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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

INTRODUCTION

AGOUSSI Marc Augustin, Mémoire de fin de cycle pour obtention de la licence professionnelle en Finance 1
Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

La gestion des risques fiscaux est cruciale dans le cadre de l'impôt sur les sociétés en
Côte d'Ivoire, notamment dans un contexte d'évolution constante des lois fiscales et
d'intensification des contrôles fiscaux par les autorités.
Le cadre fiscal a connu plusieurs réformes pour renforcer la transparence, élargir
l'assiette fiscale, et améliorer la collecte des recettes publiques. Ces réformes visent à
aligner la fiscalité ivoirienne sur les normes internationales et à encourager
l'investissement. Cependant, cette évolution rapide des lois crée un environnement
complexe pour les entreprises, qui doivent constamment s'adapter à de nouvelles
obligations. De ce fait, une gestion proactive des risques fiscaux permet aux
entreprises d'anticiper et de se conformer aux nouvelles exigences légales. Ne pas
s'adapter rapidement peut entraîner des sanctions financières importantes, des
pénalités, voire des poursuites judiciaires. Les autorités fiscales ivoiriennes ont
intensifié les contrôles fiscaux pour lutter contre la fraude et maximiser les recettes.
Les entreprises sont de plus en plus soumises à des vérifications de leur conformité
fiscale, avec des audits rigoureux portant sur leur gestion de l'IS. Ces contrôles
incluent souvent des investigations sur la déductibilité des charges, et l'évaluation des
transactions inter-entreprises.
L'une des clés de la gestion des risques fiscaux est d'optimiser légalement la charge
fiscale des entreprises tout en respectant les lois en vigueur. Cela passe par une analyse
approfondie des régimes fiscaux applicables, et la planification fiscale anticipée.

 Identification et formulation du problème

Dans un contexte où les lois fiscales ivoiriennes évoluent rapidement et où les


contrôles sont de plus en plus stricts, la maîtrise des risques fiscaux est essentielle pour
garantir la stabilité financière des entreprises. Cela demande une vigilance accrue, une
mise à jour régulière des connaissances fiscales et des stratégies de conformité
adaptées aux nouvelles exigences.
La fiscalité des entreprises, et en particulier l'impôt sur les sociétés, joue un rôle
central dans le fonctionnement économique et financier des organisations. L'impôt sur
les sociétés est un impôt direct prélevé sur les bénéfices réalisés par les entreprises, et
il constitue une source essentielle de revenus pour les États. Pour les entreprises, il
représente une obligation financière qui peut avoir des répercussions importantes sur
leur rentabilité et leur compétitivité. La gestion efficace des risques fiscaux est donc
cruciale non seulement pour assurer la conformité avec les obligations fiscales, mais
aussi pour optimiser les charges fiscales et éviter les sanctions. De ce qui précède, la
problématique qui émerge est la suivante : L’optimisation de la gestion des risques
fiscaux liés à l’impôt sur les sociétés par les entreprises.

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

 Questions de recherche

 Question centrale

Comment les entreprises ivoiriennes peuvent-elles maîtriser efficacement les risques


fiscaux liés à l'impôt sur les sociétés ?

 Questions spécifiques

 Quels sont les principaux risques fiscaux auxquels les entreprises sont
exposées en matière d'impôt sur les sociétés en Côte d'Ivoire ?

 Quelles stratégies les entreprises peuvent-elles mettre en place pour gérer et


atténuer ces risques fiscaux ?

 Quel est l'impact des réformes fiscales sur la gestion des risques fiscaux des
entreprises en Côte d'Ivoire ?

 Enoncé des objectifs de recherche

 Objectif central

L’objectif principal de notre travail est d’analyser les mécanismes permettant aux
entreprises ivoiriennes de maîtriser les risques fiscaux liés à l’impôt sur les sociétés
dans le cadre des évolutions législatives et des contrôles fiscaux renforcés.

 Objectifs spécifiques

Pour atteindre notre objectif principal, nous chercherons de façon spécifique à :


 Identifier les principaux types de risques fiscaux liés à l'impôt sur les sociétés
en Côte d'Ivoire.

 Examiner les stratégies de gestion des risques fiscaux que les entreprises
peuvent adopter pour réduire leur exposition.

 Évaluer l'effet des réformes fiscales sur la gestion des risques fiscaux par les
entreprises ivoiriennes.

AGOUSSI Marc Augustin, Mémoire de fin de cycle pour obtention de la licence professionnelle en Finance 3
Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

 Formulation des hypothèses

 Hypothèse générale
Une gestion efficace des risques fiscaux contribue à la réduction de l'exposition des
entreprises aux sanctions et litiges fiscaux en Côte d'Ivoire, notamment en matière
d'impôt sur les sociétés.

 Hypothèses spécifiques

Pour vérifier notre hypothèse générale, nous avons élaborer trois hypothèses
spécifiques que nous tenterons de confirmer ou d’infirmer à travers des enquêtes.

 Hypothèse 1 : Les entreprises ivoiriennes sont exposées à divers risques


fiscaux, principalement en raison de la complexité de la législation fiscale sur
les sociétés.

 Hypothèse 2 : L’adoption de bonnes pratiques fiscales, telles que la


planification fiscale et la conformité stricte, permet de maîtriser les risques liés
à l’impôt sur les sociétés.

 Hypothèse 3 : Les réformes fiscales augmentent les défis liés à la gestion des
risques fiscaux, mais offrent également des opportunités pour une optimisation
fiscale légale.

 Intérêt de l’étude

 Pour nous étudiants

Cette étude nous permettra de comprendre en profondeur les concepts de fiscalité


appliquée, notamment dans le cadre de l'impôt sur les sociétés et d’appréhender les
particularités du cadre légal ivoirien. Cela favorisera une compréhension nuancée de
l'évolution des lois fiscales et des stratégies que les entreprises locales doivent adopter
pour se conformer aux exigences fiscales tout en optimisant leur gestion. De plus, nous
acquérons des compétences en gestion des risques fiscaux, essentielles pour les
carrières dans les secteurs de la comptabilité, de l'audit et de la finance. Cette
préparation nous rendra plus compétitifs sur le marché du travail.

 Pour les entreprises

Les résultats de l’étude fourniront aux entreprises des recommandations sur les
stratégies efficaces pour gérer les risques fiscaux. Cela leur permettra d'améliorer leurs

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

processus internes de conformité, d'anticiper les contrôles fiscaux et de minimiser les


risques de sanctions financières ou de contentieux avec l’administration fiscale.
Les entreprises seront mieux préparées pour naviguer dans un environnement en
constante évolution, marqué par les réformes fiscales fréquentes. Elles pourront
s’adapter plus rapidement aux nouvelles lois, notamment en matière d'impôt sur les
sociétés, et tirer parti des opportunités fiscales légales.

 Structure du mémoire

Ce mémoire adoptera une approche analytique et pratique. Nous commencerons par


définir le cadre théorique et juridique lié à notre sujet en vue d’élaborer des stratégies
de gestion efficaces des risques fiscaux en matière d’impôt sur les sociétés en Côte
d'Ivoire. Nous procéderons également à une analyse des pratiques actuelles à travers
des études de cas et des entretiens avec des professionnels du secteur. Cette approche
combinée permettra de fournir une vision complète et nuancée de la manière dont les
entreprises peuvent aborder la maîtrise des risques fiscaux relative à l’impôt sur les
sociétés.

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

PREMIERE PARTIE :
APPROCHE THEORIQUE ET
JURIDIQUE

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

Il s’agit ici de traiter l’approche théorique et juridique lié à notre sujet de mémoire.
Cette partie sera élaborée sur deux chapitres dont le premier consistera à montrer les
spécificités de l’impôt sur les sociétés en Côte d’Ivoire et le second qui va mettre en
exergue les risques fiscaux dudit impôt.

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CHAPITRE I : LES SPECIFICITES DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

I. DEFINITION ET CARACTERISTIQUES DE L’IMPÔT SUR LES


SOCIETES
L'impôt sur les sociétés en Côte d'Ivoire est un impôt direct qui s'applique aux
bénéfices réalisés par les entreprises opérant dans le pays. Il s'agit d'un pilier du
système fiscal ivoirien, et son régime est régi par le Code Général des Impôts (CGI).

1) Assiette et taux d’impositions en Côte d’Ivoire

L'Impôt sur les sociétés est calculé sur le bénéfice net de l'entreprise, c'est-à-dire après
déduction des charges nécessaires à l'exploitation de l'entreprise. Il s'agit notamment
des charges déductibles telles que :

 Les frais généraux,


 Les amortissements,
 Les provisions (sous certaines conditions),
 Les rémunérations et autres avantages versés aux salariés.

Le taux normal de l'IS est de 25% pour les entreprises résidentes. Pour les entreprises
pétrolières, minières ou gazières, le taux peut varier selon les conventions spécifiques
qui les régissent. Un taux réduit de 15% s'applique aux entreprises industrielles
nouvellement créées dans certaines conditions.

L'impôt sur les sociétés concerne les entreprises qui exercent une activité commerciale,
industrielle ou artisanale, y compris les sociétés anonymes (SA), les sociétés à
responsabilité limitée (SARL), et les autres sociétés à but lucratif. Les établissements
stables de sociétés non résidentes sont également soumis à l'IS sur les bénéfices
générés en Côte d'Ivoire.

2) Régimes fiscaux applicables aux entreprises soumises à l’impôt sur les


sociétés

En Côte d'Ivoire, les entreprises sont soumises à différents régimes fiscaux en fonction
de leur taille, de leur chiffre d'affaires et de leur nature d'activité. Les deux principaux
régimes fiscaux applicables sont le régime du réel normal et le régime du réel
simplifié. Chaque régime est conçu pour correspondre à des catégories d'entreprises
distinctes, avec des obligations comptables et fiscales spécifiques.

2.1) Régime du Réel Normal

Le régime du réel normal s’applique aux entreprises dont le chiffre d'affaires dépasse
certains seuils définis par la législation fiscale. Ce régime est généralement destiné aux
grandes entreprises.

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

Caractéristiques principales :

 Entreprises concernées :
o Les entreprises industrielles, commerciales, artisanales ou de services
avec un chiffre d’affaires supérieur à 200 millions de FCFA pour les
activités de vente et 80 millions de FCFA pour les prestations de
services.
 Obligations comptables :
o Les entreprises doivent tenir une comptabilité régulière, détaillée et
conforme aux normes comptables OHADA.
o Elles doivent établir un bilan, un compte de résultat et tenir un journal de
leurs opérations.
 Base imposable :
o Le calcul de l'impôt se fait sur le bénéfice réel, c'est-à-dire le bénéfice
net après déduction des charges et amortissements.
 Déclarations et paiements :
o Les entreprises sous le régime du réel normal doivent déposer leurs
déclarations fiscales annuelles avant le 30 avril (ou dans les trois mois
suivant la clôture de l’exercice si celle-ci ne coïncide pas avec l’année
civile).
o Elles sont également tenues de verser des acomptes trimestriels sur
l’impôt estimé pour l'année en cours.

2.2) Régime du Réel Simplifié

Le régime du réel simplifié est destiné aux petites et moyennes entreprises (PME)
dont le chiffre d'affaires est inférieur à celui du régime du réel normal, mais supérieur
à celui du régime forfaitaire.

Caractéristiques principales :

 Entreprises concernées :
o Les entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre 50 millions de
FCFA et 200 millions de FCFA pour les activités de vente de biens, et
entre 20 millions de FCFA et 80 millions de FCFA pour les prestations
de services.
 Obligations comptables :
o Les entreprises doivent tenir une comptabilité simplifiée. Cela inclut la
tenue d'un registre des achats et des ventes, ainsi qu’un journal des
recettes et dépenses.
o Elles ne sont pas obligées d’établir un bilan détaillé comme dans le cadre
du régime normal.
 Base imposable :
o L’imposition se fait sur la base du bénéfice simplifié, calculé en tenant
compte des recettes brutes et des dépenses déductibles autorisées.
 Déclarations et paiements :

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

o Les entreprises doivent également déposer leurs déclarations fiscales


annuelles et payer des acomptes trimestriels d'impôts.
o Les obligations déclaratives et les formalités sont toutefois simplifiées
par rapport au régime normal.

Tableau Récapitulatif des régimes d’impositions et leurs caractéristiques

Caractéristiques Régime du Réel Normal Régime du Réel Simplifié

> 200 M FCFA (vente) / > 80 M 50-200 M FCFA (vente) / 20-80 M


Chiffre d'affaires
FCFA (services) FCFA (services)

Obligations Comptabilité complète (bilan,


Comptabilité simplifiée (registre)
comptables comptes)

Base imposable Bénéfice réel Bénéfice simplifié

Taux d'IS 25% 25%


Déclaration et
Annuel + acomptes trimestriels Annuel + acomptes trimestriels
paiement

II. L’EVOLUTION DE LA LEGISLATION FISCALE IVOIRIENNE

1) Les principales réformes fiscales récentes


La fiscalité ivoirienne a connu diverses reformes donc les plus récentes concernent :
 La réduction progressive du taux de l'IS : Le taux de l'impôt sur les sociétés
en Côte d'Ivoire est fixé à 25%, mais des réformes ont permis des réductions
pour certains secteurs stratégiques et certaines entreprises, notamment celles qui
investissent dans l’industrie ou les zones économiques spéciales.

 Les incitations fiscales pour les PME et les nouvelles entreprises : Des
exonérations temporaires de l'impôt sur les sociétés ont été mises en place pour
les PME, les start-ups et les entreprises opérant dans les secteurs prioritaires ou
dans des zones rurales ou sous-développées.

 La simplification des déclarations fiscales via la digitalisation :


L’introduction de la plateforme e-impôt pour la déclaration et le paiement en
ligne des impôts, y compris l'IS.

 Les exonérations fiscales dans le cadre du Code des Investissements révisé :


La révision du Code des Investissements pour offrir des exonérations fiscales, y

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compris sur l'IS, pendant plusieurs années aux entreprises qui réalisent des
investissements significatifs dans des secteurs prioritaires comme l’agriculture,
l’industrie, et l’énergie.

 Le renforcement des contrôles sur les prix de transfert et la lutte contre


l’évasion fiscale : La mise en place de nouvelles règles pour lutter contre
l’évasion fiscale, notamment en renforçant les contrôles sur les prix de transfert
(transactions entre sociétés affiliées) afin de limiter les transferts artificiels de
bénéfices à l'étranger.

2) Objectifs des réformes et leurs impacts sur les entreprises


Les réformes fiscales récentes ont plusieurs objectifs qui impactent directement les
entreprises ivoiriennes.
Ces objectifs sont :
 Créer un environnement fiscal plus attractif pour les entreprises locales et
internationales, en rendant le taux d'imposition plus compétitif et en offrant des
incitations fiscales spécifiques en vue d’encourager les entreprises à investir
davantage dans le pays, à se développer et à augmenter leur productivité.

 Stimuler les investissements, notamment dans les secteurs prioritaires


(industrie, agriculture, technologie), à travers des exonérations fiscales et des
allègements sur l'impôt sur les sociétés en vue d’accroître les investissements
nationaux et étrangers, attirer des capitaux dans des secteurs stratégiques et
encourager l'innovation technologique et industrielle.

 Simplifier les procédures fiscales pour les entreprises à travers la digitalisation


(plateforme e-impôt) et la réduction des formalités administratives, notamment
pour les PME en vue d’améliorer la conformité fiscale, réduire les coûts liés à la
gestion administrative et encourager plus d'entreprises à respecter leurs
obligations fiscales.

 Offrir des exonérations et des allègements fiscaux aux PME et aux start-ups,
afin de leur permettre de se développer dans les premières années d'activité sans
être freinées par une forte pression fiscale en vue d’accroître le dynamisme
entrepreneurial, favoriser la croissance des PME et générer des emplois.

 Renforcer les contrôles fiscaux sur les multinationales (notamment sur les prix
de transfert) et réduire l’évasion fiscale, en particulier par les grandes
entreprises en vue d’augmenter les recettes fiscales de l’État de manière plus
équitable tout en assurant que toutes les entreprises, grandes et petites,
contribuent à l’effort national de manière juste.

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CHAPITRE II : LES RISQUES FISCAUX LIES A L’IMPÔT SUR LES


SOCIETES EN CÔTE D’IVOIRE

En Côte d'Ivoire, le cadre législatif et réglementaire de l'impôt sur les sociétés est
complexe et en constante évolution, ce qui expose les entreprises à divers risques
fiscaux. Les risques fiscaux se réfèrent à l’ensemble des incertitudes et des dangers
que les entreprises rencontrent dans le cadre de leurs obligations fiscales.

I. IDENTIFICATION DES PRINCIPAUX RISQUES FISCAUX

1) Risques liés à la mauvaise interprétation des textes fiscaux


L’un des principaux risques fiscaux auxquels les entreprises en Côte d’Ivoire sont
confrontées est la mauvaise interprétation des textes fiscaux. Cette situation découle
souvent de la complexité des lois fiscales, de l’ambiguïté de certaines dispositions
légales, et des divergences d’interprétation entre les contribuables et l’administration
fiscale. Ces difficultés peuvent entraîner des erreurs dans les déclarations fiscales, des
ajustements fiscaux postérieurs, des pénalités financières, voire des litiges avec les
autorités fiscales.
 Complexité et Ambiguïté des textes fiscaux
Les textes fiscaux en Côte d’Ivoire, comme dans de nombreux pays, sont souvent
techniques et complexes. Ils couvrent un large éventail de situations économiques, des
différentes formes d'entreprises aux régimes fiscaux particuliers, et sont régulièrement
mis à jour pour s'adapter à l'évolution du cadre économique et législatif. Cependant,
cette complexité peut rendre l'interprétation de certaines dispositions difficile, surtout
pour les entreprises qui n'ont pas d'expertise juridique ou fiscale en interne. Une
disposition fiscale peut utiliser des termes techniques ou imprécis, laissant place à des
interprétations divergentes. Par exemple, la distinction entre une charge « déductible »
et une charge « non déductible » peut prêter à confusion, surtout lorsqu’il s’agit
d'évaluer les charges mixtes.
 Problèmes de mise à jour ou d'harmonisation des lois fiscales
La fiscalité est un domaine dynamique, où les lois et les règlements sont fréquemment
modifiés pour s’adapter aux nouveaux enjeux économiques, sociaux et
environnementaux. Toutefois, cette rapidité des réformes peut parfois créer des
décalages ou des incohérences dans l’application des règles fiscales. Il arrive que
certaines entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises (PME), ne soient
pas informées des derniers changements apportés aux textes fiscaux. Cette situation
peut découler d’un manque de communication de l’administration fiscale ou d’une
absence de veille juridique efficace au sein des entreprises concernées.

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 Différences d'interprétation entre les contribuables et l'administration


fiscale
Les différences d’interprétation des lois fiscales entre les entreprises et
l’administration fiscale représentent un risque significatif de litige et de contentieux.
L'administration fiscale peut interpréter certaines dispositions d’une manière plus
stricte ou plus large que les entreprises, créant ainsi des situations de redressement
fiscal, souvent difficiles à anticiper. Un exemple typique concerne les déductions
fiscales, où l'administration peut refuser des charges que l'entreprise considère pourtant
comme légitimes. De même, la manière dont les revenus doivent être comptabilisés
peut faire l’objet de divergences : une entreprise peut estimer qu’un revenu est différé,
alors que l’administration exige qu’il soit imposé immédiatement.

2) Risques liés aux contrôles fiscaux


Les entreprises en Côte d'Ivoire, comme ailleurs, sont régulièrement soumises à des
contrôles fiscaux, au cours desquels l’administration fiscale vérifie la conformité de
leurs déclarations et le respect des obligations fiscales. Ces contrôles peuvent être
déclenchés à la suite d’anomalies détectées ou de manière aléatoire. Ils constituent une
source de risque pour les entreprises, car ils peuvent révéler des erreurs ou des
irrégularités, souvent suivies de redressements fiscaux.
Ces ajustements peuvent avoir des conséquences financières significatives, ainsi que
des impacts sur la réputation de l’entreprise. Les contrôles fiscaux peuvent prendre
plusieurs formes en fonction de la nature des activités de l’entreprise, de son historique
fiscal et des informations disponibles auprès de l’administration fiscale. En Côte
d'Ivoire, il existe principalement deux types de contrôles fiscaux : le contrôle sur
pièces et le contrôle sur place.
 Le contrôle sur pièces
C’est une vérification documentaire réalisée à distance par l’administration fiscale.
Dans ce cas, l’administration analyse les déclarations fiscales déposées par l’entreprise
à la lumière des documents et informations qu’elle possède. Ce type de contrôle vise
principalement à vérifier la cohérence des déclarations avec les informations
économiques et comptables disponibles, notamment à partir de documents annexes
comme les comptes annuels ou les déclarations des tiers.
 Le contrôles sur place
C’est une procédure beaucoup plus approfondie, qui consiste en une visite des agents
fiscaux dans les locaux de l’entreprise. Ce type de contrôle est plus intrusif, car il
permet aux inspecteurs fiscaux d’accéder directement aux livres comptables, aux
documents financiers, ainsi qu’à d’autres informations sensibles de l’entreprise.

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3) Risques liés à la fraude fiscale


La fraude fiscale constitue un risque majeur pour les entreprises opérant en Côte
d'Ivoire. Elle désigne l’ensemble des pratiques, intentionnelles ou non, par lesquelles
les entreprises cherchent à éluder ou réduire indûment leur charge fiscale. Cette
pratique est illégale et expose les contrevenants à des sanctions sévères, tant sur le plan
financier que pénal. Ces dernières années, les autorités fiscales ivoiriennes ont
intensifié la lutte contre la fraude fiscale, adoptant des mesures plus strictes et
renforçant les contrôles afin de détecter les infractions fiscales.
Une des fraudes les plus courantes consiste pour une entreprise à sous-évaluer
délibérément ses bénéfices imposables afin de payer moins d’impôt sur les sociétés.
Cela peut se faire de plusieurs manières :
 Surévaluation des charges déductibles : L'entreprise gonfle artificiellement
ses charges d'exploitation (achats, frais de gestion, salaires, etc.) afin de réduire
la base imposable. Par exemple, des dépenses personnelles du dirigeant peuvent
être comptabilisées comme des charges d’exploitation.
 Dissimulation des ventes : Certaines entreprises omettent de déclarer une
partie de leurs ventes, en particulier lorsque les transactions sont effectuées en
espèces, rendant ainsi plus difficile leur traçabilité.

4) Risques liés à la gestion de la trésorerie et des flux financiers


La capacité d’une entreprise à s’acquitter correctement de ses obligations fiscales
dépend directement de la gestion de sa trésorerie. En Côte d'Ivoire, l’impôt sur les
sociétés est généralement payé sur la base des bénéfices générés au cours d’un
exercice fiscal. Cependant, même une entreprise rentable peut rencontrer des
difficultés à payer l’impôt si ses flux de trésorerie ne sont pas adéquatement gérés.
Il est possible qu'une entreprise déclare des bénéfices élevés, mais qu’elle ne dispose
pas de liquidités suffisantes pour payer son impôt sur les sociétés. Ce phénomène est
souvent dû à un décalage entre la rentabilité comptable et la trésorerie disponible,
causé par plusieurs facteurs, dont :
 Retard dans le recouvrement des créances clients : Les entreprises peuvent
enregistrer des ventes, générant des bénéfices, mais si les clients tardent à
payer, cela crée un problème de trésorerie qui complique le paiement des
obligations fiscales.
 Flux de trésorerie négatifs liés aux investissements : Une entreprise peut
avoir réalisé des investissements importants (achat de biens d’équipement,
expansion, etc.), entraînant une diminution temporaire de la trésorerie
disponible pour le paiement de l'impôt.

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5) Risques liés à la déductibilité des charges fiscales


Les charges déductibles constituent un élément essentiel de la gestion fiscale, car elles
permettent de réduire l’assiette imposable, et donc le montant de l’impôt dû. Toutefois,
seules certaines charges sont admissibles à la déduction, sous réserve de respecter des
conditions précises fixées par le Code général des impôts de Côte d'Ivoire. Pour être
déductible, une charge doit répondre à plusieurs conditions générales : avoir un lien
direct avec l’activité de l’entreprise, être justifiée par des pièces comptables, être
incluse dans l’exercice fiscal correspondant.
Certaines catégories de charges sont spécifiquement reconnues comme déductibles
dans le cadre de l’impôt sur les sociétés en Côte d'Ivoire. Parmi les principales :
 Les charges de personnel : Les salaires, primes, et avantages en nature versés
aux employés de l’entreprise, sous réserve qu’ils soient justifiés et déclarés à
l’administration fiscale, sont déductibles.
 Les charges financières : Les intérêts des emprunts contractés pour financer
l'activité de l'entreprise sont également déductibles, à condition que le taux
appliqué soit conforme aux pratiques du marché.
 Les amortissements : Les dotations aux amortissements des biens immobilisés
(équipements, machines, bâtiments) sont déductibles dans la limite des taux
d’amortissement réglementaires.
 Les frais généraux : Il s'agit notamment des dépenses courantes telles que les
loyers, les assurances, les frais de maintenance, les honoraires des prestataires, à
condition qu’ils soient justifiés par l’activité de l’entreprise.

II. IMPACTS DES RISQUES FISCAUX SUR LES ENTREPRISES


Les risques fiscaux liés à l’impôt sur les sociétés en Côte d'Ivoire ont des impacts
considérables sur les entreprises. Ces risques peuvent affecter la santé financière, la
crédibilité, et les perspectives de croissance des entreprises, qu’il s’agisse de petites,
moyennes ou grandes sociétés. Voici les principaux impacts des risques fiscaux sur les
entreprises opérant en Côte d'Ivoire :
1) Impact Financier Direct
Les conséquences financières des risques fiscaux sont souvent les plus visibles et les
plus immédiates pour les entreprises. Une mauvaise gestion des risques fiscaux peut
conduire à des pertes financières importantes sous différentes formes :
1.1) Amendes et Pénalités
Lorsque des erreurs ou des irrégularités fiscales sont détectées lors d'un contrôle fiscal,
l'administration fiscale impose des sanctions financières.

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Ces pénalités peuvent inclure :


 Amendes fixes ou proportionnelles en fonction de la nature de l'infraction
(erreurs de déclaration, omission de revenu).
 Majorations de retard sur les impôts non payés à temps, qui augmentent la
dette fiscale de l’entreprise.
 Intérêts de retard qui s’accumulent au fur et à mesure que les paiements sont
différés.
Ces pénalités augmentent le montant initial dû par l’entreprise, impactant directement
sa trésorerie et sa rentabilité.
1.2) Redressements Fiscaux
Les redressements fiscaux représentent l’obligation pour une entreprise de verser des
impôts supplémentaires à la suite d’un contrôle fiscal. En cas de déduction de charges
non admissibles ou de mauvaise interprétation des textes fiscaux, l'administration
réévalue l’assiette imposable de l’entreprise, augmentant ainsi le montant de l’impôt à
payer. Les redressements peuvent être massifs et entraîner un fardeau financier
inattendu.
1.3) Impact sur la Trésorerie
Les entreprises dont la gestion des flux financiers est déficiente peuvent se retrouver
en difficulté pour s'acquitter de leurs obligations fiscales. Les retards de paiement ou
l'incapacité à payer à temps peuvent non seulement entraîner des amendes, mais aussi
causer des problèmes de liquidité, impactant les opérations quotidiennes et la capacité
de l’entreprise à honorer ses autres engagements financiers (salaires, fournisseurs,
etc.).

2) Impact sur la Réputation


La réputation d'une entreprise peut être sérieusement affectée par des risques fiscaux
mal gérés, en particulier dans un environnement où la transparence fiscale et le respect
des obligations légales sont devenus des critères de confiance pour les partenaires
commerciaux et financiers.
2.1) Perte de Confiance des Partenaires
Lorsque des entreprises sont fréquemment impliquées dans des redressements fiscaux
ou des litiges avec l’administration fiscale, cela peut affecter leur relation avec les
banques, les investisseurs, et les partenaires commerciaux. Ces derniers peuvent
hésiter à collaborer avec des entreprises perçues comme manquant de conformité, ce
qui réduit les opportunités de financement et d'affaires.
2.2) Atteinte à l’Image de Marque

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Les litiges fiscaux, surtout s’ils sont médiatisés ou s’ils impliquent des fraudes,
peuvent ternir la réputation de l’entreprise, affectant ainsi la perception qu’en ont les
clients et le public. Cela peut entraîner une érosion de la confiance des clients,
affectant indirectement les ventes et la performance à long terme.
3) Impact Juridique
Les entreprises qui ne respectent pas les obligations fiscales peuvent se retrouver
impliquées dans des litiges judiciaires avec l’administration fiscale. Ces litiges peuvent
avoir plusieurs conséquences :
3.1) Procédures Contentieuses
En cas de désaccord entre l’entreprise et l’administration fiscale suite à un
redressement, l’entreprise peut être obligée de recourir à des procédures contentieuses.
Ces procédures, bien que légitimes, sont souvent longues, coûteuses, et mobilisent des
ressources financières et humaines importantes, ce qui peut ralentir les activités de
l’entreprise.
3.2) Sanctions Pénales
En cas de fraude fiscale avérée, les dirigeants d'entreprises peuvent être poursuivis
pénalement. Cela peut entraîner des sanctions allant de lourdes amendes à des peines
de prison pour les responsables impliqués, sans compter les répercussions sur la
gestion de l’entreprise, qui pourrait perdre ses dirigeants clés ou se voir suspendre
certaines activités.
4) Impact sur la Compétitivité
Les risques fiscaux mal gérés peuvent nuire à la compétitivité d'une entreprise sur le
marché, particulièrement face à des concurrents qui maîtrisent mieux leurs obligations
fiscales.
4.1) Augmentation des Coûts d'Exploitation
Des charges fiscales mal anticipées ou des erreurs répétées dans la gestion des
obligations fiscales peuvent accroître les coûts d'exploitation. Le montant des pénalités
et redressements s'ajoute aux coûts de conformité fiscale (recours à des consultants
fiscaux, coûts des litiges, etc.), rendant l’entreprise moins compétitive que ses
concurrents qui évitent ces erreurs.
4.2) Déficit d'Innovation et d'Investissement
Lorsqu'une entreprise consacre une part importante de ses ressources financières à la
gestion de litiges fiscaux ou au paiement d'amendes, cela limite sa capacité à investir
dans des projets d’innovation ou de croissance. Elle devient ainsi moins agile pour
réagir aux évolutions du marché et moins apte à se développer sur de nouveaux
marchés.
5) Impact sur la Gouvernance et la Gestion Interne

AGOUSSI Marc Augustin, Mémoire de fin de cycle pour obtention de la licence professionnelle en Finance 17
Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

Les risques fiscaux influencent également la gouvernance interne des entreprises. Une
mauvaise gestion fiscale peut exposer des faiblesses dans les systèmes de contrôle
interne et affecter la transparence des opérations.

DEUXIEME PARTIE :
STRATEGIES DE GESTION DES
RISQUES FISCAUX LIES A
L’IMPÔT SUR LES SOCIETES EN
CÔTE D’IVOIRE

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

Il s’agit ici d’examiner les stratégies de gestion des risques fiscaux liés à l’impôt sur
les sociétés en Côte d’Ivoire.
Cette partie sera élaborée sur deux chapitres dont le premier va montrer comment gérer
efficacement les risques fiscaux liés à l’impôt sur les sociétés en Côte d’Ivoire et le
second va mettre en exergue les outils et méthodes de maîtrise des risques fiscaux
dudit impôt.

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

CHAPITRE I : GESTION DES RISQUES FISCAUX LIES A L’IMPÔT SUR


LES SOCIETES DANS LES ENTREPRISES IVOIRIENNES

I. STRATEGIES DE GESTION DES RISQUES FISCAUX

1) Elaboration d’une politique de conformité fiscale


L'élaboration d'une politique de conformité fiscale interne est essentielle pour une
gestion efficace des risques fiscaux liés à l'impôt sur les sociétés. Cette politique
consiste à établir un cadre de règles et de procédures précises pour assurer le respect
des obligations fiscales de l'entreprise. Elle doit guider les pratiques comptables et les
déclarations fiscales, en définissant clairement les responsabilités de chaque service ou
acteur impliqué dans la gestion fiscale. Cette politique doit inclure des normes internes
sur la tenue des registres comptables, la conservation des documents justificatifs, ainsi
que la préparation et le dépôt des déclarations fiscales.
Le suivi des obligations fiscales et la veille législative sont des éléments cruciaux pour
une bonne gestion des risques fiscaux. Un système de suivi des obligations fiscales
permet à l'entreprise de s'assurer qu'elle respecte les délais de déclaration et de
paiement des impôts, afin d'éviter les pénalités pour retard ou omission. Ce système
peut être automatisé à travers des logiciels de gestion fiscale, qui rappellent les
échéances fiscales et assurent la traçabilité des déclarations effectuées. En parallèle,
une veille législative efficace est indispensable pour anticiper les changements de la
réglementation fiscale. Elle permet à l’entreprise de rester informée des nouvelles lois
ou des modifications apportées aux régimes fiscaux, ce qui est particulièrement
important dans un contexte fiscal en constante évolution, comme en Côte d'Ivoire.
Cela peut inclure l’analyse des projets de loi, des nouvelles circulaires et des décisions
administratives et judiciaires. Une veille active permet à l'entreprise de s'adapter
rapidement aux nouvelles obligations, en ajustant ses pratiques comptables et ses
stratégies fiscales, et ainsi éviter des erreurs de conformité.
2) Formation et sensibilisation du personnel
Pour garantir une maîtrise des risques fiscaux, il est crucial de former régulièrement
les équipes en charge de la gestion fiscale de l'entreprise. Les formations doivent
aborder les évolutions de la législation fiscale, les nouvelles pratiques comptables,
ainsi que les outils de gestion des déclarations fiscales. Ces sessions de formation
permettent de renforcer les compétences des collaborateurs et de leur fournir les
connaissances nécessaires pour adapter rapidement les pratiques internes aux nouvelles
règles fiscales.

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

La sensibilisation des équipes comptables aux risques associés au non-respect des


obligations fiscales est un aspect essentiel de la gestion des risques fiscaux. Il s’agit de
faire comprendre aux collaborateurs que les erreurs ou les omissions dans les
déclarations fiscales peuvent entraîner des conséquences financières importantes pour
l’entreprise, telles que des redressements fiscaux, des amendes, ou même des
poursuites judiciaires.
Cette sensibilisation doit aussi viser à instaurer une culture de la conformité fiscale au
sein de l’entreprise, où chaque collaborateur comprend son rôle dans la gestion des
obligations fiscales. Les équipes comptables doivent être conscientes que leur travail
ne se limite pas à la production de documents financiers, mais qu’il s’inscrit dans un
cadre légal et réglementaire strict. Cette prise de conscience permet de renforcer la
vigilance et le respect des procédures internes, tout en favorisant une attitude proactive
face aux changements de la réglementation fiscale.
3) Optimisation et planification fiscale
L'optimisation de l'assiette de l’impôt sur les sociétés passe avant tout par une gestion
minutieuse des charges déductibles, qui constitue une des principales voies pour
réduire la base imposable de l’entreprise. La législation fiscale en Côte d’Ivoire prévoit
un certain nombre de charges qui peuvent être déduites du résultat fiscal, ce qui permet
de diminuer le montant de l'impôt à payer. Cela inclut les frais de personnel, les
charges financières, les provisions pour créances douteuses, ainsi que d'autres
dépenses courantes nécessaires à l'activité de l'entreprise.
Pour optimiser ces charges, les entreprises doivent veiller à la conformité des
justificatifs, à la bonne imputation des dépenses aux exercices fiscaux correspondants
et au respect des plafonds fixés par la législation. Une gestion rigoureuse permet non
seulement de maximiser les déductions autorisées mais également de minimiser les
risques de redressement fiscal. Les entreprises doivent ainsi tenir une comptabilité
précise et détaillée, et s'assurer que toutes les charges déduites sont effectivement
engagées dans l’intérêt de l’entreprise. Cela implique aussi la mise en place de
procédures internes strictes pour la vérification des dépenses, garantissant ainsi une
documentation fiable en cas de contrôle fiscal.
4) Recours à des experts en fiscalité
Le recours à des conseillers fiscaux constitue une stratégie essentielle pour maîtriser
les risques fiscaux auxquels les entreprises peuvent être confrontées. En réalisant des
audits fiscaux périodiques, ces experts permettent de diagnostiquer les éventuelles
erreurs ou incohérences dans les déclarations fiscales, de vérifier la conformité des
pratiques de l’entreprise avec la législation en vigueur et d’anticiper les risques de
redressement. Un audit fiscal approfondi peut ainsi identifier les zones de
vulnérabilité, les optimisations fiscales possibles, mais aussi les risques de litiges avec
l'administration fiscale.

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

Externaliser certaines fonctions fiscales, telles que la gestion des déclarations, le calcul
des provisions pour impôts différés ou encore la tenue des registres fiscaux, peut être
une solution efficace pour les entreprises souhaitant bénéficier d'une expertise pointue
et réduire les risques de non-conformité. Les cabinets spécialisés disposent
généralement d’une connaissance approfondie des normes fiscales et d’une expérience
pratique qui leur permet d’assurer un respect strict des obligations fiscales de
l’entreprise, tout en offrant des conseils personnalisés pour optimiser la situation
fiscale.

5) Digitalisation et automatisation des processus fiscaux


La digitalisation des processus fiscaux permet aux entreprises de gagner en efficacité
et en précision dans la gestion de leurs obligations fiscales. En utilisant des logiciels de
gestion fiscale, les entreprises peuvent automatiser le processus de préparation et de
soumission des déclarations fiscales, réduisant ainsi les risques d’erreurs humaines et
les retards de déclaration. Ces outils permettent également de calculer
automatiquement les montants dus, de gérer les échéanciers de paiement et de
centraliser toutes les informations fiscales au sein d'une même plateforme.
L'automatisation offre ainsi une visibilité en temps réel sur la situation fiscale de
l'entreprise et facilite la gestion des flux de trésorerie en fonction des échéances
fiscales.
Elle peut aussi aider à la prévision des charges fiscales futures, ce qui est essentiel
pour une planification budgétaire optimisée. En plus, les logiciels de gestion fiscale
peuvent être paramétrés pour suivre les évolutions de la législation fiscale, assurant
ainsi la conformité continue des déclarations de l'entreprise. La mise en place d'un
système de gestion documentaire est indispensable pour garantir la traçabilité des
déclarations fiscales et des paiements effectués par l'entreprise. Un tel système permet
de stocker de manière centralisée et sécurisée tous les justificatifs, reçus, déclarations
et correspondances avec l’administration fiscale. Cette organisation facilite l’accès aux
documents lors des contrôles fiscaux et permet de répondre rapidement aux demandes
d’informations de l’administration.

II. IMPORTANCE DE LA GESTION DES RISQUES FISCAUX LIES


A L’IMPÔT SUR LES SOCIETES
La gestion des risques fiscaux revêt une importance cruciale pour les entreprises
opérant en Côte d'Ivoire, en particulier celles assujetties à l'impôt sur les sociétés. En
effet, la maîtrise des risques fiscaux, c’est-à-dire l’ensemble des actions mises en place
pour prévenir, détecter et atténuer les risques liés à la fiscalité, constitue un enjeu
majeur pour assurer la pérennité et la croissance de ces entreprises.
1) Prévention des sanctions financières et pénales

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

Les sanctions en matière de non-conformité fiscale en Côte d’Ivoire peuvent être


particulièrement lourdes et incluent des pénalités financières, des majorations d’impôt
et, dans certains cas, des sanctions pénales. Les entreprises qui ne respectent pas leurs
obligations fiscales, que ce soit par des erreurs dans leurs déclarations, des omissions,
ou un défaut de paiement, s’exposent à des redressements fiscaux qui peuvent nuire
considérablement à leur trésorerie. La gestion des risques fiscaux permet donc
d’anticiper et de minimiser ces risques en veillant à la conformité des pratiques fiscales
de l’entreprise avec la législation en vigueur.
Une entreprise qui adopte des mécanismes de contrôle interne pour surveiller ses
processus fiscaux, comme la mise en place de procédures de vérification des
déclarations et des paiements, réduit les probabilités de commettre des erreurs
susceptibles de provoquer des sanctions. De plus, l’accompagnement par des experts
fiscaux peut contribuer à détecter les anomalies ou les risques potentiels avant qu'ils ne
soient pointés par l'administration fiscale. En conséquence, une gestion proactive des
risques fiscaux est un levier clé pour éviter les charges additionnelles et les
complications légales.

2) Amélioration de la réputation et de la crédibilité de l’entreprise


La conformité fiscale d’une entreprise joue un rôle central dans la perception de sa
crédibilité et de sa transparence, tant vis-à-vis des autorités que de ses partenaires
commerciaux. En Côte d’Ivoire, où les pratiques d’évasion fiscale et de fraude peuvent
ternir l’image d’une entreprise, il est crucial de mettre en avant une gestion
transparente des obligations fiscales. Une entreprise qui se conforme aux lois fiscales
améliore sa réputation auprès de l’administration fiscale, ce qui peut se traduire par des
relations plus harmonieuses et une meilleure coopération lors des contrôles ou des
audits.
Par ailleurs, la transparence fiscale est un facteur de confiance pour les investisseurs,
les actionnaires et les autres parties prenantes. Les entreprises qui adoptent des
pratiques de gestion des risques fiscaux démontrent leur engagement envers une
gouvernance responsable, ce qui peut faciliter l’accès aux financements et renforcer la
confiance des partenaires étrangers dans le cadre d’accords commerciaux ou
d’investissements directs. En montrant qu’elle respecte ses obligations fiscales, une
entreprise peut non seulement éviter les conflits avec les autorités fiscales mais aussi
renforcer son attractivité sur le marché.
3) Optimisation des coûts fiscaux et des ressources
La gestion des risques fiscaux permet également d'optimiser les coûts liés à la fiscalité
d’une entreprise. En effet, en évitant les redressements et les pénalités, une entreprise
peut mieux contrôler ses dépenses et orienter ses ressources financières vers des
activités stratégiques. La maîtrise des risques fiscaux passe par une connaissance
approfondie de la législation et des mesures incitatives mises en place par l’État

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

ivoirien, telles que les crédits d’impôt, les exonérations ou les réductions de taux pour
certains types d'investissements.
L’optimisation des coûts fiscaux implique aussi une gestion efficace de la trésorerie de
l’entreprise, en tenant compte des échéanciers de paiement et des possibilités de report
de certaines charges. Par exemple, une entreprise qui planifie soigneusement ses
investissements peut bénéficier de déductions fiscales ou d’amortissements accélérés,
réduisant ainsi le montant de l’impôt à payer à court terme. Une gestion intelligente
des risques fiscaux permet donc d’alléger la charge fiscale de l’entreprise tout en
assurant le respect de la législation, contribuant ainsi à une meilleure allocation des
ressources.

4) Pérennité et compétitivité de l’entreprise


La gestion des risques fiscaux est un facteur clé pour la pérennité et la compétitivité
des entreprises en Côte d’Ivoire. En réduisant les risques de litiges avec
l’administration fiscale et en optimisant le coût de la fiscalité, une entreprise peut
sécuriser sa position sur le marché et mieux se concentrer sur son développement. Les
conflits fiscaux, lorsqu’ils surviennent, peuvent non seulement entraîner des coûts
importants mais aussi perturber les activités courantes de l’entreprise, affectant ainsi sa
compétitivité.
En outre, la fiscalité constitue un élément important de la stratégie de compétitivité
pour les entreprises opérant dans un environnement où les charges fiscales peuvent
être élevées. La capacité à gérer les risques fiscaux et à anticiper les évolutions de la
législation fiscale permet aux entreprises de rester agiles face aux changements
réglementaires et d’adapter leur stratégie d’investissement en conséquence. Les
entreprises qui maîtrisent leur fiscalité peuvent ainsi mieux anticiper leurs obligations
financières, réduire l’incertitude liée aux charges fiscales et se positionner plus
efficacement par rapport à leurs concurrents sur le marché ivoirien.
5) Contribution à la responsabilité sociale et économique
La gestion des risques fiscaux, au-delà des enjeux de conformité et d’optimisation,
participe également à la responsabilité sociale des entreprises (RSE). En respectant les
règles fiscales, les entreprises contribuent de manière responsable au développement
économique de la Côte d'Ivoire en s’acquittant de l’impôt sur les sociétés, qui constitue
une source essentielle de financement pour les infrastructures et les services publics.
Ainsi, une entreprise qui maîtrise ses risques fiscaux adopte une attitude citoyenne,
contribuant au financement de l’économie nationale tout en se conformant aux attentes
sociétales.
L’intégration de la gestion des risques fiscaux dans une démarche RSE permet de
renforcer l’engagement de l’entreprise envers la communauté et de participer
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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

activement au développement durable du pays. Elle témoigne de la volonté de


l’entreprise de participer à la création de richesse pour tous et de soutenir les initiatives
gouvernementales visant à améliorer le cadre des affaires. Cet engagement social peut
aussi améliorer l’image de l’entreprise auprès des consommateurs et des autorités, tout
en renforçant son rôle en tant qu'acteur économique responsable.
6) Anticipation des évolutions réglementaires et adaptation stratégique
Le cadre fiscal ivoirien est en constante évolution, avec des réformes qui visent à
adapter la législation aux réalités économiques du pays et aux engagements
internationaux. Pour une entreprise, il est crucial de surveiller ces évolutions afin de
s’y adapter rapidement et d'éviter les risques de non-conformité. La gestion des risques
fiscaux permet de maintenir une veille active sur les réformes fiscales, telles que les
modifications de taux d'imposition, les nouvelles exonérations, ou les changements
dans les procédures de contrôle fiscal.
Cette anticipation est un atout stratégique pour les entreprises qui cherchent à ajuster
leur planification financière et à optimiser leur situation fiscale en fonction des
nouvelles régulations. En adoptant une approche proactive de la gestion des risques
fiscaux, une entreprise peut réorienter ses investissements ou ses opérations pour tirer
parti des nouvelles dispositions législatives. Cela leur permet de rester compétitives et
de s'assurer que leurs pratiques fiscales restent conformes à la législation en vigueur,
même en cas de changements rapides du cadre réglementaire.

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

CHAPITRE II : OUTILS ET METHODES DE MAÎTRISE DES RISQUES


FISCAUX LIES A L'IMPÔT SUR LES SOCIÉTÉS EN CÔTE D'IVOIRE
Ce chapitre introduira les dispositifs techniques et méthodologiques à la disposition
des entreprises pour assurer une meilleure conformité et réduire les incertitudes liées à
l’impôt sur les sociétés.
I. LES OUTILS DE MAITRISE DES RISQUES FISCAUX
1) Outils technologiques et logiciels de gestion fiscale

 Logiciels de comptabilité et de gestion fiscale


Ces logiciels permettent aux entreprises ivoiriennes de suivre leurs obligations fiscales
et de mieux maîtriser les risques liés à l'impôt sur les sociétés. Les principaux
avantages incluent le suivi des déclarations fiscales, le calcul précis des impôts dus, et
l'anticipation des échéances de paiement.
 Suivi des déclarations fiscales : Les entreprises utilisent des logiciels comme
Sage, QuickBooks ou Ciel Comptabilité pour suivre les déclarations à soumettre
aux autorités fiscales ivoiriennes (comme la Direction Générale des Impôts -
DGI). Ces outils permettent de s'assurer que toutes les déclarations périodiques
(mensuelles, trimestrielles ou annuelles) sont déposées à temps pour éviter les
pénalités de retard.
 Calcul automatisé des impôts dus : Les logiciels de gestion fiscale intègrent
les règles fiscales applicables, facilitant ainsi le calcul des impôts sur les
sociétés en fonction des bénéfices réalisés. Par exemple, le taux d’imposition
des bénéfices des sociétés est de 25% en Côte d’Ivoire, et ces logiciels
permettent de calculer l'impôt à payer tout en tenant compte des éventuelles
déductions ou exonérations.

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Comptabilité et Gestion d’Entreprises
LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

 Anticipation des échéances : Ces logiciels intègrent des fonctionnalités d'alerte


pour rappeler aux entreprises les dates de dépôt des déclarations et de paiement
des impôts. Cela permet de mieux planifier la trésorerie et de limiter les risques
de pénalités pour retard.
 Plateformes de veille fiscale
Les plateformes de veille fiscale sont essentielles pour aider les entreprises à suivre les
évolutions législatives et réglementaires en matière fiscale. En Côte d'Ivoire, le cadre
juridique et fiscal peut être sujet à des modifications fréquentes, nécessitant une
adaptation rapide des pratiques fiscales des entreprises.
 Importance des outils de veille : La veille fiscale permet de surveiller les
nouvelles lois de finances, les modifications de la réglementation fiscale, et les
décisions administratives de la DGI. Par exemple, des plateformes comme
Fiscalité Ivoirienne ou Legal Doctrine proposent des mises à jour régulières des
textes fiscaux et des analyses de leurs implications.
 Ajustement des stratégies fiscales : Grâce à la veille fiscale, les entreprises
peuvent ajuster leurs stratégies pour se conformer aux nouvelles exigences et
éviter ainsi les sanctions pour non-conformité. Cela peut inclure la modification
de la comptabilité fiscale, l'adaptation de la politique de prix de transfert, ou
encore l'optimisation des déductions fiscales.
 Gestion des risques de redressement : Une bonne veille fiscale aide les
entreprises à se préparer aux contrôles fiscaux en anticipant les points de
vigilance des autorités fiscales. Cela contribue à réduire les risques de
redressement en cas de contrôle.
 Systèmes d’automatisation des déclarations fiscales
L'automatisation des déclarations fiscales permet aux entreprises de gagner en
efficacité et de réduire le risque d’erreurs humaines dans le processus de déclaration de
l'impôt sur les sociétés.
 Intégration des systèmes : Les entreprises peuvent utiliser des ERP (Enterprise
Resource Planning) comme SAP ou Microsoft Dynamics pour automatiser le
processus de déclaration fiscale. Ces outils s’intègrent aux systèmes de
comptabilité et génèrent automatiquement les déclarations fiscales à partir des
données comptables, ce qui réduit les tâches manuelles et les risques d’erreurs.
 Réduction des erreurs humaines : L'automatisation minimise les risques
d’erreurs dans le calcul des impôts et la préparation des déclarations, qui
peuvent survenir lors de la saisie manuelle. Cela permet également de
standardiser les déclarations selon les exigences de la DGI, réduisant ainsi le
risque de rejet ou de rectification.

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

 Rapidité et conformité : Avec les systèmes automatisés, les entreprises


peuvent déposer leurs déclarations de manière plus rapide et conforme,
notamment grâce à la télédéclaration proposée par la DGI. La Côte d'Ivoire
encourage l’utilisation de la télé-procédure pour simplifier les démarches
fiscales des entreprises et renforcer la transparence.

Ces outils technologiques et logiciels de gestion fiscale jouent un rôle clé dans la
maîtrise des risques fiscaux en Côte d'Ivoire, permettant aux entreprises de rester à
jour sur les obligations fiscales tout en réduisant les risques d’erreurs et de sanctions.

2) Outils de contrôle interne et d’audit fiscal

 Mise en place de dispositifs de contrôle interne


La mise en place de dispositifs de contrôle interne est essentielle pour assurer la
conformité des opérations fiscales et réduire les risques de non-conformité.
 Établissement de procédures de contrôle : Les entreprises ivoiriennes doivent
définir des procédures claires pour le traitement des opérations fiscales, telles
que la validation des déclarations fiscales, la vérification des calculs de l’impôt
sur les sociétés, et le suivi des paiements. Ces procédures incluent le contrôle
des pièces justificatives, la revue des écritures comptables et la double
validation des déclarations fiscales avant soumission aux autorités.
 Détection des risques potentiels : Les dispositifs de contrôle interne
permettent d’identifier les risques de non-conformité, comme les erreurs de
calcul, les omissions de revenus, ou le non-respect des règles fiscales
spécifiques. Par exemple, en Côte d'Ivoire, il est crucial de respecter les règles
de déduction de la TVA et de provision pour les créances douteuses. Des
contrôles réguliers permettent de s’assurer que ces règles sont bien appliquées.
 Responsabilités et répartition des tâches : Pour une gestion efficace des
risques fiscaux, il est important de définir les rôles et responsabilités au sein de
l’équipe comptable et financière. Cela permet de garantir la séparation des
tâches (ex. préparation, revue et validation des déclarations), ce qui réduit les
risques de fraude interne ou d’erreurs involontaires.
 Audits fiscaux internes et externes
Les audits fiscaux jouent un rôle clé dans la maîtrise des risques fiscaux, qu'ils soient
menés en interne ou par des auditeurs externes.
Voici les différences et rôles de ces audits :
 Audits fiscaux internes : Ils sont réalisés par le département comptable ou de
contrôle interne de l’entreprise pour s’assurer de la conformité fiscale en
continu. L’audit fiscal interne vise à détecter de manière précoce les anomalies

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

dans les déclarations fiscales, à vérifier l’application correcte des régimes


fiscaux (comme les régimes de déduction ou d'exonération) et à évaluer
l’efficacité des dispositifs de contrôle interne. Il permet également de préparer
l’entreprise en vue d’un éventuel contrôle fiscal de la DGI en identifiant les
points de vulnérabilité.
 Audits fiscaux externes : Ces audits sont menés par des cabinets d'audit
indépendants, souvent requis par la direction de l'entreprise ou les actionnaires
pour garantir une évaluation impartiale. Les cabinets comme KPMG, PwC, et
d'autres présents en Côte d'Ivoire réalisent des audits fiscaux afin de s’assurer
que les déclarations et les paiements sont conformes aux exigences légales. Ils
vérifient également si les provisions fiscales sont suffisantes pour couvrir les
risques potentiels de redressement.
 Rôle dans la détection précoce des anomalies fiscales : Les audits externes
apportent une vision objective et peuvent identifier des anomalies ou des
incohérences non détectées par les contrôles internes. Cela permet à l'entreprise
de corriger les erreurs avant un contrôle de la DGI, réduisant ainsi les risques de
pénalités. Les audits internes, quant à eux, permettent une surveillance continue
et un ajustement rapide des pratiques fiscales.
 Tableaux de bord et indicateurs de performance fiscale
Les tableaux de bord et les indicateurs de performance fiscale (KPI) permettent de
suivre la performance fiscale de l’entreprise et d’ajuster les stratégies en fonction des
résultats.
 Élaboration de tableaux de bord fiscaux : Les tableaux de bord regroupent
les informations clés relatives à la gestion fiscale, comme les échéances
fiscales, les montants déclarés et les paiements effectués. Ces outils permettent
de centraliser les données fiscales pour une meilleure visibilité et de suivre les
performances en temps réel. Par exemple, un tableau de bord peut suivre
l'évolution de la charge fiscale, les éventuelles régularisations à effectuer, et les
risques de redressement fiscal.
 Indicateurs clés de performance fiscale (KPI) : Les KPI fiscaux sont des
indicateurs quantitatifs qui permettent de mesurer l’efficacité de la gestion
fiscale de l’entreprise. Quelques exemples pertinents pour la Côte d'Ivoire
incluent :
o Taux de conformité fiscale : Il mesure le pourcentage de déclarations
fiscales déposées dans les délais impartis. Un taux élevé indique que
l'entreprise respecte bien ses obligations.
o Coût des ajustements fiscaux : Il s’agit du coût total des régularisations
fiscales effectuées suite à des erreurs ou omissions dans les déclarations.
Un coût élevé peut révéler des faiblesses dans les contrôles internes.

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

o Montant des provisions pour risques fiscaux : Cet indicateur reflète la


capacité de l’entreprise à anticiper les éventuelles charges liées aux
redressements fiscaux. Une provision suffisante est un signe de bonne
gestion des risques fiscaux.
 Utilisation des tableaux de bord pour la prise de décision : Les tableaux de
bord permettent à la direction financière de prendre des décisions éclairées sur
la gestion des risques fiscaux, comme l’ajustement des stratégies de déclaration,
la mise en place de mesures correctives, ou encore la préparation à un contrôle
fiscal. Cela contribue à une gestion proactive de la fiscalité de l'entreprise.

Ces outils de contrôle interne et d’audit fiscal permettent aux entreprises ivoiriennes de
maîtriser les risques fiscaux liés à l’impôt sur les sociétés, en garantissant la
conformité et en anticipant les évolutions législatives. Ils jouent un rôle essentiel dans
la réduction des risques de sanctions et de redressements, tout en optimisant les
performances fiscales de l'entreprise.

II. LES METHODES DE GESTION DES RISQUES FISCAUX LIES A


L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

1) Méthodes de planification fiscale proactive


Ces méthodes de planification fiscale proactive aident les entreprises ivoiriennes à
anticiper les changements législatifs, à adapter leurs stratégies pour optimiser leur
charge fiscale, et à prendre des décisions éclairées pour assurer la pérennité de leurs
activités. En ayant une approche prévisionnelle et en testant différents scénarios, elles
réduisent les risques de mauvaises surprises et de redressements fiscaux. Ces méthodes
reposent sur :
 L’analyse prévisionnelle des impacts fiscaux
L'analyse prévisionnelle consiste à évaluer les effets potentiels des modifications
législatives sur l’impôt sur les sociétés afin d'anticiper les ajustements nécessaires.
 Évaluation des impacts des nouvelles lois de finances : En Côte d'Ivoire, la
loi de finances est régulièrement modifiée, introduisant de nouvelles mesures
fiscales ou modifiant les taux d’imposition, les déductions, et les exonérations.
Les entreprises doivent analyser ces changements pour estimer leur impact sur
l’impôt sur les sociétés. Cela implique une lecture approfondie des textes
législatifs et des consultations avec des experts fiscaux pour comprendre les
implications spécifiques pour chaque secteur d'activité.
 Techniques de modélisation fiscale : Les entreprises utilisent des modèles de
simulation qui intègrent les nouvelles règles fiscales pour estimer leur effet sur
les résultats financiers. Par exemple, en cas de changement du taux d'imposition

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

des bénéfices, la modélisation permet de quantifier le montant supplémentaire à


provisionner pour l'impôt sur les sociétés et de prévoir les ajustements
nécessaires dans les budgets prévisionnels.
 Anticipation des nouvelles obligations déclaratives : Certaines modifications
législatives peuvent introduire de nouvelles obligations déclaratives ou des
formalités administratives supplémentaires. Une analyse prévisionnelle permet
d’identifier ces obligations en amont et de mettre en place les ressources et les
processus nécessaires pour y faire face. Par exemple, un nouveau régime fiscal
ou des mesures spécifiques pour certains secteurs comme l’agriculture ou les
télécommunications peuvent impliquer des changements dans les déclarations
fiscales.
 Identification des opportunités fiscales : En analysant les modifications
législatives, les entreprises peuvent identifier des opportunités pour optimiser
leur charge fiscale. Cela peut inclure la possibilité de bénéficier de nouvelles
exonérations ou de déductions fiscales temporaires. Par exemple, si une
nouvelle mesure favorise les investissements dans certains équipements ou dans
des zones géographiques spécifiques (comme les zones franches), l'entreprise
peut planifier ses investissements en conséquence.
 La simulation fiscale et scénarios prospectifs
La simulation fiscale est une méthode clé pour anticiper les effets des stratégies
fiscales et ajuster les pratiques en fonction des résultats projetés.
 Utilisation des simulations fiscales : Les simulations fiscales consistent à
modéliser différents scénarios fiscaux pour prévoir les impacts sur les
obligations fiscales de l’entreprise. En Côte d'Ivoire, cela peut inclure la
simulation des effets de l’application de différents taux d’imposition, des
régimes fiscaux spécifiques, ou de nouvelles mesures de déductions. Par
exemple, une entreprise peut simuler l’impact d’une déduction fiscale pour
l'investissement dans des équipements de production pour voir si cette stratégie
réduit significativement la base imposable.

 Analyse des scénarios "what-if" : Les entreprises peuvent élaborer des


scénarios "what-if" (et si) pour tester les conséquences de décisions spécifiques
sur leur situation fiscale. Par exemple :
o Et si le taux de l'impôt sur les sociétés augmentait de 25% à 30% ? Quel
serait l'impact sur les bénéfices nets de l'entreprise ?
o Et si l'entreprise décidait d’ouvrir une nouvelle filiale dans une zone
franche industrielle bénéficiant d’exonérations fiscales ? Quelle
économie d'impôts cela permettrait-il de réaliser ?
Ces simulations permettent aux dirigeants d’anticiper les ajustements à opérer pour
maintenir la rentabilité de l’entreprise.

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

 Outils de simulation fiscale : Les entreprises utilisent des logiciels de


simulation fiscale intégrés dans les ERP (comme SAP ou Oracle) pour générer
des prévisions précises. Ces outils permettent de tester plusieurs hypothèses à la
fois et de comparer les résultats, offrant une base solide pour la prise de
décision. Ils peuvent aussi intégrer les projections économiques (inflation,
variation du chiffre d’affaires) pour mesurer l’effet global sur la charge fiscale.

 Ajustement des stratégies fiscales : Les simulations permettent d'identifier la


meilleure stratégie à adopter pour minimiser l'impôt tout en restant conforme
aux normes fiscales. Par exemple, une simulation peut montrer que reporter un
investissement à l'année suivante permet de bénéficier d’une meilleure
déduction fiscale grâce à une modification de la loi de finances. Cela permet à
l’entreprise d’adapter son calendrier d'investissements en conséquence.

 Préparation aux contrôles fiscaux : En simulant différents scénarios, les


entreprises peuvent aussi se préparer à d’éventuels contrôles fiscaux. Par
exemple, en évaluant à l’avance les effets d’une requalification d’opérations ou
de la remise en cause de certaines déductions par la DGI, elles peuvent
constituer des dossiers justificatifs solides pour défendre leur position.

2) Méthodes d'évaluation et de quantification des risques fiscaux


Ces méthodes d’évaluation et de quantification des risques fiscaux aident les
entreprises en Côte d'Ivoire à mieux comprendre et anticiper les incertitudes liées à la
fiscalité, à réduire les risques de non-conformité, et à optimiser leur gestion financière.
Elles permettent également de prendre des décisions stratégiques éclairées en matière
de gestion fiscale. Ces méthodes reposent sur :
 Cartographie des risques fiscaux
La cartographie des risques fiscaux est une méthode permettant de recenser,
d'identifier et de prioriser les risques fiscaux potentiels auxquels une entreprise peut
être exposée.
 Étape 1 : Identification des risques fiscaux
L'identification des risques consiste à répertorier les différentes situations pouvant
entraîner un risque fiscal pour l'entreprise.
 Étape 2 : Analyse des processus internes
Il s'agit de passer en revue les processus internes de l’entreprise pour évaluer les points
de vulnérabilité pouvant entraîner des risques fiscaux. Cela implique une analyse des
procédures comptables, des opérations de facturation, et de la gestion des écritures
comptables relatives aux impôts.
 Étape 3 : Classement et priorisation des risques

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

Les risques sont classés en fonction de leur importance et de leur impact potentiel sur
la situation financière de l'entreprise. Cette étape permet de déterminer les risques les
plus critiques, par exemple ceux pouvant entraîner de lourds redressements fiscaux ou
des amendes substantielles de la part de la DGI.
 Étape 4 : Mise en place de mesures de contrôle
Une fois les risques identifiés et classés, des mesures de contrôle doivent être mises en
place pour les atténuer. Cela peut inclure des formations pour le personnel comptable,
la mise en place de procédures de validation des déclarations fiscales, ou encore
l'utilisation d’outils informatiques pour automatiser certaines tâches et réduire les
risques d'erreurs.
 Matrice d’évaluation des risques
La matrice d’évaluation des risques est un outil visuel qui permet de mesurer la
probabilité de survenance des risques fiscaux et leur impact sur l’entreprise, facilitant
ainsi leur gestion.
 Axe de la probabilité
La probabilité de survenance d'un risque fiscal représente la chance que ce risque se
réalise. Par exemple, le risque de retard dans la soumission de la déclaration de l'impôt
sur les sociétés pourrait être considéré comme modéré si l'entreprise a des processus
robustes de gestion des échéances. Les probabilités peuvent être classées en faible,
modérée, élevée.
 Axe de l’impact
L'impact désigne la gravité des conséquences financières si le risque se matérialise.
Cela peut inclure des sanctions financières, des redressements fiscaux, ou encore la
perte de certaines exonérations fiscales. Par exemple, un redressement suite à une
mauvaise application des règles de prix de transfert pourrait avoir un impact élevé sur
une multinationale.
 Élaboration de la matrice
La matrice est constituée en croisant les deux axes : chaque risque identifié est
positionné sur la matrice selon sa probabilité de survenance et son impact.
Par exemple :
o Un risque avec une probabilité élevée mais un faible impact peut être
surveillé régulièrement.
o Un risque avec une probabilité faible mais un impact élevé nécessitera des
mesures de prévention.
o Les risques avec une probabilité et un impact élevés doivent être priorisés et
faire l’objet de plans d’action immédiats.

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 Mise à jour régulière


En Côte d'Ivoire, où les législations fiscales évoluent fréquemment, il est crucial de
mettre à jour cette matrice à chaque modification de la loi de finances ou en cas de
nouveaux risques identifiés, afin de s’assurer de la pertinence des plans d’action.
 Modélisation des risques fiscaux
La modélisation des risques fiscaux consiste à utiliser des méthodes quantitatives pour
évaluer les risques et prévoir leur impact sur les finances de l’entreprise.
 Techniques de modélisation statistique
Les entreprises peuvent utiliser des modèles statistiques pour estimer l'ampleur des
risques fiscaux. Ces modèles se basent sur les données historiques des déclarations
fiscales, les montants des redressements antérieurs et les ajustements réalisés suite aux
contrôles fiscaux. Ils permettent de prévoir la probabilité de survenance de certains
risques et d’estimer les montants potentiels à provisionner.
 Analyse de sensibilité
Cette méthode consiste à évaluer comment les variations de certaines variables fiscales
(comme les taux d’imposition ou les montants déductibles) affectent le résultat fiscal
de l'entreprise. Par exemple, en simulant une hausse de 5% du taux de l'impôt sur les
sociétés, l’entreprise peut mesurer l'impact sur sa trésorerie et ajuster ses stratégies
d’investissement.
 Monte Carlo
Cette méthode de simulation est utilisée pour estimer les risques en générant de
nombreux scénarios aléatoires basés sur les données financières et fiscales de
l’entreprise. Pour chaque scénario, elle calcule les résultats possibles des différentes
variables fiscales, ce qui permet de créer une distribution des risques fiscaux et
d'identifier les plus probables. En Côte d'Ivoire, cette approche est particulièrement
utile pour évaluer l'incertitude liée aux fluctuations économiques et leur impact sur les
recettes fiscales.
 Évaluation de la valeur à risque (Value at Risk - VaR)
La VaR est une technique couramment utilisée pour quantifier le risque maximal que
pourrait subir une entreprise sur un horizon donné (par exemple un an), avec un certain
niveau de confiance. Elle est particulièrement utile pour les entreprises ayant des
opérations complexes en Côte d'Ivoire, comme les multinationales ou celles opérant
dans des secteurs très réglementés. La VaR peut aider à déterminer le montant
maximum d’un redressement fiscal potentiel, permettant ainsi de constituer des
provisions appropriées.
3) Méthodes de gestion des relations avec l’administration fiscale

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Ces méthodes de gestion des relations avec l’administration fiscale permettent aux
entreprises en Côte d'Ivoire de mieux comprendre les attentes de la DGI, de sécuriser
leurs positions fiscales, et de gérer les contrôles de manière proactive pour limiter les
risques financiers. L’objectif est de maintenir une relation de transparence et de
coopération, tout en préservant les intérêts de l’entreprise.
 Stratégies de négociation et de dialogue fiscal
Le dialogue constructif avec l’administration fiscale est essentiel pour réduire les
incertitudes et garantir une bonne compréhension des attentes et des obligations des
deux parties.
 Importance d'une communication proactive
Établir une relation de confiance avec la Direction Générale des Impôts (DGI) de Côte
d'Ivoire est un facteur clé de succès pour les entreprises. Cela permet d’avoir une
meilleure compréhension des exigences fiscales et de minimiser les risques
d’interprétation divergente des textes fiscaux. Les entreprises qui maintiennent un
dialogue ouvert avec les inspecteurs fiscaux sont souvent mieux préparées à anticiper
les évolutions législatives.

 Réunions périodiques avec l’administration fiscale


Les grandes entreprises peuvent organiser des réunions périodiques avec les
responsables de la DGI pour discuter de l’application des nouvelles mesures fiscales et
clarifier les points d’ambiguïté. Ces rencontres permettent de s’assurer que les
déclarations fiscales respectent les attentes de l'administration, tout en posant des
questions sur les procédures à suivre en cas de modifications législatives.
 Négociation des modalités de règlement en cas de redressement
Lorsqu’un redressement fiscal est établi, il est possible de négocier les modalités de
paiement (étalement des paiements, réduction des pénalités). Les entreprises peuvent
aussi justifier leur situation financière et demander des aménagements pour éviter que
les paiements dus n’affectent leur trésorerie de manière excessive. Une approche
collaborative peut également permettre de trouver des solutions équilibrées et d’éviter
un contentieux long et coûteux.
 Participation aux séminaires et ateliers organisés par la DGI
En Côte d'Ivoire, la DGI organise parfois des ateliers et des formations pour informer
les contribuables sur les nouveautés fiscales et les meilleures pratiques de conformité.
Participer à ces événements permet aux entreprises de rester à jour sur les attentes de
l’administration et de poser des questions spécifiques sur des points de complexité.
 Recours aux procédures de rescrit fiscal

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Le rescrit fiscal est un outil de sécurité juridique permettant aux entreprises de


demander à l’administration fiscale de se prononcer officiellement sur une situation
fiscale particulière.
 Présentation du rescrit fiscal
Le rescrit fiscal permet à une entreprise de demander à la DGI une position formelle
sur l’interprétation d’une disposition fiscale appliquée à sa situation spécifique. Par
exemple, une entreprise peut demander un rescrit sur la déductibilité d’une dépense
particulière ou sur le traitement fiscal d’une transaction complexe.
 Avantages du rescrit fiscal
Le rescrit fiscal offre plusieurs avantages pour les entreprises :
o Sécurité juridique : Une fois obtenu, le rescrit engage l’administration sur la
position qu'elle a adoptée, ce qui protège l’entreprise contre des
interprétations divergentes lors d’un contrôle ultérieur.
o Réduction des risques de redressement : En ayant une position claire de
l'administration sur un point particulier, l'entreprise limite les risques de se
voir reprocher une mauvaise interprétation lors d’un contrôle fiscal.
o Anticipation des contentieux : Le rescrit permet de prévenir les litiges en
obtenant une clarification sur les points de divergence avant qu’ils ne se
transforment en contentieux.
 Procédure pour demander un rescrit en Côte d'Ivoire
L’entreprise doit formuler sa demande par écrit, en décrivant précisément la situation
pour laquelle elle souhaite obtenir une interprétation. La demande doit être claire et
détaillée, car l’administration fiscale se base sur les éléments fournis pour rendre sa
décision. En pratique, la DGI dispose d’un délai pour répondre, et l’absence de
réponse dans les délais impartis peut valoir accord tacite.
 Gestion des contrôles fiscaux
La gestion des contrôles fiscaux est cruciale pour les entreprises, car elle permet de
réduire les risques de redressements et de minimiser les sanctions éventuelles.
 Préparation en amont du contrôle fiscal
La préparation consiste à anticiper les demandes de l’administration en rassemblant les
documents fiscaux nécessaires (déclarations, registres comptables, justificatifs de
déductions, etc.). En Côte d'Ivoire, il est courant que la DGI vérifie la conformité des
déclarations d'impôt sur les sociétés, ainsi que la justesse des écritures comptables.
Avoir des dossiers bien organisés et complets facilite la transparence et montre à
l’administration une volonté de collaboration.
 Mise en place d’une équipe dédiée

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Il est recommandé de constituer une équipe interne dédiée au contrôle fiscal,


comprenant des membres du service comptabilité, des juristes, et si possible, un
fiscaliste. Cette équipe doit être prête à répondre rapidement aux demandes
d’informations complémentaires de la part de la DGI et à fournir les explications
nécessaires.
 Réponses aux observations préliminaires de la DGI
Après le contrôle, la DGI émet généralement un rapport préliminaire, indiquant les
éventuelles anomalies relevées. L’entreprise dispose d’un délai pour répondre à ces
observations. Il est crucial de préparer une réponse argumentée pour contester les
points qui semblent injustifiés ou pour apporter des compléments d’informations.
Cette réponse peut aider à réduire le montant d’un redressement ou à clarifier des
malentendus.
 Suivi post-contrôle et gestion des contentieux
Si le contrôle aboutit à un redressement fiscal, l’entreprise peut contester la décision en
faisant appel à la voie amiable (demande de recours gracieux) ou contentieuse (recours
devant les tribunaux). Il est essentiel de préparer un dossier solide avec tous les
justificatifs et de solliciter un avocat spécialisé en droit fiscal pour maximiser les
chances de succès.
III. AVANTAGES ET LIMITES DES OUTILS ET METHODES DE
MAITRISE DES RISQUES FISCAUX
1) Avantages
a) Réduction des risques de non-conformité
Les outils et méthodes de gestion fiscale aident considérablement à réduire les risques
de non-conformité aux exigences légales et réglementaires.
 Automatisation des processus de déclaration
L’utilisation de logiciels de gestion fiscale et de systèmes automatisés pour la
soumission des déclarations fiscales permet de réduire les erreurs humaines. Par
exemple, des logiciels comme Sage ou Cegid, couramment utilisés en Côte d'Ivoire,
offrent des fonctionnalités pour générer automatiquement les déclarations fiscales à
partir des données comptables. Cela assure que les déclarations respectent les formats
requis par la Direction Générale des Impôts (DGI) et limite les risques d’omissions.
 Veille fiscale et actualisation continue
Les plateformes de veille fiscale permettent aux entreprises de suivre les évolutions
législatives et réglementaires en temps réel. Elles informent sur les nouvelles lois de
finances et les modifications des taux d’imposition. En Côte d'Ivoire, où la législation
fiscale peut évoluer régulièrement, être à jour sur les nouvelles obligations permet de
réduire les risques de non-respect des nouvelles dispositions.

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 Contrôles internes renforcés


La mise en place de dispositifs de contrôle interne, tels que des procédures de
vérification des déclarations fiscales avant leur soumission, aide à détecter les erreurs
avant qu’elles ne soient transmises à l’administration. Ces dispositifs permettent de
vérifier la cohérence entre les données comptables et les montants déclarés, assurant
ainsi la conformité aux exigences de la DGI.
b) Optimisation des coûts fiscaux
La maîtrise des risques fiscaux contribue également à l’optimisation des coûts pour les
entreprises, notamment en réduisant les charges liées aux erreurs fiscales.
 Réduction des pénalités et des majorations
Les erreurs dans les déclarations fiscales ou les retards de soumission peuvent
entraîner des pénalités de la part de la DGI. En Côte d'Ivoire, les majorations pour
retard peuvent aller de 5 % à 25 % en fonction de la durée du retard. En utilisant des
systèmes d’alerte et des calendriers intégrés aux logiciels de gestion, les entreprises
peuvent mieux respecter les échéances et éviter ces coûts additionnels.

 Optimisation de la gestion des déductions fiscales


Les outils de gestion fiscale permettent également une meilleure exploitation des
déductions fiscales auxquelles l’entreprise a droit. Par exemple, les logiciels de
comptabilité peuvent suivre les dépenses éligibles aux déductions, comme les
investissements en R&D ou les frais professionnels, et les intégrer directement dans
les calculs de l’impôt sur les sociétés. Cela réduit l'assiette taxable et, par conséquent,
le montant total de l’impôt à payer.
 Simulation et planification fiscale
Grâce aux simulations fiscales, les entreprises peuvent prévoir l’impact financier de
leurs choix d’investissement et choisir les options les plus avantageuses fiscalement.
Par exemple, en simulant différents scénarios d’amortissement d’un bien
d’équipement, une entreprise ivoirienne peut identifier la méthode qui lui permettrait
de réduire au mieux sa base imposable. Cela contribue à une meilleure gestion de la
trésorerie et à l’optimisation des flux de trésorerie liés aux paiements fiscaux.
c) Amélioration de la transparence et de la traçabilité
La transparence et la traçabilité sont essentielles pour garantir la fiabilité des
informations transmises à l’administration fiscale et renforcer la confiance dans la
gestion fiscale de l’entreprise.
 Digitalisation des processus fiscaux

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Les outils technologiques permettent de numériser les documents comptables et


fiscaux, offrant ainsi une traçabilité complète de chaque transaction. En Côte d'Ivoire,
les entreprises peuvent centraliser leurs données fiscales sur des plateformes
sécurisées, ce qui facilite les vérifications internes et le suivi des déclarations. Cela
réduit les risques de perte de documents et permet un accès rapide aux informations en
cas de contrôle fiscal.
 Audit interne et reporting fiscal
L’audit interne renforce la transparence des opérations fiscales en vérifiant que chaque
étape du processus fiscal est conforme aux règles en vigueur. Les rapports d’audit
permettent de mettre en lumière les zones de non-conformité et de recommander des
mesures correctives. De plus, les entreprises peuvent établir des tableaux de bord pour
suivre les indicateurs clés de performance fiscale (KPI), comme le taux de conformité
ou le montant des déductions fiscales utilisées. Ces tableaux de bord facilitent la
communication avec la direction et les auditeurs externes.
 Traçabilité des ajustements et corrections
En cas de correction de déclarations fiscales, les outils de gestion permettent de tracer
les ajustements effectués. Par exemple, si une erreur de calcul est corrigée avant la
soumission de la déclaration, le logiciel enregistre cette correction, ce qui peut être
utile lors d’un contrôle fiscal pour prouver la bonne foi de l’entreprise. La traçabilité
des ajustements renforce la transparence vis-à-vis de l’administration fiscale et peut
aider à justifier les corrections réalisées.
Ces avantages montrent l'importance pour les entreprises en Côte d'Ivoire de mettre en
place des outils et méthodes de gestion fiscale adaptés, afin de minimiser les risques de
non-conformité, de réduire les coûts fiscaux et d’améliorer la transparence de leurs
processus. Cela contribue non seulement à une meilleure gestion des relations avec la
DGI, mais aussi à une gestion plus efficace de leurs ressources financières.

2) Limites

a) Coût de mise en place des outils


L’acquisition et la mise en œuvre de logiciels et outils de gestion fiscale impliquent des
coûts initiaux et récurrents qui peuvent être élevés pour les entreprises, en particulier
les petites et moyennes entreprises (PME).
 Investissement initial élevé
L'acquisition de logiciels spécialisés comme ceux pour la comptabilité et la gestion
fiscale (par exemple, Sage, Cegid) peut représenter un investissement financier
important. En Côte d'Ivoire, le coût de ces solutions varie en fonction des
fonctionnalités et de la taille de l’entreprise, avec des solutions personnalisées pour les
grandes entreprises pouvant atteindre des montants élevés. Outre l’achat des licences,

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LA MAITRISE DES RISQUES FISCAUX : CAS DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES

les entreprises doivent souvent payer pour la configuration des logiciels et leur
intégration aux systèmes comptables existants.
 Coûts de maintenance et de mise à jour
Une fois le logiciel installé, il est nécessaire de prévoir des budgets pour la
maintenance, les mises à jour et l’adaptation aux nouvelles réglementations fiscales.
Ces coûts peuvent rapidement s'accumuler, surtout si l’outil nécessite des ajustements
pour rester conforme aux évolutions législatives ivoiriennes.
 Formation du personnel
L’utilisation efficace de ces outils nécessite que le personnel soit formé à leur
utilisation. Cela implique non seulement des coûts de formation, mais également du
temps consacré à l’apprentissage, ce qui peut ralentir temporairement les activités de
l’entreprise. En Côte d'Ivoire, le manque de compétences spécialisées en fiscalité
numérique peut nécessiter de faire appel à des experts externes pour assurer une
formation de qualité, ce qui représente un coût supplémentaire.
b) Complexité des réglementations fiscales
La complexité et les évolutions fréquentes des lois fiscales en Côte d'Ivoire constituent
un défi majeur pour les entreprises, même celles équipées de bons outils de gestion.
 Changements fréquents de la législation
En Côte d'Ivoire, les lois de finances peuvent introduire chaque année des
modifications significatives dans le calcul de l’impôt sur les sociétés, les déductions
possibles, et les taux applicables. Cela oblige les entreprises à adapter régulièrement
leurs outils de gestion fiscale pour qu’ils soient conformes aux nouvelles règles. Les
logiciels peuvent devenir rapidement obsolètes s’ils ne sont pas mis à jour en fonction
des dernières évolutions législatives, ce qui nécessite des interventions coûteuses de la
part des éditeurs de logiciels ou des consultants.
 Complexité des textes et des interprétations
Les textes fiscaux peuvent être difficiles à interpréter, notamment en ce qui concerne
des dispositions spécifiques ou des zones de flou législatif. Même avec des outils
performants, les entreprises doivent souvent solliciter des fiscalistes ou des experts
pour bien comprendre les nouvelles exigences. Cela peut rendre l’adoption de
solutions automatisées limitée si celles-ci ne sont pas en mesure de s’adapter aux
nuances et particularités des régimes fiscaux ivoiriens.
 Incertitudes réglementaires
En Côte d'Ivoire, la stabilité des règles fiscales peut être incertaine, avec des
ajustements possibles en cours d’année fiscale. Cette incertitude oblige les entreprises
à rester vigilantes et à ajuster régulièrement leurs pratiques et outils pour éviter les

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non-conformités. Les logiciels doivent être capables de s’adapter rapidement à ces


ajustements, ce qui n’est pas toujours garanti.
c) Risques d’interprétation erronée
Les méthodes de gestion des risques fiscaux, comme la planification fiscale, peuvent
comporter des risques si elles sont mal appliquées ou interprétées.
 Mauvaise interprétation des dispositions fiscales
Les entreprises qui cherchent à optimiser leur charge fiscale doivent s’assurer que
leurs interprétations des textes fiscaux sont conformes à celles de la DGI. Une
interprétation erronée des lois fiscales, par exemple sur la déductibilité de certaines
charges ou la qualification de revenus, peut entraîner des redressements coûteux en cas
de contrôle fiscal. Les outils de planification fiscale peuvent fournir des scénarios
d’optimisation, mais ils ne remplacent pas l’avis d’un expert fiscal pour valider les
stratégies adoptées.
 Risques liés à une planification fiscale agressive
Certaines entreprises peuvent être tentées de mettre en place des stratégies de
planification fiscale agressive pour minimiser leurs impôts. Toutefois, en Côte d'Ivoire,
comme dans de nombreux pays, la DGI a renforcé sa surveillance et peut remettre en
question des montages fiscaux jugés abusifs ou contraires à l’esprit de la loi. Les
entreprises qui adoptent de telles stratégies s’exposent à des ajustements rétroactifs et à
des pénalités importantes si leurs schémas d’optimisation sont requalifiés par
l’administration fiscale.
 Limites des outils en cas de complexité accrue
Les outils technologiques, aussi performants soient-ils, ont des limites lorsqu’il s’agit
de traiter des cas complexes ou atypiques. Par exemple, des transactions
internationales impliquant des conventions fiscales bilatérales ou des montages
financiers sophistiqués peuvent nécessiter une expertise humaine pour assurer une
conformité totale. Les outils de gestion fiscale peuvent fournir une base de travail,
mais ne suffisent pas à eux seuls à garantir une application parfaite des règles dans ces
situations.

Ces limites montrent que, malgré les nombreux avantages des outils et méthodes de
maîtrise des risques fiscaux liés à l’impôt sur les sociétés, leur adoption doit être
accompagnée d’une analyse rigoureuse des besoins de l’entreprise et de sa capacité à
les intégrer de manière optimale dans un environnement fiscal complexe comme celui
de la Côte d'Ivoire.

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