1.1.
CONFECTION DES DIGUETTES
La confection des diguettes se réalise selon les phases consécutives suivantes :
1. la délimitation de la zone d’emprunt et des emprises remblai,
2. préparation de la zone d’emprunt,
3. compactage en couches,
4. mise au gabarit (obtention cote crête + talutage amont),
5. fouilles et talutage aval.
1.1.1. La délimitation de la zone d’emprunt et emprise de la diguette
La zone d’emprunt est délimitée en amont de l’emprise de la diguette à courbe de niveau. Elle
aura une largeur d’environ 1,5 m. La distance entre la zone d’emprunt et la diguette ne sera
pas inférieure à 1m. La mise en place de cordes permet d’éviter que les manœuvres
s’approchent trop des diguettes en creusant.
1.1.2. La préparation de la zone d’emprunt
La zone d’emprunt sera décapée sur une épaisseur de 10 cm. Ce matériau ne servira pas à la
confection de la diguette mais sera remis dans la zone d’emprunt après prélèvement du
matériau à compacter. La profondeur de la zone d’emprunt ne dépassera pas 0,6 m. Dans le
cas où l’humidité du sol n’est pas suffisante il y a lieu de préparer les matériaux dans la zone
d’emprunt en rendant d’abord meuble le sol et en l’arrosant ensuite. Il existe une série de tests
permettant de vérifier l’aptitude de la terre à être compactée (voir annexe n°5).
Zone d’emprunt trop proche du pied de la diguette rend difficile la pose de moellons
Photo 1 : CG/PAFR Zone d’emprunt trop proche du pied de la diguette
1.1.3. Le compactage du remblai
La zone à remblayer est délimitée par des piquets en tenant compte de 20 cm de surlargeur de
part et d’autre. Ceci permet de compacter correctement toute la largeur de l’ouvrage. Il est
recommandé de mettre en place des piquets indiquant la côte crête de la diguette.
Le remblayage se fait à l’aide de pelles ou dabas après que l’emprise ait été humidifiée. Il y a
lieu de veiller à ce que le matériau reste homogène. Il faut donc malaxer la terre et retirer les
débris végétaux. Le compactage se fait généralement à l’aide d’un compacteur autotracté de
type Bomag pouvant vibrer. Avec ce type d’engin on obtient une bonne compacité (90%
OPN) après une dizaine de passes sur une épaisseur finale de 10 à 15 cm. On peut supposer
que le compactage d’une couche de matériaux foisonnés réduit son épaisseur de moitié.
Chaque reprise sera précédée d’un arrosage de la surface de contact pour assurer son bon
accrochage. Après compactage de la première couche il faut mettre en place et compacter le
plus vite possible la couche suivante.
Un bon contrôle de l’humidité demande une organisation rigoureuse du chantier. La
réalisation d’une diguette doit se faire dans un délai de quelques jours. Il n’est donc pas
recommandable de commencer simultanément les travaux sur plus de trois diguettes.
D’ailleurs superviser les travaux de compactage sur plus de trois diguettes ne pourrait être fait
par un seul homme.
Il est possible de compacter les diguettes avec des dames à main. Dans ce cas il faut diminuer
l’épaisseur des couches à la moitié (5 à 7 cm). Ce travail à haute intensité de main d’œuvre
exige plus de supervision. En effet la pénibilité de ce travail exige un contrôle rapproché. Il
est recommandé que deux ou trois manœuvres se relayent sur une dame à main. Ici il est
recommandé de ne pas travailler sur plus de deux diguettes contiguës.
1.1.4. La mise au gabarit
Dans le cas où la tolérance de la côte crête est dépassée on procède au décapage du surplus.
Après la vérification altimétrique de la crête de la diguette on procède à la mise en place des
repères pour les travaux de talutage. Ceci se fait en plusieurs étapes :
a) Tracer dans le remblai compacté l’axe de la crête de la diguette avec un
objet pointu ;
b) Tracer ensuite les extrémités de la crête ;
c) Implanter dans le terrain naturel des piquets au pied du talus amont ;
d) Réaliser le talus amont à l’aide de dabas.
Les matériaux provenant du talutage seront remis dans la zone d’emprunt.
Le talutage de la diguette se fait à la daba par les villageois dès vérification altimétrique de la
crête de la digue. Le talus amont a une pente de 1 :11.
Il est primordial de bien guider les ouvriers à l’aide de piquets et de gabarits. Le talutage
permet aussi d’évaluer la qualité du compactage.
Photo 2 : CG/PAFR Photos du talutage d’une diguette de type T4
1.1.5. Les fouilles et le talutage aval
La zone de buttage sera réalisée en deux phases :
l’excavation de la tranchée aval sur 40 cm de large et 25 cm de
profondeur pour les T7;
le talutage de la partie aval de la diguette suivant la pente 2 :1.
Figure 4.3 : illustration des remblais et déblais
On procède d’abord au piquetage de la tranchée. Après excavation de la tranchée les
manœuvres réaliseront le(s) talus aux dabas.
1.2. LES PERTUIS DE VIDANGE
Les pertuis de vidange sont généralement construits en béton dosé à 250 kg/m 3. Comme
présenté en figure 4.4 ci-dessous (voir aussi la photo 15 de la page53). Ces ouvrages ont une
largeur d’ouverture de 0,6 m et ont une protection aval en moellons. La largeur des bajoyers
est de 0,2 m et une hauteur correspondant à la hauteur de la diguette enrochée. Le volume de
béton par ouvrage est d’environ 0,7 m 3. Ces ouvrages seront coulés sur place par un tâcheron.
Il existe la possibilité d’utiliser un moule.
Le coulage sur place se fait à l’aide d’un béton réalisé sur une aire de gâchage. Le contrôleur
veillera à ce que les agrégats soient de bonne qualité et que le béton ne soit pas trop humide. :
Le gravier doit être propre, ceci nécessite qu’il soit tamisé ;
Le sable doit être grossier et propre. Le sable fin, qui s’envole avec le vent est
proscrit ;
Le ciment doit être un CPA de bonne qualité. Dès l’apparition de signe de prise
(durcissement) il doit être rejeté ;
La teneur en eau doit être bonne. Un mauvais béton provient généralement d’un excès
d’eau. Il y a donc lieu à veiller que le béton ne soit pas trop liquide mais toutefois
assez plastique pour que le maçon n’ait pas trop de problème à le couler sans laisser
des vides. Il est recommandé d’utiliser des outils de fortunes qui remplacent l’aiguille
vibrante.
Figure 4.4 : Perspective et Coupe et d’un pertuis de vidange
1.2.1. La pose du polypropylène tissé
Le polypropylène est fourni en rouleaux de 100 m de long et de 2,5 m de large. Il est très
sensible à la lumière. En contact direct avec la lumière du soleil il dégrade rapidement.
Il est impératif que le tissu soit entièrement recouvert de moellons. Cela suppose un contrôle
rigoureux et des entretiens annuels.
Photo 3 : CG/PAFR pose de polypropylène
1.2.2. La pose des moellons
La diguette sera entièrement revêtue par des moellons. Pour une meilleure stabilité on
commence à poser les plus gros cailloux en aval comme une butée. Ensuite on pose les
moellons de l’aval vers la crête et du pied amont vers la crête. Les moellons seront
soigneusement choisis et posés de façon à limiter au maximum les vides. Les vides restants
seront ensuite remplis avec du concassés de moellons. La lumière ne pourra plus détériorer le
polypropylène. Les moellons sont ainsi « imbriqués » ce qui donne au revêtement une stabilité
supplémentaire. Comme test on peut vérifier la stabilité des moellons : en marchant dessus,
ceux-ci ne devraient plus bouger.
Photo 4 : CG/PAFR pose de moellons
1.3. LE CONTRÔLE DES TRAVAUX
Le contrôle des travaux d’aménagement d’une superficie de plus de 30 ha est assuré par un
bureau d’études, tandis que pour des superficies inférieures à 30 ha il est assuré par les
DPAHRH. Dans les deux cas la mission de contrôle consiste en
une surveillance à pied d’œuvre;
une supervision.
Le surveillant à pied d’œuvre est chargé de vérifier contradictoirement avec l’Entreprise les
implantations, d’approuver le dossier d’exécution et de suivre la qualité de la mise en œuvre
tout au long des travaux. Il note toutes ses observations et recommandations dans le journal de
chantier qu’il fait contresigner quotidiennement par le chef de chantier. Il signe les
attachements à la fin du mois. Il organise au moins deux fois par mois les réunions de
chantier. Il prépare la réception provisoire en effectuant des vérifications topographiques
contradictoires avec l’Entreprise des ouvrages réalisés.
Le superviseur assiste régulièrement aux réunions de chantier et approuve les décomptes. Il
transmettra mensuellement un rapport d’activités au PAFR. Il organisera les réceptions des
travaux.
Un exemple de termes de références est joint en annexe (voir Annexe N°4).