0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
101 vues49 pages

AOUN Zohra

Transféré par

zaibetbillel
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
101 vues49 pages

AOUN Zohra

Transféré par

zaibetbillel
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

REPUBLIQUE ALGERIENNE DEMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR


ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITE DE MOHAMED KHEIDER BISKRA


FACULTE DES LETTRES ET DES LANGUES

DEPARTEMENT DES LETTRES ET DES LANGUES ETRANGERES


FILIERE DE FRANÇAIS

MEMOIRE ELABORE EN VUE DE L’OBTENTION


DU DIPLOME DE MASTER
Option : Langue, littérature et culture d'expression française

Constantine, Espace entre Mémoire,


Histoire et Symbolique dans : Mémoires
De La Chair

D’Ahlam Mostaghanemi

Dirigé par : Présenté et soutenu par :

Mme. BENZID Aziza AOUN Zohra

Année universitaire
2014/2015
exÅxÜv|xÅxÇàá
Je tiens à remercie notre grand Dieu qui m’a donné le pouvoir et le courage
de réaliser ce

Travail malgré toutes les difficultés.

Je remercie énormément mon encadreur Mme Aziza Benzid, pour sa


patience et Son aide

Pour ses précieux conseils et ses remarques.

Je remercie tous les membres de notre filière de français, surtout notre noble
docteur

A .Chala ,notre chef de département des langues Etrangères. S.


Kheider.

Je remercie mes professeurs Mr Hammouda, Mr Guerid, Mme Guettafi,


Melle

Oummane, Melle Bouzidi, Mme Djerou, Mme Bedjaoui, Mme Zerari, sans
oublier les autres.

Je remercie mes petits-enfants Amani, Hanadi et Ayoub.

Je remercie ma mère pour son amour et son soutien, ma sœur et mes frères.

Je remercie les camarades de classe de la promotion 2014 / 2015, surtout


mon fidèle amie Mme Zakia sans oublier Mme Fatna, Thourya et Sana et
fathia

Je remercie tous ceux qui ont consacré une grande partie de leur temps pour
m’aider et m’encourager.
W°w|vtvx
A L’Eternel Dieu, le tout puissant

A l’âme de mon père et mon mari

A mes chers enfants

A ma mère Que Dieu la garde pour nous

A ma sœur Souad

A mes frères. Salim, Ismail, Djilani et Bachir

A toute ma famille grande et petite

A tout mes camarades d’étude

A tout ceux qui ont m’encouragé

Ce mémoire est dédié


Table des matières
Dédicace
Remerciement
Introduction Générale………………………………………..………….. 7

Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville


I .1 .L’auteur et son œuvre ………………………………………..……. 13
I.1.1. Biographie de l’écrivaine ……………….………………..……. 13
I.1.2. Résumé de l’œuvre ………………………………………..……. 15
I.2. Espace/ Ville ………………………………………..…………………. 18
I.2.1. L’espace ………………………………………..…………………. 18
I.2.2. La ville ………………………………………..…………………… 23
I.3. Constantine ………………………………………..……………………. 26

Chapitre II: Constantine entre la valeur historique


et l’apport symbolique
II.1. Les lieux fermés ………………………………………..…………….. 34
II.1.1. La maison : lieu de nostalgie et de souffrance ..…………….. 34
II.1.2. La chambre : Lieu de bonheur et de tristesse…………..….….. 36
II.1.3. La prison : Lieu d’une nouvelle naissance ..………………….. 38
II.1.4. L’atelier : Lieu de création ……………………..……………….. 40
II.2. Les lieux ouverts ……………………..………………………………... 42
II.2.1. Le maquis : Lieu d’héroïsme et de défit ……………………… 42
II.2.2. Les ponts : Les passerelles suspendues ………………………. 42
II.3. Les non-lieux …………………………………..………………………. 45
II.3.1. Le café : Lieu de rencontre et d’amusement…………………. 45
II.3.2. Le hammam : lieu rituel.…………………………….……………. 46
Conclusion générale……………………..……………….………………….. 49
Références bibliographique……………………………………………….. 53
Annexes
Introduction générale :

L’espace est considéré comme le plus important constituant de


l’univers narratif, notamment, le roman, étant donné que c’est lui qui
définit le mécanisme romanesque des personnages et de leur nature.

L’espace entretient donc une relation très forte avec l’action, il n’est
pas seulement une donnée géographique, que l’écrivain intègre dans sa
narration, mais c’est une représentation dans laquelle les évènements du
roman des personnages se manifestent dans une relation dialectique.
L’espace exerce une influence sur les personnages ou le contraire se sont
eux qui donnent à l’espace une valeur symbolique, et lui accordent une
fonction dans la préservation de la mémoire et de l’Histoire.

La notion de l’espace dans un roman n’est pas arbitraire, car les


différents lieux reflètent la réflexion du romancier et sa vision du monde, et
comme dit J-Y Tadié : « Dans un texte, l’espace se définit comme
l’ensemble des signes qui produisent un effet de représentation»1. Il nous
indique les différents lieux où se déploient les évènements de l’histoire, où
quels on y invité. L’espace romanesque n’est pas seulement une copie d’un
espace réel et référentiel, mais il est une création narrative, la fiction joue
un grand rôle dans sa naissance.

L’espace dans tous ses aspects, est lié au comportement des


personnages, où ces derniers entrent en relation avec les milieux dont ils
occupent physiquement et moralement comme disait Yves Rabaud : «les
trajectoires des individus dans l’espace et les places qu’ils occupent sont
orientées par des affects autant que par des contraintes extérieurs,
sociales, culturelles ou économiques »2.

1
Cité par : ACHOUR Christian, REZZOUG Simone, Convergences Critiques, Office des publications
universitaires, 05-2009, P.209.
2
RAIBUD Yves, Géographie Socioculturelle, Harmattan, Paris, 2011, P.7.

-7-
Introduction générale :

Pour cette raison, les recherches contemporaines et les analystes


s’intéressent à l’étude de l’espace dans le roman, en essayant de déchiffrer
sa fonction poétique et symbolique ainsi sa relation avec la narration et les
personnages, puisque ces derniers sont semblables à ceux de la réalité, car
ils sont attachés à leur espace narratif et à l’environnement romanesque.

Cet espace choisi par l’écrivain incarne une signification bien


déterminée, née d’après une réflexion et selon des besoins et des objectifs
tracés et souhaités par l’écrivain.

Le texte littéraire est constitué d’une combinatoire des signes qui


s’organisent dans un cadre spatio-temporel tissé par le génie de la langue,
c’est un tissu langagier bien structuré. L’espace comme le temps représente
un paramètre poétique qui donne à la narration une valeur significative et
fonctionnelle, il est porteur de sens, sa présence assure le développement de
la thématique du récit, et parfois, l’espace lui-même se thématise par
l’écrivain pour devenir un acteur ou un protagoniste.

On s’inscrivant dans la littérature algérienne contemporaine,


notamment celle traduite en langue française, la manifestation de l’espace,
surtout celui qui est de la ville de Constantine dans l’œuvre de la
romancière Ahlam Mostaghanemi, Mémoires de la chair, nous a poussés
de proposer ce travail de recherche qui s’intitule : Constantine, espace
entre mémoire, Histoire et symbolique.

La spatialité du texte Mostaghanemien, engendre une symbolique


qui ‘émerge tout au long de l’histoire, en donnant à l’espace beaucoup de
valeur, ce qui mène le lecteur vers les profondeurs lointaines d’une ville
qui se donne à la mémoire depuis des siècles.

-8-
Introduction générale :

Constantine est une ville qui domine l’univers de roman, Mémoires de


la chair, de l’écrivaine algérienne Ahlam Mostaghanemi et qui marque le
parcours des personnages jusqu’à devenir un élément très important dans
la narration.

L’importance de cet espace dans ce roman nous amène à poser la


problématique suivante : L’espace de Constantine dans Mémoires de la
chair d’Ahlam Mostaghanemi est-il révélateur de la mémoire Historique à
travers sa charge sentimentale et symbolique ?

Les hypothèses qui se découlent de cette problématique sont les


suivantes :
-Constantine, comme, un espace urbain spécifique représenterait un
monument national et universel.
-Constantine, serait une passerelle entre le passé et le présent de
protagoniste et son mémoire et son Histoire.
Notre objectif de la réalisation de ce travail est de montrer
l’ensemble de réflexions qu’Ahlam Mostaghanemi a essayé de nous
transmettre à travers l’espace de son histoire, lorsque ce dernier intervient
et exerce son pouvoir sur les personnages, et marque leur destin, et déroute
leur cheminement des fins inattendues.

Pour atteindre cet objectif nous allons opter une méthode


analytique, qui va nous aider à faire la lecture de ce roman, et approfondir
notre recherche en déchiffrant l’espace de la ville de Constantine. Cette
ville qui ‘est devenue une ville protagoniste qui a glissée dans les moindres
détails de notre héros, jusqu’à devenir une blessure qui le traumatise, elle
ne cesse guère de le faire rire et souffrir en même temps, lorsque elle le
jette dans les abîmes de chagrin. Nous allons analyser les multiples

-9-
Introduction générale :

développements de cet espace en parallèle avec les changements vécus par


le narrateur personnage.

Pour réaliser notre travail de recherche, nous allons opter pour


l’approche géo symbolique, c’est une science qui étudie les espaces
géographiques et leur symbolique. Nous allons aussi faire appel à
l’approche sociocritique puisque les personnages de notre roman sont bien
déterminés par le facteur spatial .L’émergence de l’espace de la ville de
Constantine, son rôle important dans l’intrigue et son poids symbolique,
nous a incité de s’appuyer sur l’approche sémiotique afin de déchiffrer
cette dimension symbolique.

Notre travail est subdivisé en deux chapitres qui sont :


Le premier chapitre s’intitule : Auteur, espace et ville. Dans ce
chapitre, nous essayerons de se rapprocher de l’écrivaine Ahlam
Mostaghanemi, en suivant les différentes étapes de sa vie, sa biographie,
ses célèbres publications, ses réussites et aussi les prix littéraires qu’elle a
eus pendant son parcours intellectuel. Nous allons faire un petit résumé de
notre corpus, et définir le concept de l’espace en général et beaucoup plus
littérairement. Pour la notion ville nous allons l’expliquer et lui réserver un
aperçu historique et géographique, ainsi une lecture littéraire pour la ville
de Constantine en citant quelques écrivains algériens et étrangers qui’ ont
passé par Constantine et ont écrit sur elle.

Le deuxième chapitre est intitulé : La symbolique de l’espace de la


ville de Constantine, lecture et analyse. Dans ce chapitre nous allons faire
notre analyse pour la ville de Constantine, en abordant sa valeur
symbolique, et comment cette ville a pu donner à l’œuvre Mémoires de la
chair une richesse significative et un apport symbolique, nous allons
analyser les différents lieux existés dans le roman, comme les lieux fermés

- 10 -
Introduction générale :

et les lieux ouverts sans oublier les non-lieux farce que dans la littérature
chaque signe, chaque image et chaque élément ont une valeur significative.
Dans ce chapitre nous essayerons de relier ces lieux avec l’évolution des
personnages, surtout avec celle de narrateur personnage qui ‘est le héros de
ce roman.

- 11 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

I .1 .L’auteur et son œuvre :

Plusieurs écrivains contemporains ont adopté l’espace dans leurs


œuvres ,en le représentant comme un élément essentiel dans la narration, et
en lui chargeant d’une valeur symbolique pour devenir souvent le facteur
actif qui déclenche l’intrigue et trace le cheminement des évènements
narratifs .

Parmi ces écrivains contemporains qui ont donné une grande


importance à l’espace dans leurs romans, nous avons Ahlam
Mostaghanemi, l’écrivain algérien arabophone qu’a donné à l’espace de la
ville de -Constantine- une place très importante dans son fameuse œuvre
Mémoires de la Chair .Ahlam Mostaghanemi a occupé une place précieuse
dans la littérature algérienne et arabophone et elle a mérité d’être la femme
écrivaine la plus lue dans le monde arabe. 3

I.1.1. Biographie de l’écrivaine:

Ahlam Mostaghanemi, écrivaine et poétesse arabophone, née à


Menzel Temim en Tunisie le 13.04.1953. Elle est l’ainée dans sa famille.
Son père Mohamed Cherif, un militant du P.P.A -parti de peuple Algérien-,
qui a été exilé en Tunisie à cause de ses penchants politiques, dans cette
atmosphère Ahlam a vécu ses premières années d’enfance. Attachée à
l’image de son père qui’ est toujours présente dans ses écrits. Les conflits
qui ont accompagné la prise du pouvoir par le colonel Houari Boumediene
après l’indépendance ont participé dans l’état de déprissions qui a vécu son
père.

Ahlam a été influencée par cette histoire qui a modifié le destin de sa


famille. Elle a décroché son baccalauréat à l’âge de 18 ans, et elle a

3
Note de lecture.

- 13 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

travaillé à la radio en présentant une émission de poésie qui a connu une


très grande réussite elle s’appelle « Hamassat » et en même temps, elle a
réussi de publier un ensemble d’articles littéraires dans des différents
journaux algériens.

Ensuite, elle se marie à un journaliste libanais et s’installe


définitivement à Paris. Après avoir fondé une petite famille, elle reprend
ses études à l’université d’Alger et la Sorbonne. En 1982 elle décroche son
doctorat en sociologie sous la direction de l’orientaliste célèbre Jacques
Berque qui a écrit une préface pour la traduction d’un de ses livres, Dans
une cause jamais perdue, il lui consacre un chapitre qu’il l’intitulé
L’intercession de la femme, dans lequel il fait l’éloge de la documentation
et la lucidité de l’auteur qui réussit à exploiter son expérience vécue en
prenant ses distances avec elle. 4

A Paris, Ahlam a contribué à divers magazines pour publier ses


écrits en consacrant son temps à écrire des fragments de son fameux roman
qui est notre corpus, Mémoires de la Chair.

Elle a dit lorsque elle se met à écrire ce roman, «Quand on perd un


amour on écrit un poème, quand on perd une patrie on écrit un roman »5.

En 1993, Ahlam Mostaghanemi s’installe au Liban et présente son


ouvre Dhakiratou el Jassad, -Mémoires de la Chair- à l’éditeur de la maison
Dar al adab, et qu’il était le roman « bombe » comme disait cet éditeur. Elle
a reçu le prix de fondation Nour pour la créativité féminine en 1996.6

En 1999, au Caire, elle a reçu le prix Naguib Mahfouz pour son


fameux roman, Mémoires de la Chair, elle est désignée la femme écrivain

4
Note de lecture.
5
http://www .ahlammostaghanemi .com./#/biographie./ct zéf Constantine, 14/3/2015, à9h30.
6
Ibid.

- 14 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

arabe la plus lue dans le monde arabe par Forbes Magazine. Ses œuvres se
vendent chaque année d’un nombre imaginaire qui dépasse 2300,000
exemplaires .Elle est classée parmi les dix femmes les plus fascinantes
qu’ont beaucoup d’influence sur les lecteurs arabe dans tous les continents
du monde.

En 2006, à Constantine, elle a reçu la Médaille de l’appréciation et la


gratitude de la fondation Sheikh Abdelhamid ben Badis. Dans la même
année, le président Bouteflika l’honorer d’une médaille d’Honneur. Aussi,
elle a reçu le Bouclier de Beyrouth du maire de la ville à l’occasion du
lancement de Nessyan. Com, -l’art d’oublier-au palais de l’Unesco en
2009. Ses principales œuvres sont : Dhakirtou el Jassed -Mémoires de la
Chair-, Dar al adab. Liban, 1993, Fawda el Hawas,- Le Chao des Sens-
,Dar al adab en 1997,Abir Sarir -Passager d’un lit -, Dar al adab ,2003.
Nessyan. com. -L’art d’oublier -, la même maison d’édition, 2010, et
enfin, El Assouad yalikou bike,- Le Noir te va bien -, Hachette, Antoine,
20137.

I.1.2. Résumé de l’œuvre :


L’écriture féminine algérienne en langue arabe ou en langue française
a connue après l’indépendance un certain apogée ,elle a essayé de briser la
légende qui dit que le roman est une production masculine ,et que la femme
ne peut écrire que dans le domaine de la courtoisie et les petites histoires
roses qui exaltent la souffrance d’un amour raté ou une description d’une
soumission vécue , mais la femme algérienne a prouvé le contraire de cette
vision restreinte et ces préjugés injustes .

Parmi les plumes féminines qui ont réfuté cette réflexion, qui
monopolise la domination masculine, nous avons Ahlam Mostaghanemi

7
Note de lecture.

- 15 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

qui a écrit pour la patrie en dévoilant les contradictions de sa société


inondée dans les conflits et les contraintes fossés par les lois de la
puissance et le pouvoir de l’injustice. Ahlam Mostaganemi a pu occuper
une place importante dans le monde de la littérature algérienne, elle envahit
tout le monde arabophone par ses romans précieux qui englobent des
thèmes très riches de signification convoyant l’actualité en essayant de
traiter tous les problèmes de cette dernière. Son fameux roman, Mémoires
de la Chair, est considéré le meilleure ouvrage féminin en langue arabe.

A travers le parcours de l’Histoire, ce roman chaleureux, inondé dans


les contradictions de la vie, les évènements se fragmentent à une scène
d’images qui se suivent, et se multiplient pour que chaque fois nous serons
face à un personnage qu’Ahlam Mostaghanemi lui accorde sa confidence
d’être sa voix narrative ,qui va nous relater sa propre histoire, c’est –à- dire
khaled , c’est lui le héros et le narrateur en même temps, c’est lui qui va
traquer sa ville natale en fouillant les profondeurs de sa mémoire, il dit
dans le début de ce roman : « De la mémoire on ne guérit jamais, c’est
pour cela qu’on écrit, qu’on peint . Certains en meurent ». (p.9)

C’est une histoire d’un amour raté, que les circonstances de la vie
l’interdisent et aussi les lois de la logique l’enchaînent. Khaled, un ancien
moujahid, et un brave combattant qui a participé depuis son jeune âge à la
guerre de la révolution algérienne, on donnant une partie de son corps (son
bras), pour la liberté de son pays, « J’avais rejoint le maquis en septembre
1955, au début d’une année scolaire décisive. A vingt-cinq ans, je bascule
brutalement dans mon autre vie » (p.33). Dans une bataille il a été blessé et
ramené en Tunisie pour qu’il se soigne, mais comme il a dit : « Faute de
pouvoir extraire les balles, on dut m’amputer le bras» (p.35).

- 16 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

Son dégoût de la corruption algérienne et l’absurdité de l’état de


pays après l’indépendance, lui pousse à vivre à Paris, son exil choisi
volontairement, où il a commencé sa carrière en peinture. Il a réalisé
beaucoup de toiles qui lui offrant une vie matérielle stable. Soudain, à
l’occasion de vernissage d’un de ses expositions, Hayet apparue devant lui,
une jeune fille, séduisante et belle. Il tombe amoureux d’elle sans savoir
que cet amour est impossible d’avoir un avenir. Cette rencontre le plongea
dans les souvenirs de sa jeunesse. Cette fille, c’est la fille de son ancien
chef de maquis, Si Tahar qui lui accorde une mission avant vingt ans,
lorsqu’il était en Tunisie, d’inscrire sa fille dans l’état civil et lui donner le
nom de Hayet :

Qui d’entre vous deux était la fille de Si Tahar… celle


dont j’avais porté le nom en testament, du maquis à
Tunis… pour laquelle je m’étais présenté à la place du
père afin de l’inscrire officiellement dans un registre
d’état civil ?(P.52).

Et maintenant, elle revient pour réveiller tous ses souvenirs ceux de


son pays et sa ville natale, Constantine : « une ville qui ne cesse de te
ressembler, et à laquelle je commence à m’identifier» (p.12).

Après plusieurs rendez-vous, et des rencontres ils ont évoqué le


passé, Khaled s’attache de plus en plus à Hayet et une amitié amoureuse se
développe entre eux, mais pour Khaled elle était une amitié sans espoir,
parce que Hayet a lié une relation, avec Ziad, son ami, un poète palestinien
qui déplace toujours parce qu’il lutte pour la cause de son pays. Cette
relation a blessé notre héros infiniment:

Cet homme ne serait autre que Ziad, ou savoir que tu


allais consommer ton infidélité dans ma maison, dans
des chambres où je n’avais pas joui de toi ?.Jusqu’où
pouvais-tu aller avec Ziad ? Jusqu’où pouvait-il aller
avec toi ? (p.21)

- 17 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

La famille de Hayet décide de la marier à Constantine avec un homme


riche de la classe politique, qui a profité de son poste en s’attachent aux
apparences matérielles .Khaled rentra à Constantine pour assister aux
cérémonies de mariage. Finalement il rentrera seul à Paris pour s’engager à
l’écriture de son roman, Mémoires de la Chair.

I.2. Espace/ Ville :

I.2.1. L’espace :

D’après le Robert, l’espace est un: « Milieu concret où peut se situe


quelque chose [...] étendue qui ne fait pas obstacle au mouvement. »,8et
selon le dictionnaire Hachette, l’espace : « étendue indéfinie, contenant,
englobant les objets [...]. Etendue dans laquelle se meuvent les astres»9.

L’espace, est une notion invariable que nous ne pouvons pas la cerner
dans une définition limitée, donc il ne peut être que selon ce qu’il
représente pour l’homme, mais le monde se met d’accord pour dire que
l’espace est le lieu que nous occupons, dans lequel nous pouvons mettre
quelque objets, comme il peut être l’autre partie (non occupée), les surfaces
libres et étendues.

Beaucoup de théoriciens et philosophes ont essayé d’expliquer ce


concept :
Le philosophe Kant, favorise le principe de priorité car l’espace se
comprend à travers notre intuition externe :

L’espace n’est rien d’autre que simplement la forme de


tous les phénomènes des sens externes, c‘est-à-dire la

8
REY Alain, Le Rober micro, chez Maury- Imprimeur 45330 Malesherbes, Paris, Edition Poche, 2010,
p.493.
9
Hachette, COLLECTION n° 11, Edition n° 1, 2010, p. 560.

- 18 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

condition subjective sous laquelle seulement pour nous


une intuition est possible.10,

C’est –à-dire l’homme ne voit pas la chose réelle, ne la contemple pas


dans l’expérience de la vérité, mais il fait un certain mixage entre la chose
en soi et la sensibilité.

Pour la géographie classique, elle vraiment ancrée dans une


conception de l’espace absolu, en suivant la réflexion d’Isaak Newton dont
la fonction de l’espace est seulement physique, qui postule que les régions
et les pays sont reliés par des relations d’indépendance .Elle comporte deux
parties, l’une générale et l’autre régionale: La générale est thématique et la
deuxième s’occupe des espaces constitués à différentes échelles. Dans la
générale, nous analysons et nous comparons les régions pour généraliser
les résultats à la fin d’étude.

Après la deuxième guerre mondiale, des nouvelles approches


d’étude de l’espace ont été développées. Nous commençons à s’intéresser
et mettre l’accent sur les interactions spatiales et la distance qui sépare les
lieux, l’espace est appelé «l’espace géographique». Cette nouvelle
géographie positiviste est concentrée aux dimensions des relations, l’espace
est vu comme distance et la discipline est devenue une « science de
spatiale ».

Il n’y a pas de narration sans un cadre spatio-temporel. Ces deux


facteurs - espace, temps - sont primordiales pour que l’écrivain puisse
produire son œuvre. L’espace est plus qu’une donnée géographique, il est
un élément indicateur qui oriente le lecteur à interpréter les évènements et
dévoiler le message voulu par le narrateur, en les accordant par les
différents espaces dans le roman. Il nous dirige vers les lieux où se déroule

10
http://www. Les philosophes. Fr./Kant-critique-de-la-raison-pure/P- 11 html.

- 19 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

l’intrigue, car c’est lui qui participe dans son évolution .Il n’est pas neutre,
mais il est une création narrative, il est une expérience travaillée par la
magie de la langue, significative et connotative qui englobe plusieurs sens,
c’est une création narrative qui intervient et caractérise la dessiné des
personnages.

Dans le roman, l’espace prend une charge sémantique, il devient lui-


même un signe très important et présentatif d’une réflexion de son auteur,
comme par exemple: la ville de Paris chez Balzac est différente à celle de
Baudelaire ou Aragon. Les stratégies avec les quelles Balzac a présenté
Paris, sont totalement différentes, sa vision pour cet espace ou cette ville
part de réalités factuelles de son époque et son temps, il lui a donné une
dimension mythique et polémique, comme une ville qui s’oscille entre la
temporalité Historique et l’atemporalité symbolique.

Il y a des espaces littéraires que la mémoire humaine a gardé


éternellement, parce qu’ils représentent la souffrance de l’homme lorsque
les valeurs de la justice sont disparues. Qui ne se souvient pas des lieux
des mines dans Germinal d’Emil Zola, ces milieux obscurs et humides et
misérables ,là où souffrent les pauvres ouvriers de l’injustice des patrons
qui exercent contre eux toute sorte d’humiliation comme : la baisse salaire
les longues heures de travail etc. Ces conditions inhumaines dans les mines
et les circonstances dures les amènent à une grève. Cet espace a pu devenir
lui-même une thématique parce qu’il a reflété une période de l’Histoire de
la France -la révolution industrielle- avec toutes ses contradictions et ses
conflits.

Lorsque l’espace romanesque participe au cheminement de la


narration ,il devient révélateur des sentiments multiples ,par exemple l’exil,
qui devient presque dans tous les romans un lieu enfer ,comme il peut être

- 20 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

un déclencheur de la nostalgie et prenne les traces de la mémoire et les


souvenirs .Il est itinéraire mène vers la rencontre, comme dans le cas des
voyages dans les contes .La position de l’espace dans le roman détermine
son rôle, soit il s’attache aux états d’âme des personnages ,dans ce cas il
devient lui aussi un protagoniste, soit il reste un simple décor nécessaire
seulement dans le déroulement du canevas narratif.

Les lieux dans la narration romanesque peuvent être appréhendés


selon deux axes :
-L’espace narratif et le « réel », dans ce cas la description est ancrée
dans le monde de la réalité, puisqu’elle nous décrit l’espace réel fidèlement
par le biais de la langue, elle est plus précieuse et se base sur les savoirs
culturels et trouve ses repères dans la vie quotidienne,

-L’espace et ses fonctions à l’intérieur du roman: il peut être chargé


symboliquement ,et intervient dans l’intrigue et exerce son pouvoir et prend
la relève des évènements en devenant un acteur ,dans ce cas, il est
thématisé ,comme dans le romans contemporain, par exemple la ville de
Constantine dans notre corpus ou la ville de Tanger chez les écrivains
marocains, Drisse Chraïbi ou Mohamed Choukri, c’est-à- dire le lieu a de
sens que le lecteur est invité à l’interpréter et dévoiler ses secrets.

Les écrits de Maurice Blanchot, ont été les premières tentatives qui
ont abordé la notion de l’espace littéraire parce que dans le passé nous
parlons seulement de temps et d’espace comme des éléments de narration
sans prendre en considération de la poéticité de ces deux facteurs. Blanchot
représente une univocité dans le domaine de la littérature et de la critique
dans le but d’arriver à avoir un discours critique qui analyse cet espace et
montrer son rôle important dans la narration, comme une entité
significative.

- 21 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

« L’espace dans une œuvre, n’est pas la copie d’un espace strictement
référentiel, mais la fonction de l’espace du monde de celui du créateur»11.
C’est–à–dire c’est l’écrivain qui crée dans son œuvre ses propres espaces,
il les matérialise de sa manière, puisqu’ils ne sont pas identiques totalement
avec les milieux réels, mais ils entretiennent avec eux des rapports
multiples car le réel est la base de départ de la fiction, c’est la manière
poétique qui crée ces endroits.

L’évocation de l’espace reflète la réflexion de l’auteur et comment


concevait-il le monde. Le génie de l’écrivain dans la description de ses
lieux en les donnant une vivacité et les rend des éléments qui déclenchent
chez le lecteur la curiosité de les découvrir et lui permettent l’intégration à
l’intérieur d’eux, comme nous explique Michel Butor :

Décrire des meubles, des objets, c’est une façon de


décrire des personnages, indispensable : il y a des
choses que l’on ne peut faire sentir ou comprendre que
si l’on met sous l’œil du lecteur le décor et les
accessoires des actions.12

L’espace dans le roman, le romancier consiste à établie plusieurs


étapes, pour l’intégrer dans sa narration, premièrement : il doit le désigner
avant de faire sa description, ensuite choisir la focalisation qu’il lui
convient pour déterminer son rôle dans l’ensemble du roman. Dans les
études littéraires contemporaines, les critiques et les hommes de lettres ont
essayé de comprendre l’espace comme un élément important qui gouverne
la narration et oriente le cheminement des évènements. Selon H.
Mitterrand :
L’espace est un des opérateurs par lequel s’instaure
l’action [...].La transgression génératrice n’existe

11
ACHOUR Christiane, REZZOUG Simone, Convergences Critique, Office des publications
universitaires, 2009. p.205.
12
BUTOR Michel, Essais sur le roman, Gallimard, Collections Idées, Paris 1969, p.63.

- 22 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

qu’en fonction de la nature du lieu et sa place dans un


système locatif qu’associe des marques géographiques
et des marques sociales. 1313

I.2.2. La ville :

Du latin « villa » qui signifie maison, une ville est un espace


relativement important pour les gens. Elle est occupée par l’homme, c’est
là où il habite, travaille et exerce ses loisirs en se mettant en relation et
communication avec les autres personnes. Elle demeure un espace urbain,
affectif, anthropologique chargé de signification.

La ville est polysémique. Historiquement, on y a vu


parfois la simple densité des objets et des gens, parfois
l’organe ou le symbole-parfois encore le siège de
l’évolution humaine: « ville » signifie autant contraint
que liberté, autant tribalisme qu’urbanité, autant
destruction que civilisation .Elle est tantôt lieu, tantôt
un Concept. 14

La ville est une représentation urbaine et une structure architecturale


que l’homme a construite pour donner à sa vie un cadre spatial avec la
collectivité. Elle n’est pas seulement un rassemblement des groupes des
individus qui partagent les mêmes conditions matérielles et spirituelles,
mais la ville représente un autre côté de l’homme qui est l’entité identitaire,
car l’homme est le produit de son environnement, c’est lui la marque de sa
ville, il caractérise ses traces.

L’importance de la ville est témoignée par les arts et notamment par la


littérature, elle devient cadre spatial et même un personnage principale de
l’action dans nombreuses œuvres, comme dans Mémoire de la Chair,
Constantine représente un bon exemple.

13
MITTERAND Henri, Le discours du roman, puf, écriture, Paris, 1980, P.201.
14
MORISSET K .Lucie, BRETON Marie-Eve, LA VILLE Phénomène de représentation, Presse de
l’Université du Québec, 2011, P.38.

- 23 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

L’importance de la ville dans la littérature a donné naissance à


beaucoup de symboles, de métaphores et de comparaisons et toutes sortes
de figures de rhétorique en les lisant avec l’espace urbain. L’une de ces
figures consiste à rapprocher la ville au corps. Ainsi, beaucoup de
métaphores comparent l’espace urbain à un organisme vivant.

Donc, pour présenter la ville, il est très intéressent de l’entamer à


travers deux angles : fonctionnelle et symbolique, comme un lieu actif où
l’homme peut avoir un travail dans les différents domaines de la vie, un
lieu d’amusement, puisque en ville il y en a pleins, aussi la ville est un
endroit des rencontres humaines, sociales, commerciales, culturelles, soit à
travers les marches, les institutions, les places publiques, les boulevards, les
banques ; etc. L’autre vision, c’est d’après notre lecture interprétative en
considérant la ville comme un organisme vivant qui peut influencer
l’homme, et subi l’influence de ce dernier. Italo Clavino, dans son
article «Les dieux de la ville »15 a juxtaposé ces deux visions de l’espace de
la ville, il la considérée comme une machine, puisqu’elle est une entité
matérielle, et d’autre parts elle est comme un être vivant comme nous
avons déjà dit, elle change selon les changements de circonstances de
l’homme, elle grandit en fonction des plusieurs facteurs, historiques,
culturelles, économiques, etc. .

Pour ROLAND Barthes la ville représente le reflet de l’homme ,elle


son expression créative humaine ,mais pour lui, elle ne prend pas la forme
d’un corps, car elle représente un discours, un texte que l’homme peut faire
sa lecture, aussi elle est pour lui une structure liée au discours .

15
Cité en, TRANS‐Revues‐org, numero11, université invitée, 2011

- 24 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

D’après Barthes, l’espace humain est toujours signifiant et la ville


est « une inscription de l’homme dans l’espace »16.

ROLAND Barthes a beaucoup expliqué la notion ville : « La


structure de la ville est celle de discours, elle s’organise en unités discrètes
équivalentes à des catégories grammaticales ou sémantiques. L’alternance,
l’opposition et la juxtaposition de ces éléments donnent lieu à la
signification »17.

ROLAND Barthes, explique aussi l’espace de la ville, il dit :

L’espace urbain apparait ainsi comme une écriture ;


celui qui se déplace dans la ville, c’est-à-dire
« l’usager de la ville », est un lecteur qu’est en fonction
de ses parcours et déplacements isole des fragments,
des passages de ce discours pour les actualiser et en
tirer son signifie18.

La présence de la ville dans le roman, dépasse un simple décor


qu’accompagne l’histoire, il renforce le rapport entre elle et l’écrivain, car
il est calculé et bien choisi pour engendre une véritable symbolique pour
l’écrivain lui-même comme le cas de notre corpus, Constantine sa valeur
symbolique pour Mostaghanemi elle-même.

Ce qui nous permet de dire que la ville joue un rôle majeur dans la
narration.
Les descriptions d’un espace urbain dans un texte ne sont pas
seulement pour décrire, ou bien pour situer un lieu précisé, ils sont des

16
ROLAND Barthes, « sémiologie y urbanisa » in La aventura semiologia, Barcelona, Paidos, 1997,
P.257.
17
Ibid, P.258-259.
18
Ibid, p .264

- 25 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

reflets de l’influence que peut avoir la ville sur l’écrivain, il y a en effet une
réelle interaction entre l’homme et la ville. D’une autre part, la ville est une
source d’inspiration pour l’écrivain, et lui, c’est le miroir de cette dernière,
c’est ainsi que George Orwell écrivait : « Quant à moi, c’est je décris la
faune du quartier, ce n’est pas pour présenter des phénomènes de foire,
mais farce que tous ces gens font partie de mon histoire» 19 . Nous pouvons
même aller plus loin, lorsque la ville fictive a des repères dans la réalité et
elle fait partie de la vie privée de romancier.

I.3. Constantine :

Il y a des villes enracinées dans la mémoire collective de l’histoire


humaine¸ qu’on ne peut jamais les oubliés, elles prêtent au temps leurs
traces et deviendront des villes historiques et mythiques, vivantes dès que
tu les interroge, elle te raconte leurs histoires, celles des hommes qui ont
occupé leurs territoires et ont vécu sous leur univers où ils ont construit des
civilisations.

Parmi ces villes fantastiques : Constantine, la ville rocher, la ville des


ponts suspendus -Sidi M’cid, Sidi Rached, El Kantara,- l’ancienne,
l’antique ville, Cirta -Khirta- qui signifie chez les akkadiens et les
phéniciens la ville creusée. Elle est une importante ville phénicienne,
fondée par des commerçants et explorateurs qu’ils l’appelèrent aussi,
« Sarin Batim », qui veut dire la ville royale, comme disait « Josèphe
Bosco » dans son étude qui s’intitule, « Toponyme phénicienne » :« Les
phéniciens firent de Cirta la capital d’un État autonome dont l’étendue

nous est inconnue et qu’aucun auteur de l’Antiquité n’a indiqué »20,c’est la

19
ROLAND Barthes, p.264
20
BOSCO, Joseph, Cité par MERDACI Abdelmadjid, METAIR Kouider, CONSTANTINE citadelle des
vertiges, MÉDIA PLUS, 2000, P.15.

- 26 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

capitale de la Numidie pendant la règne de « Massinissa» allié de


« Rome », par l’empereur « Constantin Ier ». Constantine est connu pour
l’art de vivre raffiné parce que ses habitants sont des gens très civilisés et
ils sont toujours un symbole de culture et d’élégance.

La culture arabo-andalouse a connu son apogée dans cette ville qui a


gardé durant les siècles son urbanisme et son aspect architectural
spécifique. C’est la ville des ponts et d’escaliers par excellence : « et pour
franchir les gorges, a fallu jeter des ponts ou passerelles sur les oueds. La
ville en compte actuellement une douzaine, chaque génération ayant créé le
sien ».21

Constantine est une ville pluriculturelle, parce que plusieurs


civilisations sont passées par ce territoire, et plusieurs communautés
musulmanes, européennes et juives sont côtoyées, ce qui a donné à cette
ville une richesse culturelle dans tous les domaines de la vie, surtout en art
vestimentaire et culinaire et beaucoup plus en musique andalouse, le
malouf, présenté par des chanteurs, connus comme, Mohamed El Hadj El

Fergani .

Le malouf est un art traditionnel hérité de la civilisation ottomane, qui


a demeurée trois siècles. Constantine a été choisie comme capitale du
Beylik de l’est. Elle était détachée d’Alger, c’est-à-dire les beys qui ont
gouverné Constantine ont une certaine autonomie, ce qu’il leur donne
l’occasion de renouveler le rayonnement de cette ville, comme le bey Salah
qui a donné beaucoup de valeur au côté urbanisme, et il a résisté à la
conquête coloniale de - 1830 à 1837- et pendant sa mort après la chute de

21
Côte Marc, Constantine, cité antique et ville nouvelle, Média-plus, 2006, P 12.

- 27 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

Constantine, les femmes constantinoises portaient le voile noir (m’laïa)


comme un symbole de deuil.

Parler de Constantine, c’est se souvient de plusieurs écrivains


algériens et étrangers qui ont consacré leurs plumes pour décrire cette ville
fascinante, mythique et historique

Parlant de Constantine, c’est être fasciné par sa beauté jusqu’à l’extase


et Guy de Maupassant, l’écrivain et l’historien français éblouit par le
spectacle de cette ville perchée entre le ciel et la terre, il déclara

Constantine, ou Cossentina comme l’appellent les


Arabes, bâtie en tuiles crues et en pise, ville sans gaîté,
sans animation, sans bruit, environnée d’abîme et de
solitude, ne ressemble à aucune ville de la terre.

Elle rappellerait Jérusalem par ses muettes tristesses, si


Quelque chose était comparable aux tristesses
sublimes de la vallée de Josaphat, de la grotte de
Jérémie, du divin tombeau .Une silencieuse gravité
règne partout dans les tortueuses rues de Constantine.

A voir le sérieux visage des habitants, Kabyles, Mores


et juifs, on dirait des hommes constamment occupés à
méditer les années éternelles. Notre langue, le
vêtement européen, les uniformes de nos officiers et de
nos soldats, sont les seules variétés de ces aspects
immobiles. La rue des juifs avec ses voûtes et ses
arcades de vignes et des pampres entremêle d’images
riantes et de caprices gracieux la gravité
accoutumée.22

La représentation littéraire de Constantine pour ces écrivains français,


ce n’est qu’un phénomène d’exotisme, une découverte d’une ville vierge

22
Guy de Maupassant, cité par CHEBBAH Cherifa, Constantine : abimes exotiques, https://halshs-
archives-ouverts-fm/halshs-00381997, Mai 2009, p.6.

- 28 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

protégée par sa géographie spécifique espace réel, mais un révélateur


d’imagination suscite une rêverie par sa beauté naturelle, par ses sites qui.
ressemblent à des nids d’aigles envoûtés par la perfection, c’est la « cité
phénomène » comme l’appelle Maupassant, et voici comment il décrit cette
ville unique dans sa géographie : « Et voici Constantine, gardée comme par
un serpent qui se roulerait à pieds, par le Rhumel, le fantastique
Rhumel »23.Pour Albert Camus, l’écrivain divisé par deux parties, la France
et l’Algérie, il a aimé Constantine mais cette ville lui provoque le sentiment
de peur , et il n’hésite pas à nous enregistrer cette vision effrayante :
Constantine a un pont suspendu où l’on se fait
photographier. Les jours de grand vent, le pont se
balance au-dessus des profondes gorges du Rhumel et
on a le sentiment du danger Clic-clac, on s’en va !
Pressé ? Cynique ? Désabusé ? .24

La ville de Constantine influence notre écrivain Algérien, Malek


Haddad, elle représente pour lui la mémoire culturelle de l’Algérie. Elle
occupe une place affective. Elle symbolise le passé glorifié parles hommes
libres, des liens de souvenirs qui relient Malek Haddad à cette dernière.
Elle est sa ville natale qui coulait dans ses veines. Il a aimé Constantine
comme on aime une femme, et il a beaucoup parlé d’elle d’une manière
chaleureuse dans son article publié au journal El Nasr en 04/01/1966
intitulé « Une clé pour Cirta », on découvre combien il est attaché à cette
ville mythique.

On ne présente pas Constantine. Elle se présente et l’on


salue. Elle se découvre et nous découvrons. Elle éclate
comme un regard à l’aurore et court sur l’horizon
qu’elle étonne et soulève. Puis satisfaite de son effet,
elle se fige dans sa gravite, se regroupe dans sa
légende, se referme dans son éternité[….]

23
Guy de Maupassant, op.cit, p.7.
24
Ibid., p.9.

- 29 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

Elle est une présence, elle est un rêve qui continue.


Ases genoux les mots sont pauvres courtisans. Le doigt
de Dieu s’est posé par ici et la main de l’homme ne
peut que s’élever pour cette ovation qui, à son
paroxysme, avoue déjà son impuissance.25

Malek Haddad n’était pas le seul constantinois qui prend sa ville dans
son cœur et peint ses moindres détails dans ses écrits. Najia ABEER, est
une écrivaine algérienne constantinoise, qu’a écrite sur sa ville dans son
autobiographie, « Constantine et le moineaux de murette » dans lequel, elle
relate l’histoire de cette ville d’aspect énigmatique qu’elle essaye toujours
de déchiffrer ses vérités et de l’approcher. Elle déclare ses regrets d’être
loine d’elle «Constantine, je ne t’ai pas désertée. Mon destin m’avait
enlevée vers d’autres cieux mais je reviens te voir chaque fois que
j’éprouve le besoin de prolonger mon regard dans ton abîme».26

Comme toutes les villes enracinées dans l’Histoire, Constantine


exerce sa présence et démurera au file de temps un espace monumental,
vivant qui sauvegarde toutes les traces de la mémoire et les repères de
l’Histoire.

L’espace que nous avons entamé, récemment représente un thème très


important qui occupe l’attention des écrivains et les critiques et il est
devenu un champ fertile pour les études littéraires et nous avons même créé
des approches qui analysent cet espace et étudient son rôle dans le roman
comme par exemple, la géocritique.

L’écrivaine Ahlam Mostaghanemi a tissé cet espace comme un


univers romanesque à travers une ville mythique enracinée dans l’histoire
de l’Afrique, de la méditerranée et aussi dans le patrimoine universel, une

25
Les cahiers du SLADD, Dar El Houda, Ain M’lila, Algérie, n°01, Décembre 2002, p88, 89.
26
COTE Marc, Constantine, cité antique et ville nouvelle, Média-plus, 2006, P113.

- 30 -
Chapitre I : Auteur, Espaces Et Ville

ville spécifique par sa propre géographie qui a fasciné tout le monde


surtout les intellectuels arabes et étrangers. Ils ont beaucoup dessiné cette
ville merveilleuse soit dans leurs romans ou leurs poèmes ou dans leurs
toiles et même les historiens ont parlé de Constantine comme, Benjamin
Stora qui est natif de cette ville. Il a décrit cette dernière dans ses œuvres
surtout dans son œuvre autobiographique. « La dernière génération
d’octobre »

Aussi le géographe Armand FREMONT qui a été ébloui par la magie


de Constantine, sa géographie complexe et unique, ses ponts suspendus, ses
facettes multiples et son fameux Oued El Rhumel, cette fleuve gigantesque
qui entoure la ville et lui donne cette spécificité extraordinaire, sa structure
architecturale unique, ses ruelles étroites qu’se prolongent d’une manière
étrange. Constantine a pu être un espace favorable pour toute création
littéraire.

- 31 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

Les différents lieux qui existent dans Mémoire de la Chair reflètent les
personnages, et marquent leur cheminement narratif et déterminent leurs
actions, surtout pour le personnage narrateur Khaled. L’espace a joué un
grand rôle dans sa vie qu’Ahlam Mostaghanemi a réussi à nous le
transmettre .Elle nous a laissé découvrir comment cet espace a pu transformer
le déroulement de l’intrigue et donner au roman une valeur significative.

D’une manière intelligente, et dans un style poétique pertinent,


Motaghanemi a meublé son espace, en lui donnant une certaine grandeur
spectaculaire, et la ville de Constantine se transformera en un élément chargé
d’action et participe à la narration, comme un partenaire qui partage les
évènements.

Dès le début de roman, le narrateur nous présente Constantine, comme


un univers identitaire pour lui et pour son bien aimée Hayet : « Je t’écris
d’une ville qui ne cesse de te ressembler, et à laquelle je commence à
m’identifier.»(p.12). Ici, le narrateur déclare son appartenance à cette ville qui
la quittée pour un exil volontaire qui est Paris, et qu’il n’a jamais oublié les
repères qui lui attachent à cette ville natale, où il a passé son enfance et une
partie de sa jeunesse.

Le narrateur nous amène dans une ville harmonieuse avec son histoire
dont il est fier de son passé, et attaché à ses racines par son originalité et sa
spécificité géographique, une ville résistante à la conquête française, le
narrateur nous montre comment chaque lieu de cette ville symbolise les

meilleures images de la révolution : « tous les chemins dans cette ancestrale

ville arabe mènent à la résistance. Ici les forêts et les rochers ont rallié la

Révolution avant l’heure » (p.26), car Constantine ne représente pas

- 33 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

seulement une géographie spécifique, mais elle est pour le narrateur l’image

de lui-même et défend son appartenance à elle fortement : « Quoi d’étonnant


si je ressemble à cette ville jusqu’à la démesure ? ».(P.26)

Le foisonnement des différents espaces représente un phénomène


récurrent dans ce roman, ils se varient entre les lieux fermés et les lieux
ouverts et les non lieux.

II.1. Les lieux fermés :

Les lieux fermés, sont des endroits d’enfermement, des espaces clos –le
dedans –qui signifient les places limités à l’intérieur dans lesquels s’exerce
tout ce qu’il est intime et individuel .

II.1.1. La maison : lieu de nostalgie et de souffrance.

La maison, c’est notre première demeure d’enfance. Elle représente le


nid, le berceau et l’endroit intime pour nos rêves et nos souvenirs et comme
disait Bachelard dans son « Poétique de l’espace ».

Non seulement nos souvenirs, mais nos oublis sont « logés ».


Notre inconscient est « logé». Notre âme est une demeure.
Et en nous souvenant des « maisons », des « chambres »,
nous apprenons à « demeurer » en nous –mêmes. On le voit
dès maintenant, les images de la maison marchent dans les
deux sens : elles sont en nous autant que nous sommes en
elles.2727

Les petits coins de nos maisons ne sont pas des surfaces matérielles
figées, sans valeur, mais ils sont des endroits porteurs de sens, d’intimité, de
désir, d’isolement et beaucoup plus de souvenirs et pour cela nous nous
attachons à eux et nous essayons de les approprier et faire le maximum
d’effort de les protéger de toute menace de disparition. La maison pour notre

27
BACHELARD Gaston, Poétique de l’espace, Paris, PUF, 1957, P 25, 26..

- 34 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

personnage Khaled, est un refuge pour s’enfuir vers les profondeurs lointaines
de sa mémoire, car Hayet n’est pas seulement la femme qu’a bouleversée la
stabilité de son cœur, mais elle est une partie très importante de passé :

Ce soir le passé se réveille en moi, bouleversant […] et


m’entraîne dans les labyrinthes de la mémoire. Je tente
de résister à cette busque incursion. Je ferme la porte.
J’ouvre la fenêtre. Je voudrais voir autre chose que
moi-même. (p.25)

L’intimité de cet espace est valorisé par le narrateur jusqu’a devenir


l’ultime lieu, où il peut avouer toutes sensations et ses douleurs, sans peur
d’être vu ou critiqué par les autres, « je ne peux écrire sur toi que fenêtres
closes et stores tires » (p.40). Il n’y a pas un lieu meilleur pour les confessions
et les secrets intimes que la maison, que sa stabilité donne à l’homme le sens
d’individualité et de pouvoir, et que selon, Bachelard :

La maison est un corps d’images qui donnent des


raisons ou des illusions de stabilité. Sans cesse on ré
imagine sa réalité ; distinguer toutes ces images
serait dire l’âme de la maison, ce serait développer
une véritable psychologie de la maison.2828

La maison entretient une relation entre elle et celui qu’il l’occupe par les
liens de la famille, parce que sans famille il n’y aura pas une maison ,et cette
dernière perd sa fonction essentielle, qui est la chaleur sentimentale et l’abri
affectif, et devient un lieu matériel sec et rigide, et sans âme, Khaled se
souvient de cette chaleur de sa famille , toute porte , tout seuil de cette maison
lui ouvrent le livre de ses souvenirs et l’ouille sa mémoire enfantine : « Je
m’étais alors rappelé mon lit d’enfance et ma couverture de laine des hivers
constantinois . » (P.40).

28
BACHELARD Gaston, op.cit. P.6.

- 35 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

Mais cette maison qui était pendant des années d’enfance un lieu de
bonheur, Soudain elle perd cette image positive et se transformera à un
endroit qui lui chagrine et provoque malheur, parce que son père ne tarde pas
à se marier avec une autre jeune femme, et oublie son rôle paternel, et il avait
dispensé toute sa fortune pour satisfaire les désirs de sa femme
capricieuse : «Dans ce lieu on père avait dilapidé sa fortune et sa virilité.
J’essayai de ne pas m’attarder devant cette bâtisse, cause de la tristesse de
ma mère et probablement sa mort ». (P.304)

La maison symbolique toutes ces valeurs humaines, l’amour, la stabilité,


la famille, mais la chambre a une certain intimité de plus que la maison.

II.1.2. La chambre : lieu de bonheur et de tristesse.

Nous traversons dans le parcours de notre vie beaucoup de lieux, et


nous les marquons pas notre présence, ces lieux sont remplis pas des
souvenirs personnels et collectifs. La chambre, est l’univers intérieur de
chaque individu, c’est l’endroit intime qui ne peut être partagé qu’avec la
personne la plus intimée, l’épouse pour l’homme et l’épouse pour la femme.

A l’intérieur de ce milieux la personne exerce ses pratiques propres à


lui, loin des autres, la chambre comme un espace clos lui donne cette liberté
personnelle, à travers cette chambre il s’enfuie de bruit de l’hors et trouve son
calme. Mais parfois cet espace se métamorphose à un lieu ennuyeux, qui
embête celui qui vit à son intérieur, et c’est le cas de Khaled, sa chambre est
devenu un lieu insupportable à cause de sa mauvaise situation psychologique:
« j’écartai soudain les draps, saut hors du lit, allai à la fenêtre et l’ouvris. Je
voulais que la lumière baigne la chambre, chasse ton fantôme», Il veut se
débarrasser de l’image de Hayet qu’elle lui suive dans tous les droits et habite
sa pensée.

- 36 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

La chambre prend plusieurs significations pour Khaled, des fois lors


qu’elle est fermée, elle représente l’enfermement et l’angoisse et lorsque ses
fenêtres s’ouvrent, elle devient une délivrance où il se libère de toute tristesse

J’avais allumé une cigarette, ce n’’était pas dans


mes habitudes de fumer le matin. Je n’étais installé
et avais après un café sur le balcon en contemplant
la seine. (P.184)

La chambre se transformera soudain à un lieu qui produit tous les


sentiments de malheur et de déception qui étouffent notre personnage,
narrateur, Khaled, ils le plongent dans un univers de doute et de malaise qu’ils
lui enchaînent, il croit que Hayet lui trahie avec son ami Ziad :

Tu venais.

J’essayais de ne pas me demander pour qui de nous


deux tu étais venue, pour qui tu t’étais fait fais belle.
Le jour le plus douloureux fut notre première
rencontre à la maison, tous les trois. Il avait fallu
que Ziad te rappelle mes toiles pour que tu leur
prêtes attention. Tu passais d’une chambre à l’autre
comme si tu étais chez toi. Tu avais traversé le
couloir sans t’arrêtée. Même le souvenir de notre
premier baiser qui avait mis ma vie sens dessus
dessous ne t’avait par arrêtée. (P.200)

Cette rencontre dans ce lieu et de devant deux chambres : sa chambre qui


garde des joyeux souvenirs avec Hayet , et l’autre chambre de Ziad qui
incluse l’adultère et la trahison. Ces deux chambres lui laissent goûter
l’amertume sensation de chagrin :

Etait-ce vraiment ce moment-là me fut le plus


insupportable ou bien lorsque tu ouvris, par erreur,
la porte de la chambre de Ziad et que je te le fis
remarquer ? Tu t’étais plantée devant la porte
entrouverte beaucoup plus que longtemps que
devant l’ensemble de mes tableaux. (P.200 ,201)

Plusieurs chambres sont passées durant le parcours de Khaled, chacune


d’elles reflète un genre de tristesse. Nous avons déjà parlé de celle de son

- 37 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

enfance, et l’autre de son exil. Sa chambre à l’hôpital de Tunis lorsqu’il été


amené là-bas pour soigner son bras blessé, cette chambre elle aussi a incarné
une souffrance due notre personnage se souvient, il dit :

Je m’étais empressé de regagner ma chambre et m’y


enfermer. Ses murs chaulés semblaient le
prolongement de ceux de l’hôpital Habib-Thamer,
lieu que je connaissais le mieux dans tout Tunis. Je
n’avais pas l’habitude de méditer sur ces murs
blancs. Leur froideur devait disparaître sous les
visages de ceux que j’aimais, les ruelles chères à
mon cœur, et tout ce que je laissais derrière moi, là-
bas. (P.59)

II.1.3. La prison : lieu d’une nouvelle naissance.

Les espaces clos ou fermés sont des endroits limités comme les
maisons, les chambres, ils symbolisent généralement l’enfermement,
l’isolement et aussi l’intimité et ils provoquent ce sentiment d’enfermement
chez les personnages, ce qu’il nourrit le malaise et l’angoisse chez eux et pour
en y sortir ces personnages s’expriment par le biais des paroles ou des
dialogues et parfois par le dialogue interne le monologue en dévoilant les
différentes états d’âme, c’est vrai que dans la plupart du temps un espace clos
est le synonyme d’une souffrance physique et morale, comme la mort, la
torture, par exemple les cimetières qui symbolisent la séparation, et lorsque il
s’agit des camps et des prisons, ces lieux se transformeront à une autre
conception, celle de résidence et héroïsme, pour Khaled par exemple, la
prison de El-Koudia représente un pas dans sa vie révolutionnaire, il est lié à
la rencontre de son chef au maquis si Tahar, et cette prison comme disait le
narrateur :

La prison d’El-Koudia avait connu, comme toutes celles


de l’Est algérien un important afflux de prisonniers après
les manifestations du 8 mais où Constantine, Sétif et ses
environs payèrent le premier tribut de la révolution, des
morts par milliers, des prisonniers par dizaines de
milliers, parqués dans des cellules prévues pour une

- 38 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

vingtaine. Prisonniers politiques et prisonniers de droits


commun s’y côtoyaient. (p.31).

Aussi, dans les prisons algériennes, les grains de la révolution ont


atteint leur maturité, et la conscience révolutionnaire, et la cause algérienne a
connu son apogée à travers plusieurs manifestation comme l’hymne national
qui chante le noble patriotisme relevé par les voix des prisonniers, et règne
l’univers de toutes les prisons et les camps, le narrateur nous montre cette
image héroïque : « A une époque nous répétions cet hymne dans les prisons
de Constantine. Il suffit qu’une voix s’échappe d’une cellule pour que toute la
prison le reprenne » (p.309).

La prison dans ce cas dépasse la notion d’enfermement, et d’obscurité


et le non-vie -la mort- pour devenir un lieu vif, qui englobe une vision
lumineuse à travers laquelle émergent le sentiment patriotique et l’espoir de la
liberté.

Pour Khaled, la prison prend une grande charge sentimentale, car il n’a
jamais oublié les paroles de son chef du maquis, Si Taher et il se souvient
lorsque ce dernier lui dit un proverbe arabe qui valorise la grandeur de la
prison pendant la guerre de la révolution, parce que ces lieux ont beaucoup
participé dans le déclanchement de la guerre algérienne. Ce proverbe qui a
intégrer est : « Les prisons sont faites pour les hommes ! »(P.30)

Notre héros Khaled voit que les français, lorsqu’ils ont met les jeunes
algériens, révolutionnaires, qui ont choisi de combattre à l’aide de la parole
politique et la plume, avec les prisonniers de droit commun, c’est la plus
grave faute de leur part :

Prisonniers politiques et prisonniers de droit commun s’y


côtoyaient. Ce fut la première erreur commise par les
français, car en permettant la promiscuité, ils favorisèrent
la contagion révolutionnaire, et une prise de conscience
nationale. Les prisonniers de droit commun trouvèrent là
l’occasion de réhabiliter leur honneur perdu en rejoignant

- 39 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

le maquis à leur libération. Plusieurs d’entre eux y


laissèrent la vie, d’autres vivent encore, honorés et
protégés par les figures emblématiques de la révolution.
L’histoire s’était chargée de leur donner la virginité
nécessaire à une révolution.(P.31)

II.1.4. L’atelier : lieu de création.

C’est le lieu désiré par Khaled, c’est un lieu créatif où le narrateur vit. Il le
considère son refuge et son paradis, là où il a réalisé sa carrière est devenu un
peintre célèbre en France, car il n’a pas voulu vivre dans un endroit ordinaire :

Je n’ai pas besoin d’habiter une maison


poussiéreuse, sur chargée d’objet et de désordre
pour me sentir artiste. C’est là une autre fausse idée
sur les peintres.
Je suis habité par le désordre, je me l’habite pas,
c’est ma seule façon de mettre de l’ordre en moi.
(p.159)

Khaled était parmi les blessés d’une terrible bataille autour de Batna,
entre les soldats français et les maquisards. Il est atteint par deux balles au
bras gauche, et il est envoyé en Tunis pour recevoir le soigne, mais les
médecins ont échoué, et faute de pouvoir extraire les balles, ont du s’amputer
son bras. Pendant son installation à l’hôpital un médecin Yougoslave lui
proposa de dessiner pour sortir de son état psychique douloureux :

Dessinez ce qu’est le plus proche de votre âme !


m’avait dit mon médecin, un Yougoslave qui avait
gagné la Tunisie pour soigne les révolutionnaires
algériens blessés. (P.57)

L’atelier, date des moments intimes pour notre héro Khaled, son
rendez-vous avec Hayet, lorsque cette dernière dévoile sa finesse jalousie
envers portrait d’une belle femme, que Khaled vient de peindre. Il a senti ce là
dans l’accent changeant de sa voie, qui elle est perturbée par l’image de cette
femme :

Je n’avais aucune envie de te relater l’histoire de ce


portrait lors de notre première rencontre, de peur

- 40 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

que cela ne compromette notre relation ou ne te


fasse changer d’avis sur moi. (P.92)

La peinture pour notre héros est l’expression de son âme, car une
toile ou un grand tableau reflètent les couleurs de ses profondeurs, et en eux
réside le secret de la création, et notre narrateur possède ce don. Il était
passionné par la peinture et lorsqu’il a aimé Hayet, c’est à travers l’œil d’un
peintre :

Je n’étais ni voleur ni homme saint, pour que cette ville


me blesse. J’étais seulement un amoureux qui t’aimait
avec une folie de peintre tel un païen son idole. Après
l’avoir créée, il l’adore et la comble d’offrandes.
(P.143)

L’atelier pour notre héros est l’univers qui symbolise tout ce qui est
Art, même sa rencontre avec Hayet dans l’atelier était une occasion pour une
intéressante conversation entre les deux sur les peintres et les poètes, Khaled
n’a pas cessé de parler de son amour, pour la peinture et les peintres :

J’ai lu des choses incroyables sur les peintres.


D’entre tous les artistes, ce sont les plus fous ! Leur
folie est excessive, brutale, effrayante, sans
comparaison avec celle des poètes et des musiciens.
J’aime les biographies de peintres. J’ai lu celles de
Van Gogh, Delacroix, Gauguin, Dali, Cézanne,
Picasso…et quelques-unes de ceux qui n’ont pas eu
la gloire qu’ils méritaient. Peu m’importe en réalité
la gloire des peintres, c’est plutôt leurs humeurs,
leur caractère et leur excès que j’aime. (P.143)

L’atelier, demeure pour Khaled le lieu de purification, où il se vide toute


déception ou sentiment de malheur : « Je voulais peindre, peindre, peindre…
jusqu’à me vider de tout, jusqu’à tomber raide, sans connaissance, à bout de
fatigue et de plaisir » (P.324) .

- 41 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

II.2. Les lieux ouverts :

II.2.1. Le maquis : lieu d’héroïsme et de défit.

C’est l’espace qui signifie pour Khaled le symbole de la liberté, c’est le


champ d’honneur et le pas gigantesque vers le demain meilleur, qui est
l’indépendance. C’est le premier lieu que le narrateur a choisi pour exprimer
sa personnalité et son existence et pour ce lieu glorieux il a quitté ses études
pour rejoindre le maquis : « J’avais rejoint le maquis en septembre 1955, au
début d’une année scolaire décisive. A vingt-cinq ans je basculais
brutalement dans mon autre vie » (P.33)

Le maquis représente pour Khaled un champ d’expérience, il a appris


beaucoup de choses malgré son jeune âge. Sa participation dans les
différentes batailles lui assura une grande place chez son chef, Si Taher et lui
accorde des missions importantes :

Les opérations militaires se succédèrent et me valurent


la confiance de Si Taher, et mon élection pour des
missions dangereuses, celles de la confrontation directe
avec l’ennemi. Par la suite, il me gratifia du grade de
sous-lieutenant pour que je puisse gérer seul certaines
batailles, et improviser mes propres décisions. Je
devenais un homme aux mains de la Révolution, comme
si le grade que je portais attestait la guérison de la
mémoire, de mon enfance (P.34)

II.2.2. Les ponts : les passerelles suspendues.

La première idée que Khaled a eu lorsqu’il a décidé de peindre, c’est


faire une toile d’un pont de sa ville Constantine :

J’avais attendu le matin avec impatience pour sortir


acheter, avec ce qui me restait en poche, ce dont j’avais
besoin pour réaliser un ou deux tableaux. En rentrant,

- 42 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

je m’étais précipité comme un fou sur le pont des


Cordes de Constantine ! (P.60)

Les ponts pour notre personnage Khaled sont des passerelles qu’ils
l’emmènent vers ses projets d’avenir, ce sont des liens qu’ils l’accrochent à sa
patrie. C’est la voix de sa nostalgie qui elle lui a appris à dessiner, le pont
c’est son premier tableau qu’il l’appelait « Nostalgie »

Nostalgie n’était pas vraiment une toile mais une


esquisse, un projet de rêves dépasse par les évènements
de quinze années d’imprévu. Je la mise sous mon bras,
soudain pressé, désireux de rentrer chez moi et de
m’assoir enfin seul en face d’elle, pinceau et couleurs
entre les mains. Je devais lui insuffler la vie, le bruit,
mettre en elle toute la matière du pont, pierre par
pierre. Une autre obsession accaparait mon esprit
éclaté, enveloppait toute autre idée: comment nous
revoir et où ?.(P .131)

En dessinant sa toile, Khaled ne cesse de penser aux différents ponts de


Constantine, car ses derniers reflètent les chemins qui mènent vers d’autre
monde. Ce sont les surfaces apparentes qui cachent les abîmes obscurs et les
lointains mystérieux, que notre héros peintre à l’aide de son génie artistique a
pu les coloré per des couleurs vivantes.

J’arrêtai mon geste au moment de décrocher la toile


que j’avais gardée pour la fin. Je la regardai
attentivement et il me sembla qu’il lui manquait
quelque chose. Seul un pont traversait le cadre de part
et d’autre, suspendu en ses extrémités par des filins,
telle une balançoire de tristesse sous laquelle se
projetait un abîme rocheux isolant la clarté et le bleu
du ciel. La scène nécessitait de nouveau détails pour
casser le contraste, meubler l’uniformité des deux
couleurs. (P.130)

- 43 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

La mémoire de notre personnage est reliée aux ponts, est-il ne peut


jamais imaginer Constantine sans ses ponts et lorsqu’il a parlé avec Hayet, il a
déclaré cette émotion en lui disant : « Je ne comprends pas comment tu peux
aimer Constantine son ses ponts [… ] ette ville n’est rien sans ponts. (P.166).

Constantine est la ville des ponts, et ses derniers sont toujours présents
dans l’imaginaire de chaque constantinois. Ce sont des créatures fascinantes
qui attirent et occupent les hommes d’Art et de la littérature et Khaled ne
cache pas son amour pour cette ville, et sa relation avec ses ponts.

Plusieurs ponts sont restés jusqu’à présent des monuments, comme : Le


pont de sidi M’Sid, le pont de Chuts, le pont d’El Kantara, le pont de Sidi
Rached, le pont de Diable ce dernier est construit au départ par les Turcs au
pied du « Roche des Martyrs », il été réserver aux piétons, mais maintenant de
ce pont on peut que accéder au chemin des touristes du pont du chutes29 .

Khaled dans sa vision pour les ponts incarne sa philosophie de la vie, car
ces passerelles pour lui symbolisent les différents comportements des gens
qu’ils les traversent. Notre narrateur voit que tout mouvement sur ces ponts
passe vite et reflète le monde moderne qui se dirige vers l’avenir sans prendre
en considération les repères du passé :

Tout m’a paru pressé sur ce pont, les passants, les


voitures, et même les oiseaux, comme si quelque chose
les attendait de l’autre côté. Peut-être. Ils ignoraient
probablement qu’ils laissaient derrière eux ce qu’ils
cherchaient devant, et qu’en fin de compte il n’existe
aucune différence entre les deux extrémités du pont.
(P.284).

Autant que Khaled aime les ponts, il arrive qu’il les déteste, lorsque ces
derniers s’ouvrent sur la souffrance et lient l’homme à des lieux que le blesse
et le chagrine

29
Note de lecture.

- 44 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

J’ai découvrent que je n’aimais pas les ponts, je les


déteste même, comme tout chose double, porteuse de
son contraire, ouverte sur deux probabilités.(P.379).

Et, pour comprendre un pont, il faut plonger dans le moindre détail de


chaque élément de la vie, et les ponts se sont des liens qu’on étale pour
atteindre nos passions.

II.3. Les non-lieux :

La description de ces lieux dans Mémoires de la Chair est superficielle,


car le narrateur les cite seulement pour un besoin narratif .

II.3.1. Le café : lieu de rencontre et d’amusement.

Le café généralement est un espace qui s’ouvre sur la rue et dans la


plupart de temps il ne reflète pas une grande chose, c’est un lieu qui offre une
certaine gaieté est joie pour ceux qui ils le fréquentent et Khaled les cafés
constituent un espace de contentement et un abri de soulagement pour
changer l’air de la vie quotidienne : « Marcher, s’adosser contre un mur ou
s’installer à une terrasse de café et regarder ceux qui vont et
viennent »(P.136).

Les cafés, sont dans la vie de Khaled des simples places de rencontre, il
ne varie pas ces places, et fréquente généralement celles qui sont proches de
sa maison : « Paris se révélait étroit. Tu ne connaissais que les cafés
estudiantins. Je ne fréquentais que ceux de mon quartier. Après moult
discussion nous avion opté pour un café-restaurant situé après de chez moi »
(P.139).

- 45 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

II.3.2 .Le hammam : lieu rituel.

Ce lieu entre dans les traditions arabes héritées de la civilisation


Ottomane30 . Ce sont des lieux fréquentés par les gens pour prend un bain
sanitaire grâce à ses eaux chaudes. Notre personnage narrateur Khaled, nous
relate le moment où l’héroine Hayet se prépare à aller au hammam

Attika avait passé la soirée à s’organiser pour


l’heureux événement du lendemain : accompagner la
mariée au hammam dans la matinée, et participer au
rituel du henné le soir. (P.299).

Khaled, nous relate comment ce lieu est vue par les femmes, et comment
elles se préparent pour aller à ces dernier.

Le choix des tenues à mettre dans sa valise pour


hammam la stressait et l’obsédait car c’est un lieu où
les femmes viennent exposer leur lingerie vanter
l’étendue de leur richesse ou se convaincre elles même
qu’elles n’ont rien perdu de leur capacité à séduire un
homme, tout à fait comme le jeune mariée qu’elles
accompagnent et lorgnent avec envie. (P.100).

Les non-lieux de ce roman n’apparient, que des endroits de quotidien qui


entrent dans le tissu narratif comme des éléments constitutifs qui complètent
un rôle sans qu’ils interviennent et changent l’intrigue.

A travers l’espace de la ville de Constantine, tous les lieux s’émergent


pour construire un univers mosaïque où les événements s’emboitent entre eux
en donnant à l’histoire un apport symbolique riche de signification.

Constantine, une ville qui englobe une histoire variée et importante, une
ville qui est intégrée dans le patrimoine mondial pour être un site universel
qui fascine les hommes d’art, les peintres, les poètes et les romanciers de
toutes les langues et les nationalités.

30
Note de lecture.

- 46 -
Chapitre II : Constantine entre la valeur historique et l’apport symbolique

Durant ce chapitre, nous avons essayé d’analyser et déciller cette trace


poétique, littéraire et symbolique à travers les différents lieux où le narrateur
personnage Khaled nous a décrit par le biais d’un style qui révèle l’envie de
suivre ce roman jusqu’à la fin.

Des lieux fermés, qui représentent tous les êtas d’âme que notre héro a
vécu, des lieux douloureux, comme les chambre surtout sa chambre où il a
découvrit l’infidélité de son bien aimée Hayet, la chambre de Ziad qui lui
ouvre des multiples blessures, comme la mort de cet ami palestinien.

Comme nous avons essayé aussi de découvrir les lieux ouverts,


comme le maquis, les ponts avec toute leur signification de nostalgie et
symbolique de liberté. Nous avons aussi entamé les non-lieux qui sont des
lieux secondaires qui ne changent pas l’intrigue et le destin des personnages.
Ils sont présents seulement pour un besoin narratif.

- 47 -
Conclusion générale :

Pour lire un roman et étudier son espace, est une aventure fascinante,
un voyage indéterminé dans l’univers romanesque, Chaque
approfondissement est un pas audacieux vers les profondeurs lointaines des
lieux, des lieux qui nous font sourire, et d’autres qui nous font pleurer et
entre ces deux émotions la découverte reste un but et un objectif.

Nous avons remarqué l’importance de l’espace dans le roman


contemporain algérien et comment cet élément se manifeste et prend une
valeur significative et un apport symbolique dans le roman « Mémoires de
la Chair » d’Ahlam Mostaghanemi, l’espace joue un grand rôle dans la
construction romanesque, c’est lui qui déterminé le cheminement de
l’intrigue et c’est cela que nous avons découvert, les évènements dans
Mémoire de la Chair sont liés par l’espace de Constantine, qui représente la
ville thématisée sous l’image de l’héroïne Hayet qui est à la fin du compte
l’image de la ville de Constantine, qui occupe l’esprit de narrateur
personnage Khaled , et ne le quitte jamais .

Cette ville qui incarne la patrie -l’Algérie- que Khaled est éloigné
d’elle par sa propre volonté lorsqu’il a choisi Paris, comme exil. L’espace
englobe les différents états d’âme des personnages et cristallise la
signification cachée entre leurs multiples comportements.

Au premier lieu, nous avons essayé de rapprocher les éléments


concepts comme : espace, ville, lieu, en leurs donnent des petites
définitions sans étaler dans détailles théoriques.

Au deuxième lieu, nous avons analysé ces espaces dans le roman, en


expliquant le symbolique de ces lieux et comment Ahlam Mostaghanemi a
pu les adapter pour passer son message et illustre ses réflexions.

Ahlam Mostaghanemi, cette écrivaine algérienne d’expression arabe


a pu créer une place importante parmi les grands écrivains arabes. Son

- 49 -
Conclusion générale :

écriture soignée et son style élégant et sa langue poétique ont bouleversé le


monde de la littérature arabe, Nizzar Kabbani a valorisé son œuvre –
Mémoires de la Chair-en déclarant qu’elle est le roman inondé de poésie et
que cette histoire ressemble qu’elle parle de lui-même , c’est l’œuvre qu’il
lui a tourné la tête31 , il a félicité l’écrivaine pour cette dernière –Mémoires
de la Chair-pas seulement lui , mais il y a d’autres homme de politique , de
culture et d’Art, qui ont beaucoup apprécrandié ce fameux travail, comme
Khalida Tomi, l’ex-ministre d’éducation, l’écrivain arabe, Naguib
Mahfouz32 , tous ont béni ce roman .

Dans cette œuvre –Mémoires de la Chair- ; Ahlam Mostaghanemi


montre bien l’influence de la ville de Constantine et comment le narrateur a
réussi de dessiner ce site historique, et relever sa charge poétique et
symbolique et son rôle primordial dans l’enrichissement de sa mémoire
personnelle et celle de la collectivité.

En effet, grâce à la particularité de Mostaghanemi et sa belle


description, son œuvre a pu gagner un large public, ce qu’il lui assure une
bonne réception.

Chez Ahlam Mostaghanemi, l’apport symbolique de l’espace se


manifeste dans chaque coin, chaque lieu, tous les endroits ont un message à
accomplir sort explicitement ou implicitement, par exemple, les différents
ponts cités dans le roman, ne sont pas seulement des créations
architecturelles uniques dans leurs construction, mais ce sont des
passerelles qui unirent chaque constantinois en particulier et chaque
algérien en général avec sa mémoire et son histoire, les maisons par leurs
facettes , leur odeur, les tombeaux des anciens marabouts, les mosquées qui

31
Note de lecture.
32
Note de lecture.

- 50 -
Conclusion générale :

relèvent l’appel à la prière en lient l’homme à son Dieu , en lui donnent la


pitance pour se nourrir .

Le choix de ces espaces, c’est d’après une réflexion et selon le


besoin de narration. Dans –Mémoires de la Chair- les lieux sont
harmonieux, ils se complètent pour former un univers narratif qu’englobe
une histoire humaine ou se mêlent la souffrance et l’espoir, la vertu et
l’abjection, le mal et le bien.

La richesse historique et sémantique et symbolique et aussi


géographique, nous a aidé à déduire la relation qui lie les lieux existés
dans –Mémoires de la Chair- avec les personnages. L’approche sémantique
nous a facilité de lire les différents lieux et extraire l’apport symbolique
parce que chaque lieu engendre une image et représente un symbole de
cette ville énigmatique qui ne cesse de garder ses secrets pour chaque siècle
et révèle la curiosité des chercheurs et des aventureux, qui viennent chaque
année dans l’espoir de déchiffrer ses énigmes et sa beauté géographique.

Enfin, nous espérons que nous avons pu arriver à présenter cette


ville fascinante et expliquer un peu comment ces variantes espaces de cette
ville rocher avec ses ponts suspendus ont pu être des repères de l’Histoire
et de la mémoire.

Cet espace constantinois mérite beaucoup d’études et de recherches,


car Constantine démure une mine qui dégage dans chaque découverte ses
perles précieuses.

Notre recherche n’est qui une tentative car le domaine de l’espace


est un champ très vaste qui demande beaucoup d’effort et plusieurs
documentations.

- 51 -
Références Bibliographiques

 Le corpus d’étude :
1. MOSTAGHANEMI Ahlam, Mémoires de la chair, Ed. SEDIA,
Algérie, 2013.
 Ouvrages critiques :
1. ABDELMADJID Merdaci, MÉTAIR Kouider,CONSTANTINE
Citadelle des vertiges, MEDIA-PLUS, 2000.
2. ACHOUR Christiane, REZZOUG Simone, Convergences Critique,
Office des publications universitaires, 05. 2009.
3. BACHELARD Gaston, Poétique de l’espace, Paris, PUF, 1957.
4. BENABBAS KACHUCHE Samia, La médina de Constantine, ED
DAR ELHOUDA, AIN Melila, 2010.
5. BASSAND Michel, KAUFMANN Vincent, JOYE Dominique,
Enjeux de sociologie Urbaine, ED EPA Lausanne, Espagne, 2007.
6. BLANCHOT Maurice, L’espace littéraire, ED FOLIO, Essais, Paris,
1969.
7. CICÉRI M.F, MARCHAN, B, RIMBERT. S, Introduction à
l’analyse de l’espace, ED MASSON, Paris, 1977.
8. COTE MARC, Constantine, cité antique et ville nouvelle ED.
MEDIA-PLUS, Constantine, 2006.
9. MORISSET. Klucie, BRETON Marie-Ève,La ville phénomène de
représentation, presses de l’université du Québec, 2011.
10. GERARD Genette, Figures II, ED. Seuil, 1969.
11. MITTERAND Henri, L’espace et le sens, Germinal d’E Zola, Ed.
Hadès, Paris, 1985.
12. RAJBUD Yves, Géographie Socioculturelle, Ed. Harmattan, 2011.
13. BUTOR Michel, Essai sur le roman, Ed. Gallimard, Collection Idée,
Paris, 1969.

- 53 -
Références Bibliographiques

 Dictionnaires :
1. ARON Paul, SAINT- JACQUES, Denis, VIALLA Alain, Le
dictionnaire du littéraire, Quadrige /PUF, Paris, 2004.
2. ALAIN Rey, Le Robert micro, Chez Maury-Imprimeur 45330
Malesherbes, Malesherbes, Paris, 2010.
3. HACHETTE, Collection n°11, Ed n°01, 2010.
 Revus :
1. Les cahiers du SLADD N°1, Ed. DAR El Houda, Ain M’lila, Algérie,
2002.
 Articles :
1. KADI BAKAI Fatima, Les Algériens et leur Histoire, Resalage-
Hors, Serte, Novembre, 2012.
 Les thèses :
1. Espace algérien et réalisme romanesque des années 80, thèse de
Doctorat d’Etat en langues Etrangères, présentée par, Bouba
Mohammedi tabti, université d’Alger, 2001.
2. La symbolique de l’espace, Paris et Constantine, dans le quai aux
fleurs ne répond plus de Malek Haddad, thèse de licence, présentée
par, Abdelhalim Mazouzi, université Mohamed Khider, 2010/2011.
3. L’espace comme Enjeux, chez trois écrivains d’Algérie R. Randon, A
Camus, Y Kateb, mémoire de magister, présenté par, Kacedali
Kheddar Assia, université d’Alger, 1988.
4. Paris, espace Mythique dans le roman Négro-africain : Cas d’un
Négro à Paris de BERNARD BINLIN DADIE, Mémoire de Master,
présentée par, Twfik Meskouna, université Mohamed Khider,
2012/2013.
 Sitographie :
1. http:// www.lesphilosophes.fr./Kant-critique-de-la-raison-pure.
2. http:// www.ahlammostaghanemi.com/#/biographie/ctzfConstantine.

- 54 -

Vous aimerez peut-être aussi