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Caputo

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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique

N˚ Attribué par la bibliothèque


Année univ.: 2016/2017

Quelques propriétés et applications de l’opérateur


fractionnaire de Caputo
Mémoire présenté en vue de l’obtention du diplôme de

Master Académique

Université Dr Tahar Moulay - Saïda


Discipline : MATHEMATIQUES
Spécialité : Géométrie Différentielle
par

Benaissa Assia 1
Sous la direction de
Dr F.Z.Mostefai

Soutenu le 23 Mai 2017 devant le jury composé de

S. Ouakkas Université Dr Tahar Moulay - Saïda Président

F.Z. Mostefai Université Dr Tahar Moulay - Saïda Rapportrice


S. Abbas Université Dr Tahar Moulay - Saïda Examinateur
N. Bekkouche Université Dr Tahar Moulay - Saïda Examinatrice

1. g-mail : [email protected]
2

Dédicaces

Remerciements et louanges à Dieu Tout Puissant pour m’avoir donné la foi et la


force d’accomplir ce modeste travail.

Prière et Salut soient sur Notre Cher Maître & Prophète " Mohammed " et sur
sa famille et ses fidèles compagnons.

Je dédie ce modeste travail à :

• Ma douce mère et mon cher père en reconnaissance des sacrifices qu’ils ont
fait pour nous tracer un chemin dans cette vie. Que vie nous donne temps pour les
remercier ! C’est grâce à leurs amours infinis, leurs patiences, leurs inestimables
aide et ses conseils que ma vie s’est construite !

• Mes vifs remerciements vont également à mes frères, mes soeurs, et tous ma
famille. C’est gràce à leurs amours et leurs sacrifices que ce mémoire a été mené
à bout enfin. Mon plus grand souhait dans cette vie, c’est de les voir toujours à
côté de moi , en bonne santé, heureux et que la paix soit avec eux.

• Pour terminer, j’adresse mon grand amour à tous mes amis intimes pour
l’appui moral qu’ils m’ont témoigné et les encouragements qu’ils m’ont offerts.
Les moments de travail que nous avons passés ensemble sont inoubliables.

Benaissa Assia
3

Remerciements

Tout travail réussi dans la vie nécessite en premier lieu la Bénédiction de Dieu, et
ensuite l’aide et le support de plusieurs personnes.
nous tiens donc à remercier et à adresser ma reconnaissance à toute personne qui
m’a aidé de loin ou de près afin de réaliser ce travail.

J’exprime ici notre profonde reconnaissance à l’égard de L’encadreur MOSTFAI


FATIMA ZOHRA. elle a su orienter mon travail sur l’immense champ d’actualité
de recherche. Les conseils et encouragements qu’elle n’a jamais cessé de prodiguer
sont inestimables, sa patience et sa compréhension m’ont permis d’avancer et de
terminer ce travail.

Que tous les membres du jury et tous les enseignants qui ont contribué à notre
formation reçoivent notre gratitude et en particulier ceux de département des ma-
thématiques.

Ainsi que notre vive gratitude envers tous ceux qui ont contribué de près ou de
loin à la réalisation de ce modeste travail.
4
Table des matières

0.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

1 Définitions de base 9
1.1 Fonctions spéciales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.1 Fonction Gamma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.2 Fonction Bêta . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.1.3 Fonction Mittag-Leffler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 La transformée de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.1 Transformée inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.2 Les proprietés de base de la transformée de Laplace . . . . . . . . . . . . 16
1.3 Intégrale et dérivée Fractionnaires de Riemann-Liouville . . . . . . . . . . . . . . 16

2 Dérivation fractionnaire de Caputo 19


2.1 L’opérateur fractionnaire de Caputo . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.2 Propriétés fondamentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.3 Quelques propriétés de dérivation fractionnaire de Caputo . . . . . . . . . . . . 21
2.3.1 Linéarité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
2.3.2 Non-commutativité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.3.3 Transformée de Laplace d’un opérateur fractionnaire . . . . . . . . . . . 23
2.4 Comparaison avec l’opérateur de Riemann-Liouville . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

3 Exemples des dérivations fractionnaires 29


3.1 La fonction constante . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3.2 La fonction puissance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3.3 La fonction exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
3.4 Les fonctions sinus et cosinus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

5
6 TABLE DES MATIÈRES

4 Equations différentielles ordinaires fractionnaires 41


4.1 Problème de valeur initiale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
4.2 Convergence de solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

Conclusion 47

Bibliographie 49
0.1 Introduction 7

0.1 Introduction
Le calcul fractionnaire est une théorie des intégrales et des dérivées d’ordre arbitraire réel
ou même complexe. C’est une généralisation du calcul classique et par conséquent, conserve de
nombreuses propriétés de base.

La dérivation fractionnaire fournit plusieurs outils potentiellement utiles pour la résolution


des équations intégrales. Elle s’introduit aussi naturellement dans la modélisation mécanique
des matéraux qui conservent la mémoire des transformations passées (voir [2]). D’où l’intérêt
particulier porté sur le calcul et l’analyse fractionnaire pendent ces dernières décennies.

Bien que le calcul différentiel classique fournit des outils puissants pour la modélisation d’un
bon nombre phénomènes étudiés par les siences appliquées, ces outils ne permettent pas de
tenir compte de la dynamique anormale que presente certains systèmes complexes rencontrés
dans la nature ou dans les interactions de la société. Les résultats expérimentaux montrent que
plusieurs processus liés aux systèmes complexes ont une dynamique non-locale impliquant des
effets à long terme. Les opérateurs de dérivations et d’intégrations fractionnaires présentent des
similitudes avec certaines de ces caractéristiques, ce qui en fait un outil plus adapté pour la
modélisation de ces phénomènes.

Historique :
L’histoire de la dérivée d’ordre non entier s’étale de la fin du 17 ème siècle jusqu’à nos jours. les
spécialistes s’accordent pour faire remonter son début à la fin de l’année 1695 quand L’Hospital
dn y 1
a soulevé une question à Leibniz en s’interrogeant sur la signification de lorsque n = .
dxn 2
Leibniz, dans sa réponse, voulut engager une réflexion sur une possible théorie de la dérivation
non entière, et à écrit à L’Hospital :". . . cela conduirait à un paradoxe à partir duquel, un jour,
on aura tirer des conséquences utiles". Il a fallu attendre les années 1990 pour voir apparaître les
premières "conséquent utiles". La première tentative sérieuse de donner une définition logique
pour la dérivée fractionnaire est dû à Liouville qui a publié neuf documents dans ce sujet entre
1832 et 1837. Indépendamment, Riemann a proposé une approche qui s’est avérée essentielle-
ment celle de Liouville, et c’est depuis qu’elle porte le non "Approche de Riemann-Liouville
". Plus tard, d’autres théories on fait leurs apparition comme celle de Grunwald-Leitnikov, de
Weyl et de Caputo (voir [2, 8]). A cette époque il n’y avait presque pas d’applications pra-
tiques de cette théorie, et c’est pour cette raison qu’elle a été considéré comme une abstraite
8 0.1 Introduction

ne contenant que des manipulations mathématiques peu utiles. Le passage des formulations
mathématiques pures à des applications, a commencé à voir le jour depuis les années 1990.
où les équations différentielles fractionnaires sont apparues dans plusieurs domaines tels que la
physique, la biologie, la mécanique. . .

Ce travail est divisé en quatre chapitres. Dans le premier chapitre, nous donnons quelques
définitions de base essentielles, utilisées dans la dérivation fractionnaire.

Le chapitre 2, contient plusieurs propriétés de la dérivation fractionnaire de Caputo, neces-


saires dans les chapitres suivants dans ce mémoire.

Dans le chapitre 3, on étudie quelques exemples de dérivation fractionnaire, on a choisi des


types des fonctions et on les donne ses derivées fractionnaires au sens de Caputo et de Riemann-
Liouville.

Au chapitre 4, on étudie les problèmes aux valeurs initiales linéaires pour des équations dif-
férentielles fractionnaires ordinaires et on les comparait avec des équations différentielles aux
valeurs initiales classiques et on a utilisé la transformée de Laplace pour resoudre ces problèmes.
Chapitre 1

Définitions de base

1.1 Fonctions spéciales


Dans cette section on présente quelques fonctions spéciales comme la fonction Gamma,
bêta et la fonction de Mittag-Leffler, qui seront utilisées dans les autres chapitres, ces fonctions
jouent un rôle très important dans la théorie du calcul fractionnaire.

1.1.1 Fonction Gamma


L’une des fonctions de base du calcul fractionnaire est la fonction Gamma Γ(z).
On donne la définition pour z ∈ C.

Définition 1.1.1. Pour tout nombre complexe z tel que Re(z) > 0, on définit la fonction
Gamma par l’intégrale
Z ∞
Γ(z) = e−t tz−1 dt
0

cette intégrale est convergente pour Re(z) > 0.

Définition 1.1.2. Une fonction f est continue par morceaux sur le segment [a, b] s’il existe
une subdivision σ : a = a0 < . . . < an = b telle que les restrictions de f à chaque intervalle
ouvert ]ai , ai+1 [ admettent un prolongement continu à l’intervalle fermé [ai , ai+1 ].

Remarque 1.1.1. Γ(z) est une fonction monotone et strictement décroissante pour 0 < z ≤ 1.

On considère par suite z ∈ R∗+ .

9
10 1.1.1 Fonction Gamma

Proposition 1.1.1. La fonction Gamma est définie et continue sur ]0, +∞[.
Preuve :
Soit f : R × R∗+ → R
(z, t) → e−t tz−1
et pour tout z ∈ R
fz : R∗+ → R
t → f (z, t)
∀z ∈ R, fz est continue, positive sur ]0, +∞[ donc :
Γ(z) est définie lorsque fz est intégrable sur ]0, +∞[.
1
En 0, fz (t) ∼t→0 1−z donc fz est intégrable sur ]0, 1[ si et seulement si z > 0.
t
 
En +∞, fz (t) = o t12 donc fz est intégrable ]1, +∞[.
Finalement, Γ(z) est définie si est seulement si z ∈]0, +∞[.
f est continue sur (R∗+ )2 et pour tout z ∈ R∗+ , fz est intégrable sur ]0, +∞[. Montrons alors
que f satisfait à l’hypothèse de domination pour z décrivant [a, b], a < b, intervalle compact
quelconque inclus dans R∗+ .
Pour 0 < t ≤ 1, z 7→ tz−1 est décroissante donc pour z ∈ [a, b], on a 0 < f (z, t) ≤ ta−1 .
Pour t ≥ 1, z 7→ tz−1 est croissante, et alors z ∈ [a, b] donne 0 < f (z, t) ≤ e−t tb−1 .
Soit alors ϕ :]0, +∞[→ R
(
ta−1 si t ∈]0, 1]
t 7→ ϕ = −t b−1
e t si t ∈]1, +∞[
ϕ est positive continue par morceaux et intégrable sur ]0, +∞[
et ∀(z, t) ∈ [a, b]×]0, +∞[, 0 < f (z, t) ≤ ϕ(t)
Ainsi Γ est continue sur ]0, +∞[ d’après le théorème de continuité. 2
Proposition 1.1.2. La fonction Gamma est de classe C ∞ sur ]0, +∞[ avec ∀n ∈ N∗ , ∀z ∈ R∗+
Z +∞
(n)
Γ (z) = (ln t)n e−t tz−1 dt
0

Proposition 1.1.3. Pour tout z ∈ R∗+ on a :

Γ(z + 1) = zΓ(z)
en particulier ∀n ∈ N∗
Γ(n) = (n − 1)!.
1.1.1 Fonction Gamma 11

Preuve :

Z +∞
Γ(z + 1) = tz e−t dt
0

on utilise l’intégrale par parties,

h i+∞ Z +∞
z −t
Γ(z + 1) = − t e +z e−t tz−1 dt
0 0

alors, on obtient
Γ(z + 1) = zΓ(z)

Et par récurrence, on trouve :


Γ(n) = (n − 1)!. 2

Exemples 1.1.1.
Γ(1) = Γ(2) = 1
Γ(0+ ) = +∞

Γ( 21 ) = π

Preuve :

Z +∞ h i+∞
−t −t
Γ(1) = e dt = − e =1
0 0
Z +∞ h i+∞ Z +∞ h i+∞
−t −t
Γ(2) = te dt = − te + e−t = e−t =1
0 0 0 0

comme une deuxième méthode on utilise la formule :

Γ(n) = (n − 1)!

Alors :
Γ(1) = 0! = 1

Γ(2) = 1! = 1.
12 1.1.2 Fonction Bêta

Z +∞ −u2
+∞ √
Z +∞
e−t
Z
e 2
Γ( 12 )= 1
√ dt, on pose u = t, Γ( 2 ) = 2udu = 2 e−u du.
0 t 0 u 0
Z +∞ √
2 π
Sachant que e−u du = (l’intégrale de Gauss), il vient que
0 2

1 √
Γ( ) = π. 2
2

1.1.2 Fonction Bêta


Définition 1.1.3. la fonction Bêta est définie par :
Z 1
β(z, ω) = tz−1 (1 − t)ω−1 dt, Re(z) > 0, Re(ω) > 0
0

Proposition 1.1.4. La fonction Gamma et Bêta sont liées par la relation suivante :

Γ(z)Γ(ω)
β(z, ω) =
Γ(z + ω)
h i
Preuve : Jacobi .On a :

Z +∞ Z +∞
Γ(z)Γ(w) = e−t−x tz−1 xw−1 dtdx.
0 0

On fait le changement de variable t + x = r, et t = rs, donc 0 ≤ r < +∞,


et 0 ≤ s ≤ 1. Ainsi

dr = dt + dx, dt = sdr + rds, dx = (1 − s)dr − rds.

Alors dtdx = rdsdr. Il s’en suit


Z 1 Z +∞
Γ(z)Γ(w) = z−1 w−1
s (1 − s) ds e−r rz+w−1 dr = β(z, w)Γ(z + w). 2
0 0

1.1.3 Fonction Mittag-Leffler


Définition 1.1.4. La fonction de Mittag-Leffler Eα (z) est définie par :

+∞
X zn
Eα (z) = (z ∈ C, α > 0)
n=0
Γ(nα + 1)
1.2 La transformée de Laplace 13

et la fonction Mittag-Leffler généralisée Eα,β (z) est définie comme suite :


+∞
X zn
Eα,β (z) = (α, β > 0).
n=0
Γ(nα + β)

Exemple 1.1.1. Pour des valeurs spéciales des α et β on a :

E1 (z) = ez


E2 (z) = cosh( z)

ez − 1
E1,2 (z) =
z

ez − z − 1
E1,3 (z) =
z2

1.2 La transformée de Laplace


Dans cette subsection on discutera la transformée de Laplace, Une définition générale est
donnée, puis la transformée de Laplace de la fonction Mittag-Leffler. Ainsi, que les derivées
de Riemann-Liouville et de Caputo sont étudiés. Ces résultats sont utilisés pour résoudre les
équations différentielles.
Définition 1.2.1. On définit l’intégrale généralisée d’une fonction f à valeurs réelles ou com-
plexes définie sur un intervalle [0, +∞[ continue par morceaux sur cet intervalle par :
Z +∞ Z x
f (t)dt = lim f (t)dt.
0 x→+∞ 0

Quand cette limite existe et finie on dit que l’intégrale généralisée converge, sinon diverge.
Définition 1.2.2. Une fonction f est dite d’ordre exponentiel, s’il existe deux constantes posi-
tives M et T telles que |f (t)| ≤ M et pour tout t > T .
Définition 1.2.3. Soit la fonction f : R+ → C continue par morceaux. Alors, on appelle la
transformée de Laplace de f (t), la fonction :
Z ∞
F (s) = L{f (t)}(s) = e−st f (t)dt, s ∈ C. (1.1)
0
14 1.2 La transformée de Laplace

f (t) est appelée l’originale de F (s).


Condition d’existence :
F (s) est définie par une intégrale généralisée, donc il faut que :
1. f soit continue par morceaux sur R+ .
2. ∃β ∈]0, 1[ tel que limt→0 tβ |f (t)| = 0.
3. La fonction f est d’ordre exponentiel : |f (t)e−st | ≤ M e−(Re(s)−α)t or
Z +∞
e−(Re(s)−α)t dt converge pour Re(s) > α.
0

Remarque 1.2.1. Certaines fonctions ne possèdent pas de transformée de Laplace, par exemple
1 2
la fonction f (t) = qui ne respecte pas la deuxième condition d’existence, ou f (t) = et qui
t
n’est pas d’ordre exponentiel.

Linéarité :

Définition 1.2.4. Soient f, g : R+ → C deux fonctions admettant des transformées de Laplace


F (s) et G(s), respectivement et soient α et β deux réels, alors

L(αf + βg)(s) = αL(f )(s) + βL(g)(s).

Exemples 1.2.1. Soit la fonction de Heaviside :



1 si t≥0
ε(t) =
0 si t<0

Z +∞
1
L(ε(t))(s) = e−st dt = Re(s) > 0.
0 s
On détermine la transformée de Laplace de sinus et cosinus.
eiat + e−iat
On sait que cos(at) = , alors
2
1h i
L(cos(at))(s) = L(eiat ) + L(e−iat )
2
1h 1 1 i
= +
2 s − ia s + ia
s
= 2 .
s + a2
1.2.1 Transformée inverse 15

eiat − e−iat
De même sin(at) =
2i
1h i
L(sin(at))(s) = L(eiat ) − L(e−iat )
2i
1h 1 1 i
= −
2i s − ia s + ia
a
= 2 .
s + a2
Remarques 1.2.1. On a :
(i) Si la fonction f est d’ordre exponentiel, alors la transformée de Laplace L{f (t)}(s) de f (t)
existe.

(ii) On peut reconstituer f à partir de sa transformée F à l’aide de la transformée de La-


place inverse
Z c+i∞
−1 1
f (t) = L {F (s)}(t) = est F (s)ds, c = Re(s) > c0 .
2πi c−i∞

Propriété 1.2.1. soient α, β ∈ R∗ , λ ∈ R, p ∈ N∗ , Alors, la transformée de Laplace de la


fonction de Mittag-Leffler est donnée par :

(p) p!sα−β 1
L{tαp+β−1 Eα,β (±λtα )}(s) = , Re(s) > |λ| α .
(sα ± λ)p+1

1.2.1 Transformée inverse


Définition 1.2.5. La transformée de Laplace inverse unilatérale f (t) d’une fonction F (s) est
définie par :
Z +∞
−1 1
L F (s) = f (t) = F (s)est ds.
2πi −∞
3s + 7 4 1
Exemple 1.2.1. F (s) = = − donc
s2 − 2s − 3 s−3 s+1
f (t) = (4e3t − e−t )ε(t).
1 1 1 −1
Exemple 1.2.2. F (s) = = = + donc
s2 + 3s + 2 (s + 1)(s + 2) s+1 s+2
f (t) = (e−t − e−2t )ε(t).
16 1.2.2 Les proprietés de base de la transformée de Laplace

1.2.2 Les proprietés de base de la transformée de Laplace


Lemme 1.2.1. Supposons que f (t) et g(t) sont deux fonctions nulles pour t < 0 et tels que
leur transformées de Laplace F (s)et G(s) existent, alors :

(a) La transformée de Laplace inverse est linéaire


pour tout λ ∈ R, on a :

L−1 {λF (s) + G(s)}(t) = λL−1 {F (s)}(t) + L−1 {G(s)}(t) = λf (t) + g(t).
(b) La transformée de Laplace du produit de convolution de f (t) et g(t) est :
L{f (t) ∗ g(t)}(s) = F (s)G(s).
où la convolution est définie par :
Z t Z t
f (t) ∗ g(t) = f (t − x)g(x)dx = f (x)g(t − x)dx.
0 0

(c) La limite de la fonction sF (s) pour s → ∞ est donnée par :


lim sF (s) = f (0).
s→∞

(d) la transformée de Laplace de la n-ième dérivée (n ∈ N) de f (t) est définie par :


n−1
X
L{f (n) (t)}(s) = sn F (s) − sn−k−1 f (k) (0)
k=0
n−1
X
= sn F (s) − sk f (n−k−1) (0).
k=0

1.3 Intégrale et dérivée Fractionnaires de Riemann-Liouville


Considérons f une fonction définie pour tout t > 0. On pose
Z t Z t Z t Z u 
2
(If )(t) = f (x)dx, (I f )(t) = (If )(u)du = f (x)dx du
0 0 0 0

en répétant n fois, on obtient d’après la formule de Cauchy


Z t
n 1
(I f )(t) = (t − x)n−1 f (x)dx
(n − 1)! 0
en utilisant la fonction Γ, on aura la définition suivante :
1.3 Intégrale et dérivée Fractionnaires de Riemann-Liouville 17

Définition 1.3.1. On appelle intégrale fractionnaire de Riemann-Liouville de f d’ordre α et


on la note I α , la fonction définie par :
Z t
α 1
I f (t) = (t − x)α−1 f (x)dx.
Γ(α) 0

Propriété 1.3.1. pour α, β > 0 on a :

I α oI β = I β oI α = I α+β .
Et
d α
I f = I α−1 f.
dx
Théorème 1.3.1. Soit f ∈ L1 [a, b] et α > 0, l’intégrale (I α f )(t) existe pour tout t ∈ [a, b] et
la fonction I α f elle même est un élément de L1 [a, b].

Définition 1.3.2. Soit f une fonction réelle, 0 appartient au domaine de définition de f. On


apelle dérivée fractionnaire de Riemann-Liouville de f d’ordre α et on la note Dα la fonction
définie par :
Z t
1 dn
α
D f (t) = (t − x)n−α−1 f (x)dx
Γ(n − α) dxn 0

dn n−α
= I f (t) = Dn I n−α f (t).
dxn
avec n > α un entier naturel.

Proposition 1.3.1. Pour n − 1 < α < n, m − 1 < β < m on a :


1) L’opérateur de Riemann-Liouville est linéaire

Dα (λf (t) + g(t)) = λDα f (t) + Dα g(t).

.
2) En général Dα oDβ 6= Dβ oDα .

Preuve :
1) Soit f, g ∈ L1 [a, b], λ ∈ R,on a :

Dα f (t) = Dn I n−α f (t)


18 1.3 Intégrale et dérivée Fractionnaires de Riemann-Liouville
h i
α n n−α
D (λf (t) + g(t)) = D I λf (t) + g(t)
h i
= λDn I n−α (f + g)(t)

Comme la dérivée n-ième et l’intégrale sont linéaires alors,

Dα (λf (t) + g(t)) = λDn I n−α f (t) + Dn I n−α g(t)

= λDα f (t) + Dα g(t).


2) On a :
m h
X i t−α−k
Dβ−k f (t)
α β
 α+β
D D (f (t)) = D f (t) −
t=0 Γ(−α − k + 1)
k=1
et
n h
β α α+β
X
α−k
i t−β−k
D (D (f (t))) = D f (t) − D f (t)
t=0 Γ(−β − k + 1)
k=1

Par suite les deux opérateurs de dérivations fractionnaires ne commutent que si α = β et


h i
Dα−k f (t) =0
t=0

pour tout k = 1, 2 · · · n et
h i
Dβ−k f (t) =0
t=0

pour tout k = 1, 2 · · · m. 2
Chapitre 2

Dérivation fractionnaire de Caputo

2.1 L’opérateur fractionnaire de Caputo


Définition 2.1.1. La dérivée fractionnaire de Caputo d’ordre α ∈ R+ d’une fonction f est
donnée par :
Z t
c α n−α (n) 1
D f (t) = I f (t) = (t − x)n−α−1 f (n) (x)dx. (2.1)
Γ(n − α) 0

avec n − 1 ≤ α ≤ n, n ∈ N∗ .

2.2 Propriétés fondamentaux


Définition 2.2.1. soit x ∈ R on dit qu’une fonction f (t) continue et intégrable sur un intervalle
finie ]0, x[ a une singularité intégrable d’ordre r < 1 au point t = 0 si :

lim tr f (t) = cst 6= 0


t→0

Notation 2.2.1. On note l’operateur Dn , n ∈ N différentiation de l’opérateur d’ordre entier


i.e :
dn
Dn = n
dt
Lemme 2.2.1. Soit n − 1 < α < n, n ∈ N, α ∈ R et soit f (t) telle que c Dα f (t) existe, alors :

c
Dα f (t) = I n−α Dn f (t) (2.2)

19
20 2.2 Propriétés fondamentaux

Remarque 2.2.1. Cela signifie que l’opérateur fractionnaire de Caputo equivaut à l’intégration
(n − α) après une différentiation d’ordre n. L’équation (2.2) découle de l’équation (2.1) la déri-
vée fractionnaire de Riemann-Liouville est equivalente à la composition des mêmes opérateurs
(intégration (n − α) et différentiation d’ordre n) mais en inversant l’ordre i.e

Dα f (t) = Dn I n−α f (t). (2.3)

De (2.1) et (2.2) et comme I n−α Dn 6= Dn I n−α , on a le résultat suivant.

Proposition 2.2.1. Les deux opérateurs fractionnaires de Riemann-Liouville et de Caputo ne


coinsident pas i.e :
c
Dα f (t) 6= Dα f (t)

Remarque 2.2.2. On verra dans la suite que pour une classe de fonction bien definie les deux
opérateurs sont identiques.

Lemme 2.2.2. Soit n − 1 < α < n, n ∈ N, α ∈ R et soit f (t) telle que c Dα f (t) existe alors, on
a les propriétés suivantes pour l’opérateur de Caputo

lim c Dα f (t) = f (n) (t)


α→n

c
lim Dα f (t) = f (n−1) (t) − f (n−1) (0)
α→n−1

Preuve :
On utilise l’intégration par partie :

Z t
c α 1 f (n) (x)
D f (t) = dx
Γ(n − α) 0 (t − x)α+1−n Z t
(t − x)n−α t (t − x)n−α

1 (n) n+1
= −f (x) | − −f (x) dx
Γ(n − α) n − α Z x=0 0 −α
n
 t
1
= f (n) (0)tn−α + f (n+1) (x)(t − x)n−α dx .
Γ(n − α + 1) 0

En prenant la limite pour α → n et α → n − 1, respectivement, on a :

t
lim c Dα f (t) = f (n) (0) + f (n) (x) = f (n) (t)
α→n x=0
2.3 Quelques propriétés de dérivation fractionnaire de Caputo 21

et

  t
Z t
c α (n) (n)
lim D f (t) = f (0)t + f (x)(t − x) − −f (n) (x)dx
α→n−1 x=0 0
t
(n−1)
=f (x)
x=0
= f (n−1) (t) − f (n−1) (0).

Remarque 2.2.3. Pour l’opérateur différentiel fractionnaire de Riemann-Liouville

lim Dα f (t) = f (n) (t),


α→n

lim Dα f (t) = f (n−1) (t).


α→n−1

2.3 Quelques propriétés de dérivation fractionnaire de Ca-


puto
2.3.1 Linéarité
Lemme 2.3.1. Soit n − 1 < α < n, n ∈ N, α, λ ∈ C et soient les deux fonctions f (t) et g(t)
telles que c Dα f (t) et c Dα g(t) existent. La dérivation fractinnaire de Caputo est un opérateur
lineaire :
c α
D (λf (t) + g(t)) = λc Dα f (t) + c Dα g(t).

Preuve :
On a :
c
Dα f (t) = I n−α Dn f (t)
h i
c α
D (λf (t) + g(t)) = I n−α Dn λf (t) + g(t)
h i
= λI n−α Dn (f + g)(t)

Comme la dérivée n-ème et l’intégrale sont linéaires alors,

c
Dα (λf (t) + g(t)) = λI n−α Dn f (t) + I n−α Dn g(t)
= λc Dα f (t) + c Dα g(t). 2
22 2.3.2 Non-commutativité

2.3.2 Non-commutativité
Lemme 2.3.2. On suppose que n − 1 < α < n, m, n ∈ N, α ∈ R et soit la fonction f (t) telle
que c Dα f (t) existe, alors :

c
Dα Dm f (t) = c Dα+m f (t) 6= Dm c Dα f (t). (2.4)

Corollaire 2.3.1. Supposons que n − 1 < α < n, β = α − (n − 1), (0 < β < 1), n ∈ N, α, β ∈ R
et soit la fonction f (t) telle que c Dα f (t) existe, alors :
c
Dα f (t) = c Dβ Dn−1 f (t).

Preuve :
On remplace β par α et n − 1 par m dans (2.4), alors

c
Dβ Dn−1 f (t) = c
Dβ+n−1 f (t)
c α−(n−1)+n−1
= D f (t)
= c α
D f (t). 2

Remarque 2.3.1. De même l’opérateur de Riemann-Liouville est aussi non-commutative i.e :

Dm Dα f (t) = Dα+m f (t) 6= Dα Dm f (t). (2.5)

Remarque 2.3.2. Pour trouver la dérivée fractionnaire de Caputo d’ordre arbitraire α, (n−1 <
α < n) d’une fonction f (t), il suffit à trouver la dérivée de Caputo d’ordre β = α − (n − 1),
où α − (n − 1) est un nombre réel compris entre 0 et 1. Par conséquent l’etude de dérivée de
Caputo d’ordre β ∈ (0, 1) est suffisante pour trouver la dérivée de Caputo d’ordre arbitraire.

Remarque 2.3.3. Les inégalités (2.4) et (2.5) deviennent des égalités dans les conditions ad-
ditionnelles suivantes :
f (s) (0) = 0, s = n, n + 1 . . . m, pourc Dα
et
f (s) (0) = 0, s = 0, 1, 2 . . . m, pourDα .
Il convient de noter que, dans le cas de la derivée de Caputo, il n’y a pas de restriction sur les
valeurs f (s) (0), s = 0, 1, 2 . . . n − 1, par exemple, pour m = 3, n = 2 la fonction

f (t) = a0 + a1 t + a4 t4 + a5 t5 + . . .

Satisfait la condition de Caputo mais ne satisfait pas la condition de Riemann-Liouville.


2.3.3 Transformée de Laplace d’un opérateur fractionnaire 23

2.3.3 Transformée de Laplace d’un opérateur fractionnaire


Lemme 2.3.3. Supposons que F (s) est la transformée de Laplace de f (t), alors :

(a) La transformée de Laplace de l’intégrale fractionnaire d’ordre α est donnée par :

L{I α f (t)}(s) = s−α F (s). (2.6)

(b) La transformée de Laplace du l’opérateur différentiel fractionnaire de Riemann-Liouville


d’ordre α, n − 1 < α < n est donnée par :
n−1
X h i
α α k α−k−1
L{D f (t)}(s) = s F (s) − s D f (t)
t=0
k=0
(2.7)
n−1
X h i
= sα F (s) − sn−k−1 Dk I n−α f (t)
t=0
k=0

Théorème 2.3.1. Supposons que F (s) est la transformée de Laplace de f (t), alors la trans-
formée de Laplace de L’opérateur différentiel fractionnaire de Caputo d’ordre α, n − 1 < α < n
est donnée par :
n−1
X
c α α
L{ D f (t)}(s) = s F (s) − sα−k−1 f (k) (0).
k=0

Preuve :
On sait que pour n − 1 < α < n, on a :
c
Dα f (t) = I n−α Dn f (t)

Posons Dn f (t) = g(t). Alors :


c
Dα f (t) = I n−α g(t). (2.8)
En utilisant la transformée de Laplace de l’intégrale fractionnaire (2.6) d’ordre n − α de g(t) et
l’equation (2.8) alors, la transformée de Laplace de l’opérateur fractionnaire de Caputo

L{c Dα f (t)}(s) = L{I n−α g(t)}(s) = s−(n−α) G(s). (2.9)

ou G(s) = L{g(t)}(s) i.e :


n−1
X
n
G(s) = s F (s) − sn−k−1 f (k) (0). (2.10)
k=0
24 2.4 Comparaison avec l’opérateur de Riemann-Liouville

Finalement, en remplaçant (2.10) dans (2.9), on obtient :

n−1
!
X
L{c Dα f (t)}(s) = s−(n−α) sn F (s) − sn−k−1 f (k) (0)
k=0
n−1
X
= sα F (s) − sα−k−1 f (k) (0).2
k=0

Remarque 2.3.4. La transformée de Laplace de la dérivée fractionnaire de Caputo est une


généralisation de la transformée de Laplace de la dérivée d’ordre entier, où n est remplacé par
α. Il n’en va pas de même pour la dérivée de Riemann-Liouville. Cette propriété est un avantage
important de l’opérateur Caputo sur l’opérateur Riemann-Liouville.

2.4 Comparaison avec l’opérateur de Riemann-Liouville


Dans cette subsection, une comparaison entre les derivées fractionnaires de Riemann-Liouville
et de Caputo sont donné.

Lemme 2.4.1. Soit f (t) est une fonction tels que les deux opérateurs Dα f (t) et c Dα f (t)
existent, avec n − 1 < α < n, n ∈ N, alors on a :

Dα f (t) 6= c Dα f (t).

Exemple 2.4.1. La différentiation de la fonction constante pour l’opérateur de Caputo est :

c
Dα c = 0, c = const
Z t
c α 1
D c= (t − x)n−α−1 c(n) dx = 0.
Γ(n − α) 0

Et pour Riemann-Liouville :

c
Dα c = t−α 6= 0, c = const.
Γ(1 − α)

Proposition 2.4.1. Soit n − 1 < α < n, alors :

lim Dα f (t) = lim c Dα f (t) = f (n) (t).


α→n α→n
2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville 25

Remarque 2.4.1. (commutativité)


Soit la fonction f (t) telle que f (s) (0) = 0, s = 0, 1, 2 . . . , m, alors les deux dérivées fractionnaires
de Riemann-Liouville et de Caputo sont commutatives avec la dérivée d’ordre m, m ∈ N

Dm Dα f (t) = Dα+m f (t) = Dα Dm f (t)

et
c
Dα Dm f (t) = c Dα+m f (t) = Dm c Dα f (t).

Proposition 2.4.2. Soit f (t) une fonction telle que f (s) (0) = 0, s = 0, 1, 2 . . . n − 1, alors la
dérivée fractionnaire de Riemann-Liouville et de Caputo coincident, i.e :
c
Dα f (t) = Dα f (t).

2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville


Théorème 2.5.1. Soient t > 0, α ∈ R, avec n − 1 < α < n ∈ N, alors la relation entre
l’opérateur de Riemann-Liouville et de Caputo est :

n−1
c α α
X tk−α
D f (t) = D f (t) − f (k) (0). (2.11)
k=0
Γ(k + 1 − α)

Preuve :
On considère le D.L en série de Taylor de la fonction f au point t = 0

t2 00 t3 tn−1
f (t) = f (0) + tf 0 (0) + f (0) + f 000 (0) + · · · + f (n−1) (0) + Rn−1
2! 3! (n − 1)!
n−1
X tk
f (t) = f (k) (0) + Rn−1
k=0
Γ(k + 1)

avec :
t
f (n) (x)(t − x)n−1
Z
Rn−1 = dx
0 (n − 1)!
en utilisant les propriétés d’intégration d’ordre n, on a :
Z t
1
Rn−1 = f (n) (x)(t − x)n−1 dx = I n f (n) (t).
Γ(n) 0
26 2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville

d’ou en utilisant la linéarité de l’opérateur de Riemann-Liouville on a :

n−1
!
X tk
Dα f (t) = Dα f (k) (0) + Rn−1
k=0
Γ(k + 1)
n−1 α k
X D t
= f (k) (0) + Dα Rn−1
k=0
Γ(k + 1)
n−1
X Γ(k + 1) tk−α
= f (k) (0) + Dα I n f (n) (t)
k=0
Γ(k − α + 1) Γ(k + 1)
n−1
X tk−α
= f (k) (0) + I n−α f (n) (t)
k=0
Γ(k − α + 1)
n−1
X tk−α
= f (k) (0) + c Dα f (t).
k=0
Γ(k − α + 1)

Donc :
n−1
c α α
X tk−α
D f (t) = D f (t) − f (k) (0).
k=0
Γ(k + 1 − α)

Remarque 2.5.1. Cette formule implique que les opérateurs fractionnaires de Caputo et de
Riemann-Liouville coincident si et seulement si f (t) en même temps que les premiers n − 1
dérivées sont nulles au point t = 0.

De même, on a le résultat suivant :

Corollaire 2.5.1. La relation entre les dérivées fractionnaires de Caputo et de Riemann-


Liouville définie par la formule suivante :

n−1 k
!
c
X t
Dα f (t) = Dα f (t) − f (k) (0) .
k=0
k!

Preuve :
Pour démontrer la formule, on utilise la relation de la dérivée fractionnaire de Riemann-Liouville
et la la propriété de linéarité de l’opérateur de Riemann-Liouville i.e :
2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville 27

n−1
X tk−α
c α
D f (t) = D f (t) −α
f (k) (0)
k=0
Γ(k + 1 − α)
n−1
X Dα tk (k)
= Dα f (t) − f (0)
k=o
Γ(k + 1)
n−1 k
!
X t (k)
= Dα f (t) − f (0) . 2
k=0
k!

La formule de Leibniz pour la derivée de Caputo est peu discutée dans la littérature, le corollaire
suivant découle du théorème 2.5.1

Corollaire 2.5.2. Soit t > 0, α ∈ R, n − 1 < α < n ∈ N. Si f (x), g(x) et tous ses dérivées sont
continues sur [0, t] alors :


! n−1
c α
X α 
α−k

(k)
X tk−α  
D (f (t)g(t)) = D f (t) g (t) − (f (t)g(t))(k) (0) .
k=0
k k=0
Γ(k + 1 − α)

Preuve :
On applique consécutivement la relation

n−1
c α α
X tk−α
D f (t) = D f (t) − f (k) (0).
k=0
Γ(k + 1 − α)

et la Règle de Leibniz pour la dérivée de Riemann-Liouville


!
X α
Dα (f (t)g(t)) = Dα−k f (t) g (k) (t).

k=0
k

Après, la règle de Leibniz pour la dérivée de Caputo est obtenue :

n−1
tk−α
X
(f (t)g(t))(k) (0)
c α α

D (f (t)g(t)) = D (f (t)g(t)) −
k=0
Γ(k + 1 − α)

! n−1
X α
α−k
 (k) X tk−α
(f (t)g(t))(k) (0) .

= D f (t) g (t) −
k=0
k k=0
Γ(k + 1 − α)

2
28 2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville
Chapitre 3

Exemples des dérivations fractionnaires

Dans ce chapitre quelques exemples de dérivées fractionnaires sont discutés, comme la fonc-
tion constante, puissance et la fonction exponentielle tout comme les fonctions sinus et cosinus.
Les dérivéees fractionnaires de Caputo de ces fonctions sont étudiées, quelques preuves qui ne
se trouvent pas dans la littérature sont proposées et comparées avec la derivée de Riemann-
Liouville.

3.1 La fonction constante


Du point de vue physique, il est resonable d’avoir la derivée fractionnaire d’une constante
égale à zéro. Or comme, on l’a vu plus haut, pour l’opérateur de Riemann-Liouville on a :
c
Dα c = t−α 6= 0, c = const.
Γ(1 − α)
Ainsi, la propriété suivante est un des avantage de la dérivée de Caputo par rapport à celle de
Riemann-Liouville.
Lemme 3.1.1. La dérivée fractionnaire de Caputo pour la fonction constante est égale à zéro
i.e :

c
Dα c = 0, c = const
Preuve :
Soit 0 < n − 1 < α < n, n ∈ N, i.e n ≥ 1, on applique la définition de la dérivée de Caputo
Z t
c α n−α (n) 1
D f (x) = I f (t) = (t − x)n−α−1 f (n) (x)dx, x > 0
Γ(n − α) 0

29
30 3.2 La fonction puissance

et puisque la n-ième dérivée c(n) (n ∈ N, n ≥ 1) est égale à 0 : Il suit

t
c(n)
Z
1
c α
D c= dx = 0. 2
Γ(n − α) 0 (t − x)α+1−n

3.2 La fonction puissance


Comme la fonction puissance est d’une grande importance alors, on examinera de plus près
sa dérivée fractionnaire. Rappelons le développement de Taylor

f 00 (0)t2 f 000 (0)t3


f (t) = f (0) + f 0 (0)t + + + ···
2! 3!

On sait que la dérivée fractionnaire de Caputo est linéaire. Alors si c Dα tp est definie, alors la
dérivée fractionnaire de Caputo d’une fonction arbitraire peut être représentée de la manière
suivante :
∞ ∞
c
X f (k) (0) X f (k) (0)
Dα f (t) = c Dα tk = c
D α tk . (3.1)
k=0
k! k=0
k!

Enonçons d’abord la dérivée de Riemann-Liouville d’une fonction puissance, soit le théorème


suivant

Théorème 3.2.1. La dérivée fractionnaire de Riemann-Liouville d’ordre α > 0 avec n − 1 <


α < n d’une fonction puissance f (t) = tp pour p ≥ 0 est donnée par :

Γ(p + 1) p−α
Dα tp = t . (3.2)
Γ(p − α + 1)

Preuve :

t
dn
Z
α p 1
D t = (t − x)n−α−1 xp dx.
Γ(n − α) dtn 0
3.2 La fonction puissance 31

En faisant le changement de variable x = λt, on aura :

t
dn
Z
1
α p
D t = (t(1 − λ))n−α−1 (λt)p tdλ.
Γ(n − α) dtn 0

t
dn n−α+p
Z
1
= t (1 − λ)n−α−1 λp dλ.
Γ(n − α) dtn 0

Γ(n − α + p + 1)β(n − α, p + 1) p−α


= t .
Γ(n − α)

Γ(n − α + p + 1)Γ(n − α)Γ(p + 1) p−α


= t .
Γ(n − α)Γ(p − α + 1)Γ(n − α + p + 1)

Γ(p + 1) p−α
= t . 2
Γ(p − α + 1)

Théorème 3.2.2. La dérivée fractionnaire de Caputo d’ordre α > 0 avec n − 1 < α < n d’une
fonction puissance f (t) = tp pour p ≥ 0 est déféinie par :


Γ(p + 1) p−α
t = Dα tp , (p > n − 1)


c α p
D t = Γ(p − α + 1) (3.3)
0. (p ≤ n − 1)

Preuve :
La méthode directe : Soit n − 1 < α < n, p > n − 1, p ∈ R

t
(xp )(n)
Z
c α 1
D = dx
Γ(n − α) 0 (t − x)α+1−n
Z t
1 Γ(p + 1)
= (xp−n )(t − x)n−α−1 dx.
Γ(n − α) 0 Γ(p − n + 1)
32 3.2 La fonction puissance

Et en utilisant la substitution x = λt, 0 ≤ λ ≤ 1


Z 1
Γ(p + 1)
c α p
D t = (λt)p−n ((1 − λ)t)n−α−1 tdλ
Γ(n − α)Γ(p − n + 1) 0

Z 1
Γ(p + 1)
= tp−α λp−n (1 − λ)n−α−1 dλ
Γ(n − α)Γ(p − n + 1) 0

Γ(p + 1)
= tp−α β(p − n + 1, n − α)
Γ(n − α)Γ(p − n + 1)

Γ(p + 1) Γ(p − n + 1)Γ(n − α)


= tp−α
Γ(n − α)Γ(p − n + 1) Γ(p − α + 1)

Γ(p + 1) p−α
= t .
Γ(p − α + 1)

La méthode indirecte :

n−1
c α p α p
X tk−α
D t =D t − (tp )(k) .
k=0
Γ(k + 1 − α) t=0

En prenant en compte (tp )(k) |t=0 = 0, pour k ≤ n − 1 < p


n−1
c Γ(p + 1) p−α X tk−α
D α tp = t − .0
Γ(p − α + 1) k=0
Γ(k − α + 1)
Γ(p + 1) p−α
= t . 2
Γ(p − α + 1)

Remarque 3.2.1. Pour p > n − 1 la dérivée fractionnaire de Caputo de la fonction puissance


(3.3) est une généralisation de la dérivée d’ordre entier de la fonction puissance. Rappelons que :

(tp )(n) = (ptp−1 )(n−1) = (p(p − 1)tp−2 )(n−2) = · · · = p(p − 1) · · · (p − n + 1)tp−n


Γ(p + 1) p−n
= t , n ∈ N, p ∈ R.
Γ(p − n + 1)

On remarque que pour n = 1, i.e : 0 < α < 1. Alors, la derivée de Caputo et de Riemann-
Liouville coincide i.e :
c α p
D t = Dα tp , p > 0, p ∈ R.
3.2 La fonction puissance 33

Proposition 3.2.1. La dérivée fractionnaire de Caputo pour une fonction arbitraire f (t) peut
être calculée par la formule :

c α
X f (k) (0)
D f (t) = tk−α .
k=n
Γ(k − α + 1)

Preuve :
En utilisant les formules (3.1) et (3.3), on obtient alors les égalités suivantes :

X f (k) (0) c
c
Dα f (t) = Dα tk
k=0
k!

X f (k) (0) Γ(k + 1) k−α
= t
k=n
k! Γ(k − α + 1)

X f (k) (0)
= tk−α . 2
k=n
Γ(k − α + 1)

Exemples 3.2.1. Supposons que α ∈ R, mais α ∈


/ N (α est l’ordre de différentiation). Deux
exemples sont considérés à savoir les dérivées fractionnaires des fonctions t2 et t i.e : p = 2 et
p = 1 respectivement.

premier cas :
On considère la fonction f (t) = t2 i.e pour p = 2. Supposons que 0 < α < 1 et on utilise la
formule (3.3), la dérivée fractionnaire de Caputo de la fonction puissance f (t) = t2 est

c Γ(2 + 1) 2−α 2
Dα t2 = t = t2−α , n−1<α<n<3
Γ(2 − α + 1) Γ(3 − α)
Des cas plus particuliers peuvent être pris en compte pour des valeurs fixes du paramètre α, par
exemple,
α = 13 , α = 21 et α = 43 .

1
Pour α = 3

c 1 2 2− 13 2 5 5
D 3 t2 = 1 t = 8 t 3 ' 1.33t 3 .
Γ(3 − 3 ) Γ( 3 )
1
Pour α = 2

c 1 2 2− 12 8 √3 √
D 2 t2 = 1 t = √ t ' 1.5 t3 .
Γ(3 − 2 ) 3 π
34 3.3 La fonction exponentielle

Pour α = 34 .

c 3 2 2− 34 2 5 5
D 4 t2 = 3 t = 9 t 4 ' 1.77t 4 .
Γ(3 − 4 ) Γ( 4 )

Remarque 3.2.2. Utilisons Γ(2) = 1, Γ(3) = 2, on conclut que



2 2t, α → 1.
c
Dα t2 = t2−α →
Γ(3 − α) t2 , α → 0.

Deuxième cas :
maintenant, considérons f (t) = t. Pour ce cas l’équation (3.3) entraîne que

c Γ(1 + 1) 1−α 1
Dα t = t = t1−α
Γ(1 − α + 1) Γ(2 − α)
1
Donc pour α = 2

c 1 1 1− 12 2 t 1
D t=2
1 t = √ ' 1.12t 2 .
Γ(2 − 2 ) π
1
Pour α = 3

c 1 Γ(1 + 1) 1− 1 Γ(2) 2 2
D3t = 1 t 3 = 5 t 3 ' 1.10t 3
Γ(1 − 3 + 1) Γ( 3 )
3
Pour α = 4

c 3 Γ(1 + 1) Γ(2) 1
D4t = 3 = 5 ' 1.10t 4
Γ(1 − 4 + 1) Γ( 4 )

3.3 La fonction exponentielle


Après avoir discuter les dérivées fractionnaires de la fonction puissance, considérons la fonc-
tion exponentielle f (t) = eλt ,l’application de l’opérateur de Caputo donne le résultat suivant.

Théorème 3.3.1. Soit α ∈ R, n − 1 < α < n, n ∈ N, λ ∈ C. Alors la dérivée fractionnaire de


Caputo de la fonction exponentielle est de la forme

c α λt
X λk+n tk+n−α
D e = = λn tn−α E1,n−α+1 (λt). (3.4)
k=0
Γ(k + 1 + n − α)
3.3 La fonction exponentielle 35

où Eα,β (z) est la fonction de deux paramètres de type Mittag-Leffler.

Preuve :
Pour la preuve de ce théorème, on utilise la relation entre les dérivées fractionnaires de Caputo
et de Riemann-Liouville (2.11) et aussi il faut calculer la dérivée fractionnaire de Riemann-
Liouville de la fonction exponentielle eλt .

Dα eλt = t−α E1,1−α (λt).

Alors, pour la dérivée fractionnaire de Caputo, on a :

n−1
X tk−α
c α λt
D e =D e − α λt
(eλt )(k) (0)
k=0
Γ(k + 1 − α)
n−1
X tk−α
−α
= t E1,1−α (λt) − λk
k=0
Γ(k + 1 − α)
∞ n−1
X (λt)k t−α X λk tk−α
= −
k=0
Γ(k + 1 − α) k=0 Γ(k + 1 − α)

X λk tk−α
=
k=n
Γ(k + 1 − α)

X λk+n tk+n−α
=
k=0
Γ(k + n + 1 − α)
= λn tn−α E1,n−α+1 (λt). 2

Cas particulier
Pour λ = 1, quelques graphes des dérivées fractionnaires de la fonction et sont représentés.
On remarque que ces dérivées fractionnaires sont comprises entre les fonctions et et et − 1. En
général, la fonction exponentielle et ses dérivées ont la même forme. Pour λ = 1, le côté droit
de l’équation (3.4) ne dépend pas de n mais juste de n − α. On peut en tirer la conclusion
suivante.

Proposition 3.3.1. Soit n − 1 < α < n et s ∈ Z, s > −n.Alors


c
Dα et = c Dα+s et .

Cela signifie en fait que pour calculer la dérivée fractionnaire de Caputo de la fonction
exponentielle, seule la valeur après le point décimal de l’ordre de différenciation est important.
36 3.3 La fonction exponentielle

Figure 3.1 – Les dérivées fractionnaires d’ordre 0.5 et 2.8 de f (t) = et dans l’intervalle [0, 1.5]

Par exemple, pour α = 0.8, α = 1.8 et α = 7.8 on obtient le même résultat, à savoir

c

D0.8 et = c D1.8 et = c D7.8 et =
5
tE1,1.2 (t).

On outre, les dérivées fractionnaires d’ordre α, (n−1 < α < n) de la fonction exponentielle sont
"en mouvement" de et − 1 à et , En utilisant (3.4), les limites limα→n c Dα et et limα→n−1 c Dα et
peut être evaluées exactement.

En effet, pour n ∈ N on a

limα→n c Dα et = limα→n tn−α E1,n−α+1 (t)


= E1,1 = et
= Dn et .
3.3 La fonction exponentielle 37

limα→n−1 c Dα et = limα→n−1 tn−α E1,n−α+1 (t) = tE1,2 (t)


+∞
X tk
= t
k=0
Γ(k + 2)
+∞
X tk+1
=
k=0
Γ(k + 2)
+∞
X tk
=
k=1
Γ(k + 1)
= et − 1 = Dn et − Dn et .
t=0

Figure 3.2 – Les dérivées fractionnaires d’ordre 0.5 et 2.8 de f (t) = et dans l’intervalle [0, 3]
38 3.4 Les fonctions sinus et cosinus

3.4 Les fonctions sinus et cosinus


Deux autres fonctions qui apparaissent très souvent sont les fonctions sinus et cosinus. Le
comportement des dérivées fractionnaires de Caputo appliquées à chacune d’elles est discuté
dans cette section.

Théorème 3.4.1. Soit λ ∈ C, α ∈ R, n ∈ N, n − 1 < α < n.Alors

c 1
Dα sin λt = − i(iλ)n tn−α (E1,n−α+1 (iλt) − (−1)n E1,n−α+1 (−iλt)).
2

Preuve :
On utilise la représentation suivante du fonction sinus

eiz − e−iz
sin z = , z ∈ C.
2i

Maintenant, en utilisant la propriété de linéairité de dérivée fractionnaire de Caputo et la


formule (3.4) pour la fonction exponentielle, on peut montrer que :

c eiλt − e−iλt
Dα sin λt = c Dα
2i

1 c α iλt c α −iλt
= (D e − D e )
2i

1
= ((iλ)n tn−α E1,n−α+1 (iλt) − (−iλ)n tn−α E1,n−α+1 (−iλt))
2i

−1
= i(iλ)n tn−α (E1,n−α+1 (iλt) − (−1)n E1,n−α+1 (−iλt)). 2
2

Théorème 3.4.2. Soit λ ∈ C, α ∈ R, n ∈ N, n − 1 < α < n.Alors

c 1
Dα cos λt = (iλ)n tn−α (E1,n−α+1 (iλt) + (−1)n E1,n−α+1 (−iλt)).
2

Preuve :
De la même manière, pour la dérivée fractionnaire de Caputo de la fonction cosinus, on utilise
la formule suivante :
eiz + e−iz
cos z = , z ∈ C.
2
3.4 Les fonctions sinus et cosinus 39

c eiλt + e−iλt
Dα cos λt = c Dα
2

1
= (c Dα eiλt + c Dα e−iλt )
2

1
= ((iλ)n tn−α E1,n−α+1 (iλt) + (−iλ)n tn−α E1,n−α+1 (−iλt))
2

1
= (iλ)n tn−α (E1,n−α+1 (iλt) + (−1)n E1,n−α+1 (−iλt)). 2
2
40 3.4 Les fonctions sinus et cosinus
Chapitre 4

Equations différentielles ordinaires


fractionnaires

4.1 Problème de valeur initiale


Dans cette section on étudie les problèmes fractionnaires de valeur initiale, ce sont les équa-
tions différentielles ordinaires fractionnaires avec des conditions initiales classiques. L’utilisation
de transformée de Laplace pour les solutions de ces problèmes est donnée. En suite, la conver-
gence de cette solution de différentitions d’ordre α est établie. Finalement, certains exemples
particuliers sont donnés y compris un problème de valeur initiale simplifié.

On a le problème de valeur initiale linéaire suivant :



c Dα y(t) − λy(t) = 0 t > 0, n−1<α<n
(4.1)
y (k) (0) = bk bk ∈ R, k = 0, 1 . . . n − 1.

Théorème 4.1.1. La solution du problème est donnée par :

n−1
X
y(t) = bk tk Eα,k+1 (λtα ). (4.2)
k=0

Preuve :
Pour résoudre le problème (4.1) on utilise la transformée de Laplace. l’application de cette

41
42 4.2 Convergence de solution

dernière à l’équation différentielle fractionnaire du problème (4.1) donne

n−1
X
α
s Y (s) − sα−k−1 y (k) (0) − λY (s) = 0 (4.3)
k=0

ou Y (s) est la transformée de Laplace de y(t) et L{−λy(t)}(s) = −λY (s), car la transformée
de Laplace est linéaire. ceci revient à la résolution de l’equation (4.3) en Y (s) i.e :

n−1 α−k−1
X s
Y (s) = y (k) (0).
k=0
sα − λ

En remplaçant la condition initiale y (k) (0) par bk , on obtient

n−1 α−k−1
X s
Y (s) = bk .
k=0
sα − λ

Et en considérant la transformée de Laplace de la fonction de Mittag-Leffleret la propriété de


linéarité on a
n−1 α−k−1
X s
Y (s) = α−λ k
b
k=0
s
n−1
X
= L{tk Eα,k+1 (λtα )}(s)bk
k=0
Xn−1
= L{ bk tn Eα,k+1 (λtα )}(s).
k=0

Après, on utilise la transformée de Laplace inverse on trouve :

n−1
X
y(t) = y(t, α) = bk tk Eα,k+1 (λtα ) 2
k=0

4.2 Convergence de solution


On considère les limites lim y(t, α) avec 1 < α < 2 et lim y(t, α) avec 2 < α < 3 et on
α→2 α→2
montre que ces limites sont des solutions des problèmes de valeur initiale classique.
4.2 Convergence de solution 43

Le but de cette section c’est pour résoudre le problème (4.4) et (4.6) et la comparaison entre
ces solutions et celle du problème de valeur initiale fractionnaire.
Premier cas :
Pour 1 < α < 2 :
Considérons le problème de valeur initiale d’ordre deux

y 00 (t) − λy(t) = 0 t>0
(4.4)
y k (0) = bk bk ∈ R, n = 0, 1.

Pour résoudre ce problème tout d’abord, on pose l’équation caractéristique r2 − λ = 0. Ces



racines sont ± λ alors, la solution de l’équation différentielle de la forme :
√ √
y(t) = c1 e λt
+ c2 e − λt
,

où c1 , c2 des réels. En utilisant la condition initiale on obtient la solution du problème :


√ √
λb0 + b1 √λt λb0 − b1 −√λt
y(t) = √ e + √ e
2 λ 2 λ (4.5)
√ 1 √
= b0 cosh( λt) + √ b1 sinh( λt)
λ

Lemme 4.2.1. La solution du problème fractionnaire de valeur initiale (4.1) avec n = 2


converge pour α → 2 vers la solution du problème classique (4.4).

Preuve : On considère le cas n = 2 : α → 2 et 1 < α < 2. La solution (4.2) du problème


(4.1) satisfait
n−1
X
lim y(t, α) = lim bk tk Eα,k+1 (λtα )
α%2 α%2
k=0
= lim b0 Eα,1 (λtα ) + b1 tEα,2 (λtα )
α%2
= b0 E2,1 (λt2 ) + b1 tE2,2 (λt2 )
√ 1 √
= b0 cosh( λt) + √ b1 sinh( λt)
λ

Remarque 4.2.1. La solution du problème de valeur initiale classique d’ordre deux coincide
avec la solution du problème de valeur initiale fractionnaire.
44 4.2 Convergence de solution

Deuxième cas :
Pour 2 < α < 3 :
Considérons le problème (4.4) mais on remplace y 00 (t) par y 00 (t) − b2 , ou b2 = y 00 (0) alors, le
problème de valeur initiale est :

y 00 (t) − λy(t) = b t > 0, b2 ∈ R
2
(4.6)
y k (0) = bk bk ∈ R, n = 0, 1.

La motivation pour considérer ce nouveau problème de valeur initiale d’ordre entier est de
connaitre le comportement de la dérivée fractionnaire de Caputo pour la valeur d’ordre α
sachant que n − 1 < α < n, et α → n − 1. Or comme on a vu au chapitre 2, on a
c
lim Dα y(t) = y (n−1) (t) − y (n−1) (0)
α→n−1

Ainsi pour 2 < α < 3 i.e n = 3 on a


y 00 (0) = b2
La solution y(t) de l’équation différentielle dans (4.6) est la somme de la solution générale
yg (t) de l’équation homogène y 00 (t) − λy(t) = 0 et la solution particulière yp (t) de l’equation
non-homogène y 00 (t) − λy(t) = b2 . Par exemples, y(t) peut être représenté par :
√ √ b2
y(t) = yg (t) + yp (t) = c1 e λt
+ c2 e − λt

λ
Les constants c1 et c2 peuvent être calculées à partir des conditions initiales de (4.6).
Finalement, la solution du problème de valeur initiale (4.6) est :
1 b2 b1  √λt 1  b2 b1  −√λt b2
y(t) = b0 + + √ e + b0 + − √ e − . (4.7)
2 λ λ 2 λ λ λ
Lemme 4.2.2. La solution du problème de valeur initiale fractionnaire (4.1) avec n = 3 et
pour α → 2 converge vers la solution du problème classique (4.6).
Preuve :
Considérons le cas ou n = 3 avec α → 2, 2 < α < 3 la solution (4.2) du problème (4.1) est de
la forme :
n−1
X
lim y(t, α) = lim bk tk Eα,k+1 (λtα )
α&2 α&2
k=0
(4.8)
= lim b0 Eα,1 (λtα ) + b1 tEα,2 (λtα ) + b2 t2 Eα,3 (λtα )
α&2
= b0 E2,1 (λt2 ) + b1 tE2,2 (λt2 ) + b2 t2 E2,3 (λt2 ).
4.2 Convergence de solution 45

Sachant que :


2 2 2
X (λt2 )n
λt E2,3 (λt ) = λt
n=0
Γ(2n + 3)

X (λt2 )n+1
=
n=0
Γ(2(n + 1) + 1)

X (λt2 )n
=
n=1
Γ(2n + 1)

X (λt2 )n
= −1
n=1
Γ(2n + 1)
= E2,1 (λt2 ) − 1.

Ainsi, on peut ecrire (4.8) comme suit :

lim y(t, α) = b0 E2,1 (λt2 ) + b1 tE2,2 (λt2 ) + b2 t2 E2,3 (λt2 )


α&2
b2  
= b0 E2,1 (λt2 ) + b1 tE2,2 (λt2 ) + E2,1 (λt2 ) − 1
λ
 b2  b2
= b0 + E2,1 (λt ) + b1 tE2,2 (λt2 ) − .
2
λ λ

En utilisant la propriété 1.2.1 d’une fonction de Mittag-Leffler, alors :



 b2  √ sinh( λt) b2
lim y(t, α) = b0 + cosh( λt) + √ −
α&2 λ √ √ λt√ λ√
− λt
 b2 e
 λt
+e b1 e λt
− e− λt b2
= b0 + +√ −
λ 2 λ 2 λ
1  b2 b1 √λt 1
  b2 b1 −√λt b2

= b0 + + √ e + b0 + − √ e − .
2 λ λ 2 λ λ λ

qui coincide avec (4.7).


46 4.2 Convergence de solution
Conclusion

L’objet de ce mémoire est l’étude des dérivées fractionnaires et de donner quelques proprié-
tés et applications concernant l’opérateur fractionnaire au sens de Caputo.

Ce travail nous a permis de savoir l’importance du calcul fractionnaire dans le domaine des
mathématiques.

Nous comptons, dans l’avenir appliquer le calcul fractionnaire à d’autre équations, et déve-
lopper d’autre méthodes de résolution des équations différentielles à dérivées fractionnaires.

47
48 4.2 Convergence de solution
Bibliographie

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