Sommaire
1 Séries 2
I. Sommes finies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1) Somme géométrique finie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2) Somme arithmétique finie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
II. Sommes infinies . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1) Séries géométriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2) Séries de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
3) Séries de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1
Chapitre 1
Séries
I. Sommes finies
1) Somme géométrique finie
Définition 1.
Une suite géométrique (un )n de premier terme u0 ∈ R et de raison q est une suite de
la forme:
un+1 = qun , n ∈ N.
Son terme général est :
un = q n u0 , ∀ n ∈ N
La somme de ses termes consécutifs est :
n
X u0 − un+1 1 − q n+1
u0 + u1 + · · · + un = uk = = u0 , q ̸= 1
k=0
1−q 1−q
Exemple :
n
1 − q n+1
1 + q + q2 + · · · + qn = qk = si q ̸= 1
X
k=0 1−q
comme on le voit en multipliant les deux membres par (1 − q).
2
2) Somme arithmétique finie
Définition 2.
Une suite arithmétique (un )n de premier terme u0 ∈ R et de raison r est la suite
définie par :
un+1 = un + r, n ∈ N.
Son terme général est donné par :
un = u0 + nr, ∀ n ∈ N
La somme finie de ses terme consécutifs est :
n
X n+1
u0 + u1 + . . . + un = uk = (2u0 + rn)
k=0
2
Exemple :
n
n(n + 1)
a + 2a + 3a + · · · + na = ka =
X
a
k=1 2
comme on le voit en l’additionnant avec elle-même, mais écrite dans l’ordre inverse.
II. Sommes infinies
Définition 3.
Soit (un )n≥0 une suite numérique.
On appelle série numérique de terme général un , la limite de sommes finies,
lorsque le nombre n de termes tend vers l’infini :
+∞ n
u0 + u1 + · · · + un + · · · = uk = lim
X X
uk
n→+∞
k=0 k=0
n
1. On dit que la série un converge, si lim uk = S est finie.
X X
n→+∞
k=0
S est appelé la somme de la série.
n
2. Si lim uk est infinie ou n’existe pas, on dit que la série
X X
un diverge.
n→+∞
k=0
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Remarque :
+∞ n n
uk = S ⇐⇒ lim uk = S, cela signifie que l’on peut rendre la différence
X X X
uk − S
n→+∞
k=0 k=0 k=0
aussi petite que l’on veut en choisissant n suffisamment grand.
1) Séries géométriques
Proposition 4.
La série q n , q ∈ R est appelée série géométrique de raison q.
X
n≥0
1) Si |q| < 1, la série q n converge et sa somme est :
X
n≥0
+∞
1
qn =
X
n=0 1−q
2) Si |q| ≥ 1, la série q n diverge.
X
n≥0
Exemple :
En appliquant les formules précédentes, on trouve
1 1 1 2
1− + − + ··· =
2 4 8 3
et
1 1 1 1
+ + + ··· =
10 100 1000 9
Application : Nombres décimaux répétés
Exprimez la décimale répétitive du nombre 5, 232323 · · · comme le rapport de deux entiers.
23 23 23
5.232323 · · · = 5 + + + + ···
100 (100)2 (100)3
23 1 1 2 1
!
= 5+ 1+ + + ··· (q = )
100 100 100 100
23 1 23 518
!
= 5+ =5+ =
100 1 − 100
1
99 99
Proposition 5.
Une condition nécessaire pour la convergence d’une série un est que le terme général
X
n
un tend vers 0 lorsque n tend vers l’infini mais cette condition n’est pas suffisante.
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Exemples :
2n + 1 2n + 1
1. La série diverge car ne tend pas vers 0 quand n tend vers +∞.
X
n≥0 n + 3 n+3
X 1
2. La série 1 + 12 + 13 + · · · + n1 + · · · = dite série harmonique, diverge et pourtant
n≥1 n
1
un = tend vers 0 quand n tend vers +∞.
n
2) Séries de Taylor
Définition 6 ( Série de Taylor).
Une série de Taylor est une série de la forme :
an x n = a0 + a1 x + a2 x 2 + · · · + an x n + · · ·
X
n≥0
• (an )n∈N une suite numérique.
• x une variable réelle.
Proposition 7 (Rayon de convergence).
X
Soit an xn une série de Taylor, posons
n≥0
an
R = lim
n→+∞ an+1
i) Si |x| < R, la série an xn converge. ( an xn = f (x))
P P
ii) Si |x| > R, la série an xn diverge.
P
an xn .
P
R : est appelé le rayon de convergence de
Convergence
? ?
| |
Diverge -R 0 R Diverge
Remarques :
+∞
X
1. Si R = 0, la série an xn converge uniquement pour x = 0 (diverge pour tout x non nul).
n=0
2. Si R = +∞, la série converge pour tout x.
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Exemple :
+∞
1
i) Le rayon de convergence de la série x est R = 1. De plus
n
xn = pour |x| < 1
X X
n≥0 n=0 1−x
xn +∞
X xn 1
ii) Le rayon de convergence de la série est R = 1. De plus = si |x| < 1
X
n≥0 2 n=0 2 2−x
n+1 n+1
iii) Le rayon de convergence de la série n!xn est R = 0.
X
n≥0
xn
iv) Le rayon de convergence de la série est R = +∞.
X
n≥0 n!
2.1 Développement en série de Taylor
Les fonctions mathématiques f (x) peuvent être approchées par des polynômes dites de Taylor
qui donnent un ajustement proche de f près d’un point particulier.
Théorème 8 (Taylor-MacLaurin).
Soit f une fonction n fois dérivable sur ] − r, r[ pour tout n telle que :
∃M > 0; ∀n ∈ N; ∀x ∈] − r, r[; f (n) (x) ≤ M.
Alors la fonction f est développable en série Taylor i.e
+∞
f (x) = an xn ,
X
∀x ∈] − r, r[
n=0
où
f (n) (0)
an =
n!
Séries de Taylor des fonctions usuelles
En appliquant le théorème précédent, on obtient les séries de Taylor des fonctions mathéma-
tiques habituelles.
L’inverse de la fonction 1 − x
+∞
1
= xn = 1 + x + x2 + · · · + xn + · · · pour |x| < 1
X
1 − x n=0
L’exponentielle
+∞
xn x2 xn
ex = =1+x+ ··· + + ...,
X
∀x ∈ R
n=0 n! 2! n!
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Le cosinus
(−1)p 2p
+∞
x2 x4 (−1)p 2p
cos(x) = x =1− + + ··· + x + ...,
X
∀x ∈ R
p=0 (2p)! 2! 4! (2p)!
Le sinus
+∞
(−1)p 2p+1 x3 x5 (−1)p 2p+1
sin(x) = =x− + + ··· + + ...
X
x x , ∀x ∈ R
p=0 (2p + 1)! 3! 5! (2p + 1)!
Le logarithme
+∞
xn+1 x2 x3
ln(1 − x) = − = −x − + ... pour |x| < 1
X
−
n=0 n + 1 2 3
D’où :
+∞
xn+1 x2 x3 x4
ln(1 + x) = ln(1 − (−x)) = (−1)n =x− + + ... pour |x| < 1
X
−
n=0 n+1 2 3 4
Le binôme
+∞
X α(α − 1)(α − 2) · · · (α − n + 1) n
(1 + x)α = 1 + x pour |x| < 1
n=1
n!
α(α−1) 2 α(α−1)(α−2) 3 n
= 1 + αx + 2! x + 3! x + · · · + α(α − 1) . . . (α − n + 1) xn! + . . .
• Pour (α = 12 )
√ x 1 x2 3 x3 X (−1)n xn
+∞
1+x=1+ − + + ··· =
2 4 2! 8 3! n=0 2 (n!)
n 2
• Pour (α = − 21 )
1 1 −1 ( −1 − 1) 2 +∞
(2n)! n
=1− x+ x + ··· = (−1)n 2n
X
√ × 2 x
1+x 2 2 2! n=0 2 (n!)2
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Applications :
Lorsque x est près de 0 , la fonction f (x) est bien approximée par les premiers termes de sa
série de Taylor :
f (x) ≈ a0 + a1 x + a2 x2 pour x ≈ 0.
Exemples :
1. Sur l’intervalle [0, 1], la fonction sin x2 est bien approchée par la somme partielle de sa série
x6 x10
de Taylor S3 (x) = x −2
+ :
3! 5!
x6 x10
sin x ≈ x −
2 2
+
6 120
Approximation de Taylor
2 . Pour x ≈ 0, on a √
1 − x2 ≤ cos x
car
√ x 2 x4 x2 x4
1 − x2 ≈ 1 − − et cos x ≈ 1 − +
2 8 2 24
3.
ln(1 + x) 1
lim = −
x→0 x2 − x 2
car
ln(1 + x) x − x2 /2 1 − x/2 1
≈ = −→ −
x −x
2 x − 2x
2 x−2 2
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3) Séries de Fourier
Il existe une autre méthode introduite par Joseph Fourier qui donne souvent de bonnes ap-
proximations sur de grands intervalles.
Cette méthode se rapproche avec des sommes de fonctions sinus et cosinus. Il est bien adaptée
à l’analyse des fonctions périodiques, telles que les signaux radio et les courants alternatifs,
pour résoudre le transfert de chaleur et pour de nombreux autres problèmes en sciences et en
ingénierie.
Théorème 9 (Développement de Fourier).
Soit f une fonction 2π-périodique définie sur l’intervalle −π < x < π, telle que f et
f ′ sont continues. Alors
f (x) = a0 + [an cos(nx) + bn sin(nx)]
X
n≥1
où
1 Zπ
a0 = f (x)dx
2π −π
1Zπ 1Zπ
an = f (x) cos(nx)dx et bn = f (x) sin(nx)dx (n ∈ N∗ )
π −π π −π
an et bn sont appelés les coefficients de Fourier.
Remarques :
1. Lorsque la fonction f est paire (f (−x) = f (x)), il n’y a que des termes en cosinus
1Z π 2Z π
a0 = f (x)dx, an = f (x) cos(nx)dx et bn = 0, ∀n ∈ N∗
π 0 π 0
En utilisant le fait que pour toute fonction paire P , on a :
Z π Z π
P (x)dx = 2 P (x)dx
−π 0
2. Lorsque la fonction f est impaire (f (−x) = −f (x)), il n’y a que des termes en sinus
2Zπ
an = 0, ∀n ∈ N et bn = f (x) sin(nx)dx, ∀n ∈ N∗
π 0
En effet : Z π
I(x)dx = 0 si I est une fonction impaire
−π
Exemples :
1. Soit f une fonction 2π-périodique définie par :
si 0<x<π
(
x
f (x) =
−x si −π <x<0
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y
x
−4π −3π −2π −π 0 π 2π 3π 4π
−π
Graphe de la fonction f pour x ∈ [−4π, 4π].
Cette fonction est paire, son développement de Fourier ne contiendra que des termes en cosinus.
On a alors bn = 0 et
1 Zπ 2Zπ π
a0 = f (x)dx = xdx = ,
2π −π π 0 2
1 Z π
2 Z π
an = f (x) cos(nx)dx = x cos(nx)dx
π −π
π 0
2 0
si n est pair
= ((−1)n
− 1) = −4
πn2
si n est impair
πn2
Le développement de Fourier de f est
π X 2 π 4 X cos(2p + 1)x
− ((−1) n
− 1) cos(nx) = − .
2 n≥1 πn2 2 π p≥0 (2p + 1)2
D’où
4
!
π cos(3x) cos(5x)
f (x) = − cos(x) + + + ···
2 π 9 25
2. Soit f une fonction 2π-périodique définie par :
1 si 0 < x < π
f (x) =
−1 si −π <x<0
Cette fonction étant impaire, son développement de Fourier ne contiendra que des termes en
sinus. On aura
1 Z +π 1 Z π
Z 0
bk = f (x) sin kxdx = − sin kxdx + sin kxdx
π −π π −π 0
2 4
si k est impair
(
= 1 − (−1)k = πk
πk 0 si k est pair.
D’où
4 sin 3x sin 5x
f (x) =
sin x + + + ··· .
π 3 5
3. Soit f une fonction 2π-périodique impaire définie par :
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2x si 0 < x < π
f (x) = π 2
2 (π − x) si π
<x<π
π 2
f est impaire donc ak = 0, ∀k ∈ N
2Zπ
bk = f (x) sin kxdx (f (x) sin kx est paire)
π 0
Donc, en intégrant par parties,
2 Z π/2 2 2
Z π !
bk = x sin kxdx + (π − x) sin kxdx
π 0 π π/2 π
8 π 0 si k est pair
= 2 2 sin k =
π k 2 28 2 (−1)(k−1)/2 si k est impair.
π k
On en déduit que
8 sin 3x sin 5x
f (x) = 2 sin x − + − ··· .
π 9 25
Approximation de Fourier
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