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Compagnon 7

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Ammarb.

Yasir
1

Un jour, Yasir b. Amer sortit deson Yémen natal


pour aller à la recherche d'un frère disparu. Dans son
voyage, il passa par la Mecque. Trouvant la cité
accueillante, il s'installa puis il devint le client d'Abou
Houdhayfa b. al-Moughira, Par la suite, il épousa
Soumaya bint Khayat, une esclave appartenant à son
protecteur mecquois. Et de ce mariage, les deux
modestes époux eurent Ammar.
Mais, dès que le message divin fut proclamé, le
père, la mère et le fils se convertirent. Etant donné
qu'ils avaient été des musulmans de la première heure,
ils durent tous les trois subir les pires sévices de la part
des Qouraychites, en particulier les Banou Makhzoum.
On les faisait sortir chaque jour au soleil brûlant
pour les tortures sur le sable également brûlant.
Le Messager (ç), qui était impuissant à l'époque,
allait chaque jour leur rendre visite et les encourager à
résister. Une fois, Ammar l'appela: «0 Messager de
Dieu! les tortures nous sont Insupportables.» Le
Messager (ç) lui dit alors: «Patience, Abou al-
Yaqdhan! patience, Ô famille de Yasir! vous avez
rendez-vous avec le Jardin.»
111
112 Deshommesautourdu Prophète

En outre, les compagnons de Qasir ont laissé des


témoignages accablants sur ces tortures-là. Amrou b.
al-Hakam: «On torturait Ammar à tel point qu'il
n'avait pas conscience de ce qu'il disait.» Amrou b.
Maymoun: «Les polythéistes torturaient Ammar avec
le feu. Quand le Messager (ç) passait près de lui, il
disait: «0 feu, sois fraîcheur et salut sur Ammar
comme tu l'as été sur Abraham.»
Ses tortionnaires s'ingéniaient à lui faire goûter à
tous les sévices. Ils le brûlaient avec le feu, le ligotaient
solidement à un poteau tout exposé au soleil d'Arabie,
l'étendaient sur les pierres chauffées, lui maintenaient la
tête sous l'eau jusqu'à la limite de l'asphixie ou
l'évanouissement.
Une fois, ils s'occupèrent de lui de la manière la
plus odieuse, à tel point qu'il répéta malgré lui ce
qu'eux ordonnèrent. Ils l'avaient obligé de dire du
bien de leurs déités.
Ammar en fut très affecté, après le départ de ses
bourreaux. Que lui serait-il arrivé s'il n'avait pas vu le
Prophète (ç) arriver? Celui-ci se rapprocha de lui, lui
essuya ses larmes et lui dit: «Les polythéistes t'ont
tellement mis la tête sous l'eau que tu as dit telle
chose et telle chose?» Ammar répondit, en pleurant:
«Oui, ô Messager de Dieu.» Le Messager (ç) lui dit
alors: «S'ils récidivent, dis-leur la même chose.» Puis,
il lui récita à l'exception de qui est forcé et de qui le cœur
resta imperturbable dans sa foi (s. 16, v. 106).
Alors, Ammar se calma et gagna son âme ainsi
Ammar b. Yasir 113

que sa foi. Sa résistance se renforça ensuite, si bien que


ses bourreaux s'avouèrent enfin vaincus.
***
Par la suite, les musulmans s'exilèrent à Médine.
Là, Ammar occupa un haut rang dans la communauté
musulmane. Le Messager (ç) qui l'aimait beaucoup, le
vantait pour sa foi et ses sacrifices: «Ammar est plein de
foi jusqu'à la moelle!»
Quand il y eut un malentendu entre Khalid b. al-
Walid, le Messager (ç) dit: «Celui qui est hostile à
Ammar, eh bien! Dieu lui est hostile; et celui qui haït
Ammar, eh bien! Dieu le haït.» En une autre occasion,
le Messager (ç) avait aussi dit: «Ammar est la peau qui
se situe entre mes yeux et mon nez!»
Ammar b. Yasir participa en outre à toutes les
expéditions menées par le Messager (ç) (Badr, Ouhoud,
le Siège, Tabouk...), ainsi qu'à toutes les autres.
Après la disparition du Messager (ç), il fut
toujours au premier rang de l'armée musulmane,
contre les rénégats, les Perses, les Byzantins. C'était
un soldat courageux et fidèle, ainsi qu'un croyant
craignant toujours Dieu.
Quand le khalife Omar voulut désigner un
gouverneur pour al-Koufa, il choisit Ammar b. Yasir.
Dans une lettre envoyée aux habitants d'al-Koufa,
Omar dit: «Je vous envoie Ammar b. Yasir en tant
qu'émir et Ibn Masaoud en tant qu'enseignant et vizir.
Ce sont parmi les excellents, ce sont des compagnons de
Mohammad, des Badrites.»
114 Deshommesautourdu Prophète

A son poste de gouverneur, Ammar ne changea


pas. Il ne fut pas attiré par les biens matériels ou par le
poste qu'il occupait. Il était resté toujours le même. Ibn
Abou al-Houdhayl dit de lui: «J'ai vu Ammar b. Yasir
pendant qu'il était émir d'al-Koufa. Il achetait la
citrouille, la prenait sur son épaule et rentrait chez lui.»
En outre, un habitant d'al-Koufa l'appela avec
moquerie, en lui disant: «Toi qui as l'oreille coupéel»
Ammar lui répondit en tant que citoyen, et non en tant
que gouverneur: «Tu viens d'insulter la meilleure de
mes oreilles. Elle a été touchée sur le chemin de
Dieu.» Oui, Ammar avait eu l'oreille mutilée lors de
la bataille d'al- Yamama qui avait opposé les
musulmans à l'armée de l'imposteur Mousaylima.

* * *
Sur son lit de mort, Houdhayfa b. al-Yaman eut
cette question de la part de ses compagnons: «Qui nous
recommandes-tu, si les gens se divisent?» Il leur dit: «Je
vous recommande Ibn Soumaya. Il ne se séparera
jamais du Vrai.» Ibn Soumaya est évidemment Ammar.
Mais, bien avant ce témoignage de Houdhayfa, le
Messager (ç) avait dit cette prophétie: «Ammar sera tué
par le groupement oppresseur.»
Quel était donc ce parti d'oppresseurs? et quand
fit-il son apparition sur la scènepublique musulmane?
Eh bien! ce parti inique était celui de Mouâwiya.
Ce dernier contesta le khalifat au khalife Ali b. Abou
Talib, après l'assassinat de Othman, inaugurant par là
Ammarb. Yasir 115

la voie à des troubles interminables.


Ammar b. Yasir, qui ne se séparait jamais du
Vrai, se rangea aux côtés de l'imam Ali. L'imam Ali
en fut sûrement content, et raffermi davantage qu'il
était dans le Vrai, puisqu'il reçut le soutien de
Ammar, le compagnon inséparable du Vrai.
Puis, le jour redouté de la bataille de Siflin arriva.
L'imam Ali devait faire face à la scission dangereuse
menée par Mouâwiya b. Abou Soufyan. Ammar, alors
âgé de 93 ans, sortit dans l'armée de l'imam Ali.
Avant la bataille, il s'adressa aux combattants:
«Marchons contre ces gens-là qui prétendent venger
Othman. Je jure par Dieu que leur but n'est pas de le
venger. Au contraire, ils ont goûté à l'ici-bas qu'ils
voient désormais inégalable et ils ont bien su que le
Vrai est une barrière entre eux et les passions où ils se
vautrent... Ces gens-là n'ont pas quelque antécédance
en Islam pour qu'ils méritent l'obéissance de la part des
musulmans ou la direction de leurs affaires communes.
Encore que leurs cœurs n'ont pas connu la crainte de
Dieu pour qu'ils suivent le Vrai. Ils trompent les gens
en prétendant qu'ils veulent venger le sang de Othman,
alors qu'il veulent devenir des tyrans et des
monarques.»
Puis il prit l'étendard si haut au-dessus des têtes et
dit à l'adresse des gens: «Par celui qui détient mon âme!
j'ai combattu avec le Messager de Dieu sous cet
étendard et sous ce même étendard je combattrai
aujourd'hui. Par celui qui détient mon âme! même s'ils
116 Des hommes autour du Prophète

nous battent je sais toujours que nous sommes dans le


Vrai et eux dans le faux.»
Puis, il s'engagea dans le champ de bataille, allant
à son destin. Peut-être qu'à ce moment il se rappela la
prophétie du Messager (ç): «Ammar sera tué par le
groupement oppresseur.» C'est pourquoi il disait à
voix haute, sur le champ de bataille: «Aujourd'hui je
rencontrerai les bien-aimés Mohammad et ses
compagnonsl» En allant à l'assaut de l'endroit occupé
par Mouâwiya et sa garde, il disait à voix haute, en
parlant du message divin:
Hier pour sa descente
Nous vous avons combattu
Aujourd'hui pour son interprétation
Nous vous combattons aussi.»
Les partisans de Mouâwiya essayèrent d'éviter
Ammar pour ne pas le tuer afin de ne pas confirmer
la prophétie du Messager (ç). Mais Ammar ne leur
laissa pas le choix... Ainsi Ammar b. Yasir mourut sut
le chemin de Dieu.
Après son enterrement par l'imam Ali, les
compagnons de la première heure se rappelèrent cette
parole du Messager (ç): «Le Jardin a tant envie
d'accueillir Ammar.» Ce jour-là, le Messager (ç) avait
été cité d'autres compagnons, entre autres Ali, Salman,
BilaL..

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