Cycles biogéochimiques et perturbations
Cycles biogéochimiques et perturbations
Remarque : 7 autres oligo-éléments indispensables pour les animaux supérieurs ont été mis
en évidence depuis plus d’une trentaine d’années ce sont : le cobalt ; le molybdène ; le
sélénium ; le chrome ; le vanadium ; le fluor et le nickel.
1
Tableau 3.1.1: Composition chimique de la matière vivante chez l’homme et dans la
luzerne comparée à la composition de l’écorce terrestre.
3
pénètre directement s’égoutte ou s’écoule (ce qui a une importance capitale pour
les petites biocénoses distribuées en surface des troncs, feuillages etc.)
Evapotranspiration : on appelle évapotranspiration la quantité d’eau évaporée
physiquement additionnée à celle qui est transpirée biologiquement. La quantité
d’eau transpirée par les plantes est généralement grande d’autant plus grande
que leur alimentation en eau est meilleure. Ainsi, un Bouleau évapore par jour 75
l d’eau ; un Hêtre 100 l/j ; un hectare de forêt évapore 20 à 50000 l/j. Cette
évapotranspiration du couvert végétal vaporise chaque année des quantités
considérable d’eau. Egalement, une culture qui produit 20 T de matière végétale
à l’hectare (poids frais) nécessite l’utilisation de 2000 t d’eau (au minimum). Par
ailleurs, dans le Bassin du Congo, il a été montré que la majeure partie de
l’apport pluvial est assurée par l’évapotranspiration de sorte que le bassin vit en
économie fermée (Fig.3.1.2 )
4
Figure 3.1.1 : Schéma général du cycle de l’eau (in
RAMADE, 1980)
Figure :
3.1.2
5
3.2. Cycle du Carbone (C)
3.2.1. Introduction.
Le carbone est l’élément essentiel primordial de toutes les substances
organiques. Le carbone constitue l’élément biogène primordial : élément
central de la chimie organique.
La photosynthèse, chez les plantes vertes, fixe le dioxyde de carbone (CO2)
de l’air dans les cellules de la plante ; et c’est là que les organismes
hétérotrophes s’approvisionnent pour leurs besoins en carbone. Le cycle du
carbone s’effectue entre le gaz carbonique et les êtres vivants. La source du
carbone est sous forme de CO2 pour tous les organismes vivants.
C’est le plus parfait des cycles biogéochimiques par la suite de la grande
vitesse à laquelle cet élément circule entre les divers milieux inorganiques et
à l’intérieur des communautés des êtres vivants par les réseaux trophiques.
Il est sous deux formes minérales prépondérantes
a) L’état de carbonates (roches, dépôts…etc.
b) A l’état gazeux C02 , qui représente la forme circulante du carbone
organique.
3.2.2. Le cycle proprement dit (Fig. 3.2.1)
CO2 atmosphérique
7
Figure 32.2 : cycle du Carbone
8
Figure 3.2.3: Cycle de la matière et flux de l’énergie au niveau
cellulaire. Remarquer l’exacte complémentarité de la
photosynthèse et de la respiration en ce qui concerne la circulation
des éléments.
9
dont la formation de tourbe constitue un exemple actuel. C’est ainsi, que dans le
passé, se sont constitués les formidables dépôts de charbon, de pétrole et autres
hydrocarbures fossiles ou de calcaire en milieu aquatique, ce qui représente aussi
une forme de stagnation du cycle du carbone.
k) L’ensemble de ces phénomènes correspond à un épicycle de la circulation générale
du carbone dans la biosphère. On peut donc considérer, en conclusion, que depuis
le début du quaternaire jusqu’à l’avènement de la société industrielle moderne, que
le cycle du carbone dans la biosphère était pratiquement parfait. La plupart de la
production primaire annuelle, était décomposée par la respiration des autotrophes
et hétérotrophes et le gaz carbonique rejeté compensait de façon quasi rigoureuse
la quantité de gaz carbonique retirée de l’atmosphère par la photosynthèse.
Depuis une date récente, l’homme a inversé le sens de ce phénomène puisqu’il utilise
comme combustible des masses de plus en en plus importantes d’hydrocarbures fossiles ce
qui enrichit l’atmosphère en C02 (13 % pour les 50 dernières) ce qui induit :
Une augmentation certaine de la photosynthèse
En revanche cette augmentation du C02 tend à faire augmenter la température dans
l’air dont le résultat est le phénomène de l’effet de serre. Ce mécanisme pourrait faire
fondre les calottes polaires et amener des inondations des continents.
3.3.1 Introduction :
L’azote est un composant essentiel des protéines et des acides nucléiques. Ce sont
les éléments de bases très complexes et indispensables à la matière vivante. Les acides
nucléiques déterminent les caractéristiques héréditaires et, par le biais de la synthèse
protéique, l’individualité biochimique de toutes les plantes, animaux et microorganismes.
3.3.2 Cycle :
10
Figure 3.3.1. : Cycle de l’azote.
b) Malgré sa très grande complexité, e cycle fonctionne bien et rapidement. L’air qui
contient 79% de N2 est à la fois le grand réservoir et la soupape de sûreté du
système. Il alimente constamment le cycle de plusieurs façons :
i. La voie inorganique : les décharges électriques qui se produisent
lors des orages synthétisent, à partir du N2 et du O2 de l’air, des
oxydes d’azote, qui sont amenés au sol par les pluies ; une fixation
photosynthétique de N peut être aussi avoir lieu ; ainsi il a été
estimé de 1 à 10 kg d’azote nitreux ou nitrique pouvant être fournis
à l’écosystème par ha et par an. Il existe aussi un apport d’azote
par le volcanisme.
ii. La voie organique : c’est par la voie biologique que la plus grande
quantité d’azote rentre dans la biosphère. En effet, l’azote
atmosphérique ne peut être utilisé sous forme moléculaire que par
de rares organismes bactéries fixatrices d’azote et les
Cyanophycées (algues blues). Ces bactéries sont soit :
a. Aérobies (libres) tel Azotobacter ;
b. Anaérobies (libres) tel Clostridium
c. Photosynthétiques (libres) tel Rhodospirillium,
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d. Symbiotiques (fixées aux légumineuses) tel
Rhizobium (sont de puissants fixateurs d’azote.
La teneur de l’azote fixé par les continents tend à augmenter. En effet, l’azote fixé
industriellement sous forme d’engrais double tous les 6 ans ; la culture des légumineuses
augmente d’au moins 10% la quantité naturellement fixée. Ainsi, les sols et les cycles
biologiques des écosystèmes peuvent s’enrichir progressivement en N par lessivage. Ainsi,
les nitrates peuvent alors enrichir les nappes aquifères dans des proportions qui deviennent
très dangereuses pour la consommation humaine. De plus les déchets organiques
(déjections animales et humaines très riches en azote telle l’urée) sont évacués dans les
rivières, les lacs et la mer ; ils provoquent l’eutrophisation.
Ainsi, cette eutrophisation (pollution organique) nuit souvent au fonctionnement des
écosystèmes aquatiques; puisque les fleurs d’eau en sont la conséquence. En effet, il y a
une multiplication démesurée de petites plantes entraînant une consommation totale de
l’oxygène pendant la nuit et par conséquent la mort par asphyxie de tout ce qui respire dans
l’eau. Tous les organismes supérieurs crèvent provocant un pourrissement et une
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fermentation. L’eau dégage des odeurs nauséabondes. Tout ceci montre encore une fois
qu’il est préférable de ne pas perturber l’équilibre normal de la nature.
Figure 3.3.2 : Cycle de l’azote. (Etapes de la décomposition de MO ramenant l’azote dans l’écosystème ou la
dénitrification en présence de microorganismes) (D’après Ramade, 1984).
3.4. Cycle du soufre
3.4.1 Introduction :
Le soufre est un élément indispensable à tous les êtres vivants. Une série d’acides aminés,
des protéines contiennent du soufre (méthionine, cystine cystéine… kératine chez lez
animaux… etc.) il participe à la structure tertiaire.
3.4.2 Cycle :
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Figure 3.4.1 : Le Cycle du Soufre
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c) Les autotrophes absorbent l’ion sulfate pour élaborer les acides aminés
soufrés (méthionine, cystine cystéine… kératine…etc., qui ont un rôle
dans les ponts disulfurés : rôle dans la structure tertiaire). Le soufre
organique ainsi constitué va se retrouver à chaque maillon de la chaîne
trophique. La matière organique morte ainsi que les excréments
fournissent à nouveau des ions sulfates à l’environnement et ainsi de
suite…
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Figure 3.4.3 : schéma des réactions chimiques lors du cycle du soufre. Et les microorganismes qui y participent.
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a) Dans le sol cela entraîne une augmentation du lessivage qui mène vers la
podzolisation des sols. Ce qui entraîne un appauvrissement des sols et
par conséquent diminue la productivité des écosystèmes forestiers.
L’exemple en Suède montre que les pluie ont atteint un pH de 4,5 ; elles
ont été enrichies en H2SO4 à cause des émissions de gaz riches en riches
en SO2- ce qui a provoquent :
l’appauvrissement des sols suivi d’une diminution de la productivité
des écosystèmes forestiers d’essence résineux
b) Dans l’eau l’abaissement du pH est une menace sérieuse pour la vie
aquatique ainsi, le Saumon est éliminé à un pH inférieur à 5,3
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3.6. Cycle des cations biogènes
3.6.1. Introduction
Nous avons passé en revue les cycles des nutriments minéraux qui forment la quasi-totalité
de la matière des êtres vivants. Cependant ces derniers ne peuvent pas vivre s’ils ne
contiennent pas des quantités suffisantes de certains cations :
K (potassium); Ca (=calcium) ; Mg (=magnésium), (parfois Na) ce sont les
macro éléments minéraux ou poly nutriments parce qu’ils sont nécessaires
en grandes quantités ;
Fe (=fer) ; Mn (=manganèse) ou mésonutriments ;
B (=bore) ;Zn (=zinc) ; Cu (=cuivre); Mo (molybdène) ; V (=vanadium)et
l’anion Cl (=chlore) ce sont les oligoéléments ou oligonutriments ; il ne faut
que de faibles quantités (ppm). Certains de ces éléments sont nécessaires
à la plantes et non au animaux et vis-versa : exemple le Na (sodium) est
nécessaire aux animaux (pompe à Na/K)et non aux plantes.
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Figure 3.6.1 : Cycle annuel (kg/ha/an) des polyéléments dans une chênaie –Coudraie (Querceto-Coryletum)
(Duvignaud, Denaeyer et al., 1971)
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3.7. Transferts et cycles des éléments biogènes au sein des écosystèmes.
Le transfert des éléments biogènes (et autres éléments chimiques) suit deux
directions principales, qui sont nommés, suivant OVINGTON (1968) : le cycle biologique, qui
est un cycle fermé et le cycle géochimique, qui est un cycle ouvert sur le monde extérieur.
Nous prendrons comme exemples des écosystèmes forestiers, qui présentent un maximum
de complexité.
1) le cycle biologique (Fig. 3.7.1)
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les pluies (eau d’égouttement et eau d’écoulement), sécrétions radiculaires,
racines mortes.
La rétention de l’autre fraction des éléments absorbés, dans les organes
pérennants de la phytocénose essentiellement dans l’incrément annuel des
organes ligneux
L’absorption, qui correspond à une évaluation grossière des besoins de la biocénose, est
naturellement la somme la somme des éléments retenus et des éléments restitués
2) Le cycle géochimique
Le cycle géochimique est un cycle ouvert, une sorte de flux provenant du monde extérieur et
branché sur le cycle biologique.
Il comprend deux postes : l’import (input) et l’export (output) d’éléments minéraux :
L’import comprend :
a) une addition par les précipitations : poussières, aérosols, pluie, neige etc.
L’ordre de grandeur de l’addition annuelle par la pluie s’élève, en région tempérée, selon
OVINGTON (1968), à 1-10 kg/ha de K, 3 à 19 kg/ha de Ca, 4 à 11 kg/ha de Mg, 0,8-4,9
kg/ha de Na et 0,2 –0,6 kg/ha de P. Cependant, S qui domine dans les régions
industrialisées. Le Na est fort important dans les région littorales.
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Le couvert forestier est très efficace dans la capture de poussières aéroportées ; celles-ci
peuvent se déposer sur les frondaisons par temps sec, puis être amenées au sol par le
temps de pluie . La quantité totale d’éléments apportés su sol forestier par la pluie est ainsi
la somme des quantités apportées par la pluie et les poussières incidentes (import) et par le
lavage et le lessivage des nappes foliaires et les troncs et branches par les eaux
d’écoulement et d’égouttement.
Ceci met en valeur l’importance de la roche-mère, même dans un sol mûr arrivé à son
climax ; ces phénomènes montrent que l’évolution physique d’un sol (spécialement de
sa texture) ne va pas de pair avec son évolution chimique car seuls des éléments
chimiques solubles de la roches mère peuvent être amenés en surface par des racines
profondes.
Ils donnent ainsi une place plus importante à la lithologie des roches mères dans les
études écologiques. Ils permettent d’insister sur la nécessité d’élaborer des cartes
lithologiques, qui généralement n’existe pas encore.
L’export comprend :
a) Des pertes d’éléments dans les eaux de drainage. Ainsi, l’analyse des
eaux de drainage retenues, au bas du bassin versants par un petit
barrage muni d’une jauge d’estimer les éléments exportés permet
d’estimer les éléments exportés (Tab. 3.7.1).
Tableau 3.7.1: Estimation des éléments biogènes exportés par les eaux de drainage
Importation Exportation
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Par les précipitations brute dans l’eau
(kg/ha) de drainage
Ca++ 2,6 11,2¨
+++
Mg 0,7 2,9
K+ 1,1 1,7
Na+ 1,5 6,9
+
NH4 2,7 0,4
NO3- 16,3 8,7
SO4- 38,3 48,6
Cl- 5,2 4,9
+++
Al - 1,8
SiO2 dissous - 35,1
Ainsi, pour une forêt mélangée caducifoliée recouvrant 6 petits versants montrent que
les pertes en éléments minéraux ne sont pas importantes sauf pour Ca et Si02.
b) Des pertes d’éléments par exploitation humaine : il y a perte plus ou
moins massive d’éléments lors de la récolte des producteurs primaires ou
secondaire.
L’appauvrissement du sol par la récolte du tapis végétal a fait l’objet
de nombreuses recherches en agriculture ; on sait que certaine plantes
cultivée épuisent beaucoup plus rapidement le sol (betterave, pomme de
terre, oléagineux, exportant chaque année de 300 à 700 kg d’éléments
minéraux par ha), que d’autres moins épuisantes (légumes, arbres fruitiers,
céréales). Voici quelques valeurs classiques (WALTER, 1947) (Tab. 3.7.2) :
Tableau 3.7.2 : Perte annuelle du sol, pour une récolte moyenne, en kg/ha
N P K Ca
Froment 70 30 50 30
Pomme de terre 90 40 160 76
luzerne - 242
24
N P K C
a
Boeuf 600kg
Mouton 70 kg 16 5 1 9
1,6 0 0 0
,4 ,1 ,6
En outre, le tableau suivant (3.7.4) donne un aperçu des réserves moyenne des sols
cultivés de France en divers éléments minéraux, et des quantités exportées, chaque année
par les récoltes.
Tableau 3.7.4: Réserve moyenne en éléments minéraux (kg/ha) des sols cultivés en
France
Ca K P
25
Forêt de Pins 424 168 38
Forêt de résineux 890 466 74
Forêt de feuillus 1930 483 106
cultures 2420 7400 1060
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