Loi - Wikipédia
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document écrit formel qui crée le droit, y compris les lois, les ordres exécutifs et les règlements
En droit, la loi (du latin lex, legis, qui signifie loi, acte normatif) est une règle juridique. La notion de loi se définit par
rapport au contrat et au traité (qui résultent d'une négociation entre égaux (sur le plan du droit)) mais aussi par
rapport à d'autres sources de droit : la tradition (us et coutumes), la jurisprudence, le droit naturel, les lois
fondamentales (constitution, « grande charte », etc.), et les règlements et autres actes écrits du pouvoir exécutif.
La loi est l'œuvre du pouvoir législatif, souvent incarné par un parlement représentant du peuple. Dans les pays qui
ont gardé des formes de démocratie directe, la loi peut être votée par l'ensemble des citoyens. La loi dans son
sens le plus large correspond à une norme juridique, quelle qu'en soit la nature.
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La loi (ou législation) est le commandement volontaire d'une autorité1. En droit, le terme loi a plusieurs sens, dont
celui de source d'une norme juridique et d'acte réglementaire. Le droit juridique est « autoritaire », puisqu'il est
édicté par un sujet généralement valablement habilité à le faire (élément qui s'applique également, par exemple, à
un dictateur, qui a une légitimité de fait). La loi juridique est « sanctionnante (it) », prévoyant la production de
conséquences pour la réalisation du cas d’espèce (it) concret (à entendre aussi, et peut-être plus fréquemment,
au contraire, pour le cas d'inobservation de la prescription), selon un schéma "précepte-sanction", : si "A"
(précepte (it)) se produit, "B" (sanction (it)) se produit. Le terme droit est utilisé en droit avec une multiplicité de
sens. Il peut, en effet, désigner la règle de droit ; l'acte réglementaire (loi au sens matériel) ; l'acte légal (it) par
lequel le pouvoir législatif exerce sa fonction (loi au sens formel) ; l'ensemble des normes juridiques qui
constituent l'ordre juridique, c'est-à-dire du droit objectif. Parmi ces significations, les deux premières et la dernière
peuvent également se référer à des systèmes juridiques autres que l'État, tandis que la troisième se réfère
uniquement aux systèmes étatiques et, plus précisément, aux États dans lesquels le principe de la séparation des
pouvoirs est en vigueur et, donc, il y a un pouvoir législatif séparé des autres pouvoirs d'un État de droit.
À l’origine
La pensée grecque distingue les lois tirées de la coutume (en grec, ἔθη), usages nationaux très anciens qui se
perpétuent et assurent la cohésion sociale, et d’autre part la loi naturelle ou universelle, commune à tous les
hommes2. Cette nouvelle doctrine sera introduite et développée par le sophiste Hippias d'Élis pour qui « la loi
[positive], tyran des hommes, impose sa contrainte à la nature3 ».
À la fin du viiie siècle av. J.-C., Sparte rend intangible la Grande Rhêtra de Lycurgue, qui est une sorte de
constitution non écrite ; mais c’est Athènes qui invente véritablement le règne et l’amour de la loi avec la
législation de Dracon, puis celle de Solon. Leurs réformes instaurent à la fois l’ordre juridique (l'eunomie, εὐνομία /
eunomía) et l’ordre social (εὐκοσμία / eukosmía)4. L’apport fondamental d’Aristote en matière de sciences morales
et politiques consiste, en particulier, à montrer la supériorité de la loi sur le règne d’un homme, fût-il le meilleur, car
la loi, impersonnelle et dépouillée des passions aveugles dont l’individu est la proie, c’est, dit-il, « la raison libérée
du désir »5. Ainsi est posé le principe de la souveraineté de la loi : « C’est dans les lois que réside l’autorité
souveraine, dans les lois correctement établies6. » La loi doit elle-même « être établie en conformité avec le
régime constitutionnel », dit encore Aristote. La pensée grecque avait depuis longtemps, dès l’époque d’Homère,
conçu la notion de hiérarchie en matière de droit : elle faisait la distinction entre les sentences ou règles créant
une légalité occasionnelle, les Dikai (δίκαι), et les règles de droit public anciennes et réputées sacrées au point
d’être considérées comme éternelles et inviolables, les thesmoi (θεσμός)7. Cette distinction est abandonnée
quand se met en place le droit positif avec les lois, les nomoi (νόμος). L'ensemble des lois organiques qui fonde
l’autorité suprême du gouvernement dans la cité grecque établit ainsi de fait une hiérarchie des normes7.
Définitions philosophiques
Au ve siècle av. J.-C., Xénophon donne, dans les Mémorables8, une définition de la loi selon Périclès : « Toute
délibération en vertu de laquelle le peuple assemblé décrète ce qu’on doit faire de bien ou non ; ce que le pouvoir
qui commande dans un État ordonne, après en avoir délibéré ». D’après les Définitions du pseudo-Platon, la loi est
la « décision politique du grand nombre, qui vaut sans limitation dans le temps ». Au Livre Premier des Lois de
Platon, la définition donnée pour une loi est « jugement de la raison qui est la décision commune de l'État »9. Selon
Aristote, la loi est « un discours déterminé par le consentement unanime de la cité, indiquant comment il faut faire
chaque chose »10. Friedrich Engels pense que « la législation a pour but de protéger le possédant contre celui qui
n'a rien. C'est uniquement parce qu'il y a des gens qui n'ont rien que les lois sont une nécessité »11.
Histoire
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Les lois doivent être faites, a dit Théophraste, en vue de ce qui arrive le plus souvent, et non en vue d'événements
extraordinaires. Les législateurs, dit Théophraste, ne tiennent aucun compte de ce qui n'arrive qu'une fois ou deux.
Vue d'ensemble
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La loi est comprise dans l'ensemble de règles et de normes dans une société donnée [réf. nécessaire]. Loi est souvent
le terme générique pour tous les actes, où qu'ils soient dans la hiérarchie des normes (normes constitutionnelles,
légales au sens formel ou strict, réglementaires...). Si la loi n'est pas respectée par les individus, cela peut
engendrer des sanctions judiciaires (pénales ou civiles).
Sur le plan de sa forme, une loi est un acte juridique pris par une autorité précise, en général le parlement, qui est
légitime et a les moyens de commander. Une loi se compose d'un ensemble de signifiants (les mots) : les « mots
sont la clé, les clés de la loi »12.
Dans les pays qui connaissent une forme de séparation des pouvoirs, la loi est une norme juridique adoptée par le
pouvoir législatif dans les formes et procédures prescrites par le droit constitutionnel du lieu. Son application peut
être ensuite précisée par un texte pris par le pouvoir exécutif, tel qu'un décret d'application en France ou un arrêté
royal en Belgique, et sera par ailleurs encore précisée par l'interprétation qui en sera faite par les tribunaux.
La loi est la source principale du droit dans les pays de tradition civiliste. Même dans les pays de common law, la
loi tend à prendre un poids particulier. Même si elles tendent à être confondues, les notions de loi et de règle de
droit restent distinctes. La règle de droit est un outil à la disposition du juriste qui lui permet de rendre un travail
conforme à l'idéal de justice. Toute liberté ou tout droit implique nécessairement, pour s'exercer complètement, un
devoir de tolérance et de respect, voire de responsabilité. La loi n'est donc pas forcément une règle de droit
puisque par définition elle n'est pas obligatoirement créée dans un but d'idéal de justice [réf. nécessaire].
Loi et contrat
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On oppose souvent les contrats, dont les traités, aux lois (au sens matériel du terme). Les premiers sont des actes
juridiques traduisant une logique « horizontale » : les sujets de droit sont juridiquement égaux lorsqu'ils
contractent, même s'ils sont inégaux par d'autres aspects. Les secondes suivent une logique « verticale », puisque
les individus ne font qu'appliquer une loi fixée par une autorité hiérarchiquement supérieure.
Le vocabulaire juridique porte la trace de cette distinction : les traités, les conventions et les contrats sont conclus
alors que les constitutions et tous les autres actes de nature législative ou réglementaire sont promulgués : lois,
ordonnances, décrets (autonomes, et d'applications), arrêtés et circulaires.
Néanmoins, dans un tel cadre, se pose la question de la nature de l'autorité supérieure, et de la justification de sa
supériorité. Dans les sociétés fondées sur une base religieuse on peut relier la loi à l'impératif divin, et les sociétés
traditionnelles se rattachent à l'autorité du passé, mais dans les sociétés laïcisées et modernes cette question a
pris de l'acuité. Ainsi émergea la notion de contrat social, instituant cette autorité supérieure : la loi est fondée sur
une sorte de contrat. Dans les situations de troubles, le contrat social est rompu, l'autorité contestée, et les lois
vacillent.
Quelle qu'en soit l'origine, le rôle de l'autorité supérieure est d'imposer la loi, avec une force potentiellement
supérieure à celle des actes individuels, qui doivent donc la respecter. Cependant, la loi peut n'être qu'une norme
par défaut, qui laisse les individus fixer d'autres règles s'ils le souhaitent. On distingue donc
Les lois dites impératives, que nul ne peut écarter (notion d'ordre public). Par exemple un contrat stipulant qu'un
individu s'engage à en tuer un autre est clairement illicite donc nul de plein droit. Ainsi personne ne peut
réclamer en justice l'exécution du contrat puisqu'il est contraire à la loi.
Les lois dites supplétives, qui s'appliquent en l'absence de volonté contraire de leurs destinataires qui peuvent
s'accorder dans le contrat ou autre acte qui les lie. Ainsi, il existe une loi qui fixe les compétences des tribunaux
de façon qu'il soit toujours possible de porter une affaire devant un tribunal ou un autre, mais il reste possible
de fixer dans un contrat quel serait le tribunal compétent en cas de litige.
Le système juridique est organisé, pour tous les États, selon la théorie de la hiérarchie des normes de Hans
Kelsen. Les normes inférieures doivent ainsi être en accord avec ce qui est édicté par la norme supérieure.
Les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, reconnus par les Préambules de 1946
et 1958, sont aussi des principes à valeur constitutionnelle (PVC).
Les lois :
En France, les lois organiques ont pour objectif de préciser l'organisation des pouvoirs publics et leur
fonctionnement, ou de préciser la constitution. Elles ne font pas partie du bloc de constitutionnalité, mais
du bloc de légalité où elles ont une valeur juridique supérieure à la loi ordinaire ; les lois non organiques
doivent s'y conformer.
Les règlements :
Les décrets (qui sont signés par le président de la république lorsqu'ils sont pris «en conseil des ministres»,
par le premier ministre sinon. Les décrets ne sont jamais signés par les seuls ministres, même s'ils sont
contresignés par eux, sauf pour quelques décrets de nomination).
Les actes :
Les actes administratifs
Pour trancher entre deux lois qui apparaissent se contredire, on en appelle dans ces cas aux principes généraux
du droit :
On privilégie la loi qui règle un cas particulier précisément évoqué à la loi générale 13,
Mais on peut à l'inverse privilégier le principe à portée général à la loi prévoyant une hypothèse
particulière [réf. souhaitée],
On privilégie la loi la plus récente à une loi antérieure, sauf en matière pénale où la loi la plus douce est
appliquée14.
On doit parfois avoir recours à l'intention du législateur, en s'appuyant sur différents éléments, notamment les
débats parlementaires ou les déclarations du gouvernement, pour se conformer à l'esprit de la loi.
Règle de forme
Une loi doit être faite par une autorité dotée du pouvoir législatif, appelée le législateur (quand bien même il s'agit
d'une personne abstraite, comme un parlement). Elle doit, en outre, être faite en suivant des formes et procédures
bien précises. Enfin, elle doit répondre à la définition d'une loi, telle que définie par l'ordre juridique de la contrée.
Lorsqu'une loi est adoptée, seul le législateur lui-même ou une autorité supérieure pourra la défaire ou la refaire
(règle du parallélisme des formes).
Puissance de la loi
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La loi est édictée par un organe, le législateur, auquel on reconnaît une autorité particulière, plus ou moins grande.
Il existe à cet égard deux grandes conceptions :
La loi comme expression de la volonté générale du peuple, de l'intérêt général. Dans cette conception, la loi ne
connaît aucune autre limite que celle qu'elle peut poser par ailleurs ; c'est notamment la conception
traditionnelle en France. La loi a un contenu symbolique fort, celui de proclamer l'idéal social, mais au risque de
négliger les aspects pratiques et les effets réels : peu importe que la loi ne marche pas, pourvu qu'elle soit
« juste ». Lorsque cet aspect l'emporte, on obtient des lois contenant de généreuses ou fermes proclamations
de principe, des lois de circonstance de réponse à des scandales ou de gestion d'une émotion collective, le tout
avec un contenu pratique (permettre, interdire, taxer, subventionner, punir...) réduit ou sans effet significatif. Le
faiseur de loi (normalement, le législateur, à moins qu'il soit tombé sous la coupe d'un autre organe politique,
comme un parti ou le pouvoir exécutif) domine le champ politique.
La loi comme limite aux combats inter-individuels pour la prééminence, comme outil moral servant à éviter le
recours aux vraies armes. Dans cette conception, la loi et le législateur n'ont d'autorité qu'à la hauteur de leur
succès pratique à effectivement organiser une société assez convenable pour les habitants du lieu, c'est-à-dire
une autorité limitée et subordonnée aux multiples conceptions morales de ce que les choses devraient être ;
des principes supérieurs sont reconnus, qu'aucune loi ne peut enfreindre sans cesser ipso facto d'être une loi.
La loi reste une chose très pratique, mais au risque du cynisme et de l'immoralité : peu importe que la loi ne soit
pas « juste » si elle atteint ses buts.
Le législateur n'est qu'un organe, important mais pas dominant, du champ politique.
Ces deux conceptions ont des fondements contradictoires, mais restent compatibles en pratique, lorsqu'on
conçoit une loi qui se conforme aux idéaux supérieurs (les Droits de l'Homme, les « principes généraux du
droit »…), qui exprime quel aspect elle veut en traiter, et qui contient des dispositions pratiques permettant
effectivement de s'en rapprocher.
Dans les États unitaires, seul l'État dispose du pouvoir législatif et peut édicter des lois. Inversement, dans les
États fédérés, il existe à la fois des lois fédérales et les lois des entités fédérées. La constitution précise
généralement dans ce cas quelles compétences relèvent de l'État fédéral et lesquelles appartiennent aux entités
fédérées. Les textes de niveau législatif peuvent porter des noms différents selon qu'ils sont adoptés au niveau
fédéral ou au niveau fédéré, comme en Belgique où les lois prises au niveau fédéral et les décrets pris au niveau
des communautés ou des régions sont de même niveau dans la hiérarchie des normes. Les constitutions peuvent
aussi préciser le domaine de la loi et celui du règlement.
Processus législatif
Article détaillé : Procédure législative.
l'adoption du texte par le parlement et de chaque chambre en cas de bicamérisme ou par le peuple par
référendum dans les pays où cela est prévu ;
la Sanction royale et/ou la promulgation suivant les pays, suivi de la publication au journal officiel.
Nom
Les lois sont généralement désignées par leur date ou leur objet (loi de modernisation sociale, loi de séparation de
l’Église et de l'État). Par souci démagogique ou simplement mnémotechnique, les lois sont désignées parfois par
le nom d'un instigateur, ministre ou parlementaire (loi Perben, loi Sapin, loi Gouvion-Saint-Cyr, loi Mahoux, lois
Auroux, etc.), parfois encore par leur date (loi de 1901), ou finalement par leur rang dans la session parlementaire
(loi 101, loi C‑36).
En droit, seuls les intitulés exacts sont admis. À la rigueur, on peut accepter les intitulés tronqués ou une simple
date. L'utilisation d'un nom de ministre, instigateur de la loi, ne reflète pas le texte constitutionnel, car l'initiative de
la loi appartient au gouvernement ou au parlement, jamais à un ministre seul. Il est néanmoins admis de préciser
ainsi : loi de 1995 sur l'aménagement territorial (loi dite « Chevènement »).
Par pays
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Belgique
Article détaillé : Droit belge.
Le projet de loi est d'initiative gouvernementale et doit être soumis au Conseil d'État, qui dispose d'un délai d'un
mois avant de rendre un avis consultatif, tandis qu'une proposition de loi est d'initiative parlementaire.
Les textes votés au niveau régional et communautaire (Région flamande, Région wallonne, Communauté
flamande, Communauté française, Communauté germanophone) se nomment « décrets » (régional ou
communautaire) et ont la même force contraignante que la loi (les ordonnances de la région de Bruxelles-Capitale
ont un statut légèrement distinct). Les règles d'adoption sont les mêmes que pour la loi, mutatis mutandis.
La loi est votée par la Chambre des représentants de Belgique ainsi que parfois par le Sénat belge. Elle est
généralement élaborée comme suit :
un projet est développé par le gouvernement fédéral. Alternativement, le parlement fédéral peut être lui-même
l'initiateur du texte, alors appelé « proposition de loi » ;
le texte devient « projet de loi » lorsqu'il est approuvé soit par la Chambre des représentants, soit par le Sénat ;
une fois approuvé par la Chambre et par le Sénat, il est soumis à la sanction royale ;
à moins que la loi elle-même détermine sa date d'entrée en vigueur, elle devient applicable 10 jours après
publication dans le Moniteur belge.
Toutes les lois ne sont plus nécessairement votées simultanément par la Chambre et le Sénat. Le phénomène de
navette qui existait auparavant (et existe encore en France) et qui ralentissait le processus législatif a ainsi été
fortement réduit.
Par exemple, le budget et les naturalisations (lois formelles) sont adoptés par la Chambre seule, le vote du budget
étant le symbole par excellence du contrôle du législatif sur l'exécutif.
Mais la révision de la Constitution et l'assentiment aux traités doivent être encore adoptés par les deux Chambres.
De plus, 15 sénateurs (ou plus) peuvent demander qu'un projet ou une proposition de loi soit transférée au Sénat :
dans ce cas, le même texte doit être adopté par les deux assemblées. En outre, certaines lois doivent être votées
à des majorités spéciales.
France
Articles détaillés : Droit français, Processus législatif en France et Application de la loi dans le temps en droit
français.
Désormais, près de 50 % des lois votées chaque année en France, sont des lois visant à la ratification ou
l'approbation de conventions internationales, alors que ces dernières ne représentaient que moins de 20 % du
total des lois sous la présidence du Général de Gaulle16. De plus, parmi les autres 50 % des lois qui ne visent pas à
autoriser la ratification de traités internationaux, il convient de souligner l'importance grandissante des normes
européennes transposées (directives européennes) par le législateur français. Le volume des lois votées en
France a quadruplé en 35 ans. En matière pénale notamment, les lois se sont multipliées depuis l'entrée en
vigueur du nouveau code pénal et du code de procédure pénale. Selon Béatrice Penaud, secrétaire générale
adjointe de FO Magistrats, cette prolifération des textes nuit parfois à l'autorité même de la loi17.
États-unis
Article détaillé : Droit aux États-Unis.
Lois ordinaires
Contrôle de constitutionnalité non-obligatoire, article 61 alinéa 2 (contrôle a posteriori possible) [style à revoir]. Elles
visent à mettre en place une politique soit économique, soit sociale.
Lois organiques
Ces lois sont prises en application de la Constitution (la Constitution ordonne que des dispositions doivent être
prises par voie législative). Contrôle de constitutionnalité obligatoire.
Elles fixent les modalités d'organisation et de fonctionnement des pouvoirs publics et font l'objet d'une procédure
particulière prévue par les articles 46 et 61 de la Constitution.
Autres cas
Lois constitutionnelles : cette catégorie, édictée par la doctrine, n'est pas reconnue par le Conseil
constitutionnel ; ce sont des révisions de la Constitution (pouvoir constituant dérivé) ;
Les ordonnances : héritières des décrets-lois de la IIIe République, elles peuvent avoir valeur législative si :
l'ordonnance est approuvée par une loi ;
ses dispositions sont reprises dans une loi par le biais d'un cavalier législatif.
L'initiative
Un projet de loi est d'initiative gouvernementale. Il doit être soumis au Conseil d'État, qui dispose d'un délai d'un
mois avant de rendre un avis consultatif.
Une proposition de loi est d'initiative parlementaire (moins de 10 % des lois votées), depuis la réforme
constitutionnelle du 23 juillet 2008 ; elle peut être transmise facultativement au Conseil d'État pour avis.
Lois parlementaires
Le parcours d'un projet ou d'une proposition de loi commence au Bureau d'une des deux assemblées qui décide
quel jour il ou elle sera débattu par cette assemblée. L'ordre du jour en lui-même est déterminé par le
gouvernement. Puis il est donné à l'une des huit commissions parlementaires qui font des rapports et
propositions sur le texte. Avec la loi constitutionnelle du 23 juillet 2008, le Parlement doit désormais fixer lui-
même son ordre du jour avec néanmoins la possibilité pour le gouvernement de donner la priorité sur certains
textes.
Lors de sa discussion parlementaire18, le texte peut être modifié par des amendements déposés par les
parlementaires de chacune des assemblées. Le texte effectue ainsi la « navette parlementaire » entre les deux
assemblées jusqu'à parvenir à un accord des deux chambres sur le fond et la forme du texte législatif.
L'Assemblée nationale a le dernier mot en l'absence de consensus, après que le Gouvernement a au préalable
convoqué une commission mixte paritaire, composée de sept sénateurs et du même nombre de députés au bout
de deux lectures de chacune des chambres ou d'une seule si le Gouvernement déclare l'urgence. La Commission
mixte paritaire est convoquée généralement pour faire obstacle aux propositions qui déplaisent au Gouvernement
et ainsi faciliter l'adoption de ses propres projets ou proposition qu'il agrée.
Lorsque le texte est définitivement adopté, le président de la République dispose de quinze jours pour le
promulguer. S’il le juge nécessaire, le président de la République peut demander au Conseil Constitutionnel son
avis sur la constitutionnalité de la loi avant de la promulguer. La promulgation de la loi l'authentifie et la rend
exécutoire. Elle est ensuite publiée au Journal officiel de la République française, dans l'édition Lois et décrets.
Lois référendaires
Une loi référendaire est une loi prise à la suite d'un référendum, ce qui est une application directe de la
démocratie.
Avec le référendum, le parlement n'est plus la seule représentation nationale. La volonté nationale s'exprime face à
celle du parlement par un lien direct entre le peuple et l'exécutif. Certains pensent qu'il s'agit d'un plébiscite d'où la
méfiance du recours au référendum. Le référendum est toujours encadré par le Conseil constitutionnel au terme
de l'article 60 de la Constitution. Il existe plusieurs types de recours au référendum : article 89 (pour les révisions),
article 11 (pour l'organisation des pouvoirs), l'article 53 al. 3 (pour l'intégrité du territoire) et l'article 88-5 (pour
l'adhésion à l'UE).
Lorsqu'on parle de lois référendaires, on parle de celles prises par la procédure de l'article 11. C'est un pouvoir
partagé entre le Président et le Premier ministre, c'est-à-dire que la signature des deux est requise. En vertu de
l'article 11, le référendum ne peut porter que « sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à
la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou
tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le
fonctionnement des institutions ».
Mais depuis la loi constitutionnelle de 2008, l'initiative du référendum peut également résulter d'une minorité de
parlementaires puisque le 3e alinéa de l'article 11 dispose : « Un référendum portant sur le premier alinéa [cité
précédemment, ndlr] peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un
dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d'une proposition de loi et
ne peut avoir pour objet l'abrogation d'une disposition législative promulguée depuis moins d'un an ».
Le contrôle de constitutionnalité des lois se fait en France a priori (avant son entrée en vigueur) et à la suite de la
révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, un contrôle a posteriori est possible. Ce contrôle est effectué par un
organe spécialisé : le Conseil constitutionnel. Le Conseil Constitutionnel se prononce sur la constitutionnalité de
la loi qui lui est soumise, à propos des dispositions contestées, mais aussi à propos de toute disposition qu'il
estime devoir soulever d'office. L'avis qu'il rend lie toutes les autorités : le Président de la République, qui ne pourra
pas promulguer une loi contraire à la Constitution, le gouvernement et les tribunaux, qui devront tenir compte des
réserves de conformité énoncées par le conseil dans leurs actes d'application (décrets, arrêtés, circulaires) et
décisions.
Cependant, ne sont soumises à ce contrôle que les lois pour lesquelles le Conseil Constitutionnel a été saisi, soit
par le Président de la République, soit par le Premier Ministre, soit par l'un des deux Présidents des chambres du
Parlement, soit par soixante députés ou sénateurs. Si le conseil n'a pas été saisi, le contrôle de constitutionnalité
n'est pas fait a priori, et ne le sera pas non plus après. C'est en particulier le cas pour toutes les lois antérieures à
la création du conseil par la Constitution de la Ve République, en date du 4 octobre 1958.
Dans ce cas, une loi inconstitutionnelle peut être en vigueur. C'est la théorie de la loi-écran. Les dispositions
légales inconstitutionnelles s'appliqueront, même s'il en résulte des actes (administratifs ou judiciaires) eux-
mêmes inconstitutionnels : on dit que la loi « fait écran » entre l'acte et la Constitution.
En pratique, le cas est rare, pour plusieurs raisons. La constitution règle surtout l'organisation de l'État, matière qui
est assez peu sujette à contestation constitutionnelle ; les lois organiques qui précisent les détails de cette
organisation ont souvent été soumises au contrôle de constitutionnalité. La constitution contient aussi quelques
grands principes, dans ses préambules, mais ils sont assez bien partagés et assez anciens pour qu'il soit rare que
des lois, même anciennes, viennent en contradiction avec eux. De plus, des traités internationaux peuvent
reprendre ces grands principes, et, alors que les juges ne peuvent se référer à la constitution, ils peuvent s'assurer
de la conformité d'un acte à un traité. Enfin, une disposition légale donnée peut avoir différentes interprétations
pratiques, et dans la mesure du possible on doit lui donner une interprétation compatible avec la constitution.
La loi française serait en crise selon de nombreux juristes, dont le président du conseil constitutionnel, Pierre
Mazeaud ; il l'exprime dans ses vœux pour l'année 200519.
les lois multiples : Il s'agit de l'inflation législative galopante que nous connaissons actuellement. C'est sans
doute le pire de tous les maux. Le parlement adopte de multiples lois pour des motifs divers et variés. Le
problème, c'est que les députés présents ne sont pas tous juristes. Sont donc adoptées trop souvent des
mesures mal écrites, incompréhensibles ou inapplicables.
les lois jetables : Certaines personnalités politiques, pour des raisons liées à leur carrière, souhaitent associer
leur personne et leur nom à une loi. Cependant ces lois peuvent avoir une utilité et une conception discutables,
et peuvent tomber dans l’oubli aussi rapidement qu’elles ont été votées. Elles sont alors « jetées » et restent
dans ces cas-là inappliquées.
les lois émotives : C'est une tendance forte. Elle consiste à vouloir légiférer systématiquement dès qu'un
problème survient, avant même que les causes du problème soient connues. Une fois l'émotion passée, si la loi
a été adoptée, on s'aperçoit souvent, là encore, que prise dans l'urgence, elle a été mal écrite.
les lois molles : Aussi appelées « neutrons législatifs ». C'est une loi sans contenu obligatoire, qui ne va donc
avoir aucun effet en pratique. Liées aux problèmes des lois jetables et émotives.
les lois protectionnistes : Ce sont des lois destinées à protéger des entreprises en les préservant de la
concurrence ou de l'évolution inéluctable des sciences et techniques. C'est le cas de la loi DADVSI.
Royaume-Uni
Article détaillé : Droit britannique.
La loi se distingue du droit (law) dès lors qu'elle émane du Parlement (statute law). Bien qu'il ait été jugé dès 1610
que le juge ne devait pas appliquer une loi contraire à la raison20, il est désormais acquis qu'« à l'opposé du
législateur américain dont les lois sont soumises au contrôle constitutionnel, le parlement britannique ne voit
reconnaître sa souveraineté limitée par aucun texte »21. « Du point de vue du droit constitutionnel, ce qu'aura
prescrit le parlement aura force de droit »22. En common law, historiquement, le juge était tout puissant pour créer
la norme de droit. Désormais, celle-ci se réalise par l'application par le juge du droit législatif ou des règlements
d'application. Sur le plan du droit international, les conventions internationales sont transposées par le législateur
en l'état ou dans une rédaction différente. Le juge devra appliquer cette dernière.
Quant à l'influence de l'entrée du Royaume-Uni dans le Marché commun en 1973, celle-ci s'est faite par voie
réglementaire, et non parlementaire, et n'a donc aucune incidence sur le droit interne anglais : « Pour que le droit
communautaire fasse partie du droit anglais, pour que le juge anglais le reconnaisse, il a fallu une loi du parlement
(...) : l'European Communities Act (1972) » [réf. souhaitée]. Son article 2 a pour la première fois reconnu la pleine et
entière application d'une convention internationale (et du droit dérivé), ce qui a fait jaillir nombre de protestations.
L'Angleterre fait également promulguer l'Habeas Corpus, en 1679, permettant de ne pas être condamné sans
preuve de culpabilité [réf. souhaitée].
Suisse
Article détaillé : Droit suisse.
En Suisse, les lois sont créées par les deux chambres fédérales, le Conseil national ainsi que le Conseil des États.
Les politiciens peuvent, au moyen de postulats, créer des lois. Elles sont d'abord analysées en commissions, puis
elles doivent être revues par les deux chambres. Une loi ne peut entrer en vigueur qu'avec la majorité des deux
chambres.
Quand l'Assemblée fédérale modifie un article de la Constitution fédérale, cette loi est automatiquement soumise
au référendum obligatoire. La plupart des lois peuvent être combattues par le peuple au moyen de référendums
facultatifs. Le peuple peut lui aussi créer des lois, grâce à la démocratie semi-directe, au moyen d'une initiative,
réunissant plus de 100'000 signatures et doit obtenir aux urnes la double majorité23.
Citations
La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. ou discutez-en,
sachant que la pertinence encyclopédique d'une information se démontre essentiellement par des sources
secondaires indépendantes et de qualité qui ont analysé la question. (mars 2024)
Adage (non légal) tiré d'Aristote (« Nul n'est censé ignorer la loi, surtout quand il est facile de la connaître » sous
sa forme complète) et qui ne signifie pas que l'on doit connaître l'ensemble des lois, mais selon lequel on ne peut
invoquer l'ignorance de la loi pour échapper à la loi.
« La loi doit avoir autorité sur les hommes, et non les hommes sur la loi. ». Pausanias
« Cedant arma togæ » (Que les armes cèdent à la toge). Cicéron
Le pouvoir consulaire exécutif (potestas) est aux ordres de l'autorité (auctoritas) sénatoriale des auteurs des lois.
Ainsi, le pouvoir exécutif présidentiel est orienté et délimité par l'autorité législative conjointe du Congrès et du
Sénat des États-Unis.
Les Romains avaient coutume de dire : Dura lex sed lex (La loi est sévère mais c'est la loi). La loi doit s'appliquer, si
on la trouve trop dure (ou, plus généralement, inadaptée), il faut la changer plutôt que l'éluder.
« Il est parfois nécessaire de changer certaines lois, mais le cas est rare, et lorsqu'il arrive, il ne faut y toucher que
d'une main tremblante ». Montesquieu
« Une chose n'est pas juste parce qu'elle est loi ; mais elle doit être loi parce qu'elle est juste. ». Montesquieu
La vie, la liberté et la propriété n'existent pas parce que des hommes ont fait des lois. Au contraire, c'est parce que
la vie, la liberté et la propriété existaient que les hommes ont fait des lois. (Frédéric Bastiat).
La loi est une toile d'araignée : le bourdon s'y fraie un passage, la mouche s'y empêtre.
Rien que la loi, tout pour elle. Carré de Malberg, évoquant la tradition légicentriste de la France
Citation de Tite-Live, écrivain romain : Plurimae leges corruptissima respublica. (Plus une république a de lois, plus
elle est corrompue.)
« Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m’aimer mais il est important qu’elle lui interdise de me
lyncher. » [réf. souhaitée]
« Summum jus summa injuria » : « la règle la plus absolue est la plus injuste », principe venu du droit romain qui
veut que tout principe reçoive des exceptions.
Notes et références
2. Jean-Charles Jobart, « La notion de Constitution chez Aristote », Revue française de droit constitutionnel, vol.
65, numéro 1, 2006, page 119 (https://www.cairn.info/revue-francaise-de-droit-constitutionnel-2006-1-page-9
7.htm) [archive].
12. Professeur Bernard Teyssié AssasWebTV - Université Paris 2 Panthéon-Assas, « Les Éditions Panthéon-
Assas présentent : «Notions et normes en droit du travail» (https://www.youtube.com/watch?v=1LEyMk2kv2
g&t=157s) [archive] », 17 octobre 2016 (consulté le 23 juin 2018)
14. Ibrahim Moumouni, « Le principe de la rétroactivité des lois pénales plus douces : une rupture de l'égalité
devant la loi entre délinquants ? », Revue internationale de droit pénal, vol. 83,2012 (lire en ligne (https://www.cairn.
info/revue-internationale-de-droit-penal-2012-1-page-173.htm#) [archive])
15. Philippe Bachschmidt, « Droit parlementaire. Le succès méconnu des lois d'initiative parlementaire », Revue
française de droit constitutionnel 2009/2 (no 78), p. 343-365. DOI 10.3917/rfdc.078.0343.
16. Didier JAMOT, Le Parlement et les relations internationales, Université d'Aix-Marseille (Thèse de doctorat),
2012, p. 484
17. Béatrice Penaud, « Le juge est-il irresponsable? », Revue française de criminologie et de droit pénal, vol. 3,
novembre 2014 (lire en ligne (http://www.rfcdp.fr/numeros/numero-3-octobre-2014) [archive])
18. Runavot, Marie-Clotilde, and Runavot Marie-Clotilde. "Droit parlementaire." Revue française de droit
constitutionnel no. 4 (2007): 811.
Voir aussi
Bibliographie
(fr) Luc Brisson (dir.) (trad. Jean-François Pradeau), Les Lois : Livres I à VI, vol. 1059, Éditions Flammarion
(1re éd. 2006) (ISBN 2-08-071059-1).
Opera, édi. par E. C. Marchant, Harvard University Press, coll. « Loeb Classical Library », 7 vol., 1947-1968. Texte
grec et traduction annotée.
Jean-Claude Becane, Michel Couderc, Jean-Louis Herin, La Loi, Éditions Dalloz, 2010, 2e édition.
Articles connexes
Code de Hammurabi | Origine de la philosophie
Philosophie du droit
Code Justinien
État de droit
Sécurité juridique
Légalité de crise
Jurisprudence
Loi d'interprétation
Liens externes
Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes : Den Store Danske Encyklopædi (https://densto
redanske.lex.dk//lov/) [archive] · Dictionnaire historique de la Suisse (http://www.hls-dhs-dss.ch/textes/f/F0309
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