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Cours d'Atomistique et Liaisons Chimiques

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Université Cheikh Anta Diop

Faculté des Sciences et Techniques


Département de Chimie

COURS D'ATOMISTIQUE
&
LIAISONS CHIMIQUES

PC1

Dr Atanasse COLY
Maître de Conférences
Département de Chimie
Université Cheikh Anta Diop
DAKAR - Sénégal

Octobre 2001

PLAN DU COURS
2

Chapitre I STRUCTURE DE L'ATOME


Chapitre II STABILITE DES ISOPES ET RADIOACTIVITE
Chapitre III THEORIE CLASSIQUE DE L'ATOME
Chapitre IV THEORIE QUANTIQUE DE L'ATOME
Chapitre V ATOMES POLYELECTRONIQUES
Chapitre VI LES EDIFICES POLYATOMIQUES : LIAISON CHIMIQUE

MODE D'EMPLOI

Pour bien assimiler un enseignement portant sur des matières scientifiques, c'est-à-dire
devenir capable d'utiliser les connaissances et les méthodes acquises pour résoudre des problèmes
réels, il est nécessaire de faire des exercices.
Des exercices vous sont donc proposés pour chaque thème abordé. Il est normal de ne pas
savoir résoudre d'emblée les problèmes posés dans les exercices puisque leur but est précisément
de permettre l'assimilation de l'enseignement qui n'est donc pas encore réalisée. C'est le contrôle
des connaissances qui montrera, par la suite, si le but poursuivi a été atteint.
C'est pourquoi vous sont proposés des aides pour accompagner l'effort personnel que
vous devez fournir.

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1]- Joseph LEBRETON; Atomistique et Liaisons Chimiques: Cours et Exercices Corrigés;


Vuibert Editions, Mai 2001.

[2]- Marie GRUIA et Michèle POLISSET; La Chimie en Poche: Atomistique et Liaisons


Chimiques; Rappels de Cours, Exercices Corrigés; Ellipses Editions, Février 2001.
3

[3]- Georges FAVERJON et Jacques MESPLEDE; Chimie 1: Atomistique, Thermodynamique,


Cinétique; Cours Méthodes, Exercices Corrigés; Bréal Editions, Novembre 1998.

[4]- Alain CASALOT et Jacques ESTIENNE; Structure de la Matière: Exercices et Problèmes


Corrigés; Hachette Editions, Mars 1998.

[5]- Yves JEAN et François VOLATRON; Structure Electronique des Molécules; Tome I: De
l'Atome aux Molécules Simples; Cours et Exercices Corrigés; Ediscience International Editions,
Août 1993.

[6]- Paule CASTAN et Reine DONATY-TURPIN; Atomes et Liaisons Chimiques: Concepts et


Exercices Corrigés; Hermann Editions, 3ème trimestre 1992.

[7]- Sérigne Amadou NDIAYE; Cours de Chimie Physique: Atomistique et Liaisons Chimiques,
Fascicule Personnel, Octobre 1992.

[8]- Pierre RADVANYI, Les Rayonnements Nucléaires, (Ouvrage Grand Public), Edition Presses
Universitaires de France, Septembre 1995.

[9]- INTERNET: Utiliser les Moteurs de Recherches (google.fr, altavista.fr, etc.) ou les
Annuaires de Recherches (msn.fr, voilà.fr, etc.) avec les mots clés suivants: cours (ou exercices)
de chimie atomistique.
Quelques adresses de sites particulièrement très intéressants :
a)- http://formation.etu.u-psud.fr/chimie/cours/atomistique.html
b)- http://perso.wanadoo.fr/aurelie/

Chapitre I
4

STRUCTURE DE L'ATOME
CONTENU DU CHAPITRE
A/- INTRODUCTION.
B/- EVIDENCE DE LA STRUCTURE ATOMIQUE DE LA MATIÈRE.
1. Mise en évidence expérimental de l’électron (J.J. Thomson, 1897)
2. Expérience de R. Millikan (1909)
3. Mise en évidence expérimental du noyau (Expérience de Rutherford, 1911)
4. Les constituants du noyau : les nucléons
5. Les constituants des nucléons : les quarks
6. Les caractéristiques de l’atome
7. Eléments chimiques - Nucléides - Isotopes
8. Unité de quantité de matière : la mole
9. Unité de masse atomique : uma ou u
10. Masse atomique et masse molaire atomique

C/- ISOTOPES ET SPECTROGRAPHES DE MASSE.


1. Mise en évidence des isotopes
2. Spectrographes de masse
3. Autres méthodes de séparation des isotopes

D/- CONCLUSION

OBJECTIF DU CHAPITRE

Après l'étude de ce Chapitre, vous serez capable:


1°)- De connaître les constituants de l'atome : protons, neutrons, quarks et électrons;
2°)- De décrire les différentes expériences qui ont permis leur découverte ;
3°)- De définir les notions de mole, de masse molaire, d'unité de masse atomique ou d’isotope;
4°)- De comprendre les diverses techniques utilisées pour séparer les isotopes d’un même
élément.

A/- INTRODUCTION
5

Le premier chimiste à utiliser le nom atome fut John Dalton (1766-1844) dans sa théorie
atomique publiée en 1803.
Il désignait ainsi la plus petite partie d'un élément existant à l'état non combiné.
L'existence des atome, déjà formulée par les philosophes de la Grèce ancienne (Empédocle,
Démocrite et Leucipide) n'a jamais été remise en cause. Il faut cependant attendre 1958 pour
distinguer grâce au microscope électronique des atomes de baryum.
Il faut dire que notre connaissance des atomes est très récente. En effet, la structure des
atomes était totalement inconnu en 1895 !. C’est la découverte des rayons X par Röntgen en 1895
puis la radioactivité par Henri Becquerel en 1896 et Pierre et Marie Curie à partir de 1898 qui a
permis de commencer à comprendre la structure des atomes.
Les électrons ont été identifiés par J.J. Thomson en 1897, puis en 1911, Ernest Rutherford
découvre l’existence du noyau atomique. Cependant, pendant plusieurs années, les physiciens
pensaient que le noyau était formé de protons et d’électrons. Dans le même temps, pendant les
années 1924-27, le développement de la mécanique quantique permet de décrire de manière
précise le comportement des électrons des atomes. Seul le noyau restait incompris… !
En 1931, Irène et Frédéric Joliot-Curie observent des neutrons mais sans comprendre leur
nature. En 1932, James Chadwick identifie le neutron et Werner Heisenberg montre que le
neutron est un partenaire neutre du proton au sein du noyau.
La structure de l’atome est enfin comprise… !

L’ordre chronologique des différentes étapes de la conquête de l’atome peut se résumer ainsi :
 1897 : la preuve expérimentale de l’existence de l’électron est apporté par J.J.
Thomson ; il calcule la charge massique de l’électron ;
 1909 : Robert Millikan calcule la charge de l’électron, ce qui permet de connaître sa
masse ;
 1911 : Ernest Rutherford découvre le noyau ; il en déduit une structure lacunaire pour
l’atome ;
 1912 : J.J. Thomson découvre les isotopes ;
 1913 : Moseley étudie les propriétés du noyau (nombre de protons) ;
 1918 : la preuve expérimentale de l’existence du proton est apportée par E. Rutherford ;

Le mot atome vient du Grec atomos et qui signifie insécable. On sait de nos jours que les atome ne sont pas des
entités indivisibles, mais le nom est resté.
6

 1919 : la masse des atomes est déterminée par Aston grâce à son spectrographe de
masse ;
 1932 : J. Chadwick découvre le neutron, l’autre constituant du noyau avec le proton ;
 1975 : Preuve expérimentale de l’existence des quarks, qui sont les constituants des
nucléons ;

B/- EVIDENCE DE LA STRUCTURE ATOMIQUE DE LA MATIERE


Il y a moins d'un siècle, les scientifiques pensaient que les atomes étaient des particules
solides indestructibles semblables à de petites balles. Des expériences d'électrolyse (Faraday,
7

1883) ont suggéré que certains composés contenaient des particules chargées appelées ions. La
formation de ces particules à partir des atomes neutres pouvait être expliquée par le gain ou la
perte de particules chargées négatives: les électrons. En 1874, G.J. Stoney propose le nom
électron pour les particules négatives constituant le courant électrique. Il réalise que les
expériences de Faraday sur l'électrolyse peuvent être expliquées en termes d'électrons.

1. MISE EN EVIDENCE EXPÉRIMENTALE DE L'ELECTRON (J.J. THOMSON, 1897)


1.1. Le tube de Crookes
En 1879, W. Crookes observa que les décharges électriques pouvaient se produire dans un
tube en verre contenant un gaz raréfié. Si la pression du gaz (He, Ne, Air) dans le tube à décharge
était réduite à environ 10-6 atm, le verre devient fluorescent (Fig. I-1).

Fig. I-1: Dispositif expérimental de Crookes : c’est une ampoule en verre contenant un gaz à l’intérieur duquel on
place deux électrodes : une cathode et une anode. Ce dispositif a la propriété d’émettre un rayonnement dit
cathodique qui est en fait un faisceau d’électrons.

L'ombre portée de la croix métallique prouve que le rayonnement se propage en ligne


droite. Ce rayonnement est issu de la cathode d'où le nom de rayon cathodique.
En 1895, J.J. Thomson mis en évidence la nature des rayons cathodiques comme étant
constitués de particules chargées négativement: les électrons.
8

1.2. Expérience de J.J. Thomson (Charge massique de l'électron,


1897)
1.2.1. Description de l’expérience
 D'abord, Thomson soumet un pinceau de rayons cathodiques à l'action d'un champ
électrique , (Fig. I-2). Les électrons émis normalement à la cathode sont accélérés par une
anode annulaire A, portée au potentiel accélérateur U. Le champ électrique agit entre les

plateaux du condensateur ( ) et provoque une déflexion angulaire  du pinceau électronique

mesurable par le déplacement du spot.


 En appliquant ensuite un champ magnétique orthogonal à et à l'axe de l'appareil, J.J.
Thomson mesurait la vitesse initiale axiale à l'entrée O de la zone de champ électrique.
L'intensité de ce champ étant choisi de manière à annuler la déflexion  précédente.

Fig. I-2: Dispositif expérimental de Thomson. Mise en évidence de l’électron.

1.2.2. Etude mécanique


a)- Etude de la déflexion 
De la relation on en tire le système suivant après projection sur des axes convenables et
en utilisant les conditions initiales qui sont telles que ( ).
9

En éliminant le temps t entre les deux équations, on obtient:

D'autre part, on démontre que la tangente à la parabole au point F coupe le condensateur


en son milieu I, d'où dans le triangle , on a

soit

d'où Cette formule n'est utile que si est connu.

b)- Détermination de .
Le spot revient de K en O' lorsque la relation suivante est satisfaite entre les forces électrique (

) et magnétique ( ): Soit

D'où car et

Application I-1: Calcul de la charge massique de l'électron.


Connaissant les paramètres géométriques et physiques du dispositif de J.J. Thomson :
tension de déflexion : V = 2 volts; distance entre les armatures du condensateur : d = 10 cm;
distance "zone de champ-écran" : IO' = D = 1 m; distance axiale parcourue dans le champ : L
= 5 mm; déplacement du spot : O'K = Y = 19.54 cm; valeur du champ magnétique qui annule
la déflexion  : B = 6.67x10-5 Tesla.
Calculer la charge massique de l’électron.

Corrigé I-1 :
10

1.3. Autres moyens de production de faisceaux d'électrons


 Effet thermoélectronique: tout corps porté à incandescence est le siège de ce phénomène.
Sous l'effet d'un échauffement portant un métal à très haute température, également dans une
ampoule à vide, la cathode émet un faisceau d'électrons recueillis par l'anode.
 Effet photoélectrique: la lumière elle-même est capable d'arracher les électrons d'un métal ou
de certains composés.

1.4. Conclusion
Toutes ces expériences que nous venons de rappeler caractérisent la présence d'électrons;
mais ne permettent pas la détermination de la charge électrique portée par l'électron. En 1909, R.
Millikan, dans une expérience ingénieuse détermina la valeur de la charge portée par l'électron.

2. EXPÉRIENCE DE R. MILLIKAN (1909)


Par son expérience célèbre sur les gouttelettes d'huile électrisées, Millikan démontra
l'existence de la charge « élémentaire » (ou étalon) d'électricité et en mesura la valeur.

2.1. Description de l'expérience


L'expérience consiste à introduire des gouttes d'huile, au moyen d'un pulvérisateur, dans
une chambre d'observation contenant deux plateaux de condensateur horizontaux qui permettent
de créer un champ électrique (Fig. I-3). Grâce à l'action de rayons X sur l'air contenu dans une
enceinte à pression régulée, on produit des ions qui chargent les gouttelettes d'huile. On observe
la vitesse de chute des gouttelettes dans l'air au moyen d'une lunette.
Les gouttelettes ainsi ionisées par les rayons X acquièrent à chaque ionisation de
nouvelles charges q1, q2, q3…etc. On repère alors une gouttelette et on étudie son mouvement de chute libre
avant et après l'ionisation.
11

Fig. I-3: Schéma de l'appareillage de Millikan.

A : chambre d'observation plongée dans un thermostat et contenant de l'air sous une pression déterminée;
B : vaporisateur; C et D : plaques du condensateur; E : trou pour passage des gouttelettes;
F1 : fenêtre pour irradiation par les rayons X;
F2 : fenêtre pour observation au moyen d'une lunette à réticule graduée.

2.2. Etude mécanique


On mesure la vitesse limite atteinte par la gouttelette lors de la chute libre verticale
(schéma I-1). Appelons M une gouttelette d'huile particulière, m sa masse et q sa charge
(négative). Entre les armatures du condensateur, on a de l'air qui a pour effet d'exercer sur les
gouttes d'huile une force de frottement proportionnelle à leur vitesse. On suppose .
 a) En l’absence du champ :

 
R 6  r v
: vitesse de la gouttelette et son rayon;
: accélération de la pesanteur;
  4 
Pa ma g   r 3  a g : masse volumique de l'air;
3 : masse volumique de l'huile;
et : poids et masse de la gouttelette;
: poussée d'Archimède;
: force de frottement (du type visqueux)
  4  dite force de Stokes;
P mg   r 3  g : coefficient de viscosité de l'air.
3
Schéma I-1
12

En fait, la résistance à l'avancement augmente très vite avec la vitesse et les gouttelettes

atteignent très rapidement une vitesse limite uniforme; à partir de ce moment, .

On pourra écrire: Soit:

(1)

D'où on en tire:

et

est mesurée à l'aide de la lunette microscopique ( ); h, t : hauteur et temps de chute.

 b) En présence du champ :
On peut observer des mouvements descendants ou ascendants des gouttelettes (schéma I-2). En
effet, l'huile se charge par frottement lors de la pulvérisation et le faisceau de rayon X peut faire
varier la charge des gouttelettes.

Considérons une gouttelette chargée Schéma I-2

négativement
(q  0 et ) : la
gouttelette descend.

Fe

R (2)
 
E Pa
D'où avec la relation (1) on en tire
Soit:

P

Avec
13

En répétant l'expérience, Millikan trouva plusieurs valeurs différentes de q selon la taille


des gouttelettes, mais il remarqua que ces différentes valeurs étaient toutes multiples d'une valeur
minimale considérée comme étant la charge « élémentaire », et notée par le symbole e.

La charge de l’électron est :

Connaissant le rapport , on en déduit la masse de l'électron, soit:

La masse de l'électron est très faible à notre échelle, elle l'est également à l'échelle de l'atome.

2.3. Conclusion
Avant l'expérience de Rutherford (1911), on avait une idée des dimensions des atomes (d
 10-8 cm). Les expériences de Thomson et Millikan avaient, d'autre part, montré que l'atome
contenait des particules d'électricité négative encore plus petites. D'où l'existence postulée
d'électricité positive au sein de l'atome pour assurer sa neutralité électrique. En raison de la
légèreté des électrons par rapport à la masse atomique, il semblait naturel d'associer la plus
grande partie de la masse de l'atome à son électricité positive. Il paraissait alors raisonnable de
supposer que l'électricité positive, contenant la majeure partie de la masse, occupait aussi la
majeure partie du volume atomique. Thomson proposa donc un modèle d'atome formé d'une
sphère d'électricité positive d'environ 10 -8 cm de diamètre avec des électrons répartis dans cette
sphère de façon à rendre sa charge globale nulle.
L'expérience de diffusion des particules  par une mince feuille métallique a conduit à
Rutherford à proposer un tout autre modèle.

3. MISE EN EVIDENCE EXPÉRIMENTALE DU NOYAU (EXPÉRIENCE DE RUTHERFORD, 1911)


Elle permit de préciser la structure atomique. L'atome est composé de deux parties: une
partie centrale, compacte et très petite (le noyau) et une partie périphérique remplissant
quasiment tout le volume atomique (le nuage électronique).

3.1. Description de l'expérience


14

Elle consiste à bombarder la matière (une mince feuille d'or d'épaisseur 1 µm) par des particules
 (hélion: ) et d'étudier la distribution angulaire des particules diffusées (Fig. 1-4).

Fig. I-4: Schéma du dispositif de l'expérience de Rutherford. Mise en évidence du noyau.

En observant les impacts des rayons  sur l'écran, Rutherford fut quatre observations:
 1°)- La feuille d'or n'est pas endommagée;
 2°)- La quasi-totalité du rayonnement particulaire traverse la feuille d'or sans être dévié;
 3°)- Une faible portion des particules  (une sur 100 environ) traverse la feuille en étant
simplement dévié de leur direction initiale;
 4°)- Seule une portion très infime (une sur 20 000 particules) du rayonnement a été
réfléchi. A vrai dire, aucune réflexion véritable n'a lieu.

Rutherford fut capable d'interpréter ces résultats en considérant que la matière de la feuille
d'or est essentiellement du "vide". Plus exactement, la matière ne rempli uniformément le volume
occupé, elle se trouve concentrée en certains points. Les particules  passent dans leur grande
majorité entre ces points de matière condensée que sont les noyaux atomiques. Seules les
particules qui passent suffisamment près du noyau sont fortement déviées par répulsion.
15

Tout se passe comme si on lançait des grains de sable à travers un grillage: la plupart des
grains de sable traversent le grillage sans le rencontrer.

3.2. Etude mécanique


La charge positive du noyau crée un champ électrique très intense autour du noyau.
Lorsqu'une particule  se rapproche de celui-ci, elle est soumise à une force de répulsion
électrostatique donnée par:

Sous l'action de cette force, les particules  décrivent des trajectoires hyperboliques (car F

est répulsive et en ) et sont d'autant plus déviées que leur direction initiale passe plus près du noyau (Fig. I-5).

Fig. I-5: Schéma de la trajectoire de la particule  en direction du noyau.

 , m, : vitesse initiale, masse et charge de la particule ;


 C et C' : hyperboles décrite par la particule ;
  et ' : asymptotes aux hyperboles;
  : angle de déflexion déterminée par les deux asymptotes;
 OH = b : est appelé paramètre d'impact: c'est la distance entre le noyau et la direction initiale de la trajectoire de la
particule ;
 OM = r : distance séparant à chaque instant la particule  et le noyau.

En appliquant les lois de conservation de l'énergie mécanique totale et du moment


cinétique de la particule , on démontre que:
16

3.3. Conclusion
Après l'expérience de Rutherford, de nombreuses expériences similaires ont été effectuées
avec des projectiles variés qui sont accélérés par des procédés de plus en plus modernes. Ces
expériences ont toutes confirmé que la charge du noyau est positive et que la presque totalité de
la masse de l'atome se trouve concentrée dans le noyau. La matière a donc une structure
lacunaire.
 Le noyau est assimilable à une sphère de rayon r n  1 Fermi (1 Fermi = 10-15 m) tandis
que le rayon atomique est de l'ordre de ra  1 Å (1 Å = 10-10 m).
 L'électron est une particule élémentaire (sans sous-structure) donc à priori sans taille ni
volume, et si jamais il en avait, sa taille serait inférieure à 10-18 m.
 Le noyau tout petit contient pratiquement toute la masse de l'atome; sa densité évaluée
est de l'ordre de   1014 g cm-3 = 1011 kg cm-3 = 108 t cm-3. Cette densité très élevée dépasse
notre entendement.

3.4. Le modèle atomique de Rutherford


Pour interpréter l'expérience de Rutherford, il faut abandonner le modèle d'un atome
massif initialement proposé par J.J. Thomson. Sur la base de l'expérience, Rutherford (sur une
suggestion de Jean PERRIN dès 1901), propose le modèle suivant en 1911 (schéma I-3).

négatifs gravitent autour du noyau à la


manière des planètes autour du soleil : c'est
le modèle planétaire dit de Perrin-
Rutherford.

Schéma I-3

La quasi-totalité de la masse de l'atome est


concentrée dans une petite région chargée
positivement, appelé noyau. Les électrons
4. LES CONSTITUANTS DU NOYAU : LES NUCLÉONS
Pour étudier la constitution des noyaux, on le bombarde par des projectiles et on analyse
les fragments qui se forment. L'analyse des fragments révèle que les noyaux sont formés de
particules elles-mêmes composites: protons et neutrons désignés par le terme nucléons.

4.1. Mise en évidence expérimentale du proton


(Expérience de E. Rutherford, 1918)
En étudiant des réaction nucléaires par bombardement de l'azote gazeux par des particules
, Rutherford s'est aperçu qu'il apparaissait des particules plus légères chargées positivement qui
ne sont rien d'autre que des noyaux d'hydrogène appelé proton. La réaction nucléaire s'écrit:

Par la suite, un grand nombre d'éléments étudiés (le bore, le fluor, etc.) libèrent des
protons quand on les bombarde par des particules .
L'existence et la mise en évidence du proton a été confirmé par l'étude de la réaction dans
une enceinte du type chambre de Wilson, qui permet de matérialiser les trajectoires de particules
invisibles telles que les particules nucléaires (Fig. I-6).

La chambre de Wilson est une chambre à


brouillard, à vapeur saturée (eau ou alcool),
c’est à dire contenant de la vapeur prête à se
condenser, dont les gouttes de condensation 1
1 H
se forment autour des germes constitués par
14
N (c)
les particules qui le traversent. Les gouttes (a ) 7

éclairées transversalement sur fond noir, 4


H e2
2
(b)
visualisent les trajectoires: (de la même
17
façon, on peut repérer par leur traînée de 8 O

vapeur les avions qui volent à très haute


altitude).
Fig. I-6: Schéma de la chambre de Wilson. Mise en
évidence du proton.
L'expérience produit les traces suivantes:
 (a) : Trace de la particule  incidente: cette trace disparaît quand la particule  entre en
contact avec l'azote qui l'absorbe;
 (b) : Trace plus large et plus courte correspondant à un noyau plus lourd: des
expériences ultérieures ont permis de montrer que c'est de l'oxygène;
 (c) : Trace plus fine et plus longue qui est celle du proton.

4.2. Charge et masse du proton

L'analyse du rapport du proton a permis de dégager les caractéristiques de cette

particule.
La charge du proton est positive, elle est égale en valeur absolue à la charge de l'électron.

Sa masse est environ 1836 fois plus grande que celle de l'électron.

4.3. Mise en évidence expérimentale du neutron (1932)


Il a été mis en évidence par Chadwick.

Fig. I-7: Schéma de l'expérience de F. Joliot et I. Curie (1932). Mise en évidence du neutron.
En bombardant du béryllium (Be) par des particules , il se produit un rayonnement très
pénétrant qui n'est pas dévié par un champ électrique ou magnétique. Ce rayonnement est
constitué de particules neutres, qui en rencontrant une cible de paraffine en expulsent les protons
détectés dans une chambre de Wilson (Fig. I-7). Ces particules neutres sont appelées neutrons.

4.4. Charge et masse du neutron


La charge électrique du neutron est nulle. Sa masse quant à elle peut être calculée en
mesurant l'énergie libérée dans les chocs élastiques entre neutrons et atomes. On calcule la masse
du neutron en appliquant à ces collisions la loi de conservation de l'énergie et de l'impulsion.

Schéma I-4

Le choc étant élastique, les trajectoires sont colinéaires (schéma I-4). La conservation de
l'énergie cinétique et de l'impulsion permettent d'écrire:

d'où on tire

Avec des neutrons de même vitesse, on étudie le choc avec deux atomes différents, par
exemple l'hydrogène et l'azote. On a alors:

Si A est l'hydrogène

Si A est l'azote

Avec : nombre d'Avogadro.


et sont mesurées, on en tire :

5. LES CONSTITUANTS DES NUCLÉONS : LES QUARKS (1975)


Lorsque les protons et les neutrons furent découvert entre 1911 et 1932, les physiciens
pensaient que ces particules étaient élémentaires, c'est à dire qu'elles étaient indivisibles, qu'elles
n'avaient pas de structure interne.
Il a fallut attendre les années 1967-70 pour que Bjorken et Feynman imaginent la présence
d'une structure dans les nucléons, c'est à dire les quarks. Mais comme il est théoriquement
impossible d'observer un quark libre, ce n'est qu'en 1975 que l'existence des quarks put être
prouvée expérimentalement. Il existe de nos jours six sortes de quarks, que nous citerons dans
l’ordre chronologique de leur découverte: le quark up (u), le quark down (d), le quark étrange
(s), le quark charmé (c), le quark beau (b) et la quark top (t).
La masse des quarks n'est pas connue avec précision, mais leur charge est un multiple fractionnaire de la
charge élémentaire:
quarks d u s c b t
charges

Un nucléon est donc un objet composite très complexe. Dans la vision la plus simple, on
peut dire que les nucléons sont constitués de trois quarks. Ainsi:
 Les protons sont constitués de deux quarks up et d'un quark down, soit (uud): sa charge

électrique est donc: .

 Les neutrons sont constitués d'un quark up et de deux quarks down, soit (udd): sa

charge électrique est donc: .

Le rayon des quarks est inférieur à 10-18 m, soit 10-3 fois celui du proton.
Qu'est ce qui lie les quarks entre eux: Les quarks d'un proton ou d'un neutron sont liés par
l'interaction forte. Cette interaction, en plus de lier les quarks entre eux au sein d'un nucléon,
permet aussi aux nucléons de s'attirer pour former un noyau atomique. En effet, les protons ayant

Le nom quark a été donné à ces particules par le physicien Israélien, Gell-Mann et vient d'un poème de James Joyce
(Finnegan's Wake).
tous la même charge électrique, ils se repoussent par l'interaction électromagnétique.
Heureusement, cette dernière est beaucoup plus faible que l'interaction forte qui attire les
nucléons entre eux, et permet donc aux noyaux atomiques de rester stables (cf. document I). De
plus, les neutrons étant totalement insensibles à l'interaction électromagnétique (leur charge
électrique est nulle), ils ne peuvent être liés à l'atome que par l'interaction forte.

6. LES CARACTÉRISTIQUES DE L'ATOME


En résumé, les trois particules qui constituent l'atome sont: les électrons, les protons et les
neutrons. Protons et neutrons qui sont situés dans le noyau sont appelés nucléons.
L'atome est donc caractérisé par son:
 nombre de masse (A) ou nombre de nucléons;
 nombre de protons (Z) ou nombre d'électrons ou encore numéro atomique;
 nombre de neutrons (N).
On a évidemment la relation: A = Z + N
La notation officielle des atomes est: où X est le symbole chimique.
On remarque qu'il est inutile de faire figurer N qui vaut A-Z et que Z est lié à X puisque les
propriétés chimiques étant liées au nombre d'électrons d'un atome, si on a Z protons, on a Z
électrons pour conserver la neutralité des charges: donc si Z change, X aussi change. On trouvera
donc fréquemment la notation condensée .
De même que nous passons de la matière aux molécules, des molécules à l'atome, de
l'atome au noyau, du noyau au nucléon, nous pouvons décomposer le nucléon. L'hypothèse la
plus courante et compatible avec l'expérience est que le nucléon est composé de trois quarks, de
charges fractionnaires. On peut donc reconstituer le proton et le neutron de la façon suivante:

soit

soit

Ce qui vérifie la conservation des charges totales.


7. ELÉMENTS CHIMIQUES - NUCLÉIDES - ISOTOPES
 Un élément chimique (noté par son symbole X) est l'ensemble des atomes de même Z.
 Un nucléide est l'ensemble des atomes caractérisés par un couple (A, Z).
On peut catégoriser les éléments selon qu'ils aient le même nombre de masse (A), de neutron (N)
ou de proton (Z).
Noyaux ayant même:
 Z : isotopes; Z1 = Z2 = Z3 …
 A : isobares; A1 = A2 = A3 …
 N : isotones; N1 = N2 = N3 …
Les isotopes diffèrent entre eux par leur nombre de neutrons (donc leur nombre de masse). Les
isotones et les isobares diffèrent entre eux par leur nombre de protons.
Remarques:
a) Deux isobares tels que N1 = Z2 et N2 = Z1 sont dits noyaux miroirs.
b) Deux isotopes qui ont le même nombre de neutrons (donc noyaux ayant même A,
même N et même Z), mais diffèrent par leur niveau d'énergie, sont différenciés par la notation
. Ces isomères notés (*) ne sont stables que pendant une durée brève, ils sont métastables.
Exemples:
- d'isomères: ;

- d'isobares:

- d'isotopes: ; ;
c) Les éléments qui n'ont qu'un seul isotope naturel dans leur famille sont peu nombreux
(une vingtaine) dont: , , , , , . Le carbone a deux isotopes naturels
tandis que le plomb ( ) en a quatre, l'étain ( ) et le xénon ( ), neuf.
d) Il existe pour les 112 éléments connus plus de 1700 nucléides dont 300 environ sont
présents dans la nature, les autres étant crées artificiellement par des réactions nucléaires.

8. UNITÉ DE QUANTITÉ DE MATIÈRE : LA MOLE


Nous avons vu que l'atome, le noyau, les nucléons et les particules élémentaires (électrons
et quarks) sont de tailles très petites. Pour obtenir des quantités de matières mesurables aux
dimensions de notre échelle, on s'intéresse à la masse d'un très grand nombre d'atomes: une mole
d'atomes.
Par définition, la mole c'est la quantité de matière d'un système contenant autant
d'entités élémentaires qu'il y a d'atomes dans 12 g de : ces entités élémentaires pouvant être
des atomes, des molécules, des ions, des électrons ou tout autre particule.
Le nombre d'entités élémentaires contenues dans une mole est , le nombre d'Avogadro, soit :

Donc la mole, c'est un ensemble de  particules identiques. D'après la définition officielle,  est
aussi le nombre d'atomes de carbone dans 12 g de carbone , soit :

Utilité pratique de : Il permet de passer de l'univers atomique et moléculaire infiniment petit


aux dimensions qui nous sont familières.

9. UNITÉ DE MASSE ATOMIQUE : uma OU u


 L'unité de masse usuelle, le kilogramme, est à l'évidence totalement inadaptée à la
manipulation des atomes, l'échelle atomique étant environ de 25 ordres de grandeur plus petite.
Par exemple, une molécule d'eau pèse  3x10-26 kg.
Il convient donc de choisir une échelle quantifiée adaptée à la taille des nucléons.
Initialement, cette unité avait été définie à partir de la masse atomique de l'isotope 16 de
l'oxygène. Depuis 1961, cette unité est définie en utilisant l'isotope 12, le plus abondant du
carbone.
Par définition, l'unité de masse atomique (uma) est égale au douzième de la masse

d'un atome de carbone 12, ( ) et vaut:

Soit :
 De même que l'unité de masse kilogramme n'est pas adaptée à l'échelle atomique, l'unité
d'énergie joule est inadaptée. L'électron-volt (eV) ou ses multiples (MeV, GeV …) seront les
unités énergétiques les plus usuelles.
Par définition, l'électron-volt est le travail produit par le déplacement d'un électron sous
l'effet d'une différence de potentiel de 1 Volt; il vaut:

Soit
 Puisqu'il y a équivalence entre masse et énergie (m = E/C 2), on parlera de masse en
MeV, en étant à la limite de l'impropriété.
Ainsi pour quelques particules et atomes, on aura:

Tableau I-1: Masse des particules les plus usuelles

Particules Masse (uma) Masse (MeV/C2 )


Electron 0.000 548 580 0.511
Proton 1.007 276 470 938.278
Neutron 1.008 664 904 939.571
Hydrogène 1.007 825 035 938.789
- 1 931.5

Il apparaît ainsi que :

10. MASSE ATOMIQUE ET MASSE MOLAIRE ATOMIQUE


Pour les éléments naturels, le symbole représente un mélange d'isotopes de l'élément
considéré, chaque isotope participant au mélange naturel selon une proportion ou abondance
déterminée.
 La masse atomique est la masse d'un seul atome :
 Par rapport à ses divers isotopes, la masse atomique ( ) d'un élément
(généralement exprimée en uma) est la moyenne pondérée des masses atomiques relatives ( )
des divers isotopes présents dans le mélange naturel, soit:

xi est l'abondance de l'isotope (i ) de masse atomique relative Mi.

On a évidemment la relation :

 Par rapport au noyau, la masse de l'atome neutre est égale à:

Be (Z) est l'énergie (positive) de liaison des Z électrons dans l'atome, est calculée au moyen de la

formule de Thomas-Fermi, suivante:


Be (Z) qui est de l'ordre de l'électron-volt est négligeable (au moins 6 ordres de grandeur plus
petit) devant l'équivalent énergétique des masses des nucléons et de l'électron (Tableau I-1). Ce
qui permet d'écrire:

Mais comme on a aussi me  mn ou mp , on aura donc l'approximation suivante valable:

D'où le résultat suivant: masse atomique et masse du noyau sont très voisins.
 La masse molaire atomique est la masse d'une mole d'atomes, soit de  atomes. Elle
s'exprime en grammes, et est numériquement égale à la masse atomique exprimée en uma.

Tableau I-2: Exemples de calcul des masses à partir des isotopes

Isotopes Masses atomiques relatives Abondances relatives


Mi ( uma ) xi ( % )
15.994 914 635 99.76215
16.999 131 240 0.03830
17.999 160 390 0.20012
234.040 946 824 0.00555
235.043 924 224 0.72001
238.050 784 723 99.27456

Remarques :
Il ne faut pas confondre le nombre de masse (A) et la masse atomique (Mat):
 La masse atomique exprime en uma la moyenne pondérée des masses relatives des
divers isotopes d'un élément; ceci explique que cette valeur de la masse atomique soit rarement
un nombre entier.
 Le nombre de masse A = Z+N n'est pas une masse, mais le nombre toujours entier de
nucléons (protons + neutrons) constituant le noyau d'un nucléide: c'est aussi le nombre entier le
plus proche de la masse atomique.

C/- ISOTOPES ET SPECTROGRAPHES DE MASSE.

1. MISE EN EVIDENCE DES ISOTOPES (1912)


C'est J.J. Thomson qui a mis en évidence en 1912 l'existence des isotopes, en utilisant un
tube à décharge (enceinte contenant un gaz à l'intérieur duquel on place deux électrodes: une
cathode et une anode).

Fig. I-8: Schéma du dispositif de Thomson. Mise en évidence des isotopes

Si on fait subir à un faisceau d'ions positifs (produits dans le tube à décharge à cathode
percée) l'action simultanée d'un champ et parallèles, on observe sur l'écran des courbes
paraboliques.
En effet, étudions le mouvement d'une particule (ion positif) dans le dispositif de J.J.
Thomson (Fig. I-8).
 Action de
La déviation des ions de masse m suivant (Oy) à la sortie du champ sera:

(1)

 Action de
La déviation suivant (Ox) à la sortie du champ sera:

(2)

 Action simultanée des champs et


En éliminant la vitesse entre les équations (1) et (2), on obtient:

d'où

Pour un dispositif expérimental donné, E, B, L sont des constantes, d'où:

C'est l'équation de la parabole que décrit un ion sur l'écran.

J.J. Thomson remarqua que pour certains éléments naturels, les ions se répartissent sur
plusieurs arcs de paraboles. Etant donné que les ions avaient la même charge, il en déduit que
pour un élément donné, on avait des atomes ayant le même nombre d'électrons, mais des masses
différentes: ce sont donc des isotopes.

Autrement dit, les ions de même rapport identique se répartissent sur un même arc de

parabole.

Toute fois, le dispositif de Thomson manque de sensibilité car on observe une dispersion
des ions due à leur vitesse. Il faut trouver un moyen de les focaliser sur une droite ou de les
dévier suivant un cercle de rayon R.

2. SPECTROGRAPHES DE MASSE
2.1. Définition
C'est un appareil qui permet de trier les ions de masses et de charges différentes. Il
comprend quatre parties (Fig. I-9) : une chambre d’ionisation, une chambre d’accélération, une
chambre de déflexion et un système de détection.

Fig. I-9: Schéma de principe général d'un spectrographe de masse.

2.2. Principe des spectrographes de masse


 Dans la chambre d'ionisation, on commence par ioniser (par bombardement
électronique) les atomes. Ceux-ci vont donc donner une entité ayant perdu un électron.
 Dans un champ électrostatique accélérateur, ces ions seront accélérés avant de
pénétrer dans un champ magnétique, où leur mouvement sera dévié suivant des trajectoires
semi-circulaires par construction. On montre que la déviation (i.e., le rayon des trajectoires) est

proportionnelle au rapport (égale ici à ).

2.3. Etude mécanique


Les deux (ions) isotopes (Fig. I-9) ont respectivement des masses et et la charge .
Il s'agit du même élément, donc ils s'ioniseront de la même façon.
 En M, on admet qu'ils ont une vitesse nulle. Utilisons le théorème de l'énergie cinétique
entre M et N.

Soit et

Les deux particules acquièrent la même quantité d'énergie en traversant le champ , mais
n'ont pas la même vitesse en N.
 En N, les particules entrent dans le champ et vont acquérir un mouvement circulaire

uniforme dont les rayons sont respectivement: et

Soit et d'où

Les rayons sont d'autant plus grands que la masse de l'ion est grande. Donc l'isotope le plus léger
arrivera en M1 et le plus lourd en M2. La distance de séparation des points d’impact vaut :

2.4. Détermination des masses atomiques des isotopes

La méthode la plus pratique pour déterminer la masse est la mesure du rapport de la

charge sur la masse de l'ion correspondant. Mais dans les dispositifs modernes, on mesure dans la

pratique le rapport (égal à ). En effet, un spectrographe de masse dans lequel on ne modifie

aucun paramètre va pouvoir être étalonné. Il sera étalonné en masse molaire, puisque Z est
constant. Le nombre d'isotopes aura une incidence sur la plaque sensible du détecteur: plus
nombreux sont les ions d'un type donné, plus intense sera la tâche obtenue. Actuellement, les
détecteurs informatisés permettent d'obtenir directement un spectre étalé. On pourra donc établir
un spectre dit de masse donnant l'intensité de ces impacts en fonction de la masse molaire
(proportionnelle à m) de ces ions.

2.5. Différents types de spectrographes de masse


Il existe de nombreux spectrographes de masse (Thomson, Dempster, Bainbridge, Aston, etc.).
Tous ces appareils séparent par action de champs électrique et magnétique les différents isotopes
d'un même élément.

2.5.1. Spectrographe de masse de Dempster

Fig. I-10: Schéma succincte du spectrographe de masse de Dempster.

Dans ce spectrographe (Fig. I-10), les ions positifs produits sont accélérés par une ddp U
entre l'anode et la cathode , percée respectivement en et . Les ions (i ) de charge

massique arrivent en avec la même énergie cinétique mais à des vitesses différentes.

soit

Ils entrent alors dans une région de champ magnétique constant (induction ). La force
magnétique exercée sur une charge vaut:

car
La trajectoire étant circulaire dans le champ , on aura
soit d'où

Finalement:

Le rapport ne dépend plus de la vitesse des ions. Dans ce type de spectrographe, si est une

donnée de construction de l'appareil, la réponse de l'appareil ne dépend plus que du rapport .

Si on fixe la valeur de B, il suffit de modifier U pour faire défiler vers la fente de sortie tous

les ions positifs correspondants aux divers rapports . Les ions qui sortent de la fente

atteignent un électromètre qui sert à mesurer la charge ou le courant produit par l'ion dans le
spectromètre.
Pour une masse donnée, le spectrographe de Dempster a l'avantage de donner directement
les abondances relatives des isotopes.

2.5.2. Spectrographe de masse de Bainbridge


Dans ce spectrographe (Fig. I-11), les ions positifs produits par ionisation sont accélérés et
entraînés dans un filtre de vitesse: enceinte où agissent simultanément un champ et un champ
de telle sorte qu'à chaque instant, la somme des forces qui agissent sur une particule est nulle.
Fig. I-11: Schéma succincte du spectrographe de masse de Bainbridge.

 Le filtre de vitesse va permettre de trier des particules ayant la même vitesse et de faire
un faisceau homocinétique.
Soit une charge q>0 de masse m; si on peut écrire

Soit (car ).

Cette relation est indépendante de q et de m.


Pour un champ et un champ donné, seules les particules de vitesse sortiront sans être
déviées; en effet:
Si alors la particule est déviée vers la gauche;
Si alors la particule est déviée vers la droite;
On trie ainsi les particules de même vitesse d'où le nom de filtre de vitesse.
 Au sortir de la fente f2, ces ions sont soumis à l'action d'un second champ magnétique
. Sous l'action de , les ions décrivent une trajectoire circulaire de rayon R. La force
magnétique qui s'exerce sur un ion a pour expression:

soit
Soit pour un ion i:

Les ions ainsi déviés impressionnent une plaque photographique qui joue le rôle de détecteur.

L'inconvénient du spectrographe de Bainbridge, c'est la dispersion des ions dans le


sélecteur de vitesse, ce qui implique une luminosité faible.

2.5.3. Spectrographe de masse d'Aston


Le spectrographe de masse d'Aston (Fig. I-12) est d'une plus grande précision. Les ions
positifs produits par ionisation sont accélérés puis subissent deux déviations successives avant
focalisation sur la plaque photographique.

Fig. I-12: Schéma succincte du spectrographe de masse d'Aston.

f1 , f2 : Fentes permettant de réduire le faisceau d'ions à une nappe horizontale de très faible épaisseur;
D : diaphragme permettant de limiter la dispersion de la vitesse des ions.

 Première déviation due à l'action du champ


A la sortie du champ, d'où
L

(L / 2)

 L'angle de déviation étant très petit, on a

Schéma I-5

Cette déviation est transversale ; elle est


donnée par , soit : est une constante de l'appareil.

 Deuxième déviation due à l'action du champ


Au-delà du champ électrique , le faisceau se compose de différents groupes d'ions. La fente D
sélectionne les ions de vitesse relativement proches.
Dans le champ magnétique , la déviation est circulaire. Si R est le rayon de courbure de la

trajectoire, on a :

L'angle de déviation  est telle que:

Soit :

K2 est une constante de l'appareil.

D'où finalement, on aura :

Les déviations angulaires électrique et magnétique sont inversement proportionnelles

respectivement au carré de la vitesse et à la vitesse des ions positifs. Pour un même rapport les

ions les plus lents (donc lourds) seront les plus déviés. La plaque photographique révélera après
développement autant d'isotopes que de raies.
D'autre part, on démontre que le point de convergence F du faisceau est indépendant de

l'écart de vitesse qui peut exister entre les différents ions de même rapport et sa position se

trouve sur une droite fixe () qui est telle que , ce qui équivaut à dire que l'axe f1f2O est
bissectrice de l'angle , (donc ).

3. AUTRES MÉTHODES DE SÉPARATION DES ISOTOPES


Les isotopes d'un même élément (même Z) ont des noyaux de même charge et donc une
même configuration d'électrons périphériques ayant même comportement. Leurs propriétés
chimiques sont donc absolument identiques. Par contre, leurs masses étant différentes, les
propriétés physiques liées à ces masses sont différentes. Il ne sera donc pas possible de séparer
des isotopes en se basant sur leurs propriétés chimiques, et leur séparation n'est possible qu'en
faisant appel à certaines propriétés physiques liées à leur masse.
Il existe plusieurs méthodes de séparation des isotopes. On exprime habituellement le
degré de séparation d'un mélange d'isotope par un coefficient appelé facteur de séparation
isotopique ou de fractionnement.
 a)- Séparation électromagnétique
Cette méthode est basée sur l'utilisation de spectrographe de masse à chambre de recul
multiples possédant un pouvoir de séparation très élevée.
 b)- Centrifugation
On centrifuge à grande vitesse (50 à 100.000 tours min-1) un mélange d'isotopes gazeux ou
liquide. La concentration de l'isotope léger augmente vers l'axe de la centrifugeuse. On répète
l'opération plusieurs fois. La méthode est particulièrement utilisée pour les éléments lourds.
 c)- Séparation par diffusion gazeuse
Les isotopes sont engagés dans une espèce moléculaire gazeuse qui diffuse à travers une
membrane poreuse. La vitesse de diffusion des isotopes lourds est inférieure à celle des isotopes
légers. En fait, cette technique est basée sur la loi de Graham qui stipule que:
La vitesse de diffusion d'un gaz à travers une membrane poreuse est inversement
proportionnelle à la racine carrée de sa densité.

d : densité du gaz par rapport à l'air.


Si on assimile le gaz à un gaz parfait, on a

D'où

Il en résulte que la diffusion d'un mélange gazeux constitués de deux molécules isotopiques de
masse moléculaire M1 et M2 telle que M2 > M1 est caractérisé par un facteur de séparation  tel

que : Avec

Dans la pratique, on place un grand nombre de membranes poreuses en cascade pour avoir une
bonne séparation. C'est le procédé qui est utilisé en France à Pierrelatte pour séparer les isotopes
de et . L'opération est répétée des milliers de fois.
 d)- Diffusion thermique (Clausius et Dickel)
On utilise la différence de température entre l'axe d'une colonne matérialisée par un
filament chauffé et sa paroi extérieure refroidie. Le gaz léger diffuse vers la zone chaude et
s'élève par convection, le gaz lourd s'écoule vers le bas de la partie refroidie.
 e)- Distillation fractionnée
On utilise la différence des points d'ébullition de deux isotopes. Le mélange est distillée
sur une colonne à plateaux multiples. La température de l'espèce légère sera plus basse, ainsi les
vapeurs condensées (distillat) seront plus riches en l'isotope le plus léger et le résidu en l'isotope
le plus lourd. Cette méthode est appliquée pour l'enrichissement de par distillation de CO à
basse température et par distillation de C2H5OH ou H2O.
 f)- Séparation par échange isotopique
La méthode consiste à obtenir l'enrichissement d'une phase liquide en un des isotopes au
dépend d'une phase gazeuse grâce à l'écart d'unité que présente la constante d'équilibre d'une
réaction d'échange thermique.
Exemple : séparation des isotopes de l'azote.

Le rapport naturel : . Le sel d'ammonium enrichi est récupéré, et traité par une solution

de soude chaude qui libère .


 g)- Electrolyse
Cette méthode a permis de concentrer l'eau lourde D 2O présente dans l'eau naturelle. L'eau
lourde D2O est un bon ralentisseur de neutrons, indispensable au bon fonctionnement des
réacteurs nucléaires.

D/- CONCLUSION

Nous venons de décrire dans ce chapitre les diverses expériences et leurs difficultés
inhérentes qui ont conduit de vaillants savants à la découverte des différents constituants de
l’atome, à savoir les électrons (élémentaires), le noyau (composite) constitué de nucléons :
neutrons et protons renfermant chacun en son sein trois quarks élémentaires. Notre exploration
de la matière semble achevée… ! ou momentanément interrompue pour s’intéresser dans le
chapitre suivant aux propriétés physiques des noyaux des isotopes.

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