M1 Nano Physique-Parcours Photonique "Théorie de la structure atomique" Résumé du cours
Chapitre 3 Interaction d'un atome avec un champ électromagnétique
L'interaction d'un atome avec un champ statique résulte en une modification de la structure de ses
niveaux par déplacement des niveaux et levée de dégénérescences. L'interaction d’un atome avec un
champ dépendant du temps provoque des transitions entre ses états stationnaires déterminés en
l’absence du champ.
1 Description des champs. Potentiel vecteur et potentiel scalaire.
Les champs éclectique et magnétique dérivent d'un potentiel vecteur et d'un potentiel
scalaire F :
et sont invariants dans une transformation de jauge : soit une fonction arbitraire de
et de . On définit un autre couple de potentiel vecteur et de potentiel scalaire :
et on obtient les mêmes champs physiques et .
Le vecteur peut être choisi par sa divergence (puisque son rotationnel est fixé par ). On dit
qu’on choisit une « jauge ».
En l'absence de charges sources, on peut choisir et . C’est la jauge de
Coulomb.
(La jauge de Lorentz est définie par la condition .)
2 Hamiltonien d'une particule chargée dans un champ électromagnétique
En mécanique classique, l'équation du mouvement d'une particule de charge de masse
soumise à la force de Lorentz dans un champ éclectique et magnétique s'écrit :
Si on veut retrouver cette équation dans le formalisme hamiltonien (Cf Appendice III, Mécanique
Quantique par Cohen-Tannoudji et al, ou Annexe 7 Physique Atomique par Cagnac et al, ou
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Classical Mechanics par H. Goldstein), on doit partir d'une fonction de Lagrange de la forme :
En introduisant le moment conjugué défini par etc Þ "impulsion
généralisée".
On construit alors la fonction de Hamilton : .
Cela revient à remplacer le vecteur par dans les équations.
En mécanique quantique, le hamiltonien d'une particule chargée dans un champ électromagnétique
devient :
où et sont des opérateurs.
( est fonction de qui ne commute pas avec )
Dans la jauge de Coulomb, F = 0 et
d'où
Cas d'un électron atomique en présence d'un champ électromagnétique décrit par le vecteur
potentiel :
Charge , masse , potentiel central . Pour l'hydrogène, . Le
hamiltonien de l'atome en l'absence du champ est .
Si l'on tient compte du spin de l'électron, il interagit, par l'intermédiaire de son moment magnétique
avec le champ magnétique qui dérive du potentiel vecteur :
. Þ
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On peut écrire l'hamiltonien d'interaction d'un atome avec un champ e.m. comme :
Si le champ est faible, . On peut alors négliger le terme quadratique.
3. Cas d'un champ magnétique statique uniforme .
3.1 Hamiltonien
On a donc . On peut montrer qu'un tel champ correspond à un potentiel
vecteur : . En effet, et
Le premier terme peut être exprimé comme: .
C'est l'interaction du moment magnétique orbital de l'électron avec le champ
magnétique. C'est un terme linéaire en comme le terme d'interaction du spin avec le champ.
On peut écrire si .
C'est le terme Zeeman qui décrit la décomposition des niveaux ou l'effet Zeeman (responsable de
l'apparition d'une aimantation de même sens que , donc du paramagnétisme).
Le terme quadratique : où q est l'angle que fait le vecteur avec .
On peut poser : , projection de sur la direction perpendiculaire à .
C'est le terme diamagnétique (responsable de l'apparition d'une aimantation de sens contraire à ).
Ordres de grandeur : on a Pour un champ de ,
alors que
Þ le diamagnétisme 10 -5 à 10 -6 paramagnétisme en laboratoire
( : charge du noyau pour un ion
hydrogénoïde).
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En astrophysique, il existe des champs magnétiques très intenses dans certaines étoiles à
neutrons. Le terme diamagnétique n'est alors plus négligeable.
3.2 Effet Zeeman linéaire d'un atome à un électron
On tient compte du couplage spin-orbite à l'intérieur de l'atome placé dans un champ magnétique
statique uniforme //Oz.
L'équation de Schrödinger :
3.2.1 Cas où (Champ fort. Effet Paschen-Back)
On néglige dans une première étape et on considère un hamiltonien où peut
être traité comme une perturbation pour le hamiltonien non perturbé . On connaît pour les
valeurs propres et les vecteurs propres , l'indice g sert à repérer une énergie
dégénérée en et en , de degré de dégénérescence 2(2 + 1). On doit diagonaliser à
l'intérieur du sous-espace de dégénérescence de . Or et
. Pour fixés, est diagonal en et en :
sont les corrections au premier
ordre des énergies en présence du champ. Les énergies sont alors données par :
où . Il y a levée de dégénérescence sauf quand il y a
plusieurs manières d'obtenir la même somme . On a des des "sous-niveaux" Zeeman
équidistants d'intervalle . Cet intervalle augmente linéairement avec l'intensité du champ .
Cas d'un électron p : = 1, et . On obtient 5 sous-niveaux de valeurs
différentes de . Le niveau correspondant à est 2 fois dégénéré :
æ 1ö æ 1ö
= ç 1, - ÷ et ç -1, + ÷
è 2ø è 2ø
Cas d'un électron d : = 2, et . On obtient 7 sous-niveaux de valeurs
différentes de . Les niveaux correspondant à sont 2 fois
dégénérés.
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Soit une transition du type dipolaire électrique (Cf plus loin) de fréquence en
l'absence de champ. On observe une décomposition de la raie en trois composantes lorsque le
champ est non nul. En effet, les règles de sélection des transitions dipolaires électriques imposent
ici : et .
On a alors n = n 0 si et pour , où est la fréquence de
Larmor. C'est la fréquence à laquelle l'atome précesse autour du champ dans la description
classique de l'effet Zeeman "normal", qui prévoit les trois composantes formant le "triplet normal".
La distance entre les composantes est proportionnelle l'intensité du champ . On a :
.
Les trois composantes Zeeman n'ont pas la même polarisation : en émission,
, composante " p " , linéairement polarisée // .
, composante " s + " , polarisée circulairement dans le sens direct par rapport à .
, composante " s - " , polarisée circulairement dans le sens indirect par rapport à .
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3.2.2 Cas d'un champ magnétique faible
On va d'abord tenir compte du couplage spin-orbite comme perturbation au
hamiltonien non perturbé : , puis traiter le hamiltonien Zeeman
comme perturbation au hamiltonien .
On a vu (Cf Ch 2) que est diagonal dans la base des vecteurs propres de
notés = . Ses valeurs propres donnent les énergies des composantes de structure fine
d'un niveau d'énergie , valeur propre de . On a donc les valeurs propres de :
où . : fois dégénérée en .
Pour traiter comme perturbation, on se place à l'intérieur d'un sous-espace de dégénérescence
correspondant à , donc de donné. Or le moment cinétique total est une constante du
mouvement (ce qui n'est plus le cas de ni de qui sont couplés). On peut, au lieu de
diagonaliser , appliquer le théorème de Wigner-Eckart aux opérateurs vectoriels et , qui dit
que ces opérateurs sont en moyenne proportionnels à . C'est-à-dire que les composantes des
opérateurs vectoriels et ont des éléments de matrice proportionnels à ceux des composantes de
l'opérateur à l'intérieur d'un sous-espace de donné :
et .
Le théorème de projection qui dérive du th. de W-E : et .
( val. moy. dans le sous-espace de donné).
Le hamiltonien Zeeman peut s'écrire :
où est remplacé par à l'intérieur du sous-espace :
facteur de Landé du niveau
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montre que, l'atome dans son niveau se comporte dans
le champ magnétique comme un moment magnétique unique : .
est diagonal dans la base .
Les éléments diagonaux : .
On a encore des niveaux équidistants dont l'intervalle est proportionnel à , mais l'intervalle
dépend du niveau considéré et n'est pas toujours égal à .
Remarque :
- La démarche sera identique pour un atome complexe où on aura .
moment cinétique orbital total des électrons, spin total des électrons, et
moment cinétique total de l'atome (sans le moment nucléaire).
- Le modèle vectoriel classique permet de donner une image physique de l'application du théorème
de W.-E. (Cf Annexe 6 de "Physique Atomique" T.II par Cagnac et al.)
4. Hamiltonien d'interaction d'un atome avec une onde électromagnétique.
4.1 Onde plane de vecteur d'onde de pulsation w
L'onde se propageant dans la direction Oy avec le vecteur d'onde qui satisfait à la relation
. .
Le potentiel vecteur peut s'écrir en notations complexes :
. complexe : la phase dépend du choix de l'origine t=0.
Si on choisit de telle manière que soit imaginaire pur et si on pose :
et tel que
on obtient les expressions réelles des champs : (en phase)
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Les vecteurs forment un trièdre direct.
On définit le vecteur de Poynting dirigé dans la direction
de propagation. Le flux par unité de surface du vecteur de Poynting représente la puissance e.m.
moyenne transportée par l'onde par unité de surface. La moyenne porte sur une période d'oscillation
du champ ( ).
4.2 Hamiltonien d'interaction pour un électron atomique avec spin. Approximation dipolaire
électrique.
Le hamiltonien de l'atome en présence de l'onde e.m. s'écrit :
de la forme
On a une perturbation dépendant du temps :
La théorie des perturbations dépendant du temps permet de calculer la probabilité de transition
induite par entre deux états propres de .
Dans le cas des ondes électromagnétiques courantes, on peut négliger le terme diamagnétique
devant les termes linéaires en .
D'autre part, le rapport .
( ) Þ
étant imaginaire, pur on a : et comme , on obtient :
: hamiltonien dipolaire électrique
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Approximation dipolaire électrique :
Cette approximation consiste à adopter , dans le cas où , pour la description de
l'interaction de l'atome avec une onde électromagnétique. Autrement dit, on néglige devant
et on fait ou .
L'atome voit un champ électrique transporté par l'onde d'amplitude constante sur toute l'extension
spatiale de l'atome : . Valeur du champ à l'origine (position
du noyau).
Autre forme de
Au lieu de la jauge
on peut effectuer un changement en choisissant Þ
Le hamiltonien d'interaction dans l'approximation dipolaire peut s'écrire alors :
On reconnaît l'énergie d'interaction du moment dipolaire électrique de l'atome avec le champ
électrique de l'onde e.m. : où avec : opérateur
position.
est l'opérateur moment dipolaire électrique de l'atome.
Dans le cas où l'onde n'est pas polarisée suivant Oz, les trois composantes de peuvent intervenir.
Règles de sélection pour une transition dipolaire électrique
La théorie des perturbations dépendant du temps montre que la probabilité de transition entre deux
états stationnaires (états propres du hamiltonien de l'atome non perturbé) induite par une
perturbation dépendant du temps contient le carré de l'élément de matrice du hamiltonien de
perturbation. Dans le cas d'une perturbation comme , la probabilité de
transition de transition entre un état initial et un état final est proportionnelle à .
Pour que la transition ait une probabilité non nulle, il faut que .
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On peut tout de suite remarquer que (ou , ou ) est un opérateur impair, il n'a d'éléments de
matrice non nuls qu'entre des états de parités opposées. Une transition dipolaire électrique ne
peut avoir lieu qu'avec changement de parité (Règle de Laporte).
Les parties angulaires de et de sont respectivement
deux harmoniques sphériques et et .
L'intégrale est proportionnelle à une intégrale de produit de 3 harmoniques sphériques
Les propriétés des harmoniques sphériques entraîne que (Cf Mécanique Quantique, Cohen-
Tannoudji et al, complément CX) :
seulement si les 3 conditions suivantes sont satisfaites :
D'autre part, .
On a donc : si , et .
Pour une onde e.m. de polarisation quelconque, les composantes et peuvent
intervenir dans .
Or et
les éléments de matrice et sont non nuls pour .
Finalement, on peut résumer les règles de sélection sur les nombres quantiques pour que les
transitions dipolaires électriques soient "permises" :
changement de parité
D = ±1 et pour un atome à un électron
on admettra quand il y a couplage spin-orbite
4.3 Autres types de transition
Si on ne se contente pas de l'approximation dipolaire mais qu'on tient compte du terme suivant dans
le développement de , c'est-à-dire (terme en ) , dans
l'expression de , on a:
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d'où
En écrivant , on obtient :
Parallèlement, toujours en tenant compte du terme du 1er ordre en on peut inclure en
remplaçant par 1 :
En faisant apparaître l'amplitude du champ électrique par , on arrive à deux hamiltoniens :
terme d'interaction dipolaire magnétique
terme d'interaction quadrupolaire électrique
Ces termes sont responsables de transitions beaucoup plus faibles que les transitions dipolaires
électriques puisque le carré des éléments de matrice correspondants sont beaucoup plus petits. On
les appelle des "transitions interdites".
Les règles de sélection sont :
:
et en tenant compte du couplage spin-orbite dans
:
(Cf Mécanique Quantique, Cohen-Tannoudji, Diu et Laloë, complément A XIII)
Quand on tient compte de couplage spin-orbite et du couplage hyperfin dans , on a des règles de
sélections supplémentaires qui sont résumées ci-dessous en annexe.
Annexe Règles de sélection pour les transitions radiatives
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Transition dipolaire électrique (E1) :
, changement de parité (règle de Laporte).
De plus en couplage LS : ; ;
Cas où un seul électron change d'orbitale : et .
Composantes hyperfines :
Transition dipolaire magnétique (M1) : ; parité inchangée,
transition possible entre deux niveaux de la même configuration.
De plus, en couplage LS : et
Transition quandrupolaire électrique (E2): ; parité
inchangée.
En couplage LS : , , .
Cas où un seul électron change d'orbitale : et .
Composantes hyperfines :
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