Cours d'Atomistique et Liaisons Chimiques
Cours d'Atomistique et Liaisons Chimiques
COURS D'ATOMISTIQUE
&
LIAISONS CHIMIQUES
PC1
Dr Atanasse COLY
Maître de Conférences
Département de Chimie
Université Cheikh Anta Diop
DAKAR - Sénégal
Octobre 2001
PLAN DU COURS
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MODE D'EMPLOI
Pour bien assimiler un enseignement portant sur des matières scientifiques, c'est-à-dire
devenir capable d'utiliser les connaissances et les méthodes acquises pour résoudre des problèmes
réels, il est nécessaire de faire des exercices.
Des exercices vous sont donc proposés pour chaque thème abordé. Il est normal de ne pas
savoir résoudre d'emblée les problèmes posés dans les exercices puisque leur but est précisément
de permettre l'assimilation de l'enseignement qui n'est donc pas encore réalisée. C'est le contrôle
des connaissances qui montrera, par la suite, si le but poursuivi a été atteint.
C'est pourquoi vous sont proposés des aides pour accompagner l'effort personnel que
vous devez fournir.
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
[5]- Yves JEAN et François VOLATRON; Structure Electronique des Molécules; Tome I: De
l'Atome aux Molécules Simples; Cours et Exercices Corrigés; Ediscience International Editions,
Août 1993.
[7]- Sérigne Amadou NDIAYE; Cours de Chimie Physique: Atomistique et Liaisons Chimiques,
Fascicule Personnel, Octobre 1992.
[8]- Pierre RADVANYI, Les Rayonnements Nucléaires, (Ouvrage Grand Public), Edition Presses
Universitaires de France, Septembre 1995.
[9]- INTERNET: Utiliser les Moteurs de Recherches (google.fr, altavista.fr, etc.) ou les
Annuaires de Recherches (msn.fr, voilà.fr, etc.) avec les mots clés suivants: cours (ou exercices)
de chimie atomistique.
Quelques adresses de sites particulièrement très intéressants :
a)- http://formation.etu.u-psud.fr/chimie/cours/atomistique.html
b)- http://perso.wanadoo.fr/aurelie/
Chapitre I
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STRUCTURE DE L'ATOME
CONTENU DU CHAPITRE
A/- INTRODUCTION.
B/- EVIDENCE DE LA STRUCTURE ATOMIQUE DE LA MATIÈRE.
1. Mise en évidence expérimental de l’électron (J.J. Thomson, 1897)
2. Expérience de R. Millikan (1909)
3. Mise en évidence expérimental du noyau (Expérience de Rutherford, 1911)
4. Les constituants du noyau : les nucléons
5. Les constituants des nucléons : les quarks
6. Les caractéristiques de l’atome
7. Eléments chimiques - Nucléides - Isotopes
8. Unité de quantité de matière : la mole
9. Unité de masse atomique : uma ou u
10. Masse atomique et masse molaire atomique
D/- CONCLUSION
OBJECTIF DU CHAPITRE
A/- INTRODUCTION
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Le premier chimiste à utiliser le nom atome fut John Dalton (1766-1844) dans sa théorie
atomique publiée en 1803.
Il désignait ainsi la plus petite partie d'un élément existant à l'état non combiné.
L'existence des atome, déjà formulée par les philosophes de la Grèce ancienne (Empédocle,
Démocrite et Leucipide) n'a jamais été remise en cause. Il faut cependant attendre 1958 pour
distinguer grâce au microscope électronique des atomes de baryum.
Il faut dire que notre connaissance des atomes est très récente. En effet, la structure des
atomes était totalement inconnu en 1895 !. C’est la découverte des rayons X par Röntgen en 1895
puis la radioactivité par Henri Becquerel en 1896 et Pierre et Marie Curie à partir de 1898 qui a
permis de commencer à comprendre la structure des atomes.
Les électrons ont été identifiés par J.J. Thomson en 1897, puis en 1911, Ernest Rutherford
découvre l’existence du noyau atomique. Cependant, pendant plusieurs années, les physiciens
pensaient que le noyau était formé de protons et d’électrons. Dans le même temps, pendant les
années 1924-27, le développement de la mécanique quantique permet de décrire de manière
précise le comportement des électrons des atomes. Seul le noyau restait incompris… !
En 1931, Irène et Frédéric Joliot-Curie observent des neutrons mais sans comprendre leur
nature. En 1932, James Chadwick identifie le neutron et Werner Heisenberg montre que le
neutron est un partenaire neutre du proton au sein du noyau.
La structure de l’atome est enfin comprise… !
L’ordre chronologique des différentes étapes de la conquête de l’atome peut se résumer ainsi :
1897 : la preuve expérimentale de l’existence de l’électron est apporté par J.J.
Thomson ; il calcule la charge massique de l’électron ;
1909 : Robert Millikan calcule la charge de l’électron, ce qui permet de connaître sa
masse ;
1911 : Ernest Rutherford découvre le noyau ; il en déduit une structure lacunaire pour
l’atome ;
1912 : J.J. Thomson découvre les isotopes ;
1913 : Moseley étudie les propriétés du noyau (nombre de protons) ;
1918 : la preuve expérimentale de l’existence du proton est apportée par E. Rutherford ;
Le mot atome vient du Grec atomos et qui signifie insécable. On sait de nos jours que les atome ne sont pas des
entités indivisibles, mais le nom est resté.
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1919 : la masse des atomes est déterminée par Aston grâce à son spectrographe de
masse ;
1932 : J. Chadwick découvre le neutron, l’autre constituant du noyau avec le proton ;
1975 : Preuve expérimentale de l’existence des quarks, qui sont les constituants des
nucléons ;
1883) ont suggéré que certains composés contenaient des particules chargées appelées ions. La
formation de ces particules à partir des atomes neutres pouvait être expliquée par le gain ou la
perte de particules chargées négatives: les électrons. En 1874, G.J. Stoney propose le nom
électron pour les particules négatives constituant le courant électrique. Il réalise que les
expériences de Faraday sur l'électrolyse peuvent être expliquées en termes d'électrons.
Fig. I-1: Dispositif expérimental de Crookes : c’est une ampoule en verre contenant un gaz à l’intérieur duquel on
place deux électrodes : une cathode et une anode. Ce dispositif a la propriété d’émettre un rayonnement dit
cathodique qui est en fait un faisceau d’électrons.
soit
b)- Détermination de .
Le spot revient de K en O' lorsque la relation suivante est satisfaite entre les forces électrique (
) et magnétique ( ): Soit
D'où car et
Corrigé I-1 :
10
1.4. Conclusion
Toutes ces expériences que nous venons de rappeler caractérisent la présence d'électrons;
mais ne permettent pas la détermination de la charge électrique portée par l'électron. En 1909, R.
Millikan, dans une expérience ingénieuse détermina la valeur de la charge portée par l'électron.
A : chambre d'observation plongée dans un thermostat et contenant de l'air sous une pression déterminée;
B : vaporisateur; C et D : plaques du condensateur; E : trou pour passage des gouttelettes;
F1 : fenêtre pour irradiation par les rayons X;
F2 : fenêtre pour observation au moyen d'une lunette à réticule graduée.
R 6 r v
: vitesse de la gouttelette et son rayon;
: accélération de la pesanteur;
4
Pa ma g r 3 a g : masse volumique de l'air;
3 : masse volumique de l'huile;
et : poids et masse de la gouttelette;
: poussée d'Archimède;
: force de frottement (du type visqueux)
4 dite force de Stokes;
P mg r 3 g : coefficient de viscosité de l'air.
3
Schéma I-1
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En fait, la résistance à l'avancement augmente très vite avec la vitesse et les gouttelettes
(1)
D'où on en tire:
et
b) En présence du champ :
On peut observer des mouvements descendants ou ascendants des gouttelettes (schéma I-2). En
effet, l'huile se charge par frottement lors de la pulvérisation et le faisceau de rayon X peut faire
varier la charge des gouttelettes.
négativement
(q 0 et ) : la
gouttelette descend.
Fe
R (2)
E Pa
D'où avec la relation (1) on en tire
Soit:
P
Avec
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La masse de l'électron est très faible à notre échelle, elle l'est également à l'échelle de l'atome.
2.3. Conclusion
Avant l'expérience de Rutherford (1911), on avait une idée des dimensions des atomes (d
10-8 cm). Les expériences de Thomson et Millikan avaient, d'autre part, montré que l'atome
contenait des particules d'électricité négative encore plus petites. D'où l'existence postulée
d'électricité positive au sein de l'atome pour assurer sa neutralité électrique. En raison de la
légèreté des électrons par rapport à la masse atomique, il semblait naturel d'associer la plus
grande partie de la masse de l'atome à son électricité positive. Il paraissait alors raisonnable de
supposer que l'électricité positive, contenant la majeure partie de la masse, occupait aussi la
majeure partie du volume atomique. Thomson proposa donc un modèle d'atome formé d'une
sphère d'électricité positive d'environ 10 -8 cm de diamètre avec des électrons répartis dans cette
sphère de façon à rendre sa charge globale nulle.
L'expérience de diffusion des particules par une mince feuille métallique a conduit à
Rutherford à proposer un tout autre modèle.
Elle consiste à bombarder la matière (une mince feuille d'or d'épaisseur 1 µm) par des particules
(hélion: ) et d'étudier la distribution angulaire des particules diffusées (Fig. 1-4).
En observant les impacts des rayons sur l'écran, Rutherford fut quatre observations:
1°)- La feuille d'or n'est pas endommagée;
2°)- La quasi-totalité du rayonnement particulaire traverse la feuille d'or sans être dévié;
3°)- Une faible portion des particules (une sur 100 environ) traverse la feuille en étant
simplement dévié de leur direction initiale;
4°)- Seule une portion très infime (une sur 20 000 particules) du rayonnement a été
réfléchi. A vrai dire, aucune réflexion véritable n'a lieu.
Rutherford fut capable d'interpréter ces résultats en considérant que la matière de la feuille
d'or est essentiellement du "vide". Plus exactement, la matière ne rempli uniformément le volume
occupé, elle se trouve concentrée en certains points. Les particules passent dans leur grande
majorité entre ces points de matière condensée que sont les noyaux atomiques. Seules les
particules qui passent suffisamment près du noyau sont fortement déviées par répulsion.
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Tout se passe comme si on lançait des grains de sable à travers un grillage: la plupart des
grains de sable traversent le grillage sans le rencontrer.
Sous l'action de cette force, les particules décrivent des trajectoires hyperboliques (car F
est répulsive et en ) et sont d'autant plus déviées que leur direction initiale passe plus près du noyau (Fig. I-5).
3.3. Conclusion
Après l'expérience de Rutherford, de nombreuses expériences similaires ont été effectuées
avec des projectiles variés qui sont accélérés par des procédés de plus en plus modernes. Ces
expériences ont toutes confirmé que la charge du noyau est positive et que la presque totalité de
la masse de l'atome se trouve concentrée dans le noyau. La matière a donc une structure
lacunaire.
Le noyau est assimilable à une sphère de rayon r n 1 Fermi (1 Fermi = 10-15 m) tandis
que le rayon atomique est de l'ordre de ra 1 Å (1 Å = 10-10 m).
L'électron est une particule élémentaire (sans sous-structure) donc à priori sans taille ni
volume, et si jamais il en avait, sa taille serait inférieure à 10-18 m.
Le noyau tout petit contient pratiquement toute la masse de l'atome; sa densité évaluée
est de l'ordre de 1014 g cm-3 = 1011 kg cm-3 = 108 t cm-3. Cette densité très élevée dépasse
notre entendement.
Schéma I-3
Par la suite, un grand nombre d'éléments étudiés (le bore, le fluor, etc.) libèrent des
protons quand on les bombarde par des particules .
L'existence et la mise en évidence du proton a été confirmé par l'étude de la réaction dans
une enceinte du type chambre de Wilson, qui permet de matérialiser les trajectoires de particules
invisibles telles que les particules nucléaires (Fig. I-6).
particule.
La charge du proton est positive, elle est égale en valeur absolue à la charge de l'électron.
Sa masse est environ 1836 fois plus grande que celle de l'électron.
Fig. I-7: Schéma de l'expérience de F. Joliot et I. Curie (1932). Mise en évidence du neutron.
En bombardant du béryllium (Be) par des particules , il se produit un rayonnement très
pénétrant qui n'est pas dévié par un champ électrique ou magnétique. Ce rayonnement est
constitué de particules neutres, qui en rencontrant une cible de paraffine en expulsent les protons
détectés dans une chambre de Wilson (Fig. I-7). Ces particules neutres sont appelées neutrons.
Schéma I-4
Le choc étant élastique, les trajectoires sont colinéaires (schéma I-4). La conservation de
l'énergie cinétique et de l'impulsion permettent d'écrire:
d'où on tire
Avec des neutrons de même vitesse, on étudie le choc avec deux atomes différents, par
exemple l'hydrogène et l'azote. On a alors:
Si A est l'hydrogène
Si A est l'azote
Un nucléon est donc un objet composite très complexe. Dans la vision la plus simple, on
peut dire que les nucléons sont constitués de trois quarks. Ainsi:
Les protons sont constitués de deux quarks up et d'un quark down, soit (uud): sa charge
Les neutrons sont constitués d'un quark up et de deux quarks down, soit (udd): sa
Le rayon des quarks est inférieur à 10-18 m, soit 10-3 fois celui du proton.
Qu'est ce qui lie les quarks entre eux: Les quarks d'un proton ou d'un neutron sont liés par
l'interaction forte. Cette interaction, en plus de lier les quarks entre eux au sein d'un nucléon,
permet aussi aux nucléons de s'attirer pour former un noyau atomique. En effet, les protons ayant
Le nom quark a été donné à ces particules par le physicien Israélien, Gell-Mann et vient d'un poème de James Joyce
(Finnegan's Wake).
tous la même charge électrique, ils se repoussent par l'interaction électromagnétique.
Heureusement, cette dernière est beaucoup plus faible que l'interaction forte qui attire les
nucléons entre eux, et permet donc aux noyaux atomiques de rester stables (cf. document I). De
plus, les neutrons étant totalement insensibles à l'interaction électromagnétique (leur charge
électrique est nulle), ils ne peuvent être liés à l'atome que par l'interaction forte.
soit
soit
- d'isobares:
- d'isotopes: ; ;
c) Les éléments qui n'ont qu'un seul isotope naturel dans leur famille sont peu nombreux
(une vingtaine) dont: , , , , , . Le carbone a deux isotopes naturels
tandis que le plomb ( ) en a quatre, l'étain ( ) et le xénon ( ), neuf.
d) Il existe pour les 112 éléments connus plus de 1700 nucléides dont 300 environ sont
présents dans la nature, les autres étant crées artificiellement par des réactions nucléaires.
Donc la mole, c'est un ensemble de particules identiques. D'après la définition officielle, est
aussi le nombre d'atomes de carbone dans 12 g de carbone , soit :
Soit :
De même que l'unité de masse kilogramme n'est pas adaptée à l'échelle atomique, l'unité
d'énergie joule est inadaptée. L'électron-volt (eV) ou ses multiples (MeV, GeV …) seront les
unités énergétiques les plus usuelles.
Par définition, l'électron-volt est le travail produit par le déplacement d'un électron sous
l'effet d'une différence de potentiel de 1 Volt; il vaut:
Soit
Puisqu'il y a équivalence entre masse et énergie (m = E/C 2), on parlera de masse en
MeV, en étant à la limite de l'impropriété.
Ainsi pour quelques particules et atomes, on aura:
On a évidemment la relation :
Be (Z) est l'énergie (positive) de liaison des Z électrons dans l'atome, est calculée au moyen de la
D'où le résultat suivant: masse atomique et masse du noyau sont très voisins.
La masse molaire atomique est la masse d'une mole d'atomes, soit de atomes. Elle
s'exprime en grammes, et est numériquement égale à la masse atomique exprimée en uma.
Remarques :
Il ne faut pas confondre le nombre de masse (A) et la masse atomique (Mat):
La masse atomique exprime en uma la moyenne pondérée des masses relatives des
divers isotopes d'un élément; ceci explique que cette valeur de la masse atomique soit rarement
un nombre entier.
Le nombre de masse A = Z+N n'est pas une masse, mais le nombre toujours entier de
nucléons (protons + neutrons) constituant le noyau d'un nucléide: c'est aussi le nombre entier le
plus proche de la masse atomique.
Si on fait subir à un faisceau d'ions positifs (produits dans le tube à décharge à cathode
percée) l'action simultanée d'un champ et parallèles, on observe sur l'écran des courbes
paraboliques.
En effet, étudions le mouvement d'une particule (ion positif) dans le dispositif de J.J.
Thomson (Fig. I-8).
Action de
La déviation des ions de masse m suivant (Oy) à la sortie du champ sera:
(1)
Action de
La déviation suivant (Ox) à la sortie du champ sera:
(2)
d'où
J.J. Thomson remarqua que pour certains éléments naturels, les ions se répartissent sur
plusieurs arcs de paraboles. Etant donné que les ions avaient la même charge, il en déduit que
pour un élément donné, on avait des atomes ayant le même nombre d'électrons, mais des masses
différentes: ce sont donc des isotopes.
Autrement dit, les ions de même rapport identique se répartissent sur un même arc de
parabole.
Toute fois, le dispositif de Thomson manque de sensibilité car on observe une dispersion
des ions due à leur vitesse. Il faut trouver un moyen de les focaliser sur une droite ou de les
dévier suivant un cercle de rayon R.
2. SPECTROGRAPHES DE MASSE
2.1. Définition
C'est un appareil qui permet de trier les ions de masses et de charges différentes. Il
comprend quatre parties (Fig. I-9) : une chambre d’ionisation, une chambre d’accélération, une
chambre de déflexion et un système de détection.
Soit et
Les deux particules acquièrent la même quantité d'énergie en traversant le champ , mais
n'ont pas la même vitesse en N.
En N, les particules entrent dans le champ et vont acquérir un mouvement circulaire
Soit et d'où
Les rayons sont d'autant plus grands que la masse de l'ion est grande. Donc l'isotope le plus léger
arrivera en M1 et le plus lourd en M2. La distance de séparation des points d’impact vaut :
charge sur la masse de l'ion correspondant. Mais dans les dispositifs modernes, on mesure dans la
aucun paramètre va pouvoir être étalonné. Il sera étalonné en masse molaire, puisque Z est
constant. Le nombre d'isotopes aura une incidence sur la plaque sensible du détecteur: plus
nombreux sont les ions d'un type donné, plus intense sera la tâche obtenue. Actuellement, les
détecteurs informatisés permettent d'obtenir directement un spectre étalé. On pourra donc établir
un spectre dit de masse donnant l'intensité de ces impacts en fonction de la masse molaire
(proportionnelle à m) de ces ions.
Dans ce spectrographe (Fig. I-10), les ions positifs produits sont accélérés par une ddp U
entre l'anode et la cathode , percée respectivement en et . Les ions (i ) de charge
massique arrivent en avec la même énergie cinétique mais à des vitesses différentes.
soit
Ils entrent alors dans une région de champ magnétique constant (induction ). La force
magnétique exercée sur une charge vaut:
car
La trajectoire étant circulaire dans le champ , on aura
soit d'où
Finalement:
Le rapport ne dépend plus de la vitesse des ions. Dans ce type de spectrographe, si est une
Si on fixe la valeur de B, il suffit de modifier U pour faire défiler vers la fente de sortie tous
les ions positifs correspondants aux divers rapports . Les ions qui sortent de la fente
atteignent un électromètre qui sert à mesurer la charge ou le courant produit par l'ion dans le
spectromètre.
Pour une masse donnée, le spectrographe de Dempster a l'avantage de donner directement
les abondances relatives des isotopes.
Le filtre de vitesse va permettre de trier des particules ayant la même vitesse et de faire
un faisceau homocinétique.
Soit une charge q>0 de masse m; si on peut écrire
Soit (car ).
soit
Soit pour un ion i:
Les ions ainsi déviés impressionnent une plaque photographique qui joue le rôle de détecteur.
f1 , f2 : Fentes permettant de réduire le faisceau d'ions à une nappe horizontale de très faible épaisseur;
D : diaphragme permettant de limiter la dispersion de la vitesse des ions.
(L / 2)
Schéma I-5
trajectoire, on a :
Soit :
respectivement au carré de la vitesse et à la vitesse des ions positifs. Pour un même rapport les
ions les plus lents (donc lourds) seront les plus déviés. La plaque photographique révélera après
développement autant d'isotopes que de raies.
D'autre part, on démontre que le point de convergence F du faisceau est indépendant de
l'écart de vitesse qui peut exister entre les différents ions de même rapport et sa position se
trouve sur une droite fixe () qui est telle que , ce qui équivaut à dire que l'axe f1f2O est
bissectrice de l'angle , (donc ).
D'où
Il en résulte que la diffusion d'un mélange gazeux constitués de deux molécules isotopiques de
masse moléculaire M1 et M2 telle que M2 > M1 est caractérisé par un facteur de séparation tel
que : Avec
Dans la pratique, on place un grand nombre de membranes poreuses en cascade pour avoir une
bonne séparation. C'est le procédé qui est utilisé en France à Pierrelatte pour séparer les isotopes
de et . L'opération est répétée des milliers de fois.
d)- Diffusion thermique (Clausius et Dickel)
On utilise la différence de température entre l'axe d'une colonne matérialisée par un
filament chauffé et sa paroi extérieure refroidie. Le gaz léger diffuse vers la zone chaude et
s'élève par convection, le gaz lourd s'écoule vers le bas de la partie refroidie.
e)- Distillation fractionnée
On utilise la différence des points d'ébullition de deux isotopes. Le mélange est distillée
sur une colonne à plateaux multiples. La température de l'espèce légère sera plus basse, ainsi les
vapeurs condensées (distillat) seront plus riches en l'isotope le plus léger et le résidu en l'isotope
le plus lourd. Cette méthode est appliquée pour l'enrichissement de par distillation de CO à
basse température et par distillation de C2H5OH ou H2O.
f)- Séparation par échange isotopique
La méthode consiste à obtenir l'enrichissement d'une phase liquide en un des isotopes au
dépend d'une phase gazeuse grâce à l'écart d'unité que présente la constante d'équilibre d'une
réaction d'échange thermique.
Exemple : séparation des isotopes de l'azote.
Le rapport naturel : . Le sel d'ammonium enrichi est récupéré, et traité par une solution
D/- CONCLUSION
Nous venons de décrire dans ce chapitre les diverses expériences et leurs difficultés
inhérentes qui ont conduit de vaillants savants à la découverte des différents constituants de
l’atome, à savoir les électrons (élémentaires), le noyau (composite) constitué de nucléons :
neutrons et protons renfermant chacun en son sein trois quarks élémentaires. Notre exploration
de la matière semble achevée… ! ou momentanément interrompue pour s’intéresser dans le
chapitre suivant aux propriétés physiques des noyaux des isotopes.