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Chapitre 2 : La morphologie et la notion de morphème

– « Scier les mots »

Objectifs :
 Maîtriser la notion de morphème
 Découvrir les principaux modes de formations des mots

Rappel : La morphologie est la science qui étudie comment les mots sont formés. L’objectif
de cette discipline est entre autres de comprendre et d’utiliser la variation des mots.
Par exemple :
- Dans le mot « fourchette » nous avons trois unités de sens :
- Fourche = instrument à deux dents ou plus avec un long manche utilisé pour divers
travaux surtout agricole
- « ette » = suffixe > lorsqu’il est ajouté à un nom il fait référence à une version plus
petite de ce dernier
- « s » = marque du pluriel du nom
- Reprendront
- « re » = préfixe qui signifie une action qui se répète
- « prendre » = action de saisir ou d’attraper
- « ront » = action qui se passera dans le futur à la P6
>permet notamment de rendre l’orthographe signifiante, à mieux comprendre les mots inconnus
et à en écrire de nouveaux
L’unité d’analyse de la morphologie est le morphème.

I/La notion de morphème


1/Définition
« Le morphème est la plus petite unité de signification segmentable, c’est-à-dire une entité
linguistique réunissant à la fois un signifiant et un signifié, en deçà de laquelle il est impossible
de descendre sauf à passer à un niveau d’analyse où ne se rencontrent que les unités dépourvues
de signifié (les phonèmes = la plus petite unité formelle mais dépourvue de sens). 1» En d’autres
termes, c’est la plus petite unité linguistique, elle a une forme et un sens particulier. Le
morphème ne peut pas exister seul.
Exemple :
- Préfixe « anti » est à la fois une forme et un sens particulier (privatif), il ne veut
rien dire s’il n’est pas accompagné d’un mot  il complète un mot mais ne forme
pas son ensemble
- « Impensable » constitué de 3 morphèmes : -im -pens- able
o Aucun de ces trois morphèmes ne peut constituer un mot à lui seul et pourtant
chacun à un sens qui lui est propre :
o -préfixe -im marque al négation
o -racine verbale pens- vient du verbe penser à l’infinitif
o -suffixe -able signifie « que l’on peut »
Ces trois morphèmes mis ensemble conjuguent leur sens, ils s’additionnent pour créer
un nouveau mot qui a un sens propre : impensable = que l’on ne peut pas penser

La morphologie est compositionnelle > un nouveau mot est formé à partir de plusieurs
morphèmes qui ont un sens particulier.
A NOTER : L’histoire de la langue fait qu’il arrive que le sens compositionnel des mots se
perde : la signification globale des mots évolue au gré d’usage. La définition des mots évolue
au fil du temps. C’est ce que l’on appelle le phénomène de démotivation = Un mot est motivé
lorsque sa forme correspond à sa signification. Lorsqu’il est démotivé, il ne correspond plus
à sa signification. La transparence du mot composé de ses morphèmes s’est perdue. Ex :
enchanté : dans son sens premier il est question de surnaturel  chanto le charme, le sortilège
= qq qui est pris dans (-en) un sortilège  est motivé mais si utilisé pour une rencontre 
démotivé
La démotivation est naturelle, elle se produit au cours du temps.

2/Les types de morphèmes


A/Dis nc on : morphèmes libres VS morphèmes liés

 Certains morphèmes peuvent correspondre à des mots simples. On les appelle les
morphèmes libres car ils peuvent exister seuls.
Exemple : maison > on ne peut pas le décomposer. Morphème libre. Morphème car il
peut rentrer dans la composition d’autres mots (exemples : maison close, maison
d’arrêt).

1
NEVEU, Frank, Lexique des notions linguistiques
 Les morphèmes liés quant à eux n’ont pas d’existences autonomes. Ils peuvent
uniquement se trouver dans d’autres mots. Ils n’apparaissent qu’en combinaisons
compactes.
-Préfixe (pré- = avant)
-Suffixe (exemple : -able).
Les préfixes et suffixes ne peuvent pas exister tout seuls.
Tous les marqueurs de désinence grammaticale (pluriel (-s), féminin (-e), terminaisons
verbales)
Le -s et le -e ont leur sens propre mais ne sont pas mots.

Certains morphèmes sont dits allomorphes (du grec allos « autre » et morphê « forme »), il
s’agit de variantes contextuelles d’un morphème. « Ils véhiculent la même information
sémantique mais présentent un signifiant qui varie selon l’environnement ». En d’autres termes,
ils ont plusieurs formes, légèrement ou très différentes.
Exemple (1) : aller : all- ; va- ; ir-  Ces trois formes correspondent au même mot mais sont
différentes.
Exemple (2) : les arbres fruitiers : prunier, cerisier, pommier, oranger, pêcher, citronnier
-ier, et -er, sont ajoutés à un corpus de mot désignant des fruits et permettent alors de créer un
mot désignant l’arbre fruitier. Cependant on a affaire à deux formes différentes, graphiquement
-ier, -er, et phonétiquement [-je], et [-e]. > morphèmes allomorphes avec une règle au vu de
l’étude de ces mots : -ier se rencontre après n’importe quelle consonne sauf les chuintantes,
après lesquelles on rencontre exclusivement -er

B/La décomposi on des mots en morphèmes

Pour être considéré comme un morphème, un élément doit exister à l’intérieur de plusieurs
mots avec la même signification.
Exemple : on peut démontrer que pré- en est un en trouvant d’autres mots où il apparaît et où il
a le même sens (désigne l’antériorité).
Prévention, précédent (?), pré-rentrée, prédiction (?), prédilection, préhistoire, prédilection ->
avant la dilection ; prédire.

II/Les principaux modes de formation des mots


1/Les mots simples et les mots construits

Avant toute chose, il convient d’opposer les mots simples et les mots construits.

A/Les mots simples


Les mots simples sont indécomposables, ils sont composés d’un seul son, d’un seul
morphème. Ex : fleur, table. Ils sont souvent monosyllabiques et sont toujours indivisibles.
Ils sont l’équivalent d’un morphème lexical que l’on appelle la « base ». Ils ne comportent ni
préfixes, ni suffixes.
Les mots simples ont une histoire. Il n’existe pas de mot crée à partir de « rien ». C’est
l’étymologie qui étudie cette histoire en cherchant en diachronie la forme originale du mot et
son étymon (=la forme la plus ancienne du mot). L’étymon est soit attesté (âme < anima latin)
soit reconstitué > on parle alors de racine (racine indo-européenne supposé par exemple).
L’étymologie consiste à rechercher le lien entre la base et le mot ancien.
Les mots simples sont soit :

 Hérités : du latin, du francique  dans ce cas on dit qu’ils sont héréditaires (notion
d’évolution)
 Empruntés : à une autre langue (parmi les langues modernes c’est l’italien qui a donné
le plus de mots au français, suivi par l’anglais)

Certains emprunts sont faits à des langues modernes car l’emprunt est un processus
continu lié à l’histoire, au contact des langues et des cultures. Ces emprunts se font avec
des langues de contact, intellectuelles, commercial, diplomatique etc. Il est cependant
rarissime que le mot emprunté ne subisse pas de modifications pour pouvoir être intégré
à la langue d’accueil.

Exemple : starlet en anglais  starlette en français (variation morphologique)


Das Bier en allemand > la bière (variation morphosyntaxique car pas de neutre
en français)

En français les emprunts ont pour origines les langues anciennes et modernes. C’est le
latin qui a donné le plus grand nombre de mots au français. Ils constituent ce que l’on
appelle les mots savants. Ils ont été empruntés tout au long de l’histoire de la langue et
en particulier à des registres spécialisés.
Exemple :
-philosophie : difier, figuratif, discerner
-sciences : éléments, équinoxe, occident, solstice
-droit : accusation, exécution, révocation

Le latin et le grec ont surtout donné au français les éléments utilisés dans la
composition : télé- ; -logue…

B/Les mots construits


Ils sont segmentables en morphèmes. Ce sont des mots qui peuvent être décomposés en
éléments significatifs plus petits.
Exemple : buvable = buv- + -able  vb « boire » P4 « nous buvons » + suffixe qui signifie la
possibilité = « qui peut se boire »
Il existe différents procédés pour former les mots.

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