Cours de Procedure Penale
Cours de Procedure Penale
PROCEDURE PENALE
Maître de Conférences
Docteur en Droit
Assistant
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INTRODUCTION
Une infraction vient d’être commise ; personne n’est au courant de son existence ; la machine
judiciaire n’est pas activée. Dans certains cas, l’infraction est connue, mais aucune poursuite
n’a été engagée : l’affaire s’arrête là. Beaucoup d’infractions sont ainsi commises et restent
impunies. Si les poursuites ont lieu, il importe d’en connaître les circonstances, puis d’en
déterminer l’auteur, afin de juger celui-ci. Le juger, c’est dire s’il est coupable ou non ; c’est
aussi dire s’il est responsable ou non de ses actes. Si les faits constitutifs de l’infraction lui
sont imputables et si sa culpabilité est établie, alors sa responsabilité pénale est constituée et il
faudra lui appliquer la peine prévue par le Code pénal en guise de sanction. Tout au long de ce
parcours, il va falloir observer un certain nombre de règles édictées aussi bien en vue de la
manifestation de la vérité, que dans l’intérêt des parties en présence. Ces règles sont
regroupées dans une matière que l’on appelle : « procédure pénale ».
La procédure pénale fait partie d’un vaste ensemble de matières consacrées à l’étude du
système répressif, comprenant entre autres : le droit pénal général, le droit pénal spécial, la
criminologie, la pénologie…
La procédure pénale doit être à la fois distinguée et rapprochée du droit pénal général et du
droit pénal spécial. D’un côté, s’opposant au droit pénal général, qui, à l’instar du droit pénal
spécial, est un ensemble de règles de fond, la procédure pénale contient des règles de forme,
c’est-à-dire des règles ayant pour objet la mise en œuvre des règles de fond par la police
judiciaire, le ministère public et les juridictions pénales. Mais, de l’autre côté, nombreuses
sont les interférences entre le droit pénal général et la procédure pénale. Ainsi, on n’ignore
pas que toute politique criminelle suppose une action simultanée sur les règles de fond et de
forme.
La procédure pénale a en fait pour but la mise en œuvre du droit pénal général et du droit
pénal spécial. Ce dernier étant entendu comme l’étude des infractions prises isolément, dans
leurs textes d’incrimination et dans les sanctions particulières attachées à chaque infraction.
Le procès pénal met en jeu et oppose deux parties principales : le Ministère public, incarnant
la défense de la société, d’une part, l’auteur de l’infraction qui doit se défendre contre les
poursuites engagées par le Ministère public. Un juge neutre se chargera alors de dire le droit
et de trancher le litige. La victime de l’infraction peut déclencher les poursuites pénales et
ouvrir ainsi la procédure pénale ; elle peut aussi se joindre aux poursuites déjà déclenchées
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par le Ministère public. Dans l’un et l’autre cas, la procédure pénale est menée par le
Ministère public. Il n’y a pas de procès pénal sans le Ministère public.
Le procès pénal doit être distingué de la procédure pénale. Alors que le procès pénal est
compris comme l’instance à l’occasion de laquelle les suites juridiquement réservées à la
commission d’une infraction pénale sont prononcés par des autorités publiques à l’encontre de
son ou de ses auteurs, la procédure pénale quant à elle est constituée de l’ensemble des règles
juridiques qui gouvernent le procès pénal de sa phase préparatoire à celle décisoire, du rendu d’une
décision de justice sanctionnant la commission d’une infraction pénale.
Le procès pénal peut être précédé d’une enquête menée par la police judiciaire, et/ou d’une
phase d’instruction menée par un juge d’instruction. La procédure pénale a alors pour objet de
déterminer les moyens que la police et le juge d’instruction peuvent utiliser et dans quelles
conditions : arrestations, garde à vue, perquisitions, détention provisoire… La procédure
pénale fixe les règles de fond et de forme que doivent respecter tous ceux qui interviennent
dans le cadre de la recherche, la constatation et la poursuite des infractions. Elle balise les
chemins qui conduisent à la découverte de la vérité. Les règles de procédure pénale se veulent
aussi protectrice de la personne poursuivie qui ne doit pas être laissée à la merci des autorités
étatiques chargées de mener la procédure et qui seraient tentées d’abuser de leur toute
puissance. La procédure pénale peut s’arrêter à une des étapes prévues dans le cadre des
poursuites. Lorsqu’elle est allée jusqu’à son terme, la procédure s’achève avec un jugement
ou un arrêt ayant acquis l’autorité de la chose jugée.
L’étude de la procédure pénale consistera ici, à présenter les éléments du procès pénal (Ière
partie), avant d’aller à la découverte du déroulement du procès pénal (IIème partie).
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Première partie :
LES ELEMENTS DU PROCES PENAL
Le procès pénal est constitué d’une suite d’actes divers, accomplis par des autorités publiques
et visant à tirer d’une infraction, toutes les conséquences qu’elle comporte. C’est l’instance à
l’occasion de laquelle les suites réservées à la commission d’une infraction pénale sont
prononcés par des autorités publiques à l’encontre de son ou de ses auteurs. Le procès
suppose ainsi l’existence d’organes chargés de l’animer en le déclenchant, en le préparant,
afin de donner une solution au problème que pose le procès. Le procès suppose en même
temps la mise en œuvre des droits reconnus à certaines personnes d’agir en justice, à l’effet
d’obtenir du juge une décision sur l’infraction. Le droit d’agir en justice est dans ce sens
reconnu à deux demandeurs différents qui disposent chacun d’une action particulière.
Dans cette partie, il sera alors question d’étudier successivement : les organes du procès pénal
(Titre 1er) et les actions qui naissent de la commission d’une infraction (Titre 2).
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Le terme « police judiciaire » peut être utilisé dans deux sens. On peut le comprendre comme
étant l’ensemble des opérations consistant à constater les infractions, d’en rassembler les
preuves, d’en rechercher les auteurs et complices et, le cas échéant, de les déférer au
Parquet. Il s’agit là en effet des missions dévolues à la police judiciaire par l’article 82 du
Code de procédure pénale.
La Police judiciaire désigne également l’ensemble des fonctionnaires chargés d’exécuter les
actes prévus à l’article 82 du CPP, actes consistant en toutes ces recherches antérieures au
déclenchement des poursuites par le Ministère public. La police judiciaire est placée, dans le
ressort de chaque Cour d’appel, sous l’autorité et le contrôle du Procureur général. Dans le
ressort des juridictions d’instance, la police judicaire est placée sous l’autorité et le contrôle
du Procureur de la République, que l’on appelle d’ailleurs « officier de police supérieur ».
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Les missions de la police judiciaire seront étudiées dans le cadre du déroulement du procès
pénal (Voir, Deuxième partie, Titre 1er, Chapitre 1er, « Les enquêtes de polices »). Dans ce
chapitre, il est uniquement question de découvrir les corps chargés des missions de police
(Section 1) et les fonctionnaires de la police judiciaire (Section 2).
Toute direction, tout service, toute unité de police relevant de la Délégation générale à la
sûreté nationale est, au-delà de ces missions spécialisées qui sont les siennes, investie des
missions de police judiciaire. Toutefois, l’organisation du corps de la police a prévu des
services spécialisés en matière de police judiciaire. On les retrouve aussi bien au niveau de
l’administration centrale qu’au niveau des structures déconcentrées de la Délégation générale
à la sûreté nationale.
Ainsi, au niveau des services centraux de la Délégation générale à la sûreté nationale, il a été
prévu une Direction de la police judiciaire. Celle-ci a pour missions, au niveau national, de la
coordination des techniques de la recherche criminelle, de la lutte contre la criminalité
nationale et internationale, des opérations d’enquêtes criminelles, de la coordination des
activités de police judiciaire des services extérieurs, de la diffusion et de l’exécution, sur toute
l’étendue du territoire national, des directives des magistrats du Parquet.
B- La Gendarmerie nationale
La Gendarmerie nationale, qui est une composante du Corps de défense, est organisée par le
Décret n° 2001/181 du 25 juillet 2001. Il s’agit donc d’une force publique, à caractère
militaire, placée sous l’autorité du Ministre en charge de la Défense. La Gendarmerie
nationale se doit aussi d’exécuter des missions au profit du Ministère de la Justice. Les
militaires relevant de la Gendarmerie nationale sont ainsi habilités à effectuer des missions de
police judiciaire, aussi bien dans le cadre de la police judiciaire civile que dans la cadre de la
police judiciaire militaire, notamment, pour les infractions relevant de la justice militaire.
La police judiciaire est loin d’être une mission essentielle de la Gendarmerie, qui est avant
tout, une force militaire. C’est pour cela que l’on ne trouvera pas dans les services centraux de
ce corps, une grande direction spécialement en charge des opérations de police judiciaire. Ce
qui ne veut pas dire que ce corps ne s’intéresse pas à l’activité de police judiciaire. C’est ainsi
que l’on retrouve, entre autres compétence reconnues à la Direction de l’emploi et des
structures, celles de police judiciaire, de centralisations des recherches judiciaires et de la lutte
contre le grand banditisme.
Comme tous les services publics de l’Etat, la gendarmerie nationale connait des structures
déconcentrées. On parle ici de « Commandement territorial ». On retrouve ainsi, des Régions
(03), des Légions (10), des groupements, des compagnies, des brigades et des postes de
gendarmerie sur tout le territoire national. Chaque unité de gendarmerie a des compétences en
matière de lutte contre la criminalité et en matière de police judiciaire. L’unité de gendarmerie
de proximité la plus connue est incontestablement la Brigade de gendarmerie.
Pourtant, au-delà de leurs missions de défense nationale, tous les militaires de la gendarmerie,
sur toute l’étendue du territoire, sont compétents pour constater des infractions pénales et les
déférer au Parquet. Aucune infraction pénale n’échappe à leur compétence. C’est à ce titre
que l’on dit que les gendarmes relèvent de la police judiciaire à compétence générale.
L’article 80 du Code de procédure et des lois spéciales attribuent des pouvoirs de police
judiciaire à des administrations spécialisées, ne relevant ni de la police nationale, ni de la
gendarmerie. Il en est ainsi des administrations spécialisées dans la lutte contre certaines
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Il faut se référer aux lois et règlements particuliers de ces administrations pour savoir
exactement de quelles infractions leurs fonctionnaires peuvent agir en qualité d’agent ou de
d’officier de police judiciaire.
Les compétences reconnues à la police judiciaire, dans le cadre de la procédure pénale, sont
normalement exercées par les officiers de police judiciaire. Ainsi, seul un officier de police
judiciaire peut dresser un procès verbal d’infraction, requérir la force publique, ordonner une
mesure de garde à vue, pour ne citer que ces quelques actes importants.
Le Ministère public intervient dans les procès, aussi bien en matière civile qu’en matière
pénale. Dans le premier cas, il agit quelques fois, mais assez rarement comme partie
principale. Il peut par exemple demander le retrait de la nationalité d’un citoyen. Très
souvent, le Ministère public intervient dans les procès civils comme partie jointe. Il est alors
appelé à donner son avis dans une affaire où il n’est ni demandeur, ni défendeur. Il s’agit des
procès dans lesquels au delà des intérêts privés en jeu, on retrouve des considérations d’intérêt
général ou touchant à l’ordre public : procès relatifs à des conflits collectifs de travail, et
même certains conflits familiaux.
Il est incontestable que c’est dans le procès pénal où il est partie principale, demandeur à
l’action publique, que le Ministère public a un rôle à la fois plus considérable, plus visible et
même plus spectaculaire.
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Auprès du Tribunal militaire, le ministère public est représenté par un magistrat militaire que
l’on appelle « Commissaire du Gouvernement ». Il est également assisté de substituts que l’on
appelle….
Auprès des Cours d’appel, le Ministère public est représenté par un magistrat appelé
« Procureur général ». Ce dernier est assisté d’un nombre de magistrats variable en fonction
de l’importance de la cour d’appel. Parmi ceux qui assistent le Procureur général, on retrouve,
par ordre de préséance : un ou plusieurs « avocats généraux », un ou plusieurs « substituts du
procureur général », un ou plusieurs « attachés au Parquet général »1.
On notera que devant la Cour suprême, le Ministère public est, par exception à la règle
générale, partie jointe. La Haute juridiction est saisie, non par le Parquet général près la Cour
suprême, mais plutôt par le Parquet près la juridiction qui a rendu la décision attaquée. Il
s’agit alors du Parquet près le Cour d’appel.
Le Ministère public est hiérarchisé et indivisible. Ces deux caractères appellent de plus
longs commentaires.
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Faire la nuance entre avocat généraux, substitut généraux et attachés généraux.
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Alors que les magistrats du siège ne reçoivent d’ordre de personne et statuent uniquement
selon leur conscience, ceux du parquet sont au contraire hiérarchisés. Cette subordination
hiérarchique entraine d’importantes conséquences, mais comporte quelques limites.
Les magistrats du parquet sont placés sous le contrôle et la direction de leur chef hiérarchique
qui se trouve être le Ministre en charge de la justice. Ce dernier peut donc adresser des
injonctions au Procureur général, qui à son tour adresse des injonctions au Procureur de la
République, sur la manière de conduire un dossier dans une affaire. Le Ministre en charge de
la justice peut aussi agir par voie plus générale, en faisant des circulaires en vue d’orienter la
politique des parquets.
Tous les membres du Ministère public sont hiérarchisés entre eux, à l’exception du Procureur
général près la Cour suprême qui n’a pas d’autorité sur les autres parquets. Le Procureur
général près la Cour d’appel a un droit de direction et d’impulsion sur les procureurs de la
République de son ressort ; ces derniers ont le même droit sur leurs substituts.
Il faut noter qu’en principe, les conflits entre supérieurs et subordonnés sont rares. La notion
de pouvoir propre signifie alors simplement que le Procureur peut agir sans s’en référer à ses
supérieurs.
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dans son verbe, des instructions reçues de sa hiérarchie. Dans la pratique, il devrait sans doute
s’attendre à recevoir les foudres de son supérieur au sortir de l’audience.
Matériellement, les fonctions du Ministère public sont considérables, même si toutes ne sont
pas d’égale importance pour la procédure pénale qui nous intéresse ici. On distinguera donc la
fonction première du Ministère public (§.1), de ses fonctions secondaires (§.2).
Toutefois, le parquet est une partie assez originale. Son rôle est de défendre, non ses propres
intérêts, mais l’intérêt de la société, victime du mauvais comportement d’un citoyen.
Défenseur de l’intérêt général, la procédure pénale accorde au Ministère public d’importants
et nombreux pouvoirs qui ne sont pas offerts aux autres parties au procès. Ainsi, par exemple,
le Ministère public, dans le cadre de ses investigations relatives à la recherche des preuves,
dispose des moyens coercitifs ; il peut même faire arrêter et détenir son adversaire (la
personne poursuivie) en attendant le jugement de l’affaire. Il a à sa disposition la police
judiciaire qui travaille pour lui et la force publique qui lui prête main forte.
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Le parquet est pour autre fonction, la direction des activités de la police judiciaire dans son
ressort de compétence. Le Procureur est chargé de donner aux policiers des instructions en
vue de rechercher et de poursuivre les infractions.
Sans interférer dans les missions des autorités chargées de la police administrative, le
Procureur peut s’activer dans les opérations de prévention des infractions. Par exemple,
ordonner des contrôles d’alcoolémie pour combattre en amont les infractions au code de la
route.
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Article 142 code de procédure pénale « (1) L'information judiciaire est obligatoire en matière de crime, sauf
dispositions contraires de la loi. (2) Elle est facultative en matière de délit et de contravention ».
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Constituant une juridiction, le juge d’instruction rend ses décisions par Ordonnances, dont les
plus importantes sont rendues à la fin de ses recherches. Ainsi, le juge d’instruction peut
rendre une « Ordonnance de non lieu », ce qui signifie qu’il ne trouve aucune infraction
punissable à mettre à la charge de la personne poursuivie. Le juge d’instruction peut aussi
rendre une « Ordonnance de renvoi » devant le tribunal, ce qui signifie qu’à son niveau, il
estime qu’il existe des charges suffisantes pour faire condamner la personne poursuivie
devant une juridiction de jugement.
Les Ordonnances rendues par le juge d’instruction peuvent être contestées. Les parties au
procès ont alors la possibilité de porter leurs contestations devant la Chambre de contrôle de
l’instruction.
La Chambre de contrôle peut être saisie par toute personne concernée par un acte du juge
d’instruction qu’elle conteste. Cette juridiction est faite pour garantir aux justiciables le
principe du double degré de juridiction dans le cadre de l’instruction.
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Article 12 (2) code de procédure pénale ; « Le Juge d'Instruction peut décerner mandat de comparution,
d'amener, de perquisition, d'arrêt, de détention provisoire et d'extraction ».
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Ainsi, selon l’article 15 de la loi de 2006, portant organisation judiciaire, le TPI est compétent
pour connaître des infractions qualifiées de délits ou de contraventions.
Selon l’article 21 du Code pénal camerounais, sont qualifiées délits, les infractions punies
d’une peine privative de liberté supérieure à dix (10) jours et n’excédant pas dix (10) ans ou
d’une amende supérieure à vingt cinq mille (25 000) francs. Selon le même article, sont
qualifiées de contraventions, les infractions punies d’un emprisonnement qui ne peut excéder
dix (10) jours et d’une amende qui ne peut excéder vingt mille (25 000) francs.
Le TPI est également compétent pour connaître des demandes de mise en liberté formulées
par toute personne détenue et poursuivie devant lui, pour une infraction de sa compétence. Le
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TPI est admis comme juridiction des mineurs de moins de dix huit ans. En effet, toute
infraction commise par un tel mineur, qu’il s’agisse d’une contravention, d’un délit ou
même d’un crime, est justiciable du TPI, à condition que le mineur n’ait pas de complice
ou coauteur majeur. Si tel est le cas, l’affaire relève de la compétence du TGI.
Le Tribunal de Grande Instance (TGI) est compétent en matière pénale pour connaître des
crimes et des délits connexes. Un crime est, selon l’article 21 du Code pénal, une infraction
punie de la peine de mort ou d’une peine privative de liberté dont le maximum est supérieur à
dix (10) ans.
Le TPI est également compétent pour connaître des demandes de mise en liberté formulées
par toute personne détenue et poursuivie devant lui, pour une infraction de sa compétence.
Le TGI connaît, en matière pénale, une juridiction présidentielle. Selon l’article 18 (2) (b) et
(c), le président du TGI, ou la magistrat par lui délégué, est compétent pour connaître des
requêtes en Habeas corpus (libération immédiate) formulées par une personne arrêtée ou
détenue ou en son nom, par toute autre personne, et fondées sur l’illégalité d’une arrestation
ou d’une détention ou sur l’inobservation des formalités prescrites par la loi. Le président du
TGI est également compétent pour connaître des recours intentés contre les mesures de garde
à vue administrative.
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Création - Selon l’article 3 de la loi, il est créé dans chaque Région du Cameroun un Tribunal
militaire. Le Tribunal de le Région du Centre, installée à Yaoundé, la capitale du Cameroun,
peut voir, en cas de circonstance exceptionnelle, sa compétence étendue à l’ensemble du
territoire camerounais.
Saisine – Le tribunal militaire peut être saisi par le Ministre en charge de la justice militaire,
par le Commissaire du Gouvernement, ou même par la victime d’une infraction relavant de la
compétence de ce tribunal, sauf en période de guerre.
Composition : Il s’agit d’une juridiction dans laquelle on ne devrait retrouver en principe que
des militaires, officiant comme juge ou comme Commissaire du Gouvernement. Mais, sans
doute compte tenu de l’insuffisance en nombre des magistrats militaires, le législateur n’a
trouvé aucun inconvénient à prévoir la présence dans ces juridictions à compétence spéciale,
des magistrats civils, au côté de leurs homologues militaires. Toutefois, en période de guerre,
les magistrats civils s’écartent et sont remplacés par des officiers des forces armées. En
période de paix ou en période de guerre, les greffiers en chef et les greffiers des tribunaux
militaires doivent obligatoirement être des militaires.
Compétence - Selon l’article 7 de la loi, le Tribunal militaire est seul compétent pour
connaître des infractions purement militaires, prévues par le Code de justice militaire ; des
infractions de toute nature, commises par des militaires, avec ou sans coauteurs ou complices
civils, soit à l’intérieur d’un établissement militaire, soit dans l’exercice de leurs fonctions ;
des infractions à la législation sur les armes de guerre ou de défense ; du vol avec port d’arme
à feu ; des infractions de toute nature où se trouve impliqué un militaire ou assimilé,
perpétrées en temps de guerre, ou dans une région soumise à l’état d’urgence ou d’exception ;
des infractions de toute nature commise par des personnes civiles dans un établissement
militaire ayant occasionné des dommages aux équipements ou installations militaires, soit
ayant porté atteinte à l’intégrité physique d’un militaire ; de toutes les infractions relatives à la
vente, à l’achat, la confection, la distribution, le port ou la détention d’effets ou insignes
militaires tels que définis par des règlements militaires ; de toutes les infractions connexes à
toutes celles cité à cet article 7.
L’infraction en question peut être qualifiée crime, délit ou contravention, peu importe, le
Tribunal militaire est seul compétent. Seulement, lorsqu’il statue pour un délit ou une
contravention, l’affaire est jugée par un juge unique. Pour les crimes, le Tribunal militaire
statue en formation collégial.
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- A la compétence ;
Sur la compétence, le Tribunal criminel spécial est appelé à juger des infractions biens
précises. Ce tribunal est compétent pour connaître, lorsque le préjudice est d’un montant de
50 000 000 francs Cfa et plus, des infractions de détournement de deniers publics et des
infractions connexes prévues par le Code pénal et les Conventions internationales ratifiées par
le Cameroun.
La procédure devant le Tribunal criminel spécial se veut très rapide ; des délais ont été
imposés aux acteurs de la procédure. Ainsi, l’enquête préliminaire doit être bouclée dans un
délai de 30 jours, renouvelable deux fois, l’information judiciaire doit être bouclé dans les 180
jours qui suivent la saisine du juge d’instruction ; lorsqu’il est saisi, le juge de jugement fixe
la date d’audience qui doit être prévue au plus tard trente jours après l’ordonnance de clôture
de l’information judiciaire ; la juridiction de jugement a six mois pour rendre son verdict ; ce
délai peut être prolongé pour une période de trois mois, par ordonnance du Président du
Tribunal.
Le Tribunal criminel spécial statue en premier et denier ressort. Ses décisions ne peuvent pas
faire l’objet d’un appel. Seul le pourvoi en cassation est admis contre les décisions rendues
par ce Tribunal.
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Les magistrats en service à la Cour d’appel sont répartis dans toutes ces Chambres. Un
magistrat peut appartenir à plusieurs Chambres à la fois, encore que plusieurs Chambres
peuvent être regroupées par décision du président de la Cour, ce qui est d’ailleurs le cas dans
plusieurs Cour d’appel au Cameroun, compte tenu du nombre insuffisant de magistrats.
Toutes les affaires soumises à la Cour d’appel sont jugées par trois magistrats de siège. La
Cour d’appel est donc une juridiction collégiale. Le principe ici n’admet aucune exception.
Tous les membres de la formation collégiale ont voix délibérative.
Selon l’article 38 de la Constitution, la Cour Suprême est la plus haute juridiction de l’Etat en
matière judiciaire, administrative et de jugement des comptes. Cette disposition
constitutionnelle est reprise par l’article 2 de la loi de 2006 fixant organisation et
fonctionnement de la Cour suprême.
La Cour suprême obéit à des règles de fonctionnement qui lui sont propres. Elle est située au
sommet de la hiérarchie des juridictions judiciaires. Cette juridiction est elle-même
hiérarchisée. Le Président de la Cour suprême est appelé premier président. C'est le premier
magistrat de l'ordre judiciaire.
La Cour suprême connaît en son sein, entre autres, une Chambre judiciaire dans laquelle sont
connues les affaires pénales, objet d’un pourvoi en cassation. Les affaires pénales sont alors
traitées par la Section pénale de la Chambre judiciaire.
En principe, après cassation de la décision d’une Cour d’appel, la Cour suprême demande à
une autre Cour d’appel de revoir l’affaire en fait et en droit. La deuxième Cour d’appel saisie
peut ne pas aller dans le sens proposé par le Cour suprême. Ceci peut donner lieu à un autre
pourvoi. Dans le respect du principe d’interdire au la Cour suprême de statuer en fait, la Cour
suprême se doit, une fois de plus, de saisir une autre Cour d’appel. On assiste alors à un jeu de
«ping-pong» entre la Cour suprême et les Cours d’appel ; le procès quant à lui s’éternise,
retardant ainsi le triomphe de la justice. Pour couper court à ces «va-et-vient», certains
systèmes juridiques ont permis à leur Cour suprême, saisie d’un second pourvoi de «taper du
poing sur la table» en statuant elle-même au fond, c’est-à-dire sur les faits, en même temps
qu’elle se prononce sur le droit.
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L’infraction, en tant que génératrice d’un trouble social, donne naissance à une action exercée
par le Ministère public, au nom de la société et tendant au prononcé d’une sanction pénale :
c’est l’ « action publique » (Chapitre 1er). L’infraction, en tant que génératrice d’un préjudice
matériel, corporel ou moral pour la victime, donne naissance à une action exercée par celle-ci,
en vue d’obtenir réparation, généralement à travers l’octroi de dommages et intérêts
compensatoires. On parle alors d’ « action civile » (Chapitre 2). Lorsque la victime d’une
infraction lance une telle action, on dit qu’elle se constitue « partie civile ».
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A- Le Ministère public
Selon l’article 128 du CPP, le Ministère public est partie principale au procès devant toute
juridiction répressive. Il lui appartient de saisir le tribunal répressif pour qu’il y ait procès
pénal. Il doit à peine de nullité de la procédure, être présent à toutes les audiences du tribunal.
Agissant au nom et pour le compte de la société toute entière, il a pour mission de faire
condamner ceux-là qui ont violé la loi pénale. Avant la clôture des débats, le Ministère public
est tenu de prendre oralement ou par écrit, dans chaque affaire, ses réquisitions sans que la
parole puisse lui être refusée ou retirée.
B- -La victime
La loi permet à la victime de se plaindre en saisissant la Police judiciaire, le Procureur de la
République, le juge d’instruction ou le juge de jugement. Ce faisant, elle déclenche les
poursuites pénales. Celle-ci apparaît alors comme un agent de la répression au même titre que
le Ministère public. La victime peut ainsi suppléer la carence du Ministère public et donner
libre cours à son vœu de vengeance. Toutefois, la victime est loin d’être maîtresse de l’action
publique qu’elle déclenche. Celle-ci sera toujours menée par le Procureur de la République.
Libre de déclencher l’action publique, la victime n’est pas libre de l’arrêter une fois lancée :
son désistement n’a aucun effet sur l’action publique, sauf en certains cas exceptionnels
prévus par la loi, par exemple en cas de d’injures, de diffamation, d’adultère…
A côté du Ministère public, défenseur de l’intérêt social au sens le plus large, le droit investit
certaines administrations du droit de défendre des intérêts sociaux d’une nature particulière,
dans des domaines bien précis : impôts, douanes, environnement et forêts, prix, poids et
mesures, protection du patrimoine national… Ces administrations sont chargées de la
poursuite des infractions pénales constatées dans leurs domaines de compétences. Pour
l’efficacité de leurs actions sur le terrain, l’article 80 du Code de procédure et des lois
spéciales leur ont attribué des pouvoirs de police judiciaire.
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Dans l’exercice de leurs pouvoirs de poursuite des infractions, il est permis à ces
administrations spécialisées de transiger avec les personnes poursuivies, et se désister aux fins
d’arrêts des poursuites pénales.
Nul ne peut demander à être poursuivi et condamné en lieu et place d’une autre personne ; nul
de peut proposer que l’on poursuive un autre en ses lieu et place. Le civilement responsable
ne saurait être poursuivie pénalement. Il est cependant partie au procès pénal, s’il a été cité
par le Ministère public ou par la victime de l’infraction, constituée partie civile. Il va alors
s’agir pour le civilement responsable, de payer les frais et les dommages et intérêts qui ont
une nature purement civile, au cas où la personne poursuivie est condamnée à la fois au pénal
et au civil. Etant partie au procès, le civilement responsable a tous les droits attachés à une
partie au procès : il peut contester l’existence de l’infraction, l’étendue du préjudice ou le lien
qui l’unit à la personne poursuivie. Il a même le droit d’interjeter appel, faire opposition ou se
pourvoir en cassation.
Tous ceux qui ont commis une infraction pénale peuvent être poursuivis. Il s’agit là d’un
corollaire du principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi et devant la justice.
Toutefois, on verra que certaines personnes, ayant pourtant commis une infraction pénale, ne
peuvent être défendeur à une action publique, tout simplement parce qu’il bénéficie d’une
certaine immunité.
Le principe d’égalité de tous devant la loi cède face aux immunités des poursuites pénales,
admises par la loi elle-même. En présence d’un cas d’immunité, l’infraction existe, mais toute
action devant le juge pénal est irrecevable ; par extension, tout acte de procédure pénale posé
est nul.
Ces immunités sont en quelque sorte la manifestation des liens de solidarité au sein de la
famille. Un comportement infractionnel ne peut faire l’objet de poursuite pénale à cause du
lien de parenté établi entre l’auteur de l’infraction et la victime.
Les articles 318, 319 et 322 du Code pénal punissent les infractions de vol, d’escroquerie,
d’abus de confiance, de filouterie. Selon l’article 323 du même code, ces articles ne sont pas
applicables lorsque la victime et l’auteur de l’infraction sont des conjoints, ascendants et
descendants légitimes ou adoptifs, ascendants et descendants naturel jusqu’au deuxième degré
s’ils vivent ensemble ou son reconnus, à l’encontre du veuf ou de la veuve sur les biens de
première nécessité ayant appartenu au conjoint décédé.
Une interprétation stricte de cette loi pénale permet de dire que l’immunité prévue à l’article
323 n’est pas applicable lorsqu’il s’agit de vol aggravé, d’abus de confiance aggravé et
d’escroquerie aggravée, dans la mesure où l’article prévoyant les immunités n’a pas ciblé les
articles 320 et 321 du Code pénal relatifs à ces infractions-là.
L’article 194 du Code pénal punit toute personne qui recel un individu ayant commis un crime
ou un délit. On admet toutefois que l’on ne saurait poursuivre un époux ou une épouse qui a
recelé son conjoint.
La deuxième immunité admise par le droit et la procédure pénale est celle qui protège les
parlementaires. Aucun membre du Parlement (député, sénateur) ne peut être poursuivi,
recherché, arrêté, détenu ou jugé à l’occasion des opinions ou votes émis par lui dans
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L’immunité diplomatique est un ensemble de privilèges qu’un Etat hôte accorde aux membres
du corps diplomatique d’un pays tiers durant leur séjour. Cette immunité comprend
principalement des exonérations fiscales, des exonérations de contrôle des effets personnels
aux frontières (valise diplomatique), l’inviolabilité des ambassades et des résidences… En
matière pénale, aucune poursuite ne peut être engagée contre une personne bénéficiant de
l’immunité diplomatique. L’immunité diplomatique peut néanmoins être levée, en cas de
crime grave, par le pays d’origine du diplomate. La seule mesure que peut prendre de pays
hôte, consiste à déclarer « persona non grata » le diplomate indélicat, et l’obliger ainsi à
quitter le pays dans lequel il a adopté un comportement déviant.
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Certaines limites au principe de l’extinction de l’action publique pour cause de mort doivent
toutefois être indiquées. Si le décès survient après l’intervention d’une décision ayant déjà
acquis l’autorité de la chose jugée, les héritiers du défunt sont tenus aux réparations des
condamnations civiles prononcées contre le défunt. En cas de pluralité de personnes
poursuivies dans une même cause, le décès de l’un n’empêche par la poursuite du procès
pénal contre les autres coauteurs et complices. Le décès de la personne poursuivie ne fait pas
obstacle à la saisine d’une juridiction civile contre les héritiers du défunt, sur le fondement de
l’infraction commise.
B- L’écoulement du temps
De manière générale, la prescription est l’irrecevabilité à agir pour le titulaire d’un droit s’il
est resté trop longtemps inactif. On dit que son droit est éteint par l’effet de la prescription. En
droit civil, la prescription de droit commun est de trente ans. Mais, il existe des délais
particuliers plus courts, dans des matières civiles particulières. Le droit pénal a également
prévu des délais de prescription, aussi bien pour des peines déjà prononcées, qui ne peuvent
plus être exécutées, que pour l’action publique. En effet, quand le Ministère public a omis de
poursuivre l’auteur d’une infraction dans les délais fixés par la loi, l’action publique est
prescrite, de telle sorte que l’infraction va rester impunie.
Selon l’article 65 du CPP, en matière de crime, l’action publique se prescrit par dix années à
compter du lendemain du jour où le crime a été commis. En matière de délits, l’action
publique se prescrit par trois ans. En matière de contravention, la prescription est d’un an.
La prescription de l’action publique est interrompue, quelle que soit la nature de l’infraction,
dès lors qu’un seul acte de poursuite relatif à l’infraction est posé : dépôt de plainte,
instruction du Ministère public demandant l’ouverture d’une enquête, exploit d’huissier,
établissement d’un procès verbal d’enquête de police, mandat de justice, interrogation de la
personne poursuivie, d’un témoin ou de la partie civile, l’intervention d’un jugement « Avant
dire droit », une déclaration de recours… Il faut encore partir de la date de cet acte là pour
computer le délai de la nouvelle prescription.
Selon l’article 68 du CPP, la prescription est suspendue par les obstacles de droit suivants :
l’évocation d’une exception préjudicielle à la décision sur l’action publique, l’immunité
parlementaire, l’attente d’une autorisation légale préalable à la poursuite, le pourvoi en
cassation, l’existence d’un conflit de juridiction. Selon le même article, constitue un obstacle
de fait, suspensif de la prescription : l’invasion du territoire par les armées ennemies ; la
démence de la personne poursuivie, survenue postérieurement à la commission de l’infraction,
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la fuite de la personne poursuivie, l’inscription des affaires au rôle d’une audience, les renvois
de cause constatés dans le plumitif, le fait pour une juridiction de ne pas accomplir un acte de
sa compétence, empêchant ainsi une partie au procès d’agir ou de se défendre.
Cause d’extinction de l’action publique, l’amnistie laisse en revanche subsister l’action civile
dans le cas où le fait amnistié reste un fait dommageable pour la victime. Dans ce cas, la
victime ne peut agir que devant une juridiction civile et ne peut plus saisir une juridiction
répressive.
B- La volonté de la victime
En règle générale, ni la volonté du Ministère public, ni celle de la victime, encore moins celle
du délinquant ne peuvent éteindre l’action publique. Par exception toutefois, certaines
infractions peuvent faire l’objet d’une transaction ou d’un désistement qui éteint l’action
publique.
1°- La transaction
Malgré le principe selon lequel l’action publique appartient à la société, de sorte que le
Ministère public n’en a que l’exercice et non la disposition, il est des cas exceptionnels où
l’action publique s’éteint par voie de transaction. Selon l’article 62 du CPP, la transaction est
une cause d’extinction de l’action publique, lorsque la loi prévoit expressément cette
extinction. Il faut donc s’assurer que, pour une infraction donnée, la transaction est une cause
d’extinction de l’action publique. Il en est ainsi très souvent en matière d’infractions fiscales,
douanières, environnementales, de transports publics… Les administrations publiques,
victimes des infractions relevant de leurs domaines de contrôle, peuvent ainsi proposer à
l’auteur de l’infraction l’abandon des poursuites pénales, en contrepartie de l’aveu de
l’infraction et le payement d’une somme d’argent fixée par l’administration victime.
Ministère public. Il en est ainsi des sommes versés dans les bureaux d’amendes relativement
aux contraventions au Code de la route.
La transaction entre l’auteur de l’infraction et les autorités publiques, celle qui éteint l’action
publique, doit être distinguée de la transaction entre l’auteur de l’infraction et la victime qui
n’éteint que l’action civile.
2°- Le désistement
Le principe est que le retrait d’une plainte est sans effet sur l’action publique menée par le
Ministère public. Toutefois, il est quelques hypothèses dans lesquelles le désistement éteint
l’action publique : ce sont les cas où la poursuite est subordonnée à une plainte préalable de la
victime. Il en est ainsi des infractions telles que la diffamation, l’injure, l’adultère…
Le CPP prévoit en outre l’extinction de l’action public en cas de désistement, quelque soit
l’infraction, lorsque c’est la victime, auteur du désistement qui a mis l’action publique en
mouvement ; ce qui n’est possible qu’en matière de délit ou de contravention ; encore faut-il
que les faits incriminés ne portent pas atteinte à l’ordre public ou aux bonnes mœurs.
L’acte de désistement est reçu tant qu’il n’a pas encore été statué au fond de l’affaire. Pour
constater le désistement ou le retrait de la plainte, l’autorité judiciaire saisie doit s’assurer que
la l’auteur de l’acte de désistement agit librement et volontairement ; que ledit désistement
n’est pas la conséquence d’une menace, d’une fraude ou d’un dol dirigés contre l’auteur de la
plainte. S’il y a plusieurs plaignants dans une même affaire, l’action publique ne sera éteinte
que si tous se désistent.
Comme pour l’action publique, l’étude de l’action civile conduit à examiner tour à tour : les
sujets de l’action civile et l’extinction de l’action civile.
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Le principe général est que seule la victime d’une infraction peut être demandeur à l’action
civile. Le Ministère public ne peut en aucun cas agir en lieu et place de la victime. Tendant à
la réparation, l’action civile ne se conçoit que si le préjudice existe indubitablement. On dit
alors que le préjudice doit être « certain » et « actuel ». En conséquence, le préjudice
simplement éventuel, douteux dans son existence, dépendant d’un événement qu’il est
impossible de connaître avant leur réalisation, n’autorise pas à agir.
L’action civile étant l’accessoire de l’action publique, le demandeur doit invoquer une
infraction punissable. Ainsi, l’action civile est irrecevable si l’infraction est amnistiée,
abrogée, prescrite. La victime, demanderesse à l’action civile peut être une personne physique
ou une personne morale.
Pour être admise comme demanderesse à l’action civile, la victime doit faire état d’un
préjudice directement causé par l’infraction. Sans nul doute, le préjudice corporel (frais
médicaux, incapacité physique, pretium doloris) causé par un délit de coups et blessures est
bien direct. Il en est de même du préjudice matériel découlant de la privation de la chose à la
suite d’une infraction qualifiée vol, escroquerie ou abus de confiance.
Le préjudice indirect ne saurait fonder une action civile devant une juridiction répressive.
Ainsi par exemple, une compagnie d’assurance qui a indemnisé la victime d’un vol ne saurait
se constituer partie civile dans le procès intenté contre le voleur. Le préjudice qu’a subi la
compagnie d’assurance est ici indirect.
La personne qui se constitue partie civile dans un procès pénal doit être celle-là qui a
personnellement souffert de l’infraction. Celui qui a été blessé par les coups donnés par le
délinquant a incontestablement subi un préjudice personnel. Par contre, les actionnaires d’une
société ne peuvent pas se constituer partie civile contre des administrateurs ayant commis des
abus de biens sociaux qui ont nui à la société, personne morale distincte de ceux qui la
composent.
Si une personne morale entend défendre ses intérêts personnel, par exemple demander
réparation du préjudice subi à la suite d’un coup de vol perpétré dans les locaux de son siège
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social, sa constitution de partie civile est évidemment recevable et se pose dans les mêmes
termes que pour une personne physique. Ainsi, une société commerciale peut se constituer
partie civile dans un procès pénal intenté contre son dirigeant poursuivi pour abus de biens
sociaux ; l’Etat peut se constituer partie civile dans une affaire de détournement de deniers
publics.
La personne poursuivie au pénal est défenderesse aussi bien pour l’action publique que pour
l’action civile. Si elle est reconnue coupable, elle sera punie d’une peine d’amende, d’une
peine d’emprisonnement ou de la peine de mort. Elle devra en même temps réparer le
préjudice qu’elle a fait subir à sa victime.
Le domaine de la responsabilité civile est plus étendu que celui de la responsabilité pénale. Il
en résulte que si l’action publique ne peut être exercée que contre les auteurs et complices de
l’infraction, l’action civile peut être lancée contre des personnes qui ne sont ni auteurs, ni
complices de l’infraction. D’autres personnes peuvent être appelées comme défendeurs à
l’action civile : les héritiers du coupable, les personnes civilement responsables.
Le décès de la personne poursuivie est une cause d’extinction de l’action publique. Cette
extinction emporte également celle de l’action civile qui n’est que l’accessoire de l’action
publique. Aucune action civile ne peut par conséquent être intentée, devant les juridictions
pénales, contre les héritiers de la personne poursuivie. Seule une action en réparation devant
les juridictions civiles est admise dans ce cas. Toutefois, si le décès de la personne poursuivie
survient alors qu’une décision a déjà été rendue au fond, les héritiers du défunt peuvent être
appelés à répondre sur les intérêts civils.
Pendant que la personne poursuivie est défenderesse dans l’action publique, le civilement
responsable de ses actes est appelé comme défendeur à l’action civile. Il en sera ainsi de tous
ceux qui sont considérés comme civilement responsables par l’article 1384 du Code civil : les
père et mère, les artisans, les maîtres et les commettants (cf. Cours de Droit des obligations).
La compagnie d’assurance du défendeur à l’action publique peut également être citée comme
défendeur à l’action civile. Il en est ainsi très souvent en matière d’infractions liées aux
accidents de la circulation.
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Deuxième partie :
LE DEROULEMENT DU PROCES PENAL
Les éléments du procès pénal réunis, celui-ci va pouvoir se dérouler. La réalisation du procès
pénal va se matérialiser par une suite d’actes de procédure accomplis tant par les autorités
étatiques que par les parties privées. Ces actes sont posés dès les premières constatations de la
commission d’une infraction ; il y a ensuite les actes de poursuite qui vont permettre d’avoir
une décision définitive. Pour tout dire, le procès pénal suppose deux phases essentielles : la
phase préparatoire (Titre 1er) et la phase décisoire (Titre 2).
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L’enquête peut être conduite différemment selon que l’infraction est ou non flagrante. On
distingue en effet l’enquête ordinaire, appelée « enquête préliminaire » (Section 1), et
l’enquête de flagrance (Section 2).
L’enquête préliminaire est véritablement l’affaire exclusive de la police. Le Procureur est tenu
informé de son déroulement. L’officier de police judiciaire, découvrant une situation suspecte,
prend l’initiative d’ « aller voir » s’il y a une infraction à la loi pénale. Toutefois, entre la
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Au cours d’une enquête préliminaire, l’officier de police est en droit de procéder à des
perquisitions, visites domiciliaires et saisies. Seulement, avant d’agir, il doit être muni d’un
mandat de perquisition à lui délivré par le Procureur de la République. A défaut de mandat, la
perquisition ne se fera qu’avec le consentement du maître des lieux ou du détenteur des biens
à saisir.
Une fois le mandat ou l’accord obtenu, la perquisition doit se faire en présence du maître des
lieux, du détenteur des biens à saisir ou leurs représentants, ainsi que deux témoins. La
perquisition ne peut avoir lieu que de jour. Elle est interdite entre dix huit heures et six heures
du matin. L’officier de police peut être fouillé lui-même avant les opérations de perquisitions.
Les objets saisis au cours des opérations de perquisitions sont présentés aux personnes
présentes qui les reconnaissent et les paraphent. Le procès-verbal de perquisition est dressé et
signé de toutes les personnes présentes.
La garde à vue, dans le cadre d’une enquête préliminaire ne peut être ordonnée que par le
Procureur de la République. Ce qui signifie que l’officier de police qui veut garder à vue un
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Une personne ayant une résidence connue ne peut faire l’objet d’une garde à vue dans le cadre
d’une enquête préliminaire. Le suspect gardé à vue ne sera point soumis à la contrainte
physique ou mentale, à la torture, à la violence, à la menace ou à tout autre moyen de
pression, à la tromperie, à des manœuvres insidieuses, à des suggestions fallacieuses, à des
interrogatoires prolongés, à l’hypnose, à l’administration des drogues ou à tout autre procédé
de nature à compromettre ou à réduire sa liberté d’action ou de décision, à altérer sa mémoire
ou son discernement.
La personne gardée à vue peut, à tout moment, recevoir aux heures ouvrables la visite de son
avocat et celle d’un membre de sa famille, ou de toute autre personne pouvant suivre son
traitement durant la garde à vue.
L’Etat assure l’alimentation des personnes gardées à vue. Toutefois, ces personnes sont
autorisées à recevoir quotidiennement de leur famille ou de leurs amis les moyens nécessaires
à leur alimentation et à leur entretien.
La personne gardée à vue peut, à tout moment, être examinée par un médecin requis d’office
par le Procureur de la République. Le médecin ainsi requis peut être assisté d’un autre choisi
par la personne gardée à vue, et aux frais de celle-ci.
A la fin de la garde à vue, il est obligatoirement procédé à l’examen médical du suspect à ses
frais et par un médecin de son choix si l’intéressé, son conseil ou un membre de sa famille en
fait la demande.
§.3- L’arrestation
L’arrestation opérée dans le cadre de l’enquête préliminaire est-elle licite ? C’est aux deux
extrémités de la garde à vue que le problème peut se poser.
En premier lieu, il se pose avant le début de la garde à vue. Peut-on soutenir que l’officier de
police judiciaire, titulaire du droit de détenir une personne, possède aussi le droit de l’arrêter ?
Doit-on au contraire estimer que l’officier de police judiciaire ne peut détenir une personne
que si celle-ci s’est présentée à lui ? Incontestablement, la deuxième thèse est la bonne. A
l’inverse de l’enquête de flagrance, l’enquête préliminaire ignore la coercition. La garde à vue
au cours de l’enquête préliminaire ne saurait donc s’appliquer à l’individu qui refuse de
déférer à la convocation de la police judiciaire. En conséquence, un officier de police qui se
présenterait chez la personne soupçonnée et qui, sur son refus de l’accompagner au poste de
police, l’y conduirait de force, pourrait être poursuivi pour arrestation arbitraire. En pratique,
il est rare qu’une personne se refuse à déférer à une telle convocation de la police, soit qu’elle
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ignore son droit de ne pas le faire, soit qu’elle entende démontrer son innocence. D’ailleurs,
les multiples abus des policiers en la matière, restés impunis, ont fini par convaincre le
citoyen ordinaire qu’on est obligé de déférer à une convocation dans le cadre d’une enquête
préliminaire. La même impunité a réconforté les policiers dans la pensée selon laquelle ils ont
le droit d’arrêter tout récalcitrant à une convocation dans le cadre d’une enquête préliminaire.
La seule arrestation prévu en matière d’enquête préliminaire est celle qui peut avoir lieu à la
clôture de l’enquête, lorsque celle-ci révèle contre le suspect, des indices graves et
concordants de culpabilité. Le suspect est alors arrêté, s’il n’est pas déjà en garde à vue, et
conduit non pas au poste de police, mais immédiatement auprès du Procureur de la
République. Toutefois, cette arrestation n’est pas possible si le suspect a une résidence
connue. Celui qui n’a pas de résidence connue peut faire venir une personne crédible, qui se
porte garante de sa représentation devant l’officier de police, ou alors fournit une somme
d’argent, une caution qui garantit sa représentation.
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l’assassin ! ») ou est trouvé en possession d’un objet ou présente une trace ou indice laissant
penser qu’il a participé à la commission d’un crime ou d’un délit.
L’officier de police judiciaire avisé de l’existence d’une infraction flagrante doit informer
immédiatement le Procureur de la République. Cette obligation s’explique par le fait que ce
magistrat dirige les enquêtes et, en cas de flagrance, peut juger opportun de se rendre
personnellement sur les lieux. Après avoir informé le Procureur, l’officier de police doit se
rendre immédiatement sur les lieux et procéder à toutes les diligences. Cette disposition
s’explique par les besoins de l’enquête. Le lieu de l’infraction est en effet le centre de celle-
ci ; c’est le lieu où se trouvent les indices et peut-être encore les témoins. Y étant, l’officier de
police doit prendre des mesures conservatoires : il doit veiller à la sauvegarde des indices
susceptibles de disparaître, ce qui implique la prise des photographies, des prélèvements…
Pour les nécessités de l’enquête, l’officier de police peut procéder à des perquisitions et
saisies. Pour ce faire, il n’a besoin, ni d’un mandat, ni du consentement des personnes qui
subissent ces actes. Il y a urgence à agir ; le formalisme peut être perturbateur du chemin qui
conduit à la vérité. L’officier peut interdire à toute personne trouvée sur les lieux de
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s’éloigner ; il peut demander à des témoins d’être à sa disposition pendant douze heures ; les
suspects peuvent être placés en garde à vue.
Un acte particulier peut être effectué par l’officier de police : l’arrestation avant la garde à
vue. Il est enjoint à la personne à arrêter le suivre au poste de police pour les besoins
d’enquête. En cas de refus de celle-ci, l’officier fait usage de tout moyen de coercition
proportionné à la résistance de l’intéressé. La police agit ici sans mandat, et celui qui procède
ainsi à l’arrestation n’a pas besoin de décliner son identité ; il n’est même pas obligé de dire à
la personne à arrêter les motifs de l’acte : la flagrance s’accommode peu du formalisme.
B- Le Procureur de la République
Le Procureur de la République, qui se saisit lui-même de l’enquête de flagrance, agit et pose
tous les actes prévus en la matière. De temps en temps, s’il le veut, il peut demander à
l’officier de police d’agir en ses lieu et place, à charge pour ce dernier de lui rendre
immédiatement compte des opérations effectuées. Le Procureur est le maître de l’enquête.
Dans le cadre de l’enquête de flagrance, il existe des opérations que seul un magistrat peut
effectuer. Ainsi, même dans l’hypothèse où l’enquête a été laissée à l’officier de police, il
appartiendra toujours au Procureur de la République ou à l’un de ses substituts, de mener les
opérations de perquisitions dans un cabinet d’avocat, lorsque ce dernier est mis
personnellement en cause, ou pour saisir des documents ayant un rapport avec une procédure
judiciaire. Il en sera de même chaque fois qu’il s’agit de perquisitionner dans un cabinet de
médecin, une étude de notaire, d’huissier de justice ou au bureau de toute personne tenue au
secret professionnel.
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Chapitre 2 : LA POURSUITE
Ce n’est qu’exceptionnellement que le juge se saisit lui-même d’une infraction. Il en est ainsi
des infractions commises à l’audience de jugement. Normalement, la poursuite est déclenchée
par les parties au procès : le Ministère public et/ou la victime.
Pour que le Ministère public poursuive, il faut bien qu’il soit informé. Il peut l’être de
diverses façons : la rumeur publique, la presse, les plaintes des victimes, les dénonciations
faites par des fonctionnaires au titre de leur devoir, les dénonciations faites par des tiers, mais
surtout par les procès-verbaux dressés par les officiers de police judiciaire. Il est assez rare
que l’auteur de l’infraction se présente spontanément chez le Procureur de la République.
Dès lors que le Procureur est informé, vont se poser deux problèmes essentiels : celui des
pouvoirs du Ministère public quant à l’engagement des poursuites (§.1) ; la décision de
poursuivre prise, il va se poser le problème de la description des moyens techniques de leur
mise en œuvre (§.2).
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Le Cameroun a admis le système de l’opportunité des poursuites (A), avec les limites qu’il
comporte (B).
Il faut tout de même relever que l’opportunité ne joue qu’au stade de l’engagement des
poursuites. Celles-ci lancées, le Procureur de la République ne peut plus rien. La règle
s’explique par le souci de respecter l’indépendance des juridictions d’instruction et de
jugement. Une fois le juge saisi, le Procureur ne peut plus retirer son action qui devra aller
jusqu’à son aboutissement par une décision juridictionnelle. Si le Procureur estime qu’il s’est
trompé en lançant les poursuites, il peut demander la relaxe de l’accusé ou du prévenu devant
le juge.
Lorsque le Ministère public classe une affaire qui lui est parvenue par plainte de la victime, le
magistrat le fait savoir à l’auteur de la plainte par voie de notification. Seulement, le
classement sans suite n’est pas une décision juridictionnelle. Il ne peut donc pas faire l’objet
d’un appel. La victime qui tient à ce que sa plainte soit suivie d’une poursuite de la part du
Ministère public peut saisir le Procureur général ou le Ministre de la justice, dans le cadre
d’un recours hiérarchique. Ces supérieurs du Procureur de la République peuvent alors
ordonner à ce dernier d’engager des poursuites.
Il peut arriver que la personne à poursuivre jouisse de certains privilèges qui empêchent le
Ministère public d’agir. Ainsi, les membres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat)
bénéficient d’un privilège appelé « inviolabilité parlementaire » (A ne pas confondre avec
l’ « immunité parlementaire »). En vertu de cette inviolabilité, aucun d’entre eux ne peut,
pendant la durée de son mandat, être poursuivi pour crime ou pour délit qu’avec l’autorisation
du Parlement. Le Procureur de la République est donc tenu de présenter à cette assemblée une
demande dite de « mainlevée de l’inviolabilité ». La poursuite est impossible tant que cette
mainlevée n’a pas été votée par le Parlement. La prescription de l’action publique reste
suspendue jusqu’à l’obtention de cette autorisation. Faut-il noter que les coauteurs et
complices du parlementaire indélicat ne bénéficient pas de cette inviolabilité et les poursuites
à leur égard sont immédiates. Par ailleurs, l’inviolabilité dont bénéficie le parlementaire ne
joue pas lorsqu’il s’agit d’une contravention ou alors lorsque l’infraction est flagrante.
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Toujours sur le plan des protections politiques, le Président de la République ne peut faire
l’objet de poursuite pénale, quelle que soit l’infraction commise, pendant son mandat. Ce
dernier n’est justiciable que devant la Haute Cour de justice, en cas de haute trahison.
La victime peut également obliger le Procureur à poursuivre. Ainsi, alors qu’une simple
plainte de lie pas le Procureur, une plainte avec constitution de partie civile oblige la
Ministère public à agir dans le sens des poursuites. La victime dispose donc d’un moyen
efficace pour vaincre l’inertie du Procureur.
A- La comparution immédiate
Dans une affaire, le Procureur de la République peut estimer qu’il n’a pas besoin de passer par
une instruction préparatoire, soit parce que l’infraction est simple, soit parce que la procédure
de flagrant délit engagée a permis de rassembler des éléments de preuve suffisantes, les
poursuites peuvent être engagées par la technique de comparution immédiate. L’infraction
concernée peut être une contravention, un délit, ou même un crime flagrant.
B- La citation directe
La citation directe est un acte par lequel la personne poursuivie est sommée de comparaître
directement devant la juridiction de jugement. L’expression « directe » signifie que la
personne poursuivie ne passe pas préalablement devant le Procureur de la République ou
devant un juge d’instruction. Elle se présente « directement » devant le juge de jugement, à la
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La citation directe est servie à la personne poursuivie ; l’exploit peut être laissé à son lieu de
travail, à son domicile, à la Mairie, au Parquet. La citation mentionne sa date de délivrance, la
désignation du requérant, c'est-à-dire le Procureur de la République, les nom, prénoms et
adresse de l’Huissier qui sert l’acte, les nom, prénoms, filiation et adresse complète du
destinataire, c’est-à-dire, la personne poursuivie. La citation énonce les faits incriminés et vise
les textes de loi qui les répriment. Elle indique la juridiction de jugement devant laquelle le
prévenu (personne poursuivie) doit se présenter, ainsi que la date retenue pour l’audience.
La citation directe suppose que la personne poursuivie n’a été préalablement, ni gardée à vue,
ni arrêtée à la suite de l’enquête de police. Elle est donc en liberté et c’est la citation qui lui
révèle que des poursuites ont été engagées à son encontre.
La technique de la citation directe ne s’applique que pour les délits et les contraventions. La
technique ne peut être utilisée lorsqu’il s’agit d’un crime.
C- Le réquisitoire introductif
Le réquisitoire introductif est obligatoire chaque fois qu’il s’agit d’un crime non flagrant. Et
même dans le cadre de la Procédure de flagrance où il est permis au Procureur d’utiliser la
procédure de comparution immédiate, le CPP donne également à ce dernier la possibilité de
d’engager les poursuites par la technique du réquisitoire introductif, qui reste facultative en
matière de délit, et n’est pas interdite en matière de contravention.
Le réquisitoire introductif est un acte par lequel le Procureur de la République requiert le juge
d’instruction d’informer contre un individu déterminé ou non, sur une ou plusieurs infractions
(ou dit souvent que l’on « ouvre une information judiciaire »). Pour tout dire, le réquisitoire
introductif permet de saisir le juge d’instruction, afin que celui-ci mène une instruction qui
permettra de renvoyer ou non la personne poursuivie devant le juge de jugement.
Dans les cas où le choix est possible entre la citation et le réquisitoire introductif, ce choix une
fois exercé, est irrévocable. Le Procureur de la république ne peut donc pas, pour le même
fait, user de la citation directe après avoir ouvert une information judiciaire ou vice versa.
Après avoir utilisé l’une des deux voies, le parquet est en effet dessaisi. De plus, il faut éviter
les contradictions entre le juge d’instruction et le juge de jugement qui apparaîtraient si dans
un même temps, le premier rendrait une ordonnance de renvoi alors que la seconde
prononcerait la relaxe.
C’est en mettant en mouvement son action que la partie lésée met indirectement, mais
nécessairement en mouvement l’action publique et déclenche ainsi les poursuites. Etudier
l’exercice des poursuites par la victime revient à examiner les conditions d’exercice de
l’action civile (§.1) et ses effets (§.2).
L’action publique peut être bloquée parce que l’infraction est couverte par une immunité, par
exemple l’immunité parlementaire ; l’auteur de l’infraction peut être couvert par un privilège,
par exemple : l’inviolabilité parlementaire ou l’immunité diplomatique. Dans l’un ou l’autre
cas, la victime ne peut engager une action civile devant une juridiction pénale, parce que
l’action publique ne peut naître, ou n’est pas encore née.
Il arrive parfois que l’action publique soit éteinte. Là aussi, l’exercice de l’action civile est
impossible devant le juge pénal. Mais, deux hypothèses doivent être distinguées :
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Agissant par voie d’intervention, la victime peut se constituer partie civile à l’audience, par
conclusion écrite ou déclarations orales. Cette constitution de partie civile doit se faire avant
la clôture des débats.
Si le Ministère public n’a pas mis en mouvement l’action publique, la victime peut se
constituer partie civile en agissant par voie d’action. Deux procédés s’offrent à elle : la
citation directe, par laquelle en matière de délit et de contravention, la victime saisit
directement le juge de jugement ; la victime peut aussi procéder par plainte avec constitution
de partie civile adressée au juge d’instruction.
(De plus amples explications seront données pendant le cours dispensé par
l’enseignant en salle).
Chapitre 3 : L’INSTRUCTION
Comme l’enquête, l’instruction tend à rechercher des éléments qui, ultérieurement,
permettront à la juridiction de jugement de porter une appréciation sur l’infraction et sur son
auteur. L’instruction suppose des poursuites déjà lancées contre celui-là qui est désormais un
inculpé et non plus un simple suspect. L’instruction, une fois ouverte (Section 1), est conduite
par un juge d’instruction, qui doit composer avec toutes parties intervenantes (Section 2).Elle
suppose l’accomplissement de certains actes qui revêtent une nature juridictionnelles (Section
3).
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Toute personne qui se prétend lésée par un crime ou un délit peut, en portant plainte, se
constituer partie civile devant un juge d’instruction. L’action publique est mise en mouvement
dès lors que le plaignant a consigné au greffe une somme suffisante pour couvrir les frais de
procédure. La plainte est alors transmise au Procureur de la République pour son réquisitoire.
Lorsqu’il existe plusieurs juges d’instruction dans une juridiction, le Président du Tribunal
désigne, pour chaque affaire soumise à l’information, le juge qui en sera chargé. Dans l’intérêt
d’une bonne administration de la justice, le Procureur de la République peut demander au
Président du tribunal le dessaisissement du juge d’instruction désigné, au profit d’un autre.
L’inculpé ou la partie civile bénéficie également de ce droit.
Dès réception du réquisitoire introductif d’instance, le juge d’instruction désigné est tenu de
rendre une « ordonnance à fin d’informer », sauf s’il estime que les faits pour lesquels il est
saisi ne peuvent donner lieu à des poursuites, qu’il n’y a visiblement pas infraction à la loi
pénale, ou encore que le suspect bénéficie d’une immunité. Le juge d’instruction dans ces cas,
rendra une « ordonnance de refus d’informer ». Lorsqu’il prend la décision d’informer, il
procède à tous les actes d’information qu’il juge utile à la manifestation de la vérité. Il peut
aller jusqu’à inculper des personnes qui n’ont pas été formellement citées dans l’acte du
Procureur ou dans la plainte de la victime, dès lors qu’il découvre, durant l’information que
ces personnes-là ont pris part à la commission de l’infraction comme auteur, coauteur ou
complice.
Le Procureur de la République peut, à toute étape de l’information judiciaire, par acte appelé
« réquisitoire supplétif », requérir le juge d’instruction de faire tous actes qui lui paraissent
nécessaires à la manifestation de la vérité et, spécialement, de procéder à de nouvelles
inculpations. Toutefois, le juge reste maître de son instruction. Il peut ainsi refuser
d’accomplir un acte qui lui est demandé par le Procureur. Dans ce cas, il rend une ordonnance
motivée appelée « refus de plus ample informé » qu’il notifie au Procureur.
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quarante huit heures qui suivent cette communication. Le secret de l’instruction n’est pas
opposable au Ministère public. Les ordonnances et les mesures que prend le juge d’instruction
sont communiquées au Procureur de la République.
§.2- L’inculpé
L’inculpé a des droits, mais aussi, il est soumis des contraintes
La surveillance judiciaire consiste à obliger la personne poursuivie, qui n’est pas incarcérée, à
se soumettre à un certain nombre d’interdiction que fixe, par ordonnance, le juge
d’instruction. Il peut ainsi être interdit à l’inculpé de quitter le territoire camerounais, de se
rendre à certains lieux, de rencontrer certaines personnes, d’exercer certaines activités… Le
juge d’instruction peut aussi demander à l’inculpé de fournir une caution qui garantie sa
représentation en justice. Il peut être demandé à l’inculpé de se présenter régulièrement
devant telle ou telle autorité désignée par le juge, question de s’assurer de sa présence et de sa
représentation devant le juge.
Le juge d’instruction peut à tout moment modifier ou supprimer une ou plusieurs obligations
résultant de la surveillance judiciaire. Il peut le faire d’office ou à la demande de l’inculpé.
Selon l’article 218 du CPP, la détention provisoire est une mesure exceptionnelle qui ne peut
être ordonnée qu’en cas de délit ou de crime. Elle doit être ordonnée dans le but de préserver
l’ordre public, la sécurité des personnes et des biens ou d’assurer la conservation des preuves
ainsi que la représentation en justice de l’inculpé. Un inculpé justifiant d’un domicile connu
ne peut faire l’objet de détention provisoire qu’en cas de crime. La durée de la détention
provisoire est fixée par le juge d’instruction. La détention provisoire ne peut excéder six mois.
Toutefois, une prorogation de six mois est possible en cas de délit et douze mois en cas de
crime.
Un inculpé placé en détention provisoire peut être remis en liberté à tout moment par le juge
d’instruction qui rend à cet effet, une « ordonnance de mise en liberté ». Cette mesure de
faveur peut être subordonnée au payement d’une caution, c’est-à-dire une somme d’argent
garantissant sa représentation en justice. Cette garantie peut aussi être donnée par un tiers qui
s’engage à tout mettre en œuvre pour que l’inculpé réponde présent à toutes les convocations
de la justice. Lorsque l’inculpé est poursuivi pour une infraction passible de
l’emprisonnement à vie ou de la peine de mort, aucune garantie n’est admise pour sa mise en
liberté.
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Au lieu d’accomplir lui-même les actes de l’instruction, le juge peut charger certaines
autorités de les faire en ses lieu et place : on parle alors de « commission rogatoire ». La
mission peut être confiée soit à un officier de police judiciaire, soit à un autre juge
d’instruction.
Le « mandat de perquisition » est l’ordre donné à l’officier de police judiciaire par une
autorité judiciaire (le juge d’instruction, juge de jugement, Procureur de la République), de
pénétrer dans tout lieu public ou privé, de fouiller aux fins de rechercher et de saisir tous
objets ou documents qui ont servi à la commission d’une infraction ou qui apparaissent
comme le produit d’une infraction.
Le « mandat d’amener » est l’ordre donné aux officiers de police judiciaire de conduire
immédiatement devant son auteur, la personne y désignée.
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Le « mandat d’arrêt » est l’ordre donné à un officier de police judiciaire de rechercher une
personne de la conduire devant une autorité judiciaire.
Le « mandat de détention provisoire » est l’ordre donné par une autorité judiciaire au
régisseur d’une prison, de recevoir et de détenir une personne poursuivie pénalement.
Le « mandat d’extraction » est l’ordre donné au régisseur d’une prison, par une autorité
judiciaire, de faire conduire, soit devant elle, soit à l’audience, une personne préalablement
incarcérée.
Les ordonnances les plus attendues du juge d’instruction sont prises à la fin de ses
investigations : L’ « ordonnance de non-lieu » et l’ « ordonnance de renvoi devant le
tribunal ».
Lorsque le juge d’instruction estime que les faits qui lui ont été présentés ne constituent
aucune infraction ou qu’il n’y a pas de charges suffisantes contre la personne poursuivie, il
rend une « ordonnance de non-lieu ». Cette ordonnance entraîne la mise en liberté immédiate
de l’inculpé dans le cas où il était détenu provisoirement, à moins qu’il ne soit impliqué dans
une autre cause pour laquelle il a été également placé en détention provisoire. Si l’inculpé
avait versé une caution, celle-ci lui est restituée. Le juge d’instruction statue en outre sur les
dépens qui peuvent être mis à la charge du Trésor public lorsque les poursuites ont été initiées
par le Ministère public. Les dépens peuvent aussi être mis à la charge de la victime qui a
déclenché les poursuites en se constituant partie civile. L’ordonnance de non lieu ne fait pas
obstacle à la réouverture d’une information, en cas de survenance des faits nouveaux.
Lorsque le juge d’instruction estime que les faits de la poursuite constituent une infraction, il
rend une « ordonnance de renvoi », soit devant le Tribunal de première instance
(contraventions et délits), soit devant le tribunal de grande instance (crimes). Dès lors, s’ouvre
une nouvelle phase du procès pénal : la phase décisoire.
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La publicité de l’audience constitue l’une des plus importantes garanties pour la personne
poursuivie. Elle est assurée que la vérité ne sera étouffée. La justice elle-même y trouve un
grand intérêt : le public présent dans la salle peut témoigner de la régularité des débats et de la
décision qui en est issue.
Toutefois, lorsque la publicité est dangereuse pour l’ordre public ou les bonnes mœurs, la
juridiction peut, à tout moment, d’office ou à la demande de l’une des partie au procès,
ordonner par jugement « Avant dire droit », que les débats aient lieu en totalité ou en partie à
huis-clos ou que leur publicité soit restreinte. De même, un membre du Gouvernement ou un
représentant des missions diplomatiques, appelé à témoigner à une audience, peut être
entendu à huis-clos. De même, les audiences pour les procès concernant les mineurs de moins
de dix-huit ans se déroulent à huis-clos.
A- Le ou les juges
A l’audience de jugement d’une affaire pénale, peuvent siéger un ou plusieurs juges, tous
magistrats. Le principe du juge unique est consacré devant le Tribunal de première instance et
devant le Tribunal de Grande instance. Il est en effet dit aux articles 14 (2) et 17 (7) de la loi
de 2006 sur l’organisation judiciaire que toutes les affaires soumises à ces juridictions sont
jugées par un seul magistrat. Toutefois, et à tire exceptionnel, le Tribunal peut siéger en
formation collégiale de trois membres, sur ordonnance du président, prise d’office ou sur
réquisition du Ministère public, ou à la requête d’une parie au procès.
Le Tribunal militaire, lorsqu’il statue sur des délits et des contraventions relevant de sa
compétence, est une juridiction à juge unique. Il siège en formation collégiale lorsqu’il s’agit
de juger des crimes.
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Devant la Cour d’appel et devant la Cour suprême, le principe est celui de la collégialité des
juges. En effet, selon l’article 21 de la loi de 2006, toutes les affaires relevant de la Cour
d’appel sont jugées par trois magistrats du siège, membre de la Cour.
Le juge unique préside l’audience. Lorsqu’il y a collégialité des juges, un d’eux est désigné
pour présider l’audience. Il s’agit très souvent du plus ancien dans le grade le plus élevé. Le
président a pour mission d’assurer la police de l’audience et la direction des débats. Des
agents des forces de l’ordre sont à cet effet, mis à sa disposition.
La personne poursuivie peut se présenter à l’audience seule ou assistée d’un avocat ou de tout
autre défenseur admis par la loi. Toutefois, en matière criminelle, la présence d’un défenseur
est obligatoire lorsque l’accusé encourt la peine de mort ou la peine d’emprisonnement à vie.
S’il ne s’est pas constitué un défenseur, le président de la juridiction lui en désigne un
d’office.
En matière criminelle, le président fait venir à lui l’accusé dix jours avant la tenue de
l’audience. Cette rencontre a pour but de s’assurer que la personne poursuivie sera bien
présente à l’audience et qu’elle a un défenseur pour sa cause. L’accusé qui comparait libre
doit être convoqué pour cette entrevue. S’il ne se présente pas, le président peut décerner un
mandat d’amener contre lui.
Toute personne qui prétend être victime d’une infraction peut se constituer partie civile à
l’audience de jugement de l’affaire. Elle procède alors par conclusions écrites ou orales.
Contrairement à ce qui est dit pour la personne poursuivie, la partie civile peut être
représentée par un avocat ou toute autre personne prévue par la loi pour la représentation des
parties devant les juridictions.
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C- Les témoins
Le témoin est la personne que l’on présente ou qui se présente comme celui-là qui a vu,
entendu ou perçu le fait qui est reproché à la personne poursuivie. Toute personne âgée de
quatorze ans au moins, peut être entendue comme témoin dans une affaire et à l’audience de
jugement. Le témoin, cité à comparaître, est tenu de le faire ; le refus de témoigner est
constitutif d’une infraction pénale. Tout fonctionnaire qui a dénoncé un crime ou un délit qu’il
a constaté dans l’exercice de ses fonctions, est tenu de comparaître et de déposer s’il est cité.
Les témoins sont présentés par chaque partie au procès. On aura ainsi, les témoins du
Ministère public, les témoins de la partie civile et les témoins de la défense. Chaque témoin
est tenu de prêter le serment de dire la vérité, relativement à ce qu’il sait de l’affaire débattue
à l’audience. La personne poursuivie peut également faire le choix d’être entendue comme
témoin.
Une personne qui n’a pas été citée, mais qui est présente à l’audience peut, si elle en fait
spontanément la demande, être entendue comme témoin. Elle est dans ce cas dispensée du
serment.
Le président rappelle à la personne poursuivie les faits infractionnels qui lui sont reprochés. Il
demande à ce dernier s’il plaide « coupable » ou « non coupable ».
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Les débats sont relativement brefs lorsque la juridiction accepte le choix du défendeur qui
plaide « coupable ». Seulement, la juridiction peut refuser le choix du défendeur. Dans ce cas,
les débats se déroulent comme s’il avait plaidé « coupable ».
La partie qui a fait citer un témoin procède d’abord à l’interrogatoire de celui-ci. On parle
alors d’ « examination-in-chief ». Au cours de cette phase, le témoin est invité à dire tout ce
qu’il sait sur les faits de la cause. L’interrogatoire du témoin par une autre partie au procès est
appelé « cross examination ». Cette phase a pour but à d’affaiblir, de modifier ou de détruire
la thèse de la partie adverse. Elle permet aussi de susciter de la partie adverse des déclarations
favorables à la thèse de la partie qui procède à l’interrogatoire. L’interrogatoire après la
« Cross examination » par la partie qui a cité le témoin s’appelle « re-examination ».
A la suite de ces dépositions, si le tribunal estime que les faits ne constituent aucune infraction
pénale ou que les preuves n’ont pas été rapportées, il arrête les débats et prononce la relaxe du
défendeur.
Si par contre le tribunal estime que les éléments de preuve sont suffisants pour que le
défendeur puisse présenter sa défense, il lui offre trois options : 1°- faire sans serment toute
déclaration pour sa défense ; 2° Ne faire aucune déclaration ou alors 3°- déposer comme
témoin sous serment. Dans les deux premiers cas, aucune question ne lui est posée. Dans le
dernier cas, il peut recevoir des questions des autres parties au procès.
Lorsque les débats sont clos, il n’y a plus qu’à attendre la décision de la juridiction.
Section 3 : Le jugement
Après la clôture des débats, le jugement est rendu, soit immédiatement, soit dans un délai de
quinze jours après la clôture des débats. Lorsque l’affaire est mise en délibéré, le président
informe les parties de la date à laquelle le jugement sera prononcé.
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§. 1- La relaxe du défendeur
Lorsque le tribunal constate, à la suite des débats, que les faits présentés ne constituent aucune
infraction, il relaxe le défendeur. Il en sera de même lorsque la preuve des faits n’a pas été
rapportée ou que le fait établi n’est pas imputable au défendeur. S’il y a un doute, le défendeur
est relaxé et mention de ce doute est inscrite dans le jugement.
§. 2- La condamnation du défendeur
Lorsque le tribunal déclare le défendeur coupable de faits qui lui sont reprochés, il le
condamne à la peine prévue par la loi et statue, s’il y a lieu, sur l’action civile. Il met en outre
les dépens à la charge du condamné. Le tribunal ordonne le remboursement des sommes
consignées par la partie civile qui a pris l’initiative des poursuites.
Le défendeur condamné est aussi appelé à payer les dépens du procès qui sont fixés par le
juge. Lorsque le tribunal ne prononce qu’une peine d’amende, le montant de celle-ci doit être
payé immédiatement par le condamné. Il en est de même des frais des dépens. A défaut, il y
sera contraint par corps.
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Le CPP au Cameroun a prévu des voies de recours pour toutes les décisions rendues par les
juridictions pénales. Il faut simplement distinguer les voies de recours ordinaires des voies de
recours extraordinaires.
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§.1- L’opposition
L’opposition est une voie de recours ordinaire et de rétractation contre une décision rendue
par défaut. Cette procédure se justifie par l’idée que nul ne peut être condamné sans avoir été
entendu, alors que la juridiction aurait pu rendre une décision autre si le défendeur avait été
présent.
Il y a défaut lorsque la personne poursuivie a été jugée en son absence et n’a pas été citée à
personne. On suppose alors qu’elle n’est pas au courant de la procédure dirigée contre elle. Le
CPP lui offre la possibilité de faire opposition contre la décision issue du procès mené en son
absence. Lorsque la personne poursuivie, citée à personne, ne se présente pas à l’audience, et
en même temps ne présente pas d’excuse admise comme valable par le tribunal, elle est jugée
en son absence et la décision rendue dans ce cas est contradictoire. Il ne s’agit donc pas d’une
décision par défaut, et l’opposition n’est pas admise. Une seule comparution suffit pour qu’on
ne puisse pas se prévaloir d’un défaut pour faire opposition.
L’opposition est ouverte à toutes les parties au procès, à l’exception du Ministère public qui,
logiquement, ne peut pas être absent à un procès pénal. De toute façon, une décision rendue
sans la présence du Ministère public est nulle et de nul effet. Il n’y a donc pas de voie de
recours à envisager. Seules la personne poursuivie et la partie civile peuvent faire opposition,
puisque seules ces parties-là sont susceptibles d’être jugées par défaut. Toutefois, la partie
civile, régulièrement citée, qui ne se présente pas, ne conclut pas ou ne se fait pas représenter
est censée avoir renoncé à son droit de demander des réparations civiles. Elle n’est pas admise
pour faire opposition.
L’opposition se fait de trois façons : 1°- Par déclaration sur l’acte de signification lorsque
celle-ci est faite à personne ; 2°- Par déclaration au greffe de la juridiction qui a rendu la
décision ; 3°- Par télégramme avec récépissé ou par lettre recommandée, avec accusé de
réception, adressée au greffier en chef de la juridiction qui a rendu la décision.
§. 2- L’appel
L’appel est une voie de recours ordinaire contre les décisions en premier ressort ; rendues
contradictoirement ou par défaut. L’appel consacre le principe de « double degré de
juridiction ». L’appel est une voie de réformation qui saisit une nouvelle juridiction,
hiérarchiquement supérieure à celle qui a rendu la première décision.
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Tout jugement peut faire l’objet d’un appel. Seuls les jugements « Avant-dire-droit »
ordonnant une mesure d’instruction ne sont pas susceptibles d’appel. Les ordonnances du juge
d’instruction peuvent également faire l’objet d’un appel devant la Chambre de contrôle de
l’instruction.
Le droit d’interjeter appel appartient à toutes les parties au procès en première instance, à
savoir : le condamné, le civilement responsable, la partie civile, le Ministère public, les
administrations publiques ayant mis l’action publique en mouvement.
Le délai pour interjeter appel est de dix jours à compter du lendemain de la date du jugement
contradictoire. Le délai pour interjeter un appel incident est de cinq jours à compter du
lendemain de la notification de l’acte d’appel principal aux autres parties.
L’appel est interjeté au greffe du tribunal qui a rendu la décision. Il se fait soit par déclaration,
soit par lettre ordinaire ou par lettre recommandée avec accusé de réception, soit par
télégramme ou par tout autre moyen laissant trace écrite. Pour les personnes détenues, l’appel
peut aussi être adressé au greffier, sous le couvert du régisseur de la prison dans laquelle elles
sont incarcérées.
L’appel suspend l’exécution de la première décision. Toutefois, les titres de détention délivrés
continuent de produire leurs effets.
La Cour d’appel peut confirmer ou infirmer, en tout ou partie, les points de jugement attaqué.
Elle peut, sur appel du Ministère public, condamner une personne qui a été relaxée par le
premier juge. Elle peut aussi aggraver ou réduire la peine prononcée.
Lorsque le condamné seul qui fait appel, la Cour d’appel ne saurait lui infliger une peine plus
grave que celle qu’il a reçue en première instance. Lorsque l’appel est fait uniquement par la
partie civile, la Cour ne statue que sur les intérêts civils. Toutefois, si la Cour constate que la
personne poursuivie en première instance a été relaxée à tort, elle prononce sa culpabilité, le
condamne à réparer le dommage civil, sans lui infliger une sanction pénale.
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Le pourvoi en cassation est formé par déclaration au greffe de la Cour d’appel qui a rendu la
décision ou au greffe de la Cour suprême, par télégramme, par lettre recommandée avec
accusée de réception ou par tout autre moyen laissant trace écrite.
Les délais pour se pourvoir en cassation sont les suivants : dix jours contre les arrêts rendus au
fond ; sept jours contre les arrêts « Avant-dire-droit », trente jours contre les arrêts par défaut ;
cinq jours contre les arrêts de la Chambre de contrôle de l’instruction.
La révision d’un procès pénal peut être demandée au profit d’une personne condamnée pour
crime ou délit lorsque, après une condamnation pour homicide, de nouvelles pièces produites
sont de nature à prouver que la prétendue victime est encore en vie ; lorsque après une
condamnation l’innocence du condamné est une évidence ; lorsque le vrai coupable se
dénonce.
Convaincu de l’innocence du condamné dans le premier procès, la Cour suprême rend une
décision de relaxe ou d’acquittement. La décision est publiée partout où besoin est, afin que
nul n’en ignore.
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