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ARTICLE N°1 NGATSE René

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1. Accueil /

2. Comité éditorial

Comité éditorial

Directeur de la revue

• Abdellatif ROUIHA

• Université Chouaib Doukkali – El Jadida

• Président de l’Association Marocaine de Géomorphologie

Directeur de publication

• Abdelhadi EL MIMOUNI

• Université cadi Ayyad - Maroc

• Chargé de publication et de communication à l’Association Marocaine de Géomorphologie

Comité de rédaction

• EL ADNANI Wahid : Université Hassan II Ain Chok – Casablanca

• Al KARKOURI Jamal : Université Ibn Tofail – Kenitra

• Farid NOUREDDINE : Centre Régional des Métiers de l'Education et de la Formation-


Casablanca

• MACHOURI Nadia : Université Mohammed V – Rabat

• MOUHIDDINE Mohammed : Université Hassan II Ben M’sik - Casablanca

• NAIMI Kacem : Centre d'Orientation et de Planification de l'Education - Rabat

• OUADRIM Mustapha : Université Hassan II - Mohammedia

• WATFEH Abderrahim : Université Mohammed V – Rabat

Comité scientifique

• AKDIM Brahim : Université Mohammed Ben Abdallah – Saïs Fes. Maroc

• Badraoui Mohammed : Institut National de la Recherche Agronomique (INRA). Rabat. Maroc

• Bouzougar Abdeljalil : Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine, Rabat.


Maroc

• CHAKIR Miloud : Université Mohammed V – Rabat. Maroc


• Daoudi Lahcen : Faculté des Sciences et Techniques Guéliz . Marrakech. Maroc

• Esteves Luciana : Faculty of Science and Technology Bournemouth University. U.K

• FASSI Driss : Université Mohammed V – Rabat. Maroc

• Ghodbani Tarik : Université d'Oran ES-Senia. Algérie

• LAOUINA Abdallah : Université Mohammed V – Rabat. Maroc

• MOUHIDDINE Mohammed: Université Hassan II Ben M’sik – Casablanca. Maroc

• NAFAA Rachida : Université Hassan II – Mohammedia. Maroc

• OZER Pierre : Université de Liège. Belgique

• Sabir Mohamed : Ecole Nationale Forestière d'Ingénieurs. Salé. Maroc

• WATFEH Abderrahim : Université Mohammed V – Rabat. Maroc

• Weisrock André : Université de Nancy 2 (France)

• CHOUKRI Abdelmajid : Université Ibn Tofail – Kenitra


ARTICLES
 Etude préliminaire de l’impact des rejets des eaux usées de la commune de Sebt
Gzoula (Province de Safi -Maroc) sur les eaux souterraines
Abdelhadi El Ouahidi & al.
 Cartographie des limites inondables par l’approche hydrogéomorphologique : Cas de
la vallée du Sânon (Lorraine, France)
Abdelouahab NEJJARI, mohamed EL GHACHI
 Caractérisations minéralogique et granulométrique des sédiments littoraux de la baie
d’Agadir (Maroc atlantique) : dynamique sédimentaire et sources des matériaux
Ismail AOUICHE & al.
 Matières en suspension et érosion dans le bassin versant en amont du barrage Allal-
Fassi (Moyen Atlas, Maroc)
lhoucine karrat & al.
 Coastal vulnerability, risks of degradation and of climate change impact on the
coastal zone of Morocco, GIS approach of the Tangier Peninsula
Abdellah Laouina
Résultats du suivi 2014-2016 de l’évolution de la morphodynamique hydrique par
ravinement dans le bassin versant de Ourossogui (Nord du Sénégal)
seydou alassane Mouhamadou SOW & AL.
 l’érosion hydrique dans le bassin versant de la Djiri au nord de Brazzaville
(République du Congo) : analyse et quantification
René NGATSE & Al.
 Approche éco-géomorphologique de l’écosystème littoral Cas de la végétation du
littoral atlantique central (Maroc)
MOHAMED MOUHIDINE
Revue Marocaine de Géomorphologie. N°1. (2016-2017) PP 95- 112. ISSN : 2508-9382
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L’érosion hydrique dans le bassin versant de la Djiri au nord de


Brazzaville (République du Congo) : analyse et quantification
René NGATSE, Léonard SITOU, Idriss M’BOUKA MILANDOU
Laboratoire de géographie-physique, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (FLSH), Université Marien
Ngouabi. République du Congo. renengatse@[Link] ; leonardsitou@[Link] ; [Link]@[Link]

RESUME

Le bassin versant (BV) de la DJIRI situé à la périphérie nord de Brazzaville, fait


l’objet, depuis près d’une décennie, d’une occupation sans précaution, responsable d’une
intense érosion qui détruit les infrastructures et les habitations. Cette étude a porté sur la
quantification du phénomène et sur la recherche des facteurs explicatifs. Elle indique que le
ravinement qui est le principal processus de cette érosion a déjà mis en place des formes
dépassant partout ou presque les 10 000 m3. Cette érosion s’explique avant tout par la
vulnérabilité du milieu. Celle-ci est liée à la sensibilité des sols dans l’ensemble très sableux
dont l’indice d’érodibilité (K) se situe entre 0,35 et 0,45 [Link].h/ha. [Link], caractérisant des
formations assez sensibles à l’érosion (Bolline et Rosseau, 1978). Cette érodibilité est
aggravée par l’érosivité des pluies (R) de Brazzaville, dont la moyenne a été estimée à
7 756,55 [Link]/[Link]. La vulnérabilité du milieu est liée également à la présence des
versants dont les pentes varient entre 0 à plus de 25%. Cette sensibilité du milieu physique est
aggravée par l’occupation anarchique de l’homme, matérialisée principalement par une
disposition des voiries urbaines dans le sens des pentes et d’un manque de système de
drainage des eaux pluviales.
Mots clés : Congo, Brazzaville, Djiri, érosion hydrique, quantification.

ABSTRACT

The DJIRI catchment on the northern outskirts of Brazzaville has been the subject of a
careless occupation for almost a decade, causing intense erosion that destroys infrastructure
and housing. This study focused on the phenomenon quantification and the search for
explanatory factors. It indicates that gullying which is the main process of this erosion has
already put in place forms that exceed everywhere or almost the 10, 000 cubic meters. This
erosion crisis is explained above environment vulnerability. This is related to the soils
sensitivity in the very sandy set whose erodibility index (K) is between 0.35 and 0.45
[Link].h/[Link], characterizing formations that are sensitive enough to erosion (Bolline and
Rosseau, 1978). This erodibility is exacerbated by the erosivity of rainfall (R) in Brazzaville,
the mean of which was estimated at 7 756,55 [Link] / [Link]. The environment vulnerability

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is also related slopes, vary between 0 and more than 25%. This physical environment
sensitivity is aggravated by the human anarchic occupation, materialized mainly by a
disposition of the urban roads in slopes direction and a lack of rainwater drainage system.
Keywords: Congo, Brazzaville, Djiri, water erosion, quantification.

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1. Introduction :

Depuis sa fondation en 1885, Brazzaville, la capitale du Congo, à l’instar de la plupart des


villes du monde, ne cesse de s’étendre. Mais, comme pour la majorité des villes africaines au sud
du Sahara, cette évolution spatiale est mal maitrisée. Les espaces occupés par les populations ne
sont pas lotis au préalable. Toutes les mesures d’interdiction d’occupation spontanée des zones
sensibles à l’érosion hydrique, prises depuis des décennies par les pouvoirs publics ne sont pas
respectées par les populations. La conséquence est un déclenchement systématique des processus
d’érosion hydrique à chaque fois qu’une zone est occupée. Le bassin versant de la Djiri situé dans
les faubourgs nord de Brazzaville, est une illustration parfaite de cette situation. Cette zone située
dans le 9ème arrondissement de Brazzaville, fait l’objet d’une occupation sans précautions
responsable de la rupture de l’équilibre morphogénétique qui y prévalait. Aujourd’hui ce bassin
versant est l’objet d’un ravinement intense qui détruit ou menace de destruction des habitations,
des voiries, des infrastructures diverses... Cette situation constitue une grande préoccupation aussi
bien pour les autorités municipales que pour les populations qui en sont les principales victimes et
les scientifiques dont les études contribuent à la recherche des solutions. Cette étude fait le
diagnostic de ce phénomène dans ce bassin versant, à travers non seulement la détermination des
facteurs explicatifs mais aussi la quantification du phénomène et la proposition de quelques
mesures idoines. Quelques études ont été déjà menées sur cette problématique, dans ces banlieues
nord de Brazzaville (Ngazzi, 2007 ; Sitou, 2008). Mais elles n’ont pas abordé certaines variables
explicatives. C’est le cas de l’érodibilité des sols et de l’érosivité des pluies qui font partis des
variables essentielles dans l’étude de l’érosion. Louembe et Tchicaya (1993) ont certes énuméré
quelques propriétés physiques et mécaniques (texture, taux en matière organique, perméabilité)
des sols de Brazzaville mais ils n’ont pas précisé la zone d’étude. Autrement dit le bassin versant
de la Djiri n’a pas encore fait l’objet d’une telle approche. Cette étude est sans doute la première
qui met l’accent sur ces variables explicatives.

Cadre général du bassin versant

Le bassin versant de la Djiri fait partie du 9ème arrondissement de Brazzaville qui


porte le même nom et qui est située au nord de la capitale congolaise, entre 4,012° et 4,212°
de latitude sud et entre 15,204° et 15,404° de longitude est. Il s’étend sur environ 83,46 km2
(8 346 ha) et s’ouvre à l’est sur le fleuve Congo (Figure 1). La Djiri est l’un des bassins
versants qui découpe le plateau de Mbé qui s’étend au nord et au nord-ouest de Brazzaville. Il
occupe une zone de hautes collines atteignant parfois 700 m d’altitude.
Il est constitué par un ensemble de vallées assez profondes drainées ou sèches dont la
principale est celle de la Djiri dont la profondeur varie de 300 et 500 m avec des versants
atteignant 25% de pente. Le plateau de Mbé est taillé dans la série Batéké, composée de grès
polymorphes (Ba1) à la base et de sables ocres (Ba2) au sommet. Sur ces sables se sont
développés des sols ferralitiques fortement désaturés décrits par Schwartz (1986). Le climat
est de type tropical chaud et humide, avec une alternance au cours de l’année de deux saisons:
la saison des pluies et la saison sèche. L’analyse des données de Samba-Kimbata (1978)
indique que la période sèche dure 4 mois (juin à septembre) ; le mois le plus humide
(septembre) a moins de 15 mm de précipitations moyennes et la saison sèche est la plus
fraiche de l’année avec 25° de température maximale.

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Figure 1 : localisation et situation de la zone d’étude

La saison pluvieuse, qui est la plus chaude de l’année, avec une température moyenne
variant entre 29 et 34°, s’étend sur 8 mois, de septembre à mai, avec 180 à 260 mm de
précipitations moyennes mensuelles. Les pics sont souvent atteints en novembre, en décembre, en
mars et en avril (Samba-Kimbata, 1978). La végétation dominée par la savane arborée est en
pleine dégradation par l’homme qui occupe tout le bassin versant, exposant ainsi les versants
fortement inclinés aux ravinements. Les quelques bosquets de type mésophiles semi caducifoliés
(Kœchlin, 1961), qui dominaient les bas-fonds ou les pieds de collines, ont également disparu ou
presque par la même pression anthropique liée à cette urbanisation accélérée.

2. Méthodologie et matériel

En dehors de l’analyse bibliographique qui a porté sur l’érosion hydrique en général et


sur la problématique de l’érosion à Brazzaville en particulier, le diagnostic de ce phénomène
dans le bassin versant de la Djiri a été réalisé à partir d’une série de travaux menés sur le
terrain et au laboratoire. Ces travaux ont permis d’étudier la sensibilité des sols ; de collecter

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des données pluviométriques pour estimer l’érosivité de pluie, d’observer et d’analyser les
lotissements et enfin de quantifier quelques ravins majeurs. Tous ces travaux se sont appuyés
par une cartographie réalisée avec le logiciel Mapinfo 8.1. qui a porté principalement sur les
formes répertoriées sur le terrain.

2.1. L’étude de la sensibilité des sols

La vérification de la sensibilité des sols du bassin versant de la Djiri a été faite à partir
de l’indice d’érodibilité (K). Pour l’obtenir nous avons d’abord analysé la structure des sols
dans ce BV afin de déterminer les classes et les codes y afférentes. A cet effet, un échantillon
de sol sur les parois des ravinements par site a été prélevé et observé, pour savoir si la terre
forme des agrégats. Ensuite ces agrégats ont été testés dans l’eau pour apprécier leur
résistance. Le principe de ce test consiste à déposer les agrégats dans un verre rempli d’eau,
puis laisser reposer. Si après 2 minutes l'agrégat ne s'est pas effondré, remuer doucement le
verre en un mouvement circulaire à l'aide du poignet :
1. Si les agrégats sont encore là, c'est qu'il y a une forte cohésion : l’édifice est stable. On
parle de structure forte, compacte ou massive (particules prises en masse, d'un seul bloc).
2. Si les agrégats sont fissurés, on parle de structure modérée, grumeleuse ou fragmentaire
(le sol s’organise en une hiérarchie d’agrégats).
3. Si les agrégats sont effondrés ou n'existent pas, il y a peu ou aucune cohésion entre les
particules. La structure est faible, particulaire ou « sans structure ».
Les résultats obtenus après cette opération ont été analysés selon la classification de Bellon
(2009) qui attribue un code selon la structure des sols (Tableau 1).

Code (b) Structure du sol


1 Très fine
2 Fine
3 Moyenne ou grossière
4 Massive
Tableau 1 : Classification des codes par structures de sol.
Source : Bellon (2009)

La structure du sol a été ensuite complétée par l’analyse granulométrique effectuée au


laboratoire de la société des BTP Brésilienne Andrade Gutierrez, par la méthode de tamisage.
A cet effet, 6 échantillons prélevés sur 3 sites représentatifs de la zone d’étude, à 50 cm et à
100 cm de profondeur ont été traité et cette opération a été appuyée par le dosage de la teneur
en matière organique.
La texture obtenue a été ajustée par le triangle des textures USDA (Brown, 2003)
(figure 2) après avoir écarté la matière organique. Le but de ce triangle est de déterminer les
taux exacts moyens des sables (Sand), des limons(Silt) et des argiles(Clay), dont la somme
des trois valeurs doit faire 100%.

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Figure 2 : triangle des textures de sols de USDA


Source : [Link], in M’bouka Milandou et al., 2016

Pour les caractéristiques hydriques des sols, nous avons fait usage du model de
classification et des codes de perméabilité des sols de Rwals et al. (1982) (Tableau 2).
Texture Classe de perméabilité (K) Code (c)
Limono-argileuse et Argile Très lente (nulle) 6
Limono-argilo-terreuse et Sablo-argileuse Lente (mauvaise) 5
Sable ; argile terreuse et argile limoneuse Lente à modérée (faible) 4
Terreau- limoneuse Modérée (faible) 3
Limoneuse et sablo-limoneuse Modérée à rapide (bonne) 2
Sableuse Rapide (très bonne) 1
Tableau 2 : codes de perméabilité des sols par rapport à la texture
Source : Rawls et al., 1982

En fonction des résultats de la nature des sols, de la teneur en matière organique, des
classes et des codes de la structure et de la perméabilité du sol, nous avons utilisé l’équation de
régression de Wischmeier et Smith (1978) suivante, pour estimer l’indice de l'érodibilité (K) :

100 K = 2,1 x 10-4 x M1,4 (12-MO) + 3,25 (b - 2) + 2,5 (c - 3)

M est le facteur granulométrique = (Sable fin(%) + Limon(%)) x (100 – argile(%)) ;


MO : matière organique (%) ; b : code de structure de sol et c : classe de perméabilité du
profil.

Les résultats obtenus ont été analysés en tenant compte du tableau de classification de la
sensibilité des sols à l’érosion de Bolline et Rosseau (1978) (Tableau 3):

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Valeurs de K Sensibilité des sols à l’érosion hydrique


([Link].h/[Link])
K <0,l0 Sols très résistants à l’érosion
0, l0 à 0,25 Sols assez résistants à l’érosion
0,25 à 0,35 Sols moyennement sensibles à l’érosion
0,35 à 0,45 Sols assez sensibles à l’érosion
> 0,45 Sols très sensibles à l’érosion
Tableau 3 : classification modifiée de l’érodibilité des sols selon les valeurs de K
Source : Bollinne et Rosseau (1978)

2.2. Appréciation de l’agressivité des pluies à Brazzaville

Les données de la pluviométrie mensuelles et annuelles de 2005 à 2014 de la station


météorologique de Maya-Maya ont été utilisées pour apprécier l’agressivité climatique de
Brazzaville. L’indice d’agressivité (R) dépend surtout de l'intensité de pluie ou de l'énergie
cinétique qui en résulte directement (Stengel et Gelin, 1998), l’énergie donne la force à la goutte
de pluie de désagréger les agrégats du sol à travers l’effet splash. Mais étant donné que nous
n’avons pas eu les valeurs de la pluie totale et les intensités maximales sur 30 minutes des
épisodes pluvieux sur une période de 30 ans, nous avons utilisé la formule proposée par Renard
et Freimund (1994) cités par Douay et Lardieg (2010). Cette formule simplifiée intègre
uniquement la hauteur des pluies annuelles moyennes (P) en mm. Hors P >850 mm à
Brazzaville et les environs, selon les données pluviométriques de l’Agence Nationale de
l’Aviation Civile (ANAC).

R = 587,8 – 1,219 P + 0,004105 P²


R : paramètre d’érosivité ; P : précipitation annuelle (mm)

Les résultats ont été évalués en tenant compte de la classification d’indices d’érosivité
des pluies utilisée par Douay et Lardieg (2010).

Classe Erosivité (R) Vulnérabilité des sols


4 >5000 Forte érosivité Très élevée
3 4000 à 5000 Elevée
2 3000 à 4000 Modérée
1 2000 à 3000 Faible
0 0 à 2000 Faible érosivité Très faible
Tableau 4 : classe des indices d’érosivité des pluies
Source : Douay et Lardieg, 2010)

2.3. 2.3. Observations des voiries urbaines de la zone d’étude et


quantification de quelques ravins

Les observations ont porté sur la disposition des voiries urbaines vis-à-vis du relief
(pente) et sur la présence ou non des canalisations le long desdites voiries.

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Les différents quartiers qui constituent les sites d’études, notamment ceux de Congo-
Chine, dispensaire (en face du cimetière Itatolo) et Makabandilou ont été arpentés à cet effet.
De même quelques ravins ont été quantifiés par la méthode de cubage des vides et des pertes en
terre engendrés. La formule utilisée pour ce cubage est celle du volume qui multiplie la surface
du ravinement par la profondeur.
Les calculs dépendent des formes générales des ravinements. Les deux formes
principales rencontrées sur le terrain sont le triangle inversé qui est la forme dominante et le
trapèze. La procédure a été celle déjà utilisée par M’bouka Milandou et al. (2016), qui consiste
à découper les ravinements en sections en fonction des formes. Pour les triangles les éléments
pris en compte et les formules utilisées sont (figure 3) :

Figure 3 : Coupe transversale d’une section de ravinement

Calcul de l’aire : =

Calcul du volume du vide : V = (A1+A2+….An) * L

W : largeur moyenne supérieure(m) ; d : profondeur (m) ; A : aire (m2) ; L : longueur totale


du ravinement (m) ; V : volume (m3)
Pour la forme trapézoïdale, nous avons utilisé la formule de la FAO Ngazzi (2007) (figure 4)

Figure 4: section d’un ravinement trapezoïdal


La formule ampirique utilisée dans ce cas s’écrit: V= ∑ (A1+A2)/2 x L1 + (A2 + A3)/2 x
L2+...
A1= (l1+l1')/2 x p1 : l’aire de la première section; A2= (l2+l2')/2 x p2 : l’aire de la deuxième
section ; A3 = (l2+l2')/2*p3 : l’aire de la troisième section ; L1 : longueur de la première section
;
L2 : longueur de la deuxième section

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3. Présentation et interprétation des résultats


3.1. Erodibilité des sols

Elle a été déterminée à partir de la texture des sols des 3 sites, de la teneur en MO, du
code de structure des sols utilisé par M’bouka Milandou et al.(2016) et du code de
perméabilité desdits sols de Rwals et al. (1982).

3.1.1. Structure des sols

A l’issue de l’analyse de la structure des sols, il a été constaté que les agrégats se sont
effondrés dans l’eau. Il y a aucune cohésion entre les particules. Ce qui signifie que la
structure est particulaire. Elle concerne à cet effet les sols sableux, dont la structure est fine,
correspondant au code b qui est égale à 2 pour les 3 sites (Bellon, 2009).
3.1.2. Texture, matière organique et nature des sols

Les résultats de la granulométrie des sols et la teneur en matière organique (MO) sont
consignés dans les tableaux 5, 6 et 7. Dans l’ensemble les formations sont, à plus 90%,
sablonneuses avec partout plus de 50% de sables fins et moins de 1% d’argile. Quant à la
matière organique, elle a un taux de près de 1 % partout.

Profondeur de profils et taux des Profondeur de profils et taux des


Texture éléments (%) Texture éléments (%)
50 cm 100 cm 50 cm 100 cm
Sables fins 55,4 58,7 Sables fins 57 58,3
Sables Sables
Site 1 38,2 30,9 Site 2 35,8 33,5
grossiers grossiers
Ravin Congo- Ravin CSI-
Limons fins 0,01 0,9 Limons fins 0,02 0,1
Chine Face d’Itatolo
Limons Limons
2,8 1,3 2,05 1,4
grossiers grossiers
Argiles 0,01 0,3 Argiles 0,01 0,6
Matière Matière
0,90 1,0 0,87 1,4
organique organique
Total 97,32 93,1 Total 95,75 95,3
Tableau 5 : texture et MO des sols vers Congo- Tableau 6 : texture et MO des sols en face du
Chine Cimetière Itatolo

Profondeur de profils et taux des


Texture éléments (%)
50 cm 100 cm
Sables fins 55,4 58,7
Site 3
Sables
Ravin Forage- 38,2 30,9
grossiers
petit bassin
Limons fins 0,01 0,9
versants
(Makabandilou) Limons
2,8 1,3
grossiers
Argiles 0,01 0,3
Matière
0,90 1,0
organique
Total 97,32 93,1
Tableau 7 : texture et MO des sols dans le secteur
du ravin du forage

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Les résultats réévalués pour les besoins de l’élaboration des triangles des textures
(tableau 8) donnent les mêmes conclusions. Les formations sont sablonneuses à plus de 95%
avec moins de 1% d’argile.
Tableau 8: moyenne des textures des sols du bassin versant de la Djiri réévaluées
Site Texture des Moyenne des Moyenne des Total des
d’échantillonnage sols textures des textures moyennes
sols réévaluée (%) réévaluées
(%)
Congo Chine S (F et G) 45,8 94,51 100%
L (F et G) 2,5 5,16
Argile 0,16 0,33
Dispensaire S (F et G) 92,3 97,48 100%
(face cimetière L (F et G) 1,78 1,89
Itatolo) Argile 0,61 0,64
S (F et G) 91,6 97,02 99,99 ≈100%
Makabandilou L (F et G) 2,5 2,65
Argile 0,31 0,32
Notes : S (F et G): sables fins et grossiers; L (F et G) : limons fins et grossiers

Par ailleurs, étant donné que les sommes des moyennes de textures des sols de chaque
site donnent 100%, les 3 triangles de textures de sols des trois sites confirment bien ces résultats
(Figure 5S1, 5S2 et 5S3).

Figures 5: triangles des textures des sols des sites du bassin versant de la Djiri.
Site 1 : Congo Chine ; Site 2 : Dispensaire ; Site 3 : Makabandilou

Suite à la confirmation de cette nature sableuse, la perméabilité a été déterminée à partir


du tableau 2 de Rwals et al. (1982).
3.1.3. Perméabilité des sols selon leur nature

Le tableau 9 montre la vitesse d’infiltration des eaux dans les sols des 3 sites
(perméabilité) ainsi que les codes y afférent, selon nature sableuse.

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Site Nature des sols infiltration Code (c)


Congo Chine Sableuse
Rapide
Dispensaire Sableuse 1
(très bonne)
Makabandilou Sableuse
Tableau 9 : structure, perméabilité et codes des sols des 3 sites du BV de la Djiri
Selon la nature des sols, les résultats de perméabilité selon la classification de Rwals et
al. (1982), confirment que les sols des 3 sites sont sableux. A cet effet, ils ont une bonne
capacité d’infiltration des eaux. Le code (b) obtenu à partir de la nature desdits sols est égal à 1.
Cela confirme la capacité d’infiltration des sols de Brazzaville déjà montrée par Louembe et
Tchicaya (1993) et surtout notamment ceux de la périphérie nord étudiés par Ngazzi (2007)
dans les quartiers Mikalou, N’kombo et Massengo.
M’bouka Milandou et al (2016) qui ont évalué l’érodibilité des sols dans la partie nord
de la sous-Préfecture de Goma tsé-tsé situé à proximité du bassin versant de la Djiri et ayant des
formations superficielles analogues, ont trouvé également les mêmes codes de perméabilité de
sols. Enfin la texture des sols, la teneur en MO, les codes de texture et de perméabilité des sols
des 3 sites ont permis d’évaluer les indices d’érodibilité.

3.1.4. Evaluation de l’indice d’érodibilité des sols (K)


Les indices d’érodibilité des sols des 3 sites sont classés dans le tableau 10.

Site d’échantillonnage M1,14 MO b c


Indice d’érodibilité (K)
[Link].h/[Link]
Congo Chine 20072,3037 0,95 K = 0,42
Dispensaire 19991,90517 1,14 2 1 K= 0,41
Makabandilou 19114,52217 0,95 K=0,39
Tableau 10 : valeurs d’indice d’érodibilité des 3 sites répertoriés dans le BV de la Djiri

Ces résultats montrent bien que les sols des trois sites de la zone d’étude sont situés dans
l’intervalle de 0,35 à 0,45 [Link].h/[Link]., c’est-à-dire celui des sols assez sensibles à
l’érosion hydrique, selon la classification de Bollinne et Rosseau (1978). Cette sensibilité est
liée à la teneur élevée des sables dans les sols qui représente partout plus de 95% avec moins de
5% de fines (limons et argile) (tableau 8) et de très faibles teneurs en MO estimée partout à
moins de 1,5% (tableaux 5 ; 6 et 7). Cette sensibilité pédologique est d’ailleurs accentuée par
l’érosivité des pluies à Brazzaville.

3.2. Indice d’érosivité des pluies (R) à Brazzaville


Le tableau 11 et la figure 6 montrent les résultats obtenus à l’issue de l’évaluation de
l’indice d’érosivité (R) des pluies pendant 10 ans à Brazzaville, soit de 2005 à 2014.
Année 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 Moyen.
P (mm) 1 326 1 364,8 1 701,6 1 642,8 1 539,2 1 329,7 1 675,7 1 198,4 1 596,6 1 293,7 1 466,85
R
[Link]/ha 6 189,13 6 570,41 10 399,34 9 663,77 8 436,82 6 224,95 10 071,84 5 022,4 9 105,72 5 881,15 7 756,55
.[Link]
Tableau 11: érosivité annuelle des pluies entre 2005 et 2014 à la station de Maya-Maya
Notes : R : paramètre d’érosivité et P : pluviométrie annuelle (mm)

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[Link]

P P(mm) R([Link]/[Link]) R
(mm) ([Link]/[Link]
1800 12000
1600 10399,34
9663,77 10071,84 10000
1400 9105,72
1200 8436,82 8000
1000
6189,13 6570,41 6224,95 5881,15 6000
800 1701,6 1642,8 1675,7
1539,2 5022,4 1596,6
1326 1364,8 1329,7 1293,7
600 1198,4 4000
400
2000
200
0 0
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Années de mesure
Figure 6 : relation entre pluviométrie annuelle et indices d’érosivité (2005 et 2014)

Les résultats montrent qu’avec une moyenne de 1 466,85 mm de précipitations annuelles


en 10 ans, la moyenne du facteur R est estimée à 7 756,55 [Link]/[Link]. En tenant compte de
la classification de Douay et Lardieg (2010) (tableau 4), cet indice se situe dans la classe 4 qui
indique une érosivité très forte, puisqu’il est largement supérieur à 5000 [Link]/[Link]. Cela est
d’autant plus vrai que plusieurs années ont un facteur largement supérieur à cette moyenne. Ce
sont par exemple les années 2007 ; 2011 et 2008, avec des indices respectifs de 10 399,34 ; 10
071,84 et 9 663,77 (tableau 11 et figure 6). Ces données témoignent du caractère d’agressivité
climatique en région tropicale humide (Roose et Lelong, 1976).
Le milieu physique avec les variables explicatives que nous avons calculées affiche une
grande vulnérabilité. Mais cette vulnérabilité est accentuée par le manque de lotissement de la
zone d’étude qui se manifeste par une occupation anarchique des sites.

3.3. L’occupation anarchique des sites.

A l’instar de la plupart des zones périphériques d’occupation récente, le bassin versant


de la Djiri est très mal loti car le lotissement a été effectué par les propriétaires fonciers qui
n’ont pas tenu compte des risques géomorphologiques auxquels le milieu est exposé. Moins
peuplé vers les années 2010, avec 30 478 habitants, soit 365,179 hab/km2, les services du
cadastre et de la Mairie de Brazzaville, pouvaient déjà bien lotir cette zone, avant le boom
démographique des dernières années.
Le non respect des normes en matière d’urbanisme dans le but de préserver l’équilibre
du milieu, est marqué ainsi par une occupation sans précaution de ce bassin versant qui se
manifeste par une disposition des ruelles perpendiculaire aux courbes de niveau, c’est-à-dire
dans le sens de la pente et un manque notoire de canalisation le long des voiries urbaines. En
effet, toutes les ruelles ou les sites que nous avons observés pour constater les cas de
ravinement et d’ensablement, sont situés dans le sens de la pente et ne disposent d’aucun
système de drainage des eaux pluviales (Photos 1 ; 2 ; 3 et 4).

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A cette disposition des voiries et ce manque de canalisation s’ajoutent certaines pratiques des
populations qui accentuent la vulnérabilité des sites. Il s’agit entre autres de l’évacuation
systématique, par les populations, des eaux de pluies dans les voiries urbaines et le dépôt des
ordures ménagères et autres déchets solides dans lesdites voiries. Ces pratiques ont déjà été
évoquées par d’autres chercheurs dont Sitou (2008) qui relève qu’elles contribuent au gonflement
du volume des ruissellements qui circulent sur ces voiries dépourvues de canalisations.

Photos 1et 2 : Ravinement des rues disposées dans le sens de la pente à Itatolo et à
Makabandilou ; Photo 3 : Ravinement des bordures de la RN1 vers Itatolo et Photo
4 : ravinement transversal à la RN2 dans le secteur d’Emile Biayenda. © Réné NGATSE,
2012

Dans la zone d’étude, sur les parties encore non occupées du bassin versant,
l’exposition à l‘érosion est enfin accentuée par la destruction de la couverture végétale et la
présence des sentiers créés par la population sur les versants, pour atteindre les points d’eau et
les espaces voués à l’agriculture au fond des vallées et de l’autre côté de la sous-Préfecture de
Goma tsé-tsé. Ainsi, si l’état avait appliqué le plan directeur de lotissement dans cette zone, on
ne serait pas face à cette crise d’érosion qui détruit presqu’à chaque saison des pluies les ruelles
et la route nationale n°2, précipite les habitats dans les grands ravins régressifs qui remontent les
versants des vallées et vallons du bassin versant.

3.4. Cubage et localisation des ravinements

L’occupation sans précaution de ce bassin versant se traduit aujourd’hui par un


ravinement aussi bien accéléré que spectaculaire (photos 5, 6 et 7).

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Photo 5 : ravin de la ruelle vers Congo-Chine en 2017 ; Photo 6 : ravin de l’espace réservé
pour le Centre de santé Intégré en face du cimetière Itatolo ; Photo 7 : l’un des ravins d’une
vallée vers Makabandilou en 2017. © Réné Ngatsé, Idriss M’bouka Milandou, Leonard Sitou,
2016

En effet, comme on peut le noter sur ces photos, la dégradation de ce bassin versant a
déjà atteint un niveau très inquiétant. Les dimensions des ravinements étudiés sont
spectaculaires : la longueur de tous ces ravins dépasse presque partout les 100 mètres avec des
volumes de vide créés qui excèdent partout au-delà de 10 000 m3 (tableau 12).
S’agissant des formes, presque tous les ravins étudiés ont un profil transversal en V. Ce
type de ravinements observé et quantifié par Sitou (2008) dans l’arrondissement 6, est un modelé
typique en zone sableuse. En effet les processus de ravinement en zone sableuse, ne permettent
pas à la forme d’avoir des parois abruptes et stables. La prédominance des sables confère à la
formation un caractère pulvérulent favorable aux mouvements de masse de type reptation.
La conséquence est que les sables glissent en permanence et forment une sorte de
triangle sans base sur 6 ravins étudiés, 5 ont cette forme (tableau 12).

Code et type de Longueur Pente


ravinement Largeur Profondeur Volume Coordonnées
moy.
moy. (m) moy. (m) (m3) Type Valeur géographique
(m) moy(%)
Convexo- 04°09’41’’ S
RAV.V CC 285 8,5 5,58 13 517,55 21
concave 15°16’30’’ E
04°09’13’’ S
Bras1 340 11,33 3,77 14 522,79
[Link] 15°16’25’’ E
Rectiligne 10
CSI 04°09’14’’S
Bras2 348 2 1,50 1 044
15°16’26’’E
RAV. V 1 150 15,30 8,66 19 874,70 Convexe 17,5 04°08’24’’ E

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[Link]

15°17’13’’ S
04°08’23’’ S
RAV. V 2 80 10,30 4,88 40 21,12 15,5
15°17’25’’ E
04°08’23’’ S
RAV. V 3 150 17,34 4,6 11 964,6 16
15°17’26’’ E
4°08’24’’ S
RAV. V 4 130 12,4 6,31 10 171,72 16,5
15°17’18’’ E
Tableau 12 : volume de quelques ravins quantifiés
Notes : RAV.V : ravin en V ; [Link] : ravin en trapèze ; CC : Congo-Chine ; CSI : centre de santé intégrée.

Quant à la disposition, la plupart des ravinements entaille de façon préférentielle les


voiries urbaines qui elles-mêmes, comme nous venons de le dire plus haut, sont disposées
dans le sens de la pente. En effet, comme le montre la figure 7, la majorité des ravins
géoréférencés est disposée le long des voiries urbaines et découpent les versants.

Figure 7 : localisation des ravins dans le bassin versant de la Djiri


Sur cette figure, les ravins sont à proximité des cours d’eau qui se localisent au fond
des vallées. On remarque également une grande concentration de ces formes d’érosion qui
révèle l’ampleur du phénomène en termes de sa fréquence. Ces dernières naissent au bas des

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[Link]

versants de vallées et par érosion régressive remontent vers le haut des versant en détruisant
au passage l’habitat et les vois de communication. Le profil en V de ces formes, également
étudiées par Makanzu Imwangana et al. (2014) à Kinshasa (République Démocratique du
Congo), indique qu’elles sont encore actives pour la plupart. Ceci constitue un danger si des
solutions ne sont pas trouvées rapidement, car selon Ozer (2014), la plupart de ces
ravinements, dans les villes sub-sahariennes, sont provoqués par les infrastructures routières
et les pistes piétonnes qui tendent à canaliser les eaux pluviales.

4. Conclusion et proposition de solutions

Avec des indices d’érodibilité situés entre 0,35 et 0,45 [Link].h/[Link], caractérisant un type
de sols sableux, le bassin versant de la Djiri est érodible à l’érosion hydrique. Cette érosion
qui se manifeste par des ravinements spectaculaires est liée à cette sensibilité du milieu qui est
également imputable à l’érosivité des pluies dont l’indice moyen R en 10 ans (2005-2014) est
estimé à plus de 7 756,55 [Link]/[Link]. Elle est aussi la conséquence d’une topographie
marquée par la présence de pentes qui tournent autour de 15 à 22°, ce qui est considéré par les
physiciens du sol comme étant des pentes érosives. Cette vulnérabilité potentielle du milieu
naturel devrait être prise en compte dans l’occupation des sites. Malheureusement le non
respect des normes d’occupation d’un site d’une telle fragilité a été fatal. En effet,
l’occupation du sol mal maitrisé qui s’est manifestée par une disposition des voiries dans le
sens de la pente, et l’absence de canalisation le long desdites voiries urbaines est la cause
principale du déclenchement de cette crise de l’érosion dans le bassin versant de la Djiri.
L’observation des bassins versants encore non occupés par l’homme montre une certaine
stabilité, ce qui indique que l’érosion étudiée peut être qualifiée d’anthropique.
Ainsi, les solutions aux problèmes posés par cette érosion résident d’une part dans le
traitement des formes d’érosion en cours et d’autre part dans la prise de mesures pour arrêter
cette crise et susciter une stabilisation durable du milieu.
Le traitement des ravinements in situ doit intervenir en urgence par des méthodes mécaniques
appuyées par des techniques biologiques. Qu’ils s’agissent des gabions, des digues en sacs
rempli de sédiments ou d’un remblayage-compactage, il faudrait ensuite planter le vétiver.
Ces derniers ont déjà fait leurs preuves à Brazzaville (Ndona et Truong, 2006), car ils
s’adaptent aux sols sableux comme ceux de la Djiri et n’ont pas besoin de beaucoup d’eau.
Leurs racines profondes stabilisent et restaurent les secteurs affectés. Mais il faut une
sensibilisation de population sur l’utilisation de ces végétaux pour mieux protéger leurs
habitats et leur voirie.
Quant à la prévention, l’analyse des solutions face au problème d’érosion à Brazzaville en
général et à Djiri en particulier est très récurrente. Elle doit davantage être orientée dans la
prévention que vers le traitement des ravinements qui est très coûteux. C’est pourquoi dans
ses secteurs sensibles à l’érosion, il aurait fallu soit : (i) interdire l’occupation du site,
notamment les parties encore non occupées de ce bassins versant ; ceci, en attendant des
moyens conséquents pour un lotissement selon les normes ; (ii) autoriser la construction,
mais en imposant certaines conditions, parmi lesquelles : la disposition des ruelles dans le

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sens des courbes de niveau, pour éviter que les ruissellements prennent de la vitesse dans le
sens de la pente.
Une ruelle tracée perpendiculairement au sens de la pente peut être certes érodée, mais
l’érosion sera moindre et il sera difficile et l’évolution régressive des ravinements devrait être
limitée; (iii) interdire l’occupation des ruptures de pente en haute de versants, ceci afin de
protéger ces espaces sensibles contre la dégradation des végétaux protecteurs et la création de
sentiers susceptibles de provoquer un ruissellement capable de générer des formes d’érosion
régressive supplémentaires à celles qui grignotent déjà les espaces à risque.
Mais dans les conditions actuelles avec des ruelles déjà tracé dans le sens des versants, il faut
construire des grands collecteurs d’eau, qui doivent débuter sur la route principale (RN1) pour
évacuer les eaux de pluies jusqu’au fond des vallées. L’entretien de ces ouvrages doit se faire
régulièrement pour éviter leur ensablement. Les eaux de pluies et domestiques doivent
impérativement être dirigées vers ces ouvrages de maitrise du drainage. Pour le reste des
quartiers en cours d’occupation dans la zone et même vers Kintélé, le lotissement devrait être
revu, pour éviter les mêmes conséquences.

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