Caputo
Caputo
Master Académique
Benaissa Assia 1
Sous la direction de
Dr F.Z.Mostefai
1. g-mail : [email protected]
2
Dédicaces
Prière et Salut soient sur Notre Cher Maître & Prophète " Mohammed " et sur
sa famille et ses fidèles compagnons.
• Ma douce mère et mon cher père en reconnaissance des sacrifices qu’ils ont
fait pour nous tracer un chemin dans cette vie. Que vie nous donne temps pour les
remercier ! C’est grâce à leurs amours infinis, leurs patiences, leurs inestimables
aide et ses conseils que ma vie s’est construite !
• Mes vifs remerciements vont également à mes frères, mes soeurs, et tous ma
famille. C’est gràce à leurs amours et leurs sacrifices que ce mémoire a été mené
à bout enfin. Mon plus grand souhait dans cette vie, c’est de les voir toujours à
côté de moi , en bonne santé, heureux et que la paix soit avec eux.
• Pour terminer, j’adresse mon grand amour à tous mes amis intimes pour
l’appui moral qu’ils m’ont témoigné et les encouragements qu’ils m’ont offerts.
Les moments de travail que nous avons passés ensemble sont inoubliables.
Benaissa Assia
3
Remerciements
Tout travail réussi dans la vie nécessite en premier lieu la Bénédiction de Dieu, et
ensuite l’aide et le support de plusieurs personnes.
nous tiens donc à remercier et à adresser ma reconnaissance à toute personne qui
m’a aidé de loin ou de près afin de réaliser ce travail.
Que tous les membres du jury et tous les enseignants qui ont contribué à notre
formation reçoivent notre gratitude et en particulier ceux de département des ma-
thématiques.
Ainsi que notre vive gratitude envers tous ceux qui ont contribué de près ou de
loin à la réalisation de ce modeste travail.
4
Table des matières
0.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1 Définitions de base 9
1.1 Fonctions spéciales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.1 Fonction Gamma . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.2 Fonction Bêta . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.1.3 Fonction Mittag-Leffler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2 La transformée de Laplace . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.1 Transformée inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.2 Les proprietés de base de la transformée de Laplace . . . . . . . . . . . . 16
1.3 Intégrale et dérivée Fractionnaires de Riemann-Liouville . . . . . . . . . . . . . . 16
5
6 TABLE DES MATIÈRES
Conclusion 47
Bibliographie 49
0.1 Introduction 7
0.1 Introduction
Le calcul fractionnaire est une théorie des intégrales et des dérivées d’ordre arbitraire réel
ou même complexe. C’est une généralisation du calcul classique et par conséquent, conserve de
nombreuses propriétés de base.
Bien que le calcul différentiel classique fournit des outils puissants pour la modélisation d’un
bon nombre phénomènes étudiés par les siences appliquées, ces outils ne permettent pas de
tenir compte de la dynamique anormale que presente certains systèmes complexes rencontrés
dans la nature ou dans les interactions de la société. Les résultats expérimentaux montrent que
plusieurs processus liés aux systèmes complexes ont une dynamique non-locale impliquant des
effets à long terme. Les opérateurs de dérivations et d’intégrations fractionnaires présentent des
similitudes avec certaines de ces caractéristiques, ce qui en fait un outil plus adapté pour la
modélisation de ces phénomènes.
Historique :
L’histoire de la dérivée d’ordre non entier s’étale de la fin du 17 ème siècle jusqu’à nos jours. les
spécialistes s’accordent pour faire remonter son début à la fin de l’année 1695 quand L’Hospital
dn y 1
a soulevé une question à Leibniz en s’interrogeant sur la signification de lorsque n = .
dxn 2
Leibniz, dans sa réponse, voulut engager une réflexion sur une possible théorie de la dérivation
non entière, et à écrit à L’Hospital :". . . cela conduirait à un paradoxe à partir duquel, un jour,
on aura tirer des conséquences utiles". Il a fallu attendre les années 1990 pour voir apparaître les
premières "conséquent utiles". La première tentative sérieuse de donner une définition logique
pour la dérivée fractionnaire est dû à Liouville qui a publié neuf documents dans ce sujet entre
1832 et 1837. Indépendamment, Riemann a proposé une approche qui s’est avérée essentielle-
ment celle de Liouville, et c’est depuis qu’elle porte le non "Approche de Riemann-Liouville
". Plus tard, d’autres théories on fait leurs apparition comme celle de Grunwald-Leitnikov, de
Weyl et de Caputo (voir [2, 8]). A cette époque il n’y avait presque pas d’applications pra-
tiques de cette théorie, et c’est pour cette raison qu’elle a été considéré comme une abstraite
8 0.1 Introduction
ne contenant que des manipulations mathématiques peu utiles. Le passage des formulations
mathématiques pures à des applications, a commencé à voir le jour depuis les années 1990.
où les équations différentielles fractionnaires sont apparues dans plusieurs domaines tels que la
physique, la biologie, la mécanique. . .
Ce travail est divisé en quatre chapitres. Dans le premier chapitre, nous donnons quelques
définitions de base essentielles, utilisées dans la dérivation fractionnaire.
Au chapitre 4, on étudie les problèmes aux valeurs initiales linéaires pour des équations dif-
férentielles fractionnaires ordinaires et on les comparait avec des équations différentielles aux
valeurs initiales classiques et on a utilisé la transformée de Laplace pour resoudre ces problèmes.
Chapitre 1
Définitions de base
Définition 1.1.1. Pour tout nombre complexe z tel que Re(z) > 0, on définit la fonction
Gamma par l’intégrale
Z ∞
Γ(z) = e−t tz−1 dt
0
Définition 1.1.2. Une fonction f est continue par morceaux sur le segment [a, b] s’il existe
une subdivision σ : a = a0 < . . . < an = b telle que les restrictions de f à chaque intervalle
ouvert ]ai , ai+1 [ admettent un prolongement continu à l’intervalle fermé [ai , ai+1 ].
Remarque 1.1.1. Γ(z) est une fonction monotone et strictement décroissante pour 0 < z ≤ 1.
9
10 1.1.1 Fonction Gamma
Proposition 1.1.1. La fonction Gamma est définie et continue sur ]0, +∞[.
Preuve :
Soit f : R × R∗+ → R
(z, t) → e−t tz−1
et pour tout z ∈ R
fz : R∗+ → R
t → f (z, t)
∀z ∈ R, fz est continue, positive sur ]0, +∞[ donc :
Γ(z) est définie lorsque fz est intégrable sur ]0, +∞[.
1
En 0, fz (t) ∼t→0 1−z donc fz est intégrable sur ]0, 1[ si et seulement si z > 0.
t
En +∞, fz (t) = o t12 donc fz est intégrable ]1, +∞[.
Finalement, Γ(z) est définie si est seulement si z ∈]0, +∞[.
f est continue sur (R∗+ )2 et pour tout z ∈ R∗+ , fz est intégrable sur ]0, +∞[. Montrons alors
que f satisfait à l’hypothèse de domination pour z décrivant [a, b], a < b, intervalle compact
quelconque inclus dans R∗+ .
Pour 0 < t ≤ 1, z 7→ tz−1 est décroissante donc pour z ∈ [a, b], on a 0 < f (z, t) ≤ ta−1 .
Pour t ≥ 1, z 7→ tz−1 est croissante, et alors z ∈ [a, b] donne 0 < f (z, t) ≤ e−t tb−1 .
Soit alors ϕ :]0, +∞[→ R
(
ta−1 si t ∈]0, 1]
t 7→ ϕ = −t b−1
e t si t ∈]1, +∞[
ϕ est positive continue par morceaux et intégrable sur ]0, +∞[
et ∀(z, t) ∈ [a, b]×]0, +∞[, 0 < f (z, t) ≤ ϕ(t)
Ainsi Γ est continue sur ]0, +∞[ d’après le théorème de continuité. 2
Proposition 1.1.2. La fonction Gamma est de classe C ∞ sur ]0, +∞[ avec ∀n ∈ N∗ , ∀z ∈ R∗+
Z +∞
(n)
Γ (z) = (ln t)n e−t tz−1 dt
0
Γ(z + 1) = zΓ(z)
en particulier ∀n ∈ N∗
Γ(n) = (n − 1)!.
1.1.1 Fonction Gamma 11
Preuve :
Z +∞
Γ(z + 1) = tz e−t dt
0
h i+∞ Z +∞
z −t
Γ(z + 1) = − t e +z e−t tz−1 dt
0 0
alors, on obtient
Γ(z + 1) = zΓ(z)
Exemples 1.1.1.
Γ(1) = Γ(2) = 1
Γ(0+ ) = +∞
√
Γ( 21 ) = π
Preuve :
Z +∞ h i+∞
−t −t
Γ(1) = e dt = − e =1
0 0
Z +∞ h i+∞ Z +∞ h i+∞
−t −t
Γ(2) = te dt = − te + e−t = e−t =1
0 0 0 0
Γ(n) = (n − 1)!
Alors :
Γ(1) = 0! = 1
Γ(2) = 1! = 1.
12 1.1.2 Fonction Bêta
Z +∞ −u2
+∞ √
Z +∞
e−t
Z
e 2
Γ( 12 )= 1
√ dt, on pose u = t, Γ( 2 ) = 2udu = 2 e−u du.
0 t 0 u 0
Z +∞ √
2 π
Sachant que e−u du = (l’intégrale de Gauss), il vient que
0 2
1 √
Γ( ) = π. 2
2
Proposition 1.1.4. La fonction Gamma et Bêta sont liées par la relation suivante :
Γ(z)Γ(ω)
β(z, ω) =
Γ(z + ω)
h i
Preuve : Jacobi .On a :
Z +∞ Z +∞
Γ(z)Γ(w) = e−t−x tz−1 xw−1 dtdx.
0 0
+∞
X zn
Eα (z) = (z ∈ C, α > 0)
n=0
Γ(nα + 1)
1.2 La transformée de Laplace 13
E1 (z) = ez
√
E2 (z) = cosh( z)
ez − 1
E1,2 (z) =
z
ez − z − 1
E1,3 (z) =
z2
Quand cette limite existe et finie on dit que l’intégrale généralisée converge, sinon diverge.
Définition 1.2.2. Une fonction f est dite d’ordre exponentiel, s’il existe deux constantes posi-
tives M et T telles que |f (t)| ≤ M et pour tout t > T .
Définition 1.2.3. Soit la fonction f : R+ → C continue par morceaux. Alors, on appelle la
transformée de Laplace de f (t), la fonction :
Z ∞
F (s) = L{f (t)}(s) = e−st f (t)dt, s ∈ C. (1.1)
0
14 1.2 La transformée de Laplace
Remarque 1.2.1. Certaines fonctions ne possèdent pas de transformée de Laplace, par exemple
1 2
la fonction f (t) = qui ne respecte pas la deuxième condition d’existence, ou f (t) = et qui
t
n’est pas d’ordre exponentiel.
Linéarité :
Z +∞
1
L(ε(t))(s) = e−st dt = Re(s) > 0.
0 s
On détermine la transformée de Laplace de sinus et cosinus.
eiat + e−iat
On sait que cos(at) = , alors
2
1h i
L(cos(at))(s) = L(eiat ) + L(e−iat )
2
1h 1 1 i
= +
2 s − ia s + ia
s
= 2 .
s + a2
1.2.1 Transformée inverse 15
eiat − e−iat
De même sin(at) =
2i
1h i
L(sin(at))(s) = L(eiat ) − L(e−iat )
2i
1h 1 1 i
= −
2i s − ia s + ia
a
= 2 .
s + a2
Remarques 1.2.1. On a :
(i) Si la fonction f est d’ordre exponentiel, alors la transformée de Laplace L{f (t)}(s) de f (t)
existe.
(p) p!sα−β 1
L{tαp+β−1 Eα,β (±λtα )}(s) = , Re(s) > |λ| α .
(sα ± λ)p+1
L−1 {λF (s) + G(s)}(t) = λL−1 {F (s)}(t) + L−1 {G(s)}(t) = λf (t) + g(t).
(b) La transformée de Laplace du produit de convolution de f (t) et g(t) est :
L{f (t) ∗ g(t)}(s) = F (s)G(s).
où la convolution est définie par :
Z t Z t
f (t) ∗ g(t) = f (t − x)g(x)dx = f (x)g(t − x)dx.
0 0
I α oI β = I β oI α = I α+β .
Et
d α
I f = I α−1 f.
dx
Théorème 1.3.1. Soit f ∈ L1 [a, b] et α > 0, l’intégrale (I α f )(t) existe pour tout t ∈ [a, b] et
la fonction I α f elle même est un élément de L1 [a, b].
dn n−α
= I f (t) = Dn I n−α f (t).
dxn
avec n > α un entier naturel.
.
2) En général Dα oDβ 6= Dβ oDα .
Preuve :
1) Soit f, g ∈ L1 [a, b], λ ∈ R,on a :
pour tout k = 1, 2 · · · n et
h i
Dβ−k f (t) =0
t=0
pour tout k = 1, 2 · · · m. 2
Chapitre 2
avec n − 1 ≤ α ≤ n, n ∈ N∗ .
c
Dα f (t) = I n−α Dn f (t) (2.2)
19
20 2.2 Propriétés fondamentaux
Remarque 2.2.1. Cela signifie que l’opérateur fractionnaire de Caputo equivaut à l’intégration
(n − α) après une différentiation d’ordre n. L’équation (2.2) découle de l’équation (2.1) la déri-
vée fractionnaire de Riemann-Liouville est equivalente à la composition des mêmes opérateurs
(intégration (n − α) et différentiation d’ordre n) mais en inversant l’ordre i.e
Remarque 2.2.2. On verra dans la suite que pour une classe de fonction bien definie les deux
opérateurs sont identiques.
Lemme 2.2.2. Soit n − 1 < α < n, n ∈ N, α ∈ R et soit f (t) telle que c Dα f (t) existe alors, on
a les propriétés suivantes pour l’opérateur de Caputo
c
lim Dα f (t) = f (n−1) (t) − f (n−1) (0)
α→n−1
Preuve :
On utilise l’intégration par partie :
Z t
c α 1 f (n) (x)
D f (t) = dx
Γ(n − α) 0 (t − x)α+1−n Z t
(t − x)n−α t (t − x)n−α
1 (n) n+1
= −f (x) | − −f (x) dx
Γ(n − α) n − α Z x=0 0 −α
n
t
1
= f (n) (0)tn−α + f (n+1) (x)(t − x)n−α dx .
Γ(n − α + 1) 0
t
lim c Dα f (t) = f (n) (0) + f (n) (x) = f (n) (t)
α→n x=0
2.3 Quelques propriétés de dérivation fractionnaire de Caputo 21
et
t
Z t
c α (n) (n)
lim D f (t) = f (0)t + f (x)(t − x) − −f (n) (x)dx
α→n−1 x=0 0
t
(n−1)
=f (x)
x=0
= f (n−1) (t) − f (n−1) (0).
Preuve :
On a :
c
Dα f (t) = I n−α Dn f (t)
h i
c α
D (λf (t) + g(t)) = I n−α Dn λf (t) + g(t)
h i
= λI n−α Dn (f + g)(t)
c
Dα (λf (t) + g(t)) = λI n−α Dn f (t) + I n−α Dn g(t)
= λc Dα f (t) + c Dα g(t). 2
22 2.3.2 Non-commutativité
2.3.2 Non-commutativité
Lemme 2.3.2. On suppose que n − 1 < α < n, m, n ∈ N, α ∈ R et soit la fonction f (t) telle
que c Dα f (t) existe, alors :
c
Dα Dm f (t) = c Dα+m f (t) 6= Dm c Dα f (t). (2.4)
Corollaire 2.3.1. Supposons que n − 1 < α < n, β = α − (n − 1), (0 < β < 1), n ∈ N, α, β ∈ R
et soit la fonction f (t) telle que c Dα f (t) existe, alors :
c
Dα f (t) = c Dβ Dn−1 f (t).
Preuve :
On remplace β par α et n − 1 par m dans (2.4), alors
c
Dβ Dn−1 f (t) = c
Dβ+n−1 f (t)
c α−(n−1)+n−1
= D f (t)
= c α
D f (t). 2
Remarque 2.3.2. Pour trouver la dérivée fractionnaire de Caputo d’ordre arbitraire α, (n−1 <
α < n) d’une fonction f (t), il suffit à trouver la dérivée de Caputo d’ordre β = α − (n − 1),
où α − (n − 1) est un nombre réel compris entre 0 et 1. Par conséquent l’etude de dérivée de
Caputo d’ordre β ∈ (0, 1) est suffisante pour trouver la dérivée de Caputo d’ordre arbitraire.
Remarque 2.3.3. Les inégalités (2.4) et (2.5) deviennent des égalités dans les conditions ad-
ditionnelles suivantes :
f (s) (0) = 0, s = n, n + 1 . . . m, pourc Dα
et
f (s) (0) = 0, s = 0, 1, 2 . . . m, pourDα .
Il convient de noter que, dans le cas de la derivée de Caputo, il n’y a pas de restriction sur les
valeurs f (s) (0), s = 0, 1, 2 . . . n − 1, par exemple, pour m = 3, n = 2 la fonction
f (t) = a0 + a1 t + a4 t4 + a5 t5 + . . .
Théorème 2.3.1. Supposons que F (s) est la transformée de Laplace de f (t), alors la trans-
formée de Laplace de L’opérateur différentiel fractionnaire de Caputo d’ordre α, n − 1 < α < n
est donnée par :
n−1
X
c α α
L{ D f (t)}(s) = s F (s) − sα−k−1 f (k) (0).
k=0
Preuve :
On sait que pour n − 1 < α < n, on a :
c
Dα f (t) = I n−α Dn f (t)
n−1
!
X
L{c Dα f (t)}(s) = s−(n−α) sn F (s) − sn−k−1 f (k) (0)
k=0
n−1
X
= sα F (s) − sα−k−1 f (k) (0).2
k=0
Lemme 2.4.1. Soit f (t) est une fonction tels que les deux opérateurs Dα f (t) et c Dα f (t)
existent, avec n − 1 < α < n, n ∈ N, alors on a :
Dα f (t) 6= c Dα f (t).
c
Dα c = 0, c = const
Z t
c α 1
D c= (t − x)n−α−1 c(n) dx = 0.
Γ(n − α) 0
Et pour Riemann-Liouville :
c
Dα c = t−α 6= 0, c = const.
Γ(1 − α)
et
c
Dα Dm f (t) = c Dα+m f (t) = Dm c Dα f (t).
Proposition 2.4.2. Soit f (t) une fonction telle que f (s) (0) = 0, s = 0, 1, 2 . . . n − 1, alors la
dérivée fractionnaire de Riemann-Liouville et de Caputo coincident, i.e :
c
Dα f (t) = Dα f (t).
n−1
c α α
X tk−α
D f (t) = D f (t) − f (k) (0). (2.11)
k=0
Γ(k + 1 − α)
Preuve :
On considère le D.L en série de Taylor de la fonction f au point t = 0
t2 00 t3 tn−1
f (t) = f (0) + tf 0 (0) + f (0) + f 000 (0) + · · · + f (n−1) (0) + Rn−1
2! 3! (n − 1)!
n−1
X tk
f (t) = f (k) (0) + Rn−1
k=0
Γ(k + 1)
avec :
t
f (n) (x)(t − x)n−1
Z
Rn−1 = dx
0 (n − 1)!
en utilisant les propriétés d’intégration d’ordre n, on a :
Z t
1
Rn−1 = f (n) (x)(t − x)n−1 dx = I n f (n) (t).
Γ(n) 0
26 2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville
n−1
!
X tk
Dα f (t) = Dα f (k) (0) + Rn−1
k=0
Γ(k + 1)
n−1 α k
X D t
= f (k) (0) + Dα Rn−1
k=0
Γ(k + 1)
n−1
X Γ(k + 1) tk−α
= f (k) (0) + Dα I n f (n) (t)
k=0
Γ(k − α + 1) Γ(k + 1)
n−1
X tk−α
= f (k) (0) + I n−α f (n) (t)
k=0
Γ(k − α + 1)
n−1
X tk−α
= f (k) (0) + c Dα f (t).
k=0
Γ(k − α + 1)
Donc :
n−1
c α α
X tk−α
D f (t) = D f (t) − f (k) (0).
k=0
Γ(k + 1 − α)
Remarque 2.5.1. Cette formule implique que les opérateurs fractionnaires de Caputo et de
Riemann-Liouville coincident si et seulement si f (t) en même temps que les premiers n − 1
dérivées sont nulles au point t = 0.
n−1 k
!
c
X t
Dα f (t) = Dα f (t) − f (k) (0) .
k=0
k!
Preuve :
Pour démontrer la formule, on utilise la relation de la dérivée fractionnaire de Riemann-Liouville
et la la propriété de linéarité de l’opérateur de Riemann-Liouville i.e :
2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville 27
n−1
X tk−α
c α
D f (t) = D f (t) −α
f (k) (0)
k=0
Γ(k + 1 − α)
n−1
X Dα tk (k)
= Dα f (t) − f (0)
k=o
Γ(k + 1)
n−1 k
!
X t (k)
= Dα f (t) − f (0) . 2
k=0
k!
La formule de Leibniz pour la derivée de Caputo est peu discutée dans la littérature, le corollaire
suivant découle du théorème 2.5.1
Corollaire 2.5.2. Soit t > 0, α ∈ R, n − 1 < α < n ∈ N. Si f (x), g(x) et tous ses dérivées sont
continues sur [0, t] alors :
∞
! n−1
c α
X α
α−k
(k)
X tk−α
D (f (t)g(t)) = D f (t) g (t) − (f (t)g(t))(k) (0) .
k=0
k k=0
Γ(k + 1 − α)
Preuve :
On applique consécutivement la relation
n−1
c α α
X tk−α
D f (t) = D f (t) − f (k) (0).
k=0
Γ(k + 1 − α)
∞
!
X α
Dα (f (t)g(t)) = Dα−k f (t) g (k) (t).
k=0
k
n−1
tk−α
X
(f (t)g(t))(k) (0)
c α α
D (f (t)g(t)) = D (f (t)g(t)) −
k=0
Γ(k + 1 − α)
∞
! n−1
X α
α−k
(k) X tk−α
(f (t)g(t))(k) (0) .
= D f (t) g (t) −
k=0
k k=0
Γ(k + 1 − α)
2
28 2.5 Relation avec l’opérateur de Riemann-Liouville
Chapitre 3
Dans ce chapitre quelques exemples de dérivées fractionnaires sont discutés, comme la fonc-
tion constante, puissance et la fonction exponentielle tout comme les fonctions sinus et cosinus.
Les dérivéees fractionnaires de Caputo de ces fonctions sont étudiées, quelques preuves qui ne
se trouvent pas dans la littérature sont proposées et comparées avec la derivée de Riemann-
Liouville.
c
Dα c = 0, c = const
Preuve :
Soit 0 < n − 1 < α < n, n ∈ N, i.e n ≥ 1, on applique la définition de la dérivée de Caputo
Z t
c α n−α (n) 1
D f (x) = I f (t) = (t − x)n−α−1 f (n) (x)dx, x > 0
Γ(n − α) 0
29
30 3.2 La fonction puissance
t
c(n)
Z
1
c α
D c= dx = 0. 2
Γ(n − α) 0 (t − x)α+1−n
On sait que la dérivée fractionnaire de Caputo est linéaire. Alors si c Dα tp est definie, alors la
dérivée fractionnaire de Caputo d’une fonction arbitraire peut être représentée de la manière
suivante :
∞ ∞
c
X f (k) (0) X f (k) (0)
Dα f (t) = c Dα tk = c
D α tk . (3.1)
k=0
k! k=0
k!
Γ(p + 1) p−α
Dα tp = t . (3.2)
Γ(p − α + 1)
Preuve :
t
dn
Z
α p 1
D t = (t − x)n−α−1 xp dx.
Γ(n − α) dtn 0
3.2 La fonction puissance 31
t
dn
Z
1
α p
D t = (t(1 − λ))n−α−1 (λt)p tdλ.
Γ(n − α) dtn 0
t
dn n−α+p
Z
1
= t (1 − λ)n−α−1 λp dλ.
Γ(n − α) dtn 0
Γ(p + 1) p−α
= t . 2
Γ(p − α + 1)
Théorème 3.2.2. La dérivée fractionnaire de Caputo d’ordre α > 0 avec n − 1 < α < n d’une
fonction puissance f (t) = tp pour p ≥ 0 est déféinie par :
Γ(p + 1) p−α
t = Dα tp , (p > n − 1)
c α p
D t = Γ(p − α + 1) (3.3)
0. (p ≤ n − 1)
Preuve :
La méthode directe : Soit n − 1 < α < n, p > n − 1, p ∈ R
t
(xp )(n)
Z
c α 1
D = dx
Γ(n − α) 0 (t − x)α+1−n
Z t
1 Γ(p + 1)
= (xp−n )(t − x)n−α−1 dx.
Γ(n − α) 0 Γ(p − n + 1)
32 3.2 La fonction puissance
Z 1
Γ(p + 1)
= tp−α λp−n (1 − λ)n−α−1 dλ
Γ(n − α)Γ(p − n + 1) 0
Γ(p + 1)
= tp−α β(p − n + 1, n − α)
Γ(n − α)Γ(p − n + 1)
Γ(p + 1) p−α
= t .
Γ(p − α + 1)
La méthode indirecte :
n−1
c α p α p
X tk−α
D t =D t − (tp )(k) .
k=0
Γ(k + 1 − α) t=0
On remarque que pour n = 1, i.e : 0 < α < 1. Alors, la derivée de Caputo et de Riemann-
Liouville coincide i.e :
c α p
D t = Dα tp , p > 0, p ∈ R.
3.2 La fonction puissance 33
Proposition 3.2.1. La dérivée fractionnaire de Caputo pour une fonction arbitraire f (t) peut
être calculée par la formule :
∞
c α
X f (k) (0)
D f (t) = tk−α .
k=n
Γ(k − α + 1)
Preuve :
En utilisant les formules (3.1) et (3.3), on obtient alors les égalités suivantes :
∞
X f (k) (0) c
c
Dα f (t) = Dα tk
k=0
k!
∞
X f (k) (0) Γ(k + 1) k−α
= t
k=n
k! Γ(k − α + 1)
∞
X f (k) (0)
= tk−α . 2
k=n
Γ(k − α + 1)
premier cas :
On considère la fonction f (t) = t2 i.e pour p = 2. Supposons que 0 < α < 1 et on utilise la
formule (3.3), la dérivée fractionnaire de Caputo de la fonction puissance f (t) = t2 est
c Γ(2 + 1) 2−α 2
Dα t2 = t = t2−α , n−1<α<n<3
Γ(2 − α + 1) Γ(3 − α)
Des cas plus particuliers peuvent être pris en compte pour des valeurs fixes du paramètre α, par
exemple,
α = 13 , α = 21 et α = 43 .
1
Pour α = 3
c 1 2 2− 13 2 5 5
D 3 t2 = 1 t = 8 t 3 ' 1.33t 3 .
Γ(3 − 3 ) Γ( 3 )
1
Pour α = 2
c 1 2 2− 12 8 √3 √
D 2 t2 = 1 t = √ t ' 1.5 t3 .
Γ(3 − 2 ) 3 π
34 3.3 La fonction exponentielle
Pour α = 34 .
c 3 2 2− 34 2 5 5
D 4 t2 = 3 t = 9 t 4 ' 1.77t 4 .
Γ(3 − 4 ) Γ( 4 )
Deuxième cas :
maintenant, considérons f (t) = t. Pour ce cas l’équation (3.3) entraîne que
c Γ(1 + 1) 1−α 1
Dα t = t = t1−α
Γ(1 − α + 1) Γ(2 − α)
1
Donc pour α = 2
√
c 1 1 1− 12 2 t 1
D t=2
1 t = √ ' 1.12t 2 .
Γ(2 − 2 ) π
1
Pour α = 3
c 1 Γ(1 + 1) 1− 1 Γ(2) 2 2
D3t = 1 t 3 = 5 t 3 ' 1.10t 3
Γ(1 − 3 + 1) Γ( 3 )
3
Pour α = 4
c 3 Γ(1 + 1) Γ(2) 1
D4t = 3 = 5 ' 1.10t 4
Γ(1 − 4 + 1) Γ( 4 )
Preuve :
Pour la preuve de ce théorème, on utilise la relation entre les dérivées fractionnaires de Caputo
et de Riemann-Liouville (2.11) et aussi il faut calculer la dérivée fractionnaire de Riemann-
Liouville de la fonction exponentielle eλt .
n−1
X tk−α
c α λt
D e =D e − α λt
(eλt )(k) (0)
k=0
Γ(k + 1 − α)
n−1
X tk−α
−α
= t E1,1−α (λt) − λk
k=0
Γ(k + 1 − α)
∞ n−1
X (λt)k t−α X λk tk−α
= −
k=0
Γ(k + 1 − α) k=0 Γ(k + 1 − α)
∞
X λk tk−α
=
k=n
Γ(k + 1 − α)
∞
X λk+n tk+n−α
=
k=0
Γ(k + n + 1 − α)
= λn tn−α E1,n−α+1 (λt). 2
Cas particulier
Pour λ = 1, quelques graphes des dérivées fractionnaires de la fonction et sont représentés.
On remarque que ces dérivées fractionnaires sont comprises entre les fonctions et et et − 1. En
général, la fonction exponentielle et ses dérivées ont la même forme. Pour λ = 1, le côté droit
de l’équation (3.4) ne dépend pas de n mais juste de n − α. On peut en tirer la conclusion
suivante.
Cela signifie en fait que pour calculer la dérivée fractionnaire de Caputo de la fonction
exponentielle, seule la valeur après le point décimal de l’ordre de différenciation est important.
36 3.3 La fonction exponentielle
Figure 3.1 – Les dérivées fractionnaires d’ordre 0.5 et 2.8 de f (t) = et dans l’intervalle [0, 1.5]
Par exemple, pour α = 0.8, α = 1.8 et α = 7.8 on obtient le même résultat, à savoir
c
√
D0.8 et = c D1.8 et = c D7.8 et =
5
tE1,1.2 (t).
On outre, les dérivées fractionnaires d’ordre α, (n−1 < α < n) de la fonction exponentielle sont
"en mouvement" de et − 1 à et , En utilisant (3.4), les limites limα→n c Dα et et limα→n−1 c Dα et
peut être evaluées exactement.
En effet, pour n ∈ N on a
Figure 3.2 – Les dérivées fractionnaires d’ordre 0.5 et 2.8 de f (t) = et dans l’intervalle [0, 3]
38 3.4 Les fonctions sinus et cosinus
c 1
Dα sin λt = − i(iλ)n tn−α (E1,n−α+1 (iλt) − (−1)n E1,n−α+1 (−iλt)).
2
Preuve :
On utilise la représentation suivante du fonction sinus
eiz − e−iz
sin z = , z ∈ C.
2i
c eiλt − e−iλt
Dα sin λt = c Dα
2i
1 c α iλt c α −iλt
= (D e − D e )
2i
1
= ((iλ)n tn−α E1,n−α+1 (iλt) − (−iλ)n tn−α E1,n−α+1 (−iλt))
2i
−1
= i(iλ)n tn−α (E1,n−α+1 (iλt) − (−1)n E1,n−α+1 (−iλt)). 2
2
c 1
Dα cos λt = (iλ)n tn−α (E1,n−α+1 (iλt) + (−1)n E1,n−α+1 (−iλt)).
2
Preuve :
De la même manière, pour la dérivée fractionnaire de Caputo de la fonction cosinus, on utilise
la formule suivante :
eiz + e−iz
cos z = , z ∈ C.
2
3.4 Les fonctions sinus et cosinus 39
c eiλt + e−iλt
Dα cos λt = c Dα
2
1
= (c Dα eiλt + c Dα e−iλt )
2
1
= ((iλ)n tn−α E1,n−α+1 (iλt) + (−iλ)n tn−α E1,n−α+1 (−iλt))
2
1
= (iλ)n tn−α (E1,n−α+1 (iλt) + (−1)n E1,n−α+1 (−iλt)). 2
2
40 3.4 Les fonctions sinus et cosinus
Chapitre 4
n−1
X
y(t) = bk tk Eα,k+1 (λtα ). (4.2)
k=0
Preuve :
Pour résoudre le problème (4.1) on utilise la transformée de Laplace. l’application de cette
41
42 4.2 Convergence de solution
n−1
X
α
s Y (s) − sα−k−1 y (k) (0) − λY (s) = 0 (4.3)
k=0
ou Y (s) est la transformée de Laplace de y(t) et L{−λy(t)}(s) = −λY (s), car la transformée
de Laplace est linéaire. ceci revient à la résolution de l’equation (4.3) en Y (s) i.e :
n−1 α−k−1
X s
Y (s) = y (k) (0).
k=0
sα − λ
n−1 α−k−1
X s
Y (s) = bk .
k=0
sα − λ
n−1
X
y(t) = y(t, α) = bk tk Eα,k+1 (λtα ) 2
k=0
Le but de cette section c’est pour résoudre le problème (4.4) et (4.6) et la comparaison entre
ces solutions et celle du problème de valeur initiale fractionnaire.
Premier cas :
Pour 1 < α < 2 :
Considérons le problème de valeur initiale d’ordre deux
y 00 (t) − λy(t) = 0 t>0
(4.4)
y k (0) = bk bk ∈ R, n = 0, 1.
Remarque 4.2.1. La solution du problème de valeur initiale classique d’ordre deux coincide
avec la solution du problème de valeur initiale fractionnaire.
44 4.2 Convergence de solution
Deuxième cas :
Pour 2 < α < 3 :
Considérons le problème (4.4) mais on remplace y 00 (t) par y 00 (t) − b2 , ou b2 = y 00 (0) alors, le
problème de valeur initiale est :
y 00 (t) − λy(t) = b t > 0, b2 ∈ R
2
(4.6)
y k (0) = bk bk ∈ R, n = 0, 1.
La motivation pour considérer ce nouveau problème de valeur initiale d’ordre entier est de
connaitre le comportement de la dérivée fractionnaire de Caputo pour la valeur d’ordre α
sachant que n − 1 < α < n, et α → n − 1. Or comme on a vu au chapitre 2, on a
c
lim Dα y(t) = y (n−1) (t) − y (n−1) (0)
α→n−1
Sachant que :
∞
2 2 2
X (λt2 )n
λt E2,3 (λt ) = λt
n=0
Γ(2n + 3)
∞
X (λt2 )n+1
=
n=0
Γ(2(n + 1) + 1)
∞
X (λt2 )n
=
n=1
Γ(2n + 1)
∞
X (λt2 )n
= −1
n=1
Γ(2n + 1)
= E2,1 (λt2 ) − 1.
L’objet de ce mémoire est l’étude des dérivées fractionnaires et de donner quelques proprié-
tés et applications concernant l’opérateur fractionnaire au sens de Caputo.
Ce travail nous a permis de savoir l’importance du calcul fractionnaire dans le domaine des
mathématiques.
Nous comptons, dans l’avenir appliquer le calcul fractionnaire à d’autre équations, et déve-
lopper d’autre méthodes de résolution des équations différentielles à dérivées fractionnaires.
47
48 4.2 Convergence de solution
Bibliographie
49