[1]
UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE
GESTION
DEPARTEMENT DE L’ECONOMIE
OPTION : ECONOMIE MONETAIRE
NOTES DE COURS DE MANAGEMENT
NOTES DE COURS DE MANAGEMENT BANCAIRE
BANCAIRE
PROFESSEUR : Emile NGOY KASONGO
Edition 2021
[2]
0. INTRODUCTION
Avant d’entrer dans le vif de ce cours, nous nous posons une question qui est celle
de savoir si la gestion d’une banque est différente de celle des autres entreprises
pour que les analyses particulières leurs soient consacrées.
A cette question, la réponse demeure positive. Certes, il existe de nombreux points
communs entre entreprises bancaires et non bancaires. Mais les banques
présentent des spécificités qui justifient et nécessitent des approches et analyses
adaptées, ces spécificités peuvent s’appréhender à plusieurs niveaux.
Spécificité au niveau du secteur ;
Au niveau du secteur, les banques appartiennent à un secteur réglementé, la
stabilité des intermédiaires financiers étant indispensable au fonctionnement
efficient de l’économie, la réglementation bancaire, dont les crises financières
récentes ont bien montré l’importance et l’utilité est omniprésente et contraint de
très nombreux aspects de la gestion des établissements de crédit. Il n’y a point des
banques sans réglementation.
Spécificité au niveau des firmes ;
On observe que les banques ne connaissent guère de cycles de production et leurs
activités ne peuvent être qualifiées de saisonnière.
De même il est difficile d’introduire au plan de la gestion une différence
fondamentale entre le court et le long terme, l’exploitation et le financement, tant
des phénomènes d’interdépendance se manifestent. Mais surtout la fonction
essentielle d’une banque est la prise des risques. Plus que toute autre entreprise la
banque est confrontée quotidiennement à de prises des décisions en avenir risqué.
Spécificité au niveau des produits ;
Les banques sont prestataires de services, leurs produits sont donc peu sujet à
l’obsolescence, leurs produits ne sont pas protégés par un brevet, mais ils font
fréquemment objet d’une réglementation.
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CHAP I. ENTREPRISE BANCAIRE
Le terme de banque est une appellation générique, généralement utilisé pour
désigner des entreprises à fonction, statut ou activité fort différent.
Il convient donc de définir plus précisément, c’est que ce terme recouvre en
adoptant successivement 3 approches ; une approche théorique, où la fonction
intermédiaire financier est privilégiée, ensuite une approche institutionnelle liée à
la notion d’établissement des crédits et enfin une approche plus professionnelle
qui reconnait la diversité du métier des banquiers.
I.1. BANQUE, INTERMEDIAIRE FINANCIER
Une banque est l’intervenant principal du processus de finance indirecte en raison
des rôles essentiels à ce processus qu’elle remplit.
I.1.1 Finance directe et indirecte
Cette distinction fondamentale renvoie aux modes de financement d’une
économie, c’est-à-dire à l’allocation des ressources financières à des emplois
multiples.
Figure I.1 Finance directe et Finance indirecte
Actif Passif Actif Passif
Finance Directe
Titres Titres
Besoin
de Capacité de
finance Finance Indirecte financement
Crédits Monnaies
Crédit Monnaie
Intermédiaire
financier
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a) Agent à Capacité de financement ou à Besoin de financement
Certains agents économiques comme les ménages ne consomment pas
l’intégralité de leur revenu et dégagent une épargne qu’ils cherchent à placer. Ils
ont une capacité de financement, ils sont prêteurs.
D’autres agents au contraire, dépensent davantage que leur revenu parce qu’ils
ont des projets d’investissement à réaliser comme par exemple les entreprises ou
l’Etat. Ils ont un besoin de financement, ils sont emprunteurs.
b) Les deux processus de financement d’une économie
Les agents à besoin de financement(ABF) s’adressent aux agents à capacité de
financement(ACF) afin de leurs emprunter leurs excédents de revenu selon deux
modalités.
Définition1 : La finance directe appelée également finance désintérmediée ou
économie des capitaux.
Avec la finance directe les ABF et les ACF entrent directement en relation en se
présentant sur des marchés des capitaux. Les ABF émettent des titres (action,
obligation) qui sont souscrits par les ACF.
Ceci revient pour les ACF à prêter et pour les ABF à emprunter.
Les deux parties concluent un contrat sur le marché des capitaux, ce qui signifie
que qu’ils se sont mis d’accord sur un montant, une date de remboursement et un
prix (cours du titre sur le marché).
Il y a donc une face à face des prêteurs et emprunteurs sur le marché des capitaux
qui assure l’allocation des ressources financières au financement des projets
d’investissement, ce qui explique que l’on peut parler de l’économie des marchés
des capitaux.
Les pays où la finance directe est très développée sont les pays anglo-saxon où,
des longues dates, des marchés des capitaux efficients et diversifiés assurent
l’allocation des ressources financières.
Définition2 : la finance indirecte dite également finance intermédiée ou économie
d’endettement. Avec celle-ci, un intermédiaire financier vient s’intercaler entre
les ABF et les ACF, cet intermédiaire financier vient emprunter auprès des ACF
leurs épargnes en leur proposant des contrats de type contrat de dépôts, se faisant
l’intermédiaire, collecte des capitaux. Puis il va prêter les capitaux ainsi collectés
aux ABF en leur proposant des contrats de crédit.
[5]
Il n’y a donc plus de face à face entre prêteurs et emprunteurs, l’allocation des
ressources financières transite par des organisations que l’on appelle ;
intermédiaires financiers. D’où l’appellation de l’économie d’endettement, le
projet d’investissement étant financé par le crédit bancaire.
Les pays où la finance directe est peu développée sont les pays en développement
ou en transition et les pays qui ont privilégié les banques dans le financement de
l’économie pour des raisons historiques. Tel est le cas de l’Allemagne et le Japon.
Et ces deux ont fini à développer leurs Etats par des marchés des capitaux, dans
les économies d’endettement les marchés des capitaux s’ils existent sont étroits et
peu efficients.
NB l’opposition entre finance directe et indirecte tend depuis les années 1980 à
se brouiller, notamment parce que est apparu aux Etats-Unis, un nouveau modèle
bancaire ; les banques qui traditionnellement concentrés des crédits et de
conserver dans leurs bilans (le modèle ORIGINATE TO HOLD), ont cherché à
céder ces crédits à des investisseurs.
Ainsi a été développé un modèle d’octroi-cession de crédit qualifié de
ORIGINATO TO DISTRIBUTE, s’appuyant sur la technique de titrisation. Cette
distinction tend à être plus complexe.
I.1.2 Le rôle de l’intermédiation financière dans l’allocation des ressources
Les intermédiaires financiers particulièrement les banques remplissent des rôles
irremplaçables dans l’allocation des ressources, regroupés au de 3 agents.
a) La banque traite de l’information
Un intermédiaire financier internalise le cout de transaction lié à la collecte
d’information est supporté par les prêteurs et emprunteurs sur le marché des
capitaux.
Ainsi l’intermédiaire se forge une véritable compétence dans le traitement de
l’information. Sur le marché, le cout de transaction consiste pour les prêteurs à
rassembler des informations sur le rendement et risque des titres émis, puis à
surveiller les comportements de l’émetteur.
Pour l’emprunteur, il s’agit de démarcher le prêteur et de lui fournir les
informations qui lui sont nécessaire de manière fiable et rapide, alors qu’il ne
souhaite peut-être pas le révéler.
Dans ces conditions, l’intervention d’une banque est utile à plusieurs égards.
Les banques et leurs clients (particuliers ou entreprises)
entretiennent des relations de long terme ce qui signifie que la
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relation banque-client est une relation durable, en effet les deux
parties ont tout intérêt à la stabilité de cette relation.
Les banques ne divulguent pas cette information, elles la conserve
pour elles même, elles l’utilisent pour affiner leurs connaissances
des clients et pour leur vendre les produits dont ils ont besoin.
Lorsqu’une banque accorde un crédit à un client, cette opération
peut être analysée comme une signalisation à destination des tiers ;
les banquiers estiment que l’emprunteur est un bon risque et la
réputation de l’emprunteur est confortable parce que la banque a
accepté de lui offrir un crédit.
b) L’expertise de la banque en matière d’évaluation et de suivi des risques
Les banques ont développé une véritable expertise dans l’évaluation et le suivi du
risque de crédit qu’elles mettent au service des agents à capacité de financement,
elles maitrisent tous les outils d’analyse du risque de crédit, elles savent rédiger
le contrat de crédit avec les choses incitant les emprunteurs à respecter leurs
engagements et assorties des prises de garanties, elles assurent le suivi quotidien
des dossiers de crédit et prennent les mesures nécessaires en cas de défaillance de
la contrepartie ce que les prêteurs non qualifiés ne sont pas à mesure de faire.
La banque assume directement le risque de crédit qu’elle gère, grâce à la division
des risques.
c) La banque et l’assurance de liquidité
Les contrats de dépôt comme ceux de crédit fournissent aux clients une assurance
de liquidité.
NB : Ainsi, c’est l’imperfection des marchés qui explique l’existence des banques
et la spécificité de l’un d’entre eux, la banque qui réduit le coût et l’incertitude en
transformant de l’information et le risque en liquidité.
I.2. BANQUE, ETABLISSEMNT DE CREDIT
Cette approche met l’accent sur la banque en tant que l’institution dont les statuts
et les opérations relèvent d’une législation spécifique.
I.2.1. Les différentes formes des activités de la banque
Un établissement de crédits est une entreprise dont l’activité consiste pour son
propre compte et à titre de profession habituelle à recevoir des fonds
remboursables du public et à octroyer des crédits.
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Désormais, un établissement de crédits, se caractérise par le cumule de deux types
d’activités qui sont la réception de dépôts et l’octroi des crédits.
a) Les opérations des banques
On distingue généralement 3 catégories d’opérations des banques que les
établissements de crédit peuvent être autorisés à réaliser :
La réception des dépôts par des tiers, utilisés par les établissements de
crédits pour son propre compte et remboursable.
La distribution des crédits ; le terme crédit doit être pris au sens large des
crédits décaissés, engagement par signature, mais également crédit-bail et
l’occasion d’assorti d’option d’achat.
Les services bancaires de paiement ; il s’agit de la mise à disposition de la
clientèle et de la gestion de moyen de paiement, à savoir de tout instrument
permettant de transférer des fonds quel que soit les supports où le procédé
technique utilisé.
Ces 3 catégories d’opération ne rendent pas bien compte de certaines opérations
de marchés très fréquemment accomplies par les banques avec les émissions et
les achats de titres appelés ; intermédiation des marchés.
b) Les activités connexes
Sont des activités qui prolongent les opérations des banques et comprennent les
opérations de change, les opérations sur l’or, métaux précieux et pièces, les
opérations sur valeur mobilière et produit financier, le conseil en matière de
gestion financière, l’ingénierie financière et les opérations de la localisation
simple, la plupart de ces opérations relèvent des prestations de service.
c) Les activités non bancaires
Les banques peuvent accomplir des activités ne relevant pas de deux catégories
précédentes comme la commercialisation des produits d’assurance ou de voyages
organisés ont fait que les revenus tirés de ces activités soient plafonnés dans la
plupart de pays par la règlementation bancaire à 10% de produit net bancaire de
l’établissement concerné.
d) Les prises de participation
Ces opérations correspondent à la détention durable pour le motif stratégique
d’actions émis par les autres sociétés, établissements de crédits ou des entreprises
ne relevant pas de ces statuts. Les prises de participation sont soumises à une
réglementation.
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FIGURE I.2. La banque, intermédiaire financier et prestataire des services
BANQUE
INTERMEDIAIRE FINANCIER PRESTATAIRE DE SERVICE
- Intermédiaire du bilan : - Gestion de moyen de paiement ;
Dépôts/Crédits ; - Service des valeurs mobilières ;
- Intermédiaire du marché : - Service de change ;
Emission/Achat - Divers : Conseils, ingénierie
NB ; cette figure récapitule les différentes formes de l’activité bancaire en mettant
en évidence la double fonction d’une fonction dans les économies
contemporaines.
I.2.2. La classification des établissements de crédit
Généralement on considère quatre catégories d’établissements de crédits et
chaque établissement doit être agrée dans l’une de ces catégories.
D’une catégorie à l’autre, l’agrément n’englobe pas toutes les opérations
mentionnées plus- haut.
Ainsi, les deux premières sont habilitées à traiter toutes les opérations de banques,
les deux autres ont un agrément restreint qui leur interdit de recevoir du public les
fonds à vue ou à moins de deux ans de terme.
De même au sein de 3 premières catégories, certains établissements ont un
agrément limité lorsque leur activité est concentrée sur une clientèle ciblée et
offre une gamme de produits restreints.
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Tableau [Link] des établissements de crédit
01 Les banques
02 Les banques mutualistes ou coopératives
03 Les établissements de crédits spécialisés
04 Succursale bénéficiant de la liberté
d’établissement
I.3. LE METIER DE LA BANQUE
Pour compléter la définition d’une entreprise bancaire il importe de présenter le
métier de la banque sachant qu’un métier se défini comme une activité articulée
autour des structures de production et de compétences appliquées à des marchés.
a) Identification des métiers de la banque
Pour décrire les métiers exercés par une banque, plusieurs critères peuvent être
utilisés :
Le mode de collecte des ressources
On distingue ainsi les banques qui collectent leurs ressources par l’intermédiaire
d’un réseau d’agence et par des nouveaux canaux de distribution relevant de la
banque à distance et / ou en ligne et celles qui collectent ses ressources sur des
marchés des capitaux.
La première catégorie, collecte les dépôts à vue et d’épargne auprès de la clientèle
composée principalement des particuliers et des entreprises dans le cadre du
processus de finance indirecte.
La seconde, met les titres sur des marchés, titres de créance à court terme ou à
plus long terme et ces émissions relèvent du processus de finance directe.
La clientèle,
On distingue plusieurs catégories de clientèles ; les particuliers, les PME qui
incluent les commerçants, les artisans et les professions libérales, les grandes
entreprises, les sociétés cotées en bourse et les investisseurs institutionnels.
La zone d’exercice du métier,
Une banque exerce une activité domestique lorsqu’elle concentre ses activités
dans une zone géographique qui ne dépasse pas les frontières de son pays
d’origine. Elle exerce une activité internationale lorsqu’elle a des succursales ou
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filiales à l’étranger et des opérations vis-à-vis de non-résidents qui dépassent des
tiers de son total de bilan.
L’intensité de l’utilisation des fonds propres,
Certaines activités bancaires, comme le conseil ou la gestion pour compte des tiers
consomment peu de fonds propres, en revanche, les crédits ou le capital risquent
en consomment davantage.
La récurrence de revenu,
D’un métier à l’autre, l’activité se maintient plus (le cas de la gestion d’actif et de
la collecte des dépôts) au moins (la fusion et l’acquisition ou l’introduction en
bourse), aisément, principalement en fonction de la conjoncture.
L’impact du risque,
Les métiers bancaires sont plus au moins sensibles à certains risques. Par exemple,
les métiers directement liés aux marchés financiers sont particulièrement sensibles
au risque de marché tandis que le risque de crédit est inérrant aux activités de
financement.
b) Typologie des métiers de la banque
4 grands métiers composent l’activité bancaire, ils se définissent par rapport à ces
critères.
Tableau I.2. Critères de définition des métiers de la banque
Collecte Clientèle Zone Utilisatio Récurrenc
CRITERES des d’activité n des e des
METIERS ressource fonds revenus
s propres
Banque de Réseau Particuliers Domestique +- ++
détail d’agence et PME
s
Banque de Marchés Grandes Internationa +- - -
financement entreprises le
et
investisseme
nt
[11]
Gestion Non Investisseurs Internationa - - ++
d’actif et significat institutionne le
banque if ls et
privée particuliers
Services Marchés Particuliers, Domestique ++ +-
financiers PME et
spécialisés Grandes
entreprises
[12]
CHAP II. LA REGLEMENTATION BANCAIRE
Comme bien d’autres professions la banque est réglementée. Et les dispositions
qui encadrent l’activité bancaire, ont des conséquences majeures sur le
fonctionnement et la gestion des établissements de crédit, d’où la nécessité de
connaitre les principaux aspects de cette réglementation. Par réglementation
bancaire, on désigne l’ensemble de textes de nature législative et réglementaire.
II.1. Les fondements de la réglementation bancaire
Collecte des dépôts, distributions des crédits et mise à disposition de service de
paiement ; ces 3 catégories d’opération, dont les établissements de crédit ont le
monopole, sont à ce point essentiel au bon fonctionnement de l’économie que,
même dans les régimes les plus libéraux, un contrôle des banques existe. La
réglementation bancaire trouve là son fondement essentiel ; « assurer la stabilité
du secteur bancaire, par la prévention du risque systémique.
S’attachant à un domaine d’application particulièrement vaste, elle présente
aujourd’hui une dimension internationale.
A. Le risque systémique et la nécessaire surveillance des établissements
des crédits
A.1. Les banques et le risque systémique
A plusieurs titres, les banques sont concernées par le déclenchement d’une crise
systémique, à cet effet, 3 cas de figures sont soulevés :
La banque initiatrice de la crise systémique,
La banque agent de propagation de la crise systémique,
La banque victime de la crise systémique.
1.1 La banque, initiatrice de la crise systémique
Les prises des risques excessifs par les établissements de crédit peuvent conduire
à une crise de liquidité puis une à une récession économique comme l’illustre la
crise bancaire et financière de 2007-2008.
- Les prises des risques excessifs ; une conjoncture économique soutenue
couplée à un secteur bancaire très concurrentiel peut induire une baisse de
la perception du risque systémique par les banques. La distribution des
crédits se développe rapidement au prix d’un risque de contrepartie de plus
en plus élevé et du surendettement des emprunteurs. Cette euphorie est le
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crédit facile qu’ils engendrent sont favorables au développement (les bulles
spéculatives) dans le secteur immobilier ou sur le marché des actions.
Dans ces conditions, tout évènement essentiel au secteur bancaire, provoque une
prise de conscience par toutes les banques simultanément du risque de système ;
soit elles contractent brutalement leur offre de crédit, (crédit Crunch). Soit elles
augmentent les primes de risque en majorant le taux de crédit. Ce comportement
est à même d’engendre l’éclatement des bulles spéculatives. Les débiteurs de
banques deviennent insolvables et entrainent dans leurs chutes les insuffisamment
capitalisées, une crise de liquidité est alors possible.
- La crise de liquidité, l’éclatement d’une bulle spéculative, l’accroissement
du nombre de défaillance d’entreprises, les difficultés auxquelles certains
établissements sont confrontés, voire les faillites peuvent causer une perte
de confiance des clients des banques et déclencher une course aux guichets ;
les déposants se présentent tous en même temps à leurs guichets pour retirer
leurs avoirs, une panique bancaire sans suite qui s’étend par contingent aux
banques qui sont saines, et qui deviennent illiquides.
1.2. La banque, canal de transmission d’une crise systémique,
En tant qu’intervenant majeur sur le marché des capitaux et dans le système de
règlement, les banques sont des agents de propagation obligatoire d’une crise
systémique. Il y a en effet, au sein de 3 sous-systèmes une totale implication de
positions débitrice et créditrice. Le défaut d’un intervenant de grande taille met
en difficulté tous les autres y compris les banques, d’où les effets de contingents
donc les canaux de transmission les plus rapides sont les marchés interbancaires
et le système de paiement à règlement net.
1.3. La banque, victime de la crise systémique,
A l’évidence, toute crise systémique affecte les établissements de crédit ; crise de
liquidité, perturbation dans le système de paiement, augmentation du nombre
d’entreprises en difficultés et la banque à structure financière fragile est alors
ramenée à la cessation de paiement. La faillite d’un établissement de crédit surtout
si elle est de grande taille, est un évènement désastreux à même de mettre en cause
la stabilité d’une économie par les effets de chaines qu’elle suscite ; défaillance
en cascade d’autres banques et d’entreprises, retraits massifs de dépôts bancaires,
fuite des capitaux vers l’étranger, des organisations de paiement.
NB ; Le cout économique et social d’une faillite bancaire est donc exorbitant
comparé à celui de n’importe quelle autre entreprise et justifie la surveillance du
secteur bancaire par le pouvoir public.
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La surveillance du secteur bancaire
Surveiller le secteur bancaire signifie tout à la fois ; fixer les prescriptions
adéquates, vérifier leurs applications et superviser le comportement des
établissements de crédit, la surveillance du secteur bancaire à emprunter plusieurs
voix d’un système financier comme d’une époque à l’autre.
Mais à l’heure actuelle, un consensus se réalise autour de la réglementation
bancaire entant que filet de sécurité.
a) Free Banking et Prêteur en dernier ressort
Lorsque les secteurs bancaires se sont progressivement constitués tout le long du
19e siècle, le fonctionnement des banques était exempt de toute contraintes de
et la régulation en cas des crises s’opérait par les faillites bancaires.
Seuls les établissements sains traversaient la crise sans dommage, la faillite
apparaissant comme la justice sanction des risques non maitrisés.
Le free Banking continu de nos jours à avoir quelques partisans qui mettent de
l’avant, le fait que la réglementation encourage les comportements empreint
d’aléa moral.
Egalement c’est à la même époque que la doctrine prêteuse en dernier ressort a vu
le jour, formulée par W. BAGEHOT dans son livre LOMBARD STREET en
1873. Elle repose sur une distinction entre liquidité et solvabilité. Avec
l’émergence des marchés financiers des crises de liquidité se sont produites sur
ces marchés, mettant en péril, la stabilité du secteur bancaire.
Le prêteur en dernier ressort, c’est-à-dire la banque centrale doit alors venir en
aide, uniquement aux banques confrontées à une crise de liquidité et non à celles
dont la qualité des actifs est détérioré. L’intervention du prêteur en dernier ressort
rétablit l’équilibre au sein du système financier et évite la propagation de la crise.
b) Un secteur bancaire administré
Cette deuxième approche correspond à l’intervention croissante de l’Etat dans la
vie économique et s’applique à des secteurs bancaires plus structurés avec
notamment une extension de bancarisation, d’où l’accent sur la sécurité des dépôts
et des moyens de règlement dans ces conditions, les pouvoirs publics sont investis
de la mission d’assurer la stabilité du système bancaire, soit en le contrôlant
directement par dénationalisation ou de prises des participations majoritaires, soit
en favorisant l’existence d’établissement de crédit de grande taille, moins fragile
que ceux de dimension modeste.
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La dimension favorise la division des risques, et la dispersion des dépôts minore
les risques de liquidité.
La taille rassure le sur quoi des déposants persuader que la puissance publique ne
permettra pas la faillite d’une banque de grande taille. ( too big to fail) relève
également de cette approche le plan de sauvetage du secteur bancaire en difficulté
qui prévoit un recours substantiel au fonds public ou à la garantie publique.
C) La réglementation bancaire en tant que filet de sécurité
A l’heure actuelle, considérable de prévenir les crises bancaires, la réglementation
apparait comme le mode principal de surveillance des banques, même si des
évolutions dans sa mise en œuvre sont intervenues ces dernières années.
La réglementation bancaire a un domaine d’application le plus en plus large, au
point que très peu d’aspect de la règlementation bancaire sont exempt des
dispositions normatives.
Elles présentent à la fois un caractère préventif et curatif, avec le traitement
réservé aux banques en difficultés. De même la réglementation bancaire, elle
incorpore fréquemment les principes et pratiques de gouvernement d’entreprises.
II.2. La réglementation prudentielle
Parler de la réglementation on fait directement allusion aux ratios permettant de
suivre le comité sur les règles pratiques de contrôles de réglementation bancaire
dit « comité de Bâle » crée en 1974 par les gouvernements des banques centrales
de pays de groupe de 10. A la suite d’une crise bancaire due à la faillite d’un
important établissement bancaire allemand, la banque HERSTATT depuis la crise
de 2007-2008 les mesures adoptées par le comité de bale s’inscrivent dans le cadre
des orientations prises par le G20.
Le développement des marchés et la globalisation des activités financières
confèrent au risque systémique une dimension internationale. Le comité de bale a
donc mis l’accent sur la nécessaire coopération entre autorités monétaires des pays
d’origine et d’accueil afin d’exercer un contrôle efficace sur le groupe bancaire
international.
II.2.1. La fixation des normes prudentielles
La première règle est notamment les premiers ratios prudentiels qui sont restés
longtemps définis par les seules autorités nationales. Aujourd’hui ces règles sont
essentiellement élaborées au sein du comité de Bale, ainsi en 1988, le comité de
Bale a été institué avec un premier ratio de solvabilité (le ratio cooke) destiné aux
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banques à activité internationales. En 20O4, les dispositions prudentielles ont été
renégociées et ont donné naissance aux accords Bale II.
Le ratio de solvabilité devenu le ratio MAC DONOUGH a alors été perfectionné
afin de prendre en compte non seulement le risque de crédit, mais aussi le risque
de marché et les risques opérationnels de même ce dispositif bâlois ne s’est pas
contenté de réaliser une meilleure adéquation entre les fonds propres et les risques,
mais il s’appuie sur la complémentarité du contrôle interne et externe des
établissements de crédit et reposent sur 3piliers ;
Des exigences minimales en fonds propres,
Un renforcement de la surveillance bancaire, de même l’autorité de tutelle
peut imposer ces exigences sur une base individuelle ou sous consolidée et
non plus sur une base consolidée.
Un recours accru à la discipline des marchés, les banques doivent ainsi
améliorer la qualité et fiabilité de leurs informations financières afin de
permettre au marché d’évaluer de façon suffisamment précises les risques
supportés et les fonds propres qui leurs sont alloués.
NB ; La crise financière de subprimes a ensuite conduit le comité de Bâle à
reformuler dès 2009, ce texte afin de mieux prendre en compte le risque de marché
par des accords dit : Bâle 2.5 ont également été élaboré des nouvelles règles en
décembre 2010 visant à améliorer la resignence du secteur bancaire. Le
dispositif Bâle III, devant entrer progressivement en vigueur. Le comité de Bâle
a par ailleurs publié en décembre 2017 un texte visant à renforcer la
réglementation existante. Ce dispositif est souvent désigné par des secteurs
bancaires sous le vocable de Bâle iv.
A. La liquidité
Le risque de liquidité est issu du rôle de transformateur d’échéance des
intermédiaires financiers dont les l’échéance des emplois est supérieure à celle
des ressources.
i. Le ratio de l’ouverture de liquidité
Ce ratio concerne le court terme, il a pour objectif de s’assurer que la banque
pourra faire face à une crise de liquidité sur une période d’un mois en vérifiant
que ces besoins de liquidité pourront être couvert par les actifs très liquides. Ce
ratio est entré en vigueur progressivement pour se lever à 100% en 2019, il peut
être ainsi synthétisé ; actifs liquides
𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠 𝑙𝑖𝑞𝑢𝑖𝑑𝑒𝑠
ROI= ≥ 100%
𝐹𝑙𝑢𝑥 𝑠𝑜𝑟𝑡𝑎𝑛𝑡 à 1𝑚𝑜𝑖𝑠
[17]
ii. Le ratio de financement stable net
Ce ratio vise à éviter une crise de liquidité découlant de l’existence d’actifs à long
terme sans l’obtention des ressources stables correspondant. Ce ratio est entré en
vigueur en 2018.
𝑅𝑒𝑠𝑠𝑜𝑢𝑟𝑐𝑒 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑑𝑖𝑠𝑝𝑜𝑛𝑖𝑏𝑙𝑒𝑠
RFS = ≥ 100%
𝐹𝑖𝑛𝑎𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒 𝑟𝑒𝑐𝑞𝑢𝑖𝑠
C’est-à-dire que le financement stable requit doit être garantie par les ressources
stables disponibles.
NB, La réglementation Bâle III prévoit par ailleurs la mise en place d’outils de
pilotage en fin de compléter ce ratio. Ces outils de suivi de la liquidité doivent
permettre aux banques comme régulateur de mieux identifier le risque encouru.
B. La solvabilité
Le risque de solvabilité est celui de détenir des actifs dont la valeur est inférieure
aux dettes. Comme les actifs bancaires sont traditionnellement composés de
crédit, la réglementation de la solvabilité c’est dans un premier temps concentrés
sur les risques de crédit avant de s’étendre aux risques de marché et opérationnels.
Le comité de Bâle en visage par ailleurs de rajouter le multiple crédit.
Conformément aux normes européennes et internationales, elles reposent sur le
principe d’une adéquation entre le risque de crédit et les fonds propres d’un
établissement de crédit.
Les fonds propres règlementaires sont l’objet d’une définition spécifique pour la
réglementation prudentielle, l’un des objectifs de Bâle III est toutefois d’améliorer
la qualité des fonds propres des banques. Sont distingués deux niveaux de fonds
propres, la troisième catégorie prévue par Bâle II étant supprimée.
Les fonds propres de catégorie 1 (TIER1) ; se subdivise eux même en deux
sous catégories : les fonds propres de base et les fonds propres additionnels.
Les fonds propres de base dites « CET1 » (common equity tier one)
constitue la composante dure des fonds propres, ils sont constitués de
capitaux propres au sens comptable du terme et ils aussi constitués des
fonds pour risques bancaires généraux qui sont des provisions ne
compensant pas un risque défini.
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Les fonds propres complémentaires(TIER2) ; sont composés de 4
catégories de ressources qui sont : les réserves de réévaluation, les fonds
issus des titres, les fonds propres provenant de l’émission ou d’emprunts.
1. Les réserves de réévaluation, ce sont les fonds libres utilisable par les
établissements de crédit pour couvrir des risques de l’activité bancaire,
comme les fonds de garantie, intégralement mutualisé ou les subventions
non remboursables.
2. Les fonds issus des titres, qui ne peuvent être remboursés qu’à l’initiative
de l’émetteur après accord des autorités bancaires et dont le contrat
d’émission comporte des clauses de subordination.
3&4. Les fonds propres provenant de l’émission des titres ou d’emprunts
subordonnés, qui sans satisfaire aux conditions précédentes ont une durée
initiale d’au moins 5ans. Ou ne peuvent être remboursés au terme au terme
d’un préavis de 5ans et le contrat d’émission de prêt, on subordonne le
remboursement anticipé. On désignera par A les fonds de cette nature.
Remarque ; Les fonds propres d’un établissement de crédit retenu pour le calcul
de ratio prudentiel à l’exception de ceux relevant de la surveillance des risques de
marché sont la somme des fonds propres de base (I) plus les fonds propres
complémentaires(II) dont on déduit les participations et créances subordonnées
sur établissement de crédit ou financier plus les garanties accordées dans le cadre
d’opération de titrisation en respectant deux contraintes pour ces fonds propres :
- Les fonds propres de catégories II I
- Les fonds propres de catégories A
Ces types d’option sont composés d’emprunts subordonnés d’une durée initiale
d’au moins 2ans, ces fonds propres sur complémentaires étaient destinés que pour
couvrir les risques du marché. Cette catégorie a été supprimée par Bâle III, car
ces fonds ne sont pas considérés comme suffisamment stables pour faire face à
des pertes en période de crise.
(ii) Les ratios de solvabilité
1. Le ratio Cooke
Bâle I a institué un ratio qui mettait en relation les fonds propres et le risque de
crédit. Ce ratio devrait avoir un minimum de 8% c’est le ratio de solvabilité qui
a fait l’objet de critique tant du côté des crédits que des superviseurs, d’où la
reforme Bâle II qui a concerné le risque de crédit et le risque opérationnel, les
dispositions relatives au risque de marché n’ayant pas alors été modifié.
[19]
2. Le ratio de MAC DONOUGH
La logique du ratio cooke reposant sur une adéquation du risque de crédit et de
fonds propres réglementaires a été maintenu par Bâle II et les principales
modifications du nouveau ratio, concernent davantage le dénominateur que le
numérateur.
Les banques doivent constituer les fonds propres au titre du risque de crédit, au
titre du risque de marché et au titre du risque opérationnel dont le total doit être
au minimum égal à 8% des actifs pondérés. Les actifs pondérés totaux se calculent
en additionnant aux actifs pondérés assujetties au risque de crédit les fonds
propres à constituer au titre du risque de marché(FPRM) et au titre du risque
opérationnel. C’est-à-dire (FPRO) multiplié par 12,5 soit l’inverse de la somme
de 8%, car ces risques ne s’évaluent pas par rapport aux actifs. De ce fait le ratio
de solvabilité Bâle II présente la forme suivante :
𝐹𝑜𝑛𝑑𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠 𝑟é𝑔𝑙𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒
≥ 8%
𝐹𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓𝑠 𝑝𝑜𝑛𝑑é𝑟é𝑠+(𝐹𝑃𝑅𝑚+𝐹𝑃𝑟𝑜)𝑋12,5
II.3. Les Réformes BALE III
Bâle III a maintenu le ratio de solvabilité à son niveau de 8% par rapport aux actifs
pondérés par les risques. Toutefois, la composante la plus dure des fonds propres
peut renforcer, ainsi les accords de Bâle III ont-ils passé la composante dure des
fonds propres, de 2% à 4,5% en 2019.
Quelques réformes :
i) Instauration de volant des fonds propres supplémentaires ; les dispositifs
Bâle III tendent non seulement à améliorer la qualité des fonds propres
mais encore à renforcer le niveau de ces fonds propres en instituant des
exigences supplémentaires.
ii) Le volant de conservation ; un matelas (garantie) de sécurité
supplémentaire dits volants de conservation composé des fonds propres
de première qualité va s’ajouter progressivement à ce noyau dure pour
porter l’ensemble à 7% en 2019. L’idée générale est de pouvoir recourir
à ce volant en période de crise sans que le ratio de solvabilité ne soit
atteint.
iii) L’instauration d’un coussin de sécurité contra-cyclique ; la crise de
2007-2008, a illustré l’effet pro cycliques des règles prudentielles Bâle
II. Les nouvelles règles Bâle III prévoyait donc un mécanisme considéré
comme contra-cyclique :
[20]
- Les banques seront tenues de renforcer leurs fonds propres dans
les périodes de croissance économique caractérisée par une
distribution excessive de crédit. Un écart trop important entre le
ratio « encouru des crédits » et sa tendance à long terme doit
déclencher les dispositifs.
A L’inverse, il sera permis de réduire ces fonds en période défavorable. Ce volant
contra-cyclique est compris entre 0 et 2.5% et fixé pour chaque banque en fonction
de la composition géographique de son portefeuille d’exposition au risque et son
activation appartiendra aux autorités de supervision nationale.
Les entreprises systémiques (ayant un portefeuille élargie ou exposé au risque)
La crise financière de 2007-2008 est l’exemple de LEMANS BROTHERS ont
également marché que la défaillance d’un établissement ayant une dimension
mondiale pouvait avoir des conséquences systémiques. C’est pourquoi pour
compléter les exigences posées par Bâle III, le finacial stability BOARD a instauré
pour les institutions d’importance systémique mondial appelée « G-SIFI » (
Global –systemical important financial institution), la constitution d’un volant
supplémentaire des fonds propres fixés entre 1% et 2,5%. Il résulte de ces
accroissements des exigences prudentielles que les banques ont dû ou vont devoir,
soit augmenté leurs fonds propres ou soit réduire la taille de leur billon ou
l’exposition au risque.
La recapitalisation peut se faire par émission d’action nouvelle, conversion des
titres des dettes en actions ou par incorporation des réserves.
C. La surveillance de risque du marché
Elle s’attache au risque des marchés et au risque interbancaire. 3 points sont à
examiner :
i) L’adéquation des fonds propres
La réglementation sur les risques des marchés a été introduite en 1996 sous
l’appellation d’adéquation des fonds propres afin de compléter le ratio de
solvabilité exclusivement centré sur le risque de crédit, alors que les
établissements de crédit développés considérablement leurs opérations des
marchés.
La crise financière de 2007-2008 ayant montré les risques liés au portefeuille des
négociations, le comité de Bâle a renforcé dès 2009 les exigences des fonds
propres en la matière.
[21]
ii) Les risques de marché
Ils incluent les risques de taux sur les titres des créances, les risques des variations
de cours de titres de propriété(action), risques de règlement(contrepartie), et les
risques de change avec quelques spécificités qui convient de souligner :
Les risques de taux, de variation de cours et de règlement(contrepartie) ne
concernent que les portefeuilles de négociation évalués au prix du marché
qui est composé des positions sur instruments et contrat financier détenus
à des fins de négociation ou dans le but de couvrir des éléments du
portefeuille des négociations. De ce fait, le portefeuille des négociations
qui se distingue essentiellement du portefeuille bancaire par l’intention de
négocier et du dénominateur du ratio des risques de
crédit.
Les risques de change qui a comme assiette les éléments du bilan et du hors-
bilan mais se mesure par la position nette globale pour toutes les devises.
Les dépassements des limites des grands risques sont liés à l’activité de
teneur des marchés de la banque.
iii) Les établissements concernés
La réglementation ne s’applique aux établissements de crédit exposés à des
risques de marchés substantiels. C’est-à-dire ceux dont le portefeuille de
négociations est supérieur à 5% du total de bilan et du hors-bilan.
iv) Les exigences en fonds propres
Les fonds propres nécessaires à la couverture des risques de marchés sont calculés
par les établissements de crédit eux même soit en utilisant une méthode standard
ou soit en mettant au point des modèles internes de mesure de risques des marchés.
v) Les risques interbancaires
La défaillance d’un établissement de crédits pouvant mettre en péril les autres
banques des effets de contingent, un contrôle de risque interbancaire est prévu
avec la fixation des limites tant au montant des risques qu’à celui des ressources
auprès d’une même contrepartie et la mise au point d’un système de surveillance
à même d’assurer les respects de limites.
3. La séparation des activités à risque
Sans revenir au modèle de séparation des banques de détail et de la banque
d’investissement tel qu’elle était prévue aux Etats-Unis par la loi glass-steagel
[22]
La règle Volcker, prévue par la loi Nord-américaine(USA), DODD-
FRANCK mais son non encore en vigueur, interdit aux établissements
américains bénéficiant de mécanisme de dépôts, ou d’un accès à la
liquidité de la banque des réserves fédérales, le trading compte propre et les
participations directes et indirectes dans le HEDGE FUNDS (fonds de
pension) ou fonds de capital d’investissement.
La commission Vickers, aux Royaumes unis suggère quant à elle un
cloisonnement des activités au sein d’entités distincts, la banque de détail
délivrant des services bancaires aux particuliers et PME. La banque de
détail resterait ainsi en sécurité dans un périmètre propre, les activités plus
risquées comme le service fournis hors union Européenne, les expositions
aux institutions financières ou les opérations de trading lui étant interdites
l’entité juridique cloisonnée pourrait faire partie d’un groupe, mais de
façons à faire ce que sa santé financière soit à l’abri de celle du groupe.
Le rapport Liikanen pour la commission Européenne propose quant à lui,
s’agissant des groupes ayant une activité des marchés dépassant un certain
seuil d’isoler au sein d’une filiale, les activités de trading pour compte
propre les autres activités des marchés à haut risque ainsi que les activités
de Market-making.
5. La réglementation relative au contrôle interne d’établissement de crédits
a) Définition ; le contrôle interne peut être défini comme un processus mise en
œuvre dans une entreprise afin de donner une garantie raisonnable que les
opérations accomplies sont conformes aux orientations arrêtées par les organes
délibérant et dirigeant et réalisés avec une optimisation des moyens que le système
d’information de gestion est fiable, que la réglementation en vigueur est respectée
et que l’ensemble de risques sont correctement appréhendés.
b) Composantes du système de contrôle interne ;
La réglementation distingue six domaines auxquels le contrôle interne doit
s’attacher.
Le contrôle des opérations et procédures
Il s’agit de vérifier la conformité des opérations et procédures aux dispositions
législatives et réglementaires ainsi qu’aux orientations et normes de gestion fixés
par les organes dirigeants.
L’organisation comptable et le traitement de l’information
La qualité et la fiabilité de l’information comptables sont obligatoires et obtenues
grâce à la piste « d’audit » procédures à même de reconstituer l’ordre
[23]
chronologique des opérations, le cheminement des pièces comptables aux
documents de synthèse et l’évolution de solde, d’un arrêté comptable à l’autre.
Le système de mesure des risques et de résultat
Les établissements de crédit doivent se doter des systèmes de mesure des risques
et de résultat, pour tous les risques encourus, mais plus particulièrement les
risques de crédits, des marchés, des taux et de règlement.
Le système de surveillance et de maitrise des risques,
Il s’agit de doter la banque des systèmes permettant d’éviter les prises de risque
excessifs et règlement propose la fixation des limites de types « plafond » pour
maintenir les risques en conformité avec les orientations adoptées par les organes
dirigeants et délibérant.
Le système de documentation et d’information,
Pour parachever le contrôle interne et assurer son efficacité, il est nécessaire que
dans les établissements ou dans les banques l’information circule parfaitement
avec notamment une remontée sans faille au travers des différents niveaux
hiérarchiques pour aboutir à l’organe délibérant qui est ainsi avertie de la situation
de l’établissement, de son évolution ainsi que des risques assumés.
La surveillance des flux d’espèces et des titres
[24]
CHAP III. LA STABILITE DU SECTEUR BANCAIRE
Elle dépend de la solidité des entreprises qui la composent, les autorités de tutelles
ont mené ces dernières années les études à partir de scénario de choc
macroéconomique afin de tester la capacité des résistances du secteur et ses
éventuelles vulnérabilités.
III.1. Le traitement des difficultés individuelles
En cas de difficultés rencontrées par l’établissement des crédits(EC) ses
actionnaires sont concernées au premier chef par son redressement. L’invitation
aux actionnaires ne permet pas toujours d’éviter la défaillance de la Banque
principalement quand les passifs à combler excèdent leurs capacités financières.
Les autorités de tutelle se forcent alors d’organiser le sauvetage de la banque.
Le principal inconvénient de l’intervention des autorités en faveur des EC en
difficulté et qu’elles encouragent l’aléa moral ces banques, incitées à prendre des
risques excessifs plus qu’elles seront secourues en cas de difficulté. Ce qu’il faut
faire pour éviter cet aléa moral des banques. La banque centrale doit laisser planer
une incertitude totale sur les principes comme sur les modalités de son
intervention et permettre la disparition des EC défaillants pour vu qu’ils ne
déclenchent pas une crise systémique.
III.2. Le plan de sauvetage du secteur bancaire
Lorsque les difficultés auxquelles une ou plusieurs banques prennent une
dimension systémique les Banques centrales et le pouvoir interviennent selon
différentes modalités ;
Autre l’action menée par la Banque centrale en tant que prêteur en dernier
ressort(PDR), l’Etat peut envisager d’apporter aux EC en difficultés de l’argent
frais sous la forme des prêts ou par apport en capital. D’apporter sa garantie des
dettes.
Les dettes de banques envers leurs consœurs ou d’accroitre la garantie de dépôts
au-delà les Etats peuvent intervenir sur l’actif de bilan des banques qui vont céder,
par la technique de la défaillance de leurs actifs toxiques. La crise financière de
2007-2009 fournie un exemple de ces diverses techniques.
a) Action de la banque centrale
Lors d’une crise systémique en raison des asymétries de l’information entre les
intervenants sur le marché interbancaire, celui-ci qui des fortes tensions qui
conduisent la Banque centrale à fournir des liquidités au marché pour éviter les
effets de contingent afin de faciliter les opérations de refinancement. La banque
[25]
centrale en assouplie les conditions en allongeant la durée de ces facilités et en
augmentant la liste de contrepartie éligible que celle de garantie admissible.
b) La garantie de dettes bancaires
En dépit des injections de liquidité la confiance peut ne pas se rétablir sur le
marché interbancaire tant que le risque de faillite demeure et que les tensions se
maintiennent, cela conduit les Etats à accorder leurs garanties aux prêts
interbancaires, ce qui signifie qu’en cas de défaut d’une banque, ses contreparties
sont indemnisées. Par ailleurs, enfin de permettre aux banques de se refinancer en
moyen et long terme, lors que les marchés financiers ne les permettent plus, les
Etats peuvent décider de consentir des prêts ou de crédit en moyen ou long terme
aux banques, soit d’apporter leur garantie afin de faciliter l’accès des banques à
un refinancement à moyen et long terme.
c) Le cantonnement et le rachat d’actifs deprécieux
Une banque en difficulté porte à l’actif de son bilan des montants considérables
d’actifs dit toxiques. Constitués des créances sur les débiteurs insolvables ou des
titres dont la valeur ne peut être déterminée, car les négociations de ces
instruments se sont interrompues. L’objectif est alors de transférer les actifs
deprécieux vers une structure. AD HOC afin de nettoyer le bilan de la banque
cette technique est connue sous le nom de DEFAISSANCE.
Les pouvoirs publics peuvent apporter leurs concours à des opérations de
défaisance, soit en finançant la structure, soit en prenant à sa charge tout ou une
partie de pertes sur ses actifs.
d) Les injections de capital dans les banques et la nationalisation
Pour éviter la faillite des banques et les effets de contingent l’Etat mobilise des
fonds publics souvent pour des montants considérables.
Il prend alors une participation minoritaire, majoritaire ou intégrale dans le capital
des banques en difficultés, participations conservées jusqu’au rétablissement de
la situation de ces établissements, l’Etat n’ayant pas vocation à exercer une
activité des banques commerciales.
L’objectif de cette prise de contrôle est l’évidence d’éviter une faillite et de
rassurer les parties prenantes du secteur bancaire, elle vise aussi à éviter une trop
forte contraction de l’offre de crédit dont les conséquences sur la sphère de
l’économie réelle sont particulièrement néfastes. La plupart des Etats des pays
concernés par la crise financière de 2007-2008 ont effectué les opérations de ce
genre, le cas de la banque NORTHERN ROCK au Royaume-Uni et
[26]
d’HYPOREALESTATE sont deux exemples caractéristiques de nationalisation
imposée par la crise financière.
400 milliard de USD, lui ont été consacrée ces année-là, sans exclure les
interventions supplémentaires.
L’Etat peut également consacrer des titres de créance de type dettes subordonnées
qui conforte la structure financière des banques sans prise de contrôle et qui porte
une rémunération plus élevée que la dette.
Exemple ; la France en 2008 a consacré plus de 20 milliard d’Euro à la
souscription des titres émis par les principaux groupes bancaires français.
DEFINITION ; la cessation de paiement en matière bancaire est une notion large
qui se refaire à des passifs à exigibilité non immédiate mais peu éloignée comme
par exemple ; le compte plan d’épargne logement ou les dépôts à terme. Elle se
rapproche ainsi de la notion d’insolvabilité.