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1er Colloque Scientifique International sur les STIM :

leviers pour le développement Industriel du Bénin


22-25 Novembre 2022, Université Nationale des
Sciences, Technologies, Ingénierie et
Mathématiques Abomey (BENIN)

CSI-STIM 2022/ ART-11-51

ANALYSE DES INDICES DE PRECIPITATION HISTORIQUES ET


PROJETES DANS LE BASSIN «BENINOIS DU FLEUVE NIGER»

Halissou YAROU a,*


, Ezéchiel OBADA a,b
, Eliézer I. BIAO b,c
, Daniel Bio TORE a,b
, Eric Adéchina
ALAMOU a,b
a
Laboratoire de Géoscience de l’Environnement et Application (LaGEA/UNSTIM), Université Nationale des Sciences, Technologies,
Ingénierie et Mathématiques (UNSTIM), Abomey, Bénin
b
Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics (ENSTP), Université Nationale des Sciences, Technologies, Ingénierie et
Mathématiques (UNSTIM), Abomey, Bénin
c
Ecole Nationale Supérieure de Génie Mathématique et Modélisation (ENSGMM), Université Nationale des Sciences, Technologies,
Ingénierie et Mathématiques (UNSTIM), Abomey, Bénin

RÉSUMÉ

Dans ce contexte de climat changeant, le bassin béninois du fleuve Niger a été plusieurs fois zone d’étude de plusieurs
recherches en vue de la quantification, la planification, et la modélisation des ressources en eau et des ressources connexes
pour une utilisation durable. L’objectif de la présente étude est d’analyse l’évolution des indices de précipitation
extrêmes historiques (1976-2019) et projetés (2021-2050) dans le bassin béninois du fleuve Niger. Pour cela, cinq indices
de précipitation extrêmes que sont : précipitations totales des jours humides (PRCPTOT), le nombre de jours humides
(R1), pluie maximale journalière (RX1day), Pluie maximale en 5 jours consécutifs (RX5day) et la hateur totale des
précipitations supérieures au 95ème percentile ont été analysés. Les indices ont été calculés à l’échelle annuelle et
stationnelle à partir des hauteurs de pluie observées et simulées par le modèle climatique régional HIRHAM. Le test de
tendance de mann-Kendall a été utilisé pour l’analyse de l’évolution temporale des indices alors que le krigeage a permis
de caractériser la distribution spatiale de cette évolution. Il en résulte que les cinq indices présentent un gradient latitudinal
qui diminue avec l’augmentation de la latitude et des tendances chronologiques à la hausse au cours de la période
historique. La projection de ces indices futur (2021-2050) montre les mêmes résultats à la différence que les RX1day et
RX5day présentent des baisses légères. L’augmentation de ces indices de précipitation pourrait engendrer des
catastrophes naturelles telles que les inondations, les glissements de terrains, l’érosion des sols.

Mots Clés : changement climatiques, indices de précipitations extrêmes, tendance, projection climatique.

NOMENCLATURE

Symboles : i année i
X précipitation, mm cor corrigée
𝜇 moyenne des précipitation, mm o observée
𝑥̅ moyenne des indices, mm ou jours p période de projection
b période de base (référence)
Indices / Exposants :

Les impacts des changements climatiques et des


1. INTRODUCTION
activités anthropiques sur les ressources en eau

[Link]@[Link]

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prédits par les climatologues pour le reste du XXIe 2.1. Description du milieu d’étude et
siècle méritent une attention particulière. Un petit données
changement dans les conditions moyennes peut Le bassin béninois du fleuve Niger se situe à
causer probablement de grands changements pour l’extrême nord du Bénin (Figure 1). Il couvre une
un extrême (Serhat et al, 2013). Il est important de superficie d’environ 48 000 km², soit 42 % de la
noter que chaque année sèche implique des pertes superficie totale du Bénin (114 763 km²). Situé
socio-économiques et des dommages écologiques entre les latitudes 10° et 12°30’ nord et les
significatifs à travers le monde (Zengchao et al, longitudes 1°32’ et 3°50’ est, il regroupe les sous
2014). De la même manière qu’une année très bassins de la Mékrou, de l’Alibori et de la Sota qui
humide engendre des pertes et des dommages sont des affluents du fleuve Niger, et est orienté en
socioéconomiques. général SSW-NNE (Vissin, 2007). Les données de
L’Afrique de l’Ouest est la région du monde qui précipitations journalières observées de 1976 à
connaît le déficit pluviométrique le plus important 2019 au niveau de 15 stations pluviométriques
(Ozer et al. 2017). Selon de nombreux modèles, la (Figure 1) sont collectées auprès de l’Agence
dégradation pluviométrique pourrait s’amplifier Météorologique du Bénin (Météo-Bénin). Ces
dans les décennies à venir (Ozer et al, 2014). Pour données sont complétées par les données du modèle
Sarr et Camara (2017), les différences importantes climatique régional (MCR) DMI-HIRHAM5
sont observées sur l’évolution des précipitations en (Christensen et al. (2006) pour plus de détail). Ce
Afrique de l’Ouest. En effet, de 1982 à 2016, les MCR a une résolution de 50km et a été forcés par la
auteurs ont constaté une augmentation de trois à sortie de MCG ECHAM5. Le modèle dispose, à
quatre fois du nombre de systèmes convectifs méso- l’échelle journalière pour les précipitations, des
échelles intenses au Sahel. Cela pourrait donc se simulations historiques sur la période de 1951-2005
renforcer dans les décennies à venir et finalement et des simulations du scénario RCP4.5 sur la période
engendrer de sérieuses répercussions sur de 2006-2100. La période future retenue est 2021-
l’agriculture et les infrastructures de la région (Ozer 2050.
et al, 2017). Selon Taylor et al. (2017), cette
dégradation des précipitations annuelles se serait
accompagnée d’une augmentation considérable des
phénomènes météorologiques violents au cours des
35 dernières années dans le Sahel. Certaines études
montrent également que ce changement se traduit
par une intensification des pluies et une récurrence
des évènements extrêmes (plus perceptible sur les
dernières décennies 1991- 2010) (OMM, 2013 ;
New et al. 2001 ; Christensen et al. 2007).
En fait, le bassin béninois du fleuve Niger, situé
dans la zone semi-aride est aussi victime de ces
aléas. Par exemple, il ressort que les précipitations
sur ce bassin connaîtront une tendance à la hausse
Figure 1 : Localisation des stations de l'étude.
(entre 1,7 et 23,4%) selon les modèles HIRHAM5
et RCSM sous les scenarii d’émissions RCP4.5 et 2.2. Méthode utilisée
RCP8.5 mais une variation entre -8,5% et 17,3 % 2.2.1. Correction des biais
pour le modèle RCA4 (Badou, 2016). Dans cette La méthode ’Delta change’ (DC) a été employée
étude il est question de faire une analyse pour la correction des données de modèles. Elles est
chronologique et spatiale historique et projetée des la plus simple et la plus utilisée des méthodes de
indices de pluie extrêmes dans le bassin béninois du correction des biais (Graham et al., 2007 ; Moore et
fleuve Niger.. al., 2008 ; Sperna Weiland et al., 2010) et consiste à
la mise à l’échelle des observations pour obtenir les
2. METHODOLOGIE simulations corrigées. C’est une méthode modeste
dans laquelle les paramètres sont généralement
corrigés avec un facteur multiplicateur ou addictif.

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Dans cette méthode, le facteur à l’échelle d’une dans les séries pluviométriques est 2021-2050 sous
période est appliqué à chaque observation le scénario RCP4.5 du modèle climatique HIRHAM
journalière non correcte de la même période pour qui est l’un des modèles qui répondent le mieux sur
générer les séries chronologiques journalières le bassin béninois du fleuve Niger (Badou, 2016).
corrigées (Lafon et al., 2013). Une sous-période (1990-2019) a été choisie de la
μp période historique comme période de référence pour
xcor,i = xo,i × μ (01)
b évaluer les changements. Ceci pour avoir les mêmes
Où 𝑥𝑐𝑜𝑟,𝑖 représente les paramètres corrigés ; longueurs de séries.
𝑥̅ 𝑝 −𝑥̅ 𝑏
𝑥𝑜,𝑖 les paramètres observées. 𝜇𝑏 et 𝜇𝑝 sont 𝐶ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 = ∗ 100 (2)
𝑥̅ 𝑏
respectivement la moyenne des données simulées
de la période de base et la moyenne des données de Où 𝑥̅𝑝 est la moyenne de l’indice sur la période
la période de projection. de projection considérée et 𝑥̅𝑏 sa moyenne sur la
période de référence.
2.2.2. Calcul des indices de
Le test t de Student a été appliqué sur les indices
précipitations extrêmes
calculés pour évaluer la significativité des
L’analyse des événements pluviométriques changements quantifiés.
extrêmes sur le bassin béninois du fleuve Niger s’est
fait à travers le calcul et la caractérisation des cinq
(05) indices illustrés dans le tableau 2. 3. RESULTATS
Tableau 1 : Définition des indices pluviométriques
utilisés 3.1. Analyse des performances des
corrections des biais à l’échelle
Indice Appellation Définition Unité
Pluie totale des Précipitation totale mensuelle
PRCPT jours humides annuelle en période La figure 2 présente les performances des différents
OT humide (RR > = 1 mm
mm) résultats obtenus pour la corrections. On note une
Nombre de jours grande différence de l’erreur moyenne absolue
Nombre de jours
R1mm humides
avec PRCP > = 1 Jour (MAE) entre les données brutes et celles corrigées.
mm, Celles corrigées s’ajustent mieux aux observations.
Maximum annuel
Pluie maximale
des précipitations mm
Il ressort de ces résultats que la méthode (Delta)
RX1day journalière utilisée pour corriger les données a été performante.
journalières
Pluie maximale Maximum annuel de D’autre part on note que la méthode est plus
Rx5day en 5 jours 5 jours consécutif mm performante à Kandi, Parakou et Natitingou qu’à
consécutifs avec précipitations Bembèrèkè. Ceci est peut-être dû au fait que les
Total annuel des
données sont mieux suivies aux niveaux des trois
précipitations des
R95p Pluies Intenses jours où la pluie est mm
stations synoptiques.
eme
> au 95 percentile 3.2. Analyse de l’évolution des indices
L’analyse des tendances et de leur de précipitations extrêmes dans la
significativité a été réalisée de 1976 à 2019 par période historique
la méthode de Mann-Kendall. La figure 3 présente dans sa première colonne la
répartition spatiale des moyennes respectives de
2.2.3. Evaluation des changements PRCPTOT, de R1mm, de RX1day, de RX5day, et
Quantifier les effets des changements futurs des de R95p. De cette figure, on remarque un gradient
extrêmes des variables climatiques journalières est latitudinal pour l’indice PRCPTOT. En effet, les
une grande nécessité pour permettre d’évaluer la valeurs moyennes des indices décroissent avec
vulnérabilité des systèmes hydrologiques vis-à-vis l’augmentation de la latitude. Sur le bassin d’étude,
des changements climatiques. le PRCPTOT varie entre 829 et 1213 mm avec une
Dans le cadre de cette étude, les changements moyenne de 1064 ±117mm. Cet indice présente une
futurs par rapport à la période de référence sont tendance à la hausse de 2,6 mm/an qui est
évalués à partir de l’équation 2. La sous-période de
projection retenue pour évaluer les changements

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Figure 2 : Performance de la méthode de correction des données (ligne1= données brutes, ligne 2=données corrigées).
significative au nord du bassin (Figure 3). Tel période future avec le scénario RCP4.5
l’indice PRCPTOT, l’indice R1mm présente un de HIRHAM au cours de 2021-2050
gradient latitudinal qui diminue avec La figure 4 présente la spatialisation des moyennes,
l’augmentation de la latitude (Figure 3). Il est les tendances et leur significativité (points noirs) des
également caractérisé par une tendance cinq indices ainsi que leur évolution chronologique
chronologique à la hausse de 0,07 jours/an qui reste en utilisant le scénario RCP4.5 du modèle
significative au nord du bassin (Figure 3). Cet indice climatique HIRHAM. Il ressort de cette figure que
montre une moyenne de 35,3 ±3,6 jours. Il a varié dans un futur proche, les moyennes des indices
entre 28 et 41 jours sur le bassin béninois du fleuve baisseront avec l’augmentation de la latitude
Niger (Figure 3). L’indice RX1day augmente comme obtenu au cours de la période historique. Le
chronologiquement de 0,04 mm/an et est significatif PRCPTOT aurait une moyenne de 1058,14 ±115,17
au nord-est de la zone d’étude. Il montre une mm et oscillerait entre 846 et 1242 mm. Il pourrait
moyenne de 76 ±5,3 mm et varie entre 66 et 86 mm. avoir une tendance non significative à la hausse de
Le RX5day est caractérisé sur le bassin d’étude par 3,1 mm/an. L’indice R1mm pourrait avoir une
une tendance chronologique de 0,3mm/an moyenne de 129,93 ±5,5 jours et oscillerait entre
significative au sud et au nord du bassin d’étude. 121 et 137 jours. Cet indice pourrait montrer une
Sur le bassin, il varie entre 109 et 141mm avec une tendance non significative à la hausse de 0,18
moyenne de 125,3 ±8,2mm. L’indice R95p pour sa jours/an (figure 4). RX1day pourrait osciller entre
part présente une moyenne de 230 ±38 mm avec une 50 et 80 mm avec une moyenne de 63,66 ±7,7 mm
variation entre 168 et 301 mm. Il présente une (figure 4). Le RX1day pourrait présenter une
tendance chronologique à la hausse de 0,99mm/an tendance à la baisse de 0,4 mm/an significative au
significative à l’extrême nord et sud du bassin. Les sud du bassin. L’indice RX5day pourrait être
indices RX1day, RX5day et R95p présentent
également chacun un gradient latitudinal qui est
inverse à l’augmentation de la latitude (Figure 3).
3.3. Analyse de l’évolution des indices
de précipitations extrêmes dans la

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Figure 3 : Spatialisations, tendances et significativités historiques des indices PRCPTOT, R1mm, RX1day, RX5day et
R95p.
caractérisé des variants entre 50 et 80 mm avec une 3.4. Quantification des changements et
moyenne de 91,5 ±10,7 mm. Le RX5day pourrait leur significativité
présenter une tendance non significative à la hausse Beaucoup de changements sont notés pour les
de 0,4 mm/an (figure 4). Pour l’indice R95p on note indices de précipitation au cours de la période future
une moyenne de 283,63 ±37,1 mm avec des valeurs par rapport à la période de référence.
qui pourrait osciller entre 214 et 351 mm. Cet indice La figure 5 nous renseigne sur les taux de
présenterait une tendance non significative à la changement moyen qu’on pourrait observer sur les
hausse de 1,6 mm/an. indices de précipitations extrêmes au cours de la

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Figure 5 : Spatialisations, tendances et significativités des indices futurs PRCPTOT, R1mm, RX1day, RX5day et R95p

Figure 4 : Changements et leur significativité des indices entre la période future et la période de référence.
période future, ainsi que leur significativités (en

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pointillés noires). De cette figure, il résulte que les (2016) et de Sylla et al. (2012) pour l’Ouest du
PRCPTOT vont baisser en moyens de -0,004 au Sahel. Ces indices qui contribuent aux phénomènes
cours de 2021-2050. On note des significativités par de géorisques naturels notamment les inondations,
endroit au sud du bassin. L’indice R1 pourrait les glissements de terrains, l’érosion des sols etc.
augmenter significativement dans les années à venir sont à la hausse sur le bassin béninois du fleuve
par rapport à la période de référence avec un taux Niger. Les résultats confirment également ceux
moyen de 27,1%. obtenus en Mauritanie par Ozer et al. (2014), au
Il est prédit des baisses significatives de l’indice Niger par Ozer et al. (2017).
RX1day au nord du bassin et des augmentations On devra s’attendre pour les années à venir aux
significatives au sud avec un taux moyen de -16%. pluies diluviennes et des pluies consécutives sur au
L’indice RX5day devrait diminuer moins cinq jours dans la zone d’étude. Cette
significativement au cours de la période de situation si elle se réalise augmentera les
projection par rapport à la période de référence avec inondations dans la zone d’étude surtout sur les
un taux moyen de -27%. Les pluies intenses (R95p) zones à faible pente. Pour les zones à forte pente on
augmenteront probablement. Ces changements sont risque d’assister aux érosions fortes des sols. Pour
seulement statistiquement significatifs au nord du les zones érodées, les terres arabes (cultivables)
bassin avec un taux moyen de 25%. seront probablement perdues alors que les zones
inondées ne seront pas propices pour certaines
cultures telles que le coton. Il est donc important de
4. Discussions
mettre en place de grands aménagements tels que
Le bassin béninois du fleuve Niger est sujet à la les barrages pour les surplus d’eau pour une
péjoration des précipitations dixit Vissin (2007). En utilisation ultérieure. Il faut également mettre en
effet, les précipitations totales, les nombres de jours place des systèmes de lutte contre l’érosion pour les
de pluies et les séquences humides ont connu des zones à forte pente.
baisses depuis les années 1970 alors que les
séquences sèches pour leur part ont augmenté. Cette 5. CONCLUSION
situation explique le raccourcissement de la saison Il est constaté pour l’analyse des indices
des pluies et le prolongement des saisons sèches. pluviométriques extrêmes du bassin béninois du
Les travaux de New et al. (2006) pour toute fleuve Niger, qu’à l’image de ce qui est observé sur
l’Afrique de l’Ouest ; de Halissou et al. (2019) pour toute l’Afrique de l’Ouest par plusieurs études, les
le bassin béninois du fleuve Niger et de Obada indices des extrêmes de précipitation ont connu de
(2017) pour le bassin de la Mékrou indiquent les grandes variations dans le temps et dans l’espace.
mêmes tendances. Les précipitations totales Les indices PRCPTOT, R1mm, RX1day, RX5day
(PRCPTOT) sont prévues baisser d’environ 0,4% et R95p analysés présentent des tendances
au cours de la période de projection (2021-2050) par chronologiques à la hausse. Les phénomènes de
rapport la période de référence (1976-2019). Les géorisques naturels notamment les inondations, les
moyennes des jours humides (R1mm) augmentent glissements de terrains, l’érosion des sols etc. sont
en moyenne d’environ 3 jours/décennie pour la donc attendus sur le bassin béninois du fleuve
période future. Ces résultats confirment ceux Niger. Ce qui conduira probablement à la
obtenus pour l’Afrique de l’Ouest et le Sénégal dégradation de l’environnement et une diminution
(Sarr et Camara, 2017). de rendement agricole sans oublier la fragilisation
Au cours de la période de projection, il est des infrastructures de transport.
indiqué des tendances à la hausse des précipitations
maximales journalières (RX1day) et des RÉFÉRENCES
précipitations maximales sur 5 jours consécutifs
Zengchao H., Amir A., Navid N. and Alireza F. (2014),
(RX5day). Il faut donc s’attendre aux risques Global integrated drought monitoring and prediction
d’inondation. Cette remarque est appuyée par system, scientific data, SUBJECT CATEGORIES »
l’augmentation des tendances des pluies intenses Water resources » Hydrology, 10p
(R95p). Ces résultats sont en accord avec ceux de Ozer P., Ousmane L. M., Adamou D. T., Bakary D. & De
Obada (2017) pour le bassin de la Mékrou, de Sarr Longueville F., (2017), Evolution récente des
et Camara (2017) pour le Sénégal, de Diallo et al. extrêmes pluviométriques au Niger (1950-2014),

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