie une modification des dispositions ou l’organisation internationale à cette fin sans présentation de
du traité ne constitue pas une réserve au sens du présent Guide de pleins pouvoirs.
la pratique.
2. En vertu de leurs fonctions et sans avoir à produire de pleins
1.6.2 Déclarations interprétatives de traités bilatéraux pouvoirs, sont considérés comme représentant leur État pour for-
muler une réserve au plan international:
Les directives 1.2 et 1.4 sont applicables aux déclarations inter-
prétatives relatives aussi bien aux traités multilatéraux qu’aux a) les chefs d’État, les chefs de gouvernement et les ministres
traités bilatéraux. des affaires étrangères;
1.6.3 Effet juridique de l’acceptation de la déclaration interpréta- b) les représentants accrédités par les États à une conférence
tive d’un traité bilatéral par l’autre partie internationale, pour la formulation d’une réserve à un traité adopté
au sein de cette conférence;
L’interprétation résultant d’une déclaration interprétative d’un
traité bilatéral faite par un État ou une organisation internationale c) les représentants accrédités par les États auprès d’une
partie à ce traité et acceptée par l’autre partie constitue une inter- organisation internationale ou de l’un de ses organes, pour la for-
prétation authentique de ce traité. mulation d’une réserve à un traité adopté au sein de cette organi-
sation ou de cet organe;
1.7 Alternatives aux réserves et aux déclarations interprétatives
d) les chefs de missions permanentes auprès d’une organisa-
1.7.1 Alternatives aux réserves tion internationale, pour la formulation d’une réserve à un traité
conclu entre les États accréditants et cette organisation.
Afin d’atteindre des résultats comparables à ceux qui sont pro-
duits par des réserves, les États ou les organisations internationales 2.1.4 Absence de conséquence au plan international de la violation
peuvent également recourir à des procédés alternatifs, tels que: des règles internes relatives à la formulation des réserves
a) l’insertion dans le traité d’une clause visant à limiter sa 1. L’instance compétente et la procédure à suivre au plan
portée ou son application; interne pour formuler une réserve sont déterminées par le droit
26 Rapport de la Commission du droit international sur les travaux de sa soixante-troisième session
interne de chaque État ou par les règles pertinentes de chaque internationale exprime par cette signature son consentement à être
organisation internationale. lié par le traité.
2. Le fait qu’une réserve ait été formulée en violation d’une 2.2.3 Réserves à la signature expressément prévues par le traité
disposition du droit interne d’un État ou des règles d’une organi-
sation internationale concernant la compétence et la procédure de Lorsque le traité prévoit expressément qu’un État ou une orga-
formulation des réserves ne peut être invoqué par cet État ou cette nisation internationale peut formuler une réserve lors de la signa-
organisation comme viciant cette réserve. ture du traité, une telle réserve ne nécessite pas de confirmation
formelle au moment où l’État ou l’organisation internationale qui
2.1.5 Communication des réserves en est l’auteur exprime son consentement à être lié par le traité.
1. Une réserve doit être communiquée par écrit aux États 2.2.4 Forme de la confirmation formelle des réserves
contractants et aux organisations contractantes et aux autres États
et autres organisations internationales ayant qualité pour devenir La confirmation formelle d’une réserve doit être faite par écrit.
parties au traité.
2.3 Formulation tardive des réserves
2. Une réserve à un traité en vigueur qui est l’acte constitutif
d’une organisation internationale doit en outre être communiquée Un État ou une organisation internationale ne peut pas formu-
à cette organisation. ler une réserve à un traité après l’expression de son consentement
à être lié par ce traité, sauf si le traité en dispose autrement ou si
2.1.6 Procédure de communication des réserves aucun des autres États contractants et aucune des autres organisa-
tions contractantes ne s’y oppose.
1. À moins que le traité n’en dispose ou que les États contrac-
tants et organisations contractantes n’en conviennent autrement, la 2.3.1 Acceptation de la formulation tardive d’une réserve
communication d’une réserve à un traité est transmise:
À moins que le traité n’en dispose autrement ou que la pratique
a) s’il n’y a pas de dépositaire, directement par l’auteur de la bien établie suivie par le dépositaire ne soit différente, la formu-
réserve aux États contractants et aux organisations contractantes lation tardive d’une réserve n’est réputée avoir été acceptée que
et aux autres États et autres organisations internationales ayant si aucun État contractant ou organisation contractante ne s’est
qualité pour devenir parties; ou opposé à cette formulation à l’expiration des douze mois qui sui-
vent la date à laquelle la notification en a été reçue.
b) s’il y a un dépositaire, à ce dernier, qui en informe dans les
meilleurs délais les États et organisations internationales auxquels 2.3.2 Délai de formulation d’une objection à une réserve formulée
elle est destinée. tardivement
2. La communication d’une réserve n’est considérée comme Une objection à une réserve formulée tardivement doit être for-
ayant été faite à l’égard d’un État ou d’une organisation internatio- mulée dans les douze mois suivant l’acceptation, conformément à la
nale qu’à partir de sa réception par cet État ou cette organisation. directive 2.3.1, de la formulation tardive de la réserve.
3. La communication d’une réserve à un traité qui est effec- 2.3.3 Limite à la possibilité d’exclure ou de modifier les effets juridi-
tuée par un moyen autre qu’une note diplomatique ou une notifica- ques d’un traité par des procédés autres que les réserves
tion dépositaire, notamment par courrier électronique ou télécopie,
doit être confirmée dans un délai approprié par une telle note ou Un État contractant ou une organisation contractante à un
notification. En pareil cas, la réserve est considérée comme ayant traité ne peut exclure ou modifier l’effet juridique de dispositions
été formulée à la date de la communication initiale. du traité par le biais:
2.2 Confirmation des réserves Une déclaration interprétative devrait, de préférence, être for-
mulée par écrit.
2.2.1 Confirmation formelle des réserves formulées lors de la
signature du traité 2.4.2 Représentation aux fins de la formulation des déclarations
interprétatives
Lorsqu’elle est formulée lors de la signature d’un traité sous
réserve de ratification, d’un acte de confirmation formelle, Une déclaration interprétative doit être formulée par une per-
d’acceptation ou d’approbation, une réserve doit être confirmée sonne qui est considérée comme représentant un État ou une orga-
formellement par l’État ou l’organisation internationale qui en est nisation internationale pour l’adoption ou l’authentification du
l’auteur au moment où il exprime son consentement à être lié par le texte d’un traité ou pour exprimer le consentement d’un État ou
traité. En pareil cas, la réserve sera réputée avoir été formulée à la d’une organisation internationale à être lié par un traité.
date à laquelle elle a été confirmée.
2.4.3 Absence de conséquence au plan international de la violation
2.2.2 Cas de non-exigence de confirmation des réserves formulées des règles internes relatives à la formulation des déclarations
lors de la signature du traité interprétatives
Une réserve formulée lors de la signature d’un traité ne nécessite 1. L’instance compétente et la procédure à suivre au plan
pas de confirmation ultérieure lorsqu’un État ou une organisation interne pour formuler une déclaration interprétative sont
Les réserves aux traités 27
déterminées par le droit interne de chaque État ou par les règles a) si cette personne produit des pleins pouvoirs appropriés
pertinentes de chaque organisation internationale. aux fins de ce retrait; ou
2. Le fait qu’une déclaration interprétative ait été formulée en b) s’il ressort de la pratique ou d’autres circonstances qu’il
violation d’une disposition du droit interne d’un État ou des règles était de l’intention des États et des organisations internationales
d’une organisation internationale concernant la compétence et la concernés de considérer cette personne comme représentant un
procédure de formulation des déclarations interprétatives ne peut État ou une organisation internationale à cette fin sans présenta-
être invoqué par cet État ou cette organisation comme viciant cette tion de pleins pouvoirs.
déclaration.
2. En vertu de leurs fonctions et sans avoir à produire de
2.4.4. Moment auquel une déclaration interprétative peut être pleins pouvoirs, sont considérés comme représentant un État pour
formulée retirer une réserve au plan international au nom de cet État:
Sous réserve des dispositions des directives 1.4 et 2.4.7, une a) les chefs d’État, les chefs de gouvernement et les ministres
déclaration interprétative peut être formulée à tout moment. des affaires étrangères;
2.4.5 Communication des déclarations interprétatives b) les représentants accrédités par les États auprès d’une
organisation internationale ou de l’un de ses organes, pour le
La communication d’une déclaration interprétative formulée retrait d’une réserve à un traité adopté au sein de cette organisa-
par écrit devrait suivre la procédure fixée par les directives 2.1.5, tion ou de cet organe;
2.1.6 et 2.1.7.
c) les chefs de missions permanentes auprès d’une organisa-
2.4.6 Non-exigence de confirmation des déclarations interprétatives tion internationale, pour le retrait d’une réserve à un traité conclu
formulées lors de la signature du traité entre les États accréditants et cette organisation.
Une déclaration interprétative formulée lors de la signature 2.5.5 Absence de conséquence au plan international de la violation
d’un traité ne nécessite pas de confirmation ultérieure lorsqu’un des règles internes relatives au retrait des réserves
État ou une organisation internationale exprime son consentement
à être lié par le traité. 1. L’instance compétente et la procédure à suivre au plan
interne pour retirer une réserve sont déterminées par le droit
2.4.7 Formulation tardive d’une déclaration interprétative interne de chaque État ou par les règles pertinentes de chaque
organisation internationale.
Lorsqu’un traité dispose qu’une déclaration interprétative ne
peut être formulée qu’à des moments spécifiés, un État ou une 2. Le fait qu’une réserve ait été retirée en violation d’une dis-
organisation internationale ne peut pas formuler une déclaration position du droit interne d’un État ou des règles d’une organisation
interprétative relative à ce traité à un autre moment sauf si aucun internationale concernant la compétence et la procédure de retrait
des autres États et organisations contractants n’y fait objection. des réserves ne peut être invoqué par cet État ou cette organisation
comme viciant ce retrait.
2.4.8 Modification d’une déclaration interprétative
2.5.6 Communication du retrait d’une réserve
À moins que le traité n’en dispose autrement, une déclaration
interprétative peut être modifiée à tout moment. La procédure de communication du retrait d’une réserve suit
les règles applicables en matière de communication des réserves
2.5 Retrait et modification des réserves et des déclarations énoncées dans les directives 2.1.5, 2.1.6 et 2.1.7.
interprétatives
2.5.7 Effets du retrait d’une réserve
2.5.1 Retrait des réserves
1. Le retrait d’une réserve entraîne l’application dans leur
À moins que le traité n’en dispose autrement, une réserve peut intégralité des dispositions sur lesquelles portait la réserve dans les
à tout moment être retirée sans que le consentement de l’État ou de relations entre l’État ou l’organisation internationale qui retire la
l’organisation internationale qui a accepté la réserve soit nécessaire réserve et l’ensemble des autres parties, que celles-ci aient accepté
pour son retrait. la réserve ou y aient objecté.
2.5.10 Retrait partiel des réserves Lorsqu’un État ou une organisation internationale qui fait
objection à une réserve entend empêcher le traité d’entrer en
1. Le retrait partiel d’une réserve atténue l’effet juridique de vigueur entre lui-même et l’État ou l’organisation internationale
la réserve et assure plus complètement l’application des disposi- auteur de la réserve, il doit en avoir exprimé nettement l’intention
tions du traité, ou du traité dans son ensemble, dans les relations avant que le traité entre autrement en vigueur entre eux.
entre l’État ou l’organisation internationale qui en est l’auteur et
les autres parties au traité. 2.6.8 Procédure de formulation des objections
2. Le retrait partiel d’une réserve est soumis aux mêmes règles Les directives 2.1.3, 2.1.4, 2.1.5, 2.1.6 et 2.1.7 s’appliquent muta-
de forme et de procédure qu’un retrait total et prend effet dans les tis mutandis aux objections.
mêmes conditions.
2.6.9 Motivation des objections
2.5.11 Effet du retrait partiel d’une réserve
Une objection devrait, autant que possible, indiquer les motifs
1. Le retrait partiel d’une réserve modifie l’effet juridique de pour lesquels elle est formulée.
la réserve dans la mesure prévue par la nouvelle formulation de la
réserve. Une objection formulée à cette réserve continue de pro- 2.6.10 Non-exigence de la confirmation d’une objection formulée
duire ses effets aussi longtemps que son auteur ne l’a pas retirée, avant la confirmation formelle de la réserve
dans la mesure où l’objection ne porte pas exclusivement sur la
partie de la réserve qui a été retirée. Une objection à une réserve formulée par un État ou une orga-
nisation internationale avant la confirmation de celle-ci conformé-
2. Aucune objection nouvelle ne peut être formulée à la réserve ment à la directive 2.2.1 n’a pas besoin d’être elle-même confirmée.
telle qu’elle résulte d’un retrait partiel à moins que ce retrait par-
tiel n’ait un effet discriminatoire. 2.6.11 Confirmation d’une objection formulée avant l’expression
du consentement à être lié par le traité
2.5.12 Retrait des déclarations interprétatives
Une objection formulée avant l’expression du consentement à
Une déclaration interprétative peut être retirée à tout moment être lié par le traité n’a pas besoin d’être confirmée formellement
suivant la même procédure que celle applicable à sa formulation et par l’État ou l’organisation internationale qui en est l’auteur au
par les autorités qui sont considérées comme représentant l’État ou moment où il exprime son consentement à être lié si cet État ou
l’organisation internationale à cette fin. cette organisation était signataire du traité au moment où il a for-
mulé l’objection; elle doit être confirmée s’il n’avait pas signé le
2.6 Formulation des objections traité.
2.6.1. Définition des objections aux réserves 2.6.12 Délai de formulation des objections
L’expression «objection» s’entend d’une déclaration unilaté- À moins que le traité n’en dispose autrement, un État ou une
rale, quel que soit son libellé ou sa désignation, faite par un État organisation internationale peut formuler une objection à une
ou par une organisation internationale, en réaction à une réserve réserve soit jusqu’à l’expiration des douze mois qui suivent la date
à un traité formulée par un autre État ou une autre organisation à laquelle il en a reçu notification, soit jusqu’à la date à laquelle cet
internationale, par laquelle l’État ou l’organisation vise à empê- État ou cette organisation internationale a exprimé son consente-
cher la réserve de produire les effets voulus ou s’oppose autrement ment à être lié par le traité, si celle-ci est postérieure.
à la réserve.
2.6.13 Objections formulées tardivement
2.6.2 Droit de formuler des objections
Une objection à une réserve formulée après l’expiration du délai
Un État ou une organisation internationale peut formuler une prévu à la directive 2.6.12 ne produit pas tous les effets juridiques
objection à une réserve indépendamment de la validité de celle-ci. d’une objection formulée dans le respect de ce délai.
2.6.3 Auteur d’une objection 2.7 Retrait et modification des objections aux réserves
Une objection à une réserve peut être formulée par: 2.7.1 Retrait des objections aux réserves
a) tout État contractant ou toute organisation contractante; et À moins que le traité n’en dispose autrement, une objection à
une réserve peut à tout moment être retirée.
b) tout État ou toute organisation internationale ayant qualité
pour devenir partie au traité, auquel cas cette déclaration ne pro- 2.7.2 Forme du retrait des objections aux réserves
duit aucun effet juridique jusqu’à ce que l’État ou l’organisation
internationale ait exprimé son consentement à être lié par le traité. Le retrait d’une objection à une réserve doit être formulé par
écrit.
2.6.4 Objections formulées conjointement
2.7.3 Formulation et communication du retrait des objections aux
La formulation conjointe d’une objection par plusieurs États ou réserves
organisations internationales n’affecte pas le caractère unilatéral
de cette objection. Les directives 2.5.4, 2.5.5 et 2.5.6 s’appliquent mutatis mutandis
au retrait des objections aux réserves.
2.6.5 Forme des objections
2.7.4 Effet du retrait d’une objection sur la réserve
Une objection doit être formulée par écrit.
Un État ou une organisation internationale qui retire une objec-
2.6.6 Droit de s’opposer à l’entrée en vigueur du traité vis-à-vis de tion antérieurement formulée à l’encontre d’une réserve est pré-
l’auteur de la réserve sumé avoir accepté cette réserve.
Un État ou une organisation internationale auteur d’une objec- 2.7.5 Date d’effet du retrait d’une objection
tion à une réserve peut s’opposer à l’entrée en vigueur du traité
entre lui-même et l’auteur de la réserve. À moins que le traité n’en dispose autrement ou qu’il n’en soit
convenu autrement, le retrait d’une objection à une réserve ne
2.6.7 Expression de l’intention d’empêcher l’entrée en vigueur du prend effet que lorsque l’État ou l’organisation internationale qui
traité a formulé la réserve a reçu notification de ce retrait.
Les réserves aux traités 29
2.7.6 Cas dans lesquels l’auteur d’une objection peut fixer la date 2.8.8 Acceptation d’une réserve à l’acte constitutif d’une organisa-
d’effet du retrait de l’objection tion internationale
Le retrait d’une objection à une réserve prend effet à la date Lorsqu’un traité est un acte constitutif d’une organisation
fixée par son auteur lorsque cette date est postérieure à la date à internationale et à moins qu’il n’en dispose autrement, une réserve
laquelle l’État ou l’organisation internationale réservataire en a exige l’acceptation de l’organe compétent de cette organisation.
reçu notification.
2.8.9 Organe compétent pour accepter une réserve à un acte
2.7.7 Retrait partiel d’une objection constitutif
1. À moins que le traité n’en dispose autrement, un État ou Sous réserve des règles de l’organisation, la compétence pour
une organisation internationale peut retirer partiellement une accepter une réserve à l’acte constitutif d’une organisation interna-
objection à une réserve. tionale appartient à l’organe compétent pour se prononcer:
2. Le retrait partiel d’une objection est soumis aux mêmes a) sur l’admission d’un membre au sein de l’organisation; ou
règles de forme et de procédure qu’un retrait total et prend effet
dans les mêmes conditions. b) sur les amendements à l’acte constitutif; ou
Le retrait partiel modifie les effets juridiques de l’objection sur 2.8.10 Modalités de l’acceptation d’une réserve à un acte constitutif
les relations conventionnelles entre l’auteur de l’objection et celui 1. Sous réserve des règles de l’organisation, l’acceptation de
de la réserve dans la mesure prévue par la nouvelle formulation de l’organe compétent de l’organisation ne peut être tacite. Toutefois,
l’objection. l’admission de l’État ou de l’organisation internationale auteur de
la réserve constitue l’acceptation de celle-ci.
2.7.9 Élargissement de la portée d’une objection à une réserve
2. Aux fins de l’acceptation d’une réserve à l’acte constitutif
1. Un État ou une organisation internationale qui a formulé d’une organisation internationale, l’acceptation individuelle de la
une objection à une réserve peut élargir la portée de ladite objec- réserve par les États ou les organisations internationales membres
tion durant le délai prévu à la directive 2.6.12. de l’organisation n’est pas requise.
2. Un tel élargissement de la portée de l’objection ne saurait 2.8.11 Acceptation d’une réserve à un acte constitutif non encore
avoir d’effet sur l’existence de relations conventionnelles entre entré en vigueur
l’auteur de la réserve et l’auteur de l’objection.
Dans les cas prévus à la directive 2.8.8 et lorsque l’acte constitu-
2.8 Formulation des acceptations des réserves tif n’est pas encore entré en vigueur, une réserve est réputée avoir
été acceptée si aucun des États ou des organisations internationales
2.8.1 Formes d’acceptation des réserves signataires n’a formulé d’objection à cette réserve à l’expiration
des douze mois qui suivent la date à laquelle ils en ont reçu notifica-
L’acceptation d’une réserve peut résulter d’une déclaration
tion. Une telle acceptation unanime, une fois acquise, est définitive.
unilatérale en ce sens ou du silence gardé par un État contractant
ou une organisation contractante dans les délais prévus à la direc- 2.8.12 Réaction d’un membre d’une organisation internationale à
tive 2.6.12. une réserve à l’acte constitutif
2.8.2 Acceptation tacite des réserves La directive 2.8.10 n’exclut pas que les États ou les organisa-
tions internationales membres d’une organisation internationale
À moins que le traité n’en dispose autrement, une réserve est prennent position sur la validité ou l’opportunité d’une réserve
réputée avoir été acceptée par un État ou une organisation inter- à l’acte constitutif de l’organisation. Une telle appréciation est
nationale si ces derniers n’ont pas formulé d’objection à la réserve dépourvue par elle-même d’effets juridiques.
dans les délais fixés par la directive 2.6.12.
2.8.13 Caractère définitif de l’acceptation d’une réserve
2.8.3 Acceptation expresse des réserves
L’acceptation d’une réserve ne peut être ni retirée ni modifiée.
Un État ou une organisation internationale peut à tout moment
accepter expressément une réserve formulée par un autre État ou 2.9 Formulation des réactions aux déclarations interprétatives
une autre organisation internationale.
2.9.1 Approbation d’une déclaration interprétative
2.8.4 Forme de l’acceptation expresse des réserves
On entend par «approbation» d’une déclaration interprétative
L’acceptation expresse d’une réserve doit être formulée par une déclaration unilatérale faite par un État ou une organisation
écrit. internationale en réaction à une déclaration interprétative relative
à un traité formulée par un autre État ou une autre organisation
2.8.5 Procédure de formulation de l’acceptation expresse des internationale, par laquelle son auteur exprime son accord avec
réserves l’interprétation formulée dans cette déclaration.
Les directives 2.1.3, 2.1.4, 2.1.5, 2.1.6 et 2.1.7 s’appliquent muta- 2.9.2 Opposition à une déclaration interprétative
tis mutandis aux acceptations expresses.
On entend par «opposition» à une déclaration interprétative,
2.8.6 Non-exigence de la confirmation d’une acceptation formulée une déclaration unilatérale, faite par un État ou une organisation
avant la confirmation formelle de la réserve internationale en réaction à une déclaration interprétative relative
à un traité formulée par un autre État ou une autre organisation
Une acceptation expresse d’une réserve par un État ou une orga- internationale, par laquelle son auteur fait part de son désaccord
nisation internationale avant la confirmation de celle-ci conformé- avec l’interprétation formulée dans la déclaration interprétative, y
ment à la directive 2.2.1 n’a pas besoin d’être elle-même confirmée. compris en formulant une interprétation alternative.
2.8.7 Acceptation unanime des réserves 2.9.3 Requalification d’une déclaration interprétative
Lorsqu’une réserve nécessite l’acceptation unanime de tous les 1. On entend par «requalification» d’une déclaration inter-
États ou organisations internationales qui sont parties ou ont qua- prétative une déclaration unilatérale faite par un État ou une
lité pour devenir parties au traité, ou de certains d’entre eux, une organisation internationale en réaction à une déclaration inter-
telle acceptation, une fois acquise, est définitive. prétative relative à un traité formulée par un autre État ou une
30 Rapport de la Commission du droit international sur les travaux de sa soixante-troisième session
autre organisation internationale, par laquelle son auteur vise à 3.1.2 Définition des réserves déterminées
traiter cette dernière déclaration comme étant une réserve.
Aux fins de la directive 3.1, l’expression «réserves déterminées»
2. Un État ou une organisation internationale qui entend trai- s’entend de réserves expressément envisagées dans le traité à cer-
ter une déclaration interprétative comme une réserve devrait tenir taines dispositions du traité ou au traité dans son ensemble sous
compte des directives 1.3 à 1.3.3. certains aspects particuliers.
2.9.4 Droit de formuler une approbation, une opposition ou une 3.1.3 Validité substantielle des réserves non interdites par le traité
requalification
Lorsque le traité interdit la formulation de certaines réserves,
L’approbation, l’opposition et la requalification d’une décla- une réserve qui n’est pas interdite par le traité ne peut être formu-
ration interprétative peuvent être formulées à tout moment par lée par un État ou une organisation internationale que si elle n’est
tout État contractant et par toute organisation contractante, pas incompatible avec l’objet et le but du traité.
ainsi que par tout État et toute organisation internationale ayant
qualité pour devenir partie au traité. 3.1.4 Validité substantielle des réserves déterminées
2.9.5 Forme de l’approbation, de l’opposition et de la requalification Lorsque le traité envisage la formulation des réserves détermi-
nées sans en préciser le contenu, une réserve ne peut être formulée
L’approbation, l’opposition et la requalification d’une décla- par un État ou une organisation internationale que si elle n’est pas
ration interprétative devraient, de préférence, être formulées par incompatible avec l’objet et le but du traité.
écrit.
3.1.5 Incompatibilité d’une réserve avec l’objet et le but du traité
2.9.6 Motivation de l’approbation, de l’opposition et de la
requalification Une réserve est incompatible avec l’objet et le but du traité si elle
porte atteinte à un élément essentiel du traité, nécessaire à son économie
L’approbation, l’opposition et la requalification d’une déclara- générale, de telle manière que sa raison d’être se trouve compromise.
tion interprétative devraient, autant que possible, être motivées.
[Link] Détermination de l’objet et du but du traité
2.9.7 Formulation et communication de l’approbation, de
l’opposition et de la requalification L’objet et le but du traité doivent être déterminés de bonne foi,
en tenant compte de ses termes dans leur contexte, en particulier
Les directives 2.1.3, 2.1.4, 2.1.5, 2.1.6 et 2.1.7 s’appliquent muta- du titre et du préambule du traité. On peut également avoir recours
tis mutandis à l’approbation, à l’opposition et à la requalification aux travaux préparatoires du traité et aux circonstances de sa con-
d’une déclaration interprétative. clusion et, le cas échéant, à la pratique subséquente des parties.
2.9.8 Absence de présomption d’approbation ou d’opposition [Link] Réserves vagues ou générales
1. L’approbation d’une déclaration interprétative ou Une réserve doit être rédigée en des termes permettant d’en
l’opposition à celle-ci ne se présument pas. apprécier la signification, afin d’en déterminer en particulier la
compatibilité avec l’objet et le but du traité.
2. Nonobstant les directives 2.9.1 et 2.9.2, l’approbation d’une
déclaration interprétative ou l’opposition à celle-ci peuvent être [Link] Réserves portant sur une disposition reflétant une règle
déduites, dans des cas exceptionnels, du comportement des États ou coutumière
des organisations internationales concernés, compte tenu de toutes
les circonstances pertinentes. Le fait qu’une disposition conventionnelle reflète une règle de
droit international coutumier n’empêche pas par lui-même la for-
2.9.9 Le silence à l’égard d’une déclaration interprétative mulation d’une réserve à cette disposition.
L’approbation d’une déclaration interprétative ne résulte pas [Link] Réserves à des dispositions portant sur des droits auxquels il
du seul silence d’un État ou d’une organisation internationale. n’est permis de déroger en aucune circonstance
3. Validité substantielle des réserves et des déclarations Un État ou une organisation internationale ne peut formuler
interprétatives une réserve à une disposition conventionnelle portant sur des droits
auxquels il n’est permis de déroger en aucune circonstance que si
3.1 Validité substantielle d’une réserve
la réserve en question est compatible avec les droits et obligations
Un État ou une organisation internationale, au moment de essentiels résultant du traité. Dans l’appréciation de cette compa-
signer, de ratifier, de confirmer formellement, d’accepter, d’approu- tibilité, il convient de tenir compte de l’importance que les parties
ver un traité ou d’y adhérer, peut formuler une réserve, à moins: ont accordée aux droits en question en leur conférant un caractère
indérogeable.
a) que la réserve ne soit interdite par le traité;
[Link] Réserves relatives au droit interne
b) que le traité ne dispose que seules des réserves déterminées,
parmi lesquelles ne figure pas la réserve en question, peuvent être Une réserve par laquelle un État ou une organisation interna-
faites; ou tionale vise à exclure ou à modifier l’effet juridique de certaines
dispositions d’un traité ou du traité dans son ensemble pour préser-
c) que, dans les cas autres que ceux visés aux alinéas a et b, la ver l’intégrité de règles particulières du droit interne de cet État ou
réserve ne soit incompatible avec l’objet et le but du traité. de règles particulières de cette organisation en vigueur au moment
de la formulation de la réserve ne peut être formulée que dans la
3.1.1 Réserves interdites par le traité mesure où elle ne porte pas atteinte à un élément essentiel du traité
ni à son économie générale.
Une réserve est interdite par le traité si celui-ci contient une
disposition: [Link] Réserves aux traités contenant de nombreux droits et obliga-
tions interdépendants
a) interdisant toute réserve;
Pour apprécier la compatibilité d’une réserve avec l’objet et le
b) interdisant des réserves à des dispositions spécifiées sur les- but d’un traité contenant de nombreux droits et obligations inter-
quelles porte la réserve en question; ou dépendants, il convient de tenir compte de cette interdépendance
ainsi que de l’importance que revêt la disposition faisant l’objet
c) interdisant certaines catégories de réserves parmi lesquelles de la réserve dans l’économie générale du traité et de l’ampleur de
figure la réserve en question. l’atteinte que lui porte la réserve.
Les réserves aux traités 31
[Link] Réserves aux clauses conventionnelles de règlement des 3.3 Conséquences de la non-validité substantielle d’une réserve
différends ou de contrôle de la mise en œuvre du traité
3.3.1 Indifférence de la distinction entre les chefs d’invalidité
Une réserve à une disposition conventionnelle relative au règle-
ment des différends ou au contrôle de la mise en œuvre du traité Une réserve formulée en dépit d’une interdiction résultant des
n’est pas, en elle-même, incompatible avec l’objet et le but du traité dispositions du traité ou de son incompatibilité avec l’objet et le but
à moins: du traité n’est pas valide, sans qu’il y ait lieu d’opérer de distinction
entre les conséquences de ces chefs d’invalidité.
a) que la réserve ne vise à exclure ou à modifier l’effet juridique
d’une disposition du traité qui est essentielle pour sa raison d’être; 3.3.2 Non-validité substantielle des réserves et responsabilité
ou internationale
b) que la réserve n’ait pour effet de soustraire son auteur à un La formulation d’une réserve substantiellement non valide pro-
mécanisme de règlement des différends ou de contrôle de la mise duit ses conséquences au regard du droit des traités et n’engage
en œuvre du traité au sujet d’une disposition conventionnelle qu’il pas la responsabilité internationale de l’État ou de l’organisation
a antérieurement acceptée si l’objet même du traité est la mise en internationale qui l’a formulée.
œuvre d’un tel mécanisme.
3.3.3 Absence d’effet de l’acceptation individuelle d’une réserve sur
3.2 Appréciation de la validité substantielle des réserves
la validité substantielle de la réserve
Dans le cadre de leurs compétences respectives, peuvent appré-
L’acceptation d’une réserve substantiellement non valide par
cier la validité substantielle de réserves à un traité formulées par un
État ou une organisation internationale: un État contractant ou par une organisation contractante n’a pas
pour effet de remédier à la non-validité de la réserve.
a) les États contractants ou les organisations contractantes;
3.4 Validité substantielle des réactions aux réserves
b) les organes de règlement des différends; et
3.4.1 Validité substantielle d’une acceptation d’une réserve
c) les organes de contrôle de l’application du traité.
L’acceptation d’une réserve n’est soumise à aucune condition
3.2.1 Compétence des organes de contrôle de l’application de traités de validité substantielle.
en matière d’appréciation de la validité substantielle d’une réserve
3.4.2 Validité substantielle d’une objection à une réserve
1. En vue de s’acquitter des fonctions dont il est chargé, un
organe de contrôle de l’application d’un traité peut apprécier la L’objection à une réserve par laquelle un État ou une organisa-
validité substantielle des réserves formulées par un État ou une tion internationale vise à exclure dans ses relations avec l’auteur de
organisation internationale. la réserve l’application de dispositions du traité sur lesquelles ne
porte pas la réserve n’est valide que:
2. L’appréciation faite par un tel organe dans l’exercice de
cette compétence n’a pas davantage d’effets juridiques que ceux de a) si les dispositions ainsi exclues ont un lien suffisant avec les
l’acte qui la contient. dispositions sur lesquelles porte la réserve; et
3.2.2 Détermination de la compétence des organes de contrôle de b) si l’objection n’a pas pour effet de priver le traité de son
l’application de traités en matière d’appréciation de la validité objet et de son but dans les relations entre l’auteur de la réserve et
substantielle des réserves celui de l’objection.
Lorsqu’ils confèrent à des organes la compétence de contrôler 3.5 Validité substantielle d’une déclaration interprétative
l’application d’un traité, les États ou les organisations internatio-
nales devraient préciser, le cas échéant, la nature et les limites des Un État ou une organisation internationale peut formuler une
compétences de ces organes en matière d’appréciation de la validité déclaration interprétative, à moins que la déclaration interpréta-
substantielle des réserves. tive ne soit interdite par le traité.
3.2.3 Prise en considération de l’appréciation des organes de con- 3.5.1 Validité substantielle d’une déclaration interprétative consti-
trôle de l’application de traités tuant une réserve
Les États et les organisations internationales qui ont formulé Si une déclaration unilatérale se présente comme une déclara-
des réserves à un traité instituant un organe de contrôle de son tion interprétative mais constitue une réserve, sa validité substan-
application doivent tenir compte de l’appréciation par celui-ci de tielle doit être appréciée conformément aux dispositions des direc-
la validité substantielle des réserves. tives 3.1 à [Link].
3.2.4 Instances compétentes pour apprécier la validité substantielle
3.6 Validité substantielle des réactions à une déclaration
des réserves en cas de création d’un organe de contrôle de l’appli-
cation d’un traité interprétative
Lorsqu’un traité crée un organe de contrôle de son application, L’approbation d’une déclaration interprétative, l’opposition à
la compétence de cet organe est sans préjudice de la compétence une déclaration interprétative et la requalification d’une déclara-
des États contractants et des organisations contractantes pour tion interprétative ne sont soumises à aucune condition de validité
apprécier la validité substantielle de réserves à un traité, et de celle substantielle.
des organes de règlement des différends compétents pour interpré-
ter ou appliquer le traité. 4. Effets juridiques des réserves et des déclarations interprétatives
3.2.5 Compétence des organes de règlement des différends pour 4.1 Établissement d’une réserve à l’égard d’un autre État ou d’une
apprécier la validité substantielle des réserves autre organisation internationale
Lorsqu’un organe de règlement des différends est compétent Une réserve formulée par un État ou une organisation interna-
pour adopter des décisions obligatoires pour les parties à un diffé- tionale est établie à l’égard d’un État contractant ou d’une orga-
rend et que l’appréciation de la validité substantielle d’une réserve nisation contractante si elle est substantiellement valide, si elle
est nécessaire pour qu’il puisse s’acquitter de cette compétence, a été formulée en respectant la forme et la procédure requises,
cette appréciation s’impose juridiquement aux parties en tant et si cet État contractant ou cette organisation contractante l’a
qu’élément de la décision. acceptée.
32 Rapport de la Commission du droit international sur les travaux de sa soixante-troisième session
4.1.1 Établissement d’une réserve expressément autorisée par un 3. Dans la mesure où une réserve établie modifie l’effet juri-
traité dique de certaines dispositions d’un traité, son auteur a les droits
et les obligations prévus par ces dispositions, tels que modifiés par
1. Une réserve expressément autorisée par un traité n’a pas la réserve, dans ses relations avec les autres parties à l’égard des-
à être ultérieurement acceptée par les États contractants et par les quelles la réserve est établie. Ces autres parties ont les droits et
organisations contractantes, à moins que le traité ne le prévoie. les obligations prévus par ces dispositions, tels que modifiés par la
réserve, dans leurs relations avec l’auteur de la réserve.
2. Une réserve expressément autorisée par un traité est établie
à l’égard des autres États contractants et organisations contrac- 4.2.5 Absence d’application réciproque d’obligations sur lesquelles
tantes si elle a été formulée en respectant la forme et la procédure porte une réserve
requises.
Dans la mesure où les obligations prévues par les dispositions
4.1.2 Établissement d’une réserve à un traité devant être appliqué sur lesquelles porte la réserve ne sont pas soumises à application
intégralement réciproque en raison de la nature de l’obligation ou de l’objet et du
but du traité, le contenu des obligations des parties au traité autres
Lorsqu’il ressort du nombre restreint des États et des organisa-
tions ayant participé à la négociation d’un traité, ainsi que de son que l’auteur de la réserve n’est pas affecté. De même, le contenu
objet et de son but, que l’application du traité dans son intégralité des obligations de ces parties n’est pas affecté quand l’application
entre toutes les parties est une condition essentielle du consente- réciproque n’est pas possible en raison du contenu de la réserve.
ment de chacune d’elles à être liée par le traité, une réserve à ce
traité est établie à l’égard des autres États contractants et orga- 4.2.6 Interprétation des réserves
nisations contractantes si elle est substantiellement valide, si elle
a été formulée en respectant la forme et la procédure requises, et Une réserve doit être interprétée de bonne foi, en tenant compte
si tous les autres États contractants et organisations contractantes de l’intention de son auteur telle qu’elle est reflétée en priorité par
l’ont acceptée. le texte de la réserve, ainsi que de l’objet et du but du traité et des
circonstances dans lesquelles la réserve a été formulée.
4.1.3 Établissement d’une réserve à l’acte constitutif d’une organi-
sation internationale 4.3 Effet d’une objection à une réserve valide
Lorsqu’un traité est l’acte constitutif d’une organisation inter- À moins que la réserve n’ait été établie à l’égard de l’État ou de
nationale, une réserve à ce traité est établie à l’égard des autres l’organisation internationale auteur de l’objection, la formulation
États contractants et organisations contractantes si elle est subs- d’une objection à une réserve valide empêche la réserve de pro-
tantiellement valide, si elle a été formulée en respectant la forme duire les effets voulus à l’égard de cet État ou de cette organisation.
et la procédure requises, et si elle a été acceptée conformément aux
directives 2.8.8 à 2.8.11. 4.3.1 Effet d’une objection sur l’entrée en vigueur du traité entre
son auteur et l’auteur d’une réserve
4.2 Effets d’une réserve établie
L’objection faite à une réserve valide par un État contractant ou
4.2.1 Qualité de l’auteur d’une réserve établie par une organisation contractante n’empêche pas le traité d’entrer
Dès qu’une réserve est établie conformément aux directives 4.1 en vigueur entre l’État ou l’organisation internationale qui a for-
à 4.1.3, son auteur devient un État contractant ou une organisation mulé l’objection et l’État ou l’organisation internationale auteur de
contractante au traité. la réserve, exception faite du cas prévu par la directive 4.3.5.
4.2.2 Effet de l’établissement de la réserve sur l’entrée en vigueur 4.3.2 Effet d’une objection à une réserve formulée tardivement
du traité
Si un État contractant ou une organisation contractante à un traité
1. Dans le cas où le traité n’est pas encore entré en vigueur, fait objection à une réserve dont la formulation tardive a fait l’objet
l’auteur de la réserve est pris en compte parmi les États contrac- d’une acceptation unanime conformément à la directive 2.3.1, le traité
tants et les organisations contractantes dont le nombre conditionne entre ou demeure en vigueur à l’égard de l’État ou de l’organisation
l’entrée en vigueur du traité dès que la réserve est établie. internationale qui l’a formulée sans que la réserve soit établie.
2. L’auteur de la réserve peut cependant être pris en compte, à 4.3.3 Entrée en vigueur du traité entre l’auteur d’une réserve et
une date antérieure à l’établissement de la réserve, parmi les États l’auteur d’une objection
contractants et les organisations contractantes dont le nombre con-
ditionne l’entrée en vigueur du traité, si aucun État contractant ou Le traité entre en vigueur entre l’auteur d’une réserve valide et
aucune organisation contractante ne s’y oppose. l’État contractant ou l’organisation contractante qui a formulé une
objection dès lors que l’auteur de la réserve est devenu État con-
4.2.3 Effet de l’établissement d’une réserve sur la qualité de son tractant ou organisation contractante conformément à la directive
auteur en tant que partie au traité 4.2.1 et que le traité est entré en vigueur.
L’établissement d’une réserve fait de son auteur une partie au 4.3.4 Non-entrée en vigueur du traité pour l’auteur d’une réserve
traité vis-à-vis des États contractants et des organisations contrac- lorsque l’acceptation unanime est nécessaire
tantes à l’égard desquels la réserve est établie si le traité est en
vigueur ou lorsqu’il entre en vigueur.
Si l’établissement d’une réserve nécessite l’acceptation de la
4.2.4 Effet d’une réserve établie sur les relations conventionnelles réserve par tous les États contractants et toutes les organisations
contractantes, l’objection faite à une réserve valide par un État
1. Une réserve établie à l’égard d’une autre partie exclut ou contractant ou par une organisation contractante empêche le traité
modifie pour l’État ou pour l’organisation internationale auteur de d’entrer en vigueur pour l’État ou pour l’organisation internatio-
la réserve dans ses relations avec cette autre partie l’effet juridi- nale auteur de la réserve.
que des dispositions du traité sur lesquelles porte la réserve ou du
traité dans son ensemble sous certains aspects particuliers, dans la 4.3.5 Non-entrée en vigueur du traité entre l’auteur d’une réserve
mesure prévue par cette réserve. et l’auteur d’une objection à effet maximum
2. Dans la mesure où une réserve établie exclut l’effet juridi- L’objection faite à une réserve valide par un État contractant
que de certaines dispositions d’un traité, son auteur n’a ni droits ni ou par une organisation contractante empêche le traité d’entrer
obligations en vertu de ces dispositions, dans ses relations avec les en vigueur entre l’État ou l’organisation qui a formulé l’objection
autres parties à l’égard desquelles la réserve est établie. De même, et l’État ou l’organisation auteur de la réserve, si l’État ou
ces autres parties n’ont ni droits ni obligations en vertu de ces dis- l’organisation qui a formulé l’objection a exprimé nettement une
positions, dans leurs relations avec l’auteur de la réserve. telle intention conformément à la directive 2.6.7.
Les réserves aux traités 33
4.3.6 Effet d’une objection sur les relations conventionnelles continue de s’appliquer à ce titre entre l’État ou l’organisation
auteur de la réserve et les autres États ou organisations
1. Lorsqu’un État ou une organisation internationale qui a internationales.
formulé une objection à une réserve valide ne s’est pas opposé à
l’entrée en vigueur du traité entre lui-même ou elle-même et l’État 2. Une réserve ne peut pas exclure ou modifier l’effet juridi-
ou l’organisation auteur de la réserve, les dispositions sur lesquelles que d’un traité d’une manière contraire à une norme impérative
porte la réserve ne s’appliquent pas entre l’auteur de la réserve et du droit international général.
l’État ou l’organisation qui a formulé l’objection, dans la mesure
prévue par la réserve. 4.5 Conséquences d’une réserve non valide
2. Dans la mesure où une réserve valide vise à exclure l’effet 4.5.1 Nullité d’une réserve non valide
juridique de certaines dispositions du traité, lorsqu’un État con-
tractant ou une organisation contractante y a fait objection sans Une réserve qui ne respecte pas les conditions de validité
s’opposer à l’entrée en vigueur du traité entre lui-même ou elle- formelle et substantielle énoncées dans les deuxième et troisième
même et l’auteur de la réserve, l’État ou l’organisation qui a for- parties du Guide de la pratique est nulle de plein droit et, en
mulé l’objection et l’auteur de la réserve ne sont pas liés, dans leurs conséquence, dépourvue de tout effet juridique.
relations conventionnelles, par les dispositions sur lesquelles porte
la réserve. 4.5.2 Réactions à une réserve considérée comme non valide
3. Dans la mesure où une réserve valide vise à modifier l’effet 1. La nullité d’une réserve non valide ne dépend pas de
juridique de certaines dispositions du traité, lorsqu’un État con- l’objection ou de l’acceptation d’un État contractant ou d’une
tractant ou une organisation contractante y a fait objection sans organisation contractante.
s’opposer à l’entrée en vigueur du traité entre lui-même ou elle-
même et l’auteur de la réserve, l’État ou l’organisation qui a for- 2. Néanmoins, un État ou une organisation internationale qui
mulé l’objection et l’auteur de la réserve ne sont pas liés, dans leurs considère qu’une réserve n’est pas valide devrait y formuler une
relations conventionnelles, par les dispositions du traité telles que objection motivée en ce sens dans les meilleurs délais.
la réserve entendait les modifier.
4.5.3 Statut de l’auteur d’une réserve non valide à l’égard du traité
4. Toutes les dispositions du traité autres que celles sur
lesquelles porte la réserve restent applicables entre l’État ou 1. Le statut de l’auteur d’une réserve non valide à l’égard du
l’organisation auteur de la réserve et l’État ou l’organisation qui traité dépend de l’intention exprimée par l’État ou l’organisation
a formulé l’objection. internationale qui a formulé la réserve sur la question de savoir
s’il entend être lié par le traité sans le bénéfice de la réserve ou s’il
4.3.7 Effet d’une objection sur des dispositions du traité autres que estime ne pas être lié par le traité.
celles sur lesquelles porte la réserve
1. Une disposition du traité sur laquelle la réserve ne porte 2. À moins que l’auteur de la réserve non valide ait exprimé
pas, mais qui a un lien suffisant avec les dispositions sur lesquelles une intention contraire ou qu’une telle intention soit établie autre-
elle porte, n’est pas applicable dans les relations conventionnelles ment, il est considéré comme État contractant ou organisation con-
entre l’auteur de la réserve et l’auteur d’une objection qui a été tractante sans le bénéfice de la réserve.
formulée conformément à la directive 3.4.2.
3. Nonobstant les paragraphes 1 et 2, l’auteur d’une réserve
2. L’État ou l’organisation internationale auteur de la non valide peut exprimer à tout moment son intention de ne pas
réserve peut, dans un délai de douze mois suivant la notification être lié par le traité sans le bénéfice de la réserve.
d’une objection ayant les effets visés au paragraphe 1, s’opposer à
l’entrée en vigueur du traité entre lui-même ou elle-même et l’État 4. Si un organe de contrôle de l’application du traité exprime
ou l’organisation qui a formulé l’objection. En l’absence d’une le point de vue selon lequel une réserve n’est pas valide et si l’État
telle opposition, le traité s’applique entre l’auteur de la réserve et ou l’organisation internationale auteur de la réserve entend ne pas
celui de l’objection dans la mesure prévue par la réserve et par être lié par le traité sans le bénéfice de la réserve, il devrait expri-
l’objection. mer une telle intention dans un délai de douze mois suivant la date
à laquelle l’organe de contrôle s’est prononcé.
4.3.8 Droit de l’auteur d’une réserve valide de ne pas respecter le
traité sans le bénéfice de sa réserve 4.6 Absence d’effet d’une réserve dans les relations entre les autres
parties au traité
L’auteur d’une réserve valide n’est pas tenu de respecter les dis-
positions du traité sans le bénéfice de sa réserve. Une réserve ne modifie pas les dispositions du traité pour les
autres parties au traité dans leurs rapports inter se.
4.4 Effets d’une réserve sur les droits et obligations indépendants
du traité 4.7 Effets des déclarations interprétatives
4.4.1 Absence d’effet sur les droits et obligations découlant d’autres 4.7.1 Clarification des termes du traité par une déclaration
traités interprétative
Une réserve, l’acceptation d’une réserve ou une objection à une 1. Une déclaration interprétative ne modifie pas les obliga-
réserve ne modifient ni n’excluent les droits et obligations de leurs tions résultant du traité. Elle ne peut que préciser ou clarifier le
auteurs découlant d’autres traités auxquels ils sont parties. sens ou la portée que son auteur attribue à un traité ou à certaines
4.4.2 Absence d’effet sur les droits et obligations découlant d’une de ses dispositions et constituer, le cas échéant, un élément à pren-
règle de droit international coutumier dre en compte dans l’interprétation du traité, conformément à la
règle générale d’interprétation des traités.
Une réserve à une disposition conventionnelle reflétant une
règle de droit international coutumier ne porte pas atteinte, en tant 2. Dans l’interprétation du traité, il sera également tenu
que telle, aux droits et obligations découlant de cette règle, qui con- compte, le cas échéant, des approbations et des oppositions dont
tinue de s’appliquer à ce titre entre l’État ou l’organisation auteur la déclaration interprétative a fait l’objet de la part d’autres États
de la réserve et les autres États ou organisations internationales liés contractants et organisations contractantes.
par cette règle.
4.7.2 Effet de la modification ou du retrait d’une déclaration
4.4.3 Absence d’effet sur une norme impérative du droit internatio- interprétative
nal général (jus cogens)
La modification d’une déclaration interprétative ou son retrait
1. Une réserve à une disposition conventionnelle reflétant ne peut produire les effets prévus par la directive 4.7.1 dans la
une norme impérative du droit international général (jus cogens) mesure où d’autres États contractants ou organisations contrac-
ne porte pas atteinte au caractère obligatoire de cette norme, qui tantes ont fait fond sur la déclaration initiale.
34 Rapport de la Commission du droit international sur les travaux de sa soixante-troisième session
4.7.3 Effet d’une déclaration interprétative approuvée par tous les l’égard de l’un quelconque de ces États reste en vigueur à l’égard de
États contractants et organisations contractantes l’État successeur, les réserves formulées par l’un de ces États qui, à
la date de la succession d’États, était un État contractant à l’égard
Une déclaration interprétative qui a été approuvée par tous les duquel le traité n’était pas en vigueur ne sont pas maintenues.
États contractants et les organisations contractantes peut consti-
tuer un accord au sujet de l’interprétation du traité. 5.1.4 Principe du maintien de la portée territoriale des réserves de
l’État prédécesseur
5. Réserves, acceptations des réserves, objections aux réserves et
déclarations interprétatives en cas de succession d’États Sous réserve des dispositions de la directive 5.1.5, une réserve
réputée maintenue en vertu des directives 5.1.1, paragraphe 1, ou
5.1 Réserves en cas de succession d’États 5.1.2, paragraphe 1 ou 3, conserve la portée territoriale qui était la
sienne à la date de la succession d’États, à moins que l’État succes-
5.1.1 Cas d’un État nouvellement indépendant seur n’exprime l’intention contraire.
1. Lorsqu’un État nouvellement indépendant établit par une 5.1.5 Application territoriale des réserves en cas d’unification
notification de succession sa qualité d’État contractant ou de par- d’États
tie à un traité multilatéral, il est réputé maintenir toute réserve
au traité qui était applicable, à la date de la succession d’États, à 1. Lorsque, à la suite d’une unification de deux ou plusieurs
l’égard du territoire auquel se rapporte la succession d’États, à États, un traité qui, à la date de la succession d’États, était en
moins que, lorsqu’il fait la notification de succession, il n’exprime vigueur à l’égard d’un seul des États qui forment l’État successeur
l’intention contraire ou ne formule une réserve se rapportant au devient applicable à une partie du territoire de cet État à laquelle
même sujet que ladite réserve. il ne l’était pas, toute réserve réputée maintenue par l’État succes-
seur s’applique à ce territoire, à moins:
2. Lorsqu’il fait une notification de succession établissant sa
qualité d’État contractant ou de partie à un traité multilatéral, un a) que l’État successeur n’exprime, lorsqu’il notifie l’extension
État nouvellement indépendant peut formuler une réserve, à moins de l’application territoriale du traité, l’intention contraire; ou
que la réserve ne soit de celles dont la formulation serait exclue par
les dispositions des alinéas a, b ou c de la directive 3.1. b) qu’il ne résulte de la nature ou de l’objet d’une réserve que
celle-ci ne saurait s’étendre au-delà du territoire auquel elle était
3. Lorsqu’un État nouvellement indépendant formule une applicable à la date de la succession d’États.
réserve conformément au paragraphe 2, les règles pertinentes énon-
cées dans la deuxième partie du Guide de la pratique (Procédure) 2. Lorsque, à la suite d’une unification de deux ou plusieurs
s’appliquent à l’égard de cette réserve. États, un traité qui, à la date de la succession d’États, était en
vigueur à l’égard de deux ou plusieurs des États ayant donné lieu à
4. Aux fins de la présente partie du Guide de la pratique, l’unification devient applicable à une partie du territoire de l’État
l’expression «État nouvellement indépendant» s’entend d’un État successeur à laquelle il ne l’était pas à la date de la succession
successeur dont le territoire, immédiatement avant la date de la d’États, aucune réserve ne s’étend à ce territoire, à moins:
succession d’États, était un territoire dépendant dont l’État prédé-
cesseur avait la responsabilité des relations internationales. a) qu’une réserve identique n’ait été formulée par chacun de
ces États à l’égard desquels le traité était en vigueur à la date de la
5.1.2 Cas d’unification ou de séparation d’États succession d’États;
1. Sous réserve des dispositions de la directive 5.1.3, un État b) que l’État successeur n’exprime, lorsqu’il notifie l’extension
successeur partie à un traité en vertu d’une unification ou d’une
de l’application territoriale du traité, une intention différente; ou
séparation d’États est réputé maintenir toute réserve au traité qui
était applicable, à la date de la succession d’États, à l’égard du
territoire auquel se rapporte la succession d’États, à moins qu’il ne c) que l’intention contraire ne ressorte autrement des circons-
notifie l’intention de ne pas maintenir une ou plusieurs réserves de tances qui entourent la succession de cet État à l’égard du traité.
l’État prédécesseur à l’occasion de la succession.
3. Une notification visant à étendre la portée territoriale des
2. Un État successeur partie à un traité en vertu d’une unifica- réserves, conformément à l’alinéa b du paragraphe 2, demeure
tion ou d’une séparation d’États ne peut ni formuler une nouvelle sans effet dans la mesure où une telle extension donnerait lieu à
réserve ni élargir la portée d’une réserve maintenue. l’application de réserves contradictoires au même territoire.
3. Lorsqu’un État successeur issu d’une unification ou d’une 4. Les dispositions des paragraphes 1 à 3 s’appliquent mutatis
séparation d’États fait une notification par laquelle il établit sa mutandis aux réserves réputées maintenues par un État successeur
qualité d’État contractant à un traité qui, à la date de la succes- qui, à la suite d’une unification d’États, est État contractant à un
sion d’États, n’était pas en vigueur pour l’État prédécesseur, mais traité qui n’était en vigueur pour aucun des États ayant donné lieu
à l’égard duquel l’État prédécesseur était État contractant, cet État à l’unification, à la date de la succession d’États, mais auquel un
est réputé maintenir toute réserve au traité qui était applicable, à ou, le cas échéant, plusieurs de ces États étaient, à cette date, États
la date de la succession d’États, à l’égard du territoire auquel se contractants, lorsque ce traité devient applicable à une partie du
rapporte la succession d’États, à moins qu’il ne notifie l’intention territoire de l’État successeur à laquelle il ne l’était pas à la date de
contraire à l’occasion de la notification ou ne formule une réserve la succession d’États.
se rapportant au même sujet que ladite réserve. Cet État successeur
peut formuler une nouvelle réserve au traité. 5.1.6 Application territoriale des réserves de l’État successeur en
cas de succession concernant une partie de territoire
4. Un État successeur ne peut formuler une réserve conformé-
ment au paragraphe 3 que si cette réserve n’est pas de celles dont la Lorsque, à la suite d’une succession d’États concernant une
formulation serait exclue par les dispositions des alinéas a, b ou c de partie du territoire d’un État, un traité auquel l’État successeur
la directive 3.1. Les règles pertinentes énoncées dans la deuxième est État contractant s’applique à ce territoire, toute réserve audit
partie du Guide de la pratique (Procédure) s’appliquent à l’égard traité formulée auparavant par cet État s’applique également audit
de cette réserve. territoire à compter de la date de la succession d’États, à moins:
5.1.3 Non-pertinence de certaines réserves en cas d’unification a) que l’État successeur n’exprime l’intention contraire; ou
d’États
b) qu’il ne ressorte de la réserve que son application était limi-
Lorsque, à la suite d’une unification de deux ou plusieurs États, tée au territoire de l’État successeur dans ses frontières avant la
un traité qui, à la date de la succession d’États, était en vigueur à date de la succession d’États ou à une partie de ce territoire.
Les réserves aux traités 35
5.1.7 Effets dans le temps du non-maintien, par un État successeur, conformément aux directives pertinentes, formuler une objection à
d’une réserve formulée par l’État prédécesseur des réserves formulées par un État contractant ou une organisation
contractante, même si l’État prédécesseur n’y avait pas objecté.
Le non-maintien, conformément aux directives 5.1.1 ou 5.1.2,
par l’État successeur d’une réserve formulée par l’État prédéces- 2. Le droit prévu au paragraphe 1 est également reconnu à
seur ne prend effet, à l’égard d’un autre État contractant ou d’une un État successeur autre qu’un État nouvellement indépendant
organisation contractante, que lorsque cet État ou cette organisa- lorsqu’il fait une notification par laquelle il établit sa qualité d’État
tion en a reçu notification. contractant à un traité qui, à la date de la succession d’États, n’était
pas en vigueur pour l’État prédécesseur, mais à l’égard duquel
5.1.8 Formulation tardive d’une réserve par un État successeur l’État prédécesseur était État contractant.
Sera considérée comme tardive toute réserve formulée par:
3. Le droit reconnu aux paragraphes 1 et 2 est toutefois exclu
a) un État nouvellement indépendant après sa notification de s’agissant des traités auxquels s’appliquent les directives 2.8.7 et
succession au traité; 4.1.2.
b) un État successeur autre qu’un État nouvellement indépen- 5.2.6 Objections d’un État successeur autre qu’un État nouvelle-
dant après la notification par laquelle il établit sa qualité d’État ment indépendant à l’égard duquel un traité reste en vigueur
contractant à un traité qui, à la date de la succession d’États, n’était
pas en vigueur pour l’État prédécesseur, mais à l’égard duquel Un État successeur autre qu’un État nouvellement indépendant
l’État prédécesseur était État contractant; ou à l’égard duquel un traité reste en vigueur à la suite d’une succes-
sion d’États ne peut formuler une objection à une réserve à laquelle
c) un État successeur autre qu’un État nouvellement indépen- l’État prédécesseur n’avait pas objecté, sauf dans le cas où le délai
dant à l’égard d’un traité qui, à la suite de la succession d’États, de formulation de l’objection n’a pas expiré avant la date de la suc-
reste en vigueur pour cet État. cession d’États et dans les limites de ce délai.
5.2 Objections aux réserves en cas de succession d’États 5.3 Acceptation des réserves en cas de succession d’États
5.2.1 Maintien par l’État successeur des objections formulées par 5.3.1 Maintien par un État nouvellement indépendant des accepta-
l’État prédécesseur tions expresses formulées par l’État prédécesseur
Sous réserve des dispositions de la directive 5.2.2, un État suc-
cesseur est réputé maintenir toute objection formulée par l’État Lorsqu’un État nouvellement indépendant établit par une noti-
prédécesseur à l’égard d’une réserve formulée par un État con- fication de succession sa qualité d’État contractant à un traité, il est
tractant ou une organisation contractante, à moins qu’il ne notifie réputé maintenir toute acceptation expresse par l’État prédéces-
l’intention contraire à l’occasion de la succession. seur d’une réserve formulée par un État contractant ou une orga-
nisation contractante, à moins qu’il n’exprime l’intention contraire
5.2.2 Non-pertinence de certaines objections en cas d’unification dans un délai de douze mois suivant la date de la notification de
d’États succession.
1. Lorsque, à la suite d’une unification de deux ou plusieurs 5.3.2 Maintien par un État successeur autre qu’un État nouvelle-
États, un traité qui, à la date de la succession d’États, était en ment indépendant des acceptations expresses formulées par l’État
vigueur à l’égard de l’un quelconque de ces États reste en vigueur prédécesseur
à l’égard de l’État issu de l’unification, les objections à une réserve
formulées par un de ces États à l’égard duquel le traité n’était pas 1. Un État successeur autre qu’un État nouvellement indépen-
en vigueur à la date de la succession d’États ne sont pas maintenues. dant à l’égard duquel un traité reste en vigueur à la suite d’une suc-
cession d’États est réputé maintenir toute acceptation expresse par
2. Lorsque, à la suite d’une unification de deux ou plusieurs l’État prédécesseur d’une réserve formulée par un État contractant
États, l’État successeur est État contractant à un traité auquel il a ou une organisation contractante.
maintenu des réserves conformément aux directives 5.1.1 ou 5.1.2,
les objections à une réserve d’un autre État contractant ou d’une 2. Lorsqu’il fait une notification par laquelle il établit sa qua-
organisation contractante qui serait identique ou équivalente à une lité d’État contractant à un traité qui, à la date de la succession
réserve qu’il a lui-même maintenue ne sont pas maintenues. d’États, n’était pas en vigueur pour l’État prédécesseur, mais à
l’égard duquel l’État prédécesseur était État contractant, un État
5.2.3 Maintien des objections à l’égard de réserves de l’État successeur autre qu’un État nouvellement indépendant est réputé
prédécesseur maintenir toute acceptation expresse par l’État prédécesseur d’une
Lorsqu’une réserve formulée par l’État prédécesseur est répu- réserve formulée par un État contractant ou une organisation con-
tée maintenue par l’État successeur conformément aux directives tractante, à moins qu’il n’exprime l’intention contraire dans un
5.1.1 ou 5.1.2, toute objection formulée à l’égard de ladite réserve délai de douze mois suivant la date de la notification de succession.
par un autre État contractant ou par une organisation contractante
est réputée maintenue à l’égard de l’État successeur. 5.3.3 Effets dans le temps du non-maintien, par un État successeur,
d’une acceptation expresse formulée par l’État prédécesseur
5.2.4 Réserves de l’État prédécesseur n’ayant pas soulevé
d’objection Le non-maintien, conformément à la directive 5.3.1 ou au para-
graphe 2 de la directive 5.3.2, par l’État successeur d’une accepta-
Lorsqu’une réserve formulée par l’État prédécesseur est répu- tion expresse par l’État prédécesseur d’une réserve formulée par un
tée maintenue par l’État successeur conformément aux directives État contractant ou une organisation contractante ne prend effet à
5.1.1 ou 5.1.2, un État ou une organisation internationale qui l’égard d’un État contractant ou d’une organisation contractante
n’avait pas formulé d’objection à la réserve à l’égard de l’État pré- que lorsque cet État ou cette organisation en a reçu la notification.
décesseur ne peut y objecter à l’égard de l’État successeur, sauf:
5.4 Effets juridiques des réserves, acceptations et objections en cas
a) dans le cas où le délai de formulation de l’objection n’a pas de succession d’États
expiré avant la date de la succession d’États et dans les limites de
ce délai; ou 1. Les réserves, les acceptations et les objections qui sont répu-
tées maintenues en application des directives de la présente partie du
b) dans le cas où l’extension territoriale de la réserve change
Guide de la pratique continuent de produire leurs effets juridiques
radicalement les conditions d’application de la réserve.
conformément aux dispositions de la quatrième partie du Guide.
5.2.5 Droit pour un État successeur de formuler des objections à
des réserves 2. La quatrième partie du Guide de la pratique est également
applicable, mutatis mutandis, aux réserves, aux acceptations et aux
1. Lorsqu’il fait une notification de succession établissant sa objections nouvellement formulées par un État successeur confor-
qualité d’État contractant, un État nouvellement indépendant peut, mément aux dispositions de la présente partie du Guide.
36 Rapport de la Commission du droit international sur les travaux de sa soixante-troisième session
5.5 Déclarations interprétatives en cas de succession d’États juridiques que produira cette réserve sur la mise en œuvre par
l’auteur de celle-ci de ses obligations conventionnelles;
1. Un État successeur devrait clarifier sa position concernant
les déclarations interprétatives formulées par l’État prédécesseur. 3. La motivation d’une réserve par son auteur revêt une
À défaut d’une telle clarification, un État successeur est réputé importance pour l’appréciation de la validité de la réserve, et les
maintenir les déclarations interprétatives de l’État prédécesseur. États et organisations internationales devraient motiver toute
modification d’une réserve;
2. Le paragraphe 1 est sans préjudice des cas dans lesquels
l’État successeur aurait manifesté, par son comportement, qu’il 4. Les États et organisations internationales devraient revoir
entend maintenir ou rejeter une déclaration interprétative formu- périodiquement leurs réserves de façon à en limiter la portée ou à
lée par l’État prédécesseur. les retirer le cas échéant;
Annexe 5. Les préoccupations concernant des réserves qu’expriment
fréquemment les États et les organisations internationales, ainsi
Conclusions sur le dialogue réservataire que les organes de contrôle, peuvent être utiles pour l’appréciation
de la validité des réserves;
La Commission du droit international,
6. Les États et les organisations internationales, ainsi que les
Rappelant les dispositions relatives aux réserves aux traités figu- organes de contrôle, devraient expliquer à l’auteur de la réserve les
rant dans la Convention de Vienne sur le droit des traités et dans la raisons qui justifient leurs préoccupations concernant la réserve et,
Convention de Vienne sur le droit des traités entre États et organi- le cas échéant, demander les éclaircissements leur paraissant utiles;
sations internationales ou entre organisations internationales,
7. Les États et les organisations internationales, ainsi que
Prenant en considération le dix-septième rapport39 présenté par les organes de contrôle, devraient encourager, selon qu’il appa-
le Rapporteur spécial sur le sujet «Les réserves aux traités», qui raît utile, le retrait des réserves, le réexamen de la nécessité d’une
examine la question du dialogue réservataire, réserve ou la réduction progressive de la portée d’une réserve par
des retraits partiels;
Ayant présente à l’esprit la nécessité d’atteindre un équilibre
satisfaisant entre les objectifs de préservation de l’intégrité des 8. Les États et les organisations internationales devraient
traités multilatéraux et de participation la plus large possible à ces tenir compte des préoccupations et des réactions d’autres États,
traités, d’autres organisations internationales et des organes de contrôle,
et les prendre en considération dans toute la mesure possible en
Reconnaissant le rôle que peuvent jouer les réserves aux traités
vue du réexamen, de la modification ou du retrait éventuel d’une
pour réaliser cet équilibre,
réserve;
Préoccupée par le nombre de réserves qui semblent incompati-
bles avec les limites imposées par le droit des traités, en particulier 9. Les États et les organisations internationales, ainsi que les
l’article 19 des Conventions de Vienne sur le droit des traités, organes de contrôle, devraient coopérer aussi étroitement que pos-
sible afin d’échanger leurs points de vue sur des réserves au sujet
Consciente des difficultés soulevées par l’appréciation de la vali- desquelles des préoccupations ont été exprimées et coordonner les
dité des réserves, mesures à prendre; et
Convaincue de l’utilité d’un dialogue pragmatique avec l’auteur II. Recommande que:
d’une réserve,
L’Assemblée générale appelle les États et les organisations inter-
Se félicitant des efforts accomplis ces dernières années, notam- nationales, ainsi que les organes de contrôle, à engager et mener ce
ment dans le cadre d’organisations internationales et des organes dialogue d’une façon pragmatique et transparente.
créés en vertu d’instruments internationaux relatifs aux droits de
l’homme, en vue d’encourager ce dialogue, 2. Texte du Guide de la pratique comprenant une
introduction, les directives et commentaires y affé-
I. Considère que: rents, une annexe sur le dialogue réservataire et
1. Les États et les organisations internationales qui entendent une bibliographie
formuler des réserves devraient le faire de façon aussi précise et
circonscrite que possible, envisager d’en limiter la portée et veiller 76. Le texte du Guide de la pratique sur les réserves
à ce qu’elles ne soient pas incompatibles avec l’objet et le but du aux traités, comprenant une introduction, les directives
traité sur lequel elles portent;
et commentaires y afférents, et une annexe sur le dialo-
2. Les États et organisations internationales devraient indi- gue réservataire, adopté par la Commission à sa soixante-
quer, lorsqu’ils formulent une déclaration unilatérale, si celle-ci troisième session, est reproduit dans un additif au présent
constitue une réserve et, dans l’affirmative, expliquer les rai- rapport (A/66/10/Add.140).
sons pour lesquelles cette réserve est jugée nécessaire et les effets
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A/CN.4/647 et Add.1, par. 2 à 68. Annuaire… 2011, vol. II (3e partie).