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Reproductibilité de La Relation Fréquence Cardiaque - Consommation D'oxygène

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RECHERCHES

ÉTUDES ET
Reproductibilité
de la relation fréquence
cardiaque--consommation
d’oxygène

François Trudeau
Danielle R. Bouchard

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TRAVAILLENT POUR VOUS

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2006
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ISBN 10 : 2-89631-053-3 (version imprimée)
ISBN 13 : 978-2-89631-054-8 (PDF)
ISBN 10 : 2-89631-054-1 (PDF)
ISSN : 0820-8395

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Téléphone : 514 288-1551
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Institut de recherche Robert-Sauvé
en santé et en sécurité du travail,
août 2006
RECHERCHES
ÉTUDES ET
Reproductibilité
de la relation fréquence
cardiaque--consommation
d’oxygène

François Trudeau et Danielle R. Bouchard


Département des sciences de l’activité physique,
Université du Québec à Trois-Rivières

RAPPORT

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Cette étude a été financée par l’IRSST. Les conclusions et recommandations sont celles des auteurs.
CONFORMÉMENT AUX POLITIQUES DE L’IRSST

Les résultats des travaux de recherche publiés dans ce document


ont fait l’objet d’une évaluation par des pairs.
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène i

SOMMAIRE

La relation entre la fréquence cardiaque (Fc) et la consommation d’oxygène

mesurée en laboratoire est couramment utilisée pour estimer la dépense énergétique d’un poste

ou d’une tâche de travail. En déterminant cette relation en laboratoire sous forme d’une équation

de régression, il est ensuite relativement facile et peu coûteux de mesurer sur le terrain la

fréquence cardiaque et de déduire, par interpolation, la valeur de la consommation d’oxygène.

Cependant, la fréquence cardiaque est par la suite évaluée à des moments de la journée qui ne

correspondent pas nécessairement au moment où la relation avait été mesurée en

laboratoire. La pente de la relation consommation d’oxygène/fréquence cardiaque risque ainsi

d’être modifiée à cause de l’effet potentiel de la dérive cardiovasculaire et de générer des erreurs

dans l’interpolation de la dépense énergétique en milieu de travail. Le phénomène de la dérive

cardiovasculaire est caractérisé par une augmentation de la fréquence cardiaque et de la

consommation d’oxygène à mesure qu’un travail physique se poursuit pendant une période

prolongée.

Ainsi l’évaluation de la dépense énergétique des postes de travail se fait pour l’instant

sans prendre en considération le moment de la journée où la mesure est prise. On peut dès lors se

demander s’il existe une différence dans la relation consommation d’oxygène/ fréquence

cardiaque pour une tâche similaire à différents moments de la journée de travail.

L’objectif principal de ce projet est de vérifier la fidélité de la relation durant

une journée de travail sachant que la dérive cardiovasculaire pourrait potentiellement changer la
ii Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

fréquence cardiaque et la consommation d’oxygène même pour une tâche d’intensité similaire.

Le présent projet s’intéresse donc à un problème de nature méthodologique et a des répercussions

potentielles non seulement sur la recherche en ergonomie mais aussi sur les évaluations

ergonomiques sur le terrain.

Soixante et onze (n=71) sujets divisés en plusieurs groupes selon le sexe, l’intensité de

travail (modérée, plutôt lourde) et l’ambiance thermique de travail (neutre, chaude) ont participé

à l’étude. Un groupe de travailleurs/euses de nuit a aussi été étudié. Chaque sujet s’est présenté

trois fois au laboratoire, une première fois pour compléter les données anthropométriques et

effectuer une période de familiarisation avec l’équipement. Lors des deux autres séances, les

sujets se sont présentés avant et après une journée de travail. À chacune de ces deux présences,

& O2 / Fc par mesure


les sujets effectuaient un test sur tapis roulant afin de déterminer la relation V

continue de la consommation d’oxygène et de la fréquence cardiaque. À chaque palier du test

d’effort, la perception de l’effort était demandée au sujet. Durant la journée de travail séparant

les séances 2 et 3, les sujets portaient un cardio-fréquencemètre à mémoire et un accéléromètre.

La comparaison des données entre le début et la fin de la journée chez l’ensemble de la

& O2 / Fc ne varie pas de façon significative. Par contre, la


cohorte montre que la relation V

perception de l’effort varie significativement et ce surtout chez les femmes ou les groupes avec

une occupation d’intensité plutôt lourde.

& O2 / Fc est assez robuste et résiste à une journée


Cette étude montre donc que la relation V

de travail en particulier à des fréquences cardiaques inférieures à 125 battements par minute
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène iii

(bpm). Au-delà, il peut dans certaines conditions y avoir une différence entre avant et après le

travail suite à un même effort sur tapis roulant. Ces résultats indiquent donc que la dérive se fait

peu ressentir aux intensités de travail retrouvées généralement en milieu de travail mais que

l’interpolation pour des valeurs de fréquences cardiaques de 125 bpm et plus peut induire une

erreur d’estimation.
iv Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

REMERCIEMENTS

Les auteurs sont reconnaissants à Mme Carole Bellazzi, conseillère scientifique à l’IRSST

pour son méticuleux travail de révision et ses conseils judicieux dans l’accomplissement de ce

projet. Nous aimerions aussi remercier les participants et participantes pour leur contribution à ce

projet.
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène v

TABLE DES MATIÈRES

SOMMAIRE ...........................................................................................................................i

REMERCIEMENTS.............................................................................................................iv

TABLE DES MATIÈRES .................................................................................................... v

LISTE DES TABLEAUX ...................................................................................................vii

LISTE DES FIGURES ......................................................................................................viii

CHAPITRES

1. INTRODUCTION …………………………………………………………………..1
2. HYPOTHÈSES ……………………………………………………………………………………6
3. OBJECTIFS DE RECHERCHE ………………………………………………………………7
4. MÉTHODOLOGIE ………………………………………………………………………………8
4.1 Sujets ………………………………………………………………………………………8
4.2 Description des tests et des mesures ………………………………………9
4.2.1 Mesure de la consommation d’oxygène …………………………………9
4.2.2 Mesure de la fréquence cardiaque ………………………………………..10
4.2.3 Pression artérielle de repos ……………………………………………….10
4.2.4 Mesures anthropométriques ………………………………………………..11
4.2.5 Température tympanique ………………………………………………….12
4.2.6 Mesure de l’hématocrite ………………………………………..12
4.2.7 Accélérométrie .…………………………………………………12
4.2.8 Perception subjective de l’effort …………………………………..12
4.3 Analyse statistique …………………………………………………………13
5. RÉSULTATS …………………………………………………………………….14
5.1 Données descriptives …………………………………………………….14
5.2 & O2 / Fc …………………………………………………………15
Relation V
5.2.1 Sexe ………………………………………………………………..16
5.2.2 Intensité de l’occupation …………………………………………..18
5.2.3 Ambiance thermique de travail …………………………………….19
5.2.4 Horaire de jour vs. de nuit …………………………………………21
5.2.5 Autres variables mesurées …………………………………………21
vi Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

6. DISCUSSION …………………………………………………………………….24
6.1 & O2 /Fc entre le début et la fin
Variation de la relation V
d’une journée de travail ………………………………………………….24
6.1.1 Différences selon le sexe ………………………………………….25
6.1.2 Différences selon l’intensité de travail …………………………….26
6.1.3 Différences selon l’ambiance thermique de travail ………………..27
6.1.4 Variables secondaires ……………………………………………..27
[Link] Température tympanique …………………………………27
[Link] Pourcentage d’hématocrite ……………………………….28
[Link] Pression artérielle…………………………………………28
6.1.5 Fréquence cardiaque mesurée en continu …………………………29
6.2 Limites de l’étude ……………………………………………………….29
7. CONCLUSION …………………………………………………………………..30
8. APPLICABILITÉ DES RÉSULTATS ……………………………………………31
8.1 Recommandations de recherche …………………………………………..32
8.2 Recommandations pratiques …………………………………………….32
9.RÉFÉRENCES …………………………………………………………………………..34

ANNEXE A : Constitution des groupes étudiés …………………………………………37


ANNEXE B : Questionnaire de participation à des activités physiques santé ………….40
ANNEXE C : Feuille de route des 3 séances au laboratoire ………………………………41
& O2 / Fc et variation de perception de l’effort
ANNEXE D : Relation V
pour chacun des 8 groupes de jour ………………………………………..43
ANNEXE E : Relation V& O2 / Fc et variation de perception de l’effort
pour les deux groupes de nuit ……………………………………………..45
ANNEXE F : Corrélations (r) entre accélérations et fréquence cardiaque par
minute pour chacun des sujets …………………………..……………….47
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène vii

LISTE DES TABLEAUX

Tableau Page

1. Données anthropométriques ………………………………………………………15

2. Variations du VO2 et de l’échelle de Borg entre le début et la fin de


la journée pour chacun des groupes ….……………………………………………………..20

3. Différence entre la température tympanique et le pourcentage d’hématocrite


entre le début et la fin de la journée ….……………………………………………21

4. Corrélations (r) entre les comptes d’accélérations et la fréquence cardiaque


par minute pour les différents regroupements de sujets ………………………….22
viii Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

LISTE DES FIGURES

Figures Page

Figure 1. Fréquence cardiaque/oxygène après 20 et 32 semaines de grossesse


et 12 semaines post-partum ………………………………………………………..3

Figure 2. Dérive cardiovasculaire: % de variation de variables physiologiques


en fonction du temps d’effort ……..………………….……………………………4

Figure 3. Illustration des hypothèses de l’étude ……..……………….……………………….7

Figure 4. Limite d’astreinte cardiaque utilisée pour déterminer l’intensité de travail ….……11

Figure 5. Échelle de Borg ……………………………………………………………………13

Figure 6. et perception de l’effort (B) à 100-125-150 battements/minute …..…….16

Figure 7. Relation chez les hommes (A) et les femmes (C) et la perception
de l’effort correspondante (B-D) pour les fréquences cardiaques
100-125-150 bpm au début vs fin de la journée ….……………………………..17

Figure 8. Relation chez les groupes travaillant à une intensité modérée


(A) et plutôt lourde (C) ainsi que la perception de l’effort correspondante (B-D)
pour les fréquences cardiaques de 100-125-150 bpm au début vs fin de
la journée ….………….…………………………………………………………..18

Figure 9. Relation chez les sujets travaillant en ambiance neutre (A) et


en ambiance chaude (C) et la perception de l’effort
correspondante (B-D) pour les fréquences cardiaques 100-125-150 bpm au
début vs fin de la journée …….…………………………………………………….19

Figure 10. Fréquence cardiaque par heure (A) et par minute (B) de travail pour
l’échantillon au complet ……………………………………………………………23

Figure 11. Compte de mouvements par minute (CPM) compilés par heure de
travail pour l’échantillon au complet ……………………………………………….23
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 1

1. INTRODUCTION

En ergonomie, la mesure de la dépense énergétique constitue une des méthodes

fréquemment utilisées pour déterminer les exigences physiques de la tâche. Toutefois, compte

tenu que la mesure directe de la dépense énergétique suppose l’utilisation d’appareils coûteux et

encombrants, les ergonomes recourent le plus souvent à des estimations basées sur des tables de

coûts énergétiques. Bien que ces tables présentent l’avantage d’être facile d’utilisation, elles

comportent aussi une limite importante. Elles reposent sur une relation entre la fréquence

& O2 ) établie en laboratoire, dans des conditions


cardiaque (Fc) et la consommation d’oxygène ( V

qui peuvent varier sensiblement des conditions réelles d’exécution de la tâche. En déterminant

cette relation en laboratoire, sous forme d’une équation de régression, il est ensuite relativement

facile et peu coûteux de mesurer sur le terrain la fréquence cardiaque et de prédire, par

interpolation, la valeur de la consommation d’oxygène. Par contre, cette interpolation pourrait

être faussée par le phénomène de dérive cardiovasculaire qui s’installe graduellement au cours de

la journée de travail et qui provoque normalement une augmentation de la fréquence cardiaque et

de la demande en oxygène avec la durée de la tâche et ce, même si celle-ci est maintenue à une

intensité constante (Ekelund et Holmgren, 1967; Lajoie, Laurencelle et Trudeau, 2000). Or, à

l’heure actuelle, il existe très peu d’information documentant ce phénomène sur une grande plage

de temps comme durant un quart de travail.

Par ailleurs, la mesure de la fréquence cardiaque au travail ne se fait pas nécessairement

& O2 / Fc) a été mesurée en laboratoire (par


au même moment de la journée où la relation ( V

exemple évaluée le matin et mesurée au travail de 12:00 à 20:00). La dérive cardiovasculaire

pourrait avoir pour effet de modifier la pente de cette relation, puisque la dérive de chacune de

ces variables ne se produit pas nécessairement au même moment et n’atteint peut-être pas le
2 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

même pourcentage. Une telle disproportion des variations pourrait ainsi générer des erreurs dans

l’interpolation de la dépense énergétique en milieu de travail.

Afin de prendre en considération le phénomène de spécificité physiologique, la mesure de

& O2 / Fc en laboratoire devrait s’effectuer dans les conditions les plus semblables
la relation V

possibles à celles du milieu de travail. Un exemple d’erreur de spécificité est lorsqu’une courbe

& O2 / Fc est déterminée en laboratoire avec un exercice utilisant majoritairement


de régression V

les jambes pour ensuite être utilisée pour évaluer un poste de travail employant plus ou moins le

bas du corps (Aminoff, Smolander, Korhonen et Louhevaara, 1999). Le test effectué en

laboratoire devrait donc simuler davantage la réalité du poste de travail, car il existe des

différences significatives dans les réponses cardiovasculaires selon l’intensité de la tâche entre

les deux types de travail (Vokac, Bell, Bautz-Holter et Rodahl, 1995). La grossesse est un autre

& O2 / Fc à l’effort physique (Figure 1).


exemple de situation modifiant la pente de la relation V

La dérive cardiovasculaire est définie de différentes façons mais selon Coyle et Gonzalez-

Alonso (2001) c’est un phénomène où certains changements de réponses cardiovasculaires

apparaissent à différents moments, à partir d’environ 5-10 minutes lors d’un exercice à intensité

& O2 max) dans un environnement chaud ou neutre. Cette dérive est


modérée (50-75% du V

caractérisée par une diminution progressive du volume d’éjection systolique et d’une

augmentation de la fréquence cardiaque pour maintenir un débit cardiaque constant (Figure 2).
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 3

Consommation d’oxygène (ml/kg/min)

Figure 1. Fréquence cardiaque/oxygène après 20 et 32 semaines de grossesse et 12 semaines


post-partum (Tiré et traduit de Pivarnik, Stein et Rivera, 2002).

Les causes de ce phénomène restent à être pleinement expliquées. Selon Coyle (1998),

une des raisons majeures de l’apparition de cette dérive est la déshydratation. De plus, il ajoute

qu’il est évident que la dérive cardiovasculaire classique n’est pas due à l’augmentation du débit

sanguin cutané. Par contre, selon Rowell (1986) la dérive cardiovasculaire serait la conséquence

d’une augmentation progressive de la vasodilatation de la peau lorsque la température corporelle

augmente.
4 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

Figure 2. Dérive cardiovasculaire: % de variation de paramètres physiologiques en fonction du


temps d’effort (Tiré de Ekelund et Holmgren, 1967).

La dérive cardiovasculaire peut varier selon plusieurs facteurs comme l’intensité de

l’exercice, le stress, la déshydratation, la condition physique des sujets, la température de

l’environnement et l’augmentation de l’activité du système nerveux sympathique par la fatigue

(Coyle et Gonzalez-Alonso, 2001; Rowell, 1986). Ces facteurs peuvent agir de façon individuelle

ou en interaction (Coyle, 1998). De plus, il a été démontré que la position orthostatique (position

debout prolongée) favorise aussi la dérive par une faible implication de la pompe musculaire ce

qui caractérise plusieurs types d’emplois comme les caissières, les cuisiniers, les serveurs, etc.

(Coyle et Gonzalez-Alonso, 2001; Rowell, 1986). En effet, l’absence de contraction musculaire

provoque en plus de la baisse de la performance cardiaque (volume d’éjection systolique), un

pooling veineux et un œdème des membres inférieurs. Ces phénomènes génèrent d’autres

problèmes comme l’hypoxie, l’étirement des ligaments et le stress des disques intervertébraux

surtout lorsque le travail est effectué en position debout (Messing et Kilbom, 2001).
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 5

La consommation d’oxygène augmente aussi graduellement durant un exercice à intensité

& O2 vs 11,25% pour la Fc sur


constante mais de façon moins marquée que la Fc (9% pour la V

& O2 et 15% pour la Fc selon Ekelund et


une heure selon Lajoie et al. (2000) et 7,5% pour la V

& O2 pourrait donc


Holmgren (1967)). La variation différente de la fréquence cardiaque et de la V

& O2 / Fc. Ce changement dans la


amener un changement de pente dans la droite de régression V

proportionnalité de la relation entre la consommation d’oxygène et la fréquence cardiaque

pourrait potentiellement nuire à la validité de l’estimation des charges de travail par le biais des

tables de coûts énergétiques. La dérive cardiovasculaire pourrait expliquer que certaines tâches

de travail seraient de moins en moins bien supportées à mesure que la journée progresse si

l’intensité de travail est maintenue.

L’augmentation de la fréquence cardiaque suite à la dérive cardiovasculaire révèle une

augmentation du stress physiologique (Coyle et Gonzalez-Alonso, 2001). Suite à un stress

physiologique devenant plus élevé, le travailleur est obligé de trouver des stratégies

(consciemment ou inconsciemment) pour continuer la tâche de façon acceptable: 1) en modifiant

sa technique de travail (i.e. des compensations avec d’autres groupes musculaires) ou 2) en

diminuant le pourcentage attribué à certains aspects de la tâche (Messing, Doniol-Shaw et

Haentjens, 1993).

L’augmentation de la consommation d’oxygène observée durant la dérive

cardiovasculaire semble être attribuable à un déclin du recrutement des fibres musculaires lentes

devenues fatiguées et une augmentation du recrutement des fibres rapides qui sont moins

efficaces car elles nécessitent plus d’oxygène pour réaliser le même travail (Reggiani,

Bottinelli et Stienen, 2000).


6 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

Il nous semble inapproprié d’utiliser une variable mesurée chez une personne le matin et

de l’interpoler chez la même personne fatiguée suite à de telles modifications cardiovasculaires et

neuromusculaires.

2. HYPOTHÈSES

Une première hypothèse du projet est que la dérive cardiovasculaire cause une distorsion

& O2 / Fc à mesure que la journée de travail avance, car la consommation


de la relation V

d’oxygène pour réaliser une même tâche pourrait augmenter mais la fréquence cardiaque

& O2 / Fc variera, induisant


augmente encore plus. Comme conséquence, la pente de la relation V

ainsi une erreur d’interpolation de la dépense énergétique si cette dernière est effectuée à l’aide

& O2 / Fc prise à un autre moment de la journée. Une seconde hypothèse est que la
d’une courbe V

& O2 mais dans des


dérive cardiovasculaire pourrait causer une augmentation de la Fc et de la V

proportions similaires (Figure 3). Ainsi, des erreurs de surestimation ou de sous-estimation de la

dépense énergétique risquent de se produire. Des hypothèses secondaires ont aussi été étudiées,

& O2 / Fc: A) chez les femmes


notamment l’impact de la dérive cardiovasculaire sur la relation V

et les hommes, B) selon que le travail se fait dans une ambiance chaude ou neutre et C) selon que

le travail comporte une intensité de travail plus ou moins lourde.


IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 7

Figure 3. Illustration des hypothèses de l’étude

3. OBJECTIFS DE RECHERCHE

& O2 /Fc durant


L’objectif principal de ce projet est de vérifier la fidélité de la relation V

une journée de travail sachant que la dérive cardiovasculaire fait changer la fréquence cardiaque

et la consommation d’oxygène, même pour une tâche d’intensité constante. Notre hypothèse est

& O2 / Fc qui a été réalisée à un certain moment de la journée ne


qu’une mesure de la relation V

devrait pas être utilisée pour prédire la dépense énergétique à un autre moment que celui où la

& O2 / Fc a été mesurée. Le présent projet s’intéresse à un problème de


mesure de la relation V

nature méthodologique et a donc des répercussions potentielles sur la recherche en ergonomie.


8 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

4. MÉTHODOLOGIE

4.1 Sujets

Les sujets étaient des travailleurs et travailleuses recrutés (es) selon cinq types d’occupation

dont quatre catégorisés à l’aide des tables d’Ainsworth et al. (1993):

1) dépense énergétique modérée avec ambiance thermique neutre (e.g. travail de bureau
ambiance climatisée, enseignement…), 7 hommes et 7 femmes.

2) dépense énergétique plutôt lourde avec ambiance thermique neutre (e.g.


manutentionnaire d’entrepôt climatisé, entretien ménager, caissier, serveur…), 7 hommes
et 7 femmes.

3) dépense énergétique modérée avec ambiance thermique chaude (e.g. supervision de


machine, travailleur en usine, sauveteur…), 8 hommes et 7 femmes.

4) dépense énergétique plutôt lourde avec ambiance thermique chaude (e.g. travail en
buanderie ou plongeur dans cafétéria, cuisinier…), 7 hommes et 7 femmes.

Un cinquième groupe a également été constitué pour prendre en compte le travail de nuit :

5) travailleurs/euses avec horaire de nuit, 7 hommes et 7 femmes.

L’échantillon annoncé indiquait un minimum de 14 travailleurs dans chacun des catégories

(50% femmes et 50% hommes). Nous avons finalement évalué 71 sujets (voir détails à l’annexe

A). Il est à noter que les 2 groupes de nuit ont seulement été classés par sexe et non par l’intensité

du travail et l’ambiance thermique. La catégorisation de l’intensité de l’occupation des sujets

était confirmée après l’analyse de la moyenne de leur fréquence cardiaque durant la journée de

travail par rapport à la fréquence cardiaque de repos. Pour être dans la catégorie plutôt lourde, la

fréquence cardiaque moyenne de la journée de travail devait se situer entre 25 et 35 battements

par minute (bpm) au-dessus de la fréquence cardiaque de repos du sujet (Frimat, Chamoux, De

Gaudemaris, Cantineau et Amphoux, 1989). Sous ce seuil, l’intensité de travail était considérée

comme modérée (25 bpm et moins). L’âge des différents groupes a aussi été contrôlé pour
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 9

minimiser les trop grands écarts entre les fréquences cardiaques maximales théoriques des

différents groupes étudiés. Pour ce qui est de l’ambiance thermique du milieu de travail, le sujet

donnait une évaluation subjective de la température ambiante moyenne.

Chaque sujet a dû se présenter 3 fois au laboratoire. Les sujets devaient présenter une

bonne santé en général. Lors de la séance 1, l’état de santé a été estimé à l’aide des procédures de

la Société canadienne de physiologie de l’exercice: 1) une Fc de repos < 100 bpm, 2) une

pression artérielle de repos <144/94 et, 3) et un questionnaire sur l’aptitude à l’activité physique

(QAAP) sans réponse positive. Les sujets ont aussi rempli le questionnaire de participation à des

activités physiques de la Société canadienne de physiologie de l’exercice (1996) (voir annexe B)

pour nous aider à déterminer le choix du protocole (actif ou sédentaire) sur tapis roulant (voir

annexe C). Lors des séances 2 (avant la journée de travail) et 3 (à la fin de la journée de travail),

les sujets passaient un test progressif sur tapis roulant pendant lequel, la fréquence cardiaque et la

& O2 / Fc par mesure


consommation d’oxygène étaient mesurées afin de déterminer la relation V

continue de la consommation d’oxygène et de la fréquence cardiaque. À chaque palier du test

d’effort, la perception de l’effort était demandée au sujet. Pour participer à notre projet les sujets

devaient avoir des quarts de travail préférablement d’une durée de 6 à 10 heures. Le projet avait

reçu au préalable l’approbation du Comité de déontologie de la recherche humaine de

l’Université du Québec à Trois-Rivières qui a émis un certificat d’approbation.

4.2 Description des tests et des mesures

4.2.1 Mesure de la consommation d’oxygène. Les gaz expirés ont été analysés avec un

analyseur métabolique Vacumed Gas Analyser (Ventura, CA) afin de mesurer la consommation

d’oxygène. L’appareil était étalonné avant chaque utilisation.


10 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

4.2.2 Mesure de la fréquence cardiaque. Au début de chacune des séances, une mesure de la

fréquence cardiaque de repos a été prise pour s’assurer qu’elle se situait sous 100 bpm pour

continuer nos mesures (SCPE, 2003). Durant le test aérobie sur le tapis roulant, la fréquence

cardiaque a été enregistrée à l’aide d’une ceinture de transmission Polar couplée à un récepteur

branché au système d’acquisition de données (Polar S810 i, Finlande). Une montre réceptrice à

mémoire (Polar S810 i, Finlande) a été utilisée simultanément afin de valider les mesures de

fréquence cardiaque. La même montre était portée par le travailleur tout au long de la journée

suite à la séance 2 au laboratoire jusqu’à son retour pour la séance 3 après la journée de travail (1

lecture par minute). Pour évaluer l’intensité de travail des sujets nous avons utilisé la table

d’intensité de travail illustrée à la Figure 4 (Frimat et al. 1989). Le pourcentage de la Fc

maximale théorique aurait aussi pu être utilisé mais cette façon de faire est douteuse car le 220 –

âge peut varier d’une personne à l’autre.

4.2.3 Pression artérielle de repos. Au début de chacune des séances la pression

artérielle a été mesurée à l’aide d’un sphygmomanomètre (Tycos Healthometer, USA) pour

s’assurer qu’elle était sous 145 et 95 mm Hg, sinon nous aurions arrêté notre évaluation et

recommandé une rencontre avec un médecin.


IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 11

Figure 4. Limite d’astreinte cardiaque utilisée pour déterminer l’intensité de travail. La colonne
CCA indique le nombre de battements au-dessus de la fréquence cardiaque de repos (Tiré de
Meyer, 1996).

4.2.4 Mesures anthropométriques. Les mesures anthropométriques ont été réalisées selon les

directives de la SCPE (1996). Le poids des sujets a été mesuré avec une balance à fléau (Detecto-

medic, Detecto Scales Inc. Brooklyn, N.Y., USA). Les sujets devaient se tenir debout et

immobile au centre de la plate-forme de la balance. Le poids a été enregistré aux 100g près. Un

stadiomètre a été utilisé pour mesurer la taille des sujets (Healthometer, Bridgeview, IL). Ces

derniers se tenaient debout sans chaussures, les pieds joints, avec le dos et les talons touchant au

mur. Un ruban à mesurer d’une longueur de 150 cm a été utilisé pour faire la mesure du tour de

taille des sujets. Finalement, les mesures de plis cutanés et de pression artérielle ont été prises sur

le côté droit du corps suivant la méthode suggérée par la SCEP (1996). Les plis cutanés ont été

mesurés avec une pince de type Harpenden (John Bull, England). Le pourcentage de graisse a été

mesuré à l’aide d’un appareil Omron #HBF300 (Omron Healthcare, IL).


12 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

4.2.5 Température tympanique. Le but de cette mesure n’était pas de suivre les variations de

température corporelle tout au long de la journée de travail, il s’agissait plutôt de vérifier si lors

& O2 / Fc, la température était un facteur


des tests progressifs visant à déterminer la relation V

confondant. La température tympanique a été prise avec l’aide de l’appareil électronique au

début des séances 2 et 3 (Thermoscan, Braun) après 15 minutes en position assise afin de vérifier

la température corporelle.

4.2.6 Mesure de l’hématocrite. La mesure du taux de globules rouges dans le sang a été prise

avant le test sur tapis roulant au début des séances 2 et 3 après 15 minutes en position assise, pour

avoir un indice de déshydratation des sujets après leur journée de travail (Micro-Capillary

Centrifuge model MB, Needhom HTS, USA).

4.2.7 Accélérométrie. Les sujets ont porté un accéléromètre à la ceinture en même temps que

la montre cardio-fréquencemètre (Actigraph, MTI Health, Health Services) durant la journée de

travail (entre les séances 2 et 3) pour estimer la quantité de mouvements effectués durant une

période donnée (Washburn, Cook et Laporte, 1989). Les résultats sont exprimés en comptes de

mouvement par minute (CPM).

4.2.8 Perception subjective de l’effort. Les sujets ont été interrogés sur la perception de

l’effort à chacun des 3 paliers d’exercices réalisés avant et après la fin de la journée de travail.

L’échelle utilisée a été le CR 10 (Figure 5) en conformité avec les procédures recommandées

(ACSM, 2005; Borg, 1998).


IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 13

Extrêmement difficile
10
9
8
Très difficile
7
6
Difficile
5
Un peu difficile
4
Modéré
3
Léger
2
Très léger
1
Très très léger
0,5
Rien
0

Figure 5. Échelle de Borg (Phan Chan The, Meyer et Smolik, 2003).

4.3 Analyse statistique

& O2 , les
Les données sont exprimées sous forme de moyennes ± écart-type (X ± ET). La V

Fc ainsi que les résultats de l’échelle de Borg obtenus lors des tests sur tapis roulant ont été

rapportés à des Fc fixes (100, 125 et 150 bpm) pour faciliter l’analyse des résultats mais aussi car

la majorité du temps au travail elles se situent dans ces plages. En effet, chez aucun de nos 71

sujets, la fréquence cardiaque n’a dépassé 130 bpm. Nous avons donc calculé la relation

& O2 /Fc et par la suite interpolé les valeurs de V


V & O2 correspondant à certaines FC. Ceci est une

façon efficace de déterminer si la relation entre les 2 variables a changé. Les différences entre les

moyennes des consommations d’oxygène, des fréquences cardiaques, de l’hématocrite, de la

pression artérielle de repos et à l’exercice, de la perception de l’effort (échelle de Borg) et des

& O2 / Fc obtenues lors des 2e et 3e rencontres ont été comparées avec des
pentes de la relation V

tests-t. Plusieurs tests de corrélation ont été effectués entre les données anthropométriques et la

différence de consommation d’oxygène pour mieux expliquer les résultats. Pour vérifier les
14 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

différentes variations possibles de la fréquence cardiaque et les comptes de mouvements par

minute (CPM) entre les groupes nous avons utilisé des analyses de variances. Finalement, pour

évaluer les différences de fréquences cardiaques ou les CPM entre les heures de travail, nous

avons utilisé une analyse de variance et des tests de dominance relative. Les résultats ont été

considérés comme statistiquement significatifs si P< 0,05. Les résultats ont été analysés avec les

tables de statistiques de Laurencelle et Dupuis (2000).

5. RÉSULTATS

5.1 Données descriptives


Le tableau 1 révèle que les groupes de sujets étaient physiquement semblables tant chez

les femmes que chez les hommes sauf le groupe d’hommes de la condition plutôt lourde-neutre,

qui était plus âgé, avait un tour de taille plus grand et était aussi moins actif. Des corrélations ont

été effectuées entre l’âge, l’IMC, le tour de taille, la fréquence d’activité physique et le % de

& O2 / Fc entre le début et la


graisse et aucun de ces paramètres n’affecte la fiabilité de la courbe V

fin du quart de travail. Un groupe sur les dix avait une moyenne d’âge plus élevée (moy = 34,14 ±

10,54) que les autres (moy = 27,13 ± 3,09). Pour vérifier si l’âge influence la consommation

d’oxygène une corrélation a été effectuée entre la demande énergétique et l’âge. La corrélation

s’est avérée faible (r = 0,18, NS) indiquant que l’âge n’influence pas l’impact de la dérive

cardiovasculaire comme l’avait suggéré Ekelund et Holmgren (1967).


IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 15

Tableau 1. Données anthropométriques en fonction des groupes et du sexe.

Tour de taille Fréquence Graisse Augmentation


GROUPE N Age (ans) IMC (cm) AP/sem1 (%) de la Fc 2
Modérée-
Neutre
7 26,29±2,14 23,99±2,38 81,86±5,91 2,86±0,38 13±3 19,7±2,1
Hommes
Modérée-
Neutre Femmes
7 27,00±8,52 23,45±4,36 74,36±6,88 2,71±0,49 24±8 20,2±2,0
±lourde-Neutre
Hommes
7 34,14±10,54* 28,26±5,89 98,29±18,47* 1,71±0,76* 21±9 30,5±7,6
±lourde-Neutre
Femmes
7 25,43±1,40 26,03±6,00 79,71±13,88 2,86±0,38 27±8 26,7±2,9
Modérée-Chaud
Hommes
8 24,50±8,11 26,18±2,23 89,00±10,50 2,75±0,71 16±5 24,6±2,1
Modérée-Chaud
Femmes
7 27,43±5,35 27,75±7,50 81,57±15,36 2,14±0,90 29±9 22,6±2,2

±lourde-Chaud 7 24,57±6,92 25,62±3,97 86,43±8,75 2,29±0,76 15±6 33,9±4,9


Hommes
±lourde-Chaud 7 27,71±6,24 24,69±8,68 78,43±18,16 2,14±0,90 23±12 27,4±3,1
Femmes
Travail de nuit
Hommes
7 26,29±2,87 26,84±1,13 96,14±6,13 2,43±0,53 20±3 30,0±4,4
Travail de nuit
Femmes
7 25,57±3,78 23,31±3,27 74,14±7,31 2,14±0,90 25±5 29,3±8,5
Moyenne 71 26,85±6,46 25,62±5,00 84,06±13,79 2,41±0,75 21±7 26,5±3,8
1
Pour évaluer la fréquence d’activité physique par semaine, un pointage de 3 était accordé pour ceux qui étaient
actifs 3 fois ou plus par semaine, 2 à ceux qui répondaient 1-2 fois par semaine et 0 pour rarement ou jamais. Une
moyenne par groupe était ensuite calculée.
2
Augmentation absolue de la Fc moyenne par rapport à la Fc de repos : ≤ 25 bpm = intensité modérée; 25-35 bpm =
intensité plutôt lourde.
*Différent des autres groupes d’hommes; p<0,05

5.2 & O2 / Fc
Relation V

& O2 tend à être plus élevée après une journée de travail lors du test sur tapis roulant
La V

aux fréquences cardiaques de 125 et 150 battements par minute (bpm), mais de façon non

significative lorsque analysée chez tous les sujets (Figure 6A). Pour ce qui est de la perception de

l’effort selon l’échelle de Borg, il existe une différence significative entre le début et la fin de la

journée à une fréquence cardiaque de 125 et 150 bpm (p<0,05) (Figure 6B). Lorsqu’on regarde

& O2 / Fc et échelle de Borg / Fc selon le sexe, l’intensité,


de façon plus spécifique les relations V

ou l’ambiance thermique de travail on remarque dans certains groupes des différences entre le

début et la fin de la journée.


16 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

A) B)

5
*

Perception de l'effort
4
2,50
2,00 3 * avant
VO 2(L/min)

1,50 2 après
1,00 avant
0,50 après 1

0,00
0
100 125 150
100 125 150
FC (bpm ) FC (bpm)

Figure 6. V& O2 (A) et perception del’effort (B) à 100-125-150 bpm début vs fin de la journée
pour tous les sujets (n = 71). *P<0,05.

5.2.1 Sexe. Lors de l’analyse comparative des deux sexes on remarque des différences

significatives dans la perception de l’effort. La perception de l’effort chez les femmes (Figure

7D) est généralement plus élevée après le quart de travail à 125 et 150 bpm (P<0,05). La seule

différence significative dans l’analyse de la consommation d’oxygène entre le début et la fin de

la journée se retrouve chez les hommes à la fréquence cardiaque 125 et 150 bpm (P<0,05)

(Figure 7A).
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 17

A) B)

VO2 chez les hom m es Échelle de Borg chez les hom m es

Perception de l' effort


5
2,5
* 4
2
VO 2(L/min)

3 avant
1,5 avant
2 après
1 après
1
0,5
0
0 100 125 150
100 125 150
FC (bpm )
FC (bpm )

C) D)
VO2 chez les fem m es Échelle de Borg fem m es

2,5
Perception de l'effort 5 *
2 4
*
VO 2(L/min)

1,5 avant
3 avant
après
1 2 après
0,5 1
0 0
100 125 150 100 125 150
FC (bpm ) FC (bpm )

& O2 / Fc chez les hommes (A) et les femmes (C) et perception de l’effort
Figure 7. Relation V
correspondante (B pour hommes et D pour femmes) pour les fréquences cardiaques 100-125-150
bpm début vs fin de la journée. * P<0,05.
18 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

5.2.2 Intensité de l’occupation. Lorsqu’on divise les sujets selon l’intensité (modérée vs

& O2 entre le début et la fin


plutôt lourde) de leur occupation, on n’observe pas de différence de V

de la journée. Par contre, il existe une différence significative dans la perception de l’effort pour

les fréquences cardiaques de 125 bpm (P<0.05) et 150 bpm (P<0.01) lorsque la journée de travail

s’est déroulée à intensité plutôt lourde (Figure 8).

A) B)
VO2 groupes intensité m odérée
Échelle de Borg groupes intensité
m odérée
2,5
2

Perception de l'effort
5
VO 2(L/min)

1,5 avant 4

1 après 3 avant
2 après
0,5
1
0
0
100 125 150
100 125 150
FC(bpm )
FC (bpm )

C) D)

VO2 groupes intensité ± lourde Échelle de Borg groupes intensité ±


lourde
2,5
*
Perception de l'effort

5
2
VO2(L/min)

4
1,5 avant
3
* avant
1 après
2 après
0,5 1
0 0
100 125 150 100 125 150
FC (bpm )
FC (bpm )

Figure 8. Relation V& O2 / Fc chez les groupes travaillant à une intensité modérée (A) et plutôt
lourde (C) ainsi que la perception de l’effort correspondante (B-D) pour les fréquences
cardiaques de 100-125-150 bpm début vs fin de la journée. * P<0.05.
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 19

5.2.3 & O2 / Fc et perception de


Ambiance thermique de travail. Une analyse des relations V

l’effort / Fc a aussi été effectuée en fonction de l’ambiance thermique (neutre vs chaude) du

& O2 / Fc n’a pas changé


milieu dans lequel s’est déroulé le quart de travail. La relation V

significativement suite à une journée de travail selon l’ambiance thermique.

A) B)

VO2 groupes ambiance thermique neutre Échelle de Borg groupes ambiance


thermique neutre
2,5

Perception de l'effort
5
2
VO2(L/min))

4
1,5 avant 3 avant
1 après
2 après
0,5 1
0 0
100 125 150 100 125 150
FC(bpm) FC(bpm)

C) D)

VO2 groupes ambiance thermique chaude Échelle de Borg groupes am biance


therm ique chaude
2,5
Perception de l'effort

2
5
*
VO2(L/min)

4
1,5 avant
3 avant
1 après
2 après
0,5 1
0 0
100 125 150 100 125 150
FC(bpm) FC(bpm )

Figure 9. Relation V& O2 / Fc chez les sujets travaillant en ambiance neutre (A) et en ambiance
chaude (C) et la perception de l’effort correspondante (B-D) pour les fréquences cardiaques 100-
125-150 bpm début vs fin de la journée. * P<0.05.
20 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

Cependant, on remarque que la perception de l’effort varie de façon significative pour les

sujets travaillant en ambiance chaude mais seulement à une Fc de 150 bpm (Figure 9).

& O2 / Fc a été analysé pour chacun des dix sous-


Finalement, le changement de la relation V

groupes. Comme expliqué plus haut, il est possible dans certains cas de voir un changement de la

& O2 / Fc entre le début et la fin de la journée mais habituellement non significatif


relation V

(Tableau 2).

Tableau 2. Variations en pourcentage du V & O2 et de l’échelle de Borg entre le début et la fin


de la journée de travail analysé à l’aide d’un test-t pour chacun des groupes aux fréquences
cardiaques de 100, 125 et 150 bpm (Voir Annexe D pour présentation sous forme de figures),
*P< 0.05.

&O % BORG
% V 2
GROUPE 100 bpm 125 bpm 150 bpm 100 bpm 125 bpm 150 bpm

Neutre-Modérée 0,05 4,74* 2,56* 0,81 1,57 0,69


Hommes

Neutre-Modérée 0,41 0,08 0,65 1,58 1,44 0,11


Femmes

Neutre ±lourde Hommes 1,30 0,75 0,95 1,70 0,25 0,82

Neutre ±lourde Femmes 1,48 0,16 0,05 1,46 1,38 6,71*

Chaud-Modérée 1,24 0,12 1,08 0,11 0,18 1,63


Hommes

Chaud-Modérée 0,24 0,44 0,93 1,31 0,01 1,08


Femmes

Chaud ±lourde Hommes 0,25 2,64* 0,42 1,82 1,68 2,53*

Chaud ±lourde Femmes 1,29 0,13 0,15 0,64 2,70* 0,14

Travail de nuit Hommes 0,88 0,49 1,02 0,52 2,67* 1,58

Travail de nuit Femmes 0,29 0,82 1,73 1,81 1,63 1,76


IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 21

5.2.4 Horaires de jour vs. de nuit. Chez les travailleurs de nuit, la perception de l’effort était

plus élevée à 125 bpm lors du test à l’effort en fin de journée par rapport au début de journée

(Annexe E).

5.2.5 Autres variables mesurées. La température tympanique (To) augmente à la suite d’une

journée de travail chez les sujets en ambiance chaude et ceux à intensité modérée alors que le %

d’hématocrite (HCT) diminue significativement suite à une journée de travail à intensité plutôt

lourde (Tableau 3).

Tableau 3. Différence entre la température tympanique et le pourcentage d’hématocrite entre la


mesure au début vs fin de la journée chez 3 catégories de travailleurs de jour
Student Hct après Student
o o
N T avant T après (t) Hct avant (%) (%) (t)
SEXE
Femmes 28 36,45 ± 0,53 36,67 ± 0,52 2,24 39,41 ± 2,61 38,67 ± 3,01 1,18
Hommes 29 36,08 ± 0,63 36,32 ± 0,96 1,99 43,17 ± 3,12 42,08 ± 3,73 1,59
AMBIANCE
Neutre 28 36,08 ± 0,54 36,29 ± 0,75 1,72 41,50 ± 3,17 41,01 ± 3,27 0,72
Chaude 29 36,45 ± 0,62 36,70 ± 0,78 2,48* 41,07 ± 3,69 39,74 ± 4,18 2,12
INTENSITÉ
Modérée 29 36,45 ± 0,63 36,59 ± 0,87 3,57** 41,28 ± 3,14 40,75 ± 4,22 0,76
±lourde 28 36,33 ± 0,59 36,40 ± 0,69 0,63 41,31 ± 3,74 40,01 ± 3,29 2,19*
TEMPS
Jour 57 36,27± 0,60 36,51± 0,55 2,96* 41.00± 3,63 40,00± 3,99 1,99
Nuit 14 36,38± 0,71 36,49± 057 0,49 43,16± 4,03 40,79± 3,23 3,26 *
* P< 0,05 et ** P< 0,01

Pendant la journée de travail les sujets portaient une montre Polar et un accéléromètre

pour vérifier: 1) l’intensité de travail et 2) la relation entre le nombre de comptes par minute

(unité de mesure de l’accéléromètre) et la fréquence cardiaque par minute. Lorsqu’on évalue la

corrélation entre les CPM et la Fc sujet par sujet, la relation est significative pour la plupart des

sujets (Voir Annexe F). Lorsque les sujets sont évalués par sous-groupes, les corrélations sont
22 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

significatives (Tableau 4). Par contre, si on évalue les résultats grâce à la moyenne par heure des

CPM et de la Fc la corrélation entre ces variables devient non significative (r = -0,03). L’analyse

de la fréquence cardiaque moyenne par heure avec tout le groupe nous démontre que la Fc est

plus élevée durant la première heure de travail (Figure 10 A).

Tableau 4. Corrélations (r) entre les comptes d’accélérations (CPM) et la fréquence cardiaque par
minute pour différents regroupements de sujets

N Corrélations (r)
SEXE
Femmes 28 0,31*
Hommes 29 0,33*
AMBIANCE
Neutre 28 0,34*
Chaude 29 0,32*
INTENSITÉ
Modérée 29 0,37*
±lourde 28 0,28*
*P< 0,01

Lorsque déterminée par un test de combinatoire utilisant la méthode Monte Carlo

(Laurencelle, 2001), la prédominance de la première heure s’avère très significative (P<0,001).

Par contre, le test de dominance relative révèle que cette prédominance de la première heure

n’apparaît pas significative dans tous les sous-groupes. En plus d’avoir normalement une Fc plus

élevée lors de la première heure, les premières minutes de cette heure de travail semblent aussi

plus intenses, tel que révélé par une fréquence cardiaque plus élevée (Figure 10 B). La figure 11

montre que la septième heure de travail semble être l’heure durant laquelle les travailleurs

bougent davantage (CPM) montrant que la relation entre la Fc et les CPM évaluée par heure est

faible car la Fc la plus élevée est la première heure de travail. De façon générale, il existe une

corrélation significative entre la Fc et les CPM lorsqu’on calcule minute par minute la

corrélation, mais non significative lors d’un calcul de la même corrélation heure par heure.
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 23

B. Fc par minute de travail

105
100
95
Fc

90
85
80
1 61 121 181 241 301 361 421
Minute

Figure 10. Fréquence cardiaque échantillonnée par heure (A) ou par minute (B) de travail pour
l’échantillon au complet. * différent des autres heures.

Moyenne de C P M par heure de travail


(n = 71)

900
CPM

600
300
0
1 2 3 4 5 6 7 8
he ure

Figure 11. Comptes de mouvements par minute (CPM) par heure de travail pour l’échantillon au
complet.
24 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

6. DISCUSSION

& O2 /
L’objectif principal du projet était de vérifier la fidélité de la droite de régression V

Fc en fonction du moment de la journée de travail. Une telle fidélité s’avère importante afin

d’estimer le plus précisément possible la charge de travail lorsqu’on utilise l’enregistrement de la

Fc sur le terrain à tout moment de la journée pour interpoler la dépense énergétique à partir d’une

& O2 / Fc préalablement établie en laboratoire.


droite V

6.1 & O2 / Fc entre le début et la fin d’une journée de travail


Variation de la relation V

& O2 / Fc utile en ergonomie pour estimer le


Notre hypothèse majeure était que la relation V

coût énergétique d’un poste ou d’une tâche de travail n’est pas fidèle à 100%. Cette relation

pourrait en effet subir une distorsion à mesure que la journée de travail avance. La dérive

cardiovasculaire de la consommation d’oxygène et de la fréquence cardiaque susceptible de se

produire au cours de la journée de travail, chacune avec un pourcentage d’augmentation

différent, est le mécanisme physiologique qui soutenait l’hypothèse de départ. Dans les études

précédentes sur la dérive cardiovasculaire, la fréquence cardiaque augmentait plus en

pourcentage que la consommation d’oxygène ce qui pouvait faire varier la pente de la droite de

& O2 / Fc (Ekelund et Holmgren, 1967; Lajoie et al. 2000).


régression V

& O2 /
Cependant, les résultats de notre étude montrent que lorsque la droite de relation V

Fc est mesurée avant et remesurée après une journée de travail, la consommation d’oxygène

augmente rarement de façon significative. Cette augmentation est significative dans quelques

groupes (hommes travaillant à intensité modérée en ambiance neutre à 125 et 150 bpm; hommes

travaillant à intensité plutôt lourde en ambiance chaude à 125 bpm). Même si la consommation

d’oxygène n’augmente pas beaucoup, la perception d’un même effort répété après une journée de
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 25

travail augmente significativement chez certains groupes de sujets. Ainsi, les sujets masculins

travaillant à intensité plutôt lourde en ambiance chaude ainsi que les femmes travaillant à

intensité plutôt lourde en ambiance neutre ressentent l’effort comme étant plus difficile après une

journée de travail selon l’échelle de Borg à 150 bpm, lors du test sur tapis roulant (Tableau 2).

Pour les femmes avec travail plutôt lourd et ambiance chaude, c’est à 125 bpm que la perception

de l’effort est plus élevée suivant une journée de travail.

Nos hypothèses secondaires avançaient qu’il pourrait exister une différence de variation

& O2 / Fc: entre les femmes et les hommes, entre le travail en ambiance chaude ou
de la relation V

neutre, et entre le travail à intensité modérée ou plutôt lourde. Contrairement à ce que l’on

& O2 / Fc n’ont pas été observées entre ces différents


s’attendait, les distorsions de la relation V

groupes.

6.1.1 Différences selon le sexe

La seule véritable différence homme-femme concerne la perception de l’effort qui a

augmenté chez les femmes suite à une journée de travail. Dans notre échantillon, 21 femmes sur

28 travaillaient la plupart du temps en position debout comme coiffeuses, serveuses,

horticultrices, etc. En Amérique du Nord, une grande proportion d'emplois occupés par des

femmes dans les usines ou le secteur des services (vendeuses, coiffeuses, caissières) sont

caractérisés par de longues périodes en position debout qui occasionnent des problèmes musculo-

squelettiques et une fatigue accrue (Vézina et al. 1994). Ceci pourrait en partie expliquer

pourquoi les femmes perçoivent l’effort comme plus intense à une même fréquence cardiaque.

Lorsqu’il y a un travail statique en position debout, les muscles posturaux sont contractés

pendant de longues périodes et deviennent fatigués. Éventuellement, ce sont les muscles


26 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

phasiques qui prennent la relève, mais ils ont la caractéristique d’être plus fatigables et de

consommer plus d’oxygène (Reggiani et al. 2000).

Dans notre échantillon, les hommes dépassent leur Fc de repos un peu plus que

les femmes durant leur quart de travail. En effet, les hommes ont une moyenne de Fc de 27,12

bpm de plus que leur Fc de repos et les femmes une moyenne de 24,25 bpm de plus qu’au repos

(P< 0,05). Nos résultats se rapprochent de ceux de Pokorski, Oginski et Kuleta (1991) qui

indiquent que les hommes ont en moyenne une intensité de travail plus élevée que les femmes

comparé à leur Fc de repos lors d’un quart de travail. D’après ces résultats, il serait normal de

prédire une plus grande fatigabilité chez les hommes que chez les femmes après un quart de

travail. Cependant, suite à une journée de travail, nos résultats démontrent une perception de

l’effort plus élevée chez les femmes.

Oginska, Pokorski et Oginski (1993) affirment que les femmes tolèrent moins la fatigue

liée au travail à cause: 1) d’une durée de sommeil moins longue et de moins bonne qualité que les

hommes, 2) d’une plus grande somnolence lors de la journée de travail et 3) d’une intensité de

travail plus élevée que les hommes dans leurs temps libres. Ceci pourrait nous aider à

comprendre pourquoi les femmes montrent une augmentation de 0,73 unités comparativement à

0,44 chez les hommes concernant la perception de l’effort selon l’échelle de Borg entre le début

et la fin de la journée de travail (Figure 7).

6.1.2 Différences selon l’intensité de travail

& O2 / Fc
L’intensité de travail ne provoque pas de variation significative de la pente V

durant la journée de travail. Par contre, une variation significative a été mesurée dans la

perception de l’effort suite à une journée de travail aux fréquences cardiaques de 125 et 150 bpm

pendant le test sur tapis roulant.


IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 27

Si on compare les effets de l’intensité de travail et de l’ambiance thermique de travail on

remarque que l’intensité de travail pourrait influencer davantage la perception de l’effort suite à

la journée de travail. Au fait, la variation de la perception de l’effort est significative à 125 et

150 bpm lorsqu’on analyse les données selon l’intensité de travail mais seulement significative à

150 bpm pour la perception de l’effort selon l’ambiance thermique du milieu de travail.

6.1.3 Différences selon l’ambiance thermique de travail

Il avait aussi été avancé que l’ambiance thermique (chaude ou neutre) puisse influencer

& O2 / Fc. D’après nos résultats, il n’existe pas de variation


l’évolution de la relation V

significative de la consommation d’oxygène entre le début et la fin de la journée que ce soit chez

les sujets qui travaillent en ambiance chaude ou en milieu neutre tous groupes combinés.

Cependant, on remarque une augmentation significative de la perception de l’effort après

une journée de travail à 150 bpm. Ces résultats se rapprochent de ceux de Chen et al. (2003) qui

suggèrent que les travailleurs en ambiance chaude augmentent leur chance de fatigabilité suite à

une journée de travail comparé aux travailleurs en ambiance neutre.

6.1.4 Variables secondaires

[Link] Température tympanique. Le but de cette mesure n’était pas de suivre les variations de

température corporelle tout au long de la journée de travail, il s’agissait plutôt de vérifier si lors

& O2 / Fc, la température était un facteur


des tests progressifs visant à déterminer la relation V

confondant. Pour avoir des données plus valides de la température du milieu de travail, il aurait

fallu la mesurer sur le site. Contre toute attente, la température tympanique a augmenté
28 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

(+0.14°C) de façon significative chez les gens ayant un travail d’intensité modérée et non chez

les travailleurs ayant un travail d’intensité plutôt lourde. Une variation significative (+0.25°C) de

la température tympanique a aussi été remarquée chez les sujets travaillant en ambiance chaude.

& O2 pour une


On peut donc exclure que les variations observées de perception de l’effort ou de V

même Fc soient attribuables à une variation de la température centrale.

[Link] Pourcentage d’hématocrite. Selon Coyle et Gonzalez-Alonso (2001) la

déshydratation augmente la dérive cardiovasculaire. En général, nos sujets ont démontré un taux

d’hématocrite stable ou plus bas à la fin de la journée (Tableau 3). Suite à ces résultats, il nous

est permis de croire en une bonne hydratation de nos sujets pendant leur journée de travail ce qui

pourrait expliquer en partie la faible variation entre le début et la fin de la journée au niveau de la

consommation d’oxygène. Les diminutions les plus marquées du pourcentage d’hématocrite ont

été observées dans les groupes travaillant à intensité plutôt lourde et chez les travailleurs en

ambiance chaude. Ces résultats sont étonnants car normalement on aurait cru observer une

augmentation du pourcentage d’hématocrite suite à une journée de travail en ambiance chaude en

raison d’une possible déshydratation et d'une perte de plasma sanguin.

[Link] Pression artérielle. Dans nos résultats aucun groupe ne présentait de différence

significative de la pression systolique ou diastolique entre le début et la fin du quart de travail.

Pourtant, Coyle (1998) et Coyle et Gonzalez-Alonso (2001) démontrent clairement une

diminution de la pression artérielle en ambiance chaude ce qui n’a pas été le cas dans notre étude.

D’autre part, Ha et al. (2001) rapportent une augmentation de la pression artérielle en relation

avec la durée du quart de travail. Cependant, dans cette dernière étude la pression artérielle était

prise de façon ambulatoire tandis que nous avons mesuré la pression artérielle avant le travail et
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 29

lors du retour au laboratoire ce qui explique peut-être la différence entre les résultats.

6.1.5 Fréquence cardiaque mesurée en continu durant la journée de travail

L’analyse de la Fc moyenne par heure ou par minute de travail nous a fait remarquer que

lors de la première heure de travail, la Fc est significativement plus élevée que lors des autres

plages horaires. Lorsque l’échantillon de salariés vient de situations de travail variées, les

régressions entre les différents paramètres cardiorespiratoires sont assez précises (Horwat et

Meyer, 1998). Ceci nous permet d’avancer que la première heure de travail n’est peut-être pas la

meilleure période pour évaluer la dépense énergétique d’un poste de travail à l’aide de la

fréquence cardiaque. Cette fréquence cardiaque plus élevée à la première heure de travail,

pourrait être due à plusieurs facteurs. Le premier facteur est le stress habituel de la circulation ou

du transport vers le lieu de travail (Peters et al. 2004). Le deuxième facteur potentiel de stress

inhabituel serait d’être venu en laboratoire et d’avoir à porter une ceinture cardio-fréquencemètre

et un accéléromètre pendant la journée de travail. Il faut aussi noter que lors de la séance 2, les

sujets semblaient stressés à l’idée d’arriver en retard au travail ou pour bien comprendre la

procédure de l’utilisation de l’équipement (e.g. arrêter la montre par erreur). Ces petits stress

supplémentaires ajoutés à ceux d’une journée de travail ont peut-être contribués à faire

augmenter la Fc lors de la première heure de travail. Néanmoins nous croyons que cette question

mérite qu’on s’y intéresse.

6.2 Limites de l’étude

La température ambiante du milieu de travail a été estimée par la perception subjective de

la chaleur ressentie par le sujet lui-même. De plus, la température du milieu de travail n’était pas
30 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

toujours constante (e.g. pour le sauveteur à la piscine entre 10h et 16h). Les sujets devaient se

rendre au laboratoire suite à leur journée de travail et le temps écoulé entre la fin du quart de

travail et l’heure d’arrivée au laboratoire a varié entre les sujets. Certains sujets étaient au

laboratoire dans les 15 minutes suivant la fin du quart de travail tandis que d’autres, à cause de

raisons telles que la distance ou le transport, pouvaient seulement se présenter au laboratoire dans

l’heure qui suivait la fin du quart de travail. Une autre limite de l’étude est le moment de la

journée des quarts de travail. Les horaires de nos sujets étaient pour la plupart entre 6 :00 et

24 :00 mais la durée du travail variait entre 7 et 12 heures, ce qui pourrait avoir influencé les

résultats. De plus, les gens qui débutaient leur travail très tôt semblaient plus fatigués le matin

que le soir. Par exemple, un sujet travaillant à 5:00 a évalué son effort à 6 sur l’échelle de Borg le

matin pour seulement 4 pour le même effort lors de son retour du travail. Les variations de la

perception de l’effort, mesurée sur l’échelle de Borg, auraient potentiellement été encore plus

marquées si les quarts de travail des sujets avaient tous débutés à la même heure et pour une

durée égale.

7. CONCLUSION

Les résultats obtenus dans le cadre de la présente étude semblent indiquer qu’il n’existe

& O2 / Fc pour la plupart des sous-catégories de


pas de problème majeur de fidélité de la relation V

conditions de travail analysées ici. Les situations où il faut être prudent avec l’interpolation

concernent les tâches impliquant des Fc dépassant 125 bpm. À partir de 125 bpm on augmente

& O2 / Fc soit moins fidèle après un certain nombre d’heures au


les probabilités que la relation V

& O2 / Fc de façon
travail. La dérive cardiovasculaire ne semble pas affecter la relation V

significative probablement parce que 1) l’intensité observée au travail est trop faible pour induire

le processus de la dérive cardiovasculaire contrairement aux études effectuées à des intensités


IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 31

plus élevées, et 2) le fait que nous ne contrôlions pas la cadence de travail. En effet, il est

probable que durant la journée de travail, l’intensité de travail soit auto-ajustée par le travailleur

(inconsciemment ou non), ce qui diminue la probabilité d’avoir une dérive cardiovasculaire.

L’augmentation de la perception de l’effort à une fréquence cardiaque donnée supporte cette

dernière explication.

8. APPLICABILITÉ DES RÉSULTATS

Par principe de précaution, il serait bon d’évaluer les intensités de travail à la même heure

de la journée pour tous les sujets étudiés et non d’extrapoler une mesure prise le matin à

l’ensemble de la journée pour évaluer l’intensité de la tâche comme on le fait normalement en

ergonomie pour restreindre les dépenses. Ceci est d’autant plus important si on évalue un poste

individuel de travail car il y a beaucoup de variabilité inter-individuelle dans le changements de

& O2 / Fc. La première heure d’un quart de travail ne semble pas bien refléter
relation V

l’ensemble de la journée pour l’évaluation de la fréquence cardiaque (Figure 10). Si on veut

évaluer la quantité de mouvements par jour, il serait important d’évaluer la journée complète et

non seulement une heure pour en faire la moyenne par la suite car d’une période à l’autre, il existe

une différence importante. Comme l’avance Rodahl (1989), la description globale d’une tâche ne

suffit pas à évaluer convenablement la dépense énergétique.

Dans des occupations diverses, il existe plusieurs facteurs qui influencent la charge de

travail comme le type de tâche, l’horaire de travail et même le support social au travail (Evans et

Steptoe, 2001). La dépense énergétique ne suffit donc pas à bien décrire la charge de travail

puisqu’elle néglige les pointes de dépense énergétique. C’est en partie pour ces raisons que nous

croyons qu’il est toujours mieux d’évaluer les tâches journalières sur une journée de travail

entière. Le cardio-fréquencemètre seul ou l’accéléromètre seul ne donnent pas une bonne


32 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

estimation de l’effort déployé par le travailleur. Aussi, la dépense énergétique ne peut être le seul

indice d’évaluation d’une charge de travail, car pour une même fréquence cardiaque on arrive

parfois à une perception de l’effort (échelle de Borg) plus élevée pour une tâche de même

intensité. Les indices psychophysiologiques doivent être aussi considérés dans l’estimation de

l’astreinte vécue dans un poste de travail.

8.1 Recommandations de recherche

Il serait intéressant de vérifier si les travailleurs qui ont une augmentation de la

consommation d’oxygène à une fréquence cardiaque donnée sont ceux qui maintiennent leur

cadence de travail durant la journée. Cela devrait probablement se faire par des études

d’observation directe combinée à des mesures physiologiques. Une étude semblable pourrait

étudier la variation de consommation d’oxygène entre les sujets travaillant sur des quarts de 8

heures comparativement à ceux qui travaillent sur des quarts de travail de 12 heures. Finalement,

il serait aussi intéressant d’étudier la dérive cardiovasculaire chez des employés oeuvrant dans

une même tâche mais ayant une différence d’expérience pour voir si les travailleurs plus

expérimentés deviennent énergétiquement plus économes pour certaines tâches.

8.2 Recommandations pratiques

& O2 par la Fc mesurée au travail, il faut ajouter d’autres mesures pour


1. À l’estimation de la V

s’assurer de mesurer plus globalement l’astreinte. La perception de l’effort est donc un

élément important à considérer.

2. Pour avoir une bonne évaluation de l’intensité de travail avec l’accéléromètre il faut évaluer

toute la journée de travail car il n’existe pas de constance entre les heures de travail et le

nombre de mouvements par minute.


IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 33

3. La moyenne de la fréquence cardiaque lors de la première heure de travail ne reflète pas la

fréquence cardiaque moyenne durant la journée.

4. Lors des pointes de fréquence cardiaque au-dessus de 125 bpm, il y a une augmentation des

risques d’erreur dans le sens d’une sous-estimation. C’est dans cette zone que nous avons

& O2 plus élevés pour une même fréquence cardiaque. Donc, si on s’attend à avoir
obtenu des V

& O2 / Fc au même moment de la


des Fc dans ces plages, il faut par précaution établir la relation V

journée prévue pour la collecte de données sur le terrain.


34 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

9. RÉFÉRENCES

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IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 37

ANNEXE A
Constitution des groupes étudiés

HOMMES
±lourde neutre ±lourde chaude Groupe de nuit
Modérée neutre Hommes Hommes Modérée chaude Hommes Hommes
entraîneur enseignant journalier en usine cuisinier journalier
enseignant cuviste en usine journalier en usine journalier papetier
chercheur (bureau) caissier soudeur en usine papetier agent de sécurité
chiropraticien journalier en usine entretien industriel sauveteur agent de sécurité
chercheur (bureau) entretien ménager sauveteur cuisinier portier
chercheur (bureau) serveur journalier en usine cuisinier soudeur
directeur de production journalier en usine journalier en usine serveur/terrasse soudeur
sauveteur
FEMMES
±lourde neutre ±lourde chaude Groupe de nuit
Modérée neutre Femmes Femmes Modérée chaude Femmes Femmes
vendeuse entraîneure cuisinière cuisinière analyste en laboratoire
entraîneure enseignante garderie/dehors travail en buanderie agente de sécurité
physiothérapeute coiffeuse machiniste en usine serveuse barmaid
enseignante enseignante horticultrice horticultrice analyste en laboratoire
chercheure (bureau) entraîneure serveuse/terrasse sauveteure garde de sécurité
bouchère monitrice d’aérobie entretien en ville cuisinière agente de sécurité
infirmière éducatrice en garderie sauveteure sauveteure journalière
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 39

ANNEXE B
Questionnaire de participation à des activités physiques santé (Tiré de SCEP, 1996)
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 41

ANNEXE C

Feuille de route des 3 séances au laboratoire

Séance 1

o Faire remplir le QAAP


o Faire remplir le questionnaire sur le niveau de participation à des activités physiques
o Description des évaluations et des séances suivantes
o Signature du consentement aux différents tests
o Pression artérielle et fréquence cardiaque au repos
o Mesure de la taille et poids corporel
o Mesure du tour de taille
o Mesure des plis cutanés (triceps, biceps, sous-scapulaire, supra-iliaque, mollet;
application de la formule de Durnin& Womersley 1) + impédancemètre
o Test (pratique) sur le tapis roulant pour aider le client à se familiariser avec l’appareil.
o Planifier la 2ième séance

Séance 2

o Prise de la fréquence cardiaque et pression artérielle au repos


o Mesure de la variabilité R-R
o Température tympanique
o Hématocrite
o Dépense métabolique de repos 10 minutes branché sur l’analyseur en position assise
o Test progressif sur tapis roulant
Protocole :
1- Si sujet sédentaire
Palier Temps Vitesse Pente
1 0-5 min 3.2 km/h 0%
2 5-10 min 4.8 km/h 3%
3 10-15 min 5.6 km/h 6%

2- Si sujet actif
Palier Temps Vitesse Pente
1 0-5 min 3.2 km/h 0%
2 5-10 min 6.4 km/h 3%
3 10-15 min 9.6 km/h 6%
NB: On peut voir à la pratique si on doit déplacer un client à l’autre protocole
Pression artérielle et échelle de Borg à la fin de chaque palier.
• Douche si désirée
o Installation de la montre Polar et de l’accéléromètre

Séance 3
42 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

o Retour de la montre Polar et de l’accéléromètre


o Prise de la fréquence cardiaque et pression artérielle de repos
o Mesure de la variabilité R-R
o Température tympanique
o Hématocrite
o Dépense métabolique de repos 10 minutes branché sur l’analyseur en position assise
o Test progressif sur le tapis roulant

Protocole :
Si sujet sédentaire
Palier Temps Vitesse Pente
1 0-5 min 3.2 km/h 0%
2 5-10 min 4.8 km/h 3%
3 10-15 min 5.6 km/h 6%

Si sujet actif
Palier Temps Vitesse Pente
1 0-5 min 3.2 km/h 0%
2 5-10 min 6.4 km/h 3%
3 10-15 min 9.6 km/h 6%

o Douche si désirée
o Téléchargement des données de la montre Polar et de l’accéléromètre
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 43

ANNEXE D

& O2 / Fc et variation de perception de l’effort pour chacun des 8 groupes de jour. *


Relation V
P<0,05.

VO2 groupe m odérée neutre Échelle de Borg groupe


hom m es m odérée neutre hom m es

* *

Perception de
3 6
VO2 (L)

l'effort
2 matin 4 matin
1 soir 2 soir
0 0
100 125 150 100 125 150
FC(bpm ) FC(bpm )

VO2 groupe m odérée neutre


Echelle de Borg m odérée
fem m es
neutre fem m es

3
Perception de

6
VO2 (L)

2 matin
l'effort

4 matin
1 soir 2 soir
0
0
100 125 150
100 125 150
FC(bpm )
FC(bpm )

VO2 groupe ±lourde neutre Echelle de Borg ±lourde neutre


hom m es hom m es
Perception de

3 6
VO2 (L)

l'effort

2 matin 4 matin
1 soir 2 soir
0 0
100 125 150 100 125 150
FC(bpm ) FC(bpm )

VO2 groupe ±lourde neutre Echelle de Borg groupe


fem m es ±lourde neutre fem m es

*
Perception de

3 6
VO2 (L)

l'effort

2 matin 4 matin
1 soir 2 soir
0 0
100 125 150 100 125 150
FC(bpm ) FC(bpm )
44 Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène - IRSST

VO2 groupe chaud m odéré Échelle de Borg groupe chaud


hom m es m odéré hom m es

Perception de
3 6
VO2 (L)

l'effort
2 matin 4 matin
1 soir 2 soir
0 0
100 125 150 100 125 150

FC(bpm ) FC(bm p)

VO2 groupe chaud m odéré Échelle de Borg groupe chaud


fem m es m odéré fem m es

Perception de
3 6
VO2 (L)

l'effort
2 matin 4 matin
1 soir 2 soir
0 0
100 125 150 100 125 150
FC(bpm ) FC(bpm )

VO2 groupe chaud ±lourd Échelle de Borg groupe chaud


hom m es ±lourd hom m es

3 6
Perception de

*
VO2 ( L)

2 * matin
l'effort

4 matin
1 soir soir
2
0
0
100 125 150
100 125 150
FC(bpm )
FC(bpm )

VO2 chaud ±lourd fem m es Echelle de Borg chaud ±lourd


fem m es
3
Perception de

6
VO2 (L)

2 matin *
l'effort

4 matin
1 soir
2 soir
0 0
100 125 150 100 125 150
FC(bpm ) FC(bpm )
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 45

ANNEXE E
& O2 / Fc et variation de perception de l’effort pour les deux groupes de nuit
Relation V

Perception de l'effort Hommes groupe Perception de l'effort Femmes groupe


de nuit de nuit
*
Échelle de

Échelle de
6
Borg

Borg
4
2 2
0 0
100 125 150 100 125 150
Fc
Fc

VO2 vs Fc Hommes groupe de nuit VO2 vs Fc Femmes groupe de nuit

3 3
2 Début 2
VO2

Début
VO2

1 Fin 1 Fin
0 0
100 125 150 100 125 150
Fc Fc
IRSST - Reproductibilité de la relation fréquence cardiaque–consommation d’oxygène 47

ANNEXE F

Corrélations (r) entre accélérations et fréquence cardiaque par minute pour chacun des sujets (n =
57)

sujet r # de minutes Sujet r # de minutes


1 29
2 0,14 507 30 -0,13 523
3 0,26 502 31 0,66 539
4 0,08 492 32 0,00 538
5 0,11 439 33 0,35 503
6 0,29 408 34 0,74 592
7 0,36 433 35 0,55 545
8 0,36 467 36 -0,06 379
9 0,35 309 37 0,33 481
10 38 0,54 431
11 0,55 506 39 0,44 323
12 0,37 482 40 -0,16 414
13 0,38 511 41 0,11 473
14 0,43 163 42 0,49 600
15 0,33 507 43 0,65 539
16 0,64 348 44 0,13 399
17 0,49 455 45 0,44 426
18 0,57 539 46 0,39 402
19 0,64 530 47 0,06 374
20 0,34 702 48 0,32 479
21 0,48 593 49
22 0,40 424 50 0,48 497
23 0,52 479 51 0,11 513
24 52 0,21 475
25 -0,02 444 53
26 0,56 412 54
27 0,31 409 55 0,57 471
28 0,20 562 56 0,22 550

Données manquantes : Les sujets ont perdu le signal de la Fc durant un court laps de temps lors de la journée
de travail

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