Cotes des documents de l'ONU 2004
Cotes des documents de l'ONU 2004
Les cotes des documents de l’Organisation des Nations Unies se composent de lettres majus-
FXOHVHWGHFKLIIUHV/DVLPSOHPHQWLRQG¶XQHFRWHGDQVXQWH[WHVLJQL¿HTX¶LOV¶DJLWG¶XQGRFXPHQWGH
l’Organisation.
3RXU FKDTXH VHVVLRQ GH OD &RPPLVVLRQ GX GURLW LQWHUQDWLRQDO O¶Annuaire comprend deux
volumes:
9ROXPH,FRPSWHVUHQGXVDQDO\WLTXHVGHVVpDQFHVGHODVHVVLRQ
Volume II (1re partie): rapports des rapporteurs spéciaux et autres documents examinés au cours
GHODVHVVLRQ
/HVUpIpUHQFHVjFHVRXYUDJHVHWOHVH[WUDLWVTXLHQVRQWGRQQpVVHUDSSRUWHQWDXWH[WHGp¿QLWLIGHV
volumes de l’Annuaire paraissant sous forme de publications des Nations Unies.
* *
Les rapports des rapporteurs spéciaux et autres documents examinés par la Commission au cours
GHVDFLQTXDQWHVL[LqPHVHVVLRQSDUXVLQLWLDOHPHQWVRXVIRUPHUHSURJUDSKLpHVRQWUHSURGXLWVGDQV
OHSUpVHQWYROXPHFRPSWHWHQXGHVUHFWL¿FDWLIVSXEOLpVSDUOH6HFUpWDULDWHWDYHFOHVPRGL¿FDWLRQVGH
IRUPHTX¶H[LJHODSUpVHQWDWLRQGHVWH[WHV
A/CN.4/SER.A/2004/Add.1 (Part 1)
ISSN 0497-9877
TABLE DES MATIÈRES
Pages
iii
ABRÉVIATIONS ET SIGLES
$&3 eWDWVG¶$IULTXHGHV&DUDwEHVHWGX3DFL¿TXH
$'3,& $VSHFWVGHVGURLWVGHSURSULpWpLQWHOOHFWXHOOHTXLWRXFKHQWDXFRPPHUFH
$,($ $JHQFHLQWHUQDWLRQDOHGHO¶pQHUJLHDWRPLTXH
AIH Association internationale des hydrogéologues
CDI Commission du droit international
CECA Communauté européenne du charbon et de l’acier
&('($2 &RPPXQDXWppFRQRPLTXHGHVeWDWVGHO¶$IULTXHGHO¶2XHVW
&(( &RPPXQDXWppFRQRPLTXHHXURSpHQQH GHYHQXH8QLRQHXURSpHQQH
&,- &RXULQWHUQDWLRQDOHGH-XVWLFH
&3-, &RXUSHUPDQHQWHGHMXVWLFHLQWHUQDWLRQDOH
DTS Droits de tirage spéciaux
FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
FINUL Force intérimaire des Nations Unies au Liban
FIPOL Fonds international d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures
FMI Fonds monétaire international
FMO Force multinationale et Observateurs
GATT Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce
Mercosur Marché commun du Sud
OACI Organisation de l’aviation civile internationale
2&'( 2UJDQLVDWLRQGHFRRSpUDWLRQHWGHGpYHORSSHPHQWpFRQRPLTXHV
OEA Organisation des États américains
2,$& 2UJDQLVDWLRQSRXUO¶LQWHUGLFWLRQGHVDUPHVFKLPLTXHV
OIT Organisation internationale du Travail
OLP Organisation de libération de la Palestine
OMC Organisation mondiale du commerce
OMI Organisation maritime internationale
200 2UJDQLVDWLRQPpWpRURORJLTXHPRQGLDOH
OMS Organisation mondiale de la santé
ONU Organisation des Nations Unies
ONUSOM Opération des Nations Unies en Somalie
OPS Organisation panaméricaine de la santé (anciennement Organisation sanitaire panaméricaine)
27$1 2UJDQLVDWLRQGX7UDLWpGHO¶$WODQWLTXH1RUG
PAM Programme alimentaire mondial
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’environnement
SFOR Force de stabilisation
TIDM Tribunal international du droit de la mer
UE Union européenne
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture
UNFICYP Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre
81,7$) )RUFHG¶LQWHUYHQWLRQXQL¿pH
* *
AJIL American Journal of International Law (Washington)
BYBIL British Year Book of International Law
C.I.J. Mémoires &,-Mémoires, plaidoiries et documents
C.I.J. Recueil &,-Recueil des arrêts, avis consultatifs et ordonnances
C.P.J.I. série A &3-,Recueil des arrêts (nosjMXVTX¶HQLQFOXV
C.P.J.I. série B &3-,Recueil des avis consultatifs (nos jMXVTX¶HQLQFOXV
C.P.J.I. série A/B &3-,Arrêts, ordonnances et avis consultatifs (nos 40 à 80, à partir de 1931)
C.P.J.I. série C &3-,Plaidoiries, exposés oraux et documents (nos 52 à 88, à partir de 1931)
iv
ILM International Legal Materials (Washington)
ILR International Law Reports (Cambridge)
/*'- Librairie générale de droit et de jurisprudence (Paris)
RGDIP Revue générale de droit international public (Paris)
TIDM Recueil TIDM, Recueil des arrêts, avis consultatifs et ordonnances
* *
Dans le présent volume, par Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie il faut entendre le Tribunal international
chargé de juger les personnes accusées de violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de
l’ex-Yougoslavie depuis 1991.
* *
'DQVOHVFLWDWLRQVOHVPRWVRXSDVVDJHVHQLWDOLTXHVXLYLVG¶XQDVWpULVTXHQH¿JXUHQWSDVHQLWDOLTXHGDQVOHWH[WHRULJLQDO
* *
v
RESPONSABILITÉ DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES
Paragraphes
Chapitres
I. RELATIONS ENTRE L’IMPUTATION D’UN COMPORTEMENT À UNE ORGANISATION INTERNATIONALE ET L’IMPUTATION D’UN COMPOR-
TEMENT À UN ÉTAT ......................................................................................................................................................... 5-13 4
II. RÈGLE GÉNÉRALE EN MATIÈRE D’IMPUTATION D’UN COMPORTEMENT À UNE ORGANISATION INTERNATIONALE ........................... 14-28 7
III. COMPORTEMENT D’ORGANES PLACÉS À LA DISPOSITION D’UNE ORGANISATION INTERNATIONALE PAR UN ÉTAT OU UNE AUTRE
ORGANISATION INTERNATIONALE ....................................................................................................................................... 29-50 10
V. COMPORTEMENT RECONNU ET ADOPTÉ COMME SIEN PAR UNE ORGANISATION INTERNATIONALE ................................................ 60-63 17
VI. AUTRES CAS D’ATTRIBUTION D’UN COMPORTEMENT À UNE ORGANISATION INTERNATIONALE ................................................... 64-67 17
1
2 Documents de la cinquante-sixième session
Échange de lettres entre l’Organisation des Nations Unies et l’Italie constituant un accord relatif Ibid., vol. 588, no 8525, p. 197.
au règlement de réclamations présentées par des ressortissants italiens contre l’Organisation
des Nations Unies au Congo (New York, 18 janvier 1967)
&RQYHQWLRQVXUOHFRPPHUFHLQWHUQDWLRQDOGHVHVSqFHVGHIDXQHHWGHÀRUHVDXYDJHVPHQDFpHV Ibid., vol. 993, no 14537, p. 243.
d’extinction (Washington, 3 mars 1973)
Convention de Vienne sur la représentation des États dans leurs relations avec les organisations Ibid., Annuaire juridique 1975 (numéro de
internationales de caractère universel (Vienne, 14 mars 1975) [ci-après dénommée Convention vente: F.77.V.3), p. 89.
de Vienne de 1975]
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Montego Bay, 10 décembre 1982) Ibid., Recueil des Traités, vol. 1834,
no 31363, p. 3.
Convention de Vienne sur le droit des traités entre États et organisations internationales ou entre 'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH OD &RQIpUHQFH
organisations internationales (Vienne, 21 mars 1986) [ci-après dénommée Convention de des Nations Unies sur le droit des
Vienne de 1986] traités entre États et organisations
internationales ou entre organisations
internationales, vol. II (publication
des Nations Unies, numéro de vente:
F.94.V.5), p. 91.
Quatrième Convention ACP-CEE (Lomé, 15 décembre 1989) Nations Unies, Recueil des Traités,
vol. 1925, no 32847, p. 3.
Introduction*
2. Sur la base d’une recommandation faite par la le Secrétaire général d’inviter les États et les organisations inter-
Commission à sa session de 20023OH&RQVHLOOHUMXULGLTXH QDWLRQDOHV j GRQQHU GHV LQIRUPDWLRQV VXU OHXUV SUDWLTXHV SUpVHQWDQW
un intérêt pour le sujet intitulé «Responsabilité des organisations
de l’Organisation des Nations Unies a demandé à un certain LQWHUQDWLRQDOHVª HQ SDUWLFXOLHU VXU OHV FDV GDQV OHVTXHOV GHV eWDWV
nombre d’organisations internationales de présenter des membres d’une organisation internationale peuvent être considérés
observations et des documents «en particulier sur les comme responsables des actes de cette organisation.
TXHVWLRQV UHODWLYHV j O¶DWWULEXWLRQ >G¶XQ FRPSRUWHPHQW
4. Sous le titre «Principes généraux», l’article 3 sur la
responsabilité des organisations internationales disposait:
*
/H 5DSSRUWHXU VSpFLDO UHPHUFLH 0 -RVp &DLFHGR GRFWRUDQW
Université de Paris I), M. Stefano Dorigo (doctorant, Université 2. Il y a fait internationalement illicite d’une organisation inter-
de Pise), M. Paolo Palchetti (chercheur, Université de Florence) et QDWLRQDOH ORUVTX¶XQ FRPSRUWHPHQW FRQVLVWDQW HQ XQH DFWLRQ RX XQH
Mme Ashika Singh (doctorante, Université de New York) de l’assistance omission:
TX¶LOVOXLRQWDSSRUWpHGDQVO¶pWDEOLVVHPHQWGXSUpVHQWUDSSRUW
1
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 18, par. 53. a) Est attribuable à l’organisation internationale en vertu du
2
droit international4.
En particulier lors des séances tenues entre le 27 octobre et le
4 novembre 2003 ('RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH
cinquante-huitième session, Sixième Commission, 14e à 21e séances).
Dans le présent rapport, le Rapporteur spécial examine les
6HXOHV OHV REVHUYDWLRQV TXL RQW WUDLW DX[ TXHVWLRQV G¶DWWULEXWLRQ GH TXHVWLRQVG¶LPSXWDWLRQG¶XQFRPSRUWHPHQWjXQHRUJDQL-
comportement seront analysées dans le présent rapport. sation internationale.
3
Annuaire… 2002, vol. II (2e partie), par. 464 et 488, respectivement
p. 97 et 101. /DFLWDWLRQTXLVXLWSURYLHQWGHFHGHUQLHUSDUDJUDSKH 4
Voir supra note 1.
CHAPITRE PREMIER
5. Les articles adoptés par la Commission sur la internationale, les critères positifs d’attribution d’un
responsabilité de l’État pour fait internationalement FRPSRUWHPHQW j XQ eWDW LPSOLTXHUDLHQW O¶H[LVWHQFH GH
illicite contiennent des dispositions sur l’attribution d’un FULWqUHV QpJDWLIV FRUUHVSRQGDQWV HQ FH TXL FRQFHUQH
comportement à l’État (art. 4 à 11)5. Si ces articles n’inté- l’attribution du même comportement à une organisation
ressent pas directement les organisations internationales, il internationale. 6RXYHQW HQ SUDWLTXH LO V¶DJLUD GH VDYRLU
IDXWHQWHQLUSOHLQHPHQWFRPSWHORUVTXHO¶RQH[DPLQHHQ si un comportement donné doit être attribué à l’un ou, à
FHTXLFRQFHUQHOHVRUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVGHVTXHV- défaut, à l’autre de ces sujets de droit international. Tou-
WLRQV G¶DWWULEXWLRQ VLPLODLUHV j FHOOHV TXL FRQFHUQHQW GHV tefois, un comportement n’est pas nécessairement exclu-
États. La nécessaire cohérence des travaux de la Commis- sivement imputable à un seul sujet. Ainsi, par exemple,
VLRQH[LJHTXHWRXWHPRGL¿FDWLRQHQFHTXLFRQFHUQHOHV deux États peuvent créer un organe mixte, dont le compor-
organisations internationales, de l’approche et même du tement devra d’une manière générale être imputé à eux
OLEHOOpDGRSWpHQFHTXLFRQFHUQHOHVeWDWVVRLWMXVWL¿pHSDU deux. De la même manière, on pourrait imaginer le cas
GHVGLIIpUHQFHVGDQVODSUDWLTXHSHUWLQHQWHRXSDUGHVGLV- d’un comportement imputable simultanément à une orga-
tinctions objectives tenant à la nature des entités en cause. nisation internationale et à un ou plusieurs de ses membres.
6L O¶RQ FRQVLGqUH TX¶XQ FRPSRUWHPHQW QH SHXW rWUH 8Q H[HPSOH SDUDGLJPDWLTXH HVW IRXUQL SDU OH
imputé simultanément à un État et à une organisation ERPEDUGHPHQW HQ GX WHUULWRLUH GH OD 5pSXEOLTXH
fédérale de Yougoslavie. Cette action militaire a suscité
5
Annuaire… 2001, vol. II (2e partie), p. 26 et 27, par. 76. un débat nourri sur le point de savoir si ce comportement
Responsabilité des organisations internationales 5
devait être attribué à une organisation internationale ou /D GRXEOH LPSXWDWLRQ G¶XQ FRPSRUWHPHQW LPSOLTXH
à certains ou à tous ses membres. Au sujet de ce bom- normalement la responsabilité conjointe, ou conjointe
bardement, plusieurs membres de l’OTAN ont été assi- et solidaire. Toutefois, la responsabilité conjointe, ou
JQpVGHYDQWOD&,-GDQVOHVDIIDLUHVUHODWLYHVjODLicéité conjointe et solidaire, ne dépend pas nécessairement de
de l’emploi de la force6 et devant la Cour européenne des la double imputation. On peut prendre comme exemple
droits de l’homme dans l’affaire %DQNRYLü7. Devant ces OHVDFFRUGVGLWV©PL[WHVªDX[TXHOVDXVVLELHQOD&RPPX-
deux juridictions, certains des États défendeurs ont fait QDXWp HXURSpHQQH TXH VHV eWDWV PHPEUHV VRQW SDUWLHV
YDORLUTXHOHFRPSRUWHPHQWHQFDXVHGHYDLWrWUHLPSXWp (Q FDV GH YLRODWLRQ G¶XQ DFFRUG PL[WH TXL QH GLVWLQJXH
j O¶27$1 HW QRQ j HX[PrPHV FRPPH O¶DI¿UPDLHQW OHV pas entre les obligations respectives de la Communauté
demandeurs8. S’il ne s’agit pas ici de débattre de cette européenne et de ses États membres – soit directement,
TXHVWLRQ RQ SHXW IDLUH YDORLU TXH O¶LPSXWDWLRQ G¶XQ soit par référence à leurs compétences respectives –, la
comportement à une organisation internationale n’exclut responsabilité envers l’État non membre partie à l’accord
pas nécessairement son imputation à un État, pas plus sera conjointe. Comme la Cour européenne de justice
TXHYLFHYHUVDO¶LPSXWDWLRQjXQeWDWQ¶H[FOXWO¶LPSXWD- l’a déclaré dans l’affaire C-316/91, Parlement européen
tion à une organisation internationale9. Ainsi, une solution c. Conseil de l’Union européenneHQFHTXLFRQFHUQHOD
possible serait d’imputer le comportement en cause à la TXDWULqPH&RQYHQWLRQ$&3&((
fois à l’OTAN et à un ou plusieurs de ses États membres,
SDUH[HPSOHSDUFHTX¶LOVRQWFRQWULEXpjODSODQL¿FDWLRQ [S]auf dérogations expressément prévues par la Convention, la
de l’action militaire ou à son exécution10. &RPPXQDXWpHWVHVeWDWVPHPEUHVHQWDQWTXHSDUWHQDLUHVGHVeWDWV
ACP, sont conjointement responsables à l’égard de ces derniers États de
l’exécution de toute obligation résultant des engagements souscrits11.
6
6LSDUGHX[RUGRQQDQFHVGXMXLQOD&,-DUDGLpGHX[DIIDLUHV
[Licéité de l’emploi de la force (Yougoslavie c. Espagne), mesures Dans ce cas, l’imputation d’un comportement à la
conservatoires, C.I.J. Recueil 1999, p. 761, et ibid. (Yougoslavie Communauté européenne ou à un État membre ne semble
c. États-Unis d’Amérique), p. 916] de son rôle, les huit autres affaires SDVrWUHSHUWLQHQWHORUVTXHO¶RQGpFLGHGHTXLHVWUHVSRQ-
sont toujours pendantes [ibid. (Yougoslavie c. Belgique)SLELG
(Yougoslavie c. Canada)SLELG(Yougoslavie c. France)S
VDEOH PrPH V¶LO HVW DYpUp TXH OH FRPSRUWHPHQW Q¶HVW
ibid. (Yougoslavie c. Allemagne)SLELG(Yougoslavie c. Italie), LPSXWDEOH TX¶j O¶XQ GHV DFWHXUV WRXV VHURQW FRQMRLQWH-
S LELG (Yougoslavie c. Pays-Bas) S LELG (Yougoslavie ment responsables.
c. Portugal)SLELG(Yougoslavie c. Royaume-Uni), p. 826]. La
Cour doit examiner sous peu les exceptions à sa compétence soulevées 9. La situation examinée au paragraphe précédent
par les États défendeurs.
Q¶HVW SDV OD VHXOH GDQV ODTXHOOH OD UHVSRQVDELOLWp G¶XQH
7
%DQNRYLü HW DXWUHV F %HOJLTXH HW DXWUHV, no 52207/99, CEDH
2001-XII, p. 361. Par une décision du 12 décembre 2001, la Grande organisation internationale peut être engagée à raison du
FKDPEUHGHOD&RXUDMXJpFHWWHUHTXrWHLUUHFHYDEOHLe texte anglais de comportement d’un autre sujet du droit international, par
la décision a été reproduit dans Rivista di diritto internazionale, vol. 85, exemple un État. Cela peut se produire dans des situa-
2002, p. 193. tions comparables à celles envisagées au chapitre IV de
8
On pourra se référer, par exemple, à la plaidoirie de l’agent du la première partie du projet d’articles sur la responsabi-
Gouvernement du Canada, M. Kirsch, le 12 mai 1999 [Licéité de l’emploi
de la force (Yougoslavie c. Canada) (voir supra QRWH OH SDVVDJH
lité de l’État pour fait internationalement illicite12. Dans
pertinent a été reproduit par Higgins, «The responsibility of States ce chapitre, les articles 16 à 18 visent les cas dans les-
members for the defaults of international organizations: continuing TXHOVXQeWDWHVWUHVSRQVDEOHSDUFHTX¶LO©DLGHRXDVVLVWHª
the dialogue», p. 447] et au mémoire du Gouvernement français dans un autre État, ou «donne des directives à un autre État
l’affaire %DQNRYLü YRLU OH SDVVDJH FLWp SDU :HFNHO ©&KURQLTXH GH et [...] exerce un contrôle dans la commission du fait
MXULVSUXGHQFH LQWHUQDWLRQDOHª S DYHF XQ FRPPHQWDLUH FULWLTXH
/¶LGpH TXH OH FRPSRUWHPHQW GHV IRUFHV GH O¶27$1 SHXW rWUH DWWULEXp internationalement illicite», ou «contraint un autre État
XQLTXHPHQW j O¶27$1 D pWp GpIHQGXH SDU 3HOOHW ©/¶LPSXWDELOLWp j FRPPHWWUH XQ IDLW >« TXL@ FRQVWLWXHUDLW HQ O¶DEVHQFH
d’éventuels actes illicites: responsabilité de l’OTAN ou des États de contrainte, un fait internationalement illicite de l’État
PHPEUHVªS 6WHLQ ©.RVRYRDQGWKHLQWHUQDWLRQDOFRPPXQLW\ʊ soumis à la contrainte»13. Il semble raisonnable de penser
the attribution of possible internationally wrongful acts: responsibility
of NATO or of its member States?», p. 189 et 190) a accepté l’attribution
TXHVLXQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHDLGHRXDVVLVWHXQ
du comportement des forces de l’OTAN à l’OTAN, mais exclu la État dans la commission d’un fait illicite, lui donne des
UHVSRQVDELOLWpSDUFHTX¶©HOOHQ¶pWDLWSDVUHFRQQXHHQWDQWTXHWHOOHSDU GLUHFWLYHVRXH[HUFHXQFRQWU{OHVXUOXLDX[¿QVGHFHWWH
le demandeur potentiel (la Yougoslavie)» (ibid., p. 192). Verhoeven commission, ou le contraint à commettre un tel fait, elle
(Droit international public, p. 613) dénie à l’OTAN la personnalité VHUDWHQXHUHVSRQVDEOHGDQVOHVPrPHVFRQGLWLRQVTXHOH
MXULGLTXH&RKHQ-RQDWKDQ>©&RXUHXURSpHQQHGHVGURLWVGHO¶KRPPH
et droit international général (2000)», p. 632] souligne l’autonomie des serait un État. Ces cas devront être examinés dans un cha-
eWDWVPHPEUHVGHO¶27$1ORUVTX¶LOVDJLVVHQWGDQVOHFDGUHGXV\VWqPH
de l’Organisation.
GHV REMHFWLIV SROLWLTXHV GH OD FDPSDJQH DpULHQQH O¶pWDEOLVVHPHQW
9
&HW DUJXPHQW D GpMj pWp IRUPXOp FHUWHV HQ FH TXL FRQFHUQH
GX SODQ G¶RSpUDWLRQV VXU OHTXHO UHSRVDLW OD FDPSDJQH OD GpFLVLRQ
OH GRPPDJH SDU 5LWWHU ©/D SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH j O¶pJDUG
FRQFHUQDQWOHGpEXWHWOD¿QGHO¶RSpUDWLRQHWODGpFLVLRQFRQFHUQDQWOH
d’une organisation internationale», p. 444 et 445. Le Comité sur la
commencement de ses divers stades.»
responsabilité des organisations internationales de l’Association de droit
La plupart des membres ont aussi participé à la mise en œuvre des
LQWHUQDWLRQDOSURSRVDLWGHGLUHTXH©ODUHVSRQVDELOLWpG¶XQHRUJDQLVDWLRQ
GpFLVLRQV,OHVWUHPDUTXDEOHjFHWpJDUGTXHODUpFODPDWLRQIRUPXOpH
internationale n’exclut pas une responsabilité distincte ou conjointe
par le Gouvernement de Chine au sujet du bombardement de
d’un État ou d’une autre organisation internationale ayant participé à la
l’ambassade de Chine à Belgrade le 7 mai 1999 ait été réglée dans le
commission du fait illicite» (Association de droit international, Report
FDGUHG¶XQDFFRUGELODWpUDOHQWUHOD&KLQHHWOHVeWDWV8QLVG¶$PpULTXH
of the Seventieth Conference held in New Delhi 2–6 April 2002, p. 797).
10
(États-Unis, Département d’État, Digest of United States Practice in
Comme l’a dit le Ministre néerlandais des affaires étrangères en International Law 2000, Washington, International Law Institute).
FHTXLFRQFHUQHOHVRSpUDWLRQVPLOLWDLUHVHQTXHVWLRQ 'pFODUDWLRQIDLWH 11
-XJHPHQW GX PDUV Recueil de la jurisprudence de la
le 18 mai 2000, lors d’un débat à la Chambre basse, reproduit dans
Cour de justice et du Tribunal de première instance, 1994-3, point 29,
Tange, «Netherlands State practice for the parliamentary year 1999–
p. I-661 et 662.
2000», p. 196): 12
«[L]es Pays-Bas ont pleinement participé au processus de prise de Annuaire… 2001, vol. II (2e partie), p. 27, par. 76.
13
décisions sur tous les aspects de l’opération aérienne, la formulation Ibid.
6 Documents de la cinquante-sixième session
pitre correspondant au chapitre IV de la première partie JDWLRQ GDQV GHV FLUFRQVWDQFHV WHOOHV TXH O¶H[pFXWLRQ GH
du projet d’articles sur la responsabilité de l’État pour fait cette obligation dépend du comportement de ses États
internationalement illicite. membres. Si les États membres ne se comportent pas
FRPPH SUpYX LO \ DXUD PDQTXHPHQW j O¶REOLJDWLRQ HW
8Q FDV GLIIpUHQW TXL Q¶D SDV pWp HQYLVDJp GDQV OH l’organisation sera responsable. Toutefois, il n’est pas
projet d’articles sur la responsabilité de l’État pour fait nécessaire de postuler l’attribution du comportement.
internationalement illicite et le commentaire y relatif, peut- Même si généralement la responsabilité de l’organisation
rWUH SDUFH TX¶LO D pWp FRQVLGpUp FRPPH PDUJLQDO HVW SOXV est fonction de l’attribution d’un comportement, un point
SHUWLQHQWORUVTXHO¶RQH[DPLQHOHVTXHVWLRQVG¶LPSXWDWLRQ UHÀpWpjO¶DUWLFOH YRLUsupra par. 4), cela ne se produit
,O PpULWH G¶rWUH H[DPLQp HQ FH TXL FRQFHUQH OHV RUJDQLVD- pas nécessairement dans toutes les circonstances.
WLRQVLQWHUQDWLRQDOHVSDUFHTX¶LODGDYDQWDJHG¶LPSRUWDQFH
SUDWLTXH GDQV FH FRQWH[WH 6XSSRVRQV TXH FHUWDLQV SRX- 12. L’annexe IX de la Convention des Nations Unies
voirs ont été transférés à une organisation internationale, sur le droit de la mer fournit l’exemple d’une approche
ODTXHOOH SHXW DORUV FRQFOXUH XQ DFFRUG DYHF XQ eWDW QRQ D[pH VXU O¶DWWULEXWLRQ GH OD UHVSRQVDELOLWp SOXW{W TXH VXU
PHPEUH HQ FH TXL FRQFHUQH O¶XWLOLVDWLRQ GH FHV SRXYRLUV l’imputation du comportement. Selon l’article 5, les
On pourrait prendre comme exemple le cas d’un accord organisations internationales et leurs États membres sont
conclu par la Communauté européenne dans un domaine où tenus de déclarer leurs compétences respectives en ce
HOOH D FRPSpWHQFH H[FOXVLYH FRPPH FHOXL GH OD SROLWLTXH TXLFRQFHUQHOHVTXHVWLRQVHQYLVDJpHVSDUOD&RQYHQWLRQ
commerciale commune. Si l’application d’un accord L’article 6, paragraphe 1, dispose:
commercial conclu par la Communauté européenne est lais- Les Parties ayant compétence en vertu de l’article 5 de la présente
VpHDXPRLQVHQSDUWLHjGHVRUJDQHVpWDWLTXHVSDUH[HPSOH DQQH[H VRQW UHVSRQVDEOHV GH WRXV PDQTXHPHQWV DX[ REOLJDWLRQV
GHVIRQFWLRQQDLUHVGHVGRXDQHVTXLQHUHOqYHQWSDVGHO¶DX- découlant de la Convention et de toutes autres violations de celle-ci16.
torité de l’organisation, celle-ci serait responsable en cas de
PDQTXHPHQWDX[REOLJDWLRQVTXHO¶DFFRUGPHWjVDFKDUJH L’attribution du comportement n’est nullement mention-
mais en serait-il de même pour son propre comportement? QpH&¶HVWFHTXHFRQ¿UPHODSUDWLTXH3DUH[HPSOHRQQH
trouve pas mention de l’attribution du comportement dans
([DPLQDQW FHWWH TXHVWLRQ OH 'LUHFWHXU JpQpUDO le compromis conclu entre le Chili et les Communautés
GX 6HUYLFH MXULGLTXH GH OD &RPPLVVLRQ HXURSpHQQH HXURSpHQQHVTXLDFUppXQHFKDPEUHVSpFLDOHGX7ULEXQDO
D H[SOLTXp GDQV OHV WHUPHV VXLYDQWV OD SRVLWLRQ SULVH international du droit de la mer (TIDM) chargée de déter-
SDU OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH HQ FH TXL FRQFHUQH miner notamment
les différends commerciaux portés par les États-Unis VLOD&RPPXQDXWpHXURSpHQQHV¶HVWFRQIRUPpHDX[REOLJDWLRQVTXLOXL
G¶$PpULTXH GHYDQW XQ JURXSH VSpFLDO GH O¶20& FRQWUH incombent au regard de la Convention, en particulier des articles 116
deux États membres de la Communauté européenne: à 119 de celle-ci, d’assurer la conservation de l’espadon, au cours des
activités de pêche entreprises dans la haute mer adjacente à la zone
[Étant donné] la structure «verticale» du système de la CE s’agissant pFRQRPLTXHH[FOXVLYHGX&KLOLSDUOHVQDYLUHVEDWWDQWSDYLOORQGHO¶XQ
des autorités des États membres (administration des douanes) agissant TXHOFRQTXHGHVeWDWVPHPEUHVGHOD&RPPXQDXWp17.
HQTXDOLWpG¶DXWRULWpVG¶H[pFXWLRQGXGURLWGHOD&(GDQVXQGRPDLQH
de compétence communautaire exclusive […] >O@D&(DFRQVLGpUpTXH Les omissions alléguées comprennent des mesures
les actions de ces autorités devraient être imputées à la CE elle-même TX¶DXUDLHQW G SUHQGUH OHV eWDWV QDWLRQDX[ GHV QDYLUHV
HWDVRXOLJQpTX¶HOOHpWDLWSUrWHjDVVXPHUODUHVSRQVDELOLWpGHWRXWHVOHV concernés.
mesures prises dans le domaine particulier des concessions tarifaires,
TX¶HOOHVVRLHQWSULVHVDXQLYHDXGHOD&(RXjFHOXLGHVeWDWVPHPEUHV14. /H IDLW TX¶XQ eWDW PHPEUH SHXW rWUH WHQX HQYHUV
&HWWHDSSURFKHLPSOLTXHTX¶XQFRPSRUWHPHQWTXLGHYUDLW une organisation internationale d’adopter un certain
être imputé à un État selon le projet d’articles sur la res- FRPSRUWHPHQWQ¶LPSOLTXHSDVTX¶HQGURLWLQWHUQDWLRQDOOH
ponsabilité de l’État pour fait internationalement illicite comportement puisse être imputé à l’organisation et non
sera imputé à l’organisation internationale en raison de jO¶eWDW&¶HVWFHTX¶DFODLUHPHQWLQGLTXpOD&RPPLVVLRQ
la compétence exclusive de celle-ci. On ne peut exclure européenne des droits de l’homme dans l’affaire
GHV GpYHORSSHPHQWV SDUWLFXOLHUV HQ FH TXL FRQFHUQH OHV M. & Co. c. République fédérale d’Allemagne TXL
organisations prévoyant une intégration. Toutefois, il concernait l’exécution par les autorités allemandes d’un
n’est pas besoin de concevoir des règles spéciales d’attri- arrêt rendu par la Cour de justice des Communautés
EXWLRQ SRXU DI¿UPHU TXH O¶RUJDQLVDWLRQ HVW UHVSRQVDEOH européennes contre une société allemande:
dans ce type de cas. La responsabilité d’une organisa- /D&RPPLVVLRQUDSSHOOHWRXWG¶DERUGTX¶HOOHHVWLOHVWYUDLLQFRP-
tion internationale ne doit pas nécessairement reposer pétente ratione personae pour examiner des procédures et décisions des
sur l’imputation d’un comportement à cette organisa- RUJDQHV GHV &RPPXQDXWpV HXURSpHQQHV >«@ &HOD QH VLJQL¿H FHSHQ-
tion15,OVHSHXWTX¶XQHRUJDQLVDWLRQFRQWUDFWHXQHREOL- GDQWSDVTX¶HQDFFRUGDQWO¶H[HTXDWXUjXQDUUrWGHOD&RXUHXURSpHQQH
GH -XVWLFH OHV DXWRULWpV DOOHPDQGHV FRPSpWHQWHV DLHQW DJL FRPPH GHV
14
Note d’information datée du 7 mars 2003 jointe à une lettre GXPRLQVH[SUHVVpPHQWVXUO¶DUJXPHQWVHORQOHTXHOOHFRPSRUWHPHQWGHV
DGUHVVpHSDUOH'LUHFWHXUJpQpUDOGX6HUYLFHMXULGLTXHGHOD&RPPLVVLRQ autorités douanières d’un État doit être attribué à la CE.
HXURSpHQQH00LFKHO3HWLWHDX&RQVHLOOHUMXULGLTXHGHO¶2UJDQLVDWLRQ 16
Heliskoski, Mixed Agreements as a Technique for Organizing the
GHV 1DWLRQV 8QLHV 0 +DQV &RUHOO S &HWWH RSLQLRQ UHÀqWH FHOOH International Relations of the European Community and its Member
exprimée par Groux et Manin, The European Communities in the States, p. 165, écrit: «Les articles 5 et 6 de l’annexe IX créent pour
International Order, p. 144. O¶HVVHQWLHOXQFDGUHSURFpGXUDOjO¶LQWpULHXUGXTXHOSHXYHQWrWUHH[DPLQpV
15
Dans les plaidoiries devant le panel de l’OMC dans l’affaire OHVGRXWHVpYHQWXHOVTXDQWjODTXHVWLRQGHO¶DWWULEXWLRQªL’auteur vise
Communautés européennes – Classement tarifaire de certains matériels ici l’attribution de la responsabilité, non celle du comportement.
informatiques OD &( D FHUWHV IDLW YDORLU TXH OD UHVSRQVDELOLWp GHV 17
Conservation et exploitation durable des stocks d’espadon (Chili/
PDQTXHPHQWVOHFDVpFKpDQWpWDLWWRWDOHPHQWVLHQQHHWQ¶pWDLWSDVFHOOH Communauté européenne), ordonnance du 20 décembre 2000, TIDM
des deux États membres en cause. Toutefois, cette opinion ne reposait pas, Recueil 2000, p. 149 et 150.
Responsabilité des organisations internationales 7
CHAPITRE II
14. Selon l’article 4 du projet d’articles sur la lisé le terme «agents» et n’a pas accordé d’importance au
responsabilité de l’État pour fait internationalement IDLW TX¶XQH SHUVRQQH DYDLW RX Q¶DYDLW SDV XQ VWDWXW RI¿-
illicite20, l’imputation d’un comportement à un État ciel. Dans son avis consultatif en l’affaire de la Répara-
UHSRVHHVVHQWLHOOHPHQWVXUODTXDOL¿FDWLRQG¶©RUJDQHVGH tionOD&RXUDQRWpTXHODTXHVWLRQTXHOXLDYDLWDGUHVVpH
O¶eWDWªGHO¶HQWLWpRXGHODSHUVRQQHTXLDJLWL’imputation l’Assemblée générale concernait la capacité de l’ONU de
ne peut guère dépendre de l’utilisation d’une terminologie présenter une réclamation en cas de préjudice causé à un
particulière dans le droit interne de l’État concerné. Ainsi, de ses agents et a déclaré:
OHIDLWGpFLVLIQ¶HVWSDVTX¶XQHHQWLWpVRLWRXQRQRI¿FLHO-
OHPHQWGp¿QLHFRPPHXQ©RUJDQHª&RPPHOD&RPPLV- La Cour comprend le terme «agent» dans le sens le plus large,
sion l’a fait observer dans son commentaire: HQWHQGDQWSDUOjTXLFRQTXHIRQFWLRQQDLUHUpPXQpUpRXQRQHPSOR\p
à titre permanent ou non, a été chargé par un organe de l’Organisation
/DTXDOL¿FDWLRQG¶XQRUJDQHFRPPHWHOSDUOHGURLWLQWHUQHV¶LPSRVH d’exercer, ou d’aider à exercer, l’une des fonctions de celle-ci, bref,
7RXWHIRLVLOQHVXI¿WSDVGHVHUpIpUHUDXGURLWLQWHUQHSRXUGpWHUPLQHU WRXWHSHUVRQQHSDUTXLO¶2UJDQLVDWLRQDJLW23.
le statut d’un organe de l’État. Dans certains systèmes, le statut et les
IRQFWLRQVGHVGLYHUVHVHQWLWpVVRQWGp¿QLVQRQVHXOHPHQWSDUODORLPDLV Dans son avis consultatif ultérieur rendu dans l’affaire
DXVVLSDUODSUDWLTXHHWVHUHSRUWHUH[FOXVLYHPHQWDXGURLWLQWHUQHSHXW Applicabilité de la section 22 de l’article VI de la
LQGXLUH HQ HUUHXU 'H SOXV OD ORL QDWLRQDOH SHXW rWUH ODFRQLTXH YRLUH convention sur les privilèges et immunités des Nations
PXHWWHTXDQWDX[HQWLWpVTXLRQWOHVWDWXWG¶©RUJDQHª'DQVFHFDVOHV
pouvoirs de l’entité considérée et sa relation avec d’autres entités en
Unies, la Cour a noté:
YHUWXGXGURLWLQWHUQHHQWUHURQWHQOLJQHGHFRPSWHSRXUVDTXDOL¿FDWLRQ
HQWDQWTX¶©RUJDQHªPDLVOHGURLWLQWHUQHHQOXLPrPHQHSHUPHWWUDSDV 'DQVODSUDWLTXHHWVHORQOHVLQIRUPDWLRQVIRXUQLHVSDUOH6HFUpWDLUH
G¶RSpUHUFHWWHFODVVL¿FDWLRQ21. JpQpUDOO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV8QLHVDpWpDPHQpHjFRQ¿HUGHV
PLVVLRQVGHSOXVHQSOXVYDULpHVjGHVSHUVRQQHVQ¶D\DQWSDVODTXDOLWp
2QSHXWIDLUHXQUDLVRQQHPHQWVLPLODLUHHQFHTXLFRQFHUQH de fonctionnaire de l’Organisation24.
le système de droit correspondant relatif aux organisa- (QFHTXLFRQFHUQHOHVSULYLOqJHVHWLPPXQLWpVOD&RXUD
tions internationales. également déclaré dans le même avis:
,OHVWUHPDUTXDEOHTXHVLFHUWDLQHVGLVSRVLWLRQVGHOD
L’essentiel n’est pas dans leur situation administrative, mais dans la
Charte des Nations Unies utilisent le terme «organes22», la nature de leur mission25.
&,-ORUVTX¶HOOHDH[DPLQpOHVWDWXWGHSHUVRQQHVDJLVVDQW
pour le compte de l’ONU, a considéré comme seul 16. Plus récemment, dans son avis consultatif sur
SHUWLQHQW OH IDLW TX¶XQH SHUVRQQH V¶pWDLW YX FRQIpUHU GHV le Différend relatif à l’immunité de juridiction d’un
fonctions par un organe de l’Organisation. La Cour a uti- rapporteur spécial de la Commission des droits de
l’hommeOD&RXUDIDLWREVHUYHUTXH
20
Voir supra note 5.
21
Annuaire… 2001, vol. II (2e partie), p. 43, par. 11 du commentaire 23
de l’article 4. Réparation des dommages subis au service des Nations Unies,
22 C.I.J. Recueil 1949, p. 177.
L’Article 7 de la Charte des Nations Unies vise les «organes 24
principaux» et les «organes subsidiaires». &HGHUQLHUWHUPH¿JXUHDXVVL C.I.J. Recueil 1989, p. 194, par. 48.
25
aux Articles 22 et 29. Ibid., par. 47.
8 Documents de la cinquante-sixième session
GHYDLWFRQVHUYHUFHWWHGp¿QLWLRQRQWDXVVLGpFODUpTX¶HOOH FRQ¿HQW SRXU WkFKH OD UpDOLVDWLRQ GH EXWV FRPPXQV 'H WHOV WUDLWpV
GHYDLW rWUH DI¿QpH35 /H &RQVHLOOHU MXULGLTXH GH O¶206 SHXYHQW SRVHU GHV SUREOqPHV G¶LQWHUSUpWDWLRQ VSpFL¿TXHV HQ UDLVRQ
QRWDPPHQWGHOHXUFDUDFWqUHjODIRLVFRQYHQWLRQQHOHWLQVWLWXWLRQQHO
TXDQW j OXL D pFULW TX¶HOOH VHUDLW DGpTXDWH DX PRLQV ODQDWXUHPrPHGHO¶RUJDQLVDWLRQFUppHOHVREMHFWLIVTXLOXLRQWpWpDVVL-
FRPPH SRLQW GH GpSDUW G¶XQH Gp¿QLWLRQ SOXV DGDSWpH j gnés par ses fondateurs, les impératifs liés à l’exercice effectif de ses
O¶REMHWVSpFL¿TXHGXSURMHWG¶DUWLFOHV36. IRQFWLRQV DLQVL TXH VD SUDWLTXH SURSUH FRQVWLWXHQW DXWDQW G¶pOpPHQWV
TXLSHXYHQWPpULWHUOHFDVpFKpDQWXQHDWWHQWLRQVSpFLDOHDXPRPHQW
8Q WUDLW LPSRUWDQW GH OD Gp¿QLWLRQ FLGHVVXV GH d’interpréter ces traités constitutifs40.
O¶H[SUHVVLRQ©UqJOHVGHO¶RUJDQLVDWLRQªHVWTX¶HOOHGRQQH
XQSRLGVFRQVLGpUDEOHjODSUDWLTXHElle semble réaliser /DSHUWLQHQFHGHODSUDWLTXHDpWpH[DPLQpHSDUOD
XQpTXLOLEUHHQWUHOHVUqJOHVFRQVDFUpHVGDQVO¶DFWHFRQVWL- &,-GDQVOHVSDVVDJHVFLWpVFLGHVVXVHQFHTXLFRQFHUQH
tutif et formellement acceptées par les membres, d’une d’abord la procédure de prise de décisions au Conseil de
part, et les besoins de l’organisation de se développer en VpFXULWpSXLVODFRPSpWHQFHGHO¶206/DGp¿QLWLRQGHV
WDQWTX¶LQVWLWXWLRQGHO¶DXWUH37&RPPHO¶DGpFODUpOD&,- «règles de l’organisation» citée ci-dessus (par. 20) est
dans son avis consultatif en l’affaire de la Réparation: H[WUDLWHGHOD&RQYHQWLRQGH9LHQQHGHGDQVODTXHOOH
elle est utilisée au sujet de la capacité et de la compétence
$ORUVTX¶XQeWDWSRVVqGHGDQVOHXUWRWDOLWpOHVGURLWVHWGHYRLUVLQWHU- d’une organisation de conclure un traité41. On peut se
nationaux reconnus par le droit international, les droits et devoirs d’une GHPDQGHU VL DX[ ¿QV G¶LPSXWHU XQ FRPSRUWHPHQW GDQV
HQWLWpWHOOHTXHO¶2UJDQLVDWLRQGRLYHQWGpSHQGUHGHVEXWVHWGHVIRQF- O¶RSWLTXHGHODUHVSRQVDELOLWpLQWHUQDWLRQDOHLOQHFRQYLHQW
WLRQVGHFHOOHFLpQRQFpVRXLPSOLTXpVSDUVRQDFWHFRQVWLWXWLIHWGpYH-
ORSSpVGDQVODSUDWLTXH38. SDVGHGRQQHUGDYDQWDJHGHSRLGVjODSUDWLTXHTX¶HQFH
TXLFRQFHUQHODFDSDFLWpHWODFRPSpWHQFHGHO¶RUJDQLVD-
/D SUDWLTXH HVW O¶XQ GHV SULQFLSDX[ pOpPHQWV j WLRQ2QSHXWFRQVLGpUHUTXHORUVTXHODSUDWLTXHpYROXH
prendre en considération pour interpréter l’acte constitutif GDQVXQVHQVTXLQ¶HVWSDVFRPSDWLEOHDYHFO¶LQVWUXPHQW
d’une organisation internationale. Ainsi, dans son avis constitutif, l’organisation ne doit pas nécessairement être
consultatif sur l’affaire de la NamibieOD&,-DLQWHUSUpWp exonérée de sa responsabilité du chef d’un comportement
le paragraphe 3 de l’Article 27 de la Charte des Nations outrepassant sa compétence. Toutefois, la possibilité de
8QLHVjODOXPLqUHGHODSUDWLTXH l’imputation d’un comportement dans un tel cas peut être
SULVHHQFRQVLGpUDWLRQORUVTX¶RQHQYLVDJHOHVDFWHVultra
>/@HVGpEDWVTXLVHGpURXOHQWDX&RQVHLOGHVpFXULWpGHSXLVGHORQJXHV vires de l’organisation et n’affecte pas nécessairement la
DQQpHVSURXYHQWDERQGDPPHQWTXHODSUDWLTXHGHO¶DEVWHQWLRQYRORQ-
taire d’un membre permanent a toujours et uniformément été interpré- règle générale en matière d’attribution.
tée, à en juger d’après les décisions de la présidence et les positions
prises par les membres du Conseil, en particulier par les membres per- /D Gp¿QLWLRQ FLGHVVXV SDU GH O¶H[SUHVVLRQ
manents, comme ne faisant pas obstacle à l’adoption de résolutions. «règles de l’organisation» semble pouvoir être améliorée
[…] /DSURFpGXUHVXLYLHSDUOH&RQVHLOGHVpFXULWpTXLHVWGHPHXUpH de deux manières: premièrement, l’expression «décisions
inchangée après l’amendement apporté à l’Article 27 de la Charte en
1965, a été généralement acceptée par les Membres des Nations Unies
HWUpVROXWLRQVªHVWLPSUpFLVHSDUFHTXHOHVWHUPHVXWLOLVpV
HWFRQVWLWXHODSUHXYHG¶XQHSUDWLTXHJpQpUDOHGHO¶2UJDQLVDWLRQ39. varient (par exemple, des résolutions peuvent comprendre
GHV GpFLVLRQV HW DXVVL SDUFH TXH O¶LPSRUWDQFH MXULGLTXH
Plus récemment, dans son avis consultatif sur la Licéité des divers actes d’une organisation varie. Manifestement,
de l’utilisation des armes nucléaires par un État dans un ODGp¿QLWLRQYLVHjGpFULUHODUJHPHQWFHTXLSHXWrWUHSHUWL-
FRQÀLWDUPpOD&RXUDGpFODUpFHTXLVXLW nent. Toutefois, elle pourrait être conçue de manière théo-
ULTXHPHQWSOXVDSSURSULpHHWHOOHVHUDLWDLQVLjODIRLVSOXV
[L]es actes constitutifs d’organisations internationales sont aussi des
WUDLWpV G¶XQ W\SH SDUWLFXOLHU LOV RQW SRXU REMHW GH FUpHU GHV VXMHWV GH
SUpFLVH HW SOXV H[KDXVWLYH &H TXL VHPEOH LPSRUWDQW HVW
GURLW QRXYHDX[ GRWpV G¶XQH FHUWDLQH DXWRQRPLH DX[TXHOV OHV SDUWLHV TXHOHVIRQFWLRQVVRQWFRQIpUpHVjO¶RUJDQHRXDXIRQFWLRQ-
naire ou à une autre personne par un acte de l’organisa-
VRXKDLWDEOHGHSULPHDERUGGHUHQYR\HUjODGp¿QLWLRQGHV³UqJOHVGH WLRQTXLHVWSULVFRQIRUPpPHQWjVRQDFWHFRQVWLWXWLI8QH
O¶RUJDQLVDWLRQ´¿JXUDQWGDQVOD&RQYHQWLRQGH9LHQQHª deuxième amélioration possible concerne l’expression
35
'pFODUDWLRQGX-DSRQ>LELGe séance (A/C.6/58/SR.14), par. 37], ©SUDWLTXH ELHQ pWDEOLHª &HWWH IRUPXOH PHW O¶DFFHQW VXU
de l’Italie (ibid., par. 45), de la France (ibid., par. 58) et du Portugal O¶pOpPHQW WHPSRUHO TXL Q¶HVW SDV QpFHVVDLUHPHQW SHUWL-
[ibid., 15e séance (A/C.6/58/SR.15), par. 27]. Ce dernier pays a estimé
TXH©G¶DXWUHVpOpPHQWVGHVUqJOHVGHO¶RUJDQLVDWLRQSRXUUDLHQWrWUHSULV
QHQWDORUVTX¶LOUHQGPRLQVFODLUHPHQWFRPSWHGXU{OHGH
HQFRQVLGpUDWLRQD¿QGHIRUPXOHUXQHGp¿QLWLRQSOXVH[KDXVWLYHª O¶DFFHSWDWLRQ JpQpUDOH TXL VHPEOH rWUH SOXV LPSRUWDQW42.
36
Lettre datée du 19 décembre 2003, adressée par le Conseiller
MXULGLTXH GH O¶206 07KRPDV7RSSLQJ DX &RQVHLOOHU MXULGLTXH GH 40
C.I.J. Recueil 1996, p. 75, par. 19. Au paragraphe 21 (p. 76), la
l’Organisation des Nations Unies, M. Hans Corell. On pouvait en outre &RXUDXQHQRXYHOOHIRLVVRXOLJQpTXHO¶LQVWUXPHQWFRQVWLWXWLIGHYUDLW
OLUH GDQV FHWWH OHWWUH TXH FH TXL HVW OH SOXV LPSRUWDQW HQ O¶RFFXUUHQFH rWUHLQWHUSUpWp©jODOXPLqUH>@GHODSUDWLTXHVXLYLHSDUO¶2UJDQLVDWLRQª
F¶HVW TXH OD SUDWLTXH pWDEOLH GH O¶RUJDQLVDWLRQ GHPHXUH XQH FDWpJRULH 41
L’expression «règles de l’organisation» est utilisée dans la
des «règles» de cette organisation. Convention dans un alinéa du préambule, à l’article 6 (Capacités des
37
Ce point a été clairement développé par Charles de Visscher, organisations internationales de conclure des traités), à l’article 46
«L’interprétation judiciaire des traités d’organisation internationale», (Dispositions du droit interne d’un État et règles d’une organisation
p. 187. internationale concernant la compétence pour conclure des traités) et,
38
C.I.J. Recueil 1949 (voir supra note 23), p. 180. Ce passage de l’avis HQFHTXLFRQFHUQHOHFRQVHQWHPHQWG¶XQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOH
a été cité avec approbation dans la sentence partielle du 22 novembre aux articles 35 (Traités prévoyant des obligations pour des États tiers ou
2002 de la Cour permanente d’arbitrage dans l’affaire Horst Reineccius des organisations tierces) et 36 (Traités prévoyant des droits pour des
et al. c. Banque des règlements internationaux. La Cour a ajouté: «Le fait États tiers ou des organisations tierces).
TXHOD%DQTXHDHQGLYHUVHVRFFDVLRQVDPHQGpVRQVWDWXWHQLQWURGXLVDQW 42
/H U{OH GH O¶©DFFHSWDWLRQ JpQpUDOHª D pWp VRXOLJQp SDU OD &,-
un nouvel article semble être la preuve de l’interprétation faisant autorité dans le premier passage cité ci-dessus (par. 23). Selon Amerasinghe,
du statut à cet égard» [Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, «Interpretation of texts in open international organizations», p. 200,
vol. XXIII (numéro de vente: E/F.04.V.15), p. 224, par. 145]. O¶RQ GHYUDLW ©IRQGHU O¶XWLOLVDWLRQ GH OD SUDWLTXH XOWpULHXUH GDQV
39
Conséquences juridiques pour les États de la présence continue de l’interprétation des actes constitutifs sur l’accord ou le consentement».
l’Afrique du Sud en Namibie (Sud-Ouest africain) nonobstant la résolution 7RXWHIRLVLOVHPEOHQHYLVHUTXHO¶DFFHSWDWLRQDXPRPHQWR©>XQeWDW@
276 (1970) du Conseil de sécurité, C.I.J. Recueil 1971, p. 22, par. 22. devient partie à un traité constitutif» (ibid.).
10 Documents de la cinquante-sixième session
Il semble donc préférable d’envisager d’autres formula- le type de fonctions exercées par l’organisation, a fortiori
WLRQVSRXUFHVGHX[DVSHFWVGHODGp¿QLWLRQDFWXHOOHOn VLO¶RQWLHQWFRPSWHGXIDLWTXHVLWRXVOHVeWDWVSHXYHQW
trouvera ci-après (par. 28) sous forme de projet d’article être réputés exercer toutes les fonctions mentionnées, les
OH WH[WH GH FHWWH Gp¿QLWLRQ HW FHUWDLQHV GHV IRUPXODWLRQV différences entre les organisations sont importantes à cet
possibles entre crochets. égard.
8QH DXWUH TXHVWLRQ VHUDLW GH VDYRLU VL OD Gp¿QLWLRQ 6XUODEDVHGHVREVHUYDWLRQVTXLSUpFqGHQWOHSURMHW
à donner à l’expression «règles de l’organisation» d’article 4 devrait être placé au début d’un chapitre intitulé
GRLW ¿JXUHU GDQV OH SURMHW G¶DUWLFOH RX GDQV OH SURMHW «Imputation d’un comportement à une organisation
G¶DUWLFOH TXL FRQWLHQW OD Gp¿QLWLRQ GHV RUJDQLVDWLRQV internationale». Le libellé suivant est proposé:
internationales. &HWWH GpFLVLRQ SHXW DWWHQGUH MXVTX¶j FH
TXH O¶RQ VDFKH PLHX[ VL O¶H[SUHVVLRQ ©UqJOHV GH O¶RUJD- «Article 4. Règle générale en matière d’imputation
QLVDWLRQª Q¶DSSDUDvW TXH GDQV OH FRQWH[WH G¶XQH UqJOH d’un comportement à une organisation internationale
générale sur l’attribution du comportement ou si elle sera
utilisée dans d’autres dispositions. Dans ce dernier cas, «1. Le comportement d’un organe d’une
il serait préférable de transférer au projet d’article 2 le organisation internationale, de l’un de ses
texte actuellement proposé pour le paragraphe 3 du projet fonctionnaires ou d’une autre personne chargée d’une
d’article 4. partie des fonctions de l’organisation est considéré
comme un fait de cette organisation au regard du droit
27. Aux termes du paragraphe 1 de l’article 4 du LQWHUQDWLRQDOTXHOOHTXHVRLWODSRVLWLRQTXHO¶RUJDQH
projet d’articles sur la responsabilité de l’État pour fait le fonctionnaire ou la personne occupe dans la structure
internationalement illicite, le comportement d’un organe de l’organisation.
HVWLPSXWpjO¶eWDW©TXHFHWRUJDQHH[HUFHGHVIRQFWLRQV
OpJLVODWLYH H[pFXWLYH MXGLFLDLUH RX DXWUHV TXHOOH TXH «2. Les organes, fonctionnaires et personnes visés
VRLW OD SRVLWLRQ TX¶LO RFFXSH GDQV O¶RUJDQLVDWLRQ GH au paragraphe précédent sont ceux ainsi désignés par
O¶eWDW HW TXHOOH TXH VRLW VD QDWXUH HQ WDQW TX¶RUJDQH GX les règles de l’organisation.
gouvernement central ou d’une collectivité territoriale de
l’État43». &HWWH GHUQLqUH SUpFLVLRQ QH VDXUDLW V¶DSSOLTXHU © $X[ ¿QV GX SUpVHQW DUWLFOH O¶H[SUHVVLRQ
à une organisation internationale. Les autres éléments “règles de l’organisation” s’entend en particulier des
peuvent être conservés, mais peuvent être énoncés plus instruments constitutifs, [des décisions et résolutions]
simplement. En particulier, il n’est nul besoin de préciser [des actes de l’organisation] adoptés conformément à
FHVLQVWUXPHQWVHWGHODSUDWLTXH>pWDEOLH@>JpQpUDOHPHQW
43
Voir supra note 5. acceptée] de l’organisation.»
CHAPITRE III
29. Étant donné les ressources limitées dont les ture45 DYHF WRXWHV OHV PHQWLRQV VLPLODLUHV TXL ¿JXUDLHQW
organisations internationales disposent pour réaliser leurs en première lecture dans le chapitre consacré à l’imputa-
objectifs, elles doivent souvent tirer parti de l’assistance tion d’un comportement. Dans le texte adopté en seconde
G¶RUJDQHVpWDWLTXHVLes États aident notamment les orga- lecture, l’article 57 contient simplement une clause «sans
nisations en mettant à leur disposition certains de leurs préjudice»46, dont la fonction est de ne pas préjuger les
organes. Assurément, les États mettent leurs organes à TXHVWLRQV D\DQW WUDLW DX[ RUJDQLVDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV
OD GLVSRVLWLRQ GHV RUJDQLVDWLRQV SOXV IUpTXHPPHQW TXH en vue de leur étude future. Toutefois, le commentaire
celles-ci mettent les leurs à la disposition des États. de l’article 57 examinait brièvement la situation d’un
État mettant un de ses organes à la disposition d’une
30. Le projet d’articles sur la responsabilité de l’État RUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHHWLQGLTXDLW
adopté en première lecture envisageait à l’article 9 le cas
où un organe avait été «mis à [l]a disposition [d’un État] [S]i un État détache des fonctionnaires auprès d’une organisation inter-
par […] une organisation internationale». On considérait QDWLRQDOHD¿QTX¶LOV\DJLVVHQWHQWDQWTX¶RUJDQHRXIRQFWLRQQDLUHVGH
cette organisation, leur comportement est attribuable à l’organisation
TXH O¶RQ DSSOLTXDLW GDQV FHWWH VLWXDWLRQ OD PrPH UqJOH – et non à l’État d’envoi47.
TXHGDQVODVLWXDWLRQRXQRUJDQHpWDLWPLVSDUXQeWDW
à la disposition d’un autre État44. La mention des orga- /RUVTX¶XQ RUJDQH HVW SODFp SDU XQ eWDW RX XQH
nisations internationales a été supprimée en seconde lec- organisation internationale à la disposition d’un autre
État ou d’une autre organisation, il ne s’agit généralement
44
L’article 9 adopté en première lecture était ainsi libellé (Annuaire... pas de savoir, du point de vue de l’attribution, si le
1974, vol. I, 1278e séance, p. 158, par. 39): comportement de cet organe est attribuable à un État ou une
«Est de même considéré comme un fait de l’État d’après le droit
LQWHUQDWLRQDOOHFRPSRUWHPHQWG¶XQRUJDQHTXLDpWpPLVjVDGLVSRVLWLRQ 45
Annuaire... 1998, vol. II (2e partie), p. 89, par. 422 à 424.
par un autre État ou par une organisation internationale, pour autant 46
TXHFHWRUJDQHDLWDJLGDQVO¶H[HUFLFHGHSUpURJDWLYHVGHODSXLVVDQFH Annuaire... 2001, vol. II (2e partie), p. 31, par. 76.
SXEOLTXHGHO¶eWDWjODGLVSRVLWLRQGXTXHOLOVHWURXYHª 47
Ibid., par. 3 du commentaire de l’article 57, p. 152.
Responsabilité des organisations internationales 11
/D TXHVWLRQ GH O¶LPSXWDWLRQ G¶XQ FRPSRUWHPHQW j /H JURV GH OD SUDWLTXH FRQFHUQDQW O¶LPSXWDWLRQ
l’Organisation des Nations Unies ou à un autre État s’est d’un comportement dans le cas d’un organe d’État placé
parfois posée en relation avec le comportement de forces à la disposition d’une organisation a trait aux forces de
militaires dans le cadre d’interventions recommandées maintien de la paix52. C’est apparemment la raison pour
ou autorisées par le Conseil de sécurité. Dans ce type de ODTXHOOH GDQV VRQ UDSSRUW GH OD &RPPLVVLRQ D
cas, la responsabilité éventuelle de l’ONU ne peut être H[SULPp OH VRXKDLW TXH OHV JRXYHUQHPHQWV OXL FRPPX-
assise sur l’imputation d’un comportement. On ne peut QLTXHQW OHXUV YXHV VXU OH SRLQW GH VDYRLU ©>G@DQV TXHOOH
GLUHTXHOHVIRUFHVDXWRULVpHVVRQWSODFpHVjODGLVSRVLWLRQ mesure le comportement de forces de maintien de la paix
GH O¶218 &¶HVW FH TXH FRQ¿UPH OD SUDWLTXH 'XUDQW OD doit[-il] être attribué à l’État fournisseur du contingent,
guerre de Corée, les forces des États-Unis ont bombardé HWGDQVTXHOOHPHVXUH>LOGRLWO¶rWUH@jO¶2UJDQLVDWLRQGHV
par erreur des cibles situées en territoire chinois et en Nations Unies53ª /D &RPPLVVLRQ Q¶D SDV GLW TXH FHV
8QLRQVRYLpWLTXH(QFHTXLFRQFHUQHOD&KLQHOH*RX- réponses l’aideraient à élaborer une règle d’attribution
YHUQHPHQWGHVeWDWV8QLVD¿QDOHPHQWDFFHSWpGH SUpFLVHHQFHTXLFRQFHUQHOHFRPSRUWHPHQWGHVIRUFHVGH
maintien de la paix. Une telle entreprise non seulement
prendre l’engagement de payer, par l’entremise des Nations Unies, s’écarterait de la structure des articles sur la responsabilité
XQHLQGHPQLWpSRXUOHVGRPPDJHVTXLG¶DSUqVXQHHQTXrWHLPSDUWLDOH GHO¶eWDWTXHOD&RPPLVVLRQDGpFODUpDYRLUO¶LQWHQWLRQGH
effectuée sur place, auraient été causés par des avions américains48.
VXLYUHPDLVVHUDLWpJDOHPHQWGLI¿FLOHFRPSWHWHQXGHOD
GLYHUVLWpGHVVLJQL¿FDWLRQVVRXYHQWDWWULEXpHVjO¶H[SUHV-
Le Gouvernement des États-Unis a aussi exprimé
sion «force de maintien de la paix».
VRQ UHJUHW ©TXH GHV IRUFHV DPpULFDLQHV UHOHYDQW GX
FRPPDQGHPHQW GHV 1DWLRQV 8QLHV VRLHQW LPSOLTXpHVª
35. Les forces de maintien de la paix sont considérées
GDQVODYLRODWLRQGHODVRXYHUDLQHWpVRYLpWLTXHHWDGpFODUp
comme des organes subsidiaires de l’ONU. Toutefois,
TX¶LOpWDLW©SUrWjSD\HUOHVGRPPDJHVLQÀLJpVDX[ELHQV
HOOHVVRQWFRQVWLWXpHVG¶RUJDQHVG¶eWDWHWODTXHVWLRQGH
VRYLpWLTXHVHWGRQWOHPRQWDQW SRXUUDLWrWUH¿[p SDU OHV
l’attribution de leur comportement n’est pas clairement
soins d’une commission des Nations Unies ou toute autre
Gp¿QLH &¶HVW ORUVTXH OH 6HFUpWDLUH JpQpUDO D UpJOp GHV
procédure appropriée49».
UpFODPDWLRQV DYHF OD %HOJLTXH HW TXHOTXHV DXWUHV eWDWV
relativement à des dommages causés à leurs nationaux au
/RUVTXH GHV IRUFHV RSqUHQW KRUV GH OD FKDvQH GH
Congo par des actes préjudiciables du personnel de l’Opé-
commandement des Nations Unies, l’Organisation
UDWLRQGHV1DWLRQV8QLHVDX&RQJR 218& TXHO¶218
FRQVLGqUH WRXMRXUV TXH OHXU FRPSRUWHPHQW GRLW rWUH
a pour la première fois reconnu sa responsabilité du fait
imputé à l’État national concerné. Par exemple, le Direc-
des contingents nationaux. Les accords comprenaient la
WHXUGHOD'LYLVLRQGHO¶DGPLQLVWUDWLRQHWGHODORJLVWLTXH
phrase ci-après:
des missions du Département des opérations de maintien
de la paix de l’ONU a écrit au Représentant permanent (OOH >O¶2UJDQLVDWLRQ GHV 1DWLRQV 8QLHV@ D GpFODUp TX¶HOOH QH VH
GH OD %HOJLTXH DXSUqV GH O¶2UJDQLVDWLRQ DX VXMHW G¶XQH VRXVWUDLUDLWSDVjVDUHVSRQVDELOLWpV¶LOpWDLWpWDEOLTXHGHVDJHQWVGH
réclamation concernant un accident de voiture survenu en O¶218 RQW HIIHFWLYHPHQW IDLW VXELU XQ SUpMXGLFH LQMXVWL¿DEOH j GHV
6RPDOLHSRXUOXLLQGLTXHUTXHOHVWURXSHVEHOJHVHQ6RPD- innocents54.
lie au moment de l’accident, le 13 avril 1993, faisaient
SDUWLHGHOD)RUFHG¶LQWHUYHQWLRQXQL¿pH 81,7$) FUppH
par le Conseil de sécurité dans sa résolution 794 (1992) et 50
Lettre non publiée datée du 25 juin 1998.
non de l’Opération des Nations Unies en Somalie (ONU- 51
Par exemple, le Gouvernement du Canada a versé une
620 ,ODDMRXWpTX¶HQIDLWOHVVHXOVUHVVRUWLVVDQWVEHOJHV LQGHPQLVDWLRQORUVTX¶XQMHXQH6RPDOLHQDpWpWXpSDUGHVPHPEUHVGX
IDLVDQWSDUWLHGHO¶218620pWDLHQWGHVRI¿FLHUVHQSRVWH contingent canadien de l’UNITAF (voir Young et Molina, «IHL and
DX TXDUWLHU JpQpUDO HW TXH OD SHUVRQQH LPSOLTXpH GDQV peace operations: sharing Canada’s lessons learned from Somalia»,
FHWDFFLGHQWDGpFODUpTX¶HOOHWUDYDLOODLWFRPPHFXLVLQLHU p. 366).
GDQV OH FDGUH GH O¶2SpUDWLRQ 5HVWRUH +RSH O¶LQWpUHVVp
52
&RPPH OH &RQVHLOOHU MXULGLTXH GH O¶2UJDQLVDWLRQ GHV 1DWLRQV
Unies, M. Hans Corell, l’a écrit au Directeur de la Division de
ne pouvait donc être considéré comme faisant partie de OD FRGL¿FDWLRQ 0 9iFODY 0LNXOND OH IpYULHU GDQV XQ
O¶RSpUDWLRQGHV 1DWLRQV 8QLHV ,O D HQ RXWUH GpFODUpTXH mémorandum, c’est «en relation avec des opérations de maintien de
OHV WURXSHV GH OD )RUFH G¶LQWHUYHQWLRQ XQL¿pH Q¶pWDLHQW OD SDL[ TXH OHV SULQFLSHV GH OD UHVSRQVDELOLWp LQWHUQDWLRQDOH >@ RQW
pas sous le commandement de l’Organisation des Nations SRXUODPDMHXUHSDUWLHpWpGpYHORSSpVGXUDQWOHVDQVGHSUDWLTXHGH
l’Organisation» (par. 4).
8QLHVHWTXHFHOOHFLDWRXMRXUVUHIXVpG¶rWUHWHQXHSRXU 53
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 14, par. 27, al. c.
54
48
Échange de lettres constituant un accord entre l’Organisation
Lettre adressée au Secrétaire général le 26 septembre 1950 GHV1DWLRQV8QLHVHWOD%HOJLTXHUHODWLIDXUqJOHPHQWGHUpFODPDWLRQV
SDU OH 5HSUpVHQWDQW VXSSOpDQW GHV eWDWV8QLV G¶$PpULTXH DX VXMHW présentées contre l’Organisation des Nations Unies au Congo par des
du bombardement aérien du territoire de la Chine (S/1813). Le ressortissants belges, p. 198. Des accords similaires ont été conclus avec
5HSUpVHQWDQWGHVeWDWV8QLVDYDLWUHMHWpWRXWHUHVSRQVDELOLWpHQFHTXL la Grèce, l’Italie, le Luxembourg et la Suisse. 8QDFFRUGDYHFOD=DPELH
concerne une réclamation antérieure similaire (S/1722), faisant valoir a été mentionné dans Nations Unies, Annuaire juridique 1975 (numéro
TXHFHFRPSRUWHPHQWGHYDLWrWUHLPSXWpjO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV de vente: F.77.V.3), p. 160. Comme l’a noté Paul de Visscher («Les
Unies en Corée (S/1727). conditions d’application des lois de la guerre aux opérations militaires
49
Lettre adressée au Secrétaire général, le 19 octobre 1950, par le GHV1DWLRQV8QLHVªSHW QXOQ¶DMDPDLVGpFODUpTXHO¶eWDWD\DQW
5HSUpVHQWDQWGHVeWDWV8QLVG¶$PpULTXH 6 fourni les forces mises en cause devait être tenu responsable.
12 Documents de la cinquante-sixième session
/¶218DUpDI¿UPpVDSRVLWLRQjSOXVLHXUVRFFDVLRQV3DU >&@H TXL HVW GpFLVLI Q¶HVW SDV GH VDYRLU GH TXL GX SRLQW GH YXH
H[HPSOH RQ SHXW OLUH FH TXL VXLW GDQV XQ PpPRUDQGXP organisationnel) la personne accusée d’avoir causé un dommage était
HIIHFWLYHPHQWO¶RUJDQHPDLVSOXW{WHQTXHOQRPHWSRXUOHFRPSWHGH
GX%XUHDXGHVDIIDLUHVMXULGLTXHVFRQFHUQDQWXQDFFLGHQW TXL GXSRLQWGHYXHIRQFWLRQQHO FHWWHSHUVRQQHDJLVVDLWDXPRPHQWR
VXUYHQXjXQKpOLFRSWqUHEULWDQQLTXHPLVjODGLVSRVLWLRQ l’acte a été commis. &HTXLHVWGpFLVLIHVWGRQFODVSKqUHGDQVODTXHOOH
de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la O¶RUJDQHHQTXHVWLRQDJLVVDLWDXPRPHQWSHUWLQHQW58.
paix à Chypre (UNFICYP):
38. Toutefois, pour imputer le comportement des
/HVpTXLSDJHVGHVKpOLFRSWqUHVVRQWPHPEUHVGXFRQWLQJHQWEULWDQQLTXH contingents nationaux, il faut aussi tenir compte du fait
de la Force et les vols se déroulent dans le cadre des opérations de la TXH O¶eWDW FRQFHUQp FRQVHUYH VRQ DXWRULWp HQ PDWLqUH
)RUFH3DUODYRLHKLpUDUFKLTXHOHVRSpUDWLRQVDX[TXHOOHVSUHQQHQWSDUW
les hélicoptères se déroulent sous l’autorité ultime du Commandant de disciplinaire et a compétence exclusive en matière
la Force et relèvent de la responsabilité des Nations Unies. Les cir- pénale59. &HODHVWJpQpUDOHPHQWLQGLTXpGDQVOHVDFFRUGV
FRQVWDQFHVGDQVOHVTXHOOHVOHVKpOLFRSWqUHVEULWDQQLTXHVVRQWPLVjOD TXHO¶218FRQFOXWDYHFOHVeWDWVIRXUQLVVDQWGHVFRQWLQ-
GLVSRVLWLRQGHOD)RUFHDPqQHQWDLQVLjFRQFOXUHTXHFHVKpOLFRSWqUHV gents60. Ainsi, le contingent national n’est pas pleine-
devraient être considérés comme des aéronefs des Nations Unies.
ment placé à la disposition de l’ONU et cela peut avoir
(QWDQWTXHWUDQVSRUWHXUF¶HVWO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV8QLHVTXL GHVFRQVpTXHQFHVHQFHTXLFRQFHUQHO¶LPSXWDWLRQGHVRQ
pourrait, et devrait normalement, être tenue responsable par des tiers en comportement. Par exemple, le Bureau des affaires juri-
cas d’accidents survenus à des hélicoptères de la Force et causant des GLTXHVGHO¶218DDGRSWpODSRVLWLRQVXLYDQWH
GRPPDJHVjFHVWLHUVOHVUpFODPDWLRQVGHVWLHUVVHUDLHQWGRQFQRUPDOH-
ment susceptibles d’être adressées à l’Organisation des Nations Unies55. Comme la Convention [sur le commerce international des espèces de
IDXQHHWGHÀRUHVDXYDJHVPHQDFpHVG¶H[WLQFWLRQ@V¶HQUHPHWDX[eWDWV
36. Le Secrétaire général a résumé comme suit la parties pour la mise en œuvre de ses dispositions et comme les États
SRVLWLRQ DFWXHOOH GH O¶2UJDQLVDWLRQ HQ FH TXL FRQFHUQH fournissant des contingents restent compétents pour connaître des délits
sa responsabilité pour le comportement des forces de commis par des membres de leur personnel militaire, la mise en œuvre
des dispositions de la Convention incombe aux États fournisseurs de
maintien de la paix: FRQWLQJHQWVTXL\VRQWSDUWLHV61.
&RQVLGpUDQW TX¶HOOH HVW UHVSRQVDEOH VXU OH SODQ LQWHUQDWLRQDO GHV
DFWLYLWpVGHVHVIRUFHVO¶218DVVXPHGHSXLVTX¶HOOHPHWHQSODFHGHV %LHQ TXH Q¶pWDQW SDV GLUHFWHPHQW SHUWLQHQWH HQ
RSpUDWLRQVGHPDLQWLHQGHODSDL[OHVUHVSRQVDELOLWpVTXLOXLLQFRPEHQW l’espèce, la rétention du pouvoir disciplinaire et de la
en cas de dommages causés par des membres desdites forces dans compétence pénale par l’État fournissant le contingent a
l’exercice de leurs fonctions. pWpXQpOpPHQWLPSRUWDQWTXLDDPHQpOD&KDPEUHGHVORUGV
/HIDLWTXHO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV8QLHVVHVRLWHQJDJpHjUpJOHU
à juger, dans l’affaire Attorney General v. NissanTXHOH
OHVGLIIpUHQGVUHOHYDQWGXGURLWSULYpDX[TXHOVHOOHHVWSDUWLHHWTX¶HOOH Gouvernement du Royaume-Uni devait une indemnisation
DLW SRXU SUDWLTXH GH UpJOHU OHV GHPDQGHV G¶LQGHPQLVDWLRQ pPDQDQW pour l’occupation temporaire d’un bâtiment par des forces
GH WLHUV >@ SURXYH ELHQ TX¶HOOH UHFRQQDvW TXH OD UHVSRQVDELOLWp GHV EULWDQQLTXHVIDLVDQWSDUWLHGHO¶81),&<362. Cela ressort
dommages causés par des membres des forces des Nations Unies est de manière particulièrement claire de l’avis de Lord Mor-
imputable à l’Organisation56.
ris of Borth-y-Gest:
S’il est fait référence dans ce document et dans d’autres >%@LHQTXHOHVFRQWLQJHQWVQDWLRQDX[IXVVHQWVRXVO¶DXWRULWpGHO¶2UJD-
à des réclamations relevant du droit privé, il est impli- nisation des Nations Unies et soumis aux instructions du commandant,
FLWHTXHOHPrPHSULQFLSHHQPDWLqUHG¶LPSXWDWLRQG¶XQ OHVVROGDWVHQTXDOLWpGHPHPEUHVGHODIRUFHGHPHXUDLHQWDXVHUYLFH
FRPSRUWHPHQW V¶DSSOLTXHUDLW HQ FH TXL FRQFHUQH OD UHV- GHOHXUSD\V/HVIRUFHVEULWDQQLTXHVGHPHXUDLHQWGRQFGHVVROGDWVGH
Sa Majesté. Les membres de la force des Nations Unies étaient sou-
ponsabilité en droit international. Cela ressort manifes- PLVjODFRPSpWHQFHH[FOXVLYHGHOHXUeWDWQDWLRQDOUHVSHFWLIHQFHTXL
tement du passage ci-après d’une déclaration récente du FRQFHUQH WRXWHV OHV LQIUDFWLRQV SpQDOHV TX¶LOV SRXYDLHQW FRPPHWWUH j
&RQVHLOOHUMXULGLTXHGHO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV8QLHV Chypre63.
Le fait d’une force de maintien de la paix, organe subsidiaire de l’Orga- 58
Ce passage est une traduction de la traduction anglaise reproduite
nisation des Nations Unies, est, en principe, imputable à l’Organisa-
dans ILR, vol. 77, p. 472. Le texte original de l’arrêt peut être consulté
tion et, s’il est commis en violation d’une obligation internationale, il
dans Österreichische Zeitschrift für öffentliches Recht und Völkerrecht,
engage la responsabilité internationale de l’Organisation et l’oblige à
vol. 31, nos 3 et 4, 1980, p. 310.
YHUVHUXQHLQGHPQLVDWLRQ/HIDLWTX¶XQWHODFWHSHXWDYRLUpWpDFFRPSOL
par des membres d’un contingent militaire national faisant partie d’une
59
&RPPH LQGLTXp GDQV XQ PpPRUDQGXP GX %XUHDX MXULGLTXH GX
opération de maintien de la paix n’affecte pas la responsabilité inter- 'pSDUWHPHQWGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVGX&DQDGD .LUVFK©/DSUDWLTXH
nationale de l’Organisation des Nations Unies vis-à-vis des États tiers canadienne en matière de droit international public», p. 388):
ou des individus57. «[E]n dernière analyse, les poursuites intentées du chef d’actes
contraires aux règles d’engagement (ou contraires au droit international
/DTXHVWLRQGHO¶LPSXWDWLRQG¶XQFRPSRUWHPHQWjXQ ou interne) le seront par les autorités nationales des États fournissant
les contingents. &¶HVWXQHSUDWLTXHRUGLQDLUHGHWRXWHVOHVIRUFHVDUPpHV
membre d’un contingent national a été réglée de la même participant à des activités de maintien de la paix.»
manière par la Cour supérieure de la province de Vienne 60
9RLUSDUH[HPSOHHQFHTXLFRQFHUQH©O¶DXWRULWpGLVFLSOLQDLUHªHW
(Oberlandesgericht), dans un arrêt du 26 février 1979 la «juridiction à l’égard de tout crime ou délit», les accords concernant
(N. K. v. Austria). Une action avait été intentée contre l’affectation à la Force de maintien de la paix des Nations Unies à
O¶eWDWDXWULFKLHQSDUFHTX¶XQPHPEUHGXFRQWLQJHQWDXWUL- Chypre [Nations Unies, Annuaire juridique 1966 (numéro de vente:
F.68.V.6), p. 45]. Plus généralement sur ces clauses, voir le rapport du
chien de la Force des Nations Unies chargée d’observer Secrétaire général sur le commandement et la conduite des opérations
le désengagement avait endommagé des biens dans la de maintien de la paix des Nations Unies (A/49/681), par. 6.
caserne. La Cour a jugé comme suit: 61
Nations Unies, Annuaire juridique 1994 (numéro de vente:
F.00.V.8), p. 558.
62
55
The All England Law Reports, 1969, vol. 1, p. 639. La Chambre
Nations Unies, Annuaire juridique 1980 (numéro de vente: GHV ORUGV D LQ¿UPp OD GpFLVLRQ GH OD FRXU G¶DSSHO GDQV ODTXHOOH /RUG
F.83.V.1), p. 204. 'HQQLQJDYDLWMXJpTXHOHVVROGDWVEULWDQQLTXHVPHPEUHVGHO¶81),&<3
56
5DSSRUWGX6HFUpWDLUHJpQpUDOVXUOH¿QDQFHPHQWGHVRSpUDWLRQV ©DJLVVDLHQW HQ TXDOLWp GH UHSUpVHQWDQWV GH O¶2UJDQLVDWLRQ GHV 1DWLRQV
de maintien de la paix des Nations Unies (A/51/389), p. 5, par. 7 et 8. Unies» (ibid., 1967, vol. 2, p. 1244).
57 63
Mémorandum (voir supra note 52), par. 7. Ibid., 1969, vol. 1, p. 646.
Responsabilité des organisations internationales 13
(QUpSRQVHjXQHTXHVWLRQSRVpHSDUOD&RPPLVVLRQ la base de cet accord, les actes de l’OPS et de son person-
dans son rapport de 200371, plusieurs représentants ont nel pourraient engager la responsabilité de l’OMS78.
déclaré à la Sixième Commission de l’Assemblée générale
TXH OH FRPSRUWHPHQW GHV IRUFHV GH PDLQWLHQ GH OD SDL[ 47. L’article 6 du projet d’articles sur la responsabilité
devait d’une manière générale être imputé à l’Organisation de l’État pour fait internationalement illicite retient,
des Nations Unies72. Certains ont toutefois également FRPPHFULWqUHGpFLVLIDX[¿QVGHO¶LPSXWDWLRQjO¶eWDWGX
HVWLPpTXHGDQVFHUWDLQVFDVOHFRPSRUWHPHQWGHYDLWrWUH comportement d’un organe placé à sa disposition par un
imputé concurremment73 ou même exclusivement74 à DXWUHeWDWOHIDLWTXH©FHWRUJDQHDJLVVHGDQVO¶H[HUFLFH
l’État contribuant à l’opération. Certains représentants ont GH SUpURJDWLYHV GH SXLVVDQFH SXEOLTXH GH O¶eWDW j OD
souligné l’importance du critère de contrôle s’agissant de GLVSRVLWLRQGXTXHOLOVHWURXYH79». S’agissant des organisa-
GpWHUPLQHUjTXLOHFRPSRUWHPHQWGRLWrWUHLPSXWp75. WLRQVLQWHUQDWLRQDOHVTXLQ¶H[HUFHQWTXHUDUHPHQWFHW\SH
d’autorité, on ne peut parler de prérogatives de puissance
45. Les principes applicables aux forces de maintien SXEOLTXH,OIDXWUHQYR\HUSOXVJpQpUDOHPHQWjO¶H[HUFLFH
GH OD SDL[ SHXYHQW DXVVL rWUH DSSOLTXpV j G¶DXWUHV des fonctions de l’organisation.
RUJDQHVpWDWLTXHVPLVjODGLVSRVLWLRQGHO¶218FRPPH
OHV pTXLSHV GH VHFRXUV HQ FDV GH FDWDVWURSKH DX VXMHW 48. L’article 6 du projet d’articles sur la responsabilité de
GHVTXHOOHVOH6HFUpWDLUHJpQpUDOpFULYDLW l’État ne fournit aucun élément permettant de déterminer
TXDQGXQRUJDQHGRQQpHVWSODFpjOD©GLVSRVLWLRQªG¶XQ
/¶pTXLSHGHVHFRXUVFRQVWLWXHUDLWXQRUJDQHVXEVLGLDLUHGHO¶2UJDQL- autre État. 7RXWHIRLVLOHVWLPSOLFLWHTXHO¶eWDWEpQp¿FLDLUH
VDWLRQORUVTX¶HOOHDXUDLWpWpGLUHFWHPHQWFUppHSDUFHOOHFL'DQVFHFDV doit exercer un certain contrôle sur l’organe en cause. Le
VRQVWDWXWMXULGLTXHVHUDLWDQDORJXHSDUH[HPSOHjFHOXLGHOD)RUFHGHV
Nations Unies à Chypre76.
commentaire pertinent précise:
'DQVO¶H[HUFLFHGHVIRQFWLRQVTXLOXLRQWpWpFRQ¿pHVSDUO¶eWDWEpQp-
46. Des conclusions similaires s’imposeraient dans le ¿FLDLUH O¶RUJDQH GRLW DXVVL DJLU HQ OLDLVRQ DYHF O¶DSSDUHLO GH FHW eWDW
cas plus rare où une organisation internationale met l’un et sous la direction et le contrôle exclusifs de celui-ci, et non pas sur
de ses organes à la disposition d’une autre organisation instructions de l’État d’envoi80.
internationale. Un exemple est fourni par la Conférence
&HOD SRXUUDLW rWUH LQGLTXp SOXV H[SOLFLWHPHQW GDQV OH
VDQLWDLUHSDQDPpULFDLQHTXLSDUOHELDLVG¶XQDFFRUGHQWUH
WH[WHD¿QGHIRXUQLUDXOHFWHXUGHVLQGLFDWLRQVVXUOHVSUR-
l’OMS et l’Organisation sanitaire panaméricaine (OPS),
EOqPHV G¶DWWULEXWLRQ VH SRVDQW ORUVTXH GHV FRQWLQJHQWV
remplit les fonctions «de comité régional et de bureau
nationaux sont placés à la disposition d’une organisation
régional de l’Organisation mondiale de la santé pour
HWGDQVOHVFDVVLPLODLUHV,OIDXGUDLWDXVVLLQGLTXHUTXHFH
l’hémisphère occidental, aux termes des dispositions de
Q¶HVWSDVO¶H[FOXVLYLWpGXFRQWU{OHTXLFRPSWH±O¶218
la Constitution de l’Organisation mondiale de la santé77».
par exemple, n’exerce jamais de contrôle exclusif sur les
/H&RQVHLOOHUMXULGLTXHGHO¶206DIDLWREVHUYHUTXHVXU
contingents nationaux – mais l’étendue du contrôle effec-
tif. Cela permettrait également une double attribution de
71
Voir supra par. 34. certains comportements.
72
Déclarations du Danemark, également au nom de la Finlande,
de l’Islande, de la Norvège et de la Suède ['RFXPHQWV RI¿FLHOV (QFHTXLFRQFHUQHO¶LPSXWDWLRQG¶XQFRPSRUWHPHQW
de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième à une organisation internationale, le projet d’article 4 (voir
Commission, 14e séance (A/C.6/58/SR.14), par. 27], de l’Autriche supra par. 28) distingue entre organes, fonctionnaires et
(ibid., par. 33), de l’Italie (ibid., par. 46), du Canada [ibid., 15e séance DXWUHV SHUVRQQHV DX[TXHOOHV XQH SDUWLH GHV IRQFWLRQV GH
(A/C.6/58/SR.15), par. 3], du Gabon (ibid., par. 5), de la Grèce (ibid.,
par. 13), d’Israël (ibid., par. 21), de la Fédération de Russie (ibid.,
O¶RUJDQLVDWLRQ D pWp FRQ¿pH ,O QH VHPEOH SDV QpFHVVDLUH
par. 31), de l’Espagne (ibid., par. 41), du Bélarus (ibid., par. 43), de de le répéter, car cela alourdirait le texte, s’il est entendu
l’Égypte [ibid., 16e VpDQFH $&65 SDU @ HW GX 0H[LTXH TXH FH TXL V¶DSSOLTXH DX[ RUJDQHV G¶XQH RUJDQLVDWLRQ
[ibid., 21e séance (A/C.6/58/SR.21), par. 48]. LQWHUQDWLRQDOHV¶DSSOLTXHDXVVLDX[IRQFWLRQQDLUHVHWDX[
73
Déclarations du Danemark, également au nom de la Finlande, autres personnes visées dans le projet d’article 4.
de l’Islande, de la Norvège et de la Suède ['RFXPHQWV RI¿FLHOV
de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième 50. Le libellé ci-après est proposé:
Commission, 14e séance (A/C.6/58/SR.14), par. 28], de la Grèce [ibid.,
15e séance (A/C.6/58/SR.15), par. 13] et d’Israël (ibid., par. 21).
«Article 5. Comportement des organes mis à la disposi-
74
Déclarations de l’Autriche ['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH
générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 14e séance
tion d’une organisation internationale par un État ou
(A/C.6/58/SR.14), par. 33], de l’Italie (ibid., par. 46), du Canada [ibid., une autre organisation internationale
15e séance (A/C.6/58/SR.15), par. 3], du Gabon (ibid., par. 5), d’Israël
(ibid., par. 21), de la Fédération de Russie (ibid., par. 31), du Bélarus «Le comportement d’un organe d’un État ou d’une
(ibid., par. 43) et de l’Égypte [ibid., 16e séance (A/C.6/58/SR.16), RUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHTXLHVWPLVjODGLVSRVLWLRQ
par. 2]. d’une autre organisation internationale pour exercer
75
Déclarations de l’Italie ['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH l’une des fonctions de celle-ci est, au regard du droit
générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 14e séance
(A/C.6/58/SR.14), par. 46], du Canada [ibid., 15e séance (A/C.6/58/ international, considéré comme un fait de cette dernière
SR.15), par. 3], d’Israël (ibid., par. 21), de la Fédération de Russie dans la mesure où elle exerce un contrôle effectif sur ce
(ibid., par. 31), de l’Espagne (ibid., par. 41), du Bélarus (ibid., par. 43) comportement.»
HWGX0H[LTXH>LELGe séance (A/C.6/58/SR.21), par. 48]. Dans sa
déclaration, la Grèce [ibid., 15e séance (A/C.6/58/SR.15), par. 13] a
78
cité «l’autorité et le commandement» comme critères d’imputation du Lettre datée du 19 décembre 2003, adressée par le Conseiller
comportement des forces du maintien de la paix à l’ONU. MXULGLTXH GH O¶206 07KRPDV7RSSLQJ DX &RQVHLOOHU MXULGLTXH GH
76
Nations Unies, Annuaire juridique 1971 (numéro de vente: l’Organisation des Nations Unies, M. Hans Correll.
79
F.73.V.1), p. 195. Annuaire… 2001, vol. II (2e partie), p. 26, par. 76.
77 80
Art. 2 de l’Accord concernant l’intégration de l’Organisation Annuaire… 2001, vol. II (2e partie), p. 46, par. 2 du commentaire
sanitaire panaméricaine dans l’Organisation mondiale de la santé. de l’article 6.
Responsabilité des organisations internationales 15
CHAPITRE IV
51. Le comportement ultra vires d’une organisation la compétence pour conclure des traités84. Si, dans ce
LQWHUQDWLRQDOHSHXWrWUHXQFRPSRUWHPHQWTXLRXWUHSDVVH FRQWH[WHRQSHXWIDLUHYDORLUTXHVHXOVGRLYHQWrWUHSURWp-
soit les pouvoirs conférés à l’organisation soit ceux d’un JpVOHVWLHUVTXLRQWIDLWIRQGGHERQQHIRLVXUOHFRPSRU-
RUJDQHVSpFL¿TXH'DQVO¶DYLVFRQVXOWDWLITX¶HOOHDUHQGX tement de l’organe ou du fonctionnaire en cause85, il n’en
dans l’affaire de la Licéité de l’utilisation des armes va pas de même dans la plupart des cas de responsabilité
QXFOpDLUHV SDU XQ eWDW GDQV XQ FRQÀLW DUPp OD &,- D pour comportement illicite.
GpFODUpTXH
54. Une distinction entre le comportement d’organes
[L]es organisations internationales […] ne jouissent pas, à l’instar des et de fonctionnaires d’une part, et celle de personnes
États, de compétences générales. Les organisations internationales sont j TXL XQH SDUWLH GHV IRQFWLRQV GH O¶RUJDQLVDWLRQ D pWp
régies par le «principe de spécialité», c’est-à-dire dotées par les États
TXLOHVFUpHQWGHFRPSpWHQFHVG¶DWWULEXWLRQGRQWOHVOLPLWHVVRQWIRQF- FRQ¿pH GH O¶DXWUH QH VHUDLW JXqUH MXVWL¿pH pWDQW GRQQp
WLRQ GHV LQWpUrWV FRPPXQV TXH FHX[FL OHXU GRQQHQW SRXU PLVVLRQ GH O¶LPSRUWDQFHOLPLWpHGHFHWWHGLVWLQFWLRQGDQVODSUDWLTXH
promouvoir81. des organisations internationales86. /D &,- VHPEOH DYRLU
retenu la responsabilité de l’organisation également pour
&HODQHVLJQL¿HSDVTX¶XQFRPSRUWHPHQWTXLRXWUHSDVVH les actes ultra viresGHSHUVRQQHVDXWUHVTXHVHVIRQFWLRQ-
les fonctions d’une organisation internationale ne puisse naires. Dans son avis consultatif sur le Différend relatif à
jamais lui être attribué. l’immunité de juridiction d’un rapporteur spécial de la
Commission des droits de l’homme, elle a déclaré:
0DQLIHVWHPHQW XQ DFWH TXL HVW ultra vires pour
une organisation est aussi ultra vires pour chacun de ses >,@OHVWjSHLQHEHVRLQG¶DMRXWHUTXHWRXVOHVDJHQWVGHO¶2UJDQLVDWLRQ
organes. Un organe peut outrepasser ses pouvoirs égale- GHV 1DWLRQV 8QLHV TXHOOH TXH VRLW OD TXDOLWp RI¿FLHOOH HQ ODTXHOOH LOV
PHQWSDUFHTX¶LOHPSLqWHVXUGHVSRXYRLUVH[FOXVLYHPHQW agissent, doivent veiller à ne pas excéder les limites de leurs fonctions
HWGRLYHQWVHFRPSRUWHUGHPDQLqUHjpYLWHUTXHGHVGHPDQGHVVRLHQW
DWWULEXpVjXQDXWUHRUJDQHRXTX¶LOH[HUFHGHVSRXYRLUV dirigées contre l’Organisation87.
TXL Q¶RQW pWp FRQIpUpV j DXFXQ RUJDQH La possibilité
d’imputer à une organisation internationale des actes /D UDLVRQ pYLGHQWH SRXU ODTXHOOH XQ DJHQW ± HQ O¶HVSqFH
TX¶XQRUJDQHDFFRPSOLWultra vires a été reconnue par la un expert en mission – doit veiller à ne pas excéder les
&,-GDQVVRQDYLVFRQVXOWDWLIUHODWLIjCertaines dépenses OLPLWHVGHVHVIRQFWLRQVD¿QG¶pYLWHUTXHGHVGHPDQGHVQH
des Nations Unies (article 17, paragraphe 2, de la VRLHQWGLULJpHVFRQWUHO¶RUJDQLVDWLRQHVWTXHO¶RUJDQLVDWLRQ
Charte)GDQVOHTXHOOD&RXUDGpFODUp pourrait très bien être tenue pour responsable du compor-
tement de l’agent.
6¶LOHVWDGPLVTXHO¶DFWLRQHQTXHVWLRQUHOqYHGHVIRQFWLRQVGHO¶2U-
JDQLVDWLRQPDLVTX¶RQDOOqJXHTX¶HOOHDpWpHQWUHSULVHRXPHQpHG¶XQH
manière non conforme à la réparation des fonctions entre les divers &RPPHSRXUOHVRUJDQHVGHO¶eWDWLOIDXWSRXUTXH
RUJDQHV WHOOH TXH OD &KDUWH O¶D SUHVFULWH RQ DERUGH OH SODQ LQWHUQH OD UHVSRQVDELOLWp VRLW HQJDJpH TX¶LO H[LVWH XQ OLHQ HQWUH
l’économie interne de l’Organisation. Si l’action a été entreprise par un OHV IRQFWLRQV RI¿FLHOOHV GH O¶HQWLWp RX GH OD SHUVRQQH HW
RUJDQHTXLQ¶\pWDLWSDVKDELOLWpLOV¶DJLWG¶XQHLUUpJXODULWpFRQFHUQDQW le comportement en cause. Cette idée semble sous-tendre
FHWWHpFRQRPLHLQWHUQHPDLVLOQ¶HQUHVVRUWSDVQpFHVVDLUHPHQWTXHOD
dépense encourue n’était pas une dépense de l’Organisation. Le droit ODSRVLWLRQDGRSWpHSDUOH%XUHDXGHVDIIDLUHVMXULGLTXHV
national comme le droit international envisagent des cas où une per- de l’ONU dans un mémorandum concernant des réclama-
VRQQHPRUDOHRXXQFRUSVSROLWLTXHSHXWrWUHOLpHQYHUVOHVWLHUVSDU tions relatives à des actes commis par des membres de
l’acte ultra vires d’un agent82. forces de maintien de la paix en dehors de leur service:
/HIDLWTXHOD&,-DFRQVLGpUpTXHOHV1DWLRQV8QLHV /DSROLWLTXHGHO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV8QLHVHQFHTXLFRQFHUQH
puissent avoir à supporter des charges découlant d’actes les actes accomplis hors service par les membres des forces de main-
ultra vires d’un de ses organes dénote des considérations WLHQGHODSDL[HVWTXHO¶2UJDQLVDWLRQQ¶HQFRXUHDXFXQHUHVSRQVDELOLWp
GHSULQFLSHTXLVHPEOHQWHQFRUHSOXVIRUWHVORUVTX¶LOV¶DJLW
G¶XQFRPSRUWHPHQWLOOLFLWHSDUFHTXHUHIXVHUO¶DWWULEXWLRQ
84
du comportement peut priver les tierces parties de tout Voir l’article 46 de la Convention de Vienne de 1986.
85
recours, sauf si le comportement peut être imputé à un Sur ce point, voir Arsanjani, «Claims against international
État ou une autre organisation83. La nécessité de protéger organizations: quis custodiet ipsos custodesª S $UDPEXUX
«Responsabilidad de los organismos internacionales y jurisprudencia
OHV WLHUV H[LJH TXH O¶RQ pWHQGH O¶DWWULEXWLRQ GX FRPSRU- argentina», p. 4. Reinisch (International Organizations before National
WHPHQW SRXU OD PrPH UDLVRQ TXL MXVWL¿H OD YDOLGLWp GHV Courts, p. 80 et 81) semble lier la responsabilité à la validité de l’acte
traités conclus par une organisation internationale nonobs- ultra vires.
WDQW TXHOTXHV DWWHLQWHV PLQHXUHV DX[ UqJOHV UpJLVVDQW 86
Le Comité sur la responsabilité des organisations internationales
de l’Association de droit international a proposé la règle suivante: «Le
comportement des organes d’une organisation internationale ou de
81
fonctionnaires ou d’agents d’une organisation est considéré comme
C.I.J. Recueil 1996, p. 78, par. 25. un acte de cette organisation au regard du droit international si les
82
C.I.J. Recueil 1962, p. 168. RUJDQHVIRQFWLRQQDLUHVRXDJHQWVDJLVVDLHQWjWLWUHRI¿FLHOPrPHVLFH
83
Dorigo («Imputazione e responsabilità internazionale per comportement a outrepassé les pouvoirs accordés ou contrevenu aux
l’attività delle forze di peacekeeping delle Nazioni Unite», p. 933 à instructions données (ultra vires).» Association de droit international,
FRQVLGqUHTXHVLXQFRQWLQJHQWQDWLRQDODJLWultra viresSDUFHTXH Report for the Seventieth Conference held in New Delhi, 2–6 April 2002
l’État l’ayant fourni exerce une pression sur lui, son comportement ne (2002), p. 797.
SHXWrWUHDWWULEXpTX¶jFHWeWDW 87
C.I.J. Recueil 1999, p. 89, par. 66.
16 Documents de la cinquante-sixième session
MXULGLTXH RX ¿QDQFLqUH j UDLVRQ GHV GpFqV EOHVVXUHV RX GRPPDJHV Le comportement d’un organe de l’État ou d’une personne ou entité
résultant de tels actes. [...] KDELOLWpHjO¶H[HUFLFHGHSUpURJDWLYHVGHSXLVVDQFHSXEOLTXHHVWFRQVL-
déré comme un fait de l’État d’après le droit international si cet organe,
Selon nous, le facteur principal à prendre en considération pour déter- FHWWHSHUVRQQHRXFHWWHHQWLWpDJLWHQFHWWHTXDOLWpPrPHV¶LORXWUHSDVVH
miner si un membre d’une mission de maintien de la paix est «hors sa compétence ou contrevient à ses instructions92.
VHUYLFHªHVWOHIDLWTX¶LODJLVVDLWHQTXDOLWpQRQRI¿FLHOOHQRQRSpUDWLRQ-
QHOOHORUVTXHO¶LQFLGHQWV¶HVWSURGXLWSOXW{WTXHODTXHVWLRQGHVDYRLU /HVPRWVFOHIV©HQFHWWHTXDOLWpªUHQYRLHQWjODUHODWLRQ
s’il était en civil lors de l’incident ou si l’incident s’est produit à l’inté- TXL GRLW H[LVWHU HQWUH OH FRPSRUWHPHQW ultra vires et les
rieur ou à l’extérieur de la zone d’opérations. [...]
IRQFWLRQV FRQ¿pHV j O¶RUJDQH O¶HQWLWp OD SHUVRQQH RX OH
>(@QFHTXLFRQFHUQHODUHVSRQVDELOLWpMXULGLTXHHW¿QDQFLqUHGHO¶2UJD- IRQFWLRQQDLUH/HFRPPHQWDLUHO¶LQGLTXHFODLUHPHQW
nisation des Nations Unies, un membre de la Force pendant un état
d’alerte peut néanmoins être hors service s’il agit de manière indépen- Il faut distinguer, d’une part, les cas où les fonctionnaires ont agi en
GDQWHHWjWLWUHLQGLYLGXHOG¶XQHPDQLqUHTXLQHVRLWSDVLPSXWDEOHj OHXUTXDOLWpHQWDQWTXHWHOOHELHQTXHGHPDQLqUHLOOLFLWHRXHQYLRODWLRQ
O¶DFFRPSOLVVHPHQWGHIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVSHQGDQWO¶pWDWG¶DOHUWHDLQVL des instructions reçues, et, d’autre part, les cas où leur comportement
proclamé. [...] HVWVLpORLJQpGXFKDPSGHOHXUVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVTX¶LOGHYUDLWrWUH
assimilé à celui de personnes privées, non attribuable à l’État93.
>1@RXV WHQRQV FHSHQGDQW j QRWHU TXH OHV FLUFRQVWDQFHV IDFWXHOOHV GH
FKDTXHFDVG¶HVSqFHYDULHQWHWTXHODTXHVWLRQGHVDYRLUVLXQPHPEUH %LHQTXHODIRUPXOH©HQFHWWHTXDOLWpªVRLWDVVH]P\VWp-
d’une mission de maintien de la paix est en service ou hors service peut
SDUFRQVpTXHQWGpSHQGUHHQSDUWLHGHVpOpPHQWVSDUWLFXOLHUVGHO¶DIIDLUH rieuse et vague94, il semble préférable de la conserver. On
compte tenu de l’opinion du commandant ou du chef d’état-major de PRQWUHUDDLQVLTX¶LOHVWLQXWLOHG¶pODERUHUSRXUOHVRUJD-
la Force88. QLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVXQHUqJOHGLIIpUHQWHGHFHOOHTXL
V¶DSSOLTXHDX[eWDWV95.
Si le comportement «hors service» d’un membre d’un
contingent national ne serait pas imputable à l’Organisa- 58. Il est néanmoins nécessaire d’apporter des
tion89, un comportement «en service» peut être attribué à PRGL¿FDWLRQV PLQHXUHV DX OLEHOOp XWLOLVp GDQV O¶DUWLFOH
FHOOHFLELHQTX¶LOIDLOOHGDQVXQWHOFDVH[DPLQHUFRPPHQW du projet d’articles sur la responsabilité de l’État pour
un comportement ultra viresHVWOLpDX[IRQFWLRQVFRQ¿pHV fait internationalement illicite. Premièrement, l’expres-
à la personne concernée. VLRQ ©SUpURJDWLYHV GH SXLVVDQFH SXEOLTXHª FRQYLHQW DX[
eWDWVPDLVQHV¶DSSOLTXHDX[RUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHV
/H&RQVHLOOHUMXULGLTXHGX)0,DpFULW TXH GDQV XQ WUqV SHWLW QRPEUH GH FDV La référence aux
organes, personnes ou entités pourrait être alignée sur
,OSHXW\DYRLULPSXWDWLRQDORUVPrPHTXHOHIRQFWLRQQDLUHDRXWUHSDVVp
OHVSRXYRLUVTXLOXLRQWpWpFRQIpUpVQ¶DSDVVXLYLOHVUqJOHVRXDIDLW le libellé utilisé dans le projet d’article 4. Les adjectifs
SUHXYH GH QpJOLJHQFH 7RXWHIRLV OHV DFWHV G¶XQ IRQFWLRQQDLUH TXL QH SRVVHVVLIV©VDªHW©VHVª¿JXUDQWGDQVODGHUQLqUHOLJQHGH
VRQWSDVDFFRPSOLVHQVDTXDOLWpRI¿FLHOOHQHVHUDLHQWSDVLPSXWDEOHV l’article 7 sont ambigus et peuvent être supprimés.
à l’organisation90.
59. Le texte ci-après est proposé:
8QH LGpH VLPLODLUH ELHQ TX¶H[SULPpH GLIIpUHPPHQW
se trouve dans l’arrêt rendu par la Cour de justice des «Article 6. Excès de pouvoir ou comportement
Communautés européennes dans l’affaire Sayag c. Leduc: contraire aux instructions
[E]n désignant à la fois les dommages causés par les institutions et
ceux causés par les agents de la Communauté, l’article 188 [du Traité «Le comportement d’un organe, d’un fonctionnaire
LQVWLWXDQWOD&RPPXQDXWpHXURSpHQQHGHO¶pQHUJLHDWRPLTXH@LQGLTXH RXG¶XQHDXWUHSHUVRQQHjTXLXQHSDUWLHGHVIRQFWLRQV
TXH OD &RPPXQDXWp Q¶HVW UHVSRQVDEOH TXH GH FHX[ GHV DFWHV GH VHV GHO¶2UJDQLVDWLRQDpWpFRQ¿pHHVWFRQVLGpUpFRPPHXQ
DJHQWV TXL HQ YHUWX G¶XQ UDSSRUW LQWHUQH HW GLUHFW FRQVWLWXHQW OH fait de l’Organisation au regard du droit international,
SURORQJHPHQWQpFHVVDLUHGHVPLVVLRQVFRQ¿pHVDX[LQVWLWXWLRQV91.
si cet organe, ce fonctionnaire ou cette personne agit en
57. L’article 7 du projet d’articles sur la responsabilité FHWWH TXDOLWp PrPH V¶LO RXWUHSDVVH OD FRPSpWHQFH RX
de l’État pour fait internationalement illicite se lit comme contrevient aux instructions.»
suit:
92
Voir supra note 79.
93
88
Annuaire… 2001, vol. II (2e partie), p. 48, par. 7 du commentaire
Nations Unies, Annuaire juridique 1986 (numéro de vente: de l’article 7.
F.94.V.2), p. 344 et 345. 94
89
Brownlie (System of the Law of Nations: State Responsibility,
Un exemple clair d’acte accompli «hors service» par un membre S QRWHTXHOD&RPPLVVLRQ©IRUPXOHXQSULQFLSHVRXVIRUPHGH
GHOD),18/TXLVHOLYUDLWjGHVWUDQVSRUWVG¶H[SORVLIVYHUVOHWHUULWRLUH tautologie. Souhaitant éviter de fournir à l’État une base lui permettant
G¶,VUDsO D pWp H[DPLQp SDU OH 7ULEXQDO GH GLVWULFW GH +DwID GDQV XQ d’échapper à sa responsabilité, elle prend refuge dans l’imprécision».
jugement du 10 mai 1979 [Nations Unies, Annuaire juridique 1979 Pour des exemples de la diversité d’interprétation de l’expression «en
(numéro de vente: F.82.V.1), p. 223]. FHWWHTXDOLWpªGDQVFHFRQWH[WHYRLU&RQGRUHOOL©/¶LPSXWDWLRQjO¶eWDW
90
Lettre datée du 7 février 2003, adressée au Secrétaire de la CDI G¶XQ IDLW LQWHUQDWLRQDOHPHQW LOOLFLWH VROXWLRQV FODVVLTXHV HW QRXYHOOHV
SDUOH&RQVHLOOHUMXULGLTXHGX)0,0)UDQoRLV*LDQYLWL WHQGDQFHVª S )LVKHU La responsabilité internationale de l’État
91
Arrêt du 10 juillet 1969, affaire no 9/69, Recueil de jurisprudence pour les comportements ultra vires de ses organes, p. 234 et 235.
1969, vol. ;9 DWWHQGX S /D &RXU D QRWp TXH ©O¶XWLOLVDWLRQ 95
L’identité de solutions pour les États et les organisations
par un agent de sa voiture personnelle pour se déplacer lors de LQWHUQDWLRQDOHV D pWp GpIHQGXH SDU .OHLQ RS FLW S 3LWVFKDV
O¶DFFRPSOLVVHPHQWGHVRQVHUYLFHQHUpSRQGSDVDX[FRQGLWLRQVGp¿QLHV RSFLWSHW1JX\HQ4XRF'DLOOLHUHW3HOOHWDroit international
ci-dessus» (ibid., attendu 9). public, p. 782.
Responsabilité des organisations internationales 17
CHAPITRE V
60. La reconnaissance et l’adoption d’un comportement de l’État et non sur celle des organisations ou entités
DSUqV TX¶LO D HX OLHX SHXYHQW rWUH FRQVLGpUpHV FRPPH internationales101». 7RXWHIRLVOD&KDPEUHDMXJpTXH©>j@
UHÀpWDQW XQ ©SULQFLSHª >@ GH UHSUpVHQWDWLRQ RX GH WLWUH G¶LQGLFDWLRQ MXULGLTXH générale, elle se fondera[it]
UDWL¿FDWLRQª96. Elles peuvent aussi être considérées comme VXUOHVSULQFLSHVGp¿QLVGDQVOHSURMHWG¶DUWLFOHVGDQVOD
le résultat d’une règle procédurale relative à la preuve. PHVXUH R LOV SHXYHQW rWUH XWLOHV SRXU WUDQFKHU OD TXHV-
4XHOOHTXHVRLWODFRQFHSWLRQTX¶RQDGRSWHLOVHPEOHUDLW WLRQ TXL VH SRVH102». Cela a amené la Chambre à citer
GpUDLVRQQDEOH TXH OD &RPPLVVLRQ HPSUXQWH XQH YRLH longuement l’article 11 et le commentaire y relatif103. La
GLIIpUHQWH GH FHOOH TXL O¶D DPHQpH j DGRSWHU O¶DUWLFOH Chambre a alors ajouté:
du projet d’articles sur la responsabilité de l’État pour fait
/D&KDPEUHGHSUHPLqUHLQVWDQFHQRWHTXHOHVGHX[SDUWLHVHPSORLHQW
internationalement illicite97. les mêmes critères de «reconnaissance», «adoption», «approbation» et
©UDWL¿FDWLRQªTXHOD&RPPLVVLRQGXGURLWLQWHUQDWLRQDO/DTXHVWLRQHVW
'HSOXVLO\DTXHOTXHVH[HPSOHVUpFHQWVGHSUDWLTXH GRQFGHVDYRLUVLVXUODEDVHGHVIDLWVSUpVXPpVRQSHXWFRQVLGpUHUTXH
concernant la reconnaissance ou l’adoption de la part la SFOR a «reconnu et adopté» le comportement des inconnus «comme
d’organisations internationales. L’un d’entre eux est dans étant sien»104.
XQHFHUWDLQHPHVXUHGRXWHX[SDUFHTX¶LODWUDLWjO¶DGRS- /D&KDPEUHDFRQFOXTXHOHFRPSRUWHPHQWGHOD6)25
tion de la responsabilité et non pas directement à l’impu- Q¶pTXLYDODLW SDV j XQH ©DGRSWLRQª RX XQH ©UHFRQQDLV-
tation d’un comportement98. Dans ses plaidoiries devant sance» du comportement illégal «comme étant le sien»105.
un groupe spécial de l’OMC dans l’affaire Communautés
européennes – Classement tarifaire de certains matériels /H WH[WH SURSRVp SHXW rWUH XQ FDOTXH SDUIDLW GH
informatiques, face à des actions engagées par les États- l’article 11 du projet d’articles sur la responsabilité de
Unis contre l’Irlande et le Royaume-Uni, la Communauté l’État pour fait internationalement illicite. Il serait libellé
HXURSpHQQH D GpFODUp TX¶HOOH pWDLW SUrWH j DVVXPHU O¶HQ- comme suit:
tière responsabilité internationale de toutes les mesures
GDQVOHGRPDLQHGHVFRQFHVVLRQVWDULIDLUHVTXHODPHVXUH «Article 7. Comportement reconnu et adopté par une
contestée ait été prise au niveau de la Communauté euro- organisation internationale comme étant sien
péenne ou à celui des États membres99.
©8Q FRPSRUWHPHQW TXL Q¶HVW SDV DWWULEXDEOH j
62. Un exemple plus clair est fourni par une décision une organisation internationale selon les articles
de la Chambre de première instance II du Tribunal pénal précédents est néanmoins considéré comme un fait
LQWHUQDWLRQDO SRXU O¶H[<RXJRVODYLH TXL GDQV O¶DIIDLUH de cette organisation internationale d’après le droit
Le Procureur c. Dragan Nikolic D H[DPLQp OD TXHVWLRQ international si, et dans la mesure où, cette organisation
de l’imputation à la Force de stabilisation (SFOR) de reconnaît et adopte ledit comportement comme étant
l’arrestation de l’accusé. La Chambre a tout d’abord sien.»
QRWp TXH OHV SURMHWV G¶DUWLFOH GH OD &RPPLVVLRQ VXU OD
responsabilité de l’État pour fait internationalement 101
Ibid.
illicite n’avaient «aucune force obligatoire pour les 102
Ibid., par. 61.
États100ª(OOHDHQVXLWHpYRTXpO¶DUWLFOHHWIDLWREVHUYHU 103
Ibid., par. 62 et 63.
TXH FH WH[WH ©SRUWH SULQFLSDOHPHQW VXU OD UHVSRQVDELOLWp 104
Ibid., par. 64.
105
Ibid., par. 66. L’appel a été rejeté pour un motif différent. Sur
96
Brownlie, op. cit., p. 158. OH SRLQW TXH QRXV H[DPLQRQV LFL OD &KDPEUH G¶DSSHO D GpFODUp TXH
97
Voir supra note 5. «la juridiction saisie ne devrait pas se déclarer incompétente en cas
98 d’enlèvements réalisés par des particuliers dont les actes, sauf s’ils
Voir supra note 15.
99
sont fomentés, acceptés ou tolérés par un État, une organisation
Ibid. internationale ou une autre entité, ne violent pas nécessairement en soi
100
Décision relative à l’exception d’incompétence du Tribunal la souveraineté de l’État» (Décision relative à l’appel interlocutoire
soulevée par la défense, affaire n° IT-94-2-PT, décision du concernant la légalité de l’arrestation, affaire n° IT-94-2-AR73,
9 octobre 2002, par. 60. décision du 5 juin 2003, par. 26).
CHAPITRE VI
65. L’article 5 du projet d’articles sur la responsabilité des organisations tendent à être des entités internes des
de l’État pour fait internationalement illicite concerne le organisations.
«Comportement d’une personne ou d’une entité exerçant
GHVSUpURJDWLYHVGHSXLVVDQFHSXEOLTXHªComme on l’a /DGp¿QLWLRQODUJHGRQQpHGDQVOHSURMHWG¶DUWLFOH
GpMj QRWp O¶H[SUHVVLRQ ©SXLVVDQFH SXEOLTXHª QH SHXW ODLVVHSHXGHSODFHjXQHUqJOHDGGLWLRQQHOOHFDOTXpHVXU
rWUH XWLOLVpH HQ FH TXL FRQFHUQH OHV RUJDQLVDWLRQV LQWHU- l’article 8 du projet d’articles sur la responsabilité de l’État
nationales. 'HSOXVODGp¿QLWLRQSURSRVpHGDQVOHSURMHW pour fait internationalement illicite (Comportement sous
G¶DUWLFOHHQWDQWTXHUqJOHJpQpUDOHG¶LPSXWDWLRQFRXYUH la direction ou le contrôle de l’État). Cela est d’autant plus
WRXVOHVFDVRXQHSHUVRQQHVHYRLWFRQ¿HUXQHSDUWLHGHV YUDLTXHODUpIpUHQFHjODSUDWLTXHGDQVOHSURMHWG¶DUWLFOH
fonctions de l’organisation. Dans la mesure où les entités permet de tenir compte des situations de contrôle de fait,
VRQWFRQFHUQpHVOH&RQVHLOOHUMXULGLTXHGX)0,0)UDQ- TXLFDUDFWpULVHQWO¶DUWLFOHHWSHXYHQWrWUHSOXVGLI¿FLOHVj
çois Gianviti, a déclaré: rattacher à l’article 4 du même projet de texte.
>/@HV UqJOHV GH OD UHVSRQVDELOLWp GH O¶eWDW UHODWLYHV j O¶DWWULEXWLRQ TXL 67. L’article 9 (Comportement en cas d’absence
concernent les actes d’entités extérieures n’intéressent guère les orga-
nisations internationales, voire pas du tout. Nous ne connaissons aucun
RX GH FDUHQFH GHV DXWRULWpV RI¿FLHOOHV HW O¶DUWLFOH
FDVGDQVOHTXHOOHIDLWG¶XQHHQWLWpH[WpULHXUHDpWpLPSXWpDX)0,HW (Comportement d’un mouvement insurrectionnel ou autre)
selon nous, aucun fait d’une entité extérieure au FMI ne peut être impu- du projet d’articles sur la responsabilité de l’État pour
WDEOHjFHGHUQLHUjPRLQVTX¶XQRUJDQHFRPSpWHQWGX)0,DLWUDWL¿pRX fait internationalement illicite présupposent le contrôle
expressément endossé la responsabilité de ce fait107. du territoire. 0DOJUp TXHOTXHV GpYHORSSHPHQWV UpFHQWV
il s’agit d’un événement rare pour une organisation inter-
Si cette déclaration a principalement trait au FMI, les nationale. Une situation correspondant à celle envisagée pour
HQWLWpV DX[TXHOOHV VRQW FRQ¿pHV FHUWDLQHV IRQFWLRQV OHVeWDWVjO¶DUWLFOH±TXLLPSOLTXHUDLWTX¶XQPRXYHPHQW
insurrectionnel devienne un «nouveau gouvernement»
107
Voir supra note 90. (art. 10, par. 1) – serait particulièrement improbable.
RESPONSABILITÉ DES ORGANISATIONS INTERNATIONALES
DOCUMENT A/CN.4/545
[Original: anglais]
[25 juin 2004]
Pages
INTRODUCTION .................................................................................................................................................................................................... 21
19
20 Documents de la cinquante-sixième session
* ,PSXWDWLRQGXFRPSRUWHPHQWGHVIRUFHVGHPDLQWLHQGHODSDL[jO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV8QLHVRXDX[eWDWVTXLIRXUQLVVHQW
des contingents ................................................................................................................................................................................... 28
1. Commission européenne............................................................................................................................................................. 28
$JHQFHLQWHUQDWLRQDOHGHO¶pQHUJLHDWRPLTXH ............................................................................................................................. 28
3. Fonds monétaire international .................................................................................................................................................... 28
4. Secrétariat de l’Organisation des Nations Unies ........................................................................................................................ 28
H. Règles d’imputation............................................................................................................................................................................ 29
1. Commission européenne............................................................................................................................................................. 29
$JHQFHLQWHUQDWLRQDOHGHO¶pQHUJLHDWRPLTXH ............................................................................................................................. 34
3. Fonds monétaire international .................................................................................................................................................... 34
4. Organisation mondiale de la santé .............................................................................................................................................. 35
5. Organisation mondiale du commerce ......................................................................................................................................... 35
, 3UDWLTXHHQPDWLqUHGHSODLQWHVSRUWpHVFRQWUHOHVRUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVSRXUYLRODWLRQGXGURLWLQWHUQDWLRQDO ..................... 35
$JHQFHLQWHUQDWLRQDOHGHO¶pQHUJLHDWRPLTXH ............................................................................................................................. 35
2. Fonds monétaire international .................................................................................................................................................... 35
3. Force multinationale et Observateurs ......................................................................................................................................... 36
2UJDQLVDWLRQSRXUO¶LQWHUGLFWLRQGHVDUPHVFKLPLTXHV ............................................................................................................... 37
5. Organisation des États américains .............................................................................................................................................. 37
6. Programme des Nations Unies pour le développement .............................................................................................................. 38
7. Organisation mondiale de la santé .............................................................................................................................................. 38
8. Organisation mondiale du commerce ......................................................................................................................................... 38
- ,QFOXVLRQGHODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHGHVQDWLRQDX[HPSOR\pVSDUXQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHGDQVOHVSURMHWVG¶DUWLFOH ..... 38
1. Commission européenne............................................................................................................................................................. 38
ANNEXE
/LVWHGHVSLqFHVMRLQWHVDX[FRPPHQWDLUHVHWREVHUYDWLRQVFRPPXQLTXpVSDUOHVRUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHV ........................................... 39
Sources
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vol. 15, no 102, p. 295.
Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies (New York, 13 février 1946) Ibid., vol. 1, no 4, p. 15, et vol. 90, p. 327.
Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (Convention Ibid., vol. 213, no 2889, p. 221.
européenne des droits de l’homme) [Rome, 4 novembre 1950]
Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Paris, 18 avril 1951) Ibid., vol. 261, no 3729, p. 141.
Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (Londres, Moscou et Washington, Ibid., vol. 729, no 10485, p. 161.
1er juillet 1968)
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Montego Bay, 10 décembre 1982) Ibid., vol. 1834, no 31363, p. 3.
Accord relatif à l’application de la Partie XI de la Convention des Nations Unies sur le droit Ibid., vol. 1836, no 31364, p. 3.
de la mer du 10 décembre 1982 (New York, 28 juillet 1994)
Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone (Vienne, 22 mars 1985) Ibid., vol. 1513, no 26164, p. 293.
Convention de Vienne sur le droit des traités entre États et organisations internationales ou 'RFXPHQWVRI¿FLHOVGHOD&RQIpUHQFH
entre organisations internationales (Vienne, 21 mars 1986) [ci-après dénommée Convention des Nations Unies sur le droit des
de Vienne de 1986] traités entre États et organisations
internationales ou entre organisations
internationales, vol. II (publication
des Nations Unies, numéro de vente:
F.94.V.5), p. 91.
Convention relative à l’admission temporaire (Istanbul, 26 juin 1990) Nations Unies, Recueil des Traités,
vol. 1762, no 30667, p. 121.
Traité sur l’Union européenne (Traité de Maastricht) [Maastricht, 7 février 1992] Ibid., vol. 1757, no 30615, p. 3.
Convention sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des lacs Ibid., vol. 1936, no 33207, p. 269.
internationaux (Helsinki, 17 mars 1992)
Convention sur les effets transfrontières des accidents industriels (Helsinki, 17 mars 1992) Ibid., vol. 2105, no 36605, p. 457.
&RQYHQWLRQFDGUHGHV1DWLRQV8QLHVVXUOHVFKDQJHPHQWVFOLPDWLTXHV 1HZ<RUNPDL Ibid., vol. 1771, no 30822, p. 107.
Protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements Ibid., vol. 2303, no 30822, p. 162.
FOLPDWLTXHV .\RWRGpFHPEUH
&RQYHQWLRQVXUODGLYHUVLWpELRORJLTXH 5LRGH-DQHLURMXLQ Ibid., vol. 1760, no 30619, p. 79.
3URWRFROHGH&DUWDJHQDVXUODSUpYHQWLRQGHVULVTXHVELRWHFKQRORJLTXHVUHODWLIjOD Ibid., vol. 2226, no 30619, p. 208.
&RQYHQWLRQVXUODGLYHUVLWpELRORJLTXH 0RQWUpDOMDQYLHU
&RQYHQWLRQVXUODVUHWpQXFOpDLUH 9LHQQHVHSWHPEUH Ibid., vol. 1963, no 33545, p. 293.
&RQYHQWLRQGHV1DWLRQV8QLHVVXUODOXWWHFRQWUHODGpVHUWL¿FDWLRQGDQVOHVSD\VJUDYHPHQW Ibid., vol. 1954, no 33480, p. 3.
WRXFKpVSDUODVpFKHUHVVHHWRXODGpVHUWL¿FDWLRQHQSDUWLFXOLHUHQ$IULTXH 3DULV
14 octobre 1994)
Traité sur la Charte de l’énergie (Lisbonne, 17 décembre 1994) Ibid., vol. 2080, no 36116, p. 95.
3URWRFROHGHOD&KDUWHGHO¶pQHUJLHVXUO¶HI¿FDFLWppQHUJpWLTXHHWOHVDVSHFWV Ibid., vol. 2081, no 36117, p. 3.
environnementaux connexes (Lisbonne, 17 décembre 1994)
Introduction
1. Dans son rapport de 2002, la Commission du droit de la Commission du droit international sur les travaux
LQWHUQDWLRQDO D UHFRPPDQGp TXH OH 6HFUpWDULDW ©SUHQQH GH VD FLQTXDQWHFLQTXLqPH VHVVLRQª$X SDUDJUDSKH
contact avec des organisations internationales en vue de de cette résolution, l’Assemblée a prié le Secrétaire
recueillir des éléments d’information pertinents, en par- général d’inviter les États et les organisations inter-
WLFXOLHU VXU OHV TXHVWLRQV UHODWLYHV j O¶DWWULEXWLRQ HW j OD QDWLRQDOHVjGRQQHUGHVLQIRUPDWLRQVVXUOHXUVSUDWLTXHV
responsabilité des États membres à raison d’un comporte- présentant un intérêt pour le sujet intitulé «Responsa-
PHQWTXLHVWDWWULEXpjXQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOH1». bilité des organisations internationales», en particu-
(QFRQVpTXHQFHXQFHUWDLQQRPEUHG¶RUJDQLVDWLRQVLQWHU- OLHUVXUOHVFDVGDQVOHVTXHOVGHVeWDWVPHPEUHVG¶XQH
nationales ont été invitées, par une lettre datée du 23 sep- organisation internationale peuvent être considérés
WHPEUHjLQIRUPHUOD&RPPLVVLRQGHOHXUSUDWLTXH comme responsables des actes de cette organisation. Le
SHUWLQHQWH HW j FRPPXQLTXHU GHV pOpPHQWV UHFXHLOOLV GH 6HFUpWDULDW D FRPPXQLTXp FHWWH GHPDQGH j XQ FHUWDLQ
première main en rapport avec son étude sur la responsa- nombre d’organisations internationales par une lettre
bilité des organisations internationales. Dans son rapport datée du 18 décembre 2003.
de 2003, la Commission, consciente de l’étroite relation
entre ce sujet et les travaux des organisations internatio- 3. Au 20 avril 2004, des réponses avaient été reçues
nales, a prié le Secrétariat de transmettre, tous les ans, des organisations internationales suivantes (dates de
pour observations, le chapitre du rapport de la Commis- la communication entre parenthèses): Commission
sion à l’Assemblée générale sur ce sujet à l’ONU, aux européenne (7 mars 2003 et mars 2004), AIEA
institutions spécialisées des Nations Unies et à d’autres (14 novembre 2002 et 29 mars 2004), FMI (7 février 2003,
organisations internationales2. Par des lettres datées du 29 janvier 2004 et 25 février 2004), Autorité internationale
23 septembre 2002 et du 1er octobre 2003, le Secrétariat des fonds marins (28 avril 2003), Force multinationale et
DFRPPXQLTXpOHVUHTXrWHVVXVPHQWLRQQpHVjXQFHUWDLQ Observateurs (24 mars 2003), OEA (8 janvier 2003), OIAC
nombre d’organisations internationales. (31 octobre 2002), PNUD (15 décembre 2002), Secrétariat
de l’ONU (3 février 2004), OMS (19 décembre 2003),
2. Par la suite, l’Assemblée générale a adopté le OMC (réponse reçue le 6 novembre 2002). Le texte de ces
9 décembre 2003 la résolution 58/77, intitulée «Rapport réponses est reproduit, sujet par sujet, ci-après. De plus,
les pièces jointes aux communications des organisations
1
Annuaire… 2002, vol. II (2e partie), p. 101, par. 488. internationales sont reproduites dans l’annexe au présent
2
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 18, par. 52. document.
22 Documents de la cinquante-sixième session
A. Remarques d’ordre général internationales, puisse tenir compte des différences exis-
WDQW HQWUH HX[ 3DUGHVVXV WRXW GHV VROXWLRQV SUDWLTXHV
1. COMMISSION EUROPÉENNE relevant du simple bon sens sont nécessaires pour cou-
vrir un large éventail de situations et prendre en compte
1. Le point de vue général sur le travail de la Commis- les activités des structures organisationnelles dans toutes
sion du droit international en 2003 a été exprimé dans la sortes de domaines.
déclaration de l’Union européenne à la Sixième Commis-
sion de l’Assemblée générale du 27 octobre 20031. 2. FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
eWDQWGRQQpVRQU{OHHQWDQWTX¶DFWHXUHWTXHSDUWLFL- /H )0, HVW VHQVLEOH j O¶LQYLWDWLRQ TXL OXL HVW IDLWH
pant dans le système international, la Communauté euro- GHIRUPXOHUGHVREVHUYDWLRQVVXUFHWWHTXHVWLRQ,OVHUDLW
SpHQQHHVWQDWXUHOOHPHQWWUqVLQWpUHVVpHSDUODTXHVWLRQGH en outre intéressé par la perspective d’être associé aux
OD UHVSRQVDELOLWp GHV RUJDQLVDWLRQV HW HOOH UHFRQQDvW TXH futures discussions à ce sujet car il a un certain nombre de
FHWWH TXHVWLRQ SHXW rWUH SDUWLFXOLqUHPHQW SHUWLQHQWH DX préoccupations concernant l’élaboration d’un instrument
regard de ses propres activités. sur la responsabilité des organisations internationales, y
FRPSULVODTXHVWLRQFRPSOH[HGHO¶DWWULEXWLRQHWOHVLQFL-
3. On présente souvent la Communauté européenne dences possibles sur les activités du FMI.
comme une organisation internationale différant du
PRGqOH©FODVVLTXHªjXQFHUWDLQQRPEUHG¶pJDUGV(QSUH- /H)0,VHIpOLFLWHGHO¶RFFDVLRQTXLOXLHVWRIIHUWHGH
mier lieu, ce n’est pas seulement une enceinte où ses États formuler des observations sur le projet d’articles proposé
membres règlent ou organisent leurs relations mutuelles, et assure la Commission de l’intérêt permanent du FMI
mais aussi un acteur à part entière sur la scène internatio- pour cet important projet.
nale. Elle est partie à de nombreux accords internationaux
avec des tierces parties dans ses domaines de compé- 3. Le FMI aimerait saisir cette occasion pour exprimer les
tence. Bien souvent, elle conclut de tels accords aux SUpRFFXSDWLRQVSDUWLFXOLqUHVTXHOXLLQVSLUHQWGHX[DVSHFWV
côtés de ses États membres, chacun s’engageant selon ses du projet. De manière générale, il ne souscrit pas nécessai-
compétences propres. La Communauté européenne est UHPHQWjO¶LGpHVHORQODTXHOOHOHVUqJOHVUpJLVVDQWODUHVSRQ-
aussi partie à des différends internationaux, en particulier VDELOLWp GHV eWDWV GHYUDLHQW V¶DSSOLTXHU DX[ RUJDQLVDWLRQV
dans le cadre de l’OMC. LQWHUQDWLRQDOHV/HVGLIIpUHQFHVHQWUHOHVWDWXWMXULGLTXHGHV
États et celui des organisations internationales sont impor-
4. Par ailleurs, la Communauté européenne est régie par WDQWHV GH PrPH TXH OHV GLIIpUHQFHV HQWUH RUJDQLVDWLRQV
XQRUGUHMXULGLTXHTXLOXLHVWSURSUHpWDEOLVVDQWXQPDU- LQWHUQDWLRQDOHV,OVHPEOHHQRXWUHDX)0,TXHWRXWHDQD-
FKp FRPPXQ HW RUJDQLVDQW OHV UHODWLRQV MXULGLTXHV HQWUH lyse de la responsabilité des organisations internationales
ses membres, leurs entreprises et leurs citoyens. La légis- doit tenir compte des dispositions des accords internatio-
lation promulguée en vertu du traité sur l’UE fait partie QDX[ HQ YHUWX GHVTXHOV FKDFXQH G¶HOOHV D pWp FUppH 3OXV
intégrante du droit interne des États membres et est donc précisément, les règles relatives à l’attribution en matière
mise en œuvre par les autorités et les tribunaux de ces GHUHVSRQVDELOLWpGHVeWDWVTXLWUDLWHQWGHVDFWHVG¶HQWLWpV
derniers. En ce sens, la Communauté européenne déborde H[WpULHXUHV Q¶RQW DX PLHX[ TX¶XQH SHUWLQHQFH OLPLWpH
largement le cadre des paramètres habituels des organi- à l’égard des organisations internationales. Le FMI ne
VDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV FODVVLTXHV WHOV TX¶RQ OHV FRQQDvW FRQQDvWSDVG¶H[HPSOHG¶XQDFWHG¶XQHHQWLWpH[WpULHXUHTXL
,OLPSRUWHTXHOHSURMHWG¶DUWLFOHVGHOD&',UHÀqWHSOHL- lui aurait été attribué et, à son sens, aucun acte d’une entité
QHPHQWODGLYHUVLWpVXUOHSODQLQVWLWXWLRQQHOHWMXULGLTXH extérieure à ce dernier ne pourrait lui être attribué à moins
des structures déjà établies par la communauté des États. TXHO¶XQGHVHVRUJDQHVFRPSpWHQWVQ¶DLWUDWL¿pFHWDFWHRX
n’en ait expressément assumé la responsabilité.
5. À cet égard, la Communauté européenne est d’avis
TXH OD &', ORUVTX¶HOOH WUDLWHUD GHV TXHVWLRQV GH IRQG &RPPH LQGLTXp GDQV QRV FRXUULHUV SUpFpGHQWV VXU
dans ses projets d’article ultérieurs, devrait prêter une FHWWH TXHVWLRQ OH )0, QRXUULW GHV UpVHUYHV TXDQW j OD
attention particulière à des notions consacrées telles PHVXUHGDQVODTXHOOHOHVGLVSRVLWLRQVGXSURMHWG¶DUWLFOHV
TX¶©RUJDQLVDWLRQ G¶LQWpJUDWLRQ pFRQRPLTXH UpJLRQDOHª de la CDI sur la responsabilité des États devraient s’appli-
TXLRQWFRXUVGDQVODSUDWLTXHFRQYHQWLRQQHOOHPRGHUQH TXHUDX[RUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVRXrWUHLQYRTXpHV
à leur égard.
6. Si, à bien des égards, la Communauté européenne
HVWXQHRUJDQLVDWLRQG¶XQW\SHSDUWLFXOLHULOHVWFODLUTXH 5. En premier lieu, certains concepts fondamentaux ont
WRXVOHVDFWHXUVLQWHUQDWLRQDX[TX¶LOV¶DJLVVHG¶eWDWVRX été empruntés au projet d’articles sur la responsabilité
d’organisations, doivent reconnaître leur responsabilité GHVeWDWVVDQVDYRLUpWpGp¿QLVSRXUFHTXLFRQFHUQHOHV
internationale dans l’éventualité où ils commettraient RUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHV/H)0,QRWHTXHOHSURMHW
GHVDFWHVLOOLFLWHV&HODQ¶H[FOXWSDVTXHOD&',GDQVVHV d’articles sur les organisations internationales utilise des
travaux ultérieurs sur la responsabilité des organisations H[SUHVVLRQVWHOOHVTXH©UHVSRQVDELOLWpª(responsibility) ou
«obligations internationales» des organisations internatio-
1
Voir 'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH QDOHVVDQVODPRLQGUHH[SOLFDWLRQRXGp¿QLWLRQHQUHODWLRQ
huitième session, Sixième Commission, 14e séance (A/C.6/58/SR.14), DYHFFHOOHVFL&HVUpIpUHQFHVQRQDVVRUWLHVGHGp¿QLWLRQV
par. 13 et 14. ODLVVHQW j SHQVHU TX¶LO H[LVWH GDQV OH GURLW LQWHUQDWLRQDO
Responsabilité des organisations internationales 23
XQHQVHPEOHGHGLVSRVLWLRQVFRQVDFUpHVTXLSUpFLVHQWFH SDUXQHFRQYHQWLRQGHOHXUVeWDWVPHPEUHVSRXUOHV¿QV
TX¶LO IDXW HQWHQGUH SDU FHV H[SUHVVLRQV V¶DJLVVDQW G¶XQH VSpFL¿TXHV TXL VRQW pQRQFpHV GDQV OHXUV DFWHV FRQVWLWX-
organisation internationale. De fait, le paragraphe 6 du tifs respectifs, et leurs pouvoirs et leurs responsabilités
commentaire relatif au projet d’article 3 reconnaît l’ab- doivent donc être appréciés principalement au regard des
VHQFHGHWRXWHGp¿QLWLRQGHO¶H[SUHVVLRQ©UHVSRQVDELOLWp dispositions de ces instruments constitutifs.
internationale». Il n’existe pas selon le FMI de texte où
soit explicité le sens de ces expressions déterminantes, 7URLVLqPHPHQW DORUV TXH OHV eWDWV VRQW WUqV VHP-
DSSOLTXpHV DX[ RUJDQLVDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV ,O HVW GRQF blables les uns aux autres par leur fonction et leur orga-
prématuré d’utiliser ces concepts fondamentaux dans le nisation, il existe des différences importantes entre les
projet d’articles sur les organisations internationales et organisations internationales. Les dispositions envisagées
de solliciter des commentaires au sujet de dispositions QHIRQWSDVVXI¿VDPPHQWUpIpUHQFHDXGURLWRXjODSUD-
reposant sur l’utilisation de telles expressions sans four- WLTXH GHV RUJDQLVDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV PDLV V¶DSSXLHQW
QLU G¶LQGLFDWLRQV VXU OD VLJQL¿FDWLRQ TX¶RQ HQWHQG OHXU SOXW{WVXUOHIDLWTXHOHVSULQFLSHVFRQWHQXVGDQVOHVWURLV
donner sur le fond. Ces indications doivent satisfaire à la SURMHWV G¶DUWLFOH FRQVLGpUpV RQW pWp DFFHSWpV SRXU FH TXL
QpFHVVLWp G¶DYHUWLU SUpDODEOHPHQW GHV FULWqUHV SUpFLV TXL FRQFHUQH OHV eWDWV &¶HVW DLQVL TXH OD TXHVWLRQ IRQGD-
devraient être utilisés pour déterminer si une organisa- PHQWDOH GH O¶DWWULEXWLRQ GRLW SRXU FKDTXH RUJDQLVDWLRQ
tion internationale pourrait ou non être tenue responsable LQWHUQDWLRQDOHrWUHGpWHUPLQpHSDUUpIpUHQFHDXWUDLWpTXL
HW VH YRLU GHPDQGHU GH UpSDUHU OHV FRQVpTXHQFHV GH VHV a institué celle-ci, aux décisions de ses organes direc-
DFWHV 6L GHV Gp¿QLWLRQV FODLUHV HW SUpFLVHV Q¶pWDLHQW SDV WHXUVHWjVHVSUDWLTXHVFRQVDFUpHV,OLPSRUWHGRQFORUV
incluses dans le texte des articles, les organisations inter- GH O¶H[DPHQ GHV TXHVWLRQV G¶DWWULEXWLRQ GH SUrWHU XQH
QDWLRQDOHV VH WURXYHUDLHQW GDQV XQH VLWXDWLRQ MXULGLTXH j attention particulière aux différences dans le droit et les
WHOSRLQWLQFHUWDLQHHWSRWHQWLHOOHPHQWGpYDVWDWULFHTXHOD SUDWLTXHVGHVGLYHUVHVRUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVD\DQW
FUDLQWHTXHOHXUVDFWLYLWpVQHOHVH[SRVHQWjGHVSODLQWHVHW SRXU IRQGHPHQW FH WUDLWp &RPPH LQGLTXp GDQV GH SUp-
SRXUVXLWHV VDQV ¿Q ULVTXHUDLW GH OHV GLVVXDGHU IRUWHPHQW FpGHQWV FRXUULHUV OH )0, FRQVLGqUH TXH VHXOV OHV DFWHV
GHV¶DFTXLWWHUGHOHXUPDQGDW/H)0,VHUDGRQFSUREDEOH- accomplis par ses fonctionnaires dans l’exercice de leurs
ment amené à compléter ses commentaires sur le présent IRQFWLRQV RI¿FLHOOHV SRXUUDLHQW rWUH DWWULEXpV DX )0, HW
SURMHWG¶DUWLFOHVDLQVLTXHVHVUpSRQVHVDX[TXHVWLRQVSDU- TXHSRXUGpWHUPLQHUVLXQIRQFWLRQQDLUHDRXQRQDJLGDQV
WLFXOLqUHVTXLOXLVRQWSRVpHVORUVTX¶LODXUDHXO¶RFFDVLRQ O¶H[HUFLFHGHVHVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVLOFRQYLHQGUDLWGH
G¶H[DPLQHUOHVGLVSRVLWLRQVHQYLVDJpHVSRXUGp¿QLU HQWUH manière générale, de s’en remettre aux conclusions ou
autres) ces concepts fondamentaux. décisions des organes compétents du Fonds.
6. À cet égard, le FMI est particulièrement préoccupé 3. AUTORITÉ INTERNATIONALE DES FONDS MARINS*
GHFRQVWDWHUTXHOHSURMHWG¶DUWLFOHVQHGLWPRWGHVHQWL-
WpV TXL VHUDLHQW FRPSpWHQWHV SRXU DSSOLTXHU LQWHUSUpWHU La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
ou rendre effectifs lesdits articles. Il importe de savoir si et l’Accord relatif à l’application de la Partie XI de ladite
l’application des articles est censée être assurée par des Convention contiennent un certain nombre de dispositions
tribunaux nationaux se fondant sur leurs conceptions VSpFL¿TXHVVHUDSSRUWDQWjODUHVSRQVDELOLWp(responsibi-
propres des obligations des organisations internationales lity)GHO¶$XWRULWpHWDX[REOLJDWLRQVTXLHQGpFRXOHQWSRXU
ou par un organisme international dont il y a lieu de pen- elle (liability) 'DQV OHV DQQpHV TXL YLHQQHQW O¶$XWRULWp
VHUTX¶LOVHUDLWGRWpG¶XQHFRPSpWHQFHJpQpUDOHV¶pWHQGDQW GHYUDUpÀpFKLUDX[PR\HQVGHGRQQHUHIIHWjFHVGLVSRVL-
à l’ensemble des organisations internationales. Si l’on WLRQVGHVRUWHTX¶HOOHDWWDFKHXQHJUDQGHYDOHXUHWEHDX-
HQWHQGIDLUHHQVRUWHTXHO¶DSSOLFDWLRQGHVGLVSRVLWLRQVGHV coup d’importance aux travaux de la CDI.
articles soit de la compétence des tribunaux nationaux,
FKDFXQG¶HX[GHYUDYHLOOHUjOHVDSSOLTXHUG¶XQHPDQLqUH
compatible avec les obligations contractées par l’État de
*
3RXUGHVUDLVRQVWHFKQLTXHVOHVUpSRQVHVGHVRUJDQLVDWLRQVLQWHU
QDWLRQDOHV VRQW SUpVHQWpHV VHORQ O¶RUGUH DOSKDEpWLTXH DQJODLV GHV
sa juridiction en vertu des chartes des organisations inter- organisations ayant répondu à la demande d’information concernant
nationales concernées. En outre, les deux options pour- OHXUVSUDWLTXHVHQODPDWLqUH
raient être l’une et l’autre incompatibles avec les chartes
de certaines organisations internationales dont certaines 4. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
dispositions ont trait au règlement des différends et à l’in-
terprétation des instruments constitutifs. 1. Au sujet du rapport de la Commission, l’OMS souhai-
WHUDLWPDUTXHUVDVDWLVIDFWLRQGHYDQWOHWUDYDLODFFRPSOLj
7. Deuxièmement, États et organisations internationales ce jour, et en particulier l’adoption de trois articles en pre-
sont des entités fondamentalement différentes. Par consé- mière lecture à la session de 2003. L’OMS approuve dans
TXHQW DYDQW TX¶LO VRLW SRVVLEOH G¶DSSOLTXHU DX[ RUJDQL- VHVJUDQGHVOLJQHVODWHQHXUGHVDUWLFOHVHWMXJHORJLTXHOH
VDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV XQ TXHOFRQTXH SULQFLSH UHODWLI j choix de la CDI de se fonder en principe sur l’approche
ODUHVSRQVDELOLWpGHVeWDWVLOIDXWTXHFHSULQFLSHDLWpWp adoptée dans les articles sur la responsabilité des États
examiné à la lumière de ces différences fondamentales. à raison d’actes illicites au regard du droit international.
&RPPHOD&,-O¶DUHFRQQXGDQVVRQDYLVFRQVXOWDWLIVXUOD /HVDUWLFOHVHQTXHVWLRQQ¶DSSHOOHQWSDVjFHVWDGHG¶RE-
Licéité de l’utilisation des armes nucléaires par un État servations particulières de la part de l’OMS.
GDQVXQFRQÀLWDUPp, les organisations internationales «ne
jouissent pas, à l’instar des États, de compétences géné- 2. L’OMS regrette de ne pouvoir pour l’heure présenter
rales1». Les organisations internationales sont instituées à l’appui de ces travaux un plus grand nombre de docu-
ments ou d’affaires, mais ses recherches seraient pro-
1
C.I.J. Recueil 1996, p. 78, par. 25. bablement facilitées si la Commission ou le Rapporteur
24 Documents de la cinquante-sixième session
VSpFLDOSRVDLWGHVTXHVWLRQVVSpFL¿TXHVRXSURSRVDLWGHV Q¶pWDLWSDVFRQVLGpUpHFRPPHFRXYHUWHQHVHUDLWFHTXH
thèmes particuliers au sujet de l’attribution ou d’autres par analogie, dans les articles sur la responsabilité des
DVSHFWVSHUWLQHQWVGHODTXHVWLRQFRQVLGpUpH eWDWVLO\DXUDLWOjXQHODFXQHTXHOHSUpVHQWSURMHWG¶DU-
WLFOHVSRXUUDLWFRPEOHUeWDQWGRQQpTXHHQSULQFLSHXQH
B. Projet d’article premier (Champ d’application organisation internationale agit sur la base des décisions,
du projet d’articles) HWF SULVHV SDU VHV RUJDQHV GLUHFWHXUV LO VHPEOH TXH OHV
eWDWV TXL RQW SULV SDUW j OD GpFLVLRQ D\DQW DEXVLYHPHQW
/HWH[WHGXSURMHWG¶DUWLFOHSUHPLHUWHOTXHSURYLVRLUH- ou non) «autorisé» l’organisation à commettre l’acte
PHQWDGRSWpSDUOD&RPPLVVLRQjVDFLQTXDQWHFLQTXLqPH internationalement illicite pourraient être conjointement
session, en 2003, est libellé comme suit: HWVROLGDLUHPHQWUHVSRQVDEOHV/DVLWXDWLRQGDQVODTXHOOH
Article premier. Champ d’application du présent projet d’articles le Conseil international de l’étain s’est trouvé au début
des années 80 paraît pertinente à cet égard. Toutefois, il
/HSUpVHQWSURMHWG¶DUWLFOHVV¶DSSOLTXHjODUHVSRQVDELOLWpLQWHU- peut y avoir lieu de prendre en compte la manière dont le
QDWLRQDOHG¶XQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHSRXUXQIDLWTXLHVWLOOLFLWH
en vertu du droit international. (ou les) organe(s) directeur(s) ont pris la décision. Si, par
exemple, la décision a été prise par consensus, tous les
/HSUpVHQWSURMHWG¶DUWLFOHVV¶DSSOLTXHDXVVLjODUHVSRQVDELOLWp États y ayant pris part pourraient être considérés comme
internationale de l’État pour le fait internationalement illicite d’une conjointement et solidairement responsables. Si elle a été
organisation internationale*.
SULVH j O¶LVVXH G¶XQ YRWH IDXGUDLWLO FRQVLGpUHU TXH OHV
*
États ayant exprimé leur opposition sont responsables
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 18, par. 53. conjointement, mais non solidairement? Il semblerait
aller davantage de soi de considérer comme responsable
1. AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE XQeWDWTXLDXUDLWLQFLWpOHVHFUpWDULDWG¶XQHRUJDQLVDWLRQj
commettre un acte non autorisé ou abusif.
(QFHTXLFRQFHUQHOHFRPPHQWDLUHGHOD&',UHODWLIDX
projet d’article premier 1: Paragraphes 8 et 9: Pas d’observations.
Paragraphe 4: La dernière phrase de ce paragraphe 1. L’expression «faits illicites en vertu du droit inter-
ODLVVHHQWHQGUHTX¶XQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHSRXUUD QDWLRQDOªGHPDQGHjrWUHGp¿QLHHWH[SOLTXpH,OFRQYLHQ-
être notamment tenue responsable dans le cas d’un acte drait en particulier d’expliciter la relation entre le projet
internationalement illicite commis par une autre organisa- d’articles et l’instrument constitutif d’une organisation.
WLRQLQWHUQDWLRQDOHGRQWHOOHHVWPHPEUH&HFDVWKpRULTXH eWDQW GRQQp TX¶LO Q¶H[LVWH GDQV OH GURLW LQWHUQDWLRQDO
semble dans une large mesure parallèle à celui d’un État DXFXQ WH[WH VXU OD TXHVWLRQ GH VDYRLU FH TXL FRQVWLWXH
TXLVHUDLWPHPEUHGHO¶RUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHD\DQW un acte illicite de la part d’une organisation internatio-
commis l’acte internationalement illicite. À première vue, QDOHHWTXHO¶pODERUDWLRQG¶XQWHOWH[WHGHYUDLWV¶DSSX\HU
il conviendrait de traiter de manière similaire toute res- en grande partie sur les principes généraux du droit, il
ponsabilité éventuelle d’un État membre d’une organisa- LPSRUWHGHFODUL¿HUOHVHIIHWVMXULGLTXHVSUppPLQHQWVGHV
tion internationale et toute responsabilité éventuelle d’une dispositions des chartes des organisations internationales,
organisation internationale membre d’une autre organisa- TXL RQW pWp H[SUHVVpPHQW FRQYHQXHV HW FRQVWLWXHQW GHV
tion internationale. sources primaires du droit international. De même, le pro-
MHWG¶DUWLFOHVGHYUDLWLQGLTXHUFODLUHPHQWTXHORUVTX¶XQH
Paragraphe 5: Pas d’observations. organisation internationale agit conformément à sa charte,
sa responsabilité (liability) ne peut être engagée de ce fait
Paragraphe 6: Compte tenu des observations de HQYHUWXGHVSULQFLSHVLQWHUQDWLRQDX[JpQpUDX[ DX[TXHOV
O¶$JHQFH UHODWLYHV DX SDUDJUDSKH LO VHPEOH TX¶LO \ il est fait implicitement référence dans le projet d’articles,
ait lieu d’établir un parallèle entre la responsabilité VDQVTX¶LOV\VRLHQWH[SUHVVpPHQWpQRQFpV PDLVOHVHUDLW
éventuelle d’une organisation internationale pour les actes en vertu de sa propre charte1. De plus, dans la mesure où
internationalement illicites commis par une organisation les organisations sont censées se conformer aux normes
internationale dont la première organisation internationale LQWHUQDWLRQDOHVLQFRUSRUpHVGDQVOHVDUWLFOHVSURSRVpVTXL
HVWPHPEUHHWODUHVSRQVDELOLWppYHQWXHOOHG¶XQeWDWTXL viendraient compléter les dispositions de leurs chartes,
serait membre de l’organisation internationale commettant elles doivent être effectivement averties de la substance de
OH IDLW LQWHUQDWLRQDOHPHQW LOOLFLWH DLQVL TXH G¶XQ eWDW FHVQRUPHV)DXWHGHTXRLHOOHVQHGHYUDLHQWSDVrWUHOLpHV
membre de la première organisation internationale. À
SUHPLqUHYXHOHVPrPHVFRQVLGpUDWLRQVV¶DSSOLTXHQWGDQV 1
Les organisations internationales sont des entités généralement
tous les cas. FUppHVSDUGHVSD\VjGHV¿QVVSpFL¿TXHVHWSRXUTX¶HOOHVUHPSOLVVHQW
FHUWDLQHV IRQFWLRQV /HV DWWULEXWV GH FKDTXH RUJDQLVDWLRQ FRPPH VD
Paragraphe 7:,OHVWGLWTXHV¶DJLVVDQWGHODUHVSRQVD- SHUVRQQDOLWp MXULGLTXH VHV SULYLOqJHV HW LPPXQLWpV VHV SRXYRLUV HW
l’étendue de ses responsabilités, sont ou pourraient être énoncés dans
bilité des États pour des faits internationalement illicites, O¶DFFRUG HQ YHUWX GXTXHO HOOH HVW pWDEOLH 'qV ORUV TXH ± HW GDQV OD
OHVVHXOVFDVYLVpVVRQWFHX[GDQVOHVTXHOVXQeWDWDLGHRX mesure où – une organisation remplit ses fonctions et agit, elle-même
assiste un autre État, lui donne des directives et exerce ou par l’intermédiaire de ses fonctionnaires, dans le cadre des activités
sur lui un contrôle, ou une contrainte, et il est suggéré TX¶HOOHHVWDXWRULVpHjPHQHUHOOHQHSHXWrWUHDSSHOpHjUpSRQGUHGH
UHVSRQVDELOLWpVTXLQHVHUDLHQWSDVVSpFL¿pHVGDQVVHVWH[WHVFRQVWLWXWLIV
TXH VL OD TXHVWLRQ G¶XQ FRPSRUWHPHQW VHPEODEOH GH OD ou d’obligations découlant de ces responsabilités. Ce serait gérer
part d’un État à l’égard d’une organisation internationale XQH RUJDQLVDWLRQ GH PDQLqUH FRQWUDLUH j VHV REOLJDWLRQV RI¿FLHOOHV
TXH G¶LQGHPQLVHU GHV SODLJQDQWV j UDLVRQ GH SODLQWHV TXL QH VRQW SDV
reconnues comme constituant des dépenses légitimes dans la charte et
1
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 18 et suiv., par. 54. le règlement de cette organisation.
Responsabilité des organisations internationales 25
par ces normes, car ce serait là une violation des principes GDQV OH SURMHW G¶DUWLFOHV V¶DSSOLTXHQW QpDQPRLQV j XQH
OHVSOXVIRQGDPHQWDX[VHORQOHVTXHOVQXOQHSHXWDYRLUj telle organisation, ce devrait être, on le présume, sur une
répondre de responsabilités dont il n’a pas été averti. DXWUHEDVHTXHOHGLWSURMHWG¶DUWLFOHV
2. Projet d’article premier, par. 2. La responsabilité d’un Paragraphes 3 à 14: Pas d’observations.
État membre à l’égard des autres États membres pour un
acte commis par une organisation internationale doit être 2. FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
régie par les règles de cette organisation. Il n’existe dans
OHGURLWLQWHUQDWLRQDODXFXQSULQFLSHTXLOLPLWHODIDFXOWp Le FMI invite la Commission à se reporter aux obser-
des États d’instituer des organisations internationales YDWLRQVJpQpUDOHVTX¶LODIRUPXOpHVSOXVKDXWDXVXMHWGHV
SRXUDJLUFROOHFWLYHPHQWHWDXQRPGHVHVPHPEUHVHWTXL différences entre les organisations internationales, et n’a
SUpYRLHH[SUHVVpPHQWRXLPSOLFLWHPHQWTXHQLOHVRUJD- pas d’autres observations à faire concernant cet article.
nisations ni ses États membres ne pourraient de ce fait
être tenus responsables par les autres États membres, ou D. Projet d’article 3 (Principes généraux)
leurs sujets, du non-respect d’obligations internationales
ou d’actes internationalement illicites résultant des activi- /H SURMHW G¶DUWLFOH WHO TX¶DGRSWp SURYLVRLUHPHQW
tés de l’organisation ou avoir à répondre devant eux des SDUOD&RPPLVVLRQjVDFLQTXDQWHFLQTXLqPHVHVVLRQHQ
FRQVpTXHQFHVGHFHQRQUHVSHFWRXGHFHVDFWHV 2003, se lit comme suit:
,O VH SHXW TXH OH GURLW LQWHUQDWLRQDO HQ PDWLqUH GH Article 3. Principes généraux
UHVSRQVDELOLWp GHV eWDWV GLVSRVH H[SUHVVpPHQW TXH OHV
individus ou les États pourraient, en vertu des règles édic- 1. Tout fait internationalement illicite d’une organisation inter-
tées par lui, exercer un recours contre les États membres nationale engage sa responsabilité internationale.
d’une organisation internationale pour des actes commis
par celle-ci. Cela serait particulièrement approprié 2. Il y a fait internationalement illicite d’une organisation inter-
QDWLRQDOH ORUVTX¶XQ FRPSRUWHPHQW FRQVLVWDQW HQ XQH DFWLRQ RX XQH
ORUVTXH O¶RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH D DJL DX QRP G¶XQ omission:
État membre en vue d’exécuter une obligation de cet État.
Toutefois, une telle doctrine devrait aussi reconnaître a) Est attribuable à l’organisation internationale en vertu du droit
FODLUHPHQW TXH GDQV OH FDV G¶XQH LQVWLWXWLRQ ¿QDQFLqUH LQWHUQDWLRQDOHW
internationale créée pour réaliser des objectifs collectifs b) Constitue une violation d’une obligation internationale de cette
légitimes, et non comme un moyen de décharger les États organisation internationale*.
PHPEUHV GH OHXU UHVSRQVDELOLWp GH V¶DFTXLWWHU G¶REOLJD-
*
tions préexistantes, le niveau de responsabilité (liability) Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 18, par. 53.
d’un État membre (dont la relation avec l’organisation
est comparable à celle d’un actionnaire avec une société 1. AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE
commerciale) à raison des actes ou omissions de l’organi-
sation devrait être limité au montant des contributions ou (Q FH TXL FRQFHUQH OH FRPPHQWDLUH GH OD &', VXU OH
JDUDQWLHV¿QDQFLqUHVYHUVpHVSDUFHPHPEUH projet d’article 31:
3. D’autre part, la jurisprudence de la Cour européenne ORUVTX¶RQ H[DPLQH O¶DWWULEXWLRQ GH FRPSRUWHPHQWV G¶XQ
de justice et de la Cour de première instance revêt une agent, d’un organe ou de toute autre personne ou entité à
importance particulière. En effet, elle offre d’importantes O¶RUJDQLVDWLRQOHU{OHGHODSUDWLTXHGHFHWWHRUJDQLVDWLRQ
orientations concernant la répartition de la responsabilité GDQV OD GpOLPLWDWLRQ RX OD TXDOL¿FDWLRQ GH FHWWH DWWULEX-
entre la Communauté et ses États membres. Par consé- tion ne peut être méconnu et devrait être formellement
TXHQWLOIDXGUDLWVRXOLJQHUTXHOHFRQFHSWGH©ODSUDWLTXH reconnu par une inclusion dans le concept des «règles de
bien établie de l’organisation» doit s’entendre dans un l’organisation».
sens large englobant la jurisprudence des tribunaux d’une
organisation. La Commission européenne recommande G. Imputation du comportement des forces de
GRQFTXHFHSRLQWVRLWFODLUHPHQWSUpFLVpGDQVOHWH[WHHQ maintien de la paix à l’Organisation des Nations
IDLVDQWUpIpUHQFHj©ODSUDWLTXHpWDEOLHGHO¶RUJDQLVDWLRQ\ Unies ou aux États qui fournissent des contingents1
compris la jurisprudence de ses tribunaux» ou en en don-
nant des explications dans le commentaire sur le projet de 1. COMMISSION EUROPÉENNE
Gp¿QLWLRQ
La Communauté européenne n’a pas à prendre
2. AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE SRVLWLRQ VXU OD TXHVWLRQ c TXL QH UHOqYH SDV GX GURLW
communautaire.
(QFRUH XQH IRLV GH SULPH DERUG LO VHPEOH TXH OD
Gp¿QLWLRQ VRLW VDWLVIDLVDQWH 7RXWHIRLV FHV UqJOHV QH 2. AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE
FRQVWLWXHQW TX¶XQ SDUDPqWUH SHUWLQHQW 8Q DXWUH SDUD-
mètre touchant à l’attribution de comportements à une ,O DSSDUWLHQW DX &RQVHLOOHU MXULGLTXH GH O¶218 GH
organisation internationale serait les traités conclus par UpSRQGUHjFHWWHTXHVWLRQ
l’organisation.
3. FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
3. FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
/DTXHVWLRQGHVDYRLUGDQVTXHOOHPHVXUHOHFRPSRUWH-
/H )0, FRQYLHQW DYHF OD &RPPLVVLRQ TXH OD Gp¿QL- ment des forces de maintien de la paix peut être imputé à
WLRQSURSRVpHGHV©UqJOHVGHO¶RUJDQLVDWLRQªTXL¿JXUHDX l’ONU est particulière à cette organisation, et le FMI estime
paragraphe 1, alinéa j, de l’article 2 de la Convention de QHSDVDYRLUjIDLUHGHFRPPHQWDLUHVG¶DXWDQWTX¶DXFXQH
Vienne de 1986 est satisfaisante et complète en l’espèce. proposition précise n’a été avancée. Cependant, le Fonds
/H)0,HVWLPHTXHFHWWHGLVSRVLWLRQYDGDQVOHVHQVGXFUL- pPHWGHVUpVHUYHVTXDQWDXELHQIRQGpGHO¶LQFOXVLRQGH
WqUHVHORQOHTXHOO¶DWWULEXWLRQGHFRPSRUWHPHQWVGDQVOH FHWWHTXHVWLRQTXLQHFRQFHUQHTX¶XQQRPEUHOLPLWpG¶RU-
cas d’une organisation internationale, ne peut être déter- ganisations, dans des projets d’article censés énoncer les
PLQpHTXHSDUUDSSRUWDXWUDLWpTXLDFUppO¶RUJDQLVDWLRQ principes de la responsabilité de toutes les organisations
aux décisions des organes dirigeants de l’organisation et à internationales. S’il est décidé d’inclure des principes ou
VDSUDWLTXHpWDEOLH règles applicables aux opérations de maintien de la paix,
il faudra expressément limiter leur champ d’application
4. SECRÉTARIAT DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES aux activités de maintien de la paix et aux organisations
TXLOHVH[HUFHQW
/DGp¿QLWLRQGHV©UqJOHVGHO¶RUJDQLVDWLRQªTXL¿JXUH
au paragraphe 1, alinéa j, de l’article 2 de la Convention 4. SECRÉTARIAT DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES
GH9LHQQHGHHVWVDWLVIDLVDQWHDX[¿QVGHODSUpVHQWH
étude, et ce, en particulier, dans le cas des opérations de /DTXHVWLRQGHVDYRLUVLOHFRPSRUWHPHQWG¶XQHIRUFH
maintien de la paix où les principes de responsabilité de maintien de la paix doit être imputé à l’ONU ou aux
internationale pour le comportement de la force se sont, États fournisseurs de contingents dépend du statut juri-
dans une large mesure, développés au cours des 50 années GLTXH GHV IRUFHV GHV DFFRUGV HQWUH O¶218 HW OHV eWDWV
GHSUDWLTXHGHO¶2UJDQLVDWLRQ fournisseurs de contingents et de l’opposabilité de ces
accords aux États tiers.
5. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ
2. Une force de maintien de la paix des Nations Unies
6¶DJLVVDQWGHVTXHVWLRQVTXHOD&RPPLVVLRQDSRVpHV créée en vertu d’une décision du Conseil de sécurité ou de
DX[eWDWVPHPEUHVHWTXLVRQWUHSURGXLWHVDXFKDSLWUH,,, l’Assemblée générale est un organe subsidiaire de l’ONU.
du rapport de la Commission1 O¶206 HVW G¶DYLV TX¶HQ Le personnel militaire placé par les États Membres sous
règle générale l’attribution d’un comportement aux orga- OHFRPPDQGHPHQWGHO¶218ELHQTX¶LOFRQWLQXHGHIDLUH
nisations internationales devrait en effet faire référence partie des forces armées des États fournisseurs de contin-
DX[UqJOHVGHVRUJDQLVDWLRQVHWTXHODGp¿QLWLRQTXL¿JXUH gents, est considéré, pendant la durée de son affectation
au paragraphe 1, alinéa j, de l’article 2 de la Convention de à la force, comme du personnel international relevant de
9LHQQHGHVHUDLWVXI¿VDQWHDXPRLQVFRPPHSRLQW l’autorité de l’ONU et obéissant aux ordres du comman-
GHGpSDUWSRXUpWDEOLUXQHGp¿QLWLRQSOXVDGDSWpHjO¶REMHW dant de la force. Les attributions de la force sont d’ordre
VSpFL¿TXHGXSURMHWG¶DUWLFOH/HSOXVLPSRUWDQWGDQVFHV
FLUFRQVWDQFHV F¶HVW GH IDLUH UpIpUHQFH j OD SUDWLTXH pWD- 1
La CDI a sollicité les vues des gouvernements concernant la
blie de l’organisation comme une catégorie de «règles» TXHVWLRQVXLYDQWH>Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 14, par. 27,
GH FHWWH RUJDQLVDWLRQ ,O HVW pYLGHQW j QRWUH DYLV TXH al. c]:
©'DQV TXHOOH PHVXUH OH FRPSRUWHPHQW GH IRUFHV GH PDLQWLHQ GH
la paix doit-il être attribué à l’État fournisseur du contingent, et dans
1
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 14, par. 27. TXHOOHPHVXUHGRLWLOO¶rWUHjO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV8QLHV"ª
Responsabilité des organisations internationales 29
exclusivement international, et ses membres sont tenus 6. Le principe de l’imputation à l’ONU du comporte-
d’exercer leurs fonctions au service exclusif des objectifs PHQWG¶XQHIRUFHGHPDLQWLHQGHODSDL[GpFRXOHGHFHTXH
des Nations Unies. L’opération de maintien de la paix est la force est placée sous le commandement et le contrôle
placée dans son ensemble sous la direction exécutive et GH O¶2UJDQLVDWLRQ HW D GRQF MXULGLTXHPHQW OD TXDOLWp
OHFRQWU{OHGX6HFUpWDLUHJpQpUDOTXLDJLWVHORQOHVGLUHF- G¶RUJDQHVXEVLGLDLUHGHO¶218/RUVTX¶XQHRSpUDWLRQGH
tives du Conseil de sécurité ou de l’Assemblée générale, maintien de la paix autorisée en vertu du Chapitre VII de
selon le cas. la Charte est placée sous le commandement et le contrôle
G¶XQRXSOXVLHXUVeWDWVOHFRPSRUWHPHQWGHVIRUFHVTXL
3. Une force de maintien de la paix étant un organe participent à l’opération est imputable à cet État ou à ces
VXEVLGLDLUHGHO¶218WRXWDFWHTX¶HOOHDFFRPSOLWHVWHQ États. Dans le cas des opérations conjointes, combinant
principe imputable à l’Organisation et, s’il contrevient une opération de maintien de la paix des Nations Unies
à une obligation internationale, engage la responsabilité et une opération menée sous commandement et contrôle
internationale de celle-ci et emporte pour elle l’obliga- nationaux ou régionaux, la responsabilité internationale
WLRQGHUpSDUHU/HIDLWTX¶XQWHODFWHDLWpWpDFFRPSOLSDU UHYLHQWjTXLGpWLHQWHWH[HUFHeffectivement le pouvoir de
du personnel fourni par un État dans le cadre de l’opéra- commandement et de contrôle2.
tion de maintien de la paix ne change rien à la responsa-
bilité internationale de l’ONU envers des tiers, États ou H. Règles d’imputation
particuliers.
1. COMMISSION EUROPÉENNE
4. Les accords conclus entre l’ONU et les États four-
nisseurs de contingents contiennent une clause standard 1. Pour pouvoir analyser convenablement la respon-
VXU OD UHVSRQVDELOLWp HQYHUV OHV WLHUV TXL Gp¿QLW OHV UHV- sabilité internationale de la Communauté européenne
ponsabilités respectives de l’Organisation et des États HQ WDQW TX¶RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH LO IDXW SUHQGUH
fournisseurs de contingents en cas de pertes, dommages, en considération sa structure particulière et son carac-
blessures ou décès imputables au personnel ou au maté- tère «supranational». À la différence des organisations
ULHOGHVeWDWVTXLIRXUQLVVHQWGHVFRQWLQJHQWV/¶DUWLFOH LQWHUQDWLRQDOHV GH W\SH FODVVLTXH OD &RPPXQDXWp
du Mémorandum d’accord type relatif aux contributions HXURSpHQQHV¶LQVFULWGDQVXQRUGUHMXULGLTXHTXLOXLHVW
conclu entre l’Organisation des Nations Unies et [l’État SURSUHjO¶LQWpULHXUGXTXHOHOOHMRXLWGHSRXYRLUVpWHQ-
participant] fournissant des ressources à [l’opération de GXV SRXU OpJLIpUHU HW FRQFOXUH GHV WUDLWpV SRXYRLUV TXL
maintien de la paix des Nations Unies] dispose à cet égard lui ont été dévolus par les États membres. De plus, la
FHTXLVXLW &RPPXQDXWpDUHFRXUVjGHVPRGHVGHGpFLVLRQTXLOXL
sont particuliers, notamment, au Conseil, les votes à
Il incombe à l’Organisation des Nations Unies de régler toute OD PDMRULWp TXDOL¿pH ,O HVW j QRWHU TX¶LO \ D GpVRUPDLV
GHPDQGHG¶LQGHPQLVDWLRQpPDQDQWGHWLHUVORUVTXHODSHUWHRXODGpWp- place, dans les traités multilatéraux, pour des concepts
rioration des biens des intéressés, le décès ou la blessure corporelle a
été causé par le personnel ou le matériel fourni par le Gouvernement WHOVTXHFHOXLG¶©RUJDQLVDWLRQG¶LQWpJUDWLRQpFRQRPLTXH
dans l’exercice des fonctions ou toute autre activité ou opération au UpJLRQDOHªFHTXLVHPEOHLQGLTXHUTXHOD&RPPXQDXWp
titre du présent Mémorandum. Toutefois, si la perte, la détérioration, partage certaines de ces particularités avec d’autres orga-
OHGpFqVRXODEOHVVXUHHVWGjXQHQpJOLJHQFHJUDYHRXjXQHIDXWH nisations. Dans un certain nombre de domaines d’activité
intentionnelle du personnel fourni par le Gouvernement, il appartien-
dra à celui-ci de régler cette demande d’indemnisation1. d’ordre international (l’environnement, par exemple), il
y a partage des compétences entre la Communauté et
/HVDFFRUGVHQWUHO¶218HWOHVeWDWVTXLIRXUQLVVHQW OHVeWDWVPHPEUHVWDQGLVTXHGDQVG¶DXWUHV ODSOXSDUW
GHVFRQWLQJHQWVGp¿QLVVHQWOHVUHVSRQVDELOLWpVUHVSHFWLYHV GHV TXHVWLRQV WRXFKDQW OH FRPPHUFH SDU H[HPSOH OD
GHVSDUWLHVSRXUFHTXLWRXFKHOHXUVUHODWLRQVPDLVQHVRQW Communauté est seule habilitée à légiférer et à conclure
SDVRSSRVDEOHVDX[eWDWVWLHUV(QFRQVpTXHQFHORUVTXH des accords internationaux.
sa responsabilité internationale est engagée envers des
WLHUVTX¶LOV¶DJLVVHG¶eWDWVRXGHSDUWLFXOLHUVO¶2UJDQLVD- /¶XQH GHV FDUDFWpULVWLTXHV RULJLQDOHV GX GURLW
WLRQDVVXPHDXSUHPLHUFKHIO¶REOLJDWLRQGHUpSDUHUTXLWWH FRPPXQDXWDLUH TXL YDXW SRXU OHV REOLJDWLRQV LQWHU
à se retourner ensuite contre l’État concerné pour obtenir QDWLRQDOHV FRQWUDFWpHV SDU OD &RPPXQDXWp HVW TXH FH
le remboursement des indemnités sur la base de l’accord GURLWHVWDXWRPDWLTXHPHQWDSSOLFDEOHVDQVUDWL¿FDWLRQVXU
TX¶HOOHDFRQFOXDYHFOXL le territoire des États membres. Autre particularité du droit
communautaire: pour l’essentiel, l’application concrète
1
Réforme des procédures de calcul des montants à rembourser aux des règles communautaires relève des autorités des États
États membres au titre du matériel des contingents, note du Secrétaire PHPEUHVSOXW{WTXHGHVLQVWLWXWLRQVGHOD&RPPXQDXWp
général (voir l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 84). Une &HOOHFL QH GLVSRVH SDV G¶XQH DGPLQLVWUDWLRQ TXL DQD-
GLVSRVLWLRQ VLPLODLUH ¿JXUH j O¶DUWLFOH GX 0pPRUDQGXP G¶DFFRUG logue à celle d’un État fédéral, serait présente sur tout le
entre l’Organisation des Nations Unies et le gouvernement des États
TXLIRXUQLVVHQWGXSHUVRQQHOjWLWUHJUDFLHX[ 67$,DQQH[H
territoire communautaire. Normalement, même dans les
«Il incombe à l’Organisation des Nations Unies de régler toute GRPDLQHV SRXU OHVTXHOV OD &RPPXQDXWp D FRPSpWHQFH
GHPDQGH G¶LQGHPQLVDWLRQ pPDQDQW GH WLHUV ORUVTXH OD SHUWH RX OD H[FOXVLYHFRPPHOHVWDULIVGRXDQLHUVOHVRLQG¶DSSOLTXHU
détérioration de biens leur appartenant ou un décès ou un dommage les règles communautaires est laissé aux administrations
corporel ont été causés, par action ou par omission, par du personnel des États membres.
>«@GDQVO¶H[HUFLFHGHVIRQFWLRQVTX¶LODVVXPHDXSUqVGHO¶2UJDQLVDWLRQ
en vertu de l’accord avec le Gouvernement. Toutefois, si la perte, la
détérioration, le décès ou la blessure sont imputables à une négligence
grave ou à une faute intentionnelle dudit personnel, le Gouvernement 2
9RLU OH UDSSRUW GX 6HFUpWDLUH JpQpUDO VXU OH ¿QDQFHPHQW GHV
HVW WHQX GH UHPERXUVHU j O¶2UJDQLVDWLRQ WRXWHV OHV VRPPHV TX¶HOOH opérations de maintien de la paix des Nations Unies (A/51389),
DXUDLW YHUVpHV DX[ UHTXpUDQWV HW WRXV OHV IUDLV TX¶HOOH DXUDLW HQJDJpV par. 17 et 18. Voir également l’annexe au présent rapport, pièce jointe
pour régler la demande d’indemnisation présentée.» no 80.
30 Documents de la cinquante-sixième session
/HV FDUDFWpULVWLTXHV pYRTXpHV SOXV KDXW VRXOqYHQW du droit communautaire dans des domaines relevant de la
GHX[ VpULHV GH TXHVWLRQV FRQFHUQDQW OD UHVSRQVDELOLWp compétence exclusive de la Communauté4. La Commu-
internationale de la Communauté européenne et de ses QDXWp HXURSpHQQH FRQVLGqUH TXH OHV DFWHV DFFRPSOLV SDU
États membres. La première tient aux rapports «verti- FHV DXWRULWpV OXL VRQW LPSXWDEOHV HW VRXOLJQH TX¶HOOH HVW
caux» entre la Communauté et ses États membres. Le prête à assumer la responsabilité de toutes les mesures
IDLW TXH O¶DSSOLFDWLRQ GX GURLW FRPPXQDXWDLUH PrPH SULVHVGDQVOHGRPDLQHGHVFRQFHVVLRQVWDULIDLUHVTX¶HOOHV
dans les domaines relevant de la compétence exclusive l’aient été par elle-même ou par des États membres5. Ces
de la Communauté, est normalement du ressort des États SRVLWLRQVVRQWUHSULVHVGDQVOHUDSSRUW¿QDOGX*URXSHVSp-
PHPEUHVHWGHOHXUVDXWRULWpVSRVHODTXHVWLRQGHVDYRLU cial au sujet des actes accomplis dans le cadre de l’union
VLOD&RPPXQDXWpHQWDQWTXHWHOOHHVWUHVSRQVDEOHQRQ douanière et autres mesures en litige dans l’affaire LAN6.
seulement des actes de ses propres organes, mais aussi de
ceux accomplis par les États membres et leurs autorités 6. On trouve d’autres exemples de l’imputation à la
HW GDQV O¶DI¿UPDWLYH GDQV TXHO FDV /D GHX[LqPH VpULH Communauté d’actes accomplis par des entités relevant de
GH TXHVWLRQV WLHQW DX[ UHODWLRQV ©KRUL]RQWDOHVª HQWUH OD VHVeWDWVPHPEUHVGDQVTXHOTXHVDIIDLUHVSRUWpHVGHYDQW
Communauté et ses États membres. Dans les domaines où le GATT7. Ces affaires mettent elles aussi en évidence
il y a partage de compétences entre la Communauté et les FHWWHSDUWLFXODULWpTXLIDLWTXHOHVREOLJDWLRQVFRQWUDFWpHV
États, les accords internationaux sont souvent des accords par la Communauté sont exécutées par les autorités admi-
©PL[WHVªDX[TXHOVVRQWSDUWLHVjODIRLVOD&RPPXQDXWp nistratives et autres institutions des États membres. Il est
HWOHVeWDWVPHPEUHV(QSDUHLOFDVLOLPSRUWHTXHVRLHQW jQRWHUTXHPrPHOHVPHVXUHVSULVHVSDUGHVRUJDQLVDWLRQV
Gp¿QLHVOHVUHVSRQVDELOLWpVUHVSHFWLYHVGHOD&RPPXQDXWp privées de producteurs dans le cadre du système d’inter-
et des États membres envers les autres parties à l’accord. vention agricole de la Communauté sont assimilées à des
La documentation jointe au présent rapport illustre ces «mesures gouvernementales» imputables à la Commu-
GHX[VpULHVGHTXHVWLRQV nauté elle-même8'DQVFHVDIIDLUHVLODpWppWDEOLTXHOD
responsabilité des actes en cause envers les autres parties
'¶HQWUpHLOFRQYLHQWGHQRWHUTXHGDQVODSUDWLTXHOD au GATT incombait entièrement à la Communauté.
TXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpLQWHUQDWLRQDOHGHOD&RPPX-
QDXWp QH VH SRVH TXH SRXU O¶H[pFXWLRQ G¶REOLJDWLRQV ex 7. Dans le domaine des droits de propriété intellec-
contractu envers des tiers. En droit des traités, le prin- tuelle couverts par l’Accord sur les ADPIC9 (domaine
cipe pacta sunt servenda QH VLJQL¿H SDV VHXOHPHQW TXH TXLUHOqYHGDQVXQHODUJHPHVXUHGHODFRPSpWHQFHGHV
OHVWUDLWpVVRQWFRQWUDLJQDQWVPDLVDXVVLTX¶DXUHJDUGGX eWDWV PHPEUHV OHV SUDWLTXHV HQ PDWLqUH GH UqJOHPHQW
GURLWLQWHUQDWLRQDOLOVQHOLHQWTXHOHVSDUWLHVFRQWUDFWDQWHV GHV GLIIpUHQGV RQW TXHOTXH SHX pYROXp /HV SUHPLqUHV
(principe du lien de droit). Cette règle formelle du droit des GHPDQGHV GH FRQVXOWDWLRQV Q¶RQW pWp DGUHVVpHV TX¶DX[
traités mérite sans doute une attention particulière, si l’on eWDWVPHPEUHVFRQFHUQpVHWFKDTXHUqJOHPHQWQHYLVDLW
FRQVLGqUHTXHPrPHGDQVOHFDVGHVDFFRUGVQRQPL[WHV TXH OH UHTXpUDQW HW O¶eWDW PLV HQ FDXVH10 SDU OD VXLWH
conclus par la Communauté dans les domaines où elle pour le règlement d’affaires similaires, la Communauté
a compétence exclusive, l’application relève largement est devenue partie aux négociations (voir le recours
GHV eWDWV PHPEUHV HW GH OHXUV DXWRULWpV TXL SRXUWDQW contre la Suède et le Danemark11). Dans les affaires plus
ne sont pas parties contractantes. Dans le cas des accords récentes, l’usage a été d’adresser des demandes dis-
PL[WHVDX[TXHOVVRQWSDUWLHVjODIRLVOD&RPPXQDXWpHW tinctes de consultations et de constitution d’un groupe
ses États membres, l’imputation de la responsabilité telle spécial à la Communauté européenne, d’une part, et à
TXHFHOOHFLHVWGp¿QLHHQGURLWLQWHUQDWLRQDOSXEOLFSHXW l’État membre mis en cause, d’autre part, le règlement
dépendre des modalités du partage des compétences entre pWDQW QpJRFLp HQWUH OH UHTXpUDQW O¶eWDW PHPEUH PLV HQ
la Communauté et ses États membres. cause et la Communauté12.
a) Incidences des rapports verticaux entre la Commu- b) Responsabilité des États membres à raison des actes
nauté européenne et ses États membres: quelques accomplis par les organes communautaires: cas des
exemples traités auxquels la Communauté n’est pas partie
/HV TXHVWLRQV GH UHVSRQVDELOLWp OLpHV DX[ UDSSRUWV 8. Un aspect tout différent des rapports verticaux entre
YHUWLFDX[TXLH[LVWHQWHQWUHOD&RPPXQDXWpHWVHVeWDWV la Communauté européenne et ses États membres est
membres ne se posent pas seulement dans le cas des mis en évidence dans le cas des accords internationaux
accords conclus par la Communauté dans les domaines DX[TXHOV OD &RPPXQDXWp Q¶HVW SDV SDUWLH DORUV TXH VHV
où elle a compétence exclusive, mais aussi pour cer-
tains accords mixtes, par exemple l’Accord sur l’OMC. 4
Ibid., pièces jointes nos 1 à 4.
Les documents relatifs aux litiges portés devant l’OMC 5
Ibid., pièces jointes noSDUQoUpSRQVHjODTXHVWLRQQo 3,
expriment la position de la Communauté européenne sur par. 4 à 11.
6
l’imputation à la Communauté de la responsabilité inter- Ibid., pièce jointe no 4.
nationale d’actes accomplis par ses États membres3. Les 7
Ibid., pièces jointes nos 5 à 7.
exposés de motifs relatifs à l’affaire LAN (classement 8
Ibid., pièces jointes noSDUQoSDUQo 7, par. 2.11 et
WDULIDLUH GH FHUWDLQV PDWpULHOV LQIRUPDWLTXHV H[SOLTXHQW 2.12.
9
comment fonctionne la structure «verticale» de la Accord de Marrakech instituant l’Organisation mondiale du
commerce, annexe 1C (Accord sur les aspects des droits de propriété
&RPPXQDXWpORUVTXHOHVDXWRULWpVGHVeWDWVPHPEUHV OHV LQWHOOHFWXHOOHTXLWRXFKHQWDXFRPPHUFH
douanes en l’occurrence) sont chargées de l’application 10
Voir l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 8.
11
Ibid., pièces jointes nos 9 et 10.
3
Voir l’annexe au présent rapport, pièces jointes nos 1 à 7. 12
Ibid., pièces jointes nos 11 à 16.
Responsabilité des organisations internationales 31
États membres le sont, notamment des accords relatifs européenne des droits de l’homme. Soulignant notam-
DX[ GURLWV GH O¶KRPPH /D TXHVWLRQ GHV LQFLGHQFHV GHV PHQW TXH OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH MRXLW G¶XQH SHU-
rapports verticaux entre Communauté et États membres VRQQDOLWpMXULGLTXHDXWRQRPHHWTXHOD&RPPLVVLRQHVW
VHSRVHDORUVjO¶LQYHUVHLOV¶DJLWGHVDYRLUHQTXRLODUHV- indépendante et prend ses décisions sans leur en référer,
ponsabilité des États membres peut être engagée par des OHVeWDWVPHPEUHVFRQVLGqUHQWTXHODGHPDQGHHVWLUUH-
actes accomplis par la Communauté. cevable ratione personae. La Commission, autorisée à
intervenir dans cette affaire, s’est associée aux conclu-
9. Certaines décisions de la Commission européenne sions des États membres17.
GHVGURLWVGHO¶KRPPHWHQWHQWGHUpSRQGUHjFHWWHTXHV-
tion (demandes nos 13258/8713 et 8030/7714). La première /DTXHVWLRQGHVDYRLUVLODUHVSRQVDELOLWpGHVeWDWV
affaire portait sur l’exécution d’un arrêt de la Cour de membres pouvait être engagée par des mesures prises
justice des Communautés européennes relatif au droit par les institutions européennes s’est posée également
GHODFRQFXUUHQFH6DQVH[FOXUHODSRVVLELOLWpTX¶XQeWDW à propos de l’application de la Convention relative à
membre soit tenu responsable en vertu de la Convention l’aviation civile internationale. Il s’agit, là encore, d’un
européenne des droits de l’homme, la Commission a LQVWUXPHQW DXTXHO OHV eWDWV PHPEUHV GH OD &RPPX-
FRQFOXTXHODGHPDQGHpWDLWLUUHFHYDEOHratione materiae QDXWp VRQW SDUWLHV VDQV TXH OD &RPPXQDXWp HOOHPrPH
SDUFHTXHO¶DFWHDFFRPSOLHQO¶HVSqFHSDUO¶eWDWPHPEUH le soit. L’affaire, portée devant le Conseil de l’Organisa-
avait consisté à émettre un titre exécutoire afférent à un tion de l’aviation civile internationale (OACI), concernait
arrêt de la Cour de justice européenne. La Commission un règlement de la Communauté européenne promulgué
DQRWDPPHQWHVWLPpTXHWHQLUO¶eWDWPHPEUHUHVSRQVDEOH en Conseil des ministres (règlement no 925/1999, dit
GHODYpUL¿FDWLRQGXUHVSHFWGHO¶DUWLFOHGHOD&RQYHQ- règlement «hushkits»18 TXL VRXPHWWDLW O¶H[SORLWDWLRQ HW
tion dans la procédure visée par la demande aurait été l’immatriculation de certains types d’avions à diverses
contraire à l’idée même du transfert de compétences au conditions visant à réduire les nuisances sonores. À la
SUR¿W G¶XQH RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH 'DQV O¶DXWUH GLIIpUHQFHGHFHTXLV¶HVWSDVVpSRXUOHVDIIDLUHVUHODWLYHV
affaire (antérieure), la Commission a conclu à l’irreceva- aux droits de l’homme mentionnées plus haut, il n’y a pas
bilité ratione personae GH OD GHPDQGH HVWLPDQW TXH OHV eu, dans ce différend, dépôt d’objections préliminaires à
États membres, en prenant part aux décisions du Conseil la compétence d’un organe international, en l’occurrence
des Communautés européennes, n’avaient pas en l’espèce OH&RQVHLOGHO¶2$&,DORUVSRXUWDQWTXHO¶DIIDLUHSRUWDLW
exercé leur «juridiction» au sens de l’article premier de sur un règlement communautaire dont les demandeurs
la Convention15 /¶DIIDLUH SRUWDLW VXU OH GURLW GX UHTXp- DI¿UPDLHQW TX¶LO HQIUHLJQDLW FHUWDLQHV GLVSRVLWLRQV GH OD
rant (un syndicat) d’être représenté au Comité consultatif &RQYHQWLRQ,OHVWjQRWHUTXHOHVeWDWVPHPEUHVGHOD
créé en vertu du Traité instituant la Communauté euro- Communauté européenne décidèrent, pour cette affaire,
péenne du charbon et de l’acier et de s’exprimer devant d’organiser une défense conjointe et de charger à titre
FHWRUJDQHHWODGHPDQGHVRXOHYDLWGHVTXHVWLRQVWRXFKDQW SHUVRQQHOOH'LUHFWHXUJpQpUDOGX6HUYLFHMXULGLTXHGHOD
l’application des articles 11, 13 et 14 de la Convention. Il &RPPLVVLRQ HXURSpHQQH GH OHV UHSUpVHQWHU %LHQ TXH OH
V¶HVWDYpUpTXHOHUHTXpUDQWQHSRXYDLWHQO¶HVSqFHH[HUFHU règlement «hushkits» ait été rapporté, l’affaire est en prin-
un recours ni auprès d’une juridiction nationale, ni auprès cipe toujours en instance.
de la Cour de justice européenne.
c) Incidence des rapports horizontaux entre la Commu-
10. Dans une affaire plus récente touchant également nauté européenne et ses États membres: quelques
le droit de la concurrence, et toujours en instance devant exemples
OD &RXU HXURSpHQQH GHV GURLWV GH O¶KRPPH UHTXrWH
no 56672/0016 OH UHTXpUDQW VRXWLHQW TXH OHV eWDWV 'HV TXHVWLRQV GH UHVSRQVDELOLWp LQKpUHQWHV DX[
PHPEUHVGHO¶8(VRQWUHVSRQVDEOHVG¶XQDUUrWSDUOHTXHO UDSSRUWV KRUL]RQWDX[ TXL H[LVWHQW HQWUH OD &RPPXQDXWp
la Cour de justice européenne a rejeté sa demande de européenne et ses États membres se posent dans le cas
VXVSHQVLRQ GH O¶REOLJDWLRQ GH SD\HU XQH DPHQGH TXH GHVDFFRUGVLQWHUQDWLRQDX[PL[WHVDX[TXHOVVRQWjODIRLV
OXL DYDLW LQÀLJpH OD &RPPLVVLRQ HXURSpHQQH ,O V¶DJLW parties la Communauté et ses États membres.
en l’espèce de déterminer si la procédure suivie par le
Tribunal de première instance des Communautés euro- ,OHVWjQRWHUTXHODTXHVWLRQGHO¶LPSXWDWLRQGHOD
péennes, puis par la Cour de justice européenne, a violé, responsabilité a été abordée en passant à propos de l’ar-
FRPPH LO O¶DI¿UPH OH GURLW GX UHTXpUDQW G¶H[HUFHU XQ ticle 47, paragraphe 1, du projet d’articles sur la respon-
recours judiciaire en vertu de l’article 6 de la Convention sabilité de l’État pour fait internationalement illicite19,
TXLWUDLWHGHVFDVRSOXVLHXUVeWDWVVRQWUHVSRQVDEOHVGX
13
Ibid., pièce jointe no 20. Voir également M. & Co. c. République PrPHIDLW,OVHPEOHTXHOHVDXWHXUVGHFHWDUWLFOHDLHQW
fédérale d’AllemagneUHTXrWHQo 13258/87, décision du 9 février 1990, adopté une position neutre, exprimée ainsi:
Conseil de l’Europe, Commission européenne des droits de l’homme,
Décisions et rapports, vol. 64, p. 138.
14 17
Confédération française démocratique du travail c. Communautés Voir l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 19.
européennesUHTXrWHQo 8030/77, décision du 10 juillet 1978, Annuaire 18
Règlement (CE) no 925/1999 du Conseil, du 29 avril 1999,
de la Convention européenne des droits de l’homme, vol. 21, 1978, relatif à l’immatriculation et à l’exploitation, dans la Communauté,
p. 531. GH FHUWDLQV W\SHV G¶DYLRQV j UpDFWLRQ VXEVRQLTXHV FLYLOV PRGL¿pV HW
15
Ibid., p. 538. PXQLV G¶XQ QRXYHDX FHUWL¿FDW LQGLTXDQW OHXU FRQIRUPLWp DYHF OHV
16
Senator Lines GmbH c. l’Autriche, la Belgique, le Danemark, normes du volume I, deuxième partie, chapitre 3, de l’annexe 16 de la
la Finlande, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, Convention relative à l’aviation civile internationale, troisième édition
le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, l’Espagne, la Suède et le (juillet 1993), -RXUQDORI¿FLHOGHV&RPPXQDXWpVHXURSpHQQHV, no L 115,
Royaume-Uni, décision du 10 mars 2004, CEDH 2004-IV, p. 347. Voir 4 mai 1999.
également l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 17. 19
Annuaire… 2001, vol. II (2eSDUWLH HWUHFWL¿FDWLISSDU
32 Documents de la cinquante-sixième session
/RUVTXHSOXVLHXUVeWDWVVRQWUHVSRQVDEOHVGXPrPHIDLWLQWHUQDWLR- GHODFRPSpWHQFHGHOD&RPPXQDXWpFRPPHO¶LQGLTXHOD
QDOHPHQW LOOLFLWH OD UHVSRQVDELOLWp GH FKDTXH eWDW SHXW rWUH LQYRTXpH GpFODUDWLRQGHFRPSpWHQFH/HGHPDQGHXULQYRTXHODUHV-
par rapport à ce fait.
SRQVDELOLWpGHODVHXOH&RPPXQDXWpSRXUGHVDFWHVTX¶LO
14. Dans son commentaire de cet article, la CDI, tout estime contraires aux obligations découlant notamment
HQLQGLTXDQWTX¶HOOHHVWFRQVFLHQWHGHODSUDWLTXHGHO¶8( de l’article 64 et des articles 116 à 119 de la Convention.
dans le cas des accords internationaux mixtes, observe ce L’affaire est toujours en instance.
TXLVXLW
18. Certains accords renferment des dispositions pré-
[Le] paragraphe [1] n’établit pas une règle générale de responsabilité voyant un régime de responsabilité spécial pour l’exécu-
FRQMRLQWHHWVROLGDLUHPDLVLOQ¶H[FOXWSDVQRQSOXVTXHGHX[eWDWVRX WLRQ GH FHUWDLQHV REOLJDWLRQV F¶HVW OH FDV SDU H[HPSOH
davantage puissent être responsables du même fait internationalement de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer
illicite. Cela dépendra des circonstances et des obligations internatio-
nales de chacun des États concernés20. (art. 6, par. 2, de l’annexe IX), ou encore du Protocole de
Kyoto (art. 4, par. 5)26. Dans le cas du Protocole de Kyoto,
15. La Communauté européenne, organisation inter- la Communauté européenne a négocié une clause spéciale
QDWLRQDOH GRWpH G¶XQH FDSDFLWp MXULGLTXH OLPLWpH SHXW TXLSUpYRLWGHVHQJDJHPHQWVJOREDX[SRXUOHVRUJDQLVD-
conclure des traités internationaux dans la mesure où la WLRQV G¶LQWpJUDWLRQ pFRQRPLTXH WRXW HQ DXWRULVDQW GLI-
compétence lui a été conférée pour ce faire21. Cependant, férents niveaux d’engagement pour les membres de ces
comme les accords internationaux portent souvent sur une RUJDQLVDWLRQV,OLQFRPEHjFKDTXHRUJDQLVDWLRQGHYHLOOHU
pluralité de domaines, la formule des accords mixtes aux- DXUHVSHFWGHO¶REMHFWLIJOREDOTXLOXLDpWpDVVLJQpWDQGLV
TXHOV VRQW SDUWLHV j OD IRLV OD &RPPXQDXWp HW VHV eWDWV TXHVHVeWDWVPHPEUHVQHVRQWUHVSRQVDEOHVTXHGXUHV-
membres est largement employée. SHFWGHVHQJDJHPHQWVTXLOHVFRQFHUQHQWUHVSHFWLYHPHQW
$ORUVTXHFHVGLVSRVLWLRQVYLVHQWjUpJOHUTXDQWDXIRQGOD
$XVVLHVWLOGHSOXVHQSOXVIUpTXHQWTXHOHVDFFRUGV TXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpFHOOHVLQFOXVHVGDQVFHUWDLQV
LQWHUQDWLRQDX[PXOWLODWpUDX[DX[TXHOVHVWSDUWLHXQHRUJD- autres accords tentent d’apporter des solutions aux pro-
QLVDWLRQ UpJLRQDOH G¶LQWpJUDWLRQ pFRQRPLTXH WHOOH TXH OD EOqPHVSUDWLTXHVGHPLVHHQ°XYUHGHODUHVSRQVDELOLWp27.
Communauté européenne soient assortis d’une «déclara-
tion de compétence». Dans le cas de la Communauté euro- 19. On trouve dans le Traité sur la Charte de l’énergie
péenne, la déclaration de compétence, formulée en fonction XQDXWUHH[HPSOHTXLPpULWHVDQVGRXWHG¶rWUHFLWpLFL/HV
de la nature du traité considéré, décrit les compétences de Communautés européennes ont en effet fait une décla-
OD&RPPXQDXWpGDQVOHVGRPDLQHVVXUOHVTXHOVSRUWHFHOXL ration en vertu du paragraphe 3, al. b, sous-alinéa ii, de
ci22. Dans certains cas, la déclaration de compétence spé- l’article 26 de cet instrument concernant l’arbitrage à
FL¿HTXHOD&RPPXQDXWpHVW VHXOH UHVSRQVDEOHGHO¶H[p- l’initiative d’un investisseur d’une autre partie contractante.
cution des obligations découlant du droit communautaire Cette déclaration comporte les dispositions suivantes28:
ou relevant de ses domaines de compétence (déclaration en
application de l’article 34, paragraphe 3, de la Convention Les Communautés européennes sont une organisation d’intégra-
WLRQpFRQRPLTXHUpJLRQDOHDXVHQVGX7UDLWpVXUOD&KDUWHGHO¶pQHUJLH
VXU OD GLYHUVLWp ELRORJLTXH23 GpFODUDWLRQ FRQIRUPpPHQW j (OOHVH[HUFHQWOHVFRPSpWHQFHVTXLOHXUVRQWWUDQVIpUpHVSDUOHXUVeWDWV
l’article 29, paragraphe 4, de la Convention sur les effets membres par l’intermédiaire d’institutions autonomes dotées d’un pou-
transfrontières des accidents industriels, relative à l’éten- voir de décision et d’un pouvoir judiciaire.
due de sa compétence24YRLUDXVVLO¶DUWLFOHSDUDJUDSKH
Les Communautés européennes, d’une part, et leurs États membres,
de l’annexe IX de la Convention des Nations Unies sur le d’autre part, ont signé le Traité sur la Charte de l’énergie et doivent
GURLWGHODPHU &HVGpFODUDWLRQVSURFqGHQWGHFHTXHOD donc répondre au niveau international de l’exécution des obligations
Communauté et ses États membres ont des responsabilités TXL\¿JXUHQWVHORQOHXUVFRPSpWHQFHVUHVSHFWLYHV
GLVWLQFWHVTXLVRQWIRQFWLRQGHOHXUVFRPSpWHQFHVUHVSHF-
Si nécessaire, les Communautés et les États membres concernés
WLYHVHOOHVRQWSRXUREMHWG¶H[SOLFLWHUFHSDUWDJHGHVUHV- GpWHUPLQHURQW OHTXHO G¶HQWUH HX[ HVW OD SDUWLH GpIHQGHUHVVH GDQV XQH
ponsabilités envers des tiers. procédure d’arbitrage engagée par un investisseur ou par une autre
partie contractante. Le cas échéant, à la demande de l’investisseur, les
/¶XWLOLWp G¶LQGLTXHU DX[ WLHUFHV SDUWLHV FRPPHQW Communautés et les États membres concernés procéderont à cette dési-
les responsabilités se répartissent entre la Communauté gnation dans un délai de trente jours*.
européenne et les États en fonction de leurs compétences *
Sans préjudice du droit de l’investisseur d’intenter une procédure
respectives a été récemment mise en évidence dans une contre les Communautés et leurs États membres.
affaire portée devant le Tribunal international du droit
de la mer25 %LHQ TXH OD &RPPXQDXWp HW WRXV VHV eWDWV ,O HVW j QRWHU TX¶HQ O¶DEVHQFH G¶XQH GpFODUDWLRQ
membres soient parties à la Convention des Nations Unies expresse de compétence, des divergences de vues peuvent
VXUOHGURLWGHODPHUODTXHVWLRQIDLVDQWO¶REMHWGXUHFRXUV VXUJLUTXDQWjO¶pYHQWXHOOHUHVSRQVDELOLWpFRQMRLQWHGHOD
(compatibilité des activités de navires battant le pavillon Communauté européenne et de ses États membres. Par
d’États membres avec les dispositions visant la préserva- exemple, les positions adoptées à cet égard par l’avocat
WLRQ GHV UHVVRXUFHV ELRORJLTXHV GH OD KDXWH PHU UHOqYH général de la Cour de justice des Communautés euro-
SpHQQHVRQWTXHOTXHSHXYDULp/¶DYRFDWJpQpUDO7HVDXUR
20
Ibid., p. 134, par. 6. (dans l’affaire C-53/96, Hermès International c. FHT
21
Voir, par exemple, le préambule de la Convention de Vienne de
1986. 26
22
Ibid., no 25.
Voir l’annexe au présent rapport, pièces jointes nos 22 à 34. 27
23
Voir le paragraphe 8 de l’annexe B de la Convention relative à la
Ibid., no 22, annexe B, p. 65. SURWHFWLRQGX5KLQFRQWUHODSROOXWLRQFKLPLTXH
24
Ibid., no 23, annexe II. 28
-RXUQDORI¿FLHOGHV&RPPXQDXWpVHXURSpHQQHV, no L 69, p. 115.
25
Ibid., no 35. Voir également l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 37.
Responsabilité des organisations internationales 33
Marketing Choice BV29 HWO¶DYRFDWJpQpUDO-DFREV GDQV Hermès35, Commission des Communautés européennes
l’affaire C-316/91, Parlement européen c. Conseil de c. Irlande36 (QSUDWLTXHWRXWHIRLVODGLVSRVLWLRQFRQVWL-
l’Union européenne30 VHPEOHQW FRQVLGpUHU TXH OD UHV- tue pour les États tiers une garantie supplémentaire du
SRQVDELOLWpFRQMRLQWHGHYUDLWrWUHDGPLVHDORUVTXHGDQV respect par la Communauté de ses obligations.
l’affaire C-13/00, Commission des Communautés euro-
péennes c. Irlande31, l’avocat général Mischo semble 25. L’article 10 du Traité instituant la Communauté
avoir pris le parti opposé. Il a notamment fait observer HXURSpHQQHPpULWHDXVVLG¶rWUHPHQWLRQQpLFLLOGLVSRVH
TXHOHIDLWPrPHTXHOD&RPPXQDXWpHXURSpHQQHHWVHV QRWDPPHQWFHTXLVXLW
États membres ont recours à la formule des accords mixtes
VLJQDOHDX[eWDWVWLHUVTXHODPDWLqUHG¶XQDFFRUGPL[WHQH Les États membres prennent toutes mesures générales ou particu-
lières propres à assurer l’exécution des obligations découlant du présent
UHOqYHTX¶HQSDUWLHGHODFRPSpWHQFHGHOD&RPPXQDXWp Traité ou résultant des actes des institutions de la Communauté. Ils faci-
HWTXHFHOOHFLQ¶DVVXPHa prioriODUHVSRQVDELOLWpTXHGHV litent à celle-ci l’accomplissement de sa mission.
pOpPHQWVGHO¶DFFRUGTXLUHVVRUWLVVHQWjVDFRPSpWHQFH
Ils s’abstiennent de toutes mesures susceptibles de mettre en péril la
4XRLTX¶LOHQVRLWLOQ¶HVWMDPDLVDUULYpTX¶XQUHFRXUV réalisation des buts du présent Traité.
en responsabilité internationale concernant l’application
,OHVWjQRWHUDXVVLTXHGDQVVRQDYLVOD&RXU
G¶XQDFFRUGPL[WHVRLWUHMHWpDXPRWLITXHODSDUWLHPLVH
GH MXVWLFH HXURSpHQQH D FRQ¿UPp TXH OD &RPPXQDXWp
en cause n’était «pas la bonne».
et les États membres avaient le devoir de coopérer dans
22. Dans le cas des accords mixtes bilatéraux, la Cour les domaines où il y a entre eux partage de compétences.
GHMXVWLFHHXURSpHQQHVHPEOHFRQVLGpUHUTXHOD&RPPX- Voici un extrait de cet avis:
nauté et ses États membres sont conjointement respon-
>/@RUVTX¶LO DSSDUDvW TXH OD PDWLqUH G¶XQ DFFRUG RX G¶XQH FRQYHQWLRQ
sables envers les tierces parties de l’exécution de toutes relève pour partie de la compétence de la Communauté et pour par-
OHVREOLJDWLRQVTXLGpFRXOHQWGHVDFFRUGV&HWWHSRVLWLRQ tie de celle des États membres, il importe d’assurer une coopération
UHÀqWH XQH FODXVH ¿JXUDQW KDELWXHOOHPHQW GDQV FH JHQUH étroite entre ces derniers et les institutions communautaires tant dans le
G¶DFFRUGDXWHUPHGHODTXHOOHO¶DFFRUGHVWFRQFOXHQWUH SURFHVVXV GH QpJRFLDWLRQ HW GH FRQFOXVLRQ TXH GDQV O¶H[pFXWLRQ GHV
«d’une part», la Communauté et ses États membres et, engagements assumés. Cette obligation de coopération découle de l’exi-
gence d’une unité de représentation internationale de la Communauté37.
«d’autre part», les autres parties, par exemple des États
G¶$IULTXH GHV &DUDwEHV HW GX 3DFL¿TXH YRLU DIIDLUH 27. Notre propos n’est pas de passer ici en revue les dif-
C-316/91, Parlement européen c. Conseil de l’Union IpUHQWHVYRLHVMXGLFLDLUHVWHOOHVTXHODSURFpGXUHG¶LQIUDF-
européenne32). WLRQTXLSHXYHQWrWUHHPSUXQWpHVSRXUSRUWHUXQHDIIDLUH
à l’attention de la Cour de justice européenne, mais il vaut
d) Dispositions du droit communautaire interne sans doute la peine de mentionner le régime de la res-
relatives au respect des obligations internationales ponsabilité non contractuelle mis en place par la Commu-
23. Le droit communautaire offre un certain nombre de QDXWp&HUpJLPHGDQVOHFRQWH[WHGXTXHOVRQWVRXOHYpHV
PR\HQVTXLSHXYHQWrWUHPLVHQ°XYUHSRXUIDLUHUHVSHFWHU OHVTXHVWLRQVWRXFKDQWO¶LPSXWDWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpHQ
les obligations découlant d’instruments internationaux. Il droit communautaire, mérite sans doute attention eu égard
convient en particulier de citer ici le paragraphe 7 de l’ar- DX[W\SHVGHTXHVWLRQVTXHOD&',DERUGHUDSUREDEOHPHQW
ticle 300 du Traité instituant la Communauté européenne: DX FRXUV GH VHV WUDYDX[ GH FRGL¿FDWLRQ VXU OD UHVSRQVD-
bilité des organisations internationales. Le paragraphe 2
/HV DFFRUGV FRQFOXV VHORQ OHV FRQGLWLRQV ¿[pHV DX SUpVHQW DUWLFOH de l’article 288 du Traité instituant la Communauté euro-
lient les institutions de la Communauté et les États membres. SpHQQHpQRQFHOHSULQFLSHTXHGRLWUHVSHFWHUOD&RPPX-
nauté en la matière, principe dont l’application a donné
24. En vertu de cette disposition, les traités internatio-
lieu à une abondante jurisprudence de la Cour de justice
naux ont, en droit communautaire, force obligatoire tant
européenne. En voici le texte:
SRXU OHV eWDWV PHPEUHV TXH SRXU OHV LQVWLWXWLRQV GH OD
&RPPXQDXWp HXURSpHQQH TXL VRQW WHQXV GH SUHQGUH OHV En matière de responsabilité non contractuelle, la Communauté doit
mesures nécessaires à la mise en œuvre effective des- réparer, conformément aux principes généraux communs aux droits des
dits accords et de s’abstenir de tout acte pouvant entra- États membres, les dommages causés par ses institutions ou par ses
ver leur application. Cette disposition permet ainsi à la agents dans l’exercice de leurs fonctions.
Communauté de remplir ses responsabilités internatio-
QDOHV7KpRULTXHPHQWHOOHSURFqGHGXSULQFLSHres inter 28. La Cour de justice européenne a été appelée à
alios acta et crée une obligation en droit communautaire maintes reprises à interpréter les différents éléments
TXLQHSHXWrWUHLQYRTXpHSDUGHVWLHUVHQYHUWXGXGURLW de cette disposition: par exemple, l’imputabilité d’un
international (voir les affaires Kupferberg33, Demirel34, acte aux «institutions de la Communauté38» ou à ses
29
Recueil de jurisprudence 1998, p. I-03603, par. 14. 35
30
Recueil de jurisprudence 1998, conclusions de l’avocat général
Recueil de jurisprudence 1994, p. I-00625, par. 69. Tesauro, par. 18 à 20.
31
Recueil de jurisprudence 2002, conclusions de l’avocat général 36
Recueil de jurisprudence 2002, arrêt du 19 mars 2002, par. 15.
Mischo, p. I-02943, par. 29 et 30. Voir également supra par. 20.
32
Recueil de jurisprudence 1994, par. 29. 37
Cour de justice des Communautés européennes, avis 1/94,
33
Cour de justice des Communautés européennes, affaire no 104/81, compétence de la Communauté pour conclure des accords internationaux
Hauptzollamt Mainz c. C. A. Kupferberg & Cie KG a.A., Recueil de en matière de services et de protection de la propriété intellectuelle,
jurisprudence 1982, p. 03641, par. 13. Recueil de jurisprudence 1994, p. I-05267, par. 108.
34 38
Cour de justice des Communautés européennes, affaire Affaire C-370/89, Société générale d’entreprises électro-
no 12/86, Meryem Demirel c. Ville de Schwäbisch Gmünd, Recueil de mécaniques SA (SGEEM) et Roland Etroy c. Banque européenne
jurisprudence 1987, p. 03719, par. 9 à 11. d’investissement, Recueil de jurisprudence 1992, p. I-06211, par. 15.
34 Documents de la cinquante-sixième session
«agents39», dans «l’exercice de [leurs] fonctions40». Cette a) un exposé des activités menées par l’Agence en
MXULVSUXGHQFHDSUpFLVpDXVVLGDQVTXHOVFDVOHVDFWHVGHV PDWLqUHGHJDUDQWLHVVXVFHSWLEOHVGHFDXVHUGHVGRPPDJHV
autorités administratives d’un État membre peuvent enga-
ger la responsabilité de la Communauté et ceux où les b FHUWDLQHVFRQVLGpUDWLRQVMXULGLTXHVTXLVHPEODLHQW
États membres devraient être tenus responsables de dom- SHUWLQHQWHVSRXUO¶pWXGHGHODUHVSRQVDELOLWpGHO¶$JHQFH
mages causés par l’application du droit communautaire et
(affaire 175/8441DIIDLUH&42). Le principal critère
de détermination de la responsabilité d’un État membre c) un certain nombre de dispositions relatives à
est le degré de latitude dont il jouit pour l’exécution des OD UHVSRQVDELOLWp TX¶LO pWDLW SURSRVp G¶LQFOXUH GDQV OHV
obligations découlant du droit communautaire. C’est seu- accords de garanties.
lement dans les cas où l’État membre est tenu, par une
décision de la Communauté, d’agir d’une manière déter- 3. FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
PLQpH TXH OD &RPPXQDXWp SHXW rWUH WHQXH UHVSRQVDEOH
GHVGRPPDJHVTX¶LOSHXWFDXVHUHQDJLVVDQWGHODVRUWH 1. Les règles d’imputation aux États de la responsabi-
&HV UqJOHV QH VRQW ELHQ HQWHQGX DSSOLFDEOHV TX¶HQ GURLW lité d’actes accomplis par des tiers n’intéressent guère les
FRPPXQDXWDLUHHQFRUHTXHOHVTXHVWLRQVHQMHXSXLVVHQW organisations internationales. Le FMI ne connaît aucun
toucher l’exécution d’obligations internationales, comme cas où le fait d’un tiers a été imputé au Fonds et, selon lui,
par exemple la mise en œuvre de sanctions décidées par un tel cas ne peut pas se présenter, sauf décision expresse
l’ONU (affaire T-184/9543). d’un organe compétent du FMI engageant la responsabi-
39
Affaire 18/60, Louis Worms c. Haute Autorité de la Communauté
lité du Fonds pour de tels faits.
européenne du charbon et de l’acier, arrêt du 12 juillet 1962, Recueil
de jurisprudence, p. 377. /DVHFRQGHTXHVWLRQSRUWHVXUOHVUqJOHVHQYHUWXGHV-
40
Affaire 9/69, Claude Sayag et S.A. Zurich c. Jean-Pierre Leduc, TXHOOHV OH )0, SRXUUDLW rWUH WHQX UHVSRQVDEOH GHV DFWHV
Denise Thonnon et S.A. La Concorde, Recueil de jurisprudence 1969, illicites de ses fonctionnaires ou agents ou d’autres per-
p. 329, par. 11. sonnes agissant pour son compte. Le FMI a pris le parti
41
Krohn & Co. Import-Export GmbH & Co. KG c. Commission des
Communautés européennes, Recueil de jurisprudence 1986, p. 753, de défendre ses fonctionnaires à raison de l’immunité
par. 18 à 23. juridictionnelle dont ils jouissent pour les actes accom-
42
Industrie- en Handelsonderneming Vreugdenhil BV c. Commission plis par eux ou sous leur autorité dans l’exercice de leurs
des Communautés européennes, Recueil de jurisprudence 1992, IRQFWLRQVRI¿FLHOOHVGDQVO¶DIIDLUHKissi c. de Larosière1
p. I-01937, par. 15. il s’agissait d’un procès intenté au civil en 1982 devant
43
Tribunal de première instance, Dorsch Consult Ingenieurgesell-
schaft mbH c. Conseil de l’Union européenne et Commission des le tribunal de district des États-Unis pour le district de
Communautés européennes, arrêt du 28 avril 1998, Recueil de &ROXPELD/HGHPDQGHXU TXLQ¶DYDLWMDPDLVpWpHPSOR\p
jurisprudence 1998, p. II-00667, par. 74 à 88. par le FMI) intentait un procès au Directeur général du
)0, DX[ PRWLIV TX¶RQ OXL DXUDLW DEXVLYHPHQW UHIXVp XQ
2. AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE SRVWHDX)0,HWTX¶RQO¶DYDLWGLVVXDGpGHUHSUpVHQWHUVD
candidature. Le tribunal a rejeté la demande, se déclarant
1. La responsabilité de l’AIEA pour les actes illicites de incompétent en raison de l’immunité dont jouissait le
ses fonctionnaires ou agents ou d’autres personnes agis- )0,DLQVLTXHFHOOHUHFRQQXHjVRQ'LUHFWHXUJpQpUDOHQ
VDQWSRXUVRQFRPSWHQ¶DpWpHQYLVDJpHSRXUDXWDQWTXH VDTXDOLWpGHIRQFWLRQQDLUHGX)RQGVDJLVVDQWGDQVO¶H[HU-
O¶$,($VDFKHTXHGDQVOHFRQWH[WHGHODPLVHDXSRLQWGH FLFHGHVHVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHV/H)0,Q¶DGRQFSDVHX
modèles de structure et de contenu d’accords de garanties à prendre position sur le fond. Une copie de la décision
généralisées entre l’Agence et les États dans le cadre du UHQGXHSDUOH7ULEXQDO¿JXUHHQDQQH[H
Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Le
SDUDJUDSKHGXGRFXPHQWHQTXHVWLRQHVWOLEHOOpFRPPH 6HORQOH)0,OHVFULWqUHVLQYRTXpVSRXUGpWHUPLQHU
suit: si les actes d’un fonctionnaire du FMI sont imputables
j FH GHUQLHU GHYUDLHQW FRwQFLGHU DYHF FHX[ XWLOLVpV SRXU
/¶DFFRUGGHYUDLWSUpYRLUTXHWRXWHGHPDQGHHQUpSDUDWLRQIDLWHSDU établir si un fonctionnaire du Fonds agit dans l’exercice
XQHSDUWLHjO¶DFFRUGjO¶DXWUHSDUWLHSRXUWRXWGRPPDJHDXWUHTXHOH GHVHVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVHWSHXWSUpWHQGUHDX[LPPXQL-
dommage causé par un accident nucléaire, résultant de la mise en œuvre tés correspondantes (art. IX, sect. 8, des Statuts du FMI).
des garanties en vertu de l’accord, est réglée conformément au droit
international1. La déclaration sur les immunités et privilèges des fonc-
WLRQQDLUHVGX)RQGVGXMXLQLQGLTXHFRPPHQW
¬ O¶pSRTXH XQH QRWH DYDLW pWp pODERUpH SDU OH le FMI entend veiller au respect de l’immunité de ses
Directeur général au sujet de la responsabilité inter- fonctionnaires2ODGpFODUDWLRQSURFqGHGXSULQFLSHTXHOH
nationale de l’Agence en relation avec les garanties Fonds défend l’immunité de ses fonctionnaires pour les
*29&20MXLQ TXLV¶LQVSLUDLWODUJH- DFWHVTX¶LOVDFFRPSOLVVHQWGDQVO¶H[HUFLFHGHOHXUVIRQF-
ment des rapports sur la responsabilité de l’État établis WLRQVRI¿FLHOOHV(QFRQVpTXHQFHOH)0,HVWLPHTXHVHXOV
par les rapporteurs spéciaux de la CDI. de tels actes seraient imputables au FMI.
3. La note portait sur la responsabilité internationale de ,O FRQYLHQW GH QRWHU pJDOHPHQW j FHW pJDUG TX¶DX[
l’Agence pour les dommages causés par la mise en œuvre de ¿QV GH OD GpFODUDWLRQ F¶HVW OH 'LUHFWHXU JpQpUDO GX )0,
garanties en application du Traité sur la non-prolifération TXL GpWHUPLQHUDLW VL O¶DUUHVWDWLRQ RX OD GpWHQWLRQ G¶XQ
GHVDUPHVQXFOpDLUHV<¿JXUDLHQW
1
AIEA, Structure et contenu des accords à conclure entre l’Agence 1
et les États dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes No 82-1267 (D.D.C.).
2
nucléaires, document INFCIRC/153 (corrigé). Voir l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 71.
Responsabilité des organisations internationales 35
fonctionnaire du Fonds a été motivée par des actes Conférence internationale sur la santé de 1946 s’est posée
DFFRPSOLVGDQVO¶H[HUFLFHGHVHVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVHW ODTXHVWLRQGXOLHQHQWUHOHVGHX[RUJDQLVDWLRQV$ORUVTXH
donc si l’immunité du FMI pourrait jouer. Le FMI note d’autres structures régionales ont été intégrées à la nou-
HQ RXWUH TXH SUHPLqUHPHQW LO SUHQGUDLW GHV PHVXUHV velle organisation, un régime spécial a été réservé à l’OPS.
conformément à ses règles internes, à l’encontre de tout /¶DUWLFOH GH OD &RQVWLWXWLRQ GH O¶206 GLVSRVH TXH
eWDWPHPEUHTXLQ¶DXUDLWSDVUHVSHFWpO¶LPPXQLWpRXTXL «[l]’Organisation sanitaire panaméricaine, représentée par
QH VH VHUDLW SDV DFTXLWWp GHV REOLJDWLRQV DFFRPSDJQDQW le Bureau sanitaire panaméricain et les Conférences sani-
FHWWHLPPXQLWpHWGHX[LqPHPHQWTXHO¶DUWLFOH;;,;GHV taires panaméricaines, […] ser[a] intégrée en temps voulu
6WDWXWVGX)0,VHUDLWLQYRTXpSRXUWRXWHTXHVWLRQG¶LQWHU- dans l’Organisation». En vue de cette intégration, l’OMS
SUpWDWLRQTXLVHSRVHUDLWHQWUHXQeWDWPHPEUHGX)0,HW HWO¶236RQWFRQFOXHQXQDFFRUGSUpYR\DQWTXHOD
OH)RQGVRXHQWUHGHVeWDWVPHPEUHVGX)0,ODTXHVWLRQ Conférence sanitaire panaméricaine, par l’intermédiaire
devant être soumise aux organes internes du FMI pour du Conseil directeur, et le Bureau sanitaire panaméricain,
GpFLVLRQV 7RXW GpVDFFRUG TXL VXUYLHQW HQWUH OH )0, HW IHUDLHQWUHVSHFWLYHPHQWRI¿FHGHFRPPLVVLRQUpJLRQDOHHW
XQ eWDW PHPEUH TXL V¶HVW UHWLUp RX GXUDQW OD OLTXLGDWLRQ de bureau régional de l’Organisation mondiale de la santé
du Fonds, entre celui-ci et un État membre, serait soumis SRXUODUpJLRQGHV$PpULTXHV$LQVLO¶236DJLWHQPrPH
à l’arbitrage.) WHPSVHQWDQWTXHPHPEUHGXV\VWqPHGHV1DWLRQV8QLHV
HWHQWDQWTXHPHPEUHGXV\VWqPHLQWHUDPpULFDLQ(QYHUWX
6¶DJLVVDQW GH OD TXHVWLRQ VXEVLGLDLUH GH VDYRLU FH dudit accord, les actes accomplis par l’OPS et par ses fonc-
TXHUHFRXYUHO¶H[SUHVVLRQ©DFWHVDFFRPSOLVSDUXQIRQF- tionnaires peuvent engager la responsabilité de l’OMS.
WLRQQDLUH GDQV O¶H[HUFLFH GH VHV IRQFWLRQV RI¿FLHOOHVª
tout acte d’un fonctionnaire dont il aurait été constaté ,O UHVVRUW GH FH TXL SUpFqGH TXH O¶206 D DFFHSWp
TX¶LO O¶D DFFRPSOL GDQV O¶H[HUFLFH GH VHV IRQFWLRQV RI¿- FRQWUDFWXHOOHPHQWTXHOHVDFWHVG¶XQHDXWUHRUJDQLVDWLRQ
cielles pourrait être imputable à l’organisation. Tel pour- O¶236SXLVVHQWOXLrWUHLPSXWpV%LHQTXHO¶236GHPHXUH
rait être le cas même si le fonctionnaire avait abusé de RI¿FLHOOHPHQWXQHRUJDQLVDWLRQGLVWLQFWHHWSXLVVHDJLUHQ
son pouvoir, n’avait pas respecté les règles ou aurait fait WDQWTXHWHOOHSOXW{WTX¶HQTXDOLWpG¶DQWHQQHUpJLRQDOHGH
preuve de négligence. Toutefois, les actes accomplis par l’OMS, elle ne fait généralement pas cette distinction dans
un fonctionnaire en dehors de l’exercice de ses fonctions VHVGpFLVLRQVHWDFWLYLWpVOHVTXHOOHVVRQWGRQFHQJpQpUDO
RI¿FLHOOHV QH VDXUDLHQW rWUH LPSXWDEOHV j O¶RUJDQLVDWLRQ attribuées à l’OMS1.
Le FMI n’a pas eu à connaître d’affaire où un tiers aurait 1
Voir l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 90.
prétendu avoir été induit en erreur par un fonctionnaire
TXLDXUDLWDEXVLYHPHQWGpFODUpDJLUGDQVO¶H[HUFLFHGHVHV 5. ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE
IRQFWLRQVRI¿FLHOOHV
Nous n’avons pas mis au point de règles d’imputation
6. Le Fonds monétaire international n’a connaissance HQ YHUWX GHVTXHOOHV O¶20& SRXUUDLW rWUH WHQXH UHVSRQ-
G¶DXFXQFDVGDQVOHTXHOXQeWDWPHPEUHDXUDLWpWpWHQX sable d’actes illicites de ses fonctionnaires ou agents ou
MXULGLTXHPHQWUHVSRQVDEOHG¶DFWHVGHO¶RUJDQLVDWLRQ G¶DXWUHVSHUVRQQHVDJLVVDQWSRXUVRQFRPSWHTXHOOHTXH
soit l’origine de l’illicéité.
,O HVW j QRWHU TXH OH )0, QH FRQVLGqUH SDV TXH >OD@
TXHVWLRQ SRUWH VXU GHV VLWXDWLRQV R LO DXUDLW pWp DOOpJXp I. Pratique en matière de plaintes portées contre
TX¶XQRXSOXVLHXUVeWDWVDXUDLHQWLQÀXpVXUGHVGpFLVLRQV les organisations internationales pour violation du
ou des mesures prises par le FMI et, partant, seraient res- droit international
SRQVDEOHV G¶DYRLU H[HUFp XQH WHOOH LQÀXHQFH PDLV QRQ
MXULGLTXHPHQWUHVSRQVDEOHVGHVDFWLRQVGHO¶RUJDQLVDWLRQ 1. AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE
4. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ Aucune plainte n’a été portée contre l’Agence pour
violation du droit international.
(QFHTXLFRQFHUQHODUHVSRQVDELOLWpSRXUIDLWLOOLFLWH
il n’existe pas, à l’OMS, de règles portant expressément 2. FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL
sur l’imputation à l’Organisation d’actes accomplis par
ses organes statutaires ou autres, ou par des fonctionnaires 1. Le FMI n’a jamais eu à répondre en justice de plaintes
ou experts agissant pour son compte. Les dispositions de pour violation du droit international. Toutefois, en 1998,
OD&RQVWLWXWLRQGp¿QLVVDQWOHVSRXYRLUVHWOHVFRPSpWHQFHV la Korean Federation of Bank and Financial Labor Unions
des divers organes, les statut et règlement du personnel, (KFBFLU) a déposé une plainte contre le FMI devant le
DLQVLTXHOHVOHWWUHVGHQRPLQDWLRQGHVH[SHUWVHQPLVVLRQ WULEXQDOGHGLVWULFWGH6pRXOHQDOOpJXDQWTX¶HOOHDYDLWVXEL
donnent des orientations générales sur la mesure dans GHVSUpMXGLFHVGXIDLWGHVSROLWLTXHVPLVHVHQ°XYUHSDU
ODTXHOOHGHVDFWHVSHXYHQWrWUHLPSXWpVjO¶206 OH *RXYHUQHPHQW GH OD 5pSXEOLTXH GH &RUpH j OD VXLWH
d’arrangements conclus entre le Gouvernement et le FMI.
2. Nous aimerions toutefois appeler l’attention de la Le FMI a fait valoir son immunité et le tribunal de district
&RPPLVVLRQVXUXQDFFRUGSDUWLFXOLHUTXLDSRXUHIIHWG¶LP- a rejeté la plainte pour ce motif 1. La KFBFLU a fait appel
puter à l’OMS le comportement d’une autre organisation GHFHWWHGpFLVLRQGHYDQWOD+DXWH&RXUGH6pRXOTXLO¶D
internationale. Il s’agit de l’Organisation panaméricaine de déboutée2.
la santé (OPS), ex-Organisation sanitaire panaméricaine,
TXLHVWO¶RUJDQLVDWLRQGHODVDQWpGXV\VWqPHLQWHUDPpULFDLQ
1
L’OPS, à l’instar d’autres bureaux sanitaires régionaux, est Voir l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 68.
DQWpULHXUHjODFUpDWLRQGHO¶206GHVRUWHTXHORUVGHOD 2
Ibid., no 69.
36 Documents de la cinquante-sixième session
3DUDLOOHXUVOH)0,DpWpLQIRUPpTX¶LODYDLWpWpFLWp D ¿QDOHPHQW pWp FRQFOXH HQWUH OHV SD\V HW OD )02 8QH
comme défendeur dans un procès intenté par une orga- FDUDFWpULVWLTXH SDUWLFXOLqUH GH OD )02 HVW FHOOH TXL
QLVDWLRQV\QGLFDOHHQ5RXPDQLHTXLVHSODLJQDLWGXIDLW consiste à contracter une assurance commerciale en vue
TXH OH )0, DLW LPSRVp GHV SROLWLTXHV pFRQRPLTXHV TXL GH JpUHU OHV ULVTXHV 3RXU OHV GHX[ SODLQWHV FHWWH DVVX-
auraient appauvri les Roumains1. Dans cette affaire, UDQFHDSHUPLVGH¿QDQFHUOHVUqJOHPHQWVTXLQ¶RQWSDV
DXFXQGRFXPHQWMXGLFLDLUHRXDXWUHQ¶DpWpFRPPXQLTXp H[LJp O¶DSSRUW G¶XQ ¿QDQFHPHQW VXSSOpPHQWDLUH H[FHS-
DX)0,/H)0,FURLWVDYRLUTXHOHWULEXQDOURXPDLQV¶HVW tionnel de la part des pays contributeurs.
de sa propre initiative, déclaré incompétent.
4. Les informations relatives à ces deux plaintes portées
9HXLOOH] QRWHU TX¶HQ SUpSDUDQW OD UpSRQVH j FHWWH contre la FMO ont été publiées dans les rapports annuels
HQTXrWH OH )0, Q¶D SDV WHQX FRPSWH GHV FDV WRXFKDQW j GHOD)02HWGDQVOHVQRWHVGHVHVUDSSRUWV¿QDQFLHUVTXL
O¶HPSORL TXL VRQW UpJLV SDU OHV SURFpGXUHV G¶DSSHO GX sont tous accessibles au public.
FMI et relèvent de la juridiction du Tribunal adminis-
tratif du Fonds, ni des contentieux liés à des plaintes a) Plainte des États-Unis contre la FMO relative
pour violation du droit administratif interne du FMI, ni à l’accident d’aviation de Gander
des différends contractuels entre le FMI et le personnel
ou des fournisseurs. Le FMI a procédé de la sorte dans 5. Les éléments de cette plainte et de son règlement sont
OD PHVXUH R DXFXQH GH FHV TXHVWLRQV Q¶HQWUDLW GDQV OH EULqYHPHQWUpVXPpVGDQVODQRWHGHVYpUL¿FDWHXUVUHODWLYH
FDGUH GH O¶HQTXrWH GH OD &RPPLVVLRQ /H )0, D pJDOH- DX[pWDWV¿QDQFLHUVGHOD)02SRXU&HWWHQRWHHVW
PHQW RPLV TXHOTXHV FRUUHVSRQGDQFHV TX¶LO D UHoXHV HW la suivante:
GDQV OHVTXHOOHV GHV SDUWLFXOLHUV RX GHV VRFLpWpV HQ OHXU
nom propre ou pour le compte d’autrui, réclamaient des Le 12 décembre 1985, un avion DC-8 «Arrow» d’Arrow Air, Inc.,
SDLHPHQWVSRXUFHTX¶LOVFRQVLGpUDLHQWrWUHGHVWRUWVHWGHV affrété par la FMO, s’est écrasé à Gander, Terre-Neuve (Canada).
/¶DFFLGHQWDFRWpODYLHjPLOLWDLUHVGHVeWDWV8QLVTXLYHQDLHQW
SUpMXGLFHVLQGLYLGXHOVRXSXEOLFVHQUqJOHJpQpUDOHFHV G¶DFFRPSOLU OHXU VHUYLFH DXSUqV GH OD )02 GDQV OH 6LQDw HW j KXLW
démarches ne reposent sur aucun fondement rationnel et PHPEUHVG¶pTXLSDJH
sont habituellement récusées par voie de correspondance.
À la suite de cet accident, le Gouvernement des États-Unis a engagé
une action en justice contre la FMO.
3. FORCE MULTINATIONALE ET OBSERVATEURS
/D )02 D UHFRQQX TX¶HOOH pWDLW WHQXH GH UHPERXUVHU DX
1. La Force multinationale et Observateurs (FMO) est Gouvernement des États-Unis les dépenses liées notamment à la mort
XQHSHWLWHRUJDQLVDWLRQTXLDX¿OGHVDQVDKHXUHXVHPHQW GHV PLOLWDLUHV DPpULFDLQV HQ YHUWX GHV DUUDQJHPHQWV FRQWUDFWXHOV TXL
régissent la participation du Gouvernement des États-Unis à la FMO.
UpXVVLjpYLWHUOHVFRQÀLWVDYHFOHVeWDWVFRQWULEXWHXUVRXj [Note: les «arrangements contractuels» mentionnés dans la note des
UpJOHUOHVSUREOqPHVTXLVHSRVDLHQWVDQVGpS{WGHSODLQWH YpUL¿FDWHXUV VRQW OHV GLVSRVLWLRQV GH O¶DFFRUG GH SDUWLFLSDWLRQ eWDWV
internationale. Toutefois, la FMO a été la partie intimée 8QLV)02TXLSUpYRLHQWFRPPHLQGLTXpSOXVKDXWOHUHPERXUVHPHQW
GDQVGHX[SODLQWHVLQWHUQDWLRQDOHVTXLSRXUUDLHQWLQWpUHV- de certains montants déboursés en cas de décès ou d’incapacité surve-
VHUFHWWHHQTXrWH nant en cours d’affectation à la FMO.]
DGGLWLRQQHOOHV SRXU ¿QDQFHU OH UqJOHPHQW VL FHOD pWDLW %LHQTXHO¶RUJDQLVDWLRQQ¶DLWSDVHQFRUHIDLWO¶REMHWGH
indispensable, mais cet apport n’a pas été nécessaire et les plaintes pour violation du droit international, son Secréta-
«contributions spéciales à recouvrer» mentionnées dans ULDWDpWXGLpGHVK\SRWKqVHVGDQVOHVTXHOOHVO¶RUJDQLVDWLRQ
OHVpWDWV¿QDQFLHUVGHOD)02VRQWGHYHQXHVVDQVREMHW serait tenue pour responsable d’actes ou d’omissions de
ses responsables vis-à-vis des États membres, de tiers et
8. Hormis la plainte internationale portée contre la FMO GXSHUVRQQHO&HWWHUpÀH[LRQV¶LQVFULWGDQVOHFDGUHG¶XQH
et décrite ci-dessus, l’accident du DC-8 a entraîné la FMO étude sur l’organisation élaborée en 20001.
dans une longue procédure devant les tribunaux des États- 1
Voir l’annexe au présent rapport, pièce jointe no 78.
Unis, à la fois comme demandeur et comme défendeur.
&HWWH SURFpGXUH TXL Q¶LQWpUHVVH SDV OD SUpVHQWH pWXGH
n’est pas abordée ici. 5. ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS
b) Plainte portée contre la FMO par le Canada /D OHWWUH GX &RQVHLOOHU MXULGLTXH VWLSXOH TXH OD
au sujet d’un hélicoptère Commission souhaiterait recevoir d’un certain nombre
d’organisations intergouvernementales des informa-
9. Cette deuxième plainte contre la FMO était fondée WLRQVVXUOHVPHVXUHVTX¶HOOHVRQWSULVHVHQUpSRQVHjGHV
sur la deuxième clause de l’accord de participation men- plaintes portées contre elles pour violation du droit inter-
WLRQQpHFLGHVVXVHWHQYHUWXGHODTXHOOHOD)02HVWUHV- QDWLRQDO /¶2($ VDLW TXH GXUDQW FHV GHUQLqUHV DQQpHV
ponsable de la détérioration ou de la destruction d’un bien de telles plaintes ont été portées contre plusieurs organi-
G¶pTXLSHPHQWTXLOXLHVWIRXUQLVLDXPRPHQWGHODGpWp- sations internationales dans le contexte d’opérations de
rioration ou de la perte de ce bien, ce dernier était utilisé maintien de la paix faisant appel à un personnel militaire.
pour le compte de la FMO. Toutefois, fort heureusement, l’OEA n’a pas été infor-
PpHTXHGHWHOOHVSODLQWHVDLHQWpWpRI¿FLHOOHPHQWSRUWpHV
contre l’OEA ou son Secrétariat général.
10. Les origines de cette plainte ont été décrites comme
VXLW GDQV OHV QRWHV GHV pWDWV ¿QDQFLHUV GH SOXVLHXUV
/HGRPDLQHGDQVOHTXHOO¶2($DGUpSRQGUHjGHV
exercices: plaintes pour violation du droit international est celui des
En décembre 1989, un hélicoptère CH-135 canadien affecté à la
relations du travail. De fait, la décision de l’organisa-
)02 V¶HVW pFUDVp SUqV G¶(O *RUDK eJ\SWH TXHOTXH WHPSV DSUqV XQ tion de créer un Tribunal administratif en 1971 se fonde
YROG¶HVVDLSURYRTXDQWGHVEOHVVXUHVDX[PHPEUHVGHO¶pTXLSDJH/D HQSDUWLHVXUODQpFHVVLWpGHGLVSRVHUG¶XQHLQVWDQFHTXL
)02HVWLPHTXHO¶RUJDQLVDWLRQQHGHYUDLWDVVXPHUGDQVFHWWHDIIDLUH puisse statuer sur les plaintes, conformément aux normes
aucune responsabilité concernant des éléments non assurés. internationales régissant les procédures de recours et aux
autres normes établies par l’OIT1.
11. L’accident a donné lieu à un important débat entre
le Canada et la FMO concernant les circonstances de l’ac- 3. Dans leur majorité, les plaintes déposées auprès du
FLGHQWHWVXUODTXHVWLRQGHVDYRLUVLO¶DSSDUHLOpWDLWXWL- Tribunal administratif de l’OEA font état de violations
lisé pour le compte de la FMO au moment de l’accident, des Normes générales de l’OEA et d’autres résolutions
comme stipulé dans l’accord de participation. En 1992, de l’Assemblée générale de l’organisation, de violations
OH&DQDGDDGpSRVpFRQWUHOD)02XQHSODLQWHRI¿FLHOOH des règles arrêtées par le Secrétaire général en vertu des
pour les dommages causés à l’appareil, avant de déposer SRXYRLUVTXHOXLFRQIqUHOD&KDUWHGHO¶2($HWGHYLROD-
XQHGHX[LqPHSODLQWHHQSRXUOHVGpSHQVHVTX¶LOD tions des règles établies par le Tribunal lui-même dans sa
HQFRXUXHVFRQFHUQDQWOHVGHX[PHPEUHVG¶pTXLSDJHEOHV- MXULVSUXGHQFH&HVQRUPHVHWFHVUqJOHVTXLRQWpWpDGRS-
sés dans l’accident. WpHVSDUGHVDXWRULWpVLQWHUQDWLRQDOHVGPHQWFRQVWLWXpHV
font partie du droit international. Les plaintes faisant état
12. Par la suite, une longue période s’est écoulée sans de violations de ces normes et de ces règles peuvent donc
TXH OD TXHVWLRQ QH VRLW DERUGpH /HV FRPPXQLFDWLRQV être décrites comme des plaintes pour violation du droit
ont repris en 1999. Le Canada ayant procédé à une nou- international2.
velle évaluation de sa revendication, la FMO a proposé
un règlement global destiné à parvenir à une conclusion 4. Rares sont les plaintes déposées auprès du Tribunal
acceptable pour les deux parties. La proposition de la administratif de l’OEA et plus rares encore les jugements
)02DpWpDFFHSWpHSDUOH&DQDGDXQDFFRUGRI¿FLHOGH TXL FLWHQW H[SUHVVpPHQW GHV FRQYHQWLRQV GHV WUDLWpV HW
règlement a été conclu en novembre 1999 et le paiement des principes généraux du droit international. Toutefois,
a été effectué en décembre 1999. La FMO avait assuré il y a eu des exceptions. Par exemple, dans Valverde
OD YDOHXU GH O¶KpOLFRSWqUH FH TXL D SHUPLV GH UpJOHU OD c. Secrétaire général 3OHGHPDQGHXUDDOOpJXpTXHOHGURLW
TXHVWLRQ IRQGDPHQWDO j OD OLEHUWp G¶H[SUHVVLRQ TXH OXL UHFRQQDvW
l’article 13 de la Convention américaine relative aux
4. ORGANISATION POUR L’INTERDICTION GURLWVGHO¶KRPPH 3DFWHGH6DQ-RVpGH&RVWD5LFD DYDLW
DES ARMES CHIMIQUES pWp YLROp ORUVTX¶LO DYDLW pWp UHQYR\p VDQV SUpDYLV SRXU
DYRLU IDLW GHV UHPDUTXHV GpURJDWRLUHV VXU OH 6HFUpWDLUH
1. Hormis les procédures engagées contre l’OIAC 1
Voir les résolutions AG/RES.35 (I-O/71) et 1318 (XXV-O/95) de
par ses fonctionnaires pour violation présumée de leurs l’OEA.
conditions d’emploi, l’organisation n’a pas fait l’objet de 2
Tous les jugements du Tribunal administratif de l’OEA peuvent
plaintes faisant état d’une violation du droit international. être consultés à l’adresse suivante: [Link].
2Q QH VDXUDLW HQ FRQFOXUH pYLGHPPHQW TXH GH WHOOHV 3
OEA, Judgments of the Administrative Tribunal, 1991–1997,
plaintes ne sont pas envisageables. vol. III, addendum, jugement no 125, p. 220.
38 Documents de la cinquante-sixième session
général dans une intervention diffusée dans les médias. Le J. Inclusion de la protection diplomatique des natio-
7ULEXQDODFRQFOXTXHGDQVODPHVXUHRO¶DJHQWQ¶DYDLW naux employés par une organisation internationale
pas expressément accepté, dans le cadre du Statut du per- dans les projets d’article
sonnel ou de son contrat d’engagement, de renoncer à ce
GURLW OH 6HFUpWDULDW Q¶DXUDLW SDV G OH VDQFWLRQQHU SRXU 1. COMMISSION EUROPÉENNE
ses observations. Le Statut du personnel a, depuis, été
DPHQGpHQFRQVpTXHQFH4. 1. La CE voudrait saisir cette occasion pour faire des
observations sur le paragraphe 28, al. b, du rapport de
5. En 1978, 1982 et 1994, le Tribunal administratif de la Commission du droit international1. Le Rapporteur
l’OEA a ordonné à l’Organisation de payer des arriérés VSpFLDO D LQGLTXp TX¶LO SRXUUDLW DERUGHU OD TXHVWLRQ GH
de salaires s’élevant à plusieurs millions de dollars à des ODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHGHVQDWLRQDX[HPSOR\pVSDU
IRQFWLRQQDLUHVTXLDYDLHQWHQJDJpXQUHFRXUVFROOHFWLIHQ XQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOH6LODTXHVWLRQGRLW¿JX-
IDLVDQWpWDWGHODYLRODWLRQGHVSROLWLTXHVVDODULDOHVDORUV rer dans le projet, il faudra tenir compte non seulement
en vigueur5 'DQV FKDTXH FDV SOXVLHXUV eWDWV PHPEUHV GHODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHDVVXUpHSDUO¶eWDWGRQWOH
ont d’abord contesté l’autorité du Tribunal administratif fonctionnaire est ressortissant mais aussi de la protection
HWRQWGRQFIDLWYDORLUTXHO¶2UJDQLVDWLRQQ¶pWDLWSDVOLpH fonctionnelle offerte par l’organisation internationale.
par ces jugements. Néanmoins, compte tenu, en partie, du Dans son avis consultatif dans l’affaire de la Réparation,
IDLW TXH OD &KDUWH GH O¶2($ LPSRVH O¶REOLJDWLRQ GH UHV- OD &,- UHFRQQDvW TXH GDQV FHUWDLQV FDV OHV GRPPDJHV
pecter le régime du droit et le droit à l’indemnisation pro- subis par un fonctionnaire d’une organisation internatio-
QRQFpGDQVXQMXJHPHQWGp¿QLWLIFRQIRUPpPHQWDX[GLV- nale peuvent toucher aux intérêts à la fois de l’État dont
positions de la Convention américaine relative aux droits il est ressortissant et de l’organisation2. La Cour a estimé
de l’homme, l’Assemblée générale a décidé, par vote, de TXH GDQV XQ WHO FDV LO Q¶H[LVWH SDV GH UpJLPH GH GURLW
se conformer à ces jugements6. TXLDFFRUGHODSULRULWpjO¶XQRXjO¶DXWUH3. De fait, il est
GLI¿FLOH GH FRQFHYRLU XQH UqJOH DEVWUDLWH j ODTXHOOH RQ
4
Voir la disposition 110.5 du Statut du personnel (supra note 2). SXLVVH VH UpIpUHU SRXU JpUHU WRXV OHV FDV TXL SRXUUDLHQW
5
Voir, par exemple, Torres c. Secrétaire général, jugement no 124 se présenter.
(supraQRWH SChisman c. Secrétaire général, jugement no 64
Bucholz c. Secrétaire général, jugement no 37 (1978).
6
5pVROXWLRQV $*5(6 ; GX QRYHPEUH
3DUH[HPSOHOHVFDVRXQSUpMXGLFHHVWLQÀLJpjXQ
$*5(6 ;,, GX QRYHPEUH $*5(6 IRQFWLRQQDLUHTXLV¶DFTXLWWHG¶XQHPLVVLRQFLYLOHRXPLOL-
(XXIV-O/94) du 10 juin 1994. taire internationale pour le compte d’une organisation
mais continue d’être rémunéré par l’État dont il est ressor-
6. PROGRAMME DES NATIONS UNIES tissant ne se prêtent pas à des solutions toutes faites. Dans
POUR LE DÉVELOPPEMENT G¶DXWUHVFDVROHSUpMXGLFHHVWLQÀLJpjXQIRQFWLRQQDLUH
TXLV¶DFTXLWWHGHVWkFKHVHVVHQWLHOOHVGHVRQRUJDQLVDWLRQ
/H 318' HVW KHXUHX[ GH FRQ¿UPHU TX¶LO QH FRQQDvW O¶RQSRXUUDLWDUJXHUTXHO¶RUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHSHXW
aucun cas de plainte pour violation du droit international. faire valoir la prérogative de la protection fonctionnelle.
&HWWHSUpURJDWLYHVHMXVWL¿HSDUODQpFHVVLWpG¶DVVXUHUO¶LQ-
7. ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ dépendance fonctionnelle de l’organisation internationale
et de ses fonctionnaires4.
6¶DJLVVDQW GHV LQIRUPDWLRQV HW DXWUHV PDWpULDX[ TXH
OD &RPPLVVLRQ VRXKDLWHUDLW UHFHYRLU VXU OD SUDWLTXH /D&(QHSUHQGGRQFSDVSRVLWLRQVXUODTXHVWLRQj
de l’OMS au regard de plaintes pour violation du droit ce stade, mais reste disposée à l’aborder de manière plus
international, l’OMS voudrait informer la Commission GpWDLOOpHORUVTXHOD&',\DXUDFRQVDFUpXQH[DPHQSOXV
TX¶j VD FRQQDLVVDQFH GH WHOOHV SODLQWHV Q¶RQW MDPDLV pWp approfondi.
portées contre l’OMS. L’OMS n’est donc pas en mesure
GHYRXVIRXUQLUOHVLQIRUPDWLRQVRXOHVPDWpULDX[TXHOD 1
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), chapitre III, p. 14.
Commission sollicite. 2
Réparation des dommages subis au service des Nations Unies,
C.I.J. Recueil 1949, p. 174.
8. ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE 3
Ibid., p. 185.
4
/D&(VRXVFULWSOHLQHPHQWjO¶DYLVGHOD&,-TXLGpFULWDLQVLFHWWH
$SUqV YpUL¿FDWLRQ O¶20& YRXGUDLW LQIRUPHU OD nécessité (ibid., p. 183):
©3RXU TXH O¶DJHQW SXLVVH V¶DFTXLWWHU GH VHV GHYRLUV GH IDoRQ
&RPPLVVLRQ TX¶DXFXQH SODLQWH Q¶D HQFRUH pWp SRUWpH VDWLVIDLVDQWH LO IDXW TX¶LO VHQWH TXH FHWWH SURWHFWLRQ OXL HVW DVVXUpH
contre l’Organisation pour violation présumée du droit SDU O¶RUJDQLVDWLRQ HW TX¶LO SHXW FRPSWHU VXU HOOH $¿Q GH JDUDQWLU
LQWHUQDWLRQDO &HWWH VLWXDWLRQ V¶H[SOLTXH QRQ VHXOHPHQW O¶LQGpSHQGDQFHGHO¶DJHQWHWHQFRQVpTXHQFHO¶DFWLRQLQGpSHQGDQWHGH
SDUOHFDUDFWqUHUpFHQWGHODFUpDWLRQGHO¶20&TXLDYX O¶RUJDQLVDWLRQ HOOHPrPH LO HVW HVVHQWLHO TXH O¶DJHQW GDQV O¶H[HUFLFH
de ses fonctions, n’ait pas besoin de compter sur une autre protection
le jour en 1995, mais aussi par la nature de ses tâches: TXH FHOOH GH O¶RUJDQLVDWLRQ >«@ (Q SDUWLFXOLHU LO QH GRLW SDV DYRLU j
l’OMC est essentiellement une instance de négociations s’en remettre à la protection de son propre État. Si tel était le cas, son
et de règlements de différends entre ses membres. indépendance pourrait […] se trouver compromise.»
Responsabilité des organisations internationales 39
ANNEXE
Liste des pièces jointes aux commentaires et observations communiqués par les organisations
internationalesa
A. Commission européenne '6,3'$GG GpFHPEUHGHPDQGHGH
consultations présentée par les États-Unis (WT/DS86/1,
1. Observations orales des Communautés euro- IP/D/10), 2 juin 1997.
péennes au Groupe spécial de l’OMC chargé de l’affaire
«Communautés européennes – Classement tarifaire de 11. OMC, Grèce – Moyens de faire respecter les droits
FHUWDLQVPDWpULHOVLQIRUPDWLTXHVªMXLQ GH SURSULpWp LQWHOOHFWXHOOH SRXU OHV ¿OPV HW OHV SUR-
JUDPPHVGHWpOpYLVLRQQRWL¿FDWLRQGHODVROXWLRQFRQYH-
2. Communautés européennes – Classement tarifaire de nue d’un commun accord (WT/DS125/2, IP/D/14/Add.1),
FHUWDLQVPDWpULHOVLQIRUPDWLTXHVUpSRQVHVDX[TXHVWLRQV PDUVGHPDQGHGHFRQVXOWDWLRQVSUpVHQWpHSDUOHV
posées par les États-Unis lors de la première réunion de États-Unis (WT/DS125/1, IP/D/14), 7 mai 1998.
fond du Groupe spécial avec les parties, 20 juin 1997.
12. OMC, Communautés européennes – Moyens de
3. Observations orales des Communautés européennes faire respecter les droits de propriété intellectuelle pour
lors de la deuxième réunion de fond du Groupe spécial de OHV¿OPVHWOHVSURJUDPPHVGHWpOpYLVLRQQRWL¿FDWLRQGH
l’OMC chargé de l’affaire «Communautés européennes – la solution convenue d’un commun accord (WT/DS124/2,
&ODVVHPHQWWDULIDLUHGHFHUWDLQVPDWpULHOVLQIRUPDWLTXHVª ,3'$GG PDUVGHPDQGHGHFRQVXOWDWLRQV
10 juillet 1997. présentée par les États-Unis (WT/DS124/1, IP/D/13),
7 mai 1998.
4. OMC, Communautés européennes – Classement
WDULIDLUH GH FHUWDLQV PDWpULHOV LQIRUPDWLTXHV 5DSSRUW 13. OMC, Irlande – Mesures affectant la protection des
du Groupe spécial (WT/DS62/R, WT/DS67/R, WT/ droits des auteurs et des droits voisins, demande d’établis-
DS68/R), 5 février 1998. sement d’un groupe spécial présentée par les États-Unis
:7'6 MDQYLHU GHPDQGH GH FRQVXOWD-
5. OMC, Régime de la Communauté européenne tions présentée par les États-Unis (WT/DS82/1, IP/D/8),
FRQFHUQDQWOHVSUL[PLQLPDX[jO¶LPSRUWDWLRQOHFHUWL¿- 22 mai 1997.
cat et le cautionnement pour certains produits transfor-
més à base de fruits et légumes, rapport du Groupe spécial 14. OMC, Irlande – Mesures affectant la protection des
adopté le 18 octobre 1978 (L/4687-25S/68). GURLWV GHV DXWHXUV HW GHV GURLWV YRLVLQV &RPPXQDXWpV
européennes – Mesures affectant la protection des droits
20&5HVWULFWLRQVDSSOLTXpHVSDUOD&((jO¶LPSRUWD- GHVDXWHXUVHWGHVGURLWVYRLVLQVQRWL¿FDWLRQGHODVROX-
tion de pommes en provenance du Chili, rapport du Groupe tion convenue d’un commun accord (WT/DS82/3, WT/
spécial adopté le 10 novembre 1980 (L/5047-27S/98). DS115/3, IP/D/8/Add.1, IP/D/12/Add.1), 13 septembre
2002.
20&&RPPXQDXWppFRQRPLTXHHXURSpHQQH±5HV-
trictions à l’importation de pommes de table – Plainte du 15. OMC, Communautés européennes – Mesures affec-
Chili, rapport du Groupe spécial adopté le 22 juin 1989 tant la protection des droits des auteurs et des droits
(L/6491-36S/93).
voisins, demande d’établissement d’un groupe spécial
présentée par les États-Unis (WT/DS115/2), 12 jan-
8. OMC, Portugal – Protection conférée par un brevet
YLHU GHPDQGH GH FRQVXOWDWLRQV SUpVHQWpH SDU OHV
prévue par la loi sur la propriété industrielle, demande de
États-Unis (WT/DS115/1, IP/D/12), 12 janvier 1998.
consultations présentée par les États-Unis (WT/DS37/1,
,3' PDL QRWL¿FDWLRQ GH OD VROXWLRQ FRQYH-
nue d’un commun accord (WT/DS37/2, IP/D/3/Add.1 et 16. OMC, Compte rendu de la réunion tenue au Centre
Corr.1), 8 octobre 1996. William Rappard le 22 janvier 1998 (WT/DSB/M/41),
26 février 1998.
9. OMC, Danemark – Mesures affectant les moyens de
faire respecter les droits de propriété intellectuelle, noti- 17. Commission des Communautés européennes, Ser-
¿FDWLRQ GH OD VROXWLRQ FRQYHQXH G¶XQ FRPPXQ DFFRUG YLFHMXULGLTXH2EVHUYDWLRQVpFULWHVjO¶LQWHQWLRQGX3Up-
:7'6,3'$GG MXLQGHPDQGHGH sident de la Cour européenne des droits de l’homme,
consultations présentée par les États-Unis (WT/DS83/1, dans l’affaire no 56672/00: DSR SENATOR LINES GmbH
IP/D/9), 21 mai 1997. c. 15 États membres de l’Union européenne.
10. OMC, Suède – Mesures affectant les moyens de 18. Déclaration et commentaires oraux sur la réponse
IDLUHUHVSHFWHUOHVGURLWVGHSURSULpWpLQWHOOHFWXHOOHQRWL¿- des États-Unis présentés par les États membres de l’UE
cation de la solution convenue d’un commun accord (WT/ au Conseil de l’Organisation de l’aviation civile inter-
nationale, conformément à ses Règles relatives au règle-
ment des différends, s’agissant du désaccord découlant
a
/HVSLqFHVMRLQWHVDX[FRPPHQWDLUHVHWREVHUYDWLRQVFRPPXQLTXpV
par les organisations internationales peuvent être consultées dans
de la Convention sur l’aviation internationale adoptée à
OHV DUFKLYHV GH OD 'LYLVLRQ GH OD FRGL¿FDWLRQ GX %XUHDX GHV DIIDLUHV Chicago le 7 décembre 1944 (document 7782/2), Mon-
MXULGLTXHV tréal, 15 novembre 2000.
40 Documents de la cinquante-sixième session
19. Communication adressée au Secrétaire général de relatives à la conservation et à la gestion des stocks de
l’OACI par le Secrétaire général adjoint du Conseil de poissons dont les déplacements s’effectuent tant à l’in-
l’UE sur la défense conjointe présentée par les 15 États WpULHXU TX¶DXGHOj GHV ]RQHV pFRQRPLTXHV H[FOXVLYHV
membres, Bruxelles, 24 juillet 2000. (stocks chevauchants) et des stocks de poissons grands
migrateurs (98/414/CE).
20. Décision de la Commission européenne des droits
GHO¶KRPPHUHTXrWHQo 13258/87, M. & Co. c. République 29. Décision du Conseil du 14 octobre 1988 concernant
fédérale d’Allemagne, 9 février 1990. la conclusion de la Convention de Vienne pour la pro-
tection de la couche d’ozone, et du Protocole de Mon-
21. Décision de la Commission européenne des droits WUpDOUHODWLIjGHVVXEVWDQFHVTXLDSSDXYULVVHQWODFRXFKH
de l’homme, Confédération française démocratique du d’ozone (88/540/CEE).
travail c. Communautés européennes, subsidiairement la
collectivité de leurs États membres et leurs États membres 30. Décision du Conseil du 9 mars 1998 relative à la
pris individuellement UHTXrWH Qo 8030/77, décision du conclusion, au nom de la Communauté européenne, de la
MXLOOHWVXUODUHFHYDELOLWpGHODUHTXrWH Convention des Nations Unies sur la lutte contre la déser-
WL¿FDWLRQGDQVOHVSD\VJUDYHPHQWWRXFKpVSDUODVpFKH-
22. Décision du Conseil du 25 juin 2002 concernant UHVVH HWRX OD GpVHUWL¿FDWLRQ HQ SDUWLFXOLHU HQ $IULTXH
la conclusion, au nom de la Communauté européenne, (98/216/CE).
GX3URWRFROHGH&DUWDJHQDVXUODSUpYHQWLRQGHVULVTXHV
ELRWHFKQRORJLTXHV &( -RXUQDO RI¿FLHO GHV 31. Décision du Conseil du 24 juillet 1995 relative à la
Communautés européennes, no L 201, 31 juillet 2002, conclusion, au nom de la Communauté, de la Convention
S 'pFODUDWLRQ GH OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH HQ sur la protection et l’utilisation des cours d’eau trans-
application de l’article 34, paragraphe 3, de la Convention frontières et des lacs internationaux (95/308/CE), y
VXUODGLYHUVLWpELRORJLTXHDQQH[H%S compris l’annexe II, Déclaration de la Communauté au
titre de l’article 25, paragraphe 4, de la Convention sur la
23. Décision du Conseil du 23 mars 1998 concernant la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières
conclusion de la Convention sur les effets transfrontières et des lacs internationaux.
des accidents industriels (98/685/CE), -RXUQDORI¿FLHOGHV
Communautés européennes, no L 326, 3 décembre 1998, 32. Décision du Conseil du 15 mars 1993, concernant la
S'pFODUDWLRQGHOD&RPPXQDXWpHXURSpHQQHFRQIRU- conclusion de la Convention relative à l’admission tem-
mément à l’article 29, paragraphe 4, de la Convention sur SRUDLUH DLQVL TXH O¶DFFHSWDWLRQ GH VHV DQQH[HV
les effets transfrontières des accidents industriels, relative &(( \FRPSULVXQHQRWL¿FDWLRQIDLWHHQDSSOLFDWLRQGX
à l’étendue de sa compétence, annexe II, p. 4. paragraphe 6 de l’article 24 de la Convention d’Istanbul,
¿JXUDQWjO¶DQQH[H,,,
24. Convention des Nations Unies sur le droit de la mer,
DQQH[H,;'pFLVLRQGX&RQVHLOGXPDUVFRQFHU- 33. Décision du Conseil du 25 novembre 1991
nant la conclusion par la Communauté européenne de FRQFHUQDQWO¶DGKpVLRQGHOD&RPPXQDXWppFRQRPLTXH
la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer européenne à l’Organisation des Nations Unies pour
du 10 décembre 1982 et de l’Accord du 28 juillet 1994 l’alimentation et l’agriculture, y compris une déclaration
relatif à l’application de la partie XI de ladite Conven- GHFRPSpWHQFH¿JXUDQWjO¶DQQH[H,,1RWHFRQFHUQDQWOD
tion (98/392/CE), -RXUQDO RI¿FLHO GHV &RPPXQDXWpV mise à jour de la déclaration de compétence, Bruxelles,
européennes, no/MXLQS/¶LQVWUXPHQW 28 septembre 1994.
GH UDWL¿FDWLRQ IRUPHOOH GH OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH
annexe II. 34. Décision de la Commission du 16 novembre 1999
concernant l’adhésion de la Communauté européenne de
25. Décision du Conseil du 25 avril 2002 relative à O¶pQHUJLHDWRPLTXH (85$720 jOD&RQYHQWLRQGH
l’approbation, au nom de la Communauté européenne, VXUODVUHWpQXFOpDLUH (85$720 \FRPSULV
du Protocole de Kyoto à la Convention-cadre des Nations la Déclaration de la Communauté européenne de l’énergie
8QLHV VXU OHV FKDQJHPHQWV FOLPDWLTXHV HW O¶H[pFXWLRQ DWRPLTXHFRQIRUPpPHQWDX[GLVSRVLWLRQVGHO¶DUWLFOH
FRQMRLQWH GHV HQJDJHPHQWV TXL HQ GpFRXOHQW SDUDJUDSKHLLLGHOD&RQYHQWLRQVXUODVUHWpQXFOpDLUH
CE), -RXUQDO RI¿FLHO GHV &RPPXQDXWpV HXURSpHQQHV,
no L 130, 15 mai 2002, p. 1. 35. Tribunal international du droit de la mer, affaire
concernant la conservation et l’exploitation durable
26. Décision du Conseil du 15 décembre 1993 concer- GHV VWRFNV G¶HVSDGRQ GDQV O¶RFpDQ 3DFL¿TXH 6XG
nant la conclusion de la Convention-cadre des Nations Est (Chili/Communauté européenne), ordonnance,
8QLHVVXUOHVFKDQJHPHQWVFOLPDWLTXHV &( 20 décembre 2000.
27. Décision du Conseil du 25 octobre 1993 concernant 36. Convention relative à la protection du Rhin contre la
ODFRQFOXVLRQGHOD&RQYHQWLRQVXUODGLYHUVLWpELRORJLTXH SROOXWLRQFKLPLTXH%HUQHDYULO
(93/626/CEE).
37. Décision du Conseil et de la Commission du 23 sep-
28. Décision du Conseil du 8 juin 1998 relative à la rati- tembre 1997 concernant la conclusion par les Communau-
¿FDWLRQSDUOD&RPPXQDXWpHXURSpHQQHGHO¶DFFRUGDX[ tés européennes du Traité sur la Charte de l’énergie et du
¿QVGHO¶DSSOLFDWLRQGHVGLVSRVLWLRQVGHOD&RQYHQWLRQGHV 3URWRFROHGHOD&KDUWHGHO¶pQHUJLHVXUO¶HI¿FDFLWppQHUJp-
Nations Unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 WLTXHHWOHVDVSHFWVHQYLURQQHPHQWDX[FRQQH[HV
Responsabilité des organisations internationales 41
45. Cour de justice des Communautés européennes, 56. AIEA, Texte des accords conclus entre l’Agence et
avis 1/94, Compétence de la Communauté pour conclure l’Organisation des Nations Unies, INFCIRC/11 et Add.1,
des accords internationaux en matière de services et de 30 octobre 1959 et 2 décembre 1963.
protection de la propriété intellectuelle – Procédure de l’ar-
ticle 228, paragraphe 6, du Traité CE, 15 novembre 1994, $,($2EOLJDWLRQVWRSURWHFWFRQ¿GHQWLDOLQIRUPD-
Recueil de jurisprudence 1994, p. I-5267. WLRQ6(&127HW$GGjDRW
46. Cour de justice des Communautés européennes, 58. AIEA, Policy and practice of the United Nations
affaire C-370/89, Société générale d’entreprises élec- regarding legal actions against persons accused of fraud
tro-mécaniques SA (SGEEM) et Roland Etroy c. Banque against the Organisation and the recovey of assets.
européenne d’investissement, rapport d’audience et
conclusions de l’avocat général Gulmann présentées le 59. AIEA, Safeguards: b) The Agency’s regime for
2 juin 1992 et arrêt du 2 décembre 1992, Recueil de juris- WKH SURWHFWLRQ RI VDIHJXDUGV FRQ¿GHQWLDO LQIRUPDWLRQ
prudence 1992, p. I-6211. GOV/2959, 14 novembre 1997.
47. Cour de justice des Communautés européennes, /DUU\ ' -RKQVRQ ©9LHZV IURP 3UDFWLFHª GDQV
affaire 18/60, Louis Worms c. Haute Autorité de la N. M. Blokker et H. G. Schermers (dir. publ.), Prolife-
Communauté européenne du charbon et de l’acier, arrêt ration of International Organizations, Pays-Bas, Kluwer
du 12 juillet 1962, Recueil de jurisprudence, p. 377. Law International, 2001, p. 471 à 482.
42 Documents de la cinquante-sixième session
61. AIEA, Agreement on the privileges and immuni- E. Organisation pour l’interdiction
ties of the IAEA: status list as of 12 September 2000, des armes chimiques
INFCIRC/9/Rev.2/Add.12, 22 septembre 2000.
78. Serguei Batsanov et al., «The Organisation for
62. AIEA, Accord sur les privilèges et immunités de the Prohibition of Chemical Weapons (OPCW)», Inter-
l’Agence, INFCIRC/9/Rev.2, 26 juillet 1967. governmental Organizations, suppl. 7 (octobre 2000),
La Haye, Kluwer, 2000.
63. AIEA, Texts of the Agency’s agreements with
the Republic of Austria, INFCIRC/15/Rev.1/Add.4, F. Secrétariat de l’Organisation des Nations Uniesb
14 mai 1999.
79. Rapport du Secrétaire général intitulé «Examen de
64. AIEA, The texts of the Agency’s agreements with O¶HI¿FDFLWp GX IRQFWLRQQHPHQW DGPLQLVWUDWLI HW ¿QDQFLHU
the Republic of Austria, INFCIRC/15, 10 décembre 1959. de l’Organisation des Nations Unies: modalités mises
HQ SODFH SRXU DSSOLTXHU OD VHFWLRQ GH O¶DUWLFOH 9,,,
65. AIEA, Textes de l’Accord relatif au siège conclu de la Convention sur les privilèges et immunités des
entre l’Agence et l’Autriche et d’accords connexes, Nations Unies, adoptée par l’Assemblée générale le
INFCIRC/15/Rev.1, 12 décembre 1976. 13 février 1946», A/C.5/49/65, 24 avril 1995.
66. AIEA, The texts of the Agency’s agreements with 80. Rapports du Secrétaire général intitulés «Aspects
the Republic of Austria, INFCIRC/15/Add.1 à 3 et Mod.1 DGPLQLVWUDWLIV HW EXGJpWDLUHV GX ¿QDQFHPHQW GHV RSpUD-
à 3, 28 février 1962. WLRQVGHPDLQWLHQGHODSDL[GHV1DWLRQV8QLHV¿QDQFH-
ment des opérations de maintien de la paix des Nations
67. AIEA, The texts of the agreements between the Unies », A/51/389 (notamment la section II), 20 sep-
International Atomic Energy Agency, the United Nations WHPEUH HW $ PDL HW UpVROXWLRQ
and the Federal Government of the Republic of Austria 52/247 de l’Assemblée générale du 26 juin 1998 établis-
UHJDUGLQJ WKH KHDGTXDUWHUV VHDW DQG UHODWHG DJUHHPHQWV VDQWGHVOLPLWHVWHPSRUHOOHVHW¿QDQFLqUHVjODUHVSRQVDEL-
INFCIRC/15/Rev.1/Add.1, 14 mai 1999. lité civile de l’Organisation pour des dommages résultant
d’opérations de maintien de la paix (dorénavant incorpo-
C. Fonds monétaire international rée à l’accord sur le statut des forces et à l’accord sur le
VWDWXWGHODPLVVLRQ ,OHVWLPSRUWDQWGHQRWHUTXHODUpVR-
68. Tribunal de district de Séoul, Tae-Sam Park c. FMI, lution a été adoptée sans avoir été mise aux voix (voir
décision, 27 janvier 2000. 'RFXPHQWVRI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWH
deuxième session, Séances plénières, 88e séance).
69. Cour d’appel de Séoul, Tae-Sam Park c. FMI, arrêt,
19 décembre 2001. 81. Eu égard aux procédures d’arbitrage et de règle-
ment des litiges de droit privé concernant l’Organisation,
&RPPXQLTXpV GH SUHVVH FRQFHUQDQW OHV SRXUVXLWHV il convient également de mentionner le rapport du Secré-
engagées contre le FMI en Roumanie. taire général intitulé «Arbitrages relatifs à des achats»,
A/54/458, 14 octobre 1999.
)0, 3ROLF\ VWDWHPHQW RQ LPPXQLW\ RI )XQG RI¿-
cials, 28 juin 2002. $YLV MXULGLTXH GX IpYULHU IRUPXOp SDU OH
&RQVHLOOHUMXULGLTXHjO¶LQWHQWLRQGX&RQWU{OHXUHWH[DPL-
D. Force multinationale et Observateurs nant la base de règlement et de versement des réclama-
tions présentées à l’Organisation. Il analyse, notamment,
72. Lettre du 4 novembre 1999 adressée à l’Ambassadeur ODFDSDFLWpGHO¶2UJDQLVDWLRQjV¶DFTXLWWHUG¶REOLJDWLRQVHW
du Canada en Italie par le Directeur général de la FMO. de responsabilités de droit privé, les procédures de règle-
PHQW GH FHV UpFODPDWLRQV HW OH FDGUH MXULGLTXH LQWHUQH
73. Lettre du 9 novembre 1999 adressée au Directeur FRQIRUPpPHQW DX 5qJOHPHQW ¿QDQFLHU HW UqJOHV GH JHV-
général de la FMO par l’Ambassadeur du Canada en WLRQ¿QDQFLqUHGHO¶2UJDQLVDWLRQGHV1DWLRQV8QLHV
Italie.
83. Boutros Boutros-Ghali, Agenda pour la paix, 2e éd.,
74. Extrait de la lettre du 3 mai 1990 adressée à l’Am- 1995 (publication des Nations Unies, numéro de vente:
EDVVDGHXU GHV eWDWV8QLV G¶$PpULTXH HQ ,WDOLH SDU OH F.95.I.15).
Directeur général de la FMO.
84. Mémorandum d’accord type relatif aux contributions
75. Lettre du 3 mai 1990 adressée au Directeur général conclu entre l’Organisation des Nations Unies et [l’État
de la FMO par l’Ambassadeur des États-Unis d’Amé- participant] fournissant des ressources à [l’opération de
ULTXHHQ,WDOLH
b
(Q FH TXL FRQFHUQH OD SUDWLTXH DQWpULHXUH OHV pWXGHV pWDEOLHV
76. Extraits des rapports annuels du Directeur général SDU OH 6HFUpWDULDW GH OD &', VXU OD SUDWLTXH VXLYLH SDU O¶2UJDQLVDWLRQ
de la FMO du 25 avril 1987, du 25 avril 1988, du 25 avril des Nations Unies, les institutions spécialisées et l’AIEA, s’agissant
1989, du 25 avril 1990, du 25 avril 1991 et de janvier 2001. de leurs statuts, privilèges et immunités respectifs ont également été
pYRTXpHV>Annuaire… 1967, vol. II, doc. A/CN.4/L.118 et Add.1 et 2,
SAnnuaire… 1985, vol. II (1re partie), additif, doc. A/CN.4/L.383
77. FMO, Servants of Peace: Peacekeeping in Progress, HW$GG j S HW Annuaire… 1991, vol. II (1re partie), doc. A/
Rome, juin 1999. CN.4/438 et A/CN.4/439, p. 93 et suiv.].
Responsabilité des organisations internationales 43
Cinquième rapport sur la protection diplomatique, par M. John Dugard, Rapporteur spécial
[Original: anglais]
[4 mars 2004]
Paragraphes
Chapitres
I. PROTECTION EXERCÉE PAR UN ÉTAT OU UNE ORGANISATION INTERNATIONALE ADMINISTRANT UN TERRITOIRE........................... 5-6 48
II. DÉLÉGATION DU DROIT D’EXERCER LA PROTECTION DIPLOMATIQUE ET CESSION DE RÉCLAMATION ........................................... 7-13 49
III. PROTECTION EXERCÉE PAR UNE ORGANISATION INTERNATIONALE ET PROTECTION DIPLOMATIQUE ............................................. 14-36 50
A. Introduction.......................................................................................................................................................... 14 50
B. Article 23.............................................................................................................................................................. 15-18 51
C. Article 24.............................................................................................................................................................. 19-20 52
D. Article 25 ............................................................................................................................................................. 21-36 53
IV. DROITS DE L’HOMME, PROTECTION DIPLOMATIQUE ET CLAUSE DE SAUVEGARDE GÉNÉRALE..................................................... 37-43 57
Sources
&RQYHQWLRQVGH*HQqYHSRXUODSURWHFWLRQGHVYLFWLPHVGHODJXHUUH *HQqYHDRW Nations Unies, Recueil des Traités,
vol. 75, nos 970 à 973, p. 31 et suiv.
Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre Ibid., no 973, p. 287.
45
46 Documents de la cinquante-sixième session
Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales (Convention Ibid., vol. 213, no 2889, p. 221.
européenne des droits de l’homme) [Rome, 4 novembre 1950]
7UDLWpLQVWLWXDQWOD&RPPXQDXWppFRQRPLTXHHXURSpHQQH 5RPHPDUV Ibid., vol. 294, no 4300, p. 3. Voir
également la version consolidée
du Traité instituant la Communauté
européenne, -RXUQDORI¿FLHOGHV
Communautés européennes,
no C 340, vol. 40, 10 novembre 1997,
p. 173-306.
Convention (no 108) concernant les pièces d’identité nationales des gens de mer Ibid., vol. 389, no 5598, p. 277.
(Genève, 13 mai 1958)
&RQYHQWLRQGH9LHQQHVXUOHVUHODWLRQVGLSORPDWLTXHV 9LHQQHDYULO61) Ibid., vol. 500, no 7310, p. 95.
Convention relative aux infractions et à certains autres actes survenant à bord des aéronefs Ibid., vol. 704, no 10106, p. 219.
(Tokyo, 14 septembre 1963)
Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale Ibid., vol. 660, no 9464, p. 195.
(New York, 21 décembre 1965)
3DFWHLQWHUQDWLRQDOUHODWLIDX[GURLWVFLYLOVHWSROLWLTXHV 1HZ<RUNGpFHPEUH Ibid., vol. 999, no 14668, p. 171.
&RQYHQWLRQDPpULFDLQHUHODWLYHDX[GURLWVGHO¶KRPPH 3DFWHGH6DQ-RVpGH&RVWD5LFD Ibid., vol. 1144, no 17955, p. 123.
>6DQ-RVpQRYHPEUH@
Convention (no 147) concernant les normes minima à observer sur les navires marchands Ibid., vol. 1259, no 20690, p. 335.
(Genève, 29 octobre 1976)
Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (Nairobi, 27 juin 1981) Ibid., vol. 1520, no 26363, p. 217.
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Montego Bay, 10 décembre 1982) Ibid., vol. 1834, no 31363, p. 3.
Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants Ibid., vol. 1465, no 24841, p. 85.
(New York, 10 décembre 1984)
Traité sur l’Union européenne (Traité de Maastricht) [Maastricht, 7 février 1992] Ibid., vol. 1757, no 30615, p. 3.
Introduction1
1. 1Le Rapporteur spécial a présenté à la Commission sion les a examinés de manière approfondie et a approuvé
GX GURLW LQWHUQDWLRQDO TXDWUH UDSSRUWV VXU OD SURWHFWLRQ 16 projets d’article. Elle a écarté six projets d’article au
GLSORPDWLTXH GHV SHUVRQQHV SK\VLTXHV HW PRUDOHV HW VXU PRWLI TX¶LOV QH UHOHYDLHQW SDV GH OD SURWHFWLRQ GLSORPD-
l’épuisement des recours internes2. Ces rapports traitaient WLTXHRXTXHODTXHVWLRQGRQWLOVWUDLWDLHQWQ¶pWDLWSDVSUrWH
GHWRXWHVOHVTXHVWLRQVTXHO¶RQDVVRFLHWUDGLWLRQQHOOHPHQW jrWUHFRGL¿pH
au sujet et contenaient 22 projets d’article. La Commis-
2. Dans son troisième rapport, en 2002, le Rapporteur
1
Le Rapporteur spécial exprime sa gratitude aux étudiants dont le spécial a examiné un certain nombre de propositions
QRPVXLWTXLO¶RQWDLGpjpWDEOLUOHSUpVHQWUDSSRUW$PDQGD5DZOVHW WHQGDQWjFHTXHOHSURMHWVRLWpODUJLjGLYHUVHVTXHVWLRQV
Elina Kreditor (Université de New York), Frank Riemann (Kennedy TXLWUDGLWLRQQHOOHPHQWQHUHOHYDLHQWSDVGHODSURWHFWLRQ
School of Government, Université de Harvard), Megan Hirst (Univer- GLSORPDWLTXH3. ¬VDFLQTXDQWHTXDWULqPHVHVVLRQHQ
sité de Queensland) et Michael Vagias (Université de Leyde). la Commission s’est donc demandé s’il était souhaitable
2
Annuaire… 2000, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/506 et Add.1,
SAnnuaire… 2001, vol. II (1reSDUWLH GRF$&1S
Annuaire… 2002, vol. II (1reSDUWLH GRF$&1HW$GGS 3
Annuaire… 2002, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/523 et Add.1,
et Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/530 et Add.1, p. 3. p. 52 et 53, par. 16.
48 Documents de la cinquante-sixième session
4
Ibid., vol. II (2e partie), p. 52 à 55, par. 118 à 149.
5
Ibid., p. 55, par. 146. 8
'RFXPHQWVRI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPH
6
Ibid., par. 145. session, Sixième Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 48.
7
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 14, par. 28 et 29. 9
Ibid., 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 3.
CHAPITRE PREMIER
SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH GH OD SXLVVDQFH DGPLQLVWUDQWH et la portée de la protection dépendent de l’arrangement
PDLV FHWWH SUDWLTXH HVW OLPLWpH16 et fonction du traité ou institutionnel conclu entre le territoire administré, la
de la relation institutionnelle entre l’État administrant puissance administrante et des États tiers. Il n’y a donc
et l’État administré et, de toute manière, repose sur le DXFXQpOpPHQWRXLO\HQDWURSSHXDWWHVWDQWXQHSUDWLTXH
FRQVHQWHPHQW GH O¶eWDW YLVjYLV GXTXHO FHWWH SURWHFWLRQ JpQpUDOHMXVWL¿DQWXQHFRGL¿FDWLRQRXXQGpYHORSSHPHQW
doit être exercée17. Il y a peut-être des précédents en SURJUHVVLIGXGURLW4XRLTX¶LOHQVRLWLOV¶DJLWHQO¶HVSqFH
faveur de la protection des résidents d’un territoire d’une forme de protection fonctionnelle19 du type reconnu
administré par une organisation ou une institution dans l’affaire de la Réparation20, dont la Commission a
internationale – ou censé être administré par une telle GpFLGpTX¶HOOHQHUHOHYDLWSDVGHODSUpVHQWHpWXGHGHOD
organisation ou institution18 – mais, là encore, la nature SURWHFWLRQGLSORPDWLTXH
16
National Bank of Egypt v. Austro-Hungarian Bank, affaire no 10, 1DPLELHQVDORUVTXHO¶$IULTXHGX6XGFRQWLQXDLWG¶RFFXSHUOD1DPLELH
Annual Digest of Public International Law Cases 1923–1924, Londres, (voir Engers, «The United Nations travel and identity document for
/RQJPDQVSFalla-Nataf and Brothers v. Germany, affaire Namibians»). $VVXUpPHQW OH &RQVHLO SHQVDLW TXH OD GpOLYUDQFH G¶XQ
no 24, ibid., 1927–1928 LELG S Parounak and Bedros tel document emportait un droit de protection. L’auteur ne connaît
Parounakian v. Turkish Government, affaire no 11, ibid., 1929–1930, FHSHQGDQW DXFXQ FDV GDQV OHTXHO XQH WHOOH SURWHFWLRQ D pWp DFFRUGpH
S6FKZDU]HQEHUJHUInternational Law, p. 378 à 381. Voir également Nguyen Quoc, Daillier et Pellet, Droit international
17
Schwarzenberger, op. cit., p. 378 à 381, 592 à 595. public, p. 612 et 613, par. 394.
19
18
Le Conseil des Nations Unies pour le Sud-Ouest africain, créé Schwarzenberger, op. cit., p. 593.
20
en 1967 par l’Assemblée générale dans sa résolution 2248 (S-V) du Réparation des dommages subis au service des Nations Unies,
19 mai 1967, délivrait des documents de voyage et d’identité aux avis consultatif, C.I.J. Recueil 1949, p. 174.
CHAPITRE II
26
Voir l’article premier du projet d’articles sur la protection
21
-HQQLQJVHW:DWWVRSFLWS GLSORPDWLTXHDGRSWpjWLWUHSURYLVRLUHSDUOD&RPPLVVLRQ>Annuaire…
22
Oppenheim cite le cas de la protection des nationaux des Samoa 2002, vol. II (2e partie), p. 71, par. 280].
27
occidentales aux termes d’un traité d’amitié de 1962 (ibid., note 2). Voir Stein, loc. cit., en particulier p. 278 et 289.
23 28
Voir supra les notes 13 et 16. Voir l’article 2 du projet d’articles adopté par la Commission
24
Voir De Lupis, The Law of War, p. 323. (supraQRWH DIIDLUHGXChemin de fer Panevezys-Saldutiskis, arrêt,
25
Article 20 de la version consolidée du Traité instituant la 1939, C.P.J.I. série A/B no 76, p. 16.
29
Communauté européenne. Voir généralement, au sujet de cette Voir Stein, loc. cit., p. 280, 281, 284 et 287. Voir également
disposition, Stein, «Interim report on diplomatic protection under the Borchard, The Diplomatic Protection of Citizens Abroad, p. 472.
30
European Union treaty», p. 277 et suiv. Art. 45 c. Voir également l’article 46.
50 Documents de la cinquante-sixième session
l’État déléguant, l’État délégataire et l’État tiers à l’en- à la cession (assignment) des réclamations35. Selon
FRQWUHGXTXHOODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHHVWH[HUFpH&H Brownlie:
IDFWHXUDVVRFLpDXSHXGHSUDWLTXHGHVeWDWVVXUOHVXMHW
FRQ¿UPHTXHFHOXLFLQ¶HVWSDVSUrWjrWUHFRGL¿p 6LGXUDQWODSpULRGHFULWLTXHXQHUpFODPDWLRQHVWFpGpHjRXSDUXQQRQ
QDWLRQDOGHO¶eWDWUHTXpUDQWHOOHGRLWrWUHUHMHWpH7RXWHIRLVODFHVVLRQ
n’affecte pas la réclamation si le principe de la continuité est observé36.
10. La cession par une personne à une autre d’une
réclamation pouvant donner lieu à la protection /D VXEURJDWLRQ HVW OH PpFDQLVPH MXULGLTXH
GLSORPDWLTXH SHXW LQWHUYHQLU GDQV GLIIpUHQWHV VLWXDWLRQV permettant à l’assureur d’exercer les droits de l’assuré
dont les plus communes sont probablement la succession HW GH SUpVHQWHU XQH UpFODPDWLRQ MXULGLTXH j UDLVRQ GX
en cas de décès, la cession et la subrogation aux termes préjudice subi. 8QHIRLVTXHO¶DVVXUHXUDGpVLQWpUHVVpO¶DV-
d’un contrat d’assurance. Dans de tels cas, la règle de la suré, il se substitue à lui. L’assuré ne peut plus réclamer
continuité de la nationalité, consacrée à l’article 4 du projet de dommages-intérêts en son nom propre dans la mesure
G¶DUWLFOHV VXU OD SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH V¶DSSOLTXH31. où il a été indemnisé par l’assureur37. En cas de subroga-
&HOD VLJQL¿H TXH DXVVL ORQJWHPSV TXH OD UpFODPDWLRQ tion dans le cadre d’un contrat d’assurance, le principe
appartient de manière continue à un national de l’État GHODFRQWLQXLWpGHODQDWLRQDOLWpQ¶HVWREVHUYpTXHVLWDQW
UHTXpUDQWjFRPSWHUGHODGDWHGXGRPPDJHMXVTX¶jFHOOH O¶DVVXUpTXHO¶DVVXUHXUVRQWGHVQDWLRQDX[GHO¶eWDWUHTXp-
de la présentation de la réclamation, un changement dans rant38. L’État ne peut intervenir pour le compte d’assu-
la propriété de cette réclamation n’affecte pas le droit de reurs étrangers même si l’assuré était son national39. À
O¶eWDW UHTXpUDQW G¶H[HUFHU VD SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH l’inverse, un État ne peut présenter de réclamation au nom
Ainsi, une réclamation sera rejetée: G¶XQHFRPSDJQLHG¶DVVXUDQFHVQDWLRQDOHTXLDDVVXUpGHV
ELHQVpWUDQJHUVSDUFHTXHODUpFODPDWLRQQ¶DSSDUWHQDLWSDV
a) si elle a été cédée par un national à un non- à un national au moment où le préjudice a été subi. Même
QDWLRQDO GH O¶eWDW UHTXpUDQW GXUDQW OD SpULRGH FULWLTXH32, VLGDQVTXHOTXHVDIIDLUHVOHVUpFODPDWLRQVG¶DVVXUHXUVGH
F¶HVWjGLUHVLHOOHDpWp©GpQDWLRQDOLVpHª biens étrangers ont été accueillies40LOVHPEOHTXHF¶pWDLW
VXU OD EDVH GH O¶pTXLWp 4XRL TX¶LO HQ VRLW FHV DIIDLUHV
b) si elle a été cédée par un non-national à un natio- n’établissent pas une dérogation à la règle de la continuité
QDOGHO¶eWDWUHTXpUDQWDSUqVODGDWHGXGRPPDJH33, c’est- GHODQDWLRQDOLWpTXLFRQVWLWXHUDLWXQHUqJOHH[FHSWLRQQHOOH
à-dire si elle a été «nationalisée».
13. Comme la cession des réclamations est régie par la
11. Selon la jurisprudence, si la personne au nom de règle de la continuité de la nationalité, il n’est nul besoin
ODTXHOOH XQH UpFODPDWLRQ GLSORPDWLTXH D pWp SUpVHQWpH G¶HQYLVDJHUGHFRGL¿HUGDYDQWDJHOHVXMHW
décède, la réclamation ne peut être légitimement
PDLQWHQXH TXH VL O¶KpULWLHU RX OH OpJDWDLUH D OD PrPH
QDWLRQDOLWpTXHOHGpIXQW34. /HPrPHSULQFLSHV¶DSSOLTXH
LELG S Minnie Stevens Eschauzier (Great Britain) v. United
Mexican States LELGSKren (1953), ILRYROS
31
-HQQLQJVHW:DWWVRSFLWS%URZQOLHPrinciples of Public Perle LELG YRO S Bogovic LELG S
International LawSj2¶&RQQHOOInternational Law, p. 1049 Hanover Bank LELGYRO ,, SFriede (1956),
à 1051. Voir également la résolution de l’Institut de droit international LELGSRuchwarger (1959), ibid., vol. 30, p. 215.
DGRSWpHORUVGHODVHVVLRQTX¶LODWHQXHHQj9DUVRYLH Annuaire 35
Réclamations Perle (1954), ILRYROSDobozy (1958),
de l’Institut de droit international, 1965, t. II, p. 260). L’article 2 de
LELGYRO ,, SFirst National City Bank of New York
la résolution sur le caractère national d’une réclamation internationale
LELGSBatavian National Bank (1957), ibid., p. 346.
présentée par un État en raison d’un dommage subi par un individu est 36
ainsi libellé (ibid., p. 261): Op. cit., p. 462.
©/RUVTXH OH EpQp¿FLDLUH G¶XQH UpFODPDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH HVW XQH 37
Voir Whiteman, Damages in International Law, p. 1320.
DXWUHSHUVRQQHTXHO¶LQGLYLGXOpVpRULJLQDLUHPHQWODUpFODPDWLRQSHXW 38
The Home Insurance Company (U.S.A.) v. United Mexican States,
rWUHUHMHWpHSDUO¶eWDWDXTXHOHOOHHVWSUpVHQWpHHWHVWLUUHFHYDEOHGHYDQW Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. IV (numéro de
la juridiction saisie, à moins d’avoir possédé le caractère national vente: 1951.V.1), p. 48. Toutefois, selon certaines décisions, l’assureur
GHO¶eWDWUHTXpUDQWDXVVLELHQjODGDWHGXGRPPDJHTX¶jFHOOHGHVD GRLW VXSSRUWHU OHV ULVTXHV HQYLVDJpV GDQV OD SROLFH HW QH SHXW GRQF
présentation.» prétendre à la protection: The Eagle Star and British Dominions
32
Borchard, op. cit., p. 637. Insurance Company (Ltd.) and Excess Insurance Company (Ltd.)
33
Réclamation Dobozy (1958), ILR, vol. 26 (1958-II), p. 345. (Great Britain) v. United Mexican States (1931), ibid., vol. V (numéro
34
Affaires Stevenson (1903), Nations Unies, Recueil des sentences de vente: 1952.V.3), p. 142.
arbitrales, vol. ,; QXPpURGHYHQWH9 SCaptain W. H.
39
9RLU 2¶&RQQHOO RS FLW S +DFNZRUWK Digest of
Gleadell (Great Britain) v. United Mexican States (1929), ibid., vol. V International Law, vol. V, p. 810.
QXPpURGHYHQWH9 SF. W. Flack, on behalf of the estate 40
Voir les affaires concernant les navires Caldera, Circassian et
of the late D. L. Flack (Great Britain) v. United Mexican State (1929), Mechanic, décrites dans Whiteman, Damages…, p. 1320 à 1328.
CHAPITRE III
A. Introduction DpWppYRTXpHHQSOXVLHXUVRFFDVLRQVORUVGHVGpEDWVTXL
ont eu lieu à la Commission sur le sujet de la protection
14. La relation entre la protection de ses agents par une GLSORPDWLTXH/DTXHVWLRQTX¶LOIDXWPDLQWHQDQWVHSRVHU
RUJDQLVDWLRQ LQWHUJRXYHUQHPHQWDOH TXHOTXHIRLV DSSHOpH HVW FHOOH GH VDYRLU VL HW GDQV O¶DI¿UPDWLYH GDQV TXHOOH
©SURWHFWLRQIRQFWLRQQHOOHª HWODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXH mesure et comment, cette relation doit être traitée dans le
Protection diplomatique 51
SURMHWG¶DUWLFOHVVXUODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXH3OXVLHXUV LO HVW HVVHQWLHO TXH O¶DJHQW ± TX¶LO DSSDUWLHQQH j XQ eWDW SXLVVDQW RX
articles sont proposés ci-après à l’examen de la Commis- faible, à un État plus ou moins touché par les complications de la vie
internationale, à un État en sympathie ou non avec sa mission – sache
VLRQTXLYLVHQWjFRXYULUWRXWHVOHVTXHVWLRQVGpFRXODQWGH TXHGDQVO¶H[HUFLFHGHVHVIRQFWLRQVLOHVWSODFpVRXVODSURWHFWLRQGH
FHWWHUHODWLRQ,OVHSRXUUDLWELHQTXHGHVFODXVHVGHVDXYH- l’Organisation. (Cette assurance est encore plus nécessaire si l’agent
garde du type de celles proposées aux projets d’articles 23 est un apatride.)
et 24 soient inutiles. Par contre, une disposition comme ¬FRQVLGpUHUOHFDUDFWqUHGHVIRQFWLRQVFRQ¿pHVjO¶2UJDQLVDWLRQHW
l’article 25 est probablement nécessaire pour prendre ODQDWXUHGHVPLVVLRQVGHVHVDJHQWVLOGHYLHQWpYLGHQWTXHODTXDOLWp
acte de la relation entre la protection exercée par une de l’Organisation pour exercer, dans une certaine mesure, une protec-
RUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHHWODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXH WLRQ IRQFWLRQQHOOH GH VHV DJHQWV HVW QpFHVVDLUHPHQW LPSOLTXpH SDU OD
Charte43.
QUATRIÈME PARTIE.
/D&RXUD¿QDOHPHQWFRQFOX
PROTECTION EXERCÉE PAR UNE ORGANISA-
Qu’au cas où un agent des Nations Unies subit, dans l’exercice de
TION INTERNATIONALE ET PROTECTION ses fonctions, un dommage dans des conditions de nature à engager la
DIPLOMATIQUE UHVSRQVDELOLWp G¶XQ eWDW 0HPEUH GH O¶2UJDQLVDWLRQ FHOOHFL D TXDOLWp
pour présenter contre le gouvernement de jure ou de facto responsable
Article 23 une réclamation internationale en vue d’obtenir la réparation des dom-
mages causés aux Nations Unies [et] ... à la victime ou à ses ayants
Les présents articles sont sans préjudice du droit droit44.
d’une organisation internationale d’exercer sa protec- /¶DYLV GH OD &,- D pWp DSSURXYp SDU O¶$VVHPEOpH
WLRQ DX EpQp¿FH GH VHV DJHQWV OpVpV SDU OH IDLW LQWHU générale dans sa résolution 365 (IV) du 1er décembre 1949
nationalement illicite d’un État. HW D pWp VXLYL ELHQ TXH SDU LPSOLFDWLRQ QpFHVVDLUH
seulement, par la Cour dans d’autres avis consultatifs45
Article 24
et par le Tribunal administratif de l’OIT dans l’affaire
Les présents articles sont sans préjudice du droit de Jurado c. OIT (no 1)46. /DSUDWLTXHFRQVLVWDQWSRXUO¶2UJD-
l’État d’exercer sa protection diplomatique contre une nisation des Nations Unies à formuler des réclamations
organisation internationale. SRXUOHFRPSWHGHVHVDJHQWVDX[TXHOVGHVeWDWVRQWSDU
leur fait illicite causé un préjudice atteste l’acceptation de
Article 25 l’avis de la Cour47.
%LHQ TX¶LO \ DLW GHV VLPLODULWpV HQWUH OD SURWHFWLRQ fonctionnelle relève de l’étude de la responsabilité des
IRQFWLRQQHOOH HW OD SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH LO \ D DXVVL organisations internationales. À de nombreux égards, le
d’importantes différences. /DSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHHVW sujet à l’examen est à la responsabilité des organisations
un mécanisme conçu pour assurer la réparation du préju- LQWHUQDWLRQDOHVFHTXHODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHHVWjOD
GLFHFDXVpDXQDWLRQDOG¶XQeWDWTXLSRVWXOHTX¶XQSUpMX- responsabilité des États. &HOD VHPEOHUDLW LQGLTXHU TX¶LO
dice causé à un national est un préjudice causé à l’État appelle une étude distincte.
OXLPrPH /D SURWHFWLRQ IRQFWLRQQHOOH HVW TXDQW j HOOH
XQPR\HQGHSURPRXYRLUO¶HI¿FDFLWpGXIRQFWLRQQHPHQW C. Article 24
G¶XQH RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH HQ JDUDQWLVVDQW TXH
ses agents sont respectés. Des différences de ce type ont Les présents articles sont sans préjudice du droit de
amené aussi bien la Commission du droit international48 l’État d’exercer sa protection diplomatique contre une
TXHOD6L[LqPH&RPPLVVLRQ49jFRQFOXUHTXHODSURWHFWLRQ organisation internationale.
de ses agents par une organisation internationale n’a pas
sa place dans un projet d’articles sur la protection diplo- /D TXHVWLRQ GH VDYRLU VL XQ eWDW SHXW H[HUFHU VD
PDWLTXH 'H QRPEUHXVHV TXHVWLRQV UHVWHQW VDQV UpSRQVH SURWHFWLRQGLSORPDWLTXHDXEpQp¿FHG¶XQGHVHVQDWLRQDX[
HQ FH TXL FRQFHUQH OD SURWHFWLRQ IRQFWLRQQHOOH GRQW OHV contre une organisation internationale n’a pas été traitée
suivantes sont peut-être les plus importantes: Quels SDUOD&,-GDQVO¶DIIDLUHGHODRéparationELHQTX¶HOOHDLW
agents d’une organisation internationale peuvent être préoccupé certains juges56. (Q 5LWWHU D pFULW TX¶LO
protégés50? Quelles organisations internationales peuvent s’agissait là d’un des domaines les moins étudiés du droit
exercer la protection fonctionnelle? S’agit-il de la seule international57. Quarante ans plus tard, Wellens a fait
organisation des Nations Unies ou de toutes les organi- REVHUYHUTXHO¶REVHUYDWLRQGH5LWWHU©HVWWRXMRXUVYDOLGH
sations intergouvernementales51"6¶DSSOLTXHWHOOHVHXOH- DXMRXUG¶KXL FDU OD SUDWLTXH GHV eWDWV HVW UDUH HW OD MXULV-
ment en cas de dommages subis dans l’exercice de fonc- SUXGHQFHQ¶DSDVHQFRUHH[SUHVVpPHQWWUDLWpGHODTXHV-
WLRQVRI¿FLHOOHV52? Une organisation internationale a-t-elle tion de savoir si un tel exercice est praticable58».
l’obligation de protéger ses agents53? L’agent lésé doit-il
d’abord épuiser les recours internes54? La protection fonc- 0DQLIHVWHPHQW F¶HVW XQ VXMHW TXL HVW OLp j OD
tionnelle peut-elle être exercée contre l’État de nationalité SURWHFWLRQGLSORPDWLTXHLes règles régissant la nationa-
de l’agent lésé55? OLWpVRQWDSSOLFDEOHVELHQTX¶LOSXLVVHrWUHQpFHVVDLUHGH
PRGL¿HUOHVUqJOHVUHODWLYHVjODGRXEOHQDWLRQDOLWpGDQV
18. La protection de ses agents par une organisation OHVFDVRXQHSHUVRQQHHVWXQQDWLRQDOGHO¶eWDWUHTXpUDQW
internationale est par sa nature différente de la protection et un agent de l’organisation internationale défenderesse.
GLSORPDWLTXH De plus, les incertitudes sont si nom- ,O Q¶HVW SDV VU TXH OHV UqJOHV UHODWLYHV j O¶pSXLVHPHQW
EUHXVHVHQFHTXLFRQFHUQHFHWWHIRUPHGHSURWHFWLRQTX¶LO GHV UHFRXUV LQWHUQHV V¶DSSOLTXHQW FRPPH O¶DWWHVWHQW OHV
HVW GLI¿FLOH GH GLVFHUQHU GHV UqJOHV FRXWXPLqUHV FODLUHV différentes opinions exprimées sur le sujet par les publi-
en la matière. Dans ces conditions, il semble préférable cistes59%LHQTXHFHVXMHWVRLWSURFKHGHFHOXLGHODSUR-
G¶H[FOXUH FH VXMHW GH OD SUpVHQWH pWXGH HW GH O¶LQGLTXHU WHFWLRQ GLSORPDWLTXH LO VHPEOH UHOHYHU GH O¶pWXGH GH OD
clairement dans une clause de sauvegarde comme celle UHVSRQVDELOLWpGHVRUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVSXLVTX¶LO
TXL ¿JXUH j O¶DUWLFOH La Commission pourra vouloir VRXOqYH HVVHQWLHOOHPHQW GHV TXHVWLRQV G¶DWWULEXWLRQ GH
donner son avis sur le point de savoir si la protection responsabilité et de réparation. De plus, le présent projet
G¶DUWLFOHVFRQFHUQHVXUWRXWODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHGX
48
Annuaire… 2002, vol. II (2e partie), par. 122 et 145, respectivement point de vue de l’État auteur de la réclamation, c’est-à-
p. 52 et 55. GLUH OHV FLUFRQVWDQFHV GDQV OHVTXHOOHV GHV UpFODPDWLRQV
49
&¶HVW FH TX¶RQW LQGLTXp FODLUHPHQW OHV RUDWHXUV TXL RQW SULV OD peuvent être présentées – et non de celui de l’État défen-
SDUROHORUVGXGpEDWTXLDHXOLHXjOD6L[LqPH&RPPLVVLRQHQHW deur. Inévitablement, une étude de la protection diploma-
en 2003 sur le rapport de la Commission.
50
WLTXHH[HUFpHjO¶pJDUGG¶XQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOH
Voir l’opinion individuelle du juge Azevedo dans l’affaire de VHUDLWD[pHVXUODTXHVWLRQGHVDYRLUVLHWGDQVO¶DI¿UPD-
la Réparation (supra QRWH S j HW +DUG\ ©&ODLPV E\
international organizations in respect of injuries to their agents», p. 522 tive, comment cette protection peut être exercée contre
et 523. XQH HQWLWp QRQ pWDWLTXH GRQW OD SHUVRQQDOLWp PRUDOH HVW
51
Brownlie, op. cit., p. 654 et 655. Voir également les opinions Gp¿QLHSDUVRQSURSUHDFWHFRQVWLWXWLIHWQRQSDUOHGURLW
dissidentes des juges Hackworth et Badawi Pasha dans l’affaire de la international coutumier. Dans ces conditions, il est pro-
Réparation S HW UHVSHFWLYHPHQW 3HVFDWRUH ©/HV UHODWLRQV SRVpG¶H[DPLQHUFHWWHTXHVWLRQGDQVOHFDGUHGHO¶pWXGHGH
extérieures des Communautés européennes: contribution à la doctrine
GH OD SHUVRQQDOLWp GHV RUJDQLVDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHVª S HW la responsabilité des organisations internationales. Il est
Schermers et Blokker, International Institutional Law, p. 1184, H[WUrPHPHQW GRXWHX[ TX¶LO IDLOOH HQ IDLUH PHQWLRQ GDQV
par. 1857. une clause de sauvegarde comme celle proposée dans le
52
Hardy, loc. cit., p. 521 et 523. projet d’article 24.
53
Voir l’affaire Jurado (supraQRWH S3HVFDWRUHORFFLW
S $NHKXUVW The Law Governing Employment in International 56
Organizations, p. 99 et 100. Voir, par exemple, l’opinion dissidente du juge Krylov (supra,
54 note 20), p. 219.
Cançado Trindade, «Exhaustion of local remedies and the law
of international organizations» S HW (DJOHWRQ «International
57
©/D SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH j O¶pJDUG G¶XQH RUJDQLVDWLRQ
organization and the law of responsibility» S HW +DUG\ internationale», p. 427. Voir également p. 454 et 455.
ORF FLW S $PHUDVLQJKH Principles of the Institutional Law of 58
Remedies against International Organizations, p. 74.
International Organizations, p. 440 et 441, et Local Remedies in 59
(DJOHWRQ ORF FLW S HW :HOOHQV RS FLW S j
International Law, p. 372 et 373. &DQoDGR7ULQGDGHORFFLWSj$PHUDVLQJKHLocal Remedies…,
55
/D&,-DUpSRQGXjFHWWHTXHVWLRQSDUO¶DI¿UPDWLYHGDQVO¶DIIDLUH Sj6FKHUPHUVHW%ORNNHURSFLWSHWSDU
de la Réparation (voir supra la note 20), p. 186. Sed contra, voir Gramlich, «Diplomatic protection against acts of intergovernmental
l’opinion dissidente du juge Krylov (ibid., p. 218). RUJDQVªS5LWWHUORFFLW
Protection diplomatique 53
D. Article 25 %LHQTXHOHVEDVHVGHVGHX[UpFODPDWLRQVVRLHQWGLIIpUHQWHVFHODQH
VLJQL¿HSDVTXHO¶eWDWGpIHQGHXUSXLVVHrWUHFRQWUDLQWjSD\HUGHX[IRLV
la réparation due à raison du dommage. Les tribunaux internationaux
Les présents articles sont sans préjudice du droit de FRQQDLVVHQWELHQOHSUREOqPHTXHSRVHXQHUpFODPDWLRQjODTXHOOHVRQW
l’État d’exercer sa protection diplomatique au béné- intéressés deux ou plusieurs États nationaux, et ils savent comment pro-
¿FHG¶XQQDWLRQDOTXLHVWDXVVLDJHQWG¶XQHRUJDQLVD- téger, en pareil cas, l’État défendeur.
tion internationale [lorsque cette organisation n’est
pas en mesure d’exercer sa protection fonctionnelle au /HULVTXHGHFRQFXUUHQFHHQWUHO¶2UJDQLVDWLRQHWO¶eWDWQDWLRQDOSHXW
EpQp¿FH GH O¶LQWpUHVVp RX ORUVTX¶HOOH QH VRXKDLWH SDV être réduit ou éliminé, soit par une convention générale, soit par des
DFFRUGVFRQFOXVGDQVFKDTXHFDVG¶HVSqFH,OQ¶HVWSDVGRXWHX[TX¶DYHF
le faire.] OHWHPSVXQHSUDWLTXHVHGpYHORSSHUDHWLOFRQYLHQWGHVHUDSSHOHUTXH
déjà certains États, dont les ressortissants ont subi des dommages, au
/D TXHVWLRQ GH VDYRLU VL XQ eWDW SHXW H[HUFHU VD cours de missions entreprises par eux pour le compte de l’Organisation,
SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH DX SUR¿W G¶XQ GH VHV QDWLRQDX[ se sont montrés raisonnablement disposés à rechercher, dans un esprit
GHFRRSpUDWLRQXQHVROXWLRQSUDWLTXH65.
TXL HVW DJHQW G¶XQH RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH UHOqYH j
l’évidence de la présente étude. Cela ressort des débats
La Cour s’est alors penchée sur le problème pouvant se
TXLRQWHXOLHXDXVVLELHQjOD&RPPLVVLRQGXGURLWLQWHU-
poser si l’agent est un national de l’État défendeur. Elle a
national60TX¶jOD6L[LqPH&RPPLVVLRQ61.
GpFODUpFHTXLVXLW
22. Le souci des États pour le droit de protection /DSUDWLTXHJpQpUDOHPHQWVXLYLHVHORQODTXHOOHXQeWDWQ¶H[HUFHSDV
GLSORPDWLTXHDXFDVRO¶218VHUDLWDXWRULVpHjSUpVHQWHU VDSURWHFWLRQDXSUR¿WG¶XQGHVHVQDWLRQDX[FRQWUHXQeWDWTXLFRQVL-
des réclamations pour le compte de leurs nationaux parce dère celui-ci comme son propre national ne constitue pas un précédent
TX¶LOV VRQW GHV DJHQWV GH O¶2UJDQLVDWLRQ62 transparaît dont on puisse se prévaloir ici. En effet, l’action exercée par l’Orga-
GDQV OD TXHVWLRQ DGUHVVpH j OD &,- GDQV O¶DIIDLUH GH OD nisation ne se fonde pas sur la nationalité de la victime mais sur sa
TXDOLWpG¶DJHQWGHO¶2UJDQLVDWLRQ,OHVWGRQFLFLLQGLIIpUHQWGHVDYRLU
Réparation. L’Assemblée générale a demandé à la Cour, VL O¶eWDW DXTXHO V¶DGUHVVH OD UpFODPDWLRQ OH FRQVLGqUH RX QRQ FRPPH
VLHOOHGpFLGDLWTXHO¶218DYDLWTXDOLWpSRXUSUpVHQWHUXQH VRQQDWLRQDOFDUODTXHVWLRQGHVDQDWLRQDOLWpQ¶HVWSDVSHUWLQHQWHSRXU
réclamation à un État en vue d’obtenir la réparation des l’admissibilité de la réclamation.
dommages causés à un agent, de dire «comment l’action
de l’Organisation des Nations Unies doit-elle se concilier (QGURLWLOQHVHPEOHGRQFSDVTXHODFLUFRQVWDQFHTXHO¶DJHQWSRV-
sède la nationalité de l’État défendeur constitue un obstacle à une récla-
DYHFOHVGURLWVTXHO¶eWDWGRQWODYLFWLPHHVWUHVVRUWLVVDQWH PDWLRQ SUpVHQWpH SDU O¶2UJDQLVDWLRQ j UDLVRQ G¶XQ PDQTXHPHQW DX[
pourrait posséder?63» REOLJDWLRQV H[LVWDQW HQYHUV HOOH TXL V¶HVW SURGXLW GDQV O¶H[HUFLFH SDU
cet agent, de sa mission66.
(Q UpSRQGDQW j FHWWH TXHVWLRQ OD &,- D UHFRQQX
G¶HPEOpH TXH HQ FDV GH GRPPDJH FDXVp j XQ DJHQW GH La Cour a conclu:
O¶218 TXL Q¶HVW SDV XQ QDWLRQDO GH O¶eWDW GpIHQGHXU
©OHGURLWGHSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHDSSDUWHQDQWjO¶eWDW Quand l’Organisation des Nations Unies présente une réclamation
et le droit de protection fonctionnelle appartenant à en vue d’obtenir la réparation des dommages causés à son agent, elle
QHSHXWOHIDLUHTX¶HQVHIRQGDQWVXUXQPDQTXHPHQWjGHVREOLJDWLRQV
l’Organisation peuvent se trouver en concurrence64». La H[LVWDQW HQYHUV HOOH OH UHVSHFW GH FHWWH UqJOH DXUD G¶RUGLQDLUH SRXU
Cour a ensuite déclaré: FRQVpTXHQFH GH SUpYHQLU XQ FRQÀLW HQWUH O¶DFWLRQ GH O¶2UJDQLVDWLRQ
HW OHV GURLWV TXH SRXUUDLW SRVVpGHU O¶eWDW GRQW OD YLFWLPH HVW UHVVRU-
(Q SDUHLO FDV LO Q¶H[LVWH SDV GH UqJOH GH GURLW TXL DWWULEXH XQH WLVVDQW HW GH OD VRUWH G¶DVVXUHU OD FRQFLOLDWLRQ GH FHV UpFODPDWLRQV
SULRULWp j O¶XQ RX j O¶DXWUH RX TXL REOLJH VRLW O¶eWDW VRLW O¶2UJDQLVD- cette conciliation dépendra pour le surplus de considérations propres
tion à s’abstenir de présenter une réclamation internationale. La Cour jFKDTXHFDVG¶HVSqFHHWG¶DFFRUGVjFRQFOXUHHQWUHO¶2UJDQLVDWLRQHW
QH FRQoRLW SDV SRXUTXRL OHV SDUWLHV LQWpUHVVpHV QH SRXUUDLHQW WURXYHU OHV GLYHUV eWDWV LQGLYLGXHOOHPHQW VRLW HQ JpQpUDO VRLW GDQV FKDTXH
GHVVROXWLRQVLQVSLUpHVSDUODERQQHYRORQWpHWOHERQVHQVHWSRXUOHV cas d’espèce67.
rapports entre l’Organisation et ses Membres, elle attire l’attention sur
le devoir de ceux-ci de donner «pleine assistance», devoir prévu par /H IDLW TXH OD &,- Q¶DLW SDV pQRQFp GH GLUHFWLYHV
l’Article 2, paragraphe 5, de la Charte.
claires s’agissant de concilier l’exercice concurrent de la
SURWHFWLRQIRQFWLRQQHOOHHWGHODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXH
60
Annuaire… 2002, vol. II (2e partie), p. 52 et 53, par. 123.
a troublé des juges dissidents68DLQVLTXHGHVUHSUpVHQWDQWV
61
/RUVGHVGpEDWVTXLRQWHXOLHXjOD6L[LqPH&RPPLVVLRQVXUOH
TXL RQW SULV OD SDUROH j OD 6L[LqPH &RPPLVVLRQ ORUV GX
rapport de la Commission du droit international en 2002 et en 2003, débat sur l’avis consultatif 69. Aucune proposition précise
l’idée d’examiner ce sujet a recueilli un certain appui. Voir en particulier n’a toutefois été formulée sur la manière de concilier pro-
les interventions du Maroc ['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH WHFWLRQ GLSORPDWLTXH HW SURWHFWLRQ IRQFWLRQQHOOH KRUPLV
générale, cinquante-septième session, Sixième Commission, 21e séance des négociations entre les parties intéressées et la possi-
$&65 SDU @ GH OD 5pSXEOLTXH LVODPLTXH G¶,UDQ LELG
par. 28), du Portugal [ibid., 24e séance (A/C.6/57/SR.24), par. 12] et de bilité d’élaborer une convention générale sur le sujet70.
l’Algérie [ibid., 26e séance (A/C.6/57/SR.26), par. 39] en 2002, et de 4XHO¶RQHVWLPDLWTXHGHVQpJRFLDWLRQVad hoc étaient la
l’Allemagne [ibid., cinquante-huitième session, Sixième Commission, PHLOOHXUHVROXWLRQDXSUREOqPHDpWpFRQ¿UPpWDQWSDUOH
14eVpDQFH $&65 SDU@GHOD5pSXEOLTXHGH&RUpH>LELG
16eVpDQFH $&65 SDU@GX-DSRQ LELGSDU HWGX 65
Ibid., p. 185 et 186.
Portugal [ibid., 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 2] en 2003. 66
62 Ibid., p. 186.
Voir les déclarations faites à la Sixième Commission lors du débat 67
TXLDSUpFpGpO¶DGRSWLRQGHODGHPDQGHG¶DYLVFRQVXOWDWLIYearbook of Ibid., p. 188.
68
the United Nations, 1948–49 (publication des Nations Unies, numéro Voir les opinions des juges Azevedo (ibid., p. 193 à 195) et Krylov
GHYHQWH, Sj'RFXPHQWVRI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpH (ibid., p. 217 et 218).
générale, troisième session, première partie, Sixième Commission, 112e 69
Voir 'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH TXDWULqPH
à 121e séances, p. 518 à 610. session, Sixième Commission, 183e à 187e séances.
63
Réparation des dommages subis au service des Nations Unies, 70
00DNWRV eWDWV8QLVG¶$PpULTXH LELGeVpDQFHS
avis consultatif, C.I.J. Recueil 1949, p. 175. 0PH %DVWLG )UDQFH LELG S 0 )LW]PDXULFH 5R\DXPH8QL
64
Ibid., p. 185. 184eVpDQFHSj00DWWDU /LEDQ LELGSHW
54 Documents de la cinquante-sixième session
rapport du Secrétaire général sur l’avis consultatif 71TXHSDU réclamations concernant des personnes ayant plusieurs
la résolution adoptée ultérieurement par l’Assemblée géné- nationalités77 ne mentionnent pas ce principe évident. Il
UDOHjFHVXMHWTXLDXWRULVDLW©OH6HFUpWDLUHJpQpUDOjSUHQGUH ne semble donc pas y avoir de raison de l’énoncer dans
OHVPHVXUHVHWjQpJRFLHUGDQVFKDTXHFDVSDUWLFXOLHUOHV une disposition sur les cas où protection fonctionnelle et
accords utiles pour concilier l’action de l’Organisation et SURWHFWLRQGLSORPDWLTXHVHWURXYHQWHQFRQFXUUHQFH
OHVGURLWVTXHSRXUUDLWSRVVpGHUO¶eWDWGRQWODYLFWLPHHVW
ressortissant72ª,OHVWLQWpUHVVDQWGHQRWHUTX¶jOD6L[LqPH 2Q D HVWLPp TX¶HQ FRQVLGpUDQW GDQV VRQ DYLV
&RPPLVVLRQOHVRUDWHXUVGXEORFVRYLpWLTXHRQWIHUPHPHQW consultatif 78 TX¶XQH RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH DYDLW
UHMHWp O¶DYLV GH OD &RXU DX PRWLI TX¶LO SRUWDLW DWWHLQWH DX TXDOLWpSRXUSUpVHQWHUXQHUpFODPDWLRQDXQRPG¶XQDJHQW
droit souverain de l’État de protéger ses nationaux73. FRQWUHO¶eWDWQDWLRQDOGHFHOXLFLOD&,-V¶pWDLWpFDUWpHGX
principe général79 HQ JUDQGH SDUWLH SDUFH TX¶j O¶pSRTXH
25. Pour l’essentiel, la relation entre protection comme l’a reconnu la Cour, aucune règle acceptée du droit
IRQFWLRQQHOOH HW SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH VRXOqYH TXDWUH international coutumier n’autorisait un État de nationalité
TXHVWLRQV TXL PpULWHQW G¶rWUH H[DPLQpHV HW GRQW OD &,- à présenter une réclamation au nom d’un double national
était saisie dans l’affaire de la Réparation: contre l’autre État de nationalité. 0DLQWHQDQWTX¶RQDGPHW
TX¶XQH WHOOH UpFODPDWLRQ SHXW rWUH SUpVHQWpH ORUVTXH OD
a ODSRVVLELOLWpG¶XQHPXOWLSOLFLWpGHVUpFODPDWLRQV nationalité de l’État auteur est la nationalité dominante80,
cet aspect de l’avis de la Cour est conforme aux prin-
b. le droit de l’Organisation des Nations Unies de FLSHVGHODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHIl n’est nul besoin de
présenter une réclamation au nom d’un agent contre l’État PHQWLRQQHUFHWWHTXHVWLRQGDQVXQSURMHWG¶DUWLFOHVSRXU
GRQWFHWDJHQWHVWXQQDWLRQDO deux raisons: premièrement, le principe est conforme à
c ODTXHVWLRQGHVDYRLUV¶LOHVWSRVVLEOHGHGLVWLQJXHU l’article 6 du présent projet d’articles et, deuxièmement,
clairement entre protection fonctionnelle et protection si l’on tentait d’énoncer un principe sur la nationalité
GLSORPDWLTXH dominante relativement à une organisation internationale,
LOIDXGUDLWH[DPLQHUOHVSUDWLTXHVHQPDWLqUHG¶HPSORLHW
d. la priorité entre les réclamations. de nominations suivies par l’organisation en cause, un
SUREOqPHTXLQHUHOqYHSDVGHODSUpVHQWHpWXGH
26. Les réclamations multiples ne posent pas de
problèmes sérieux. /D &,- D IDLW REVHUYHU GDQV O¶DYLV /H PR\HQ OH SOXV HI¿FDFH GH FRQFLOLHU SURWHFWLRQ
consultatif dans l’affaire de la Réparation74TX¶LOQHV¶DJLW IRQFWLRQQHOOH HW SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH VHUDLW
SDV G¶XQ SKpQRPqQH QRXYHDX SXLVTX¶LO V¶HVW SRVp DX[ SUREDEOHPHQW G¶pODERUHU GHV GLUHFWLYHV LGHQWL¿DQW
tribunaux internationaux confrontés à des réclamations FODLUHPHQW OHV FDWpJRULHV G¶DJHQWV SRXYDQW EpQp¿FLHU
concurrentes du chef de doubles nationaux. Le premier GH OD SURWHFWLRQ IRQFWLRQQHOOH HW GH Gp¿QLU HQ RXWUH
SULQFLSHHQODPDWLqUHHVWTXHO¶eWDWGpIHQGHXUQHGRLWSDV les paramètres des fonctions ouvrant droit à une telle
payer deux fois des dommages-intérêts, et ce principe a protection. $SUqV DYRLU GpWHUPLQp TXL D TXDOLWp G¶DJHQW
été avalisé aussi bien par la Cour75TXHSDUOH6HFUpWDLUH HWTXHOOHVDFWLYLWpVUHOqYHQWGHVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVDX[
général dans son rapport sur la mise en œuvre de l’avis ¿QV GH OD SURWHFWLRQ IRQFWLRQQHOOH LO VHUDLW SRVVLEOH GH
consultatif susmentionné76. Les projets d’article sur les circonscrire cette protection dans des limites clairement
Gp¿QLHV /HV SHUVRQQHV HW OHV DFWLRQV HQWUDQW GDQV FHV
71
Ibid., annexe, doc. A/955, «Réparation pour dommages subis au
OLPLWHVVHUDLHQWKDELOLWpHVjEpQp¿FLHUGHODVHXOHSURWHF-
service de l’Organisation des Nations Unies: avis consultatif de la Cour WLRQIRQFWLRQQHOOHDORUVTXHFHOOHVTXLQ¶\HQWUHUDLHQWSDV
LQWHUQDWLRQDOHGH-XVWLFHHWUDSSRUWGX6HFUpWDLUHJpQpUDOª2QSHXWOLUH SRXUUDLHQW EpQp¿FLHU GH OD SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH 2Q
au paragraphe 21 de ce rapport: éliminerait ainsi toute concurrence entre les deux régimes,
«Sous réserve de l’approbation de l’Assemblée générale, le Secrétaire TXLVHWURXYHUDLHQWWRWDOHPHQWFRQFLOLpV(QSUDWLTXHWRX-
JpQpUDO SURSRVH G¶DGRSWHU OD SURFpGXUH VXLYDQWH GpWHUPLQHU TXHOV FDV
SDUDLVVHQW GH QDWXUH j HQJDJHU OD UHVSRQVDELOLWp G¶XQ eWDW FRQVXOWHU tefois, il n’est pas facile de distinguer clairement entre les
le gouvernement de l’État dont la victime était un ressortissant pour deux régimes à l’aide de ces critères.
V¶DVVXUHU VL FH JRXYHUQHPHQW D XQH REMHFWLRQ TXHOFRQTXH j FH TXH
l’Organisation présente une réclamation, ou s’il désire présenter une 29. Dans son avis consultatif dans l’affaire de la
UpFODPDWLRQ FRQMRLQWHPHQW DYHF O¶2UJDQLVDWLRQ SUpVHQWHU GDQVFKDTXH RéparationOD&,-QHGRQQHSDVGHGLUHFWLYHVFODLUHVVXU
cas de cette nature, une demande appropriée à l’État intéressé pour le sujet. 6XUODTXHVWLRQGHVDYRLUTXLHVWXQDJHQWOD&RXU
HQWUHSUHQGUHOHVQpJRFLDWLRQVHQYXHGHGpWHUPLQHUOHVIDLWVDLQVLTXHOH
montant de la réparation, le cas échéant. Au cas où le Secrétaire général GpFODUHTX¶HOOH
HWO¶eWDWLQWpUHVVpPDQLIHVWHUDLHQWGHVRSLQLRQVGLYHUJHQWHVTX¶LOQHVHUDLW
comprend le terme «agent» dans le sens le plus large, entendant par
pas possible de concilier par voie de négociations, on proposerait de
OjTXLFRQTXHIRQFWLRQQDLUHUpPXQpUpRXQRQHPSOR\pjWLWUHSHUPD-
soumettre le différend à l’arbitrage. Le tribunal d’arbitrage serait composé
nent ou non, a été chargé par un organe de l’Organisation d’exercer, ou
d’un arbitre désigné par le Secrétaire général, d’un arbitre désigné par
d’aider à exercer, l’une des fonctions de celle-ci, bref, toute personne
l’État intéressé et d’un troisième arbitre désigné en commun accord par
SDUTXLO¶2UJDQLVDWLRQDJLW81.
les deux premiers arbitres ou, si ces derniers ne peuvent s’entendre sur ce
SRLQWSDUOH3UpVLGHQWGHOD&RXULQWHUQDWLRQDOHGH-XVWLFHª
72
Résolution 365 (IV), par. 2.
77
73
Voir supra OD QRWH 0 .RUHWVN\ 8QLRQ GHV 5pSXEOLTXHV Articles 5 et 7.
VRFLDOLVWHVVRYLpWLTXHV eVpDQFHS0.UDMHZVNL 3RORJQH 78
Réparation des dommages subis au service des Nations Unies,
184eVpDQFHSHW0*RWWOLHE 7FKpFRVORYDTXLH LELGS C.I.J. Recueil 1949, p. 186.
Voir également Mitrofanov, Les fonctionnaires des organisations 79
Voir l’observation du juge Krylov, ibid., p. 218. Voir également
internationales, p. 48. Boyars, Citizenship in International and National Law, p. 68.
74
C.I.J. Recueil 1949, p. 185, cité au paragraphe 23 ci-dessus. Voir 80
Voir l’article 6 du présent projet d’articles, Annuaire… 2002,
également Kudriavtzev, Cours de droit international, p. 79. vol. II (2e partie), p. 71, par. 280. Voir également Vereshchetin, Droit
75
C.I.J. Recueil 1949, p. 186, cité au paragraphe 23 ci-dessus. international, p. 75.
76 81
A/955 (voir supra la note 71), par. 23. C.I.J. Recueil 1949, p. 177.
Protection diplomatique 55
S’agissant du type de fonctions appelant une protection, demeurent dans un «clair-obscur», pour utiliser les termes
RQ VH VRXYLHQGUD TXH GDQV O¶DYLV VXVPHQWLRQQp OD &RXU employés par Fuller87. L’Organisation des Nations Unies
avait affaire à un préjudice subi directement par un agent SHXWHOOH H[HUFHU VD SURWHFWLRQ IRQFWLRQQHOOH ORUVTXH OH
GDQV O¶H[HUFLFH GH VHV IRQFWLRQV &¶HVW FH TX¶D VRXOLJQp propriétaire d’un agent, irrité par le non-paiement du
0.HUQRTXLDIDLWYDORLUDXQRPGHO¶218TXHFHOOHFL loyer, fait irruption dans son bureau à l’Organisation et
ne se prévalait pas d’un droit général à faire siennes les fait feu sur lui? Les exemples de ce type sont légion.
UpFODPDWLRQVGHVHVIRQFWLRQQDLUHVPDLVXQLTXHPHQWG¶XQ Hardy, après en avoir examiné, et rappelant l’observa-
droit limité s’agissant des dommages subis dans l’exercice WLRQGHOD&,-VHORQODTXHOOH©>T@XDQGO¶2UJDQLVDWLRQGHV
GHIRQFWLRQVRI¿FLHOOHV82/D&RXUDGRQFDERUGpODTXHVWLRQ Nations Unies présente une réclamation en vue d’obtenir
GRQWHOOHpWDLWVDLVLHHQFRQVLGpUDQWTX¶HOOHSUpVXSSRVDLW la réparation des dommages causés à son agent, elle ne
SHXWOHIDLUHTX¶HQVHIRQGDQWVXUXQPDQTXHPHQWjGHV
TXHOHGRPPDJHjUDLVRQGXTXHOHVWGHPDQGpHODUpSDUDWLRQQDvWGXPDQ- obligations existant envers elle»88IDLWYDORLUFHTXLVXLW
TXHPHQWjXQHREOLJDWLRQGHVWLQpHjDLGHUXQDJHQWGHO¶2UJDQLVDWLRQdans
l’exercice de ses fonctions ,OQHV¶DJLWSDVG¶XQFDVGDQVOHTXHOO¶DFWH $LQVLELHQTXHO¶DYLVHQYLVDJHXQLTXHPHQWOHVUpFODPDWLRQVIDLVDQWpWDW
ou l’omission illicite constitueraient seulement une violation des obliga- de dommages subis durant l’exercice des fonctions, on peut estimer
WLRQVJpQpUDOHVLQFRPEDQWjO¶eWDWjO¶pJDUGGHODFRQGLWLRQGHVpWUDQJHUV TXHFHWDYLVDXWRULVHODSUpVHQWDWLRQGHUpFODPDWLRQVVXUXQHEDVHPRLQV
les réclamations présentées à ce titre ressortiraient à la compétence de limitée, à savoir du fait de violations d’obligations dues à l’Organisa-
l’État national et non en règle générale à celle de l’Organisation83. tion elle-même, dont l’objet est de sauvegarder l’agent dans l’intérêt de
l’Organisation89.
'H SOXV OD &RXU D LQGLTXp TX¶HOOH QH VRQJHDLW TX¶DX[
IRQFWLRQVRI¿FLHOOHVGHO¶DJHQWORUVTX¶HOOHDGpFODUpTXH eWDQWGRQQpOHVLQFHUWLWXGHVTXLHQWRXUHQWOHWHUPH
©DJHQWª HW O¶pWHQGXH GHV IRQFWLRQV RI¿FLHOOHV LO VHPEOH
[L]’Organisation peut constater la nécessité – et a en fait constaté la SHXMXGLFLHX[G¶pODERUHUXQHGLVSRVLWLRQVWLSXODQWTX¶XQH
QpFHVVLWp±GHFRQ¿HUjVHVDJHQWVGHVPLVVLRQVLPSRUWDQWHVTXLGRLYHQW
être effectuées dans des régions troublées du monde. De telles missions, organisation internationale peut exercer sa protection
par leur nature, exposent souvent les agents à des dangers exceptionnels fonctionnelle à raison des dommages causés à ses agents
DX[TXHOVOHVSHUVRQQHVQHVRQWSDVH[SRVpHVG¶RUGLQDLUH84. GDQVO¶H[HUFLFHGHOHXUVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVHWTXHWRXV
OHVDXWUHVGRPPDJHVTXLOHXUVRQWFDXVpVUHOqYHQWGHOD
L’avis de la Cour peut être interprété comme autorisant SURWHFWLRQGLSORPDWLTXH90. Une telle disposition serait non
jFRQVLGpUHUTXHO¶218GLVSRVHG¶XQGURLWGHSURWHFWLRQ seulement viciée par l’incertitude régnant en la matière,
ORUVTX¶XQIRQFWLRQQDLUHVXELWXQSUpMXGLFHGDQVO¶H[HUFLFH mais elle empiéterait sur le domaine de la protection fonc-
GHVHVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVPDLVQRQGDQVO¶H[HUFLFHG¶XQH WLRQQHOOH TXL RQ O¶DGPHW JpQpUDOHPHQW SHXW IDLW O¶REMHW
activité privée85. d’une autre étude.
'DQV O¶RSLQLRQ LQGLYLGXHOOH TX¶LO D MRLQWH j O¶DYLV /¶LGpHTXHOHFULWqUHjHPSOR\HUSRXUGpWHUPLQHUVL
dans l’affaire de la Réparation, le juge Azevedo a c’est l’organisation internationale ou l’État de nationalité
VRXOLJQp TXH OH WHUPH ©DJHQWª VH SUrWDLW j GLIIpUHQWHV TXLGRLWH[HUFHUVDSURWHFWLRQHVWFHOXLGHODSUpSRQGpUDQFH
interprétations. Selon lui, il fallait notamment entendre – le fait internationalement illicite était-il dirigé en premier
par «agent» les fonctionnaires ou les experts nommés lieu contre l’organisation internationale ou contre l’État
GLUHFWHPHQWSDUO¶2UJDQLVDWLRQTXHOOHTXHVRLWOHXUQDWLR- de nationalité de l’agent lésé? – pèche pour des raisons
nalité, mais non les représentants des États membres ou similaires. Dans les situations de clair-obscur comme
les experts nommés eu égard à leur nationalité86. Le terme celles visées au paragraphe 31 supraORUVTX¶RQQHVDLWSDV
«agent» désigne-t-il aussi, selon cette interprétation, un VLO¶DJHQWH[HUoDLWGHVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVDXPRPHQWR
UDSSRUWHXUVSpFLDOQRPPpGLUHFWHPHQWSDUO¶218TXHOOH il a subi le dommage, il ne sera pas possible de déterminer
TXHVRLWVDQDWLRQDOLWpPDLVQRQOHVPHPEUHVGHOD&', V¶LODpWpOpVpSDUFHTX¶LOpWDLWIRQFWLRQQDLUHGHO¶RUJDQL-
élus par l’Assemblée générale en tenant compte des VDWLRQLQWHUQDWLRQDOHRXSDUFHTX¶LOpWDLWOHQDWLRQDOGHWHO
LPSpUDWLIVGHODUpSDUWLWLRQJpRJUDSKLTXH"&HWWHTXHVWLRQ ou tel État. De fait, dans de nombreux cas de ce type, les
LOOXVWUHO¶LQFHUWLWXGHTXLV¶DWWDFKHDXWHUPH©DJHQWª fonctionnaires sont visés pour des raisons indépendantes
de l’emploi ou la nationalité.
/D TXHVWLRQ GH VDYRLU TXHOV VRQW OHV DFWHV TXL
UHOqYHQW GH O¶H[HUFLFH GH IRQFWLRQV RI¿FLHOOHV HVW HQFRUH 34. Il pourrait être préférable, pour concilier
plus controversée. À l’évidence, il y a en la matière des d’éventuelles réclamations concurrentes, de donner la
certitudes, mais de nombreux problèmes non résolus SULRULWp j OD SURWHFWLRQ IRQFWLRQQHOOH ORUVTX¶HOOH HVW HQ
82
FRQÀLWDYHFODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHLe principal par-
C.I.J. Mémoires, Réparation des dommages subis au service des WLVDQ GH FHWWH VROXWLRQ HVW (DJOHWRQ TXL ORUV GHV FRXUV
Nations Unies, p. 65.
83
TX¶LODGRQQpVj/D+D\HHQ91, avançait les raisons
C.I.J. Recueil 1949, p. 182.
84
ci-après pour accorder la priorité aux réclamations de
Ibid., p. 183.
l’Organisation des Nations Unies:
85
6H\HVWHUG ORF FLW S $PHUDVLQJKH Principles…, p. 440.
Cette interprétation de l’avis dans l’affaire de la Réparation a été
suivie par le Tribunal administratif de l’OIT dans l’affaire Jurado 87
«3RVLWLYLVPDQG¿GHOLW\WRODZDUHSO\WR3URIHVVRU+DUW», p. 635.
(voir supra la note 46). Voir également Remiro Brotóns et al., Derecho 88
Réparation des dommages subis au service des Nations Unies,
internacional, p. 514 et 515.
86
avis consultatif, C.I.J. Recueil 1949, p. 188.
C.I.J. Recueil 1949SYRLUpJDOHPHQWO¶RSLQLRQGLVVLGHQWH 89
Loc. cit., p. 520.
GXMXJH.U\ORYLELGS9RLU+DUG\ORFFLWSHWTXL
HVWLPH TX¶LO GRLW \ DYRLU XQ ©OLHQ HIIHFWLIª HQWUH O¶2UJDQLVDWLRQ HW
90
8QHSURSRVLWLRQGDQVFHVHQVDpWpSUpVHQWpHSDUOD5pSXEOLTXH
l’agent. Le Représentant du Portugal a émis une opinion similaire lors de Corée à la Sixième Commission en 2003 ['RFXPHQWV RI¿FLHOV
GXGpEDWTXLDHXOLHXjOD6L[LqPH&RPPLVVLRQHQ>Documents de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 81].
Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 2]. 91
Loc. cit., p. 361 à 363.
56 Documents de la cinquante-sixième session
a. Il est important pour l’Organisation d’être en protection fonctionnelle contre l’État responsable. Elle
PHVXUHGHSURWpJHUVHVDJHQWV&¶HVWXQLTXHPHQWjFDXVH peut n’être pas en mesure de le faire pour plusieurs rai-
GHO¶2UJDQLVDWLRQTXHO¶DJHQWDpWpPLVHQSpULOHWO¶2UJD- sons. Par exemple, l’«agent» peut ne pas avoir droit à une
nisation doit donc assumer la responsabilité de sa protec- protection, le préjudice peut avoir été subi hors de l’exer-
WLRQ,OLPSRUWHTXHO¶218SXLVVHPRQWUHUjVHVHPSOR\pV FLFHGHVIRQFWLRQVRI¿FLHOOHVRXODFRQVWLWXWLRQGHO¶2UJD-
SRWHQWLHOVTX¶HOOHHVWSUrWHjOHVSURWpJHUHWFHWWHSURWHF- nisation peut ne pas reconnaître la protection fonctionnelle
WLRQQHSHXWrWUHODLVVpHjO¶eWDWGHQDWLRQDOLWpTXLSHXW en général ou dans les circonstances particulières de l’es-
n’être pas toujours désireux d’accorder une protection pèce. Dans un tel cas, le droit résiduel de l’État de natio-
DGpTXDWHQLHQPHVXUHGHOHIDLUH nalité de l’agent prend effet si cet État décide d’exercer sa
SURWHFWLRQGLSORPDWLTXH&HGURLWUpVLGXHOQDvWpJDOHPHQW
b. Souvent, l’État de nationalité ne se soucie pas de ORUVTXHFRPSWHWHQXGHVIDLWVGHO¶HVSqFHO¶RUJDQLVDWLRQ
présenter une réclamation et pourrait «être très content décide, de manière discrétionnaire, de ne pas exercer sa
d’être soulagé du fardeau92ª TXH FHOD UHSUpVHQWH pWDQW SURWHFWLRQ ELHQTX¶LOQHVRLWSDVFHUWDLQTXHFHODVRLWSRV-
GRQQpOHVIUDLVOHIDLWTXHO¶eWDWQ¶HVWSUREDEOHPHQWSDV sible compte tenu de la jurisprudence relevant à la charge
DX FRXUDQW GHV FLUFRQVWDQFHV GH O¶DIIDLUH HW OH ULVTXH GH des organisations l’obligation d’accorder leur protection
gâter ses relations avec l’État défendeur. fonctionnelle à leurs agents à raison des préjudices subis
DXFRXUVGHO¶H[HUFLFHGHIRQFWLRQVRI¿FLHOOHV 95.
c. L’État défendeur, en particulier s’il s’agit d’un
petit État, préférera en général traiter avec l’ONU plutôt 36. La Commission préférera peut-être adopter une
TX¶DYHFXQDXWUHeWDW HQSDUWLFXOLHUXQeWDWSOXVSXLVVDQW disposition se limitant à reconnaître le droit de l’État
ou agressif). G¶H[HUFHUVDSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHORUVTXHODSURWHFWLRQ
fonctionnelle peut aussi être exercée, en omettant la
d /¶DJHQW LQWpUHVVp SUpIpUHUD LQYDULDEOHPHQW TXH VD IRUPXOHGRQQDQWSULRULWpjODSURWHFWLRQIRQFWLRQQHOOHTXL
UpFODPDWLRQVRLWSUpVHQWpHSDUO¶218SOXW{WTXHSDUO¶eWDW ¿JXUH HQWUH FURFKHWV Cela serait conforme à la position
de sa nationalité. Souvent, on ne sait pas si l’État de nationa- DGRSWpHSDUOD&,-GDQVVRQDYLVFRQVXOWDWLIGDQVO¶DIIDLUH
OLWpHQWHQGH[HUFHUVDSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHHWPrPHV¶LO de la Réparation96, et par le Secrétaire général dans son rap-
OHIDLWDYHFTXHOOHYLJXHXULOSUHQGUDIDLWHWFDXVHSRXUVRQ port établi au sujet de cet avis97VHORQODTXHOOH©LOQ¶H[LVWH
QDWLRQDOFRPSWHWHQXGHVFRQVLGpUDWLRQVSROLWLTXHV'HSOXV SDVGHUqJOHGHGURLWTXLDWWULEXHXQHSULRULWpjO¶XQ>H@>GHV
les petits États, en particulier, n’ont pas le même pouvoir réclamations] ou à l’autre» et laisse à la «bonne volonté
SROLWLTXH Q¶DWWHLJQHQW SDV OHV PrPHV QLYHDX[ GH SXEOLFLWp et [au] sens commun»98 des parties concernées le soin de
HWQHVXVFLWHQWSDVODPrPHV\PSDWKLHTXHO¶2UJDQLVDWLRQ concilier les réclamations en concurrence par la négocia-
e. Étant donné l’Article 100 de la Charte des Nations WLRQHWSDUYRLHG¶DFFRUG4XHFHWWHDSSURFKHSUDJPDWLTXH
8QLHV TXL H[LJH GHV IRQFWLRQQDLUHV GH O¶2UJDQLVDWLRQ présente des avantages99 HVW FRQ¿UPpH SDU OH IDLW TX¶HQ
TX¶LOV VH PRQWUHQW OR\DX[ HQYHUV O¶2UJDQLVDWLRQ HW SUDWLTXHOHVUpFODPDWLRQVHQFRQFXUUHQFHRQWpWpFRQFLOLpHV
n’acceptent pas d’instructions de leur État de nationalité, par la négociation100 et, à la connaissance du Rapporteur
l’agent a un lien plus étroit et plus pertinent avec l’ONU VSpFLDOMDPDLVXQFRQÀLWSRWHQWLHOHQWUHXQHRUJDQLVDWLRQ
TX¶DYHFVRQeWDWQDWLRQDO et l’État de nationalité n’a vu le jour. Par contre, on pourrait
GLUHTX¶HQO¶DEVHQFHGXSULQFLSHGHSULRULWpODGLVSRVLWLRQ
f /HGURLWLQWHUQDWLRQDOH[LJHTXHOHVIRQFWLRQQDLUHV n’ajoute pas grand chose au droit existant et énonce une
VRLHQWSURWpJpVDYHFGDYDQWDJHGHGLOLJHQFHTXHOHVSHU- pYLGHQFHHWTX¶RQSHXWGRQFO¶RPHWWUHWRWDOHPHQW
sonnes privées93. Pour cette raison, l’individu lésé pré-
IpUHUDTXHFHVRLWO¶218SOXW{WTXHVRQSURSUHeWDWTXL 95
Voir la jurisprudence citée dans la note 53 ci-dessus.
96
présente sa réclamation. C.I.J. Recueil 1949, p. 185, 186 et 188.
97
A/955 (voir supra la note 71). Voir également Remiro Brotóns
g. L’Organisation des Nations Unies «constitue un et al., op. cit., p. 515.
WRXW SOXV LPSRUWDQW TX¶DXFXQH GH VHV SDUWLHV94». C’est 98
C.I.J. Recueil 1949, p. 185 et 186.
SRXUTXRLSDUDQDORJLHDYHFO¶$UWLFOHGHOD&KDUWHOHV 99
'XUDQWOHGpEDWTXLDHXOLHXHQjOD6L[LqPH&RPPLVVLRQ
intérêts de l’Organisation doivent prévaloir sur ceux des sur le rapport de la Commission du droit international, l’Allemagne a
IDLW XQH SURSRVLWLRQ SUDJPDWLTXH TXL FRQVDFUH OH SULQFLSH GH SULRULWp
eWDWV0HPEUHVHQFDVGHFRQÀLW [résumée dans 'RFXPHQWVRI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWH
huitième session, Sixième Commission, 14e séance (A/C.6/58/SR.14),
35. Les arguments avancés par Eagleton pour l’octroi par. 61]:
d’une priorité à l’ONU ne sont pas sans mérite. Il n’est «S’agissant de la concurrence entre le droit de protection
WRXWHIRLV SDV VU TX¶LOV VRLHQW DXVVL FRQYDLQFDQWV HQ FH GLSORPDWLTXH GH O¶eWDW GH QDWLRQDOLWp GH O¶DJHQW HW FHOXL GH
TXLFRQFHUQHOHVDXWUHVRUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVFDU O¶RUJDQLVDWLRQ LO FRQYLHQGUDLW G¶DGRSWHU XQH DSSURFKH SUDJPDWLTXH
&RPPH OD SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH FRQFHUQH OH GURLW GH O¶eWDW RX GH
SOXVLHXUV G¶HQWUH HX[ LQYRTXHQW O¶DXWRULWp GH OD &KDUWH O¶RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH O¶$OOHPDJQH FRQVLGqUH TXH OH FULWqUH
des Nations Unies comme la loi suprême. De plus, rien décisif devrait consister à déterminer si le fait internationalement
GDQVODSUDWLTXHGHO¶2UJDQLVDWLRQQHYLHQWpWD\HUFHSULQ- illicite est principalement dirigé contre l’organisation ou contre l’État
cipe de priorité. 0DOJUpFHODOHSULQFLSHVHORQOHTXHOOD de nationalité de l’agent. Toutefois, la personne internationale la moins
DIIHFWpH TXH FH VRLW O¶RUJDQLVDWLRQ RX O¶eWDW GHYUDLW rWUH KDELOLWpH
réclamation d’une organisation internationale visant à j H[HUFHU OH GURLW GH SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH VL FHOOH TXL HVW OD SOXV
protéger ses agents a la priorité est consacré entre crochets affectée n’est pas capable ou ne souhaite pas le faire.»
à l’article 25. Le texte entre crochets donne à l’organi- 100
Voir le rapport relatif aux négociations menées par le Secrétaire
sation internationale la faculté d’exercer en premier sa général avec la France, la Norvège, la Suède et les États-Unis avant de
SUHQGUH GHV PHVXUHV HQ FH TXL FRQFHUQH OHV DJHQWV GH O¶2UJDQLVDWLRQ
92 tués ou blessés au Moyen-Orient en 1948: rapports du Secrétaire
Ibid., p. 361.
général sur l’état des affaires de réclamation pour dommages subis au
93
9RLUVXUFHWWHTXHVWLRQ+DUG\ORFFLWS service de l’Organisation des Nations Unies [A/1287, A/1844, A/1851
94
Eagleton, loc. cit., p. 364. et A/2141 (supra, note 47)].
Protection diplomatique 57
CHAPITRE IV
dans les traités bilatéraux visant à protéger l’investissement clause de sauvegarde viennent compléter la protection
pWUDQJHU VDQV OHV SULYHU GX GURLW G¶LQYRTXHU OH GURLW GLSORPDWLTXH
LQWHUQDWLRQDO FRXWXPLHU GH OD SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH
D¿Q G¶pWD\HU RX GH FRPSOpWHU OHXUV UpFODPDWLRQV Dans /D SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH OHV WUDLWpV ELODWpUDX[
le même temps, elle permettrait aussi bien à l’État de d’investissements et les traités relatifs aux droits de
QDWLRQDOLWpGHODSHUVRQQHOpVpHHWDX[DXWUHVeWDWVTX¶j l’homme sont des mécanismes visant à protéger les
la personne lésée elle-même d’exercer les recours prévus SHUVRQQHV DX[TXHOOHV XQ IDLW LQWHUQDWLRQDOHPHQW LOOLFLWH
par les conventions internationales relatives aux droits a causé un préjudice. Ils sont censés se compléter et se
de l’homme, là encore sans les priver du droit d’invo- renforcer mutuellement dans la réalisation de cet objectif.
TXHUOHVSULQFLSHVGHODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHVXVFHS- /HV SUpVHQWV DUWLFOHV GHYUDLHQW LQGLTXHU FODLUHPHQW TXH
tibles de les aider dans leur demande. La phrase entre ces régimes ne sont pas en concurrence et ne s’excluent
FURFKHWV HVW SUREDEOHPHQW VXSHUÀXH PDLV HOOH DSSHOOH SDV PXWXHOOHPHQW /¶DUWLFOH SURSRVp WHO TXH UHIRUPXOp
O¶DWWHQWLRQVXUOHIDLWTXHOHVSURFpGXUHVYLVpHVGDQVFHWWH vise à atteindre cet objectif.
CHAPITRE V
font escale174. Dans ces conditions, il semblerait légitime GLUH OD PrPH FKRVH GHV SDVVDJHUV TXL RQW XQ OLHQ SOXV
TXHO¶eWDWGXSDYLOORQVRLWKDELOLWpjOHVSURWpJHUORUVTX¶LOV temporaire et limité avec le navire. Ils doivent solliciter
VXELVVHQWGHVGRPPDJHVSDUFHTX¶XQIDLWLQWHUQDWLRQDOH- OD SURWHFWLRQ GH O¶eWDW GH OHXU QDWLRQDOLWp &¶HVW FH TXH
ment illicite a été commis. FRQ¿UPHO¶DEVHQFHGHSUDWLTXHGHVeWDWVVXUOHVXMHWGHOD
protection des passagers par l’État du pavillon.
,OQHIDXWSDVQpJOLJHUOHVFRQVLGpUDWLRQVSUDWLTXHV
affectant la présentation de réclamations. Il est beaucoup 2. ÉQUIPAGES ET PASSAGERS DES AÉRONEFS
SOXVIDFLOHHWSOXVHI¿FDFHTX¶XQVHXOeWDWH[HUFHVDSUR-
WHFWLRQ SRXU OH FRPSWH GH WRXV OHV PHPEUHV GH O¶pTXL- /¶DQDORJLHHQWUHO¶pTXLSDJHG¶XQQDYLUHHWO¶pTXLSDJH
SDJHTXHG¶H[LJHUGHWRXVOHVeWDWVGHQDWLRQDOLWpGHFHV G¶XQDpURQHISRXUUDLWGRQQHUjSHQVHUTXHFHGHUQLHUGRLW
PHPEUHV G¶pTXLSDJH TX¶LOV SUpVHQWHQW GHV UpFODPDWLRQV lui aussi être protégé par l’État d’immatriculation de
distinctes au nom de leurs nationaux. Dans l’affaire de la l’aéronef. Cette idée semble être étayée par la Convention
Barcelona Traction175 OD &,- D GpVDSSURXYp OD SOXUDOLWp relative aux infractions et à certains autres actes surve-
de réclamations s’agissant des actionnaires d’une société, QDQW j ERUG GHV DpURQHIV TXL GRQQH j O¶eWDW G¶LPPDWUL-
HWGHVFRQVLGpUDWLRQVDQDORJXHVYDOHQWSRXUOHVpTXLSDJHV culation compétence pour exercer sa juridiction à l’égard
des navires. des actes survenant à bord de l’aéronef 179. Il y a toutefois
une différence entre la compétence juridictionnelle et le
66. Si l’on permet à l’État du pavillon d’exercer sa GURLW G¶H[HUFHU OD SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH HW LO HVW GLI-
SURWHFWLRQRQULVTXHG¶rWUHFRQIURQWpjGHVUpFODPDWLRQV ¿FLOH GH GLUH TXH FHWWH SURWHFWLRQ GRLW rWUH pWHQGXH DX[
et de l’État du pavillon et de l’État de nationalité des pTXLSDJHVGHVDpURQHIVHQO¶DEVHQFHGHSUDWLTXHGHVeWDWV
PHPEUHV GH O¶pTXLSDJH &HWWH SRVVLELOLWp pORLJQpH Q¶HVW En outre, des considérations de principe militent contre
pas un problème car elle rappelle la protection des O¶H[WHQVLRQGHODSURWHFWLRQDX[pTXLSDJHVGHVDpURQHIV
SHUVRQQHVD\DQWODGRXEOHQDWLRQDOLWpTXLIDLWO¶REMHWGH &HVpTXLSDJHVQHVRQWSDVLVROpVGHOHXUeWDWGHQDWLRQD-
l’article 5 du présent projet d’articles. lité pendant de nombreux mois ou de nombreuses années
FRPPHOHVRQWOHVpTXLSDJHVGHVQDYLUHV'HVXUFURvWLOV
&HWWH H[WHQVLRQ GH OD SURWHFWLRQ GLSORPDWLTXH DX[ MRXLVVHQWGDQVODVRFLpWpG¶XQVWDWXWWHOTX¶LOHVWIRUWYUDL-
pTXLSDJHV GHV QDYLUHV SRXUUDLW VXVFLWHU GHV GHPDQGHV VHPEODEOHTX¶HQFDVGHQpFHVVLWpOHXUeWDWGHQDWLRQDOLWp
WHQGDQW j FH TXH FHWWH SURWHFWLRQ VRLW DXVVL pWHQGXH DX[ les protégera.
SDVVDJHUVGHVQDYLUHVDX[pTXLSDJHVHWDX[SDVVDJHUVGHV
DpURQHIV HW DX[ pTXLSDJHV GHV HQJLQV VSDWLDX[ Or, une 70. A fortiori VL O¶pTXLSDJH QH SHXW rWUH SURWpJp OHV
WHOOH H[WHQVLRQ QH VHUDLW MXVWL¿pH QL SDU GHV FRQVLGpUD- passagers de l’aéronef ne devraient pas l’être non plus.
WLRQVGHSULQFLSHQLSDUODSUDWLTXHGHVeWDWVNous allons &¶HVW FH TXH FRQ¿UPH O¶LQFLGHQW LPSOLTXDQW OD FRPSD-
cependant examiner brièvement ces possibilités. JQLH &DWKD\ 3DFL¿F VXUYHQX HQ 180 ORUV GXTXHO OHV
États-Unis ont réclamé une indemnisation à la Chine à
1. PASSAGERS D’UN NAVIRE raison du décès de ressortissants des États-Unis passagers
G¶XQDYLRQEULWDQQLTXHDEDWWXSDUXQDSSDUHLOGHO¶DUPpH
%LHQ TXH SRXU FHUWDLQV OHV SDVVDJHUV VH WURXYDQW de l’air chinoise. Les États-Unis ont rejeté l’argument
à bord d’un navire aient droit à la même protection FKLQRLVVHORQOHTXHOOHSUREOqPHGHYDLWrWUHUpJOpSDUOD
TXH O¶pTXLSDJH176 LO H[LVWH HQWUH pTXLSDJH HW SDVVDJHUV YRLHGLSORPDWLTXHHQWUHOH5R\DXPH8QLHWOD&KLQH
G¶LPSRUWDQWHV GLIIpUHQFHV TXL V¶RSSRVHQW j XQH WHOOH
conclusion. /DMXVWL¿FDWLRQGHO¶H[WHQVLRQGHODSURWHFWLRQ ,OSHXWrWUHLQWpUHVVDQWG¶pYRTXHUGHX[FDWDVWURSKHV
DX[PDULQVWLHQWHQJUDQGHSDUWLHjO¶LGpHTXHHQV¶HQU{- DpULHQQHV UpFHQWHV ORUVTXH O¶RQ H[DPLQH OH VXMHW Tant
ODQW GDQV O¶pTXLSDJH G¶XQ QDYLUH PDUFKDQG OH PDULQ VH dans le cas de la compagnie Pan Am (Lockerbie)181TXH
soumet temporairement à la juridiction et aux lois de dans celui d’UTA (Niger), des actions ont été engagées
O¶eWDWGXSDYLOORQHWOXLSUrWHDOOpJHDQFH,ODFTXLHUWGRQF FRQWUHOD-DPDKLUL\DDUDEHOLE\HQQHSDUGHVDVVRFLDWLRQV
ODTXDOLWpGHQDWLRQDODYHFOHGURLWFRUUHVSRQGDQWjODSUR- GHYLFWLPHVDXQRPGHVIDPLOOHVGHWRXVFHX[TXLDYDLHQW
tection de l’État du pavillon177. Ces droits de protection pWpWXpVTXHOOHTXHVRLWOHXUQDWLRQDOLWp182%LHQTXHFHV
VRQW FRQIpUpV XQLTXHPHQW HQ UDLVRQ GX VWDWXW SDUWLFXOLHU actions fussent soutenues par les États-Unis et la France
des gens de mer et sont strictement limités178. On ne peut UHVSHFWLYHPHQW LO HVW GLI¿FLOH GH FRQVLGpUHU TX¶HOOHV
UHOqYHQWGHODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXH,OV¶DJLWGHUpFOD-
174
mations privées présentées par des associations de deman-
Convention (no 108) concernant les pièces d’identité nationales
des gens de mer, art. 2. deurs appuyées par l’État de nationalité de l’appareil et de
175
Barcelona Traction, Light and Power Company, Limited, ODPDMRULWpGHVSDVVDJHUVHWGHO¶pTXLSDJH
deuxième phase, arrêt, C.I.J. Recueil 1970, p. 3. Voir également le
dictum GDQV O¶DIIDLUH GX ©6DwJDª ILM (supra, note 151), par. 107, 179
Art. 3.
p. 1347. 180
Whiteman, Digest of International Law, p. 534 et 535.
176
Dans l’affaire R. c. Carr (voir supra la note 130), Lord Coleridge 181
Questions d’interprétation et d’application de la convention
DGpFODUpDSUqVDYRLUFRQVWDWpTX¶XQLQGLYLGXVHWURXYDQWjERUGG¶XQ de Montréal de 1971 résultant de l’incident aérien de Lockerbie
QDYLUH EULWDQQLTXH pWDLW VRXPLV j OD MXULGLFWLRQ EULWDQQLTXH HW j OD (Jamahiriya arabe libyenne c. États-Unis d’Amérique), ordonnance du
SURWHFWLRQGHOD*UDQGH%UHWDJQHTXHOTXHVRLWVRQVWDWXW©-HQHSHX[ 10 septembre 2003, C.I.J. Recueil 2003, p. 152.
IDLUHDXFXQHGLVWLQFWLRQHQWUHFHX[TXLIRQWSDUWLHGHO¶pTXLSDJHFHX[TXL 182
Dans l’affaire de Lockerbie (voir supraODQRWH LOVHPEOHTXH
YLHQQHQWSRXUWUDYDLOOHUjERUGFHX[TXLVRQWSUpVHQWVLQYRORQWDLUHPHQW ODSOXSDUWGHVYLFWLPHVTXLVHWURXYDLHQWjERUGGXYROGHOD3DQ$P
HWFHX[TXLYLHQQHQWYRORQWDLUHPHQWHQTXDOLWpGHSDVVDJHUVª étaient citoyens des États-Unis. Par contre, plus de 17 nationalités étaient
177
Voir, généralement, les affaires Ross (supra, note 116) et Hilson représentées à bord de l’appareil de la compagnie UTA abattu au-dessus
(supra, note 123). GX1LJHUHQ YRLU%%&1HZV$IULFDMDQYLHUHW0XUSK\
178
Le droit de protection ne s’étend pas, par exemple, à l’épouse ou «Contemporary practice of the United States relating to international law:
à la proche famille du marin: Moore, A Digest…, p. 800. /LE\DQSD\PHQWIRUIDPLOLHVRI3DQ$PÀLJKWYLFWLPVª
64 Documents de la cinquante-sixième session
3. ENGINS SPATIAUX préjudices subis par des étrangers à bord d’un navire
ORUVTX¶XQGRPPDJHHVWFDXVpjFHOXLFLHWQHFRXYUHSDV
72. Les engins spatiaux ressemblent à des navires en OHVSUpMXGLFHVTXHSHXYHQWVXELUOHVpWUDQJHUVDORUVTX¶LOV
FHTXHOHVPHPEUHVGHOHXUpTXLSDJHVRQWGHQDWLRQDOLWpV VRQWjWHUUH,OHVWGHSOXVMXVWL¿pSDUGHVROLGHVFRQVLGpUD-
GLIIpUHQWHV GH PrPH TXH SDU OD ORQJXHXU GH OD SpULRGH tions de principe. Il est donc proposé à la CDI d’adopter
GXUDQWODTXHOOHO¶pTXLSDJHSHXWrWUHFRQWUDLQWGHGHPHXUHU ce projet d’article. Si la Commission décide néanmoins de
à bord. ,O Q¶HVW SDV VXUSUHQDQW TX¶LO Q¶\ DLW SDV GH SUD- ne pas approuver une telle disposition, elle devrait adop-
WLTXHGHVeWDWVHQIDYHXUGHODSURWHFWLRQGHVpTXLSDJHV ter la clause de sauvegarde ci-après:
par l’État d’immatriculation de l’engin spatial. Il ne serait
néanmoins pas sage à ce stade de tenter de développer Le présent projet d’articles est sans préjudice
progressivement le droit sur le sujet. de l’exercice de sa protection par l’État de natio-
QDOLWp G¶XQ QDYLUH >RX G¶XQ DpURQHI@ DX EpQp¿FH GH
4. CONCLUSION l’équipage de ce navire [ou aéronef], que les personnes
concernées soient ou non ses nationaux.
73. Le projet d’article 27 vise à étendre progressivement
OHVSULQFLSHVGHODSURWHFWLRQGLSORPDWLTXHWUDGLWLRQQHOOH Une telle clause de sauvegarde garantirait à tout le
2QSHXWGLUHTX¶LOUHOqYHGHODFRGL¿FDWLRQGDYDQWDJHTXH PRLQV TXH O¶DEVHQFH G¶XQH WHOOH UqJOH GDQV OH SUpVHQW
GXGpYHORSSHPHQWSURJUHVVLIFDULO\DVXI¿VDPPHQWGH projet d’articles ne nuira pas à l’apparition d’une règle
SUDWLTXHGHVeWDWVSRXUMXVWL¿HUXQHWHOOHUqJOH&HQ¶HVW FRXWXPLqUHVXUODSURWHFWLRQGHO¶pTXLSDJHGHVQDYLUHVSDU
SDVXQHGLVSRVLWLRQDXGDFLHXVHSXLVTX¶HOOHVHOLPLWHDX[ l’État du pavillon.
RESPONSABILITÉ INTERNATIONALE POUR LES CONSÉQUENCES PRÉJUDICIABLES
DÉCOULANT D’ACTIVITÉS QUI NE SONT PAS INTERDITES PAR LE DROIT
INTERNATIONAL (RESPONSABILITÉ INTERNATIONALE EN CAS DE PERTE CAUSÉE
PAR UN DOMMAGE TRANSFRONTIÈRE DÉCOULANT D’ACTIVITÉS DANGEREUSES)
Deuxième rapport sur le régime juridique de la prise en charge de la perte en cas de dommages
transfrontières découlant d’activités dangereuses, par M. Pemmaraju Sreenivasa Rao, Rappor-
teur spécial
[Original: anglais]
[15 mars 2004]
Paragraphes
Chapitres
I. OBSERVATIONS DES ÉTATS SUR LES PRINCIPALES QUESTIONS CONCERNANT LA RÉPARTITION DES PERTES ................................... 3-95 68
65
66 Documents de la cinquante-sixième session
Explication ........................................................................................................................................................................ 82
5. Indemnisation complémentaire ......................................................................................................................................... 84
Explication ........................................................................................................................................................................ 84
$VVXUDQFHHWDXWUHVGLVSRVLWLIV¿QDQFLHUV .......................................................................................................................... 84
Explication ........................................................................................................................................................................ 84
7. Mesures d’intervention...................................................................................................................................................... 85
Explication ........................................................................................................................................................................ 85
8. Ouverture de voies de recours ........................................................................................................................................... 85
Explication ........................................................................................................................................................................ 85
9. Relation avec d’autres règles du droit international .......................................................................................................... 88
Explication ........................................................................................................................................................................ 88
10. Règlement des différends .................................................................................................................................................. 88
Explication ........................................................................................................................................................................ 88
eODERUDWLRQGHUpJLPHVLQWHUQDWLRQDX[SOXVGpWDLOOpVHWVSpFL¿TXHV ................................................................................. 88
Explication ........................................................................................................................................................................ 88
12. Application ........................................................................................................................................................................ 88
Explication ........................................................................................................................................................................ 88
Sources
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(Vienne, 21 mai 1963) vol. 1063, no 16197, p. 265.
Protocole d’amendement de la Convention de Vienne relative à la responsabilité civile en Ibid., vol. 2241, p. 270.
matière de dommages nucléaires (Vienne, 12 septembre 1997)
Traité interdisant les essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère, dans l’espace extra- Ibid., vol. 480, no 6964, p. 43.
DWPRVSKpULTXHHWVRXVO¶HDX 0RVFRXDRW
Convention concernant la compétence judiciaire et l’exécution des décisions en matière civile Ibid., vol. 1262, no 20747, p. 153.
et commerciale (Bruxelles, 27 septembre 1968)
Convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par Ibid., vol. 973, no 14097, p. 3.
les hydrocarbures (Bruxelles, 29 novembre 1969)
Convention internationale portant création d’un fonds international d’indemnisation pour les Ibid., vol. 1110, no 17146, p. 57.
dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (destinée à compléter la Convention
internationale de 1969 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par
les hydrocarbures) [Bruxelles, 18 décembre 1971]
Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (Montego Bay, 10 décembre 1982) Nations Unies, Recueil des Traités,
vol. 1834, no 31363, p. 3.
Convention sur la réglementation des activités relatives aux ressources minérales de RGDIP, Paris, Pedone, t. XCIII (1989)/1,
O¶$QWDUFWLTXH :HOOLQJWRQMXLQ p. 182.
Traité sur l’Union européenne (Traité de Maastricht) [Maastricht, 7 février 1992] Nations Unies, Recueil des Traités,
vol. 1757, no 30615, p. 3.
Convention sur la responsabilité civile des dommages résultant d’activités dangereuses pour Conseil de l’Europe, Série des traités
l’environnement (Lugano, 21 juin 1993) [ci-après dénommée Convention de Lugano] européens, n° 150.
&RQYHQWLRQVXUOHGURLWUHODWLIDX[XWLOLVDWLRQVGHVFRXUVG¶HDXLQWHUQDWLRQDX[jGHV¿QVDXWUHV 'RFXPHQWVRI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpH
TXHODQDYLJDWLRQ 1HZ<RUNPDL générale, cinquante et unième session,
Supplément no 49, vol. III, résolution
51/229, annexe.
Convention sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et Nations Unies, Recueil des Traités,
l’accès à la justice en matière d’environnement (Aarhus, 25 juin 1998) vol. 2161, no 37770, p. 447.
Protocole de Bâle sur la responsabilité et l’indemnisation en cas de dommages résultant UNEP/CHW.5/29, annexe III.
de mouvements transfrontières et de l’élimination de déchets dangereux (Bâle,
10 décembre 1999) [ci-après dénommé Protocole de Bâle de 1999]
Protocole sur la responsabilité civile et l’indemnisation en cas de dommages causés par les ECE/[Link]/11-ECE/[Link]/9.
effets transfrontières d’accidents industriels sur les eaux transfrontières, se rapportant à la
Convention de 1992 sur la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières et des
lacs internationaux et à la Convention de 1992 sur les effets transfrontières des accidents
industriels (Kiev, 21 mai 2003) [ci-après dénommé Protocole de Kiev]
____________
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2002. Conception, Berlin, Erich Schmidt (à paraître en 2005).
____________
68 Documents de la cinquante-sixième session
Introduction1
1.1 2QVHVRXYLHQGUDTXHGDQVVRQSUHPLHUUDSSRUW2, à la pJDOHPHQW VROOLFLWp D¿Q G¶rWUH JXLGpH GDQV VHV WUDYDX[
section intitulée «Conclusions et arguments en présence», futurs, les vues des États Membres sur un certain nombre
le Rapporteur spécial a dégagé un certain nombre de GHTXHVWLRQV3.
SRLQWV TXL V¶LOV IDLVDLHQW O¶REMHW G¶XQ DFFRUG SRXUUDLHQW
servir de base à l’élaboration de principes appelés à 2. Les États ont depuis lors fait d’utiles commentaires
JRXYHUQHUOHUpJLPHMXULGLTXHGHODUpSDUWLWLRQGHVSHUWHV VXUFHVSRLQWVHWTXHVWLRQVSHQGDQWOHVGpEDWVGHOD6L[LqPH
en cas de dommages transfrontières découlant d’activités &RPPLVVLRQjODFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQRUGLQDLUHGH
dangereuses. La Commission du droit international, dans l’Assemblée générale, en 2003. 4XHOTXHVeWDWVRQWpJDOH-
VRQ UDSSRUW VXU OHV WUDYDX[ GH VD FLQTXDQWHFLQTXLqPH ment soumis des observations séparément. Il serait utile
VHVVLRQHQTX¶HOOHDSUpVHQWpjODFLQTXDQWHKXLWLqPH d’étudier les vues des États et de tirer certaines conclu-
session de l’Assemblée générale des Nations Unies, a sions générales avant de poursuivre les travaux. Les vues
des États sont récapitulées au chapitre premier du présent
1
Le Rapporteur spécial remercie Alan Boyle, professeur de droit rapport et les conclusions générales du Rapporteur spécial
LQWHUQDWLRQDO j O¶8QLYHUVLWp G¶eGLPERXUJ HW :LOOLDP 0DQV¿HOG sont exposées au chapitre II. Le chapitre III contient des
membre de la Commission du droit international, de leurs précieuses
observations sur de précédentes versions du présent rapport. Il assume SURMHWVGHWH[WHSURSRVpVSRXUH[DPHQTXLVRQWDFFRPSD-
WRXWHIRLV O¶HQWLqUH UHVSRQVDELOLWp GH WRXWH HUUHXU TXL SRXUUDLW V¶\ rWUH gnés de brèves notes explicatives.
JOLVVpHRXGHWRXWHDXWUHGp¿FLHQFH
2
Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN/4/531, p. 107 et
3
108, par. 150 à 153. Ibid., vol. II (2e partie), p. 14, par. 30.
CHAPITRE PREMIER
Observations des États sur les principales questions concernant la répartition des pertes
6. Un modèle de répartition des pertes, à caractère 9. Plusieurs délégations ont accueilli favorablement
JpQpUDOHWVXSSOpWLIDEpQp¿FLpG¶XQODUJHDSSXL14. On a les conclusions exposées dans le premier rapport du
HVWLPpTX¶XQWHOPRGqOHSHUPHWWUDLWDX[eWDWVG¶pODERUHU Rapporteur spécial21, mais au moins une délégation a
des régimes plus détaillés pour des formes particulières HVWLPpTX¶LOVHUDLWXWLOHG¶DQDO\VHUGHSOXVSUqVOHGHJUp
d’activité dangereuse15. À cet égard, la préférence géné- relatif de succès ou d’échec des divers instruments22.
rale des États pour des régimes de responsabilité civile à 8QH DXWUH GpOpJDWLRQ D HVWLPp TX¶LO IDXGUDLW pWXGLHU OHV
la fois propres au secteur considéré et adaptés à la nature OpJLVODWLRQVQDWLRQDOHVDLQVLTXHOHVSUDWLTXHVQDWLRQDOHHW
de l’activité a été relevée16. internationale23. Il a aussi été recommandé de réaliser une
pWXGHSRXUGpWHUPLQHUODPHVXUHGDQVODTXHOOHOHVUpFHQWHV
7. D’un autre côté, tout en reconnaissant la nécessité FDWDVWURSKHVpFRORJLTXHVpWDLHQWOHUpVXOWDWGHODYLRODWLRQ
GHUpJLPHVGHUHVSRQVDELOLWpHI¿FDFHVRQDIDLWREVHUYHU de l’obligation de prévention24.
TXHOHVeWDWVQHPDQLIHVWDLHQWJXqUHG¶HQWKRXVLDVPHSRXU
B. Portée
O¶pODERUDWLRQG¶XQUpJLPHMXULGLTXHLQWHUQDWLRQDOJpQpUDO
de la responsabilité17. /¶RSLQLRQ VHORQ ODTXHOOH OHV eWDWV 10. La nécessité de bien distinguer la portée d’un régime
étaient tenus, en vertu du droit international, de promul- de responsabilité concernant les activités non interdites
guer une législation prévoyant chez eux un système juste par le droit international de celle du régime applicable aux
HWpTXLWDEOHGHUpSDUWLWLRQGHVSHUWHVDpWpFRQWHVWpH2QD actes illicites conformément au droit de la responsabilité
DXVVLIDLWREVHUYHUTXHPrPHVLXQFHUWDLQQRPEUHG¶LQV- des États a été soulignée25. À cet égard, le principe selon
truments avaient été élaborés ces dernières années, leur OHTXHOOHUpJLPHMXULGLTXHjHQYLVDJHUSDUOD&RPPLVVLRQ
impact était limité, car seul un petit nombre d’États y devrait être sans préjudice de la responsabilité des États
étaient parties182QDQRWpTXHV¶LOpWDLWVRXKDLWDEOHTXH en droit international a été appuyé26. On a en outre déclaré
les États continuent de prévoir la responsabilité des exploi- TXHFHUpJLPHGHYUDLWDXVVLrWUHVDQVSUpMXGLFHGHODUHV-
tants privés dans certaines circonstances, il n’existait à cet ponsabilité civile en droit interne ou selon les règles du
pJDUGDXFXQHREOLJDWLRQMXULGLTXHLQWHUQDWLRQDOHSDUWLFX- droit international privé27.
OLqUH 2Q D DXVVL VRXOLJQp TXH OD YRLH j HPSUXQWHU SRXU
une réglementation internationale de la responsabilité 19
Voir supra la note 17.
20
9RLU SDU H[HPSOH OHV REVHUYDWLRQV GX 5R\DXPH8QL ¿JXUDQW
11
Voir, par exemple, les interventions de la Norvège, au nom des pays dans les dossiers du Rapporteur spécial.
QRUGLTXHV >'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH 21
Voir, par exemple, les interventions de la Pologne [Documents
huitième session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWHKXLWLqPH VHVVLRQ 6L[LqPH
par. 52], de la Pologne [ibid., 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 37], des Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 36], du Royaume-Uni
États-Unis [ibid., 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 11]. [ibid., 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 33], de la Hongrie (ibid., par. 37).
12
9RLUSDUH[HPSOHODGpFODUDWLRQGHO¶$XWULFKH¿JXUDQWGDQVOHV 22
Voir, par exemple, l’intervention du Royaume-Uni [Documents
dossiers du Rapporteur spécial. RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
13
Voir, par exemple, l’intervention des Pays-Bas [Documents Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 33].
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH 23
Voir, par exemple, l’intervention de la Chine [Documents
Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 60]. RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
14
Voir, par exemple, les interventions des Pays-Bas [Documents Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 42].
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH 24
Voir, par exemple, l’intervention du Nigéria [Documents
Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 60], de la Nouvelle- RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
=pODQGH LELG SDU HW GH O¶$XVWUDOLH >LELG e séance Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 14 et 15].
(A/C.6/58/SR.17), par. 31] et de la Pologne (ibid., par. 37), et les 25
Voir, par exemple, l’intervention de la Norvège (au nom des pays
REVHUYDWLRQV GX 0H[LTXH ¿JXUDQW GDQV OHV GRVVLHUV GX 5DSSRUWHXU
QRUGLTXHV >'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH
spécial.
huitième session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16),
15
9RLU SDU H[HPSOH O¶LQWHUYHQWLRQ GH OD 1RXYHOOH=pODQGH SDU @ HW OD GpFODUDWLRQ GH O¶$XWULFKH ¿JXUDQW GDQV OHV GRVVLHUV GX
['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWHKXLWLqPH Rapporteur spécial.
session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 61]. 26
Voir, par exemple, les interventions de l’Inde [Documents
16
Voir, par exemple, l’intervention de l’Inde ['RFXPHQWV RI¿FLHOV RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 69], de la Grèce [ibid.,
Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 68]. 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 23], et de l’Australie (ibid., par. 31).
17
Voir, par exemple, l’intervention des États-Unis [Documents 27
Voir, par exemple, les interventions de l’Inde [Documents
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 12 et 13]. Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 69], de l’Australie
18
9RLUSDUH[HPSOHO¶LQWHUYHQWLRQGHO¶$XWULFKH¿JXUDQWGDQVOHV [ibid., 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 31], et de la Chine [ibid.,
dossiers du Rapporteur spécial. 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 43].
70 Documents de la cinquante-sixième session
16. On a en outre relevé l’obligation d’obtenir une dans leur législation nationale, des règles gouvernant la
DVVXUDQFH DGpTXDWH43 DLQVL TXH G¶DXWUHV JDUDQWLHV responsabilité de l’exploitant, et notamment une obliga-
¿QDQFLqUHV44. &HUWDLQHVGpOpJDWLRQVRQWGpFODUpTXHO¶DVVX- tion d’indemnisation, sous réserve d’un seuil de dom-
rance devrait être obligatoire45. Toutefois, compte tenu de PDJHHQGHojGXTXHOLOQ¶\DXUDLWSDVPLVHHQ°XYUHGHOD
ODGLYHUVLWpGHVV\VWqPHVMXULGLTXHVHWGHVpFDUWVDXSODQ responsabilité52.
pFRQRPLTXH G¶DXWUHV GpOpJDWLRQV RQW SUpFRQLVp OD VRX-
plesse concernant ces obligations46. On a aussi fait obser- 2. FONDEMENT ET LIMITES DE LA MISE DES
YHUTX¶XQV\VWqPHG¶DVVXUDQFHHI¿FDFHQpFHVVLWHUDLWXQH PERTES À LA CHARGE DE L’EXPLOITANT
large participation d’États potentiellement intéressés47.
2QDDXVVLVRXOLJQpTXHSRXUVDWLVIDLUHOHVH[LJHQFHVGHV 19. S’agissant du fondement de la responsabilité de
assureurs, la responsabilité des exploitants devrait sans l’exploitant, plusieurs délégations se sont prononcées en
doute être plafonnée48. faveur d’un régime de responsabilité civile objective53.
2Q D QRWp TX¶XQH WHOOH DSSURFKH pWDLW FRQIRUPH j FHOOH
17. En outre, des délégations ont souligné l’importance adoptée dans divers accords internationaux concernant la
de systèmes nationaux faisant obligation aux exploitants responsabilité54DLQVLTX¶DXSULQFLSH©SROOXHXUSD\HXUª55.
GHV¶pTXLSHUD¿QG¶rWUHFDSDEOHVGHUpDJLUSURPSWHPHQW (QFHTXLFRQFHUQHOHVFDXVHVG¶H[RQpUDWLRQDXUpJLPHGH
HW HI¿FDFHPHQW GH IDoRQ j UpGXLUH DX PLQLPXP OHV UHVSRQVDELOLWpREMHFWLYHRQDpPLVO¶DYLVTXHOHVFDXVHV
dommages. Cela nécessiterait de la part de l’exploitant KDELWXHOOHV GHYUDLHQW V¶DSSOLTXHU j O¶H[SORLWDQW QRWDP-
O¶DGRSWLRQ GH SODQV G¶LQWHUYHQWLRQ GH QRWL¿FDWLRQ HW PHQWOHVFRQÀLWVDUPpVRXOHVFDWDVWURSKHVQDWXUHOOHV56.
DXWUHV DSSOLFDEOHV HQ FDV G¶pYpQHPHQW ULVTXDQW G¶RFFD-
sionner des dommages transfrontières49. Parallèlement, 8QH GpOpJDWLRQ D WRXWHIRLV GpFODUp TX¶LO IDOODLW
l’amélioration de l’accès du public à l’information ainsi aborder la responsabilité objective avec circonspection:
TXHODPLVHHQSODFHGHPpFDQLVPHVGHSDUWLFLSDWLRQGX même si elle était largement reconnue dans les systèmes
public ont également été jugées souhaitables50. On a sou- MXULGLTXHVQDWLRQDX[RQQHSRXYDLWDI¿UPHUTX¶HOOHpWDLW
ligné la valeur du principe de précaution et de l’obligation bien acceptée ou jugée souhaitable dans le contexte des
pour les États de prendre toutes les mesures appropriées dommages transfrontières57. Une autre délégation s’est
D¿Q GH SUpYHQLU OHV GRPPDJHV WUDQVIURQWLqUHV FRPPH GHPDQGpH V¶LO FRQYHQDLW YUDLPHQW TXH OH GURLW LQWHU-
compléments de la responsabilité civile objective de national intervienne pour répartir les pertes entre les
l’exploitant51. divers acteurs. Pour certaines délégations, il était pré-
IpUDEOHTXHODTXHVWLRQVRLWUpJOpHSDUOHVV\VWqPHVMXUL-
8QHSUpIpUHQFHDG¶XQDXWUHF{WppWpPDUTXpHSRXU GLTXHVQDWLRQDX[58.
un système plus simple. 2QDpPLVO¶DYLVTX¶LOVHUDLWVXI-
¿VDQW TXH OH UpJLPH HQYLVDJp FRQFHUQDQW OD UpSDUWLWLRQ 21. L’idée de limiter la responsabilité de l’exploitant a
des pertes prévoie l’obligation pour les États d’inclure, aussi été appuyée. 2QDQRWpTX¶XQHOLPLWDWLRQpWDLWQpFHV-
VDLUHFDUO¶XWLOLVDWLRQGHWHFKQLTXHVSRXYDQWRFFDVLRQQHU
GHVGRPPDJHVWUDQVIURQWLqUHVULVTXDLWG¶DYRLUGHJUDYHV
Commission, 18e VpDQFH $&65 SDU @ DLQVL TXH OHV FRQVpTXHQFHVVXUOHIRQFWLRQQHPHQWGHVV\VWqPHVpFRQR-
GpFODUDWLRQVGHV3D\V%DVHWGHOD1RXYHOOH=pODQGH¿JXUDQWGDQVOHV
dossiers du Rapporteur spécial. PLTXH HW VRFLDO HW GH SRUWHU DWWHLQWH j GHV LQWpUrWV LQGL-
43
Voir, par exemple, les interventions de l’Australie [Documents viduels substantiels59. À cet égard, l’idée d’imposer des
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH GpODLVDXGHOjGHVTXHOVXQHDFWLRQHQMXVWLFHQHSRXUUDLW
Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 30], d’Israël (ibid.,
par. 41), de la Hongrie [ibid., 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 37], du 52
Voir, par exemple, l’intervention d’Israël ['RFXPHQWV RI¿FLHOV
0H[LTXH LELGSDU HWGHOD5RXPDQLH>LELGe séance (A/C.6/58/ de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième
SR.19), par. 59]. Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 39].
44
9RLU SDU H[HPSOH O¶LQWHUYHQWLRQ GX 0H[LTXH >Documents 53
Voir, par exemple, les interventions de l’Allemagne [Documents
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 41]. Commission, 14e séance (A/C.6/58/SR.14), par. 62], du Bélarus [ibid.,
45
Voir, par exemple, l’intervention de la Roumanie [Documents 16eVpDQFH $&65 SDU@GHOD1RXYHOOH=pODQGH LELG
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH par. 62), de l’Inde (ibid., par. 68), de la Hongrie [ibid., 18e séance
Commission, 19e VpDQFH $&65 SDU @ DLQVL TXH OD $&65 SDU@HWGX0H[LTXH LELGSDU DLQVLTXHOD
GpFODUDWLRQG¶,VUDsOHWOHVREVHUYDWLRQVGHO¶(VSDJQH¿JXUDQWGDQVOHV GpFODUDWLRQGHV3D\V%DVHWOHVREVHUYDWLRQVGHO¶(VSDJQH¿JXUDQWGDQV
dossiers du Rapporteur spécial. les dossiers du Rapporteur spécial.
46 54
Voir, par exemple, l’intervention de la Chine [Documents Voir, par exemple, l’intervention du Bélarus [Documents
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 43]. Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 32].
47 55
Voir, par exemple, l’intervention de l’Italie ['RFXPHQWVRI¿FLHOV Voir, par exemple, les interventions de la Norvège au nom des pays
de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième QRUGLTXHV >'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH
Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 28]. huitième session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16),
48
9RLUSDUH[HPSOHOHVREVHUYDWLRQVGHO¶(VSDJQH¿JXUDQWGDQVOHV SDU@HWGX0H[LTXH>LELGe séance (A/C.6/58/SR.18), par. 41].
dossiers du Rapporteur spécial. 56
9RLUSDUH[HPSOHO¶LQWHUYHQWLRQGX0H[LTXH LELG
49 57
Voir, par exemple, les interventions de l’Australie [Documents Voir, par exemple, l’intervention de Chypre ['RFXPHQWVRI¿FLHOV
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième
Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 30] et de la Roumanie Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 68].
[ibid., 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 59]. 58
Voir, par exemple, l’intervention d’Israël ['RFXPHQWV RI¿FLHOV
50
9RLUSDUH[HPSOHODGpFODUDWLRQGHO¶$OOHPDJQH¿JXUDQWGDQVOHV de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième
dossiers du Rapporteur spécial. Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 40].
51 59
Voir, par exemple, l’intervention de l’Allemagne [Documents Voir, par exemple, l’intervention du Bélarus [Documents
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
Commission, 14e séance (A/C.6/58/SR.14), par. 62]. Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 32].
72 Documents de la cinquante-sixième session
plus être engagée a été appuyée60. On a souligné cepen- 4. MULTIPLICITÉ DES SOURCES DE DOMMAGES
GDQWTXHO¶H[SORLWDQWQHGHYUDLWEpQp¿FLHUG¶XQHOLPLWDWLRQ
GDQVOHWHPSVRXG¶XQHOLPLWDWLRQ¿QDQFLqUHGHVDUHVSRQ- 24. L’idée de prévoir une responsabilité conjointe
VDELOLWpTXHVLa) une telle limitation était nécessaire pour HW VROLGDLUH GDQV OHV FDV R LO SRXYDLW rWUH pWDEOL TXH OH
TX¶LOSXLVVHVRXVFULUHXQHDVVXUDQFHG¶XQFRWUDLVRQQDEOH dommage était imputable à plusieurs exploitants ou
et b GHVVRXUFHVGH¿QDQFHPHQWFRPSOpPHQWDLUHVpWDLHQW résultait de plus d’une activité a été appuyée69.
prévues aux niveaux international ou national61.
D. Rôle de l’État
6¶DJLVVDQW GH OD OLPLWDWLRQ ¿QDQFLqUH RQ D
GpFODUp TXH OHV SODIRQGV GHYDLHQW rWUH ¿[pV j XQ QLYHDX 25. La responsabilité (liability) d’un État en cas de
UDLVRQQDEOHPHQWpOHYpFRPSWHWHQXGXSULQFLSHTXLYHXW PDQTXHPHQW GH VD SDUW j O¶REOLJDWLRQ GH IDLUH SUHXYH
TX¶pWDQW OHV EpQp¿FLDLUHV GH O¶DFWLYLWp OHV H[SORLWDQWV de la diligence voulue pour maîtriser les sources de
GHYDLHQWGDQVODPHVXUHGXSRVVLEOHLQWHUQDOLVHUOHVFRWV dommages situées sur son territoire serait en fait fondée
liés à celle-ci62. 2Q D DXVVL IDLW YDORLU TX¶XQH OLPLWDWLRQ sur la responsabilité (responsibility) des États pour
¿QDQFLqUH GH OD UHVSRQVDELOLWp pWDLW QpFHVVDLUH SRXU TXH faits illicites conformément au droit coutumier. Un
O¶DVVXUDQFH HW OHV PpFDQLVPHV GH ¿QDQFHPHQW FRPSOp- régime reposant sur la responsabilité (liability) de l’État
mentaires soient viables63. n’ajouterait donc, a-t-on dit, pas grand chose au droit
déjà en vigueur70. D’un autre côté, on a jugé injuste de
3. CAUSALITÉ faire peser, à titre principal, sur l’État sur le territoire
GXTXHO pWDLW VLWXpH O¶DFWLYLWp GDQJHUHXVH O¶REOLJDWLRQ
23. Les activités dangereuses présentant souvent des d’indemnisation dans tous les cas de dommages trans-
DVSHFWV VFLHQWL¿TXHV HW WHFKQLTXHV FRPSOH[HV SOXVLHXUV IURQWLqUHV OLpV j FHWWH DFWLYLWp 2Q D VRXOLJQp TXH GDQV
GpOpJDWLRQVRQWLQGLTXpTXHGHIDoRQjUpGXLUHODFKDUJH la plupart des cas, l’activité était essentiellement menée
TXHFHWWHFRPSOH[LWpSRXYDLWUHSUpVHQWHUSRXUOHVYLFWLPHV SDUXQH[SORLWDQWTXLHQpWDLWOHSULQFLSDOEpQp¿FLDLUH71.
de dommages causés par de telles activités, il fallait éviter $LQVL FHUWDLQHV GpOpJDWLRQV RQW QRWp TXH OD UHVSRQVD-
d’être trop strict concernant la preuve du lien de causalité bilité (liability) de l’État était largement l’exception et
à rapporter pour établir la responsabilité64. On a déclaré Q¶pWDLW DSSOLFDEOH TXH FRQIRUPpPHQW DX[ GLVSRVLWLRQV
TX¶LOGHYDLW\DYRLUUHVSRQVDELOLWpGqVORUVTX¶XQOLHQSRX- GH TXHOTXHV FRQYHQWLRQV72 2Q D GLW TX¶HQ SULQFLSH OHV
vait raisonnablement être établi entre le dommage et l’ac- pertes devaient être supportées par l’exploitant ou répar-
WLYLWpHQTXHVWLRQ652QDDXVVLGpFODUpTXHVRXVUpVHUYH ties entre l’exploitant et d’autres acteurs73. Ce point de
d’une clause d’exonération, un lien de causalité raison- vue contrastait avec un autre point de vue également
QDEOHHQWUHOHVDFWLYLWpVGHO¶H[SORLWDQWHWOHVFRQVpTXHQFHV H[SULPp j VDYRLU TXH VL OD UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH GH
préjudiciables devait être présumé662QDPrPHLQGLTXp l’État devait être la règle, les États eux-mêmes seraient
TXHODFKDUJHGHSURXYHUO¶H[LVWHQFHG¶XQOLHQGHFDXVDOLWp obligés d’établir des formules de répartition des pertes
entre l’activité et le dommage ne devrait pas peser sur la HW GHV PpFDQLVPHV GH ¿QDQFHPHQW74. Certains se sont
victime67 2Q D WRXWHIRLV IDLW REVHUYHU TXH O¶DSSOLFDWLRQ prononcés pour un régime de responsabilité objective
du «critère du caractère raisonnable» pourrait nécessiter de l’exploitant associé à un régime d’indemnisation
certaines adaptations ou certains éclaircissements, étant VXSSOpWLIIDLVDQWLQWHUYHQLUO¶eWDW2QDIDLWYDORLUTX¶XQ
donné la diversité des types d’activités dangereuses68. V\VWqPH UHSRVDQW XQLTXHPHQW VXU OD UHVSRQVDELOLWp GH
O¶H[SORLWDQWRXG¶DXWUHVDFWHXUVULVTXHUDLWGHQHSDVrWUH
60
9RLU SDU H[HPSOH O¶LQWHUYHQWLRQ GX 0H[LTXH >Documents
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
VXI¿VDQW SRXU TXH OHV YLFWLPHV Q¶DLHQW SDV j VXSSRUWHU
Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 41]. une partie des pertes75.
61
9RLUSDUH[HPSOHO¶LQWHUYHQWLRQGHV3D\V%DV¿JXUDQWGDQVOHV
dossiers du Rapporteur spécial.
62
9RLUSDUH[HPSOHODGpFODUDWLRQGHOD1RXYHOOH=pODQGH¿JXUDQW
dans les dossiers du Rapporteur spécial. 69
9RLU SDU H[HPSOH O¶LQWHUYHQWLRQ GX 0H[LTXH >Documents
63
9RLU SDU H[HPSOH O¶LQWHUYHQWLRQ GX 0H[LTXH >Documents RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 41].
Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 41]. 70
Voir, par exemple, l’intervention de la Grèce [Documents
64
Voir, par exemple, les interventions de l’Autriche [Documents RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 23].
Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 42], de la Norvège au 71
Ibid.
QRPGHVSD\VQRUGLTXHV LELGSDU GX0H[LTXH>LELGe séance 72
Voir, par exemple, l’intervention de l’Inde ['RFXPHQWV RI¿FLHOV
(A/C.6/58/SR.18), par. 41] et de la Chine [ibid., 19e séance (A/C.6/58/ de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième
SR.19), par. 43]. Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 70].
65
Voir, par exemple, les interventions de la Norvège au nom des pays 73
Voir, par exemple, les interventions de la Norvège au nom des pays
QRUGLTXHV >'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH QRUGLTXHV >'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH
huitième session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), huitième session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16),
SDU@HWGX0H[LTXH>LELGe séance (A/C.6/58/SR.18), par. 41]. SDU @ GH OD 1RXYHOOH=pODQGH LELG SDU GH O¶,QGH LELG
66
Voir, par exemple, l’intervention de la Chine [Documents par. 70), de la Grèce [ibid., 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 23], de
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH l’Australie (ibid., par. 31) et de la Hongrie [ibid., 18e séance (A/C.6/58/
Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 43]. SR.18), par. 37].
67
9RLU SDU H[HPSOH O¶LQWHUYHQWLRQ GX 0H[LTXH >Documents 74
Voir, par exemple, l’intervention de la Norvège au nom des pays
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH QRUGLTXHV >'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH
Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 41]. huitième session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16),
68
Voir, par exemple, l’intervention de la Pologne [Documents par. 53].
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH 75
'RFXPHQWVRI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPH
Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 36]. session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 52.
Responsabilité internationale pour les conséquences préjudiciables découlant d’activités qui ne sont pas interdites par le droit international 73
1. NATURE ET ÉTENDUE DE LA PARTICIPATION tout son possible pour promulguer une législation visant
DE L’ÉTAT ET DU FINANCEMENT PAR L’ÉTAT jHPSrFKHUTXHGHVSHUWHVUHVWHQWVDQVLQGHPQLVDWLRQHW
G¶H[HUFHUODGLOLJHQFHYRXOXHD¿QTXHFHOOHFLVRLWHIIHFWL-
26. Différents scénarios concernant la création de YHPHQWDSSOLTXpH87.
PpFDQLVPHV GH ¿QDQFHPHQW FRPSOpPHQWDLUH GDQV OH
cadre d’un système à plusieurs niveaux de responsabilité 28. Selon un autre point de vue, la responsabilité de
revenant à divers acteurs, dont l’État, ont été proposés. O¶eWDW QH GHYUDLW rWUH HQYLVDJpH TX¶HQ GHUQLHU UHFRXUV88:
Ces scénarios attribuaient à l’État un certain degré de res- ODUHVSRQVDELOLWpVXSSOpWLYHGHO¶eWDWQHGHYUDLWMRXHUTXH
ponsabilité dans les cas où l’exploitant ne pouvait ou ne dans le cas où l’exploitant ne réparait pas les dommages
voulait pas couvrir totalement les pertes76, était insolvable HW R OHV VRXUFHV GH ¿QDQFHPHQW FRPSOpPHQWDLUH89
RXQHSRXYDLWrWUHLGHQWL¿p77, ou encore dans certains cas pWDLHQW LQVXI¿VDQWHV RX HQFRUH HQ O¶DEVHQFH GH VRXUFHV
ELHQ Gp¿QLV GDQV OHVTXHOV OD UHVSRQVDELOLWp GH O¶H[SORL- GH ¿QDQFHPHQW FRPSOpPHQWDLUH90. Tout en se montrant
tant était limitée pour des raisons tenant à l’assurance78 disposés à examiner des propositions de mécanisme de
RXO¶LQGHPQLVDWLRQpWDLWLQVXI¿VDQWH792QDDXVVLDI¿UPp ¿QDQFHPHQWFRPSOpPHQWDLUHDXTXHOXQeWDWSRXUUDLWSDU-
TXHGDQVOHFDVRO¶H[SORLWDQWQHSRXYDLWRXQHYRXODLW WLFLSHUFHUWDLQVeWDWVRQWIDLWREVHUYHUTXHWRXVOHVeWDWV
pas couvrir les pertes, le régime devrait prévoir la «res- TXLDXWRULVDLHQWGHVDFWLYLWpVGDQJHUHXVHVQ¶DXUDLHQWVDQV
ponsabilité absolue de l’État»80. doute pas les moyens de verser les indemnités dues au
titre d’une telle responsabilité supplétive91. On a aussi
27. La participation à titre supplétif de l’État au système pPLV O¶DYLV TXH OD UHVSRQVDELOLWp VXSSOpWLYH GH O¶eWDW
GHUpSDUWLWLRQGHVSHUWHVDpWpMXVWL¿pHDXPRWLITXHFHOXLFL devrait consister principalement à prendre des mesures de
DYDLWGGRQQHUVRQDXWRULVDWLRQSRXUTXHO¶DFWLYLWpSXLVVH SUpYHQWLRQHWjFUpHUXQIRQGVDX[¿QVG¶XQHLQGHPQLVD-
rWUHHQWUHSULVHHWTX¶LOHQpWDLWHQSDUWLHEpQp¿FLDLUH81. En WLRQpTXLWDEOHGHVSHUWHVHWQRQSDVjDVVXUHUOXLPrPHOD
tout état de cause, il a été jugé essentiel de donner effet au responsabilité dans tous les cas où la partie responsable
SULQFLSHTXLYHXWTXHODYLFWLPHQ¶DLWSDVjVXSSRUWHUOHV était défaillante92. Il a également été jugé inacceptable
pertes sans soutien82. Certaines délégations ont cherché à d’utiliser des fonds publics pour indemniser des pertes
établir un lien plus étroit entre l’exploitant et l’État. Selon TXLGHYUDLHQWrWUHPLVHVjODFKDUJHGHO¶H[SORLWDQW6HORQ
elles, les dommages non couverts par l’exploitant devaient ce point de vue, des fonds publics devaient être affectés
l’être par l’État dont l’exploitant était ressortissant83 ou XQLTXHPHQWSRXUIDLUHIDFHDX[VLWXDWLRQVG¶XUJHQFHSRX-
O¶eWDWVRXVODMXULGLFWLRQRXOHFRQWU{OHGXTXHOO¶DFWLYLWp vant être occasionnées par des activités dangereuses de
était menée84 2Q D GpFODUp j FHW pJDUG TXH O¶eWDW YLF- grande ampleur93 ,O D pWp GLW TXH ORUVTXH F¶pWDLW O¶eWDW
time de l’activité dangereuse ne devrait pas en plus avoir OXLPrPHTXLpWDLWO¶H[SORLWDQWRXORUVTX¶LODYDLWXQOLHQ
à contribuer au système de répartition des pertes85. On a direct et effectif avec l’opération dommageable, il devait
pPLV O¶DYLV TXH O¶eWDWGHYUDLWrWUHWHQX RXWUH GH IRXUQLU rWUHSODFpVXUOHPrPHSLHGTX¶XQDFWHXUSULYpDX[¿QVGH
GHV PR\HQV GH ¿QDQFHPHQW FRPSOpPHQWDLUH86, de faire la répartition des pertes94.
76
2. TYPES DE SOURCES DE FINANCEMENT COMPLÉMENTAIRE
Voir, par exemple, les interventions de la Norvège au nom des
SD\V QRUGLTXHV LELG GH OD 1RXYHOOH=pODQGH LELG SDU GH OD
Grèce [ibid., 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 23], de l’Australie 29. Plusieurs moyens d’établir un mécanisme de
(ibid., par. 31), de la Hongrie [ibid., 18e séance (A/C.6/58/SR.18), ¿QDQFHPHQW FRPSOpPHQWDLUH RQW pWp PHQWLRQQpV
par. 37] et de la Roumanie [ibid., 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 59]. contributions du secteur privé ou du secteur public95
77
Voir, par exemple, l’intervention de la Grèce [Documents
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 23]. 87
Voir la déclaration d’Israël ['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH
78
9RLU SDU H[HPSOH OD GpFODUDWLRQ GH O¶,QGH ¿JXUDQW GDQV OHV générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 17e séance
dossiers du Rapporteur spécial. $&65 SDU @ YRLU pJDOHPHQW OHV REVHUYDWLRQV GH
79
Voir, par exemple, l’intervention de l’Australie [Documents O¶(VSDJQH¿JXUDQWGDQVOHVGRVVLHUVGX5DSSRUWHXUVSpFLDO
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH 88
Voir la déclaration de la Roumanie ['RFXPHQWV RI¿FLHOV
Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 31]. de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième
80
Voir, par exemple, l’intervention de la Norvège au nom des pays Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 59].
QRUGLTXHV >'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH 89
9RLUSDUH[HPSOHODGpFODUDWLRQGHV3D\V%DV¿JXUDQWGDQVOHV
huitième session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), dossiers du Rapporteur spécial.
par. 52]. 90
9RLUSDUH[HPSOHODGpFODUDWLRQGHOD1RXYHOOH=pODQGH¿JXUDQW
81
Voir l’intervention de l’Australie ['RFXPHQWV RI¿FLHOV dans les dossiers du Rapporteur spécial, et l’intervention de la Norvège
de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième DX QRP GHV SD\V QRUGLTXHV >'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH
Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 31]. générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 16e séance
82
9RLU O¶LQWHUYHQWLRQ GH OD 1RUYqJH DX QRP GHV SD\V QRUGLTXHV (A/C.6/58/SR.16), par. 53].
['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWHKXLWLqPH 91
Voir, par exemple, la déclaration de l’Inde ['RFXPHQWV RI¿FLHOV
session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 53]. de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième
83
Voir, par exemple, l’intervention du Bélarus (ibid., par. 32), et Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 68 et 70].
OHVREVHUYDWLRQVGHO¶(VSDJQH¿JXUDQWGDQVOHVGRVVLHUVGX5DSSRUWHXU 92
Voir, par exemple, la déclaration de la Chine [Documents
spécial. RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
84
9RLUSDUH[HPSOHODGpFODUDWLRQGHV3D\V%DV¿JXUDQWGDQVOHV Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 43].
dossiers du Rapporteur spécial. 93
9RLUSDUH[HPSOHOHVREVHUYDWLRQVGHO¶(VSDJQH¿JXUDQWGDQVOHV
85
9RLUSDUH[HPSOHOHVREVHUYDWLRQVGHO¶(VSDJQH¿JXUDQWGDQVOHV dossiers du Rapporteur spécial.
dossiers du Rapporteur spécial. 94
Voir, par exemple, la déclaration d’Israël ['RFXPHQWV RI¿FLHOV
86
9RLU OD GpFODUDWLRQ GH OD 1RXYHOOH=pODQGH ¿JXUDQW GDQV OHV de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième
dossiers du Rapporteur spécial, et l’intervention de la Hongrie Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 41].
['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWHKXLWLqPH 95
9RLUSDUH[HPSOHODGpFODUDWLRQGHV3D\V%DV¿JXUDQWGDQVOHV
session, Sixième Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 37]. dossiers du Rapporteur spécial.
74 Documents de la cinquante-sixième session
GHV EpQp¿FLDLUHV GH O¶DFWLYLWp HQ TXHVWLRQ96, y compris à gagner105. Selon un autre point de vue, la notion de perte
des contributions à des fonds constitués par la branche pFRQRPLTXHGHYDLWV¶pWHQGUHDX[SHUWHVUpVXOWDQWGLUHFWH-
d’activité ou la société concernée aux niveaux national, PHQWGXULVTXHGHFRQVpTXHQFHVPDWpULHOOHVDVVRFLpGDQV
régional ou international97 GHV eWDWV FRQFHUQpV98, y OHVHVSULWVjXQHDFWLYLWpPrPHVLFHULVTXHQHVHPDWpULD-
FRPSULV O¶DIIHFWDWLRQ j FHWWH ¿Q GH IRQGV SXEOLFV99. Il a lisait pas106.
HQ RXWUH pWp VXJJpUp TXH GH WHOV IRQGV VRLHQW FRQVWLWXpV
au moyen de contributions versées par des États, des 2Q D pPLV O¶DYLV TXH OHV TXHVWLRQV FRQFHUQDQW
organisations nationales ou internationales compétentes l’environnement lui-même ne devaient pas être purement
HW GHV RUJDQLVDWLRQV QRQ JRXYHUQHPHQWDOHV HW TXH VRLW HWVLPSOHPHQWpFDUWpHVHWTX¶HOOHVGHYUDLHQWrWUHH[DPLQpHV
FUppXQV\VWqPHG¶DVVXUDQFHDXTXHOGHYUDLHQWREOLJDWRLUH- à un stade ultérieur, même si elles n’étaient pas traitées
ment cotiser les exploitants appartenant au même secteur dans le présent contexte107. D’après un autre point de vue,
d’activité100. LOpWDLWSUpIpUDEOHTXHODTXHVWLRQVRLWWUDLWpHGDQVXQFDGUH
dédié à l’environnement et non pas dans celui des travaux
E. Dommages à l’environnement de la Commission108.
dédié à la responsabilité, comme le Rapporteur spécial SRXUUDLW SUHQGUH OD IRUPH G¶XQH OLVWH GH TXHVWLRQV TXL
O¶DYDLW VXJJpUp j OD FLQTXDQWHFLQTXLqPH VHVVLRQ GH OD pourrait être prise en considération lors de négociations
Commission, en 2003, n’a pas emporté l’adhésion113. IXWXUHVDX[¿QVGHO¶pODERUDWLRQGHUpJLPHVGHUHVSRQVD-
bilité pour des activités données116. D’autres délégations
35. Certaines délégations se sont prononcées pour une étaient favorables à des principes directeurs ou des règles
approche non contraignante114. Une étude approfon- types à l’intention des États117. Certaines délégations ont
die du droit existant assortie de recommandations, par VRXOLJQpTX¶LOLPSRUWDLWTXHOTXHVRLWOHUpVXOWDW¿QDOGHV
exemple, a été considérée comme un objectif réaliste et travaux de la Commission sur la responsabilité, d’inclure
réalisable115 2Q D pJDOHPHQW IDLW REVHUYHU TXH FRPPH des dispositions appropriées concernant le règlement des
la solution dépendrait de la mise en place à l’avenir de différends118.
UpJLPHV GH UHVSRQVDELOLWp VSpFL¿TXHV OH SURGXLW ¿QDO
116
Voir, par exemple, l’intervention de l’Autriche [Documents
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
113
Voir, par exemple, l’intervention des États-Unis [Documents Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 45].
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH 117
Voir, par exemple, les interventions de la Pologne [Documents
Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 14]. RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
114
Voir, par exemple, l’intervention de la Roumanie [Documents Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 37] et d’Israël (ibid.,
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH par. 43).
Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 59]. 118
9RLU SDU H[HPSOH OHV LQWHUYHQWLRQV GH OD 1RXYHOOH=pODQGH
115
Voir, par exemple, l’intervention du Royaume-Uni [Documents ['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWHKXLWLqPH
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH session, Sixième Commission, 16e séance (A/C.6/58/SR.16), par. 62] et
Commission, 18e séance (A/C.6/58/SR.18), par. 34]. de Chypre [ibid., 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 68].
CHAPITRE II
36. Le débat à la Sixième Commission de l’Assemblée société en général. Toutefois, les États sont tenus de n’auto-
générale est allé, sur la plupart des points, dans le même ULVHUGHWHOOHVDFWLYLWpVTXHV¶LOHVWSRVVLEOHGHOHVPDvWULVHU
VHQV TXH FHOXL TXL DYDLW HX OLHX DXSDUDYDQW j OD &', et si elles sont soumises à des contrôles stricts, et ils ont
Toutefois, certaines conclusions générales semblent se O¶REOLJDWLRQGHSUpYHQLUOHVGRPPDJHVWUDQVIURQWLqUHV
dégager:
d ,OVHSHXWTX¶XQGRPPDJHVXUYLHQQHHQO¶DEVHQFH
a /H UpJLPH MXULGLTXH pODERUp SDU OD &RPPLVVLRQ GHWRXWHIDXWHGHODSDUWGHO¶eWDWTXLVHVHUDSOHLQHPHQW
GHYUDLWrWUHJpQpUDOHWVXSSOpWLI,OGHYUDLWrWUHVXI¿VDP- DFTXLWWpGHVHVREOLJDWLRQVGHSUpYHQWLRQ'DQVXQHWHOOH
PHQWJpQpUDOD¿QGHODLVVHUDX[eWDWVODODWLWXGHYRXOXH pYHQWXDOLWpOHVYLFWLPHVLQQRFHQWHVTXLQ¶RQWSULVDXFXQH
pour élaborer, au niveau bilatéral ou régional, des régimes part à l’activité ou n’en ont tiré aucun avantage direct, ne
GHUHVSRQVDELOLWpSOXVVSpFL¿TXHVFRQFHUQDQWXQHRXSOX- devraient pas, dans la mesure du possible, avoir à suppor-
sieurs activités dangereuses dans un champ d’opération WHUOHVSHUWHV
GRQQp,OGHYUDLWrWUHVXSSOpWLIHQFHTX¶LOQHV¶DSSOLTXH-
rait pas s’il devait entrer en concurrence avec les dispo- e. Dans tout système de répartition des pertes, c’est à
sitions d’un accord bilatéral, multilatéral ou régional. Il O¶H[SORLWDQWTXHGHYUDLWLQFRPEHUDXSUHPLHUFKHIO¶REOLJD-
devrait également sauvegarder les règles pertinentes de la WLRQ G¶LQGHPQLVDWLRQ F¶HVW OXL TXL FRQWU{OH O¶DFWLYLWp HW LO
responsabilité (responsibility) des États et ne devrait pas HQHVWpJDOHPHQWOHEpQp¿FLDLUHGLUHFW8QHWHOOHDSSURFKH
HQWUHUHQFRQÀLWRXIDLUHGRXEOHHPSORLDYHFOHVUpJLPHV UHÀpWHUDLWOHSULQFLSH©SROOXHXUSD\HXUªHWHQSDUWLFXOLHUOD
GHUHVSRQVDELOLWpFLYLOHDSSOLFDEOHVGDQVOHVeWDWV SROLWLTXHG¶LQWHUQDOLVDWLRQGHVFRWVGHIRQFWLRQQHPHQW,O
IDXWGRQFH[LJHUGHO¶H[SORLWDQWTX¶LOVRXVFULYHO¶DVVXUDQFH
b. La portée des travaux de la Commission sur le sujet YRXOXH HW TX¶LO SUpVHQWH GHV JDUDQWLHV ¿QDQFLqUHV DSSUR-
jO¶pWXGHGHYUDLWFRwQFLGHUDYHFFHOOHGXSURMHWG¶DUWLFOHV SULpHV ,O HVW pJDOHPHQW FRQYHQX TXH OD UHVSRQVDELOLWp GH
sur la prévention des dommages transfrontières résultant l’exploitant peut être limitée. À cet égard, on pourrait envi-
G¶DFWLYLWpV GDQJHUHXVHV TXH OD &RPPLVVLRQ D DGRSWp HQ VDJHUjODIRLVXQHOLPLWDWLRQGHODUHVSRQVDELOLWp¿QDQFLqUH
HWFRPPXQLTXpSRXUVXLWHjGRQQHUjO¶$VVHPEOpH et une limitation de la responsabilité dans le temps, c’est-à-
générale119 &HOD VLJQL¿H TX¶LO Q¶\ DXUDLW SDV EHVRLQ GH GLUHTXHOHVGHPDQGHVG¶LQGHPQLVDWLRQVHUDLHQWSUHVFULWHV
URXYULU OHV TXHVWLRQV FRQFHUQDQW OD QDWXUH GHV DFWLYLWpV à l’expiration d’un certain délai. La limitation de la respon-
YLVpHVQLOHVHXLOGHGRPPDJH ©GRPPDJHVLJQL¿FDWLIª VDELOLWp¿QDQFLqUHDLGHUDLWO¶H[SORLWDQWjREWHQLUO¶DVVXUDQFH
GHYDQW rWUH DWWHLQW SRXU TXH OHV SULQFLSHV GH UpSDUWLWLRQ QpFHVVDLUH SRXU O¶DFWLYLWp j KDXW ULVTXH (OOH SHUPHWWUDLW
GHVSHUWHVHQWUHQWHQMHX aussi à des exploitants de se lancer dans des activités ris-
TXpHVVDQVDYRLUjFUDLQGUHODGpEkFOH¿QDQFLqUH
c ,O HVW DGPLV TX¶LO Q¶HVW SDV WRXMRXUV SRVVLEOH
d’interdire ou d’éviter des activités dangereuses ou des acti- f. En outre, l’exploitant est également tenu de se doter
YLWpVIDLVDQWFRXULUXQULVTXHVLJQL¿FDWLIFDUHOOHVVRQWLQGLV- des plans d’intervention et plans d’urgence nécessaires,
SHQVDEOHVDXGpYHORSSHPHQWpFRQRPLTXHHWSUR¿WHQWjOD \ FRPSULV GH PpFDQLVPHV GH QRWL¿FDWLRQ GHV VLWXDWLRQV
d’urgence et autres plans ou mesures de sécurité attendus
119
Annuaire… 2001, vol. II (2eSDUWLH HWUHFWL¿FDWLISSDU G¶XQHSHUVRQQHSUXGHQWHHWUDLVRQQDEOH
76 Documents de la cinquante-sixième session
g. Le principe de la limitation de la responsabilité 1DWLRQV 8QLHV GHV XWLOLVDWLRQV SDFL¿TXHV GH O¶HVSDFH
¿QDQFLqUH GH O¶H[SORLWDQW GRLW rWUH PLV HQ EDODQFH DYHF H[WUDDWPRVSKpULTXH120 V¶RFFXSH GH OD TXHVWLRQ GHV
FHOXLTXLYHXWTXHODYLFWLPHLQQRFHQWHQ¶DLWGDQVODPHVXUH débris spatiaux et autres problèmes environnementaux
GXSRVVLEOHSDVjVXSSRUWHUOHVSHUWHV/HMXVWHpTXLOLEUH connexes découlant des activités spatiales des États.
pourrait être réalisé en rendant obligatoire l’indemnisa- Après avoir appelé l’attention sur ces conventions et
WLRQGHODYLFWLPHSDUOHELDLVGHVRXUFHVGH¿QDQFHPHQW DFWLYLWpV7RPXVFKDWHVWSDUYHQXjODFRQFOXVLRQTX¶LO
complémentaire. Plusieurs conventions internationales Q¶pWDLW SDV RSSRUWXQ TXH OD &', WUDLWH GHV SUREOqPHV
HWODSUDWLTXHGHFHUWDLQVeWDWVDSSOLTXHQWFHWWHIRUPXOH découlant de l’une ou plusieurs de ces conventions
/HV PR\HQV GH ¿QDQFHPHQW FRPSOpPHQWDLUH SRXUUDLHQW dans le cadre d’un nouveau sujet consacré à l’indivis
SURYHQLU GH FRQWULEXWLRQV GHV EpQp¿FLDLUHV GLUHFWV GHV mondial. Une telle étude serait, a-t-il dit, «par nécessité,
exploitants menant des activités analogues, d’autres orga- tellement abstraite121ª TX¶HOOH QH SRXUUDLW JXqUH
QLVPHVSXEOLFVRXSULYpVDLQVLTXHGHIRQGVFRQVWLWXpVSDU constituer un progrès par rapport à la Déclaration de
GHVRUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVFRPSpWHQWHV Stockholm sur l’environnement122 et à la Déclaration
de Rio sur l’environnement et le développement123.
h /D Gp¿QLWLRQ GHV ©GRPPDJHVª RXYUDQW GURLW j ,O D DXVVL HVWLPp TX¶XQH pWXGH GH OD SURWHFWLRQ GH
indemnisation peut englober les dommages aux personnes l’indivis mondial ne différerait guère d’une étude des
et aux biens, y compris à des éléments du patrimoine dommages transfrontières, les sources de pollution
pWDWLTXHHWGXSDWULPRLQHQDWXUHODLQVLTXHOHVGRPPDJHV pWDQW HVVHQWLHOOHPHQW G¶RULJLQH WHOOXULTXH ,O D GRQF
à l’environnement ou aux ressources naturelles se trouvant FRQFOX TX¶LO ©VHUDLW >@ H[WUrPHPHQW DUWL¿FLHO VLQRQ
sous la juridiction ou dans des zones placées sous le impossible, d’établir des règles différentes selon
contrôle d’un État. Un certain nombre d’États ont souligné l’identité des sujets à protéger124».
TXHOHFRQFHSWGHGRPPDJHGHYDLWrWUHVXI¿VDPPHQWODUJH
pour englober les dommages à l’environnement lui-même. D’un autre côté, il est sans doute possible d’aller
À leur avis, les dommages causés à l’indivis mondial ne au-delà de chacun de ces instruments, car la plupart
GHYDLHQWSDVrWUHODLVVpVVDQVUpSDUDWLRQ/DTXHVWLRQGH d’entre eux traitent des dommages aux personnes
la réparation des dommages à l’environnement lui-même et aux biens et ne s’intéressent pas aux dommages à
dans les zones situées au-delà des juridictions nationales, O¶LQGLYLVPRQGLDOHQWDQWTXHWHO$UVDQMDQLHW5HLVPDQ
ou indivis mondial, a aussi toujours préoccupé certains dans leur analyse pénétrante du problème, ont bien fait
membres de la Commission. Il importe donc d’aborder ressortir ce point125 ,OV RQW VRXOLJQp TXH OHV HIIRUWV
FHWWHTXHVWLRQVDQVSUpMXJpV DXWKHQWLTXHVPDLVSOXVPRGHVWHVIDLWVSRXUWUDLWHUGH
la responsabilité en cas de dommage causé à l’indivis
L 3UHPLqUHPHQW LO Q¶H[LVWH SDV GH Gp¿QLWLRQ PRQGLDOQ¶DYDLHQWFRPPHQFpTX¶DYHFOHSULQFLSHGH
généralement admise de l’indivis mondial. Toutefois, la Déclaration de Stockholm sur l’environnement et le
on entend généralement par là la haute mer au-delà de principe 2 de la Déclaration de Rio sur l’environnement
la limite des juridictions nationales, y compris le fond et le développement. Mais ces deux principes
des PHUV HW GHV RFpDQV HW O¶HVSDFH DpULHQ VXUMDFHQW avaient encore surtout valeur de recommandation et
O¶HVSDFH H[WUDDWPRVSKpULTXH OD /XQH HW OHV DXWUHV nécessitaient une action plus concertée de la part des
FRUSV FpOHVWHV HW ELHQ TX¶LO Q¶\ DLW SDV XQDQLPLWp États pour négocier des obligations plus concrètes.
VXU FH SRLQW O¶$QWDUFWLTXH O¶DUWLFOH ,9 GX 7UDLWp VXU La Convention sur la réglementation des activités
O¶$QWDUFWLTXH GLVSRVDQW TX¶©>D@XFXQH UHYHQGLFDWLRQ UHODWLYHV DX[ UHVVRXUFHV PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH
nouvelle, ni aucune extension d’une revendication
GH VRXYHUDLQHWp WHUULWRULDOH SUpFpGHPPHQW DI¿UPpH 120
Créé en 1959 par la résolution 1472 (XIV) de l’Assemblée
ne devra être présentée pendant la durée du présent générale pour examiner l’ampleur de la coopération internationale en
Traité». Comme on le sait, la Convention des Nations PDWLqUHG¶XWLOLVDWLRQSDFL¿TXHGHO¶HVSDFHH[WUDDWPRVSKpULTXHPHWWUH
au point dans ce domaine des programmes devant être entrepris sous les
Unies sur le droit de la mer traite des océans et du milieu auspices des Nations Unies, encourager la poursuite de la recherche et
marin de la façon la plus globale possible. L’Autorité ODGLIIXVLRQG¶LQIRUPDWLRQVVXUOHVTXHVWLRQVD\DQWWUDLWjO¶HVSDFHH[WUD
internationale des fonds marins s’emploie activement DWPRVSKpULTXHHWSRXUpWXGLHUOHVSUREOqPHVMXULGLTXHVGpFRXODQWGH
à élaborer des règlements de nature à prévenir et à O¶H[SORUDWLRQGHO¶HVSDFHH[WUDDWPRVSKpULTXH
PDvWULVHU WRXWHV OHV PHQDFHV TXH OD SURVSHFWLRQ HW 121
Annuaire… 1993, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/454, Schémas
l’exploration des ressources des fonds des mers et établis par des membres de la Commission sur divers sujets de droit
international, «L’indivis mondial», par M. Christian Tomuschat, p. 265,
des océans, en particulier des nodules de manganèse, par. 19.
pourraient faire peser sur l’environnement des grands 122
Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement,
fonds marins. Stockholm, 5-16 juin 1972 (publication des Nations Unies, numéro de
vente: [Link].A.14), 1re partie, chap. Ier.
123
En outre, la pollution des mers étant en grande Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement
SDUWLH G¶RULJLQH WHOOXULTXH HOOH IDLW O¶REMHW GH WUDLWpV et le développement, Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992 (publication
GHV 1DWLRQV 8QLHV QXPpUR GH YHQWH ), HW UHFWL¿FDWLI YRO I:
régionaux. On peut aussi mentionner plusieurs Résolutions adoptées par la Conférence, résolution 1, annexe I.
conventions de l’OMI applicables aux déversements 124
Annuaire… 1993, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/454, p. 265,
d’hydrocarbures et de déchets. Il convient en outre SDU 0 7RPXVFKDW D WRXWHIRLV QRWp TXH VL OD &RPPLVVLRQ
de citer le Traité interdisant les essais d’armes HQWUHSUHQDLW G¶pWXGLHU OD TXHVWLRQ GH O¶LQGLYLV PRQGLDO FHOD IHUDLW
nucléaires dans l’atmosphère, dans l’espace extra- QpFHVVDLUHPHQW GRXEOH HPSORL DYHF VHV WUDYDX[ VXU OHV FRQVpTXHQFHV
SUpMXGLFLDEOHV HW TX¶LO VHUDLW LQ¿QLPHQW SUpIpUDEOH G¶pWDEOLU XQ FRGH
DWPRVSKpULTXHHWVRXVO¶HDX/HVTXHVWLRQVD\DQWWUDLWj des devoirs de prévention, en ayant à l’esprit la nécessité de protéger
O¶HQYLURQQHPHQWGHO¶$QWDUFWLTXHIRQWSpULRGLTXHPHQW l’indivis mondial (ibid., par. 21).
l’objet de consultations entre les parties consultatives 125
$UVDQMDQL HW 5HLVPDQ ©7KH TXHVW IRU DQ LQWHUQDWLRQDO OLDELOLW\
DX 7UDLWp VXU O¶$QWDUFWLTXH En outre, le Comité des regime for the protection of the global commons», p. 469 à 473.
Responsabilité internationale pour les conséquences préjudiciables découlant d’activités qui ne sont pas interdites par le droit international 77
prévoyait la responsabilité en cas de dommages à ii. L’analyse ci-dessus laisse entière une
O¶HQYLURQQHPHQWGHO¶$QWDUFWLTXHRXDX[pFRV\VWqPHV autre dimension du problème des dommages à
dépendants ou associés, découlant d’activités relatives l’environnement, à savoir les dommages causés à
DX[ UHVVRXUFHV PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH /H l’indivis mondial par des activités entrant dans le
paragraphe 15 de l’article premier de la Convention champ d’application des présents articles. Dans le
Gp¿QLVVDLW OH GRPPDJH FRPPH ©WRXWH LQFLGHQFH FDV GH GRPPDJHV WUDQVIURQWLqUHV TXL WUDYHUVHQW OHV
sur les composantes vivantes et non vivantes dudit frontières de tous les États pour s’étendre à l’indivis
environnement ou desdits écosystèmes, y compris toute mondial ou à l’environnement lui-même dans des
DWWHLQWH j OD YLH DWPRVSKpULTXH PDULQH RX WHUUHVWUH zones situées au-delà des juridictions nationales, il
GpSDVVDQWXQQLYHDXQpJOLJHDEOHRXGpSDVVDQWFHTXLD semble raisonnable de faire droit aux demandes de
été évalué et considéré comme acceptable en vertu de remise en état et aux demandes de prise en charge des
la présente Convention». La Convention n’est jamais mesures d’intervention prises ou à prendre.
entrée en vigueur et a été remplacée par le Protocole
DX 7UDLWp VXU O¶$QWDUFWLTXH UHODWLI j OD SURWHFWLRQ GH /DTXHVWLRQGHVDYRLUjTXLSRXUUDLWrWUHUHFRQQXH
O¶HQYLURQQHPHQW TXL SUpYRLW XQ PRUDWRLUH GH DQV ODTXDOLWpSRXUDJLUGDQVGHWHOVFDVQ¶HVWWRXWHIRLVSDV
pour l’exploration et l’exploitation des ressources résolue. Une solution consisterait à autoriser toute entité
PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH /H 3URWRFROH SUpYRLW capable de soutenir le dossier à poursuivre l’exploitant.
également l’élaboration d’une annexe consacrée à la Une autre, plus limitée, consisterait à autoriser
UHVSRQVDELOLWpTXLHVWHQFRUHHQFRXUVGHQpJRFLDWLRQ XQLTXHPHQWOHVeWDWVjSRXUVXLYUHG¶DXWUHVeWDWVD\DQW
autorisé l’activité. À l’appui de cette approche, on peut
De même, la Convention de Lugano, adoptée par IDLUHYDORLUTXHODSURWHFWLRQGHO¶LQGLYLVPRQGLDOHVW
le Conseil de l’Europe, a pour particularité de mettre une obligation générale129.
O¶DFFHQWVXUODUpSDUDWLRQHWG¶LQFOXUHGDQVODGp¿QLWLRQ
du dommage toute perte ou dommage résultant de 2Q QH VDXUDLW VRXVHVWLPHU OHV pQRUPHV GLI¿FXOWpV
l’altération de l’environnement. Cette Convention posées par l’établissement du lien de causalité,
n’est néanmoins pas non plus entrée en vigueur, et il même dans un système libéral d’inférences ou de
VHPEOHSHXSUREDEOHTX¶HOOHOHIDVVH présomptions réfragables avec renversement de la
charge de la preuve, s’agissant, par exemple, des
/HV TXHVWLRQV OLpHV j OD UHVSRQVDELOLWp GH O¶eWDW HW dommages aux grands fonds marins. Les courants et
G¶DXWUHV SUREOqPHV WHOV TXH O¶pWDEOLVVHPHQW GX OLHQ OHV YHQWV SHXYHQW GLVSHUVHU OH GRPPDJH DYDQW TXH
GH FDXVDOLWp OD TXDOLWp SRXU DJLU HW OD TXDQWL¿FDWLRQ TXHOTX¶XQ SXLVVH VH UHQGUH VXU ]RQH SRXU HQ pWXGLHU
GX GRPPDJH FRPSWHQW SDUPL OHV SRLQWV VXU OHVTXHOV l’étendue. D’autres facteurs importants pourraient
achoppe l’élaboration d’un régime de responsabilité entrer en ligne de compte et le lien de causalité pourrait
pour l’indivis mondial126. Arsanjani et Reisman font en devenir très ténu. En l’absence d’états de référence
FRQFOXVLRQREVHUYHUDYHFSHUVSLFDFLWpTXH pour la préservation de l’indivis mondial, il pourrait
rWUHH[WUrPHPHQWGLI¿FLOHGHGpWHUPLQHUO¶pWHQGXHHWOD
/HV SUREOqPHV TXL VH SRVHQW SRXU O¶pODERUDWLRQ G¶XQ UpJLPH nature des dommages.
YLDEOH GH SURWHFWLRQ GH O¶LQGLYLV PRQGLDO TXL LQFRUSRUH XQ
élément de responsabilité sont, comme on l’a vu, énormes. Mais
OHV FRQVpTXHQFHV GH OD QRQpODERUDWLRQ G¶XQ WHO UpJLPH RX G¶XQH 1pDQPRLQV XQH GLVSRVLWLRQ Gp¿QLVVDQW OHV
élaboration trop tardive, pourraient bien constituer la plus forte dommages comme englobant les dommages à
menace commune pesant sur l’humanité au XXIe siècle127. l’environnement lui-même pourrait être utile au
développement progressif du droit. Cela pourrait
Une approche plus intégrée de la réglementation GHYHQLUWUqVLPSRUWDQWjO¶DYHQLUjPHVXUHTXHOHVeWDWV
touchant l’environnement de l’indivis mondial, l’accent développeront l’exploitation des ressources naturelles
étant mis sur les obligations erga omnes ou obligations dans les espaces maritimes relevant de leur juridiction
JpQpUDOHV SHXW GDQV OHV FLUFRQVWDQFHV pYRTXpHV SDU nationale. Le danger de dommages transfrontières
M. Yamada, être souhaitable128. Néanmoins, si l’on causés par de telles activités à des zones situées au-delà
cherchait à faire entrer cette entreprise dans le cadre des GHVMXULGLFWLRQVQDWLRQDOHVHVWWRXWDXVVLUpHOTXHFHOXL
WUDYDX[IDLVDQWO¶REMHWGXSUpVHQWUDSSRUWRQULVTXHUDLW TXH FHV DFWLYLWpV IRQW SHVHU VXU OHV ]RQHV UHOHYDQW
QRQVHXOHPHQWGHUHWDUGHUOHSURGXLW¿QDOPDLVDXVVL de la juridiction d’un ou plusieurs États voisins. Il
FH TXL HVW SOXV LPSRUWDQW GH PRGL¿HU FRPSOqWHPHQW VHPEOHGRQFWRXWjIDLWMXVWL¿pG¶pWHQGUHODGp¿QLWLRQ
O¶pFRQRPLHGXSUpVHQWSURMHW des dommages, comme suggéré ci-dessus, de façon
à l’étendre aux dommages à l’environnement et aux
ressources naturelles des zones situées au-delà des
126
3RXU SOXV GH GpWDLOV VXU OHV GLI¿FXOWpV TXH SRVH FKDFXQ GH FHV MXULGLFWLRQVQDWLRQDOHV
points (par exemple, les éléments à prendre en compte pour l’élaboration
d’un régime de responsabilité pour les dommages à l’indivis mondial, à i. Le rôle de l’État dans tout système de répartition
VDYRLUOHVHXLOGHGRPPDJHO¶pYDOXDWLRQGXGRPPDJHO¶LGHQWL¿FDWLRQ GHVSHUWHVHVWXQHDXWUHTXHVWLRQTX¶LOFRQYLHQWG¶H[SOR-
GH OD SDUWLH OpVpH OHV TXHVWLRQV MXULGLFWLRQQHOOHV HW ¿QDOHPHQW OD
TXHVWLRQGHODUpSDUDWLRQ YRLU$UVDQMDQLHW5HLVPDQORFFLWS UHU HW TXL GRLW UHWHQLU WRXWH QRWUH DWWHQWLRQ /¶eWDW TXL D
à 482. DXWRULVpO¶DFWLYLWpjULVTXHDVHVSURSUHVREOLJDWLRQVHWUHV-
127
Arsanjani et Reisman, loc. cit., p. 488. ponsabilités concernant la prévention de dommages trans-
128
Annuaire… 1993, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/454, IURQWLqUHV$X[¿QVGHVSUpVHQWVWUDYDX[O¶RQVXSSRVHUD
Schémas établis par des membres de la Commission sur divers
sujets de droit international, «Droits et obligations des États en
129
matière de protection de l’environnement», par M. Chusei Yamada, Voir Charney, «Third State remedies for environmental damage
p. 267, par. 16 et 17. to the world’s common spaces», p. 157.
78 Documents de la cinquante-sixième session
TX¶LO V¶HVW SOHLQHPHQW DFTXLWWp GH FHV REOLJDWLRQV IDXWH charge de la preuve ou l’admission d’une présomption
GH TXRL OHV UqJOHV SHUWLQHQWHV GH OD UHVSRQVDELOLWp (res- GH OLHQ GH FDXVDOLWp TXH O¶H[SORLWDQW SRXUUDLW HQVXLWH
ponsibility)GHVeWDWVSRXUUDLHQWrWUHLQYRTXpHV'DQVOH combattre. Certaines des conventions conclues récemment
cas où un dommage se produit malgré la prise de mesures FRPSRUWHQW GHV GLVSRVLWLRQV WUDLWDQW GH FHV TXHVWLRQV
GHSUpYHQWLRQLOHVWSRVVLEOHTXHOHVLQGHPQLWpVYHUVpHV mais les compromis adoptés à la majorité n’ont pas rem-
aux victimes ne couvrent pas, en raison de la limitation SRUWpVXI¿VDPPHQWO¶DGKpVLRQSRXUTXHFHVFRQYHQWLRQV
de la responsabilité de l’exploitant imposée par la légis- entrent en vigueur. Cela soulève à son tour de délicates
lation nationale, les pertes effectivement subies. Dans de TXHVWLRQVG¶KDUPRQLVDWLRQHWGHPRGL¿FDWLRQGHVOpJLVOD-
tels cas, plusieurs États ont fait jouer un mécanisme natio- tions nationales pour permettre l’entrée en vigueur de ces
QDOGH¿QDQFHPHQWFRPSOpPHQWDLUHRXRQWIDLWGHVYHUVH- FRQYHQWLRQVLQWHUQDWLRQDOHV
ments à titre gracieux.
j. Avant de passer à la présentation de propositions, il
1pDQPRLQV OD TXHVWLRQ TXL VH SRVH GDQV OH FDGUH GX FRQYLHQWG¶H[DPLQHUODTXHVWLRQGHODIRUPHTXHFHOOHVFL
sujet à l’étude est de savoir s’il est souhaitable d’impo- GHYUDLHQWUHYrWLU2QVHVRXYLHQGUDTXHOHSURMHWG¶DUWLFOHV
ser à l’État l’obligation d’établir un fonds de réserve sur la prévention a été présenté sous la forme de projets
pour combler, dans la mesure du possible, l’écart éven- d’article à insérer dans une convention-cadre comme dans
tuel entre l’indemnisation et la perte subie. Différents le cas du projet d’articles sur le droit relatif aux utilisa-
arguments pourraient être avancés en faveur de la mise WLRQVGHVFRXUVG¶HDXLQWHUQDWLRQDX[jGHV¿QVDXWUHVTXH
d’une telle obligation à la charge de l’État. Certains pré- la navigation adopté par la Commission en 1994131. Ces
fèrent considérer cette obligation comme une obligation articles ont de nouveau été négociés et la Convention sur
subsidiaire ou supplétive, l’obligation de premier rang le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internatio-
UHYHQDQW j O¶H[SORLWDQW RX j G¶DXWUHV HQWLWpV SULYpHV TXL QDX[jGHV¿QVDXWUHVTXHODQDYLJDWLRQDpWpDGRSWpHHQ
WLUHQWSUR¿WGHO¶DFWLYLWp'¶DXWUHV\YRLHQWXQHREOLJDWLRQ 1997.
sociale ou morale de l’État envers les victimes. D’autres
encore rejettent l’idée même d’imposer à l’État toute obli- Le sujet comportant deux volets (la prévention et la
gation d’assumer une responsabilité subsidiaire. L’État responsabilité), et le premier ayant fait l’objet d’un projet
pourrait, selon certains, tout au plus être tenu de veiller G¶DUWLFOHVRQHVWHQGURLWGHV¶DWWHQGUHjFHTX¶LOHQDLOOHGH
jFHTXHOHVIRQGVQpFHVVDLUHVjO¶LQGHPQLVDWLRQVRLHQWHQ même pour le second. Certains membres de la Commission
fait disponibles. Ce résultat pourrait être atteint de plu- et des représentants des États se sont déjà prononcés pour
sieurs manières, dont une seule est liée à l’instauration cette approche. D’un autre côté, si le projet d’articles sur
G¶XQPpFDQLVPHGH¿QDQFHPHQWFRPSOpPHQWDLUHDXTXHO la prévention est considéré comme le principal corps de
l’État pourrait verser une contribution appropriée130. SULQFLSHVSULPDLUHVHWVLODUHVSRQVDELOLWpQ¶HVWTXHO¶XQH
de ses dispositions, maintenant développée séparément,
/¶LGpHGHODSDUWLFLSDWLRQGHO¶eWDWDXV\VWqPHGH¿QDQ- celle-ci pourrait être liée au projet principal par la voie
cement complémentaire fait son chemin. Mais, dans le d’un protocole, comme cela s’est fait pour certains proto-
même temps, certains États se montrent très réticents à coles dédiés à la responsabilité. Le Rapporteur spécial a
accepter toute responsabilité subsidiaire en cas de défail- VXJJpUpFHWWHDSSURFKHjODFLQTXDQWHFLQTXLqPHVHVVLRQ
lance de l’exploitant. de la Commission en 2003, sans toutefois avoir adopté
lui-même une position bien arrêtée. Plusieurs membres de
,OHVWGRQFSURSRVpTXHODSDUWGHO¶eWDWVRLWFRQVLGpUpH la Commission et au moins une délégation à la Sixième
FRPPHXQHFRQWULEXWLRQDX¿QDQFHPHQWFRPSOpPHQWDLUH Commission se sont prononcés contre cette approche. De
DX PrPH WLWUH TXH OHV FRQWULEXWLRQV TXL SRXUUDLHQW rWUH SOXVSOXVLHXUVGpOpJDWLRQVRQWpPLVO¶DYLVTXHOHVFRQFOX-
H[LJpHVG¶DXWUHVDFWHXUVWHOVTXHGHVRUJDQLVDWLRQVLQWHU- sions et recommandations de la CDI devraient revêtir, non
QDWLRQDOHV&¶HVWODUDLVRQSRXUODTXHOOHLOHVWSUpIpUDEOH pas la forme d’une convention ou d’un protocole, mais
G¶DSSHOHU OH UpJLPH MXULGLTXH j pODERUHU XQ V\VWqPH GH celle de principes généraux offrant des options sur divers
répartition des pertes. En outre, ce système devrait contri- SRLQWV FH TXL ODLVVHUDLW DX[ eWDWV OD SRVVLELOLWp GH IDLUH
buer au développement progressif du droit: en effet, bon OHXUFKRL[jPHVXUHTX¶LOVGpYHORSSHUDLHQWOHXUOpJLVODWLRQ
QRPEUH GH VHV pOpPHQWV DXWUHV TXH OD UHVSRQVDELOLWp GH QDWLRQDOHRXTX¶LOVFRQFOXUDLHQWGHVDUUDQJHPHQWVUpJLR-
l’exploitant ou de la personne en charge de l’activité au naux ou d’autres arrangements sectoriels.
moment de l’événement, ne sont pas traités de façon uni-
IRUPHKRPRJqQHRXLGHQWLTXH Le premier rapport du Rapporteur spécial132 D VXI¿-
samment fait ressortir la grande diversité des préférences
Les opinions divergent également sur la mesure dans HWGHVSUDWLTXHVGHVeWDWVFRQFHUQDQWOHVGLYHUVSULQFLSHV
ODTXHOOHOHV\VWqPHGHUpSDUWLWLRQGHVSHUWHVGHYUDLWHQWUHU constitutifs d’un régime de responsabilité internationale.
GDQV OH GpWDLO DLQVL TXH VXU OH GHJUp GH VSpFL¿FLWp HW OD Plusieurs éléments du droit de la responsabilité civile
SRUWpHTXHGHYUDLWDYRLUODGp¿QLWLRQGXGRPPDJHLQGHP- HW GX GURLW LQWHUQDWLRQDO SULYp LPSOLTXHQW GH QRPEUHX[
QLVDEOH0rPHVXUODTXHVWLRQGHODSUHXYHGXGRPPDJH FKRL[ TXL GHYURQW rWUH DUUrWpV VL OD &RPPLVVLRQ VH ¿[H
et du lien de causalité nécessaire, il peut y avoir des diver- pour objectif une convention à part entière ou même un
gences de vues. Beaucoup d’États, mais non pas tous, SURWRFROHVXUODUHVSRQVDELOLWpODGp¿QLWLRQGXGRPPDJH
se sont prononcés pour un standard relativement souple LQGHPQLVDEOH OD GpVLJQDWLRQ GHV HQWLWpV DX[TXHOOHV
de façon à réduire la charge de la preuve pour les vic- reviendraient la responsabilité de premier rang et la
times. Certains ont même suggéré le renversement de la responsabilité de second rang ou subsidiaire, le choix
131
130
9RLU *HKULQJ HW -DFKWHQIXFKV ©/LDELOLW\ IRU WUDQVERXQGDU\ Annuaire… 1994, vol. II (2e partie), p. 94, par. 222.
132
environmental damage towards a general liability regime?», p. 106. Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/531, p. 73.
Responsabilité internationale pour les conséquences préjudiciables découlant d’activités qui ne sont pas interdites par le droit international 79
CHAPITRE III
mêmes facteurs; les biens faisant partie du patrimoine sur la responsabilité de parler de damage, la référence au
culturel; et les aspects caractéristiques du paysage; concept plus large de harmDpWpFRQVHUYpHORUVTX¶LOHVW
TXHVWLRQXQLTXHPHQWGXULVTXHGHGRPPDJHSDURSSRVL-
d 2Q HQWHQG SDU ©DFWLYLWp GDQJHUHXVHª WRXWH WLRQDXVWDGHXOWpULHXUROHULVTXHV¶HVWPDWpULDOLVp3RXU
activité qui comporte un risque de causer un dom- la phase de la prévention, le mot propre est harm, et ce
PDJHVLJQL¿FDWLIRXFDWDVWURSKLTXH WHUPH HVW SULV LFL GDQV OH PrPH VHQV TXH GDQV OH SURMHW
d’articles sur la prévention.
e 2QHQWHQGSDU©H[SORLWDQWªWRXWHSHUVRQQHTXL
dirige ou contrôle l’activité au moment de l’événement b /D Gp¿QLWLRQ GX GRPPDJH VXJJpUpH j O¶DOLQpD a
ayant causé le dommage transfrontière, y compris une GXSULQFLSHUDSSURFKpHGHODGp¿QLWLRQGHO¶HQYLURQQH-
société mère ou une autre entité apparentée dotée ou PHQW¿JXUDQWjO¶DOLQpDc du même principe, va au-delà
non de la personnalité morale; GH OD Gp¿QLWLRQ OD SOXV FRXUDQWH TXL Q¶HQJOREH JpQpUD-
OHPHQWTXHOHVGRPPDJHVDX[SHUVRQQHVHWDX[ELHQV135.
f 2Q HQWHQG SDU ©GRPPDJH WUDQVIURQWLqUHª XQ ,O FRQYLHQW DXVVL GH QRWHU TXH OD UpIpUHQFH DX FRW GH
dommage causé sur le territoire ou en d’autres lieux O¶pYDOXDWLRQ GHV GRPPDJHV ¿JXUDQW GDQV OD Gp¿QLWLRQ
situés en dehors du territoire mais placés sous la de la «remise en état», à l’alinéa g du principe 2, et le
juridiction ou le contrôle d’un État autre que l’État PHPEUH GH SKUDVH ©DVVDLQLU O¶HQYLURQQHPHQWª ¿JXUDQW
d’origine ou dans d’autres lieux situés au-delà de la GDQVODGp¿QLWLRQGHVPHVXUHVG¶LQWHUYHQWLRQjO¶DOLQpDh
juridiction ou du contrôle de tout État, y compris du principe 2, sont repris du Protocole de Bâle de 1999. À
l’État d’origine, que les États ou zones concernés aient SURSRVGHO¶LQWURGXFWLRQGHFHVQRWLRQVRQDUHOHYpTXH
ou non une frontière commune; par rapport aux conventions sur la responsabilité civile
concernant la pollution par les hydrocarbures, «l’accent
g 2Q HQWHQG SDU ©PHVXUHV GH UHPLVH HQ pWDWª est mis surtout sur les dommages à l’environnement lui-
toutes mesures raisonnables visant à évaluer, remettre même et non plus principalement sur les dommages aux
en état ou restaurer des éléments de l’environnement personnes et aux biens136».
endommagés ou détruits ou, si cela n’est pas possible,
à introduire, s’il y a lieu, l’équivalent de ces éléments c. L’autre partie de l’alinéa g du principe 2 concer-
dans l’environnement. Le droit interne peut indiquer QDQWO¶LQWURGXFWLRQGDQVO¶HQYLURQQHPHQWGHO¶pTXLYDOHQW
qui sera habilité à prendre de telles mesures; GHV pOpPHQWV HQGRPPDJpV RX GpWUXLWV ORUVTXH OHXU UHV-
tauration n’est pas possible constitue un nouveau progrès
h 2QHQWHQGSDU©PHVXUHVG¶LQWHUYHQWLRQªWRXWHV dans la direction de la protection de l’environnement. Cet
mesures raisonnables prises par toute personne, y pOpPHQWTXLQH¿JXUDLWSDVGDQVOH3URWRFROHGH%kOHGH
compris les pouvoirs publics, après la survenance du 1999, a été introduit dans la loi de 1990 des États-Unis
dommage transfrontière, pour prévenir, réduire au sur la pollution par les hydrocarbures (Oil Pollution
minimum ou atténuer les pertes ou dommages éventuels Act)137 DLQVL TXH GDQV OH 3URWRFROH G¶DPHQGHPHQW GH OD
ou pour assainir l’environnement. Le droit interne peut Convention de Vienne relative à la responsabilité civile
indiquer qui sera habilité à prendre de telles mesures; en matière de dommages nucléaires, dans la Convention
de Lugano, dans le Protocole de Kiev138 et dans la position
i 2Q HQWHQG SDU ©eWDW G¶RULJLQHª O¶eWDW VXU OH commune arrêtée par le Conseil le 18 septembre 2003
territoire ou sous la juridiction ou le contrôle duquel en vue de l’adoption de la directive sur la responsabilité
s’exercent les activités visées dans le principe premier; HQYLURQQHPHQWDOHHQFHTXLFRQFHUQHODSUpYHQWLRQHWOD
réparation des dommages environnementaux139.
j 2QHQWHQGSDU©eWDWGXSUpMXGLFHªO¶eWDWVXUOH
territoire ou sous la juridiction ou le contrôle duquel d. La référence aux dommages à l’environnement
survient le dommage transfrontière; OXLPrPH F¶HVWjGLUH OHV UHVVRXUFHV QDWXUHOOHV TXL IRQW
partie du domaine public et le patrimoine culturel, est lar-
k 2QHQWHQGSDU©eWDWVXVFHSWLEOHG¶rWUHDIIHFWpª gement recommandée. Le Groupe de travail constitué en
l’État ou les États sur le territoire desquels un dom- SDUOD&RPPLVVLRQHVWFRQYHQXTXHOHVGRPPDJHV
PDJHWUDQVIURQWLqUHVLJQL¿FDWLIULVTXHGHVHSURGXLUH aux personnes et aux biens, y compris à des éléments du
ou l’État ou les États qui exercent leur juridiction SDWULPRLQH pWDWLTXH HW GX SDWULPRLQH QDWXUHO DLQVL TX¶j
ou leur contrôle sur tout autre lieu qui est exposé au l’environnement dans les limites des juridictions natio-
risque d’un tel dommage; nales devaient être couverts140. Ce point de vue a égale-
ment été approuvé par de nombreuses délégations dans b. En outre, les régimes conventionnels modernes
leurs interventions devant la Sixième Commission en de responsabilité et de réparation accordent une attention
2003. En outre, pour les raisons données dans les conclu- SDUWLFXOLqUHjODSURWHFWLRQDLQVLTX¶jODUHVWDXUDWLRQHWj
sions du Rapporteur spécial, au paragraphe 36, alinéa h ii, l’assainissement de l’environnement et des ressources
FLGHVVXV OD Gp¿QLWLRQ GX GRPPDJH WUDQVIURQWLqUH ¿JX- naturelles ayant subi des dommages transfrontières,
rant à l’alinéa f du principe 2 a été élargie de façon à PrPH ORUVTXH DXFXQ LQWpUrW SULYp RX SRVVHVVRLUH Q¶HVW
englober les dommages à l’environnement dans les lieux lésé. Ces mesures viennent s’ajouter à la protection des
situés au-delà des juridictions nationales. victimes ou sont indépendantes de celle-ci. Cela a été clai-
UHPHQWDI¿UPpSDUOD&RQIpUHQFHGHVPLQLVWUHVGHO¶HQYL-
e '¶DXWUHV SDUWLHV GHV Gp¿QLWLRQV RQW pWp UpGLJpHV URQQHPHQWTXLDDGRSWpOH3URWRFROHGH.LHYGH/HV
FRPSWHWHQXGHVFRQFOXVLRQVGX5DSSRUWHXUVSpFLDOTXL ministres ont déclaré avoir conscience «de l’importance
ont reçu un large appui. des régimes de responsabilité civile aux niveaux natio-
nal et régional, voire, dans certains cas, au niveau mon-
3. Indemnisation des victimes et GLDOHQWDQWTXHPpFDQLVPHVSHUPHWWDQWG¶LQWHUQDOLVHUOHV
protection de l’environnement effets des accidents industriels et des dommages causés à
l’environnement144».
1. Les présents principes ont pour principal objec-
tif de faire en sorte que les victimes n’aient pas, dans c 7RXWHIRLV FRPPH FHOD D pWp H[SOLTXp OHV SULQFL-
les limites prescrites par le droit interne, à supporter paux objectifs et éléments de la responsabilité en droit de
toutes seules les pertes qu’elles pourraient subir du O¶HQYLURQQHPHQWTX¶RQUHWURXYHGDQVGLYHUVDFFRUGVVRQW
fait de dommages transfrontières.
UpSDUWLU OHV UHVSRQVDELOLWpV DX[ ¿QV GH OD UHVWDXUDWLRQ GH O¶HQYLURQQH-
ment, ouvrir aux victimes de la pollution des voies de recours pour
2. Les présents principes ont aussi pour objectif obtenir l’indemnisation de leurs pertes et promouvoir ainsi l’objectif
de faire en sorte que tout dommage transfrontière de restauration, décourager de nouvelles pollutions et faire respecter les
résultant d’activités dangereuses à l’environnement normes environnementales par le biais à la fois de la restauration et de
ou aux ressources naturelles même dans des zones ou la dissuasion145.
des lieux situés au-delà de la juridiction ou du contrôle
des États soit indemnisé dans les limites et dans les d /D TXHVWLRQ GX locus standi en cas de dommage
FRQGLWLRQVTXL\VRQWVSpFL¿pHV à l’indivis mondial et à l’environnement lui-même ainsi
TX¶DX[ UHVVRXUFHV QDWXUHOOHV FRQVLGpUpHV FRPPH GHV
Explication biens publics relevant de la juridiction d’un État est une
TXHVWLRQGLVWLQFWHTXLHVWWUDLWpHSOXVORLQjO¶DOLQpDb de
a. Tout régime de responsabilité et d’indemnisa- l’explication concernant le principe 8. Si la réparation
tion, et donc également tout système de répartition des est généralement axée sur les «victimes», au sens de per-
pertes en cas de dommage transfrontière, peut avoir VRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHVHOOHSHXWDXVVLLQWpUHVVHUOHV
plusieurs objectifs.141 L’un des premiers objectifs est eWDWVHQWDQWTXHJDUGLHQVGHVFKRVHVFRPPXQHVRXGDQV
d’assurer la protection des victimes ayant subi un dom- le cas des zones situées au-delà de toute juridiction natio-
mage. Néanmoins, les notions modernes de protection QDOH HW GH O¶LQGLYLV PRQGLDO HQ WDQW TXH PHPEUHV GH OD
des victimes semblent englober non seulement la notion FRPPXQDXWpLQWHUQDWLRQDOHGHVeWDWVjODTXHOOHVRQWGXHV
d’indemnisation mais également celle de dissuasion et des obligations générales.
G¶pWDOHPHQW GHV ULVTXHV DLQVL TXH GH MXVWLFH FRPPXWD-
tive et de justice distributive. L’objectif général est tou- 4. Indemnisation prompte et adéquate
WHIRLV GH SDUYHQLU j O¶©LQWHUQDOLVDWLRQ GHV FRWVª TXL
est étroitement liée au principe «pollueur-payeur».142 Variante A
La position commune de l’UE de septembre 2003
concernant l’établissement d’un cadre de responsabi- 1. L’État d’origine prend les mesures nécessaires
lité environnementale en vue de prévenir et de réparer D¿Q G¶DVVXUHU O¶LQGHPQLVDWLRQ SURPSWH HW DGpTXDWH
les dommages environnementaux repose sur le principe des personnes ayant subi dans un autre État des dom-
«pollueur-payeur»143. mages transfrontières causés par une activité dange-
reuse sise sur son territoire ou en des lieux placés sous
sa juridiction ou son contrôle.
141
Voir Bergkamp, Liability and Environment: Private and
Public Law Aspects of Civil Liability for Environmental Harm in 2. L’État d’origine prend aussi les mesures néces-
an International Context, note 19, p. 70. Sept fonctions ont été VDLUHVD¿QG¶DVVXUHUXQHWHOOHLQGHPQLVDWLRQSURPSWH
relevées à cet égard: réparation, répartition des pertes, assignation et adéquate des dommages transfrontières à l’envi-
GHVULVTXHVVDQFWLRQMXVWLFHFRPPXWDWLYHUHVWLWXWLRQHWGLVVXDVLRQ
et prévention. ronnement ou aux ressources naturelles de tout État
142
Ibid., p. 73. ou des zones situées au-delà de la juridiction et du
143
Voir supra la note 139. Il est noté dans la directive 2004/35/CE contrôle de tout État découlant de l’activité dange-
TXH OH SULQFLSH ©SROOXHXUSD\HXUª TXL HVW LQVFULW GDQV OH 7UDLWp VXU reuse sise sur son territoire ou en des lieux placés sous
O¶8QLRQHXURSpHQQHHWTXLHVWFRQIRUPHDXSULQFLSHGXGpYHORSSHPHQW sa juridiction ou son contrôle.
GXUDEOH YHXW TXH ©O¶H[SORLWDQW GRQW O¶DFWLYLWp D FDXVp XQ GRPPDJH
environnemental ou une menace imminente d’un tel dommage soit 144
WHQX SRXU ¿QDQFLqUHPHQW UHVSRQVDEOH D¿Q G¶LQFLWHU OHV H[SORLWDQWV j Déclaration des ministres de l’environnement de la région de
DGRSWHUGHVPHVXUHVHWjGpYHORSSHUGHVSUDWLTXHVSURSUHVjPLQLPLVHU OD &RPPLVVLRQ pFRQRPLTXH GHV 1DWLRQV 8QLHV SRXU O¶(XURSH (&(
OHV ULVTXHV GH GRPPDJHV HQYLURQQHPHQWDX[ GH IDoRQ j UpGXLUH OHXU CEP/94/Rev.1, 11 juin 2003, par. 35.
H[SRVLWLRQDX[ULVTXHV¿QDQFLHUVDVVRFLpVª -RXUQDORI¿FLHOGHO¶8QLRQ 145
Wolfrum, Langenfeld et Minnerop, Environmental Liability in
européenne, no L 143, 30 avril 2004, p. 56). International Law: Towards a Coherent Conception.
82 Documents de la cinquante-sixième session
3. Les mesures visées aux paragraphes 1 et 2 ci- La responsabilité est imputée généralement à une seule
dessus peuvent être subordonnées aux conditions, entité et, dans le cas d’opérations stationnaires, à l’exploi-
restrictions ou exceptions applicables conformé- tant de l’installation. Il existe néanmoins d’autres possi-
ment à la législation de l’État d’origine qui a autorisé bilités. Dans le cas des navires, c’est le propriétaire, et
l’activité. QRQ SDV O¶H[SORLWDQW TXL VH YRLW LPSXWHU OD UHVSRQVDEL-
OLWp$LQVLOHVDIIUpWHXUV±TXLSHXYHQWrWUHOHVH[SORLWDQWV
4. Lors de l’examen des éléments de nature à effectifs – ne sont pas responsables dans le régime de
établir le lien de causalité entre l’activité dangereuse la Convention internationale sur la responsabilité civile
et les dommages transfrontières, il sera dûment tenu pour les dommages dus à la pollution par les hydrocar-
FRPSWHGXULVTXHGHFDXVHUXQGRPPDJHVLJQL¿FDWLI bures147. Dans le régime du Protocole de Bâle de 1999,
inhérent à l’activité dangereuse. les générateurs, les exportateurs, les importateurs et les
éliminateurs de déchets sont tous potentiellement respon-
Variante B sables à différents stades des mouvements de déchets. Le
SULQFLSHGHEDVHVRXVMDFHQWQHVHPEOHSDVrWUHTXHF¶HVW
1. L’exploitant qui mène une activité dangereuse sise O¶©H[SORLWDQWª TXL HVW WRXMRXUV UHVSRQVDEOH PDLV TXH OD
sur le territoire ou en des lieux placés sous la juridiction SDUWLH j ODTXHOOH LQFRPEH OD UHVSRQVDELOLWp GH SUHPLHU
et le contrôle d’un État est responsable des dommages UDQJHVWFHOOHTXLpWDLWODPLHX[SODFpHSRXUPDvWULVHUOH
transfrontières causés par cette activité à des personnes ULVTXHDXPRPHQWGHO¶DFFLGHQW
ou à l’environnement ou aux ressources naturelles sur
le territoire ou en des lieux placés sous la juridiction et c. Dans les cas où le dommage est occasionné par
le contrôle de tout autre État ou à l’environnement ou SOXVG¶XQHDFWLYLWpHWTX¶RQQ¶DSDVSXUDLVRQQDEOHPHQW
aux ressources naturelles de zones situées au-delà de la O¶LPSXWHUjO¶XQHG¶HQWUHHOOHVRXTX¶LOQHSHXWrWUHLVROp
juridiction et du contrôle de tout État. DYHFXQGHJUpGHFHUWLWXGHVXI¿VDQWOHVOpJLVODWLRQVQDWLR-
nales ont tendance à prévoir une responsabilité conjointe
2. La responsabilité de l’exploitant est subordon- et solidaire. Celle-ci présente plusieurs inconvénients.
née aux conditions, restrictions ou exceptions applica- (OOH SHXW rWUH FRQVLGpUpH FRPPH LQMXVWH HOOH FRQVWLWXH
bles conformément à la législation de l’État d’origine XQH ©VXUGLVVXDVLRQª HOOH GRQQH OLHX j GHV SUREOqPHV
qui a autorisé l’activité. G¶DVVXUDELOLWp HOOH HVW LQFHUWDLQH HW HQWUDvQH GHV FRWV
administratifs. Elle n’est pas favorable à l’industrie, mais
3. Lors de l’examen des éléments de nature à HOOHSURWqJHOHVLQWpUrWVGHODYLFWLPH$¿QGHSDUHUDX[
établir le lien de causalité entre l’activité dangereuse effets pervers éventuels de la règle, on pourrait demander
et les dommages transfrontières, il sera (dûment) tenu jO¶H[SORLWDQWGHSURXYHUTXHOOHHVWO¶pWHQGXHGXGRPPDJH
FRPSWHGXULVTXHGHFDXVHUXQGRPPDJHVLJQL¿FDWLI TXLOXLHVWLPSXWDEOHGHIDoRQjGpWHUPLQHUVDSDUWGHUHV-
inhérent à l’activité dangereuse. ponsabilité. Les instruments internationaux existants pré-
voient également ce type de possibilité. En tout état de
Explication cause, le choix de la responsabilité conjointe et solidaire
GRLWrWUHODLVVpDX[QpJRFLDWHXUVG¶DFFRUGVVSpFL¿TXHVRX
a. Cette disposition est une disposition clef du projet aux législateurs nationaux.
GH SULQFLSHV /HV GHX[ YDULDQWHV UHÀqWHQW OHV GLIIpUHQFHV
G¶DSSURFKH TXL VHPEOHQW SHUVLVWHU /H 5DSSRUWHXU VSpFLDO d. La responsabilité objective est reconnue dans de
DFRQVFLHQFHTXHERQQRPEUHGHVLQVWUXPHQWVTXLWUDLWHQW nombreux pays où la responsabilité est attribuée à l’ex-
GHODUHVSRQVDELOLWpFLYLOHQ¶RQWSDVpWpODUJHPHQWUDWL¿pV ploitant pour les activités comportant un danger ou un
HWTXHFHUWDLQVG¶HQWUHHX[QHVRQWSDVHQWUpVHQYLJXHXU ULVTXH LQKpUHQW 2Q SHXW VDQV GRXWH DI¿UPHU TXH F¶HVW
La première variante cherche donc à établir un terrain là un principe général de droit international, ou tout au
d’entente pour un éventuel compromis. Le caractère non PRLQVXQHPDUTXHGHGpYHORSSHPHQWSURJUHVVLIGXGURLW
impératif du libellé de la variante A n’est pas censé occul- LQWHUQDWLRQDO 'DQV OH FDV G¶DFWLYLWpV TXL QH VRQW SDV j
WHUO¶REOLJDWLRQMXULGLTXHFRQFUqWHTXHODYDULDQWHFKHUFKH SURSUHPHQWSDUOHUGDQJHUHXVHVPDLVTXLSUpVHQWHQWQpDQ-
à établir, mais vise à donner à l’État d’origine la latitude PRLQVOHULVTXHGHFDXVHUXQGRPPDJHVLJQL¿FDWLILOHVW
nécessaire pour atteindre les grands objectifs des principes peut-être préférable de lier la responsabilité à la faute ou
en mettant en œuvre un ou plusieurs moyens de son choix. à la négligence. La responsabilité objective a été retenue
dans certaines des conventions récemment négociées,
b. Il est clairement ressorti des longs débats sur la WHOOHV TXH OH 3URWRFROH GH .LHY DUW OH 3URWRFROH GH
TXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpWUDQVIURQWLqUHTXLRQWHXOLHX Bâle de 1999 (art. 4) et la Convention de Lugano (art. 8).
WDQWjOD&',TX¶jOD6L[LqPH&RPPLVVLRQTXHGDQVWRXW &HFKRL[V¶H[SOLTXHSDUSOXVLHXUVUDLVRQV,OpYLWHDX[WUL-
V\VWqPHGHUpSDUWLWLRQGHVSHUWHVF¶HVWjO¶H[SORLWDQWTXH bunaux une tâche délicate, celle d’avoir à se prononcer sur
GRLW UHYHQLU OD UHVSRQVDELOLWp GH SUHPLHU UDQJ /D Gp¿- les standards de diligence raisonnable, et aux demandeurs
nition de l’exploitant n’est cependant pas aussi claire146. G¶DYRLUjSURXYHUTXHFHVVWDQGDUGVQ¶RQWSDVpWpREVHUYpV
GDQV GHV SURFpGpV HW LQVWDOODWLRQV WHFKQLTXHV LQGXVWULHOV
UHODWLYHPHQWFRPSOH[HV/HULVTXHHVWWUqVFRQVpTXHQWHW
146
,O HVW LQWpUHVVDQW GH QRWHU TXH O¶DUWLFOH SDUDJUDSKH GH OD O¶pWHQGXHGHVGRPPDJHVTXLSRXUUDLHQWVXUYHQLUPDOJUp
Directive de l’Union européenne de 2004 (voir supra ODQRWH Gp¿QLW
O¶H[SORLWDQW FRPPH ©WRXWH SHUVRQQH SK\VLTXH RX PRUDOH SULYpH RX de faibles probabilités, place toutes ces activités dans
SXEOLTXHTXLH[HUFHRXFRQWU{OHXQHDFWLYLWpSURIHVVLRQQHOOHRXORUVTXH
ODOpJLVODWLRQQDWLRQDOHOHSUpYRLWTXLDUHoXSDUGpOpJDWLRQXQSRXYRLU
pFRQRPLTXH LPSRUWDQW VXU OH IRQFWLRQQHPHQW WHFKQLTXH \ FRPSULV OH 147
Voir Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/531, p. 88
titulaire d’un permis ou d’une autorisation pour une telle activité, ou la à 90, par. 47 à 54, pour une description du régime de responsabilité pour
SHUVRQQHIDLVDQWHQUHJLVWUHURXQRWL¿DQWXQHWHOOHDFWLYLWpª la pollution par les hydrocarbures.
Responsabilité internationale pour les conséquences préjudiciables découlant d’activités qui ne sont pas interdites par le droit international 83
OD FDWpJRULH GH FHOOHV SUpVHQWDQW GHV ULVTXHV H[FHSWLRQ- pollution des mers et des océans par les hydrocarbures et
nels. Il serait injuste et inopportun de faire supporter au les incidents nucléaires149.
GHPDQGHXUODORXUGHFKDUJHGHSURXYHUTX¶LO\DHXIDXWH
RXQpJOLJHQFHGDQVOHFDVG¶DFWLYLWpVWHFKQRORJLTXHPHQW h. L’article 9 du Protocole de Kiev et l’article 12
H[WUrPHPHQWFRPSOH[HVGRQWOHVULVTXHVHWOHPRGHRSp- du Protocole de Bâle de 1999 prévoient un régime de
ratoire sont des secrets jalousement gardés par la branche responsabilité objective assorti d’une limitation de
d’activité concernée. la responsabilité. Dans la Convention de Lugano, en
revanche, on a opté pour un régime de responsabilité
e 'HSOXVOHVSUR¿WVHVFRPSWpVGHO¶DFWLYLWpjULVTXH objective (art. 6, par. 1 et art. 7, par. 1) sans limitation de
VRQW OD SULQFLSDOH PRWLYDWLRQ GHV H[SORLWDQWV TXL HQWUH- la responsabilité. /RUVTXHODUHVSRQVDELOLWp¿QDQFLqUHGH
prennent une telle activité. Il est généralement considéré O¶H[SORLWDQWHVWOLPLWpHOHVSODIRQGV¿[pVQHV¶DSSOLTXHQW
TXHOHVUpJLPHVGHUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYHLQFLWHQWjXQH généralement ni aux intérêts ni aux dépens accordés par la
PHLOOHXUHJHVWLRQGHVULVTXHVPrPHVLFHWWHK\SRWKqVHQH juridiction compétente. En outre, les plafonds de respon-
VHYpUL¿HSDVWRXMRXUV/HVDFWLYLWpVjULVTXHQ¶D\DQWpWp VDELOLWpVRQWSpULRGLTXHPHQWUpH[DPLQpV
DFFHSWpHVTX¶HQUDLVRQGHOHXUXWLOLWpSRXUODFROOHFWLYLWpHW
SDUFHTX¶HOOHVVRQWLQGLVSHQVDEOHVjODFURLVVDQFHpFRQR- i. La plupart des conventions excluent la limitation
PLTXHOHVeWDWVSRXUURQWOHPRPHQWYHQXVHGHPDQGHU de la responsabilité en cas de faute. Est responsable des
si elles sont toujours indispensables et si elles ne peuvent dommages l’exploitant dont la préméditation, l’impru-
être remplacées par des solutions plus respectueuses de dence, la négligence ou les omissions délictueuses sont à
O¶HQYLURQQHPHQW HW SUpVHQWDQW PRLQV GH ULVTXHV ,O IDX- l’origine desdits dommages ou y ont contribué. L’article 5
drait développer la coopération internationale en vue du Protocole de Bâle de 1999 et l’article 5 du Protocole de
G¶pOLPLQHU SURJUHVVLYHPHQW OHV DFWLYLWpV TXL FRPSRUWHQW .LHYFRPSRUWHQWGHVGLVSRVLWLRQVVSpFL¿TXHVjFHWHIIHW
GHV ULVTXHV H[FHSWLRQQHOV HQ PHWWDQW DX SRLQW GH PHLO- Dans le cas d’opérations faisant intervenir des procédés
OHXUHVWHFKQRORJLHVTXLVHUDLHQWPLVHVjODGLVSRVLWLRQGH RX GHV WHFKQRORJLHV FKLPLTXHV RX LQGXVWULHOV H[WUrPH-
tous les États. PHQWFRPSOH[HVOHIDUGHDXGHODSUHXYHTXLSqVHUDLWVXU
les victimes dans un régime de responsabilité pour faute
f. Tout aussi courant est le concept de limitation de pourrait être considérable. On pourrait néanmoins pré-
la responsabilité, en particulier dans les cas où l’on a opté server les droits de celles-ci de plusieurs manières: par
pour la responsabilité objective. La limitation de la res- exemple, en renversant la charge de la preuve, l’exploi-
ponsabilité sert plusieurs grands objectifs: encourager les WDQW pWDQW DORUV WHQX GH SURXYHU TX¶DXFXQH IDXWH QpJOL-
exploitants honnêtes et conscients de leurs responsabilités gence ou conduite délictueuse intentionnelle ne lui est
jSRXUVXLYUHO¶DFWLYLWpjULVTXHPDLVVRFLDOHPHQWHWpFRQR- imputable. On pourrait largement admettre des éléments
PLTXHPHQWEpQp¿TXHHWSHUPHWWUHG¶DVVXUHUjXQSUL[HW GHSUHXYHLQGLUHFWVGpGXLWVGXULVTXHLQKpUHQWjO¶DFWLYLWp
SRXUXQHFRXYHUWXUHUDLVRQQDEOHVOHVULVTXHVOLpVjO¶DFWL- Ou encore l’exploitant pourrait être légalement tenu de
vité. En outre, dans un régime de responsabilité objec- donner accès aux victimes ou au public à l’information
tive, la limitation de la responsabilité peut être considérée concernant les opérations150.
comme la contrepartie de la suppression de la charge de la
preuve pour les demandeurs. Aucune de ces assertions ne j. Il est aussi habituel dans les conventions ou les
tombe sous le sens, mais elles sont largement considérées OpJLVODWLRQVQDWLRQDOHVTXLSUpYRLHQWXQUpJLPHGHUHVSRQ-
comme pertinentes148. sabilité objective de prévoir parallèlement une série de
causes d’exonération relativement uniformes de responsa-
g 2QSRXUUDLWELHQVUREMHFWHUTXHODOLPLWDWLRQGH bilité de l’exploitant. Les articles 8 et 9 de la Convention
la responsabilité peut présenter l’inconvénient de ne pas de Lugano et l’article 4 du Protocole de Kiev offrent des
LQFLWHUVXI¿VDPPHQWO¶H[SORLWDQWjSUHQGUHGHVPHVXUHV H[HPSOHVW\SLTXHVjFHWpJDUGL’exploitant n’est pas res-
de prévention plus rigoureuses. Si les plafonds sont trop SRQVDEOHVLELHQTX¶D\DQWSULVWRXWHVOHVPHVXUHVYRXOXHV
bas, cela pourrait même constituer un blanc-seing pour LOVXUYLHQWGHVGRPPDJHVUpVXOWDQWL G¶XQFRQÀLWDUPp
polluer ou causer un préjudice à des tiers et externali- G¶KRVWLOLWpVG¶XQHJXHUUHFLYLOHRXG¶XQHLQVXUUHFWLRQRX
VHU GHV FRWV TX¶LO VH VHUD pSDUJQpV 'H SOXV LO SRXUUD ii) d’un phénomène naturel de nature exceptionnelle, iné-
alors être impossible, en cas de dommage, de satisfaire YLWDEOHLPSUpYLVLEOHHWLUUpVLVWLEOHRXLLL HQWLqUHPHQWGX
toutes les demandes de réparation légitimes des victimes UHVSHFWG¶XQHPHVXUHREOLJDWRLUHGHODSXLVVDQFHSXEOLTXH
LQQRFHQWHV,OLPSRUWHGRQFGH¿[HUOHVSODIRQGVGHUHV- GHO¶eWDWGXSUpMXGLFHRXLY HQWLqUHPHQWGHODFRQGXLWH
SRQVDELOLWp ¿QDQFLqUH j XQ QLYHDX VXI¿VDPPHQW pOHYp illicite intentionnelle d’autrui.
HQWHQDQWFRPSWHGHO¶DPSOHXUGHVULVTXHVTXHFRPSRUWH
l’activité et de la possibilité raisonnable d’une couver- k 7RXWHIRLVVLSDUVDIDXWHODSHUVRQQHTXLDVXEL
WXUH G¶XQH SDUW VLJQL¿FDWLYH GH FHV ULVTXHV SDU O¶DVVX- les dommages les a causés ou a contribué à les causer,
rance. L’un des avantages d’un régime de responsabilité l’indemnité peut être refusée ou réduite compte tenu de
objective assorti d’une limitation de la responsabilité toutes les circonstances.
HVWGDQVO¶RSWLTXHGHODYLFWLPHTXHFHOOHFLQ¶DXUDSDV
jSURXYHUTX¶LO\DHXIDXWHRXQpJOLJHQFHHWVDXUDSUp- l 6LO¶H[SORLWDQWEpQp¿FLHG¶XQHH[RQpUDWLRQGHUHV-
FLVpPHQW YHUV TXL VH UHWRXUQHU /D OLPLWDWLRQ GH OD UHV- SRQVDELOLWp SRXU O¶XQH TXHOFRQTXH GHV FDXVHV LQGLTXpHV
ponsabilité est courante dans les régimes gouvernant la
149
Voir Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/531,
par. 47 à 49, 56 et 57, 83 à 85, respectivement p. 88 et 89, 90 et 91, 95.
148
Voir Churchill, «Facilitating (transnational) civil liability 150
3RXUGHVGpYHORSSHPHQWVVXUO¶pJDOHHI¿FDFLWpGHODUHVSRQVDELOLWp
litigation for environmental damage by means of treaties: progress, SRXUIDXWHDX[¿QVGHODSUpVHUYDWLRQGHVGURLWVGHVYLFWLPHVYRLULELG
problems and prospects», p. 35 à 37. p. 101, par. 119.
84 Documents de la cinquante-sixième session
ci-dessus, la victime sera seule à supporter les pertes. Il avec la décision V/32 concernant l’élargissement du
HVW FRXUDQW TXH OHV eWDWV IDVVHQW DORUV DX[ YLFWLPHV GHV champ d’action du Fonds d’affectation spéciale pour la
YHUVHPHQWV j WLWUH JUDFLHX[ TXL YLHQQHQW V¶DMRXWHU DX[ FRRSpUDWLRQ WHFKQLTXH SUpYRLHQW GH WHOV PpFDQLVPHV GH
secours et à l’aide à la réhabilitation. De plus, il pourra ¿QDQFHPHQWFRPSOpPHQWDLUH
rWUH UHFRXUX j GHV PpFDQLVPHV GH ¿QDQFHPHQW FRPSOp-
mentaire pour le versement d’indemnités. En cas d’exo- b. Dans le contexte de la gestion de la responsabilité
nération de responsabilité de l’exploitant sur le fondement nucléaire, il existe des systèmes d’indemnisation complé-
de l’exception tirée du respect de mesures obligatoires PHQWDLUH DX[TXHOV GHV eWDWV YHUVHQW DXVVL GHV FRQWULEX-
pGLFWpHVHWGHUqJOHPHQWVSULVSDUODSXLVVDQFHSXEOLTXH tions directes154.
il est également possible de présenter des demandes d’in-
demnisation à l’État concerné. $VVXUDQFHHWDXWUHVGLVSRVLWLIV¿QDQFLHUV
Les États concernés prennent les mesures néces-
5. Indemnisation complémentaire saires pour faire en sorte que l’exploitant se couvre
en souscrivant et conservant une assurance, des cau-
1. Les États concernés prennent les mesures néces- WLRQQHPHQWV RX G¶DXWUHV JDUDQWLHV ¿QDQFLqUHV SRXU
VDLUHV SRXU pWDEOLU GHV PpFDQLVPHV GH ¿QDQFHPHQW faire face aux demandes d’indemnisation.
FRPSOpPHQWDLUH D¿Q G¶LQGHPQLVHU OHV YLFWLPHV GH
dommages transfrontières qui, bien que leur demande Explication
d’indemnisation [soit légalement recevable] [ait été
jugée recevable], ne sont pas en mesure d’obtenir de a. Les États concernés peuvent établir des seuils de
l’exploitant une indemnisation prompte et adéquate JDUDQWLH¿QDQFLqUHjGHWHOOHV¿QVHQSUHQDQWHQFRQVLGp-
conformément aux présents principes. UDWLRQ OD GLVSRQLELOLWp GH FDSLWDX[ DXSUqV GHV EDQTXHV RX
G¶DXWUHVRUJDQLVPHV¿QDQFLHUV0rPHOHVDVVXUHXUVSHXYHQW
&HV PpFDQLVPHV GH ¿QDQFHPHQW SHXYHQW rWUH exiger de l’exploitant un minimum de solvabilité pour
alimentés par des contributions des principaux béné- accepter de l’assurer. Dans la plupart des régimes, l’exploi-
¿FLDLUHVGHO¶DFWLYLWpGHVFRQWULEXWLRQVGHVH[SORLWDQWV tant est tenu de souscrire une assurance et d’autres garan-
de la même catégorie, des fonds affectés à cet effet par WLHV¿QDQFLqUHVDSSURSULpHV&HODSHXWrWUHSDUWLFXOLqUHPHQW
les États ou une combinaison de ces éléments. QpFHVVDLUHSRXUSUR¿WHUGXV\VWqPHGHOLPLWDWLRQGHODUHV-
SRQVDELOLWp¿QDQFLqUHORUVTX¶XQWHOV\VWqPHHVWGLVSRQLEOH
3. Les États concernés arrêtent des critères pour 1pDQPRLQV YX OD GLYHUVLWp GHV V\VWqPHV MXULGLTXHV HW OHV
déterminer ce qui constitue une indemnisation insuf- pFDUWVHQWUHOHVVLWXDWLRQVpFRQRPLTXHVRQSHXWHQYLVDJHU
¿VDQWHFRQIRUPpPHQWDXSUpVHQWSURMHWGHSULQFLSHV de laisser aux États une certaine latitude au niveau des exi-
JHQFHVHWGHVGLVSRVLWLIVHQPDWLqUHGHJDUDQWLH¿QDQFLqUH155.
Explication 8QV\VWqPHG¶DVVXUDQFHHI¿FDFHSHXWpJDOHPHQWQpFHVVLWHU
une large participation d’États potentiellement intéressés156.
a. La plupart des régimes de responsabilité concer- b &RPPH LQGLTXp GDQV XQH SURSRVLWLRQ GH GLUHF-
nant des activités dangereuses sont complétés par des tive du Parlement européen et du Conseil sur la respon-
VRXUFHVGH¿QDQFHPHQWFRPSOpPHQWDLUHGHVWLQpjLQGHP- sabilité environnementale en vue de la prévention et de
niser les victimes de dommages résultant de ces activi- la réparation des dommages environnementaux présen-
WpV ORUVTXH OD UHVSRQVDELOLWp ¿QDQFLqUH GH O¶H[SORLWDQW tée en 2002:
HVWLQVXI¿VDQWHSRXUSHUPHWWUHODUpSDUDWLRQYRXOXH&HV
PpFDQLVPHVGH¿QDQFHPHQWFRPSOpPHQWDLUHVRQWDOLPHQ- /¶DVVXUDQFH¿QDQFLqUHGHODUHVSRQVDELOLWpHQYLURQQHPHQWDOHSUR¿WHj
tés par des contributions versées soit par les exploitants toutes les parties prenantes: pour les pouvoirs publics et la population
TXLPqQHQWXQHDFWLYLWpGDQJHUHXVHGHODPrPHFDWpJR- HQJpQpUDOHOOHFRQVWLWXHODPDQLqUHODSOXVHI¿FDFHYRLUHODVHXOHGH
garantir la réparation effective des dommages conformément au prin-
ULH VRLW SDU GHV HQWLWpV TXL WLUHQW GLUHFWHPHQW SUR¿W GH FLSHGXSROOXHXUSD\HXUSRXUOHVH[SORLWDQWVLQGXVWULHOVHOOHSHUPHWGH
O¶DFWLYLWp j ULVTXH La Convention internationale portant UpSDUWLUOHVULVTXHVHWGHJpUHUOHVDOpDVSRXUOHVDVVXUHXUVHOOHFRQVWL-
création d’un fonds international d’indemnisation pour tue un marché important157.
les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures
(destinée à compléter la Convention internationale de ,OHVWpJDOHPHQWUHOHYpGDQVODSURSRVLWLRQTXHOHVDVVX-
1969 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à UHXUV VRQW GpMj SUpVHQWV VXU OH PDUFKp GHV FRWV GH OD
la pollution par les hydrocarbures)151, le «superfonds» mis dépollution en Europe, et depuis bien plus longtemps aux
en place en application de la United States Comprehensive eWDWV8QLV /¶H[SpULHQFH DFTXLVH VXU FHV PDUFKpV SHXW
Environmental Response, Compensation and Liability être rapidement transférée sur d’autres marchés, le secteur
Act de 1980152, l’arrangement en vue du partage de la des assurances étant de plus en plus mondialisé.
responsabilité de l’exploitant insolvable dans le cadre de
l’Offshore Pollution Liability Agreement153, le mécanisme 154
Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/531, par. 47,
d’indemnisation spécial mis en place à l’intention des 61 et 62, 66 à 68 et 80 et 81, respectivement p. 88, 91 à 93, 94 et 95.
États en développement et des États en transition par 155
Voir, par exemple, l’intervention de la Chine dans Documents
l’article 15 du Protocole de Bâle de 1999, lu en conjonction RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 43.
156
151
Voir par exemple l’intervention de l’Italie [ibid., 17e séance
Voir ibid., p. 88 à 90, par. 47 à 54, pour des développements sur (A/C.6/58/SR.17), par. 28].
le régime prévu par cette convention.
152
157
-RXUQDO RI¿FLHO GHV &RPPXQDXWpV HXURSpHQQHV, no C 151 E,
Pub. L. nos 99 à 499, 100 Stat. 1613. YROMXLQ &20 ¿QDO ,OFRQYLHQWGHQRWHUTXH
153
Pour le texte de l’Offshore Pollution Liability Agreement ODSURSRVLWLRQDGHSXLVpWpUpYLVpHHWDpWpDGRSWpHHQWDQWTXHSRVLWLRQ
(Londres, 4 septembre 1974), voir ILM, vol. 13, 1974, p. 1409. commune no 58/2003 (voir supra la note 139).
Responsabilité internationale pour les conséquences préjudiciables découlant d’activités qui ne sont pas interdites par le droit international 85
1. Les États exigent de tous les exploitants qui par- 3. Chaque État veille à ce que ses juridictions
ticipent à la conduite d’activités entrant dans le champ soient dotées de la compétence nécessaire pour
d’application des présents principes qu’ils prennent connaître de telles demandes d’indemnisation.
SURPSWHPHQW GHV PHVXUHV HI¿FDFHV SRXU IDLUH IDFH j
tout événement lié à ces activités en vue de réduire au Explication
minimum tout dommage résultant de l’événement, y
compris tout dommage transfrontière. Ces mesures a. Le paragraphe 1 vise à garantir l’ouverture à «toutes
FRPSUHQQHQW OD QRWL¿FDWLRQ HW OD FRQVXOWDWLRQ VDQV OHV YLFWLPHVª GH UHFRXUV MXGLFLDLUHV UDSLGHV HW DGpTXDWV
délai de tous les États susceptibles d’être affectés et la &RPPHLQGLTXpSOXVKDXWDX[¿QVGXSURMHWGHSULQFLSHV
coopération avec ces derniers. OHVYLFWLPHVVRQWHQSUHPLHUOLHXOHVSHUVRQQHVSK\VLTXHV
ou morales, atteintes dans leur personne ou leurs biens. Un
2. Si l’exploitant ne prend pas promptement nombre croissant de conventions internationales font obli-
OHV PHVXUHV G¶LQWHUYHQWLRQ HI¿FDFHV UHTXLVHV O¶eWDW gation aux États parties de donner à toutes les personnes,
d’origine, agissant s’il y a lieu en consultation avec les TXHOVTXHVRLHQWOHXUQDWLRQDOLWpRXOHXUOLHXGHUpVLGHQFH
États susceptibles d’être affectés, fait prendre de telles RXTXHOTXHVRLWOHOLHXROHSUpMXGLFHDpWpVXELDFFqV
mesures. sans discrimination, conformément à leur système juri-
GLTXHDX[SURFpGXUHVMXGLFLDLUHVRXDXWUHVYRXOXHVSRXU
Explication obtenir réparation, y compris une indemnisation. Les pro-
FpGXUHVHWUHPqGHVQDWLRQDX[DX[TXHOVLOGRLWrWUHGRQQp
a 2QVHVRXYLHQGUDTXHOHVDUWLFOHVHWGXSURMHW DFFqVQHGRLYHQWSDVrWUHPRLQGUHVTXHFHX[TXHOHGURLW
d’articles sur la prévention des dommages transfrontières interne de l’État concerné met à la disposition des ressor-
résultant d’activités dangereuses158 traitent de la «prépara- tissants de ce dernier. 2Q VH VRXYLHQGUDTXH O¶DUWLFOH
WLRQDX[VLWXDWLRQVG¶XUJHQFHªHWGHOD©QRWL¿FDWLRQG¶XQH du projet d’articles sur la prévention des dommages
situation d’urgence». Le présent principe concernant les transfrontières résultant d’activités dangereuses met une
mesures d’intervention va au-delà de ces dispositions. Il obligation analogue à la charge des États pour la phase de
SRVH TXH OHV PHVXUHV G¶LQWHUYHQWLRQ QpFHVVDLUHV GRLYHQW ODSUpYHQWLRQGXUDQWODTXHOOHFHX[FLVRQWWHQXVGHJpUHU
être prises dans l’État d’origine après la survenance OHVULVTXHVDYHFWRXWHODGLOLJHQFHYRXOXH8QHGLVSRVLWLRQ
d’un événement entraînant des dommages, mais si pos- analogue concernant la non-discrimination au stade où
VLEOH DYDQW TXH FHX[FL Q¶DFTXLqUHQW XQ FDUDFWqUH WUDQV- OH ULVTXH V¶HVW PDWpULDOLVp PDOJUp OD SULVH GH WRXWHV OHV
IURQWLqUH&¶HVWO¶H[SORLWDQWTXLHVWWHQXDXSUHPLHUFKHI PHVXUHV YRXOXHV SRXU SUpYHQLU OHV GRPPDJHV ¿JXUH
de mettre en place toutes les mesures de préparation aux à l’article 32 de la Convention sur le droit relatif aux
situations d’urgence et de les mettre en branle dès la sur- XWLOLVDWLRQVGHVFRXUVG¶HDXLQWHUQDWLRQDX[jGHV¿QVDXWUHV
venance d’un événement. Si l’exploitant n’est pas capable TXHODQDYLJDWLRQ/¶DUWLFOHGHV5qJOHVG¶+HOVLQNLVXU
de prendre les mesures d’intervention nécessaires, l’État OHVXWLOLVDWLRQVGHVHDX[GHVÀHXYHVLQWHUQDWLRQDX[WHOOHV
d’origine est tenu de prendre les dispositions voulues pour TXHUpYLVpHVFRPSRUWHpJDOHPHQWXQHWHOOHGLVSRVLWLRQ159.
TXH FHV PHVXUHV VRLHQW SULVHV ,O SHXW SRXU FH IDLUH VH
tourner vers d’autres États ou vers des organisations inter- b /HSRLQWLPSRUWDQWjUHOHYHUHVWTXHOHSULQFLSHGH
QDWLRQDOHVFRPSpWHQWHVD¿QG¶REWHQLUO¶DLGHQpFHVVDLUH l’accès sans discrimination et en toute égalité ne garan-
tit sur le fond aucun standard de responsabilité pas plus
b. L’État d’origine est également tenu de consulter TXH GHV GURLWV GH SURFpGXUH PLQLPDX[ DXWUHV TXH FHX[
OHVeWDWVVXVFHSWLEOHVG¶rWUHDIIHFWpVD¿QGHGpWHUPLQHUOHV TXL VRQW UHFRQQXV DX[ FLWR\HQV SDU OH GURLW LQWHUQH (Q
meilleures mesures d’intervention possibles pour prévenir RXWUH LO Q¶DWWpQXH SDV OHV SUREOqPHV GH FRQÀLW GH GURLW
ou atténuer les dommages transfrontières. Les États sus- TXLpWDQWGRQQpODGLYHUVLWpGHVOpJLVODWLRQVHWO¶DEVHQFH
ceptibles d’être affectés sont à leur tour tenus de coopérer de consensus entre les États, constituent un obstacle de
pleinement avec l’État d’origine et de prendre les mesures
G¶LQWHUYHQWLRQ TXL VRQW HQ OHXU SRXYRLU GDQV OHV ]RQHV 159
Règlement [révisé] de l’Association de droit international sur
O¶XWLOLVDWLRQpTXLWDEOHHWODPLVHHQYDOHXUGXUDEOHGHVUHVVRXUFHVHQHDX
158
Annuaire… 2001, vol. II (2eSDUWLH HWUHFWL¿FDWLISSDU (dixième projet, février 2004).
86 Documents de la cinquante-sixième session
taille à l’ouverture aux victimes de recours judiciaires compétentes d’agir dans certaines circonstances au titre
UDSLGHV DGpTXDWV HW HIIHFWLIV GpERXFKDQW VXU XQH UpSD- de la bonne gouvernance. Aux termes des articles 5 et
UDWLRQ pJDOHPHQW UDSLGH DGpTXDWH HW HIIHFWLYH160, en 6, ces autorités compétentes, désignées conformément à
SDUWLFXOLHU VL HOOHV VRQW SDXYUHV HW QH EpQp¿FLHQW SDV GH O¶DUWLFOH SHXYHQW H[LJHU GH O¶H[SORLWDQW TX¶LO SUHQQH
l’assistance d’un avocat spécialisé. Malgré ces incon- les mesures de prévention ou de réparation nécessaires ou
vénients, ce principe constitue néanmoins un pas dans prendre elles-mêmes de telles mesures si l’exploitant ne
la bonne direction et peut même être considéré comme OHVSUHQGSDVRXV¶LOQHSHXWrWUHLGHQWL¿p162.
essentiel. Les États pourraient faire avancer les choses
en favorisant l’harmonisation des législations et en e. En cas de dommages à des zones situées au-delà
concluant des accords visant à étendre un tel accès et GHODMXULGLFWLRQGHWRXWeWDWODTXHVWLRQGHODTXDOLWpSRXU
de tels remèdes. À la demande du demandeur, un droit agir n’est pas réglée. Si le dommage résulte de la violation
d’accès égal aux juridictions d’un État partie pourrait être d’une obligation due à un État pris isolément ou à un État
DFFRUGpjFRQGLWLRQL TXHOHSUpMXGLFHDLWpWpVXELGDQV HQWDQWTXHPHPEUHG¶XQJURXSHG¶eWDWVRXVLODYLRODWLRQ
FHWeWDWLL TXHO¶H[SORLWDQWDLWVDUpVLGHQFHKDELWXHOOHRX UHYrWXQFDUDFWqUHWHOTX¶HOOHOqVHOHVGURLWVGHWRXVOHVeWDWV
LLL TXHO¶H[SORLWDQW\DLWVRQpWDEOLVVHPHQWSULQFLSDO l’État concerné aurait, conformément au droit de la respon-
sabilité (responsibility)GHVeWDWVGHSOHLQGURLWTXDOLWpSRXU
c. Une telle option est offerte par la Convention DJLUHQWDQWTX¶eWDWOpVp0DLVGDQVOHFDVG¶XQGRPPDJH
concernant la compétence judiciaire et l’exécution des à l’environnement d’espaces situés au-delà des juridictions
décisions en matière civile et commerciale. L’article 19 nationales, c’est-à-dire à l’environnement de l’indivis mon-
de la Convention de Lugano, l’article 17 du Protocole de dial, où il n’est pas porté atteinte à des obligations dues
Bâle de 1999 et l’article 13 du Protocole de Kiev prévoient j XQ eWDW HQ SDUWLFXOLHU LO HVW ODUJHPHQW DFFHSWp TXH FH
de même le choix du for. FDV GH ¿JXUH GRLW rWUH DVVLPLOp j OD YLRODWLRQ G¶XQH REOL-
gation erga omnes. L’article 48 du projet d’articles sur la
d. Deuxièmement, s’agissant des dommages à l’envi- responsabilité de l’État pour fait internationalement illicite
URQQHPHQWOXLPrPHHWDX[UHVVRXUFHVQDWXUHOOHVTXLIRQW TXH OD &', D DGRSWp HQ FRQVDFUH FH SULQFLSH163 LO
partie du patrimoine public et des facteurs dont dépend UHFRQQDvWjXQeWDWQRQGLUHFWHPHQWOpVpOHGURLWG¶LQYRTXHU
ODTXDOLWpGHYLHGHODFROOHFWLYLWpGDQVOHVHVSDFHVUHOH- la responsabilité d’un autre État si la violation porte sur
vant de la juridiction d’un État, les «victimes», au sens du l’un des deux types d’obligation suivants: une obligation
SDUDJUDSKHHQJOREHQWpJDOHPHQWFHX[TXLRQWUHoXSDU «due à un groupe d’États dont [l’État non directement
délégation, des législations nationales pour mission de OpVp@IDLWSDUWLHHW>TXL@HVWpWDEOLHDX[¿QVGHODSURWHFWLRQ
VDXYHJDUGHU FHV UHVVRXUFHV HW TXL RQW GRQF TXDOLWp SRXU d’un intérêt collectif du groupe» ou une obligation «due à
DJLU/HFRQFHSWGH¿GXFLHSXEOLTXH(public trust) a per- la communauté internationale dans son ensemble». Dans
mis, dans de nombreux pays, de donner à différentes per- le premier cas, l’obligation doit être établie dans l’intérêt
VRQQHVVSpFL¿pHVTXDOLWpSRXUDJLUHQYXHG¶REWHQLUUHPLVH FROOHFWLIWDQGLVTXHGDQVOHVHFRQGFDVWRXWHVOHVREOLJD-
en état et dépollution en cas de dommages transfron- WLRQVVRQWSDUGp¿QLWLRQpWDEOLHVGDQVO¶LQWpUrWFROOHFWLIGH
tières161. En droit fédéral des États-Unis, la loi intitulée tous les États164. On trouvera des exemples de tels intérêts
Oil Pollution ActUHFRQQDvWFHWWHTXDOLWpDXJRXYHUQHPHQW collectifs à l’échelle du globe dans le nombre croissant de
fédéral, à un État, à une tribu indienne et à un gouver- traités internationaux et dans le droit coutumier concernant
nement étranger. La loi Comprehensive Environmental ODSURWHFWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQWPRQGLDORXG¶HVSDFHVTXL
Response, Compensation and Liability Act WHOOH TXH intéressent toute l’humanité et dont celle-ci doit se préoccu-
PRGL¿pHHQSDUODORLGLWHSuperfund Amendments per. D’après un commentaire, «[i]l en ira de même des obli-
and Reauthorization ActQHGRQQHTXDOLWpSRXUDJLUTX¶DX gations coutumières erga omnes, y compris l’obligation de
gouvernement fédéral, aux représentants autorisés des protéger le milieu marin ou l’environnement des espaces
eWDWV HQ WDQW TXH ©trustees» des ressources naturelles, FRPPXQVTXLQHUHOqYHQWGHODMXULGLFWLRQG¶DXFXQeWDW165».
ou aux «trustees» désignés de tribus indiennes. Dans de
QRPEUHX[SD\VHXURSpHQVGHVDXWRULWpVSXEOLTXHVVHVRQW f. Les États pourraient également envisager la faisa-
vu accorder le même droit de recours. La législation nor- ELOLWp HW O¶RSSRUWXQLWp GH GRQQHU TXDOLWp SRXU DJLU j GHV
végienne donne à des sociétés et organisations privées personnes morales, entités ou organisations, intergouver-
TXDOLWp SRXU LQWHQWHU GHV DFWLRQV HQ UHFRXYUHPHQW GHV QHPHQWDOHVRXQRQVXLYDQWOHVPrPHVFULWqUHVTXHFHX[
FRWVGHUHPLVHHQpWDW(Q)UDQFHFHUWDLQHVDVVRFLDWLRQV DSSOLTXpVGDQVOHFDVGHODSURWHFWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQW
pFRORJLTXHVRQWUHoXOHGURLWGHVHSRUWHUSDUWLHFLYLOHGDQV et des ressources naturelles dans les limites des juridic-
des affaires pénales concernant la violation de certaines tions nationales. Il ne faut cependant pas se faire trop d’il-
lois sur l’environnement. La Convention sur l’accès à OXVLRQVVXUOHVLQFLGHQFHVTXHO¶pODUJLVVHPHQWGHODTXDOLWp
l’information, la participation du public au processus SRXUDJLUDXUDGDQVODSUDWLTXH&RPPH%LUQLHHW%R\OH
décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environ- O¶RQWELHQH[SOLTXpLOQHV¶HQVXLWQXOOHPHQWTXHWRXWHOD
nement donne aux organisations non gouvernementales gamme des réparations sera disponible:
TXDOLWp SRXU DJLU HQ GpIHQVH G¶LQWpUrWV HQYLURQQHPHQ-
taux publics. La proposition de directive de 2002 de l’UE ,O HVW FODLU TXH OHV eWDWV WLHUV RQW OH PrPH GURLW TXH OHV eWDWV OpVpV
confère également à certaines organisations non gouver- de rechercher la cessation de toute violation d’obligations dues à la
nementales reconnues le droit de demander aux autorités
162
&20 ¿QDO YRLUsupra la note 157), p. 22 à 25.
160
Cuperus et Boyle, «Articles on private law remedies for
163
Annuaire… 2001, vol. II (2eSDUWLH HWUHFWL¿FDWLISSDU
164
transboundary damage in international watercourses», p. 406. Voir Crawford, The International Law Commission’s Articles
161
Voir Wetterstein, «A proprietary or possessory interest: a conditio on State Responsibility. Introduction, Text and Commentaries, p. 278,
sine qua non for claiming damages for environmental impairment?», par. 10.
165
p. 50 et 51. Birnie et Boyle, International Law and the Environment, p. 197.
Responsabilité internationale pour les conséquences préjudiciables découlant d’activités qui ne sont pas interdites par le droit international 87
communauté internationale dans son ensemble. Cela étant, l’obten- activités. L’accent étant de plus en plus mis sur la bonne
tion d’une réparation dépendra des circonstances de la violation, de gouvernance, une plus grande responsabilisation et plus
ODPHVXUHGDQVODTXHOOHGHVLQWpUrWVGXGHPDQGHXUVRQWOpVpVHWGHOD
QDWXUHGXULVTXHSHVDQWVXUOHVLQWpUrWVFROOHFWLIV,OHVWSDUH[HPSOH de transparence sont de plus en plus exigées des pouvoirs
SHXSUREDEOHTXHWHORXWHOeWDWVHYRLHUHFRQQDvWUHOHGURLWG¶H[LJHUDX publics de par le monde. Une plus grande systématisation
titre de dommages matériels à l’environnement mondial, une indemni- et une plus large diffusion de l’information pertinente sont
VDWLRQDXGHOjGHVFRWVGHGpSROOXWLRQRXGHUHPLVHHQpWDWTX¶LOSRXUUD également nécessaires. Le droit d’accès à l’information se
avoir encourus166.
VLWXHVHXOHPHQWDXEDVGHO¶pTXDWLRQO¶REOLJDWLRQGHVSRX-
g. Le droit de recours est un principe fondé sur l’ac- voirs publics de mettre cette information à la disposition
cès sans discrimination et en toute égalité aux voies de GXJUDQGSXEOLFPrPHVDQVTXHFHOXLFLODGHPDQGHVH
recours nationales. Malgré tous ses inconvénients, le prin- situe à l’autre extrémité.
FLSHQHVHERUQHSDVjH[LJHUGHVeWDWVTX¶LOVVDWLVIDVVHQW
à un standard minimal d’effectivité des recours ouverts i. Le droit d’accès à la justice et aux autres procédures
DX[GHPDQGHXUVG¶DXWUHVSD\VPDLVDXVVLTX¶LOVGRQQHQW susceptibles de déboucher sur une réparation pourrait être
à ces demandeurs accès à l’information et veillent à ce VRXPLVjGHVGpODLVGHSUHVFULSWLRQSDUH[HPSOHFLQTDQV
TXHOHXUVMXULGLFWLRQVHWDXWRULWpVQDWLRQDOHVFRPSpWHQWHV jFRPSWHUGHODGDWHjODTXHOOHOHGHPDQGHXUFRQQDLVVDLW
respectives coopèrent comme il convient. Le principe est RX DXUDLW UDLVRQQDEOHPHQW G FRQQDvWUH O¶H[LVWHQFH GX
pJDOHPHQWUHÀpWpGDQVOHSULQFLSHGHOD'pFODUDWLRQGH dommage et l’identité de l’exploitant. On pourrait égale-
Rio sur l’environnement et le développement167, et dans le ment imposer une prescription, par exemple trentenaire,
principe 23 de la Charte mondiale de la nature. Il est aussi calculée à compter de la date de l’événement à l’origine
de plus en plus reconnu dans les droits constitutionnels des dommages. L’article 10 du Protocole de Kiev (3 et
nationaux concernant la protection de l’environnement168. 15 ans), l’article 13 du Protocole de Bâle de 1999 (5 et
La Convention sur l’accès à l’information, la participation 10 ans) et l’article 17 de la Convention de Lugano (3 et
du public au processus décisionnel et l’accès à la justice 30 ans) prévoient de tels délais de prescription.
HQ PDWLqUH G¶HQYLURQQHPHQW TXL GpYHORSSH OD GLUHFWLYH
de 1990 de la Communauté européenne169 et l’article 9 j /RUVTXH OHV SURFpGXUHV D\DQW OH PrPH REMHW HW
de la Convention pour la protection du milieu marin de opposant les mêmes parties sont intentées devant diffé-
O¶$WODQWLTXH GX 1RUG(VW IDLW DX[ SDUWLHV REOLJDWLRQ GH rentes juridictions, les États concernés pourraient conve-
YHLOOHUjFHTXHOHVSRXYRLUVSXEOLFVPHWWHQWjODGLVSRVLWLRQ nir de laisser l’affaire à la juridiction saisie en premier. En
du public des «informations sur l’environnement», sans outre, les autres juridictions pourraient être tenues de se
TXHFHOXLFLDLWjIDLUHYDORLUXQLQWpUrWSDUWLFXOLHUHQUqJOH dessaisir une fois établie la compétence de la juridiction
générale sous la forme demandée, et sans percevoir pour saisie en premier. Les dispositions allant dans ce sens et
ce service un droit d’un montant déraisonnable170. la possibilité de joindre les actions connexes (voir art. 15,
par. 1 et 2, du Protocole de Kiev, art. 18 du Protocole de
h. Le droit d’accéder à l’information concernant Bâle de 1999, et art. 21 et 22 de la Convention de Lugano)
OHVDFWLYLWpVLQGXVWULHOOHVHWOHVDFWLYLWpVGDQJHUHXVHVTXL ont pour but d’éviter la recherche d’un for complaisant
RQWXQLPSDFWVXUO¶HQYLURQQHPHQWHWTXLIRQWSHVHUGHV et de sauvegarder l’intégrité du processus en rationalisant
ULVTXHVVXUODVDQWpKXPDLQHHQJpQpUDOHWSRXUVDXYHJDU- les procédures.
der les droits des citoyens et des victimes de dommages
résultant de telles activités, peut être considéré comme k. La reconnaissance et l’exécution des jugements
relevant d’une deuxième génération de règles, faisant rendus par une juridiction étrangère constituent un élé-
VXLWHDX[UqJOHVTXLSRVHQWOHVREOLJDWLRQVGHVLJQDOHPHQW ment important de tout régime offrant des recours effectifs
GH QRWL¿FDWLRQ GH FRQVXOWDWLRQ HW GH QpJRFLDWLRQ LQWp- aux victimes d’activités transfrontières dangereuses. Une
grées, par exemple, au projet d’articles de la CDI sur la décision rendue dans un État ne sert à rien si elle ne peut
prévention des dommages transfrontières résultant d’acti- être reconnue et exécutée dans un autre État. L’article 18
vités dangereuses171. Sans préjudice des obligations inter- du Protocole de Kiev, l’article 21 du Protocole de Bâle de
QDWLRQDOHVH[LVWDQWHVHWFRPSWHGPHQWWHQXGHO¶LQWpUrW 1999 et l’article 23 de la Convention de Lugano prévoient
légitime de la personne détenant l’information, les États une telle reconnaissance et une telle exécution172.
ont l’obligation de donner accès à l’information et à la
justice conformément aux règles de deuxième génération. 172
Une disposition type concernant la reconnaissance et l’exécution
Il y a encore de la marge pour mieux articuler et assurer pourrait se lire comme suit :
O¶H[pFXWLRQ GH FHWWH REOLJDWLRQ ¬ PHVXUH TXH OH SXEOLF «1. Toute décision, rendue par un tribunal compétent en vertu
SUHQGUDPLHX[FRQVFLHQFHGHVULVTXHVSRXUO¶HQYLURQQH- GHO¶DUWLFOH>VXUO¶RXYHUWXUHGHYRLHVGHUHFRXUV@FLGHVVXVTXLQHSHXW
PHQWHWDXWUHVULVTXHVLQKpUHQWVDX[DFWLYLWpVGDQJHUHXVHV plus faire l’objet d’un recours ordinaire, est reconnue dans toute autre
il exigera de jouer un plus grand rôle dans la prise des partie sauf: a) si la reconnaissance est contraire à l’ordre public de la
SDUWLHUHTXLVHb VLO¶DFWHLQWURGXFWLIG¶LQVWDQFHRXXQDFWHpTXLYDOHQW
décisions concernant le lancement et la gestion de telles Q¶D SDV pWp VLJQL¿p RX QRWL¿p DX GpIHQGHXU GpIDLOODQW UpJXOLqUHPHQW
HW HQ WHPSV XWLOH SRXU TX¶LO SXLVVH VH GpIHQGUH c) si la décision est
inconciliable avec une décision rendue entre les mêmes parties dans
166
Ibid. ODSDUWLHUHTXLVHd) si la décision est inconciliable avec une décision
167
Voir supra la note 123. rendue antérieurement dans un autre État entre les mêmes parties, dans
168
Cuperus et Boyle, loc. cit., p. 407. XQOLWLJHD\DQWOHPrPHREMHWHWODPrPHFDXVHORUVTXHFHWWHGHUQLqUH
169 décision réunit les conditions nécessaires à sa reconnaissance dans la
Directive 90/313/CEE du Conseil, du 7 juin 1990, concernant
SDUWLHUHTXLVH
la liberté d’accès à l’information en matière d’environnement, Journal
«2. Toute décision reconnue en vertu du paragraphe 1 ci-dessus,
RI¿FLHOGHV&RPPXQDXWpVHXURSpHQQHV, no L 158 (23 juin 1990), p. 56.
170
TXLHVWH[pFXWRLUHGDQVODSDUWLHG¶RULJLQHHVWH[pFXWRLUHGDQVFKDTXH
Voir Sands, op. cit., p. 858. SDUWLHGqVTXHOHVSURFpGXUHVH[LJpHVGDQVODGLWHSDUWLHRQWpWpUHPSOLHV
171
Ibid., p. 867. S’agissant de l’information sur l’environnement en Les procédures ne sauraient autoriser une révision en fond de la
général, voir le chapitre 17, p. 826-868. décision.»
88 Documents de la cinquante-sixième session
10. Règlement des différends Ce principe met en exergue la nécessité pour les États
de conclure des arrangements plus détaillés et adaptés aux
1. Tout différend concernant l’interprétation circonstances particulières de différentes activités dange-
ou l’application des présents principes est résolu UHXVHV,OUHFRQQDvWpJDOHPHQWTXHOHUpJLPHGHUHVSRQVD-
GDQV OHV PHLOOHXUV GpODLV SDU GHV PR\HQV SDFL¿TXHV bilité pour les dommages transfrontières peut comporter
comprenant notamment les négociations, la médiation, GHV YDULDQWHV HQWUH OHVTXHOOHV LO HVW SUpIpUDEOH GH ODLVVHU
la conciliation, l’arbitrage ou le règlement judiciaire. les États opérer leur choix sur la base de leur législa-
WLRQ RX GH OHXU SUDWLTXH QDWLRQDOH HQ IRQFWLRQ GH OHXUV
2. Dans le cas d’un différend qui n’a pas été résolu SURSUHVEHVRLQVHWGHOHXUVSURSUHVUpDOLWpVSROLWLTXHVHW
conformément au paragraphe 1, les parties peuvent pFRQRPLTXHV 'HV DFFRUGV FRQFOXV DX QLYHDX UpJLRQDO
d’un commun accord accepter l’un ou l’autre des SRXUXQHFDWpJRULHVSpFL¿TXHG¶DFWLYLWpVGDQJHUHXVHVRQW
PRGHVGHUqJOHPHQWFLDSUqVRXOHVGHX[a) la soumis- GHV FKDQFHV GH SURWpJHU SOXV HI¿FDFHPHQW HW SOXV GXUD-
sion du différend à la Cour internationale de Justice, blement les intérêts des citoyens des États parties, ainsi
ou b) l’arbitrage. TXHO¶HQYLURQQHPHQWHWOHVUHVVRXUFHVQDWXUHOOHVGRQWFHV
États sont tributaires.
Explication
12. Application
2XWUHOHIDLWTXHFHVGLVSRVLWLRQVFRUUHVSRQGHQWjFHTXL
a été demandé par certains membres de la Commission 1. Les États adoptent toutes mesures législa-
ou par certains États ou leurs représentants, l’article 26 tives, réglementaires et administratives nécessaires à
du Protocole de Kiev prévoit une obligation analogue l’application des dispositions ci-dessus.
pour le règlement des différends. En outre, l’article 14
du Protocole de Kiev prévoit également la soumission du 2. Les présentes dispositions et les mesures
GLIIpUHQG j XQ DUELWUDJH Gp¿QLWLI HW FRQWUDLJQDQW FRQIRU- d’application sont appliquées par tous les États sans
mément au Règlement facultatif de la Cour permanente discrimination fondée sur la nationalité, le domicile ou
d’arbitrage pour la conciliation des différends relatifs la résidence.
aux ressources naturelles et/ou à l’environnement. En
cas de différend entre demandeurs de dommages-intérêts 3. Les États coopèrent pour appliquer les
en application du Protocole et personnes responsables présentes dispositions conformément aux obligations
en vertu du Protocole, il ne peut cependant être recouru qui leur incombent en vertu du droit international.
j XQ WHO DUELWUDJH TXH VL WRXWHV OHV SDUWLHV HQ VRQW DLQVL
convenues. Explication
11. Élaboration de régimes internationaux Cette disposition vient s’ajouter aux mécanismes d’ap-
SOXVGpWDLOOpVHWVSpFL¿TXHV SOLFDWLRQLQWHUQHVTXHOHVeWDWVGHYURQWpWDEOLUSRXUGRQ-
ner effet à leurs obligations internationales en matière de
1. Les États coopèrent à l’élaboration, au niveau responsabilité internationale. Elle reprend l’article 8 du
mondial ou régional, d’accords internationaux Protocole de Kiev.
RESPONSABILITÉ INTERNATIONALE POUR LES CONSÉQUENCES PRÉJUDICIABLES
DÉCOULANT D’ACTIVITÉS QUI NE SONT PAS INTERDITES PAR LE DROIT
INTERNATIONAL (RESPONSABILITÉ INTERNATIONALE EN CAS DE PERTE CAUSÉE
PAR UN DOMMAGE TRANSFRONTIÈRE DÉCOULANT D’ACTIVITÉS DANGEREUSES)
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité
internationale pour les conséquences préjudiciables découlant d’activités qui ne sont pas interdites
par le droit international (responsabilité internationale en cas de perte causée par un dommage
transfrontière découlant d’activités dangereuses)
[Original: anglais]
[24 juin 2004]
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Paragraphes
INTRODUCTION ............................................................................................................................................................................. 1-15 97
Chapitres
I. CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DES RÉGIMES DE RESPONSABILITÉ ....................................................................................... 16-260 98
A. Le lien de causalité .............................................................................................................................................. 16-28 98
B. La responsabilité objective .................................................................................................................................. 29-260 101
1. Droit interne.................................................................................................................................................. 29-112 101
a) Nature de la chose ou de l’activité .......................................................................................................... 29-33 101
b 6WDGHGHGpYHORSSHPHQWpFRQRPLTXH ..................................................................................................... 34-43 102
c) Prise en compte des intérêts .................................................................................................................... 44-55 104
d) Interprétation judiciaire et activités dangereuses .................................................................................... 56-68 106
e &RGL¿FDWLRQV¶DJLVVDQWGHVDFWLYLWpVGDQJHUHXVHV ................................................................................... 69-112 109
2. Droit international......................................................................................................................................... 113-260 117
a 3UDWLTXHFRQYHQWLRQQHOOH......................................................................................................................... 137-214 117
b -XULVSUXGHQFHHWSUDWLTXHGHVeWDWVDXWUHVTXHGHVDFFRUGV .................................................................... 215-260 136
89
90 Documents de la cinquante-sixième session
Convention relative aux dommages causés aux tiers à la surface par des aéronefs étrangers Ibid., vol. 310, no 4493, p. 181.
(Rome, 7 octobre 1952)
7UDLWpLQVWLWXDQWOD&RPPXQDXWppFRQRPLTXHHXURSpHQQH 5RPHPDUV Ibid., vol. 294, no 4300, p. 3. Voir
également la version consolidée du
Traité instituant la Communauté
européenne, -RXUQDORI¿FLHOGHV
Communautés européennes, no C
340, vol. 40, 10 novembre 1997,
p. 173-306.
Convention internationale sur la limitation de la responsabilité des propriétaires de navires de Nations Unies, Recueil des Traités,
mer (Bruxelles, 10 octobre 1957) vol. 1412, no 23642, p. 73.
7UDLWpVXUO¶$QWDUFWLTXH :DVKLQJWRQer décembre 1959) Ibid., vol. 402, no 5778, p. 71.
3URWRFROHDX7UDLWpVXUO¶$QWDUFWLTXHUHODWLIjODSURWHFWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQW 0DGULG UICN, Droit international de
4 octobre 1991) l’environnement: traités multilatéraux,
Berlin, Erich Schmidt, t. VII, p. 991.
Convention sur la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire (Paris, Ibid., vol. 956, no 13706, p. 251.
29 juillet 1960) [ci-après dénommée Convention de Paris de 1960]
Convention complémentaire à la Convention susmentionnée (Bruxelles, 31 janvier 1963) Ibid., vol. 1041, no 13706, p. 374.
[ci-après dénommée Convention de Bruxelles de 1963]
Protocole additionnel à la Convention sur la responsabilité civile dans le domaine de Ibid., vol. 956, no 13706, p. 325.
l’énergie nucléaire (Paris, 28 janvier 1964)
3URWRFROHSRUWDQWPRGL¿FDWLRQGHOD&RQYHQWLRQGXMDQYLHUFRPSOpPHQWDLUHjOD Ibid., vol. 1650, no 13706, p. 446.
Convention du 29 juillet 1960 sur la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie
nucléaire, amendée par un Protocole additionnel du 28 janvier 1964 (Paris, 16 novembre
1982)
3URWRFROHSRUWDQWPRGL¿FDWLRQGHOD&RQYHQWLRQGXMXLOOHWVXUODUHVSRQVDELOLWp -RXUQDORI¿FLHOGHO¶8QLRQHXURSpHQQH,
civile dans le domaine de l’énergie nucléaire, amendée par le Protocole additionnel du no L 97, 1er avril 2004, p. 55.
28 janvier 1964 et par le Protocole du 16 novembre 1982 (Paris, 12 février 2004)
&RQYHQWLRQFRPSOpPHQWDLUHjOD&RQYHQWLRQGH9DUVRYLHSRXUO¶XQL¿FDWLRQGHFHUWDLQHVUqJOHV Nations Unies, Recueil des Traités,
UHODWLYHVDXWUDQVSRUWDpULHQLQWHUQDWLRQDOHIIHFWXpSDUXQHSHUVRQQHDXWUHTXHOHWUDQVSRUWHXU vol. 500, no 7305, p. 31.
contractuel (Guadalajara, 18 septembre 1961)
Convention relative à la responsabilité des exploitants de navires nucléaires (Bruxelles, AIEA, Conventions internationales
25 mai 1962) relatives à la responsabilité civile
en matière de dommages nucléaires,
&ROOHFWLRQMXULGLTXHno 4, éd. rev.,
Vienne, 1976, p. 93.
Convention de Vienne relative à la responsabilité civile en matière de dommages nucléaires Nations Unies, Recueil des Traités,
(Vienne, 21 mai 1963) [ci-après dénommée Convention de Vienne de 1963] vol. 1063, no 16197, p. 265.
Protocole commun relatif à l’application de la Convention de Vienne relative à la Ibid., vol. 1672, no 28907, p. 293.
responsabilité civile en matière de dommages nucléaires et de la Convention de Paris sur la
responsabilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire (Vienne, 21 septembre 1988)
Protocole d’amendement de la Convention de Vienne relative à la responsabilité civile en Ibid., vol. 2241, no 16197, p. 270.
matière de dommages nucléaires (Vienne, 12 septembre 1997)
Convention additionnelle à la Convention internationale concernant le transport des voyageurs Ibid., vol. 1101, no 16899, p. 83.
et des bagages par chemins de fer (CIV) du 25 février 1961 relative à la responsabilité du
chemin de fer pour la mort et les blessures des voyageurs (Berne, 26 février 1966)
Traité sur les principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation Ibid., vol. 610, no 8843, p. 205.
GHO¶HVSDFHH[WUDDWPRVSKpULTXH\FRPSULVOD/XQHHWOHVDXWUHVFRUSVFpOHVWHV 0RVFRX
Londres et Washington, 27 janvier 1967)
Convention concernant la compétence judiciaire et l’exécution des décisions en matière civile Ibid., vol. 1262, no 20747, p. 153.
et commerciale (Bruxelles, 27 septembre 1968)
Convention internationale sur l’intervention en haute mer en cas d’accident entraînant ou Ibid., vol. 970, no 14049, p. 211.
pouvant entraîner une pollution par les hydrocarbures (Bruxelles, 29 novembre 1969)
Convention internationale sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par Ibid., vol. 973, no 14097, p. 3.
les hydrocarbures (Bruxelles, 29 novembre 1969)
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&RQYHQWLRQVXUODGLYHUVLWpELRORJLTXH 0RQWUpDOMDQYLHU
&RQYHQWLRQSRXUODSURWHFWLRQGXPLOLHXPDULQGHO¶$WODQWLTXHGX1RUG(VW &RQYHQWLRQ -RXUQDORI¿FLHOGHO¶8QLRQHXURSpHQQH,
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Introduction
1. La présente étude constitue une nouvelle mise à jour 4. L’inclusion de textes concernant des activités
d’une étude publiée en 1984 sous le titre «Étude de la pra- VSpFL¿TXHV HVW VDQV SUpMXGLFH GH OD TXHVWLRQ GH VDYRLU
WLTXHGHVeWDWVFRQFHUQDQWODUHVSRQVDELOLWpLQWHUQDWLRQDOH si lesdites activités sont ou non «interdites par le droit
SRXUOHVFRQVpTXHQFHVSUpMXGLFLDEOHVGpFRXODQWG¶DFWLYL- international». Il y a donc lieu d’étudier la façon dont
WpVTXLQHVRQWSDVLQWHUGLWHVSDUOHGURLWLQWHUQDWLRQDO1», ont été réglés certains différends où le caractère licite
TXLDYDLWpWpDFWXDOLVpHSDUOH6HFUpWDULDWHQ2. ou illicite des actes ou des omissions ayant causé des
dommages avait prêté à contestation.
/H6HFUpWDULDWFRQVFLHQWTXHOD&RPPLVVLRQGXGURLW
international a déjà adopté et soumis à l’Assemblée géné- 5. Outre les traités, l’étude passe en revue la juris-
rale le préambule et le texte des projets d’article sur la prudence, les sentences arbitrales et la correspondance
prévention des dommages transfrontières résultant d’acti- entre ministères des affaires étrangères et gouvernements.
vités dangereuses3, a axé son étude sur les aspects du sujet Ces documents constituent des sources importantes de la
touchant la responsabilité. SUDWLTXHGHVeWDWV7HOHVWpJDOHPHQWOHFDVGHVUqJOHPHQWV
LQWHUYHQXV SDU GHV PpWKRGHV QRQ MXGLFLDLUHV OHVTXHOV
3. L’étude passe en revue les conventions internatio- même s’ils ne représentent pas l’issue de procédures judi-
nales existantes, la jurisprudence internationale, les autres FLDLUHVFODVVLTXHVSHXYHQWUHÀpWHUGHVWHQGDQFHVSRXUFH
IRUPHVGHODSUDWLTXHGHVeWDWVDLQVLTXHOHWH[WHGHVORLV TXLHVWGHV TXHVWLRQV GHIRQG HQOLWLJH/HVGpFODUDWLRQV
nationales disponibles et la jurisprudence des tribunaux faites par les personnalités gouvernementales compé-
QDWLRQDX[ HQ UDSSRUW DYHF OD TXHVWLRQ GH OD UHVSRQVDEL- WHQWHVDLQVLTXHOHFRQWHQXGHVUqJOHPHQWVLQWHUYHQXVRQW
lité. Pour être complète, elle reprend aussi les passages de pWpH[DPLQpVSRXUGpWHUPLQHUV¶LOVRQWLQÀXpVXUOHVSULQ-
l’étude de 1995 consacrés à la responsabilité proprement FLSHVGHIRQGTXLUpJLVVHQWODUHVSRQVDELOLWp
dite.
/¶pWXGHQ¶DSDVLJQRUpODGLI¿FXOWpTX¶LO\DjGpWHU-
PLQHUTX¶XQFDVSDUWLFXOLHUFRQVWLWXHXQH©SUHXYHªGHOD
1
Annuaire… 1985, vol. II (1re partie), additif, doc. A/CN.4/384, p. 1. SUDWLTXH GHV eWDWV4 'HV SROLWLTXHV GLIIpUHQWHV SHXYHQW
2
Annuaire… 1995, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/471, p. 67.
3
L’Assemblée générale, dans sa résolution 56/82 du 4
3DU H[HPSOH RQ SHXW VH GHPDQGHU VL OH IDLW TXH OHV eWDWV
12 décembre 2001, a félicité la CDI «d’avoir avancé les travaux V¶DEVWLHQQHQW G¶HQWUHSUHQGUH GHV DFWLYLWpV TXL ELHQ TXH OLFLWHV
concernant le volet “prévention” du sujet de la “Responsabilité peuvent causer des dommages au-delà de leur juridiction territoriale,
LQWHUQDWLRQDOHSRXUOHVFRQVpTXHQFHVSUpMXGLFLDEOHVGpFRXODQWG¶DFWLYLWpV FRQWULEXHjODFUpDWLRQGHODFRXWXPHLQWHUQDWLRQDOH/D&3-,HWjVD
TXL QH VRQW SDV LQWHUGLWHV SDU OH GURLW LQWHUQDWLRQDO SUpYHQWLRQ GHV VXLWHOD&,-RQWFRQVLGpUpTX¶XQHVLPSOHDEVWHQWLRQVDQVXQH[DPHQ
dommages transfrontières découlant d’activités dangereuses)”». Pour DSSURIRQGLGHVIDFWHXUVTXLO¶RQWPRWLYpHHVWXQHSUHXYHLQVXI¿VDQWHGH
le texte du projet de préambule et des projets d’article, voir Annuaire… O¶H[LVWHQFHG¶XQHFRXWXPHMXULGLTXHLQWHUQDWLRQDOH/HIDLWTXHOHVeWDWV
2001, vol. II (2e partie), p. 157, par. 97. (Suite de la note page suivante.)
98 Documents de la cinquante-sixième session
/RUVTX¶RQ VH UpIqUH j OD SUDWLTXH GHV eWDWV LO IDXW /HFKDSLWUH,,H[DPLQHODTXHVWLRQGHVDYRLUTXLHVW
veiller à ne pas extrapoler les principes, car le degré de la partie responsable et décrit le principe du «pollueur-
WROpUDQFH DXTXHO RQ V¶DWWHQG OH SOXV JpQpUDOHPHQW HQ FH payeur», la responsabilité de l’exploitant et les cas dans
TXL FRQFHUQH OHV FRQVpTXHQFHV SUpMXGLFLDEOHV GHV GLIIp- OHVTXHOVOHVeWDWVVRQWWHQXVSRXUUHVSRQVDEOHV
rentes activités peut varier d’une activité à l’autre.
/H FKDSLWUH ,,, V¶HIIRUFH G¶LGHQWL¿HU OHV FDV HW OHV
(Suite de la note 4.)
FRQGLWLRQV GDQV OHVTXHOV O¶H[SORLWDQW RX O¶eWDW SHXYHQW
V¶DEVWLHQQHQWG¶DJLUG¶XQHFHUWDLQHIDoRQSHXWV¶H[SOLTXHUSDUXQFHUWDLQ être considérés comme exonérés de responsabilités.
QRPEUHGHUDLVRQVTXLQ¶RQWSDVWRXWHVXQHVLJQL¿FDWLRQMXULGLTXH9RLU
O¶DUUrWUHQGXOHVHSWHPEUHSDUOD&3-,GDQVO¶DIIDLUHGX©/RWXVª
(Lotus, arrêt no 9, 1927, C.P.J.I. série A no 10, p. 28). C’est également ce /H FKDSLWUH ,9 DQDO\VH OHV TXHVWLRQV D\DQW UDS-
TX¶DFRQVLGpUpOD&,-GDQVVRQDUUrWGXQRYHPEUHGDQVO¶DIIDLUH port avec l’indemnisation: nature de l’indemnisation,
du Droit d’asile (arrêt, C.I.J. Recueil 1950, p. 286) et dans son arrêt du dommages pouvant donner lieu à réparation, formes
20 février 1969 relatif à l’affaire du Plateau continental de la mer du de réparation et limitation de la responsabilité. Ce cha-
Nord (arrêt, C.I.J. Recueil 1969, p. 44, par. 77). Voir aussi Licéité de
la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires (avis consultatif, C.I.J.
SLWUH DERUGH pJDOHPHQW OD TXHVWLRQ GH VDYRLU TXHOOHV
Recueil 1996, p. 253 à 255). Voir également Parry, The Sources and VRQW GDQV OD SUDWLTXH GHV eWDWV OHV DXWRULWpV FRQVLGp-
Evidences of International Law, p. 34 à 64. UpHVFRPPHFRPSpWHQWHVSRXUVWDWXHUVXUOHVTXHVWLRQV
Toutefois, dans son arrêt du 6 avril 1955 relatif à l’affaire Nottebohm, la d’indemnisation.
&,-DFRQVLGpUpTXHO¶DEVWHQWLRQG¶XQeWDWpWDLWXQHSUHXYHGHO¶H[LVWHQFH
d’une norme internationale limitant la liberté d’action (deuxième phase,
arrêt, C.I.J. Recueil 1955, p. 21 et 22). /H FKDSLWUH 9 DQDO\VH OD TXHVWLRQ GH OD SUHVFULS-
$X VXMHW GH O¶LPSRUWDQFH GHV ©LQFLGHQWVª SRXU FH TXL HVW GH JpQpUHU WLRQ HVVHQWLHOOHPHQW GDQV OH FRQWH[WH GH OD SUDWLTXH
GHVQRUPHV5HLVPDQIDLWREVHUYHUFHTXLVXLW ©,QWHUQDWLRQDOLQFLGHQWV conventionnelle.
introduction to a new genre in the study of international law», p. 5):
«Le droit international contemporain dépend, pour une large part,
GHVFRQVpTXHQFHVQRUPDWLYHVTXHOHVDQDO\VWHVSROLWLTXHVDWWULEXHQWj 14. Le chapitre VI est consacré aux régimes d’assurance
tel ou tel événement. /HIDLWTXHFHX[TXLGpGXLVHQWGHVQRUPHVGHOD ou autres régimes visant à garantir une indemnisation en
survenance d’incidents ne se réfèrent pas au “droit international” pour cas de dommage.
TXDOL¿HUOHUpVXOWDWGHOHXUVUpÀH[LRQVQ¶DIIHFWHDXFXQHPHQWODYDOLGLWp
GHOHXUHIIRUWSDVSOXVTXHO¶LJQRUDQFHGDQVODTXHOOHpWDLW0-RXUGDLQ
GDQVODSLqFHGH0ROLqUHTX¶LOSDUODLWHQSURVHVLJQL¿DLWTX¶LOSDUODLWHQ (Q¿QOHFKDSLWUH9,,HVWFRQVDFUpjODTXHVWLRQGH
YHUV0rPHVLRQGpFLGDLWGHO¶DSSHOHUDXWUHPHQWFHODUHSUpVHQWHTXDQG l’exécution des jugements rendus par les tribunaux natio-
même le droit.» QDX[DXEpQp¿FHGHVSDUWLHVOpVpHV
CHAPITRE PREMIER
A. Le lien de causalité place occupée par la «faute» dans les régimes de res-
ponsabilité et de réparation des dommages causés par
16. Le concept de responsabilité est apparu en droit certaines activités. Pour bien comprendre l’évolution
interne dans le contexte des faits délictueux. L’évolution GXFRQFHSWGHUHVSRQVDELOLWpHWSUpGLUHVDFRQ¿JXUDWLRQ
GHFHWWHQRWLRQHQGURLWLQWHUQDWLRQDOUHÀqWHOHVFRQVLGp- future en droit international, il n’est pas inutile de passer
UDWLRQVG¶RUGUHSXEOLFTXLVRXYHQWRQWLQVSLUpODWKpRULH HQ UHYXH O¶pYROXWLRQ KLVWRULTXH GH FH FRQFHSW HQ GURLW
contemporaine de la responsabilité et en particulier la interne.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 99
UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH QH QpFHVVLWH SDV TXH O¶LQWHQWLRQ «répréhensibles23ª TXL VXSSRVHQW XQ ULVTXH H[FHSWLRQQHO
GpOLFWXHXVHVRLWSURXYpH/¶HQTXrWHHVWD[pHVXUOHVSUp- GHGRPPDJHVSRXUDXWUXLTXHFHVRLWHQUDLVRQGHODJUD-
judices résultant de l’emploi de moyens et non pas sur YLWpRXGHODIUpTXHQFHGXSUpMXGLFHSRWHQWLHO24. L’activité
les préjudices résultant de la conduite d’un défendeur HQTXHVWLRQDpWpDXWRULVpHjFRQGLWLRQ25 et étant entendu
donné15. Ainsi, la responsabilité du défendeur est fondée TX¶HOOHDEVRUEHUDGDQVOHFDGUHGHVHVIUDLVJpQpUDX[OH
sur la relation entre le défendeur et les moyens utilisés. Le FRWGHVDFFLGHQWVTX¶HOOHULVTXHGHFDXVHU26. En outre, la
défendeur est le propriétaire, l’exploitant ou l’utilisateur, VRFLpWpIDLWHQVRUWHTXHOHVFRWVHIIHFWLIVG¶XQHDFWLYLWp
etc.16 La personne dont l’activité a causé un préjudice est VRLHQW UpSDUWLV HQWUH FHX[ TXL HQ EpQp¿FLHQW *pQpUDOH-
tenue pour responsable PHQW OHV FRWV GHV LQGHPQLVDWLRQV VRQW SULV HQ FRPSWH
dans le calcul du prix des marchandises et services
QRQGHWHOOHRXGHWHOOHIDXWHSDUWLFXOLqUHTXLVHVHUDLWSURGXLWHPDLVGHV FRQFHUQpV&HX[TXLEpQp¿FLHQWG¶XQHDFWLYLWpVRQWJpQp-
FRQVpTXHQFHVLQpYLWDEOHVG¶XQHDFWLYLWpGDQJHUHXVHSRXYDQWrWUHTXDOL-
¿pHGHIDXWLYHGXIDLWGHVGRPPDJHVSUpYLVLEOHVTX¶HOOHSHXWHQWUDvQHU UDOHPHQWPLHX[SODFpVSRXULQGHPQLVHUOHVYLFWLPHVTXH
Q¶pWDLWFHOHIDLWTXHVRQFDUDFWqUHJpQpUDOHPHQWEpQp¿TXHQRXVREOLJH les victimes elles-mêmes27.
à la tolérer dans l’intérêt de la collectivité dans son ensemble17.
24. De fait, le régime de la responsabilité objective
22. La responsabilité objective est, en un sens, un autre GDQVOHFDVG¶DFWLYLWpVFRPSRUWDQWGHVULVTXHVH[FHSWLRQ-
DVSHFWGXFRQFHSWGHIDXWHTXDVLGpOLFWXHOOH QpJOLJHQFH nels vise essentiellement à indemniser les victimes d’une
L’une et l’autre reposent sur la responsabilité attachée à la FRQGXLWHOLFLWHSRXUOHVFRQVpTXHQFHVLQpYLWDEOHVUpVXOWDQW
FUpDWLRQG¶XQULVTXHDQRUPDO$ORUVTXHODUHVSRQVDELOLWp GHO¶HPSORLGHPR\HQVFRPSRUWDQWGHVULVTXHVH[FHSWLRQ-
REMHFWLYHGpFRXOHGHVDFWLYLWpVTXLGHPHXUHQWGDQJHUHXVHV nels28. Si l’utilisation de ces moyens entraîne un préju-
en dépit de toutes les mesures de précaution pouvant rai- dice, il y a alors motif d’action en justice29.
sonnablement être prises, la négligence vise essentielle-
PHQWOHIDLWGHQHSDVPHQHUFRPPHLOIDXWXQHDFWLYLWpTXL 25. La nécessité d’établir une relation entre le défendeur
HVWDVVH]VUHTXDQGHOOHHVWPHQpHFRPPHLOFRQYLHQW18. et les moyens utilisés donne lieu à des notions de liens de
&HODSRVHXQGLOHPPHTXLDpWpH[SOLTXpFRPPHVXLW FDXVDOLWpYLVDQWjMXVWL¿HUFHWWHUHODWLRQ'DQVOHUpJLPHGH
>6@LXQHDFWLYLWppWDLWTXDOL¿pHGHIDXWLYHHQUDLVRQGHVHVULVTXHVLUUp-
la responsabilité objective, l’existence d’un lien de causa-
GXFWLEOHVFHODpTXLYDXGUDLWjODFRQGDPQHUHQWDQWTX¶DFWLYLWpLOOLFLWH lité n’est pas liée tant aux actes personnels du défendeur
&HUWDLQHVDFWLYLWpVPpULWHQWVDQVFRQWHVWHFHWUDLWHPHQWVRLWSDUFHTXH TX¶DX[PR\HQVHPSOR\pVRXjO¶DFWLYLWpGDQVODTXHOOHFHV
OHXU REMHW Q¶HVW SDV VXI¿VDPPHQW EpQp¿TXH VRLW SDUFH TX¶LO SHXW rWUH moyens sont utilisés30. On s’est demandé si la notion de
DWWHLQWG¶XQHPDQLqUHVUH7RXWHIRLVRQSHXWDYRLUjWROpUHUG¶DXWUHV «causalité immédiate» est applicable à la responsabilité
DFWLYLWpVPDOJUpOHXUULVTXHLUUpGXFWLEOH>@&HVDFWLYLWpVQHGHYUDLHQW
SDVrWUHSpQDOLVpHVHQWDQWTX¶DFWLYLWpVUpSUpKHQVLEOHVHQOHVTXDOL¿DQW REMHFWLYHpWDQWGRQQpTX¶HOOHHVWLVVXHHVVHQWLHOOHPHQWGX
GHIDXWLYHVPrPHVLOHULVTXHTX¶HOOHVHQWUDvQHQWSHXWQ¶rWUHSDVpYL- GURLW UHODWLI DX[ TXDVLGpOLWV HW Q¶HVW SDV WRXMRXUV DSSOL-
WDEOH DX PRLQV VXU OH SODQ VWDWLVWLTXH PDOJUp WRXWHV OHV SUpFDXWLRQV cable dans les affaires concernant des préjudices inten-
SRVVLEOHV6LOHVDFWLYLWpVHQTXHVWLRQGRLYHQWDEVRUEHUOHFRWGHVDFFL- tionnels. Toutefois, cela n’a pas dissuadé les tribunaux de
GHQWVTX¶HOOHVULVTXHQWGHFDXVHUFHODGRLWrWUHIRQGpVXUXQSULQFLSH
DXWUHTXHODQpJOLJHQFH&HSULQFLSHHVWODUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYH19.
faire appel à cette notion dans des affaires concernant la
responsabilité objective, même s’ils ont mis l’accent sur
23. Contrairement à l’approche individualiste inspirant cette relation en référence aux moyens utilisés.
le droit primitif, le retour à la responsabilité objective est
MXVWL¿p©SDUGHVFRQVLGpUDWLRQVOLpHVDX[LQWpUrWVVRFLDX[ /D QRWLRQ GH ©FDXVDOLWp LPPpGLDWHª HVW GLI¿FLOH
HWpFRQRPLTXHVGHQRWUHqUH20». En droit interne, l’adop- j DQDO\VHU HW j Gp¿QLU DYHF SUpFLVLRQ 2Q D SDUIRLV PLV
tion d’un régime de responsabilité objective répond à au l’accent sur ses attributs temporels ou spatiaux ou son
PRLQVGHX[FRQVLGpUDWLRQVVRXVMDFHQWHVTXLVRQWSUHPLq- caractère direct ou immédiat. D’autres ont insisté sur le
UHPHQW OHV FRQQDLVVDQFHV OLPLWpHV TXH O¶RQ D GHV HIIHWV IDLWTXHODFDXVDOLWpLPPpGLDWHSURGXLWXQ©UpVXOWDWGDQV
du progrès de plus en plus rapide de la science et de la XQHVpTXHQFHQDWXUHOOHHWLQLQWHUURPSXHª'DQVG¶DXWUHV
technologie et de leurs effets21. Et, deuxièmement, la dif- cas, on a recouru à la notion de «cause substantielle», sans
¿FXOWpTX¶LO\DjGpWHUPLQHUFHTXLFRQVWLWXHXQFRPSRU- QpFHVVDLUHPHQWDYRLUO¶LQWHQWLRQTXHFHWWHQRWLRQVLJQL¿H
tement fautif et à apporter les éléments de preuve néces- ©ODFDXVHXQLTXHªGDQVODPHVXUHRGHVQRWLRQVGH©UHV-
saires pour établir l’existence d’une faute22. Le régime SRQVDELOLWp FRQMRLQWHª DSSDUDLVVHQW pJDOHPHQW ORUVTX¶RQ
de responsabilité objective consiste donc essentiellement traite d’affaires concernant la responsabilité objective.
à imposer une responsabilité aux activités licites et non
'DQVG¶DXWUHVDIIDLUHVRQDGp¿QLODFDXVDOLWpLPPp-
diate en termes de préjudice prévisible. D’autres la per-
çoivent comme une décision judiciaire fondée sur les
15
Ibid., p. 219. SDUWLFXODULWpVGHFKDTXHDIIDLUH3RXUVLPSOL¿HULOV¶DJLW
16
Ibid.
17
Fleming, op. cit., p. 328.
18
23
&HTXDOL¿FDWLIHVWXWLOLVpSDU)OHPLQJ RSFLWS SRXUpWDEOLU
Ibid. une distinction entre la faute et la responsabilité objective.
19
Ibid., p. 328 et 329. 24
Strahl, «Tort liability and insurance», p. 213 à 218.
20
Ibid., p. 328. Voir aussi W. Page Keeton, Prosser and Keeton on 25
Voir Robert E. Keeton, «Conditional fault in the law of torts», cité
the Law of Torts, p. 537. dans Fleming, op. cit., note 10, p. 329.
21
*ROGLH FRQVWDWH TXH GDQV O¶pWDW DFWXHO GHV FRQQDLVVDQFHV 26
Fleming, op. cit., p. 329.
concernant les nouvelles branches d’activité, aucun degré de prévision, 27
MacAyeal, loc. cit., p. 233.
ni aucune mesure réalisable ne peut éviter les dommages («Liability 28
for damage and the progressive development of international law», Ibid., p. 232 et 239.
29
p. 1203). Ibid., p. 239.
22 30
Ibid. Ibid., p. 227.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 101
G¶XQH PDQLqUH SUDWLTXH GH UpGXLUH OD UHVSRQVDELOLWp VXU VXU OH IDLW TXH OH JDUGLHQ FRQQDLVVDLW OH FRPSRUWHPHQW
XQHEDVHFLUFRQVWDQFLHOOHORUVTX¶LODSSDUDvWTXHO¶LPSRVL- de l’animal37. Au Royaume-Uni de Grande-Bretagne et
tion de la responsabilité est trop extrême31&¶HVWSRXUTXRL d’Irlande du Nord, aux termes de la loi intitulée Animals
l’expression «motif d’action en justice» décrit plus exac- ActGHWRXWHSHUVRQQHTXLDXQDQLPDOHQJDUGHHVW
tement la situation: responsable «en cas de dommages causés par un animal
TXLDSSDUWLHQWjXQHHVSqFHGDQJHUHXVH38». Pour les ani-
[L]a possibilité d’intenter une action en justice ne concerne pas l’exis- maux appartenant à des espèces inoffensives, le gardien
tence d’un lien de causalité: il s’agit simplement de prendre une déci- HVWUHVSRQVDEOHVLO¶DQLPDOSUpVHQWDLWGHVFDUDFWpULVWLTXHV
sion de principe sur le fait de savoir si le défendeur doit ou non être
WHQXSRXUUHVSRQVDEOH/DSRVVLELOLWpGHUHFRXUVGp¿QLWODSRUWpHGX DQRUPDOHV TXL pWDLHQW FRQQXHV GH OXL RX GRQW RQ HVWLPH
GHYRLUMXULGLTXH'DQVODPHVXUHRODFDXVDOLWpLPPpGLDWHQ¶HVWJXqUH TX¶HOOHV DXUDLHQW G O¶rWUH /HV eWDWV8QLV pWDEOLVVHQW
SOXVTX¶XQMXJHPHQWGHSULQFLSHYLVDQWjGp¿QLUOHSODIRQGHQPDWLqUH aussi une distinction entre les «animaux dangereux» et
de responsabilité s’agissant d’une réclamation donnée, les tribunaux FHX[TXLVRQW©QRUPDOHPHQWLQRIIHQVLIVª39.
doivent examiner la doctrine concernant la loi ou le domaine particulier
du droit concerné32.
30. Les codes civils de nombreux États, dont ceux de
[…] Toute analyse de la causalité immédiate d’une affaire relative à la OD%HOJLTXHGHO¶(VSDJQHGHOD)UDQFHGHO¶,WDOLHHWGH
responsabilité objective, dans toute la mesure possible, ne devrait pas OD 5pSXEOLTXH WFKqTXH DSSOLTXHQW OH UpJLPH GH OD UHV-
comprendre un élément de prévision du fait d’une personne raisonnable
en position de défendeur33.
ponsabilité objective au propriétaire d’un animal ou à
VRQJDUGLHQSRXUOHVGRPPDJHVTX¶LOFDXVHTXHO¶DQLPDO
[…] Le régime de responsabilité objective consiste en essence à ce VRLW VRXV VD JDUGH RX TX¶LO VH VRLW pFKDSSp &HWWH UqJOH
TX¶XQSODLJQDQWQ¶DSDVEHVRLQGHSURXYHUTXHOHGpIHQGHXUDDJLLQWHQ- V¶DSSOLTXH WRXWHIRLV j WRXV OHV DQLPDX[ TXHOOH TX¶HQ
tionnellement ou a commis une faute34. [...] Si les tribunaux s’enlisent soit la nature40/H&RGHFLYLODOOHPDQGGHDSSOLTXH
dans une analyse des particularités concernant l’utilisation des moyens,
l’analyse se transforme en une analyse de la faute. Pour pouvoir avoir également le régime de la responsabilité objective pour
motif d’action en justice dans le contexte de la responsabilité objective tous les dommages causés par des animaux. Toutefois,
HQFDVG¶DFWLYLWpVFRPSRUWDQWGHVULVTXHVH[FHSWLRQQHOVLOGHYUDLWrWUH VD PRGL¿FDWLRQ GH SUpYRLW XQH H[FHSWLRQ GDQV OH
VLPSOHPHQWQpFHVVDLUHGHPRQWUHUTXHOHGpIHQGHXUV¶HVWOLYUpYRORQWDL- FDVG¶DQLPDX[GRPHVWLTXHVXWLOLVpVSDUOHXUSURSULpWDLUH
rement à la conduite visée par la responsabilité objective35.
dans son activité professionnelle ou dans ses affaires, ou
28. Diverses expressions sont utilisées pour décrire la VRXVVDJDUGHGDQVOHTXHOFDVODIDXWHGRLWrWUHSURXYpH41.
doctrine moderne imposant la responsabilité objective, /¶DUWLFOHGX&RGHFLYLOHVSDJQROSUpYRLWTXHOHSUR-
à savoir notamment la «responsabilité sans faute», la SULpWDLUH G¶XQ DQLPDO VHUD PLV KRUV GH FDXVH ORUVTXH OH
«négligence sans faute», la «responsabilité présumée», la dommage est imputable à la force majeure.
«négligence objective», la «responsabilité objective» ou
OD©UHVSRQVDELOLWpSRXUULVTXHFUppª36. 31. La responsabilité objective des propriétaires ou gar-
diens d’animaux est également reconnue en Argentine
B. La responsabilité objective (art. 1126), au Brésil (art. 1527), en Colombie (art. 2353),
HQ *UqFH DUW HQ +RQJULH DUW DX 0H[LTXH
1. DROIT INTERNE (art. 1930), aux Pays-Bas (art. 1404), en Pologne (art. 431)
et en Suisse (art. 56)42. Les notions traditionnelles de
a) Nature de la chose ou de l’activité faute demeurent dans certaines juridictions, même
si l’on constate une certaine évolution en matière de
8Q FHUWDLQ QRPEUH GH IDFWHXUV RQW LQÀXp VXU responsabilité par le mécanisme de la «présomption de
l’évolution du régime de la responsabilité objective en faute43». Ainsi, aux termes de l’article 56 du Code des
droit interne. En premier lieu, de nombreux systèmes juri- obligations suisse, en cas de dommage causé par un ani-
GLTXHV IRQW DSSDUDvWUH XQH WHQGDQFH SHUVLVWDQWH j UHFRQ- PDOODSHUVRQQHTXLOHGpWLHQWHVWUHVSRQVDEOHVLHOOHQH
naître le concept de responsabilité objective sur la base SURXYHSDVTX¶HOOHO¶DJDUGpHWVXUYHLOOpDYHFWRXWHO¶DWWHQ-
de la «nature» de la chose ou de l’activité causant le pré- WLRQ UHFRPPDQGpH SDU OHV FLUFRQVWDQFHV RX TXH VD GLOL-
judice, à savoir son caractère dangereux ou la tendance JHQFHQ¶HWSDVHPSrFKpOHGRPPDJHGHVHSURGXLUH44.
TX¶HOOHDjrWUHGDQJHUHXVH2QDSDUH[HPSOHpWDEOLGHV
FODVVHPHQWV VHORQ TX¶XQ DQLPDO HVW VDXYDJH RX GRPHV- 32. La responsabilité objective en cas de dommage
WLTXH&¶HVWODcommon lawDQJODLVHTXLDOHSOXVUHFRXUX causé par un incendie est également largement recon-
à cette distinction fondée sur le classement des animaux. nue. L’ancienne common law, en vertu de la règle ignis
Ainsi, le régime de la responsabilité objective est appli- suus, visait un acte relatif à une violation de propriété
TXpSRXUOHVGRPPDJHVFDXVpVSDUGHVDQLPDX[VDXYDJHV privée consistant à «utiliser le feu avec négligence et le
(ferae naturae) ou par des animaux apprivoisés (man- laisser s’échapper, contrairement à la coutume générale
suetae naturae)GRQWOHJDUGLHQVDLWTX¶LOVRQWWHQGDQFHj 37
être «vicieux, retors ou féroces» et l’action a été fondée Ibid., p. 12, par. 43.
38
Animals Act 1971 /RQGUHV 2I¿FH GHV SXEOLFDWLRQV RI¿FLHOOHV
1971, chap. 22, par. 2, point 1. Voir généralement Mulholland,
31
Ibid., p. 238. Voir généralement p. 232 à 241. «Animals», chap. 21.
39
32
Ibid., p. 238 et 239. Stone, loc. cit., p. 12, par. 42.
40
33
Ibid., p. 239. Ibid.
34
Ibid., p. 240.
41
$UW GX &RGH FLYLO DOOHPDQG YRLU 6WRQH ORF FLW S
35
Ibid., p. 240 et 241. Pour une analyse de la notion de causalité, par. 47.
42
voir le jugement de Lord Hoffman dans Empress Car Company Stone, loc. cit., p. 14, par. 51 et 52.
43
(Abertillery) Ltd v. National Rivers Authority, All England Law Reports Koch et Koziol, «Comparative conclusions», p. 396.
1998, vol. 1, p. 481. 44
Loi fédérale du 30 mars 1911 complétant le Code civil suisse
36
Voir Stone, «Liability for damage caused by things», p. 3, par. 1. (Livre cinquième: Droit des obligations).
102 Documents de la cinquante-sixième session
à la Directive de 1985, limite les réparations concernant 1RXYHOOH=pODQGH HW GDQV SOXVLHXUV eWDWV G¶$XVWUDOLH
XQSURGXLWTXLHVWGDQJHUHX[HWDHIIHFWLYHPHQWFDXVpGHV les propriétaires d’aéronefs sont soumis à un régime de
dommages au demandeur ou à ses biens. Le paragraphe 1 responsabilité objective pour tous les dommages causés
GHO¶DUWLFOHGHFHWWHOpJLVODWLRQGLVSRVHFHTXLVXLW aux personnes et aux biens pendant le vol, le décollage
et l’atterrissage71. Au Royaume-Uni, l’article 76 de la loi
Sous réserve des dispositions ultérieures du présent titre, toute per- intitulée Civil Aviation ActGHGLVSRVHFHTXLVXLW
sonne visée par le point 2 ci-après (c’est-à-dire le fabricant et divers
autres) est responsable en cas de dommages causés en totalité ou en [E]n cas de dommages matériels ou de pertes causées à des personnes
partie par un défaut dans un produit. ou à des biens, sur terre ou dans les eaux, par suite de la montée, de la
descente ou du survol des aéronefs ou du largage ou de la chute d’ani-
42. La loi belge de 1991 relative à la responsabilité du fait PDX[ RX GH SHUVRQQHV WUDQVSRUWpV j ERUG j PRLQV TXH OH SUpMXGLFH
GHVSURGXLWVGpIHFWXHX[HWODORLGHOD5pSXEOLTXHWFKqTXH n’ait été causé en tout ou en partie par la faute de la personne lésée,
sur la responsabilité du fait des produits défectueux de réparation pour les dommages pourra être obtenue sans preuve de faute
1998 ont donné effet à la Directive de 1985 de l’UE. La loi ou d’intention ou d’autres motifs, comme si les dommages résultaient
d’un acte délibéré, d’une faute, d’un défaut, ou avaient été causés par le
belge complète une application antérieure du régime de la propriétaire de l’aéronef 72.
responsabilité objective s’agissant de produits défectueux
introduit au paragraphe 1 de l’article 1384 du Code civil 46. Le paragraphe 2 de l’article 10 du Civil Aviation Act
par une décision de la Cour de cassation du 26 mai 1904. de 1975 du Botswana est analogue. Un certain nombre
Cette décision cherche à résoudre les problèmes posés par G¶eWDWV G¶$PpULTXH ODWLQH HW G¶(XURSH RQW pJDOHPHQW
OH QRPEUH FURLVVDQW G¶DFFLGHQWV HW DSSOLTXH OH UpJLPH GH DGRSWpOHSULQFLSHGHODUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYHTXLHVW
responsabilité au gardien des marchandises défectueuses souvent analogue à celui énoncé dans la Convention rela-
(le gardien de la chose)67. Les points 1 à 18 de l’article 1386 tive aux dommages causés aux tiers à la surface par des
du Code civil français donnent aussi effet à la Directive aéronefs étrangers. L’Argentine, le Guatemala, le Hondu-
de 1985 et contiennent de nombreuses exceptions68. La UDVHWOH0H[LTXHVRQWSDUPLOHVSD\VGHO¶$PpULTXHODWLQH
loi espagnole relative à la responsabilité du fait du produit TXL RQW LPSRVp GHV UpJLPHV GH UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH
établit aussi un régime de responsabilité objective pour les IRQGpVVXUODQRWLRQGHULVTXH3DUPLOHVSD\VG¶(XURSH
fabricants de produits défectueux. Elle prévoit également TXLRQWIDLWGHPrPHRQSHXWFLWHUO¶$OOHPDJQHOD%HO-
des motifs d’exonération. JLTXH OH 'DQHPDUN O¶(VSDJQH OD )LQODQGH OD )UDQFH
l’Italie, la Norvège, la Suède et la Suisse73. L’article 120
43. Dans le cadre d’une autre évolution récente, de la loi espagnole sur la navigation aérienne dispose ce
OH UpJLPH GH OD UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH HVW DSSOLTXp TXLVXLW
SRXU OD UpJOHPHQWDWLRQ GHV RUJDQLVPHV JpQpWLTXHPHQW
PRGL¿pV $LQVL OD ORL VXU O¶LQJpQLHULH JpQpWLTXH GH La réparation pour les pertes encourues a son fondement objectif
l’Australie (2000), la législation autrichienne sur le génie dans l’accident ou les dommages et est appropriée à concurrence des
OLPLWHVHQPDWLqUHGHUHVSRQVDELOLWp¿[pHVGDQVOHSUpVHQWFKDSLWUHGDQV
JpQpWLTXH OD ORL Qo SRUWDQW LQJpQLHULH JpQpWLTXH tous les cas, même en cas d’accident fortuit, et même si le transporteur,
et la loi no 737/94 sur l’indemnisation des dommages O¶RSpUDWHXURXOHXUVHPSOR\pVSHXYHQWMXVWL¿HUTX¶LOVRQWSULVWRXWHVOHV
causés à l’environnement de la Finlande, la loi sur le précautions voulues.
JpQLHJpQpWLTXHGHO¶$OOHPDJQHHWODORLQRUYpJLHQQHVXU
O¶LQJpQLHULHJpQpWLTXH VRQWIRQGpHVVXUOHUpJLPH 47. Le régime de la responsabilité objective a été éga-
de la responsabilité objective69. OHPHQW DSSOLTXp V¶DJLVVDQW GHV DFFLGHQWV IHUURYLDLUHV HQ
Allemagne74, en Autriche75, en Espagne76 et en Suisse77.
c) Prise en compte des intérêts /¶$IULTXH GX 6XG OHV eWDWV8QLV G¶$PpULTXH HW OH
Royaume-Uni adhèrent encore au principe de la faute78.
/HUpJLPHGHUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYHDpWpDSSOLTXp
compte tenu de l’utilité d’une activité pour la société dans 48. Le régime de la responsabilité objective a été appli-
VRQ HQVHPEOH ELHQ TX¶HOOH SXLVVH SUpVHQWHU GHV ULVTXHV TXp DXVVL DX[ SURSULpWDLUHV HW H[SORLWDQWV GH VRXUFHV
SRXUOHVSDUWLFXOLHUVFHTXLFRQVWLWXHXQWURLVLqPHIDFWHXU d’énergie à raison des dommages causés par la production
Il a fallu tenir compte des intérêts divers pour décider si le ou le stockage d’électricité. Dans ce domaine, la respon-
UpJLPHGHODUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYHGHYDLWrWUHDSSOLTXp VDELOLWpREMHFWLYHUpSRQGVRLWjODQRWLRQTXH©O¶pOHFWULFLWp
V¶DJLVVDQWGHVWUDQVSRUWVGHVLQVWDOODWLRQVpOHFWULTXHVGHV HVW XQH FKRVH TXH O¶RQ D VRXV VD JDUGHª )UDQFH &RGH
usines à gaz ou des centrales nucléaires. FLYLODUW RXTXH©OHSURSULpWDLUHHVWSUpVXPpIDX-
tif» (Argentine, Code civil, art. 1135), soit aux notions de
$X[ eWDWV8QLV G¶$PpULTXH OH SULQFLSH GH OD UHV-
ponsabilité objective était également présent dans la loi 71
Civil Aviation Act de 1982 (Royaume-Uni), Civil Aviation Act de
GH UHODWLYH j O¶DpURQDXWLTXH &HWWH ORL DYDLW SRXU 1RXYHOOH=pODQGH Damage Aircraft Act de 1952 (Nouvelle-
objet d’imputer aux exploitants la responsabilité des Galles du Sud), Damage by Aircraft Act de 1963 (Tasmanie) et Wrongs
dommages causés par des accidents d’aéronefs et de pro- Act de 1958 (État de Victoria).
téger les victimes innocentes, même si l’accident n’était 72
&HWWH OpJLVODWLRQ FRQFHUQH XQLTXHPHQW OHV DpURQHIV FLYLOV HW QH
SDVGjODIDXWHGHO¶H[SORLWDQW70. Au Royaume-Uni, en V¶DSSOLTXHSDVDX[DpURQHIVPLOLWDLUHV
73
Voir Stone, loc. cit., p. 45 et 46, par. 178 à 181.
74
Loi sur la responsabilité du 4 janvier 1978.
67 75
Cousy et Droshout, «Belgium», p. 45 et 49. Loi sur la responsabilité des propriétaires de chemins de fer et de
68
Loi noGXPDLPRGL¿DQWOH&RGHFLYLO véhicules à moteur du 21 janvier 1959.
69
Voir UNEP/CBD/ICCP/3/INF.1 du 2 avril 2002.
76
/RLVXUODUHVSRQVDELOLWpHQPDWLqUHGHWUD¿FURXWLHU
77
70
Voir Sweeney, «Is special aviation liability legislation essential?», Loi fédérale sur la responsabilité civile des entreprises de chemins
SPrentiss et al. v. National Airlines, Inc., Federal Supplement, de fer et de bateaux à vapeur et de La Poste suisse.
78
vol. 112, p. 306 et 312. Koch et Koziol, loc. cit., p. 396.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 105
«choses dangereuses» (Royaume-Uni et États-Unis) ou l’exploitant des installations nucléaires responsable des
d’«activités dangereuses» (Italie, Code civil, art. 2050)79. DFFLGHQWV QXFOpDLUHV HW OD ORL GH GH OD 5pSXEOLTXH
Le paragraphe 1 de l’article 11 de la loi du Botswana de WFKqTXH UHODWLYH DX[ XWLOLVDWLRQV SDFL¿TXHV GH O¶pQHU-
UHODWLYHjO¶DOLPHQWDWLRQHQpOHFWULFLWpDSSOLTXHDXVVL JLH QXFOpDLUH HW DX[ UD\RQQHPHQWV LRQLVDQWV DSSOLTXH OD
le régime de la responsabilité objective: «il ne sera pas &RQYHQWLRQGH3DULVGH WHOOHTXHPRGL¿pHHQ
QpFHVVDLUHDXSODLJQDQWGHSURXYHUTXHOHVGRPPDJHVRX et 1982) et la Convention de Vienne de 1963.
le préjudice a été causé par la négligence du défendeur et
réparation peut être obtenue, en dépit de l’absence de cette 52. On peut voir un exemple du dosage des intérêts dans
preuve». Toutefois, on pouvait se disculper en établissant la notion de nuisance en common law et le concept de
TXH ©OH GRPPDJH RX OH SUpMXGLFH HVW OH UpVXOWDW G¶XQ «troubles du voisinage» contenu dans le droit civil. Cette
acte délibéré ou de la négligence de la personne lésée ou notion du droit civil a été pour la première fois élaborée
G¶XQHSHUVRQQHTXLQ¶HVWSDVHPSOR\pHSDUOHGpIHQGHXU sur la base de l’article 1382 du Code civil français et a
RX G¶XQH SHUVRQQH TXL H[SORLWH O¶XVLQH RX XWLOLVH OHV DFTXLVXQVWDWXWLQGpSHQGDQW©1XOQHGRLWFDXVHUjDXWUXL
machines du défendeur sans son consentement» (art. 11, un trouble anormal du voisinage.» Le régime de la respon-
par. 2). /¶$IULTXHGX6XGDDEDQGRQQpOHUpJLPHGHODUHV- VDELOLWp REMHFWLYH HVW DSSOLTXp DX SURSULpWDLUH RX j O¶RF-
SRQVDELOLWp REMHFWLYH TX¶HOOH DSSOLTXDLW DXSDUDYDQW SRXU cupant d’un terrain dont l’activité engendre «un trouble
le remplacer par un régime de présomption réfragable de anormal» pour ses voisins82'DQVFHVFDVLOVXI¿WTXHOD
faute80. victime démontre le trouble et son caractère anormal83.
49. La responsabilité objective est également invo- 53. La maxime sic utere tuo ut alienum non laedas
TXpH V¶DJLVVDQW GH O¶pQHUJLH QXFOpDLUH /HV LQVWDOODWLRQV sous-tend la législation relative aux nuisances. À l’ori-
QXFOpDLUHVHWOHVGDQJHUVTX¶HOOHVSRVHQWRQWGRQQpOLHXj JLQHOHVQXLVDQFHVQHVLJQL¿DLHQWULHQG¶DXWUHTX¶XQGRP-
GHQRXYHDX[SUREOqPHVGHUHVSRQVDELOLWp,OHVWGLI¿FLOH mage ou une gêne84. Les nuisances sont un acte ou une
d’évaluer, dans l’éventualité d’un accident nucléaire, si la ingérence, trouble ou gêne d’une personne dans l’exer-
SDUWLHUHVSRQVDEOHIRXUQLUDLWXQHUpSDUDWLRQDGpTXDWH$X cice ou la jouissance a G¶XQ GURLW TXL OXL DSSDUWLHQW HQ
Royaume-Uni, en application de la loi intitulée Nuclear WDQWTXHPHPEUHGXSXEOLF DWWHLQWHDX[GURLWVGXSXEOLF
Installations ActGHPRGL¿pHSDUOHEnergy Act de b) de son droit de propriété ou d’occupation d’un terrain
DXFXQHSHUVRQQHDXWUHTXHO¶Atomic Energy Autho- RXG¶XQHTXHOFRQTXHVHUYLWXGHG¶XQSUR¿WRXG¶XQDXWUH
rityGX5R\DXPH8QLQHSHXWXWLOLVHUXQVLWHTXHOFRQTXH GURLWXWLOLVpRXDSSOLTXpV¶DJLVVDQWGXWHUUDLQ DWWHLQWHDX[
pour l’exploitation d’une centrale nucléaire, sauf si le droits privés, trouble de jouissance). Les atteintes aux
Ministère de l’énergie a accordé l’autorisation pertinente droits du public constituent une infraction. Elles consti-
SRXU OH VLWH HQ TXHVWLRQ La législation réglemente la tuent un délit civil et peuvent donner lieu à une action en
responsabilité en matière d’incident nucléaire et dispose MXVWLFHGHFHIDLWXQLTXHPHQWORUVTX¶XQSDUWLFXOLHUDVXEL
FHTXLVXLWDXSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOH des dommages supérieurs aux désagréments généraux et
au préjudice subis par le public85. Par ailleurs, s’agissant
>/@HWLWXODLUHGHO¶DXWRULVDWLRQDOHGHYRLUGHJDUDQWLUTXH des atteintes aux droits privés, la conduite du défendeur
a DXFXQ LQFLGHQW LPSOLTXDQW GHV PDWLqUHV QXFOpDLUHV WHOOHV TXH
TXLHQWUDvQHODQXLVDQFHQ¶HVWSDVQpFHVVDLUHPHQWRXKDEL-
visées au paragraphe 2 du présent article ne cause des dommages à tuellement illicite en soi. Elle
XQHSHUVRQQHRXDX[ELHQVG¶XQHSHUVRQQHDXWUHTXHOHWLWXODLUHGHOD
OLFHQFHTXHOHVGRPPDJHVGpFRXOHQWGHVSURSULpWpVUDGLRDFWLYHVRXHQ peut être et est généralement causée par une personne faisant sur ses
UpVXOWHQWRXTX¶LOV¶DJLVVHG¶XQHFRPELQDLVRQGHFHVSURSULpWpVRXGHV WHUUHVTXHOTXHFKRVHTX¶LOHVWOLFLWHGHIDLUH6DFRQGXLWHQHGHYLHQWXQH
SURSULpWpVWR[LTXHVH[SORVLYHVRXG¶DXWUHVSURSULpWpVGDQJHUHXVHVGH QXLVDQFHTXHORUVTXHOHVFRQVpTXHQFHVGHVRQDFWHQHVRQWSDVOLPLWpHV
FHVPDWLqUHVQXFOpDLUHVHWTXH à ses terres mais s’étendent à celles de son voisin en:
L G j XQH FKRVH TXHOFRQTXH TXL Q¶HVW SDV GH OD PDWLqUH FDXVDQWGHVGRPPDJHVSK\VLTXHVDX[WHUUHVRXDX[EkWLPHQWV
QXFOpDLUHFDXVpHRXVXELHSDUOHWLWXODLUHGHODOLFHQFHVXUOHVLWHRX GXYRLVLQRXDX[EkWLPHQWVRXDX[RXYUDJHVRXjODYpJpWDWLRQTXLV¶\
WURXYHQWRX
LL SURYHQDQWGXVWRFNDJHGHVGpFKHWVVRXVTXHOTXHIRUPHTXH
ce soit, sur le site ou en provenance du site, WURXEODQWLQGPHQWODMRXLVVDQFHSDUOHYRLVLQGHVDWHUUH86.
RX GHV SUpFDXWLRQV TX¶LO DXUDLW SULVHV 'DQV OH FDV G¶XQ 2)@TX¶LOFRQVLGpUDLWTXHFHSULQFLSHFRQFHUQDLWHVVHQWLHOOHPHQWODIDLEOH
trouble de jouissance, il est tenu compte de l’importance probabilité des dommages95.
du trouble88 %LHQ TX¶LO Q¶H[LVWH SDV GH IRUPXOH XQLYHU- d) Interprétation judiciaire et activités dangereuses
VHOOH RQ SHXW XWLOHPHQW YpUL¿HU FH TXL HVW UDLVRQQDEOH
G¶DSUqV OHV XVDJHV RUGLQDLUHV SUDWLTXpV GDQV XQH VRFLpWp
/HTXDWULqPHIDFWHXUDpWpO¶XWLOLVDWLRQQRYDWULFHGX
particulière89. En effet, si l’utilisateur est raisonnable,
GURLW HW O¶HPSORL GH WHFKQLTXHV DQFLHQQHV SRXU UpVRXGUH
le défendeur ne sera pas responsable des troubles de
GHVSUREOqPHVLQFRQQXVMXVTX¶DORUVRXTXLQ¶DYDLHQWSDV
MRXLVVDQFHTX¶DXUDLWXQYRLVLQVXUVDWHUUH'¶DXWUHSDUWVL
été envisagés. Le régime de la responsabilité objective du
l’utilisateur n’est pas raisonnable, le défendeur sera res-
fait d’activités et de produits anormalement dangereux est
ponsable même s’il a pris toutes les précautions voulues
XQHQRWLRQUHODWLYHPHQWQRXYHOOH/¶DUUrWSULQFLSDOTXLD
en vue d’éviter les nuisances90.
LQÀXHQFpOHGURLWLQWHUQHHQSDUWLFXOLHUDX5R\DXPH8QL
HWDX[eWDWV8QLVHWTXLWURXYHVRQRULJLQHGDQVOHGURLW
55. Toutefois, les atteintes aux droits privés ou aux relatif aux nuisances, a été rendu dans l’affaire Rylands
droits du public demeurent «plongées dans l’incerti- v. Fletcher96. Le juge Blackburn a déclaré, devant la
tude91ª(QFRQVpTXHQFHODUHVSRQVDELOLWpTXLDXUDLWG &KDPEUHGHO¶eFKLTXLHUFHTXLVXLW
rWUH DSSOLTXpH VHXOHPHQW HQ YHUWX GH OD OpJLVODWLRQ UHOD-
WLYH DX[ TXDVLGpOLWV RX j OD QpJOLJHQFH D pWp DXWRULVpH 1RXVSHQVRQVTXHODYpULWDEOHUqJOHGHGURLWYHXWTXHTXLFRQTXHj
en vertu de la législation relative aux atteintes aux droits GHV¿QVSHUVRQQHOOHVLQWURGXLWUHFXHLOOHHWJDUGHVXUVHVWHUUHVTXHOTXH
SULYpVRXDX[GURLWVGXSXEOLFTXLKLVWRULTXHPHQWUHOHYDLW chose de nature à occasionner un dommage si elle s’en échappait, est
du régime de la responsabilité objective. Il y a également WHQXGHO¶\FRQVHUYHUjVHVULVTXHVHWSpULOVHWV¶LOQHOHIDLWSDVHVW
prima facieFRPSWDEOHGHWRXVOHVGRPPDJHVTXLVRQWODFRQVpTXHQFH
HXXQHWHQGDQFHjFHTXH©GHVLQWHUIpUHQFHVVHSURGXLVHQW naturelle de cette fuite97.
HWGHVQRWLRQVGHTXDVLGpOLWVRQWFRPPHQFpjDSSDUDvWUH
dans le domaine des nuisances proprement dites92». La 57. La Chambre des lords a, par la suite, imposé des
négligence a été jugée essentielle eu égard à la responsa- OLPLWHVjFHSULQFLSHGHWUqVODUJHSRUWpHLQGLTXDQWTX¶LO
bilité dans certains cas, mais, dans d’autres, elle est sans QHV¶DSSOLTXDLWTX¶jXQHXWLOLVDWLRQ©QRQQDWXUHOOH98» des
rapport. En outre, dans l’affaire Wagon Mound (No 2)93, WHUUHVGXGpIHQGHXUTXLGHYDLWrWUHGLVWLQJXpH©GHWRXWH
OH3ULY\&RXQFLODQRWpTXHODUHVSRQVDELOLWpHQPDWLqUH DXWUH XWLOLVDWLRQ j ODTXHOOH GRQQH OLHX QRUPDOHPHQW OD
de nuisance était limitée, comme dans le cas de la négli- jouissance de la terre99». Cette jurisprudence a été suivie
JHQFHDX[VHXOHVFRQVpTXHQFHVSUpYLVLEOHV94. Cette vue a au Royaume-Uni par de nombreux arrêts ultérieurs et le
pWpFRQ¿UPpHSDUOD&KDPEUHGHVORUGVGDQVCambridge régime de la responsabilité objective a été limité aux acti-
Water Co. Ltd. v. Eastern Counties Leather plc. Lord Goff YLWpVRXDX[SURGXLWVTXLVRQW©H[WUDRUGLQDLUHVª©H[FHS-
DQRWpTXH WLRQQHOVªRX©DQRUPDX[ªjO¶H[FOXVLRQGHFHX[TXLVRQW
«usuels et normaux»100. Cette doctrine n’est apparemment
[L]a prévisibilité de préjudice est en effet une condition préalable à pas applicable aux utilisations ordinaires de la terre ni aux
la réparation d’une atteinte aux droits privés, tout comme dans le cas
d’une atteinte aux droits du public. […] Il n’est pas nécessaire dans XWLOLVDWLRQV TXL UpSRQGHQW DX[ LQWpUrWV GH OD FROOHFWLYLWp
O¶DIIDLUHFRQVLGpUpHG¶H[DPLQHUODQDWXUHSUpFLVHGHFHSULQFLSHPDLVLO ,O GRLW V¶DJLU G¶XQH XWLOLVDWLRQ SDUWLFXOLqUH TXL V¶DVVRFLH
ressort de l’explication fournie par Lord Reid [dans Wagon Mound (No à un danger accru pour autrui1013RXUGpWHUPLQHUFHTXL
constitue une utilisation «non naturelle», les tribunaux
88
EULWDQQLTXHVRQWWHQXFRPSWHQRQVHXOHPHQWGXFDUDFWqUH
Buckley, «Nuisance», p. 978 et 979, par. 9 et 10. GHODFKRVHRXGHO¶DFWLYLWpHQTXHVWLRQPDLVDXVVLGXOLHX
89
Lord Wright dans 6HGOHLJK'HQ¿HOG Y 2¶&DOODJKDQ HW DO, et des conditions de sa garde et de son exploitation et de
Royaume-Uni, The Law Reports, House of Lords, Appeal Cases, 1940,
p. 903. ses rapports avec son environnement. Autrement dit, le
90
Lord Goff dans Cambridge Water Co. Ltd. v. Eastern Counties GpIHQGHXU VHUDLW UHVSRQVDEOH ORUVTX¶LO FDXVH GHV GRP-
Leather plc, All England Law Reports 1994, vol. 1, p. 71. mages à autrui par le biais d’une chose ou d’une activité
91
&-(UOHGDQVOHMXJHPHQWQRQUHQGXGDQVBrand v. Hammersmith TXLHVWLQGPHQWGDQJHUHXVHHWLQDSSURSULpHSRXUOHOLHX
Railway (1867), L.R. 2 Q.B. 223, p. 247, cité dans Newark, loc. cit., où elle est gardée ou où elle s’exerce, compte tenu du
p. 480. caractère de ce lieu et de son environnement102.
92
Newark, loc. cit., p. 487. Pour des exemples d’incohérences à
Maurice, voir aussi Sinatambou, «The approach of mixed legal systems:
95
the case of Mauritius», p. 272 et 273. All England Law Reports 1994 (voir supra la note 90), p. 72.
96
93
Overseas Tankship (U.K.) Ltd. v. The Miller Steamship Co. Pty. The Law Reports, Court of Exchequer, vol. I, 1866, p. 265, dans
et al., The Law Reports, vol. 1, Appeal Cases (Privy Council), 1967, Rylands v. Fletcher, House of Lords, vol. 3, 1868, p. 330. S’agissant
p. 617. Lord Reid a constaté à la page 640: des incidences pour le droit des États-Unis, voir Keeton, op. cit., p. 545
«Il ne serait pas approprié d’établir une discrimination entre à 559. Voir également Anderson, «The Rylands v. Fletcher doctrine
diverses affaires relatives à des nuisances de manière à faire de la in America: abnormally dangerous, ultrahazardous, or absolute
prévisibilité un élément nécessaire à la détermination des dommages nuisance?», p. 99.
dans les cas où elle est un élément nécessaire dans l’établissement de 97
The Law Reports, Court of Exchequer, vol. I, 1866, p. 279.
la responsabilité, et pas dans d’autres. Donc il s’agit de décider si la 98
Ibid., English and Irish Appeal Cases before the House of Lords,
prévisibilité est un élément nécessaire dans toutes les affaires relatives vol. III, 1868, p. 339.
à des nuisances ou dans aucune. Selon les lords, les analogies entre 99
Ibid., p. 338.
OHVQXLVDQFHVHWG¶DXWUHVIRUPHVGHIDLWVGpOLFWXHX[DX[TXHOOHVO¶DIIDLUH 100
The Wagon Mound (No 1) [Overseas Tankship (U.K.) Ltd. v. Morts Keeton, op. cit., p. 546. Voir également ibid., notes 6 à 9.
101
Dock and Engineering Co., All England Law Reports 1961@V¶DSSOLTXH Ibid.
FRPSWHQWELHQGDYDQWDJHTXHOHVGLIIpUHQFHVHWOHVORUGVGRLYHQWGRQF 102
Ibid. Voir Stallybrass, «Dangerous things and the non-natural
GpWHUPLQHUTXHOHMXJHPHQWGRQWLOHVWIDLWDSSHOHVWIDXWLIV¶DJLVVDQWGH user of land», p. 387. Voir aussi The Law Commission, Civil Liability
FHWDVSHFWGHO¶DIIDLUH,OQ¶HVWSDVVXI¿VDQWTXHOHVGRPPDJHVVXELVSDU for Dangerous Things and Activities, Londres, 1970. Dans l’affaire
les navires des défendeurs aient été le résultat direct de la nuisance, si Rickards v. Lothian [Royaume-Uni, The Law Reports, Appeal Cases
ce dommage n’était pas prévisible au sens pertinent.» (Privy Council), 1913, p. 280)] Lord Moulton a fait l’observation
94
Fleming, op. cit., p. 428. ci-après à propos de la règle établie dans l’affaire Rylands v. Fletcher:
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 107
58. Dans l’affaire Cambridge Water Co. Ltd. v. Eastern défendeur peut être tenu pour responsable, même s’il a pris toutes les
Counties Leather plc103, la Chambre des lords a réexaminé précautions nécessaires pour empêcher la chose de nature à occasionner
un dommage de s’échapper108.
la règle établie dans l’affaire Rylands v. Fletcher et s’est
interrogée sur le fait de savoir si elle visait à établir un
nouveau droit ou s’il s’agissait seulement d’un exposé (QRXWUHLODpWpQRWpTX¶LOIDXWPDLQWHQDQWFRQVL-
GXGURLWH[LVWDQWjO¶pSRTXHHWVLFHWWHUqJOHSRXYDLWrWUH GpUHUTXH©ODUHODWLRQKLVWRULTXHDYHFOHGURLWUHODWLIDX[
DSSOLTXpH ORUVTXH OHV SUpMXGLFHV UpVXOWDQW GHV DFWHV GX QXLVDQFHVDPqQHjODFRQFOXVLRQVHORQODTXHOOHODSUpYL-
défendeur ne sont pas prévisibles. Analysant le jugement sibilité du dommage est une condition préalable à répara-
GXMXJH%ODFNEXUQ/RUG*RIIDFRQVWDWpjFHSURSRVTXH tion en application de la règle109».
[C]omme il ressort de son jugement, il était préoccupé en particulier par 63. Dans l’arrêt rendu dans l’affaire Cambridge Water
ODVLWXDWLRQROHGpIHQGHXUUDVVHPEOHVXUVDWHUUHGHVFKRVHVTXLFDXVH- Co. Ltd. v. Eastern Counties Leather plc, on a également
URQWYUDLVHPEODEOHPHQWGHVSUpMXGLFHVVLHOOHVV¶pFKDSSHQWDXTXHOFDV cherché à établir si, au lieu de considérer l’arrêt rendu
le défendeur sera objectivement responsable des dommages résultant dans l’affaire Rylands v. Fletcher simplement comme une
de cette fuite104.
extension du droit relatif aux nuisances, on pouvait le trai-
ter comme un
59. Lord Goff a conclu:
principe en évolution de la responsabilité objective, dont on pourrait
,OV¶HQVXLWTXHODUHVSRQVDELOLWpDpWpHVVHQWLHOOHPHQWIRQGpHVXUOHIDLW déduire une règle générale de responsabilité objective pour les dom-
TXH OH GpIHQGHXU DYDLW UDVVHPEOp GH WHOOHV FKRVHV VXU VD WHUUH HW TXH PDJHVFDXVpVSDUGHVDFWLYLWpVFRPSRUWDQWGHVULVTXHVH[FHSWLRQQHOV
ODFRQVpTXHQFHpWDLWXQHUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYHHQFDVGHGRPPDJHV HQYHUWXGHODTXHOOHOHVSHUVRQQHVUpDOLVDQWFHVDFWLYLWpVSRXUUDLHQWrWUH
causés par leur fuite, même si cette fuite était un événement isolé. Dans jMXVWHWLWUHWHQXHVSRXUREMHFWLYHPHQWUHVSRQVDEOHVGHVULVTXHVH[WUD-
FHFRQWH[WHLOQ¶\DSDVGHUDLVRQGHVXSSRVHUTXHOHMXJH%ODFNEXUQ RUGLQDLUHVSRXUDXWUXLTX¶HQWUDvQHQWGHWHOOHVDFWLYLWpV110.
DYDLW O¶LQWHQWLRQ GH FUpHU XQH UHVSRQVDELOLWp SOXV REMHFWLYH TXH FHOOH
FUppHSDUOHGURLWUHODWLIDX[QXLVDQFHVPDLVPrPHVLWHOpWDLWOHFDV
VRQLQWHQWLRQGRLWDYRLUpWpTXHGDQVOHVFLUFRQVWDQFHVVSpFL¿pHVSDU ¬FHWpJDUG/RUG*RIIDQRWpTXHFHWWHSRVVLELOLWp
OXLLOH[LVWHXQHUHVSRQVDELOLWpSRXUOHVGRPPDJHVTXLVRQWODFRQVp- aurait pour résultat de rendre responsables toutes les per-
TXHQFHG¶XQHIXLWHLVROpH105. VRQQHVVXELVVDQWXQSUpMXGLFHHQFRQVpTXHQFHG¶DFWLYLWpV
dangereuses. Toutefois, la Chambre des lords a exclu cette
(Q RXWUH /RUG *RII D REVHUYp TX¶HQ YHUWX GH OD possibilité en se fondant sur un jugement antérieur rendu
règle établie dans l’affaire Rylands v. Fletcher, en cas dans l’affaire Read v. J. Lyons & Company, Limited111, aux
d’utilisation non naturelle, le défendeur est responsable WHUPHV GXTXHO O¶DUUrW Rylands v. Fletcher QH V¶DSSOLTXH
des préjudices causés au plaignant par la fuite, même s’il SDVDX[GRPPDJHVFRUSRUHOV(QRXWUHHOOHDQRWpTX¶LO
a pris toutes les précautions raisonnables et tous les soins n’appartenait pas aux tribunaux de «s’engager sur la
YRXOXVSRXUHPSrFKHUTXHFHWWHIXLWHVHSURGXLVH106. voie de l’élaboration d’une théorie générale112» mais au
Parlement.
61. Concernant la pertinence de la prévisibilité des
dommages dans la règle établie dans l’affaire Rylands 65. En Australie, la Cour suprême a porté cette ana-
v. Fletcher /RUG *RII D UDSSHOp TXH OH MXJH %ODFNEXUQ lyse encore plus loin. Dans l’affaire Burnie Port Autho-
DYDLWIDLWpWDWGH©WRXWHFKRVHTXLRFFDVLRQQHUDYUDLVHP- rity v. General Jones Pty Ltd113 OD &RXU D FRQVWDWp TXH
blablement un dommage si elle s’échappait [des terres],
d’une chose dont il sait TX¶HOOHHVWGHQDWXUHjRFFDVLRQ-
108
ner un dommage si elle pénètre sur une [propriété] avoi- Ibid.
109
sinante» et de la responsabilité pour «être comptable des Ibid., p. 75.
FRQVpTXHQFHV QDWXUHOOHV et anticipées»107 DLQVL TXH GH 110
Ibid.
l’accent mis sur l’application du régime de la responsa- 111
Royaume-Uni, The Law Reports, House of Lords, Appeal
bilité objective au défendeur. Lord Goff a conclu ainsi: Cases, 1947, p. 156. La Chambre des lords a stoppé la propagation
de la doctrine exposée dans l’arrêté Rylands v. Fletcher dans l’arrêté
rendu dans l’affaire Read v. J. Lyons & Company, Limited, relative
Le sens général de la déclaration de principe [du juge Blackburn] est DX[ GRPPDJHV FRUSRUHOV TX¶DYDLW VXELV OH SODLJQDQW XQ LQVSHFWHXU
GRQF TXH OD FRQQDLVVDQFH RX DX PRLQV OD SUpYLVLELOLWp GX ULVTXH HVW de l’administration, du fait d’une explosion survenue dans l’usine
XQHFRQGLWLRQSUpDODEOHjODUpSDUDWLRQHQYHUWXGXSULQFLSHPDLVTXH de munitions du défendeur. Dans cette affaire, les juges ont limité
OH SULQFLSH HVW XQ SULQFLSH GH UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH GX IDLW TXH OH le principe de la responsabilité objective aux affaires concernant
l’échappement d’une substance dangereuse de terres sous le contrôle
©&HSULQFLSHQHV¶DSSOLTXHSDVjWRXWXVDJHIDLWGHODWHUUHIl doit GX GpIHQGHXU HW GHX[ DXWUHV MXJHV RQW HVWLPp TXH FH SULQFLSH Q¶pWDLW
V¶DJLUG¶XQXVDJHVSpFLDOTXLFRPSRUWHXQGDQJHUDFFUXSRXUDXWUXLLO pas applicable aux dommages corporels. Fleming (op. cit., p. 341) note
ne doit pas s’agir simplement de l’usage ordinaire de la terre ou d’un TXH©>O@¶HIIHWOHSOXVQpIDVWHGDQVODGpFLVLRQSULVHGDQVO¶DIIDLUHRead
usage convenant à l’intérêt général de la collectivité.» v. Lyons HVWTX¶HOOHDDUUrWpSUpPDWXUpPHQWO¶pODERUDWLRQG¶XQHWKpRULH
Dans Cambridge Water Co. Ltd. v. Eastern Counties Leather plc (voir générale de la responsabilité objective s’agissant d’activités comportant
supra OD QRWH /RUG *RII D HVWLPp TXH OH PRW ©FROOHFWLYLWpª VH GHVULVTXHVH[FHSWLRQQHOVª
UpIpUDLWjODFROOHFWLYLWpORFDOHSOXW{WTX¶jODFROOHFWLYLWpDXVHQVJpQpUDO 112
All England Law Reports 1994 (voir supra la note 90), p. 76.
Toutefois, dans Ellison v. Ministry of Defence (1996) [Building Law /RUG *RII D pYRTXp OH UDSSRUW GH OD /DZ &RPPLVVLRQ YRLU supra
Reports 1997YROS@-%RZVKHUDFRQVLGpUpXQHXWLOLVDWLRQ OD QRWH >/DZ &RP @ GDQV OHTXHO GH JUDYHV UpVHUYHV pWDLHQW
comme naturelle au motif d’être avantageuse pour la collectivité H[SULPpHVTXDQWjO¶DGRSWLRQG¶XQTXHOFRQTXHFULWqUHG¶DSSOLFDWLRQGX
nationale dans son ensemble. régime de la responsabilité objective faisant appel à une notion générale
Voir aussi généralement Reid, «Liability for dangerous activities: a G¶DFWLYLWpV©SDUWLFXOLqUHPHQWGDQJHUHXVHVªRX©FRPSRUWDQWGHVULVTXHV
comparative analysis», p. 731. H[FHSWLRQQHOVªFRPSWHWHQXGHVLQFHUWLWXGHVHWGHVGLI¿FXOWpVSUDWLTXHV
103
All England Law Reports 1994 (voir supra la note 90). TXHFHODSRVHUDLWHWDGLWTXHOHVWULEXQDX[GHYUDLHQWPDQLIHVWHUHQFRUH
104
Ibid., p. 70. plus de réticences en la matière.
113
105
Ibid. Australian Law Reports 1994, vol. 120, p. 42. Il était noté à la
106
Ibid., p. 71. page 54:
107
Ibid., p. 73. (Suite de la note page suivante.)
108 Documents de la cinquante-sixième session
«la règle établie dans l’affaire Rylands v. Fletcher, sucrière du plaignant et l’a détruite117. Au Canada, la
DYHF WRXWHV OHV GLI¿FXOWpV LQFHUWLWXGHV FRQGLWLRQV HW règle établie dans l’affaire Rylands v. Fletcher «n’est
H[FHSWLRQV TX¶HOOH FRPSRUWH GHYUDLW rWUH FRQVLGpUpH pas lettre morte, mais bien vivante118». Les tribunaux
DX[¿QVGHODcommon law australienne, comme absor- canadiens se préoccupent de «davantage d’éléments
bée par les principes de la négligence ordinaire114». En TXHFHX[FRQFHUQDQWO¶XWLOLVDWLRQQRQQDWXUHOOHO¶LQWUR-
Écosse, la Chambre des lords a, dans l’affaire RHM duction d’une chose de nature à occasionner un dom-
Bakeries Bakeries (Scotland) Ltd v. Strathclyde Regio- PDJH VL HOOH V¶pFKDSSH FRPPH LQGLTXp GDQV O¶DUUrW
nal Council, considéré l’application de la règle établie rendu dans l’affaire Rylands v. Fletcher119». Cette règle
dans l’affaire Rylands v. Fletcher comme une hérésie DpWpDSSOLTXpHjGHVDIIDLUHVFRQFHUQDQWGHVGRPPDJHV
TX¶LO FRQYLHQW G¶pOLPLQHU SUpIpUDQW GpWHUPLQHU OD UHV- corporels, et n’a pas été réservée aux actions entre pro-
ponsabilité s’agissant d’activités dangereuses dans le priétaires ayant des terres mitoyennes120. Elle a été
cadre général de la responsabilité délictuelle sur la base pJDOHPHQW DSSOLTXpH j GHV VLWXDWLRQV FRQFHUQDQW ©XQ
de la faute115(Q$IULTXHGX6XGODUHVSRQVDELOLWpHVW GDQJHU DFFUX HW GHV DFWLYLWpV FRPSRUWDQW GHV ULVTXHV
maintenant fondée sur la faute116ELHQTXHODUqJOHpWD- exceptionnels121».
blie dans l’affaire Rylands v. FletcherDLWpWpDSSOLTXpH
par le passé. Au Kenya, le régime de la responsabilité 66. En 2003, la Chambre des lords a eu l’occasion
REMHFWLYH D pWp pJDOHPHQW DSSOLTXp HVVHQWLHOOHPHQW d’examiner une nouvelle fois la règle établie dans l’affaire
dans des affaires concernant des incendies. Dans l’af- contenue dans l’arrêt Rylands v. Fletcher à l’occasion de
faire Muhoroni Sugar Company v. Chemoros Limited, l’affaire Transco plc (formerly BG plc and BG Transco
le tribunal s’est appuyé sur la règle établie dans l’affaire plc) v. Stockport Metropolitan Borough Council122. Le
Rylands v. Fletcher pour tenir le défendeur responsable défendeur dans cette affaire était le propriétaire d’un
G¶XQ LQFHQGLH TXL V¶HVW SURSDJp GDQV OD SODQWDWLRQ lotissement comprenant des maisons jumelées et des tours
d’habitation situées sur un escarpement peu élevé à par-
(Suite de la note 113.)
WLUGXTXHOXQHSHQWHGRQQDLWVXUXQSDUF/HORWLVVHPHQW
et le parc étaient séparés par l’assiette du ballast d’une
©¬ O¶pYLGHQFH OD TXHVWLRQ GH VDYRLU V¶LO \ D HX XWLOLVDWLRQ QRQ OLJQHIHUURYLDLUHVHFRQGDLUHDEDQGRQQpHTXHWUDYHUVDLHQW
QDWXUHOOH GDQV XQH DIIDLUH GRQQpH HVW XQH TXHVWLRQ TXL FRQFHUQH j OD
IRLVOHVIDLWVHWOHGURLWHWLPSOLTXHGHGpWHUPLQHUHWG¶pYDOXHUOHVIDLWV des tranchées et des remblais. Transco était le proprié-
SHUWLQHQWV HW G¶LGHQWL¿HU OD WHQHXU GH OD QRWLRQ MXULGLTXH G¶XWLOLVDWLRQ taire d’une conduite principale pour l’alimentation en
“non naturelle”. ,O V¶DJLW j O¶pYLGHQFH G¶XQH TXHVWLRQ TXL SHXW rWUH gaz, en acier, sous haute pression, de 41 cm de diamètre,
WUDQVIRUPpH GH IDoRQ HUURQpH GDQV XQH VLPSOH TXHVWLRQ GH IDLWV RX TXLDYDLWpWpSRVpHVRXVO¶DQFLHQQHYRLHIHUUpHHWGLVSR-
GDQV XQH VLPSOH TXHVWLRQ GH GURLW HQ FRQVpTXHQFH G¶XQH K\SRWKqVH
WDFLWHVHORQODTXHOOHODWHQHXUSUpFLVHGHVQRWLRQVMXULGLTXHVDSSOLFDEOHV sait d’un droit de passage en vue d’enfouir sa conduite
ou les faits pertinents et les conclusions factuelles sont manifestes et sous le ballast. Pendant l’été de 1992, une fuite s’est pro-
certains. De toute manière, et indépendamment du fait de savoir si duite dans une conduite haute pression appartenant à la
O¶RQ PHW O¶DFFHQW VXU O¶DVSHFW MXULGLTXH RX IDFWXHO GH OD TXHVWLRQ GH PXQLFLSDOLWpTXLDOLPHQWDLWHQHDXXQHGHVWRXUVGXORWLV-
O¶XWLOLVDWLRQ QRQ QDWXUHOOH O¶LQWURGXFWLRQ GHV TXDOL¿FDWLIV ³VSpFLDO´ VHPHQW%LHQTXHFHWWHIXLWHDLWpWpUpSDUpHUDSLGHPHQWGH
et “non ordinaire” pour remplacer l’expression “non naturelle”, en
O¶DEVHQFH GH OD Gp¿QLWLRQ G¶XQ FULWqUH RX G¶XQH QRUPH FRQWULEXH O¶HDXV¶HVWpFKDSSpHHQTXDQWLWpFRQVLGpUDEOHVDWXUDQWOH
sensiblement à priver le critère relatif à l’utilisation non naturelle de UHPEODLHWFDXVDQWVRQHIIRQGUHPHQWHQFRQVpTXHQFHGH
sa teneur objective [la note de bas de page se réfère à l’affaire Webber TXRL OD FRQGXLWH SULQFLSDOH GH JD] GH OD7UDQVFR Q¶pWDLW
v. Hazelwood 65 16: ROHMXJH-RUGDQDHVWLPp plus étayée et des débris ont été déposés sur le club de
TXH©OHVDGMHFWLIVXWLOLVpVjFHWpJDUGQHIRXUQLVVHQWSDVXQHVROXWLRQHQ
eux-mêmes»]. golf voisin. La possibilité d’une rupture dans la conduite
«Dans Read v. J. Lyons & Co Ltd/RUG3RUWHUDpYRTXp>SLO de gaz non étayée constituait un danger manifeste et
existe également une référence à un passage contenu dans Cambridge Transco a rapidement pris des mesures en vue de répa-
Water Co. Ltd. v. Eastern Counties Leather plc] l’éventuelle nécessité UHUOHVGRPPDJHV/HFRWGHVWUDYDX[QpFHVVDLUHVSRXU
future d’énoncer des principes pour déterminer s’il a été satisfait à la étayer à nouveau la conduite et la recouvrir s’est élevé à
double exigence d’une activité dangereuse et d’une utilisation non
naturelle. Nous ne sommes pas en mesure de tirer des principes de 93 681 livres sterling. Transco et le club de golf ont intenté
FHW RUGUH GHV DIIDLUHV MXJpHV 'H IDLW VL O¶RQ FRQVLGqUH TXH OD UqJOH une action contre la municipalité. La Cour d’appel a annulé
établie dans l’affaire Rylands v. Fletcher est un secteur distinct du droit OHMXJHPHQWGXMXJHGHSUHPLqUHLQVWDQFHTXLDYDLWHVWLPp
FRQFHUQDQW OD UHVSRQVDELOLWp LO QRXV VHPEOH TX¶LO UHVVRUW GHV DIIDLUHV TXHO¶XWLOLVDWLRQIDLWHSDUODPXQLFLSDOLWpQ¶pWDLWSDVXQH
SDVVpHV TX¶LO Q¶H[LVWH SDV GH SULQFLSHV GH FHW RUGUH (Q O¶DEVHQFH GH
WHOV SULQFLSHV FHV GRXEOHV FULWqUHV DJJUDYHQW OHV DXWUHV GLI¿FXOWpV utilisation ordinaire de la terre et relevait donc du régime
TXDQWjODWHQHXUGHOD³UqJOH´GHWHOOHIDoRQTX¶LOH[LVWHXQHLQFHUWLWXGH de la responsabilité objective en vertu de la règle établie
inacceptable au sujet des circonstances donnant lieu à la prétendue dans l’affaire Rylands v. Fletcher. Transco a fait appel à
³UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH´ ,O HQ UpVXOWH TXH O¶DSSOLFDWLRQ SUDWLTXH la Chambre des lords. Celle-ci, rejetant l’appel, a estimé
de la règle dans une affaire concernant des dommages dus au fait TXHODUqJOHpWDEOLHGDQVO¶DIIDLUHRylands v. Fletcher était
TX¶XQH VXEVWDQFH V¶HVW pFKDSSpH GpJpQpUHUD YUDLVHPEODEOHPHQW GDQV
une détermination subjective, circonstancielle et ne reposant pas sur
des principes du fait de savoir si les circonstances particulières d’une 117
-XPD ©(QYLURQPHQWDO SURWHFWLRQ LQ .HQ\D ZLOO WKH
DIIDLUHFRUUHVSRQGHQWjGHVQRWLRQVLQGp¿QLHVGHFHTXLHVW³VSpFLDO´RX
Environmental Management and Co-ordination Act (1999) make a
“non ordinaire”».
difference?», p. 193.
114
,ELGSHW/D&RXUDpWDEOLTXHODFRQGLWLRQSRVpHSDUOH 118
Baudouin et Linden, «Canada», p. 152, par. 395.
MXJH%ODFNEXUQjVDYRLUO¶H[LVWHQFH©G¶XQHFKRVHGRQWRQVDLWTX¶HOOH 119
FDXVHUDXQGRPPDJHªDpWpDI¿QpHGDQVXQHDQDO\VHREMHFWLYHTXLHVW Ibid., p. 161, par. 413.
SRXUOHPRLQV XQSURFKHpTXLYDOHQWGHODSUpYLVLELOLWpGXGRPPDJH 120
Ibid., p. 157 et 158, par. 408 et 409, citant Hale v. Jennings
pertinent (ibid., p. 58). Brothers (All England Law Reports 1938, vol. 1, p. 579). Voir
115
Écosse, Session Cases (House of Lords), 1985, Lord Fraser, p. 41. également Aldridge and O’Brien v. Van Patter, Martin, and Western
116
/H &RQVHLO SULYp D DSSOLTXp OD UqJOH GDQV Eastern and South Fair Association, Ontario Reports 1952, p. 595, jugement rendu après
African Telegraph Company v. Cape Town Tramways Companies Read v. J. Lyons & Company, Limited (supra, note 111).
121
[Royaume-Uni, The Law Reports, Appeal Cases (Privy Council), 1902, Baudouin et Linden, loc. cit., p. 161, par. 413.
122
p. 381]. Voir également Reid, loc. cit., p. 750. Royaume-Uni, House of Lords, 2003, p. 61.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 109
b OHULVTXHSUREDEOHGHGRPPDJHVFRQVLGpUDEOHV
-H SHQVH TX¶LO HVW pYLGHQW TXH OH FULWqUH FRQFHUQDQW O¶XWLOLVDWLRQ RUGL-
QDLUH HVW SUpIpUDEOH j FHOXL UHODWLI j O¶XWLOLVDWLRQ QDWXUHOOH FH TXL c O¶LPSRVVLELOLWpG¶pOLPLQHUOHULVTXHHQSUHQDQWGHVSUpFDXWLRQV
PRQWUHTXHODUqJOHGHRylands v. FletcherHVWDSSOLFDEOHXQLTXHPHQW UDLVRQQDEOHV
ORUVTXHO¶XWLOLVDWLRQIDLWHSDUOHGpIHQGHXUHVWGpPRQWUpHrWUHH[WUDRU-
GLQDLUHHWLQKDELWXHOOH&HFULWqUHQHGRLWSDVrWUHDSSOLTXpGHPDQLqUH d ODPHVXUHGDQVODTXHOOHO¶DFWLYLWpFRQVLGpUpHQ¶HVWSDVXVXHOOH
LQÀH[LEOHXQHXWLOLVDWLRQSHXWrWUHH[WUDRUGLQDLUHHWLQKDELWXHOOHjXQ
moment donné ou dans un lieu donné, et cela peut ne pas être le cas à e OHIDLWTXHO¶DFWLYLWpQ¶HVWSDVUpDOLVpHGDQVXQOLHXDSSURSULp
XQDXWUHPRPHQWRXGDQVXQDXWUHOLHX ELHQTXHMHGRXWHTXHPrPH
en temps de guerre, la fabrication d’explosifs puisse être considérée f OD PHVXUH GDQV ODTXHOOH VRQ LQWpUrW SRXU OD FROOHFWLYLWp QH
comme une utilisation ordinaire de la terre, comme l’ont envisagé le FRPSHQVHSDVOHGDQJHUTX¶HOOHSUpVHQWH
vicomte Simon, Lord Macmillan, Lord Porter et Lord Uthwatt dans
Read v. J. Lyons and Co. Ltd [1947] AC 156, 169 et 170, 174, 176 et &HWWHGp¿QLWLRQDpWpFULWLTXpHSRXUrWUHSOXVpWURLWH
HW -HGRXWHpJDOHPHQWTX¶XQFULWqUHFRQFHUQDQWXQHXWL- TXH OD UqJOH pWDEOLH GDQV O¶DIIDLUHRylands v. Fletcher et
OLVDWLRQUDLVRQQDEOHVRLWXWLOHpWDQWGRQQpTX¶XQHXWLOLVDWLRQSHXWrWUH
hors de l’ordinaire mais n’être pas déraisonnable, comme cela était le pour mettre davantage l’accent sur la nature de l’activité
cas dans Rylands, Rainham Chemical Works ou celui de la tannerie dans ±F¶HVWjGLUHSUpVHQWHUXQGDQJHUH[WUrPHTXL©QHSHXWrWUH
l’affaire Cambridge Water. À nouveau, selon moi, il s’agit de savoir si pOLPLQpSDUOHVVRLQVOHVSOXVDWWHQWLIVª±TXHVXUVHVUDS-
OHGpIHQGHXUDIDLWTXHOTXHFKRVHTX¶LOUHFRQQDvWRXGHYUDLWUHFRQQDvWUH ports avec son environnement129. Certains commentateurs
comme étant hors de l’ordinaire au lieu et au moment où il l’a fait. Pour
UpSRQGUHjFHWWHTXHVWLRQMHSHQVHUHVSHFWXHXVHPHQWTX¶LOQ¶HVWJXqUH RQW VXJJpUp TXH O¶DMRXW GHV VL[ IDFWHXUV HQ SDUWLFXOLHU
utile d’examiner si l’utilisation répond à l’intérêt général de la collecti- FHOXLFRQFHUQDQW©OHIDLWTXHO¶DFWLYLWpQ¶HVWSDVUpDOLVpH
YLWp HWTXHFHODSRXUUDLWrWUHVRXUFHGHFRQIXVLRQLQXWLOH 'DQVO¶DIIDLUH dans un lieu approprié» a rapproché la formulation de
Rickards v. LothianXQUHFRXUVDpWpLQWURGXLWSDUFHTXHO¶pFRXOHPHQW OD FRQFHSWLRQ LQLWLDOH WHOOH TX¶HOOH D pWp pQRQFpH SDU OD
G¶XQODYDERVLWXpDXGHUQLHUpWDJHDpWpEORTXpSDUVXLWHG¶XQDFWHGH Chambre des lords, dans l’affaire Rylands v. Fletcher130.
PDOYHLOODQFHHWTXHO¶RQDODLVVpOHURELQHWFRXOHUFHTXLDHQGRPPDJp
des marchandises à un étage inférieur. On a naturellement considéré Toutefois, le Restatement HVW SOXV ODUJH TXH FHWWH MXULV-
TXHO¶DOLPHQWDWLRQGHVORFDX[HQHDXFRQVWLWXDLWXQHXWLOLVDWLRQWRXWj prudence, car il ne limite pas l’application du principe au
fait ordinaire de la terre. Un occupant de la terre qui peut démontrer cas où la chose s’est «échappée» des terres du défendeur
qu’un autre occupant a introduit ou gardé sur ses terres quelque chose et ne met pas non plus seulement l’accent sur l’utilisation
d’exceptionnellement dangereux ou de nature à occasionner un dom-
mage dans des circonstances extraordinaires ou inhabituelles a, à mon «non naturelle»131.HHWRQQRWHTXH
avis, droit à obtenir réparation de cet occupant pour tout dommage
causé à ses biens en conséquence de cette fuite, sous réserve qu’il ne
s’agisse pas d’une catastrophe naturelle ou du fait d’un étranger, sans 126
Voir Restatement of the Law, Second, Torts, St. Paul (Minnesota),
qu’il soit nécessaire de prouver une faute*124. American Law Institute, 1977, vol. III, chap. 21, art. 519 à 524.
127
Keeton, op. cit., p. 551.
68. Aux États-Unis, la jurisprudence établie dans l’af- 128
2Q D Gp¿QL OHV DFWLYLWpV ©H[FHVVLYHPHQW GDQJHUHXVHVª FRPPH
faire Rylands v. Fletcher a été suivie par un grand nombre GHV ©DFWLYLWpV TXL VRQW HQ HOOHVPrPHV LQKDELWXHOOHV RX FRPPH GHV
de tribunaux américains, mais certains autres, notamment DFWLYLWpV SOXV KDELWXHOOHV TXL HQWUDvQHQW GHV ULVTXHV LQKDELWXHOV GDQV
les tribunaux des États de New York, du New Hampshire et des circonstances particulières» [Restatement… (voir supra la note
GX1HZ-HUVH\O¶RQWUHMHWpH/HVDIIDLUHVGRQWLOVDYDLHQWj 126), art. 520 f]. La notion d’activités «anormalement dangereuses»
a été examinée dans l’affaire Bella v. Aurora Air, Inc. (Cour suprême
connaître portant sur des utilisations usuelles et naturelles de l’Oregon, 1977, 3DFL¿F5HSRUWHU6HFRQG6HULHVYROS
©DX[TXHOOHVOHVWULEXQDX[DQJODLVQ¶DXUDLHQWFHUWDLQHPHQW FHV DFWLYLWpV pWDLHQW FHOOHV R ©OH SUpMXGLFH TXH PHQDFH GH FDXVHU
MDPDLV DSSOLTXp FHWWH UqJOHª LOV RQW HVWLPp TXH OD UqJOH O¶DFWLYLWpHVWH[WUrPHPHQWJUDYHPrPHV¶LOHVWSHXSUREDEOHTX¶LOVH
établie dans l’affaire Rylands v. Fletcher était «inappro- SURGXLVHªRXORUVTXHOHULVTXHHVWPRGpUpVLO¶DFWLYLWpSHXWrWUHUpDOLVpH
©XQLTXHPHQW DYHF XQH LPSRUWDQWH SUREDELOLWp QRQ FRQWU{ODEOH TX¶XQ
SULpHªHWHQWDQWTXHWHOOHGHYDLWrWUH©UHMHWpHGDQVOHVFDV dommage se produira».
où elle n’était manifestement pas applicable»125. 129
Voir Prosser, op. cit., p. 158.
130
123
Anderson, loc. cit., p. 103.
Ibid., par. 43 et 44. 131
124
Looney, «Rylands v. Fletcher revisited: a comparison of English,
Ibid., par. 11. Australian and American approaches to common law liability for
125
Prosser, op. cit., p. 149 à 152. dangerous agricultural activities», p. 154.
110 Documents de la cinquante-sixième session
/RUVTX¶XQWULEXQDOSUHQGHQFRPSWHWRXVOHVIDFWHXUVVXJJpUpVGDQVOH IRQGpVXUODWKpRULHGHVULVTXHV137,ODDSSOLTXpODWKpRULH
Second Restatement LO DSSOLTXH YLUWXHOOHPHQW OD PpWKRGH HPSOR\pH GHV ULVTXHV j TXDWUH FDWpJRULHV G¶DFWLYLWpV GH O¶DGPLQLV-
V¶DJLVVDQWGHODQRWLRQGHQpJOLJHQFHjO¶H[FHSWLRQGXIDLWTX¶LOLQFRPEH
DXWULEXQDOG¶DSSOLTXHUOHFRQFHSWGHFKRVHDQRUPDOHPHQWGDQJHUHXVH tration: a OHVULVTXHVDWWDFKpVjODSDUWLFLSDWLRQjXQVHU-
aux faits constatés par le jury132. YLFHSXEOLF FRPPHGDQVOHFDVGHVDFFLGHQWVGXWUDYDLO
b OHV ULVTXHV GpFRXODQW G¶RSpUDWLRQV GDQJHUHXVHV
Le régime de la responsabilité objective est maintenant ORUVTX¶XQ RUJDQLVPH SXEOLF FUpH XQ ULVTXH DQRUPDO GH
DSSOLTXp HQ JpQpUDO V¶DJLVVDQW GHV DFWLYLWpV ©DQRUPDOH- YRLVLQDJHc) le refus de l’administration d’exécuter une
ment dangereuses»133. décision judiciaire138HWd ODUHVSRQVDELOLWpTXLLQFRPEHj
l’État sous l’effet de la loi139. Le régime de la responsabi-
,OVHPEOHTX¶XQUpJLPHGHUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYH OLWpREMHFWLYHHQGURLWDGPLQLVWUDWLIDpJDOHPHQWpWpMXVWL¿p
HQ FDV G¶DFWLYLWpV FRPSRUWDQW GHV ULVTXHV H[FHSWLRQQHOV sur la base du principe de l’«égalité devant les charges
soit prévu au paragraphe 1 de l’article 1384 du Code civil SXEOLTXHV140ª/HSULQFLSHHVWTXHFHTXLHVWIDLWGDQVO¶LQ-
français134TXLVWLSXOHTXH térêt général, même de façon licite, peut susciter un droit
à réparation si l’activité dont il s’agit cause un préjudice à
2Q HVW UHVSRQVDEOH QRQ VHXOHPHQW GX GRPPDJH TXH O¶RQ FDXVH une personne déterminée141. Ainsi, en vertu du principe de
SDUVRQSURSUHIDLWPDLVHQFRUHGHFHOXLTXLHVWFDXVpSDUOHIDLWGHV O¶©pJDOLWpGHYDQWOHVFKDUJHVSXEOLTXHVªTXLFRQTXHVXELW
SHUVRQQHVGRQWRQGRLWUpSRQGUHRXGHVFKRVHVTXHO¶RQDVRXVVD
garde. XQSUpMXGLFHVSpFLDOHWDQRUPDOHQFRQVpTXHQFHG¶XQDFWH
OLFLWHRXG¶XQHGpFLVLRQTXLUpSRQGjO¶LQWpUrWGHODFRO-
6HORQ OHV UqJOHV pQRQFpHV GDQV FHW DUWLFOH TXL RQW lectivité dans son ensemble doit obtenir réparation de ce
pWpFRQ¿UPpHVSRXUODSUHPLqUHIRLVSDUOD&RXUGHFDVVD- préjudice. Les pouvoirs publics sont tenus responsables
WLRQHQMXLQLOVXI¿WSRXUTXHODUHVSRQVDELOLWpVRLW des désagréments anormaux dont pourraient souffrir des
pWDEOLH TXH OH GHPDQGHXU SURXYH TX¶LO D VXEL XQ GRP- SHUVRQQHVHQUDLVRQGHWUDYDX[SXEOLFVRXHQFRQVpTXHQFH
mage du fait d’un objet inanimé sous la garde du défen- d’un acte administratif licite142.
deur1357RXVOHVREMHWVSK\VLTXHVUHOqYHQWGHFHWDUWLFOH
à l’exception des choses visées expressément par des 75. À Maurice, les réparations civiles en cas de dommages
règles spéciales, comme les animaux (Code civil français, causés à l’environnement sont fondées sur les notions de
art. 1385), les bâtiments en ruine (ibid., art. 1386), les IDXWH HW GH QpJOLJHQFH TXL QH QpFHVVLWHQW SDV TXH VRLHQW
véhicules terrestres à moteur (loi du 5 juillet 1985). On a prouvés les soins et la garde, en vertu des articles 1382 à
FRQVWDWpFHTXLVXLW GX &RGH FLYLO TXL RQW OHV PrPHV QXPpURV TXH OHV
articles correspondants du Code civil français143.
Une interprétation littérale de l’article 1384 aboutit incontestablement
jXQUpVXOWDWFRPSDUDEOHYRLUHG¶XQHSRUWpHSOXVJUDQGHHQFRUHTXH 76. Le principe de responsabilité objective est également
celui obtenu dans l’affaire Rylands v. Fletcher, car il n’y a rien dans incorporé dans le Code civil polonais de 1964, dont les
FHW DUWLFOH TXL OLPLWH OD UHVSRQVDELOLWp DX[ FLUFRQVWDQFHV R LO IDXW
GpPRQWUHUTXHOHGpIHQGHXUDpWpQpJOLJHQWGDQVVDJDUGHGHODFKRVH DUWLFOHVjDSSOLTXHQWFHSULQFLSHDX[GRPPDJHV
ni même aux choses dangereuses en elles-mêmes136. FDXVpV SDU GHV DFWLYLWpV FRPSRUWDQW GHV ULVTXHV
exceptionnels. L’article 1318 du Code civil autrichien,
73. Le paragraphe 1 de l’article 1384 du Code civil l’article 2050 du Code civil italien, et les articles 1913 et
EHOJHDXQHWHQHXUDQDORJXHjO¶pTXLYDOHQWIUDQoDLV GX&RGHFLYLOPH[LFDLQDSSOLTXHQWDXVVLOHUpJLPH
de la responsabilité objective s’agissant d’activités ou de
74. En outre, en France, le Conseil d’État a introduit choses dangereuses. Les articles 345 et 346 du Code civil
plusieurs formes de responsabilité objective dans le droit hongrois concernent les activités présentant un danger
administratif français. Depuis 1944, le Conseil d’État a accru.
élaboré un principe général de responsabilité sans faute
137
Dans l’arrêt Cames du 21 juin 1895 (Recueil des arrêts du Conseil
132 ou ordonnances royales, 1895, p. 509), le Conseil d’État a tenu l’État
Keeton, op. cit., p. 555.
objectivement responsable pour les préjudices subis par les agents de
133
©>¬@ VDYRLU OHV DFWLYLWpV FRPSRUWDQW GHV ULVTXHV TXL QH ODIRQFWLRQSXEOLTXHDX[¿QVGHOHXUHPSORL&HODpWDLWMXVWL¿pSDUOD
peuvent être éliminés par les soins les plus attentifs» (Fleming, WKpRULH GX ©ULVTXHSUR¿Wª j VDYRLU TXLFRQTXH EpQp¿FLH GH O¶DFWLYLWp
op. cit., p. 330). G¶DXWUXL GRLW UpSRQGUH GHV ULVTXHV HQJHQGUpV SDU FHWWH DFWLYLWp 9RLU
134
Voir Mazeaud, Mazeaud et Tunc, Traité théorique et pratique de également Hauriou, Notes d’arrêts sur décisions du Conseil d’État et
la responsabilité civile délictuelle et contractuelleS0HKUHQHW GX7ULEXQDOGHVFRQÀLWV.
Gordley, The Civil Law System: an Introduction to the Comparative 138
'DQV XQH DIIDLUH TXL D IDLW MXULVSUXGHQFH &RXLWpDV
Study of Law S /DZVRQ Negligence in the Civil Law, p. 46 à 30 novembre 1923, Recueil des arrêts du Conseil d’État, 1923, p. 789),
5RGLqUH©5HVSRQVDELOLWpFLYLOHHWULVTXHDWRPLTXHªS6WDUFN OH&RQVHLOG¶eWDWDUHIXVpGHVWDWXHUVXUODTXHVWLRQGHVDYRLUVLO¶eWDWHVW
«The foundation of delictual liability in contemporary French law: an HQIDXWHHWDSOXW{WDSSOLTXpOHSULQFLSHGHO¶pJDOLWpGHYDQWOHVFKDUJHV
evaluation and a proposal», p. 1044 à 1049. SXEOLTXHV
135
Guissez, Cousin et Oriolle c. veuve Teffaine (arrêt Teffaine 139
Voir l’affaire Ministre des affaires étrangères c. consorts Burgat,
du 16 juin 1896), Dalloz, Recueil périodique et critique, 1897, &RQVHLOG¶eWDWRFWREUHGDQVODTXHOOHXQHSURSULpWDLUHGXIDLWGH
Paris, 1re partie, p. 433. Dans cette affaire, la victime est décédée au O¶LPPXQLWpGLSORPDWLTXHTXHO¶eWDWDYDLWDFFRUGpHjVRQORFDWDLUHV¶pWDLW
cours de l’explosion d’une machine d’un bateau à vapeur, due à un YXHSULYpHGHODSRVVLELOLWpG¶H[HUFHUOHVGURLWVTXLpWDLHQWQRUPDOHPHQW
défaut des machines. Le propriétaire du bateau à vapeur a été tenu les siens. Voir également Brown et Bell, French Administrative Law,
UHVSRQVDEOHHQWDQWTXH©JDUGLHQªGHODPDFKLQHPrPHV¶LOQ¶DYDLW Sj/DZVRQHW0DUNHVLQLVTortious Liability for Unintentional
pas connaissance et ne pouvait pas avoir connaissance du défaut. Voir Harm in the Common Law and the Civil Law, p. 146 à 177.
également Jand’heur c. Galeries belfortaises (1930), ibid., 1930, 140
Ce principe a été exprimé par Duguit dans son Traité de droit
p. 57. Dans cette affaire, la décision a établi une présomption de faute
constitutionnel (3e éd., p. 469), cité dans Brown et Bell, French
GHODSDUWGHODSHUVRQQHTXLDYDLWVRXVVDJDUGHO¶REMHWLQDQLPpTXL
Administrative Law, p. 184.
avait causé le dommage. 141
136 Ibid.
Lawson, op. cit., p. 44. Pour la responsabilité sans faute en droit 142
français, voir également Ancel, «La responsabilité sans faute en droit Galand-Carval, loc. cit., p. 134 et 135.
143
français». Sinatambou, loc. cit., p. 272.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 111
WRXWH SHUVRQQH TXL D SDU FRQWUDW DFFRUG RX GH WRXWH DXWUH
b) elles imposent un plafond à la responsabilité et manière, pris des mesures en vue du déversement ou du traitement, ou
pQXPqUHQW OHV FLUFRQVWDQFHV GDQV OHVTXHOOHV OH SODIRQG SULVDYHFXQWUDQVSRUWHXUGHVPHVXUHVYLVDQWOHWUDQVSRUWjGHV¿QVGH
GHVUHVSRQVDELOLWpVQ¶HVWSDVDSSOLFDEOH GpYHUVHPHQW RX GH WUDLWHPHQW GH VXEVWDQFHV GDQJHUHXVHV TX¶LO SRV-
VqGHRXTX¶XQHDXWUHSDUWLHRXHQWLWpSRVVqGHGDQVWRXWHLQVWDOODWLRQRX
navire d’incinération dont une autre partie ou entité est propriétaire ou
c) elles imposent aux parties potentiellement respon- H[SORLWDQWHWTXLFRQWLHQQHQWGHVVXEVWDQFHVGDQJHUHXVHV
VDEOHV O¶REOLJDWLRQ GH SURXYHU TX¶HOOHV RQW FRXYHUW OHXU
responsabilité au moyen d’une assurance ou d’autres WRXWHSHUVRQQHTXLDFFHSWHRXDDFFHSWpGHVVXEVWDQFHVGDQJH-
PpFDQLVPHVGHJDUDQWLHHW UHXVHVDX[¿QVGHOHXUWUDQVSRUWGDQVGHVLQVWDOODWLRQVG¶pYDFXDWLRQRX
de traitement, à bord de navires d’incinération ou sur des sites choisis
par cette personne, d’où il y a déversement ou menace de déversement
d) elles établissent divers «fonds» administrés par d’une substance dangereuse donnant lieu à des frais d’intervention, est
O¶eWDWTXLSUHQQHQWHQFKDUJHOHFRWGHVRSpUDWLRQVG¶HQ- responsable:
lèvement et de la réparation des dommages causés en cas
de non-paiement de la partie responsable154. a) GX FRW GHV RSpUDWLRQV G¶HQOqYHPHQW HW GX FRW GH OD UpSD-
ration du dommage encouru par le Gouvernement des États-Unis, un
82. La loi intitulée Clean Water Act interdit le «déverse- État ou une tribu indienne, de manière conforme au plan d’intervention
QDWLRQDO
ment de pétrole ou de substances dangereuses i) dans ou
sur les eaux navigables des États-Unis, les côtes avoisi- b) GHWRXVOHVDXWUHVFRWVQpFHVVDLUHVOLpVjO¶LQWHUYHQWLRQG¶XQ
nantes ou dans ou sur les eaux de la zone limitrophe155», et WLHUVFRQIRUPpPHQWDXSODQQDWLRQDOG¶LQWHUYHQWLRQ
TXLFRQTXHHVWSURSULpWDLUHH[SORLWDQWRXUHVSRQVDEOHG¶XQ
navire, d’un établissement à terre ou au large des côtes c) des réparations en cas de préjudice, de destruction ou de
d’où du pétrole ou une substance dangereuse est déversée GRPPDJHDX[UHVVRXUFHVQDWXUHOOHV\FRPSULVOHFRWUDLVRQQDEOHGH
O¶pYDOXDWLRQGHVGLWVSUpMXGLFHVGHVWUXFWLRQVRXSHUWHV
en contravention de la présente disposition est passible
d’une sanction au civil. d) GX FRW GH WRXWH pYDOXDWLRQ VDQLWDLUH RX pYDOXDWLRQ GHV LQFL-
dences sur la santé réalisée conformément à l’alinéa i de l’article 9604
83. Au sens de l’alinéa a du paragraphe 6 de l’article 311 du présent chapitre158.
de la loi Clean Water Act, l’expression
&HUpJLPHGHUHVSRQVDELOLWpHVWGp¿QLjO¶DUWLFOH
©SURSULpWDLUHRXH[SORLWDQWªGpVLJQH>«@GDQVOHFDVG¶XQQDYLUHTXL- GHODORLUHODWLYHDX©VXSHUIRQGVªWDQGLVTXHO¶DUWLFOH
FRQTXHSRVVqGHH[SORLWHRXDIIUqWHFRTXHQXHFHQDYLUHHW>«@GDQVOH pQRQFHOHVUqJOHVUpJLVVDQWODUHVSRQVDELOLWp¿QDQFLqUHGHV
FDVG¶XQHLQVWDOODWLRQjWHUUHRXDXODUJHTXLFRQTXHSRVVqGHRXH[SORLWH
une telle installation, et […], dans le cas d’une installation abandon-
QpHDXODUJHODSHUVRQQHTXLSRVVpGDLWRXH[SORLWDLWOHGLWpWDEOLVVHPHQW 157
Ibid., titre 42, chap. 103, art. 9601, par. 8. La loi intitulée
immédiatement avant son abandon156. Comprehensive Environmental Responses, Compensation and Liability
Act n’impose pas expressément la responsabilité objective. Elle le
152
Babich, loc. cit., p. 735. Les membres du Congrès des États-Unis IDLWSDUUpIpUHQFHFURLVpH'DQVO¶DUWLFOHFRQVDFUpDX[Gp¿QLWLRQVHOOH
QH VRQW SDV WRXV FRQYDLQFXV TXH FHWWH QRXYHOOH WHQGDQFH OpJLVODWLYH GLVSRVHTX¶RQHQWHQGUDSDUOHVPRWV©UHVSRQVDEOHªHW©UHVSRQVDELOLWpª
soit un succès. Voir «Domenici declares Superfund “failure”, suggests la norme de responsabilité visée à l’article 1321 du titre 33 (c’est-à-dire
revamped liability scheme», Inside E.P.A. Weekly Report (Washington), l’article 311 de la loi Clean Water Act). Les tribunaux fédéraux ont
vol. 10, no 38, 22 septembre 1989, p. 4. interprété l’article 311 comme imposant «une responsabilité objective»
(par exemple dans l’affaire United States of America v. LeBeouf Brothers
153
Pour la loi Oil Pollution Act, voir art. 2710, al. b SRXU OD ORL
Towing Co., United States Court of Appeals, Fifth Circuit, Federal
Comprehensive Environmental Responses, Compensation and Liability
Reporter, 2e pG YRO S HW RQW FRQVLGpUp TXH OD ORL
Act, voir art. 9707, al. eVRXVDOLQpDLSRXUODORLClean Water Act, voir
Comprehensive Environmental Responses, Compensation and Liability
art. 1321, al. f.
154
ActDSSOLTXHpJDOHPHQWOHUpJLPHGHOD©UHVSRQVDELOLWpREMHFWLYHª SDU
Voir Force, «Insurance and liability for pollution in the United exemple dans l’affaire United States of America v. Alcan Aluminium
States»S9RLUDXVVL5RGJHUV-UEnvironmental Law, p. 685. Corp., ibid., Third Circuit, Federal Reporter, 2e éd., vol. 964, 1992,
155
United States Code, titre 33, chap. 26, art. 1321. p. 259 à 263). Voir généralement MacAyeal, loc. cit.
156 158
Ibid. Voir supra la note 150.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 113
opérations de nettoyage. L’article 107, alinéa c, par. 3, à plusieurs reprises et est maintenant connue sous le nom
de la loi relative au «superfonds» prévoit des sanctions de Resource Conservation and Recovery Act (loi sur la
D¿QG¶HQFRXUDJHUXQHDSSOLFDWLRQUDSLGHGHVLQVWUXFWLRQV conservation et la récupération des ressources) de 1976163.
GRQQpHVTXDQWDX[PHVXUHVG¶HQOqYHPHQWRXDX[PHVXUHV Elle donne à l’Environmental Protection Agency (EPA)
correctives à prendre. Cette disposition est ainsi conçue: des États-Unis le pouvoir de contrôler les déchets dan-
gereux du «berceau à la tombe» (fabrication, transport,
Toute personne responsable d’un déversement ou d’une menace traitement, stockage et évacuation), en mettant l’accent
GHGpYHUVHPHQWGHVXEVWDQFHVGDQJHUHXVHVTXLPDQTXHUDLWVDQVPRWLI sur les installations en activité et les installations futures,
valable, de prendre les mesures d’enlèvement ou les mesures correc-
tives ordonnées par le Président, conformément à l’article 104 ou 106 PDLV Q¶DERUGH SDV OD TXHVWLRQ GHV VLWHV DEDQGRQQpV RX
de la présente loi, pourra être redevable à l’égard des États-Unis de KLVWRULTXHV/DSuperfund Amendments and Reauthoriza-
dommages-intérêts d’un montant au moins égal aux dépenses encou- tion Act de 1986 permet à l’EPA de traiter des problèmes
UXHV SDU OH )RQGV GX IDLW TXH OHV PHVXUHV DSSURSULpHV Q¶RQW SDV pWp environnementaux posés par le stockage en citernes sou-
prises, mais pourront atteindre le triple de ce dernier montant. Le
Président est habilité à intenter une action civile contre l’intéressé pour
terraines de pétrole et d’autres substances dangereuses164.
percevoir lesdits dommages-intérêts imposés à titre de sanction, en sus
GHVFRWVUHFRXYUpVGHO¶LQWpUHVVpFRQIRUPpPHQWjO¶DUWLFOHc de la /HV PRGL¿FDWLRQV DQWpULHXUHV GH OD ORL UHODWLYH j
présente loi. Les sommes ainsi reçues par les États-Unis en application la gestion des déchets dangereux et des déchets solides
du présent alinéa sont versées au Fonds159. (Hazardous and Solid Waste Amendment) demandaient
87. Le Congrès des États-Unis, conscient des contradic- l’élimination graduelle de l’enfouissement sous terre des
tions et des carences de la législation existante travaille à déchets dangereux. Le critère utilisé dans la loi Solid Waste
l’élaboration de lois sur la pollution depuis 1980. L’acci- Disposal ActQ¶HVWSDVOH©ULVTXHGpUDLVRQQDEOHªHPSOR\p
dent de l’Exxon Valdes160 a eu des incidences directes sur dans les précédentes lois sur la protection de l’environne-
la teneur de la loi de 1990 sur la pollution par les hydro- ment, mais la nécessité de «protéger la santé de l’homme
carbures. De longs passages de ladite loi sont consacrés HW O¶HQYLURQQHPHQWª QRUPH TXL HVW PHQWLRQQpH GDQV
j OD TXHVWLRQ G¶XQ UpJLPH GH UHVSRQVDELOLWp FRPSDUDEOH «50 passages de la loi»165,OHVWUHFRQQXTXHOHGpYHUVH-
j FHOXL TXH SUpYRLW OD ORL LQWLWXOpH Comprehensive Envi- ment ou l’enfouissement de déchets solides et dangereux,
ronmental Responses, Compensation and Liability Act HQO¶DEVHQFHG¶XQHSODQL¿FDWLRQHWG¶XQHJHVWLRQSUXGHQWHV
dans le cas de déversement de substances dangereuses. peuvent constituer un danger pour la santé de l’homme et
L’article 2702 aGp¿QLWODQRWLRQJpQpUDOHGHUHVSRQVDEL- l’environnement. Les amendements de 1984 ont égale-
OLWpTXLLQVSLUHODORL PHQWpODUJLODGp¿QLWLRQGHVGpFKHWVVROLGHVVWLSXOpGHV
QRUPHV DGPLQLVWUDWLYHV PLQLPDOHV TXL QH SHXYHQW rWUH
Nonobstant toute autre disposition ou règle applicable, [...] toute TXHUHQIRUFpHVHWUpIRUPpOHVVWUXFWXUHVDGPLQLVWUDWLYHVGH
partie responsable d’un navire ou d’installations dont des hydrocar- l’EPA en créant un poste de médiateur166. L’article 6917
EXUHVVHGpYHUVHQWRXULVTXHQWGHVHGpYHUVHUGDQVOHVHDX[QDYLJDEOHV de cette loi a créé un poste de médiateur chargé de rece-
VXUOHOLWWRUDORXGDQVOHV]RQHVpFRQRPLTXHVH[FOXVLYHVGHYUDSUHQGUHj voir les plaintes, griefs et demandes de renseignement
VDFKDUJHOHFRWGHVRSpUDWLRQVG¶HQOqYHPHQWHWOHFRWGHODUpSDUDWLRQ
GXGRPPDJHUpVXOWDQWG¶XQWHOLQFLGHQWFRPPHVSpFL¿pjO¶DOLQpDb161. concernant tout programme prévu par les dispositions
pertinentes de la loi167.
88. La loi intitulée Oil Pollution Act Gp¿QLW XQ ©LQFL-
dent» comme étant «tout événement ou toute série d’évé- 91. Les amendements apportés en 1992 dans le cadre de
QHPHQWV D\DQW OD PrPH RULJLQH DX FRXUV GHVTXHOV GHV la loi intitulée Federal Facility Compliance Act (loi fédé-
K\GURFDUEXUHVVHVRQWGpYHUVpVRXULVTXHQWGHVHGpYHUVHU rale relative à la conformité des installations) ont résolu
d’un ou plusieurs navires ou installations». L’expression ODTXHVWLRQGHVDYRLUVLOHVDSSHOODWLRQVIpGpUDOHVIDLVDLHQW
©GpYHUVHPHQWª HVW Gp¿QLH FRPPH pWDQW ©WRXWH pPLVVLRQ l’objet de mesures d’application de la loi, en vertu de la loi
[...] résultant, entre autres, de fuites ou d’opérations de Resource Conservation and Recovery Act. Ils établissent
pompage, de vidange ou d’immersion». L’expression des exceptions à l’immunité de poursuites de l’État. Ainsi,
©LQVWDOODWLRQVª HVW Gp¿QLH FRPPH HQJOREDQW ©WRXW pGL- les installations fédérales, les départements et organismes
¿FH RX JURXSH G¶pGL¿FHV FRQWHQDQW PDWpULHO RX GLVSRVL- fédéraux peuvent être sanctionnés pour non-respect de la
tifs […] utilisés pour […] le transfert, le traitement ou loi.
le transport d’hydrocarbures». L’expression «navire» est
Gp¿QLH ODUJHPHQW FRPPH HQJOREDQW ©WRXWH HPEDUFDWLRQ 92. D’autres pays ont également pris des mesures pour
ou engin utilisés comme moyen de transport sur eau, à résoudre les problèmes relatifs à l’environnement. En
O¶H[FHSWLRQGHVQDYLUHVG¶eWDWFHVGHUQLHUVpWDQWGp¿QLV
comme les navires «appartenant aux États-Unis […] ou à 163
Voir également les lois intitulées Resource Recovery Act de 1970
un État étranger ou affrétés et exploités par eux, à l’excep- 3XE/6WDW Used Oil Recycling Act de 1980 (Pub.
WLRQGHVQDYLUHVH[SORLWpVjGHV¿QVFRPPHUFLDOHVª162. / 6WDW Solid Waste Disposal Act Amendments de
3XE / 6WDW Hazardous and Solid Waste
AmendmentsGH 3XE/6WDW Medical Waste
89. La loi intitulée Solid Waste Disposal Act (loi sur l’éli- Tracking Act GH 3XE / 6WDW Federal
mination des déchets solides), promulguée en 1965, est Facility Compliance Act GH 3XE / 6WDW
pJDOHPHQWSHUWLQHQWH&HWWHORLDpWpPRGL¿pHHWDPHQGpH Land Disposal Program Flexibility ActGH 3XE/
6WDW 9RLUDXVVL5RGJHUV-URSFLWS
159
Ibid., Superfund Amendment and Reauthorization Act, p. 2782 164
0RGL¿DQWOHVRXVWLWUH,GHODORLLQWLWXOpHResource Conservation
et 2783. and Recovery Act par la loi Superfund Amendment and Reauthorization
160
L’accident de l’Exxon Valdes DpWpTXDOL¿pGH©3HDUO+DUERXUªGH Act (art. 205 de Pub. L. 99-499).
O¶HQYLURQQHPHQWDPpULFDLQ9RLU5DQGOHORFFLW5RGULJXH]HW-DIIH 165
5RGJHUV-URSFLWS
loc. cit. 166
Ibid., p. 535.
161
United States Code, titre 33, chap. 40. 167
Voir United States Code, titre 42, chap. 82, art. 6917, ajouté en
162
Ibid., article 2701, par. 7, 9, 14, 29 et 37, de la loi. 1984.
114 Documents de la cinquante-sixième session
98. L’article 59 b de la loi fédérale suisse relative aux de prendre pour prévenir, éliminer et améliorer les consé-
garanties est libellé comme suit: TXHQFHVQRFLYHVGHFHGpYHUVHPHQWHWUHPHWWUHO¶HQYLURQ-
nement en état179.
$¿QGHSURWpJHUODSDUWLHOpVpHOH&RQVHLOIpGpUDOSHXW
101. Le directeur du Département de l’environnement
a) obliger les détenteurs de certaines entreprises ou installations
DLQVL TXH OHV SHUVRQQHV VRXPLVHV DX UpJLPH GH OD QRWL¿FDWLRQ RX GH
SHXW UHFRXYUHU DXSUqV GX SURSULpWDLUH G¶XQ SROOXDQW TXL
O¶DXWRULVDWLRQ TXL XWLOLVHQW GHV RUJDQLVPHV SDWKRJqQHV j IRXUQLU GHV est déversé la totalité des frais et dépenses encourus en
garanties, sous la forme d’une assurance ou d’une autre manière, pour FRQVpTXHQFH GH a) toute opération d’enlèvement et de
FRXYULUOHXUUHVSRQVDELOLWpFLYLOH QHWWR\DJH b) toute mesure prise pour prévenir et élimi-
QHUOHVFRQVpTXHQFHVQpIDVWHVG¶XQHIXLWHSRXUO¶HQYLURQ-
b) ¿[HUO¶pWHQGXHHWODGXUpHGHFHWWHJDUDQWLHRXGpOpJXHUFHWWH QHPHQW HW UHPHWWUH O¶HQYLURQQHPHQW HQ pWDW HW c) toute
WkFKHjO¶DXWRULWpTXLVWDWXHUDFDVSDUFDV
mesure prise pour évacuer le polluant ou toute autre
c) REOLJHUOHJDUDQWjQRWL¿HUjO¶DXWRULWpG¶H[pFXWLRQO¶H[LVWHQFH mesure concernant le polluant180.
ODVXVSHQVLRQHWODFHVVDWLRQGHODJDUDQWLH
102. En application de l’article 27, paragraphe 1,
d ) SUpYRLUTXHODJDUDQWLHQHVHUDVXVSHQGXHRXQHFHVVHUDTXH de la loi de 1991 sur la protection de l’environnement,
MRXUVDSUqVODUpFHSWLRQGHODQRWL¿FDWLRQ
TXLFRQTXH VXELW XQ SUpMXGLFH GX IDLW G¶XQ GpYHUVHPHQW
e) SUpYRLUTXHODSURSULpWpGXELHQIRQGVVXUOHTXHOODGpFKDUJH a droit à réparation. Il y a présomption de responsabilité
contrôlée est sise sera transférée au canton après la fermeture de celle- du propriétaire du polluant pour tout dégât causé par un
FLHWUpJOHUODTXHVWLRQGHO¶LQGHPQLVDWLRQ déversement. Il lui incombe éventuellement de démontrer
TXHOHGRPPDJHQ¶DSDVpWpFDXVpSDUOHSROOXDQW181.
99. En Hongrie, la loi LIII de 1995 relative aux règles
générales de protection de l’environnement régle- /DORLGHGHOD7XUTXLHVXUO¶HQYLURQQHPHQW182
PHQWH OD EDVH JpQpUDOH GH OD UHVSRQVDELOLWp MXULGLTXH dispose, à l’article 28:
s’agissant de l’environnement. L’article 101 est conçu
comme suit: 4XLFRQTXHSROOXHHWGpJUDGHO¶HQYLURQQHPHQWHVWUHVSRQVDEOHVDQV
TX¶LOVRLWQpFHVVDLUHGHSURXYHUXQHIDXWHSRXUOHVGRPPDJHVFDXVpVSDU
4XLFRQTXH SRVH XQ ULVTXH j O¶HQYLURQQHPHQW OH SROOXH RX ODSROOXWLRQHWODGpJUDGDWLRQTX¶LOVHQWUDvQHQW
O¶HQGRPPDJH SDU VHV DFWLYLWpV RX SDU VHV RPLVVLRQV RX TXLFRQTXH
accomplit ses activités en contrevenant à la réglementation relative à la 104. L’article 28 a été introduit dans un amendement
protection de l’environnement (conduite ci-après dénommée collecti-
vement «activité illicite») est responsable (en droit pénal, en droit civil, dans la loi noGXPDUV0DOJUpODODUJHGp¿-
en droit administratif, etc.) en application du contenu de la présente loi nition contenue dans l’article 28, le plaignant doit prou-
HWGHVGLVSRVLWLRQVGHUqJOHVMXULGLTXHVVpSDUpHV ver l’existence d’un acte illicite, d’un lien de causalité
et de dommages pour tenir le pollueur responsable183. Il
4XLFRQTXHUpDOLVHGHVDFWLYLWpVLOOLFLWHVGRLW
ne prévoit pas une exception en raison des «précautions
a) FHVVHU GH SRVHU XQ ULVTXH j O¶HQYLURQQHPHQW RX GH OH voulues». Le régime de la responsabilité objective adopté
SROOXHUHWGHO¶HQGRPPDJHU dans ce cas fait une exception à la règle générale de la
responsabilité pour faute acceptée dans d’autres domaines
b) DFFHSWHUVDUHVSRQVDELOLWpSRXUOHVGRPPDJHVFDXVpV du droit civil turc.
c) remettre l’environnement dans l’état existant avant 105. La pollution de l’environnement comprend la des-
l’activité.
WUXFWLRQGHO¶pTXLOLEUHpFRORJLTXHOHVLQFLGHQFHVQpIDVWHV
3. Si la mesure visée à l’alinéa c du paragraphe 2 n’est pas de toutes sortes d’activités humaines pour l’air, l’eau ou le
prise ou si les objectifs poursuivis ne sont pas atteints, l’autorité VROHWOHVFRQVpTXHQFHVQpIDVWHVSRXUOHPLOLHXGHVRGHXUV
ou le tribunal compétent peut restreindre l’activité, la suspendre ou du bruit et des déchets résultant de telles activités184.
O¶LQWHUGLUH MXVTX¶j FH TXH OHV FRQGLWLRQV pWDEOLHV GDQV OHGLW DUWLFOH
soient mises en œuvre.
/D ORL ¿QODQGDLVH VXU O¶LQGHPQLVDWLRQ GHV GRP-
100. La loi de Maurice de 1991 sur la protection de mages environnementaux185, la loi fondamentale du
l’environnement178 TXL pWDEOLW XQ UpJLPH GH UHVSRQVDEL- Portugal sur l’environnement186, la loi du Danemark sur
lité et de réparation en cas de dommages pour l’environ- l’indemnisation des dommages environnementaux187, la loi
nement, vise essentiellement les activités dangereuses et de la Grèce relative à la protection de l’environnement188,
les déversements d’hydrocarbures. Les déversements sont
Gp¿QLVFRPPHpWDQWO¶pYDFXDWLRQG¶XQSROOXDQWGDQVO¶HQ- 179
Art. 24, par. 2.
vironnement à partir d’une structure, d’un véhicule, d’un 180
Art. 28, par. 1.
navire, d’une embarcation ou d’un autre moyen de trans- 181
Sinatambou, loc. cit., p. 277.
SRUW RX FRQWHQHXU TXL HVW a) anormale compte tenu de 182
Çevre Kanunu, no 2872, Resmi GazeteDRW DPHQGpHHQ
WRXWHVOHVFLUFRQVWDQFHVGHFHWWHpYDFXDWLRQHWb) consti- HW 9RLUJpQpUDOHPHQW7XUJXW©'H¿QLWLRQ
tue une grave menace pour l’environnement. Le proprié- and valuation of environmental damage in Turkey», p. 281 et 283. Les
WDLUH G¶XQ SROOXDQW TXL HVW UpSDQGX GRLW LPPpGLDWHPHQW UHQVHLJQHPHQWVFRQFHUQDQWODOpJLVODWLRQWXUTXHVRQWWLUpVGHFHWDUWLFOH
183
avertir le directeur du Département de l’environnement Turgut, loc. cit., p. 284.
GH FH GpYHUVHPHQW GHV FLUFRQVWDQFHV GDQV OHVTXHOOHV LO 184
Ibid., p. 283.
V¶HVWSURGXLWHWGHVPHVXUHVSULVHVRXTX¶LOHVWHQYLVDJp 185
Loi no 737/94.
186
Lei de Bases do Ambiente du 7 avril 1987.
187
178
Loi no GH PRGL¿pH SDU O¶DPHQGHPHQW GH 9RLU Loi no 225 du 6 avril 1994.
généralement Sinatambou, loc. cit., p. 275 à 279. Les renseignements 188
Loi no 1650 de 1986, publiée dans le -RXUQDO RI¿FLHO no 160,
concernant la loi mauricienne sont fondés sur cet article. 1re partie, du 16 octobre 1986, p. 3257 à 3272.
116 Documents de la cinquante-sixième session
le code relatif à l’environnement (Miljöbelken)189 et la loi l’application des lois déterminent également la répartition
sur les dommages environnementaux de la Suède sont des GHVGpSHQVHV\UHODWLYHVHWOHVSHUVRQQHVTXLGRLYHQWOHV
lois relatives à l’environnement fondées sur le régime de assumer. Un livre public concernant les mesures régle-
la responsabilité objective s’agissant d’activités ou d’ins- mentaires est également mis en place.
tallations dangereuses190.
109. La loi de 1990 sur la protection de l’environnement
107. Certains pays disposent également d’une législa- impose un régime de la responsabilité objective rétroactif
tion concernant la dépollution du sol fondée sur le régime DX[SHUVRQQHVTXLRQWFDXVpODFRQWDPLQDWLRQRXO¶DXWR-
de la responsabilité objective. Au nombre de ces lois, on risent en connaissance de cause198 ou au propriétaire ou
trouve la loi de 1999 du Danemark relative aux sols conta- occupant actuel des sites199. Cette loi prévoit peu d’ex-
minés191, le chapitre 12 de la loi de 2000 de la Finlande ceptions et comporte un mécanisme détaillé de réparti-
sur la protection de l’environnement192, la loi fédérale WLRQTXLDVVRFLHGHVpOpPHQWVGHUHVSRQVDELOLWpFRQMRLQWH
sur la protection du sol (BBodSchG) du 17 mars 1998 de solidaire et proportionnelle200, à de nombreux critères
l’Allemagne193 et l’ordonnance sur les terres contaminées d’exclusion201. On entend par «préjudice» un préjudice
(BBodSchV) du 12 juillet 1999, le décret Ronchi ou loi de à la santé d’organismes vivants ou toute autre ingérence
l’Italie sur la gestion des déchets194, la loi de l’Espagne avec les écosystèmes dont ils font partie et, dans le cas de
relative aux déchets195HWODORLGX-DSRQUHODWLYHjODOXWWH l’homme, des dommages aux biens202.
contre la contamination des sols de 2002.
110. Une personne peut ne pas donner suite à une mise
108. Le titre IIA de la loi de 1990 du Royaume-Uni en demeure relative à l’assainissement si l’une des autres
sur la protection de l’environnement, concernant les sols personnes mises en demeure n’y a pas non plus donné
contaminés et les mines abandonnées196, établit un nou- suite. Le régime prévoit 19 motifs de recours203DLQVLTX¶XQ
veau régime s’agissant des sols contaminés et de la res- système complexe d’exceptions et un système relatif à la
ponsabilité. Cette disposition législative a pour objectif répartition pour les parties responsables restantes. Cer-
de permettre aux organes chargés de veiller à l’application taines des exceptions contiennent des éléments reconnais-
GHV ORLV GH GpWHUPLQHU ©OD SHUVRQQH DSSURSULpHª TXL VDEOHVGHVH[FHSWLRQVHQGURLWFLYLOWHOVTXHO¶LQWHUYHQWLRQ
devrait être responsable de la dépollution des sols de tiers et la prévisibilité. Ces exceptions sont toutefois
contaminés197, et de déterminer, après consultation, les rédigées en termes plus restrictifs. La loi ne fait pas spé-
mesures de dépollution à prendre. Cela est effectué par FL¿TXHPHQWpWDWGHODGpIHQVHUHODWLYHjODIRUFHPDMHXUH
le biais d’un accord avec la personne compétente, après Le respect des autorisations ne constitue pas une exoné-
TXH FHWWH GHUQLqUH D pWp PLVH HQ GHPHXUH GH SURFpGHU j ration et toute infraction aux autorisations entraînera vrai-
l’assainissement ou par la réalisation du nettoyage par semblablement des poursuites pénales, donnant lieu à des
les pouvoirs publics eux-mêmes. Les organes chargés de sanctions et à des mesures correctives plus lourdes204.
189
111. La loi sur la protection de l’environnement établit
Ce code a été adopté en juin 1998 et est entré en vigueur le
1er janvier 1999. OHSULQFLSHJpQpUDOVHORQOHTXHOODUpSDUWLWLRQGRLWUHÀpWHU
190
Pour une description générale, voir Clarke, Update Comparative ODUHVSRQVDELOLWpUHODWLYHGHFKDTXHSDUWLHSRXUFHTXLHVW
Legal Study. GHFUpHURXGHSRXUVXLYUHOHULVTXHFDXVpSDUODSROOXWLRQ
191
Loi no 370/99. Il s’agit là d’un régime de droit public et
DGPLQLVWUDWLITXLUHPSODFHOHVGLVSRVLWLRQVDQWpULHXUHVpGLFWpHVGDQVOD 198
Art. 78F, par. 2:
loi relative aux sites contaminés (loi no 420 du 13 juin 1990) [également ©WRXWH SHUVRQQH RX O¶XQH TXHOFRQTXH GHV SHUVRQQHV GX IDLW GHV
dénommée loi sur les décharges ou loi sur les sols contaminés] et de DFWHV GH ODTXHOOH GHV VXEVWDQFHV RX O¶XQH TXHOFRQTXH GHV VXEVWDQFHV
la loi sur la protection de l’environnement (loi no 358 du 6 juin 1991). D\DQW FDXVp OD FRQWDPLQDWLRQ GX VRO VH WURXYHQW j OD VXSHU¿FLH HQ
192
Loi no 86/2000. Elle est entrée en vigueur le 1er mars 2000 et SURIRQGHXURXGDQVOHVRORXWRXWHDXWUHSHUVRQQHTXLDDXWRULVpFHWWH
introduit un nouveau régime de droit public et administratif remplaçant contamination en connaissance de cause est la personne appropriée.»
et complétant les dispositions distinctes au titre de la législation relative 199
/HVSDUDJUDSKHVHWGHO¶DUWLFOH)GLVSRVHQWTXH
aux déchets (loi de 1993 sur les déchets) et à l’eau. © 6L DSUqV XQH HQTXrWH UDLVRQQDEOH LO D pWp pWDEOL TX¶DXFXQH
193
Cette loi a été adoptée en mars 1998 et la plupart de ses personne n’était, au sens du paragraphe 2 ci-dessus, une personne
dispositions sont entrées en vigueur le 1er mars 1999. appropriée pour assumer la responsabilité des choses à réaliser au titre
194
Décret législatif 22/97 du 5 février 1997. Ce régime est entré en de l’assainissement, le propriétaire ou l’occupant actuel des terres en
vigueur le 16 décembre 1999 (décret ministériel 471/99). TXHVWLRQHVWDORUVODSHUVRQQHDSSURSULpH
195
«5. Si, en application du paragraphe 3 ci-dessus, des activités
Loi no 10/1998 du 21 avril 1998. GRLYHQWrWUHHQWUHSULVHVGDQVOHFDGUHGHO¶DVVDLQLVVHPHQWSRXUOHVTXHOOHV
196
En vigueur le 1er avril 2000 en Angleterre et le 14 juillet 2000 RQDWURXYpDSUqVXQHHQTXrWHUDLVRQQDEOHTX¶DXFXQHSHUVRQQHHVWXQH
en Écosse. Voir généralement Clarke, op. cit. Les renseignements personne appropriée au sens du paragraphe 2 ci-dessus, le propriétaire
FRQFHUQDQW OD ORL EULWDQQLTXH VRQW IRQGpV VXU FHW DUWLFOH 9RLU RXO¶RFFXSDQWDFWXHOGHVWHUUHVFRQWDPLQpHVHQTXHVWLRQHVWODSHUVRQQH
également Ministère de l’environnement, du transport et des régions, appropriée s’agissant de ces activités.»
circulaire 02/2000, «Contaminated land: implementation of part IIA of 200
Ibid., par. 6 et 7.
the Environmental Protection Act 1990». 201
Un petit nombre d’éléments de détail des régimes, dont les
197
/HSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOH$Gp¿QLWDX[¿QVGXWLWUH,,$OHV dates d’entrée en vigueur, varieront entre les éléments constituant le
sols contaminés comme suit: Royaume-Uni (Angleterre, Écosse, Pays de Galles et Irlande du Nord)
©WRXWH WHUUH TXL GH O¶DYLV GH O¶DGPLQLVWUDWLRQ ORFDOH VHPEOH rWUH mais ces régimes seront très analogues pour la plupart des éléments.
GDQVFHWpWDWGDQVODFLUFRQVFULSWLRQGHODTXHOOHHOOHHVWVLWXpHGXIDLW 202
Art. 78A, par. 4.
GHODSUpVHQFHGHVXEVWDQFHVGDQVOHVROjVDVXSHU¿FLHRXHQGHVVRXV
du sol et
203
&HVPRWLIVFRQFHUQHQWHVVHQWLHOOHPHQWOHIDLWTXHOHVRUJDQLVPHV
«a GHQDWXUHjFDXVHUXQSUpMXGLFHVLJQL¿FDWLIRXjSUpVHQWHUXQH chargés de la mise en application des lois n’ont pas agi conformément
possibilité importante de causer un tel préjudice ou jODORLDX[GLUHFWLYHVHWUpJOHPHQWDWLRQVTXHODPLVHHQGHPHXUHQ¶D
«b) ayant causé la pollution aux eaux sujettes à réglementation ou SDVpWpDGUHVVpHjTXLGHGURLWTXHOHSUpMXGLFHQ¶HVWSDVVXI¿VDQWSRXU
pouvant vraisemblablement le faire.» PpULWHU TX¶LO VRLW SURFpGp j OD GpSROOXWLRQ RX ELHQ TXH OHV PHVXUHV
Le Secrétaire d’État peut publier une circulaire contenant des directives correctives ou la responsabilité imposée soient excessifs.
204
à cet effet. Art. 78M.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 117
&HWDSHUoXGXGURLWLQWHUQHPRQWUHTXHODUHVSRQ- Les États doivent élaborer une législation nationale concernant
VDELOLWpREMHFWLYHHQWDQWTXHFRQFHSWMXULGLTXHHVWDSSD- la responsabilité de la pollution et d’autres dommages à l’environne-
ment et l’indemnisation de leurs victimes. Ils doivent aussi coopérer
remment admise aujourd’hui par la plupart des systèmes diligemment et plus résolument pour développer le droit international
MXULGLTXHV/¶pWHQGXHGHVDFWLYLWpVVXMHWWHVjODUHVSRQVD- concernant la responsabilité et l’indemnisation en cas d’effets néfastes
ELOLWpREMHFWLYHSHXWYDULHUGDQVFHUWDLQVSD\VODJDPPH de dommages causés à l’environnement dans des zones situées au-delà
GH FHV DFWLYLWpV HVW SOXV OLPLWpH TXH GDQV G¶DXWUHV /H des limites de leur juridiction par des activités menées dans les limites
de leur juridiction et sous leur contrôle207.
IRQGHPHQW MXULGLTXH GH OD UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH YDULH
aussi: il peut s’agir d’une «présomption sans faute», de &HVSULQFLSHVELHQTX¶LOVQ¶DLHQWSDVIRUFHFRQWUDL-
OD QRWLRQ GH ©ULVTXHª G¶©DFWLYLWpV GDQJHUHXVHVª HWF gnante, témoignent des aspirations et des préférences de
&HSHQGDQWLOHVWpYLGHQWTXHODUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYH la communauté internationale208.
est un principe commun à un nombre appréciable de pays
D\DQWGHVV\VWqPHVMXULGLTXHVGLIIpUHQWVHWD\DQWWRXVHX a) Pratique conventionnelle
jUpJOHPHQWHUOHVDFWLYLWpVDX[TXHOOHVV¶DSSOLTXHFHSULQ-
cipe. Si les modalités d’application de ce dernier peuvent /HV WUDLWpV PXOWLODWpUDX[ TXL DERUGHQW OD TXHVWLRQ
varier selon les États, la façon dont les États interprètent de la responsabilité peuvent être classés en trois catégo-
et formulent ce principe est essentiellement la même. ries: premièrement, les conventions relatives à la respon-
Le régime de la responsabilité objective est également VDELOLWpFLYLOHTXLFRQWLHQQHQWGHVGLVSRVLWLRQVDXVVLELHQ
employé de plus en plus dans la législation relative à la GHIRQGTXHGHSURFpGXUHWRXFKDQWODUHVSRQVDELOLWpGHV
protection de l’environnement. H[SORLWDQWVHWSDUIRLVGHVeWDWVGHX[LqPHPHQWOHVWUDLWpV
TXLUHQGHQWO¶eWDWGLUHFWHPHQWUHVSRQVDEOHHWWURLVLqPH-
2. DROIT INTERNATIONAL PHQWOHVWUDLWpVTXLFRQWLHQQHQWXQHUpIpUHQFHJpQpUDOHj
ODUHVSRQVDELOLWpVDQVVSpFL¿HUGDYDQWDJHTXHOOHVVRQWOHV
113. L’introduction et l’application de la notion de res- règles de fond ou les procédures applicables.
ponsabilité en droit international, en revanche, constituent
un phénomène relativement nouveau et les règles appli- 118. La première catégorieGHWUDLWpVPXOWLODWpUDX[TXL
FDEOHVHQODPDWLqUHVRQWPRLQVGpYHORSSpHVTX¶HQGURLW DERUGHQWODTXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpFLYLOHFRQFHUQH
LQWHUQH&HODV¶H[SOLTXHSHXWrWUHSDUOHIDLWTXHOHVDFWLYL- principalement la navigation, les hydrocarbures et les
tés pouvant causer un dommage transfrontière sont d’un PDWLqUHV QXFOpDLUHV DLQVL TXH G¶DXWUHV VHFWHXUV GRQW OHV
type relativement nouveau. En outre, rares étaient les acti- déchets dangereux. Une des toutes premières conventions
YLWpVUpDOLVpHVjO¶LQWpULHXUG¶XQeWDWTXLSRXYDLHQWDYRLU à avoir mis en place un régime de responsabilité civile
de graves effets dommageables au-delà des frontières. dans le domaine de la navigation est la Convention inter-
Évidemment, il ne faut pas méconnaître non plus les dif- QDWLRQDOH SRXU O¶XQL¿FDWLRQ GH FHUWDLQHV UqJOHV FRQFHU-
¿FXOWpVTX¶LO\DjFRQFLOLHUOHFRQFHSWGHUHVSRQVDELOLWpHW nant la limitation de la responsabilité des propriétaires de
d’autres notions établies du droit international, comme la
juridiction nationale et la souveraineté internationale. En
fait, comme on l’a vu plus haut, l’évolution du concept GHV 1DWLRQV 8QLHV QXPpUR GH YHQWH ), HW UHFWL¿FDWLI YRO ,
de responsabilité objective en droit interne s’est heurtée à Résolutions adoptées par la Conférence, résolution 1, annexe I.
GHVGLI¿FXOWpVVHPEODEOHV&HSHQGDQWGDQVGHQRPEUHX[ 207
Lors du premier Forum ministériel mondial sur l’environnement,
SD\V OHV LPSpUDWLIV VRFLRpFRQRPLTXHV HW OD QpFHVVLWp FRQYRTXp HQ DSSOLFDWLRQ GH OD UpVROXWLRQ GH O¶$VVHPEOpH
SROLWLTXHRQWDPHQpjFRQFLOLHUFHQRXYHDXFRQFHSWMXUL- générale du 28 juillet 1999, en vue de permettre aux ministres de
GLTXHDX[QRWLRQVSUpH[LVWDQWHVG¶XQHIDoRQTXLDSHUPLV O¶HQYLURQQHPHQW GX PRQGH G¶H[DPLQHU OHV TXHVWLRQV LPSRUWDQWHV
HW QRXYHOOHV TXL VH SRVHQW GDQV OH GRPDLQH GH O¶HQYLURQQHPHQWHW GH
jODIRLVGHVHUYLUOHVREMHFWLIVGHODSROLWLTXHVRFLDOHHWGH Gp¿QLUODYRLHjVXLYUHLODpWpFRQVWDWpTXH
l’ordre public. «L’évolution du cadre du droit de l’environnement international
et l’élaboration de législations nationales sont de bonnes assises
114. La nécessité d’élaborer des régimes de respon- SRXU OH WUDLWHPHQW GHV JUDYHV PHQDFHV TXL SqVHQW DXMRXUG¶KXL VXU
l’environnement. Elles doivent être confortées par une approche plus
sabilité dans un cadre international a été reconnue et cohérente et coordonnée entre les instruments internationaux sur
exprimée dans divers instruments. Le paragraphe 22 de l’environnement. Nous devons également reconnaître l’importance
la Déclaration de la Conférence des Nations Unies sur déterminante du respect de l’environnement, de sa mise en œuvre et
l’environnement (Déclaration de Stockholm) de 1972, des responsabilités.»
H[SULPHODFRQYLFWLRQFRPPXQHTXH205: ['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWHFLQTXLqPH
session, Supplément no 25 (A/55/25), annexe I, décision [Link]/1,
par. 3.] Voir également le Programme pour le développement et
Les États doivent coopérer pour développer encore le droit inter- O¶H[DPHQ SpULRGLTXH GX GURLW GH O¶HQYLURQQHPHQW DX FRXUV GH OD
QDWLRQDO HQ FH TXL FRQFHUQH OD UHVSRQVDELOLWp HW O¶LQGHPQLVDWLRQ GHV première décennie du XXIe siècle, approuvé et adopté par le Conseil
YLFWLPHV GH OD SROOXWLRQ HW G¶DXWUHV GRPPDJHV pFRORJLTXHV TXH OHV d’administration du PNUE à sa vingt et unième session (ibid.,
activités menées dans les limites de la juridiction de ces États ou sous cinquante-sixième session, Supplément no 25, annexe, décision 21/23)
leur contrôle causent à des régions situées au-delà des limites de leur et le Plan de mise en œuvre du Sommet mondial pour le développement
juridiction. durable, Rapport du Sommet mondial pour le développement durable,
Johannesburg (Afrique du Sud), 26 août-4 septembre 2002 (publication
115. Le principe 13 de la Déclaration de Rio sur l’envi- GHV1DWLRQV8QLHVQXPpURGHYHQWH),,$HWUHFWL¿FDWLI FKDS,
ronnement et le développement206DERUGHODTXHVWLRQGHV résolution 2, annexe.
cadres nationaux et internationaux en proclamant: 208
Birnie et Boyle, International Law and the Environment. Il est
QRWpjODSDJHTXH
205
©&HV SULQFLSHV UHÀqWHQW WRXV GHV GpYHORSSHPHQWV SOXV UpFHQWV GX
Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement, GURLWLQWHUQDWLRQDOHWGHODSUDWLTXHGHVeWDWVOHXUVWDWXWDFWXHOHQWDQW
Stockholm, 5-16 juin 1972 (publication des Nations Unies, numéro de TXHSULQFLSHVGHGURLWLQWHUQDWLRQDOJpQpUDOHVWSOXVFRQWHVWDEOHPDLV
vente: [Link].A.14). O¶DSSXLFRQVHQVXHOGRQWLOVEpQp¿FLHQWFRPPHO¶DWWHVWHOD'pFODUDWLRQ
206
Rapport de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement de Rio, donne une importante indication de leur nouvelle portée
et le développement, Rio de Janeiro, 3-14 juin 1992 (publication MXULGLTXHª
118 Documents de la cinquante-sixième session
son article premier n’était pas claire. Au sens de cette a épuisé la procédure d’indemnisation prévue dans la
Convention, l’expression «dommage par pollution» Convention internationale sur la responsabilité civile pour
désigne «toute perte ou tout dommage extérieur au navire les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures,
transportant des hydrocarbures causé par une contami- il peut alors recourir à la procédure prévue dans le cadre
nation résultant d’une fuite ou de rejet d’hydrocarbures, du Fonds. Du fait des incidences combinées de ces deux
R TXH VH SURGXLVH FHWWH IXLWH RX FH UHMHW HW FRPSUHQG Conventions, dans les affaires les plus graves, les proprié-
OHFRWGHVPHVXUHVGHVDXYHJDUGHHWWRXWHSHUWHRXWRXW taires du navire et les propriétaires de la cargaison sont
dommage causés par lesdites mesures». Le soin d’inter- traités conjointement comme «pollueurs» et partagent
SUpWHU FHWWH Gp¿QLWLRQ D pWp ODLVVp DX[ WULEXQDX[ QDWLR- pTXLWDEOHPHQWOHFRWGHVGRPPDJHVUpVXOWDQWG¶XQHSRO-
QDX[GRQWFHUWDLQVRQWFRQVLGpUpTXHODUHPLVHHQpWDWGH lution accidentelle survenue pendant le transport220. Les
l’environnement faisait partie intégrante de la notion de SURSULpWDLUHV GH QDYLUHV EDWWDQW SDYLOORQ G¶eWDWV TXL QH
dommages215. sont parties ni à la Convention internationale sur la res-
ponsabilité civile pour les dommages dus à la pollution
121. La Convention internationale sur la responsabilité par les hydrocarbures ni à celle portant création d’un
civile pour les dommages dus à la pollution par les hydro- fonds ont également conçu d’autres modalités pour dis-
carbures a été complétée par la Convention internationale poser d’une indemnisation supplémentaire. Ces régimes
portant création d’un fonds international d’indemnisa- ont toutefois été regroupés, compte tenu du succès des
tion pour les dommages dus à la pollution par les hydro- régimes prévus en vertu de ces deux Conventions221.
carbures (ci-après dénommée Convention portant création
d’un fonds)216 /D FUpDWLRQ G¶XQ PpFDQLVPH GH ¿QDQFH- 123. L’accident de l’Amoco Cadiz, survenu en 1978,
PHQWFRPSOpPHQWDLUH¿QDQFpSDUOHVFRPSDJQLHVSpWUR- TXL D HQWUDvQp XQH SROOXWLRQ PDVVLYH DX ODUJH GHV F{WHV
OLqUHVpWDLWXQpOpPHQWGXFRPSURPLVTXLDFRQGXLWjXQ françaises, a été à l’origine d’un réexamen de la Conven-
accord visant à attribuer la responsabilité au propriétaire tion internationale sur la responsabilité civile pour les
GXQDYLUHSOXW{WTX¶jO¶H[SpGLWHXURXDXSURSULpWDLUHGHOD dommages dus à la pollution par les hydrocarbures et la
cargaison ou à l’exploitant217. Cette Convention met en Convention portant création d’un fonds. Le Protocole de
place un second niveau d’indemnisation au second degré, PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ LQWHUQDWLRQDOH VXU OD UHV-
dans la mesure où elle permet à toute personne ayant subi ponsabilité civile pour les dommages dus à la pollution
un dommage par pollution du fait du déversement d’hydro- SDUOHVK\GURFDUEXUHVDSUpFLVpODVLJQL¿FDWLRQjDWWDFKHU
carbures de navires d’être indemnisée si cette personne à l’expression «dommage par pollution». Selon la nou-
Q¶DSDVpWpHQPHVXUHG¶REWHQLUXQHUpSDUDWLRQpTXLWDEOH YHOOH Gp¿QLWLRQ O¶H[SUHVVLRQ ©GRPPDJH SDU SROOXWLRQª
des dommages sur la base de la Convention internatio- désigne:
nale sur la responsabilité civile pour les dommages dus
à la pollution par les hydrocarbures ou si la Convention a) le préjudice ou le dommage causé à l’extérieur du navire par
ne prévoit aucune responsabilité pour les dommages en une contamination survenue à la suite d’une fuite ou d’un rejet d’hydro-
FDUEXUHV GX QDYLUH R TXH FHWWH IXLWH RX FH UHMHW VH SURGXLVH pWDQW
TXHVWLRQ218. La Convention portant création d’un fonds a HQWHQGX TXH OHV LQGHPQLWpV YHUVpHV DX WLWUH GH O¶DOWpUDWLRQ GH O¶HQYL-
également porté création du FIPOL219. URQQHPHQWDXWUHVTXHOHPDQTXHjJDJQHUGjFHWWHDOWpUDWLRQVHURQW
limitées au coût des mesures raisonnables de remise en état qui ont été
122. La Convention internationale sur la responsabi- effectivement prises ou qui le seront
lité civile pour les dommages dus à la pollution par les b OHFRWGHVPHVXUHVGHVDXYHJDUGHHWOHVDXWUHVSUpMXGLFHVRX
hydrocarbures et la Convention portant création d’un dommages causés par ces mesures222.
fonds établissent un régime de responsabilité objective,
sous réserve d’exceptions limitées. Un défendeur privé et %LHQTXHOH3URWRFROHGHQHVRLWMDPDLVHQWUp
le propriétaire du navire peuvent tous les deux demander en vigueur223ODGp¿QLWLRQDpWpLQFRUSRUpHDX3URWRFROH
LQGHPQLVDWLRQDX),32//H)RQGVHVW¿QDQFpSDUOHVSHU- XOWpULHXUGHPRGL¿DQWOD&RQYHQWLRQLQWHUQDWLRQDOH
VRQQHVTXLRQWUHoXGXSpWUROHEUXWRXGXIXHOORXUGVXUOHV de 1969 sur la responsabilité civile pour les dommages
territoires des États contractants. Il est administré par une dus à la pollution par les hydrocarbures224/DGp¿QLWLRQ
assemblée de tous les États contractants à la Convention de l’expression «dommage par pollution» permet égale-
SRUWDQW FUpDWLRQ G¶XQ IRQGV 8QH IRLV TX¶XQ GHPDQGHXU PHQWG¶REWHQLUUpSDUDWLRQSRXUOHPDQTXHjJDJQHUUpVXO-
tant des dommages causés à l’environnement. Elle étend
215
Voir Abecassis, op. cit., p. 209 et 210. Dans Commonwealth of
220
Puerto Rico v. SS Zoe Colocotroni (Cour de district des États-Unis, Birnie et Boyle, op. cit., p. 386.
vol. 456, Federal Supplement, 1978, p. 1327, et Cour d’appel des États- 221
Voir Abecassis, op. cit., chap. 12, p. 303 à 325. L’Accord
Unis, ibid., 2e éd., vol. 628, juin-novembre 1980, p. 652), on a évalué TOVALOP (Tanker Owners Volontary Agreement Concerning Liability
OHV SHUWHV HVWLPpHV G¶RUJDQLVPHV PDULQV HW OH FRW GX UHPSODFHPHQW for Oil Pollution) et l’Accord CRISTAL (Contract Regarding an
d’un marais planté de palétuviers. En appel, l’indemnisation a été Interim Supplement to Tanker Liability for Oil Pollution) instituent
réduite aux mesures «raisonnables» de remise en état. Cette affaire un fonds comparable au FIPOL. Pour le texte de ces accords, voir
n’était toutefois pas régie par la Convention internationale sur la respectivement ILM, vol. VIII, no 3, mai 1969, p. 497, et ibid., vol. X,
responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les no 1, janvier 1971, p. 137.
hydrocarbures. Dans les affaires Antonio Gramsci (voir infra note 222
Art. 2, par. 6.
738) et PatmosLODpWpDXWRULVpGHGHPDQGHUUpSDUDWLRQSRXUOHVFRWV 223
WKpRULTXHVGHVGRPPDJHVjO¶HQYLURQQHPHQW YRLU%LDQFKL©+DUPWR Le Protocole de 1984 à la Convention portant création du Fonds
the environment in Italian practice: the interaction of international law n’est pas non plus entré en vigueur.
and domestic law»). 224
/D&RQYHQWLRQGHWHOOHTXHPRGL¿pHSDUOH3URWRFROHGH
216
Voir Larsson, The Law of Environmental Damage: Liability and est généralement connue sous le nom de Convention internationale de
Reparation, p. 185 à 196. 1992 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution
217 SDUOHVK\GURFDUEXUHVHWOD&RQYHQWLRQGHWHOOHTXHPRGL¿pHSDUOH
Voir Wu, op. cit., p. 54.
218
Protocole de 1992 est connue sous le nom de Convention internationale
Art. 4. de 1992 portant création d’un fonds international d’indemnisation pour
219
Art. 2. les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures.
120 Documents de la cinquante-sixième session
OHVGRPPDJHVSDUSROOXWLRQjOD]RQHpFRQRPLTXHH[FOX- DLQVL TXH GDQV OD ]RQH pFRQRPLTXH H[FOXVLYH G¶XQ eWDW
sive de l’État côtier ou à une zone située à 200 milles FRQWUDFWDQWRXVRQpTXLYDOHQW227.
marins de la ligne de base. Si l’environnement est mieux
SULVHQFRPSWHGDQVOHV3URWRFROHVGHPRGL¿DQWOD /H PRQWDQW WRWDO GHV LQGHPQLWpV TXH OH )RQGV
Convention internationale sur la responsabilité civile pour complémentaire doit verser, y compris le montant des
les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures et indemnités versées en vertu des Protocoles de 1992 sus-
OD &RQYHQWLRQ SRUWDQW FUpDWLRQ G¶XQ IRQGV TXH GDQV OHV mentionnés, n’excède pas 750 millions de DTS.
&RQYHQWLRQVHQTXHVWLRQODGp¿QLWLRQFRQWLQXHjQ¶DYRLU
TX¶XQHSRUWpHOLPLWpHTXLDpWpPLVHHQUHOLHIFRPPHVXLW 130. Le régime établi par la Convention internatio-
nale sur la responsabilité civile pour les dommages dus
>&@HWWHGp¿QLWLRQQHYDSDVMXVTX¶jDSSOLTXHUOHFRQFHSWGHUHVSRQVD- à la pollution par les hydrocarbures et la Convention
ELOLWp GH PDQLqUH j SpQDOLVHU FHX[ TXL FDXVHQW j O¶HQYLURQQHPHQW XQ
SUpMXGLFHTXLQHSHXWSDVrWUHUpSDUpTXLQHSHXWSDVrWUHTXDQWL¿pHQ
portant création d’un fonds n’englobe pas tous les types
WHUPHV GH SUpMXGLFH RX GH PDQTXH j JDJQHU RX TXH OH JRXYHUQHPHQW GHFDUJDLVRQVLOSRUWHXQLTXHPHQWVXUOHVK\GURFDUEXUHV
QHVRXKDLWHSDVUpSDUHURXTXLVHSURGXLWHQKDXWHPHU&HODpWDQWOH déversés de pétroliers ou sur les navires transportant des
FRWUpHOSRXUO¶HQYLURQQHPHQWGHVRSpUDWLRQVGHWUDQVSRUWG¶K\GUR- K\GURFDUEXUHV HQ WDQW TXH FDUJDLVRQ &HWWH ODFXQH HVW
carbures par mer continue d’être pris en charge par la collectivité dans comblée par d’autres conventions. Ainsi, la Convention
son ensemble et non pas par le pollueur225.
internationale sur la responsabilité civile pour les dom-
125. La responsabilité du propriétaire en vertu du Pro- mages dus à la pollution par les hydrocarbures de soute
WRFROHGHPRGL¿DQWOD&RQYHQWLRQLQWHUQDWLRQDOHGH (ci-après dénommée Convention relative aux hydro-
1969 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à carbures de soute) traite des hydrocarbures de soute. Elle
la pollution par les hydrocarbures est objective, conjointe établit un régime de la responsabilité objective, conjointe
et solidaire. Il prévoit toutefois un certain nombre d’ex- et solidaire, assorti d’exceptions, pour le propriétaire du
ceptions226/H3URWRFROHD¿[pOHSODIRQGGHVLQGHPQLWpV navire et concerne les dommages causés sur le territoire, y
payables à 59,7 millions de DTS. FRPSULVODPHUWHUULWRULDOHHWGDQVOHV]RQHVpFRQRPLTXHV
exclusives des États parties. L’expression «dommage par
/H 3URWRFROH GH PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ SROOXWLRQªHVWGp¿QLHFRPPHVXLW
internationale de 1971 portant création d’un fonds inter-
a) le préjudice ou le dommage causé à l’extérieur du navire
national d’indemnisation pour les dommages dus à la par contamination survenue à la suite d’une fuite ou d’un rejet
pollution par les hydrocarbures, comme cette dernière,
FUpH XQ IRQGV TXL HVW ¿QDQFp SDU XQH FRQWULEXWLRQ VXU
227
les importations de pétrole. Le Protocole de 1992 dis- L’article 4 du Protocole est libellé comme suit:
«1. Le Fonds complémentaire doit indemniser toute personne
SRVHTXHOHPRQWDQWWRWDOGHVLQGHPQLWpVQ¶H[FpGHUDSDV ayant subi un dommage par pollution si cette personne n’a pas été en
135 millions d’unités de compte (y compris l’indemnité PHVXUHG¶REWHQLUXQHUpSDUDWLRQLQWpJUDOHHWDGpTXDWHGHVGRPPDJHVDX
payable par le propriétaire du navire en application du titre d’une demande établie en vertu de la Convention de 1992 portant
3URWRFROH GH PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ LQWHUQDWLR- FUpDWLRQ GX )RQGV SDUFH TXH OH PRQWDQW WRWDO GHV GRPPDJHV H[FqGH
nale de 1969). RX ULVTXH G¶H[FpGHU OD UHVSRQVDELOLWp GX SURSULpWDLUH WHOOH TX¶HOOH HVW
limitée à l’article 4, paragraphe 4, de la Convention de 1992 portant
création du Fonds pour un événement déterminé.
127. Les plafonds généraux ont été rehaussés graduelle- «2. a /H PRQWDQW WRWDO GHV LQGHPQLWpV TXH OH )RQGV
ment dans les Protocoles de 1992. À la suite de l’accident complémentaire doit verser pour un événement déterminé en vertu du
du Nakhodka DX ODUJH GX -DSRQ HQ HW GH FHOXL GH SUpVHQWDUWLFOHHVWOLPLWpGHPDQLqUHTXHODVRPPHWRWDOHGHFHPRQWDQW
ajouté au montant des indemnités effectivement versées en vertu de la
l’Erika au large de la côte ouest de la France en 1999, les Convention de 1992 sur la responsabilité et de la Convention de 1992
DPHQGHPHQWVGHDX3URWRFROHGHPRGL¿DQWOD portant création du Fonds pour réparer des dommages par pollution
Convention internationale de 1969 sur la responsabilité relevant du champ d’application du présent Protocole n’excède pas
civile pour les dommages dus à la pollution par les hydro- 750 millions d’unités de compte.
carbures ont porté le plafond maximal des indemnités à «b) Le montant de 750 millions d’unités de compte visé au
paragraphe 2 a est converti en monnaie nationale sur la base de la
89,77 millions de DTS, à compter du 1er novembre 2003. valeur de cette monnaie par rapport au droit de tirage spécial à la date
Dans les amendements de 2000 au Protocole de 1992 ¿[pHSDUO¶$VVHPEOpHGX)RQGVGHSRXUODFRQYHUVLRQGXPRQWDQW
PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ LQWHUQDWLRQDOH GH SRUWDQW maximal payable en vertu des Conventions de 1992 sur la responsabilité
création d’un fonds international d’indemnisation pour et portant création du Fonds.
«3. Si le montant des demandes établies contre le Fonds
les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures, le FRPSOpPHQWDLUHH[FqGHOHPRQWDQWWRWDOGHVLQGHPQLWpVTXHOH)RQGV
plafond a été également porté à 203 millions de DTS, et ce doit verser en vertu du paragraphe 2, le montant disponible au titre du
plafond passe de 200 millions de DTS à 300,74 millions présent Protocole est réparti au marc le franc entre les demandeurs sur
de DTS dans le cas où trois États contribuant au Fonds la base des demandes établies.
importent plus de 600 millions de tonnes de pétrole par «4. Le Fonds complémentaire verse des indemnités pour les
GHPDQGHVpWDEOLHVWHOOHVTXHGp¿QLHVjO¶DUWLFOHSUHPLHUSDUDJUDSKH
an. HWXQLTXHPHQWSRXUFHVGHPDQGHVª
Conformément à l’article 5:
128. Le Protocole de 2003 à la Convention internatio- ©/H )RQGV FRPSOpPHQWDLUH YHUVH GHV LQGHPQLWpV ORUVTXH
nale de 1992 portant création d’un Fonds international O¶$VVHPEOpHGX)RQGVGHHVWLPHTXHOHPRQWDQWWRWDOGHVGHPDQGHV
pWDEOLHV H[FqGH RX ULVTXH G¶H[FpGHU OH PRQWDQW WRWDO GLVSRQLEOH SRXU
d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par indemnisation en vertu de l’article 4, paragraphe 4, de la Convention
les hydrocarbures établit un troisième niveau d’indemni- GHSRUWDQWFUpDWLRQGX)RQGVHWTXHHQFRQVpTXHQFHO¶$VVHPEOpH
VDWLRQTXLV¶DSSOLTXHDX[GRPPDJHVVXUYHQXVVXUOHWHU- GX)RQGVGHGpFLGHjWLWUHVRLWSURYLVRLUHVRLWGp¿QLWLITXHOHV
ritoire, y compris la mer territoriale d’un État contractant SDLHPHQWV QH SRUWHURQW TXH VXU XQH SDUWLH GH WRXWH GHPDQGH pWDEOLH
/¶$VVHPEOpHGX)RQGVFRPSOpPHQWDLUHGpFLGHDORUVVLHWGDQVTXHOOH
225
PHVXUHOH)RQGVFRPSOpPHQWDLUHDFTXLWWHUDODSDUWGHWRXWHGHPDQGH
Birnie et Boyle, op. cit., p. 388. pWDEOLHTXLQ¶DSDVpWpUpJOpHHQYHUWXGHOD&RQYHQWLRQGHVXUOD
226
Art. 4 et 5. responsabilité et de la Convention de 1992 portant création du Fonds.»
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 121
131. La Convention relative aux hydrocarbures de soute 134. La Convention SNPD établit un régime d’indemni-
QHSUpYRLWSDVGHOLPLWHVVSpFL¿TXHVTXDQWjODUHVSRQVD- sation à deux niveaux. La responsabilité du propriétaire du
bilité. En application de l’article 6, le propriétaire peut navire est limitée à un montant maximal de 100 millions
limiter la responsabilité «en vertu de tout régime natio- de DTS. L’assurance est obligatoire. La Convention éta-
QDORXLQWHUQDWLRQDODSSOLFDEOHWHOTXHOD&RQYHQWLRQGH blit un Fonds SNPD234¿QDQFpDXPR\HQGHFRQWULEXWLRQV
1976 sur la limitation de la responsabilité en matière de SUpOHYpHVGHVSHUVRQQHVTXLGDQVOHVeWDWVFRQWUDFWDQWV
FUpDQFHVPDULWLPHVWHOOHTXHPRGL¿pH229. La Convention UHoRLYHQW XQH FHUWDLQH TXDQWLWp PLQLPDOH GH FDUJDLVRQV
relative aux hydrocarbures de soute ne prévoit pas un de substances nocives et potentiellement dangereuses
deuxième niveau de mécanisme d’indemnisation. pendant une année civile. En plus du compte général,
des comptes séparés sont établis pour les hydrocarbures,
132. Dans un cadre analogue, la Convention inter- OHV JD] QDWXUHOV OLTXp¿pV HW OHV JD] GH SpWUROH OLTXp¿pV
nationale de 1996 sur la responsabilité et l’indemnisation D¿Q G¶pYLWHU XQH VXEYHQWLRQ FURLVpH /H PRQWDQW WRWDO
pour les dommages liés au transport par mer de subs- des indemnités est limité de manière à ne pas excéder
tances nocives et potentiellement dangereuses (Conven- 250 millions de DTS (y compris l’indemnisation versée
WLRQ613' FDOTXpHVXUOHV3URWRFROHVGHPRGL¿DQW par le propriétaire).
respectivement la Convention internationale sur la res-
ponsabilité civile pour les dommages dus à la pollution 135. La Convention SNPD exclut les dommages résul-
par les hydrocarbures et la Convention portant création tant de la pollution visée par les régimes établis aux
d’un fonds, porte sur des substances déterminées sur la termes de la Convention internationale sur la responsa-
EDVH GH OD OLVWH GHV VXEVWDQFHV ¿JXUDQW GDQV GLYHUV LQV- bilité civile pour les dommages dus à la pollution par les
truments et codes adoptés par l’OMI. Elle porte sur les hydrocarbures et de la Convention portant création d’un
hydrocarbures230 G¶DXWUHV VXEVWDQFHV OLTXLGHV Gp¿QLHV fonds. Elle exclut également les matières radioactives
FRPPH QRFLYHV RX GDQJHUHXVHV OHV JD] OLTXp¿pV OHV DLQVLTXHOHVK\GURFDUEXUHVGHVRXWH
VXEVWDQFHVOLTXLGHVGRQWOHSRLQWG¶pFODLUQHGpSDVVHSDV
Û& OHV PDWLqUHV VROLGHV HQ YUDF SRVVpGDQW GHV SUR- 136. S’agissant du transport par route, par rail et
SULpWpVFKLPLTXHVGDQJHUHXVHVDLQVLTXHOHVUpVLGXVG¶XQ bateaux de navigation intérieure, la CRTD, adoptée sous
précédent transport en vrac de substances nocives et O¶pJLGH GH OD &RPPLVVLRQ pFRQRPLTXH SRXU O¶(XURSH D
SRWHQWLHOOHPHQW GDQJHUHXVHV DXWUHV TXH FHOOHV WUDQVSRU- XQHRSWLTXHDQDORJXH(OOHSUpYRLWODUHVSRQVDELOLWpREMHF-
tées sous emballage231. tive, conjointe et solidaire du transporteur avec un certain
nombre d’exceptions235. L’article 5 de cette Convention
133. La Convention SNPD établit un régime de la res- VWLSXOHTXH©OHWUDQVSRUWHXUDXPRPHQWG¶XQpYpQHPHQW
ponsabilité objective, conjointe et solidaire pour le pro- est responsable de tout dommage causé par les marchan-
priétaire du navire pour tout dommage survenu sur le dises dangereuses au cours de leur transport par route,
territoire, y compris la mer territoriale, d’un État contrac- rail ou bateau de navigation intérieure». Au sens de cette
WDQWGDQVOD]RQHpFRQRPLTXHH[FOXVLYHG¶XQeWDWSDUWLH &RQYHQWLRQ OH PRW ©GRPPDJHª VLJQL¿H WRXW GpFqV RX
RX VRQ pTXLYDOHQW DLQVL TXH SRXU OHV GRPPDJHV DXWUHV toute lésion corporelle, toute perte ou tout dommage subi
TXHOHVGRPPDJHVSDUFRQWDPLQDWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQW par des biens, toute perte ou tout dommage par contami-
QDWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQWHWOHFRWGHVPHVXUHVGHVDX-
YHJDUGH /D &RQYHQWLRQ QH V¶DSSOLTXH SDV DX[ PDWLqUHV
228
Art. 1, par. 9. nucléaires visées par la Convention de Paris de 1960 et la
229
/D &RQYHQWLRQ D pWp PRGL¿pH SDU OH 3URWRFROH GH 'HV Convention de Vienne de 1963236.
OLPLWHV VRQW ¿[pHV V¶DJLVVDQW GHV FUpDQFHV SRXU PRUW SRXU OpVLRQV
corporelles et pour dommages à tous biens. S’agissant des créances
SRXUPRUWRXOpVLRQVFRUSRUHOOHVODOLPLWHHVW¿[pHj'76SRXU /D &57' V¶DSSOLTXH DX[ GRPPDJHV FDXVpV DX
XQQDYLUHGRQWODMDXJHQHGpSDVVHSDVWRQQHDX[SRXUOHVQDYLUHV cours du transport de marchandises sur le territoire d’un
de jauge plus élevée, un montant vient s’ajouter, par tranche de jauge État partie et aux mesures de sauvegarde prises, le cas
et par tonneau. S’agissant des créances concernant les biens, la limite échéant, pour prévenir ou minimiser un tel dommage.
HVW¿[pHj'76SRXUXQQDYLUHGRQWODMDXJHQHGpSDVVHSDV
WRQQHDX[SRXUOHVQDYLUHVGHMDXJHSOXVpOHYpHXQPRQWDQWYLHQW
s’ajouter, par tranche de jauge et par tonneau. Le Protocole de 1996 a 138. La CRTD prévoit un régime d’assurance obliga-
porté la limite en cas de créances pour mort ou lésions corporelles à toire. En outre, le transporteur peut protéger ses biens
deux millions de DTS pour les navires dont la jauge ne dépasse pas contre les créances en constituant un fonds, soit par le
2 000 tonneaux bruts. Les montants supplémentaires applicables aux dépôt d’une somme, soit par la présentation d’une garantie
navires de plus forte jauge ont également été augmentés. Le plafond en
cas de créances concernant les biens a été porté à un million de DTS,
pour les navires dont la jauge brute ne dépasse pas 2 000 tonneaux. Les 232
Art. 7 et 8.
montants additionnels concernant les navires de plus forte jauge ont 233
également été augmentés. Art. 1, par. 6.
234
230
Voir généralement les annexes I et II de la Convention Art. 13.
235
internationale de 1973 pour la prévention de la pollution par les navires Art. 5 à 8.
0$532/ WHOOHTXHPRGL¿pHSDUOH3URWRFROHGH\UHODWLI 236
3RXU OD Gp¿QLWLRQ GH GRPPDJH YRLU DUW SDU 3RXU OHV
231
Art. 1, par. 5. régimes établis par les Conventions de Paris et de Vienne, voir infra.
122 Documents de la cinquante-sixième session
bancaire ou d’une garantie sous forme d’assurance237. La L’exploitant d’une installation nucléaire est responsable de
responsabilité du transporteur par route et du transpor- tous dommages aux personnes et de tous dommages aux
teur par rail est limitée à 18 millions d’unités de compte biens causés par un accident nucléaire survenu: a) dans
s’agissant de créances pour décès ou lésions corporelles O¶LQVWDOODWLRQ RX b) pendant le transport de substances
et à 12 millions d’unités de compte pour toutes les autres nucléaires vers l’installation ou en dehors de l’installation.
FUpDQFHV 'HV OLPLWHV LQIpULHXUHV V¶DSSOLTXHQW DX WUDQV-
porteur par bateaux de navigation intérieure, à savoir huit 142. Le montant maximal de la responsabilité de
millions d’unités de compte s’agissant de créances pour l’exploitant pour les dommages causés par un accident
décès ou lésions corporelles et sept millions d’unités de nucléaire est limité à 15 millions de DTS, un montant
compte pour toutes les autres créances238. PLQLPDOGHFLQTPLOOLRQVGH'76HVW¿[pSRXUOHVGRP-
PDJHV FRQFHUQDQW GHV LQVWDOODWLRQV j IDLEOH ULVTXH HW OH
139. La Convention internationale sur la responsabi- transport de substances nucléaires. Toutefois, un État peut
lité civile pour les dommages de pollution par les hydro- ¿[HUXQPRQWDQWSOXVpOHYpRXLQIpULHXUHQYHUWXGXGURLW
carbures résultant de la recherche et de l’exploitation des QDWLRQDO OH SODQFKHU PLQLPDO GH FLQT PLOOLRQV GH '76
ressources minérales du sous-sol marin (ci-après dénom- devant être respecté)247.
mée Convention sur les ressources minérales) a un champ
d’application territoriale plus limité car elle concerne des /H 3URWRFROH SRUWDQW PRGL¿FDWLRQ GH OD &RQYHQ-
eWDWVULYHUDLQVGHODPHUGX1RUGODPHU%DOWLTXHRXGH tion du 31 janvier 1963, complémentaire à la Conven-
ODSDUWLHGHO¶RFpDQ$WODQWLTXHVLWXpHDXQRUGGXe degré tion du 29 juillet 1960 sur la responsabilité civile dans le
de latitude nord, et concerne les opérations au large. Tout domaine de l’énergie nucléaire, amendée par un Protocole
comme la Convention internationale sur la responsabi- additionnel du 28 janvier 1964, prévoit une réparation
lité civile pour les dommages dus à la pollution par les supplémentaire à concurrence d’un maximum de 300 mil-
hydrocarbures, elle établit un régime de responsabilité lions de DTS. Cette réparation est effectuée à concurrence
objective et limitée239. Elle rend l’exploitant d’une ins- G¶XQ PRQWDQW DX PRLQV pJDO j FLQT PLOOLRQV GH '76 DX
tallation située sur le plateau continental responsable des moyen de fonds provenant d’une assurance ou d’une autre
dommages240/HPRW©GRPPDJHªHVWGp¿QLFRPPHVXLW JDUDQWLH ¿QDQFLqUH HW HQ WDQW TXH VHFRQG QLYHDX G¶LQ-
«toute perte ou tout dommage causé à l’extérieur de l’ins- GHPQLVDWLRQPLOOLRQVGH'76GRLYHQWrWUH¿QDQFpV
tallation par une contamination résultant d’une fuite ou du au moyen de fonds publics à allouer par la partie contrac-
rejet d’hydrocarbures provenant de l’installation241». WDQWH VXU OH WHUULWRLUH GH ODTXHOOH HVW VLWXpH O¶LQVWDOODWLRQ
QXFOpDLUH(QWDQWTXHWURLVLqPHQLYHDXG¶LQGHPQLVDWLRQ
/HSODIRQGHQPDWLqUHGHUHVSRQVDELOLWpHVW¿[pj les parties contractantes peuvent allouer une indemnisa-
40 millions de DTS. Toutefois, un État partie peut pré- tion supplémentaire en deçà de la limite prévue (c’est-à-
voir une responsabilité plus élevée ou illimitée s’agissant GLUHMXVTX¶jFRQFXUUHQFHGHPLOOLRQVGH'76 VXUXQH
des dommages causés sur son territoire242. L’exploitant est base proportionnelle248.
tenu de souscrire une assurance et, comme dans la CRTD,
l’exploitant peut couvrir sa responsabilité en souscrivant 144. La Convention de Paris de 1960 a un champ
et en conservant une assurance ou toute autre garantie d’application régionale limité, la Convention de Vienne
¿QDQFLqUH243. L’exploitant n’est pas en droit de limiter de 1963 a une orientation plus universelle. Les deux
sa responsabilité si le dommage par pollution «résulte conventions sont reliées par le Protocole commun relatif
G¶XQDFWHRXG¶XQHRPLVVLRQTXHO¶H[SORLWDQWDOXLPrPH à l’application de la Convention de Vienne relative à la
FRPPLV GpOLEpUpPHQW HQ VDFKDQW SHUWLQHPPHQW TX¶XQ responsabilité civile en matière de dommages nucléaires
dommage par pollution en résulterait244». et de la Convention de Paris sur la responsabilité civile
GDQV OH GRPDLQH GH O¶pQHUJLH QXFOpDLUH TXL FKHUFKH j
141. S’agissant des dommages nucléaires, la Conven- étendre mutuellement les avantages de la responsabilité
tion de Paris de 1960 a été la première convention rela- FLYLOH pQRQFpV GDQV FKDTXH FRQYHQWLRQ HW j pYLWHU WRXW
tive à la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie FRQÀLW TXL SRXUUDLW VXUJLU HQ FRQVpTXHQFH GH O¶DSSOLFD-
nucléaire à être adoptée sous l’égide de l’Agence pour tion simultanée des deux conventions dans un incident
l’énergie nucléaire de l’OCDE. Elle cherche à assurer QXFOpDLUH/DFRQYHQWLRQGH9LHQQHGHGLVSRVHTXH
©XQHUpSDUDWLRQDGpTXDWHHWpTXLWDEOHDX[SHUVRQQHVYLF- «[l]’exploitant est objectivement responsable de tout
times de dommages causés par des accidents nucléaires, dommage nucléaire». Elle prévoit toutefois certaines
tout en prenant les mesures nécessaires pour éviter d’en- exceptions249.
traver le développement de la production et des utilisa-
WLRQVGHO¶pQHUJLHQXFOpDLUHjGHV¿QVSDFL¿TXHV245». Elle 145. L’État où se trouve l’installation peut limiter la
établit un régime de responsabilité objective et limitée246. UHVSRQVDELOLWp GH O¶H[SORLWDQW j XQ PRQWDQW TXL QH VHUD
SDVLQIpULHXUjFLQTPLOOLRQVGHGROODUVGHVeWDWV8QLVSDU
237
Art. 11 et 13.
238
Art. 9.
239
Art. 3. 247
Art. 7.
240
Idem. 248
Art. 3, c’est-à-dire calculé sur la base du rapport existant entre
241
Art. 1, par. 6. OH SURGXLW QDWLRQDO EUXW GH FKDTXH SDUWLH FRQWUDFWDQWH HW OH WRWDO GHV
242
Art. 15. produits nationaux bruts de toutes les parties concurrentes d’une part et,
243 G¶DXWUHSDUWVXUODEDVHGXUDSSRUWH[LVWDQWHQWUHODSXLVVDQFHWKHUPLTXH
Art. 6 et 8.
244
GHV UpDFWHXUV VLWXpV VXU OH WHUULWRLUH GH FKDTXH SDUWLH FRQWUDFWDQWH HW
Art. 6, par. 4. OD SXLVVDQFH WKHUPLTXH WRWDOH GHV UpDFWHXUV VLWXpV VXU O¶HQVHPEOH GHV
245
Préambule. territoires des parties contractantes.
246 249
Art. 3. Art. IV, par. 3, al. a et b.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 123
accident nucléaire. Elle ne prévoit pas de réparation sup- GRPPDJHQXFOpDLUHc) soit, pour une période maximale
SOpPHQWDLUH¿QDQFpHDXPR\HQGHIRQGVGHO¶eWDW de 15 ans à compter de la date d’entrée en vigueur du
3URWRFROHjXQPRQWDQWWUDQVLWRLUHTXLQ¶HVWSDVLQIpULHXU
146. Aux termes de l’article premier de la Convention j PLOOLRQV GH '76 HQ FH TXL FRQFHUQH XQ DFFLGHQW
de Vienne de 1963, l’expression «dommage nucléaire» QXFOpDLUH VXUYHQDQW SHQGDQW FHWWH SpULRGH XQ PRQWDQW
VLJQL¿H WRXW GpFqV WRXW GRPPDJH DX[ SHUVRQQHV WRXWH LQIpULHXUjPLOOLRQVGH'76SHXWrWUH¿[pjFRQGL-
SHUWHGHELHQVRXWRXWGRPPDJHDX[ELHQVTXLSURYLHQW WLRQTXHGHVIRQGVSXEOLFVVRLHQWDOORXpVSDUFHWeWDWSRXU
ou résulte des propriétés radioactives ou d’une combinai- réparer le dommage nucléaire entre ce montant inférieur
VRQ GH FHV SURSULpWpV HW GHV SURSULpWpV WR[LTXHV H[SOR- HWPLOOLRQVGH'76HWd) l’État où se trouve l’instal-
sives ou autres propriétés dangereuses d’un combustible ODWLRQSHXW¿[HUXQPRQWDQWSOXVIDLEOHGHUHVSRQVDELOLWp
nucléaire, de produits ou déchets radioactifs se trouvant GHO¶H[SORLWDQWVRXVUpVHUYHTX¶HQDXFXQFDVXQPRQWDQW
dans une installation nucléaire ou de matières nucléaires DLQVL¿[pQHVRLWLQIpULHXUjFLQTPLOOLRQVGH'76HWTXH
TXLSURYLHQQHQWG¶XQHLQVWDOODWLRQQXFOpDLUHHQpPDQHQW l’État où se trouve l’installation prenne les dispositions
ou y sont envoyées. Elle comprend également: a) toute QpFHVVDLUHV SRXU TXH GHV IRQGV SXEOLFV VRLHQW DOORXpV
DXWUH SHUWH RX GRPPDJH DLQVL SURYRTXp GDQV OH FDV HW MXVTX¶jFRQFXUUHQFHGHVPLOOLRQVGH'76251.
dans la mesure où le droit du tribunal compétent le pré-
YRLWHWb) si le droit de l’État où se trouve l’installation en /H3URWRFROHG¶DPHQGHPHQWGHVLPSOL¿HpJD-
dispose ainsi, tout décès, tout dommage aux personnes, OHPHQWODSURFpGXUHjDSSOLTXHUSRXUUpYLVHUHWpWHQGUHOH
WRXWHSHUWHGHELHQVRXWRXWGRPPDJHDX[ELHQVTXLSUR- FKDPSG¶DSSOLFDWLRQJpRJUDSKLTXHGHOD&RQYHQWLRQGH
vient ou résulte de tout rayonnement ionisant émis par WHOOHPDQLqUHTX¶HOOHSXLVVHV¶DSSOLTXHUjGHVGRPPDJHV
toute autre source de rayonnement se trouvant dans une QXFOpDLUHVTXHOTXHVRLWOHOLHXRLOVVHSURGXLVHQW
installation nucléaire.
151. La Convention sur la réparation complémentaire de
147. À la suite de la catastrophe nucléaire de Tcherno- HVWXQLQVWUXPHQWVpSDUp6DGp¿QLWLRQGHO¶H[SUHV-
byl en 1986, les États membres de l’AIEA ont de plus sion «dommage nucléaire» est analogue à celle contenue
HQSOXVGHPDQGpTXHVRLWUpYLVpHODGp¿QLWLRQGHVGRP- dans le Protocole d’amendement de 1997. Cette Conven-
PDJHVHWTXHVRLWDXJPHQWpOHPRQWDQWGHO¶LQGHPQLVDWLRQ WLRQGLVSRVHTXHODUpSDUDWLRQGXGRPPDJHQXFOpDLUHSRXU
prévue par la Convention de Vienne de 1963. Ces efforts FKDTXH DFFLGHQW QXFOpDLUH HVW DVVXUpH SDU OHV PR\HQV
ont été couronnés par l’adoption, en 1997, du Protocole suivants: a) l’État où se trouve l’installation alloue
d’amendement de la Convention de Vienne relative à la PLOOLRQVGH'76RXXQPRQWDQWVXSpULHXURXb) une
responsabilité civile en matière de dommages nucléaires SDUWLHFRQWUDFWDQWHSHXW¿[HUSRXUXQHSpULRGHPD[LPDOH
(ci-après dénommé Protocole d’amendement de 1997) et de 10 ans à compter de la date d’ouverture à la signa-
de la Convention de 1997 sur la réparation complémen- ture de la Convention, un montant transitoire d’au moins
taire des dommages nucléaires (Convention sur la répara- 150 millions de DTS. Les parties contractantes allouent
tion complémentaire de 1997). des fonds publics au-delà du montant alloué252. Les contri-
butions sont calculées sur la base de la puissance nucléaire
/DGp¿QLWLRQGHO¶H[SUHVVLRQ©GRPPDJHQXFOpDLUHª installée des parties contractantes et sur la base de leur
contenue dans le Protocole d’amendement de 1997 TXRWHSDUW DX EDUqPH GHV FRQWULEXWLRQV DX EXGJHW RUGL-
englobe, en plus des décès ou dommages aux personnes QDLUHGHO¶218/HVeWDWVTXLYHUVHQWODTXRWHSDUWPLQL-
et des pertes ou dommages aux biens, dans la mesure PDOHjO¶2UJDQLVDWLRQHWTXLQHSRVVqGHQWDXFXQUpDFWHXU
déterminée dans le droit du tribunal compétent: a) les nucléaire ne sont pas tenus de verser des contributions253.
GRPPDJHVLPPDWpULHOVb OHFRWGHVPHVXUHVGHUHVWDX-
ration d’un environnement dégradé, sauf si la dégradation /HV PRGL¿FDWLRQV DSSRUWpHV DX ©UpJLPH GH
HVWLQVLJQL¿DQWHc WRXWPDQTXHjJDJQHUHQUHODWLRQDYHF 9LHQQHªRQWLQÀXpHQSDUWLHVXUOHVFKDQJHPHQWVDSSRUWpV
XQH XWLOLVDWLRQ RX XQH MRXLVVDQFH TXHOFRQTXH GH O¶HQYL- au «régime de Paris» du fait de la nécessité d’assurer la
URQQHPHQW TXL UpVXOWH G¶XQH GpJUDGDWLRQ LPSRUWDQWH GH compatibilité des deux régimes. Ainsi, la Convention de
FHW HQYLURQQHPHQW d OH FRW GHV PHVXUHV SUpYHQWLYHV Paris de 1960 et la Convention complémentaire à celle-ci
et toute autre perte ou tout autre dommage causés par de (ci-après dénommée Convention de Bruxelles de 1963)
WHOOHVPHVXUHVHWe) tout autre dommage immatériel, autre RQW UpFHPPHQW IDLW O¶REMHW G¶XQH UpYLVLRQ TXL D DERXWL
TXHFHOXLFDXVpSDUODGpJUDGDWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQWVL à l’adoption, le 12 février 2004, de protocoles portant
le droit général du tribunal compétent concernant la res- PRGL¿FDWLRQGHVGHX[FRQYHQWLRQV FLDSUqVGpQRPPpHV
ponsabilité civile le permet250. Convention de Paris de 2004 et convention complémen-
taire de 2004)254. La Convention de Paris de 2004 a un
149. Le Protocole d’amendement de 1997 a également FKDPS G¶DSSOLFDWLRQ pODUJL (OOH FRQWLHQW XQH Gp¿QLWLRQ
porté la limite de la responsabilité de l’exploitant à un
251
montant de 300 millions de DTS par accident. Il existe Art. 7.
SOXVLHXUV SRVVLELOLWpV O¶eWDW R VH WURXYH O¶LQVWDOODWLRQ 252
Art. III.
253
peut limiter la responsabilité de l’exploitant: a) soit à un Art. IV.
PRQWDQW TXL Q¶HVW SDV LQIpULHXU j PLOOLRQV GH '76 254
3URWRFROH SRUWDQW PRGL¿FDWLRQ GH OD &RQYHQWLRQ GX MXLOOHW
b VRLW j XQ PRQWDQW TXL Q¶HVW SDV LQIpULHXU j PLO- 1960 sur la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire
du 29 juillet 1960, amendée par le Protocole additionnel du 28 janvier
OLRQV GH '76 VRXV UpVHUYH TX¶DXGHOj GH FH PRQWDQW HW 1964 et par le Protocole du 16 novembre 1982 (Convention de Paris
MXVTX¶jFRQFXUUHQFHG¶DXPRLQVPLOOLRQVGH'76GHV GH HW 3URWRFROH SRUWDQW PRGL¿FDWLRQ GH OD &RQYHQWLRQ GX
fonds publics soient alloués par cet État pour réparer le 31 janvier 1963 complémentaire à la Convention du 29 juillet 1960 sur
la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire, amendée
par le Protocole additionnel du 28 janvier 1964 et par le Protocole du
250
Art. 2. 16 novembre 1982 (Convention complémentaire de 2004).
124 Documents de la cinquante-sixième session
étendue de l’expression «dommage nucléaire255» et responsabilité de l’exploitant a été portée à 700 millions
D XQH SRUWpH JpRJUDSKLTXH HQFRUH SOXV YDVWH256. La G¶HXURVSRXUOHVGRPPDJHVQXFOpDLUHVFDXVpVSDUFKDTXH
accident nucléaire et la responsabilité minimale pour les
255
Art. 1 a: LQVWDOODWLRQVjIDLEOHULVTXHHWOHVDFWLYLWpVGHWUDQVSRUWD
©YLL ³GRPPDJHQXFOpDLUH´VLJQL¿H été portée à 70 et 80 millions d’euros, respectivement257.
© WRXWGpFqVRXGRPPDJHDX[SHUVRQQHV
© WRXWHSHUWHGHELHQVRXWRXWGRPPDJHDX[ELHQV
«et, pour chacune des catégories suivantes dans la mesure 153. La Convention complémentaire de 2004 augmente
GpWHUPLQpHSDUOHGURLWGXWULEXQDOFRPSpWHQW à son tour les montants dans son régime d’indemnisation à
«3. tout dommage immatériel résultant d’une perte ou d’un trois niveaux. Au premier niveau, la réparation est effectuée
GRPPDJHYLVpDX[SRLQWVRXSRXUDXWDQWTX¶LOQHVRLWSDVLQFOXV à concurrence d’un montant au moins égal à 700 millions
GDQVFHVSRLQWVV¶LOHVWVXELSDUXQHSHUVRQQHTXLHVWIRQGpHjGHPDQGHU
UpSDUDWLRQGHFHWWHSHUWHRXGHFHGRPPDJH d’euros, au moyen de fonds provenant d’une assurance
© OH FRW GHV PHVXUHV GH UHVWDXUDWLRQ G¶XQ HQYLURQQHPHQW RX G¶XQH DXWUH JDUDQWLH ¿QDQFLqUH 6L O¶H[SORLWDQW Q¶HVW
GpJUDGp VDXI VL OD GpJUDGDWLRQ HVW LQVLJQL¿DQWH VL GH WHOOHV PHVXUHV pas en mesure d’assumer ses obligations, l’État sur le
VRQWHIIHFWLYHPHQWSULVHVRXGRLYHQWO¶rWUHHWSRXUDXWDQWTXHFHFRW WHUULWRLUHGXTXHOHVWVLWXpHO¶LQVWDOODWLRQQXFOpDLUHDVVXUHUD
QHVRLWSDVLQFOXVGDQVOHSRLQW
© WRXW PDQTXH j JDJQHU GLUHFWHPHQW HQ UHODWLRQ DYHF XQH
XQ¿QDQFHPHQWDXPR\HQGHIRQGVSXEOLFV/HGHX[LqPH
XWLOLVDWLRQRXXQHMRXLVVDQFHTXHOFRQTXHGHO¶HQYLURQQHPHQWTXLUpVXOWH QLYHDXpTXLYDODQWjPLOOLRQVG¶HXURVHVW¿QDQFpDX
G¶XQHGpJUDGDWLRQLPSRUWDQWHGHFHWHQYLURQQHPHQWHWSRXUDXWDQWTXH moyen de fonds publics alloués par l’État sur le territoire
FHPDQTXHjJDJQHUQHVRLWSDVLQFOXVGDQVOHSRLQW GXTXHO HVW VLWXpH O¶LQVWDOODWLRQ QXFOpDLUH GH O¶H[SORLWDQW
© OHFRWGHVPHVXUHVGHVDXYHJDUGHHWWRXWHDXWUHSHUWHRXWRXW responsable. Le troisième niveau, égal à 300 millions
autre dommage causé par de telles mesures,
«s’agissant des points 1 à 5, dans la mesure où la perte ou le d’euros, est fourni au moyen de fonds publics alloués par
dommage découle ou résulte des rayonnements ionisants émis par les parties contractantes. Le montant total de la réparation
toute source de rayonnement se trouvant à l’intérieur d’une installation D GRQF TXDGUXSOp SRXU SDVVHU j PLOOLDUG G¶HXURV HQ
nucléaire, ou émis par des combustibles nucléaires ou des produits ou vertu du régime combiné258.
déchets radioactifs se trouvant dans une installation nucléaire, ou de
VXEVWDQFHVQXFOpDLUHVTXLSURYLHQQHQWG¶XQHLQVWDOODWLRQQXFOpDLUHHQ
pPDQHQWRX\VRQWHQYR\pHVTXHODSHUWHRXOHGRPPDJHUpVXOWHGHV UpFLSURFLWp HW TXL UHSRVH VXU GHV SULQFLSHV LGHQWLTXHV j FHX[ GH OD
propriétés radioactives de ces matières ou d’une combinaison de ces présente Convention, y compris, entre autres, la responsabilité objective
SURSULpWpV HW GHV SURSULpWpV WR[LTXHV H[SORVLYHV RX DXWUHV SURSULpWpV de l’exploitant responsable, la responsabilité exclusive de l’exploitant
GDQJHUHXVHVGHFHVPDWLqUHV ou une disposition ayant le même effet, la compétence exclusive d’une
©YLLL ³PHVXUHV GH UHVWDXUDWLRQ´ VLJQL¿H WRXWHV PHVXUHV juridiction, le traitement égal de toutes les victimes d’un accident
UDLVRQQDEOHV TXL RQW pWp DSSURXYpHV SDU OHV DXWRULWpV FRPSpWHQWHV GH nucléaire, la reconnaissance et l’exécution des jugements, le libre
O¶eWDWROHVPHVXUHVVRQWSULVHVHWTXLYLVHQWjUHVWDXUHURXjUpWDEOLU transfert des indemnités, intérêts et dépens.
des éléments endommagés ou détruits de l’environnement, ou à «b) Rien dans cet article n’empêche une Partie contractante sur
LQWURGXLUH ORUVTXH FHOD HVW UDLVRQQDEOH O¶pTXLYDOHQW GH FHV pOpPHQWV OHWHUULWRLUHGHODTXHOOHHVWVLWXpHO¶LQVWDOODWLRQQXFOpDLUHGHO¶H[SORLWDQW
dans l’environnement. La législation de l’État où le dommage nucléaire responsable de prévoir dans sa législation un champ d’application plus
HVWVXELGpWHUPLQHTXLHVWKDELOLWpjSUHQGUHGHWHOOHVPHVXUHV ODUJHHQFHTXLFRQFHUQHODSUpVHQWH&RQYHQWLRQª
©L[ ³PHVXUHVGHVDXYHJDUGH´VLJQL¿HWRXWHVPHVXUHVUDLVRQQDEOHV 257
/¶DUWLFOHGLVSRVHTXH
SULVHV SDU TXLFRQTXH DSUqV TX¶HVW VXUYHQX XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH RX «a 7RXWH3DUWLHFRQWUDFWDQWHGRLWSUpYRLUGDQVVDOpJLVODWLRQTXHOD
un événement créant une menace grave et imminente de dommage responsabilité de l’exploitant pour les dommages nucléaires causés par
nucléaire pour prévenir ou réduire au minimum les dommages nucléaires FKDTXHDFFLGHQWQXFOpDLUHQ¶HVWSDVLQIpULHXUHjPLOOLRQVG¶HXURV
mentionnés aux points a vii 1 à 5, sous réserve de l’approbation des «b) Nonobstant le point a du présent article et l’article 21, point c,
DXWRULWpVFRPSpWHQWHVVLFHOOHFLHVWUHTXLVHSDUODOpJLVODWLRQGHO¶eWDW une Partie contractante peut,
ROHVPHVXUHVVRQWSULVHV «i) eu égard à la nature de l’installation nucléaire en cause et aux
©[ ³PHVXUHV UDLVRQQDEOHV´ VLJQL¿H WRXWHV PHVXUHV TXL VRQW FRQVpTXHQFHVSUpYLVLEOHVG¶XQDFFLGHQWQXFOpDLUHODPHWWDQWHQMHX¿[HU
considérées comme appropriées et proportionnées par le droit du un montant de responsabilité moins élevé pour cette installation, sans
tribunal compétent eu égard à toutes les circonstances, par exemple: WRXWHIRLV TXH OH PRQWDQW DLQVL ¿[p SXLVVH rWUH LQIpULHXU j PLOOLRQV
«1. la nature et l’ampleur du dommage nucléaire subi ou, dans le G¶HXURV
FDVGHVPHVXUHVGHVDXYHJDUGHODQDWXUHHWO¶DPSOHXUGXULVTXHG¶XQ «ii) eu égard à la nature des substances nucléaires en cause et aux
WHOGRPPDJH FRQVpTXHQFHV SUpYLVLEOHV G¶XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH OHV PHWWDQW HQ MHX
© ODSUREDELOLWpDXPRPHQWRHOOHVVRQWSULVHVTXHFHVPHVXUHV ¿[HU XQ PRQWDQW GH UHVSRQVDELOLWp PRLQV pOHYp SRXU OH WUDQVSRUW GH
VRLHQWHI¿FDFHV VXEVWDQFHV QXFOpDLUHV VDQV WRXWHIRLV TXH OH PRQWDQW DLQVL ¿[p SXLVVH
© OHVFRQQDLVVDQFHVVFLHQWL¿TXHVHWWHFKQLTXHVSHUWLQHQWHVª être inférieur à 80 millions d’euros.
256
L’article 2 est conçu comme suit: «c) La réparation des dommages nucléaires causés au moyen de
«a /DSUpVHQWH&RQYHQWLRQV¶DSSOLTXHDX[GRPPDJHVQXFOpDLUHV WUDQVSRUWVXUOHTXHOOHVVXEVWDQFHVQXFOpDLUHVHQFDXVHVHWURXYHQWDX
subis sur le territoire de, ou dans toute zone maritime établie moment de l’accident nucléaire ne peut avoir pour effet de réduire la
conformément au droit international par, ou, excepté sur le territoire responsabilité de l’exploitant pour les autres dommages nucléaires à un
d’un État non contractant non visé aux points ii à iv du présent montant inférieur, soit à 80 millions d’euros, soit au montant plus élevé
paragraphe, à bord d’un navire ou d’un aéronef immatriculé par, ¿[pSDUODOpJLVODWLRQG¶XQH3DUWLHFRQWUDFWDQWHª
«i) XQH3DUWLHFRQWUDFWDQWH 258
L’article 3 est libellé comme suit:
«ii) XQ eWDW QRQ FRQWUDFWDQW TXL DX PRPHQW GH O¶DFFLGHQW «a 'DQV OHV FRQGLWLRQV ¿[pHV SDU OD SUpVHQWH &RQYHQWLRQ OHV
nucléaire, est une Partie contractante à la Convention de Vienne relative 3DUWLHVFRQWUDFWDQWHVV¶HQJDJHQWjFHTXHODUpSDUDWLRQGHVGRPPDJHV
à la responsabilité civile en matière de dommages nucléaires, du 21 mai nucléaires visés à l’article 2 soit effectuée à concurrence d’un montant
HW j WRXW DPHQGHPHQW j FHWWH &RQYHQWLRQ TXL HVW HQ YLJXHXU de 1 500 millions d’euros par accident nucléaire, sous réserve de
pour cette Partie, et au Protocole commun relatif à l’application de la l’application de l’article 12 bis.
Convention de Vienne et de la Convention de Paris, du 21 septembre «b) Cette réparation est effectuée comme suit:
jODFRQGLWLRQWRXWHIRLVTXHOD3DUWLHFRQWUDFWDQWHjOD&RQYHQWLRQ «i) à concurrence d’un montant au moins égal à 700 millions
GH 3DULV VXU OH WHUULWRLUH GH ODTXHOOH HVW VLWXpH O¶LQVWDOODWLRQ QXFOpDLUH G¶HXURV ¿[p j FHW HIIHW HQ YHUWX GH OD OpJLVODWLRQ GH OD 3DUWLH
de l’exploitant responsable, soit une Partie contractante à ce Protocole FRQWUDFWDQWHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOHHVWVLWXpHO¶LQVWDOODWLRQQXFOpDLUH
FRPPXQ de l’exploitant responsable, au moyen de fonds provenant d’une
«iii) XQ eWDW QRQ FRQWUDFWDQW TXL DX PRPHQW GH O¶DFFLGHQW DVVXUDQFHRXG¶XQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHRXGHIRQGVSXEOLFVDOORXpV
nucléaire, n’a pas d’installation nucléaire sur son territoire ou dans conformément à l’article 10 c de la Convention de Paris, ces fonds étant
WRXWH]RQHPDULWLPHpWDEOLHSDUOXLFRQIRUPpPHQWDXGURLWLQWHUQDWLRQDO UpSDUWLVMXVTX¶jFRQFXUUHQFHGHPLOOLRQVG¶HXURVFRQIRUPpPHQWj
«iv) tout autre État non contractant où est en vigueur, au moment OD&RQYHQWLRQGH3DULV
de l’accident nucléaire, une législation relative à la responsabilité «ii) entre le montant visé à l’alinéa i ci-dessus et 1 200 millions
QXFOpDLUH TXL DFFRUGH GHV DYDQWDJHV pTXLYDOHQWV VXU XQH EDVH GH d’euros, au moyen de fonds publics à allouer par la Partie contractante
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 125
154. Les régimes de Paris et de Vienne concernent 155. Outre les régimes établis au titre des Conventions
l’application de la responsabilité à l’exploitant d’une ins- de Paris et de Vienne, la Convention relative à la respon-
WDOODWLRQ YHUV ODTXHOOH RX KRUV GH ODTXHOOH GHV PDWLqUHV sabilité des exploitants de navires nucléaires, négociée
QXFOpDLUHVVRQWWUDQVSRUWpHVPDLVODTXHVWLRQGXWUDQVSRUW sous l’égide du Comité maritime international en colla-
GHPDWLqUHVQXFOpDLUHVSDUPHUHVWXQHTXHVWLRQTXLSHXW ERUDWLRQ DYHF O¶$,($ GpWHUPLQH TXH O¶H[SORLWDQW G¶XQ
également faire l’objet de conventions maritimes. Pour navire nucléaire est «objectivement responsable» de tout
pYLWHUXQFRQÀLWSRWHQWLHOOD&RQYHQWLRQUHODWLYHjODUHV- GRPPDJH QXFOpDLUH GRQW LO HVW SURXYp TX¶LO D pWp FDXVp
ponsabilité civile dans le domaine du transport maritime SDU XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH GDQV OHTXHO VRQW LPSOLTXpV OH
GH PDWLqUHV QXFOpDLUHV SUpFLVH TXH OHV &RQYHQWLRQV GH combustible nucléaire ou les produits ou déchets radio-
Paris et de Vienne ou loi nationale tout aussi favorable actifs de ce navire260. La Convention prévoit toutefois
TXHOHV&RQYHQWLRQVGH3DULVRXGH9LHQQHO¶HPSRUWHQW259. certaines exceptions s’agissant d’un dommage nucléaire
causé par un accident nucléaire résultant directement d’un
acte de guerre, d’hostilités, d’une guerre civile ou d’une
VXU OH WHUULWRLUH GH ODTXHOOH HVW VLWXpH O¶LQVWDOODWLRQ QXFOpDLUH GH insurrection261. On entend par «dommage nucléaire» tout
O¶H[SORLWDQWUHVSRQVDEOH décès, dommages aux personnes, perte de biens ou dom-
«iii) entre 1 200 millions d’euros et 1 500 millions d’euros, au
moyen de fonds publics à allouer par les Parties contractantes selon la PDJH DX[ ELHQV TXL SURYLHQW RX UpVXOWH GHV SURSULpWpV
clé de répartition prévue à l’article 12, ce montant pouvant être accru radioactives ou d’une combinaison de ces propriétés et
conformément au mécanisme prévu à l’article 12 bis. GHV SURSULpWpV WR[LTXHV H[SORVLYHV RX DXWUHV SURSULpWpV
«c ¬FHWHIIHWFKDTXH3DUWLHFRQWUDFWDQWHGRLW dangereuses du combustible nucléaire ou de produits ou
«i) VRLW SUpYRLU GDQV VD OpJLVODWLRQ TXH OD UHVSRQVDELOLWp GH
l’exploitant n’est pas inférieure au montant visé au paragraphe a déchets radioactifs.
FLGHVVXVHWGLVSRVHUTXHFHWWHUHVSRQVDELOLWpHVWFRXYHUWHSDUO¶HQVHPEOH
des fonds visés au paragraphe bFLGHVVXV 156. Le montant de la responsabilité de l’exploitant est
«ii) VRLW SUpYRLU GDQV VD OpJLVODWLRQ TXH OD UHVSRQVDELOLWp GH limité à 1,5 milliard de francs or pour un même accident
O¶H[SORLWDQW HVW ¿[pH j XQ QLYHDX DX PRLQV pJDO j FHOXL TXL HVW ¿[p
conformément au paragraphe b i ci-dessus ou à l’article 7 b de la
nucléaire, même si celui-ci a eu lieu par une faute per-
&RQYHQWLRQGH3DULVHWGLVSRVHUTX¶DXGHOjGHFHPRQWDQWHWMXVTX¶DX VRQQHOOH TXHOFRQTXH GH O¶H[SORLWDQW RX UpVXOWH GH IDLWV
montant visé au paragraphe a ci-dessus, les fonds publics visés au dont il avait connaissance. L’exploitant doit être assuré
paragraphe b, i, ii et iii, ci-dessus sont alloués à un titre différent de RX GLVSRVHU G¶XQH DXWUH JDUDQWLH ¿QDQFLqUH /¶eWDW GRQW
FHOXL G¶XQH FRXYHUWXUH GH OD UHVSRQVDELOLWp GH O¶H[SORLWDQW WRXWHIRLV émane la licence assure le paiement des indemnités pour
HOOHQHGRLWSDVSRUWHUDWWHLQWHDX[UqJOHVGHIRQGHWGHSURFpGXUH¿[pHV
par la présente Convention. dommage nucléaire reconnues comme étant à la charge
«d ) Les créances découlant de l’obligation, pour l’exploitant, de de l’exploitant, en fournissant les sommes nécessaires, à
réparer des dommages ou de payer des intérêts et dépens au moyen concurrence de 1,5 milliard de francs or, dans la mesure
des fonds alloués conformément aux paragraphes b, ii et iii, et g du RO¶DVVXUDQFHRXDXWUHVJDUDQWLHV¿QDQFLqUHVQHVHUDLHQW
SUpVHQWDUWLFOHQHVRQWH[LJLEOHVjVRQpJDUGTX¶DXIXUHWjPHVXUHGH
l’allocation effective de ces fonds.
SDVVXI¿VDQWHV262.
«e) Si un État fait usage de la faculté prévue par l’article 21 c
de la Convention de Paris, il ne peut devenir Partie contractante à la 157. Les régimes de responsabilité s’agissant des dom-
SUpVHQWH &RQYHQWLRQ TX¶j OD FRQGLWLRQ TX¶LO JDUDQWLVVH TXH GHVIRQGV PDJHVQXFOpDLUHVVRQWSOXVGLYHUVTXHFHX[DSSOLFDEOHVj
VRQWGLVSRQLEOHVSRXUFRXYULUODGLIIpUHQFHHQWUHOHPRQWDQWSRXUOHTXHO la pollution par les hydrocarbures. Ces régimes semblent
l’exploitant est responsable et 700 millions d’euros.
«f ) Les Parties contractantes s’engagent à ne pas faire usage, SUpYRLU XQH SOXV JUDQGH UHVSRQVDELOLWp GHV eWDWV ± TXL
dans l’exécution de la présente Convention, de la faculté prévue SHXW rWUH H[SOLTXpH SDU OH FDUDFWqUH H[FHSWLRQQHOOHPHQW
à l’article 15 b de la Convention de Paris d’édicter des conditions GDQJHUHX[ GH O¶DFWLYLWp QXFOpDLUH HW OH IDLW TXH OHV GRP-
SDUWLFXOLqUHVDXWUHVTXHFHOOHVSUpYXHVSDUODSUpVHQWH&RQYHQWLRQSRXU PDJHV TX¶HOOH HQWUDvQH SHXYHQW rWUH pWHQGXV HW H[WUr-
la réparation des dommages nucléaires au moyen des fonds visés au
paragraphe a du présent article. mement durables263. À cet égard, Birnie et Boyle notent
«g) Les intérêts et dépens visés à l’article 7 h de la Convention succinctement:
GH3DULVVRQWSD\DEOHVDXGHOjGHVPRQWDQWVLQGLTXpVDXSDUDJUDSKHb
ci-dessus. Dans la mesure où ils sont alloués au titre d’une réparation >%@LHQTXHWRXWHVOHVFRQYHQWLRQVUHODWLYHVjO¶pQHUJLHQXFOpDLUHPHWWHQW
payable sur les fonds visés: O¶DFFHQWVXUODUHVSRQVDELOLWpLPSXWpHjO¶H[SORLWDQWHQWDQWTXHVRXUFH
«i) au paragraphe b i ci-dessus, ils sont à la charge de l’exploitant du dommage ou de la pollution, les […] conventions complémentaires
UHVSRQVDEOH UHFRQQDLVVHQW FODLUHPHQW TXH FHWWH DSSURFKH Q¶HVW SDV VXI¿VDQWH HW
«ii) au paragraphe b ii ci-dessus, ils sont à la charge de la TX¶HQFRQVpTXHQFHOHVeWDWVGRLYHQWFRXYULUGHVSHUWHVVXEVWDQWLHOOHV
3DUWLHFRQWUDFWDQWHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOHHVWVLWXpHO¶LQVWDOODWLRQ HQ GHoj GH OD FDSDFLWp GH O¶H[SORLWDQW GH OHV ¿QDQFHU RX GH OHV FRX-
nucléaire de cet exploitant, dans la limite des fonds alloués par cette vrir par une assurance. 2QQHSHXWSDVGLUHTXHO¶XQHTXHOFRQTXHGHV
3DUWLHFRQWUDFWDQWH FRQYHQWLRQV UHODWLYHV j O¶pQHUJLH QXFOpDLUH DSSOLTXH SOHLQHPHQW OH
«iii) au paragraphe b iii ci-dessus, ils sont à la charge de l’ensemble principe du «pollueur-payeur» ou reconnaît la responsabilité illimitée
des Parties contractantes. HW LQFRQGLWLRQQHOOH GHV eWDWV VXU OH WHUULWRLUH GHVTXHOV GHV DFFLGHQWV
«h) Les montants mentionnés dans la présente Convention sont QXFOpDLUHVVHSURGXLVHQWFHTX¶HOOHVUHFRQQDLVVHQWPrPHGHPDQLqUH
convertis dans la monnaie nationale de la Partie contractante dont les LPSDUIDLWH HVW TXH O¶DPSOHXU GHV UpSDUDWLRQV VXLWH j XQ pYHQWXHO
tribunaux sont compétents suivant la valeur de cette monnaie à la date
GH O¶DFFLGHQW j PRLQV TX¶XQH DXWUH GDWH QH VRLW ¿[pH G¶XQ FRPPXQ IDYRUDEOH DX[ SHUVRQQHV SRXYDQW VXELU GHV GRPPDJHV TXH O¶XQH RX
accord pour un accident donné, par les Parties contractantes.» l’autre des Conventions de Paris ou de Vienne.»
259
L’article premier est conçu comme suit: 260
Article II, par. 1.
©7RXWH SHUVRQQH TXL HQ YHUWX G¶XQH FRQYHQWLRQ LQWHUQDWLRQDOH RX 261
Article VIII.
d’une loi nationale applicables dans le domaine du transport maritime 262
est susceptible d’être rendue responsable dans le dommage causé par un Article II, par. 2.
accident nucléaire, est exonérée de sa responsabilité: 263
9RLU -HQNV ©/LDELOLW\ IRU XOWUDKD]DUGRXV DFWLYLWLHV LQ
«a) si l’exploitant d’une installation nucléaire est responsable de international law»S6PLWKState Responsibility and the Marine
ce dommage en vertu de l’une ou l’autre des Conventions de Paris ou Environment: the Rules of Decision S j +DQGO ©/LDELOLW\
de Vienne, ou as an obligation established by a primary rule of international law:
«b) si l’exploitant d’une installation nucléaire est responsable de VRPHEDVLFUHÀHFWLRQVRQWKH,QWHUQDWLRQDO/DZ&RPPLVVLRQ¶VZRUN»
ce dommage en vertu d’une loi nationale relative à la responsabilité Goldie, «Concepts of strict and absolute liability and the ranking of
SRXUGHWHOVGRPPDJHVjFRQGLWLRQTXHFHWWHORLVRLWjWRXVpJDUGVDXVVL liability in terms of relative exposure to risk».
126 Documents de la cinquante-sixième session
164. Le Protocole de Kiev de 2003 vise à établir un adoptée par le Conseil de l’Europe, établit un régime de
régime complet de responsabilité civile et à assurer une responsabilité objective pour les activités «dangereuses»,
LQGHPQLVDWLRQDGpTXDWHHWSURPSWHGHVGRPPDJHVFDXVpV FDU FHV DFWLYLWpV ©SUpVHQWHQW XQ ULVTXH VLJQL¿FDWLI SRXU
par les effets transfrontières d’accidents industriels sur les l’homme, l’environnement ou les biens».
eaux transfrontières. Il établit un régime de responsabilité
conjointe et solidaire, fondé sur la responsabilité objec- 168. L’article premier de la Convention de Lugano
tive et la responsabilité pour faute. Aux termes du Proto- énonce l’objet et le but de la Convention comme suit:
cole, l’exploitant est responsable des dommages causés
par un accident industriel. Conformément aux disposi- /DSUpVHQWH&RQYHQWLRQYLVHjDVVXUHUXQHUpSDUDWLRQDGpTXDWHGHV
dommages résultant des activités dangereuses pour l’environnement et
tions pertinentes du droit interne applicable, notamment prévoit également des moyens de prévention et de remise en état.
à la législation régissant la responsabilité des préposés
et agents, est responsable des dommages toute personne /D &RQYHQWLRQ GH /XJDQR HVW GRQF O¶XQLTXH LQV-
dont l’intention, l’imprudence, la négligence ou les omis- WUXPHQW KRUL]RQWDO TXL WUDLWH GHV DFWLYLWpV QRFLYHV SRXU
sions délictuelles sont à l’origine desdits dommages ou y l’environnement en général. La Convention établit la
ont contribué. responsabilité objective, conjointe et solidaire d’un
exploitant, s’agissant d’une activité dangereuse, ou de
165. La responsabilité de l’exploitant en cas de dom- l’exploitant d’un site de stockage permanent des déchets,
mages causés par un accident industriel est objective, au moment où apparaissent les dommages causés par
FRQMRLQWH HW VROLGDLUH DYHF TXHOTXHV H[FHSWLRQV274. Au ODGLWH DFWLYLWp RX OHVGLWV GpFKHWV (Q FRQVpTXHQFH O¶H[-
sens du Protocole de Kiev de 2003, un accident industriel ploitant d’une activité dangereuse est responsable des
est un événement consécutif à un phénomène incontrôlé dommages causés par cette activité, survenus au moment
dans le déroulement d’une activité dangereuse, dans une où il exerçait le contrôle de celle-ci, ou la responsabilité
LQVWDOODWLRQ RX SHQGDQW OH WUDQVSRUW MXVTX¶DX OLHX G¶XQH est imputée à l’exploitant d’un site de stockage permanent
activité dangereuse ou pendant le transport hors du site. des déchets au moment où apparaissent les dommages279.
$X[ ¿QV GX 3URWRFROH RQ HQWHQG SDU ©GRPPDJHVª
a ODSHUWHGHYLHVKXPDLQHVRXWRXWSUpMXGLFHFRUSRUHO 170. Les expressions «activité dangereuse» et «subs-
b) la perte de biens ou les dommages causés à des biens WDQFH GDQJHUHXVHª VRQW Gp¿QLHV ODUJHPHQW /¶H[SUHV-
DXWUHVTXHOHVELHQVDSSDUWHQDQWjODSHUVRQQHUHVSRQVDEOH sion «activité dangereuse» englobe les substances
FRQIRUPpPHQWDX3URWRFROHc) la perte de revenus décou- GDQJHUHXVHV OHV RUJDQLVPHV JpQpWLTXHPHQW PRGL¿pV HW
ODQWGLUHFWHPHQWG¶XQHDWWHLQWHjXQLQWpUrWMXULGLTXHPHQW les micro-organismes, l’exploitation d’une installation ou
protégé fondé sur toute exploitation des eaux transfron- d’un site d’incinération, de traitement, de manipulation ou
WLqUHVjGHV¿QVpFRQRPLTXHVVXELHGXIDLWG¶XQHDWWHLQWH GHUHF\FODJHGHGpFKHWVDLQVLTXHO¶H[SORLWDWLRQG¶XQVLWH
DX[HDX[WUDQVIURQWLqUHVd OHFRWGHVPHVXUHVGHUHPLVH de stockage permanent des déchets280. S’agissant du lien
HQpWDWGHVHDX[WUDQVIURQWLqUHVHQGRPPDJpHVOHTXHOHVW de causalité entre l’événement et le dommage, l’article 10
OLPLWpDXFRWGHVPHVXUHVHIIHFWLYHPHQWSULVHVRXGHYDQW GH OD &RQYHQWLRQ GH /XJDQR GLVSRVH TXH ©OH MXJH WLHQW
O¶rWUHe OHFRWGHVPHVXUHVGHULSRVWH GPHQWFRPSWHGXULVTXHDFFUXGHSURYRTXHUOHGRPPDJH
inhérent à l’activité dangereuse».
166. Il est obligatoire de s’assurer et de prendre d’autres
JDUDQWLHV¿QDQFLqUHV/H3URWRFROHGH.LHYGH¿[H
OHVOLPLWHVLQIpULHXUHVGHVJDUDQWLHV¿QDQFLqUHVFODVVpHV 171. La responsabilité objective de l’exploitant aux
HQWURLVFDWpJRULHVGLIIpUHQWHVVHORQOHSRWHQWLHOGHULVTXH termes de la Convention de Lugano fait l’objet d’un
des activités dangereuses275. La responsabilité de l’ex- certain nombre d’exonérations281. La responsabilité aux
SORLWDQWHQYHUWXGX3URWRFROHHVWOLPLWpH$X[¿QVGHOD termes de la Convention est illimitée. L’article 12 dispose
limitation de la responsabilité, les activités dangereuses TXH©FKDTXH3DUWLHV¶DVVXUHTXHGDQVOHVFDVDSSURSULpV
sont groupées en trois catégories, selon leur potentiel de WHQDQW FRPSWH GHV ULVTXHV GH O¶DFWLYLWp OHV H[SORLWDQWV
ULVTXH276. La responsabilité pour faute ne fait pas l’objet exerçant une activité dangereuse sur son territoire» sont
GHOLPLWHV¿QDQFLqUHV277. WHQXVGHSDUWLFLSHUjXQUpJLPHGHVpFXULWp¿QDQFLqUHRX
G¶DYRLUHWGHPDLQWHQLUXQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHD¿Q
167. La Convention sur la responsabilité civile des dom- de couvrir la responsabilité visée dans la Convention.
mages résultant d’activités dangereuses pour l’environ- Les limites, types et conditions de cette assurance ou des
nement278 (ci-après dénommée Convention de Lugano),
279
Art. 6 et 7.
280
274
Art. 4. Art. 2.
281
275
Art. 11 et annexe II, 2e partie. L’article 8 est libellé comme suit:
276 «L’exploitant n’est pas responsable du dommage, en vertu de la
Art. 9 et annexe II, 1re partie.
277
présente Convention, s’il prouve:
Art. 9. «a TX¶LO UpVXOWH G¶XQ DFWH GH JXHUUH G¶KRVWLOLWpV G¶XQH JXHUUH
278
/¶DUWLFOH GH OD &RQYHQWLRQ VSpFL¿H OHV H[FHSWLRQV j OD civile, d’une insurrection ou d’un phénomène naturel, de caractère
&RQYHQWLRQ $X[ WHUPHV GH FHW DUWLFOH OD &RQYHQWLRQ QH V¶DSSOLTXH H[FHSWLRQQHOLQpYLWDEOHHWLUUpVLVWLEOH
SDV DX[ GRPPDJHV FDXVpV SDU XQH VXEVWDQFH QXFOpDLUH TXL UpVXOWH «b TX¶LOUpVXOWHG¶XQDFWHFRPPLVSDUXQWLHUVGDQVO¶LQWHQWLRQGH
d’un accident nucléaire dont la responsabilité est réglée soit par la causer un dommage, en dépit des mesures de sécurité adaptées au type
Convention de Paris de 1960 et son Protocole additionnel soit par la G¶DFWLYLWpGDQJHUHXVHHQFDXVH
&RQYHQWLRQGH9LHQQHGHRXORUVTXHODUHVSRQVDELOLWpSRXUGHWHOV «c TX¶LOUpVXOWHQpFHVVDLUHPHQWGXUHVSHFWG¶XQFRPPDQGHPHQW
GRPPDJHVHVWUpJOpHSDUXQHOpJLVODWLRQLQWHUQHVSpFL¿TXHSRXUYXTXH RXG¶XQHPHVXUHLPSpUDWLYHVSpFL¿TXHpPDQDQWG¶XQHDXWRULWpSXEOLTXH
FHWWHOpJLVODWLRQVRLWDXVVLIDYRUDEOHHQFHTXLFRQFHUQHODUpSDUDWLRQ «d TX¶LOUpVXOWHG¶XQHSROOXWLRQG¶XQQLYHDXDFFHSWDEOHHXpJDUG
GHV GRPPDJHV TXH OD &RQYHQWLRQ GH /XJDQR /DGLWH FRQYHQWLRQ QH DX[FLUFRQVWDQFHVORFDOHVSHUWLQHQWHVRX
V¶DSSOLTXHSDVGDQVODPHVXUHRHOOHHVWLQFRPSDWLEOHDYHFOHVUqJOHV «e TX¶LO UpVXOWH G¶XQH DFWLYLWp GDQJHUHXVH PHQpH OLFLWHPHQW
de droit applicable concernant les accidents du travail ou le régime de dans l’intérêt de la victime, dans la mesure où il était raisonnable de
sécurité sociale. O¶H[SRVHUDX[ULVTXHVGHFHWWHDFWLYLWpGDQJHUHXVHª
128 Documents de la cinquante-sixième session
173. Le Conseil de l’Europe n’étant pas en mesure d’ac- c) les dommages affectant les sols, à savoir toute contamina-
WLRQGHVVROVTXLHQJHQGUHXQULVTXHG¶LQFLGHQFHQpJDWLYHJUDYHVXU
cepter les propositions du Parlement européen, le Conseil la santé humaine du fait de l’introduction directe ou indirecte en
et le Parlement ont tenu des négociations plus approfon- surface ou dans le sol de substances, préparations, organismes ou
dies. Ce processus de conciliation a abouti à l’élabora- micro-organismes.
tion d’un texte conjoint adopté par la Commission de
conciliation le 27 février 2004. Ce texte conjoint a été /D GLUHFWLYH &( V¶DSSOLTXH GRQF DX[
DGRSWpOHDYULOHQWDQWTXHGLUHFWLYH&( dégâts causés à l’environnement par des activités telles
du Parlement européen et du Conseil sur la responsabilité TXH OD JHVWLRQ GHV GpFKHWV HW GHV HDX[ DLQVL TX¶j WRXWH
HQYLURQQHPHQWDOHHQFHTXLFRQFHUQHODSUpYHQWLRQHWOD PHQDFH LPPLQHQWH G¶XQ WHO GRPPDJH TXL VH SURGXLUDLW
réparation des dommages environnementaux286. Les États GXIDLWGHFHVDFWLYLWpV/DOLVWHGHVDFWLYLWpVYLVpHV¿JXUH
membres doivent mettre en vigueur les dispositions légis- à l’annexe III de la directive. Un régime de responsabi-
latives, réglementaires et administratives nécessaires pour OLWpREMHFWLYHHVWDSSOLTXpjO¶H[SORLWDQWUpDOLVDQWGHWHOOHV
se conformer à la directive au plus tard le 30 avril 2007287. DFWLYLWpV&HUpJLPHV¶DSSOLTXHDXVVLDX[GRPPDJHVFDX-
sés aux espèces et à l’habitat naturel protégé par l’une des
/DSROLWLTXHGHO¶8(HQPDWLqUHG¶HQYLURQQHPHQW DFWLYLWpV SURIHVVLRQQHOOHV DXWUH TXH FHOOHV pQXPpUpHV j
est fondée sur le principe de précaution et sur celui du l’annexe III, et à la menace imminente de tels dommages
«pollueur-payeur», et, en particulier, sur le principe GpFRXODQWGHO¶XQHGHFHVDFWLYLWpVORUVTXHO¶H[SORLWDQWD
VHORQ OHTXHO XQ GRPPDJH HQYLURQQHPHQWDO GHYUDLW HQ commis une faute ou une négligence288. Ainsi, un régime
GH UHVSRQVDELOLWp SRXU IDXWH HVW DSSOLTXp GDQV OH FDV GH
282
&KXUFKLOO ORFFLWSHW QRWHTX¶XQSODQHQFHVHQVDpWp GRPPDJHVFDXVpVjODELRGLYHUVLWp&HUpJLPHV¶DSSOLTXH
EORTXp FRPSWH WHQX GX IDLW TXH OD &RQYHQWLRQ GH /XJDQR Q¶HVW SDV XQLTXHPHQW DX[ GRPPDJHV HQYLURQQHPHQWDX[ FDXVpV
entrée en vigueur. SDUXQHSROOXWLRQjFDUDFWqUHGLIIXVORUVTX¶LOHVWSRVVLEOH
283
Commission des Communautés européennes, «Livre blanc sur la d’établir un lien de causalité entre les dommages et les
UHVSRQVDELOLWpHQYLURQQHPHQWDOHª &20 ¿QDO activités des différents exploitants289. La directive ne s’ap-
284
&20 ¿QDO SOLTXHSDVDX[GRPPDJHVFRUSRUHOVDX[GRPPDJHVDX[
285
&20 ¿QDO
286
-RXUQDORI¿FLHOGHO¶8QLRQHXURSpHQQH, 30 avril 2004, no L 143,
288
p. 56. Art. 3.
287 289
Art. 19. Art. 4, par. 5.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 129
ELHQVSULYpVQLDX[SHUWHVpFRQRPLTXHVHWQ¶DSDVG¶LQFL- UDLVRQQDEOHVH[SRVpVSDUTXLFRQTXHUHODWLIVDX[PHVXUHV
dence sur les droits concernant ce type de préjudice. de réaction nécessaires, y compris les mesures de préven-
tion, de limitation, de nettoyage et d’enlèvement et aux
177. La directive 2004/35/CE comporte également mesures prises pour rétablir le statu quo ante291.
des exclusions et des exonérations290(OOHQHV¶DSSOLTXH
pas aux dommages résultant d’un incident à l’égard 180. En outre, si des dommages causés par l’opérateur
GXTXHO OD UHVSRQVDELOLWp RX O¶LQGHPQLVDWLRQ UHOqYHQW GX VRQW LPSXWDEOHV DX IDLW TX¶XQH GHV SDUWLHV FRQWUDFWDQWHV
FKDPSG¶DSSOLFDWLRQGHV3URWRFROHVGHPRGL¿DQWOD n’a pas honoré ses obligations concernant son opérateur,
Convention internationale sur la responsabilité civile pour la Convention sur la réglementation des activités relatives
les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures et DX[ UHVVRXUFHV PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH pWDEOLW pJDOH-
la Convention portant création d’un fonds, de la Conven- PHQWODUHVSRQVDELOLWpGHO¶eWDWHQTXHVWLRQHQODPDWLqUH
tion SNPD, de la Convention relative aux hydrocarbures Cette responsabilité est limitée à la partie de la responsa-
GHVRXWHHWGHOD&57'/DGLUHFWLYHQHV¶DSSOLTXHSDVDX[ bilité non honorée par l’opérateur292.
ULVTXHV QL DX[ GRPPDJHV HQYLURQQHPHQWDX[ QXFOpDLUHV
relevant du champ d’application de la Convention de /H 3URWRFROH DX 7UDLWp VXU O¶$QWDUFWLTXH UHODWLI j
Paris de 1960, de la Convention de Vienne de 1963, OD SURWHFWLRQ GH O¶HQYLURQQHPHQW TXL pQRQFH XQ UpJLPH
de la Convention de Bruxelles de 1963, du Protocole complet de protection de l’environnement de l’Antarc-
commun relatif à l’application de la Convention de Vienne WLTXH HW GHV pFRV\VWqPHV WULEXWDLUHV HW DVVRFLpV GDQV
relative à la responsabilité civile en matière de dommages l’intérêt de l’humanité tout entière, interdit toute activité
nucléaires et de la Convention de Paris sur la responsa- FRQFHUQDQW OHV UHVVRXUFHV QDWXUHOOHV VDXI j GHV ¿QV GH
bilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire, et de UHFKHUFKH VFLHQWL¿TXH &H 3URWRFROH DQQXOH HW UHPSODFH
la Convention relative à la responsabilité civile dans le la Convention sur la réglementation des activités relatives
domaine du transport maritime de matières nucléaires. En DX[ UHVVRXUFHV PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH 'HV UqJOHV
outre, la directive est sans préjudice du droit de l’exploitant relatives à la responsabilité en cas de dommages résultant
de limiter sa responsabilité conformément à la législation G¶DFWLYLWpVUpDOLVpHVGDQVO¶$QWDUFWLTXHFRPSDWLEOHVDYHF
QDWLRQDOHTXLPHWHQ°XYUHOD&RQYHQWLRQVXUODOLPLWDWLRQ les objectifs du Protocole en matière d’environnement,
de la responsabilité en matière de créances maritimes, y sont en cours d’élaboration293.
FRPSULV WRXWH PRGL¿FDWLRQ IXWXUH GH FHWWH FRQYHQWLRQ
ou la Convention sur la limitation de la responsabilité 182. La deuxième catégorie de traités concernant la
HQ QDYLJDWLRQ LQWpULHXUH &HV H[FOXVLRQV V¶DSSOLTXHQW j TXHVWLRQ GH OD UHVSRQVDELOLWp FRQFHUQH OHV WUDLWpV TXL
WRXWHVPRGL¿FDWLRQVXOWpULHXUHVGHFHVLQVWUXPHQWV considèrent les États directement responsables. À l’heure
actuelle, un traité entre entièrement dans cette catégorie,
178. La directive 2004/35/CE n’établit pas de limite en à savoir la Convention sur la responsabilité internatio-
matière de responsabilité. Elle ne contient pas un système nale pour les dommages causés par des objets spatiaux294.
d’assurance obligatoire. Aux termes de son article 12, les /¶DUWLFOH ,, GH OD &RQYHQWLRQ GLVSRVH TX¶XQ eWDW GH ODQ-
SHUVRQQHV SK\VLTXHV RX PRUDOHV WRXFKpHV RX ULVTXDQW cement a la responsabilité absolue de verser réparation
d’être touchées par le dommage environnemental ou pour le dommage causé par son objet spatial à la surface
D\DQWXQLQWpUrWVXI¿VDQWjIDLUHYDORLUjO¶pJDUGGXSURFHV- de la Terre ou aux aéronefs en vol295. Par ailleurs, il est
sus décisionnel environnemental relatif aux dommages
RXIDLVDQWYDORLUXQHDWWHLQWHjXQGURLWORUVTXHOHFRGH 291
Aux termes du paragraphe 4 de l’article 8:
de procédure administrative d’un État membre pose une «La responsabilité d’un opérateur n’est pas engagée […] si
OHGLW RSpUDWHXU DSSRUWH OD SUHXYH TXH OHV GRPPDJHV RQW pWp FDXVpV
WHOOHFRQGLWLRQRQWODIDFXOWpGHGHPDQGHUTXHO¶DXWRULWp directement par, et pour l’étendue des dommages causés directement
compétente prenne des mesures en vertu de la directive. par:
Les États membres déterminent, sur la base de leur légis- «a) un événement constituant, au vu des circonstances de
ODWLRQQDWLRQDOHGDQVTXHOFDVLO\DXQ©LQWpUrWVXI¿VDQWª O¶$QWDUFWLTXHXQHFDWDVWURSKHQDWXUHOOHGHFDUDFWqUHH[FHSWLRQQHOTX¶LO
toutefois, l’intérêt de toute organisation non gouverne- DXUDLWpWpLPSRVVLEOHGHSUpYRLUUDLVRQQDEOHPHQWRX
«b XQFRQÀLWDUPpDXFDVRLOVHSURGXLUDLWQRQREVWDQWOH7UDLWp
PHQWDOHTXL°XYUHHQIDYHXUGHODSURWHFWLRQGHO¶HQYLURQ- VXU O¶$QWDUFWLTXH RX XQ DFWH GH WHUURULVPH GLULJp FRQWUH OHV DFWLYLWpV
QHPHQWHWTXLUHPSOLWOHVFRQGLWLRQVSRXYDQWrWUHUHTXLVHV GHO¶RSpUDWHXUFRQWUHOHTXHODXFXQHPHVXUHGHSUpFDXWLRQUDLVRQQDEOH
HQGURLWLQWHUQHHVWUpSXWpVXI¿VDQW Q¶DXUDLWSXrWUHHI¿FDFHª
292
Art. 8.
179. Des efforts ont également été réalisés en vue de 293
Art. 16. Le Groupe de travail sur la responsabilité de la Réunion
fournir un régime de responsabilité dans la région de FRQVXOWDWLYH GX 7UDLWp VXU O¶$QWDUFWLTXH D pWp FRQYRTXp HQ YXH GH
concevoir un régime de la responsabilité.
O¶$QWDUFWLTXH $X[ WHUPHV GH O¶DUWLFOH GH OD &RQYHQ- 294
Voir également le Traité sur les principes régissant les activités
tion sur la réglementation des activités relatives aux des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-
UHVVRXUFHV PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH XQ RSpUDWHXU HVW DWPRVSKpULTXH\FRPSULVOD/XQHHWOHVDXWUHVFRUSVFpOHVWHVDLQVLTXH
objectivement responsable: a) des dommages à l’environ- OD'pFODUDWLRQGHVSULQFLSHVMXULGLTXHVUpJLVVDQWOHVDFWLYLWpVGHVeWDWVHQ
QHPHQWGHO¶$QWDUFWLTXHRXDX[pFRV\VWqPHVGpSHQGDQWV PDWLqUHG¶H[SORUDWLRQHWG¶XWLOLVDWLRQGHO¶HVSDFHH[WUDDWPRVSKpULTXH
RX DVVRFLpV b) de la perte ou détérioration d’une utili- contenue dans la résolution 1962 (XVIII) de l’Assemblée générale, du
13 décembre 1963, et la résolution 47/68 de l’Assemblée générale, du
VDWLRQ pWDEOLH GHV pFRV\VWqPHV GpSHQGDQWV RX DVVRFLpV 14 décembre 1992, intitulée «Principes relatifs à l’utilisation de sources
c) de la perte de biens appartenant à un tiers ou des dom- d’énergie nucléaires dans l’espace».
mages causés à ceux-ci ou de décès ou de blessures aux 295
L’article VI prévoit des exonérations:
tiers découlant directement des dommages à l’environne- «1. Sous réserve des dispositions du paragraphe 2 du présent
PHQWGHO¶$QWDUFWLTXHHWd GXUHPERXUVHPHQWGHVFRWV article, un État de lancement est exonéré de la responsabilité absolue
GDQVODPHVXUHRLOpWDEOLWTXHOHGRPPDJHUpVXOWHHQWRWDOLWpRXHQ
partie, d’une faute lourde ou d’un acte ou d’une omission commis dans
290
Art. 4 et 6. (Suite de la note page suivante.)
130 Documents de la cinquante-sixième session
nécessaire de prouver la faute en cas de dommages causés au lancement d’un objet spatial299. Le terme «dommage»
DLOOHXUVTX¶jODVXUIDFHGHOD7HUUHRXjGHVSHUVRQQHVRXj désigne la perte de vies humaines, les lésions corporelles
des biens se trouvant à bord d’un objet spatial296. ou autres atteintes à la santé, ou la perte de biens d’État ou
GHSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHVRXGHELHQVG¶RUJD-
183. En cas d’accident concernant des objets spatiaux nisations internationales intergouvernementales300.
de deux États ayant causé un dommage à un État tiers
RXjGHVSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHVUHOHYDQWGHOXL /H PRQWDQW GH OD UpSDUDWLRQ TXH O¶eWDW GH ODQFH-
les deux États de lancement sont solidairement respon- ment sera tenu de payer pour le dommage est déterminé
VDEOHV HQYHUV O¶eWDW WLHUV GDQV OHV OLPLWHV LQGLTXpHV j conformément au droit international et aux principes de
l’article IV297. MXVWLFHHWG¶pTXLWp&HWWHUpSDUDWLRQGRLWrWUHGHQDWXUHj
©UpWDEOLUODSHUVRQQHSK\VLTXHRXPRUDOHO¶eWDWRXO¶RU-
(QRXWUHO¶DUWLFOH9GLVSRVHTXHORUVTXHGHX[RX JDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHGHPDQGHXUGDQVODVLWXDWLRQTXL
plusieurs États procèdent en commun au lancement d’un aurait existé si le dommage ne s’était pas produit301».
objet spatial, ils sont solidairement responsables de tout
GRPPDJHTXLSHXWHQUpVXOWHU298. 8QHDXWUHFRQYHQWLRQTXLVHPEOHHQYLVDJHUO¶DSSOL-
cation de la responsabilité des États est la Convention sur
185. L’expression «État de lancement» désigne un État le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internatio-
TXLSURFqGHRXIDLWSURFpGHUDXODQFHPHQWG¶XQREMHWVSD- QDX[jGHV¿QVDXWUHVTXHODQDYLJDWLRQ302. L’article 7 est
tial ou un État dont le territoire ou les installations servent libellé comme suit:
/RUVTX¶LOVXWLOLVHQWXQFRXUVG¶HDXLQWHUQDWLRQDOVXUOHXUWHUUL-
(Suite de la note 295.) toire, les États du cours d’eau prennent toutes les mesures appropriées
SRXUQHSDVFDXVHUGHGRPPDJHVVLJQL¿FDWLIVDX[DXWUHVeWDWVGXFRXUV
O¶LQWHQWLRQGHSURYRTXHUXQGRPPDJHGHODSDUWG¶XQeWDWGHPDQGHXU d’eau.
RXGHVSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHVTXHFHGHUQLHUeWDWUHSUpVHQWH
© $XFXQHH[RQpUDWLRQTXHOOHTX¶HOOHVRLWQ¶HVWDGPLVHGDQVOHV /RUVTX¶XQGRPPDJHVLJQL¿FDWLIHVWQpDQPRLQVFDXVpjXQDXWUH
FDV R OH GRPPDJH UpVXOWH G¶DFWLYLWpV G¶XQ eWDW GH ODQFHPHQWTXL QH État du cours d’eau, les États dont l’utilisation a causé ce dommage
sont pas conformes au droit international, y compris, en particulier, à prennent, en l’absence d’accord concernant cette utilisation, toutes
la Charte des Nations Unies et au Traité sur les principes régissant les les mesures appropriées, en prenant en compte comme il se doit les
activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace dispositions des articles 5 et 6 et en consultation avec l’État touché,
H[WUDDWPRVSKpULTXH\FRPSULVOD/XQHHWOHVDXWUHVFRUSVFpOHVWHVª pour éliminer ou atténuer ce dommage et, le cas échéant, discuter de la
296
Art. III. TXHVWLRQGHO¶LQGHPQLVDWLRQ
297
L’article IV est libellé comme suit:
© (QFDVGHGRPPDJHFDXVpDLOOHXUVTX¶jODVXUIDFHGHOD7HUUH 188. La troisième catégorie de traités est celle des ins-
à un objet spatial d’un État de lancement ou à des personnes ou à des WUXPHQWV TXL VH UpIqUHQW j OD UHVSRQVDELOLWp VDQV GRQQHU
biens se trouvant à bord d’un tel objet spatial, par un objet spatial d’un G¶DXWUHV SUpFLVLRQV TXDQW DX[ UqJOHV GH IRQG RX GH SUR-
autre État de lancement, et en cas de dommage causé de ce fait à un État
WLHUVRXjGHVSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHVUHOHYDQWGHOXLOHVGHX[
FpGXUH j DSSOLTXHU &HV WUDLWpV WRXW HQ UHFRQQDLVVDQW OD
premiers États sont solidairement responsables envers l’État tiers dans pertinence du principe de responsabilité, ne règlent pas
OHVOLPLWHVLQGLTXpHVFLDSUqV OD TXHVWLRQ ,OV VHPEOHQW V¶HQ UHPHWWUH j O¶H[LVWHQFH GH
«a) Si le dommage a été causé à l’État tiers à la surface de règles de responsabilité en droit international, ou bien
la Terre ou à un aéronef en vol, leur responsabilité envers l’État est
DEVROXH 299
Art. 1, al. c. Voir également l’article IV s’agissant de la
«b) Si le dommage a été causé à un objet spatial d’un État tiers ou
responsabilité absolue en cas de dommage causé à un État tiers.
à des personnes ou à des biens se trouvant à bord d’un tel objet spatial, 300
DLOOHXUVTX¶jODVXUIDFHGHOD7HUUHOHXUUHVSRQVDELOLWpHQYHUVO¶eWDWWLHUV Art. 1, al. a. Voir également le principe 9 des Principes relatifs à
est fondée sur la faute de l’un d’eux ou sur la faute de personnes dont l’utilisation de sources d’énergie nucléaires dans l’espace, adoptés par
chacun d’eux doit répondre. l’Assemblée générale dans sa résolution 47/68, du 14 décembre 1992:
«2. Dans tous les cas de responsabilité solidaire prévue au «1. Conformément à l’article VII du Traité sur les principes
paragraphe 1 du présent article, la charge de la réparation pour le régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation
dommage est répartie entre les deux premiers États selon la mesure GHO¶HVSDFHH[WUDDWPRVSKpULTXH\FRPSULVOD/XQHHWOHVDXWUHVFRUSV
GDQVODTXHOOHLOVpWDLHQWHQIDXWHV¶LOHVWLPSRVVLEOHG¶pWDEOLUGDQVTXHOOH célestes, et aux dispositions de la Convention sur la responsabilité
mesure chacun de ces États était en faute, la charge de la réparation est internationale pour les dommages causés par les objets spatiaux, tout
répartie entre eux de manière égale. Cette répartition ne peut porter eWDW TXL SURFqGH RX IDLW SURFpGHU DX ODQFHPHQW G¶XQ REMHW VSDWLDO HW
DWWHLQWHDXGURLWGHO¶eWDWWLHUVGHFKHUFKHUjREWHQLUGHO¶XQTXHOFRQTXH tout État dont le territoire ou des installations servent au lancement
GHV eWDWV GH ODQFHPHQW RX GH WRXV OHV eWDWV GH ODQFHPHQW TXL VRQW d’un objet spatial est responsable du point de vue international des
solidairement responsables, la pleine et entière réparation due en vertu GRPPDJHV TXL SRXUUDLHQW rWUH FDXVpV SDU FHW REMHW VSDWLDO RX VHV
de la présente Convention.» éléments constitutifs. &HWWH GLVSRVLWLRQ V¶DSSOLTXH SOHLQHPHQW DX FDV
298
Les paragraphes pertinents de l’article V sont libellés comme G¶XQREMHWVSDWLDOD\DQWjERUGXQHVRXUFHG¶pQHUJLHQXFOpDLUH/RUVTXH
suit: deux ou plusieurs États procèdent en commun au lancement d’un objet
© /RUVTXH GHX[ RX SOXVLHXUV eWDWV SURFqGHQW HQ FRPPXQ DX spatial, ils sont solidairement responsables, conformément à l’article V
lancement d’un objet spatial, ils sont solidairement responsables de tout GHOD&RQYHQWLRQVXVPHQWLRQQpHGHWRXWGRPPDJHTXLSHXWHQUpVXOWHU
GRPPDJHTXLSHXWHQUpVXOWHU © /HPRQWDQWGHODUpSDUDWLRQTXHFHVeWDWVVRQWWHQXVGHYHUVHU
© 8Q eWDW GH ODQFHPHQW TXL D UpSDUp OH GRPPDJH D XQ GURLW SRXU OH GRPPDJH HQ YHUWX GH OD &RQYHQWLRQ VXVPHQWLRQQpH HVW ¿[p
de recours contre les autres participants au lancement commun. Les conformément au droit international et aux principes de justice et
participants au lancement en commun peuvent conclure des accords G¶pTXLWpHWGRLWSHUPHWWUHGHUpWDEOLUODSHUVRQQHSK\VLTXHRXPRUDOH
UHODWLIVjODUpSDUWLWLRQHQWUHHX[GHODFKDUJH¿QDQFLqUHSRXUODTXHOOHLOV O¶eWDWRXO¶RUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHGHPDQGHXUGDQVODVLWXDWLRQTXL
sont solidairement responsables. Lesdits accords ne portent pas atteinte aurait existé si le dommage ne s’était pas produit.
DXGURLWG¶XQeWDWDXTXHODpWpFDXVpXQGRPPDJHGHFKHUFKHUjREWHQLU © $X[ ¿QV GX SUpVHQW SULQFLSH OD UpSDUDWLRQ LQFOXW OH
GH O¶XQ TXHOFRQTXH GHV eWDWV GH ODQFHPHQW TXL VRQW VROLGDLUHPHQW UHPERXUVHPHQWGHVGpSHQVHVGPHQWMXVWL¿pHVTXLRQWpWpHQJDJpHVDX
responsables la pleine et entière réparation due en vertu de la présente titre des opérations de recherche, de récupération et de nettoyage, y
Convention. FRPSULVOHFRWGHO¶DVVLVWDQFHGHWLHUFHVSDUWLHVª
301
«3. Un État dont le territoire ou les installations servent au Art. XII de la Convention sur la responsabilité internationale
lancement d’un objet spatial est réputé participant à un lancement pour les dommages causés par les objets spatiaux.
302
commun.» Art. 15.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 131
FRPSWHU TXH GH WHOOHV UqJOHV VHURQW pODERUpHV 3OXVLHXUV 190. La Convention sur la réglementation des activités
traités appartiennent à cette catégorie. Par exemple, la UHODWLYHVDX[UHVVRXUFHVPLQpUDOHVGHO¶$QWDUFWLTXHIDLWGH
&RQYHQWLRQ UpJLRQDOH GH .RZHwW SRXU OD FRRSpUDWLRQ HQ l’élaboration de règles en matière de responsabilité une
vue de la protection du milieu marin contre la pollution condition préalable aux activités de prospection et d’ex-
VWLSXOHTXHOHVeWDWVFRQWUDFWDQWVGRLYHQWFROODERUHUSRXU SORLWDWLRQ GHV UHVVRXUFHV PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH313.
élaborer et adopter des règles et procédures régissant la Cela est également envisagé dans le Protocole au Traité sur
responsabilité civile et l’indemnisation en cas de dom- O¶$QWDUFWLTXHUHODWLIjODSURWHFWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQW
mage résultant d’une pollution du milieu marin, mais elle
Q¶LQGLTXHSDVTXHOOHVVRQWFHVUqJOHVHWFHVSURFpGXUHV303. 191. Dans certains cas, des progrès ont été réalisés sur
Tel est également le cas d’autres conventions maritimes la voie de cet objectif. On peut en voir un exemple dans le
régionales: la Convention pour la protection de la mer 3URWRFROHGH.LHYGHTXLVHUDSSRUWHjOD&RQYHQ-
Méditerranée contre la pollution, la Convention relative tion sur la protection et l’utilisation des cours d’eau trans-
à la coopération en matière de protection et de mise en frontières et des lacs internationaux et à la Convention
valeur du milieu marin et des zones côtières de la région de sur les effets transfrontières des accidents industriels
O¶$IULTXHGHO¶2XHVWHWGX&HQWUHOD&RQYHQWLRQUHODWLYHj DLQVLTX¶DX3URWRFROHGH%kOHGHOHTXHOHVWXQSUR-
ODSURWHFWLRQGXPLOLHXPDULQHWGXOLWWRUDOGX3DFL¿TXHGX tocole à la Convention de Bâle sur le contrôle des mou-
Sud-Est304, la Convention régionale concernant la conser- vements transfrontières de déchets dangereux et de leur
vation de l’environnement de la mer Rouge et du golfe élimination.
d’Aden305, la Convention pour la protection et la mise en
YDOHXUGXPLOLHXPDULQGDQVODUpJLRQGHV&DUDwEHV306, la 192. La Convention africaine sur la conservation
Convention pour la protection, la gestion et la mise en de la nature et des ressources naturelles dispose, à son
valeur du milieu marin et des zones côtières de la région DUWLFOH;;,9TXHOHVSDUWLHVDGRSWHURQWGqVTXHSRVVLEOH
GHO¶$IULTXHRULHQWDOH307, la Convention sur la protection des règles et des procédures concernant la responsabilité
des ressources naturelles et de l’environnement de la HW O¶LQGHPQLVDWLRQ GHV GRPPDJHV FRQFHUQDQW GHV TXHV-
UpJLRQGX3DFL¿TXH6XG308, le Protocole sur la protection tions visées par la Convention. Cette convention cherche,
GXPLOLHXPDULQFRQWUHODSROOXWLRQG¶RULJLQHWHOOXULTXH309, entre autres, à améliorer la protection de l’environnement,
la Convention sur la protection de l’environnement marin à promouvoir la conservation et l’utilisation durable des
GDQVODUpJLRQGHODPHU%DOWLTXH310, la Convention pour UHVVRXUFHVQDWXUHOOHVDLQVLTX¶jKDUPRQLVHUOHVSROLWLTXHV
ODSURWHFWLRQGXPLOLHXPDULQGHO¶$WODQWLTXHGX1RUG(VW GDQV FHV GRPDLQHV D¿Q GH UpDOLVHU GHV SROLWLTXHV HW GHV
(Convention OSPAR), et la Convention pour la protection SURJUDPPHV GH GpYHORSSHPHQW pFRORJLTXHPHQW UDWLRQ-
de la mer Noire contre la pollution311. QHOVELHQIRQGpVVXUOHSODQpFRQRPLTXHHWVRFLDOHPHQW
acceptables. Ses dispositions portent sur les terres et les
189. Des dispositions analogues sont établies aux termes sols, les eaux, le couvert végétal, les espèces et la diver-
de la Convention sur la prévention de la pollution des mers VLWpJpQpWLTXHOHVHVSqFHVSURWpJpHVOHFRPPHUFHGHVSp-
résultant de l’immersion de déchets, de la Convention de cimens et de leurs produits, les aires de conservation, les
Bâle sur le contrôle des mouvements transfrontières de processus et les activités ayant une incidence sur l’envi-
déchets dangereux et de leur élimination312, de la Conven- URQQHPHQWHWOHVUHVVRXUFHVQDWXUHOOHVDLQVLTXHOHGpYH-
WLRQGH%DPDNRVXUO¶LQWHUGLFWLRQG¶LPSRUWHUHQ$IULTXH loppement rural et les ressources naturelles. Compte tenu
des déchets dangereux et sur le contrôle des mouvements de la large gamme d’activités visées par la Convention,
transfrontières et la gestion des déchets dangereux pro- LOUHVWHjYRLUTXHOW\SHGHUpJLPHGHUHVSRQVDELOLWpVHUD
GXLWV HQ$IULTXH GH OD &RQYHQWLRQ VXU OHV HIIHWV WUDQV établi.
frontières des accidents industriels, de la Convention sur
la protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières /H VXFFqV DSSDUHQW DYHF OHTXHO RQ D FRQFOX GHV
et des lacs internationaux, de la Convention sur la diver- conventions ou des instruments relatifs à la responsabi-
VLWpELRORJLTXHGX3URWRFROHGH&DUWDJHQDVXUODSUpYHQ- OLWpFLYLOHRXTXLHQYLVDJHQWO¶pODERUDWLRQGHWHOVUpJLPHV
WLRQGHVULVTXHVELRWHFKQRORJLTXHVUHODWLIjOD&RQYHQWLRQ HVWWUqVVHQVLEOHPHQWDWWpQXpSDUOHIDLWTXHGHWHOVLQVWUX-
VXUODGLYHUVLWpELRORJLTXHGHOD&RQYHQWLRQHQYXHG¶LQ- ments n’ont pas pu, sauf à de rares exceptions près, obte-
terdire l’importation de déchets dangereux et radioactifs nir l’acceptation générale des États. Un grand nombre de
dans les pays insulaires du Forum et de contrôler leurs ces instruments ont fait l’objet d’un petit nombre de rati-
mouvements transfrontières et la gestion des déchets dan- ¿FDWLRQVHWG¶DXWUHVQHVRQWSDVHQFRUHHQWUpVHQYLJXHXU
JHUHX[ GDQV OD UpJLRQ GX 3DFL¿TXH 6XG &RQYHQWLRQ GH TXHOTXHVXQVG¶HQWUHHX[QHSUpVHQWHQWTXHSHXGHSHUV-
Waigani) et la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte pectives d’entrée en vigueur, voire même aucune. Seul le
antitabac. régime énoncé dans la Convention portant création d’un
IRQGVVHPEOHDYRLUHXXQVXFFqVSUDWLTXH/DGpFLVLRQGH
303
devenir partie à un instrument demeure une décision sou-
Voir l’article XIII de la Convention.
304
veraine des États et découle de leur capacité de conclure
Art. 11.
305
des traités. Ce faisant, un État doit prendre en compte ses
Art. XIII.
306
SURFpGXUHVFRQVWLWXWLRQQHOOHVHWOpJLVODWLYHVDLQVLTXHOHV
Art. 14.
307
intérêts des diverses parties prenantes. Dans certains cas,
Art. 15.
308
GHV FRQVXOWDWLRQV SOXV ODUJHV VRQW QpFHVVDLUHV DORUV TXH
Art. 20.
309
GDQV G¶DXWUHV GHV FRQWDFWV OLPLWpV VXI¿VHQW 2Q QH SHXW
Art. XIII.
310
pas dire avec certitude, si l’on ne réalise pas une étude
Voir aussi la précédente convention de 1974 sur la protection de
O¶HQYLURQQHPHQWPDULQGDQVODUpJLRQGHODPHU%DOWLTXH
approfondie des États intéressés en vue de déterminer leur
311
Art. XVI.
312 313
Art. 12. Art. 8, par. 7.
132 Documents de la cinquante-sixième session
PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH pWDLHQW IDLEOHV336. Des pré- l’utilité, son potentiel subit l’incidence d’autres facteurs,
occupations analogues ont été exprimées s’agissant des FRPPH SDU H[HPSOH OHV SUpRFFXSDWLRQV TXDQW DX[
régimes de responsabilité applicables aux hydrocarbures ULVTXHVDVVXUpVODQpFHVVLWpG¶DWWpQXHUOHVSUREOqPHVOLpV
HWjO¶LQGXVWULHQXFOpDLUH$LQVLOHVOLPLWHV¿QDQFLqUHVRQW à l’incertitude dans les calculs en matière d’assurance, la
été augmentées progressivement pour répondre à un inci- GLVSRQLELOLWpGHVUHVVRXUFHV¿QDQFLqUHVDLQVLTXHOHW\SH
dent donné ou prévoir les effets d’un incident potentiel. GHGRPPDJHVFRQWUHOHTXHOV¶DVVXUHU341. Il faut également
UpÀpFKLUGDQVWRXVOHVFDVVXUOHIDLWGHVDYRLUVLO¶DVVX-
205. S’agissant du régime établi au titre de la Conven- rance doit être obligatoire ou volontaire, compte tenu de
tion de Vienne de 1963, on a souligné les faibles limites en O¶LQFHUWLWXGH GX FRW GHV GRPPDJHV HQYLURQQHPHQWDX[
matière de responsabilité protégeant l’industrie nucléaire de la diversité des législations nationales et des disparités
HWO¶LPSRVLWLRQG¶REOLJDWLRQV¿QDQFLqUHVVXUOHVeWDWVQRQ entre les économies, et encore plus entre pays en déve-
dotés d’une capacité nucléaire337. Les montants prévus au loppement et pays industrialisés. On a également suggéré
titre des régimes de Paris et de Vienne ont été augmentés TX¶XQ UpJLPH REOLJDWRLUH HVW IRQFWLRQ GH O¶DPpOLRUDWLRQ
progressivement. GH FULWqUHV TXDOLWDWLIV HW TXDQWLWDWLIV ¿DEOHV HQ PDWLqUH
de détection et de mesure des dommages environnemen-
206. Dans certains cas, les divergences au cours des taux342. L’assurance dans les divers régimes est généra-
négociations ont porté sur l’absence de fonds. Les limites lement obligatoire mais cette disposition peut avoir un
¿QDQFLqUHV VRQW UHVWpHV O¶XQH GHV TXHVWLRQV GpOLFDWHV j HIIHW GLVVXDVLI GDQV OHV MXULGLFWLRQVTXL QH GLVSRVHQWSDV
résoudre lors des négociations relatives au Protocole de de plans d’assurance perfectionnés3432QDIDLWYDORLUTXH
Bâle de 1999338. Plusieurs délégations, en particulier les l’établissement d’une limite de responsabilité s’agissant
délégations d’États africains, ont fait état de leur préoc- des dommages aux ressources naturelles améliorera vrai-
FXSDWLRQ j O¶HQFRQWUH GX 3URWRFROH GH %kOH SDUFH TX¶LO semblablement la probabilité d’un développement rapide
QHSUpYRLWSDVXQIRQGVG¶LQGHPQLVDWLRQDGpTXDWHWSHU- du marché de l’assurance dans ce secteur, tout en recon-
manent339. En revanche, les pays de l’OCDE ont pré- QDLVVDQW TXH FHOD IUDJLOLVHUDLW O¶DSSOLFDWLRQ HIIHFWLYH GX
féré une disposition habilitante édulcorée aux termes de principe du «pollueur-payeur»344.
ODTXHOOHORUVTXHO¶LQGHPQLVDWLRQDX[WHUPHVGX3URWRFROH
ne couvre pas les dommages, des mesures additionnelles /DTXHVWLRQGHVUHODWLRQVHQWUHXQUpJLPHGRQQpHW
et supplémentaires visant à assurer une indemnisation d’autres régimes et obligations aux termes du droit inter-
SURPSWHHWDGpTXDWHSRXUUDLHQWrWUHSULVHVGDQVOHFDGUH national a été soulevée essentiellement pour assurer la
des mécanismes existants340. Des préoccupations ont éga- compatibilité et éviter les chevauchements345. L’adoption
OHPHQW pWp pYRTXpHV V¶DJLVVDQW GX U{OH GX GURLW LQWHUQH de la Convention SNPD en 1996 a eu des incidences sur
GDQVODGpWHUPLQDWLRQGHVOLPLWHV¿QDQFLqUHV/HIDLWTXH les négociations relatives au Protocole de Bâle de 1999,
le Protocole ne comporte pas de limites maximales uni- dans la mesure où leurs champs d’application semblaient
IRUPHVGHUHVSRQVDELOLWp¿QDQFLqUHDpWppJDOHPHQWMXJp se chevaucher346. L’article 12 du Protocole de Bâle donne
SUREOpPDWLTXH &HUWDLQV SD\V VH VRQW RSSRVpV j XQ V\V- la prééminence aux instruments bilatéraux, multilatéraux
WqPHTXLSUpYR\DLWGHVOLPLWHVPLQLPDOHVIRQGpHVVXUOH
tonnage des cargaisons de déchets. 341
Voir généralement Richardson, «Mandating environmental
liability insurance».
'DQVG¶DXWUHVFDVOHVGpODLVGDQVOHVTXHOVSUpVHQ- 342
&20 ¿QDO YRLUsupra la note 283), par. 4.9.
ter les demandes d’indemnisation ont fait l’objet de dis- 343
/H .LUJKL]LVWDQ D FRQVWDWp TX¶LO QH SRXYDLW SDV DFFpGHU j OD
VHQVLRQV /H GpODL GH WURLV DQQpHV GDQV OHTXHO SUpVHQWHU &57'WDQWTX¶LOQ¶DXUDLWSDVDGRSWpXQHORLVXUO¶DVVXUDQFHREOLJDWRLUH
XQHOLPLWHG¶LQGHPQLVDWLRQULVTXHGHQHSDVVXI¿UHSRXU en responsabilité civile des propriétaires de véhicules de transport
les demandes concernant des dommages corporels, cas [TRANS/WP.15/2001/17/Add.1 (voir supra la note 325)].
GDQV OHTXHO OHV GRPPDJHV SHXYHQW Q¶DSSDUDvWUH TXH GH
344
Voir supra OD QRWH 'DQV VD UpSRQVH j XQ TXHVWLRQQDLUH
VXU OD &57' OD 5pSXEOLTXH WFKqTXH D FRQVWDWp TXH FHUWDLQV GHV
nombreuses années après l’exposition à la contamination. GRPPDJHV DX[TXHOV V¶DSSOLTXH OD &57' HQ SDUWLFXOLHU FHX[ FDXVpV
'HSOXVHQSOXVFHVGpODLVVRQWPRGL¿pV3DUDLOOHXUVLO à l’environnement, ne peuvent pas être assurés au sein de l’UE. Tant
VHUD SHXWrWUH HQFRUH SOXV GLI¿FLOH G¶pWDEOLU XQ OLHQ GH TXH OHV FRPSDJQLHV GH UpDVVXUDQFH QH YRXGURQW SDV SDUWLFLSHU j
causalité et de satisfaire à d’autres critères en matière de ce régime d’assurance au sein de l’UE, elles ne seront pas non plus
preuves du fait de l’allongement des délais. GLVSRVpHVjWUDLWHUDYHFOHVFRPSDJQLHVG¶DVVXUDQFHWFKqTXHV>75$16
WP.15/2001/17/Add.2 (voir supra la note 325)].
345
D’un point de vue plus général, un État peut avoir d’autres
/DTXHVWLRQGHVDVVXUDQFHVHWGHVJDUDQWLHV¿QDQ- SULRULWpV 'DQV OHXU UpSRQVH j XQ TXHVWLRQQDLUH VXU OD &57' OD
FLqUHV HVW WRXMRXUV GLI¿FLOH j QpJRFLHU %LHQ TXH OD SUR- 5pSXEOLTXH WFKqTXH HW OD 6ORYDTXLH RQW FRQVWDWp TX¶HOOHV °XYUDLHQW
tection soit la considération primordiale, il est également j OHXU DGPLVVLRQ GDQV O¶8( G¶R OD SULRULWp TX¶HOOHV DFFRUGDLHQW
HVVHQWLHOTXHOHFRWGHVDVVXUDQFHVQHVRLWSDVSURKLELWLI j O¶KDUPRQLVDWLRQ GH OHXUV WH[WHV MXULGLTXHV DYHF OD OpJLVODWLRQ GH
l’Union. De nouveaux règlements relatifs au transport de marchandises
pour ne pas avoir d’incidences excessives sur l’industrie dangereuses étant en cours d’élaboration au sein de l’UE, la
des assurances et les autres branches d’activités indus- 5pSXEOLTXHWFKqTXHHQWHQGOHVDGRSWHUGDQVOHFDGUHGHFHSURFHVVXV
trielles. Si le secteur des assurances œuvre pour répartir G¶KDUPRQLVDWLRQ &¶pWDLW VXU FHWWH WRLOH GH IRQG TXH OD 5pSXEOLTXH
OHV FRQVpTXHQFHV pFRQRPLTXHV G¶pYpQHPHQWV LQGLYL- WFKqTXH H[DPLQHUDLW O¶RSSRUWXQLWp GH GHYHQLU SDUWLH FRQWUDFWDQWH j OD
duels entre une multitude de parties, en maximisant ainsi &57'/D6ORYDTXLHDpJDOHPHQWFRQVWDWpTXHO¶DGKpVLRQjOD&57'
UHSUpVHQWHUDLWDXVVLXQIDUGHDXpFRQRPLTXHVXSSOpPHQWDLUH>75$16
WP.15/2001/17/Add.2 et 6 respectivement (voir supra la note 325)].
336
Ibid., p. 23. 6¶DJLVVDQWGHODFHUWL¿FDWLRQHQPDWLqUHG¶DVVXUDQFHO¶$XWULFKHDQRWp
337 TXHFHWWHTXHVWLRQQHGHYUDLWSDVrWUHGpEDWWXHXQLTXHPHQWGXSRLQWGH
Lefeber, loc. cit., 1997, p. 164.
338
vue des institutions d’assurance mais aussi compte tenu du suivi de
Silva Soares et Vieira Vargas, loc. cit., p. 102. l’application de la Convention et de la nécessité de rendre le système
339
Birnie et Boyle, op. cit., p. 436. PRLQVEXUHDXFUDWLTXH $GG
340 346
Art. 15, par. 1, du Protocole de Bâle de 1999. Fernando Silva Soares et Vieira Vargas, loc. cit., p. 98.
136 Documents de la cinquante-sixième session
ou régionaux. Des doutes ont également été émis dès le Protocole prévoie réparation en cas de dommages liés au
GpEXW GHV QpJRFLDWLRQV TXDQW DX IDLW GH VDYRLU VL XQ WHO mouvement illicite de déchets dangereux. Les pays déve-
instrument était nécessaire, compte tenu des instruments loppés étaient essentiellement préoccupés par la préser-
existants relatifs à ce secteur. Lors des débats initiaux vation de leurs intérêts commerciaux, en dépit de leurs
concernant le Protocole de Kiev de 2003, on s’est demandé assertions concernant l’environnement352.
si un tel instrument était souhaitable compte tenu des
conventions existantes, comme la CRTD et la Conven- 213. Dans d’autres cas, l’impact d’autres régimes exis-
tion de Lugano347. Ces doubles emplois peuvent égale- tants ou des faits nouveaux ont pu avoir des incidences sur
ment concerner des régimes futurs. On a noté à propos OHIDLWGHVDYRLUVLXQUpJLPHSDUWLFXOLHUVHUDLWUDWL¿p$LQVL
GX3URWRFROHGH.LHYTXHVLOD&RPPLVVLRQHXURSpHQQH l’Accord intitulé Offshore Pollution Liability Agreement,
VHPEODLW rWUH DX GpEXW FRQYDLQFXH TX¶LO Q¶\ DYDLW SDV régime établi par la branche des industries extractives, a
danger de double emploi entre le nouvel instrument constitué une possibilité de remplacer la Convention sur
et le projet de directive de l’UE sur la responsabilité la réglementation des activités relatives aux ressources
environnementale, s’agissant de la prévention des PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH353. Par ailleurs, l’Accord
dommages à l’environnement et de la remise en état de volontaire entre propriétaires de pétroliers concernant la
O¶HQYLURQQHPHQW SXLVTXH OHXUV DSSURFKHV UHVSHFWLYHV responsabilité pour la pollution par les hydrocarbures et
VHPEODLHQWGLIIpUHQWHVHOOHDFRQVWDWpSDUODVXLWHTXHFH le Contrat concernant la responsabilité transitoire supplé-
GDQJHU pWDLW UpHO HW TX¶LO IDXGUDLW SUpYRLU SHXWrWUH XQH mentaire des pétroliers pour la pollution causée par les
FODXVHDXWHUPHGHODTXHOOHOHVSDUWLHVTXLVRQWPHPEUHV hydrocarbures ont été amalgamés en partie pour encou-
GH OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH DSSOLTXHQW OHV UqJOHV UDJHUODUDWL¿FDWLRQGHV3URWRFROHVGHPRGL¿DQWOD
communautaires pertinentes au lieu du Protocole, c’est-à- Convention internationale sur la responsabilité civile pour
GLUHXQHFODXVHTXLV¶DSSOLTXHjO¶LQWpJUDOLWpGX3URWRFROH les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures
GH%kOH FRQWUDLUHPHQWjFHOOHTXL¿JXUHjO¶DUWLFOHGX et la Convention portant création d’un fonds. En outre,
Protocole de Kiev) pour satisfaire leurs préoccupations348. l’entrée en vigueur de la Convention relative à la respon-
sabilité des exploitants de navires nucléaires a peut-être
210. En raison de la brièveté des délais et des limites SHX GH SRUWpH SUDWLTXH GDQV OD PHVXUH R LO Q¶\ D SOXV
du mandat, il est prévu à l’article 20 du Protocole de GHQDYLUHVQXFOpDLUHVFLYLOV/RUVTXHGHWHOVQDYLUHVQDYL-
.LHY GH TXH OHV SDUWLHV TXL VRQW PHPEUHV GH guaient, leurs opérations étaient régies par des accords
OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH DSSOLTXHQW OHV UqJOHV bilatéraux354.
communautaires pertinentes au lieu des articles 13, 15
et 18 du Protocole349. 214. Certains instruments peuvent comporter des dispo-
VLWLRQVGLI¿FLOHVjDSSOLTXHU$LQVLOH3URWRFROHGH
211. En outre, il a été suggéré, s’agissant de la Conven- PRGL¿DQWOD&RQYHQWLRQUHODWLYHjODUHVSRQVDELOLWpFLYLOH
WLRQGH/XJDQRTXHOHVPHPEUHVGX&RQVHLOGHO¶(XURSH n’est jamais entré en vigueur en raison du caractère rigou-
TXL VRQW pJDOHPHQW PHPEUHV GH O¶8( RQW pWp SUREDEOH- reux de ses dispositions relatives à l’entrée en vigueur355.
PHQWGLVVXDGpVGHUDWL¿HUOD&RQYHQWLRQ DXPRLQVMXVTX¶j La lourde responsabilité imposée aux États non dotés
présent), en raison des tentatives faites par l’Union pour d’une capacité nucléaire, consistant à promulguer une
harmoniser les règles relatives à la responsabilité civile législation complexe pour donner effet aux conventions, a
en matière de dommages environnementaux, et attendent pWpXQSUREOqPHpYRTXpORUVGHVGpEDWVUHODWLIVDX[UpYL-
de voir le résultat de ces tentatives avant de décider de sions du régime établi aux termes de la Convention de
UDWL¿HUOD&RQYHQWLRQ350. Vienne de 1963356. Dans les négociations sur la Conven-
tion SNPD, certaines délégations ont également souligné
'DQVFHUWDLQVFDVOHWH[WHGp¿QLWLIUHWHQXjO¶LVVXH OD FKDUJH DGPLQLVWUDWLYH TX¶LPSRVHUDLW OD QpJRFLDWLRQ
des négociations peut avoir des incidences sur l’accepta- d’un régime spécial aboutissant à l’adoption de cette
bilité d’un instrument. Les États ont débattu de l’applica- convention357.
tion de la responsabilité des États pendant une partie des
négociations. De grandes puissances nucléaires, comme b) Jurisprudence et pratique des États autres
la France, le Royaume-Uni et les États-Unis se sont oppo- que des accords
VpHVjGHVPRGL¿FDWLRQVFRQFHUQDQWODUHVSRQVDELOLWpGHV
États lors des débats menés au Comité permanent sur la 215. La notion de responsabilité s’agissant des dom-
responsabilité pour les dommages nucléaires en vue de mages causés par une activité menée hors des limites de
réviser la Convention de Vienne de 1963. De plus, lors la juridiction territoriale ou du contrôle de l’État agent ne
des débats initiaux concernant la possibilité d’instaurer le FRQQDvWGDQVODSUDWLTXHGHVeWDWVTX¶XQHDSSOLFDWLRQOLPL-
régime prévu par le Protocole de Kiev de 2003, certains tée à certaines activités potentiellement dommageables.
pays ont préconisé un régime établissant la responsabi- 4XHOTXHVVRXUFHVSDUOHQWGHFHWWHQRWLRQHQWHUPHVJpQp-
lité des États ou au moins un régime associant la respon- raux, son contenu et ses modalités étant laissés à un déve-
sabilité civile et la responsabilité des États351. En outre, loppement futur. D’autres sources ne traitent de la notion
au cours des négociations relatives au Protocole de Bâle GHUHVSRQVDELOLWpTXHGDQVGHVFDVG¶HVSqFH
GH OHV eWDWV HQ GpYHORSSHPHQW RQW SUpIpUp TXH OH
352
Silva Soares et Vieira Vargas, loc. cit., p. 100.
347 353
Lefeber, loc. cit., 2000, p. 143 et 144. Churchill, loc. cit., p. 23 et 24.
348 354
Voir Dascalopoulou-Livada, loc. cit., p. 135. Ibid., p. 15.
349 355
Ibid. Voir art. 13.
350 356
Churchill, loc. cit., p. 28 et 29. Lefeber, loc. cit., 1997, p. 164.
351 357
Lefeber, loc. cit., 2001, p. 191. Ibid., 1998, p. 163.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 137
358
/HVeWDWV8QLVRQWVRXWHQXTXH 361
/H&DQDGDDIDLWYDORLUFHTXLVXLW
«Les règles prévues par le Traité imposaient aux États neutres «La règle de la responsabilité absolue en matière d’activités
l’obligation de faire preuve de diligence due pour prévenir certains spatiales et en particulier d’activités faisant intervenir l’utilisation de
actes. Selon les États-Unis, ces dispositions n’affectaient aucunement O¶pQHUJLH DWRPLTXH HVW FRQVLGpUpH FRPPH pWDQW GHYHQXH XQ SULQFLSH
les obligations imposées par le droit international. Pour les États-Unis, général du droit international. Un grand nombre d’États, y compris le
la diligence exigée par les règles du Traité de Washington est une &DQDGDHWO¶8QLRQGHV5pSXEOLTXHVVRFLDOLVWHVVRYLpWLTXHVRQWVRXVFULW
diligence due, c’est-à-dire une diligence proportionnelle à l’importance jFHSULQFLSHWHOTX¶LOHVWpQRQFpGDQVODConvention de 1972 sur la
GXVXMHWHWjODGLJQLWpHWDXSRXYRLUGHO¶eWDWTXLGRLWO¶H[HUFHUXQH responsabilité internationale pour les dommages causés par les objets
GLOLJHQFHTXLDSRXUEXWHQIDLVDQWDSSHOjXQHGLOLJHQFHDFWLYHHWjWRXV spatiaux&HSULQFLSHGHUHVSRQVDELOLWpDEVROXHV¶DSSOLTXHDX[GRPDLQHV
les autres moyens dont dispose l’État neutre pendant toutes les étapes G¶DFWLYLWpVD\DQWHQFRPPXQXQGHJUpGHULVTXHpOHYp,OHVWUpLWpUpGDQV
GHODWUDQVDFWLRQG¶HPSrFKHUTXHVRQVROQHVRLWYLROpXQHGLOLJHQFH de nombreux accords internationaux et il est au nombre des “principes
TXLGRLWGHODPrPHIDoRQGLVVXDGHUTXLFRQTXHGHFRPPHWWUHGHVDFWHV généraux de droit reconnus par les nations civilisées” (Article 38 du
de guerre sur le sol de l’État neutre contre sa volonté, pouvant ainsi 6WDWXWGHOD&RXULQWHUQDWLRQDOHGH-XVWLFH 3DUFRQVpTXHQWFHSULQFLSH
O¶HQWUDvQHUGDQVXQHJXHUUHTX¶LOYHXWpYLWHUXQHGLOLJHQFHTXLDPqQH DpWpDFFHSWpHQWDQWTXHSULQFLSHJpQpUDOGXGURLWLQWHUQDWLRQDOª
O¶eWDWQHXWUHjSUHQGUHOHVPHVXUHVOHVSOXVpQHUJLTXHVSRXUGpFRXYULU (ILM, vol. 18, 1979, p. 907, par. 22.)
OH EXW GDQV OHTXHO VRQW FRPPLV OHV DFWHV TX¶LQWHUGLW VD ERQQH IRL HQ 362
Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. III (numéro
WDQWTXHQHXWUHHWTXLOXLLPSRVHO¶REOLJDWLRQORUVTX¶LODFRQQDLVVDQFH de vente: 1949.V.2), p. 1966. Précédemment, à la page 1965, le tribunal
d’une intention de commettre de tels actes, d’utiliser tous les moyens DUELWUDOpWDLWSDUYHQXjODFRQFOXVLRQVRXYHQWFLWpHVHORQODTXHOOH
GRQWLOGLVSRVHSRXUOHVSUpYHQLU8QHGLOLJHQFHTXLQHVDWLVIHUDLWSDVj «[S]elon les principes du droit international et selon le droit des
ces critères ne serait pas une «diligence due», c’est-à-dire une diligence eWDWV8QLV DXFXQ eWDW Q¶D OH GURLW G¶XWLOLVHU QL GH SHUPHWWUH TXH VRLW
proportionnelle à l’urgence de la situation ou à l’ampleur des résultats XWLOLVp VRQ WHUULWRLUH G¶XQH IDoRQ WHOOH TXH GHV pPLVVLRQV GH IXPpHV
d’une negligence.» puissent causer des dommages sur le territoire ou au territoire d’un
(Moore, History and Digest of the International Arbitrations to which DXWUH eWDW RX DX[ ELHQV RX DX[ SHUVRQQHV TXL V¶\ WURXYHQW TXDQG LO
the United States has been a Party, p. 572 et 573.) V¶DJLWG¶XQFDVJUDYHHWTXHO¶H[LVWHQFHGHVGRPPDJHVDpWppWDEOLHGH
359
Le Tribunal a noté (ibid., p. 610): façon claire et convaincante.»
©>,@OIDOODLWpWDEOLUTXHO¶eWDWLQWpUHVVpQ¶DYDLWSDVXVpSRXUSUpYHQLU 363
/HWULEXQDODGpFODUpFHTXLVXLW LELGS
XQDFWHTXHOHJRXYHUQHPHQWGHYDLWV¶HIIRUFHUGHSUpYHQLUGHVVRLQVTXH ©>e@WDQW GRQQp TXH OH WULEXQDO HVWLPH TXH G¶DXWUHV GRPPDJHV
les gouvernements apportent ordinairement à leurs affaires internes et SRXUUDLHQWrWUHFDXVpVjO¶DYHQLUjPRLQVTXHOHVDFWLYLWpVGHODIRQGHULH
TXHO¶RQSHXWUDLVRQQDEOHPHQWDWWHQGUHTX¶LOVDSSOLTXHQWDX[TXHVWLRQV QHVRLHQWVRXPLVHVjXQFHUWDLQFRQWU{OHOHWULEXQDOGpFLGHD¿QG¶pYLWHU
touchant aux obligations et aux intérêts nationaux.» TXHGHVGRPPDJHVQHVRLHQWRFFDVLRQQpVTX¶XQUpJLPHRXGHVPHVXUHV
360
Ibid., p. 654. GHFRQWU{OHVHURQWDSSOLTXpVDX[DFWLYLWpVGHODIRQGHULHª
138 Documents de la cinquante-sixième session
228. S’agissant de l’arrêt prononcé dans l’affaire du WUDQVIURQWLqUH ©OH ULVTXH G¶XQ PDXYDLV HPSORL Q¶D SDV
Détroit de CorfouRQDIDLWYDORLUTX¶LOQHVRXVFULWSDVj FRQGXLWMXVTX¶jSUpVHQWjVRXPHWWUHODGpWHQWLRQGHFHV
moyens d’action à l’autorisation des États éventuellement
XQHWKpRULHGXULVTXHREMHFWLIVLO¶RQHQWHQGSDUOjTX¶XQeWDWHVWDXWR- menacés380».
PDWLTXHPHQW UHVSRQVDEOH HQ GURLW LQWHUQDWLRQDO GH WRXWHV OHV FRQVp-
TXHQFHVGHVHVDFWHVTXHOOHVTXHVRLHQWOHVFLUFRQVWDQFHV372.
231. Autrement dit, une responsabilité ne serait enga-
2QDDMRXWpTXHVXUODEDVHGHFHWDUUrW JpHTXHVLWRXWHVOHVSUpFDXWLRQVSRVVLEOHVSRXUVHSUpPX-
nir contre la survenance de dommages n’avaient pas été
ODSRVVLELOLWpHQWRXWFDVVXEVLVWH>@TXHO¶eWDWGpIHQGHXUSXLVVHLQYR- SULVHV%LHQTXHODFRPSpWHQFHGXWULEXQDODLWpWpOLPLWpH
TXHUFRPPHPR\HQGHGpIHQVHOHIDLWTX¶LODSULVWRXWHVOHVSUpFDXWLRQV par les parties à l’examen de la compatibilité entre un traité
raisonnables373. et les activités menées par la France sur la rivière Carol, le
WULEXQDODDERUGpODTXHVWLRQGHVDFWLYLWpVGDQJHUHXVHV381.
(QRXWUHODTXHVWLRQGHODIDXWHGHVJDUGHVF{WHVDOEDQDLV
n’a jamais été en cause374.
232. Le passage cité dans la note de bas de page 379
FLGHVVXV SHXW rWUH LQWHUSUpWp FRPPH VLJQL¿DQW TXH OH
(Q UHYDQFKH RQ D VRXWHQX TXH GDQV FHV GHX[
WULEXQDOpWDLWG¶DYLVTXHOHVDFWLYLWpVDQRUPDOHPHQWGDQ-
DIIDLUHV XQH UHVSRQVDELOLWp D pWp LPSRVpH VDQV TX¶XQH
JHUHXVHVFRQVWLWXHQWXQSUREOqPHVSpFLDOHWTXHVLO¶(V-
négligence ait été prouvée375. 3RXU FH TXL HVW GH O¶DYLV
SDJQH DYDLW pWDEOL TXH OH SURMHW IUDQoDLV HQWUDvQHUDLW XQ
exprimé au paragraphe 226 ci-dessus à propos de
ULVTXHDQRUPDOGHGRPPDJHVSRXUO¶(VSDJQHODGpFLVLRQ
l’affaire du Détroit de Corfou, on a appelé l’attention
du tribunal aurait peut-être été différente.
sur les opinions dissidentes de M. Winiarski376 et de
M. Badawi Pasha377 TXL RQW FRQVLGpUp O¶XQ HW O¶DXWUH
TXHO¶$OEDQLHQ¶DYDLWFRQWUHYHQXjDXFXQHREOLJDWLRQGH (Q UHYDQFKH RQ D FRQVWDWp TXH OD )UDQFH DXUDLW
diligence et s’était conformée aux normes existantes du été responsable seulement en cas de diminution à la
GURLWLQWHUQDWLRQDOHWTXHOD&,-LPSRVDLWSDUVRQDUUrWXQH IRLVGXYROXPHGHVHDX[TXLGHYDLHQWrWUHGpYHUVpHVHQ
norme nouvelle et plus exigeante. 2QDIDLWREVHUYHUTXH (VSDJQH HW GH OD TXDOLWp GH FHV HDX[ HQ FRQVpTXHQFH
dans cette affaire, l’État demandeur n’avait pas «à prou- d’un acte délictueux international. Selon le tribunal, la
YHU GH IDoRQ SRVLWLYH OD QpJOLJHQFH RX XQ PDQTXHPHQW France n’était pas responsable de la réduction du volume
intentionnel du défendeur378». GHVHDX[DXVVLORQJWHPSVTXHWRXWHVOHVSUpFDXWLRQVSRV-
VLEOHVDYDLHQWpWpSULVHVSRXUpYLWHUTX¶XQWHOpYpQHPHQW
se produise382.
230. Dans l’affaire du Lac Lanoux, le tribunal arbitral,
HQUpSRQVHjO¶DOOpJDWLRQGHO¶(VSDJQHVHORQODTXHOOHOHV
SURMHWVIUDQoDLVHQWUDvQHUDLHQWXQULVTXHDQRUPDOSRXUOHV $X FRXUV GHV DXGLHQFHV SXEOLTXHV FRQFHUQDQW
LQWpUrWV HVSDJQROV D GpFODUp TXH VHXO XQ PDQTXHPHQW j l’affaire des Essais nucléaires (Australie c. France), en
l’obligation de prendre toutes les précautions de sécurité UpSRQVH j XQH TXHVWLRQ SRVpH SDU 6LU +XPSKUH\ :DO-
nécessaires aurait engagé la responsabilité de la France GRFN3UpVLGHQWGHOD&,-VXUOHIDLWGHVDYRLUVLHOOHHVWL-
s’il avait été effectivement porté atteinte aux droits espa- PDLWTXH©WRXWHWUDQVPLVVLRQSDUGHVFDXVHVQDWXUHOOHV
gnols379 $ORUV TXH OHV eWDWV pWDLHQW SULpV GH FRRSpUHU GH PDWLqUHV FKLPLTXHV RX GH WRXWH DXWUH PDWLqUH G¶XQ
PXWXHOOHPHQWSRXUDWWpQXHUWRXWULVTXHHQYLURQQHPHQWDO État sur le territoire, dans l’espace aérien, ou sur la mer
WHUULWRULDOHFUp>DLW@DXWRPDWLTXHPHQWXQPRWLIG¶DFWLRQ
372
Hardy, «International protection...», p. 751. HQ MXVWLFH HQ GURLW LQWHUQDWLRQDO VDQV TX¶LO VRLW QpFHV-
373
Ibid., «Nuclear liability...», p. 229. VDLUH G¶pWDEOLU TXHOTXH DXWUH pOpPHQW383», l’Australie a
374
Hardy, «Balancing of interests...», p. 167. VRXWHQXTXH
375
Goldie, «Liability for damage…», p. 1230 et 1231.
376
>/@RUVTXHHQFRQVpTXHQFHGHO¶XWLOLVDWLRQQRUPDOHHWQDWXUHOOHSDUXQ
Fond, arrêt, C.I.J. Recueil 1949, p. 49 à 52, 55 et 56. État, de son territoire, un dépôt se produit sur le territoire d’un autre
377
,ELGSj,OFRQYLHQWWRXWHIRLVGHQRWHUTXH0%DGDZL État, ce dernier n’a pas motif de plainte, sauf s’il subit un préjudice ou
3DVKD S DVRXOLJQpTXH XQGRPPDJHTXLVRLWSOXVTXHQRPLQDO/¶XWLOLVDWLRQSDUXQeWDWGHVRQ
«[L]e droit international ne connaît pas la responsabilité objective, territoire pour réaliser des essais nucléaires dans l’atmosphère n’est pas
EDVpH VXU OD QRWLRQ GH ULVTXH TXH FHUWDLQHV OpJLVODWLRQV QDWLRQDOHV une utilisation normale ou naturelle de son territoire. Le Gouvernement
ont adoptée. En effet, l’évolution du droit international et le degré de DXVWUDOLHQVRXWLHQWpJDOHPHQWTXHOHVGpS{WVUDGLRDFWLIVSURYHQDQWGHV
développement de coopération internationale ne permettent pas de HVVDLVIUDQoDLVGRQQHQWOLHXjXQSUpMXGLFHRXjXQGRPPDJHSOXVTXH
FRQVLGpUHUTXHFHWWHpWDSHDSXrWUHIUDQFKLHRXHVWSUqVGHO¶rWUHª nominal pour l’Australie.
378
Goldie, «Liability for damage…», p. 1230.
379
Dans la sentence arbitrale relative au Lac Lanoux [Nations Unies, [...]
Recueil des sentences arbitrales, vol. XII (numéro de vente: 63.V.3),
SSDU@OHWULEXQDODGpFODUpFHTXLVXLW >/@H SULQFLSH IRQGDPHQWDO HVW TX¶XQH LQWUXVLRQ TXHOFRQTXH GDQV XQ
©/DTXHVWLRQDpWpHIÀHXUpHGDQVOHFRQWUHPpPRLUHHVSDJQRO>«@ territoire étranger est une atteinte à la souveraineté. Il va sans dire
TXLDVRXOLJQp³O¶H[WUDRUGLQDLUHFRPSOH[LWp´GHVSURFpGpVGHFRQWU{OH TXH OH *RXYHUQHPHQW DXVWUDOLHQ QH QLH SDV TXH OD SUDWLTXH GHV eWDWV
OHXUFDUDFWqUH³WUqVRQpUHX[´HWOHV³ULVTXHVG¶DYDULHVRXGHQpJOLJHQFH DPRGL¿pO¶DSSOLFDWLRQGHFHSULQFLSHV¶DJLVVDQWGHO¶LQWHUGpSHQGDQFH
dans le maniement de la vanne et d’obstruction dans le tunnel”. Mais GHV WHUULWRLUHV ,O D GpMj pYRTXp O¶H[HPSOH GHV pPDQDWLRQV GH IXPpH
LOQ¶DMDPDLVpWpDOOpJXpTXHOHVRXYUDJHVHQYLVDJpVSUpVHQWHQWG¶DXWUHV TXLWUDYHUVHQWOHVWHUULWRLUHVQDWLRQDX[,OFRQFqGHTX¶LOSHXWQ¶\DYRLU
FDUDFWqUHV RX HQWUDvQHQW G¶DXWUHV ULVTXHV TXH OHV RXYUDJHV GX PrPH SDVG¶LOOpJDOLWpV¶DJLVVDQWGHFHUWDLQVW\SHVG¶pPDQDWLRQVFKLPLTXHVHQ
JHQUH TXL VRQW DXMRXUG¶KXL UpSDQGXV GDQV OH PRQGH HQWLHU ,O Q¶D SDV O¶DEVHQFHGHW\SHVVSpFL¿TXHVGHSUpMXGLFH,OVRXOLJQHWRXWHIRLVTXHOD
pWpDI¿UPpFODLUHPHQWTXHOHVRXYUDJHVSUpYXVHQWUDvQHUDLHQWXQULVTXH OLFpLWpDLQVLVDQFWLRQQpHSDUODSUDWLTXHGHVeWDWVUpVXOWHGHODWROpUDQFH
anormal dans les relations de voisinage ou dans l’utilisation des eaux.
&RPPHRQO¶DYXSOXVKDXWOHVJDUDQWLHVWHFKQLTXHVGHUHVWLWXWLRQGHV 380
Ibid., p. 305.
HDX[VRQWDXVVLVDWLVIDLVDQWHVTXHSRVVLEOH6LPDOJUpOHVSUpFDXWLRQV 381
Voir supra la note 379.
prises, la restitution des eaux souffrait d’un accident, celui-ci n’aurait 382
TX¶XQFDUDFWqUHRFFDVLRQQHOHWVHORQOHVGHX[3DUWLHVQHFRQVWLWXHUDLW Handl, «Balancing of interests...», p. 169 et 170.
383
pas une violation de l’article 9.» C.I.J. Mémoires, Essais nucléaires, vol. I, p. 524.
140 Documents de la cinquante-sixième session
DFFRUGpHjFHUWDLQHVDFWLYLWpVTXLHQWUDvQHQWFHVpPLVVLRQVOHVTXHOOHV [C]hacune des séries d’essais nucléaires réalisées par la France a inten-
activités sont généralement considérées comme des utilisations natu- VL¿pOHVUHWRPEpHVUDGLRDFWLYHVVXUODWHUULWRLUHQpR]pODQGDLV>@OHV
UHOOHVGXWHUULWRLUHGDQVODVRFLpWpPRGHUQHHWVRQWWROpUpHVSDUFHTXH SULQFLSHV GH EDVH DSSOLTXpV GDQV FH GRPDLQH SDU GHV DXWRULWpV LQWHU-
tout en produisant peut-être certains inconvénients, elles présentent des QDWLRQDOHVVRQWTXHWRXWHH[SRVLWLRQDX[UD\RQQHPHQWVSHXWHQWUDvQHU
avantages pour la collectivité384. GHV HIIHWV VRPDWLTXHV HW JpQpWLTXHV QpIDVWHV HW LUUpSDUDEOHV HW TXH
WRXW VXUFURvW G¶H[SRVLWLRQ j XQH LUUDGLDWLRQ DUWL¿FLHOOH QH SHXW VH MXV-
235. Dans son ordonnance du 22 juin 1973 concer- WL¿HUTXHSDUOHVDYDQWDJHVHQUpVXOWDQW>@FRPPHOH*RXYHUQHPHQW
nant les mesures conservatoires, dans l’affaire des Essais néo-zélandais l’a signalé à plusieurs reprises dans sa correspondance
DYHFOH*RXYHUQHPHQWIUDQoDLVODUHWRPEpHUDGLRDFWLYHTXLDWWHLQWOD
nucléairesOD&,-DSULVQRWHGHVSUpRFFXSDWLRQVGHO¶$XV- 1RXYHOOH=pODQGH SDU VXLWH GHV HVVDLV QXFOpDLUHV IUDQoDLV HVW LQWULQ-
WUDOLHVHORQOHVTXHOOHV VqTXHPHQW QXLVLEOH HW Q¶DSSRUWH DXFXQ DYDQWDJH SRXYDQW MXVWL¿HU
TXH OD 1RXYHOOH=pODQGH \ VRLW H[SRVpH >@ O¶LQFHUWLWXGH TXDQW DX[
[L]es explosions nucléaires en atmosphère réalisées par la France dans HIIHWV SK\VLTXHV HW JpQpWLTXHV DX[TXHOV OD FRQWDPLQDWLRQ H[SRVH OHV
OH 3DFL¿TXH RQW SURYRTXp GHV UHWRPEpHV UDGLRDFWLYHV VXU XQH JUDQGH 1pR=pODQGDLV HVW SRXU HX[ XQH VRXUFH G¶DSSUpKHQVLRQ G¶DQ[LpWp HW
partie du territoire australien et ailleurs dans l’hémisphère Sud, ont sus- G¶LQTXLpWXGHJUDYHV>@LOQHVHUDLWSDVSRVVLEOHGHUpWDEOLUGDQVOHXU
cité des concentrations mesurables de radioéléments dans les produits LQWpJUDOLWpOHVGURLWVDX[TXHOVODUHSULVHGHVHVVDLVDXUDLWSRUWpDWWHLQWH
alimentaires et chez l’homme et ont augmenté la dose d’irradiation des au cas où, en la présente procédure, la Cour se prononcerait en faveur
KDELWDQWVGHFHWKpPLVSKqUHQRWDPPHQWHQ$XVWUDOLH>@WRXWGpS{WGH GHOD1RXYHOOH=pODQGH389.
substances radioactives en territoire australien constitue un danger vir-
WXHOSRXUO¶$XVWUDOLHHWVHVKDELWDQWVHW>«@WRXWGRPPDJHTX¶LOSRXU- 239. Dans la Demande d’examen de la situation au
UDLWFDXVHUVHUDLWLUUpSDUDEOH>@OHVH[SpULHQFHVQXFOpDLUHVIUDQoDLVHV titre du paragraphe 63 de l’arrêt rendu par la Cour le
GDQVO¶DWPRVSKqUHVRQWXQHVRXUFHG¶LQTXLpWXGHHWG¶DQ[LpWpSRXUOHV
$XVWUDOLHQV >@ OHV FRQVpTXHQFHV TXH OHV HVVDLV QXFOpDLUHV IUDQoDLV 20 décembre 1974 dans l’affaire des Essais nucléaires
SRXUUDLHQWDYRLUHQFHTXLFRQFHUQHOHVUHVVRXUFHVGHODPHUHWO¶HQYL- 1RXYHOOH=pODQGH F )UDQFH 0 .RURPD D FRQVWDWp
ronnement seraient ineffaçables et [...] aucun versement d’indemnité ne dans son opinion dissidente:
SRXUUDLWUHPHWWUHOHVFKRVHVHQpWDWHW>@ULHQQHVDXUDLWFKDQJHUOHIDLW
TX¶XQHHQWUDYHDXUDLWpWpDSSRUWpHSDUOD)UDQFHDX[GURLWVGHO¶$XVWUD- En vertu du droit international contemporain, il existe probablement
OLHHWGHVHVKDELWDQWVjEpQp¿FLHUGHODOLEHUWpGHPRXYHPHQWVHQKDXWH XQHREOLJDWLRQGHQHSDVFDXVHUXQGRPPDJHJUDYHRXVpULHX[TXLSRXU-
mer et dans l’espace aérien surjacent385. UDLWUDLVRQQDEOHPHQWrWUHpYLWpDLQVLTX¶XQGHYRLUGHQHSDVSHUPHWWUH
la fuite de substances dangereuses390.
/D&,-ORUVTX¶HOOHDLQGLTXpjWLWUHSURYLVRLUHGHV
PHVXUHV FRQVHUYDWRLUHV V¶HVW DVVXUpH TXH FHWWH LQIRU- 7RXWHIRLVOD&,-QHV¶HVWSDVSURQRQFpHTXDQWDX
PDWLRQ Q¶HPSrFKDLW SDV OD SRVVLELOLWp TXH O¶RQ SRXUUDLW IRQGGHO¶DIIDLUHSRXUGHVPRWLIVMXULGLTXHVWHFKQLTXHV
GpPRQWUHUTXHGHVGRPPDJHVDYDLHQWpWpFDXVpVjO¶$XV-
tralie par le dépôt, sur le territoire australien, de retom- 241. L’affaire relative au 3URMHW*DEþtNRYR1DJ\PDURV
bées radioactives résultant de ces essais, dommages (Hongrie/Slovaquie)391FRQFHUQHpJDOHPHQWGHVTXHVWLRQV
TXL VHUDLHQW LUUpSDUDEOHV 'DQV VRQ RSLQLRQ GLVVLGHQWH relatives à la responsabilité et à la protection de l’envi-
0 ,JQDFLR3LQWR WRXW HQ H[SULPDQW O¶DYLV TXH OD &RXU ronnement. Si, à l’origine, la demande de la Hongrie était
n’avait pas compétence pour connaître de l’affaire, a rédigée en partie du point de vue de la «responsabilité»,
GpFODUpTXH HOOH D pWp XOWpULHXUHPHQW DI¿QpH HW SUpVHQWpH GDQV OHV
limites du droit des traités et du droit de la responsabilité
[A]dopter la thèse de la demande de l’Australie nous amènerait à une
QRXYHOOHFRQFHSWLRQHQGURLWLQWHUQDWLRQDOTXLFRQVLVWHUDLWjLQWHUGLUH GHV eWDWV /H GLIIpUHQG HQ TXHVWLRQ FRQFHUQDLW OH 7UDLWp
aux États l’exercice dans le cadre de leur souveraineté territoriale de de 1977 relatif à la construction et au fonctionnement du
WRXWHDFWLYLWpFUpDWULFHGHULVTXHPDLVFHODDERXWLUDLWjO¶RFWURLGXGURLW V\VWqPHG¶pFOXVHVGH*DEþtNRYR1DJ\PDURVDX[WHUPHV
à tout État d’intervenir à titre préventif dans les affaires nationales des GXTXHO OD +RQJULH HW OD 7FKpFRVORYDTXLH pWDLHQW FRQYH-
autres États386. QXHV GH FRQVWUXLUH HQ WDQW TX¶LQYHVWLVVHPHQW FRQMRLQW
0,JQDFLR3LQWRDGpFODUpHQRXWUHTXH un réservoir en amont de Dunakiliti en Hongrie et en
7FKpFRVORYDTXLHXQEDUUDJHj'XQDNLOLWLVXUOHWHUULWRLUH
Dans l’état actuel du droit international, «l’appréhension» d’un État ou KRQJURLVXQFDQDOGHGpULYDWLRQVXUOHWHUULWRLUHWFKqTXH
©O¶DQJRLVVHª©OHULVTXHGHUDGLDWLRQVDWRPLTXHVªQHVXI¿VHQWSDV>«@ GpWRXUQDQW HQ SDUWLH OH FRXUV GX 'DQXEH VXU OHTXHO
SRXUFRQVWLWXHUODMXVWL¿FDWLRQG¶XQGURLWVXSpULHXUTXLV¶LPSRVHjWRXV devaient être construits un système d’écluse et deux cen-
les États et limite leur souveraineté en matière d’essais nucléaires dans
l’atmosphère387.
WUDOHVK\GURpOHFWULTXHVO¶XQHj*DEþtNRYRVXUOHWHUULWRLUH
WFKqTXHHWO¶DXWUHj1DJ\PDURVVXUOHWHUULWRLUHKRQJURLV
À son avis: ,O pWDLW pJDOHPHQW SUpYX G¶DEDLVVHU OH OLW GX ÀHXYH /HV
FHQWUDOHV K\GURpOHFWULTXHV GHYDLHQW FRPPHQFHU j IRQF-
&HX[TXLVRQWG¶XQHRSLQLRQRSSRVpHIRQWSHXWrWUH¿JXUHGHSURXHRX tionner entre 1986 et 1990.
d’avant-garde dans un système de développement progressif du droit
international, mais leur désir ne saurait être pris en considération pour 7RXWHIRLVFHGpODLDpWpSURURJpMXVTX¶HQGDQV
PRGL¿HUO¶pWDWDFWXHOGXGURLW388.
l’intervalle, l’une des parties, la Hongrie, a fait réaliser
238. Dans l’ordonnance relative aux mesures conserva- une réévaluation du projet, privilégiant les considérations
WRLUHVGXMXLQOD&,-DVWDWXpGHPDQLqUHDQDORJXH pFRORJLTXHVVXUOHVFRQVLGpUDWLRQVpFRQRPLTXHV/D+RQ-
V¶DJLVVDQWGHVSUpRFFXSDWLRQVGHOD1RXYHOOH=pODQGHj grie a, par la suite, suspendu les travaux de construction
savoir:
389
384 Ibid. (Nouvelle-Zélande c. France), mesures conservatoires,
Ibid., p. 525 et 526.
385
ordonnance du 22 juin 1973, C.I.J. Recueil 1973, p. 140 et 141. La
Essais nucléaires (Australie c. France), mesures conservatoires, &RXUQHV¶HVWSDVSURQRQFpHTXDQWDXIRQGGHO¶DIIDLUH9RLUpJDOHPHQW
ordonnance du 22 juin 1973, C.I.J. Recueil 1973, p. 104. La Cour n’a l’opinion dissidente de M. Ignacio-Pinto, p. 163 et 164.
pas statué sur le fond de l’affaire. 390
386
Ordonnance du 22 septembre 1995, C.I.J. Recueil 1995, p. 378.
Ibid., p. 132. Voir également les opinions dissidentes de M. Weeramantry et Sir
387
Ibid. Geoffrey Palmer dans ibid., p. 345 à 347 et 406 à 421.
388 391
Ibid. Arrêt, C.I.J. Recueil 1997, p. 7.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 141
VXU OD SDUWLH GX VHFWHXU GH *DEþtNRYR HQ WHUULWRLUH KRQ- suspendre, puis d’abandonner, en 1989, les travaux rela-
JURLV HW j 1DJ\PDURV /HV pFKDQJHV GLSORPDWLTXHV HW WLIVDXSURMHWGH1DJ\PDURVDLQVLTX¶jODSDUWLHGXSURMHW
les négociations entre les deux parties ayant échoué, le GH *DEþtNRYR GRQW OD 5pSXEOLTXH GH +RQJULH pWDLW UHV-
*RXYHUQHPHQWWFKpFRVORYDTXHDSRXUVXLYLODUpDOLVDWLRQ SRQVDEOH DX[ WHUPHV GX7UDLWp HW VL OD 5pSXEOLTXH IpGp-
G¶XQH ©VROXWLRQ SURYLVRLUHª TXL FRQVLVWDLW HVVHQWLHOOH- UDWLYH WFKqTXH HW VORYDTXH pWDLW HQ GURLW GH UHFRXULU HQ
ment à limiter les travaux de construction et à détourner le novembre 1991, à la «solution provisoire» et de mettre ce
FRXUVGX'DQXEHYHUVOHWHUULWRLUHVORYDTXH392. Le détour- système en service à partir d’octobre 1992.
nement était unilatéral. En dépit des efforts de la Commis-
VLRQGHV&RPPXQDXWpVHXURSpHQQHVOD+RQJULHDVLJQL¿p 'XUDQWODSURFpGXUHOD+RQJULHDFKDQJpG¶RSWLTXH
le 19 mai 1992 sa décision de résilier unilatéralement le et a insisté sur des motifs consacrés, non exclusivement,
Traité de 1977, à compter du 25 mai 1992. dans le droit des traités et dans le droit relatif à la respon-
VDELOLWpGHVeWDWVLQYRTXDQWSRXUMXVWL¿HUVDFRQGXLWHXQ
243. En octobre 1992, comme il n’avait pas été pos- ©pWDW GH QpFHVVLWp pFRORJLTXHª HW IDLVDQW YDORLU GHV SUR-
sible de régler ce différend, la Hongrie a présenté à la blèmes concernant la stagnation de l’eau, l’envasement,
&,-XQHUHTXrWHFRQWUHOD5pSXEOLTXHIpGpUDWLYHWFKqTXH OHVJUDYHVDWWHLQWHVjODTXDOLWpGHVHDX[O¶H[WLQFWLRQGH
HWVORYDTXHGDQVODTXHOOHHOOHVRXWHQDLWTX¶HOOHDYDLWpWp OD IDXQH HW GH OD ÀRUH O¶pURVLRQ GX OLW GX ÀHXYH HW TXH
REOLJpHGHUpVLOLHUO¶DFFRUGSDUFHTX¶HOOHQHSRXYDLWSDV OHVKDELWDWVDTXDWLTXHVVHUDLHQWPHQDFpV398/D6ORYDTXLH
accepter, entre autres, SRXUVDSDUWDGpQLpTXHODVXVSHQVLRQRXO¶DEDQGRQGH
l’exécution d’une obligation conventionnelle puisse trou-
TXH OD SRSXODWLRQ GH OD UpJLRQ SkWLVVH GHV FRQVpTXHQFHV OLpHV DX ver son fondement hors du droit des traités399. Elle a éga-
IRQFWLRQQHPHQW G¶XQ V\VWqPH GH EDUUDJH SODQL¿p VDQV FRQWU{OH SUR- OHPHQW SODLGp TXH ©O¶pWDW GH QpFHVVLWpª LQYRTXp SDU OD
IHVVLRQQHORXSXEOLFTXHGHVGRPPDJHVLUUpYHUVLEOHVIUDSSHQWOHVUHV-
VRXUFHVpFRORJLTXHVHWHQYLURQQHPHQWDOHVGHODUpJLRQHWHQSUHPLHU Hongrie ne constituait pas un motif de suspension d’une
lieu, les ressources en eau potable présentes et futures et les réserves obligation conventionnelle reconnue par le droit des trai-
G¶HDXGHPLOOLRQVGHSHUVRQQHVTXHODGpJUDGDWLRQHWGDQVFHUWDLQVFDV WpV(OOHDHQPrPHWHPSVPLVHQGRXWHTXHOD©QpFHVVLWp
O¶H[WLQFWLRQPHQDFHQWODÀRUHHWODIDXQHGHODUpJLRQTXHGHJUDYHV pFRORJLTXHªRXOH©ULVTXHpFRORJLTXHªSXLVVHFRQVWLWXHU
GRPPDJHV WRXFKHQW GHV SD\VDJHV H[FHSWLRQQHOV TX¶XQH FDWDVWURSKH
LPPLQHQWH PHQDFH OD SRSXODWLRQ HQ UDLVRQ GH OD VWDELOLWp LQVXI¿VDQWH
au regard du droit de la responsabilité des États, une cir-
GHVEDUUDJHVHWGHVGLJXHVSDUVXLWHG¶XQHUHFKHUFKHHWG¶XQHSODQL¿- constance excluant l’illicéité d’un acte400 /D 6ORYDTXLH
cation lacunaires393. DHQWRXWpWDWGHFDXVHQLpTX¶LO\DLWHXHQO¶HVSqFHXQ
TXHOFRQTXHpWDWGH©QpFHVVLWppFRORJLTXHªHQRXSDU
/D +RQJULH D HQ RXWUH VRXWHQX TXH OD FRQVWUXF- la suite401.
tion des ouvrages prévus au titre de la solution provisoire
FDXVHUDLHQWGHV©GDQJHUVSUDWLTXHPHQWDXVVLJUDYHVTXHOD /D &,- ORUVTX¶HOOH Q¶D SDV SX VXLYUH OD +RQJULH
mise en œuvre des plans originaux de la centrale hydro- TXDQGFHOOHFLVRXWHQDLWTX¶HQVXVSHQGDQWSXLVHQDEDQ-
pOHFWULTXH GH *DEþtNRYRª HW TXH OD VROXWLRQ SURYLVRLUH donnant en 1989 les travaux dont elle avait encore la
en détournant le cours naturel du Danube, violait l’inté- charge elle n’avait pas, pour autant, suspendu l’applica-
grité territoriale de la Hongrie394, les règles et principes tion du Traité de 1977 lui-même, puis rejeté ce Traité, a
du droit international coutumier régissant l’utilisation des REVHUYpTX¶HQLQYRTXDQWO¶pWDWGHQpFHVVLWpSRXUWHQWHUGH
ressources environnementales internationales395DLQVLTXH MXVWL¿HU FH FRPSRUWHPHQW OD +RQJULH DYDLW FKRLVL GH VH
le principe de préjudice transfrontière touchant l’État voi- placer d’emblée sur le terrain du droit de la responsabilité
VLQWHOTX¶LODYDLWpWpUHÀpWpHQWUHDXWUHVGDQVO¶DUELWUDJH GHV eWDWV LPSOLTXDQW SDU Oj TX¶HQ O¶DEVHQFH G¶XQH WHOOH
relatif à la Fonderie de Trail (Trail Smelter), dans l’affaire FLUFRQVWDQFHVDFRQGXLWHHWpWpLOOLFLWH402.
du Détroit de Corfou et dans le principe 21 de la Déclara-
tion de Stockholm396. /D&,-DHQVXLWHH[DPLQpODTXHVWLRQGHVDYRLUV¶LO
existait un état de nécessité. Elle a évalué la situation à la
245. Le 1er MDQYLHU OD 6ORYDTXLH GHYLQW XQ eWDW lumière des critères énoncés par la CDI dans son projet
LQGpSHQGDQW/HMXLOOHWOHVSDUWLHVRQWSULpOD&,- d’articles sur la responsabilité de l’État pour fait inter-
en application du compromis entré en vigueur le 28 juin QDWLRQDOHPHQWLOOLFLWH(OOHDFRQVLGpUpTXHO¶pWDWGHQpFHV-
1993, «sur la base du Traité [de 1997] et des règles et VLWp QH SRXYDLW rWUH LQYRTXp TX¶j FHUWDLQHV FRQGLWLRQV
SULQFLSHVGXGURLWLQWHUQDWLRQDOJpQpUDODLQVLTXHGHWRXV VWULFWHPHQW Gp¿QLHV TXL GHYDLHQW rWUH FXPXODWLYHPHQW
DXWUHVWUDLWpVTX¶HOOHMXJHUDDSSOLFDEOHV397», de statuer sur UpXQLHVHWDQRWpTXHOHVFRQGLWLRQVFLDSUqVUHÀpWDLHQWOH
XQFHUWDLQQRPEUHGHTXHVWLRQVHWQRWDPPHQWVXUOHIDLW droit international coutumier:
GH VDYRLU VL OD 5pSXEOLTXH GH +RQJULH pWDLW HQ GURLW GH
[U]n «intérêt essentiel» de l’État auteur du fait contraire à l’une de ses
392
Ibid., p. 11. L’alternative connue sous le nom de «variante C» REOLJDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVGRLWDYRLUpWpHQFDXVHFHWLQWpUrWGRLWDYRLU
LPSOLTXDLWOHGpWRXUQHPHQWXQLODWpUDOGX'DQXEHSDUOD7FKpFRVORYDTXLH pWp PHQDFp SDU XQ ©SpULO JUDYH HW LPPLQHQWª OH IDLW LQFULPLQp GRLW
VXUVRQWHUULWRLUHjTXHOTXHNLORPqWUHVHQDPRQWGH'XQDNLOLWL'DQV DYRLUpWpOH©VHXOPR\HQªGHVDXYHJDUGHUOHGLWLQWpUrWFHIDLWQHGRLW
VRQGHUQLHUpWDWODYDULDQWH&FRPSUHQDLWODFRQVWUXFWLRQjýXQRYRG¶XQ pas avoir «gravement porté atteinte à un intérêt essentiel» de l’État à
barrage-déversoir et d’une digue reliant ce barrage à la rive sud du canal O¶pJDUGGXTXHOO¶REOLJDWLRQH[LVWDLWHWO¶eWDWDXWHXUGXGLWIDLWQHGRLWSDV
de dérivation (ibid., p. 25). avoir «contribué à la survenance de l’état de nécessité»403.
393
ILM, vol. 32, 1993, p. 1261.
394
Ibid. 398
395
Ibid., p. 35, par. 40. Voir aussi p. 36 et 37, par. 41 et 42.
Ibid., p. 1286. 399
Ibid., p. 37, par. 43.
396
,ELG S 7RXWHIRLV OD +RQJULH D UHFRQQX TX¶LO Q¶\ DYDLW 400
Ibid., par. 44.
DXFXQH EDVH VXU ODTXHOOH OD &,- HW SX IRQGHU VD FRPSpWHQFH SRXU 401
FRQQDvWUHGHFHWWHUHTXrWH Ibid. Voir aussi par. 45.
402
397
3URMHW*DEþtNRYR1DJ\PDURV +RQJULH6ORYDTXLH , arrêt, C.I.J. Ibid., p. 39, par. 48.
403
Recueil 1997, p. 11. Ibid., p. 40 et 41, par. 52.
142 Documents de la cinquante-sixième session
404 410
Ibid., p. 41, par. 53. Ibid.
405 411
Ibid., p. 42, par. 54. Ibid., p. 46, par. 58.
406 412
Ibid. Ibid., par. 60.
407 413
Ibid., p. 42 et 43, par. 55. Ibid., p. 51, par. 67.
408 414
Ibid., p. 43, par. 56. Ibid., p. 54, par. 78.
409 415
Ibid., p. 45, par. 57. Ibid., p. 55 et 56, par. 83.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 143
(QGHX[LqPHOLHXOD&,-DFRQVWDWpTXHOD7FKpFRV- SDV GH OD GpFLVLRQ Gp¿QLWLYH TX¶HOOH GHYDLW SUHQGUH (Q
ORYDTXLHHQVDTXDOLWpG¶eWDWOpVpHQSULDQWOD+RQJULHGH UHYDQFKHOD7FKpFRVORYDTXLHQ¶pWDLWSDVHQGURLWGHPHWWUH
reprendre l’exécution de ses obligations conventionnelles en service cette variante à partir d’octobre 1992419.
à de nombreuses reprises, avait invité l’État auteur du fait
LOOLFLWH j PHWWUH ¿Q j VRQ FRPSRUWHPHQW LOOLFLWH RX j HQ /D&,-DSUqVDYRLUH[SRVpOHVDVSHFWVGpFODUDWRLUHV
fournir réparation416. GHVRQMXJHPHQWDGpWHUPLQpOHVFRQVpTXHQFHVMXULGLTXHV
y compris les droits et obligations pour les parties, de
(QWURLVLqPHOLHXOD&,-DH[DPLQpVLOHVHIIHWVGHOD son arrêt, les parties étant convenues d’engager des
FRQWUHPHVXUHSULVHSDUOD7FKpFRVORYDTXLHpWDLHQWSURSRU- négociations sur les modalités d’exécution de l’arrêt. La
tionnés aux dommages subis. En déterminant si les effets Cour a prié les parties d’examiner à nouveau les effets
de la contre-mesure étaient proportionnés aux dommages sur l’environnement de l’exploitation de la centrale de
VXELVOD&RXUDFRQVLGpUpTXHOD7FKpFRVORYDTXLHHQSUH- *DEþtNRYR HW HQ SDUWLFXOLHU GH WURXYHU XQH VROXWLRQ
nant unilatéralement le contrôle d’une ressource partagée, VDWLVIDLVDQWHHQFHTXLFRQFHUQHOHYROXPHG¶HDXjGpYHUVHU
HWHQSULYDQWDLQVLOD+RQJULHG¶XQHSDUWpTXLWDEOHHWUDL- dans l’ancien lit du Danube et dans les bras situés de part
sonnable des ressources naturelles du Danube – avec les HWG¶DXWUHGXÀHXYHDans sa prescription, la Cour n’a pas
HIIHWV FRQWLQXV TXH OH GpWRXUQHPHQW GH VHV HDX[ GpSORLH
>SHUGX@GHYXHTXHGDQVOHGRPDLQHGHODSURWHFWLRQGHO¶HQYLURQQH-
sur l’écologie de la région riveraine du Szigetköz –, n’a ment, la vigilance et la prévention s’imposent en raison du caractère
pas respecté la proportionnalité exigée par le droit inter- souvent irréversible des dommages causés à l’environnement et des
QDWLRQDO 'H O¶DYLV GH OD &RXU OH IDLW TXH OD +RQJULH D limites inhérentes au mécanisme même de réparation de ce type de
consenti, dans le cadre du projet initial, au détournement dommages.
du Danube, «ne saurait s’interpréter comme ayant autorisé Au cours des âges, l’homme n’a cessé d’intervenir dans la nature pour
OD7FKpFRVORYDTXLHjSURFpGHUjXQGpWRXUQHPHQWXQLODWpUDO GHVUDLVRQVpFRQRPLTXHVHWDXWUHV'DQVOHSDVVpLOO¶DVRXYHQWIDLWVDQV
de cette importance sans le consentement de la Hongrie417». tenir compte des effets sur l’environnement. Grâce aux nouvelles pers-
Le détournement du Danube n’était pas une contre-mesure SHFWLYHV TX¶RIIUH OD VFLHQFH HW j XQH FRQVFLHQFH FURLVVDQWH GHV ULVTXHV
OLFLWH/D&RXUDGRQFHVWLPpTX¶HOOHQ¶DYDLWSDVjVWDWXHU TXHODSRXUVXLWHGHFHVLQWHUYHQWLRQVjXQU\WKPHLQFRQVLGpUpHWVRXWHQX
UHSUpVHQWHUDLHQWSRXUO¶KXPDQLWp±TX¶LOV¶DJLVVHGHVJpQpUDWLRQVDFWXHOOHV
VXUXQHDXWUHTXHVWLRQGRQWGpSHQGODOLFpLWpG¶XQHFRQWUH RXIXWXUHV±GHQRXYHOOHVQRUPHVHWH[LJHQFHVRQWpWpPLVHVDXSRLQWTXL
PHVXUHjVDYRLUTXHFHOOHFLGRLWDYRLUSRXUEXWG¶LQFLWHU ont été énoncées dans un grand nombre d’instruments au cours des deux
O¶eWDW DXWHXU GX IDLW LOOLFLWH j H[pFXWHU OHV REOLJDWLRQV TXL dernières décennies. Ces normes nouvelles doivent être prises en consi-
OXLLQFRPEHQWHQGURLWLQWHUQDWLRQDOHWTXHODPHVXUHGRLW dération et ces exigences nouvelles convenablement appréciées, non
partant, être réversible418 'DQV VD UpSRQVH j OD TXHVWLRQ VHXOHPHQWORUVTXHOHVeWDWVHQYLVDJHQWGHQRXYHOOHVDFWLYLWpVPDLVDXVVL
ORUVTX¶LOVSRXUVXLYHQWGHVDFWLYLWpVTX¶LOVRQWHQJDJpHVGDQVOHSDVVp/H
SRVpH GDQV OH FRPSURPLV OD &RXU D HVWLPp TXH OD7FKp- concept de développement durable traduit bien cette nécessité de conci-
FRVORYDTXLHpWDLWHQGURLWGHUHFRXULUHQQRYHPEUH OLHUGpYHORSSHPHQWpFRQRPLTXHHWSURWHFWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQW420.
à la solution provisoire (variante C) dans la mesure où elle
VHERUQDLWDORUVjHQWDPHUGHVWUDYDX[TXLQHSUpMXJHDLHQW 419
Ibid., p. 57, par. 88. Il avait également été demandé à la Cour de
416
GLUHTXHOVpWDLHQWOHVHIIHWVMXULGLTXHVGHODQRWL¿FDWLRQOHPDL
Ibid., p. 56, par. 84. de la terminaison du Traité de 1977 par la Hongrie (voir généralement
417
Ibid., par. 86. par. 89 à 115).
418 420
Ibid., p. 56 et 57, par. 87. Ibid., p. 78, par. 140.
CHAPITRE II
La partie responsable
,O FRQYLHQW SRXU H[DPLQHU OD TXHVWLRQ GH VDYRLU adoptée le 26 mai 1972 (C(72)128), intitulée «Principes
TXL HVW OD SDUWLH UHVSRQVDEOH GH VH UpIpUHU DX SULQFLSH GLUHFWHXUV UHODWLIV DX[ DVSHFWV pFRQRPLTXHV GHV SROL-
du «pollueur-payeur», développé pour la première fois WLTXHVGHO¶HQYLURQQHPHQWVXUOHSODQLQWHUQDWLRQDOªOH
par l’OCDE en 1972. Ce principe se distingue du prin- &RQVHLOGHO¶2&'(DGLVSRVpTXH
cipe de la responsabilité de l’exploitant prévue par un
grand nombre de conventions relatives à la responsabilité /H SULQFLSH j DSSOLTXHU SRXU O¶LPSXWDWLRQ GHV FRWV GHV PHVXUHV
civile. Toutefois, les nouvelles conceptions de ce principe GH SUpYHQWLRQ HW GH OXWWH FRQWUH OD SROOXWLRQ SULQFLSH TXL IDYRULVH
l’emploi rationnel des ressources limitées de l’environnement tout en
semblent mettre l’accent sur sa fonction de réparation, évitant des distorsions dans le commerce et les investissements inter-
IRQFWLRQTXLH[LVWHpJDOHPHQWGDQVOHVUpJLPHVUHODWLIVjOD QDWLRQDX[HVWOHSULQFLSHGLW©SROOXHXUSD\HXUª&HSULQFLSHVLJQL¿H
responsabilité civile. Aussi trouvera-t-on dans cette par- TXHOHSROOXHXUGHYUDLWVHYRLULPSXWHUOHVGpSHQVHVUHODWLYHVDX[VXV-
tie de l’étude un aperçu du principe du «pollueur-payeur» GLWHVPHVXUHVDUUrWpHVSDUOHVSRXYRLUVSXEOLFVSRXUTXHO¶HQYLURQQH-
PHQWVRLWGDQVXQpWDWDFFHSWDEOH(QG¶DXWUHVWHUPHVOHFRWGHFHV
DLQVLTX¶XQH[DPHQGHODTXHVWLRQGHVDYRLUTXHOOHHVWOD PHVXUHVGHYUDLWrWUHUpSHUFXWpGDQVOHFRWGHVELHQVHWVHUYLFHVTXL
partie responsable au regard du droit international. sont à l’origine de la pollution du fait de leur production et/ou de leur
consommation. D’une façon générale, de telles mesures ne devraient
$ /HSULQFLSHGX©SROOXHXUSD\HXUª pas être accompagnées de subventions susceptibles d’engendrer des
distorsions importantes dans le commerce et les investissements
1. ÉVOLUTION HISTORIQUE internationaux421.
6HORQ FH SULQFLSH OH SROOXHXU TXL FDXVH XQ GRP- 267. Le 7 juillet 1989, l’OCDE a adopté la recomman-
mage à l’environnement doit payer une réparation et GDWLRQ& ¿QDO TXLDpODUJLOHFKDPSG¶DSSOLFDWLRQ
SUHQGUHjVDFKDUJHOHFRWGHVPHVXUHVQpFHVVDLUHVSRXU du principe du «pollueur-payeur» au-delà de la pollution
y remédier. Ce principe a été énoncé par l’OCDE en tant FKURQLTXHFDXVpHSDUOHVDFWLYLWpVHQFRXUVGHPDQLqUHj
TXHSULQFLSHpFRQRPLTXHHWPR\HQOHSOXVHI¿FDFHG¶LP- englober la pollution accidentelle, en particulier les instal-
SXWHUOHFRWGHVPHVXUHVGHSUpYHQWLRQHWGHOXWWHFRQWUH lations dangereuses425. L’appendice à la recommandation
la pollution, de manière à encourager une utilisation portant sur les principes directeurs relatifs aux pollutions
rationnelle de ressources environnementales limitées et à DFFLGHQWHOOHVSUpYRLWFHTXLVXLWjVRQSDUDJUDSKH
éviter d’introduire des distorsions dans le commerce et les
investissements internationaux. Ce principe était fondé (QPDWLqUHGHULVTXHGHSROOXWLRQDFFLGHQWHOOHOHSULQFLSHSROOXHXU
VXUOHSRVWXODWVHORQOHTXHO©GXSRLQWGHYXHGHODSROL- SD\HXULPSOLTXHTXHO¶H[SORLWDQWG¶XQHLQVWDOODWLRQGDQJHUHXVHGHYUDLW
VH YRLU LPSXWHU OH FRW GHV PHVXUHV UDLVRQQDEOHV GH SUpYHQWLRQHW GH
WLTXHpFRQRPLTXHO¶LQWHUQDOLVDWLRQVXUODEDVHGHVIRUFHV OXWWHFRQWUHODSROOXWLRQDFFLGHQWHOOHSURYHQDQWGHFHWWHLQVWDOODWLRQTXL
GX PDUFKp GX FRW GHV PHVXUHV WHFKQLTXHV LPSRVpHV sont décidées avant la survenance d’un accident par les autorités des
SDU O¶eWDW HVW SUpIpUDEOH j O¶LQHI¿FDFLWp GHV VXEYHQWLRQV SD\VPHPEUHVHQFRQIRUPLWpDYHFOHGURLWLQWHUQHD¿QGHSURWpJHUOD
JRXYHUQHPHQWDOHVHWGHVGLVWRUVLRQVTX¶HOOHVLQWURGXLVHQW santé de l’homme ou l’environnement426.
dans la concurrence422».
268. Les principes directeurs relatifs aux pollutions
DFFLGHQWHOOHVGLVSRVHQWTXHSRXUGHVUDLVRQVGHFRPPR-
264. Le principe du «pollueur-payeur» n’entendait pas
GLWpFHFRWGRLWrWUHSULVHQFKDUJHSDUO¶H[SORLWDQWRX
rWUHXQHUqJOHGHUHVSRQVDELOLWpQLXQSULQFLSHMXULGLTXH
le gérant de l’installation. Aux termes du paragraphe 6,
Deux ans plus tard, en 1974, l’OCDE a publié une note
si un tiers est responsable de l’accident, celui-ci
sur la mise en œuvre de ce principe. Cette note a été adop-
GRLW UHPERXUVHU j O¶H[SORLWDQW OH FRW GHV PHVXUHV
WpH OH QRYHPEUH HQ WDQW TXH UHFRPPDQGDWLRQ
raisonnables de lutte contre la pollution accidentelle
C(74)223423.
prises après l’accident. Par ailleurs, cette recomman-
GDWLRQ SUpYRLW TXH VL OD SROOXWLRQ DFFLGHQWHOOH HVW FDX-
265. La recommandation de l’OCDE relative à la sée exclusivement par un événement dont l’exploitant
mise en œuvre du principe du «pollueur-payeur» réaf- ne peut manifestement pas être considéré comme res-
¿UPH OH IRQGHPHQW pFRQRPLTXH GH FH SULQFLSH /HV SRQVDEOH HQ GURLW LQWHUQH WHO TXH SDU H[HPSOH XQH
passages pertinents de cette recommandation se lisent FDWDVWURSKHQDWXUHOOHJUDYHTXHO¶H[SORLWDQWQ¶DXUDLWSX
comme suit: raisonnablement prévoir, il est conforme au principe
1. Le principe pollueur-payeur constitue pour les pays membres SROOXHXUSD\HXUTXHOHVSRXYRLUVSXEOLFVQHOXLLPSXWHQW
XQSULQFLSHGHEDVHSRXUO¶DOORFDWLRQGHVFRWVGHVPHVXUHVGHSUpYHQ- SDVOHFRWGHVPHVXUHVGHOXWWHSULVHVSDUHX[
tion et de lutte contre la pollution décidées par les autorités des pays
membres. 269. Le Conseil des Communautés européennes a lui
/HSULQFLSHSROOXHXUSD\HXUWHOTX¶LOHVWGp¿QLSDUOHVSULQ-
aussi adopté, le 7 novembre 1974, sa propre recommanda-
FLSHV GLUHFWHXUV UHODWLIV DX[ DVSHFWV pFRQRPLTXHV GHV SROLWLTXHV GH tion sur l’application du principe du «pollueur-payeur»427.
O¶HQYLURQQHPHQWVXUOHSODQLQWHUQDWLRQDOTXLWLHQQHQWFRPSWHGXIDLW Dans la recommandation 74/436/Euratom du Conseil, le
TXHGHVSUREOqPHVSDUWLFXOLHUVSHXYHQWpYHQWXHOOHPHQWVHSRVHUGDQV ©SROOXHXUªHVWGp¿QLFRPPHFHOXLTXLGpJUDGHGLUHFWHPHQW
OH FDV GHV SD\V HQ YRLH GH GpYHORSSHPHQW VLJQL¿H TXH OH SROOXHXU ou indirectement l’environnement ou crée des conditions
devrait se voir imputer des dépenses relatives aux mesures visées au
SDUDJUDSKH SUpFpGHQW SRXU IDLUH HQ VRUWH TXH O¶HQYLURQQHPHQW VRLW aboutissant à sa dégradation428,OV¶DJLWOjG¶XQHGp¿QLWLRQ
GDQV XQ pWDW DFFHSWDEOH (Q G¶DXWUHV WHUPHV OH FRW GH FHV PHVXUHV ODUJHTXLDpWpFULWLTXpHFRPPHSRXYDQWHQJOREHUFRQGXF-
GHYUDLW rWUH UpSHUFXWp GDQV OH FRW GHV ELHQV HW VHUYLFHV TXL VRQW teurs d’automobile, agriculteurs, propriétaires d’usines et
à l’origine de la pollution du fait de leur production et/ou de leur installations de traitement des eaux usées429. Si la caté-
consommation424.
JRULHGHVSROOXHXUVUHVSRQVDEOHVQHSHXWSDVrWUHGp¿QLH
/D UHFRPPDQGDWLRQ SRXUVXLW HQ GLVDQW TX¶XQH DYHF SUpFLVLRQ OH &RQVHLO D UHFRPPDQGp TXH OHV FRWV
application uniforme de ce principe par les pays membres des mesures de lutte contre la pollution soient imputés par
GDQVOHXUSROLWLTXHGHO¶HQYLURQQHPHQWHVWLQGLVSHQVDEOHVL
O¶RQYHXWTX¶LOSURGXLVHWRXVVHVHIIHWV&HSULQFLSHGpFRX- 425
Reproduite dans Annuaire européen, vol. XXXVII, 1991, p. 35.
UDJHOHVeWDWVGHIRXUQLUXQDSSXL¿QDQFLHUVRXVIRUPHGH 9RLU pJDOHPHQW ©&HUWDLQV DVSHFWV ¿QDQFLHUV GHV DFWLRQV GHV DXWRULWpV
VXEYHQWLRQVRXGHGpJUqYHPHQWV¿VFDX[jFHOOHVGHOHXUV SXEOLTXHVUHODWLYHVjODSUpYHQWLRQHWODOXWWHFRQWUHOHVPDUpHVQRLUHVª
LQGXVWULHVTXLFDXVHQWXQHSROOXWLRQ6RQREMHFWLIpFRQR- UHFRPPDQGDWLRQ DGRSWpH OH DYULO & ¿QDO UHSURGXLWH
PLTXHHVWG¶LQWHUQDOLVHUOHFRWGHODSROOXWLRQGHO¶HQYL- dans L’OCDE et l’environnement (voir supra la note 421), p. 180, et la
«Déclaration de clôture de la Conférence de l’OCDE sur les accidents
URQQHPHQW'DQVFHFRQWH[WHF¶HVWO¶LQGXVWULHTXLFDXVH liés aux substances dangereuses» (C(88)83), tenue à Paris les 9 et
OD SROOXWLRQ TXL HVW YLVpH ¬ GH UDUHV H[FHSWLRQV SUqV LO 10 février 1988, OCDE Monographies sur l’environnement no 24, Paris,
est déconseillé aux États d’aider les industries polluantes mai 1989, p. 11.
jDVVXPHUOHVFRWVHQTXHVWLRQ6HORQFHWWHWKpRULHpFR- 426
Annuaire européen, vol. XXXVII, 1991, p. 37.
QRPLTXHOHFRWGHVPHVXUHVGHOXWWHFRQWUHODSROOXWLRQ 427
ILM, vol. 14, 1975, p. 138. Voir aussi le Programme d’action
sera répercuté sur les utilisateurs des biens et des services des Communautés européennes en matière d’environnement
SURGXLWVSDUO¶LQGXVWULHHQTXHVWLRQ promulgué en 1973, -RXUQDO RI¿FLHO GHV &RPPXQDXWpV HXURSpHQQHV,
no & GpFHPEUH S GDQV OHTXHO LO HVW QRWp TXH ©>O@HV
frais occasionnés par la prévention et la suppression des nuisances
incombent, par principe, au pollueur».
422
*DLQHV ©7KH SROOXWHUSD\V SULQFLSOH IURP HFRQRPLF HTXLW\ WR 428
Voir 74/436/Euratom, CECA, CEE, «Recommandation du Conseil
environmental ethos», p. 470. GXPDUVUHODWLYHjO¶LPSXWDWLRQGHVFRWVHWjO¶LQWHUYHQWLRQGHV
423
«La mise en œuvre du principe pollueur-payeur», reproduite pouvoirs publics en matière d’environnement», -RXUQDO RI¿FLHO GHV
dans L’OCDE et l’environnement (voir supra la note 421), p. 31. Communautés européennes, no L 194, 25 juillet 1975, annexe, par. 3.
424 429
Ibid. Voir Gaines, loc. cit., p. 472.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 145
la Convention sur les effets transfrontières des accidents 281. Dans l’affaire Indian Council for Enviro-Legal
industriels et la Convention de Lugano437. Action v. Union of India and others, la Cour suprême de
O¶,QGHDVXJJpUpTXH©WRXWSULQFLSHpODERUpHQODPDWLqUH
278. Le Protocole de Kiev de 2003 se réfère, dans son GHYUDLWrWUHVLPSOHSUDWLTXHHWDGDSWpjODVLWXDWLRQH[LV-
SUpDPEXOHDXSULQFLSHGX©SROOXHXUSD\HXUªHQWDQWTXH tant dans le pays442».
«principe général du droit international de l’environne-
ment, accepté aussi par les Parties» à la Convention sur la 'DQVODSUDWLTXHOHSULQFLSHGX©SROOXHXUSD\HXUª
protection et l’utilisation des cours d’eau transfrontières n’a pas été pleinement mis en œuvre. Dans un rapport éta-
et des lacs internationaux et à la Convention sur les effets EOLHQO¶2&'(DQRWpTXHOHVJRXYHUQHPHQWVRQWODU-
transfrontières des accidents industriels. gement recours aux subventions pour alléger les charges
pFRQRPLTXHV TXL SqVHQW VXU OH SROOXHXU (Q RXWUH GDQV
279. Dans l’affaire Indian Council for Enviro-Legal ODSUDWLTXHFHSULQFLSHDpWpLQWHUSUpWpSDUOHVeWDWVSRXU
Action v. Union of India and others,438 la Cour suprême MXVWL¿HUOHXUVVXEYHQWLRQVHWOHVSUpVHQWHUFRPPHFRPSD-
GHO¶,QGHDVRXWHQXTXHOHSULQFLSHGX©SROOXHXUSD\HXUª tibles avec ce principe443. Dans son rapport sur la mise en
pWDLW SOHLQHPHQW MXVWL¿p Dans l’affaire Vellore Citizens œuvre d’Action 21, l’Assemblée générale a constaté:
Welfare Forum v. Union of India and others, la Cour a
FRQ¿UPpTXHOHSULQFLSHGHSUpFDXWLRQHWOHSULQFLSHGX Des progrès ont été réalisés dans l’incorporation des principes de la
«pollueur-payeur» ont été acceptés comme faisant partie Déclaration de Rio [...] notamment [...] le principe pollueur-payeur [...]
GDQVOHVGLIIpUHQWVLQVWUXPHQWVMXULGLTXHVLQWHUQDWLRQDX[HWQDWLRQDX[
intégrante du droit national439. Après avoir analysé les dis- Si l’on a enregistré certains progrès dans la mise en œuvre des engage-
positions constitutionnelles garantissant le droit à la vie ments souscrits lors de la Conférence par le biais de divers instruments
et la protection des libertés individuelles, d’autres dis- MXULGLTXHVLQWHUQDWLRQDX[LOUHVWHEHDXFRXSjIDLUHSRXUGRQQHUYpULWD-
positions relatives à la protection et à l’amélioration de EOHPHQWFRUSVDX[SULQFLSHVGH5LRWDQWGDQVODOpJLVODWLRQTXHGDQVOD
SUDWLTXH444.
O¶HQYLURQQHPHQWDLQVLTXHQRPEUHGHWH[WHVDGRSWpVDSUqV
l’Indépendance à ce propos, la Cour a pu soutenir sans 283. L’ampleur et le champ d’application précis du prin-
UpVHUYHV TXH OH SULQFLSH GH SUpFDXWLRQ HW OH SULQFLSH GX FLSHGX©SROOXHXUSD\HXUªUHVWHQWjGp¿QLU&HSULQFLSHHVW
«pollueur-payeur» font partie du droit national relatif à interprété de façon différente suivant les contextes445. On
l’environnement. La Cour a ajouté: D VXJJpUp TXH OH SULQFLSH GX ©SROOXHXUSD\HXUª GDQV VD
IRUPXODWLRQRULJLQDOHFRQFHUQDLWXQLTXHPHQWOHFRWGHV
0rPHGDQVOHFDVFRQWUDLUHXQHIRLVTXHFHVSULQFLSHVVRQWDFFHSWpV
dans le droit international coutumier, il n’y aurait aucun problème à les mesures de prévention et de lutte de la pollution arrêtées
accepter dans le droit interne440. par les pouvoirs publics. Ces dépenses englobent: a) les
dépenses liées à la lutte contre la pollution dans certaines
280. Dans l’arbitrage rendu dans l’affaire opposant LQVWDOODWLRQVb) les dépenses concernant les mesures col-
la France et les Pays-Bas, relative à l’application de la OHFWLYHVSULVHVDXQRPG¶XQJURXSHGHSROOXHXUVHWc) les
Convention relative à la protection du Rhin contre la pol- dépenses d’administration connexes446. Dans sa formula-
lution par les chlorures et du Protocole additionnel à ladite tion initiale, le principe prévoyait également des arran-
Convention, le tribunal arbitral a été prié d’examiner le gements exceptionnels ou spéciaux. En revanche, les
principe du pollueur-payeur dans son interprétation de la éléments de responsabilité et d’indemnisation des prin-
&RQYHQWLRQELHQTXHFHSULQFLSHQHVRLWSDVH[SUHVVpPHQW cipes directeurs de l’OCDE de 1989 relatifs aux pollu-
mentionné dans la Convention. Le tribunal a conclu, dans WLRQVDFFLGHQWHOOHVV¶DSSOLTXHQWa DXFRWGHV©PHVXUHV
VDVHQWHQFHDUELWUDOHGXPDUVTXHVDQVQLHUVRQ raisonnables de prévention [...] contre la pollution acci-
importance en droit conventionnel, le tribunal ne pense GHQWHOOHª HW b DX FRW GHV ©PHVXUHV GH OXWWH FRQWUH OD
SDVTXHOHSULQFLSHGX©SROOXHXUSD\HXUªIDVVHSDUWLHGX pollution accidentelle et d’atténuation de ses effets»447.
GURLWLQWHUQDWLRQDOJpQpUDOHWTX¶LOHQUpVXOWHTXHFHSULQ-
cipe est dénué de pertinence pour l’interprétation de la 442
All India Reporter 1996, vol. 83, p. 1465.
Convention441. 443
Gaines, loc. cit., p. 479.
444
437
Résolution S/19-2 de l’Assemblée générale, du 28 juin 1997,
Le préambule est libellé comme suit: «Considérant l’opportunité annexe, par. 14.
d’établir dans ce domaine un régime de responsabilité objective tenant 445
1DVK ©7RR PXFK PDUNHW" &RQÀLFW EHWZHHQ WUDGDEOH SROOXWLRQ
compte du principe “pollueur-payeur”».
438
allowances and the “polluter pays” principle», p. 472. L’auteur (p. 473)
All India Reporter 1996, vol. 83, p. 1446. cite Bugge («The principles of “polluter-pays” in economics and law»)
439
Ibid., p. 2721. TXLLGHQWL¿HTXDWUHYHUVLRQV
440
Ibid., p. 2721 et 2722. a OH SULQFLSH GX ©SROOXHXUSD\HXUª HQ WDQW TXH SULQFLSH
441
Affaire concernant l’apurement des comptes entre le Royaume pFRQRPLTXHXQSULQFLSHG¶HI¿FDFLWp
des Pays-Bas et la République française en application du Protocole du b OHSULQFLSHGX©SROOXHXUSD\HXUªHQWDQWTXHSULQFLSHMXULGLTXH
25 septembre 1991 additionnel à la Convention relative à la protection SULQFLSHGHMXVWHUpSDUWLWLRQGHVFRWV
du Rhin contre la pollution par les chlorures du 3 décembre 1976, c OH SULQFLSH G¶KDUPRQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH GH OD SROLWLTXH
Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. XXV (numéro QDWLRQDOHUHODWLYHjO¶HQYLURQQHPHQWHW
de vente: E/F.05.V.5), p. 267. Le tribunal, composé de M. Krzysztof d OHSULQFLSHGHUpSDUWLWLRQGHVFRWVHQWUHeWDWV
446
Skubiszewski (Président), M. Gilbert Guillaume (France), et M. Peter Gaines, loc. cit., p. 473.
.RRLMPDQV 3D\V%DV DGpFODUpFHTXLVXLW LELGS 447
,ELG S *DLQHV IDLW REVHUYHU TXH FHUWDLQHV GHV PHVXUHV
«102. [...] de lutte contre la pollution accidentelle ont davantage un caractère
©/HWULEXQDOQRWHTXHOHV3D\V%DVjO¶DSSXLGHOHXUGHPDQGHRQW SUpYHQWLIWDQGLVTXHG¶DXWUHVRQWXQQHWFDUDFWqUHFRUUHFWLI3DUPLOHV
fait référence au principe du “pollueur-payeur”. FRWVPHQWLRQQpVGDQVOHVSULQFLSHVGLUHFWHXUVGHO¶2&'(UHODWLIVDX[
© /H WULEXQDO REVHUYH TXH FH SULQFLSH ¿JXUH GDQV FHUWDLQV pollutions accidentelles (voir supra la note 425), il convient de citer,
LQVWUXPHQWVLQWHUQDWLRQDX[WDQWELODWpUDX[TXHPXOWLODWpUDX[HWVHVLWXH SDUH[HPSOHOHVFRWVGHUHPLVHHQpWDWGHO¶HQYLURQQHPHQWSROOXp/H
à des niveaux d’effectivité variables. Sans nier son importance en droit choix et les types de mesure de remise en état envisagés rapprochent
FRQYHQWLRQQHOOHWULEXQDOQHSHQVHSDVTXHFHSULQFLSHIDVVHSDUWLHGX passablement le principe du «pollueur-payeur» d’un régime de
droit international général.» UHVSRQVDELOLWpSRXUFHTXLHVWGHVFRWVGHYDQWrWUHSULVHQFKDUJHSDU
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 147
relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à 1. Les Parties contractantes adoptent les mesures législatives
GHV ¿QV DXWUHV TXH OD QDYLJDWLRQ459 et la Convention sur et réglementaires nécessaires pour assurer à temps et de manière
appropriée:
l’accès à l’information, la participation du public au pro-
cessus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’envi- a /DGLIIXVLRQG¶LQIRUPDWLRQVVXUO¶HQYLURQQHPHQW
ronnement (ci-après dénommée Convention d’Aarhus)460.
b /¶DFFqVGXSXEOLFDX[LQIRUPDWLRQVVXUO¶HQYLURQQHPHQW
289. Le 28 janvier 2003, le Parlement européen et le
c) La participation du public à la prise des décisions pouvant
Conseil ont adopté la directive 2003/4/CE concernant avoir un impact important sur l’environnement.
l’accès du public à l’information en matière d’environ-
nement461. Cette directive abroge, à compter du 14 février 291. Pour assurer l’accès à l’information, il faut faire
2005, la directive 90/313/CEE du Conseil concernant la HQ VRUWH TXH O¶LQIRUPDWLRQ VRLW DLVpPHQW DFFHVVLEOH DX[
liberté d’accès à l’information en matière d’environne- utilisateurs et aux utilisateurs potentiels. L’Accord nord-
ment462. Cette directive était nécessaire pour assurer la américain de coopération dans le domaine de l’environne-
compatibilité des dispositions du droit communautaire PHQWFRQFOXHQWUHOH&DQDGDOHVeWDWV8QLVHWOH0H[LTXH
avec la Convention d’Aarhus, signée par la Communauté GLVSRVHTXHFKDTXHSDUWLHGRLWIDLUHXQHIIRUWFRQVFLHQWSRXU
HXURSpHQQHOHMXLQ&HWWHGLUHFWLYHUHFRQQDvWTXH publier la législation, la réglementation et les procédures
l’accès accru du public à l’information en matière d’en- et arrêtés ayant des incidences sur l’Accord, y compris
YLURQQHPHQW DLQVL TXH OD GLIIXVLRQ GH FHWWH LQIRUPDWLRQ des informations préalables à l’adoption d’une mesure464.
IDYRULVH XQH SOXV JUDQGH VHQVLELOLVDWLRQ DX[ TXHVWLRQV La Convention d’Aarhus comporte également une dispo-
d’environnement, le libre échange d’idées, une partici- sition détaillée sur l’accès à l’information environnemen-
SDWLRQSOXVHI¿FDFHGXSXEOLFjODSULVHGHGpFLVLRQVHQ WDOHTXLFRQFHUQHjODIRLVODIRUPHHWOHIRQG\FRPSULV
PDWLqUHG¶HQYLURQQHPHQWHWHQGp¿QLWLYHO¶DPpOLRUDWLRQ OHV FLUFRQVWDQFHV GDQV OHVTXHOOHV O¶DFFqV j O¶LQIRUPDWLRQ
GHO¶HQYLURQQHPHQW/DGLUHFWLYHFRQWLHQWXQHODUJHGp¿- ou la divulgation de l’information peut être refusée465. La
nition de l’information environnementale463.
464
(Q$IULTXHOD&RQYHQWLRQDIULFDLQHVXUODFRQVHU- L’article 4 de l’Accord est libellé comme suit:
© &KDFXQH GHV 3DUWLHV IHUD HQ VRUWH TXH VHV ORLV UpJOHPHQWD
vation de la nature et des ressources naturelles dispose tions, procédures et décisions administratives d’application générale
dans son article XVI: FRQFHUQDQWWRXWHTXHVWLRQYLVpHSDUOHSUpVHQW$FFRUGVRLHQWSXEOLpHV
dans les meilleurs délais ou rendues accessibles d’une autre manière,
459
Art. 12. pour permettre aux autres Parties et aux personnes intéressées d’en
460 prendre connaissance.
Le paragraphe 9 de l’article 3 est conçu comme suit:
«2. Dans la mesure du possible, chacune des Parties:
«Dans les limites du champ d’application des dispositions
«a 3XEOLHUDjO¶DYDQFHWRXWHPHVXUHGXJHQUHTX¶HOOHVHSURSRVH
pertinentes de la présente Convention, le public a accès à l’information,
G¶DGRSWHUHW
il a la possibilité de participer au processus décisionnel et a accès à la
«b) Ménagera aux autres Parties et aux personnes intéressées une
justice en matière d’environnement sans discrimination fondée sur la
possibilité raisonnable de la commenter.»
citoyenneté, la nationalité ou le domicile et, dans le cas d’une personne 465
morale, sans discrimination concernant le lieu où elle a son siège L’article 4 est conçu comme suit:
RI¿FLHORXXQYpULWDEOHFHQWUHG¶DFWLYLWpVª © &KDTXH3DUWLHIDLWHQVRUWHTXHVRXVUpVHUYHGHVSDUDJUDSKHV
VXLYDQWV GX SUpVHQW DUWLFOH OHV DXWRULWpV SXEOLTXHV PHWWHQW j OD
461
-RXUQDORI¿FLHOGHV&RPPXQDXWpVHXURSpHQQHV, no L 41, vol. 46,
disposition du public, dans le cadre de leur législation nationale, les
14 février 2003, p. 26.
462
LQIRUPDWLRQVVXUO¶HQYLURQQHPHQWTXLOHXUVRQWGHPDQGpHV\FRPSULV
Ibid., no L 158, 23 juin 1990, p. 56. si la demande leur en est faite et sous réserve de l’alinéa b ci-après,
463
Le début de l’article 2 de la directive est libellé comme suit: GHV FRSLHV GHV GRFXPHQWV GDQV OHVTXHOV FHV LQIRUPDWLRQV VH WURXYHQW
©$X[¿QVGHODSUpVHQWHGLUHFWLYHRQHQWHQGSDU HIIHFWLYHPHQW FRQVLJQpHV TXH FHV GRFXPHQWV UHQIHUPHQW RX QRQ
«1. “Information environnementale”: toute information disponible d’autres informations:
VRXVIRUPHpFULWHYLVXHOOHVRQRUHpOHFWURQLTXHRXWRXWHDXWUHIRUPH «a) 6DQVTXHOHSXEOLFDLWjIDLUHYDORLUXQLQWpUrWSDUWLFXOLHU
matérielle, concernant: «b) Sous la forme demandée à moins:
«a) /¶pWDW GHV pOpPHQWV GH O¶HQYLURQQHPHQW WHOV TXH O¶DLU HW «i) 4X¶LOVRLWUDLVRQQDEOHSRXUO¶DXWRULWpSXEOLTXHGHFRPPXQLTXHU
l’atmosphère, l’eau, le sol, les terres, les paysages et sites naturels, y OHV LQIRUPDWLRQV HQ TXHVWLRQ VRXV XQH DXWUH IRUPH DXTXHO FDV OHV
compris les biotopes humides, les zones côtières et marines, la diversité UDLVRQVGHFHFKRL[GHYURQWrWUHLQGLTXpHVRX
ELRORJLTXHHWVHVFRPSRVDQWHV\FRPSULVOHVRUJDQLVPHVJpQpWLTXHPHQW «ii) 4XH OHV LQIRUPDWLRQV HQ TXHVWLRQ DLHQW GpMj pWp UHQGXHV
PRGL¿pVDLQVLTXHO¶LQWHUDFWLRQHQWUHFHVpOpPHQWV SXEOLTXHVVRXVXQHDXWUHIRUPH
«b) 'HV IDFWHXUV WHOV TXH OHV VXEVWDQFHV O¶pQHUJLH OH EUXLW OHV «2. Les informations sur l’environnement visées au paragraphe 1
rayonnements ou les déchets, y compris les déchets radioactifs, les FLGHVVXVVRQWPLVHVjODGLVSRVLWLRQGXSXEOLFDXVVLW{WTXHSRVVLEOHHW
émissions, les déversements et autres rejets dans l’environnement, DXSOXVWDUGGDQVXQGpODLG¶XQPRLVjFRPSWHUGHODGDWHjODTXHOOHOD
TXLRQWRXVRQWVXVFHSWLEOHVG¶DYRLUGHVLQFLGHQFHVVXUOHVpOpPHQWVGH GHPDQGH D pWp VRXPLVH j PRLQV TXH OH YROXPH HW OD FRPSOH[LWp GHV
l’environnement visés au point a pOpPHQWV G¶LQIRUPDWLRQ GHPDQGpV QH MXVWL¿HQW XQH SURURJDWLRQ GH FH
«c) /HVPHVXUHV \FRPSULVOHVPHVXUHVDGPLQLVWUDWLYHV WHOOHVTXH GpODLTXLSRXUUDrWUHSRUWpDXPD[LPXPjGHX[PRLVL’auteur de la
OHVSROLWLTXHVOHVGLVSRVLWLRQVOpJLVODWLYHVOHVSODQVOHVSURJUDPPHVOHV GHPDQGHHVWLQIRUPpGHWRXWHSURURJDWLRQGXGpODLHWGHVPRWLIVTXLOD
accords environnementaux et les activités ayant ou susceptibles d’avoir MXVWL¿HQW
des incidences sur les éléments et les facteurs visés aux points a et b, ainsi «3. Une demande d’informations sur l’environnement peut être
TXHOHVPHVXUHVRXDFWLYLWpVGHVWLQpHVjSURWpJHUFHVpOpPHQWV refusée si:
«d ) Les rapports sur l’application de la législation «a) /¶DXWRULWp SXEOLTXH j ODTXHOOH OD GHPDQGH HVW DGUHVVpH Q¶HVW
HQYLURQQHPHQWDOH SDVHQSRVVHVVLRQGHVLQIRUPDWLRQVGHPDQGpHV
«e) /HVDQDO\VHVFRWDYDQWDJHVHWDXWUHVDQDO\VHVHWK\SRWKqVHV «b) La demande est manifestement abusive ou formulée en termes
pFRQRPLTXHVXWLOLVpHVGDQVOHFDGUHGHVPHVXUHVHWDFWLYLWpVYLVpHVDX WURSJpQpUDX[RX
point cHW «c /D GHPDQGH SRUWH VXU GHV GRFXPHQWV TXL VRQW HQ FRXUV
«f ) L’état de la santé humaine, la sécurité, y compris, le cas d’élaboration ou concerne des communications internes des autorités
échéant, la contamination de la chaîne alimentaire et les conditions SXEOLTXHV j FRQGLWLRQ TXH FHWWH H[FHSWLRQ VRLW SUpYXH SDU OH GURLW
de vie des personnes, les sites culturels et les constructions, pour LQWHUQHRXFRXWXPLHUFRPSWHWHQXGHO¶LQWpUrWTXHODGLYXOJDWLRQGHV
DXWDQW TX¶LOV VRLHQW RX SXLVVHQW rWUH DOWpUpV SDU O¶pWDW GHV pOpPHQWV informations demandées présenterait pour le public.
de l’environnement visés au point a ou, par l’intermédiaire de ces «4. Une demande d’informations sur l’environnement peut être
éléments, par l’un des facteurs, mesures ou activités visés aux points rejetée au cas où la divulgation de ces informations aurait des incidences
b et c.» défavorables sur:
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 149
directive 2003/4/CE de l’Union européenne contient éga- directive 90/313/CEE, comme, par exemple, la détermi-
lement des informations détaillées sur les obligations des nation du type d’informations à divulguer et les autorités
eWDWVPHPEUHVSRXUFHTXLHVWG¶DVVXUHUO¶DFFqVjO¶LQIRU-
PDWLRQJUDWXLWHPHQWRXjXQFRWUDLVRQQDEOHGHODGLI- «a 'qV TXH SRVVLEOH RX DX SOXV WDUG GDQV OH PRLV TXL VXLW OD
IXVHUHWG¶LQGLTXHUOHVFLUFRQVWDQFHVGDQVOHVTXHOOHVXQH UpFHSWLRQGHODGHPDQGHSDUO¶DXWRULWpSXEOLTXHYLVpHDXSDUDJUDSKH
demande d’information environnementale peut être reje- ou
tée466. Elle cherche essentiellement à répondre à certains «b 'DQVOHVGHX[PRLVTXLVXLYHQWODUpFHSWLRQGHODGHPDQGHSDU
O¶DXWRULWpSXEOLTXHORUVTXHOHYROXPHHWODFRPSOH[LWpGHVLQIRUPDWLRQV
des problèmes rencontrés lors de la mise en œuvre de la VRQWWHOVTXHOHGpODLG¶XQPRLVYLVpDXSRLQWa ne peut être respecté. En
SDUHLOFDVOHGHPDQGHXUHVWLQIRUPpGqVTXHSRVVLEOHHWHQWRXWpWDWGH
FDXVHDYDQWOD¿QGXGpODLG¶XQPRLVGHWRXWHSURORQJDWLRQGXGpODLHW
«a /HVHFUHWGHVGpOLEpUDWLRQVGHVDXWRULWpVSXEOLTXHVORUVTXHFH des motifs de cette prolongation.
VHFUHWHVWSUpYXSDUOHGURLWLQWHUQH «3. Si une demande est formulée d’une manière trop générale,
«b) Les relations internationales, la défense nationale ou la O¶DXWRULWp SXEOLTXH LQYLWH OH GHPDQGHXU GqV TXH SRVVLEOH HW DX SOXV
VpFXULWpSXEOLTXH tard avant l’expiration du délai prévu au paragraphe 2, point a, à la
«c) La bonne marche de la justice, la possibilité pour toute préciser davantage et l’aide à cet effet, par exemple en donnant
SHUVRQQH G¶rWUH MXJpH pTXLWDEOHPHQW RX OD FDSDFLWp G¶XQH DXWRULWp des renseignements sur l’utilisation des registres publics visés au
SXEOLTXHG¶HIIHFWXHUXQHHQTXrWHG¶RUGUHSpQDORXGLVFLSOLQDLUH paragraphe 5, point c/HVDXWRULWpVSXEOLTXHVSHXYHQWORUVTX¶HOOHVOH
«d /H VHFUHW FRPPHUFLDO HW LQGXVWULHO ORUVTXH FH VHFUHW HVW jugent approprié, rejeter la demande au titre de l’article 4, paragraphe 1,
SURWpJpSDUODORLD¿QGHGpIHQGUHXQLQWpUrWpFRQRPLTXHOpJLWLPH'DQV point c.
FHFDGUHOHVLQIRUPDWLRQVVXUOHVpPLVVLRQVTXLVRQWSHUWLQHQWHVSRXUOD © /RUVTXH OH GHPDQGHXU UpFODPH OD PLVH j GLVSRVLWLRQ GHV
SURWHFWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQWGRLYHQWrWUHGLYXOJXpHV informations sous une forme ou dans un format particulier (y compris
«e /HVGURLWVGHSURSULpWpLQWHOOHFWXHOOH VRXVIRUPHGHFRSLHV O¶DXWRULWpSXEOLTXHFRPPXQLTXHOHVLQIRUPDWLRQV
«f /H FDUDFWqUH FRQ¿GHQWLHO GHV GRQQpHV HWRX GHV GRVVLHUV sous cette forme ou dans ce format, sauf dans les cas suivants:
SHUVRQQHOV FRQFHUQDQW XQH SHUVRQQH SK\VLTXH VL FHWWH SHUVRQQH Q¶D «a) L’information est déjà publiée sous une autre forme ou dans un
SDVFRQVHQWLjODGLYXOJDWLRQGHFHVLQIRUPDWLRQVDXSXEOLFORUVTXHOH DXWUHIRUPDWHQSDUWLFXOLHUWHOTXHYLVpjO¶DUWLFOHTXLHVWIDFLOHPHQW
FDUDFWqUH FRQ¿GHQWLHO GH FH W\SH G¶LQIRUPDWLRQ HVW SUpYX SDU OH GURLW accessible par les demandeurs, ou
LQWHUQH «b /¶DXWRULWpSXEOLTXHHVWIRQGpHjODPHWWUHjODGLVSRVLWLRQGX
«g /HV LQWpUrWV G¶XQ WLHUV TXL D IRXUQL OHV LQIRUPDWLRQV SXEOLF VRXV XQH DXWUH IRUPH RX GDQV XQ DXWUH IRUPDW DXTXHO FDV OHV
GHPDQGpHVVDQV\rWUHFRQWUDLQWSDUODORLRXVDQVTXHODORLSXLVVHO¶\ motifs de la mise à disposition sous une autre forme ou dans un autre
FRQWUDLQGUHHWTXLQHFRQVHQWSDVjODGLYXOJDWLRQGHFHVLQIRUPDWLRQV IRUPDWVRQWLQGLTXpV
ou ©$X[ ¿QV GX SUpVHQW SDUDJUDSKH OHV DXWRULWpV SXEOLTXHV
«h /HPLOLHXVXUOHTXHOSRUWHQWOHVLQIRUPDWLRQVFRPPHOHVVLWHV déploient des efforts raisonnables pour conserver les informations
de reproduction d’espèces rares. HQYLURQQHPHQWDOHVTX¶HOOHVGpWLHQQHQWRXTXLVRQWGpWHQXHVSRXUOHXU
«Les motifs de rejet susmentionnés devront être interprétés de compte sous des formes ou dans des formats facilement reproductibles
PDQLqUH UHVWULFWLYH FRPSWH WHQX GH O¶LQWpUrW TXH OD GLYXOJDWLRQ GHV HWDFFHVVLEOHVSDUGHVPR\HQVGHWpOpFRPPXQLFDWLRQLQIRUPDWLTXHRX
LQIRUPDWLRQV GHPDQGpHV SUpVHQWHUDLW SRXU OH SXEOLF HW VHORQ TXH FHV DXWUHVYRLHVpOHFWURQLTXHV
informations ont trait ou non aux émissions dans l’environnement. «Les motifs du refus de mise à disposition des informations, en
© 6L XQH DXWRULWp SXEOLTXH Q¶HVW SDV HQ SRVVHVVLRQ GHV partie ou en totalité, sous la forme ou dans le format demandé, sont
informations sur l’environnement demandées, elle fait savoir aussi FRPPXQLTXpV DX GHPDQGHXU GDQV OH GpODL LQGLTXp DX SDUDJUDSKH
UDSLGHPHQW TXH SRVVLEOH j O¶DXWHXU GH OD GHPDQGH j TXHOOH DXWRULWp point a.
SXEOLTXH FHOXLFL SHXW j VD FRQQDLVVDQFH V¶DGUHVVHU SRXU REWHQLU OHV © $X[ ¿QV GX SUpVHQW DUWLFOH OHV eWDWV PHPEUHV YHLOOHQW j FH
LQIRUPDWLRQVHQTXHVWLRQRXWUDQVPHWODGHPDQGHjFHWWHDXWRULWpHWHQ TXH
informe son auteur. «a) Les fonctionnaires soient tenus d’aider le public à accéder aux
© &KDTXH 3DUWLH IDLW HQ VRUWH TXH V¶LO HVW SRVVLEOH VDQV HQ LQIRUPDWLRQVUHFKHUFKpHV
FRPSURPHWWUHOHFDUDFWqUHFRQ¿GHQWLHOGHGLVVRFLHUOHVLQIRUPDWLRQVVXU «b /HVOLVWHVGHVDXWRULWpVSXEOLTXHVVRLHQWDFFHVVLEOHVDXSXEOLF
O¶HQYLURQQHPHQWGHPDQGpHVTXLHQYHUWXGHO¶DOLQpDc du paragraphe 3 «c /HV PRGDOLWpV SUDWLTXHV VRLHQW Gp¿QLHV SRXU JDUDQWLU TXH
et du paragraphe 4 ci-dessus, n’ont pas à être divulguées, des autres le droit d’accès aux informations environnementales peut être
LQIRUPDWLRQV VXU O¶HQYLURQQHPHQW GHPDQGpHV OHV DXWRULWpV SXEOLTXHV effectivement exercé, notamment:
FRPPXQLTXHQWFHVGHUQLqUHV «la désignation de responsables en matière d’information,
© /HUHMHWG¶XQHGHPDQGHG¶LQIRUPDWLRQVHVWQRWL¿pSDUpFULWVL «l’établissement et la tenue à jour d’outils pour la consultation des
cette demande a été faite par écrit ou si son auteur sollicite une réponse informations demandées,
écrite. 'DQV OD QRWL¿FDWLRQ GX UHMHW O¶DXWRULWp SXEOLTXH H[SRVH OHV «des registres ou des listes des informations environnementales
motifs de ce rejet et informe l’auteur de la demande du recours dont il GpWHQXHVSDUOHVDXWRULWpVSXEOLTXHVRXSDUOHVFHQWUHVG¶LQIRUPDWLRQ
GLVSRVHHQYHUWXGHO¶DUWLFOH/HUHMHWGHODGHPDQGHHVWQRWL¿pDXVVLW{W avec des indications claires sur l’endroit où ces informations sont mises
TXHSRVVLEOHHWDXSOXVWDUGGDQVXQGpODLG¶XQPRLVjPRLQVTXHOD à disposition.
FRPSOH[LWpGHVLQIRUPDWLRQVGHPDQGpHVQHMXVWL¿HXQHSURURJDWLRQGH ©/HV eWDWV PHPEUHV YHLOOHQW j FH TXH OHV DXWRULWpV SXEOLTXHV
FHGpODLTXLSRXUUDrWUHSRUWpDXPD[LPXPjGHX[PRLV/¶DXWHXUGH LQIRUPHQW OH SXEOLF GH PDQLqUH DGpTXDWH GHV GURLWV TXH OD SUpVHQWH
ODGHPDQGHHVWLQIRUPpGHWRXWHSURURJDWLRQGXGpODLHWGHVPRWLIVTXL 'LUHFWLYHOXLFRQIqUHHWGDQVODPHVXUHTXLFRQYLHQWOXLIRXUQLVVHQWGHV
ODMXVWL¿HQW LQIRUPDWLRQVRULHQWDWLRQVHWFRQVHLOVjFHWWH¿Qª
© &KDTXH 3DUWLH SHXW DXWRULVHU OHV DXWRULWpV SXEOLTXHV TXL L’article 4 se lit comme suit:
fournissent des informations à percevoir un droit pour ce service mais «Dérogations
ce droit ne doit pas dépasser un montant raisonnable. Les autorités © /HV eWDWV PHPEUHV SHXYHQW SUpYRLU TX¶XQH GHPDQGH
SXEOLTXHV TXL RQW O¶LQWHQWLRQ GH IDLUH SD\HU OHV LQIRUPDWLRQV TX¶HOOHV d’information environnementale peut être rejetée dans les cas où:
fournissent font connaître aux auteurs des demandes d’informations «a) L’information demandée n’est pas détenue par l’autorité
OH EDUqPH GHV GURLWV j DFTXLWWHU HQ LQGLTXDQW OHV FDV GDQV OHVTXHOV SXEOLTXH j ODTXHOOH OD GHPDQGH HVW DGUHVVpH RX SRXU VRQ FRPSWH
la communication des informations est subordonnée à leur paiement HQ SDUHLO FDV ORUVTXH FHWWH DXWRULWp SXEOLTXH VDLW TXH O¶LQIRUPDWLRQ
préalable.» HVW GpWHQXH SDU XQH DXWUH DXWRULWp SXEOLTXH RX SRXU VRQ FRPSWH HOOH
466
Articles 3 à 5 et 7 et 8 de la directive. L’article 3 est libellé WUDQVPHW GqV TXH SRVVLEOH OD GHPDQGH j FHWWH DXWUH DXWRULWp HW HQ
comme suit: LQIRUPHOHGHPDQGHXURXHOOHLQGLTXHDXGHPDQGHXUDXSUqVGHTXHOOH
«Accès sur demande aux informations environnementales DXWRULWpSXEOLTXHHOOHFURLWTX¶LOSRXUUDREWHQLUO¶LQIRUPDWLRQGHPDQGpH
© /HV eWDWV PHPEUHV YHLOOHQW j FH TXH OHV DXWRULWpV SXEOLTXHV «b /DGHPDQGHHVWPDQLIHVWHPHQWDEXVLYH
soient tenues, conformément à la présente Directive, de mettre à «c) La demande est formulée d’une manière trop générale, compte
OD GLVSRVLWLRQ GH WRXW GHPDQGHXU HW VDQV TXH FHOXLFL VRLW REOLJp GH WHQXGHO¶DUWLFOHSDUDJUDSKH
IDLUH YDORLU XQ LQWpUrW OHV LQIRUPDWLRQV HQYLURQQHPHQWDOHV TX¶HOOHV «d) La demande concerne des documents en cours d’élaboration
GpWLHQQHQWRXTXLVRQWGpWHQXHVSRXUOHXUFRPSWH RXGHVGRFXPHQWVHWGRQQpHVLQDFKHYpV
© 6RXV UpVHUYH GH O¶DUWLFOH HW FRPSWH WHQX GX GpODL LQGLTXp «e) La demande concerne des communications internes, en tenant
par le demandeur, les informations environnementales sont mises à la FRPSWH GH O¶LQWpUrW TXH OD GLYXOJDWLRQ GHV LQIRUPDWLRQV GHPDQGpHV
disposition du demandeur: présenterait pour le public.
150 Documents de la cinquante-sixième session
/H WULEXQDO GHYDLW VH SURQRQFHU VXU OHV TXHVWLRQV 3RXUDUUrWHUVDGpFLVLRQODPDMRULWpDFRQVWDWpTXH
ci-après: l’article 9 était une disposition relative à l’accès à l’in-
formation et devait être considéré comme exposant les
a) (QSUHPLHUOLHXHVWFHTXHOHSDUDJUDSKHGHO¶DU- LQWHQWLRQVGHVSDUWLHVFRQWUDFWDQWHVWHOOHVTX¶HOOHVRQWpWp
ticle 9 de la Convention prie une partie contractante de exprimées dans le cadre des objectifs généraux et dans les
divulguer ou d’établir la procédure en vue de divulguer DXWUHVGLVSRVLWLRQVGHOD&RQYHQWLRQ(OOHDFRQVLGpUpTXH
les «informations» décrites au paragraphe 2 dudit article? l’article 9 constituait une obligation exécutoire, s’agissant
du domaine considéré, à l’instar des autres dispositions de
b) (Q GHX[LqPH OLHX VL WHO HVW OH FDV HVWFH TXH OD&RQYHQWLRQ©,OFRQYLHQWGHFRQVLGpUHUTXHOHVREOLJD-
les documents dont l’Irlande a demandé la divulgation tions de la Convention relatives à la divulgation d’infor-
constituent des «informations» au sens de l’article 9 de PDWLRQV Gp¿QLHV QH VRQW SDV XQH VLPSOH H[SUHVVLRQ GHV
la Convention? aspirations concernant la législation nationale des Parties
contractantes475.»
c) (Q WURLVLqPH OLHX VL WHO HVW OH FDV HVWFH TXH OH
5R\DXPH8QL D UpGLJp HW UHIXVp GH FRPPXQLTXHU GHV /HWULEXQDOjODPDMRULWpGHVYRL[DFRQVWDWpTXHOH
informations demandées par l’Irlande, contrevenant ainsi principal objectif de la Convention OSPAR était de proté-
à l’alinéa dGXSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOHHWTXHOOHHVWOD ger le milieu marin et d’éliminer la pollution marine dans
nature des ces informations? O¶$WODQWLTXH GX 1RUG(VW ,O pWDLW PDQLIHVWH TXH OH WH[WH
intégral de la Convention (annexes y comprises) faisait
296. Le tribunal a décidé à l’unanimité de rejeter la apparaître une hiérarchie soigneusement établie d’obli-
GHPDQGHGX5R\DXPH8QLFRQFHUQDQWOHVTXHVWLRQVGH gations ou d’engagements en vue d’atteindre les divers
compétence et de recevabilité. Par une décision prise à objectifs de la Convention OSPAR. Dans ce contexte,
la majorité des voix, il a rejeté l’argumentation présentée O¶XWLOLVDWLRQ GH O¶H[SUHVVLRQ ©IRQW HQ VRUWHª UHÀpWDLW OD
SDUOH5R\DXPH8QLUpVXPpHGDQVODSUHPLqUHTXHVWLRQ volonté délibérée des auteurs d’utiliser des expressions
jVDYRLUTXHODPLVHHQ°XYUHGXSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOH GLIIpUHQFLpHVSOXW{WTX¶XQFKRL[SHXH[DFWGHYRFDEXODLUH
GHOD&RQYHQWLRQ263$5pWDLWFRQ¿pHXQLTXHPHQWDX[ /HWULEXQDODGRQFHVWLPpTXHFHWWHH[SUHVVLRQFRQVWLWXDLW
autorités compétentes du Royaume-Uni et non pas à un XQH REOLJDWLRQ SRXU OH 5R\DXPH8QL HQ VD TXDOLWp GH
tribunal constitué en vertu de la Convention OSPAR. En ©3DUWLHFRQWUDFWDQWHªGHIDLUHHQVRUWHTXHVHVDXWRULWpV
UpSRQVHjODGHX[LqPHTXHVWLRQOHWULEXQDODGpFLGpjOD compétentes «soient tenues de mettre à la disposition
PDMRULWp TXH OD GHPDQGH G¶LQIRUPDWLRQV SUpVHQWpH SDU GHWRXWHSHUVRQQHSK\VLTXHRXPRUDOHOHVLQIRUPDWLRQV
l’Irlande ne relevait pas du paragraphe 2 de l’article 9 décrites au paragraphe 2 [...] en réponse à toute demande
HW TX¶HQ FRQVpTXHQFH OD PDMRULWp GHV PHPEUHV GX raisonnable476». Cette obligation tendait à avoir un carac-
tribunal n’a pas jugé nécessaire d’examiner la troisième WqUH FRQWUDLJQDQW SOXW{W TXH GH SUpYRLU VLPSOHPHQW
TXHVWLRQ j VDYRLU OD SODLQWH GH O¶,UODQGH VHORQ ODTXHOOH l’accès à un régime national visant à obtenir le résultat
le Royaume-Uni aurait violé ses obligations en vertu de désiré477.
l’article 9 de la Convention en refusant, sur la base de son
interprétation des dispositions énoncées à l’alinéa d du 301. Le tribunal a également examiné les critères
paragraphe 3 de mettre des informations à la disposition REMHFWLIVVSpFL¿pVDXSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOHjVDYRLU
des demandeurs. TXHOHVLQIRUPDWLRQVGRLYHQWrWUHPLVHVjODGLVSRVLWLRQ
a GHWRXWHSHUVRQQHSK\VLTXHRXPRUDOHb) en réponse
297. Le paragraphe 1 de l’article 9 de la Convention jWRXWHGHPDQGHUDLVRQQDEOHc VDQVTXHODGLWHSHUVRQQH
OSPAR est libellé comme suit: VRLW REOLJpH GH IDLUH YDORLU XQ LQWpUrW d) sans frais
GLVSURSRUWLRQQpV HW e) le plus rapidement possible et
/HV3DUWLHVFRQWUDFWDQWHVIRQWHQVRUWHTXHOHXUVDXWRULWpVFRPSpWHQWHV dans un délai de deux mois au plus, et a interprété ce
VRLHQWWHQXHVGHPHWWUHjODGLVSRVLWLRQGHWRXWHSHUVRQQHSK\VLTXHRX SDUDJUDSKHFRPPHVLJQL¿DQWTXHOHUHVSHFWSDUOHVeWDWV
morale, les informations décrites au paragraphe 2 du présent article,
HQUpSRQVHjWRXWHGHPDQGHUDLVRQQDEOHVDQVTXHODGLWHSHUVRQQHVRLW
contractants, des critères précités, pourrait faire l’objet
obligée de faire valoir un intérêt, sans frais disproportionnés, le plus d’un arbitrage en vertu de l’article 32478.
rapidement possible et dans un délai de deux mois au plus.
/HWULEXQDODFRQVWDWpTXHOHVUqJOHVGXGURLWLQWHU-
298. L’argumentation du Royaume-Uni était fondée national et du droit européen corroboraient son analyse
VXUOHIDLWTX¶HQGHPDQGDQWDX[SDUWLHVFRQWUDFWDQWHVGH textuelle479,ODWRXWHIRLVQRWpTXHO¶DGRSWLRQG¶XQHGp¿-
©>IDLUH@HQVRUWHTXHOHXUVDXWRULWpVFRPSpWHQWHVVRLHQW QLWLRQ RX G¶XQ WHUPH VLPLODLUH RX LGHQWLTXH GDQV GHV
tenues de mettre à la disposition473» des informations, WH[WHV LQWHUQDWLRQDX[ QH VLJQL¿DLW SDV SRXU DXWDQW TXH
O¶DUWLFOHHQTXHVWLRQQHFUpHSDVXQHREOLJDWLRQGLUHFWH les auteurs avaient l’intention de conférer le même sta-
GH FRPPXQLTXHU GHV LQIRUPDWLRQV SDUWLFXOLqUHV 8QH WXWQRUPDWLIDX[GHX[LQVWUXPHQWV(QFRQVpTXHQFHLOD
violation pouvait survenir seulement si un cadre FRQFOXTXHOD&RQYHQWLRQ263$5HWODGLUHFWLYH
réglementaire national traitant de la divulgation de &((pWDLHQWGHVVRXUFHVMXULGLTXHVLQGpSHQGDQWHVHWTXH
l’information n’avait pas été mis en place. Pour sa FKDFXQH pWDEOLW XQ UpJLPH MXULGLTXH GLVWLQFW HW SUpYRLW
SDUW O¶,UODQGH D VRXWHQX TXH FHW DUWLFOH FRQVWLWXDLW
XQH REOLJDWLRQ GH UpVXOWDW SOXW{W TX¶XQH REOLJDWLRQ
G¶pWDEOLUXQFDGUHUpJOHPHQWDLUHQDWLRQDODX[¿QVGHOD 475
Ibid., p. 96, par. 127.
divulgation d’informations474. 476
Ibid., p. 98, par. 134.
477
Ibid.
473 478
Ibid., p. 93, par. 111. Ibid., par. 136.
474 479
Ibid. Ibid., p. 99, par. 139.
152 Documents de la cinquante-sixième session
GHV UHFRXUV MXULGLTXHV GLIIpUHQWV480$ORUV TXH O¶DUWLFOH 306. Les travaux préparatoires à la rédaction du
GH OD GLUHFWLYH &(( GLVSRVH TX¶XQ UHFRXUV MXGL- SDUDJUDSKH GH O¶DUWLFOH IDLVDLHQW DSSDUDvWUH TXH OHV
ciaire à l’encontre d’un État en violation de ses obliga- dispositions du texte ultérieur de ce paragraphe avaient
WLRQVGRLWrWUHLQWURGXLWFRQIRUPpPHQWjO¶RUGUHMXULGLTXH été ajustées de manière à être conformes au texte de la
national, la Convention OSPAR contient un mécanisme GLUHFWLYH &(( GH OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH
de règlement des différends particulier et indépendant à cela a été jugé riche d’enseignements, dans la mesure où
VRQDUWLFOHFRQIRUPpPHQWDXTXHOOHWULEXQDODJLW481. De ces deux dispositions étaient liées à un recours interne
l’avis du tribunal: exclusif 488.
/HODQJDJHVLPLODLUHGHVGHX[LQVWUXPHQWVMXULGLTXHVDLQVLTXHOHIDLW 'DQV VD FRQFOXVLRQ OH 3UpVLGHQW D GpFODUp TXH
TXHOHVUqJOHPHQWVGH>SURPXOJXpVDX5R\DXPH8QL@VRQWXQLQV- O¶LQWHUSUpWDWLRQDXUDLWSXrWUHFRPSDWLEOHDYHFODSUDWLTXH
trument visant l’application à la fois de la directive 90/313/CEE et de
la Convention OSPAR ne limitent pas une Partie contractante à choisir FRQYHQWLRQQHOOH FRPPXQH VHORQ ODTXHOOH OHV eWDWV VRQW
XQH LQVWDQFH MXULGLTXH SDUPL O¶XQH GHV GHX[ SRVVLELOLWpV GLVSRQLEOHV tenus d’adapter leur législation nationale et sont consi-
l’objectif essentiel poursuivi en utilisant un langage analogue est de dérés comme ayant rempli leurs obligations convention-
FUpHUGHVQRUPHVMXULGLTXHVXQLIRUPHVHWFRKpUHQWHVGDQVOHGRPDLQH nelles dans la mesure où ils ont pu le faire de la manière
GH OD SURWHFWLRQ GX PLOLHX PDULQ HW QRQ SDV GH IDLUH HQ VRUWH TX¶XQ
HQVHPEOHGHUHFRXUVMXULGLTXHVDLWOHSDVVXUO¶DXWUH482. YRXOXH /H VHXO UHFRXUV LQWHUQDWLRQDO YDODEOH VHUDLW TXH
O¶eWDW PLV HQ FDXVH Q¶DLW SDV UpXVVL j IDLUH HQ VRUWH TXH
303. Toutefois, dans une déclaration séparée, le Pré- sa loi interne soit créée ou structurée de manière à réali-
sident du tribunal d’arbitrage a contesté la conclusion de ser les objectifs prescrits par la Convention considérée489.
ODPDMRULWpTXDQWjO¶LQWHUSUpWDWLRQIDLWHSDUODPDMRULWp483. Autrement dit, le paragraphe 1 de l’article 9 continuait à
6HORQOXLO¶H[SUHVVLRQ©IRQWHQVRUWHTXHOHXUVDXWRULWpV faire l’objet de normes internationales:
compétentes soient tenues de» ne constitue pas davantage
TX¶XQHREOLJDWLRQG¶DGDSWHUODOpJLVODWLRQQDWLRQDOHGHOD %LHQ TX¶XQH WHOOH GLVSRVLWLRQ GRLYH ODLVVHU DX[ 3DUWLHV FRQWUDFWDQWHV
XQHFHUWDLQHODWLWXGHRX©PDUJHG¶DSSUpFLDWLRQªSRXUFHTXLHVWGHVD
manière prescrite en prévoyant certains recours institu- mise en œuvre, les dispositions nationales doivent néanmoins satisfaire
WLRQQHOVSRXUOHVTXHOVGHVFULWqUHVVSpFL¿TXHVVRQWIRXU- WRXWFULWqUHREMHFWLIpQRQFpGDQVODGLVSRVLWLRQVLO¶RQYHXWTX¶HOOHVQH
nis. Le paragraphe 1 de l’article 9 contreviennent pas à la Convention490.
n’est pas conçu de manière à établir une obligation sur le plan inter- /HV VHXOHV TXHVWLRQV SRXYDQW rWUH UHFHYDEOHV HQ
national de fournir des informations, le respect de cette obligation dans YHUWXGHO¶DUWLFOHVRQWFHOOHVTXLFRQFHUQHQWGHSUpWHQ-
des cas précis devant relever d’un tribunal constitué en application de dues violations de ces critères.
l’article 32484.
/H 3UpVLGHQW D QRWp TX¶LO VHUDLW DQRUPDO HW 309. S’agissant du paragraphe 2 de l’article 9, le tribunal
K\SRFULWH TXH OH SDUDJUDSKH GH O¶DUWLFOH SULH OHV DHVWLPpjO¶XQDQLPLWpTXHODTXHVWLRQSRVpHSDUO¶,UODQGH
SDUWLHVFRQWUDFWDQWHVGHIDLUHHQVRUWHTXHOHXUVDXWRULWpV concernant le fait de savoir si le rapport dont la divulgation
FRPSpWHQWHV VRLHQW WHQXHV GH IDLUH TXHOTXH FKRVH HW GH avait été demandée constituait des «informations» aux
prescrire la manière dont cela devrait être réalisé, puis ¿QV GH O¶DUWLFOH GH OD &RQYHQWLRQ 263$5 pWDLW XQH
FRQ¿HUOHVRLQG¶DSSOLTXHUFHWWHGLVSRVLWLRQGDQVGHVFDV TXHVWLRQGHIRQGSOXW{WTX¶XQHTXHVWLRQGHUHFHYDELOLWp
VSpFL¿TXHV j XQ WULEXQDO LQWHUQDWLRQDO485. Il a également ou de compétence. Le paragraphe 2 se lit comme suit:
REVHUYp TXH VRQ LQWHUSUpWDWLRQ pWDLW FRKpUHQWH DYHF OHV
Les informations visées au paragraphe 1 du présent article sont
autres objectifs énoncés au paragraphe 1 de l’article 9 constituées par toute information disponible sous forme écrite, visuelle,
FRQFHUQDQW O¶RSSRUWXQLWp GHV UpSRQVHV REMHFWLI TXH QH VRQRUH RX FRQWHQXH GDQV GHV EDQTXHV GH GRQQpHV FRQFHUQDQW O¶pWDW
permettraient pas d’atteindre les procédures complètes de la zone maritime et les activités ou les mesures les affectant ou
prévues dans le cadre du mécanisme de règlement des VXVFHSWLEOHV GH OHV DIIHFWHU DLQVL TXH OHV DFWLYLWpV FRQGXLWHV RX OHV
différends décrit à l’article 32486. mesures adoptées conformément à la Convention.
les dispositions concernant le transport de plutonium à toutes les formes d’activités administratives. L’inclusion
GHVWLQDWLRQHWKRUVGHO¶XVLQH02;HWjSDUWLUGH6HOOD¿HOG des deux mots «mesures» et «activités» témoignait du
et le nombre vraisemblable de ces transports. GpVLUGHVDXWHXUVTXHODGHX[LqPHFDWpJRULHSRUWHVXUXQH
large gamme d’informations, mais le tribunal a souligné
/DTXHVWLRQVSpFL¿TXHGRQWpWDLWVDLVLHOHWULEXQDO TXHFHWWHLQIRUPDWLRQGHYDLWrWUHOLpHjO¶pWDWGHOD]RQH
était de savoir si les parties des rapports PA et ADL, maritime498.
considérées comme des catégories, constituaient des
«informations» au sens du paragraphe 2 de l’article 9492. La /HWULEXQDODQRWpHQRXWUHTXHODGHX[LqPHFDWp-
majorité des membres du tribunal a établi une distinction gorie d’informations concernait également deux types
entre les catégories d’information contenues dans le G¶DFWLYLWpVRXPHVXUHVTXLFRPSUHQDLHQWOHVDFWLYLWpVHW
UDSSRUW HW OHXU FRQWHQX HW RQW HVWLPp TXH OHV SUHPLqUHV PHVXUHV IXWXUHV DLQVL TXH FHOOHV GpMj HQ FRXUV &RQWUDL-
tombaient dans le champ d’application du paragraphe 2, rement aux deux autres catégories, la deuxième catégorie
les dispositions concernant la teneur devant être arrêtées pWDLWTXDOL¿pHGDQVODYHUVLRQDQJODLVHSDUOHVDGYHUEHV
conformément au paragraphe 3493. adversely et likely >VXVFHSWLEOHV@ FH TXL GH O¶DYLV GH OD
majorité des membres, excluait du champ d’application
/H WULEXQDO D QRWp TXH OHV LQIRUPDWLRQV YLVpHV DX GHO¶DUWLFOHOHVDFWLYLWpVRXPHVXUHVHQFRXUVTXLDIIHF-
paragraphe 2 ne concernaient pas l’environnement en taient ou étaient susceptibles d’affecter la zone maritime
général mais «l’état de la zone maritime», conformément PDLVQ¶DYDLHQWSDVG¶LQÀXHQFHQpIDVWHVXUFHWWH]RQHHWOHV
à la teneur de la Convention OSPAR. D’après la majorité DFWLYLWpVIXWXUHVTXLQ¶pWDLHQWSDVVXVFHSWLEOHVG¶DYRLUGHV
des membres, aucune des 14 catégories d’informations incidences néfastes sur la zone maritime499. En adoptant
¿JXUDQW VXU OD OLVWH pWDEOLH SDU O¶,UODQGH QH SRXYDLW rWUH une interprétation restrictive, le tribunal a refusé d’envi-
de manière plausible caractérisée comme constituant «des VDJHU OD SRVVLELOLWp TXH O¶DUWLFOH VRLW XQH GLVSRVLWLRQ
informations [...] concernant l’état de la zone maritime494». sur «les informations relatives à l’environnement500». Il
DGRQFFRQFOXTXHO¶,UODQGHQ¶DYDLWSDVUpXVVLjGpPRQ-
313. Le tribunal a ensuite examiné si les auteurs de la WUHUTXHOHVFDWpJRULHVG¶DUWLFOHVUpGLJpVFRQVWLWXDLHQW
Convention OSPAR avaient adopté la théorie de la cau- des «informations» sur les activités ou les mesures ayant
VDOLWp WRWDOH DX[ WHUPHV GH ODTXHOOH WRXWH FKRVH SRXU des incidences néfastes ou susceptibles d’avoir des inci-
pORLJQpH TX¶HOOH VRLW HVW UpSXWpH IDLUH SDUWLH G¶XQH DFWL- GHQFHVQpIDVWHVVXUOD]RQHPDULWLPHHWTXHPrPHVLOHV
vité si elle a facilité la réalisation de cette activité495. Il a 14 catégories d’éléments avaient constitué des informa-
FRQVWDWp TXH OH SDUDJUDSKH FRQFHUQDLW WURLV FDWpJRULHV WLRQVGHFHWRUGUHOHVDFWLYLWpVHQTXHVWLRQQ¶pWDLHQWSDV
d’informations, à savoir «toute information disponible» susceptibles d’avoir des incidences néfastes sur la zone
VXU ©O¶pWDW GH OD ]RQH PDULWLPHª ©WRXWH LQIRUPDWLRQ maritime501.
disponible» concernant «les activités ou les mesures […]
affectant ou susceptibles [d’]affecter [l’état de la zone 'DQVVRQRSLQLRQGLVVLGHQWH*DYDQ*ULI¿WK4&D
PDULWLPH@ªHW©WRXWHLQIRUPDWLRQGLVSRQLEOHªFRQFHUQDQW UHJUHWWpTXHODPDMRULWpDLWGpFLGpGHVHSURQRQFHUSRXU
«les activités conduites ou les mesures adoptées une approche strictement temporelle et de rejeter la valeur
conformément à la Convention»496. Dans leur argumen- QRUPDWLYH G¶DXWUHV LQVWUXPHQWV LQYRTXpV SDU O¶,UODQGH
tation, les parties se sont concentrées sur la deuxième WHOVTXHOD&RQYHQWLRQG¶$DUKXV,ODpJDOHPHQWGpSORUp
catégorie d’informations, à savoir toute information dis- TX¶LOQ¶DLWSDVpWpWHQXFRPSWHGHO¶DGRSWLRQGHODGLUHF-
ponible concernant les activités ou les mesures affectant tive 2003/4/CE concernant l’accès du public à l’informa-
ou susceptibles d’affecter l’état de la zone maritime. Bien WLRQ HQ PDWLqUH G¶HQYLURQQHPHQW TXL D DEURJp OD GLUHF-
TXH OD &RQYHQWLRQ 263$5 QH Gp¿QLVVH SDV ©OHV DFWLYL- WLYH&((,ODLQVLVWpVXUOHIDLWTXHOD&RQYHQWLRQ
tés ou les mesures» à son article premier, la majorité des 263$5Q¶DXUDLWSDVGrWUHLQWHUSUpWpHHQWDQWTXHUpJLPH
PHPEUHVGXWULEXQDODpWDEOLTX¶LOpWDLWPDQLIHVWHDXYX MXULGLTXHLVROpVDQVTX¶LOVRLWWHQXFRPSWHGHVQRXYHDX[
G¶DXWUHVSDUWLHVGHOD&RQYHQWLRQTXHOHPRW©PHVXUHVª LQVWUXPHQWVMXULGLTXHVHWGHFHX[TXLDOODLHQWDSSDUDvWUH
FRQFHUQDLWGHPDQLqUHJpQpULTXHOHVLQLWLDWLYHVUpJOHPHQ-
WDLUHVSULVHVSDUXQHSDUWLHTXHOFRQTXHGHO¶DSSDUHLODGPL- 'HSOXV0*ULI¿WKQ¶DSDVVRXVFULWjODFRQFOX-
QLVWUDWLIGHVSDUWLHVFRQWUDFWDQWHVV¶DJLVVDQWGHVTXHVWLRQV VLRQ VHORQ ODTXHOOH OHV GHX[LqPH HW WURLVLqPH FDWpJRULHV
YLVpHV SDU OD &RQYHQWLRQ DORUV TXH OH PRW ©DFWLYLWpVª d’activités devaient être limitées par une référence aux
concernait les actes émanant d’entités gouvernementales informations «concernant l’état de la zone maritime». De
ou non gouvernementales ou escomptés de ces dernières IDLWODWURLVLqPHFDWpJRULHpWDLWGp¿QLHSDUXQHUpIpUHQFH
TXL IHUDLHQW O¶REMHW GHV ©PHVXUHVª497. La majorité des aux «activités conduites ou mesures adoptées» confor-
PHPEUHV D pJDOHPHQW FRQVWDWp OD IRUPXODWLRQ LGHQWLTXH PpPHQWjOD&RQYHQWLRQ6HORQOXLSXLVTX¶LOV¶DJLWG¶XQH
contenue à l’alinéa a de l’article 2 de la directive 90/313 et FRQVWUXFWLRQ JUDPPDWLFDOH QH SUrWDQW SDV j DPELJXwWp
la décision prise par la Cour de justice des Communautés l’expression «informations disponibles» concernant «les
européennes dans l’affaire MecklenburgGDQVODTXHOOHOD activités ou mesures affectant ou susceptibles d’affecter la
&RXUDFRQVWDWpTXHOHPRW©PHVXUHVªVHUYDLWVLPSOHPHQW
jSUpFLVHUTXHOHVDFWHVUpJLVSDUODGLUHFWLYHHQJOREDLHQW 498
Ibid., p. 108 et 109, par. 172. Voir aussi Wilhelm Mecklenburg
c. Kreis Pinneberg – Der Landrat, affaire C-321/96, Cour de justice des
492 Communautés européennes, Recueil de la jurisprudence de la Cour de
Ibid.
493
justice et du Tribunal de première instance 1998-6, p. 3809.
Ibid., p. 105 et 106.
494
499
6HQWHQFH Gp¿QLWLYH GpFLVLRQ GX MXLOOHW 1DWLRQV 8QLHV
Ibid., p. 106, par. 163. Recueil des sentences arbitrales, vol. XXIII (numéro de vente:
495
Ibid., par. 164. E/F.04.V.15) , p. 109, par. 175.
496 500
Ibid., p. 107, par. 168. Ibid., p. 110, par. 178.
497 501
Ibid., p. 108, par. 171. Ibid., par. 179.
154 Documents de la cinquante-sixième session
administratifs n’ont pas compétence pour connaître des comporte également des dispositions relatives à l’accès à
affaires concernant les effets extraterritoriaux des déci- la justice s’agissant des demandes d’informations en vertu
VLRQVDGPLQLVWUDWLYHV8QHGHX[LqPHGLI¿FXOWpGpFRXOHGH de la directive517. La Convention africaine sur la conser-
la compétence exclusive conférée aux tribunaux du lieu vation de la nature et des ressources naturelles dispose, à
où le dommage a été subi. L’OCDE, tout en reconnaissant son article XVI:
OHVGLI¿FXOWpVTXLVHSRVHQWDQpDQPRLQVDSSX\pHWUHFRP-
mandé l’application du principe de l’égalité d’accès. 1. Les Parties contractantes adoptent les mesures législatives
et réglementaires nécessaires pour assurer à temps et de manière
appropriée:
323. Un certain nombre d’instruments reconnaissent
la participation aux procédures administratives et judi- [...]
ciaires. L’article 6 de l’Accord nord-américain de coopé-
ration dans le domaine de l’environnement515 et l’article 9 d O¶DFFqVjODMXVWLFHHQFHTXLFRQFHUQHOHVTXHVWLRQVOLpHVjOD
protection de l’environnement et des ressources naturelles.
de la Convention sur l’accès à l’information, la partici-
pation du public au processus décisionnel et l’accès à la
justice en matière d’environnement516 exposent en détail
OHVSURFpGXUHVUHTXLVHV/DGLUHFWLYH&(GHO¶8( le droit interne le prévoit et sans préjudice du paragraphe 3 ci-après, des
autres dispositions pertinentes de la présente Convention.
515
L’article 6 de l’Accord nord-américain de coopération dans le ©&HTXLFRQVWLWXHXQLQWpUrWVXI¿VDQWHWXQHDWWHLQWHjXQGURLWHVW
domaine de l’environnement est conçu comme suit: déterminé selon les dispositions du droit interne et conformément à
«Accès des Parties privées aux recours l’objectif consistant à accorder au public concerné un large accès à la
© &KDFXQH GHV 3DUWLHV IHUD HQ VRUWH TXH OHV SHUVRQQHV justice dans le cadre de la présente Convention. À cet effet, l’intérêt
intéressées puissent demander à ses autorités compétentes de faire TX¶DWRXWHRUJDQLVDWLRQQRQJRXYHUQHPHQWDOHUpSRQGDQWDX[FRQGLWLRQV
HQTXrWHVXUGHVDOOpJDWLRQVG¶LQIUDFWLRQVjVHVORLVHWUpJOHPHQWDWLRQV YLVpHV DX SDUDJUDSKH GH O¶DUWLFOH HVW UpSXWp VXI¿VDQW DX VHQV GH
HQYLURQQHPHQWDOHVHWHOOHWLHQGUDGPHQWFRPSWHGHWHOOHVGHPDQGHV l’alinéa a ci-dessus. Ces organisations sont également réputées avoir
conformément à sa législation. GHVGURLWVDX[TXHOVLOSRXUUDLWrWUHSRUWpDWWHLQWHDXVHQVGHO¶DOLQpDb
© &KDFXQH GHV 3DUWLHV IHUD HQ VRUWH TXH OHV SHUVRQQHV D\DQW ci-dessus.
VHORQ VD OpJLVODWLRQ LQWpULHXUH XQ LQWpUrW MXULGLTXHPHQW UHFRQQX j «Les dispositions du présent paragraphe 2 n’excluent pas la
O¶pJDUGG¶XQHTXHVWLRQGRQQpHSXLVVHQWDYRLUDGpTXDWHPHQWDFFqVjGHV possibilité de former un recours préliminaire devant une autorité
SURFpGXUHV DGPLQLVWUDWLYHV TXDVL MXGLFLDLUHV RX MXGLFLDLUHV HQ YXH GH administrative et ne dispensent pas de l’obligation d’épuiser les voies
IDLUHDSSOLTXHUOHVORLVHWUpJOHPHQWDWLRQVHQYLURQQHPHQWDOHVGHFHWWH de recours administratif avant d’engager une procédure judiciaire
Partie. ORUVTX¶XQHWHOOHREOLJDWLRQHVWSUpYXHHQGURLWLQWHUQH
«3. Les recours accessibles aux Parties privées comprendront, en «3. En outre, et sans préjudice des procédures de recours visées
conformité avec la législation intérieure de la Partie, les droits suivants: DX[ SDUDJUDSKHV HW FLGHVVXV FKDTXH 3DUWLH YHLOOH j FH TXH OHV
«a) le droit de poursuivre en dommages-intérêts une autre PHPEUHV GX SXEOLF TXL UpSRQGHQW DX[ FULWqUHV pYHQWXHOV SUpYXV SDU
SHUVRQQHUHOHYDQWGHODMXULGLFWLRQGHOD3DUWLH son droit interne puissent engager des procédures administratives
«b) le droit d’obtenir des réparations ou des sanctions, telles ou judiciaires pour contester les actes ou omissions de particuliers
TXH GHV VDQFWLRQV SpFXQLDLUHV GHV IHUPHWXUHV G¶XUJHQFH RX GHV RX G¶DXWRULWpV SXEOLTXHV DOODQW j O¶HQFRQWUH GHV GLVSRVLWLRQV GX GURLW
RUGRQQDQFHVYLVDQWjOLPLWHUOHVFRQVpTXHQFHVG¶LQIUDFWLRQVjVHVORLV national de l’environnement.
HWUpJOHPHQWDWLRQVHQYLURQQHPHQWDOHV «4. En outre, et sans préjudice du paragraphe 1, les procédures
«c) le droit de demander aux autorités compétentes de prendre les visées aux paragraphes 1, 2 et 3 ci-dessus doivent offrir des recours
mesures voulues pour assurer l’application des lois et réglementations VXI¿VDQWVHWHIIHFWLIV\FRPSULVXQUHGUHVVHPHQWSDULQMRQFWLRQV¶LO\
HQYLURQQHPHQWDOHV GH OD 3DUWLH D¿Q GH SURWpJHU O¶HQYLURQQHPHQW RX D OLHX HW GRLYHQW rWUH REMHFWLYHV pTXLWDEOHV HW UDSLGHV VDQV TXH OHXU
G¶pYLWHUTX¶LO\VRLWSRUWpDWWHLQWHRX FRWVRLWSURKLELWLILes décisions prises au titre du présent article sont
«d OHGURLWG¶REWHQLUXQHLQMRQFWLRQORUVTX¶XQHSHUVRQQHDVXELRX prononcées ou consignées par écrit. Les décisions des tribunaux et,
pourrait subir des pertes, des dommages ou des blessures par suite d’un DXWDQWTXHSRVVLEOHFHOOHVG¶DXWUHVRUJDQHVGRLYHQWrWUHDFFHVVLEOHVDX
comportement contraire aux lois et réglementations environnementales public.
de la Partie ou d’un comportement préjudiciable d’une autre personne «5. Pour rendre les dispositions du présent article encore plus
relevant de la juridiction de cette Partie.» HI¿FDFHV FKDTXH 3DUWLH YHLOOH j FH TXH OH SXEOLF VRLW LQIRUPp GH OD
516
L’article 9 de la Convention d’Aarhus est libellé comme suit: SRVVLELOLWp TXL OXL HVW GRQQpH G¶HQJDJHU GHV SURFpGXUHV GH UHFRXUV
«Accès à la justice administratif ou judiciaire, et envisage la mise en place de mécanismes
© &KDTXH3DUWLHYHLOOHGDQVOHFDGUHGHVDOpJLVODWLRQQDWLRQDOH appropriés d’assistance visant à éliminer ou à réduire les obstacles
j FH TXH WRXWH SHUVRQQH TXL HVWLPH TXH OD GHPDQGH G¶LQIRUPDWLRQV ¿QDQFLHUVRXDXWUHVTXLHQWUDYHQWO¶DFFqVjODMXVWLFHª
TX¶HOOH D SUpVHQWpH HQ DSSOLFDWLRQ GH O¶DUWLFOH D pWp LJQRUpH UHMHWpH 517
/¶DUWLFOHGHODGLUHFWLYHGHO¶8(VWLSXOHFHTXLVXLW
DEXVLYHPHQW HQ WRWDOLWp RX HQ SDUWLH RX LQVXI¿VDPPHQW SULVH HQ «Accès à la justice
FRPSWHRXTX¶HOOHQ¶DSDVpWpWUDLWpHFRQIRUPpPHQWDX[GLVSRVLWLRQVGH «1. Les États membres prennent les dispositions nécessaires pour
cet article, ait la possibilité de former un recours devant une instance TXHWRXWGHPDQGHXUTXLFRQVLGqUHTXHVDGHPDQGHG¶LQIRUPDWLRQDpWp
judiciaire ou un autre organe indépendant et impartial établi par la loi. LJQRUpHLQGPHQWUHMHWpH HQSDUWLHRXHQWRWDOLWp RXELHQTX¶HOOHDpWp
«Dans les cas où une Partie prévoit un tel recours devant une instance LQVXI¿VDPPHQW SULVH HQ FRPSWH RX Q¶D SDV pWp WUDLWpH FRQIRUPpPHQW
MXGLFLDLUH HOOH YHLOOH j FH TXH OD SHUVRQQH FRQFHUQpH DLW pJDOHPHQW aux articles 3, 4 ou 5, puisse engager une procédure dans le cadre
DFFqVjXQHSURFpGXUHUDSLGHpWDEOLHSDUODORLTXLVRLWJUDWXLWHRXSHX GH ODTXHOOH OHV DFWHV RX RPLVVLRQV GH O¶DXWRULWp SXEOLTXH FRQFHUQpH
RQpUHXVHHQYXHGXUpH[DPHQGHODGHPDQGHSDUXQHDXWRULWpSXEOLTXH SHXYHQWrWUHUpH[DPLQpVSDUFHWWHDXWRULWpSXEOLTXHRXSDUXQHDXWUHRX
RXGHVRQH[DPHQSDUXQRUJDQHLQGpSHQGDQWHWLPSDUWLDODXWUHTX¶XQH faire l’objet d’un recours administratif devant un organe indépendant et
instance judiciaire. impartial établi par la loi. Toute procédure de ce type doit être rapide et
©/HV GpFLVLRQV ¿QDOHV SULVHV DX WLWUH GX SUpVHQW SDUDJUDSKH gratuite ou peu onéreuse.
V¶LPSRVHQWjO¶DXWRULWpSXEOLTXHTXLGpWLHQWOHVLQIRUPDWLRQVLes motifs «2. Outre la procédure de recours visée au paragraphe 1, les États
TXLOHVMXVWL¿HQWVRQWLQGLTXpVSDUpFULWWRXWDXPRLQVORUVTXHO¶DFFqVj PHPEUHVSUHQQHQWOHVGLVSRVLWLRQVQpFHVVDLUHVSRXUTXHWRXWGHPDQGHXU
l’information est refusé au titre du présent paragraphe. puisse engager une procédure devant une juridiction ou un autre organe
© &KDTXH3DUWLHYHLOOHGDQVOHFDGUHGHVDOpJLVODWLRQQDWLRQDOH indépendant et impartial établi par la loi, compétent pour réexaminer
jFHTXHOHVPHPEUHVGXSXEOLFFRQFHUQp OHV DFWHV RX RPLVVLRQV GH O¶DXWRULWp SXEOLTXH FRQFHUQpH HW GRQW OHV
«a D\DQWXQLQWpUrWVXI¿VDQWSRXUDJLURXVLQRQ décisions peuvent passer en force de chose jugée. Les États membres
«b IDLVDQW YDORLU XQH DWWHLQWH j XQ GURLW ORUVTXH OH FRGH GH SHXYHQWHQRXWUHSUpYRLUTXHOHVWLHUVTXLVRQWOpVpVSDUODGLYXOJDWLRQ
procédure administrative d’une Partie pose une telle condition, des informations puissent également disposer d’une voie de recours.
«puissent former un recours devant une instance judiciaire et/ou un © /HV GpFLVLRQV Gp¿QLWLYHV SULVHV DX WLWUH GX SDUDJUDSKH
autre organe indépendant et impartial établi par la loi pour contester la V¶LPSRVHQWjO¶DXWRULWpSXEOLTXHTXLGpWLHQWOHVLQIRUPDWLRQVLes motifs
OpJDOLWpTXDQWDXIRQGHWjODSURFpGXUHGHWRXWHGpFLVLRQWRXWDFWHRX TXLOHVMXVWL¿HQWVRQWLQGLTXpVSDUpFULWWRXWDXPRLQVORUVTXHO¶DFFqV
toute omission tombant sous le coup des dispositions de l’article 6 et, si aux informations est refusé au titre du présent article.»
156 Documents de la cinquante-sixième session
2. Toute Partie contractante à l’origine d’un dommage trans- Le principe de non-discrimination présente en revanche un carac-
IURQWLqUH YHLOOH j FH TXH OHV SHUVRQQHV DIIHFWpHV SDU XQ WHO GRPPDJH tère plus substantiel. Il a pour objet principal d’assurer une protection
dans une autre Partie contractante aient un droit d’accès à ses procé- GHO¶HQYLURQQHPHQWDXPRLQVpTXLYDOHQWHGHSDUWHWG¶DXWUHGHODIURQ-
dures administratives et judiciaires, égal à celui accordé à ses nationaux tière, dans le cas où la pollution porte ses effets à la fois à l’intérieur
ou résidents en cas de dommage à l’environnement dans les limites de du territoire du pays à l’origine de cette pollution et à l’extérieur de ce
ses frontières. pays, toutes autres choses étant égales par ailleurs. L’application de ce
SULQFLSHDQRWDPPHQWSRXUUpVXOWDWTX¶XQSROOXHXUVLWXpjODSpULSKpULH
324. Au nombre des autres exemples, on peut citer la G¶XQSD\VQHVHUDSDVVRXPLVjGHVFRQWUDLQWHVPRLQVVpYqUHVTX¶XQ
Convention relative à la protection de l’environnement, SROOXHXUVLWXpjO¶LQWpULHXUGHFHSD\VORUVTXHO¶XQHWO¶DXWUHSURGXLVHQW
GHVHIIHWVVLPLODLUHVVXUO¶HQYLURQQHPHQW,OLPSOLTXHHQHIIHWTXHOHV
dont l’article 3 est rédigé comme suit: SROLWLTXHV GH O¶HQYLURQQHPHQW QH VHURQW SDV V\VWpPDWLTXHPHQW PRLQV
VWULFWHVGDQVOHV]RQHVIURQWDOLqUHVGXIDLWTX¶LOLQFLWHO¶eWDWjHQYLVDJHU
Toute personne lésée ou pouvant être lésée par une nuisance cau- VXUXQSLHGG¶pJDOLWpOHVGRPPDJHVpFRORJLTXHVH[WUDWHUULWRULDX[HWOHV
sée par des activités nuisibles à l’environnement effectuées dans un GRPPDJHVpFRORJLTXHVQDWLRQDX[
autre État aura le droit de saisir le tribunal ou l’autorité administrative
FRPSpWHQWVGHFHWeWDWSRXUTX¶LOVVWDWXHQWVXUODTXHVWLRQGHVDYRLUVL Un deuxième objet de ce principe est de garantir aux victimes
lesdites activités sont autorisées, y compris sur les mesures à prendre de la pollution transfrontière situées dans un autre pays au moins le
SRXUSUpYHQLUGHVGRPPDJHVDLQVLTXHG¶HQDSSHOHUGHODGpFLVLRQGX PrPHWUDLWHPHQWTXHFHOXLGRQWMRXLVVHQWOHVYLFWLPHVGHFHWWHSROOXWLRQ
tribunal ou de l’autorité administrative dans la même mesure et dans les ORUVTX¶HOOHVVRQWVLWXpHVGDQVOHSD\VG¶RULJLQHGHFHWWHSROOXWLRQ6XU
PrPHVFRQGLWLRQVTX¶XQHHQWLWpGRWpHGHODSHUVRQQDOLWpMXULGLTXHGH le plan concret, une telle approche aboutit à offrir aux victimes d’une
l’État où lesdites activités sont réalisées. SROOXWLRQWUDQVIURQWLqUHDXPRLQVOHVPrPHVLQGHPQLVDWLRQVTXHFHOOH
offerte à une victime ayant subi dans les mêmes conditions le même
(Q $PpULTXH GX 1RUG OD ORL LQWLWXOpH Uniform dommage à l’intérieur du territoire521.
Transboundary Pollution Reciprocal Access Act relative
à l’uniformisation des mesures transfrontières et à la réci- 328. Le principe de non-discrimination vise à harmo-
procité de traitement a offert un modèle de législation éli- QLVHU OHV SROLWLTXHV FRQFHUQDQW OD SURWHFWLRQ GH O¶HQYL-
minant les limites juridictionnelles s’agissant de recours ronnement à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières
portant sur des dommages transfrontières. Cette législation QDWLRQDOHV,OYLVHDXVVLjIDLUHHQVRUWHTXHOHVpWUDQJHUV
DpWpDSSOLTXpHGDQVOHVeWDWVFLDSUqV&RORUDGR&RQQHFWL- D\DQWVXELXQGRPPDJHEpQp¿FLHQWGXPrPHWUDLWHPHQW
FXW0DQLWRED0LFKLJDQ0RQWDQD1HZ-HUVH\1RXYHOOH TXHFHOXLTXHOHGURLWLQWHUQHGHO¶eWDWRODSROOXWLRQD
Écosse, Ontario, Oregon, Île du Prince Edward, Dakota son origine accorde à ses propres citoyens. Il y a, dans une
du Sud et Wisconsin. De même, l’article II du Traité des certaine mesure, une analogie avec le traitement national
eaux limitrophes entre le Canada et les États-Unis518 pré- des étrangers au regard du droit de la responsabilité des
voit l’égalité d’accès, mais il ne concerne pas seulement eWDWV,O\DOLHXGHUDSSHOHUjFHWpJDUGTXHGHX[pFROHVGH
la protection de l’environnement. L’Accord relatif à la res- SHQVpHVHSRVHQWSRXUFHTXLHVWGXWUDLWHPHQWGHVpWUDQ-
ponsabilité envers les tiers dans le domaine de l’énergie gers au regard du droit international de la responsabilité
QXFOpDLUH HQWUH OD 5pSXEOLTXH IpGpUDOH G¶$OOHPDJQH HW OD GHV eWDWV 6HORQ FHUWDLQV OHV pWUDQJHUV GRLYHQW EpQp¿-
Suisse519V¶DSSOLTXHXQLTXHPHQWDX[GRPPDJHVQXFOpDLUHV FLHUGXPrPHWUDLWHPHQWTXHFHOXLTXHOHGURLWLQWHUQHGH
l’État hôte accorde à ses propres ressortissants. D’autres
326. La directive 2004/35/CE de l’UE sur la res- FRQVLGqUHQWHQUHYDQFKHTXHOHVpWUDQJHUVGRLYHQWEpQp-
SRQVDELOLWp HQYLURQQHPHQWDOH HQ FH TXL FRQFHUQH OD ¿FLHU G¶XQ WUDLWHPHQW PLQLPXP ORUVTXH OD OpJLVODWLRQ
prévention et la réparation des dommages environne- de l’État hôte ne répond pas aux normes internationales
PHQWDX[ GLVSRVH TXH OHV SHUVRQQHV KDELOLWpHV HQ minimales. Le principe de non-discrimination, dans le
application du paragraphe 1 de l’article 12 peuvent contexte de la pollution de l’environnement, peut être
engager une procédure de recours auprès d’un tribunal ou comparé au principe de l’égalité de traitement au regard
de tout autre organisme public indépendant et impartial du droit de la responsabilité des États. Le principe de non-
concernant la légalité des décisions prises par l’autorité GLVFULPLQDWLRQ ELHQ TX¶LO VH UDSSRUWH DX[ GURLWV VXEV-
FRPSpWHQWH GpVLJQpH VXU OH SODQ QDWLRQDO DX[ ¿QV GH OD tantiels des plaignants, n’affecte pas directement la
mise en œuvre de la directive. Celle-ci ne porte atteinte substance de la demande. Le Secrétariat de l’OCDE fait
ni aux dispositions nationales éventuelles réglementant YDORLU QpDQPRLQV TXH GX IDLW GX SULQFLSH GH O¶pJDOLWp
l’accès à la justice, ni à celles imposant l’épuisement d’accès, les demandeurs peuvent avoir certains moyens
des voies de recours administratives avant l’engage- de présenter une demande aux pouvoirs publics et aux
ment d’une procédure de recours judiciaire520. En outre, autorités administratives d’États où le dommage a sa
la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer VRXUFH D¿Q G¶REWHQLU XQH PRGL¿FDWLRQ GH OD OpJLVODWLRQ
semble reconnaître le principe de l’égalité d’accès, au applicable et d’inciter leur gouvernement à négocier avec
SDUDJUDSKHGHVRQDUWLFOHTXLVHOLWFRPPHVXLW le gouvernement de l’État dont relève le pollueur.
/HV eWDWV YHLOOHQW j FH TXH OHXU GURLW LQWHUQH RIIUH GHV YRLHV GH
UHFRXUVSHUPHWWDQWG¶REWHQLUXQHLQGHPQLVDWLRQUDSLGHHWDGpTXDWHRX /H SUREOqPH TXH ULVTXH GH VXVFLWHU O¶DSSOLFDWLRQ
autre réparation des dommages résultant de la pollution du milieu marin du principe de non-discrimination dans le domaine de
SDUGHVSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHVUHOHYDQWGHOHXUMXULGLFWLRQ O¶HQYLURQQHPHQWWLHQWDXIDLWTX¶LOH[LVWHSDUIRLVGHVGLIIp-
rences très considérables entre les recours prévus dans les
iii) Le principe de non-discrimination divers États. Encore une fois, comme ce principe devait
3RXUFHTXLHVWGXSULQFLSHGHQRQGLVFULPLQDWLRQ rWUH DSSOLTXp SULQFLSDOHPHQW HQWUH eWDWV YRLVLQV O¶RQ D
l’OCDE a ceci à dire: VXSSRVpTX¶LOH[LVWHUDLWXQHFHUWDLQHDI¿QLWpHQWUHOHGURLW
positif des différents États intéressés, ou tout au moins
TXHFHVGHUQLHUVV¶HIIRUFHUDLHQWG¶KDUPRQLVHUOHXUOpJLVOD-
518
Signé à Washington, le 11 janvier 1909 (Statutes at Large of the tion interne en matière de protection de l’environnement.
United States of America, vol. XXXVI, 2e partie, p. 2448). Une application large de ce principe dans le contexte de
519
Nations Unies, Recueil des Traités, vol. 1554, no 27004, p. 169.
520 521
Art. 13. Voir supra la note 513.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 157
ponsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par objective au propriétaire du navire. Le paragraphe 1 de
OHV K\GURFDUEXUHV DSSOLTXH XQ UpJLPH GH responsabilité l’article III se lit comme suit:
Le propriétaire du navire au moment d’un événement ou, si l’événe-
«6. Le “chemin de fer responsable” au sens de la présente ment consiste en une succession de faits, au moment du premier de ces
&RQYHQWLRQHVWFHOXLTXLG¶DSUqVODOLVWHGHVOLJQHVSUpYXHjO¶DUWLFOH faits, est responsable de tout dommage par pollution causé par le navire
GHOD&,9H[SORLWHODOLJQHVXUODTXHOOHO¶DFFLGHQWV¶HVWSURGXLWS’il y et résultant de l’événement, sauf dans les cas prévus aux paragraphes 2
a, d’après la liste mentionnée, coexploitation par deux chemins de fer, et 3 du présent article.
chacun de ces chemins de fer est responsable.»
Les chemins de fer peuvent être exploités par des entités privées ou 348. Cette disposition est très largement analogue
GHV RUJDQLVPHV pWDWLTXHV La Convention, toutefois, n’établit entre à celle contenue au paragraphe 1 de l’article III de la
HX[ DXFXQH GLVWLQFWLRQ SRXU FH TXL HVW GH OD UHVSRQVDELOLWp HW GH
l’indemnisation. Convention internationale sur la responsabilité civile pour
De même, la Convention relative aux dommages causés aux tiers à la les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures533.
VXUIDFHSDUGHVDpURQHIVpWUDQJHUVSUpYRLWTXHO¶H[SORLWDQWG¶XQDpURQHI Au sens de cette Convention, on entend par propriétaire
est responsable des dommages causés à un tiers à la surface. Les articles ODSHUVRQQHRXOHVSHUVRQQHVDXQRPGHODTXHOOHRXGHV-
pertinents de cette Convention se lisent comme suit: TXHOOHVOHQDYLUHHVWLPPDWULFXOpRXjGpIDXWG¶LPPDWUL-
«PRINCIPES DE RESPONSABILITÉ
«Article premier culation, la personne ou les personnes dont le navire est
© 7RXWHSHUVRQQHTXLVXELWXQGRPPDJHjODVXUIDFHDGURLWj la propriété. Toutefois, dans le cas d’un navire apparte-
UpSDUDWLRQ GDQV OHV FRQGLWLRQV ¿[pHV SDU OD SUpVHQWH &RQYHQWLRQ SDU QDQWjXQeWDWHWH[SORLWpSDUXQHFRPSDJQLHTXLGDQVFHW
FHODVHXOTX¶LOHVWpWDEOLTXHOHGRPPDJHSURYLHQWG¶XQDpURQHIHQYRO État, est enregistrée comme étant l’exploitant du navire, le
ou d’une personne ou d’une chose tombant de celui-ci. […] terme «propriétaire» désignera cette compagnie534.
«Article 2
«[...]
«2. a $X[¿QVGHODSUpVHQWH&RQYHQWLRQO¶H[SORLWDQWHVWFHOXL
2QVHUDSSHOOHUDTXHORUVGHOD&RQIpUHQFHGH
TXLXWLOLVHO¶DpURQHIDXPRPHQWROHGRPPDJHHVWVXUYHQXToutefois, TXL D DERXWL j O¶DGRSWLRQ GH OD &RQYHQWLRQ LQWHUQDWLRQDOH
HVW UpSXWp rWUH O¶H[SORLWDQW FHOXL TXL D\DQW FRQIpUp GLUHFWHPHQW RX sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pol-
indirectement le droit d’utiliser l’aéronef, s’est réservé la direction de lution par les hydrocarbures, des doutes ont été émis sur le
sa navigation. point de savoir si le propriétaire du navire ou le proprié-
«b (VW UpSXWp XWLOLVHU XQ DpURQHI FHOXL TXL HQ IDLW XVDJH
personnellement ou par l’intermédiaire de ses préposés agissant au taire de la cargaison, ou l’un et l’autre, devait supporter les
FRXUV GH O¶H[HUFLFH GH OHXUV IRQFWLRQV TXH FH VRLW RX QRQ GDQV OHV FRWVG¶XQHUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYH535/¶DFFRUG¿QDOHPHQW
limites de leurs attributions. LQWHUYHQXVHORQOHTXHOOHSURSULpWDLUHGXQDYLUHHVWREMHF-
«3. Le propriétaire inscrit au registre d’immatriculation est tivement responsable, a été subordonné à l’adoption d’une
SUpVXPprWUHO¶H[SORLWDQWHWHVWUHVSRQVDEOHFRPPHWHOjPRLQVTX¶LOQH autre convention visant à: a) assurer une indemnisation
prouve, au cours de la procédure tendant à apprécier sa responsabilité,
TX¶XQH DXWUH SHUVRQQH HVW O¶H[SORLWDQW HW TX¶LO QH SUHQQH DORUV SRXU DGpTXDWHjODYLFWLPHHWb) répartir la charge de la respon-
DXWDQW TXH OD SURFpGXUH OH SHUPHWWH OHV PHVXUHV DSSURSULpHV SRXU sabilité en mettant les propriétaires du navire hors de cause
mettre en cause cette personne. à raison d’une partie de la responsabilité. Cet arrangement
«Article 3 a conduit à l’adoption de la Convention internationale por-
©/RUVTXHODSHUVRQQHTXLpWDLWO¶H[SORLWDQWDXPRPHQWROHGRPPDJH
est survenu n’avait pas le droit exclusif d’utiliser l’aéronef pour une
tant création d’un fonds international d’indemnisation pour
SpULRGHGHSOXVGHTXDWRU]HMRXUVFDOFXOpVjSDUWLUGXPRPHQWROHGURLW les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures.
G¶XWLOLVHUO¶DpURQHIDSULVQDLVVDQFHFHOXLTXLO¶DFRQIpUpHVWVROLGDLUHPHQW Le préambule de cette Convention énonce comme suit les
responsable avec elle, chacun d’eux étant tenu dans les conditions et deux objectifs principaux mentionnés ci-dessus:
limites de responsabilité prévues par la présente Convention.
«Article 4 ConsidérantWRXWHIRLVTXHFHUpJLPHWRXWHQLPSRVDQWDX[SURSULp-
©6LXQHSHUVRQQHXWLOLVHXQDpURQHIVDQVOHFRQVHQWHPHQWGHFHOXLTXLD WDLUHVGXQDYLUHXQHREOLJDWLRQ¿QDQFLqUHVXSSOpPHQWDLUHQ¶DFFRUGHSDV
OHGURLWGHGLULJHUVDQDYLJDWLRQFHGHUQLHUjPRLQVTX¶LOQHSURXYHTX¶LOD dans tous les cas une indemnisation satisfaisante aux victimes de dom-
DSSRUWpOHVVRLQVUHTXLVSRXUpYLWHUFHWXVDJHHVWVROLGDLUHPHQWUHVSRQVDEOH mages dus à la pollution par les hydrocarbures,
avec l’usager illégitime du dommage donnant lieu à réparation aux termes
de l’article premier, chacun d’eux étant tenu dans les conditions et limites Considérant en outreTXHOHVFRQVpTXHQFHVpFRQRPLTXHVGHVGRP-
de responsabilité prévues par la présente Convention.» mages dus à la pollution résultant de fuites ou de rejets d’hydrocarbures
Des aéronefs peuvent également être exploités par des entités privées transportés en vrac, par voie maritime, ne devraient pas être supportées
RXGHVHQWLWpVpWDWLTXHVLes exploitants jouissent d’une limitation de exclusivement par les propriétaires des navires mais devraient l’être
OHXUUHVSRQVDELOLWpHQYHUWXGHO¶DUWLFOH7RXWHIRLVLOVQHEpQp¿FLHQW HQSDUWLHSDUFHX[TXLRQWGHVLQWpUrWV¿QDQFLHUVGDQVOHWUDQVSRUWGHV
SDVGHFHWWHOLPLWDWLRQGHOHXUUHVSRQVDELOLWpVLOHSUpMXGLFHDpWpGj hydrocarbures,
leur négligence.
L’article 12 se lit comme suit:
© (QGHKRUVGHVPR\HQVGHGpIHQVHVSpFL¿pVDXSDUDJUDSKH
© 6LODSHUVRQQHTXLVXELWOHGRPPDJHSURXYHTXHOHGRPPDJHD du présent article, l’assureur ou toute autre personne garantissant la
été causé par un acte ou une omission délibérée de l’exploitant ou de ses responsabilité de l’exploitant ne peut, en cas d’action directe intentée
SUpSRVpVDYHFO¶LQWHQWLRQGHSURYRTXHUXQGRPPDJHODUHVSRQVDELOLWp HQDSSOLFDWLRQGHODSUpVHQWH&RQYHQWLRQSDUODSHUVRQQHTXLDVXELOH
GH O¶H[SORLWDQW HVW LOOLPLWpH SRXUYX TXH GDQV OH FDV G¶XQ DFWH RX dommage, se prévaloir d’aucune cause de nullité ni d’une faculté de
G¶XQHRPLVVLRQGpOLEpUpHGHSUpSRVpVLOVRLWpJDOHPHQWSURXYpTXHOHV résiliation rétroactive.
préposés ont agi au cours de l’exercice de leurs fonctions et dans les © /HVGLVSRVLWLRQVGXSUpVHQWDUWLFOHQHSUpMXJHQWSDVODTXHVWLRQ
limites de leurs attributions. de savoir si l’assureur ou le garant a ou non un droit de recours contre
© /RUVTX¶XQH SHUVRQQH V¶HPSDUH G¶XQ DpURQHI G¶XQH PDQLqUH une autre personne.»
LOOLFLWHHWO¶XWLOLVHVDQVOHFRQVHQWHPHQWGHODSHUVRQQHTXLDOHGURLWGH 533
l’utiliser, sa responsabilité est illimitée.» Le paragraphe 1 de l’article III est rédigé comme suit:
Dans certains cas, la responsabilité peut être imputée à l’assureur de «Le propriétaire d’un navire au moment d’un événement, ou,
l’aéronef. Les paragraphes pertinents de l’article 16 se lisent comme suit: si l’événement consiste en une succession de faits, au moment du
© 6DQVSUpMXGLFHGHO¶DFWLRQGLUHFWHTX¶HOOHSHXWH[HUFHUHQYHUWX SUHPLHUIDLWHVWUHVSRQVDEOHGHWRXWGRPPDJHSDUSROOXWLRQTXLUpVXOWH
de la législation applicable au contrat d’assurance ou de garantie, la d’une fuite ou de rejets d’hydrocarbures de son navire à la suite de
SHUVRQQH TXL D VXEL OH GRPPDJH QH SHXW LQWHQWHU XQH DFWLRQ GLUHFWH l’événement, sauf dans les cas prévus aux paragraphes 2 et 3 du présent
FRQWUHO¶DVVXUHXURXOHJDUDQWTXHGDQVOHVFDVVXLYDQWV article.»
534
«a 4XDQG OD YDOLGLWp GH OD VUHWp HVW SURORQJpH VXLYDQW OHV Art. I, par. 3.
dispositions du paragraphe 1 a et bGXSUpVHQWDUWLFOH 535
9RLU/(*&21)&65FLWpGDQV$EHFDVVLVHW-DUDVKRZ
«b) Quand l’exploitant est déclaré en état de faillite. op. cit., note 1, p. 253.
160 Documents de la cinquante-sixième session
Convaincus de la nécessité d’instituer un système d’indemnisation toute personne morale, de droit public ou de droit privé,
complétant celui de la Convention internationale sur la responsabilité toute organisation internationale ayant la personnalité juri-
civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures, en vue
d’assurer une indemnisation satisfaisante aux victimes des dommages GLTXHWRXWeWDWHWVHVVXEGLYLVLRQVSROLWLTXHVDLQVLTXHWRXWH
par pollution et d’exonérer en même temps le propriétaire du navire de HQWLWpSXEOLTXHRXSULYpHQ¶D\DQWSDVODSHUVRQQDOLWpMXUL-
O¶REOLJDWLRQ¿QDQFLqUHVXSSOpPHQWDLUHTXHOXLLPSRVHODGLWH&RQYHQWLRQ GLTXH/D&RQYHQWLRQGH9LHQQHGHFRQWLHQWGHVGp¿-
nitions analogues des termes «exploitant» et «personne»538.
/H 3URWRFROH GH PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ
internationale de 1971 portant création d’un fonds inter- 356. La Convention relative à la responsabilité des
national d’indemnisation pour les dommages dus à la pol- exploitants de navires nucléaires prévoit également le
OXWLRQSDUOHVK\GURFDUEXUHVUpDI¿UPH régime de responsabilité objective de l’exploitant d’un
navire nucléaire539. Au sens de cette Convention, «exploi-
Les Parties [...]
WDQWªVLJQL¿HODSHUVRQQHDXWRULVpHSDUO¶eWDWGRQWpPDQH
Convaincues TXH OHV FRQVpTXHQFHV pFRQRPLTXHV GHV GRPPDJHV la licence d’exploiter un navire nucléaire, ou l’État
par pollution résultant des transports d’hydrocarbures en vrac par voie FRQWUDFWDQWTXLH[SORLWHXQQDYLUHQXFOpDLUH540.
maritime devraient continuer à être partagées par les propriétaires des
QDYLUHVHWSDUFHX[TXLRQWGHVLQWpUrWV¿QDQFLHUVGDQVOHWUDQVSRUWGHV
hydrocarbures.
/D&57'SUpYRLWpJDOHPHQWTXHOHtransporteur est
responsable541. L’élément de «contrôle» apparaît dans la
351. La Convention relative aux hydrocarbures de soute
538
rend également responsable le propriétaire du navire. Elle Art. I, al. c et a.
GLVSRVHFHTXLVXLWjVRQDUWLFOH 539
/¶DUWLFOH,,GHOD&RQYHQWLRQVWLSXOHQRWDPPHQWFHTXLVXLW
«1. L’exploitant d’un navire nucléaire est objectivement res-
Sauf dans les cas prévus aux paragraphes 3 et 4, le propriétaire du SRQVDEOHGHWRXWGRPPDJHQXFOpDLUHGRQWLOHVWSURXYpTX¶LODpWpFDXVp
navire au moment d’un événement est responsable de tout dommage SDU XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH GDQV OHTXHO VRQW LPSOLTXpV OH FRPEXVWLEOH
par pollution causé par des hydrocarbures de soute se trouvant à bord nucléaire ou les produits ou déchets radioactifs de ce navire.
RXSURYHQDQWGXQDYLUHVRXVUpVHUYHTXHVLXQpYpQHPHQWFRQVLVWHHQ © $XFXQH SHUVRQQH DXWUH TXH O¶H[SORLWDQW Q¶HVW UHVSRQVDEOH
un ensemble de faits ayant la même origine, la responsabilité repose sur G¶XQWHOGRPPDJHQXFOpDLUHjPRLQVTXHODSUpVHQWH&RQYHQWLRQQ¶HQ
le propriétaire du navire au moment du premier de ces faits. dispose autrement.»
Pour des commentaires sur cette Convention, voir Szasz, «The
Convention on the liability of operators of nuclear ships» et Cigoj,
/D Gp¿QLWLRQ GX SURSULpWDLUH GX QDYLUH HVW ODUJH «International regulation of civil liability for nuclear risk».
(OOH FRPSUHQG OH SURSULpWDLUH LQVFULW O¶DIIUpWHXU FRTXH 540
/¶DUWLFOH SUHPLHU SDUDJUDSKH GLVSRVH pJDOHPHQW TXH
nue, l’armateur gérant et l’exploitant du navire536. ©³SHUVRQQH´VLJQL¿HWRXWHSHUVRQQHSK\VLTXHRXWRXWHSHUVRQQHPRUDOH
de droit public ou de droit privé, y compris un État et ses subdivisions
353. La Convention SNPD prévoit, au paragraphe 1 SROLWLTXHV DLQVL TXH WRXWH HQWLWp SXEOLTXH RX SULYpH Q¶D\DQW SDV OD
GH VRQ DUWLFOH TXH OD UHVSRQVDELOLWp UHSRVH VXU OH SHUVRQQDOLWpMXULGLTXHª
propriétaire du navire transportant des marchandises
541
/D&RQYHQWLRQSRXUO¶XQL¿FDWLRQGHFHUWDLQHVUqJOHVUHODWLYHVDX
transport aérien international rend également le transporteur responsable
dangereuses. /D Gp¿QLWLRQ GX SURSULpWDLUH HVW OD PrPH du préjudice survenu en cas de mort ou de lésions corporelles subies par
TXHFHOOHFRQWHQXHGDQVOH3URWRFROHGHPRGL¿DQWOD un usager, en cas de dommages causés aux bagages et à la marchandise
Convention internationale de 1971 portant création d’un et en cas de retard. Les articles pertinents sont conçus comme suit:
fonds international d’indemnisation pour les dommages «Article 17. Mort ou lésion subie par le passager –
Dommage causé aux bagages
dus à la pollution par les hydrocarbures. «1. Le transporteur est responsable du préjudice survenu en cas
de mort ou de lésion corporelle subie par un passager, par cela seul
354. S’agissant des dommages nucléaires, la Convention TXH O¶DFFLGHQW TXL D FDXVp OD PRUW RX OD OpVLRQ V¶HVW SURGXLW j ERUG
de Paris de 1960 et la Convention révisée de Paris de 2004 GHO¶DpURQHIRXDXFRXUVGHWRXWHVRSpUDWLRQVG¶HPEDUTXHPHQWRXGH
prévoient la responsabilité objective mais limitée de l’ex- GpEDUTXHPHQW
«2. Le transporteur est responsable du dommage survenu en cas
ploitant d’une installation nucléaire. Dans leur préambule, GHGHVWUXFWLRQSHUWHRXDYDULHGHEDJDJHVHQUHJLVWUpVSDUFHODVHXOTXH
ces deux instruments mettent au nombre de leurs objectifs OHIDLWTXLDFDXVpODGHVWUXFWLRQODSHUWHRXO¶DYDULHV¶HVWSURGXLWjERUG
OHIDLWG¶DVVXUHUXQHUpSDUDWLRQDGpTXDWHDX[SHUVRQQHVYLF- GHO¶DpURQHIRXDXFRXUVGHWRXWHSpULRGHGXUDQWODTXHOOHOHWUDQVSRUWHXU
times de dommages causés par des accidents nucléaires et avait la garde des bagages enregistrés. Toutefois, le transporteur n’est
pas responsable si et dans la mesure où le dommage résulte de la nature
ODQpFHVVLWpG¶XQL¿HUOHVUqJOHVIRQGDPHQWDOHVDSSOLFDEOHV ou du vice propre des bagages. Dans le cas des bagages non enregistrés,
dans les États parties à la responsabilité découlant de ces notamment des effets personnels, le transporteur est responsable si le
dommages. Au sens de ces Conventions, l’«exploitant» dommage résulte de sa faute ou de celle de ses préposés ou mandataires.
G¶XQH LQVWDOODWLRQ QXFOpDLUH VLJQL¿H OD SHUVRQQH GpVLJQpH «3. Si le transporteur admet la perte des bagages enregistrés ou si
RX UHFRQQXH SDU O¶DXWRULWp SXEOLTXH FRPSpWHQWH FRPPH les bagages enregistrés ne sont pas arrivés à destination dans les vingt et
XQMRXUVTXLVXLYHQWODGDWHjODTXHOOHLOVDXUDLHQWGDUULYHUOHSDVVDJHU
l’exploitant de cette installation nucléaire537. HVWDXWRULVpjIDLUHYDORLUFRQWUHOHWUDQVSRUWHXUOHVGURLWVTXLGpFRXOHQW
du contrat de transport.
355. Le régime comparable prévu par la Convention «4. Sous réserve de dispositions contraires, dans la présente
de Vienne de 1963 se réfère explicitement à la notion de Convention le terme “bagages” désigne les bagages enregistrés aussi
ELHQTXHOHVEDJDJHVQRQHQUHJLVWUpV
responsabilité objective à son article IV où il est déclaré «Article 18. Dommage causé à la marchandise
TXH©>O@¶H[SORLWDQWHVWobjectivement* responsable de tout «1. Le transporteur est responsable du dommage survenu en cas
dommage nucléaire en vertu de la présente Convention». GHGHVWUXFWLRQSHUWHRXDYDULHGHODPDUFKDQGLVHSDUFHODVHXOTXHOH
/DGp¿QLWLRQGHO¶H[SORLWDQWHVWODPrPHTXHFHOOHFRQWH- IDLWTXLDFDXVpOHGRPPDJHV¶HVWSURGXLWSHQGDQWOHWUDQVSRUWDpULHQ
«2. Toutefois, le transporteur n’est pas responsable s’il établit, et
nue dans la Convention de Paris de 1960. Au sens de cette GDQVODPHVXUHRLOpWDEOLWTXHODGHVWUXFWLRQODSHUWHRXO¶DYDULHGHOD
&RQYHQWLRQ©SHUVRQQHªVLJQL¿HWRXWHSHUVRQQHSK\VLTXH marchandise résulte de l’un ou de plusieurs des faits suivants:
«a ODQDWXUHRXOHYLFHSURSUHGHODPDUFKDQGLVH
536
«b) l’emballage défectueux de la marchandise par une personne
Art. 1, par. 3. DXWUHTXHOHWUDQVSRUWHXURXVHVSUpSRVpVRXPDQGDWDLUHV
537
Art. 1, al. a, point vi. «c XQIDLWGHJXHUUHRXXQFRQÀLWDUPp
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 161
Gp¿QLWLRQ GX ©WUDQVSRUWHXUª Le paragraphe 8 de l’article de contrôle ou, en l’absence d’une telle désignation, la
SUHPLHUGp¿QLWOH©WUDQVSRUWHXUªV¶DJLVVDQWG¶XQEDWHDXGH SHUVRQQHTXLH[HUFHOHFRQWU{OHJOREDOGHVDFWLYLWpVSRXU-
QDYLJDWLRQLQWpULHXUHFRPPH©ODSHUVRQQHTXLDXPRPHQW suivies sur l’installation542 ©3HUVRQQHª VLJQL¿H WRXWH
de l’événement, dispose de l’emploi du véhicule à bord SHUVRQQHSK\VLTXHRXPRUDOHGHGURLWSXEOLFRXGHGURLW
GXTXHO OHV PDUFKDQGLVHV GDQJHUHXVHV VRQW WUDQVSRUWpHVª SULYp\FRPSULVXQeWDWHWVHVVXEGLYLVLRQVSROLWLTXHV
Aux termes de ce paragraphe, la personne au nom de
ODTXHOOHHVWLPPDWULFXOpOHYpKLFXOHGDQVXQUHJLVWUHSXEOLF 359. Il en va de même pour la directive 2004/35/CE
ou, à défaut d’immatriculation, le propriétaire du véhicule GHO¶8(VXUODUHVSRQVDELOLWpHQYLURQQHPHQWDOHHQFHTXL
est présumé disposer de l’emploi de celui-ci, à moins de concerne la prévention et la réparation des dommages
SURXYHUTX¶XQHDXWUHSHUVRQQHGLVSRVHGHO¶HPSORLGXYpKL- HQYLURQQHPHQWDX[ TXL DWWULEXH OD UHVSRQVDELOLWp j O¶ex-
cule et de révéler l’identité de cette personne. S’agissant de ploitant. Au sens de la directive, on entend par exploitant
transport par rail, le «transporteur» est considéré comme ©WRXWHSHUVRQQHSK\VLTXHRXPRUDOHSULYpHRXSXEOLTXH
la personne ou les personnes exploitant la voie ferrée sur TXL H[HUFH RX FRQWU{OH XQH DFWLYLWp SURIHVVLRQQHOOH RX
ODTXHOOHO¶pYpQHPHQWV¶HVWSURGXLW ORUVTXHODOpJLVODWLRQQDWLRQDOHOHSUpYRLWTXLDUHoXSDU
GpOpJDWLRQXQSRXYRLUpFRQRPLTXHLPSRUWDQWVXUOHIRQF-
358. La Convention sur la responsabilité civile pour les WLRQQHPHQWWHFKQLTXH\FRPSULVOHWLWXODLUHG¶XQSHUPLV
dommages de pollution par les hydrocarbures résultant de ou d’une autorisation pour une telle activité, ou la per-
la recherche et de l’exploitation des ressources minérales VRQQHIDLVDQWHQUHJLVWUHURXQRWL¿HUXQHWHOOHDFWLYLWp543».
du sous-sol marin attribue la responsabilité à l’exploi-
tant d’une installation située sur le plateau continental. 360. Aux termes du Protocole de Kiev de 2003, l’exploi-
/DGp¿QLWLRQGXPRW©H[SORLWDQWªFRPSUHQGXQpOpPHQW tant est responsable des dommages causés par un accident
de contrôle. Au sens de cette Convention, «exploitant» QXFOpDLUH /H 3URWRFROH QH FRQWLHQW SDV GH Gp¿QLWLRQ GX
VLJQL¿HODSHUVRQQHGpWHQWULFHRXQRQG¶XQWLWUHPLQLHU PRW©H[SORLWDQWª&HWWHGp¿QLWLRQ¿JXUHGDQVOD&RQYHQ-
GpVLJQpHFRPPHWHODX[¿QVGHOD&RQYHQWLRQSDUO¶eWDW tion sur les effets transfrontières des accidents industriels,
DX[ ¿QV GH ODTXHOOH OH WHUPH ©H[SORLWDQWª GpVLJQH WRXWH
«d XQ DFWH GH O¶DXWRULWp SXEOLTXH DFFRPSOL HQ UHODWLRQ DYHF SHUVRQQH SK\VLTXH RX PRUDOH \ FRPSULV OHV SRXYRLUV
l’entrée, la sortie ou le transit de la marchandise. SXEOLFVTXLHVWUHVSRQVDEOHG¶XQHDFWLYLWpTX¶HOOHVXSHU-
«3. Le transport aérien, au sens du paragraphe 1 du présent article, YLVHTX¶HOOHVHSURSRVHG¶H[HUFHURXTX¶HOOHH[HUFH544.
FRPSUHQGODSpULRGHSHQGDQWODTXHOOHODPDUFKDQGLVHVHWURXYHVRXVOD
garde du transporteur.
«4. La période du transport aérien ne couvre aucun transport terrestre, 361. Aux termes des articles 6 et 7 de la Convention de
maritime ou par voie d’eau intérieure effectué en dehors d’un aéroport. /XJDQRXQUpJLPHGHUHVSRQVDELOLWpREMHFWLYHHVWDSSOLTXp
7RXWHIRLVORUVTX¶XQWHOWUDQVSRUWHVWHIIHFWXpGDQVO¶H[pFXWLRQGXFRQWUDWGH à l’exploitant s’agissant d’une activité dangereuse ou
transport aérien en vue du chargement, de la livraison ou du transbordement, à l’exploitant d’un site. Au paragraphe 5 de l’article 2,
tout dommage est présumé, sauf preuve du contraire, résulter d’un
fait survenu pendant le transport aérien. Si, sans le consentement de OD &RQYHQWLRQ Gp¿QLW O¶H[SORLWDQW FRPPH ©OD SHUVRQQH
l’expéditeur, le transporteur remplace en totalité ou en partie le transport TXL H[HUFH OH FRQWU{OH G¶XQH DFWLYLWp GDQJHUHXVHª HW DX
convenu dans l’entente conclue entre les parties comme étant le transport paragraphe 6 du même article, la «personne» comme «toute
par voie aérienne, par un autre mode de transport, ce transport par un autre SHUVRQQHSK\VLTXHRXPRUDOHRXWRXWHHQWLWpGHGURLWSXEOLF
mode sera considéré comme faisant partie de la période du transport aérien. RXGHGURLWSULYpGRWpHRXQRQGHODSHUVRQQDOLWpMXULGLTXH
«Article 19. Retard
«Le transporteur est responsable du dommage résultant d’un retard y compris un État et ses subdivisions».
dans le transport aérien de passagers, de bagages ou de marchandises.
Cependant, le transporteur n’est pas responsable du dommage causé 362. Au lieu d’attribuer la responsabilité à un opéra-
SDUXQUHWDUGV¶LOSURXYHTXHOXLVHVSUpSRVpVHWPDQGDWDLUHVRQWSULV WHXUXQLTXHOH3URWRFROHGH%kOHGHHQYLVDJHjVRQ
WRXWHVOHVPHVXUHVTXLSRXYDLHQWUDLVRQQDEOHPHQWV¶LPSRVHUSRXUpYLWHU
OHGRPPDJHRXTX¶LOOHXUpWDLWLPSRVVLEOHGHOHVSUHQGUH article 4, de tenir le producteur, l’exportateur, l’importateur
«Article 20. Exonération et l’éliminateur objectivement responsables, à divers stades
©'DQVOHFDVRLOIDXWODSUHXYHTXHODQpJOLJHQFHRXXQDXWUHDFWHRX des mouvements transfrontières de déchets545. Au sens de
RPLVVLRQ SUpMXGLFLDEOH GH OD SHUVRQQH TXL GHPDQGH UpSDUDWLRQ RX GH OD la Convention de Bâle, on entend par «producteur» toute
personne dont elle tient ses droits a causé le dommage ou y a contribué, le
transporteur est exonéré en tout ou en partie de sa responsabilité à l’égard
de cette personne, dans la mesure où cette négligence ou cet autre acte ou 542
$UWSDU/HSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOHSUHPLHUGLVSRVHTXH
omission préjudiciable a causé le dommage ou y a contribué. /RUVTX¶XQH ©eWDWGHFRQWU{OHªVLJQL¿HO¶eWDWSDUWLHTXLH[HUFHGHVGURLWVVRXYHUDLQV
GHPDQGH HQ UpSDUDWLRQ HVW LQWURGXLWH SDU XQH SHUVRQQH DXWUH TXH OH pour la recherche et l’exploitation des ressources du lit de la mer et du
passager, en raison de la mort ou d’une lésion subie par ce dernier, le VRXVVRO PDULQ GDQV OD UpJLRQ R HVW VLWXpH O¶LQVWDOODWLRQ /RUVTX¶XQH
transporteur est également exonéré en tout ou en partie de sa responsabilité installation s’étend sur des régions où plusieurs États parties exercent
GDQVODPHVXUHRLOSURXYHTXHODQpJOLJHQFHRXXQDXWUHDFWHRXRPLVVLRQ de tels droits, ces États peuvent désigner d’un commun accord celui
préjudiciable de ce passager a causé le dommage ou y a contribué. Le G¶HQWUHHX[TXLHVWO¶eWDWGHFRQWU{OH
SUpVHQW DUWLFOH V¶DSSOLTXH j WRXWHV OHV GLVSRVLWLRQV GH OD &RQYHQWLRQ HQ 543
Art. 2, par. 6.
matière de responsabilité, y compris le paragraphe 1 de l’article 21. 544
Art. 1, al. e.
«Article 21. Indemnisation en cas de mort ou 545
de lésion subie par le passager L’article 4 est libellé comme suit:
«1. Pour les dommages visés au paragraphe 1 de l’article 17 et © /D SHUVRQQH TXL DGUHVVH OD QRWL¿FDWLRQ FRQIRUPpPHQW j
ne dépassant pas 100 000 droits de tirage spéciaux par passager, le O¶DUWLFOH GH OD &RQYHQWLRQ HVW UHVSRQVDEOH GHV GRPPDJHV MXVTX¶DX
transporteur ne peut exclure ou limiter sa responsabilité. moment où l’éliminateur a pris possession des déchets dangereux et
«2. Le transporteur n’est pas responsable des dommages visés autres déchets. L’éliminateur est ensuite responsable des dommages.
au paragraphe 1 de l’article 17 dans la mesure où ils dépassent 6LO¶eWDWG¶H[SRUWDWLRQHVWO¶DXWHXUGHODQRWL¿FDWLRQRXV¶LOQ¶\DSDV
100 000 droits de tirage spéciaux par passager, s’il prouve: HX QRWL¿FDWLRQ O¶H[SRUWDWHXU HVW UHVSRQVDEOH GHV GRPPDJHV MXVTX¶DX
«a TXH OH GRPPDJH Q¶HVW SDV G j OD QpJOLJHQFH RX j XQ DXWUH moment où l’éliminateur a pris possession des déchets dangereux et des
acte ou omission préjudiciable du transporteur, de ses préposés ou de autres déchets. S’agissant de l’alinéa b du paragraphe 6 de l’article 3
ses mandataires, ou GX3URWRFROHOHSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOHGHOD&RQYHQWLRQV¶DSSOLTXH
«b TXHFHVGRPPDJHVUpVXOWHQWXQLTXHPHQWGHODQpJOLJHQFHRX mutatis mutandis. L’éliminateur est ensuite responsable des dommages.
d’un autre acte ou omission préjudiciable d’un tiers.» (Suite de la note page suivante.)
162 Documents de la cinquante-sixième session
personne dont l’activité produit des déchets dangereux /D SUDWLTXH FRQYHQWLRQQHOOH PRQWUH TXH GDQV OD
ou d’autres déchets, ou, si cette personne est inconnue, la plupart des conventions, la responsabilité est conjointe et
SHUVRQQHTXLHVWHQSRVVHVVLRQGHFHVGpFKHWVHWRXTXLOHV solidaire, essentiellement dans des situations où le dom-
contrôle. On entend par «exportateur» ou «importateur» mage n’est pas raisonnablement divisible. En vertu de
WRXWHSHUVRQQHTXLUHOqYHGHODMXULGLFWLRQGHO¶eWDWG¶H[- l’article IV de la Convention internationale sur la respon-
SRUWDWLRQRXG¶LPSRUWDWLRQVHORQOHFDVHWTXLSURFqGHj sabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les
l’exportation ou à l’importation de déchets dangereux ou hydrocarbures, les propriétaires des navires sont solidaire-
G¶DXWUHV GpFKHWV RQ HQWHQG SDU ©pOLPLQDWHXUª WRXWH SHU- PHQWUHVSRQVDEOHVORUVTXHGHVIXLWHVRXGHVUHMHWVVHVRQW
VRQQHjTXLVRQWH[SpGLpVGHVGpFKHWVGDQJHUHX[RXG¶DXWUHV SURGXLWVHWTX¶LOHQUpVXOWHXQGRPPDJHSDUSROOXWLRQTXL
GpFKHWVHWTXLHIIHFWXHO¶pOLPLQDWLRQGHVGLWVGpFKHWV546. n’est pas raisonnablement divisible549. L’article 5 du Pro-
tocole de 1992 remplaçant cet article IV contient une dis-
363. Aux termes de l’article 8 de la Convention sur position analogue. Il établit toutefois une relation entre la
la réglementation des activités relatives aux ressources responsabilité conjointe et solidaire et un événement met-
PLQpUDOHV GH O¶$QWDUFWLTXH OD UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH tant en cause plus d’un navire550. Dans les deux cas, les dis-
incombe à l’opérateur TXL HVW Gp¿QL FRPPH XQH SDUWLH SRVLWLRQVSHUWLQHQWHVHQPDWLqUHG¶H[RQpUDWLRQV¶DSSOLTXHQW
une personne morale constituée conformément à la dans des situations de responsabilité solidaire et conjointe.
législation d’une partie ou une entreprise conjointe
FRQVLVWDQWH[FOXVLYHPHQWHQXQHFRPELQDLVRQTXHOFRQTXH 366. La Convention internationale sur la responsabi-
des catégories susmentionnées547. L’État parrain demeure lité civile pour les dommages dus à la pollution par les
cependant responsable a V¶LOQHV¶HVWSDVDFTXLWWpGHVHV hydrocarbures de soute551 et la Convention SNPD ont des
REOLJDWLRQVHQYHUWXGHOD&RQYHQWLRQHWb) si une indem- GLVSRVLWLRQV DQDORJXHV /D &RQYHQWLRQ 613' LQGLTXH
nisation intégrale ne peut pas être assurée par l’exploitant FODLUHPHQWTXHOHVSURSULpWDLUHVSHXYHQWVHSUpYDORLUGHV
responsable ou d’une autre manière. OLPLWHVGHUHVSRQVDELOLWpHWTX¶DXFXQHGLVSRVLWLRQQHSRUWH
atteinte au droit de recours d’un propriétaire contre tout
364. En application du paragraphe 16.1 des clauses types autre propriétaire552.
GHFRQWUDWG¶H[SORUDWLRQ¿JXUDQWHQDQQH[HGX5qJOHPHQW
relatif à la prospection et à l’exploration des nodules
367. Un régime de responsabilité conjointe et solidaire
SRO\PpWDOOLTXHV GDQV OD =RQH DGRSWp SDU O¶$XWRULWp
V¶DSSOLTXHpJDOHPHQWV¶DJLVVDQWGHGRPPDJHVQXFOpDLUHV
internationale des fonds marins le 13 juillet 2000,
La Convention de Paris de 1960 établit une présomption
le contractant est responsable du dommage effectif,
de responsabilité conjointe et solidaire dans la mesure où
s’agissant notamment de dommages causés au milieu
le dommage causé par un second accident ne peut être
marin, imputables à des actes ou omissions illicites de sa
séparé du dommage causé par l’accident nucléaire553. La
part ou de celle de ses employés, sous-traitants, agents
et de toute autre personne travaillant ou agissant pour le
compte de ceux-ci548. engagement à l’égard de toute tierce partie découlant de tout acte ou
omission illicite de sa part ou de celle de ses employés, agents et sous-
(Suite de la note 545.) traitants et de toutes autres personnes travaillant et agissant pour le
«2. Sans préjudice du paragraphe 1, s’agissant des déchets visés compte de ceux-ci dans la conduite des opérations effectuées en vertu
à l’alinéa b du paragraphe 1 de l’article premier de la Convention du présent contrat».
549
GRQW O¶eWDW G¶LPSRUWDWLRQ PDLV SDV O¶eWDW G¶H[SRUWDWLRQ D QRWL¿p OD L’article IV est conçu comme suit:
dangerosité conformément à l’article 3 de la Convention, l’importateur ©/RUVTXH GHV IXLWHV RX GHV UHMHWV VH VRQW SURGXLWV VXU SOXV G¶XQ
HVW UHVSRQVDEOH MXVTX¶DX PRPHQW R O¶pOLPLQDWHXU D SULV SRVVHVVLRQ QDYLUHHWTX¶XQGRPPDJHSDUSROOXWLRQHQUpVXOWHOHVSURSULpWDLUHVGH
GHV GpFKHWV VL O¶eWDW G¶LPSRUWDWLRQ HVW O¶DXWHXU GH OD QRWL¿FDWLRQ RX tous les navires en cause sont, sous réserve des dispositions prévues à
V¶LOQ¶\DSDVHXQRWL¿FDWLRQL’éliminateur est ensuite responsable des O¶DUWLFOH,,,VROLGDLUHPHQWUHVSRQVDEOHVSRXUODWRWDOLWpGXGRPPDJHTXL
dommages. n’est pas raisonnablement divisible.»
550
«[...] L’article 5 se lit comme suit:
«5. La personne visée aux paragraphes 1 et 2 n’est pas responsable, ©/RUVTX¶XQ pYpQHPHQW PHW HQ FDXVH SOXV G¶XQ QDYLUH HW TX¶XQ
HQYHUWXGXSUpVHQWDUWLFOHVLHOOHSURXYHTXHOHGRPPDJHUpVXOWH dommage par pollution en résulte, les propriétaires de tous les navires
«a G¶XQFRQÀLWDUPpG¶KRVWLOLWpVG¶XQHJXHUUHFLYLOHRXG¶XQH en cause sont, sous réserve des exceptions prévues à l’article III,
LQVXUUHFWLRQ conjointement et solidairement responsables pour la totalité du
«b) d’un phénomène naturel de nature exceptionnelle, inévitable, GRPPDJHTXLQ¶HVWSDVUDLVRQQDEOHPHQWGLYLVLEOHª
LPSUpYLVLEOHHWLUUpVLVWLEOH 551
L’article 5 est libellé comme suit:
«c) entièrement du respect d’une mesure obligatoire de la «Événements mettant en cause deux ou plusieurs navires
SXLVVDQFHSXEOLTXHGHO¶eWDWVXUOHWHUULWRLUHGXTXHOOHGRPPDJHV¶HVW ©/RUVTX¶XQ pYpQHPHQW PHW HQ FDXVH GHX[ RX SOXVLHXUV QDYLUHV
SURGXLW HW TX¶XQ GRPPDJH SDU SROOXWLRQ HQ UpVXOWH OHV SURSULpWDLUHV GH WRXV
«d) entièrement de la conduite délictueuse intentionnelle les navires sont, sous réserve des exemptions prévues à l’article 3,
G¶DXWUXL\FRPSULVODSHUVRQQHTXLDVXELOHGRPPDJHª conjointement et solidairement responsables pour la totalité du
546
Art. 2, par. 14 à 19 de la Convention de Bâle. GRPPDJHTXLQ¶HVWSDVUDLVRQQDEOHPHQWGLYLVLEOHª
547 552
Art. 1, par. 11. L’article 8 est libellé comme suit:
548
ISBA/6/A/18, annexe 4. L’article 16 est libellé comme suit: © &KDTXH IRLV TXH OH GRPPDJH UpVXOWH G¶XQ pYpQHPHQW
«16.1 Le Contractant est responsable du dommage effectif, mettant en cause deux ou plusieurs navires dont chacun transporte des
s’agissant notamment de dommages causés au milieu marin, imputables VXEVWDQFHVQRFLYHVHWSRWHQWLHOOHPHQWGDQJHUHXVHVFKDTXHSURSULpWDLUH
à des actes ou omissions illicites, de sa part ou de celle de ses employés, est, sauf exonération en vertu de l’article 7, responsable du dommage.
sous-traitants, agents et de toute autre personne travaillant ou agissant Les propriétaires sont conjointement et solidairement responsables de
pour le compte de ceux-ci dans la conduite des opérations effectuées ODWRWDOLWpGXGRPPDJHTXLQ¶HVWSDVUDLVRQQDEOHPHQWGLYLVLEOH
GDQV OH FDGUH GX SUpVHQW FRQWUDW \ FRPSULV OH FRW GHV PHVXUHV © 7RXWHIRLVFKDTXHSURSULpWDLUHSHXWVHSUpYDORLUGHVOLPLWHVGH
raisonnables prises pour prévenir ou limiter les dommages affectant UHVSRQVDELOLWpGRQWLOSHXWEpQp¿FLHUHQYHUWXGHO¶DUWLFOH
le milieu marin, compte tenu de la part de responsabilité imputable à «3. Aucune disposition du présent article ne porte atteinte au droit
l’Autorité à raison de ses propres actes ou omissions. de recours d’un propriétaire contre tout autre propriétaire.»
553
«16.2 Le Contractant garantit l’Autorité, ses employés, sous- L’article 3 est conçu comme suit:
traitants et agents contre toute créance de toute tierce partie et tout «[...]
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 163
Convention de Paris de 2004 contient une disposition 368. La Convention relative à la responsabilité des
DQDORJXHHWSUpFLVHTXHWRXWHSDUWLHGXGRPPDJHTXLQH exploitants de navires nucléaires prévoit la responsabilité
peut être séparée avec certitude du dommage nucléaire FRQMRLQWHHWVROLGDLUHORUVTX¶LOQ¶HVWSDVSRVVLEOHGHGpWHU-
est considérée comme un dommage causé par l’acci- PLQHU DYHF FHUWLWXGH TXHO HVW OH GRPPDJH DWWULEXDEOH j
dent nucléaire554. La Convention de Vienne de 1963 chacun d’eux. La contribution est proportionnelle à la gra-
prévoit également ce type de responsabilité dans la vité des fautes commises respectivement ou, si les fautes
mesure où il est impossible de déterminer la part du ne peuvent être déterminées, la responsabilité totale est
dommage attribuable à chacun des exploitants555. La assumée à parts égales558.
&RQYHQWLRQ GH 9LHQQH GH WHOOH TXH PRGL¿pH SDU
le Protocole d’amendement de 1997556 et la Convention 369. La CRTD prévoit elle aussi une responsabilité
de Vienne de 1997 contiennent des dispositions analo- conjointe et solidaire s’agissant du transport par rail,
gues. Elles envisagent toutefois d’imposer des limites DXTXHOFDVODSHUVRQQHRXOHVSHUVRQQHVTXLH[SORLWHQWOD
sur l’utilisation des fonds publics par l’État où se trouve OLJQHIHUURYLDLUHVXUODTXHOOHO¶LQFLGHQWV¶HVWSURGXLWHVW
l’installation557. ou sont, considérées comme un transporteur, si elles ont
réalisé une activité conjointe559. La Convention de Lugano
«b /RUVTXH GHV GRPPDJHV VRQW FDXVpV FRQMRLQWHPHQW SDU XQ
envisage elle aussi la responsabilité conjointe et solidaire
DFFLGHQW QXFOpDLUH HW XQ DFFLGHQW DXWUH TX¶XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH OH des exploitants d’installations ou sites où sont exercées
dommage causé par ce second accident, dans la mesure où l’on ne peut des activités dangereuses. Il incombe à l’exploitant de
le séparer avec certitude du dommage causé par l’accident nucléaire, est SURXYHU TX¶LO HVW UHVSRQVDEOH G¶XQH SDUWLH GX GRPPDJH
considéré comme un dommage causé par l’accident nucléaire. /RUVTXH seulement560.
le dommage est causé conjointement par un accident nucléaire et par
XQHpPLVVLRQGHUDGLDWLRQVLRQLVDQWHVTXLQ¶HVWSDVYLVpHSDUODSUpVHQWH
Convention, aucune disposition de la présente Convention ne limite 370. Au lieu de se concentrer sur la responsabilité
QL Q¶DIIHFWH DXWUHPHQW OD UHVSRQVDELOLWp GH WRXWH SHUVRQQH HQ FH TXL VROLGDLUH HQ WDQW TXH WHOOH FHUWDLQV LQVWUXPHQWV PHWWHQW
concerne cette émission de radiation ionisante.» l’accent sur la possibilité du point de vue procédural d’in-
554
L’article 3 est conçu comme suit: tenter un recours contre plus d’une personne. Ainsi, en
«[...] vertu du Protocole de Bâle de 1999, le demandeur a le
«b /RUVTXH GHV GRPPDJHV QXFOpDLUHV VRQW FDXVpV FRQMRLQWHPHQW
SDUXQDFFLGHQWQXFOpDLUHHWXQDFFLGHQWDXWUHTX¶XQDFFLGHQWQXFOpDLUH GURLWGHUHTXpULUO¶LQGHPQLVDWLRQWRWDOHGXGRPPDJHSDU
le dommage causé par ce second accident, dans la mesure où on ne peut les producteurs, l’exportateur, l’importateur ou l’élimina-
le séparer avec certitude du dommage nucléaire causé par l’accident teur des déchets561. Le Protocole de Kiev de 2003 contient
nucléaire, est considéré comme un dommage causé par l’accident
nucléaire. /RUVTXHOHGRPPDJHQXFOpDLUHHVWFDXVpFRQMRLQWHPHQWSDUXQ
DFFLGHQWQXFOpDLUHHWSDUXQHpPLVVLRQGHUD\RQQHPHQWVLRQLVDQWVTXLQ¶HVW 558
L’article VII est conçu comme suit:
pas visé par la présente Convention, aucune disposition de la présente © /RUVTX¶XQ GRPPDJH QXFOpDLUH HQJDJH OD UHVSRQVDELOLWp GH
Convention ne limite ni n’affecte autrement la responsabilité de toute SOXVLHXUVH[SORLWDQWVVDQVTX¶LOVRLWSRVVLEOHGHGpWHUPLQHUDYHFFHUWLWXGH
SHUVRQQHHQFHTXLFRQFHUQHFHWWHpPLVVLRQGHUD\RQQHPHQWVLRQLVDQWVª TXHOHVWOHGRPPDJHDWWULEXDEOHjFKDFXQG¶HX[FHVH[SORLWDQWVVRQW
555
L’article II est libellé comme suit: solidairement responsables. 7RXWHIRLV OD UHVSRQVDELOLWp GH FKDTXH
«[...] H[SORLWDQWQHVHUDHQDXFXQFDVVXSpULHXUHjODOLPLWH¿[pHjO¶DUWLFOH,,,
«3. a /RUVTX¶XQ GRPPDJH QXFOpDLUH HQJDJH OD UHVSRQVDELOLWp © 'DQV OH FDV G¶XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH ORUVTXH OH GRPPDJH
de plusieurs exploitants, ils en sont solidairement et cumulativement nucléaire provient ou résulte du combustible nucléaire ou des
responsables, dans la mesure où il est impossible de déterminer avec produits ou déchets radioactifs de plus d’un navire nucléaire d’un
FHUWLWXGHTXHOOHHVWODSDUWGXGRPPDJHDWWULEXDEOHjFKDFXQG¶HX[ même exploitant, celui-ci est responsable pour chacun des navires à
«b /RUVTX¶XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH VXUYLHQW HQ FRXUV GH WUDQVSRUW FRQFXUUHQFHGXPRQWDQW¿[pjO¶DUWLFOH,,,
de matières nucléaires, soit dans un seul et même moyen de transport, «3. En cas de responsabilité solidaire et sous réserve du
soit, en cas de stockage, en cours de transport, dans une seule et même paragraphe 1 ci-dessus:
LQVWDOODWLRQ QXFOpDLUH HW FDXVH XQ GRPPDJH QXFOpDLUH TXL HQJDJH OD «a FKDTXHH[SORLWDQWSHXWGHPDQGHUDX[DXWUHVXQHFRQWULEXWLRQ
responsabilité de plusieurs exploitants, la responsabilité totale ne peut SURSRUWLRQQHOOHjODJUDYLWpGHVIDXWHVFRPPLVHVUHVSHFWLYHPHQW
être supérieure au montant le plus élevé applicable à l’égard de l’un «b VL OHV FLUFRQVWDQFHV VRQW WHOOHV TXH OD IDXWH QH SXLVVH rWUH
TXHOFRQTXHG¶HQWUHHX[FRQIRUPpPHQWjO¶DUWLFOH9 répartie, la responsabilité totale est assumée à parts égales.»
559
«c) Dans aucun des cas mentionnés aux alinéas a et b ci-dessus, L’article 5 se lit comme suit:
la responsabilité d’un exploitant ne peut être supérieure au montant «[...]
applicable à son égard conformément à l’article V. «2. Si un événement consiste en une succession de faits ayant la
«4. Sous réserve des dispositions du paragraphe 3 ci-dessus, même origine, la responsabilité repose sur le transporteur au moment
ORUVTXH SOXVLHXUV LQVWDOODWLRQV QXFOpDLUHV UHOHYDQW G¶XQ VHXO HW PrPH du premier fait.
exploitant sont en cause dans un accident nucléaire, cet exploitant est «3. Si deux ou plusieurs personnes visées à l’alinéa b du
UHVSRQVDEOHSRXUFKDTXHLQVWDOODWLRQQXFOpDLUHHQFDXVHjFRQFXUUHQFH paragraphe 8 de l’article premier sont responsables en vertu de la
du montant applicable à son égard conformément à l’article V.» présente Convention, elles sont solidairement responsables.»
556 560
L’article II est conçu comme suit: L’article 11 est rédigé comme suit:
«[...] «Pluralité d’installations ou de sites
«3. a /RUVTX¶XQ GRPPDJH QXFOpDLUH HQJDJH OD UHVSRQVDELOLWp ©/RUVTX¶XQGRPPDJHUpVXOWHG¶pYpQHPHQWVTXLVHVRQWSURGXLWVGDQV
de plusieurs exploitants, ils en sont solidairement et cumulativement plusieurs installations ou sites où sont exercées des activités dangereuses
responsables dans la mesure où il est impossible de déterminer avec ou d’activités dangereuses visées à l’article 2, paragraphe 1, alinéa d,
FHUWLWXGHTXHOOHHVWODSDUWGXGRPPDJHDWWULEXDEOHjFKDFXQG¶HX[L’État les exploitants des installations ou sites en cause sont solidairement
où se trouve l’installation peut limiter le montant des fonds publics alloués responsables de la totalité du dommage. Toutefois, si un exploitant
SDUDFFLGHQWjODGLIIpUHQFHOHFDVpFKpDQWHQWUHOHVPRQWDQWVDLQVL¿[pV SURXYH TX¶XQH SDUWLH VHXOHPHQW GX GRPPDJH D pWp FDXVpH SDU XQ
HWOHVPRQWDQWV¿[pVHQDSSOLFDWLRQGXSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOH9ª événement survenu dans l’installation ou le site où il exerce l’activité
557
L’article 7 de l’annexe est libellé comme suit: GDQJHUHXVHRXSDUXQHDFWLYLWpTXLUHOqYHGHO¶DUWLFOHSDUDJUDSKH
© /RUVTX¶XQ GRPPDJH QXFOpDLUH HQJDJH OD UHVSRQVDELOLWp GH alinéa dLOQ¶HVWUHVSRQVDEOHTXHGHFHWWHSDUWLHGXGRPPDJHª
561
plusieurs exploitants, ils en sont solidairement et cumulativement L’article 4 se lit comme suit:
responsables, dans la mesure où il est impossible de déterminer avec «[...]
FHUWLWXGHTXHOOHHVWODSDUWGXGRPPDJHDWWULEXDEOHjFKDFXQG¶HX[/¶eWDW «6. Si deux ou plusieurs personnes sont responsables au titre du
où se trouve l’installation peut limiter le montant des fonds publics alloués SUpVHQW DUWLFOH OH GHPDQGHXU D OH GURLW GH UHTXpULU O¶LQGHPQLVDWLRQ
SDUDFFLGHQWjODGLIIpUHQFHOHFDVpFKpDQWHQWUHOHVPRQWDQWVDLQVL¿[pV totale du dommage par l’une des personnes ou toutes les personnes
HWOHVPRQWDQWV¿[pVHQDSSOLFDWLRQGXSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOHª responsables.»
164 Documents de la cinquante-sixième session
une disposition analogue. Le demandeur a le droit d’in- FRPPH VLJQL¿DQW TXH OD UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH HQ PDWLqUH GH GRP-
tenter un recours en vue d’obtenir réparation contre l’un mages environnementaux s’étend non seulement à l’indemnisation
GHV YLFWLPHV GH OD SROOXWLRQ PDLV DXVVL DX FRW GH OD UHPLVH HQ pWDW
TXHOFRQTXHGHVH[SORLWDQWV,OLQFRPEHjO¶H[SORLWDQWGH de l’environnement. La remise en état de l’environnement endommagé
SURXYHU TX¶LO HVW UHVSRQVDEOH G¶XQH SDUWLH VHXOHPHQW GX s’inscrit dans le processus du développement durable et, de ce fait,
dommage562. le pollueur doit indemniser les victimes individuelles et prendre à sa
FKDUJHOHFRWGHODUHPLVHHQpWDWGXPLOLHXHQGRPPDJp565.
371. La directive 2004/35/CE de l’UE sur la respon-
VDELOLWpHQYLURQQHPHQWDOHHQFHTXLFRQFHUQHODSUpYHQ- 374. Cette décision a été citée avec approbation dans
tion et la réparation des dommages environnementaux l’affaire M. C. Mehta v. Kamal Nath and others. La Cour
UHFRQQDvW TXH WRXWHV OHV IRUPHV GH GRPPDJHV HQYLURQ- VXSUrPH D QRWp FH TXL VXLW ©/D SUpVHQWH &RXU D GRQF
nementaux ne peuvent être réparées dans le cadre d’un GpFLGp TXH FHOXL TXL SROOXH O¶HQYLURQQHPHQW GRLW SD\HU
UpJLPHGHUHVSRQVDELOLWp3RXUTXHFHGHUQLHUIRQFWLRQQH pour réparer les dommages causés par ses actes566.»
LOIDXWXQRXSOXVLHXUVSROOXHXUVLGHQWL¿DEOHV(QRXWUHOH
GRPPDJH GHYUDLW rWUH FRQFUHW HW TXDQWL¿DEOH HW XQ OLHQ 375. Dans d’autres incidents, des exploitants privés ont
de causalité devrait être établi entre le dommage et le ou volontairement payé des indemnités et pris des mesures
OHVSROOXHXUVLGHQWL¿pV/DUHVSRQVDELOLWpQHFRQVWLWXHSDV unilatérales pour minimiser ou prévenir des dommages,
de ce fait un instrument approprié face à la pollution à mais sans reconnaître leur responsabilité. Il est évidem-
FDUDFWqUHpWHQGXHWGLIIXVSRXUODTXHOOHLOHVWLPSRVVLEOH PHQW GLI¿FLOH GH GpWHUPLQHU TXHOV VRQW OHV PRWLIV UpHOV
d’établir un lien entre les incidences environnementales de cette action unilatérale et volontaire. Toutefois, on
négatives et l’acte ou l’omission de certains acteurs indivi- QHVDXUDLWVXSSRVHUTXHFHWWHDFWLRQDpWpLQVSLUpHH[FOX-
GXHOV&HWWHGLUHFWLYHELHQTX¶HOOHQHSUpYRLHSDVXQHUHV- sivement par des motifs «moraux». Il ne faut pas sous-
ponsabilité conjointe et solidaire dispose, à son article 9, estimer les pressions exercées par le gouvernement du
TX¶HOOHV¶DSSOLTXHVDQVSUpMXGLFHGHVGLVSRVLWLRQVOpJLVOD- SD\V G¶RULJLQH O¶RSLQLRQ SXEOLTXH RX OD QpFHVVLWp GH
tives ou réglementaires nationales relatives à l’affectation maintenir un climat propice aux affaires. Toutes ces pres-
GHVFRWVHQFDVGHFDXVDOLWpPXOWLSOHHQSDUWLFXOLHUFHOOH VLRQVRQWGRQQpQDLVVDQFHjXQHH[SHFWDWLYHTXLHVWSOXV
relative au partage des responsabilités entre le producteur SXLVVDQWHTX¶XQHVLPSOHREOLJDWLRQPRUDOH
et l’utilisateur d’un produit563.
376. En 1972, le pétrolier World Bond, immatriculé au
2. JURISPRUDENCE ET PRATIQUE DES ÉTATS AUTRES Libéria, a déversé près de 45 000 litres de pétrole brut
QUE DES ACCORDS
dans la mer, lors du déchargement de sa cargaison à la raf-
¿QHULHGHO¶$WODQWLF5LFK¿HOG&RUSRUDWLRQj&KHUU\3RLQW
/D MXULVSUXGHQFH RX OD FRUUHVSRQGDQFH RI¿FLHOOH dans l’État de Washington. Le pétrole s’est répandu dans
QHGRQQHQWSDVGHGp¿QLWLRQFODLUHGHODUHVSRQVDELOLWpGH les eaux canadiennes et a pollué les plages de la Colom-
l’exploitant. Elles ne présentent pas de cas où l’exploitant ELHEULWDQQLTXHVXUHQYLURQKXLWNLORPqWUHV&HWWHPDUpH
DpWpFRQVLGpUpFRPPHO¶XQLTXHUHVSRQVDEOHGHO¶LQGHP- QRLUH ELHQ TXH G¶DPSOHXU OLPLWpH D HX G¶LPSRUWDQWHV
nisation des dommages transfrontières causés par ses acti- UpSHUFXVVLRQVSROLWLTXHV'HVPHVXUHVRQWpWpSULVHVDXV-
vités. Toutefois, dans un jugement prononcé à l’échelon VLW{WSDUODUDI¿QHULHHWSDUOHVDXWRULWpVGHSDUWHWG¶DXWUH
national par la Cour suprême de l’Inde, dans Indian de la frontière pour circonscrire et limiter les dommages,
Council for Enviro-Legal Action v. Union of India and GH VRUWH TXH OH SUpMXGLFH VXEL SDU OHV HDX[ HW OHV F{WHV
others (voir supraSDU OD&RXUDGLVSRVpFHTXLVXLW FDQDGLHQQHV D SX rWUH PLQLPLVp /H FRW GHV RSpUDWLRQV
de nettoyage a été assumé par l’exploitant privé, à savoir
>/@RUVTXH O¶DFWLYLWp UpDOLVpH HVW GDQJHUHXVH RX GDQJHUHXVH SDU VRQ O¶$WODQWLF5LFK¿HOG&RUSRUDWLRQ567.
caractère même, il incombe à la personne* réalisant cette activité de
dédommager le préjudice causé à une autre personne du fait de son 377. Dans le cas de la pollution de l’air transfrontière
activité, indépendamment du fait de savoir si elle a pris toutes les pré- causée par des émanations gazeuses et nauséabondes, du
FDXWLRQV UDLVRQQDEOHV DX[ ¿QV GH OD UpDOLVDWLRQ GH VRQ DFWLYLWp &HWWH
règle est fondée sur la nature même de l’activité réalisée564. fait des activités de la Peyton Packing Company et de la
Casuco Company568, des mesures ont été prises unilaté-
373. La Cour suprême de l’Inde a donc tenu les usines ralement par ces deux sociétés américaines pour réparer
FKLPLTXHVUHVSRQVDEOHVSRXUDYRLUIRQFWLRQQpVDQVDXWR- ces dommages. De même, dans l’affaire de la Fonderie
risation et pour n’avoir pas respecté les normes en matière de Trail (Trail Smelter), l’exploitant canadien, la Conso-
GHGpYHUVHPHQWGHVHIÀXHQWV&HVLQGXVWULHVpWDLHQW lidated Mining and Smelting Company, a agi unilatéra-
lement pour réparer les dommages causés dans l’État de
REMHFWLYHPHQWUHVSRQVDEOHVHWGHYDLHQWUpSDUHUOHVSUpMXGLFHVTX¶HOOHV Washington par ses activités. Toutefois, dans le cas d’un
avaient causés aux villageois des zones touchées, aux sols et aux eaux projet de prospection pétrolière dans la mer de Beaufort,
souterraines et étaient tenues, de ce fait, de prendre toutes les mesures non loin de l’Alaska, envisagé par une entreprise privée
nécessaires pour éliminer la boue et les autres polluants se trouvant dans
les zones touchées. La Cour interprète le principe du «pollueur-payeur» canadienne, le Gouvernement canadien s’est engagé à
DVVXUHUO¶LQGHPQLVDWLRQGHVSUpMXGLFHVTXLSRXUUDLHQWrWUH
562
L’article 4 se lit comme suit:
«[...] 565
«4. Si plusieurs exploitants sont responsables aux termes du Supreme Court Cases 1997, vol. 1, p. 388.
SUpVHQW DUWLFOH OH GHPDQGHXU D OH GURLW GH UHTXpULU O¶LQGHPQLVDWLRQ 566
Ibid.
totale des dommages par l’un des exploitants ou tous les exploitants 567
Voir Mestral, «Canadian practice in international law during
responsables. &HSHQGDQW O¶H[SORLWDQW TXL SURXYH TX¶XQH SDUWLH DV UHÀHFWHG LQ UHVROXWLRQV RI WKH +RXVH RI &RPPRQV DQG LQ
seulement des dommages a été causée par un accident industriel n’est Government statements in the House of Commons», p. 333 et 334.
UHVSRQVDEOHTXHGHFHWWHSDUWLHGHVGRPPDJHVª 568
Voir Whiteman, Digest of International Law, vol. 6, p. 256 à
563
Voir supra la note 286. 259. Voir également Rubin, «Pollution by analogy: the Trail Smelter
564
All India Reporter 1996, vol. 83, p. 1465. arbitration», p. 277, cité dans Handl, «Balancing of interests…», p. 172.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 165
la responsabilité des trois États serait «solidaire» (joint and several), en (Q DRW O¶$XVWUDOLH D RIIHUW j 1DXUX XQH
FHVHQVTXHO¶XQTXHOFRQTXHGHVWURLV>$XVWUDOLH1RXYHOOH=pODQGHRX somme de 107 millions de dollars australiens à titre de
Royaume-Uni] serait tenu de réparer en totalité le préjudice résultant UqJOHPHQW LQWpJUDO HW Gp¿QLWLI 1DXUX D DFFHSWp FHWWH
de la méconnaissance des obligations de l’autorité administrante et non
pas seulement d’assurer cette réparation pour un tiers ou dans toute 573
Certaines terres à phosphates à Nauru (Nauru c. Australie),
exceptions préliminaires, arrêt, C.I.J. Recueil 1992, p. 258, par. 48.
574
569 Ibid., p. 258 et 259.
Cité dans Schwabach, «The Tisza cyanide disaster and 575
international law», p. 10510. Ibid., p. 261 et 262, par. 55.
576
570
Exceptions préliminaires, arrêt, C.I.J. Recueil 1992, p. 240. Ibid., opinion dissidente du juge Ago, p. 328.
577
571
C.I.J. Mémoires, Certaines terres à phosphates à Nauru (Nauru Ibid., opinion dissidente du juge Schwebel, p. 330.
578
c. Australie), vol. I, p. 236 et 237, par. 622 à 624 et 628. Ibid., p. 331.
572 579
Ibid., vol. II, p. 123, par. 295. Ibid., p. 342.
166 Documents de la cinquante-sixième session
eWDW SDUWLH PDQTXH j FHWWH REOLJDWLRQ LO HVW UHVSRQVDEOH imputable au contractant, à ses employés, agents et sous-
des dommages causés. La même responsabilité est impo- traitants et toute personne travaillant et agissant pour le
sée à une organisation internationale menant des activités compte de ceux-ci, dans la conduite des opérations effec-
GDQVOD=RQH'DQVFHFDVOHVeWDWVPHPEUHVGHFHVRUJD- tuées en vertu du présent contrat, à raison de leurs actes ou
nisations internationales, agissant de concert, assument omissions. L’Autorité garantit contre toute créance d’une
conjointement et solidairement cette responsabilité. Les tierce partie concernant la conduite des opérations effec-
eWDWVPHPEUHVG¶RUJDQLVDWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVTXLPqQHQW tuées en vertu du contrat586.
GHVDFWLYLWpVGDQVOD=RQHGRLYHQWYHLOOHUjO¶DSSOLFDWLRQ
GHVGLVSRVLWLRQVGHOD&RQYHQWLRQHQFHTXLFRQFHUQHFHV ¬ OD VXLWH GH O¶LQYDVLRQ GX .RZHwW SDU O¶,UDT
organisations583. le Conseil de sécurité, agissant en application du
Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, a déclaré,
392. De même, la Convention des Nations Unies sur le DXSDUDJUDSKHGHVDUpVROXWLRQ TX¶HQYHUWX
GURLW GH OD PHU SUpYRLW j VRQ DUWLFOH TXH OHV eWDWV GX GURLW LQWHUQDWLRQDO O¶,UDT ©HVW UHVSRQVDEOH GH WRXWH
et les organisations internationales sont responsables des perte, tout dommage ou tout préjudice subis, s’agissant
dommages causés par la pollution du milieu marin résul- GX.RZHwWHWG¶eWDWVWLHUVDLQVLTXHGHOHXUVQDWLRQDX[HW
WDQW GH UHFKHUFKHV VFLHQWL¿TXHV PDULQHV HIIHFWXpHV SDU sociétés, du fait de l’invasion et de l’occupation illégale
eux ou pour leur compte. GX.RZHwWSDUO¶,UDTª
393. L’article 30 du Règlement relatif à la prospection 'DQV OD UpVROXWLRQ TX¶LO D DGRSWpH
HW j O¶H[SORUDWLRQ GHV QRGXOHV SRO\PpWDOOLTXHV GDQV OD XOWpULHXUHPHQW OH &RQVHLO GH VpFXULWp D UpDI¿UPp DX
=RQH584GLVSRVHHQSDUWLHTXHODUHVSRQVDELOLWpHQFRXUXHSDU SDUDJUDSKH TXH O¶,UDT ©HVW UHVSRQVDEOH HQ YHUWX GX
l’Autorité est régie par la Convention des Nations Unies droit international, de toute perte, de tout dommage – y
sur le droit de la mer. En outre, l’article 16 des clauses compris les atteintes à l’environnement et la destruction
W\SHVGHFRQWUDWG¶H[SORUDWLRQGLVSRVHTXHO¶$XWRULWpHVW des ressources naturelles – et de tous autres préjudices
responsable du dommage effectif causé au contractant directs* subis par des États étrangers et des personnes
SDU OHV DFWHV LOOLFLWHV TX¶HOOH FRPPHW GDQV O¶H[HUFLFH GH SK\VLTXHVHWVRFLpWpVpWUDQJqUHVGXIDLWGHVRQLQYDVLRQ
ses pouvoirs et fonctions, y compris les violations de HWGHVRQRFFXSDWLRQLOOLFLWHVGX.RZHwWª,ODpJDOHPHQW
l’article 168, paragraphe 2 de la Convention585. Cette décidé, au paragraphe 18 de cette résolution, de créer un
responsabilité tient compte de la part de responsabilité fonds d’indemnisation pour les paiements dus au titre des
réclamations relevant du paragraphe 16 et de constituer
583
XQHFRPPLVVLRQTXLVHUDFKDUJpHGHJpUHUOHGLWIRQGV
L’article 139 de la Convention se lit comme suit:
© ,OLQFRPEHDX[eWDWVSDUWLHVGHYHLOOHUjFHTXHOHVDFWLYLWpV
PHQpHVGDQVOD=RQHTXHFHVRLWSDUHX[PrPHVSDUOHXUVHQWUHSULVHV 396. Dans sa résolution 692 (1991), le Conseil a décidé
G¶eWDW RX SDU GHV SHUVRQQHV SK\VLTXHV RX PRUDOHV SRVVpGDQW OHXU de créer le Fonds et la Commission d’indemnisation visés
nationalité ou effectivement contrôlées par eux ou leurs ressortissants, au paragraphe 18 de la résolution 687 (1991) en tant
le soient conformément à la présente partie. La même obligation
incombe aux organisations internationales pour les activités menées
TX¶RUJDQHVXEVLGLDLUHUHOHYDQWGHOXL587.
GDQVOD=RQHSDUHOOHV
«2. Sans préjudice des règles du droit international et de l’article 22 397. Dans sa décision 1, le Conseil d’administration
de l’annexe III, un État partie ou une organisation internationale est de la Commission d’indemnisation des Nations Unies a
UHVSRQVDEOH GHV GRPPDJHV UpVXOWDQW G¶XQ PDQTXHPHQW GH VD SDUW donné des directives aux commissaires concernant l’inter-
DX[ REOLJDWLRQV TXL OXL LQFRPEHQW HQ YHUWX GH OD SUpVHQWH SDUWLH GHV
États parties ou organisations internationales agissant de concert SUpWDWLRQGHO¶H[SUHVVLRQ©SHUWHVGLUHFWHVªTXLjVRQVHQV
assument conjointement et solidairement cette responsabilité. étaient des pertes résultant des situations ci-après:
Toutefois, l’État partie n’est pas responsable des dommages résultant
G¶XQ WHO PDQTXHPHQW GH OD SDUW G¶XQH SHUVRQQH SDWURQQpH SDU OXL HQ 586
L’article 16 des clauses types de contrat d’exploration est rédigé
vertu du paragraphe 2, lettre b, de l’article 153, s’il a pris toutes les comme suit:
mesures nécessaires et appropriées pour assurer le respect effectif de la «16.3 L’Autorité est responsable du dommage effectif causé au
SUpVHQWHSDUWLHHWGHVDQQH[HVTXLV¶\UDSSRUWHQWFRPPHOHSUpYRLHQW FRQWUDFWDQW SDU OHV DFWHV LOOLFLWHV TX¶HOOH FRPPHW GDQV O¶H[HUFLFH GH
l’article 153, paragraphe 4, et l’article 4, paragraphe 4, de l’annexe III. ses pouvoirs et fonctions, y compris les violations de l’article 168,
© /HV eWDWV SDUWLHV TXL VRQW PHPEUHV G¶RUJDQLVDWLRQV paragraphe 2, de la Convention, compte tenu de la part de responsabilité
internationales prennent les mesures appropriées pour assurer imputable au Contractant, à ses employés, agents et sous-traitants et
O¶DSSOLFDWLRQGXSUpVHQWDUWLFOHHQFHTXLFRQFHUQHFHVRUJDQLVDWLRQVª toutes les personnes travaillant ou agissant pour le compte de ceux-ci,
584
ISBA/6/A/18, annexe. dans la conduite des opérations effectuées en vertu du présent contrat, à
585
L’article 168 est libellé en partie comme suit: raison de leurs actes ou omissions.
«2. Le Secrétaire général et le personnel ne doivent posséder «16.4 L’Autorité garantit le Contractant, ses employés, sous-
G¶LQWpUrWV ¿QDQFLHUV GDQV DXFXQH GHV DFWLYLWpV WRXFKDQW O¶H[SORUDWLRQ traitants, agents et toutes autres personnes travaillant ou agissant pour
HWO¶H[SORLWDWLRQGDQVOD=RQHSous réserve de leurs obligations envers le compte de ceux-ci dans la conduite des opérations effectuées en
l’Autorité, ils ne doivent divulguer, même après la cessation de leurs vertu du présent contrat, contre toute créance d’une tierce partie ou
IRQFWLRQV DXFXQ VHFUHW LQGXVWULHO DXFXQH GRQQpH TXL HVW SURSULpWp tout engagement à l’égard d’une tierce partie découlant de tout acte
LQGXVWULHOOH HW TXL D pWp WUDQVIpUpH j O¶$XWRULWp HQ DSSOLFDWLRQ GH ou omission illicite de sa part dans l’exercice des pouvoirs et fonctions
O¶DUWLFOHGHO¶DQQH[H,,,QLDXFXQDXWUHUHQVHLJQHPHQWFRQ¿GHQWLHO TX¶HOOHH[HUFHGDQVOHFDGUHGXSUpVHQWFRQWUDW\FRPSULVOHVYLRODWLRQV
dont ils ont connaissance à raison de leurs fonctions. commises au regard du paragraphe 2 de l’article 168 de la Convention.
© /HVPDQTXHPHQWVGHODSDUWG¶XQIRQFWLRQQDLUHGHO¶$XWRULWp «16.5 Le Contractant souscrit auprès de compagnies d’assurance
aux obligations énoncées au paragraphe 2 donnent lieu, à la demande de renommée internationale les polices d’assurance appropriées,
G¶XQeWDWSDUWLHOpVpSDUXQWHOPDQTXHPHQWRXG¶XQHSHUVRQQHSK\VLTXH FRQIRUPpPHQW j OD SUDWLTXH LQWHUQDWLRQDOH JpQpUDOHPHQW DFFHSWpH HQ
ou morale patronnée par un État partie conformément à l’article 153, matières maritimes.»
587
paragraphe 2, lettre bHWOpVpHSDUXQWHOPDQTXHPHQWjGHVSRXUVXLWHV Pour le cadre institutionnel de la Commission d’indemnisation
de l’Autorité contre le fonctionnaire en cause devant un tribunal désigné des Nations Unies, voir le rapport établi par le Secrétaire général en
selon les règles, règlements et procédures de l’Autorité. La partie lésée application du paragraphe 19 de la résolution 687 (1991) du Conseil
a le droit de participer à la procédure. Si le tribunal le recommande, le de sécurité (S/22559), sect. I. Voir également Kazazi, «Environmental
Secrétaire général licencie le fonctionnaire en cause.» damage in the practice of the UN Compensation Commission».
168 Documents de la cinquante-sixième session
597
Birnie et Boyle, op. cit., p. 474. Voir généralement Whiteman, 601
op. cit., vol. 4, p. 556 à 607. Ibid.
602
598
Department of State Bulletin, Washington, vol. 32, no 812, International Herald Tribune, 15 juin 1982, col. 2, p. 5.
603
17 janvier 1955, p. 90 et 91. ILM, vol. 39, no 5, 2002, p. 1214.
599 604
Whiteman, op. cit., vol. 4, p. 567. Ibid., p. 1214 et 1215.
600 605
Ibid. Ibid., p. 1215.
170 Documents de la cinquante-sixième session
/H WULEXQDO D ¿[p SRXU VROGH GH WRXW FRPSWH OHV Sur le plan du droit des traités, il n’existe pas d’accord international,
indemnités à un montant de 324 949 311 dollars des ELODWpUDORXPXOWLODWpUDOHQYHUWXGXTXHOpWDEOLUXQHSODLQWHVXpGRLVHj
l’encontre de l’URSS. S’agissant du droit international coutumier, il
États-Unis, dont 1294 154 811 dollars à verser aux plai- VHUDLWSRVVLEOHG¶LQYRTXHUGHVSULQFLSHVSRXUDSSX\HUXQHSODLQWHFRQWUH
gnants pour les pertes passées et futures concernant O¶85667RXWHIRLVOHVTXHVWLRQVHQMHXVRQWFRPSOH[HVGHVSRLQWVGH
l’atoll d’Eniwetok, 91 710 000 dollars pour remettre en YXHMXULGLTXHHWWHFKQLTXHHWPpULWHQWXQH[DPHQDSSURIRQGL'DQVOHV
pWDWFHWDWROOGHPDQLqUHjFHTX¶LOVRLWVUHWSURGXFWLI FLUFRQVWDQFHVDFWXHOOHVOH*RXYHUQHPHQWVXpGRLVDHVWLPpTXHVXLWHj
l’accident de Tchernobyl, il convenait d’accorder la priorité à des entre-
et 34 084 500 dollars à la population d’Eniwetok, pour prises d’un autre type611.
OD GpGRPPDJHU GHV pSUHXYHV TX¶HOOH D VXELHV HQ FRQVp-
TXHQFH GH VD UpLPSODQWDWLRQ GX IDLW TX¶HOOH Q¶D SDV SX 415. La sentence arbitrale rendue le 27 septembre 1968
continuer à vivre sur l’atoll. dans l’affaire du barrage de Gut concerne également la
TXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpGHVeWDWV(QXQLQJp-
411. Dans un échange de notes daté du 10 décembre 1993, nieur canadien avait proposé au Gouvernement de son
l’Australie a accepté un paiement ex gratia de 20 millions SD\V GH FRQVWUXLUH VXU OH ÀHXYH 6DLQW/DXUHQW XQ EDU-
de livres du Royaume-Uni, à titre de règlement de toutes rage entre l’île Adams, en territoire canadien, et l’île des
les plaintes concernant les essais nucléaires réalisés par le *DORSVDX[eWDWV8QLVD¿QG¶DPpOLRUHUODQDYLJDWLRQVXU
Royaume-Uni sur le territoire australien, dans les années OHÀHXYH$SUqVSOXVLHXUVHQTXrWHVHWO¶pFKDQJHGHQRP-
50 et 60606. EUHX[UDSSRUWVDLQVLTX¶DSUqVO¶DGRSWLRQG¶XQHORLSDUOH
Congrès des États-Unis approuvant le projet, le Gouver-
%LHQ TXH OD FDWDVWURSKH GH Tchernobyl ait causé nement canadien a entrepris la construction du barrage en
des préjudices étendus aux produits agricoles et au bétail &HSHQGDQWFRPPHLOHVWDSSDUXUDSLGHPHQWTXHOH
en Europe, les gouvernements ont indemnisé leurs res- barrage était trop bas pour répondre au but souhaité, le
sortissants pour les produits agricoles détruits en consé- Canada, avec l’autorisation des États-Unis, l’a surélevé.
TXHQFHGHVPHVXUHVGHSUpFDXWLRQDGRSWpHVHWRQWDXVVL Entre 1904 et 1951, plusieurs ouvrages ont été construits
SULV j OHXU FKDUJH OHV FRWV GH UHPLVH HQ pWDW DXFXQ TXLRQWDIIHFWpOHGpELWGHVHDX[GDQVOHEDVVLQGHV*UDQGV
recours n’a été formé à l’encontre de l’ex-URSS et le /DFVHWGX6DLQW/DXUHQW%LHQTXHOHEDUUDJHOXLPrPH
*RXYHUQHPHQW VRYLpWLTXH Q¶D SDV IDLW QRQ SOXV G¶RIIUH Q¶DLWpWpDXFXQHPHQWPRGL¿pOHQLYHDXGHVHDX[GXÀHXYH
YRORQWDLUH G¶LQGHPQLVDWLRQ 7RXWHIRLV TXHOTXHV SD\V et de celles du lac Ontario, à proximité, a été relevé. En
comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Suède se 1951 et 1952, les eaux ont atteint des niveaux sans pré-
sont réservé le droit de former des recours ultérieure- FpGHQWTXLMRLQWVjGHVRUDJHVHWjG¶DXWUHVSKpQRPqQHV
ment607. Dans une réponse écrite présentée à la Chambre naturels, ont entraîné des inondations et une érosion consi-
des communes le 21 juillet 1986, le Secrétaire d’État aux GpUDEOHVTXLRQWFDXVpGHVGRPPDJHVVXUOHVULYHVQRUGHW
affaires étrangères et aux affaires du Commonwealth a sud du lac. En 1953, le Canada a démantelé le barrage
QRWpFHTXLVXLW lors de la construction du chenal du Saint-Laurent, mais
les réclamations présentées par les États-Unis à raison
/HMXLOOHWQRXVDYRQVRI¿FLHOOHPHQWUpVHUYpDXSUqVGX*RXYHUQHPHQW GHVGRPPDJHVTXLDXUDLHQWpWpFDXVpVSDUODSUpVHQFHGX
VRYLpWLTXH QRWUH GURLW GH IRUPHU GHV UHFRXUV HQ QRWUH QRP SURSUH HW
HQFHOXLGHQRVFLWR\HQVSRXUWRXWHVSHUWHVHQFRXUXHVHQFRQVpTXHQFH barrage de Gut ont continué d’empoisonner l’atmosphère
GH O¶DFFLGHQW GH 7FKHUQRE\O /D SUpVHQWDWLRQ G¶XQH SODLQWH RI¿FLHOOH SHQGDQWTXHOTXHVDQQpHV612.
V¶LOGHYDLWHQrWUHDLQVLGpFLGpQ¶DXUDLWSDVOLHXDYDQWTXHODQDWXUHHW
l’ampleur totale des dommages subis n’aient été évaluées608. 416. Le Tribunal des réclamations du lac Ontario, ins-
WLWXp HQ SRXU UpJOHU OD TXHVWLRQ D UHFRQQX OD UHV-
&HWWH SRVLWLRQ D pWp UpDI¿UPpH ORUVTXH OH SRQVDELOLWp GX &DQDGD VDQV LQYRTXHU XQH TXHOFRQTXH
24 octobre 1986, le Ministre de l’agriculture, de la pêche faute ou négligence de la part du Canada. Le Tribunal,
HWGHO¶DOLPHQWDWLRQDFRQVWDWpFHTXLVXLW©1RXVDYRQV bien entendu, a accordé beaucoup de poids à la deuxième
réservé notre position sur le fait de savoir si l’URSS sera FRQGLWLRQVWLSXOpHGDQVO¶LQVWUXPHQWVLJQpOHDRW
SULpH±FHTXLGHYUDLWrWUHOHFDVVLO¶RQGLVSRVHGHVSUHXYHV HWOHRFWREUHSDUOHTXHOOH6HFUpWDLUHjODJXHUUH
pertinentes – de verser une indemnisation609.» Dans une des États-Unis approuvait la construction du barrage,
déclaration ultérieure à la Chambre des communes, le DLQVL TX¶j O¶DFFHSWDWLRQ XQLODWpUDOH SDU OH &DQDGD GH VD
Sous-Secrétaire d’État pour l’Écosse a observé: UHVSRQVDELOLWp/H7ULEXQDOHQRXWUHDFRQVLGpUpTXHOH
>/@¶8566 Q¶HVW SDV SDUWLH j O¶XQH TXHOFRQTXH GHV FRQYHQWLRQV
Canada était responsable non seulement à l’égard des
internationales relatives à la responsabilité civile dans le domaine habitants des Galops à raison des dommages causés par le
GH O¶pQHUJLH QXFOpDLUH HW Q¶HVW GRQF SDV VRXPLVH j XQH TXHOFRQTXH barrage, mais aussi à l’égard de tous les ressortissants des
REOLJDWLRQ FRQYHQWLRQQHOOH VSpFL¿TXH FRQVLVWDQW j LQGHPQLVHU OHV eWDWV8QLV3DUDLOOHXUVOH7ULEXQDODGpFLGpTXHFHWWHUHV-
dommages causés hors de ses frontières nationales610. ponsabilité n’était pas limitée dans le temps à une période
414. Le Gouvernement suédois était pleinement au fait G¶HVVDL/H7ULEXQDOHQ¿QDGpFLGpTXHOHVVHXOHVTXHV-
GHV LQFHUWLWXGHV MXULGLTXHV HW WHFKQLTXHV ORUVTX¶LO D IDLW WLRQVTXLUHVWDLHQWjUpJOHUpWDLHQWGHVDYRLUVLOHEDUUDJH
REVHUYHUFHTXLVXLW GH *XW DYDLW FDXVp OHV GRPPDJHV j SURSRV GHVTXHOV OHV
611
Cité dans Sands, op. cit., p. 887 et 888. Pour les observations
606
%LUQLHHW%R\OHRSFLWSQRWHGH¿QGHGRFXPHQW GHVeWDWVFRQFHUQDQWODTXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpLQWHUQDWLRQDOHjOD
607 suite de l’accident, voir les documents de l’AIEA GOV/INF/550/Add.1
Ibid., p. 474.
608
(1988) et Add.2 (1989). Voir aussi Sands, op. cit., p. 888 et 889 et les
Chambre des communes, Hansard, vol. 102 (21 juillet 1986), notes en bas de page 102 à 105.
cité dans Sands, Principles of International Environmental Law, p. 888.
609
612
9RLU OH UDSSRUW GH O¶DJHQW GHV eWDWV8QLV G¶$PpULTXH GHYDQW
Ibid. (24 octobre 1986), cité dans Sands, op. cit., p. 888. le Tribunal des réclamations du lac Ontario, «Canada-United States
610
Ibid., vol. 122 (16 novembre 1987), cité dans Sands, op. cit., Settlement of Gut Dam Claims (27 September 1968)», ILM, vol. 8,
p. 888. 1969, p. 128 à 138.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 171
(Q XQH IDEULTXH GH PXQLWLRQV j $UFLVDWH Fonderie de Trail, entre le Canada et les États-Unis. Selon ce principe,
localité italienne proche de la frontière suisse, a explosé XQ SD\V QH SHXW DGPHWWUH TXH VRQ WHUULWRLUH VRLW XWLOLVp G¶XQH IDoRQ
TXLSXLVVHFDXVHUGHVSUpMXGLFHVDXWHUULWRLUHG¶XQDXWUHeWDWHWLOHVW
et a causé différents dommages dans plusieurs communes pécuniairement responsable de tout dommage ainsi causé. Le Canada
suisses. Le Gouvernement suisse, en demandant au a accepté cette responsabilité dans l’affaire de la Fonderie de Trail, et
Gouvernement italien réparation des dommages causés, QRXVHVFRPSWRQVTXHOHPrPHSULQFLSHVHUDDSSOLTXpGDQVODSUpVHQWH
DLQYRTXpOHSULQFLSHGHERQYRLVLQDJHHWDVRXWHQXTXH affaire. En fait, ce principe a déjà été accepté par un nombre considé-
UDEOHG¶eWDWVHWLOIDXWHVSpUHUTX¶LOVHUDDGRSWpSDUOD&RQIpUHQFHGHV
l’Italie était responsable, car elle avait toléré l’existence 1DWLRQV8QLHVVXUO¶HQYLURQQHPHQWHQWDQWTXHUqJOHIRQGDPHQWDOHGX
G¶XQH IDEULTXH G¶H[SORVLIV DYHF OHV ULVTXHV TXH FHOD droit international de l’environnement624.
comportait, au voisinage immédiate d’une frontière
internationale620. /H&DQDGDLQYRTXDQWOHSUpFpGHQWGHO¶DIIDLUHGHOD
Fonderie de Trail 7UDLO6PHOWHU DVRXWHQXTXHOHVeWDWV
(Q OD ULYLqUH 0RXUD TXL IRUPH OD IURQ- Unis étaient responsables des dommages transfrontières
tière internationale entre la Yougoslavie et l’Autriche, causés par des actes accomplis dans les limites de leur
a été gravement polluée par les sédiments et les boues MXULGLFWLRQWHUULWRULDOHLQGpSHQGDPPHQWGHODTXHVWLRQGH
GpYHUVpVSDUSOXVLHXUVFHQWUDOHVK\GURpOHFWULTXHVDXWUL- savoir si les États-Unis étaient ou non fautifs. Le règle-
FKLHQQHV LQVWDOOpHV OH ORQJ GH OD ULYLqUH TXL DYDLHQW PHQW¿QDOGXGLIIpUHQGQ¶DSDVIDLWLQWHUYHQLUOHSULQFLSH
drainé une partie de leurs réservoirs pour faire obstacle MXULGLTXHLQYRTXpSDUOH&DQDGDODVRFLpWpSULYpHUHVSRQ-
à une très forte inondation. La Yougoslavie a demandé sable de la pollution a offert de payer les frais des opé-
OD UpSDUDWLRQ GHV SHUWHV pFRQRPLTXHV VXELHV SDU GHX[ UDWLRQVGHQHWWR\DJHODUpDFWLRQRI¿FLHOOHGHVeWDWV8QLV
fabricants de papier et par des pêcheurs. En 1959, les face à la réclamation canadienne est restée assez vague.
GHX[eWDWVRQWFRQYHQXG¶XQUqJOHPHQWjODVXLWHGXTXHO
l’Autriche a versé une réparation pécuniaire et a fourni 429. Au cours de la catastrophe survenue en 1990 dans
XQH FHUWDLQH TXDQWLWp GH SDSLHU j OD <RXJRVODYLH621. les usines Sandoz, un incendie s’est déclaré dans un entre-
%LHQ TXH FH UqJOHPHQW DLW pWp GpFLGp GDQV OH FDGUH GH S{WDSSDUWHQDQWjODVRFLpWpSKDUPDFHXWLTXH6DQGR]6$
la Commission permanente austro-yougoslave (actuel- située à Schweizerhalle, aux environs de Bâle. Cet entrepôt
lement austro-slovène) de la rivière Moura, il s’agit là DEULWDLWGHVSURGXLWVFKLPLTXHVDJULFROHVSULQFLSDOHPHQW
G¶XQH[HPSOHRO¶eWDWOpVpDLQYRTXpODUHVSRQVDELOLWp des pesticides. Du fait de l’utilisation d’eau pour éteindre
directe de l’État exerçant le contrôle et où ce dernier a l’incendie, des milliers de mètres cubes d’eau extrême-
accepté de verser une réparation. PHQWSROOXpHSDUGHVVXEVWDQFHVWR[LTXHVRQWpWpUHMHWpV
dans le Rhin. La pêche et la production d’eau potable
426. En 1971, le pétrolier libérien Juliana s’est échoué ont été interrompues pendant plusieurs jours, même à
et s’est brisé en deux au large de Niigata, sur la côte ouest 1 000 kilomètres en aval, aux Pays-Bas625. La Commission
de l’île japonaise de Honshu. La cargaison de pétrole internationale pour la protection du Rhin et le Conseil des
s’est répandue sur le rivage, endommageant gravement ministres de l’environnement de la Communauté euro-
les pêcheries locales. Le Gouvernement libérien (État péenne ont tenu des réunions concernant ce déversement.
du pavillon) a offert au titre des réparations une somme Il ne semblait y avoir aucune indication de la responsabi-
GHPLOOLRQVGH\HQTXHOHVSrFKHXUVRQWDFFHSWpH622. OLWpGHOD6XLVVHGDQVOHVFRPPXQLTXpVSXEOLpVjO¶LVVXHGH
Dans cette affaire, le Gouvernement libérien a consenti à ces réunions. De fait, ces deux instances ont fait état de la
payer les dommages causés du fait d’une personne privée. responsabilité civile de Sandoz626. La Commission inter-
,OVHPEOHTX¶DXFXQHLUUpJXODULWpGHODSDUWGX/LEpULDQ¶DLW QDWLRQDOHDGpFLGpTXHOHGRPPDJHGHYDLWrWUHUpSDUpRX
pWpDOOpJXpHDXQLYHDXGLSORPDWLTXH IDLUHO¶REMHWG¶XQHLQGHPQLVDWLRQUDSLGH,ODpWpUpDI¿UPp
TXHOHVYLFWLPHVFRQVHUYHUDLHQWOHGURLWGHSRUWHUSODLQWH
427. À la suite du déversement accidentel de 45 000 litres GLUHFWHPHQW FRQWUH 6DQGR] HW TXH OHV ERQV RI¿FHV GHV
de pétrole brut dans la mer, survenu à Cherry Point, dans JRXYHUQHPHQWV UHVSHFWLIV Q¶LPSOLTXDLHQW SDV XQH UHFRQ-
l’État de Washington, entraînant la pollution des plages naissance de la responsabilité de ces gouvernements, ni
canadiennes, le Gouvernement canadien a adressé au n’engageait leur responsabilité627.
'pSDUWHPHQWG¶eWDWGHVeWDWV8QLVXQHQRWHGDQVODTXHOOH
il exprimait sa grave préoccupation devant cet incident /H *RXYHUQHPHQW VXLVVH D LQGLTXp TX¶LO RIIULUDLW
ORXUG GH FRQVpTXHQFHV HW LQGLTXDLW TXH ©OH *RXYHUQH- ©VHV ERQV RI¿FHV SRXU OH UqJOHPHQW GHV GRPPDJHV HW D
PHQWVRXKDLWDLWREWHQLUODIHUPHDVVXUDQFHTXHFHX[TXL même envisagé d’agir en faveur de l’indemnisation des
pWDLHQW MXULGLTXHPHQW UHVSRQVDEOHV UpSDUHUDLHQW WRXV OHV GRPPDJHV VXU OD EDVH GH O¶pTXLWp F¶HVWjGLUH GDQV OHV
GRPPDJHV HW UHPERXUVHUDLHQW OH FRW GHV RSpUDWLRQV GH cas où en se fondant sur l’application stricte de la loi, il
nettoyage623». Le Secrétaire d’État aux affaires étrangères ne serait pas nécessaire de verser une indemnisation)628».
du Canada, exposant au Parlement canadien les consé- Par la suite, la Suisse est convenue d’effectuer un règle-
TXHQFHVMXULGLTXHVGHFHWLQFLGHQWDGpFODUpFHTXLVXLW ment «rapide et juste» pour les dommages causés par
Nous tenons particulièrement à assurer l’observation du prin-
cipe établi dans la sentence arbitrale de 1938 relative à l’affaire de la
624
Ibid.
620
*XJJHQKHLP©/DSUDWLTXHVXLVVH ªS 625
Voir Oliveira, «The Sandoz blaze: the damage and the public
621
Voir Handl, «State liability...», p. 545 et 546, et The Times, and private liabilities» 3LVLOOR0D]]HVFKL ©)RUPV RI LQWHUQDWLRQDO
Londres, 2 décembre 1971, col. 1, p. 8. responsibility for environmental harm»6FKZDEDFK©7KH6DQGR]VSLOO
622
The Times, Londres, 1er octobre 1974, et RGDIP, vol. 80, 1975, the failure of international law to protect the Rhine from pollution».
626
p. 842. Oliveira, loc. cit., p. 434.
627
623
Annuaire canadien de droit international, Vancouver, vol. XI, Ibid., p. 435.
628
1973, p. 334. Ibid.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 173
l’accident. Sandoz a reçu et réglé des demandes d’indem- production d’environ 10 000 litres de lait par mois633. Les
nisation substantielles pour les dommages causés629. faits entourant cette affaire et les négociations diploma-
WLTXHVTXLRQWVXLYLVRQWGLI¿FLOHVjGpWHUPLQHU$SSDUHP-
431. Immédiatement après ce déversement, les ministres ment, le Gouvernement suisse est intervenu et a négocié
de l’environnement de l’Allemagne et de la France ont DYHFOHVDXWRULWpVIUDQoDLVHVSRXUTX¶LOVRLWPLVXQWHUPH
annoncé leur intention de rechercher un dédommagement à cette pollution et pour obtenir la réparation des dom-
auprès de Sandoz et de la Suisse630. Le Gouvernement PDJHV/DUpDFWLRQGHVDXWRULWpVIUDQoDLVHVQ¶HVWSDVFODLUH
DOOHPDQG D pJDOHPHQW PDLQWHQX TXH OHV DXWRULWpV VXLVVHV LOVHPEOHFHSHQGDQWTXHOHVSHUVRQQHVOpVpHVDLHQWLQWHQWp
avaient, par négligence, omis de contraindre Sandoz à une procédure auprès du tribunal français compétent.
SUHQGUH GHV PHVXUHV GH VUHWp HW TXH OH *RXYHUQHPHQW
VXLVVHDYDLWUHFRQQXTX¶LOQ¶DYDLWSDVSULVWRXWHVOHVPHVXUHV 433. Lors des négociations entre le Canada et les États-
voulues pour empêcher l’accident en réglementant comme Unis au sujet d’un projet de prospection pétrolière dans
LO FRQYLHQW VHV LQGXVWULHV SKDUPDFHXWLTXHV631. Toutefois, la mer de Beaufort, près de la frontière avec l’Alaska, le
aucune plainte à l’encontre de la Suisse n’a été poursuivie632. Gouvernement canadien s’est engagé à garantir l’indem-
QLVDWLRQ GH WRXW GRPPDJH TXL SRXUUDLW rWUH FDXVp DX[
432. En 1973, une grave pollution a été causée dans eWDWV8QLV GX IDLW GHV DFWLYLWpV GH OD VRFLpWp SULYpH TXL
le canton suisse de Bâle-Ville par suite de la fabrica- entreprendrait cette prospection. Il convient de relever
tion d’insecticides par une usine française de produits TXH VL OD VRFLpWp SULYpH GHYDLW DYDQW OD PLVH HQ °XYUH
FKLPLTXHVGHO¶DXWUHF{WpGHODIURQWLqUH&HWWHSROOXWLRQD du projet, fournir un cautionnement couvrant l’indemni-
causé des dommages à l’agriculture et à l’environnement sation des victimes potentielles aux États-Unis, le Gou-
dans ce canton et rendu impropre à la consommation une YHUQHPHQWFDQDGLHQV¶HVWHQTXHOTXHVRUWHSRUWpJDUDQWj
titre subsidiaire de la réparation des dommages transfron-
629
Schwabach, «The Sandoz spill...», p. 453. WLqUHVDXFDVRFHFDXWLRQQHPHQWVHUpYpOHUDLWLQVXI¿VDQW
630
Ibid., p. 469.
631
Pisillo-Mazzeschi, loc. cit., p. 31. 633
&DÀLVFK ©/D SUDWLTXH VXLVVH HQ PDWLqUH GH GURLW LQWHUQDWLRQDO
632
Schwabach, «The Sandoz spill...», p. 469. public 1973», p. 147.
CHAPITRE III
Exonération de responsabilité
434. Le droit interne prévoit certains motifs d’exoné- VWLSXOH TXH GDQV WRXV OHV FDV R OD SDUWLH LQWpUHVVpH
ration de responsabilité. Aux États-Unis, par exemple, pWDEOLW TXH OH GpYHUVHPHQW G¶K\GURFDUEXUHV HW OHV IUDLV
l’article 2703 a de la loi intitulée Oil Pollution Act prévoit GH QHWWR\DJH HW GRPPDJHV TX¶LO D HQWUDvQpV RQW pWp
SRXUODSDUWLHLQWpUHVVpHG¶LQYRTXHUXQH©H[FXVHDEVROX- causés exclusivement par un acte ou une omission d’un
WRLUHWRWDOHªTXLOXLSHUPHWGHGpJDJHUWRWDOHPHQWVDUHV- ou de plusieurs tiers, comme décrit au paragraphe 3 de
SRQVDELOLWpVLHOOHSHXWpWDEOLUTXH l’article 2703 a, ledit tiers est considéré comme étant
OD SDUWLH LQWpUHVVpH DX[ ¿QV GH O¶pWDEOLVVHPHQW GH OD
>/@HGpYHUVHPHQW>«@HWOHGRPPDJHRXOHVFRWVGHQHWWR\DJHTX¶LOD responsabilité. /D SRVVLELOLWp G¶LQYRTXHU OD UHVSRQVD-
entraînés ont été causés exclusivement par: bilité d’un tiers comme moyen de défense conformé-
XQFDVGHIRUFHPDMHXUH ment à cette disposition paraît illusoire. Aux termes
du paragraphe 1 B, points i et ii, de l’article 2702 d
XQDFWHGHJXHUUH GH OD ORL HQ TXHVWLRQ OD SDUWLH LQWpUHVVpH GRLW SD\HU
XQDFWHRXXQHRPLVVLRQG¶XQWLHUVjFRQGLWLRQTX¶LOQHV¶DJLVVH
une indemnisation au demandeur et est subrogée dans
pas d’un employé ou préposé de la partie responsable ou d’une per- tous les droits du Gouvernement des États-Unis et du
VRQQH OLpH j FHOOHFL SDU XQH UHODWLRQ FRQWUDFWXHOOH H[FHSWp TXDQG GHPDQGHXU SRXU FH TXL HVW GH VH UHWRXUQHU FRQWUH OH
O¶XQLTXHDUUDQJHPHQWFRQWUDFWXHOFRQFHUQHOHWUDQVSRUWIHUURYLDLUHSDU tiers responsable pour obtenir le paiement des frais de
un transporteur pour le compte d’autrui). nettoyage et la réparation du dommage causé.
/DUHVSRQVDELOLWpG¶XQWLHUVQHSHXWrWUHLQYRTXpH
TXHVLODSDUWLHUHVSRQVDEOHpWDEOLWTX¶HOOHD &HPR\HQGHGpIHQVHQHSHXWSDVrWUHLQYRTXpVL
conformément à l’article 2703 c du Oil Pollution Act, la
a) agi avec toute la prudence voulue, compte tenu des caracté- partie intéressée omet ou refuse:
ULVWLTXHVGXSpWUROHGpYHUVpDLQVLTXHGHWRXVOHVIDLWVHWFLUFRQVWDQFHV
SHUWLQHQWVHW GH GpFODUHU O¶LQFLGHQW FRPPH UHTXLV SDU OD ORL VL HOOH DYDLW
FRQQDLVVDQFHRXDYDLWGHVUDLVRQVG¶DYRLUFRQQDLVVDQFHGHO¶LQFLGHQW
b) pris les précautions voulues pour se prémunir contre les actes
RXRPLVVLRQVSUpYLVLEOHVGXGLWWLHUVHWFRQWUHOHVFRQVpTXHQFHVSUpYL- GH IRXUQLU WRXWH OD FRRSpUDWLRQ HW O¶DVVLVWDQFH TX¶DXUD UDLVRQ-
VLEOHVGHVGLWVDFWHVRXRPLVVLRQV QDEOHPHQWSXGHPDQGHUXQDJHQWFRPSpWHQWDX[¿QVGHVDFWLYLWpVGH
QHWWR\DJHRX
4. toute combinaison des éléments susmentionnés.
G¶REWHPSpUHUVDQVMXVWL¿FDWLRQjXQRUGUHGRQQpHQDSSOLFDWLRQ
436. En outre, le paragraphe 1 A de l’article 2702 d du de l’alinéa c ou e de l’article 1321 [...] ou de la loi sur l’intervention en
haute mer.
Oil Pollution Act, relatif à la responsabilité des tiers,
174 Documents de la cinquante-sixième session
438. En outre, aux termes de l’article 2703 b du Oil Pol- fédérale sur la protection des sols638, législation administra-
lution Act, la partie intéressée n’encourt pas de responsa- tive et environnementale établissant un système national
bilité à l’égard du demandeur dans la mesure où l’incident uniforme de règles en matière de protection des sols et de
a été causé par une faute lourde ou intentionnelle de ce remise en état des sites contaminés, contient moins d’exo-
dernier*. Aux termes des articles 2709 et 2710, la partie nérations de la responsabilité. En vertu du paragraphe 5
LQWpUHVVpH ORUVTX¶HOOH QH SHXW SDV LQYRTXHU G¶H[FXVH de l’article 4, l’objectif de la remise en état peut être limité
absolutoire totale, peut se retourner contre un tiers, à j XQH PHVXUH PRLQV ORXUGH TXH O¶pOLPLQDWLRQ LQWpJUDOH
FRQFXUUHQFHGHODUHVSRQVDELOLWpGHFHGHUQLHUORUVTXHOH FRPPHSDUH[HPSOHOHFRQ¿QHPHQWGDQVOHVFDVRa) le
dommage a été causé, tout au moins en partie, par ledit GpIHQGHXUQ¶HVFRPSWDLWSDVTX¶XQSUpMXGLFHVHSURGXLVHDX
tiers. PRPHQWRODSROOXWLRQHVWVXUYHQXHSDUFHTXHVHVDFWHV
V¶LQVFULYDLHQW GDQV OH FDGUH GHV GLVSRVLWLRQV MXULGLTXHV
439. Des moyens de défense semblables peuvent être et b) la bonne foi du défendeur mérite d’être protégée,
LQYRTXpVHQDSSOLFDWLRQGHO¶DUWLFOHf de la loi intitu- compte tenu des circonstances de l’affaire. La loi fédérale
lée Clean Water Act&¶HVWDLQVLTXHO¶RQSHXWLQYRTXHU relative à la protection des sols prévoit également l’exo-
nération du propriétaire innocent. Toutefois, seuls les
A XQFDVGHIRUFHPDMHXUH propriétaires et occupants passés et non pas les actuels,
B XQDFWHGHJXHUUH
SHXYHQWEpQp¿FLHUGHFHVGLVSRVLWLRQV/HGpIHQGHXUSHXW
également demander aux autorités compétentes de tenir
C XQHIDXWHGHODSDUWGX*RXYHUQHPHQWGHVeWDWV8QLV FRPSWH GH OD SDUW GH UHVSRQVDELOLWp TXL OHXU LQFRPEH HW
d’utiliser leur pouvoir d’appréciation.
D) un acte ou une omission d’un tiers, sans égard à l’existence d’une
faute, ou toute combinaison des éléments susmentionnés.
442. Aux termes de la loi danoise de 1999 sur les sols
440. L’article 9607 b de la loi intitulée Comprehensive FRQWDPLQpV LO HVW SRVVLEOH G¶LQYRTXHU j O¶HQFRQWUH GHV
Environmental Responses, Compensation and Liability injonctions de remise en état, la guerre, les troubles civils,
Act prévoit également des moyens de défense pour une un dommage nucléaire ou des catastrophes naturelles
SHUVRQQH TXL VHUDLW DXWUHPHQW UHVSRQVDEOH PDLV SHXW DLQVLTX¶XQLQFHQGLHRXXQGRPPDJHFULPLQHOORUVTXHOHV
IRXUQLU OD SUHXYH TXH OH GpYHUVHPHQW RX OD PHQDFH GH préjudices n’ont pas été causés par la conduite imprudente
déversement d’une substance dangereuse et les dommages GXSROOXHXUQRQSOXVTXHSDUXQHFRQGXLWHIDLVDQWO¶REMHW
FRQVpFXWLIVRQWpWpFDXVpVXQLTXHPHQWSDU de règles plus strictes en matière de responsabilité ailleurs.
Les exceptions de minimis ©SURSRUWLRQLQVLJQL¿DQWH639»)
XQFDVGHIRUFHPDMHXUH et les défenses relatives au propriétaire innocent ou au
successeur innocent sont également applicables. Dans
XQDFWHGHJXHUUH la loi antérieure de 1994 relative à l’indemnisation des
XQDFWHRXXQHRPLVVLRQG¶XQWLHUVjFRQGLWLRQTX¶LOQHV¶DJLVVH dommages environnementaux, les défenses comprenaient
pas d’un employé ou préposé de la partie responsable ou d’une per- l’ordonnance obligatoire des pouvoirs publics et la contri-
sonne liée à celle-ci par une relation contractuelle directe ou indirecte bution délibérée ou la négligence du plaignant (lourde
pWDQWHQWHQGXTXHODUHVSRQVDELOLWpG¶XQWLHUVQHSHXWrWUHLQYRTXpHTXH faute en cas de dommage corporel, faute légère en cas de
VLODSDUWLHUHVSRQVDEOHpWDEOLWTX¶HOOHD
dommage aux biens).
a) agi avec toute la prudence voulue, compte tenu des caracté-
ULVWLTXHVGXSpWUROHGpYHUVpDLQVLTXHGHWRXVOHVIDLWVHWFLUFRQVWDQFHV 443. La loi du 20 janvier 1999 visant la protection du
SHUWLQHQWVHW milieu marin dans les espaces marins sous juridiction de
b) pris les précautions voulues pour se prémunir contre les actes OD %HOJLTXH GLVSRVH TXH O¶DXWHXU GX GRPPDJH j O¶HQYL-
RXRPLVVLRQVSUpYLVLEOHVGXGLWWLHUVHWFRQWUHOHVFRQVpTXHQFHVSUpYL- URQQHPHQWQ¶HVWSDVUHVSRQVDEOHV¶LOSURXYHTXHOHGRP-
VLEOHVGHVGLWVDFWHVRXRPLVVLRQV mage environnemental résulte d’une guerre, d’une guerre
civile, de terrorisme ou d’un phénomène naturel de carac-
4. toute combinaison des éléments susmentionnés634.
tère exceptionnel, inévitable et irrésistible ou résulte en
441. En Allemagne, la loi sur la responsabilité en matière WRWDOLWp GX IDLW TX¶XQ WLHUV D GpOLEpUpPHQW DJL RX RPLV
environnementale prévoit les motifs d’exonération de d’agir dans l’intention de causer un dommage environ-
responsabilité ci-après: a) les dommages causés par un nemental ou résulte en totalité de la négligence ou d’une
cas de force majeure (höhere Gewalt)635 HW b) les dom- autre action préjudiciable d’une autorité responsable de
PDJHVTXLVRQW©QpJOLJHDEOHVªRXTXLVRQW©UDLVRQQDEOHV l’entretien des aides à la navigation640.
eu égard aux circonstances locales»636. Ce motif d’exo-
QpUDWLRQQHV¶DSSOLTXHTXHVLO¶LQVWDOODWLRQHVW©H[SORLWpH 444. En common law EULWDQQLTXH OD UqJOH Rylands
comme il convient», autrement dit est conforme à tous les c. Fletcher semble reconnaître certaines exceptions. Son
règlements de sécurité applicables637. En revanche, la loi application est exclue s’agissant d’ouvrages construits ou
réalisés en vertu de pouvoirs statutaires. Son application
634
est également exclue s’agissant d’actes de force majeure
Si le propriétaire ou l’exploitant d’une installation a connaissance
d’un déversement de substances dangereuses et cède ultérieurement RXG¶DFWHVFRPPLVSDUGHVWLHUV$LQVLLODVXI¿TX¶XQUDW
l’installation à une autre personne sans divulguer cette information, il
GHPHXUH UHVSRQVDEOH HW QH SHXW SDV LQYRTXHU OHV PR\HQV GH GpIHQVH 638
Cette loi a été adoptée en mars 1998. La majorité de ses
visés au paragraphe 3 de l’article 9607 b. dispositions sont entrées en vigueur le 1er mars 1999. La mise en œuvre
635
Art. 4 de la loi. de cette loi était en outre régie par l’ordonnance du 13 juillet 1999 sur
636
Hoffman, loc. cit., note 29, p. 32. la protection des sols et les sols contaminés. Voir généralement Clarke,
637
$UWGHODORL&HODVLJQL¿HTXHO¶LQVWDOODWLRQGRLWDYRLUUHVSHFWp op. cit., p. 42.
639
WRXVOHVUqJOHPHQWVDSSOLFDEOHVHWTX¶HOOHDIRQFWLRQQpVDQVLQWHUUXSWLRQ Clarke, op. cit., p. 31.
640
(Hoffman, ibid.). Ibid., p. 65. Voir aussi, généralement, Cousy et Droshout, loc. cit.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 175
DLWURQJpXQWURXGDQVXQHJRXWWLqUHHQERLVSRXUTX¶RQ b) UpVXOWHHQWRWDOLWpGXIDLWTX¶XQWLHUVDGpOLEpUpPHQWDJLRX
FRQVLGqUH TX¶LO \ DLW FDV GH IRUFH PDMHXUH GDQV O¶DIIDLUH omis d’agir dans l’intention de causer un dommage, ou
Carstairs c. TaylorHWGDQVO¶DIIDLUHRickards c. Lothian, c) résulte en totalité de la négligence ou d’une autre action
LODVXI¿TX¶XQYDQGDOHDLWREVWUXpXQODYDERHWRXYHUWOH préjudiciable d’un gouvernement ou autre autorité responsable de
URELQHWSRXUTXHO¶RQFRQVLGqUHTX¶LO\DHXDFWHG¶XQWLHUV l’entretien des feux ou autres aides à la navigation dans l’exercice
excluant ainsi l’application de la règle établie dans l’af- de cette fonction.
faire Rylands c. Fletcher/HVTXHVWLRQVFRQFHUQDQWO¶pORL- 6LOHSURSULpWDLUHSURXYHTXHOHGRPPDJHSDUSROOXWLRQUpVXOWH
gnement, le fait de savoir si la fuite constitue un élément HQWRWDOLWpRXHQSDUWLHVRLWGXIDLWTXHODSHUVRQQHTXLO¶DVXELDDJL
HVVHQWLHOGHODUqJOHOHVTXHVWLRQVUHODWLYHVjO¶XWLOLVDWHXU ou omis d’agir dans l’intention de causer un dommage, soit de la négli-
non naturel et au fait de savoir s’il est possible d’obtenir gence de cette personne, le propriétaire peut être exonéré de tout ou
partie de sa responsabilité envers ladite personne.
réparation de dommages corporels en vertu de cette règle,
ont toutes été analysées et peuvent avoir une incidence 449. L’article III de la Convention internationale sur la
sur l’application ou la non-application de la règle et, en responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution
FRQVpTXHQFHSHXYHQWFRQVWLWXHUXQHEDVHG¶H[RQpUDWLRQ par les hydrocarbures, l’article 3 de la Convention relative
dans les circonstances propres à une affaire particulière641. aux hydrocarbures de soute et l’article 7 de la Convention
SNPD contiennent des exceptions similaires s’agissant de
445. Aux termes de l’alinéa e du paragraphe 3 de la responsabilité et de la faute de la victime643. En outre,
l’article 27 de la loi de Maurice de 1991 relative à la en vertu de l’alinéa d du paragraphe 2 de l’article 7 de la
protection de l’environnement, la force majeure, la faute Convention SNPD, le propriétaire n’est pas responsable
du tiers et la faute exclusive de la victime ne constituent V¶LOSURXYHFHTXLVXLW
pas des défenses s’agissant d’un recours en réparation
concernant des déversements642. >4@XHOHIDLWTXHO¶H[SpGLWHXURXWRXWHDXWUHSHUVRQQHDQpJOLJpGH
fournir des renseignements concernant la nature nocive ou potentielle-
446. Comme en droit interne, il existe dans les rap- ment dangereuse des substances expédiées a soit:
SRUWVLQWHUpWDWLTXHVFHUWDLQHVFLUFRQVWDQFHVTXLSHUPHWWHQW i) FDXVpOHGRPPDJHSDUWLHOOHPHQWRXHQWRWDOLWpVRLW
G¶pFDUWHU OD UHVSRQVDELOLWp /HV SULQFLSHV TXL UpJLVVHQW
l’exonération de responsabilité dans les relations entre ii) IDLWTXHOHSURSULpWDLUHQ¶DSDVFRQWUDFWpO¶DVVXUDQFHYLVpH
OHVeWDWVVRQWDQDORJXHVjFHX[TXLV¶DSSOLTXHQWHQGURLW jO¶DUWLFOH
LQWHUQH WHOV TXH guerre, troubles civils, catastrophes HW TXH QL OH SURSULpWDLUH QL VHV SUpSRVpV QL VHV PDQGDWDLUHV Q¶DYDLHQW
naturelles de caractère exceptionnel, etc. Dans certaines FRQQDLVVDQFH RX Q¶DXUDLHQW UDLVRQQDEOHPHQW G DYRLU FRQQDLVVDQFH
conventions multilatérales, la faute de la partie lésée ayant de la nature potentiellement dangereuse et nocive des substances
contribué au dommage est également considérée comme expédiées.
écartant la responsabilité totale ou partielle de l’exploitant
ou de l’État parrain. 450. La Convention sur les ressources minérales
contient, à son article 3, des dispositions analogues
A. Pratique conventionnelle s’agissant de l’exploitant d’une installation. En outre,
l’exploitant d’un puits abandonné n’est pas responsable
447. Conformément aux paragraphes 2 et 3 de l’ar- V¶LOSURXYHTXHO¶pYpQHPHQWTXLDFDXVpOHGRPPDJHHVW
ticle III de la Convention internationale sur la responsa- VXUYHQXSOXVGHFLQTDQVDSUqVODGDWHjODTXHOOHOHSXLWV
bilité civile pour les dommages dus à la pollution par les a été abandonné sous le contrôle et en conformité des
hydrocarbures, la guerre, les hostilités, la guerre civile, 643
une insurrection ou un phénomène naturel de caractère Voir également l’article 6 de la Convention relative aux
GRPPDJHVFDXVpVDX[WLHUVjODVXUIDFHSDUGHVDpURQHIVpWUDQJHUVTXL
exceptionnel, inévitable et irrésistible sont, indépendam- se lit comme suit:
ment de la faute de la partie lésée, des causes d’exoné- «1. La personne dont la responsabilité serait engagée aux
UDWLRQ GH OD UHVSRQVDELOLWp /RUVTXH OHV GRPPDJHV VRQW termes de la présente Convention n’aura pas l’obligation de réparer le
causés entièrement par la négligence ou une autre action GRPPDJH VL HOOH SURXYH TXH FH GRPPDJH HVW G H[FOXVLYHPHQW j OD
faute de la personne ayant subi le dommage ou de ses préposés. Si la
préjudiciable d’un gouvernement ou d’une autre autorité SHUVRQQHUHVSRQVDEOHSURXYHTXHOHGRPPDJHDpWpFDXVpHQSDUWLHSDU
responsable de l’entretien des feux ou autres aides à la la faute de la personne ayant subi le dommage ou de ses préposés, la
navigation, le propriétaire est également exonéré de res- réparation doit être réduite dans la mesure où cette faute a contribué au
ponsabilité. Là encore, la charge de la preuve incombe au dommage. Toutefois, il n’y a pas lieu à exonération ou réduction si, en
propriétaire du navire. cas de faute de ses préposés, la personne ayant subi le dommage prouve
TXHFHX[FLRQWDJLHQGHKRUVGHVOLPLWHVGHOHXUVDWWULEXWLRQV
«2. En cas d’action intentée par une personne, en réparation d’un
448. Les paragraphes 2 et 3 de l’article III de la Conven- préjudice résultant de la mort d’une autre personne ou des lésions
WLRQGLVSRVHQWFHTXLVXLW TX¶HOOHDVXELHVODIDXWHGHFHOOHFLRXGHVHVSUpSRVpVDDXVVLOHVHIIHWV
prévus au paragraphe précédent.»
/HSURSULpWDLUHQ¶HVWSDVUHVSRQVDEOHV¶LOSURXYHTXHOHGRP- En outre, la Convention additionnelle à la Convention internationale
mage par pollution: concernant le transport des voyageurs et des bagages par chemins de
fer (CIV) du 25 février 1961 relative à la responsabilité du chemin de
a) résulte d’un acte de guerre, d’hostilités, d’une guerre fer pour la mort et les blessures de voyageurs dispose, aux paragraphes
civile, d’une insurrection, ou d’un phénomène naturel de caractère HWGHO¶DUWLFOHFHTXLVXLW
exceptionnel, inévitable et irrésistible, ou «3. Le chemin de fer est déchargé en tout ou en partie de cette
UHVSRQVDELOLWp GDQV OD PHVXUH R O¶DFFLGHQW HVW G j XQH IDXWH GX
YR\DJHXURXjXQFRPSRUWHPHQWGHFHOXLFLTXLQ¶HVWSDVFRQIRUPHjOD
641
conduite normale des voyageurs.
Voir généralement le jugement de Lord Hoffman dans Transco «4. Le chemin de fer est déchargé de cette responsabilité si
plc c. Stockport Metropolitan Borough Council (supra, note 122) pour O¶DFFLGHQWHVWGDXFRPSRUWHPHQWG¶XQWLHUVTXHOHFKHPLQGHIHUHQ
une analyse et des citations relatives aux diverses affaires. GpSLWGHODGLOLJHQFHUHTXLVHG¶DSUqVOHVSDUWLFXODULWpVGHO¶HVSqFHQH
642
Sinatambou, loc. cit., p. 277. SRXYDLWSDVpYLWHUHWDX[FRQVpTXHQFHVGXTXHOLOQHSRXYDLWSDVREYLHUª
176 Documents de la cinquante-sixième session
5. a) Aucune responsabilité n’incombe à un exploitant pour tie ne constitue pas, en soi, un motif d’exonération de
un dommage nucléaire causé par un accident nucléaire résultant responsabilité648.
GLUHFWHPHQW G¶DFWHV GH FRQÀLW DUPp G¶KRVWLOLWpV GH JXHUUH FLYLOH RX
d’insurrection.
460. La Convention de Lugano prévoit une exonération
b) Sauf dans la mesure où le droit de l’État où se trouve l’instal- HQFDVGHGRPPDJHPLQLPDO(OOHGLVSRVHTX¶XQHSROOX-
lation en dispose autrement, l’exploitant n’est pas tenu responsable du tion d’un niveau acceptable est un motif d’exonération.
dommage nucléaire causé par un accident nucléaire résultant directe-
ment d’un cataclysme naturel de caractère exceptionnel. Le niveau de pollution jugé acceptable est déterminé à
la lumière des conditions et circonstances locales. Le
[...] FRPPHQWDLUHUHODWLIjO¶DUWLFOHSUpFLVHTXHFHWWHGLVSR-
sition a pour but d’éviter d’étendre le régime de respon-
7. L’exploitant n’est pas responsable du dommage nucléaire
causé: sabilité objective à des «inconvénients acceptables649».
,O DSSDUWLHQW DX WULEXQDO FRPSpWHQW GH GpWHUPLQHU TXHOV
a) à l’installation nucléaire elle-même et à toute autre sont les inconvénients acceptables compte tenu des cir-
installation nucléaire, y compris une installation nucléaire en constances locales650. La Convention prévoit également
FRQVWUXFWLRQVXUOHVLWHRHVWVLWXpHFHWWHLQVWDOODWLRQ
XQHH[RQpUDWLRQGHUHVSRQVDELOLWpORUVTX¶XQHDFWLYLWpGDQ-
b) DX[ELHQVTXLVHWURXYHQWVXUOHVLWHGHFHWWHLQVWDOODWLRQHW gereuse est menée dans l’intérêt de la victime. Tel sera
TXLVRQWRXGRLYHQWrWUHXWLOLVpVHQUDSSRUWDYHFHOOH notamment le cas d’activités entreprises en cas d’urgence
ou avec le consentement de la victime651. Aux termes de
c) sauf si le droit national en dispose autrement, au moyen
GHWUDQVSRUWVXUOHTXHOODPDWLqUHQXFOpDLUHHQFDXVHVHWURXYDLWDX
l’article 9 de la Convention, le tribunal peut réduire ou
PRPHQW GH O¶DFFLGHQW QXFOpDLUH 6L OH GURLW QDWLRQDO GLVSRVH TXH supprimer l’indemnité si la victime ou une personne dont
l’exploitant est responsable d’un tel dommage, la réparation de ce la victime est responsable a, par sa faute, contribué au
dommage ne doit pas avoir pour effet de réduire la responsabilité dommage.
GHO¶H[SORLWDQWHQFHTXLFRQFHUQHXQDXWUHGRPPDJHjXQPRQWDQW
inférieur à soit 150 millions de DTS, soit tout autre montant
VXSpULHXU¿[pSDUODOpJLVODWLRQG¶XQH3DUWLHFRQWUDFWDQWH 461. Aux termes du paragraphe 2 de l’article 4 du
Protocole de Kiev de 2003:
[...]
L’exploitant n’est pas responsable en vertu du présent article s’il
10. L’exploitant n’est pas tenu responsable d’un dommage causé SURXYHTXHPDOJUpO¶H[LVWHQFHGHPHVXUHVGHVpFXULWpDSSURSULpHVOHV
par un accident nucléaire sortant du champ d’application du droit natio- dommages résultent:
nal conformément à la présente Convention.
a) G¶XQFRQÀLWDUPpG¶KRVWLOLWpVG¶XQHJXHUUHFLYLOHRXG¶XQH
457. Aux termes du paragraphe 6 de cet article 3, le LQVXUUHFWLRQ
droit national peut dégager l’exploitant, en totalité ou en
partie, de l’obligation de réparer le dommage nucléaire b) d’un phénomène naturel de nature exceptionnelle,
VXEL SDU XQH SHUVRQQH VL O¶H[SORLWDQW SURXYH TXH OH inévitable, imprévisible et irrésistible.
dommage nucléaire résulte, en totalité ou en partie,
G¶XQH QpJOLJHQFH JUDYH GH FHWWH SHUVRQQH RX TXH FHWWH 462. L’exploitant n’est pas non plus responsable s’il
personne a agi ou omis d’agir dans l’intention de causer SURXYH TXH OHV GRPPDJHV UpVXOWHQW HQWLqUHPHQW GX UHV-
le dommage. SHFWG¶XQHPHVXUHREOLJDWRLUHGHODSXLVVDQFHSXEOLTXHGH
ODSDUWLHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOHO¶DFFLGHQWLQGXVWULHO
(Q FH TXL FRQFHUQH OHV GpFKHWV GDQJHUHX[ O¶DU- est survenu ou entièrement de la conduite illicite inten-
ticle 4 du Protocole de Bâle de 1999 prévoit aussi des tionnelle d’autrui.
exonérations. Il n’y a pas de responsabilité s’il est prouvé
TXHOHGRPPDJHUpVXOWHa G¶XQFRQÀLWDUPpG¶KRVWLOLWpV 463. Aux termes du paragraphe 1 de son article 4,
G¶XQHJXHUUHFLYLOHRXG¶XQHLQVXUUHFWLRQb) d’un phéno- la directive 2004/35/CE de l’UE sur la responsabilité
mène naturel de nature exceptionnelle, inévitable, impré- HQYLURQQHPHQWDOH QH V¶DSSOLTXH SDV DX[ GRPPDJHV
YLVLEOH HW LUUpVLVWLEOH c) entièrement du respect d’une environnementaux ou à une menace imminente de tels
PHVXUHREOLJDWRLUHGHODSXLVVDQFHSXEOLTXHGHO¶eWDWVXU dommages causés par:
OHWHUULWRLUHGXTXHOOHGRPPDJHV¶HVWSURGXLWRXd) entiè-
rement de la conduite délictueuse intentionnelle d’autrui, a XQ FRQÀLW DUPp GHV KRVWLOLWpV XQH JXHUUH FLYLOH RX XQH
\FRPSULVODSHUVRQQHTXLDVXELOHGRPPDJH LQVXUUHFWLRQ
B. Jurisprudence et pratique des nature de l’exonération au titre d’un acte de guerre, faisait
États autres que des accords QHWWHPHQWDSSDUDvWUHTXHODORLComprehensive Environ-
mental Responses, Compensation and Liability Act devait
/D MXULVSUXGHQFH HW OD FRUUHVSRQGDQFH RI¿FLHOOH être une législation concernant la responsabilité objective
TXL VRQW PLQFHV QH UHOqYHQW TX¶XQ SHWLW QRPEUH G¶LQFL- et comportant des exceptions limitées. Le tribunal a éga-
GHQWV j O¶RFFDVLRQ GHVTXHOV XQH H[RQpUDWLRQ GH UHVSRQ- OHPHQW QRWp TXH O¶H[SUHVVLRQ ©DFWH GH JXHUUHª VHPEODLW
VDELOLWp D pWp LQYRTXpH 'DQV O¶DIIDLUH United States of avoir été empruntée au droit international, où elle était
America c. Shell Oil Company657, la cour d’appel de la Gp¿QLHFRPPHOH©UHFRXUVjODIRUFHRXO¶HPSORLG¶DXWUHV
neuvième circonscription a eu l’occasion de décider si PHVXUHVSDUXQeWDWjO¶HQFRQWUHG¶XQDXWUHTXHO¶eWDWTXL
la défense fondée sur un acte de guerre était applicable fait l’objet de cette mesure reconnaît [...] comme un acte
aux sociétés Shell Oil Co., Union Oil Co. of California, de guerre, soit en prenant des mesures de représailles, soit
$WODQWLF5LFK¿HOG&RHW7H[DFR,QFV¶DJLVVDQWGXQHW- en déclarant la guerre659».
toyage du McColl Superfund Site à Fullerton (Californie).
Ce site a été contaminé par des déchets dangereux asso- /D FRXU G¶DSSHO D GRQF DWWULEXp XQH Gp¿QLWLRQ
ciés à la production de combustibles d’aviation pendant restrictive à l’expression «acte de guerre660». En outre,
la Seconde Guerre mondiale. Les sociétés pétrolières HOOHDQRWpTXHPrPHVLHOOHGHYDLWSUHQGUHXQHGpFLVLRQ
H[SORLWDLHQW GHV UDI¿QHULHV GH FRPEXVWLEOHV GHVWLQpV j FRQWUDLUHLOpWDLWQpFHVVDLUHGHPRQWUHUTXHOHVPHVXUHV
l’aviation dans la région de Los Angeles pendant la guerre SULVHV pWDLHQW FDXVpHV ©XQLTXHPHQW661» par un acte de
et ont évacué leurs déchets sur le site McColl. Au cours guerre, conformément à l’article 9607, alinéa b, point 2,
des années 50, McColl, avec l’assistance des sociétés de la loi intitulée Comprehensive Environmental Res-
pétrolières, a comblé et recouvert les fosses contenant les ponses, Compensation and Liability Act. Elle a conclu,
déchets pour permettre l’urbanisation résidentielle des DX FRQWUDLUH TXH OHV VRFLpWpV SpWUROLqUHV GLVSRVDLHQW
]RQHVYRLVLQHVELHQTXHTXHOTXHPqWUHVFXEHVGH d’autres possibilités pour l’évacuation de leurs déchets
déchets dangereux soient restés sur le site. Le Gouverne- DFLGHVTX¶HOOHVDYDLHQWGpYHUVpGHVGpFKHWVDFLGHVDYDQW
ment des États-Unis a commencé à éliminer ces déchets HWDSUqVODJXHUUHTX¶HOOHVDYDLHQWGpYHUVpGHVGpFKHWV
GXVLWHDXFRXUVGHVDQQpHVSRXUXQFRW¿QDOGHSUqV acides provenant de leurs activités sur le site de McColl
de 100 millions de dollars des États-Unis. HW TXH OHV SRXYRLUV SXEOLFV QH OHV DYDLHQW SDV WHQXHV
GH GpYHUVHU GHV GpFKHWV G¶XQH TXHOFRQTXH PDQLqUH
472. La cour d’appel a examiné, entre autres, si les particulière.
VRFLpWpV SpWUROLqUHV EpQp¿FLDLHQW G¶XQH H[RQpUDWLRQ GH
UHVSRQVDELOLWp SDUFH TXH OHV DFWLYLWpV GpSOR\pHV SDU OHV 6¶DJLVVDQW GHV UHODWLRQV LQWHUpWDWLTXHV GDQV OH
pouvoirs publics s’agissant de la réglementation de la petit nombre de cas où l’État auteur n’a pas versé une
production de pétrole en temps de guerre constituaient indemnisation pour les préjudices causés, l’État lésé
un «acte de guerre» au sens de l’article 107 de la loi ne semble pas avoir souscrit à cette conduite ou avoir
intitulée Comprehensive Environmental Responses, UHFRQQXTXHO¶eWDWDXWHXUDYDLWOHGURLWG¶DJLUDLQVL/H
Compensation and Liability Act FRGL¿pH GDQV Gouvernement des États-Unis a payé des indemnités
U.S.C., article 9607, alinéa b, point 2. Les compagnies pour une raison ou une autre sans chercher à échapper
SpWUROLqUHVRQWIDLWYDORLUTX¶LOpWDLWLPSRVVLEOHG¶pWDEOLU à sa responsabilité après les préjudices causés par les
une distinction entre des actes relatifs aux combats et HVVDLVQXFOpDLUHVTXLjVRQDYLVDYDLHQWpWpQpFHVVDLUHV
des mesures prises comme suite aux directives des pou- pour des motifs de sécurité.
voirs publics. Ainsi, un «acte de guerre» incluait toute
mesure prise par l’Administration fédérale, conformé- 476. Dans leurs réserves à la Convention de Paris
ment à la Constitution, accordant au Congrès le pouvoir de 1960, l’Allemagne et l’Autriche ont envisagé la
de «déclarer la guerre»658. possibilité de prévoir la responsabilité de l’exploitant en
FDV G¶LQFLGHQW QXFOpDLUH VXUYHQX ORUV G¶XQ FRQÀLW DUPp
473. La cour d’appel, en rejetant cet argument, a constaté d’hostilités, d’une guerre civile, d’une insurrection ou
TXH WRXWH LQWHUSUpWDWLRQ VXLYDQW ODTXHOOH XQH PHVXUH d’une catastrophe naturelle:
administrative prise en vertu de la war powers clause était
un «acte de guerre» était excessivement large. La cour a 5pVHUYH GX GURLW GH SUpYRLU HQ FH TXL FRQFHUQH OHV DFFLGHQWV
souscrit à une décision antérieure du tribunal de district QXFOpDLUHV VXUYHQDQW UHVSHFWLYHPHQW GDQV OD 5pSXEOLTXH IpGpUDOH
G¶$OOHPDJQH HW GDQV OD 5pSXEOLTXH G¶$XWULFKH TXH O¶H[SORLWDQW HVW
VHORQ ODTXHOOH OHV FRPSDJQLHV SpWUROLqUHV QH SRXYDLHQW responsable des dommages causés par un accident nucléaire si cet
se prévaloir d’une défense au titre d’un «acte de guerre». DFFLGHQWHVWGGLUHFWHPHQWjGHVDFWHVGHFRQÀLWDUPpG¶KRVWLOLWpVGH
Le tribunal a récapitulé l’examen du problème effectué guerre civile, d’insurrection ou à des cataclysmes naturels de caractère
SDU OH WULEXQDO GH GLVWULFW D FRQVWDWp TXH OD ORL LQWLWXOpH exceptionnel662.
Comprehensive Environmental Responses, Compensa-
tion and Liability Act emploie un langage général pour 659
imposer la responsabilité, mais utilise des expressions Ibid.
660
circonscrites et limitées pour octroyer des exonérations. Dans Farbwerke Vormals Meister Lucius et Bruning c. Chemical
Foundation, Inc., 283 U.S. 152 (1931), p. 161, la Cour suprême a
/¶KLVWRULTXHGHO¶DGRSWLRQGHODORLHWGHODPRGL¿FDWLRQ caractérisé, in dictum, la saisie et le transfert en temps de guerre, par
TXL \ D pWp DSSRUWpH GDQV OD ORL Superfund Amendments les États-Unis, des brevets détenus par des sociétés allemandes comme
and Reauthorization ActGHV¶LOQ¶H[SOLTXDLWSDVOD GHV©DFWHVGHJXHUUHª(QFRQVpTXHQFHLOpWDLWQpFHVVDLUHG¶pWDEOLUXQH
distinction entre les actes unilatéraux des États-Unis et les actes des
parties contractantes.
657 661
United States Court of Appeals, Ninth Circuit, Federal Reporter, Voir supra la note 657.
3e éd., vol. 294, juin 2002, p. 1045. 662
Protocole additionnel à la Convention sur la responsabilité civile
658
Ibid. dans le domaine de l’énergie nucléaire, annexe I, par. 4.
180 Documents de la cinquante-sixième session
CHAPITRE IV
Indemnisation
/D SUDWLTXH GHV eWDWV VH UpIqUH DXVVL ELHQ DX responsabilité en cas de déversement d’hydrocarbures. En
FRQWHQX TX¶DX[ PRGDOLWpV GH O¶LQGHPQLVDWLRQ 4XHOTXHV outre, l’article 9607 a de la loi intitulée Comprehensive
traités prévoient une limitation de l’indemnisation (une Environmental Responses, Compensation and Liability
responsabilité limitée) en cas de dommages. Ces trai- ActGLVSRVHTXHOHSURSULpWDLUHHWO¶H[SORLWDQWG¶XQQDYLUH
tés concernent surtout des activités considérées comme ou d’une installation causant ou menaçant de causer un
HVVHQWLHOOHVjODFLYLOLVDWLRQPRGHUQHWHOOHVTXHOHWUDQV- GpYHUVHPHQW GH VXEVWDQFHV GDQJHUHXVHV TXL UHQG QpFHV-
port de marchandises et les services de transport aériens, saire une intervention est responsable:
terrestres et maritimes. Les signataires de ces traités ont
DFFHSWpGHWROpUHUFHVDFWLYLWpVHWOHXUVULVTXHVSRWHQWLHOVj A GH O¶LQWpJUDOLWp GX FRW GHV RSpUDWLRQV G¶HQOqYHPHQW RX GHV
FRQGLWLRQTXHOHVSUpMXGLFHVTX¶HOOHVSHXYHQWFDXVHUVRLHQW interventions encouru par le Gouvernement des États-Unis, un État ou
XQHWULEXLQGLHQQHFRQIRUPpPHQWDXSODQQDWLRQDOG¶LQWHUYHQWLRQ
réparés. Néanmoins, le montant de l’indemnisation à ver-
VHUSDUVXLWHGHVSUpMXGLFHVFDXVpVHVWJpQpUDOHPHQW¿[p B GXFRWGHVLQWHUYHQWLRQVHQWUHSULVHVSDUWRXWHDXWUHSHUVRQQH
jXQQLYHDXTXLGXSRLQWGHYXHpFRQRPLTXHQHSDUDO\VH FRQIRUPpPHQWDXSODQQDWLRQDOG¶LQWHUYHQWLRQ
pas la conduite de ces activités et n’entrave pas leur déve-
[...]
loppement. Manifestement, il s’agit là d’une décision de
principe délibérée des signataires des traités réglementant D GX FRW GH WRXWH pYDOXDWLRQ GH O¶LPSDFW GH O¶LQFLGHQW VXU OD
ces activités et, en l’absence de tels accords, les tribunaux santé ou de toute étude de la survenance de défauts congénitaux réali-
n’ont apparemment pas imposé de limites au moment sées conformément à l’article 9604 i de la loi.
de l’indemnisation. L’examen de la jurisprudence et de
ODFRUUHVSRQGDQFHRI¿FLHOOHQ¶DSDVSHUPLVGHGpFRXYULU 480. L’article 311, alinéa f, de la loi des États-Unis inti-
de limitations notables du montant de l’indemnisation, tulée Clean Air Act prévoit également la possibilité de
ELHQTXHVHORQFHUWDLQHVVRXUFHVODUpSDUDWLRQGRLYHrWUH recouvrer le montant des dépenses encourues pour rem-
«raisonnable», les parties ayant l’obligation d’atténuer le placer et remettre en état les ressources naturelles endom-
préjudice. magées ou détruites.
contre l’incendie ou de protection de la santé rendues d’enlèvement. Cependant, l’article 9607 h de cette loi a été
nécessaires par un déversement d’hydrocarbures». amendé pour remédier à ce problème. Il stipule maintenant
TXHOHSURSULpWDLUHRXO¶H[SORLWDQWG¶XQQDYLUHHVWUHVSRQ-
483. La loi intitulée Comprehensive Environmental sable, conformément aux dispositions du droit maritime et
Responses, Compensation and Liability Act stipule éga- comme prévu par l’article 9614 de la loi, nonobstant toute
lement à son article 9607 a TXH GHV GRPPDJHVLQWpUrWV disposition limitative de responsabilité ou l’absence de tout
peuvent être recouvrés en cas de dommages causés à des dommage matériel aux intérêts du demandeur668.
ressources naturelles au titre du «préjudice subi par suite
de la destruction ou de la perte de ressources naturelles, /D ORL ¿QODQGDLVH UHODWLYH j O¶LQGHPQLVDWLRQ HQ
y compris les dépenses raisonnablement encourues pour cas de dommage à l’environnement couvre les dom-
évaluer le montant du préjudice ou de la perte subie par mages immatériels en plus des dommages corporels et
suite d’un déversement de substances nocives». Le mon- des dommages aux biens, sauf dans le cas où ces pertes
WDQW GHV GRPPDJHVLQWpUrWV UHFRXYUpV SHXW XQLTXHPHQW VRQWLQVLJQL¿DQWHV/HVGRPPDJHVFDXVpVSDUXQFRPSRU-
être affecté à la remise en état ou au remplacement des tement criminel font toujours l’objet d’indemnités. Le
UHVVRXUFHVQDWXUHOOHVHQGRPPDJpHVRXjO¶DFTXLVLWLRQGH chapitre 32 du Code suédois de l’environnement prévoit
UHVVRXUFHVpTXLYDOHQWHV également l’indemnisation en cas de dommages corpo-
rels, de dommages aux biens et de dommages immaté-
484. Dans l’affaire du pétrolier Exxon Valdez, le Gou- ULHOV /HV GRPPDJHV LPPDWpULHOV TXL QH UpVXOWHQW SDV
vernement américain, tout en prenant des mesures pour d’un comportement criminel font l’objet d’indemnités
organiser les opérations de nettoyage, a entrepris une XQLTXHPHQWGDQVODPHVXUHRLOVVRQWLPSRUWDQWV/DORL
étude des dommages causés à l’environnement665. Cette danoise relative à l’indemnisation en cas de dommages
étude n’a jamais été publiée, l’affaire ayant été réglée à l’environnement porte sur les dommages corporels et
j O¶DPLDEOH 6HORQ OH UqJOHPHQW LQWHUYHQX ([[RQ D G ODSHUWHGHVRXWLHQOHVGRPPDJHVDX[ELHQVDXWUHVTXH
payer 25 millions de dollars d’amende et 100 millions de OHV GRPPDJHV LPPDWpULHOV HW OHV FRWV UDLVRQQDEOHV GHV
dollars au Gouvernement fédéral et à l’État de l’Alaska mesures préventives ou des mesures de remise en état de
pour la remise en état de l’environnement de la baie du l’environnement. La loi allemande relative à la respon-
prince William666. Eu égard au montant de 2,5 milliards sabilité en matière d’environnement ne porte pas sur les
de dollars des États-Unis dépensés par Exxon pour dommages immatériels. Toutefois, l’article 252 du Code
nettoyer le secteur, l’entreprise a été dispensée de payer FLYLODOOHPDQGGLVSRVHTXHOHPDQTXHjJDJQHUGRLWIDLUH
125 millions de dollars de plus d’amende667. Ce règlement l’objet d’une indemnité669.
Q¶D LQWpUHVVp TXH OH *RXYHUQHPHQW IpGpUDO HW O¶eWDW GH
l’Alaska, et n’a pas englobé les réclamations de particu- a) Pratique conventionnelle
liers et d’entreprises privées.
/HV GRPPDJHV PDWpULHOV WHOV TXH GpFqV GRP-
485. La législation interne permet également aux par- mages corporels ou causés aux biens sont, conformé-
ticuliers d’obtenir l’indemnisation des dommages aux ment à un certain nombre de conventions, des dommages
personnes ou dommages corporels subis. Aux termes donnant lieu à indemnisation. L’alinéa k du paragraphe 1
de l’article 2702 b de la loi intitulée Oil Pollution Act, de l’article premier de la Convention de Vienne de 1963
par exemple, toute personne peut obtenir réparation «du Gp¿QLWOHGRPPDJHQXFOpDLUHFRPPHVXLW670:
GRPPDJHRXGXSUpMXGLFHpFRQRPLTXHVXELSDUVXLWHGHOD
destruction de biens mobiliers ou immobiliers». La loi 668
Voir Force, loc. cit., p. 34.
DXWRULVH pJDOHPHQW WRXWH SHUVRQQH TXL XWLOLVH GHV UHV- 669
Voir généralement Wetterstein, «Environmental damage in the
sources naturelles endommagées, détruites ou perdues à legal systems of the Nordic countries and Germany».
obtenir réparation du préjudice subi par suite de la perte 670
4XHOTXHV FRQYHQWLRQV FRQFHUQDQW OHV PDWLqUHV QXFOpDLUHV
de jouissance des ressources naturelles, sans égard à la comportent des dispositions expresses concernant des dommages
DXWUHVTXHOHVGRPPDJHVQXFOpDLUHVFDXVpVSDUXQDFFLGHQWQXFOpDLUH
TXHVWLRQ GH VDYRLU GH TXL UHOqYH OD SURSULpWp RX OD JHV- ou conjointement par un accident nucléaire et un ou plusieurs autres
WLRQGHVUHVVRXUFHVHQTXHVWLRQ&HWWHGLVSRVLWLRQVWLSXOH événements. Dans la mesure où ces dommages ne peuvent être séparés
HQRXWUHTXHWRXWHSHUVRQQHSHXWUHFRXYUHUjFHWLWUHXQ avec certitude du dommage nucléaire, ils sont considérés comme des
montant «égal au manque à gagner ou à la réduction de dommages causés par l’accident nucléaire et peuvent faire l’objet
d’indemnités en vertu des conventions. Par exemple, l’article IV,
la capacité de gain* imputable à la destruction, au dom- SDUDJUDSKHGHOD&RQYHQWLRQGH9LHQQHGHVWLSXOHFHTXLVXLW
mage ou à la perte causé à des biens mobiliers ou immo- ©/RUVTX¶XQGRPPDJHQXFOpDLUHHWXQGRPPDJHQRQQXFOpDLUHVRQW
biliers ou à des ressources naturelles». causés par un accident nucléaire ou conjointement par un accident
nucléaire et un ou plusieurs autres événements, cet autre dommage,
486. La loi intitulée Comprehensive Environmental dans la mesure où on ne peut le séparer avec certitude du dommage
QXFOpDLUHHVWFRQVLGpUpDX[¿QVGHODSUpVHQWH&RQYHQWLRQFRPPHXQ
Responses, Compensation and Liability Act ne contient GRPPDJHQXFOpDLUHFDXVpSDUO¶DFFLGHQWQXFOpDLUH7RXWHIRLVORUVTX¶XQ
aucune disposition reconnaissant expressément le droit dommage est causé conjointement par un accident nucléaire visé par
des particuliers d’intenter une action en dommages- la présente Convention et par une émission de rayonnements ionisants
intérêts, sauf, dans certaines circonstances, pour récla- non visée par elle, aucune disposition de la présente Convention ne
limite ni n’affecte aucunement la responsabilité, envers les personnes
mer les dépenses encourues au titre des opérations TXL VXELVVHQW XQ GRPPDJH QXFOpDLUH RX SDU YRLH GH UHFRXUV RX GH
FRQWULEXWLRQGHWRXWHSHUVRQQHTXLSRXUUDLWrWUHWHQXHUHVSRQVDEOHGX
665
Voir «Value of intangible losses from Exxon Valdez spill put fait de cette émission de rayonnements ionisants.»
at $3 billion», The Washington Post, 20 mars 1991, p. A-4, et Cross, De même, l’article IV de la Convention relative à la responsabilité des
«Natural resource damage valuation», p. 297 à 321. H[SORLWDQWVGHQDYLUHVQXFOpDLUHVVWLSXOHFHTXLVXLW
666
«Exxon reaches 1.1 billion spill settlement deal», Los Angeles ©/RUVTX¶XQGRPPDJHQXFOpDLUHHWXQGRPPDJHQRQQXFOpDLUHVRQW
Times, 1er octobre 1991, p. A-1. causés par un accident nucléaire ou conjointement par un accident
667
Ibid. (Suite de la note page suivante.)
182 Documents de la cinquante-sixième session
GH FHWWH &RQYHQWLRQ ©PHVXUHV GH UHVWDXUDWLRQª VLJQL¿H dommages causés par les marchandises dangereuses de
WRXWHV PHVXUHV UDLVRQQDEOHV TXL RQW pWp DSSURXYpHV SDU ceux causés par d’autres facteurs, tous les dommages sont
les autorités compétentes de l’État où les mesures sont réputés être causés par les marchandises dangereuses».
SULVHVHWTXLYLVHQWjUHVWDXUHURXjUpWDEOLUGHVpOpPHQWV /D PrPH Gp¿QLWLRQ GX ©GRPPDJHª D pWp DGRSWpH DX
endommagés ou détruits de l’environnement, ou à intro- paragraphe 6 de l’article premier de la Convention SNPD.
GXLUH ORUVTXH FHOD HVW UDLVRQQDEOH O¶pTXLYDOHQW GH FHV
éléments dans l’environnement. Le droit de l’État où le 496. Aux termes de la Convention sur la responsabi-
GRPPDJHHVWVXELGpWHUPLQHTXLHVWKDELOLWpjSUHQGUHGH lité civile pour les dommages de pollution par les hydro-
telles mesures. carbures résultant de la recherche et de l’exploitation des
ressources minérales du sous-sol marin, donnent lieu à
491. La Convention de Paris de 1960 ne contient pas indemnisation non seulement les dommages par pollu-
XQHGp¿QLWLRQGXGRPPDJHQXFOpDLUH&HWWHRPLVVLRQHVW tion mais aussi les mesures de sauvegarde676. Les mesures
corrigée dans la Convention de Paris de 2004. Le nouvel GH VDXYHJDUGH VLJQL¿HQW ©WRXWHV PHVXUHV UDLVRQQDEOHV
DOLQpDYLLGHO¶DUWLFOHSUHPLHUGp¿QLWO¶H[SUHVVLRQ©GRP- prises par toute personne en rapport avec un événement
mage nucléaire673». donné pour prévenir ou limiter le dommage par pollution,
à l’exception des mesures de contention de puits et des
492. La Convention de Paris de 2004 prévoit également mesures prises pour protéger, réparer ou remplacer une
TXHOHVPHVXUHVGHUHVWDXUDWLRQHWOHVPHVXUHVGHVDXYH- installation677».
JDUGHSHXYHQWIDLUHO¶REMHWG¶XQHLQGHPQLWp/DGp¿QLWLRQ
de l’expression «mesures de restauration» est analogue à /H3URWRFROHGH%kOHGHGp¿QLWFRPPHVXLW
celle contenue dans la Convention de Vienne de 1977. le mot «dommages» à l’alinéa c du paragraphe 2 de son
article 2:
/RUVTXH GHV GRPPDJHV QXFOpDLUHV HW GHV GRP-
mages d’une autre nature sont causés conjointement par L /DSHUWHGHYLHVKXPDLQHVRXWRXWGRPPDJHFRUSRUHO
un accident nucléaire et un autre accident, ce dommage, ii) La perte de tout bien ou les dommages causés à tout bien
dans la mesure où on ne peut le séparer avec certitude DXWUHTXHOHVELHQVDSSDUWHQDQWjODSHUVRQQHUHVSRQVDEOHGXGRPPDJH
du dommage nucléaire est considéré comme un dommage FRQIRUPpPHQWDXSUpVHQW3URWRFROH
nucléaire au sens de la Convention. Les Conventions de
Vienne et de Paris ont toutes les deux des dispositions à LLL /D SHUWH GH UHYHQXV TXL SURYLHQQHQW GLUHFWHPHQW G¶XQ LQWp-
UrWpFRQRPLTXHIRQGpVXUO¶H[SORLWDWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQWUpVXOWDQW
ce propos674. G¶XQHDWWHLQWHjO¶HQYLURQQHPHQWFRPSWHWHQXGHO¶pSDUJQHHWGHVFRWV
/H 3URWRFROH GH PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ LY /H FRW GHV PHVXUHV GH UHVWDXUDWLRQ GH O¶HQYLURQQHPHQW
internationale de 1969 sur la responsabilité civile pour HQGRPPDJpOHTXHOHVWOLPLWpDXFRWGHVPHVXUHVHIIHFWLYHPHQWSULVHV
RXGHYDQWO¶rWUH
les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures,
IRQGDQW VD Gp¿QLWLRQ VXU OH 3URWRFROH GH TXL Q¶HVW Y /HFRWGHVPHVXUHVSUpYHQWLYHV\FRPSULVWRXWHSHUWHRXGRP-
MDPDLVHQWUpHQYLJXHXUpODUJLWODGp¿QLWLRQGX©GRPPDJH mage résultant de ces mesures, dans la mesure où le dommage est causé
SDUSROOXWLRQª¿JXUDQWGDQVOD&RQYHQWLRQGH supra par les propriétés dangereuses des déchets faisant l’objet du mouve-
PHQWWUDQVIURQWLqUHHWGHO¶pOLPLQDWLRQWHOVTXHYLVpVSDUOD&RQYHQWLRQ
par. 123). ou en résulte.
495. La Convention relative aux hydrocarbures de 498. Les mesures de restauration comprennent toutes
VRXWH FRQWLHQW XQH Gp¿QLWLRQ DQDORJXH675. Le concept de mesures visant à évaluer, remettre en état ou restaurer des
©GRPPDJHªDpJDOHPHQWpWpGp¿QLDXSDUDJUDSKHGH éléments de l’environnement endommagés ou détruits. Il
O¶DUWLFOHSUHPLHUGHOD&57'FRPPHVLJQL¿DQW HVWQRWpTXHODOpJLVODWLRQQDWLRQDOHSHXWVWLSXOHUTXLVHUD
habilité à adopter de telles mesures.
a WRXWGpFqVRXWRXWHVOpVLRQVFRUSRUHOOHV>@
atténuer les pertes ou dommages ou pour veiller à l’assai- respectivement, l’exploitant doit prendre des actions de
nissement de l’environnement. Le droit interne peut stipu- SUpYHQWLRQ HW GH UpSDUDWLRQ ORUVTX¶LO H[LVWH XQH PHQDFH
OHUTXLVHUDKDELOLWpjDGRSWHUGHWHOOHVPHVXUHV LPPLQHQWHGHGRPPDJHHQYLURQQHPHQWDORXORUVTX¶XQWHO
dommage s’est produit. La directive entend par «mesures
/D&RQYHQWLRQGH/XJDQRDGp¿QLFRPPHVXLWOH préventives» ou «mesures de prévention» (art. 2, par. 10)
dommage au paragraphe 7 de son article 2: toute mesure prise en réponse à un événement, un acte
a OHGpFqVRXGHVOpVLRQVFRUSRUHOOHV RX XQH RPLVVLRQ TXL D FUpp XQH PHQDFH LPPLQHQWH GH
GRPPDJHHQYLURQQHPHQWDOD¿QGHSUpYHQLURXGHOLPLWHU
b WRXWHSHUWHGHRXWRXWGRPPDJHFDXVpjGHVELHQVDXWUHVTXH DX PD[LPXP FH GRPPDJH OHV ©PHVXUHV GH UpSDUDWLRQª
O¶LQVWDOODWLRQHOOHPrPHRXTXHOHVELHQVVHWURXYDQWVXUOHVLWHGHO¶DFWL- VLJQL¿DQW WRXWH DFWLRQ RX FRPELQDLVRQ G¶DFWLRQV \
YLWpGDQJHUHXVHHWSODFpVVRXVOHFRQWU{OHGHO¶H[SORLWDQW
compris des mesures d’atténuation ou des mesures
c) toute perte ou dommage résultant de l’altération de l’environ- transitoires visant à restaurer, réhabiliter ou remplacer
nement, dans la mesure où ils ne sont pas considérés comme consti- les ressources naturelles endommagées ou les services
tuant un dommage au sens des alinéas a ou bFLGHVVXVSRXUYXTXHOD GpWpULRUpVRXjIRXUQLUXQHDOWHUQDWLYHpTXLYDOHQWHjFHV
UpSDUDWLRQDXWLWUHGHO¶DOWpUDWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQWDXWUHTXHSRXUOH ressources ou services (art. 2, par. 11). Une annexe à la
PDQTXHjJDJQHUGjFHWWHDOWpUDWLRQVRLWOLPLWpHDXFRWGHVPHVXUHV
GHUHPLVHHQpWDWTXLRQWpWpHIIHFWLYHPHQWSULVHVRXTXLOHVHURQW directive contient une indication des mesures à prendre681.
d) OHFRWGHVPHVXUHVGHVDXYHJDUGHDLQVLTXHGHWRXWHSHUWHRX ©/¶pWHQGXH G¶XQ GRPPDJH TXL D GHV LQFLGHQFHV QpJDWLYHV VXU OD
tout dommage causés par lesdites mesures, dans la mesure où la perte ou réalisation ou le maintien d’un état de conservation favorable des habitats
le dommage visés aux alinéas a à c du présent paragraphe proviennent ou des espèces doit être évaluée par rapport à l’état de conservation à
ou résultent des propriétés des substances dangereuses, des organismes O¶pSRTXHROHGRPPDJHDpWpRFFDVLRQQpDX[VHUYLFHVUHQGXVSDUOHV
JpQpWLTXHPHQWPRGL¿pVRXGHVPLFURRUJDQLVPHVRXSURYLHQQHQW RX DJUpPHQWVTX¶LOVSURFXUHQWHWjOHXUFDSDFLWpGHUpJpQpUDWLRQQDWXUHOOH
résultent de déchets679. ,O FRQYLHQGUDLW GH Gp¿QLU OHV DWWHLQWHV VLJQL¿FDWLYHV j O¶pWDW LQLWLDO DX
PR\HQGHGRQQpHVPHVXUDEOHVWHOOHVTXH
501. Le paragraphe 8 de l’article 2 de la Convention de ©± OHQRPEUHG¶LQGLYLGXVOHXUGHQVLWpRXODVXUIDFHFRXYHUWH
/XJDQR Gp¿QLW OHV ©PHVXUHV GH UHPLVH HQ pWDWª FRPPH «– le rôle des individus concernés ou de la zone atteinte par rapport
à la conservation de l’espèce ou de l’habitat, la rareté de l’espèce ou de
VLJQL¿DQW ©WRXWH PHVXUH UDLVRQQDEOH YLVDQW j UpKDELOLWHU l’habitat (appréciés à un niveau local, régional et supérieur, y compris
ou à restaurer les composantes endommagées ou détruites DXQLYHDXFRPPXQDXWDLUH
de l’environnement, ou à introduire, si c’est raisonnable, ©± ODFDSDFLWpGHPXOWLSOLFDWLRQGHO¶HVSqFH VHORQODG\QDPLTXH
O¶pTXLYDOHQWGHFHVFRPSRVDQWHVGDQVO¶HQYLURQQHPHQWª propre à cette espèce ou à cette population), sa viabilité ou la capacité
GHUpJpQpUDWLRQQDWXUHOOHGHO¶KDELWDW VHORQOHVG\QDPLTXHVSURSUHVDX[
/H SDUDJUDSKH GH O¶DUWLFOH Gp¿QLW OHV ©PHVXUHV GH HVSqFHVTXLOHFDUDFWpULVHQWRXjOHXUVSRSXODWLRQV
sauvegarde» comme étant «toute mesure raisonnable prise «– la capacité de l’espèce de se rétablir en un temps limité après
par toute personne, après la survenance d’un événement, ODVXUYHQDQFHG¶XQGRPPDJHVDQVLQWHUYHQWLRQDXWUHTXHGHVPHVXUHV
pour prévenir ou atténuer la perte ou le dommage». de protection renforcées, en un état conduisant du fait de la seule
G\QDPLTXH GH O¶HVSqFH RX GH O¶KDELWDW j XQ pWDW MXJp pTXLYDOHQW RX
/D &RQYHQWLRQ GH /XJDQR Q¶DERUGH SDV OD TXHV- supérieur à l’état initial.
©6RQW QpFHVVDLUHPHQW TXDOL¿pV GH GRPPDJHV VLJQL¿FDWLIV OHV
tion du seuil d’altération de l’environnement envisagée à dommages ayant une incidence démontrée sur la santé humaine.
O¶DUWLFOH(OOHHVVDLHGHUpJOHUFHWWHTXHVWLRQjO¶DUWLFOH ©3HXYHQWQHSDVrWUHTXDOL¿pVGHGRPPDJHVVLJQL¿FDWLIV
relatif à l’exonération de responsabilité, l’alinéa d de cet ©± OHVYDULDWLRQVQpJDWLYHVLQIpULHXUHVDX[ÀXFWXDWLRQVQDWXUHOOHV
article exonérant l’exploitant de tout dommage résultant FRQVLGpUpHVFRPPHQRUPDOHVSRXUO¶HVSqFHRXO¶KDELWDWFRQFHUQp
d’une pollution «d’un niveau acceptable eu égard aux cir- «– les variations négatives dues à des causes naturelles ou
UpVXOWDQWGHVLQWHUYHQWLRQVOLpHVjODJHVWLRQQRUPDOHGHVVLWHVWHOOHTXH
constances locales pertinentes». Gp¿QLHGDQVOHVFDKLHUVG¶KDELWDWOHVGRFXPHQWVG¶REMHFWLIRXSUDWLTXpH
DQWpULHXUHPHQWSDUGHVSURSULpWDLUHVRXGHVH[SORLWDQWV
503. La directive 2004/35/CE de l’UE sur la responsa- «– les dommages causés aux espèces ou aux habitats, pour
bilité environnementale ne couvre pas les droits concer- OHVTXHOV LO HVW pWDEOL TXH OHV HVSqFHV RX OHV KDELWDWV VH UpWDEOLURQW HQ
nant les dommages corporels, les dommages aux biens un temps limité et sans intervention soit à l’état initial, soit en un état
FRQGXLVDQWGXIDLWGHODVHXOHG\QDPLTXHGHO¶HVSqFHRXGHO¶KDELWDWj
SULYpV QRQ SOXV TXH OHV GRPPDJHV LPPDWpULHOV HW Q¶DI- XQpWDWMXJppTXLYDOHQWRXVXSpULHXUjO¶pWDWLQLWLDOª
fecte pas ces droits. Elle porte sur le dommage environ- 681
L’annexe II est conçue comme suit:
QHPHQWDOGp¿QLSDUUpIpUHQFHDX[GRPPDJHVFDXVpVDX[ «Réparation des dommages environnementaux
espèces et habitats naturels protégés, sur la base de cri- ©/DSUpVHQWHDQQH[H¿[HXQFDGUHFRPPXQjDSSOLTXHUSRXUFKRLVLU
tères énoncés dans l’annexe, ces dommages n’englobant OHVPHVXUHVOHVSOXVDSSURSULpHVD¿QG¶DVVXUHUODUpSDUDWLRQGHVGRP-
SDV OHV LQFLGHQFHV QpJDWLYHV SUpFpGHPPHQW LGHQWL¿pHV mages environnementaux.
«1. Réparation des dommages affectant les eaux ou les espèces et
DLQVLTXHVXUOHVGRPPDJHVDIIHFWDQWOHVHDX[HWOHVGRP- habitats naturels protégés
mages affectant les sols. Ces dommages doivent entraî- «La réparation de dommages environnementaux liés aux eaux ainsi
QHUXQHPRGL¿FDWLRQQpJDWLYHPHVXUDEOHG¶XQHUHVVRXUFH TX¶DX[HVSqFHVRXKDELWDWVQDWXUHOVSURWpJpVV¶HIIHFWXHSDUODUHPLVHHQ
naturelle ou une détérioration mesurable d’un service lié l’état initial de l’environnement par une réparation primaire, complé-
jFHVUHVVRXUFHVQDWXUHOOHVTXLSHXWVXUYHQLUGHPDQLqUH mentaire et compensatoire, où:
«a) la réparation “primaire” désigne toute mesure de réparation
directe ou indirecte680. En application des articles 5 et 6 SDU ODTXHOOH OHV UHVVRXUFHV QDWXUHOOHV HQGRPPDJpHV RX OHV VHUYLFHV
GpWpULRUpVUHWRXUQHQWjOHXUpWDWLQLWLDORXV¶HQUDSSURFKHQW
679
«b) la réparation “complémentaire” désigne toute mesure de répa-
Au sens du paragraphe 10 de l’article 2, l’environnement UDWLRQHQWUHSULVHjO¶pJDUGGHVUHVVRXUFHVQDWXUHOOHVRXGHVVHUYLFHVD¿Q
comprend: GHFRPSHQVHUOHIDLWTXHODUpSDUDWLRQSULPDLUHQ¶DERXWLWSDVjODUHVWDX-
«– OHV UHVVRXUFHV QDWXUHOOHV DELRWLTXHV HW ELRWLTXHV WHOOHV TXH UDWLRQFRPSOqWHGHVUHVVRXUFHVQDWXUHOOHVRXGHVVHUYLFHV
O¶DLUO¶HDXOHVROODIDXQHHWODÀRUHHWO¶LQWHUDFWLRQHQWUHOHVPrPHV «c) la réparation “compensatoire” désigne toute action entreprise
IDFWHXUV D¿QGHFRPSHQVHUOHVSHUWHVLQWHUPpGLDLUHVGHUHVVRXUFHVQDWXUHOOHVRX
«– OHVELHQVTXLFRPSRVHQWO¶KpULWDJHFXOWXUHO GHVHUYLFHVTXLVXUYLHQQHQWHQWUHODGDWHGHVXUYHQDQFHG¶XQGRPPDJH
«– OHVDVSHFWVFDUDFWpULVWLTXHVGXSD\VDJHª HWOHPRPHQWRODUpSDUDWLRQSULPDLUHDSOHLQHPHQWSURGXLWVRQHIIHW
680
L’annexe I de la directive 2004/35/CE de l’UE (voir supra la note «d) OHV ³SHUWHV LQWHUPpGLDLUHV´ GHV SHUWHV UpVXOWDQW GX IDLW TXH
286) présente les critères ci-après s’agissant du paragraphe 1 a de l’article 2: les ressources naturelles ou les services endommagés ne sont pas en
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 185
GHUHVVRXUFHVQDWXUHOOHVHQFRQVpTXHQFHGHO¶LQYDVLRQHW /HGURLWQDWLRQDOGpWHUPLQHVLHWGDQVTXHOOHPHVXUHOHFKHPLQGH
GHO¶RFFXSDWLRQLOOLFLWHVGX.RZHwWSDUO¶,UDTL’indemni- fer est tenu à verser des dommages-intérêts pour des préjudices autres
TXHFHX[SUpYXVDX[DUWLFOHVHWQRWDPPHQWOHVSUpMXGLFHVPRUDOHW
sation porte sur les pertes ou frais dus: SK\VLTXH(pretium doloris) HWHVWKpWLTXH
a) aux mesures prises pour réduire et prévenir les dommages à 507. La Convention de Vienne de 1963 prévoit éga-
l’environnement, y compris les frais liés directement à la lutte contre
les incendies de puits de pétrole et aux mesures prises pour enrayer la OHPHQW j VRQ DUWLFOH SUHPLHU TXHOV VRQW OHV GRPPDJHV
PDUpHQRLUHGDQVOHVHDX[F{WLqUHVHWLQWHUQDWLRQDOHV donnant lieu à indemnisation, conformément au droit
GXWULEXQDOFRPSpWHQW$LQVLORUVTXHOHGURLWGXIRUVWL-
b) aux mesures raisonnables déjà prises pour nettoyer l’environ- SXOHTXHGHVSUpMXGLFHVLPPDWpULHOVSHXYHQWGRQQHUOLHX
nement et le remettre en état ou aux mesures dont il est raisonnable de à indemnisation, ces préjudices doivent être réparés.
SHQVHUSUHXYHVjO¶DSSXLTX¶HOOHVVHURQWQpFHVVDLUHVSRXUFHIDLUH
Le paragraphe 1, alinéa k, point ii, de l’article premier
c) à une surveillance et une évaluation raisonnables des dommages GLVSRVHTXH©GRPPDJHQXFOpDLUHªVLJQL¿H©7RXWHDXWUH
FDXVpVjO¶HQYLURQQHPHQWD¿QG¶HVWLPHUHWGHUpGXLUHOHVGRPPDJHVHWGH SHUWHRXGRPPDJHDLQVLSURYRTXpGDQVOHFDVRXGDQVOD
UHPHWWUHO¶HQYLURQQHPHQWHQpWDW mesure où le droit du tribunal compétent le prévoit.»
d jXQHVXUYHLOODQFHUDLVRQQDEOHGHODVDQWpSXEOLTXHHWDX[WHVWV
GHGpSLVWDJHPpGLFDX[YLVDQWjHQTXrWHUVXUOHVULVTXHVDFFUXVSRXUOD
b) Jurisprudence et pratique des États autres
VDQWpTX¶HQWUDvQHQWOHVGRPPDJHVFDXVpVjO¶HQYLURQQHPHQWHWjSUpYH- que des accords
QLUFHVULVTXHV
508. On trouve dans la jurisprudence interne un certain
e) aux pertes de ressources naturelles ou aux dommages causés à QRPEUHG¶DUUrWVFRQFHUQDQWODTXHVWLRQGHVDYRLUFRPPHQW
ces ressources682.
les dépenses de nettoyage et de remise en état doivent être
505. Le paragraphe 2 du principe 9 des Principes pYDOXpHV&HWWHTXHVWLRQDpWpDQDO\VpHGqVGDQVXQ
relatifs à l’utilisation de sources d’énergie nucléaires dans exposé extrêmement connu fait par Lord Blackburn, dans
l’espace, contenus dans la résolution 47/68 de l’Assemblée l’affaire Livingston v. Rawyards Coal Company:
générale du 14 décembre 1992, prévoit une restitution /RUVTX¶XQ SUpMXGLFH GRLW IDLUH O¶REMHW G¶XQH UpSDUDWLRQ VRXV IRUPH
intégrale. La partie pertinente de ce paragraphe est conçue G¶LQGHPQLVDWLRQ O¶RQ GHYUDLW ORUVTX¶RQ ¿[H OH PRQWDQW j YHUVHU HQ
FRPPH VXLW ©/H PRQWDQW GH OD UpSDUDWLRQ TXH >O¶eWDW UpSDUDWLRQGHVGRPPDJHVFDOFXOHUODVRPPHTXLUpWDEOLUDODSDUWLHTXLD
responsable] [est tenu] de verser pour le dommage […] pWpOpVpHRXTXLDVRXIIHUWGDQVODVLWXDWLRQTXLDXUDLWH[LVWpVLFHWWHSDUWLH
doit permettre de rétablir [la partie lésée] dans la situation Q¶DYDLWSDVVXELOHSUpMXGLFHSRXUOHTXHOHOOHREWLHQWLQGHPQLVDWLRQRX
réparation683.
TXL DXUDLW H[LVWp VL OH GRPPDJH QH V¶pWDLW SDV SURGXLWª
/HSDUDJUDSKHGXSULQFLSHGLVSRVHpJDOHPHQWTXH©OD (QGDQVXQHDXWUHDIIDLUHEULWDQQLTXHLodge
UpSDUDWLRQLQFOXWOHUHPERXUVHPHQWGHVGpSHQVHVGPHQW Holes Colliery Co v. Mayor of Wesnesbury684, les opé-
MXVWL¿pHVTXLRQWpWpHQJDJpHVDXWLWUHGHVRSpUDWLRQVGH rations d’extraction minière menées par les défendeurs
recherche, de récupération et de nettoyage, y compris le avaient entraîné l’effondrement d’une route. Les pouvoirs
FRWGHO¶DVVLVWDQFHGHWLHUFHVSDUWLHVª publics locaux ont remis la route dans l’état où elle se
trouvait avant l’accident, mais à grands frais. La Chambre
506. Des dommages immatériels peuvent également GHV ORUGV D FRQVLGpUp TXH OH SULQFLSH GH OD restitutio in
donner lieu à indemnisation. La Convention additionnelle integrum n’autorisait pas les demandeurs à recouvrer
à la Convention internationale concernant le transport les dépenses engagées pour remettre la route dans l’état
des voyageurs et des bagages par chemins de fer stipule SUpFLV R HOOH VH WURXYDLW SUpFpGHPPHQW TXHO TXH VRLW
FODLUHPHQW j VRQ DUWLFOH TXH GHV GRPPDJHVLQWpUrWV OHFRW/HVGHPDQGHXUVDYDLHQWOHGURLWGHUHFRXYUHUGX
peuvent être versés, en vertu du droit national, pour des GpIHQGHXU XQLTXHPHQW OH FRW GH OD FRQVWUXFWLRQ G¶XQH
SUpMXGLFHVPRUDOSK\VLTXHHWHVWKpWLTXH route également appropriée685&HSULQFLSHDpWpDSSOLTXp
en 1980 dans l’affaire Dodd Properties (Kent) v. Canter-
bury City Council686. Pour évaluer les dommages causés
(Suite de la note 681.) à l’immeuble des plaignants du fait de l’enfoncement de
FRQFHUQpVGHPDQLqUHjFHTXHOHVVROVFRQWDPLQpVFRPSWHWHQXGHOHXU SLORWLVSDUOHVGpIHQGHXUVOHWULEXQDODGpFODUpFHTXLVXLW
utilisation actuelle ou prévue pour l’avenir au moment où les dommages
VRQWVXUYHQXVQHSUpVHQWHQWSOXVGHULVTXHJUDYHG¶LQFLGHQFHQpJDWLYH Le demandeur [...] n’est pas tenu d’accepter un travail bâclé ou
VXU OD VDQWp KXPDLQH /¶H[LVWHQFH G¶XQ WHO ULVTXH HVW DSSUpFLpH DX G¶DFFHSWHUTXHODTXDOLWpGHVRQLPPHXEOHVHWURXYHFRPSURPLVHVLP-
PR\HQGHSURFpGXUHVG¶pYDOXDWLRQGHVULVTXHVTXLSUHQQHQWHQFRPSWH plement pour économiser de l’argent aux défendeurs. Toutefois, [le
OHVFDUDFWpULVWLTXHVHWODIRQFWLRQGHVVROVODQDWXUHHWODFRQFHQWUDWLRQ WULEXQDO@QHFRQVLGqUHSDVTXHOHGHPDQGHXUDLWOHGURLWG¶LQVLVWHUVXU
des substances, préparations, organismes ou micro-organismes nocifs, XQH UHVWDXUDWLRQ FRPSOqWH HW PpWLFXOHXVH DORUV TXH WRXW SURSULpWDLUH
leur dangerosité et leurs possibilités de dispersion. L’utilisation doit être raisonnable se contenterait d’un travail moins approfondi aboutissant
établie sur la base des réglementations relatives à l’utilisation des sols, à un résultat ne compromettant à aucun égard sérieux l’apparence, la
ou d’autres réglementations pertinentes, en vigueur, le cas échéant, au ORQJpYLWp RX O¶XWLOLWp GX EkWLPHQW HW DORUV TX¶LO H[LVWH XQH GLIIpUHQFH
moment où les dommages sont survenus. FRQVLGpUDEOH HQWUH OH FRW G¶XQ WHO WUDYDLO HW FHOXL G¶XQH UHVWDXUDWLRQ
«Si les sols sont affectés à un autre usage, toutes les mesures méticuleuse687.
QpFHVVDLUHVVRQWSULVHVSRXUSUpYHQLUWRXWULVTXHG¶LQFLGHQFHQpJDWLYH
sur la santé humaine.
«En l’absence de réglementation en matière d’affectation des sols, 683
Royaume-Uni, The Law Reports, Appeal Cases, House of Lords
ou d’autres réglementations pertinentes, la nature de la zone concernée and Privy Council, 1880, vol. V, p. 39.
où le dommage est survenu détermine, eu égard au potentiel de 684
(1908) AC 323, cité par de la Rue dans «Environmental damage
GpYHORSSHPHQWGHFHWWH]RQHO¶XVDJHGHOD]RQHGHVROVHQTXHVWLRQ
Assessment», p. 70 et 71.
«Une option de régénération naturelle, c’est-à-dire une option dans 685
ODTXHOOH DXFXQH LQWHUYHQWLRQ KXPDLQH GLUHFWH GDQV OH SURFHVVXV GH Ibid.
686
rétablissement n’a lieu, est à envisager.» (1980) 1 WLR 333, ibid., p. 71.
682 687
S/AC.26/1991/7/Rev.1 (voir supra la note 588). Ibid.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 187
510. La cour d’appel du Premier circuit des États-Unis perte de valeur de la propriété. La cour d’appel a estimé
a eu à statuer sur un cas semblable en 1980 dans l’affaire TXHODFRQWDPLQDWLRQGHVWHUUDLQVGXSODLJQDQWSDUGHV
Commonwealth of Puerto Rico v. SS Zoe Colocotroni688. matières radioactives provenant du débordement d’un
Dans cette affaire, un pétrolier en mauvais état de EDVVLQVXUOHWHUUDLQGXGpIHQGHXUpWDLWXQPDQTXHPHQW
navigabilité s’était échoué et avait pollué le littoral de à l’obligation imposée à l’alinéa a du paragraphe 1
Porto Rico. Initialement, les autorités portoricaines de l’article 7 de la loi de 1965, consistant à ne pas
avaient obtenu six millions de dollars de dommages- HQGRPPDJHUOHVELHQVSDUXQpYpQHPHQWLPSOLTXDQWGHV
intérêts, dont 78 000 dollars seulement servaient à matières nucléaires692.
FRXYULU OH FRW GHV RSpUDWLRQV GH QHWWR\DJH OH UHVWH
FRUUHVSRQGDQWDXFRWGHODUHSODQWDWLRQGHVSDOpWXYLHUV ,ODpWpVRXWHQXDXQRPGXGpIHQGHXUTXHOHWHUUDLQ
et du remplacement des organismes marins tués par la marécageux n’avait pas été endommagé physiquement
PDUpH QRLUH /D FRXU G¶DSSHO Q¶D SDV FRQ¿UPp FHWWH par les propriétés radioactives du plutonium. Ce terrain
approche. Soulignant la nécessité de faire preuve d’un pWDLWLQFKDQJpVXUOHSODQSK\VLTXHELHQTX¶XQHWUqVSHWLWH
VHQVGHVSURSRUWLRQVORUVGHO¶pYDOXDWLRQGHVFRWVHOOHD TXDQWLWpGHSOXWRQLXPDLWpWpPpODQJpHDXVRO/DUDGLR
IDLWREVHUYHUFHTXLVXLW DFWLYLWpQ¶pWDLWSDVVXI¿VDPPHQWLPSRUWDQWHSRXUFDXVHU
des préjudices et n’avait pas changé les propriétés du sol.
>/HV FRWV SRXYDQW rWUH UHFRXYUpV@ VRQW OHV FRWV UDLVRQQDEOHPHQW /DFRXUG¶DSSHODpYRTXpXQHDIIDLUHDQWpULHXUHMerlin
encourus [...] pour remettre l’environnement de la zone sinistrée dans v. British Nuclear Fuels plc693GDQVODTXHOOHOHVSODLJQDQWV
O¶pWDWRLOVHWURXYDLWSUpFpGHPPHQWRXGDQVXQpWDWDXVVLSURFKHTXH
possible, sans encourir des dépenses manifestement disproportionnées. DYDLHQWSUpWHQGXTXHOHXUPDLVRQDYDLWpWpHQGRPPDJpH
Pour évaluer le caractère raisonnable de ces dépenses, il convient de par des matières radioactives provenant de la centrale
VH UpIpUHU DX[ PHVXUHV TX¶XQH HQWLWp VRXYHUDLQH RX TX¶XQ RUJDQLVPH QXFOpDLUHGH6HOOD¿HOGTXLDYDLHQWpWpGpYHUVpHVGDQVOD
public raisonnable et prudent adopterait pour atténuer les effets de la mer d’Irlande et s’étaient ultérieurement déposées dans
SROOXWLRQHQWHQDQWFRPSWHGHIDFWHXUVFRPPHODIDLVDELOLWpWHFKQLTXH
les effets indirects néfastes, la compatibilité avec la régénération natu- la maison sous forme de poussière. Dans cette affaire, le
UHOOHHWODPHVXUHGDQVODTXHOOHDXGHOjG¶XQFHUWDLQSRLQWOHVHIIRUWV MXJHDYDLWFRQFOXTX¶HQYHUWXGHODORLLQWLWXOpHNuclear
déployés seraient soit inutiles, soit excessivement onéreux689. Installations ActGHLOpWDLWQpFHVVDLUHG¶pWDEOLUTXH
GHVELHQVFRUSRUHOVDYDLHQWpWpHQGRPPDJpV%LHQTXHOD
511. Dans l’affaire Blue Circle Industries plc v. Ministry maison ait été effectivement contaminée, cette contami-
of Defence690, la cour d’appel du Royaume-Uni a eu l’oc- nation ne constituait pas un dommage aux biens ouvrant
FDVLRQGHVHSURQRQFHUVXUODVLJQL¿FDWLRQHWO¶pYDOXDWLRQ droit à une indemnisation en vertu de la loi. La déprécia-
des dommages, dans une affaire concernant la fuite, en WLRQGHODYDOHXUGHODPDLVRQpWDLWODFRQVpTXHQFHpFR-
FRQVpTXHQFH G¶XQH LQRQGDWLRQ G¶HDX SURYHQDQW G¶XQ QRPLTXHGHODSUpVHQFHGHPDWLqUHVUDGLRDFWLYHVPDLVQH
site abritant des armes nucléaires, appartenant au défen- résultait pas du dommage causé à la maison par les pro-
deur, sur la propriété voisine, dont un terrain marécageux priétés radioactives des matières.
appartenant au défendeur, entraînant la contamination des
sols par des matières radioactives. 514. La cour d’appel a établi l’inapplicabilité de
l’affaire Merlin QRWDQW TXH GDQV FH FDV OD SRXVVLqUH VH
&HWWHFRQWDPLQDWLRQELHQTXHQHFRQVWLWXDQWSDV WURXYDLWjO¶LQWpULHXUGHODPDLVRQHWTXHOHMXJHQ¶DYDLW
une menace pour la santé, était supérieure au niveau SDVFRQVLGpUpTXHODPDLVRQHWOHVPDWLqUHVUDGLRDFWLYHV
autorisé par la réglementation statutaire. D’après les pWDLHQWOLpHVjXQGHJUpWHOTXHOHVFDUDFWpULVWLTXHVGHOD
éléments de preuve recueillis, on a constaté, en consé- PDLVRQDYDLHQWpWpPRGL¿pHVG¶XQHTXHOFRQTXHPDQLqUH
TXHQFHGHO¶LQFLGHQWGHVQLYHDX[GHUDGLRDFWLYLWpQHW- De ce fait, il avait été possible au juge, sur la base de ces
tement supérieurs aux niveaux de référence normaux et PrPHVIDLWVGHFRQVLGpUHUTXHODPDLVRQGHVSODLJQDQWV
VXSpULHXUVDXVHXLO¿[pSDUODUpJOHPHQWDWLRQ7RXWHIRLV DYDLW SHUGX GH OD YDOHXU j FDXVH GX GLVFUpGLW TXL \ pWDLW
PrPHDYDQWTXHGHVPHVXUHVGHUHPLVHHQpWDWDLHQWpWp attaché mais non pas en raison du dommage proprement
prises, et en se fondant sur des hypothèses pessimistes, GLWTX¶HOOHDYDLWVXEL694.
FHV QLYHDX[ pWDLHQW QHWWHPHQW LQIpULHXUV DX VHXLO TXL
DXUDLW FRQVWLWXp XQ ULVTXH TXHOFRQTXH SRXU OD VDQWp691. /D FRXU G¶DSSHO D FRQVWDWp TXH OH GRPPDJH
Le plaignant a dépensé un montant de 350 000 livres SK\VLTXHDX[ELHQVYLVpjO¶DOLQpDa du paragraphe 1 de
pour des travaux de remise en état visant à éliminer l’article 7:
OHV FRXFKHV VXSpULHXUHV FRQWDPLQpHV GX VRO /RUVTX¶LO
a ultérieurement cherché à vendre sa propriété, les n’est pas limité à des types particuliers de dommages. Au sens de la
négociations avec un acheteur potentiel ont été bruta- ORLXQGRPPDJHVHSURGXLWV¶LO\DXQHPRGL¿FDWLRQTXHOFRQTXHGHV
FDUDFWpULVWLTXHVSK\VLTXHVGHODSURSULpWpHQO¶HVSqFHOHWHUUDLQPDUp-
OHPHQWURPSXHVORUVTX¶LOHVWDSSDUXTXHOHWHUUDLQpWDLW FDJHX[UpVXOWDQWGHVSURSULpWpVUDGLRDFWLYHVTXLOHUHQGHQWPRLQVXWLOH
contaminé. Le plaignant a, ultérieurement, entamé un ou le dévalorisent. […]
UHFRXUVFRQWUHOHGpIHQGHXUSRXUPDQTXHPHQWDX[REOL-
JDWLRQVTXLOXLLQFRPEDLHQWHQYHUWXGHODORLLQWLWXOpH Le plutonium était mélangé avec le sol du terrain marécageux
GH WHOOH PDQLqUH TX¶LO QH SRXYDLW rWUH VpSDUp GH FHOXLFL SDU DXFXQH
Nuclear Installations Act de 1965 et a demandé à être PpWKRGHSUDWLTXH695.
LQGHPQLVpSRXUOHFRWGHODUHPLVHHQpWDWHWWRXWHVOHV
autres dépenses liées à la contamination, y compris la […]
688 692
628 F.2 d, p. 652 (1st Cir., 1980). Cité dans ibid. La description Ibid., p. 390.
de cette affaire est tirée du même document. 693
Ibid., p. 392.
689
Cité dans ibid., p. 72. 694
Ibid., p. 393.
690
All England Law Reports 1998, vol. 3, p. 385. 695
Ibid., p. 393. Voir aussi Hunter and others v. Canary Wharf Ltd,
691
Ibid., p. 392. ibid., 1996, vol. 1, p. 499.
188 Documents de la cinquante-sixième session
Le dommage […] n’était pas un simple dommage immatériel propriétaires de bétail, mais pas à l’égard de l’entreprise
>@ODWHUUHHOOHPrPHpWDLWHQGRPPDJpHSK\VLTXHPHQWSDUOHVSUR- GH YHQWH DX[ HQFKqUHV TXL Q¶DYDLW DXFXQ LQWpUrW SURSUH
SULpWpVUDGLRDFWLYHVGXSOXWRQLXPTXL\DYDLWpWpPpODQJp/DFRQVp-
TXHQFHpWDLWpFRQRPLTXHGXIDLWTXHODSURSULpWpV¶pWDLWGpYDORULVpH DXTXHOOHYLUXVSWSRUWHUDWWHLQWH702/¶RQDREVHUYpTXH
HWTX¶HQFRQVpTXHQFHOHSURSULpWDLUHDYDLWGIDLUHGHVGpSHQVHVSRXU cette règle concernant le préjudice direct est normalement
éliminer les couches supérieures du sol, mais les dommages étaient DSSOLTXpH GH PDQLqUH WUqV VRXSOH HQ WHQDQW FRPSWH GHV
SK\VLTXHV696. considérations d’intérêt général703.
516. Concernant l’évaluation des dommages, la cour /HV pOpPHQWV GH MXULVSUXGHQFH HW OD SUDWLTXH GHV
G¶DSSHODQRWpTXHODORLLQWLWXOpHNuclear Installations eWDWVPRQWUHQWTXHVHXOVGHVSUpMXGLFHVPDWpULHOVSHXYHQW
Act de 1965 imposait le devoir de ne pas endommager donner lieu à indemnisation. En l’occurrence, les préju-
GHV ELHQV SDU GHV PDWLqUHV UDGLRDFWLYHV 8QH IRLV TX¶LO GLFHVPDWpULHOVGpVLJQHQWGHVGRPPDJHVSK\VLTXHVWDQ-
pWDLW pWDEOL TX¶XQ WHO GRPPDJH V¶pWDLW SURGXLW OD SHU- JLEOHVRXTXDQWLWDWLIVSDURSSRVLWLRQjXQSUpMXGLFHLQWDQ-
VRQQH TXL DYDLW PDQTXp j VHV REOLJDWLRQV VWDWXWDLUHV gible porté à la dignité de l’État. Les dommages matériels
devait être tenue responsable des pertes prévisibles du TXL RQW IDLW O¶REMHW G¶LQGHPQLVDWLRQ GDQV OH SDVVp VRQW
IDLWGHFHPDQTXHPHQWVRXVUpVHUYHTX¶LO\DLWSUpMXGLFH notamment le décès, les dommages corporels et la perte
immédiat697 /D FRXU D QRWp TXH OH SODLJQDQW D GURLW j de biens ou les dommages causés à ces biens. Cela n’a
indemnisation s’il a un intérêt dans le dommage causé
toutefois pas empêché les États de réclamer une indemni-
au sol. Ainsi, la réparation ne serait pas limitée au dom-
sation pour les dommages immatériels.
mage au terrain marécageux mais comprendrait les dom-
mages relatifs aux pertes consécutives et serait calculée
/DSUDWLTXHGHVeWDWVPRQWUHTXHGDQVFHUWDLQV
HQIRQFWLRQGHODWDLOOHGHODVXSHU¿FLHHWGHODYDOHXUGH
cas concernant la contamination nucléaire potentielle
la propriété.
ou effective ou d’autres dommages causés par les acci-
GHQWV QXFOpDLUHV TXL RQW VXVFLWp XQH WUqV YLYH DQ[LpWp
(Q FRQVpTXHQFH OD FRXU G¶DSSHO D UHMHWp O¶DUJX-
il n’a été ni versé ni réclamé d’indemnisation pour des
PHQWDWLRQ GX GpIHQGHXU WHQGDQW j FH TXH OHV SUpMXGLFHV
dommages non matériels. Les exemples les plus signi-
devant faire l’objet d’une indemnisation soient limités
¿FDWLIVHQVRQWO¶DFFLGHQWGH3DORPDUHVHWO¶DIIDLUHGHV
DXFRWGHODUHPLVHHQpWDWGXWHUUDLQPDUpFDJHX[RXj
ÌOHV0DUVKDOO/¶DFFLGHQWGH3DORPDUHVDpWpSURYRTXp
sa dévalorisation. En revanche, elle a considéré appro-
par la collision entre un bombardier nucléaire américain
SULp TXH OH SODLJQDQW VRLW ©GpGRPPDJp SDU O¶RFWURL GH
B-52G et un avion citerne KC-135 pendant une opéra-
GRPPDJHVLQWpUrWV TXL SHUPHWWUDLHQW GH OH UpWDEOLU GDQV
tion de ravitaillement au large des côtes de l’Espagne,
OD VLWXDWLRQ TXL DXUDLW pWp OD VLHQQH V¶LO Q¶DYDLW SDV VXEL
HQWUDvQDQW OD FKXWH GH TXDWUH ERPEHV j K\GURJqQH j
de préjudices698». Les préjudices comprenaient les pertes
plutonium-uranium 235, d’une puissance destructive
UpVXOWDQW GH OD GpYDORULVDWLRQ HW OD GLI¿FXOWp j YHQGUH OH
de 1,5 mégatonne (75 fois la puissance de la bombe
WHUUDLQ2QDFRQVLGpUpFRPPHFRQVpTXHQFHSUpYLVLEOHGH
d’Hiroshima)704. Cet accident, outre de causer des
ODFRQWDPLQDWLRQOHIDLWTXHOHSODLJQDQWQHSRXUUDLWSDV dommages matériels considérables, a suscité, pendant
YHQGUHVDSURSULpWpWDQWTXHGHVWUDYDX[GHUHPLVHHQpWDW deux mois de profondes craintes et de vives préoccu-
n’auraient pas été menés à bien699. pations dans tout le bassin occidental de la Méditerra-
QpHMXVTX¶jFHTXHOHVVRXUFHVGHGRPPDJHVSRWHQWLHOV
6¶DJLVVDQW GH OD GpWHUPLQDWLRQ GX PDQTXH j aient été neutralisées. Deux des bombes tombées sur le
gagner, la règle du «préjudice immédiat», au Royaume- sol s’étaient désintégrées et avaient déchargé leur TNT,
Uni, a tendu à exclure les demandes d’indemnisation des déversant des particules d’uranium et de plutonium à
«dommages immatériels», sauf dans le cas des recours proximité du village de Palomares, sur le littoral espa-
concernant un contrat700 &¶HVW FH TX¶LOOXVWUH O¶DIIDLUH gnol, créant un danger immédiat pour la santé des habi-
Weller and Co. v. Foot and Mouth Disease Research tants et le milieu naturel de cette région. Des mesures
Institute701, concernant la contamination de bétail par la ont été prises aussitôt par les États-Unis et par l’Espagne
¿qYUH DSKWHXVH XQ YLUXV V¶pWDQW pFKDSSp GX ODERUDWRLUH HWO¶RQDLQGLTXpTXHOHVeWDWV8QLVDYDLHQWUHWLUpG¶(V-
GX GpIHQGHXU /H *RXYHUQHPHQW EULWDQQLTXH D RUGRQQp pagne 1 750 tonnes de terre légèrement radioactive pour
ODIHUPHWXUHGHVGHX[PDUFKpVGHODUpJLRQFHTXLDYDLW les enfouir aux États-Unis705. La troisième bombe était
HQWUDvQp XQ PDQTXH j JDJQHU SRXU O¶HQWUHSULVH GH YHQWH GHPHXUpHLQWDFWHORUVTX¶HOOHDYDLWKHXUWpOHVROPDLVOD
DX[HQFKqUHVGXGHPDQGHXU/HWULEXQDODFRQVLGpUpTXHOH TXDWULqPHDYDLWpWpSHUGXHHQ0pGLWHUUDQpH$SUqVGHX[
défendeur avait une obligation de diligence à l’égard des mois de recherches par des sous-marins et après avoir
causé une appréhension de plus en plus grande parmi
696
Ibid., 1998, vol. 3, p. 393 et 394. les pays riverains de la Méditerranée, la bombe avait
697
Ibid., p. 395. été repérée et à nouveau perdue de vue pendant plus de
698
Ibid. QHXIMRXUVDXFRXUVGHO¶RSpUDWLRQ(Q¿QDSUqVMRXUV
699
0DLV YRLU OH MXJHPHQW GH &KDGZLFN TXL V¶HVW GHPDQGp VL OH SDVVpVGDQVODFUDLQWHTXHODERPEHH[SORVHFHWHQJLQ
WH[WH GHV LQVWUXPHQWV MXULGLTXHV SHUWLQHQWV SRXYDLW GRQQHU OLHX j GHV a été récupéré.
TXHVWLRQVGHSUpYLVLELOLWp
©-HQHVXLVSDVFRQYDLQFXTX¶LOHVWSHUWLQHQWGHGHPDQGHUVLOHIDXWLI
RXTXHOTX¶XQG¶DXWUHDSUpYXRXSRXYDLWSUpYRLUTXHOHVGRPPDJHVj
OD SURSULpWp FRQVLGpUpH DXUDLHQW HX XQ UpVXOWDW WHO TXH OH SODLJQDQW VH 702
trouve dans la situation où il est actuellement. [...] Le problème, à mon Ibid., p. 73 et 74.
VHQVHVWXQSUREOqPHGHFDXVDOLWpHWQRQSDVGHSUpYLVLELOLWp(VWFHTXH 703
Ibid., p. 74.
la situation où se trouve actuellement le plaignant résulte des dommages 704
Pour plus de précisions sur cet accident, voir Szulc, The Bombs of
jODSURSULpWpTXLVHVRQWHIIHFWLYHPHQWSURGXLWV"ª LELGS Palomares et Flora Lewis, One of Our H-bombs is Missing.
700
De la Rue, loc. cit., p. 73. 705
«Radioactive Spanish earth is buried 10 feet deep in South
701
(1996) 1 QB 1966, p. 569, cité dans ibid. Carolina», The New York Times, 12 avril 1966, col. 3, p. 28.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 189
521. Apparemment, les États-Unis n’ont pas versé forfaitaire serait due toutes les fois où les concentrations signalées
d’indemnisation pour l’appréhension causée par cet dépasseraient une certaine intensité pendant une certaine période de
temps ou accuseraient une intensité accrue par périodes de 20 minutes.
DFFLGHQW HW LO Q¶\ D SDV HX GH GLVFXVVLRQ RXYHUWH RI¿-
cielle entre l’Espagne et les États-Unis concernant la Le tribunal n’a pas pu adopter cette proposition. À son avis, et de
UHVSRQVDELOLWpMXULGLTXHGHFHSD\V&HWDFFLGHQWWRXWH- O¶DYLV GH VHV FRQVHLOOHUV VFLHQWL¿TXHV XQ WHO UpJLPH HQWUDYHUDLW LQG-
fois, est exceptionnel: si la bombe n’avait pas été récu- ment et inutilement les opérations de la Fonderie et ne constituerait pas
SpUpH O¶pWHQGXH GHV GRPPDJHV TXL DXUDLHQW pWp DORUV XQH©VROXWLRQpTXLWDEOHSRXUWRXWHVOHVSDUWLHVLQWpUHVVpHVª708.
causés n’aurait pu être mesurée en termes monétaires.
Les États-Unis n’auraient pas pu laisser l’«instrument» /HWULEXQDODHVWLPpTXHVHXOVOHVdommages effec-
dangereux de leur activité en Espagne ou à proximité de tivement subis devaient être réparés.
ce pays et se décharger de leur responsabilité en versant
des indemnités. 526. Les États ont parfois demandé une indemnisa-
WLRQ SRXU GHV SUpMXGLFHV LPPDWpULHOV /RUVTXH OH VDWHO-
522. Lors des essais nucléaires effectués dans l’atmos- OLWH VRYLpWLTXH j SURSXOVLRQ QXFOpDLUH &RVPRV V¶HVW
phère par les États-Unis sur l’atoll d’Eniwetok, dans écrasé sur le territoire canadien, le Canada a demandé
les Îles Marshall, le Gouvernement japonais n’a pas OD UpSDUDWLRQ GHV GRPPDJHV TX¶LO DYDLW VXELV HQ FRQVp-
demandé la réparation de dommages non matériels. Dans TXHQFHGHFHWDFFLGHQWQRWDPPHQWGXIDLWGHODYLRODWLRQ
une note concernant le paiement de dommages-intérêts de sa souveraineté territoriale par ce satellite. Fondant
dans le cadre d’un règlement global, le Gouvernement sa réclamation sur les «précédents internationaux», il a
GHV eWDWV8QLV D PHQWLRQQp OH UqJOHPHQW ¿QDO DYHF OH GpFODUpFHTXLVXLW
Gouvernement japonais «de tous les préjudices, pertes
L’intrusion du satellite Cosmos-954 dans l’espace aérien du Canada
ou dommages découlant de ces essais nucléaires706». Il a et le rejet sur le territoire canadien de débris radioactifs dangereux
été laissé au Gouvernement japonais le soin de détermi- provenant du satellite constituent une violation de la souveraineté du
QHUTXHOVpWDLHQWOHVGRPPDJHVGHYDQWIDLUHO¶REMHWG¶XQH Canada. Cette violation est établie par la simple intrusion du satellite,
indemnisation. OHVFRQVpTXHQFHVSUpMXGLFLDEOHVGHFHWWHLQWUXVLRQpWDQWOHVGRPPDJHV
subis par le Canada du fait de la présence de débris radioactifs dangereux
et de l’ingérence dans le droit souverain du Canada* de déterminer
523. À la suite des essais nucléaires effectués le les actes pouvant être accomplis sur son territoire. Les précédents
1er mars 1954, le Gouvernement japonais a fait savoir internationaux reconnaissent qu’une violation de la souveraineté
TXH OHV UHWRPEpHV UDGLRDFWLYHV DYDLHQW FDXVp GHV GRP- donne naissance à l’obligation de réparer*709.
PDJHVFRUSRUHOVDX[PHPEUHVGHO¶pTXLSDJHG¶XQEDWHDX
de pêche japonais, le Diago Kukuryu MaruTXLVHWURX- 527. Dans l’affaire de la Fonderie de Trail (Trail Smel-
vait, au moment des essais, à l’extérieur de la zone de ter), en réponse à la demande de réparation faite par les
danger précédemment déclarée par les États-Unis. Le États-Unis au motif des préjudices subis du fait de la
23 septembre 1954, l’opérateur radio en chef du bateau, violation de leur souveraineté, le tribunal a déclaré qu’il
Aikichi Kuboyama, est mort. Dans le cadre d’un accord ne lui appartenait pas de se prononcer710. Le tribunal a
effectué par échange de notes le 4 janvier 1955 et entré MXJpTX¶LOQ¶DYDLWSDVjGpFLGHUVLOHVIDLWVpWDEOLVFRQVWL-
en vigueur le même jour, les États-Unis ont offert, ex tuaient ou non une atteinte à la souveraineté des États-
gratia, «à titre de manifestation supplémentaire de pré- Unis, indépendamment de la Convention relative au
occupation et de regrets pour les dommages causés707» UqJOHPHQWGHVGLI¿FXOWpVVRXOHYpHVSDUO¶H[SORLWDWLRQGH
aux pêcheurs japonais à la suite des essais nucléaires ODIRQGHULHGH7UDLOHQ&RORPELHEULWDQQLTXH711. De l’avis
réalisés en 1954 dans les Îles Marshall, la somme de GX WULEXQDO O¶XQLTXH TXHVWLRQ j GpWHUPLQHU FRQFHUQDLW
deux millions de dollars en réparation des préjudices ou l’interprétation de la Convention. Le tribunal a inter-
dommages subis et à titre de règlement intégral de toutes prété l’expression «dommages causés par la Fonderie de
OHVUpFODPDWLRQVGHODSDUWGX-DSRQFRQFHUQDQWWRXVSUp- Trail» à l’article 3 de la Convention comme n’englobant
judices, pertes ou dommages découlant desdits essais SDVOHVIRQGVGpSHQVpVDX[¿QVGHODUHFKHUFKH,ODGRQF
nucléaires. La somme payée devait être répartie de façon FRQVLGpUp TX¶DXFXQH LQGHPQLWp QH GHYUDLW rWUH YHUVpH
pTXLWDEOH VHORQ FH TXH GpWHUPLQHUDLW OH *RXYHUQHPHQW DX WLWUH GH FH TXH OHV eWDWV8QLV TXDOL¿HQW G¶©DWWHLQWH
MDSRQDLVD¿QGHGpGRPPDJHUWRXVOHVSrFKHXUVMDSRQDLV à la souveraineté», soit comme élément séparable des
LQWpUHVVpVHWG¶DFTXLWWHUOHPRQWDQWUpFODPpSDUOH*RX- dommages, soit comme incident concernant un autre
vernement japonais pour régler leurs frais médicaux et dommage712.
leurs frais d’hospitalisation.
528. Le tribunal arbitral, en refusant de se prononcer, en
524. Dans l’affaire de la Fonderie de Trail (Trail Smel- GURLWHWGDQVODSUDWLTXHVXUOHIDLWGHVDYRLUVLXQHLQGHP-
ter), le tribunal arbitral a rejeté la proposition des États- nité pouvait être accordée au titre d’une réparation d’une
8QLVWHQGDQWjFHTXHGHVdommages-intérêts forfaitaires «atteinte à la souveraineté», si cette atteinte faisait l’objet
soient imposés à l’exploitant de la fonderie toutes les fois G¶DOOpJDWLRQV VSpFL¿TXHV Q¶D SDV VHPEOp H[FOXUH FHWWH
ROHVpPLVVLRQVGHIXPpHGpSDVVHUDLHQWGHVOLPLWHVGp¿-
QLHVjO¶DYDQFHLQGpSHQGDPPHQWGHVSUpMXGLFHVTXLSRXU- 708
UDLHQWrWUHFDXVpV/HWULEXQDODGpFODUpFHTXLVXLW Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales (voir supra la
note 362), p. 1974.
709
[L]e tribunal a étudié attentivement la proposition avancée par les ILM, vol. 18, 1979, par. 21.
710
eWDWV8QLVWHQGDQWjO¶DSSOLFDWLRQG¶XQUpJLPHVHORQOHTXHOXQHVRPPH Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. III (voir
supra la note 362), p. 1932.
711
6LJQpHj2WWDZDOHDYULODYHFpFKDQJHGHUDWL¿FDWLRQVOH
706
Whiteman, op. cit., vol. 4, p. 565. DRW LELGS
707 712
Ibid. Ibid., p. 1933.
190 Documents de la cinquante-sixième session
possibilité. Dans une affaire antérieure, «I’m Alone»713, un déterminée ne soit mise en œuvre. Néanmoins, dans un
QDYLUHEULWDQQLTXHEDWWDQWSDYLOORQFDQDGLHQDpWpFRXOp petit nombre de cas, il y a eu des négociations tendant
OHPDUVHQKDXWHPHUGDQVOHJROIHGX0H[LTXH à l’adoption de mesures de sauvegarde et l’on a même
par un navire de la douane des États-Unis, le Dexter. Le SS exigé de surseoir à l’exécution de l’activité envisagée.
I’m Alone avait été utilisé pendant plusieurs années pour Ces exigences étaient motivées par la gravité des dom-
WUDQVSRUWHUGXUKXPLOOpJDOHPHQWDX[eWDWV8QLVD¿QG¶\ mages potentiels en cause. Le sentiment général semble
être vendu. Pendant une certaine période, en décembre rWUHTXHOHVeWDWVGRLYHQWDGRSWHUGHVPHVXUHVGHVDXYH-
HW DX FRXUV GHV SUHPLHUV PRLV GH MXVTX¶DX JDUGHUDLVRQQDEOHVD¿QG¶DVVXUHUHQGHKRUVGHVOLPLWHVGH
moment où il a sombré, ce navire avait transporté des bois- leur souveraineté territoriale, la sécurité et l’innocuité de
VRQVDOFRROLTXHVGX%HOL]HjXQSRLQWGXJROIHGX0H[LTXH OHXUVDFWLYLWpVOLFLWHV,OYDGHVRLTXHOHGRPPDJHSRWHQ-
au large des côtes de la Louisiane, où les boissons étaient WLHO GRLW rWUH DFFLGHQWHO HW LQYRORQWDLUH QpDQPRLQV OHV
transbordées dans une plus petite embarcation et entraient eWDWVSRWHQWLHOOHPHQWDIIHFWpVRQWOHGURLWG¶H[LJHUTXHGHV
en contrebande aux États-Unis. De septembre 1928 à mars mesures de sauvegarde soient adoptées.
F¶HVWXQJURXSHGHSHUVRQQHVTXLpWDLHQWHQPDMRULWp
GHVFLWR\HQVDPpULFDLQVTXLpWDLWde facto le propriétaire du /D SUDWLTXH GHV eWDWV FRQFHUQDQW O¶LQGHPQLVDWLRQ
navire I’m Alone, le contrôlait, le gérait lors des moments des dommages effectivement subis est mieux établie. La
FULWLTXHVHQGLULJHDLWOHVPRXYHPHQWVHWWUDLWDLWHWDFKH- responsabilité déclarée ou implicite des États du fait de
minait sa cargaison. leur comportement est clairement acceptée. Les États,
ORUVGHTXHOTXHVLQFLGHQWVRQWpJDOHPHQWDFFHSWpGHUpSD-
529. Aux termes de la Convention conclue entre les rer des dommages effectivement causés par des activités
eWDWV8QLV G¶$PpULTXH HW OD *UDQGH%UHWDJQH HQ YXH menées par des particuliers dans les limites de leur juridic-
d’aider à empêcher l’entrée en contrebande de boissons tion territoriale ou sous leur contrôle. Dans l’affaire de la
DOFRROLTXHV DX[ eWDWV8QLV G¶$PpULTXH714, la Grande- rivière Moura, l’ex-Yougoslavie a demandé à l’Autriche la
%UHWDJQH pWDLW FRQYHQXH TX¶HOOH QH VRXOqYHUDLW SDV UpSDUDWLRQGHVGRPPDJHVTXHFDXVDLWODperte économique
G¶REMHFWLRQjFHTXHOHVDXWRULWpVGHVeWDWV8QLVGHOHXUV VXELH SDU GHX[ IDEULTXHV GH SDSLHU HW SDU O¶LQGXVWULH GH
territoires ou possessions, accostent des navires privés bat- la pêche par suite de la grave pollution causée par les
WDQWSDYLOORQEULWDQQLTXHHQGHKRUVGHVHDX[WHUULWRULDOHV FHQWUDOHVK\GURpOHFWULTXHVDXWULFKLHQQHV SDUsupra).
Cette Convention accordait également aux navires britan- Dans l’affaire du pétrolier Juliana (par. 426 supra), l’État
QLTXHVGURLWjLQGHPQLVDWLRQSRXUOHVSHUWHVRXSUpMXGLFHV du pavillon, le Libéria, a offert 200 millions de yen aux
VXELV HQ FRQVpTXHQFH GH O¶H[HUFLFH DEXVLI HW GpUDLVRQ- pêcheurs japonais à titre de réparation des dommages
nable de droits en vertu de la Convention. En application TX¶LOV DYDLHQW VXELV SDU VXLWH GX QDXIUDJH GX Juliana et
de l’article IV de la Convention, les commissaires chargés du déversement de sa cargaison de pétrole sur les côtes
GHO¶DIIDLUHGDQVOHXUVUDSSRUWV¿QDX[FRQMRLQWVGDWpVGX japonaises.
5 janvier 1935, soumis au Secrétaire d’État à Washington
8QHLQGHPQLVDWLRQDpWpYHUVpHORUVTX¶XQHDFWLYLWp
et au Ministre des affaires étrangères du Canada à Ottawa
intervenant dans le domaine commun a exigé la réinstal-
OH MDQYLHU RQW HVWLPp TXH VXU OD EDVH GHV IDLWV
lation des habitants. Lors des essais nucléaires effectués
aucune indemnisation ne devait être versée au titre de la
par les États-Unis sur l’atoll d’Eniwetok, l’indemnisation
perte du navire ou de la cargaison.
portait sur l’utilisation temporaire des terres et les frais de
réinstallation (par. 407 supra).
7RXWHIRLVOHIDLWTXHGHVRI¿FLHUVGHVJDUGHVF{WHV
des États-Unis aient fait couler un navire a été considéré 534. Cette affaire a fait de nouveau l’objet d’un examen
un acte illicite dont les États-Unis devraient reconnaître approfondi dans le cadre du Marshall Islands Nuclear
RI¿FLHOOHPHQW O¶LOOLFpLWp HW SRXU OHTXHO LOV GHYUDLHQW SUp- Claims Tribunal, établi en vertu de la loi de 1987 intitulée
senter des excuses au Canada715 (Q WDQW TXH UpSDUDWLRQ Marshall Islands Nuclear Claims Tribunal Act. Le tri-
PDWpULHOOHGHFHWRUWLODpWpUHFRPPDQGpTXHOHVeWDWV EXQDO D HX O¶RFFDVLRQ GH VWDWXHU Gp¿QLWLYHPHQW VXU OHV
Unis versent une somme de 25 000 dollars. Il a été éga- indemnisations à verser aux demandeurs, au motif de
lement recommandé de verser une indemnité au Canada, l’impossibilité d’utiliser l’atoll d’Eniwetok dans le passé
j O¶LQWHQWLRQ GHV PHPEUHV GH O¶pTXLSDJH GRQW DXFXQ QH HWGDQVO¶DYHQLUGHODUHPLVHHQpWDWGHFHWDWROOSRXUTX¶LO
SDUWLFLSDLW j OD FRQWUHEDQGH GH ERLVVRQV DOFRROLTXHV 'H VRLWjQRXYHDXVUHWSURGXFWLIHWGHVpSUHXYHVVXELHVSDU
O¶DYLV GHV FRPPLVVDLUHV OH IDLW GH FRXOHU OH QDYLUH TXL OD SRSXODWLRQ G¶(QLZHWRN HQ FRQVpTXHQFH GH VD UpLQV-
était de l’avis de ses auteurs intentionnel, n’était pas justi- WDOODWLRQ GX IDLW TX¶HOOH QH SRXYDLW SOXV XWLOLVHU O¶DWROO
¿pSDUXQHGLVSRVLWLRQTXHOFRQTXHGHOD&RQYHQWLRQQRQ d’Eniwetok716.
SOXVTXHSDUXQSULQFLSHTXHOFRQTXHGXGURLWLQWHUQDWLRQDO
535. En décembre 1947, la population d’Eniwetok a
2QWURXYHGDQVODSUDWLTXHGHVeWDWVGHVH[HPSOHV été transportée de cet atoll à l’atoll d’Ujelang. À cette
de dommage matériel potentiel. Ces affaires se rapprochent GDWHO¶DWROODYDLWXQHVXSHU¿FLHGHKHFWDUHVHQYLURQ
GHFHOOHVGDQVOHVTXHOOHVOHVWULEXQDX[RQWSURQRQFpXQH /RUVTXH OD SRSXODWLRQ HVW UHYHQXH OH er octobre 1980,
injonction, comme dans l’affaire des Essais nucléaires DSUqVTX¶LODLWpWpSURFpGpjHVVDLVGHGLVSRVLWLIVDWR-
(par. 234 à 239 supra). Il ne peut certes pas y avoir de PLTXHVKHFWDUHVGHWHUUDLQOXLRQWpWpUHQGXVDX[¿QV
GRPPDJH PDWpULHO DYDQW TX¶XQH DFWLYLWp SUpMXGLFLDEOH d’utilisation, 380 hectares de terrain ne pouvaient être
XWLOLVpV HW TXHOTXH KHFWDUHV VXSSOpPHQWDLUHV DYDLHQW
713
disparu717.
Affaire S.S. «I’m Alone» (Canada c. États-Unis d’Amérique),
ibid., p. 1609.
714 716
Ibid., p. 1611. ILM, vol. 39, no 5, 2002, p. 1214.
715 717
Ibid., p. 1618. Ibid.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 191
536. S’agissant du préjudice afférent à l’impossibi- 540. Le Marshall Islands Nuclear Claims Tribunal a
lité d’utiliser les sols, le tribunal a fondé sa décision sur également examiné, dans ses calculs relatifs aux pertes
XQUDSSRUWFRQMRLQWG¶pYDOXDWLRQUpDOLVpSDUXQHpTXLSH HQPDWLqUHG¶XWLOLVDWLRQODVXSHU¿FLHGHVvOHVGpWUXLWHV/H
d’évaluateurs, l’un ayant été retenu par les demandeurs tribunal a choisi de considérer ces îles comme perdues
et l’autre par le défendeur du fonds constitué en vertu de temporairement. Dans le contexte de l’action collective,
la loi de 1987 intitulée Marshall Islands Nuclear Claims FHV vOHV pWDLHQW FRQVLGpUpHV FRPPH XQ WRXW pFRORJLTXH
Tribunal Act. La valeur de la perte a été calculée en à savoir l’ensemble de l’écosystème de l’atoll. Ainsi,
PXOWLSOLDQWODYDOHXUORFDWLYHDQQXHOOHSDUODVXSHU¿FLH O¶DWROOWRXWHQWLHUpWDLWXQHXQLWpSHUWLQHQWHDX[¿QVGHOD
FRQFHUQpHHWOHQRPEUHG¶DQQpHVGXUDQWOHVTXHOOHVLOQH Gp¿QLWLRQ GH OD SHUWH (Q RXWUH RQ D FRQVLGpUp TXH OHV
serait pas possible d’utiliser le sol. Cette période portait problèmes posés par la détermination d’une valeur aux
sur les préjudices passés (du 12 décembre 1947 à la date Îles Marshall, où ces transactions étaient virtuellement
de l’évaluation) et les préjudices futurs (période com- inconnues et ne faisaient pas l’objet d’une analyse de
prise entre la date de l’évaluation et le moment où les marché, empêchaient d’évaluer cette perte719. Sur la base
biens concernés, une fois en état d’être utilisés, seraient GHV YDOHXUV ORFDWLYHV DQQXHOOHV GH OD VXSHU¿FLH FRQFHU-
rendus à la population d’Eniwetok). Cette période a été née et du nombre d’années à compter de la date de l’au-
¿[pHSDUOHVSDUWLHVjDQQpHVjFRPSWHUGHODGDWHGH GLHQFHRQDFDOFXOpTXHOHVYDOHXUVORFDWLYHVDXWLWUHGH
O¶pYDOXDWLRQ F¶HVWjGLUH TX¶HOOH V¶DFKqYHUD OH PDL la perte en matière d’utilisation par le passé (y compris
2026). Le tribunal a également effectué des ajustements les intérêts) se montaient à 304 millions de dollars. Cette
compte tenu du caractère différé de l’indemnité pour somme a été ajustée ultérieurement compte tenu de l’in-
OHVSHUWHVSDVVpHVHWDDSSOLTXpXQUDEDLVV¶DJLVVDQWGHV demnisation déjà perçue par la population d’Eniwetok.
pertes futures. En effet, les indemnités ci-après avaient déjà été versées:
GROODUV GHV eWDWV8QLV OH QRYHPEUH
537. Pour déterminer la valeur locative annuelle, les GROODUV OH DRW GROODUV OH
pYDOXDWHXUVRQWUHFRQQXTX¶LOpWDLWGLI¿FLOHG¶XWLOLVHUGHV VHSWHPEUHGROODUVOHGpFHPEUH
PpWKRGHV G¶pYDOXDWLRQ FODVVLTXHV GX IDLW GH OD VLWXDWLRQ des versements annuels de 3 250 000 dollars ont été effec-
particulière des droits de propriété dans les Îles Marshall: tués de 1987 à 1999, en application des accords pertinents
le système coutumier d’occupation des sols était collectif HWXQPRQWDQWGHPLOOLRQVGHGROODUVDpWpYHUVpDX[¿QV
et ne comprenait pas la notion de valeur marchande. Bien de la réinstallation de l’île d’Enjebi720.
TXH OD ORL LQWHUGLVH OD SURSULpWp IRQFLqUH OH WUDQVIHUW GH
droits d’utilisation ou la détention d’intérêts fonciers en 541. Il a été également tenu compte, dans l’ajustement,
pFKDQJHG¶DUJHQWDYDLWDFTXLVXQFHUWDLQGHJUpG¶DFFHSWD- de l’utilisation de l’atoll d’Ujelang par la population
WLRQVRFLDOHDX¿OGXWHPSV(QFRQVpTXHQFHOHVpYDOXD- d’Eniwetok, du 21 décembre 1947 au 30 décembre 1980.
teurs ont constitué une base de données de transactions 2Q D pWDEOL TXH OD YDOHXU DQQXHOOH G¶XWLOLVDWLRQ GH O¶vOH
comparables à partir de ces transferts. Ainsi, les îles ont d’Ujelang représentait 58 % de la valeur annuelle d’uti-
été classées comme terres rurales ou zones à prédomi- lisation d’Eniwetok, par acre. Cette réduction était fon-
nance agricole ou résidentielle. Dans les terres rurales, on dée sur la pénurie relative de ressources à Ujelang et les
Q¶DSDVFRQVWDWpGHGLIIpUHQFHVLJQL¿FDWLYHGHSUL[FRPSWH GLI¿FXOWpV G¶DFFqV DX[ UHVVRXUFHV HQ GHKRUV GH O¶vOH HQ
WHQXGHODVXSHU¿FLHGHODSDUFHOOHRXGHODEDVHG¶XWLOLVD- raison de la médiocrité des liaisons avec l’atoll. La valeur
WLRQTX¶LOV¶DJLVVHG¶XQWHUUDLQUpVLGHQWLHORXG¶XQWHUUDLQ annuelle d’utilisation, par année comprise entre 1947 et
agricole. 1980 a été déduite des valeurs respectives annuelles en
matière de perte d’utilisation de l’atoll d’Eniwetok. En
538. Plus de 470 transactions ont été rassemblées FRQVpTXHQFHODVRPPHDFFHSWpHSRXUODSHUWHG¶XWLOLVD-
SRXUH[DPHQHWRQDpWDEOLTXHG¶HQWUHHOOHVpWDLHQW tion dans le passé a été ajustée à 149 millions de dollars
comparables, malgré la pénurie de renseignements des États-Unis.
concernant les pertes en matière d’utilisation au cours
des années antérieures. Ce problème a été résolu par le 542. Pour déterminer l’indemnisation pour la perte
UHFRXUVjO¶DQDO\VHGHVWHQGDQFHVTXLDDVVRFLp©XQHWHQ- d’utilisation future, le Marshall Islands Nuclear Claims
dance exponentielle pure adaptée à la base de données» Tribunal a préféré procéder à un règlement intégral et a
et «une tendance exponentielle adaptée aux 20 premières refusé de suivre la suggestion du demandeur tendant à ce
années d’utilisation perdues»718 SDU OD VXLWH OH SUL[ GH TXHODYDOHXUGXSUpMXGLFHUHODWLIjO¶XWLOLVDWLRQSHUGXHVRLW
location payé par les pouvoirs publics a été utilisé comme calculée «sur la base de la valeur locative annuelle des
référence. Cette approche a permis d’aboutir à des loyers ]RQHVTX¶LOHVWLPSRVVLEOHG¶XWLOLVHU>«@SRXUXQPRQWDQW
annuels allant de 41 dollars des États-Unis par acre en PLQLPXPGHGROODUVSDUDFUHMXVTX¶jFHTXHOHVWHU-
1947 à 4 105 dollars par acre en 1996. rains deviennent pleinement utilisables par la population
d’Eniwetok, plus un intérêt de 6,86 % sur ce loyer annuel,
539. L’évaluation a également pris en compte les inci- MXVTX¶jFHTXHOHPRQWDQWGXOR\HUVRLWYHUVp721». Le tri-
dences de la perte des loyers annuels. On a convenu de EXQDODpWDEOLTX¶LOQHOXLpWDLWSDVSRVVLEOHHXpJDUGDX
faire porter l’évaluation sur trois périodes, à savoir la PDQGDWTXLOXLDYDLWpWpFRQ¿pjVDYRLUSUHQGUHXQHGpFL-
période allant du 21 décembre 1947 au 30 décembre 1980 VLRQ¿QDOHFRQFHUQDQWODSODLQWHGHODLVVHUHQVXVSHQVOD
(1 919,49 acres), la période comprise entre le 1er octobre TXHVWLRQGHGpWHUPLQHUFRPELHQGHWHPSVGXUHUDLWODSHUWH
1980 et le 24 janvier 1997 (1 104,16 acres) et la période d’utilisation dans le futur.
comprise entre le 24 janvier 1997 et le 16 mai 2026
(1 104,16 acres). 719
Ibid.
720
Ibid., p. 1217 et 1218.
718 721
Ibid., p. 1217. Ibid., p. 1218.
192 Documents de la cinquante-sixième session
722
Ibid. 725
Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. III (numéro
723
Ibid., p. 1225. de vente: 1949.V.2), p. 1924 et 1925.
724 726
Ibid., p. 1227 et 1228. Ibid., p. 1925.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 193
GpSHQVHV RUGLQDLUHV GH OD JXHUUH GH PrPH TXH OD UpSD- GpYHUVpHV GDQV OD PHU TXHOTXHV WRQQHV VH GpSRVDQW VXU
UDWLRQDXWLWUHG¶XQHSHUWHGHEpQp¿FHVHVFRPSWpVpWDQW les rivages de la Sicile, le Gouvernement italien a d’abord
GRQQp TXH FHX[FL GpSHQGDLHQW G¶pYpQHPHQWV IXWXUV HW SRUWpSODLQWHSRXUGRPPDJHVpFRORJLTXHVGHYDQWOHWULEX-
aléatoires735. nal de Messine. Il a pris des mesures en vue de contenir
la marée noire et de l’empêcher de polluer la côte. Cette
'DQV VD UpFODPDWLRQ FRQWUH O¶8QLRQ VRYLpWLTXH plainte, fondée sur la Convention internationale sur la res-
pour les dommages causés à la suite de la chute du satel- ponsabilité civile pour les dommages dus à la pollution
OLWH QXFOpDLUH VRYLpWLTXH &RVPRV VXU OH WHUULWRLUH par les hydrocarbures a été rejetée, le tribunal interprétant
canadien, le Canada a souligné l’obligation d’atténuer le l’article 2 de la Convention comme se référant aux dom-
préjudice: mages faits sur le territoire et non pas au territoire ni aux
Conformément aux principes généraux du droit international, le eaux territoriales des parties contractantes. Cela voulait
Canada avait l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour GRQF GLUH TXH OH GRPPDJH GHYDLW FRQFHUQHU GHV FKRVHV
SUpYHQLU HW UpGXLUH OHV FRQVpTXHQFHV GRPPDJHDEOHV GH O¶DFFLGHQW TXL VH WURXYHQW VXU OH WHUULWRLUH RX VXU OHV HDX[ WHUULWR-
HW SDU FRQVpTXHQW G¶DWWpQXHU OH SUpMXGLFH$LQVL HQ FH TXL FRQFHUQH riales. Si l’Italie avait subi des dommages sur ses côtes,
les débris, le Canada a pu entreprendre sans retard des opérations de VXUOHVTXHOOHVHOOHDYDLWGHVGURLWVGHSURSULpWpVDQVTX¶LO
recherche, de récupération, de déplacement, d’essai et de nettoyage.
Ces opérations ont également été entreprises conformément aux exi- soit tenu compte des droits de souveraineté territoriale,
gences du droit interne canadien. En outre, l’article VI de la Convention sa plainte pour dommages aurait été retenue. Le tribunal
[sur la responsabilité internationale pour les dommages causés par des s’est également prononcé contre l’indemnisation pour les
objets spatiaux] impose à l’État demandeur l’obligation de prendre des GRPPDJHVFDXVpVjODÀRUHHWjODIDXQHPDULQHVTXLRQW
SUpFDXWLRQVUDLVRQQDEOHVHQFHTXLFRQFHUQHOHVGRPPDJHVFDXVpVSDU
un objet spatial736. été considérées comme res communis omnium.
558. Dans sa réclamation, le Canada faisait valoir éga- 'H SOXV OH WULEXQDO D VRXWHQX TXH O¶,WDOLH Q¶DYDLW
OHPHQWTXH SDVVXELGHGRPPDJHVpFRQRPLTXHVGLUHFWVRXLQGLUHFWV
QLGHPDQTXHjJDJQHU(OOHQ¶DYDLWSDVQRQSOXVHQFRXUX
3RXUFDOFXOHUODUpSDUDWLRQGHPDQGpHOH&DQDGDDDSSOLTXpOHVFUL- de dépenses pour le nettoyage de ses côtes739. Le tribunal
tères pertinents établis par les principes généraux du droit international DQRWpTXHODUpVROXWLRQQo 3 de 1980 de l’Assemblée du
VHORQOHVTXHOVO¶LQGHPQLVDWLRQYHUVpHGRLWrWUHpTXLWDEOHHWQ¶DLQFOXV
GDQVVDUpFODPDWLRQTXHOHVFRWVUDLVRQQDEOHVGLUHFWHPHQWOLpVjO¶LQ-
FIPOL ne l’autorisait pas à évaluer l’indemnité payable
WUXVLRQGXVDWHOOLWHHWDXGpS{WGHGpEULVHWTXLSHXYHQWrWUHTXDQWL¿pV au Fonds «sur la base de chiffrages abstraits du dommage
avec un degré raisonnable de certitude737. calculés selon des modèles théoriques*740». En consé-
TXHQFHOHWULEXQDOQ¶DSDVSULVHQFRQVLGpUDWLRQOHVUDS-
$WODQWLF 5LFK¿HOG &RUSRUDWLRQ $5&2 TXL ports d’experts fournis par la défense et n’a pas non plus
H[SORLWDLW OD UDI¿QHULH GH &KHUU\ 3RLQW GDQV O¶eWDW GH demandé un rapport d’experts indépendants.
Washington, où s’était produit, en 1972, un déversement
de 45 000 litres de pétrole brut dans la mer, a payé une pre- 562. L’Assemblée du FIPOL a adopté la résolution de
mière facture de nettoyage d’un montant de 19 000 dol- SHX DSUqV TXH OH &RPLWp H[pFXWLI GX )RQGV V¶HVW
lars des États-Unis présentée par la municipalité de Surrey RSSRVp j XQH SODLQWH SUpVHQWpH SDU O¶H[8QLRQ VRYLpWLTXH
pour couvrir les frais de ses opérations. ARCO a accepté, s’agissant des dommages résultant de l’incident survenu en
par la suite, de payer un montant supplémentaire de 1979 à l’Antonio Gramsci741. Le 6 février 1979, le pétro-
GROODUVTXHOHVeWDWV8QLVGHYDLHQWWUDQVPHWWUH lier Antonio Gramsci V¶pWDLW pFKRXp GDQV OD PHU %DOWLTXH
au Gouvernement canadien, à titre d’indemnisation des
coûts encourus dans le cadre des opérations de nettoyage,
739
mais a refusé de rembourser un autre montant de 60 dol- Voir généralement Bianchi, loc. cit., p. 113 à 129. Voir aussi
lars au titre de la «perte d’oiseaux (30 oiseaux à deux dol- Maffei, «The compensation for ecological damage in the “Patmos”
case» S j 2QJ ©7KH UHODWLRQVKLS EHWZHHQ HQYLURQPHQWDO
lars pièce)». Ce versement était effectué «sans admettre damage and pollution: marine oil pollution laws in Malaysia and
XQHTXHOFRQTXHUHVSRQVDELOLWpGDQVFHWWHPDWLqUHHWVDQV Singapore», p. 201 à 204. Les renseignements concernant le Patmos,
SUpMXGLFHGHVHVGURLWVHWGHVDSRVLWLRQMXULGLTXH738». l’Antonio Gramsci, le Haven et l’Amoco Cadiz sont largement fondés
sur ces articles. Voir aussi Sands, op. cit., p. 918 à 922.
560. Dans certains cas, des réclamations ont été faites 740
Sands, op. cit., p. 918.
DX WLWUH GHV GRPPDJHV pFRORJLTXHV 7RXWHIRLV OD MXULV- 741
Le deuxième incident survenu à l’Antonio Gramsci s’est produit
SUXGHQFH VHPEOH PDQTXHU GH FRKpUHQFH 'DQV GHX[ OHIpYULHUORUVTX¶XQDXWUHSpWUROLHUEDWWDQWSDYLOORQVRYLpWLTXH
affaires, l’affaire Patmos et l’affaire Haven, les tribunaux s’est échoué au large de la côte sud de la Finlande, déversant de 600 à
WRQQHVGHSpWUROH/H*RXYHUQHPHQW¿QODQGDLVDGHPDQGpjrWUH
RQWHXO¶RFFDVLRQGHVWDWXHUTXDQWjO¶LQWHUSUpWDWLRQGHOD indemnisé pour les études de l’environnement. Le Fonds considère
Convention internationale de 1969 sur la responsabilité TXH FHV GpSHQVHV QH UHOqYHQW SDV GH OD Gp¿QLWLRQ GX ©GRPPDJH SDU
civile pour les dommages dus à la pollution par les hydro- SROOXWLRQª/DSODLQWHGHO¶8QLRQVRYLpWLTXHpWDLWIRQGpHVXUODPrPH
carbures et de la Convention portant création d’un fonds. évaluation. Le Fonds et l’assureur du propriétaire du bateau ont contesté
la validité des calculs. Des témoignages d’experts ont également
Dans ces deux cas, le Gouvernement italien a cherché à GpPRQWUpTXHODTXDQWLWpGHSpWUROHUpFXSpUpHVXUODEDVHGHO¶pYDOXDWLRQ
obtenir des réclamations auprès du FIPOL. Dans l’affaire XWLOLVpHSDUO¶8QLRQVRYLpWLTXHpWDLWQHWWHPHQWLQIpULHXUHjODTXDQWLWp
3DWPRVTXLUpVXOWHGHODFROOLVLRQHQWUHOHSpWUROLHUJUHF effectivement utilisée pour le calcul de la demande d’indemnisation et
Patmos et le pétrolier espagnol Castillo de Monte Aragón TXHODTXDQWLWpGHSURGXLWUpFXSpUpVHFRPSRVDLWHQSDUWLHG¶HDX$LQVL
dans le détroit de Messine, le 21 mars 1985, à l’occa- LOH[LVWDLWFHUWDLQHVLQGLFDWLRQVPRQWUDQWTXHOHVFDOFXOVSRXUUDLHQWrWUH
HQIDLWWKpRULTXHV/H)RQGVDSRUWpODUpVROXWLRQGHjO¶DWWHQWLRQ
VLRQ GH ODTXHOOH SOXV GH PLOOH WRQQHV GH SpWUROH VH VRQW GXGHPDQGHXU,ODpJDOHPHQWQRWpTXHO¶8QLRQVRYLpWLTXHQ¶pWDLWSDV
SDUWLHjOD&RQYHQWLRQSRUWDQWFUpDWLRQGX)RQGVjFHWWHpSRTXHHWTXH
735
Moore, op. cit., p. 658. les États Membres s’étaient abstenus de réclamer une indemnisation
736 GHGRPPDJHVjO¶HQYLURQQHPHQWD¿QGHUHVSHFWHUO¶LQWHUSUpWDWLRQIDLWH
ILM, vol. 18, 1979, p. 905 et 906, par. 17.
737
par l’Assemblée du Fonds. Cette affaire a été classée en 1990, à la
Ibid., p. 907, par. 23. suite d’un compromis avec le propriétaire de l’Antonio Gramsci. Voir
738
Voir supra la note 623 et The Montreal Star, 9 juin 1972. généralement Wu, op. cit., p. 365 et 366.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 195
et 570 tonnes de pétrole brut s’étaient répandues dans la 564. Sur la base du rapport du groupe d’experts, la cour
mer couverte de glace. Ce pétrole a continué à dériver et à G¶DSSHOD¿[pO¶LQGHPQLWpHQSDUXQHGpFLVLRQVDQV
V¶pWHQGUHVXUODJODFHSRXU¿QLUSDUFRXYULUXQHVXSHU¿FLH DSSHO(OOHDVRXWHQXTXHFRPSWHWHQXGHVUDSSRUWVG¶H[-
de plus de 3 500 kilomètres carrés. Dans cette affaire, le SHUWV HW GHV IDLWV TXL OXL DYDLHQW pWp VRXPLV OH GRPPDJH
*RXYHUQHPHQWGHO¶H[8QLRQVRYLpWLTXHDSRUWpGHYDQWVHV pFRORJLTXHWRXFKDQWODYLHPDULQHDYDLWpWppWDEOLPrPHV¶LO
tribunaux, une plainte de caractère abstrait demandant une Q¶DYDLWSDVpWpTXDQWL¿pHQWHUPHVSUpFLV/HUDSSRUWG¶H[-
LQGHPQLVDWLRQDXWLWUHGHVGRPPDJHVpFRORJLTXHVLQGHP- SHUWVQRWDLWTXHOHVPRGL¿FDWLRQVFKLPLTXHVHWSK\VLTXHV
nisation dont le montant était calculé sur la base d’une du milieu marin pouvaient causer des troubles susceptibles
IRUPXOH PDWKpPDWLTXH FRQWHQXH GDQV VRQ UqJOHPHQW TXL G¶DYRLUGHVLQFLGHQFHVVXUOHVRUJDQLVPHVSpODJLTXHVYLYDQW
SRVDLWFRPPHK\SRWKqVHTX¶XQHFHUWDLQHTXDQWLWpGHSpWUROH jGLIIpUHQWHVSURIRQGHXUVGDQVODPHUDLQVLTXHGDQVOHVRO
GpYHUVpHGDQVODPHUSROOXHUDLWXQHTXDQWLWpGRQQpHG¶HDX marin. La cour, se fondant sur les rapports d’experts, bien
(le taux d’indemnisation étant de 2 roubles par mètre cube TX¶HOOHQ¶DLWSDVHQWLqUHPHQWVRXVFULWjWRXWHVOHVFRQFOX-
G¶HDX SROOXpH YROXPH pYDOXp HQ IRQFWLRQ GH OD TXDQWLWp sions, a octroyé des dommages-intérêts sur la base d’une
de pétrole déversé). Le Fonds s’est prononcé contre cette pYDOXDWLRQ pTXLWDEOH HQ YHUWX GH O¶DUWLFOH GX &RGH
SODLQWH QRWDQW TX¶HOOH QH UHOHYDLW SDV GH OD Gp¿QLWLRQ GX FLYLOLWDOLHQTXLDXWRULVDLWXQHWHOOHPpWKRGHGDQVOHVFDV
«dommage par pollution» aux termes de la Convention sur ROHVGRPPDJHVQHSRXYDLHQWrWUHTXDQWL¿pVSUpFLVpPHQW
la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution L’évaluation a été faite, entre autres, sur la base de critères
SDU OHV K\GURFDUEXUHV ,O D pJDOHPHQW QRWp TXH OH UpJLPH REMHFWLIV pQRQFpV GDQV OHV UDSSRUWV G¶H[SHUWV WHOV TXH OH
établi par cette Convention ne permettait pas de chiffrer les GRPPDJHFDXVpDXEHQWKRVODTXDQWLWpGHSRLVVRQVGpWUXLWH
GRPPDJHVDXPR\HQGHPRGqOHVPDWKpPDWLTXHV et la valeur marchande du poisson (réduite à une valeur
estimative au prix de gros au moment de l’accident). Une
/D UpVROXWLRQ D pWp pYRTXpH SDU OH WULEXQDO GDQV indemnité de 2,1 milliards de lires a été octroyée au titre de
l’affaire Patmos mais la cour d’appel de Messine n’en a dommages à l’environnement.
SDVWHQXFRPSWHORUVTXHOH*RXYHUQHPHQWLWDOLHQUHSUp-
senté par le ministère compétent, a interjeté appel de la 565. Dans l’affaire du Haven, le FIPOL s’est opposé à
décision du tribunal et a obtenu gain de cause. La cour une plainte faite par l’Italie, au motif de dommages écolo-
d’appel a interprété le «dommage par pollution», tel JLTXHV'DQVFHWWHDIIDLUHOHHaven battant pavillon chy-
TX¶LOHVWGp¿QLDXSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOHSUHPLHUGHOD priote et appartenant à la Venha Maritime Ltd de Monro-
Convention internationale sur la responsabilité civile pour via (Libéria) a sombré à plusieurs kilomètres au large de
les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures la côte de la commune d’Arenzano, à proximité de Gênes,
dans un sens large, comme englobant des valeurs sur la Riviera ligurienne occidentale, le 11 avril 1991, à la
pFRORJLTXHVFRQFHUQDQWODSUpVHUYDWLRQGHODÀRUHHWGHOD VXLWHG¶XQHH[SORVLRQTXLDHQWUDvQpODUXSWXUHGHODFRTXH
faune. La cour d’appel a fondé son interprétation sur les et un incendie. Les pouvoirs publics italiens, dont l’admi-
dispositions de la Convention internationale sur l’inter- QLVWUDWLRQUpJLRQDOHGHOD/LJXULHTXHOTXHVSURYLQFHVHW
vention en haute mer en cas d’accident entraînant ou pou- FRPPXQHV RQW GHPDQGp GHV GRPPDJHVLQWpUrWV ¿[pV j
vant entraîner une pollution par les hydrocarbures. Elle un montant provisoire de 100 000 millions de lires, au
D LQWHUSUpWp O¶H[SUHVVLRQ ©LQWpUrWV FRQQH[HVª TXL ¿JXUH WLWUHGHVGRPPDJHVTXDQWL¿DEOHVHWQRQTXDQWL¿DEOHVIDLWV
dans les articles I et II de ladite Convention internationale au milieu marin, en vertu de la Convention internationale
HWDX[WHUPHVGHVTXHOVOHVSDUWLHVjOD&RQYHQWLRQSHXYHQW sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la
prendre les mesures nécessaires pour prévenir les dangers pollution par les hydrocarbures. Il a été également sou-
TXHSUpVHQWHQWSRXUOHXUVF{WHVRXintérêts connexes une WHQXTX¶HQDSSOLFDWLRQGHODORLGHVXUODSURWHFWLRQ
pollution, comme englobant les dommages aux côtes et de l’environnement, il était nécessaire de tenir compte
les intérêts connexes des États riverains. La cour d’appel GHODJUDYLWpGHODIDXWHHWGXSUR¿WTXLUHYLHQGUDLWjOD
DpJDOHPHQWQRWpTXHELHQTX¶LOQHVRLWSDVSRVVLEOHGH personne responsable, lors de l’estimation du dommage
GpWHUPLQHUODQRWLRQGHGRPPDJHpFRORJLTXHHQUHFRXUDQW pFRORJLTXHVXUXQHEDVHpTXLWDEOH/H),32/HQUHMHWDQW
jXQHPpWKRGHPDWKpPDWLTXHHWFRPSWDEOHFHGRPPDJH FHWWH SODLQWH D VRXWHQX TX¶DXFXQ GURLW j LQGHPQLVDWLRQ
SHXWrWUHpYDOXpFRPSWHWHQXGHODSHUWLQHQFHpFRQRPLTXH FRQFHUQDQWGHVpOpPHQWVQRQTXDQWL¿DEOHVGHVGRPPDJHV
LQWULQVqTXH GH OD GHVWUXFWLRQ GH OD GpWpULRUDWLRQ RX GH à l’environnement marin n’existait en vertu du régime
O¶DOWpUDWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQWSRXUODFRPPXQDXWpTXL établi par la Convention internationale sur la responsa-
EpQp¿FLH GHV UHVVRXUFHV GX PLOLHX eWDQW GRQQp TXH OHV bilité civile pour les dommages dus à la pollution par
dommages à l’environnement ne peuvent pas faire l’objet les hydrocarbures et par la Convention portant création
G¶XQHpYDOXDWLRQSpFXQLDLUHSXLVTX¶LOVQ¶RQWSDVGHYDOHXU G¶XQIRQGV'HSOXVODORLLWDOLHQQHHQTXHVWLRQLQWURGXL-
PDUFKDQGHLOVQHSHXYHQWrWUHLQGHPQLVpVTXHVXUODEDVH sait un élément punitif dans le calcul de l’indemnisation,
G¶XQHpYDOXDWLRQpTXLWDEOH/DFRXUDpJDOHPHQWDXWRULVp FHTXLQHSRXYDLWSDVDYRLUpWpO¶LQWHQWLRQGHVDXWHXUVGX
l’établissement d’un rapport d’experts pour évaluer plus UpJLPHGHVGHX[&RQYHQWLRQVHQTXHVWLRQ&HWWHYXHDpWp
concrètement le dommage à l’environnement742. appuyée, lors d’une session du Comité exécutif du Fonds
SDUOD)UDQFHOH-DSRQHWOH5R\DXPH8QLDLQVLTXHSDU
742
/DFRXUG¶DSSHODVRXWHQXFHTXLVXLW des observateurs des compagnies maritimes, des sociétés
«[L]’environnement doit être considéré comme un patrimoine d’assurance et de transport de marchandises.
LQGLYLVLEOH GLVWLQFW GHV FRPSRVDQWV TXL OH FRQVWLWXHQW WHUULWRLUH
HDX[ WHUULWRULDOHV SODJHV SRLVVRQV HWF TXL HQJOREH OHV UHVVRXUFHV
naturelles, la santé et le paysage. Le droit à l’environnement appartient pTXLWDEOHTXHSHXWpWDEOLUODFRXUHQVHIRQGDQWVXUO¶RSLQLRQG¶H[SHUWV
à l’État, en sa capacité de représentant des collectivités. Les dommages >«@/DGp¿QLWLRQGX³GRPPDJHSDUSROOXWLRQ´jO¶DUWLFOH,GHFHWWH
jO¶HQYLURQQHPHQWSRUWHQWSUpMXGLFHjGHVYDOHXUVLPPDWpULHOOHVTXLQH &RQYHQWLRQHVWVXI¿VDPPHQWYDVWHSRXULQFOXUHGHVGRPPDJHVFDXVpV
peuvent pas être évaluées en termes monétaires au prix du marché, et à l’environnement du type visé ci-dessus.»
consistent en une réduction des possibilités d’utiliser l’environnement. (Résumé du jugement de la cour d’appel, FUND/EXC.30/2,
Ces dommages peuvent faire l’objet d’une indemnisation sur une base 29 novembre 1991, par. 4.15.)
196 Documents de la cinquante-sixième session
573. Dans l’affaire In the matter of the people of Enewe- 576. Ainsi, le Marshall Islands Nuclear Claims Tribu-
tak TXL D pWp H[DPLQpH SDU OH 0DUVKDOO ,VODQGV 1XFOHDU nal a trouvé des éléments en faveur de la remise en état
Claims Tribunal, le tribunal a eu l’occasion d’étudier si la en se référant à la législation des États-Unis relative à
remise en état constituait une réparation appropriée pour O¶HQYLURQQHPHQW HW HQ SDUWLFXOLHU j FHUWDLQHV SROLWLTXHV
les pertes encourues par la population de l’atoll d’Eniwe- et certains critères de la loi intitulée Comprehensive Envi-
WRNHQFRQVpTXHQFHGHVHVVDLVQXFOpDLUHVUpDOLVpVSDUOHV ronmental Responses, Compensation and Liability Act et
États-Unis. Le tribunal a octroyé des indemnités corres- a déterminé les normes actuellement en vigueur des États-
pondant aux dépenses de nettoyage et de réaménagement, 8QLV TXL V¶DSSOLTXHUDLHQW j (QLZHWRN VL FHW DWROO pWDLW
ventilées comme suit: 22,5 millions de dollars des États- situé dans le territoire des États-Unis751.
8QLVSRXUO¶pOLPLQDWLRQGHVWHUUHVFRQWDPLQpHVPLO-
OLRQV GH GROODUV DX WLWUH GX WUDLWHPHQW SDU SRWDVVLXP /H WpPRLJQDJH G¶H[SHUWV D LQGLTXp TXH OD SULQ-
31,3 millions de dollars au titre de l’évacuation des sols cipale source de radioexposition pour les résidents
GLJXH PLOOLRQV GH GROODUV DX WLWUH GX QHWWR\DJH GX d’Eniwetok serait l’ingestion d’aliments cultivés locale-
SOXWRQLXPPLOOLRQVGHGROODUVDXWLWUHGHODUpDOLVD- ment. Cela a été jugé particulièrement important, parce
WLRQG¶pWXGHVHWPLOOLRQVGHGROODUVSRXUODUHPLVHHQ TXHGXIDLWGHODQDWXUHGHVVROVGHO¶DWROOOHVSODQWHVRQW
état des sols et la plantation de végétation. DEVRUEpGHJUDQGHVTXDQWLWpVGHUDGLRQXFOpLGHVGRQWOH
césium 137 était le plus préoccupant. Sur la base d’une
574. Le Marshall Islands Nuclear Claims Tribunal DQDO\VHLQIRUPDWLTXHQRUPDOLVpHDPpULFDLQHXQHWHQHXU
a commencé par examiner les parties pertinentes du de césium dans le sol comprise entre 0,32 et 0,35 pico-
paragraphe 929, point 1 a, du Restatement of the Law FXULHSDUJUDPPHFXEHDERXWLUDLWjXQpTXLYDOHQWDQQXHO
(Second), Torts HW D pWDEOL TX¶LO H[LVWDLW GHV PRWLIV de dose de 15 millirems, en prenant pour hypothèse
personnels convaincants en faveur de la remise en état XQ UpJLPH DOLPHQWDLUH XQLTXHPHQW j EDVH GH SURGXLWV
GHVWHUUHVHQGRPPDJpHVHWTXHODGLPLQXWLRQGHODYDOHXU locaux.
marchande ne constituait pas une mesure appropriée des
dommages. En premier lieu, pour les habitants des Îles %LHQTX¶LOVRLWSHXYUDLVHPEODEOHTXHOHUpJLPHDOL-
Marshall en général et la population d’Eniwetok en parti- mentaire soit exclusivement composé de produits locaux,
culier, la terre fait partie intégrante d’une personne et de OH 0DUVKDOO ,VODQGV 1XFOHDU &ODLPV7ULEXQDO D MXJp TXH
VRQLGHQWLWp&¶HVWXQpOpPHQWFRQVWLWXWLIGHO¶LGpHTX¶XQH cette hypothèse était une hypothèse de travail utile pour
personne se fait de sa situation dans le monde, de son sens comprendre la situation de la «personne raisonnablement
de la vie et c’est un élément de la culture. Le sens de la soumise à une exposition maximale752». Les résultats de
personnalité individuelle et culturelle est profondément deux études d’experts réalisées à Eniwetok ont fait appa-
enraciné dans une parcelle de terre donnée d’un atoll par- raître des différences mineures de concentration. En partant
ticulier747(QRXWUHOHWULEXQDODFRQVWDWpTXHWUDGLWLRQ- de l’hypothèse d’un régime alimentaire local, un rapport a
nellement, les habitants des Îles Marshall ne vendent pas fait apparaître une teneur en césium comprise entre 0,247
OHVGURLWVGHSURSULpWpTXLVRQWDFTXLVjODQDLVVDQFH,OD et 0,274 picocurie par gramme cube (selon la méthode
GRQFFRQVWDWpTXHO¶RQQHSRXYDLWSDVHQYLVDJHUOHVGRP- XWLOLVpH SRXU OH FDOFXO GH O¶H[SRVLWLRQ FH TXL HQWUDvQH-
mages du point de vue de la diminution de la valeur, parce rait une dose de 15 millirems par an pour la personne rai-
TX¶LOQ¶H[LVWDLWSDVGHPDUFKpGHVELHQVLPPRELOLHUVSRV- sonnablement soumise à une exposition maximale et, si
sédés en toute propriété permettant de fournir des valeurs l’on ajoute une exposition du fait du milieu de l’ordre de
comparables pour évaluer la perte. En outre, une approche 0,08 picocurie, la teneur se situerait entre 0,327 et
fondée sur le marché ne permettrait pas d’évaluer exacte- 0,354 picocurie par gramme cube. L’autre méthode a éta-
PHQW OD SHUWH SDUFH TX¶HOOHQH WLHQGUDLWSDV FRPSWHGHV EOLTX¶XQHWHQHXUGHSLFRFXULHSDUJUDPPHFXEHFRU-
PRWLIVSHUVRQQHOVSURIRQGVTX¶DODSRSXODWLRQG¶(QLZH- respondrait à une dose de 15 millirems par an, sur la base
tok de remettre sa terre en l’état748. d’un régime alimentaire entièrement local.
/HGURLWDSSOLFDEOHVWLSXODLWTXHORUVTX¶LOVWDWXHVXU 579. Les parties ont donc mis au point leur scénario
XQSUREOqPHMXULGLTXHOH0DUVKDOO,VODQGV1XFOHDU&ODLPV GH UHPLVH HQ pWDW HQ VH ¿[DQW FHW REMHFWLI GH FRQFHQWUD-
Tribunal peut se référer à la législation des Îles Marshall, WLRQ /HV WHFKQLTXHV GH EDVH RQW FRPSULV O¶pOLPLQDWLRQ
y compris le droit traditionnel, au droit international, et, du sol contaminé, l’épandage de potassium sur le sol
en l’absence de droit national ou international, à la légis- pour réduire l’absorption de césium par les plantes et
lation des États-Unis749. Le tribunal a d’abord examiné la l’utilisation de plantes pour débarrasser le sol de ses radio-
TXHVWLRQGXFRWGXQHWWR\DJHUDGLRORJLTXH,ODDFFHSWp FRQWDPLQDQWV /¶HI¿FDFLWp GH FHWWH QRXYHOOH HW SURPHW-
la position de l’AIEA, concernant les normes applicables WHXVH WHFKQLTXH GH WUDLWHPHQW SDU OHV SODQWHV Q¶D SDV SX
GHUDGLRSURWHFWLRQjVDYRLUTXH IDLUH O¶REMHW G¶XQH pYDOXDWLRQ ¿DEOH j (QLZHWRN DWROO
corallien.
(Q WDQW TXH SULQFLSH IRQGDPHQWDO OHV SROLWLTXHV HW QRUPHV YLVDQW j
protéger les populations en dehors des frontières nationales contre les 751
Ibid. Au titre du document intitulé «Establishment of cleanup
rayonnements provenant du rejet de substances radioactives doivent
levels for CERCLA sites with radioactive contamination», publié sous
rWUHDXPRLQVDXVVLULJRXUHXVHVTXHFHOOHVDSSOLFDEOHVjODSRSXODWLRQ
l’égide de l’Environmental Protection Agency:
vivant sur le territoire du pays où s’est produit le rejet des substances
«Le nettoyage devrait généralement permettre d’atteindre un niveau
HQTXHVWLRQ750.
GH ULVTXH FRPSRUWDQW XQH IRXUFKHWWH GH ULVTXHV FDUFLQRJpQLTXHV GH
10-4 à 10-6, sur la base de l’exposition maximale raisonnable d’un
747 particulier. […] Si une évaluation de dose est réalisée sur le site, la
ILM, vol. 39, no 5, 2002, p. 1219.
748
dose limite maximale pour les humains devrait être en général de
Ibid., p. 1220. PLOOLUHPVG¶pTXLYDOHQWGHGRVHª
749
Ibid. (Ibid., p. 1220 et 1221.)
750 752
Ibid. Ibid., p. 1221.
198 Documents de la cinquante-sixième session
580. Par ailleurs, l’épandage de potassium sur le sol pour Cette option, chiffrée à 31,5 millions de dollars des États-
EORTXHUO¶DEVRUSWLRQGHFpVLXPDIDLWO¶REMHWG¶HVVDLV Unis, s’est révélée être la plus performante756.
FRQVLGpUDEOHVHWRQDFRQVWDWpTXHFHWWHPpWKRGHUpGXLVDLW
FHWWHDEVRUSWLRQSDUXQIDFWHXUGH&HWWHWHFKQLTXHpWDLW 585. L’option consistant à évacuer les déchets dans une
WRXWHIRLVLQHI¿FDFHGDQVOHFDVGHFRQFHQWUDWLRQVSOXVpOH- vOHLQKDELWpHDpWppFDUWpHFDUDXFXQVLWHQ¶DpWpLGHQWL¿p
YpHV (Q RXWUH OH SRWDVVLXP EORTXDLW XQLTXHPHQW O¶DE- HWRQQ¶DSDVSXWURXYHUGHSURSULpWDLUHTXLFRQVHQWLUDLWj
sorption, sans nettoyer le sol. Le déblayage du sol était cette évacuation. Le Marshall Islands Nuclear Claims Tri-
XQH WHFKQLTXH pSURXYpH TXL DYDLW pWp XWLOLVpH GDQV GHV EXQDODpJDOHPHQWUHFRQQXTXHFHQ¶pWDLWSDVOjO¶RSWLRQ
efforts antérieurs de nettoyage sur l’atoll, mais elle néces- TXH SUpIpUDLW OD SRSXODWLRQ G¶(QLZHWRN ,O D pJDOHPHQW
sitait de procéder à des excavations et le sol contaminé en écarté l’option concernant l’enfouissement dans un cra-
JUDQGHTXDQWLWpFHTXLSRVDLWGHVSUREOqPHVVXUOHSODQ WqUH%LHQTXHFHWWHPpWKRGHDLWpWpXWLOLVpHSDUOHSDVVp
pFRORJLTXH GX IDLW GH O¶HQOqYHPHQW GH OD FRXFKH VXSp- elle ne favoriserait pas la productivité de la collectivité.
ULHXUHGXVRO&HWWHWHFKQLTXHpWDLWpJDOHPHQWRQpUHXVH 'HSOXVDXFXQVLWHQ¶DpWpLGHQWL¿pHWFHWWHPpWKRGHVHUDLW
plus onéreuse (84,7 millions de dollars des États-Unis)
581. Le Marshall Islands Nuclear Claims Tribunal a TXHO¶RSWLRQFRQVLVWDQWjFRQVWUXLUHXQHGLJXH
décidé de mettre en œuvre une solution combinée asso-
ciant la protection, la dilution et l’élimination du sol. 586. S’agissant de l’île de Runit, le Marshall Islands
Ainsi, le tribunal a ordonné le versement d’un montant Nuclear Claims Tribunal a constaté la présence de plu-
de 22 millions de dollars des États-Unis, au titre du tonium 239 résiduel. Les niveaux de rayonnement dépas-
GpEODLHPHQWGXVROPLOOLRQVGHGROODUVDX[¿QVGX saient les limites acceptables et l’île demeurait isolée. Le
traitement par potassium pendant 100 ans, y compris un WULEXQDO D QRWp TX¶LO pWDLW SRVVLEOH GH QHWWR\HU OH SOXWR-
programme rationnel de gestion du sol et un montant de nium, grâce à des méthodes de tri du sol et en dissolvant
PLOOLRQVGHGROODUVDX[¿QVG¶HQTXrWHVUDGLRORJLTXHV OHVROFRUDOOLHQSRXUVpSDUHUOHSOXWRQLXPDX[¿QVGHVRQ
pour appuyer l’effort de nettoyage753. &HV HQTXrWHV évacuation. Il a octroyé une indemnisation de 10 millions
comprenaient: de dollars à cet effet757.
8QHHQTXrWHGpFULYDQWO¶pWDWGHODVLWXDWLRQFRPSUHQDQWGHVPHVXUHV 587. Outre les frais liés à l’enlèvement et à l’évacua-
VXU OH WHUUDLQ HW GHV DQDO\VHV GH ODERUDWRLUH >@ D¿Q GH IRXUQLU GHV
informations sur l’emplacement et la nature exactes de la contami-
tion du sol contaminé, le Marshall Islands Nuclear Claims
QDWLRQ GH PDQLqUH TXH OHV GLUHFWLYHV HQ PDWLqUH GH QLYHDX[ VRLHQW 7ULEXQDODpWDEOLTXHOHVROGRLWUHGHYHQLUSURGXFWLI2QD
UHVSHFWpHV 8QH HQTXrWH SHUPDQHQWH VXU OHV PHVXUHV FRUUHFWLYHV>@ HVWLPpTXHOHVROTXHO¶RQSRXUUDLWGUDJXHUGXODJRQSRXU
SRXUDSSX\HUO¶HIIRUWGHQHWWR\DJHHQFRXUVHWHQ¿QXQHHQTXrWHYLVDQW UHPSODFHUFHOXLTXLDYDLWpWp{WpQHFRQWLHQGUDLWSDVVXI-
jJDUDQWLUTXHOHVQLYHDX[GHUHPLVHHQpWDWRQWpWpDWWHLQWVGDQVOHV ¿VDPPHQWGHPDWLqUHVRUJDQLTXHVSRXUrWUHSURGXFWLIVXU
zones concernées754.
le plan agricole. Sur les deux possibilités envisagées, à
582. S’agissant de l’enlèvement et de l’évacuation du savoir importer des terres arables ou remettre en état le
sol contaminé, le Marshall Islands Nuclear Claims Tribu- sol par des moyens agricoles, le tribunal a donné la préfé-
nal a analysé les diverses options examinées par les par- rence à la dernière de ces méthodes.
ties, dont le déversement dans le lagon, l’immersion dans
Cette approche permettrait de remettre le sol en état par des moyens
l’océan, l’évacuation (sans stabilisation des déchets) sur naturels, en utilisant des ressources locales et avec la participation des
une île inhabitée de l’atoll, l’utilisation du sol contaminé propriétaires et de la main-d’œuvre locale. Cette méthode a été mise à
SRXUpWHQGUHODVXSHU¿FLHGHO¶DWROOODFRQVWUXFWLRQG¶XQH O¶HVVDL>@VXU(QLZHWRN/HFRWXQLWDLUHGHFHWWHPpWKRGHHVWpYDOXpj
digue, l’enfouissement dans un cratère et l’évacuation aux 29 000 dollars l’acre [contre 40 062 dollars l’acre pour l’importation de
États-Unis. WHUUHVDUDEOHV@LOHVWWRXWHIRLVUHFRQQXTX¶LOIDXGUDMXVTX¶jDQVSRXU
remettre la terre en état d’être cultivée sans additif. L’option consistant
jLPSRUWHUGXVRODUDEOHQHFRPSUHQDLWSDVOHFRWGHODUHSODQWDWLRQ
2QDJpQpUDOHPHQWFRQVWDWpTXHO¶pYDFXDWLRQDX[ ni de l’entretien ou des soins aux plantes. De plus, on se préoccupait
eWDWV8QLVVHUDLWSOXVRQpUHXVHTXHO¶pYDFXDWLRQORFDOHGX GH FH TXH HQ LPSRUWDQW GHV WHUUHV DUDEOHV RQ SRXUUDLW LQWURGXLUH GHV
sol contaminé, le déversement dans le lagon étant l’option parasites ou des plantes étrangers, ne convenant pas à l’écosystème
d’Eniwetok758.
la moins onéreuse. Toutefois, cette dernière option a été
pOLPLQpHHQUDLVRQGHVSUpRFFXSDWLRQVMXULGLTXHVHWSROL- 588. Le Marshall Islands Nuclear Claims Tribunal a
WLTXHVOLpHVjO¶LPPHUVLRQGHGpFKHWVUDGLRDFWLIV755. ¿[pOHFRWGHODUHPLVHHQpWDWHWGHODUHSODQWDWLRQGHV
sols des zones touchées à 17,7 millions de dollars, comme
584. Le Marshall Islands Nuclear Claims Tribunal l’avaient demandé les plaignants759.
D FRQFOX TXH O¶RSWLRQ FRQVLVWDQW j FRQVWUXLUH XQH GLJXH
SURWpJHDLW GDYDQWDJH OHV UpVLGHQWV GX ULVTXH SRVp SDU OD 589. Dans certains cas, une indemnisation a pu être
UDGLRH[SRVLWLRQ TXH OHV DXWUHV PpWKRGHV UpDOLVDEOHV HQ recherchée et examinée dans le cadre d’un règlement
PDWLqUHG¶pYDFXDWLRQORFDOH&RPSWHWHQXGXIDLWTXHOD général entre parties à un différend. Dans l’affaire relative
radioexposition s’effectuait principalement par l’inges- au 3URMHW*DEþtNRYR1DJ\PDURV +RQJULH6ORYDTXLH 760,
WLRQGHGHQUpHVDOLPHQWDLUHVHWQRWDPPHQWGHSODQWHVTXL OD &,- H[DPLQDQW OD TXHVWLRQ GH OD GpWHUPLQDWLRQ GHV
avaient absorbé des substances radioactives contenues FRQVpTXHQFHVGHVRQMXJHPHQWV¶DJLVVDQWGXYHUVHPHQW
dans le sol, une digue pourrait séparer le sol contaminé des
zones cultivées, protégeant la population de l’exposition.
756
Ibid., p. 1223.
757
Ibid.
753 758
Ibid., p. 1222. Ibid.
754 759
Ibid. Ibid.
755 760
Ibid., p. 1222 et 1223. Arrêt, C.I.J. Recueil 1997, p. 81, par. 151 à 154.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 199
GH GRPPDJHVLQWpUrWV D DI¿UPp XQH UqJOH ELHQ pWDEOLH La Convention de Paris de 2004 contient des dispositions
GX GURLW LQWHUQDWLRQDO VHORQ ODTXHOOH XQ eWDW OpVp D GURLW analogues762(OOHGLVSRVHHQRXWUHTXHOHVPRQWDQWVSUp-
jREWHQLUUpSDUDWLRQGHO¶eWDWTXLDFRPPLVXQDFWHLQWHU vus à l’article 7 peuvent être convertis en monnaie natio-
QDWLRQDOHPHQW LOOLFLWH SRXU OH GRPPDJH TX¶LO D FDXVp QDOHHQFKLIIUHVURQGV&KDTXHSDUWLHFRQWUDFWDQWHSUHQG
$\DQW FRQFOX TXH OHV GHX[ SDUWLHV DYDLHQW FRPPLV GHV OHVGLVSRVLWLRQVQpFHVVDLUHVSRXUTXHOHVSHUVRQQHVD\DQW
DFWHV LQWHUQDWLRQDOHPHQW LOOLFLWHV HW FRQVWDWp TXH FHX[ subi des dommages puissent faire valoir leurs droits à
ci sont à l’origine des dommages subis par les parties, réparation sans avoir à entamer des procédures différentes
OD &RXU D FRQFOX TXH OD 6ORYDTXLH pWDLW HQ GURLW G¶rWUH selon l’origine des fonds destinés à cette réparation763.
indemnisée de dommages subis tant par la Tchécoslo- Ces dispositions trouvent leur précédent dans la Conven-
YDTXLHTXHSDUHOOHPrPHGXIDLWGHODGpFLVLRQKRQJURLVH WLRQ GH9LHQQH GH WHOOH TXH PRGL¿pH SDU OH 3URWR-
de suspendre puis d’abandonner les travaux à Nagymaros FROHG¶DPHQGHPHQWGHTXLVWLSXOHTXHOHVPRQWDQWV
et Dunakiliti, car ces agissements ont occasionné le report ¿[pV DX WLWUH GH OD UHVSRQVDELOLWp SHXYHQW rWUH FRQYHUWLV
GHODPLVHHQVHUYLFHGHODFHQWUDOHGH*DEþtNRYRHWXQH HQPRQQDLHQDWLRQDOHHQFKLIIUHVURQGV'HSOXVFKDTXH
fois celle-ci mise en service, des changements dans son partie contractante prend les dispositions nécessaires pour
mode de fonctionnement. La Hongrie, pour sa part, était TXHOHVSHUVRQQHVD\DQWVXELGHVGRPPDJHVSXLVVHQWIDLUH
HQGURLWG¶rWUHLQGHPQLVpHGHVGRPPDJHVTX¶HOOHDVXELV valoir leurs droits à réparation sans avoir à entamer des
du fait du détournement du Danube, car la Tchécoslo- procédures différentes selon l’origine des fonds destinés
YDTXLHHQPHWWDQWHQVHUYLFHODYDULDQWH&HWOD6ORYDTXLH à cette réparation764.
en la maintenant en service, avaient privé la Hongrie de
sa part légitime de ressources en eau partagées et avaient 593. Aux termes du paragraphe premier de l’article VIII
H[SORLWpFHVUHVVRXUFHVHVVHQWLHOOHPHQWjOHXUSUR¿W GHOD&RQYHQWLRQGH9LHQQHGHWHOOHTXHPRGL¿pHSDU
le Protocole d’amendement de 1997 et de l’article VIII de
7RXWHIRLV FRPSWH WHQX GH FH TXH OHV SDUWLHV RQW la Convention de Vienne de 1963, la nature, la forme et
FRPPLVGHV DFWHV LOOLFLWHVFURLVpV OD&,- D IDLWREVHUYHU l’étendue de la réparationDLQVLTXHla répartition équi-
TXH OD TXHVWLRQ GH O¶LQGHPQLVDWLRQ SRXYDLW rWUH UpVROXH table des indemnités sont régies par le droit du tribunal
de façon satisfaisante, dans le cadre d’un règlement d’en- compétent des parties contractantes:
semble, si chacune des parties renonçait à ses demandes
G¶RUGUH¿QDQFLHURXOHVDQQXODLW'DQVOHPrPHWHPSVOD Sous réserve des dispositions de la présente Convention, la
&RXUDVRXOLJQpTXHOHUqJOHPHQWGHVFRPSWHVFRQFHUQDQW QDWXUH OD IRUPH HW O¶pWHQGXH GH OD UpSDUDWLRQ DLQVL TXH OD UpSDU-
WLWLRQpTXLWDEOHGHVLQGHPQLWpVVRQWUpJLHVSDUOHGURLWGXWULEXQDO
ODFRQVWUXFWLRQGHVRXYUDJHVpWDLWXQHTXHVWLRQGLVWLQFWH compétent.
de celle de l’indemnisation et devait être effectué confor-
mément au Traité de 1977 et aux instruments y afférents. 594. La Convention de Vienne de 1963, en application
d’un amendement introduit à l’article 10 du Protocole
2. MODALITÉS D’INDEMNISATION d’amendement de 1997, envisage au paragraphe 2
GH O¶DUWLFOH 9,,, TXH OD SULRULWp GDQV OD UpSDUWLWLRQ GHV
'DQV OD SUDWLTXH GHV eWDWV O¶LQGHPQLVDWLRQ GHV indemnités est donnée aux demandes présentées du fait
dommages transfrontières causés par des activités menées de décès ou de dommages aux personnes.
dans les limites de la juridiction territoriale ou sous le
contrôle des États, a été réglée soit sous forme d’une /¶DUWLFOHGX3URWRFROHSRUWDQWPRGL¿FDWLRQGHOD
somme forfaitaire versée à l’État lésé, ce dernier devant Convention du 29 juillet 1960 sur la responsabilité civile
régler les réclamations individuelles, soit directement aux dans le domaine de l’énergie nucléaire, amendée par le
plaignants eux-mêmes. L’indemnisation, dans les rela- Protocole additionnel du 28 janvier 1964 et par le Proto-
tions entre États, emprunte des formes analogues à celles cole du 16 novembre 1982 est conçu comme suit:
TXL H[LVWHQW HQ GURLW LQWHUQH &HUWDLQHV FRQYHQWLRQV SUp-
YRLHQWG¶DLOOHXUVTXHODTXHVWLRQGHO¶LQGHPQLVDWLRQGRLW 7RXWH SHUVRQQH EpQp¿FLDQW GHV GLVSRVLWLRQV GH OD SUpVHQWH
être réglée par la législation nationale. Pour les indemni- Convention a droit à la réparation intégrale du dommage nucléaire subi,
conformément aux dispositions prévues par le droit national. Toutefois,
tés pécuniaires, les États se sont généralement efforcés de XQH3DUWLHFRQWUDFWDQWHSHXW¿[HUGHVFULWqUHVGHUpSDUDWLRQpTXLWDEOHV
choisir une monnaie aisément convertible. de la réparation disponible en vertu de la présente Convention pour
a) Pratique conventionnelle «g /HV LQWpUrWV HW GpSHQV OLTXLGpV SDU OH WULEXQDO VDLVL G¶XQH
action en réparation en vertu de la présente Convention ne sont pas
592. Des conventions multilatérales mentionnent certes considérés comme des indemnités au sens de la présente Convention et
VRQWGXVSDUO¶H[SORLWDQWHQVXVGXPRQWDQWGHVUpSDUDWLRQVTXLSHXYHQW
les formes d’indemnisation mais leurs dispositions ne sont être dues en vertu du présent article.
pas très détaillées. On s’est efforcé, dans ces conventions, «Article 11
jFHTXHO¶LQGHPQLVDWLRQVRLWXWLOHjODSDUWLHOpVpHHQYHLO- ©/D QDWXUH OD IRUPH HW O¶pWHQGXH GH OD UpSDUDWLRQ DLQVL TXH OD
lant au choix de la monnaie et à sa transférabilité d’un UpSDUWLWLRQpTXLWDEOHGHVLQGHPQLWpVVRQWUpJLHVGDQVOHVOLPLWHVSUpYXHV
État à un autre. Dans la Convention de Paris de 1960, par par la présente Convention, par le droit national.
«Article 12
exemple, la nature, la forme et l’étendue de l’indemnisa- «Les indemnités payables conformément à la présente Convention,
WLRQDLQVLTXHVDrépartition équitable doivent être régies OHVSULPHVG¶DVVXUDQFHHWGHUpDVVXUDQFHDLQVLTXHOHVVRPPHVSURYHQDQW
par le droit national. En outre, l’indemnisation doit être GH O¶DVVXUDQFH GH OD UpDVVXUDQFH RX G¶XQH DXWUH JDUDQWLH ¿QDQFLqUH
librement transférable entre les parties contractantes761. en vertu de l’article 10 et les intérêts et dépens visés à l’article 7 g
sont librement transférables entre les zones monétaires des Parties
761
contractantes.»
Les dispositions pertinentes de cette Convention se lisent comme 762
Art. 7 h, 11 et 12.
suit: 763
«Article 7 Art. 7, al. i et j.
764
« […] Art. V A et B.
200 Documents de la cinquante-sixième session
OH FDV R OH PRQWDQW GHV GRPPDJHV GpSDVVH RX ULVTXH GH GpSDVVHU blessé et la perte subie par ce dernier par suite d’une inca-
PLOOLRQVG¶HXURVVDQVTX¶LOHQUpVXOWHTXHOOHTXHVRLWO¶RULJLQH pacité de travail totale ou partielle767.
des fonds et sous réserve des dispositions de l’article 2, de discrimina-
tion en fonction de la nationalité, du domicile ou de la résidence de la
personne ayant subi le dommage. 599. La Convention sur la responsabilité internationale
pour les dommages causés par des objets spatiaux prévoit
596. En outre, en vertu de l’article 9, le régime d’al- TXHVLOHVSDUWLHVLQWpUHVVpHVHQFRQYLHQQHQWODUpSDUDWLRQ
location des fonds publics disponibles est celui de la SHXW rWUH SD\pH GDQV Q¶LPSRUWH TXHOOH PRQQDLH VLQRQ
partie contractante, dont les tribunaux sont compé- elle est payée dans la monnaie de l’État demandeur. Si
WHQWV 7RXWHIRLV FKDTXH SDUWLH FRQWUDFWDQWH SUHQG OHV l’État demandeur en convient, la réparation peut être
GLVSRVLWLRQV QpFHVVDLUHV SRXU TXH OHV SHUVRQQHV D\DQW payée dans la monnaie de l’État qui est tenu de réparer le
subi un dommage nucléaire puissent faire valoir leurs dommage768.
droits à réparation sans avoir à entamer des procédures
différentes selon l’origine des fonds destinés à cette b) Jurisprudence et pratique des États
réparation765. autres que des accords
597. La Convention relative à la responsabilité des /D MXULVSUXGHQFH HW OD FRUUHVSRQGDQFH RI¿FLHOOH
H[SORLWDQWV GH QDYLUHV QXFOpDLUHV Gp¿QLW OD YDOHXU RU GX ne donnent des indications sur les modalités de l’indem-
IUDQFPRQQDLHGDQVODTXHOOHODUpSDUDWLRQGRLWrWUHYHU- QLVDWLRQ TXH GDQV XQ SHWLW QRPEUH GH FDV QRWDPPHQW
VpH (OOH VWLSXOH pJDOHPHQW TXH OHV GRPPDJHVLQWpUrWV GDQV FHOXL GH O¶LQGHPQLVDWLRQ YHUVpH DX -DSRQ SDU OHV
SHXYHQW rWUH FRQYHUWLV HQ FKDTXH PRQQDLH QDWLRQDOH HQ États-Unis du fait des préjudices causés par les essais
FKLIIUHV URQGV HW TXH OD FRQYHUVLRQ HQ PRQQDLHV QDWLR- QXFOpDLUHVGDQVOH3DFL¿TXHHWFHOXLGHO¶LQGHPQLVDWLRQ
QDOHVDXWUHVTXHODPRQQDLHRUGRLWrWUHHIIHFWXpHVXLYDQW exigée du Royaume-Uni dans l’affaire de l’Alabama769.
leur valeur or766. Dans les deux cas, un paiement forfaitaire a été effectué
pour permettre aux États lésés de verser une réparation
598. La Convention additionnelle à la Convention inter- pTXLWDEOH DX[ SHUVRQQHV DIIHFWpHV (Q UHYDQFKH GDQV
nationale concernant le transport des voyageurs et des l’affaire «I’m Alone», il a été recommandé de verser
EDJDJHVSDUFKHPLQGHIHU &,9 GLVSRVHTXHGDQVOHFDV XQH LQGHPQLWp DX &DQDGD DX SUR¿W GX FRPPDQGDQW HW
de certains dommages, la réparation doit être allouée sous G¶DXWUHV PHPEUHV GH O¶pTXLSDJH RX GH OHXUV UHSUpVHQ-
forme de capital. Toutefois, si le droit national permet WDQWV 'HV PRQWDQWV VSpFL¿TXHV RQW pWp LQGLTXpV SRXU
l’allocation d’une rente, elle est allouée sous cette forme FKDTXHSHUVRQQH'DQVO¶DIIDLUHVellore Citizens Welfare
ORUVTXH OH YR\DJHXU OpVp OH GHPDQGH /HV GRPPDJHV Forum v. Union of India, la Cour suprême a chargé les
intérêts sont également alloués dans le cas des dommages pouvoirs publics de constituer, en vertu de la législation
VXELVSDUOHVSHUVRQQHVjO¶pJDUGGHVTXHOOHVOHGpIXQWDYDLW pertinente en matière d’environnement, un organisme
OpJDOHPHQWXQHREOLJDWLRQDOLPHQWDLUHDLQVLTXHSRXUFRX- pour calculer les indemnités à verser pour préjudices à
vrir les frais de traitement et de transport du voyageur l’écologie et destinées aux particuliers. La Cour suprême
DRUGRQQpHQRXWUHFHTXLVXLW
765
Voir aussi les articles 8 et 9 de la Convention de Bruxelles de
8Q pWDW LQGLTXDQW OH PRQWDQW WRWDO IDLVDQW O¶REMHW GH OD UpSDUDWLRQ OH
1963:
QRPGHVSROOXHXUVDXSUqVGHVTXHOVFHPRQWDQWGRLWrWUHREWHQXOHPRQ-
«Article 8
WDQWjREWHQLUGXSROOXHXUOHVSHUVRQQHVjTXLXQHLQGHPQLVDWLRQGRLW
©7RXWH SHUVRQQH EpQp¿FLDQW GHV GLVSRVLWLRQV GH OD SUpVHQWH
être versée et le montant versable à chacune d’entre elles sera commu-
Convention a droit à la réparation intégrale du dommage subi,
QLTXpDX[UHFHYHXUVGHVLPS{WVRXDX[PDJLVWUDWVGHGLVWULFWGHOD]RQH
conformément aux dispositions prévues par le droit national. Toutefois,
concernée. [...]
FKDTXH 3DUWLH FRQWUDFWDQWH SHXW ¿[HU GHV FULWqUHV GH UpSDUWLWLRQ
pTXLWDEOHVSRXUOHFDVROHPRQWDQWGHVGRPPDJHVGpSDVVHRXULVTXH
de dépasser: 767
©L PLOOLRQVG¶XQLWpVGHFRPSWHRX Les dispositions pertinentes de la Convention sont conçues
©LL OD VRPPH SOXV pOHYpH TXL UpVXOWHUDLW G¶XQ FXPXO GH comme suit:
responsabilités en vertu de l’article 5 b de la Convention de Paris, «Article 6. Forme et limitation des dommages-intérêts en cas de
©VDQV TX¶LO HQ UpVXOWH TXHOOH TXH VRLW O¶RULJLQH GHV IRQGV HW VRXV mort ou de blessures du voyageur
réserve des dispositions de l’article 2, de discrimination en fonction de «1. Les dommages-intérêts prévus à l’article 3, paragraphe 2, et à
la nationalité, du domicile ou de la résidence de la personne ayant subi l’article 4, alinéa bGRLYHQWrWUHDOORXpVVRXVIRUPHGHFDSLWDOWRXWHIRLV
le dommage. si le droit national permet l’allocation d’une rente, ils sont alloués sous
«Article 9 FHWWH IRUPH ORUVTXH OH YR\DJHXU OpVp RX OHV D\DQWV GURLW GpVLJQpV j
«a) Le régime d’allocation des fonds publics visés à l’article 3 b, l’article 3, paragraphe 2, le demandent.
ii, iii et f est celui de la Partie contractante dont les tribunaux sont «Article 9. Intérêts et restitution des indemnités
compétents. «1. L’ayant droit peut demander des intérêts de l’indemnité,
«b &KDTXH3DUWLHFRQWUDFWDQWHSUHQGOHVGLVSRVLWLRQVQpFHVVDLUHV TXLVRQWFDOFXOpVjUDLVRQGHO¶DQ&HVLQWpUrWVFRXUHQWGXMRXU
SRXU TXH OHV SHUVRQQHV D\DQW VXEL XQ GRPPDJH SXLVVHQW IDLUH YDORLU de la réclamation administrative ou, s’il n’y a pas de réclamation,
leurs droits à réparation sans avoir à entamer des procédures différentes du jour de la demande en justice. Toutefois, pour les indemnités
selon l’origine des fonds destinés à cette réparation. GXHVHQYHUWXGHVDUWLFOHVHWOHVLQWpUrWVQHFRXUHQWTXHGXMRXU
«c) Aucune Partie contractante n’est tenue d’allouer les ROHVIDLWVTXLRQWVHUYLjODGpWHUPLQDWLRQGHOHXUPRQWDQWVHVRQW
fonds publics visés à l’article 3 b LL HW LLL WDQW TXH GHV IRQGV YLVpV j produits, si ce jour est postérieur à celui de la réclamation ou de la
l’article 3 b i restent disponibles.» demande en justice.
766
Le paragraphe 4 de l’article III de cette Convention se lit comme © 7RXWHLQGHPQLWpLQGPHQWSHUoXHGRLWrWUHUHVWLWXpHª
768
suit: L’article XIII de la Convention se lit comme suit:
«Le franc mentionné au paragraphe 1 du présent article est une unité ©¬ PRLQV TXH O¶eWDW GHPDQGHXU HW O¶eWDW TXL HVW WHQX GH UpSDUHU
GHFRPSWHFRQVWLWXpHSDUPJG¶RUDXWLWUHGHPLOOLqPHVG¶RU¿Q en vertu de la présente Convention ne conviennent d’un autre mode
/DVRPPHDOORXpHSHXWrWUHFRQYHUWLHGDQVFKDTXHPRQQDLHQDWLRQDOH de réparation, le montant de la réparation est payé dans la monnaie
HQFKLIIUHVURQGV/DFRQYHUVLRQHQPRQQDLHVQDWLRQDOHVDXWUHVTXHOD de l’État demandeur ou, à la demande de celui-ci, dans la monnaie de
monnaie or s’effectuera suivant la valeur or de ces monnaies à la date O¶eWDWTXLHVWWHQXGHUpSDUHUOHGRPPDJHª
769
du paiement.» Moore, op. cit., p. 658.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 201
L’organisme ordonnera la fermeture de l’industrie dont un pollueur à la PIL. En appel, la Court of Appeal for the Seventh
HVWSURSULpWDLUHRXTXLHVWJpUpHSDUXQSROOXHXUDXFDVROHSROOXHXU Circuit (cour d’appel des États-Unis pour le septième cir-
pYLWH RX UHIXVH GH SD\HU O¶LQGHPQLVDWLRQ TX¶LO OXL D pWp GHPDQGp GH
verser. &HODV¶DMRXWHjODUpSDUDWLRQTX¶LOGRLWYHUVHUDXWLWUHGHVUHFHWWHV FXLW DpWDEOLTXHODPpWKRGHVXLYLHQ¶DYDLWSDVUHVSHFWp
¿VFDOHV770. OHSULQFLSHGHODVpFXULWpMXULGLTXH(OOHQ¶DYDLWSDVQRQ
plus respecté le choix des parties s’agissant de la monnaie
601. En 1981, le Canada a accepté de l’ex-Union sovié- GDQVODTXHOOHUpDOLVHUOHXUVDIIDLUHVHWDVVLJQHUOHVULVTXHV
WLTXHXQSDLHPHQWIRUIDLWDLUHGHWURLVPLOOLRQVGHGROODUV PRQQDLHTXLpWDLWOHGROODU©$\DQWFDOFXOpODSHUWHHQGRO-
FDQDGLHQV HQ UqJOHPHQW ¿QDO HW LQWpJUDO GH WRXWHV OHV ODUV OH MXJHPHQW DXUDLW G rWUH pWDEOL HQ GROODUV775.» En
TXHVWLRQVOLpHVjODGpVLQWpJUDWLRQDXGHVVXVGXWHUULWRLUH outre, le tribunal n’avait pas adhéré à la norme nationale,
FDQDGLHQGXVDWHOOLWHVRYLpWLTXH&RVPRV771. tendant à rétablir pleinement la situation du créancier. La
cour d’appel a mis en délibéré la décision de la District
602. Indépendamment de l’indemnisation pécuniaire, Court et l’a chargée de prononcer, en faveur de la PIL, un
la réparation a parfois consisté à éliminer les causes du jugement libellé en dollars.
danger ou à opérer restitutio in integrum. Tel a été le cas,
par exemple, lors de l’incident de Palomares, en 1966, 3. LIMITATION DE L’INDEMNISATION
où des bombes nucléaires sont tombées sur le territoire
espagnol et à proximité de ses côtes, à la suite de la colli- 'HPrPHTX¶HQGURLWLQWHUQHODSUDWLTXHGHVeWDWVD
sion entre un bombardier et un avion-citerne américains. imposé des limitations à l’indemnisation, particulièrement
/RUVTXHOHVGRPPDJHVRXOHVULVTXHVGHGRPPDJHVVRQW GDQVOHFDVG¶DFWLYLWpVTXLELHQTX¶LPSRUWDQWHVSRXUODFLYL-
aussi graves, la réparation consiste essentiellement à opé- lisation moderne, peuvent être très dommageables, ainsi
rer une restitution, à éliminer la cause des dommages et TXHGDQVOHFDVG¶DFWLYLWpVTXLULVTXHQWGHFDXVHUGHVGRP-
jUHPHWWUHOD]RQHGDQVO¶pWDWGDQVOHTXHOHOOHVHWURXYDLW PDJHVFDWDVWURSKLTXHVFRPPHFHOOHVTXLFRPSRUWHQWO¶XWL-
avant l’incident. Les États-Unis ont retiré les causes de lisation de matières nucléaires. Les dispositions relatives
danger du territoire espagnol en récupérant les bombes et à la limitation de l’indemnisation ont été soigneusement
en enlevant la terre espagnole contaminée pour l’enfouir conçues de façon à répondre à deux objectifs: a) mettre les
dans leur propre territoire772. LQGXVWULHVjO¶DEULG¶XQHUHVSRQVDELOLWpLOOLPLWpHTXL¿QDQ-
cièrement, conduirait à leur paralysie et découragerait leur
603. À la suite des essais nucléaires menés dans les GpYHORSSHPHQWIXWXUb) assurer une réparation raisonnable
Îles Marshall, les États-Unis auraient dépensé près de HWpTXLWDEOHjFHX[TXLVXELVVHQWXQSUpMXGLFHSDUVXLWHGH
110 millions de dollars des États-Unis pour nettoyer ces activités potentiellement dangereuses776.
SOXVLHXUVGHVvOHVGHO¶DWROOG¶(QLZHWRND¿QGHOHVUHQGUH
à nouveau habitables. Toutefois, une des îles de l’atoll de 606. Aux États-Unis, la loi sur la pollution par les
5XQLW TXL DYDLW pWp XWLOLVpH ORUV GH FHV RSpUDWLRQV SRXU hydrocarbures prévoit une limitation de responsabilité.
enterrer les débris nucléaires, a été déclarée zone inter- 7RXWHIRLV FHWWH OLPLWDWLRQ QH SHXW SDV rWUH LQYRTXpH VL
dite pendant 20 000 ans773. L’opération de nettoyage ne comme prévu à l’article 2704 c, point 1, l’accident a eu
constitue pas une restitution mais elle procède de la même pour cause immédiate:
LQWHQWLRQHWOHVSULQFLSHVTXLO¶LQVSLUHQWVRQWVHPEODEOHV
À la suite de la pollution accidentelle de la rivière Moura, A) Une faute lourde ou intentionnelle de la partie intéressée, ou
l’Autriche, outre l’indemnisation pécuniaire versée en
B) La violation des réglementations fédérales applicables de sécu-
réparation des dommages causés à des pêcheurs et à des rité, de construction ou d’exploitation par la partie intéressée, un pré-
papeteries de l’ex-Yougoslavie, a également fourni une posé ou employé de celle-ci ou une personne agissant dans le cadre
FHUWDLQHTXDQWLWpGHSDSLHUjO¶H[<RXJRVODYLH d’un rapport contractuel avec ladite partie.
604. Dans l’affaire de l’Amoco Cadiz, la société Petro- 607. Aux termes de l’article 2704 c, point 2, de la loi
leum Insurance Limited (PIL), représentant Royal Dutch sur la pollution par les hydrocarbures, la partie intéressée
Shell, a cherché à obtenir réparation auprès d’Amoco QHSHXWLQYRTXHUXQHOLPLWDWLRQGHUHVSRQVDELOLWpVLHOOH
Oil Corporation pour perte de cargaison, se fondant «omet ou refuse»:
sur la négligence et la rupture de contrat. En octobre
A 'HGpFODUHUO¶LQFLGHQWFRPPHUHTXLVSDUODORLVLHOOHDRXDYDLW
1987, la Northern District Court of Illinois a émis un GHVUDLVRQVG¶DYRLUFRQQDLVVDQFHGHO¶LQFLGHQW
jugement octroyant à la PIL une indemnisation de
11 212 349,50 livres sterling. Ce tribunal avait d’abord B 'HIRXUQLUWRXWHODFRRSpUDWLRQHWO¶DVVLVWDQFHTX¶DXUDSXUDL-
calculé les dommages en dollars puis les a convertis en VRQQDEOHPHQW GHPDQGHU O¶DJHQW FRPSpWHQW DX[ ¿QV GHV DFWLYLWpV GH
livres, le droit anglais demandant au tribunal d’utiliser la QHWWR\DJHRX
PRQQDLH GDQV ODTXHOOH OD ©SHUWH pWDLW HVWLPpH774». Cette 775
conversion a été effectuée en 1989, en utilisant le taux Ibid., p. 1329.
776
GHFKDQJHHQYLJXHXUHQFHTXLDpWpSUpMXGLFLDEOH La Convention internationale sur la limitation de la responsabilité
GHV SURSULpWDLUHV GH QDYLUHV GH PHU LQGLTXH FODLUHPHQW GDQV VRQ
SUpDPEXOHO¶REMHFWLITXHOXLRQWDVVLJQpOHVSDUWLHVFRQWUDFWDQWHV
770
All India Reporter 1996, vol. 83, p. 2726, par. 24. ©$\DQW UHFRQQX O¶XWLOLWp GH ¿[HU G¶XQ FRPPXQ DFFRUG FHUWDLQHV
771
Voir «Canada-Union of Soviet Socialist Republics: Protocol on règles uniformes concernant la limitation de la responsabilité des
settlement of Canada’s claim for damages Caused by “Cosmos-954”», propriétaires de navires de mer,
ILM, vol. 20, no 3, 1981, p. 689. «Ont décidé de conclure une convention à cet effet...»
772 L’article premier de la Convention se borne à répéter le préambule.
Voir supra la note 705.
773
Aux termes du paragraphe 3 de l’article premier, la responsabilité d’un
Voir supra la note 602. SURSULpWDLUHGHQDYLUHGHPHUQ¶HVWSOXVOLPLWpHVLSUHXYHHVWIDLWHTXHOH
774
Oil Spill by the Amoco Cadiz off the Coast of France on March dommage a été causé par sa faute ou par celle de personnes dont il doit
16, 1978, United States Court of Appeals for the Seventh Circuit, UpSRQGUH/DTXHVWLRQGHVDYRLUjTXLLQFRPEHODSUHXYHTXHOHGRPPDJH
Federal Reporter, 2e éd., vol. 954, p. 1327. a été ou non causé par une faute est déterminée par la loi du for.
202 Documents de la cinquante-sixième session
C '¶REWHPSpUHUVDQVMXVWL¿FDWLRQjXQRUGUHGRQQpHQDSSOLFD- 3URWRFROHGHPRGL¿DQWOD&RQYHQWLRQLQWHUQDWLRQDOH
tion de l’alinéa c ou e de l’article 1321 de la loi sur l’intervention en de 1969 sur la responsabilité civile pour les dommages
haute mer.
dus à la pollution par les hydrocarbures. Cette Convention
608. Aux termes de l’article 2714 c de cette loi, la partie a augmenté le montant total par incident et a conservé, au
LQWpUHVVpH SHXW SHUGUH VRQ GURLW G¶LQYRTXHU OD OLPLWDWLRQ paragraphe 2 de l’article V, une disposition analogue à la
de responsabilité prévue à l’article 2714 a en cas de faute disposition précitée. Toutefois, les plafonds établis par le
intentionnelle ou de violation d’un règlement de la sécu- Protocole de 1992 semblent extrêmement faibles, compte
rité par un de ses employés ou par un entrepreneur indé- WHQXGXIDLWTXHOHVFRWVWRWDX[GXQHWWR\DJHGHODPDUpH
pendant exécutant des services pour son compte. noire causée par l’Exxon Valdez ont été évalués à 2,5 mil-
liards de dollars des États-Unis. Le Protocole de 2003 à la
609. Aux États-Unis également, l’article 9607 c, point 1 Convention internationale de 1992 portant création d’un
de la loi intitulée Comprehensive Environmental Responses, Fonds international d’indemnisation pour les dommages
Compensation and Liability Act contient des dispositions dus à la pollution par les hydrocarbures prévoit un régime
relatives à la limitation de la responsabilité. Cet article complémentaire à un troisième niveau et vise à «préserver
autorise également la condamnation à des dommages- la viabilité du système international de responsabilité et
intérêts à titre de sanction si la personne responsable refuse d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution par
sans motif valable, après en avoir reçu l’ordre du Président, les hydrocarbures». Les États contractants au Protocole
de prendre les mesures d’enlèvement ou les mesures cor- RQW UHFRQQX TXH ©OH PRQWDQW PD[LPDO GH O¶LQGHPQLVD-
UHFWLYHVQpFHVVDLUHVOHPRQWDQWGHFHVGRPPDJHVLQWpUrWV tion disponible en vertu de la Convention de 1992 portant
HVW DX PRLQV pJDO DX PRQWDQW GHV FRWV HQFRXUXV GX IDLW création du fonds pourrait, dans certaines circonstances,
TXH OHV PHVXUHV DSSURSULpHV Q¶RQW SDV pWp SULVHV HW SHXW QHSDVVXI¿UHSRXUUpSRQGUHDX[EHVRLQVG¶LQGHPQLVDWLRQ
atteindre le triple. Comme dans le cas de la loi intitulée Oil dans certains États contractants à la Convention».
Pollution ActOHGpIHQGHXUSHUGVRQGURLWG¶LQYRTXHUXQH
limitation de responsabilité s’il refuse de coopérer avec les 613. La Convention SNPD et la CRTD prévoient toutes
agents compétents ou de leur fournir l’assistance voulue. les deux des plafonds de responsabilité. La Convention
613' GLVSRVH TXH OH SURSULpWDLUH Q¶HVW SDV HQ GURLW GH
610. L’article 15 de la loi allemande de 1990 relative limiter sa responsabilité en vertu de la Convention s’il est
à la responsabilité en manière environnementale prévoit SURXYpTXHOHGRPPDJHUpVXOWHGHVRQIDLWRXGHVRQRPLV-
également des limitations de responsabilité. VLRQSHUVRQQHOVFRPPLVDYHFO¶LQWHQWLRQGHSURYRTXHUXQ
tel dommage ou commis témérairement et avec conscience
a) Pratique conventionnelle TX¶XQ WHO GRPPDJH HQ UpVXOWHUDLW SUREDEOHPHQW778. Aux
termes de la CRTD, le transporteur n’est pas en droit de
/H 3URWRFROH GH PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ limiter sa responsabilité si, conformément à l’article 10 de
internationale de 1969 sur la responsabilité civile pour les la Convention,
dommages dus à la pollution par les hydrocarbures pré-
voit une limitation de la responsabilité. Le plafond de res- LOHVWSURXYpTXHOHGRPPDJHUpVXOWHGHVRQIDLWRXGHVRQRPLVVLRQ
ponsabilité prévu aux termes de la Convention antérieure personnels ou du fait ou de l’omission de ses préposés ou mandataires,
de 1969 ayant été jugé trop bas, elle a été amendée par le FRPPLV GDQV O¶LQWHQWLRQ GH SURYRTXHU XQ WHO GRPPDJH RX FRPPLV
WpPpUDLUHPHQW HW DYHF FRQVFLHQFH TX¶XQ WHO GRPPDJH HQ UpVXOWHUDLW
3URWRFROHGHD¿QG¶DFFURvWUHOHPRQWDQWPD[LPXP SUREDEOHPHQWjODFRQGLWLRQTXHGDQVOHFDVG¶XQWHOIDLWRXG¶XQHWHOOH
de l’indemnisation disponible en cas de pollution par les RPLVVLRQ G¶XQ SUpSRVp RX G¶XQ PDQGDWDLUH LO VRLW DXVVL SURXYp TXH
K\GURFDUEXUHVFHWDPHQGHPHQWDHXSRXUEXWQRWDPPHQW celui-ci a agi dans l’exercice de ses fonctions.
d’encourager certains États, en particulier les États-Unis,
à signer le Protocole. L’article 6 du Protocole de 1984 a 614. Aux termes du paragraphe 3 de l’article 9 et de
PRGL¿pOHSDUDJUDSKHGHO¶DUWLFOH9GHOD&RQYHQWLRQGH l’article 13 de la Convention SNPD, le propriétaire doit
HQVWLSXODQWTXH constituer un fonds s’élevant à la limite de sa responsabilité
et est tenu de souscrire une assurance. L’article 13 de la
Le propriétaire n’est pas en droit de limiter sa responsabilité aux &57' VWLSXOH TXH OD UHVSRQVDELOLWp GX WUDQVSRUWHXU GRLW
WHUPHVGHODSUpVHQWH&RQYHQWLRQV¶LOHVWSURXYpTXHOHGRPPDJHGH REOLJDWRLUHPHQW rWUH FRXYHUWH SDU XQH DVVXUDQFH MXVTX¶j
pollution résulte de son fait ou de son omission personnels, commis avec
l’intention de provoquer un tel dommage, ou commis témérairement et concurrence du montant maximum de sa responsabilité779.
avec conscience qu’un tel dommage en résulterait probablement*. /¶DUWLFOHGLVSRVHTXHFKDTXHeWDWSDUWLHGpVLJQHXQHRX
plusieurs autorités compétentes pour délivrer ou approu- la Convention, la limitation de responsabilité n’est pas
YHU OH FHUWL¿FDW DWWHVWDQW TXH OHV WUDQVSRUWHXUV VRQW FRX- annulée par la faute de l’exploitant.
verts par une assurance en cours de validité.
619. Le projet initial de la Convention de Lugano conte-
615. Dans le domaine de l’énergie nucléaire, l’article 7 nait une disposition concernant les limites de responsabi-
de la Convention de Paris de 1960 limite la responsabi- OLWpTXLDpWpVXSSULPpHGDQVOHWH[WHGp¿QLWLI
OLWpGHO¶H[SORLWDQW,OVWLSXOHTXHOHWRWDOGHVLQGHPQLWpV
payables pour un dommage causé par un accident nucléaire 620. Selon la Convention relative aux dommages cau-
ne peut dépasser le montant maximum de la responsabi- sés aux tiers à la surface par des aéronefs étrangers, si
OLWp¿[pFRQIRUPpPHQWDX[GLVSRVLWLRQVGHFHWDUWLFOH780. le montant total des indemnités versées excède la limite
/¶DUWLFOHGHOD&RQYHQWLRQGH3DULVGHVWLSXOHTXH de responsabilité applicable, les indemnités font l’objet
toute partie contractante doit prévoir dans sa législation d’une réduction proportionnelle à leurs montants respec-
TXHODUHVSRQVDELOLWpGHO¶H[SORLWDQWSRXUOHVGRPPDJHV WLIVVLHOOHVFRQFHUQHQWVRLWXQLTXHPHQWGHVSHUWHVGHYLH
QXFOpDLUHV FDXVpV SDU FKDTXH DFFLGHQW QXFOpDLUH Q¶HVW KXPDLQHRXGHVOpVLRQVVRLWXQLTXHPHQWGHVGRPPDJHV
pas inférieure à 700 millions d’euros. Toutefois, une par- causés aux biens. Cependant, si ces indemnités concernent
WLH FRQWUDFWDQWH SHXW ¿[HU XQ PRQWDQW GH UHVSRQVDELOLWp à la fois des pertes de vies humaines ou des lésions et des
moins élevé dans le cas d’installations présentant peu de dommages aux biens, la moitié du montant de la somme
ULVTXHVHWSRXUOHWUDQVSRUWGHVXEVWDQFHVQXFOpDLUHVVDQV à distribuer est affectée par priorité à la réparation des
WRXWHIRLVTXHOHPRQWDQWDLQVL¿[pSXLVVHrWUHLQIpULHXUj pertes de vies humaines et des lésions. Le solde est réparti
70 millions d’euros et à 80 millions d’euros respective- proportionnellement à leur montant entre les indemnités
ment. La Convention de Vienne de 1963 et le Protocole concernant les dommages matériels et, s’il y a lieu, la par-
d’amendement de 1997 prévoient une responsabilité limi- tie non réglée des indemnités concernant les pertes de vies
tée. Aucune disposition de ces deux Conventions n’affecte humaines et les lésions783.
ODUHVSRQVDELOLWpGHWRXWHSHUVRQQHSK\VLTXHTXLDFDXVp
par un acte ou une omission procédant de l’intention de 621. La Convention additionnelle à la Convention
causer un dommage, un dommage nucléaire781. internationale concernant le transport des voyageurs et
des bagages par chemins de fer (CIV) prévoit une limita-
616. Le Protocole de Bâle de 1999 établit un régime WLRQGHUHVSRQVDELOLWp&HSHQGDQWORUVTXHOHVGRPPDJHV
fondé sur la responsabilité objective et sur la responsabi- résultent d’un dol ou d’une faute lourde du chemin de fer,
lité pour faute. Les personnes objectivement responsables cette limitation de responsabilité est inapplicable784.
doivent souscrire une assurance et d’autres garanties
¿QDQFLqUHVFRXYUDQWOHXUUHVSRQVDELOLWp6¶DJLVVDQWGHOD 622. L’article 10 de la Convention additionnelle rend
responsabilité pour faute, est responsable toute personne nul tout accord entre les voyageurs et le chemin de fer
dont le non-respect des dispositions de la Convention, la tendant à exonérer d’avance, totalement ou partiellement,
préméditation, l’imprudence, la négligence ou les omis- le chemin de fer de sa responsabilité785.
sions délictueuses sont à l’origine des dommages ou y ont
contribué. 783
L’article 14 de la Convention se lit comme suit:
«Si le montant total des indemnités versées excède la limite de
617. Le Protocole de Kiev de 2003 établit également responsabilité applicable en vertu des dispositions de la présente
GHV OLPLWHV ¿QDQFLqUHV VXU OD EDVH GH OD UHVSRQVDELOLWp &RQYHQWLRQOHVUqJOHVVXLYDQWHVVRQWDSSOLTXpHVHQWHQDQWFRPSWHGHV
objective ou de la responsabilité pour faute. Les limites dispositions du paragraphe 2 de l’article 11:
«a 6LOHVLQGHPQLWpVFRQFHUQHQWVRLWXQLTXHPHQWGHVSHUWHVGH
¿QDQFLqUHV V¶DSSOLTXHQW j OD UHVSRQVDELOLWp REMHFWLYH YLHKXPDLQHRXGHVOpVLRQVVRLWXQLTXHPHQWGHVGRPPDJHVFDXVpVDX[
PDLVLOQ¶H[LVWHSDVGHOLPLWH¿QDQFLqUHjODUHVSRQVDELOLWp biens, elles font l’objet d’une réduction proportionnelle à leur montant
pour faute782. respectif.
«b) Si les indemnités concernent à la fois des pertes de vie
618. La responsabilité de l’exploitant est également humaine ou des lésions et des dommages aux biens, la moitié du montant
de la somme à distribuer est affectée par priorité à la réparation des
limitée aux termes de l’article 6 de la Convention sur les SHUWHVGHYLHKXPDLQHHWGHVOpVLRQVHWHQFDVG¶LQVXI¿VDQFHUpSDUWLH
ressources minérales. Selon le paragraphe 4 de cet article, proportionnellement aux montants respectifs des dommages dont il
l’exploitant n’est pas en droit de limiter sa responsabilité s’agit. Le solde de la somme à distribuer est réparti proportionnellement
V¶LOHVWpWDEOLTXHOHGRPPDJHSDUSROOXWLRQUpVXOWHG¶XQ à leur montant entre les indemnités concernant les dommages matériels
et, s’il y a lieu, la partie non réglée des indemnités concernant les pertes
DFWH RX G¶XQH RPLVVLRQ TXH O¶H[SORLWDQW D OXLPrPH de vie humaine et les lésions.»
FRPPLV GpOLEpUpPHQW HQ VDFKDQW SHUWLQHPPHQW TX¶XQ 784
Les articles 7 et 8 de la Convention se lisent comme suit:
dommage par pollution en résulterait. ,O IDXW GRQF TXH «Article 7. Limitation des dommages-intérêts en cas d’avarie ou
GHX[ pOpPHQWV VRLHQW SUpVHQWV SRXU TXH GLVSDUDLVVH OD de perte d’objet
limitation de responsabilité: a) un acte ou une omission «Quand, en vertu des dispositions de la présente Convention, des
de l’exploitant et b ODFRQQDLVVDQFHHIIHFWLYHTX¶XQGRP- dommages-intérêts pour avarie ou perte totale ou partielle des objets
TXHOHYR\DJHXUYLFWLPHG¶XQDFFLGHQWDYDLWVRLWVXUOXLVRLWDYHFOXL
PDJH SDU SROOXWLRQ HQ UpVXOWHUD 3DU FRQVpTXHQW VHORQ comme colis à main, y compris les animaux, sont mis à la charge du
FKHPLQGHIHULOSHXWrWUHUpFODPpODUpSDUDWLRQGXGRPPDJHMXVTX¶j
780
concurrence de 2 000 francs par voyageur.
L’article 7, al. aGHOD&RQYHQWLRQGp¿QLWOHSODQFKHUHWOHSODIRQG «Article 8. Montant des dommages-intérêts en cas de dol ou de
de responsabilité: faute lourde
«Le montant total des indemnisations payables pour un dommage «Les dispositions des articles 6 et 7 de la présente Convention ou
causé par un accident nucléaire ne peut dépasser le montant maximum FHOOHVSUpYXHVSDUOHGURLWQDWLRQDOTXLOLPLWHQWjXQPRQWDQWGpWHUPLQp
GHODUHVSRQVDELOLWp¿[pFRQIRUPpPHQWDXSUpVHQWDUWLFOHª OHVLQGHPQLWpVQHV¶DSSOLTXHQWSDVVLOHGRPPDJHUpVXOWHG¶XQGRORX
781
Art. 6, par. 4, du Protocole d’amendement de 1997 et art. IV, d’une faute lourde du chemin de fer.»
par. 7, al. a, de la Convention de Vienne de 1963. 785
Les articles 10 et 12 se lisent comme suit:
782
Art. 9. «Article 10. Interdiction de limiter la responsabilité
204 Documents de la cinquante-sixième session
b) Jurisprudence et pratique des États WULEXQDX[ ORFDX[ ORUVTX¶LO V¶DJLW G¶DFWLYLWpV HVVHQWLHOOH-
autres que des accords ment commerciales, relevant d’entités privées, et dont
le principal responsable est l’exploitant. Tel est le cas de
/D MXULVSUXGHQFH HW OD FRUUHVSRQGDQFH RI¿FLHOOH conventions sur la responsabilité civile.
n’ont pas mis en lumière de limitation de responsabilité
DXWUHTXHFHOOHVWLSXOpHGDQVOHVWUDLWpVRXGDQVODOpJLV- $X[ WHUPHV GX 3URWRFROH GH PRGL¿DQW OD
lation nationale. On trouve certaines références à une Convention internationale de 1969 sur la responsabilité
LQGHPQLVDWLRQ pTXLWDEOH HW DGpTXDWH ,QWHUSUpWpH ODUJH- civile pour les dommages dus à la pollution par les hydro-
ment, une limitation de responsabilité peut parfois être FDUEXUHVORUVTX¶XQpYpQHPHQWDFDXVpXQGRPPDJHSDU
FRPSDWLEOHDYHFXQHLQGHPQLVDWLRQpTXLWDEOH pollution sur le territoire, y compris la mer territoriale,
G¶XQeWDWFRQWUDFWDQWHWGDQVOD]RQHpFRQRPLTXHH[FOX-
B. Autorités compétentes pour sive d’un État contractant ou dans une zone située au-delà
statuer sur l’indemnisation de la mer territoriale de cet État et adjacente à celle-ci et
ne s’étendant pas au-delà de 200 milles marins des lignes
624. La Charte des Nations Unies énumère, au GH EDVH j SDUWLU GHVTXHOOHV HVW PHVXUpH OD ODUJHXU GH OD
paragraphe 1 de l’Article 33, une vaste gamme de moyens PHUWHUULWRULDOHRXTXHGHVPHVXUHVGHVDXYHJDUGHRQWpWp
SDFL¿TXHVGHUqJOHPHQWGHVGLIIpUHQGVGXSOXVRI¿FLHX[ prises pour prévenir ou atténuer tout dommage par pollu-
au plus formel: tion sur ce territoire, y compris la mer territoriale, ou dans
Les parties à tout différend, dont la prolongation est susceptible de une telle zone, il ne peut être présenté de demande d’in-
menacer le maintien de la paix et de la sécurité internationales doivent GHPQLVDWLRQTXHGHYDQWOHVWULEXQDX[GHFHRXGHFHVeWDWV
HQUHFKHUFKHUODVROXWLRQDYDQWWRXWSDUYRLHGHQpJRFLDWLRQG¶HQTXrWH FRQWUDFWDQWV$LQVLFKDTXHeWDWFRQWUDFWDQWGRLWYHLOOHUj
de médiation, de conciliation, d’arbitrage, de règlement judiciaire, de
recours aux organismes ou accords régionaux, ou par d’autres moyens
FHTXHVHVWULEXQDX[DLHQWFRPSpWHQFHSRXUFRQQDvWUHGH
SDFL¿TXHVGHOHXUFKRL[ telles actions en réparation. Après constitution du Fonds,
conformément à l’article V de la Convention, les tribu-
/DSUDWLTXHGHVeWDWVPRQWUHTXHFHVPRGHVGHUqJOH- naux de l’État où le Fonds est constitué, sont seuls com-
PHQWGHVGLIIpUHQGVRQWpWpXWLOLVpVSRXUUpJOHUGHVTXHVWLRQV SpWHQWVSRXUVWDWXHUVXUWRXWHVOHVTXHVWLRQVGHUpSDUWLWLRQ
de responsabilité et d’indemnisation concernant des activi- et de distribution du Fonds786.
WpVD\DQWHXGHVFRQVpTXHQFHVSUpMXGLFLDEOHVWUDQVIURQWLqUHV
&HVTXHVWLRQVRQWpWpVRXPLVHVjGHVWULEXQDX[LQWHUQDWLR- 628. Aux termes de l’article XI du Protocole de 1992
naux, à des tribunaux arbitraux, à des commissions mixtes PRGL¿DQWOD&RQYHQWLRQLQWHUQDWLRQDOHGHVXUODUHV-
DLQVL TX¶j GHV WULEXQDX[ QDWLRQDX[ '¶XQH IDoRQ JpQpUDOH ponsabilité civile, les tribunaux nationaux sont également
OD&3-,OD&,-HWOHVWULEXQDX[DUELWUDX[RQWHXjFRQQDvWUH compétents s’agissant des navires appartenant à un État
des différends relatifs à l’utilisation du plateau continental, contractant et affecté à un service commercial.
aux activités menées sur ce plateau, à la mer territoriale, sur
ODEDVHG¶DFFRUGVSUpDODEOHVHQWUHeWDWV/RUVTX¶LOV¶HVWDJL 629. De même, la Convention portant création d’un fonds
d’activités en cours, intéressant habituellement des États VWLSXOH TXH OHV WULEXQDX[ QDWLRQDX[ GHV SDUWLHV FRQWUDF-
voisins, par exemple d’une utilisation d’eaux communes, tantes sont compétents pour connaître de toute demande
SRXU OHVTXHOOHV OHV eWDWV DYDLHQW PLV HQ SODFH GHV LQVWLWX- G¶LQGHPQLVDWLRQLQWURGXLWHFRQWUHOH)RQGVHWTXHOHVeWDWV
tions, les réclamations découlant de ces activités ont norma- contractants sont tenus de donner à leur tribunaux la compé-
lement été soumises à l’institution ou à la commission mixte tence voulue pour connaître de telles demandes. Le Fonds
compétente. Les juridictions nationales, pour leur part, ont n’est lié par aucun jugement ou autre décision rendue à la
pWpVDLVLHVGHVTXHVWLRQVGHUHVSRQVDELOLWpFLYLOHHQSDUWLFX- suite d’une procédure judiciaire, ni par aucun règlement à
lier celles faisant intervenir la responsabilité de l’exploitant. O¶DPLDEOH DX[TXHOV LO Q¶D SDV pWp SDUWLH7RXWHIRLV VL XQH
QRWL¿FDWLRQDpWpIDLWHDX)RQGVGHWHOOHPDQLqUHTX¶LOSXLVVH
1. AUTORITÉS ET TRIBUNAUX LOCAUX intervenir utilement comme partie à la procédure, tout juge-
ment rendu par le tribunal dans cette procédure peut être
a) Pratique conventionnelle RSSRVDEOHDX)RQGVHQFHVHQVTX¶LOQ¶HVWSDVHQGURLWGH
contester les motifs et les dispositifs du jugement787.
626. Un certain nombre d’accords multilatéraux attri-
buent aux autorités et tribunaux locaux compétence pour 630. Aux termes du Protocole de 2003 à la Convention
VWDWXHUVXUOHVTXHVWLRQVGHUHVSRQVDELOLWpHWG¶LQGHPQLVD- internationale de 1992 portant création d’un fonds inter-
tion. Cette compétence est habituellement reconnue aux national d’indemnisation pour les dommages dus à la pol-
lution par les hydrocarbures, une action en réparation de
«Les dispositions tarifaires et les accords particuliers conclus dommages par pollution est intentée contre le propriétaire
HQWUHOHFKHPLQGHIHUHWOHYR\DJHXUTXLWHQGHQWjH[RQpUHUG¶DYDQFH d’un navire devant un tribunal compétent, aux termes de
totalement ou partiellement, le chemin de fer de sa responsabilité en O¶DUWLFOH ,; GX 3URWRFROH GH PRGL¿DQW OD &RQYHQ-
YHUWXGHODSUpVHQWH&RQYHQWLRQRXTXLRQWSRXUHIIHWGHUHQYHUVHUOH tion internationale de 1969 sur la responsabilité civile,
IDUGHDX GH OD SUHXYH LQFRPEDQW DX FKHPLQ GH IHU RX TXL pWDEOLVVHQW
GHV OLPLWHV LQIpULHXUHV j FHOOHV ¿[pHV j O¶DUWLFOH SDUDJUDSKH HW j TXLHVWOH©seul compétent pour connaître toute demande
l’article 7, sont nuls de plein droit. Cette nullité n’entraîne toutefois d’indemnisation du même dommage introduite contre le
SDVFHOOHGXFRQWUDWGHWUDQVSRUWTXLUHVWHVRXPLVDX[GLVSRVLWLRQVGHOD
CIV et de la présente Convention. 786
«Article 12. Exercice d’actions non prévues par la présente Art. 8. L’article IX de la Convention internationale sur la
Convention responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par
«Dans les cas prévus à l’article 2, paragraphe 1, toute action en OHV K\GURFDUEXUHV FRQWHQDLW XQH GLVSRVLWLRQ DQDORJXH VDXI TXH OD
UHVSRQVDELOLWpjTXHOTXHWLWUHTXHFHVRLWQHSHXWrWUHH[HUFpHFRQWUHOH compétence ratione materiaeQHV¶pWHQGDLWSDVjOD]RQHpFRQRPLTXH
FKHPLQGHIHUTXHGDQVOHVFRQGLWLRQVHWOLPLWHVSUpYXHVSDUODSUpVHQWH H[FOXVLYHRXjVRQpTXLYDOHQW
787
Convention. Il en est de même pour toute action exercée contre les Art. 9. L’article 7 de la Convention portant création d’un fonds
personnes dont le chemin de fer répond en vertu de l’article 11.» contenait une disposition essentiellement analogue.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 205
632. Selon le paragraphe 1 de l’article 19 de la CRTD, lieu de cet accident ne peut pas être déterminé avec certi-
il ne peut être présenté de demande d’indemnisation tude, les tribunaux de l’État où se trouve l’installation de
TXH GHYDQW OHV WULEXQDX[ GH O¶eWDW RX GHV eWDWV SDUWLHV l’exploitant responsable sont compétents pour connaître
«a RXQGRPPDJHUpVXOWDQWGHO¶pYpQHPHQWDpWpVXEL de ces actions.
ou b RO¶pYpQHPHQWHVWVXUYHQXRXc) où les mesures
de sauvegarde ont été prises pour éviter ou réduire /RUVTXH OHV WULEXQDX[ GH SOXV G¶XQH SDUWLH
OH GRPPDJH RX d) où le transporteur a sa résidence contractante peuvent être compétents, conformément au
habituelle». &HW DUWLFOH SUpYRLW HQ RXWUH TXH FKDTXH paragraphe 3 de l’article XI de la Convention de Vienne
eWDWFRQWUDFWDQWGRLWYHLOOHUjFHTXHVHVWULEXQDX[DLHQW de 1963, la compétence est attribuée:
compétence pour connaître de ces actions en réparation.
a) si l’accident nucléaire est survenu en partie en dehors du ter-
/D&RQYHQWLRQGH3DULVGHGLVSRVHTXHOHVWUL- ritoire de toute Partie contractante, et en partie sur le territoire d’une
VHXOH3DUWLHFRQWUDFWDQWHDX[WULEXQDX[GHFHWWHGHUQLqUH
bunaux compétents en vertu de la législation d’une partie
FRQWUDFWDQWHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOHV¶HVWSURGXLWXQ b) dans tous les autres cas, aux tribunaux de la Partie contractante
accident nucléaire sont seuls compétents pour statuer sur TXLHVWGpVLJQpHSDUDFFRUGHQWUHOHV3DUWLHVFRQWUDFWDQWHVGRQWOHVWULEX-
OHV DFWLRQV FRQFHUQDQW OD UHVSRQVDELOLWp GH O¶H[SORLWDQW naux auraient été compétents en vertu [de l’article XI].
si un accident est survenu hors des territoires des parties
638. La partie contractante dont les tribunaux sont com-
contractantes ou si le lieu de l’accident nucléaire ne peut
SpWHQWV SUHQG OHV GLVSRVLWLRQV QpFHVVDLUHV SRXU TX¶XQ
être déterminé avec certitude, les tribunaux compétents
seul de ses tribunaux soit compétent pour un accident
en vertu de la législation de la partie contractante sur le
nucléaire déterminé797. Le Protocole d’amendement de
WHUULWRLUH GH ODTXHOOH HVW VLWXpH O¶LQVWDOODWLRQ QXFOpDLUH
1997 contient également une disposition en ce sens. L’ar-
dont l’exploitant est responsable sont seuls compétents.
ticle 13 de la Convention de Paris de 2004 contient des
Dans le cas d’un accident nucléaire survenu en cours de
dispositions sensiblement analogues798.
transport, les tribunaux compétents en vertu de la législa-
WLRQGHODSDUWLHFRQWUDFWDQWHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOH
/D &RQYHQWLRQ GH 9LHQQH GH GLVSRVH TXH
se trouvaient, lors de l’accident, les substances nucléaires
les tribunaux de la partie contractante sur le territoire de
mises en jeu, sont seuls compétents. L’article 13 de la
ODTXHOOH O¶DFFLGHQW QXFOpDLUH VXUYLHQW VRQW VHXOV FRPSp-
&RQYHQWLRQ LQGLTXH HQ GpWDLO FRPPHQW OD FRPSpWHQFH
tents pour connaître des actions concernant le dommage
est attribuée entre les tribunaux nationaux des parties
nucléaire résultant de l’accident nucléaire799. En outre,
contractantes, en fonction du lieu où s’est produit un acci-
aux termes du paragraphe 2 de l’article XIII:
dent nucléaire793. La Convention de Paris de 2004 dispose
pJDOHPHQWTXHOHVWULEXQDX[GHODSDUWLHFRQWUDFWDQWHVXU /RUVTX¶XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH VXUYLHQW GDQV O¶HVSDFH GH OD ]RQH
OH WHUULWRLUH GH ODTXHOOH O¶DFFLGHQW QXFOpDLUH HVW VXUYHQX pFRQRPLTXHH[FOXVLYHG¶XQH3DUWLHFRQWUDFWDQWHRXTXDQGXQHWHOOH
sont seuls compétents794. ]RQHQ¶DSDVpWppWDEOLHGDQVXQHVSDFHTXLQHV¶pWHQGUDLWSDVDXGHOj
GHV OLPLWHV G¶XQH ]RQH pFRQRPLTXH H[FOXVLYH VL FHWWH 3DUWLH HQ pWD-
blissait une, les tribunaux de cette Partie sont seuls compétents, aux
634. Le Protocole d’amendement de la Convention de ¿QVGHODSUpVHQWH&RQYHQWLRQSRXUFRQQDvWUHGHVDFWLRQVFRQFHUQDQW
Vienne relative à la responsabilité civile en matière de le dommage nucléaire résultant de cet accident nucléaire. La phrase
GRPPDJHVQXFOpDLUHVSUpYRLWjVRQDUWLFOHTXHOHVWUL- TXLSUpFqGHHVWDSSOLFDEOHVLOD3DUWLHFRQWUDFWDQWHDQRWL¿pFHWHVSDFH
EXQDX[GHODSDUWLHFRQWUDFWDQWHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOH au dépositaire avant l’accident nucléaire. Rien dans le présent para-
l’accident nucléaire s’est produit sont seuls compétents graphe n’est interprété comme autorisant l’exercice de la compétence
MXULGLFWLRQQHOOHG¶XQHPDQLqUHTXLVRLWFRQWUDLUHDXGURLWLQWHUQDWLRQDO
pour connaître des actions concernant la responsabilité de de la mer, y compris la Convention des Nations Unies sur le droit
l’exploitant d’une installation nucléaire795. de la mer. Toutefois, si l’exercice de cette compétence juridiction-
nelle est incompatible avec les obligations de cette Partie, en vertu
635. L’article 12 du Protocole d’amendement de 1997 de l’article XI de la Convention de Vienne ou de l’article 13 de la
&RQYHQWLRQ GH 3DULV SDU UDSSRUW j XQ eWDW TXL Q¶HVW SDV SDUWLH j OD
GLVSRVH TXH ORUVTX¶XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH VXUYLHQW GDQV présente Convention, la compétence juridictionnelle est déterminée
O¶HVSDFH GH OD ]RQH pFRQRPLTXH H[FOXVLYH G¶XQH SDUWLH conformément à ces dispositions.
FRQWUDFWDQWHRXGDQVXQH]RQHpTXLYDOHQWHOHVWULEXQDX[
de cette partie sont seuls compétents pour connaître des /RUVTX¶XQ DFFLGHQW QXFOpDLUH QH VXUYLHQW SDV VXU
actions concernant le dommage nucléaire résultant de cet le territoire d’une partie contractante ou dans la zone
DFFLGHQWQXFOpDLUH/DSDUWLHFRQWUDFWDQWHGRLWQRWL¿HUFHW pFRQRPLTXHH[FOXVLYHRXVRQpTXLYDOHQWRXVLOHOLHXGH
espace au dépositaire avant l’accident nucléaire. L’exten- l’accident nucléaire ne peut pas être déterminé avec certi-
VLRQjOD]RQHpFRQRPLTXHH[FOXVLYHRXjVRQpTXLYDOHQW tude, les tribunaux de l’État où se trouve l’installation ont
a été introduite par le Protocole de 1997796. compétence800.
/RUVTXHO¶DFFLGHQWQXFOpDLUHQHVXUYLHQWSDVVXUOH /RUVTXH OHV WULEXQDX[ GH SOXV G¶XQH SDUWLH
territoire d’une partie contractante ni dans une zone éco- contractante sont compétents pour connaître des
QRPLTXHH[FOXVLYHRXXQHVSDFHpTXLYDOHQWRXORUVTXHOH actions concernant le dommage nucléaire, ces parties
contractantes déterminent par accord entre elles les
793
/¶DQQH[H,,jOD&RQYHQWLRQVWLSXOHTXHOD&RQYHQWLRQQHSHXW tribunaux compétents801.
être interprétée comme privant une partie contractante sur le territoire
GHODTXHOOHGHVGRPPDJHVDXURQWpWpFDXVpVSDUXQDFFLGHQWQXFOpDLUH 797
VXUYHQXVXUOHWHUULWRLUHG¶XQHDXWUHSDUWLHFRQWUDFWDQWHGHVUHFRXUVTXL Art. 12, par. 4, du Protocole d’amendement de 1997.
798
pourraient lui être ouverts en application du droit international. Art. 13, al. b à f.
794 799
Art. 13 a. Article XIII, par. 1, de la Convention.
795 800
Voir également l’article XI de la Convention de Vienne de 1963. Ibid., par. 3.
796 801
Art. 12, par. 1 bis. Ibid., par. 4.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 207
642. Aux termes de l’article X de la Convention relative LQIRUPDWLRQV VSpFL¿TXHV GpWHQXHV SDU OHV H[SORLWDQWV804
à la responsabilité des exploitants de navires nucléaires, et les demandes émanant d’associations ou de fondations
les actions en réparation peuvent être intentées soit devant TXL RQW SRXU REMHW OD SURWHFWLRQ GH O¶HQYLURQQHPHQW805.
les tribunaux de l’État dont émane la licence, soit devant Conformément à l’article 19:
les tribunaux de l’État ou des États contractants sur le ter-
ULWRLUHGHVTXHOVOHGRPPDJHQXFOpDLUHDpWpVXEL /HV GHPDQGHV G¶DFFqV j GHV LQIRUPDWLRQV VSpFL¿TXHV GpWH-
nues par les exploitants, en vertu de l’article 16, paragraphes 1 et 2, ne
SHXYHQWrWUHSUpVHQWpHVGDQVXQH3DUWLHTXHGHYDQWOHWULEXQDO
643. Aux termes de l’article 17 du Protocole de Bâle de
1999, ne peuvent être saisis des demandes d’indemnisa- a) GXOLHXRO¶DFWLYLWpGDQJHUHXVHHVWH[HUFpHRX
WLRQ HQ YHUWX GX 3URWRFROH TXH OHV WULEXQDX[ GHV SDUWLHV
contractantes du lieu où le dommage a été subi ou de celui b) GXOLHXGHUpVLGHQFHKDELWXHOOHGHO¶H[SORLWDQWjTXLO¶RQD
demandé de fournir des informations.
où l’incident a eu lieu ou de celui où le défendeur a son
GRPLFLOHKDELWXHORXVRQSULQFLSDOpWDEOLVVHPHQW&KDTXH 3. Les demandes formulées par des organisations, sur la base de
SDUWLHFRQWUDFWDQWHV¶DVVXUHTXHVHVWULEXQDX[RQWFRPSp- l’article 18, paragraphe 1, alinéa a, ne peuvent être présentées dans
tence pour examiner ces demandes d’indemnisation. XQH3DUWLHTXHGHYDQWOHWULEXQDORXVLOHGURLWLQWHUQHOHSUpYRLWDLQVL
auprès de l’autorité administrative compétente du lieu où l’activité
Le Protocole de Kiev de 2003 contient une disposition dangereuse est ou sera exercée.
analogue:
4. Les demandes des organisations, formulées sur la base de
1. Ne peuvent être saisies de demandes d’indemnisation en vertu l’article 18, paragraphe 1, alinéas b, c et d, ne peuvent être présentées
GX3URWRFROHTXHOHVMXULGLFWLRQVG¶XQH3DUWLHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOH GDQVXQH3DUWLHTXHGHYDQWOHWULEXQDORXVLOHGURLWLQWHUQHOHSUpYRLW
ainsi, auprès de l’autorité administrative compétente:
a OHVGRPPDJHVRQWpWpVXELV
a) GXOLHXRO¶DFWLYLWpGDQJHUHXVHHVWRXVHUDH[HUFpHRX
b O¶DFFLGHQWLQGXVWULHODHXOLHXRX
b) du lieu où les mesures doivent être prises.
c) le défendeur a son domicile habituel ou, si le défendeur est une
société ou une personne morale, ou une association de personnes phy- 646. La directive 2004/35/CE de l’UE sur la responsa-
VLTXHVRXPRUDOHVVRQpWDEOLVVHPHQWSULQFLSDOVRQVLqJHOpJDORXVRQ ELOLWpHQYLURQQHPHQWDOHHQFHTXLFRQFHUQHODSUpYHQWLRQ
administration centrale.
et la réparation des dommages environnementaux prévoit
&KDTXH 3DUWLH V¶DVVXUH TXH VHV MXULGLFWLRQV RQW FRPSpWHQFH TXH OHV eWDWV PHPEUHV GpVLJQHQW O¶DXWRULWp FRPSpWHQWH
pour connaître de telles demandes d’indemnisation802. chargée de remplir les obligations prévues dans la direc-
WLYHHWTXHOHVSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHV\FRPSULV
644. La Convention additionnelle à la Convention des organisations non gouvernementales, peuvent engager
internationale concernant le transport des voyageurs et une procédure de recours auprès de cette autorité compé-
GHVEDJDJHVSDUFKHPLQVGHIHUGLVSRVHTXHjPRLQVTXH tente. Les décisions prises par cette autorité peuvent faire
OHVeWDWVQ¶HQVRLHQWFRQYHQXVDXWUHPHQWRXTXHO¶DFWHGH l’objet de voies de recours806.
concession du chemin de fer ne stipule le contraire, les
WULEXQDX[ QDWLRQDX[ GH O¶eWDW VXU OH WHUULWRLUH GXTXHO XQ
804
accident a été causé aux voyageurs sont seuls compétents Art. 16.
805
pour connaître des actions en dommages-intérêts. L’ar- Art. 18.
806
ticle 15 de la Convention se lit comme suit: Art. 11, 12 et 13 (voir supra la note 286).
L’article 11 est conçu comme suit:
Les actions judiciaires fondées sur la présente Convention ne «Autorité compétente
SHXYHQW rWUH LQWHQWpHV TXH GHYDQW OH MXJH FRPSpWHQW GH O¶eWDW VXU OH «1. Les États membres désignent l’autorité compétente ou les
WHUULWRLUH GXTXHO O¶DFFLGHQW GX YR\DJHXU V¶HVW SURGXLW j PRLQV TX¶LO autorités compétentes chargées de remplir les obligations prévues dans
n’en soit décidé autrement dans les accords entre États ou les actes de la présente Directive.
concession. © /¶REOLJDWLRQ G¶pWDEOLU TXHO H[SORLWDQW D FDXVp OHV GRPPDJHV
ou la menace imminente de dommages, d’évaluer l’importance des
GRPPDJHVHWGHGpWHUPLQHUOHVPHVXUHVGHUpSDUDWLRQTX¶LOFRQYLHQWGH
645. Selon l’article 19 de la Convention de Lugano, les SUHQGUHHQFHTXLFRQFHUQHO¶DQQH[H,,LQFRPEHjO¶DXWRULWpFRPSpWHQWH
actions en réparation ne peuvent être introduites sur le À cet effet, l’autorité compétente est habilitée à demander à l’exploitant
WHUULWRLUHG¶XQHSDUWLHTXHGHYDQWOHWULEXQDO©a) du lieu FRQFHUQpG¶HIIHFWXHUVDSURSUHpYDOXDWLRQHWGHOXLFRPPXQLTXHUWRXWHV
ROHGRPPDJHDpWpVXELb) du lieu où l’activité dange- les informations et données nécessaires.
© /HV eWDWV PHPEUHV YHLOOHQW j FH TXH O¶DXWRULWp FRPSpWHQWH
UHXVHDpWpH[HUFpHRXc) du lieu où le défendeur a sa rési- puisse déléguer ou imposer à des tiers l’exécution des mesures
dence habituelle». Conformément à l’article 21 de cette nécessaires de prévention ou de réparation.»
&RQYHQWLRQORUVTXHGHVGHPDQGHVD\DQWOHPrPHREMHW L’article 12 se lit comme suit:
et la même cause sont formées contre les mêmes parties «Demande d’action
devant des juridictions d’États différents, la juridiction © /HVSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHV
«a WRXFKpHV RX ULVTXDQW G¶rWUH WRXFKpHV SDU OH GRPPDJH
VDLVLHHQVHFRQGOLHXVXUVRLWG¶RI¿FHjVWDWXHUMXVTX¶jFH environnemental ou,
TXHODFRPSpWHQFHGXWULEXQDOSUHPLHUVDLVLVRLWpWDEOLH «b D\DQWXQLQWpUrWVXI¿VDQWjIDLUHYDORLUjO¶pJDUGGXSURFHVVXV
ORUVTXH OD FRPSpWHQFH GX WULEXQDO SUHPLHU VDLVL HVW pWD- décisionnel environnemental relatif au dommage ou,
blie, le tribunal saisi en second lieu se dessaisit en faveur «c IDLVDQW YDORLU XQH DWWHLQWH j XQ GURLW ORUVTXH OH FRGH GH
procédure administrative d’un État membre pose une telle condition,
GHFHOXLFL(QSOXVGHGp¿QLUOHVEDVHVGHODFRPSpWHQFH «sont habilitées à soumettre à l’autorité compétente toute
la Convention de Lugano aborde l’accès aux informations observation liée à toute survenance de dommages environnementaux
détenues par des organismes ayant des responsabilités ou à une menace imminente de tels dommages dont elles ont eu
SXEOLTXHV HQ PDWLqUH G¶HQYLURQQHPHQW803, l’accès à des FRQQDLVVDQFHHWRQWODIDFXOWpGHGHPDQGHUTXHO¶DXWRULWpFRPSpWHQWH
prenne des mesures en vertu de la présente Directive.
©/HVeWDWVPHPEUHVGpWHUPLQHQWGDQVTXHOVFDVLOH[LVWHXQ©LQWpUrW
802
Art. 13. VXI¿VDQWªSRXUDJLURXTXDQGLO\D³DWWHLQWHjXQGURLW´
803
Art. 15. (Suite de la note page suivante.)
208 Documents de la cinquante-sixième session
647. Conformément à la Convention relative à la 648. Aux termes de l’article 232 de la Convention des
protection de l’environnement entre le Danemark, la Nations Unies sur le droit de la mer, les États sont respon-
)LQODQGHOD1RUYqJHHWOD6XqGHWRXWHQXLVDQFHTX¶XQH VDEOHVGHVSHUWHVRXGRPPDJHVTXLOHXUVRQWLPSXWDEOHVj
activité cause ou peut causer sur le territoire d’un autre la suite des mesures prises en application de la section 6
État contractant est considérée comme une nuisance cau- de la douzième partie, relative à la protection et préser-
VpHGDQVO¶eWDWRO¶DFWLYLWpHQTXHVWLRQHVWUpDOLVpH$LQVL YDWLRQGXPLOLHXPDULQORUVTXHFHVPHVXUHVVRQWLOOLFLWHV
toute personne affectée ou pouvant être affectée par une RXYRQWDXGHOjGHFHOOHVTXLVRQWUDLVRQQDEOHPHQWQpFHV-
telle nuisance a le droit d’engager une procédure devant VDLUHV(QFRQVpTXHQFHOHVeWDWVVRQWWHQXVGHGRQQHUj
le tribunal ou l’autorité administrative compétente de cet leurs tribunaux la compétence voulue pour connaître des
État. Les règles applicables aux demandes d’indemnisa- actions intentées à propos de ces pertes ou dommages.
WLRQQHSHXYHQWSDVrWUHPRLQVIDYRUDEOHVTXHFHOOHVTXL
VRQWDSSOLTXpHVHQFHWWHPDWLqUHGDQVO¶eWDWRV¶H[HUFH b) Jurisprudence et pratique des États
O¶DFWLYLWpHQTXHVWLRQ(QIDLWOD&RQYHQWLRQJDUDQWLWXQ autres que des accords
accès égal aux autorités compétentes et un traitement égal
DX[SDUWLHVOpVpHVTX¶HOOHVVRLHQWORFDOHVRXpWUDQJqUHV807. /DMXULVSUXGHQFHHWODFRUUHVSRQGDQFHRI¿FLHOOHQH
donnent aucune indication sur l’attribution de compétence
(Suite de la note 806.) aux autorités et aux tribunaux locaux pour statuer sur les
©¬FHWWH¿QO¶LQWpUrWGHWRXWHRUJDQLVDWLRQQRQJRXYHUQHPHQWDOHTXL TXHVWLRQVGHUHVSRQVDELOLWpHWG¶LQGHPQLVDWLRQVDXISHXW
°XYUHHQIDYHXUGHODSURWHFWLRQGHO¶HQYLURQQHPHQWHWTXLUHPSOLWOHV être, pour répartir les versements forfaitaires. Toutefois,
FRQGLWLRQVSRXYDQWrWUHUHTXLVHVHQGURLWLQWHUQHHVWUpSXWpVXI¿VDQWDX[ dans l’affaire de l’Amoco CadizELHQTXHOHVDFWLRQVDLHQW
¿QV GX SRLQW b 'H WHOOHV RUJDQLVDWLRQV VRQW DXVVL UpSXWpHV EpQp¿FLHU été fondées sur le non-respect des obligations en matière
GHGURLWVVXVFHSWLEOHVGHIDLUHO¶REMHWG¶XQHDWWHLQWHDX[¿QVGXSRLQWc.
«2. La demande d’action est accompagnée des informations
de diligence raisonnable, le tribunal des États-Unis a
et données pertinentes venant étayer les observations présentées en HVWLPpTX¶LOpWDLWFRPSpWHQWHWFHELHQTXHOHGRPPDJH
UHODWLRQDYHFOHGRPPDJHHQYLURQQHPHQWDOHQTXHVWLRQ ait eu lieu dans les eaux territoriales de la France. Dans
© /RUVTXH OD GHPDQGH G¶DFWLRQ HW OHV REVHUYDWLRQV TXL l’affaire du Patmos et dans l’affaire du Haven, les tri-
O¶DFFRPSDJQHQW LQGLTXHQW G¶XQH PDQLqUH SODXVLEOH O¶H[LVWHQFH G¶XQ EXQDX[ LWDOLHQV VH VRQW SURQRQFpV VXU GHV TXHVWLRQV TXL
dommage environnemental, l’autorité compétente examine ces
observations et cette demande d’action. En pareil cas, l’autorité compétente avaient des incidences sur l’application du régime établi
donne à l’exploitant concerné la possibilité de faire connaître ses vues par la Convention sur la responsabilité civile de 1969 et la
FRQFHUQDQWODGHPDQGHG¶DFWLRQHWOHVREVHUYDWLRQVTXLO¶DFFRPSDJQHQW Convention portant création d’un fonds.
© /¶DXWRULWpFRPSpWHQWHLQIRUPHGqVTXHSRVVLEOHHWHQWRXWpWDW
de cause, conformément aux dispositions pertinentes du droit national, 2. TRIBUNAUX INTERNATIONAUX, TRIBUNAUX
OHVSHUVRQQHVYLVpHVDXSDUDJUDSKHTXLRQWVRXPLVGHVREVHUYDWLRQV ARBITRAUX ET COMMISSIONS MIXTES
jO¶DXWRULWpGHVDGpFLVLRQG¶DJLURXQRQHQLQGLTXDQWOHVUDLVRQVTXL
motivent celle-ci.
© /HV eWDWV PHPEUHV SHXYHQW GpFLGHU GH QH SDV DSSOLTXHU OHV a) Pratique conventionnelle
paragraphes 1 et 4 aux cas de menace imminente de dommages.»
L’article 13 est libellé ainsi: 650. Dans le cas d’activités n’ayant pas un caractère
«Procédures de recours H[FOXVLYHPHQW FRPPHUFLDO HW TXL UHOqYHQW SULQFLSDOH-
«1. Les personnes visées à l’article 12, paragraphe 1, peuvent ment des États, les organes compétents pour statuer sur
engager une procédure de recours auprès d’un tribunal ou de tout OHV TXHVWLRQV GH UHVSRQVDELOLWp HW G¶LQGHPQLVDWLRQ VRQW
autre organisme public indépendant et impartial concernant la légalité
formelle et matérielle des décisions, actes ou omissions de l’autorité généralement des tribunaux arbitraux. La Convention
compétente en vertu de la présente Directive. sur la responsabilité internationale pour les dommages
«2. La présente Directive ne porte atteinte ni aux dispositions FDXVpVSDUGHVREMHWVVSDWLDX[SUpYRLWTXHVLOHVSDUWLHV
nationales éventuelles réglementant l’accès à la justice, ni à celles ne peuvent s’entendre par voie de négociations diplo-
imposant l’épuisement des voies de recours administratives avant
l’engagement d’une procédure de recours judiciaire.»
PDWLTXHV OD TXHVWLRQ GH O¶LQGHPQLVDWLRQ HVW VRXPLVH j
807
Les articles pertinents de la Convention se lisent comme suit:
l’arbitrage. Il est ainsi constitué, sur la demande de l’une
«Article 2 ou l’autre des parties, une commission de règlement des
©/RUVTX¶LO\DXUDOLHXGHGpWHUPLQHUVLGHVDFWLYLWpVpFRORJLTXHPHQW demandes composée de trois membres: un membre dési-
QRFLYHV VRQW DXWRULVpHV OHV QXLVDQFHV TXH FHV DFWLYLWpV FDXVHQW RX gné par l’État demandeur, un membre désigné par l’État
SHXYHQW FDXVHU GDQV XQ DXWUH eWDW FRQWUDFWDQW pTXLYDXGURQW j GHV de lancement et un président808.
nuisances dans l’État où elles sont effectuées.
«Article 3
«Toute personne lésée ou pouvant être lésée par une nuisance
causée par des activités nuisibles à l’environnement effectuées dans un voisin d’instituer une procédure en vue d’obtenir réparation devant
autre État aura le droit de saisir le tribunal ou l’autorité administrative un tribunal ou une autorité administrative devra, en principe, être
FRPSpWHQWHGHFHWeWDWSRXUTX¶LOVVWDWXHQWVXUODTXHVWLRQGHVDYRLUVL considéré comme comprenant le droit d’exiger l’achat de sa propriété
lesdites activités sont autorisées, y compris sur les mesures à prendre immobilière.»
SRXUSUpYHQLUGHVGRPPDJHVDLQVLTXHG¶HQDSSHOHUGHODGpFLVLRQGX 808
Les articles pertinents de cette Convention se lisent comme suit:
tribunal ou de l’autorité administrative dans la même mesure et dans les «Article VIII
PrPHVFRQGLWLRQVTX¶XQHHQWLWpGRWpHGHODSHUVRQQDOLWpMXULGLTXHGH © 8Q eWDW TXL VXELW XQ GRPPDJH RX GRQW GHV SHUVRQQHV
l’État où lesdites activités sont réalisées. SK\VLTXHVRXPRUDOHVVXELVVHQWXQGRPPDJHSHXWSUpVHQWHUjXQeWDW
«Les dispositions du premier alinéa du présent article seront de lancement une demande en réparation pour ledit dommage.
également applicables dans le cas de procédures concernant la © 6LO¶eWDWGRQWOHVSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHVSRVVqGHQW
UpSDUDWLRQ GH GRPPDJHV FDXVpV SDU GHV DFWLYLWpV pFRORJLTXHPHQW la nationalité n’a pas présenté de demande en réparation, un autre État
nocives. /DTXHVWLRQGHODUpSDUDWLRQQHVHUDSDVMXJpHVHORQOHVUqJOHV peut, à raison d’un dommage subi sur son territoire par une personne
PRLQVIDYRUDEOHVjOD3DUWLHOpVpHTXHFHOOHVTXLVRQWDSSOLFDEOHVHQOD SK\VLTXHRXPRUDOHSUpVHQWHUXQHGHPDQGHjXQeWDWGHODQFHPHQW
matière dans l’État où lesdites activités sont effectuées. © 6LQLO¶eWDWGRQWOHVSHUVRQQHVSK\VLTXHVRXPRUDOHVSRVVqGHQW
«[…] OD QDWLRQDOLWp QL O¶eWDW VXU OH WHUULWRLUH GXTXHO OH GRPPDJH D pWp VXEL
«Protocole Q¶RQW SUpVHQWp GH GHPDQGH HQ UpSDUDWLRQ RX QRWL¿p OHXU LQWHQWLRQ
«[…] de présenter une demande, un autre État peut, à raison du dommage
©/HGURLWSUpYXjO¶DUWLFOHTX¶DTXLFRQTXHVXELWXQGRPPDJHHQ subi par ses résidents permanents, présenter une demande à l’État de
raison d’activités nuisibles à l’environnement réalisées dans un État lancement.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 209
CHAPITRE V
Prescription
668. Dans certaines circonstances, la responsabilité de différents suivant le type de dommage nucléaire. Ainsi, le
O¶H[SORLWDQWRXGHO¶eWDWSHXWVHWURXYHUpFDUWpH4XHOTXHV 3URWRFROHGHGLVSRVHFHTXLVXLWDXSDUDJUDSKHGH
conventions multilatérales prévoient une telle exoné- son article 8:
UDWLRQ /¶H[RQpUDWLRQ W\SLTXH HVW FHOOH TXL UpVXOWH GH OD
prescription. a) Le droit à réparation en vertu de la présente Convention est
éteint si une action n’est pas intentée:
669. Le délai de prescription prévu par la Convention
relative à la responsabilité des exploitants de navires supérieur à 20 ans à compter de la date du vol, de la perte, du jet par-
dessus bord ou de l’abandon.
nucléaires est de 10 ans à compter de la date de l’accident © /HGURLWGXWULEXQDOFRPSpWHQWSHXW¿[HUXQGpODLG¶H[WLQFWLRQ
nucléaire. Le droit interne de l’État dont émane la licence RX GH SUHVFULSWLRQ TXL QH VHUD SDV LQIpULHXU j WURLV DQV j FRPSWHU GH
peut stipuler un délai plus long822. ODGDWHjODTXHOOHODYLFWLPHGXGRPPDJHQXFOpDLUHDHXRXDXUDLWG
DYRLUFRQQDLVVDQFHGHFHGRPPDJHHWGHO¶LGHQWLWpGHO¶H[SORLWDQWTXL
HQHVWUHVSRQVDEOHVDQVTXHOHVGpODLVLQGLTXpVDX[SDUDJUDSKHVHW
670. Le délai de prescription de 10 ans prévu dans la ci-dessus puissent être dépassés.»
Convention de Vienne de 1963823DpWpPRGL¿pSDUOH3UR- «Le même délai est prévu dans la Convention de Paris de 1960. Les
WRFROHG¶DPHQGHPHQWGHTXLDLQWURGXLWGHVGpODLV articles 8 et 9 du Protocole additionnel de 1964 se lisent comme suit:
«Article 8
822
«a) Les actions en réparation, en vertu de la présente Convention,
L’article V de la Convention se lit comme suit: doivent être intentées sous peine de déchéance dans le délai de 10 ans à
«1. Le droit à réparation en vertu de la présente Convention est compter de l’accident nucléaire. Toutefois, la législation nationale peut
éteint si une action n’est pas intentée dans les 10 ans à compter de ¿[HUXQGpODLGHGpFKpDQFHVXSpULHXUjDQVVLOD3DUWLHFRQWUDFWDQWH
la date de l’accident nucléaire. Toutefois, si, conformément au droit VXU OH WHUULWRLUH GH ODTXHOOH HVW VLWXpH O¶LQVWDOODWLRQ QXFOpDLUH GRQW
de l’État dont émane la licence, la responsabilité de l’exploitant est l’exploitant est responsable prévoit des mesures pour couvrir la
FRXYHUWHSDUXQHDVVXUDQFHRXWRXWHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHRXJUkFH responsabilité de l’exploitant à l’égard des actions en réparation
à une indemnisation de l’État pendant une période supérieure à 10 ans, introduites après l’expiration du délai de 10 ans et pendant la période
OHGURLWLQWHUQHDSSOLFDEOHSHXWSUpYRLUTXHOHGURLWjUpSDUDWLRQFRQWUH de prolongation de ce délai. Toutefois, cette prolongation du délai de
O¶H[SORLWDQWQ¶HVWpWHLQWTX¶jO¶H[SLUDWLRQG¶XQHSpULRGHSHQGDQWODTXHOOH déchéance ne peut porter atteinte en aucun cas aux droits à réparation
la responsabilité de l’exploitant est ainsi couverte conformément au en vertu de la présente Convention des personnes ayant intenté contre
droit de l’État dont émane la licence. Toutefois, cette prolongation du l’exploitant une action du fait du décès ou de dommages aux personnes
délai d’extinction ne porte atteinte en aucun cas au droit à réparation avant l’expiration dudit délai de 10 ans.
en vertu de la présente Convention des personnes ayant intenté contre «b) Dans le cas de dommage causé par un accident nucléaire
l’exploitant une action du chef de décès ou dommage aux personnes mettant en jeu des combustibles nucléaires, produits ou déchets
avant l’expiration dudit délai de 10 ans. UDGLRDFWLIV TXL pWDLHQW DX PRPHQW GH O¶DFFLGHQW YROpV SHUGXV MHWpV
© /RUVTX¶XQGRPPDJHQXFOpDLUHHVWFDXVpSDUGXFRPEXVWLEOH par-dessus bord ou abandonnés et n’avaient pas été récupérés, le délai
QXFOpDLUH RX GHV SURGXLWV RX GpFKHWV UDGLRDFWLIV TXL RQW pWp YROpV visé au paragraphe a de cet article est calculé à partir de la date de cet
perdus, jetés à la mer ou abandonnés, le délai visé au paragraphe 1 du accident nucléaire, mais il ne peut en aucun cas être supérieur à 20 ans
SUpVHQWDUWLFOHHVWFDOFXOpjSDUWLUGHODGDWHGHO¶DFFLGHQWQXFOpDLUHTXL à compter de la date du vol, de la perte, du jet par-dessus bord ou de
a causé le dommage nucléaire, mais ce délai ne peut en aucun cas être l’abandon.
supérieur à 20 années à compter de la date du vol, de la perte, du jet à «c) /D OpJLVODWLRQ QDWLRQDOH SHXW ¿[HU XQ GpODL GH GpFKpDQFH RX
la mer ou de l’abandon. de prescription de deux ans au moins, soit à compter du moment où le
© /HGURLWLQWHUQHDSSOLFDEOHSHXW¿[HUXQGpODLG¶H[WLQFWLRQRX lésé a eu connaissance du dommage et de l’exploitant responsable, soit
GHSUHVFULSWLRQTXLQHVHUDSDVLQIpULHXUjWURLVDQVjFRPSWHUGHODGDWH jFRPSWHUGXPRPHQWRLODGUDLVRQQDEOHPHQWHQDYRLUFRQQDLVVDQFH
jODTXHOOHODSHUVRQQHTXLGpFODUHDYRLUVXELXQGRPPDJHQXFOpDLUHD VDQVTXHOHGpODLpWDEOLHQYHUWXGHVSDUDJUDSKHVa et b de cet article
HX RX DXUDLW G UDLVRQQDEOHPHQW DYRLU FRQQDLVVDQFH GH FH GRPPDJH puisse être dépassé.
HWGHODSHUVRQQHTXLHQHVWUHVSRQVDEOHVDQVTXHOHVGpODLVYLVpVDX[ «d ) Dans les cas prévus à l’article 13 c ii, il n’y a pas de déchéance
paragraphes 1 et 2 puissent être dépassés. de l’action en réparation si, dans le délai prévu au paragraphe a du
«4. Toute personne déclarant avoir subi un dommage nucléaire, présent article:
TXLDLQWHQWpXQHDFWLRQHQUpSDUDWLRQGDQVOHGpODLDSSOLFDEOHHQYHUWX «i) XQHDFWLRQHVWLQWHQWpHDYDQWTXHOHWULEXQDOYLVpjO¶DUWLFOH
GXSUpVHQWDUWLFOHSHXWPRGL¿HUVDGHPDQGHHQUDLVRQGHO¶DJJUDYDWLRQ Q¶DLW SULV XQH GpFLVLRQ GHYDQW O¶XQ GHV WULEXQDX[ HQWUH OHVTXHOV OHGLW
GH FH GRPPDJH PrPH DSUqV O¶H[SLUDWLRQ GH FH GpODL WDQW TX¶XQ WULEXQDOSHXWFKRLVLUVLOHWULEXQDOGpVLJQHFRPPHWULEXQDOFRPSpWHQW
MXJHPHQWGp¿QLWLIQ¶HVWSDVLQWHUYHQXª XQ DXWUH WULEXQDO TXH FHOXL GHYDQW OHTXHO O¶DFWLRQ D GpMj pWp LQWHQWpH
823
L’article VI de la Convention se lit comme suit: LO SHXW ¿[HU XQ GpODL GDQV OHTXHO O¶DFWLRQ GRLW rWUH LQWHQWpH GHYDQW OH
«1. Le droit à réparation en vertu de la présente Convention est WULEXQDOFRPSpWHQWDLQVLGpVLJQpRX
éteint si une action n’est pas intentée dans les 10 ans à compter de la «ii) une demande a été introduite auprès d’une partie contractante
date de l’accident nucléaire. Toutefois, si, conformément au droit de intéressée en vue de la désignation du tribunal compétent par le
l’État où se trouve l’installation, la responsabilité de l’exploitant est tribunal conformément à l’article 13 c LL j FRQGLWLRQ TX¶XQH DFWLRQ
FRXYHUWHSDUXQHDVVXUDQFHRXWRXWHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHRXJUkFH VRLWLQWHQWpHDSUqVFHWWHGpVLJQDWLRQGDQVOHGpODLTXLVHUDLW¿[pSDU
à des fonds publics pendant une période supérieure à 10 ans, le droit ledit tribunal.
GX WULEXQDO FRPSpWHQW SHXW SUpYRLU TXH OH GURLW j UpSDUDWLRQ FRQWUH «e) Sauf disposition contraire du droit national, une personne
O¶H[SORLWDQWQ¶HVWpWHLQWTX¶jO¶H[SLUDWLRQG¶XQHSpULRGHSHQGDQWODTXHOOH D\DQWVXELXQGRPPDJHFDXVpSDUXQDFFLGHQWQXFOpDLUHTXLDLQWHQWp
la responsabilité de l’exploitant est ainsi couverte conformément au une action en réparation dans le délai prévu au présent article peut
droit de l’État où se trouve l’installation. Cette prolongation du délai présenter une demande complémentaire en cas d’aggravation du
d’extinction ne porte atteinte en aucun cas au droit à réparation en GRPPDJHDSUqVO¶H[SLUDWLRQGHFHGpODLWDQWTX¶XQMXJHPHQWGp¿QLWLI
vertu de la présente Convention des personnes ayant intenté contre n’est pas intervenu.
l’exploitant avant l’expiration dudit délai de 10 ans, une action du fait «Article 9
de décès ou dommage aux personnes. «L’exploitant n’est pas responsable des dommages causés par un
© /RUVTX¶XQ GRPPDJH QXFOpDLUH HVW FDXVp SDU XQ DFFLGHQW DFFLGHQWQXFOpDLUHVLFHWDFFLGHQWHVWGGLUHFWHPHQWjGHVDFWHVGHFRQÀLW
QXFOpDLUH PHWWDQW HQ MHX XQH PDWLqUH QXFOpDLUH TXL DX PRPHQW GH armé, d’hostilités, de guerre civile, d’insurrection ou, sauf disposition
l’accident nucléaire, avait été volée, perdue, jetée par-dessus bord ou contraire de la législation de la Partie contractante sur le territoire de
abandonnée, le délai visé au paragraphe 1 ci-dessus est calculé à partir ODTXHOOHHVWVLWXpHVRQLQVWDOODWLRQQXFOpDLUHjGHVFDWDFO\VPHVQDWXUHOV
de la date de cet accident nucléaire, mais ne peut en aucun cas être de caractère exceptionnel.»
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 213
i) du fait de décès ou de dommages aux personnes dans les 673. En application de l’article VIII du Protocole de
DQVjFRPSWHUGHODGDWHGHO¶DFFLGHQWQXFOpDLUH PRGL¿DQWOD&RQYHQWLRQLQWHUQDWLRQDOHGHVXU
ii) du fait de tout autre dommage, dans les 10 ans à compter de la responsabilité civile pour les dommages dus à la pol-
la date de l’accident nucléaire. lution par les hydrocarbures, les droits à indemnisation
s’éteignent à défaut d’action en justice intentée dans les
b) Toutefois, si, conformément au droit de l’État où se trouve WURLVDQVjFRPSWHUGHODGDWHjODTXHOOHOHGRPPDJHHVW
l’installation, la responsabilité de l’exploitant est couverte par une assu-
UDQFHRXWRXWHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUH\FRPSULVGHVIRQGVSXEOLFV survenu. Néanmoins, aucune action en justice ne peut être
pendant une période plus longue, le droit du tribunal compétent peut intentée après un délai de six ans à compter de la date où
SUpYRLU TXH OH GURLW j UpSDUDWLRQ FRQWUH O¶H[SORLWDQW Q¶HVW pWHLQW TX¶j s’est produit l’événement ayant occasionné le dommage.
O¶H[SLUDWLRQGHFHWWHSpULRGHSOXVORQJXHTXLQ¶H[FqGHSDVODSpULRGH /RUVTXHFHWpYpQHPHQWFRQVLVWHHQXQHQVHPEOHGHIDLWV
SHQGDQWODTXHOOHVDUHVSRQVDELOLWpHVWDLQVLFRXYHUWHHQYHUWXGXGURLW
GHO¶eWDWRVHWURXYHO¶LQVWDOODWLRQ
le délai de six ans court à partir du premier de ces faits. La
Convention de 1992 portant création d’un fonds prévoit
c) Les actions en réparation intentées du fait de décès ou de des délais analogues, à son article 6.
dommages aux personnes ou, si une période plus longue est prévue
conformément à l’alinéa b du présent paragraphe du fait de tout autre 674. L’article 8 de la Convention relative aux hydro-
dommage, après un délai de 10 ans à compter de la date de l’accident
nucléaire, ne portent atteinte en aucun cas aux droits à réparation en carbures de soute contient une disposition analogue à
vertu de la présente Convention de toute personne ayant intenté une O¶DUWLFOH9,,,GX3URWRFROHGHPRGL¿DQWOD&RQYHQ-
action contre l’exploitant avant l’expiration dudit délai. tion internationale de 1969 sur la responsabilité civile826.
671. Le droit à réparation en vertu du Protocole d’amen- 675. Aux termes de l’article 37 de la Convention SNPD,
dement de 1997 de la Convention de Vienne de 1963 est les droits à indemnisation prévus par le chapitre II concer-
sujet à prescription ou extinction, conformément aux dis- nant la responsabilité du propriétaire s’éteignent à défaut
positions du droit du tribunal compétent, si une action d’action en justice intentée en application de ce chapitre
n’est pas intentée dans un délai de trois ans à compter GDQVXQGpODLGHWURLVDQVjFRPSWHUGHODGDWHjODTXHOOH
GHODGDWHjODTXHOOHODSHUVRQQHD\DQWVXELXQGRPPDJH
D HX FRQQDLVVDQFH RX DXUDLW G UDLVRQQDEOHPHQW DYRLU «b) /DOpJLVODWLRQQDWLRQDOHSHXWWRXWHIRLV¿[HUXQGpODLVXSpULHXU
connaissance du dommage et de l’exploitant responsable aux délais visés aux alinéas i ou ii du paragraphe a ci-dessus si la
du dommage824. 3DUWLHFRQWUDFWDQWHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOHHVWVLWXpHO¶LQVWDOODWLRQ
nucléaire dont l’exploitant est responsable prévoit des mesures pour
672. La Convention de Paris de 2004 suit largement couvrir la responsabilité de l’exploitant à l’égard des actions en
réparation introduites après l’expiration des délais visés aux alinéas i
les dispositions de la Convention de Vienne de 1963 telle ou ii du paragraphe a ci-dessus et pendant la période de prolongation
TXHPRGL¿pHSDUOH3URWRFROHG¶DPHQGHPHQWGH/H de ce délai.
délai d’extinction d’une action prévu dans la Convention «c) Toutefois, si un délai plus long est prévu, conformément au
de Paris de 1960, à savoir 10 ans, est remplacé par un délai paragraphe b ci-dessus, les actions en réparation intentées pendant ce
délai ne peuvent porter atteinte en aucun cas aux droits à réparation
de 30 ans en cas de décès ou de dommages aux personnes en vertu de la présente Convention des personnes ayant intenté contre
et de 10 ans en cas de tout autre dommage nucléaire. Le l’exploitant une action avant l’expiration,
droit national peut établir des délais plus longs, sans pré- «i) d’un délai de 30 ans du fait de décès ou de dommages aux
judice des droits des tiers825. SHUVRQQHV
«ii) d’un délai de 10 ans du fait de tout autre dommage nucléaire.
«d ) /D OpJLVODWLRQ QDWLRQDOH SHXW ¿[HU XQ GpODL GH GpFKpDQFH
824
L’article 8, paragraphe 3 est conçu comme suit: ou de prescription de trois ans au moins, soit à compter du moment
«Le droit à réparation en vertu de la présente Convention est sujet à où le lésé a eu connaissance du dommage nucléaire et de l’exploitant
prescription ou extinction, conformément aux dispositions du droit du UHVSRQVDEOHVRLWjFRPSWHUGXPRPHQWRLODGUDLVRQQDEOHPHQWHQ
tribunal compétent, si une action n’est pas intentée dans un délai de trois DYRLUFRQQDLVVDQFHVDQVTXHOHVGpODLVpWDEOLVHQYHUWXGHVSDUDJUDSKHV
DQVjFRPSWHUGHODGDWHjODTXHOOHODSHUVRQQHD\DQWVXELXQGRPPDJH a et b du présent article puissent être dépassés.
DHXFRQQDLVVDQFHRXDXUDLWGUDLVRQQDEOHPHQWDYRLUFRQQDLVVDQFHGX «e) Dans les cas prévus à l’article 13 f ii, il n’y a pas déchéance
GRPPDJHHWGHO¶H[SORLWDQWUHVSRQVDEOHGXGRPPDJHVRXVUpVHUYHTXH ou prescription de l’action en réparation si, dans les délais prévus aux
OHVSpULRGHV¿[pHVHQDSSOLFDWLRQGHVDOLQpDVa et b du paragraphe 1 du paragraphes a, b et d du présent article,
présent article ne soient pas dépassées.» «i) XQHDFWLRQDpWpLQWHQWpHDYDQWTXHOHWULEXQDOYLVpjO¶DUWLFOH
Voir également les paragraphes 4 et 5 de l’article VI de la Convention Q¶DLW SULV XQH GpFLVLRQ GHYDQW O¶XQ GHV WULEXQDX[ HQWUH OHVTXHOV OHGLW
GH9LHQQHGHTXLSUpYRLHQWG¶DXWUHVSRVVLELOLWpVMXULGLTXHV WULEXQDOSHXWFKRLVLUVLOHWULEXQDOGpVLJQHFRPPHWULEXQDOFRPSpWHQW
© ¬ PRLQV TXH OH GURLW GX WULEXQDO FRPSpWHQW Q¶HQ GLVSRVH XQ DXWUH WULEXQDO TXH FHOXL GHYDQW OHTXHO O¶DFWLRQ D GpMj pWp LQWHQWpH
DXWUHPHQWWRXWHSHUVRQQHTXLDI¿UPHDYRLUVXELXQGRPPDJHQXFOpDLUH LO SHXW ¿[HU XQ GpODL GDQV OHTXHO O¶DFWLRQ GRLW rWUH LQWHQWpH GHYDQW OH
HW TXL D LQWHQWp XQH DFWLRQ HQ UpSDUDWLRQ GDQV OH GpODL DSSOLFDEOH HQ WULEXQDOFRPSpWHQWDLQVLGpVLJQp
YHUWXGXSUpVHQWDUWLFOHSHXWPRGL¿HUVDGHPDQGHSRXUWHQLUFRPSWHGH «ii) une demande a été introduite auprès d’une Partie contractante
toute aggravation du dommage, même après l’expiration de ce délai, intéressée en vue de la désignation du tribunal compétent par le tribunal
WDQWTX¶XQMXJHPHQWGp¿QLWLIQ¶DSDVpWpSURQRQFp conformément à l’article 13 fLLjFRQGLWLRQTX¶XQHDFWLRQVRLWLQWHQWpH
«5. Si la compétence juridictionnelle doit être attribuée DSUqVFHWWHGpVLJQDWLRQGDQVOHGpODLTXLVHUDLW¿[pSDUOHGLWWULEXQDO
conformément à l’alinéa b GX SDUDJUDSKH GH O¶DUWLFOH ;, HW TX¶XQH «f ) Sauf disposition contraire du droit national, une personne
demande à cet effet a été présentée à l’une des Parties contractantes D\DQWVXELXQGRPPDJHQXFOpDLUHFDXVpSDUXQDFFLGHQWQXFOpDLUHTXL
habilitée à ce faire, dans le délai applicable en vertu du présent article, a intenté une action en réparation dans le délai prévu au présent article
WRXWHDFWLRQSHXWrWUHLQWHQWpHGDQVOHVVL[PRLVTXLVXLYHQWO¶DWWULEXWLRQ peut présenter une demande complémentaire en cas d’aggravation du
de compétence, au cas où celle-ci interviendrait moins de six mois GRPPDJHQXFOpDLUHDSUqVO¶H[SLUDWLRQGHFHGpODLWDQWTX¶XQMXJHPHQW
avant l’expiration de ce délai.» Gp¿QLWLIQ¶HVWSDVLQWHUYHQXª
825 826
L’article I de la Convention de Paris de 2004 est libellé comme L’article 8 est conçu comme suit:
suit: «Les droits à indemnisation prévus par la présente Convention
«a) Les actions en réparation, en vertu de la présente Convention, s’éteignent à défaut d’action en justice intentée dans les trois ans à
doivent sous peine de déchéance ou de prescription être intentées, FRPSWHU GH OD GDWH j ODTXHOOH OH GRPPDJH HVW VXUYHQX 1pDQPRLQV
«i) du fait de décès ou de dommages aux personnes, dans les aucune action en justice ne peut être intentée après un délai de six ans
DQVjFRPSWHUGHODGDWHGHO¶DFFLGHQWQXFOpDLUH à compter de la date où s’est produit l’événement ayant occasionné le
«ii) du fait de tout autre dommage nucléaire, dans les 10 ans à GRPPDJH/RUVTXHFHWpYpQHPHQWFRQVLVWHHQXQHQVHPEOHGHIDLWVOH
compter de la date de l’accident nucléaire. délai de six ans court à partir du premier de ces faits.»
214 Documents de la cinquante-sixième session
CHAPITRE VI
684. Quand on décide d’autoriser la conduite de ¿QDQFLqUH/HV UqJOHV VWLSXOpHV j O¶DUWLFOH GHODORL
FHUWDLQHV DFWLYLWpV GRQW RQ VDLW TX¶HOOHV SHXYHQW rWUH intitulée Oil Pollution ActV¶DSSOLTXHQWpJDOHPHQWGDQVOH
GRPPDJHDEOHV RQ GRLW YHLOOHU j FH TXH OHV JDUDQWLHV contexte de la loi fédérale sur la pollution des eaux (Clean
d’indemnisation des dommages soient prévues à Water Act).
O¶DYDQFH ,O IDXW SRXU FHOD TXH O¶DXWHXU GH FHUWDLQHV
activités contracte une police d’assurance ou fournisse 686. Conformément à l’article 2716 f de la loi intitulée
GHVJDUDQWLHV¿QDQFLqUHV&HVFRQGLWLRQVVRQWVHPEODEOHV Oil Pollution Act, toute action tendant à obtenir le rem-
jFHOOHVTXLVRQWVWLSXOpHVGDQVODOpJLVODWLRQLQWHUQHGH ERXUVHPHQW GHV FRWV GH QHWWR\DJH RX OD UpSDUDWLRQ GX
nombreux États concernant les opérations d’industrie dommage subi, comme prévu par la loi, peut être intro-
complexes, mais aussi des activités plus communes duite directement contre le garant de la partie respon-
comme la conduite d’une automobile. VDEOH /H JDUDQW SHXW LQYRTXHU j O¶pJDUG GX GHPDQGHXU
WRXVOHVGURLWVHWWRXVOHVPR\HQVGHGpIHQVHTXHSRXYDLW
685. Par exemple, l’article 2716 a de la loi des États- soulever la partie responsable, y compris l’argument selon
Unis intitulée Oil Pollution Act VWLSXOH TXH OHV SURSULp- OHTXHOO¶LQFLGHQWDpWpFDXVpSDUXQHIDXWHLQWHQWLRQQHOOH
taires et exploitants de navires et d’installations de de la partie responsable. Cependant, le garant ne peut pas
SURGXFWLRQGHSpWUROHGRLYHQWDSSRUWHUODSUHXYHTXHOHXU LQYRTXHUFHPR\HQGHGpIHQVHPrPHVLODSDUWLHUHVSRQ-
UHVSRQVDELOLWp¿QDQFLqUHHVWFRXYHUWHMXVTX¶jFRQFXUUHQFH sable a obtenu une assurance à la suite d’un dol ou d’une
du montant maximum de la responsabilité encourue par fausse déclaration.
la partie responsable. Aux termes de l’alinéa b du même
article, si la preuve de cette couverture n’est pas fournie, 687. De même, l’article 9608 de la loi intitulée
OHSHUPLVG¶H[SORLWDWLRQGXQDYLUHHVWUpYRTXpRXELHQOH Comprehensive Environmental Responses, Compensa-
navire ne sera pas autorisé à entrer aux États-Unis. Tout tion and Liability Act exige la preuve d’une couverture
QDYLUHVRXPLVjFHWWHUqJOHTXLVHWURXYHUDLWGDQVGHVHDX[ ¿QDQFLqUHTXLSHXWUHYrWLUODIRUPHG¶XQHSROLFHG¶DVVX-
QDYLJDEOHVVDQVrWUHPXQLG¶XQGRFXPHQWDWWHVWDQWTX¶LO UDQFHG¶XQHJDUDQWLHG¶XQHVUHWpRXG¶XQHDWWHVWDWLRQ
HVW¿QDQFLqUHPHQWFRXYHUWSHXWrWUHVDLVLSDUOH*RXYHU- d’auto-assurance. Si la propriétaire ou l’exploitant ne
nement des États-Unis. Aux termes de l’article 2716 e, IRXUQLWSDVODJDUDQWLHUHTXLVHO¶DXWRULVDWLRQHVWUHIXVpH
cette couverture peut être une assurance, une caution, une RX UpYRTXpH HW OH QDYLUH SHXW VH YRLU UHIXVHU O¶HQWUpH
JDUDQWLHXQHOHWWUHGHFUpGLWXQFHUWL¿FDWG¶DXWRDVVXUDQFH dans un port ou dans les eaux navigables des États-Unis,
ou une autre pièce prouvant l’existence d’une couverture ou être retenu.
216 Documents de la cinquante-sixième session
La Convention de Paris de 2004 contient une dispo- des États contractants où une action est engagée en vertu
VLWLRQDQDORJXHDX[WHUPHVGHODTXHOOHO¶H[SORLWDQWHVW de l’article IX, ou à défaut d’une telle action, auprès d’un
tenu d’avoir et de maintenir une assurance ou une autre tribunal ou de toute autre autorité compétente de l’un
JDUDQWLH ¿QDQFLqUH /D &RQYHQWLRQ LPSRVH pJDOHPHQW TXHOFRQTXHGHVeWDWVRXQHDFWLRQSHXWrWUHHQJDJpHHQ
j OD SDUWLH FRQWUDFWDQWH GH IDLUH HQ VRUWH TXH OHV UHV- vertu de l’article IX. Le fonds peut être constitué soit par
sources soient disponibles837. La Convention complé- le dépôt de la somme, soit par la présentation d’une garan-
PHQWDLUHGHpWDEOLWXQPpFDQLVPHGH¿QDQFHPHQW tie bancaire ou de toute autre garantie acceptable admise
supplémentaire. SDUODOpJLVODWLRQGHO¶eWDWFRQWUDFWDQWGDQVOHTXHOOHIRQGV
est constitué, et jugée satisfaisante par le tribunal ou toute
694. En plus des conventions concernant les matières autre autorité compétente.
nucléaires, les conventions concernant des activités pré-
VHQWDQW GHV ULVTXHV GH SUpMXGLFH VXEVWDQWLHO GHPDQGHQW 696. Aux termes de l’article VII du Protocole de 1992
pJDOHPHQWGHVJDUDQWLHVDX[¿QVGXYHUVHPHQWG¶LQGHP- PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ LQWHUQDWLRQDOH GH VXU OD
nités en cas de dommage. UHVSRQVDELOLWp FLYLOH XQ FHUWL¿FDW DWWHVWDQW TX¶XQH DVVX-
UDQFHRXDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHHVWHQFRXUVGHYDOLGLWp
/H 3URWRFROH GH PRGL¿DQW OD &RQYHQWLRQ conformément aux dispositions de la Convention, est
internationale de 1969 sur la responsabilité civile pour GpOLYUp j FKDTXH QDYLUH HW FH FHUWL¿FDW GRLW VH WURXYHU j
les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures bord du navire.
VWLSXOH j VRQ DUWLFOH 9 TXH OH SURSULpWDLUH G¶XQ QDYLUH
immatriculé dans un État contractant doit maintenir une 697. La Convention de 1992 portant création d’un fonds
DVVXUDQFHRXXQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHSRXUXQQDYLUH et le Protocole de 2003 à cette Convention prévoient des
MXVTX¶j FRQFXUUHQFH G¶XQ PRQWDQW WRWDO SDU pYpQHPHQW mécanismes d’indemnisation complémentaires. En appli-
calculé sur la base du tonnage, en commençant par trois cation de l’article 4 du Protocole de 2003, le Fonds complé-
millions d’unités de compte pour un navire dont la jauge mentaire créé en vertu du Protocole doit indemniser toute
ne dépasse pas 5 000 unités. Aux termes du paragraphe 3 personne ayant subi un dommage par pollution si cette
de ce même article, le propriétaire doit constituer un fonds personne n’a pas été en mesure d’obtenir une réparation
s’élevant à la limite de sa responsabilité auprès du tribunal LQWpJUDOHHWDGpTXDWHGHVGRPPDJHVDXWLWUHG¶XQHGHPDQGH
RXGHWRXWHDXWUHDXWRULWpFRPSpWHQWHGHO¶XQTXHOFRQTXH établie, en vertu de la Convention de 1992 portant créa-
WLRQG¶XQIRQGVSDUFHTXHOHPRQWDQWWRWDOGHVGRPPDJHV
PDLQWHQLUjFRQFXUUHQFHGXPRQWDQW¿[pFRQIRUPpPHQWjO¶DUWLFOH H[FqGHRXULVTXHG¶H[FpGHUODUHVSRQVDELOLWpGXSURSULpWDLUH
XQHDVVXUDQFHRXXQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHFRUUHVSRQGDQWDXW\SHHW WHOOHTX¶HOOHHVWOLPLWpHGDQVOD&RQYHQWLRQGHSRUWDQW
DX[FRQGLWLRQVGpWHUPLQpVSRXUO¶DXWRULWpSXEOLTXHFRPSpWHQWH création d’un fonds, pour un événement déterminé.
«b) L’assureur ou toute autre personne ayant accordé une garantie
¿QDQFLqUH QH SHXW VXVSHQGUH O¶DVVXUDQFH RX OD JDUDQWLH ¿QDQFLqUH 698. Aux termes de l’article 12 de la Convention SNPD,
prévue au paragraphe a GX SUpVHQW DUWLFOH RX \ PHWWUH ¿Q VDQV XQ
SUpDYLV GH GHX[ PRLV DX PRLQV GRQQp SDU pFULW j O¶DXWRULWp SXEOLTXH
le propriétaire d’un navire immatriculé dans un État partie et
compétente, ou, dans la mesure où ladite assurance ou autre garantie transportant effectivement des substances nocives et poten-
¿QDQFLqUHFRQFHUQHQWXQWUDQVSRUWGHVXEVWDQFHVQXFOpDLUHVSHQGDQWOD tiellement dangereuses est tenu de souscrire une assurance
durée de ce transport. RXXQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHWHOOHTXHOHFDXWLRQQHPHQW
«c) Les sommes provenant de l’assurance, de la réassurance ou G¶XQHEDQTXHRXG¶XQHLQVWLWXWLRQ¿QDQFLqUHVLPLODLUHSRXU
G¶XQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHQHSHXYHQWVHUYLUTX¶jODUpSDUDWLRQGHV
dommages causés par un accident nucléaire.» couvrir sa responsabilité pour dommages en vertu de la
837
L’article 10 est rédigé ainsi: &RQYHQWLRQ 8Q FHUWL¿FDW G¶DVVXUDQFH REOLJDWRLUH DWWHVWDQW
«a) Tout exploitant devra être tenu, pour faire face à la ce fait est délivré et doit se trouver à bord du navire.
responsabilité prévue par la présente Convention, d’avoir et de
PDLQWHQLUjFRQFXUUHQFHGXPRQWDQW¿[pFRQIRUPpPHQWjO¶DUWLFOHa 699. La Convention relative aux hydrocarbures de soute
ou 7 b ou à l’article 21 cXQHDVVXUDQFHRXXQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUH contient des dispositions analogues. Aux termes de son
correspondant au type et aux conditions déterminés par l’autorité
SXEOLTXHFRPSpWHQWH article 7, le propriétaire inscrit d’un navire d’une jauge supé-
«b /RUVTXH OD UHVSRQVDELOLWp GH O¶H[SORLWDQW Q¶HVW SDV OLPLWpH rieure à 1 000, immatriculé dans un État partie, est tenu de
GDQVVRQPRQWDQWOD3DUWLHFRQWUDFWDQWHVXUOHWHUULWRLUHGHODTXHOOHHVW VRXVFULUHXQHDVVXUDQFHRXDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHWHOOHTXH
située l’installation nucléaire dont l’exploitant est responsable établit OH FDXWLRQQHPHQW G¶XQH EDQTXH RX G¶XQH LQVWLWXWLRQ ¿QDQ-
XQH OLPLWH j OD JDUDQWLH ¿QDQFLqUH GH O¶H[SORLWDQW UHVSRQVDEOH SRXU
DXWDQWTXHODOLPLWHDLQVLpWDEOLHQHVRLWSDVLQIpULHXUHDXPRQWDQWYLVp
cière similaire, pour couvrir sa responsabilité pour dom-
à l’article 7 a ou 7 b. PDJHVSDUSROOXWLRQSRXUXQPRQWDQWpTXLYDODQWDX[OLPLWHV
«c /D 3DUWLH FRQWUDFWDQWH VXU OH WHUULWRLUH GH ODTXHOOH HVW VLWXpH de responsabilité prescrites par le régime de limitation natio-
l’installation nucléaire dont l’exploitant est responsable assure le nale ou internationale applicable, mais n’excédant en aucun
paiement des indemnités pour dommage nucléaire reconnues comme cas un montant calculé conformément à la Convention sur la
étant à la charge de l’exploitant en fournissant les sommes nécessaires,
GDQV OD PHVXUH R O¶DVVXUDQFH RX DXWUH JDUDQWLH ¿QDQFLqUH Q¶HVW SDV limitation de la responsabilité en matière de créances mari-
GLVSRQLEOH RX Q¶HVW SDV VXI¿VDQWH SRXU SD\HU FHV LQGHPQLWpV j WLPHVWHOTXHPRGL¿pH8QFHUWL¿FDWDVVXUDQWTX¶XQHDVVX-
FRQFXUUHQFHG¶XQPRQWDQWTXLQHSHXWrWUHLQIpULHXUDXPRQWDQWYLVpj UDQFHRXXQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHHVWHQFRXUVGHYDOLGLWp
l’article 7 a ou à l’article 21 c. est délivré et doit se trouver à bord du navire.
«d) L’assureur ou toute autre personne ayant accordé une garantie
¿QDQFLqUH QH SHXW VXVSHQGUH O¶DVVXUDQFH RX OD JDUDQWLH ¿QDQFLqUH
prévue aux paragraphes a ou bGXSUpVHQWDUWLFOHRX\PHWWUH¿QVDQV 700. Le Protocole de Bâle de 1999 prévoit également des
XQSUpDYLVGHGHX[PRLVDXPRLQVGRQQpSDUpFULWjO¶DXWRULWpSXEOLTXH assurances. En application du paragraphe 1 de l’article 14, les
compétente, ou, dans la mesure où ladite assurance ou autre garantie personnes responsables en vertu du régime de la responsabilité
¿QDQFLqUH FRQFHUQH XQ WUDQVSRUW GH VXEVWDQFHV QXFOpDLUHV SHQGDQW OD REMHFWLYHVRXVFULYHQWSRXUODSpULRGHSHQGDQWODTXHOOHFRXUW
durée de ce transport.
«e) Les sommes provenant de l’assurance, de la réassurance ou
OHGpODL¿[pSRXUODUHVSRQVDELOLWpXQHDVVXUDQFHXQHFDXWLRQ
G¶XQHDXWUHJDUDQWLH¿QDQFLqUHQHSHXYHQWVHUYLUTX¶jODUpSDUDWLRQGHV HWGHVJDUDQWLHV¿QDQFLqUHVFRXYUDQWOHXUUHVSRQVDELOLWpSRXU
dommages causés par un accident nucléaire.» des montants correspondant au moins aux limites minimales
218 Documents de la cinquante-sixième session
VSpFL¿pHVGDQVOH3URWRFROH/HVeWDWVSHXYHQWV¶DFTXLWWHUGH DVVXUDQFHRXGHIRXUQLUXQHVUHWpSRXUFRXYULUOHVGRPPDJHV
leur obligation au titre de ce paragraphe par une déclaration TX¶LOVSHXYHQWFDXVHUjODVXUIDFHIl est précisé à l’alinéa c
G¶DXWRDVVXUDQFH/¶DUWLFOHSUpYRLWTXHGHVPHVXUHVDGGL- GXSDUDJUDSKHGHFHWDUWLFOHTX¶XQeWDWFRQWUDFWDQWSHXW
tionnelles et supplémentaires visant à assurer une indemni- accepter, au lieu d’une assurance, une garantie fournie par
VDWLRQSURPSWHHWDGpTXDWHSHXYHQWrWUHSULVHVGDQVOHFDGUH l’État contractant où l’aéronef est immatriculé, à condition
des mécanismes existants. TXHFHWeWDWV¶HQJDJHjQHSDVVHSUpYDORLUG¶XQHLPPXQLWp
de juridiction à propos de cette garantie.
701. Aux termes de l’article 11 du Protocole de Kiev
GH O¶H[SORLWDQW YHLOOH j FH TXH OD UHVSRQVDELOLWp 705. La Convention des Nations Unies sur le droit de la
HQFRXUXH VRLW FRXYHUWH SDU XQH JDUDQWLH ¿QDQFLqUH WHOOH mer prévoit également, au paragraphe 3 de l’article 235,
TX¶XQH DVVXUDQFH GHV FDXWLRQQHPHQWV RX DXWUHV JDUDQ- TXH OHV eWDWV FRRSqUHQW HQ YXH GH O¶pODERUDWLRQ GH
WLHV \ FRPSULV GHV PpFDQLVPHV ¿QDQFLHUV G¶LQGHPQLVD- SURFpGXUHVSRXUOHSDLHPHQWG¶LQGHPQLWpVDGpTXDWHV
WLRQ HQ FDV G¶LQVROYDELOLWp (Q RXWUH OHV H[SORLWDQWV TXL
sont des entreprises d’État peuvent faire une déclaration 706. Certains de ces instruments contiennent des dispo-
d’auto-assurance. sitions en matière de subrogation. Toute action au titre du
Protocole de Bâle de 1999 peut être intentée directement
702. L’article 12 de la Convention de Lugano stipule contre toute personne fournissant l’assurance, les cautions
TXHFKDTXHSDUWLHGRLWV¶DVVXUHUTXHGDQVOHVFDVDSSUR- HW G¶DXWUHV JDUDQWLHV ¿QDQFLqUHV /¶DVVXUHXU RX OD SHU-
SULpVOHVH[SORLWDQWVPDLQWLHQQHQWXQHJDUDQWLH¿QDQFLqUH VRQQH IRXUQLVVDQW OD JDUDQWLH ¿QDQFLqUH D OH GURLW G¶H[L-
à concurrence d’une certaine limite, conforme aux types JHU TXH OD SHUVRQQH UHVSRQVDEOH DX[ WHUPHV GX UpJLPH
HWDX[FRQGLWLRQVGpWHUPLQpVSDUOHGURLWLQWHUQHD¿QGH de responsabilité objective en vertu de l’article 4 du Pro-
couvrir la responsabilité visée dans la Convention. Aux tocole soit associée à la procédure. Les assureurs et les
WHUPHVGHFHWDUWLFOHOHVSDUWLHVSRXUGpWHUPLQHUTXHOOHV SHUVRQQHV IRXUQLVVDQW OHV JDUDQWLHV ¿QDQFLqUHV SHXYHQW
VRQW OHV DFWLYLWpV TXL VRQW VXMHWWHV j O¶REWHQWLRQ G¶XQH LQYRTXHUOHVPR\HQVGHGpIHQVHTXHODSHUVRQQHUHVSRQ-
JDUDQWLH ¿QDQFLqUH GRLYHQW WHQLU FRPSWH GHV ULVTXHV GH VDEOHDX[WHUPHVGHO¶DUWLFOHDXUDLWOHGURLWG¶LQYRTXHU
l’activité considérée. 1pDQPRLQV XQH SDUWLH FRQWUDFWDQWH SHXW LQGLTXHU SDU
QRWL¿FDWLRQDGUHVVpHDXGpSRVLWDLUHTX¶HOOHQHGRQQHSDV
703. La directive 2004/35/CE de l’UE ne prévoit pas le droit d’intenter directement une action.
O¶pWDEOLVVHPHQWG¶XQIRQGVQRQSOXVTXHG¶XQPpFDQLVPH
GHJDUDQWLH¿QDQFLqUHREOLJDWRLUHKDUPRQLVp(QUHYDQFKH 707. De même, en vertu du Protocole de Kiev de 2003,
elle prie les États membres de prendre des mesures visant à toute action au titre du Protocole peut être intentée direc-
HQFRXUDJHUOHGpYHORSSHPHQWSDUOHVDJHQWVpFRQRPLTXHV tement contre toute personne fournissant une garantie
HW¿QDQFLHUVDSSURSULpVG¶LQVWUXPHQWVHWGHPDUFKpVGH ¿QDQFLqUH 'DQV FH FDV O¶DVVXUHXU RX OD SHUVRQQH IRXU-
JDUDQWLH¿QDQFLqUH\FRPSULVGHVPpFDQLVPHV¿QDQFLHUV QLVVDQWODFRXYHUWXUH¿QDQFLqUHDOHGURLWG¶H[LJHUTXHOD
FRXYUDQW OHV FDV G¶LQVROYDELOLWp D¿Q GH SHUPHWWUH DX[ personne responsable soit associée à la procédure et peut
H[SORLWDQWV G¶XWLOLVHU GHV LQVWUXPHQWV GH JDUDQWLH ¿QDQ- LQYRTXHUOHVPR\HQVGHGpIHQVHTXHODSHUVRQQHUHVSRQ-
FLqUHSRXUFRXYULUOHVUHVSRQVDELOLWpVTXLOHXULQFRPEHQW VDEOHDXUDLWOHGURLWG¶LQYRTXHU
en vertu de la directive838. Cet article envisage l’établis-
sement d’un rapport, par la Commission européenne, sur 708. La Convention relative aux hydrocarbures de
O¶HI¿FDFLWpGHODGLUHFWLYH¬ODOXPLqUHGHFHUDSSRUWHW soute est plus détaillée. Aux termes du paragraphe 10 de
d’une évaluation d’impact approfondie, notamment une l’article 7, toute demande en réparation d’un dommage par
DQDO\VH FRWDYDQWDJHV OD &RPPLVVLRQ VRXPHW OH FDV pollution peut être formée directement contre l’assureur ou
échéant, des propositions relatives à un système de garan- O¶DXWUHSHUVRQQHGRQWpPDQHODJDUDQWLH¿QDQFLqUHFRXYUDQW
WLH¿QDQFLqUHREOLJDWRLUHKDUPRQLVpH la responsabilité du propriétaire pour les dommages par
pollution. Dans un tel cas, le défendeur peut, même si le
704. La Convention relative aux dommages causés aux propriétaire du navire n’est pas en droit de limiter sa res-
tiers à la surface par des aéronefs étrangers stipule, à son ponsabilité, limiter sa responsabilité. Le défendeur peut, en
DUWLFOH TXH OHV H[SORLWDQWV G¶DpURQHIV LPPDWULFXOpV RXWUHVHSUpYDORLUGHVPR\HQVGHGpIHQVHTXHOHSURSULp-
dans un autre État contractant sont tenus de contracter une WDLUHGXQDYLUHVHUDLWIRQGpjLQYRTXHU H[FHSWpFHX[GHOD
IDLOOLWHRXPLVHHQOLTXLGDWLRQGXSURSULpWDLUHGXQDYLUH HW
838
GXIDLWTXHOHGRPPDJHSDUSROOXWLRQUpVXOWHG¶XQHIDXWH
L’article 14 (voir supra la note 286) est libellé ainsi: intentionnelle du propriétaire du navire. Toutefois, il ne
«*DUDQWLH¿QDQFLqUH
«1. Les États membres prennent des mesures visant à encourager peut se prévaloir d’aucun des autres moyens de défense
OHGpYHORSSHPHQWSDUOHVDJHQWVpFRQRPLTXHVHW¿QDQFLHUVDSSURSULpV TX¶LODXUDLWSXrWUHIRQGpjLQYRTXHUGDQVXQHDFWLRQLQWHQ-
G¶LQVWUXPHQWV HW GH PDUFKpV GH JDUDQWLH ¿QDQFLqUH \ FRPSULV GHV tée par le propriétaire du navire contre lui. Le défendeur
PpFDQLVPHV¿QDQFLHUVFRXYUDQWOHVFDVG¶LQVROYDELOLWpD¿QGHSHUPHWWUH peut, dans tous les cas, obliger le propriétaire du navire à
DX[ H[SORLWDQWV G¶XWLOLVHU GHV LQVWUXPHQWV GH JDUDQWLH ¿QDQFLqUH SRXU
FRXYULUOHVUHVSRQVDELOLWpVTXLOHXULQFRPEHQWHQYHUWXGHOD'LUHFWLYH
se joindre à la procédure. La Convention SNPD antérieure
«2. Avant le 30 avril 2010, la Commission présente un rapport sur contient des dispositions analogues839.
O¶HI¿FDFLWpGHODSUpVHQWH'LUHFWLYHHQWHUPHVGHUpSDUDWLRQHIIHFWLYHGHV
GRPPDJHVHQYLURQQHPHQWDX[VXUODGLVSRQLELOLWpjXQFRWUDLVRQQDEOH B. Jurisprudence et pratique des
HWVXUOHVFRQGLWLRQVGHVDVVXUDQFHVHWDXWUHVIRUPHVGHJDUDQWLH¿QDQFLqUH États autres que des accords
FRXYUDQW OHV DFWLYLWpV YLVpHV j O¶DQQH[H ,,, (Q FH TXL FRQFHUQH OD
JDUDQWLH ¿QDQFLqUH OH UDSSRUW SUHQG pJDOHPHQW OHV DVSHFWV VXLYDQWV HQ 709. Dans un petit nombre de cas, un État dont certaines
considération: une approche progressive, un plafond pour la garantie
¿QDQFLqUHHWO¶H[FOXVLRQGHVDFWLYLWpVjIDLEOHULVTXH¬ODOXPLqUHGHFH
activités peuvent être dommageables pour d’autres États
rapport et d’une évaluation d’impact approfondie, notamment une analyse a garanti de façon unilatérale la réparation du préjudice
FRWDYDQWDJHVOD&RPPLVVLRQVRXPHWOHFDVpFKpDQWGHVSURSRVLWLRQV
UHODWLYHVjXQV\VWqPHGHJDUDQWLH¿QDQFLqUHREOLJDWRLUHKDUPRQLVpHª 839
Art. 12.
Étude, établie par le Secrétariat, des régimes de responsabilité ayant trait au sujet de la responsabilité internationale 219
pYHQWXHO /HV eWDWV8QLV G¶$PpULTXH RQW DGRSWp GHV 711. Dans un échange de notes entre les États-Unis et
mesures législatives garantissant la réparation des dom- l’Espagne concernant le Traité d’amitié et de coopération
mages causés par certains incidents nucléaires. Dans la conclu en 1976 entre ces deux États, les États-Unis ont
Public Law 93-513, adoptée le 6 décembre 1974 sous pJDOHPHQWGRQQpO¶DVVXUDQFH©TX¶LOVV¶HIIRUFHURQWHQFDV
forme de résolution conjointe du Congrès, les États-Unis de besoin, de demander aux législateurs l’autorisation de
ont garanti la réparation des dommages pouvant résulter régler dans des conditions semblables les réclamations
d’incidents nucléaires causés par le réacteur nucléaire concernant les dommages corporels, les décès, les dom-
d’un navire de guerre américain840. PDJHVPDWpULHOVRXOHVSHUWHVGRQWLODXUDpWppWDEOLTX¶LOV
résultent d’un incident nucléaire causé par tout autre élé-
710. Par la suite, la loi Public Law 93-513 a été ment nucléaire américain et ayant donné lieu à ces récla-
complétée par l’Executive Order 11918, du 1er juin 1976, mations en territoire espagnol842».
SUpYR\DQWXQHLQGHPQLVDWLRQSURPSWHDGpTXDWHHWHIIHF-
tive en cas de certains incidents nucléaires841. 712. Autrement dit, les États-Unis ont élargi de façon
unilatérale leur responsabilité et se sont volontaire-
840
Les passages pertinents de cette loi sont les suivants:
ment engagés à promulguer des mesures législatives, si
©&RQVLGpUDQW TX¶LO HVW YLWDO SRXU OD VpFXULWp QDWLRQDOH GH IDFLOLWHU besoin était, pour consacrer leurs obligations à l’égard de
l’admission des navires de guerre américains à propulsion nucléaire l’Espagne.
dans les ports de pays amis,
©&RQVLGpUDQW TXH O¶DYqQHPHQW GHV UpDFWHXUV QXFOpDLUHV D VXVFLWp 713. De même, dans une déclaration faite par le Dépar-
GDQVOHPRQGHGHVHIIRUWVWHQDQWjPHWWUHDXSRLQWXQUpJLPHMXULGLTXH
DSSURSULpSHUPHWWDQWG¶LQGHPQLVHUFHX[TXLSRXUUDLHQWrWUHOpVpVORUV tement d’État des États-Unis concernant les activités
d’un incident lié à l’exploitation de réacteurs nucléaires, WHQGDQWjPRGL¿HUOHVFRQGLWLRQVPpWpRURORJLTXHVLOHVW
©&RQVLGpUDQWTXHOHVeWDWV8QLVRQWpWpSDUPLOHVSUHPLHUVjDGRSWHU pJDOHPHQWTXHVWLRQG¶XQDFFRUGSUpDODEOHDYHFOHVeWDWV
des mesures législatives visant à garantir une indemnisation prompte et susceptibles d’être affectés. Lors des auditions tenues
pTXLWDEOHHQFDVG¶LQFLGHQWQXFOpDLUHGpFRXODQWGHO¶H[SORLWDWLRQG¶XQ
réacteur nucléaire par les États-Unis, comme en témoigne en particulier en 1966 par le Sénat des États-Unis concernant les pro-
O¶DUWLFOHGHODORLGHVXUO¶pQHUJLHDWRPLTXHWHOOHTX¶HOOHDpWp jets de lois relatives à un programme visant à accroître
PRGL¿pH les précipitations utiles aux États-Unis, le Département
©&RQVLGpUDQW TX¶XQH IRUPH RX XQH DXWUH GH JDUDQWLH TXDQW DX d’État a fait la déclaration suivante:
versement rapide d’une indemnisation au cas peu probable où un
incident nucléaire causé par le réacteur nucléaire d’un navire de guerre /H VHXO PRWLI GH SUpRFFXSDWLRQ GX 'pSDUWHPHQW G¶eWDW HVW TXH DX
américain causerait des dommages, indépendamment des normes de cas où les zones expérimentales choisies seraient proches des frontières
VpFXULWpVDQVSUpFpGHQWTXLRQWpWpDSSOLTXpHVSDUOHVQDYLUHVGHJXHUUH QDWLRQDOHVFHODULVTXHUDLWGHFUpHUGHVSUREOqPHVDYHFOHVSD\VYRLVLQV
américains à propulsion nucléaire dans le monde entier, serait de nature OH&DQDGDHWOH0H[LTXH3RXUSDUHUjFHWWHpYHQWXDOLWpOH'pSDUWHPHQW
à faciliter l’utilisation de ces navires, G¶eWDW VRXKDLWHUDLW TXH OH QpFHVVDLUH VRLW IDLW SRXU TX¶DYDQW G¶HQWUH-
«Le Sénat et la Chambre des représentants des États-Unis prendre les essais un accord préalable intervienne avec les pays pouvant
d’Amérique, réunis en Congrès, décident de ce qui suit: être affectés843.
©/D SROLWLTXH GHV eWDWV8QLV HVW TXH OHV eWDWV8QLV SDLHURQW OHV
réclamations ou satisferont aux jugements concernant les dommages
FRUSRUHOVGpFqVRXGRPPDJHVPDWpULHOVGRQWLODXUDpWppWDEOLTX¶LOV 714. Dans un cas, au moins, un État s’est engagé à
résultent d’un incident nucléaire causé par le réacteur nucléaire d’un JDUDQWLUODUpSDUDWLRQGHVGRPPDJHVTX¶XQHVRFLpWpSUL-
QDYLUHGHJXHUUHDPpULFDLQjFRQGLWLRQTXHFHVGRPPDJHVGpFqVRX YpH RSpUDQW VXU VRQ WHUULWRLUH ULVTXDLW GH FDXVHU j XQ
pertes n’aient pas été causés par des forces armées en combat ou ne
résultent pas d’une insurrection civile. Le Président peut autoriser, État voisin. Ainsi, le Canada et les États-Unis ont mené
DX[FRQGLWLRQVTX¶LOOXLDSSDUWLHQGUDGHGpWHUPLQHUOHSDLHPHQWGHFHV des négociations au sujet d’un projet de prospection
réclamations ou la satisfaction de ces jugements par prélèvement sur tout SpWUROLqUH TX¶XQH VRFLpWp FDQDGLHQQH HQYLVDJHDLW G¶HQ-
fonds de réserve dont dispose le Gouvernement, ou fournir au Congrès treprendre dans la mer de Beaufort, au large du delta du
les attestations voulues pour l’ouverture des crédits nécessaires.»
(Public Law 93-513, United States Statutes at Large, 1974, vol. 88,
0DFNHQ]LH&HSURMHWDVXVFLWpGHYLYHVLQTXLpWXGHVGDQV
2e partie, p. 1610 et 1611.) le territoire voisin, l’Alaska, notamment à propos des
841
Ce texte se lit comme suit: mesures de sécurité prévues dans le projet et des fonds
©(Q YHUWX GHV SRXYRLUV TXL PH VRQW FRQIpUpV SDU OD UpVROXWLRQ destinés à indemniser les victimes potentielles aux États-
conjointe approuvée le 6 décembre 1974 (Public Law 93-513.88 Stat. Unis. À l’issue des négociations, la société a été tenue
1610.42 U.S.C.2211) et par l’article 301 du titre 3 du United States de constituer un fonds de garantie pour assurer l’indem-
Code HW HQ WDQW TXH 3UpVLGHQW GHV eWDWV8QLV G¶$PpULTXH LO HVW
RUGRQQp FH TXL VXLW D¿Q TX¶XQH LQGHPQLVDWLRQ SURPSWH DGpTXDWH HW nisation voulue. De son côté, le Gouvernement canadien
effective soit versée au cas peu probable où un incident nucléaire causé s’est engagé à garantir le paiement des indemnités844.
par un réacteur nucléaire d’un navire de guerre américain causerait un
préjudice ou un dommage:
«Article 1. a $X[¿QVGXUqJOHPHQWDGPLQLVWUDWLIGHVUpFODPDWLRQV
ou de la satisfaction des jugements concernant des dommages corporels, LQVWLWXWLRQHQFHTXLFRQFHUQHOHVDFWLRQVLQWHQWpHVFRQWUHOHVeWDWV8QLV
GpFqVGRPPDJHVPDWpULHOVRXSHUWHVGRQWLOHVWpWDEOLTX¶LOVUpVXOWHQW et les jugements ou règlements à l’amiable en découlant.
d’un incident nucléaire causé par un réacteur nucléaire d’un navire de «Article 3. Les pouvoirs délégués par la présente ordonnance seront
guerre des États-Unis, le Secrétaire à la défense est habilité à autoriser, exercés en consultation avec le Secrétaire d’État en cas d’incident
conformément à la Public Law 93-513HWDX[FODXVHVHWFRQGLWLRQVTX¶LO suscitant une réclamation de la part d’un pays étranger ou de ses
jugera appropriées, le paiement de ces réclamations et la satisfaction de ressortissants, et toute négociation internationale liée à la Public Law
ces jugements par prélèvement sur les fonds de réserve dont dispose le 93-513 sera menée par le Secrétaire d’État ou son autorité.»
Département de la défense. (Federal Register, Washington, vol. 41, no 108, 3 juin 1976, p. 22329.)
«b /RUVTX¶LOOHMXJHDSSURSULpOH6HFUpWDLUHjODGpIHQVHFHUWL¿H 842
Digest of United States Practice in International Law 1976,
les réclamations ou jugements visés à la sous-section a et transmet au
Washington, p. 441.
Directeur du Bureau de la gestion et du budget sa recommandation en 843
FHTXLFRQFHUQHO¶RXYHUWXUHSDUOH&RQJUqVGHVFUpGLWVVXSSOpPHQWDLUHV Lettre adressée par le Département d’État au sénateur Magnuson,
nécessaires. Président de la Commission sénatoriale du commerce, «Weather
«Article 2. Les dispositions de l’article premier ne seront pas 0RGL¿FDWLRQª Hearings before the Committee on Commerce, Sénat
UpSXWpHV UHPSODFHU PRGL¿HU RX OLPLWHU OHV IRQFWLRQV MXGLFLDLUHV HW des États-Unis, 89e Congrès, 2e session, 2e partie, 1966, p. 321.
844
autres dont est investi l’Attorney General ou le directeur de toute autre International Canada, Toronto, vol. 7, no 3, p. 84 et 85.
220 Documents de la cinquante-sixième session
CHAPITRE VII
715. Il est essentiel, pour la protection des droits des par- GH3DULVGHGLVSRVHFHTXLVXLWjVRQDUWLFOHWHO
WLHV OpVpHV TXH OHV MXJHPHQWV HW OHV VHQWHQFHV DFFRUGDQW TXHPRGL¿p
XQHLQGHPQLVDWLRQVRLHQWH[pFXWRLUHV/DSUDWLTXHGHVeWDWV
FRQVDFUH OH SULQFLSH VHORQ OHTXHO OHV eWDWV QH GRLYHQW QL i /RUVTXHOHVMXJHPHQWVSURQRQFpVFRQWUDGLFWRLUHPHQWRXSDU
entraver les procédures judiciaires concernant les différends défaut par le tribunal compétent en vertu des dispositions du présent
DUWLFOHVRQWH[pFXWRLUHVG¶DSUqVOHVORLVDSSOLTXpHVSDUFHWULEXQDOLOV
découlant de dommages transfrontières causés par des acti- deviennent exécutoires sur le territoire de toute autre Partie contractante
YLWpVUHOHYDQWGHOHXUMXULGLFWLRQQLLQYRTXHUG¶LPPXQLWpj dès l’accomplissement des formalités prescrites par la Partie contrac-
FHWpJDUG/HVeWDWVDFFHSWHQWHQFRQVpTXHQFHGHPHWWUHj tante intéressée. Aucun nouvel examen du fond de l’affaire n’est admis.
exécution les jugements rendus par les organes compétents &HWWHGLVSRVLWLRQQHV¶DSSOLTXHSDVDX[MXJHPHQWVTXLQHVRQWH[pFX-
WRLUHVTXHSURYLVRLUHPHQW
à propos des différends découlant de tels dommages.
j) Si une action en réparation est intentée contre une Partie
A. Pratique conventionnelle contractante en vertu de la présente Convention, ladite Partie contrac-
WDQWHQHSHXWLQYRTXHUVRQLPPXQLWpGHMXULGLFWLRQGHYDQWOHWULEXQDO
FRPSpWHQW HQ YHUWX GX SUpVHQW DUWLFOH VDXI HQ FH TXL FRQFHUQH OHV
716. Les accords multilatéraux contiennent générale- mesures d’exécution.
ment des dispositions concernant cette dernière étape de
la protection des droits des parties lésées. Ils stipulent 717. L’article XII de la Convention de Vienne de 1963,
TX¶XQMXJHPHQWGp¿QLWLID\DQWDFFRUGpXQHLQGHPQLVDWLRQ incorporant les amendements contenus dans le Protocole
doit être exécuté sur le territoire des parties contractantes de 1997, a un libellé sensiblement analogue à celui de
HWTXHOHVSDUWLHVQHSHXYHQWSDVLQYRTXHUO¶LPPXQLWpGH l’article XII de la Convention de Vienne de 1963846. Il est
juridiction. Par exemple, la Convention de Paris de 1960 conçu comme suit:
prévoit, aux alinéas d et e GH O¶DUWLFOH TXH OHV MXJH-
PHQWVGp¿QLWLIVUHQGXVSDUXQWULEXQDOFRPSpWHQWHQYHUWX 1. Tout jugement prononcé par un tribunal d’une Partie contrac-
de la Convention sont exécutoires sur le territoire de l’une WDQWHD\DQWODFRPSpWHQFHMXULGLFWLRQQHOOHTXLQ¶HVWSOXVVXVFHSWLEOHGHV
TXHOFRQTXHGHVSDUWLHVFRQWUDFWDQWHVHWTXHVLXQHDFWLRQ IRUPHVRUGLQDLUHVGHUpYLVLRQGRLWrWUHUHFRQQXjPRLQVTXH
en réparation est intentée contre une partie contractante en a) OHMXJHPHQWQ¶DLWpWpREWHQXSDUGRO
WDQWTX¶H[SORLWDQWUHVSRQVDEOHFHOOHFLQHSHXWLQYRTXHU
son immunité de juridiction845. De même, la Convention b) OD SDUWLH FRQWUH ODTXHOOHOH MXJHPHQW D pWp SURQRQFp Q¶DLW SDV
HXODSRVVLELOLWpGHSUpVHQWHUVDFDXVHGDQVGHVFRQGLWLRQVpTXLWDEOHV
718. Les paragraphes 5 et 6 de l’article XIII de la 720. La Convention sur les ressources minérales prévoit,
Convention de Vienne de 1997 sont analogues847. Cette jO¶DUWLFOHTXHWRXWMXJHPHQWG¶XQWULEXQDOFRPSpWHQW
Convention dispose au paragraphe 7 de ce même article TXLHVWH[pFXWRLUHGDQVO¶eWDWG¶RULJLQHRLOQHSHXWSOXV
TXH OHV WUDQVDFWLRQV LQWHUYHQXHV FRQIRUPpPHQW DX[ être l’objet d’un recours ordinaire, est reconnu dans tout
FRQGLWLRQV ¿[pHV SDU OD OpJLVODWLRQ QDWLRQDOH DX VXMHW État partie. Toutefois, l’exécution du jugement peut être
de la réparation du dommage effectuée au moyen des refusée si le jugement a été obtenu frauduleusement ou si
fonds publics sont reconnues par les autres parties le défendeur n’a pas été averti dans les délais raisonnables
contractantes848. et mis en mesure de présenter sa défense. Cet article sti-
SXOHHQRXWUHTXHWRXWMXJHPHQWUHFRQQXHVWH[pFXWRLUH
719. Outre les conventions concernant les matières GDQVFKDTXHeWDWSDUWLHGqVTXHOHV©SURFpGXUHVªH[LJpHV
nucléaires, les conventions réglementant d’autres acti- GDQVFHWeWDWRQWpWpDFFRPSOLHVPDLVTXHFHVSURFpGXUHV
YLWpV TXL SUpVHQWHQW GHV ULVTXHV GH SUpMXGLFH LPSRUWDQWV ne peuvent autoriser une révision au fond de la demande,
contiennent également des règles concernant l’application ni un contrôle de la loi applicable851.
et la reconnaissance des jugements. Le Protocole de 1992
PRGL¿DQWOD&RQYHQWLRQVXUODUHVSRQVDELOLWpFLYLOHSRXU &HWWHPrPH&RQYHQWLRQVWLSXOHjO¶DUWLFOHTXH
les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures, si l’exploitant est un État partie, celui-ci reste soumis aux
WRXW FRPPH OD &RQYHQWLRQ TXL O¶DYDLW SUpFpGp HQ tribunaux nationaux de l’État de contrôle ou de l’État
SUpYRLWTXHOHVMXJHPHQWVGp¿QLWLIVUHQGXVGDQVXQeWDW VXUOHWHUULWRLUHGXTXHOOHGRPPDJHV¶HVWSURGXLWHWGRLW
contractant sont exécutoires dans tout autre État contrac- renoncer à toutes les défenses dont il pouvait se prévaloir
tant849. En outre, au paragraphe 2 de son article XI, la HQVDTXDOLWpG¶eWDWVRXYHUDLQ852.
&RQYHQWLRQ GLVSRVH TXH OHV eWDWV UHQRQFHQW j WRXWHV OHV
GpIHQVHV GRQW LOV SRXUUDLHQW VH SUpYDORLU HQ OHXU TXDOLWp 722. La Convention SNPD, à son article 40, et la
d’États souverains850. Convention relative aux hydrocarbures de soute, à son
article 10, prévoient la reconnaissance des jugements ren-
847
dus par une autre partie contractante853. Tel est également
L’article XIII se lit comme suit: le cas de la CRTD et du Protocole de Bâle de 1999.
«5. Tout jugement prononcé par un tribunal d’une Partie
FRQWUDFWDQWH D\DQW OD FRPSpWHQFH MXULGLFWLRQQHOOH TXL Q¶HVW SOXV
susceptible des formes ordinaires de révision doit être reconnu, à moins
TXH 851
«a OHMXJHPHQWQ¶DLWpWpREWHQXSDUGRO L’article 12 dispose:
«b ODSDUWLHFRQWUHODTXHOOHOHMXJHPHQWDpWpSURQRQFpQ¶DLWSDV © 7RXW MXJHPHQW Gp¿QLWLI SURQRQFp SDU XQ WULEXQDO D\DQW OD
HXODSRVVLELOLWpGHSUpVHQWHUVDFDXVHGDQVGHVFRQGLWLRQVpTXLWDEOHV compétence juridictionnelle en vertu de l’article XI doit être reconnu
«c) le jugement ne soit contraire à l’ordre public de la Partie VXUOHWHUULWRLUHGHWRXWHDXWUH3DUWLHFRQWUDFWDQWHjPRLQVTXH
contractante où il doit être reconnu ou ne soit pas conforme aux normes «a /HMXJHPHQWQ¶DLWpWpREWHQXSDUXQGRO
fondamentales de la justice. «b /DSHUVRQQHFRQWUHODTXHOOHOHMXJHPHQWDpWpSURQRQFpQ¶DLW
© 7RXW MXJHPHQW TXL HVW UHFRQQX DX SDUDJUDSKH GX SUpVHQW SDVHXODSRVVLELOLWpGHSUpVHQWHUVDFDXVHGDQVGHVFRQGLWLRQVpTXLWDEOHV
DUWLFOH HW GRQW O¶H[pFXWLRQ HVW GHPDQGpH GDQV OD IRUPH UHTXLVHSDU OH
droit de la Partie contractante où cette exécution est recherchée est © 7RXWMXJHPHQWGp¿QLWLITXLHVWUHFRQQXHWGRQWO¶H[pFXWLRQHVW
exécutoire comme s’il s’agissait d’un jugement d’un tribunal de cette GHPDQGpHGDQVODIRUPHUHTXLVHSDUOHGURLWGHOD3DUWLHFRQWUDFWDQWHR
3DUWLHFRQWUDFWDQWH7RXWHDIIDLUHVXUODTXHOOHXQMXJHPHQWDpWpUHQGX cette exécution est recherchée est exécutoire comme s’il s’agissait d’un
ne peut faire l’objet d’un nouvel examen au fond. jugement d’un tribunal de cette partie contractante.»
852
«7. Les transactions intervenues conformément aux conditions L’article 13 se lit comme suit:
¿[pHVSDUODOpJLVODWLRQQDWLRQDOHDXVXMHWGHODUpSDUDWLRQGXGRPPDJH ©/RUVTXH O¶H[SORLWDQW HVW XQ eWDW 3DUWLH FHW eWDW HVW SDVVLEOH GH
effectuée au moyen des fonds publics visés à l’alinéa 1 b de l’article III poursuites devant les juridictions visées à l’article 11 et renonce à toutes
sont reconnues par les autres Parties contractantes.» OHVGpIHQVHVGRQWLOSRXUUDLWVHSUpYDORLUHQVDTXDOLWpG¶eWDWVRXYHUDLQª
848
L’article 10 d de la Convention complémentaire à la Convention 853
L’article 40 de la Convention SNPD se lit comme suit:
de Paris de 1960 est conçu comme suit: «1. Tout jugement rendu par un tribunal compétent conformément
©/HVWUDQVDFWLRQVLQWHUYHQXHVFRQIRUPpPHQWDX[FRQGLWLRQV¿[pHV jO¶DUWLFOHTXLHVWH[pFXWRLUHGDQVO¶eWDWG¶RULJLQHHWQHSHXWSOXV\
par la législation nationale au sujet de la réparation des dommages faire l’objet d’un recours ordinaire, est reconnu dans tout État partie,
effectuée au moyen des fonds publics visés à l’article 3 b ii et iii sauf:
seront reconnues par les autres Parties contractantes, et les jugements
prononcés par les tribunaux compétents au sujet d’une telle réparation «a VLOHMXJHPHQWDpWpREWHQXIUDXGXOHXVHPHQWRX
deviendront exécutoires sur le territoire des autres Parties contractantes «b) si le défendeur n’a pas été averti dans des délais raisonnables
conformément aux dispositions de l’article 13 d de la Convention de et mis en mesure de présenter sa défense.
Paris.» © 7RXW MXJHPHQW TXL HVW UHFRQQX HQ YHUWX GX SRLQW HVW
849
L’article X de la Convention se lit comme suit: H[pFXWRLUHGDQVFKDTXHeWDW3DUWLHGqVTXHOHVSURFpGXUHVUHTXLVHVGDQV
«1. Tout jugement d’un tribunal compétent en vertu de l’article IX, cet État ont été remplies. Ces procédures ne sauraient autoriser une
TXLHVWH[pFXWRLUHGDQVO¶eWDWG¶RULJLQHRLOQHSHXWSOXVIDLUHO¶REMHW révision au fond de la demande.»
d’un recours ordinaire est reconnu dans tout autre État contractant sauf: L’article 10 de la Convention relative aux hydrocarbures de soute est
«a VLOHMXJHPHQWDpWpREWHQXIUDXGXOHXVHPHQWRX conçu ainsi:
«b) si le défendeur n’a pas été averti dans des délais raisonnables «Reconnaissance et exécution des jugements
et mis en mesure de présenter sa défense.
© 7RXW MXJHPHQW TXL HVW UHFRQQX HQ YHUWX GX SDUDJUDSKH GX «1. Tout jugement rendu par un tribunal compétent en vertu de
SUpVHQWDUWLFOHHVWH[pFXWRLUHGDQVFKDTXHeWDWFRQWUDFWDQWGqVTXHOHV O¶DUWLFOH TXL HVW H[pFXWRLUH GDQV O¶eWDW G¶RULJLQH R LO QH SHXW SOXV
procédures exigées dans ledit État ont été remplies. Ces procédures ne faire l’objet d’un recours ordinaire, est reconnu dans tout État Partie,
sauraient autoriser une révision au fond de la demande.» sauf:
850
L’article XI est conçu comme suit: «a VLOHMXJHPHQWDpWpREWHQXIUDXGXOHXVHPHQWRX
«[…] «b) si le défendeur n’a pas été averti dans des délais raisonnables
© (Q FH TXL FRQFHUQH OHV QDYLUHV DSSDUWHQDQW j XQ eWDW et mis en mesure de préparer sa défense.
FRQWUDFWDQWHWXWLOLVpVjGHV¿QVFRPPHUFLDOHVFKDTXHeWDWHVWSDVVLEOH © 7RXW MXJHPHQW TXL HVW UHFRQQX HQ YHUWX GX SDUDJUDSKH HVW
de poursuites devant les juridictions visées à l’article IX et renonce H[pFXWRLUHGDQVFKDTXHeWDWSDUWLHGqVTXHOHVSURFpGXUHVUHTXLVHVGDQV
jWRXWHVOHVGpIHQVHVGRQWLOSRXUUDLWVHSUpYDORLUHQVDTXDOLWpG¶eWDW cet État ont été remplies. Ces procédures ne sauraient autoriser une
souverain.» révision au fond de la demande.»
222 Documents de la cinquante-sixième session
Si deux ou plus de deux Parties sont liées par un traité stipulant des du paragraphe 3 de l’article 40 de la Convention SNPD,
règles de compétence juridictionnelle ou prévoyant la reconnaissance WRXW MXJHPHQW TXL HVW UHQGX FRQWUH OH )RQGV 613' SDU
et l’exécution dans une Partie des décisions judiciaires rendues dans
une autre Partie, les règles contenues dans ce traité se substituent aux XQ WULEXQDO FRPSpWHQW HW TXL GDQV O¶eWDW G¶RULJLQH HVW
dispositions correspondantes [de la Convention]. devenu exécutoire et ne peut plus faire l’objet d’un recours
ordinaire, est reconnu exécutoire dans tout État partie.
729. S’agissant de la relation entre la Convention de
Lugano et le droit interne des États parties, il est dit à l’ar- 731. Le Protocole de 2003 à la Convention internatio-
WLFOHGHOD&RQYHQWLRQTXHFHOOHFLHVWVDQVSUpMXGLFH nale de 1992 portant création d’un fonds international
des législations nationales des États parties ou de tous d’indemnisation pour les dommages dus à la pollution
DXWUHVDFFRUGVTXHFHX[FLSHXYHQWDYRLUFRQFOXV(QFH par les hydrocarbures contient une disposition analogue.
TXLFRQFHUQHOHVSDUWLHVTXLVRQWPHPEUHVGHOD&RPPX- /¶DUWLFOHVWLSXOHTXH
nauté européenne, les règles applicables sont les règles
communautaires, et les dispositions de la Convention 1. Sous réserve de toute décision concernant la répartition prévue
QH V¶DSSOLTXHQW GRQF TXH GDQV OD PHVXUH R LO Q¶H[LVWH à l’article 4, paragraphe 3, du présent Protocole, tout jugement rendu
aucune règle communautaire régissant le sujet particulier contre le Fonds complémentaire par un tribunal compétent en vertu
GH O¶DUWLFOH GX SUpVHQW 3URWRFROH HW TXL GDQV O¶eWDW G¶RULJLQH HVW
concerné857. devenu exécutoire et ne peut plus faire l’objet d’un recours ordinaire,
est reconnu exécutoire dans tout État contractant dans les mêmes
730. Les conventions contiennent également des dispo- FRQGLWLRQVTXHFHOOHVSUpYXHVjO¶DUWLFOH;GHOD&RQYHQWLRQGH
sitions concernant la reconnaissance des jugements rela- sur la responsabilité.
tifs aux fonds constitués en vertu de divers instruments.
732. La Convention de Paris de 2004 dispose au
Aux termes de la Convention portant création d’un fond
paragraphe d GH O¶DUWLFOH TXH OHV WUDQVDFWLRQV
WHOOHTXHPRGL¿pHSDUOH3URWRFROHGHWRXWFRPPHGH
intervenues au sujet de la réparation des dommages
la Convention portant création d’un fonds, tout jugement
nucléaires effectuée au moyen des fonds publics seront
rendu par un tribunal dans une procédure où le Fonds a
UHFRQQXHV SDU OHV DXWUHV SDUWLHV FRQWUDFWDQWHV HW TXH OHV
SXLQWHUYHQLUXWLOHPHQWHVWGHYHQXGp¿QLWLIHWH[pFXWRLUH
jugements prononcés par les tribunaux compétents au
dans l’État où il a été prononcé et est également reconnu
sujet d’une telle réparation deviendront exécutoires sur le
et exécutoire dans toute partie contractante858. Aux termes
territoire des autres parties contractantes.
857
L’article 25 de la Convention se lit comme suit:
«1. Aucune des dispositions de la présente Convention ne sera 733. Dans la Convention sur la responsabilité inter-
LQWHUSUpWpHFRPPHOLPLWDQWRXSRUWDQWDWWHLQWHDX[GURLWVTXLSRXUUDLHQW nationale pour les dommages causés par des objets
être reconnus à la victime d’un dommage, ou comme imposant une spatiaux, les dispositions concernant l’exécution des
limitation aux dispositions concernant la protection ou la remise en état jugements sont différentes. Selon l’article XIX, la
de l’environnement, conformément aux lois de toute Partie ou à tout
DXWUHWUDLWpDXTXHOFHWWHGHUQLqUHVHUDLW3DUWLH décision de la Commission de règlement des demandes
© 'DQVOHXUVUHODWLRQVPXWXHOOHVOHV3DUWLHVTXLVRQWPHPEUHV DXQFDUDFWqUHGp¿QLWLIHWREOLJDWRLUHVLOHVSDUWLHVHQVRQW
GH OD &RPPXQDXWp pFRQRPLTXH HXURSpHQQH DSSOLTXHQW OHV UqJOHV convenues ainsi. Dans le cas contraire, la Commission
FRPPXQDXWDLUHV HW Q¶DSSOLTXHQW GRQF OHV UqJOHV GpFRXODQW GH OD UHQGXQHVHQWHQFHYDODQWUHFRPPDQGDWLRQTXHOHVSDUWLHV
SUpVHQWH &RQYHQWLRQ TXH GDQV OD PHVXUH R LO Q¶H[LVWH DXFXQH UqJOH
communautaire régissant le sujet particulier concerné.»
prennent en considération de bonne foi. Le caractère
858
L’article 7 de la Convention portant création d’un fonds est
exécutoire des décisions rendues dépend donc totalement
libellé comme suit: de l’accord des parties859.
«[…]
«5. Sauf dispositions contraires du paragraphe 6, le Fonds n’est lié B. Jurisprudence et pratique des
par aucun jugement ou autre décision rendue à la suite d’une procédure États autres que des traités
MXGLFLDLUHQLSDUDXFXQUqJOHPHQWjO¶DPLDEOHDX[TXHOVLOQ¶DSDVpWp
partie.
«6. Sans préjudice des dispositions du paragraphe 4, si une action /DTXHVWLRQGHO¶H[pFXWLRQGHVVHQWHQFHVHWMXJH-
en réparation de dommage par pollution a été intentée devant un tribunal ments rendus par des tribunaux arbitraux et des tribunaux
compétent d’un État contractant contre un propriétaire ou son garant, judiciaires n’a pas été soulevée dans la jurisprudence.
aux termes de la Convention sur la responsabilité, la loi nationale de
O¶eWDWHQTXHVWLRQGRLWSHUPHWWUHjWRXWHSDUWLHjODSURFpGXUHGHQRWL¿HU 'DQV OHXU FRUUHVSRQGDQFH RI¿FLHOOH OHV eWDWV VH VRQW
FHWWH DFWLRQ DX )RQGV 6L XQH WHOOH QRWL¿FDWLRQ D pWp IDLWH VXLYDQW OHV habituellement entendus sur des compromis et, le plus
modalités prescrites par la loi de l’État où se trouve le tribunal saisi en souvent, ont exécuté les solutions convenues. Le contenu
ODLVVDQWDX)RQGVXQGpODLVXI¿VDQWSRXUSRXYRLULQWHUYHQLUXWLOHPHQW de cette correspondance a été analysé dans les chapitres
comme partie à la procédure, tout jugement rendu par le tribunal de
FHWWH SURFpGXUH HW TXL HVW GHYHQX Gp¿QLWLI HW H[pFXWRLUH GDQV O¶eWDW
précédents.
où il a été prononcé est opposable au Fonds, même si celui-ci n’est
SDVLQWHUYHQXGDQVODSURFpGXUHHQFHVHQVTX¶LOQ¶HVWSDVHQGURLWGH La Convention portant création d’un fonds contient des dispositions
contester les motifs et le dispositif du jugement.» analogues à celles de la Convention sur la responsabilité civile de 1969.
859
L’article 8 se lit comme suit: L’article XIX de la Convention se lit en partie comme suit:
«Sous réserve de toute décision concernant la répartition prévue «1. La Commission de règlement des demandes agit en conformité
à l’article 4, paragraphe 5, tout jugement rendu contre le Fonds par avec les dispositions de l’article XII.
un tribunal compétent en vertu de l’article 7, paragraphes 1 et 3, et © /D GpFLVLRQ GH OD &RPPLVVLRQ D XQ FDUDFWqUH Gp¿QLWLI HW
TXLGDQVO¶eWDWG¶RULJLQHHVWGHYHQXH[pFXWRLUHHWQHSHXWSOXVIDLUH REOLJDWRLUHVLOHVSDUWLHVHQVRQWFRQYHQXHVDLQVLGDQVOHFDVFRQWUDLUH
l’objet d’un recours ordinaire est reconnu exécutoire dans tout État OD &RPPLVVLRQ UHQG XQH VHQWHQFH Gp¿QLWLYH YDODQW UHFRPPDQGDWLRQ
contractant aux conditions prévues à l’article X de la Convention sur TXHOHVSDUWLHVSUHQQHQWHQFRQVLGpUDWLRQGHERQQHIRL/D&RPPLVVLRQ
la responsabilité.» motive sa décision ou sa sentence.»
ACTES UNILATÉRAUX DES ÉTATS
Pages
Paragraphes
Chapitres
*
Incorporant les documents A/CN.4/542/Corr.1 à 3.
225
226 Documents de la cinquante-sixième session
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228 Documents de la cinquante-sixième session
Introduction
1. Le Groupe de travail sur le sujet des actes unilatéraux États dans ce domaine7TX¶LOVHUDLWXWLOHGHVHUHQVHLJQHU
créé par la Commission du droit international à sa VXU OD SUDWLTXH GHV eWDWV8 HW TXH OH 5DSSRUWHXU VSpFLDO
FLQTXDQWHFLQTXLqPH VHVVLRQ HQ D UHFRPPDQGp GHYUDLW SUpVHQWHU XQ H[SRVp DXVVL FRPSOHW TXH SRVVLEOH
UHFRPPDQGDWLRQ FHTXLVXLW VXUODSUDWLTXHGHVeWDWVHQPDWLqUHG¶DFWHVXQLODWpUDX[9.
/H UDSSRUW TXH OH 5DSSRUWHXU VSpFLDO SUpVHQWHUD j OD &RPPLVVLRQ 5. Le Groupe de travail sur les actes unilatéraux des
lors de sa prochaine session devrait constituer exclusivement une pré- eWDWVFRQVWLWXpHQDWUDFpTXHOTXHVRULHQWDWLRQVTXL
VHQWDWLRQ DXVVL FRPSOqWH TXH SRVVLEOH GH OD SUDWLTXH GHV eWDWV HQ OD ont inspiré notre présent rapport:
matière. Celui-ci devrait inclure aussi bien des informations ayant pour
RULJLQH O¶DXWHXU GH O¶DFWH RX GX FRPSRUWHPHQW TXH OHV UpDFWLRQV GHV Recommandation 5
autres États ou des autres acteurs concernés1.
/HPDWpULDXUDVVHPEOpVXUXQHEDVHHPSLULTXHGHYUDLWLQFOXUHDXVVL
/D TXHVWLRQ GH OD Gp¿QLWLRQ GH O¶DFWH XQLODWpUDO bien les éléments permettant de dégager les règles applicables aux actes
demeurant controversée en son sein, pour avancer unilatéraux stricto sensu, en vue d’aboutir à la rédaction d’un projet
dans ses travaux, la Commission, suivant en cela la G¶DUWLFOHV DVVRUWLV GH FRPPHQWDLUHV TXH FHOOHV TXL SRXUUDLHQW V¶DSSOL-
TXHUDX[FRPSRUWHPHQWVpWDWLTXHVSURGXLVDQWGHVHIIHWVVLPLODLUHV
recommandation du Groupe de travail, a adopté la
Gp¿QLWLRQ FLDSUqV SRXU DYRLU XQLTXHPHQW YDOHXU Recommandation 6
IRQFWLRQQHOOHFHWWHGp¿QLWLRQGHYUDVHUYLUGHEDVHjFHOOH
TXL j WHUPH VHUD UHWHQXH GH O¶DFWH XQLODWpUDO REMHW GH 8QFODVVHPHQWRUGRQQpGHFHWWHSUDWLTXHGHYUDLWGDQVODPHVXUHGX
SRVVLEOHSHUPHWWUHGHUpSRQGUHDX[TXHVWLRQVVXLYDQWHV
O¶°XYUHGHFRGL¿FDWLRQHWGHGpYHORSSHPHQWSURJUHVVLI
entreprise par la CDI: ± ¬TXHOVPRWLIVDUpSRQGXO¶DFWHRXOHFRPSRUWHPHQWXQLODWpUDO
de l’État?
Recommandation 1
– Quels sont les critères de validité de l’engagement exprès ou
$X[¿QVGHODSUpVHQWHpWXGHXQDFWHXQLODWpUDOG¶XQeWDWHVWXQH implicite de l’État, en particulier, mais non exclusivement, ceux relatifs
GpFODUDWLRQH[SULPDQWXQHYRORQWpRXXQFRQVHQWHPHQWHWSDUODTXHOOH j OD FRPSpWHQFH GH O¶RUJDQH TXL HVW j O¶RULJLQH GH FHW DFWH RX GH FH
FHW eWDW YLVH j FUpHU GHV REOLJDWLRQV RX G¶DXWUHV HIIHWV MXULGLTXHV HQ comportement?
vertu du droit international2.
± 'DQVTXHOOHVFLUFRQVWDQFHVHWjTXHOOHVFRQGLWLRQVO¶HQJDJHPHQW
3. Selon l’approche habituelle suivie par la Commission, XQLODWpUDOSHXWLOrWUHPRGL¿pRXUHWLUp"
SRXU GpJDJHU XQH Gp¿QLWLRQ GH O¶DFWH XQLODWpUDO pWXGLp Recommandation 7
par la Commission et des règles propres à régir le
IRQFWLRQQHPHQWGHFHWWHFDWpJRULHG¶DFWHVMXULGLTXHVRQ Le Rapporteur spécial ne présentera pas dans son prochain rapport
LQWHUURJHUD GPHQW OD SUDWLTXH GHV eWDWV C’est là l’avis OHVUqJOHVMXULGLTXHVSRXYDQWrWUHGpGXLWHVGXPDWpULDXDLQVLSUpVHQWp
Elles feront l’objet de rapports ultérieurs en vue d’aboutir à des projets
TXHOHVL[LqPHUDSSRUWGX5DSSRUWHXUVSpFLDOVXUOHVDFWHV d’article ou à des recommandations précis10.
unilatéraux des États3 a inspiré à différents membres de la
Commission en 2003: 6. Comme nous l’avions envisagé l’an passé, nous avons
entrepris, avec le concours inestimable de l’Université
>/@¶DQDO\VHGHODSUDWLTXHGHVeWDWV\pWDLWOLPLWpH(OOHGHYUDLWSRUWHU de Malaga (Espagne), dont les professeurs et étudiants
VXUODSUDWLTXHGHVeWDWVGDQVOHFDVGHFKDTXHDFWHXQLODWpUDOV¶DJLVVDQW
GHVHVHIIHWVMXULGLTXHVGHVFRQGLWLRQVGHVDYDOLGLWpHWG¶DXWUHVTXHV- trouveront ici l’expression de toute notre gratitude pour
tions comme la révocabilité et la cessation: il était nécessaire d’exami- O¶H[FHOOHQW WUDYDLO DFFRPSOL G¶pWXGLHU OD SUDWLTXH GHV
QHUODSUDWLTXHGHVeWDWVSRXUGpWHUPLQHUVLHOOHUHÀpWDLWXQLTXHPHQWGHV eWDWVjSDUWLUG¶XQHULFKHELEOLRJUDSKLHTXLFRPSRUWHWRXWH
pOpPHQWVVSpFL¿TXHVRXVLHOOHSRXYDLWVHUYLUGHEDVHjO¶pODERUDWLRQGH une série d’actes unilatéraux dont une partie sans doute
principes plus généraux dans le domaine des actes unilatéraux4. XWLOHDX[¿QVGHO¶pWXGHGXVXMHW
>2@QDHVWLPpTX¶LOpWDLWSRVVLEOHjSDUWLUGHODSUDWLTXHGHVeWDWVGH
UHFHQVHU OHV DFWHV XQLODWpUDX[ TXL FUpDLHQW GHV REOLJDWLRQV LQWHUQDWLR- )DXWLO VRXOLJQHU TXH O¶DSSUpFLDWLRQ IDLWH GH FHWWH
nales et de mettre au point un certain nombre de règles applicables5. SUDWLTXHHVWSXUHPHQWVXEMHFWLYHFDUHOOHQHUHQVHLJQHSDV
±HWVDQVGRXWHHVWFHOjO¶XQHGHVFDUDFWpULVWLTXHVGHFHV
4. Certains représentants à la Sixième Commission de DFWHV±VXUODQDWXUHTXHOHVJRXYHUQHPHQWVSUrWHQWjOHXUV
l’Assemblée générale en 2003 ont été du même avis, déclarations? Ainsi, les actes, déclarations et comporte-
HVWLPDQW TX¶HQ O¶DEVHQFH G¶DQDO\VH V\VWpPDWLTXH GH OD ments envisagés sont d’ordre essentiellement factuel.
SUDWLTXHDFWXHOOHGHVeWDWVHQODPDWLqUHLOVHUDLWGLI¿FLOH
sinon prématuré, d’aller de l’avant avant d’avoir reçu des 8. Nous tenterons, dans le chapitre premier infra,
réponses d’un plus grand nombre d’États6TX¶jFHVWDGHLO G¶RUJDQLVHUFHWWHSUDWLTXHHQUHJURXSDQWOHVDFWHVUHOHYDQW
IDXGUDLWUHFXHLOOLUSOXVG¶LQIRUPDWLRQVVXUODSUDWLTXHGHV des différentes catégories d’actes matériels communément
retenues par la doctrine internationale. 4XRL TXH QRXV
ayons dit précédemment, nous regrouperons ces actes
1
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 60, par. 308.
GDQVOHVWURLVFDWpJRULHVTXLjQRWUHVHQVFRQYLHQGUDLHQW
2
Ibid., p. 59, par. 306.
OH PLHX[ DX[ ¿QV G¶XQH FODVVL¿FDWLRQ JpQpUDOHa) actes
3
Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/534.
7
4
Ibid., vol. II (2e partie), p. 57, par. 277. Voir la déclaration du Portugal, ibid., 19e séance (A/C.6/58/SR.19),
5 par. 13.
Ibid., par. 282. 8
Voir la déclaration du Chili, ibid., par. 75.
6
Voir la déclaration d’Israël, 'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH 9
générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 17e séance Voir la déclaration de la France, ibid., par. 34.
10
(A/C.6/58/SR.17), par. 44. Voir supra la note 1.
230 Documents de la cinquante-sixième session
générateurs d’obligations à la charge de l’État: promesse unilatéral peut constituer une pluralité d’actes selon la
HW UHFRQQDLVVDQFH b) actes opérant renonciation à un GpQRPLQDWLRQTXHOXLDWWULEXHODGRFWULQH7RXWHIRLVSRXU
GURLWUHQRQFLDWLRQHWc DFWHVWHQGDQWjUpDI¿UPHUXQGURLW systématiser notre analyse, nous sommes amenés à les
RXXQHSUpWHQWLRQMXULGLTXHSURWHVWDWLRQ(QFRUHTX¶HOOH envisager par catégorie d’actes reconnus et acceptés par
revête incontestablement aussi un caractère unilatéral du la plupart des auteurs.
point de vue de la forme, dans la mesure où les avis sont
SDUWDJpVTXDQWjVDYRLUVLHOOHFRQVWLWXHXQDFWHXQLODWpUDO 11. Nous envisagerons, toujours dans le chapitre
DX VHQV R O¶HQWHQG OD &RPPLVVLRQ OD QRWL¿FDWLRQ HVW SUHPLHU VRXV OD PrPH IRUPH VFKpPDWLTXH DVVRUWLH GH
envisagée séparément. Même s’il s’agit là de catégories commentaires de doctrine, certains comportements des
ELHQFRQQXHVGHODSUDWLTXHQRXVWHQWHURQVGDQVFKDTXH eWDWV TXL VDQV FRQVWLWXHU GHV DFWHV MXULGLTXHV stricto
cas, une approximation de l’institution considérée. sensuSHXYHQWSURGXLUHGHVHIIHWVMXULGLTXHVVLPLODLUHVHW
ce, en nous guidant sur les recommandations du Groupe
$LQVL OH SUpVHQW UDSSRUW V¶LQWpUHVVH j FHWWH SUDWLTXH de travail sur les actes unilatéraux des États.
UpSHUWRULpH HW RUJDQLVpH TXL YLHQW FRPSOpWHU OHV pOpPHQWV
G¶LQIRUPDWLRQ FRPPXQLTXpV SDU OHV JRXYHUQHPHQWV 12. Nous proposerons dans le chapitre premier des
GDQV OHXUV UpSRQVHV DX[ TXHVWLRQQDLUHV pPDQDQW GH REVHUYDWLRQVVXUOHVFDUDFWpULVWLTXHVGHVDFWHVHQTXHVWLRQ
la Commission11, d’où nous tenterons de dégager des de nature à permettre de dégager des conclusions sur les
conclusions de nature à permettre de dire s’il existe des traits communs de ces actes et l’existence éventuelle de
principes ou règles d’origine coutumière régissant la matière. règles coutumières ou leur formation. Il s’agit ici de déter-
miner le cadre de l’acte, sa forme usuelle, son auteur, sa
10. Nous présenterons dans un premier temps les FRQ¿UPDWLRQRXQRQVRLWSDUGpFODUDWLRQVXOWpULHXUHVVRLW
différents actes retenus, cet exposé très préliminaire SDUFRPSRUWHPHQWVODUpDFWLRQV¶LO\DOLHXGXGHVWLQD-
ayant pour seul but de faciliter l’étude des déclarations WDLUH RX GHV GHVWLQDWDLUHV OH FRPSRUWHPHQW XOWpULHXU GH
et actes unilatéraux des États pouvant être regardés l’État vis-à-vis de l’exécution ou du respect de son acte
comme unilatéraux au sens où l’entend la Commission. RXGHVDGpFODUDWLRQHWODUpDFWLRQGXGHVWLQDWDLUHRXGHV
,OHVWPDODLVp±QRXVO¶DYRQVGLW±GHTXDOL¿HUXQDFWHHW destinataires en cas d’exécution ou d’inobservation de la
G¶HQGpJDJHUOHVFRQVpTXHQFHVMXULGLTXHV,OUHVVRUWGHOD part de l’État auteur. De même, nous envisagerons toute
GRFWULQHHWGHODSUDWLTXHTX¶XQHGpFODUDWLRQYDODQWDFWH UpDFWLRQRXWRXWFRPSRUWHPHQWTXHO¶DFWHLQVSLUHUDLWjGHV
eWDWVWLHUVTXLQ¶DXUDLHQWSDVSDUWLFLSpjVDIRUPXODWLRQHW
11
Voir Annuaire… 2000, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/511, p. 285, n’en seraient pas davantage les destinataires, sauf le cas
et Annuaire… 2002, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/524, p. 83. de déclarations erga omnes.
CHAPITRE PREMIER
8QHQJDJHPHQWGHFHWWHQDWXUHH[SULPpSXEOLTXHPHQWHWGDQVO¶LQWHQ-
tion de se lier, même hors du cadre de négociations internationales, a un b) La pratique internationale
effet obligatoire. Dans ces conditions, aucune contrepartie n’est néces-
VDLUHSRXUTXHODGpFODUDWLRQSUHQQHHIIHWQRQSOXVTX¶XQHDFFHSWDWLRQ 9RLFLXQH[HPSOHGHSURPHVVHLQWpUHVVDQWHQFRUHTXH
XOWpULHXUHQLPrPHXQHUpSOLTXHRXXQHUpDFWLRQG¶DXWUHVeWDWVFDUFHOD le destinataire en ait été une organisation internationale,
serait incompatible avec la nature strictement unilatérale de l’acte juri-
GLTXHSDUOHTXHOO¶eWDWV¶HVWSURQRQFp18.
l’Organisation des Nations Unies: lors de négociations
YLVDQW j FRQYHQLU GX VWDWXW MXULGLTXH j DFFRUGHU DX[
15. La promesse peut en principe revêtir deux formes: fonctionnaires de l’ONU par l’État suisse, M. Perréard,
l’une positive (la promesse de faire) et l’autre négative (la Conseiller d’État du canton de Genève et membre de la
promesse de ne pas faire). 6HORQ6LFDXOWELHQTX¶XQHDQD- GpOpJDWLRQVXLVVHDGpFODUpTXH©OHVDXWRULWpVJHQHYRLVHV
O\VH VXSHU¿FLHOOH GHV IDLWV VRLW SDUIRLV VXVFHSWLEOH GH IDLUH VRQW SUrWHV j PHWWUH OHV 1DWLRQV 8QLHV DX EpQp¿FH GHV
confondre l’engagement de ne pas faire et la renonciation, il PrPHV H[RQpUDWLRQV HW GHV PrPHV SULYLOqJHV TXH FHX[
est essentiel de distinguer ces deux types d’acte, l’un (l’enga- TXLRQWpWpDFFRUGpVSUpFpGHPPHQWjG¶DXWUHVLQVWLWXWLRQV
gement) étant un mode de création d’une obligation et l’autre internationales24», ces autres institutions internationales
(la renonciation), un mode d’extinction d’une obligation19. étant l’OIT et l’OMS. 8Q FRPPXQLTXp RI¿FLHO UHQGX
SXEOLFSDUOHFKHIGX'pSDUWHPHQWSROLWLTXHIpGpUDOjOD
16. On a pu rapprocher la promesse des «accords suite d’un entretien avec Trygve Lie, Secrétaire général
unilatéraux» ou «contrats» bien connus de certaines GHO¶218GLVDLWTXH©/HVDXWRULWpVVXLVVHVVRQWGLVSR-
juridictions. On rappellera en ce sens l’opinion exprimée sées à accorder aux Nations Unies et à leurs fonction-
SDUOHMXJH-HVVXSGDQVVRQRSLQLRQLQGLYLGXHOOHHQO¶DI- QDLUHV XQ WUDLWHPHQW DX PRLQV DXVVL IDYRUDEOH TXH FHOXL
faire du Sud-Ouest africain20: accordé à toute autre organisation internationale sur le
territoire suisse25.» Cette déclaration sera réitérée par le
,O HVW JpQpUDOHPHQW UHFRQQX DXVVL TX¶LO SHXW H[LVWHU GHV DFFRUGV
unilatéraux, c’est-à-dire des accords découlant d’actes unilatéraux aux Conseil fédéral suisse dans son message à l’Assemblée
WHUPHVGHVTXHOVXQHVHXOHSDUWLHV¶HQJDJHHWSHXWIRUWELHQrWUHODVHXOH fédérale du 28 juillet 1955, conférant à l’ONU ladite
OLpH &HUWDLQV V\VWqPHV MXULGLTXHV LQWHUQHV UHFRQQDLVVHQW GHV FRQWUDWV ©FODXVHGHO¶RUJDQLVDWLRQODSOXVIDYRULVpHª/DTXHVWLRQ
unilatéraux de même caractère. Aux États-Unis, par exemple, «[d]ans UHVVXUJLUD ORUVTXH O¶DGPLQLVWUDWLRQ ¿VFDOH GX FDQWRQ GH
OHFDVG¶XQFRQWUDWXQLODWpUDOXQHVHXOHSDUWLHV¶HQJDJHHWO¶HIIHWMXUL- Genève ayant tenté d’imposer la pension alimentaire ver-
GLTXHHQHVWTXHFHWWHSDUWLHHVWODVHXOHTXLVRLWWHQXHSDUXQHREOLJDWLRQ
MXULGLTXHH[pFXWRLUH/¶DXWUHSDUWLHDXFRQWUDWHVWFHOOHHQYHUVODTXHOOH VpH j XQH IRQFWLRQQDLUH GH O¶218 O¶2I¿FH GHV 1DWLRQV
O¶HQJDJHPHQWDpWpSULVHWFHWWHSDUWLHHVWODVHXOHHQIDYHXUGHODTXHOOH Unies à Genève lui opposera ces déclarations, véritables
OHFRQWUDWFUpHXQGURLWMXULGLTXHH[pFXWRLUHª/¶DVVHQWLPHQWGXEpQp¿- actes unilatéraux posés par l’État suisse26.
ciaire n’est pas toujours nécessaire21.
En réalité, nous sommes ici en présence d’une seconde 8Q H[HPSOH GH SURPHVVH TXL SURGXLUDLW SOXV
IRUPHGHSURPHVVHTXLQ¶HVWFHSHQGDQWQXOOHPHQWVXERU- FODLUHPHQW GHV HIIHWV MXULGLTXHV OD SOXV IRUPHOOH HW
donnée à acceptation ou à autre condition similaire pour H[SUHVVH IDLWH MXVTX¶DORUV VHORQ 'HJDQ QRXV HVW RIIHUW
TX¶LO\DLWDFWHXQLODWpUDOjSURSUHPHQWSDUOHU22. SDU OD GpFODUDWLRQ SDU ODTXHOOH O¶eJ\SWH V¶HVW HQJDJpH j
respecter certains droits et obligations et à garantir la
/D GRFWULQH V¶HVW pJDOHPHQW SRVp OD TXHVWLRQ GH OLEHUWpGHSDVVDJHSDUOHFDQDOGH6XH]GqVOD¿QRFWREUH
savoir si, étant fondés sur la bonne foi et faisant naître ou le début novembre 195627, 28. C’était là un type
tous les deux une expectative, la promesse et le principe
de forclusion ou estoppel seraient assimilables l’un à 23
«À propos de la promesse unilatérale», p. 339.
l’autre. 6HORQ-DFTXpODGLVWLQFWLRQHQWUHFHVGHX[LQVWL- 24
&DÀLVFK ©/D SUDWLTXH VXLVVH HQ PDWLqUH GH GURLW LQWHUQDWLRQDO
tutions réside dans le mode de création de l’obligation. public 1982», p. 182.
25
Ibid., p. 183.
17
C.I.J. Recueil 1974, p. 374, par. 3. D’une certaine manière, il
26
&¶HVW FH TXL UHVVRUW GH OD QRWH pPDQDQW GH OD 'LUHFWLRQ GX GURLW
UHVVRUWVHPEOHWLOGHFHUDLVRQQHPHQWTXHODSURPHVVHHVWFRQVWLWXpH LQWHUQDWLRQDO GX 'pSDUWHPHQW SROLWLTXH IpGpUDO VXLVVH HQ GDWH GX
±HWQHSHXWGRQFSOXVrWUHUpYRTXpH±GqVORUVTX¶HOOHDpWpDFFHSWpH 2 avril 1979, constatant le caractère contraignant de la déclaration du
18
Ibid., p. 267, par. 43. DRW(QYHUWXGHFHWWHGpFODUDWLRQIDLWHSDUOHFKHIGX'pSDUWHPHQW
19
SROLWLTXH O¶218 D pWp PLVH DX EpQp¿FH GH OD ©FODXVH GH O¶RUJDQLVDWLRQ
Sicault, «Du caractère obligatoire des engagements unilatéraux en la plus favorisée». D’autres organisations comme l’OMS et l’OIT
droit international public», p. 639. EpQp¿FLDLHQWGDQVOHGRPDLQH¿VFDOG¶XQUpJLPHSOXVIDYRUDEOHHQYHUWXGHV
20
Exceptions préliminaires, arrêt, C.I.J. Recueil 1962, p. 319. accords de siège de 1921-1926. ,OVXLWGHOjTXHO¶218DOHGURLWG¶H[LJHU
21
Ibid., p. 402 et 403. TXHVHVIRQFWLRQQDLUHVEpQp¿FLHQWGHVPrPHVDYDQWDJHV¿VFDX[TXHFHX[
22
1RXVDYRQVVRXOLJQpjFHSURSRVTXHO¶RQGLVWLQJXHUDHQRXWUHOD accordés aux fonctionnaires de l’OIT et de l’OMS (ibid., p. 183 à 186).
27
promesse purement unilatérale de celle faite par un État pour répondre à la Déclaration sur le canal de Suez et sur les arrangements concernant
GHPDQGHG¶XQDXWUHeWDWGHFHOOHTXLDSRXUEXWG¶REWHQLUVRQDFFHSWDWLRQ sa gestion (Le Caire, 24 avril 1957), Nations Unies, Recueil des Traités,
SDUXQDXWUHeWDWRXHQFRUHGHFHOOHIDLWHVRXVFRQGLWLRQGHUpFLSURFLWp vol. 265, no 3821, p. 299.
[Annuaire… 1998, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/486, p. 346, par. 167]. 28
Degan, Sources of International Law, p. 300.
232 Documents de la cinquante-sixième session
d’engagement très nouveau souscrit par écrit et en outre moins depuis les années 80). Ces promesses intéressent
déposé et enregistré auprès du Secrétariat de l’ONU. Tou- des matières fort diverses dont les suivantes: promesses
jours selon Degan: liées à l’intention de faire face à une crise humanitaire36
RXjGHVVLWXDWLRQVWUDJLTXHVTXLVXVFLWHQWXQpODQGHVROL-
/¶eJ\SWH pWDLW DVVXUpPHQW SRXVVpH SDU XQ LQWpUrW SROLWLTXH IRUW j
souscrire ces obligations internationales étendues et très précises par la
darité37 SURPHVVHV WHQGDQW j UpJOHU FHUWDLQHV TXHVWLRQV
voie d’une déclaration unilatérale formelle écrite. Elle évitait ainsi une ¿QDQFLqUHV HQ VXVSHQV38 ou liées à l’octroi de permis
FRQIpUHQFHLQWHUQDWLRQDOHVXUOHFDQDOGH6XH]TXLYXOHVFLUFRQVWDQFHV pour l’utilisation de certains espaces39SURPHVVHVOLpHVj
SROLWLTXHVGXPRPHQWDXUDLWYUDLVHPEODEOHPHQWpFKRXp3DUFHWWHGpFOD- l’adoption de moratoires unilatéraux en cas d’inexécution
ration, l’Égypte a calmé et normalisé la situation au sujet du canal de
6XH]WRXWHQSDUYHQDQWjHQDVVXUHUO¶H[SORLWDWLRQUHQWDEOHjVRQSUR¿W29.
7RXWHIRLVFHWWHGpFODUDWLRQSURYRTXDLWGHQRPEUHXVHV 36
3DUH[HPSOHODFUpDWLRQDQQRQFpHSDUOH0LQLVWUHWKDwODQGDLVGHV
UpDFWLRQVQRPEUHG¶HQWUHHOOHVRQWPrPHUHYrWXXQFDUDFWqUH DIIDLUHVpWUDQJqUHVG¶XQVDQFWXDLUHjODIURQWLqUHWKDwODQGRFDPERGJLHQQH
DVVH] ULJLGH TXL V¶H[SOLTXDLW SDU OHV UDQF°XUV SROLWLTXHV (4 avril 1980) où les Cambodgiens fuyant les combats, la famine et le
VXVFLWpHVSDUODTXHVWLRQ&¶HVWDLQVLTXHOH&RQVHLOGHVpFX- régime provietnamien de Phnom Penh trouveraient sécurité, alimentation
rité de l’ONU a jugé la déclaration égyptienne irrecevable, HWDVVLVWDQFHPpGLFDOHVDQVTX¶LOOHXUIDLOOHHQWUHUHQWHUULWRLUHWKDwODQGDLV
5RXVVHDX ©&KURQLTXH GHV IDLWV LQWHUQDWLRQDX[ª S
FRQVLGpUDQW TX¶XQ DFWH XQLODWpUDO QH SRXYDLW PRGL¿HU OHV L’Australie retiendra la même solution, les autorités de ce pays ayant
dispositions d’un accord international30. DQQRQFp OH GpFHPEUH TX¶HOOHV Q¶H[SXOVHUDLHQW SDV OHV &KLQRLV
entrés illégalement dans le pays après la répression des manifestations
21. On connaît également de longue date le HQ&KLQHHQMXLQSUpFpGHQW LELGS 6HSRVHLFLODTXHVWLRQ
phénomène des aides ou octrois de crédits entre États GHVDYRLUYLVjYLVGHTXHOVXMHWO¶REOLJDWLRQHVWVRXVFULWHSXLVTXHGDQV
résultant de promesses unilatérales. Il en est ainsi sou- OHVIDLWVLOHQLUDLWGHPrPHV¶DJLVVDQWGHSDUWLFXOLHUVTXLDXUDLHQWTXLWWp
OD 5pSXEOLTXH SRSXODLUH GH &KLQH PDLV QRQ G¶eWDWV WLHUV À l’opposé,
vent entre États voisins, ou s’agissant de certaines rela- RQ SRXUUDLW pYRTXHU LFL O¶$FFRUG GRQQp SDU OH &RQVHLO GHV PLQLVWUHV
WLRQVWUqVÀXLGHV31. espagnol du 13 novembre 1998 en faveur d’une aide initiale d’un
montant de 18 milliards 192 millions de pesetas à la suite des dommages
9RLFL TXHOTXHV H[HPSOHV GH SURPHVVH WLUpV GH OD causés par l’ouragan Mitch. Le chef du Gouvernement espagnol a en
jurisprudence par Barberis32: la déclaration faite par la outre décrété un moratoire de trois ans sur le remboursement de la dette
3RORJQHGHYDQWOD&3-,GDQVO¶DIIDLUHUHODWLYHjCertains GHV TXDWUH SD\V VLQLVWUpV Revista española de derecho internacional,
vol. LI, no 2, 1999, p. 497). Le 13 mars 2001, le Service d’information
intérêts allemands en Haute-Silésie polonaise33 OHV GLSORPDWLTXHDIDLWSDUWGHODGpFLVLRQSULVHSDUO¶$JHQFHHVSDJQROHGH
assurances données par l’Allemagne entre 1935 et 1939 coopération internationale (AECI) d’augmenter sa contribution au PAM
de respecter l’intégrité territoriale de l’Autriche, de la DXWLWUHGHO¶DLGHDX0R]DPELTXHjODVXLWHG¶LQIRUPDWLRQVIDLVDQWpWDW
%HOJLTXH GHV 3D\V%DV HW GH OD 7FKpFRVORYDTXLH34 des dégâts causés par les inondations dans ce pays. Concrètement, le
Gouvernement versera, par l’intermédiaire de l’AECI, 300 000 dollars
l’on n’oubliera pas bien entendu les prises de position des États-Unis de plus (52,5 millions de pesetas) au PAM au titre des
bien connues des autorités françaises au sujet des essais IUDLV GH WUDQVSRUW G¶KpOLFRSWqUHV GH VHFRXUV DX 0R]DPELTXH LELG
QXFOpDLUHVGDQVOH3DFL¿TXH35. vol. LIII, nos 1 et 2, 2001, p. 628). À la suite de pluies torrentielles en
$OEDQLH OH VHSWHPEUH OH -DSRQ D DSSRUWp XQH DVVLVWDQFH
&RQVLGpURQV PDLQWHQDQW TXHOTXHV H[HPSOHV GH «[L]e Gouvernement japonais a décidé de fournir une aide d’urgence
SURPHVVH WLUpV GH OD SUDWLTXH LQWHUQDWLRQDOH UpFHQWH GX WHQWHV FRXYHUWXUHV SXUL¿FDWHXUV G¶HDX JURXSHV
pOHFWURJqQHV HW URXOHDX[ GH ¿O pOHFWULTXH G¶XQH YDOHXU G¶HQYLURQ
PLOOLRQV GH \HQ j OD 5pSXEOLTXH G¶$OEDQLH UDYDJpH SDU OHV
29
Ibid., p. 301. récentes inondations» ([Link] Plus récemment, le
30 Gouvernement irlandais a rendu public, par l’intermédiaire de son
C’est là l’opinion exprimée au Conseil de sécurité par la France
DPEDVVDGH j:DVKLQJWRQ XQ FRPPXQLTXp GH VRQ 6HFUpWDLUH G¶eWDW HQ
le 26 avril 1957 ('RFXPHQWVRI¿FLHOVGX&RQVHLOGHVpFXULWpGRX]LqPH
GDWHGXPDUVGRQWODWHQHXUVXLW©-¶DLDQQRQFpDXMRXUG¶KXLTXH
année, 776eVpDQFHSDU HQGpFODUDQWTXH
le Gouvernement a alloué 5 millions d’euros à l’assistance humanitaire
©/H UpJLPH GX FDQDO GH 6XH] WHO TX¶LO DYDLW pWp pGL¿p GHSXLV OD
GHVWLQpH j DWWpQXHU OHV VRXIIUDQFHV GHV FLYLOV LUDTXLHQV LQQRFHQWV &HV
FRQFHVVLRQ DFFRUGpH j OD &RPSDJQLH XQLYHUVHOOH DYDLW pWp FRQ¿UPp
fonds seront ventilés entre les ONG et les organismes internationaux
par la Convention de 1888. C’était un régime résultant d’accords
SDUWHQDLUHV TXL RQW OHV PR\HQV GH UpSRQGUH HI¿FDFHPHQW j OD FULVH
LQWHUQDWLRQDX[ ,O QH SRXYDLW rWUH PRGL¿p TXH SDU XQ QRXYHO DFFRUG
actuelle» ([Link]
LQWHUQDWLRQDOHWQRQSDUXQHGpFODUDWLRQXQLODWpUDOHIWHOOHHQUHJLVWUpH
à l’Organisation des Nations Unies.»
37
9RLUOHFRPPXQLTXpGLIIXVpSDUOH0LQLVWqUHFXEDLQGHVUHODWLRQV
31 extérieures le 11 septembre 2001 ([Link]
Lors de la présidence provisoire de Raúl Lastiri en Argentine,
discursos/2001/fra/[Link]):
OH DRW OH 0LQLVWUH *HOEDUG D DQQRQFp O¶RFWURL j &XED G¶XQ
«En cette heure amère pour le peuple nord-américain, notre
crédit de 200 millions de dollars des États-Unis («Premiers pas vers la
peuple se solidarise avec le peuple des États-Unis et exprime sa totale
FRQFUpWLVDWLRQG¶XQHSROLWLTXHH[WpULHXUHLQGpSHQGDQWHL’Argentine a
disposition à coopérer, dans la mesure de ses modestes possibilités,
accordé à Cuba un crédit de 200 millions de dollars et est sur le point de
avec les institutions sanitaires et avec toute autre institution à caractère
devenir membre du Groupe andin», La OpiniónDRWS9RLU
médical ou humanitaire de ce pays, aux soins et à la réhabilitation des
pJDOHPHQWO¶DUWLFOHGH)5DPtUH]LELGDRWS
32
YLFWLPHVFDXVpHVSDUOHVIDLWVTXLRQWHXOLHXFHPDWLQª
«Los actos jurídicos unilaterales como fuente del derecho ,OUHVVRUWGHODGpFODUDWLRQTXLVXLWTXH&XEDSUrWHVRQFRQFRXUVjOD
internacional público», p. 108. lutte contre certaines maladies:
33
Fond, arrêt no 7, 1926, C.P.J.I. série A no 7. 'DQVVRQDUUrWOD&3-, «Le Gouvernement cubain tiendra parole et enverra début juin en
GpFODUH S TXH Uruguay les 800 000 doses restantes du don de 1 200 000 doses de vaccin
«Le représentant, devant la Cour, de la partie défenderesse, en dehors contre la méningite déjà promises» ([Link]
des déclarations mentionnées ci-dessus, relatives à l’intention de son 38
Lors de la visite du Premier Ministre français à Tunis, le
gouvernement de ne pas exproprier des parties déterminées de biens- *RXYHUQHPHQWWXQLVLHQDRI¿FLHOOHPHQWDQQRQFpOHRFWREUHVD
IRQGVD\DQWIDLWO¶REMHWG¶XQHQRWL¿FDWLRQDIDLWG¶DXWUHVGpFODUDWLRQV détermination de procéder «dès à présent et dans des délais relativement
DQDORJXHVGRQWLOVHUDTXHVWLRQSOXVORLQOD&RXUQHVDXUDLWPHWWUHHQ courts» au déblocage des avoirs français retenus depuis l’accession du
doute le caractère obligatoire de toutes ces déclarations.» pays à l’indépendance en 1956. Ces mesures sont entrées en vigueur le
34
Procès des grands criminels de guerre devant le Tribunal militaire 1er janvier 1981 (Rousseau, loc. cit., 1981, p. 395 et 396).
international, Nuremberg, 1947, vol. I, p. 92 et 93. 39
3DU H[HPSOH OD SURPHVVH IDLWH DX[ eWDWV8QLV G¶$PpULTXH HQ
35
Essais nucléaires (Australie c. France), arrêt, C.I.J. Recueil 1982 par le Gouvernement néo-zélandais de ne pas interdire l’accès
1974, p. 259, par. 20, et p. 265 à 267, par. 34 à 41 et (Nouvelle-Zélande dans ses ports des bâtiments de guerre américains à propulsion nucléaire
c. France), ibid., p. 462, par. 20 et p. 469 à 472, par. 35 à 44. (Rousseau, loc. cit., 1983, p. 405).
Actes unilatéraux des États 233
de douane45PHVXUHOLpHjODSUpFpGHQWHjODFRQWULEXWLRQ LQLWLDO QH SURGXLW SDV G¶HIIHWV HQFRUH TX¶LO V¶DJLVVH Oj
jGLYHUVHVDFWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVTXLQHUHYrWLUDLHQWSDV G¶XQHSURPHVVHDXWKHQWLTXH48.
un caractère obligatoire en soi46RXjODFROODERUDWLRQj
l’élimination de tel ou tel type d’armes. $XWUHH[HPSOHGHSURPHVVHO¶eWDWTXLV¶HQJDJHUDLW
jQHSDVDSSOLTXHUXQHORLLQWHUQHGHQDWXUHjHQWUDvQHUGHV
&HUWDLQVFDVSHXYHQWrWUHTXDOL¿pVGHGRXWHX[QRXV FULWLTXHV RX GHV HIIHWV QpJDWLIV GDQV XQ SD\V WLHUV VHUDLW
pensons, par exemple, à l’offre de médiation entre des lié par sa déclaration à cet effet49 LO HVW PrPH GHV FDV
SDUWLHVjXQFRQÀLW47VLO¶RIIUHQ¶HVWSDVDFFHSWpHO¶DFWH
(Suite de la note 44.)
FRPPXQLTXp UHQGX SXEOLF DX OHQGHPDLQ GHV pOHFWLRQV LO GpJDJHDLW
MXVTX¶jPLOOLRQVGHGROODUVpWDOpVVXUXQHSpULRGHGHGHX[DQVHW GHV FRQFOXVLRQV VRXVFULWHV SDU O¶RSSRVLWLRQ GpPRFUDWLTXH HVSDJQROH
demi, dont 250 millions de dollars pendant la première année. Cette GDQV VD PDMRULWp VXU O¶DEVHQFH GH OpJLWLPLWp GpPRFUDWLTXH FHTXL QH
enveloppe porte à environ 282 millions de dollars le montant de l’aide VHUDLWORJLTXHPHQWSDVVDQVFRQVpTXHQFHVVXUQRWUHSROLWLTXHYLVjYLV
japonaise au relèvement et à la reconstruction, ce pays versant ainsi la GH OD *XLQpH pTXDWRULDOH GDQV O¶DYHQLU 1RXV SUpFLVRQV SDU OD PrPH
FRQWULEXWLRQTX¶LODDQQRQFpHSRXUODSUHPLqUHDQQpH6LO¶RQFRQVLGqUH RFFDVLRQTXHQRXVDYLRQVFRQVLGpUpTXHOHSURFHVVXVGHWUDQVLWLRQYHUV
l’aide humanitaire, au relèvement et à la reconstruction, le montant total OD GpPRFUDWLH Q¶DOODLW SDV SUHQGUH ¿Q DYHF FHV pOHFWLRQV VL ELHQ TXH
de l’assistance fournie depuis les attentats terroristes de septembre 2001 nous continuerons de favoriser par tous les moyens à notre disposition
s’élève à environ 375 millions de dollars.» OD UHSULVH GX GLDORJXH HQWUH OH *RXYHUQHPHQW HW OHV IRUFHV SROLWLTXHV
([Link] GH VRUWH TXH OD WUDQVLWLRQ YHUV OD GpPRFUDWLH DXWKHQWLTXH SXLVVH DOOHU
'DQVOHFDGUHGHODUHFRQVWUXFWLRQGHO¶,UDTOH*RXYHUQHPHQWDXVWUDOLHQD de l’avant.»
DQQRQFpGDQVXQFRPPXQLTXpGXRFWREUHO¶RFWURLGHPLOOLRQV (Diario de sesiones del Congreso de los Diputados FLQTXLqPH
GHGROODUVDXWLWUHGHO¶DLGHDXSHXSOHLUDTXLHQ KWWSZZZDXVDLGJRYDX législature, no 225, p. 6818. Voir également Revista española de derecho
45
/H3UHPLHU0LQLVWUHDXVWUDOLHQDDQQRQFpTXHVRQSD\VVXSSULPHUDLW internacional, vol. XLVI, no 2, 1994, p. 656.)
WRXVOHVGURLWVGHGRXDQHHWFRQWLQJHQWVGRXDQLHUVTX¶LOLPSRVDLWDX[ $XWUHH[HPSOHUpFHQWOH0LQLVWUHEULWDQQLTXHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHV
importations de produits des 50 pays les plus pauvres de la planète en UpSRQGDQW j XQH TXHVWLRQ SRVpH DX 3DUOHPHQW EULWDQQLTXH DX VXMHW
FHV WHUPHV ©,O PH SODvW G¶DQQRQFHU TXH O¶$XVWUDOLH JDUDQWLUD O¶DFFqV GH OD IURQWLqUH HQWUH OH %HOL]H HW OH *XDWHPDOD D IDLW VDYRLU TXH OH
HQ IUDQFKLVH GH GURLWV HW KRUV TXRWDV DX[ SD\V OHV PRLQV DYDQFpV 5R\DXPH8QLpWDLWGLVSRVpjDLGHUjUpJOHUOHFRQÀLW 0DUVWRQ©8QLWHG
GH PrPH TX¶DX 7LPRU RULHQWDOª /H GLULJHDQW DXVWUDOLHQ D IDLW FHWWH Kingdom… 2000», p. 539):
déclaration à la veille du dixième Sommet du Forum de la Coopération ©-HWLHQVjVRXOLJQHUTXHOH5R\DXPH8QLQ¶DDXFXQHUHVSRQVDELOLWp
pFRQRPLTXHGHO¶$VLH3DFL¿TXH $3(& TXLGHYDLWVHWHQLUjODVWDWLRQ MXULGLTXHYLVjYLVGXGLIIpUHQGIURQWDOLHUTXLUHPRQWDQWjRSSRVH
EDOQpDLUH/RV&DERV QRUGHVWGX0H[LTXH >©7DULIIIUHHDFFHVVIRUWKH le Guatemala au Belize. Toutefois, nous sommes prêts à apporter aux
world’s poorest countries», Media Release, 25 octobre 2002]. deux parties notre aide diplomatique dans le sens d’un règlement
46
8QH[HPSOHWLUpGHODSUDWLTXHHVSDJQROHVHUYLUDLWjLOOXVWUHUFHWWH SDFL¿TXH &¶HVW Oj QRWUH U{OH HW QRXV HQWHQGRQV FRQWLQXHU j °XYUHU
idée: la participation de l’Espagne avec une frégate et deux corvettes dans ce sens*.»
au déploiement de forces navales effectué par divers États occidentaux 48
$XWUHH[HPSOHOH*RXYHUQHPHQWHVSDJQRODpYRTXpODSRVVLELOLWp
GDQVODUpJLRQGXJROIH3HUVLTXHHWGHODPHU5RXJHSHQGDQWODVHFRQGH d’accorder l’asile au général panaméen Manuel A. Noriega:
TXLQ]DLQHG¶DRWHQYHUWXGHUpVROXWLRQVGX&RQVHLOGHVpFXULWp «Le Gouvernement espagnol a fait état le 27 février 1988, à travers
jODVXLWHGHO¶LQYDVLRQGX.RZHwWSDUO¶,UDT/H0LQLVWUHGHVDIIDLUHV XQ FRPPXQLTXp GX %XUHDX G¶LQIRUPDWLRQ GLSORPDWLTXH >«@ GH VRQ
pWUDQJqUHVGpFODUDLWOHDRWTXHODGpFLVLRQpWDLW souhait de voir les problèmes du Panama réglés dans le respect de la
©3UHPLqUHPHQW >«@ OD FRQVpTXHQFH GHV PHVXUHV GLFWpHV SDU GHV souveraineté de ce pays et sans ingérence extérieure.»
résolutions successives des Nations Unies où était lancé un appel (%ROHWtQ2¿FLDOGHODV&RUWHV*HQHUDOHV, Sénat, troisième législature,
exprès et s’inscrivait dans le cadre de la coopération européenne […]. 1988, série I, no 185, p. 7705.)
«Deuxièmement, le Gouvernement espagnol n’était nullement tenu La Communauté européenne et les ministres des relations extérieures
MXULGLTXHPHQWRXSROLWLTXHPHQWG¶DGRSWHUFHWWHGpFLVLRQGHSDUVDTXDOLWp de différents pays latino-américains se sont prononcés dans le même
de membre de l’OTAN, de la Communauté européenne ou de l’Union sens:
de l’Europe occidentale. Toute conjecture serait pure démagogie. Il est «Dans cet ordre d’idées, le Gouvernement espagnol a fait savoir
des pays membres de chacune de ces organisations comme le Portugal, TX¶LOVHUDLWGLVSRVpGDQVOHFDGUHG¶XQUqJOHPHQWSDQDPpHQjDFFXHLOOLU
O¶,VODQGH RX O¶,UODQGH TXL QH O¶RQW SDV IDLW$XWUHPHQW GLW LO V¶DJLW Oj OHJpQpUDO1RULHJDVLFHOXLFLHQIDLVDLWODGHPDQGHHWjFRQGLWLRQTXH
G¶XQHGpFLVLRQSULVHSDUO¶(VSDJQHVHXOHDX[¿QVGHODSURWHFWLRQQRQ cela contribue, […] dans le respect du pouvoir civil, à la consolidation
seulement d’intérêts généraux mais également de ses intérêts propres en de la démocratie et à la dignité du peuple panaméen. Il s’agissait de
exécution des résolutions de l’ONU.» favoriser un cadre de règlement propre à offrir une solution négociée
(Diario de sesiones del Congreso de los Diputados TXDWULqPH DX[IRUFHVSROLWLTXHVSDQDPpHQQHVª
législature, 1990, no 126, p. 3722. Voir également Revista española de (Ibid., p. 7706. Voir également Revista española de derecho
derecho internacional, vol. XLIII, 1991, p. 135.) internacional, vol. XLI, no 1, 1989, p. 163.)
47
3DU H[HPSOH O¶RIIUH GH PpGLDWLRQ GH OD 5pSXEOLTXH IpGpUDOH 49
Ainsi, la promesse en matière de pêche faite par le Canada à
d’Allemagne entre le Gouvernement d’El Salvador et les rebelles du O¶(VSDJQHVXLWHjODWHQVLRQTXLDVXUJLHQWUHFHVGHX[SD\VORUVGXFRQÀLW
)URQW GpPRFUDWLTXH UpYROXWLRQQDLUH HQ YXH GH PHWWUH ¿Q j OD JXHUUH GLW ©GX ÀpWDQ QRLUª (Q UpSRQVH j XQH TXHVWLRQ SRVpH SDU OH JURXSH
civile en février 1981 (Rousseau, loc. cit., 1981, p. 591 et 592). parlementaire socialiste le 15 novembre 1999 au sujet de la nouvelle
2QUHWLHQGUDTXHOHVSULVHVGHSRVLWLRQSXEOLTXHVUHQVHLJQHQWVRXYHQWVXUOD loi canadienne sur la pêche, le Gouvernement a informé le Congrès de
YRORQWpGHQpJRFLHUHQSUpVHQFHG¶kSUHVFRQÀLWVWHUULWRULDX[SDUH[HPSOH FHWWHSURPHVVHDLQVLTX¶LOUHVVRUWGXFKDSLWUH9,,GXSpanish Yearbook
ODSULVHGHSRVLWLRQHVSDJQROHVXUODTXHVWLRQGH*LEUDOWDUSDUDOOqOHPHQWjOD of International Law, vol. VII, 1999-2000, p. 107:
SRXUVXLWHGHVQpJRFLDWLRQVVXUODTXHVWLRQFRPPHOH0LQLVWUHGHVDIIDLUHV «[L]a Commission a reçu de l’Ambassadeur du Canada à Bruxelles
étrangères l’a déclaré devant l’Assemblée générale des Nations Unies: XQH OHWWUH >«@ GDQV ODTXHOOH FH SD\V LQGLTXDLW QRWDPPHQW TX¶LO
©-H WLHQV j UpDI¿UPHU OD IHUPH GpFLVLRQ GH PRQ JRXYHUQHPHQWGH Q¶DSSOLTXHUDLW SDV OHV ORLV H[WUDWHUULWRULDOHV FDQDGLHQQHV DX[ QDYLUHV
poursuivre le processus de négociations avec le Royaume-Uni, dans espagnols ou portugais.
un esprit constructif et sur les bases établies par la Déclaration de ©3RXU GRQQHU j FHW HQJDJHPHQW XQH IRUPH MXULGLTXHPHQW
Bruxelles du 27 novembre 1984.» FRQWUDLJQDQWHSRXUOH&DQDGDO¶(VSDJQHDWHQXjFHTX¶LOVRLWUpLWpUp
('RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH TXDUDQWHKXLWLqPH par voie de note verbale de l’Ambassade du Canada à Helsinki, capitale
session, Séances plénières, 11e séance. Voir également Revista española de l’État membre exerçant alors la présidence de l’Union européenne,
de derecho internacional, vol. XLVI, no 1, 1994, p. 159.) jOD¿QGHMXLOOHW[…]
/HWRQGHFHVSULVHVGHSRVLWLRQQHYDULHSUHVTXHMDPDLVFRPPHLOUHVVRUW «Le 30 septembre, les institutions compétentes de l’Union
des propos ci-après tenus par le Ministre des affaires étrangères sur européenne (Conseil de la Commission) ont adressé une réponse valant
OD VLWXDWLRQ HQ *XLQpH pTXDWRULDOHGHYDQW OD &RPPLVVLRQ GHV DIIDLUHV DFFXVp GH UpFHSWLRQ VRXV OD IRUPH G¶XQH QRWH YHUEDOH SRXU VLJQL¿HU
étrangères du Congrès le 1er juin 1994: formellement leur accord avec les garanties offertes par le Canada, sans
«Comme vous le savez, le Gouvernement espagnol – je ne m’y SUpMXGLFHGHODSRVLWLRQMXULGLTXHGHO¶8QLRQHXURSpHQQHVXUFHUWDLQV
DUUrWHUDLSDVSDUFHTXHYRXVHQFRQQDLVVH]ELHQODJHQqVH±V¶pWDLWHQJDJp aspects extraterritoriaux non conformes à l’Accord de New York et au
GHYDQWO¶RSLQLRQSXEOLTXHpTXDWRJXLQpHQQHHVSDJQROHHWLQWHUQDWLRQDOH GURLWGHODPHUHQYLJXHXUTXLVHUDLHQWUpJOpVOHPRPHQWYHQXDYHFOHV
j SUrWHU VRQ FRQFRXUV j XQH GpPRFUDWLVDWLRQ DXWKHQWLTXH 'DQV XQ autorités canadiennes.»
Actes unilatéraux des États 235
cadre des organisations internationales, des promesses si cela était possible. De plus, on trouve de plus en plus
tendant à lever des sanctions imposées à l’encontre de tel G¶H[HPSOHVG¶RIIUHG¶DLGHpFRQRPLTXH±GHSURPHVVHHQ
État59. somme – assortie toutefois de conditions précises, surtout
HQ FDV G¶LQVWDELOLWp GDQV OH SD\V EpQp¿FLDLUH66. Peut-on
30. Toujours dans la vie des organisations internationales, parler d’acte unilatéral stricto sensuVLO¶DFWHHQTXHVWLRQ
LOHVWGHVH[HPSOHVUpFHQWVGHSURPHVVHVG¶DLGHDX[¿QV est assorti de conditions? C’est discutable, dans la mesure
de l’admission dans telle ou telle organisation60, ou dans RODSUDWLTXHGRQQHFODLUHPHQWjSHQVHUTXHFHJHQUHGH
l’un de ses organes61, y compris en contrepartie d’une aide GpFODUDWLRQVHVWDVVH]IUpTXHQW
à l’admission dans l’Union européenne62, entre autres
H[HPSOHVUHPDUTXDEOHV 3OXV SUpFLVpPHQW XQ GRPDLQH VSpFL¿TXH FRPPH
FHOXLGXGpVDUPHPHQWSHUPHWGHPHVXUHUjTXHOSRLQWOD
3DU DLOOHXUV PrPH OHV FRPPXQLTXpV FRQMRLQWV RX conditionnalité attachée à de nombreuses déclarations est
déclarations issus de rencontres multilatérales au sommet une constante. 3HXWRQHQFRQFOXUHTXHHQFHWWHPDWLqUH
peuvent comporter des promesses faites dans une instance au moins, les déclarations ne revêtent pas un caractère
PXOWLODWpUDOH PDLV TXL Q¶HQ FRQVHUYHQW SDV PRLQV OHXU XQLODWpUDO j SURSUHPHQW SDUOHU HW TXH QRXV GHYRQV OHV
caractère d’acte unilatéral. On citera, par exemple, ce pFDUWHU GX FKDPS GH FHWWH pWXGH RX TXH YX OD VSpFL¿-
FRPPXQLTXppPDQDQWGHODSURYLQFHFKLQRLVHGH7DLZDQ FLWpGHODPDWLqUHHWO¶LQWpUrWSDUWLFXOLHUTX¶HOOHUHYrWOD
(abstraction faite de la controverse autour du statut de SUDWLTXH IDLW DSSDUDvWUH TXH G¶RUGLQDLUH OD FRQGLWLRQQD-
cette entité)63. OLWp HVW O¶XQ GHV DVSHFWV TXL SRXVVHQW O¶eWDW j VRXVFULUH
GHV HQJDJHPHQWV TX¶LO Q¶DXUDLW SDV DXWUHPHQW SULV" 2Q
/D SUDWLTXH LQWHUQDWLRQDOH UpFHQWH RIIUH SDUIRLV LQWHUURJHUD XWLOHPHQW GHV H[HPSOHV WLUpV GH OD SUDWLTXH
des exemples de promesses suscitant des réponses de la en matière de désarmement ou de non-usage de tel ou tel
SDUWGHWLHUV SURPHVVHSURYRTXDQWXQHSURWHVWDWLRQSDU type d’armement67.
exemple)64, ou emportant reconnaissance d’une situation
donnée65FHTXLHQUHQGO¶DQDO\VHHQFRUHSOXVFRPSOH[H 34. Ainsi, les déclarations unilatérales faites par la
Chine (non-usage de l’arme nucléaire en premier)68 en
59
date du 15 novembre 1971, par la voix du Vice-Ministre
Par exemple, le 19 juin 2000, les États-Unis ont fait part de leur
LQWHQWLRQGHOHYHUOHVVDQFWLRQVpFRQRPLTXHVLPSRVpHVjOD5pSXEOLTXH des affaires étrangères et chef de la délégation chinoise
SRSXODLUHGpPRFUDWLTXHGH&RUpHDXOHQGHPDLQGHODJXHUUHGH&RUpH à la vingt-sixième session de l’Assemblée générale des
de 1953 (Poulain, loc. cit., p. 860). 1DWLRQV8QLHVGDQVOHVTXHOOHVFHOXLFLDGp¿QLODSRVLWLRQ
60
$LQVL TX¶LO UHVVRUW G¶XQ FRPPXQLTXp FRQMRLQW HQ GDWH GX GHVRQSD\VVXUGLYHUVHVTXHVWLRQVLQWHUQDWLRQDOHVOn en
VHSWHPEUHGHV0LQLVWUHVGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVGHOD%HOJLTXH UHWLHQGUDFHTXLVXLWHQDXFXQFDVOD&KLQHQHSDUWLFLSHUD
et de la Lettonie, libellé comme suit:
©/D %HOJLTXH HVW IDYRUDEOH j OD SOHLQH DGPLVVLRQ G¶XUJHQFH GH OD
aux prétendues négociations des puissances nucléaires
Lettonie, de manière ordonnée, dans les organisations internationales. sur le désarmement nucléaire. Les armes nucléaires sont
(QWDQWTXHPHPEUHGX&RQVHLOGHVpFXULWpOD%HOJLTXHIDYRULVHUDVRQ encore au stade expérimental. La Chine développe son
entrée à l’Organisation des Nations Unies.» DUPHPHQWQXFOpDLUHjGHV¿QVXQLTXHPHQWGpIHQVLYHV/H
(Klabbers et al., Pratique des États concernant la succession d’États Gouvernement chinois a toujours préconisé l’interdiction
et les questions de reconnaissance: le projet pilote du Conseil de
l’Europe, p. 177.) complète et la destruction totale des armes nucléaires et a
61
Lors d’un entretien avec le Ministre des affaires étrangères à proposé la convocation d’une conférence de tous les pays
Madrid, le chef du Gouvernement andorran s’est engagé à appuyer GXPRQGHSRXUGLVFXWHUGHFHWWHTXHVWLRQ
la candidature de l’Espagne à un siège de membre non permanent
du Conseil de sécurité (Revista española de derecho internacional, et, dans une première étape, pour parvenir à un accord sur le non-recours
vol. LIII, 2001, p. 608). aux armes nucléaires. Le Gouvernement chinois l’a déclaré en maintes
62
En visite à Madrid le 22 janvier 2001, le Ministre chypriote des RFFDVLRQV HW >«@ WLHQ>W@ j OH UpDI¿UPHU VROHQQHOOHPHQW >«@ j DXFXQ
DIIDLUHVH[WpULHXUHVDQRWDPPHQWpYRTXpDYHFVRQKRPRORJXHHVSDJQRO
DX FRXUV G¶XQ HQWUHWLHQ OD TXHVWLRQ GH O¶pODUJLVVHPHQW GH O¶8QLRQ
HXURSpHQQH /H 0LQLVWUH HVSDJQRO D UpSRQGX TXH VRQ JRXYHUQHPHQW DSSOLTXpVDXMRXUG¶KXL>«@FHUWDLQVDFWHXUVEHOJHVGHO¶pSRTXHSRUWHQW
°XYUDLW DX VHLQ GH O¶8QLRQ j FH TXH OHV QpJRFLDWLRQV VXU O¶DGKpVLRQ XQH SDUW LUUpIXWDEOH GH UHVSRQVDELOLWp GDQV OHV pYpQHPHQWV TXL RQW
soient bouclées dans le courant du premier semestre de 2002, pendant conduit à la mort de Patrice Lumumba.» Le Ministre a également
OD SUpVLGHQFH HVSDJQROH (Q¿Q &K\SUH D DVVXUp TX¶HOOH DSSXLHUDLW OD annoncé à Bruxelles le versement de 3,75 millions d’euros à la Fondation
candidature de l’Espagne au Conseil de sécurité (ibid.). Lumumba créée pour promouvoir la démocratie dans l’ancien Congo
63
Voir Chinese Yearbook of International Law and Affairs, vol. 18, belge (RGDIP, t. CVI, 2002, p. 377).
66
1999-2000, p. 41 et 42: Ainsi, l’offre faite par la Grande-Bretagne le 27 avril 2000
©/H 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH GH &KLQH D SURPLV GH UHQIRUFHU GH FRQWULEXHU ¿QDQFLqUHPHQW j OD UpIRUPH DJUDLUH DX =LPEDEZH j
OD FRRSpUDWLRQ GDQV OHV GRPDLQHV HQ TXHVWLRQ DX WLWUH GH O¶DLGH j OD FRQGLWLRQ TX¶LO VRLW PLV XQ WHUPH j O¶H[SURSULDWLRQ GH WHUUHV HW j OD
région, notamment en encourageant les investissements taiwanais YLROHQFH FRQWUH OHV RSSRVDQWV SROLWLTXHV %HXNHV ©6RXWKHUQ$IULFDQ
dans l’isthme, vu l’importance capitale de l’investissement pour la HYHQWVRILQWHUQDWLRQDOVLJQL¿FDQFHªS
FUpDWLRQ G¶HPSORLV OD PRGHUQLVDWLRQ WHFKQLTXH HW O¶DPpOLRUDWLRQ GH Ainsi, également, une enveloppe d’aide offerte par les États-Unis le
OD SURGXFWLYLWp GHV pFRQRPLHV GH O¶$PpULTXH FHQWUDOH DLQVL TXH OD 5 décembre 2001 subordonnée à la cessation de la violence et à la
FRRSpUDWLRQ HQ PDWLqUH GH SURPRWLRQ HW GLYHUVL¿FDWLRQ GHV pFKDQJHV UpIRUPHDJUDLUHDX=LPEDEZH4XHOTXHVMRXUVSOXVWDUGOHGpFHPEUH
promotion du tourisme durable et complémentarité des industries des OH3UpVLGHQW]LPEDEZpHQTXDOL¿DLWOHWH[WHDGRSWpSDUOHVeWDWV8QLVGH
eWDWVGHO¶$PpULTXHFHQWUDOHHWGHOD5pSXEOLTXHGH&KLQHª «véritable insulte au peuple zimbabwéen» (ibid., 2002, p. 365).
64
Ainsi, celle du démantèlement de la station d’écoute russe à 67
/HVGpYHORSSHPHQWVFRQVDFUpVFLDSUqVjODSUDWLTXHLQWHUQDWLRQDOH
&XEDTXLSURYRTXDGLYHUVHVUpDFWLRQVQpJDWLYHVGHODSDUWHWGH&XED s’inspirent largement des matériaux rassemblés et organisés par
et des États-Unis. Cuba a vu dans l’annonce faite par la Russie du Elena del Mar García Rico, professeur titulaire de la chaire de droit
démantèlement de sa station une concession au Gouvernement des international public et de relations internationales à l’Université de
États-Unis (RGDIP, t. CVI, 2002, p. 149). Malaga (Espagne).
65 68
Le Ministre belge des affaires étrangères a présenté des excuses Engagement – promesse assortie de conditions – extrait de
RI¿FLHOOHV OH IpYULHU SRXU OH U{OH MRXp SDU VRQ SD\V GDQV )RFVDQHDQX©/D5pSXEOLTXHSRSXODLUHGH&KLQHjO¶218ªSHW
l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961: «À la lumière des critères 119.
Actes unilatéraux des États 237
moment et en aucune circonstance la Chine ne sera la première à utili- par un État non doté de l’arme nucléaire associé ou allié à un État doté
ser les armes nucléaires. Si les États-Unis et l’Union soviétique souhai- de l’arme nucléaire73.
taient vraiment et sincèrement le désarmement, chacun devrait prendre
l’engagement de ne pas recourir aux armes nucléaires le premier*69. ¬QRWUHVHQVLOV¶DJLWOjG¶XQHGpFODUDWLRQTXLVHYHXWXQ
DFWHXQLODWpUDOTXLOLHVRQDXWHXUPDLVVDWLVIDLWDX[FRQGL-
35. Le 23 octobre 1972, la Première Commission de WLRQV PrPHV DX[TXHOOHV OHGLW eWDW DXWHXU D HQWHQGX HQ
O¶$VVHPEOpHJpQpUDOHDFRQVDFUpXQGpEDWjODTXHVWLRQGX subordonner l’application74. Il s’agirait, pour reprendre
GpVDUPHPHQWOHOHQGHPDLQOH5HSUpVHQWDQWGHOD&KLQH une formule imagée, d’un acte unilatéral «limité ou assorti
a rappelé les principes fondamentaux préconisés par son de conditions», expression particulière de la volonté de
SD\VWRXFKDQWODTXHVWLRQ O¶eWDWTXLHQHVWO¶DXWHXUHWUHÀpWDQWODSRVLWLRQGHFHWeWDW
VXUFHWWHTXHVWLRQSUpFLVH
Le Gouvernement chinois a toujours préconisé l’interdiction
complète et la destruction totale des armes nucléaires. Il est prêt à
œuvrer activement pour la convocation et le bon déroulement d’une 38. Autre exemple plus récent encore, ayant relancé
FRQIpUHQFHPRQGLDOHVXUOHGpVDUPHPHQW¬FHWHIIHWLOHVWHVVHQWLHOTXH VRQ SURJUDPPH QXFOpDLUH OD 5pSXEOLTXH SRSXODLUH
certaines conditions préalables soient remplies, à savoir: GpPRFUDWLTXH GH &RUpH75 a expressément assorti ses
a) Tous les pays nucléaires, et notamment l’URSS et les États- prises de position de conditions: le 19 janvier 2003, le
Unis, doivent s’engager à ne pas être les premiers à utiliser des armes 6HFUpWDLUH G¶eWDW DGMRLQW GHV eWDWV8QLV UHQG SXEOLTXH
nucléaires en aucune circonstance. Ils doivent également s’engager à ne XQHGpFODUDWLRQSDUODTXHOOHOHVeWDWV8QLVV¶HQJDJHDLHQW
SDVVHVHUYLUG¶DUPHVQXFOpDLUHVFRQWUHOHVSD\VQRQQXFOpDLUHV à garantir la sécurité du régime nord-coréen si Pyongyang
b) Tous les pays doivent s’engager à rapatrier toutes leurs forces acceptait de renoncer à son programme nucléaire. Le
armées et à démanteler toutes leurs bases militaires, y compris les bases IpYULHU OD 5pSXEOLTXH SRSXODLUH GpPRFUDWLTXH GH
nucléaires, implantées en territoire étranger70. Corée rejette cette offre. Dans un esprit de conciliation, le
Secrétaire d’État des États-Unis annonce le 25 février la
36. Le 2 octobre 1973, le chef de la délégation UHSULVHGHO¶DLGHDOLPHQWDLUHDPpULFDLQHjOD5pSXEOLTXH
chinoise à l’Assemblée générale a exposé, dans une SRSXODLUHGpPRFUDWLTXHGH&RUpH
importante allocution, la position de la Chine face aux
grands problèmes internationaux dont le problème du 39. Sont également très récentes les déclarations, fruit
désarmement: de l’action concertée de divers États et du consentement
GH OD 5pSXEOLTXH LVODPLTXH G¶,UDQ SDU OHVTXHOOHV FH
/H*RXYHUQHPHQWFKLQRLVHVWSRXUODFRQYRFDWLRQG¶XQHDXWKHQWLTXH
conférence mondiale du désarmement. Mais il faut pour cela poser cer-
dernier pays a accepté les inspections de l’AIEA et a
taines conditions préalables […] à la Conférence […], à savoir: tous les souscrit des engagements concernant l’utilisation de
SD\VQXFOpDLUHV>«@GRLYHQWG¶DERUGV¶HQJDJHUIRUPHOOHPHQWTXHOOHV O¶pQHUJLHQXFOpDLUHjGHV¿QVSDFL¿TXHV76.
TXHVRLHQWOHVFLUFRQVWDQFHVjQHMDPDLVrWUHOHVSUHPLHUVjUHFRXULUDX[
armes nucléaires, et notamment à ne pas les utiliser contre les pays et
OHVUpJLRQVQRQQXFOpDLUHV>«@7RXWHVOHVIRUFHVDUPpHV\FRPSULVOHV 73
García Rico, El uso de las armas nucleares y el derecho
missiles nucléaires, doivent être rapatriées, et toutes les bases militaires internacional: análisis sobre la legalidad de su empleo, p. 127.
implantées sur les territoires d’autres pays démantelées, y compris les 74
Autre exemple, le Président des États-Unis a annoncé, le
bases nucléaires71. 27 septembre 1991, une série de mesures unilatérales de réduction
GHV DUPHV QXFOpDLUHV WDFWLTXHV j OD VXLWH GH O¶HIIRQGUHPHQW GX 3DFWH
La situation semble avoir beaucoup évolué à en juger par de Varsovie (à ce propos, voir Furet, «Limitation et réduction des
les prises de position de la Chine au cours des années 90. DUPHPHQWVVWUDWpJLTXHVHQªSj /HRFWREUHOH
Le 29 juillet 1996, la Chine procède à un essai nucléaire, 3UpVLGHQWGHO¶8QLRQVRYLpWLTXHHQIDLWGHPrPH 5RXVVHDXORFFLW
1992, p. 128). Les positions de l’une et l’autre parties ressortiront plus
OHTXDUDQWHTXDWULqPHGHSXLVSURPHWWDQWTXHF¶pWDLW clairement du discours sur l’état de l’Union prononcé par le Président
là le dernier, et décrétant un moratoire sur ces essais à GHVeWDWV8QLVOHMDQYLHUDXFRXUVGXTXHOFHOXLFLDFODLUHPHQW
compter du 30 juillet de la même année72. DI¿FKpOHVLQWHQWLRQVGHVRQJRXYHUQHPHQWDQQRQoDQWGHQRPEUHXVHV
mesures unilatérales de désarmement, suivies de propositions de
37. Les déclarations unilatérales faites par les États négociations à l’intention des États de la Communauté d’États
indépendants (CEI). Le lendemain, le Président de la Fédération de
dotés de l’arme nucléaire les 5 et 6 avril 1995, à l’occasion Russie offre, de son côté, lors d’une interview à la télévision, diverses
GHV QpJRFLDWLRQV TXL DERXWLURQW j OD SURORQJDWLRQ SRXU propositions dans la perspective de nouvelles négociations.
une durée indéterminée du Traité sur la non-prolifération 75
RGDIP, t. CVII, 2003, p. 440 à 442.
GHVDUPHVQXFOpDLUHVUHYrWHQWXQLQWpUrWWRXWSDUWLFXOLHU 76
Lors de la visite effectuée à Téhéran par les Ministres des
comme le dit García Rico: affaires étrangères de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni,
OHRFWREUH+DVVDQ5RKDQLUHVSRQVDEOHLUDQLHQGHVTXHVWLRQV
>6@¶LOHVWYUDLTXHO¶RQDDLQVLVRXVFULWO¶REOLJDWLRQGHQHSDVIDLUHXVDJH QXFOpDLUHV D GpFODUp TXH O¶,UDQ pWDLW GLVSRVp j IDLUH OH QpFHVVDLUH
de l’arme nucléaire contre ces États, il serait dérogé à cette obligation pour signer le Protocole additionnel de l’AIEA à l’Accord relatif à
VDXI HQ FH TXL FRQFHUQH OD 5pSXEOLTXH SRSXODLUH GH &KLQH HQ FDV l’application de garanties dans le cadre du Traité sur la non-prolifération
G¶LQYDVLRQ RX GH WRXWH DXWUH DWWDTXH SHUSpWUpH FRQWUH OHV SXLVVDQFHV GHVDUPHVQXFOpDLUHV>TXLSUpYRLWGHVLQVSHFWLRQVGHO¶$,($@HWGHYHQLU
nucléaires, leur territoire, leurs forces armées ou leurs alliés ou contre DLQVLOHTXDWUHYLQJWHWXQLqPHSD\VVLJQDWDLUHDYDQWOHQRYHPEUH
WRXWeWDWDXTXHOFHVSXLVVDQFHVVHUDLHQWOLpHVSDUXQDFFRUGGHVpFXULWp 5RKDQLDFHSHQGDQWSUpFLVpTXHOHVDXWRULWpVLUDQLHQQHVVHUpVHUYDLHQW
le droit de reprendre les activités d’enrichissement de l’uranium, si elles
OHMXJHDLHQWQpFHVVDLUHGDQVXQMRXUXQDQRXSOXVWDUGHWTXHOHXUV
intérêts dicteraient leur décision. Elles tenaient également à continuer
69
'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH YLQJWVL[LqPH G¶XWLOLVHUFHWWHpQHUJLHjGHV¿QVSDFL¿TXHVSXLVTXHWRXWHVOHVDFWLYLWpV
session, Séances plénières, 1983e séance, par. 211. QXFOpDLUHVSDFL¿TXHVGHO¶,UDQ\FRPSULVO¶HQULFKLVVHPHQWGHO¶XUDQLXP
70
Focsaneanu, loc. cit., p. 125 et 126. étaient un droit incontestable de leur pays, dont personne ne pouvait les
71
'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH YLQJWKXLWLqPH priver. Ces propos viennent nuancer la promesse faite précédemment en
session, Séances plénières, 2137e séance, par. 46. Voir également H[FOXDQWGHVRQFKDPSO¶XWLOLVDWLRQ±SUpVXPpHSDFL¿TXH±GHO¶pQHUJLH
Focsaneanu, loc. cit., p. 137. nucléaire et en déclarant les promesses antérieures révocables avec le
temps (voir Le Monde, 23 octobre 2003). Lors d’une interview accordée
72
$DQQH[HYRLUpJDOHPHQWAsian Yearbook of International
Law, vol. 7, 1997, p. 410. (Suite de la note page suivante.)
238 Documents de la cinquante-sixième session
40. Il y a plusieurs décennies déjà, Schwarzenberger 42. Nous ne nous arrêterons pas non plus sur la vive
voyait dans l’institution de la reconnaissance «un FRQWURYHUVH ± GpVRUPDLV SUDWLTXHPHQW GpSDVVpH ±
SURFpGp JpQpUDO GX GURLW LQWHUQDWLRQDO SDU OHTXHO XQH opposant les conceptions dites déclarative et constitutive
situation ou un acte devient opposable au sujet auteur de la reconnaissance. De fait, déjà au XIXe siècle, la juris-
de la reconnaissance77ªV¶LOHVWYUDLTXHO¶DFWHSDUOHTXHO SUXGHQFHDYDLWGpFODUpVDQVDPEDJHVTXH©>O@DUHFRQQDLV-
RQ UHFRQQDvW XQH VLWXDWLRQ GRQQpH HVW LQWULQVqTXHPHQW VDQFH UHSRVH VXU XQ IDLW SUpH[LVWDQW HOOH QH FUpH SDV FH
SROLWLTXH LO Q¶HVW SDV VDQV HPSRUWHU GH WUqV LPSRUWDQWHV fait. Si celui-ci n’existe pas, la reconnaissance se trouve
FRQVpTXHQFHVMXULGLTXHVAussi la doctrine a-t-elle consi- faussée82». Bien entendu, cela n’a pas empêché certains
GpUp TXH OD UHFRQQDLVVDQFH UHSUpVHQWH SOXV ± ELHQ SOXV GH PpFRQQDvWUH OD UpDOLWp LQWHUQDWLRQDOH UpFHQWH TXL IDLW
GLULRQVQRXV ± TX¶XQ VLPSOH DFWH SROLWLTXH78. Certains DSSDUDvWUH TXH FHUWDLQV eWDWV RQW VXERUGRQQp j FHUWDLQV
travaux consacrés aux actes unilatéraux, comme ceux de critères ou certaines conditions leur décision de recon-
Suy, mettent en évidence les traits de cette importante naître à telle entité le statut d’État, se rapprochant ainsi
LQVWLWXWLRQ GDQV ODTXHOOH LOV YRLHQW ©XQH LQVWLWXWLRQ MXUL- EHDXFRXSGHODWKpRULHFRQVWLWXWLYHFODVVLTXHGXPRLQVHQ
GLTXHJpQpUDOHTXHOHVDXWHXUVVRQWXQDQLPHVjFRQVLGpUHU FHTXLFRQFHUQHOHVFRQVpTXHQFHVGHODUHFRQQDLVVDQFHRX
comme une manifestation de volonté unilatérale émanant GHODQRQUHFRQQDLVVDQFHGHO¶HQWLWpHQTXHVWLRQ83.
G¶XQ VXMHW GH GURLW HW SDU ODTXHOOH FHOXLFL FRQVWDWH WRXW
d’abord une situation existante et exprime l’intention de b) La pratique ancienne en matière de
vouloir la considérer comme légitime, comme étant le reconnaissance84
droit79ª7RXWHIRLVHQGpSLWGHODPDVVHG¶RXYUDJHVTXH
la doctrine lui a consacrés, la reconnaissance est, sui- ,O Q¶HVW SDV GRXWHX[ TXH OHV LQVWLWXWLRQV GH
vant Ruda, «l’une des notions du droit international les la reconnaissance d’États et de gouvernement ont
SOXV GLI¿FLOHV j SUpFLVHU pWDQW GRQQp TX¶LO Q¶H[LVWH SDV FODVVLTXHPHQW RFFXSp XQH SODFH SUpSRQGpUDQWH GDQV
jVRQVXMHWGHUqJOHVFRXWXPLqUHVFODLUHVHWTXHODGRF- O¶DQDO\VHGHODGRFWULQHHWGHODSUDWLTXHOn a en outre
WULQHHVWGLYLVpHVXUOHVSUREOqPHVIRQGDPHQWDX[TX¶HOOH fait dériver d’ordinaire de ces institutions toute une série
soulève80». GHFRQVpTXHQFHVMXULGLTXHV85, leur nature d’actes unilaté-
raux étant cependant incontestée86. Toutefois, les contours
41. Loin de faire ici une étude exhaustive de l’institution
de la reconnaissance ou des ouvrages consacrés à la 81
Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/534, p. 55.
PDWLqUH FH TXL VHUDLW GX UHVWH WURS DPELWLHX[ QRXV 82
Coussirat-Coustère et Eisemann, op. cit., p. 108. Voir l’affaire
QRXVERUQHURQVjLQWHUURJHUODSUDWLTXHUpFHQWHWRXFKDQW Joseph Cuculla c. MexiqueRSSRVDQWOHVeWDWV8QLVG¶$PpULTXHHWOH
l’institution de la reconnaissance dans ses modalités 0H[LTXHWUDQFKpHSDUXQHFRPPLVVLRQPL[WHOHQRYHPEUH
multiples, tout en en faisant ressortir les aspects les plus 83
2QSRXUUDLWGLUHjODVXLWHGH5LEEHOLQNTXHOHVVXFFHVVLRQVG¶eWDWV
VXUYHQXHVHQ(XURSHDXFRXUVGHVDQQpHVVHPEOHQWPDUTXHUXQFHUWDLQ
renouveau de la «théorie constitutive» de la reconnaissance, à en juger par
(Suite de la note 76.) OHIDLWTXHOD&RPPXQDXWpHXURSpHQQHHWVHVeWDWVPHPEUHVDLQVLTXHOHV
eWDWVWLHUVTXLRQWVXLYLODPrPHGpPDUFKHRQW¿[pOHVFRQGLWLRQVTXHOHV
à l’agence de presse japonaise Kyodo, Kamal Kharazi, Ministre iranien nouveaux États devaient satisfaire pour être admis dans la communauté
GHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVDGpFODUpTXHVRQSD\VpWDLWGpFLGpjUHQIRUFHU des États préexistante («Succession d’États et reconnaissance d’États et
VD FRRSpUDWLRQ DYHF O¶$,($ HW j GLVVLSHU O¶LQTXLpWXGH TX¶LQVSLUDLW j de gouvernements», p. 44). /¶RXYUDJHGXTXHOHVWWLUpFHWDUWLFOHFRQVWLWXH
la communauté internationale le programme nucléaire iranien. Le XQUHFXHLOSUpFLHX[GHODSUDWLTXHHXURSpHQQHUpFHQWH
Ministère russe des affaires étrangères s’est engagé le 22 octobre, par 84
&HWWH VHFWLRQ VHUD WUqV EUqYH SXLVTXH QRXV DYRQV SUpIpUp
la voix du Ministre des affaires étrangères, à poursuivre la coopération QRXV LQWpUHVVHU VSpFLDOHPHQW j OD SUDWLTXH UpFHQWH HQ PDWLqUH GH
avec l’Iran. La version anglaise du texte russe se lit comme suit (http:// reconnaissance (singulièrement depuis les années 80). Pour un résumé
[Link]): «Russia is ready to continue to cooperate with Iran, GHODSUDWLTXHDQWpULHXUHHQODPDWLqUHQRXVUHQYR\RQVDX[RXYUDJHV
LQFOXGLQJ LQ WKH QXFOHDU ¿HOG ZLWK VWULFW REVHUYDQFH RI LQWHUQDWLRQDO VSpFLDOLVpV TXH QRXV DYRQV SX FRQVXOWHU HQ SKRWRFRSLH QRWDPPHQW
obligations» (La Russie est disposée à continuer de coopérer avec Castel, ,QWHUQDWLRQDO/DZ&KLHÀ\DV,QWHUSUHWHGDQG$SSOLHGLQ&DQDGD
l’Iran, y compris dans le domaine nucléaire, dans le strict respect des Lapradelle et Niboyet, Répertoire de droit international +DFNZRUWK
obligations internationales). Digest of International Law 0RRUH A Digest of International Law
77
International Law, p. 549. et History and Digest of the International Arbitrations to which the
78
Selon Duculesco: United States has been a Party3DUU\A British Digest of International
©1RXVDUULYRQVGRQFjODFRQFOXVLRQTXHO¶DFWHGHUHFRQQDLVVDQFH Law:KDUWRQA Digest of the International Law of the United States
± TXHOOH TXH VRLW OD UHFRQQDLVVDQFH GRQW LO V¶DJLW ± V¶LO HVW SDU son Whiteman, Digest of International Law.
contenuXQDFWHSROLWLTXHQHSHXWrWUHFRQVLGpUpWRXWHIRLVFRPPHXQ 85
/H 5HSUpVHQWDQW GX *RXYHUQHPHQW IUDQoDLV GHYDQW OD &3-, D
DFWH³H[FOXVLYHPHQWSROLWLTXH´HWFHODjFDXVHGHVHVLPSOLFDWLRQVVXU GpFODUpVDQVDPEDJHVjO¶DXGLHQFHSXEOLTXHGXDRWTXH©>O@D
le plan du droit.» UHFRQQDLVVDQFHTXHO¶RQIDLWGH>O¶@LQGpSHQGDQFH>G¶XQeWDW@LPSOLTXH
(«Effet de la reconnaissance de l’état de belligérance par les tiers, y G¶XQH SDUW TX¶RQ FRQVLGpUHUD OHV DFWHV GH VRQ JRXYHUQHPHQW FRPPH
FRPSULV OHV RUJDQLVDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV VXU OH VWDWXW MXULGLTXH GHV engageant, selon le droit international, l’État ainsi reconnu, d’autre part
FRQÀLWVDUPpVjFDUDFWqUHQRQLQWHUQDWLRQDOªS TX¶RQ VXLYUD YLVjYLV GH FHW eWDW OHV UqJOHV GX GURLW LQWHUQDWLRQDOª
79
Op. cit., p. 191. (Régime douanier entre l’Allemagne et l’Autriche, C.P.J.I. série C
80
«Reconnaissance d’États et de gouvernements», p. 471. L’auteur no 53, p. 569). Voir également Kiss, Répertoire de la pratique française
\Gp¿QLWHQRXWUHODUHFRQQDLVVDQFHFRPPHXQ en matière de droit international public, t. III, p 15.
©DFWHXQLODWpUDOSDUOHTXHOXQeWDWFRQVWDWHO¶H[LVWHQFHGHFHUWDLQV 86
L’Assemblée de l’Union française a souligné à sa séance du
IDLWV TXL SHXYHQW DYRLU GHV FRQVpTXHQFHV VXU VHV GURLWV RX VHV PDUV TXH OD UHFRQQDLVVDQFH GH JRXYHUQHPHQW HVW XQ DFWH
REOLJDWLRQV RX VHV LQWpUrWV SROLWLTXHV HW GpFODUH H[SUHVVpPHQW RX XQLODWpUDOHQGpFODUDQWTXH©>O@RUVTX¶XQSD\VUHFRQQDvWXQJRXYHUQHPHQW
DGPHWLPSOLFLWHPHQWTXHFHVIDLWVVRQWOHVpOpPHQWVVXUOHVTXHOVVHURQW ou une autorité susceptible de constituer un gouvernement, il passe un
IRQGpHV OHV UHODWLRQV MXULGLTXHV IXWXUHV FRQIRUPpPHQW DX[ PRGDOLWpV acte unilatéral, mais ne passe pas de contrat avec cette autorité» (ibid.,
Gp¿QLHVGDQVOHGLWDFWHª(p. 471 et 472). p. 33).
Actes unilatéraux des États 239
de l’institution de la reconnaissance d’États sont nettement (Q FH TXL FRQFHUQH OD UHFRQQDLVVDQFH GH JRXYHU
SOXVSUpFLVTXHFHX[GHODUHFRQQDLVVDQFHGHJRXYHUQHPHQW QHPHQW OD SUDWLTXH GX GpEXW GX XIXe siècle n’exigeait
GRQW O¶DQDO\VH GH OD SUDWLTXH HVW UHQGXH SOXV FRPSOH[H SDV TXH SRXU rWUH UHFRQQX OH QRXYHDX JRXYHUQHPHQW
par les diverses théories en présence87, 88. De même, la DLW DFFpGp DX SRXYRLU SDU OD YRLH GpPRFUDWLTXH92 OH
forme (expresse89 ou implicite90 TXHSHXWUHYrWLUODUHFRQ- SULQFLSH GH OD OpJLWLPLWp GpPRFUDWLTXH HQ WDQW TXH WHOOH
naissance et ses modalités (de jure ou de facto) viennent commence à s’imposer vers le milieu du XIXe siècle sans
FRPSOLTXHUHQFRUHO¶pWXGHGHO¶LQVWLWXWLRQ'¶RUGLQDLUHOD TXHODSUDWLTXHVRLWXQLIRUPH93. &¶HVWDLQVLTX¶DXVHLQGX
UHFRQQDLVVDQFHSURGXLWSOHLQHPHQWVHVHIIHWVMXULGLTXHVGqV &RPPRQZHDOWK EULWDQQLTXH 6D 0DMHVWp UHFRQQDLVVDLW
le moment où elle intervient, et n’opère pas rétroactive- VRXYHQW DXWRPDWLTXHPHQW G¶DXWUHV WHUULWRLUHV HQFRUH
PHQW DLQVL TX¶LO UHVVRUW GH OD MXULVSUXGHQFH TXL D FRQVL- TX¶HOOHFRQ¿UPDLWVDSRVLWLRQVXUODTXHVWLRQSDUYRLHGH
GpUpTXH©FHQ¶HVWSDVXQSULQFLSHDFFHSWpSDUODGRFWULQH FRPPXQLTXp94, y compris en cas d’annexion de territoire95.
la mieux établie en droit international, comme on l’allègue,
TXH OD UHFRQQDLVVDQFH G¶XQ QRXYHO eWDW UHQYRLH j XQH &¶HVW LFL OH OLHX G¶pYRTXHU FHUWDLQV DFWHV SRVpV
période antérieure à cette reconnaissance91». SDU O¶eWDW VXVFHSWLEOHV G¶HPSRUWHU GHV FRQVpTXHQFHV
MXULGLTXHV DVVLPLODEOHV j OD UHFRQQDLVVDQFH ORUVTX¶LO \
87
/H SULQFLSH GH OD OpJLWLPLWp GpPRFUDWLTXH SRVp SDU 0 7REDU
DGRXWHVXUOHVWDWXWG¶eWDWTXHO¶RQVRQJHSDUH[HPSOH
0LQLVWUH pTXDWRULHQ GHV DIIDLUHV pWUDQJqUHV SDU RSSRVLWLRQ j FHOXL j O¶pWDEOLVVHPHQW SDU OD %HOJLTXH HW O¶,WDOLH GH UHODWLRQV
de l’effectivité postulé par M. Genaro Estrada, Ministre des affaires RI¿FLHOOHVDYHFO¶2UJDQLVDWLRQGHOLEpUDWLRQGHOD3DOHVWLQH
pWUDQJqUHVGX0H[LTXHVRQWGHX[GHVSULQFLSDOHVVROXWLRQVUHWHQXHVj (OLP) les 27 et 29 octobre 1979. Le Ministère italien des
l’heure actuelle. Cette seconde théorie est exposée dans la déclaration DIIDLUHVpWUDQJqUHVDMXJpWUqVSRVLWLYHODYLVLWHRI¿FLHOOHGX
faite le 27 septembre 1930 par M. Estrada en ces termes:
«Après un examen consciencieux de la matière, le Gouvernement FKHIGXGpSDUWHPHQWSROLWLTXHGHO¶2/3j5RPHHQFRUH
GX0H[LTXHDFKDUJpVHVPLQLVWUHVHWFKDUJpVG¶DIIDLUHVGDQVOHVSD\V TXHFHWWHYLVLWHQ¶DLWSDVYDOXUHFRQQDLVVDQFHIRUPHOOHGH
WURXEOpV SDU OHV FULVHV SROLWLTXHV UpFHQWHV G¶LQIRUPHU FHV SD\V TXH OH O¶2/3,OHQDpWpGHPrPHGHVDYLVLWHHQ%HOJLTXHRLOD
0H[LTXHQHIDYRULVHSDVO¶RFWURLGHODUHFRQQDLVVDQFHSDUFHTX¶LOWURXYH été reçu par le Ministre belge des affaires étrangères, cette
FHWWHSUDWLTXHFRQWUDLUHDX[VDLQVSULQFLSHVGXGURLWLQWHUQDWLRQDO>«@ visite s’étant vue ainsi conférer valeur de reconnaissance
&HWWHSUDWLTXHHQHIIHWPHWFHVSD\VGDQVXQHVLWXDWLRQROHXUVDIIDLUHV
GRPHVWLTXHVSRXUURQWrWUHMXJpHV>«@SDUG¶DXWUHVJRXYHUQHPHQWVTXL GHIDLWLQWHUSUpWDWLRQTXLQ¶DpWpQLFRQ¿UPpHQLLQ¿UPpH
en fait, prennent une attitude de censure en décidant favorablement ou par Bruxelles96.
GpIDYRUDEOHPHQWVXUODOpJDOLWpG¶XQUpJLPHpWUDQJHU(QFRQVpTXHQFH
OH *RXYHUQHPHQW GX 0H[LTXH VH ERUQH j PDLQWHQLU RX UpYRTXHU 2Q UHWLHQGUD SDU DLOOHXUV TXH OD UHFRQQDLVVDQFH GH
VHV DJHQWV GLSORPDWLTXHV TXDQG LO FURLW GpVLUDEOH GH OH IDLUH HW j
FRQWLQXHUG¶DFFHSWHUpJDOHPHQWTXDQGLOOHMXJHGpVLUDEOHOHVDJHQWV gouvernement en cas de contestation sur le statut d’État
GLSORPDWLTXHVVLPLODLUHVTXHG¶DXWUHVQDWLRQVRQWSXDFFUpGLWHUSUqVGH donne souvent lieu à des actes de protestation de la part
OXLVDQVVRXOHYHUGHTXHVWLRQVRLWSUpMXGLFLHOOHPHQWVRLWa posteriori, GHO¶eWDWRXGHVeWDWVTXLVHFRQVLGqUHQWOpVpVSDUODGLWH
sur le droit pour les nations étrangères de conserver ou de changer leur UHFRQQDLVVDQFHSDUH[HPSOHOHFRPPXQLTXpSDUOHTXHOOH
gouvernements ou autorités.»
(Williams, «La doctrine de la reconnaissance en droit international et
Gouvernement autrichien reconnaissait le 13 mars 1980 à
ses développements récents», p. 245.) 9RLUpJDOHPHQW6HDUD9i]TXH] XQGLSORPDWHGHO¶2/3ODTXDOLWpGHUHSUpVHQWDQWRI¿FLHO
La paz precaria: de Versalles a Danzig, p. 377. de ladite organisation en Autriche donna lieu à une
88
Comme exemple de la doctrine d’Estrada, les Pays-Bas ont réponse de cette nature. Le Ministre israélien des affaires
UHFRQQXOHJRXYHUQHPHQWYHQXDXSRXYRLUHQ,UDTHQHQGpFODUDQW pWUDQJqUHV 0 6KDPLU FRQYRTXD OH PDUV OH FKDUJp
FHTXLVXLW d’affaires de l’Autriche à Tel-Aviv pour élever une pro-
©2QVRXOLJQHUDHQRXWUHTXHVHORQOHVUqJOHVGXGURLWLQWHUQDWLRQDO
la reconnaissance d’un nouveau gouvernement ne saurait en aucun cas testation verbale exprimée en des termes particulièrement
rWUHUpSXWpHHPSRUWHUMXJHPHQWTXDQWjODPDQLqUHGRQWLOHVWYHQXDX
SRXYRLURXDX[FLUFRQVWDQFHVTXLRQWHQWRXUpVDYHQXHDXSRXYRLUª
(Panhuys et al., International Law in the Netherlands, p. 379.) On
92
&¶HVWO¶DUJXPHQWTXHOH6HFUpWDLUHG¶eWDWGHVeWDWV8QLVDRSSRVp
le verra, les Pays-Bas changeront par la suite de position touchant la à l’Ambassadeur de Grande-Bretagne en 1833 (Wharton, op. cit., vol. I,
reconnaissance de gouvernement. p. 530):
89
9RLU SDU H[HPSOH OH FRPPXQLTXp GX 0LQLVWqUH IUDQoDLV GHV ©,O HVW GH SULQFLSH HW GH SUDWLTXH FRQVWDQWH GH OD SDUW GX
DIIDLUHV pWUDQJqUHV HQ GDWH GX DRW SDU OHTXHO OD )UDQFH Gouvernement des États-Unis de reconnaître comme gouvernement
reconnaissait expressément la Guinée-Bissau et appuyait sa candidature OpJDOG¶XQDXWUHeWDWXQJRXYHUQHPHQWGRQWRQSHXWSUpVXPHUTX¶LOWLUH
à l’admission à l’ONU: sa légitimité du consentement exprès ou tacite du peuple.»
93
«Reconnaissance et vœux d’heureux développement: Peterson, Recognition of Governments: Legal Doctrine and State
©/H*RXYHUQHPHQWIUDQoDLVTXLVHUpMRXLWGHVGpFLVLRQVSULVHVSDU Practice, 1815-1995, p. 53 à 55.
le Portugal, déclare reconnaître l’État de Guinée-Bissau et appuyer 94
/DSUDWLTXHGX0LQLVWqUHDXVWUDOLHQGHVDIIDLUHVH[WpULHXUHVHQHVW
sa candidature à l’Organisation des Nations Unies et aux institutions XQHERQQHLOOXVWUDWLRQQRWDPPHQWHQFHTXLFRQFHUQHODUHFRQQDLVVDQFH
internationales.» du régime du général Franco en Espagne (voir Documents on Australian
(La politique étrangère de la France: textes et documents, Paris, Foreign Policy 1939, Canberra, Australian Government Publishing
Ministère des affaires étrangères, 1974, p. 58.) Service, 1976, vol. II, doc. 30). Voir également [Link],
90
On trouvera un exemple de reconnaissance implicite dans VHFWLRQFRQVDFUpHDX[GRFXPHQWVKLVWRULTXHV
95
l’attitude adoptée par divers pays vis-à-vis de l’annexion de l’Estonie, La Grande-Bretagne ayant reconnu l’annexion de l’Abyssinie par
GHOD/HWWRQLHHWGHOD/LWXDQLHSDUO¶8QLRQVRYLpWLTXH(QUHFRQQDLVVDQW O¶,WDOLHO¶$XVWUDOLHDGUHVVDLWDX*RXYHUQHPHQWEULWDQQLTXHHQRFWREUH
O¶8QLRQVRYLpWLTXHOHMXLOOHWOHV3D\V%DVQ¶RQWpPLVDXFXQH 1938 le télégramme dont la teneur suit:
réserve vis-à-vis des États baltes, occupés alors par l’Allemagne. ©/H *RXYHUQHPHQW GX &RPPRQZHDOWK HVW IHUPHPHQW G¶DYLV TXH
L’Espagne fera de même des années plus tard en rétablissant ses dans l’intérêt de la paix, il faudrait mettre immédiatement en œuvre
UHODWLRQVGLSORPDWLTXHVDYHFO¶8QLRQVRYLpWLTXHHQVDQVpPHWWUH l’accord anglo-italien et accorder la reconnaissance de jure à l’Empire
XQHTXHOFRQTXHUpVHUYHUHFRQQDLVVDQWDLQVLLPSOLFLWHPHQWO¶DQQH[LRQ italien en Abyssinie. […] À notre avis, refuser la reconnaissance de jure
VRYLpWLTXH ¬ O¶LQYHUVH ORUVTX¶LO D pWDEOL GHV UHODWLRQV GLSORPDWLTXHV serait méconnaître les faits et s’exposer à un danger pour une affaire
DYHF O¶8QLRQ VRYLpWLTXH HQ OH 3RUWXJDO D SUpFLVp TX¶LO QH désormais sans objet.»
reconnaissait pas l’annexion (Klabbers et al., op. cit., p. 283). (Documents on Australian Foreign Policy 1937-1938, Canberra,
91
Coussirat-Coustère et Eisemann, op. cit., p. 54. Voir l’affaire Australian Government Publishing Service, 1975, vol. I, doc. 317). Voir
Eugène L. Didier, adm. et cons. c. Chili, entre le Chili et les États-Unis également [Link]
G¶$PpULTXH DYULO FLWpHGDQVLELGS 96
Rousseau, loc. cit., 1980, p. 664.
240 Documents de la cinquante-sixième session
YLIV GpFODUDQW j FHWWH RFFDVLRQ TXH OD SROLWLTXH LQWHU TXL VL O¶RQ SHXW \ YRLU XQH IRUPH GH UHFRQQDLVVDQFH
nationale de l’Autriche sur ce sujet constituait une menace implicite, est, dans le cadre de ce procédé de recon-
pour la sécurité et l’existence de l’État d’Israël97. De tels QDLVVDQFH FHOOH GRQW OHV FRQVpTXHQFHV VRQW OHV PRLQV
DQWpFpGHQWVH[SOLTXHQWODSUpFDXWLRQSULVHSDUO¶(VSDJQH douteuses.
en effet, ce pays ayant décidé en 1986 d’établir des rela-
WLRQV GLSORPDWLTXHV DYHF ,VUDsO OH FKHI GX *RXYHUQH- 6¶DJLVVDQWGHODUHFRQQDLVVDQFHG¶eWDWODSUDWLTXH
ment espagnol a adressé à chacun des dirigeants des États internationale de cette dernière décennie offre une
DUDEHVXQHOHWWUHMXVWL¿DQWVDGpPDUFKH98. multitude d’exemples découlant essentiellement des
événements survenus en Europe centrale et orientale.
c) La pratique récente en matière de reconnaissance 2QREVHUYHHQRXWUHXQHLPSRUWDQWHpYROXWLRQHQFHTXL
concerne ce procédé de reconnaissance, avec notamment
47. Délaissé pendant un certain temps, l’envoi d’une l’apparition de la reconnaissance dite «conditionnelle»
QRWHRI¿FLHOOHGHUHFRQQDLVVDQFHIRUPXOHFODVVLTXHTXL TXL D OD IDYHXU GHV PHPEUHV GH OD &RPPXQDXWp HXUR-
permettait à l’institution de produire pleinement ses péenne et de certains autres États de l’espace géogra-
effets, connaît depuis peu un regain de faveur99. Une for- SKLTXHHXURSpHQ101. L’obligation faite au nouvel État de
PXOHjODTXHOOHFHSHQGDQWRQDUHFRXUVSOXVYRORQWLHUV satisfaire à une série de critères garantissant certaines
HVWFHOOHGHO¶pWDEOLVVHPHQWGHUHODWLRQVGLSORPDWLTXHV100 FRQGLWLRQV GH VWDELOLWp DLQVL TXH OD SURWHFWLRQ IRQGD-
mentale de certains droits, sans ôter à la reconnaissance
97
Ibid., p. 1077. VRQFDUDFWqUHFODVVLTXHLQWULQVqTXHPHQWSROLWLTXHHWXQL-
98
Le texte de ces lettres est reproduit par Sagarra Trías, «El latéral, a eu pour effet de conférer à l’institution certains
reconocimiento de Estados y de gobiernos», p. 258 et 259. traits nouveaux.
99
À l’occasion des récentes successions d’États (ancienne Union
VRYLpWLTXH 7FKpFRVORYDTXLH <RXJRVODYLH RQ D IUpTXHPPHQW HX 49. On pourrait même se demander si la reconnaissance
recours à la reconnaissance expresse: on citera l’exemple de la lettre
TXH OH 3UHPLHU 0LQLVWUH EULWDQQLTXH D DGUHVVpH DX 3UpVLGHQW GH OD dite conditionnelle est véritablement un acte unilatéral
&URDWLH OH MDQYLHU RX FHOOH j OD WHQHXU TXDVLPHQW LGHQWLTXH ou une proposition d’accord. Il appartiendra toujours en
TX¶LO D DGUHVVpH DX 3UpVLGHQW GH OD 6ORYpQLH OH MDQYLHU GHUQLHUUHVVRUWjO¶eWDWTXLDFFRUGHODUHFRQQDLVVDQFHGH
(Marston, «United Kingdom… 1992», p. 636 et 637), ou encore celle GpFLGHUV¶LO\DOLHXG¶H[LJHUG¶XQeWDWWLHUVTX¶LOVDWLVIDVVH
SDUODTXHOOHLODUHFRQQXOD*pRUJLH RQQRWHUDODSUXGHQFHTXLDHQWRXUp à la condition ou aux conditions imposées, ou au nom du
XQH UHFRQQDLVVDQFH GRQW LO HVW SUpFLVp TX¶HOOH QH SUpMXJH HQ ULHQ GH
l’issue d’éventuels différends territoriaux): UpDOLVPHjO¶eWDWRXDX[eWDWVTXLLPSRVHQWODFRQGLWLRQ
«La présidence de la Communauté européenne a publié ce jour une GHFRQVLGpUHUTX¶HOOHHVWUHPSOLHHWGHFRQVHQWLUjDFFRU-
déclaration prenant acte de l’assurance donnée par le Gouvernement GHUODUHFRQQDLVVDQFHVLELHQTXHOHFDUDFWqUHG¶DFWHXQL-
GH OD *pRUJLH TX¶LO HVW GLVSRVp j VDWLVIDLUH j WRXV OHV FULWqUHV GpFULWV latéral ne disparaît pas102. La situation survenue au cours
dans les “Lignes directrices sur la reconnaissance de nouveaux États en
(XURSHRULHQWDOHHWHQ8QLRQVRYLpWLTXH´DSSURXYpHVSDUOH&RQVHLOGHV
ministres de la Communauté européenne. jO¶pWDEOLVVHPHQWGHUHODWLRQVGLSORPDWLTXHVDYHFO¶eU\WKUpHpWDLHQWHQ
©-HYLHQVSDUODSUpVHQWHGpFODUHUTXHOH*RXYHUQHPHQWEULWDQQLTXH cours. En réalité, c’est véritablement de l’établissement de relations
UHFRQQDvWRI¿FLHOOHPHQWOD*pRUJLHFRPPHeWDWVRXYHUDLQLQGpSHQGDQW GLSORPDWLTXHVTXHGpULYHODUHFRQQDLVVDQFHDLQVLTX¶LOUHVVRUWGHODQRWH
>«@-HSXLVFRQ¿UPHUTXHWRXWHVOHVIRLVTX¶LO\DOLHXQRXVUHJDUGRQV TXHO¶$PEDVVDGHXUGHVeWDWV8QLVHQeWKLRSLHDDGUHVVpHDX6HFUpWDLUH
OHVWUDLWpVHWDFFRUGVHQYLJXHXUDX[TXHOVOH5R\DXPH8QLHWO¶8QLRQ érythréen aux affaires étrangères (Nash Leich, loc. cit., 1993, p. 597
GHVUpSXEOLTXHVVRFLDOLVWHVVRYLpWLTXHVpWDLHQWSDUWLHVFRPPHGHPHXUDQW et 598). Autre exemple récent allant dans le même sens, le Ministre
en vigueur entre le Royaume-Uni et la Géorgie. EULWDQQLTXHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVDGpFODUpHQSHUVRQQHDXVXMHWGHOD
«La reconnaissance n’emporte pas toutefois de la part du 1DPLELHTX¶LOQ¶\DYDLWSDVHXUHFRQQDLVVDQFHH[SUHVVHPDLVLPSOLFLWH
gouvernement de Sa Majesté acceptation de la position de l’une jODIDYHXUGHO¶pWDEOLVVHPHQWGHUHODWLRQVGLSORPDWLTXHVHQPDUV
TXHOFRQTXH GHV UpSXEOLTXHV FRQFHUQDQW WRXW WHUULWRLUH REMHW GH (Marston, «United Kingdom… 1992», p. 642 et 643).
FRQWHVWDWLRQHQWUHGHX[RXSOXVLHXUVUpSXEOLTXHVª 101
On citera, par exemple, la solution retenue par la Suisse s’agissant
(Ibid., p. 640 et 641.) Encore ces exemples ne sont-ils pas limités à de la reconnaissance des États baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie),
O¶(XURSHHQHIIHWRQFLWHUDpJDOHPHQWODOHWWUHGDWpHGXPDL WHOOHTX¶H[SRVpHHQFHVWHUPHVSDUOHFKHIGX'pSDUWHPHQWIpGpUDOGHV
adressée au Secrétaire général du Gouvernement provisoire de affaires étrangères lors d’une conférence de presse tenue à Berne le
O¶eU\WKUpH SDU OH 3UHPLHU 0LQLVWUH EULWDQQLTXH SRXU UHFRQQDvWUH FH DRW UHSURGXLWGDQV.ODEEHUVet al., op. cit., p. 344 à 348, en
dernier État (ibid., 1993, p. 602): particulier p. 348):
©-HYLHQVSDUODSUpVHQWHGpFODUHUTXHOH*RXYHUQHPHQWEULWDQQLTXH ©,OHVWHVVHQWLHOGHQHUHFRQQDvWUHXQeWDWTXHORUVTXHVDVpFXULWpHVW
UHFRQQDvWRI¿FLHOOHPHQWO¶eU\WKUpHFRPPHeWDWVRXYHUDLQLQGpSHQGDQW DXVVLODUJHPHQWTXHSRVVLEOHDVVXUpHHWJDUDQWLH
Le Ministre des affaires étrangères […] écrira à son homologue ©>«@>/@DUHFRQQDLVVDQFHHVWSDUIRLVXWLOLVpHFRPPHDUPHSROLWLTXH
pU\WKUpHQDXVXMHWGHO¶pWDEOLVVHPHQWGHUHODWLRQVGLSORPDWLTXHVª SRXUFRQWUDLQGUHXQHGHVSDUWLHVjVHUHWLUHUG¶XQpYHQWXHOFRQÀLW8QH
S’agissant de la solution retenue par le Royaume-Uni sur ce sujet, le analyse approfondie est absolument nécessaire.»
3UHPLHU0LQLVWUHEULWDQQLTXHDDGUHVVpOHer janvier 1993, une lettre 102
¬XQHTXHVWLRQTXLOXLDYDLWpWpSRVpHDXVXMHWGHODUHFRQQDLVVDQFH
DX3UHPLHU0LQLVWUHWFKqTXHHWXQHDXWUHDX3UHPLHU0LQLVWUHVORYDTXH GH OD &URDWLH OH IpYULHU OH 0LQLVWUH EULWDQQLTXH GHV DIIDLUHV
SDUOHVTXHOOHVLOUHFRQQDLVVDLWOHVGHX[UpSXEOLTXHVRQUHWLHQGUDFHTXL étrangères a répondu en ces termes (Marston, «United Kingdom…
VXLWGHODWHQHXUGHFHVGHX[OHWWUHVTXDVLPHQWLGHQWLTXHV LELG 1992», p. 639):
p. 587): ©/HVFULWqUHVVRQWTXHOHSD\VDLWXQWHUULWRLUHFODLUHPHQWGpOLPLWp
©-H YLHQV SDU OD SUpVHQWH GpFODUHU TXH OH *RXYHUQHPHQW HW XQH SRSXODWLRQ XQ JRXYHUQHPHQW TXL VHPEOH SRXYRLU JDUGHU OH
EULWDQQLTXH UHFRQQDvW RI¿FLHOOHPHQW OD 5pSXEOLTXH WFKqTXH HQ WDQW FRQWU{OH HW GHV UHODWLRQV H[WpULHXUHV LQGpSHQGDQWHV &HV FULWqUHV
TX¶eWDWVRXYHUDLQHWLQGpSHQGDQW1RXVDYRQVSULVDFWHGHFHTXHDX[ sont toujours interprétés à la lumière de la situation sur le terrain. En
WHUPHV GHV DUUDQJHPHQWV HQ YXH GH OD GLVVROXWLRQ GH OD 5pSXEOLTXH l’occurrence, nous et nos partenaires de la Communauté européenne
IpGpUDOHWFKqTXHHWVORYDTXHOD5pSXEOLTXHWFKqTXHDDVVXPpVDSDUW avons reconnu la Croatie sur la foi de l’avis de la Commission
GHV REOLJDWLRQV MXULGLTXHV HW ¿QDQFLqUHV j OD FKDUJH GH O¶DQFLHQQH G¶DUELWUDJHVHORQOHTXHOOD&URDWLHDHVVHQWLHOOHPHQWVDWLVIDLWDX[OLJQHV
5pSXEOLTXHWFKqTXHHWVORYDTXHª directrices sur la reconnaissance adoptées en décembre dernier, à savoir
100
/HV DXWRULWpV pU\WKUpHQQHV D\DQW DQQRQFp RI¿FLHOOHPHQW OH TXH SRXU rWUH UHFRQQX O¶eWDW FRQFHUQp GRLW UHVSHFWHU OD &KDUWH GHV
DYULO TXH OH SHXSOH pU\WKUpHQ D YRWp SRXU O¶LQGpSHQGDQFH j 1DWLRQV8QLHVJDUDQWLUOHVGURLWVGHVPLQRULWpVUHVSHFWHUO¶LQYLRODELOLWp
l’occasion du référendum organisé du 23 au 25 avril 1993, le Consul GHV IURQWLqUHV VDXI GDQV OH FDV GH PRGL¿FDWLRQV SDU GHV PR\HQV
GHV eWDWV8QLV j$VPDUD D FRQ¿UPp ORUV G¶HQWUHWLHQV RI¿FLHX[ TXH SDFL¿TXHVG¶XQFRPPXQDFFRUGDFFHSWHUWRXVOHVHQJDJHPHQWVUHODWLIV
son pays reconnaissait l’Érythrée, le Représentant du Département DXGpVDUPHPHQWjODQRQSUROLIpUDWLRQQXFOpDLUHDLQVLTX¶jODVpFXULWp
G¶eWDW D\DQW GpFODUp OH DYULO TXH OHV IRUPDOLWpV QpFHVVDLUHV HW j OD VWDELOLWp UpJLRQDOH HW V¶HQJDJHU j UpJOHU SDU DFFRUG WRXWHV OHV
Actes unilatéraux des États 241
des années 90 dans l’ex-Yougoslavie et l’ancienne Union de la Communauté ont eu recours à des procédés divers
VRYLpWLTXHRIIUHGHVH[HPSOHVUHPDUTXDEOHVGHFHTXLHVW pour reconnaître la Croatie et la Slovénie107.
aux yeux de certains auteurs, «l’aube de la reconnaissance
conditionnelle103». 3OXV VpULHXVHV VHURQW OHV GLI¿FXOWpV VRXOHYpHV
par le cas de la Macédoine, en raison de l’opposition
50. La Communauté européenne a tenté, par GH OD *UqFH TXL GpQRQoDLW OD SUpVHQFH GDQV FH SD\V GH
XQH GpFODUDWLRQ UHQGXH SXEOLTXH j %UX[HOOHV OH PLQRULWpVHWKQLTXHVPDOSURWpJpHVHWQHYRXODLWSDVTXHOD
GpFHPEUH G¶pWDEOLU GHV FULWqUHV FRPPXQV TXL QRXYHOOHUpSXEOLTXHSRUWHOHPrPHQRPTXHO¶XQHGHVHV
permettent à l’ensemble de ses membres de reconnaître SURYLQFHV G¶R OH UHSRUW GH O¶H[DPHQ GH OD TXHVWLRQ108.
à l’unanimité les territoires issus de l’ex-Yougoslavie104. /HVSUREOqPHVRSSRVDQWFHWWHH[5pSXEOLTXH\RXJRVODYH
'¶DXWUHV eWDWV G¶(XURSH TXL Q¶DSSDUWHQDLHQW SDV j OD à la Grèce ne disparaîtront pas avec l’admission du nouvel
Communauté européenne, avaient adopté une attitude État à l’ONU le 8 avril 1993 sous le nom insolite d’ex-
attentiste105, suivant de près la position de la Commu- 5pSXEOLTXH\RXJRVODYHGH0DFpGRLQH109. L’admission de
nauté. Mais les choses n’évolueront pas selon la cadence cet État à l’ONU semble avoir conduit une bonne partie
souhaitée au départ. La reconnaissance de la Croatie et de de la communauté internationale à le reconnaître110.
la Slovénie par la Communauté le 15 janvier 1992 sera à
tout le moins inattendue. Tout est parti de la déclaration 52. S’agissant de la reconnaissance des nouveaux
faite par le Chancelier allemand, au mépris des recom- États issus de l’ex-Yougoslavie, l’Espagne s’est voulue
PDQGDWLRQV GH OD &RPPLVVLRQ VHORQ ODTXHOOH O¶$OOH-
magne reconnaîtrait la Croatie et la Slovénie comme
GLVSRVLWLRQVDLQVLTX¶DYHFOHXUVSURFpGXUHVUHVSHFWLYHVGHSURFpGHUjOD
sujets du droit international. Le même jour, la déclaration reconnaissance de la Slovénie et de la Croatie.»
commune de la présidence sur la reconnaissance de ces (Bulletin des Communautés européennes, vol. 25, nos 1/2, 1992,
UpSXEOLTXHV\RXJRVODYHVHVWUHQGXHSXEOLTXHGDQVOHFDGUH p. 115.)
GHOD&RRSpUDWLRQSROLWLTXHHXURSpHQQH106. Les membres 107
3DUH[HPSOHODGpFODUDWLRQFRQMRLQWHDX[¿QVGHO¶pWDEOLVVHPHQW
GHV UHODWLRQV GLSORPDWLTXHV HQWUH O¶,WDOLH HW OD 6ORYpQLH HQ GDWH GX
17 janvier 1992, commence par ces mots:
TXHVWLRQVDIIpUHQWHVjODVXFFHVVLRQG¶eWDWHWDX[GLIIpUHQGVUpJLRQDX[ «L’Italie, ayant reconnu l’indépendance, la souveraineté et la
Nous avons également tenu compte des engagements supplémentaires SHUVRQQDOLWp LQWHUQDWLRQDOH SOHLQHV HW HQWLqUHV GH OD 5pSXEOLTXH GH
souscrits par le Gouvernement croate touchant sa législation sur les 6ORYpQLH OD 5pSXEOLTXH LWDOLHQQH HW OD 5pSXEOLTXH GH 6ORYpQLH VRQW
minorités.» FRQYHQXHVFHMRXUG¶pWDEOLUGHVUHODWLRQVGLSORPDWLTXHVª
$XFRXUVG¶XQGpEDWFRQVDFUpjODPrPHTXHVWLRQOHPDUVOH (Klabbers et al., op. cit., p. 264.)
0LQLVWUHEULWDQQLTXHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVUpSRQGDLWHQFHVWHUPHVj 108
Le 2 mai 1992, à la suite de la réunion informelle tenue dans le
ODTXHVWLRQTXLOXLDYDLWpWpSRVpHGHVDYRLUVLOD&URDWLHQ¶DYDLWSDVpWp FDGUHGHOD&RRSpUDWLRQSROLWLTXHHXURSpHQQHOHV0LQLVWUHVGHVDIIDLUHV
«reconnue prématurément» (ibid.): pWUDQJqUHV GH OD &RPPXQDXWp HXURSpHQQH RQW UHQGX SXEOLTXH XQH
©-HFRPSUHQGVFHX[TXLSHQVHQWTXHQRXVDYRQVUHFRQQXOD&URDWLH GpFODUDWLRQVXUO¶H[5pSXEOLTXH\RXJRVODYHGH0DFpGRLQHSDUODTXHOOH
prématurément. […] Mais, en janvier de l’année en cours, il est apparu les membres de la Communauté se disaient «prêts à reconnaître cet État
pYLGHQWTXHQRPEUHG¶eWDWVPHPEUHVGHOD&RPPXQDXWppWDLHQWGpFLGpV comme un État souverain et indépendant, à l’intérieur de ses frontières
à reconnaître la Croatie. […] C’était inévitable. Il était bon de le faire à H[LVWDQWHVHWVRXVXQQRPTXLSXLVVHrWUHDFFHSWpSDUWRXWHVOHVSDUWLHV
ce moment-là et nous n’aurions rien gagné à attendre.» concernées» (Bulletin des Communautés européennes, vol. 25, no 5,
103
6HORQ*RQ]iOH]&DPSRV6iQFKH]5RGUtJXH]HW6iHQ]GH6DQWD 1992, p. 112). Toutefois, le Conseil européen de Lisbonne des 26 et
María, Curso de derecho internacional público, p. 494. MXLQGpFLGDTXHFHWWHUpSXEOLTXHQHVHUDLWSDVUHFRQQXHVRXVOH
104
Les positions divergeaient au sein de la Communauté, certaines QRPGH0DFpGRLQHRXVRXVWRXWDXWUHQRPTXLFRPSUHQGUDLWOHWHUPH
pWDQW LQVSLUpHV SDU OH IDLW TXH WHO PHPEUH pWDLW GLUHFWHPHQW *UqFH «Macédoine» (ibid., no S HQFRUH TXH OD UpDOLWp DLW SURXYp OH
RX LQGLUHFWHPHQW $OOHPDJQH LPSOLTXp GDQV OH FRQÀLW GH VRUWH TXH contraire.
IDXWH G¶DGRSWHU XQH SRVLWLRQ XQDQLPH RQ ULVTXDLW GH YRLU G¶DXFXQV 109
Voir RGDIP, t. XCVII, 1993, p. 1010, et t. IC, 1995, p. 679.
tenter d’accélérer et de hâter ou d’entraver la marche de ces territoires Le 13 septembre 1995, les parties ont signé à New York un accord
vers l’indépendance, certains États membres étant favorables ou SURYLVRLUH FRQFHUQDQW OHXUV UHODWLRQV PXWXHOOHV HQ YHUWX GXTXHO OD
ouvertement défavorables. Voir à ce sujet l’étude de Quel López Grèce levait son opposition, la souveraineté, l’intégrité territoriale et
intitulée «La actitud de España en el marco de la coordinación de la O¶LQGpSHQGDQFHSROLWLTXHGHVGHX[SD\VpWDLHQWUHVSHFWpHVHWODIURQWLqUH
política exterior comunitaria: el reconocimiento de los nuevos Estados H[LVWDQWHQWUHOHVGHX[eWDWVpWDLWFRQ¿UPpHGDQVVRQLQYLRODELOLWpCet
surgidos de la antigua URSS y de la República Socialista Federativa DFFRUGVHUDUDWL¿pj6NRSMHOHRFWREUH Keesing’s Record of World
de Yugoslavia» (p. 707). Le texte de ladite déclaration est reproduit en Events, vol. 41, 1995, p. 40737 et 40783). Voir sur ce sujet Pazartzis,
langue française dans Bulletin des Communautés européennes, vol. 24, ©/D UHFRQQDLVVDQFH G¶³XQH UpSXEOLTXH \RXJRVODYH´ OD TXHVWLRQ GH
no 12, 1991, p. 128. Voir également Charpentier, «Les déclarations des O¶DQFLHQQH5pSXEOLTXH\RXJRVODYHGH0DFpGRLQH $5<0 ª
Douze sur la reconnaissance des nouveaux États». 110
105
Arcos Vargas, «El reconocimiento de Estados: Nuevos aspectos
Ainsi, le 25 juin 1991, le Ministre fédéral des affaires étrangères de la institución tras las declaraciones de los doce respecto a las antiguas
GpFODUDLW TXH O¶$XWULFKH FRQWLQXHUDLW GDQV OD SUDWLTXH G¶DSSOLTXHU j repúblicas yugoslavas», p. 118. Pour le Royaume-Uni, la porte-parole
WRXWHV OHV UpSXEOLTXHV OHV WUDLWpV LQWHUQDWLRQDX[ OLDQW OD <RXJRVODYLH GX *RXYHUQHPHQW D GpFODUp FH TXL VXLW GHYDQW OD &KDPEUH GHV ORUGV
&HODLPSOLTXDLWOHPDLQWLHQGHVUHODWLRQVHQPDWLqUHGHFLUFXODWLRQGHV au cours d’un débat consacré à la Macédoine (Marston, «United
SHUVRQQHV HW HQ FH TXL FRQFHUQH OHV TXHVWLRQV pFRQRPLTXHV VRFLDOHV Kingdom… 1992», p. 648):
HW MXULGLTXHV /¶$XWULFKH GpFLGHUDLW GH OD UHFRQQDLVVDQFH ORUVTXH OHV «Nous continuerons d’agir en médiateur en vue d’obtenir la
prescriptions du droit international auraient été satisfaites (Klabbers et reconnaissance de cet État sous toute appellation sauf celle de
al., op. cit., p. 163). Ainsi encore, le 14 novembre 1991, lors d’un débat Macédoine. […] La Bulgarie, la Croatie, les Philippines, la Russie et la
SDUOHPHQWDLUH OH 0LQLVWUH ¿QODQGDLV GHV DIIDLUHV pWUDQJqUHV GpFODUDLW 7XUTXLHRQWGpMjUHFRQQXO¶H[5pSXEOLTXH\RXJRVODYHGH0DFpGRLQH
(ibid., p. 188): 7DQWTXHOHQRPQ¶DXUDSDVpWpDUUrWpQRXVFRQWLQXHURQVG¶DJLUFRPPH
©/DTXHVWLRQGHODUHFRQQDLVVDQFHGHOD6ORYpQLHHWGHOD&URDWLHD je l’ai dit.»
ressorti aux délibérations de la Communauté européenne et de ses États Comme chacun sait, la situation a changé peu de temps après, comme
PHPEUHVpWDQWLQGLVVROXEOHPHQWOLpHDXUqJOHPHQWSROLWLTXHGHODFULVH OHVRXOLJQHUDOH0LQLVWUHEULWDQQLTXHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVUpSRQGDQW
yougoslave.» j OD TXHVWLRQ GH VDYRLU VL OH 5R\DXPH8QL DYDLW UHFRQQX RX QRQ OD
106
Elle se lit comme suit: Macédoine (ibid., «United Kingdom… 1993», p. 601):
©/DSUpVLGHQFHFRPPXQLTXHTXHFRQIRUPpPHQWjODGpFODUDWLRQGX «Nous l’avons déjà fait. En appuyant la demande d’admission d’un
16 décembre 1991 sur la reconnaissance des États et son application à FDQGLGDWjO¶218OH5R\DXPH8QLUHFRQQDvWjFHFDQGLGDWODTXDOLWp
la Yougoslavie, et à la lumière de l’avis de la commission d’arbitrage, d’État. La demande de la Macédoine a été acceptée par l’Assemblée
la Communauté et ses États membres ont décidé, en accord avec ces générale le 8 avril.»
242 Documents de la cinquante-sixième session
très à cheval sur les accords adoptés dans le cadre de la terminé. Ainsi, nous sommes ici en présence d’une mul-
&RRSpUDWLRQ SROLWLTXH HXURSpHQQH111. La position espa- tiplicité d’actes unilatéraux: la déclaration unilatérale de
gnole se rapproche davantage de celle de la France, par- la Yougoslavie, suivie de protestations diverses valant
tisane de subordonner la reconnaissance des conditions, QRQDFFHSWDWLRQGHFHWWHSRVLWLRQ$LQVLTXHOD&RPPLV-
TXH GH FHOOH GH O¶$OOHPDJQH TXL SUpFRQLVDLW XQH UHFRQ- VLRQ%DGLQWHUO¶DGLWOD5pSXEOLTXHIpGpUDWLYHGH<RXJRV-
QDLVVDQFH LPPpGLDWH YRLUH XQLODWpUDOH PrPH DX ULVTXH ODYLH pWDLW XQ QRXYHO eWDW TXL GH SDU VD TXDOLWp G¶eWDW
de remettre en cause la cohésion de la Communauté sur devait demander à être admis comme membre des orga-
ce sujet112/¶(VSDJQHUHFRQQDvWRI¿FLHOOHPHQWOD&URDWLH nisations internationales concernées116. S’agissant de la
HWOD6ORYpQLHDSUqVTXHOD&RPPXQDXWpDDUUrWpVDSRVL- UHFRQQDLVVDQFH PXWXHOOH HQWUH OHV GHX[ H[UpSXEOLTXHV
WLRQVXUODTXHVWLRQHWpWDEOLWGHVUHODWLRQVGLSORPDWLTXHV \RXJRVODYHV OD %RVQLH+HU]pJRYLQH HW OD 5pSXEOLTXH
avec la Slovénie, en mars 1992. Toutefois, les membres fédérative de Yougoslavie, l’Accord de paix de Dayton
de la Communauté reconnaîtront la Bosnie-Herzégovine SRUWH FH TXL VXLW ©/D 5pSXEOLTXH IpGpUDWLYH GH <RX-
après la Croatie et la Slovénie, suivant en cela la position JRVODYLH HW OD 5pSXEOLTXH GH %RVQLH+HU]pJRYLQH VH
arrêtée le 7 avril 1992113. C’est là la solution retenue par la reconnaissent l’une l’autre comme États indépendants
%HOJLTXHQRWDPPHQW114. souverains à l’intérieur de leurs frontières internationales.
/HV DXWUHV DVSHFWV GH OHXU UHFRQQDLVVDQFH UpFLSURTXH
/D GpFODUDWLRQ UHQGXH SXEOLTXH SDU O¶$VVHPEOpH feront l’objet de nouveaux pourparlers117.»
GH OD 5pSXEOLTXH IpGpUDOH VRFLDOLVWH GH <RXJRVODYLH
OH DYULO pWDLW DPELWLHXVH SXLVTX¶HOOH WHQGDLW j 54. Le paragraphe IV de la déclaration conjointe signée
«transformer» l’ancienne Yougoslavie en un nouvel État à Paris le 3 octobre 1996 consacrera la reconnaissance
FRPSRVpGHGHX[UpSXEOLTXHV 6HUELHHW0RQWpQpJUR j UpFLSURTXH GHV GHX[ eWDWV O¶DFFHSWDWLRQ SDU OD
l’évidence, la communauté internationale n’acceptait pas %RVQLH+HU]pJRYLQH GH OD FRQWLQXLWp GH OD 5pSXEOLTXH
l’idée de voir un seul État assurer la continuité de l’ex- IpGpUDWLYHGH<RXJRVODYLHHWODUpDI¿UPDWLRQGXUHVSHFW
Yougoslavie115TXRLTX¶RQDLWSXHQGLUHXQHIRLVOHFRQÀLW de l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine
conformément aux dispositions approuvées à Dayton118.
111
Voir Rodríguez-Ponga y Salamanca, «La Comisión de Arbitraje Un accord portant normalisation des relations entre la
de la Comunidad Europea sobre Yugoslavia», p. 255 et 256. Les &URDWLH HW OD 5pSXEOLTXH IpGpUDWLYH GH <RXJRVODYLH
membres de la Communauté européenne et les États-Unis ayant GRQW RQ UHWLHQGUD O¶DUWLFOH DX[ WHUPHV GXTXHO OHV
reconnu le nouvel État le 7 avril 1992, d’autres États leur emboîteront deux États se reconnaissent l’un l’autre, verra le jour le
le pas [certains États les avaient précédés: Bulgarie (15 janvier 1992)
HW 7XUTXLH IpYULHU @ &URDWLH DYULO &DQDGD HW 1RXYHOOH DRW119.
=pODQGH DYULO 7FKpFRVORYDTXLH +RQJULH HW 3RORJQH DYULO
Égypte (16 avril), Arabie saoudite (17 avril) et Australie (1er mai) 55. Les divergences d’approche entre membres de la
[Rich, «Recognition of States: the collapse of Yugoslavia and the Soviet Communauté s’agissant d’accorder la reconnaissance
Union», p. 49 à 51].
DX[ H[UpSXEOLTXHV \RXJRVODYHV DLQVL TXH OH GpIDXW GH
112
&RPPHOHGLW4XHO/ySH]GDQV©/DSUiFWLFDUHFLHQWHHQPDWHULD coordination avec la Commission Badinter viennent sans
de reconocimiento de Estados: problemas en presencia», p. 78.
113
/DGpFODUDWLRQFRQMRLQWHVXUOD<RXJRVODYLHHVWUHQGXHSXEOLTXHFH
doute relativiser leurs prises de position communes. Tout
jour à Bruxelles, Lisbonne et Luxembourg (Bulletin des Communautés aussi singulière, étant donné les solutions divergentes
européennes, vol. 25, no 4, 1992, p. 85). retenues à cette occasion, a été la démarche suivie par
114
$LQVL TX¶LO UHVVRUW G¶XQH QRWH YHUEDOH GDWpH GX DYULO les membres de la Communauté à la suite de la déclara-
adressée au Ministère de la coopération internationale de la Bosnie- tion commune du 9 avril 1996 sur la reconnaissance de la
Herzégovine par le Ministère belge des affaires étrangères (texte non 5pSXEOLTXHIpGpUDOHGH<RXJRVODYLH120.
publié, repris en partie dans Klabbers et al., op. cit., p. 184, en ces
WHUPHV©/H5R\DXPHGH%HOJLTXHUHFRQQDvWOD5pSXEOLTXHGH%RVQLH
Herzégovine comme État successeur de la Yougoslavie sur le plan reconnu comme allant de soi la continuité de la participation de la
LQWHUQDWLRQDOHQFHTXLODFRQFHUQHHWGDQVOHVOLPLWHVGHVRQWHUULWRLUHj 5pSXEOLTXH IpGpUDWLYH GH <RXJRVODYLH DX[ WUDYDX[ GHV RUJDQLVDWLRQV
la date du 10 avril 1992»). et des conférences internationales, y compris la Conférence du
115
Le Gouvernement espagnol a fait connaître sa position sur désarmement. À ce stade, ils réservent leur position en la matière et
OD TXHVWLRQ GH OD QRQUHFRQQDLVVDQFH GH OD 5pSXEOLTXH IpGpUDWLYH GH HVWLPHQW TXH OD SDUWLFLSDWLRQ GH OD GpOpJDWLRQ YLVpH DX[ WUDYDX[ GH
Yougoslavie (Serbie et Monténégro) comme continuateur de l’ex- OD &RQIpUHQFH GX GpVDUPHPHQW HVW VDQV SUpMXGLFH GHV GpFLVLRQV TXL
<RXJRVODYLHSDUODYRL[GX6HFUpWDLUHJpQpUDOjODSROLWLTXHH[WpULHXUH SRXUURQWrWUHSULVHVjO¶DYHQLUVXUFHWWHTXHVWLRQHWVXUG¶DXWUHVTXHVWLRQV
s’exprimant devant la Commission des affaires étrangères du Congrès: apparentées.»
©>&@HWWH QRXYHOOH UpSXEOLTXH V¶HVW DXWRSURFODPpH VXFFHVVHXU (CD/PV.620. Voir également Marston, «United Kingdom… 1992»,
continuateur de l’ancienne Yougoslavie. Comme les autres pays, p. 655 et 656.)
QRXV QH SRXYRQV DFFHSWHU FHOD OD TXHVWLRQ UHVWH GRQF HQ VXVSHQV HW 116
Rich, loc. cit., p. 54, et Hille, «Mutual Recognition of Croatia and
QRWUH VHQWLPHQW HVW TX¶HQ WRXW pWDW GH FDXVH HOOH GRLW IDLUH O¶REMHW GH Serbia (+Montenegro)», p. 610.
QpJRFLDWLRQV HW QRXV GHYRQV VXLYUH OD VROXWLRQ TXH OHV UpSXEOLTXHV 117
Accord-cadre général pour la paix en Bosnie-Herzégovine, art. X.
successeurs de l’ancienne Yougoslavie parviendront à dégager, si tant 118
A/51/461-S/1996/830, annexe.
HVW TX¶HOOHV SDUYLHQQHQW j HQ GpJDJHU XQH RX HQFRUH WRXWH VROXWLRQ
TXLOHVHUDLWGDQVOHFDGUHGHODFRQIpUHQFHGHSDL[SUpVLGpHSDU/RUG
119
$FFRUG SRUWDQW QRUPDOLVDWLRQ GHV UHODWLRQV HQWUH OD 5pSXEOLTXH
&DUULQJWRQ 4XRL TX¶LO HQ VRLW MH WLHQV j SUpFLVHU TXH QRXV Q¶DYRQV IpGpUDWLYH GH <RXJRVODYLH HW OD 5pSXEOLTXH GH &URDWLH %HOJUDGH
pas accepté la prétention de la nouvelle Yougoslavie de s’ériger en DRW $6 DQQH[H 9RLU pJDOHPHQW ILM,
FRQWLQXDWHXUHQVXFFHVVHXUDXWRPDWLTXHGHO¶DQFLHQQH<RXJRVODYLHª vol. XXXV, no 5, septembre 1996, p. 1221.
(Diario de sesiones del Congreso de los Diputados TXDWULqPH 120
Bühler, «State succession, identity/continuity and membership in
législature, 1992, no 499, p. 14661. Voir également Revista española de the United Nations», p. 301 et 302. La déclaration sur la reconnaissance
derecho internacional, vol. XLIV, no 2, 1992, p. 558.) GH OD 5pSXEOLTXH IpGpUDOH GH <RXJRVODYLH SDU OHV eWDWV PHPEUHV GH
Le 14 mai 1992, à la réunion plénière de la Conférence du désarmement l’UE est reproduite dans le Bulletin de l’Union européenne, no 4, 1996,
j*HQqYHOH5HSUpVHQWDQWGHOD%HOJLTXHDIDLWXQHGpFODUDWLRQTXLDOODLW S&RPPHOHGLUDOH0LQLVWUHEULWDQQLTXHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVOH
dans le même sens sur la non-reconnaissance de la Yougoslavie comme 22 avril 1999: «Suivant en cela ses partenaires européens, le Royaume-
continuateur: 8QLDUHFRQQXOD5pSXEOLTXHIpGpUDOHGH<RXJRVODYLHOHDYULOOD
©,OHVWXQIDLWTXHO¶$OOHPDJQHO¶$XVWUDOLHOD%HOJLTXHOHVeWDWV situation dans la région ayant changé à la suite de Dayton» (Marston,
Unis, la France, l’Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni n’ont pas «United Kingdom… 1999», p. 424).
Actes unilatéraux des États 243
,OQRXVSDUDvWpJDOHPHQWLPSRUWDQWGHQRXVDUUrWHUTXHOTXH /D UpDFWLRQ LQWHUQDWLRQDOH QH VH ¿W SDV DWWHQGUH
peu sur la position de l’Espagne, dont la reconnaissance peu de jours après, le Conseil européen de Maastricht (9
GHVUpSXEOLTXHVEDOWHVDpWpGDQVXQHFHUWDLQHPHVXUHOLpHj HW GpFHPEUH UHQG SXEOLTXH OD 'pFODUDWLRQ VXU
FHOOHIDLWHSDUO¶8QLRQVRYLpWLTXH126. À la suite de la décla- O¶pYROXWLRQ GH OD VLWXDWLRQ HQ 8QLRQ VRYLpWLTXH TXL SRVWXOH
UDWLRQUHQGXHSXEOLTXHOHDRWGDQVOHFDGUHGHOD notamment l’inviolabilité des frontières et la nécessité de régler
Communauté européenne, en effet, l’Espagne se heurtera à WRXWHVOHVTXHVWLRQVSDUOHVPR\HQVSDFL¿TXHVUDSSHODQWTXH
XQHGLI¿FXOWpGXIDLWTXHO¶pFKDQJHGHQRWHVGHPDUV
[L]a Communauté et ses États membres attachent aussi une importance
entre l’URSS et elle portant établissement de relations SDUWLFXOLqUHjFHTXHOHVGLVSRVLWLRQVQpFHVVDLUHVVRLHQWSULVHVVDQVWDUGHU
GLSORPDWLTXHVPHQWLRQQDLWH[SUHVVpPHQWODUHFRQQDLVVDQFH SDUOHVUpSXEOLTXHVFRQFHUQpHVGDQVOHGRPDLQHGHODPLVHHQ°XYUHGHV
HWOHUHVSHFWGHO¶LQWpJULWpWHUULWRULDOHGHO¶8QLRQVRYLpWLTXH accords de maîtrise des armements, de la non-prolifération nucléaire
sans exclure – par suite, en incluant implicitement – les DLQVLTXHGXFRQWU{OHHIIHFWLIHWGHODVpFXULWpGHVDUPHVQXFOpDLUHV129.
UpSXEOLTXHVEDOWHV,OV¶HQVXLYDLWTXHO¶(VSDJQHQHSRXYDLW
GpFLGHU DXWRPDWLTXHPHQW GH UHFRQQDvWUH FHV UpSXEOLTXHV 6L[MRXUVSOXVWDUGOH&RQVHLOUHQGUDSXEOLTXHj%UX[HOOHV
WDQWTXHO¶8566QHO¶DYDLWSDVIDLW127. Elle prendra le parti de la Déclaration concernant les lignes directrices sur la recon-
reconnaître de jureOHVQRXYHOOHVUpSXEOLTXHVHQDGUHVVDQW naissance de nouveaux États en Europe orientale et en
aux Ministres des affaires étrangères de chacune d’entre 8QLRQ VRYLpWLTXH130, posant ainsi les conditions minimales
HOOHVGHVFRPPXQLFDWLRQVRI¿FLHOOHVOLEHOOpHVFRPPHVXLW (protection des droits de l’homme et respect des textes inter-
nationaux fondamentaux sur la matière) gouvernant la recon-
¬ODVXLWHGHODGpFODUDWLRQTXHQRXV0LQLVWUHVGHVDIIDLUHVpWUDQ- naissance par les membres de la Communauté européenne.
JqUHVGHOD&((DYRQVUHQGXHSXEOLTXHFHMRXUMHYRXVSULHG¶DFFHSWHU
PHVIpOLFLWDWLRQVHWMHYRXVLQIRUPHTXHOH*RXYHUQHPHQWHVSDJQROHVW /D GpFODUDWLRQ TXH OHV eWDWV PHPEUHV GH OD
prêt à accomplir immédiatement les formalités nécessaires en vue du &RPPXQDXWp RQW UHQGXH SXEOLTXH OH GpFHPEUH
UpWDEOLVVHPHQWGHVUHODWLRQVGLSORPDWLTXHVHQWUHQRVGHX[SD\V128. clôt ainsi un chapitre (celui de l’existence de l’Union des
(Suite de la note 125.) UpSXEOLTXHVVRFLDOLVWHVVRYLpWLTXHV HWHQRXYUHXQDXWUH
«Reconnaissant la validité continue des traités bilatéraux conclus
FHOXLGHODUHFRQQDLVVDQFHpYHQWXHOOHGHVUpSXEOLTXHVTXL
entre la Norvège et la Lituanie pendant la période allant de 1920 à en sont issues) en ces termes:
1940» (ibid., p. 299).
(QFRUHSOXVWUDQFKpHDpWpODSRVLWLRQGHOD7XUTXLHGRQWOH0LQLVWqUH La Communauté et ses États membres ont pris note avec
GHV DIIDLUHV pWUDQJqUHV D UHQGX SXEOLTXH OH VHSWHPEUH XQH VDWLVIDFWLRQ GHV DVVXUDQFHV TX¶LOV RQW UHoXHV GH OD SDUW GH O¶$UPpQLH
GpFODUDWLRQDX[WHUPHVGHODTXHOOH GH O¶$]HUEDwGMDQ GH OD %LpORUXVVLH GX .D]DNKVWDQ GH OD 0ROGRYD
©/D7XUTXLHDFFXHLOODQWDYHFVDWLVIDFWLRQODGpFODUDWLRQIDLWHSDUOD GX 7XUNPpQLVWDQ GH O¶8NUDLQH DLQVL TXH GH O¶2X]EpNLVWDQ TXH FHV
Lituanie, la Lettonie et l’Estonie concernant le rétablissement de leur UpSXEOLTXHV VRQW SUrWHV j UHPSOLU OHV H[LJHQFHV pQRQFpHV GDQV OHV
LQGpSHQGDQFHDGpFLGpGHUpWDEOLUGHVUHODWLRQVGLSORPDWLTXHVDYHFOHV «lignes directrices sur la reconnaissance de nouveaux États en Europe
UpSXEOLTXHVVXVPHQWLRQQpHVª(ibid., p. 353). RULHQWDOH HW HQ 8QLRQ VRYLpWLTXHª 3DU FRQVpTXHQW LOV VRQW SUrWV j
/D7XUTXLHpWDEOLUDRI¿FLHOOHPHQWOHQRYHPEUHDYHFOD/HWWRQLHGHV UHFRQQDvWUHFHVUpSXEOLTXHV
UHODWLRQVGLSORPDWLTXHVHQYHUWXG¶XQFRPPXQLTXpFRQMRLQWSXEOLpSDU
les deux pays (ibid., p. 355). Ils réitèrent leur disponibilité à reconnaître également le Kirghizistan
126
HWOH7DGMLNLVWDQGqVTXHGHVDVVXUDQFHVVLPLODLUHVDXURQWpWpUHoXHV131.
Il en a été de même avec la Suède dont le Gouvernement
UHFRQQDvWUDFHVWURLVUpSXEOLTXHVOHDRWDSUqVOD)pGpUDWLRQGH
Russie (Klabbers et al., op. cit., p. 303 et 304). De même, le 16 janvier 1992,
/D %HOJLTXH DGRSWHUD OD PrPH GpPDUFKH SRXU UHFRQ-
OD6XqGHDGpFODUpSXEOLTXHPHQWUHFRQQDvWUHO¶$UPpQLHO¶$]HUEDwGMDQOH naître le Tadjikistan132 OD 7XUTXLH DYDLW GpMj UHFRQQX OH
.D]DNKVWDQOH.LUJKL]LVWDQO¶2X]EpNLVWDQOD5pSXEOLTXHGH0ROGRYDOH Kazakhstan133.
Tadjikistan et le Turkménistan (ibid., p. 306). La position suédoise ressort
de la réponse suivante donnée par le Ministère des affaires étrangères 129
Bulletin des Communautés européennes, vol. 24, no 12, 1991,
devant le Parlement suédois (ibid., p. 309):
p. 11 et 12.
«Il n’y a en droit international aucune obligation de reconnaître
de nouveaux États et, dans certains cas, des considérations d’ordre
130
,ELGSHW/HMDQYLHUHVWUHQGXHSXEOLTXHXQH
SROLWLTXHRQWFRQGXLWOD6XqGHjGLIIpUHUVDUHFRQQDLVVDQFH7RXWHIRLV GpFODUDWLRQ VXU OD *pRUJLH GDQV OH FDGUH GH OD &RRSpUDWLRQ SROLWLTXH
en règle générale, la Suède a évité d’ajouter des conditions ou exigences européenne (ibid., vol. 25, nos 1/2, 1992, p. 114).
SROLWLTXHVDX[WURLVFULWqUHVOpJDX[ª 131
Ibid., vol. 24, no 12, 1991, p. 130. Voir également Dehousse,
De son côté, le Ministère français des affaires étrangères rendra public ©7KH LQWHUQDWLRQDO SUDFWLFH RI WKH (XURSHDQ &RPPXQLWLHVʊFXUUHQW
j3DULVOHMDQYLHUOHFRPPXQLTXpVXLYDQW survey: European political cooperation in 1991», p 143.
©/D &RPPXQDXWp HW VHV eWDWV PHPEUHV RQW UHoX FRQ¿UPDWLRQ 132
/¶DPEDVVDGHGH%HOJLTXHj0RVFRXDDGUHVVpDX0LQLVWqUHGHV
GHV 5pSXEOLTXHV GH .LUJKL]LH HW GX 7DGMLNLVWDQ GH OHXU LQWHQWLRQ GH affaires étrangères du Tadjikistan une note verbale (texte non publié)
respecter les “critères de la reconnaissance des nouveaux États en datée du 20 janvier 1992, dont la teneur suit:
(XURSH RULHQWDOH HW HQ 8QLRQ VRYLpWLTXH´ Gp¿QLV SDU OD &RPPXQDXWp ©/H5R\DXPHGH%HOJLTXHFRQVLGpUDQWOHVDFFRUGVGHVFRQIpUHQFHV
le 16 décembre 1991. de Minsk du 8 décembre 1991 et d’Alma-Ata du 21 décembre 1991,
«Comme ses partenaires de la Communauté, la France reconnaît ces UHFRQQDvW OD 5pSXEOLTXH GX 7DGMLNLVWDQ FRPPH eWDW VXFFHVVHXU GH
GHX[5pSXEOLTXHVDSUqVDYRLUUHFRQQXOHGpFHPEUHKXLWDXWUHV O¶8566VXUOHSODQLQWHUQDWLRQDOHQFHTXLODFRQFHUQHHWGDQVOHVOLPLWHV
États nouveaux de l’ancienne URSS.» de son territoire.»
(La politique étrangère de la France: textes et documents 1992, Paris, (Klabbers et al., op. cit., p. 185.)
La Documentation française, p. 57.) 133
&RPPH HQ WpPRLJQH OD OHWWUH TXH OH 3UHPLHU 0LQLVWUH WXUF D
127
Voir à ce propos l’exposé fait par le Ministre espagnol des relations DGUHVVpHDX3UpVLGHQWGX.D]DNKVWDQOHGpFHPEUHOD7XUTXLH
extérieures, devant la Commission des affaires étrangères du Congrès ayant été le premier État à reconnaître ce pays:
des députés, de la position de l’Espagne touchant la reconnaissance ©-¶DLO¶KRQQHXUGHYRXVLQIRUPHUTXHOH*RXYHUQHPHQWWXUFDGpFLGp
GHV UpSXEOLTXHV EDOWHV HW HQ SDUWLFXOLHU OH UpWDEOLVVHPHQW GHV UHODWLRQV de reconnaître la décision prise le 16 décembre 1991 par le Soviet
GLSORPDWLTXHV DYHF FHOOHVFL FRPSWH WHQX GH OD VLWXDWLRQ SDUWLFXOLqUH VXSUrPHGHOD5pSXEOLTXHGX.D]DNKVWDQDXVXMHWGHO¶LQGpSHQGDQFHGX
GDQVODTXHOOHO¶(VSDJQHVHWURXYDLWGXIDLWGXWUDLWpGHPDUVSRUWDQW Kazakhstan le même jour.
relations avec l’URSS (Spanish Yearbook of International Law, vol. I, ©3HUPHWWH]PRLGHYRXVGLUHTXHF¶HVWSRXUQRXVXQKRQQHXUTXH
1991, p. 48 et 49). Voir également Diario de sesiones del Congreso de d’être le premier État à reconnaître l’indépendance du Kazakhstan.»
los DiputadosTXDWULqPHOpJLVODWXUHQo 294, p. 8418, 8419 et 8439. (Klabbers et al., op. cit., p. 357). Le Conseil des ministres turc avait
128
Communications 2178, 2179 et 2180, adressées aux Ministres de décidé le même jour d’établir des consulats généraux au Kazakhstan, au
la Lituanie, de la Lettonie et de l’Estonie, citées par Quel López, «La Kirghizistan, en Ouzbékistan, au Tadjikistan et au Turkménistan (ibid.,
actitud de España…», p. 705. p. 359).
Actes unilatéraux des États 245
9X FHWWH pYROXWLRQ DLQVL TXH VHV FRQVpTXHQFHV SRXU reconnaissance de tous et chacun des États membres de
OD FRPPXQDXWp LQWHUQDWLRQDOH IRUFH HVW GH GLUH TX¶LO V¶HVW O¶RUJDQLVDWLRQ HQ TXHVWLRQ139. Or, cette tradition tranche
produit un bouleversement dans deux domaines. L’accord QHWWHPHQWVHPEOHWLODYHFODVROXWLRQGHVVLQpHSDUTXHOTXHV
comme moyen de négocier les changements survenus dans H[HPSOHVWLUpVG¶XQHSUDWLTXHUHODWLYHPHQWUpFHQWHAinsi, à
O¶8QLRQVRYLpWLTXHHWOHSURFpGpGHODUHFRQQDLVVDQFHFRQGL- ODTXHVWLRQTXHOXLDYDLWSRVpHXQGpSXWpDXVXMHWGHODUHFRQ-
tionnelle134 &HWWH LGpH HVW FRUURERUpH SDU 5LEEHOLQN TXL QDLVVDQFHGHO¶H[5pSXEOLTXH\RXJRVODYHGH0DFpGRLQHOH
dans son ouvrage cité plus haut, décrit comme suit les deux Ministre espagnol des relations extérieures a répondu en ces
IRUPHVTXHODUHFRQQDLVVDQFHDUHYrWXHVFHVGHUQLHUVWHPSV WHUPHV©1RXVDYRQVGpMjUHFRQQXO¶H[5pSXEOLTXH\RXJRV-
ODYH GH 0DFpGRLQH OH DYULO ORUVTXH OH &RQVHLO GH
&HTXLHVWQRXYHDXDXPRLQVVLO¶RQFRPSDUHDYHFODSUDWLTXHVXL-
YLHHQ(XURSHGDQVODSpULRGHTXLDVXLYLOD6HFRQGH*XHUUHPRQGLDOH
sécurité […] a voté en faveur de l’admission de ce nouvel
c’est, en premier lieu, la résurgence de la prise de décision collec- État comme membre à part entière de l’ONU140.»
tive et, en second lieu, le renouveau de l’approche constitutive. Et la
Communauté européenne joue un rôle essentiel sur ces deux plans135. 66. Selon la doctrine internationaliste dominante et la
SUDWLTXHGLSORPDWLTXHDFWXHOOHGHO¶(VSDJQHLOIDXGUDLWHQ
6¶DJLVVDQW GX UHQRXYHDX GH FHWWH SUDWLTXH IDLWYRLUGDQVFHYRWHXQDFWHGHUHFRQQDLVVDQFHTXLQ¶D
délaissée de longue date, en vogue à l’ère du «Concert besoin d’être ni appuyé ni renforcé par une déclaration
de l’Europe», on citera l’exemple fourni par les Pays- postérieure. Ainsi, loin de différer sa reconnaissance,
%DVHQUpSRQVHDXTXHVWLRQQDLUHGHOD&',136HQHIIHW O¶(VSDJQHO¶DIDLWFRwQFLGHUDYHFO¶DGPLVVLRQjSDUWHQWLqUH
les Pays-Bas nuancent cette idée de la prise de décisions GH OD QRXYHOOH UpSXEOLTXH j O¶218141. La situation reste
FROOHFWLYH HQ LQYRTXDQW OHV IDLWV FKDTXH eWDW GH OD FHSHQGDQWLQFHUWDLQHHQFRUHTXHOHVeWDWVVRLHQWGHSOXV
&RPPXQDXWpTXLOHMXJHDLWRSSRUWXQDUHFRQQXLVROpPHQW en plus nombreux à pencher pour cette solution142.
OHV H[5pSXEOLTXHV \RXJRVODYHV HW VRYLpWLTXHV OHV XQV
et les autres honorant plus ou moins le principe de la &¶HVWLFLOHOLHXGHIDLUHREVHUYHUTX¶jO¶RFFDVLRQGH
concertation préalable. Les Pays-Bas ont reconnu la Slo- ODSUpVHQWHDQDO\VHGHODSUDWLTXHUpFHQWHGHVeWDWVQRXV
YpQLHHWOD&URDWLHHQHWHQOHVUpSXEOLTXHV DYRQV UHQFRQWUp TXHOTXHV LQVWLWXWLRQV TXL Q¶REpLVVHQW
membres de la Communauté d’États indépendants (CEI) QXOOHPHQW j OD W\SRORJLH pWDEOLH QRXV SHQVRQV SDU
TXLDYDLHQWVDWLVIDLWDX[FRQGLWLRQV¿[pHVGDQVOHFDGUH H[HPSOH j FH TXH O¶RQ D SX DSSHOHU OD ©UHFRQQDLVVDQFH
de la Communauté européenne. FURLVpHª GDQV OD SUDWLTXH HVSDJQROH ([SOLTXDQW OD SROL-
WLTXHGX*RXYHUQHPHQWHVSDJQROTXLVXERUGRQQDLWO¶RF-
6¶LO HVW YUDL TXH G¶DXWUHV eWDWV TXH FHX[ GRQW LO D WURLGHODUHFRQQDLVVDQFHG¶eWDWjOD5pSXEOLTXHSRSXODLUH
pWp TXHVWLRQ SOXV KDXW RQW UpFHPPHQW IDLW OHXU HQWUpH GpPRFUDWLTXHGH&RUpHjXQHUHFRQQDLVVDQFHGLWHFURLVpH
VXU OD VFqQH LQWHUQDWLRQDOH LO UHVWH TXH GDQV OHXU FDV OH6HFUpWDLUHJpQpUDOjODSROLWLTXHH[WpULHXUHGX0LQLVWqUH
O¶DFFRUGTXLH[LVWDLWHQWUHOHVSDUWLHVLQWpUHVVpHVDOLPLWp HVSDJQROGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVDGpFODUpFHTXLVXLW
les problèmes posés par la reconnaissance, comme en
WpPRLJQHO¶XQL¿FDWLRQGHO¶$OOHPDJQH137 ou la dissolution [Q]uand les pays occidentaux, à commencer par Washington et
Tokyo, ont reconnu la Corée du Nord, les pays de l’Est, à commen-
GHOD7FKpFRVORYDTXLH138. cer par Moscou et Pékin, ont parallèlement reconnu la Corée du Sud.
Ainsi, à nos yeux, toutes les options doivent rester ouvertes, mais nous
65. Traditionnellement, être membre de telle ou FUR\RQVTX¶XQHUHFRQQDLVVDQFHLVROpHjFHVWDGHQ¶DSDVVDSODFHGDQV
telle organisation internationale n’emportait pas FHFRQWH[WHG¶pTXLOLEUHTX¶LOQRXVSDUDvWLPSRUWDQWGHVDXYHJDUGHU143.
134
Rich, loc. cit., et Türk, «Recognition of States: a comment», 139
3DUH[HPSOHGDQVXQHQRWHGHVRQVHUYLFHMXULGLTXHHQGDWHGX
p. 66 à 71. 25 avril 1934, le Ministère français des affaires étrangères exposait la
135
/RF FLW S 5LEEHOLQN GLW HQFRUH S TXH O¶DSSURFKH position de la France sur ce sujet:
FRQVWLWXWLYH±YHUVODTXHOOHODSUDWLTXHV¶HVWRULHQWpHFHVGHUQLHUVWHPSV «L’entrée de l’URSS dans la SDN [Société des Nations] ne peut
±HVWLOOXVWUpHSDUOHIDLWTXHOHVFULWqUHVVXVPHQWLRQQpVVRQWDGGLWLRQQHOV TXH IDFLOLWHU OHV UHODWLRQV HQWUH OH *RXYHUQHPHQW VRYLpWLTXH HW OHV
(Q VRPPH OH VWDWXW G¶eWDW GHV HQWLWpV HQ TXHVWLRQ Q¶HVW SDV PLV HQ Gouvernements de tous les États membres de la Société et la reprise
GRXWH PDLV RQ D GpFLGp TXH SRXU rWUH UHFRQQXV FHV QRXYHDX[ eWDWV GHV UHODWLRQV GLSORPDWLTXHV Oj R HOOHV VRQW HQFRUH VXVSHQGXHV 0DLV
GRLYHQWDFFHSWHUOHVUqJOHVHWQRUPHVTXHOD&RPPXQDXWp HXURSpHQQH OH IDLW SRXU GHX[ eWDWV G¶rWUH PHPEUHV GH OD 6RFLpWp Q¶LPSOLTXH
des États tient pour fondamentales. Toutefois, subordonner la SDV QpFHVVDLUHPHQW TX¶LOV GRLYHQW pWDEOLU HQWUH HX[ GHV UHODWLRQV
UHFRQQDLVVDQFHjXQHVpULHGHFRQGLWLRQV±TXLHQRXWUHSHXYHQWYDULHU GLSORPDWLTXHVF¶HVWOjXQHTXHVWLRQG¶RSSRUWXQLWpHWGHFLUFRQVWDQFHVª
d’un cas à l’autre – ce serait sans doute la porte ouverte à l’arbitraire (Kiss, op. cit., t. III, p. 157.)
et à l’opacité. 140
Diario de sesiones del Congreso de los Diputados FLQTXLqPH
136
Annuaire… 2000, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/511, p. 287 et législature, 1994, no 110, p. 3507.
288. 141
Voir $FWLYLGDGHV WH[WRV \ GRFXPHQWRV GH OD SROtWLFD H[WHULRU
137
À l’occasion d’une instance devant la Haute Cour de justice du española, 1994, p. 676. Autre exemple dans ce sens, le 22 mai 1992, la
5R\DXPH8QLOH&RQVHLOOHUMXULGLTXHGHOD&RXURQQHjFHDXWRULVpSDU 6XqGH D DQQRQFp TX¶HOOH DYDLW YRWp SRXU OD UpVROXWLRQ GH O¶$VVHPEOpH
le Ministre des affaires étrangères et du Commonwealth, a déclaré dans JpQpUDOHSDUODTXHOOHOD&URDWLHOD%RVQLH+HU]pJRYLQHHWOD6ORYpQLHpWDLHQW
XQGRFXPHQWGDWpGXIpYULHUTXH admises à l’Organisation. ¬O¶DSSXLGHFHTX¶HOOHDYDLWGLWSUpFpGHPPHQW
©>/@H5R\DXPH8QLUHFRQQDvWOD5pSXEOLTXHIpGpUDOHG¶$OOHPDJQH HOOHDDMRXWpTXH©FRQIRUPpPHQWjODSUDWLTXHVXpGRLVHFHODVLJQL¿HTXH
TXL H[LVWH DXMRXUG¶KXL FRPPH O¶eWDW FRQWLQXDWHXU GH OD 5pSXEOLTXH OD6XqGHTXLDGpMjUHFRQQXOD&URDWLHHWOD6ORYpQLHDpJDOHPHQWUHFRQQX
IpGpUDOHG¶$OOHPDJQHTXLH[LVWDLWDYDQWOHRFWREUHHW>UHFRQQDvW OD5pSXEOLTXHGH%RVQLH+HU]pJRYLQHª .ODEEHUVet al., op. cit., p. 313).
TXH@ OD 5pSXEOLTXH IpGpUDOH G¶$OOHPDJQH FRQVHUYH OD SHUVRQQDOLWp 142
/H 5R\DXPH8QL DLQVL TXH OD 6XqGH RQW UpFHPPHQW VRXWHQX
LQWHUQDWLRQDOHTX¶HOOHDYDLWDYDQWOHRFWREUHª O¶LGpH GX YRWH IDYRUDEOH FRPPH YDODQW UHFRQQDLVVDQFH SOXV QXDQFpH
(Marston, «United Kingdom… 1997», p. 522.) HVW OD SRVLWLRQ GH OD %HOJLTXH HW GH OD )LQODQGH TXL YRLHQW GDQV OH
138
Par exemple, un protocole relatif aux accords régissant les YRWH IDYRUDEOH XQH UHFRQQDLVVDQFH GH IDLW TXL GRLW rWUH VXLYLH G¶XQH
UHODWLRQVELODWpUDOHVHQWUHOD1RUYqJHHWOD5pSXEOLTXHWFKqTXHVLJQpOH UHFRQQDLVVDQFHRI¿FLHOOH
QRYHPEUHGLVSRVHTXH 143
Diario de sesiones del Congreso de los Diputados, troisième
«Le Gouvernement du Royaume de Norvège et le Gouvernement de législature, no S YRLU pJDOHPHQW Revista española de
OD5pSXEOLTXHWFKqTXHSDUWDQWGXSULQFLSHTXHOD5pSXEOLTXHWFKqTXH derecho internacional, vol. XLI, 1989, p. 190 et 191. L’Allemagne et le
HVWOHVXFFHVVHXUGHOD5pSXEOLTXHIpGpUDOHWFKqTXHHWVORYDTXHª 5R\DXPH8QLUHFRQQDvWURQWOD5pSXEOLTXHGpPRFUDWLTXHSRSXODLUHGH
(Klabbers et al., op. cit., p. 295.) Corée le 19 octobre 2000 (Poulain, loc. cit., p. 858).
246 Documents de la cinquante-sixième session
nombreux exemples, et notamment ceux de l’Iran156 et du TXH OH 9HQH]XHOD QH UHFRQQDLVVDLW SDV OH QRXYHDX
Nicaragua157. JRXYHUQHPHQWG¶+DwWLDUULYpDXSRXYRLUDSUqVOHGpSDUWGH
O¶DQFLHQ3UpVLGHQW-HDQ%HUWUDQG$ULVWLGH158.
72. On trouvera un autre exemple récent de non-
UHFRQQDLVVDQFHH[SUHVVHGDQVODGpFODUDWLRQSDUODTXHOOH 2Q UHOqYHUD HQFRUH GDQV OD SUDWLTXH UpFHQWH OHV
OH0LQLVWUHYpQp]XpOLHQGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVDDI¿UPp actes formels et exprès de non-reconnaissance formulés
par une organisation internationale. Tel est le cas de la
156
La situation de l’Iran entre la chute du régime impérial et décision prise par la CARICOM en 2004 de ne pas recon-
O¶LQVWDXUDWLRQGHOD5pSXEOLTXHLVODPLTXHFRPPHOHVSUREOqPHVVXVFLWpV QDvWUH OH QRXYHDX *RXYHUQHPHQW G¶+DwWL DSUqV OH GpSDUW
par le changement de gouvernement et la reconnaissance de ce dernier, de l’ancien Président Aristide159.
sont particulièrement intéressants à cet égard (Rousseau, loc. cit., 1979,
p. 807 à 810). En principe, tous les États ont maintenu leurs relations
GLSORPDWLTXHVDYHFO¶,UDQ4XHOTXHVXQVRQWGRQQpjOHXUDFFHSWDWLRQ /DSUDWLTXHLQWHUQDWLRQDOHRIIUHGHVH[HPSOHVYDULpV
du nouveau régime la forme d’une reconnaissance expresse, une fois de cas où la reconnaissance ne porte ni sur un État ni
constitué le gouvernement Bazargan le 5 février 1979. Tel a été le cas VXUXQJRXYHUQHPHQWjSURSUHPHQWSDUOHUSDUFHTXHOHV
GH O¶8566 OH IpYULHU O¶$OJpULH O¶$UDELH VDRXGLWH OD %HOJLTXH OD
*UDQGH%UHWDJQH O¶,QGH O¶,UDT OD -RUGDQLH OH .RZHwW OD /LE\H OD HQWLWpV FRQFHUQpHV Q¶RQW SDV HQFRUH DWWHLQW FH TXH O¶RQ
Tunisie, et le Yémen du Sud le 13 février et la Chine le 14 février 1979. SRXUUDLW DSSHOHU ©OD SOpQLWXGH GH OD TXDOLWp G¶eWDW160ª
¬ O¶H[FHSWLRQ GH OD %HOJLTXH HW GH OD *UDQGH%UHWDJQH OHV DXWUHV la reconnaissance, dans ce genre de cas, porte sur des
eWDWVRFFLGHQWDX[DLQVLTXHOD3RORJQHHWOD7FKpFRVORYDTXLHVHVRQW HQWLWpV GRQW OD TXDOLWp G¶eWDW HVW FRQWURYHUVpH161. Dans
FRQWHQWpVGH PDLQWHQLUOHXUV UHODWLRQVGLSORPDWLTXHVDYHF OH QRXYHDX
UpJLPHLUDQLHQFHTXLpTXLYDODLWjXQHUHFRQQDLVVDQFHWDFLWH&¶HVWDLQVL 158
9RLU -DPHV 3DLQWHU ©'LPLVLyQ EDMR OD OXSDª [Link],
TX¶jXQHFRQIpUHQFHGHSUHVVHGRQQpHOHIpYULHUOH3UpVLGHQW
1er mars 2004.
Carter déclarait: 159
©1RXVHVSpURQVTXHOHVGLIIpUHQGVTXLRQWGLYLVpOHSHXSOHLUDQLHQ Voir, par exemple, la lettre datée du 11 mars 2004, adressée au
SHQGDQWWDQWGHPRLVSRXUURQWSUHQGUH¿Q3HQGDQWWRXWHFHWWHSpULRGH 6HFUpWDLUHJpQpUDOSDUOH5HSUpVHQWDQWSHUPDQHQWGHOD-DPDwTXHDXSUqV
QRXVDYRQVpWpHQFRQWDFWDYHFFHX[TXLFRQWU{OHQWOHJRXYHUQHPHQWHW de l’Organisation des Nations Unies (A/58/731–S/2004/191).
nous sommes prêts à travailler avec eux.» 160
&¶HVWFHTXLV¶HVWSDVVpORUVTXHOHGpFHPEUHOD*UqFH
(International Herald Tribune du 14 février et Le Monde du D UHFRQQX XQ FHUWDLQ VWDWXW GLSORPDWLTXH j O¶2/3 HQ OD FRQVLGpUDQW
15 février 1979.) RI¿FLHOOHPHQWFRPPHO¶XQLTXHUHSUpVHQWDQWGXSHXSOHSDOHVWLQLHQ/H
La France a reconnu elle aussi implicitement le nouveau régime. Le chef du Gouvernement socialiste grec, M. Papandréou, avait laissé
13 février 1979, un porte-parole du Ministère des affaires étrangères prévoir cette décision le 23 octobre précédent. Le Gouvernement
faisait la déclaration suivante (Rousseau, loc. cit., 1979, p. 808): KHOOpQLTXHDHQFRQVpTXHQFHGpFLGpG¶pOHYHUDXUDQJGHUHSUpVHQWDWLRQ
©/H *RXYHUQHPHQW IUDQoDLV D VXLYL DYHF O¶DWWHQWLRQ TXH O¶RQ VDLW GLSORPDWLTXHOH%XUHDXG¶LQIRUPDWLRQHWGHOLDLVRQGHO¶2/3j$WKqQHV
OHVGpYHORSSHPHQWVGHODFULVHSROLWLTXHTXHYLHQWGHFRQQDvWUHO¶,UDQ TXLDYDLWpWpRXYHUWHQIpYULHUL’OLP devait disposer du même
$LQVL TXH O¶D GpFODUpOH 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXHOH MDQYLHU ³OH QRPEUHGH©GLSORPDWHVªTX¶,VUDsO±TXLQHSRVVpGDLWSDVG¶DPEDVVDGH
Gouvernement français n’a pas à porter de jugement ni à intervenir mais avait seulement une «représentation» –, soit 12 personnes. La
GDQVGHVpYpQHPHQWVTXLVRQWHWGRLYHQWUHVWHUGHODUHVSRQVDELOLWpGHV *UqFH pWDLW j O¶pSRTXH OH VHXO SD\V GH OD &RPPXQDXWp pFRQRPLTXH
Iraniens eux-mêmes”. européenne à accorder à l’OLP un rang aussi élevé (Rousseau, loc. cit.,
©/D SUDWLTXH GX *RXYHUQHPHQW IUDQoDLV FRQVLVWH G¶DLOOHXUV >«@ j S 4XDQWjODSRVLWLRQGHO¶(VSDJQHVXUFHWWHTXHVWLRQVRQ
reconnaître les États et non les gouvernements. La France est disposée 0LQLVWUHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVODGp¿QLWDLQVL Diario de sesiones del
à poursuivre sa coopération avec l’Iran dans le respect des intérêts Senado, Commission des affaires étrangères, troisième législature,
mutuels des deux pays. Son ambassadeur à Téhéran a pris contact avec 1988, no 136, p. 7):
0 %D]DUJDQ /H *RXYHUQHPHQW IUDQoDLV VRXKDLWH YLYHPHQW TXH OH ©>6@DQV IDLUH GH JUDQGHV GpFODUDWLRQV GpPDJRJLTXHV O¶(VSDJQH D
processus de normalisation conduise au rétablissement de la paix civile GpMjUHFRQQXOHFDUDFWqUHG¶LQWHUORFXWHXUTXHSRVVqGHSRXUQRXVO¶2/3
et de la sécurité dans l’ensemble de l’Iran.» TXL HQ FH PRPHQW DX VHLQ GH O¶eWDW SDOHVWLQLHQ HVW O¶RUJDQLVDWLRQ
157
La démission du général Somoza au Nicaragua le 17 juillet 1979 TXL H[HUFH GDQV OHV IDLWV FH TX¶RQ SRXUUDLW DSSHOHU OHV SUpURJDWLYHV
et la prise du pouvoir par les insurgés entraînent des problèmes DGPLQLVWUDWLYHVHWOHVSUpURJDWLYHVSROLWLTXHVGHFHWeWDWSDOHVWLQLHQ
de reconnaissance. Après la désignation éphémère d’un président «Comment y sommes-nous arrivés? Il y a deux ans, dans une
LQWpULPDLUHTXLVHUHWLUHUDDXERXWGHKHXUHVOHSRXYRLUIXWFRQ¿pj FRUUHVSRQGDQFHDGUHVVpHDXFKHIGX'pSDUWHPHQWSROLWLTXHGHO¶2/3±
XQHMXQWHGHFLQTPHPEUHVHWjXQFDELQHWPLQLVWpULHOGHPHPEUHV FRUUHVSRQGDQFHjODTXHOOHLODpWpUpSRQGXFHTXLHQIDLWXQpFKDQJHGH
Le nouveau gouvernement a été rapidement reconnu: le 18 juin par FRUUHVSRQGDQFHDXVHQVLQWHUQDWLRQDOGXWHUPH±M¶pFULYDLVFHTXLVXLW
le Panama, le 22 par la Grenade, le 5 juillet par le Guyana, le 18 par ©/H*RXYHUQHPHQWHVSDJQROFRQ¿UPDQWVDSROLWLTXHWUDGLWLRQQHOOH
OH&RVWD5LFDOHSDUOD%ROLYLHOD&RORPELHO¶eTXDWHXUOH3pURX d’amitié et de solidarité avec le peuple palestinien – cela date d’il
HW OH9HQH]XHOD OH SDU O¶8566 HW OHV eWDWV GH O¶(VW DLQVLTXH SDU \ D GHX[ DQV ± FRQYDLQFX GX U{OH GH SUHPLHU SODQ TXH GRLW MRXHU
l’Éthiopie, le 23 par le Brésil, Cuba, le Danemark, le Honduras et la l’Organisation de libération de la Palestine dans la recherche d’un
6XqGH(QFHTXLFRQFHUQHOD)UDQFHPDOJUpODSUDWLTXHVXLYLHSDUFH UqJOHPHQWSDFL¿TXHMXVWHHWGXUDEOHGXFRQÀLWDUDERLVUDpOLHQDGpFLGp
SD\V±VLO¶RQHQFURLWGXPRLQVVHVGpFODUDWLRQVVHORQOHVTXHOOHVHOOH GHGRQQHUjFRPSWHUGHFHMRXUXQVWDWXWRI¿FLHODX%XUHDXGHODGLWH
QHUHFRQQDvWTXHOHVeWDWVHWQRQOHVJRXYHUQHPHQWV±LOQHIDLWDXFXQ organisation en Espagne. Le Bureau de l’OLP en Espagne est inscrit sur
GRXWH TXH OH *RXYHUQHPHQW IUDQoDLV D EHO HW ELHQ UHFRQQX OD MXQWH ODOLVWHGLSORPDWLTXHHWFHODjWRXWHV¿QVSUDWLTXHVYDXWUHFRQQDLVVDQFH
révolutionnaire. Cela résulte sans contestation possible de l’envoi de GXFDUDFWqUHG¶LQWHUORFXWHXUTX¶DSRXUQRXVO¶2/3
M. Paul Faure comme ambassadeur à Managua le 23 octobre 1979. On ©&HWWHIRUPXOHRULJLQDOHTXLLPSOLTXHODUHFRQQDLVVDQFHGHO¶RUJDQH
UHOqYHUD TX¶DXSDUDYDQW a) le Gouvernement français avait envoyé à IRQGDPHQWDOGHO¶eWDWSDOHVWLQLHQDFUppOHVFRQGLWLRQVTXLMHFURLVRQW
Managua pour expédier les affaires courantes le Deuxième Secrétaire SHUPLVjO¶(VSDJQHG¶DFFpGHUDXSUHPLHUUDQJGHVSD\VTXLVXLYHQWGH
GH O¶DPEDVVDGH GH )UDQFH j 0H[LFR b) le Sous-Directeur chargé de près et activement le problème palestinien.»
O¶$PpULTXH ODWLQH DYDLW DXWRULVp 0 (GXDUGR .XKO $PEDVVDGHXU ,OFRQYLHQWpJDOHPHQWGHPHQWLRQQHUODSRVLWLRQEULWDQQLTXHVXUFHWWH
itinérant de la junte avec résidence à Bonn, à prendre possession, le TXHVWLRQ 0DUVWRQ©8QLWHG.LQJGRP«», p. 596):
28 juillet, de l’ambassade du Nicaragua à Paris abandonnée par ses ©/H *RXYHUQHPHQW EULWDQQLTXH VRXWLHQW OH GURLW TX¶D OH SHXSOH
RFFXSDQWVc) M. Alejandro Serrano Aldera a été nommé ambassadeur palestinien de créer un État palestinien souverain, indépendant et
GX 1LFDUDJXD j 3DULV TXHOTXHV VHPDLQHV SOXV WDUG OH DRW FH TXL YLDEOH HW VRXKDLWH TXH O¶RQ SDUYLHQQH UDSLGHPHQW j UpDOLVHU FH GURLW
renforce encore l’interprétation dégagée plus haut. Quant aux États- sous réserve d’une reconnaissance concomitante du droit d’Israël à
Unis, s’ils ne peuvent faire état d’un acte formel de reconnaissance, H[LVWHUHQWDQWTX¶eWDWHWGXGURLWGHVHVFLWR\HQVjYLYUHHQSDL[GDQV
RQQHGRLWSDVQpJOLJHUOHIDLWTXHOH6HFUpWDLUHG¶eWDW&\UXV9DQFHD la sécurité.»
UHQFRQWUpSRXUODSUHPLqUHIRLVj4XLWROHDRWOHVUHSUpVHQWDQWV 161
&HWWH VLWXDWLRQ V¶HVW SUpVHQWpH DVVH] IUpTXHPPHQW HQ UDSSRUW
du nouveau régime – dont le Ministre des affaires étrangères – en marge DYHFODUHFRQQDLVVDQFHGHOD5pSXEOLTXHDUDEHVDKUDRXLHGpPRFUDWLTXH
GHVFpUpPRQLHVG¶LQYHVWLWXUHGXQRXYHDX3UpVLGHQWGHO¶eTXDWHXUOn et de la province chinoise de Taiwan. $LQVLLOHVWVRXYHQWDUULYpTXH
pourrait parler ici d’un cas de reconnaissance tacite (voir Rousseau, ODGpFLVLRQGHUHFRQQDvWUHOD5pSXEOLTXHDUDEHVDKUDRXLHGpPRFUDWLTXH
loc. cit., 1979, p. 1056 et 1057). DPqQHOH0DURFTXLTXDOL¿HFHWWHGpFLVLRQG¶©DFWHLQDPLFDOªjpOHYHU
Actes unilatéraux des États 249
d’autres cas, les États choisissent la prudence, en s’abs- importante d’actes unilatéraux entraînant des effets
WHQDQWGHUHFRQQDvWUHGHVHQWLWpVSUREOpPDWLTXHV162 ou en MXULGLTXHVHWjFHWLWUHHOOHPpULWHQRWUHDWWHQWLRQ165. Par
IDLVDQWFODLUHPHQWVDYRLUTXHFHVHQWLWpVIRQWSDUWLHLQWp- H[HPSOHORUVTXHGHVUHVVRUWLVVDQWVGHSD\VWLHUVVXELVVHQW
grante d’un État donné163. Dans d’autres cas encore, la XQSUpMXGLFHGXIDLWG¶XQFRQÀLWODUHFRQQDLVVDQFHSHXW
QRQUHFRQQDLVVDQFHV¶H[SOLTXHSDUOHIDLWTXHOHWHUULWRLUH MRXHU XQ U{OH FRQVLGpUDEOH HQ HIIHW OD MXULVSUXGHQFH D
concerné a été annexé, et elle constitue une manifestation SURJUHVVLYHPHQWIDLWDSSDUDvWUHTXHGDQVOHVFDVRXQH
d’opposition à cette annexion164. situation de belligérance n’est pas reconnue par l’État
GDQVOHTXHOHOOHVHSURGXLW
75. Dans un autre ordre d’idées, la reconnaissance d’une
situation de belligérance constitue une autre catégorie [l]e souverain porte la responsabilité, à l’égard des résidents étran-
JHUV GHV EOHVVXUHV TXH FHX[FL SRXUUDLHQW VXELU VXU VRQ WHUULWRLUH GX
IDLW G¶DFWHV GH EHOOLJpUDQFH RX GHV EOHVVXUHV TXL SRXUUDLHQW OHXU rWUH
XQHSURWHVWDWLRQYRLUHjURPSUHOHVUHODWLRQVGLSORPDWLTXHVFRPPHLO LQÀLJpHVSDUGHVLQVXUJpVVXUOHVTXHOVOHVRXYHUDLQSRXUUDLWH[HUFHUVRQ
l’a fait avec la Yougoslavie le 29 novembre 1984 (Rousseau, loc. cit., FRQWU{OHRXTXHOHJRXYHUQHPHQWGHPDQGHXUQ¶DSDVUHFRQQXVFRPPH
1985, p. 463). Autre exemple, la reconnaissance de la province belligérants166.
chinoise de Taiwan par le Belize, la Grenade et le Libéria les 13 et
RFWREUHDDPHQpOD5pSXEOLTXHSRSXODLUHGH&KLQHjVXVSHQGUH Nous avons trouvé un certain nombre de cas récents de
le même jour ses relations avec ces trois pays (ibid., 1990, p. 484). La déclarations relatives à la situation de belligérance et à
SRVLWLRQEULWDQQLTXHVXUFHWWHTXHVWLRQHVWFODLUHFRPPHLOUHVVRUWGHOD
UpSRQVHFLDSUqVjXQHTXHVWLRQSRVpHDX3DUOHPHQW 0DUVWRQ©8QLWHG son extinction167.
Kingdom… 2000», p. 538):
«Comme la plupart des pays, nous ne reconnaissons pas Taiwan '¶DXWUHV H[HPSOHV WLUpV G¶XQH SUDWLTXH WRXW DXVVL
comme État indépendant. Nous acceptons la position du Gouvernement UpFHQWH LQWHUGLVHQW G¶DI¿UPHU TXH OD UHFRQQDLVVDQFH QH
FKLQRLV VHORQ ODTXHOOH 7DLZDQ HVW XQH SURYLQFH GH OD 5pSXEOLTXH
populaire de Chine et nous reconnaissons au Gouvernement chinois la
V¶DSSOLTXH SDV j G¶DXWUHV W\SHV GH VLWXDWLRQ168. On peut
TXDOLWpGHVHXOJRXYHUQHPHQWOpJDOGHOD&KLQH7DLZDQHWOH5R\DXPH ainsi, par exemple, reconnaître la responsabilité de l’État
Uni n’en entretiennent pas moins d’excellentes relations, notamment pour des agissements déterminés169 1RXV GHYRQV HQ¿Q
dans les domaines commercial et culturel. Nous souhaitons renforcer
FHVUHODWLRQVGDQVQRWUHLQWpUrWPXWXHO1RXVHVWLPRQVTXHODTXHVWLRQ
GH 7DLZDQ GHYUDLW WURXYHU XQH VROXWLRQ SDFL¿TXH SDU OD YRLH G¶XQ 165
,O HVW YUDL FRPPH O¶DI¿UPH9HUKRHYHQ TXH FH FDV GH ¿JXUH D
dialogue entre Chinois des deux rives du détroit de Taiwan. Nous SUHVTXHGLVSDUXGXIDLWTXHOHVeWDWVVRQWKDELWXHOOHPHQWWUqVUpWLFHQWV
sommes fermement opposés à l’emploi de moyens militaires et nous le jUHFRQQDvWUHXQHVLWXDWLRQGHEHOOLJpUDQFHTXDQGFHWWHUHFRQQDLVVDQFH
IDLVRQVVDYRLUVDQVDPELJXwWpDX[&KLQRLVFKDTXHIRLVTXHO¶RFFDVLRQ ULVTXHG¶rWUHDFFRPSDJQpHG¶XQHDJJUDYDWLRQGHVKRVWLOLWpV ©5HODWLRQV
s’en présente.» internationales de droit privé en l’absence de reconnaissance d’un État,
2Q PHQWLRQQHUD pJDOHPHQW OD FXULHXVH VLWXDWLRQ GDQV ODTXHOOH V¶HVW d’un gouvernement ou d’une situation», p. 21).
WURXYpH OD )UDQFH GX IDLW TX¶HOOH QH UHFRQQDLVVDLW SDV OD SURYLQFH 166
Coussirat-Coustère et Eisemann, op. cit., p. 310, affaire Aroa
chinoise de Taiwan comme État: le porte-parole du Ministère français Mines (Ltd.), Royaume-Uni c. Venezuela, arbitrée par la Commission
GHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVDFRQ¿UPpOHVHSWHPEUHTXHOHVYLVDV mixte de réclamations en 1903 (ibid., p. 508).
d’entrée en France des gymnastes de Taiwan pour les championnats
du monde organisés à Strasbourg du 22 au 29 octobre 1978 avaient
167
'pFODUDWLRQGXDRWGHOD0LQLVWUHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHV
été refusés. Il a ajouté: «La France a toujours refusé le visa d’entrée GX-DSRQVXUO¶RXYHUWXUHGHSRXUSDUOHUVGHSDL[HQWUHOH*RXYHUQHPHQW
j WRXWH GpOpJDWLRQ FRQVWLWXpH j )RUPRVH GHSXLV TX¶HOOH QH UHFRQQDvW sri-lankais et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul:
SOXV 3pNLQ /H YLVD G¶HQWUpH Q¶HVW GpOLYUp DX[ )RUPRVDQV TX¶j WLWUH ©/H*RXYHUQHPHQWMDSRQDLVVHIpOLFLWHGHFHTXHOH*RXYHUQHPHQW
individuel.» /D )pGpUDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH GH J\PQDVWLTXH GHYDLW sri-lankais et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul soient convenus,
SURFpGHUTXHOTXHVMRXUVSOXVWDUGjO¶H[FOXVLRQGHODSURYLQFHFKLQRLVH par l’entremise du Gouvernement norvégien, d’entamer des pourparlers
GH7DLZDQ )RUPRVH HWjODUpDGPLVVLRQGHOD5pSXEOLTXHSRSXODLUHGH RI¿FLHOVHQYXHGHUpJOHUOHFRQÀLWHWKQLTXHDFWXHODX6UL/DQND>«@
Chine (Rousseau, loc. cit., 1979, p. 494). «Soucieux de soutenir ce processus de paix, le Gouvernement
162 japonais a accordé une aide aux régions du nord et de l’est,
Au cours d’un débat sur l’avenir du territoire du Sahara principalement sous forme de secours humanitaires d’urgence. Le
RFFLGHQWDO OH 0LQLVWUH GHV DIIDLUHV pWUDQJqUHV EULWDQQLTXH D SX DLQVL *RXYHUQHPHQWMDSRQDLVFRQWLQXHUDGHIRXUQLUFHWWHDVVLVWDQFH/H-DSRQ
déclarer: «Nous ne soutenons pas plus la revendication marocaine de UpDI¿UPHTX¶LOHVWGLVSRVpGqVTX¶XQHSDL[GXUDEOHDXUDpWppWDEOLHj
VRXYHUDLQHWpVXUOH7HUULWRLUHTXHQRXVQHUHFRQQDLVVRQVOD5pSXEOLTXH accorder la plus large coopération à la reconstruction et au relèvement
DUDEH VDKUDRXLH GpPRFUDWLTXH DXWRSURFODPpH SDU OH 32/,6$5,2ª de ces deux régions» ([Link]).
(Marston, «United Kingdom… 1978», p. 478). 168
Voir la déclaration du 22 juillet 2003 du Service de presse du
163
'DQV XQH UpSRQVH pFULWH DX 3DUOHPHQW EULWDQQLTXH OH 6RXV Ministère japonais des affaires étrangères sur la situation dans les Îles
Secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement au Ministère Salomon:
des affaires étrangères et du Commonwealth a pu déclarer: ©/H -DSRQ UHFRQQDvW TXH OH *RXYHUQHPHQW GHV ÌOHV 6DORPRQ D
©1RXVUHFRQQDLVVRQVTXHOD7FKpWFKpQLHIDLWSDUWLHLQWpJUDQWHGHOD GHPDQGp RI¿FLHOOHPHQW DX *RXYHUQHPHQW DXVWUDOLHQ HW DX[ SD\V
Fédération de Russie. La position du Royaume-Uni est aussi celle de PHPEUHV GX )RUXP GHV vOHV GX 3DFL¿TXH GH GpSOR\HU GHV IRUFHV
nos partenaires internationaux. Le Président Maskhadov a été élu en DUPpHV HW GH SROLFH SRXU UpWDEOLU O¶RUGUH GDQV O¶DUFKLSHO HW TXH OH
GDQV OH FDGUH G¶pOHFWLRQV UHFRQQXHV FRPPH GpPRFUDWLTXHV SDU Gouvernement australien a décidé le 22 juillet 2003, en réponse
l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).» à cette demande, de déployer des personnels de police et autres
(Marston, «United Kingdom… 2000» S (Q FH TXL FRQFHUQH personnels en coopération avec d’autres pays membres du Forum des
OH QRUG GH O¶vOH GH &K\SUH OD SRVLWLRQ EULWDQQLTXH D pWp GpFULWH GDQV vOHVGX3DFL¿TXH/H-DSRQVRXWLHQWFHWWHLQLWLDWLYHGHVSD\VPHPEUHV
les termes suivants par le Ministre des affaires étrangères, lors d’une GX)RUXPTXLIDLWVXLWHjXQHGHPDQGHIRUPXOpHSDUOH*RXYHUQHPHQW
conférence de presse donnée le 3 octobre 2000: «Nous n’avons jamais et le Parlement national des Îles Salomon, car le rétablissement de
UHFRQQX OD SUpWHQGXH 5pSXEOLTXH GH &K\SUH1RUG HW QRXV Q¶DYRQV l’ordre dans l’archipel est important pour la paix et la stabilité de la
aucune intention de le faire» (ibid., p. 539). région» ([Link]).
164
Le 14 septembre 1999, le Ministre espagnol des affaires 169
La responsabilité du Chili, par exemple, dans l’affaire Carmelo
pWUDQJqUHV 0 $EHO 0DWXWHV -XDQ D GpFODUp GHYDQW OH &RQJUqV Soria Espinoza. Le Ministère des affaires étrangères a porté à
espagnol: «L’Espagne n’a jamais reconnu l’annexion du Timor par la connaissance de la Commission interaméricaine des droits de
l’Indonésie […] un territoire dont l’annexion par l’Indonésie n’a été O¶KRPPHTXHO¶eWDWGX&KLOLpWDLWSDUYHQXDYHFODIDPLOOHGH&DUPHOR
reconnue ni par l’Organisation des Nations Unies ni par la communauté 6RULD (VSLQR]D j XQ DFFRUG TXL PHWWDLW ¿Q DX UHFRXUV LQWURGXLW SDU
internationale» (Spanish Yearbook of International Law, vol. VII, la famille devant la Commission. Les négociations entre les parties
1999-2000, p. 84 et 85). Nonobstant cette déclaration, il convient de DYDLHQWSHUPLVG¶DERXWLUjXQDFFRUGTXLPHWWDLW¿QjODFRQWURYHUVH
UDSSHOHUTXHO¶$XVWUDOLHDUHFRQQXOHMDQYLHUO¶DQQH[LRQGHOD /DIDPLOOH6RULDDDFFHSWpOHVPHVXUHVGHUpSDUDWLRQV\PEROLTXHVTXH
partie orientale de l’île de Timor par l’Indonésie (Rousseau, loc. cit.,
1978, p. 1085). (Suite de la note page suivante.)
250 Documents de la cinquante-sixième session
nous demander si la reconnaissance peut être subordon- B. Actes par lesquels l’État renonce à un
née à une condition, comme certains cas tendent à le droit ou à une prétention juridique
montrer170.
LA RENONCIATION
77. La reconnaissance ne se limite pas aux
gouvernements, aux États ou aux situations. Elle peut 'H PrPH TX¶XQ eWDW HVW OLEUH G¶DVVXPHU GHV
DXVVLYLVHUXQHSUpWHQWLRQMXULGLTXHHWSUHQGUHGDQVODSUD- REOLJDWLRQV ± FRPPH RQ O¶D LQGLTXp GDQV OH FDV GH OD
WLTXHODIRUPHG¶DFWHVH[SUqVRXGHFRPSRUWHPHQWVLPSOL- promesse et de la reconnaissance –, il peut aussi renoncer à
TXDQWUHFRQQDLVVDQFHFHTXLGXSRLQWGHYXHGHVHIIHWV certains droits ou certaines prétentions175. Dès lors, il peut
ODIDLWUHVVHPEOHUjODUHQRQFLDWLRQORUVTXHOHVFRQGLWLRQV XQLTXHPHQWUHQRQFHUjVHVGURLWVVXEMHFWLIVHWUpHOV0DLV
UHTXLVHVVRQWUpXQLHV comme on l’a souligné à propos de la promesse dans les
affaires des Essais nucléaires176LOGRLWDXVVLQRWL¿HUFHWWH
6HSRVHDXVVLODTXHVWLRQGHODUHFRQQDLVVDQFHGHO¶eWDW UHQRQFLDWLRQGXPRLQVDX[eWDWVTXLSHXYHQWrWUHDIIHF-
partie dans une relation donnée et de la reconnaissance tés par cette manifestation de volonté. La renonciation,
d’autres États non parties et même de la communauté HQWDQWTX¶DFWHMXULGLTXHXQLODWpUDOSHXWGRQFrWUHGp¿QLH
LQWHUQDWLRQDOHODTXHOOHSHXWV¶H[SULPHUVRXVIRUPHG¶DFWHV FRPPH©ODPDQLIHVWDWLRQGHYRORQWpSDUODTXHOOHXQVXMHW
exprès ou de comportements et attitudes manifestant cette de droit abandonne un droit subjectif sans intervention
reconnaissance. On pourrait encore mentionner le cas d’un de la manifestation de volonté d’un tiers177». Néanmoins,
eWDWTXL©FRQFOXWXQDFFRUGDYHFXQDXWUHjSURSRVG¶XQ ELHQTXHSRVVLEOHVFHVDFWHVVRQWUDUHVGDQVODSUDWLTXH
WHUULWRLUH TXL SRUWHUDLW VXU XQ REMHW GRQW VHXO OH VRXYH- FH TXL D DPHQp XQ DXWHXU j GLUH TXH OHV H[SOLFDWLRQV j
rain peut disposer171». Dans le cas de la baie de Delagoa leur sujet seront fondées davantage sur des déductions
/RXUHQoR0DUTXHV 172, il y a eu reconnaissance formelle, IDLWHV j SDUWLU G¶DXWUHV UqJOHV GX GURLW LQWHUQDWLRQDO TXH
TXRLTXHLPSOLFLWHGX5R\DXPH8QLHQIDYHXUGX3RUWXJDO sur l’existence même de nombreux cas de renonciation au
avec la conclusion du Traité de 1817173. WUDYHUVGHVTXHOVRQSRXUUDLWpWDEOLUOHXUVFDUDFWpULVWLTXHV
particulières178.
79. On trouvera un exemple parfait d’acte unilatéral,
formel et exprès de reconnaissance dans la reconnaissance 81. Un autre point intéressant concernant la renonciation
SDU OH *RXYHUQHPHQW FRORPELHQ GX WLWUH MXULGLTXH HW réside dans la distinction établie par la doctrine entre
KLVWRULTXH GX 9HQH]XHOD VXU O¶DUFKLSHO GH /RV 0RQMHV OD UHQRQFLDWLRQ DEGLFDWLYH SDU ODTXHOOH RQ DEDQGRQQH
FRPPXQLTXpHSDUQRWHGXQRYHPEUHHWFRQ¿UPpH simplement un droit) et la renonciation translative (par
par le Ministre des affaires étrangères de la Colombie à la ODTXHOOH RQ WUDQVIqUH FH GURLW j XQ DXWUH VXMHW GH GURLW
VpDQFHGXDRWGX6pQDWGHFHSD\V174. international). Comme le dit Suy, la renonciation abdica-
WLYHVHUDLWO¶DFWHMXULGLTXHSDUOHTXHOXQeWDWVHOLPLWHUDLW
jDEDQGRQQHUXQGURLWVDQVTXHFHWDEDQGRQVRLWVWLSXOp
(Suite de la note 169.)
HQIDYHXUG¶XQDXWUHVXMHWGHGURLWRXTXHHQJpQpUDOOH
OXLRIIUDLWO¶eWDWGX&KLOLHWTXLFRQVLVWDLHQWHQXQHGpFODUDWLRQSXEOLTXH renonçant s’occupe encore du sort futur de ses droits. Par
SDU ODTXHOOH OH *RXYHUQHPHQW FKLOLHQ UHFRQQDvWUDLW OD UHVSRQVDELOLWp contre, dans une renonciation translative, l’opération est
de l’État, à raison des agissements de ses agents, dans la mort de
&DUPHOR6RULD(VSLQR]DSDUODPrPHGpFODUDWLRQLOVHUDLWSURSRVpGH EHDXFRXS SOXV FRPSOH[H (Q HIIHW HOOH Q¶LPSOLTXH SDV
dresser un monument à la mémoire de Carmelo Soria Espinoza à un seulement l’abandon d’un droit, mais également le trans-
HQGURLWGH6DQWLDJRTXHGpVLJQHUDLWVDIDPLOOH/H&KLOLV¶HVWHQJDJp fert de ce dernier à un autre sujet bien déterminé179. En ce
à payer à la famille de Carmelo Soria Espinoza, à titre d’indemnité VHQVOHFDUDFWqUHXQLODWpUDOGHO¶DFWHHVWHQTXHOTXHVRUWH
et pour solde de tout compte, la somme de 1,5 million de dollars des
États-Unis, sous forme de versement à titre gracieux effectué par
sujet à caution, car il s’agit en réalité d’un accord dans son
le truchement du Secrétariat de l’ONU. Le Gouvernement chilien sens le plus strict180.
LQWURGXLUDGHYDQWOHVWULEXQDX[GX&KLOLXQHUHTXrWHHQUpRXYHUWXUHGH
O¶DFWLRQSpQDOHD¿QTXHFHX[TXLRQWGRQQpODPRUWj&DUPHOR6RULD 175
/D UHQRQFLDWLRQ D pWp Gp¿QLH SDU H[HPSOH SDU -DFTXp
Espinoza aient à répondre de cet acte [Annual Report of the Inter- FRPPH ©O¶DFWH SDU OHTXHO XQ VXMHW GH GURLW LQWHUQDWLRQDO DEDQGRQQH
American Commission on Human Rights, 2003, rapport no 19/03, volontairement un droit subjectif» (Éléments pour une théorie de l’acte
affaire 11.725 (Chili), OEA/Ser.L/V/II.118, doc. 5, rev. 2]. juridique en droit international public, p. 342).
170 176
La promesse faite par l’Arabie saoudite à Israël en 2002 de Essais nucléaires (Australie c. France), arrêt, C.I.J. Recueil
reconnaître l’État d’Israël et de normaliser ses relations avec lui avait 1974, p. 253, et (Nouvelle-Zélande c. France), ibid., p. 457.
pour condition le retrait effectif d’Israël des territoires occupés. Le 177
Suy, op. cit., p. 156.
3ULQFH$EGXOODKELQ$EGXO$]L]DGpFODUpTX¶LORIIUDLWXQHQRUPDOLVDWLRQ 178
Degan, «Unilateral act as a source of particular international
complète des relations, y compris la reconnaissance de l’État d’Israël, si law», p. 221.
Israël se retirait intégralement de tous les territoires occupés, en accord 179
DYHFOHVUpVROXWLRQVGHV1DWLRQV8QLHV\FRPSULV-pUXVDOHP Op. cit., p. 155.
180
171
Kohen, Possession contestée et souveraineté territoriale, p. 327. La renonciation par la Mauritanie à ses revendications sur le
6DKDUD RFFLGHQWDO DRW SRXUUDLW FRUUHVSRQGUH j FH GHUQLHU
172
6HQWHQFH DUELWUDOH GX 3UpVLGHQW GH OD 5pSXEOLTXH IUDQoDLVH
FDVGH¿JXUHDans le texte de l’accord entre la Mauritanie et le Front
UHODWLYHDX[UHTXrWHVGHOD*UDQGH%UHWDJQHHWGX3RUWXJDOVXUFHUWDLQV
32/,6$5,2 LO HVW GLW ©/D 5pSXEOLTXH LVODPLTXH GH 0DXULWDQLH
WHUULWRLUHV GH OD F{WH (VW GH O¶$IULTXH DSSDUWHQDQW DXWUHIRLV DX[ 5RLV
GpFODUH VROHQQHOOHPHQW TX¶HOOH Q¶D HW Q¶DXUD SDV GH UHYHQGLFDWLRQV
de Tembe et Mapoota, incluant les îles de Inyack et Éléphant (Baie de
territoriales ou autres sur le Sahara occidental» ('RFXPHQWV RI¿FLHOV
'HODJRDRX/RUHQ]R0DUTXHV GpFLVLRQGXMXLOOHWBritish and
du Conseil de Sécurité, trente-quatrième année, Supplément de juillet,
Foreign State Papers, 1874-1875, vol. LXVI, p. 554.
173
août et septembre 1979 GRFXPHQW 6 DQQH[H , S HQ
Convention additionnelle au Traité du 22 janvier 1815 entre la réalité, il s’agit d’une renonciation sous forme d’un accord international
Grande-Bretagne et le Portugal à l’effet d’empêcher tout commerce ELHQTXHO¶XQHGHVSDUWLHVjFHWDFFRUGQHVRLWSDVYpULWDEOHPHQW©XQ
illicite d’esclaves de la part de leurs sujets respectifs (Londres, État» (voir également Keesing’s Contemporary Archives, vol. XXV,
28 juillet 1817), ibid., 1816-1817, vol. IV, p. 85. Voir également Kohen, 1979, p. 29917). Il en est de même de la renonciation par les États-
op. cit., p. 328. Unis (le 20 mai 1980) à leurs revendications de souveraineté territoriale
174
Rojas Cabot et Viña Laborde, Al otro lado del Golfo, Colombia VXUvOHVGX3DFL¿TXH/H'pSDUWHPHQWG¶eWDWDPpULFDLQDDQQRQFp
refuta a Colombia, p. 293 et suiv. RI¿FLHOOHPHQWOHPDLTXHOHVeWDWV8QLVUHQRQoDLHQWjIRUPXOHU
Actes unilatéraux des États 251
82. Mais la réalité internationale est beaucoup plus G¶XQH FRQFHVVLRQ PLQLqUH TXH OD UHQRQFLDWLRQ QH VH
LQWpUHVVDQWHTXHQ¶LPSRUWHTXHOOHWHQWDWLYHGHGLVWLQFWLRQ présume jamais184. Dans l’affaire du bateau à moteur
entre la renonciation abdicative et la renonciation suédois «Kronprins Gustaf Adolf» (Suède c. États-Unis),
translative, comme le montre la situation suivante: le O¶DUELWUH 0 (XJqQH %RUHO D DI¿UPp GDQV OD VHQWHQFH
MXLOOHW OH 5RL +XVVHLQ GH -RUGDQLH DQQRQoD OD DUELWUDOHGXMXLOOHWTXH©>O@DUHQRQFLDWLRQjXQ
UXSWXUHGHVUHODWLRQVMXULGLTXHVHWDGPLQLVWUDWLYHVHQWUHOD droit ou à une réclamation ne doit pas se présumer. Elle
-RUGDQLHHWOD&LVMRUGDQLHLe souverain hachémite s’était doit être démontrée par des éléments de preuve irréfu-
dit prêt à se plier à la volonté de l’OLP, représentant WDEOHVOHVTXHOVQ¶H[LVWHQWSDVHQO¶HVSqFH185». Ce point de
XQLTXHHWOpJLWLPHGXSHXSOHSDOHVWLQLHQDLQVLTX¶DXVRX- YXHDOODLWrWUHFRUURERUpELHQTXHODVLWXDWLRQVRLWGLIIp-
hait exprimé par les chefs d’États arabes de promouvoir rente, par l’arrêt rendu dans l’affaire du «Lotus» (France
l’identité palestinienne. La Cisjordanie (5 878 kilomètres c. Turquie)OHVHSWHPEUHSDUOD&3-,GDQVOHTXHO
carrés et 900 000 habitants) faisait partie du Royaume FHOOHFL D DI¿UPp ©/HV OLPLWDWLRQV GH O¶LQGpSHQGDQFH
KDFKpPLWHGHSXLVMXVTX¶jVRQRFFXSDWLRQSDU,VUDsO des États ne se présument donc pas186.» Plus récemment
en 1967. En réalité, il s’agit d’une renonciation à un terri- encore, dans l’affaire NottebohmOHDYULOOD&,-
WRLUHTXHO¶RQQHSRVVqGHSDVde factoSXLVTX¶LOHVWRFFXSp DGpJDOHPHQWVHSURQRQFHUVXUODQpFHVVLWpGHGRQQHU
SDUXQDXWUHeWDWODUHQRQFLDWLRQDXUDLWSRXUEXWGHSHU- une forme expresse à la renonciation:
PHWWUH DX[ 3DOHVWLQLHQV TXL \ pWDLHQW pWDEOLV G¶H[HUFHU
HQ¿QOHXUGURLWjXQeWDW181. Ce serait entraver l’ouverture de négociations en vue de régler un dif-
IpUHQGLQWHUQDWLRQDORXGHFRQFOXUHXQFRPSURPLVG¶DUELWUDJH>«@TXH
d’interpréter l’offre d’y recourir, le consentement à y prendre part ou
4XHOTXHVDXWHXUVGRQQHQWGLYHUVH[HPSOHVG¶DIIDLUHV OH IDLW G¶\ SDUWLFLSHU FRPPH LPSOLTXDQW UHQRQFLDWLRQ j WHO PR\HQ GH
résolues par des instances arbitrales et judiciaires dans GpIHQVHTX¶XQHSDUWLHFURLWDYRLURXFRPPHLPSOLTXDQWDFFHSWDWLRQGH
OHVTXHOOHVHQUqJOHJpQpUDOHODUHQRQFLDWLRQSDUXQeWDW WHOOHSUpWHQWLRQGHO¶DXWUHSDUWLHDORUVTXHFHODQ¶DSDVpWpH[SULPpRXQH
à ses droits ne se présume pas182. Il convient de citer, résulte pas d’une façon incontestable de l’attitude adoptée187.
par exemple, l’affaire de la Fermeture du port de Bue-
nos Aires (Argentine c. Grande-Bretagne)183, relative /¶LGpH TXH OD UHQRQFLDWLRQ GRLW UHYrWLU XQH IRUPH
au droit de l’Argentine de présenter une réclamation, expresse a été mise en évidence par la doctrine elle-même,
GDQV ODTXHOOH OH 3UpVLGHQW GX &KLOL GDQV XQH GpFLVLRQ TXL D LQYRTXp O¶DUUrW UHQGX SDU OD &,- OH DRW
arbitrale du 1er DRW D DI¿UPp TXH OH IDLW TX¶XQH dans l’affaire des Droits des ressortissants des États-
SDUWLH QH V¶pWDLW SDV UpVHUYp XQ GURLW QH VLJQL¿DLW SDV Unis d’Amérique au Maroc188. En ce sens, le silence ou
TX¶HOOH O¶DYDLW DEDQGRQQp GDQV O¶DIIDLUH Campbell O¶DFTXLHVFHPHQW QH VXI¿UDLW SDV SRXU TX¶XQH UHQRQFLD-
du 10 juin 1931 (Royaume-Uni c. Portugal), l’arbitre, tion puisse effectivement produire des effets, une inter-
0 &DUWRQ GH :LDUW D DI¿UPp j SURSRV GH O¶DEDQGRQ prétation stricte s’imposant alors à cet égard. En tout état
GH FDXVH OD UHQRQFLDWLRQ WDFLWH QH VHUDLW DGPLVVLEOH TXH
ORUVTX¶HOOHGpFRXOHGHIDLWVTXLGXPRLQVHQDSSDUHQFH
GHVUHYHQGLFDWLRQVGHVRXYHUDLQHWpVXUvOHVGX3DFL¿TXHFHQWUDOHW UHYrWHQWXQFDUDFWqUHQRQpTXLYRTXH189.
méridional: a) OHV vOHV *LOEHUW GHYHQXHV .LULEDWL DSUqV MXLOOHW
b) les îles Ellice devenues indépendantes en 1978 sous le nom de
7XYDOX c OHV vOHV GX JURXSH GHV vOHV 3KRHQL[ d) les îles Canton 85. Cependant, des doutes surgissent face à certaines
et Enderbury placées sous l’administration conjointe des États-Unis VLWXDWLRQVGDQVOHVTXHOOHVLOVXEVLVWHXQOLHQDYHFO¶H[HUFLFH
HW GH OD *UDQGH%UHWDJQH DSUqV O¶pFKDQJH GH QRWHV GX DYULO de compétences sur un territoire, la notion d’effectivité
e OHVTXDWUHDWROOVTXLIRQWSDUWLHGHVÌOHV&RRNf OHVWURLVDWROOVTXL
font partie du groupe des îles Tokélaou, appartenant à la Nouvelle-
=pODQGH 5RXVVHDXORFFLWS En réalité, cette annonce 184
Voir Degan, op. cit., p. 321.
a été complétée ultérieurement par l’approbation, le 22 juin 1983,
©>,@O HVW GH SULQFLSH DGPLV SDU OH GURLW GH WRXV OHV SD\V TXH OHV
SDU OH 6pQDW DPpULFDLQ GH TXDWUH WUDLWpV HQ YHUWX GHVTXHOV OHV eWDWV
UHQRQFLDWLRQVQHVHSUpVXPHQWMDPDLVHWTXHFRQVWLWXDQWGHVDEDQGRQV
Unis renonçaient à toute revendication de souveraineté sur 25 îles du
d’un droit, d’une faculté ou même d’une espérance, sont toujours de
3DFL¿TXH6XG±PHWWDQWDLQVLHQpYLGHQFHXQIDLWLQGpQLDEOHjVDYRLU
VWULFWHLQWHUSUpWDWLRQ>«@HQDGPHWWDQWPrPHTX¶XQHUHQRQFLDWLRQSXLVVH
TXH OHV UHQRQFLDWLRQV WHUULWRULDOHV VH IRQW DXMRXUG¶KXL SDU pFULW HW
rWUHWDFLWHHQFRUHQHSHXWHOOHV¶LQGXLUHTXHGHIDLWVQRQVXVFHSWLEOHV
UpVXOWHQWG¶XQDFWHFRQYHQWLRQQHOGHVRUWHTXHO¶RQDDLQVLXQHSUHXYH
d’une autre interprétation dans les circonstances de l’affaire.»
digne de foi de la réalité internationale dont elles sont à l’origine. Aux
[Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. II (numéro de
WHUPHVGXSUHPLHUWUDLWpFRQFOXDYHFOD1RXYHOOH=pODQGHOHVeWDWV
vente 1949.V.1), p. 1156.]
Unis abandonnent leurs revendications territoriales sur Tokélaou, île 185
située au nord du 10eSDUDOOqOHPDLVFRQ¿UPHQWOHXUVRXYHUDLQHWpVXU Ibid., p. 1299.
OHVvOHV6ZDLQV/HGHX[LqPHWUDLWpGp¿QLWOHVOLPLWHVPDULWLPHVHQWUHOH 186
Lotus, arrêt no 9, 1927, C.P.J.I. série A no 10, p. 18.
territoire américain de Samoa et les Îles Cook, à 165º de longitude O. 187
Nottebohm, deuxième phase, arrêt, C.I.J. Recueil 1955, p. 19 et 20.
/HWURLVLqPHWUDLWpFqGHTXDWUHvOHVjO¶DUFKLSHOGH7XYDOXVLWXpDXQRUG 188
Arrêt, C.I.J. Recueil 1952 S %HQW] D LQGLTXp j FHW pJDUG
des îles Fidji et autrefois connu sous le nom d’îles Ellice. Un dernier TX¶©>X@QHUHQRQFLDWLRQjXQHUqJOHGHGURLWLQWHUQDWLRQDOpWDEOLHGDQV
WUDLWpFqGHvOHVjOD5pSXEOLTXHGH.LULEDWLVLWXpHDXQRUGGH7XYDOX l’intérêt de la communauté des nations ne peut se présumer» («Le
et anciennement connue sous le nom d’îles Gilbert (ibid., 1984, p. 234). silence comme manifestation de volonté en droit international public»,
181
&RPPH FRQVpTXHQFH ORJLTXH GH VRQ DEDQGRQ GH WRXWH S 8QDXWHXU-DFTXp RSFLWS DDI¿UPpFHSHQGDQWTXHOD
UHYHQGLFDWLRQWHUULWRULDOHVXUOD&LVMRUGDQLHOD-RUGDQLHDRI¿FLHOOHPHQW renonciation peut résulter d’une manifestation expresse de volonté, ou
OLFHQFLp OH DRW j FRPSWHU GX DRW VXLYDQW SOXV GH ELHQG¶XQHVpULHGHFRPSRUWHPHQWVFRQFOXDQWVWRXWHIRLVFHWWHSRVLWLRQ
fonctionnaires palestiniens dans ce territoire occupé par Israël, dont ne semble pas avoir été accueillie très favorablement dans la doctrine,
OHVIRQFWLRQQDLUHVSDOHVWLQLHQVHQJDJpVSDUOD-RUGDQLHDYDQWMXLQ FRPSWHWHQXGHVGLI¿FXOWpVTXHFHODLPSOLTXHUDLWDX[¿QVGHSUHXYH
HWOHVDXWUHV3DOHVWLQLHQVHPSOR\pVDSUqVFHWWHGDWHHWTXL 189
Dans l’affaire des Zones franches de la Haute-Savoie et du Pays
en fait ne jouissaient pas du statut de fonctionnaire. La Cisjordanie a de GexGHYDQWOD&3-,ORUVGHODVpDQFHSXEOLTXHGXDYULOOH
DGRSWp OH DRW XQH VpULH GH PHVXUHV Gp¿QLVVDQW OH QRXYHDX VWDWXW Représentant du Gouvernement français a déclaré:
des habitants, désormais considérés comme des citoyens palestiniens ©>(@QFHTXLFRQFHUQHODUHQRQFLDWLRQWDFLWHLOHVWGHSULQFLSHTXH
et non jordaniens, et réglementant les relations entre les deux rives du O¶RQQHSHXWSDVrWUHIDFLOHPHQWSUpVXPpDYRLUUHQRQFpjXQGURLWSRXU
-RXUGDLQ 5RXVVHDXORFFLWSHW TXHO¶RQSXLVVHIDLUHMRXHUO¶LGpHGHUHQRQFLDWLRQLOIDXGUDLWLQYRTXHU
182
Voir Degan, op. cit., p. 321 et 322. GHVDFWHVQRQpTXLYRTXHVª
183
Ibid. Voir également Lapradelle et Politis, p. 650. (C.P.J.I., série C no 58, p. 587.) Voir également Kiss, op. cit., t. I, p. 644.
252 Documents de la cinquante-sixième session
88. On peut aussi classer parmi les actes de renonciation &H TXL HVW FODLU F¶HVW TX¶HOOH GRLW rWUH UpSpWpH HW
O¶DFWHTXLDSRXU¿QDOLWpO¶DEDQGRQGHVSRXUVXLWHVHQJDJpHV DLQVL TX¶LO UHVVRUW GH OD MXULVSUXGHQFH GRLW rWUH VXLYLH
par un État (par exemple, renonciation au recours contre si les circonstances le permettent, d’actes concluants
ODGpFLVLRQEULWDQQLTXHGHQHSDVH[WUDGHU3LQRFKHWYHUV comme, par exemple, le recours devant un organe d’une
l’Espagne194). organisation internationale200 ou devant un tribunal de
même type201 ELHQ TX¶LO QH VRLW SDV QpFHVVDLUH G¶DOOHU
190
Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. II (numéro MXVTXHOjSRXUTXHODSURWHVWDWLRQSURGXLVHVHVHIIHWVEn
de vente: 1949.V.l), p. 829. UpDOLWp SRXU TXH QRQ VHXOHPHQW HOOH VRLW H[SOLFLWH PDLV
«Compte tenu de la condition énoncée dans la sentence arbitrale produise des effets, la protestation doit être exprimée de
rendue dans l’affaire de l’Île de PalmasVHORQODTXHOOHO¶HIIHFWLYLWpHVW PDQLqUH HIIHFWLYH HW UpLWpUpH HQ XQ PRW HOOH GRLW rWUH
depuis le XIXe siècle et continue d’être nécessaire au maintien d’un titre formulée clairement, ses effets dépendant souvent de la
par occupation, le fait de ne pas protester contre des actes concurrents
GH VRXYHUDLQHWp RXYHUWHPHQW DFFRPSOLV SRXUUDLW VXI¿UH j LQGLTXHU IHUPHWpHWGHODYLJXHXUDYHFODTXHOOHHOOHDpWppOHYpH202.
TXH OH GHJUp UHTXLV G¶HIIHFWLYLWp GDQV OH PDLQWLHQ GX WLWUH Q¶D SDV pWp
démontré.» GHO¶LQWpULHXUGX5R\DXPH8QLWHQGDQWjPHWWUHGp¿QLWLYHPHQW¿QDX
0DF*LEERQ ©7KH VFRSH RI DFTXLHVFHQFH LQ LQWHUQDWLRQDO ODZª processus d’extradition du sénateur Pinochet. […]
p. 168.) «Il a simplement formellement réitéré sa décision de ne pas former
191
Fond, arrêt, C.I.J. Recueil 1962, p. 23. de recours.»
195
192
Voir Suy, op. cit., p. 163. Op. cit., p. 47.
193
Comme cela a été souligné en l’espèce:
196
©/D SRUWpH HW OHV HIIHWV MXULGLTXHV GHV DWWLWXGHV HW GHV DFWHV
«Entre le Gouvernement impérial russe et la Sublime Porte, il y unilatéraux des États», p. 433.
D GRQF HX UHQRQFLDWLRQ DX[ LQWpUrWV GH OD SDUW GH OD 5XVVLH SXLVTXH 197
«Some observations on the part of protest in international law»,
son ambassade a successivement accepté sans discussion ni réserve p. 298.
et reproduit à maintes reprises dans sa propre correspondance 198
Pour Charpentier, la protestation s’oppose non pas à la
GLSORPDWLTXHOHVFKLIIUHVGXUHOLTXDWGHO¶LQGHPQLWpFRPPHLGHQWLTXHV UHFRQQDLVVDQFH PDLV j OD QRWL¿FDWLRQ LO DMRXWH ©HQ HIIHW OD
DX[FKLIIUHVGXUHOLTXDWHQFDSLWDO>«@ protestation ne produit pas d’effet par elle-même, si ce n’est de faire
«Le Gouvernement impérial russe ne peut, une fois le capital de FRQQDvWUH RI¿FLHOOHPHQW VRQ UHIXV G¶DGPHWWUH XQH SUpWHQWLRQ GRQQpHª
l’indemnité intégralement versé ou mis à sa disposition, revenir («Engagements unilatéraux et engagements conventionnels: différences
valablement d’une façon unilatérale sur une interprétation acceptée et et convergences», p. 368).
SUDWLTXpHHQVRQQRPSDUVRQDPEDVVDGHª 199
Degan, op. cit., p. 346.
[Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. XI (numéro de 200
vente: 61.V.4), p. 446.] À ce sujet, Suy (op. cit., p. 59 et 60) présente divers exemples
194 GH QRWHV GH SURWHVWDWLRQ HQYR\pHV DX &RQVHLO GH VpFXULWp HQ RXWUH
Renonciation de la part de l’Espagne à introduire un recours
LO DUULYH IUpTXHPPHQW TXH ORUVTXH OD SURWHVWDWLRQ HVW DGUHVVpH j XQ
FRQWUH OD GpFLVLRQ EULWDQQLTXH GH QH SDV H[WUDGHU 3LQRFKHW SRXU GHV
organisme international, elle soit adressée en même temps au sujet de
raisons humanitaires. Le 17 janvier 2000, le Bureau d’information
GURLWUHVSRQVDEOH JpQpUDOHPHQWO¶eWDWFRQWUHOHTXHOHOOHHVWGLULJpH
GLSORPDWLTXH GX 0LQLVWqUH HVSDJQRO GHV DIIDLUHV H[WpULHXUHV D UHQGX 201
SXEOLFOHFRPPXQLTXpVXLYDQW Spanish Yearbook of International Law, Voir Cahier, «Le comportement des États comme source de droits
vol. VII, 1999-2000, p. 96): et d’obligations», p. 251. À titre d’illustration dans la jurisprudence,
«L’Ambassadeur d’Espagne a également reçu pour instruction de l’auteur cite la sentence arbitrale rendue dans l’affaire du Chamizal
UpLWpUHUODGpFLVLRQTX¶DSULVHO¶(VSDJQHGHQ¶LQWURGXLUHDXFXQUHFRXUV [Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. XI (numéro de
FRQWUHODGpFLVLRQ¿QDOHSULVHSDUOH0LQLVWqUHEULWDQQLTXHGHO¶LQWpULHXU YHQWH 9 S @ DLQVL TXH O¶RSLQLRQ LQGLYLGXHOOH GH 0 /HYL
concernant l’extradition du sénateur Pinochet.» Carneiro, juge à la Cour, dans l’affaire des Minquiers et Écréhous
/H %XUHDX G¶LQIRUPDWLRQ GLSORPDWLTXH GHYDLW OH UpSpWHU OH (arrêt, C.I.J. Recueil 1953, p. 108).
202
26 janvier 2000 (ibid., p. 97): Dans le cas contraire, elle ne parviendrait pas à produire les effets
©/H0LQLVWqUHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHV>«@DVLPSOHPHQWUpDI¿UPpj YRXOXV ©6L OD SURWHVWDWLRQ HVW LVROpH OD SUpVRPSWLRQ VXEVLVWH TXH OH
SOXVLHXUVUHSULVHVTXHOH*RXYHUQHPHQWHVSDJQROpWDLWIHUPHPHQWGpFLGp protestataire n’a pas eu la volonté réelle de s’opposer à l’état de choses
jQHSDVUHFRXULUFRQWUHODGpFLVLRQTXHSRXUUDLWSUHQGUHOH0LQLVWqUH prétendu illégitime» (Suy, op. cit., p. 79).
Actes unilatéraux des États 253
OD )UDQFH IRUPXOD XQH SURWHVWDWLRQ RI¿FLHOOH FRQWUH une reconnaissance. &¶HVWOHVHQVTXHUHYrWODSURWHVWDWLRQ
l’attitude de l’Allemagne jugée contraire à divers traités formulée par le Gouvernement chinois le 15 octobre 1980
LQWHUQDWLRQDX[ TXL HPSrFKDLHQW VRQ UpDUPHPHQW RX OH au sujet de la signature d’un accord entre les États-Unis et la
limitait: province chinoise de Taiwan octroyant certains privilèges
et immunités à leurs représentants respectifs. La Chine
/H*RXYHUQHPHQWGHOD5pSXEOLTXHDOHGHYRLUG¶pOHYHUODSURWHVWD- DYXGDQVFHWDFFRUGXQHYLRODWLRQÀDJUDQWHGHVHQJDJH-
WLRQODSOXVIRUPHOOHFRQWUHFHVPHVXUHVDXVXMHWGHVTXHOOHVLOIRUPXOH ments pris par le Gouvernement des États-Unis envers le
dès maintenant toutes réserves. […]
Gouvernement de la Chine lors de la reconnaissance de
'pFLGpHQFHTXLOHFRQFHUQHjUHFKHUFKHUWRXVOHVPR\HQVGHFRO- ce dernier par les États-Unis, le 15 décembre 1978, et de
laboration internationale propres à dissiper ce malaise et à sauvegar- O¶pWDEOLVVHPHQWGHUHODWLRQVGLSORPDWLTXHVHQWUHOHVGHX[
GHUODSDL[GHO¶(XURSHLOWLHQWjUpDI¿UPHUDYHFVRQUHVSHFWGHODIRL parties. Cette protestation fut remise par l’un des vice-
des traités, sa ferme résolution de n’accepter, dans aucune négociation,
TX¶LO SXLVVH rWUH IDLW pWDW GH GpFLVLRQV XQLODWpUDOHV SULVHV HQ YLRODWLRQ ministres chinois des affaires étrangères à l’ambassade
d’engagements internationaux211. des États-Unis à Pékin215. Il convient de citer à propos de
FHTXLSUpFqGHODSURWHVWDWLRQGX*RXYHUQHPHQWFKLQRLV
97. La protestation émise par la Chine au sujet de la contre certaines des dispositions de la loi américaine du
vente éventuelle d’armes par les États-Unis à la province 29 décembre 1981 sur l’immigration (26 mars 1982). La
chinoise de Taiwan, dans la déclaration du 21 juin 1980, a protestation portait plus particulièrement sur la disposi-
pWpFRQVLGpUpHFRPPHODSOXVVpULHXVHTXLDLWpWpIRUPXOpH WLRQTXLDXWRULVDLWO¶RFWURLFKDTXHDQQpHGHYLVDVj
par le Gouvernement de Pékin depuis sa reconnaissance des immigrants en provenance de la Chine continentale et
par les États-Unis, le 15 décembre 1978212. Au cours de d’un nombre égal de visas aux immigrants en provenance
l’année 1982, d’autres protestations de la Chine se sont de la province chinoise de Taiwan. Le Gouvernement de
succédé à l’égard des États-Unis en raison du maintien de 3pNLQDHVWLPpTXHFHWWHPHVXUHpTXLYDODLWjWUDLWHUODSUR-
ODSRVLWLRQGHFHGHUQLHUSD\VVXUODTXHVWLRQ:DVKLQJ- vince chinoise de Taiwan comme un «État», ou comme
ton et Pékin ont essayé de régler le problème par un une «entité indépendante», en violation des engagements
FRPPXQLTXpFRPPXQSXEOLpOHDRWGDQVOHTXHO pris par les deux pays216.
le Gouvernement des États-Unis annonçait son intention
GH QH SDV SRXUVXLYUH XQH SROLWLTXH GH YHQWH G¶DUPHV j 99. Toujours à propos de la province chinoise de
long terme à la province chinoise de Taiwan et de réduire 7DLZDQ OHV UHODWLRQV GLSORPDWLTXHV HQWUH OD &KLQH HW
considérablement celles-ci. Les ventes successives ont les Pays-Bas ont été réduites au niveau des chargés
SURYRTXpGHQRXYHOOHVUpDFWLRQVGHOD&KLQHTXLDSURWHVWp d’affaires à dater du 20 janvier 1981, à la suite de la vente
le 24 juillet 1983 contre ces décisions. Le 20 juin 1984, de deux sous-marins par le Gouvernement néerlandais
le Gouvernement chinois devait élever une nouvelle pro- aux autorités de la province chinoise de Taiwan. Le Gou-
testation contre la livraison d’avions de transport mili- vernement chinois a émis une protestation au sujet de
taires américains à la province chinoise de Taiwan213. Au ODYHQWHGHVVRXVPDULQVTXLVHORQOXL©QRQVHXOHPHQW
début de 2001, une déclaration des États-Unis annonçant FUp>DLW@GHVHQWUDYHVjXQHUpXQL¿FDWLRQSDFL¿TXHGHOD
la fourniture d’une assistance à la province chinoise de province chinoise de Taiwan avec la Chine continentale,
7DLZDQ GDQV OH GRPDLQH PLOLWDLUH D SURYRTXp XQH QRX- mais encore port[ait] atteinte à la paix et à la stabilité
velle protestation de la Chine214. dans la région217».
$VVXUpPHQW OD VLWXDWLRQ DPELJXs GDQV ODTXHOOH 100. La Chine a formulé une autre protestation à la
VH WURXYH OD SURYLQFH FKLQRLVH GH 7DLZDQ SURYRTXH GHV suite de l’escale du nouveau Président de la province
SURWHVWDWLRQVpQHUJLTXHVGHODSDUWGHOD&KLQHFKDTXHIRLV chinoise de Taiwan aux États-Unis. Pékin a fait part
TXH GHV eWDWV WLHUV PqQHQW GHV DFWLRQV GRQW RQ SRXUUDLW GH VRQ RSSRVLWLRQ DOOpJXDQW TXH ©OHV DXWRULWpV WDwZD-
déduire une certaine reconnaissance ou un premier pas vers naises utilis[ai]ent cette escale pour mener des activités
séparatistes218».
211
Texte reproduit par Kiss, op. cit., p. 15 et 16.
212
Cette protestation est ainsi libellée: /¶LQYDVLRQGHO¶$IJKDQLVWDQSDUO¶8QLRQVRYLpWLTXH
©7RXWHQDI¿UPDQWTX¶LOQHIHUDLWULHQSRXUFRPSURPHWWUHOHSURFHVVXV a donné lieu à de nombreuses protestations, parmi
de rapprochement entre la Chine continentale et la province chinoise OHVTXHOOHVRQQRWHUDHQSDUWLFXOLHUHQUDLVRQGHODYLJXHXU
de Taiwan, le Gouvernement américain envoie à l’heure actuelle
G¶pQRUPHVTXDQWLWpVG¶DUPHVjGHVWLQDWLRQGHODSURYLQFHFKLQRLVHGH des termes employés, la déclaration faite le 23 juin 1980 à
Taiwan. Cette discordance entre les mots et les faits ne représente rien la Conférence du G-7 (Canada, États-Unis, France, Italie,
G¶DXWUHTXHODPDXYDLVHIRLGDQVOHVUHODWLRQVLQWHUQDWLRQDOHV -DSRQ 5pSXEOLTXH IpGpUDOH G¶$OOHPDJQH HW 5R\DXPH
©,O HVW pYLGHQW TXH OD SRXUVXLWH GH OD YHQWH G¶DUPHV HQ TXDQWLWpV 8QL GDQVODTXHOOHLOHVWGLWQRWDPPHQW
croissantes à la province chinoise de Taiwan constitue une infraction
aux principes énoncés par l’accord sur l’établissement des relations
&¶HVWSRXUTXRLQRXVYRXORQVUpDI¿UPHUTXHO¶RFFXSDWLRQPLOLWDLUH
GLSORPDWLTXHVHQWUHOD5pSXEOLTXHSRSXODLUHGH&KLQHHWOHVeWDWV8QLV
VRYLpWLTXHGHO¶$IJKDQLVWDQHVWLQDFFHSWDEOHHWTXHQRXVVRPPHVGpWHU-
et affecte le développement normal des relations sino-américaines. Le
minés à ne l’accepter ni maintenant ni plus tard. Elle est incompatible
peuple chinois ne peut certainement pas rester indifférent devant une
avec la volonté d’indépendance nationale du peuple afghan comme
telle situation.»
l’atteste sa courageuse résistance, et avec la sécurité des États de la
(Rousseau, loc. cit., 1981, p. 119.)
213
région219.
Voir Rousseau, loc. cit., 1983, p. 839, et 1985, p. 124.
214
Washington a accepté le 23 avril 2001 de vendre à la province
FKLQRLVH GH 7DLZDQ XQH JUDQGH SDUWLH GHV DUPHV TX¶HOOH DYDLW 215
Voir Rousseau, loc. cit., 1981, p. 389.
commandées (destroyers, avions de patrouille, hélicoptères, pièces 216
Ibid., 1982, p. 780 et 781.
d’artillerie, missiles sol-air). L’Administration américaine a certes 217
Ibid., 1981, p. 545 et 546.
UHODWLYLVp OD SRUWpH GH OD WUDQVDFWLRQ HQ UDSSHODQW TX¶HOOH V¶LQVFULYDLW 218
dans le cadre du Taiwan Relations ActTXLIDLWREOLJDWLRQDX[eWDWV8QLV RGDIP, t. CIV, 2000, p. 1012.
219
de garantir la défense de l’île (RGDIP, t. CV, 2001, p. 735). Rousseau, loc. cit., 1980, p. 845.
Actes unilatéraux des États 255
102. Le 30 juillet 1980, le Parlement israélien a territoriales italiennes dans le golfe de Tarente par un
DSSURXYpOD/RLIRQGDPHQWDOHSURFODPDQWODUpXQL¿FDWLRQ VRXVPDULQVRYLpWLTXHOHIpYULHU224.
GH-pUXVDOHPIDLVDQWGHFHWWHYLOOHOD©FDSLWDOHpWHUQHOOHª
d’Israël, et y ordonnant le transfert des institutions 106. Le Premier Ministre suédois a envoyé une note
nationales. &HWWHGpFLVLRQDSURYRTXpGHWUqVQRPEUHXVHV de protestation à l’Ambassadeur d’URSS à Stockholm
réactions d’opposition: par exemple, le 31 juillet, le j OD VXLWH GH O¶LQFXUVLRQ GH VRXVPDULQV VRYLpWLTXHV
*RXYHUQHPHQW GH OD 5pSXEOLTXH IpGpUDOH G¶$OOHPDJQH dans les eaux suédoises en mars, avril, mai et juillet
GpFODUDLWTXHO¶DGRSWLRQGHFHWWHORLpWDLWFRQWUDLUHDXGURLW FRQVLGpUDQW TX¶LO V¶DJLVVDLW G¶XQH YLRODWLRQ
LQWHUQDWLRQDOHWDX[UpVROXWLRQVGHO¶218OHPrPHMRXU de l’intégrité territoriale de la Suède et d’une forme
le Ministère français des affaires étrangères déplorait ce d’espionnage225.
TX¶LO FRQVLGpUDLW FRPPH ©XQH GpFLVLRQ XQLODWpUDOH TXL
s’inscrit dans un ensemble de mesures visant à remettre 107. Plusieurs États tiers ont réagi lors du mouillage de
HQFDXVHOHVWDWXWGH-pUXVDOHPªOH'pSDUWHPHQWG¶eWDW PLQHVSDUOHVeWDWV8QLVGDQVGHVSRUWVGX1LFDUDJXDLOV
GHV eWDWV8QLV GpFODUDLW GDQV XQ FRPPXQLTXp TXH OHV ont élevé des protestations et se sont déclarés préoccupés
États-Unis considéraient «comme sans effet des actes par les mesures prises par la Central Intelligence Agency
XQLODWpUDX[ YLVDQW j PRGL¿HU OH VWDWXW GH -pUXVDOHP HQ (CIA) en rapport avec le minage de ports nicaraguayens
dehors du cadre d’un règlement négocié». En outre, les HQWUH DXWUHV OHV *RXYHUQHPHQWV EHOJH EULWDQQLTXH
eWDWVTXLDYDLHQWXQHPLVVLRQGLSORPDWLTXHj-pUXVDOHP français, japonais, néerlandais, mexicain et ouest-
annonçaient leur décision d’en transférer le siège à allemand). /HV TXDWUH eWDWV PHPEUHV GX JURXSH GH
Tel Aviv220. Contadora ont publié le 8 avril une déclaration commune
FRQGDPQDQWFHWWHLQLWLDWLYHODTXHOOHDpWppJDOHPHQWFUL-
103. La protestation de l’Égypte contre le projet israélien WLTXpHSDUOHVPLQLVWUHVGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVGHVeWDWV
de percement d’un canal reliant la Méditerranée à la mer membres de la CEE226.
0RUWH pWDLW IRQGpH VXU OH IDLW TXH OD FRQVWUXFWLRQ GH FH
canal, commençant dans la zone de Gaza et traversant à /H *RXYHUQHPHQW VRYLpWLTXH D pPLV XQH
l’arrivée une partie de la Cisjordanie occupée, était une protestation, le 18 mars 1986, au sujet de la violation des
initiative contraire à l’esprit et à la lettre des Accords de eaux territoriales de l’URSS par deux navires de guerre
Camp David et un obstacle à la paix221. Le Ministre bri- américains227.
WDQQLTXHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVLQWHUURJpjFHVXMHWDYDLW
UpSRQGXjO¶pSRTXH /H -DSRQ D SUpVHQWp XQH SURWHVWDWLRQ j O¶8QLRQ
VRYLpWLTXHjODVXLWHGHODYLRODWLRQGHVRQHVSDFHDpULHQ
Le projet, envisagé, est contraire au droit international dans la SDU XQ ERPEDUGLHU VRYLpWLTXH C’était la vingtième fois
PHVXUHRLOLPSOLTXHGHVWUDYDX[LOOpJDX[GDQVOHWHUULWRLUHRFFXSpHW
SRUWHDWWHLQWHDX[GURLWVGHOD-RUGDQLHVXUODPHU0RUWHHWOHVUpJLRQV
GH O¶DQQpH TX¶pWDLW VLJQDOpH O¶LQWUXVLRQ G¶XQ DYLRQ
avoisinantes. Le Gouvernement de Sa Majesté n’apportera aucun appui VRYLpWLTXHGDQVO¶HVSDFHDpULHQMDSRQDLV/HDRW
RI¿FLHOjFHSURMHW222. 0RVFRXDYDLWGpMjSUpVHQWpVHVH[FXVHVHWSURPLVTX¶DX-
FXQH DXWUH YLRODWLRQ GH O¶HVSDFH DpULHQ GX -DSRQ QH VH
104. Les États-Unis, la France et la Grande- reproduirait à l’avenir228.
Bretagne adressèrent le 15 juin 1981 une protestation
DX *RXYHUQHPHQW VRYLpWLTXH DSUqV O¶RUJDQLVDWLRQ OD 110. Une protestation a été formulée par les États-
YHLOOHSDUOHVDXWRULWpVGHOD5pSXEOLTXHGpPRFUDWLTXH Unis à la suite de la destruction par l’aviation cubaine, le
allemande, d’élections au suffrage universel direct 24 février 1996, de deux avions civils (de l’organisation
dans le secteur oriental de Berlin. Les États occiden- Hermanos al Rescate) non armés, immatriculés aux
WDX[ TXL DYDLHQW WUDQVPLV FHWWH QRWH SDU O¶LQWHUPp- États-Unis. Le lendemain, l’Ambassadrice des États-Unis
diaire de leurs ambassadeurs à Moscou estimaient auprès de l’Organisation des Nations Unies demandait la
TXH OD QRXYHOOH SURFpGXUH pOHFWRUDOH UHYHQDLW j IDLUH convocation d’une séance extraordinaire du Conseil de
de Berlin-Est une partie intégrante du territoire est- sécurité, comme le Président l’a immédiatement après
DOOHPDQGHQFRQWUDGLFWLRQDYHFO¶DFFRUGTXDGULSDUWLWH LQGLTXp ©SRXU FRQGDPQHU O¶LQWHUYHQWLRQ FXEDLQH HW
du 3 septembre 1971223. GHPDQGHUO¶LPSRVLWLRQGHVDQFWLRQVj&XEDMXVTX¶jFHTXH
O¶eWDWFXEDLQDFFHSWHGHVHFRQIRUPHUjO¶REOLJDWLRQTXL
105. Une protestation a été adressée à l’Ambassadeur lui incombe de respecter l’aviation civile et indemnise les
d’URSS à Rome par le Ministre italien des affaires IDPLOOHVGHV>TXDWUH@YLFWLPHV229».
pWUDQJqUHV j OD VXLWH GH FH TXH OH *RXYHUQHPHQW LWDOLHQ
considérait comme une violation inacceptable des eaux 'HVSURWHVWDWLRQVRQWpWppOHYpHVFRQWUHOHVDWWDTXHV
menées par les États-Unis en Afghanistan et au Soudan en
220
Ibid., 1981, p. 182 et 183. UHSUpVDLOOHVDX[DWWHQWDWVjODERPEHTXLDYDLHQWHXOLHX
221
Ibid., p. 866 et 867. OHDRWGDQVOHVDPEDVVDGHVGHVeWDWV8QLVj'DU
222
Marston, «United Kingdom… 1981», p. 467. Le 4 décembre 1981, es-Salaam et Nairobi. Le Gouvernement soudanais a for-
ORUVGHO¶H[DPHQGHFHWWHTXHVWLRQSDUOD&RPPLVVLRQSROLWLTXHVSpFLDOH PXOpXQHSURWHVWDWLRQFRQVLGpUDQWFHWWHDWWDTXHFRPPH
de l’Assemblée générale, le Représentant du Royaume-Uni, rappelant
ODSRVLWLRQGHVPHPEUHVGHOD&RPPXQDXWppFRQRPLTXHHXURSpHQQHD
DI¿UPp LELGS 224
Ibid., p. 598.
«La construction du canal envisagé ne pourra en aucune façon être 225
Ibid., 1983, p. 900.
considérée comme un simple acte d’administration. En outre, les Dix 226
Ibid., 1984, p. 670.
HVWLPHQW TXH FH FDQDO SRXUUDLW DXVVL SRUWHU SUpMXGLFH j O¶DYHQLU GH OD 227
EDQGHGH*D]DTXLGHYUDLWrWUHGpWHUPLQpGDQVOHFDGUHG¶XQUqJOHPHQW Ibid., 1986, p. 657 et 658.
228
de paix global. Les Dix réitèrent donc leur opposition au projet.» Ibid.,1988, p. 402.
223 229
Voir Rousseau, loc. cit., 1982, p. 120. Nash Leich, loc. cit., 1996, p. 449.
256 Documents de la cinquante-sixième session
>XQH@DJUHVVLRQLQLTXHTXLFRQVWLWXHXQHYLRODWLRQÀDJUDQWHGHODVRXYH- MDQYLHUSDUOH%XUHDXG¶LQIRUPDWLRQGLSORPDWLTXH
raineté et de l’intégrité territoriale d’un État Membre de l’Organisation TXLIDLWSDUWGHVDSRVLWLRQDXVXMHWGXWUDLWHPHQWUpVHUYp
des Nations Unies en violation des règles et coutumes internationales,
de la Charte des Nations Unies et du comportement humain moderne230. SDU OH *RXYHUQHPHQW LUDTXLHQ DX[ VROGDWV SULVRQQLHUV
RULJLQDLUHVGHVeWDWVTXLDYDLHQWGpSOR\pGHVFRQWLQJHQWV
112. Par la suite, des États ont formulé des protestations dans la zone à partir du 16 janvier 1991. Le Gouvernement
SUHVTXH LPPpGLDWHPHQW FRQWUH OHV DWWDTXHV PHQpHV SDU espagnol
l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999: l’Autriche a
fermé son espace aérien aux avions militaires de l’OTAN. FRQGDPQHGHODIDoRQODSOXVpQHUJLTXHOHWUDLWHPHQWLQKXPDLQLQÀLJp
SDU O¶,UDT DX[ SULVRQQLHUV GH JXHUUH GHV IRUFHV PXOWLQDWLRQDOHV DLQVL
La Fédération de Russie a rappelé son ambassadeur auprès TXH OD PDQLSXODWLRQ TXH VXSSRVH OD SUpVHQWDWLRQ ELDLVpH GHV IDLWV
GHFHWWHRUJDQLVDWLRQHWDFRQGDPQpOHVDWWDTXHVIDLVDQW aux médias, et la menace d’utiliser ces prisonniers comme boucliers
YDORLUTXHOHVRUJDQLVDWLRQVUpJLRQDOHVQHGHYDLHQWPHQHU KXPDLQVVXUGHVLQVWDOODWLRQVPLOLWDLUHVFHTXLFRQVWLWXHXQHYLRODWLRQ
GHVDFWLRQVSRXUUHVWDXUHUODSDL[HWODVpFXULWpTXHVLHOOHV\ ÀDJUDQWHGXGURLWLQWHUQDWLRQDOHWGHVUqJOHVG¶KXPDQLWppOpPHQWDLUHV235.
étaient expressément autorisées par le Conseil de sécurité.
Pour la même raison, le Bélarus, la Chine, Cuba, l’Inde et 117. Le Gouvernement espagnol a condamné le
l’Ukraine se sont associés à cette condamnation231. ERPEDUGHPHQW SDU OHV eWDWV TXL FRRSpUDLHQW DYHF OH
.RZHwW G¶REMHFWLIV FLYLOV j %DJGDG ERPEDUGHPHQWV TXL
113. En relation avec les opérations menées en ont fait un très grand nombre de morts parmi les civils.
ex-Yougoslavie, on citera également les protestations Par la suite, le chef du Gouvernement espagnol a adressé
IRUPXOpHVSDUOD&KLQHFRQWUHO¶DWWDTXHGHO¶DPEDVVDGHGH une lettre personnelle au Président des États-Unis dans
Chine à Belgrade le 7 mai 1999 par les forces de l’OTAN, ODTXHOOHLOSUpFLVDLWODSRVLWLRQGHO¶(VSDJQH
TXLDIDLWWURLVPRUWVHWXQHYLQJWDLQHGHEOHVVpV232. [L]’exécutif est convaincu de la ferme volonté de la coalition inter-
nationale de faire le moins de victimes possible dans la population
114. L’Espagne a présenté une note verbale de FLYLOHHWVXJJqUHSDUFRQVpTXHQWTX¶XQHHQTXrWHVRLWRXYHUWHSRXUIDLUH
protestation par l’intermédiaire de son ambassade, à la suite WRXWHODOXPLqUHVXUOHERPEDUGHPHQWGHUpIXJLpVLUDTXLHQV>«@
de l’incident dont avait été victime, le 4 septembre 1988, /H *RXYHUQHPHQW HVSDJQRO HVWLPH TX¶LO GHYUDLW rWUH PLV ¿Q DX[
XQHUHVVRUWLVVDQWHHVSDJQROHORUVG¶XQYR\DJHWRXULVWLTXH opérations aériennes de la coalition multinationale sur Bagdad et
j&XEDOHVDXWRULWpVFXEDLQHVQHOXLDYDLHQWSDVSHUPLVGH d’autres villes et concentrer les efforts de guerre sur les zones d’opéra-
prendre contact avec l’ambassade d’Espagne et l’avaient WLRQVDXWRXUGX.RZHwW236.
expulsée du pays233.
118. En réalité, dans ce dernier cas, la protestation
115. Une protestation a été adressée par l’Espagne UHYrWDLWXQHIRUPHDVVH]YRLOpHODIHUPHWpDYHFODTXHOOH
DX 0H[LTXH j OD VXLWH GH OD JDUGH j YXH GH OD GpSXWpH celle-ci doit généralement être formulée dépendant
Ángeles Maestro Martín par la police mexicaine les 9 et donc directement de la position spéciale de l’Espagne
10 octobre 1994234. en l’espèce. Cette position est exprimée d’une manière
radicalement différente de celle dont est formulée la note
/HV pYpQHPHQWV TXL RQW VXLYL O¶LQYDVLRQ GX GX *RXYHUQHPHQW HVSDJQRO FRQGDPQDQW pQHUJLTXHPHQW
.RZHwWSDUO¶,UDTRQWSURYRTXpXQWUqVJUDQGQRPEUHGH OH WUDLWHPHQW LQÀLJp SDU O¶,UDT DX[ UHVVRUWLVVDQWV G¶eWDWV
protestations de la part de l’Espagne au sujet de diverses RFFLGHQWDX[QRWDPPHQWHVSDJQROVTXLVHWURXYDLHQWVXU
VLWXDWLRQV LO HVW LQWpUHVVDQW G¶DQDO\VHU FHV SURWHVWDWLRQV OHWHUULWRLUHLUDTXLHQRXDX.RZHwW
et la nature de chacune d’elles selon son destinataire. UpDI¿UPHVDSUpRFFXSDWLRQFRQVWDQWHGHYDQWODSHUVLVWDQFHGHVDXWRULWpV
On citera notamment la protestation formulée le LUDTXLHQQHVjHPSrFKHUGHSDUWLUOHVFLWR\HQVHVSDJQROVHWOHVUHVVRUWLV-
VDQWVG¶DXWUHVSD\VTXLVHWURXYHQWDX.RZHwWHWHQ,UDT
230
/HWWUHGDWpHGXDRWDGUHVVpHDX3UpVLGHQWGX&RQVHLO
/H*RXYHUQHPHQWUHMHWWHODSUDWLTXHLUDTXLHQQHFRQVLVWDQWjLVROHU
de sécurité par le Ministre soudanais des relations extérieures,
OHVQDWLRQDX[GHTXHOTXHVSD\VHWGHPDQGHTX¶LOVRLWPLVLPPpGLDWH-
S/1998/786, annexe, par. 2. Voir également les lettres datées des 22,
PHQW¿QjODGpWHQWLRQGHFHVSHUVRQQHVLQQRFHQWHV237.
HWDRWDGUHVVpHVDX3UpVLGHQWGX&RQVHLOGHVpFXULWpSDUOH
Représentant permanent du Soudan auprès de l’Organisation des Nations
Unies, S/1998/792, S/1998/793 et S/1998/801. Un représentant des 119. Les 12 membres de la CEE ont fait une déclaration
7DOLEDQDSURWHVWpFRQWUHOHODQFHPHQWGHPLVVLOHVDXPrPHWLWUHTXHOHV OHPDLGDQVOHFDGUHGHODFRRSpUDWLRQSROLWLTXH
*RXYHUQHPHQWVLUDQLHQLUDTXLHQOLE\HQSDNLVWDQDLVUXVVHHW\pPpQLWH européenne, pour faire part de leur position à l’égard
GHVUHSUpVHQWDQWVSDOHVWLQLHQVHWFHUWDLQVJURXSHVPLOLWDLUHVLVODPLTXHV GH OD SROLWLTXH G¶LPSODQWDWLRQ GH QRXYHOOHV FRORQLHV
/H6HFUpWDULDWGHOD/LJXHGHVeWDWVDUDEHVDFRQGDPQpO¶DWWDTXHFRQWUH
le Soudan considérée comme une violation du droit international mais israéliennes dans les territoires arabes occupés (il
DFHSHQGDQWJDUGpOHVLOHQFHjSURSRVGHO¶$IJKDQLVWDQG¶DXWUHVeWDWV V¶DJLW G¶XQH SURWHVWDWLRQ TXL LPSOLTXH HQ RXWUH OD QRQ
ont exprimé toutefois leur appui, ou du moins leur compréhension, à UHFRQQDLVVDQFHGHFHWWHSROLWLTXHMXJpHFRQWUDLUHDXGURLW
OD VXLWH GHV DWWDTXHV QRWDPPHQW O¶$XVWUDOLH OD )UDQFH O¶$OOHPDJQH par les membres de la Communauté): la Communauté
OH-DSRQO¶(VSDJQHHWOH5R\DXPH8QL YRLU0XUSK\ORFFLW HW VHV eWDWV PHPEUHV GpSORUHQW TXH OH *RXYHUQHPHQW
p. 164 et 165).
231
Ibid., p. 633, et ibid., 2000, p. 127.
israélien ait permis ces nouvelles colonies et considèrent
232
Ibid., 2000, p. 127.
TXHO¶LPSODQWDWLRQGHWRXWHQRXYHOOHFRORQLHLVUDpOLHQQH
233
%ROHWtQ R¿FLDO GH ODV &RUWHV JHQHUDOHV, Sénat, série I, 1988,
dans les territoires occupés est illégale en toute
troisième législature, no 253, p. 10594, et Revista española de derecho circonstance, et particulièrement malvenue à un moment
internacional, vol. XLI, no 1, 1989, p. 189. où toutes les parties devraient faire preuve de souplesse
234
/¶(VSDJQH D SURWHVWp WDQW FRQWUH FHWWH JDUGH j YXH TXH FRQWUH
OHIDLWTXHODGpSXWpHQ¶DYDLWSDVpWpDXWRULVpHjSUHQGUHFRQWDFWDYHF 235
Revista española de derecho internacional, vol. XLIII, no 1,
O¶DPEDVVDGH G¶(VSDJQH ORUVTX¶HOOH HQ DYDLW IDLW OD GHPDQGH &RUWHV
1991, p. 139.
générales, Diario de sesiones del Congreso de los Diputados, 1994, 236
FLQTXLqPHOpJLVODWXUHQo 396, p. 12224, et Revista española de derecho Ibid.
internacional, vol. XLVII, no 2, 1995, p. 142). 237
Ibid., p. 140.
Actes unilatéraux des États 257
129. Le Gouvernement espagnol a adressé une note dernière, d’un barrage dans le détroit de Kertch, vers l’île
YHUEDOHGHSURWHVWDWLRQDX*RXYHUQHPHQWEULWDQQLTXHHQ ukrainienne de Tuzla. Cette situation a amené l’Ukraine à
1992, à l’occasion des manœuvres réalisées par un groupe pOHYHUGHVSURWHVWDWLRQVDXSRLQWTXHOHVDXWRULWpVUXVVHV
de militaires de Gibraltar dans la Sierra Nevada, sans RQW¿QLSDUVXVSHQGUHODFRQVWUXFWLRQGXEDUUDJH253.
TXHFHOOHVFLDLHQWpWpQRWL¿pHVjO¶(VSDJQHLe Ministre
espagnol des affaires étrangères a ordonné la suspen- c) Protestation visant à empêcher la consolidation
VLRQLPPpGLDWHGHFHVDFWLYLWpV QRQRI¿FLHOOHVVHORQOD d’une situation juridique concernant un territoire donné
UpSRQVHEULWDQQLTXH HWUDSSHOpHQRXWUHTXHFHOOHVFLQH
pouvaient se dérouler sans avoir été préalablement noti- i) Du territoire au sens strict
¿pHVDX[DXWRULWpVHVSDJQROHVHWDXWRULVpHVSDUFHOOHVFL249.
134. Dans l’affaire de l’Île de BulamaTXLDRSSRVpOH
130. L’Espagne a adressé une protestation au Portugal Portugal au Royaume-Uni au sujet de la souveraineté sur
suite à l’incident survenu le 10 septembre 1996 entre un cette île, la protestation ininterrompue du Portugal face
navire de pêche de Huelva et un patrouilleur portugais, DX[DFWHVEULWDQQLTXHVDLQVLTXHODUpDOLVDWLRQSDUFHSD\V
TXL D RXYHUW OH IHX VXU OH SUHPLHU SDUFH TX¶LO SrFKDLW d’actes appuyant ses revendications, ont conduit l’arbitre
prétendument dans les eaux portugaises, à l’embouchure à décider, le 21 avril 1870,
du Guadiana. L’Espagne a adressé une note de protestation
directement aux autorités portugaises, par l’intermédiaire TX¶DXFXQ GHV DFWHV UpDOLVpV j O¶DSSXL GX WLWUH EULWDQQLTXH Q¶D\DQW pWp
GX&RQVXOG¶(VSDJQHHQRXWUHOH0LQLVWUHHVSDJQROGHV accepté par le Portugal, […] les revendications du Gouvernement de Sa
Majesté Très Fidèle le Roi de Portugal sur l’île de Bulama, sur la côte
DIIDLUHVpWUDQJqUHVDFRQYRTXpO¶$PEDVVDGHXUGX3RUWX- RFFLGHQWDOHGHO¶$IULTXHHWVXUXQHFHUWDLQHSDUWLHGHWHUULWRLUHVLWXpHHQ
JDO DXTXHO LO D UHPLV OD SURWHVWDWLRQ GX *RXYHUQHPHQW face de cette île sur le continent, sont tenues pour établies254.
espagnol en réaction à un acte considéré comme injusti-
¿p3RXUOHXUSDUWOHVDXWRULWpVSRUWXJDLVHVRQWGLIIXVpXQ 135. Dans l’affaire du ChamizalTXLDRSSRVpHQ
FRPPXQLTXpGDQVOHTXHOHOOHVUHJUHWWDLHQWO¶LQFLGHQW8Q OHVeWDWV8QLVHWOH0H[LTXHDXVXMHWGHODGpOLPLWDWLRQGH
PpFDQLVPHTXLHQIDLWDYDLWGpMjpWpDPRUFpDpWpHQYL- la frontière dans la région du Río Grande entre El Paso
sagé, à savoir la possibilité d’instaurer une collaboration 7H[DV HW &LXGDG -XiUH] OD &RPPLVVLRQ LQWHUQDWLRQDOH
HQWUHOHVGHX[SD\VjO¶LPDJHGHFHTXLVHIDLVDLWGpMjDYHF des frontières a souligné, dans sa décision du 15 juin 1911,
G¶DXWUHVSD\VHXURSpHQVD¿QG¶pYLWHUOHVLQFLGHQWVHQWUH TXH OD SURWHVWDWLRQ PH[LFDLQH V¶RSSRVDLW j FH TXH OHV
les autorités chargées de la surveillance et les navires d’un
pays voisin250.
253
¬ SOXVLHXUV UHSULVHV OH 3UpVLGHQW XNUDLQLHQ D DQQRQFp TX¶XQH
$¿Q TXH OHV SURWHVWDWLRQV DFTXLqUHQW GDYDQWDJH riposte militaire se produirait au cas où les lignes de démarcation
FRQWHVWpHVVHUDLHQWIUDQFKLHV,ODGpFODUpTXHVRQSD\VVHFRQVLGpUHUDLW
GHIHUPHWpLOHVWGHSOXVHQSOXVIUpTXHQWTX¶HOOHVVRLHQW DJUHVVpVLFHVOLJQHVGHGpPDUFDWLRQpWDLHQWIUDQFKLHVFHTXLGRQQHUDLW
formulées dans des instances internationales, y compris lieu à l’adoption de mesures de rétorsion. En tout état de cause, la
dans des déclarations communes. Une illustration de poursuite des travaux serait considérée comme un acte inamical.
FHWWH SUDWLTXH TXRLTX¶XQ SHX PDUJLQDOH HVW IRXUQLH SDU Il convient de mentionner l’élément non verbal de l’acte unilatéral
O¶DWROOGH3DOP\UDGDQVOH3DFL¿TXH6XGTXHOHVeWDWV XNUDLQLHQ í TXL SRXUUDLW IDLUH SDUWLH GHV FRPSRUWHPHQWV SURGXLVDQW
GHV HIIHWV MXULGLTXHV í j VDYRLU OH GpSORLHPHQW VXU O¶vOH FRQVLGpUpH
Unis envisageaient de transformer en une décharge pour comme ukrainienne de plusieurs unités de l’armée, en vue d’établir une
GpFKHWV QXFOpDLUHV FH SURMHW D pWp FRQGDPQp HQ MXLOOHW surveillance permanente. Par ailleurs, le Président ukrainien a annoncé
SDUXQHUpVROXWLRQGX)RUXPGX3DFL¿TXH6XGTXL TX¶DX FDV R OH EDUUDJH UXVVH IUDQFKLUDLW OD OLJQH GH GpPDUFDWLRQ
UHJURXSHO¶$XVWUDOLHOD1RXYHOOH=pODQGHHWXQHGL]DLQH O¶8NUDLQHVXVSHQGUDLWVDSDUWLFLSDWLRQjO¶HVSDFHpFRQRPLTXHFRPPXQ
(créé par le Bélarus, la Fédération de Russie et le Kazakhstan).
d’îlots de la région. Cette démarche a été suivie par le /RUVTXH OD )pGpUDWLRQ GH 5XVVLH TXHOTXHV MRXUV DSUqV OH GpEXW GH
-DSRQODSURYLQFHFKLQRLVHGH7DLZDQHWOHV3KLOLSSLQHV la controverse, a demandé à l’Ukraine des documents susceptibles
'H PrPH OHV *RXYHUQHPHQWV GH TXDWUH DUFKLSHOV YRL- d’appuyer ses prétentions territoriales sur l’île de Tuzla, l’Ukraine a
VLQVí*XDP+DZDwOHV0DULDQQHVGX1RUGHWOHV6DPRD élevé de nouvelles protestations, par l’intermédiaire du porte-parole du
í RQW SXEOLp DX GpEXW G¶RFWREUH XQH GpFODUDWLRQ *RXYHUQHPHQWTXLDGpFODUpTXHVRQJRXYHUQHPHQWpWDLWPpFRQWHQWGH
la demande de copies des documents établissant la propriété ukrainienne
FRQMRLQWH GDQV ODTXHOOH LOV FRQGDPQDLHQW FHWWH LQLWLDWLYH GHO¶vOHGH7X]OD,OpWDLWLQDFFHSWDEOHTXH.LHYGRLYHFRQ¿UPHUOHIDLW
HWDI¿UPDLHQWOHXUWRWDOHRSSRVLWLRQjFHWWHRSpUDWLRQ251. LQFRQWHVWDEOHTXHO¶vOHIDLVDLWSDUWLHGXWHUULWRLUHXNUDLQLHQ,ODpWpPLV
XQWHUPHjODSROpPLTXHORUVGHODUpXQLRQFRQMRLQWHGHVPLQLVWUHVGHV
132. Les chefs de gouvernement des 16 pays du Forum DIIDLUHV pWUDQJqUHV TXL RQW DGRSWp OH RFWREUH OD GpFODUDWLRQ
conjointe suivante, également publiée sur le site Web du Ministère des
GX3DFL¿TXH6XGUpXQLVj0DGDQJ 3DSRXDVLH1RXYHOOH affaires étrangères russe ([Link]):
Guinée), ont exprimé unanimement, le 14 septembre 1995, ©,O D pWp GpFLGp GH FUpHU GHV JURXSHV GH WUDYDLO DSSURSULpV TXL
leur extrême indignation après la reprise des essais s’attacheront à élaborer des accords bilatéraux de coopération dans
nucléaires français252. la mer d’Azov et dans le détroit de Kertch dans les domaines de
la navigation, de la pêche, de la gestion de l’environnement, de
l’exploration des fonds marins, de l’écologie, etc.
133. Le 19 octobre 2003, la tension est montée nettement ©8Q DFFRUG D pWp FRQFOX HQ YXH G¶DFFpOpUHU O¶H[DPHQ pFRORJLTXH
j SURSRV GX FRQWHQWLHX[ TXL RSSRVH OD )pGpUDWLRQ GH conjoint de la situation dans le détroit de Kertch.
Russie et l’Ukraine au sujet de la construction, par cette «Les ministres ont exprimé leur ferme intention de développer les
relations entre la Fédération de Russie et l’Ukraine, par l’intermédiaire
GHVSDUWHQDLUHVVWUDWpJLTXHVSXEOLFVVXUODEDVHGXWUDLWpG¶DPLWLpGH
249 FRRSpUDWLRQHWGHSDUWHQDULDWGXPDLTXLSUpYRLWHQSDUWLFXOLHU
Spanish Yearbook of International Law, vol. II, 1992, p. 175.
250
le respect mutuel, l’égalité souveraine, l’intégrité territoriale et
Diario de sesiones del Congreso de los Diputados, sixième l’inviolabilité des frontières communes, conformément aux règles du
législature, 1996, no 24, p. 992 et 993, et Revista española de derecho droit international et dans le respect des obligations conventionnelles
internacional, vol. XLIX, no 1, 1997, p. 153. et bilatérales.»
251
Voir Rousseau, loc. cit., 1980, p. 378 et 616, et 1981, p. 406. 254
Moore, History and Digest…, vol. II, p. 1921. Voir également
252
Voir RGDIP, t. IC, 1995, p. 983. Coussirat-Coustère et Eisemann, op. cit., p. 78.
Actes unilatéraux des États 259
allégations américaines soient prises en compte255. La 141. Le Ministre des affaires étrangères du Chili a
&RPPLVVLRQDDI¿UPpTXH élevé une protestation suite à la mise en circulation par la
France, en avril 1991, d’un timbre-poste incluant l’île de
En l’espèce, la revendication mexicaine a été présentée à la Commission 3kTXHVGDQVOD3RO\QpVLHIUDQoDLVHVLWXDWLRQjODTXHOOHOH
LQWHUQDWLRQDOHGHVIURQWLqUHVGDQVXQGpODLUDLVRQQDEOHDSUqVTX¶HOOHHXW Chili s’est fermement opposé262.
commencé à exercer ses fonctions, et, avant cette date, le Gouvernement
PH[LFDLQDIDLWWRXWFHTX¶LOSRXYDLWUDLVRQQDEOHPHQWIDLUHSRXUSURWHV-
ter contre la violation alléguée256. 142. Une note de protestation du Gouvernement
estonien a été remise, le 22 juin 1994, à l’Ambassadeur
136. Par une déclaration publiée le 26 septembre 1979, le de la Fédération de Russie à Tallinn, à la suite du décret
Ministre chinois des affaires étrangères a solennellement du Président russe visant à établir unilatéralement le tracé
UpDI¿UPp O¶DSSDUWHQDQFH GH O¶DUFKLSHO GHV 6SUDWO\ des frontières entre l’Estonie et la Fédération de Russie.
(Nansha) à la Chine. Cette déclaration faisait suite à un /D SUHPLqUH UpFODPH GHX[ WHUULWRLUHV IURQWDOLHUV TXL OXL
FRPPXQLTXpGX*RXYHUQHPHQWGH0DQLOOHTXLTXDOL¿DLW DSSDUWHQDLHQW DYDQW O¶DQQH[LRQ VRYLpWLTXH GH /H
l’archipel de nouveau territoire des Philippines257. DRWOH3UHPLHU0LQLVWUHHVWRQLHQDGHQRXYHDX
demandé à la Fédération de Russie d’arrêter ses travaux
137. Dans une allocution prononcée le 10 octobre 1978 de démarcation de la frontière russo-estonienne263.
à l’Université américaine de Georgetown (Washington),
OH 0LQLVWUH PDURFDLQ GHV DIIDLUHV pWUDQJqUHV D UpDI¿UPp 143. Des protestations relatives à un contentieux
la position de son pays au sujet des présides espagnols territorial et colonial non encore réglé ont été émises,
GH&HXWDHW0HOLOODHWGpFODUpTXHOH0DURFQ¶DXUDLWSDV WHOOHV TXH OD QRWH DGUHVVpH OH VHSWHPEUH SDU
WRWDOHPHQW UHFRXYUp VRQ LQWpJULWp WHUULWRULDOH WDQW TX¶LO l’Argentine aux Pays-Bas [dépositaire de divers traités
n’aurait pas rétabli sa souveraineté sur ces enclaves. Ces DX[TXHOV OH 5R\DXPH8QL HVW SDUWLH HW TXL SUpYR\DLHQW
SURSRVRQWVXVFLWpXQHSURPSWHUpSOLTXHGX0LQLVWUHHVSD- leur application aux îles Falkland (Malvinas)]. Le 6 jan-
JQROGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVTXLDGpFODUpTXHO¶(VSDJQH YLHUOH*RXYHUQHPHQWEULWDQQLTXHDIDLWGHPrPH
UpDI¿UPDLW XQH IRLV GH SOXV DYHF OD SOXV JUDQGH IHUPHWp et adressé une note au Gouvernement néerlandais, dans
O¶KLVSDQLWp GHV SUpVLGHV HW TX¶HOOH UHMHWDLW WRWDOHPHQW OHV ODTXHOOHLOGpFODUDLW
prétentions inadmissibles du Ministre marocain. En même
temps, l’Ambassadeur d’Espagne à Rabat a élevé une Le Royaume-Uni ne saurait donc accepter la déclaration de l’Argen-
pQHUJLTXH SURWHVWDWLRQ DXSUqV GHV DXWRULWpV PDURFDLQHV tine mentionnée plus haut dans la mesure où elle vise à remettre en
'H VRQ F{Wp OH 5RL -XDQ &DUORV D DMRXUQp sine die le TXHVWLRQOHGURLWGX5R\DXPH8QLG¶DSSOLTXHUOHVGLWHVFRQYHQWLRQVDX[
îles Falkland et à leurs dépendances, tout comme il ne saurait accepter
YR\DJHTX¶LOGHYDLWIDLUHDX0DURFHQGpFHPEUH258. TXHOH*RXYHUQHPHQWGHOD5pSXEOLTXHG¶$UJHQWLQHGLVSRVHG¶XQGURLW
TXHOFRQTXHjFHWpJDUG264.
138. L’Ambassadeur du Viet Nam à Pékin a rejeté,
le 31 janvier 1980, un document chinois précisant /H 0LQLVWUH EULWDQQLTXH GHV DIIDLUHV pWUDQJqUHV D
expressément les revendications chinoises sur les îles DI¿UPp DX VXMHW GHV vOHV 6DQGZLFK GX 6XG pJDOHPHQW
3DUDFHOVHW6SUDWO\HWUpDI¿UPDQWXQHIRLVGHSOXVTXHOHV UHYHQGLTXpHVSDUO¶$UJHQWLQH
deux archipels font partie intégrante du territoire chinois
depuis des temps immémoriaux259. Le Gouvernement de Sa Majesté a adressé des protestations répé-
tées au Gouvernement argentin, très récemment lors des pourparlers
anglo-argentins, tenus à New York en février 1982, au sujet de sa sta-
139. Le 23 mai 1981, le Parlement du Bangladesh a WLRQVFLHQWL¿TXHLOOpJDOHGDQVOD7KXOpGX6XG/H5R\DXPH8QLUHV-
adopté à l’unanimité une résolution protestant contre SHFWHOHGURLWLQWHUQDWLRQDOHWOD&KDUWHGHV1DWLRQV8QLHVTXLSUpYRLHQW
O¶RFFXSDWLRQ PLOLWDLUH LQMXVWL¿pH GH O¶vOH 0RRUH SDU OHV TXH OHV GLIIpUHQGV GRLYHQW rWUH UpJOpV SDU GHV PR\HQV SDFL¿TXHV La
SRVLWLRQMXULGLTXHEULWDQQLTXHHVWGRQFSOHLQHPHQWSURWpJpH265.
autorités indiennes et demandant au Gouvernement de
New Delhi de rappeler immédiatement ses troupes et de 145. L’Inde a rejeté, en juin 1999, les déclarations
UHFKHUFKHUDYHFOXLXQHVROXWLRQSDFL¿TXHGXGLIIpUHQG260. du Ministre pakistanais des affaires étrangères selon
OHVTXHOOHV OD OLJQH GH GpPDUFDWLRQ TXL VpSDUH O¶,QGH GX
140. Le Gouvernement des États-Unis a élevé une Pakistan dans la zone du Cachemire n’est pas correctement
SURWHVWDWLRQ OH MXLQ FRQWUH OH GpEDUTXHPHQW Gp¿QLHHWIHUDLWO¶REMHWGHGLVFXVVLRQV266.
intervenu le 18 juin, de plusieurs fonctionnaires canadiens
à Machias Seal Island, située dans le golfe de Maine, île /HFRQÀLWGX6DKDUDRFFLGHQWDOTXLQ¶HVWWRXMRXUV
UHYHQGLTXpHSDUOHVGHX[eWDWV/H&DQDGDDUpSOLTXpTXH pas réglé, a amené le Maroc à faire des déclarations
O¶vOHIDLWSDUWLHGHVRQWHUULWRLUHHWTXHODSDWURXLOOHGHOD SDU OHVTXHOOHV LO UHMHWWH OH SODQ GH SDL[ SRXU OH 6DKDUD
police montée effectuait un contrôle de routine261. occidental élaboré par l’envoyé personnel du Secrétaire
général de l’Organisation des Nations Unies267.
255
En vertu de ces allégations, la prescription et la possession
ininterrompue depuis 1848 pourraient être considérées comme un motif 262
Ibid., 1992, p. 120.
MXVWL¿DQWVHORQOHVeWDWV8QLVTXHOD&RPPLVVLRQGpFLGHTXHOD]RQH 263
Voir RGDIP, vol. XCVIII, 1994, p. 732, 733 et 973.
objet du différend appartient à ce pays (Suy, op. cit., p. 72). 264
256 Marston, «United Kingdom… 1981», p. 446 et 447.
Nations Unies, Recueil des sentences arbitrales, vol. XI (numéro 265
de vente: 61.V.4), p. 329. Voir également AJIL, vol. 5, 1911, p. 807. Ibid., «United Kingdom… 1982», p. 430.
266
257
Voir Rousseau, loc. cit., 1980, p. 603. Poulain, loc. cit., 1999, p. 952.
258
,ELG S Le Monde et Journal de Genève,
267
6 HW &RUU DQQH[H ,, 'DQV XQ FRPPXQLTXp OH
12 octobre 1978. 0LQLVWqUHPDURFDLQGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHVDI¿UPHTXHOH0DURFWLHQWj
259 UpDI¿UPHUIHUPHPHQWVRQUHMHWGXSODQSUpVHQWpSDU-DPHV%DNHUWDQW
Ibid., 1980, p. 605 et 606.
260
DXQLYHDXGHVRQDUFKLWHFWXUHJpQpUDOHTXHGHVHVPRGDOLWpVSUDWLTXHV
Ibid., 1981, p. 854. au nom de considérations de principe, de motifs d’ordre opérationnel et
261
Ibid., 1985, p. 123. d’impératifs de sécurité régionale.
260 Documents de la cinquante-sixième session
(Q FH TXL FRQFHUQH OH GLIIpUHQG WHUULWRULDO HQWUH OH 150. La décision du Gouvernement indonésien d’étendre
Guyana et le Venezuela, il est intéressant de prendre note j PLOOHV QDXWLTXHV VHV HDX[ WHUULWRULDOHV DXWRXU GH
GH O¶RSLQLRQ H[SULPpH VXU OH VLWH RI¿FLHO GX 0LQLVWqUH l’archipel, adoptée le 13 décembre 1957, a donné lieu à
vénézuélien des affaires étrangères au sujet de la plusieurs protestations274.
VLJQL¿FDWLRQ G¶XQ DFFRUG ELODWpUDO UHODWLI j XQH VLWXDWLRQ
MXULGLTXH DQWpULHXUH j VDYRLU OD VHQWHQFH DUELWUDOH GH 151. Le Venezuela a adressé plusieurs protestations
1899268. 6XUOHSODQVWULFWHPHQWMXULGLTXHHVWLOLQGLTXpVXU RI¿FLHOOHV j OD &RORPELH DSUqV TXH FHOOHFL HXW SpQpWUp
ce site, l’Accord de Genève du 17 février 1966269 «n’inva- dans ses eaux territoriales, en particulier dans des espaces
OLGHSDVODVHQWHQFHGHPDLVLOODUHPHWHQTXHVWLRQHW maritimes faisant l’objet de négociations bilatérales en
UHFRQQDvWODFRQWHVWDWLRQYpQp]XpOLHQQHHQFHTX¶LOSUHQG vue d’établir leur délimitation. Tel est le cas de la note
DFWHGHO¶DI¿UPDWLRQVHORQODTXHOOHODVHQWHQFHDUELWUDOHGH GXVHSWHPEUHGDQVODTXHOOHOH9HQH]XHODLQGLTXH
1899 relative à la frontière entre le Venezuela et le Guyana TX¶jDXFXQPRPHQWOH9HQH]XHODQ¶DUHFRQQXDX[HPEDU-
EULWDQQLTXHHVWQXOOHHWQRQDYHQXHª270. Un accord de cette cations colombiennes, ni à aucune embarcation d’une
QDWXUH SRXUUDLW VLJQL¿HU XQH SURWHVWDWLRQ DX VXMHW G¶XQH autre nationalité, le droit de pêcher dans les eaux du golfe
VLWXDWLRQMXULGLTXHVHUDSSRUWDQWjXQHTXHVWLRQWHUULWRULDOH du Venezuela, sans l’autorisation des autorités vénézué-
DLQVLTXHVRQDFFHSWDWLRQSDUO¶DXWUHSDUWLHFRPPHLOUHV- liennes. En effet, depuis des temps immémoriaux, c’est le
sort de l’opinion du Venezuela susmentionnée. 9HQH]XHODTXLDSUDWLTXpODSrFKHjWLWUHH[FOXVLIGDQVOHV
eaux intérieures du golfe du Venezuela.
ii) Des espaces maritimes271
¬FHWpJDUGRQREVHUYHTXHOH9HQH]XHODDSURWHVWp
6¶LO HVW XQ GRPDLQH GDQV OHTXHO RQ UHQFRQWUH XQ à de nombreuses reprises contre la présence de navires
nombre important de protestations, c’est bien celui de la colombiens, notamment de la marine de ce pays (affaire
proclamation unilatérale par les États de diverses normes Caldas SURWHVWDWLRQVYLVDQWjUpDI¿UPHUODVRXYHUDLQHWp
LQWHUQHV ORLVGpFUHWVSURFODPDWLRQVHWF SDUOHVTXHOOHV du Venezuela sur certains espaces maritimes (dans le
ils tentent d’étendre, unilatéralement, la zone maritime golfe du Venezuela). Il s’agit de déclarations du Président
VXUODTXHOOHV¶H[HUFHQWGHVGURLWVVRXYHUDLQVRXVHUpDOLVH et du Ministre des affaires étrangères du Venezuela, et de
OD FDSDFLWp G¶HIIHFWXHU FHUWDLQV FRQWU{OHV j GHV ¿QV GH FRPPXQLTXpVRI¿FLHOVjFHVXMHW275.
conservation du milieu marin, de surveillance douanière
et de conservation des ressources de la plate-forme 153. Le 9 septembre 1974, le Gouvernement irlandais
continentale et de son sous-sol)272. D SURWHVWp FRQWUH OD SURFODPDWLRQ EULWDQQLTXH OH
VHSWHPEUHSDUODTXHOOHOH5R\DXPH8QLpWDEOLVVDLW
2Q SHXW DLQVL pYRTXHU HQWUH DXWUHV OD des droits sur le plateau continental adjacent à l’île de
SURWHVWDWLRQ FRQVLJQpH GDQV XQH QRWH TXH OD )UDQFH D Rockall276.
DGUHVVpHDX0LQLVWUHVRYLpWLTXHGHVDIIDLUHVpWUDQJqUHV
OH RFWREUH SDU ODTXHOOH OD )UDQFH UHIXVH 154. Un exemple de protestations clairement réitérées
la délimitation réalisée par l’URSS dans la baie de GDQV OH WHPSV HVW FRQVWLWXp SDU OD QRWH YHUEDOH TXH OH
9ODGLYRVWRNTX¶HOOHFRQVLGqUHDEXVLYHHWFRQWUDLUHDX[ Gouvernement japonais a adressée pour la première fois
QRUPHVGHGURLWFRXWXPLHUHQYLJXHXUjO¶pSRTXH273. le 26 juillet 1957 au Ministère des affaires étrangères de
l’URSS, pour s’opposer à l’extension des eaux territoriales
268
Sentence arbitrale relative à la frontière entre la colonie de Guyane VRYLpWLTXHVGDQVODEDLHGH3LHUUHOH*UDQGFHWWHQRWHD
EULWDQQLTXHHWOHVeWDWV8QLVGX9HQH]XHODGpFLVLRQGXRFWREUH été suivie de deux autres de même nature277.
British and Foreign State Papers, 1899–1900, vol. XCII, p. 160.
269
Voir supra la note 53.
270
155. Le Gouvernement de Pékin a refusé de considérer
Pour des documents sur la réclamation relative au territoire
(VVHTXLERYRLUKWWSHVHTXLERPSSUHJREYH TXH OD GpOLPLWDWLRQ GX SODWHDX FRQWLQHQWDO HQWUH OH
271
Le Rapporteur spécial tient à remercier Ruiloba García, auteur -DSRQ HW OD 5pSXEOLTXH GH &RUpH HIIHFWXpH SDU WUDLWp OH
du livre Circunstancias especiales y equidad en la delimitación de los 30 janvier 1974, lui était opposable (il avait déjà manifesté
HVSDFLRV PDUtWLPRV SRXU OHV LQIRUPDWLRQV TXH FHOXLFL OXL D IRXUQLHV
FRQFHUQDQWODSUDWLTXH&HVLQIRUPDWLRQVVRQWFRQVHUYpHVSDUO¶DXWHXU
272
À cet égard, on trouvera un grand nombre d’actes unilatéraux sur RXDpURQHIVIUDQoDLV/H*RXYHUQHPHQWIUDQoDLVH[SULPHO¶HVSRLUTXH
ce sujet, suivis de diverses protestations, dans l’ouvrage de MacGibbon, OH *RXYHUQHPHQW GH O¶8QLRQ GHV 5pSXEOLTXHV VRFLDOLVWHV VRYLpWLTXHV
«Some observations…», p. 303. 9RLUjWLWUHG¶H[HPSOHODSUDWLTXHGX reconsidérera son attitude.»
5R\DXPH8QL GRQW O¶2I¿FH K\GURJUDSKLTXH SXEOLH WRXV OHV DQV XQH (Kiss, op. cit., t. I, p. 21.)
OLVWHGHVeWDWVTXLIRUPXOHQWGHVUHYHQGLFDWLRQVVXUODPHUWHUULWRULDOH 274
Voir RGDIP, t. LXII, 1958, p. 163 (voir la note du Gouvernement
OD ]RQH FRQWLJXs OD ]RQH pFRQRPLTXH H[FOXVLYH HW G¶DXWUHV HVSDFHV
français à ce propos, ibid., p. 163 et 164), et Japanese Annual of
VXU OHVTXHOV LOV SUpWHQGHQW H[HUFHU GHV FRPSpWHQFHV SDU H[HPSOH HQ
International Law, no 2, 1958, p. 218 et 219 (voir également la
matière de pêche. On peut y lire:
QRWL¿FDWLRQGX*RXYHUQHPHQWMDSRQDLVUHIXVDQWGHUHFRQQDvWUHXQHWHOOH
«Les revendications sont publiées exclusivement pour information.
extension, ibid., p. 219 et 220).
Le gouvernement de Sa Majesté ne reconnaît pas de revendications sur 275
ODPHUWHUULWRULDOHDXGHOjGHPLOOHVQDXWLTXHVVXUOD]RQHFRQWLJXs Voir le Libro Amarillo del Ministerio de Relaciones Exteriores de
DXGHOjGHPLOOHVQDXWLTXHVRXVXUOD]RQHpFRQRPLTXHH[FOXVLYHHW Venezuela depuis 1985.
OHV]RQHVGHSrFKHDXGHOjGHPLOOHVQDXWLTXHVª 276
Voir Rousseau, loc. cit., 1975, p. 503 et 504.
(Marston, «United Kingdom… 2000», p. 594 à 600.) Au début de 277
Voir Japanese Annual of International Law, no 2, 1958, p. 213 et
2002, il a été élaboré une liste ayant le même contenu (ibid., «United 214. 3RXUODGHX[LqPHQRWHYHUEDOHGXDRWGX*RXYHUQHPHQW
Kingdom… 2001», p. 634 à 639). japonais au Ministère des affaires étrangères de l’URSS, voir ibid., p. 214
273
La protestation est rédigée comme suit: et 215. En troisième lieu, voir la note verbale du 17 janvier 1958, de
©/H *RXYHUQHPHQW GH OD 5pSXEOLTXH HVWLPH GDQV FHV FRQGLWLRQV O¶$PEDVVDGH GX -DSRQ DX 0LQLVWUH VRYLpWLTXH GHV DIIDLUHV pWUDQJqUHV
TXH O¶DSSURSULDWLRQ TXH OH *RXYHUQHPHQW VRYLpWLTXH SUpWHQG HQ UpSRQVH j VD QRWH GX MDQYLHU SDU ODTXHOOH OH *RXYHUQHPHQW
établir est contraire au droit international et ne saurait par suite être MDSRQDLV UpDI¿UPH VD SRVLWLRQ LELG S HW >WUDGXFWLRQ QRQ
opposable soit à lui-même, soit à ses ressortissants, soit aux navires RI¿FLHOOHHQDQJODLV@9RLUpJDOHPHQWRGDIP, t. LXII, 1958, p. 159 à 161.
Actes unilatéraux des États 261
son opposition à trois reprises le 23 avril, le 28 mai et le le croiseur américain à propulsion nucléaire Arkansas, au
13 juin 1977)278. large du Kamchatka. L’Ambassade américaine à Moscou a
UHMHWpODSURWHVWDWLRQVRYLpWLTXHVHORQODTXHOOHO¶Arkansas
156. La Norvège a émis une protestation contre des VH WURXYDLW GDQV OHV HDX[ LQWHUQDWLRQDOHV OHV eWDWV8QLV
forages expérimentaux effectués par les États-Unis au ne reconnaissaient pas l’extension de la mer territoriale à
large des îles Lofoten, en octobre 1974279. 30 milles décrétée unilatéralement par l’URSS le long de
VHVF{WHVG¶([WUrPH2ULHQWHWFRQVLGpUDLHQWTXHOHVHDX[
157. Les États-Unis ont émis une protestation contre la VRYLpWLTXHVV¶pWHQGDLHQWMXVTX¶jODOLPLWHGHPLOOHV283.
SUpWHQWLRQGHO¶eTXDWHXUGHSRUWHUjPLOOHVO¶pWHQGXH
GH VHV HDX[ WHUULWRULDOHV HW FRQWUH O¶DI¿UPDWLRQ 162. Le Gouvernement des États-Unis a adressé
SRVWpULHXUHGHODUHYHQGLFDWLRQGHPrPHGHVSURWHVWDWLRQV à l’ambassade du Canada à Washington, le
ont été élevées en 1986 contre l’établissement par 20 septembre 1978, une note de protestation contre
O¶eTXDWHXUGHOLJQHVGHEDVHGURLWHV l’extension de la juridiction canadienne sur la plate-forme
continentale et la pêche dans la zone du golfe du Maine284.
158. Les États-Unis ont également protesté contre les
UHYHQGLFDWLRQVPDULWLPHV¿JXUDQWGDQVODOpJLVODWLRQGHOD 163. L’adoption par l’Espagne du décret royal 1315/1997
5pSXEOLTXHLVODPLTXHG¶,UDQGHGDQVXQHQRWHTXH du 1erDRW285TXLpWDEOLWXQH]RQHGHSURWHFWLRQGH
leur Mission permanente auprès de l’ONU a adressée à la pêche dans la Méditerranée, entre le cap de Gate et la
O¶2UJDQLVDWLRQ OH MDQYLHU SRXU TX¶HOOH OD SXEOLH F{WHIUDQoDLVHD¿QG¶pYLWHUO¶H[SORLWDWLRQLQFRQWU{OpHGHV
dans le Bulletin du droit de la mer280. UHVVRXUFHV KDOLHXWLTXHV SDU GHV EDWHDX[XVLQHV G¶eWDWV
WLHUVDSURYRTXpOHVSURWHVWDWLRQVGHOD)UDQFHCelle-ci
159. La Mission permanente des États-Unis auprès de a exprimé son désaccord avec l’application du principe
l’ONU a adressé à l’Organisation, le 4 janvier 1990, une G¶pTXLGLVWDQFHGpIHQGXGDQVOHGpFUHWUR\DOSRXUGpOLPLWHU
note de protestation contre la note annonçant l’ordonnance OD ]RQH HQ TXHVWLRQ HQWUH O¶(VSDJQH HW OHV eWDWV YRLVLQV
militaire du 1er DRW DGRSWpH SDU OD 5pSXEOLTXH DYHF OHVTXHOV DXFXQ DFFRUG GH GpOLPLWDWLRQ Q¶DYDLW pWp
SRSXODLUHGpPRFUDWLTXHGH&RUpHFHWeWDWSUpWHQGDLWpWDEOLU conclu286.
une frontière militaire maritime de 50 milles, mesurée
GHSXLVXQHOLJQHGHEDVHjSDUWLUGHODTXHOOHHVWPHVXUpHOD 164. Le cas de Gibraltar (Espagne/Royaume-Uni) est
ODUJHXUGHODPHUWHUULWRULDOHUpFODPpHGDQVODPHUGX-DSRQ pJDOHPHQWLPSRUWDQWSRXUFHTXLDWUDLWjODIRUPXODWLRQ
HWXQHIURQWLqUHPLOLWDLUHPDULWLPHFRwQFLGDQWDYHFOD]RQH d’une protestation et au rejet de celle-ci287. On citera, par
pFRQRPLTXHH[FOXVLYHSURFODPpHGDQVODPHU-DXQH281. H[HPSOHODSURWHVWDWLRQTXHOH5R\DXPH8QLDDGUHVVpH
à l’Espagne, le 2 avril 1986, à la suite d’un incident sur-
160. Les États-Unis se sont fermement opposés à YHQXOHPDUVORUVTX¶XQQDYLUHGHODÀRWWHHVSD-
O¶DJUDQGLVVHPHQWGHVHDX[WHUULWRULDOHVGHOD5pSXEOLTXH gnole avait pénétré dans les eaux territoriales de Gibraltar
IpGpUDOHG¶$OOHPDJQHODTXHOOHDGpFLGpXQLODWpUDOHPHQW VDQV DXWRULVDWLRQ QL QRWL¿FDWLRQ &HWWH SURWHVWDWLRQ D pWp
en novembre 1984, de porter de 3 à 16 milles l’étendue UHMHWpHSDUO¶(VSDJQHTXLDIDLWYDORLUTXHFRQIRUPpPHQW
de ses eaux territoriales dans la mer du Nord, au sud et
jO¶RXHVWGHO¶vOHG¶+HOLJRODQGD¿QGHVXUYHLOOHUOHWUD¿F
maritime dans ces eaux extrêmement polluées. Le Pré- 283
Ibid., 1987, p. 1341 et 1342.
sident Reagan a adressé personnellement une lettre au 284
'DQVFHWWHQRWH¿JXUHQWQRWDPPHQWOHVSDVVDJHVVXLYDQWV
Chancelier Kohl282. ©/H *RXYHUQHPHQW GHV eWDWV8QLV FRQVLGqUH TXH OD QRXYHOOH
revendication du Canada est sans fondement. Les États-Unis estiment
/¶8QLRQ GHV 5pSXEOLTXHV VRFLDOLVWHV VRYLpWLTXHV TXH OH EDQF *HRUJHV HVW XQH SURORQJDWLRQ QDWXUHOOH GX WHUULWRLUH
DPpULFDLQHWTXHFRPSWHWHQXGHVFLUFRQVWDQFHVSDUWLFXOLqUHVSUpYDODQW
a émis le 21 mai 1987 une protestation contre deux dans la région du golfe du Maine, la frontière maritime publiée par le
violations de ses eaux territoriales, les 17 et 21 mai, par Canada le 1erQRYHPEUHIRQGpHVXUOHSULQFLSHGHO¶pTXLGLVWDQFH
Q¶HVWSDVFRQIRUPHDX[SULQFLSHVpTXLWDEOHVA fortiori, la délimitation
278
allouant au Canada une partie encore plus grande du plateau continental
Accord relatif à l’établissement de la ligne de délimitation dans DPpULFDLQQ¶HVWSDVFRQIRUPHDX[SULQFLSHVpTXLWDEOHV>«@
la partie septentrionale du plateau continental adjacent aux deux pays «[L]es États-Unis rejettent la revendication d’extension du
(Séoul, 30 janvier 1974), Nations Unies, Recueil des Traités, vol. 1225, Canada. Les États-Unis continueront à exercer leur compétence en
no 19777, p. 103. Voir également Rousseau, loc. cit., 1978, p. 243 à matière de pêche dans la région visée par la revendication d’extension
245. Nouvelles protestations chinoises le 26 juin 1978 (voir ibid., 1979, conformément au droit américain.
p. 143 et 144). «Les États-Unis sont toutefois disposés à poursuivre les négociations
279
Voir Rousseau, loc. cit., 1975, p. 812. HQYXHGXUqJOHPHQWGHVTXHVWLRQVUHODWLYHVDX[IURQWLqUHVPDULWLPHVRX
280
Voir Le droit de la mer: évolution récente de la pratique des États, d’un accord tendant à soumettre à l’arbitrage international les différends
no IV (publication des Nations Unies, numéro de vente: F.95.V.10), UHODWLIVDX[IURQWLqUHVPDULWLPHVTXLQ¶RQWSDVpWpUpJOpVª
p. 164 à 167. (Nash Leich, loc. cit., 1979, p. 132 et 133.)
281
La note disait:
285
%ROHWtQ2¿FLDOGHO(VWDGR, noDRW
©/H *RXYHUQHPHQW GHV eWDWV8QLV V¶RSSRVH HQ FRQVpTXHQFH DX[ 286
-LPpQH]3LHUQDV©/DUDWL¿FDFLyQSRU(VSDxDGHOD&RQYHQFLyQ
UHYHQGLFDWLRQV IRUPXOpHV SDU OH *RXYHUQHPHQW GH OD 5pSXEOLTXH de 1982 sobre el derecho del mar y del Acuerdo de 1994 sobre la
SRSXODLUHGpPRFUDWLTXHGH&RUpHGDQVODGpFODUDWLRQGXFRPPDQGHPHQW DSOLFDFLyQGHODSDUWH;,QXHYRVULHVJRVGHODFRGL¿FDFLyQGHOGHUHFKR
de l’armée au 1erDRWTXLQ¶HVWSDVFRQIRUPHDX[GLVSRVLWLRQVGX internacional», note 55, p. 120.
droit international. 287
1RXVFLWRQVLFLTXHOTXHVpOpPHQWVGHSUDWLTXHLQWHUQDWLRQDOHj
«L’opposition visée dans la présente note est sans préjudice de WLWUHG¶H[HPSOH&HX[TXLVRXKDLWHQWVXLYUHFHFRQWHQWLHX[VHUpIpUHURQW
OD SRVLWLRQ MXULGLTXH GX *RXYHUQHPHQW GHV eWDWV8QLV G¶$PpULTXH notamment à la page Web du Ministère espagnol des affaires extérieures,
TXL Q¶D SDV UHFRQQX OH *RXYHUQHPHQW GH OD 5pSXEOLTXH SRSXODLUH R¿JXUHXQHQVHPEOHGHGpFODUDWLRQVELHQSOXVH[KDXVWLI ZZZPDHHV
GpPRFUDWLTXHGH&RUpHª HW DX[ FKURQLTXHV SXEOLpHV VXU OH VLWH RI¿FLHO GH *LEUDOWDU
(Bulletin du droit de la mer, no 15, 1990, p. 11.) ([Link]), dans le BYBIL, dans la Revista española de
282
Voir Rousseau, loc. cit., 1985, p. 389 et 390. derecho internacional et dans le Spanish Yearbook of International Law.
262 Documents de la cinquante-sixième session
171. Il convient en outre de distinguer deux catégories 'H PrPH GDQV FHUWDLQV H[HPSOHV GH OD SUDWLTXH
GHQRWL¿FDWLRQHQIRQFWLRQGHOHXUVGHVWLQDWDLUHV0LDMDGH UpFHQWHODQRWL¿FDWLRQGXFRPSRUWHPHQWTXLVHUDDGRSWp
OD0XHODDI¿UPHjFHSURSRVTXH reste en lien direct avec une procédure judiciaire et
sa poursuite ou non, comme dans le cas des demandes
par leur nature même, les unes ont un seul destinataire ou un petit d’extradition303. 3DUIRLV XQH PRGL¿FDWLRQ IRQGDPHQWDOH
QRPEUHGHGHVWLQDWDLUHVWDQGLVTXHG¶DXWUHVVRQWDGUHVVpHVjWRXVOHV GHV FLUFRQVWDQFHV SHXW PRWLYHU O¶pPLVVLRQ G¶XQH QRWL¿-
eWDWV DYHF OHVTXHOV O¶DXWHXU GH OD QRWL¿FDWLRQ HQWUHWLHQW GHV UHODWLRQV
GLSORPDWLTXHVQRUPDOHV299. FDWLRQDQQRQoDQWODVXSSUHVVLRQG¶XQHPHVXUHG¶eWDWTXL
pWDLWDSSOLTXpHMXVTXHOj304.
(QRXWUHODQRWL¿FDWLRQHVWIUpTXHPPHQWOLpHjGHQRP-
breux traités internationaux, dont les dispositions éta- 'DQV OHXU UpSRQVH DX TXHVWLRQQDLUH pODERUp SDU
EOLVVHQW OD QpFHVVLWp GH QRWL¿HU OHV DXWUHV eWDWV SDUWLHV OD &', OHV 3D\V%DV RQW FLWp TXHOTXHV H[HPSOHV GH OD
de certaines situations en lien avec le traité international SUDWLTXHSHUWLQHQWHHQSDUWLFXOLHUODQRWL¿FDWLRQGHODORL
concerné300 RQ UHWURXYHUDLW LFL OD ¿JXUH WDQW XWLOLVpH GH néerlandaise de 1985 concernant les eaux territoriales des
O¶DFWHXQLODWpUDO±FHTX¶HOOHHVW±PDLVOLpHjXQUpJLPH Pays-Bas305. /DSUDWLTXHHVWULFKHG¶H[HPSOHVGHQRWL¿FD-
conventionnel particulier d’où découle son existence301. tions ou de déclarations formulées par des États au sujet
,O HQ LUDLW DXWUHPHQW GHV HIIHWV SURGXLWV SDU OHV QRWL¿FD- de l’extension de leurs espaces maritimes306.
WLRQV IDFXOWDWLYHV TXL FRQVLVWHQW HVVHQWLHOOHPHQW j IDLUH
SDUWG¶XQHVLWXDWLRQVDQVTX¶LOQ¶H[LVWHDXFXQHREOLJDWLRQ GRQQpH F¶HVW FH TX¶D IDLW OD )UDQFH j SURSRV GHV QRXYHDX[ HVVDLV
MXULGLTXHPRWLYDQWFHOOHFL302. QXFOpDLUHVTX¶HOOHFRPSWDLWHIIHFWXHU HWPDLHWHWMXLQ
concrètement, le Gouvernement français a annoncé au début de juin
TXH©GDQVXQVRXFLGHFODUWpªOD)UDQFHSURFpGHUDLWjODQRWL¿FDWLRQGX
ambassadeur ne convenait pas à l’État accréditaire, le Gouvernement nombre de tests accomplis au cours des 12 mois précédents (Rousseau,
LUDQLHQDLQIRUPpOH*RXYHUQHPHQWIUDQoDLVOHQRYHPEUHTX¶LO ORFFLWS b QRWL¿FDWLRQG¶XQIDLWRXG¶XQHVLWXDWLRQTXL
UHIXVDLWG¶DFFHSWHUHWGHUHFHYRLU0-RVp3DROLFRPPHDPEDVVDGHXU découle de l’expiration d’un instrument international, comme celle
«Compte tenu du soutien du Gouvernement français aux contre- TX¶D DGUHVVpH OD *UqFH DX[ eWDWV8QLV GDQV ODTXHOOH HOOH SRUWDLW j OD
UpYROXWLRQQDLUHVHWWHUURULVWHVTXLFRPPHWWHQWHQ,UDQGHJUDQGVFULPHV connaissance de ceux-ci la fermeture de la base aérienne américaine
et tuent les hommes les plus purs, l’État iranien ne peut actuellement d’Hellenikon le 21 décembre 1988, jour où expirait l’accord de défense
UHFHYRLUO¶$PEDVVDGHXUGH)UDQFH7DQWTXHGXUHUDFHWWHDWWLWXGHKRVWLOH HWGHFRRSpUDWLRQpFRQRPLTXHGXVHSWHPEUHHQWUHOHVGHX[eWDWV
du Gouvernement français envers la nation musulmane iranienne et (ibid., 1989, p. 127).
TXHOHWHUULWRLUHIUDQoDLVVHUDXQQLGSRXUOHVWHUURULVWHVK\SRFULWHVOHV 303
&¶HVW FH TXL V¶HVW SURGXLW GDQV O¶DIIDLUH Pinochet. Le Ministre
UDSSRUWVSROLWLTXHVHQWUHOHVGHX[SD\VQHVHGpYHORSSHURQWSDVª EULWDQQLTXH GH O¶LQWpULHXU D DGUHVVp OD QRWH FLDSUqV j O¶$PEDVVDGHXU
(Rousseau, loc. cit., 1983, p. 416.) espagnol (et a fait de même avec les Ambassadeurs belge, français
299
/RFFLWSQpDQPRLQVFHTXLHVWYpULWDEOHPHQWLQWpUHVVDQW HW VXLVVH ©-¶DL O¶KRQQHXU GH YRXV LQIRUPHU TXH OH 0LQLVWUH DGpFLGp
GH FH SRLQW GH YXH FH VRQW OHV HIIHWV TXH OD QRWL¿FDWLRQ SURGXLUDLW j ce matin, conformément à la section 12 de la loi sur l’extradition
O¶pJDUG GHV eWDWV TXL Q¶HQ RQW SDV HX FRQQDLVVDQFH RX ORUVTXH OD de 1989, de ne pas extrader le sénateur Pinochet vers l’Espagne. La
QRWL¿FDWLRQ D pWp IDLWH GH PDQLqUH GpIHFWXHXVH LQFRPSOqWH HWF présente lettre expose les motivations du Ministre» (Marston, «United
L’évaluation et l’interprétation au cas par cas donneront des clefs Kingdom… 2000», p. 558).
SRXU GpWHUPLQHU OH SRLGV FRQFUHW GH FKDTXH QRWL¿FDWLRQ HW VHV HIIHWV 304
1RWL¿FDWLRQ TXL VXSSRVH XQH PRGL¿FDWLRQ GX FRPSRUWHPHQW
VSpFL¿TXHV DGRSWpMXVTXHOjGDQVOHVUHODWLRQVHQWUHO¶(VSDJQHHWOD)UDQFHjSURSRV
300
,O HVW pJDOHPHQW KDELWXHO G¶pPHWWUH GHV QRWL¿FDWLRQV DX VHQV de l’octroi du statut de réfugié aux ressortissants espagnols vivant en
processuel du terme, pour informer un organe juridictionnel de la France (suppression de ce statut en vertu de la décision administrative
SRVLWLRQTX¶DGRSWHUDO¶eWDWjO¶pJDUGG¶XQHSURFpGXUHPar exemple, le du 30 janvier 1979): le Ministre français des affaires étrangères a
18 janvier 1985, le Département d’État américain a annoncé la décision DQQRQFpOHMDQYLHUGDQVXQFRPPXQLTXp
GX3UpVLGHQW5HDJDQVHORQODTXHOOHOHVeWDWV8QLVQHSDUWLFLSHUDLHQWSDV «La démocratisation du régime en Espagne, la loi d’amnistie
j OD SURFpGXUH UHODWLYH j OD UHTXrWH GpSRVpH SDU OH 1LFDUDJXD FRQWUH générale, l’adoption de sa Constitution, son adhésion à la Convention
OHV eWDWV8QLV GHYDQW OD &,- OH DYULO >Activités militaires et de Genève relative au statut de réfugié ont conduit le Ministère des
paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci (Nicaragua c. États-Unis DIIDLUHV pWUDQJqUHV j HVWLPHU TXH FRQIRUPpPHQW j OD &RQYHQWLRQ GX
d’Amérique), compétence et recevabilité, arrêt, C.I.J. Recueil 1984, MXLOOHW OHV FLUFRQVWDQFHV j OD VXLWH GHVTXHOOHV OHV UpIXJLpV
p. 392]. /HMRXUPrPHO¶DJHQWGHVeWDWV8QLVFRQVHLOOHUMXULGLTXHGX HVSDJQROVRQWpWpFRQGXLWVjLQYRTXHUFHVWDWXWVRQWGpVRUPDLVFDGXTXHV
'pSDUWHPHQWG¶eWDWDDGUHVVpDX*UHI¿HUGHOD&RXUXQHQRWL¿FDWLRQGH ©(QFRQVpTXHQFHOHXUVFDUWHVSDUYHQXHVjH[SLUDWLRQQ¶RQWSDVpWp
l’abandon de l’affaire par les États-Unis, déclarant: renouvelées. (QRXWUHFHX[TXLHQVRQWHQFRUHWLWXODLUHVYRQWUHFHYRLU
«Les États-Unis ont examiné avec la plus grande attention le SURFKDLQHPHQWQRWL¿FDWLRQGXUHWUDLWGHOHXUVWDWXWª
jugement susmentionné, les conclusions de la Cour et les raisons (Rousseau, loc. cit., 1979, p. 767.)
données par la Cour à l’appui de ces conclusions. Sur la base de cet 305
Voir Annuaire… 2000, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/511,
H[DPHQOHVeWDWV8QLVVHYRLHQWFRQWUDLQWVGHFRQFOXUHTXHOHMXJHPHQW p. 287 et 288. Le paragraphe 2 de l’article 16 de la Convention des
de la Cour était clairement et manifestement erroné en droit comme en 1DWLRQV8QLHVVXUOHGURLWGHODPHUGLVSRVHH[SUHVVpPHQWTXH©/¶eWDW
IDLW >«@ 3DU FRQVpTXHQW LO HVW GH PRQ GHYRLU GH YRXV LQIRUPHU TXH côtier donne la publicité voulue aux cartes ou listes des coordonnées
les États-Unis n’ont l’intention de participer à aucune autre procédure JpRJUDSKLTXHVHWHQGpSRVHXQH[HPSODLUHDXSUqVGX6HFUpWDLUHJpQpUDO
relative à cette affaire et réservent leurs droits à l’égard de toute décision de l’Organisation des Nations Unies.»
de la Cour concernant les réclamations du Nicaragua.» 306
1RXV FLWHURQV GH QRXYHDX OHV 3D\V%DV TXL DYDQW PrPH
(Nash Leich, loc. cit., 1985, p. 439.) O¶pODERUDWLRQ GH OD OpJLVODWLRQ LQWHUQH j ODTXHOOH QRXV DYRQV IDLW
%LHQ HQWHQGX ELHQ TXH OHXU FRQWHQX VRLW GLIIpUHQW OHV QRWL¿FDWLRQV UpIpUHQFH RQW QRWL¿p O¶H[WHQVLRQ GH j PLOOHV GH OHXU PHU
G¶DFFHSWDWLRQ GH OD FRPSpWHQFH GH OD &,- VRQW GH QDWXUH VLPLODLUH WHUULWRULDOHOHRFWREUH/H3UHPLHU0LQLVWUHDGpFODUpTXHGHV
TXRLTXHGDQVFHGHUQLHUFDVHQSDUWLFXOLHUOHOLHQHQWUHODQRWL¿FDWLRQHW FRQYHUVDWLRQVDYDLHQWHXOLHXDYHFOD%HOJLTXHOD5pSXEOLTXHIpGpUDOH
un traité international ne fasse aucun doute. G¶$OOHPDJQHHWOH5R\DXPH8QLDYDQWTXHODPRGL¿FDWLRQQ¶HQWUHHQ
301
Voir Suy, op. cit., p. 91 à 93. À la page 107, le même auteur vigueur. &HOOHFL V¶DSSOLTXHUDLW DXVVL DX[$QWLOOHV QpHUODQGDLVHV D¿Q
VRXOLJQHTXH d’empêcher la pollution maritime (Rousseau, loc. cit., 1980, p. 664).
©/D QRWL¿FDWLRQ SUpYXH SDU XQH QRUPH GX GURLW LQWHUQDWLRQDO /¶XVDJHYRXODQWTXHFHVRLWXQHORLLQWHUQHTXLpWDEOLVVHO¶H[WHQVLRQGHV
conventionnel n’est donc pas une manifestation de volonté prise en HVSDFHVPDULWLPHVLOHVWQRUPDOTX¶LOVRLWGRQQpGHODSXEOLFLWpjFHIDLW
exercice d’un droit-pouvoir. Elle est un acte formel. Il n’est cependant FHTXLVXVFLWHGHVUpSRQVHVSRVLWLYHVPDLVDXVVLGHYLYHVSURWHVWDWLRQV
SDVH[FOXTX¶XQHQRUPHGXGURLWLQWHUQDWLRQDOFRQYHQWLRQQHOSUHQQHHQ ORUVTXH OD GpOLPLWDWLRQ Q¶HVW SDV DFFHSWpH SDU GHV eWDWV WLHUV ¬ FH
FRQVLGpUDWLRQXQHQRWL¿FDWLRQSRXU\UDWWDFKHUGHVHIIHWVMXULGLTXHVª SURSRVODSUDWLTXHGHVeWDWVHQPDWLqUHGHGpOLPLWDWLRQPDULWLPHSHXW
302
&HW\SHGHQRWL¿FDWLRQHVWXWLOLVpGDQVXQHPXOWLWXGHGHVLWXDWLRQV être consultée sur la page de la Division des affaires maritimes et du
de natures très diverses. Entre autres, nous avons tiré de l’analyse de la droit de la mer de l’Organisation des Nations Unies ([Link]/
SUDWLTXHOHVFDVVXLYDQWVa HQJDJHPHQWGHQRWL¿FDWLRQG¶XQHDFWLYLWp Depts/los).
264 Documents de la cinquante-sixième session
174. En lien direct avec l’apparition de nouveaux particularité. C’est notamment le cas de la déclaration de
États dans la sphère internationale, c’est-à-dire avec neutralité de l’Autriche de 1955310.
OHV SKpQRPqQHV GH VXFFHVVLRQ G¶eWDWV LO HVW IUpTXHQW
G¶REVHUYHU GHV QRWL¿FDWLRQV G¶DFFHSWDWLRQ GH FHWWH 177. Il y a plusieurs raisons de mettre en doute le
VLWXDWLRQVLJQL¿DQWSDUH[HPSOHTXHO¶DXWHXUFRQVLGqUH caractère purement unilatéral de cet acte, à commencer
un État comme étant partie à des traités internationaux par son moyen de formulation (le Mémorandum de
DX[TXHOV pWDLW SDUWLH O¶eWDW SUpGpFHVVHXU307. On peut Moscou du 15 avril 1955, établi avec les autorités
même citer un cas récent concernant la Bosnie- VRYLpWLTXHVHWDFFHSWpHQVXLWHSDUOD)UDQFHOH5R\DXPH
+HU]pJRYLQHHWO¶(VSDJQHTXLSDUGHVOHWWUHVDGUHVVpHV Uni et les États-Unis311 LOFRQYLHQWGHGLUHFHSHQGDQWTXH
à leurs ministres respectifs des affaires étrangères (une O¶$XWULFKHDpJDOHPHQWDI¿UPpVDQHXWUDOLWpGDQVVD/RL
QRWL¿FDWLRQVXLYLHG¶XQHUpSRQVHjFHOOHFL RQWGRQQp FRQVWLWXWLRQQHOOH GX RFWREUH TX¶HOOH D QRWL¿pH
naissance à un accord international bilatéral régissant SDU OD YRLH GLSORPDWLTXH j WRXV OHV eWDWV DYHF OHVTXHOV
le fonctionnement, entre la Bosnie-Herzégovine et elle entretenait des relations. Selon l’opinion de Degan,
O¶(VSDJQH GH FHUWDLQV DFFRUGV ELODWpUDX[ TXL DYDLHQW cette disposition constitutionnelle avait en réalité le
été conclus entre l’Espagne et l’ex-Yougoslavie. Ces FDUDFWqUHG¶XQHRIIUHTXLQ¶DYUDLPHQWSURGXLWVHVHIIHWV
DFFRUGVVRQWpQXPpUpVGDQVOHVGHX[GRFXPHQWVFHTXL TX¶DSUqV VRQ DFFHSWDWLRQ LPSOLFLWH RX H[SOLFLWH312, par
a également déterminé l’expiration d’un accord sur le G¶DXWUHV eWDWV 7RXWHIRLV FRPPH OH QRWH =HPDQHN OHV
transport aérien308. actes accomplis à cet égard diffèrent, chacun ayant des
FRQQRWDWLRQVMXULGLTXHVDXWRQRPHVDLQVLXQHDFFHSWDWLRQ
/HV FRQÀLWV VXUYHQXV FHV GHUQLqUHV DQQpHV GHFHVWDWXWGHQHXWUDOLWpSHUPDQHQWHTXLDXUDLWSXVHWUD-
RIIUHQW GHV H[HPSOHV GH QRWL¿FDWLRQV MXVWL¿DQW duire par la nullité n’aura pas cet effet dans le contexte de
l’adoption de mesures de lutte contre le terrorisme par O¶HQVHPEOHGHVUpDFWLRQVGHVeWDWVWLHUVDORUVTX¶XQYLFH
la nécessité d’apporter une réponse aux événements du GHODGpFODUDWLRQDXWULFKLHQQHDXUDLWSXVXI¿UHjLQYDOLGHU
11 septembre 2001309. l’ensemble des acceptations faites par les tiers313. Mais
O¶HVVHQWLHOFRPPHO¶LQGLTXH5RXVVHDXHVWGHVDYRLUVLOH
,OH[LVWHXQHFDWpJRULHG¶DFWHVXQLODWpUDX[TXHO¶RQ statut de neutralité permanente produit par lui-même ses
SRXUUDLWTXDOL¿HUG¶©LPSDUIDLWVªYXTXHV¶LOVQ¶REWLHQQHQW SOHLQVHIIHWVRXV¶LOGRLWrWUHDFFHSWpSDUOHVWLHUVSRXUTXH
aucune réponse ou ne sont pas acceptés ils ne produisent ses virtualités se concrétisent314.
pas de pleins effets. ,O V¶DJLW G¶XQH IRUPH VSpFL¿TXH GH
QRWL¿FDWLRQSDUODTXHOOHHVWSRUWpHjODFRQQDLVVDQFHGHV 310
La neutralité autrichienne continue à produire des effets, y
WLHUVO¶DGRSWLRQG¶XQVWDWXWGHQHXWUDOLWpSHUPDQHQWHSRXU compris dans l’actualité: à ce propos, le Président russe a déclaré ce
TXH FHV DFWHV SURGXLVHQW GH SOHLQV HIIHWV GDQV OD VSKqUH TXLVXLWOHIpYULHUDXFRXUVG¶XQHYLVLWHRI¿FLHOOHGDQVFHSD\V
LQWHUQDWLRQDOH LO IDXW KDELWXHOOHPHQW TXH OHV eWDWV WLHUV «Pendant la guerre froide, la neutralité autrichienne a prouvé son utilité,
pour l’Autriche, l’Europe et le monde entier. Aujourd’hui, même s’il
VH PDQLIHVWHQW GH PDQLqUH SRVLWLYH F¶HVWjGLUH TX¶LOV n’existe plus de telles épreuves et s’il n’y a plus de blocs opposés […]
corroborent et acceptent cet état de choses. D’où leur la neutralité autrichienne est une réussite précieuse.» (RGDIP, vol. CV,
2001, p. 415.)
311
Verdross, «La neutralité dans le cadre de l’ONU, particulièrement
FHOOH GH OD 5pSXEOLTXH G¶$XWULFKHª SDUWLFXOLqUHPHQW OHV SDJHV j
307
2QSHXWFLWHUFRPPHH[HPSOHXQHOHWWUHTXHOH3UHPLHU0LQLVWUH 188.
EULWDQQLTXHDDGUHVVpHDX3UpVLGHQWXNUDLQLHQOHGpFHPEUH©-H 312
Degan, op. cit., p. 299 et 300. 7RXWHIRLV j XQH TXHVWLRQ TXL
VXLVHQPHVXUHGHFRQ¿UPHUTXHVHORQTX¶LOFRQYLHQWQRXVFRQVLGpURQV DYDLW pWp SRVpH VXU OHV REOLJDWLRQV TXL LQFRPEHUDLHQW DX 5R\DXPH
TXH OHV WUDLWpV HW DFFRUGV HQ YLJXHXU DX[TXHOV OH 5R\DXPH8QL HW Uni dans l’hypothèse d’une rupture de la neutralité de l’Autriche, le
O¶8QLRQGHV5pSXEOLTXHVVRFLDOLVWHVVRYLpWLTXHVpWDLHQWSDUWLHVUHVWHQW /RUG 3ULY\ 6HDO EULWDQQLTXH D UpSRQGX ©/H IRQGHPHQW MXULGLTXH GH
en vigueur entre le Royaume-Uni et l’Ukraine» (Marston, «United la neutralité de l’Autriche est la loi constitutionnelle sur la neutralité
Kingdom… 1998», p. 482). votée par le Parlement autrichien le 26 octobre 1955. Le Gouvernement
308
/HV DFFRUGV TXL UHVWHQW HQ YLJXHXU VH UpIqUHQW j OD FRRSpUDWLRQ GH 6D 0DMHVWp Q¶D SDV G¶REOLJDWLRQV VSpFL¿TXHV DX UHJDUG GX GURLW
dans le domaine de l’éducation et de la culture, des sciences et des international en cas de rupture de cette neutralité» (Marston, «United
WHFKQLTXHVGHO¶pFRQRPLHHWGHO¶LQGXVWULHGXWRXULVPHGHO¶HQWUDLGH Kingdom… 1980», p. 484). Cette réponse souligne le caractère
MXGLFLDLUH HQ PDWLqUH SpQDOH HW GH O¶H[WUDGLWLRQ DLQVL TXH GX WUDQVSRUW unilatéral de la décision.
routier de passagers et de marchandises (%ROHWtQ 2¿FLDO GHO (VWDGR, 313
«The legal foundations of the international system: general
no 68, 19 mars 2004, et no 97, 21 avril 2004). course on public international law», p. 197.
309 314
Par exemple, la lettre du 7 octobre 2001, adressée au Président La position prise par Rousseau est claire (loc. cit., 1984, p. 449):
du Conseil de sécurité par le Chargé d’affaires par intérim de la ©,OHVWGRXWHX[WRXWHIRLVDXSRLQWGHYXHMXULGLTXHTXHFHWWHSURFpGXUH
0LVVLRQSHUPDQHQWHGX5R\DXPH8QLDXSUqVGHO¶218TXLLQGLTXDLW VXI¿VHjpWDEOLUXQVWDWXWGHQHXWUDOLWpSHUPDQHQWHRSSRVDEOHDX[eWDWV
(S/2001/947): tiers en l’absence de tout aménagement conventionnel ultérieur et d’une
©'¶RUGUHGHPRQJRXYHUQHPHQWM¶DLO¶KRQQHXUGHIDLUHVDYRLUTXH UHFRQQDLVVDQFHQRQpTXLYRTXHSDUFHVGHUQLHUVª
conformément à l’Article 51 de la Charte des Nations Unies et dans le /H SUREOqPH WLHQW SHXWrWUH j FH TXH SDU UDSSRUW j FH TXL VH SDVVH
cadre d’une action internationale plus large, le Royaume-Uni a déployé dans le cas d’autres actes unilatéraux, où la volonté des tiers n’a pas
des moyens militaires dans des opérations dirigées contre des objectifs GH UpSHUFXVVLRQV HW Q¶LQÀXH SDV VXU O¶HIIHFWLYLWp GH O¶DFWH GDQV FHOXL
GRQWQRXVVDYRQVTX¶LOVVRQWXWLOLVpVGDQVO¶RSpUDWLRQGHWHUUHXUPHQpH de la neutralité permanente la situation est différente. La déclaration
FRQWUHOHVeWDWV8QLVG¶$PpULTXHOH5R\DXPH8QLHWG¶DXWUHVSD\VGX SDUODTXHOOHLOHVWGpFLGpXQLODWpUDOHPHQWG¶DGRSWHUFHWWHSRVLWLRQVXUOD
monde. VFqQHLQWHUQDWLRQDOHHVWYDODEOHPDLVQ¶DXUDLWTXHGHVHIIHWVWUqVOLPLWpV
«Ces forces sont actuellement utilisées dans l’exercice du droit pour ne pas dire nuls, si les États tiers ne reconnaissaient pas cet état de
naturel de légitime défense individuelle et collective reconnu à FKRVHV/DTXHVWLRQVHSRVHGLIIpUHPPHQWVLODGpFODUDWLRQGHQHXWUDOLWp
l’Article 51 […]. [C]es opérations ne sont dirigées ni contre la HVW IRUPXOpH SDU XQH HQWLWp TXL Q¶D SDV FRPSpWHQFH SRXU FH IDLUH
population afghane ni contre l’islam.» comme cela est arrivé dans le cas des Îles Cook le 29 janvier 1986. Le
Voir également Marston, «United Kingdom… 2001», p. 682 et 683. 3UHPLHU0LQLVWUHGHVÌOHV&RRNDDQQRQFpTXHFHWDUFKLSHOGpFODUDLWVD
8QH GpFODUDWLRQ VLPLODLUH D pWp IDLWH SDU OH 0LQLVWUH EULWDQQLTXH GHV QHXWUDOLWpSDUFHTXHOH7UDLWpGHVpFXULWpHQWUHO¶$XVWUDOLHOD1RXYHOOH
affaires étrangères devant l’Assemblée générale le 11 novembre 2001 =pODQGHHWOHVeWDWV8QLVG¶$PpULTXHDYDLWFHVVpGHSURGXLUHVHVHIIHWV
(ibid., p. 690). Voir également 'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH HW TXH OD 1RXYHOOH=pODQGH VH WURXYDLW GDQV O¶LQFDSDFLWp G¶DVVXUHU OD
générale, cinquante-sixième session, Séances plénières, 46e séance. GpIHQVHGHFHVvOHV(QFRQVpTXHQFHOHVvOHVQ¶DXUDLHQWSOXVGHUHODWLRQV
Actes unilatéraux des États 265
laissé entrevoir331 OHXU IDLVDQW FRQWUHSRLQW FHSHQGDQW &HOD GLW SRXU TXH O¶DFTXLHVFHPHQW SURGXLVH GHV
O¶pFROH DQJORVD[RQQH D GpIHQGX OD ¿FWLRQ GH FH TX¶HOOH HIIHWVVXUOHSODQMXULGLTXHLOIDXWTXHODSDUWLHjODTXHOOH
QRPPHOD©YRORQWpWDFLWHªFRQVLGpUDQWTX¶HOOHDSRXUXWL- est imputé le consentement implicite ait eu d’abord
lité de faciliter le passage du fait au droit et de conserver FRQQDLVVDQFHGHVIDLWVFRQWUHOHVTXHOVHOOHV¶HVWDEVWHQXH
XQ FHUWDLQ G\QDPLVPH j O¶RUGUH MXULGLTXH LQWHUQDWLRQDO GH SURWHVWHU TXDQG LOV QH OXL RQW SDV pWp FRPPXQLTXpV
SHUPHWWDQWDLQVLGHVXUPRQWHUOHVREVWDFOHVTXHSRXUUDLW RI¿FLHOOHPHQW LO GRLW V¶DJLU GH IDLWV QRWRLUHV Dans l’af-
parfois créer la négligence de certains États332. faire des Pêcheries OD &,- D G¶XQH FHUWDLQH PDQLqUH
GPHQWSULVHQFRPSWHFKDFXQGHFHVDVSHFWVSDUWDQWGH
190. Au sein de la Commission, par exemple, les O¶LGpHTXHODQRWRULpWpGHVIDLWVODWROpUDQFHJpQpUDOHGHOD
opinions exprimées à ce sujet ont été très diverses: communauté internationale, la position du Royaume-Uni
DLQVL O¶RQ D VRXOLJQp TXH VL FHUWDLQV VLOHQFHV Q¶pWDLHQW GDQVODPHUGX1RUGVRQLQWpUrWSURSUHGDQVODTXHVWLRQ
certainement pas et ne pouvaient pas être des actes son abstention prolongée permettaient en tout cas à la
XQLODWpUDX[LO\DYDLWDXVVLGHV©VLOHQFHVpORTXHQWVªTXL Norvège d’opposer son système au Royaume-Uni339ELHQ
pWDLHQWO¶H[SUHVVLRQLQWHQWLRQQHOOHG¶XQDFTXLHVFHPHQWHW TX¶HQUpDOLWpFRPPHOHIDLWUHPDUTXHU&DUULOOR6DOFHGR
TXLFRQVWLWXDLHQWGRQFEHOHWELHQGHWHOVDFWHV333. De plus, en l’espèce:
RQQHVDXUDLWQpJOLJHUOHIDLWTXHGDQVFHUWDLQHVFRQYHQ-
WLRQVPXOWLODWpUDOHVOHVLOHQFHHPSRUWHGHVFRQVpTXHQFHV /HVHIIHWVMXULGLTXHVYDODEOHVGHODVLWXDWLRQGpFRXOHQWHQIDLWQRQ
MXULGLTXHVSHUWLQHQWHV334. pas de l’assentiment tacite ou exprès des États tiers, mais de la noto-
riété des faits. L’opposabilité «erga omnesªGHFHVVLWXDWLRQVMXULGLTXHV
,ODpWpGLWTXHO¶DFTXLHVFHPHQW335TXLSHXWVHGpGXLUH UHSRVHHQGp¿QLWLYHVXUOHXUFRPSDWLELOLWpOHXUQRQFRQWUDGLFWLRQDYHF
O¶RUGUHMXULGLTXHLQWHUQDWLRQDOTXLUHFRQQDvWO¶eWDWULYHUDLQFRPPHpWDQW
GXVLOHQFHVDQVTX¶LOHQVRLWWRXMRXUVQpFHVVDLUHPHQWDLQVLHVW VHXOFRPSpWHQWSRXU¿[HUODOLJQHGHEDVHGHVDPHUWHUULWRULDOH340.
SUREDEOHPHQWO¶XQHGHVTXHVWLRQVOHVSOXVGpOLFDWHVHWTXLUHYrW
OHSOXVG¶LPSRUWDQFHSUDWLTXHpWDQWGRQQpVHVFRQVpTXHQFHV 3HX GH WHPSV DSUqV OD &,- DOODLW VWDWXHU GDQV OH
&RPPH0DF*LEERQO¶DLQGLTXp©>O@¶DFTXLHVFHPHQWSUHQG même sens dans l’affaire du Temple de Préah Vihéar341.
[…] la forme du silence ou de l’absence de protestation dans Même les juridictions arbitrales342 et internes343 ont eu
GHV FLUFRQVWDQFHV TXL DSSHOOHQW JpQpUDOHPHQW XQH UpDFWLRQ O¶RFFDVLRQGHVHSURQRQFHUSOXVUpFHPPHQWVXUO¶DFTXLHV-
positive dénotant une objection336». Le point important, c’est cement, ses effets et ses conditions.
TXHODVLWXDWLRQRSSRVDEOHFUppHSDUO¶DFTXLHVFHPHQWUHYrW
XQHLPSRUWDQFHSDUWLFXOLqUHSRXUO¶eWDWTXLMRXLWG¶XQGURLW 194. Les précédents jurisprudentiels mentionnés
en vertu d’une règle coutumière non encore consolidée ou ci-dessus permettent dans une certaine mesure de
dont l’application dans tous ses aspects à des situations indi- FRQFOXUH TXH O¶DFTXLHVFHPHQW HVW HQ JpQpUDO OH UpVXOWDW
viduelles est encore matière à controverse337. Mieux, comme de la conjonction de différents signes établissant
O¶DDI¿UPp&DUULOOR6DOFHGR XQ FRPSRUWHPHQW JOREDO OHV VLJQHV GpPRQWUDQW
2Q SHXW GLUH TXH O¶DFTXLHVFHPHQW FRQVWLWXH XQH DGPLVVLRQ RX XQH
O¶DFTXLHVFHPHQWF¶HVWjGLUHO¶DVVHQWLPHQWjXQHVLWXDWLRQ
UHFRQQDLVVDQFHGHODOLFpLWpG¶XQHSUDWLTXHFRQWHVWpHRXPrPHTX¶HOOH donnée, peuvent être de caractère multiple, procédant de
VHUWjFRQVROLGHUXQHSUDWLTXHRULJLQDLUHPHQWLOOLFLWH/¶eWDWTXLDDGPLV FRPSRUWHPHQWVpWDWLTXHVWDQWDFWLIVTXHSDVVLIV344.
consenti, ne pourra pas s’opposer à l’avenir à la prétention, en vertu
GXSULQFLSHGHO¶©HVWRSSHOªRXGHO¶©DFWHFRQWUDLUHª/¶DFTXLHVFHPHQW
devient de la sorte un élément essentiel de la formation de la coutume
ou de la prescription338. 339
Arrêt, C.I.J. Recueil 1951, p. 138. Voir supra la note 208.
340
Loc. cit., p. 12.
331
&RPPH%HQW]O¶DQRWpODMXULVSUXGHQFHIUDQoDLVHDVRXOLJQpTXH 341
Fond, arrêt, C.I.J. Recueil 1962, p. 23, où est mis en relief le rôle
«le silence d’une partie ne peut l’obliger en l’absence de toute autre GHO¶DFTXLHVFHPHQWUpVXOWDQWGHO¶DEVHQFHGHSURWHVWDWLRQGHYDQWXQIDLW
circonstance» (loc. cit., p. 46). TXLDXUDLWGHQVXVFLWHUXQHDLQVLOD&RXUDGpFODUp
332
Idée tirée de Bentz, loc. cit., p. 53. ©2QDVRXWHQXDXQRPGHOD7KDwODQGHTXHFHWWHFRPPXQLFDWLRQGHV
333 FDUWHVSDUOHVDXWRULWpVIUDQoDLVHVDpWpSRXUDLQVLGLUHXQLODWpUDOHTXH
Annuaire… 2000, vol. II (2e partie), p. 101, par. 585. Suy a lui
OD7KDwODQGH Q¶D SDV pWp LQYLWpH j HQ DFFXVHU IRUPHOOHPHQW UpFHSWLRQ
DXVVLDI¿UPpTXHOHVLOHQFHSUpVHQWHGLYHUVYLVDJHVORUVTX¶LODLQGLTXp
HW TX¶HOOH QH O¶D SDV IDLW (Q UpDOLWp DLQVL TX¶RQ OH YHUUD FLDSUqV XQ
TXH ©>O@D PD[LPH ³qui tacet consentire videtur” n’a en droit aucune
accusé de réception très net ressort incontestablement de la conduite de
YDOHXU DEVROXH /H VLOHQFH SHXW HQ HIIHW VLJQL¿HU TX¶XQH RIIUH XQH
OD7KDwODQGHPDLVPrPHV¶LOQ¶HQDYDLWSDVpWpDLQVLLOHVWFODLUTXHOHV
violation ou une menace laisse le destinataire totalement indifférent
circonstances étaient de nature à appeler dans un délai raisonnable une
[…]. Il peut aussi exprimer l’opposition» (Suy, op. cit., p. 61).
334
réaction de la part des autorités siamoises, au cas où celles-ci auraient
Voir le paragraphe 2 de l’article 65 de la Convention de Vienne YRXOXFRQWHVWHUODFDUWHRXDXUDLHQWHXGHJUDYHVTXHVWLRQVjVRXOHYHUj
de 1969, ou l’article 252 de la Convention des Nations Unies sur le VRQpJDUG2UHOOHVQ¶RQWUpDJLQLjO¶pSRTXHQLSHQGDQWGHQRPEUHXVHV
droit de la mer. DQQpHVHWO¶RQGRLWGHFHIDLWFRQFOXUHjOHXUDFTXLHVFHPHQWQui tacet
335
&RPPHO¶DI¿UPH6DOPRQO¶DFTXLHVFHPHQWHVW©XQFRQVHQWHPHQW consentire videtur si loqui debuisset ac potuisset.»
imputé à un État, à raison de sa conduite, active ou passive, face à une 342
Par exemple, dans l’arbitrage relatif au différend territorial entre
situation donnée. /¶DFTXLHVFHPHQWHVWVXVFHSWLEOHGHVHSURGXLUHGDQV 'RXEDw HW 6KDUMDK GX RFWREUH ILR, vol. 91, 1993, p. 612
de nombreuses circonstances» («Les accords non formalisés ou “solo HW VXLY RX GDQV O¶DIIDLUH Laguna del Desierto (Litige frontalier
consensu”», p. 15). entre la République argentine et la République du Chili portant sur
336
©7KHVFRSHRIDFTXLHVFHQFH«ªS la délimitation de la frontière entre le poste frontière 62 et le mont
337
Voir Degan, op. cit., p. 353. Fitz Roy), décision du 21 octobre 1994, Nations Unies, Recueil des
338
«Funciones del acto unilateral en el régimen jurídico de los sentences arbitrales, vol. XXII (numéro de vente: E/F.00.V.7), p. 1.
343
espacios marítimos», p. 21 et 22. Cet auteur ajoute (p. 22), avec raison, La Cour suprême des États-Unis l’a fait dans plusieurs décisions,
TXH notamment dans l’affaire Georgia v. South Carolina, le 25 juin 1990, ou
©/¶DFTXLHVFHPHQWUHPSOLWDLQVLHQGURLWLQWHUQDWLRQDOXQHIRQFWLRQ dans l’affaire United States v. Louisiana and Others, le 26 février 1985
correctrice de la rigidité des dogmes de la souveraineté et du positivisme (ces deux décisions étant reproduites dans ILR, vol. 91, 1993, p. 411 et
YRORQWDULVWH/¶DFTXLHVFHPHQWMRXHXQU{OHHVVHQWLHOGDQVODQDLVVDQFHHW 439). 'DQVOHVGHX[FDVOHVLOHQFHDpWpDVVLPLOpjXQDFTXLHVFHPHQW
la formation d’un droit de caractère coutumier, comme l’“opinio juris” 344
9RLU %DUDOH ©/¶DFTXLHVFHPHQW GDQV OD MXULVSUXGHQFH
dans la formation d’une obligation coutumière. L’“opinio juris” diffère LQWHUQDWLRQDOHªSDLQVLTXHODMXULVSUXGHQFHFLWpHDX[SDJHV
GHO¶DFTXLHVFHPHQWPDLVYLHQWjHQrWUHODFRQVpTXHQFHORJLTXHª à 400.
268 Documents de la cinquante-sixième session
8Q REMHFWLI TXH VHPEOH DYRLU DWWHLQW /D VHFRQGH FRQGLWLRQ UHTXLVH SRXU O¶DSSOLFDWLRQ GH O¶HVWRSSHO HVW
O¶DFTXLHVFHPHQW VL O¶RQ HQ MXJH SDU FHUWDLQHV GpFLVLRQV O¶H[LVWHQFH GH FH TXH QRXV DYRQV DSSHOp O¶©DWWLWXGH VHFRQGDLUHª TXH
GRLWDYRLUDGRSWpHODSDUWLHTXLV¶RSSRVHDXSULQFLSH351.
DUELWUDOHV HVW GH VHUYLU GH PR\HQ GH FODUL¿FDWLRQ
permettant d’interpréter certains points douteux. Ainsi, &RPPHO¶DI¿UPHHQVXLWHFHWDXWHXU
dans une affaire relative au Traité de limites de 1858 entre
le Costa Rica et le Nicaragua345, l’arbitre, dans sa sen- le principe de l’estoppel peut s’articuler avec certains des modes
WHQFHGXPDUVDVRXOLJQpTXHPrPHVLO¶DFTXLHV- G¶H[SUHVVLRQ GH OD YRORQWp TXH O¶RQ GpVLJQH SDU OH WHUPH JpQpULTXH
FHPHQWQHSRXYDLWVHVXEVWLWXHUjODUDWL¿FDWLRQQpFHVVDLUH G¶©DFTXLHVFHPHQWª (Q SDUHLO FDV O¶HVWRSSHO RSqUH HQ LQWpJUDQW í HQ
SDUWLHRXHQWRWDOLWpíODIRUPHG¶DFTXLHVFHPHQWHQFDXVHTX¶HOOHGpULYH
du Traité de la part du Nicaragua, 10 ou 12 années de du silence ou de l’omission (estoppel by silence)RXTX¶HOOHVRLWDWWHVWpH
comportement apparemment favorable attestaient avec par certaines conduites ou attitudes (estoppel by conduct), etc.352
force de cette contemporanea expositio j ODTXHOOH RQ
avait toujours attaché beaucoup de valeur pour trancher /¶DWWLWXGH HQ TXHVWLRQ GRLW rWUH FODLUH HW QRQ pTXLYRTXH
GHVTXHVWLRQVG¶LQWHUSUpWDWLRQGRXWHXVHV346. FRPPH OD &3-, O¶D VRXOLJQp GDQV VRQ DUUrW GX MXLO-
let 1929 en l’affaire des Emprunts serbes:
2. LE PRINCIPE DE FORCLUSION DIT ESTOPPEL
>/@RUVTXHO¶RQH[DPLQHOHVFRQGLWLRQVUHTXLVHVHQYXHG¶pWDEOLUODSHUWH
G¶XQ GURLW HQ YHUWX GX SULQFLSH GH O¶©HVWRSSHOª LO HVW WUqV FODLU TXH
196. Comme l’a souligné un membre de la Commission O¶DSSOLFDWLRQ GH FH SULQFLSH j O¶HVSqFH PDQTXH GH EDVH /HV SRUWHXUV
à propos du principe de forclusion dit estoppel: Q¶RQWSDVIDLWGHGpFODUDWLRQFODLUHHWQRQpTXLYRTXHVXUODTXHOOHO¶eWDW
GpELWHXUSWjERQGURLWVHIRQGHUHWVHVRLWIRQGp353.
Un acte unilatéral peut certes faire naître un estoppel, mais c’est une
FRQVpTXHQFHGHO¶DFWHHWFRQWUDLUHPHQWjFHTX¶DDI¿UPpOH5DSSRUWHXU 199. Il existe à l’évidence une certaine confusion
VSpFLDOGDQVVDSUpVHQWDWLRQRUDOHLOQHVHPEOHSDVTX¶LOH[LVWHXQHFDWp- GRFWULQDOHTXDQWDXIRQGHPHQWHWjODSRUWpHGHO¶HVWRSSHO
JRULHG¶DFWHVTXLVHUDLHQWOHV©DFWHVG¶HVWRSSHOª7RXWFHTXHO¶RQSHXW
GLUHF¶HVWTXHGDQVFHUWDLQHVFLUFRQVWDQFHVXQDFWHXQLODWpUDOSHXWrWUH considéré conjointement avec tel ou tel des autres principes
à l’origine d’un estoppel. […] En droit international, l’estoppel est une mentionnés. /D GLYHUVLWp PrPH GHV HIIHWV TXH OHV DFWHV
GHVFRQVpTXHQFHVGXSULQFLSHGHODERQQHIRLGRQW0/XNDVKXNDUDS- XQLODWpUDX[SHXYHQWSURGXLUHDLQVLTXHOHXUFDUDFWqUHGLV-
pelé (2593e VpDQFH TX¶LO JRXYHUQDLW OHV UqJOHV DSSOLFDEOHV DX[ HIIHWV SDUDWH VRQW SHXWrWUH GHV FLUFRQVWDQFHV TXL H[SOLTXHQW
MXULGLTXHVGHVDFWHVXQLODWpUDX[347.
VDQVOHVMXVWL¿HUSRXUDXWDQWWRXVOHVGRXWHVTXLpPDLOOHQW
,O VHPEOH TXH OH SULQFLSH GH O¶HVWRSSHO DLW pWp FHWWH TXHVWLRQ$XVVL SDUDvWLO ORJLTXH G¶DI¿UPHU TXH OH
IRUJp j SDUWLU GH OD GRFWULQH DQJORVD[RQQH HQ WDQW TXH fondement de l’estoppel réside essentiellement dans le
mécanisme applicable dans la sphère internationale, dont principe de la bonne foi, commun aux différents systèmes
l’objet est avant tout d’instaurer une certaine sécurité de droit354.
MXULGLTXHHQHPSrFKDQWOHVeWDWVG¶DOOHUjO¶HQFRQWUHGH
leurs propres actes348. $LQVLTXH0LDMDGHOD0XHOD349 l’a 200. De même, s’agissant directement des catégories
LQGLTXpFHSULQFLSHIDLWpFKRjODPD[LPHadversus fac- d’actes unilatéraux et, plus précisément, de la place
tum suum quis venire non potestTXLFRPPHO¶DPRQWUp TX¶RFFXSH OH SULQFLSH GH IRUFOXVLRQ GLW HVWRSSHO OHV
de manière très documentée Díez-Picazo, est à l’origine GpEDWV TXL VH VRQW GpURXOpV DX VHLQ GH OD &', VRQW
de cette institution anglo-saxonne350. extrêmement éclairants355. Les doutes concernant le point
de savoir si l’estoppel doit ou non être considéré comme
198. La doctrine espagnole s’est également intéressée à XQ DFWH XQLODWpUDO VH VRQW H[SULPpV GqV ORUVTX¶RQ
O¶pWXGHGXSULQFLSHGHO¶HVWRSSHOHQSDUWLFXOLHU3HFRXUW D LQGLTXp TX¶LO pWDLW ©SHXWrWUH SOXV H[DFW GH FRQVLGpUHU
*DUFtD SDUW GH GHX[ SUpPLVVHV IRQGDPHQWDOHV TXL HQ l’estoppel non pas comme un acte unilatéral en lui-même,
Gp¿QLVVHQWO¶HVVHQFH,OFRQVLGqUHDLQVLTXH PDLV FRPPH OD FRQVpTXHQFH G¶XQ RX GH SOXVLHXUV DFWHV
unilatéraux356».
La première condition nécessaire à la construction de la notion
351
d’«estoppel» est l’existence d’une «attitude» adoptée par l’une des par- «El principio del “estoppel” en derecho internacional público»,
ties. […] p. 104 et 106.
352
«El principio del “estoppel” y la sentencia del Tribunal
345
,QWHUQDFLRQDOGH-XVWLFLDHQHOFDVRGHOWHPSORGH3UHDK9LKHDUªS
Traité de limites entre le Costa Rica et le Nicaragua (San et 159. 3RXU XQH DQDO\VH GpWDLOOpH HW SOXV UpFHQWH GH FHWWH TXHVWLRQ
-RVp DYULO British and Foreign State Papers, 1857–1858, YRLU ) -LPpQH] *DUFtD /RV FRPSRUWDPLHQWRV UHFtSURFRV HQ GHUHFKR
vol. XLVIII, p. 1049. internacional. $SURSyVLWRGHODDTXLHVFHQFLDHOHVWRSSHO\ODFRQ¿DQ]D
346
Moore, History and Digest…, vol. II, p. 1959. Voir également OHJtWLPD (Madrid, 2002).
Coussirat-Coustère et Eisemann, op. cit., p. 5. 353
Arrêt no 14, 1929, C.P.J.I. série A, no 20, p. 39.
347
Annuaire… 1999, vol. I, 2594e séance, p. 206, par. 12. 354
9RLU9HQWXULQL ORF FLW S pJDOHPHQW 3HFRXUW *DUFtD ©(O
348
Pour une analyse minutieuse de ce principe, et en particulier principio del “estoppel” en derecho…», p. 117.
de ses origines plus lointaines, voir Martin, L’estoppel en droit 355
Voir à cet égard l’opinion de Tammes, dans l’Annuaire… 1967,
international public précédé d’un aperçu de la théorie de l’estoppel en vol. I, 928e séance, p. 195, par. 6, où, à propos de l’effort de systématisation
droit anglais, notamment p. 10 à 14. TXHGHPDQGHODPDWLqUHHWQRWDPPHQWGHODFODVVL¿FDWLRQTX¶LOIDXGUD
349
Loc. cit., p. 440, citant en outre Díez-Picazo Ponce de León, La LQpOXFWDEOHPHQW pWDEOLU FHOXLFL DI¿UPH TXH FHWWH PDWLqUH «englobe,
GRFWULQDGHORVSURSLRVDFWRVXQHVWXGLRFUtWLFRVREUHODMXULVSUXGHQFLD SDUH[HPSOHODTXHVWLRQGHODUHFRQQDLVVDQFHHQWDQWTX¶DFWHSRVLWLI
del Tribunal Supremo, p. 63 à 65. FRQVLVWDQWjDGPHWWUHXQHVLWXDWLRQGRQQpHFRPPHVLWXDWLRQMXULGLTXH
350
Dans son Dictionnaire de la terminologie du droit international HWLQYHUVHPHQWODTXHVWLRQGHVSURWHVWDWLRQVTXLWHQGHQWjUHMHWHUOHV
3DULV 6LUH\ S OH MXJH %DVGHYDQW Gp¿QLVVDLW DLQVL OH PRGL¿FDWLRQVG¶XQHVLWXDWLRQMXULGLTXH2QSHXWDXVVLFLWHUOHSULQFLSH
concept d’estoppel: GH O¶HVWRSSHO >GRFWULQH GHV ³DFWHV SURSUHV´@ DSSOLTXp SDU OD &RXU
©7HUPH GH SURFpGXUH HPSUXQWp j OD ODQJXH DQJODLVH TXL GpVLJQH LQWHUQDWLRQDOH GH -XVWLFH G¶DXWUHV H[HPSOHV G¶DFWHV XQLODWpUDX[ WHOV
O¶REMHFWLRQ SpUHPSWRLUH TXL V¶RSSRVH j FH TX¶XQH SDUWLH j XQ SURFqV TXH OHV SURFODPDWLRQV GpVLVWHPHQWV HW UHQRQFLDWLRQV SHXYHQW HQFRUH
SUHQQHXQHSRVLWLRQTXLFRQWUHGLWVRLWFHTX¶HOOHDDQWpULHXUHPHQWDGPLV rWUHPHQWLRQQpVORUVTX¶RQHQYLVDJHODSRVVLELOLWpG¶pODERUHUXQSURMHW
H[SUHVVpPHQW RX WDFLWHPHQW VRLW FH TX¶HOOH SUpWHQG VRXWHQLU GDQV OD V\VWpPDWLTXHª
356
même instance.» Annuaire… 1971, vol. II (2e partie), note 333, p. 62.
Actes unilatéraux des États 269
201. En somme, l’attitude manifestée par un État à le 20 novembre 1876 dans l’affaire Charles J. Jansen v. Mexico (États-
O¶pJDUGG¶XQHVLWXDWLRQGRQQpHO¶REOLJHHQTXHOTXHVRUWHj Unis d’Amérique/Mexique) [Coussirat-Coustère et Eisemann, op. cit.,
continuer à se comporter de manière cohérente358, surtout S @ HQ FHV WHUPHV ©,O HQ UpVXOWH HQ RXWUH TXH OHV eWDWV8QLV j
si ce comportement génère chez les tiers de bonne foi une tout le moins, ne sont pas libres de prétendre à un gouvernement de
factoSRXUOH3ULQFH0D[LPLOLHQD\DQWWRXMRXUVDXFRXUVGXFRQÀLWDX
FHUWDLQHDWWHQWHjVDYRLUTXHO¶eWDWHQTXHVWLRQFRQWLQXHUD 0H[LTXHUHFRQQXODUpSXEOLTXHHWUpSXGLpO¶HPSLUHª LELGSHW
à agir selon les mêmes paramètres359. Ce comportement, 108).
360
Arrêt, C.I.J. Recueil 1960 S /D &RXU pYRTXDQW OD IDoRQ
357
Fond, arrêt, C.I.J. Recueil 1962SROD&RXUDI¿UPHTXH d’agir du Nicaragua, a déclaré (ibid., p. 213):
«Même s’il existait un doute sur l’acceptation par le Siam en «De l’avis de la Cour, le Nicaragua a, par ses déclarations expresses
GHODFDUWHHWSDUFRQVpTXHQWGHODIURQWLqUHTXL\HVWLQGLTXpH et par son comportement, reconnu le caractère valable de la sentence et
la Cour, tenant compte des événements ultérieurs, considérerait il n’est plus en droit de revenir sur cette reconnaissance pour contester
TXH OD 7KDwODQGH HQ UDLVRQ GH VD FRQGXLWH QH VDXUDLW DXMRXUG¶KXL ODYDOLGLWpGHODVHQWHQFH/HIDLWTXHOH1LFDUDJXDQ¶DLWpPLVGHGRXWH
DI¿UPHUTX¶HOOHQ¶DSDVDFFHSWpODFDUWH3HQGDQWDQVFHWeWDWD TXDQWjODYDOLGLWpGHODVHQWHQFHTXHSOXVLHXUVDQQpHVDSUqVDYRLUSULV
MRXL GHV DYDQWDJHV TXH OD &RQYHQWLRQ GH OXL DVVXUDLW TXDQG FRQQDLVVDQFHGHVRQWH[WHFRPSOHWFRQ¿UPHODFRQFOXVLRQjODTXHOOHOD
FH QH VHUDLW TXH O¶DYDQWDJH G¶XQH IURQWLqUH VWDEOH /D )UDQFH HW Cour est parvenue.»
SDU O¶LQWHUPpGLDLUH GH FHOOHFL OH &DPERGJH VH VRQW ¿pV j VRQ 361
9RLUODVHQWHQFHUHQGXHOHMXLQSDUOHWULEXQDODUELWUDOTXL
acceptation de la carte.» s’est prononcé sur l’affaire Pope and Talbot Inc. c. le Gouvernement du
358
Voir l’affaire du Droit de passage sur territoire indien, fond, Canada (reproduite dans ILR, vol. 122, 2002, en particulier p. 338). Il
arrêt, C.I.J. Recueil 1960 S GDQV OH FDV G¶HVSqFH OD SRVWXUH \HVWIDLWPHQWLRQGHVFDUDFWqUHVGHO¶HVWRSSHOGHODPrPHIDoRQTX¶RQ
maintenue par un État pendant un certain laps de temps permet O¶DLQGLTXpSUpFpGHPPHQW
GH SDUOHU GH OD FRQVROLGDWLRQ G¶XQH SUDWLTXH SDU OH MHX SDUIDLW HW 362
Voir le jugement rendu le 21 mars 1986 dans l’affaire Mission
FRPELQp GH O¶DFTXLHVFHPHQW HW GH OD GRFWULQH GHV DFWHV SURSUHV intérieure des catholiques suisses c. Canton de Nidwald et Tribunal
(ibid., p. 39): administratif du canton de Nidwald, dont une traduction des
©(QYXHGHGpWHUPLQHUVLOH3RUWXJDODpWDEOLOHGURLWGHSDVVDJHTX¶LO SDUDJUDSKHVOHVSOXVSHUWLQHQWVSRXUOHVHIIHWVTXLQRXVRFFXSHQW¿JXUH
UHYHQGLTXH OD &RXU GRLW SUHQGUH HQ FRQVLGpUDWLRQ FH TXL V¶HVW SDVVp GDQV&DÀLVFKORFFLWS(QO¶HVSqFHOH7ULEXQDODDI¿UPp
DXFRXUVGHVSpULRGHVEULWDQQLTXHHWSRVWEULWDQQLTXH$XFRXUVGHFHV ©>,@OH[LVWHVXUOHSODQLQWHUQDWLRQDODXWDQWTX¶LQWHUQHXQGHYRLUGHV¶HQ
périodes, le passage vers les enclaves a donné lieu, entre les Portugais tenir à son propre comportement, soit une interdiction de venire contra
HWOHVRXYHUDLQWHUULWRULDOjXQHSUDWLTXHTXHOH3RUWXJDOLQYRTXHSRXU factum proprium >«@ &H SULQFLSH IXW DSSOLTXp GDQV OD MXULVSUXGHQFH
établir le droit de passage par lui réclamé.» LQWHUQDWLRQDOHPrPHORUVTX¶LOV¶DJLVVDLWQRQG¶XQWUDLWpPDLVGHVLPSOHV
359
,O DYDLW GpMj pWp VRXOLJQp TXH OD QRQUHFRQQDLVVDQFH UpLWpUpH déclarations unilatérales émises, par exemple, par un ministre des affaires
d’une forme de gouvernement lie son auteur dans la décision rendue étrangères (voir l’affaire du Groenland oriental […]).»
CHAPITRE II
Conclusions
&RQIRUPpPHQWjODGHPDQGHTXHOXLDDGUHVVpHOD SRXUUD SHXWrWUH FRQFOXUH TXH FHV QRUPHV HW SULQFLSHV
Commission en 2003 (par. 1 supra), le Rapporteur spécial sont d’application générale et valent pour toutes les
a présenté dans ce rapport, à titre purement illustratif, des manifestations unilatérales de volonté, à condition bien
H[HPSOHVGHODSUDWLTXHGHVeWDWVHQSDUWLFXOLHUXQHVpULH HQWHQGX TX¶HOOHV DLHQW XQ FDUDFWqUH MXULGLTXH RX DX
d’actes et de déclarations, de caractère unilatéral, y compris FRQWUDLUH TX¶LOV QH V¶DSSOLTXHQW TX¶j XQH FDWpJRULH GH
certains comportements également unilatéraux susceptibles FHOOHVFL PrPH VL HOOHV QH VRQW SDV IDFLOHV j TXDOL¿HU
G¶DYRLU GHV HIIHWV MXULGLTXHV VLPLODLUHV WRXW HQ D\DQW et à classer en catégories, dans la mesure où, comme on
FRQVFLHQFH TX¶LO QH V¶DJLW SHXWrWUH SDV GDQV WRXV OHV FDV l’a souligné, on ne dispose pas pour ce faire de critères
G¶DFWHV XQLODWpUDX[ DX VHQV TXL LQWpUHVVH OD &RPPLVVLRQ précis.
&HUWDLQVQHVRQWSHXWrWUHSDVGHQDWXUHMXULGLTXH'¶DXWUHV
s’inscrivent peut-être davantage dans le cadre d’une rela- 204. Le Groupe de travail sur les actes unilatéraux des
tion conventionnelle et, si tel est le cas, n’intéressent pas eWDWVTXLV¶HVWUpXQLSHQGDQWODVHVVLRQGHDSURFpGp
GLUHFWHPHQWO¶pWXGHGHVDFWHVTXLQRXVRFFXSHQW jO¶H[DPHQGHFHUWDLQHVTXHVWLRQVGRQWRQV¶HIIRUFHUDGH
GpJDJHUTXHOTXHVFRQFOXVLRQV
203. Cet exposé a pour but de faciliter l’examen du
VXMHW HW O¶DGRSWLRQ GH FRQFOXVLRQV TXDQW j O¶H[LVWHQFH 3RXU GHV UDLVRQV G¶RUGUH SUDWLTXH HW PpWKRGR
éventuelle de normes et de principes applicables au ORJLTXH OHV GpFODUDWLRQV RQW pWp JURXSpHV HQ SOXVLHXUV
fonctionnement de ces actes. Dans certains cas, on FDWpJRULHVG¶DFWHVGRQWODGRFWULQHHWODSUDWLTXHPRQWUHQW
270 Documents de la cinquante-sixième session
207. Ces actes et déclarations sont le plus souvent 216. Il peut aussi exister des actes de non-reconnaissance
formulés par des États agissant individuellement, bien H[SUHVVHHQSDUWLFXOLHUGDQVOHVFDVRODTXDOLWpG¶eWDW
TX¶LOVOHVRLHQWSDUIRLVSDUGHVJURXSHVG¶eWDWV\FRPSULV HVW FRQWHVWpH HW R O¶eWDW TXL QH OD UHFRQQDvW SDV OH
des États participant à l’activité d’un organe international souligne de façon répétée, par exemple au cours de débats
TXHFHVRLWDXVHLQG¶XQHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHRX parlementaires.
dans le cadre d’une conférence).
217. L’effet des actes de reconnaissance, même s’il
208. La plupart de ces déclarations sont formulées par Q¶HVW SDV WRXMRXUV FODLU HVW SOXV DLVp j GpWHUPLQHU TXH
GHVSHUVRQQHVTXLQ¶RQWSDVUHoXRI¿FLHOOHPHQWGHSOHLQV celui d’autres actes ou déclarations unilatéraux. La
SRXYRLUV j FHW HIIHW PDLV TXL RQW FDSDFLWp SRXU DJLU VXU reconnaissance d’État se traduit par l’établissement
le plan international et engager leur État, tels le chef GH UHODWLRQV GLSORPDWLTXHV IRUPHOOHV HW GH UHODWLRQV HQ
de l’État ou du gouvernement, le ministre des affaires JpQpUDOHQWUHO¶eWDWTXLUHFRQQDvWXQHHQWLWpFRPPHeWDW
étrangères, les ambassadeurs, les chefs de délégation et cette entité.
et les représentants de l’État auprès d’organisations ou
organes internationaux. 218. On relève également de nombreux cas de
déclarations contenant des promesses relatives à des
209. Si dans bien des cas ces déclarations sont formulées TXHVWLRQV GH GpOLPLWDWLRQ DX GpVDUPHPHQW j OD UHPLVH
SDUpFULWLOQ¶HVWSDVUDUHTX¶HOOHVVRLHQWIDLWHVRUDOHPHQW GH GHWWHV j GHV TXHVWLRQV PRQpWDLUHV SHQGDQWHV j OD
Ces déclarations sont souvent transmises par le moyen de concession de permis d’exploitation de certains espaces,
QRWHVRXGHFRPPXQLTXpV\FRPSULVTXHOTXHIRLVSDUOD à l’adoption de moratoires, etc.
voie d’un échange de notes de caractère formel.
219. En général, les déclarations contenant
210. Dans le cas des déclarations concernant des promesses sont formulées elles aussi par des
la reconnaissance, il s’agit le plus souvent d’une personnes habilitées à représenter l’État dans ses
reconnaissance d’État, le nombre de ces déclarations de relations extérieures, c’est-à-dire le chef d’État ou de
reconnaissance ayant considérablement augmenté depuis gouvernement ou le ministre des affaires étrangères.
les événements survenus en Europe centrale et en Europe Certaines de ces déclarations sont formulées oralement,
RULHQWDOH SHQGDQW OHV DQQpHV TXL RQW FRQGXLW j OD d’autres par écrit, notamment dans des notes ou actes
création de nouveaux États indépendants. émanant des organes compétents de l’État.
'DQV FH GHUQLHU FRQWH[WH RQ QRWH DXVVL TXH OD 220. Dans la plupart des cas, on n’observe pas de
SOXSDUWGHFHVGpFODUDWLRQVGXPRLQVGHFHOOHVDX[TXHOOHV UpDFWLRQGHODSDUWGHVeWDWVEpQp¿FLDLUHVELHQTX¶LO\HQ
nous avons eu accès, émanent de pays d’Europe, faisant DLW SDUIRLV QRWDPPHQW ORUVTX¶LO V¶DJLW GH TXHVWLRQV GH
SDUWLH GH SROLWLTXHV FRPPXQHV WHQGDQW j UpJXODULVHU OHV GpOLPLWDWLRQFDVGDQVOHTXHORQREVHUYHOHVUpDFWLRQVOHV
FKDQJHPHQWV VXUYHQXV GDQV FHWWH UpJLRQ ELHQ TXH GH plus claires.
QRPEUHX[ eWDWV G¶DXWUHV ]RQHV JpRJUDSKLTXHV DLHQW
également reconnu expressément ou implicitement ces 221. Dans le cas particulier du désarmement, la
QRXYHOOHVUpSXEOLTXHV situation apparaît plus complexe, les réactions n’étant
pas claires. En effet, les États dotés d’armes nucléaires
2Q REVHUYH pJDOHPHQW HQ FH TXL FRQFHUQH OHV Q¶RQWSDVUHFRQQXSRVLWLYHPHQWTXHOHVGpFODUDWLRQVH[D-
GpFODUDWLRQV HW DFWHV GH UHFRQQDLVVDQFH TX¶LO HQ HVW PLQpHVFRQWHQDLHQWXQHSURPHVVHHWSDUFRQVpTXHQWOHV
d’autres se rapportant à des situations différentes, ayant OLHUDLHQW MXULGLTXHPHQW $X FRQWUDLUH OHV GpFODUDWLRQV
trait notamment à la délimitation de frontières, au ainsi faites dans le cadre des négociations menées au sein
désarmement ou à l’état de belligérance, en relation avec de la Conférence du désarmement ont été peu précises,
la neutralité ou même avec un traité international. QRWDPPHQW TXDQW j OHXU SRUWpH HW OHXU QDWXUH ELHQ TXH
Actes unilatéraux des États 271
Neuvième rapport sur les réserves aux traités*, par M. Alain Pellet, Rapporteur spécial
[Original: français]
[24 juin 2004]
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Paragraphes
L’OBJET «GÉNÉRIQUE» DES OBJECTIONS AUX RÉSERVES (RÉVISION): NOTE COMPLÉMENTAIRE ............................................................... 1-29 273
/¶REMHW©JpQpULTXHªGHVREMHFWLRQVDX[ VSpFLDO D IDLW O¶REMHW GH FULWLTXHV DVVH] YLYHV GH OD SDUW
UpVHUYHV UpYLVLRQ QRWHFRPSOpPHQWDLUH de plusieurs membres de la Commission. Le Rapporteur
VSpFLDOV¶HVWPRQWUpVHQVLEOHjFHVFULWLTXHVHWDSURSRVp
/RUV GH VD FLQTXDQWHFLQTXLqPH VHVVLRQ OD &', GH PRGL¿HU DVVH] UDGLFDOHPHQW OD Gp¿QLWLRQ GHV REMHF-
a examiné le chapitre II du huitième rapport sur les WLRQV TX¶LO DYDLW LQLWLDOHPHQW SURSRVpH HW V¶HVW HQJDJp
UpVHUYHV DX[ WUDLWpV UHODWLI j OD Gp¿QLWLRQ GHV REMHFWLRQV j SUpVHQWHU XQH YHUVLRQ PRGL¿pH GH FHWWH Gp¿QLWLRQ En
aux réserves1. ¬ O¶RFFDVLRQ GH FHW H[DPHQ OD Gp¿QLWLRQ FRQVpTXHQFH OD &RPPLVVLRQ D GpFLGp GH VXUVHRLU j OD
des objections aux réserves proposée par le Rapporteur discussion des projets de directives 2.6.1, 2.6.1 bis et
2.6.1 ter UHODWLYHV j OD Gp¿QLWLRQ GHV REMHFWLRQV MXVTX¶j
*
$YHUWLVVHPHQW 3RXU GHV UDLVRQV WHFKQLTXHV LO D pWp QpFHVVDLUH VDFLQTXDQWHVL[LqPHVHVVLRQHQ2. La présente note
de présenter le présent document comme le neuvième rapport sur les complémentaire est présentée suite à cette décision.
UpVHUYHV DX[ WUDLWpV LO FRQVWLWXH HQ IDLW XQ UHFWL¿FDWLI j OD VHFRQGH
partie du huitième rapport [Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/
CN.4/535 et Add.1, p. 33] dont le plan était le suivant: A. Les propositions initiales du Rapporteur spécial
II. La formulation des objections aux réserves et aux
déclarations interprétatives – Le «dialogue réservataire»... 69-106 2. À l’issue d’une présentation assez détaillée de
Section 1. La formulation des objections aux réserves... 73-79 OD SUDWLTXH GHV eWDWV UHODWLYHPHQW DX[ REMHFWLRQV DX[
$ /DGp¿QLWLRQGHVREMHFWLRQVDX[UpVHUYHV .............. 75-79
1. Le contenu des objections ............................... 80-106 UpVHUYHVOH5DSSRUWHXUVSpFLDODYDLWSURSRVpTXHFHOOHVFL
/¶REMHW©JpQpULTXHªGHVREMHFWLRQVDX[UpVHUYHV ... 82-106 VRLHQWGp¿QLHVGHODPDQLqUHVXLYDQWH
1
Annuaire… 2003, vol. I, 2780e à 2783e séances (les 25, 29, 30 et
MXLOOHW SRXUOHKXLWLqPHUDSSRUWYRLUAnnuaire… 2003, vol. II
(1re partie), doc. A/CN.4/535 et Add.1, p. 33. 2
Ibid., vol. I, 2783e séance, p. 246, par. 49.
273
274 Documents de la cinquante-sixième session
ELHQIRQGpG¶XQDOLJQHPHQWGHODGp¿QLWLRQGHVREMHFWLRQV DSSURXYpHSDUOHVPHPEUHVTXLVHVRQWH[SULPpVVXUFH
sur celle des réserves elles-mêmes a été contesté, du moins point23PDLVLODpWpVXJJpUpGHV¶LQVSLUHUGXOLEHOOpGX
GDQVODPHVXUHRLOHQUpVXOWDLWTXHO¶HIIHW RXOHVHIIHWV paragraphe 1 de l’article 23 des Conventions de Vienne
visé(s) par l’État ou l’organisation internationale objectant GH HW TXL PHQWLRQQHQW HQ RXWUH OHV ©DXWUHV
devai(en)t être limité(s) à ceux envisagés par les articles 20, États et autres organisations internationales ayant
paragraphe 4 b, et 21, paragraphe 3, des Conventions de TXDOLWp SRXU GHYHQLU SDUWLHV DX WUDLWp24» ou d’y inclure
Vienne de 1969 et 1986 en insistant (à juste titre selon le les signataires25.
5DSSRUWHXUVSpFLDO VXUOHIDLWTXHODGp¿QLWLRQGHVREMHFWLRQV
GHYDLWrWUHGLVWLQJXpHGHODTXHVWLRQGHOHXUYDOLGLWp14. 10. Pour sa part, le projet de directive 2.6.1 bis a été
généralement approuvé26TXRLTXHO¶RQDLWIDLWUHPDUTXHU
2Q D IDLW YDORLU j FHW pJDUG TXH OHV HIIHWV TXH OHV TXHOHV©REMHFWLRQVªjODIRUPXODWLRQWDUGLYHG¶XQHUpVHUYH
Conventions de Vienne de 1969 et 1986 attribuent aux pourraient être incluses dans la catégorie générale si l’on
REMHFWLRQV VRQW SDUWLFXOLqUHPHQW ÀRXV15 HW TX¶LOV VRQW HQUHWHQDLWXQHGp¿QLWLRQODUJH27.
SDUIRLVGLI¿FLOHVjGLVWLQJXHUGHFHX[G¶XQHDFFHSWDWLRQ16.
$XVXUSOXV©>O@HEXWTXHYLVH>O¶eWDWTXLIDLWXQHREMHF- 'H PrPH OHV PHPEUHV TXL VH VRQW H[SULPpV VXU
tion] est une chose, les effets prévus par les Conventions le projet de directive 2.6.1 ter se sont prononcés en
de Vienne en sont une autre»17: comme cela résulte du IDYHXU GH VRQ LQFOXVLRQ GDQV OH *XLGH GH OD SUDWLTXH28,
rapport lui-même18 LO SHXW VH IDLUH TXH O¶DXWHXU G¶XQH pWDQW HQWHQGX TXH VD UpGDFWLRQ GHYUD LQpYLWDEOHPHQW
objection entende faire produire à celle-ci des effets rWUH DGDSWpH DX[ PRGL¿FDWLRQV DSSRUWpHV DX SURMHW GH
GLIIpUHQWV GH FHX[ TXL VRQW HQYLVDJpV SDU OHV &RQYHQ- directive 2.6.1.
tions19, en particulier l’applicabilité du traité dans son
LQWpJUDOLWpVDQVTX¶LOVRLWWHQXFRPSWHGHODUpVHUYH HIIHW &/DQRXYHOOHGp¿QLWLRQSURSRVpH
«supermaximal»)20. Il conviendrait donc de retenir une
Gp¿QLWLRQPRLQVUHVWULFWLYHHWSOXVVRXSOHTXHFHOOHHQYL- &RPPH LO O¶DYDLW LQGLTXp ORUV GX GpEDW HQ VpDQFH
sagée dans le rapport21. plénière en 200329, le Rapporteur spécial s’est montré
WUqVVHQVLEOHjFHUWDLQHVGHVFULWLTXHVDGUHVVpHVDXSURMHW
(QUHYDQFKHODSRVLWLRQGX5DSSRUWHXUVSpFLDOTXL GHGLUHFWLYHGDQVODUpGDFWLRQTX¶LODYDLWSURSRVpH
HVWLPDLW TXH OHV DXWHXUV SRWHQWLHOV G¶XQH REMHFWLRQ QH initialement30.
pouvaient être limités aux seuls États ou organisations
internationales contractants22 a été généralement 13. Deux principes lui semblent devoir être acceptés
HW SULV FRPPH SRLQWV GH GpSDUW GH OD Gp¿QLWLRQ GHV
objections:
14
Voir notamment Annuaire… 2003, vol. I, 2781e séance, p. 225,
par. 22, M. Koskenniemi.
– la nécessité de ne pas remettre en cause les règles
15
Ibid., 2780eVpDQFHSSDU0*DMDe séance, p. 225,
par. 22 et 23, M. Koskenniemi. ¿JXUDQWGDQVOHV&RQYHQWLRQVGH9LHQQHGHHW
16
Ibid., 2780e séance, p. 220 et 221, par. 17, M. Gaja. conformément à la position constante de la Commission,
17
Ibid., p. 221, par. 19, M. Gaja. TXLV¶HVWIHUPHPHQW¿[pHFHWWHGLUHFWLYHjHOOHPrPHGqV
18
Ibid., vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/535 et Add.1, p. 50, par. 95
le tout début de ses travaux sur le sujet31SULQFLSHTXLD
et 96. constamment été approuvé par la très grande majorité des
19
Ibid., vol. I, 2780e VpDQFH S HW SDU 0 *DMD États au sein de la Sixième Commission de l’Assemblée
2781e séance, p. 222, par. 3, M. Kolodkin, ou 2782e séance, p. 238 JpQpUDOH
HW SDU 0 0DQV¿HOG YRLU DXVVL OD FRPPXQLFDWLRQ SUpFLWpH
de la Pologne (note 12) et les interventions d’Israël [Documents – la prise en compte de l’intention de l’organisa-
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH
Commission, 17e séance (A/C.6/58/SR.17), par. 45], des Pays-Bas tion internationale ou de l’État objectant dont la décla-
[ibid., 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 21], de la Suède (ibid., par. 25) ration unilatérale en réaction à une réserve doit viser à
ou de la Grèce [ibid., 20e séance (A/C.6/58/SR.20), par. 52]. s’«opposer» (pour prendre un terme neutre et général) à
20
Annuaire… 2003, vol. I, 2781e séance, p. 227, par. 36, FHTXHODUpVHUYHSURGXLVHOHVSOHLQVHIIHWVYRXOXVSDUVRQ
0.RVNHQQLHPLYRLUDXVVLSDU00RPWD]Dans sa communication auteur.
SUpFLWpH QRWH OD 3RORJQH IDLW YDORLU TXH OH WUDLWp OXLPrPH SHXW
HQWHQGUHIDLUHSURGXLUHjXQHREMHFWLRQXQHIIHW©VXSHUPD[LPDOªHWTXH
WHO HVW OH FDV ORUVTX¶LO SUpYRLW TXH OHV UpVHUYHV GRLYHQW rWUHDFFHSWpHV 23
unanimement par les parties contractantes. De l’avis du Rapporteur Ibid., vol. I, 2782e séance, p. 233, par. 16, M. Fomba.
VSpFLDOLOQHV¶DJLWOjTXHGHO¶HIIHW©PD[LPDOªWHOTX¶LOHVWHQYLVDJp
24
Ibid., 2780e VpDQFH S SDU 0 *DMD YRLU DXVVL OD
à l’article 20, par. 4 b, de la Convention de Vienne de 1969 et à communication précitée (note 12) de la Pologne.
l’article 21, par. 3, de la Convention de Vienne de 1986. 25
Annuaire… 2003, vol. I, 2781eVpDQFHSSDU00RPWD]
21
Annuaire… 2003, vol. I, 2781eVpDQFHSSDU0.RORGNLQ p. 229, par. 46, Mme Xue.
S SDU 0PH (VFDUDPHLD SDU 0 .RVNHQQLHPL e 26
,ELGSSDU0PH(VFDUDPHLDSSDU0PH;XH
VpDQFH S SDU 0 .DWHND YRLU DXVVL OD FRPPXQLFDWLRQ 2782eVpDQFHSSDU0*DOLFNLSSDU0)RPEDYRLU
précitée (note 12) de la Pologne et les interventions en ce sens des cependant p. 237, par. 40, M. Chee.
Pays-Bas ['RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWH 27
Ibid., 2781eVpDQFHSSDU0.RVNHQQLHPLYRLUDXVVL
huitième session, Sixième Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), 'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH JpQpUDOH FLQTXDQWHKXLWLqPH
par. 21], de la Bulgarie [ibid., 20e séance (A/C.6/58/SR.20), par. 63], session, Sixième Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 31
GHV eWDWV8QLV LELG SDU YRLU FHSHQGDQW OHV PLVHV HQ JDUGH j (Italie).
O¶HQFRQWUH G¶XQH Gp¿QLWLRQ WURS ODUJH GH 0 *DOLFNL Annuaire… 28
Voir Annuaire… 2003, vol. I, 2780e séance, p. 221, par. 19 et 20,
2003, vol. I, 2782e séance, p. 232, par. 7, et de la France [Documents
0*DMDe séance, p. 234, par. 20, M. Fomba.
RI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpHJpQpUDOHFLQTXDQWHKXLWLqPHVHVVLRQ6L[LqPH 29
Commission, 19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 41]. Ibid., 2783e séance, p. 245 et 246, par. 48.
30
22
Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/535 et Add.1, Voir supra par. 2.
31
p. 51, par. 100. Voir Annuaire… 1995, vol. II (2e partie), p. 113, par. 487.
276 Documents de la cinquante-sixième session
14. En revanche – et là est sans doute la clef de la YRLW PDO TXHOOHV UDLVRQV SRXUUDLHQW MXVWL¿HU GH SURFpGHU
TXHVWLRQ±OH5DSSRUWHXUVSpFLDOFRQYLHQWWUqVYRORQWLHUV SRXUOHVREMHFWLRQVGLIIpUHPPHQWTXHSRXUOHVUpVHUYHVOD
TX¶LO D PDQTXp GH ULJXHXU HQ FKRLVLVVDQW XQH UpGDFWLRQ &RPPLVVLRQDDGRSWpXQHGp¿QLWLRQGHVUpVHUYHV TXLHVW
TXL G¶HPEOpH pFDUWH GH OD Gp¿QLWLRQ des objections les IRQGpHVXUOHVHIIHWVTXHO¶eWDWUpVHUYDWDLUHHQWHQGIDLUHSUR-
GpFODUDWLRQV XQLODWpUDOHV TXL YLVHQW j SURGXLUH GHV HIIHWV duire à sa déclaration unilatérale37) sans éprouver le besoin
non prévus par les Conventions de Vienne de 1969 et GHUHPHWWUHO¶DGRSWLRQGHFHWWHGp¿QLWLRQDXPRPHQWRHOOH
1986. &HODUHYLHQWjSUpMXJHUOHXU LQ YDOLGLWpRUFRQIRU- DXUDLWSULVSRVLWLRQVXUFHVHIIHWV&HTXLHVWLPSRUWDQWHVW
PpPHQWjODSRVLWLRQFRQVWDQWHTX¶LODGpIHQGXH HWGRQW GHQHSDVSUpMXJHUOHVHIIHWVHQTXHVWLRQGDQVODGp¿QLWLRQ
il a souvent eu du mal à convaincre certains membres
GH OD &RPPLVVLRQ OHV Gp¿QLWLRQV GHV UpVHUYHV RX GHV 18. À cet égard, la seconde objection rapportée ci-dessus
objections) ne devraient pas anticiper sur les problèmes Q¶HPSRUWH TXH SDUWLHOOHPHQW OD FRQYLFWLRQ O¶H[SUHVVLRQ
de «validité» (ou de «licéité»). «empêcher la réserve de produire tout ou partie de ses
HIIHWVªQHSUpMXJHSDVGHFHTXHVRQWOHVHIIHWVG¶XQHUpVHUYH
15. À la suite des débats, fort intéressants, de 2003, le QLQHUHQYRLHDX[&RQYHQWLRQVGH9LHQQHGHHW
Rapporteur spécial avait proposé un projet alternatif de HOOHODLVVHRXYHUWHODTXHVWLRQGHVDYRLUFHTX¶LOVVRQWDXVVL
UpGDFWLRQGXSURMHWGHGLUHFWLYHTXLVHOLVDLWDLQVL ELHQTXHOHVHIIHWVTXHSHXWSURGXLUHO¶REMHFWLRQHOOHPrPH
(QUHYDQFKHLOHVWH[DFWTX¶HOOHQHFRXYUHSDVWRXWHVOHV
2.6.1'p¿QLWLRQGHVREMHFWLRQVDX[UpVHUYHV K\SRWKqVHV TXL SHXYHQW VH SUpVHQWHU ,O SHXW HQ HIIHW VH
L’expression «objection» s’entend d’une déclaration unilatérale,
SURGXLUH TXH O¶DXWHXU GH O¶REMHFWLRQ HQWHQGH V¶RSSRVHU j
TXHOTXHVRLWVRQOLEHOOpRXVDGpVLJQDWLRQIDLWHSDUXQeWDWRXXQHRUJD- l’application, dans ses relations avec l’auteur de la réserve,
nisation internationale, en réaction à une réserve à un traité formulée QRQ VHXOHPHQW ©GHV GLVSRVLWLRQV VXU OHVTXHOOHV SRUWH OD
SDUXQDXWUHeWDWRXXQHDXWUHRUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHSDUODTXHOOH réserve»38, et non pas du traité dans son ensemble39, mais
cet État ou cette organisation vise à empêcher la réserve de produire G¶XQHSDUWLHHQWLqUHGXWUDLWpTXDQGELHQPrPHODUpVHUYH
tout ou une partie de ses effets32.
QHSRUWHTXHVXUXQHGLVSRVLWLRQSDUWLFXOLqUHGHFHWWHSDUWLH
16. Cette rédaction avait été généralement approuvée33.
Toutefois, 3RXU UHQFRQWUHU FHWWH K\SRWKqVH TXL FRUUHVSRQG j
des cas concrets40LOHVWVDQVGRXWHVRXKDLWDEOHGHPRGL¿HU
– certains membres se sont demandés s’il n’était pas OD ¿Q GH OD Gp¿QLWLRQ SURSRVpH GH OD PDQLqUH VXLYDQWH
SUpIpUDEOHGHUHPHWWUHVRQH[DPHQjSOXVWDUGORUVTXHOD DX OLHX GH SUpYRLU TXH O¶REMHFWLRQ ©YLVH j HPSrFKHU OD
Commission aurait adopté les projets de directive relatifs réserve de produire tout ou partie de ses effets», il faudrait
DX[HIIHWVGHVREMHFWLRQV LQGLTXHUTX¶HOOH©YLVHjPRGL¿HUOHVHIIHWVDWWHQGXVGHOD
réserve [par l’auteur de celle-ci]». La mention entre cro-
± XQ PHPEUH D LQVLVWp VXU OH IDLW TX¶LO FRQYHQDLW FKHWV DORXUGLW OH WH[WH HW LO VHUDLW SHXWrWUH VXI¿VDQW GH
G¶pYLWHU G¶pWDEOLU XQ OLHQ IRUPHO HQWUH OD Gp¿QLWLRQ GHV donner cette précision dans le commentaire.
REMHFWLRQVDX[UpVHUYHVHWOHVHIIHWVTXHOHV&RQYHQWLRQV
de Vienne de 1969 et 1986 envisageaient34 (Q FH TXL FRQFHUQH HQ¿Q OD WURLVLqPH UHPDUTXH
FULWLTXH IDLWH VXU OD SURSRVLWLRQ GH UpGDFWLRQ UHSURGXLWH
– un autre membre s’est montré préoccupé par le ci-dessus41, le Rapporteur spécial est particulièrement
IDLWTXHODUpGDFWLRQSURSRVpHIHUDLWODSDUWWURSEHOOHjOD attaché à la nature «contractuelle» des traités et au
volonté unilatérale de l’État objectant au mépris du carac- caractère volontaire des engagements conventionnels.
tère contractuel des engagements conventionnels35. 7HOOHHVWGXUHVWHODUDLVRQSRXUODTXHOOHLODFRQVWDPPHQW
manifesté ses réticences à l’égard de la reconnaissance
(Q FH TXL FRQFHUQH OH SUHPLHU SRLQW OH 5DSSRUWHXU
VSpFLDO FRQVHUYH OD IHUPH FRQYLFWLRQ TX¶XQH VROXWLRQ SDU eWDWV8QLV G¶$PpULTXH HW SDU 3DNLVWDQ contra: ibid.,
19e séance (A/C.6/58/SR.19), par. 70, Chypre]: d’une part, il ne s’agit
d’attente ne constitue pas la bonne manière de procéder. SDVOjGHGp¿QLWLRQVG¶DXWUHSDUWHWGHWRXWHPDQLqUHOD&RPPLVVLRQHVW
'¶XQHSDUWLOQHOXLSDUDvWSDVORJLTXHGHV¶LQWpUHVVHUDX[ WRXMRXUVSDUWLHGHO¶LGpHTXHOH*XLGHGHODSUDWLTXHGHYDLWUHSUHQGUH
HIIHWV G¶XQH LQVWLWXWLRQ MXULGLTXH VDQV O¶DYRLU SUpDODEOH- HQOHVSUpFLVDQWHWHQOHVFRPSOpWDQWWRXVOHVpOpPHQWV¿JXUDQWGDQVOHV
PHQWGp¿QLH±FHVHUDLWYpULWDEOHPHQWFHODTXLFRQVLVWHUDLW Conventions de Vienne.
37
à «mettre la charrue avant les bœufs»36. D’autre part, l’on Voir l’article 2, par. 1, al. d, des Conventions de Vienne de 1969
et 1986 et le projet de directive 1.1 [Annuaire… 2003, vol. II (2e partie),
p. 67, par. 367].
32
Annuaire… 2003, vol. II (2e partie), p. 66 et 67, par. 363. 38
Comme l’envisage l’article 21, par. 3, des Conventions de Vienne
33
Ibid., vol. I, 2783e VpDQFH S HW SDU YRLU DXVVL de 1969 et 1986.
notamment, les interventions du Guatemala ['RFXPHQWV RI¿FLHOV 39
Comme l’envisagent les articles 20, par. 4, al. b, et 21, par. 3, des
de l’Assemblée générale, cinquante-huitième session, Sixième &RQYHQWLRQVGH9LHQQHGHHWORUVTXHO¶DXWHXUGHO¶REMHFWLRQ
Commission, 19e VpDQFH $&65 SDU @ GX -DSRQ LELG en a expressément exprimé l’intention.
par. 50), de la Roumanie (ibid., par. 63), de la Grèce [ibid., 20e séance 40
Voir Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/535 et
$&65 SDU@RXGHOD5pSXEOLTXHLVODPLTXHG¶,UDQ LELG
$GGSSDUHQSDUWLFXOLHUQRWHYRLUDXVVLSDUH[HPSOH
par. 70).
34
OHV REMHFWLRQV GHV eWDWV8QLV GX -DSRQ GHV 3D\V%DV GX 5R\DXPH
Annuaire… 2003, vol. I, 2783e séance, p. 243, par. 25, M. Gaja. Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord ou de la Suède à la
35
Ibid., p. 244, par. 30, Mme Xue. UpVHUYHGHOD5pSXEOLTXHDUDEHV\ULHQQHjODSURFpGXUHGHFRQFLOLDWLRQ
36
,ELG SDU 0 0DQV¿HOG ¬ SOXV IRUWH UDLVRQ OH 5DSSRUWHXU obligatoire prévue par la Convention de Vienne de 1969 et de la
VSpFLDOQ¶HVWSDVFRQYDLQFXTXHO¶RQGRLYHRXSXLVVHVHSDVVHUGHGp¿QLU 7XQLVLH RX GH O¶8QLRQ GHV 5pSXEOLTXHV VRFLDOLVWHV VRYLpWLTXHV j
OH PRW ©REMHFWLRQª GDQV OH *XLGH GH OD SUDWLTXH DX SUpWH[WH TXH OHV l’article 66 de la Convention [Traités multilatéraux déposés auprès du
articles 20, par. 4, al. b, et 5, et 21 des Conventions de Vienne de 1969 et Secrétaire général: état au 31 décembre 2003, vol. II (publication des
VHVXI¿VHQWjHX[PrPHV>FI'RFXPHQWVRI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpH Nations Unies, numéro de vente: F.04.V.2), doc. ST/LEG/SER.E/22,
générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 19e séance chap. XXIII.1, p. 342 à 348].
$&65 SDU3RUWXJDOLELGe séance (A/C.6/58/SR.20), 41
3DUSRXUODUHPDUTXHHQTXHVWLRQYRLUsupra par. 16, 3e tiret.
Les réserves aux traités 277
GHWRXWHUqJOHTXLFRQGXLUDLWjDGPHWWUHTX¶XQeWDWSXLVVH (Q FH TXL FRQFHUQH OHV DXWUHV pOpPHQWV GH OD
être lié contre son gré par une disposition convention- Gp¿QLWLRQ YRLU OH KXLWLqPH UDSSRUW VXU OHV UpVHUYHV DX[
QHOOHTXHOOHTX¶HOOHVRLW42HWDYDLWPDUTXpVHVGRXWHVVXUOD traités46.
possibilité pour un État objectant de tenir l’auteur d’une
réserve comme étant lié par le traité dans son ensemble 26. Le projet de directive 2.6.1 terTXLpWDLWSURSRVpGDQV
malgré sa réserve43 ,O UHVWH TX¶LFL HQFRUH OD UpGDFWLRQ le même document47QHVHMXVWL¿DLWTXHSDUUpIpUHQFHDX
SURSRVpHQHSUpMXJHHQDXFXQHPDQLqUHGHVHIIHWVTX¶XQH rappel, dans le texte du projet de directive 2.6.1, des effets
UpVHUYHRXXQHREMHFWLRQSRXUUDLWSURGXLUHHOOHVHERUQHj GHVREMHFWLRQVDX[UpVHUYHVWHOVTX¶LOVVRQWSUpFLVpVGDQVOHV
SUHQGUHDFWHGHFHX[TXHO¶DXWHXUGHO¶REMHFWLRQ HW©SDU &RQYHQWLRQVGH9LHQQHGHHW'qVORUVTXHO¶RQ
ricochet», celui de la réserve) visent à faire produire à s’abstient de faire référence aux dispositions de celle-ci,
l’objection (et à la réserve)44. la précision donnée dans le projet de directive 2.6.1 ter
n’a plus lieu d’être.
21. Cela étant, ces points pourront (et devraient, selon le
Rapporteur spécial) être précisés dans le commentaire du 27. Il en va différemment du projet de directive 2.6.1
projet de directive 2.6.1. bis48&HOXLFLpWDLWMXVWL¿pSDUOHVULVTXHVGHFRQIXVLRQ
découlant de l’utilisation du mot «objection» pour
$XEpQp¿FHGHFHVREVHUYDWLRQVFHSURMHWSRXUUDLW désigner l’opposition d’un État ou d’une organisation
être rédigé de la manière suivante: internationale à la formulation tardive d’une réserve
dans les projets de directives 2.3.1 à 2.3.349. Or, il s’agit
«2.6.1'p¿QLWLRQGHVREMHFWLRQVDX[UpVHUYHV d’opérations intellectuellement distinctes: l’absence
d’opposition à une telle formulation n’empêche nulle-
«L’expression “objection” s’entend d’une ment les États ou organisations internationales contrac-
GpFODUDWLRQ XQLODWpUDOH TXHO TXH VRLW VRQ OLEHOOp tants d’objecter à la nouvelle réserve même si, en pra-
ou sa désignation, faite par un État ou par une WLTXHFHODHVWUDUH
organisation internationale, en réaction à une réserve
à un traité formulée par un autre État ou une autre /H VHXO GRXWH TX¶DYDLW OH 5DSSRUWHXU VSpFLDO
RUJDQLVDWLRQ LQWHUQDWLRQDOH SDU ODTXHOOH FHW eWDW RX concernait la nécessité d’inclure formellement une telle
FHWWH RUJDQLVDWLRQ YLVH j PRGL¿HU OHV HIIHWV DWWHQGXV GLUHFWLYH GDQV OH *XLGH GH OD SUDWLTXH50. Un consensus
de la réserve [par l’auteur de celle-ci].» semble s’être dégagé au sein de la Commission en faveur
de cette inclusion51OHSURMHWGHYUDLWrWUHQXPpURWp
&RPPHFHODHVWLQGLTXpGDQVOHKXLWLqPHUDSSRUWLO /H5DSSRUWHXUVSpFLDOQHYRLWSDVGHUDLVRQSRXUPRGL¿HU
ne paraît pas utile d’inclure GDQVODGp¿QLWLRQ elle-même la rédaction proposée sauf sur un point.
une mention des catégories d’États ou d’organisations
LQWHUQDWLRQDOHV TXL SHXYHQW IRUPXOHU XQH REMHFWLRQ45. 3XLVTXH OD &RPPLVVLRQ D DGRSWp ORUV GH OD SUpVHQWH
,O VXI¿W VXU FH SRLQW GH V¶LQVSLUHU GH OD Gp¿QLWLRQ GHV session, le projet de directive 2.3.5 relatif à l’aggravation
UpVHUYHVHOOHVPrPHVTXLQHGRQQHDXFXQHSUpFLVLRQVXU GH OD SRUWpH G¶XQH UpVHUYH TXL UHQYRLH j OD SURFpGXUH GH
ODTXDOLWpGHO¶eWDWRXGHO¶RUJDQLVDWLRQLQWHUQDWLRQDOHTXL formulation tardive des réserves52LOVHPEOHORJLTXHG¶LQFOXUH
est habilité à formuler une réserve. Bien entendu, cela ne dans le projet de directive 2.6.2, une précision concernant les
VLJQL¿HSDVTXHODTXHVWLRQQHGHYUDSDVrWUHUpJOpHGDQV «objections» à l’aggravation tardive d’une réserve:
OH*XLGHGHODSUDWLTXHPDLVLOFRQYLHQWGHO¶DERUGHUGDQV
une directive distincte. «2.6.2 Objection à la formulation ou à l’aggravation
tardives d’une réserve
/H5DSSRUWHXUVSpFLDOHVWSDUDLOOHXUVFRQVFLHQWTXH
le mot «faite», utilisé dans le troisième membre de phrase «L’expression “objection” peut également
GHODGp¿QLWLRQSURSRVpH ©XQHGpFODUDWLRQXQLODWpUDOH« V¶HQWHQGUHGHODGpFODUDWLRQXQLODWpUDOHSDUODTXHOOHXQ
faite par un État ou par une organisation internationale») État ou une organisation internationale s’oppose à la
prête à discussion: pris à la lettre, il pourrait donner à formulation ou à l’aggravation tardives d’une réserve.»
SHQVHU TXH O¶REMHFWLRQ SURGXLW GHV HIIHWV SDU HOOHPrPH
VDQVTX¶DXFXQHDXWUHFRQGLWLRQGRLYHrWUHUHPSOLHRUHOOH 46
Ibid., p. 46, par. 76 à 79. Dans sa communication précitée (note
doit au moins être licite. Le mot «faite» a été retenu par OD 3RORJQH HVWLPH TXH OH PRPHQW DXTXHO XQH REMHFWLRQ SHXW
VRXFL GH V\PpWULH DYHF OD Gp¿QLWLRQ GHV UpVHUYHV GDQV rWUH IDLWH GHYUDLW rWUH VSpFL¿p GDQV FHWWH Gp¿QLWLRQ 3RXU OHV UDLVRQV
ODTXHOOH¿JXUHODPrPHH[SUHVVLRQ LQGLTXpHVDXSDUDJUDSKH LELG OH5DSSRUWHXUVSpFLDOQHOHSHQVH
SDVPDLVLOYDGHVRLTXHFHVSUpFLVLRQVGHYURQWrWUHGRQQpHVGDQVXQ
42
autre projet de directive.
Voir, par exemple, le deuxième rapport sur les réserves aux traités 47
Voir supra par. 5.
[Annuaire… 1996, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/477 et Add.1, p. 82 48
HWSDUj@FHWWHSRVLWLRQDG¶DLOOHXUVpWpHQGRVVpHSDUOD Voir supra par. 4.
49
Commission dans le paragraphe 10 des conclusions préliminaires de la Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/535 et Add.1,
Commission du droit international concernant les réserves aux traités p. 51, par. 101.
multilatéraux normatifs, y compris les traités relatifs aux droits de 50
Ibid.
l’homme [voir Annuaire… 1997, vol. II (2e partie), p. 58, par. 157]. 51
Voir supra par. 10.
43
Voir Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/535 et 52
Le texte de ce projet se lit ainsi [Annuaire… 2004, vol. II
Add.1, p. 50 et 51, par. 96 et 97.
2e partie)]:
44
&H GHUQLHU SRLQW HVW G¶RUHV HW GpMj LQFOXV GDQV OD Gp¿QLWLRQ GHV «2.3.5 Aggravation de la portée d’une réserve
réserves donnée dans les Conventions de Vienne de 1969 et 1986 et ©/D PRGL¿FDWLRQ G¶XQH UpVHUYH H[LVWDQWH TXL YLVH j DJJUDYHU OD
reprise dans le projet de directive 1.1 (voir supra la note 37). portée de celle-ci suit les règles applicables à la formulation tardive
45
Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/535 et Add.1, d’une réserve. 7RXWHIRLVHQFDVG¶REMHFWLRQjXQHWHOOHPRGL¿FDWLRQOD
p. 51, par. 100. réserve initiale reste inchangée.»
RESSOURCES NATURELLES PARTAGÉES
Paragraphes Pages
Chapitres
I. PROJET DE CONVENTION SUR LE DROIT RELATIF AUX FORMATIONS AQUIFÈRES TRANSFRONTIÈRES ................................................................... 287
II. REPRÉSENTATION SCHÉMATIQUE D’UNE FORMATION AQUIFÈRE .................................................................................................................... 288
III. TYPOLOGIE DES AQUIFÈRES .................................................................................................................................................................... 289
IV. ÉTUDES DE CAS...................................................................................................................................................................................... 290
V. BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE SUR LE DROIT DES EAUX SOUTERRAINES TRANSFRONTIÈRES ................................................................................. 295
Introduction
279
280 Documents de la cinquante-sixième session
CHAPITRE PREMIER
Cadre général
,O QH IDLW DXFXQ GRXWH TXH OH WUDLWp JpQpUDO OH SOXV HQ TXHVWLRQ Q¶pWDLHQW SDV WUDQVSRVDEOHV DXWRPDWLTXH-
pertinent à ce jour est la Convention de 1997. Dans ment à la gestion de ressources naturelles essentielle-
son premier rapport, le Rapporteur spécial, rappelant la PHQWpSXLVDEOHVWHOOHVTXHOHVHDX[VRXWHUUDLQHVWUDQV-
résolution de 1994 de la Commission recommandant frontières et les eaux souterraines non renouvelables. Tel
l’application mutatis mutandis aux eaux souterraines était, par exemple, le cas de l’article 5 de la Convention
des principes relatifs aux cours d’eau internationaux, GHTXLWUDLWDLWGXSULQFLSHGHO¶XWLOLVDWLRQpTXLWDEOH
GpFODUDLW TX¶©>L@O >pWDLW@ FODLU TXH SUDWLTXHPHQW WRXV et raisonnable. Dans d’autres cas, les dispositions de
les principes consacrés dans la Convention ... [étaient] OD &RQYHQWLRQ pWDLHQW LQVXI¿VDQWHV RX GHYDLHQW rWUH
applicables également aux eaux souterraines captives PRGL¿pHVYXODYXOQpUDELOLWpGHVHDX[VRXWHUUDLQHVjOD
transfrontières8». Cette déclaration a suscité des cri- pollution9 /H 5DSSRUWHXU VSpFLDO DFFHSWH FHV FULWLTXHV
WLTXHVWDQWjOD&RPPLVVLRQGXGURLWLQWHUQDWLRQDOTX¶j HW UHFRQQDvW TXH FHV SULQFLSHV GRLYHQW rWUH DGDSWpV ,O
la Sixième Commission. Elle a aussi été attentivement
réexaminée à la réunion à Paris du Groupe d’experts de 9
l’UNESCO, de la FAO et de l’AIH. Certains des principes Déclarations de MM. Economides, Niehaus et Opertti Badan
(Annuaire… 2003, vol. I. 2779e séance, p. 209, 210 et 212) et du
Brésil, de l’Inde et de la Norvège ['RFXPHQWVRI¿FLHOVGHO¶$VVHPEOpH
8
Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/533 et Add.1, générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 20e et
par. 20, p. 129. 21e séances (A/C.6/58/SR.20 et 21)].
Ressources naturelles partagées 281
GHPHXUH QpDQPRLQV FRQYDLQFX TXH OD &RQYHQWLRQ GH TROISIÈME PARTIE. ACTIVITÉS TOUCHANT D’AUTRES ÉTATS
1997 offre bien l’assise d’un régime de gestion des eaux
Étude d’impact
souterraines.
Échange d’informations
8. On se propose donc de considérer les projets d’article
GDQVOHFDGUHJpQpUDOVXLYDQWTXLVXLWSOXVRXPRLQVFHOXL Consultation et négociation
de la Convention de 1997. QUATRIÈME PARTIE. PROTECTION, PRÉSERVATION ET GESTION
PREMIÈRE PARTIE. INTRODUCTION Suivi
Prévention (principe de précaution)
Champ d’application de la Convention
CINQUIÈME PARTIE. DISPOSITIONS DIVERSES
([SUHVVLRQVHPSOR\pHV Gp¿QLWLRQ
SIXIÈME PARTIE. RÈGLEMENT DES DIFFÉRENDS
DEUXIÈME PARTIE. PRINCIPES GÉNÉRAUX SEPTIÈME PARTIE. CLAUSES FINALES
Principes régissant l’utilisation des eaux souterraines 9. Ce cadre, encore provisoire, est sujet à d’importantes
transfrontières PRGL¿FDWLRQVÀ cet égard, les projets d’article sur la pré-
vention des dommages transfrontières résultant d’acti-
Obligation de ne pas causer de dommages vités dangereuses, adoptés en 2001 par la Commission à
VDFLQTXDQWHWURLVLqPHVHVVLRQ10, donnent des orientations
Obligation générale de coopérer fort utiles. Dans ce deuxième rapport, le Rapporteur spé-
cial présente plusieurs projets d’article pour les première et
deuxième parties. Ils sont regroupés à l’annexe I du rapport.
Échange régulier de données et d’informations
CHAPITRE II
10. Le projet d’article est libellé comme suit: cette expression dans les textes courants, elle est juridi-
TXHPHQWLPSUpFLVH,OVHUDLWGRQFSUpIpUDEOHG¶RSWHUSRXU
«Article premier. Portée de la présente Convention OHWHUPHWHFKQLTXHG¶©DTXLIqUHªTXLOqYHWRXWHDPELJXwWp
/D Gp¿QLWLRQ GX WHUPH ©DTXLIqUHª HW OD QpFHVVLWp GH IDLUH
©/DSUpVHQWH&RQYHQWLRQV¶DSSOLTXHDX[XWLOLVDWLRQV UpIpUHQFH DX[ ©IRUPDWLRQV DTXLIqUHVª VHURQW H[DPLQpHV
GHV IRUPDWLRQV DTXLIqUHV WUDQVIURQWLqUHV HW DXWUHV dans le projet d’article 2 (Expressions employées).
DFWLYLWpV TXL RQW RX VRQW VXVFHSWLEOHV G¶DYRLU GHV
FRQVpTXHQFHV SRXU FHV IRUPDWLRQV HW DX[ PHVXUHV 13. Le terme «captives» est utilisé par la Commission
de protection, de préservation et de gestion de ces pour désigner les nappes «non reliées» à des eaux de
formations.» VXUIDFH RX TXL VRQW ©VDQV UDSSRUWVª DYHF HOOHVPour les
hydrogéologues, en revanche, on entend par «captives»
11. Dans son premier rapport sur les ressources naturelles XQ pWDW K\GUDXOLTXH GDQV OHTXHO O¶HDX HVW HPPDJDVLQpH
partagées11, le Rapporteur spécial a proposé d’utiliser VRXV SUHVVLRQ HW QRQ OH IDLW TXH OD QDSSH HVW ©VDQV UDS-
l’expression «eaux souterraines captives transfrontières» ports» avec des eaux de surface. Il est donc déconseillé
SRXU GpVLJQHU OHV QDSSHV G¶HDX TXL Q¶pWDLHQW SDV YLVpHV d’utiliser le terme «captives».
par l’article 2, alinéa aGHOD&RQYHQWLRQGHHWTXL
devaient être l’objet du sous-thème. $SUqV UpÀH[LRQ HW 14. En outre, il conviendrait de revoir le postulat
consultation d’hydrogéologues, il se propose d’employer VHORQ OHTXHO RQ D FRPPHQFp j QH WUDLWHU TXH GHV HDX[
O¶H[SUHVVLRQ©IRUPDWLRQDTXLIqUHWUDQVIURQWLqUHªGDQVOHV souterraines non visées par l’article 2, alinéa a, de la
projets d’article. Convention de 1997. 3UHQRQV OH FDV GH O¶DTXLIqUH JUp-
seux nubien12LPPHQVHIRUPDWLRQDTXLIqUHSDUWDJpHSDU
12. On ne doit pas entendre par l’expression «eaux O¶eJ\SWH OD -DPDKLUL\D DUDEH OLE\HQQH OH 6RXGDQ HW OH
VRXWHUUDLQHVªV\VWpPDWLTXHPHQWXWLOLVpHSDUOD&RPPLVVLRQ 7FKDG/DUpDOLPHQWDWLRQDFWXHOOHGHFHWDTXLIqUHHVWWUqV
toutes les eaux souterraines, mais une nappe d’eaux faible. Il est lié au Nil, au sud de Khartoum, même si
souterraines constituant un ensemble unitaire pouvant cette connexion est négligeable. La petite portion de la
être prélevé. Or, s’il est parfaitement correct d’utiliser IRUPDWLRQ DTXLIqUH VLWXpH DXWRXU GX SRLQW GH FRQQH[LRQ
12
Annuaire… 2003, vol. II (1re partie), doc. A/CN.4/533 et Add.1,
11
Voir supra la note 1. annexe II, section B, p. 144.
282 Documents de la cinquante-sixième session
CHAPITRE III
([SUHVVLRQVHPSOR\pHV Gp¿QLWLRQ
CHAPITRE IV
(VWLPDQW TX¶LO IDXW SRXUVXLYUH OHV UHFKHUFKHV (Q WRXW pWDW GH FDXVH OD QRWLRQ G¶XWLOLVDWLRQ pTXLWDEOH
le Rapporteur spécial n’est pas encore en mesure de ULVTXH G¶DSSHOHU TXHOTXHV PRGL¿FDWLRQV SRXU OHV HDX[
présenter un projet d’article sur les principes d’utilisation souterraines.
GHV IRUPDWLRQV DTXLIqUHV Les problèmes ici sont mul-
tiples. Les principes fondamentaux énoncés à l’article 5 23. Le principe de l’utilisation raisonnable ou
GH OD &RQYHQWLRQ GH VRQW O¶XWLOLVDWLRQ pTXLWDEOH d’avantages optimaux est applicable aux ressources
l’utilisation raisonnable et la participation des États de UHQRXYHODEOHV WHOOHV TXH OHV V\VWqPHV K\GURJUDSKLTXHV
PDQLqUH pTXLWDEOH HW UDLVRQQDEOH Or, ces principes ne HWOHVUHVVRXUFHVELRORJLTXHVPDULQHVSur le plan scienti-
GRLYHQW SDV rWUH WUDQVSRVpV DXWRPDWLTXHPHQW DX[ HDX[ ¿TXHO¶XWLOLVDWLRQRSWLPDOHGHVUHVVRXUFHVUHQRXYHODEOHV
souterraines. H[LJH OHXU PDLQWLHQ DX QLYHDX GH UHQGHPHQW pTXLOLEUp
maximal. Toutefois, les eaux souterraines sont soit renou-
/HSULQFLSHGHO¶XWLOLVDWLRQpTXLWDEOHSDUOHVeWDWVGX velables soit non renouvelables. Les eaux souterraines
cours d’eau est applicable aux ressources partagées. Les non renouvelables sont comparables aux ressources
eaux des cours d’eau internationaux s’écoulent de la zone PLQpUDOHV,O\DXUDLWELHQVUGHVFRQWUDLQWHVSROLWLTXHV
sous la juridiction de l’État d’amont vers celle de l’État VRFLDOHVpFRQRPLTXHVHWpFRORJLTXHVjO¶H[SORLWDWLRQGHV
d’aval. Elles sont comme des bancs de poissons migrant eaux souterraines de ce type. Plusieurs critères et outils
de la zone de juridiction exclusive d’un État vers celle VFLHQWL¿TXHV LQGLTXHQW HW UHFRPPDQGHQW OHV UpJLPHV
d’un autre État. Ce sont des ressources partagées dans le d’exploitation les plus appropriés. Le principe de la par-
YUDLVHQVGXWHUPH'DQVOHFDVG¶XQHIRUPDWLRQDTXLIqUH WLFLSDWLRQ GHV eWDWV GH PDQLqUH pTXLWDEOH HW UDLVRQQDEOH
transfrontière, ses eaux coulent naturellement aussi d’un QpFHVVLWHpJDOHPHQWXQHpWXGHGpWDLOOpH,OHVWpYLGHQWTXH
territoire à l’autre. Néanmoins, leur écoulement est lent les États doivent avoir le droit de participer à la gestion
par rapport à celui des eaux de surface. D’autre part, l’ex- GHV IRUPDWLRQV DTXLIqUHV WUDQVIURQWLqUHV 0DLV RQ SHXW
WUDFWLRQGHVHDX[G¶XQHIRUPDWLRQDTXLIqUHWUDQVIURQWLqUH VHGHPDQGHUTXHOVDXWUHVW\SHVGHGURLWVGHSDUWLFLSDWLRQ
SDU O¶eWDW $ DXUDLW j FRXS VU SRXU HIIHW G¶DEDLVVHU OH doivent leur être accordés et s’il existe un principe régis-
QLYHDX G¶HDX GH FHWWH IRUPDWLRQ DTXLIqUH GDQV O¶eWDW % VDQWO¶XWLOLVDWLRQGHVHDX[VRXWHUUDLQHVSUrWjrWUHFRGL¿p
Dans ce sens, les eaux sont partagées par les deux États.
CHAPITRE V
24. Le projet d’article est libellé comme suit: appropriées, en consultation avec l’État touché, pour
éliminer ou atténuer ce dommage et, le cas échéant,
«Article 4. Obligation de ne pas causer de dommages GLVFXWHUGHODTXHVWLRQGHO¶LQGHPQLVDWLRQª
© /RUVTX¶LOV XWLOLVHQW XQH IRUPDWLRQ DTXLIqUH 25. Sic utere tuo ut alienum non laedas (utilise ton bien
transfrontière sur leur territoire, les États de la formation de manière à ne pas léser celui d’autrui), tel est le principe
DTXLIqUHSUHQQHQWWRXWHVOHVPHVXUHVDSSURSULpHVSRXU de la responsabilité internationale. Le projet d’article vise
QH SDV FDXVHU GH GRPPDJHV VLJQL¿FDWLIV DX[ DXWUHV jDSSOLTXHUFHSULQFLSHDX[DFWLYLWpVOLpHVDX[HDX[VRXWHU-
eWDWVGHODIRUPDWLRQDTXLIqUH raines. Le paragraphe 1 vise l’utilisation des formations
DTXLIqUHVWUDQVIURQWLqUHVWDQGLVTXHOHSDUDJUDSKHYLVH
© /RUVTX¶LOV PqQHQW VXU OHXU WHUULWRLUH G¶DXWUHV OHVDFWLYLWpVDXWUHVTXHO¶XWLOLVDWLRQULVTXDQWGHFDXVHUGHV
DFWLYLWpV TXL RQW RX VRQW VXVFHSWLEOHV G¶DYRLU dommages. Lors des débats de la Commission du droit
GHV FRQVpTXHQFHV SRXU XQH IRUPDWLRQ DTXLIqUH LQWHUQDWLRQDOHWGHOD6L[LqPH&RPPLVVLRQRQDGLWTXH
WUDQVIURQWLqUH OHV eWDWV GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH s’agissant des dommages causés, il fallait établir le seuil
prennent toutes les mesures appropriées pour éviter de de gravité à un niveau inférieur aux «dommages signi-
FDXVHUGHVGRPPDJHVVLJQL¿FDWLIVDX[DXWUHVeWDWVGH ¿FDWLIVª GDQV OH FDV GHV HDX[ VRXWHUUDLQHV TXL VRQW SOXV
ODIRUPDWLRQDTXLIqUHSDUOHELDLVGHFHWWHIRUPDWLRQ IUDJLOHVHWXQHIRLVSROOXpHVSOXVOHQWHVjSXUL¿HUTXHOHV
eaux de surface. Les activités humaines de surface, par
© /HVeWDWVGHODIRUPDWLRQDTXLIqUHQHGRLYHQW exemple l’enfouissement des déchets, peuvent polluer un
pas perturber le fonctionnement naturel des formations DTXLIqUH/HVHDX[VRXWHUUDLQHVSROOXpHVG¶XQF{WpG¶XQH
DTXLIqUHVWUDQVIURQWLqUHV frontière internationale peuvent en atteindre l’autre. En
FDVGHSROOXWLRQODGpSROOXWLRQG¶XQDTXLIqUHHVWORQJXH
© /RUVTX¶XQGRPPDJHVLJQL¿FDWLIHVWQpDQPRLQV HW FRWHXVH ,O SHXW pJDOHPHQW V¶DYpUHU RQpUHX[ G¶pWD-
FDXVp j XQ DXWUH eWDW GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH O¶eWDW blir la répartition souterraine de la pollution. L’une des
dont l’activité a causé ce dommage prend, en l’absence différences entre les ressources en eaux de surface et en
d’accord concernant cette activité, toutes les mesures HDX[ VRXWHUUDLQHV HVW TXH GDQV OH FDV GH FHV GHUQLqUHV
284 Documents de la cinquante-sixième session
il faut parfois plus longtemps pour déceler la pollution. 27. Le paragraphe 3 traite du cas où une formation
6¶DJLVVDQWGHVIRUPDWLRQVDTXLIqUHVLOHVWSRVVLEOHTX¶XQ DTXLIqUH WUDQVIURQWLqUH HVW GpWUXLWH j MDPDLV Les hydro-
dommage causé par la génération actuelle ne soit décelé géologues ont tendance à accorder de l’importance à
TXH GDQV SOXVLHXUV JpQpUDWLRQV16. Le Rapporteur spécial l’obligation énoncée dans cette disposition. Quelle est
n’a néanmoins pas jugé nécessaire de remplacer le terme ODMXVWL¿FDWLRQGHFHSULQFLSH"(VWFHOHIDLWTX¶XQHWHOOH
©VLJQL¿FDWLIVª SDU XQ DXWUH /D QRWLRQ GH GRPPDJHV GHVWUXFWLRQ FDXVH GHV GRPPDJHV VLJQL¿FDWLIV j XQ DXWUH
©VLJQL¿FDWLIVª D O¶DYDQWDJH G¶rWUH VRXSOH HW UHODWLYH eWDW GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH" Si ce principe n’est pas
0rPHORUVTXHGHVHDX[VRXWHUUDLQHVQHVRQWFRQWDPLQpHV UHPLVHQTXHVWLRQLOVHUDLWSHXWrWUHSUpIpUDEOHGHSODFHU
TXH SDU XQH SHWLWH TXDQWLWp GH SROOXDQWV OHV GRPPDJHV OHSDUDJUDSKHGDQVODTXDWULqPHSDUWLHGXSURMHWG¶DUWLFOHV
FDXVpVSHXYHQWrWUHTXDOL¿pVGH©VLJQL¿FDWLIVªVLODFRQWD- TXLWUDLWHGHODSUpVHUYDWLRQ
mination a un effet irréversible ou durable.
28. Comme les autres paragraphes de ce projet
26. Le temps est aussi un élément important. Des années, d’article, le paragraphe 4 est axé sur la prévention. Il
voire des décennies, ou plus encore, peuvent s’écouler Q¶DERUGHSDVODTXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpLQWHUQDWLR-
DYDQWTXHOHVGRPPDJHVSK\VLTXHVFDXVpVSDUXQHDFWL- QDOHELHQTX¶LOIDVVHUpIpUHQFHjO¶H[DPHQGHODTXHVWLRQ
vité liée aux eaux souterraines ne se manifestent. Ce point de l’indemnisation. Le Rapporteur spécial a l’intention
DpWpVRXOHYpSDUXQHGHVGpOpJDWLRQVTXLDGpFODUpTXHOD de proposer ultérieurement des projets d’article sur des
&RPPLVVLRQGHYUDLWDGRSWHUXQHGpPDUFKHSUDWLTXHHQVH SURFpGXUHVTXLDVVXUHUDLHQWHWDFFpOpUHUDLHQWODVROXWLRQ
concentrant sur la résolution des problèmes actuels ou de GHODTXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpLQWHUQDWLRQDOHGDQVOH
FHX[TXLVXUYLHQGURQWGDQVXQDYHQLUSURFKH17. FDVGHVIRUPDWLRQVDTXLIqUHV1pDQPRLQVLOHVWLPHTXH
OHIRQGGHODTXHVWLRQGHODUHVSRQVDELOLWpLQWHUQDWLRQDOH
16
Internationally Shared (Transboundary) Aquifer Resources doit être laissé à l’appréciation de la Commission dans
0DQDJHPHQW±7KHLU 6LJQL¿FDQFH DQG 6XVWDLQDEOH 0DQDJHPHQW $
Framework Document, Paris, UNESCO, 2001, p. 17.
le cadre de ses travaux sur le thème de la responsabi-
17
Déclaration de la Chine, 'RFXPHQWV RI¿FLHOV GH O¶$VVHPEOpH
OLWpLQWHUQDWLRQDOHSRXUOHVFRQVpTXHQFHVSUpMXGLFLDEOHV
générale, cinquante-huitième session, Sixième Commission, 20e séance GpFRXODQW G¶DFWLYLWpV TXL QH VRQW SDV LQWHUGLWHV SDU OH
(A/C.6/58/SR.20), par. 48. droit international.
CHAPITRE VI
29. Le projet d’article est libellé comme suit: commissions mixtes en vue de faciliter la coopération
touchant les mesures et procédures appropriées compte
«Article 5. Obligation générale de coopérer WHQXGHO¶H[SpULHQFHDFTXLVHjODIDYHXUGHODFRRSpUDWLRQ
dans le cadre des mécanismes et commissions mixtes
© /HV eWDWV GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH FRRSqUHQW existant dans diverses régions.»
sur la base de l’égalité souveraine, de l’intégrité
territoriale, de l’avantage mutuel et de la bonne 30. Ce projet d’article établit le principe d’une obligation
foi en vue de parvenir à l’utilisation appropriée et JpQpUDOHGHFRRSpUHUHQWUHeWDWVG¶XQHIRUPDWLRQDTXLIqUH
j OD SURWHFWLRQ DGpTXDWH GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH et les procédures applicables. Le texte se passe d’expli-
transfrontière. cations. Le paragraphe 1 de l’article 8 de la Convention
de 1997 faisait référence à «l’utilisation optimale». Pour
«2. Pour arrêter les modalités de cette coopération, OHVUDLVRQVpYRTXpHVSOXVKDXWDXSDUDJUDSKHOHWHUPH
OHV eWDWV GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH VRQW HQFRXUDJpV «optimale» est remplacé dans le présent projet d’article
s’ils le jugent nécessaire, à créer des mécanismes ou par le terme «appropriée».
CHAPITRE VII
«1. En application de l’article 5, les États de «2. En raison de l’incertitude relative à la nature
OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH pFKDQJHQW UpJXOLqUHPHQW OHV HW j O¶pWHQGXH GH FHUWDLQHV IRUPDWLRQV DTXLIqUHV
données et les informations aisément disponibles WUDQVIURQWLqUHV OHV eWDWV GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH
VXU O¶pWDW GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH WUDQVIURQWLqUH HQ s’emploient au mieux de leurs moyens à collecter et
Ressources naturelles partagées 285
JpQpUHU FRQIRUPpPHQW DX[ SUDWLTXHV HW QRUPHV HQ échéant, à élaborer les données et informations d’une
vigueur, individuellement ou conjointement et, selon manière propre à en faciliter l’utilisation par les autres
TXH GH EHVRLQ DYHF OHV RUJDQLVDWLRQV LQWHUQDWLRQDOHV eWDWV GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH DX[TXHOV HOOHV VRQW
ou par leur intermédiaire, de nouvelles données FRPPXQLTXpHVª
HW LQIRUPDWLRQV D¿Q GH SDUIDLUH OD Gp¿QLWLRQ GHV
IRUPDWLRQVDTXLIqUHV 32. L’échange régulier de données et d’informations
est la première étape de la coopération entre États
© 6L XQ eWDW GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH GHPDQGH G¶XQHIRUPDWLRQDTXLIqUHWUDQVIURQWLqUH/¶DUWLFOHGHOD
j XQ DXWUH eWDW GH OD IRUPDWLRQ DTXLIqUH GH IRXUQLU &RQYHQWLRQ GH HVW PRGL¿p SRXU WHQLU FRPSWH GHV
GHV GRQQpHV RX GHV LQIRUPDWLRQV TXL QH VRQW SDV FDUDFWpULVWLTXHVSURSUHVDX[HDX[VRXWHUUDLQHVEn parti-
aisément disponibles, cet État s’emploie au mieux de FXOLHUOHSDUDJUDSKHDpWpDMRXWpHQUDLVRQGHO¶LQVXI¿-
ses moyens à accéder à cette demande, mais il peut VDQFHGHVFRQQDLVVDQFHVVFLHQWL¿TXHVUHODWLYHVjFHUWDLQHV
VXERUGRQQHUVRQDFTXLHVFHPHQWDXSDLHPHQWSDUO¶eWDW IRUPDWLRQVDTXLIqUHV6HXOHVOHVGRQQpHVHWLQIRUPDWLRQV
DXWHXU GH OD GHPDQGH GX FRW QRUPDO GH OD FROOHFWH TXL FRQFHUQHQW O¶pWDW GHV IRUPDWLRQV DTXLIqUHV VRQW pYR-
et, le cas échéant, de l’élaboration de ces données ou TXpHVGDQVFHSURMHWG¶DUWLFOH&HOOHVTXLFRQFHUQHQWOHV
informations. XWLOLVDWLRQV HW DXWUHV DFWLYLWpVOLpHV DX[ IRUPDWLRQV DTXL-
IqUHVWUDQVIURQWLqUHVHWjOHXUVFRQVpTXHQFHVVHURQWDERU-
© /HVeWDWVGHODIRUPDWLRQDTXLIqUHV¶HPSORLHQW dées dans la troisième partie du projet d’articles, intitulée
au mieux de leurs moyens à collecter et, le cas «Activités touchant d’autres États».
CHAPITRE VIII
33. Le projet d’article est libellé comme suit: 34. Comme les utilisations des cours d’eau internationaux
HW GH OHXUV HDX[ FHOOHV GHV IRUPDWLRQV DTXLIqUHV
«Article 7. Rapport entre les utilisations transfrontières sont nombreuses, surtout dans les pays arides
et semi-arides, où celles-ci constituent souvent la seule
«1. En l’absence d’accord ou de coutume en source d’eau. Même dans les régions plus humides, les eaux
sens contraire, aucune utilisation d’une formation souterraines sont souvent la seule source d’eau potable, car
DTXLIqUHWUDQVIURQWLqUHQ¶DHQVRLSULRULWpVXUG¶DXWUHV HOOHVVRQWGHPHLOOHXUHTXDOLWp(OOHVVRQWXQHVRXUFHG¶HDX
utilisations. douce pour l’agriculture (irrigation), le développement
LQGXVWULHOHWOHVEHVRLQVGRPHVWLTXHVHWHOOHVVRXWLHQQHQWOHV
© (Q FDV GH FRQÀLW HQWUH GHV XWLOLVDWLRQV G¶XQH pFRV\VWqPHV WHUUHVWUHV HW DTXDWLTXHV /¶XWLOLWp GH FH SURMHW
IRUPDWLRQ DTXLIqUH WUDQVIURQWLqUH OH FRQÀLW HVW UpVROX G¶DUWLFOH GpSHQGUD DXVVL GH OD IRUPXODWLRQ ¿QDOH GHV SULQ-
en accordant une attention spéciale à la satisfaction des FLSHVUpJLVVDQWO¶XWLOLVDWLRQGHVIRUPDWLRQVDTXLIqUHVHWGHV
besoins humains essentiels.» IDFWHXUVjSUHQGUHHQFRQVLGpUDWLRQSRXUOHVDSSOLTXHU
CHAPITRE IX
35. Les annexes III à V du présent rapport sur les 36. L’annexe III au présent rapport contient une
ressources naturelles partagées ont été établies pour W\SRORJLHGHGLYHUVDTXLIqUHVLe type noHVWXQDTXLIqUH
IRXUQLUTXHOTXHVGRQQpHVWHFKQLTXHVHWIDFWXHOOHVVXUOHV QDWLRQDOTXLQHUHOqYHSDVGXFKDPSG¶DSSOLFDWLRQGXSURMHW
eaux souterraines transfrontières. Elles comprennent une de convention. Le type noHVWXQDTXLIqUHWUDQVIURQWLqUH
W\SRORJLH GHV DTXLIqUHV GHV pWXGHV GH FDV VXU FHUWDLQV XQLTXH/HW\SHQoHVWXQDTXLIqUHQDWLRQDOD\DQWXQOLHQ
DTXLIqUHVUpJLRQDX[HWXQHELEOLRJUDSKLHVRPPDLUH18. K\GURORJLTXH DYHF XQ FRXUV G¶HDX LQWHUQDWLRQDO DXTXHO
V¶DSSOLTXHUDLHQWjODIRLVOD&RQYHQWLRQGHHWOHSUR-
jet de convention. Le type no HVW XQ V\VWqPH DTXLIqUH
18
L’UNESCO a envoyé à Tokyo en mars 2004 trois experts pour WUDQVIURQWLqUHFRPSRVpG¶XQHVpULHG¶DTXLIqUHVD\DQWGHV
collaborer avec le Rapporteur spécial à l’établissement de ces annexes. OLHQVK\GURORJLTXHV/HW\SHQoHVWXQDTXLIqUHQDWLRQDO
Il s’agissait d’Alice Aureli et de Raya Stephan (UNESCO) et de dont la zone d’alimentation est située dans un autre État.
-DURVODY9UED3UpVLGHQWGHOD&RPPLVVLRQVXUODSURWHFWLRQGHVHDX[ Dans le cas du type no 5, cette zone pourrait devoir être
souterraines de l’AIH. Les informations contenues dans le présent
DGGLWLI RQW pWp FRPPXQLTXpHV SDU OHV PHPEUHV GX SURJUDPPH GH soumise à certaines réglementations internationales pour
JHVWLRQGHVUHVVRXUFHVDTXLIqUHVSDUWDJpHV ,6$50 DVVXUHUXQHERQQHJHVWLRQGHO¶DTXLIqUH
ANNEXE I
Article 3. Principes d’utilisation des eaux souterraines 1. En application de l’article 5, les États de la forma-
transfrontières WLRQDTXLIqUHpFKDQJHQWUpJXOLqUHPHQWOHVGRQQpHVHWOHV
informations aisément disponibles sur l’état de la forma-
[À présenter ultérieurement] WLRQ DTXLIqUH WUDQVIURQWLqUH HQ SDUWLFXOLHU FHOOHV G¶RUGUH
JpRORJLTXH K\GURJpRORJLTXH K\GURORJLTXH PpWpRUR
Article 4. Obligation de ne pas causer de dommages ORJLTXHHWpFRORJLTXHHWFRQFHUQDQWO¶K\GURFKLPLHGHOD
IRUPDWLRQDTXLIqUHDLQVLTXHOHVSUpYLVLRQVV¶\UDSSRUWDQW
/RUVTX¶LOV XWLOLVHQW XQH IRUPDWLRQ DTXLIqUH WUDQV-
IURQWLqUHVXUOHXUWHUULWRLUHOHVeWDWVGHODIRUPDWLRQDTXL- 2. En raison de l’incertitude relative à la nature
fère prennent toutes les mesures appropriées pour ne pas HW j O¶pWHQGXH GH FHUWDLQHV IRUPDWLRQV DTXLIqUHV WUDQV
FDXVHU GH GRPPDJHV VLJQL¿FDWLIV DX[ DXWUHV eWDWV GH OD IURQWLqUHVOHVeWDWVGHODIRUPDWLRQDTXLIqUHV¶HPSORLHQW
IRUPDWLRQDTXLIqUH au mieux de leurs moyens à collecter et générer, confor-
PpPHQWDX[SUDWLTXHVHWQRUPHVHQYLJXHXULQGLYLGXHOOH-
/RUVTX¶LOVPqQHQWVXUOHXUWHUULWRLUHG¶DXWUHVDFWL- PHQWRXFRQMRLQWHPHQWHWVHORQTXHGHEHVRLQDYHFOHV
YLWpVTXLRQWRXVRQWVXVFHSWLEOHVG¶DYRLUGHVFRQVpTXHQFHV organisations internationales ou par leur intermédiaire, de
SRXU XQH IRUPDWLRQ DTXLIqUH WUDQVIURQWLqUH OHV eWDWV GH QRXYHOOHVGRQQpHVHWLQIRUPDWLRQVD¿QGHSDUIDLUHODGp¿-
ODIRUPDWLRQDTXLIqUHSUHQQHQWWRXWHVOHVPHVXUHVDSSUR- QLWLRQGHVIRUPDWLRQVDTXLIqUHV
SULpHV SRXU pYLWHU GH FDXVHU GHV GRPPDJHV VLJQL¿FDWLIV
6LXQeWDWGHODIRUPDWLRQDTXLIqUHGHPDQGHjXQ
DXWUHeWDWGHODIRUPDWLRQDTXLIqUHGHIRXUQLUGHVGRQQpHV
a
Voir supra la note 14 du rapport. RXGHVLQIRUPDWLRQVTXLQHVRQWSDVDLVpPHQWGLVSRQLEOHV
287
Ressources naturelles partagées 289
ANNEXE III
A B
Aquifère
$TXLIqUHQDWLRQDO
/LHQK\GURORJLTXH
Aquifère
Aquifère
/LHQK\GURORJLTXH Aquifère
/LHQK\GURORJLTXH
Aquifère Aquifère
$TXLIqUHVLWXpHQWLqUHPHQWVXUOHWHUULWRLUHG¶XQeWDWPDLV $TXLIqUHVLWXpHQWLqUHPHQWVXUOHWHUULWRLUHG¶XQeWDWPDLV
D\DQW XQ OLHQ K\GURORJLTXH DYHF XQ DXWUH DTXLIqUH VH dont la zone d’alimentation se trouve dans un État voisin.
trouvant dans un État voisin. /D VRXUFH G¶DOLPHQWDWLRQ SHXW rWUH Q¶LPSRUWH TXHOOH
étendue d’eau de surface.
a
6XU OD EDVH GH O¶H[SRVp GH 6KDPP\ 3XUL 3UpVLGHQW GH OD &RPPLVVLRQ GH JHVWLRQ GHV UHVVRXUFHV GHV DTXLIqUHV WUDQVIURQWDOLHUV GH O¶$,+ HW
FRRUGRQQDWHXUGX3URJUDPPHGHJHVWLRQGHVUHVVRXUFHVDTXLIqUHVSDUWDJpHV ,6$50 jO¶RFFDVLRQGHODUpXQLRQWHQXHDXVLqJHGHO¶81(6&2j
Paris, les 2 et 3 octobre 2003.
290 Documents de la cinquante-sixième session
ANNEXE IV
Études de cas
1. SITUATION GÉOGRAPHIQUE 3. Les sources et les puits de surface ont permis d’utiliser
OHVHDX[VRXWHUUDLQHVGXV\VWqPHDTXLIqUHJUpVHX[QXELHQ
/H V\VWqPH DTXLIqUH JUpVHX[ QXELHQ HVW O¶XQH GHV depuis des siècles dans les oasis de toute la région. Tou-
UHVVRXUFHV DTXLIqUHV UpJLRQDOHV OHV SOXV LPSRUWDQWHV GH WHIRLVODFURLVVDQFHGpPRJUDSKLTXHODGHPDQGHHQGHQ-
O¶$IULTXH HW GX PRQGH ,O FRPSUHQG SOXVLHXUV DTXLIqUHV UpHV DOLPHQWDLUHV HW OH GpYHORSSHPHQW pFRQRPLTXH RQW
UHOLpVODWpUDOHPHQWHWRXYHUWLFDOHPHQWTXLFRXYUHQWSOXV amené à opérer des ponctions plus importantes sur les
GHPLOOLRQVGHNLORPqWUHVFDUUpVGDQVO¶HVWGHOD-DPDKL- ressources en eau souterraine de la région au cours des
riya arabe libyenne, en Égypte, dans le nord-est du Tchad GpFHQQLHVpFRXOpHV2QHVWLPHTXHPLOOLDUGVGHPqWUHV
HWGDQVOHQRUGGX6RXGDQ/¶DTXLIqUHQXELHQHVWXQHUHV- FXEHVG¶HDXRQWpWpSUpOHYpVVXUO¶DTXLIqUHDXFRXUVGHV
VRXUFH UpJLRQDOH G¶XQH LPSRUWDQFH VWUDWpJLTXH FUXFLDOH GHUQLqUHVDQQpHVULHQTX¶HQeJ\SWHHWHQ-DPDKLUL\D
GDQVFHWWHUpJLRQDULGHTXLQHGLVSRVHTXHGHSHXG¶DXWUHV DUDEHOLE\HQQH2QQHGLVSRVHG¶DXFXQHVWDWLVWLTXHSRXU
ressources en eau douce, où les précipitations sont faibles le Tchad et le Soudan où les prélèvements actuels et les
HW LUUpJXOLqUHV HW OD VpFKHUHVVH FKURQLTXH HW TXL HVW HQ XWLOLVDWLRQVVRFLRpFRQRPLTXHVVRQWOLPLWpV/DSOXSDUWGH
EXWWHjODGpJUDGDWLRQGHVVROVHWjODGpVHUWL¿FDWLRQ'DQV l’eau actuellement prélevée sur le système est destinée à
OHV FRQGLWLRQV FOLPDWLTXHV DFWXHOOHV O¶DTXLIqUH QXELHQ O¶DJULFXOWXUH,OUHVVRUWGHVGRQQpHVUHFXHLOOLHVTXHOHWDX[
représente une ressource souterraine limitée, non renou- GH SUpOqYHPHQW QH UHSUpVHQWH DXMRXUG¶KXL TXH TXHOTXH
velable et non reliée (le lien avec le Nil est négligeable). 0,01 % du volume estimatif total d’eau douce récupérable
2QFRQVLGqUHTXHVRQSURFHVVXVGHUHPSOLVVDJH±F¶HVWj emmagasinée dans le système. Pourtant, ce prélèvement
GLUHORUVTXHO¶DOLPHQWDWLRQHWOHGpYHUVHPHQWV¶pTXLOLEUHQW DGpMjFDXVpXQDEDLVVHPHQWGHODQDSSHSKUpDWLTXHTXL
– s’est achevé il y a 8 000 ans. atteint 60 mètres par endroits. Quatre-vingt-dix-sept
pour cent des puits de surface et des sources ont déjà été
2. LE SYSTÈME AQUIFÈRE UHPSODFpVSDUGHVSXLWVSURIRQGVFHTXLDFRQGXLWjXQH
KDXVVHGHVFRWVGHSUpOqYHPHQWjPHVXUHTXHOHQLYHDX
/HV\VWqPHDTXLIqUHJUpVHX[QXELHQVHGLYLVHHQGHX[ GH O¶HDX EDLVVH HW VRXOqYH OD TXHVWLRQ GH O¶pTXLWp HW GH
grands systèmes: l’accès abordable à cette source d’eau irremplaçable pour
les populations autochtones à faible revenu. Dans la par-
± /HV\VWqPHDTXLIqUHQXELHQ WLHDULGHHWIDLEOHPHQWSHXSOpHWUDYHUVpHSDUO¶DTXLIqUHRQ
VHSUpRFFXSHVXUWRXWGHSURWpJHUOHVYDOHXUVpFRORJLTXHV
Cette partie du système se trouve dans toute la région vulnérables, notamment les zones humides comprenant
HWFRQVWLWXHXQpQRUPHUpVHUYRLUG¶HDXG¶H[FHOOHQWHTXD- GHV RDVLV HW GHV ODFV GpVHUWLTXHV TXL VRQW WULEXWDLUHV GHV
lité dans sa partie sud et d’eau hypersaline dans le nord. LQ¿OWUDWLRQV HW GHV VRXUFHV GH O¶DTXLIqUH QXELHQ ,O HVW
Le système est constitué d’une nappe à surface libre au ODUJHPHQW DGPLV TXH O¶HPPDJDVLQHPHQW QXELHQ pQRUPH
sud du 25e parallèle et prend la forme d’une nappe cap- PDLVQRQUHQRXYHODEOHVXI¿UDjUpSRQGUHDX[EHVRLQVSHQ-
tive au nord. Son épaisseur varie de moins de 500 mètres GDQWGHVVLqFOHV,OHVWDXVVLHQWHQGXTX¶jPHVXUHTXHOHV
à plus de 5 000 mètres. La capacité d’emmagasinement prélèvements se multiplient pour faire face aux exigences
FDOFXOpH GX V\VWqPH DTXLIqUH QXELHQ j OD IRLV GDQV VHV VRFLRpFRQRPLTXHVWRXWO¶DTXLIqUHSDUWDJpb en pâtira.
SDUWLHVOLEUHHWQRQFDSWLYHjO¶LQWpULHXUGHVTXDWUHSD\V
TXL VH OH SDUWDJHQW HVW GH SOXV GH NLORPqWUHV 4. QUALITÉ DE L’EAU
cubes. Le volume total d’eau souterraine douce emma-
gasinée atteint environ 373 000 kilomètres cubes. Le 4. Dans la partie constituée par la nappe à surface libre
volume exploitable, estimé à 150 000 kilomètres cubes, GXV\VWqPHDTXLIqUHQXELHQODTXDOLWpGHO¶HDXHVWERQQH
représente la masse d’eau douce la plus grande et l’un des voire excellente, dans l’ensemble de la zone. Dans la par-
EDVVLQVK\GURJUDSKLTXHVOHSOXVLPSRUWDQWGDQVOHPRQGH WLH FDSWLYH DX QRUG HQ eJ\SWH HW HQ -DPDKLUL\D DUDEH
OLE\HQQH ODTXDOLWpGHO¶HDXFKDQJHODWpUDOHPHQWHWYHUWL-
± 6\VWqPHDTXLIqUHSRVWQXELHQ FDOHPHQWODSDUWLHVXSpULHXUHGXV\VWqPHDTXLIqUHFRQWH-
nant de l’eau douce et la partie inférieure devenant très
&HWWH SDUWLH GX V\VWqPH TXL HVW VLWXpH DX QRUG GX rapidement saline.
26e parallèle dans le désert occidental de l’Égypte et
GDQV OH QRUGHVW GH OD -DPDKLUL\D DUDEH OLE\HQQH HVW /DTXDOLWpFKLPLTXHGHVHDX[VRXWHUUDLQHVGXV\VWqPH
constituée d’une nappe à surface libre. Son épaisseur DTXLIqUH SRVWQXELHQ YDULH FRQVLGpUDEOHPHQW Dans les
cumulative est d’environ 5 000 mètres. Le volume total ]RQHV GH GpYHORSSHPHQW LQWHQVLI OD ERQQH TXDOLWp GH
G¶HDXVRXWHUUDLQHHPPDJDVLQpHGDQVOHV\VWqPHDTXLIqUH l’eau est compromise par la montée en cône et/ou par le
postnubien se chiffre à 845 000 kilomètres cubes, et la ÀX[ ODWpUDO G¶HDX VDOLQH ,O Q¶H[LVWH SDV G¶LQIRUPDWLRQV
TXDQWLWpG¶HDXGRXFHVRXWHUUDLQHUHSUpVHQWHNLOR- détaillées pour avoir une vue d’ensemble du problème,
mètres cubes. Des couches peu perméables séparent les
deux systèmes. b
Les experts emploient le terme «partagé» dans la présente annexe
GDQV OH VHQV JpRJUDSKLTXH SRXU LQGLTXHU TXH O¶DTXLIqUH HVW VLWXp j
a
Communication de Raya Stephan et Bo Appelgren (UNESCO). cheval sur des frontières.
Ressources naturelles partagées 291
13. Les principales dispositions de l’Arrangement participation française est ensuite calculée annuellement,
SRUWHQWVXUOHVTXHVWLRQVVXLYDQWHV y compris la contribution de la France à la construction
de l’installation de réalimentation (annuité au titre de
a. Commission d’exploitation l’amortissement) et les frais d’exploitation par rapport au
volume total prélevé par les utilisateurs français.
L’Arrangement portait création d’une Commission
d’exploitation de la nappe souterraine du Genevois, e. Qualité de l’eau
composée de trois membres de chacune des parties, deux
membres au moins de chacune des deux délégations devant L’eau prélevée dans la nappe sera analysée de part
être choisis parmi les techniciens spécialistes des problèmes HW G¶DXWUH VXU OD EDVH G¶XQH Gp¿QLWLRQ QRUPDOLVpH GHV
des eaux (art. 1). La Commission a pour tâche de proposer FULWqUHV TXDOLWDWLIV G¶DQDO\VH pWDEOLH SDU OD &RPPLVVLRQ
un programme annuel d’utilisation de la nappe souterraine, G¶H[SORLWDWLRQFHVDQDO\VHVVHURQWHIIHFWXpHVjLQWHUYDOOHV
en tenant compte dans toute la mesure possible des besoins réguliers (art. 16). Un dispositif d’alerte sera institué pour
des différents utilisateurs de part et d’autre de la frontière, donner l’alerte en cas de pollution accidentelle pouvant
GH IRUPXOHU WRXWH SURSRVLWLRQ XWLOH TXDQW DX[ PHVXUHV DIIHFWHUODTXDOLWpGHVHDX[GHODQDSSH DUW Les col-
à prendre pour assurer la protection des eaux de la nappe lectivités françaises et suisses doivent répondre des pollu-
et remédier à d’éventuelles causes de pollution de celle-ci tions consécutives à des actes ou événements survenus en
DUWSDU /D&RPPLVVLRQGRQQHVRQDYLVWHFKQLTXHVXU territoires français et suisse.
OD FRQVWUXFWLRQ GH QRXYHDX[ pTXLSHPHQWV GH SUpOqYHPHQW
GDQVODQDSSHRXODPRGL¿FDWLRQG¶pTXLSHPHQWVH[LVWDQWVHW 14. L’Arrangement a été conclu pour une période de
SURFqGHjODYpUL¿FDWLRQGXFRWGHFRQVWUXFWLRQHWGHVIUDLV 30 ans (art. 19). Il se renouvellera par tacite reconduction de
d’exploitation des ouvrages de réalimentation (art. 2, par. 2 FLQTDQVHQFLQTDQVVDXIGpQRQFLDWLRQQRWL¿pHSDUO¶XQHGHV
et 3). La Commission doit dresser l’inventaire de tous les parties un an au moins avant son échéance. L’Arrangement
ouvrages existants permettant d’utiliser les ressources de la de 1978 entre le canton de Genève et le département français
QDSSHGX*HQHYRLVTX¶LOV¶DJLVVHGHSRLQWVG¶HDXSXEOLFVRX GHOD+DXWH6DYRLHDDGRSWpXQHDSSURFKHSUDJPDWLTXHHWD
privés (art. 4). 7RXVOHVRXYUDJHVGRLYHQWrWUHpTXLSpVG¶XQ IDLWODSUHXYHGHVRQHI¿FDFLWpSHQGDQWSOXVGHDQV
dispositif d’enregistrement du volume d’eau prélevé dans la
nappe. Ce dispositif sera étalonné et plombé à l’initiative de D. Frontière entre le Mexique et
la Commission d’exploitation. Les relevés seront effectués les États-Unis d’Amériquee
SpULRGLTXHPHQWHWFRQVLJQpVVXUXQUHJLVWUH DUW
/H ORQJ GH OHXU IURQWLqUH FRPPXQH OH 0H[LTXH
b. Station de réalimentation HW OHV eWDWV8QLV G¶$PpULTXH SDUWDJHQW GHV HDX[ GH
surface, principalement dans le Rio Grande (Rio Bravo
/¶$UUDQJHPHQW SUpYRLW HQ VRQ DUWLFOH TXH OD DX 0H[LTXH HW GDQV OH ÀHXYH &RORUDGR DLQVL TXH GHV
5pSXEOLTXH HW FDQWRQ GH *HQqYH SUHQG j VD FKDUJH HDX[ VRXWHUUDLQHV GDQV DX PRLQV DTXLIqUHV Comme
la construction et l’exploitation de la station de la plus grande partie de la frontière commune longe des
UpDOLPHQWDWLRQ DUWL¿FLHOOH GRQW HOOH GHPHXUHUD VHXOH régions arides, les ressources en eau de ces deux grands
propriétaire. Le canton de Genève répond des dommages FRXUV G¶HDX DLQVL TXH GHV DTXLIqUHV VRQW WUqV FRQYRLWpHV
FRQVpFXWLIVjGHVDWWHLQWHVSRUWpHVjODTXDOLWpGHVHDX[ par les deux pays. Comme l’illustrent les deux exemples
de la nappe résultant d’un défaut d’entretien de la station FLGHVVRXVOHFDVGHVYLOOHVG¶(O3DVRHWGH-XiUH]HWOHFDV
de réalimentation (art. 18, par. 1). du bassin supérieur de la rivière San Pedro.
/H SDUDJUDSKH GH O¶DUWLFOH SUpYRLW TXH FRPSWH 16. Depuis le XIXeVLqFOHOH0H[LTXHHWOHVeWDWV8QLV
tenu des dimensions et de la capacité de la station ont conclu plusieurs traités concernant leur frontière
GH UpDOLPHQWDWLRQ DUWL¿FLHOOH TXL VHUD FRQVWUXLWH OHV commune. /H WDEOHDX FLDSUqV pQXPqUH TXHOTXHVXQV
DXWRULWpV IUDQoDLVHV V¶HQJDJHQW j FH TXH O¶HQVHPEOH GHV des accords récents relatifs à l’environnement et aux res-
SUpOqYHPHQWV TXL VHURQW HIIHFWXpV SDU OHV XWLOLVDWHXUV VLV sources en eau. Il n’existe aucun accord sur la gestion des
sur leur territoire n’excède pas 5 millions de mètres cubes eaux souterraines, malgré la recommandation formulée
par année, dont 2 millions de mètres cubes en franchise de dans le procès-verbal no 242 par la Commission inter-
règlement. Dans des conditions exceptionnelles, la partie nationale des frontières et des eauxf.
suisse peut demander à la partie française d’abandonner à
VRQSUR¿WWRXWRXSDUWLHGHODIUDQFKLVH
e
Communication de Raya Stephan (UNESCO).
d. Prix de l’eau
f
eFKDQJHGHQRWHVFRQVWLWXDQWXQDFFRUGFRQ¿UPDQWOHSURFqVYHUEDO
no 242 de la Commission internationale des frontières et des eaux États-
Le canton de Genève a procédé à la détermination du 8QLV0H[LTXH UHODWLI j OD VDOLQLWp GHV HDX[ GX &RORUDGR 0H[LFR HW
FRWGHFRQVWUXFWLRQGHODVWDWLRQGHUpDOLPHQWDWLRQ/HV 7ODWHOROFRDRW 1DWLRQV8QLHVRecueil des Traités, vol. 915,
frais d’exploitation sont déterminés annuellement. La no 13055, p. 203.
Ressources naturelles partagées 293
2. VILLES D’EL PASO ET DE JUÁREZ OHV SXLWV VRQW SURIRQGV SOXV OD TXDOLWp GH O¶HDX SRPSpH
GDQV OH 0HVLOOD %ROVRQ V¶DPpOLRUH /D TXDOLWp GH O¶HDX
17. Les deux villes frontalières adjacentes, El Paso GH O¶DTXLIqUH V¶HVW TXHOTXH SHX GpWpULRUpH PDLV FHOOHFL
7H[DV eWDWV8QLV HW &LXGDG -XiUH] &KLKXDKXD reste dans l’ensemble supérieure à celle du Hueco Bolson.
0H[LTXH FRQQDLVVHQW XQH JUDYH FULVH GH O¶HDX Cette Les prélèvements d’eaux souterraines à grande échelle
UpJLRQ TXL FRPSWH SUqV GH PLOOLRQV G¶KDELWDQWV D XQ effectués dans le passé – surtout dans les champs de cap-
FOLPDWW\SLTXHGHVUpJLRQVDULGHVHWVHPLDULGHV SUpFLSL- tage municipaux du centre-ville d’El Paso et de Ciudad
tations annuelles inférieures à 17 millimètres). Les princi- -XiUH]±RQWJOREDOHPHQWSURYRTXpXQHFKXWHLPSRUWDQWH
SDOHVVRXUFHVG¶HDXVRQWOH5LR*UDQGHHWGHX[DTXLIqUHV GX QLYHDX GH O¶HDX &HV FKXWHV RQW j OHXU WRXU PRGL¿p
le Hueco Bolson et le Mesilla Bolson. FRQVLGpUDEOHPHQWOHVHQVGXFRXUDQWOHGpELWHWODTXDOLWp
FKLPLTXHGHVHDX[VRXWHUUDLQHVGHVDTXLIqUHV
18. Le Hueco Bolson, principale source d’eau, s’étend
YHUVOHQRUGDX1RXYHDX0H[LTXH eWDWV8QLV HWYHUV 21. La région a connu un très fort taux de croissance,
OHVXGDX0H[LTXHEl Paso est actuellement tributaire surtout du côté mexicain. Comme la croissance démogra-
des eaux souterraines du Hueco Bolson pour environ SKLTXH GHYUDLW VH SRXUVXLYUH OD GHPDQGH G¶HDX GHYUDLW
45 % de ses besoins en eau. Le reste provient du Rio continuer d’augmenter. Par souci de conservation, la ville
Grande (40 %) et du Mesilla Bolson (15 %). La ville d’El Paso a limité la consommation d’eau par habitant.
GH &LXGDG -XiUH] GRQW OD SRSXODWLRQ HVW HQ JURV GHX[ Cependant, la consommation par habitant (à peu près de
fois celle d’El Paso, dépend entièrement des eaux du 600 litres par personne par jour) est deux fois plus élevée
Hueco Bolson pour répondre à ses besoinsi. On estime TX¶j&LXGDG-XiUH]RGHVFHQWDLQHVGHPLOOLHUVGHUpVL-
TXH G¶LFL j ± YRLUH DYDQW ± WRXWHV OHV UHVVRXUFHV GHQWVQ¶RQWSDVO¶HDXFRXUDQWH$XGHOjGHODTXHVWLRQGX
HQHDXGRXFHGHO¶DTXLIqUHH[SORLWDEOHVVHURQWpSXLVpHV tarissement des eaux souterraines, une telle situation pose
Depuis 1940, le niveau de l’eau a chuté de pas moins de OHSUREOqPHSOXVODUJHGXFRWGHO¶HDXHQUDSSRUWDYHFOHV
45 mètres. moyens des usagers et des différences de pouvoirs d’achat
entre les deux pays.
19. Le Mesilla Bolson est situé principalement au
1RXYHDX0H[LTXH GH SHWLWHV SDUWLHV VH WURXYDQW DX
3. BASSIN SUPÉRIEUR DU SAN PEDRO
0H[LTXH HW DX 7H[DV Le Rio Grande est sa principale
VRXUFHG¶DOLPHQWDWLRQ/HQLYHDXGHO¶HDXGDQVO¶DTXLIqUH
demeure relativement constant. /H 6DQ 3HGUR HVW O¶XQ GHV GHX[ VHXOV ÀHXYHV TXL
SUHQQHQWOHXUVRXUFHDX0H[LTXHHWFRXOHQWYHUVOHQRUG
/D TXDOLWp GH O¶HDX GDQV OH +XHFR %ROVRQ V¶HVW MXVTX¶DX[ eWDWV8QLV L’une des principales caractéris-
GpWpULRUpHDX¿OGXWHPSVFRPPHVXLWHDX[SUpOqYHPHQWV WLTXHVGXEDVVLQHVWVDGLYHUVLWpELRORJLTXHQDWXUHOOH3OXV
d’eaux souterraines et à d’autres activités humaines. Plus GHHVSqFHVG¶RLVHDX[DLQVLTXHGHQRPEUHXVHVDXWUHV
espèces, vivent dans le bassin ou le traversent lors de leur
g
migration.
Traité relatif à l’utilisation des eaux du Colorado, de la Tijuana
HW GX 5LR *UDQGH 5LR %UDYR GHSXLV )RUW 4XLWPDQ7H[DV MXVTX¶DX
JROIH GX 0H[LTXH :DVKLQJWRQ IpYULHU DYHF XQ 3URWRFROH 23. Les eaux souterraines du bassin ont deux sources
complémentaire (Washington, 14 novembre 1944), Nations Unies, SULQFLSDOHVO¶DTXLIqUHUpJLRQDOHWO¶DTXLIqUHGHODSODLQH
Recueil des Traités, vol. 3, no 25, p. 313. G¶LQRQGDWLRQ TXL VRQW UHOLpV O¶XQ j O¶DXWUH /¶DTXLIqUH
h
Signé à La Paz (Basse-Californie), Nations Unies, Recueil des régional est alimenté principalement par les chaînes de
Traités, vol. 1352, no 22805, p. 67.
*
2FWDYLR(&KiYH]©0LQLQJRILQWHUQDWLRQDOO\VKDUHGDTXLIHUVWKH
montagnes. Il est essentiellement constitué d’une nappe à
(O3DVR-XiUH]FDVHªNatural Resources Journal 1RXYHDX0H[LTXH surface libre, même s’il prend la forme d’une nappe cap-
vol. 40, no 2, 2000, p. 237. WLYHSDUHQGURLWV/¶DTXLIqUHGHODSODLQHG¶LQRQGDWLRQHVW
294 Documents de la cinquante-sixième session
DOLPHQWp SULQFLSDOHPHQW SDU UXLVVHOOHPHQW HW SDU O¶DTXL- O¶DTXLIqUH GH OD SODLQH G¶LQRQGDWLRQ HQ IDLVDQW EDLVVHU OH
fère régional. La plaine d’inondation est une nappe à QLYHDXGHODQDSSHSKUpDWLTXH'HFHIDLWOH6DQ3HGURHVW
surface libre. GHYHQXpSLVRGLTXHjFHUWDLQVHQGURLWV8QHWHOOHVLWXDWLRQ
pourrait avoir de graves incidences sur la voie migratoire
24. Aux États-Unis, la région du bassin supérieur du San LQWHUQDWLRQDOH HPSUXQWpH SDU OHV RLVHDX[ DLQVL TXH GHV
3HGUR D FRQQX XQH FURLVVDQFH GpPRJUDSKLTXH UDSLGH FH répercussions sur l’économie des localités voisines. Il ne
TXLDDXJPHQWpODGHPDQGHG¶HDXHWH[HUFpXQHSUHVVLRQ V¶DJLWSDVXQLTXHPHQWGHO¶DSSURYLVLRQQHPHQWHQHDXPDLV
sur les eaux souterraines. La plupart des hydrologues sont DXVVL GX GDQJHU TXH UHSUpVHQWH XQH EDLVVH H[FHVVLYH GX
G¶DFFRUGSRXUSHQVHUTX¶XQSRPSDJHH[FHVVLIGDQVO¶DTXL- QLYHDXGHODQDSSHSKUpDWLTXHTXLSRXUUDLWPHWWUHHQSpULO
IqUHUpJLRQDODSURYRTXpXQF{QHGHGpSUHVVLRQTXLDVVqFKH ODYpJpWDWLRQULYHUDLQHHWODGLYHUVLWpELRORJLTXH
Ressources naturelles partagées 295
ANNEXE V
APPLEGREN, Bo (dir. publ.) Arid Lands, Tokyo, United Nations University Press, 1997, p. 70
Managing Shared Aquifer Resources in Africa. IHP–VI, Series on à 80.
Groundwater no 8, Paris, UNESCO, 2004.
LEFEVERE, -UJHQ
ARIAS, Hector M. ©,QWHJUDWLQJJURXQGZDWHUTXDQWLW\FRQWUROLQWR(XURSHDQ&RPPX-
«International groundwaters: the Upper San Pedro River Basin nity water policy», Review of European Community and Inter-
case», Natural Resources Journal 1RXYHDX0H[LTXH YRO national Environmental Law, vol. 8, no 3, 1999, p. 291 à 300.
no 2, 2000, p. 191 à 221.
MECHLEM, Kerstin
BARBERIS, -XOLR$ «International groundwater law: towards closing the gaps?», Year-
International Groundwater Resources Law, Études législatives de book of International Environmental Law, vol. 14, 2003, p. 47
la FAO, no 40, Rome, FAO, 1986, 74 pages. à 80.
a
Établie par Raya Stephen (UNESCO).
RÉPERTOIRE DES DOCUMENTS DE LA CINQUANTE-SIXIÈME SESSION
297
298 Documents de la cinquante-sixième session
A/CN.4/L.656 et Add.1 à 3 Idem: chapitre VII [Responsabilité internationale pour les Idem, p. 65.
FRQVpTXHQFHVSUpMXGLFLDEOHVGpFRXODQWG¶DFWLYLWpVTXLQH
sont pas interdites par le droit international (responsabilité
internationale en cas de perte causée par un dommage
transfrontière découlant d’activités dangereuses)]
A/CN.4/L.657 et Add.1 Idem: chapitre VIII (Actes unilatéraux des États) Idem, p. 97.
A/CN.4/L.658 [et Corr.1] et Idem: chapitre IX (Les réserves aux traités) Idem, p. 104.
Add.1 et 2 [et Corr.1]
+2:722%7$,181,7('1$7,21638%/,&$7,216
United Nations publications may be obtained from bookstores and distributors throughout
the world. Consult your bookstore or write to: United Nations, Sales Section, New York.
&200(176(352&85(5/(638%/,&$7,216'(61$7,21681,(6
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&Ï02&216(*8,538%/,&$7,21(6'(/$61$&,21(681,'$6
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