PRIMITIVES - INTEGRALES
Primitives d’une fonction
Définition
Soit f une fonction définie sur un intervalle I.
Une fonction F est une primitive de f sur I, si et seulement si, elle est dérivable sur I et pour tout x
de I, F '(x) = f (x)
Exemple
La fonction f : x →10x + 3 admet pour primitive sur R la fonction F : x →5x 2 + 3x
f admet aussi la fonction F1 : x →5x 2 + 3x + 2 pour primitive sur R ; en effet
F '(x) = F1 '(x) = f (x) = 10x + 3
Théorème
Toute fonction continue sur un intervalle I admet des primitives sur I
Théorème
Soit f une fonction continue sur un intervalle I et F une primitive de f sur I
Toute primitive de f sur I est de la forme G : x →F (x) + C où C est une constante réelle
Démonstration
G est dérivable sur I et G ' = F ' = f
Donc, x I , G '(x) − F '(x) = (G − F ) '(x) = 0
Puisque (G − F ) ' = 0 sur I, alors d’après un théorème du chapitre dérivation G − F = C
où C est une constante réelle
Par conséquent : x I , G (x) = F (x) + C
Interprétation graphique : les courbes représentatives des fonctions primitives de f se déduisent
les unes des autres par les translations de vecteur C j avec C R
Exemple
Soit f la fonction définie sur R par : f (x) = x4 − 2x3 + 5x2 + 3x − 5
Déterminer les primitives F de f sur R .
f est une fonction polynôme, donc f est continue sur R et elle admet des primitives
sur R .
La fonction f admet pour primitives sur R les fonctions F :
5 4 5 3 3 2
F (x) = x − x + x + x − 5x + C , où C R
5 2 3 2
Exemple
Soit f la fonction définie sur R par : f (x) = cos 4x − 3sin 2x + cos x
Déterminer les primitives F de f sur R .
La fonction f est continue sur R et elle admet des primitives sur R .
D’après le tableau des primitives usuelles, les fonctions :
x →cos 4x, x →sin 2x, x →cos x
admettent respectivement pour primitives les fonctions :
1 1
x → sin 4x, x → − cos 2x, x →sin x
4 2
La fonction f admet pour primitives sur R les fonctions F :
1 3
F (x) = sin 4x + cos 2x + sin x + C , où C R
4 2
Primitive prenant une valeur donnée en un point donné
Théorème
Soit f une fonction continue sur un intervalle I. Soit x0 un réel appartenant à I et y0 un réel
quelconque.
Alors, il existe une primitive F de f, et une seule, telle que F ( x0 ) = y0
Démonstration
Soit F une primitive de f sur I, alors d’après le théorème précédent, toute primitive de f sur I est
une fonction G de la forme
G : x →F (x) + C avec C R
La condition G(x0 ) = y0 donne F (x0 ) + C = y0 ou encore C = y0 − F (x0 )
Puisque nous avons trouvé une valeur et une seule de C, il existe donc une primitive et une seule
de f sur I telle que F ( x0 ) = y0 , soit la fonction F : x →F (x) + y0 − F (x0 )
Interprétation graphique
Parmi toutes les courbes représentant les primitives de f sur I, il en existe une et une seule passant
par le point de coordonnées (x0 , y0 )
Exemple
Soit f la fonction définie sur R par : f : x →x2 − 3x + 2
Déterminer la primitive F de f sur R qui s’annule en 1
L’ensemble des primitives de f sur R sont les fonctions
3 3
F (x) = x − x2 + 2x + C avec C R
3 2
La condition F (1) = 0 impose
1 3
F (1) = − + 2 + C = 0
3 2
soit
1 3 5
C =− + − 2=−
3 2 6
x3 3 2 5
La primitive de f qui s’annule pour x = 1 est la fonction F (x) = − x + 2x −
3 2 6
Exemple
Soit f la fonction définie sur R par : f : x →sin 2x
Déterminer la primitive F de f sur R qui prend la valeur 1 pour x=
2
1
L’ensemble des primitives de f sur R sont les fonctions F (x) = − cos 2x + C avec C R
2
La condition F ( ) = 1 impose
2
1
F ( ) = − cos + C = 1
2 2
soit
1
C= puisque cos = −1
2
1 1
La primitive de f qui prend la valeur 1 pour x = est la fonction F (x) = − cos 2x +
2 2 2
Primitives des fonctions usuelles
La lecture à l’envers du tableau donnant les fonctions dérivées des fonctions usuelles permet de
dresser un premier tableau de primitives usuelles.
Fonction f
Primitive F de f Sur I
définie par
f (x) = a où a est une constante F (x) = ax + C, C R I =R
f (x) = xn xn+1
+ C, C R I =R
(n N) n +1
1 1
f (x) = + C, C R I = 0 , + ou I = − , 0
x2 x
1
f (x) = F (x) = 2 x + C, C R I= 0,+
x
f (x) = sin x F (x) = − cos x + C, C R I =R
f (x) = cos x F (x) = sin x + C, C R I =R
f (x) = 1+ tan2 x =
1
F (x) = tan x + C, C R I = − + n, + n , n N
cos2 x 2 2
Opérations sur les primitives
Propriété
Si F est une primitive de f sur I et si G est une primitive de g sur I alors:
• F + G est une primitive de f + g sur I
• k R , kF est une primitive de kf sur I
Le tableau suivant découle des règles de dérivation des fonctions.
u désigne une fonction dérivable sur un intervalle I
Fonction f Pr imitives F sur I I
1 n+ 1
u 'un (n N) u +C,CR R
n +1
u' 1
− +C,CR x I avec u ( x ) 0
u2 u
u'
2u+C,CR x I avec u ( x ) 0
u
u 11
(n N , n 2) − +C,CR x I avec u ( x ) 0
un n −1 un−1
Exemple
Déterminer les primitives de la fonction f : x →x (1+ x2 )3 sur R
La fonction f est continue sur R , l’intégrale existe
1
Posons u(x) = 1+ x2 alors u '(x) = 2x et f (x) = u '(x) u (x)
3
2
1 1 1
Les fonctions F définies sur R par F (x) = . u4 (x) + C = (1+ x2 )4 + C avec C R sont les
2 4 8
primitives de f sur R .
Définition d’une intégrale
Soient f une fonction définie sur un intervalle I et F une de ces primitives, soient a et b deux
points de I.
La quantité F (b) − F (a) (encore notée F (x) ) est appelée intégrale de f entre a et b et est notée
b
a
f (x) dx
a
f (x) dx se lit « somme de a à b de f » (ou de f(x)dx)
Attention
l’ordre de a et de b est important
Le nombre a est appelé borne inférieure et b la borne supérieure de l’intégrale.
b
f (x) dx = F (x) = F (b) − F (a)
b
a a
a
1) En faisant a = b alors a
f (x) dx = 0
2) Le résultat du calcul d’une intégrale ne dépend pas de la primitive choisie
En effet si F et F1 sont deux primitives de f, alors elles différent d’une constante
F1 = F + C avec C R
et
F (x) = F (x) + C = ( F (b) + C ) − ( F (a) + C ) = F (b) − F (a) = F (x)
b b b
1 a a a
En pratique, pour la plupart des exemples, on ne tient pas compte de la constante d’intégration.
Exemple Calculer l’intégrale (2x2 + 3) dx
−1
L’intégrale existe puisque la fonction f (x) = 2x2 + 3 est continue sur −1, 2
2
La fonction f admet pour primitive la fonction F(x)= x3 + 3x sur −1, 2
3
(On prend la plupart du temps la primitive ne faisant pas apparaître la constante réelle C)
2
2
2 16 2
et donc (2x2 + 3) dx = F (2) − F (−1) = x3 + 3x = + 6 − − − 3 = 15
−1 3 −1 3 3
Exemple Calculer l’intégrale ( x −1)2 dx
0
La fonction f : x → ( x −1)2 est continue sur 0,1 , l’intégrale existe
Développons le carré : ( x −1)2 = x − 2 x +1 = x − 2x1/2 +1
x 2
x3/ 2 x2 4 3
Une primitive de f est la fonction F (x) = −2 +x= − x +x
2 3 2 3
2
(On prend la plupart du temps la primitive ne faisant pas apparaître la constante réelle C)
2 4 3 = 1 − 4 +1 = 1
1
Alors ( −1) = − = −
1
+
2
x dx F (1) F (0) x x x
0 3 0 2 3 6
Intégrale et aire.
Soit (C) la courbe représentative de la fonction f dans un repère orthogonal.
D est la région du plan délimité par (C), l’axe des abscisses et les droites d’équation
x = a et x = b.
L’unité d’aire est l’aire du rectangle engendré par le repère choisi.
Théorème
Cas d’une fonction positive
Si f est une fonction continue et positive sur l’intervalla a , b , l’aire de D , mesurée en unités
b
d’aire, est égale à a
f (x) dx
b
a
f (x) dx =Aire (D)
Corollaire
• Cas d’une fonction négative
Si f est une fonction continue et négative sur l’intervalle a , b , l’aire de D , mesurée en unités
b
d’aire, est égale à −
a
f (x) dx
b
a
f (x) dx = − Aire (D)
• Cas d’une fonction de signe quelconque
Si f est une fonction continue et de signe quelconque sur l’intervalle a , b , l’aire de D, mesurée
en unités d’aire, est égale à la somme des aires des domaines situés au-dessus de l’axe des
abscisses, diminué de la somme des aires des domaines situés au-dessous de l’axe des abscisses.
y
Corollaire 3.2 — Soit n ∈ N∗ , (a, b) ∈ R, f : [ a ; b ] −→ R une fonction conti-
A0 nue et (x 1 , x 2 , . . . , x n ) ∈ [ a ; b ]n .
n−1 Z
X x k+1 Z xn
On a f = f
B0 k=1 xk x1
Propriété 3.3 — Linéarité de l’intégrale
O A B x Soit f et g deux fonctions continues définies sur I admettant pour primitives respec-
tivement F et G :
Figure I.1 — Aire d’un domaine défini à partir d’une fonction.
• F + G est une primitive de f + g sur I, et donc
Par définition l’aire algébrique du domaine I f est l’intégrale entre a et b de f : Z b Z b Z b
Z b ( f + g) = f + g
A If = f a a a
a
• si λ ∈ R alors λ F est une primitive de λ f sur I, et donc
Z b Z b
III — Propriétés de l’intégrale λf =λ f
a a
Propriété 3.1 — Relation de Chasles
Soit f : I −→ R une fonction continue et a, b et c trois points de I. Corollaire 3.4 — Soit ( f k )1¶k¶n n fonctions continues sur I.
n Z
X b Z bX
n
Z c Z b Z b On a fk = fk
f + f = f k=0 a a k=0
a c a
Z a Z b Z a
f =0 et f =− f Propriété 3.5 — Positivité de l’intégrale
a a b
Soit f : I −→ R une fonction continue et (a, b) ∈ I 2 .
Z b
Si a ¶ b et si f est positive alors f ¾ 0.
a
Rb
Si, de plus a
f = 0 alors f est nulle entre sur [ a ; b ]. Propriété 4.3 — Soit f : I −→ R, J un intervalle de R et u : J −→ I.
Si f et u sont de classe C 1 alors la fonction ϕ : J −→ R admet pour
0 0
x 7−→ u (x) f (u(x))
Corollaire 3.6 — « Croissance » de l’intégrale primitive la fonction f ◦ u.
Soit f : I −→ R et g : I −→ R deux fonctions continues.
Rb Rb
Si a ¶ b et si f ¶g alors a
f ¶ a
g. Théorème 4.4 — Changement de variables – I
Soit (a, b) ∈ I 2 , u une fonction de classe C 1 de I dans R et f une fonction définie
sur l’intervalle u 〈I〉. On a l’égalité
Proposition 3.7 — Soit f : I −→ R une fonction continue et (a, b) ∈ I 2 .
Z b Z u(b)
0
Z b Z b f (u(t)) u (t) d t = f (x) d x
f ¶ |f | a u(a)
a a
Théorème 4.5 — Changement de variables – II
IV — Méthodes de calcul d’intégrales Soit (a, b) ∈ I 2 , f une fonction continue sur I. Soit u une fonction définie sur [ a ; b ],
de classe C 1 sur cet intervalle et strictement monotone. On a alors
Propriété 4.1 — Utilisation du formulaire Z b Z u−1 (b)
Soit u une fonction de classe C 1 sur I, qui ne s’annule pas sur cette intervalle. On a f (t) d t = f (u(x)) u0 (x) d x
a u−1 (a)
alors
• un+1 est une primitive de −(n + 1)u0 un sur I (avec n 6= −1) ;
Proposition 4.6 — Soit f : I −→ R une fonction continue.
• 1/u est une primitive de −u0 /u2 sur I ; Rα Rα
• Si f est paire et si [−α ; α] ⊂ I alors −α f = 2 0 f ;
• ln |u| est une primitive de u0 /u sur I. Rα
• si f est impaire et si [−α ; α] ⊂ I alors −α f = 0 ;
Théorème 4.2 — Intégration par parties
Soient u et v deux fonctions de classe C 1 sur I et (a, b) ∈ I 2 .
Z b Z b
0
b
u0 v
uv = uv a
−
a a